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31/08/2007

N° 293 Journal d'Irak 31-08 2eme partie

6 Les brèves
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 
Marc
6-1 Bush invoque les leçons du Vietnam pour inciter à persévérer en Irak.

 

Bush a longtemps répugné à la comparaison entre le Vietnam et l’Irak, susceptible de réveiller le spectre de l’enlisement et de la défaite américaine.

 

Bush invoque les leçons de la guerre du Vietnam pour appeler les Américains à soutenir l’engagement en Irak : "Trois décennies plus tard, le débat légitime a toujours cours sur notre entrée dans la guerre du Vietnam et notre départ","Quelle que soit notre position dans ce débat, l’une des leçons du Vietnam, sans erreur possible, c’est que des millions d’innocents ont payé le prix du retrait de l’Amérique et que leurs souffrances ont ajouté à notre vocabulaire des mots comme boat people, camps de rééducation et champs de la mort", dit-il dans ce discours dont la Maison Blanche a publié par avance des extraits mardi.

 

Bush souligne dans le discours de Kansas City que les résistants utilisent le Vietnam comme un précédent contre l’Amérique et que l’un des enjeux du combat contre eux, c’est la "crédibilité" des Etats-Unis.

 

 (Al-Oufoc avec les agences de presse)

 


6-2 USA: l'armée offre 20'000 dollars pour partir au front rapidement.

 

Les nouvelles recrues enrôlées dans l'armée américaine depuis fin juillet ont presque toutes accepté une prime de 20'000 dollars. Elle a été versée contre un engagement à recevoir une formation de base pour le combat d'ici à la fin septembre.

 

Ce montant représente plus d'un an de salaire d'un soldat en début de carrière. Cette mesure, annoncée par le "Washington Post" a permis à l'armée d'atteindre ses objectifs de recrutement avec 6611 personnes engagées entre le 25 juillet et le 24 août. Parmi elles, 6264, soit 94,8%, ont signé en faveur de la prime.

 

"Pratiquement, tous ceux qui s'engagent maintenant sont éligibles pour cette prime à un départ rapide, s'ils acceptent de partir d'ici la fin septembre", a déclaré Douglas Smith, porte-parole du bureau central des recrutements à Fort Knox (Kentucky).

 

Cette prime spéciale ne sera plus offerte à partir de la nouvelle année fiscale commençant le 1er octobre. Ce bonus avait été mis en place après deux mois au cours desquels le recrutement était en deçà des objectifs. En juillet, l'objectif a été dépassé de 2% avec 9750 recrues, selon les statistiques du Pentagone.

 

(Source : ats / 27 août 2007


6-3 USA: le ministre de la justice démissionne.

 

La situation d'Alberto Gonzales devenait intenable [Keystone]

 

George W. Bush, assiégé par ses adversaires, a perdu lundi un autre de ses fidèles, son ministre de la Justice Alberto Gonzales. Il a démissionné après avoir été pendant plusieurs mois la cible privilégiée des attaques démocrates.

 

M. Gonzales a annoncé dans une brève déclaration publique que sa démission prendrait effet le 17 septembre, mais sans un mot sur les controverses dont il était assailli. Premier Hispanique à devenir ministre de la Justice des Etats-Unis, il s'est contenté de dire qu'il avait "vécu le rêve américain".
M. Bush a soutenu jusqu'au bout son ministre. Cette démission représente pourtant un soulagement pour son administration, estiment les analystes.

 

Un compagnon de longue date pour Bush

 

Alberto Gonzales, compagnon de longue date de M. Bush, le servait déjà quand il était gouverneur du Texas et il était l'un des derniers encore présents depuis les premières heures de l'actuelle présidence.
Comme conseiller à la Maison Blanche puis comme ministre à partir de 2005, il passait pour l'un des plus zélés à élaborer, à mettre en oeuvre ou à légitimer les politiques de l'administration, y compris les plus controversées: les méthodes d'interrogatoire des prisonniers de la "guerre contre le terrorisme", dénoncées comme des actes de torture par leurs détracteurs, leur détention à Guantanamo, leur jugement par des tribunaux d'exception ou encore les écoutes secrètes de citoyens américains.

 

Devenu l'homme à abattre

 

Depuis que les adversaires démocrates de M. Bush ont pris la majorité au Congrès en janvier, il était devenu une espèce d'homme à abattre dans une administration qui se croirait au-dessus des lois.
Deux semaines après la démission de l'éminence grise de M. Bush, Karl Rove, M. Gonzales poursuit une longue série de départs, à moins d'un an et demi de la fin de l'ère Bush.

 

Le scandale des écoutes illégales

 

Mais il s'est retrouvé pris ces derniers mois dans la tourmente du scandale des écoutes sans mandat de la justice. Il était aussi accusé d'avoir joué un rôle primordial dans l'éviction de procureurs fédéraux.
M. Gonzales a été passé au grill par les commissions parlementaires et les démocrates ont sérieusement remis en cause la sincérité de ses témoignages.
Bush a toujours soutenu M. Gonzales. Il a dit lundi avoir accepté "avec réticence" la démission d'un conseiller "devenu un ami proche", d'un homme qui a fait un travail "remarquable" quand il était conseiller à la Maison Blanche et qui a joué un "rôle crucial" dans les politiques menées au nom de la "guerre contre le terrorisme".

 

Menace d'une enquête parlementaire

 

Avec la menace d'enquêtes parlementaires, sa situation risquait pourtant de devenir intenable alors que M. Bush se prépare à une rentrée difficile, dominée par la querelle sur l'engagement américain en Irak.
Source : AFP/fm : 28.08.2007 03:52

 


6-4 Des milliers d’Irakiens enterrés sans avoir été identifiés.

 

Des milliers d’Irakiens tués depuis 2003 ont été inhumés sans que leurs familles aient pu les identifier, a déclaré mercredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)..

 

Le directeur des opérations du CICR, Pierre Krähenbühl, a dit ne disposer d’aucun chiffre sur les disparitions survenues depuis l’invasion américaine de 2003. Dix mille corps apportés à l’institut médico-légal de Bagdad, au cours de l’année écoulée, n’ont jamais été identifiés, et 4.000 victimes ont été enterrées sans identité dans des cimetières à Nadjaf et Kerbala depuis 2003, a-t-il dit à Genève lors d’une conférence de presse.

 

"Les personnes disparues ont peut-être été capturées, enlevées, peut-être tuées et enterrées dans des fosses communes, ou peut-être gisent-elles dans des hôpitaux, dans un état critique, ou sont-elles en un lieu de détention secret", a déclaré le CICR dans un rapport publié avant la Journée internationale des disparus, le 30 août.

 

Source - Al-Oufok avec les agences de presse -29-08

6-5 "L'administration tient à prendre soin de ces nombreux Irakiens courageux qui ont travaillé ou travaillent pour les Etats-Unis en Irak".
L'administration Bush a été critiquée pour n'avoir même pas accueilli un demi-millier de réfugiés irakiens depuis l'invasion de mars 2003.

 

Aussil le département américain de la Sécurité intérieure a-t-il fait savoir en mai qu'il serait en mesure d'admettre jusqu'à 7.000 réfugies irakiens durant l'exercice budgétaire en cours.

 

Et l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad a annoncé que Bush cherchait à faire adopter une loi accordant des visas spéciaux d'immigration aux "personnels locaux" irakiens employés depuis au moins trois ans.

 

"L'administration tient à prendre soin de ces nombreux Irakiens courageux qui ont travaillé ou travaillent pour les Etats-Unis en Irak", a-t-elle souligné dans un communiqué.

 

Cet infléchissement fait suite à l'annonce de l'installation discrète au Danemark de 200 traducteurs et autres Irakiens ayant été employés en Irak par le contingent danois en cours de rapatriement.

 

Les quelque 90 traducteurs de l'armée britannique n'ont pas eu cette chance. Le gouvernement a exclu ce mois-ci de leur accorder automatiquement un visa, une frilosité qui lui a valu des titres féroces de la presse comme: "Abandonnés, les 91 Irakiens qui ont tout risqué".

 

Quant aux milliers d'Irakiens qui ont travaillé pour l'armée américaine et qui attendent des visas, comme Abou Oussama, il leur faut prendre leur mal en patience.

 

"Nous les avons aidés à mener à bien leur mission. Nous ne sommes pas des guerriers, mais des civils. ", se lamente l'ancien employé d'Abou Ghraïb.

 

Source : Paul Tait Reuters - Reuters - Vendredi 24 août.

 

 


6-6 Le succès explosif de la blogosphère de gauche a placé les démocrates sous pression.

Les démocrates libéraux, qui se sont sentis marginalisés durant la présidence de Bill Clinton dans les années 90, ne semblent guère enclins à céder cette fois.

 

Depuis 10 ans, ils ont gagné en influence au sein du parti avec leur réseau structuré de "blogueurs", de bailleurs de fonds et de militants reliés par internet.

 

Des blogueurs ont notamment réussi à séduire une audience fidèle en lançant fréquemment des débats sur internet, en faisant partager leurs points de vue ou en critiquant les démocrates jugés trop éloignés des principes libéraux.

 

"Le succès explosif de la blogosphère de gauche a placé les démocrates sous une pression encore plus forte de la part de leur aile gauche", remarque Woessner.

 

Les démocrates ont pris conscience de l'opportunité offerte par cette blogosphère en terme de revenus.

 

Mais la carte électorale les empêche de complètement virer à gauche sous peine de risquer une défaite électorale en 2008, relève Siegal.

 

"Les démocrates ne peuvent pas contrôler la Chambre et le Sénat s'ils ne font pas également élire des centristes", dit-il. "Et ils ne peuvent faire élire des centristes avec un programme totalement libéral."

 

La vigueur du courant libéral suscite désormais l'inquiétude des centristes.

 

"Certains libéraux sont tellement confiants quant aux chances des démocrates qu'ils en viennent à soutenir que le centrisme, ayant conduit les démocrates à la victoire dans les années 1990, ne vaut plus rien", s'alarment Harold Ford, ancien représentant du Tennessee et chef de file d'un courant centriste, et Martin O'Malley, gouverneur du Maryland, dans le Washington Post.

 

22-08 David Alexander Reuters

 


6-7 Pétrole contre nourriture": 2 responsables pétroliers US plaident coupables.

 

Deux responsables d'entreprises pétrolières du Texas (sud) ont plaidé coupable vendredi devant un tribunal de New York pour leur participation au scandale entourant le programme de l'ONU "pétrole contre nourriture", a indiqué le parquet dans un communiqué.

 

David Chalmers, directeur général de la société Bayoil Inc., a reconnu avoir participé à la mise en place de schémas "de fraude consistant à verser des commissions illicites à l'ancien gouvernement irakien" de Saddam Hussein il y a sept ans, a indiqué un responsable du parquet, Michael Garcia.

 

Le magistrat précise qu'un autre responsable pétrolier, Ludmil Dionissiev, également domicilié au Texas, a reconnu avoir facilité la vente du pétrole irakien alors qu'il savait que les commissions illégales finissaient dans les caisses du gouvernement de Saddam Hussein à travers un prête-nom russe, un politicien dont le nom n'a pas été révélé.

 

Les deux hommes doivent être jugés le 19 novembre prochain et risquent jusqu'à 20 ans de prison. Ils sont les deux dernières personnes à être jugées dans cette affaire.

 

Le programme de l'ONU "pétrole contre nourriture" a été en vigueur de 1996 à 2003. Il permettait à Bagdad de vendre du pétrole en échange de l'aide humanitaire dont le pays manquait en raison des sanctions imposées après l'invasion du Koweit.

 

 (Source : AFP / 18 août 2007)

 



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs

mais doit être vu comme information

Marc

7-1 Dossier Marc Lemaire : Procès d'Abou Ghraïb.

 

 "Il est tentant de dire qu'un officier doit être tenu pour responsable, mais pas cet officier" : (général Kris Poppe, avocat de la défense)

 

Le procès du colonel Steven Jordan, seul officier américain poursuivi après le scandale d'Abou Ghraïb, est entré mardi dans le vif du sujet avec un débat sur son rôle réel au sein de la prison: "officier en charge" ou agent de liaison?

L'officier, qui était responsable du centre d'interrogatoire, est le dernier des 12 militaires impliqués dans le dossier d'Abou Ghraib,

Le colonel Steven Jordan, 51 ans, est poursuivi pour obstruction à la justice, mauvais traitements et manquement au devoir. Il a plaidé non coupable.

 

Dix officiers ont été sélectionnés pour former le jury militaire de la cour martiale de Fort Meade (Maryland, est), un général et neuf colonels parmi lesquels trois femmes.

 

Pour l'accusation, cela ne fait pas de doute: "Il était en charge du centre des interrogatoires (Joint Intelligence Debriefing Center - JIDC)", et "il a créé une atmosphère là-bas (... où) des individus ont pensé que le manuel régissant les interrogatoires ne s'appliquait pas", a insisté le procureur, le colonel John Tracy, dans son réquisitoire introductif.

 

Mais même si le colonel avait le titre d'OIC (Officer in charge) du JIDC, il lui avait surtout été demandé d'améliorer la circulation de l'information et de laisser les professionnels s'occuper des interrogatoires, a répondu la défense.

 

Plusieurs responsables du renseignement en Irak à l'époque des faits sont venus mardi témoigner de la répartition des tâches au sein du JIDC d'Abou Ghraïb.

 

Aucun n'a été interrogé sur les sévices qui ont fait scandale ou sur les techniques d'interrogatoires controversées.

 

Créé en septembre 2003, le JIDC d'Abou Ghraïb était une structure nouvelle, expérimentée à Guantanamo, combinant collecte et analyse du renseignement, tout en associant au processus les soldats chargés de garder les détenus (police militaire - MP).

 

Les sévices et humiliations dont les photos ont fait le tour du monde ont été essentiellement le fait de ces MP, pour la plupart à l'automne 2003.

 

Le colonel Jordan a été nommé directeur du JIDC dès son arrivée en Irak en septembre 2003, et transféré trois mois plus tard pour manque de leadership, ont expliqué les témoins, parmi lesquels le colonel Thomas Pappas, commandant de la 205e brigade du renseignement militaire, lui-même réprimandé, mais jamais poursuivi, pour avoir autorisé l'utilisation des chiens pour effrayer les détenus.

 

Le colonel Pappas, petit homme tendu, a cependant reconnu qu'il avait ordonné au colonel Jordan de "laisser les interrogateurs d'expérience s'occuper des interrogatoires". Il a aussi reconnu que les MP étaient toujours "restés sous la responsabilité directe de leur propre commandement".

 

Toute la journée, la défense a insisté sur l'état de délabrement de la prison à l'arrivée du colonel Jordan, qui s'est retrouvé entièrement accaparé par cette réalité.

 

"Des rats, des détritus, des cadavres par terre, pas d'eau, pas d'électricité, des trous dans le mur d'enceinte, des attaques au mortier presque chaque nuit" alors que les soldats n'ont que des tentes pour dormir..., a énuméré le major Kris Poppe, avocat de la défense.

 

"Il s'est consacré au bien-être de ses soldats (... afin qu'ils puissent) accomplir leur mission et rentrer chez eux vivants", a-t-il ajouté.

 

Pendant le procès, l'accusation avait tenté d'expliquer que le colonel Jordan avait eu le tort de consacrer son énergie à l'amélioration des conditions de vie de ses soldats, sans s'intéresser à la formation et à la supervision du personnel intervenant dans le centre d'interrogatoires.

 

"Il a créé une ambiance qui a mené aux mauvais traitements", avait martelé lundi le colonel John Tracy, procureur militaire.

 

La défense avait répliqué que le colonel Jordan n'était pas directement responsable des interrogatoires, et encore moins du comportement des membres de la police militaire (MP), principaux auteurs des sévices dont les photos ont fait le tour du monde, qui dépendaient d'une chaîne de commandement parallèle.

 

Dans les prochains jours, les débats devraient se concentrer sur les faits spécifiques jugés devant la cour: le colonel Jordan est accusé d'avoir, une nuit de novembre 2003, forcé des suspects à se dénuder et de les avoir menacés avec des chiens d'attaque, puis d'avoir communiqué avec d'autres témoins potentiels alors qu'il avait reçu l'ordre de ne pas le faire.

 

Source : Fanny CARRIER AFP - Mardi 21 août.

 

26-08

 

Jusqu'à présent, onze soldats ont été jugés dans le cadre du scandale, et condamnés à des peines allant des travaux d'intérêt général à 10 ans de prison.

 

David Dishneau AP

 

 

Principal chef d'inculpation annulé

 

La justice militaire américaine a annulé pour vice de forme l'un des principaux chefs d'inculpation retenus contre le seul officier américain poursuivi après le scandale d'Abou Ghraïb en Irak.

 

La peine encourue par le colonel Steven Jordan est ainsi divisée de moitié.

 

L'ancien responsable du centre d'interrogatoires était accusé d'avoir menti aux enquêteurs en affirmant qu'il n'avait jamais été témoin de sévices ni vu de détenus nus.

 

En relisant ses notes pour se préparer à témoigner au procès, le général George Fay, chargé de l'une des enquêtes du Pentagone s'est rendu compte qu'il avait oublié de rappeler au colonel Jordan son droit à garder le silence, démarche indispensable pour que les déclarations soient recevables devant un tribunal américain.

 

Jordan reste poursuivi pour quatre chefs d'inculpation, dont obstruction à la justice et manquement au devoir. Il risque désormais un total de huit ans et six mois de prison, contre seize ans et six mois lorsqu'il devait aussi répondre de faux témoignage.

 

(Source : ats)

 

 Acquitté

 

Le tribunal militaire de Fort Meade a acquitté mardi Jordan de manquement à son devoir d'empêcher les abus contre les détenus de la prison irakienne d'Abou Ghraïb. Il a en revanche été jugé coupable d'avoir désobéi aux ordres de sa hiérarchie.

 

Il a été acquitté de trois chefs d'accusation par le jury de neuf officiers américains: cruauté et abus contre les détenus en les soumettant à la nudité et à la présence de chiens; manquement à son devoir de formation des soldats impliqués dans les interrogatoires; et d'avoir enfreint aux ordres en ordonnant la présence de chiens lors des interrogatoires.

 

L’accusation s'est contentée de requérir une amende et une réprimande, sans demander de peine de prison ou de renvoi de l'armée, alors que le condamné est passible de cinq ans de prison.

 

La défense a demandé aux jurés d'opter pour une absence totale de sanction.

 

Source : AP

 

28-08

 

"J'accepte et je respecte votre décision", a déclaré l'officier, en lisant une brève déclaration.

 

"La première fois que j'ai vu les photographies" des détenus humiliés, "j'ai été choqué et j'ai été attristé. Elles ne représentent pas les soldats américains que je connais et que j'aime", a-t-il ajouté, "A partir d'aujourd'hui, j'espère que les blessures d'Abou Ghraïb vont commencer à guérir", a-t-il expliqué.

 

Auparavant, une douzaine de soldats pour la plupart des généraux ou des colonels à la retraite, étaient venus plaider pour la clémence à l'égard du colonel Jordan, décrit comme un officier courageux, énergique et efficace, mais brisé, mentalement comme physiquement, par la procédure engagée contre lui depuis plus de trois ans et demi.

 

Au moment de son inculpation en avril 2006, il risquait jusqu'à 22 ans de prison. Entre les chefs d'inculpation abandonnés en raison de vices de forme et ces derniers pour lesquels il a été acquitté, la peine maximale a fondu.

 

Source : Fanny CARRIER AFP - Mardi 28 août,

 

Epilogue

29-08

 

Le lieutenant-colonel Steven Jordan de l'armée de terre, va recevoir un blâme.

 

Les dix officiers qui composaient ce tribunal militaire l'ont reconnu coupable d'avoir désobéi aux ordres qui lui interdisaient de parler de l'enquête sur ce dossier.

 

Le lieutenant-colonel Steven Jordan encourait une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et une radiation de l'armée, mais la cour martiale a décidé de ne lui infliger qu'une légère sanction…..

 

L'ONG Human Rights Watch a jugé inacceptable qu'un seul officier d'Abou Ghraïb soit traduit en cour martiale.

 

(Reuters)

 


 

7-2 Dossier Marc Lemaire :Tuerie d'Haditha en Irak.

L'abandon des poursuites préconisé.

 

Un enquêteur militaire a recommandé l'abandon des poursuites contre un Marine inculpé dans l'affaire de la tuerie de civils irakiens à Haditha en Irak, il y a deux ans, selon des documents judiciaires rendus publics vendredi.

 

Le caporal Stephen Tatum avait été inculpé en décembre 2006 de deux meurtres, en même temps que trois autres Marines soupçonnés d'avoir participé à la tuerie d'Haditha, où 24 civils ont été assassinés en novembre 2005.

 

Dans un rapport de 29 pages sur le caporal Tatum, le responsable d'enquête, le colonel Paul Ware, a estimé que les charges devaient être abandonnées en raison de preuves trop faibles.

 

La décision d'abandonner ou non les poursuites devra être prise par le général James Mattis, chef de Camp Pendleton (Californie, ouest), la plus grande base de Marines au monde à 130 km au sud de Los Angeles, où l'affaire est instruite.

 

Si cette recommandation est suivie, un seul Marine sur les quatre qui étaient accusés au départ dans le cadre de cette affaire, restera poursuivi: il s'agit du sergent Frank Wuterich, accusé d'avoir commis personnellement 12 meurtres et d'avoir ordonné à des soldats sous ses ordres de tuer six personnes.

 

Deux autres soldats ont été blanchis début août et en avril. Trois gradés sont en outre inculpés pour ne pas avoir enquêté.

 

Stephen Tatum, 26 ans, est accusé d'avoir tué deux fillettes et était susceptible d'être poursuivi pour la mort par négligence de deux hommes, une femme et un garçon.

 

Dans le rapport d'enquête obtenue par l'AFP, le colonel Ware indique que si le caporal Tatum a tué des enfants, il l'a fait en raison de son entraînement et parce qu'un autre Marine, le sergent Frank Wuterich (qui reste poursuivi), avait déjà ouvert le feu.

 

"Son corps a instinctivement commencé à tirer pendant que sa tête tentait de comprendre sur quoi et pourquoi il tirait", a dit le colonel Ware, à propos du caporal Tatum. "Le temps qu'il se rende compte qu'il tirait sur des enfants, son corps avait déjà agi".

 

La tuerie d'Haditha est le crime de guerre le plus grave reproché à des membres des forces armées américaines en Irak.

 

Les faits présumés s'étaient produits lorsqu'un militaire américain participant à une patrouille avait été tué par une bombe artisanale dans le village d'Haditha, à 260 km à l'ouest de Bagdad.

 

Selon les avocats des Marines mis en cause, des insurgés cachés dans des maisons civiles ont alors commencé à tirer, et un combat s'est engagé, dans le respect des règles d'ouverture du feu fixées par le haut commandement.

 

Toutefois, selon l'accusation, il n'y avait pas d'insurgés et les militaires se sont lancés dans trois heures de tuerie pour venger leur camarade, tuant même les cinq occupants d'un taxi qui s'approchait du quartier. Parmi les victimes, 10 étaient des femmes et des enfants, tués à bout portant.

 

L'armée américaine est impliquée dans une série de scandales en Irak où des soldats sont soupçonnés de crimes de guerre, notamment d'avoir tué ou maltraité des civils.

 

(Source : AFP / 24 août 2007)

 


7-3 Dossier Marc Lemaire : Histoire d'un collaborateur.
LES "RISQUES DU METIER"

 

Accusé d'être un collaborateurs parce qu'il travaillait comme interprète de l'armée américaine, Abou Oussama pensait qu'il protégerait sa famille en quittant l'Irak.(…)

 

Mais, en janvier, soit quatre mois après son exil solitaire en Jordanie, son père, son frère et son beau-frère ont été enlevés. Aucun des trois n'a été revu depuis et tous sont présumés morts.

 

L'histoire d'Abou Oussama résume bien celle de milliers d'autres Irakiens qui ont, comme lui, mis leur vie en jeu pour quelques centaines de dollars en travaillant pour les forces américaines, britanniques et autres engagées contre la résistance irakienne.

 

Ces Irakiens ont exposé leurs familles aux représailles des résistants qui combattent leurs employeurs.

 

Nombre d'entre eux se retrouvent aujourd'hui dans une situation d'incertitude au beau milieu des deux millions de réfugiés irakiens qui ont fui vers la Jordanie ou la Syrie.

 

Ces anciens collaborateurs que Reuters a pu rencontrer vivent dans une anxiété telle qu'ils refusent de parler sans que leur anonymat ne soit garanti.

 

Aussi "Abou Oussama" n'est-il pas le vrai nom de l'homme qui travaillait pour 350 dollars par mois pour une unité de la police militaire américaine dans la prison d'Abou Ghraïb.

 

"C'était un endroit vraiment épouvantable", dit-il de cette prison de sinistre réputation où des militaires américains se sont livrés à des exactions sur leurs détenus irakiens.

 

LES "RISQUES DU METIER"

 

A cette époque, il a reçu par deux fois des menaces de mort, la seconde fois sous forme d'un billet déposé dans sa boîte aux lettres.

 

C'est cela qui l'a incité "à tout plaquer", abandonnant derrière lui sa femme enceinte et sept mois et ses deux filles de six et quatre ans.

 

"Je suis sans travail et c'est très difficile pour moi de les faire venir ici", confie-t-il à Reuters par téléphone de son refuge d'Amman.

 

"J'étais venu ici, en Jordanie, pour émigrer vers l'Amérique. C'est très difficile. Ca fait un an que j'essaye."

 

Pour sa part, "Chak", qui vit avec sa femme et ses cinq enfants dans la "zone verte" ultra-fortifiée de Bagdad, travaille pour l'armée américaine par conviction, persuadé qu'elle est venue aider le peuple irakien.

 

Mais lui aussi connaît les "risques du métier".

 

On retrouvé l'an dernier dans le quartier populeux chiite de Sadr City le cadavre décapité d'un de ses collègues de 26 ans, avec dans sa poche le badge l'identifiant comme collaborateur de l'occupant.

 

Beaucoup de traducteurs des Américains cherchent à cacher leur activité pour se protéger ainsi que leur famille. Mais ce n'est pas aisé.

 

"Une voisine m'a arrêté un jour pour me demander si je travaillais pour les Américains. J'ai éclaté de rire en lui disant que j'aimerais bien mais que je ne parlais pas anglais et que je travaillais dans un super-marché", raconte "Sal".

 

"Je ne crois pas qu'elle m'ait cru", ajoute aussitôt cet habitant de Roussafa, un quartier de l'est de Bagdad.

 

Source : Paul Tait Reuters - Reuters - Vendredi 24 août.

 

 

 

7-4 Dossier Marc Lemaire : Les sociétés privées ont déployé au moins 48.000 hommes peut-être même jusqu’à 80.000.

 

21-08

 

Les sociétés privées sous contrat avec le gouvernement US ont déployé au moins 48.000 hommes armés, peut-être même jusqu’à 70.000 ou 80.000. Parfois mieux équipés que les militaires pour accomplir des tâches semblables, ces "mercenaires" tirent régulièrement sur des soldats et civils, en toute impunité.

 

En 2004, la mort de quatre gardes de la société Blackwater, la plus présente en Irak avec peut-être un millier d’hommes, a été le prétexte pour lancé  la sanglante bataille contre  Falloujah.

 

Quatre ans après le début de la guerre en mars 2003, quelque 162.000 soldats US sont en Irak, et presque autant de personnes sous contrat, les "contractors", dont la moitié environ sont des gardes équipés d’armes automatiques, d’armures, et d’hélicoptères ou camions blindés. Ils ne rendent de comptes qu’à leur employeur et aucun n’a encore été poursuivi par la justice américaine.

 

Leur statut confus remonte à la défunte Autorité provisoire de la coalition (CPA) américaine d’occupation, qui a dirigé l’Irak pendant les 14 mois suivant l’invasion.

 

Il les autorise à ouvrir le feu sur des suspects s’approchant trop près ou trop rapidement d’eux. Ils n’ont pas à répondre de leurs crimes éventuels devant la justice irakienne. Et contrairement aux soldats, dont une soixantaine ont été jugés en cour martiale pour les meurtres d’Irakiens depuis le début de la guerre, ils ne sont pas soumis Code de justice militaire.

 

Ce statut fait grincer des dents. Alors que les sociétés de sécurité tirent plus de 4 milliards de dollars (2,9 mds d’euros) des contrats attribués par le gouvernement américain, celui-ci ignore combien de soldats privés sont employés et où ils opèrent, selon le Bureau gouvernemental de la comptabilité (GAO).

 

Or les gardes privés ont repris nombre des tâches traditionnellement dévolues à l’armée : protéger les opérations militaire, assurer la protection des responsables de haut rang, y compris le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, ou des visiteurs étrangers, aussi bien que des milliers de projets de construction.

 

"Je comprends que c’est la guerre, mais ce n’est absolument pas une excuse pour laisser cette immense force d’employés privés armés, de mercenaires oserais-je dire, se balader sans rendre de comptes à personne", s’indigne le représentant démocrate Jan Schakowsky, avocat d’un meilleur contrôle des "contractors". Des analystes militaires et gouvernementaux suggèrent que ces hommes puissent être jugés en vertu de la loi sur la juridiction militaire extraterritoriale concernant les crimes commis hors des Etats-Unis.

 

Fin 2004, l’ouverture du Centre des opérations de reconstruction (ROC) à Bagdad devait permettre un suivi des sociétés privées sous contrat et des troupes militaires dans le pays ainsi que des actes de violence, mais la participation au ROC relève du volontariat. De nombreuses grandes sociétés affirment déclarer au ROC les tirs de leurs hommes mais certaines reconnaissent, selon le GAO, avoir cessé de signaler ces "incidents" en raison de leur trop grande fréquence.

 

La situation crée des tensions avec la population mais aussi les militaires américains, qui gagnent en un an ce que les privés peuvent gagner en un mois, ces derniers étant souvent d’anciens membres des troupes d’élite américaines.

 

"La plupart des militaires les voient d’un mauvais oeil. Ils pensent que si ces types voulaient vraiment bien faire, ils seraient restés dans l’armée", explique l’ancien lieutenant-colonel de marine Mike Zacchea, qui a entraîné l’armée irakienne pendant deux ans. Aujourd’hui retraité, il a repoussé plusieurs propositions de sociétés de sécurité à 1.000 dollars (725 euros) par jour. "Je ne voulais pas aller en Irak en tant que mercenaire", lâche-t-il. "Ces types sont des combattants sans uniforme, des électrons libres sur le champ de bataille."

 

Des responsables militaires à Bagdad ont déclaré l’an dernier à des enquêteurs du GAO que le manque de coordination mettait en danger la vie des soldats et des "contractors", que des gardes privés pénétraient sur des zones de combats sans avertir et qu’il n’existait parfois aucune communication avec ces mercenaires.

 

Un nombre indéterminé de civils irakiens ont aussi été victimes d’"incidents", avec des gardes armés. On parle de gardes ayant ouvert le feu au hasard dans la foule. "Les Irakiens sont très en colère", prévient le parlementaire Schakowsky.

 

21-08

 

 

 


8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
8-1 Difficultés de recrutement … l’armée d’occupation US tente d’attirer des jeunes en échec scolaire.

 

22-08

 

Confrontée à des difficultés de recrutement après plus de quatre ans de guerre contre l’Irak, l’armée américaine d’occupation tente d’attirer des jeunes en échec scolaire, au détriment estiment certains de la qualité des effectifs des forces armées des Etats-Unis.

 

L’armée américaine offre à des jeunes sortis du système scolaire une deuxième chance. Brittany Vojta, 18 ans, a ainsi suivi trois semaines intensives de cours cet été pour décrocher l’équivalent d’un diplôme de fin d’études au lycée afin d’avoir le niveau minimal requis pour rester dans la Garde nationale.

 

"Quelque chose de mal s’est passé dans la vie de ces soldats. Nous avons la possibilité d’empêcher un autre résultat négatif : qu’ils soient renvoyés de l’armée", explique le sergent John Walton, qui a lancé cette année le programme pour la Garde nationale en Pennsylvanie.

 

Reste que cette politique de recrutement pourrait être néfaste pour l’armée sur le long terme, estime l’analyste Cindy Williams, de l’Institut de technologie du Massachusetts. Les propres études du Pentagone montrent que les soldats titulaires du diplôme traditionnel de fin d’études au lycée sont plus susceptibles que ceux ayant décroché un équivalent d’aller au bout d’une période d’engagement.

 

L’armée a récemment pris d’autres mesures pour tenter de maintenir ses effectifs, mais certaines sont accusées de faire baisser le niveau d’exigence en matière de recrutement. Elle a ainsi augmenté le nombre de dérogations accordées à des personnes qui autrement n’auraient pu être retenues pour des raisons médicales ou d’antécédents judiciaires. L’âge limite a également été relevé à 42 ans.

 

En 2006, le nombre de lycéens diplômés "traditionnels" recrutés par l’armée a chuté à 73%, contre 84% un an plus tôt, selon le Projet priorités nationales, un groupe de recherche. L’objectif du Pentagone est d’atteindre la barre des 90%, un quota rempli pour la dernière fois en 2004.

 

Le membre de la Chambre des représentants Joe Sestak, un ancien vice-amiral, note que certains soldats possédant seulement des équivalences du diplôme de fin d’enseignement secondaire se sont révélés d’excellents soldats, mais il s’inquiète de la tendance actuelle. "Il y a une érosion dans la qualité du recrutement", juge-t-il.

 

Un autre programme basé en Pennsylvanie et ciblant les jeunes en échec scolaire a déjà aidé plus de 13.000 recrues à obtenir l’équivalent du diplôme de fin d’études de lycée depuis ses débuts en 2005.

 

Les trois semaines de cours suivies par Brittany Vojta se déroulent dans un environnement scolaire atypique : l’enseignant peut être civil

N° 293 Journal d'Irak 31-08 1ere partie

29/08/2007

n°119 - Journal de l'Afghanistan Special dossier - 29-08

Sommaire :

 

1 Médias

1-1   La propagande de guerre passée au crible. 

 

1-2   Comment la censure s'opère-t-elle sur Internet.

 

2 Brèves

2-1 Ben Laden serait en bonne santé…

 

 

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Bassirat.net : Un gouffre sépare le discours officiel de la réalité du terrain.

 

3-2 Point de vue de David Rohde & de David E. Sanger : Les ratés de la guerre.

 

3-3 David Rohde & David E. Sanger : Les USA et l'OTAN à couteaux tirés.

 

3-4 Point de vue de Patrick Martin : La Croix Rouge confirme : le gouvernement Bush a utilisé la torture lors des interrogatoires.

 

3-5 Guantanamo

 

1 Sudhin Thanawala : Les psychologues réfléchissent sur la pertinence de participer aux interrogatoires de   

 

 Guantanamo.

 

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

4-1 La routine...

 

4-2 David Ray Griffin : Première Marche « Unis pour la Vérité  » à Bruxelles.

 

5-0 Annexes

5-1 Burhan Ghalioun : Qui est responsable de la propagation de la violence dans le monde ?

5-2 Sandro Cruz: « Al-Qaeda n’est qu’une métaphore »

 

Entretien avec le rapporteur spécial de l’ONU contre le Terrorisme Mr Martin Scheinin. 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





1 Médias

 

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

 

 1-1 La propagande de guerre passée au crible. 

 

 

Le Canada justifie son engagement militaire en Afghanistan en invoquant, diversement, la «mission» de «libérer la femme afghane», d'«instaurer la démocratie», d'«anéantir les talibans», et ou «reconstruire le pays».
Pour Norman Solomon, critique du discours officiel aux États-Unis et de sa diffusion par les médias dominants, ce sont là «des slogans qui relèvent de la propagande de guerre».
«Le Canada fournit 10% des troupes étrangères en Afghanistan et les paroles du cabinet Harper sont comme l'écho des mots d'ordre émis par l'administration Bush», a-t-il dit hier à La Presse.
Solomo n était en route pour Montréal où un documentaire de 72 minutes, inspiré de son récent livre War Made Easy, est au programme du Festival des films du monde (FFM). Le livre publié en 2005 a pour exergue: How Presidents and Pundits Spin Us to Death, ou «Comment les présidents et les experts nous manipulent à mort».

Un film d'enquête
«L'idée du film est née d'une rencontre avec les gens du Media Education Foundation, dont j'avais aimé le documentaire Hijacking Catastrophe qui montrait comment les néo-conservateurs ont exploité les attentats du 11 septembre pour relancer l'Empire», a raconté Solomon.
Le film, réalisé par Loretta Alper et Jeremy Earp, porte un regard d'enquêteur sur 60 années de propagande de guerre des États-Unis. Solomon décortique le sujet d'une voix calme, et des images d'archives, avec des clips pertinents, illustrent ses propos. La narration est fournie par l'acteur Sean Penn.
«Les guerres sont déclarées et menées pour des raisons très complexes, qui allient des intérêts économiques à des calculs géopolitiques. Mais pour gagner et conserver l'appui du public, les élites lui parlent avec des mots simples comme liberté et démocratie. Et elles diabolisent l'ennemi à souhait», a dit Solomon.
L'auteur d'une dizaine d'ouvrages et fondateur de l'Institute for Public Accuracy estime que le public est prêt à soutenir une guerre, même de longue haleine, s'il juge que c'est pour une bonne cause.
«Mais si le public sent que la cause n'est pas bonne, il s'opposera même à une guerre éclair», a-t-il ajouté.

Le rôle des médias
Les Américains ont appuyé leur pays dans la Seconde Guerre mondiale car la cause était bonne, a-t-il dit.
«Mais les guerres menées depuis par les États-Unis, au Vietnam et en Irak notamment, se sont heurtées au scepticisme populaire car les dirigeants ont menti sur les causes et la conduite des hostilités», a-t-il souligné.
Le film analyse tout particulièrement le rôle des médias dominants comme amplificateurs du discours officiel.
«Nous, Américains, croyons ne pas subir la propagande, mais c'est faux. Nos médias sont l'otage des sources officielles. Quand nos dirigeants ont décidé, surtout s'il s'agit de guerre, nos médias virent au chauvinisme», a affirmé Solomon.
Une étude du Project for Excellence in Journalism vient d'établir que la couverture de l'Irak dans les médias états-uniens a chuté de 22% entre le 1er et le 2e trimestre de 2007. Ce qu'il en reste est consacré surtout au débat politique aux États-Unis mêmes.
«Tout tourne en fait autour de nous. Nous tuons les autres pour leur bien. Nous ne cherchons rien pour nous-mêmes.
«Mais une question nous obsède: sommes-nous en train de gagner? Les autres deviennent alors des abstractions», a-t-il ajouté.

 

 Jooneed Khan

 

La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20070824/CPMONDE/708240466/1014/CPMONDE/?utm_campaign=retention&utm_source=bulletin&utm_medium=email

 


1-2 Comment la censure s'opère-t-elle sur Internet
http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-3236,54-948326@51-948229,0.html

 

 

LEMONDE.FR | 28.08.07 | 13h08

 

 

 

 

 



2 Les Brèves

 

Ndlr :  la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

 

 2-1 Ben Laden serait en bonne santé…

 

 

Ben Laden serait en bonne santé, c'est la dernière nouveauté ! Cette bonne nouvelle est annoncée un des principaux chefs talibans sur une vidéo diffusée par des analystes américains. Le fait qu'elle soit diffusé par des analystes américains est une preuve de bonne foi ! Les pauvres ! Ils ne savent plus quoi inventer pour cacher leurs forfaits et leurs forfanterie. Ben Laden est en bonne santé, sûr, à six pieds sous terre. C'est ainsi que nous raisonnerons tant que nous ne l'aurons pas vu en chair et en os devant nous et avec une recherche ADN. Car ils sont bien capables de cloner un Ben Laden ou de faire subir de la chirurgie esthétique à un pauvre type qui aurait besoin de tune pour se prêter au jeu du figurant. Pitoyable !

 

Ben Laden serait en bonne santé, selon un chef des talibans

 

Le chef du réseau al-Qaïda, Oussama ben Laden, est vivant et en bonne santé, a assuré un des principaux chefs des talibans dans une vidéo datée du 15 juin et diffusée mardi par des analystes américains spécialisés dans la surveillance des groupes extrémistes. Ben Laden "est en très bonne santé et très actif", certifie Mansour Dadullah dans un entretien vidéo traduit par le centre d'études IntelCenter.
Mansour Dadullah, frère du mollah Dadullah, le plus important chef taliban tué en mars par les forces alliées, affirme avoir été contacté par Ben Laden, cerveau des attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. "J'ai reçu un message de lui me conseillant de suivre le mollah Dadullah et de poursuivre son action afin que les combattants islamistes ne faiblissent pas", affirme le chef taliban cité par IntelCenter.
Ben Laden, traqué depuis l'invasion américaine en Afghanistan contre le régime des talibans, se cacherait dans une région montagneuse à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan selon les Etats-Unis.

 

Sources 7 sur 7

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 



3 Dossiers

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de Bassirat.net : Un gouffre sépare le discours officiel de la réalité du terrain.

 

En visite en Afghanistan, le chef d’état-major de l’armée britannique, le général Richard Dannatt, a déclaré que ses soldats remportaient des victoires tactiques importantes sur les taliban. Toutefois, c’est une réalité bien différente que décrit un journaliste de The Observer.

 

« Bien sûr, nous essuyons de temps en temps des pertes tragiques. Je ne veux pas me lancer dans une bataille des chiffres, mais les taliban enregistrent plus de pertes que nous », a déclaré le général Dannatt.

 

Il a également dit que les soldats déployés dans le sud de l’Afghanistan le rendaient « fier et admiratif ». Il a loué la qualité du travail réalisé par les soldats britanniques et leur courage. Selon lui, aucune autre force ne pourrait mener à bien la mission que remplissent les soldats de la Royal Army dans la province de Helmand. Ainsi, il a apporté son soutien à la création d’une médaille spéciale pour les soldats qui servent dans cette province du sud afghan.

 

 

Province de Helmand

 

Le constat de Mark Townsend est bien différent. Le journaliste de l’Observer a passé trois semaines dans la province de Helmand au milieu des soldats. Il dresse un portait lugubre d’une guerre décourageante par bien des aspects. État des lieux.

 

Trois guerres en une

 

Mark Townsend a établi une typologie de la guerre que mènent les taliban dans la province de Helmand. Selon lui, il y a trois conflits en un.

 

1 Guérilla

 

Où : le long de la rivière Helmand

 

Soldats du Royal Welsh

 

Terrain : champs de pavot, habitations fortifiées, canaux d’irrigation

 

Tactique : la configuration du terrain permet aux taliban de tendre des embuscades au cours desquelles ils n’hésitent pas à encercler les patrouilles britanniques et à ouvrir le feu au risque de subir de lourdes pertes à cause des tirs fraternels.

 

Niveau de danger : 9/10. La plupart des pertes britanniques sont enregistrées dans cette région.

 

Qui gagne ? Les pertes essuyées par les taliban sont importantes. Néanmoins, les progrès réalisés par l’armée britannique sont lents et les taliban restent maîtres de solides bastions.

 

2 Guerre conventionnelle

 

Des soldats sortent d’une tranchée et partent à l’assaut sous le feu des taliban

 

Où : au nord de la province de Helmand, dans la région du barrage hydroélectrique de Kadjaki.

 

Terrain : Les combats se déroulent dans des villages déserts et des plaines légèrement vallonnées.

 

Tactique : les deux camps disposent de positions enterrées à partir desquelles ils repoussent les assauts ennemis. Sur ce théâtre, l’aviation américaine est régulièrement appelée pour apporter un appui feu et pour bombarder les positions des taliban.

 

Niveau de danger : 6/10. Les soldats britanniques disposent d’une puissance de feu supérieure qui leur permet de contenir les assauts des taliban.

 

Qui gagne ? Les soldats britanniques ont fait reculer la ligne de front de plusieurs kilomètres dans la région de Kadjaki. Mais, toute avancée supplémentaire est rendue impossible par l’arrivée de nouveaux combattants qui ont gonflé les rangs des taliban.

 

3 Guerre des positions avancées

 

Où : l’armée britannique dispose de plus de quinze bases avancées réparties principalement dans la vallée de la rivière Helmand. Elles ont été établies à la demande du gouvernement afghan afin d’éviter la perte de districts entiers.

 

Terrain : en règle générale, les bases sont installées sur des positions hautes.

 

Tactique : Les bases sont pilonnées par des obus de mortier et des roquettes tirées à partir de positions situées à un kilomètre de distance. Puis, des vagues de combattants partent à l’assaut des bases, de nuit comme de jour. En réponse, les soldats britanniques montent des opérations sur les arrières des taliban et lancent des patrouilles afin d’occuper le terrain.

 

Niveau de danger : de 4/10 à 8/10. La situation est désormais stabilisée à Sangin alors que le poste situé six kilomètres plus au nord est constamment l’objet d’attaques.

 

Qui gagne ? : les troupes britanniques patrouillent désormais à partir de bases qui ont été, un temps, assiégées. Toutefois, certains postes avancés subissent encore des attaques sérieuses.

 

 

3 Un ennemi polymorphe

 

« Battus le matin, les insurgés se renforcent durant la nuit. Les fantassins britanniques sont enfermés dans des combats contre une hydre : couper une tête, il en poussera deux autres », écrit Mark Townsend. Les soldats lui ont décrit plusieurs types de combattants. Chaussé de sandales et habillé d’une robe traditionnelle, Le tâleb qui affrontait l’été dernier les soldats britanniques armé d’un AK-47 a été rejoint cette année par des combattants étrangers. Les taliban parviennent ainsi à compenser les lourdes pertes qu’ils essuient depuis plus d’un an.

 

Des convois de Toyota Land Cruiser franchissent quotidiennement la frontière poreuse qui sépare le Pakistan et l’Afghanistan où ils déversent des flots de combattants djihâdistes étrangers prêts à en découdre avec les soldats étrangers, affirme The Observer. Les soldats britanniques les considèrent comme plus intelligents, mieux entraînés et mieux équipés que les taliban. Récemment, relate The Observer, des missiles sol-air et des munitions capables de percer un blindage à une distance d’un kilomètre ont fait leur apparition sur les champs de bataille de la province de Helmand. Un missile sol-air se serait récemment verrouillé sur un avion de combat Harrier, obligeant son pilote à entreprendre des manœuvres évasives.

 

 

4 Des taux de pertes plus élévés que durant la Seconde Guerre mondiale

 

Soldats du Grenadier Guards

 

Dans un autre article, The Observer affirme que, depuis le mois d’avril, plus de 700 soldats britanniques engagés dans les combats contre les taliban dans la province de Helmand ont eu besoin de soins médicaux. Le contingent britannique dans cette province compte 1 500 soldats. Prés d’un soldat sur deux a donc été blessé au combat au cours des cinq derniers mois. En six mois, durée du stationnement des unités britanniques en Afghanistan, un fantassin a, en outre, une chance sur trente-six de ce faire tuer.

 

Ces chiffres ne sont pas rendus publics, car le ministère britannique de la Défense ne prend en compte, dans les statistiques qu’il communiqué aux médias, que les soldats dont les blessures ont entraîné une hospitalisation. Ainsi, seulement 240 soldats ont été blessés dans la province de Helmand, selon ce mode de calcul.

 

S

 

L’intensité des combats a un impact psychologique fort sur les soldats. Pour donner un ordre d’idée de leur intensité, plus de deux millions de munitions ont été tirées par l’armée britannique depuis son déploiement dans la province de Helmand. À peine cinq fois moins du côté des taliban. Ainsi, nombreux sont ceux qui ne souhaitent pas poursuivre leur carrière dans les armées, car ils pensent que le métier des armes ne pourra plus leur offrir un challenge aussi excitant sur un autre théâtre. « Je vais partir sur une bonne note. Tout ce que j’aurais pu connaître aurait été décevant », affirme un fantassin âgé de dix-neuf ans. « Il y a des hommes qui ont servi pendant vingt ans et qui n’ont pas fait un quart de ce que j’ai fait », explique-t-il.

 

Avec BBC et The Observer

 

 


3-2 Point de vue de David Rohde & de David E. Sanger : Les ratés de la guerre.
En Afghanistan, La guerre aux talibans «va mal».

 

C'est la conclusion à laquelle en est venu le New York Times, au terme d'une longue enquête publiée dimanche dont nous proposons des extraits. Le constat n'est pas différent ici.

 

Un document confidentiel pour l'année 2006, préparé par les fonctionnaires fédéraux, obtenu par La Presse , brosse un portrait sombre de la situation, au moment même où Ottawa vient d'y déployer quelque 2000 soldats québécois. Le gouvernement harper soutient pour sa part que des progrès ont été réalisés en 2007.
Deux ans après la chute des talibans aux mains d'une coalition dirigée par les États-Unis, un groupe d'ambassadeurs des pays de l'OTAN a atterri à Kaboul pour examiner ce qui semblait être un triomphe.
On parlait alors d'un nouveau départ pour un pays déchiré par des années de guerre avec les Soviétiques et de répression brutale de la part de fondamentalistes religieux.
Menés par un diplomate américain d'expérience, R. Nicholas Burns, ils ont parcouru le pays à bord d'hélicoptères Black Hawk, sans craindre pour leur sécurité. Ils se sont promenés nonchalamment dans les rues tranquilles de Kandahar et ont bu du thé à petites gorgées avec des chefs tribaux.
Lors d'un briefing du commandement central américain, on leur a dit que les talibans étaient dorénavant «à bout de forces».
«Certains d'entre nous disaient: pas si vite', se souvient M. Burns, actuel sous-secrétaire d'État aux affaires politiques. Plusieurs parmi nous estimaient que même si les talibans ne représentaient plus une menace stratégique, ils étaient trop imbriqués dans la société afghane pour simplement disparaître.»
Ce scepticisme n'a cependant jamais fait son chemin à Washington. Depuis le début de la guerre en 2001, les agences américaines du renseignement ont rapporté que les talibans étaient décimés de façon telle qu'ils n'étaient plus une menace. C'est ce qu'affirment deux responsables du renseignement qui ont eu accès aux rapports.
Le sentiment de victoire était si fort que les meilleurs spécialistes de la CIA et les unités des forces spéciales ayant contribué à libérer l'Afghanistan avaient, depuis longtemps, mis l'accent sur la prochaine guerre. En Irak.
Ces importantes erreurs de calcul font partie d'une série d'estimations et de décisions qui ont contribué à faire dévier de sa route ce que plusieurs dans l'armée américaine qualifiaient de «bonne guerre».
Les talibans, à l'exemple d'Oussama ben Laden et de ses adjoints, ont trouvé refuge au Pakistan et se sont regroupés pendant que l'attention des Américains vacillait. Les combattants talibans se sont ensuite infiltrés en Afghanistan, provoquant au printemps dernier une hausse d'au moins 25% du nombre d'attaques suicide et d'attentats à l'explosif sur les routes. Et forçant l'OTAN et les troupes américaines à mener des batailles pour reprendre des villages jadis libérés dans le sud du pays.
Le président afghan en difficulté, Hamid Karzaï, a dit à Washington, la semaine dernière, que la sécurité dans son pays s'est «détériorée de façon définitive».
Les critiques du président George W. Bush soutiennent depuis longtemps que la guerre en Irak a amoindri l'effort américain en Afghanistan. Ce que l'administration a nié. Mais l'examen de l'application de la politique de l'administration Bush révèle un large fossé entre la façon dont on a dit procéder en Afghanistan et une série de décisions qui ont parfois semblé reléguer le pays au second plan alors que l'Irak se désagrégeait.
Les déclarations de la Maison-Blanche en soutien à l'Afghanistan, incluant celles du président, ont été fermes. Mais l'engagement pour résoudre les nombreux problèmes du pays a été boiteux et a parfois été pris à contrecoeur, révèlent des dizaines d'entrevues effectuées aux États-Unis, au quartier général de l'OTAN à Bruxelles ainsi qu'à Kaboul, capitale afghane.
À des moments critiques de la lutte pour l'Afghanistan, l'administration Bush a détourné vers l'Irak des ressources limitées en matière de renseignement et de reconstruction. Incluant des unités d'élite de la CIA et des forces spéciales impliquées dans la traque des terroristes. Aussitôt sortis des chaînes de montage aux États-Unis, les avions espions Predator ont pour leur part été expédiés en Irak, compromettant la recherche des talibans et des leaders terroristes, ont expliqué des responsables du renseignement et du Pentagone.
Le secrétaire à la Défense d'alors, Donald Rumsfeld, s'est targué d'avoir renversé les talibans avec des forces légères et expéditives. Mais il n'avait pas prévu qu'il faudrait plus de troupes après la chute du gouvernement. Une erreur qui laissait présager les problèmes des États-Unis en Irak.
M. Rumsfeld a bloqué une proposition faite dès le départ pour l'envoi d'une imposante force internationale par le secrétaire d'État d'alors, Colin Powell, et par M. Karzaï, le président choisi par l'administration.
De grands objectifs furent par ailleurs annoncés pour ce qui est de la reconstruction. De grands projets furent identifiés. Mais en 2002, année où M. Bush a promis un «plan Marshall» pour l'Afghanistan, le pays a reçu un aide financière par habitant moins élevée qu'en Bosnie et au Kosovo après la guerre, ou même qu'en Haïti, selon une étude de la Rand Corporation. Washington a consacré en moyenne 3,4 milliards US par année à la ‘reconstruction’ en Afghanistan, soit moins de la moitié de ce qui a été dépensé en Irak, indique le service de recherche du Congrès.
La Maison-Blanche réplique que le nombre de soldats en Afghanistan a augmenté lorsque le besoin s'est fait sentir et qu'il s'élève maintenant à 23 500. Mais un commandant au Pentagone a dit que ce nombre a grimpé l'an dernier, mais qu'il a été surpris de découvrir qu'il pouvait «compter sur les doigts d'une ou deux mains» le nombre d'experts en agriculture du gouvernement américain en Afghanistan. Un pays où 80% de l'économie est liée à l'agriculture.
Plusieurs de ces décisions ont été influencées par la vision tendancieuse qu'avaient les Américains de la réalité sur le terrain, disent les responsables. «La perception était que les Afghans détestaient les étrangers alors que nous serions les bienvenus en Irak, a dit James Dobbins, l'envoyé spécial de l'administration en Afghanistan. C'est l'inverse qui s'est produit.»

 

David Rohde
David E. Sanger

 

jeudi 16 août 2007

 

The New York Times

 

Bassirat.net

 

mercredi 22 août 2007

 

 


3-3 David Rohde & David E. Sanger : Les USA et l'OTAN à couteaux tirés.
L'OTAN a pris les rênes des opérations militaires en Afghanistan en juillet 2006. Pour les Américains et les Européens, cette organisation représente l'alliance victorieuse de la guerre froide, mais pour les Afghans, il s'agit plutôt d'un nouvel acronyme un peu bizarre.

 

Et aujourd'hui, l'OTAN et les Américains ne s'entendent pas sur la stratégie à adopter.

 

Les dissensions apparaissent évidentes sur le mur du bureau du général Dan K. McNeill, commandant des 35 000 soldats de l'OTAN en Afghanistan. Une carte ressemblant à une mer de blocs jaunes et rouges montre les restrictions des groupes de soldats.

 

Les blocs rouges représentent des missions que certains pays n'accompliront pas, comme pourchasser des talibans ou des membres d'Al-Qaeda. Les blocs jaunes représentent des missions qu'ils pourraient envisager, après avoir sollicité la permission de leurs gouvernements respectifs.

 

 

 

À Washington, les dirigeants déplorent que des pays de l'OTAN refusent de prendre le risque d'engager leurs troupes dans des affrontements avec les talibans.

 

Les leaders européens accusent pour leur part les États-Unis de délaisser la reconstruction et de mener des attaques aériennes meurtrières parmi les civils, alimentant l'acrimonie des Afghans envers les pays occidentaux.

 

James L. Jones, général américain à la retraite et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe, estime que l'Irak déconcentre les Américains en Afghanistan. Selon lui, les conséquences d'un échec en Afghanistan seront aussi graves qu'en Irak. «Symboliquement, il s'agit davantage d'un épicentre du terrorisme que l'Irak, fait-il valoir. Si nous échouons en Afghanistan, nous enverrons le message très clair aux organisations terroristes que les États-Unis, les Nations unies et les 37 pays présents sur le terrain peuvent être défaits

 

David Rohde
David E. Sanger

 

The New York Times

 

16 août 2007


3-4 Point de vue de Patrick Martin : La Croix Rouge confirme : le gouvernement Bush a utilisé la torture lors des interrogatoires.
Selon une longue étude publiée dimanche sur le site web du magazine New Yorker, un rapport confidentiel du comité international de la Croix Route (CICR) suggère que des responsables du gouvernement Bush pourraient avoir commis des crimes de guerre durant l’opération outre-mer de la CIA « prisons secrètes ».

 

Le rapport de la Croix Rouge conclut que les méthodes employées lors d’interrogatoires par la CIA du terroriste allégué des attentats de 11 septembre, Khalid Cheikh Mohammed et d’autres prisonniers Al Quaïda, étaient « équivalentes à la torture » et qu’il était vraisemblable que les responsables du gouvernement Bush avaient commis « des infractions graves » aux conventions de Genève.

 

L’article de Jane Mayer intitulé « The Black Sites » (sites noirs) est le résultat d’une série d’interviews d’anciens officiers de la CIA impliqués dans le fonctionnement des prisons secrètes outre-mer de l’agence, agents ayant directement participé à des séances de torture et qui ont, semble-t-il, tiré la conclusion que les méthodes employées étaient soit immorales soit contre-productives soit les deux à la fois.

 

Le magazine New Yorker est devenu l’un des principaux canaux de la dissidence au sein de l’appareil militaire et du renseignement dirigé à l’encontre de la politique menée par la Maison Blanche de Bush. Le collègue de Mayer, Seymour Hersh, avait rédigé le premier rapport approfondi sur les sévices infligés aux prisonniers à la prison militaire américaine d’Abou Ghraib, près de Bagdad, ainsi qu’une série d’articles sur les préparatifs américains d’une attaque militaire contre l’Iran.

 

Khalid Cheikh Mohammed fut capturé par les autorités pakistanaises au début de 2003, juste avant l’invasion américaine en Irak, et maintenu en détention par la CIA dans des endroits secrets durant près de quatre ans avant d’être transféré à Guantánamo Bay. En mars dernier, le Pentagone avait rendu publiques ses « confessions » d’avoir exécuté ou planifié non moins de 31 atrocités terroristes différentes, déclaration longtemps acclamée par les cercles officiels comme preuve que la torture, ou dans le jargon de Washington, « enhanced interrogation techniques » (techniques d’interrogation élargies), était une pratique efficace et légitime dans la « guerre contre le terrorisme ».

 

Dans le même temps, le World Socialist We Site relevait le caractère douteux des déclarations de Mohammed reconnaissant sa propre culpabilité et dans lesquelles il revendiquait la responsabilité pour un nombre invraisemblable de complots spectaculaires, y compris des soi-disant projets pour détruire la Sears tower (la plus haute tour de Chicago), l’Empire State Building et Big Ben à Londres ainsi que l’assassinat de l’ancien président américain Jimmy Carter et du Pape Jean-Paul II. (Voir : « “Washington exploits Guantánamo ‘confession’ to justify its crimes”).

 

Aucun observateur au fait de la politique n’a douté un instant que Mohammed avait été sérieusement torturé et beaucoup l’ont dit, dont le journaliste Nat Hentoff (“Was Khalid Sheikh Mohammed tortured ?”) et le professeur Anthnoy d’Amato de la Faculté de droit de l’Université Northwestern, Etats-Unis (“True Confessions : The Amazing Tale of Khalid Shaikh Mohammed”), qui avait comparé la « confession », longue de 26 pages, aux déclarations des prisonniers s’accusant eux-mêmes lors des procès des purges staliniennes des années 1930. L’article de Mayer confirme en fait que la CIA a en réalité utilisé des techniques de torture développées d’abord par le KGB soviétique et copiée ensuite durant la guerre froide par les agences de renseignement américaines.

 

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) fut autorisé à rendre visite à Mohammed l’année dernière, après son transfert à Guantánamo Bay. La politique du CICR consiste à ne discuter de ses observations qu’avec le gouvernement qui maintient les prisonniers en détention et non avec les médias de façon à s’assurer un accès permanent aux prisonniers. Mais, selon Mayer, le rapport du CICR sur les quinze prisonniers détenus dans les prisons secrètes de la CIA a circulé aux plus hauts échelons de la Maison Blanche , du secrétariat d’Etat et du Conseil national de sécurité, de même qu’auprès de certains membres du comité sénatorial et de la commission de la Chambre des représentants qui se consacre aux agences de renseignement.

 

Mayer a cité des « sources du congrès et d’autres sources de Washington ayant connaissance de ce rapport, » en écrivant que « l’une des sources avait dit que la Croix Rouge avait décrites les méthodes de détention et d’interrogation comme équivalentes à la torture et avait déclaré que les fonctionnaires responsables des mauvais traitements avaient pu avoir commis de sérieuses infractions. Selon le rapport, la source a averti que ces fonctionnaires auraient pu avoir commis ‘des infractions graves’ aux conventions de Genève et auraient pu avoir violé la loi américaine contre la torture (US Torture Act) ». Mayer ajoute, « Les conclusions de la Croix Rouge qui est connue pour sa crédibilité et sa prudence pourraient avoir des ramifications judiciaires potentiellement dévastatrices. »

 

En d’autres termes, les dirigeants gouvernementaux américains qui ont autorisé et appliqué la torture à l’encontre de prisonniers de la CIA pourraient être mis en accusation pour crimes de guerre soit devant un tribunal américain soit devant une cour internationale, tout comme cela pourrait être le cas pour ceux qui, ayant eu connaissance par la suite de ce qui se passait dans les prisons secrètes, l’ont dissimulé.

 

Selon l’article de Mayer, l’utilisation de la torture par la CIA n’était pas une opération de « voyous » mais une entreprise bureaucratique de grande envergure impliquant une recherche et un développement systématiques pour trouver les « meilleures » méthodes pour briser le moral des prisonniers. Les fonctionnaires de la CIA ont étudié les techniques employées pour le programme Phoenix, opération militaire montée par la CIA durant la guerre du Vietnam, comme modèle pour la « guerre contre le terrorisme ». Le programme Phoenix avait impliqué l’assassinat systématique estimé à quelque 20 000 dirigeants, partisans et sympathisants du Front de Libération nationale ainsi que la torture à grande échelle de prisonniers.

 

En ce qui concerne les interrogatoires, la CIA a également demandé conseil auprès de la police secrète d’Egypte, de Jordanie et d’Arabie saoudite, et qui tous pratiquent des méthodes barbares de torture à l’encontre de prisonniers politiques. L’un des anciens interrogateurs militaires a décrit les techniques visant au contrôle total de l’environnement du prisonnier suivant « le modèle KGB », mis au point durant les purges contre les dissidents politiques de l’ancienne Union soviétique et ultérieurement imitée par la CIA.

 

Parmi les techniques employées sur Khalid Cheik Mohammed, on compte la privation sensorielle prolongée, l’enchaînement permanent en étant nu, l’utilisation d’une laisse de chien et des interrogateurs féminins, le fait d’être cogné contre un mur de sa cellule, d’être suspendu par les bras du plafond de la salle d’interrogation, et la pratique qui est à présent de triste notoriété du « waterboading », torture par l’eau, simulacre de noyage datant du Moyen Age (elle fut connue sous le terme de « torture chinoise par l’eau. »)

 

Un expert en interrogatoire a dit à Mayer en se référant aux victimes des séances de torture : « Les gens étaient totalement déshumanisés. Les gens s’effondraient. C’était l’application intentionnelle et systématique d’une grande souffrance que l’on faisait passer pour un processus juridique. C’est tout simplement effrayant. »

 

Selon Mayer, qui a interviewé l’un de ceux qui ont interrogé Mohammed, la torture était tellement sévère et systématique qu’elle avait eu un effet psychologique profond sur certains des tortionnaires eux-mêmes. Cet interrogateur a décrit un collègue tortionnaire qui souffre à présent de « terribles cauchemars... Cela le poursuit vraiment. Vous infligez quelque chose de vraiment mal et horrible à quelqu’un. »

 

Les fonctionnaires de la CIA ont maintes fois exprimé l’inquiétude que les ordres qu’ils recevaient de la Maison Blanche , notamment du vice-président Dick Cheney, pourraient les exposer à des poursuites criminelles, surtout depuis qu’on leur avait ordonné de garder en vie des prisonniers comme Mohammed, de ce fait faisant d’eux des témoins des sévices qu’ils ont eux-mêmes infligés. Comme l’un des responsables l’a dit à Mayer dans un des passages qui fait froid dans le dos, « Il aurait mieux valu les exécuter. »

 

Un ancien responsable de la CIA a dit à Mayer que de nombreux agents avaient contracté une assurance responsabilité civile pour anticiper les frais juridiques qu’ils risquent d’encourir au cas où ils seraient inculpés pour sévices à prisonniers. « une peur très grande existe d’un châtiment organisé par les hommes politiques » a-t-il dit et « plusieurs gars s’attendent à être jetés en pâture, » pour servir de boucs-émissaires aux décideurs les plus haut placés, y compris Bush, Cheney, l’ancien directeur de la CIA , George Tenet et le ministre de la Justice , Alberto Gonzales qui, en tant que conseiller de la Maison Blanche , a supervisé le processus apposant un cachet juridique à l’approbation de la torture.

 

Plusieurs dirigeants démocrates au Congrès sont parfaitement au courant du rapport du CICR qui a été transmis aux dirigeants du Sénat et de la commission spéciale de la Chambre des représentants sur les services du renseignement, présidée par le sénateur Jay Rockefeller de Virginie occidentale et le parlementaire démocrate Sylvestre Reyes du Texas. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ainsi que Harry Reid, le chef de la majorité au Sénat, étaient probablement aussi « dans le coup ».

 

Ce fait souligne la duplicité de la direction démocrate au Congrès qui, il y a à peine deux jours, a fait passer une loi élargissant les pouvoirs d’espionnage national d’un gouvernement dont il savait que le Comité international de la Croix Rouge avait reconnu comme l’auteur en série de crimes de guerre.

 

Malgré le caractère sensationnel des révélations de Mayer, il n’y eut que relativement peu de commentaires à ce sujet dans les médias américains. Le Washington Post, dans un article relatant l’article du New Yorker, a confirmé l’existence du rapport de la Croix Rouge et le fait qu’il a circulé aux plus hauts échelons de la capitale américaine.

 

Il a cité « des sources ayant connaissance du document » qui confirment que les détenus interviewés par le CICR avaient fait des déclarations similaires de leur torture alors qu’ils étaient isolés les uns des autres et n’étaient pas en mesure de coordonner leurs récits. Ceci renforce la crédibilité de leurs témoignages, tout comme le fait l’exportation de ces méthodes des prisons secrètes de la CIA et du camp de concentration de Guantánamo Bay vers la prison militaire américaine d’Abou Ghraib, en Irak d’où avaient été diffusées en 2004 les photos numériques qui avaient occasionné de par le monde un sentiment d’écoeurement contre les méthodes américaines de torture.

 

Patrick Martin

 

Article original paru le 7 août 2007.

 

Source : WSWS www.wsws.org

 

 


3-5 Guantanamo

 

1 Sudhin Thanawala : Les psychologues réfléchissent sur la pertinence de participer aux interrogatoires de Guantanamo.

Le groupe de psychologues le plus important des Etats-Unis doit décider dimanche du rôle que ses membres peuvent jouer dans l'interrogation des suspects à Guantanamo et auprès d'autres centres de détention militaires américains.

 

L'Association psychologique américaine (APA), qui se retrouve pour son rendez-vous annuel à San Francisco, doit choisir entre deux mesures concernant la participation de ses 148.000 membres aux interrogatoires militaires.

 

L'une des propositions, qui est soutenue par le comité de direction de l'APA, serait de réaffirmer l'opposition du groupe à la torture et d'interdire à ses membres de prendre part à plus d'une douzaine de pratiques spécifiques, incluant la nudité forcée ou les noyades simulées.

 

Un membre de l'APA qui violerait cette résolution sur la torture pourrait être exclu de l'organisation basée à Washington. Il pourrait ainsi perdre son diplôme étatique professionel lui permettant de pratiquer sa profession, a déclaré le porte-parole de l'association Rhea Farberman.

28/08/2007

N° 118 journal de l'Afghanistan - 28-08

Sommaire :  :
1 Analyse Des résistants Des occupants

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

a) collaborateurs afghans

b) occupants 

 

4 Lutte pour la libération du territoire
Détails.

L'Afghanistan en chiffre

 

6 Médias
6-1 Certains articles de Wikipédia sont modifiés par  la CIA et la FBI. 6-2 La falsification des prétendues vidéos d’Al-Qaida a été prouvée.

7 Brèves

7-1 Mollah Omar appelle à s'unir contre les ennemis (du peuple). 7-2 Etats-Unis: pic de suicides dans l'armée de terre en 2006. 7-3 USA: l'armée offre 20'000 dollars pour partir au front rapidement 7-4 Le camp Nathan Smith, situé en périphérie de la ville de Kandahar, a subi deux violentes attaques à la roquette. 7-5 L’armée nationale afghane attend toujours les armes modernes... 7-6 Le nouveau contingent canadien a reçu son baptême du feu. 7-7 Le Bloc québécois se dit prêt à faire tomber le gouvernement.

8 Dossier & Point de vue

8-1 Point de vue de Michèle Ouimet : Le bordel afghan.

 

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

9-1 Communiqué du Comité Surveillance Otan.(Belgique).

10-0 Annexes

10-1 La CIA mise en cause dans un rapport sur le 11 septembre.

 

10-2 Provinces Afghanes


 

 

 

 

 

 

 


 


                                











Editorial 
Pendant qu'à la télévision ont vous ressasse la tragédie des enlèvements, voici ce qui s'est passer en Afghanistan occupée ces 13 derniers jours
Tiré à part :
15-08 Les forces de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ont annoncé mercredi avoir lancé une vaste offensive aérienne et terrestre à l'aide d'armes de précision dans l'est de l'Afghanistan, dans la région montagneuse de Tora Bora, dans l'est de l'Afghanistan", a déclaré à l'AFP la porte-parole des forces, le capitaine Vanessa Bowman. Selon l'agence de presse afghane indépendante Pajhowk, citant des officiels locaux, l'offensive aurait commencé trois jours plus tôt et a fait plusieurs tués parmi des résistants  présumés. Le 3 juillet dernier, la coalition avait déjà annoncé avoir pilonné dans cette région … Des sources locales avaient alors affirmé que 50 civils avaient été tués dans  cette attaque.

 

La région montagneuse de Tora Bora, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville de Jalalabad, a été en décembre 2001 le théâtre d'une très vaste opération des forces américaines.

(AFP 18h36)

 25-08 Les troupes américaines et afghanes de la coalition internationale ont tué samedi une dizaine de résistants de part et d'autre de la frontière avec le Pakistan, en ripostant à leurs tirs de mortier. "Les forces de la coalition ont riposté et détruit les six positions ennemies d'où étaient tirés les obus, trois de chaque côté de la frontière", a annoncé la coalition dimanche dans un communiqué. La coalition affirme n'avoir fait aucune victime civile.(…) Les américains ont assuré que le Pakistan leur avait donné l'autorisation de pilonner, à partir du territoire afghan, les positions ennemies d'où partent les obus de mortier se trouvant sur le territoire pakistanais, mais Islamabad a aussitôt démenti. "C'est un communiqué erroné", a assuré le général Waheed Arshad, porte-parole de l'armée pakistanaise, qui ajoute: "Il n'y a pas eu d'attaque, ni de tirs provenant du côté pakistanais de la frontière et aucune autorisation n'a été réclamée par eux ni accordée par nous". La base de Shkin est régulièrement attaquée "les résistants viennent (en territoire afghan) l'attaquer à la roquette avant de rebrousser chemin vers le Pakistan", indique la coalition dans son communiqué.

(AFP 10h09

 

26-08 Des habitants d'une ville (…)  ont déclaré que plus de 60 civils avaient été tués la veille (samedi) au cours de bombardements aériens.

 

Les forces américaines et britanniques ont confirmé que des combats avaient eu lieu dans la région. L'US Army a fait savoir qu'elle procédait à des vérifications. .D'après les habitants, des pilonnages ont visé samedi en fin de soirée plusieurs villages du secteur de Musa Qala, dans la province d'Helmand Six civils blessés au moins ont été transférés dans un hôpital de Lashkar Gah, capitale de la province d'Helmand, dont deux femmes qui sont dans un état critique, a déclaré Rahmatullah Hanafi, directeur de l'établissement où le groupe a été admis. Le chef de la famille à laquelle appartiennent les membres de ce groupe, Ghulam Mohammad, a déclaré que huit autres de ses proches, dont des enfants, avaient été tués durant le raid, qui a selon lui duré plusieurs heures. "Jusqu'ici, on a retrouvé 60 morts et blessés et il reste des gens bloqués sous les décombres d'habitations", a déclaré Mohammad à Reuters devant l'hôpital. "C'était une soirée calme et les bombardements ont commencé tout d'un coup. Des têtes de bétail ont aussi été tués", a dit un membre de la famille de Mohammad, Haji Saïd Mohammad. (Reuters)
Marc


L'Afghanistan en chiffre du 15-08 au 28/08/07  

 

 

 

tués

 

blessés

 

 

 

 

Usboys / Autres boys

 

 27

 34

Policiers, armée et collaborateurs

 

 87

 66

Peuple Afghan

 

 132

 34 + x

 

   

 

 



 



Occupation de l'Afghanistan
Les occupants
Analyse & déclaration

 

 

Allemagne
17-08 Le gouvernement allemand est en  train d'examiner la possibilité d'envoyer plus de soldats en  Afghanistan suite à la mort de trois officiers de la police  allemande tués cette semaine par une attaque à la bombe près de la capitale afghane de Kaboul, a révélé vendredi le vice-ministre des Affaires étrangères, Gernot Erler, au quotidien local Berliner  Zeitung.  Erler a indiqué que son gouvernement doit examiner si les  actuelles troupes allemandes peuvent fournir assez d'aides à  l'entraînement des forces sécuritaires afghanes et si la mission  doit s'étendre du nord au sud du pays.   (XINHUA 

 



2-2 Les forces en présence
Allemagne 17-08
L'Allemagne dispose actuellement de 3.000 militaires au sein de  la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) dans le  nord de l'Afghanistan, (XINHUA)

Canada
19-08  L’armée canadienne compte près de 2500 soldats qui luttent dans le sud de l'Afghanistan.

 

(ats 01:39)

France
23-08 La France a environ 1.100 hommes en Afghanistan, principalement dans la région de Kaboul, dans le cadre de la Force internationale d'assistance et de sécurité (Fias) de l'Otan, qui regroupe 37.000 militaires issus de 35 pays. (Reuters)

 


GB

12-08

Le Royaume-Uni compte 7000 soldats dans ce pays, et le gouvernement britannique prévoit en envoyer 800 autres d'ici la fin de l'année. Agence France Presse

 


Tchequie
22-08 Le gouvernement tchèque a annoncé mercredi l’envoi de 200 soldats et civils en Afghanistan. Avec AP

 



3) Politique
a) Les collaborateurs afghans
Pays corrompu cherche …

15-08

Le Procureur général, Abdoul Jabar Sabet, a ordonné l’arrestation de Sakhi Ahmad Bayani, directeur des affaires administratives du ministère de l’Intérieur. M. Bayani, qui est en fuite, est accusé d’avoir détourné un million d’afghanis (20 000 dollars) dans l’exercice de ses fonctions. Il était chargé de distribuer des primes, d’un montant global de cinq millions d’afghanis, aux policiers méritants. Mais, seulement quatre millions d’afghanis ont réellement été donnés aux policiers. Le chef de la police de la province méridionale de Zâbol et cinq autre policiers ont également été arrêtés. Ils sont accusés d’avoir reçu une partie de l’argent détourné.

Avec Pajhwok


 


Dans le monde
Canada
19-08  70% de la population désapprouve l'intervention armée canadienne dans la poudrière afghane.

 

Afp


Chine
15-08   La Chine soutient le gouvernement et le peuple afghans dans le  choix d'un système politique et d'un modèle de développement pour  leur pays, a souligné le président Hu, actuellement en visite  d'Etat au Kirghizistan où il assistera à un sommet de  l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).  Depuis la formation du nouveau gouvernement afghan, la coopération entre la Chine et  l'Afghanistan s'est développée et les relations bilatérales  connaissent un bon élan, a indiqué le président Hu.   Le gouvernement chinois attache une grande importance au  partenariat global de coopération avec l'Afghanistan dont il  souhaite rester un bon voisin, ami et partenaire, a-t-il fait  remarquer.    Pour aider la ‘reconstruction’ de ce pays ravagé par la guerre,   la China fournira 80 millions de yuans (environ 10,53 millions de  dollars) d'aide et continuera des projets hydroélectriques et  médicaux existants, a-t-il ajouté.  (Xinhua

Russie
06-08 La Russie réalise une série de projets dans le cadre de l'initiative en faveur des pays en développement les plus lourdement endettés (HIPIC), lancée par le Fonds Monétaire International (FMI). RIA Novosti

 



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes des occupants.(US & Isaf )

12-08 Une embuscade, survenue vers 1H20 (heure locale) dimanche sur une route secondaire reliant la base opérationnelle de Masum Ghar à celle de Kandahar, a fait cinq blessés chez les militaires canadiens appartenant au groupe de soutien des troupes. Ces derniers, qui étaient à bord d'un véhicule blindé léger RG-31.

Source ; PC

16-08 Richard Adamson, employé de la compagnie de sécurité britannique ArmorGroup, a été tué mercredi en fin d’après-midi dans une zone résidentielle de l’est de la capitale afghane, ont annoncé son employeur et le Foreign Office. ArmorGroup, qui assure la sécurité des diplomates et fonctionnaires britanniques travaillant en Afghanistan, emploie 1 200 collaborateurs dans ce pays.

Avec BBC

 19-08 Simon Longtin (soldat canadiendu 22e Royal Régiment de Québec est mort au combat) a perdu la vie après que le véhicule dans lequel il circulait a été touché par une bombe artisanale. L'explosion est survenue à une vingtaine de kilomètres de Kandahar. Valérie Gamache & Associated Press - ats 01:39) 22-08 Deux soldats canadiens et leur interprète afghan sont morts mercredi dans le sud de l'Afghanistan. Ils ont été tués par une mine qui a explosé sous leur véhicule et a blessé deux journalistes de Radio-Canada et un soldat canadien au passage de leur convoi,a indiqué Radio-Canada.

(AFP 13h38)

22-08 Deux soldats afghans ont été tués et 11 soldats de l'Isaf blessés lors d'une attaque contre une base dans la province est du Nouristan. "Les résistants qui ont attaqué portaient des uniformes de l'armée afghane, ce qui leur a permis d'approcher la base", a déclaré l'Isaf.

 

Ps : L’armée US fournit l’essentiel des troupes de la FIAS dans cette partie de l’Afghanistan. (AFP 13h38- Avec AP

 

23-08 Un militaire français du 1er régiment des Hussards-Parachutistes a trouvé la mort lors d'un accident de la circulation dans le district de Shakar-Darreh alors qu'il effectuait une patrouille en véhicule blindé léger, annonce le ministère français de la Défense. (Reuters) 24-08 "Trois soldats britanniques du 1er bataillon du régiment Royal Anglian ont été tués et deux autres blessés le (jeudi) 23 août dans des opérations dans le sud de l'Afghanistan", lit-on dans un communiqué. Selon le ministère, ces soldats participaient à une patrouille de combat destinée à perturber les activités des résistants .

 (Le Monde)

24-08 Deux soldats de la coalition internationale sont morts vendredi vers 20h00 heure locale dans un accident de voiture qui s’est produit dans la province de Hérât, dans l’ouest de l’Afghanistan. Le communiqué de la coalition ne précise pas la nationalité des victimes. Avec Xinhua 25-08

L'attaque à la voiture piégée contre leur convoi samedi après-midi à Kaboul a blessé trois soldats de la coalition internationale , a annoncé un porte-parole de la coalition, le colonel David Johnson.

 (AFP 17h24  & AFP 14h39)

 

25-08

Deux soldats étrangers ont été tués samedi après-midi dans une attaque kamikaze  près d'un convoi militaire à Kaboul, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Zamarai Bashary.  (AFP 17h24  & AFP 14h39) 25-08 Deux soldats de la coalition internationale sont morts vendredi vers 20h00 heure locale dans un accident de voiture qui s’est produit dans la province de Hérât, dans l’ouest de l’Afghanistan. Le communiqué de la coalition ne précise pas la nationalité des victimes. Avec Xinhua
25-08 Une bombe larguée par un chasseur américain F15 pour soutenir les Britanniques de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) manque sa cible…: trois soldats du 1er bataillon du régiment Royal Anglian sont tués et deux autres blessés. Le Monde 26-08

Un soldat de la Force internationale (FIAS) a été tué dimanche dans l’est du pays. « L’unité a été prise sous le feu d’armes de petit calibre au cours d’une patrouille. Un soldat de la FIAS a été blessé et évacué immédiatement vers une installation médicale proche où il n’a pas survécu à ses blessures », indique un communiqué.

La plupart des soldats de l’Isaf déployés dans l’est de l’Afghanistan sont Américains. AFP et Agences 26-08 Un sergent néerlandais a été tué dimanche soir dans la province d'Oruzgan dans le sud, par l'explosion d'un engin alors que son groupe menait une opération de repérage d'éventuels explosifs, a annoncé l'armée néerlandaise. La bombe a aussi blessé un de ses compatriotes. (AFP 17h44) 27-08 Cinq soldats, trois Américains et deux Afghans, sont morts lundi dans une embuscade dans la province orientale du Kounar, a annoncé un responsable de la police provinciale Abdoul Qayoum. « Deux soldats américains et sept soldats afghans ont également été blessés », a-t-il ajouté. L’attaque s’est produite dans le district de Ghazi Abad, frontalier du Pakistan.

AFP et Agences


Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

22-08 Une attaque a visé des personnels diplomatiques allemands en Afghanistan mercredi. La bombe a explosé au passage de leurs véhicules, tuant trois policiers. L’un des trois avait longtemps travaillé comme garde du corps de la chancelière Angela Merkel.  Yol - Nawaaye-afghanistan.net

 

 

 

 


Pertes des Résistants 
22-08 Au sud, dans les provinces de Ghazni et proche de Pakika, six tués ont été dénombrés, deux policiers et quatre résistants, dans d'autres attaques mercredi, selon des sources officielles afghanes.

(AFP 13h38)


Pertes civiles - province non déterminée

 

17-08 Les soldats de la FIAS ont été, dans un premier temps, visé par l’explosion d’un engin piégé improvisé. Puis, ils ont essuyé des tirs d’armes légères et de mortier, ajoute le texte qui ne précise pas dans quelle province ces incidents se sont déroulés. Cinq civils ( ?) ont été tués et trois autres ( ?) blessés dans des combats opposant la Force internationale commandée par l’Otan à des résistants a annoncé la FIAS dans un communiqué publié vendredi. Avec AP

 



Détails

Kaboul

17-08 Le chauffeur d’un véhicule et un passant ont été blessés par balle jeudi à Kaboul, a annoncé la coalition dans un communiqué. Le véhicule s’est approché trop près d’un convoi, a expliqué le capitaine Vanessa. Bowman, porte-parole de la coalition. Avec AP et Reuters

 


Province septentrionale de Djawzjan
20-08 Lundi matin, deux policiers affectés à la surveillance d’une école dans le district de Mangajik, dans la province septentrionale de Djawdjan, ont été blessés par des tirs, a annoncé le général Abdoul Khalil Aminzada, chef de la police provinciale.

Avec Pajhwok

 

 


Province de Farah (sud-ouest)
21-08

Des résistants  ont attaqué mardi à l’aube le centre administratif du district de Golistan, dans la province occidentale de Farah, a annoncé Abdoul Rahman Sarjang, chef de la police provinciale.

Quatre résistants ont été tués et six autres blessés, a-t-il ajouté. En revanche, il n’a pas fait état de tués dans les rangs de la police afghane. Nb : Cette information n’a pu être confirmé de source indépendante.

Avec Xinhua

 

 


Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan)
19-08 Dimanche matin, deux policiers ont été tués dans l’explosion d’un engin au passage de leur véhicule de patrouille dans la province de Ghazni. Deux autres policiers ont été blessés dans l’explosion. 20-08 Deux policiers ont été blessés dans une embuscade dans le district de Qarabagh, également dans la province de Ghazni. Deux résistants ont péri dans l’attaque et deux autres ont été blessés. Avec Pajhwok 21-08 Lundi soir, des combats ont éclaté dans les districts de Qarabagh et d’Andar, dans la province de Ghazni. 2 résistants et 8 policiers ont perdu la vie lors de ces combats, ont annoncé les autorités locales. Deux autres policiers ont été grièvement blessés.

Avec AP -XINHUA)

22-08 Deux jeunes bergers d'une tribu de nomades sont morts dans des échanges de tirs, a annoncé un responsable de la police. " Nous ne savons pas encore s'ils ont été tués par des tirs de la police ou ennemis", a indiqué le chef de la police provinciale Alishah Ahmadzai. Les affrontements, qui ont duré plusieurs heures, ont également tué plusieurs résistants, mais il n'a pu indiquer combien… Deux résistants sont morts dans un autre combat, a-t-il ajouté. (AFP 14h27) 24-08 Une attaque a eu lieu vendredi soir dans le district de Giro de la  province de Ghazni (centre), et six résistants ont été tués dans  l'accrochage, a déclaré à l'agence Xinhua le chef du distric,  Abdul Wakil, Puis des combattants ont tendu une embuscade contre des troupes gouvernementales dans le district  d'Andar de la même province, a appris l'agence Xinhua auprès du  chef du district, Abdul Rahim Dasiwal.  La force de l'ordre est arrivée rapidement sur place et a attaqué les combattants, tuant trois d'entre eux et en blessant  trois  a précisé la source.  Nb : Cette information n’a pu être confirmé de source indépendante. (XINHUA) 24-08 Les forces de la coalition sous commandement US ont tué un résistant dans le district de  Sherzad de la province de Nangarhar (est) lors d'une opération,  selon le chef du district, Abdul Rahim Dasiwal.    (XINHUA)

26/08/2007

N° 55 Journal du Liban - dossier 25-08

7 Brèves

7-1 Moussawi : La résistance libanaise a fait avorté les plans américano-israéliens.

 

7-2 Il faut prendre Nasrallah "au sérieux".

 

7-3 Hassan Nasrallah : "Les Etats-Unis apportent des milliards de dollars d’armes pour enflammer des guerres dans cette région".

 

7-4 MM. Joumblatt et Geagea attaqués.

 

7-5 Assassinat d’Hariri : le tribunal international siègera aux Pays-Bas.

 

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Michel Aoun : "Les Etats-Unis travaillent à la déstabilisation du Liban".

 

8-2 Point de vue de Marie Nassif-Debs : Les présidentielles libanaises ...«Now !»

 

8-3 Point de vue de Tom Perry et Laïla Bassam ; Torpiller l'élection présidentielle ?

 

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

9-1 Nasrallah promet de grandes surprises si le Liban était attaqué.

 

9-2 Raymond Richa : Fairouz avait bien raison.

 

10 Annexes

10-1 Martin Scheinin : « Al-Qaeda n’est qu’une métaphore ».

 

10-2 La FINUL reconduite pour une année.

 

10-3 La présidentielle de septembre prochain

 

7 Les brèves
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme
information 

 

7-1 Moussawi : La résistance libanaise a fait avorté les plans américano-israéliens.
M. Ammar Moussawi, membre du Conseil politique de Hezbollah, a réaffirmé que la victoire de la résistance nationale libanaise dans son affrontement de l’agression israélienne en juillet de l’année passée a mis en échec les plans américains et israéliens dans la région.

 

M. Moussawi a fait allusion à la position fraternelle de la Syrie qui appuie la résistance nationale libanaise et qui a soutenu les Libanais lors de l'agression.

 

Il a mis l'accent sur les relations historiques et géographiques existant entre la Syrie et le Liban.

 

M. Moussawi a critiqué les pratiques de l'équipe de l'autorité au Liban qui essaie de lier le destin du Liban à la décision américaine, affirmant la détermination de la résistance nationale libanaise à refuser de faire obtempérer le Liban résistant à la volonté de l'axe américano- israélien.  
Raghda
Bittar – Sana

 

20-08

 


7-2 Il faut prendre Nasrallah "au sérieux".

 

Le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, a affirmé :  "Il faut prendre au sérieux Nasrallah, il n'a jamais menti, il fait certes preuve d'arrogance, mais il fait ce qu'il dit", "Lorsqu'il dit qu'il dispose de 2.000 roquettes, je le crois, mais je ne connais pas la surprise à laquelle il a fait allusion", a ajouté le ministre.

 

Il faisait référence au discours du chef du Hezbollah qui a affirmé: "Sionistes, si vous pensez attaquer le Liban, je vous réserve une surprise qui changera le cours de la guerre et le destin de la région".

 

"Une guerre sur deux fronts au Liban et en Syrie n'est pas à exclure", a poursuivi Binyamin Ben Eliezer. "Les dirigeants syriens proclament qu'ils ne veulent pas de guerre, mais leur pays ne cesse de s'armer, c'est pourquoi nous devons être prêts à faire face au pire", a ajouté le ministre.

 

"Notre problème est que nous ne savons pas ce que les responsables syriens ont en tête", a-t-il poursuivi.

 

Le vice-président syrien Farouk al-Chareh a affirmé mardi son pays ne voulait pas la guerre avec Israël mais qu'il demeurait "prêt à parer" à toute agression.

 

Les pourparlers de paix syro-israéliens ont été interrompus il y a 7 ans, après avoir principalement achoppé sur la question du plateau syrien du Golan occupé en 1967 et annexé par Israël en 1981.

 

(Source : AFP -15-08)

 

 

7-3 Hassan Nasrallah : "Les Etats-Unis apportent des milliards de dollars d’armes pour enflammer des guerres dans cette région".
Le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a critiqué vendredi le projet américain d’accroître son assistance militaire à des pays arabes, accusant Washington de vouloir plonger le Moyen-Orient dans des guerres.
Il faisait référence au programme américain annoncé cette semaine de vendre des armes à hauteur d’au moins 20 milliards de dollars (15 milliards d’euros) à des pays du Golfe persique et de fournir une
nouvelle aide militaire sur dix ans à Israël et à l’Egypte.
"Les Etats-Unis apportent des milliards de dollars d’armes pour enflammer des guerres dans cette région", a lancé Cheikh Nasrallah dans un discours diffusé sur des écrans géants à destination de centaines de milliers de partisans à Baalbek, dans l’est du Liban.
"L’administration américaine oeuvre pour provoquer des conflits intercommunautaires et des guerres civiles en Palestine, en Irak, dans le Golfe...et entre les pays de cette région".
Cette aide accrue s’inscrirait dans le cadre des projets des Etats-Unis destinés à renforcer les alliés qu’ils jugent modérés dans la région, largement pour faire contrepoids à l’influence croissante de l’Iran.
Cheikh Nasrallah, dont le discours entrait dans le cadre d’une série d’événements organisés par le groupe pour marquer le premier anniversaire de la guerre contre le Liban, a également tourné en
dérision l’annonce de George W. Bush, qui a déclaré jeudi que les Etats-Unis allaient geler les biens des personnes accusées de saper le gouvernement démocratique libanais.
Pour Hassan Nasrallah, les Etats-Unis "usent de tous les moyens politiques, médiatiques, financiers et juridiques pour terroriser  l’opposition au Liban". "Mais tout cela ne les mènera nulle part", a-t-il jugé.

samedi 4 août 2007.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4060

 

 

Al-Oufok   Site du Mouvement Démocratique Arabe

 


7-4 MM. Joumblatt et Geagea attaqués.
Le chef du Courant Patriotique Libre le général Michel Aoun s’en est pris hier au chef du PSP Walid Joumblatt et au président du conseil exécutif des Forces Libanaises Samir Geagea, les accusant d’œuvrer pour la partition du pays et de le diriger vers la confrontation.
Le général Aoun a estimé que ces deux ténors du 14 février ne désirent ni entente ni consensus leur rappelant leur passés étoffé de troubles et d’extermination.

 

 

Estimant que le désir de ces deux figures d’élire un nouveau président avec 65 députés refusant le quorum des 2/3 illustre leur volonté de semer la zizanie et d’éliminer 2/3 des Libanais, le député Aoun s’est adressé au Courant du Futur et à tous les sunnites libanais, leur demandant s’ils approuvent la notion de partition et quel serait l’impact de cete politique de partition menée par MM. Joumblatt et Geagea.  

 

Exhortant le Courant du Futur et les sunnites à faire preuve de responsabilités vis-à-vis des déclarations de ces deux leaders en prenant une résolution de s’intégrer dans le cadre d’une entente nationale comme le CPL l’a déjà fait pour le bien du Liban, le général Aoun a mis en garde contre les discours de MM. Joumblatt et Geagea qui visent à attiser le feu de la guerre civile au pays, assurant qu’il fera toujours face à ces politiques visant au morcellement du pays.

 

Refusant de prendre en compte l’avis du patriarche Sfeir, du Mufti de la République ou de tout dignitaire religieux, le général Aoun a indiqué que ces derniers font des déclarations quasi quotidiennes mais se taisent sur ce plan-là.  

 

Aoun a fini par indiqué que si ces derniers insistent pour qu’il y ait une partition, que cela soit fait mais sans avoir recours au sang, parce que le fait de s’armer et de se préparer pour faire revenir les conflits utérins armés est inacceptable, estimant que celui qui veut faire exploser le pays explosera tout seul sans induire les autres qui ne veulent que l’unité du pays.

 

Libnanews

 

24-08

Le président de la Chambre Nabih Berri s’en est pris au chef du PSP Walid Joumblatt qui l’avait accusé de « boîte postale au service du régime syrien et du Hezbollah ».
Dans un communiqué, le bureau de M. Berri a affirmé que le chef du parlement a l’honneur d’être une boîte postale pour la résistance qu’il a été le premier à établir.  

 

Toujours selon le communiqué, l’attaque de Joumblatt contre le président de la Chambre vise à obliger ce dernier à abandonner ses initiatives positives ainsi que ses efforts incessants dans le but d’unifier les rangs des politiciens libanais.

 

Libnanews

 

24-08

 

 


 


7-5 Assassinat d’Hariri : le tribunal international siègera aux Pays-Bas.
Le tribunal international devant juger les assassins de l’ex-Premier ministre libanais Hariri siègera aux Pays-Bas, a annoncé vendredi la porte-parole de l’ONU Michèle Montas.

 

Dans un rapport intermédiaire publié le 12 juillet, le procureur belge Serge Brammertz, chef de la Commission d’enquête internationale indépendante sur les attentats commis au Liban, avait indiqué que les enquêteurs de l’ONU avaient identifié plusieurs personnes impliquées dans l’assassinat de Rafic Hariri.

 

Rafic Hariri et 22 autres personnes ont été assassinés dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth en février 2005

 

Le secrétaire général, Ban Ki-moon, "a reçu le 15 août une lettre du Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, l’informant de la disposition du gouvernement néerlandais à accueillir le tribunal spécial pour le Liban", a déclaré Mme Montas.

 

Chargé de juger les responsables de l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri, le tribunal est entré formellement en vigueur le 10 juin, conformément à la résolution 1757 du Conseil de sécurité.

 

La Haye , surnommée la "capitale internationale du droit", accueille plusieurs tribunaux internationaux, comme le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, la Cour pénale internationale (CPI) ou encore la Cour internationale de justice (CIJ).

 

17-08

 

Al-Oufok avec les agences de presse

 

 

 



8  Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Marc

8-1 Point de vue de Michel Aoun : "Les Etats-Unis travaillent à la déstabilisation du Liban".

 

Les Libanais, pour leur malheur, vivent dans des bulles. Le système institutionnel que leur a légué le mandat français les y pousse. Bulles maronites très haut dans la montagne. Bulles chiites aux portes de Beyrouth ou dans le sud. Bulles sunnites à Tripoli ou Hamra... La bulle du général Michel Aoun est juste au nord de la capitale : Rabieh, sur une pente boisée, un ensemble de villas très cossues protégées par des couches technologiques de haute sécurité. "Six attentats, dont trois avec des morts autour de moi", fait-il remarquer.

 

Depuis son retour de quinze années d'exil il y a deux ans, ce militaire très politique se bat contre les bulles. C'est ce qu'il dit avec force. Ses adversaires du gouvernement, depuis qu'il a passé alliance avec le Hezbollah, l'accusent au contraire de s'y enfermer. Pour se justifier, Michel Aoun a reçu Le Temps dans son nid d'aigle qui est aussi le quartier général du Courant patriotique libre, son parti.

 

Le Temps (Alain Campiotti): Depuis que vous avez vaincu l'ancien président Amine Gemayel dans une élection dimanche, vos adversaires maronites disent que vous avez perdu : vous ne contrôlez plus, comme en 2005, cette communauté catholique...

 

Michel Aoun : Ils m'amusent! Ceux d'entre eux qui sont au parlement ont été élus avec une majorité sunnite dans laquelle le vote chrétien est dilué. Nos candidats sont en général élus par un vote moitié chrétien, moitié non chrétien. Mais c'est une vieille manière de penser. Je suis prêt à sacrifier 20% de ma popularité si c'est le prix à payer pour éviter une confrontation dans le pays. Or c'est précisément ce que nous avons cherché en signant l'an passé une entente avec le Hezbollah.

 

- Vous voulez la fin du système d'équilibre confessionnel dans les institutions ?

 

- C'est un système condamné, en voie de disparition. Nous voulons établir, pas à pas, la laïcité de l'Etat. Il faut que les Libanais s'habituent à l'exercice du pouvoir sur la base de choix politiques et non d'arrangements confessionnels.

 

- Votre entente avec le Hezbollah, n'est-ce pas une manière d'arrangement ?

 

- C'est un programme politique! Sur la réforme de l'Etat, son indépendance, les relations avec la Syrie , avec les Palestiniens. Le Hezbollah est acquis à l'idée d'un code civil libanais. Et son chef, Hassan Nasrallah, a déclaré il y a dix jours qu'il était prêt à discuter du désarmement de son mouvement, et d'un armistice entre Israël et le Liban, indépendamment de la situation dans le reste du Proche-Orient. Je défie nos adversaires, que l'Occident soutient, d'avoir un tel courage.

 

- Mais le Hezbollah est-il lui-même indépendant : le principe du "Velayat al-faqih" ne le lie-t-il pas directement au guide de la révolution iranienne ?

 

- Si vous pensez que l'homme est une pierre, et ne change jamais, alors vous avez raison. Quand le Hezbollah faisait référence au "Velayat al-faqih", Samir Geagea, le chef des Forces libanaises, parlait de cantons chrétiens, et Walid Joumblatt de frontières druzes. Les temps ont changé. Le Hezbollah, aujourd'hui, revendique sa part de pouvoir, rien de plus.

 

- La Syrie n'est-elle pas plus pesante que l'Iran sur le Liban? Et n'avez-vous pas rencontré récemment en Allemagne un émissaire syrien, comme le disent les Saoudiens ?

 

- C'est une diffamation colportée par des moulins à mensonges. J'ai confondu Amine Gemayel qui reprenait cette calomnie. La Syrie joue contre moi. Des mouvements pro-syriens ont appelé dimanche à voter pour notre candidat, et ça lui a coûté des voix, par répulsion.
- Tenez-vous les Occidentaux, les Etats-Unis, pour vos adversaires ?

 

- Les Américains refusent notre tentative de sortir le Hezbollah de son isolement. Et ils soutiennent sans faille le gouvernement de Fouad Siniora contre ce projet. George Bush a annoncé il y a une semaine le gel des avoirs de ceux qui agissent contre le "gouvernement légitime" du Liban, dont nous contestons la légitimité depuis un an. Trois jours avant l'élection de dimanche, cette menace a effrayé ceux qui nous soutiennent de leurs dons.

 

- Vous appelez à un gouvernement d'union nationale. Croyez-vous l'unité du Liban menacée ?

 

- L'entente et l'union que nous proposons sont la seule voie de salut. Or l'Occident n'en veut pas. Je soupçonne les Etats-Unis de travailler à la déstabilisation du Liban, après celle de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Somalie , etc. Je crois en fait que les Américains souhaitent un nouvel affrontement dans ce pays. Pour organiser, à la faveur de ce désordre, l'implantation au Liban des Palestiniens qui y résident, parce qu'on ne leur donnera pas d'autre pays.

 

Retransmission: Comité Valmy.

 

Alain Campiotti - Le Temps

 

9 Août 2007

 

 


8-2 Point de vue de Marie Nassif-Debs : Les présidentielles libanaises ...«Now !» [1]
Le danger d'une escalade au Liban devient-il imminent ? Une guerre civile peut-elle éclater à la suite des divisions entre les différentes communautés confessionnelles qui forment le pays du Cèdre ou bien ce sera, de nouveau, une agression israélienne qui l'ensanglantera ?

 

Toutes ces hypothèses sont plausibles.. .

 

En effet, et tandis que le président des Etats-Unis, G. W. Bush, hausse le ton contre le Hezbollah qui -selon lui- « combat les forces de la tempérance » (lire : les Forces libanaises, issues du Parti phalangiste néofasciste, et Fouad Sanioura, président du Conseil et ami inconditionnel de Washington) grâce à « l'argent iranien », les différentes instances du gouvernement israélien ont tenu des réunions dites « spéciales » dans le but d'étudier les possibilités d'une guerre « pouvant éclater sur le front nord » avec la Syrie et le Hezbollah...

 

Au même moment, plusieurs faits significatifs viennent appuyer ces hypothèses menaçantes :

 

D'abord, l'insistance des officiels étasuniens, à commencer par la ministre des Affaires étrangères, à recevoir le chargé d'affaires libanais Antoine Chédid comme nouvel « ambassadeur » à Washington, parce que le gouvernement de Fouad Sanioura en a décidé ainsi et même si cette décision constitue une grave violation de la Constitution libanaise. D'ailleurs, la ministre et son porte-parole, Sean Mc Cormack ne se sont pas contentés d'une violation formelle, puisqu'ils sont allés jusqu'à déclarer que les Etats-Unis voulaient par cette rencontre discuter de leur « appui aux efforts du gouvernement de Sanioura dans le but de renforcer encore plus la souveraineté et l'indépendance du Liban, d'élargir le processus des réformes politiques et économiques et d'appuyer le Liban contre les tentatives des forces qui veulent violer cette souveraineté et cette indépendance »... En d'autres termes, l'administration Bush ne veut pas seulement liquider toute résistance à ses projets, mais elle veut aussi opérer des changements politiques et économiques qui lui permettent d'asseoir plus encore sa mainmise sur le Liban, dont la création d'une nouvelle base militaire dans le secteur Jbeil-Batroun[ 2].

 

 

 

Le pétrole encore et toujours...

 

Ensuite, et en relation avec ce qui précède, on parle beaucoup dans certains cercles très fermés de la capitale libanaise de la découverte d'une réserve de pétrole très importante le long de la côte libanaise entre la ville de Batroun et la frontière nord du Liban (près du camp palestinien de Nahr El-Bared). Certains vont même jusqu'à dire que cette découverte date déjà depuis 2004-2005, et que le gouvernement de Fouad Sanioura en avait promis la concession à des sociétés étasuniennes bien connues pour leur appui à l'administration de G. W. Bush, et particulièrement à l'homme fort de cette administration : le vice-président Dick Chenney. Mais, n'étant pas le seul décideur en ces matières, le gouvernement libanais actuel doit avoir l'aval d'un président de la République « malléable » ; d'où la nécessité de procéder le plus rapidement possible à des élections présidentielles, afin de mettre fin à la présence d'Emile Lahoud, ami de la Syrie , à la tête de la République.

 

Pour ce faire, et comme la majorité actuelle n'a pas les conditions nécessaires requises par la Constitution , à savoir les 2/3 des députés élus, l'ambassadeur étasunien à Beyrouth se démène pour « trouver une solution », aidé en cela parcertains ambassadeurs arabes et ministres occidentaux qui étudient, paraît-il, des projets de solutions visant à décanter la crise qui sévit depuis neuf mois.  

 

Quatre « solutions »

 

Commençons par la première « solution » présentée par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui stipule la tenue possible d'une rencontre internationale et régionale sur le Liban, afin de mettre en marche un consensus libano libanais qui aurait pour conséquence d'éloigner la guerre civile qui se profile à l'horizon et permettrait d'élire un président reconnu par les deux parties en présence (la majorité et l'opposition) . Ce qui veut dire, en réalité, un président « incolore, inodore et sans saveur », dont le rôle serait de gérer la crise libanaise, en attendant les échéances internationales et régionales, à commencer par les élections présidentielles au Etats-Unis, en novembre 2008 et par l'évolution des pourparlers avec l'Iran... Cette proposition, qui va dans le sens de celle déjà présentée par le secrétaire général de la Ligue arabe, n'est valable que si Georges Bush donne à la France et, par extension, à l'Union européenne son consentement clair et net. De plus, il lui faudrait aussi le consentement de l'Iran et de la Syrie qui forment le second pôle de l'équation...

 

Quant à la seconde « solution », présentée par l'Arabie Saoudite[3], elle est composée d'un plan en quatre points : L'entente sur le nom d'un président « de consensus », puis sur celui du président du Conseil (qui sera nommé à la suite de l'élection du nouveau président). Suivront la composition du nouveau gouvernement (répartition des portefeuilles, noms, équilibre des forces...) et le contenu de la déclaration ministérielle, compte tenu des résolutions internationales sur le Liban et, en premier lieu les résolutions 1559, 1701[4] et celle concernant le « tribunal à caractère international » pour juger ceux qui ont perpétré le crime contre l'ex Premier ministre Rafic Hariri.

 

La troisième solution, présentée par les Etats-Unis, se résume dans la nécessité d'aller directement aux présidentielles et, s'il le faut, de changer les articles de la Constitution qui précisent le quorum, afin de supprimer la majorité requise (2/3 des voix) pour la remplacer, sans plus tarder, par une majorité simple (51% des voix).

 

D'où le mot d'ordre « now » qui fuse de nouveau, à deux ans d'intervalle. En effet, en 2005, les Etats-Unis ont donné l'ordre de procéder sans tarder aux élections législatives et d'utiliser, pour gagner du temps, la loi électorale préparée, en 2000, par le général syrien Ghazi Kanaan pour permettre la formation d'une nouvelle majorité, sur la base d'une entente quadripartite entre les sunnites de Saad Hariri, les chiites de Nabih Berri et du Hezbollah et les druzes de Walid Joumblat et obtenir, ainsi, une majorité de 78 députés (sur 128). En 2007, cette majorité, à la base insuffisante, s'est effritée, ce qui nécessite, une fois de plus, des acrobaties sur le plan des lois et de la Constitution.

 

Ces trois solutions ne pouvant aboutir, reste la quatrième, la scission du pouvoir, par la création de deux gouvernements : l'un dirigé par Sanioura et l'autre par un membre de l'opposition. Une telle solution sera, sans aucun doute, le point de départ d'une nouvelle guerre civile encore plus meurtrière que celle que le Liban a déjà vécue à la suite de la formation, de1988 à 1990, de deux gouvernements.

 

Le chaos menace, donc, à nouveau le Liban. Un chaos dû à l'internationalisat ion et à la régionalisation à outrance de la crise qu'il vit. Tous les conflits s'entrecroisent dans ce petit pays, à commencer par celui qui oppose les Etats-Unis à la Syrie et à l'Iran, à propos de l'Irak, des armes du Hezbollah, de la situation en Palestine. Sans oublier la nouvelle donne : la présence d'Al Qaëda et des autres groupes terroristes pro étasuniens ou autres...

 

Marie Nassif-Debs
Beyrouth, le 12 août 2007

 

http://www.aloufok. net/article. php3?id_article= 4087

 

Notes  

 

[1]Mot d'ordre lancé par Condoleeza Rice à ses amis libanais à la suite de l'assassinat de Rafic Hariri, ex président de conseil, au printemps 2005, pour les pousser à refuser tout retard des élections législatives.

 

[2]Ce secteur compris entre les villes de Jbeil, ou Byblos, et de Batroun se trouve à 35-60 kilomètres au nord de Beyrouth. Les Etats-Unis avaient déjà projeté de construire dans ce secteur une « ville » pour les familles de leurs officiers œuvrant en Irak...  

 

[3] Une tentative fut faite dans ce sens avec l'Iran ; et on dit au Liban que le retour de l'ambassadeur saoudien à Beyrouth, avant la fin de ses vacances, n'a pour autre but que de faire de la propagande à cette proposition. 

 

[4] La résolution 1559 considère la résistance contre l'occupation israélienne comme une milice parmi d'autres et, à ce titre, elle doit se dessaisir de ses armes. Quant à la résolution 1701, elle donne à Israël les possibilités d'attaquer le Liban, puisqu'elle ne contient pas un véritable cessez-le feu.

 

Source : Liste de diffusion Assawra
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8-3 Point de vue de Tom Perry et Laïla Bassam ; Torpiller l'élection présidentielle ?

 

La crise profonde au Liban et les tensions entre les puissances étrangères impliquées dans la vie politique libanaise pourraient torpiller l'élection présidentielle prévue le mois prochain.

 

Selon la constitution, le parlement est censé se réunir le 25 septembre pour élire le successeur du président Emile Lahoud, un proche allié de la Syrie dont le mandat expire le 23 novembre.

 

Ce scrutin sera le prochain champ de bataille dans la lutte qui oppose la coalition gouvernementale du Premier ministre Fouad Siniora, soutenue par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, à l'opposition conduite par le Hezbollah et le mouvement chrétien de Michel Aoun, qui bénéficie du soutien de la Syrie et de l'Iran.

 

Et le vote semble difficile à organiser avant la fin du mandat de Lahoud sans un règlement de la crise politique qui paralyse le Liban depuis novembre et a provoqué des explosions de violence renvoyant aux heures sombres de la guerre civile de 1975-1990.

 

"Tout le monde attend la position qu'adopteront les Américains et les Etats influents de la région, tout ce qui se passe à l'échelon national vise seulement à passer le temps", résume un haut responsable politique libanais.

 

Depuis le départ des troupes syriennes, après l'assassinat de Rafik Hariri en 2005, remplacer Lahoud par une figure indépendante de la tutelle syrienne est un priorité du camp gouvernemental. Dans l'autre camp, le Hezbollah est aussi déterminé à empêcher que la présidence ne tombe entre les mains de ses adversaires politiques que le mouvement dit être sous le contrôle de Washington.

 

CONFLITS RÉGIONAUX

 

Dans ces conditions, la sortie de la crise libanaise dépend d'une détente dans les tensions régionales. Mais les perspectives sont limitées vu l'état des relations entre les Etats-Unis et l'Iran et la Syrie et les inquiétudes face à l'influence croissante de l'Iran en Irak et dans d'autres zones du Moyen-Orient.

 

"Un dégel régional est nécessaire, entre la Syrie et les Saoudiens, entre l'Iran et les Saoudiens. Mais je doute qu'il y ait une chance que cela se produise rapidement", dit l'analyste libanais Oussama Safa.

 

L'opposition libanaise réclame avant toute élection présidentielle la formation d'un gouvernement d'unité nationale au sein duquel elle disposerait d'un droit de veto. Elle exige aussi que le scrutin présidentiel soit un choix consensuel.

 

"Pas de gouvernement d'unité nationale, pas d'élection présidentielle", a prévenu cette semaine le sayyed Hachem Safieddine, haut responsable du Hezbollah.

 

Hors de question, rétorque le chef druze Walid Jumblatt, l'une des figures politiques libanaises les plus hostiles à la Syrie. "Je suis contre un compromis, ce serait un suicide politique pour nous", a-t-il dit à l'agence Reuters.

 

Difficulté supplémentaire, aucun des deux camps en présence ne peut imposer son candidat à la présidence.

 

Le bloc gouvernemental, majoritaire au parlement, n'est pas en mesure de réunir le quorum nécessaire des deux tiers des députés. A coup sûr, l'opposition jugerait contraire à la constitution une élection présidentielle hors quorum.

 

Le partage confessionnel du pouvoir au Liban réserve la présidence à un chrétien maronite. Mais la communauté maronite est elle-même divisée entre les candidats déclarés, parmi lesquels Michel Aoun et deux partisans du gouvernement, Boutros Harb et Nassib Lahoud.

 

Le nom du chef d'état-major, Michel Suleiman, a été avancé comme possible candidat de compromis, mais il faudrait amender la constitution pour lui permettre d'entrer en fonction.

 

UN PAS DANS L'INCONNU

 

Si le scrutin ne pouvait avoir lieu, Emile Lahoud pourrait être tenté de désigner un nouveau gouvernement concurrent du cabinet Siniora. Il pourrait aussi chercher à prolonger sa présence à la tête de l'Etat.

 

Pour Walid Jumblatt, il est encore trop tôt pour prédire l'issue du bras de fer annoncé. Mais, en cas de persistance du blocage, le dirigeant druze suggère que la coalition au pouvoir procède à une élection en dehors du cadre parlementaire.

 

Une telle hypothèse, commente un haut responsable de l'opposition, "entraînerait le Liban dans l'inconnu" et son camp ferait tout pour s'y opposer.

 

Selon Amal Saad Ghorayeb, analyste du Carnegie Endowment's Middle East Center, il est illusoire de penser que l'élection présidentielle pourra se tenir dans le calendrier prévu. "Lorsque son mandat expirera, Lahoud pourrait remettre le pouvoir au commandant en chef des forces armées", avance-t-elle.

 

C'est ce que le président Amin Gemayel avait fait en 1988, confiant à Michel Aoun, alors chef d'état-major, la responsabilité de former un gouvernement militaire, concurrent du gouvernement existant.
Par Tom Perry et Laïla Bassam Reuters –

 

Jeudi 23 août, 09h17

 

 

 



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 
Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme

 

9-1 Nasrallah promet de grandes surprises si le Liban était attaqué.
Extraits

 

La guerre et la préparation du Hezbollah

 

Dans le discours de ce mardi soir, le troisième d’une série de discours qu’il a délivrés dans les dernières semaines pour marquer l’anniversaire du 14 août, Sayyed Nasrallah a promis à Israël une « grande surprise » si elle essayait d’attaquer le Liban.

 

« Ô sionistes, si vous pensez lancer une agression contre le Liban, je ne vous promettrai pas de surprises comme celles dont vous avez été témoins, mais je vous promets la grande surprise qui pourrait changer le destin de la guerre et de la région », a dit Sayyed Nasrallah.

 

« Si une guerre a lieu, que Dieu nous en préserve, nous devons être prêts », a ajouté son éminence, soulignant que sa remarque du mois dernier disant que les roquettes de son groupe étaient capable de frapper tout point d’Israël était destiné à servir d’effet dissuasif, et non pas à apporter un conflit.

 

« J’avertis les Israéliens et je les préviens. Ici, au Liban, ils font face à une résistance, à une armée et à une nation qui rejettent l’humiliation. Une nation qui combat et qui est prête aux sacrifices et qui réalisera la victoire historique, si Dieu le veut », a dit Sayyed Nasrallah.

 

« Il se pourrait que vous dites que j’exerce une guerre psychologique. C’est vrai, cependant, ma guerre psychologique est basée sur des faits réels et des objectifs à éviter toute guerre. Et en disant ceci, la résistance et moi-même comprenons la responsabilité que nous sommes en train de prendre », a-t-il ajouté.

 

Son éminence a aussi averti : « Toute nouvelle guerre au Liban aura un prix élevé… Je ne recherche pas une guerre, mais je travaille pour empêcher une guerre », a-t-il ajouté.

 

« La préparation à la guerre et l’état d’alerte pour une guerre sont les moyens les plus importants pour empêcher une guerre », a-t-il dit. « Les sionistes et les Américains battent les tambours de la guerre. Si Dieu le veut, il n’y aura pas de guerre. Comme je l’ai dit dans de précédents discours, nous ne voulons pas la guerre », a ajouté Sayyed Nasrallah.

 

L’objectif de la guerre de l’été dernier

 

Le chef du Hezbollah a expliqué que les forces tyranniques ont cherché à dépeindre la guerre de l’été dernier comme une guerre entre Israël et des forces soumises à l’Iran et à la Syrie et comme étant une guerre dirigée contre le tribunal à caractère international pour juger les suspects dans l’assassinat de l’ancien premier ministre le martyr Rafik Hariri. « Cette déclaration est tombée face aux objectifs placés par Rice et Olmert au début de la guerre. Le monde entier a su que l’objectif de la guerre était de subjuguer le Liban pour la naissance du prétendu Nouveau Moyen-Orient, qui a en effet échoué », a dit Sayyed Nasrallah.

 

Le secrétaire général du Hezbollah a aussi dit que les Américains et les Israéliens avaient cherché à diminuer la victoire de la résistance, car « cette victoire a donné un nouvel espoir à la Umma et a présenté une alternative sérieuse pour défendre les terres et les pays. Ceci n’est pas une victoire pour une secte ou une religion ou un parti. Lorsque nous avons remporté la guerre, c’était un triomphe pour le Liban et pour la Umma , et si nous devions être vaincus, cela aurait été une défaite pour le Liban et la Umma  ».

 

Sayyed Nasrallah a expliqué que le projet du Nouveau Moyen-Orient remonte au début du 20ème siècle, lorsque le fondateur du sionisme, Théodore Herzl, a écrit en 1877 qu’il devait y avoir une communauté au Moyen-Orient dans laquelle l’état juif aurait un rôle principal. « Et en 1907, le ministre britannique des colonies a dit que la Méditerranée constitue un danger sur l’occident étant donné que c’est le lien entre l’est et l’ouest, pour ne pas mentionner les ressources naturelles et les richesses qu’y s’y trouvent… Ceci est lorsqu’ils ont exploité la religion pour diviser le monde arabe en de petits états », a dit Sayyed Nasrallah.

 

Il a ajouté : « Aujourd’hui, nous avons mis en échec la naissance du Nouveau Moyen-Orient, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne continueront pas à effectuer de nouvelles tentatives, cette fois sur des bases religieuses et sectaires ».

 

Sayyed Nasrallah a dit dans son discours que l’objectif le plus dangereux de la guerre était la prise en cible délibérée des musulmans shiites, en détruisant leurs maisons, leurs écoles et leurs institutions et en tuant leurs femmes et enfants pour punir la société de résistance et l’inciter contre le Hezbollah et la résistance. Il a ajouté que cet objectif avait aussi été déjoué.

 

Reconstruction

 

Le 14 août 2006, Sayyed Nasrallah a promis à ceux qui ont perdu leur maison une reconstruction dès que possible. « Ce que nous avons offert à notre peuple n’était pas une compensation. C’étaient des contributions et des aides pour cicatriser les blessures de ceux qui avaient perdu leurs maisons et leurs affaires. Le gouvernement devrait payer les compensations. Il a reçu plus d’un milliard de dollars en aides de pays donateurs, et cet argent est le droit des gens affligés ».

 

Le chef du Hezbollah a ajouté que le Hezbollah avait jusque-là contribué avec plus de 380 millions de dollars, « et c’est de l’argent propre et légal, sans conditions politiques ».

 

Lors du premier anniversaire de la Victoire Divine , Sayyed Nasrallah a critiqué le rythme lent du gouvernement à payer les compensations pour les personnes affligés et a promis de lancer une nouvelle contribution nommée « location », qui verra le Hezbollah en train de payer des locations jusqu’à douze mois jusqu’à ce que la reconstruction de la maison détruite soit achevée.

 

Politique

 

Sayyed Nasrallah a dit que le Hezbollah soutenait l’idée d’efforts de médiation pour qu’ils soient effectués par le porte-parole du parlement Nabih Berri dans la semaine à venir, dans un but de parvenir à une solution à l’impasse politique qui dure depuis dix mois.

 

« Nous soutenons un compromis au Liban et nous avertissons les Libanais des tentatives prises par les Etats-Unis et de certains politiciens libanais visant à retarder toute solution à la crise », a-t-il dit.

 

Nasrallah faisait référence aux déclarations effectuées samedi par le parlementaire Walid Jumblatt, qui

24/08/2007

N°265-Journal de Palestine-Special dossier 24-8

2 Les brèves
2-1 Oussama Hamdan: Le président Abbas est en train de lancer une guerre totale en Cisjordanie.

 

2-2 Un centre juridique souhaite juger le président Abbas et le gouvernement de Fayyad.

 

2-3 PNN : L'institut Mandela décrie les conditions de détentions des prisonniers politiques palestiniens.

 

2-4 Des mégots de cigarette trouvés dans la nourriture destinée aux prisonniers palestiniens.

 

2-5 Le directeur d'une ONG pour les droits de l'homme toujours détenu par Israël.

 

3 Dossier

3-1 Point de vue de Ali Abunimah : La guerre de Mahmoud Abbas contre le peuple palestinien.

 

3-2 Point de vue de Khalid Amayreh : Rapprochement avec le Hamas avant le Ramadan.

 

3-3 Point de vue de Alain Gresh : Un accord est-il possible entre Abbas et Olmert ?

 

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

4-1 Abdel Nasser Ferwana : Les prisonniers défient l’impossible : ils transforment les prisons en universités.

 

4-2 Nadia Sweeny : Muayad Bani Odeh : Un militant du Hamas au service d’Israël.

 

5 Annexes - Géopolitique et stratégie

5-1 Accord de principes israélo-palestinien : les propositions israéliennes.

 

5-2 Burhan Ghalioun : Qui est responsable de la propagation de la violence dans le monde ?

 


 


2 Les brèves

 

 

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Oussama Hamdan: Le président Abbas est en train de lancer une guerre totale en Cisjordanie.

 

Un haut responsable du Hamas au Liban a accusé, hier, le président palestinien ‘modéré’ Mahmoud Abbas de lancer une guerre totale contre sa propre formation de résistance (le Hamas)

 

Oussama Hamdan, qui est le représentant du Hamas au Liban, a déclaré à des journalistes qu’Abbas s’efforce de transformer ‘sa’ Cisjordanie sous dictature Fatah en une « zone de non-droit, contrôlée par les chefs de multiples services de sécurité » [les sbires d’Abbas, ndt].

 

Il a ajouté que ces mesures, que s’apprête à prendre le chef du Fatah, n’amèneraient pas « le Hamas à abandonner ses méthodes de résistance, ni les droits du peuple palestinien »

 

Le Hamas a accédé au pouvoir en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en mars 2006.

 

Mais après plusieurs mois de combats internes palestiniens, qui ont culminé avec la prise du contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, par la force armée, au mois de juin, Abbas a mis sur pied son gouvernement en Cisjordanien, et il a limogé les responsables Hamas.

 

Depuis lors, Israël et la communauté internationale ont adopté Abbas, dans une tentative visant à empêcher les militantes islamistes de marquer de nouveaux points. Le Hamas se retrouve largement isolé dans la bande de Gaza. Ses responsables se plaignent depuis des semaines de répressions et de rafles à leur encontre en Cisjordanie, effectuées par le Fatah (la bande à Abbas).

 

 

Hier, des responsables du Hamas dans les territoires palestiniens ont indiqué que neuf militants du Hamas, dont un prédicateur de mosquée, étaient détenus en Cisjordanie.

 

« Ce qui est en train de se passer, en Cisjordanie, c’est une guerre totale contre le Hamas », a déclaré Hamdan. « Nous voudrions rappeler à ceux qui imagineraient les choses autrement que le Hamas a su faire face à une campagne sauvage de l’ennemi (Israël) au cours des années passées, et qu’il a eu des centaines de martyrs et des milliers de prisonniers : cela n’a pas amené pour autant le peuple à se détourner de lui. Au contraire. »

 

Evoquant une proposition faite par Abbas de déployer une force internationale de maintien de la paix dans la bande de Gaza, Hamdan a déclaré que le président palestinien ne fait pas autre chose que d’ « appeler à mijoter une nouvelle occupation, sous couvert de slogans creux à base de « forces internationales » ».

 

 (Associated Press).

 

On International Herald Tribune (on-line),

 

 22 août 2007

 

http://www.iht.com/articles/ap/2007/08/22/africa/ME-GEN-Lebanon-Palestinians.php

 

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

 

 


2-2 Un centre juridique souhaite juger le président Abbas et le gouvernement de Fayyad.

 

 

Le centre d’Al-Mizan pour les droits de l’homme a annoncé qu’il va intenter un procès contre les décrets et les décisions du président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le gouvernement illégal de Fayyad, concernant la privation de milliers de citoyens palestiniens de leurs travaux et salaires.

 

Il a ajouté qu’il va montrer que ces décisions sont illégales afin de les annuler.

 

Le gouvernement formé illégalement par le président Abbas sous la direction de Salam Fayyad à Ramallah avait confisqué les salaires de fonctionnaires qui appartiennent au mouvement du Hamas et à ceux qui s’engagent dans les décisions du gouvernement légal d’Ismaïl Haniyeh.

 

De son côté, le président Abbas avait publié plusieurs décrets pour renvoyer certains responsables et fonctionnaires de l’autorité palestinienne dont la dernière décision de relever plus de 190 personnes de leurs fonctions.

 

L’avocat Issam Younès, le directeur du centre d’Al-Mizan pour les droits de l’homme, a dévoilé que son centre va intenter un procès à la cour palestinienne contre toutes les parties qui ont pris ces décisions dans le but de les annuler.

 

Il a affirmé que ces décisions sont illégales et qu'elles représentent une punition collective

 

Source : CPI  
http://www.palestine-info.com/fr/...

 

23 août 2007

 

 


 

2-3 PNN : L'institut Mandela décrie les conditions de détentions des prisonniers politiques palestiniens.

 

Bothaina Doqmaq, avocate de l'institut Mandela pour les détenus politiques dans les prisons israéliennes, a indiqué que l'Administration des Prisons Israélienne (IPS) continuait ses agissements illégaux envers les prisonniers politiques palestiniens ainsi qu'envers leurs proches.

 

Doqmaq a rendu visite à un certain nombre de détenus à Ehsil, Galboa' et Be'er Shiva -prisons israéliennes. Les prisonniers l'ont informée que l'administration continuait ses attaques continuelles à leur encontre. De plus, elle n'a pas cessé ses transferts de détenus dans d'autres établissements pénitentiés.

 

Les prisonniers ont ajouté que l'IPS a interdit durant un mois entier les visites des familles à la prison de Ehsil. Les détenus ont demandé à l'administration de recevoir plus de chaînes câblées, y compris la chaîne de TV palestinienne. Ils ont également émis la requête à l'IPS d'élargir l'espace qui leur est destiné à l'extérieur de leur cellule. Une demande concernant la visite d'enfants de moins de 10 ans à leurs proches a de même été formulée.

 

Daqmaq a constaté les conditions de détentions de certains détenus: trois prisonniers de l'établissement de Galboa' sont détenus menottes aux poignets et aux chevilles. Un homme est pour sa part confiné dans sa cellule et n'a droit à aucune visite depuis son arrestation il y a 22 jours.

 

D'autres avocats de l'institut Hilal Jaber ont également constaté les conditions de détention en se rendant dans plusieurs établissements. Ils notent que les cellules sont bondées et que les prisonniers souffrent physiquement des conditions dans lesquelles ils sont détenues. Malgré l'état de santé de plusieurs prisonniers, aucun soin médical n'est dispensé.

 

 Ecrit par PNN  

 

16.08.07 
http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&tas...

 

 


 

2-4 Des mégots de cigarette trouvés dans la nourriture destinée aux prisonniers palestiniens.

 

 Le Comité Nafah de Défense des Droits des Prisonniers Palestiniens a publié un rapport lundi accusant les gardiens du camp de détention d'Howwara près de Naplouse de mélanger des mégots de cigarette à la nourriture des détenus politiques palestiniens.

 

D'après ce rapport, le Comité Nafah a été informé par les détenus que des soldats israéliens avaient déjà auparavant mélangé divers déchets à la nourriture.

 

Selon le Comité, cette nourriture est impropre à la consommation, mais les prisonniers n'ont pas le choix, car ce que leur apporte leur famille n'est pas suffisant.

 

Lundi, les détenus palestiniens de la prison d'Howwara ont refusé de prendre leur ration quotidienne pour protester contre ce traitement.

 

Le Comité Nafah a appelé la Croix-Rouge et les associations de défense des droits de l'homme à intervenir.

 

Il y a environ 12,000 prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, dont des femmes et des enfants. La majorité d'entre eux sont retenus sous détention administrative et n'ont aucune charge retenue contre eux.

 

Source : PNN
http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&tas...

 

 

 


2-5 Le directeur d'une ONG pour les droits de l'homme toujours détenu par Israël.

 

 

Une cour militaire israélienne a refusé vendredi de relâcher Mohammad Bisharat, le leader de l‘Association Nafha pour la défense des détenus et des droits de l‘Homme.
Mohammad Bisharaf a été enlevé par l‘armée il y a une vingtaine de jours et est toujours détenu dans la prison d‘Huwara.

 

Les autorités israéliennes n‘ont pourtant retenu aucune charge contre lui. Mohammad Bisharat est connu pour ses activités de défense des droits de l‘homme et desdétenus emprisonnés par Israël. Il avait déjà été kidnappé peu après le début de la seconde Intifada fin 2000.
L‘Association Nafha a violement critiqué Israël pour cette détention arbitraire et a appelé  toutes les organisations de défense des droits de l‘homme à faire pression sur les autorités israéliennes. Elle exige la libération de Mohammad Bisharat  et demande à Israël de mettre fin à ses attaques contre les institutions de défense des droits de l‘homme dans les territoires occupés.
Il y aurait environ 10.000 prisonniers détenus par Israël dans différentes prisons et camps de détention. 555 d‘entre eux ont été arrêtés avant le début de la seconde Intifada, dont 369 avant même les accords d‘Oslo signés par Israël et l‘Organisation de Libération de la Palestine.
A u moins 400 enfants ont par ailleurs été arrêtés par l‘armée depuis le début de la seconde Intifada.
Ecrit par PNN   

 

18.08.07 

 

Source : PNN
http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&tas...

 

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3 Dossier

 

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Point de vue de Ali Abunimah : La guerre de Mahmoud Abbas contre le peuple palestinien.

 

Sur la scène politique, le Hamas a continué de réagir à l’escalade de la guerre d’Abbas avec la même constance, lançant des appels journaliers au dialogue, à la réconciliation et à un retour au gouvernement national d’unité.

 

« Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, était apparemment davantage enchanté par le banquet disposé pour lui par l’épouse du négociateur en chef palestinien, Saeb Erekat, qu’il ne l’était avec le Président Mahmoud Abbas lors de la réunion d’avant-hier à Jéricho » d’après le compte-rendu fait par le journal libanais As-Safir sur son site Web le 8 août, citant la chaîne israélienne de télévision Canal 10.

 

Le correspondant de Canal 10 parlait de « l’hospitalité et de la chaleur » qui ont marqué la réception d’Olmert et sa délégation par Abbas, notant que « l’épouse d’Erekat avait insisté pour préparer personnellement et servir elle-même » le banquet. Olmert, ajoute le compte-rendu, « ne pouvait pas cacher son appétit pour la riche nourriture et son plaisir devant cette hospitalité et cette générosité » manifestées par les hôtes palestiniens pour leurs invités israéliens.

 

Derrière tout ce théâtre, les résultats de la réunion étaient aussi maigres que prévus. Olmert a publiquement affirmé son engagement « à une solution à deux Etats », tandis que les porte-parole expliquaient à la presse qu’Israël n’était prêt à discuter aucune des questions fondamentales, telles que les frontières, l’arrêt de la colonisation juive, ou les droits des réfugiés. L’exercice visait à maintenir la fiction d’un « processus de paix » dont Abbas est censé un jour tirer des résultats.

 

Pourtant, alors qu’il fournit Olmert en délicatesses à Jéricho, Abbas fait de son mieux pour s’assurer que les Palestiniens dans Gaza continuent à souffrir et à mourir de faim pour cause de fermeture des passages frontaliers commerciaux et civils et de blocus strict imposé par Israël depuis que les combattants du Hamas ont éconduit début juin les milices du Fatah soutenues par les Etats-Unis et Israël.

 

Une source travaillant directement avec les ministres d’Abbas dans le « gouvernement d’urgence » non élu et illégal de Salam Fayyad et basé à Ramallah m’a écrit qu’ « Abbas a explicitement demander que la frontière de Rafah soit fermée et demeure fermée avec comme objectif d’étrangler le Hamas. » Cette source qui a décidé de parler parce que scandalisée, et qui a demandé à conserver l’anonymat parce que craignant des représailles, a ajouté qu’Abbas « est prêt à voir mourir son propre peuple au profit de ses intrigues politiques. » Cet informateur a encore ajouté que tandis que les déclarations officielles des services de relations publiques d’Abbas affichent que la frontière doit être ouverte immédiatement, « ce qui se trame lors des réunions est à l’opposé. »

 

Ce que mon informateur confirme avait été déjà mentionné dans Haaretz dans un article daté du 8 juillet rapportant qu’Abbas « avait demandé à Israël et à l’Egypte d’empêcher la circulation des personnes entre l’Egypte et la bande de Gaza par le passage frontalier de Rafah » et qu’ « Abbas et un certain nombre de ses conseillers ont demandé que la demande ne soit pas rendue publique » (« Abbas demande que le passage de Rafah entre Gaza et l’Egypte reste fermé » Haaretz, 18 juillet 2007).

 

La politique d’Abbas de complot avec Israël pour affamer ses propres personnes porte ses fruits. L’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens [UNRWA] a lancé un appel désespéré pour que s’ouvrent les frontières de la bande de Gaza sous le siège. Filippo Grandi, le commissaire général adjoint de l’agence a averti dans un rapport daté du 9 août que dans quelques semaines Gaza pourrait « être dépendante à 100% de l’aide » (communiqué de presse de Filippo Grandi, ville de Gaza, 9 août 2007.)

 

La totalité des 600 usines de fabrication de vêtements dans Gaza se sont arrêtées parce qu’elles ne peuvent pas importer leurs matières premières et 90 % des usines impliquées dans l’industrie du bâtiment sont fermées, rapporte la BBC le 9 aoûtcitant des chiffres fournis par les Nations unies. Ce sont 120 000 ouvriers dans Gaza qui sont susceptibles de perdre leur travail, et même l’UNRWA et le Programme des Nations unies pour le développement ont dû stopper la construction d’abris pour les réfugiés. (« L’ONU lance un cri d’alarme sur l’étouffement économique de Gaza » BBC news, 9 août 2007.)

 

Dans ce qui pourrait être une admission tacite de la complicité d’Abbas, Grandi fait un appel direct non seulement à Israël, mais aussi « aux autorités palestiniennes » pour prendre « des mesures immédiates pour ouvrir le poste frontière de Karni aux importations et aux exportations, aussi bien qu’aux marchandises humanitaires. » Il ajoutait que « seulement ceci permettra au peu d’économie qu’il reste dans Gaza de survivre. »

 

Car le peuple dans Gaza souffre l’étranglement, des milliers de leurs parents ont échoué dans des conditions désespérées du côté égyptien de la frontière de Rafah, réfugiés exilés même de leur endroit d’exil. Beaucoup parmi ces personnes sont de santé fragile et sont allées en Egypte suivre un traitement médical, et au moins 31 d’entre elles sont mortes durant leur attente de pouvoir rentrer à la maison.

 

Sur la scène politique, le Hamas a continué de réagir à l’escalade de la guerre d’Abbas avec la même constance, lançant des appels journaliers au dialogue, à la réconciliation et à un retour au gouvernement national d’unité. En dépit du siège, le Hamas a également continué à tenir ses engagements avec succès, payant les salaires des milliers d’employés de gouvernement dont les salaires sont bloqués par Abbas et Fayyad.

 

Abbas, tout en s’engageant littéralement avec l’occupant et le colonisateur, continue de rejeter avec colère tout dialogue entre Palestiniens. Pourtant, il est douteux que cette position puisse résister longtemps. Abbas, conformément à un veto de l’administration Bush, refuse de discuter après même que certains dirigeants israéliens aient commencé à préconiser un dialogue direct avec le Hamas.

 

L’un d’entre eux est Efraim Halevy, ancien directeur de l’agence de renseignements d’Israël, le Mossad. Interrogé par le Wall Street Journal, Halevy déclare : « Je ne dis pas que nous devrions parler au Hamas par compassion pour lui. Je n’ai aucune sympathie quelconque pour le Hamas. Je pense qu’il s’agit d’une bande abominable... mais je n’ai entendu personne dire que le tandem Abbas-Fayyad allait faire le travail » (« Et si Israël discutait avec le Hamas ? Projet d’un ancien maître-espion, vu comme une hérésie par certains » Wall Street Journal, 1 août 2007).

 

Halevy exprime des doutes à propos de la stratégie US tentant de soutenir Abbas et d’isoler le Hamas, la qualifiant de « fantasme politique ». Il a appelé Israël à négocier une trêve à long terme avec le Hamas, trêve qui a déjà été proposée par ce mouvement. Halevy, indique le Journal, « fait partie d’un petit groupe de personnalités qui aujourd’hui disent que, en raison de l’influence grandissante du Hamas, il est devenu impossible d’éviter un tel dialogue. L’ancien secrétaire d’Etat Colin Powel s’est joint à ce groupe lors d’une récente interview sur la radio nationale publique. »

 

Sûr de lui, Abbas continue ; il a récemment reçu une nouvelle livraison d’armes importante - 1 000 fusils - coordonnée par Israël et la Jordanie pour renforcer ses milices contre le Hamas. Toutes ces provocations entraînent des conséquences. Si la direction civile du Hamas persiste à brandir la branche d’olivier, la base du mouvement de résistance montre, à certains signes, qu’elle commence à être à bout de patience.

 

Suite à l’appel récent de Fayyad aux forces de la résistance pour un désarmement unilatéral face à l’occupant, et à la publication qui a suivi de son « programme de gouvernement » qui omet de mentionner la lutte armée, les Comités populaires de la Résistance (CPR) ont publié un avertissement menaçant. Lors d’une conférence de presse du 28 juillet, un porte-parole du groupe - une coalition des combattants de la résistance de différentes factions dont le Fatah, responsables de la capture du prisonnier de guerre israélien Gilad Shalit - « a appelé Abbas, Fayyad et d’autres membres du gouvernement, "les traîtres de Ramallah", et fait le serment qu’ils recevront une "réponse identique à celle de l’occupant israélien" » (« CPR : Fayad et ‘les traîtres de Ramallah’, cibles d’une attaque », Ha’aretz, 28 juillet 2007).

 

En attendant, un autre membre du Hamas, Mou’aiad Bani Odeh, 22 ans, est mort dans un hôpital israélien après y avoir été transféré depuis la prison d’Al-Juneid dirigée par les forces d’Abbas. Bani Odeh, selon le Hamas, a succombé à des blessures résultant de tortures infligées par les hommes d’Abbas, lesquels continuent leur répression contre les membres du Hamas dans toute la Cisjordanie. (« Un membre du Hamas meurt après avoir été torturé dans une prison de l’Autorité palestinienne », Ma’an News, 10 août 2007).

 

Des signes montrent qu’à moins qu’Abbas et son entourage ne renversent le cours des choses et ne mettent fin à leur guerre contre le peuple palestinien, le calme apparent qui prévaut actuellement sera rompu par une nouvelle tempête.

 

Ali Abunimah

 

* Ali Abunimah est cofondateur d’Electronic Intifada

 

10 août 2007 - The Electronic Intifada -
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : CZ/JPP

 

Source : Info Palestine
http://www.info-palestine.net/...

 


3-2 Point de vue de Khalid Amayreh : Rapprochement avec le Hamas avant le Ramadan.

 

 

Un leader de haut rang du Fatah a prédit qu’un « rapprochement » avec le Hamas sera atteint avant le mois béni des musulmans de Ramadan qui commence le 13 ou le 14 septembre.

 

L’officiel basé à Ramallah, qui a demandé l’anonymat « en raison de la sensibilité du sujet », a dit qu’il croyait que le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas était en train de reconsidérer sa précédente position exagérée vis-à-vis du Hamas.

 

Abbas a déclaré à maintes reprises qu’il ne parlerait pas avec le Hamas jusqu’à ce que « les bellicistes reviennent au statu quo ante » qui précédait les événements de mi-juin dans la bande de Gaza et qu’ils s’excusent au peuple palestinien.

 

« Je pense qu’Abbas a remarqué que dire "Non" à tous les efforts de médiation arabes et étrangers est contreproductif, que cela mène à sa défaite et que c’est inapproprié pour les intérêts nationaux palestiniens », a dit l’officiel qui occupait un poste ministériel dans les gouvernements palestiniens de l’époque d’Oslo.

 

« Vous voyez, la grande majorité des Palestiniens veulent un accord entre le Fatah et le Hamas dès que possible. Personne n’est confortable avec cette situation anormale et déprimante, et il y a certains signes que plusieurs Palestiniens sont en train de blâmer Abbas et le Fatah pour l’impasse actuelle en raison de leur refus de s’asseoir avec le Hamas et de mettre fin à la crise. »

 

Interrogé pour savoir s’il pensait qu’Israël allait en fin de compter empêcher Abbas de renouer des liens avec le Hamas, l’officiel a dit qu’Israël allait certainement essayer de faire de son mieux pour « garder Abbas dans le cercle américano-israélien ».

 

« Bien sûr, ils font des efforts, ils utilisent la carotte et le bâton, pour le garder dans le cercle américano-israélien. Cependant, il est assez clair que le président est en train de réaliser qu’Israël n’est pas vraiment sincère concernant la paix et que la conférence régionale à venir ne sera qu’une autre illusion. »

 

« Il a donc peur que le fait de mettre tous ses œufs dans le panier américano-israélien tout en éloignant le Hamas et en exacerbant davantage le désaccord national ne sera pas de bonne augure, ni pour lui personnellement, ni pour le Fatah, et certainement pas pour la cause nationale. »

 

L’officiel du Fatah a dit que le rapprochement avec le Hamas ne serait pas facile des points de vue psychologique et politique.

 

« Psychologiquement, il y a des cicatrices pour lesquels le traitement prendra quelques temps, et politiquement, il y a plusieurs leaders du Fatah qui défendent une position intransigeante vis-à-vis du Hamas. »

 

« Mais Abbas n’est pas à l’aise avec ces extrémistes et il pense qu’adopter leur ligne de pensée pourrait réellement faire exploser les urnes. Vous savez, la majorité des Palestiniens n’aiment pas l’extrémisme dans quelque direction que ce soit. »

 

Mercredi, Abbas a montré quelques signaux conciliants à l’égard du Hamas, en disant qu’il essayait de réunir Gaza et la Cisjordanie et en appelant le groupe de la résistance à « retourner à l’unité nationale ».

 

« La rupture qui a eu lieu en conséquence du coup du Hamas est temporaire et sera retirée. Le peuple palestinien est opposé à cette séparation car il veut un état palestinien uni et indépendant. »

 

« Nous continuerons aussi à soutenir notre peuple dans la bande de Gaza, car c’est notre responsabilité », a dit Abbas lors d’une conférence de presse à Ramallah, suite à une rencontre avec le ministre japonais des affaires étrangères Taro Aso.

 

Les remarques d’Abbas ont attiré des réactions positives du Hamas. Un porte-parole islamique à Gaza a décrit les remarques de « bienvenues et positives ».

 

Le porte-parole a invité Abbas à venir dans la bande de Gaza pour des discussions de réconciliation afin de « donner à notre peuple une confiance et un espoir pour un avenir meilleur ».

 

De plus, des sources proches du Hamas à Gaza ont dit qu’il était probable qu’Ismaïl Haniyeh, le premier ministre du gouvernement dirigé par le Hamas basé à Gaza, donne un discours dans les quelques jours à venir dans lequel il « tendrait ses mains à Abbas pour une réconciliation et une unité ».

 

Comme prévu, les déclarations d’Abbas ont attiré des réactions dures du gouvernement israélien qui a averti que des discussions entre le Fatah et le Hamas vers le rétablissement de l’unité nationale palestinienne seraient considérées comme une « ligne rouge ».

 

Le journal israélien de droite Jerusalem Post a cité jeudi un officiel israélien anonyme en disant qu’une réconciliation entre le Fatah et le Hamas « mènerait à une rupture dans le processus diplomatique avec l’autorité palestinienne refondée ».

 

Selon des sources palestiniennes et arabes, plusieurs états arabes et la Russie ont fait de grands efforts pour convaincre Abbas de reprendre les discussions avec le Hamas. Des diplomates russes ont averti Abbas que si le désaccord actuel avec le Hamas restait non-résolu, les Palestiniens iraient à la conférence régionale à venir parrainée par les Etats-Unis dans un « état effroyable de faiblesse ».

 

Khalid Amayreh 

 

19 août 2007

 

Source : CPI
http://www.palestine-info.com/...

 

 



3-3 Point de vue de Alain Gresh : Un accord est-il possible entre Abbas et Olmert ?

 

 

Annoncée pour l’automne par le président Bush, la perspective d’une réunion internationale sur le conflit israélo-arabe a créé un certain vent d’optimisme dans les médias internationaux, mais cet optimisme semble bien prématuré. Selon des sources israéliennes, l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien auraient commencé à discuter un texte sur un accord de principe, mais alors que les Palestiniens font de sa rédaction la condition de leur participation à une conférence internationale, Israël affirme que la conférence ne dépend pas de la rédaction de ce document.

 

Selon Barak Ravid, (« Olmert, Abbas talks hit snag on refugee problem », Haaretz, 17 août), les conversations buteraient sur le refus palestinien de faire des concessions sur le problème des réfugiés. En revanche, selon Yasser Abed-Rabbo, membre du comité exécutif de l’OLP et proche de Mahmoud Abbas (dans un entretien avec le quotidien arabe de Londres Al-Quds Al-Arabi, du 18 août), aucune négociation n’est en cours car le gouvernement israélien refuse les discussions sur un plan détaillé. Pour lui, il ne peut s’agir de discuter d’un texte général (le plan de paix arabe est suffisant), mais de « transformer ce plan en un cadre détaillé pour un accord pour résoudre tous les problèmes d’une solution définitive – notamment les réfugiés, Jérusalem et les frontières de manière détaillée, avec un calendrier précis et avec des garanties internationales, de manière à ce que la prochaine conférence soit fructueuse ». Mme Condoleezza Rice devrait se rendre en Israël au début du mois prochain pour tenter de rapprocher les points de vue. Parmi les nombreuses difficultés, l’impopularité des deux gouvernements palestinien et israélien. L’idée du président Abbas de convoquer des élections qui seraient interdites au Hamas risquerait de déboucher sur des affrontements militaires en Cisjordanie. Sans parler même du coup qu’elle porterait à la démocratie dont les Occidentaux se réclament avec une telle force.

 

Pourtant, jamais le consensus international sur la solution au conflit israélo-palestinien n’a été aussi fort. En principe, tout le monde est d’accord pour affirmer son soutien à la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël. Même le président Bush a défendu cette option. Pourtant, on peut se demander si ce « consensus » a le moindre rapport avec ce qui se passe sur le terrain. Et s’il n’est pas déjà trop tard pour créer un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza.

 

Dans un article publié par Le Monde diplomatique du mois d’août (non disponible sur le site Internet), Régis Debray appelle à « une cure de vérité au Proche-Orient ». Il explique notamment cet étrange consensus : « Toutes les parties trouvent intérêt au maintien des faux-semblants et trompe-l’oeil internationaux. Les Israéliens parce que l’histoire avance masquée. Les Palestiniens, parce qu’on ne peut pas dire la vérité à un peuple occupé et qui espère, sans l’inciter à s’autodétruire ; et que notables, élus, fonctionnaires tirent de ce qui est devenu un voeu pieux, gagne-pain, titulature, dignité et raison d’être. Les Européens, parce qu’ils ont choisi de s’acheter une conduite moyennant une aide financière et humanitaire importante, qui les exonère de leur passivité politique et de leur cécité volontaire. Et les Américains, mentalement plus redevables à l’Ancien Testament qu’au Nouveau, parce que leur lien existentiel avec Israël est de type filial et donc acritique. L’illusion protectrice et partagée résulte ainsi d’une coïncidence d’intérêts opposés - là est l’ironie de l’histoire. »

 

Et, après avoir rappelé la situation sur le terrain et le développement des colonies : « Se profile en résumé, au lieu de l’Etat palestinien annoncé et souhaité par tous, un territoire israélien encore inaperçu, avec, enclavées, trois municipalités palestiniennes autogérées. »

 

Pour comprendre le dilemme, il faut lire l’article de Nadav Shragai, « Most settlements lie east of fence, most settlers west » (la plupart des colonies sont à l’est de la barrière, la plupart des colons à l’ouest), dans le quotidien israélien Haaretz (16 août).

 

« Alors que seulement 48 des 122 colonies en Cisjordanie sont situées à l’ouest du tracé de la barrière de séparation, ces mêmes colonies abritent la grande majorité des colons : c’est ce que conclut une analyse faite par Haaretz, fondée sur des données du ministère de l’intérieur. Ces données montrent que 76,2% des colons – 209 716 – habitent ces 48 colonies. » (...) « Seulement 65 440 colons résident, en 2007, dans les 74 colonies qui sont situées à l’est du tracé de la barrière, soit 23,8% du total. »

 

Au total, conclut l’article, le nombre de colons est passé en un an de 260 645 à 275 156, soit une augmentation de 5,45%, un taux d’accroissement qui est deux fois plus fort que celui de la population juive d’Israël.

 

Alain Gresh 

 

Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...

 

 

 

 



 

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

 

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Abdel Nasser Ferwana : Les prisonniers défient l’impossible : ils transforment les prisons en universités.

 

Malgré la répression féroce et le traitement inhumain, malgré les conditions de détention et la torture, les prisonniers palestiniens et arabes détenus dans les prisons de l’occupation sont parvenus à surmonter les difficultés pour s’adapter à leur situation grave et exceptionnelle. Car ils savent d’avance la nature de l’occupation et ont assisté dès leur enfance à ses crimes, comprenant ainsi que les droits s’arrachent et ne se donnent pas, que l’histoire ne s’écrit qu’avec le sang et que la victoire ne s’obtient que par les énormes sacrifices. Ils ont également réalisé, de manière précoce, que l’occupation vise leur culture et leur patrimoine, cherchant à les réduire à des corps creux sans aucun contenu. C’est pourquoi ils ont refusé de s’abandonner à l’amère situation et ont décidé, armés d’une volonté d’acier et d’une détermination inébranlable, de s’organiser et de mener la lutte derrière les barreaux pour améliorer leurs conditions de détention et arracher leurs droits fondamentaux. Ils ont offert les martyrs, l’un après l’autre et ont écrit, tout au long des dizaines d’années passées, des pages lumineuses de lutte et sont parvenus à tisser leur propre histoire, remplie de sacrifices et de magnifiques expériences. Jamais dans l’histoire humaine une expérience collective derrière les barreaux n’a été aussi lumineuse que celle du mouvement des prisonniers dans les prisons de l’occupation israélienne.

 

Une de ces réalisations fut de transformer les prisons et les centres de détention en bastions révolutionnaires, en écoles et universités pour former générations après générations, le dirigeant ingénieux et le militant entêté, l’écrivain magistral et le poète créatif. Le mouvement d’enseignement et d’éducation ne s’est jamais arrêté, mais est passé par plusieurs phases.

 

Au début, il était difficile d’obtenir des feuilles de papier et des crayons. Le papier de cigarette ainsi que tout bout de carton furent utilisés au moment où les crayons passaient clandestinement à l’intérieur des prisons. Le même crayon faisait le tour de toutes les organisations qui s’en servaient pour transmettre leurs instructions ou autres. Les détenus furent contraints de mener des grèves de la faim épuisantes afin d’obtenir des cahiers et des crayons ainsi que le droit de faire entrer des livres. Ils revendiquèrent le droit d’organiser des programmes et des stages de formation dans différents domaines.

 

Malgré la lenteur et la négligence des autorités carcérales, les prisonniers arrachèrent en fin de compte le cahier, le crayon et le droit de lire. L’administration de la prison dirigea alors sa répression contre la matière écrite dans les cahiers, en instaurant surveillance et contrôle et en confiscant ces écrits. Elle voulut maîtriser le genre de livres introduits, interdisant l’utile et autorisant le futile.

 

La situation évolua et s’améliora de sorte que les prisonniers ont obtenu tout ce dont ils avaient besoin, les cahiers, les crayons et certains livres, bien que ces « largesses » pouvaient être remises en cause à tout moment. Les prisonniers ont adopté le moyen de l’auto-instruction par la lecture individuelle ou l’échange des acquis, ou les formations collectives par les séances éducatives. Concernant les sujets abordés par les prisonniers, ils furent essentiellement politiques, sécuritaires et intellectuels, avec une attention spéciale aux moyens de résister lors des interrogatoires et au comportement avec l’administration carcérale. Des séances d’alphabétisation sont assurées aux prisonniers non instruits avec des programmes obligatoires. L’enseignement des langues, notamment l’hébreu et l’anglais, fait partie des cours proposés aux prisonniers qui le souhaitent. Des centaines de prisonniers s’y sont initiés avant de pouvoir traduire des livres et des études diverses, notamment après leur libération.

 

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20/08/2007

n°117 Journal de l'Afghanistan Special dossier - 16-08

Sommaire :

2 Brèves

2-1 La Corée du nord accuse les USA d'être responsable de l'enlèvement des Sud-Coréens.

 

2-2 L’ISAF note une augmentation des attaques kamikaze.

 

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Burhan Ghalioun : Qui est responsable de la propagation de la violence dans le monde ?

 

3-2 victimes civiles en Afghanistan

 

1 Selon un officier britannique, l'armée américaine en Afghanistan tue trop de civils.

 

2 Avec des amis comme ça… (suite afghane et otanienne) 

 

3 Raids de précision en Afghanistan : [alerte_otan]

 

4 Dérive afghane  

 

5 Une frappe aérienne contre les talibans fait à nouveau des victimes civiles
6 L’OTAN massacre des civils lors de raids aériens. 

 

7 L'Otan prévoit d'utiliser des bombes moins puissantes  

 

3- 3 Des soldats britanniques traumatisés ?

 

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

4-1 Un appel à l’action du Collectif «Échec à la guerre» et de l’Alliance canadienne pour la paix.

5-0 Annexes

5-1 La « Déclaration de Göttingen »

 


 

 

 

 








2 Les Brèves

 

Ndlr :  la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

 

 2-1 La Corée du nord accuse les USA d'être responsable de l'enlèvement des Sud-Coréens.

 

La Corée du Nord par la voix d'un de ses organes officiels a profité de l'enlèvement de Sud-Coréens en Afghanistan pur critiquer mercredi l'alliance de Séoul à Washington dans la guerre qu'ont lancée les Etats-Unis contre le terrorisme.

 

"Une telle affaire tragique n'aurait pas eu lieu si les Etats-Unis n'avaient pas lancer la 'guerre brigantine contre le terrorisme' en Afghanistan en entraînant la Corée du Sud dans ce conflit au nom de ses propres envies de domination et d'avidité", écrit le quotidien "Rodong Sinmun" dans un éditorial cité par l'agence officielle KCNA.

 

"La nature égoïste et arrogante des Etats-Unis et leur politique de dénigrement envers la Corée du Sud sont mises, une fois de plus, en évidence avec cette affaire", souligne encore KCNA.

 

AP 15-08

 

 


2-2 L’ISAF note une augmentation des attaques kamikaze.
Le nombre d’attaques kamikaze a significativement augmenté ces derniers mois, a indiqué hier un haut responsable de l’ISAF. « Durant les 6 premiers mois de 2007, il y a eu 41 attaques kamikaze avec véhicule et 25 sans véhicule, soit 66 au total.

 

 

En comparaison, il y en a eu 47 sur toute l’année 2006 », a expliqué, lors le général Fausto Macor, commandant de la région ouest de l’ISAF avec une force d’environ 33 000 hommes dirigée par l’OTAN.

 

Les provinces de l’Ouest, frontalières de l’Iran, où sont stationnés des soldats italiens, espagnols, lituaniens et américains, « ne sont pas affectées par les kidnappings ou d’autres nouvelles tactiques », a-t-il souligné.
Interrogé sur des ‘bavures’ ayant fait des victimes civiles, le général Macor a estimé que, du moins pour ce qui concerne la zone sous son autorité, les troupes spéciales américaines se comportaient « selon les directives ».

 

Source : http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=34938

 

 



3 Dossiers

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

3-1 Point de vue de Burhan Ghalioun : Qui est responsable de la propagation de la violence dans le monde ?

 

Si leurs manœuvres réussissent, il ne faudra pas longtemps avant que le monde entier ne bascule sous la tutelle de régimes policiers ne songeant qu'’à restaurer le pouvoir de la bureaucratie sous prétexte de faire front à la violence.

 

Au cours des deux dernières décennies, de nombreux gouvernements des grandes puissances et diverses forces politiques se sont servis de l'’intensification des opérations violentes exécutées par certains courants islamistes liés à al-Qaeda ou utilisant son nom, pour gagner l'’opinion mondiale à leurs politiques sécuritaires et l'’aligner à leurs positions visant à transformer la guerre contre le terrorisme en pivot de la politique internationale. De ce fait, ils ont également contribué à la création du mythe d'’al Qaeda devenue le pôle d'’attraction de toutes ces forces et groupements suicidaires et nihilistes qui ne supportent plus l’'ordre d’'oppression mondial et rêvent effectivement de le ruiner et de lui substituer le chaos. Du côté des nombreux partisans de la riposte violente à la violence et de la limitation des libertés publiques, de la multiplication des dispositifs de harcèlement, d'’inquisition, de surveillance, de tables d'’écoute, qui menacent l’'ensemble des libertés civiles, on se demande si la communauté internationale a déployé suffisamment d’'efforts pour contrer le terrorisme. Ce faisant, on espère pousser à plus de raison et peut-être même à l’'autocritique les catégories hésitant à cautionner les mesures sécuritaires rigoureuses citées plus haut à cause de la limitation des libertés publiques qu’'elles entraînent.

 

En bref, les Etats et forces qui continuent à privilégier le recours à la guerre face au terrorisme afin d’'imposer leur ordre du jour politique et stratégique propre, tentent, à l'’instar du président Bush à Washington, d’'acculer leurs contradicteurs en leur imputant implicitement la responsabilité de la propagation de la violence du fait qu’'ils ne souscrivent pas à l'’usage de tous les procédés et moyens réclamés par le pouvoir pour être investis dans sa bataille contre la violence. Si leurs manœuvres réussissent il ne faudra pas longtemps avant que le monde entier ne bascule sous la tutelle de régimes policiers ne songeant qu’'à restaurer le pouvoir de la bureaucratie sous prétexte de faire front à la violence. Il ne s’'agit pas là d’'un danger probable mais d’'un mal en incubation, d’'autant plus que c’est l’'Etat le plus grand qui en propage les germes dont il use comme bouclier pour parer à toutes les critiques dirigées contre sa politique d'’aventurisme désastreux au Moyen-Orient, dans le Caucase et autres régions du monde.

 

Or, jamais le monde n’'a connu de plus grande extension de la violence que depuis la promotion de la doctrine exhortant à la guerre contre le terrorisme à l’'échelle planétaire. Une évaluation s’'impose, à savoir si ce n'’est pas cette doctrine elle-même et les stratégies qu’'elle a impliquées qui sont responsables de l’extension du cercle de la violence plutôt que l'’insuffisance des moyens déployés pour la contrer ou que l’'hésitation d’'une partie de l’'opinion publique à cautionner ces moyens. Même qu’'il n'’est pas excessif de dire que l’'élargissement du cercle de la violence prouve bien plus l'’échec cuisant de la doctrine de la guerre mondiale contre le terrorisme qu’'il ne confirme l'’insuffisance des moyens mobilisés à son service. Une telle extension aurait été inimaginable si la communauté internationale s’était donné les moyens de résorber les problèmes internationaux générant la violence plutôt que de cautionner les efforts de guerre et d'’éluder les vraies questions. Pourtant même à ce niveau, un tel échec était difficilement prévisible n'’étaient les objectifs politiques fixés, lesquels n’'avaient aucun rapport, de près ou de loin, avec l’'anéantissement du terrorisme.

 

 

 

Ceci pour dire que dès le départ, derrière la guerre mondiale contre le terrorisme se dissimulaient divers ordres du jour convergeant tous vers l’'objectif des forces mondiales hégémoniques qui cherchaient à monopoliser l’'initiative aux dépens des espoirs de changement et de transformation positive conformes à l'’intérêt des peuples et couches démunies. Cette entreprise avait débuté en 1998, avec l'’organisation à Charm El-Cheikh, de la première conférence internationale contre le terrorisme qui se proposait de crédibiliser les politiques expansionnistes d’'Israël, de l'’aider à isoler le peuple palestinien, à briser sa volonté et son moral afin de permettre à Tel-Aviv de conserver puis d'’annexer les territoires occupés. Par la suite, cette guerre est devenue la couverture théorique et idéologique justifiant les politiques américaines de suprématie, au Moyen-Orient notamment, avant de se transformer en pivot et en ordre du jour principal de la politique internationale, dans un contexte où l'’instrumentalisation de la guerre contre le terrorisme devenait l’'option de tous les régimes en place pour esquiver les problèmes internes et s’'affranchir des responsabilités.

 

 

 

Que la guerre contre le terrorisme ait en fait servi à développer le terrorisme s’'explique dans la mesure où les peuples exposés à la menace, ou comme en Palestine et en Irak, exposés à l'’anéantissement national et au dépérissement, font face à un défi jamais connu auparavant - celui de la mobilisation de l’'ensemble de l’'opinion internationale contre leurs droits et, au-delà, celui de la justification des politiques adoptées par les forces violant ces droits. Jamais contrainte colonialiste n'’a joui d'’une période de grâce plus longue ni d'’une adhésion plus grande quant aux politiques américaines explicitement colonialistes au Moyen-Orient, dans le Caucase et en Afrique, qu’'au cours des deux dernières décennies. Jamais non plus Israël n'’a connu de conjoncture plus favorable pour étendre ses colonies, renforcer sa présence dans les territoires palestiniens et syriens occupés et bafouer les intérêts des peuples, qu’'au cours des vingt ans passés.

 

 

 

Toutefois, ce ne sont pas uniquement les grands Etats qui ont fait emploi de la guerre contre le terrorisme pour restaurer leur contrôle et récupérer l’'initiative dans les zones d’influence qui commençaient à leur échapper ; les régimes oligarchiques arabes et autres ont usé du même prétexte et en usent toujours pour renforcer leur contrôle interne, boucher l'’horizon des réformes démocratiques et renforcer la poigne d'’un petit nombre de personnes à l'’appétit féroce sur les ressources comme sur le destin de leurs peuples.

 

 

 

Et ainsi la guerre contre le terrorisme s'’est transformée en une enseigne masquant la guerre ouverte contre les peuples dans le monde entier, contre la liberté, les intérêts et le futur de leurs individus. Elle sert de couverture pour dissimuler le monopole des décisions, le pillage des Etats, la marginalisation des sociétés, l’'éclosion de mafias internationales qui se concertent derrière le dos des peuples et à leurs dépens, dissimulant le troc d'’intérêts et l’'échange de services sous des devises et discours propagandistes onctueux. Une telle situation ne pouvait aboutir qu’'à une plus grande dégradation des conditions de vie des peuples avec l’'aggravation de l'’insécurité individuelle, la recrudescence des mesures répressives, des contraintes et enlèvements, l'’intensification des phénomènes de pauvreté et du chômage, la transgression des lois et le rétrécissement du champ optionnel pour tous les habitants.

 

 

 

Cette situation n’a pas seulement créé des conditions plus favorables à l’"embrigadement d’"une jeunesse privée d"’horizons et d"’espoir, cherchant une issue après la faillite de tous les moyens économiques y compris ceux tablant sur l’"émigration vers les pays riches et les chances de travail dans les pays du Golfe et en Europe, mais elle a aussi fourni davantage de justifications à la logique de la violence et de sa cause. Autant les mesures de sécurité arbitraires - dont les incarnations les plus éloquentes en sont les camps de détention de Guantanamo et d’"Abou Ghraib, les politiques du siège imposé au peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie, le’ harcèlement des activistes politiques et civils dans la plupart des Etats arabes, pour des raisons dérisoires ou même sans raison - ont détruit la crédibilité des systèmes politiques et les solutions fondées sur le respect de l’'autre, les valeurs de justice et d'’égalité, le respect minutieux des lois, autant la profanation de ces mêmes valeurs et lois de la part des groupes terroristes est devenue chose habituelle et acceptable aux yeux de larges parts de l'’opinion et a justifié aux yeux de nombreux jeunes chômeurs et révoltés l'’emprunt de la voie du crime, de l'’action illégale et même terroriste.

 

 

 

C’'est pour cela qu'’il n’est pas étrange que la guerre mondiale déclarée au terrorisme soit la cause première de la propagation de la violence et du terrorisme dans la mesure où cette guerre était en fait dirigée contre l'’indépendance, la souveraineté, la liberté des peuples et l’'exercice de leurs droits. S'’il est impossible à n'’importe quelle personne raisonnable de ne pas condamner les actions terroristes, il est également impensable de ne pas condamner pour le même crime et plus sévèrement encore ceux qui, par leurs politiques hostiles et l'’indifférence outrancière affichée à l'’égard des intérêts des gens, de leurs droits et de leurs sentiments, ont transformé et continuent de transformer les jeunes du Moyen-Orient eux-même en hors-la-loi et certains en criminels.

 

Burhan Ghalioun

 

publié le dimanche 27 mai 2007.

 

Burhan Ghalioun est professeur de sociologie politique à la Sorbonne nouvelle Paris III. Auteur d'’une vingtaine d'’ouvrages sur la société et la politique du monde arabe, il est l'’une des figures intellectuelles les plus engagées dans le mouvement de démocratisation de la Syrie et du monde arabe.

 

9 mai 2007 - Al-Ittihad - Publié sur le blog du Pr. Burhan Ghalioun - Traduit de l'’arabe par M.A.

 

 http://www.protection-palestine.org/article.php3?id_article=5094

 


3-2 victimes civiles en Afghanistan

 

 

1 Selon un officier britannique, l'armée américaine en Afghanistan tue trop de civils.

 

Un officier supérieur de l'armée britannique affirme avoir demandé aux forces américaines, responsables selon lui d'un trop grand nombre de victimes civiles, de le laisser gérer seul la province d'Helmand en Afghanistan.

 

Dans un article paru jeudi 9 août dans l'International Herald Tribune, le militaire, qui a souhaité rester anonyme, explique que l'usage intensif que font les Américains des frappes aériennes est contre-productif : il dresse la population contre les forces étrangères. Un porte-parole de l'armée américaine nie que cette demande ait jamais été faite, mais cette affaire illustre les différences stratégiques qui opposent Américains et Britanniques sur le sol afghan.

 

Les forces américaines sont entrées pour la première fois dans la ville d'Helmand fin 2001 et ont installé une base de quelques centaines d'hommes dans la ville de Gereshk. Les Britanniques sont arrivés au printemps 2007 et détiennent depuis le commandement de la province, où ils ont déployés près de six mille hommes. Mais des membres des forces spéciales ont continué de leur prêter main-forte dans les combats. Et c'est justement le mode opératoire de ces forces spéciales que critique l'officier britannique : incapables de se défendre face à un nombre important d'assaillants, leur tactique consiste à se couvrir par des frappes aériennes imprécises dont les civils font les frais.
 "N'Y A-T-IL PAS UNE AUTRE FAÇON DE PROCÉDER ?"

 

Après dix-huit mois d'importants combats, les Britanniques ont progressé dans la sécurisation de certaines zones-clés, notamment la ville d'Helmand, et doivent maintenant parvenir à regagner la confiance de la population locale, frappée par les bombardements aériens. S'il est difficile de donner un compte précis des victimes, la journaliste, Carlotta Gall, fournit une estimation : trois cents civils auraient été tués dans la seule ville d'Helmand depuis le début de l'année, en majorité par les Américains.

 

 Selon l'officier britannique, la présence des forces spéciales américaines n'est plus nécessaire dans une grande partie de la province : "il n'y a plus beaucoup de talibans à combattre (...). Nous avons affaire à de petits groupes, et nous essayons de lancer sérieusement la reconstruction et le développement (...). Personne ne dit qu'avoir recours aux frappes aériennes est illégal, mais n'y a-t-il pas une autre façon de procéder sans risque de dommage collatéral ?"

 

La journaliste rappelle qu'il est "rare d'obtenir des confirmations indépendantes [des rapports faisant état de victimes civiles] car la province d'Helmand est trop dangereuse pour les journalistes. (...) Les officiers de l'OTAN accusent les partisans des talibans d'exagérer le nombre de victimes des frappes aériennes". Mais les Britanniques comme les autorités afghanes confirment avoir été témoins de nombreux cas. En mai, des habitants du village de Sarwan Qala ont eux-mêmes transporté les corps de vingt et un civils tués dans les combats pour les montrer aux autorités de la ville voisine. Dix-huit civils blessés lors de ces mêmes frappes ont été soignés par l'armée britannique. L'hostilité à l'égard des troupes étrangères reste forte. Une impopularité qui inquiète l'OTAN. Un officier confie :"nous savons que nous pouvons battre les talibans sur le terrain. Le problème, c'est la population."

 

LEMONDE.FR | 09.08.07 | 15h39  •  Mis à jour le 09.08.07 | 16h05
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-943107@51-907647,0.html 

 

 

 

 


2 Avec des amis comme ça… (suite afghane et otanienne)  

 

 

Quel titre est le mieux approprié?

 

Celui du New York Times (NYT), qui nous annonce : «British Criticize U.S. Air Attacks in Afghan Region» le 9 août?

 

Ou celui de l’International Herald Tribune (IHT), du même 9 août, qui ne prend pas de gants du tout: «British military asks U.S. forces to leave Afghan province»?

 

L’auteur est la même Carlotta Gall et l'article est également une duplication selon l'accord entre les deux journaux (quoique plus court pour l’IHT, avec des coupures dues probablement plus à l’espace disponible qu’à une “censure“ quelconque puisque, au contraire, le titre est dans ce cas plus malsonnant à des oreilles qu’il faudrait convaincre de la vertu américaniste). Notamment, l’entame des deux articles est similaire (mais le second paragraphe est dans le seul NYT).

 

«A senior British commander in southern Afghanistan said in recent weeks that he had asked that American Special Forces leave his area of operations because the high level of civilian casualties they had caused was making it difficult to win over local people.

 

»Other British officers here in Helmand Province, speaking on condition of anonymity, criticized American Special Forces for causing most of the civilian deaths and injuries in their area. They also expressed concerns that the Americans’ extensive use of air power was turning the people against the foreign presence as British forces were trying to solidify recent gains against the Taliban.» 

 

Quoiqu’il en soit de ces subtilités journalistiques, reste que l’événement est considérable. Renseignements pris, il secoue l’OTAN, où le sujet de l’Afghanistan, rubrique “discorde chez les alliés”, est d’une incroyable sensibilité («Une des deux crises potentiellement mortelles de l’Alliance avec le Kosovo», selon une source otanienne). C’est la première fois, depuis le bref affrontement Clark-Jackson (refus du général britannique/OTAN Jackson d’obéir à l’ordre du général US/OTAN Clark d’intervenir contre les troupes russes sur l’aéroport de Pristina, au Kosovo, le 11 juin 1999) que l’affrontement intra-anglo-saxon prend de telles proportions, avec une dimension quasi-formelle. Le cas n’a été résolu à la satisfaction de personne puisque les troupes US incriminées sont toujours dans la zone et que l’incident est, selon la technique supra-orwellienne de l’OTAN, tout simplement nié.

 

«An American military spokesman denied that the request for American forces to leave was ever made, either formally or otherwise, or that they had caused most of the casualties. But the episode underlines differences of opinion among NATO and American military forces in Afghanistan on tactics for fighting Taliban insurgents, and concerns among soldiers about the consequences of the high level of civilians being killed in fighting

 

On doit prévoir que la tension US-UK ne fera que s’accentuer dans les mois à venir dans cette affaire afghane, selon trois appréciations interconnectées :

 

• Le commandement général est toujours au général US McNeill tandis que l’intérêt US pour l’Afghanistan continue à décroître au profit de l’omniprésent Irak. Cela accroît l’irresponsabilité US en la matière et la propension à charger les Britanniques en l’occurrence.

 

• … D’autant plus que les Américains sont très mécontents du processus de retrait britannique d’Irak, d’ores et déjà engagé malgré les demandes de Washington de n’en rien faire. Nous sommes dans l’“ère du soupçon”, avec Brown à la place de Blair, et la mauvaise humeur US se fait sentir en Afghanistan.

 

• Pour les Britanniques, au contraire, l’Afghanistan est désormais le front central de leur engagement militaire. Leur position d’assurer l’essentiel de la bataille sans détenir le commandement général de la zone les rend d’autant plus sensible aux multiples incidents “collatéraux” causés par les engagements aériens US. «Rien n’y fait, dit encore notre source otanienne. Les Américains, qui agissent de façon autonome, font toujours autant appel à leur aviation qui tape toujours de la même manière, sans aucune précaution et à partir d’informations souvent douteuses.»

 

http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4306
Date de publication : 09/08/2007 - Rubrique : Bloc-Notes
Mis en ligne le 9 août 2007 14H25

 

 


3 Raids de précision en Afghanistan : [alerte_otan]

 

 

L'Afghanistan a le privilège d'être le seul narco-Etat au monde soutenu par la communauté internationale»

 

«Quand les troupes de l'OTAN ou de la coalition dirigée par les Etats-Unis tuent dans des bombardements aériens autant de civils que d'insurgés, selon des constatations des Nations unies et d'organisations humanitaires, la situation devient très sérieuse»

 

«Les forces de l'OTAN assistent, comme le veut leur mission, un gouvernement corrompu et incapable de fournir des services réguliers à la population»

 

Enfin, les choses commencent à être dites clairement dans les médias. Quant au 1er ministre belge préssenti, il précise dans sa Note, base des discussions pour la formation du prochain gouvernement. « La Belgique soutient les interventions mondiales accrues de l’OTAN, pour autant qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une résolution du Conseil de Sécurité des NU»

 

 

 

 


4 Dérive afghane   
 Six ans après la chute des talibans, malgré la présence de plus de 50 000 soldats étrangers et l'injection de plusieurs dizaines de milliards de dollars, l'Afghanistan dérive lentement vers le chaos et l'anarchie. Incapacité du gouvernement Karzaï à établir un minimum de loi et d'ordre, montée en puissance dans les régions pachtounes d'une insurrection toujours plus meurtrière, maintien du règne du fusil sur l'ensemble du territoire : tout pousse la population à perdre confiance dans les promesses mirobolantes de la communauté internationale.
 Au sein de celle-ci, les divergences d'opinion sur la conduite à tenir sont de plus en plus apparentes. La réticence de plusieurs pays membres de l'OTAN à envoyer davantage de soldats ou à impliquer les forces déjà présentes dans les combats du Sud et de l'Est, bastions de la guérilla, s'explique par les doutes nés sur la mission en cours. Quand les troupes de l'OTAN ou de la coalition dirigée par les Etats-Unis tuent dans des bombardements aériens autant de civils que d'insurgés, selon des constatations des Nations unies et d'organisations humanitaires, la situation devient très sérieuse. L'augmentation du nombre de ces victimes accroît le ressentiment contre la présence étrangère, stigmatisée par une frange de la population comme la cause de son malheur. Et cela même si les Occidentaux soulignent que les talibans se cachent parmi la population, utilisée comme bouclier.
 
 Plus grave, les forces de l'OTAN assistent, comme le veut leur mission, un gouvernement corrompu et incapable de fournir des services réguliers à la population. Les victoires militaires ont peu de signification si elles ne sont pas accompagnées par une amélioration de la vie quotidienne des Afghans. Pour la sixième année consécutive, ce pays va battre, selon les prévisions, son propre record mondial de production d'opium. Les insurgés, talibans ou autres, ne sont pas les seuls bénéficiaires de cette culture lucrative. Les grands trafiquants sont à rechercher au sein même de l'administration ou du gouvernement. L'Afghanistan a le privilège d'être le seul narco-Etat au monde soutenu par la communauté internationale.
 
 Les progrès réels dans les domaines de la santé et de l'éducation sont aujourd'hui menacés par une insécurité qui ne se limite pas aux actions des talibans : les anciens seigneurs de la guerre, qui n'ont pas trouvé leur place au sein du nouveau pouvoir, profitent eux aussi largement de l'impunité totale qui règne dans le pays. Une remise à plat des priorités s'impose pour que l'Afghanistan puisse profiter pleinement de la manne internationale. Faute d'avancées tangibles, les pays donateurs risquent de finir par se lasser. Et le fiasco de virer à la tragédie.

 

 

  LE MONDE | 03.08.07 | 12h59
 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-941552@51-907647,0.html

 

Article paru dans l'édition du 04.08.07.
 

 

5 Une frappe aérienne contre les talibans fait à nouveau des victimes civiles
La coalition sous commandement américain affirme avoir procédé à une "frappe de précision" contre deux commandants talibans, jeudi 2 août, près du village de Qaleh Chah (nord de la province d'Helmand) "après s'être assurée qu'il n'y avait aucun Afghan innocent dans la zone".

 

 

 

Les habitants expliquent qu'ils s'étaient rassemblés pour assister à l'exécution, par les talibans, de deux hommes accusés d'espionner pour les Etats-Unis et que les bombardements ont touché de très nombreux civils. Des blessés et parmi eux au moins un enfant ont été transportés dans les hôpitaux de Lashkar Gah et Kandahar. Dans une région isolée où n'existe quasiment aucune présence gouvernementale, il est difficile de faire la part des choses, mais même si les circonstances restent confuses, il semble évident que des civils en nombre encore indéterminé ont été une nouvelle fois atteints. 

 

Les forces de la coalition n'ont pas précisé l'identité et le sort des commandants talibans visés, mais le ministère de la défense afghan a affirmé que "les corps de mollah Abdul Rahim (commandant des talibans dans la province d'Helmand) et de dizaines d'autres terroristes ont été retrouvés". Le porte-parole du ministère, le général Mohammad Azimi, a ajouté ignorer si Mansour Dadullah, qui a remplacé son frère tué en mai comme commandant taliban des provinces du Sud, avait été tué. 

 

La mort de civils et le sort des 21 otages sud-coréens toujours détenus par les talibans figureront en bonne place des entretiens que devait avoir, dimanche à Camp David, aux Etats-Unis, le président afghan Hamid Karzaï avec le président Bush. 

 

Françoise Chipaux
Article paru dans l'édition du 05.08.07.

 

LE MONDE | 04.08.07 | 13h31
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-941876@51-907647,0.html

 


 


6 L’OTAN massacre des civils lors de raids aériens.  

 

 

Il se touverait un grand nombre de civils parmi les centaines de personnes tuées dans des raids aériens menés par les forces occidentales dans la province afghane du Helmand.

 

On rapporte cette fois-ci des centaines de victimes, tuées ou blessées, lors des bombardements de l’OTAN dans la province du Helmand

 

 

 

Les habitants ont déclaré à des journalistes que des femmes et les enfants étaient parmi les près de 300 personnes tuées lors des incursions réalisées jeudi dans la zone, à quelque distance de Baghran, qui se situe au nord de Lashkar Gah.

 

 

 

Les autorités afghanes ont indiqué vendredi qu’elles vérifiaient les rapports et Mohammad Hussein Andiwal, chef de la police de la province du Helmand, a déclaré qu’au moins 20 civils blessés avait été amenés à un hôpital principal de Lashkar Gah, la capitale provinciale. 

 

« Je peux confirmer qu’il y a eu de très intenses bombardements, » a dit Andiwal à l’agence Reuters par téléphone depuis le Helmand.

 

« Nous avons entendu parler de lourdes pertes et nous avons envoyé une équipe pour faire le point sur la situation. »

 

Dan Nolan, correspondant d’Al Jazeera à Kaboul, a rapporté : « Il apparaît qu’il y a un grand nombre de civils tués et blessés. »

 

Il a ajouté que d’après des sources afghanes gouvernementales, une exécution publique d’un espion supposé était organisée par les Talibans lorsque les attaques aériennes ont eu lieu.

 

Haji Hakim Janv, âgé de 27 ans, a dit avoir perdu quatre de ses frères dans l’attaque. 

 

« J’ai eu un autre frère et une sœur âgée de 8 ans qui ont été blessés dans le bombardement, » a-t-il ajouté.

 

Il a déclaré aussi que ces meurtres éloigneraient les gens des troupes occidentales et les inciteraient à rejoindre les Talibans.

 

S’ils sont confirmés, ces morts représenteraient le nombre de victimes civiles le plus élevé dû aux troupes étrangères depuis le renversement du gouvernement Taliban en 2001.

 

 

 

Raid de « précision »

 

Les militaires américains ont fait savoir dans un communiqué publié tard jeudi que les forces de la coalition avaient mené un raid aérien de « précision » contre deux « commandants Talibans connus » organisant une réunion de dirigeants dans une région éloignée de la zone de Baghran le même jour.

 

Il a indiqué que le sort des deux commandants n’était pas connu.

 

Les habitants et un officiel afghan ont expliqué que les bombardements se sont produits alors qu’une foule considérable s’était rassemblée pour assister à l’exécution organisée par des combattants Talibans. 

 

Un porte-parole Taliban a dit de son côté qu’il n’y avait aucune exécution publique et que les tués étaient tous des civils assistant à une cérémonie funéraire.

 

Il n’y a aucune vérification indépendante des informations rapportés d’un côté ou de l’autre.

 

Plus de 350 civils ont été tués lors d’opérations menées par les forces étrangères cette année en Afghanistan, selon des fonctionnaires du gouvernement et des employés d’organisations humanitaires.

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=2385
vendredi 3 août 2007

 

Al Jazeera.net

 

 


7 L'Otan prévoit d'utiliser des bombes moins puissantes.  

 

 

L'Otan projette d'utiliser des bombes moins puissantes lors de ses opérations contre les insurgés en Afghanistan afin de réduire les victimes civiles dont le nombre croissant a soulevé ces dernières semaines de vives critiques à l'encontre des militaires occidentaux, a déclaré le chef de l'alliance atlantique dimanche dans la presse.

 

L'Otan "cherche un moyen d'ajuster les bombes emportées de manière à réduire les dommages collatéraux", a déclaré le général Jaap de Hoop Scheffer au "Financial Times" dans un entretien mis en ligne dimanche soir, soulignant qu'il est toutefois impossible de réduire à zéro le nombre des victimes civiles.

 

 

 

Le général Hoop Scheffer a précisé que le commandant en chef de la mission internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf), le général américain Dan McNeill, avait demandé à ses troupes d'éviter les combats avec des talibans si l'opération comportait un risque pour les civils.

 

"Nous réalisons que si nous ne pouvons neutraliser notre ennemi aujourd'hui sans nuire à la population civile, nous aurons l'opportunité de le faire demain", a poursuivi le général de Hoop Scheffer.

 

Ces propos du secrétaire général de l'Otan font suite à la polémique qui s'est développée ces dernières semaines après la mort de dizaines de civils dans des opérations anti-talibans, notamment aériennes, des forces de l'Otan et de la coalition sous commandement américain.

 

Selon la mission de l'Onu à Kaboul, environ 600 civils ont été tués depuis le début de l'année, dont un peu plus de la moitié par les forces afghanes et internationales.

 

(AFP)

 

Publié le : 30.07.2007 | 06h09

 

 

 

 


3-3 Des soldats britanniques traumatisés ?
Selon une étude réalisée par l’armée anglaise et publiée par le British Medical Journal, des milliers de soldats britanniques ayant servi en Irak ou en Afghanistan souffrent de baisse du moral, d’alcoolisme et de problèmes de familles.

 

 

Ces phénomènes s’expliquent par des syndromes post traumatiques faisant suite au service fait dans ces pays, la pression psychologique et les problèmes familiaux.
L’étude a été faite par le centre de la santé mentale de l’armée anglaise, 5547 soldats y ont participé et l’étude s’est concentrée sur 20 % d’entre eux, ces 20 % ont servi plus de 13 mois, la période
conseillée par les autorités, en Afghanistan ou en Irak au cours des 3 ans que dure leur service. De plus des soldats en poste au Kosovo et en Sierra Leone ont aussi participé à l’étude.
Selon Nicolas Pir, un des principaux chercheurs, au sein du groupe de soldats ayant servi plus de13 mois en Irak ou en Afghanistan,

 

presque 1/4 des soldats souffre d’alcoolisme « grave » ;

 

chez ceux qui ont servi aux mêmes endroits 5 mois, 1/10 soldat souffre du même problème.
5.2 % des soldats en place plus de 13 mois souffrent de syndromes post
traumatiques ;

 

 3 % de ceux qui ont servi 5 mois souffrent des mêmes syndromes. Une des causes que l’on pense être à l’origine de ce phénomène est l’incertitude quant à la période de service.
La commission parlemantaire de la Sécurité anglaise a annoncé que 86 % des personnes interrrogées ont servi en Irak ou en Afghanistan pour des périodes différentes. Selon les dernières données, 46 370 soldats et citoyens anglais servent leur gouvernement à l’étranger.
Le ministère de la Défense anglais a déclaré que les résultats seront vérifiés afin de mieux comprendre les problèmes psychologiques au sein de l’armée. A partir de maintenant, les soldats sauront dès le départ pour combien de temps ils partent.

 

Le ministère ajoute que 1 % des soldats de la marine,

 

12 % des soldats de l’armée de terre et

 

6 % des soldats de l’armée de l’air servent des périodes plus longues que celles conseillées et que des infirmières spécialisées en psychiatrie ont été envoyées aider les soldats postés en Irak et en Afghanistan.
Ces données sont publiées alors qu’est mis en cause le fardeau trop lourd qui pèse sur l’armée anglaise et qui l’oblige à prolonger les missions des soldats au delà du temps conseillé. Pour les députés de l’opposition, le poids qui pèse sur l’armée est une raison de plus de se retirer d’Irak.

 

Rebecca Serfaty
vendredi 3 août 2007 - 16:57
http://a7fr.net/Default.aspx?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=38814

 

 

 



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

4-1 Un appel à l’action du Collectif «Échec à la guerre» et de l’Alliance canadienne pour la paix.

Non à la guerre !

 

Non au «Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité de l’Amérique du Nord» ! 

 

N° 292 - Journal d'Irak Special dossier -20-07

Sommaire :
5 Médias.
1-1 USA - "Protect America Act" of 2007- Nouvelle loi sur l'écoute électronique.
2 Brèves
2-1 Carsten Kofoed : Retrait danois d’Irak : la résistance envoie le ministre danois de la “Défense” au tapis.

3 Dossier & Point de vue

3-1  Entretien avec Anthony Arnove : Malgré le désastre, les Etats-Unis ne peuvent quitter l’Irak... » 3-2 Point de vue de Comaguer : Les Usa en Irak pour 50 ans! 3-3 Point de vue de Michael Schwartz : L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ?
3-4 Point de vue de Illizi : Un ancien collabo irakien passe aux aveux sur la stratégie des USA.

 

3-5 Point de vue de Philippe Bolopion : Pour lutter contre le 'terrorisme', l'ONU a établi une "liste noire" aux confins du droit. 3-6 Point de vue de Pascal RICHE: Bush touché au «cerveau».

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

4-1 Jeremy Scahill : La révolution des mercenaires.

4-2 Patrick Martin : Un sombre tableau des pertes Usaméricaines en Irak

 

5-0 Annexes
5-1 Juan GELMAN : Aide militaire. .. Des cadeaux de l'Oncle Sam au pays arabes amis.






1 Médias / Vidéos
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Marc

1-1 USA - "Protect America Act" of 2007- Nouvelle loi sur l'écoute électronique. Résumé du texte original en anglais : Source :                       «consortiumnews.com» Titre :                            New Spy Law Broader Than Thought (Nouvelle loi sur l'écoute électronique plus Auteur :                        Robert Parry
Date :                            13 août 2007
Traduction partielle : Antonio Artuso [Ce texte mérite d'être traduit en entier - Si vous êtes intéressé/ée écrivez à : pueblo@sympatico.ca]   Avant que le Congrès, contrôlé par les démocrates, ne se soumette devant le pouvoir obtenu par George W. Bush d'introduire des dispositions permettant l'écoute électronique sans la necessité d'obtenir de mandat, les avocats de la Maison blanche ont glissé en douce deux dispositions donnant au président du pays encore plus de pouvoirs [et beaucoup moins d'imputabilité (N. du T. : obligation de rendre des comptes à une autorité supérieure)] qu'il n'en avait demandé. Et les entreprises médiatiques des États-Unis ont en grande partie omis d'en faire état.  La plupart des réporters ont répété comme des perroquets les affirmations de la Maison blanche selon lesquelles la loi  “modernise” la loi sur la surveillance des activités menées à l'étranger par les services d'intelligence états-uniens (Foreign Intelligence Surveillance) de 1978 et cible "avec précision" ("narrowly") les personnes soupçonnées de mener des activités terroristes à partir de l'étranger en communiquant par téléphone ou par courriel avec leurs contacts se trouvant aux États-Unis.  Mais en vérité la loi «Protégeons l'Amérique» de 2007 (“Protect America Act of 2007”) étend le réseau d'écoute électronique beaucoup plus étendue. La nouvelle loi s'applique non seulement aux personnes soupçonnées de se livrer à des activités terroristes se trouvant à l'étranger et qui pourraient communiquer avec des citoyennes/ens états-uniens mais à «toute personne se trouvant hors des États-Unis sur laquelle pèseraient des doutes raisonnables qu'elle puisse avoir des renseignements d'intelligence étrangers», expression qui doit être interprétée par «utile à la politique étrangère des États-Unis». [...] http://www.consortiumnews.com/Print/2007/081307.html

 



2 Les Brèves
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
Marc 2-1 Carsten Kofoed : Retrait danois d’Irak : la résistance envoie le ministre danois de la “Défense” au tapis. Le retrait des 500 hommes des troupes danoises d’occupation de l’Irak s’est achevé.
Le 31 juillet, la cérémonie officielle de transmission des responsabilités danoises aux troupes britanniques d’occupation restant sur place a eu lieu au Camp Einherjer, le camp militaire danois situé à l’intérieur de la Base britannique d’opérations de Bassorah.  
Le criminel de guerre Soeren Gade, ministre danois de la “Défense”, était présent, ainsi que des représentants des médias serviles danois qui ont soutenu de tout temps l’agression et l’occupation dirigées par les USA.
Alors qu’il s’adressait aux troupes d’occupation danoises, leur disant qu’elles avaient fait un “gros boulot”, une alarme s’est déclenchée : la résistance lançait des missiles et des obus de mortier sur la base. Gade et les autres occupants danois se sont immédiatement jetés au sol pour éviter d’être atteints par des fragments.
La scène a été diffusée par la télévision publique danoise. Et le symbolisme de cette scène était plus qu’évident. Les criminels de guerre  et occupants danois étaient couchés avec leurs sales nez dans le sable du désert irakien. En Irak, c’est la Résistance qui tient le haut du pavé, même quand elle autorise les occupants à tenir des discours.
Depuis juin 2003, ce bataillon danois a été sous commandement britannique à Bassorah.
Les mercenaires danois au service des USA ont été maintenant retires et remplacés par 4 hélicoptères militaires qui seront servis par un équipage danois de 50 hommes jusqu’au mois de décembre, pour assister les forces d’occupation britanniques et l’armée fantoche “irakienne” dans leurs efforts de contenir la résistance irakienne qui s’intensifie. Ce sont environ 5 500 Danois qui ont participé à cette guerre d’occupation illégale, injustifiable, immorale et sanglante en Irak. 8 Danois sont morts, dont six au combat. Le prix de l’occupation danoise de l’Irak a été de 2,5 milliards de couronnes danoises (450 millions de $, 336 millions d’€). Source : http://fritirak.blogspot.com/2007/08/danish-withdrawal-iraqi-resistance.html
Article original publié le 3 août 2007
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=3553&lg=fr

 

Traduit par  Fausto Giudice : Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.


 


3 Dossiers
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
3-1 Entretien avec Anthony Arnove : Malgré le désastre, les Etats-Unis ne peuvent quitter l’Irak... »

Nous publions ci-dessous un entretien important avec Anthony Arnove qui non seulement fait le point sur la politique des Etats-Unis en Irak, mais démystifie une série de déclarations des candidats démocrates à l’élection présidentielle, déclarations qui trouvent une audience importante dans la presse dite d’information d’Europe occidentale.

Un thème est mentionné mais pas développé dans cet entretien, celui ayant trait au projet de loi sur le pétrole. Le 23 juillet 2007, une partie des ministres (23 sur 37) du dit gouvernement d’unité nationale votait un projet de loi sur la question du pétrole, projet qui devait être envoyé devant les parlementaires. La crise des instances gouvernementales et étatiques est certes si éclatante que les débats sur ce projet passent au second rang. Toutefois, quelques notes sur le contenu de cette loi sont utiles pour appréhender le contenu de la politique impérialiste. Bush, selon le « Wall Street Journa »l, a téléphoné au premier ministre Nouri Al-Maliki pour le féliciter d’avoir soumis le projet. Les bases légales pour permettre la prise en main des avoirs pétroliers sont utiles. Toutefois, l’opposition, y compris parmi les élus irakiens, est forte. Ce qui explique les pressions de toutes sortes et divers chantages opérés sur les « diverses représentations du peuple irakien ». D’un côté, le FMI impose des mesures qui aboutissent à une augmentation très forte du prix des carburants en Irak (cette augmentation représente plus de 60% de l’inflation en 2006), de l’autre côté, il milite en faveur du transfert, de fait, des ressources pétrolières irakiennes aux diverses sociétés transnationales.

 

En réalité, il s’agit de deux lois. L’une a trait à la gestion des ressources en gaz et pétrole. L’autre concerne la distribution des revenus. Pour ce qui est de l’extraction- production, ce sont des contrats de co-opération avec des firmes pétrolières qui sont prévus. L’opposition à ce projet a été immédiate, entre autres de la part de la Fédération des travailleurs du pétrole. Les modifications de formulation introduites dans la loi (suppression du terme « production sharing »), face à cette opposition, ne changent rien sur le fond. Ceux favorables à cette formulation sont les diverses forces qui collaborent, plus ou moins, avec l’occupant et qui envisagent grâce à cette loi d’accroître leurs ressources. Chacun signerait des contrats avec des multinationales. Une des questions clés réside dans les contrats qui seraient passés pour l’exploration des zones encore non explorées et non exploitées qui représentent une part très importante des ressources potentielles de l’Irak. La loi est faite pour qu’une concurrence entre régions soit établie et que les instances régionales puissent signer les contrats. Cela conduirait à une fragmentation non seulement de la politique pétrolière, mais des infrastructures économiques et politiques. C’est au nom « du manque d’efficacité de l’industrie étatique » que cette nouvelle loi est proposée. En fait, il y a là la revanche prise contre la nationalisation des ressources pétrolières effectuée en 1972. Or, avant cette nationalisation, BP, Shell et Exxon n’avaient construit aucune raffinerie en Irak... Maintenant, la nouvelle loi devrait leur donner carte blanche et, en même temps, fragmenter tout pouvoir afin de mieux contrôler les ressources du pays. (réd). L’administration Bush essaie de fabriquer un rapport entre l’accroissement de la présence des troupes en Irak pour laisser entendre que le « surge » [montée en puissance, qui renvoie à l’augmentation des troupes et au quadrillage plus serré de Bagdad] est en train de réussir. Quelle serait une évaluation honnête ? Une évaluation honnête serait que la guerre a été perdue. Aucun nombre de « surges » ni de nouveaux « plans pour la victoire » ne peut changer le fait que le peuple irakien veut que l’occupation finisse et qu’il continuera à résister jusqu’à ce que toutes les troupes états-uniennes et internationales soient parties. Les attaques contre les troupes états-uniennes sont en hausse. Davantage de soldats ont été tués depuis le prétendu "surge". L’Irak est un pays complètement effondré ainsi qu’ un désastre humanitaire complet. La place des Etats-Unis dans la région et dans le monde n’a pas été aussi faible depuis des années. Plusieurs sénateurs républicains bien connus sont en train de s’opposer à la Maison-Blanche sur l’Irak. Que proposent-ils ? Les Républicains qui critiquent maintenant la Maison-Blanche se rendent compte que la stratégie du « surge » est un échec. Ils comprennent notamment que le parti républicain cherche à forger un nouveau « consensus de Washington » autour d’une évaluation plus réaliste des intérêts états-uniens en Irak et à niveau international. Plutôt que de terminer la guerre, ils veulent lui donner un nouvel emballage pour calmer l’opposition intérieure, réduire quelques-unes des pires pertes et regrouper les forces. L’échéance électorale de 2008 projette actuellement une ombre menaçante sur le parti. Les Républicains qui se présentent sur des listes voient bien que John McCain, qui a sauté dans le train du « surge » de Bush, a vu son soutien presque disparaître. La popularité de Bush est la plus basse atteinte par n’importe quel président. à l’exception de Richard Nixon au plus haut du scandale du Watergate. Des analystes militaires de l’establishment proclament maintenant publiquement que l’Irak est l’erreur stratégique la plus importante de toute l’histoire de la politique étrangère états-unienne. Il est donc évident qu’une nouvelle approche est nécessaire. Les éléments de cette approche sont actuellement similaires à ce que beaucoup de critiques démocrates ont dans la tête : réduction des effectifs des troupes, mais pas de retrait ; une utilisation accrue de l’aviation et des forces stationnées à longue distance plutôt que « collées au sol » ; un retrait vers des bases et la Zone Verte [zone spéciale, entourée de protections et murs où réside les divers services officiels - voir sur ce site l’article publié en date du 21 février 2007] à Bagdad ; faire porter la responsabilité de la situation sur les Irakiens et en décharger les Etats-Unis et leurs alliés. Dans les faits, il s’agit d’une stratégie « blâmer et se retrancher ». Blâmer les Irakiens pour tous les problèmes que « nous » avons créés. Se cramponner à tout ce que les militaires états-uniens peuvent sauver en termes de bases militaires en Irak pour continuer à avoir quelque influence sur l’avenir des importantes réserves pétrolières irakiennes et quelque capacité de poursuivre des opérations militaires en Irak, et de redéployer des forces militaires en direction d’autres pays de la région, notamment l’Iran. Certains secteurs de l’administration Bush semblent chercher une stratégie de retrait. Par exemple le Secrétaire à la Défense Robert Gates semble tenter de développer un plan pour retirer les troupes vers des "super bases". Comment comprendre cela ? Le 3 juillet 2007, le Wall Street Journal a publié un article résumant le plan proposé par Gates, mais il ne s’agit pas réellement d’une stratégie de retrait. Comme le dit le WSJ « Le Secrétaire à la Défense Robert Gates et quelques alliés dans l’administration Bush cherchent à construire un soutien bipartisan pour une présence à long terme des Etats-Unis en Irak.(... ) Ce que M. Gates et d’autres cadres supérieurs envisagent, c’est une version moderne du "Consensus de guerre froide" du Président Truman. Autrement dit, un accord bipartisan sur la nécessité de contenir l’Union Soviétique (...) Ils espèrent que des représentants des deux partis finiront par se mettre d’accord pour qu’une mission redimensionnée en Irak reste une composante centrale de la politique étrangère des Etats-Unis, même après le départ de Bush. » Toujours selon le WSJ, Gates cherche à assurer ce but stratégique en « allant vers le retrait d’un nombre significatif de troupe d’Irak avant la fin du mandat du Président Bush ». Sans un tel ajustement, « certains responsables de l’administration Bush craignent » que « les Etats-Unis pourraient être contraints d’effectuer une retraite précipitée qui pourrait avoir des conséquences terribles autant pour la région que pour le poids des Etats-unis dans le monde ». Bush parle encore de « gagner » en Irak, mais en ce moment des éléments de l’administration sont en train de se rendre compte que les Etats-Unis vont, au mieux, devoir gérer une défaite. Il est probable que nous commencerons à entendre plus de Démocrates proposer le « retrait » des troupes états-uniennes d’Irak. Mais vous avez écrit que beaucoup de ces propositions prévoient que la présence des Etats-Unis soit maintenue sous une forme ou une autre. Pourriez-vous nous parler de ces propositions de retrait ou de redéploiement ? Les propositions des démocrates demandent toutes un retrait non pas total mais partiel. La seule exception est Dennis Kucinich [représentant de l’Ohio], mais ce dernier favoriserait un remplacement des troupes états-uniennes par des troupes des Nations Unies. Barack Obama [candidat démocrate à la présendence] et Hillary Clinton [candidate démocrate à la présidence] maintiendraient tous les deux des troupes en Irak, mais moins nombreuses. Ces troupes seraient engagées dans la « protection des forces » (un oxymoron, puisque de telles troupes ne sont utiles que s’il reste des bases et des troupes en Irak), « des opérations contre-insurrectionnelles » (c’est la justification actuelle de Bush pour la présence en cours de troupes en Irak) et dans l’entraînement (« irakisation »). En réalité il s’agit d’une recette pour conserver des troupes en Irak durant des années. Il existe plusieurs variantes des plans de redéploiement. Certains Démocrates voudraient déplacer les opérations états-uniennes vers les régions kurdes au nord de l’Irak. D’autres transféreraient les troupes en Turquie, au Koweït, au Qatar, à Djibouti ou dans d’autres bases régionales contrôlées par la puissance états-unienne. L’idée de fond est que des « forces de réaction rapide » pourraient être sur pied d’alerte, à l’intérieur de l’Irak ou à proximité, pour intervenir lorsque les Etats-Unis l’estimeraient nécessaire. Cette stratégie reposerait probablement (comme la vietnamisation jadis) sur une utilisation massive de la puissance aérienne des Etats-Unis. Les frappes aériennes en Irak ont d’ailleurs déjà doublé, et font partie d’une guerre aérienne dont on ne parle pas dans les médias. Certains autres démocrates voudraient déplacer une partie des troupes actuellement en Irak, vers l’Afghanistan, avec l’argument que l’Irak dévie de la vraie lutte contre le terrorisme qui se déroule là. D’autres encore aimeraient que les forces états-uniennes soient regroupées pour qu’elles soient en meilleure position afin de frapper l’Iran ou pour intervenir dans d’autres pays où les Etats-Unis pourraient faire face à des défis stratégiques. Début juillet, le New York Times a publié un éditorial proposant un retrait de l’Irak aussi tôt que le Pentagone pourrait « organiser un départ ordonné ». Que signifie cela ? Qu’en pensez-vous ? L’éditorial du Times était insuffisant et est arrivé trop tard, mais il est néanmoins significatif. Même si l’éditorial ne l’admet pas, le Times a été utilisé pour légitimer et vendre l’invasion, en publiant en première page les explications bidon de l’administration sur les armes de destruction massive et les liens d’Irak avec Al-Qaïda. Alors même que le public états-unien et leurs propres lecteurs étaient de plus en plus nombreux à s’opposer à la guerre et à souhaiter un retrait total, le Times a continué à argumenter que le retrait conduirait au chaos et à la guerre civile. Donc, le fait que ce quotidien change de position est important. C’est un reflet de divisions plus profondes dans la classe dirigeante états-unienne, et un signe de la prise en compte tardive du fait que les Etats-Unis ont perdu. Car c’est à cela que le Times est réellement opposé - non pas la guerre en tant que telle, mais au fait de perdre la guerre. Mais cette prise de position laisse plus d’espace pour que le mouvement contre la guerre puisse revendiquer le retrait complet et immédiat, et soulever les questions plus importantes que le Times n’abordera pas. En dehors de George Bush et Dick Cheney, presque tout le monde reconnaît que l’occupation de l’Irak est devenue un désastre, et pourtant, presque tous les membres de l’establishment veulent maintenir l’occupation, quitte à ce que ce soit sous un autre emballage. Pourquoi ? Quels sont les enjeux si les Etats-Unis devaient se retirer ? Les enjeux des Etats-Unis en Irak sont importants. L’Irak n’est pas seulement le deuxième ou troisième pays au monde pour ses réserves de pétrole, mais il se situe également dans une région qui détient les deux tiers des réserves pétrolières et la plupart des réserves de gaz naturel. Si les Etats-Unis subissent une défaite en Irak, ce sera un revers énorme, non seulement en ce qui concerne ses objectifs immédiats de contrôle et de domination des ressources du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, mais aussi en termes de la légitimité du pouvoir impérial états-unien à niveau global. Un tel retrait rendrait plus difficile pour le gouvernement des Etats-Unis d’atteindre ses objectifs économiques, politiques et militaires en Amérique Latine, en Europe et partout ailleurs où ils ont des intérêts. Il deviendrait également plus difficile pour l’establishment de vendre au public états-unien de futures interventions. En effet, ce public se montrera probablement plus sceptique quand on lui dira que les Etats-Unis doivent envoyer des troupes pour répandre la démocratie, renverser un dictateur, éviter une crise humanitaire ou mettre un terme à une guerre civile. Les conséquences seraient bien pires que lors de la défaite au Vietnam. Elles ne feraient qu’accroître tous les problèmes politiques que les Etats-Unis avaient espéré surmonter en envahissant l’Irak. En outre, l’Iran, une puissance rivale sérieuse dans la région, se retrouverait bien plus forte qu’avant l’invasion états-unienne. Les Etats-Unis ne peuvent donc pas simplement partir d’Irak. Ils vont devoir trouver une autre stratégie pour continuer à exercer de l’influence dans le pays et plus généralement dans la région, tout en limitant les retombées de leur défaite. Certains militants anti-guerre qui observent la situation actuelle, et voient que même des Républicains lâchent la Maison-Blanche , en concluent que l’occupation sera bientôt levée, et que les troupes états-uniennes pourraient "rentrer pour Noël". Qu’en pensez-vous ? Je ne vois aucun signe de cela. En ce moment, le nombre de troupes états-uniennes s’élève à environ 160’000. C’est le niveau le plus élevé atteint depuis l’invasion. En outre, il existe environ 126’000 personnes inclues dans les « forces de sécurité privée », dont un nombre significatif de mercenaires, et environ 15’000 soldats de la « coalition internationale ». En outre, à Bagdad, les Etats-Unis sont en train de bâtir l’ambassade la plus grande de tous les gouvernements du monde, et les militaires états-uniens sont aussi en train de construire des bases ailleurs dans le pays. En outre, comme je l’ai déjà mentionné, les plans de retrait qui sont actuellement débattus laisseraient un nombre significatif de troupes en Irak pour des années à venir. Une série de projets contiennent d’ailleurs des lacunes qui permettraient au président de déclarer que les intérêts de la sécurité nationale exigent que les troupes en Irak restent près de leur niveau actuel. Tout au long de l’occupation, il y a eu des titres dans les médias concernant le retrait imminent de troupes, des projets de réduction des troupes, etc. Je pense que de tels titres sont plutôt à mettre en relation avec des tentatives de diminuer la pression sur des responsables élus qu’avec de véritables projets. Ils visent à pousser le public à être plus complaisant envers la politique présente. A quoi bon faire des marches et des protestations si les troupes vont de toutes manières rentrer bientôt ? Alors qu’en réalité, le nombre de troupes augmente et les tours de service sont prolongés. Alors, qu’est ce qui va mettre un terme à l’occupation ? Je pense qu’il faudra beaucoup plus de pression de la part de la population, mais aussi de la part des militaires stationnés en Irak. Nous devons profiter des brèches qui s’ouvrent à l’intérieur de l’establishment pour mener une campagne ayant un écho et très publique contre la guerre, afin d’ impliquer davantage les personnes et les communautés qui sont touchées par la guerre qui a été menée aux Etats-Unis - parallèlement à la guerre contre le peuple irakien. Il nous faudra mettre la pression à la fois sur les démocrates et sur les républicains, et ne pas nous limiter à être une aile qui fait du lobbying pour le Parti Démocrate. Il y aura des pressions importantes pour que le mouvement anti-guerre renonce à son indépendance et se range derrière le candidat que les démocrates mettront en avant en 2008, quelles que soient ses limitations. On nous expliquera que c’est ainsi que nous pourrons jouer un rôle significatif. Mais je pense que le mouvement anti-guerre serait perdrait son sens si nous faisions cela. Nous serons beaucoup plus efficaces si nous mettons en avant nos propres principes et revendications - y compris le mot d’ordre de retrait immédiat - et que nous nous battions pour eux. Il est également important de défendre et soutenir les soldats qui sont en train de faire entendre leurs voix, en refusant de servir, en se déclarant objecteurs de conscience et - à grand risque personnel - en s’organisant contre la guerre. En particulier, je pense que nous devrions aider à construire le mouvement Irak Veterans Against the War (Vétérans d’Irak contre la guerre - IVAW), qui joue un rôle vital dans la construction d’un mouvement de vétérans d’Irak et aussi parmi les troupes en service actif, qui peuvent mettre un terme à cette occupation. Devrions-nous être optimistes ? Est ce que le mouvement contre la guerre est plus fort ou plus faible aujourd’hui ? Je crois que nous devrions être sérieux. D’un côté, nous avons parcouru un chemin important. La majorité du pays est avec nous, et, sur toute une série de questions, l’opinion publique se déplace à gauche. Les élections de 2006 ont clairement été un vote contre la guerre et pour un changement important des priorités. Et les frustrations ressenties à l’égard des trahisons des démocrates depuis novembre est en train de susciter un ferment intéressant dans le pays. Nous en avons perçu des signes au Forum Social des Etats-Unis à Atlanta, qui se reflète dans la poussée de l’IVAW. D’un autre côté, le chemin à parcourir reste long. Le niveau d’organisation du mouvement contre la guerre est encore bas par rapport à la profondeur et l’étendue du sentiment anti-guerre. Le niveau de protestation publique est encore bas par rapport aux enjeux en Irak pour l’empire états-unien. Et, comme nous l’avons indiqué plus haut, il s’exercera une pression significative sur le mouvement anti-guerre pour qu’il se limite à suivre une stratégie électorale focalisée sur les élections présidentielles de 2008. Il y a des raisons d’être optimiste. L’une est que le public états-unien est arrivé à sa position contre la guerre en suivant son propre raisonnement, malgré la propagande en faveur de la guerre propagée par les élites politiques et les grands médias. L’on constate également que plus de personnes cherchent des sources alternatives d’ informations. Néanmoins, il faudra bien davantage que de l’espoir pour mettre un terme à l’occupation - et également pour éviter d’autres désastres, en Iran et ailleurs. On a besoin d’optimisme, d’espoir. Mais il faut aussi de l’organisation, il faut mettre l’accent sur le fait impliquer plus de personnes à participer activement dans des mouvements démocratiques pour des changements plus fondamentaux à plus long terme. Comme le disait Martin Luther King Jr., dans son important discours à l’église de Riverside contre la guerre au Vietnam : « La guerre n’est qu’un symptôme d’un mal beaucoup plus profond dans l’esprit américain, et si nous ignorons cette grave réalité, nous serons encore en train d’organiser des comités de ’clergé et de laïcs concernés’ pendant la génération suivante. Ces comités s’engageront pour le Guatemala et pour le Pérou. Ils s’engageront pour la Thaïlande et le Cambodge, le Mozambique et l’Afrique du Sud. Nous serons en train de manifester pour toutes ces causes et d’autres encore, de participer à des mobilisations sans fin, à moins qu’il y ait un changement significatif et profond dans la vie et la politique américaines. » Mais je crois que davantage de participants au mouvement anti-guerre sont en train d’arriver à cette même conclusion et commencent à s’investir en faveur de ces changements plus profonds et significatifs dont nous avons besoin si nous voulons avoir un avenir ayant un sens sur cette planète. Anthony Arnove A l’ encontre, 18 août 2007. Anthony Arnove est l’auteur de Iraq : The Logic of withdrawal (La logique du retrait), Metropolitan Books, janvier 2007. Cet entretien a été publié en juillet 2007 dans ISR, la revue de l’International Socialist Organisation (ISO) aux Etats-Unis. -  Traduction : bulletin nonalaguerre

 

-  Source : A l’ encontre www.alencontre.org

 

3-2 Point de vue de Comaguer : Les Usa en Irak pour 50 ans! Mercredi 30 Mai 2007, TONY SNOW, porte-parole de la Maison Blanche a exposé à la presse que BUSH considérait que la situation en Irak allait se développer “ selon les orientations du modèle coréen” et qu’il fallait comprendre que les Etats-Unis allaient assurer une présence durable et servir de « force de stabilisation » pour une “longue période”. Rappel : à l’issue de la guerre de 3 ans qui coûta la vie à 54 000 soldats US et d’après les chiffres établis par le Tribunal international sur les crimes de guerre en Corée à 3 millions de civils au Nord et 500 000 au Sud (http://www.kimsoft.com/2001/ica.htm) les Etats-Unis arrachèrent un partage de la péninsule coréenne  à la Corée du Nord et signèrent avec celle-ci un armistice qui n’a jamais été remplacé par un quelconque traité de paix ou au moins de non-agression.

 

La Corée du Nord réclame en vain depuis 54 ans un tel traité mais les Etats-Unis ne veulent pas signer un traité de paix avec un pays dont ils veulent faire tomber le régime. Depuis 1953 la Corée du Sud est un pays « libre » mais où séjourne en permanence des dizaines de milliers de soldats US – ils sont aujourd’hui 37 000 – puissamment équipés, répartis sur 95 bases c'est-à-dire quadrillant totalement le pays et la péninsule coréenne est sous la surveillance constante de la VI ° flotte US, de ses porte-avions, de ses bombardiers de ses missiles  et de ses sous-marins les uns et les autres équipés d’armes nucléaires. Cette imposante présence militaire et le rôle de vitrine du monde capitaliste occidental assigné à la Corée du Sud dans le cadre de la guerre froide a permis à ce petit pays, pauvre et sans ressources naturelles, de devenir, sous la poigne de fer d’une dictature de plus de 30 ans dont la survie était garantie par l’armée d’occupation, une grande puissance industrielle. Mais bien que la Corée du Nord n’ait aucune intention belliqueuse envers sa voisine du Sud et ne soit pas soutenue militairement par des armées étrangères et bien que, au Nord comme au Sud, l’aspiration populaire à la réunification soit forte, les Etats-Unis n’envisagent aucunement de diminuer leur dispositif militaire coréen, tout au plus de le réaménager. Donc la présence militaire US, déjà vieille de 54 ans, pourrait durer encore ! Or, alors même que les situations de l’Irak et de la Corée n’ont  rien de commun, c’est cette durée, cette quasi éternité de la présence militaire US partout où elle le veut que veut souligner la Maison Blanche. BUSH n’a que faire de la validité des comparaisons, il conduit sa politique comme un forcené au front bas, il avance et il tue ! En annonçant que l’armée US pourrait bien rester en Irak 50 ans et plus, BUSH savoure devant le monde entier son triomphe parlementaire : les démocrates ont capitulé au Congrès, ont voté les crédits de guerre et n’ont pas exigé le retrait des troupes d’Irak. Il peut proclamer qu’en Irak les Etats-Unis sont  et resteront les maîtres, indéfiniment ! Cette obstination démente ouvre la porte à une arithmétique d’horreur : Au rythme actuel du carnage : 200 morts irakiens pour un soldat US tué, il suffirait pour faire disparaître de la surface du globe la totalité des 20 millions d’Irakiens de sacrifier 100 000 soldats US. D’où cette idée de malade, directement inspirée d’Hitler, Goebbels et Himmler, de faire durer l’occupation. Car en prolongeant la période d’élimination du peuple irakien sur simplement 10 ans, on atteint le rythme – qui peut être considéré comme supportable  par la Présidence des Etats-Unis, sauf révolte populaire, crise politique majeure - de 10 000 soldats US morts chaque année et sans doute moins en intensifiant la sous-traitance de la mise à mort chez les mercenaires et les pays vassaux. Pour imaginer cela dans calme du bureau ovale de la Maison Blanche , il faut considérer les irakiens comme des sous-hommes, des humains subalternes, les nazis disaient déjà « UNTERMENSCHEN » Comaguer : 

 

 


3-3 Point de vue de Michael Schwartz  : L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ?
Alors que la presse atlantiste rend compte des GI’s morts en Irak et des nombreuses victimes civiles des attentats inter-confessionnels, elle passe sous silence le massacre quotidien des civils, victimes des patrouilles US et de leurs opérations de recherche de suspects.

 

Le professeur Michael Schwartz estime leur nombre à plus de 10.000 par mois au cours des 3 premières années. Et bien plus encore, depuis le renforcement des opérations ordonné par le président Bush. Réseau Voltaire
9 juillet 2007

Une étude scientifique réalisée avec les derniers outils statistiques de pointe a été publiée le 12 octobre 2006 dans le Lancet, (la publication médicale britannique la plus réputée) [1]. L’étude concluait que - à la date de l’an passé — 600 000 irakiens étaient morts de mort violente directement attribuable aux opérations militaires en Irak. Répartis sur les 39 premiers mois de la guerre en Irak, cela équivaut à une moyenne d’environ 15 000 morts par mois. .
Mais le pire n’était pas encore atteint, le taux de mortalité violente était alors en pleine augmentation, et pendant la première moitié de 2006 la moyenne mensuelle est passée à 30 000 morts, une moyenne qui a fort probablement encore augmenté, étant donné les violents combats qui accompagnent l’actuel renforcement militaire états-unien en Irak.
Les gouvernements U.S. et Britanniques ont rapidement disqualifié les résultats de cette étude en mettant en cause « les erreurs méthodologiques de l’enquête » - et ce malgré le fait que les enquêteurs avaient eu recours aux méthodes standard d’investigation, couramment utilisées pour mesurer le taux de mortalité dans des zones de conflit ou de catastrophe. (Les chercheurs se sont rendus dans un panel d’habitations choisies au hasard et ont demandé aux habitants si quelqu’un dans leur maisonnée était mort ces dernières années, notant les détails et vérifiant les certificats de décès autant que possible). Les deux gouvernements à l’origine de la guerre ne donnèrent aucune raison concrète pour laquelle ils rejetaient les résultats de l’enquête et ils ignorèrent le fait qu’ils avaient mandaté des études identiques (parfois menées par les mêmes chercheurs) dans d’autres régions de conflit, y compris le Darfour et le Kosovo. Les raisons pour lesquelles ces gouvernements ne pouvaient accepter cette étude étaient par contre suffisamment claires : les résultats étaient tout simplement trop dévastateurs pour qu’ils les reconnaissent.

03/08/2007

N° 290- Journal d'Irak Special dossier - 03/08/07

Sommaire :
5 Médias.
1-1   Bush et la torture : les contradictions de la presse dominante française.
2 Brèves
2-1 Projet de résolution pour accroître le rôle de l'ONU en Irak. 2-2 Convergence des Causes : Les anti-ouarre et leur punition à retardement.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue deThierry Meyssan : Opérations psychologiques ou Al Qaïda en Irak : faut-il croire George Bush ou ses généraux ?
3-2 Point de vue de Stéphanie Fontenoy : En Irak, la guerre de l¹ombre des « sous-traitants »
3-3 Point de vue de Convergence des Causes : Vendre à tout prix, vendre la mort.

3-4 Enquête de Philippe Grangereau : «On m’a dit qu’il valait mieux un Irakien mort que blessé». 







                        1 Médias / Vidéos
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Marc

1-1 Bush et la torture : les contradictions de la presse dominante française.
À force de présenter la petite chanson des « relations publiques » du gouvernement états-unien comme la vérité historique sans la confronter aux faits, la presse dominante finit inévitablement par se contredire elle-même, en plus de contredire la réalité.
Dans leur édition respective du 21 juillet 2007, les deux plus grands quotidiens français, le Figaro et Le Monde, proposaient chacun une variation sur le thème de la torture, dont le seul point commun est l’absence d’exigence journalistique.
La Maison-Blanche a partiellement publié, le 20 juillet 2007, le décret présidentiel 13440 (Executive Order) relatif à l’interprétation de la Convention de Genève dans le cadre des détentions et interrogatoires effectués par la CIA. Après avoir confirmé qu’à ses yeux les membres d’Al-Qaïda, des Talibans et forces associées ne sont pas des combattants réguliers et ne peuvent donc bénéficier de la Convention de Genève, le président Bush ordonne néanmoins que la CIA leur applique l’article 3 de ladite convention, c’est-à-dire renonce à les torturer. Il poursuit en approuvant un nouveau manuel d’interrogatoire qui prohibe les actes réprimés par le Code pénal et le Code militaire états-unien, néanmoins il interdit la publication de ce manuel. De ces contorsions, il ressort que les agents de la CIA poursuivront leurs interrogatoires dans le plus grand secret et seront seuls juges des méthodes qu’ils peuvent et doivent employer et que, simultanément, ils ne pourront pas faire l’objet de poursuites pénales ou militaires pour des faits accomplis dans l’exercice de leurs fonctions, car ces faits étant secrets ne pourront être établis, ni jugés. Une rhétorique en tous points identique à celle des nazis assurant respecter les conventions internationales, mais effaçant leurs prisonniers dans « la nuit et le brouillard » (Nacht und Nebel). Face à ce document orwellien, Le Figaro trébuche dès le sous-titre : « Les services secrets américains devront respecter la convention de Genève ». Mais par définition, si ces services sont secrets, c’est pour ne pas avoir à respecter les Conventions internationales.
De son côté, Le Monde titre : « M. Bush prolonge le programme de détentions secrètes de la CIA  », ce qui implique que la CIA n’est pas soumise à la Convention de Genève qui exige la communication de l’identité des prisonniers et l’autorisation de visites des délégués de la Croix-rouge .
Dans les deux cas, les quotidiens français cherchent avec complaisance à minimiser la question de la torture, sinon à l’évacuer complètement. Nous sommes priés de croire que bien que les États-Unis déploient une grande énergie à détenir et à interroger en secret des prisonniers, ils n’ont rien à cacher ni aucune raison de recourir au secret. http://www.voltairenet.org/article150285.html

 



2 Les Brèves
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
Marc 2-1 Projet de résolution pour accroître le rôle de l'ONU en Irak.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont fait circuler au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution visant à accroître le rôle des Nations unies en Irak. Il s'agit d'élargir le mandat de sa mission dans ce pays.
Ce projet, dont l'AFP a obtenu copie jeudi, vise d'une part à proroger d'un an le mandat de la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (Manui), qui expire le 10 août. Il prévoit d'autre part que le représentant
spécial de l'ONU en Irak et la Manui puissent notamment, "si les circonstances le permettent", apporter "conseil, soutien et assistance" au gouvernement irakien dans les domaines politique, électoral, constitutionnel, juridique, économique, ainsi qu'en matière de retour et de réintégration des réfugiés et de promotion des droits de l'Homme.
Le texte souligne le "rôle important" joué par la force multinationale en Irak pour soutenir la Manui , notamment dans le domaine sécuritaire, et reconnaît que "la sécurité est essentielle" pour que la mission de l'ONU puisse s'acquitter de ses tâches. Les Etats-Unis s'efforcent depuis plusieurs mois d'obtenir que l'ONU joue un rôle accru en Irak, ce à quoi le secrétaire général, Ban Ki-moon, s'est déclaré favorable, lors d'une rencontre le 17 juillet à Washington avec le président George W. Bush.
Le 20 juillet, l'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, avait écrit, dans une tribune au "New York Times", que Washington "soutenait l'appel de M. Ban" en faveur d'un rôle accru de l'Organisation en Irak pour l'aider à devenir une "force de modération dans la région".
M. Khalilzad a été ambassadeur des Etats-Unis en Irak de 2005 à avril 2007. Dans la même tribune, M. Khalilzad avait indiqué qu'un nouveau représentant spécial de M. Ban pour l'Irak serait bientôt désigné pour remplacer le Pakistanais Ashraf Jehangir Qazi.
SDA-ATS News Service

 03 août 2007 Edicom
http://www.edicom.ch/fr/news/international/1188_4111559.html


2-2 Convergence des Causes : Les anti-ouarre et leur punition à retardement.

L'histoire, la petite, retiendra sans doute de Mr de Villepin son flamboyant discours à l'ONU qui fut un réquisitoire contre l'invasion de l'Irak préventive, illégitime et qu'aucun argument de sécurité ne rendait nécessaire, par une coalition forcée.
Cet acte de bravoure a été vécu outre-atlantique comme une immodeste bravade et sera puni comme tel au travers d'une curieuse affaire de liste calomniatrice qui est venue doubler et en quelque sorte faire écran à l'affaire première de corruption entourant une vente de frégates françaises à la Chine non populaire.
Le député britannique Georges Galloway a été suspendu pour dix huit jours de son siège à la Chambre des Communes ce 23 juillet sans doute aussi en raison de sa position d'abord contre les sanctions, treize années d'embargo qui ont donné 1,5 millions de morts infantiles appliquées à l'Irak et plus tard contre la guerre de Bush et Blair.
Une commission parlementaire constituée de dix députés ardemment pro-guerre a repris à son encontre l'accusation d'avoir reçu de l'argent à l'occasion du programme pétrole contre nourriture de Saddam Hussein.
Galloway avait gagné le procès qu'il avait attenté pour diffamation contre le Daily Telegraph qui l'avait accusé dans ces mêmes termes, sur la foi de documents découverts par un reporter du nom de David Blair lors du sac du ministère des affaires étrangères irakien en 2003. Il avait également réfuté ces mêmes accusations à Washington devant le Sénat ridiculisant Carl Levin, sénateur démocrate et Norm Coleman, sénateur républicain.
Se défendant des inepties répétées par la commission d'enquête, il a développé combien étaient peu regardant ses collègues quant à l'origine des fonds qui financent leur propres campagnes électorales, en particulier le trésorier du Labour Lord Levy également émissaire au Moyen Orient, avait décerné des titres de paierie contre des "prêts" à taux avantageux pour son parti.
Galloway a alors été éjecté pour conduite incorrecte. Pas un seul député n'a pris sa défense. Pas une ligne sur le sujet n'est parue dans aucun journal.
Michèle Alliot Marie avait fermement refusé d'augmenter le nombre des soldats français en Afghanistan alors qu'elle était en charge de la Défense. Quelle punition à retardement va-t-elle essuyer pour cette audacieuse et prétentieuse attitude souveraine ?
Convergence des Causes
29 juillet 2007

 

 


 


3 Dossiers
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
3-1 Point de vue de Thierry Meyssan : Opérations psychologiques ou Al Qaïda en Irak : faut-il croire George Bush ou ses généraux ?
Alors que le président Bush met en garde ses concitoyens contre le danger « d’Al-Qaïda en Irak » qui formerait des cellules pour attaquer les États-Unis, des officiers supérieurs états-uniens ont admis que cette organisation n’existait pas. Les généraux Casey et Kimmitt ont reconnu qu’Al-Zarkaoui était une fabrication de leurs services de guerre psychologique et le général Bergner a déclaré que son successeur, Al-Baghdadi, était un acteur Image extraite de la vidéo d’Abou Omar al-Baghadadi, chef d’« d’Al-Qaïda en Irak » Il est communément admis que les relations internationales sont entrées dans une nouvelle ère le 11 septembre 2001. Cependant les politologues divergent sur l’analyse de cette période selon leur lecture des attentats qui en marquent le début.
- Les atlantistes se réfèrent à la version gouvernementale : ils auraient été organisés par Al-Qaïda depuis son repère afghan. Ils en concluent que le principal danger de notre époque est le terrorisme islamique, et approuvent les opérations militaires en Afghanistan et en Irak.
- Les partenaires plus lointains des États-Unis envisagent que l’administration Bush ait eu connaissance à l’avance des attentats et les ait laissé commettre pour les instrumenter à des fins politiques. Ils évoquent le précédent du désastre de Pearl Harbor, que l’état-major US laissa bombarder pour entrer dans la Seconde Guerre mondiale contre le Japon et l’Allemagne. Ils en concluent que si le péril islamique est bien réel, il convient cependant de ne pas suivre les États-Unis dans toutes leurs aventures. Ils admettent que l’attaque de l’Afghanistan était une riposte légitime, mais restent dubitatifs devant l’opération irakienne.
- Enfin les politologues des pays non-alignés réfutent la version gouvernementale et considèrent que les attentats ont été organisés par le complexe militaro-industriel anglo-saxon. Ils évoquent l’incident fabriqué du Golfe du Tonkin ou l’opération Northwood [
1]. Ils en concluent que le péril islamique est une construction artificielle et que le vrai danger, c’est l’impérialisme anglo-saxon. Pour eux, les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak sont toutes deux des guerres d’agression.
Sur la scène internationale, j’ai été le premier politologue à remettre en cause la version bushienne des attentats du 11 septembre et à pronostiquer l’instauration d’un régime militaro-policier aux USA et la multiplication des aventures militaires [2]. Depuis lors, le Réseau Voltaire que je préside a développé sur cette base un suivi constant et une analyse permanente des relations internationales. J’ai souvent expliqué qu’Al-Qaïda était une création commune de services de renseignement états-uniens, britanniques, saoudiens et pakistanais dont il sert les intérêts. Au cours des six dernières années, j’ai affiné la connaissance que nous pouvions avoir de ce phénomène à la fois à partir de ses manifestations successives et aussi au regard d’opérations précédentes comme celles du Gladio. Cependant la politique de l’administration Bush commence à rencontrer des limites dans son propre camp.
- En premier lieu, l’équilibre interne en Arabie saoudite s’est modifié avec l’accession au trône du roi Abdallah et le rappel à Riyadh du prince Bandar, le « fils adoptif » des Bush. En définitive, le roi a interdit à son neveu de continuer à financer des cellules combattantes labellisées Al-Qaïda. La première conséquence de cette rupture aura été la révolte des mercenaires du Fatah al-Islam au camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared. Cet épisode a confirmé d’une manière certaine qu’Al-Qaïda au Liban était une manipulation de MM. Bush, Bandar et Hariri [
3].
- En second lieu, il est difficile à terme de maintenir le cloisonnement d’Al-Qaïda, en tant que réseau opérationnel secret, alors que l’on veut en faire d’un autre côté une organisation politique globale. Ainsi les responsables de l’Intelligence Bureau pakistanais, qui sont en charge depuis longtemps de la formation idéologique et des publications des Talibans, a empiété sur le rôle de l’Inter Services Intelligence (ISI), chargé de la formation militaire des mercenaires d’Al-Qaïda, toujours avec des financements anglo-saxons gérés par le prince Bandar. En outre, l’Intelligence Bureau a apporté son soutien aux séparatistes ouighours du Xingkiang chinois, alors que pour des raisons politiques évidentes, dans ce dispositif, seul le MI6 britannique est habilité à traiter Al-Qaïda-Chine. Du coup Pékin a exigé une clarification immédiate. Pour éviter la guerre, le président Pervez Musharraf a été obligé d’éliminer tous les cadres de sa police impliqués en ordonnant à ses rangers de donner l’assaut de leurs bureaux de la Mosquée rouge.
- Un troisième épisode vient de lever un coin du voile : le général Kevin J. Bergner, conseiller spécial de George Bush pour l’Irak, a justifié l’incapacité des forces US à arrêter le chef d’Al-Qaïda en Irak en révélant que ce personnage n’existait tout simplement pas.
Je voudrais revenir en détail sur cette nouvelle révélation : La fabrication d’Al-Qaïda en Irak : Abou Moussab Al-Zarkaoui et Ansar al-Islam

 

Pour justifier leur intention d’envahir l’Irak, les Anglo-Saxons ont choisi d’utiliser une seconde fois l’argument du 11 septembre qui avait si bien marché à propos de l’Afghanistan. Les opinions publiques occidentales ignorent toujours que l’attaque de Kaboul avait été décidée en juillet 2001 et que les troupes britanniques et états-uniennes avaient été pré-positionnées sur zone avant les attentats du 11 septembre 2001 [4]. Elles ont donc facilement avalé le gros mensonge selon lequel les « terroristes » auraient ourdi leur complot dans l’ombre d’une grotte sous la protection des Talibans. Appliquant la même recette à l’Irak, le général Colin Powell vint solennellement mentir devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour relier l’Irak laïque aux attentats du 11 septembre attribués aux wahhabites d’Oussama Ben Laden, les États-Unis mirent en scène un jihadiste jordanien protégé par Saddam Hussein. Ainsi Colin Powell déclarait :
« Ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Ossama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda (…) Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison. Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons (...) De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà (...) Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France , la Grande-Bretagne , l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie  » [
5].
Dès le début de l’invasion de l’Irak, Abou Moussab al-Zarkaoui devient l’ennemi public n°1 [6]. Son groupe armé, Ansar al-Islam, est labellisé « Al-Qaïda en Irak ». On lui attribue l’enlèvement et la décapitation du travailleur humanitaire japonais Shosei Koda (30 octobre 2004) ; des attentats contre des civils à Najaf et Karbala (19 décembre 2004) ; l’exécution de l’ambassadeur d’Égypte Ihab Al-Sherif (juillet 2005) ; l’attentat au marché de Musayyib (16 juillet 2005) ; la torture et la décapitation des deux GI’s Thomas Lowell Tucker et Kristian Menchaca (juin 2006) ; l’enlèvement et l’assassinat de quatre diplomates russes, Fyodor Zaitsev, Rinat Agliuglin, Oleg Fedoseyev et Anatoly Smirnov (juin 2006) et quantité d’autres crimes. Dans l’imaginaire collectif, il prend le visage d’un fanatique sanguinaire après l’égorgement de Nick Berg [7]. Toutes ces opérations servent directement la stratégie néoconservatrice du « chaos constructeur » et elle seule.
Surtout, Zarkaoui élabore une théorie selon laquelle les vrais ennemis des Irakiens sunnites ne sont pas tant les occupants anglo-saxons que les Irakiens sunnites. Il fixe cette analyse dans un document de 17 pages publié par le New York Times [
8]. Et il l’applique aussitôt en détruisant le dome de la Mosquée chiite d’Al-Askari.
Dépassés par l’ampleur des violences communautaires qui s’ensuivent, les États-Unis décident de faire disparaître leur marionnette. Le mythe Al-Zarkaoui est liquidé le 8 juin 2006 dans le contexte de la formation d’un nouveau gouvernement en Irak. Sa mort intervient comme une page que l’on tourne [
9].
Le général George W. Casey Jr., commandant-en-chef des forces US en Irak, déclare lors d’un briefing que le document Zarkaoui appelant aux violences communataires a été fabriqué par ses services qui l’ont remis au New York Times. Tandis que le général Mark Kimmitt, commandant des opérations psychologiques en Irak, reconnaît dans un document interne parvenu au Washington Post que « Le programme Zarkaoui d’opérations psychologiques (PsyOp) est la campagne d’information la plus réussie à cette date » [
10].
Abu Omar al-Baghdadi et l’État islamique irakien La Coalition anglo-saxonne continuant à s’embourber en Irak, il s’avéra nécessaire de trouver un successeur à Al-Zarkaoui. Le 15 octobre 2006, de nombreuses chaînes de télévision diffusent donc une vidéo annonçant la création d’« Al Qaïda en Irak ». Sur cet enregistrement, un individu masqué se présente comme Abu Omar al-Quraischi al-Hussaini al-Baghdadi, « Commandeur des Croyants » et dirigeant de l’« État Islamique Irakien », récemment instauré par Al-Qaïda avec la bénédiction d’Ousama Ben Laden lui-même. Il appele tous les jihadistes à s’unir derrière lui pour faire la chasse aux impies, aux croisés et aux juifs [11].
Cette initiative coïncide avec la réorganisation administrative de l’Irak et sa fédéralisation imposée par l’occupant. L’« État Islamique Irakien » s’identifie avec la zone à dominante sunnite. Il est tout de suite dénoncé sur Al-Jazeera par le porte-parole de l’association des savants musulmans de Bagdad comme faisant le jeu de la division du pays par les GI’s [
12]. Peu importe que les Irakiens ne soient pas dupes, la nouvelle marionnette est destinée à manipuler l’opinion publique états-unienne.
Le 10 novembre 2006, la presse occidentale relayait un communiqué d’« Al Qaïda en Irak » assurant avoir réuni plus de 12 000 hommes et se préparer à en armer 10 000 de plus [13].
Cette nouvelle coïncidait avec le limogeage de Donald Rumsfeld et réduisait l’ardeur des démocrates à réclamer un retrait d’Irak.
Dans les jours qui suivirent, Abu Omar al-Baghdadi, intervenant dans un enregistrement audio diffusé via internet, proposa une « trêve » (sic) aux États-Unis. Ceux-ci ne seraient plus attaqués s’ils organisaient leurs manoeuvres de retrait complet d’Irak [14]. Cette rodomontade fut accompagnée d’un défilé de moujahidins armés dans le centre de Mossoul, le 29 décembre, dont les images firent le tour du monde arabe.
Cependant, la chaîne Al-Jazeera s’interrogeait sur l’authenticité de ces événements et ne parvenait pas à obtenir du gouverneur de Mossoul une explication crédible d’un défile « d’insurgés » en plein cœur de la ville [
15].
Le 17 avril 2007, Abu Omar al-Baghdadi annonce dans un enregistrement audio diffusé par internet, que l’« État Islamique Irakien » produit ses propres roquettes, les Al-Quods-1 [16]. Le 30 mai 2007, dans une vidéo fort impressionnante diffusée par Al-Jazeera, son groupe annonce la création de brigades spéciales dotées cette fois de bombes thermiques [17] ; des armes qui seraient produites par l’« État Islamique Irakien », dont la technlogie rivaliserait désormais avec celle des petits États. Dans la même période, le porte-parole de l’« État Islamique Irakien » annonce sur Al-Jazeera que l’émir Abu Omar al-Baghdadi vient de composer son gouvernement et détaille la liste des dix ministres qui le composent [18]. Dans la foulée, le nouveau « gouvernement islamiste irakien » déclare la guerre à l’Iran, appellant les « vrais croyants » (sunnites) à s’unir contre les impies chiites. À cette occasion le « commandeur » Abu Omar ajoute d’ailleurs « al-Quraishi » à son nom, afin de faire croire à une filiation avec la lignée des Quraishi, la famille du prophète Mahommet, pedigree cher aux yeux de la communauté sunnite. En un an, « Al Qaïda en Irak » a revendiqué de nombreuses exécutions sommaires. Elles constituent pour la presse occidentale autant de preuves du péril islamique et pour les Irakiens autant de manifestations des escadrons de la mort de la « sale guerre » conduite par l’occupant. Le 17 juillet 2007, la Maison-Blanche rend publique une courte note d’évaluation de La menace terroriste sur le territoire des États-Unis (voir document intégral joint), réalisée par la direction de supervision de l’ensemble de la Communauté états-unienne du renseignement. On peut y lire : « We assess that al-Qa’ida will continue to enhance its capabilities to attack the Homeland through greater cooperation with regional terrorist groups. Of note, we assess that al-Qa’ida will probably seek to leverage the contacts and capabilities of al-Qa’ida in Iraq (AQI), its most visible and capable affiliate and the only one known to have expressed a desire to attack the Homeland. In addition, we assess that its association with AQI helps al-Qa’ida to energize the broader Sunni extremist community, raise resources, and to recruit and indoctrinate operatives, including for Homeland attacks. »
La dramatisation de ces renseignements et de ces conclusions est renforcée par la publication simultannée d’une vidéo d’Oussama Ben Laden, absent des écrans depuis plus d’un an.
C’est pourquoi George W. Bush signe immédiatement le
décret présidentiel 13438 autorisant le secrétaire au Trésor à arrêter discrétionnairement toute personne présentant une menace pour la stabilisation de l’Irak et à confisquer ses biens.
Cependant, il devient de plus en plus difficile d’expliquer que la puissance d’Al-Qaïda en Irak augmente au fur et à mesure que Washington accroit le nombre de GI’s et de mercenaires pour le combattre. Aussi, le lendemain, le général Kevin J. Bergner, assistant spécial du président Bush pour les questions irakiennes, révèle que l’interrogatoire de Mahmud al-Mashhadani, considéré comme l’agent de liaison entre Oussama Ben Laden et ses combattants en Irak, a permis d’établir qu’Abu Omar al-Baghdadi n’a jamais existé, son personnage étant joué par un acteur et l’organisation « Al-Qaïda en Irak » étant une pure mystification [19].

Le château de cartes s’effondre

J’avais déjà fait remarquer qu’Oussama Ben Laden a confirmé sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001 dans une vidéo où il les décrit selon la version gouvernementale, alors même que j’ai démontré que l’attentat du Pentagone n’a pas eu lieu de cette manière et que Scholars for 911 Truth a démontré que l’attentat du World Trade Center n’a pas non plus eu lieu de cette manière. En d’autres termes, j’avais fait remarquer que la fonction d’Oussama Ben Laden, c’est de créditer les intoxs de l’administration Bush. Le processus d’information circulaire continue : l’administration Bush affirme qu’Al-Qaïda est responsable des attentats aux USA et en Irak, puis Al-Qaïda confirme les imputations de l’administration. Les faits décrits dans ces déclarations ne sont jamais vérifiés, on se contente de ce dialogue et d’événements virtuels. Dans le cas de l’Irak, personne ne semble remarquer que si Abou Moussab al-Zarkaoui et Abou Omar al-Baghdadi sont des personnages mis en scène par le département des opérations psychologiques de l’armée de terre états-unienne, cela implique que les personnes qui ont témoigné de leur existence et de leur affiliation à Al-Qaïda participent du même système d’intoxication. Or, l’existence et les fonctions de Zarkaoui ont été confirmées par une vidéo d’Oussama Ben Laden, diffusée le 27 décembre 2004, dans laquelle le chef d’Al-Qaïda le déclare « émir d’Al Qaïda en Irak ». Elles ont identiquement été confirmées par Ayman Al-Zawahiri, n°2 du réseau terroriste, dans une vidéo où il lui rend hommage, le 23 juin 2006. De même, l’existence et les fonctions d’Abou Omar al-Baghadadi ont été confirmées, le 20 décembre 2006, par Ayman Al-Zawahiri, dans une vidéo diffusée par Al-Jazeera. Il l’y félicite pour avoir constitué l’« État Islamique Irakien » [20]. Le moment est venu de vous déterminer : croyez-vous George Bush lorsqu’il stigmatise Al-Qaïda en Irak ou croyez-vous ses généraux qui revendiquent avoir fabriqué cette organisation et inventé ses leaders ? Thierry Meyssan
Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.
Les articles de cet auteur

3-2

Point de vue de

Stéphanie Fontenoy : En Irak, la guerre de l¹ombre des « sous-traitants »
Echappant largement au contrôle démocratique, les « sociétés militaires privées » gagnent du terrain dans le pays, tandis que d¹autres entreprises bénéficient des chantiers de la « reconstruction ».
Le 31 mai 2004, quatre Américains tombent dans une embuscade près de la ville de Falloudja, un bastion sunnite. Ils sont lynchés, brûlés vifs, les restes de leurs corps démembrés accrochés à un pont sur le fleuve Euphrate.
Les forces américaines lancent immédiatement une sanglante riposte. Ces quatre victimes n¹appartenaient pas aux forces régulières de la coalition. Ils n¹étaient pas non plus à proprement dit des civils. Ces hommes, dont les images ont fait le tour du monde, étaient des gardes privés au service du Pentagone, chargés de la protection d¹un convoi de ravitaillement des troupes américaines.
Ils travaillaient pour la société Blackwater USA, une des plus importantes sociétés de sécurité privées employées par le gouvernement américain. Blackwater USA appartient à une catégorie florissante en Irak : celles des sous-traitants de la guerre.
Une "armée privée" de 180 000 hommes et femmes L¹activité des private military firms, comme on les appelle aux États-Unis, ou « sociétés militaires privées » (SMP) en français, a le vent en poupe. Ces firmes sous contrat du ministère de la défense américain emploient aujourd¹hui 180 000 hommes et femmes en Irak, soit plus que l¹armée américaine régulière et ses 160 000 soldats déployés en territoire irakien, selon des chiffres obtenus auprès du département d¹État américain et du Pentagone.
Cette « armée privée » opère dans des conditions toujours plus dangereuses, faisant face à des attaques quotidiennes. S¹ils sont normalement limités à des actions défensives, les agents privés peuvent aussi avoir recours à la force, sans passer par la chaîne de commandement militaire américaine.
En mai dernier, des employés de Blackwater USA ont ouvert le feu à deux reprises dans les rues de Bagdad, provoquant des tensions avec la police irakienne. Un chauffeur irakien aurait été tué, selon des sources militaires américaines.

Contours encore flous
Que sait-on de cette nouvelle industrie militaire, qui génère des milliards de dollars de revenus aux frais du contribuable américain, mais qui échappe presque totalement au contrôle démocratique ? Aux États-Unis, un débat est en cours parmi les experts militaires et au Congrès autour de ce que certains appellent une « armée de l¹ombre », voire « la garde prétorienne » de l¹administration Bush.
Grâce à la pression de certains élus et des médias, les contours encore flous de cette industrie de la guerre et ses liens avec le pouvoir se dessinent.
Il existe environ 180 SMP en Irak, de la petite société qui fournit des équipes de commandos spécialisés dans la contre-insurrection aux grandes entreprises qui gèrent les chaînes d¹approvisionnement militaire.
Elles sont généralement divisées en trois catégories : les compagnies fournissant du soutien logistique et technique, les sociétés spécialisées dans l¹analyse stratégique, les renseignements et l¹entraînement des troupes, et enfin celles qui sont actives sur le terrain pour protéger les intérêts américains et, dans certains cas, venir en aide aux forces régulières.

Une majorité d¹Irakiens employés
Halliburton (dont le vice-Président Dick Cheney fut le dirigeant jusqu¹en 2000) et son ancienne filiale Kellogg, Brown & Root (KBR), dont il s¹est séparé en avril 2007, appartiennent à la première catégorie.
La compagnie MPRI, basée près de l¹aéroport de Washington, se consacre notamment à la formation et à l¹équipement de la nouvelle armée irakienne. Blackwater USA, dont le siège est en Caroline du Nord, entraîne les forces spéciales américaines, s¹occupe de la sécurité rapprochée de l¹ambassadeur américain en Irak et se spécialise aujourd¹hui dans des programmes antiterroristes.
D¹autres activités des SMP comprennent la protection des convois transportant le matériel pour la reconstruction, dont des véhicules, des armes et des munitions, la sécurité des installations militaires et des bureaux de la zone verte à Bagdad, des ambassades, des équipes de reconstruction (dont celles d¹Halliburton), des journalistes, du personnel des Nations unies et des organisations non gouvernementales.
Selon des chiffres du gouvernement, ces sociétés emploient actuellement 21 000 Américains, 118 000 Irakiens et 43 000 employés d¹autres nationalités, dont notamment des Chiliens, des Colombiens, des Philippins, des Népalais et des Bosniaques.

Peu d¹informations officielles
Parmi eux, un peu moins d¹un tiers, soit environ 50 000 hommes, appartiennent à la catégorie des agents de sécurité armés. Le terme « mercenaires » est souvent utilisé pour décrire ces anciens militaires, policiers ou agents des forces spéciales reconvertis dans des missions privées lucratives.
Selon sa formation, un agent privé des SMP gagne deux à dix fois plus qu¹un soldat régulier. L¹échelle des salaires varie aussi selon leur origine : en Irak, un ancien béret vert américain peut gagner jusqu¹à 1 000 dollars (800 euros) par jour là où un ancien gurkha népalais fera 1 000 dollars par mois.
La transparence, le rôle et la responsabilité de cette myriade de compagnies soulèvent de nombreuses questions. Peu d¹informations officielles circulent sur ces sociétés souvent opaques qui se protègent derrière leur statut privé et sous-traitent entre elles les différentes missions.
Deux des plus importants bénéficiaires de contrats publics en Irak, KBR, l¹ancienne filiale d¹Halliburton, et Blackwater USA, sont très proches de l¹administration.

Des revenus multipliés
Le fondateur de Blackwater USA est Eric Prince, républicain conservateur et gros contributeur des campagnes électorales du président Bush. Ses deux bras droits sont Joseph Smith, ancien inspecteur général du Pentagone, et Cofer Black, coordinateur de la politique antiterroriste de la Maison-Blanche de 2002 à 2004, après une carrière de trente ans à la CIA.
Blackwater USA , fondée en 1996, aurait multiplié ses revenus, qui se chiffrent en centaines de millions de dollars, de 600 % entre 2002 et 2005, selon le magazine Fast Company.
Les efforts de sénateurs comme Henry Waxman, démocrate de Californie, et Barack Obama, le candidat démocrate de l¹Illinois à la présidentielle, ont contribué à obtenir plus de transparence de la part de l¹industrie militaire privée.
Sur le plan de la responsabilité légale, le flou juridique encadrant leur statut (ni militaire, ni simple civil) permettait jusqu¹il y a peu aux agents privés de bénéficier d¹une sorte d¹impunité.

"On ne reviendra plus jamais en arrière"
En octobre dernier, une clause a été introduite dans la loi de financement du budget de la défense, soumettant les sous-traitants privés au code de la justice militaire et au jugement en cour martiale. Une avancée importante, mais qui fait l¹objet de nombreuses interprétations, selon les experts, et qui n¹a pas, jusqu¹à présent, été mise en ¦uvre.
Les familles des quatre Américains tués à Falloudja en mai 2004 ont porté plainte contre Blackwater USA, estimant que la société n¹avait pas procuré aux quatre employés la protection nécessaire qui leur avait été promise pour effectuer leur mission.
Blackwater USA se défend en arguant que les hommes connaissaient les dangers. Une clause de leur contrat stipule qu¹ils abandonnent leur droit d¹attaquer la société en justice. L¹activité des SMP est encore très peu régulée. Il existe par exemple peu de données sur les pertes humaines subies par ces sociétés.
Les chiffres disponibles sont ceux du département des assurances du ministère du travail, selon lesquels 770 sous-traitants civils ont perdu la vie en Irak, et 7 761 ont été blessés. « L¹industrie de la sécurité privée a complètement changé avec l¹Irak, et on ne reviendra plus jamais en arrière », affirme Leon I. Sharon, ancien officier des forces spéciales américaines, qui commande 500 gardes kurdes privés sur une base près de Bagdad.
Stéphanie Fontenoy
La Croix

lundi 30 juillet 2007


3-3 Point de vue de Convergence des Causes : Vendre à tout prix, vendre la mort.. L'armée d'occupation Us incapable de remporter une quelconque bataille au sol a multiplié par cinq ses bombardements aériens dans les six premiers mois de 2007, comparés au premier semestre 2006.
Les raids aériens concernent aussi bien les zones classiquement à majorité sunnite autour de Falloujah et au Sud de Baghdad que shiite comme autour de Najaf.
À tout instant, plus d'une centaine d'appareils sont en vol et parcourent le ciel irakien. La base aérienne de Balad au nord de Baghdad vient d'être réaménagée pour permettre dix mille opérations
aériennes par semaine, et l'une des deux pistes d'atterrissage a été renforcée pour supporter un usage intense pour les sept années à venir.
Le général Petraeus prévoit une forte présence de militaires étasuniens en Irak jusqu'en 2009 pour assurer "de meilleures conditions de sécurité" au moins dans la zone autour de Baghdad, témoignant là d'une toute modeste ambition de pacification.
Les agents recruteurs aux USA peinent à trouver des volontaires si bien qu'est actuellement proposée une prime de 20 000 dollars au terme d'un très court entraînement avant le départ en Irak.
La première visite de Gordon Brown à celui qui devra quitter la présidence des US(a) en 2009 confirme le changement de tonalité dans les relations entre l'ancienne métropole et son ancienne colonie qui évoluent dans le sens d'une indépendance annoncée vis à vis de l'ex-colonie. Le retrait des troupes britanniques d'Irak se fera même s'il est actuellement légèrement différé.
L'échec étasunien en Irak malgré son engagement humain et financier gigantesque, le carnage de la population civile et le nombre phénoménal des réfugiés le plus important depuis la seconde guerre mondiale près de cinq millions qui fuient les bombardements et les exactions, est maintenant imputé aux alliés des USA dans l'Orient Arabe.
L'ambassadeur Zalmay Khalilzad à l'ONU accuse directement l'Arabie Séoudite de contribuer à déstabiliser l'Irak reprenant à son compte les affirmations des shiites collaborateurs sécessionnistes qui voient la main des princes du Pétrole derrière de nombreuses milices sunnites. La décision récente de certains stratèges étasuniens de financer de nouveaux escadrons de la mort de confession sunnite et son exécution n'est donc pas parvenue depuis les bureaux de Robert Gates jusqu'à ceux
de Khalilzad, preuve que le chaos irakien n'est qu'un reflet de celui qui règne dans l'équipe Bush.

Le Lobby ne s'est pas déclaré contre la livraison d'armes au Royaume des Séoud, il compte bien continuer à fomenter et  développer ses inimitiés avec l'Iran. Le désordre s'accroîtra au détriment d'actions diplomatiques, les ventes d'armement devenant l' unique et ultime expression politique d'une civilisation de mort et de guerre perpétuelle.
Convergence des Causes
2 août 2007

 


3-4 Enquête de

Philippe Grangereau : «On m’a dit qu’il valait mieux un Irakien mort que blessé». Des militaires revenus d’Irak témoignent dans la presse américaine. Le démon est dans le détail, surtout quand il s’agit de la guerre et de ses brutalités. Ce précepte journalistique a été appliqué par le magazine new-yorkais The Nation, qui publie cette semaine les témoignages impitoyables de 50 soldats américains postés en Irak entre 2003 et 2005. Le magazine fait état de «modes de comportement troublants» chez les GI. «Des douzaines de soldats interrogés ont vu de leurs propres yeux des civils irakiens, y compris des enfants, se faire tuer par les forces américaines.» Nombre de ces vétérans, écrit The Nation, «racontent que dès qu’ils sortent de leur base, ils tirent à volonté. Certains ouvrent le feu sur les bidons d’essence que les marchands vendent le long de la route, et jettent des grenades pour les enflammer. D’autres tirent sur des enfants.» Beaucoup de ces soldats soutiennent que ces meurtres indiscriminés ont été perpétrés par une minorité d’entre eux, mais reconnaissent qu’ils sont «

N° 290- Journal d'Irak Special dossier - 03/08/07

Sommaire :
5 Médias.
1-1   Bush et la torture : les contradictions de la presse dominante française.
2 Brèves
2-1 Projet de résolution pour accroître le rôle de l'ONU en Irak. 2-2 Convergence des Causes : Les anti-ouarre et leur punition à retardement.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue deThierry Meyssan : Opérations psychologiques ou Al Qaïda en Irak : faut-il croire George Bush ou ses généraux ?
3-2 Point de vue de Stéphanie Fontenoy : En Irak, la guerre de l¹ombre des « sous-traitants »
3-3 Point de vue de Convergence des Causes : Vendre à tout prix, vendre la mort.

3-4 Enquête de Philippe Grangereau : «On m’a dit qu’il valait mieux un Irakien mort que blessé». 







                        1 Médias / Vidéos
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

Marc

1-1 Bush et la torture : les contradictions de la presse dominante française.
À force de présenter la petite chanson des « relations publiques » du gouvernement états-unien comme la vérité historique sans la confronter aux faits, la presse dominante finit inévitablement par se contredire elle-même, en plus de contredire la réalité.
Dans leur édition respective du 21 juillet 2007, les deux plus grands quotidiens français, le Figaro et Le Monde, proposaient chacun une variation sur le thème de la torture, dont le seul point commun est l’absence d’exigence journalistique.
La Maison-Blanche a partiellement publié, le 20 juillet 2007, le décret présidentiel 13440 (Executive Order) relatif à l’interprétation de la Convention de Genève dans le cadre des détentions et interrogatoires effectués par la CIA. Après avoir confirmé qu’à ses yeux les membres d’Al-Qaïda, des Talibans et forces associées ne sont pas des combattants réguliers et ne peuvent donc bénéficier de la Convention de Genève, le président Bush ordonne néanmoins que la CIA leur applique l’article 3 de ladite convention, c’est-à-dire renonce à les torturer. Il poursuit en approuvant un nouveau manuel d’interrogatoire qui prohibe les actes réprimés par le Code pénal et le Code militaire états-unien, néanmoins il interdit la publication de ce manuel. De ces contorsions, il ressort que les agents de la CIA poursuivront leurs interrogatoires dans le plus grand secret et seront seuls juges des méthodes qu’ils peuvent et doivent employer et que, simultanément, ils ne pourront pas faire l’objet de poursuites pénales ou militaires pour des faits accomplis dans l’exercice de leurs fonctions, car ces faits étant secrets ne pourront être établis, ni jugés. Une rhétorique en tous points identique à celle des nazis assurant respecter les conventions internationales, mais effaçant leurs prisonniers dans « la nuit et le brouillard » (Nacht und Nebel). Face à ce document orwellien, Le Figaro trébuche dès le sous-titre : « Les services secrets américains devront respecter la convention de Genève ». Mais par définition, si ces services sont secrets, c’est pour ne pas avoir à respecter les Conventions internationales.
De son côté, Le Monde titre : « M. Bush prolonge le programme de détentions secrètes de la CIA  », ce qui implique que la CIA n’est pas soumise à la Convention de Genève qui exige la communication de l’identité des prisonniers et l’autorisation de visites des délégués de la Croix-rouge .
Dans les deux cas, les quotidiens français cherchent avec complaisance à minimiser la question de la torture, sinon à l’évacuer complètement. Nous sommes priés de croire que bien que les États-Unis déploient une grande énergie à détenir et à interroger en secret des prisonniers, ils n’ont rien à cacher ni aucune raison de recourir au secret. http://www.voltairenet.org/article150285.html

 



2 Les Brèves
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
Marc 2-1 Projet de résolution pour accroître le rôle de l'ONU en Irak.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont fait circuler au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution visant à accroître le rôle des Nations unies en Irak. Il s'agit d'élargir le mandat de sa mission dans ce pays.
Ce projet, dont l'AFP a obtenu copie jeudi, vise d'une part à proroger d'un an le mandat de la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (Manui), qui expire le 10 août. Il prévoit d'autre part que le représentant
spécial de l'ONU en Irak et la Manui puissent notamment, "si les circonstances le permettent", apporter "conseil, soutien et assistance" au gouvernement irakien dans les domaines politique, électoral, constitutionnel, juridique, économique, ainsi qu'en matière de retour et de réintégration des réfugiés et de promotion des droits de l'Homme.
Le texte souligne le "rôle important" joué par la force multinationale en Irak pour soutenir la Manui , notamment dans le domaine sécuritaire, et reconnaît que "la sécurité est essentielle" pour que la mission de l'ONU puisse s'acquitter de ses tâches. Les Etats-Unis s'efforcent depuis plusieurs mois d'obtenir que l'ONU joue un rôle accru en Irak, ce à quoi le secrétaire général, Ban Ki-moon, s'est déclaré favorable, lors d'une rencontre le 17 juillet à Washington avec le président George W. Bush.
Le 20 juillet, l'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, avait écrit, dans une tribune au "New York Times", que Washington "soutenait l'appel de M. Ban" en faveur d'un rôle accru de l'Organisation en Irak pour l'aider à devenir une "force de modération dans la région".
M. Khalilzad a été ambassadeur des Etats-Unis en Irak de 2005 à avril 2007. Dans la même tribune, M. Khalilzad avait indiqué qu'un nouveau représentant spécial de M. Ban pour l'Irak serait bientôt désigné pour remplacer le Pakistanais Ashraf Jehangir Qazi.
SDA-ATS News Service

 03 août 2007 Edicom
http://www.edicom.ch/fr/news/international/1188_4111559.html


2-2 Convergence des Causes : Les anti-ouarre et leur punition à retardement.

L'histoire, la petite, retiendra sans doute de Mr de Villepin son flamboyant discours à l'ONU qui fut un réquisitoire contre l'invasion de l'Irak préventive, illégitime et qu'aucun argument de sécurité ne rendait nécessaire, par une coalition forcée.
Cet acte de bravoure a été vécu outre-atlantique comme une immodeste bravade et sera puni comme tel au travers d'une curieuse affaire de liste calomniatrice qui est venue doubler et en quelque sorte faire écran à l'affaire première de corruption entourant une vente de frégates françaises à la Chine non populaire.
Le député britannique Georges Galloway a été suspendu pour dix huit jours de son siège à la Chambre des Communes ce 23 juillet sans doute aussi en raison de sa position d'abord contre les sanctions, treize années d'embargo qui ont donné 1,5 millions de morts infantiles appliquées à l'Irak et plus tard contre la guerre de Bush et Blair.
Une commission parlementaire constituée de dix députés ardemment pro-guerre a repris à son encontre l'accusation d'avoir reçu de l'argent à l'occasion du programme pétrole contre nourriture de Saddam Hussein.
Galloway avait gagné le procès qu'il avait attenté pour diffamation contre le Daily Telegraph qui l'avait accusé dans ces mêmes termes, sur la foi de documents découverts par un reporter du nom de David Blair lors du sac du ministère des affaires étrangères irakien en 2003. Il avait également réfuté ces mêmes accusations à Washington devant le Sénat ridiculisant Carl Levin, sénateur démocrate et Norm Coleman, sénateur républicain.
Se défendant des inepties répétées par la commission d'enquête, il a développé combien étaient peu regardant ses collègues quant à l'origine des fonds qui financent leur propres campagnes électorales, en particulier le trésorier du Labour Lord Levy également émissaire au Moyen Orient, avait décerné des titres de paierie contre des "prêts" à taux avantageux pour son parti.
Galloway a alors été éjecté pour conduite incorrecte. Pas un seul député n'a pris sa défense. Pas une ligne sur le sujet n'est parue dans aucun journal.
Michèle Alliot Marie avait fermement refusé d'augmenter le nombre des soldats français en Afghanistan alors qu'elle était en charge de la Défense. Quelle punition à retardement va-t-elle essuyer pour cette audacieuse et prétentieuse attitude souveraine ?
Convergence des Causes
29 juillet 2007

 

 


 


3 Dossiers
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
3-1 Point de vue de Thierry Meyssan : Opérations psychologiques ou Al Qaïda en Irak : faut-il croire George Bush ou ses généraux ?

Alors que le président Bush met en garde ses concitoyens contre le danger « d’Al-Qaïda en Irak » qui formerait des cellules pour attaquer les États-Unis, des officiers supérieurs états-uniens ont admis que cette organisation n’existait pas. Les généraux Casey et Kimmitt ont reconnu qu’Al-Zarkaoui était une fabrication de leurs services de guerre psychologique et le général Bergner a déclaré que son successeur, Al-Baghdadi, était un acteur

Image extraite de la vidéo d’Abou Omar al-Baghadadi, chef d’« d’Al-Qaïda en Irak » Il est communément admis que les relations internationales sont entrées dans une nouvelle ère le 11 septembre 2001. Cependant les politologues divergent sur l’analyse de cette période selon leur lecture des attentats qui en marquent le début.
- Les atlantistes se réfèrent à la version gouvernementale : ils auraient été organisés par Al-Qaïda depuis son repère afghan. Ils en concluent que le principal danger de notre époque est le terrorisme islamique, et approuvent les opérations militaires en Afghanistan et en Irak.
- Les partenaires plus lointains des États-Unis envisagent que l’administration Bush ait eu connaissance à l’avance des attentats et les ait laissé commettre pour les instrumenter à des fins politiques. Ils évoquent le précédent du désastre de Pearl Harbor, que l’état-major US laissa bombarder pour entrer dans la Seconde Guerre mondiale contre le Japon et l’Allemagne. Ils en concluent que si le péril islamique est bien réel, il convient cependant de ne pas suivre les États-Unis dans toutes leurs aventures. Ils admettent que l’attaque de l’Afghanistan était une riposte légitime, mais restent dubitatifs devant l’opération irakienne.
- Enfin les politologues des pays non-alignés réfutent la version gouvernementale et considèrent que les attentats ont été organisés par le complexe militaro-industriel anglo-saxon. Ils évoquent l’incident fabriqué du Golfe du Tonkin ou l’opération Northwood [
1]. Ils en concluent que le péril islamique est une construction artificielle et que le vrai danger, c’est l’impérialisme anglo-saxon. Pour eux, les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak sont toutes deux des guerres d’agression.
Sur la scène internationale, j’ai été le premier politologue à remettre en cause la version bushienne des attentats du 11 septembre et à pronostiquer l’instauration d’un régime militaro-policier aux USA et la multiplication des aventures militaires [2]. Depuis lors, le Réseau Voltaire que je préside a développé sur cette base un suivi constant et une analyse permanente des relations internationales. J’ai souvent expliqué qu’Al-Qaïda était une création commune de services de renseignement états-uniens, britanniques, saoudiens et pakistanais dont il sert les intérêts. Au cours des six dernières années, j’ai affiné la connaissance que nous pouvions avoir de ce phénomène à la fois à partir de ses manifestations successives et aussi au regard d’opérations précédentes comme celles du Gladio. Cependant la politique de l’administration Bush commence à rencontrer des limites dans son propre camp.
- En premier lieu, l’équilibre interne en Arabie saoudite s’est modifié avec l’accession au trône du roi Abdallah et le rappel à Riyadh du prince Bandar, le « fils adoptif » des Bush. En définitive, le roi a interdit à son neveu de continuer à financer des cellules combattantes labellisées Al-Qaïda. La première conséquence de cette rupture aura été la révolte des mercenaires du Fatah al-Islam au camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared. Cet épisode a confirmé d’une manière certaine qu’Al-Qaïda au Liban était une manipulation de MM. Bush, Bandar et Hariri [
3].
- En second lieu, il est difficile à terme de maintenir le cloisonnement d’Al-Qaïda, en tant que réseau opérationnel secret, alors que l’on veut en faire d’un autre côté une organisation politique globale. Ainsi les responsables de l’Intelligence Bureau pakistanais, qui sont en charge depuis longtemps de la formation idéologique et des publications des Talibans, a empiété sur le rôle de l’Inter Services Intelligence (ISI), chargé de la formation militaire des mercenaires d’Al-Qaïda, toujours avec des financements anglo-saxons gérés par le prince Bandar. En outre, l’Intelligence Bureau a apporté son soutien aux séparatistes ouighours du Xingkiang chinois, alors que pour des raisons politiques évidentes, dans ce dispositif, seul le MI6 britannique est habilité à traiter Al-Qaïda-Chine. Du coup Pékin a exigé une clarification immédiate. Pour éviter la guerre, le président Pervez Musharraf a été obligé d’éliminer tous les cadres de sa police impliqués en ordonnant à ses rangers de donner l’assaut de leurs bureaux de la Mosquée rouge.
- Un troisième épisode vient de lever un coin du voile : le général Kevin J. Bergner, conseiller spécial de George Bush pour l’Irak, a justifié l’incapacité des forces US à arrêter le chef d’Al-Qaïda en Irak en révélant que ce personnage n’existait tout simplement pas.
Je voudrais revenir en détail sur cette nouvelle révélation : La fabrication d’Al-Qaïda en Irak : Abou Moussab Al-Zarkaoui et Ansar al-Islam

 

Pour justifier leur intention d’envahir l’Irak, les Anglo-Saxons ont choisi d’utiliser une seconde fois l’argument du 11 septembre qui avait si bien marché à propos de l’Afghanistan. Les opinions publiques occidentales ignorent toujours que l’attaque de Kaboul avait été décidée en juillet 2001 et que les troupes britanniques et états-uniennes avaient été pré-positionnées sur zone avant les attentats du 11 septembre 2001 [4]. Elles ont donc facilement avalé le gros mensonge selon lequel les « terroristes » auraient ourdi leur complot dans l’ombre d’une grotte sous la protection des Talibans. Appliquant la même recette à l’Irak, le général Colin Powell vint solennellement mentir devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour relier l’Irak laïque aux attentats du 11 septembre attribués aux wahhabites d’Oussama Ben Laden, les États-Unis mirent en scène un jihadiste jordanien protégé par Saddam Hussein. Ainsi Colin Powell déclarait :
« Ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Ossama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda (…) Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison. Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons (...) De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà (...) Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France , la Grande-Bretagne , l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie  » [
5].
Dès le début de l’invasion de l’Irak, Abou Moussab al-Zarkaoui devient l’ennemi public n°1 [6]. Son groupe armé, Ansar al-Islam, est labellisé « Al-Qaïda en Irak ». On lui attribue l’enlèvement et la décapitation du travailleur humanitaire japonais Shosei Koda (30 octobre 2004) ; des attentats contre des civils à Najaf et Karbala (19 décembre 2004) ; l’exécution de l’ambassadeur d’Égypte Ihab Al-Sherif (juillet 2005) ; l’attentat au marché de Musayyib (16 juillet 2005) ; la torture et la décapitation des deux GI’s Thomas Lowell Tucker et Kristian Menchaca (juin 2006) ; l’enlèvement et l’assassinat de quatre diplomates russes, Fyodor Zaitsev, Rinat Agliuglin, Oleg Fedoseyev et Anatoly Smirnov (juin 2006) et quantité d’autres crimes. Dans l’imaginaire collectif, il prend le visage d’un fanatique sanguinaire après l’égorgement de Nick Berg [7]. Toutes ces opérations servent directement la stratégie néoconservatrice du « chaos constructeur » et elle seule.
Surtout, Zarkaoui élabore une théorie selon laquelle les vrais ennemis des Irakiens sunnites ne sont pas tant les occupants anglo-saxons que les Irakiens sunnites. Il fixe cette analyse dans un document de 17 pages publié par le New York Times [
8]. Et il l’applique aussitôt en détruisant le dome de la Mosquée chiite d’Al-Askari.
Dépassés par l’ampleur des violences communautaires qui s’ensuivent, les États-Unis décident de faire disparaître leur marionnette. Le mythe Al-Zarkaoui est liquidé le 8 juin 2006 dans le contexte de la formation d’un nouveau gouvernement en Irak. Sa mort intervient comme une page que l’on tourne [
9].
Le général George W. Casey Jr., commandant-en-chef des forces US en Irak, déclare lors d’un briefing que le document Zarkaoui appelant aux violences communataires a été fabriqué par ses services qui l’ont remis au New York Times. Tandis que le général Mark Kimmitt, commandant des opérations psychologiques en Irak, reconnaît dans un document interne parvenu au Washington Post que « Le programme Zarkaoui d’opérations psychologiques (PsyOp) est la campagne d’information la plus réussie à cette date » [
10].
Abu Omar al-Baghdadi et l’État islamique irakien La Coalition anglo-saxonne continuant à s’embourber en Irak, il s’avéra nécessaire de trouver un successeur à Al-Zarkaoui. Le 15 octobre 2006, de nombreuses chaînes de télévision diffusent donc une vidéo annonçant la création d’« Al Qaïda en Irak ». Sur cet enregistrement, un individu masqué se présente comme Abu Omar al-Quraischi al-Hussaini al-Baghdadi, « Commandeur des Croyants » et dirigeant de l’« État Islamique Irakien », récemment instauré par Al-Qaïda avec la bénédiction d’Ousama Ben Laden lui-même. Il appele tous les jihadistes à s’unir derrière lui pour faire la chasse aux impies, aux croisés et aux juifs [11].
Cette initiative coïncide avec la réorganisation administrative de l’Irak et sa fédéralisation imposée par l’occupant. L’« État Islamique Irakien » s’identifie avec la zone à dominante sunnite. Il est tout de suite dénoncé sur Al-Jazeera par le porte-parole de l’association des savants musulmans de Bagdad comme faisant le jeu de la division du pays par les GI’s [
12]. Peu importe que les Irakiens ne soient pas dupes, la nouvelle marionnette est destinée à manipuler l’opinion publique états-unienne.
Le 10 novembre 2006, la presse occidentale relayait un communiqué d’« Al Qaïda en Irak » assurant avoir réuni plus de 12 000 hommes et se préparer à en armer 10 000 de plus [13].
Cette nouvelle coïncidait avec le limogeage de Donald Rumsfeld et réduisait l’ardeur des démocrates à réclamer un retrait d’Irak.
Dans les jours qui suivirent, Abu Omar al-Baghdadi, intervenant dans un enregistrement audio diffusé via internet, proposa une « trêve » (sic) aux États-Unis. Ceux-ci ne seraient plus attaqués s’ils organisaient leurs manoeuvres de retrait complet d’Irak [14]. Cette rodomontade fut accompagnée d’un défilé de moujahidins armés dans le centre de Mossoul, le 29 décembre, dont les images firent le tour du monde arabe.
Cependant, la chaîne Al-Jazeera s’interrogeait sur l’authenticité de ces événements et ne parvenait pas à obtenir du gouverneur de Mossoul une explication crédible d’un défile « d’insurgés » en plein cœur de la ville [
15].
Le 17 avril 2007, Abu Omar al-Baghdadi annonce dans un enregistrement audio diffusé par internet, que l’« État Islamique Irakien » produit ses propres roquettes, les Al-Quods-1 [16]. Le 30 mai 2007, dans une vidéo fort impressionnante diffusée par Al-Jazeera, son groupe annonce la création de brigades spéciales dotées cette fois de bombes thermiques [17] ; des armes qui seraient produites par l’« État Islamique Irakien », dont la technlogie rivaliserait désormais avec celle des petits États. Dans la même période, le porte-parole de l’« État Islamique Irakien » annonce sur Al-Jazeera que l’émir Abu Omar al-Baghdadi vient de composer son gouvernement et détaille la liste des dix ministres qui le composent [18]. Dans la foulée, le nouveau « gouvernement islamiste irakien » déclare la guerre à l’Iran, appellant les « vrais croyants » (sunnites) à s’unir contre les impies chiites. À cette occasion le « commandeur » Abu Omar ajoute d’ailleurs « al-Quraishi » à son nom, afin de faire croire à une filiation avec la lignée des Quraishi, la famille du prophète Mahommet, pedigree cher aux yeux de la communauté sunnite. En un an, « Al Qaïda en Irak » a revendiqué de nombreuses exécutions sommaires. Elles constituent pour la presse occidentale autant de preuves du péril islamique et pour les Irakiens autant de manifestations des escadrons de la mort de la « sale guerre » conduite par l’occupant. Le 17 juillet 2007, la Maison-Blanche rend publique une courte note d’évaluation de La menace terroriste sur le territoire des États-Unis (voir document intégral joint), réalisée par la direction de supervision de l’ensemble de la Communauté états-unienne du renseignement. On peut y lire : « We assess that al-Qa’ida will continue to enhance its capabilities to attack the Homeland through greater cooperation with regional terrorist groups. Of note, we assess that al-Qa’ida will probably seek to leverage the contacts and capabilities of al-Qa’ida in Iraq (AQI), its most visible and capable affiliate and the only one known to have expressed a desire to attack the Homeland. In addition, we assess that its association with AQI helps al-Qa’ida to energize the broader Sunni extremist community, raise resources, and to recruit and indoctrinate operatives, including for Homeland attacks. »
La dramatisation de ces renseignements et de ces conclusions est renforcée par la publication simultannée d’une vidéo d’Oussama Ben Laden, absent des écrans depuis plus d’un an.
C’est pourquoi George W. Bush signe immédiatement le
décret présidentiel 13438 autorisant le secrétaire au Trésor à arrêter discrétionnairement toute personne présentant une menace pour la stabilisation de l’Irak et à confisquer ses biens.
Cependant, il devient de plus en plus difficile d’expliquer que la puissance d’Al-Qaïda en Irak augmente au fur et à mesure que Washington accroit le nombre de GI’s et de mercenaires pour le combattre. Aussi, le lendemain, le général Kevin J. Bergner, assistant spécial du président Bush pour les questions irakiennes, révèle que l’interrogatoire de Mahmud al-Mashhadani, considéré comme l’agent de liaison entre Oussama Ben Laden et ses combattants en Irak, a permis d’établir qu’Abu Omar al-Baghdadi n’a jamais existé, son personnage étant joué par un acteur et l’organisation « Al-Qaïda en Irak » étant une pure mystification [19].

Le château de cartes s’effondre

J’avais déjà fait remarquer qu’Oussama Ben Laden a confirmé sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001 dans une vidéo où il les décrit selon la version gouvernementale, alors même que j’ai démontré que l’attentat du Pentagone n’a pas eu lieu de cette manière et que Scholars for 911 Truth a démontré que l’attentat du World Trade Center n’a pas non plus eu lieu de cette manière. En d’autres termes, j’avais fait remarquer que la fonction d’Oussama Ben Laden, c’est de créditer les intoxs de l’administration Bush. Le processus d’information circulaire continue : l’administration Bush affirme qu’Al-Qaïda est responsable des attentats aux USA et en Irak, puis Al-Qaïda confirme les imputations de l’administration. Les faits décrits dans ces déclarations ne sont jamais vérifiés, on se contente de ce dialogue et d’événements virtuels. Dans le cas de l’Irak, personne ne semble remarquer que si Abou Moussab al-Zarkaoui et Abou Omar al-Baghdadi sont des personnages mis en scène par le département des opérations psychologiques de l’armée de terre états-unienne, cela implique que les personnes qui ont témoigné de leur existence et de leur affiliation à Al-Qaïda participent du même système d’intoxication. Or, l’existence et les fonctions de Zarkaoui ont été confirmées par une vidéo d’Oussama Ben Laden, diffusée le 27 décembre 2004, dans laquelle le chef d’Al-Qaïda le déclare « émir d’Al Qaïda en Irak ». Elles ont identiquement été confirmées par Ayman Al-Zawahiri, n°2 du réseau terroriste, dans une vidéo où il lui rend hommage, le 23 juin 2006. De même, l’existence et les fonctions d’Abou Omar al-Baghadadi ont été confirmées, le 20 décembre 2006, par Ayman Al-Zawahiri, dans une vidéo diffusée par Al-Jazeera. Il l’y félicite pour avoir constitué l’« État Islamique Irakien » [20]. Le moment est venu de vous déterminer : croyez-vous George Bush lorsqu’il stigmatise Al-Qaïda en Irak ou croyez-vous ses généraux qui revendiquent avoir fabriqué cette organisation et inventé ses leaders ? Thierry Meyssan
Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.
Les articles de cet auteur

3-2

Point de vue de

Stéphanie Fontenoy : En Irak, la guerre de l¹ombre des « sous-traitants »
Echappant largement au contrôle démocratique, les « sociétés militaires privées » gagnent du terrain dans le pays, tandis que d¹autres entreprises bénéficient des chantiers de la « reconstruction ».
Le 31 mai 2004, quatre Américains tombent dans une embuscade près de la ville de Falloudja, un bastion sunnite. Ils sont lynchés, brûlés vifs, les restes de leurs corps démembrés accrochés à un pont sur le fleuve Euphrate.
Les forces américaines lancent immédiatement une sanglante riposte. Ces quatre victimes n¹appartenaient pas aux forces régulières de la coalition. Ils n¹étaient pas non plus à proprement dit des civils. Ces hommes, dont les images ont fait le tour du monde, étaient des gardes privés au service du Pentagone, chargés de la protection d¹un convoi de ravitaillement des troupes américaines.
Ils travaillaient pour la société Blackwater USA, une des plus importantes sociétés de sécurité privées employées par le gouvernement américain. Blackwater USA appartient à une catégorie florissante en Irak : celles des sous-traitants de la guerre.
Une "armée privée" de 180 000 hommes et femmes L¹activité des private military firms, comme on les appelle aux États-Unis, ou « sociétés militaires privées » (SMP) en français, a le vent en poupe. Ces firmes sous contrat du ministère de la défense américain emploient aujourd¹hui 180 000 hommes et femmes en Irak, soit plus que l¹armée américaine régulière et ses 160 000 soldats déployés en territoire irakien, selon des chiffres obtenus auprès du département d¹État américain et du Pentagone.
Cette « armée privée » opère dans des conditions toujours plus dangereuses, faisant face à des attaques quotidiennes. S¹ils sont normalement limités à des actions défensives, les agents privés peuvent aussi avoir recours à la force, sans passer par la chaîne de commandement militaire américaine.
En mai dernier, des employés de Blackwater USA ont ouvert le feu à deux reprises dans les rues de Bagdad, provoquant des tensions avec la police irakienne. Un chauffeur irakien aurait été tué, selon des sources militaires américaines.

Contours encore flous
Que sait-on de cette nouvelle industrie militaire, qui génère des milliards de dollars de revenus aux frais du contribuable américain, mais qui échappe presque totalement au contrôle démocratique ? Aux États-Unis, un débat est en cours parmi les experts militaires et au Congrès autour de ce que certains appellent une « armée de l¹ombre », voire « la garde prétorienne » de l¹administration Bush.
Grâce à la pression de certains élus et des médias, les contours encore flous de cette industrie de la guerre et ses liens avec le pouvoir se dessinent.
Il existe environ 180 SMP en Irak, de la petite société qui fournit des équipes de commandos spécialisés dans la contre-insurrection aux grandes entreprises qui gèrent les chaînes d¹approvisionnement militaire.
Elles sont généralement divisées en trois catégories : les compagnies fournissant du soutien logistique et technique, les sociétés spécialisées dans l¹analyse stratégique, les renseignements et l¹entraînement des troupes, et enfin celles qui sont actives sur le terrain pour protéger les intérêts américains et, dans certains cas, venir en aide aux forces régulières.

Une majorité d¹Irakiens employés
Halliburton (dont le vice-Président Dick Cheney fut le dirigeant jusqu¹en 2000) et son ancienne filiale Kellogg, Brown & Root (KBR), dont il s¹est séparé en avril 2007, appartiennent à la première catégorie.
La compagnie MPRI, basée près de l¹aéroport de Washington, se consacre notamment à la formation et à l¹équipement de la nouvelle armée irakienne. Blackwater USA, dont le siège est en Caroline du Nord, entraîne les forces spéciales américaines, s¹occupe de la sécurité rapprochée de l¹ambassadeur américain en Irak et se spécialise aujourd¹hui dans des programmes antiterroristes.
D¹autres activités des SMP comprennent la protection des convois transportant le matériel pour la reconstruction, dont des véhicules, des armes et des munitions, la sécurité des installations militaires et des bureaux de la zone verte à Bagdad, des ambassades, des équipes de reconstruction (dont celles d¹Halliburton), des journalistes, du personnel des Nations unies et des organisations non gouvernementales.
Selon des chiffres du gouvernement, ces sociétés emploient actuellement 21 000 Américains, 118 000 Irakiens et 43 000 employés d¹autres nationalités, dont notamment des Chiliens, des Colombiens, des Philippins, des Népalais et des Bosniaques.

Peu d¹informations officielles
Parmi eux, un peu moins d¹un tiers, soit environ 50 000 hommes, appartiennent à la catégorie des agents de sécurité armés. Le terme « mercenaires » est souvent utilisé pour décrire ces anciens militaires, policiers ou agents des forces spéciales reconvertis dans des missions privées lucratives.
Selon sa formation, un agent privé des SMP gagne deux à dix fois plus qu¹un soldat régulier. L¹échelle des salaires varie aussi selon leur origine : en Irak, un ancien béret vert américain peut gagner jusqu¹à 1 000 dollars (800 euros) par jour là où un ancien gurkha népalais fera 1 000 dollars par mois.
La transparence, le rôle et la responsabilité de cette myriade de compagnies soulèvent de nombreuses questions. Peu d¹informations officielles circulent sur ces sociétés souvent opaques qui se protègent derrière leur statut privé et sous-traitent entre elles les différentes missions.
Deux des plus importants bénéficiaires de contrats publics en Irak, KBR, l¹ancienne filiale d¹Halliburton, et Blackwater USA, sont très proches de l¹administration.

Des revenus multipliés
Le fondateur de Blackwater USA est Eric Prince, républicain conservateur et gros contributeur des campagnes électorales du président Bush. Ses deux bras droits sont Joseph Smith, ancien inspecteur général du Pentagone, et Cofer Black, coordinateur de la politique antiterroriste de la Maison-Blanche de 2002 à 2004, après une carrière de trente ans à la CIA.
Blackwater USA , fondée en 1996, aurait multiplié ses revenus, qui se chiffrent en centaines de millions de dollars, de 600 % entre 2002 et 2005, selon le magazine Fast Company.
Les efforts de sénateurs comme Henry Waxman, démocrate de Californie, et Barack Obama, le candidat démocrate de l¹Illinois à la présidentielle, ont contribué à obtenir plus de transparence de la part de l¹industrie militaire privée.
Sur le plan de la responsabilité légale, le flou juridique encadrant leur statut (ni militaire, ni simple civil) permettait jusqu¹il y a peu aux agents privés de bénéficier d¹une sorte d¹impunité.

"On ne reviendra plus jamais en arrière"
En octobre dernier, une clause a été introduite dans la loi de financement du budget de la défense, soumettant les sous-traitants privés au code de la justice militaire et au jugement en cour martiale. Une avancée importante, mais qui fait l¹objet de nombreuses interprétations, selon les experts, et qui n¹a pas, jusqu¹à présent, été mise en ¦uvre.
Les familles des quatre Américains tués à Falloudja en mai 2004 ont porté plainte contre Blackwater USA, estimant que la société n¹avait pas procuré aux quatre employés la protection nécessaire qui leur avait été promise pour effectuer leur mission.
Blackwater USA se défend en arguant que les hommes connaissaient les dangers. Une clause de leur contrat stipule qu¹ils abandonnent leur droit d¹attaquer la société en justice. L¹activité des SMP est encore très peu régulée. Il existe par exemple peu de données sur les pertes humaines subies par ces sociétés.
Les chiffres disponibles sont ceux du département des assurances du ministère du travail, selon lesquels 770 sous-traitants civils ont perdu la vie en Irak, et 7 761 ont été blessés. « L¹industrie de la sécurité privée a complètement changé avec l¹Irak, et on ne reviendra plus jamais en arrière », affirme Leon I. Sharon, ancien officier des forces spéciales américaines, qui commande 500 gardes kurdes privés sur une base près de Bagdad.
Stéphanie Fontenoy
La Croix

lundi 30 juillet 2007


3-3 Point de vue de Convergence des Causes : Vendre à tout prix, vendre la mort.. L'armée d'occupation Us incapable de remporter une quelconque bataille au sol a multiplié par cinq ses bombardements aériens dans les six premiers mois de 2007, comparés au premier semestre 2006.
Les raids aériens concernent aussi bien les zones classiquement à majorité sunnite autour de Falloujah et au Sud de Baghdad que shiite comme autour de Najaf.
À tout instant, plus d'une centaine d'appareils sont en vol et parcourent le ciel irakien. La base aérienne de Balad au nord de Baghdad vient d'être réaménagée pour permettre dix mille opérations
aériennes par semaine, et l'une des deux pistes d'atterrissage a été renforcée pour supporter un usage intense pour les sept années à venir.
Le général Petraeus prévoit une forte présence de militaires étasuniens en Irak jusqu'en 2009 pour assurer "de meilleures conditions de sécurité" au moins dans la zone autour de Baghdad, témoignant là d'une toute modeste ambition de pacification.
Les agents recruteurs aux USA peinent à trouver des volontaires si bien qu'est actuellement proposée une prime de 20 000 dollars au terme d'un très court entraînement avant le départ en Irak.
La première visite de Gordon Brown à celui qui devra quitter la présidence des US(a) en 2009 confirme le changement de tonalité dans les relations entre l'ancienne métropole et son ancienne colonie qui évoluent dans le sens d'une indépendance annoncée vis à vis de l'ex-colonie. Le retrait des troupes britanniques d'Irak se fera même s'il est actuellement légèrement différé.
L'échec étasunien en Irak malgré son engagement humain et financier gigantesque, le carnage de la population civile et le nombre phénoménal des réfugiés le plus important depuis la seconde guerre mondiale près de cinq millions qui fuient les bombardements et les exactions, est maintenant imputé aux alliés des USA dans l'Orient Arabe.
L'ambassadeur Zalmay Khalilzad à l'ONU accuse directement l'Arabie Séoudite de contribuer à déstabiliser l'Irak reprenant à son compte les affirmations des shiites collaborateurs sécessionnistes qui voient la main des princes du Pétrole derrière de nombreuses milices sunnites. La décision récente de certains stratèges étasuniens de financer de nouveaux escadrons de la mort de confession sunnite et son exécution n'est donc pas parvenue depuis les bureaux de Robert Gates jusqu'à ceux
de Khalilzad, preuve que le chaos irakien n'est qu'un reflet de celui qui règne dans l'équipe Bush.

Le Lobby ne s'est pas déclaré contre la livraison d'armes au Royaume des Séoud, il compte bien continuer à fomenter et  développer ses inimitiés avec l'Iran. Le désordre s'accroîtra au détriment d'actions diplomatiques, les ventes d'armement devenant l' unique et ultime expression politique d'une civilisation de mort et de guerre perpétuelle.
Convergence des Causes
2 août 2007

 


3-4 Enquête de

Philippe Grangereau : «On m’a dit qu’il valait mieux un Irakien mort que blessé». Des militaires revenus d’Irak témoignent dans la presse américaine. Le démon est dans le détail, surtout quand il s’agit de la guerre et de ses brutalités. Ce précepte journalistique a été appliqué par le magazine new-yorkais The Nation, qui publie cette semaine les témoignages impitoyables de 50 soldats américains postés en Irak entre 2003 et 2005. Le magazine fait état de «modes de comportement troublants» chez les GI. «Des douzaines de soldats interrogés ont vu de leurs propres yeux des civils irakiens, y compris des enfants, se faire tuer par les forces américaines.» Nombre de ces vétérans, écrit The Nation, «racontent que dès qu’ils sortent de leur base, ils tirent à volonté. Certains ouvrent le feu sur les bidons d’essence que les marchands vendent le long de la route, et jettent des grenades pour les enflammer. D’autres tirent sur des enfants.» Beaucoup de ces soldats soutiennent que ces meurtres indiscriminés ont été perpétrés par une minorité d’entre eux, mais reconna

02/08/2007

N° 289 - Journal d'Irak - 01-08

N° 289 - Journal d'Irak - 01-08 62