Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/02/2008

N° 337 - Journal d'Irak' La guerre dans la guerre' du 22 au 28/02(début)

Sommaire (début)

Tiré à part : La guerre dans la guerre

Au jour le jour

1 Presse Suisse : Lundi 25 février 2008.

2 Les communautés kurdes et turques s'unissent en une seule voix contre les attaques militaires.

3 La Turquie accueille six blessés turkmènes du nord de l'Irak pour les soigner.


L'Irak en chiffre: du 22 au 28/02/08
Tués Blessés
Peuple irakien  1+ x x
Usboys/Autres boys + miliciens X X
Policiers, armée et collaborateurs & miliciens 23 12

Tiré à part :  La guerre dans la guerre

Au jour le jour

22-02 Le PKK, qui se bat depuis plusieurs décennies pour la création d'un État kurde dans le sud-est de la Turquie. (Reuters)

22-02 La Turquie se dit contraint de lancer une offensive sur le sol irakien parce que les autorités irakiennes n'ont pas empêché quelque 3.000 membres du PKK de se servir du nord de l'Irak comme tremplin pour lancer des attaques contre des militaires et des civils en territoire turc. (Reuters)

22-02 La Maison Blanche s'est gardée vendredi de toute objection à l'opération terrestre turque contre les séparatistes kurdes, affirmant en avoir été informée par avance et avoir pressé Ankara de faire preuve de retenue. Elle a souligné que les Etats-Unis, comme la Turquie , considéraient le PKK comme une organisation terroriste, et a laissé entendre qu’ils avaient partagé le renseignement avant le lancement de l'opération. (Afp)

23-02 Les forces turques ont intensifié samedi leur offensive contre les combattants kurdes du PKK dans le nord de l'Irak, deux jours après avoir franchi la frontière pour attaquer les bases arrière de la guérilla kurde. Appuyés par des avions, des pièces d'artillerie et des hélicoptères de combat, les soldats turcs ont tué samedi 35 combattants dans une zone montagneuse reculée, a annoncé l'état-major turc Un porte-parole du PKK a dit à Reuters qu’ils avaient récupéré les corps de 15 des 22 soldats turcs tués et avait repoussé une attaque turque pour les récupérer. Il s'est refusé à tout commentaire sur les pertes du PKK. (Reuters)

23-02 L'état-major turc n'a pas dit combien de soldats y participaient, mais il a indiqué samedi que les combats faisaient rage dans quatre régions différentes du nord de l'Irak, ce qui donne à penser qu'il s'agit d'une opération de grande ampleur. Selon une source militaire turque, deux brigades composées d'environ 8.000 hommes y prennent part. Les médias turcs ont parlé de 10.000 hommes mais un officier supérieur servant dans les forces sous commandement américain en Irak a déclaré que le nombre était inférieur à 1.000.( ?) (AF )

23-02 "Si la Turquie poursuit ses attaques, nous mènerons des opérations de guérilla dans les villes turques, sans viser les populations civiles", a affirmé à l'AFP Ahmad Danis, un porte-parole des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ankara doit "cesser ses attaques contre le Kurdistan sinon nous déplacerons le théâtre des combats à l'intérieur des villes turques", a-t-il ajouté. (AFP)

23-02 Le gouvernement de la région autonome du Kurdistan a de son côté annoncé qu'il appellerait à une "résistance générale" si des civils étaient tués par l'armée turque.

"La région du Kurdistan n'est pas partie dans les combats entre la Turquie et le PKK sauf si des civils ou des zones peuplées sont attaqués", a-t-il indiqué le communiqué. Dans une telle éventualité, "le gouvernement a donné des ordres en vue d'une résistance générale et a effectué tous les préparatifs nécessaires". Aucun détail n'a été fourni sur ces mesures. AFP)

23-02 Le gouvernement du Kurdistan irakien a également fait porter la "responsabilité" de l'opération turque dans le nord de l'Irak aux Etats-Unis, accusés d'avoir donné leur feu vert à la Turquie. (Reuters)

23-02 Le gouvernement régional a souligné qu'il n'apportait "aucun soutien au PKK et a pris une série de mesures pour limiter ses activités dans la région", et a appelé à un "dialogue direct entre Ankara, Washington et Erbil". (Afp)

23-02 Les médias turcs ont rapporté qu'un important oléoduc irakien qui traverse la Turquie n'avait pas été affecté par les opérations militaires. (Reuters)

23-02 L'Irak a tenté pour sa part de rassurer le marché mondial du pétrole en indiquant que l'opération turque n'avait pas affecté les exportations de pétrole à travers le terminal turc de Ceyhan. Le prix du pétrole brut à New York, qui avait atteint mercredi un record de 101,32 dollars, avaient reculé avant de reprendre 58 cents, atteignant 98.81 dollars vendredi en raison des craintes sur les livraisons irakiennes. Sur le plan économique, le gouvernement irakien s'est efforcé de rassurer le marché mondial du pétrole, qui a atteint cette semaine des niveaux records. "Les exportations de pétrole irakien continuent normalement vers le port de Ceyhan et les opérations militaires (dans le nord du pays) ne les affectent pas", a indiqué Asim Jihad, le porte-parole du ministère du Pétrole. "L'Irak et la Turquie souhaitent que les exportations de pétrole irakien se poursuivent, au rythme d'environ 300.000 barils de brut par jour", a-t-il dit.

L'oléoduc qui rejoint le port turc de Ceyhan traverse le Kurdistan irakien. L'Irak dispose des troisièmes réserves de brut au monde, soit 115 milliards de barils, et exporte actuellement 2 millions de barils par jour.  (Afp) 2

23-02 Les États-Unis et l'Union européenne redoutent qu'une campagne militaire prolongée en Irak débouche sur de graves affrontements entre forces turques et forces kurdes irakiennes et fragilise encore davantage le gouvernement de Bagdad.(AFP

23-02 Washington partage avec la Turquie , son alliée au sein de l'Otan, ses renseignements sur les mouvements du PKK en Irak. Il a invité la Turquie à limiter sa campagne à des cibles précises de la rébellion et à la boucler rapidement.

23-02 Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshiyar Zebari, a critiqué le bombardement de plusieurs ponts et a fait savoir que Bagdad désapprouvait l'offensive turque. Les dirigeants de la région kurde du nord de l'Irak, qui jouit d'une large autonomie, ont prévenu que toute attaque de civils ou de régions peuplées se heurterait à une vive résistance. (AFP.

23-02 Le PKK affirme avoir abattu un hélicoptère turc Cobra, près de la ville irakienne d'Amadiyah.  (ats)

24-02 Sur le terrain, les combats se sont intensifiés…

Des membres des "peshmerga", les forces armées kurdes du nord de l'Irak, ont déclaré avoir entendu des explosions et des tirs dans la région d'Hakurk, un bastion du PKK à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque, et avoir vu des hélicoptères déposer des troupes dans cette zone. Un correspondant de l'AFP a vu passer plus d'une dizaine d'avions de chasse se dirigeant dans cette direction. L'artillerie turque a pilonné pendant une heure plusieurs objectifs en territoire irakien depuis la localité turque de Cukurca, selon les peshmerga. Firat News a fait état de raids aériens et de combats dans la zone de Zap.

24-02 Vingt-cinq chars turcs supplémentaires ont pénétré dimanche dans le nord de l'Irak, apprend-on de source militaire, tandis que les médias turcs font état du parachutage au Kurdistan de troupes spéciales. Les bombardements de F-16, d'hélicoptères et d'artillerie se sont également intensifiés. "Les affrontements deviennent plus violents", a confié à Reuters un responsable militaire turc. Le chargé des relations extérieures du PKK, Ahmed Danees, a confirmé à l'agence que "les combats sont durs en six endroits". Ankara parle de son côté de trois principaux théâtres d'opération. (Reuters)

24-02 Les combats dans les montagnes du nord de l'Irak ont fait dimanche 33 morts du côté du PKK et huit du côté de l'armée, selon l'état-major turc. Les membres du PKK tués dans les bombardements ne figurent pas dans le décompte, a précisé l'état-major, qui indique qu'un de ses hélicoptères a été "détruit dans une zone proche de la frontière pour une raison inconnue".(…) Le PKK ont fourni un bilan de 47 soldats et trois membres du PKK  tués, selon l'agence de presse Firat News, considérée comme leur porte-parole. (AFP)

24-02 L'Irak a réclamé dimanche à la Turquie un arrêt "au plus vite" de son offensive dans le nord du pays, affirmant qu'elle "menace (sa) souveraineté Tout en assurant comprendre les "préoccupations légitimes" de la Turquie , le gouvernement irakien a appelé à la Turquie "à retirer ses troupes du sol irakien au plus vite", estimant que "l'opération est une menace pour la souveraineté de l'Irak" ainsi que pour "la sécurité et la stabilité de la région". (AFP)

24-02 Le gouvernement et des responsables kurdes irakien  ont déploré samedi l’incursion terrestre lancée vendredi par l’armée turque. Le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh a reconnu que la Turquie était confrontée à des menaces du PKK. "Mais les opérations militaires ne régleront pas le problème du PKK", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse consacrée à la reconstruction. " La Turquie devrait adopter un autre type de solution". Selon lui, les commandants turcs ont assuré que "l’opération sera limitée et ne violera pas" des critères qu’ils ont fixés. (Al-Oufok avec les agences de presse)

24-02 Un porte-parole de l’Assemblée nationale du Kurdistan, Tarik Jawhar, a souhaité que "le gouvernement fédéral irakien et les Etats-Unis (...) travaillent dur pour mettre fin à cette agression et demandent des négociations pacifiques pour régler le problème". "De telles opérations militaires sont considérées comme une violation évidente du territoire fédéral irakien", a-t-il observé. (Al-Oufok avec les agences de presse)

24-02 Les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) retranchés dans le nord de l'Irak "essaient de fuir vers le sud dans la panique", "Il est attendu des groupes locaux irakiens qu'ils empêchent les membres de l'organisation du PKK - d'entrer dans leur région et de s'y voir offrir une protection", a a affirmé l'état-major de l'armée turque. (AFP)

24-02 Le chef de l'aile militaire du PKK, Bahoz Erdal, a appelé les jeunes Kurdes de Turquie à des actions en représailles à l'offensive. "S'ils (l'Etat turc) veulent nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable. ", a-t-il déclaré. Erdal a également accusé les Etats-Unis de jouer un rôle actif dans l'offensive turque. Les Etats-Unis, qui, comme l'Union européenne, considèrent le PKK comme un groupe terroriste, fournissent à la Turquie depuis plusieurs mois des renseignements en temps réel sur leurs mouvements en Irak. (AFP)

24-02 Le secrétaire américain à la Défense , Robert Gates, qui doit se rendre à Ankara la semaine prochaine, a appelé la Turquie à trouver des réponses autres que militaires pour résoudre le problème kurde. "Les mesures économiques et politiques sont réellement importantes car, passé un certain seuil, les gens deviennent insensibles aux attaques militaires", a-t-il estimé. (AFP)

24-02 Les États-Unis, qui partagent avec leur partenaire turc de l'Otan les renseignements sur les mouvements du PKK, avaient conseillé à la Turquie de limiter son intervention à des cibles précises et à une durée minimale. (Reuters)

24-02 Les États-Unis, et les européens  craignent les risques d'affrontements entre l'armée turque et les peshmergas, ces anciens guérilleros kurdes irakiens qui forment l'ossature des forces de sécurité du Kurdistan autonome irakien.Les peshmergas se tiennent pour le moment à l'écart des combats turco-turcs au Kurdistan mais ils ont mis en garde ce week-end Ankara contre tout empiètement sur leurs positions et toute bavure à l'encontre de la population civile. "Les peshmergas sont en état d'alerte et se défendront si les forces turques lancent une incursion dans les territoires sous le contrôle du gouvernement régional du Kurdistan", a prévenu leur porte-parole, Jabba Yawar. (Reuters)

24-02 L'Iran, où opèrent des séparatistes kurdes alliés du PKK également basés au Kurdistan irakien, a pour sa part annoncé le renforcement de la sécurité à sa frontière avec l'Irak.(Reuters)

25-02 L'armée turque a affirmé avoir tué lundi 41 kurdes supplémentaires au cours de l'opération qu'elle mène depuis jeudi soir. "Les terroristes en tentant de fuir la région sous le contrôle de nos troupes ont été pris sous des tirs à courte portée et ont subi de lourdes pertes" dans la nuit de dimanche à lundi, a affirmé l'état-major dans un communiqué diffusé sur son site internet. L'aviation a frappé une trentaine d'objectifs dans le nord de l'Irak sur la ligne de progression des troupes turques et les hélicoptères ont effectué des raids toute la journée, a-t-il ajouté. (AFP)

25-02 Le dernier bilan fourni par le PKK faisait état d'au moins 81 soldats turque tués. Des membres des forces armées kurdes de la région autonome du nord de l'Irak ont déclaré que des raids aériens avaient commencé vers 20H00 GMT dimanche et avaient continué jusqu'à 11H00 GMT lundi dans le secteur de Hakurk, un bastion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à 20 kilomètres de la frontière turque. (AFP)

25-02 La Maison Blanche a dit espérer que l'opération serait courte et se bornerait à viser les séparatistes du PKK sans faire de victime civile.(…) "Nous espérons que ceci sera simplement une incursion à court terme", a dit devant la presse la porte-parole de la Maison Blanche , Dana Perino. (AFP)

25-02 A Diyarbakir, la principale ville du sud-est de la Turquie , peuplée en majorité de Kurdes, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour réclamer la fin de l'opération, scandant des slogans hostiles au Premier ministre tels que "Erdogan terroriste" et "Erdogan hypocrite". "Il faut écraser la main qui tente de s'emparer des monts Qandil", ont crié les manifestants, faisant référence au massif montagneux du nord de l'Irak abritant le quartier général du PKK, près de la frontière iranienne. (AFP)

25-02 La prolongation de l'opération militaire turque fait craindre au gouvernement irakien des affrontements graves entre soldats turques et les peshmergas du Kurdistan autonome irakien. Mouaffak al Roubaïe, conseiller à la sécurité nationale du gouvernement irakien, a déclaré lundi que de tels heurts pourraient avoir des "conséquences très graves" pour cette région de l'Irak.

"Plus les soldats turcs resteront longtemps et étendront leur offensive à l'intérieur du territoire irakien et plus cette hypothèse risquera de devenir réalité", a déclaré Roubaïe à la presse à Bagdad, en réponse à une question sur le risque d'affrontements entre les militaires turcs et les peshmergas. "Nous devons éviter cela à tout prix. Cela aura de très graves conséquences même si cela se produit accidentellement", a-t-il ajouté. (Reuters)

25-02 La présidence du Kurdistan irakien a prévenu que toute attaque contre des civils déclencherait une "résistance massive" des combattants peshmergas, qui ont été placés en état d'alerte. Aucune victime civile n'a pour l'instant été signalée mais les habitants de villages situés près de la frontière entre la Turquie et l'Irak disent avoir été la cible de frappes aériennes et de tirs de barrage de l'artillerie turque. Elément inquiétant, les forces terrestres turques se sont retrouvées face à face avec des peshmergas à deux reprises ces derniers jours. Selon un responsable kurde irakien, des peshmergas ont notamment empêché des blindés turcs de quitter une base dans le nord de l'Irak. (Reuters)

26-02 Les affrontements se poursuivaient aussi depuis lundi soir dans la région montagneuse de Hakurk, plus à l’est, où l’armée turque a déposé des troupes par hélicoptère tandis que des hélicoptères d’attaque bombardaient des positions du PKK, selon ces sources. L’attaque avait été précédée lundi par des bombardements du camp de Hakurk, un des principaux bastions du PKK, proche de la frontière iranienne et à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque. (Al-Oufok avec les agences de presse)

26-02 Des membres des forces armées kurdes de la région autonome du nord de l’Irak ont déclaré que des combats intenses se poursuivaient sans interruption depuis dimanche soir autour du camp de Zap, que les troupes turques soutenues par des tirs d’artillerie et une couverture aérienne s’efforçaient de conquérir. Le camp, situé dans une profonde vallée à six kilomètres de la frontière turque, est un des principaux points de passage utilisés par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour s’infiltrer en Turquie et y mener des actions. (Al-Oufok avec les agences de presse)

26-02 La Turquie , en lançant une opération militaire dans le nord de l’Irak, a fait usage de son "droit légitime à l’autodéfense" "L’opération transfrontalière menée par la Turquie est le résultat de son droit légitime à l’autodéfense", " La Turquie mène un combat juste contre une organisation terroriste qui menace la paix et la stabilité régionales (...) La Turquie a le droit de se défendre elle-même, d’éliminer ceux qui portent atteinte à la paix, l’unité et la solidarité de ses citoyens", a déclaré mardi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. (Al-Oufok avec les agences de presse)

26-02 Plusieurs pays ont appelé Ankara à la modération et à mettre rapidement un terme à l’opération qu’elle mène depuis jeudi soir dans le nord de l’Irak (Al-Oufok avec les agences de presse)

26-02 Les Etats Unis vont dépêcher le Secrétaire américain à la guerre Gates. Il sera en Turquie demain pour parler de la situation. EuroNews

26-02 Peu avant son arrivée en Turquie prévue dans la soirée, Gates, a déclaré qu'il allait insister auprès des dirigeants turcs sur la nécessité d'achever rapidement leurs opérations militaires dans le nord de l'Irak. "Il est très important que les Turcs fassent aussi vite que possible avant de partir. Ils doivent garder à l'esprit la souveraineté de l'Irak", a dit Gates avant de préciser: "Quand je dis vite, je parle en termes de jours, d'une semaine ou deux, quelque chose comme ça, mais pas en mois".AP

27-02 L'aviation, l'artillerie et des troupes au sol sont engagés dans des combats très intenses destinés à déloger le PKK retranchée dans les montagnes du Kurdistan Irakien. EuroNews

27-02 Mercredi, une amélioration sensible des conditions météorologiques a permis à l'armée turque d'acheminer plus d'une quarantaine de camions de transport de troupes à la frontière irako-turque après d'importantes chutes de neige. Des F16 et des hélicoptères de combat étaient également visibles de la ville frontalière turque de Cukurca au-dessus du territoire irakien. AP

27-02 Les soldats turcs ont tué 77 kurdes au cours de plusieurs accrochages dans la nuit de mardi à mercredi dans le nord de l'Irak.AP

27-02 La Turquie a intensifié mercredi son offensive militaire au cours des "plus lourds combats" Cinq soldats turcs et trois miliciens kurdes supplétifs de l’armée turque ont péri dans les combats, a ajouté l’état-major. ( Al-oufok avec les agences de presse)

27-02 Un dernier bilan fourni mercredi par le PKK faisait état de 108 soldats tués. ( Al-oufok avec les agences de presse))

27-02 Alors que l’aviation turque continuait de bombarder des positions du PKK, un conseiller du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dépêché mercredi à Bagdad pour discuter de l’incursion a affirmé que la Turquie ne fixerait pas de calendrier de retrait de ses soldats tant qu’ils n’auraient pas éradiqué les rebelles. "Il n’y aura pas de calendrier de retrait des troupes turques du nord de l’Irak tant que la présence de l’organisation n’est pas éliminée", a déclaré Ahmet Davutoglu, le principal conseiller de politique étrangère de M. Erdogan,  Al-oufok avec les agences de presse)

27-02 Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari. "Nous condamnons le terrorisme. Nous condamnons le PKK, mais en même temps nous condamnons toute violation de la souveraineté de l’Irak", a affirmé celui-ci. Le gouvernement irakien a sévèrement condamné mardi l’opération militaire, la qualifiant d’"unilatérale et inacceptable". (Al-oufok avec les agences de presse)

27-02 Gates, a indiqué qu’il s’efforcerait de les convaincre que "l’action militaire seule ne résoudra pas le problème du terrorisme pour la Turquie (...) ". "Il y a une place pour les opérations de sécurité, mais elles doivent être accompagnées d’initiatives économiques et politiques (...) Il faut répondre aux problèmes et aux plaintes des Kurdes dans le cadre d’initiatives pas seulement militaires afin de trouver une solution sur le long terme", a-t-il dit. (Al-oufok avec les agences de presse)

27-02 Les Etats-Unis, qui fournissent depuis plusieurs mois des renseignements en temps réel sur les déplacements des rebelles dans le nord de l’Irak, s’inquiètent de l’éventualité d’un conflit entre leurs deux alliés régionaux, les Turcs et les Kurdes d’Irak, en cas d’enlisement de l’opération turque. (Al-oufok avec les agences de presse)

27-02 A Dogubeyazit ( nord-est) peuplée majoritairement de Kurdes, une manifestation contre l’opération a dégénéré en heurts avec la police, a rapporté l’agence Anatolie, qui a fait état de trois policiers blessés et de 55 manifestants interpellés. (Al-oufok avec les agences de presse)


Dossier

1 Presse Suisse : Lundi 25 février 2008

Trois jours après le lancement de l'opération terrestre par l'armée turque dans le nord de l'Irak contre les activistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les informations restent confuses. Les zones de combat sont inaccessibles à la presse, les zones frontalières de l'Irak bouclées et la frontière actuellement fermée. Quant aux bilans, très lourds, fournis par les diverses parties, ils dressent deux tableaux très différents de la situation.
L'armée turque, tout d'abord, affirme avoir tué depuis jeudi soir 112 membres du PKK et perdu 15 de ses hommes, dont 8 dimanche. Elle a confirmé dimanche la perte d'un hélicoptère abattu par le PKK et assure avoir découvert de nombreuses caches d'armes et d'explosifs. Quant au nombre de troupes déployées dans le nord de l'Irak, aucune information officielle n'a été diffusée. Ankara a uniquement démenti les chiffres fournis par les médias, vendredi, évoquant la présence en Irak de 10000 soldats dont 3000 d'élite. Les autorités irakiennes évoquent un petit millier d'hommes.
Quelle durée?

Hier, le journal Hürriyet évoquait une «débandade» du PKK et félicitait l'armée pour avoir pris le contrôle du camp de Cemco dans lequel ont été séquestrés en octobre dernier, durant trois semaines, huit soldats turcs. Les clichés de ces militaires posant devant le portrait du leader kurde Abdullah Öcalan avaient ébranlé la Turquie. Cette fois, c'est au tour de l'état-major de publier ses propres clichés, révélant la présence de ses soldats en haute montagne.
Si l'on en croit en revanche le PKK, Bruxelles et Washington, c'est l'armée turque qui serait en difficulté avec au moins 47 soldats tués contre trois morts parmi les activistes kurdes. Selon le chef militaire, Bahoz Erdal, les combats seraient violents mais la «résistance intense». Ce responsable kurde a menacé
la Turquie de représailles urbaines et appelé «nos jeunes gens» à «rendre les villes (de Turquie) inhabitables». Un autre chef du PKK souhaitait hier que les villes turques deviennent «l'enfer».
Le flou règne également quant à la durée de cette opération. L'état-major affirme vouloir rester en Irak le temps «d'atteindre ses cibles» et souhaite rentrer au pays «dans les plus brefs délais». La presse évoque une opération de quinze jours, peu crédible selon Bahoz Erdal. Celui-ci affirme que
la Turquie tente «d'envahir» le Kurdistan irakien et pourrait rester plusieurs mois voire un an. Les autorités kurdes d'Irak assurent ne pas vouloir intervenir dans ces combats entre le PKK et l'armée turque mais donneront l'ordre d'intervenir en cas de pertes civiles.
Au niveau intérieur, cette opération terrestre fait quasiment l'unanimité en Turquie, notamment au sein de l'opposition. Le parti laïc kémaliste du CHP évoque une «étape importante». «Dans une opération chirurgicale, on ne doit rien laisser à l'intérieur», a déclaré son leader, Deniz Baykal. Même jusqu'au-boutisme du côté des nationalistes du MHP, qui appellent l'armée à se déployer et à établir une zone tampon dans le nord de l'Irak. Seuls les 20 députés d'origine kurde du DTP exigent un arrêt de cette opération qui risque, selon eux, de créer le chaos dans la région.
Appel à la modération
Les médias turcs se satisfont par ailleurs du soutien implicite obtenu par Ankara de la part de la communauté internationale. L'Union européenne, bien qu'inquiète, a appelé
la Turquie à la modération. Les Etats-Unis, coincés entre deux alliés stratégiques, les Kurdes et les Turcs, ont fait part de leur «entier soutien» dans la lutte contre le terrorisme kurde, par la voix de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, même si, hier, son homologue de la Défense , Robert Gates, a jugé l'option militaire insuffisante. «Les mesures économiques et politiques sont réellement importantes car, passé un certain seuil, les gens deviennent insensibles aux attaques militaires», a-t-il déclaré. Le gouvernement irakien a, de son côté, haussé le ton hier, exigeant le «retrait» des troupes turques «le plus tôt possible».
(Source : Ats)


2 Les communautés kurdes et turques s'unissent en une seule voix contre les attaques militaires.

D'importants secteurs des communautés kurdes et turques de Londres ont uni leurs forces pour condamner l'incursion militaire turque dans le Kurdistan irakien contre les guérilleros du PKK kurde basés à cet endroit. Dans une déclaration commune publiée lors d'une conférence de presse tenue au centre communaire kurde, situé à Green Lanes, au nord de Londres, dimanche soir, les organisations ont également dénoncé fermement le silence des gouvernements du monde entier face aux nouvelles diffusées relativement à cette attaque et à l'invasion et ont déclaré que cette invasion est le résultat d'une «conspiration internationale». Le silence du Foreign Office (Ministère des Affaires étrangères) britannique, du Département d'État états-unien et de l'Union européenne est en effet remarquable et contraste clairement avec la réaction que ces organismes ont face à des événements tels que ceux du Soudan, du Kosovo et du Zimbabwe.
Ces secteurs des communautés kurdes et turques de Londres demandent instamment une action unie pour faire échec à l'attaque turque.  Ils craignaient que celle-ci vise à saper tous les acquis obtenus par les Kurdes au cours des dernières années, y compris en Iraq même.  Ils ont lancé un appel à toutes et à tous les démocrates et humanistes à «prendre position contre ces attaques».
La conférence de presse a indiqué qu'en Turquie le grand public aussi bien kurde que turc est, dans sa grande majorité, opposé à cette escalade du conflit entre l'Etat turc et le peuple kurde.
Les groupes qui se sont unis demandent une solution du conflit au moyen de négociations pacifiques et affirment qu'il n'est pas encore trop tard pour que la communauté internationale persuade
la Turquie de changer de cap. Les troupes turques ont pendant des années fait des incursions dans le nord de l'Irak (Kurdistan du Sud) à la poursuite des forces du PKK, mais les dernières manoeuvres sont réalisées sur une échelle beaucoup plus grande et impliquent des milliers de soldats engagées dans les combats autour des monts Qandil.
Bien que les États-Unis, principal allié militaire et économique de
la Turquie , aient exhorté les Turcs à ne pas prolonger leurs actions, l'ampleur des opérations du gouvernement turc indique qu'il est en train de se préparer à une présence à long terme.

En réponse à cette situation, les activités prévues par les communautés turque et kurde de Londres au cours des prochains jours comprendra des protestations devant les ambassades des É.-U., de Turquie et d'Israël à Londres et une autre protestation devant le siège de la BBC exigeant une couverture plus équilibrée sur la télévision et la radio. Les signataires de la déclaration conjointe sont FED-BIR, le Centre culturel des travailleurs réfugiés (GIK-DER), le Centre culturel Tohum, le Centre culturel des Cent Fleurs (YCKM), le Centre communautaire kurde (KCC), le Groupe d'éducation (BIE), la Gazette «A World to Live» (Un monde à vivre) et le groupe Halkevi. DAVID EDWARD MORGAN 24-0


3 La Turquie accueille six blessés turkmènes du nord de l'Irak pour les soigner.

Six Turkmènes qui ont été blessés dans une attaque suicide à Talafar dans le nord d'Irak ont été transférés mercredi en Turquie pour recevoir des traitements, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
Les Turkmènes blessés, dans un état critique, sont entrés en Turquie par la porte frontalière Habur à Silopi dans la province sud-est de Sirnak, selon le reportage.
Les six Turkmènes ont été blessés la semaine dernière lors d'un attentat suicide à Talafar et transférés de Zakho pour
la Turquie. Ils ont été transportés par trois ambulances à l'Hôpital 29 Mayis de la capitale turque. (Xinhua)

2008-02-28

http://turkmenfriendship.blogspot.com/

N° 337- Journal d'Irak' La guerre dans la guerre'-22 au 28/02(suite)

Sommaire (suite) :

2 Occupation de l'Irak

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vivas Maxime : La face cachée de ‘Reporters sans frontières’.

6 Brèves

6-1 Un appareil B-2 de l'US Air Force s'écrase…

6-2 Harry Reid : "Nous ne pouvons pas dépenser un demi milliard de dollars chaque jour en Irak".

6-3 USA 2008 : la présidentielle …


La résistance contre l'agresseur

2-1 Les forces en présence

USA

25-02 Le Pentagone a annoncé que les effectifs du contingent déployé en Irak atteindraient 140.000 militaires en juillet, à l’issue du retrait de cinq brigades de combat.(plus de 20.000 troupes combattante ) (Al-Oufok avec les agences de press


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes milices collaboratrices

24-02  L'Armée d'Ansar al Sunna, a annoncé avoir exécuté douze Népalais présentés comme des employés d'une compagnie américaine. (Reuters)


Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad

Opération Wolf": et le nouveau plan de sécurité «Ordre et loi» devanant Fardh al-Qanoon ou "Imposing Law", (Imposer la loi),

25-08 Depuis dix-huit heures, heure locale, la circulation de tout véhicule a été proscrite dans Bagdad et l'ensemble de son agglomération. Cette mesure restera en vigueur jusqu'à nouvel ordre. EuroNews

Et à Bagdad. pendant de ce temps..?

22-02 Plusieurs obus de mortier ont touché vendredi la zone verte de Bagdad où sont basés le gouvernement irakien et l’ambassade américaine, sans qu’aucun bilan humain ou matériel ne soit annoncé. "Je confirme que nous avons été sous le feu de tirs indirects à plusieurs reprises", a déclaré le major Brad Leighton, porte-parole de l’armée américaine d’occupation. Elle attribue cette attaque à des "groupes spéciaux", composés de membres de l’armée du Mahdi de Moktada al Sadr qui refuseraient la trêve qu’a déclaré al Sadr. (Al-Oufok avec les agences de presse)

23-02 L’armée irakienne a interdit samedi la circulation des motos, des vélos et des charrettes dans les rues de Bagdad, a-t-on appris de source militaire. La décision d’interdire les charrettes a été prise après une attaque vendredi qui a fait trois morts. L’engin était dissimulé sous une charrette tiré par un cheval.

On ignorait la raison pour laquelle l’interdiction a été étendue aux motos et aux vélos. Elle entrera en vigueur dimanche à l’aube pour ces deux véhicules. Elle est appliquée depuis midi pour les charrettes, a précisé le général Qassim al-Moussawi, porte-parole de l’armée pour le secteur de Bagdad. (Al-Oufok avec les agences de presse)

26-02 Selon des journalistes de Reuters, une dizaine d'explosions se sont succédé dans le quartier et une sirène a retenti pour inviter les habitants à se protéger. "Je confirme que nous avons été sous le feu de tirs indirects à plusieurs reprises", a déclaré le major Brad Leighton, porte-parole de l'armée américaine.

Mirembe Nantongo, porte-parole de l'ambassade américaine, a refusé de dire si les explosions avaient fait des victimes ou provoqué des dégâts. "Pour maintenir la sécurité des opérations, nous ne faisons pas de commentaires sur des tirs indirects sur la Zone internationale", a-t-elle dit. Par le passé, l'armée américaine a attribué les tirs de missile sur la "Zone verte" à des "groupes spéciaux", composés de membres de l'armée du Mahdi de Moktada al Sadr qui refuseraient la trêve. (Reuters)


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb 

Buhrouz, un faubourg de Baqouba.

25-02 La résistance a  tendu une embuscade contre une  patrouille à Bohrouz, au nord-est de Bagdad. "La patrouille, composée de deux véhicules, a été attaquée par des assaillants utilisant des lance-roquettes RPG et des fusils d'assaut. Le commandant de la patrouille et sept soldats figurent parmi les personnes tuées dans l'attaque", selon le général Ragheb al-Omairi.(AFP)


1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Cette région est l'un des bastions de la résistance. Dans Salaheddine, les résistants ont lancé une nouvelle série d'attaques contre les responsables des forces de sécurité et les chef tribaux ralliés à l'armée US.

25-02 Des soldats américains et irakiens ont lancé une série d'opérations contre les résistants qui s’y sont retranchés (Reuters)

Samarra

25-02 Un homme en fauteuil roulant s'est fait exploser dans les locaux de la police tuant un général et deux policiers, et blessé quatre autres selon les services de sécurité. Le kamikaze a dit vouloir rencontrer le général Abdel Jabbar Saleh Rabia et s'est fait exploser alors qu'il se trouvait en sa présence, le tuant. (AFP& Reuters)


1-13 Les autres villes de l'Irak occupée

Kerbala

24-02 Pour tenter de prévenir toute attaque à Kerbala, la sécurité irakienne a déployé plus de 40.000 membres des forces de sécurité. Le pèlerinage draine des foules immenses de fidèles. "Nos forces sont prêtes à faire face à toute menace ", a indiqué le général Raëd Chaker Jawdat. Les pèlerins se rendent à Kerbala pour célébrer l’imam Hussein, une des figures les plus révérées de l’islam. (Al-Oufok avec les agences de presse)

25-02 L'armée d’occupation a indiqué que ses troupes et les soldats irakiens avaient augmenté le nombre de leurs patrouilles et installaient des barrages supplémentaires afin d'assurer la protection des pèlerins. (AFP)

26-02 Cinq millions de pèlerins sont attendus jeudi pour un pèlerinage à Kerbala placée en état d’alerte maximum.

Plus de 40.000 soldats et policiers irakiens ont été déployés dans et aux alentours de la ville, située à 110 km au sud de Bagdad, de même que 10.000 membres de la force d’intervention rapide, selon le chef de la police de Kerbala, Raëd Jawdat. "Le dispositif de sécurité est très large et à son plus haut niveau pour accueillir l’immense nombre de pèlerins qui se rendront à Kerbala", a affirmé le ministre d’Etat pour la sécurité nationale, Chirwane Al-Waëli. Le gouverneur de la province de Kerbala, Khamis al-Khazali, a précisé qu’au moins cinq millions de pèlerins étaient attendus dans la ville sainte, qui sera transformée en place fortifiée, encadrée de trois cordons de sécurité, survolée par des hélicoptères et surveillée par 750 tireurs d’élite. Aucun véhicule ne pourra y pénétrer et les pèlerins seront fouillés à des barrages, équipés de portiques électroniques pour détecter les métaux. ( Al-oufok avec les agences de presse 26-02)


Enlèvements

26-02 Al-Arabiya a diffusé des extraits d'un enregistrement vidéo sur lequel un ressortissant britannique enlevé en mai 2007 en Irak expose les revendications de ses ravisseurs en faveur de la libération de neuf de leurs hommes détenus par les forces britanniques.L'otage Peter Moore ( ?) demande à  Gordon brown, de relâcher neuf Irakiens, détenus par les forces d’occupation en échange de sa libération et de celle de ses compatriotes. Sur les images, on le voit appeler le Premier ministre britannique Gordon Brown à accéder aux demandes des ravisseurs de procéder à un échange. "C'est aussi simple que cela, c'est un simple échange de personnes", dit le ressortissant..

Peter Moore (un informaticien) a été enlevé en mai 2007 au ministère irakien des Finances avec quatre de ses agents de sécurité britanniques. Le groupe a été emmené en direction de Sadr City. "Je suis détenu ici depuis près de huit mois maintenant", explique le Britannique qui travaillait pour la firme BearingPoint. EuroNews & AP

27-02  Un journaliste Britannique travaillant pour la télévision américaine CBS a été enlevé le 10 février à Bassorah, au sud de Bagdad. EuroNews


L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)
 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation) 1.033.098
Civils blessés (depuis l'occupation)  70.579 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 9012    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 4.018  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 50.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)
Coalition
Nombre de soldats occupants  tués (ou morts...)  34.723  
Soldats occupants blessés (ou malades) 52.717 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 66.108***
Suicides Tentatives de suicide et d’automutilations                                       Mercenaires tues                                                                                                                                            3.650 933  
Soldats non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats irakiens  tués 12.088
Policiers /soldats irakiens blessés 26.110 (chiffre minimal)
Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854
Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres miliciens) 5.372
Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres miliciens) 9.168
Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'electricité   464 attaques (grand minimum)
Infrastructures du rail 195 attaques (idem)
Hélicopteres 98 ++              (idem)
Avions (& drone) 28 ++
Ces totaux sont obtenu par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET 
5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

23-02 Chihab al-Timimi , le chef du syndicat irakien des journalistes a été grièvement blessé par balles samedi à Bagdad, a-t-on appris de sources policières et syndicales. Son fils âgé de 22 ans, qui se trouvait également dans le véhicule, n'a pas été touché. AP

5-1 Vivas Maxime : La face cachée de Reporters sans frontières.

Le livre est arrivé  (De la CIA aux Faucons du pentagone)

Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.

Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice". Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je.

Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG...

La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone).

Quand on voit dans un champ une grande chose blanche, avec des taches noires, avec des cornes, qui mange de l’herbe, qui donne du lait et qui fait MEUUUH, on peut raisonnablement en conclure qu’il s’agit d’une vache. Ajoutons que si un cow-boy traîne dans les parages, lui caresse l’échine et vante ses mérites, la tentation est grande de classer l’animal dans la famille des bovinés, surtout quand on le surprend à brouter son foin au râtelier d’un ranch. Reporters sans frontières est-elle une fausse ONG qui égare les médias par ses informations choisies ?

Voici les paravents à peine opaques de la CIA qui alimentent RSF en dollars :

le Center for a Free Cuba

 et la National Endowment for Democracy (NED) via l’United States Agency for International Development (USAID).

Voici deux personnages qui ont occupé des hautes fonctions dans ces généreuses officines : l’activiste Otto Reich qui travailla à la direction de la CIA et John Negroponte, ex-ambassadeur en Irak occupé, qui fut, jusqu’au début de 2007, patron de l’ensemble des services de renseignements US.

Voici un autre sponsor : l’Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s’agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien.

Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les vérités évolutives, les mensonges réitérés de RSF, le tout au service d’une cause sans rapport avec les objectifs affichés.

Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l’Empire veut soumettre et son silence sur les effets de la financiarisation de la presse dans les pays riches.

Notons sa mansuétude envers les « bavures » de l’US Army, ses « oublis » dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes et posons la dernière pièce : le clin d’œil appuyé de Colin Powell à cette ONG (et à elle seule) dans un volumineux rapport qui détaille les modalités prévisionnelles de gestion, sous protectorat US, d’un pays d’Amérique latine prioritairement ciblé par RSF.

Alors, association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ?

Au lecteur de dire si le puzzle ici assemblé fait MEUUUH !

Maxime Vivas

Mardi 27 novembre 2007.

La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone), en librairie depuis le 24 novembre 2007 (Aden Editions), préface de Thierry Deronne, 272 pages (36 chapitres, six annexes), 20 euros.

Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.

- Licencié en Communications Sociales (IHECS, Bruxelles), le journaliste vénézuélien Thierry Deronne a fondé plusieurs télévisions associatives (Teletambores, Camunare Rojo TV), l’Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma (Caracas), le Journal International de Quartier. Il est vice-président de la Télévision Publique nationale du Venezuela Vive TV.

Autres titres

Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona. Les subventions versées à Reporters sans frontières par l’Union européenne intrigue le Médiateur, par Maxime Vivas.

Le livre est arrivé : La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone), par Maxime Vivas. 28 novembre 2007

Deux meurtres et un mensonge. 

 (Extraits du chapitre VIII).

Le 8 avril 2003, un tir de l’armée états-unienne sur l’hôtel Palestine à Bagdad, lieu où résidaient des dizaines des reporters couvrant la guerre provoque la mort de deux journalistes (Taras Protsyuk de l’agence britannique Reuters et José Couso de la télévision espagnole Telecinco) alors que le monde entier savait que cet hôtel était le Q.G. des journalistes non « embedded « . Le jour même, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) publiait un communiqué approuvant la démarche de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) qui demandait une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces attaques par les troupes états-uniennes. On y lisait : « La FIJ qualifiait de « crime de guerre »l’attaque de ce jour contre l’hôtel « Palestine »dans lequel la plupart des journalistes internationaux résident à Bagdad. Il en est de même avec la destruction des locaux d’Al Jazira et ceux de la télévision d’Abu Dhabi, ainsi que la canonnade du véhicule de l’équipe d’ITN, le 22 mars dernier. Au moins 13 journalistes ont, à ce jour, perdu la vie au cours de ce conflit. Les journalistes ne sont pas des combattants et ne doivent pas être pris pour cible. Pas plus qu’ils ne doivent être manipulés ou utilisés comme « boucliers humains »par les autorités des pays en guerre. »

Le 15 janvier 2004, RSF revient sur le drame dans un communiqué(www.rsf.org/article.php3 ?id_article=9043 - 49k-) où elle acquitte les militaires tireurs : Elle prétend qu’ils ignoraient qui se trouvait dans l’hôtel Palestine et elle regrette « cette erreur criminelle » cette « bavure » ou « erreur de jugement » qui constitue « l’élément essentiel à l’origine du drame. » « L’enquête de Reporters sans frontières établit que les militaires sur le terrain n’ont jamais été informés de la présence massive de journalistes dans l’hôtel Palestine. » Il s’agit donc pas d’un un « tir délibéré ». « Au niveau inférieur, le capitaine Philip Wolford et le sergent Shawn Gibson ont réagi en militaires agressifs sur le champ de bataille [mais] ils ne semblent pas devoir […] être tenus pour responsables étant donné qu’ils ne disposaient pas des informations qui leur auraient permis de prendre conscience des conséquences du tir sur l’hôtel Palestine. Leurs supérieurs immédiats . […] le lieutenant-colonel Philip Decamp, chef de bataillon, et le colonel David Perkins, chef de brigade - ne semblent également pas devoir être tenus pour responsables. »

CQFD. Laissons donc la FIJ et le SNJ parler de « crimes de guerre ». Qui les écoute quand les micros sont dirigés vers RSF ?

Et RSF de s’interroger : « La question est de savoir pourquoi cette information a été retenue. Volontairement, par mépris, ou par négligence ? » Après avoir posé cette vraie question, et comme effrayée de son audace, elle s’empresse d’écarter les deux premières hypothèses : « Il s’agit [...] d’une négligence criminelle » suivie (car les états-uniens n’ont pas tout dit sur les « négligences ») d’un « mensonge par omission. » Puis, RSF publie les états de services flatteurs, fournis par l’US Army, semble-t-il, de ces braves militaires, héros au cœur au tendre. Mais, quatre ans plus tard, c’est la tuile. La justice s’abat sur les anges en uniforme. Voici comment RSF en rend compte (www.rsf.org/article.php3 ?id_article=20438 - 39k) : « Le 16 janvier 2007, le juge madrilène Santiago Pedraz a émis un mandat d’arrêt international à l’encontre de trois militaires américains, pour l’« assassinat » de José Couso, cameraman de la chaîne privée Telecinco, tué le 8 avril 2003 dans l’attaque de l’Hôtel Palestine de Bagdad. Cette mesure concerne le sergent Thomas Gibson, le capitaine Philip Wolford et le lieutenant-colonel Philip de Camp. » !

Passons sur l’obstination de RSF à apposer des guillemets à « assassinat ». Le fait important est que la Justice lance en 2007 un mandat d’arrêt international contre trois militaires états-uniens que RSF s’était empressé de blanchir en 2004.

Le traitement de cette affaire par RSF s’est avéré dès le début à ce point partial que la famille d’une des victimes, le caméraman espagnol José Couso, est révoltée. Elle lui a demandé de se retirer du dossier car ses conclusions « exonèrent les auteurs matériels et reconnus du tir sur l’Hôtel Palestine en se basant sur la douteuse impartialité des personnes impliquées, et sur le propre témoignage des auteurs et responsables du tir… » Cette attitude de RSF, si manifestement contraire à la sécurité des journalistes, si conciliante envers l’Armée des Etats-Unis (malgré quelques rodomontades, admonestations platoniques qui ressemblent à des diversions sans lesquelles la connivence serait trop visible) représente un réel danger pour la vie de ceux que l’association prétend défendre. Du coup, on s’interroge : les journalistes de guerre qui tiennent à leur peau peuvent-ils compter sur Robert Ménard ? Quant aux autres, qui écrivent depuis leurs bureaux dans l’Hexagone, ne devraient-ils pas s’inquiéter, en toute confraternité, pour ceux que leur journal envoie au front et réclamer des comptes à RSF dans leurs éditoriaux ? Enfin, les rédacteurs en chef, les responsables des rubriques courrier, débats, rebonds, libres expression, points de vue, ne seraient-ils pas bien avisés de s’empresser d’ouvrir leurs colonnes aux citoyens qui prétendent que l’information nécessite des journalistes vivants et qui s’alarment de la dérive d’une association qui porte (et qui peut-être galvaude) un si beau nom ?

Car, derrière les spectaculaires gesticulations humanitaro-publicitaires de Reporters Sans Frontières, derrière sa capacité à afficher des portraits géants de journalistes, derrière ses montages de campagnes médiatico-émotionnelles puissamment relayées, l’ombre noire de sa proximité avec le plus puissant pays que le monde ait jamais connu enveloppe comme un linceul les corps raidis de journalistes mis en terre avec le droit des populations à connaître la vérité sur les crimes de guerre.

Même le lecteur le moins sagace détectera un grand mystère dans le manque de suspicion de RSF. Quand l’Armée US tire sur le siège de la radiotélévision yougoslave, sur le QG des journalistes à Bagdad, sur les journalistes non incorporés un peu partout, il ne vient pas à l’idée de RSF qu’il s’agit d’attaques délibérées contre la presse. Simples bavures, erreurs, maladresses, défaut d’information. On peut comprendre que, sur les champs de bataille, des bavures se produisent. Mais chaque journaliste tué par l’armée d’occupation a-t-il été victime d’un accident ? A l’évidence, si l’on en croit les témoins des cas que nous venons de citer, cette thèse est insoutenable pour un esprit de bonne foi.

Que pas une seule fois l’armée des Etats-Unis n’ait bombardé par erreur un ministère du pétrole, le siège d’une banque, un gazoduc ou un oléoduc, les locaux de médias amis, une ambassade d’un allié, ne suscite pas la moindre question sur le point commun de toutes les bavures : semblables à des actions volontaires mûrement réfléchies, elles n’affectent jamais les intérêts des Etats-Unis mais châtient les gêneurs réels ou potentiels.

Maxime Vivas

La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone), par Maxime Vivas, (Aden Editions).


6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 Un appareil B-2 de l'US Air Force s'écrase…

Un bombardier stratégique B-2 de l'US Air Force s'est écrasé vendredi juste après son décollage, à Guam. Ses deux pilotes sont parvenus à s'éjecter de l'avion, a annoncé l'armée américaine. Les bombardiers stratégiques B-2 sont eux indétectables par la plupart des radars. Ils ont une autonomie de près de 11 000 kilomètres et coûtent près d'1,2 milliard de dollars l'unité. Ces appareils ont eux été utilisés lors de missions effectuées en Afghanistan, en Irak et en Serbie. (ats / 23 février 2008)


6-2 Harry Reid : "Nous ne pouvons pas dépenser un demi milliard de dollars chaque jour en Irak".

Les républicains du Sénat américain ont accepté de débattre d’un texte législatif qui couperait les fonds pour la guerre en Irak, estimant que ces discussions leur fourniront l’occasion de mettre en avant les progrès réalisés ces derniers mois sur le terrain. Ce débat "nous donnerait une chance de parler du progrès extraordinaire qui a été enregistré en Irak au cours des six derniers mois, pas seulement sur le plan militaire" mais aussi en ce qui concerne "la réconciliation civile" dans le pays, a avancé mardi le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell. Les sénateurs se sont prononcés par 70 voix contre 24 pour entamer un débat sur le texte. Un vote définitif est attendu cette semaine ou la semaine prochaine.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid s’est félicité de la tenue de ce débat. "En Irak, une guerre fait rage", a-t-il dit. Et d’ajouter : "les Américains doivent commencer à s’occuper des Américains", "nous ne pouvons pas dépenser un demi milliard de dollars chaque jour en Irak". Mardi 26 février 2008 – Al-oufok avec les agences de presse)


6-3 USA 2008 : la présidentielle....

McCain(républicain ) et Barack Obama(démocrate) se sont affrontés par meetings interposés sur la stratégie à adopter en Irak, en prélude à ce qui sera peut-être le duel de l'élection présidentielle américaine.L'impopulaire guerre en Irak, qui approche de son cinquième anniversaire, est l'un des principaux sujets de la campagne qui divisent les candidats. Les démocrates sont favorables à un retrait rapide des troupes tandis que le sénateur de l'Arizona martèle que cela reviendrait à une reddition et offrirait une victoire aux extrémistes islamistes.

Obama a déclaré lors du dernier débat télévisé avec Hillary Clinton que si Al Qaïda implantait une base en Irak après le départ des troupes américaines, "alors nous devrions agir de façon à protéger la patrie américaine et nos intérêts à l'étranger".

"J'ai des informations", a lancé McCain lors d'une réunion électorale dans une mairie au Texas. "Al Qaïda est en Irak. Cela s'appelle Al Qaïda en Irak. Mes amis, si nous partons, ils n'établiront pas une base, ils prendront le pays et je ne permettrai pas que cela se produise", a-t-il ajouté.

Il a toutefois été quelque peu contredit par le directeur du renseignement national, Michael McConnell, qui a déclaré mercredi devant les parlementaires américains qu'Al Qaïda en Irak avait subi de sérieux revers l'année dernière. L'organisation est toujours capable de "lancer des attaques meurtrières", mais elle a perdu des centaines de combattants qui ont été tués ou arrêtés, a-t-il dit.

Obama a riposté aux déclarations de McCain lors d'un meeting à Columbus dans l'Ohio en déclarant que le vétéran de la guerre du Viêtnam avait soutenu une guerre "qui n'aurait jamais dû être autorisée et qui n'aurait jamais dû être engagée". "J'ai des informations pour John McCain, il n'y avait rien qui ressemblait à Al Qaïda en Irak jusqu'à ce que George Bush et John McCain décident d'envahir l'Irak", a-t-il dit, déclenchant une salve d'applaudissements. Il a ensuite ironisé sur les déclarations du sénateur de 71 ans, qui a promis de retrouver Oussama ben Laden même s'il devait le suivre jusqu'aux "portes de l'enfer". "Pour l'instant, tout ce qu'il a fait c'est suivre George Bush dans une guerre malencontreuse en Irak", s'est moqué le jeune sénateur métis. Reuters - Andy Sullivan, version française Gwénaelle Barzic 27 février,

N° 337 - Journal d'Irak' La guerre dans la guerre'-22 au 28/02 (fin)

Sommaire (Fin) :

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

8-1 Il y a 17 ans : Le massacre d’Al-Amira à Bagdad ! Qui s’en souvent ?

9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

9-1 De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne.

9-2 Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée


8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Il y a 17 ans : Le massacre d’Al-Amira à Bagdad ! Qui s’en souvent ?

Le 13 février 1991, il y a tout juste 17 ans, une bombe anti-bunker, « à l’intelligence moyenne, qui tue et enterre en même temps », selon l’expression du tunisien Omar Khayyam, a fait plus de 400 victimes civiles dans l’abri d’Al-Amiria à Bagdad.

Qui s’en souvient ?

Le moteur de recherche Google, le plus performant d’entre tous, ne reconnaît même pas le nom d’Al-Amiria et suggère aux curieux d’essayer avec l’orthographe « al hamra » à Bagdad et c’est à peine qu’il évoque ce massacre à deux ou trois reprises dans des textes récents. Il est vrai que depuis le massacre d’Al Amiria, des millions d’irakiens, enfants, femmes et vieillards, civils et combattants, ont trouvé la mort sous des bombes plus intelligentes, à fragmentation, à l’uranium appauvri, au napalm et au phosphore, ou d’une façon moins brutale et plus lente, par la malnutrition, la faim ou le cancer occasionné par l’uranium appauvri qui pollue l’eau, le sol et l’atmosphère pour des générations. En juin 1995, Le Monde diplomatique a publié un article indiquant que l'Institut pour la science et la sécurité internationale de Washington avait estimé à 300 tonnes le poids total de l'uranium contenu dans les obus tirés en Iraq. Les irakiens meurent de plus en plus aussi par le nouveau cancer des luttes interconfessionnelles, avec leur lot quotidien de voitures piégées, de massacres perpétrés par les escadrons de la mort et des assassinats ciblés…. ! Qu’est-ce donc que 400 morts dans un pays qui a enterré près de trois millions de ses enfants en 16 ans et où les vivants se sentent déjà en sursis? Il est tout de même utile de rappeler les faits tels que relatés dans ce papier, traduit de l’arabe, de l’irakien Mohamed Bessam Youssef.

Ahmed Manai

Origine :http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=7474/

« Il y a 17 ans, le mardi 13 février 1991 à 4 heures 30, avec les premières lueurs de l’aurore, deux violentes explosions se firent entendre à l’intérieur de l’abri al-amiria à Bagdad, faisant 408 morts, des enfants, des femmes et des vieillards, victimes d’un bombardement prémédité et bien calculé de l’aviation de la superpuissance américaine. Tous les martyrs étaient des civils. Ils avaient fui les bombardements sauvages de leurs quartiers, des ponts, des routes et des voitures en circulation, par l’armée du pays qui se gargarise de défendre les droits de l’homme, de protéger les civils innocents et de respecter les lois de la guerre et de la paix, pour se réfugier dans cet abri supposé à l’épreuve des bombes. Tous ont péri par traîtrise : 260 femmes, 52 bébés dont le plus jeune avait à peine 7 jours et 90 enfants et vieillards entre 3 ans (le cas de l’enfant Ahmed Alamr), et 93 ans (le cas de Dhoul Fikar). On ne retrouva que 314 cadavres, passablement reconnaissables et des lambeaux de chair, des flaques de sang des 94 autres victimes.

L’abri d’Al Amiria était conçu pour protéger les fugitifs, enfants et femmes notamment, des armes non conventionnelles, chimiques, bactériologiques et des radiations nucléaires. Ses murs, en béton armé, avaient une épaisseur de 1,50 m et sa porte principale, en acier, pesait 5 tonnes. Il était censé protéger aussi contre les effets de la terreur des bombes et des bruits assourdissants de la guerre, si bien, qu’après le bombardement, l’abri a rendu inaudible les cris et les plaintes des suppliciés. Le massacre fut à la mesure de la sauvagerie des agresseurs américains » !

« Le 13 février 1991, à l’heure où le Muezzin appelait à la prière de l’aurore à Bagdad et où « le monde libre », c’est ainsi qu’il s’est autoproclamé, dormait d’un sommeil paisible, bercé par la certitude de la victoire du loup sur l’agneau, des centaines d’enfants et de femmes agonisaient et mouraient par suffocation ou par le feu, sans même pouvoir faire entendre leurs cris et leur douleur. Des familles entières furent ainsi décimées, des familles irakiennes bien sûr, mais aussi des syriennes et des palestiniennes. L’abri Al Amiria était un modèle réduit de ce qu’était Bagdad à l’époque, une ville ouverte à tous les arabes et où chacun avait les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est ainsi que Oummou Aymen, la syrienne, y trouva la mort avec 9 de ses enfants et petits enfants, à côté de Adiba, la palestinienne et les siens et toute la descendance de Oummou Ghaïdâa, l’irakienne et tant d’autres.

Cette dernière raconte : « j’ai perdu dans l’abri Al Amiria mes 9 enfants, garçons et filles. Je croyais qu’en les y amenant, ils seraient à l’abri des bombardements sauvages des américains. Depuis, j’ai perdu jusqu’au souvenir de mon nom, lui aussi a trouvé le martyr. Depuis, on m’appelle la mère de Ghaïdâa, la martyre. C’était ma fille aînée, âgée de moins de 13 ans. Le jour du massacre, on m’avait déconseillé d’y aller parce qu’il n’y avait rien à reconnaître. Mais je suis passée outre leurs conseils, leur rétorquant que j’étais une mère et que si je n’arrivais pas à distinguer leurs traits, j’arriverai quand même à les sentir. Ce sont mes enfants, une part de moi-même, mon cœur …je les reconnaîtrais sûrement !

Une autre mère irakienne raconte: « j’ai cherché vainement ma fille et puis soudain, j’ai aperçu son oreiller calciné. Je n’ai rien trouvé d’autre d’elle. J’avais espéré trouver d’elle une chaussure, un cahier ou même un lambeau de chair, n’importe quoi, qui me renvoie son odeur. Elle s’était simplement volatilisée ».

Une troisième mère raconte : « je cherchais mon enfant comme une folle. Mon fils n’était ni officier, ni conducteur de char, ni combattant. Il n’était même pas sur un site militaire ou au front. Il était dans un abri…à Al Amiria !

Abdel Krim Abdallah qui était dans les équipes de secours, raconte: « au troisième jour après le massacre et alors que nous étions en train d’enlever les débris et de nettoyer les murs du sang, des lambeaux de chair et d’organes humains (des yeux, des oreilles …) qui collaient, nous avons trouvé le cadavre calciné d’une femme auquel collait celui de son nourrisson, lui aussi calciné, surpris par la mort alors qu’il tétait le sein de sa mère » !

« Qu’aurai-je à ajouter, sinon que, si les arabes et les musulmans n’avaient pas gardé le silence sur ce massacre, perpétré il y a 16 ans, les américains n’auraient jamais eu l’audace d’essayer de transformer tout l’Irak, aujourd’hui, en une sorte d’abri Al Amiria et leurs agents et milices criminelles n’auraient jamais tenté de se déchaîner sur Bagdad et l’ensemble de l’Irak, avec toute la barbarie qui est la leur ».

Mohamed Bessam Youssef

Publié par femmirakiennes

Monday, February 18, 2008


 9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne.

Tom Engelhardt :

Peut-être le moment est-il venu pour Seymour Hersh d’aller y voir à nouveau.

Ou pour la communauté mondiale de l’Internet de se saisir du sujet.

Peut-être, tôt ou tard, les journalistes des grands médias américains en Irak (et leurs rédacteurs en chefs aux États-Unis) finiront effectivement par tourner leurs regards vers le ciel, y remarqueront ces traînées laissées par les jets, constateront l’impact de ces bombes et de ces missiles de « précision », et se demanderont si l’on a réellement à faire à une période monotone et routinière lorsque l’US Air Force lâche 50 tonnes d’explosifs sur une zone agricole aux portes de Bagdad. Peut-être des artistes commenceront à nouveau à exprimer leur indignation sur la vraie nature de la guerre aérienne dans des oeuvres d’art, dont une au moins deviendra iconique et voyagera à travers le monde pour nous rappeler simplement ce que la « libération » d’Irak, après 5 ans, a vraiment signifié pour les irakiens.

Extraits

L’abc de la guerre aérienne en Irak

Considérons un instant la puissance aérienne américaine en Irak et rassemblons quelques informations rarement rapprochées. Ces dernières années, le Pentagone a investi des milliards de dollars pour construire les infrastructures nécessaires au déploiement de sa puissance aérienne en Irak et alentour. Pour commencer, il a construit l’une de ses plus grosses bases de toute la planète hors États-Unis à environ 80 kilomètres au nord de Bagdad.

La base aérienne de Balad a été décrite par Newsweek « comme une mini-ville rectangulaire de 10 kilomètre de côté avec des milliers de remorques et de dépôts de véhicule », dont l’aéroport accueille 27 500 décollages et atterrissages par mois. Réputée venir en « seconde place seulement sur l’échelle du trafic mondial après l’aéroport Heathrow de Londres », elle pourrait supporter un trafic semblable à l’aéroport international O’Hare de Chicago. Avec environ 140 000 tonnes de marchandises par an, la base est l’aéroportle plus fréquenté parmi ceux relevant de par le monde du Département de la Défense. C’est également la résidence d’environ 40 000 personnels militaires, contractuels privés et employés civils du Pentagone. Elle possède ses propres lignes de bus, ses établissements de restauration rapide, ses rues, ainsi que deux « PX », ces supermarchés réservés aux militaires qui ont la taille des implantations de K-Marts, la chaîne de grande distribution américaine. Selon Thomas Ricks du Washington Post, elle possède également des quartiers résidentiels comme “KBR-land’ pour les contractuels civils et “CJSOTF” (Force d’opération spécial combinée), « résidence d’une unité d’opérations spéciales, dissimulée par des murs particulièrement hauts ». Les contrôleurs aériens de la base voient gèrent quotidiennement « plus de 550 opérations aériennes pour un seul jour ». Pour un montant qui se chiffre en milliards de dollars, les pistes de Balad et les autres équipements ont été modernisés - et continuent de l’être, pour plusieurs années d’utilisation intensives. Selon la presse militaire, la rénovation devrait commencer ce mois-ci avec un système ultra-moderne de contrôle et de commandement du champs de bataille qui intégrera toute la gestion du trafic aérien au-dessus de l’Irak. Le correspondant à la Défense de la National Public Radio, Guy Raz a effectué une visite de la base l’année dernière et l’a qualifiée en ces termes : « un immense site de construction..., les bruits des chantiers et les vrombissements des générateurs accompagnent partout les visiteurs. Vue de nuit depuis le ciel, la base ressemble à Las Vegas : Alors que les villages aux alentours ne reçoivent que 10 heures d’électricité par jour, les lumières ne s’éteignent jamais sur la Base aérienne de Balad ». Cette construction aux dimensions gigantesques a été conçue pour un usage à long terme.

Au même moment, les unités aériennes étaient de plus en plus concentrées dans et autour de l’Irak. Par exemple, à la mi-2007, Associated Press rapportait déjà : « Des escadrilles d’attaque sont venues s’ajouter à la flotte déjà basée dans le pays. La force de reconnaissance aérienne a été pratiquement doublée depuis l’année dernière. De puissants bombardiers B1-B ont été rappelés au combat sur l’Irak... Plus tôt cette année, l’Air Force a envoyé discrètement une escadrille d’avions d’attaque A10 “Warthog”, soit une douzaine ou plus d’appareils, qui seront déployés à la base aérienne d’Asad dans l’ouest de l’Irak. Dans le même temps, elle a ajouté une escadrille de F-16C Fighting Falcon... à Balad ».

Dans le même temps, l’an passé, des porte-avions accompagnés des navires de leurs groupes de combat on été stationnés dans le Golf Persique et les équipements des sites proches de Bagdad comme l’énorme base d’Al-Udeid au Qatar continuent d’être modernisés. La description de cet accroissement des forces ne dit pourtant pas tout sur l’intensification de la guerre aérienne. Lolita Baldor de Associated Press a récemment rapporté que « L’utilisation par les militaires des drones qui savent espionner, chasser et parfois tuer des insurgés a dépassé les 500 000 heures de vol, la plupart au dessus de l’Irak. » L’utilisation de ces « engins aériens sans pilote » (UAV), incluant des Predators armés de missile Hellfire, a doublé au cours des dix premiers mois de 2007- les heures de vol des Predators augmentant de 2000 à 4300. selon Baldo. L’armée de terre à elle seule dispose maintenant de 361 drônes actifs en Irak. A l’avenir, ils devraient être beaucoup plus nombreux. Les portes parole militaires américains et les membres du gouvernement ont pendant des années stigmatisé les insurgés irakiens et afghans, leur reprochant de se cacher derrière les populations civiles, et les accusant à la fois d’immoralité et de lâcheté. Quand de tels portes parole admettent infliger des « dommages collatéraux » sur les populations civiles, ils reprochent aux combattants d’utiliser les civils en « boucliers ». Et tout cela est régulièrement et consciencieusement relaté par notre presse. Par contre, personne ici ne considère l’utilisation de drones de la même façon, tandis que les UAVs comme les Predators ou le plus récent Reapers, beaucoup plus lourdement armé, sont généralement pilotés par des opérateurs stationnés sur des consoles informatiques situés par exemple à la base Nellis de l’Air Force à proximité de Las Vegas. C’est de là qu’ils lancent leurs missiles contre des « force anti-irakiennes » ou contre des talibans, entraînant des morts civiles en Irak comme en Afghanistan.

Ainsi que le disait un pilote américain qui a tiré des missiles de Predator de Nellis : « Je reviens de la gym et je pénètre en Afghanistan, ou en Irak... Ça prend du temps de s’y habituer. A Nellis, vous devez vous rappeler constamment, “je ne suis pas à Nellis. Quoi que ce soit ce que je faisais il y a 30 minutes, comme parler à ma banque, ça n’est plus important. »

Au reporters américains, cela ne semble n’être ni lâche, ni en aucun cas barbare, juste tout ce qu’il y a de plus normal. Personne ne dit que ces pilotes se cachent dans des déserts éloignés ou parmi la population civile des joueurs du Caesar’s Palace. Quoi qu’il en soit, l’équation qui sous tend cette situation est celle-ci : militairement, les forces américaines, utilisées à l’excès, ne peuvent pas soutenir l’effort de l’escalade sur le terrain beaucoup plus longtemps. La plupart des 30 000 hommes, si ce n’est tous, qui ont déferlé en Irak dans la première moitié de 2007 vont bientôt rentrer au pays. Mais la force aérienne restera. Le personnel de l’Air Force dans la région est déployé selon un planning de rotations courtes. Au Vietnam, à la fin des années 60 et au début des années 70, au moment où les troupes au sol étaient évacuées, la puissance aérienne augmentait. Il semble que ce soit le même schéma à nouveau. Il y a toutes les raisons de croire que ce schéma décrive le futur de la présence américaine en Irak.

De la Barbarie à la Norme

La guerre aérienne n’est tout simplement pas visible pour la plupart des américains qui dépendent des médias de masse. C’est en partie parce que les reporters américains qui couvrent tous les autres types d’engagements en Irak refusent simplement de lever le nez.

Il ne faut donc pas être surpris que la possibilité d’une escalade de la guerre aérienne ait été évoquée en premier par un journaliste qui n’avait jamais mis les pieds en Irak ni de ce fait s’être interdit de tourner son regard vers le ciel. Dans un article de décembre 2005, titré « Haut dans le ciel », le journaliste d’investigation Seymour Hersh suggéra qu’un « élément clé de tout plan de désengagement, pourtant ignoré dans les déclarations publiques du Président, était que le départ des troupes américaines serait compensé par la puissance aérienne américaine... Le danger , me disaient des experts militaires, était que tandis que le nombre des pertes américaines se réduirait avec le retrait des troupes au sol, le degré général de violence et le nombre de pertes irakiennes augmenterait, à moins qu’il y ait un contrôle rigoureux de qui bombarde quoi. » Après que Hersh ait publié son article, le silence fut assourdissant. Que je sache, un seul reporter, est allé à bord d’un avion - David S. Cloud du New York Times, qui a volé dans un B-1 d’un « aéroport du Moyen-Orient » non identifié, lors d’une mission en Afghanistan. Thomas Ricks s’est rendu dans la base aérienne de Balad et fit un excellent rapport en 2006, mais aucun reporter ne semble avoir pris la peine de discuter avec des pilotes américains, et aucun des résultats des bombardements, tirs de missile, mitraillages à basse altitude n’a vraiment été enregistré dans la presse. La guerre aérienne est encore largement reléguée à des évocations sommaires de raids, basées sur les communiqués de presse et les annonces du Pentagone dans des résumés des nouvelles quotidiennes en provenance d’Irak.

Au vu de l’histoire militaire américaine depuis 1941, il y a là quelque chose d’étrange. Une patrouille de marine saccageant un village irakien peut en effet faire un titre ; mais des bombes américaines ou des missiles mettant une partie de la ville en ruine ou les mitrailleuses d’un hélicoptère dévastant un village est, au mieux, un sujet noyé dans la masse — un paragraphe ou deux comme dans ce reportage AP sur les récents combats dans une partie indubitablement dense de la ville de Mosul : « Un officier, s’exprimant sous anonymat car il n’a pas été autorisé à divulguer cette information, déclare que trois civils ont été blessés et que des hélicoptères ont bombardé des immeubles dans le quartier Sumar au sud-est, lieu de fréquentes attaques contre les forces US et irakiennes, ce qui les a amené à y conduire une série de raids ».

Les résultats dévastateurs et prévisibles d’hélicoptères « bombardant » un quartier urbain dans une grande ville irakienne, si ils sont rapportés, seront traités simplement comme un « dommage collatéral, » allant de soi durant la guerre telle que nous la connaissons. Chez nous, ce qui était auparavant la barbarie de la guerre aérienne, sa véritable horreur, a été transformé en une monotonie ordinaire (ceci à condition bien entendu de n’être ni afghan ni irakien pris sous ces bombes), qui ne fait l’objet que de communiqués de presse de l’Air Force largement ignorés. C’est tout aussi insignifiant (et tout aussi américain) qu’une tarte au pomme, et ne mérite certainement pas d’être raconté à maman et aux enfants.

Peut-être le moment est-il venu pour Seymour Hersh d’aller y voir à nouveau. Ou pour la communauté mondiale de l’Internet de se saisir du sujet. Peut-être, tôt ou tard, les journalistes des grands médias américains en Irak (et leurs rédacteurs en chefs aux États-Unis) finiront effectivement par tourner leurs regards vers le ciel, y remarqueront ces traînées laissées par les jets, constateront l’impact de ces bombes et de ces missiles de « précision », et se demanderont si l’on a réellement à faire à une période monotone et routinière lorsque l’Air Force US lâche 50 tonnes d’explosifs sur une zone agricole aux portes de Bagdad. Peut-être des artistes commenceront à nouveau à exprimer leur indignation sur la vraie nature de la guerre aérienne dans des oeuvres d’art, dont une au moins deviendra iconique et voyagera à travers le monde pour nous rappeler simplement ce que la « libération » d’Irak, après 5 ans, a vraiment signifié pour les irakiens. D’ici là, accrochez vous. La guerre aérienne continue.

Tom Engelhardt, Tom Dispatch, 29 janvier 2008


9-2 Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée
 Extraits

Tortures et psychopathologie

L’exposé ci-dessus traite d’un cas de début tardif de psychose affective, avec une idéation délirante paranoïaque et les symptômes d’une dépression majeure. C’est une maladie que nous rencontrons souvent chez les anciens prisonniers politiques qui furent soumis à des tortures physiques et psychologiques. Kaplan et Sadock (2003) indiquent que « la torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée ». Les recherches de Kaplan et Sadock ont révélé une fréquence de 36 % d’ESPT (état de stress post-traumatique) chez les survivants à la torture, ainsi qu’un taux élevé de dépression et d’angoisse. Comme autres maladies psychologiques communes, il y a la somatisation, les symptômes obsessionnels compulsifs, l’hostilité, la phobie, l’idéation paranoïaque et des épisodes psychotiques.

La torture a pour but d’accroître la suggestibilité de la personne torturée, d’altérer son jugement et sa capacité à s’opposer par des arguments logiques à ceux qui l’interrogent, et de semer la confusion dans ce qu’elle admet et ce qu’elle nie. Dans son livre Problème de la torture : les interrogatoires de la CIA , de la Guerre froide à la guerre contre le terrorisme, McCoy analyse une recherche commanditée par la CIA auprès de l’université McGill [Montréal] et réalisée par le Dr Donald Hebb. Pour cette étude, 22 étudiants de la faculté ont été placés dans des petites cabines insonorisées, portant des lunettes protectrices translucides, des gants épais, avec un oreiller en forme de U autour de la tête. La plupart des sujets se sont retirés de l’étude dans les deux jours, tous ont eu des hallucinations et subi « une dégradation de leur capacité à penser avec méthode ; les sujets étaient tellement affamés qu’ils étaient prêts même à une interaction avec leur interrogateur. » rapporte McCoy. Quoique la torture institutionnalisée tende à être subtile et facilement dissimulable, elle n’en vise pas moins à troubler les besoins psychologiques, à provoquer des dommages profonds aux structures psychologiques et à briser les bases des fonctions intellectuelles normales.

La torture peut pénétrer et détruire la conviction des sujets à être autonomes en tant qu’êtres humains, elle peut anéantir leurs présomptions d’intériorité, de vie privée, d’intimité. Dans Ethique de l’indicible : les survivants à la torture en traitement psychanalytique, Beatrice Patsalides décrit comment, à la suite de tortures, le décalage entre le « je » et le « moi » s’accentue, et comment l’épaisseur entre le « moi » et le « toi » disparaît.

La torture implique l’usage délibéré d’agressions extrêmes, notamment de fortes douleurs physiques, conduisant à des douleurs psychologiques telles que la peur paralysante de la douleur et de la mort, la confusion par une envie non satisfaite, la transgression des normes sociales ou sexuelles et l’isolement prolongé. Des techniques telles que la cagoule pour la désorientation sensorielle, la nudité forcée, la position debout forcée, les douches froides et le bandage des yeux, ou impressionner les détenus avec des chiens de l’armée, leur refuser la nourriture et l’eau, les asperger d’urine ou de matières fécales, sont fréquemment signalées. Parfois, ces traitements dégradants se retrouvent en contradiction nette avec la gentillesse simulée, le faux favoritisme et le traitement spécial royal qui visent à abuser davantage le sujet et à l’amener à la construction d’une personnalité et d’une conviction aliénées, incohérentes ou discréditées. Quand les besoins physiologiques de la personne torturée sont maîtrisés par le tortionnaire et autorisés à ne s’exprimer que de façon auto-dégradante et déshumanisante, quand un sentiment de honte, de nullité et de dépendance est injecté par un tiers condescendant, cruel, alors, cela peut provoquer chez le sujet une régression psychologique du fait de l’apport d’une force extérieure supérieure pesant sur sa volonté - à lui ou à elle - de résister.

Dans son évaluation sur les victimes de la torture et d’autres mauvais traitements pendant les guerres du Balkan, Basoglu a établi que la torture psychologique était aussi néfaste que la torture physique, et qu’elle conduisait de la même manière à des taux élevés de dépression et d’ESPT. Ce qui importait surtout était le degré à partir duquel la victime ressentait une perte de contrôle. La perte du contrôle de sa propre vie et de son propre corps, causée par la torture, est souvent exacerbée par l’incrédulité que ressentent de nombreux sujets ayant été soumis à la torture, quand ils essaient d’exprimer ce qu’il leur a fallu traverser, surtout s’ils sont incapables de montrer des cicatrices ou d’autres preuves « objectives » de leur expérience personnelle de la douleur. La torture peut aussi modifier le type de leur relation avec la réalité et le sens d’eux-mêmes. Longtemps même après que la torture réelle ait cessé, certaines victimes se sentent mises à l’écart, incapables de communiquer, d’établir une relation, de s’attacher ou de s’identifier à d’autres. Leur confiance s’est érodée, leurs relations les plus proches et le réseau de toute une vie de ceux qui les ont soutenues sont bouleversés.

Comme nous l’avons vu, un certain nombre de dysfonctionnements sont attribués à la torture, tels l’ESPT, la psychose, la dépression et l’angoisse. Dans l’exercice de ma profession, la psychopathologie déclanchée par la torture peut varier dans un large spectre, depuis des symptômes plus imperceptibles - comme la fadeur émotionnelle, le repli social, les micro-épisodes psychotiques, le disfonctionnement sexuel et les souvenirs d’évènements traumatiques qui s’immiscent sous la forme de cauchemars, de flash-back, ou d’associations pénibles - jusquà des symptômes graves - comme les troubles de mémoire, les hallucinations, l’incapacité à garder des relations de longue durée ou même simplement intimes, et les changements persistants dans la sensibilité et l’affect.

J’espère que mes observations pourront servir de précurseur à une étude pilote qui permettrait d’évaluer la fréquence de la psychopathologie chez les anciens prisonniers palestiniens, comparés à une population qui n’a pas connu la prison et à des populations d’anciens prisonniers dans d’autres contextes conflictuels.

Samah Jabr

vendredi 22 février 2008.

Impuls Journal of Psychology
La psychopathologie suite à emprisonnements et tortures vendredi 22 février 2008
***

Samah Jabr est médecin psychiatre palestinienne, elle vit dans Jérusalem occupée et y travaille au sein d’une clinique psychiatrique qu’elle a créée.

Elle est francophone et donne des conférences pour envisager d’autres perspectives et sortir de la situation actuelle de la Palestine.

Cet article est paru en version anglaise dans le dernier numéro de Impuls Journal of Psychology, la plus ancienne revue de psychologie des pays nordiques. –

Traduction : JPP

***

Références :

Basoglu, M. et al. (2005). Psychiatric and cognitive effects of war in former Yugoslavia  : Association of Lack of Redress for Trauma and Posttraumatic Stress Reactions : JAMA 294 (5), pp. 580-590.

Gelder, M. et al. (2000). Oxford Textbook of Psychiatry, Third Edition. Oxford University .

Press : New York .. Kaplan & Sadock, (2003). Synopsis of psychiatry, Behavioral sciences, and Clinical Psychiatry, Ninth Edition. Philadelphia  : Lippincott Williams & Wilkins.

McCoy A., (2006) A Question of Torture : CIA Interrogation, from the Cold War to the War on Terror. Owl Books.

Patsalides, B. M. (1999). Ethics of the Un speakable : Torture Survivors in Analytic Treatment. The Journal of the Northern California Society for Psychoanalytic Psychology, Vol. 5 (1).

Vaknin. S. (2005). The Psychology of Torture : Global Politician - (5 June)

N° 337 - Journal d'Irak' La guerre dans la guerre'-22 au 28/02 (fin)

Sommaire (2eme suite) :

6-4 La lutte contre Al-Qaeda en Irak.

6-5 Le soldat israélien ayant brandi le drapeau de son pays en Irak  trouve la mort dans l'explosion de sa Jeep.

6-6 Tom Engelhardt : 2008 a débuté de façon retentissante, littéralement, avec ces 50 tonnes de bombes lâchées au sud-est de Bagdad.

6-7 Marché de l’armement : Les dépenses militaires de la planète ont explosés.

6-8 Michel cabrol : La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires

7 Dossiers

7-1 Point de vue de Joseph Stiglitz et Linda Bilmes : La guerre de trois billions de dollars.

7-2 Point de vue de Tony Karon : Chéri, j’ai rétréci la superpuissance.

7-3 Point de vue de Joëlle Pénochet : L’agriculture millénaire irakienne détruite par les transnationales agro-alimentaires étatsuniennes.


 6-4 La lutte contre Al-Qaeda en Irak.

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

Les services secrets iraniens «sabotent» le travail des groupes qui luttent contre les opérations de la branche irakienne d'Al-Qaeda, a affirmé mercredi le chef du renseignement irakien.

Les «forces du réveil», ou encore les «fils de l'Irak», sont des groupes mobilisés depuis septembre 2006 avec le soutien financier américain pour lutter contre les affiliés d'Al-Qaeda en Irak.
Au nombre de 130, ils regroupent 80 000 combattants, selon les estimations américaines.

Le premier de ces groupes, dont les membres sont payés 300 dollars par mois, avait été lancé par des chefs tribaux de la province d'Al-Anbar (ouest), en septembre 2006.
Dans son communiqué, M. Chahwani «souligne la nécessité pour le peuple irakien de faire preuve de vigilance par rapport à ces activités» incriminées. Il appelle les forces irakiennes «à consolider les gains de sécurité réalisés en Irak et qui bénéficient à tous les citoyens».
   Le mercredi 27 février 2008 Agence France-Presse Bagdad


6-5 Le soldat israélien ayant brandi le drapeau de son pays en Irak  trouve la mort dans l'explosion de sa Jeep.
Selon le journal israélien, Mâariv, le premier soldat israélien ayant brandi le drapeau de son pays en Irak,lors de l'occupation, a trouvé la mort quand sa Jeep a
percuté une charge explosive à Bagdad, la semaine dernière.
Le soldat, Ami Haï Bitoun est mort sur le coup. Selon le journal, le soldat s'était porté volontaire pour combattre dans les rangs américains en Irak, précisant qu'il fut le premier à brandir le drapeau d'Israël en Irak.
Il convient de rappeler qu'Israël a été l'un des premiers pays à participer à l'occupation de l'Irak mais d'une manière discrète. Après l'occupation du pays, des flots d'israéliens arrivèrent en Irak. Se fondant sur des indiscrétions de leur ministère des affaires étrangères, les médias israéliens ont souvent signalé que des israéliens d'origine irakienne et des hommes d'affaires font souvent le voyage à Bagdad et
que cela est devenu un phénomène relativement courant.
http://islammemo.cc/article1.aspx?id=60118/
http://rsistancedespeuples.blogspot.com/


6-6 Tom Engelhardt : 2008 a débuté de façon retentissante, littéralement, avec ces 50 tonnes de bombes lâchées au sud-est de Bagdad.

Comme Josh White du Washington Post l’écrivait récemment dans l’un des articles relativement rares (et peu incisifs) traitant de l’utilisation de la puissance aérienne en Irak, il y a eu 5 fois plus de frappes en 2007 qu’en 2006 ; et 2008 a débuté de façon retentissante, littéralement, avec ces 50 tonnes de bombes lâchées au sud-est de Bagdad. Ce chiffre semble inclure les 20 tonnes de bombes qui ont fait les gros titres pour avoir été larguées en à peu près 10 minutes sur la zone d’Arab Jabour la semaine précédente, mais pas les 8 tonnes de bombes que White déclare avoir été utilisées au nord de Bagdad à la même période environ ; ni évidemment les 7,5 tonnes de bombes visant Arab Jabour plus récemment. (Et aucun de ces chiffres ne semble inclure ceux qui relèvent des opérations menées par les Marines [1], qui n’ont évidemment pas été publiés.) Comment pourrait-on oublier l’attention extrême qui a été portée sur la stratégie d’escalade du Président au début de l’année dernière ? Mais quel média a, ne serait-ce que noté, même récemment, ce que Bob Deans du Cox News Service a qualifié d’ “escalade aérienne” qui a accompagné les 30 000 troupes en renfort dans la capitale irakienne et alentour ?


6-7 Marché de l’armement : Les dépenses militaires de la planète ont explosés.

Seul un petit cercle de pays se partagent aujourd’hui le marché de l’armement à l’exportation. Entre 1996 et 2006, cinq grands pays exportateurs réalisaient 90% des ventes mondiales : Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, France et israël. En 2006, ils ont accaparé 88% des exportations mondiales.

Les États-Unis se sont taillés la parti du lion avec 55% des exportations mondiales, suivis de leurs fidèles alliés le Royaume Uni (14%) et de la Russie (9,6% et 8% sur la période 1995-2006), dont les ventes d’armes progressent régulièrement depuis 2000. Au quatrième rang la France (5,9%), est talonnée par Israël (5,3%). très présente dans le domaine de l’électronique, des drones et des missiles tactiques, l’industrie israélienne est un concurrent actif, en particulier en asie, notamment à Singapour et en Inde, où il est le deuxième fournisseur des forces armées, et en Europe de l’Est. Mais des nouveaux venus comme l’Afrique du Sud, le brésil, la Chine , la Corée du Sud, le Pakistan et l’inde commencent à marcher sur leur plates-bandes et à grignoter leur part de marché.

Parallèlement, cinq pays ont acheté un tiers des armes exportés (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, inde, Grèce et Turquie). Tous les observateurs prédisent que le marché de l’armement va rester sur une pente ascendante. Notamment avec le renouvellement de certains grands équipements, dont les flottes d’avions de combat.

Mais aussi en raison de nouvelles stratégies. Les états-majors ont repensé leurs équipements à la suite des guerres au Kosovo, en Afghanistan et en irak. A la place des chars, des hélicoptères d’attaques, les stratèges privilègient aujourd’hui “des matériels beaucoup plus mobiles et aérotransportables”.

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6063


6-8 Michel cabrol : La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires.

La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires. Tous, sauf les pays de l’Union Européenne (UE), dont la France. En 2006, elles se sont élevées à 1.204 milliards de dollars, selon le SPIRI (Stockholm International Peace Research Institute), qui fait référence en la matière.

Soit 2,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Ce montant n’avait pas été atteint depuis 1988, époque de la fin de la guerre froide. Cela représente une hausse des dépenses de 3,5% par rapport à 2005, et de 37% entre 1997 et 2006. Dans la région Asie-pacifique, l’Inde, la Chine le Japon, l’Australie rivalisent dans leurs dépenses militaires.  Au Moyen-Orient, tous les pays à l’exception du Qatar, profitent de la manne pétrolière et gazière pour renforcer leurs forces armées.

C’est aussi le cas au Maghreb, où l’Algérie, la Libye et le Maroc sont les principaux artisans de l’envolée des dépenses dans la région. Les pays d’Amérique du Sud augmentent également leurs dépenses militaires, même si cela est de façon plus modeste. Dans ce contexte d’escalade, les ventes d’arme se sont envolées. Entre 1996 et 2005, les livraisons mondiales d’arme s’étaient stabilisées autour de 55 milliards d’euros. En 2006, le volume des livraisons a grimpé à 67 milliards. Soit un bond de 21,8%”"cette progression correspond à des acquisitions d’armements de nouvelles générations qui sont des matériels plus sophistiqués et donc plus chers qu’auparavent”, expliquet-on à Paris (1).

En 2006, le marché s’est essoufflé alors qu’il a été soutenu pendant la période 1996-2005″.

Pour 2007, la tendance reste toujours à la hausse. Thales confirme le grand retour de l’exportation dans le domaine de la défense “2007 a été une bonne année, a affirmé en janvier Denis ranque son PDG. Toutes les régions du monde accroissent leur effort, à l’exception de l’Europe. Michel cabrol (pour la tribune mardi 19 février)  Publié 2008 février J économie.

Cet article qui est dans la page business et stratégie et qui n’est pas ouverte au lecteur de l’édition digitale mais aux seuls abonnés semble avoir été produit en réponse à un livre blanc sur la défense à paraître en france. Ce livre blanc reflète la nouvelle position du président et qui était à l’origine de son conflit avec Chirac. Sarkozy exige depuis son passage à bercy des économies budgétaires sur la défense. L’article de la tribune est destiné à faire comprendre que nous sommes dans un monde dangereux où des conflits à haute intensité peuvent intervenir. Ensuite qu’avec la rigueur budgétaire prévue lors de la prochaine loi de programmation nous risquons de perdre définitivement par rapport au Royaume-Uni et de surcroît il risque d’y avoir tout un nouveau matériel performant que nous ne pourrions atteindre. Donc cet article insiste sur certains aspects dangereux de la rigueur budgétaire pour l’industrie de l’armement, il n’en demeure pas moins intéressant. (Note de Danielle Bleitrach)

20 février 2008



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteursmais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Joseph Stiglitz et Linda Bilmes : La guerre de trois billions de dollars.
Le coût des conflits d'Irak et d'Afghanistan,ont augmenté dans de proportions stupéfiantes
The three trillion dollar war The cost of the Iraq and Afghanistan conflicts have grown to staggering proportions Joseph Stiglitz and Linda Bilmes
Traduction : Google.
L'administration Bush a eu tort au sujet des avantages de la guerre et qu'il était erroné quant aux coûts de la guerre. Le président et ses conseillers ont attendu un rapide, peu coûteux conflit. Au lieu de cela, nous avons une guerre qui coûte plus que quiconque ne l'aurait imaginé.
Le coût direct des opérations militaires américaines - pas même y compris les coûts à long terme tels que la prise en charge des anciens combattants blessés - le coût dépasse déjà les 12 ans de guerre au Vietnam et représente plus du double du coût de la guerre de Corée.
Et, même dans le meilleur des cas, ces coûts sont projetés à près de dix fois le coût de la première guerre du Golfe, près d'un tiers de plus que le coût de la guerre du Vietnam, et deux fois celle de
la Première Guerre mondiale. La seule guerre dans notre histoire, dont le coût a été la Seconde Guerre mondiale, lorsque 16,3 millions ont combattu les troupes américaines dans une campagne de durée de quatre ans, pour un coût total (en dollars de 2007, après ajustement pour l'inflation) d'environ 5 milliards de dollars (soit 5 millions de dollars Millions de dollars, soit 2,5 millions de millions de livres sterling). Avec pratiquement la totalité des forces armées engagé dans la lutte contre les Allemands et les Japonais, le coût par homme (en dollars d'aujourd'hui) était inférieur à 100000 $ en dollars de 2007. En revanche, la guerre en Irak coûte à la hausse de 400000 $ par homme.
La plupart des Américains n'ont pas encore sentir ces coûts. Le prix en sang a été payé par nos militaires et volontaires embauchés par des entrepreneurs. Le prix en trésor est, en un sens, été entièrement financée par l'emprunt. Les taxes n'ont pas été soulevées à payer pour cela - en fait, les impôts sur les riches ont effectivement baissé. Déficit budgétaire donne l'illusion que les lois de l'économie peut être abrogée, que nous pouvons avoir les deux fusils et du beurre. Mais bien sûr, les lois ne sont pas abrogées. Les coûts de la guerre sont réelles, même si elles ont été reportées, peut-être à une autre génération.

A la veille de la guerre, il y avait des discussions des coûts probables. Larry Lindsey, le président Bush et le conseiller économique du chef du Conseil national de l'économie, a suggéré qu'ils pourraient atteindre 200 milliards de dollars. Mais cette estimation a été rejetée comme «baloney» par le secrétaire à la Défense , Donald Rumsfeld. Son adjoint, Paul Wolfowitz, a estimé que la reconstruction d'après-guerre pourrait payer pour lui-même grâce à un accroissement des recettes pétrolières. Mitch Daniels, le Bureau de la gestion et du budget directeur et du secrétaire Rumsfeld, les coûts estimés de l'ordre de $ 50 à $ 60 milliards, dont une partie qu'ils croyaient être financés par d'autres pays. (Ajustement pour tenir compte de l'inflation, en dollars de 2007, ils étaient de la projection des coûts entre $ 57 et $ 69 milliards.) Le ton de l'ensemble de l'administration était cavalière, comme si les sommes en jeu étaient minimes.
Même Lindsey, après avoir noté que la guerre pourrait coûter 200 milliards de dollars, a ajouté: "Le succès de la poursuite de la guerre serait bon pour l'économie." Rétrospectivement, Lindsey grossièrement sous-estimé les coûts de la guerre elle-même et les frais de L'économie. En supposant que le Congrès approuve le reste de la guerre $ 200 milliards supplémentaires demandés pour l'exercice 2008, tel que ce livre est mis sous presse le Congrès aura ouvert des crédits d'un montant total de plus de $ 845 milliards pour les opérations militaires, la reconstruction, l'ambassade des coûts, l'amélioration de la sécurité dans les bases américaines, et Les programmes d'aide étrangère en Iraq et en Afghanistan.
Comme la cinquième année de la guerre tire à sa fin, les frais de fonctionnement (dépenses de la guerre elle-même, ce qu'on pourrait appeler "frais de fonctionnement") pour 2008 devrait dépasser les 12,5 milliards de dollars par mois pour l'Irak seulement, comparativement à 4,4 milliards de dollars en 2003 , Et avec l'Afghanistan, le total est de $ 16 milliards par mois. Seize milliards de dollars est égal au budget annuel de l'Organisation des Nations Unies ou de l'ensemble, mais 13 des États américains. Même ainsi, il ne comprend pas les 500 milliards de dollars que nous avons déjà dépenser par an sur les dépenses ordinaires de
la Défense Ministère. Et cela ne doit pas inclure d'autres dépenses cachées, telles que la collecte de renseignements, ou mélangés à des fonds avec les budgets des autres ministères.

Parce qu'il ya tellement de coûts que l'administration ne compte pas, le coût total de la guerre est plus élevé que le chiffre officiel. Par exemple, des fonctionnaires fréquemment parler de la vie de nos soldats comme inestimable. Mais, de point de vue du coût, ces «inestimable» vit apparaître sur le Pentagone grand livre simplement comme 500000 $ - le montant des indemnités versées aux survivants en prestations de décès et d'assurance-vie. Après le début de la guerre, ils ont été augmenté, passant de $ 12240 à $ 100000 (capital-décès) et de $ 250000 à $ 400000 (assurance-vie). Même augmenté ces montants sont une fraction de ce que les survivants pourraient avoir reçu ces personnes avaient perdu la vie dans un accident d'automobile insensée. Dans des domaines tels que la santé et la réglementation de la sécurité, le gouvernement américain les valeurs d'une vie d'un jeune homme au sommet de sa capacité de gains futurs au-delà de
7 millions de dollars - ce qui est bien supérieur au montant que le militaire verse en prestations de décès. En utilisant ce chiffre, le coût de près de 4000 soldats américains tués en Irak s'élève à quelque 28 milliards de dollars.
Les coûts pour la société sont évidemment bien plus importante que les numéros qui apparaissent sur le budget du gouvernement. Un autre exemple de coûts cachés est la sous-estimation du nombre de victimes militaires américaines. Le Département de la défense des victimes de se concentrer sur les statistiques des pertes qui résultent de l'hostilité d'action (de combat) - tel que déterminé par les militaires. Pourtant, si un soldat est blessé ou meurt dans la nuit à temps accident de voiture, il s'agit officiellement intitulé «combattre non liés" - même si elle est peut-être trop dangereux pour les soldats de se déplacer durant la journée.
En fait, le Pentagone tient deux séries de livres.

La première est la liste officielle des victimes affichées sur le site Web du DOD. Le second, difficiles à trouver, ensemble de données est uniquement disponible sur un autre site Web et peuvent être obtenus en vertu de la Freedom of Information Act. Ces données montrent que le nombre total de soldats qui ont été blessés ou blessés, ou souffert de la maladie est le double du nombre de blessés dans les combats. Certains feront valoir que le pourcentage de ces non-combattantes blessures qui aurait pu se passer, même si les soldats ne sont pas en Iraq. Notre nouvelle étude montre que la majorité de ces blessures et maladies peuvent être liées directement au service de la guerre.
De l'insalubrité de brasser des fonds d'urgence, plusieurs séries de livres et de chroniques sous-estime les ressources nécessaires pour poursuivre la guerre, nous avons tenté de déterminer combien nous avons été les dépenses - et combien il sera, à la fin, probablement à Dépenser. Le chiffre est on arrive à plus de 3 billions de dollars. Nos calculs sont basés sur des hypothèses conservatrices. Ils sont conceptuellement simple, même si parfois techniquement complexe. A $ 3 billion de chiffre pour le coût total nous semble judicieux, et probablement une erreur sur le bas côté. Inutile de dire que ce chiffre représente le coût pour les seuls États-Unis. Il ne reflète pas le coût énorme pour le reste du monde, ou à l'Irak. Original :http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/guest_contributors/article3419840.ece


7-2  Point de vue de  Tony Karon : Chéri, j’ai rétréci la superpuissance.  « La disparition de la Pax Americana dans le grand Moyen Orient provient en partie de la confiance excessive de Bush dans l’emploi de la force et de la menace. Mais elle est également le symptôme de transformations profondes d’origine économique : la montée en puissance de la Chine et de l’Inde, la renaissance de la Russie , l’élargissement soutenu de l’Europe, qui ont redéfini l’équilibre mondial des puissances. »

Tony Karon,

Extraits ….(correct…)

Barack Obama a récemment ironisé sur ce que selon lui Hillary Clinton propose réellement ; « un pont vers le 20e siècle, » faisant ainsi une référence insidieuse à la promesse de Bill Clinton en 1992 de “construire le pont vers le 21e siècle”, Pourtant, un pont vers le siècle précédent semble bien être ce que tous les candidats majeurs proposent lorsqu’il promettent de restaurer la primauté et le leadership américain. Les Républicains promettent de restaurer la puissance américaine en restant dans la course en Irak, en menaçant l’Iran et en faisant céder le “terrorisme radical islamique”, que John McCain appelle “la question transcendante du 21ème siècle”.

Les démocrates envisagent de revenir 8 ans en arrière, en rétablissant la suprématie américaine post-guerre froide, simplement en adoptant un style plus sobre et consensuel. Le problème, alors que les expéditions hasardeuses de Bush ont accéléré le déclin de l’influence stratégique américaine, c’est qu’il y a peu de raison de croire que ce déclin puisse s’inverser avec l’arrivée d’un nouveau locataire dans le bureau ovale qui mène une politique soit semblable, soit moins rugueuse.

Le film de gangster Miller’s Crossing proposait une réflexion profonde sur la nature du pouvoir avec l’avertissement d’un second couteau à son patron : “vous ne dirigez cette ville que parce que les gens pensent que vous la dirigez.” Les erreurs catastrophiques de Bush ont révélé par inadvertance les limites du pouvoir US, rendant tout-à-fait clair aux amis et ennemis que Washington n’est plus aux commandes.

Ce n’est nulle part plus évident qu’au Moyen-orient, où la plupart des efforts de l’administration Bush se sont concentrés.

Les USA demeurent dans l’immédiat embourbés en Irak, les renforts de troupes récents - le « surge » - mobilisant la capacité maximale de combat disponible de son armée, ont obtenu quelques résultats tactiques mais échoué à résoudre le conflit politique qui nourrit la violence.

D’autres pays désignés comme des « méchants », tels que la Syrie et en particulier l’Iran, ont de fait accru leur force et leur influence après l’invasion irakienne supposée les intimider et les conduire à capituler. Le tableau n’est pas plus encourageant sur les autres fronts de la “guerre contre la terreur” de Bush.

La disparition de la Pax Americana dans le grand Moyen Orient résulte en partie de la confiance excessive de Bush dans l’emploi de la force et de la menace. Mais elle est également le symptôme de transformations profondes d’origine économique : la montée en puissance de la Chine et de l’Inde, la renaissance de la Russie , l’élargissement soutenu de l’Europe, qui ont redéfini l’équilibre mondial des puissances. Au regard de ce contexte plus large, la position de McCain affirmant que le radicalisme islamiste est le “problème transcendant du 21ème siècle” montre à quel point Washington s’est égaré - jusqu’à l’obsession - avec la provocation du 11 septembre. Tony Karon

Rootless Cosmopolitan, 18 février 2008

Tony Karon est journaliste au Time magazine. http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1752 sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

28 février 2008


7-3 Point de vue de Joëlle Pénochet : L’agriculture millénaire irakienne détruite par les transnationales agro-alimentaires étatsuniennes.
“Contrôlez le pétrole, et vous contrôlez des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. » Henry Kissinger
C’est au cœur de la Mésopotamie qu’a été inventée l’agriculture - avec un système d’irrigation sophistiqué -, voici plus de dix mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située entre le Tigre et l’Euphrate offre des conditions idéales pour la culture des céréales. C’est là qu’est apparu le blé sauvage dans l’Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés connues aujourd’hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers dattiers, qui fournissaient l’autre ressource vitale du pays, abritaient des plantes potagères très variées.

Les « semences de la démocratie » *
Depuis son invasion en 2003, l’Iraq n’a pas été seulement spoliée par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.
En violation de
la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l’administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l’installation d’un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). Le pays tombait ainsi sous le joug économique total de l’Occupant, qui avait décidé de réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain.
L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l’agriculture Iraqienne. L’Afghanistan avait subi le même sort en 2002.

Biopiratage dans le jardin d’Eden
Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.
La règle de« Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d’impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.
Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l’OMC- dont l’Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».

Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires de l’Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver (1).
Dans un premier temps, pour faciliter l’introduction de l’agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l'Agriculture, à la façon d’un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu’ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers
L’ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et les échanges entre voisins. (Selon
la FAO , 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.
Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations!
Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu’elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d’argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.

Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les transnationales américaines
Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l’uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l’embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l’agriculture irakienne - anéantissement du système d’irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers (2). De 1990 (date de l’instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d’animaux d’élevage ont été décimés.
En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l’exportation mondiale (ou aux troupes d’occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim (3). C’est pourquoi, à l'instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l’opium.
Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l’uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses (3).
Les OGM constituent l’une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l’une après l’autre les populations du monde entier. L’Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.

* Allusion à la phrase de Bush peu après l’invasion : « Nous sommes en Irak pour y répandre les semences de la démocratie de façon à ce qu'elles y prospèrent et se propagent dans toute la région où règne l'autoritarisme." (George Bush).
Joëlle Pénochet
Le 13 fevrier 2008

Notes
(1) Des échantillons de chacune de leurs variétés avaient été conservés dans la Banque nationale de semences… d’Abu Ghraib, qui a été détruite par l’Occupant.
(2) Cf. http://www.planetenonviolence.org/
Non-violence-ecologie-Une-catastrophe-ecologique-passee-sous-silence-la-destruction-des-palmeraies-en-Iraq_a225.html .
(3) En 2004, la police militaire américaine a fermé le journal al Hawza, qui avait publié un article affirmant que Bremer "menait une politique visant à affamer le peuple irakien afin, qu'entièrement occupé à se procurer son pain quotidien, il n'ait aucune chance de réclamer des libertés politiques et individuelles."
(4) Cf. les articles de Mae Wang Ho et Joe Cumming, de l’Institute of Science in Society (ISIS).

Joëlle Pénochet
Sources
Michel Chossudovky: Sowing the Seeds of Famine in
Ethiopia ,www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=366..., 10 septembre 2001.

William Engdhal:WTO, GMO and Total Spectrum Dominance , 29 mars 2006.

Le pillage «libéral» de l'Irak, 14 novembre 2005.

Ghali Hassan:Iraq’s New Constitution , 17août 2005.

Biopiracy and GMOs: The Fate of Iraq's Agriculture, 12 décembre 2005.

Stephen Lendman:Unleashing GMO Seeds: "Food is Power"
Reviewing F. William Engdahl's Seeds of Destruction, Part 3. 19 janvier 2008.
Agribusiness Giants seek to gain Worldwide Control over our Food Supply, 7 janvier 2008.

Arun Shrivastava:Suicides en masse de fermiers indiens : ce qui se profile à l’horizon , 14 novembre 2006. Jeffrey Smith:Genetically Modified Foods Unsafe? Evidence that Links GM Foods to Allergic Responses Mounts, 8 novembre 2007.

ORDER 81: Re-engineering Iraqi agriculture, 27 août 2005.

Autres documents et articles consultés :L'ordonnance n° 81:http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Plant-Variety-Law...

William Engdahl, Iraq and Washington’s ‘seeds of democracy, http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/GMO/Iraq_and_seeds_of_democracy/iraq_and_seeds_of_democracy.HTMChristopher D. Cook, Plowing for Profits U.S. Agribusiness Eyes Iraq’s Fledgling Markets, In These Times 15mar2005 : ***http://www.mindfully.org/GE/2005/Iraq-US-Agribusiness-Profit15mar05.htmIraq's New Patent Law: A Declaration of War Against Farmers Focus on the Global South and GRAIN 15oct04 :http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Patent-Law-CPA15oct04.htm
Iraq's Crop Patent Law A Threat To Food Security By GM Free Cymru03 March 2005 ***
http://www.countercurrents.org/iraq-cymru030305.htm
Patrick Cockburn, Desesperate Iraqi Farmers Turn to Opium, 24 janvier 2008:
http://www.counterpunch.org/patrick01242008.html
Voir également le dernier livre de William Enghdal:
Seeds of Destruction
To express your opinion on this article, join the discussion at
Global Research's News and Discussion Forum

27/02/2008

n°155 dossier de l'Afghanistan - 25-02

Sommaire.

1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

1-1 Les écoliers traumatisés de Baghlan.

1-2 Michel cabrol : La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires.

2 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

2-1 Paul Joseph Watson : Les procès truqués à Guantanamo démontrent la tartufferie de l'histoire officielle du 9-11(qui a permis l'invasion de l'Afghanistan).

2-2 Thierry Meyssan : Comment « L’État profond » survit aux alternances partisane ou 'La continuité du pouvoir US, derrière la Maison-Blanche .'

2-3 Propaganda : Où comment manipuler l'opinion.

2-4 A la TV , personne n'écoute, tout le monde regarde les images


1 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses mais doit être vu comme infomation

1-1 Les écoliers traumatisés de Baghlan

Les centaines d'écoliers qui ont assisté à l'explosion mortelle du 6 novembre dernier, dans la province de Baghlan (Nord), et qui ont vu ses conséquences, souffrent aujourd'hui de traumatismes mentaux et psychologiques, selon certains experts médicaux et habitants de la région frappée par l'attentat. 

 Plus de 48 personnes, dont au moins 18 enfants, sont mortes dans l'explosion de la bombe ou ont été abattues à l'aveugle par les gardes du corps armés d'éminents députés, au cours de la fusillade qui s'est ensuivie ; les députés se trouvaient dans la ville de Baghlan pour visiter une usine de canne à sucre, selon le ministère de l'Education. Plusieurs dizaines d'enfants et d'adultes ont également été blessés au cours de cet attentat. 

 Plus de 1 000 écoliers et écolières s'étaient déplacés pour participer à la cérémonie d'accueil, selon les services provinciaux de l'éducation. 

 « Depuis l'explosion, mon fils crie souvent dans ses rêves et il maigrit de plus en plus », a affirmé le père de Mohammed Nawab, un garçon de 12 ans. 

 « Je vois des scènes horribles et j'entends des bruits d'explosion cacophoniques pendant mon sommeil », a affirmé, sous le couvert de l'anonymat, un élève de 13 ans, légèrement blessé pendant l'explosion. 

 Bon nombre d'écoliers et leurs parents ont été traumatisés et souffrent de paranoïa, de vertiges, de stress et de troubles du sommeil, a expliqué à IRIN Frozan Esmati, spécialiste de la santé mentale à la Coopération technique allemande (GTZ), qui a réalisé les premières évaluations de l'impact de l'explosion sur les populations affectées. « Quelques-uns d'entre eux auront besoin de soins et de traitements médicaux prolongés pour s'en remettre complètement », a ajouté M. Esmati. 



Suivi psychologique 



Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a prévu de débloquer environ 50 000 dollars américains pour financer un programme de suivi psychologique et de traitement d'une durée de quatre mois pour les écoliers traumatisés de Baghlan. 

 « Les agents de santé locaux recevront une formation en psychologie et des médicaments appropriés seront également fournis dans le cadre de ce programme », a indiqué Ahmed Javid Siddiqi, expert de l'UNICEF à Kaboul. 

 Le programme de l'UNICEF sera mis en œuvre en étroite collaboration avec HealthNet International, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui gère plusieurs projets d'assistance médicale en Afghanistan. 

 À l'issue de ce programme, un rapport, remis au ministère de la Santé publique et à l'UNICEF, indiquera si les enfants souffrant de traumatisme ont besoin ou non d'une assistance médicale supplémentaire, a indiqué HealthNet.

Un problème répandu 



L'impact psychologique des conflits armés sur la santé mentale des individus ne se limite pas à une seule région d'Afghanistan, un pays ravagé par la guerre. 

 Selon certains spécialistes de la santé mentale, bon nombre d'enfants dans les provinces du sud et du sud-est, frappées par le conflit, pourraient souffrir de profonds traumatismes de guerre. 

 Toutefois, contrairement aux provinces relativement sûres du nord de l'Afghanistan, à Kandahar et dans les autres régions du sud du pays, l'insécurité et la violence ont entravé la prestation et l'accessibilité des services humanitaires et des soins de santé, ce qui a aggravé les problèmes des populations locales, ont indiqué des travailleurs humanitaires à Kaboul. IRIN  Yolv  endredi 22 février 2008 ur le Web Source I


1-2 Michel Cabrol : La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires.

La plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires. Tous, sauf les pays de l’Union Européenne (UE), dont la France. En 2006, elles se sont élevées à 1.204 milliards de dollars, selon le SPIRI (Stockholm International Peace Research Institute), qui fait référence en la matière.

Soit 2,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Ce montant n’avait pas été atteint depuis 1988, époque de la fin de la guerre froide. Cela représente une hausse des dépenses de 3,5% par rapport à 2005, et de 37% entre 1997 et 2006.

Dans la région Asie-pacifique, l’Inde, la Chine le Japon, l’Australie rivalisent dans leurs dépenses militaires.  Au Moyen-Orient, tous les pays à l’exception du Qatar, profitent de la manne pétrolière et gazière pour renforcer leurs forces armées. C’est aussi le cas au Maghreb, où l’Algérie, la Libye et le Maroc sont les principaux artisans de l’envolée des dépenses dans la région. Les pays d’Amérique du Sud augmentent également leurs dépenses militaires, même si cela est de façon plus modeste.

Dans ce contexte d’escalade, les ventes d’arme se sont envolées. Entre 1996 et 2005, les livraisons mondiales d’arme s’étaient stabilisées autour de 55 milliards d’euros. En 2006, le volume des livraisons a grimpé à 67 milliards. Soit un bond de 21,8%”"cette progression correspond à des acquisitions d’armements de nouvelles générations qui sont des matériels plus sophistiqués et donc plus chers qu’auparavent”, expliquet-on à Paris (1).

En 2006, le marché s’est essoufflé alors qu’il a été soutenu pendant la période 1996-2005″.

Pour 2007, la tendance reste toujours à la hausse. Thales confirme le grand retour de l’exportation dans le domaine de la défense “2007 a été une bonne année, a affirmé en janvier Denis ranque son PDG. Toutes les régions du monde accroissent leur effort, à l’exception de l’Europe. Michel Cabrol (pour la tribune mardi 19 février) - Publié 2008 février J économie.

Cet article qui est dans la page business et stratégie et qui n’est pas ouverte au lecteur de l’édition digitale mais aux seuls abonnés semble avoir été produit en réponse à un livre blanc sur la défense à paraître en france. Ce livre blanc reflète la nouvelle position du président et qui était à l’origine de son conflit avec Chirac. Sarkozy exige depuis son passage à bercy des économies budgétaires sur la défense. L’article de la tribune est destiné à faire comprendre que nous sommes dans un monde dangereux où des conflits à haute intensité peuvent intervenir. Ensuite qu’avec la rigueur budgétaire prévue lors de la prochaine loi de programmation nous risquons de perdre définitivement par rapport au Royaume-Uni et de surcroît il risque d’y avoir tout un nouveau matériel performant que nous ne pourrions atteindre. Donc cet article insiste sur certains aspects dangereux de la rigueur budgétaire pour l’industrie de l’armement, il n’en demeure pas moins intéressant. (Note de Danielle Bleitrach) 20 février 2008


2 Annexe - Géopolitique et stratégie - Analyse

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Paul Joseph Watson : Les procès truqués à Guantanamo démontrent la tartufferie de l'histoire officielle du 9-11(qui a permis l'invasion de l'Afghanistan).

Guantanamo Les procès truqués de Gitmo démontrent la tartufferie de l'histoire officielle du 9-11a lire dans Prison Planet’, de Paul Joseph Watson.

Quatre procureurs de l'affaire de Guantanamo Bay affirment que les procès sont truqués et que les condamnations sont déjà certaines, en dépit du fait que les chefs d'inculpation sont insuffisants pour relier Khalid Sheik Mohammed et ses acolytes au 9-11. Cela prouve que l'histoire officielle est une fable et que les véritables auteurs sont protégés.

Comme nous l'avons souligné précédemment, après une demi-douzaine d'années de baignoire, de torture génitale, de privation de sommeil et de lavage de cerveau, le Pentagone a enfin trouvé six jobards qui vont de bonne grâce accueillir leurs 72 vierges et endosser la responsabilité du 9-11. Ce qui fournira suffisamment d'arguments de discrédit pour écarter le problème des trous béants dans l'histoire officielle des attentats terroristes, et permettra au gouvernement de clore l'affaire.

On trouve parmi eux Khalid Sheik Mohammed, le présumé cerveau du 9-11, qui a aussi reconnu une flopée d'autres attentats et de complots terroristes, dont certains ne peuvent pas le concerner puisqu'ils sont arrivés après sa capture ou touchent à des objectifs qui n'existaient même pas avant son incarcération.

Comme l'a signalé The Nation cette semaine, le colonel Morris Davis, ex-procureur général des commissions militaires de Guantánamo, a été directement informé, par William Haynes, conseiller général du Pentagone, que le verdict final du procès avait déjà été prononcé avant même de commencer. Haynes a dit à Davis :

Attendez une minute, il ne peut y avoir d'acquittement. Si nous avons détenu ces types pendant si longtemps, comment pourrions-nous expliquer que nous les laissons partir ? Il ne peut y avoir d'acquittement, nous obtiendrons des condamnations.

Par ailleurs, Harper's Magazine rapporte que, « Trois des plus anciens procureurs de Guantánamo, le major Robert Preston, le capitaine John Carr et le capitaine Carrie Wolf, ont demandé à être relevé de leur fonction après avoir déclaré qu'ils s'inquiètent du fait que les procès sont truqués.Ils auraient été assurés qu'ils n'auraient pas à s'inquiéter de construire une vraie affaire, les condamnations étant assurées. »

Dans un courriel à ses supérieurs hiérarchiques, Preston a écrit, « Les preuves contre les accusés sont maigres. » Un avocat de la défense des suspects, Clive Stafford Smith, a déclaré que le parquet l'a informé que, « le procureur général a dit que cette fois aucune preuve ne sera nécessaire pour obtenir les condamnations. »

S'il y a insuffisance de preuves contre le présumé cerveau du 9-11, comme l'affirment quatre hauts procureurs, et que pourtant le gouvernement a déjà décidé de truquer le procès de Mohammed pour obtenir sa condamnation, cela signifie que le gouvernement protège sciemment le vrai cerveaux du 9-11 et autorise des simplets à endosser la responsabilité des attentats.

​​​​En dépit du fait qu'il a fallu seulement trois mois pour l'accuser des attaques à la bombe contre les ambassades en 1998, il n'y a eu aucune accusation officielle contre Ben Laden plus de six ans après le 9-11 et l'affiche de recherche du FBI ne fait aucune mention de l'implication de Ben Laden dans le 9-11 .

​​​​Quand des reporters ont demandé pourquoi aucune mention n'était faite, Rex Tomb, l'agent du FBI, a été forcé d'admettre que « le FBI n'a pas de preuves concrète reliant Ben Laden au 9-11. »

​​​​L'affirmation des quatre hauts procureurs et d'un avocat, du trucage des procès de Guantánamo et des condamnations déjà certaines malgré le peu de preuves contre les accusés, prouve que les suspects ne sont que des naïfs, que les auteurs du 9-11 restent libre, et que l'unique motivation du gouvernement est de balayer les questions sous le tapis en procédant à un simulacre de procès, ce qui est une insulte à la notion même de justice. Paul Joseph Watson, 22 février 2008

Original:http://www.prisonplanet.com/articles/february2008/022208_rigged_trials.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info.

http://www.alterinfo.net/Les-proces-truques-de-Gitmo-demontrent-la-tartufferie-de-l-histoire-officielle-du-9-11_a17110.html sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation


2-2 Thierry Meyssan : Comment « L’État profond » survit aux alternances partisane ou 'La continuité du pouvoir US, derrière la Maison-Blanche .'

Extraits

Soixante ans de propagande atlantiste nous ont convaincu que les États-Unis sont une grande démocratie. Pourtant, aucun observateur ne pense que Ronald Reagan ou George W. Bush ont exercé le pouvoir attaché à leur fonction, mais alors qui préside ? Ou encore, les observateurs s’accordent à considérer qu’une fois recomptés les bulletins de vote, Al Gore avait gagné l’élection de 2000, mais alors pourquoi Bush occupe-t-il la Maison-Blanche  ?  Autant de questions auxquelles aucun journaliste ne souhaite répondre. Thierry Meyssan brise le tabou.

Au cours des soixante dernières années, les États-Unis se sont dotés de ce que l’on a nommé « l’appareil sécuritaire d’État ». Il fut constitué comme un État derrière l’État, chargé de conduire dans l’ombre la Guerre froide contre l’URSS, puis d’occuper l’espace laissé vacant par l’Union soviétique après son démantèlement et de conduire la Guerre au terrorisme. Il dispose d’un gouvernement militaire fantôme désigné pour remplacer le gouvernement civil, s’il advenait que celui-ci soit décapité par une attaque nucléaire.

Le président Eisenhower déclara dans son célèbre discours d’adieux (17 janvier 1961) : « Dans les conseils de gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette conjonction menacer nos libertés ou les processus démocratiques ».

Mais cette mise garde aura été insuffisante. La logique de « l’appareil sécuritaire d’État » a progressivement submergé celle des institutions civiles qu’il devait pourtant protéger. Le complexe militaro-industriel a usé de son pouvoir pour modeler à son avantage les institutions civiles au lieu de les servir. En définitive, le lobby de la guerre a faussé le processus électoral et est parvenu, à chaque élection présidentielle, à choisir l’homme qui occuperait la Maison-Blanche .

Sans exception possible, depuis 60 ans, le président est le candidat qui s’est engagé à réaliser les exigences de « l’appareil sécuritaire d’État », et qui a obtenu le financement massif des firmes contractantes du Pentagone. Bien sûr, une fois installé dans le Bureau ovale, l’élu tente toujours de s’affranchir de ses parrains et de se rapprocher des intérêts réels de son peuple. À lui de découvrir la marge de manœuvre dont il dispose, au risque de perdre son onction et d’être éliminé, politiquement, voire physiquement. Au demeurant, le risque d’un président qui s’affranchisse de « l’État profond » et se maintienne néanmoins au pouvoir est limité par l’interdiction qui a été édictée à la même époque de briguer plus de deux mandats consécutifs.

Dans ces conditions —comme nous allons le voir— l’alternance entre démocrates et républicains n’est pas un moyen pour les citoyens états-uniens de changer de politique, mais un moyen pour « l’appareil sécuritaire d’État » de poursuivre la même politique au-delà de l’impopularité d’un président usé.

C’est l’application du principe que Giuseppe Tomasi di Lampedusa prête au Guépard : « Il faut que tout change, pour que rien ne change et que nous restions les maîtres ».

Occasionnellement « l’État profond » affleure et laisse entrevoir sa puissance. C’est parfois le cas lors de la période de transition présidentielle : une semi-vacance du pouvoir lorsque le président sortant administre les affaires courantes et que le président élu se prépare à gouverner.

Au XVIIIe siècle, cette période de transition de 11 semaines s’expliquait par le temps nécessaire pour établir les résultats et constituer une équipe au regard de l’immensité du pays et de la lenteur des moyens de communication. La première se déroula, en 1797 lorsque John Adams succéda à George Washington.

Pendant un siècle et demi, cette période n’était régie par aucune procédure car les deux présidents (sortant et entrant) n’avaient aucune raison de collaborer l’un avec l’autre.

Il en est tout autrement aujourd’hui où cette période est mise à profit par « l’appareil sécuritaire d’État » pour présenter au nouveau locataire de la Maison-Blanche ce qu’il doit savoir de « l’État profond ». Pour comprendre ce système, revenons sur l’histoire de ces transitions. ……..

L’image de Ford était désastreuse. L’opinion publique voyait en lui un magouilleur qui avait gracié Nixon pour lui succéder, tandis que « l’appareil sécuritaire d’État » voulait effacer l’image humiliante de la chute de Saïgon à laquelle il était associé (bien qu’elle ne soit que la conséquence de la paix voulue par Nixon). Il ne disposait pas de la légitimité suffisante pour prendre des initiatives majeures. « L’État profond » avait donc besoin d’un nouveau président démocrate. Ce fut Jimmy Carter, un protégé de David Rockefeller (le frère du vice-président Nelson Rockefeller), capable à la fois de tourner la page des crimes antérieurs et de tenir le cap face à l’URSS. Carter choisit comme conseiller national de sécurité Zbignew Brzezinski [2], le secrétaire général de la Commission trilatérale, le think tank des Rockefeller. Il avait théorisé une version moderne du « containment » de l’Union soviétique, redonnant ainsi vigueur à la doctrine de « l’appareil sécuritaire d’État ». Sur cette base, il diminua la pression militaire en Amérique du Sud (renégociation du statut du canal de Panama et fin des dictatures militaires) et la déplaça vers l’Asie centrale (guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques). C’est à cette occasion qu’il engagea Oussama Ben Laden et développa le soutien US aux organisations extrémistes sunnites anticommunistes. Malheureusement la crédibilité des États-Unis fut battue en brèche par l’affaire des otages de l’ambassade de Téhéran. Surtout, après les révélations des commissions d’enquête parlementaires, le baptiste Carter se mit en tête de moraliser la CIA dans la foulée du nettoyage post-Watergate. Menacé par cette prétention, « l’appareil sécuritaire d’État » organisa une campagne médiatique contre lui, l’accusant d’être atteint du « syndrome vietnamien ». Puis, il se mit à lui chercher un remplaçant républicain. En définitive, « l’État profond » organisa le ticket Reagan-Bush (ce dernier étant ancien patron de l’Agence). Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le vice-président était l’homme fort, tandis que le président n’était qu’un acteur d’Hollywood jouant un rôle de composition [3].

Reagan et Bush désignèrent un triumvirat pour organiser la transition : Ed Meese devait préparer les nominations et le programme, l’avocat William Casey s’occupait des relations avec « l’appareil sécuritaire d’État », tandis que le brillant James Baker courait du four au moulin. En réalité, Casey avait été l’officier traitant de Reagan lorsque, des années plutôt, il avait à Hollywood été le parrain people du Comité international des réfugiés (International Refugee Committee), une vitrine anti-communiste de la CIA. Et dès que possible, Reagan nomma Casey directeur de l’Agence.

Survint immédiatement l’épisode douloureux de la tentative d’assasinat contre Ronald Reagan par un ami des Bush. L’attentat fut un échec, mais Reagan comprit le message et laissa l’entièreté des questions de défense dans les mains de son vice-président. C’est pendant cette période que la procédure de continuité du gouvernement fut développée. Le gouvernement militaire de remplacement, créé par Eisenhower, n’était jusque là qu’une instruction. On décida de lui donner chair. Une équipe permanente fut constituée et de gigantesques bunkers furent construits ou aménagés pour l’abriter avec les dirigeants survivants : Cheyenne Mountain, Raven Rock (dit "site R") et Mount Weather. Il installa un système de surveillance du gouvernement civil de sorte qu’il puisse suivre en temps réel tous les dossiers en cours et soit à même de poursuivre l’action gouvernementale sans une minute d’interruption en cas d’apocalypse nucléaire. Deux fois par an, des exercices de simulation de continuité du gouvernement furent organisés.

En toute confiance, « l’appareil sécuritaire d’État » soutint le vice-président Bush pour succéder à Reagan. La liaison entre « l’État profond » et l’équipe de campagne fut assurée par un membre du Conseil national de sécurité, le général Colin Powell.

En 1989-91, les « guerriers froids » assistèrent à la chute de l’Union soviétique, qu’ils avaient toujours souhaitée, mais qui les laissait désemparés. « L’appareil sécuritaire d’État » avait rempli sa mission. Pendant 45 ans, des hommes sincères avaient cru défendre leur pays en manipulant les institutions et en mettant la démocratie entre parenthèse. Comme l’avait prévu Dweight Eisenhower, certains avaient trop goûté à ce pouvoir pour accepter de s’en passer. Privé de raison d’être, « l’État profond » allait se maintenir, mais à quel prix ?

À défaut d’ennemi, « l’appareil sécuritaire d’État » entre en guerre contre lui-même

George H. Bush Sr. eut la lourde tache de définir les objectifs des États-Unis dans le monde post-soviétique. Non sans hésitation, il imagina la construction d’un « nouvel ordre mondial » favorable à une domination économique globale des États-Unis. Il ordonna une réduction du format des armées et étudia les possibilités de reconversion de « l’appareil sécuritaire d’État » pour lutter contre émergence de nouveaux compétiteurs. Devant cette menace existentielle, l’État profond suscita une alternance partisane.

Les journalistes trotskistes, que la CIA avait jadis recrutés pour lutter à l’intérieur de la gauche contre l’influence soviétique, étaient passés au parti républicain sous le nom de « néo-conservateurs ». Ils y étaient devenus les propagandiste du lobby de la guerre. Tels les girouettes qui tournent avec le vent, ils se retournèrent contre Bush Sr., lui reprochant de ne pas avoir profité de la fin de l’URSS pour renverser Saddam Hussein à la fin de Tempête du désert, et appelant à voter pour le seul candidat capable de faire la prochaine guerre en Yougoslavie, Bill Clinton.

Parfaitement conscient de l’occasion qui s’offrait à lui, le gouverneur Clinton fit campagne sur l’émergence de nouvelles menaces et la nécessité de gendarmer la Yougoslavie. Il proposa également de moderniser les armées en adaptant leur gestion aux évolutions sociales, ce qui signifiait entre autres leur ouverture aux femmes et aux gays. Bush Sr., qui était le président le plus populaire des États-Unis au XXe siècle (90 % d’opinion favorables !) sous-estima la capacité des « guerriers froids » à l’écarter. Pour le priver d’une partie de ses voix, ceux-ci financèrent la candidature indépendante de Ross Perot, un milliardaire qui avait servi de couverture pour une opération de sauvetage des Forces spéciales en Iran. Bush Sr. fut battu.

Bill Clinton s’opposa à la levée de l’embargo onusien contre l’Irak, après que Saddam Hussein se soit conformé aux résolutions de l’ONU, affamant ainsi la population et provoquant au moins 500 000 morts. Cependant, il freina le réarmement (bloquant notamment le projet d’armement spatial) et se refusa à lancer l’opération en Yougoslavie en vue de laquelle « l’appareil sécuritaire d’État » l’avait soutenu. Pis, en 1995, à l’occasion d’un exercice de simulation, il découvrit la composition du gouvernement de l’ombre que « l’appareil sécuritaire d’État » avait formé pour le remplacer. Il était dirigé par l’ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld et il comprendrait certains de ses propres collaborateurs comme le patron de la CIA , James Woolsey. Pour se tenir prêts à la relève, ces gens espionnaient en permanence le gouvernement civil, dont ils interceptaient toutes les communcations et tous les documents. Considérant que ce dispositif de la Guerre froide était obsolète, Clinton —qui refusait d’être un président jetable de plus— ordonna la dissolution de la structure. Mal lui en prit.

Le conflit qui s’est ouvert alors a commencé à ronger les États-Unis de l’intérieur, certains responsables de « l’État profond » étant emportés par l’ivresse du pouvoir, tandis que d’autres essayaient de stopper cette dérive infernale. Ce déchirement pousse inexorablement les États-Unis vers la désintégration ou la dictature.

Passé dans une totale clandestinité, partiellement replié en Israël, « l’État profond » US ourdi un complot contre Bill Clinton. Piégé en 1995 dans une affaire de mœurs par une stagiaire israélienne de la Maison-Blanche , Monica Lewinsky, il fut soumis à une procédure d’impeachment en 1998-99. Mais, à la différence de Nixon qui n’avait pas de marge de manœuvre, Clinton fit marche arrière. Alors que la Chambre des représentants venait de voter sa destitution, il rétablit le gouvernement de l’ombre et fut sauvé par le Sénat. puis, il ordonna le bombardement de la Serbie par l’OTAN.

Quoi qu’il en soit, après ce bras de fer, il n’était pas question pour « l’appareil sécuritaire d’État » d’accepter que le vice-président Albert Gore succède à Clinton. Mais, le système si bien rodé de la continuité politique se grippa. Le candidat de « l’appareil sécuritaire d’État », le républicain John McCain, perdit une primaire décisive, passant la main à une personnalité peu crédible, George W. Bush Jr. dans la plus grande précipitation, tout fut mis en œuvre pour encadrer ce candidat de la dernière chance. Il forma un ticket avec Dick Cheney, le grand manitou du parti républicain et un des hommes clé de « l’État profond ». Une formation accélérée lui fut dispensée par un groupe de spécialistes, les Vulcains (du nom du dieu qui forge les armes de l’Olympe), conduit par l’inoxydable Henry Kissinger et la soviétologue Condoleezza Rice. Un océan de dollars fut collecté pour sa campagne. Rien n’y fit. Bush Jr. fut battu par Al Gore. « L’État profond » fut alors contraint de truquer le résultat du scrutin, de manière visible et peu glorieuse, et de faire nommer le nouveau président par la Cour suprême à défaut d’avoir réussi à le faire élire.

La transition Clinton-Bush Jr. fut une longue crise. Durant la contestation des résultats, les fonds destinés aux groupes de travail, au titre du Presidential Transition Act, furent gelés et les immenses locaux prévus pour les accueillir furent fermés. L’administration Clinton dut prendre des mesures de sécurité exceptionnelles pour protéger le vice-président Gore. En définitive, celui-ci jeta l’éponge après que des menaces sérieuses aient été dirigées contre sa famille. Le ticket Bush Jr-Cheney investit la Maison-Blanche. Comme lors du ticket Reagan-Bush Sr., le vrai pouvoir échut au vice-président. Sortant une nouvelle fois de l’ombre, Donald Rumsfeld fut nommé secrétaire à la Défense , tandis que Colin Powell prenait le secrétariat d’État et Condoleezza Rice le Conseil national de sécurité. Quelques mois plus tard, « l’appareil sécuritaire d’État » organisait de spectaculaires attentats à New York et Washington, relançant ainsi le militarisme états-unien, cette fois contre un adversaire imaginaire : le terrorisme islamiste.

Loin de pérénniser le système, les coup de force successifs du complot Lewinsky de 1995-99, des élections truquées de 2000 et des attentats de 2001 ont accéléré sa désintégration interne post-Guerre froide. L’inadaptation des armées US à la colonisation de l’Afghanistan et de l’Irak a conduit à une catastrophe comparable à celle du Vietnam. Le projet du vice-président Cheney de prendre l’Iran comme proie suivante a suscité la mutinerie d’une partie de l’état-major, inquiète de ce sur-déploiement [4]. Pour la première fois, « l’appareil sécuritaire d’État » est divisé, en guerre contre lui-même. Pour succéder à George W. Bush, les deux factions ont chacune leur candidat. Et on ne comprend pas très bien comment les Clinton peuvent espérer profiter de cette division pour prendre leur revanche et pousser Hillary jusqu’au Bureau ovale. Les mutins soutiennent Barack Obama avec le projet d’un retrait partiel d’Irak en bonne intelligence avec l’Iran et de l’attaque du Pakistan ; tandis que le clan Cheney soutient John McCain dans l’espoir du prolongement de l’occupation de l’Irak et de la continuation du remodelage du Grand Moyen-Orient.

Aucun de ces deux candidats n’a de plan pour réconcilier les factions opposées au sein de « l’appareil sécuritaire d’État ». De ce fait, quelque soit le prochain locataire de la Maison-Blanche , il ne pourra pas enrayer l’implosion du système. On peut déplorer le développement de « l’appareil sécuritaire d’État », mais on doit reconnaître qu’il répondait à une logique. On peut comprendre pourquoi la démocratie a été mise entre parenthèse durant la Seconde Guerre mondiale et sa prolongation, la Guerre froide, mais il n’existe aucune justification à la situation actuelle. En définitive, les contradictions internes de ce sytème ont atteint leur paroxysme lorsque les chantres de « l’appareil sécuritaire d’État » ont prétendu démocratiser le monde par les armes.

Thierry Meyssan 24 février 2008
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban)

[1] « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 août 2001. Voir surtout le livre de référence : NATO’s Secret Army : Operation Gladio and Terrorism in Western Europe, par le professeur Daniele Ganser. Version française Les Armées Secrètes de l’OTAN, éditions Demi-Lune, 2007. Disponible par correspondance via la Librairie du Réseau Voltaire. Entretien de Silvia Cattori avec l’auteur : « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », Réseau Voltaire, 29 septembre 2006.

[2] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[3] « Ronald Reagan contre l’Empire du Mal », Réseau Voltaire, 7 juin 2004.

[4] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, 3 décembre 2007.


3-3 Propaganda : Où comment manipuler l'opinion.

Le bouquin de Bernays est la bible des synarchistes depuis sa parution dans les années 1920… mais cela ne le rend pas moins intéressant à lire…

[Egalité & Réconciliation (le site néo-faf d’Alain Soral) - 20/12/2007]

Marketing politique, sondages, coups médiatiques, arnaques, détournements, nous vivons sous les règles, la conduite, la culture dominante de communicants, de conseillers en image et des faiseurs d’opinion. La manipulation de l’opinion a toujours existé sous diverses formes de la part des gouvernants. De nombreux ouvrages ont traité de la question de la manipulation des foules sous l’angle totalitaire et fasciste.

En s’appuyant sur la théorie des réflexes conditionnés de Pavlov, ainsi que sur une classification des pulsions humaines, Tchakotine avait analysé les mécanismes de la manipulation propagandiste. D’une manière générale, le succès de la propagande fasciste dépendait de l’habileté du propagandiste à associer un des thèmes qu’elle développe aux pulsions majeures de l’être humain, comme l’agressivité, satisfaction matérielle, désir sexuel, amour parental. L’individu soumis à ces pulsions agissait de façon inconsciente conformément à ce qui lui a été dicté. De même que les expériences de Milgram, de Asch mesuraient le niveau d’obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l’exécute par le biais de la persuasion, du consensus ou de la torture.
Or, la propagande politique au XXe siècle ne serait pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine.

Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, un des pères fondateurs des “relations publiques”, explique que la démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement : la propagande. Celle-ci a pris un tour nouveau avec l’avènement de ce qu’il baptise « la nouvelle propagande », qu’il décèle, exemples à l’appui, dans la moindre coupure de presse. C’est paradoxalement l’élévation du niveau d’instruction qui a permis, non pas au peuple de s’émanciper, mais à une minorité d’influencer la majorité bien plus efficacement que ne pouvaient le faire les monarques absolutistes des époques antérieures.

Propaganda, véritable petit guide pratique écrit en 1928, devenu classique aux Etats-Unis, expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse. Un document qui révèle les grandes ficelles de la fabrique d’opinion. Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il a orchestré des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Le texte de Bernays constitue ainsi un véritable manuel de « relations publiques » destiné tout à la fois à transmettre un certain nombre de techniques de propagande, mais aussi à convaincre les incrédules des vertus.

Paradoxalement, le texte n’est pas faire écho aux écrits postérieures de Noam Chomsky, qui eux, dénoncent pourtant radicalement cette « fabrique du consentement ». Ainsi, le texte de Bernays commence par ces mots très clairs : « la manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays ». Pour Bernays, la propagande peut être utilisée à mauvais escients et cette organisation et cette polarisation de l’opinion publique sont nécessaires à une vie bien réglée. La propagande touche différentes sphères d’activité. La mise en œuvre des techniques de propagande ne constitue pas une manipulation du grand public, mais au contraire favorise la rencontre entre l’entreprise et ses clients potentiels. Un discours de légitimation qui est encore au fondement des cours de marketing dispensés dans les formations de gestion. Et Bernays d’appeler même à une rationalisation et une systématisation toujours plus grande de ces techniques : notamment dans les champs où elles sont encore délaissées : « de nos jours, le directeur de la publicité d’une agence théâtrale ou d’une compagnie de cinéma est un homme d’affaires, responsable d’un capital qui se chiffre en dizaines voire en centaines de millions de dollars. Il ne peut pas se permettre de jouer les acrobates ou les cavaliers seuls, en matière de publicité. Il doit connaître à fond le public auquel il s’adresse, influencer les pensées et les actions des spectateurs potentiels à l’aide des méthodes inculquées aux milieux du spectacle par ses anciens élèves, l’industrie et le commerce ».
Cette remarque s’applique aux campagnes électorales. On ne peut terminer sans relever la conception particulière de la démocratie en Amérique de Bernays, résumée en une seule phrase : « notre démocratie ayant pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider ».
D’un point de vue communautaire, en régime démocratique et libéral, la technique est claire. Bernays, visionnaire, suppose que des groupes minoritaires auraient tout à gagner à mettre en œuvre les techniques de la propagande : les « activités féminines », l’éducation, les œuvres sociales ou les institutions artistiques et scientifiques. Il clôt enfin son essai en listant l’ensemble des moyens de propagande disponibles à son époque, et vante tout particulièrement ces nouveaux outils que représentent alors la radio ou le cinéma. Et il conclut en répétant une énième fois ce qui s’apparente bel et bien à son credo : « la propagande ne cessera jamais d’exister. Les esprits intelligents doivent comprendre qu’elle leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir à des fins productives, pour créer de l’ordre à partir du chaos ». Posted by libertesinternets

Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie (Broché)de Normand Baillargeon (Préface), Edward Bernays (Auteur) :http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1300 http://libertesinternets.wordpress.com/2008/02/24/propaganda-comment-manipuler-l%e2%80%99opinion-en-democratie/

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=612&Itemid=157


2-4 A la TV , personne n'écoute, tout le monde regarde les images.

Lesley Stahl, journaliste d’investigation à CBS News, illustre sa thèse sur la puissance des images avec l’exemple d’un reportage critique sur Ronald Reagan diffusé en 1984 lors du Journal télévisé :

Avant la diffusion, j’étais inquiet. Je savais que mon reportage aurait un impact, ne serais-ce que par sa longueur : cinq minutes et quarante secondes, ce qui - à l’aune du Journal Télévisé - est quasiment un documentaire. J’avais peur que mes contacts à la Maison Blanche soit contrariés par mes remarques acerbes et la teneur critique vis à vis du Reagan. J’avais peur de me faire banir des conférences de presse présidentielles Mais, comme se rappelle son associé Bob Somerby, c’est le contraire qui se produisit. Après le journal télévisé, [Dick] Darman a appelé la rédaction depuis la Maison Blanche. “C’est super, mec !” a t’il dit à Stahl. “On a adoré ton reportage”. Stahl ne comprenait pas, “Vous avez adoré ? Vous n’avez pas entendu mon commentaire ?” “On s’en fout de ton commentaire, personne ne l’a entendu.”

Vous, les journalistes de la télé, vous n’avez pas toujours pas compris, hein ? Quand les images sont puissantes et pleines d’émotion, elles surpassent voire noient complètement le commentaire sonore. Je t’assure Lesley, personne n’a entendu ou retenu ce que tu as dit.”

Le reportage critique de Stahl sur le président Reagan avait été illustré par diverses séquences d’archives qui montraient toutes le président sous un angle positif, dynamique, actif, souriant…

Selon Darman, ces images positives masquaient totalement le contenu du commentaire de Stahl.

Voilà à quoi ressemble le débat public de nos jours : le public ne retient que les images et ne prête plus attention au commentaire, il regarde les photos et ne lit pas le texte, il s’enthousiasme pour des causes “qui passent bien en image” et ignore celles qui “ne sont pas télégéniques”.

Et tout le monde, tant dans la presse que dans le public, trouve cela tellement normal qu’il ne s’en rend même plus compte.

[Gregor Seither - IES News Service - 24/02/2008]

Posted by libertesinternets 

 

26/02/2008

n°154 journal de l'Afghanistan - 22/25-02

Sommaire.

Tiré à part :

1 Analyse

Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vivas Maxime : La face cachée de Reporters sans frontières.

7 Brèves

7-1 Al Qabas (journal koweïtien) : L'OTAN propage l'épidémie séparatiste à travers le monde.

7-2 Un oeil sur la planète : Kaboul et le piège afghan.

7-3 Trois policiers condamnés à dix ans de prison pour viols.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de David Orchard : Les concepts modernes d'«intervention humanitaire» et de «devoir de protéger» ne sont,  que des termes du XXIe siècle pour la colonisation.


Tiré à part :

22-02 Un civil a été tué par l'armée US et en ont blessé deux tandis qu'ils ramassaient du bois, a annoncé Fazullah Wahidi, gouverneur de cette province. L'armée américaine, n'a pas confirmé ces informations. Les victimes civiles sont l'un des problèmes les plus épineux (…) de l'intervention des plus de  60.000 soldats étrangers en Afghanistan. AFP

23-02 Selon un communiqué de la coalition. ‘Plusieurs résistants ont été tués lors d’une opération menée par l’armée d’occupation US dans le district de Kadjaki. Une femme et un enfant ont également été tués durant cette opération, déclare les occupants. Bassirat.net avec Reuters  

Un appareil B-2 de l'US Air Force s'écrase…

Un bombardier stratégique B-2 de l'US Air Force s'est écrasé vendredi juste après son décollage, à Guam. Ses deux pilotes sont parvenus à s'éjecter de l'avion, a annoncé l'armée américaine. Les bombardiers stratégiques B-2 sont eux indétectables par la plupart des radars. Ils ont une autonomie de près de 11 000 kilomètres et coûtent près d'1,2 milliard de dollars l'unité. Ces appareils ont eux été utilisés lors de missions effectuées en Afghanistan, en Irak et en Serbie. (ats / 23 février 2008)


Marché de l’armement : Les dépenses militaires de la planète ont explosés.

Seul un petit cercle de pays se partagent aujourd’hui le marché de l’armement à l’exportation.

Entre 1996 et 2006, cinq grands pays exportateurs réalisaient 90% des ventes mondiales : Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, France et israël. En 2006, ils ont accaparé 88% des exportations mondiales.

Les États-Unis se sont taillés la parti du lion avec 55% des exportations mondiales, suivis de leurs fidèles alliés le Royaume Uni (14%) et de la Russie (9,6% et 8% sur la période 1995-2006), dont les ventes d’armes progressent régulièrement depuis 2000.

Au quatrième rang la France (5,9%), est talonnée par Israël (5,3%). très présente dans le domaine de l’électronique, des drones et des missiles tactiques, l’industrie israélienne est un concurrent actif, en particulier en asie, notamment à Singapour et en Inde, où il est le deuxième fournisseur des forces armées, et en Europe de l’Est. Mais des nouveaux venus comme l’Afrique du Sud, le brésil, la Chine , la Corée du Sud, le Pakistan et l’inde commencent à marcher sur leur plates-bandes et à grignoter leur part de marché. Parallèlement, cinq pays ont acheté un tiers des armes exportés (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, inde, Grèce et Turquie).

Tous les observateurs prédisent que le marché de l’armement va rester sur une pente ascendante. Notamment avec le renouvellement de certains grands équipements, dont les flottes d’avions de combat. Mais aussi en raison de nouvelles stratégies. Les états-majors ont repensé leurs équipements à la suite des guerres au Kosovo, en Afghanistan et en irak. A la place des chars, des hélicoptères d’attaques, les stratèges privilègient aujourd’hui “des matériels beaucoup plus mobiles et aérotransportables”. http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6063


L'Afghanistan en chiffre du 22 au 26-02-08 
tués blessés
Usboys / Autres boys  1  2
Policiers, armée et collaborateurs  17  1+x
Peuple Afghan  35  2 + x

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

25-02 En Afghanistan malgré la présence de 50.000 militaires de l'Otan et de 140.000 membres de l'armée afghane la résistance continue de gagner du terrain. (Reuters)

25-02  La résistance a menacé de détruire les infrastructures de téléphonie mobile à travers le pays si les compagnies de téléphone ne coupaient pas leurs signaux du crépuscule à l’aube. La résistance accuseles forces étrangères déployées en Afghanistan d’utiliser les signaux téléphoniques pour traquer les résistants et lancer des attaques contre eux. Bassirat.net avec AP


Occupation de l'Afghanistan 

20-02 Plus de 60.000 soldats étrangers en Afghanistan. AFP


 Analyse & déclaration

Troupes Afghane

22-02 L'armée afghane, sous la tutelle de l'armée canadienne, compte maintenant deux bataillons complets et un troisième est sur le point de voir le jour. Malgré tous ces signes encourageants, les attaques ont tout de même connu une hausse de 64 pour cent comparativement à l'année dernière. Source : La Presse Canadienne


USA & Coalition

Le terrain perdu dans les districts de Panjwaii et de Zhari a été presque reconquis, bien des zones demeurent cependant fragiles. Source : La Presse Canadienne 22 fév, 20 h 47


Australie

23-02 Lors de discussions avec le secrétaire à la guerre Gates et le vice-secrétaire d'Etat John Negroponte, Fitzgibbon s'est voulu rassurant : affirmant que la présence occupante de l’Australie s'y inscrivait sur "le long terme". Au total un millier de militaires australiens sont dans le pays. (ats)

23-02 L'Australie a demandé aux Etats-Unis de lever leur embargo sur l'exportation d'avions de combat furtifs F-22. L'Australie, dont les ‘vieux’ F-111 cesseront leur service en 2010, souhaite acheter des F-22, avant l'arrivée, en 2015 au plus tôt, de F-35. (afp)


Canada 

22-02 Alors que le gouvernement canadien s'apprête à établir une date pour le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan, les soldats impliqués dans ce conflit disent que l'échéance ne veut rien dire pour eux. Ce n'est pas qu'ils désirent demeurer en Afghanistan indéfiniment. Certains, comme ceux qui sont blessés, aimeraient bien voir le Canada rapatrier ses soldats plus rapidement que la nouvelle date proposée de 2011. Mais à Kandahar, l'accent n'est pas mis sur ce qui pourrait être fait dans quelques années, mais ce qui pourrait être fait au cours des prochains mois. L'armée canadienne est en Afghanistan depuis 2002 et ses actions sont concentrées dans la province de Kandahar depuis 2006. Environ 10 000 soldats canadiens y sont passés. L’unité  actuelle est majoritairement constituée de soldats du 22e régiment de la base de Valcartier. Mais leur passage s'achève: après sept mois de mission, ils sont peu à peu remplacés par les soldats du régiment d'infanterie légère Princess Patricia, basé en Alberta. Mais ce fut une période de sept mois fort occupée: ( au minimum) douze soldats ont été tués au combats, deux dans un accident et un autre soldat s'est suicidé à Kaboul, et de nombreux blessés sont décédés. Source : La Presse Canadienne 22 fév, 20 h 47


Suisse

23-02 L'engagement de l'armée suisse en Afghanistan prend officiellement fin après quatre ans d’occupation. Depuis le début de la mission en 2003, 31 officiers dont trois médecins ont été engagés dans l'Hindou Kouch. Les deux officiers suisses, qui étaient à la fin stationnés près de Kunduz, dans le nord du pays, ne pouvaient plus accomplir leur mission avec l'efficacité voulue en raison des mesures prises par la troupe pour sa propre protection, souligne le Département fédéral de la défense (DDPS).

Dans les régions où la présence des résistants s'est renforcée, l'accomplissement des travaux de reconstruction est pratiquement devenu impossible, ajoute le DDPS.
Le chef de la guerre suisse Samuel Schmid avait pris la décision en novembre dernier de mettre un terme fin février à la mission helvétique auprès de la Force internationale : l'ISAF.
  (ats & Sur le Web Source)


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants - US & Isaf.

23-02 Une explosion a visé un convoi du contingent italien de l'Isaf (Force internationale d'assistance à la sécurité), faisant deux blessés parmi les militaires, a déclaré le gouverneur de la province occidentale de Farah.

Sayed Salahuddine, (Reuters : version française Jean-Stéphane Brosse

24-10  Un soldat de l’armée danoise s’est tué dans un accident qui « s’est produit lorsque des soldats de la compagnie d’infanterie mécanisée (…) préparaient un entraînement de nuit sur le terrain à l’extérieur de Camp Bastion », dans la province méridionale de Helmand, a indiqué l’armée danoise dans un communiqué.

Bassirat.net avec AFP


Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan)

11-02 La coalition a annoncé avoir tués, lors d’une opération qui s’est déroulée lundi, deux commandants régionaux de la résistance. Avec AP

20-02 Des combats ont opposé coalition internationale et les forces de sécurité afghanes aux Résistants dans le nord du district de Moussa Qala. Selon un communiqué du ministère afghan de la Défense , trente résistants ont été tués lors de ces affrontements qui ont impliqué l’aviation de la coalition. Avec AP

23-10 Selon un communiqué de la coalition. ‘Plusieurs résistants ont été tués lors d’une opération menée par l’armée d’occupation US dans le district de Kadjaki. Une femme et un enfant ont également été tués durant cette opération, déclare les occupants. Bassirat.net avec Reuters

24-02 Un chauffeur routier a été tué au cours d’une l’attaque d’un convoi de camions ravitaillant l’armée britannique. Quatre camions ont également été détruits dans l’opération. Avec Pajhwok


Province de Kandahar (sud) 

24-02 Dimanche matin, une bombe a explosé au passage du convoi d’Assadôllah Khalid, gouverneur de la province méridionale de Kandahâr, tuant trois policiers. Deux autres policiers ont été blessés. L’explosion s’est produite dans le district de Maywand, où le gouverneur venait de rencontrer les dignitaires locaux. Avec Pajhwok


Province de Kunar (est de l'Afghanistan)

22-02 Vendredi soir, le chef de la police du district de Chawkey, a été exécuté par les résistants ont annoncé samedi les autorités locales.. Avec AP

23-02 Sept gardes de sécurité afghans ont été tués samedi quand leur véhicule a sauté sur une mine sur une route du district de Sarkano, au sud d'Asadabad, capitale de cette province qui jouxte le Pakistan. Les gardes assuraient la sécurité d'une entreprise de construction de routes (Ndlr : routes militaires) dans la province du Kunar, a dit Fazullah Wahidi, le gouverneur.AFP


Province de Khost (sud-est)

25-02 Une bombe télécommandée a explosé au passage d’un véhicule qui se rendaient dans le district de Sabri, à proximité de la frontière pakistanaise. Cinq policiers afghans ont été tués.Parmi les tués, figurent un officier de police, deux de ses fils et deux de ses neveux qu'il employait comme gardes du corps. (Reuters)


4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


Civils tués ou morts                                          : ? +  3.673

Civils blessés                                                   : ? +  2.100 (chiffres trop bas) 


Résistances afghans tués :                           : ?  +  6579

Résistances afghans blessés                         :?  +  1.585 (chiffres trop bas)

Résistances afghans arrêtés :                        : ?  + 2.320


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1188

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1221 (chiffre invraisemblablement bas...)

Suicides                                                           : ?  +  20

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 3.921

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?   + 3.888 (chiffre trop bas)

Collabo   tués                                                      :   1.070

Collabo   blessés                                               :?  +  563 ( chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.
6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

20-02  L’armée américaine a reconnu qu’elle détenait depuis près de trois mois le journaliste Jawad Ahmad, employé par la chaîne canadienne CTV. Selon Reporters dans frontières, l’armée américaine reproche au journaliste ses contacts réguliers avec des responsables de la résistance.  Avec RFE/RL


6-1 Vivas Maxime : La face cachée de Reporters sans frontières.

Le livre est arrivé  (De la CIA aux Faucons du pentagone)

Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.

Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice".

Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je.  Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG...

La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone).

Quand on voit dans un champ une grande chose blanche, avec des taches noires, avec des cornes, qui mange de l’herbe, qui donne du lait et qui fait MEUUUH, on peut raisonnablement en conclure qu’il s’agit d’une vache. Ajoutons que si un cow-boy traîne dans les parages, lui caresse l’échine et vante ses mérites, la tentation est grande de classer l’animal dans la famille des bovinés, surtout quand on le surprend à brouter son foin au râtelier d’un ranch. Reporters sans frontières est-elle une fausse ONG qui égare les médias par ses informations choisies ?

Voici les paravents à peine opaques de la CIA qui alimentent RSF en dollars :

le Center for a Free Cuba

 et la National Endowment for Democracy (NED) via l’United States Agency for International Development (USAID).

Voici deux personnages qui ont occupé des hautes fonctions dans ces généreuses officines : l’activiste Otto Reich qui travailla à la direction de la CIA et John Negroponte, ex-ambassadeur en Irak occupé, qui fut, jusqu’au début de 2007, patron de l’ensemble des services de renseignements US.

Voici un autre sponsor : l’Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s’agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien.

Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les vérités évolutives, les mensonges réitérés de RSF, le tout au service d’une cause sans rapport avec les objectifs affichés.

Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l’Empire veut soumettre et son silence sur les effets de la financiarisation de la presse dans les pays riches.

Notons sa mansuétude envers les « bavures » de l’US Army, ses « oublis » dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes et posons la dernière pièce : le clin d’œil appuyé de Colin Powell à cette ONG (et à elle seule) dans un volumineux rapport qui détaille les modalités prévisionnelles de gestion, sous protectorat US, d’un pays d’Amérique latine prioritairement ciblé par RSF.  Alors, association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ?

Maxime Vivas Mardi 27 novembre 2007.

- Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.

- Licencié en Communications Sociales (IHECS, Bruxelles), le journaliste vénézuélien Thierry Deronne a fondé

Deronne a fondé plusieurs télévisions associatives (Teletambores, Camunare Rojo TV), l’Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma (Caracas), le Journal International de Quartier. Il est vice-président de la Télévision Publique nationale du Venezuela Vive TV.

- La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone), en librairie depuis le 24 novembre 2007 (Aden Editions), préface de Thierry Deronne, 272 pages (36 chapitres, six annexes), 20 euros.

Autres titres : Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona.

Les subventions versées à Reporters sans frontières par l’Union européenne intrigue le Médiateur, par Maxime Vivas.


7 Les brèves

7-1 Al Qabas (journal koweïtien) : L'OTAN propage l'épidémie séparatiste à travers le monde.

L'OTAN est responsable de la propagation de l'épidémie séparatiste à travers le monde, écrit le journal koweïtien Al Qabas.
Le quotidien indique que le bloc, qui a en 1999 précipité, sans aval de l'ONU, l'effondrement de l'ex-Yougoslavie et initié le processus d'autodétermination du Kosovo, a ouvert "une page dramatique" de l'histoire contemporaine.
"Le droit à l'autodétermination est devenu une arme permettant de démembrer et de briser les Etats", estime le journal.
Selon le quotidien, le monde est entré dans une période extrêmement dangereuse de son histoire, au cours de laquelle les frontières pourront être remises en cause.
Au Canada en raison du problème du Québec,
en France avec la Corse , en Chine avec le Tibet, en Indonésie, et dans de nombreux pays d'Afrique, les frontières pourront désormais être contestées pour des motifs ethniques, religieux, sectaires, raciaux ou tribaux.
Al Qabas qualifie de nouvelle "épidémie" provoquée par l'OTAN la récente proclamation à titre unilatéral de l'indépendance du Kosovo, et met en garde contre l'apparition d'autres foyers séparatistes en Irak, en Afghanistan, au Soudan et en Europe, redoutant une "balkanisation du monde".
http://fr.rian.ru/world/20080223/99929327.html23 février - RIA Novosti.


7-2 Un oeil sur la planète : Kaboul et le piège afghan.

Lors de sa campagne électorale, le futur Nicolas 1er avait promis que les soldats Français se retireraient d’Afghanistan.

Depuis, pour faire plaisir à nos nouveaux amis américains, il prévoit d’y envoyer plus de soldats.

De s’inquiéter de moisir dans un bourbier dont le but initial était de débusquer et d’arrêter Ben Laden. C’était au début des années 2 000… Ce mag explique parfaitement ce qui attend les renforts français dans ce pays ou aucun envahisseur n’a jamais réussi à gagner et où la production d’opium (plus de 90% du business mondial !) ne s’est jamais si bien portée depuis l’intervention américaine en 2001

Afghana.Org Infos afghana_site@yahoo.fr

Lundi 25 février, Kaboul et le piège afghan

Un oeil sur la planète à 23h10 sur France 2
Sommaire de l'émission dans la suite :
Le bourbier ; Les soldats de la force internationale étaient venus traquer Ben Laden et sécuriser la jeune démocratie afghane, ils se retrouvent à faire la guerre contre les talibans.
La France dans l'engrenage ? 2000 soldats français servent en Afghanistan, principalement à la formation de l'armée afghane qui seule peut assurer à long terme la sécurité nationale.
Au pays des talibans : Il n'y a pas de solution militaire possible en Afghanistan sans tenir compte de la situation dans les zones tribales du Pakistan voisin.
Une reconstruction aux forceps : La communauté internationale mise sur la modernisation de l'Afghanistan pour pacifier le pays. Des milliards d'euros ont déjà été injectés dans l'économie locale.

Afghana.Org Infos afghana_site@yahoo.fr

Lundi 25 février, Kaboul et le piège afghan


7-3 Trois policiers condamnés à dix ans de prison pour viols.

À l’issue d’un procès bref, une cour militaire de Kandahâr a condamné samedi trois policiers reconnus coupables du viol d’un garçon de douze ans et de son père à dix ans de prison. Devant les témoignages accablants et victimes et la confession de l’un des accusés, le juge qui a dirigé les débats n’a eu besoin que de dix minutes pour rendre son verdict. Nour Mohammad, paysan âgé de 46 ans, a raconté son histoire devant le tribunal comment les officiers de police ont, le mois dernier, pénétré chez lui, à Kandahâr, principale ville du sud de l’Afghanistan, et l’ont accusé d’avoir dérobé 20 000 Afghanis, environ 270 euros.

Puis, les policiers ont conduit Nour Mohammad et son fils de douze ans au commissariat de Dand, bourgade située à quelques kilomètres à l’ouest de Kandahâr     .….

 Les quatre policiers, qui sont originaires des provinces du nord de l’Afghanistan, ont menacé l’enfant de le tuer si lui ou son père rapportaient aux autorités les violences dont ils venaient de faire l’objet. Dès qu’ils ont été libérés, Nour Mohammad et son fils se sont redus au quartier général de la police à Kandahâr et ont porté plainte. Selon le procureur militaire, plusieurs officiers de police se sont rapidement rendus au poste de police de Dand, où ils ont appréhendé trois des quatre accusés, l’un d’eux ayant réussi à s’enfuir. Devant le tribunal, Assadôllah a rejeté les accusations de Nour Mohammad et de son fils, accusant le père de vouloir le faire chanter. Un autre officier de police a également nié les faits qui lui étaient reprochés. Mais, le troisième accusé, Abdoul Samad, 23 ans, a reconnu avoir violé le garçon.      Bassirat.net avec The National Post 24 février 2008


8  Dossier

8-1 Point de vue de David Orchard : Les concepts modernes d'«intervention humanitaire» et de «devoir de protéger» ne sont,  que des termes du XXIe siècle pour la colonisation. 

Les concepts modernes d'«intervention humanitaire» et de «devoir de protéger» qui cherchent à passer outre au droit international et à la souveraineté nationale ne sont, pour l'auteur de ces lignes, que des termes du XXIe siècle pour la colonisation.

Le gouvernement Harper cherche à prolonger la présence militaire du Canada en Afghanistan. À ce jour, six années, des milliards de dollars et 78 jeunes vies (et des blessés en plus grand nombre encore) y sont passés pour notre pays, en plus des pertes inconnues qu'a encourues son «hôte».
Les termes employés pour décrire notre occupation et la guerre qui se poursuit ressemblent remarquablement à ceux dont usaient, il y a un siècle, les puissances coloniales afin de justifier leurs impitoyables guerres de colonisation. On parlait alors du «fardeau de l'homme blanc»: celui de «civiliser» les peuples de couleur des Amériques, d'Afrique et d'Asie. On apprenait aux louveteaux la prose inoubliable de Kipling à propos des «moindres races ignorantes de la Loi », mais sans rien leur dire de la réalité vécue par ces gens et du terrible tribut qu'ils ont dû payer en vies humaines, en destruction et en vol de leurs terres et de leurs ressources.
Une «mission» humanitaire avec des bombes et des fusils...
Aujourd'hui, nous sommes mêlés à une «mission» en Afghanistan se donnant pour objet d'«améliorer» la vie des femmes et des enfants, d'installer la «démocratie», d'extirper la corruption et le trafic de la drogue.
Faire la guerre avec des bombes et des fusils n'aide pas les femmes et ne facilite pas l'implantation de la démocratie. En revanche, cela renforce la résistance afghane — d'où nos appels de plus en plus stridents à davantage d'aide de la part de l'OTAN.
Les États-Unis sont engagés dans une «mission» semblable en Irak. À ce jour, plus d'un million d'Irakiens — dont beaucoup d'enfants — sont morts, quelque deux millions ont fui le pays, deux autres millions sont devenus des «déplacés internes», et Dieu sait combien de centaines de milliers ont été blessés dans une guerre sans fin menée par la puissance militaire la plus avancée au monde presque entièrement contre des civils.
Le compte des morts, des blessés et des personnes déplacées pour l'Afghanistan n'a pas été divulgué. On n'a même pas commencé à estimer ou à comprendre — et encore moins à nous rapporter — les effets mortels de l'uranium appauvri (UA) radioactif (dont une partie provient à l'origine de Saskatchewan) infligés aux deux pays.

L'idée d'améliorer la vie des femmes et des enfants en les bombardant n'a pu venir que de gens qui n'ont jamais subi la réalité de la guerre.
En 2001, le trafic de l'opium était proche d'être éradiqué
Pour ce qui est des narcotiques, en 2001, alors que débutait l'attaque occidentale contre l'Afghanistan, le trafic de l'opium y était près d'être éradiqué. Aujourd'hui, l'Afghanistan produit plus de 90% de l'héroïne au monde et les États-Unis se proposent d'y procéder à un arrosage aérien massif de pesticides.
Les lecteurs qui sont de la même génération que l'auteur ou plus âgés se souviendront de l'assaut américain contre le petit Vietnam, cette longue guerre inqualifiable qui a laissé dans son sillage six millions de Vietnamiens, de Laotiens et de Cambodgiens morts, blessés ou difformes.
Dans cet extraordinaire pays, on voit les tombes s'étendre en rangs serrés sur des milles et des milles dans les cimetières, des milliers d'acres — arrosés par avion avec d'horribles produits chimiques — toujours en friche, des cratères laissés par des dizaines de millions de tonnes de bombes, des tunnels creusés sous terre à la main où les gens ont été contraints de vivre pendant des années. Comme le dit un vieux proverbe africain: «la hache oublie, mais pas l'arbre.» Aujourd'hui, plus de quatre millions de Vietnamiens souffrent toujours, maints d'entre eux de façon indescriptible, des effets de l'Agent Orange et d'autres produits chimiques, et les dommages génétiques se perpétuent de génération en génération.

L'Occident blanc a-t-il le droit de mener des guerres contre des non-blancs du tiers-monde?
Dans le cas du Vietnam, le Canada n'y a pas envoyé de troupes.
Depuis la dernière décennie toutefois, le Canada a bombardé la Yougoslavie , il a aidé à renverser le gouvernement démocratiquement élu de Jean-Bertrand Aristide en Haïti, il occupe l'Afghanistan et maintenant, apprend-on, il est de plus en plus mêlé à la dévastation de l'Irak par les États-Unis. (C'est ce que Stephen Harper et Stockwell Day préconisaient ouvertement depuis le début de l'assaut américain dit «Shock and Awe » — «Choc et crainte respectueuse» — contre ce pays sans défense.)

Qu'est-ce qui donne à l'Occident blanc, riche et puissant le droit de mener des guerres implacables et sans fin contre de petits pays surtout non-blancs du Tiers-Monde? ( La Yougoslavie , où l'Occident a inventé le bombardement «humanitaire», n'était pas un pays du tiers-Monde, mais d'après le Président Bill Clinton, il avait besoin d'accepter les bienfaits du «mondialisme».)

On parle peu en Occident des tourments que subissent les civils sous l'impact de l'armement moderne. C'est une politique officielle que de ne pas informer les Canadiens du nombre ou des types de blessures que nous avons infligées.
Les concepts modernes d'«intervention humanitaire» et de «devoir de protéger» qui cherchent à passer outre au droit international et à la souveraineté nationale ne sont, pour l'auteur de ces lignes, que des termes du XXIe siècle pour la colonisation.
Restes de guerres coloniales...
Les assauts militaires contre les fermiers misérables d'Afghanistan et d'Haïti et une population irakienne qui se bat pour sa survie même appartiennent à une longue tradition barbare remontant au trafic des esclaves et aux guerres coloniales pour les ressources naturelles, et à mon avis ils seront un jour vus dans un tel contexte. Entre-temps, le calvaire de millions de gens n'atteint pas nos oreilles et nos yeux, et le premier ministre Harper est occupé à donner des coups de fil afin de consolider l'appui à la guerre dirigée par les États-Unis, cherchant à obtenir plus de troupes et d'hélicoptères afin de «terminer le travail»,
Quand le Canada a assisté l'Empire britannique dans la Guerre des Boers il y a plus d'un siècle, c'est le Québec qui était à la tête de l'opposition.
C'est encore une fois la résistance du Québec, se faisant entendre haut et fort — et le fait que l'ancien premier ministre Chrétien y ait été attentif — qui a aidé le Canada à garder ses troupes hors d'Irak. Aujourd'hui, il revient aux Canadiens qui sont capables d'éprouver quelque chose de l'angoisse du tiers-monde d'élever leur voix pour les sans-voix et contre le nouveau gouvernement de conquistadores en herbe du Canada.
David Orchard
mondialisation.ca
Le 24 fevrier 2008

David Orchard est l'auteur de Hors des griffes de l'aigle. Quatre siècles de résistance canadienne à l'expansionnisme américain. (Traduit par Monique Perrin d'Arloz. Westmount QC: Éditions Multimédia Robert Davies, 1998.) Il est un fermier de la Saskatchewan.www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&c...
Article en anglais «Canada in Afghanistan: The New Conquistadores»:
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...
Cet article a également été publié en français dans Le Soleil, le 13 février 2008.

25/02/2008

n°322 Dossier de Palestine 25-02 (Début)

Sommaire

Tiré à part

Appel : Une chaîne humaine pour protester contre le bouclage total imposé par Israël.

Bréves

1-1'On n'a pas peur' 

2 Dossiers

2-1 L’OTAN bientôt en Cisjordanie?

1 Les Etats-unis envisagent de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie.

2 Sophie Castella : L’OTAN en Judée-Samarie.

3 Hamas rejette tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie.

2-2 Point de vue de Gideon Lévy : Captain Jo s’occupera de vous

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Echange de courrier autour de l'article de Cnaan Liphshiz : Des intellectuels allemands affirment : « La création d’Israël a fait des Palestiniens des victimes de l’Holocauste eux aussi»

3-2 Un prédicateur du Hamas a été torturé par les forces du Fatah, selon sa famille.


Tiré à part.

Appel : Une chaîne humaine pour protester contre le bouclage total imposé par Israël.

Le Comité populaire contre le siège de Gaza (PCAS), un groupe politique indépendant dirigé par le député palestinien Jamal Al Khadouri, a appelé à former "une chaîne humaine de Rafah à Beit Hanoun contre le blocus", soit environ 50 km le long de la route principale de Gaza du point de passage de la frontière égyptienne au sud au poste-frontière israélien au nord en réaction au fait que l’autorité d’occupation a encore renforcé le bouclage de la bande de Gaza, ce qui comme donne comme effet entre autre des pénuries chroniques de produits de première nécessité.

Le PCAS a été à l’origine d’une grève du commerce samedi sur le même thème, s’inscrit dans le cadre de manifestations à travers le monde. L’armée d’occupation se prépare à faire face lundi à une foule de Palestiniens de Gaza se dirigeant vers le territoire israélien. Les forces israéliennes ont été placées en alerte dans le sud du pays, selon la radio militaire.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’armée d’occupation a indiqué que celle-ci était "prête à faire face à toute manifestation qui serait organisée par les Palestiniens", sans donner plus de précision.

Selon le quotidien Haaretz, des responsables de l’autorité d’occupation redoutent (…)  que l’armée ne soit contrainte de réprimer durement les Palestiniens et fasse de nombreuses victimes parmi la foule.  Pendant dix jours, jusqu’au 3 février, plusieurs centaines de milliers de Palestiniens s’étaient ravitailler en passant par des brèches ouvertes à l’aide d’explosifs et de bulldozers dans le mur marquant la frontière à Rafah.


1 Brèves

1-1 "On n'a pas peur"

Des milliers d'écoliers palestiniens ont commencé lundi 25 février à former une chaîne humaine dans la bande de Gaza pour protester contre le bouclage imposé par l'autorité d'occupation. Des écoliers de différentes villes, auxquels se sont joints des adultes dans certains secteurs, se sont alignés sur l'axe Salahedine qui traverse la bande de Gaza de Rafah au sud jusqu'à Beit Hanoun au nord sur près de 40 kilomètres. Ils ont porté des pancartes sur lesquelles ils ont écrit des mots à eux, des messages adressés à toutes les consciences libres du monde: Le siège de Gaza ne fera que nous renforcer", "le monde a condamné Gaza à mort", ou "Sauvez Gaza". Les forces de la peur craignent que la chaîne humaine ne se mue en une marche vers le territoire israélien, qui pourrait dégénérer si les manifestants tentaient de forcer leur chemin à travers le mur de l'occupation.

source : Al Faraby Lundi, 25 février 2008 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4475...


2 Dossiers

2-1 L’OTAN bientôt en Cisjordanie?

1 Les Etats-unis envisagent de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie.
Les Etats-Unis étudient la possibilité de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie de manière à rassurer Tsahal et à aider son retrait dans les prochaines années, a déclaré un officiel de la défense au Jerusalem Post. Le plan, mis au point par l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient le général James Jones, est discuté parmi les pays européens dont la participation à la force multinationale pourrait être réclamée.
Jones, un ancien commandant de l’OTAN, a été envoyé en Israël en novembre pour aider les Israéliens et les Palestiniens à élaborer les mécanismes nécessaires pour un futur accord de paix.  Comme le Jerusalem Post l’avait révélé le mois dernier, le plan de Jones prévoit l’envoi d’une force intermédiaire en Cisjordanie pour sécuriser la région pendant la période qui suivra le retrait israélien et en attendant que l’Autorité palestinienne soit en mesure de prendre le contrôle effectif du terrain.

"Le déploiement d’une telle force a été évoqué pendant les conversations et il est de notoriété publique que Jones travaille sur le sujet", a confié un officiel de la défense mardi 19 février. "Pour le moment, il s’agit seulement d’une idée, qui doit être acceptée ou adoptée par Israël".  L’un des sujets centraux pour l’armée est de savoir si elle gardera sa liberté d’action en Cisjordanie avec la présence de la force d’interposition. "S’ils tirent une roquette Kassam contre Israël, pourrons-nous répliquer, ou devrons-nous nous en remettre aux forces étrangères stationnées sur le terrain ?", interroge un officiel de la défense.

Le Flash info du Jerusalem Post édition française  20 février 2008 -


2 Sophie Castella : L’OTAN en Judée-Samarie.
Selon des représentants de la Défense israélienne, les Etats-Unis envisageraient actuellement de déployer des forces internationales de l’OTAN en Judée-Samarie. Un projet mené par l’envoyé américain au Proche-Orient, James Jones, et qui aurait pour but de faciliter le retrait israélien des régions de Judée-Samarie évoquées dans la feuille de route. Explications.

C’est en novembre dernier que James Jones a été envoyé en Israël afin d’aider les Israéliens et les Palestiniens à mettre en place un système de sécurité nécessaire dans le cadre d’un accord de paix.
Après quelques mois passés dans la région, ce dernier a proposé un plan visant à faciliter le retrait israélien des régions de Judée-Samarie évoquées dans la feuille de route.
Il consisterait à envoyer des troupes internationales pour assurer la sécurité dans ces territoires durant le retrait israélien et jusqu’à ce que l’Autorité Palestinienne soit en mesure d’en prendre le contrôle.
"Ce projet a déjà été discuté à maintes reprises", ont affirmé des représentants israéliens. "Pour l’instant, c’est seulement une idée. Elle doit encore être acceptée et adoptée pour Israël".

Un plan également soutenu par Robert Jones, ambassadeur américain en Israël. Lors de la réunion annuelle des grandes associations américaines juives, Robert Jones a cependant prédit qu’il faudrait des années pour mettre en place un tel projet. "Ce sera long et difficile", a-t-il affirmé.Mais une fois ce plan approuvé, les deux parties seront prêtes à travailler ensemble pour atteindre les buts fixés dans la feuille de route". Un projet sur lequel Israël ne s’est pas encore prononcé. Si le ministre de la Défense , Ehoud Barak, s’est déjà entretenu avec James Jones, il n’a pas encore communiqué son opinion sur ce sujet. Mais un représentant proche d’Ehoud Barak a déclaré que le déploiement d’une force internationale en Judée-Samarie pourrait poser problème à Tsahal dans l’éventualité d’attaques terroristes palestiniennes après le retrait israélien de cette région.

 Ce qui préoccupe Israël, c’est bien de savoir si Tsahal aura toujours la possibilité d’opérer en Judée-Samarie malgré la présence de ces troupes de l’OTAN. "Si les Palestiniens tirent des roquettes Qassam sur Israël, pourrons-nous répliquer, ou devrons-nous nous en remettre aux forces internationales présentes sur les lieux ?", a demandé un représentant de la Défense. Une question inquiétante pour Israël, qui ne semble pas vouloir renoncer à la possibilité de répondre en personne au terrorisme.
A noter que ce plan a également été communiqué à différents pays européens, lesquels pourraient être appelés à contribuer à cette nouvelle force internationale.
Une proposition qui intervient à l’heure où des représentants israéliens de la Défense craignent un retrait des pays européens de la FINUL.

En vue de l’actuelle impasse politique au Liban et des menaces du Hezbollah, qui pourraient déclencher de nouvelles hostilités avec Israël, l’Etat hébreu redoute en effet que l’Europe réduise sa participation aux forces internationales déployées au Liban.  Récemment, le journal anglophone 'The Jerusalem Post' avait laissé entendre qu’Israël craignait un retrait espagnol des forces de la FINUL.

Des allégations rapidement démenties par l’ambassadeur espagnol en Israël, Eudaldo Mirapeix. "Je tiens à vous informer que le gouvernement espagnol n’a aucune intention de retirer ses troupes de la FINUL ", a-t-il déclaré mardi 19 février.

Par Sophie Castella pour Guysen International News
http://www.guysen.com/articles.php?sid=6771&titre=L%E2%80%99OTAN-en-Jud%C3%A9e-Samarie--
Mercredi 20 février 2008 à 14:38


3 Hamas rejette tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie.
Le Mouvement Hamas a exprimé son rejet catégorique de tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie, accusant le projet de chercher à remplacer l'occupation israélienne par une autre.

Le Docteur Sami Abu Zuhri a déclaré hier soir en exclusivité au Centre Palestinien d'Information que ce qui a été publié dans les journaux israéliens sur une proposition américaine de déployer des forces de l'OTAN en Cisjordanie après le retrait des troupes des forces israéliennes d'occupation tente de donner l'impression qu'une solution est en vue, alors que sur le terrain, aucune n'a pu être réalisée.

Le Docteur Abu Zuhri a souligné que le peuple palestinien veut en finir avec l'occupation et exercer son droit à l'auto-détermination plutôt que remplacer l'occupation sioniste par une autre.

Le quotidien israélien Jerusalem Post a rapporté que le Général James Jones, envoyé américain pour la sécurité dans la région, a émis cette idée au cours de ses récentes discussions avec les responsables israéliens. Pour sa part, le Mouvement Jihad Islamique a également rejeté l'idée d'un déploiement des forces de l'OTAN dirigées par les USA, soulignant que l'administration américaine cherche, après avoir envahi l'Irak et l'Afghanistan, à parachever son hégémonie sur la région.  Dans un communiqué de presse reçu par le CPI, le mouvement a mis en garde contre ce plan dangereux pour la cause palestinienne et l'avenir du peuple palestinien parce qu'il vise à sauver l'occupation israélienne de son impasse interne et à lui fournir, ainsi qu'aux colons, protection et sécurité et le dispensant de sa responsabilité comme entité occupant les terres palestiniennes. Le mouvement a renouvelé son adhésion à l'option de la résistance contre l'occupation israélienne et contre toute nouvelle occupation, soulignant que la seule solution est le retrait inconditionnel d'Israël des terres palestiniennes et la reconnaissance des droits palestiniens inaliénables.

Palestine Info  21-02-2008    Source : Palestine Info  Traduction : MR pour ISM


2-2 Point de vue de Gideon Lévy : Captain Jo s’occupera de vous.

Des adolescents qui se font tirer dans les jambes, des pneus incendiés, des couvre-feu, une guerre de déclarations entre l’armée israélienne et les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, des routes semées de pierres, des colonnes de fumée noire. Les images de l’Intifada sont de retour, du moins à Azoun.

L’Intifada est de retour.

Peut-être pas encore vraiment, mais ce qui s’est révélé à notre regard, cette semaine, dans la bourgade d’Azoun, nous a ramené d’un coup 20 ans en arrière.

A la fin de la semaine, des bulldozers de l’armée israélienne ont barré l’entrée principale de la bourgade ; toutes ses rues étaient jonchées de pierres ; une fumée noire s’élevait haut des brasiers de pneus ; des pierres et des cocktails Molotov ; l’armée israélienne a diffusé des proclamations menaçantes signées « Captain Jo » ; le couvre-feu a été imposé à la bourgade et des dizaines de ses adolescents, fronde à la main, se sont rassemblés aux coins des rues, attendant les jeeps de l’armée israélienne, exactement comme autrefois.

Tout comme alors, régnait dans la bourgade l’odeur de pneus brûlés et l’ambiance dans les rues à moitié désertes était effrayante. Seuls les adolescents osaient sortir des maisons aux volets clos. Les habitants d’Azoun racontent que depuis l’arrivée de l’officier israélien Jo, leur vie a changé. Ils racontent les provocations à l’égard des enfants à l’école, les tirs fréquents dans les genoux des adolescents, les patrouilles et les arrestations.

D’une écriture manuscrite, dans un arabe approximatif – avec des fautes à quasiment chaque mot – la proclamation signée par Jo, disséminée dans les rues d’Azoun à la fin de la semaine, menace : « Nous exigeons des habitants du village d’Azoun l’arrêt des jets de pierres et de cocktails Molotov. Si vous n’arrêtez pas ces agitations, Captain Jo entrera dans le village et se mettra à ouvrir un feu meurtrier en direction des habitants, il arrêtera les enfants et fermera les magasins. Telle est la décision que nous avons prise. Si vous ne cessez pas les agitations, chacun en portera la responsabilité. Dernier avertissement. Captain Jo ».

Les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa ont été promptes à répondre. Leur proclamation, rédigée sur du papier à lettre officiel de l’organisation, porte la date du 1er février 2008 : « Des proclamations signées Captain Jo, un des soldats défaits par nos frères héroïques de la Bande de Gaza, ont été distribuées dans les rues de notre bourgade. Par la présente, nous annonçons que nous poursuivrons dans la voie des armes, que nous continuerons d’avoir l’arme à l’épaule. Le jour du jugement approche et nous déferons aussi Captain Jo, ses soldats et ses collaborateurs, Inshallah.

« A Captain Jo : nous sommes encore forts et nos balles continueront de siffler. Dans les prochains jours, nous mettrons le feu à la terre sous tes pieds et sous les pieds de tes soldats et de tes collabos. La forteresse d’Azoun continuera d’être forte comme un roc… Attendez, trouillards. Nous avons promis et nous tiendrons promesse, nous frapperons et nous ferons mal. »

Couvre-feu, pierres, proclamations et pneus : la première Intifada serait-elle de retour ? Des clôtures de fil de fer et des monticules de terre dressés samedi barrent le principal accès à Azoun, une bourgade située sur la route Kalkiliya-Naplouse, à moins qu’il ne faille dire Kfar Saba-Kedoumim ? Dimanche, lorsque nous sommes arrivés à l’entrée barrée, un bulldozer de l’armée israélienne se tenait sur la colline qui domine l’entrée et d’où l’on a vue sur cette bourgade de 10 000 habitants. Plusieurs voyageurs sont descendus d’un taxi collectif palestinien et ont franchi à pied les monticules de terre et la clôture, pour entrer dans la bourgade placée sous couvre-feu.

Quelques minutes après notre arrivée, une jeep de l’armée israélienne a surgi de nulle part et un officier ayant le grade de lieutenant-colonel, commandant de régiment, en est sorti : « Je demande l’évacuation du carrefour… Quittez cette zone ». « Jusqu’à quand l’accès sera-t-il barré ? », avons-nous demandé. « Quand il fera calme, ce sera ouvert. L’équation est toute simple. Vendredi soir, il y a eu un cocktail Molotov et samedi des jets de pierres. Maintenant, c’est fermé. C’est un endroit dangereux, Azoun. » Y a-t-il couvre-feu ? « Non, pas de couvre-feu. »  Mais il y avait bien couvre-feu. Venu avec nous, Salah Haj Yihyeh, le coordinateur des « journées médicales » de l’association des Médecins pour les Droits de l’Homme, a demandé au commandant de régiment comment les ambulances pourront entrer dans la bourgade. Le commandant de régiment a assuré que l’entrée sud était ouverte. Cela n’a pas satisfait Salah Haj Yihyeh : « Comment se rendra-t-on à l’hôpital de Naplouse ? » Pas de réponse. Mais aussi : « Ne prenez pas de photos ». Pourquoi ? « Parce que je ne suis pas photogénique », a expliqué le commandant de régiment. S’agissait-il de Jo ? Le commandant de régiment ne s’était pas identifié par son nom, seulement par sa fonction.

Tapis d’anémones et amandiers en fleurs : nous sommes entrés dans Azoun par un autre chemin, par l’ouest, en passant par les villages d’Islah et d’Azbat-Tabib. Quelques minutes plus tôt, une jeep de l’armée israélienne avait parcouru les rues de la bourgade pour annoncer le couvre-feu. De toute façon, les écoles étaient fermées ce matin-là, les soldats ayant empêché leur ouverture. D’après les habitants, au cours des trois derniers mois, la bourgade a connu 25 jours de couvre-feu. Cela a encore été le cas durant toute la fin de la semaine dernière.

Le dentiste Amin Selim, membre du conseil municipal, nous rejoint à l’entrée du village, à côté d’une charmante menuiserie. S’il s’assoit à l’avant de la voiture, peut-être ne nous lancera-t-on pas de pierres. Ce matin, nous raconte-t-il, un groupe de colons s’est rassemblé à l’entrée barrée de la bourgade, pour protester contre les jets de pierres sur la route principale. L’armée israélienne ne les a pas laissés entrer dans la bourgade. Un nuage noir s’élève haut au-dessus des maisons. Petite Intifada à Azoun.

Notre voiture s’est frayé un passage dans les rues, entre les grosses pierres semées sur la chaussée et les brasiers de pneus. Un des feux était particulièrement impressionnant : de hautes flammes s’en échappaient et sa fumée était noire et épaisse. Des pierres dans les mains, la colère dans les yeux, les enfants et les adolescents se tenaient près des magasins aux volets clos. Près de la place de l’Indépendance, au centre de la bourgade, à un endroit où se dresse un monument de pierre sur lequel est gravé le texte de la déclaration d’indépendance palestinienne, se tenait un rassemblement particulièrement important. Habillés de jeans, de survêtements de sport et de blousons bon marché, certains ayant une allure militaire, les cheveux coupés très courts et le visage brûlant de haine, certains chaussés de sandales ou de pauvres savates, des jeunes gens sans espoir, très amers, se tenaient là, l’un d’entre eux boitant à cause d’une blessure remontant à il y a un an. « La situation s’est aggravée depuis l’arrivée de Jo, il y a environ deux mois », ont-ils dit. « Depuis que l’armée israélienne entre tous les jours pour nous provoquer ». Quatre d’entre eux ont été blessés le mois passé.

Depuis vendredi dernier, il y a dans la bourgade un « couvre-feu drastique ». Dans le rassemblement autour de nous, cela grondait de plus en plus. Les habitants racontaient que les soldats entrent dans les maisons, lancent des grenades détonantes et des grenades lacrymogènes, et ouvrent le feu. Le mystérieux Captain Jo parle parfois dans le haut-parleur d’une des jeeps, lançant des menaces et des injures.

Dans le haut de la rue à moitié déserte, quelqu'un poussait un fauteuil roulant dans lequel était assis Mohamed Faysal, 16 ans, blessé le 5 janvier dernier. Sur l’écran de son téléphone portable, le Dr Amin Selim nous a fait passé le film montrant les circonstances dans lesquelles Faysal avait été blessé. Dans le haut-parleur du portable, on entendait les coups de feu. Cela s’est passé ici, sur la place. Faysal a raconté qu’il était sur la place quand les soldats sont entrés, à l’heure de midi. Il y avait eu des jets de pierres, tout le monde a fui et il a été blessé à la jambe par les balles des soldats. A travers la fumée des pneus enflammés, il a expliqué que la jeep de Jo se trouvait dans le haut de la rue. D’après Faysal, il aurait été touché à deux reprises : une fois de loin et une fois de près. Il a découvert sa jambe qui présente sur toute sa longueur la cicatrice d’une blessure recousue grossièrement. Un panneau de l’Association France Palestine Solidarité a été placé au bout de la place enfumée.

De l’une des maisons ont surgi deux volontaires suisses, venues manifester leur solidarité avec la bourgade en effervescence. « La situation est difficile », a dit l’une d’elles, qui portait un anneau dans la narine. Chaque bruit d’une voiture se rapprochant faisait croître la tension. Tous attendaient l’armée israélienne. Nous sommes entrés dans une maison, parmi les plus défraîchies. Un adolescent de 16 ans, Otman Radouane, y était allongé. Lui aussi a été blessé, le samedi 5 janvier, et il est encore cloué au lit. Il était étendu sur un lit métallique, enveloppé de couvertures bon marché et colorées, dans une chambre aux murs tachés et moisis. Avec sur la lèvre l’ombre d’une première moustache, il porte un chapeau blanc sur lequel est dessiné la mosquée Al-Aqsa. Une porte bleue munie d’un œilleton et gravée du numéro 28 – qui sait comment elle a abouti ici – conduit aux autres pièces de la maison.  Otman Radouane travaille dans l’épicerie qui est sur la place. Ce fameux samedi noir, il était sorti quand les soldats sont arrivés. Les soldats lançaient des injures et ils tiraient, nous a-t-il raconté, les jeunes leur lançaient des pierres. Une balle l’a atteint à la jambe et il est tombé par terre. Ensuite, raconte-t-il, la jeep s’est approchée et un des soldats a encore tiré sur lui deux balles, d’une distance d’un demi mètre. Bilan : une balle dans la jambe gauche, deux balles dans la jambe droite. Après les coups de feu, les soldats l’auraient traîné par terre et l’auraient, selon ses dires, également frappé. Après avoir passé une demi heure sur la chaussée, il a été évacué vers l’antenne médicale de la bourgade et de là à l’hôpital de l’UNRWA à Kalkiliya, puis de là à l’hôpital Rafidia de Naplouse, où il a subi une intervention chirurgicale. Il a le visage gris. Il peut déjà bouger sa jambe gauche ; la droite est encore paralysée. Ils ont tiré dans les genoux. Ici ce n’est pas Sderot et personne n’a rapporté comment Radouane et Faysal avaient été blessés.

Le Dr Amin Selim a expliqué qu’en trois mois, 27 jeunes gens avaient été blessés aux jambes par les tirs des soldats. Rami Issaf, de l’Association Palestinienne des Invalides, a précisé que la majorité des blessures se situaient au niveau des genoux. Salah Haj Yihyeh, de l’Association des Médecins pour les Droits de l’Homme, a raconté qu’il y a trois semaines, son association avait organisé une journée médicale à Azoun. Douze médecins israéliens étaient venus pour examiner les malades de la bourgade et ses blessés. 500 malades et blessés étaient venus recevoir des soins, mais l’armée israélienne était, elle aussi, entrée et des troubles avaient commencé. L’équipe médicale israélienne avait eu bien des difficultés à se dégager, à la fin de la journée.

Contacté par « Haaretz », le porte-parole de l’armée israélienne a communiqué cette réponse : « Le village d’Azoun, à l’est de Kalkiliya, est un des principaux foyers d’une activité populaire hostile et destructrice, comme des jets de pierres et de cocktails Molotov visant des citoyens israéliens se déplaçant sur la grand-route proche du village. Depuis le début de l’année, 26 cocktails Molotov ont été lancés et 16 incidents se sont produits à cet endroit, avec jets de pierres en direction de véhicules israéliens. Suite à cela, et comme composante de l’activité de l’armée israélienne dans la région, le couvre-feu a été imposé au village le 10 février, tôt matin, et pour une durée de cinq heures. « L’armée israélienne opère dans le village d’Azoun comme partout où des actions terroristes sont perpétrées à l’encontre de citoyens israéliens. Et cela, à la différence d’autres villages de ce secteur dans lesquels il n’y a pas d’activité destructrice hostile, et où par conséquent, l’activité de l’armée israélienne est significativement réduite. L’armée israélienne opère ouvertement ou de manière cachée, tant sur la grand-route que dans le village même. « A la date du 5 janvier 2008, une unité de l’armée israélienne a opéré dans le village, et au cours de l’opération, une série d’atteintes à l’ordre et de troubles se sont produits, avec jets de pierres mettant la vie en danger et visant les forces ainsi que des véhicules israéliens circulant sur la route. Les forces ont repérés les lanceurs de pierres, et à cause du péril qu’il y avait pour nos forces, un tir de précision a été effectué en direction de la partie inférieure du corps de ceux qui lançaient des pierres. Un tir au but a été relevé. L’incident fera l’objet d’un examen, et les résultats de l’enquête sont actuellement soumis à l’examen du procureur militaire. « En ce qui concerne l’officier qui a fait afficher la proclamation, il s’agit d’une initiative individuelle d’un des officiers subalternes présent dans le secteur et qui, en l’occurrence, est allé trop loin. Les affiches ont été récoltées et le responsable de leur diffusion a été réprimandé par son commandant qui lui a montré la gravité de son acte. Il y a lieu de noter qu’il s’agit d’un officier et de soldats excellents qui, jour après jour, et dans des frictions permanentes avec la population palestinienne, opèrent afin d’empêcher que le terrorisme et une activité hostile destructrice ne se portent contre des citoyens de l’Etat d’Israël. »

Dans sa maison relativement spacieuse, le dentiste Amin Selim, membre du conseil municipal, explique que jusqu’il y a quelques mois, Azoun était un endroit paisible. « Depuis lors, la nouvelle politique a commencé, destinée à installer le chaos à Azoun. Le conseil municipal a demandé à l’armée israélienne de cesser ses provocations, mais l’armée continue d’entrer, quasiment tous les jours, provocant, insultant et ouvrant le feu essentiellement sur les enfants. « Ils ont apparemment des visées pour l’avenir. Ils veulent construire un mur autour d’Azoun et l’emprisonner. Ils cherchent la provocation avec les enfants. Le conseil et le gouverneur de Kalkiliya s’efforcent de ramener le calme dans la bourgade, mais à chaque fois, l’armée israélienne y pénètre et les efforts sont réduits à néant. Si rien ne change, il y aura ici une catastrophe », avertit Amin Selim. Huit enfants et adolescents sont détenus par l’armée israélienne ; 19 autres ont été arrêtés puis libérés. Au cours des trois derniers mois, environ 70 habitants, au total, ont été arrêtés. Il me montre la liste des noms, griffonnée à la main.

Bayan Tabib, le chef du conseil du village voisin, Azbat-Tabib, dit que la moitié des maisons de son petit village – 22 maisons – font l’objet d’un ordre de démolition. La menace d’un ordre de démolition pèse également sur le nouveau centre pour les jeunes qui a été bâti entre Azoun et Jayyous. Une partie en a déjà été démolie et l’autre partie est censée l’être le 15 mars. Le centre a été construit grâce à des dons, sur une terre privée, mais n’a pas obtenu le permis de l’Administration civile. « Une oasis pour enfants au milieu du désespoir », c’est ainsi qu’en parle une brochure explicative en anglais qui lance un appel désespéré pour empêcher cette démolition. Le 21 février, les habitants organisent, dans la bourgade, une manifestation contre la démolition du centre des jeunes. Le Dr Amin Selim raconte qu’à l’Administration civile, on lui a dit : « Nous arriverons à effacer Azoun ».

 Gideon Lévy Haaretz, 15 février 2008   www.haaretz.co.il/hasite/spages/954353.html

 (Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

(La version anglaise : Intifada redux  ne donne pas la réponse du porte-parole de l’armée)


3-1 Echange de courrier autour de l'article de Cnaan Liphshiz : Des intellectuels allemands affirment : « La création d’Israël a fait des Palestiniens des victimes de l’Holocauste eux aussi»

Un groupe d’intellectuels allemands en visite (en Palestine, ndt) ont exhorté Berlin, lundi dernier, de modifier ce qu’ils ont qualifié de soutien aveugle à Israël enraciné dans l’Holocauste, affirmant que la création de l’Etat d’Israël avait fait, des Palestiniens, des victimes de l’Holocauste nazi, eux aussi.

Ces quatre intellectuels, le Dr. Reiner Steniweg, le Pr. Gert Krell, le Pr.GeorgMeggle et Jorg Becker, ont participé à un débat, lundi, au NetanyaAcademicCollege, consacré à l’avenir des relations germano-israéliennes. Ilsfont partie des vingt-cinq signataires d’une pétition à propos de cette problématique, qui avait circulé dans les médias allemands à la suited e la deuxième guerre du Liban.

D’après le manifeste de cette pétition, la responsabilité allemande vis-à-vis des Palestiniens est « un des aspects de l’Holocauste qui fait l’objet d’une attention très insuffisante ». Le document poursuit, arguant du fait que c’est l’Holocauste que l’Allemagne a perpétré qui a entraîné « la persistance de la souffrance au Moyen-Orient tout au long des six dernières décennies, et qui est devenue, aujourd’hui, absolument insupportable ».

Cette situation, toujours d’après la pétition intitulée « Amitié et Critique », en raison du fait que « sans l’Holocauste desjuifs, la politique israélienne ne se considérerait pas fondée – voirecontrainte– à piétiner les droits humains des Palestiniens et des Libanais. »

Sans l’Holocauste, ajoute le document, Israël n’aurait pas bénéficié du même soutien politique et matériel de la part des Etats-Unis. Les chercheurs nous ont déclaré (Haaretz) que cela vaut, aussi, pour le soutien de l’Allemagne à Israël.

« Ainsi, ce n’est pas seulement Israël qui est fondé à réclamer une considération spéciale de la part de l’Allemagne. En tant qu’Allemands, nous partageons non seulement une responsabilité vis-à-vis de l’existence d’Israël, mais aussi pour les conditions de vie du peuple palestinien », ont conclu les universitaires. Les quatre signataires ont assisté au débat à l’invitation de l’ancien président de la Knesset , Dov Ben-Meir, qui en était l’organisateur.

En décembre 2006, Ben-Mer a écrit ce qu’il a qualifié de « réponse amicale » à ce manifeste allemand, une réponse qu’il fit, à son tour, circuler dans les médias.

Dans sa réponse, Ben-Meir a déclaré que le manifeste originel reflétait une approche « simpliste ». Une des principales causes du conflit et de la situation qui est actuellement celle des Arabes et des Palestiniens,a-t-il dit, fut l’intransigeance, de leur part, et leur recours à la violence,au lieu du dialogue.

Concédant que l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis d’Israël s’inscrit dans une « relation spéciale » fondée sur l’Holocauste, Ben-Meir a dit, durant le débat, que cette relation –qui comporta d’énormes réparations allemandes payées à Israël dans les années 1950 – était avant tout une question d’intérêt allemand,avant que d’être une question relevant de l’intérêt d’Israël. « En acceptant de passer l’éponge sur le passé nazi de l’Allemagne, la nation juive a garanti à l’Allemagne un passeport d’entrée dans la famille des nations, après que l’Allemagne eut été considérée comme un pays paria, en raison de son passé nazi », a-t-il dit.

Le débat, qui attira près de cent cinquante personnes, a eu lieu dans le cadre d’un panel de discussion. Les représentants des universitaires allemands étaient notamment le Pr Meggle, spécialiste de l’anthropologie philosophique à l’Université de Leipzig, et le Dr. Steinweg, chercheur à la branche de Linz du Centre Autrichien d’Etudes pour la Paix et la Résolution des Conflits [Austrian Study Center forPeace andConflit Resolution].

Steinweg a indiqué que le groupe a réussi à éclaircir certains malentendus à propos du manifeste, lequel, d’après lui, avait été interprété erronément comme un appel à mettre un terme à la longue amitié germano-israélienne. Les participants locaux à la tribune comprenaient un ex-ambassadeur d’Israël en Allemagne, Shimon Stein, la correspondante du journal allemand DieZeit, gisela Dachs, ainsi que le professeur Moshe Zimmermann, directeur du Centre Koebner Minerva d’Histoire allemande, près l’Université Hébraïque de Jérusalem. Zimmermann a déclaré que la question de l’Holocauste était actuellement l’objet d’une manipulation politique à la fois de la part d’Israël, et de l’Allemagne. « Les Israéliens essaient d’utiliser ce problème pour dépeindre les personnes qui critiquent Israël sous les traits d’antisémites. En même temps, ce manifeste est une tentative de manipulation des sentiments de culpabilité des Allemands vis-à-vis de l’Holocauste, en les projetant sur les Palestiniens », a-t-il argué. « Si les Allemands veulent se sentir coupables de l’Holocauste, alors ils devraient plutôt s’en tenir aux Polonais, aux Hollandais et aux juifs. Inutile d’aller aussi loin que de se sentir coupable de ce qui est arrivé aux Palestiniens… », a-t-il ajouté.

Commentant la discussion animée qui s’ensuivit, Herman Bunz, du Friedrich EbertStiftung – l’organisation privée allemande à but non lucratif qui avait financé la visite des universitaires allemands – a dit aux orateurs :« Nous sommes en présence de la meilleure chance d’avoir entre nous un malentendu. Mais je ne saurais que vous conseiller de faire le contraire. » « C’est une minorité, mais ils forment de jeunes esprits allemands, et nous ne pouvons pas nous permettre de repousser leurs critiques du revers de la main, au motif qu’elles seraient « antisémites ». Nous devons prendre ces critiques en compte », a déclaré M. Ben-Meir.

Par Cnaan Liphshiz in Haaretz http://www.haaretz.com/hasen/spages/955766.html
traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier


Réponse de : Nathalie Delaleeuwe

ALLEMAGNE : « La création d'Israël a fait des Palestiniens des victimes de l'Holocauste » 

Ce raisonnement est tout bonnement scandaleux. Il consiste à blâmer les victimes du nazisme pour des actes qui ne sont pas dus au nazisme. Et de faire un dangereux amalgame. Si Israël peut être condamné pour les actes qu’il pose si ceux en violation des droits humains, il faut le faire. Mais aucun amalgame ne se justifie entre le nazisme et l’occupation des territoires occupés.   Qu’on m’explique en quoi les enfants du ghetto de Varsovie sont coupables pour les souffrances des enfants de Gaza !

Nathalie Delaleeuwe
Journaliste

Envoyé : jeudi, 21.février2008 09:04


SilviaCattori : Réponse à Nathalie Delaleeuwe

Madame, Pourquoi n’adressez-vous pas vos remarques à l’auteur israélien de l’article qui a paru dans Haaretz ?

Amicalement,

SilviaCattori


Roger Romain : Réponse à Nathalie Delaleeuwe 

"Voyons, voyons: la question est tout à fait mal posée et inversée dans le temps:
"
Qu’on m’explique en quoi les enfants du ghetto de Varsovie sont coupables pour les souffrances des enfants de Gaza !"
La vraie question est:
Pourquoi les enfants de Gaza doivent-ils avoir les mêmes souffrances que les enfants du Ghetto de Varsovie" ?
La réponse est: 65 ans après les méthodes sont pratiquement les mêmes, seuls les bourreaux - occupants ont changé,  sur des terres volées, à un autre endroit de la planète...
Pour le reste, il est bien vrai que la création d'Israël est bien aussi UNE des conséquences de la guerre et de l'après-guerre ...
RoRo


Seconde réponse de :Nathalie Delaleeuwe à Roger Romain.

Vous voulez rire? Les enfants du ghetto de Varsovie ont été gazés!
Quant à la souffrance du peuple palestinien, je ne la nie absolument pas. Je dis une seule et unique chose : pas d'amalgame.
Apparemment je prêche dans le désert. Et il semble de bon ton aujourd'hui de vouloir blâmer les juifs pour tout.
Distinguons qui fait quoi à quelle période historique, s'il vous plait.

Les juifs d'Europe morts dans les camps n'ont pas créé Israël. Et Israël est un état au même titre qu'un autre. Critiquons-le sur base du droit international mais s'il vous plaît, laissons les morts de la Shoah en paix. Pas d'amalgame. On pourrait peut-être enfin avoir un débat un peu rationnel sur le proche orient. Voeux pieux?
N.


Roger Romain : Seconde réponse à Nathalie Delaleeuwe

Il n' y a pas qu'eux: aussi les tsiganes, les handicapés, les communistes pour commencer, les opposants de toutes les nations occupées et de toutes les races ...
Non, Madame la journaliste, je ne veux pas rire.
Les enfants de Gaza n'ont pas encore été déportés, POUR LE MOMENT, mais en tant que journaliste, vous devriez savoir que des dizaines d' enfants palestinien, ont été spécialement abattus d' une balle dans la tête par les soldats criminels sionistes, uniquement parce qu'ils lancent des pierres aux occupants. Des pierres contre des chars, des canons, des missiles, des avions ...
Je ne blâme pas les Juifs, dont beaucoup ne sont même pas sionistes, ne croient pas à la religion, ne vivent même pas en Israël, mais je dénonce une occupation sioniste, des voleurs assassins, terroristes, massacreurs agresseurs d'autres Etats souverains (le Liban récemment ...).
En tant que journaliste, vous devriez savoir cela et rechercher d'autres vérités que LA vôtre. Cela pullule au quotidien sur Internet.
Je sais, vous allez crier à l'antisémitisme. Cela, c'est l'amalgame parfait comme d'habitude. Vous devez encore avoir pas mal de choses à apprendre et de recherches à effectuer pour pouvoir accepter tout simplement la notion d'équilibre.
RoRo

 


3-2 Un prédicateur du Hamas a été torturé par les forces du Fatah, selon sa famille
La famille d’un prédicateur du Hamas mort en détention préventive a accusé samedi les interrogateurs du Fatah de l’avoir torturé, soulevant de nouvelles questions sur d’éventuelles violations des droits de l’Homme par les forces du président.

Les autorités ont confirmé que Majed Barghouti, âgé de 44 ans, était mort vendredi dans une cellule des services de renseignement à Ramallah, une semaine après son arrestation. Des prisonniers du Hamas se sont déjà plaints à plusieurs reprises de mauvais traitements. L’autopsie a démontré que Majed Barghouti avait succombé à un problème cardiaque, a rapporté Shawan Jabareen, chef de l’organisation palestinienne de défense des droits de l’Homme Al Haq. Il a ajouté qu’il avait pu consulter le rapport médical de quatre pages. Mais lui et six parlementaires de Cisjordanie ont demandé une nouvelle autopsie.

Quelle que soit la cause du décès, a poursuivi Shawan Jabareen, "il est clair d’après des témoins que les conditions de détention sont déplorables" et qu’elles "portent atteindre à la dignité humaine".

Un des six parlementaires, l’indépendant Hassan Khreisheh, a demandé que soit mis un terme aux arrestations selon lui politiques du Fatah. "Cet événement suscite des inquiétudes et des craintes pour les libertés publiques. Ce décès constitue un signal d’alarme concernant les arrestations continues en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza".

Majed Barghouti, père de huit enfants, était prédicateur dans le village de Kobar, en Cisjordanie. Il a passé plusieurs années dans les geôles israéliennes. Il faisait partie des centaines de militants du Hamas arrêtés par les forces de Mahmoud Abbas dans le territoire palestinien après la prise de contrôle de Gaza par le Mouvement de la résistance islamique en juin. Des dizaines sont encore en détention.

Selon un cousin du prédicateur, Seif Barghouti, la famille a été informée par quatre codétenus qu’il avait subi de mauvais traitements. Les quatre hommes, arrêtés en même temps que lui mais relâchés depuis sa mort, leur ont raconté que Barghouti avait été attaché dans des positions inconfortables pendant son interrogatoire.

L’un des détenus, Azzam Sahel, a montré à un journaliste ses poignets meurtris, affirmant qu’il avait lui aussi été attaché dans des positions douloureuses. Il a déclaré qu’il avait été contraint de dormir sur du carton posé à même le sol mouillé, en tee-shirt et en sous-vêtement. Sahel a expliqué que Barghouti se trouvait dans la cellule voisine et qu’il pouvait l’entendre appeler à l’aide régulièrement. Mais il ne l’a pas vu être maltraité.

L’épouse du prédicateur, Fawziyeh, a assuré que son mari était en bonne santé au moment de son arrestation. Dans un communiqué publié dans la presse palestinienne, les services de renseignement rapportent que Barghouti s’était plaint de douleurs à la poitrine et à l’abdomen et avait été examiné par un médecin deux jours avant sa mort.

Source : Al-Oufok & Dalia Nammari : AP

n°322 Dossier de Palestine 25-02 (Fin)

Sommaire

4 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1  Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et est délibérée.

4-2 Convergence des Causes : L’étalon du mal.

5 Pièce jointe

5-1 Pierre-Yves Salingue, "Pas de « solution juste » sans le droit au retour des réfugiés


4 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

4-1  Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et est délibérée.

Depuis le début de l’occupation israélienne des territoires palestiniens en 1967, plus de 650 000 Palestiniens ont été détenus par Israël. C’est-à-dire environ 20 % de la population palestinienne des territoires occupés, et 40 % de la population masculine puisque la majorité des détenus sont des hommes. Dans mon travail au secteur médico-psychiatrique, en Cisjordanie, j’ai pu observer que pour un bon nombre de nos malades, la première phase de maladie mentale se manifestait lors de leur détention ou juste à leur libération. L’ébauche qui suit traite du cas particulier d’un homme de 46 ans qui a développé une psychose à sa 5ème détention. Je vais d’abord relater l’histoire de ce malade particulier puis apporter un éclairage sur ce cas avec un examen plus poussé des effets de la torture en général.

 

Sa famille, son histoire personnelle et sa personnalité avant la maladie

 

Le malade, Jamal, est le troisième de onze enfants, trois garçons et huit filles. Son frère aîné a été tué. Son père est décédé. Jamal vit avec sa mère, son épouse, âgée de 37 ans, et ses enfants : deux garçons et six filles qui ont entre 18 et 25 ans. Il n’y a pas de maladie mentale dans l’histoire de la famille. Le malade a reçu un enseignement du niveau secondaire. Il s’est marié à 19 ans, travaillait en tant que salarié mais est actuellement sans emploi. Jamal est signalé comme ayant été précédemment quelqu’un de tenace, de réservé, perfectionniste, un homme idéaliste.

 

L’examen psychiatrique initial

 

Le malade est venu seul à l’entretien. Il semble très organisé, sur des bouts de papier il a noté les noms et les doses des médicaments qu’il prend. Il apparaît très réservé, inquiet et montre une attitude très polie. Jamal affirme qu’il va « bien » : son seul problème est le chômage, et aussi un manque de concentration. Il dément avoir des hallucinations depuis sa sortie de prison. Cependant, il croit que des « collaborateurs » sont après lui et pourraient obtenir des informations sur lui et sa famille. Il le sait à cause de déclics qu’il entend parfois dans le téléphone et de gestes des voisins quand ceux-ci viennent lui rendre visite. Il semble très désorienté quand il parle de cela et se plaint que son épouse et ses enfants, des « naïfs », veuillent parler à des étrangers. Le malade est éveillé, il sait se repérer par rapport au temps, aux lieux et aux personnes, et il montre une concentration et une mémoire satisfaisantes. Dans les paragraphes qui suivent, son histoire va se dérouler au fil de la discussion, il parle surtout de ses expériences de détenu. Alors qu’il s’exprime, souvent il fond en larmes. Parfois, son épouse intervient et donne sa version des faits.

 

Antécédents de la maladie

 

Jamal est un ancien prisonnier politique. Il a été enfermé, sans accusation ni jugement, 5 fois. La première fois, il avait 14 ans, en 1975, après la mort de son frère aîné ; son frère n’était même pas militant mais il a été tué « par hasard », alors que, sur le chemin de son école, il croisait une manifestation. « Mon frère a été blessé par les soldats et moi j’ai été arrêté. En prison, j’ai appris que mon frère était mort. Je suis resté six mois en prison. Au début, j’étais très triste et c’était très dur. Quand je suis sorti, j’ai senti que j’avais beaucoup vieilli. En 1981, j’ai été fait prisonnier à nouveau, je ne sais toujours pas pourquoi. Cette fois-là, je suis resté six mois sous interrogatoire. En prison, j’ai décidé de me marier aussitôt que je sortirai, je voulais une vie normale. Je me suis marié quelques mois après ma libération. Dans l’année qui a suivi, j’ai eu mon premier enfant. En 1987, je suis arrêté une fois encore ; mon épouse était enceinte, elle a accouché pendant ma détention. En 1990, j’avais des charges financières assez élevées et des dettes, ma quatrième détention a mis ma famille dans une situation difficile. A chaque fois, ma détention a duré six mois, et à chaque fois, j’ai été soumis à interrogatoire et subi des tortures physiques et psychologiques. »

 

D’après l’épouse de Jamal, il était « normal » quand il sortait de prison, mais il ne parle jamais de ce qu’il a supporté. Mais en 2003, il a été arrêté à nouveau, et cette fois pour 11 mois ; quand il revient, il a changé. Son épouse raconte : « A sa sortie de prison, on m’a dit qu’il était devenu "fou" lors de ses trois derniers mois de détention. Au début, je ne le croyais pas, mais maintenant je m’inquiète beaucoup pour lui. Il est très méfiant, il doute de tout le monde : de moi, des enfants, des voisins, de tout le monde. Il interprète tout de travers. Si un voisin nous rend visite, il le prend pour un espion. Il refuse de manger ce que les gens nous apportent. Il a brisé les téléphones portables, et les antennes, car il croit que nous nous protégerons mieux contre les délateurs ». Son épouse croit aussi qu’il entend des voix. Elle ne l’a jamais vu parler tout seul mais il est souvent très concentré et inquiet, comme s’il écoutait quelque chose ou quelqu’un. « Il dort peu et quand il dort, il crie et parle de torture. Il ne dort plus avec moi, il est devenu impuissant. Il mange aussi très peu et prépare sa nourriture lui-même. Je suis vraiment très inquiète à son sujet. Il est toujours fatigué, souvent triste, il reste toute la journée en pyjama. Il ne travaille plus du tout. » La cinquième détention semble avoir provoqué un changement important dans la vie de Jamal. Qu’est-ce qui n’a pas été cette fois ?

 

A chacune de ses détentions il a été torturé mais la dernière fois, il l’a été bien plus violemment. « Ils ont voulu m’obliger à avouer des choses que je n’avais pas commises. Mes mains et mes pieds étaient ligotés. Ils me frappaient méchamment. Ils m’injuriaient avec les mots les plus obscènes touchant à ma religion, à mon épouse et à ma mère. Ils me menaçaient en permanence de nuire à ma famille. Mon visage était recouvert d’un sac mouillé avec de l’eau d’écoulement. Pendant des nuits et des jours, j’ai été suspendu, parfois la tête en bas et parfois sur une chaise retournée, dans ce qu’ils appellent "la position de la grenouille". C’était extrêmement douloureux. C’était comme si mes membres se déchiraient. Puis, il y a eu les douches, très chaudes, puis très froides, et l’enfermement dans une petite pièce qu’ils appellent le "placard", ou parfois dans un autre endroit encore plus petit, dans le sol, appelé le "cercueil". Il y avait aussi une troisième pièce, remplie de collaborateurs, qui s’appelle la "salle de la honte" car certains d’entre eux y ont commis des violences sexuelles. Souvent, mon estomac hurlait à la faim et je vomissais beaucoup, en particulier quand ils m’étiraient les jambes et les bras ensemble. Souvent aussi, je faisais pipi sous moi. »

 

« Quand j’étais incarcéré dans un silence total et dans le noir complet, je perdais tout sens du temps ; je ne pouvais plus compter les jours. Le silence était souvent rompu par des cris, des gens qu’on torturait, ou par des vociférations de gardes ou des chants braillés en hébreu. Là, j’ai senti que tout mon corps n’était plus que douleur. La pièce était très petite, je ne pouvais me déplacer. Mes articulations étaient tout irritées. Mes intestins me faisaient mal comme s’ils se déchiraient ; sans savoir comment, j’avais l’impression que tout dans mon corps était devenu artificiel ; mes viscères n’étaient pas les miens. C’est alors que j’ai commencé à entendre des voix, et aussi à voir des visages de personnes qui étaient à l’extérieur de la prison ; je pensais qu’ils venaient à la prison pour fournir des informations sur moi. J’étais très effrayé et très en colère. Je me suis mis à hurler après eux, j’ai beaucoup crié, jusqu’à ce que les gardes s’en prennent à moi et me brutalisent parce que je criais. »

 

Traitement

 

Quand Jamal a quitté la prison, il a été identifié comme un cas de « schizophrénie ». Après lui avoir prescrit des antipsychotiques particuliers pendant six mois, il a montré une amélioration partielle sans aucune hallucination. Cependant, il n’y avait aucun changement significatif dans son état d’esprit. Trois semaines après qu’il ait insisté sur l’amélioration de son état de santé, il a cessé de prendre ses médicaments. Il est devenu hostile à sa famille et aux voisins qui venaient « prendre de ses nouvelles ». Il a donc fallu reprendre les prescriptions d’antipsychotiques et d’antidépresseurs, associés à une psychothérapie de soutien pour traiter les symptômes résiduels d’angoisse, de dépression, de cauchemars et d’absence de réaction émotionnelle, et aider Jamal à retrouver son identité et à intégrer ses souvenirs douloureux.

 

Tortures et psychopathologie

 

L’exposé ci-dessus traite d’un cas de début tardif de psychose affective, avec une idéation délirante paranoïaque et les symptômes d’une dépression majeure. C’est une maladie que nous rencontrons souvent chez les anciens prisonniers politiques qui furent soumis à des tortures physiques et psychologiques. Kaplan et Sadock (2003) indiquent que « la torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée ». Les recherches de Kaplan et Sadock ont révélé une fréquence de 36 % d’ESPT (état de stress post-traumatique) chez les survivants à la torture, ainsi qu’un taux élevé de dépression et d’angoisse. Comme autres maladies psychologiques communes, il y a la somatisation, les symptômes obsessionnels compulsifs, l’hostilité, la phobie, l’idéation paranoïaque et des épisodes psychotiques.

 

La torture a pour but d’accroître la suggestibilité de la personne torturée, d’altérer son jugement et sa capacité à s’opposer par des arguments logiques à ceux qui l’interrogent, et de semer la confusion dans ce qu’elle admet et ce qu’elle nie. Dans son livre Problème de la torture : les interrogatoires de la CIA , de la Guerre froide à la guerre contre le terrorisme, McCoy analyse une recherche commanditée par la CIA auprès de l’université McGill [Montréal] et réalisée par le Dr Donald Hebb. Pour cette étude, 22 étudiants de la faculté ont été placés dans des petites cabines insonorisées, portant des lunettes protectrices translucides, des gants épais, avec un oreiller en forme de U autour de la tête. La plupart des sujets se sont retirés de l’étude dans les deux jours, tous ont eu des hallucinations et subi « une dégradation de leur capacité à penser avec méthode ; les sujets étaient tellement affamés qu’ils étaient prêts même à une interaction avec leur interrogateur. » rapporte McCoy. Quoique la torture institutionnalisée tende à être subtile et facilement dissimulable, elle n’en vise pas moins à troubler les besoins psychologiques, à provoquer des dommages profonds aux structures psychologiques et à briser les bases des fonctions intellectuelles normales.

 

La torture peut pénétrer et détruire la conviction des sujets à être autonomes en tant qu’êtres humains, elle peut anéantir leurs présomptions d’intériorité, de vie privée, d’intimité. Dans Ethique de l’indicible : les survivants à la torture en traitement psychanalytique, Beatrice Patsalides décrit comment, à la suite de tortures, le décalage entre le « je » et le « moi » s’accentue, et comment l’épaisseur entre le « moi » et le « toi » disparaît.

 

La torture implique l’usage délibéré d’agressions extrêmes, notamment de fortes douleurs physiques, conduisant à des douleurs psychologiques telles que la peur paralysante de la douleur et de la mort, la confusion par une envie non satisfaite, la transgression des normes sociales ou sexuelles et l’isolement prolongé. Des techniques telles que la cagoule pour la désorientation sensorielle, la nudité forcée, la position debout forcée, les douches froides et le bandage des yeux, ou impressionner les détenus avec des chiens de l’armée, leur refuser la nourriture et l’eau, les asperger d’urine ou de matières fécales, sont fréquemment signalées. Parfois, ces traitements dégradants se retrouvent en contradiction nette avec la gentillesse simulée, le faux favoritisme et le traitement spécial royal qui visent à abuser davantage le sujet et à l’amener à la construction d’une personnalité et d’une conviction aliénées, incohérentes ou discréditées. Quand les besoins physiologiques de la personne torturée sont maîtrisés par le tortionnaire et autorisés à ne s’exprimer que de façon auto-dégradante et déshumanisante, quand un sentiment de honte, de nullité et de dépendance est injecté par un tiers condescendant, cruel, alors, cela peut provoquer chez le sujet une régression psychologique du fait de l’apport d’une force extérieure supérieure pesant sur sa volonté - à lui ou à elle - de résister.

 

Dans son évaluation sur les victimes de la torture et d’autres mauvais traitements pendant les guerres du Balkan, Basoglu a établi que la torture psychologique était aussi néfaste que la torture physique, et qu’elle conduisait de la même manière à des taux élevés de dépression et d’ESPT. Ce qui importait surtout était le degré à partir duquel la victime ressentait une perte de contrôle. La perte du contrôle de sa propre vie et de son propre corps, causée par la torture, est souvent exacerbée par l’incrédulité que ressentent de nombreux sujets ayant été soumis à la torture, quand ils essaient d’exprimer ce qu’il leur a fallu traverser, surtout s’ils sont incapables de montrer des cicatrices ou d’autres preuves « objectives » de leur expérience personnelle de la douleur. La torture peut aussi modifier le type de leur relation avec la réalité et le sens d’eux-mêmes. Longtemps même après que la torture réelle ait cessé, certaines victimes se sentent mises à l’écart, incapables de communiquer, d’établir une relation, de s’attacher ou de s’identifier à d’autres. Leur confiance s’est érodée, leurs relations les plus proches et le réseau de toute une vie de ceux qui les ont soutenues sont bouleversés.

 

Comme nous l’avons vu, un certain nombre de dysfonctionnements sont attribués à la torture, tels l’ESPT, la psychose, la dépression et l’angoisse. Dans l’exercice de ma profession, la psychopathologie déclanchée par la torture peut varier dans un large spectre, depuis des symptômes plus imperceptibles - comme la fadeur émotionnelle, le repli social, les micro-épisodes psychotiques, le disfonctionnement sexuel et les souvenirs d’évènements traumatiques qui s’immiscent sous la forme de cauchemars, de flash-back, ou d’associations pénibles - jusquà des symptômes graves - comme les troubles de mémoire, les hallucinations, l’incapacité à garder des relations de longue durée ou même simplement intimes, et les changements persistants dans la sensibilité et l’affect.

 

J’espère que mes observations pourront servir de précurseur à une étude pilote qui permettrait d’évaluer la fréquence de la psychopathologie chez les anciens prisonniers palestiniens, comparés à une population qui n’a pas connu la prison et à des populations d’anciens prisonniers dans d’autres contextes conflictuels. Samah Jabr
Impuls Journal of Psychology :La psychopathologie suite à emprisonnements et tortures vendredi 22 février 2008

 

Samah Jabr est médecin psychiatre palestinienne, elle vit dans Jérusalem occupée et y travaille au sein d’une clinique psychiatrique qu’elle a créée. Elle est francophone et donne des conférences pour envisager d’autres perspectives et sortir de la situation actuelle de la Palestine.

 

L’un des objets politiques de son combat est un État unique pour une perspective de paix et de liberté commune. Samah est aussi chroniqueuse pour différentes publications internationales (The Palestine Report, Washington Report (Moyen-Orient), Palestine Times de Londres, The International Herald Tribune, The Philadelphia Inquirer, Ha’aretz, Australian Options, The New Internationalists et d’autres publications). Ses chroniques touchantes nous parlent d’une vie au quotidien en pleine occupation ; d’un regard lucide, elle nous fait partager ses réflexions en tissant des liens entre sa vie intime, son travail en milieu psychiatrique et les différents aspects politique d’une situation d’apartheid.

 

Cet article est paru en version anglaise dans le dernier numéro de Impuls Journal of Psychology, la plus ancienne revue de psychologie des pays nordiques. - Traduction : JPP

 

Références :

 

Basoglu, M. et al. (2005). Psychiatric and cognitive effects of war in former Yugoslavia : Association of Lack of Redress for Trauma and Posttraumatic Stress Reactions : JAMA 294 (5), pp. 580-590.

 

Gelder, M. et al. (2000). Oxford Textbook of Psychiatry, Third Edition. Oxford University.

 

Press : New York.. Kaplan & Sadock, (2003). Synopsis of psychiatry, Behavioral sciences, and Clinical Psychiatry, Ninth Edition. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkins.

 

McCoy A., (2006) A Question of Torture : CIA Interrogation, from the Cold War to the War on Terror. Owl Books.

 

Patsalides, B. M. (1999). Ethics of the Un speakable : Torture Survivors in Analytic Treatment. The Journal of the Northern California Society for Psychoanalytic Psychology, Vol. 5 (1).

 

Vaknin. S. (2005). The Psychology of Torture : Global Politician - (5 June)

 



4-2 Convergence des Causes : L’étalon du mal.

Ceux donc qui ont suggéré au Tsar Cözy l’obligation de l’apprentissage au plus tendre âge de la vie que le génocide des juifs par le régime national-socialiste allemand est le Mal Absolu se sont à l’évidence inspirés des conclusions et recommandations de l’Agence fédérale de l’éducation civique allemande. L’enseignement des faits historiques n’implique pas émotionnellement les enfants, collégiens et lycéens, il faut les « mettre en situation », les faire participer à un jeu de rôle pour que, peut-être ils puissent éprouver une compassion qui ne peut être obtenue que par un processus d’identification.

Faire porter la mémoire d’un enfant disparu, sans avoir les moyens ni psychiques ni intellectuels de se mettre à distance d’un crime commis plus de soixante ans auparavant, c’est donner une vision anhistorique des événements. Mais  c’est interpréter le monde au travers d’une vision moraliste binaire et simpliste du Bien et du Mal incluant de l’arbitraire pur comme seul motif de l’Histoire.
C’est renoncer à la Raison et s’en remettre plus à la Bible , pleine d’imprécations d’un Dieu envers son Peuple éligible à essuyer des punitions implacables comme celles qu’a endurées Job. Les malheurs successifs qui se déversent sur un adorateur pourtant sincère de Yahvé resteront à jamais sans explication et inaccessibles à l’entendement humain.
Il en sera de même de la « Shoah », terme religieux pour désigner un acte sacrificiel, telle qu’elle sera livrée aux enfants du CM2.
Il est requis du petit enfant français qu’il s’identifie à un enfant sacrifié sans raison.
Pour ceux donc qui veulent ériger un enseignement de l’histoire bâti sur un Mystère, un mythe fondateur qui serait l’alpha et l’oméga et de la Morale et de l’Histoire, ignorent-ils que  le psychisme humain élabore des stratégies pour s’accommoder de situations aussi intolérables et parmi elles, le déni et l’identification au bourreau ?
Les sionistes en ont rêvé et le Tsar Cözy le réalise pour eux, faire téter dans le lait de leur mère le goût de la culpabilité ineffaçable d’un crime singulier contre l’humanité qui avait été jugé par le Tribunal de Nuremberg.
Les tribunaux humains sont faits pour éteindre les doléances et les récriminations et permettre le deuil des survivants. Perpétuer la culpabilité et la dette sans fin et l’affliger à un âge où l’humain n’a pas les ressources pour s’en protéger est un véritable viol mental de l’enfance.
La civilisation occidentale a commis bien d’autres crimes contre l’Humanité et opéré un choix parmi eux qui en soit l’étalon est une garantie que les descendants des victimes de ses autres crimes y voient ce qui en est le cœur, un choix politique de privilégier la souffrance des uns contre celle des autres exclus de la pitié et de la compassion.
Ainsi le dessein premier affiché de la prévention de l’antisémitisme est totalement desservi par l’effet pervers inévitable de singulariser le racisme envers les juifs parmi les autres racismes.
Le sionisme par ailleurs est une idéologie qui se nourrit exclusivement de l’antisémitisme, car pour justifier le crime jamais invoqué en Occident de son colonialisme exterminateur en Palestine et dans tout le Moyen-Orient, il faut entretenir de quelque façon que ce soit la flamme de la « haine du juif ».
Les manœuvres du Lobby sont si grossières et ses servants si aveugles que l’objectif escompté de l’antisémitisme sera inévitable.
L’Histoire se répète en bégayant lamentablement paraît-il.
Il n’y a que les économistes, prêtres de la religion libérale et instigateurs de la Révolution Conservatrice , et les adeptes de l’Éternel retour, inspirés d’une vision très myope de la révolution des astres limitée à la seule galaxie qu’ils connaissent, qui accordent foi aux théories des cycles
historiques répétés à l’infini.
La crise économique à laquelle nous assistons a nombre de caractéristiques semblables à la Grande dépression de 1932-1933.
Parmi elles, il peut être cité la perte de confiance inexorable dans un système économique fondé sur la « Croyance », l’épuisement des artifices qui puissent relancer la consommation, et la prolifération de démagogues populistes qui créent des césures historiques en créant des cataclysmes sous de fausses bannières.
Les masses sont manipulables quand elles sont exaltées et fanatisées par un idéal auquel elles adhèrent.
Le ragoût du Choc des Civilisations, investi par les architectes de la guerre sans fin comme seule solution à ce capitalisme agonisant, n’a pas mobilisé comme voulu, malgré le recrutement d’un manipulateur Souverain Pontife couronné d’une tiare et portant les stigmates de la croix gammée.
La victime expiatrice désignée, le Musulman Terroriste, a d’immenses ressources dans la guerre asymétrique qui lui est infligée et parmi elles, l’universalité nécessaire de la lutte contre la fin promise de l’humanité entière et de toute vie sur la  planète en voie d’ensevelissement sous les décombres d’objets inutiles. Les complexes militaro-industriels et le Syndicat de la Paranoïa travaillent sans fin pour promouvoir une Sécurité qu’ils menacent sans cesse, pour maintenir le marché de l’armement, vétuste et dépassé avant même la fin de la conception de la nouvelle arme, et s’annonce ainsi le début de leur fin, à défaut de l ‘Apocalypse.
Convergence des Causes
19 février 2008


5 Pièce jointe.

5-1 Pierre-Yves Salingue, "Pas de « solution juste » sans le droit au retour des réfugiés palestiniens"

Bonjour,

Ci-joint une analyse de Pierre-Yves Salingue, à propos de la première revendication des Palestiniens depuis 1948 : le droit au retour.

Le texte, long, est un historique utile et clair du destin et des manipulations de ce droit, non seulement par Israël et ses alliés mais aussi par les diverses organisations et factions palestiniennes, et par les mouvements, ONG et partis politiques, en Europe notamment, qui se disent solidaires du peuple palestinien.

Bonne lecture   marie-ange Patricio

 22/02/08 :

(...) "Combien de temps les militants de la solidarité resteront-ils aveugles  aux changements survenus sur le terrain et sourds aux appels des militants palestiniens qui luttent pour sortir de la situation catastrophique où les ont menés leurs dirigeants avec Oslo ?

Ces militants palestiniens ont affirmé de plus en plus clairement que, face à la stratégie sioniste et impérialiste de fragmentation forcée du Peuple palestinien, il fallait renforcer la lutte globale des Palestiniens pour leur libération,  pour fédérer et structurer les combats que  chacun menait dans son contexte : contre l’occupation en Cisjordanie et à Gaza, pour le retour de ceux en exil et pour défendre l’existence même des Palestiniens résidant sur les terres de 1948.

Mais tandis que de plus en plus de Palestiniens prenaient en compte la réalité de la colonisation sioniste à outrance des terres palestiniennes occupées après juin 1967, le renforcement du système de discrimination raciale à l’égard des Palestiniens d’Israël et affirmaient en conséquence  la nécessité d’en revenir aux constantes de la lutte nationale et notamment le droit au retour des réfugiés, la majorité des forces « solidaires » du Peuple palestinien s’est désespérément accrochée aux lambeaux de l’illusion d’un « Etat palestinien indépendant » en évitant de poser la question des Palestiniens de 48,  la question du retour des réfugiés et de reconnaître enfin que la question qui nous est posée est celle de nous déterminer clairement en soutien à une lutte de libération nationale.(...)

Extraits « La force d’Israël, le soutien des USA, la faiblesse des Palestiniens et la complicité arabe, tels sont les ingrédients d’une solution imposée du « problème des réfugiés », basée non sur leurs droits mais sur leur disparition…l’élimination des réfugiés palestiniens est indispensable pour qu’un nouveau Moyen Orient pacifié prenne sa place dans l’économie mondialisée. » [1]

Ecrites il y a 10 ans, ces lignes sont hélas toujours d’actualité.

Profitant du désarroi issu de l’effondrement des illusions nées des accords d’Oslo, tous les gouvernements israéliens ont poursuivi la destruction de la société palestinienne engagée dès 1948, avant même la proclamation de l’Etat d’Israël et la guerre israélo-arabe qui l’a suivie. Ceci fut fait avec le soutien total des gouvernements des Etats Unis et avec la complicité active des gouvernements européens et des institutions internationales (FMI et ONU notamment). Pourtant, malgré les formidables moyens déployés pour permettre à Israël d’en finir avec l’existence du Peuple palestinien, il subsiste un obstacle majeur à la réalisation de ce plan.

Cet obstacle tient en un mot : (les) REFUGIES.

La raison en est que, par delà  leur nombre (ils sont 6 millions, près des 2/3 du Peuple palestinien) les réfugiés palestiniens sont, par leur seule existence, la preuve historique de l’injustice commise par l’ONU en novembre 1947 et celle de la nature coloniale irréfutable d’un Etat d’Israël né, non d’une prétendue lutte de libération nationale, mais d’une opération programmée de nettoyage ethnique. Les réfugiés palestiniens sont devenus « un problème » qu’il convient de résoudre, par tous les moyens et quel que soit le prix à payer.

Les réfugiés palestiniens, quand ils revendiquent leur droit au retour sur les terres et dans les maisons dont ils ont été chassés par la violence des groupes terroristes sionistes en 1948 puis en 1967, sont la marque identitaire du conflit israélo-arabe, la preuve vivante de l’illégitimité de cet état colonial imposé par la force au cœur d’une région arabe convoitée par l’Impérialisme pour ses richesses et à cause de sa position stratégique. Pour supprimer cette marque identitaire, il faut dissoudre l’existence même des réfugiés palestiniens et, à défaut de pouvoir les faire disparaître, les réduire à une  question humanitaire. Mais voilà…Les réfugiés palestiniens ne se sont pas transformés en une simple addition de mendiants dispersés et voués à être absorbés et digérés au sein des communautés nationales des Etats qui  ont été contraints de les « accueillir ». Dans leur immense majorité ils ont refusé d’oublier, ils ont refusé d’être dépossédés de leur histoire, ils ont collectivement maintenu leur volonté de survivre et de vivre, ils ont gardé une colère intacte et ils ont refusé d’abdiquer leurs droits.

Le retour des réfugiés est la substance de la cause palestinienne.

Longtemps reléguée à une place secondaire par la direction de l’OLP, principalement préoccupée de se voir reconnaître l’exclusivité de la représentation du Peuple palestinien  en vue du marchandage visant  la création d’un mini Etat, la question politique des droits des réfugiés est revenue en force aux lendemains des accords d’Oslo. En concentrant l’attention sur la création de territoires autonomes confiés à une Autorité palestinienne, Oslo a été une tentative supplémentaire de liquider « la question des réfugiés ».Le règlement de la question du retour des réfugiés était différé à des « négociations finales » dont on espérait qu’elles se perdraient dans les sables de la négociation des accords intérimaires. En faisant de la construction de « l’Etat palestinien indépendant »  son objectif prioritaire, la direction de l’OLP marginalisait la cause des réfugiés, qui était pourtant la raison d’être du mouvement de libération de la Palestine. Réduire le conflit à un problème de partage de territoires entre Israéliens et Palestiniens, c’est d’une part reconnaître la légitimité de l’existence de l’Etat colonial et d’autre part mettre un terme définitif à l’ambition de « libération nationale », remplacée par une « processus de paix » où les deux parties « négocient ». En outre, dès lors que le conflit est réduit à une querelle frontalière, le problème des réfugiés semble plus aisé à résoudre : ceux qui le voudront pourront « revenir dans l’Etat de Palestine » !

Avec le recul de 15 ans, on doit constater que ce calcul cynique a failli aboutir.

Mais la manœuvre a fait long feu et la voracité des dirigeants sionistes, fidèles aux ambitions initiales de la conquête de toute la Palestine , a mis à mal le dispositif initialement concocté par l’Impérialisme avec la complicité de la direction palestinienne, d’abord à Madrid  puis à Oslo et Washington. L’analyse du comportement de l’Etat sioniste, tant avant que pendant la deuxième Intifada et tant dans les territoires occupés en 1967  que dans les territoires occupés en 1948, a convaincu  de nombreux militants palestiniens de la nécessité de rompre avec une politique de renoncement aux droits fondamentaux, de la futilité des négociations avec un ennemi bien décidé à mener à son terme l’entreprise de nettoyage ethnique commencée en 1948 et, en dépit de sa fragmentation due à sa dispersion géographique, de l’unité du  combat du Peuple palestinien pour ses droits nationaux. L’effacement  des illusions d’Oslo a suscité un profond mouvement de réflexion chez les réfugiés palestiniens. Des initiatives populaires se sont développées depuis les camps de réfugiés, dans la diaspora palestinienne et chez les Palestiniens résidant en Israël, visant à remettre la question  des réfugiés et de leur retour à la première place de l’agenda palestinien, considérant qu’aucune paix n’était possible sans l’application du droit au retour et donc sans la réaffirmation d’un projet de libération nationale. L’affirmation de l’exigence du droit au retour est devenue le point de convergence des luttes des Palestiniens pour leurs droits.

Le retour n’est plus « seulement » une revendication, c’est devenu un projet politique qui structure la reconstruction de l’ensemble d’une démarche collective de résistance au nettoyage ethnique et d’opposition à la volonté sioniste de faire reconnaître par les Palestiniens eux-mêmes la légitimité d’un « Etat juif » et de les faire ainsi renoncer à leur droit à la résistance.

Le droit au retour des réfugiés, un droit reconnu par le droit international.

Le droit au retour dans leur pays des réfugiés et des populations déplacées est un droit clairement reconnu par le droit international.

L’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) affirme le droit de chaque individu de « quitter tout pays, y compris le sien, et d’y revenir ».

Suivant l’article 12 de la Convention internationale des droits civils et politiques (1966, ratifié par Israël en 1991 !) « Aucun individu ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ».

La résolution 194 des Nations Unies, adoptée le 11 décembre 1948, affirme « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible… »

L’actualité et la validité de cette résolution ont été réaffirmées plus de 130 fois depuis !

La résolution 3236, votée en 1974, réaffirme « le droit inaliénable des Palestiniens de retourner à leurs foyers et leurs propriétés, d’où ils avaient été déplacés et déracinés » Ce droit fondamental a été maintes fois affirmé pour des peuples déplacés autres que les Palestiniens. La plupart des accords de paix internationalement soutenus dans les 25 dernières années ont exigé le retour des déplacés et réfugiés notamment au Guatemala, au Salvador, au Rwanda, en Géorgie, en Tchétchénie, en Croatie, en Bosnie, au Kosovo, en Namibie, à Chypre et au Timor oriental. [2]

Le respect du choix individuel des réfugiés quant à la mise en application de leur droit a été le principe directeur de ces accords. Ce droit a été affirmé et son exercice n’a  pas été conditionné à des négociations postérieures et à la volonté des Etats contrôlant des territoires occupés à l’occasion d’un conflit. Dire que le droit au retour est « un droit inaliénable », c’est dire que ce droit appartient en propre à chaque personne réfugiée.

User ou ne pas en user  appartient à chaque  bénéficiaire de ce droit. S’agissant des réfugiés palestiniens, qui forment le groupe de réfugiés le plus ancien et le plus nombreux dans le monde,  ce droit est un droit collectif inséparable des droits nationaux. Il s’inscrit pleinement dans le cadre des revendications nationales constantes du Peuple palestinien et il ne se substitue ni ne s’oppose au droit à son autodétermination.

… suite en pièce jointe.

a obtenir en écrivant au fa029559@skynet.be

24/02/2008

n°321 Journal de la Palestine- 20 au 23-02

Sommaire

Tiré à part

Binyamin Ben Eliezer, ministre du gouvernement de l’autorité d’occupation propose de libérer Marwan Barghouthi.

Résistance

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Le journaliste et écrivain palestinien Khalid Amayreh a été convoqué pour interrogatoire.

5-2 Un peu de douceur dans un monde de brutes.

6 Les brèves

6-1 Le Parlement Européen adopte une résolution condamnant la politique israélienne à Gaza.

6-2 Elie Moyal,( Maire de Sdérot ) s'est déclaré prêt à discuter directement avec le Hamas afin de tenter d'obtenir un cessez-le-feu.

6-3 Ne dites pas : nous ne savions pas.

7 Dossier

7-1 Point de vue de L'AP : Abbas disposait d'éléments prouvant que le Hamas comptait prendre le contrôle de Gaza. 7-2 Point de vue de Convergence des Causes : Le camp de Gaza a pour enceinte le ciment de la collaboration


8 Courrier des lecteurs &
trouvé sur le net & témoignage

8-1 Le blocus israélien contre Gaza doit cesser ! Boycottons l'apartheid israélien...

9 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

9-1 Al Faraby : La peur de l'autre...


Tiré à part :

Binyamin Ben Eliezer, ministre du gouvernement de l’autorité d’occupation propose de libérer Marwan Barghouthi.

"Pour obtenir des résultats dans le processus de paix il faut libérer Marwan Barghouthi", a déclaré le ministre travailliste du gouvernement de l’autorité d’occupation des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer. Prenant la parole lors d’une assemblée à Tel Aviv, il a estimé que le dirigeant du Fatah disposait seul d’un crédit populaire qui permettrait de faire accepter à son peuple un accord conclu avec Israël. "J’ai beaucoup de respect pour Mahmoud Abbas et Salam Fayyad mais si l’on veut des résultats c’est à Barghouthi qui est en prison qu’il faut s’adresser", a-t-il souligné. Selon lui, "Israël a encore plus intérêt que les Palestiniens au processus de paix" considérant que "quarante années de contrôle israélien des Territoires ont eu pour seul résultat d’engendrer deux mouvements nationaux", le mouvement national dirigé par le Fatah et le Hamas. En septembre dernier, le même ministre avait déjà proposé de libérer Barghouthi contre Gilad Shalit détenu dans la bande de Gaza, après avoir été enlevé par un commando palestinien en juin 2006, à la lisière de ce territoire. "Marwan Barghouthi a toutes les chances de devenir le prochain dirigeant palestinien. Sa libération pourrait permettre de faire avancer les négociations politiques et amener à la libération de Gilad Shalit", avait affirmé M. Ben Eliezer, membre du cabinet de sécurité.

Marwan Barghouthi a été arrêté par l’armée d’occupation en 2002 et condamné en juin 2004 à cinq peines de prison à vie après avoir été reconnu coupable par la justice de l’autorité d’occupation d’implication dans quatre attentats meurtriers. Très populaire parmi les Palestiniens, il est souvent présenté comme un possible successeur du président Mahmoud Abbas. Considéré comme une figure de proue de l’Intifada, Barghouthi n’a jamais caché son soutien à la lutte armée contre l’Etat juif, tout en se déclarant opposé à des attentats aveugles en Israël.          Source : Al-Oufok


                      20 au 23-02: Peuple Palestinien : 5 tués  -  1 blessé
La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Bande de Gaza - Au jour le jour

22-02 Un missile tiré par l’armée d’occupation a tué au moins deux résistants du Djihad islamique et blessé un troisième dans le centre de la bande de Gaza, à proximité de la barrière d’apartheid, rapportent le Hamas et des sources médicales. Source : Al-Oufok & Reuters

23-02 Trois Palestiniens employés d’une banque jordanienne ont été tués par un tir de missile israélien près de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, rapportent les services médicaux et le Hamas, qui contrôle le territoire.

Source : Al-Oufok


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 : Au jour le jour 

23-02 Lors d’une incursion dans le camp de réfugiés de Aïn Beit Almaa à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie , 1 résistant du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a été arrêté par l’armée d’occupation. Sa soeur, Nabila, 20 ans, a été blessée lorsque les militaires qui ont forcé la porte de son domicile pour y pénétrer. Source : Al-Oufok & AFP)


2  Politique Israélienne

2-14 Prisons & tortures : Déclaration 

22-02 Depuis le début de l’occupation israélienne des territoires palestiniens en 1967, plus de 650 000 Palestiniens ont été détenus par Israël. C’est-à-dire environ 20 % de la population palestinienne des territoires occupés, et 40 % de la population masculine puisque la majorité des détenus sont des hommes.                                                  Source : Samah Jabr médecin psychiatre palestinienne


4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)

Civils & résistants tués                                                                            :  5.974     

Palestiniens blessés                                                                               :  52.181

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.126

                                                                                                  ( 355 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.370

                                                                                                      ( 436  militaires/policiers)

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine) 


5 Médias/Vidéos 

5-1 Le journaliste et écrivain palestinien Khalid Amayreh a été convoqué pour interrogatoire.

PA intelligence summons Palestinian journalist for interrogation

Hebron, Israeli-occupied West Bank

23 February, 2008    The Palestinian Authority (PA) Mukhabarat or General Intelligence has summoned Palestinian journalist and writer  Khalid Amayreh for interrogation, probably in connection to his  work.  Amayreh is a veteran Palestinian journalist and a vocal critic of the current “peace process” between the American-backed regime in Ramallah and Israel . Amayreh said he received a written notification asking him to go to the Mukhabarat headquarters in Hebron for questioning pertaining to an undisclosed issue. He is among a few Palestinian journalists who write in English to a global audience. His articles and columns are published on numerous websites, especially those critical of the Israeli apartheid regime and US policy toward the Palestinian plight. The 50-year-old journalist  obtained a BA degree in journalism from the University of Oklahoma and a Master degree in the same field from the University of Southern Illinois at Carbondale in the United States . Amayreh lately drafted  a proposed truce between Israel and the Gaza-based Palestinian  government in cooperation with Rabbi Menachem Froman. According to the draft truce agreement, Israel would lift its 20-month blockade on the Gaza Strip and put an end to all assassinations and attacks, including artillery and aerial bombings of targets in Gaza in return for a total stoppage of the firing of homemade rockets and other projectiles on Israeli territory. Israel has effectively rejected the truce initiative.  Similarly, some PA officials have voiced consternation about it, arguing that lifting the blockade on Gaza and stopping Israeli attacks would strengthen Hamas vis-à-vis the Ramallah-based regime. (end) 

Traduction
Hébron, occupée par Israël en Cisjordanie
23 février, 2008
L'Autorité palestinienne (AP) ou Mukhabarat General Intelligence a convoqué le journaliste et écrivain palestinien Khalid Amayreh pour interrogatoire, probablement dans le cadre de son travail.
Amayreh est un journaliste vétéran et un critique de l'actuel «processus de paix» entre le régime américain adossés à Ramallah et en Israël.
Amayreh a déclaré avoir reçu une notification écrite lui demandant d'aller au siège de la Mukhabarat à Hébron pour interrogatoire portant sur un problème non divulgués.
Il compte parmi les quelques journalistes palestiniens qui écrivent en anglais à un auditoire mondial. Ses articles et les colonnes sont publiés sur de nombreux sites Web, notamment ceux critiques à l'égard du régime d'apartheid israélien et la politique américaine envers les souffrances palestiniennes.
le journaliste a obtenu un baccalauréat ès arts en journalisme de l'Université de l'Oklahoma et une maîtrise dans le même domaine de la University of Southern Illinois à Carbondale aux États-Unis.
Amayreh récemment rédigé un projet de trêve entre Israël et la bande de Gaza-fondé gouvernement palestinien, en coopération avec le rabbin Menachem Froman.
Selon le projet d'accord de trêve, Israël allait lever son embargo de 20 mois sur la bande de Gaza et de mettre fin à toutes les attaques et les assassinats, y compris l'artillerie et les bombardements aériens de cibles dans la bande de Gaza en échange d'un arrêt total des tirs de roquettes maison Et d'autres projectiles sur le territoire israélien.
Israël a effectivement rejeté la trêve initiative.
  De même, certains responsables de l'AP ont exprimé leur consternation à ce sujet, faisant valoir que la levée du blocus de Gaza et l'arrêt des attaques israéliennes renforcerait le Hamas vis-à-vis du régime de Ramallah.
(Fin)


5-2 Un peu de douceur dans un monde de brutes.
Des habitants de Sderot et de Gaza dialoguent sur un blog 
Ils se rencontraient à Sderot. Il y a des siècles...

Un groupe de Palestiniens de Gaza et d¹Israéliens, la plupart de Sderot. Une sirène pouvait hurler àn¹importe quel moment, mais ils persistaient à essayer d¹imaginer comment ramener un peu de bon sens dans la région. Ils ont pensé à des colonies devacances d¹été pour les enfants de Gaza et de Sderot. Surtout, à créer un dialogue sans idées préconçues. La dernière fois qu¹ils se sont rencontrés à Sderot de visu, c¹était il y a six mois.
"Nous avons renoncé à persuader les autorités de les laisser sortir de Gaza", dit Danny Gal, l¹un des organisateurs de ce dialogue. "Ces gens ne constituent pas une menace pour la sécurité, au contraire, ils sont positifs et peuvent aider à rétablir une accalmie, mais le bouclage de Gaza est total. Donc, nous avons décidé de nous rencontrer sur le Net, pour que le monde entende une autre voix de Gaza et de Sderot."
 Résultat : un blog commun en anglais (1) lancé en janvier, qui repose sur deux personnes en particulier : « Peace Man » de Gaza et « Hope Man » de Sderot.

Ni l¹un ni l¹autre ne veulent révéler leur identité ou accorder des interviews, et Danny Gal parle en leur nom.
"Révéler leur identité, ce serait vraiment mettre la vie du gars de Gaza en danger. A cause de ce blog, il serait soupçonné de collaboration. Quant à celui de Sderot, c¹est lui qui l¹a décidé. Il pense qu¹en s¹exposant aux médias, comme cela, si tôt, il deviendrait un stéréotype dans sa ville. Il veut d¹abord voir si une dynamique peut s¹enclencher."
Le 6 février, le Palestinien écrit : "La semaine dernière a été la pire de toutes. Depuis deux jours, la situation empire encore à Gaza, comme à Sderot. Ca a commencé par des tirs entre des Egyptiens et des Palestiniens qui voulaient laisser la frontière ouverte, et maintenant, c¹est un hélicoptère israélien et des F-16, et on dit aux infos qu¹Israël va attaquer
Gaza. Beaucoup de Palestiniens ont été tués et blessés."
 Dans d¹autres messages, il décrit de fréquentes visites à Rafah [du côté égyptien, ndt] après la brèche dans la clôture le long de la frontière égyptienne. Le 28 janvier, il écrit : "C¹est la troisième fois que je vais en Egypte avec des amis. Même si cela a été difficile, c¹était bien. Cela faisait si longtemps que nous ne pouvions sortir de Gaza, alors, on a eu l¹occasion de sentir qu¹on était libres d¹aller et venir, même si ce n¹est pas ce dont nous rêvons, cela nous a donné de l¹espoir dans l¹avenir."
 Danny Gal parle du blogueur de Gaza : "Il a une trentaine d¹années, il a une licence et a été enseignant jusqu¹à  ce qu¹on ait fermé son école. S¹il était israélien, on serait potes. Il est drôle, il s¹intéresse aux femmes, à sa carrière, il voudrait acheter une maison s¹il peut obtenir un prêt. Ce qui lui fait le plus mal, c¹est de ne pas pouvoir sortir de Gaza. Il avait entamé un master à l¹étranger, mais il a dû rentrer à Gaza et depuis, il y est coincé. Du coup, il ne peut plus poursuivre ses études."
Le blogueur de Sderot décrit la reprise des tirs de Qassam. Le 3 février, pendant une accalmie : "Ma femme et moi nous sommes promenés hier après-midi dans les champs près de Sderot. Il faisait très beau, et je pensais à cette vie qui pourrait être si belle si l¹on pouvait avoir une semaine sans roquette. Il est si facile de reprendre goût à une vie à peu près normale.
Sur le chemin du retour, cette saloperie de sirène d¹alarme s¹est mise à retentir. Nous nous sommes aplatis sur le sol. Au bout de quelques minutes, nous nous sommes relevés et avons couru vers chez nous, car nous avions laissé les enfants seuls."
Gal : "Le blogueur de Sderot a la quarantaine, il travaille dans le hi-tech. Il adore la région, il est très attaché à sa ville. Et il y a son bureau."
 Quelques jours après ce dernier message, deux enfants de Sderot ont été blessés lors de l¹un des pires bombardements de ces derniers mois. L¹un des enfants a perdu une jambe, et les habitants de Sderot ont organisé une manifestation. Le blogueur de Sderot écrit alors : "Ne vous laissez pas tromper par vos dirigeants qui vous font croire que seule la violence vous rendra la vie plus facile."
Le blogueur de Sderot est tout aussi éloigné des stéréotypes que celui de Gaza. "Contrairement aux apparences, il y a à Sderot des gens qui ne pensent pas pareil, qui comprennent que davantage de violence ne stoppera pas les tirs de Qassam", dit Gal. "Cela fait sept ans qu¹ils vivent sous les Qassam. Dans les médias, on n¹entend parler que d¹un côté. Mais, sans pouvoir garantir un nombre, le blog représente un camp important à Sderot." (2)
 Les deux blogueurs se sont rencontrés la première fois par l¹intermédiaire de l¹association Center for Emerging Futures (CEF), dont Gal est l¹un des dirigeants. Cette association a été fondée par Whit Jones, psychologue et homme d¹affaires de l¹Idaho, qui a amené deux partenaires : Ibrahim Issa, principal d¹un collège de Bethléem, et Danny Gal, 38 ans, de Petakh Tikva, psychologue des organisations et colonel de réserve. Gal a apporté son
expérience de modérateur de groupes au sein de sociétés privées au service de la création d¹une rencontre entre Israéliens, Palestiniens et étrangers.
Gal : "Nous n¹essayons pas de faire la paix. Mais les gens ont peur les uns des autres à cause de tout un ensemble d¹idées préconçues et de stéréotypes, et quand ils se rencontrent, toutes ces idées préconçues se modifient. Nous organisons des rencontres à Beit Jala (Cisjordanie, près de Jérusalem) entre des Israéliens, des Palestiniens et des gens d¹autres pays, qui ont une influence apaisante. Mais il y a aussi des rencontres à plus petite échelle, de vraies réunions de travail, comme celles qui se tenaient dans le salon du
gars de Sderot, qui pourraient reprendre à l¹avenir."
 Ha¹aretz, 19 février 2008
http://www.haaretz.com/hasen/spages/955943.html 
Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant
(1) http://gaza-sderot.blogspot.com 
(2) Voir aussi « Une autre voix de Sderot » :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1320


6 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
6-1 Le Parlement Européen adopte une résolution condamnant la politique israélienne à Gaza.

Le Parlement Européen, réuni à Strasbourg, a sévèrement réprimandé Israël pour sa politique d'isolation de la bande de Gaza. Exhortant Israël à ne pas infliger une "punition collective "aux 1.5 millions d'habitants de la bande de Gaza, la résolution adoptée par le parlement Européen a condamné en des mots très durs la politique israélienne contre le mouvement Hamas. "La politique d'isolation de la bande de Gaza a échoué au niveau politique et au niveau humanitaire", ont affirmé les députés européens. 21/02/2008


6-2 Elie Moyal,( Maire de Sdérot ) s'est déclaré prêt à discuter directement avec le Hamas afin de tenter d'obtenir un cessez-le-feu.

19-02 Le maire de la ville israélienne de Sdérot, Elie Moyal, s'est déclaré prêt à discuter directement avec le Hamas afin de tenter d'obtenir un cessez-le-feu et de mettre fin aux tirs incessants de roquettes Kassam contre sa ville. "Je dirais au Hamas: accordons nous sur un cessez-le-feu, finissons en avec les tirs de roquettes pour les 10 prochaines années, et nous verrons se qu'il se passera par la suite". I nterrogé par le quotidien Britannique "The Guardian", Elie Moyal s'est notamment déclaré prêt à "parler avec le diable". "Pour moi, en tant qu'individu, la chose la plus importante est la vie, et je suis prêt à faire tout ce qu'il faudra pour cela". Le maire de Sdérot, bien que membre du Likoud, un parti réputé pour sa fermeté, a de plus ajouté qu'un dialogue avec le Hamas représentait la meilleure alternative à une offensive militaire israélienne de grande envergure dans la bande de Gaza. Mr Moyal a ensuite affirmé au quotidien qu'il avait déjà été invité à prendre part à des négociations avec le Hamas en Egypte, une initiative qui ne s'était finalement pas concrétisée. Il a cependant ajouté être disposé à participer à de telles négociations si l'Egypte lui en refaisait la proposition. infolive.tv 23-02


6-3 Ne dites pas : nous ne savions pas.

Le village de Mash’had se situe au nord est de Nazareth Ilit. Il compte 6 900 habitants. Avant la grande expropriation des terres dans les années 70, ceux-ci étaient propriétaires de 11 069 dounams. Il leur en reste seulement 7 300. Sur ces 7 300 dounams seuls 830 sont destinés à la construction. Le manque de logement a contraint des habitants qui ne pouvaient pas obtenir de permis de construire dans le village d’aller s’établir dans le village de Rina ou même à Nazareth Ilit.

Le 14 juin 2007, des bulldozers du Ministère de l’Intérieur et de l’Administration des Terres d’Israël sont arrivés dans le village de Mash’had et ont arraché des oliviers dans les parcelles (64 dounams) qui, selon les autorités, auraient été expropriées en 1976. Les propriétaires des terres ont replanté les arbres déracinés ainsi que d’autres plants, et ils ont dressé une tente de protestation occupée par eux-mêmes et par d’autres habitants du village.

Le 15 janvier 2008, les habitants ont quitté la tente de protestation, avec l’espoir que les autorités avaient renoncé. Le jour même, des forces de police sont arrivées sur les parcelles avec des bulldozers qui ont arraché 400 oliviers.     Amos Gvirtz, 18 février 2008 www.kibush.co.il/show_file.asp?num=25269   (Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)


7 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de L'AP : Abbas disposait d'éléments prouvant que le Hamas comptait prendre le contrôle de Gaza.

Le président palestinien Mahmoud Abbas et ses responsables de la sécurité disposaient d'éléments prouvant que le Hamas comptait prendre le contrôle de Gaza en 2007 et ils n'ont rien fait pour tenter de l'en empêcher, selon les conclusions d'une enquête sur la prise de Gaza en juin dernier. Le rapport de 76 pages épargne cependant les responsables politiques dont Abbas et son conseiller de l'époque en matière de sécurité, Mohammed Dahlan. En revanche, il suggère que 74 officiers, dont une majorité de seconds couteaux, soient traduits devant la justice militaire et que 23 autres, dont plusieurs hauts-commandants, soient rétrogradés. Des voix critiques ont vu dans ce rapport, commandé par Abbas, une tentative d'auto-blanchiment.

Les conclusions du rapport n'ont pas été officiellement publiées, mais officieusement révélées par des responsables palestiniens. Le chef du comité de neuf membres qui a rédigé le document, Tayeb Abdel Rahim, est un proche collaborateur d'Abbas. Il n'était pas joignable dans l'immédiat. Selon le rapport, les forces de sécurité d'Abbas à Gaza étaient mal entraînées et mal encadrées. Ainsi, seuls 2.000 des 50.000 hommes des forces de ‘sécurité’ à Gaza ont affronté 20.000 hommes du Hamas.

Les forces d'Abbas en Cisjordanie suivent aujourd'hui des entraînements supervisés par des experts internationaux, mais leurs médiocres performances à Gaza en 2007 pourraient ranimer le débat sur leur capacité à contrôler la Cisjordanie. Plusieurs mois de combats entre les hommes du Hamas et ceux d'Abbas, dont une partie appartement au Fatah, ont précédé la prise de Gaza par le Hamas. Or, pendant ce temps, "les autorités de Gaza disposaient d'informations et de preuves selon lesquelles le Hamas projetait de prendre le contrôle" du territoire, selon le rapport. "Le président (Abbas) avait des informations détaillées à ce sujet", est-il précisé. Source : AP


7-2 Point de vue de Convergence des Causes : Le camp de Gaza a pour enceinte le ciment de la collaboration.

Le rabbin en chef Yona Metzger, l’autorité religieuse suprême en Israël nommé à cette fonction en 2003 pour 10 ans, vient de suggérer au Premier ministre de l’état sioniste le transfert des Palestiniens emprisonnés à Gaza dans une ville à construire dans le désert du Sinaï. À condition que les Palestiniens renoncent à la ville de Jérusalem puisque les Musulmans disposent déjà de deux villes saintes, les technologies d’urbanisme employées dans l’Arizona pourraient aider à la réalisation de ce type de solution finale au problème de la colonisation de la Palestine.
L’idée jugée opportune et non saugrenue a été reprise par l’entité américanosioniste qui l’a d’abord soumise à l’Égypte qui avait été payée pour la déclaration de « sa » paix séparée avec Israël en 1979 par la restitution du Sinaï.
Dans le packaging de la ‘solution ‘ inspirée par Metzger, l’Égypte permettrait la création de nouveaux camps pour 800 000 Palestiniens de Gaza au Sinaï et bénéficierait du contrôle sur Gaza en collaboration avec les US(a).
Moubarak ne peut que refuser , non pas ici que le Droit au Retour, inaliénable, des Palestiniens soit de nouveau nié, mais que des réfugiés remuants car bien trempés dans la lutte et peu enclins à l’intimidation, ne viennent donner des idées de formes de résistance à son régime dictatorial. La visite récente pour la première fois depuis l’institution de la République Islamique d’Iran d’une délégation iranienne au Caire est un signe sans conteste de la prise en compte du déclin annoncé de l’Empire, au travers de ses échecs militaires en Afghanistan et Irak, de ses insuccès économiques et son glissement derrière la Chine comme puissance économique désormais en voie de « périphérisation ».  Non seulement de nombreuses places financières abandonnent le dollar US comme monnaie d ‘échange universelle mais pis encore, le papier vert  est de  plus en plus évité comme réserve car là où il est déposé, il fond.
La Bourse du Pétrole et du Gaz iranienne depuis longtemps annoncé va ouvrir ses portes pour les 10 jours anniversaires de la Révolution islamique de début février à Kish et les échanges n’y seront pas libellés en dollar US .
Le Hamas est devenu incontournable dans tout processus qui concerne la Palestine et son droit à exister.
Dans ce que les Medias s’obstinent à appeler « prison à ciel ouvert » pour ne pas avoir recours au seul terme juste qui convienne à la situation de Gaza, camp de concentration, les représentants du Hamas refusent que la frontière de Rafah soit de nouveau sous contrôle de leur geôlier sioniste. Ils veulent bien en assurer la gestion avec le Fatah et les douanes égyptiennes, avec l’aide éventuelle d’observateurs européens mais il faudra pour cela que le mandataire de la colonisation américanosioniste à Ramallah enfreigne les ordres de ses maîtres.
Le Hamas veut rompre tout lien économique et commercial avec l’entité coloniale qui a toute latitude d’exercer des punitions collectives en coupant à volonté électricité, eau et denrées de première nécessité. Le moindre des paradoxes est que le pétrole qui coule à flot depuis les puits arabes juste voisins  (et musulmans et frères et amis) ne parviennent pas à la centrale qui alimente plus de la moitié de la bande de Gaza.
Les Palestiniens ont éprouvé qu’eux seuls ont entre leurs mains leur Libération, au-delà de toutes les solidarités vraies ou fausses qui leur sont témoignées.
Ils ont aussi éprouvé combien les murs de leur camp de concentration sont fragiles et à la portée de quelques pétards qui les abattent avec une facilité déconcertante.
Ils sont en train d’éprouver aussi que, tout comme les Juifs durant le génocide perpétré par les Européens chrétiens et néanmoins nazis qui furent  dépêchés à la mort avec la complicité des chefs de leurs communautés, les collaborateurs sont les instruments indispensables de leur oppression.
Convergence des Causes
5 février 2008


Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Le blocus israélien contre Gaza doit cesser ! Boycottons l'apartheid israélien...
Journée internationale d'action en solidarité avec le peuple palestinien  initiée par le Comité populaire contre le blocus de Gaza...et en lien avec la campagne de boycott pancanadienne contre les librairies Indigo/Chapters
Par son blocus de Gaza, Israël impose une punition collective aux 1.5 millions de Palestiniens habitant la minuscule bande de territoire palestinien. Cette population vit quotidiennement une pénurie d'électricité, d'essence, de nourriture et des nécessités de base dans le contexte d'une campagne militaire violente menée par l'État israélien et ses politiques d'apartheid.
Les sanctions israéliennes, imposées unilatéralement sur Gaza, sont appliquées au moyen d'une occupation militaire illégale qui, au cours des derniers mois, a opéré la fermeture totale de tout point d'entrée ou de sortie de Gaza.
Des officiels de l'ONU ont récemment souligné que la «situation s'est détériorée au point de devenir critique en raison du blocus sur les provisions vitales destinées aux Palestiniens.» En raisondes actions israéliennes, Gaza est devenu une immense prison.
Le Canada est complice de la campagne en cours de privation de nourriture, de violence militaire et de terreur opérée contre le peuple de Gaza.
Le gouvernement conservateur du Canada s'est forgé une réputation internationale en termes de gouvernement pro-israélien de premier plan, s'opposant dès que possible aux droits humains fondamentaux palestiniens et à l'autodétermination palestinienne, tant à l'ONU qu'au moyen de relations bilatérales accrues avec l'État israélien et ses politiques
d'apartheid.
Alors que se poursuit le blocus israélien de la bande de Gaza avec l'appui du Canada, il importe que, à l'échelle internationale, les gens appuient la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS), campagne qui croît quotidiennement et qui vise la chute de l'apartheid israélien.
L'appel pour cette campagne de BDS a été lancé en juillet 2005 par des centaines de groupes de la société civile palestinienne. Cette campagne doit être maintenue tant et aussi longtemps que les exigences suivantes ne seront pas satisfaites :

la pleine citoyenneté pour les citoyens arabes d'Israël ;

la fin de l’occupation et de la colonisation dela Cisjordanie et de Gaza ;

l'application de la Résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU, résolution exigeant d'Israël le droit de retour et de compensation des réfugiés palestiniens.
Une campagne plus large de boycottage des librairies Chapters/Indigo a été lancée au Canada en décembre 2006 pour dénoncer le soutien des actionnaires majoritaires de la compagnie, Heather Reisman et Gerry Schwartz, à l'apartheid israélien.

Reisman et Schwartz ont créé une fondation nommée Heseg - 'Fondation pour les soldats solitaires' (Foundation for Lone Soldiers), un programme d'appui financier aux anciens
'soldats solitaires', qui n'ont pas de liens familiaux en Israël mais qui souhaitent se battre dans l'armée israélienne, participant ainsi à l'apartheid et l'occupation.
Certains de ces soldats solitaires ont participé à l'attaque contre le Liban l'été dernier par exemple. Heseg peut donner jusqu'à 3 millions de dollars par an sous forme de bourses scolaires et autres aides à d'anciens "soldats solitaires" qui restent en Israël.
Tant et aussi longtemps que leurs actionnaires majoritaires entretiendront des liens financiers avec 'Heseg Fondation pour les soldats solitaires',
n'achetez pas les produits chez Indigo, Chapters, World's Biggest Bookstore, SmithBooks, Coles, the Book Company ou Indigospirit.

Organisé par la Coalition contre l'apartheid israélien et par Tadamon! et appuyé la Coalition pour la justice et la paix en Palestine (CJPP)
* Coalition contre l'apartheid israélen: http://www.caiaweb.org 

     Tadamon! Montréal:
email: tadamon[at]resist.ca
web:
http://tadamon.resist.ca

·     http://tadamon.resist.ca/index.php/post/1187 http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
9 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion. 9-1 Al Faraby : La peur de l'autre...

"C'est quoi ce pays de murs, de barbelés, de palissades, de grillages..."

"c'est celui de la peur"

"la peur de quoi ?"

"plutôt de qui..."

"d'accord... de qui ?"

"de l'autre !!!"

"mais l'autre c'est qui ?"

"c'est celui qui veut retourner chez lui, sur sa terre, dans son foyer"

"et alors, où est le problème ?"

"sauf que chez lui ce n'est plus chez lui, c'est chez quelqu'un d'autre"

"mais ce quelqu'un d'autre, il vient d'où?"

"lui, il est né là... mais ce sont ses parents qui viennent d'ailleurs"

"bien, et alors que celui qui est né là laisse celui qui veut retourner chez lui le faire et qu'il aille habiter ailleurs, à côté, un peu plus loin"

"oui mais il dit qu'ici c'est désormais chez lui !"

"... et c'est pour ça qu'il construit tous ces murs, qu'il installe tous ces barbelés, qu'il monte toutes ces palissades et ces grillages ?"

"oui ! il veut décourager l'autre de vouloir retourner chez lui, il veut qu'il reste dehors"

"mais à force de s'entourer de toutes ces choses horribles, c'est lui qui se retrouve complètement enfermé !"

"oui, mais cela il ne peut pas le voir"

"et pourquoi ?"

"parce qu'il a de plus en plus peur de l'autre !"

"C'est quand même une puissance nucléaire, la première force militaire régionale, à la pointe de la technologie scientifique et informatique... "

"bien sûr, et paradoxalement, tout ça est la preuve tangible qu'ils ont peur !"

"ça leur coûte les yeux de la tête..." "des milliards par an, nombreux se hasardent à donner des chiffres, à les traduire en pourcentages en fonction du PIB. On échafaude des formules de prêts, des avantages de remboursements... On parle des aides investies dans la finance, l'économie, la recherche, le militaire, la colonisation... bref, il est évident que cet état ne pourrait pas survivre sans ces aides !"

"des milliards... mais plus précisément ?"

"en 1986, il y a donc plus de vingt ans, cette aide américaine a atteint la somme de 3 milliards de dollars (1,2 milliard pour l'aide économique et 1,8 milliard pour l'aide militaire) en plus d'une aide de 500 millions par année provenant d'autres sections du budget ou dans certains cas, hors budget. Depuis ce temps, l'aide a continué au même niveau, faisant d'Israël le plus important récipiendaire per capita de l'aide américaine dans le monde."

en rapport avec les aides aux autres pays, ça donne quoi ?"

"afin de mettre l'aide directe américaine à Israël en perspective, on peut dire qu'elle correspond à six fois plus que l'aide accordée à l'Afrique sub-saharienne. Mais, même ces 3,5 milliards de subventions sont restés insuffisants. De 1992 à 1996, les Etats-Unis sont intervenus pour fournir 10 milliards en garanties de prêts et un montant similaire en 2002-2003. Sans de telles garanties, Israël aurait été en faillite. Sa dette extérieure est maintenant beaucoup plus grande que son PIB."
" et pourquoi tu dis - subventions - !?"

"Oui, il faut savoir que cette aide à Israël diffère de la plupart de l'aide américaine ailleurs. En conditions normales, elle est liée à des projets spécifiques et à l'achat de biens et de services américains et elle est supervisée par l'agence gouvernementale USAID. Sauf qu'une grande partie de cette aide à Israël va directement à son ministère des Finances en tant que transfert d'argent. Le mot aide n'est pas vraiment le mot approprié. En conditions normales aussi, cette aide se présente sous la forme de prêt avec intérêt et des obligations de remboursement. Sauf qu'une grande part des prêts militaires à Israël a été convertie en subventions et le reste des prêts militaires a été « gracié » par le Congrès. Seulement l'aide économique a dû être repayée avec intérêt."

"ça fait beaucoup d'argent... c'est gigantesque comme aide !"

"c'est pas tout"

"...!?"

"En plus de l'assistance économique, les Etats-Unis ont fourni une couverture politique constante à Israël à l'ONU. Entre 1972 et 2001, les Etats-Unis ont utilisé leur veto sur 39 résolutions du Conseil de sécurité dans le but de bloquer les critiques des politiques et les actions israéliennes dans les territoires occupés. Ils ont aussi utilisé leur veto en de nombreuses autres occasions afin de faire retirer les résolutions ou de les affaiblir. Concrètement, les Etats-Unis se sont assurés qu'aucune action ne serait prise contre Israël pour sa défiance des résolutions de l'ONU ou le développement de ses armes nucléaires."

"et avec avec tout ça, ils ont toujours de plus en plus peur"

"la belle affaire !"

"quoi ?"

"la peur !"

"je ne comprends pas"

"mais si, c'est comme la guerre... c'est une affaire de riches. D'abord t'as peur, ensuite on t'aide à faire la guerre, ce qui entretient ta peur jusqu'à la prochaine guerre. Ainsi de suite, ça fait tourner la finance."

"et l'idéologie dans tout ça ?"

"

il faut bien que les enfants deviennent un jour des soldats pour faire la guerre et ..."

"... et quoi ?"

"pérenniser l'occupation des territoires conquis après chaque guerre !"

"c'est horrible"

"oui"  

Al Faraby  Dimanche, 24 février 2008 

23/02/2008

n°335 - Journal d'Irak - 19 -22/02 (Début)

Sommaire :

Tiré à part 

Un bombardier stratégique B-2 de l'US Air Force s'est écrasé vendredi juste après son décollage, à Guam

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre.

6 Brèves

6-1 La poursuite de la guerre américaine en Irak engendre des coûts budgétaires énormes.

7 Dossiers

7-1 Point de vue de Abid Mustafa : Meage de l’occident : vous devez accepter nos valeurs ou périr
L'Irak en chiffre: du 19 au 22/02/08
Tués Blessés
Peuple irakien 1+x x
Usboys/Autres boys + miliciens x x
Policiers, armée et collaborateurs & miliciens 22 16

Editorial Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

Tiré à part :

23-02 Un bombardier stratégique B-2 de l'US Air Force s'est écrasé vendredi juste après son décollage, à Guam, a annoncé l'armée américaine. Les bombardiers stratégiques B-2 sont indétectables par la plupart des radars. Ils ont une autonomie de près de 11 000 kilomètres et coûtent près d'1,2 milliard de dollars l'unité.

Ces appareils ont  été (sont) utilisés lors de missions effectuées en Afghanistan, en Irak et a été utilisé pour la première fois dans lors de la guerre contre la Yougoslavie en 1999.(ndlr : où les Usa ont perdu leur premier B-2) Le bombardier, utilisé exclusivement par les forces américaines, qui peut transporter aussi bien des armes nucléaires que conventionnelles,

Le crash du B-2 porte à deux le nombre d'accidents en quelques jours pour l'armée de l'air US

Un pilote a été tué et un autre récupéré vivant après une collision entre deux avions de chasse F-15C de l'armée de l'Air américaine, lors d'un vol d'entraînement mercredi au large de la Floride.

(ats & AFP)


La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

22-02

"Je prolonge le gel des activités de l'armée du Mahdi jusqu'au 15 du mois (musulman) de Chaabane" (16 ou 17 août du calendrier grégorien), a proclamé Moqtada Sadr dans une déclaration lue par Assad al-Nassiri. "Le seyyed (Moqtada Sadr) a donné une nouvelle chance au gouvernement pour reconsidérer ses positions. La trêve peut s'achever à tout moment si les conditions l'exigent", a menacé Ali al-Saadi, un chef du mouvement Sadr à Bassorah (sud). "La trêve sera maintenue", a confirmé Hazem al-Aaraji, le porte-parole de M. Sadr à Bagdad.

Ndlr : l’armée du Mahdi, est forte de 60.000 membres selon les estimations.

La décision de Moqtada Sadr créé des tensions au sein de son armée où des voix se sont élevées pour réclamer une reprise des attaques contre les troupes américaines, considérées comme des "forces d’occupation". "Malgré la nécessité d'obeïr à cette décision, je ne la soutiens pas car elle ne nous est pas bénéfique", a critiqué Mohamed Ouz, 35 ans, un combattant du mouvement à Kerbala.

Nb : Ce gel des opérations avait permis au commandement US de concentrer ses efforts contre les vrais résistants.

Réactions :

- La Maison Blanche a salué un "développement positif" : "Les mesures (qu’il a prises) ont été très positives et nous devrions conserver cette ligne", a affirmé le contre-amiral Gregory Smith. Signe du respect que portent désormais les responsables de l’armée américaine d’occupation ils utilisent depuis peu le terme de "seyyed" pour désigner Moqtada Sadr.( réservé aux descendants du prophète Mahomet

- Le représentant spécial de l'ONU en Irak, Staffan de Mistura, a espéré que cette nouvelle trêve aiderait "à renforcer la baisse de la violence et les progrès en vue (...) d'une réconciliation". 

 (Source : Al-Oufok & lAFP)


B) Politiques des occupants 

Les voisins

Turquie

21-02 L’armée turque a annoncé avoir lancé une opération terrestre dans le nord de l’Irak. L’incursion a été précédée de frappes aériennes et d’artillerie visant des camps du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), jeudi entre 10H00 et 18H00 locale (08H00 GMT à 16H00 GMT), selon le communiqué de l’armée turque. "Après cette offensive réussie, une opération terrestre transfrontalière, appuyée par les forces aériennes, a été lancée à 19H00", a indiqué le communiqué, publié sur le site internet de l’état-major général. Une source militaire turque, précise que deux brigades, soit environ 8.000 soldats, sont entrées en territoire irakien.

Mais la chaîne d’information NTV a annoncé, sans citer de source, que quelques 10.000 soldats avaient pénétré environ 10 kilomètres en territoire irakien. L'état-major turc, dans un communiqué publié dans la soirée, prétend que 24 hommes du PKK et cinq soldats turcs avaient été tués dans les combats. Les raids aériens auraient également fait une vingtaine d'autres morts dans les rangs du PKK. Une source militaire a ajouté que les opérations s'intensifieraient samedi.

Le PKK, a fait état de "graves affrontements" dans les monts Zagros, aux confins de la Turquie , de l'Irak et de l'Iran, au cours duquel 5 soldats turcs ont selon eux été tués et huit autres blessés. Le Parti des travailleurs du Kurdistan ne déplore aucune victime dans ses rangs, a ajouté d'un lieu tenu secret Ahmed Danees, responsable des relations internationales pour le PKK. La chaîne de télévision CNN Turk a rapporté, en citant des sources proches des forces turques que l'offensive devrait durer quinze jours.  (Reuters) 22-02

22-02 Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a dit avoir prévenu Bush par téléphone de cette offensive déclenchée jeudi à 19h00 (17h00 GMT).

23-02 D'intenses combats et des tirs d'artillerie se sont poursuivis jusque tard la nuit dernière. Des habitants des secteurs de Hakurk et Sidekan, des localités irakiennes proches de la frontière turque, à la hauteur de la ville turque de Cukurca, ont affirmé avoir entendu dans la nuit des échanges soutenus de tirs d'armes automatiques, ainsi que le passage d'avions de chasse et d'hélicoptères.  (ats)

Réactions

22-02 L'un des risques pointés par les observateurs serait un affrontement entre les troupes turques et les peshmergas, les forces de sécurité du Kurdistan irakien, que la Turquie accuse de protéger le PKK.

Le porte-parole du gouvernement irakien Ali Dabbagh a déclaré que les peshmergas avaient bloqué vendredi la progression de certains éléments de l'armée turque "sans qu'il y ait confrontation". (Reuters) AFP

22-02 Le gouvernement du Kurdistan irakien a accusé les Etats-Unis d'avoir donné leur feu vert à Ankara. Romandie News

22-02 Le gouvernement irakien a protesté contre cette infraction de souveraineté "contraire au souhait des Irakiens et des Turcs d'entretenir de bonnes relations". (Reuters)

22-02 Les exportations de pétrole irakien se poursuivent "normalement" vers le port turc de Ceyhan malgré l'opération de l'armée turque, a affirmé de son côté un porte-parole du ministère du Pétrole. (ats)

22-02 La Maison Blanche a confirmé qu'elle avait été informée à l'avance de l'opération. Elle n'a pas émis d'objection et a laissé entendre qu'elle avait été coordonnée avec les Etats-Unis. "Nous sommes en coordination régulière avec les Turcs et les Irakiens", a déclaré un porte-parole de la présidence américaine. La Maison blanche a invité la Turquie à limiter son offensive… à des "cibles précises", le Pentagone à la "conclure rapidement" et l'UE à éviter toute action "disproportionnée". (Reuters)

22-02 Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exhorté la Turquie et les kurdes à respecter la frontière irako-turque. (Reuters)

22-02 Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré "préoccupé par l'escalade de la tension". Dans un communiqué, il appelle à la fois "à la plus grande retenue et au respect de la frontière internationale" et "à la cessation immédiate des incursions par les éléments du PKK venus du nord de l'Irak qui commettent des actes terroristes en Turquie". (Reuters)

22-02 la Commission européenne a déclaré suivre "de près" la situation. D'une part, "l'Union européenne comprend la nécessité de la Turquie de protéger sa population du terrorisme", d'autre part, " la Turquie doit éviter de mener une action militaire disproportionnée", a indiqué un porte-parole. Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, a lui aussi réagi avec modération. "Nous comprenons les préoccupations des Turcs", a-t-il déclaré en Slovénie, mais "cette action n'est pas à notre avis la meilleure réponse". (Reuters)

22-02 L’Allemagne suit avec "beaucoup d'inquiétude" la situation et appelle au "respect du droit international", a déclaré le ministère allemand des Affaires étrangères. (Reuters)

22-02 La Grande-Bretagne "condamne les attaques terroristes du PKK en Turquie", "comprend le désir de la Turquie de combattre le PKK", mais appelle Ankara à retirer ses troupes "aussi tôt que possible", a indiqué le Foreign Office. (Reuters)


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes occupants : Non communiqués


Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad

22-02 Une voiture a explosé dans un parking du quartier de Karradah, tuant un policier et blessant sept autres . AP


1-2 Province d'Anbar

Amiriyah, (40km à l'ouest de Bagdad. )

22-02  Un kamikaze a visé une mosquée, tuant au moins quatre personnes et blessant quatre autres, dont le chef de la police locale. AP


1-7 Province de Diyala 

Kazim al-Isrhail, ( 30km au nord-est de Bakouba)

22-02 l'armée d’occupation a annoncé que des soldats irakiens avaient découvert quinze cadavres près de la ville. Les cadavres sont ceux hommes. L'un d'entre eux a été identifié comme étant un soldat. AP


1-10 Bassorah (capitale méridionale de l'Irak, à 550 au sud de Bagdad.- (deuxième ville du pays)

22-02 Une roquette a été tirée vendredi après-midi contre l'aéroport, entraînant une fermeture temporaire du lieu. L'attaque a blessé un employé de l'aéroport. AP


1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Cette région est l'un des bastions de la résistance.

Takrit (130km au nord de Bagdad.)

22-02 Une voiture a explosé alors qu'elle était remorquée par un véhicule de police, tuant deux policiers et en blessant quatre autres. AP


L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)2003)
   
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation) 1.033.098
Civils blessés (depuis l'occupation)  70.579 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 9012    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 4.017  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 50.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)
Coalition
Nombre de soldats occupants  tués (ou morts...)  34.723  
Soldats occupants blessés (ou malades) 52.717 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 66.108***
Suicides Tentatives de suicide et d’automutilations                                       Mercenaires tues                                                                                                                                            3.650 933  
Soldats non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats irakiens  tués 12.077
Policiers /soldats irakiens blessés 26.098 (chiffre minimal)
Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854
Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres miliciens) 5.360
Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres miliciens) 9.168
Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'electricité

 

464 attaques (grand minimum)
Infrastructures du rail 195 attaques (idem)
Hélicopteres 98 ++              (idem)
6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses  mais doit être vu comme information 

6-1 La poursuite de la guerre américaine en Irak engendre des coûts budgétaires énormes.

Le quotidien américain « The Washington-Post » dans un article a affirmé que la poursuite de la guerre américaine en Irak a engendré des coûts budgétaires supplémentaires énormes non prévus au budget initial. Le journal a repris un rapport du sénat américain précisant que si la guerre n’avait pas duré aussi longtemps, les projections prévisionnelles des dépenses se seraient avérées justes.
Toujours selon le Washington –Post, les six mois qui ont précédé l’invasion de l’Irak, un conseiller économique de la maison Blanche, Larens Lindski, avait estimé les dépenses liées à la guerre en Irak entre 100 et 200 milliards de dollars, estimation largement en deçà des dépenses réalisées.
La Chambre des représentants a approuvé fin décembre un projet de loi de finances de 556 milliards de dollars pour l'année fiscale à septembre 2008, avec une rallonge budgétaire de 70 milliards pour la guerre en Irak et en Afghanistan.
Les démocrates opposés au conflit en Irak ont longtemps protesté contre l'octroi d'un nouveau "chèque en blanc" avant de sembler résignés à accorder une nouvelle année de financement, Bush ayant juré d'opposer son veto à tout nouveau budget qui n'engloberait pas de sommes pour la guerre en Irak.
Le président démocrate de la commission des Finances David Obey a déclaré que la seule option pour changer de direction sur l'Irak était "d'élire des voix plus progressistes au Sénat des Etats-Unis" et "d'élire un président avec un autre jeu de priorités".Les élections à la présidence et au Congrès auront lieu en novembre 2008.
La rallonge de 70 milliards de dollars porte à 670 milliards de dollars le coût des guerres d'Irak et d'Afghanistan depuis leur déclenchement, en 2003 et 2001 respectivement.
Si l'on additionne le budget du Pentagone, le coût de la guerre en Irak et en Afghanistan, le budget du département de
la Sécurité intérieure, celui consacré aux programmes d'armement nucléaire et aux programmes d'aide militaire du département d'Etat, les Etats-Unis consacrent annuellement 800 milliards de dollars pour la guerre  contre moins de 20 milliards au développement.

Irna Source : Wasington-Post :


7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Abid Mustafa : Meage de l’occident : vous devez accepter nos valeurs ou périr.

 « Aujourd’hui, le monde a bien plus à craindre la nature destructrice des valeurs occidentales que les armes de destructions massives. Par le passé ces valeurs ont été imposées aux nations par le pouvoir colonial ou par des régimes tyranniques inféodés à l’occident. A l’heure actuelle, le plus grand danger que court l’humanité provient de la menace constante de l’occident imposant ses valeurs avec ses armes de destruction massives. » L’éditorialiste Abid Mustafa rejette les accusations portées contre le monde musulman et considère que la politique occidentale perpétue le modèle du colonialisme.

Chaque fois qu’un gouvernement occidental associe dans le même discours monde musulman et Armes de destruction massive, les médias entrent dans une frénésie hystérique et sonnent l’alerte sur un événement catastrophique et gigantesque qui est sur le point de se produire.

Les vieilles légendes européennes sur les musulmans qui propagent l’islam par l’épée sont reprises pour renforcer l’idée que les musulmans sont extrêmement dangereux, hautement irresponsables et n’ont que peu d’égards pour la vie humaine.

Le mantra qu’il faut priver les pays musulmans des armes de destruction massive est donc devenu le cri de ralliement de l’Occident. Parfois, ces arguments vont jusqu’à justifier la politique que pratique l’Ouest pour un changement de régime en Syrie, en Iran et peut-être au Pakistan. Pourtant, une étude précise du passé islamique va à l’encontre du mythe populaire occidental selon lequel les musulmans seraient des gens sanguinaires soucieux d’effacer le reste de l’humanité au nom de l’islam. On ne pourrait en dire autant de l’Occident, qui armé de sa doctrine séculaire et de sa vision matérialiste du monde a procédé à l’exploitation, au pillage et à la colonisation de vastes populations dans l’unique but de contrôler les ressources et à maximiser sa richesse.

Pour s’approprier de nouvelles richesses, l’Occident a détruit des civilisations comme les Incas, les Indiens d’Amérique, les Aztèques, et les Aborigènes. Ceux qui ont survécu à la colonisation ont été convertis de force au christianisme, dépouillés de leur patrimoine et vendus dans la servitude aux entreprises occidentales. Pour les peuples autochtones d’Afrique, d’Inde, d’Asie, du Moyen-Orient et d’autres, les promesses de liberté se sont vite évaporés et ont été remplacés par la domination coloniale. Et au lieu de montrer quelque remords après de telles atrocités, l’Occident ne sait que triompher de ses réalisations.

Les technologies comme les canons, les pistolets, les machines à vapeur, les mitrailleuses, les avions, le gaz moutarde etc. n’ont fait qu’accélérer la mainmise sur de nouvelles colonies et l’exploitation de leurs peuples. La résistance des autochtones envers leurs colonisateurs a été traitée par la force brute - qui a souvent mené à la destruction de communautés entières. Lorsque les Occidentaux ne détruisaient pas les autochtones, c’est ils étaient trop occupés à s’anéantir les uns les autres en tentant désespérément de s’accrocher à leurs précieuses colonies. Les deux dernières guerres mondiales sont d’excellents exemples de la nature destructrice des valeurs occidentales.

Dans l’ancien monde, des pays comme l’Angleterre, la France et l’Allemagne ont construit des empires et accumulé d’immenses richesses par la mort et la destruction de millions de gens innocents. Est-ce que le Nouveau Monde, celui d’aujourd’hui où l’Amérique est leader, est vraiment différent ?

Prenons l’exemple du Nouveau Monde et de ses relations avec l’Afghanistan et l’Iraq. Libération est devenue occupation ; la démocratie a cédé la place à la domination coloniale, la dévastation est appelée bombardement chirurgical et le massacre de musulmans innocents est nommé dommages collatéraux. Pendant ce temps, les compagnies pétrolières Américaines et Britanniques profitent en exploitant les puits de pétrole de l’Iraq et en transportant les réserves d’énergie de la mer Caspienne vers l’Europe à travers l’Afghanistan.

Par le passé le Califat islamique n’a jamais traité l’humanité d’une manière si barbare. Le Califat n’a pas non plus répandu l’Islam par la force, ni détruit de civilisations. Quand l’Islam se propagea à l’Egypte, beaucoup de chrétiens Coptes n’embrassèrent pas l’Islam ; aujourd’hui encore leur nombre est d’environ 7 millions. De même, lorsque l’Inde a été islamisée, les habitants n’ont pas été contraints. L’Inde a aujourd’hui une population de plus de 750 millions d’hindous.

Comparez cela à l’extermination des Musulmans et des Juifs par les tribunaux de l’Inquisition en Espagne, pendant la très prestigieuse renaissance européenne. Les Juifs qui avaient survécu à cet holocauste ont été chaleureusement accueillis par le Califat ottoman. Dans l’Espagne islamique, ils avaient prospéré et étaient devenus des membres importants de la société islamique.

Aujourd’hui, le monde a plus à craindre la nature destructrice des valeurs occidentales que les armes de destruction massive. Par le passé, ces valeurs ont été imposées aux nations, soit par le pouvoir colonial lui-même, soit par des régimes tyranniques inféodés à l’Occident. A l’heure actuelle, le plus grand danger que court l’humanité provient de la menace constante de l’Occident d’imposer ses valeurs au reste du monde par ses armes de destruction massive.

Abid Mustafa

Middle East Online, 21 février 2008

Abid Mustafa est commentateur politique, spécialiste des affaires musulmanes.

Publication originale Alternet, traduction aimablement communiquée par Opus Incertum http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1727

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation 22 février 2008

n°335 - Journal d'Irak - 19 -22/02 (Fin)

Sommaire :

9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

9-1 Tom Engelhardt : De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne (II/II)

Abc de la guerre aérienne en Irak.

Médias de masse: De la Barbarie à la Norme

 

9-2 Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée.
Géopolitique et stratégie- Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Tom Engelhardt : De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne (II/II)

Peut-être le moment est-il venu pour Seymour Hersh d’aller y voir à nouveau.

Ou pour la communauté mondiale de l’Internet de se saisir du sujet.

Peut-être, tôt ou tard, les journalistes des grands médias américains en Irak (et leurs rédacteurs en chefs aux États-Unis) finiront effectivement par tourner leurs regards vers le ciel, y remarqueront ces traînées laissées par les jets, constateront l’impact de ces bombes et de ces missiles de « précision », et se demanderont si l’on a réellement à faire à une période monotone et routinière lorsque l’US Air Force lâche 50 tonnes d’explosifs sur une zone agricole aux portes de Bagdad.

Peut-être des artistes commenceront à nouveau à exprimer leur indignation sur la vraie nature de la guerre aérienne dans des oeuvres d’art, dont une au moins deviendra iconique et voyagera à travers le monde pour nous rappeler simplement ce que la « libération » d’Irak, après 5 ans, a vraiment signifié pour les irakiens.

- abc de la guerre aérienne en Irak

Cet article fait suite au premier volet de l’étude sur la guerre aérienne publiée par M. Engelhardt.

Considérons un instant la puissance aérienne américaine en Irak et rassemblons quelques informations rarement rapprochées.

Ces dernières années, le Pentagone a investi des milliards de dollars pour construire les infrastructures nécessaires au déploiement de sa puissance aérienne en Irak et alentour. Pour commencer, il a construit l’une de ses plus grosses bases de toute la planète hors États-Unis à environ 80 kilomètres au nord de Bagdad. La base aérienne de Balad a été décrite par Newsweek « comme une mini-ville rectangulaire de 10 kilomètre de côté avec des milliers de remorques et de dépôts de véhicule », dont l’aéroport accueille 27 500 décollages et atterrissages par mois. Réputée venir en « seconde place seulement sur l’échelle du trafic mondial après l’aéroport Heathrow de Londres », elle pourrait supporter un trafic semblable à l’aéroport international O’Hare de Chicago. Avec environ 140 000 tonnes de marchandises par an, la base est l’aéroportle plus fréquenté parmi ceux relevant de par le monde du Département de la Défense.

C’est également la résidence d’environ 40 000 personnels militaires, contractuels privés et employés civils du Pentagone. Elle possède ses propres lignes de bus, ses établissements de restauration rapide, ses rues, ainsi que deux « PX », ces supermarchés réservés aux militaires qui ont la taille des implantations de K-Marts, la chaîne de grande distribution américaine.

Selon Thomas Ricks du Washington Post, elle possède également des quartiers résidentiels comme “KBR-land’ pour les contractuels civils et “CJSOTF” (Force d’opération spécial combinée), « résidence d’une unité d’opérations spéciales, dissimulée par des murs particulièrement hauts ». Les contrôleurs aériens de la base voient gèrent quotidiennement « plus de 550 opérations aériennes pour un seul jour ». Pour un montant qui se chiffre en milliards de dollars, les pistes de Balad et les autres équipements ont été modernisés - et continuent de l’être, pour plusieurs années d’utilisation intensives. Selon la presse militaire, la rénovation devrait commencer ce mois-ci avec un système ultra-moderne de contrôle et de commandement du champs de bataille qui intégrera toute la gestion du trafic aérien au-dessus de l’Irak. Le correspondant à la Défense de la National Public Radio, Guy Raz a effectué une visite de la base l’année dernière et l’a qualifiée en ces termes : « un immense site de construction..., les bruits des chantiers et les vrombissements des générateurs accompagnent partout les visiteurs. Vue de nuit depuis le ciel, la base ressemble à Las Vegas : Alors que les villages aux alentours ne reçoivent que 10 heures d’électricité par jour, les lumières ne s’éteignent jamais sur la Base aérienne de Balad ».

Cette construction aux dimensions gigantesques a été conçue pour un usage à long terme. Comme Josh White du Washington Post l’écrivait récemment dans l’un des articles relativement rares (et peu incisifs) traitant de l’utilisation de la puissance aérienne en Irak, il y a eu 5 fois plus de frappes en 2007 qu’en 2006 ; et 2008 a débuté de façon retentissante, littéralement, avec ces 50 tonnes de bombes lâchées au sud-est de Bagdad. Ce chiffre semble inclure les 20 tonnes de bombes qui ont fait les gros titres pour avoir été larguées en à peu près 10 minutes sur la zone d’Arab Jabour la semaine précédente, mais pas les 8 tonnes de bombes que White déclare avoir été utilisées au nord de Bagdad à la même période environ ; ni évidemment les 7,5 tonnes de bombes visant Arab Jabour plus récemment. (Et aucun de ces chiffres ne semble inclure ceux qui relèvent des opérations menées par les Marines [1], qui n’ont évidemment pas été publiés.) Comment pourrait-on oublier l’attention extrême qui a été portée sur la stratégie d’escalade du Président au début de l’année dernière ? Mais quel média a, ne serait-ce que noté, même récemment, ce que Bob Deans du Cox News Service a qualifié d’ “escalade aérienne” qui a accompagné les 30 000 troupes en renfort dans la capitale irakienne et alentour ? Au même moment, les unités aériennes étaient de plus en plus concentrées dans et autour de l’Irak. Par exemple, à la mi-2007, Associated Press rapportait déjà :

« Des escadrilles d’attaque sont venues s’ajouter à la flotte déjà basée dans le pays. La force de reconnaissance aérienne a été pratiquement doublée depuis l’année dernière. De puissants bombardiers B1-B ont été rappelés au combat sur l’Irak...

Plus tôt cette année, l’Air Force a envoyé discrètement une escadrille d’avions d’attaque A10 “Warthog”, soit une douzaine ou plus d’appareils, qui seront déployés à la base aérienne d’Asad dans l’ouest de l’Irak. Dans le même temps, elle a ajouté une escadrille de F-16C Fighting Falcon... à Balad ».

Dans le même temps, l’an passé, des porte-avions accompagnés des navires de leurs groupes de combat on été stationnés dans le Golf Persique et les équipements des sites proches de Bagdad comme l’énorme base d’Al-Udeid au Qatar continuent d’être modernisés. La description de cet accroissement des forces ne dit pourtant pas tout sur l’intensification de la guerre aérienne.

Lolita Baldor de Associated Press a récemment rapporté que « L’utilisation par les militaires des drones qui savent espionner, chasser et parfois tuer des insurgés a dépassé les 500 000 heures de vol, la plupart au dessus de l’Irak. » L’utilisation de ces « engins aériens sans pilote » (UAV), incluant des Predators armés de missile Hellfire, a doublé au cours des dix premiers mois de 2007- les heures de vol des Predators augmentant de 2000 à 4300. selon Baldo. L’armée de terre à elle seule dispose maintenant de 361 drônes actifs en Irak. A l’avenir, ils devraient être beaucoup plus nombreux. Les portes parole militaires américains et les membres du gouvernement ont pendant des années stigmatisé les insurgés irakiens et afghans, leur reprochant de se cacher derrière les populations civiles, et les accusant à la fois d’immoralité et de lâcheté. Quand de tels portes parole admettent infliger des « dommages collatéraux » sur les populations civiles, ils reprochent aux combattants d’utiliser les civils en « boucliers ». Et tout cela est régulièrement et consciencieusement relaté par notre presse. Par contre, personne ici ne considère l’utilisation de drones de la même façon, tandis que les UAVs comme les Predators ou le plus récent Reapers, beaucoup plus lourdement armé, sont généralement pilotés par des opérateurs stationnés sur des consoles informatiques situés par exemple à la base Nellis de l’Air Force à proximité de Las Vegas. C’est de là qu’ils lancent leurs missiles contre des « force anti-irakiennes » ou contre des talibans, entraînant des morts civiles en Irak comme en Afghanistan.

Ainsi que le disait un pilote américain qui a tiré des missiles de Predator de Nellis : « Je reviens de la gym et je pénètre en Afghanistan, ou en Irak... Ça prend du temps de s’y habituer. A Nellis, vous devez vous rappeler constamment, “je ne suis pas à Nellis. Quoi que ce soit ce que je faisais il y a 30 minutes, comme parler à ma banque, ça n’est plus important. »

Au reporters américains, cela ne semble n’être ni lâche, ni en aucun cas barbare, juste tout ce qu’il y a de plus normal. Personne ne dit que ces pilotes se cachent dans des déserts éloignés ou parmi la population civile des joueurs du Caesar’s Palace.

Quoi qu’il en soit, l’équation qui sous tend cette situation est celle-ci : militairement, les forces américaines, utilisées à l’excès, ne peuvent pas soutenir l’effort de l’escalade sur le terrain beaucoup plus longtemps.

La plupart des 30 000 hommes, si ce n’est tous, qui ont déferlé en Irak dans la première moitié de 2007 vont bientôt rentrer au pays. Mais la force aérienne restera. Le personnel de l’Air Force dans la région est déployé selon un planning de rotations courtes.

Au Vietnam, à la fin des années 60 et au début des années 70, au moment où les troupes au sol étaient évacuées, la puissance aérienne augmentait. Il semble que ce soit le même schéma à nouveau. Il y a toutes les raisons de croire que ce schéma décrive le futur de la présence américaine en Irak.

-  médias de masse: De la Barbarie à la Norme

La guerre aérienne n’est tout simplement pas visible pour la plupart des américains qui dépendent des médias de masse. C’est en partie parce que les reporters américains qui couvrent tous les autres types d’engagements en Irak refusent simplement de lever le nez. Il ne faut donc pas être surpris que la possibilité d’une escalade de la guerre aérienne ait été évoquée en premier par un journaliste qui n’avait jamais mis les pieds en Irak ni de ce fait s’être interdit de tourner son regard vers le ciel. Dans un article de décembre 2005, titré « Haut dans le ciel », le journaliste d’investigation Seymour Hersh suggéra qu’un « élément clé de tout plan de désengagement, pourtant ignoré dans les déclarations publiques du Président, était que le départ des troupes américaines serait compensé par la puissance aérienne américaine... Le danger , me disaient des experts militaires, était que tandis que le nombre des pertes américaines se réduirait avec le retrait des troupes au sol, le degré général de violence et le nombre de pertes irakiennes augmenterait, à moins qu’il y ait un contrôle rigoureux de qui bombarde quoi. »

Après que Hersh ait publié son article, le silence fut assourdissant.

Que je sache, un seul reporter, est allé à bord d’un avion - David S. Cloud du New York Times, qui a volé dans un B-1 d’un « aéroport du Moyen-Orient » non identifié, lors d’une mission en Afghanistan. Thomas Ricks s’est rendu dans la base aérienne de Balad et fit un excellent rapport en 2006, mais aucun reporter ne semble avoir pris la peine de discuter avec des pilotes américains, et aucun des résultats des bombardements, tirs de missile, mitraillages à basse altitude n’a vraiment été enregistré dans la presse. La guerre aérienne est encore largement reléguée à des évocations sommaires de raids, basées sur les communiqués de presse et les annonces du Pentagone dans des résumés des nouvelles quotidiennes en provenance d’Irak.

Au vu de l’histoire militaire américaine depuis 1941, il y a là quelque chose d’étrange.

Une patrouille de marine saccageant un village irakien peut en effet faire un titre ; mais des bombes américaines ou des missiles mettant une partie de la ville en ruine ou les mitrailleuses d’un hélicoptère dévastant un village est, au mieux, un sujet noyé dans la masse — un paragraphe ou deux comme dans ce reportage AP sur les récents combats dans une partie indubitablement dense de la ville de Mosul : « Un officier, s’exprimant sous anonymat car il n’a pas été autorisé à divulguer cette information, déclare que trois civils ont été blessés et que des hélicoptères ont bombardé des immeubles dans le quartier Sumar au sud-est, lieu de fréquentes attaques contre les forces US et irakiennes, ce qui les a amené à y conduire une série de raids ». Les résultats dévastateurs et prévisibles d’hélicoptères « bombardant » un quartier urbain dans une grande ville irakienne, si ils sont rapportés, seront traités simplement comme un « dommage collatéral, » allant de soi durant la guerre telle que nous la connaissons. Chez nous, ce qui était auparavant la barbarie de la guerre aérienne, sa véritable horreur, a été transformé en une monotonie ordinaire (ceci à condition bien entendu de n’être ni afghan ni irakien pris sous ces bombes), qui ne fait l’objet que de communiqués de presse de l’Air Force largement ignorés. C’est tout aussi insignifiant (et tout aussi américain) qu’une tarte au pomme, et ne mérite certainement pas d’être raconté à maman et aux enfants. Peut-être le moment est-il venu pour Seymour Hersh d’aller y voir à nouveau. Ou pour la communauté mondiale de l’Internet de se saisir du sujet. Peut-être, tôt ou tard, les journalistes des grands médias américains en Irak (et leurs rédacteurs en chefs aux États-Unis) finiront effectivement par tourner leurs regards vers le ciel, y remarqueront ces traînées laissées par les jets, constateront l’impact de ces bombes et de ces missiles de « précision », et se demanderont si l’on a réellement à faire à une période monotone et routinière lorsque l’Air Force US lâche 50 tonnes d’explosifs sur une zone agricole aux portes de Bagdad. Peut-être des artistes commenceront à nouveau à exprimer leur indignation sur la vraie nature de la guerre aérienne dans des oeuvres d’art, dont une au moins deviendra iconique et voyagera à travers le monde pour nous rappeler simplement ce que la « libération » d’Irak, après 5 ans, a vraiment signifié pour les irakiens.

D’ici là, accrochez vous. La guerre aérienne continue.

Tom Engelhardt,

Tom Dispatch, 29 janvier 2008

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1731

Tom Engelhardt, qui dirige Tomdispatch.com, publié par le Nation Institute , est le co-fondateur du American Empire Project.. Son livre, The End of Victory Culture (University of Massachusetts Press) a été minutieusement mis à jour dans une édition récemment publiée qui traite des séquelles catastrophiques de la guerre en Irak.

Notes de lectures sur la guerre aérienne, par Tom Engelhardt  :

Le Centre des Études Internationales et Stratégiques (CSIS) a publié une étude en décembre 2007 sur la guerre aérienne en Irak, qui peut être lue en cliquant ici (fichier PDF). On peut y trouver des informations chiffrées sur l’intensification de l’usage de l’arme aérienne - semblables à celles que le Washington Post a utilisé récemment.

Sur le contexte historique de la puissance aérienne des USA et le bombardement de non-combattants, je suggère de consulter “A forgotten Holocaust” de Mark Seden.

Ceux qui souhaient trouver quelque chose de plus substantiel sur la guerre aérienne en Irak devront consulter des sites indépendants.

A Tomdispatch, j’ai commencé à écrire sur la guerre aérienne en 2004. Voir par exemple, "Icarus (armed with Vipers) Over Iraq" ; Depuis lors, d’autres auteurs se sont saisis de ce sujet. Voir entre autres :

  Dahr Jamail "Living Under the Bombs" ; 
  Nick Turse ; "Bombs Over Baghdad, The Pentagon’s Secret Air War in Iraq" et son "Did the U.S. Lie about Cluster Bomb Use in Iraq" (tous deux ont réalisés le genre de reportage de longue haleine que des journalistes américains devraient avoir fait en Irak) ; 
  Michael Schwartz, "A Formula for Slaughter : The American Rules of Engagement from the Air,"

Sur le même sujet en Afghanistan, on peut consulter mon article "’Accidents of War,’ The Time Has Come for an Honest Discussion of Air Power."


Publication originale Tom Dispatch, traduction NS pour Contre Info.

[1] Le corps des Marines dispose de sa propre force aérienne autonome.

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

22 février 2008


9-2 Samah Jabr : La torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée. Extraits Dans mon travail au secteur médico-psychiatrique, en Cisjordanie, j’ai pu observer que pour un bon nombre de nos malades, la première phase de maladie mentale se manifestait lors de leur détention ou juste à leur libération.

Antécédents de la maladie

Jamal est un ancien prisonnier politique. Il a été enfermé, sans accusation ni jugement, 5 fois. La première fois, il avait 14 ans, en 1975, après la mort de son frère aîné ; son frère n’était même pas militant mais il a été tué « par hasard », alors que, sur le chemin de son école, il croisait une manifestation. « Mon frère a été blessé par les soldats et moi j’ai été arrêté. En prison, j’ai appris que mon frère était mort. Je suis resté six mois en prison. Au début, j’étais très triste et c’était très dur. Quand je suis sorti, j’ai senti que j’avais beaucoup vieilli. En 1981, j’ai été fait prisonnier à nouveau, je ne sais toujours pas pourquoi. Cette fois-là, je suis resté six mois sous interrogatoire. En prison, j’ai décidé de me marier aussitôt que je sortirai, je voulais une vie normale. Je me suis marié quelques mois après ma libération. Dans l’année qui a suivi, j’ai eu mon premier enfant. En 1987, je suis arrêté une fois encore ; mon épouse était enceinte, elle a accouché pendant ma détention. En 1990, j’avais des charges financières assez élevées et des dettes, ma quatrième détention a mis ma famille dans une situation difficile. A chaque fois, ma détention a duré six mois, et à chaque fois, j’ai été soumis à interrogatoire et subi des tortures physiques et psychologiques. »

D’après l’épouse de Jamal, il était « normal » quand il sortait de prison, mais il ne parle jamais de ce qu’il a supporté. Mais en 2003, il a été arrêté à nouveau, et cette fois pour 11 mois ; quand il revient, il a changé. Son épouse raconte : « A sa sortie de prison, on m’a dit qu’il était devenu "fou" lors de ses trois derniers mois de détention. Au début, je ne le croyais pas, mais maintenant je m’inquiète beaucoup pour lui. Il est très méfiant, il doute de tout le monde : de moi, des enfants, des voisins, de tout le monde. Il interprète tout de travers. Si un voisin nous rend visite, il le prend pour un espion. Il refuse de manger ce que les gens nous apportent. Il a brisé les téléphones portables, et les antennes, car il croit que nous nous protégerons mieux contre les délateurs ». Son épouse croit aussi qu’il entend des voix. Elle ne l’a jamais vu parler tout seul mais il est souvent très concentré et inquiet, comme s’il écoutait quelque chose ou quelqu’un. « Il dort peu et quand il dort, il crie et parle de torture. Il ne dort plus avec moi, il est devenu impuissant. Il mange aussi très peu et prépare sa nourriture lui-même. Je suis vraiment très inquiète à son sujet. Il est toujours fatigué, souvent triste, il reste toute la journée en pyjama. Il ne travaille plus du tout. » La cinquième détention semble avoir provoqué un changement important dans la vie de Jamal. Qu’est-ce qui n’a pas été cette fois ?

A chacune de ses détentions il a été torturé mais la dernière fois, il l’a été bien plus violemment. « Ils ont voulu m’obliger à avouer des choses que je n’avais pas commises. Mes mains et mes pieds étaient ligotés. Ils me frappaient méchamment. Ils m’injuriaient avec les mots les plus obscènes touchant à ma religion, à mon épouse et à ma mère. Ils me menaçaient en permanence de nuire à ma famille. Mon visage était recouvert d’un sac mouillé avec de l’eau d’écoulement. Pendant des nuits et des jours, j’ai été suspendu, parfois la tête en bas et parfois sur une chaise retournée, dans ce qu’ils appellent "la position de la grenouille". C’était extrêmement douloureux. C’était comme si mes membres se déchiraient. Puis, il y a eu les douches, très chaudes, puis très froides, et l’enfermement dans une petite pièce qu’ils appellent le "placard", ou parfois dans un autre endroit encore plus petit, dans le sol, appelé le "cercueil". Il y avait aussi une troisième pièce, remplie de collaborateurs, qui s’appelle la "salle de la honte" car certains d’entre eux y ont commis des violences sexuelles. Souvent, mon estomac hurlait à la faim et je vomissais beaucoup, en particulier quand ils m’étiraient les jambes et les bras ensemble. Souvent aussi, je faisais pipi sous moi. »

« Quand j’étais incarcéré dans un silence total et dans le noir complet, je perdais tout sens du temps ; je ne pouvais plus compter les jours. Le silence était souvent rompu par des cris, des gens qu’on torturait, ou par des vociférations de gardes ou des chants braillés en hébreu. Là, j’ai senti que tout mon corps n’était plus que douleur. La pièce était très petite, je ne pouvais me déplacer. Mes articulations étaient tout irritées. Mes intestins me faisaient mal comme s’ils se déchiraient ; sans savoir comment, j’avais l’impression que tout dans mon corps était devenu artificiel ; mes viscères n’étaient pas les miens. C’est alors que j’ai commencé à entendre des voix, et aussi à voir des visages de personnes qui étaient à l’extérieur de la prison ; je pensais qu’ils venaient à la prison pour fournir des informations sur moi. J’étais très effrayé et très en colère. Je me suis mis à hurler après eux, j’ai beaucoup crié, jusqu’à ce que les gardes s’en prennent à moi et me brutalisent parce que je criais. »

Traitement

Quand Jamal a quitté la prison, il a été identifié comme un cas de « schizophrénie ». Après lui avoir prescrit des antipsychotiques particuliers pendant six mois, il a montré une amélioration partielle sans aucune hallucination. Cependant, il n’y avait aucun changement significatif dans son état d’esprit. Trois semaines après qu’il ait insisté sur l’amélioration de son état de santé, il a cessé de prendre ses médicaments. Il est devenu hostile à sa famille et aux voisins qui venaient « prendre de ses nouvelles ». Il a donc fallu reprendre les prescriptions d’antipsychotiques et d’antidépresseurs, associés à une psychothérapie de soutien pour traiter les symptômes résiduels d’angoisse, de dépression, de cauchemars et d’absence de réaction émotionnelle, et aider Jamal à retrouver son identité et à intégrer ses souvenirs douloureux.

Tortures et psychopathologie

L’exposé ci-dessus traite d’un cas de début tardif de psychose affective, avec une idéation délirante paranoïaque et les symptômes d’une dépression majeure. C’est une maladie que nous rencontrons souvent chez les anciens prisonniers politiques qui furent soumis à des tortures physiques et psychologiques. Kaplan et Sadock (2003) indiquent que « la torture se distingue des autres formes de traumas car elle est infligée par des humains et délibérée ». Les recherches de Kaplan et Sadock ont révélé une fréquence de 36 % d’ESPT (état de stress post-traumatique) chez les survivants à la torture, ainsi qu’un taux élevé de dépression et d’angoisse. Comme autres maladies psychologiques communes, il y a la somatisation, les symptômes obsessionnels compulsifs, l’hostilité, la phobie, l’idéation paranoïaque et des épisodes psychotiques.

La torture a pour but d’accroître la suggestibilité de la personne torturée, d’altérer son jugement et sa capacité à s’opposer par des arguments logiques à ceux qui l’interrogent, et de semer la confusion dans ce qu’elle admet et ce qu’elle nie. Dans son livre Problème de la torture : les interrogatoires de la CIA , de la Guerre froide à la guerre contre le terrorisme, McCoy analyse une recherche commanditée par la CIA auprès de l’université McGill [Montréal] et réalisée par le Dr Donald Hebb. Pour cette étude, 22 étudiants de la faculté ont été placés dans des petites cabines insonorisées, portant des lunettes protectrices translucides, des gants épais, avec un oreiller en forme de U autour de la tête. La plupart des sujets se sont retirés de l’étude dans les deux jours, tous ont eu des hallucinations et subi « une dégradation de leur capacité à penser avec méthode ; les sujets étaient tellement affamés qu’ils étaient prêts même à une interaction avec leur interrogateur. » rapporte McCoy. Quoique la torture institutionnalisée tende à être subtile et facilement dissimulable, elle n’en vise pas moins à troubler les besoins psychologiques, à provoquer des dommages profonds aux structures psychologiques et à briser les bases des fonctions intellectuelles normales.

La torture peut pénétrer et détruire la conviction des sujets à être autonomes en tant qu’êtres humains, elle peut anéantir leurs présomptions d’intériorité, de vie privée, d’intimité. Dans Ethique de l’indicible : les survivants à la torture en traitement psychanalytique, Beatrice Patsalides décrit comment, à la suite de tortures, le décalage entre le « je » et le « moi » s’accentue, et comment l’épaisseur entre le « moi » et le « toi » disparaît.

La torture implique l’usage délibéré d’agressions extrêmes, notamment de fortes douleurs physiques, conduisant à des douleurs psychologiques telles que la peur paralysante de la douleur et de la mort, la confusion par une envie non satisfaite, la transgression des normes sociales ou sexuelles et l’isolement prolongé. Des techniques telles que la cagoule pour la désorientation sensorielle, la nudité forcée, la position debout forcée, les douches froides et le bandage des yeux, ou impressionner les détenus avec des chiens de l’armée, leur refuser la nourriture et l’eau, les asperger d’urine ou de matières fécales, sont fréquemment signalées. Parfois, ces traitements dégradants se retrouvent en contradiction nette avec la gentillesse simulée, le faux favoritisme et le traitement spécial royal qui visent à abuser davantage le sujet et à l’amener à la construction d’une personnalité et d’une conviction aliénées, incohérentes ou discréditées. Quand les besoins physiologiques de la personne torturée sont maîtrisés par le tortionnaire et autorisés à ne s’exprimer que de façon auto-dégradante et déshumanisante, quand un sentiment de honte, de nullité et de dépendance est injecté par un tiers condescendant, cruel, alors, cela peut provoquer chez le sujet une régression psychologique du fait de l’apport d’une force extérieure supérieure pesant sur sa volonté - à lui ou à elle - de résister.

Dans son évaluation sur les victimes de la torture et d’autres mauvais traitements pendant les guerres du Balkan, Basoglu a établi que la torture psychologique était aussi néfaste que la torture physique, et qu’elle conduisait de la même manière à des taux élevés de dépression et d’ESPT. Ce qui importait surtout était le degré à partir duquel la victime ressentait une perte de contrôle. La perte du contrôle de sa propre vie et de son propre corps, causée par la torture, est souvent exacerbée par l’incrédulité que ressentent de nombreux sujets ayant été soumis à la torture, quand ils essaient d’exprimer ce qu’il leur a fallu traverser, surtout s’ils sont incapables de montrer des cicatrices ou d’autres preuves « objectives » de leur expérience personnelle de la douleur. La torture peut aussi modifier le type de leur relation avec la réalité et le sens d’eux-mêmes. Longtemps même après que la torture réelle ait cessé, certaines victimes se sentent mises à l’écart, incapables de communiquer, d’établir une relation, de s’attacher ou de s’identifier à d’autres. Leur confiance s’est érodée, leurs relations les plus proches et le réseau de toute une vie de ceux qui les ont soutenues sont bouleversés.

Comme nous l’avons vu, un certain nombre de dysfonctionnements sont attribués à la torture, tels l’ESPT, la psychose, la dépression et l’angoisse. Dans l’exercice de ma profession, la psychopathologie déclanchée par la torture peut varier dans un large spectre, depuis des symptômes plus imperceptibles - comme la fadeur émotionnelle, le repli social, les micro-épisodes psychotiques, le disfonctionnement sexuel et les souvenirs d’évènements traumatiques qui s’immiscent sous la forme de cauchemars, de flash-back, ou d’associations pénibles - jusquà des symptômes graves - comme les troubles de mémoire, les hallucinations, l’incapacité à garder des relations de longue durée ou même simplement intimes, et les changements persistants dans la sensibilité et l’affect.

J’espère que mes observations pourront servir de précurseur à une étude pilote qui permettrait d’évaluer la fréquence de la psychopathologie chez les anciens prisonniers palestiniens, comparés à une population qui n’a pas connu la prison et à des populations d’anciens prisonniers dans d’autres contextes conflictuels.

Samah Jabr
Impuls Journal of Psychology
La psychopathologie suite à emprisonnements et tortures vendredi 22 février 2008
***

Samah Jabr est médecin psychiatre palestinienne, elle vit dans Jérusalem occupée et y travaille au sein d’une clinique psychiatrique qu’elle a créée. Elle est francophone et donne des conférences pour envisager d’autres perspectives et sortir de la situation actuelle de la Palestine.

Cet article est paru en version anglaise dans le dernier numéro de Impuls Journal of Psychology, la plus ancienne revue de psychologie des pays nordiques. –

Traduction : JPP

***Références :

Basoglu, M. et al. (2005). Psychiatric and cognitive effects of war in former Yugoslavia  : Association of Lack of Redress for Trauma and Posttraumatic Stress Reactions : JAMA 294 (5), pp. 580-590.

Gelder, M. et al. (2000). Oxford Textbook of Psychiatry, Third Edition. Oxford University .

Press : New York .. Kaplan & Sadock, (2003). Synopsis of psychiatry, Behavioral sciences, and Clinical Psychiatry, Ninth Edition. Philadelphia  : Lippincott Williams & Wilkins.

McCoy A., (2006) A Question of Torture : CIA Interrogation, from the Cold War to the War on Terror. Owl Books.

Patsalides, B. M. (1999). Ethics of the Un speakable : Torture Survivors in Analytic Treatment. The Journal of the Northern California Society for Psychoanalytic Psychology, Vol. 5 (1).

Vaknin. S. (2005). The Psychology of Torture : Global Politician - (5 June)

22-02 Samah Jabr

22/02/2008

n° 153 journal de l'Afghanistan du 17 au 22-02

Sommaire :

Tiré à part :

Nous avons averti l'OTAN à six reprises

1 Analyse

Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Afghanistan

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre.

8 Dossiers

8-1 Dossier ML : les réfugiés.

8-2 Achim Wohlgetan (un ancien officier) accuse : A plusieurs reprises des soldats de l’OTAN en Afghanistan ont utilisé des enfants pour savoir si une zone était minée ou non.

8-3 Bassirat.net : Les taliban ont-ils tourné le dos au djihâd global ?

8-4 Point de vue de Maria Cheng : Epidémie de leishmaniose: la guerre en cause.


Tiré à part :

18-02 "Nous avons averti l'OTAN à six reprises de ne pas venir dans ces zones parce que depuis les deux derniers jours, un kamikaze circule, a affirmé Asadullah Khalid, le gouverneur de la province de Kandahar. Mais ils ont continué à patrouiller le secteur. Nous leur avons répété de ne pas venir tant que nous n'aurions pas arrêté le kamikaze." Les militaires canadiens ont été irrités lundi par la suggestion selon laquelle près de quarante décès de civils afghans et les blessures de quatre soldats canadiens auraient pu être évités si on avait écouté les conseils du gouvernement afghan.

Les troupes canadiennes effectuaient une patrouille de routine le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, lundi après-midi, quand un véhicule bourré d'explosifs a sauté près de leur convoi. Mais un porte-parole militaire a déclaré que ce sont les Forces armées qui prennent les décisions sur les endroits où leurs soldats iront patrouiller. "Nous recevons régulièrement des avertissements de menaces (...) nous allons où nous voulons, quand nous le voulons, dans notre zone d'opération, a affirmé le lieutenant Pierre Babinsky. Bien sûr, nous tenons compte de ces avertissements, mais notre but est de fonctionner librement à l'intérieur de notre zone d'opération malgré cela." La Presse Canadienne  


L'Afghanistan en chiffre du 16 au 22-02-08 
tués blessés
Usboys / Autres boys

 1

 5

Policiers, armée et collaborateurs

 43 x

44 + x

Peuple Afghan

 71

43 + x

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance : Analyse & déclaration

18-02 Le général US  John Craddock, commandant suprême de l’Otan, a annoncé s’attendre à une hausse des attaques qui, ne devraient pas affronter directement les soldats de l’Otan. Reuters

18-02 Le ministre canadien de la guerre  MacKay, a refusé de voir une escalade de l'activité de la résistance.M. MacKay, qui dirige présentement une mission économique en Inde, a reconnu que ces attaques ont un impact sur la perception des citoyens au Canada, mais il a répété qu'il fallait continuer à combattre des tactiques qu'il a qualifiées d'"insidieuses". La Presse Canadienne

19-02 Malgré la présence dans le pays de plus de 50.000 soldats étrangers qui appuient 140.000 soldats gouvernementaux afghans, l'insurrection s'est intensifiée ces deux dernières années. Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont réclamé ces dernières semaines un plus grand engagement international. (Reuters- version française Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel)


Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

Allemagne

19-02 A Berlin, la chancelière Angela Merkel, pressée par ses alliés d'étoffer les effectifs de la Bundeswehr en Afghanistan, a déclaré lundi matin ne pas voir la nécessité de revenir sur les chiffres approuvés par le parlement. "Je ne vois pour le moment aucune nécessité de modifier le mandat actuel", a-t-elle dit à des journalistes.          (Reuters- version française Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel)


Otan- Isaf 

19-02 Le député Denis Coderre, porte-parole libéral en matière de Défense nationale estime : "L'avenir de l'OTAN est intimement lié à l'avenir de l'Afghanistan, parce que si l'OTAN n'est pas capable de s'entendre à ce moment-là, ça veut dire qu'elle va être incapable de jouer un rôle pleinement ailleurs, dans d'autres missions". Interrogé à savoir s'il allait jusqu'à soutenir que l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) se disloquerait si une solution globale et satisfaisante pour tous n'était pas trouvée sur l'Afghanistan, M. Coderre n'a toutefois pas voulu franchir ce pas.

Le député libéral a répété qu'il fallait que la mission change de forme et qu'elle ait une fin. "On est à la croisée des chemins." Il a aussi insisté sur la nécessaire rotation des troupes des pays membres de l'OTAN. Le Canada se trouve dans la région de Kandahar, une région particulièrement dangereuse. "Il ne faut pas qu'on prenne tout sur nos épaules. Ce n'est pas aux Canadiens à négocier pour tout. L'OTAN est là" et doit jouer pleinement son rôle, a plaidé le député Coderre.

Le porte-parole libéral sur les questions de défense a également prôné une solution régionale au problème afghan, affirmant que le Pakistan faisait partie de la solution. La Presse Canadienne

Canada 

21-02 Le premier ministre Stephen Harper a présenté, une nouvelle motion calquée presque mot pour mot sur celle des libéraux : Ainsi, il y est écrit noir sur blanc que la mission canadienne à Kandahar se terminerait en juillet 2011 et que les soldats canadiens quitteraient le sud Mais pour que les militaires canadiens restent dans la région de Kandahar jusqu'en 2011, les autres pays membres de l'OTAN devront aussi faire leur part. Le gouvernement conservateur a adopté la recommandation principale du groupe d'experts sur la mission afghane qui posait deux conditions à l'extension de la mission. Mais pour que les militaires canadiens restent dans la région de Kandahar jusqu'en 2011, les autres pays membres de l'OTAN devront aussi faire leur part. Le gouvernement conservateur a adopté la recommandation principale du groupe d'experts sur la mission afghane qui posait deux conditions à l'extension de la mission. Depuis quelques semaines, le premier ministre Harper multiplie les appels auprès de ses homologues pour obtenir 1000 soldats en renfort dans la région de Kandahar, et pour qu'ils fournissent aussi des hélicoptères de transport et des avions sans pilote. Isabelle Rodrigue, La Presse Canadienne


Occupation de l'Afghanistan

Les forces en présence

Allemagne

19-02 L'Allemagne a envoyé 3.300 militaires en Afghanistan, principalement dans le Nord, un secteur bien moins troublé que le Sud, où les Etats-Unis voudraient voir opérer des soldats allemands. Le mandat actuel approuvé par Berlin, qui expire en octobre prochain, permet d'envoyer en Afghanistan un maximum de 3.500 soldats. (Reuters- version française Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel)


Canada

21-02 Le premier ministre Harper multiplie les appels auprès de ses homologues pour obtenir 1000 soldats en renfort dans la région de Kandahar, et pour qu'ils fournissent aussi des hélicoptères de transport et des avions sans pilote. Isabelle Rodrigue, La Presse Canadienne.

21-02 Les libéraux réclament qu'à partir de février 2009, un autre pays de l'OTAN prenne en charge la mission de combat à Kandahar, libérant alors les 2500 militaires canadiens qui pourraient se concentrer sur l'entraînement des soldats et policiers afghans ainsi que sur les projets de reconstruction. La nouvelle motion du gouvernement n'est pas aussi précise. Elle propose que "l'OTAN assure la rotation d'un groupement tactique d'environ 1000 soldats à Kandahar". La Presse Canadienne


3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Sur le terrain

20-02  Accusé d’avoir enlevé et agressé l’un de ses rivaux, Mohammad Akbar Bey, le général Rachid Dostom, chef de guerre ouzbek, a été suspendu de ses fonctions officielles par le procureur général, Abdoul Jabar Sabit. Il lui reproche de ne pas avoir collaboré avec la police.

Arguant du fait que le procureur général n’est pas habilité à suspendre un membre du gouvernement, Rachid Dostom a demandé au président Karzaï d’annuler cette décision. BBC


b) Les occupants 

1) Usa      Au Congrès

15-02 L’Afghanistan et le Pakistan reconnaissent la Ligne Durand comme leur frontière de facto, estiment les Etats-Unis, qui n’ont pas tenté de résoudre le différend entre leurs deux principaux alliés, selon un haut responsable américain. C’est ce qu’a expliqué Richard Boucher, le sous-secrétaire d’État, lors d’une audition au Congrès quand on lui a demandé de commenter un rapport récent appelant l’administration américaine à aider au règlement du différend frontalier entre le Pakistan et l’Afghanistan.

 « Franchement, nous n’avons pas pris en compte la question de la Ligne Durand , un problème qui remonte à 1893, à la période coloniale », a déclaré le sous-secrétaire d’État pour l’Asie du Sud devant la commission sénatoriale. « Je pense que pour les deux parties, c’est une frontière ; ils tirent de part et d’autre pour la protéger. Des postes frontières existent. Notre objectif a consisté à tenter de réduire les tensions et à amener [les deux bords] à travailler en coopération de part et d’autre de cette ligne. » Sur le Web Durand line de facto border, says US


2 Extension des guerres ?

13-02 Un rapport de l’Afghanistan Study Group [1] discuté mercredi [13/2] à la commission sénatoriale des forces armées (Senate Armed Services Committee), exhorte les États-Unis à réduire l’antagonisme entre le Pakistan et l’Afghanistan en persuadant l’Afghanistan d’accepter la Ligne Durand comme frontière officielle. Ce rapport conseille également à Washington de convaincre Islamabad de lever les restrictions sur le commerce de transit entre l’Inde et l’Afghanistan.

L’Afghanistan Study Group a également recommandé que l’Amérique ouvre des négociations directes avec l’Iran en vue d’obtenir son concours pour désamorcer les tensions en Afghanistan. En regard des recommandations de ce groupe en vue d’améliorer les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan, M. Boucher a déclaré qu’en raison des efforts des États-Unis les relations entre les deux pays s’étaient grandement améliorées depuis le mois de mars (2007 ?), quand ils échangeaient des tirs par dessus la frontière.

Sur le Web Durand line de facto border, says US


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants - US & Isaf.

17-02 Un soldat britannique du 2e bataillon du Yorkshire Regiment a été tué dans une explosion, lors d’une patrouille,  qui s'est produite dans le district de Kadjaki ( province de Helmand ) a annoncé  le ministère de la Défense. Le militaire du 2e bataillon du Yorkshire Regiment est mort dimanche dans la déflagration alors qu'il participait à une patrouille près de Kajaki dans la province d'Helmand. Un autre soldat a été blessé dans l'attaque. AP Avec AFP

18-02 Un Kamikaze a attaqué un convoi canadien de la Force internationale, faisant de nombreux morts a annoncé la police de la province de Kandahâr. Quatre soldats canadiens de la FIAS ont été blessés dans attaque qui s’est déroulée à Spin Boldak, ville située à la frontière avec le Pakistan.

Les résistants, par la voix d'un porte-parole Youssouf Ahmadi, ont revendiqué l'attaque : "L'attaque a été effectuée par Abdul Rahman, un résident de la province de Kandahar contre les forces américaines", a déclaré Ahmadi. Les Canadiens de la Force de l'Otan, présents dans le sud aux côtés des Britanniques notamment, n'ont pas confirmé depuis la base de Kandahar que leurs soldats figuraient parmi les victimes BBC et AFP


Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

Province de Baghlan (nord)

17-02 Cheikh Daulat Rafi, vice-gouverneur de la province de Baghlan, au nord-est de l’Afghanistan, est mort dimanche dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à Mazär-e Sharif, principale ville du nord de l’Afghanistan. L’accident s’est produit à dix kilomètres de la ville d’Aïbak, chef-lieu de la province de Samangan. Le beau-frère du vice-gouverneur a également été tué. Avec AIP


Province de Farah (sud-ouest),

17-02 Un commandant de la résistance a été tué et deux de ses hommes ont été blesses dimanche soir dans l’attaque d’un poste de contrôle établi dans le district de Balabolok, dans la province de Farah, a annoncé un responsable de la police locale. Avec Pajhwok


Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan)

21-02 Les forces afghanes et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ont affronté des résistants au nord de Musa Qala, tuant 30 résistants ces derniers jours, a annoncé le ministère afghan de la guerre. AP

21-02 Une bombe a explosé au passage d'un convoi de la police jeudi à Lashkar Gah, capitale de la province de Helmand, tuant un policier et en blessant quatre autres, a annoncé le chef de la police provinciale Mohammad Hussein Andiwal. AP


Province de Kandahar (sud) 

17-02 Une explosion a eu lieu près d’un enclos de combat de chiens où s’étaient rassemblées des centaines de personnes, dont un nombre important de dignitaires locaux, a fait 80 morts et au moins autant de blessés, a déclaré Assadullah Khalid. Le bilan pourrait s’alourdir, selon les responsables des services de santé. Avec AFP

18-02 Un Kamikaze a attaqué un convoi canadien de la Force internationale, faisant de nombreux morts dans attaque qui s’est déroulée à Spin Boldak, ville située à la frontière avec le Pakistan. Les résistants, par la voix d'un porte-parole Youssouf Ahmadi, ont revendiqué l'attaque : "L'attaque a été effectuée par Abdul Rahman, un résident de la province de Kandahar contre les forces américaines", a déclaré Ahmadi. BBC et AFP

19-02 Selon des témoins, un véhicule piégé  garé à proximité d'une voiture de police de Kandahar a explosé. La charge a été actionnée à distance. Un civil a été tué et trois autres blessés, a-t-on appris de source policière, qui ne précise pas les pertes de la police.     (Reuters)


Province de Kunar (est de l'Afghanistan)16-02 Le chef de la police de la province du Kounar, le brigadier-général Abdoul Djalal Djalal, a annoncé dimanche la mort d’un soldat de l’Armée nationale afghane et d’un interprète dans l’explosion d’un engin explosif qui a également fait six blessés. L’attaque s’est produite samedi soir dans le district de Manoghi. Avec Pajhwok
Enlèvement

20-02 Deux superviseurs du département de l'éducation de la province  Farah ont été kidnappés, indique mercredi un communiqué de presse du ministère afghan de l'Intérieur.  (Xinhua)


4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


Civils tués ou morts                                          : ? +  3.670

Civils blessés                                                   : ? +  2.098 (chiffres trop bas) 


Résistances afghans tués :                           : ?  +  6547

Résistances afghans blessés                         :?  +  1.585 (chiffres trop bas)

Résistances afghans arrêtés :                        : ?  + 2.189


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1179

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1219 (chiffre invraisemblablement bas...)

Suicides                                                           : ?  +  20

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 3.912

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?   + 3.887 (chiffre trop bas)

Collabo   tués                                                      :   1.070

Collabo   blessés                                               :?  +  562 ( chiffre trop bas) Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.
8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

8-1 Dossier ML : les réfugiés.

a) Quelque 900 000 Afghans, officiellement réfugiés en Iran, sont autorisés à séjourner sur le territoire iranien pour une période non-déterminée, selon le HCR. Mais environ un million d’Afghans vivent en Iran sans avoir obtenu le statut de réfugié, selon les médias iraniens. Les autorités iraniennes considèrent ces Afghans comme des clandestins à expulser. Si le gouvernement afghan et les Nations Unies ont reconnu que « l’Iran avait le droit » d’expulser les migrants afghans clandestins, ils ont néanmoins demandé que cette expulsion soit « progressive ».

b) Si en 2007,  7 000 réfugiés ont quitté l’Iran volontairement pour rentrer en Afghanistan, le HCR prévoit qu’en 2008, ils seront moins nombreux à le faire. 

 « Le faible taux de retours volontaires de l’Iran à l’Afghanistan peut signifier que les réfugiés afghans sont accueillis avec hospitalité en Iran et ne sont pas contraints de partir », selon Ahmed Nader Farhad, porte-parole du HCR à Kaboul. 



c) L’aggravation de la situation en Afghanistan, le manque de possibilités d’emploi et l’accès insuffisant aux services tels que la santé, l’éducation, l’eau potable et l’électricité sont parmi les principales raisons qui ont contribué à la diminution du taux de rapatriement des Afghans réfugiés en Iran et au Pakistan, selon un rapport publié en août 2007 par la Commission indépendante (...) des droits humains d’Afghanistan.

d) « Nous n’avons pas la capacité d’accueillir un grand nombre de personnes expulsées d’Iran », Nous allons être confrontés à une crise humanitaire si l’Iran reprend l’expulsion massive des [réfugiés] Afghans. » a expliqué à IRIN Shir Mohammed Etibari, ministre des Réfugiés et du rapatriement, «En 2008, plus de 17 000 Afghans ont été déportés d’Iran, selon le ministère afghan des Réfugiés et du rapatriement (MRR), pour la plupart, ils ont été expulsés depuis le 16 janvier, selon le MRR et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), bien que le gouvernement iranien ait assuré ce jour-là qu’il suspendrait les expulsions jusqu’au printemps.     Source : IRIN - Kaboul, 19 février 2008


8-2 Achim Wohlgetan (un ancien officier) accuse : A plusieurs reprises des soldats de l’OTAN en Afghanistan ont utilisé des enfants pour savoir si une zone était minée ou non.

A plusieurs reprises des soldats de l’OTAN en Afghanistan ont utilisé des enfants pour repérer les champs de mines. C’est ce que qu’affirme un ancien officier allemand de l’ISAF. Dans son “Final Station”, Achim Wohlgetan a déclaré que des soldats de ISAF dans la région de Kaboul, en 2002, ont à plusieurs reprises utilisé des enfants pour savoir si une zone était minée ou non. La tactique utilisée par les soldats de l’ISAF était de lancer des pommes ou des sucreries dans la zone soupçonnée d’abriter des mines. Les hordes d’enfants qui suivent généralement les patrouilles ISAF se précipitaient alors pour ramasser les sucreries et les pommes. S’il n’y avait pas d’explosions, la zone était considérée sans danger” a déclaré Wohlgetan.Un responsable du Ministère allemand de la défense a publiquement mis en doute les affirmations de Wohlgetan dans son livre (…) précisant que Wohlgetan n’avait pas une vision globale de la structure de sécurité. 

 http://libertesinternets.wordpress.com/2008/02/20/un-officier-allemand-affirme-que-lotan-a-utilise-des-enfants-pour-reperer-des-champs-de-mines/

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinforma...

Texte original :   http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7782

 NATO used Afghan children to detect land-mines: ex-German soldier

Global Research, January 12, 2008 IRNA - 2008-01-10

Soldiers of the NATO-led International Security Assistance Force (ISAF) have repeatedly used Afghan children to detect land-mines in war-ravaged country, said a former German ISAF officer in Berlin on Thursday. Unveiling his new book titled 'Final Station', Achim Wohlgetan pointed out that children were misused by ISAF forces to find land- mines in the Kabul region in 2002. ISAF soldiers threw apples on an area and then waited to see what would happen. If the children were to run to pick up the apples, and there was no explosion, the area was declared safe, according to Wohlgetan. A German Defense Ministry spokesperson voiced serious questions over some of the claims which Wohlgetan made in his book. He alleged that German soldiers had operated outside the mandated area of ISAF in Afghanistan in 2002. Speaking at a routine government press briefing in Berlin on Wednesday, Christian Dienst expressed strong doubts over claims made by Wohlgetan who said that several troops had knowingly violated the ISAF zone. The 41-year-old ex-German soldier quit military service in 2006 as a lower ranking officer. According to Dienst, Wohlgetan lacked an overview of all aspects of the security structure.

Some 3,500 German troops are deployed in mainly northern Afghanistan . Germany has faced intense pressure in recent months from its Nato allies, notably the US, Britain and Canada, to widen its military presence into southern Afghanistan where NATO troops are battling a revitalized Taliban insurgency. A spate of kidnappings of German nationals in Afghanistan has also negatively influenced public opinion about the western military campaign in the war-ravaged country. According to the latest opinion polls, most Germans oppose the western war in Afghanistan .

Traduction Google : OTAN enfants afghans utilisés pour détecter les mines terrestres: l'ex-soldat allemand
Les soldats de l'OTAN la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) ont à plusieurs reprises utilisé les enfants afghans afin de détecter les mines terrestres dans le pays ravagé par la guerre, dit un ancien officier de l'ISAF allemand à Berlin jeudi.
Dévoilement de son nouveau livre intitulé «Final Station ', Achim Wohlgetan souligné que les enfants ont été abusivement utilisés par les forces de la FIAS pour trouver des mines terrestres dans la région de Kaboul en 2002.
Les Soldats de la FIAS ont jeté des pommes sur une zone et a ensuite attendu de voir ce qui allait se passer. Si les enfants étaient à courir pour ramasser les pommes, et il n'ya pas eu d'explosion, la zone a été déclarée sûre, selon Wohlgetan.
Un porte-parole du ministère allemand de défense a exprimé de sérieuses questions sur certaines des revendications (ositions) qui Wohlgetan faits dans son livre.
Il a affirmé que les soldats allemands ont opéré en dehors de la zone de mandat de l'ISAF en Afghanistan en 2002.
S'exprimant lors d'une routine de gouvernement de presse à Berlin le mercredi, Christian Dienst à exprimé de vives réserves sur les demandes formulées par Wohlgetan qui a déclaré que plusieurs soldats avaient sciemment violé la zone de l'ISAF.  Les 41 ans, ex-soldat allemand quitte le service militaire en 2006 comme officier de rang inférieur.
Selon Dienst, Wohlgetan manquait une vue d'ensemble de tous les aspects de la structure de sécurité.
Quelque 3500 soldats allemands sont déployés principalement dans le nord de l'Afghanistan.
L'Allemagne a fait face à des pressions intenses au cours des derniers mois de ses alliés de l'OTAN, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, afin d'élargir sa présence militaire dans le sud de l'Afghanistan, où les troupes de l'OTAN se battent revitaliser l'insurrection des talibans.
Une vague d'enlèvements de ressortissants allemands en Afghanistan a également influencé négativement l'opinion publique au sujet de la campagne militaire occidentale dans le pays ravagé par la guerre.
Selon les derniers sondages, la plupart des Allemands s'opposent à la guerre dans l'ouest de l'Afghanistan.

Global Research, Janvier 12, 2008
IRNA - 2008-01-10
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...


8-3 Bassirat.net : Les taliban ont-ils tourné le dos au djihâd global ?

Dans son dernier message publié lundi, le mollah Omar, chef suprême des taliban, a affirmé que le mouvement qu’il dirige ne cherche qu’à expulser les étrangers d’Afghanistan. « L’Amérique présente les taliban comme une menace envers les pays du monde et, avec une telle propagande, veut utiliser les pays et les gouvernements du monde à ses propres fins », dit le mollah Omar dans une déclaration rendue publique par l’Afghan Islamic Press, agence de presse basée au Pakistan. « Nous voulons des relations légitimes avec les pays du monde et nous ne constituons une menace pour personne », ajoute-t-il. Ces quelques lignes sont intéressantes à plus d’un titre. En effet, le mollah Omar semble circonscrire la lutte des taliban au seul territoire afghan. On savait déjà qu’il ne soutenait pas, pour des raisons aussi bien stratégiques que tactiques le combat des militants pakistanais qui se réclament des taliban contre l’armée pakistanaise. Pour la première fois, il se démarque d’al-Qaïda en ne reprenant pas à son compte le thème du djihâd global.

Depuis le début des années 1990, on observe un clivage au sein de l’islam politique entre islamo-nationalistes et internationalistes. Les premiers privilégient des projets nationaux alors que les seconds combattent par la prédication (Hezb-ut Tahrir) ou les armes à la main (al-Qaïda) pour une mondialisation de la guerre sainte. L’histoire récente du mouvement islamiste fournit un certain nombre d’organisations qui ont abandonné leurs discours internationalistes pour se consacrer à des problèmes politiques et sociaux nationaux.

En Asie centrale, c’est notamment le cas du Parti de la renaissance islamique (PRI) qui à deux reprises, en 1996 et en 2001, à refuser de se joindre aux luttes des taliban (contre Massoud puis contre les forces américaines). En juin 1997, le PRI s’est choisi un destin national en participant au gouvernement de réconciliation nationale mis sur pied pour mettre un terme à cinq ans de guerre civile.

Les taliban, qui ont préféré en 2001 sacrifier leur pouvoir pour protéger Ossama Ben Laden, vont-ils opter pour cette voie, à l’image des tribus irakiennes qui se retournent contre les djihâdistes d’al-Qaïda ? Rien ne permet de l’affirmer pour l’instant même si on peut déceler des éléments de réponse avec l’éviction, fin décembre, du commandant Mansour Dadôllah. Françoise Chipaux, dans un article du Monde daté du 13 février dernier, affirme que « le mollah Omar lui reprochait sa brutalité, ses liens directs avec le chef déclaré d’Al-Qaida en Afghanistan, Abou Yazid ». Mais, le chef suprême des taliban n’a pas apprécié non plus les « contacts qu’il aurait eus avec des Britanniques au sujet de la ville de Moussa Qala ».

Le reste du message du mollah Omar est plus classique. «  Si les troupes étrangères quittent l’Afghanistan, ce sera une victoire pour le peuple d’Afghanistan », souligne le chef suprême des taliban. « Il serait préférable que  les peuples du monde fassent pression sur leurs gouvernements afin qu’ils retirent leurs troupes d’Afghanistan et laisse le peuple d’Afghanistan choisir son gouvernement », poursuit-il. Source : Reuters Bassirat.net vendredi 15 février 2008


8-4 Point de vue de Maria Cheng : Epidémie de leishmaniose: la guerre en cause. Extraits :

"C'est une maladie mortelle et nous essayons de la maîtriser le plus rapidement possible", explique le Dr Omer Mekki, épidémiologiste de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en Irak. Selon lui, deux sortes de leishmanioses ont été découvertes dans le sud de l'Irak: 212 cas de leishmaniose cutanée, connue aussi sous le nom de "furonculose de Bagdad", et 63 cas de leishmaniose viscérale ou Kala azar ("fièvre noire" en hindi). La leishmaniose cutanée n'est pas mortelle, mais elle peut entraîner jusqu'à 200 lésions faciales ou creuser des ulcères en forme de cratères, laissant les patients gravement défigurés. La forme viscérale, en revanche, peut tuer, entraînant de la fièvre, une perte de poids, une anémie, et une augmentation du volume de la rate et du foie. Les enfants sont particulièrement en danger, du fait de la faiblesse de leur système immunitaire. Une simple morsure de phlebotomus papatasi suffit à transmettre la maladie à un enfant.

Selon Omer Mekki, l'OMS a lancé en collaboration avec le gouvernement, des campagnes de diffusion d'insecticides pour détruire ces organismes parasitaires. Les cas de leishmaniose ont diminué de façon importante depuis 2004, mais que les progrès réalisés quant à son éradication ont eux ralenti. La période d'incubation peut durer jusqu'à six mois, et certains pensent que le nombre de cas pourrait bien être sous-estimé. Les patients sont traités par une série d'injections. Le traitement coûte 40 dollars (27,33 euros).

fin dans le  n° 153  journal de l'Afghanistan du 17 au 22-02 - fin

 

n°153 journal de l'Afghanistan du 17 au 22-02 (fin)

Sommaire :

8 Dossiers

8-4 Point de vue de Maria Cheng : Epidémie de leishmaniose: la guerre en cause.

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Jean Parvulesco : A propos du livre de Henri de Grossouvre, 'Paris-Berlin-Moscou'.


8-4 Point de vue de Maria Cheng : Epidémie de leishmaniose: la guerre en cause.

Extraits : SUITE

Depuis le début du conflit, des centaines de soldats américains ont eux aussi été infectés et marqués par la leishmaniose.  Bien que la maladie ait été identifiée pour la première fois en Irak il y a plus d'un siècle, les épidémies étaient rares pendant le régime de Saddam Hussein. Mais depuis le début de la guerre, l'effondrement du système de santé a, selon les experts, permis aux virus de refaire surface.

Ils craignent aujourd'hui une plus grande propagation de la maladie, du fait de facteurs qui la favorisent: la promiscuité des conditions de vie dans le sud de l'Irak, les difficultés d'accès à l'eau potable particulièrement importantes dans la région, et la quantité d'étendues d'eau stagnante qui permet aux organismes de se reproduire. Le pic de transmission de la maladie se situe toujours à partir du mois du mois de mai.

"La guerre a exacerbé les problèmes vieux d'une ou deux décennies en Irak", explique Claire Hajaj, porte-parole en Irak de l'UNICEF, l'agence onusienne pour l'enfance, qui a mis en oeuvre un programme de réhabilitation des usines de traitement d'eau dans le sud.

La leishmaniose est aussi repartie de plus belle en Afghanistan où, bien que les statistiques soient difficiles à établir, on estime à 200.000 le nombre de cas annuels.  Et, face à la pénurie d'établissements de santé dignes de ce nom actuellement, les experts pensent que d'autres maladies pourraient bien resurgir.

"La maîtrise de la maladie ne viendra qu'avec le retour de la stabilité", résume Simon Croft, professeur de parasitologie à l'Ecole londonienne d'hygiène et de médecine tropicale. "Pour l'heure, l'Irak est confronté à d'autres problèmes".

Maria Cheng   AP – 18-02


10 Annexe - Géopolitique et stratégie - Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Jean Parvulesco : A propos du livre de Henri de Grossouvre, 'Paris-Berlin-Moscou'.

Fils de François de Grossouvre - qui, pendant les présidences de François Mitterrand, avait été, en fait, sous la couverture de Grand Veneur de la République , le responsable présidentiel pour la conduite opérationnelle de l’ensemble des services de renseignements politiques et militaires français, et qui (ainsi que l’on s’en souvient) trouva une mort mystérieuse et tragique à l’intérieur même du palais de la Présidence de la République - le jeune Henri de Grossouvre vient de publier à Paris, aux Editions L’Age d’Homme, avec une importante préface du général Pierre-Marie Gallois, un essai d’analyse et prospective géopolitiques de la plus brûlante actualité; intitulé Paris-Berlin-Moscou.

“Le centre du monde est en marche vers l’est”, écrit le général Pierre-Marie Gallois dans sa préface.

Henri de Grossouvre, qui vit et travaille à Vienne, est un spécialiste des problèmes économico-politiques de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’ensemble de l’espace géopolitique de l’Europe de l’Est, de l’ancienne Mitteleuropa. Henri de Grossouvre est aussi un partisan activiste et un doctrinaire de pointe de l’intégration de la “nouvelle Russie” de Vladimir Poutine au sein de la plus Grande Europe continentale, ouverte à présent vers les projets eurasiatiques avancés par les groupes géopolitiques proches de l’entourage immédiat du président russe.

A ce titre, le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou, constitue un document politique extrêmement révélateur, livrant les positions d’avant-garde d’une certaine tendance actuelle de la pensée géopolitique française en action et cela d’autant plus que Henri de Grossouvre sera sans doute prochainement appelé à des responsabilités politiques de niveau européen, dans le cadre d’une “Communauté géopolitique France-Allemagne-Eurasie”, actuellement en voie de constitution. La thèse fondamentale du livre de Henri de Grossouvre fait la promotion de la plus que nécessaire, désormais, intégration fédérale de l’ensemble continental grand-européen autour de l’axe Paris-Berlin-Moscou, derrière lequel se profile, implicitement et dans un plus lointain avenir, l’axe transcontinental de la “Forteresse Eurasiatique” Paris-Berlin-Moscou-New Delhi-Tokyo. Ce qui en appelle, en premier lieu, l’intégration “à part entière”, à la fois totale et immédiate, de la “Nouvelle Russie” de Vladimir Poutine au sein de la communauté d’être et de destin de la plus Grande Europe.

Extraits

L’ennemi prioritaire, la subversion mondialiste des Etats-Unis

Le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou, se montre également utile à nos propres combats de libération continentale européenne d’aujourd’hui par l’attention offensive avec laquelle il nous avertit des périls extrêmes qui sont ceux de l’actuelle politique hégémonique planétaire des Etats-Unis. Et cela tout en signalant, avec pertinence, l’ensemble des prédispositions absolument décisives qui ont du rapprochement - et de l’intégration impériale finale à venir - de l’Europe et de la Russie notre seule voie de salut et de délivrance dans les prochaines années de notre destin à nouveau remis en jeu. Années décisives, donc, qui vont être précisément celles de la confrontation sans doute ultime de la conspiration mondialiste finale des Etats-Unis et des puissances continentales constitutives de la “Forteresse Eurasiatique” suivant les lignes de force de l’axe Paris - Berlin - Moscou - New Delhi -Tokyo.

Henri de Grossouvre : “Depuis la fin de la guerre froide la suprématie américaine est presque totale. Cette suprématie ne durera que 5 à 10 ans. Le temps que la Russie se relève et que la Chine s’affirme sur la scène internationale. En 1946, les Etats-unis représentaient 46% du PIB mondiale, aujourd’hui ils en représentent 25%, leur part relative continuera à baisser. Les Etats-Unis comme l’empire victorien déclinant à la veille de la première guerre mondiale, vont donc tout faire dans les années à venir pour essayer de verrouiller leur suprématie actuelle. Depuis la chute du mur de Berlin, les guerres menées à l’initiative des Etats-Unis se sont multipliées (Irak, Bosnie, Kosovo, Somalie, Afghanistan). Au cours de ces guerres, les Etats-Unis ont progressivement transformé l’OTAN en instrument politique, alors même que la raison d’être de cette organisation était liée à l’existence du bloc communiste aujourd’hui disparu. Ces guerres ont été menées et conclues le plus souvent contre les intérêts français et européens“.

Derrière l’apparent rapprochement tactique entre les Etats-Unis et la Russie depuis le 11 septembre - écrit, aussi, Henri de Grossouvre - les Etats-Unis et l’OTAN poursuivent depuis la fin de la guerre froide la traditionnelle politique d’endiguement anglo-saxonne de la Russie. Pour assurer leur sécurité, les Européens doivent associer les Russes à la sécurité européenne.

Et cela d’autant plus impérativement que le “grand dessein” hégémonique planétaire des Etats-Unis est actuellement entré dans sa “troisième phase”, qui est celle de l’emprise sans partage de Washington sur l’ensemble de l’espace politique assujetti - ou en train d’être assujetti - à la subversion mondialiste. Les commandements politico-stratégiques de l’entreprise planétaire de prise d’influence occulte, de contrôle souterrain et d’emprise poursuivis actuellement par les Etats-Unis constituent désormais la seule loi présidant aux actions offensives d’appropriation exigés par la “troisième phase”, impérialiste et totalitaire, de leur guerre mondialiste aux objectifs ultimes inavouables et non encore avoués des objectifs ultimes ontologiquement dissimulés par Washington, “interdits”, hors de portée , qui n’apparaîtront que très ultérieurement à la lumière du jour.

Ce que Henri de Grossouvre appelle la “domination mondiale américaine sans partage” atteint à présent des limites tout à fait intolérables. Ainsi Henri de Grossouvre cite-t-il le cas du ministre de l’Intérieur socialiste allemand Otto Schilly, qui vient de demander la création d’urgence d’un “fichier central européen” destiné à rassembler tous ceux qui ont pris des positions “antimondialistes”, en vue sans doute des futures opérations de répression, que l’on planifie déjà, secrètement; des opérations de répression antimondialiste menées à l’échelle continentale européenne.

Ainsi, les choses en étant venues là, Henri de Grossouvre envisage-t-il l’intégration impériale de la Grande Europe et de la Russie comme la seule contre-stratégie politique totale pouvant faire face à l’actuelle offensive générale des forces de l’hégémonie planétaire des Etats-Unis et de la subversion mondialiste, de laquelle Washington dissimule - ainsi qu’on vient de le dire - les objectifs ultimes, inavouables. qui sont ceux d’une véritable “religion mondialiste”, et que l’on tente d’imposer au monde entier. “Religion mondialiste” qui. en tout dernière analyse n’est autre que celle de la domination finale des puissances occultes, matérialistes et anti-spirituelles, régressives, antérieures, archaïques, abyssales, dont les Etats-Unis sont eux-mêmes, inconsciemment, la proie. Tant est-il qu’il n’y jamais eu de guerre qui ne fût, secrètement, une “guerre de religion”. La “religion mondialiste”, dans ses instances ultimes, dissimulées, c’est la religion nocturne du retour à ce qu’il y avait avant l’être, chaotiquement; le retour à la “religion du non-être” dont avait parlé Lovecraft.

Tout rentre à nouveau dans la zone de l’attention suprême“, dit un puissant mantra.

On me reprochera, je suppose, d’avoir largement dépassé, dans le présent article sur le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou, le niveau du compte rendu habituel, pour rejoindre le domaine supérieur de l’actuelle guerre métastratégique planétaire. Mais qu’ai-je fait d’autre, ainsi, que de situer le livre de Henri de Grossouvre dans l’espace du combat qui est fondamentalement le sien? A l’heure de la mobilisation générale de tous les efforts des nôtres menant à la naissance d’une nouvelle conscience impériale révolutionnaire européenne grand-continentale, seule fait loi l’exigence que l’on veille en permanence sur la convergence opérationnelle de tous les éléments pouvant contribuer à l’établissement d’urgence d’un front idéologique commun contre l’offensive de la conspiration mondialiste en cours de développement. Ce livre de Henri de Grossouvre, je l’ai porté en première ligne, à découvert

Massacre d’enfants afghans par les forces de l’OTAN (Vidéo)

Extrait de journal de l'Afghanistan n° 153 Massacre d’enfants afghans par les forces de l’OTAN (Vidéo)
sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation
voir la vidéo sur le site original: http://mecanopolis.wordpress.com/2008/02/20/460/

 

Depuis un hélicoptère armé de l’OTAN, des militaires chassent et tuent  des enfants d’un village afghan.

Les mères, désespérées, hurlent   devant l’événement incompréhensible.

Ce massacre n’est pas un cas isolé, ce n’est ni une bavure, ni un dommage collatéral.  Il est toléré et approuvé par les plus hautes  instances de l’OTAN.

Aujourd’hui, les informations des événements réels des territoires de  l’Afghanistan du Sud et de l’Est nous parviennent difficilement, car  ils sont isolés de façon hermétique du public par les forces occupantes.

Les nouvelles, qui sont répandues «officiellement» aux Etats-Unis et en Europe sont censurées et arrangées par les officines de presse militaires américaines.

Les images qui nous parviennent malgré la censure sont  bouleversantes : Massacres de civils, viols, abus sexuels de mineurs   et meurtres insensés.

La propagande des autorités officielles comme «hôpitaux, démocratie et  reconstruction» ne sont que des mensonges à l’intention d’un public  occidental abâtardisé par une société qui ne regarde que son nombril.

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/3d507f61f4adee8d/6c21edbdbd538dca?lnk=raot#6c21edbdbd538dca

n°321 Dossier de Palestine 22-02 (Début)

Sommaire

Tiré a part

T1 L’OTAN en Cisjordanie?

1 Les Etats-unis envisagent de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie.

2 L’OTAN en Judée-Samarie ?

3 Hamas rejette tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Le gouvernement français cautionne et encourage une fois de plus l'occupation, le blocus de Gaza.

3 Dossier

3-1 Point de vue de Ali Abunimah : Guerre américaine par procuration à Gaza.
3-2 Point de vue de Darryl Li : Gaza - d'une prison à un zoo.

3-3 Point de vue de Denis Sieffert : La frontière de Rafah s’est donc refermée …

3-4 Point de vue de Ali Samoudi : De Gaza à Jénine : l'occupation sioniste assassine.


Tiré a part

T1  L’OTAN en Cisjordanie?

1 Les Etats-unis envisagent de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie.

Les Etats-Unis étudient la possibilité de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie de manière à rassurer Tsahal et à aider son retrait dans les prochaines années, a déclaré un officiel de la défense au Jerusalem Post. Le plan, mis au point par l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient le général James Jones, est discuté parmi les pays européens dont la participation à la force multinationale pourrait être réclamée.

Jones, un ancien commandant de l’OTAN, a été envoyé en Israël en novembre pour aider les Israéliens et les Palestiniens à élaborer les mécanismes nécessaires pour un futur accord de paix. Comme le Jerusalem Post l’avait révélé le mois dernier, le plan de Jones prévoit l’envoi d’une force intermédiaire en Cisjordanie pour sécuriser la région pendant la période qui suivra le retrait israélien et en attendant que l’Autorité palestinienne soit en mesure de prendre le contrôle effectif du terrain.

"Le déploiement d’une telle force a été évoqué pendant les conversations et il est de notoriété publique que Jones travaille sur le sujet", a confié un officiel de la défense mardi 19 février. "Pour le moment, il s’agit seulement d’une idée, qui doit être acceptée ou adoptée par Israël".

L’un des sujets centraux pour l’armée est de savoir si elle gardera sa liberté d’action en Cisjordanie avec la présence de la force d’interposition. "S’ils tirent une roquette Kassam contre Israël, pourrons-nous répliquer, ou devrons-nous nous en remettre aux forces étrangères stationnées sur le terrain ?", interroge un officiel de la défense.

 20 février 2008 - Le Flash info du Jerusalem Post édition française


2 L’OTAN en Judée-Samarie ?
Selon des représentants de la Défense israélienne, les Etats-Unis envisageraient actuellement de déployer des forces internationales de l’OTAN en Judée-Samarie. Un projet mené par l’envoyé américain au Proche-Orient, James Jones, et qui aurait pour but de faciliter le retrait israélien des régions de Judée-Samarie évoquées dans la feuille de route. Explications. C’est en novembre dernier que James Jones a été envoyé en Israël afin d’aider les Israéliens et les Palestiniens à mettre en place un système de sécurité nécessaire dans le cadre d’un accord de paix.
Après quelques mois passés dans la région, ce dernier a proposé un plan visant à faciliter le retrait israélien des régions de Judée-Samarie évoquées dans la feuille de route.

Il consisterait à envoyer des troupes internationales pour assurer la sécurité dans ces territoires durant le retrait israélien et jusqu’à ce que l’Autorité Palestinienne soit en mesure d’en prendre le contrôle.
"
Ce projet a déjà été discuté à maintes reprises", ont affirmé des représentants israéliens. "Pour l’instant, c’est seulement une idée. Elle doit encore être acceptée et adoptée pour Israël".

Un plan également soutenu par Robert Jones, ambassadeur américain en Israël. Lors de la réunion annuelle des grandes associations américaines juives, Robert Jones a cependant prédit qu’il faudrait des années pour mettre en place un tel projet. "Ce sera long et difficile", a-t-il affirmé. Mais une fois ce plan approuvé, les deux parties seront prêtes à travailler ensemble pour atteindre les buts fixés dans la feuille de route". Un projet sur lequel Israël ne s’est pas encore prononcé. Si le ministre de la Défense , Ehoud Barak, s’est déjà entretenu avec James Jones, il n’a pas encore communiqué son opinion sur ce sujet. Mais un représentant proche d’Ehoud Barak a déclaré que le déploiement d’une force internationale en Judée-Samarie pourrait poser problème à Tsahal dans l’éventualité d’attaques terroristes palestiniennes après le retrait israélien de cette région.

Ce qui préoccupe Israël, c’est bien de savoir si Tsahal aura toujours la possibilité d’opérer en Judée-Samarie malgré la présence de ces troupes de l’OTAN. "Si les Palestiniens tirent des roquettes Qassam sur Israël, pourrons-nous répliquer, ou devrons-nous nous en remettre aux forces internationales présentes sur les lieux ?", a demandé un représentant de la Défense.

Une question inquiétante pour Israël, qui ne semble pas vouloir renoncer à la possibilité de répondre en personne au terrorisme.
A noter que ce plan a également été communiqué à différents pays européens, lesquels pourraient être appelés à contribuer à cette nouvelle force internationale.
Une proposition qui intervient à l’heure où des représentants israéliens de la Défense craignent un retrait des pays européens de la FINUL. En vue de l’actuelle impasse politique au Liban et des menaces du Hezbollah, qui pourraient déclencher de nouvelles hostilités avec Israël, l’Etat hébreu redoute en effet que l’Europe réduise sa participation aux forces internationales déployées au Liban. Récemment, le journal anglophone 'The Jerusalem Post' avait laissé entendre qu’Israël craignait un retrait espagnol des forces de la FINUL.

Des allégations rapidement démenties par l’ambassadeur espagnol en Israël, Eudaldo Mirapeix. "Je tiens à vous informer que le gouvernement espagnol n’a aucune intention de retirer ses troupes de la FINUL ", a-t-il déclaré mardi 19 février. Sophie Castella pour Guysen International News
http://www.guysen.com/articles.php?sid=6771&titre=L%E2%80%99OTAN-en-Jud%C3%A9e-Samarie--
Mercredi 20 février 2008 à 14:38


3 Hamas rejette tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie.
Le Hamas a exprimé son rejet catégorique de tout projet de déploiement de forces internationales en Cisjordanie, accusant le projet de chercher à remplacer l'occupation israélienne par une autre. 
Le Docteur Sami Abu Zuhri a déclaré hier soir en exclusivité au Centre Palestinien d'Information que ce qui a été publié dans les journaux israéliens sur une proposition américaine de déployer des forces de l'OTAN en Cisjordanie après le retrait des troupes des forces israéliennes d'occupation tente de donner l'impression qu'une solution est en vue, alors que sur le terrain, aucune n'a pu être réalisée.

Le Docteur Abu Zuhri a souligné que le peuple palestinien veut en finir avec l'occupation et exercer son droit à l'auto-détermination plutôt que remplacer l'occupation sioniste par une autre. Le quotidien israélien Jerusalem Post a rapporté que le Général James Jones, envoyé américain pour la sécurité dans la région, a émis cette idée au cours de ses récentes discussions avec les responsables israéliens. Pour sa part, le Mouvement Jihad Islamique a également rejeté l'idée d'un déploiement des forces de l'OTAN dirigées par les USA, soulignant que l'administration américaine cherche, après avoir envahi l'Irak et l'Afghanistan, à parachever son hégémonie sur la région.

Dans un communiqué de presse reçu par le CPI, le mouvement a mis en garde contre ce plan dangereux pour la cause palestinienne et l'avenir du peuple palestinien parce qu'il vise à sauver l'occupation israélienne de son impasse interne et à lui fournir, ainsi qu'aux colons, protection et sécurité et le dispensant de sa responsabilité comme entité occupant les terres palestiniennes. Le mouvement a renouvelé son adhésion à l'option de la résistance contre l'occupation israélienne et contre toute nouvelle occupation, soulignant que la seule solution est le retrait inconditionnel d'Israël des terres palestiniennes et la reconnaissance des droits palestiniens inaliénables.
Palestine Info  
21-02-2008
 Traduction : MR pour ISM


1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Le gouvernement français cautionne et encourage une fois de plus l'occupation, le blocus de Gaza.

Chères amis, Chers amis,

C'est sans vergogne que le gouvernement français cautionne et encourage une fois de plus l'occupation, le blocus de Gaza et les crimes perpétrés par l'armée israélienne, en choisissant Israël comme invité d'honneur du Salon du Livre qui s'ouvrira à Paris le 14 mars prochain. C'est "en l'honneur des 60 ans d'existence de l'Etat d'Israël" que le salon du livre se met à la disposition d'Israël, que l'ambassade de France en Israël va payer le déplacement de 39 écrivains israéliens, et que Shimon Perès est invité par Sarkozy à venir en France et à participer à l'inauguration de ce salon. Trente-neuf écrivains israéliens et non quarante, puisqu' Aharon Shabtai, grand poète, a refusé de participer à ce qu'il appelle une "entreprise de propagande" en ces termes :  ”Je ne pense pas qu’un État qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare cyniquement camouflé en culture. Cela manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à la France , qui appuie l’occupation. Et je ne veux pas, moi, y participer.”

 L’écrivain israélien Benny Ziffer, responsable des pages littéraires du quotidien Haaretz, a également appelé au boycott de ce Salon en estimant qu'il est "indécent que des écrivains israéliens viennent à Paris recevoir des honneurs pendant que des mères palestiniennes restent coincées dans le froid aux check-points." Le surlendemain, on apprenait un nouveau décès de femme palestinienne à un check-point, celui de Fawzya Qabb, 67 ans, victime d’un accident vasculaire cérébral, à qui les soldats de l’armée d’occupation ont interdit le passage en ambulance pour se rendre à l’hôpital.

L'écrivain britannique Tariq Ali et le philosophe italien Gianni Vattimo ont aussi appelé à boycotter le salon du livre de Turin qui, comme celui de Paris, célèbrera Israël et ses 60 ans d'existence.

L’historien et militant internationaliste Ilan Pappé, n'y présentera pas non plus son nouveau livre « Le nettoyage ethnique de la Palestine  » .

Car le nettoyage ethnique qui a commencé en 1947 se poursuit quotidiennement sous nos yeux à l'heure actuelle. Civils assassinés, malades condamnés à mort, population affamée, économie étranglées, mur construit sur les terres palestiniennes, poursuite de la colonisation, emprisonnement de milliers de résistants, barrages, bouclages... tout est fait pour amener les Palestiniens à quitter leurs terres sous l'oeil impassible de nos dirigeants.
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine N'oubliez pas de consulter notre site http://www.europalestine.com


3 Dossier

3-1 Point de vue de Ali Abunimah : Guerre américaine par procuration à Gaza.

Ces derniers jours, les brutalités incessantes et meurtrières de l’occupation israélienne ont été éclipsées par le carnage de Gaza où des dizaines de Palestiniens ont été tués dans ce qu’on appelle communément « combats entre factions » opposant les forces loyales au président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et à sa faction du Fatah, d’un côté, et les forces loyales au gouvernement dirigé par le Hamas, de l’autre. Les ondes radio ont été saturées d’appels angoissés venus de tous les secteurs de la société palestinienne - partis politiques, organisations non gouvernementales, chefs religieux chrétiens et musulmans - pour que cessent les combats et qu’on revienne au dialogue. Peut-être par peur d’exacerber une situation déjà cruelle, peu de ces voix s’en sont prises directement au moteur de cette violence.

Dans les esprits enfiévrés des idéologues de l’administration Bush, la Palestine est devenue un nouveau front dans ce qu’ils conçoivent comme une nouvelle Guerre Froide contre l’ « islamo-fascisme ». Ils tiennent l’Iran pour la cible principale et des batailles sont menées par procuration contre un ennemi imaginaire, depuis l’Afghanistan et le Pakistan, en passant par l’Irak, jusqu’à la Palestine , le Liban, la Somalie et au-delà, partout où l’on peut trouver des Arabes et des musulmans. Dans chaque cas, des conflits locaux, avec leur histoire spécifique, sont exacerbés et rangés dans cette grande perspective narrative.

Mahmoud Abbas et le seigneur de la guerre Mohamed Dahlan à Gaza sont devenus les complaisants fondés de pouvoir au niveau de la concession palestinienne de ce vaste projet, ainsi qu’en attestent leur tactique et leurs déclarations d’allégeance.

Le dernier cycle de combats a débuté vendredi 1er février, lorsque les forces du Ministère palestinien de l’Intérieur, que dirige le gouvernement Hamas, ont tenté d’interdire l’entrée à Gaza d’un convoi de camions en provenance d’Israël. De hauts fonctionnaires ont prétendu que les camions transportaient des armes destinées à la Garde présidentielle, la milice fidèle à Abbas.

Des personnalités du Fatah, s’exprimant sur les ondes du service en arabe de la BBC , ont opposé un démenti véhément à ces allégations, faisant des déclarations contradictoires quant au chargement des camions, l’un disant qu’ils transportaient « de la nourriture et des médicaments pour le peuple palestinien », un autre « des tentes et de l’équipement », un troisième encore « des générateurs électriques et des pièces de rechange ». Il n’y avait pas deux démentis concordants.

Pourtant, le fait que la Garde présidentielle reçoive des armes via Israël est connu de tous les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie et il en a été ouvertement question, durant des mois, dans les médias israéliens. Depuis octobre, huit cargaisons de fusils AK-47, de mitrailleuses et de plusieurs millions de cartouches sont entrées à Gaza, venant d’Israël, par les passages de Nahal Oz et Kerem Shalom, aux dires d’un officier de haut rang de la Force 17, une milice du Fatah, qui a communiqué cette information au journaliste Khaled Amayreh, en poste à Hébron. Toutes ces armes ne vont pas exclusivement à la Garde présidentielle ; beaucoup sont vendues au plus offrant.

Et il y a quelques jours à peine, le Président Bush a annoncé que dans un avenir proche, il transférerait 86 millions de dollars afin de renforcer Abbas. Dans le but de changer de sujet, et de passer de ce scandale d’une « présidence » palestinienne recevant des armes US, via Israël, pour les employer contre le peuple palestinien, la Garde présidentielle a lancé une contre-attaque contre l’Université Islamique de Gaza, bombardant, brûlant et démolissant des parties de celle-ci. Des fonctionnaires d’Abbas ont déclaré que leurs forces avaient arrêté sept experts en armes iraniens travaillant pour le Hamas, et ils ont taxé les dirigeants du Hamas d’ « extrémistes » et de « putschistes ». Le Fatah et une radio locale appuyée par le Fatah ont même accusé le Hamas d’avoir lui-même incendié l’Université Islamique afin de noircir la « glorieuse image » du Fatah. Les allégations à propos des Iraniens n’ont été prises au sérieux par personne, mais elles ont révélé à quel point les fonctionnaires d’Abbas ont adopté la perspective israélienne et américaine.

Au cours de diverses manifestations, les loyalistes de Dahlan ont crié « Shiites, Shiites » aux sympathisants du Hamas. C’était peut-être censé attirer l’attention sur l’appui iranien au Hamas (mouvement qui, comme le reste de la communauté palestinienne musulmane, est sunnite) mais cette détestable provocation sectaire, inconnue jusqu’ici dans la société palestinienne, sert (pour le moment) l’agenda stratégique plus large des sponsors d’Abbas et Dahlan. Après la défaite israélienne face au Hezbollah, l’été dernier, le mouvement shiite libanais, appuyé par l’Iran, a gagné un énorme prestige parmi les peuples de la région, en particulier chez les Palestiniens, en tant que mouvement arabe nationaliste et pan-islamique, tenant tête à l’agression israélienne, en contraste avec des gouvernements sans mordant, impopulaires et corrompus. D’où la promotion active de la peur sunnite à l’égard du frère shiite, destinée à limiter l’influence de l’Iran - et à resservir une bonne vieille dose de « diviser pour régner ». (Dans cette perspective, le carnage en Irak et l’outrage de la brutale pendaison d’un Saddam identifié aux sunnites, par une milice identifiée aux chiites, étaient un véritable bonus.)

Abbas fait enfin ce qu’Arafat a toujours été poussé à faire, tandis qu’Israël et les USA observent joyeusement. Comme l’expliquait Haaretz, Israël n’a éprouvé aucun besoin de lancer une opération de représailles de grande envergure contre Gaza, suite à l’attentat d’Eilat du 29 janvier : « Lorsque Fatah et Hamas réussissent si bien à s’entretuer, pourquoi Israël interviendrait-il et les inciterait-il à resserrer les rangs contre l’ennemi commun ? » Tandis que les combats faisaient rage à Gaza, le porte-parole de la politique américaine, ce qu’on appelle le Quartet (constitué de représentants des Etats-Unis, de l’Union Européenne, des Nations Unies et de la Russie ), s’est réuni pour discuter du « processus de paix » depuis longtemps défunt. Cet organe a exprimé sa « profonde préoccupation au sujet de la violence parmi les Palestiniens » et a appelé au « respect de la loi et de l’ordre ». Répétant l’approche américaine de la guerre du Liban de l’été dernier, le Quartet n’a ostensiblement pas appelé à un cessez-le-feu.
Il a néanmoins appelé à « l’unité palestinienne derrière un gouvernement engagé dans la non-violence, dans la reconnaissance d’Israël et l’acceptation des obligations de la Feuille de Route », tout en demeurant totalement silencieux sur le nettoyage ethnique lent et continu des Palestiniens par Israël, en particulier l’annonce faite la semaine dernière par le Premier Ministre israélien, Ehoud Olmert, qu’Israël étendait le mur de séparation illégal en Cisjordanie, plus à l’Est afin d’annexer plusieurs grandes colonies réservées aux juifs. Cette mesure ajoutera vingt mille Palestiniens aux centaines de milliers d’autres qui sont déjà isolés dans ces ghettos emmurés que l’ancien président américain Carter a comparés à l’ « apartheid ».

Le Quartet a même fait bon accueil à l’armement de la Garde présidentielle par les USA, encore que le double langage diplomatique ait trouvé l’euphémisme convenable pour en parler comme des « efforts d’amélioration du secteur palestinien de la sécurité, visant donc à aider à faire avancer la loi et l’ordre pour le peuple palestinien ».

Si peu encourageantes que soient les choses, des fissures commencent à apparaître. Bien que la propagande états-unienne assure qu’armer la milice d’Abbas est en partie une réponse à l’influence iranienne croissante, le Comité du Développement International du Parlement britannique a conclu, la semaine dernière, que c’étaient les sanctions occidentales et les mesures d’isolement qui avaient conduit le Hamas à rechercher le soutien iranien. Le Comité a condamné le refus du gouvernement du Royaume Uni de discuter avec le Hamas, le pressant de le faire comme il l’a fait avec l’IRA, et le pressant d’envisager des sanctions de l’Union Européenne à l’égard d’Israël, comme la suspension de l’Accord d’Association qui octroie à l’Etat juif des privilèges commerciaux.

La propagande israélienne et américaine, adoptée maintenant aussi par l’Union Européenne, tente d’obscurcir cette compréhension fondamentale que la Palestine est un combat pour la libération d’un peuple colonisé. La politique qui consiste à aider un groupe de collaborateurs à lutter par procuration, au nom de l’empire, du colonisateur et de l’occupant, ne fera qu’aggraver l’effusion de sang. Mais, au bout du compte, elle échouera en Palestine comme elle a échoué en Irlande du Nord, en Afrique du Sud et Centrale et en Amérique du Sud, et comme elle est en train d’échouer en Irak.    Ali Abunimah     mercredi 7 février 2007                                               The Electronic Intifada Ali Abunimah est co-fondateur de ‘The Electonic Intifada’ et l’auteur de « One Country -

A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse » (Metropolitan Books, 2006)

Ali Abunimah, The Electronic Intifada - The American proxy war in Gaza, le 3 février 2007
Traduit de l’anglais par Michel Ghys


3-2 Point de vue de Darryl Li : Gaza - d'une prison à un zoo.
La métaphore qui présente la bande de Gaza comme la prison la plus grande du monde est malheureusement dépassée. Israël traite maintenant la Bande comme un zoo.
Le contrôle « humanitaire » de Gaza par Israël.
La gestion d'une prison vise à entraver et à réprimer la liberté ; dans un zoo, la question est de savoir comment garder en vie ceux qu'on maintient à l'intérieur, dans le souci de la façon dont ceux, à l'extérieur, vont pouvoir les regarder. La question de la liberté n'est jamais soulevée. La crise de l'électricité actuelle aide, pour ainsi dire, à illustrer ce changement politique.
La quasi-totalité de l'énergie de Gaza est fournie par Israël, à la fois directement depuis son propre réseau électrique - Israël se paie sur les revenus fiscaux qu'il collecte au nom de l'Autorité nationale palestinienne (ANP) -, et indirectement avec les livraisons de carburant par la compagnie israélienne Dor Alon à l'unique centrale électrique de Gaza, payées par l'Union européenne.
Gaza connaît une crise d'énergie électrique depuis juin 2006, quand les hélicoptères de combat israéliens ont lancé leurs missiles sur les transformateurs de la centrale électrique, suite à la capture d'un soldat israélien, la rendant inutilisable (1). Israël a par la suite entravé toutes possibilités de réparation en bloquant ou retardant l'entrée des pièces de rechange et des matériels dans
la Bande. La centrale fonctionne à l'heure actuelle à un niveau infime de ses capacités, répondant à moins d'un tiers des besoins de Gaza en électricité. Avant même que la fourniture du carburant pour la centrale ne soit coupée, le 20 janvier 2008, la plupart des gens de Gaza subissaient de fréquentes coupures, jusqu'à 8 heures par jour (2).
Aggravant ce problème, l'intention annoncée par le cabinet de sécurité israélien, le 19 septembre, de couper l'approvisionnement en électricité et en carburant de Gaza. Le 29 novembre 2007,
la Cour suprême israélienne a jugé que l'arrêt des fournitures en carburant pouvait être autorisée, arguant que la décision de l'Etat de réduire la quantité du carburant transférée à Gaza n'affectait pas les « besoins humanitaires essentiels » de la population (3). La Cour a autorisé la poursuite des réductions de carburant mais elle a réservé sa décision sur les coupures programmées en électricité, demandant parallèlement à l'Etat un complément d'informations pour lui permettre de se prononcer.

L'interaction entre l'Etat et la Cour est révélatrice de la façon dont Israël gère l'après désengagement de Gaza, et d'une mentalité de gardien de zoo. En 2006, Israël a décidé que la meilleure façon de punir les habitants de Gaza pour la capture de l'un de ses soldats était de leur porter un coup exceptionnel, un acte spectaculaire de violence qui conduirait à une privation généralisée (4). Maintenant, il recherche les mêmes résultats - par l'arrêt de l'électricité avec ses conséquences sur la vie quotidienne - mais par des moyens plus mesurés et à long terme. Cette différence dans la démarche est identique à celle qu'il y a entre les coups qu'on porte à la tête d'un prisonnier rebelle pour l'obliger à se soumettre, et le domptage d'un fauve où l'on dose soigneusement la longueur de sa laisse et son alimentation.
La notion d'« humanitarisme essentiel »
Cette réorientation exigeait d'abord de balayer la base juridique, d'où l'absence de toute référence dans la décision de
la Cour du 29 novembre à un antécédent, traité ou texte juridiques, ce qui reflète la vision de Gaza qu'avait l'Etat pour après son désengagement : une zone qui n'impliquerait pour lui aucune contrainte juridique. Le droit international de l'occupation, sur lequel la Cour se fonde pour ses décisions relatives à Gaza, du moins en théorie - sans restrictions contre la colonisation - est absent, y compris l'interdiction absolue des punitions collectives (art. 33 de la Quatrième Convention de Genève). La décision de la Cour doit se lire uniquement comme une sorte d'exercice de calcul pratique, hypothétique ; le tribunal agit plus en administrateur qu'en juge, tel un partenaire dans le dosage des souffrances que les gens de Gaza doivent endurer.
Au lieu d'un quelconque cadre juridique, l'Etat a proposé - et
la Cour aujourd'hui l'a approuvé - une règle apparemment toute simple pour sa politique : une fois que « les besoins humanitaires essentiels » sont satisfaits, toutes les autres privations deviennent autorisées. S'il est possible de rationner le carburant pour les hôpitaux et le réseau d'égouts, alors, les besoins de l'économie de Gaza n'ont plus de rôle à jouer : « Nous réfutons l'argument des demandeurs (3) selon lequel il faudrait laisser "les forces du marché" jouer leur rôle à Gaza pour ce qui concerne la consommation de carburant. » (5)
Cette logique reflète le changement radical de la politique de blocus d'Israël depuis l'été 2007 : elle passe de la fermeture fréquente et paralysante à un blocus illimité, sauf pour les « articles humanitaires essentiels ». Israël change : avant il voulait punir l'économie de Gaza, maintenant il décide que l'économie de Gaza est un luxe superflu (bien qu'Israël autorise encore l'entrée de marchandises à Gaza quand les producteurs israéliens ont besoin d'écouler des surplus). Cette politique a contraint 90% des industries privées de Gaza à la fermeture, au gel de tous les chantiers de construction, et a fait monter le chômage à des niveaux records (6). Environ 80% de la population dépendent aujourd'hui de l'aide alimentaire, et les 20 autres pour cent vivent principalement sur les revenus des fonctionnaires, des salariés des ONG ou de ceux des organisations internationales, c'est-à-dire de gens qui dépendent économiquement de la bonne volonté extérieure d'une façon indirecte mais néanmoins réelle.

En pratique, la distinction pure et simple entre besoins vitaux et luxe est souvent impossible à faire. Le réseau électrique fatigué de Gaza peut assurer, et assure, la répartition entre les secteurs, mais les hôpitaux et les pompes pour les eaux usées sont trop dispersés pour être alimentés en électricité séparément du reste de la population (7). Le fait qu'une autorisation doive être obtenue par ceux qui sont dans un état de santé « critique » et qui ont besoin de traitements médicaux à l'extérieur de Gaza - une règle approuvée par la Cour suprême israélienne l'été dernier (8) - a été la cause de décès du fait de refus de ces autorisations, même pour de simples procédures de « qualité de vie », y compris pour des opérations à cour ouvert (9).
La notion d' « humanitarisme essentiel » (on ne sait pas trop ce qui constitue l'humanitaire « non essentiel ») réduit les besoins, les aspirations et les droits de un million quatre cent mille humains à un exercice pour calculer le nombre de calories, de mégawatts et autres, d'unités unidimensionnelle, qui déterminent la distance qui sépare de la mort. Elle détourne l'attention de la destruction - et même elle la légitime - des capacités et des ressources intérieures de Gaza : son économie, ses institutions et son infrastructure. Et même si cette notion est mise en ouvre de bonne foi, et avec les meilleures intentions, elle ne promet rien d'autre que de transformer tous les Gazaouis, sans exception, en mendiants - ou plutôt en animaux bien nourris -, tributaires de l'argent international et des autorisations israéliennes.

Si les efforts passés d'Israël pour limiter les termes du débat aboutissent, la communauté internationale, les plaideurs locaux, les « dirigeants » palestiniens, et d'autres, pourraient bientôt dépenser l'essentiel de leur énergie à mendier, ici une citerne de carburant en plus, là quelques mégawatts d'électricité supplémentaires. Cependant, pour se confronter à la consolidation du régime de zoo, il faut une approche plus large.
A bien réfléchir, Gaza semble être moins un zoo qu'un enclos pour animaux, dans l'arrière-cour d'un grand manoir, à savoir l'Etat d'Israël. La bande de Gaza ne constitue pas un monde spécifique à part, mais un endroit annexe où un quart de toute la population palestinienne vit sous le contrôle d'Israël.

Les Gazaouis sont au plus bas degré de l'échelle d'une hiérarchie dans l'exclusion juridique qui couvre la moitié de la population non juive d'Israël/Palestine, laquelle se décompose en citoyens d'Israël, résidents de Jérusalem-Est et en Cisjordaniens (vivant soit sous l'administration de l'Autorité nationale palestinienne, soit sous la juridiction militaire israélienne directe). Les lendemains de Gaza sont inextricablement liés à ceux d'Israël, et le présent de Gaza fournit l'exemple le plus urgent de la nécessité de définir un système politique plus juste et un cadre juridique à l'Etat qui, de fait, a étendu son territoire depuis le fleuve jusqu'à la mer, depuis 4 décennies.

1) Pour une vue d'ensemble sur les effets de l'attaque et juger de sa légalité, voir « Acte de vengeance : le bombardement de la centrale électrique de Gaza par Israël et ses effets » (B'Tselem, septembre 2006).
· 2) « Rapport sur la situation humanitaire à Gaza : les pénuries d'énergie dans la bande de Gaza » (pdf) (OCHA-TPO, 8 janvier 2008).
· 3) HCJ 9132/07, Jaber al-Basyouni Ahmed c/Premier ministre : les demandeurs à la procédure sont : Adalah (centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël), Gisha (centre juridique pour la liberté de mouvement), HaMoked (centre pour la défense de l'individu), PHR (Médecins pour les droits humains - Israël), PCHR (centre palestinien pour les droits humains), le Comité public contre la torture en Israël, le Programme de psychiatrie de la communauté de Gaza, B'Tselem (centre d'information israélien pour les droits humains dans les territoire occupés), Al-Haq et Al Mezan (centres pour les droits humains).
· 4) Selon Yoav Gallant, chef du Commandement Sud de l'armée israélienne, une alternative aux coupures de courant directes a aussi été examinée mais rejetée en raison de l'opposition de la société d'Electricité d'Israël, probablement pour des raisons contractuelles et financières. « Acte de Vengeance » p. 27.
· 5) HCJ 9132/07, Jaber al-Basyouni Ahmed c/Premier ministre, § I.4.
· 6) « Fermeture de la bande de Gaza : conséquences économiques et humanitaires » (pdf) (OCHA-TPO, 13 décembre 2007).
· 7) Pièce jointe A, attachée aux conclusions déposées par Usama Dabbour, directeur des relations extérieures de la Compagnie de distribution d'électricité de Gaza (GEDCO) devant la Cour suprême dans l'affaire HCJ 9132/07, Jaber al-Basyouni Ahmed c/Premier ministre, 9 janvier 2008.
· 8) HCJ 5429/07, PHR c/Ministre de la Défense.
· 9) « Israël : le gouvernement bloque les évacuations sanitaire depuis Gaza » (HRW, communiqué de presse du 20 octobre 2007).


Article présenté avec beaucoup d'intérêt par Laïla El-Haddad sur son blog, le 2 février 2008 : « Un excellent article que celui du grand ami Darry Li, après sa dernière visite en Gaza, qui explique la nouvelle politique israélienne, inhumaine, de "l'humanitarisme essentiel" ».
Texte en anglais diffusé par Gaza.ch ; texte initial en arabe sur Adalah's Newsletter, volume 44, janvier 2008 - traduction de l'anglais : JPP
Darryl Li
lundi 4 février 2008

Darril Li est titulaire d'un doctorat en Anthropologie et d'Etudes sur le Moyen-Orient à l'université d'Harvard et d'un doctorat de Droit à la faculté de droit de Yale. Il est aussi consultant pour Trocaire, groupement catholique irlandais pour le développement outremer.
L'essentiel de cet article a été écrit à Gaza, entre les coupures de courant ; les opinions exprimées dans cet essai lui sont personnelles. Il a été écrit avant la décision de la Cour suprême du 30 janvier 2008 : HCJ 9132/07, Jaber al-Basyouni Ahmed c/Premier ministre (et avant la destruction du mur/frontière entre Rafah et l'Egypte par les Palestiniens, le 23 janvier - ndt).


3-3 Point de vue de Denis Sieffert : La frontière de Rafah s’est donc refermée … Après douze jours d’incessantes allées et venues, la frontière de Rafah s’est donc refermée, lundi, derrière les derniers Palestiniens de retour à Gaza. Ce long désordre maîtrisé a fait sa première victime, alors que deux mille personnes protestaient contre la fermeture du mur. Jets de pierres, échanges de tirs : un Palestinien a été tué, plusieurs autres, ainsi que des policiers égyptiens, ont été blessés. La veille, c’est la police du Hamas qui avait sorti les bâtons contre les Gazaouites récalcitrants. La coopération, pour le meilleur et pour le pire, du Hamas avec les forces de l’ordre égyptiennes aura d’ailleurs été l’un des faits marquants de cet épisode.

À l’heure d’un premier bilan, une évidence s’impose : l’opération constitue une victoire politique du Hamas. Le mouvement, qui contrôle le territoire depuis le mois de juin dernier, a été à l’origine de l’ouverture de cette frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte, comme il a finalement imposé sa fermeture. Partenaire obligé de l’Égypte, il n’a pas seulement forcé le blocus israélien qui asphyxie Gaza, il a aussi provisoirement battu en brèche la stratégie du déni organisée par la communauté internationale à son encontre, et plongé dans l’embarras le grand voisin égyptien. Car, pour celui-ci, le bilan est nettement plus contrasté. Après avoir hésité sur l’attitude à adopter et manié les lances à eau durant les premières heures, l’Égypte s’est finalement résignée à accueillir ces centaines de milliers de Palestiniens, privés de tout.
Le régime du président Hosni Moubarak a été confronté à la contradiction historique d’un pays totalement dépendant des États-Unis, et qui reçoit à ce titre d’importants subsides, mais dont l’opinion publique est hypersensible au problème palestinien.
Il lui a fallu éviter de donner à voir le moindre signe de complaisance à l’égard du Hamas et des Palestiniens, cela pour ne pas mécontenter les États-Unis et Israël, devenus depuis 1978 ses alliés stratégiques. Mais il lui a fallu aussi éviter de tomber dans le piège de la répression violente, qui aurait mobilisé l’opinion publique égyptienne. Une jonction politique entre le Hamas et une opposition intérieure dominée par les Frères musulmans serait pour le régime le plus mortel des poisons. Dans cette affaire, l’Égypte a manié, presque au sens propre, la carotte et le bâton, imposant finalement aux Palestiniens de rentrer chez eux, moins par la répression que par l’assèchement des zones d’approvisionnement.

Le troisième grand acteur n’a guère été visible.   Et le coup politique du Hamas ne lui facilite pas la tâche. Il s’agit évidemment de Mahmoud Abbas. Le président de l’Autorité palestinienne réapparaît au moment où se pose le problème du contrôle durable de la frontière. Le Hamas exige d’y être associé. Ce qui semble au minimum logique. Mais il se heurte pour l’instant au refus de l’Autorité palestinienne et de l’Union européenne, encore que le représentant européen, Javier Solana, ait fait à ce sujet une déclaration emberlificotée. La solution à ce problème comme à beaucoup d’autres réside sans aucun doute dans le retour à un dialogue entre le Hamas et le président palestinien, Mahmoud Abbas.
La réalité du Hamas pourra-t-elle être niée longtemps encore ?
Ce n’est pas seulement la réalité de Rafah, c’est aussi l’évidence du scrutin démocratique qu’il avait remporté en janvier 2006. Toute proportion gardée, Mahmoud Abbas est pris dans la même contradiction que l’Égyptien Hosni Moubarak, entre le soutien américain et son opinion publique.

Mais il existe tout de même une différence de taille : si l’Égypte reçoit, en échange de sa docilité diplomatique, une aide américaine substantielle, le président de l’Autorité palestinienne, lui, ne reçoit rien. Rien en tout cas de ce qui lui serait utile pour regagner la confiance de son peuple. Son intransigeance à l’encontre du Hamas, et son alignement sur l’attitude d’Israël et des États-Unis, pourrait au moins se concevoir s’il recevait en retour ne serait-ce que l’assurance d’un gel des colonies en Cisjordanie, ou une perspective de négociation sur le statut final des territoires palestiniens. C’est tout le contraire qui se produit. Plus il s’engage, moins il reçoit. C’est dans ces conditions qu’est survenu lundi le premier attentat suicide depuis un an sur le sol israélien.

Mais les deux activistes qui se sont fait exploser dans un centre commercial de Dimona, tuant une Israélienne, en blessant plusieurs autres, n’étaient pas membres du Hamas, mais des Brigades d’Al-Aqsa, liées au Fatah. Ce qui devrait faire réfléchir ceux qui, de bonne foi, croient encore à l’étiquetage « terroriste ». Cette classification d’inspiration américaine sert surtout à poser des interdits politiques. Elle ne correspond pas à une réalité infiniment plus complexe. Le désespoir n’est pas une invention du Hamas. C’est l’état devenu naturel d’un peuple sans perspective politique et que le blocus israélien tue à petit feu, quand ce n’est pas sous les bombes.
Politis, 07/02/2008
http://www.politis.fr/Parler-avec-le-Hamas.html...


3-4 Point de vue de Ali Samoudi : De Gaza à Jénine : l'occupation sioniste assassine.
Ali Samoudi : comment l'occupant a exécuté deux résistants à Qabatya (province de Jénine)
« Ils n'ont pas pu affronter les « lions » des Saraya al-Quds. Ils leur ont placé une embuscade pour les toucher et ensuite, les exécuter froidement ». C'est ainsi que le porte-parole des Saraya al-Quds a décrit ce qui s'est passsé lundi dernier à Qabatya, dans la province de Jénine, poursuivant : « nous n'avons entendu aucune protestation de la part des institutions des droits de l'homme, aucune demande d'enquête sur ces crimes commis par les unités de la mort de l'occupation ».
« Mais nous ne comptons pas sur des communiqués de protestation, nous savons comment riposter et comment faire face à l'oppression et les oppresseurs. Le sang de nos martyrs Ahmad Sadeq Abu Zayd et Ammar Abdel Rahim Zakarneh n'est pas vain. »
Depuis des semaines, les services de renseignements de l'occupation font des incursions répétées sur le village, ils enfoncent les portes des maisons et menacent les familles. L'occupant menace de tuer tous les résistants qui ne se livrent pas. Mais les combattants de Saraya al-Quds refusent de se rendre et décident de poursuivre le combat, jusqu'au martyre. « Ce qui s'est passé à Qabatya illustre l'impuissance de l'occupant à faire face à la résistance. Notre mouvement grandit et se renforce, malgré les coups que nous recevons.
Deux semaines après l'assassinat du combattant et dirigeant des Saraya en Cisjordanie, Walid al-Ubaydi, exécuté de sang-froid après avoir été arrêté, les résistants poursuivent la lutte. En pleine nuit, les soldats de l'occupation sont entrés dans le village, ont enfoncé les portes de quelques maisons, prenant en otages les familles qui y habitent, et montant sur les toits, pour surveiller le village et cibler les résistants.
C'est de ces positions élevées que les soldats sionistes de l'unité de la mort ont pu voir les résistants Ammar, Ahmad et Naji Nazzal qui se trouvaient dans le quartier Khilla, où ils s'apprêtaient à empêcher l'entrée des soldats. Les balles tirées par les soldats les encerclent sur place. Naji réussit à fuir, malgré ses blessures, mais Ammar et Ahmad sont incapables de bouger. Et les unités de la mort poursuivent leurs tirs, voulant empêcher l'arrivée des secours.
Les tirs réveillent les habitants du quartier, qui se lèvent paniqués et inquiets. Les témoins affirment que plus de vingt patrouilles pénètrent alors dans le village pour soutenir les unités spéciales qui se sont jetées sur les résistants pour les encercler, alors qu'ils baignent dans leur sang. Les ambulances sont confisquées, alors qu'il était encore possible de les secourir et de les arrêter ensuite. Non seulement ils furent privés des soins, mais les forces de l'occupation ont poursuivi leur ouvre de mort et les ont exécutés.
Sitôt les tirs entendus, les ambulances et les équipes de secours se sont précipités sur les lieux, mais les forces de l'occupation les ont retenus, pendant plus de deux heures, jusqu'à la fin de l'assassinat. Ensuite, ils ont pu pénétrer jusqu'au lieu du crime, trouvant les deux hommes ensanglantés et criblés de balles. Les médecins de l'hôpital dr. Khalil Sulayman, à Jénine, disent que les deux martyrs ont été criblés de balles sur toutes les parties de leurs corps, de la bouche jusqu'aux pieds, et que des balles ont été tirées de près, les tuant net.
Le Jihad islamique a accusé les forces de l'occupation d'avoir exécuté froidement les deux résistants. Dans un communiqué, il dénonce l'insistance de l'occupation à assassiner, au lieu d'arrêter ses militants, et notamment à Qabatya, où le mouvement jouit d'une grande popularité. Il a ajouté que le crime de l'occupation a des visées claires, et a considéré que les pourparlers, les rencontres et les négociations entre l'Autorité palestinienne et l'occupation sont utilisés par l'occupant pour mener sa sale guerre, mais cela ne mettra pas fin au chemin de la résistance. « Les assassinats sont des menaces mais le mouvement y répondra de la même manière, car notre guerre est ouverte et notre lutte doit se poursuivre, quel que soit son prix », a ajouté le communiqué.
Le père du martyr Zakarne a déclaré : « l'occupant a froidement exécuté mon fils. La communauté internationale doit dénoncer les crimes commis par l'occupation ».
A Jénine, le cortège transportant les corps des martyrs a été suivi par plusieurs milliers de personnes, venant de Jénine et de Qabatya, pour retourner à Qabatya, où un rassemblement a été organisé, en hommage aux deux martyrs, au cours duquel se sont exprimés les responsables du Jihad islamique, du Fateh ainsi que des autres mouvements de la résistance.
Ali Samoudi 
Traduit par Cirepal (Centre d'Information sur la résistance en Palestine)
18 février 2008

n°321 Dossier de Palestine 22-02 (Suite)

Sommaire(suite)

3-5 Point de vue de Pilger John : Faire tomber les murs.

3 -6 Point de vue de Samah Jabr : La négation de la Nakba palestinienne : 60 ans, ça suffit !

3 -7 Point de vue de Samah Jabr : La négation de la Nakba palestinienne : 60 ans, ça suffit !

3 -8 Point de vue de Samah Jabr : Khalid Amayreh -Les Palestiniens doivent exiger des réparations de l’Allemagne.


3-5 Point de vue de Pilger John : Faire tomber les murs.

Dans son dernier article pour New Statesman, John Pilger décrit comment l’évasion des Palestiniens de Gaza peut inspirer tous ceux qui luttent pour faire tomber les nouveaux murs 'de Berlin' qui s’érigent partout dans le monde..    La récente évasion du peuple de Gaza est un spectacle héroïque, du jamais vu depuis le soulèvement du ghetto de Varsovie et la chute du mur de Berlin.

Alors qu’en Cisjordanie, le plan d’Ariel Sharon d’emmurer la population et de lui voler sa terre et ses ressources a pratiquement réussi ─ il ne manque plus qu’un Vichy palestinien pour clore ─ les gens de Gaza ont défié leurs bourreaux pendant un bref laps temps, ce qui promet qu’ils recommenceront. Leur réussite est un symbole qui touche profondément des vies et des espoirs partout dans le monde.

« Notre destin [celui voulu par Sharon] », écrit le Palestinien Karma Nabulsi, « était la vision hobbesienne d’une société anarchique : tronquée, violente, impuissante, détruite, craintive, contrôlée par des milices disparates, des gangs, des idéologues religieux et des extrémistes, divisée par des tribalismes ethniques et religieux, et cooptée [par] des collabos. Regardez l’Irak aujourd’hui ─ voilà ce qu’il avait en magasin pour nous et il a presque réussi. » Les expérimentations d’Israël et des Etats-Unis d’Amérique dans la souffrance massive ont presque atteint leur but. Il y a eu First Rains (Premières pluies), le nom de code d’une horreur de chaque nuit, avec des bangs supersoniques qui rendaient fous les enfants de Gaza. Il y a eu Summer Rains (Pluies d’été), déluge de bombes et de missiles sur des civils, puis des exécutions extrajudiciaires, et enfin l’occupation des terres. Ehud Barak, l’actuel ministre israélien de la défense, a essayé toutes les sortes de blocus : plus d’électricité pour les pompes à eau potable et l’épuration, les incubateurs des enfants prématurés et les appareils à dialyse, plus de pétrole ni de nourriture pour une population d’enfants mal nourris pour la plupart. Tout cela accompagné du bourdonnement hypocrite incessant des radios et des politiciens occidentaux, une voix couvrant l’autre, platitude après platitude, tribunes de la « communauté internationale », dont le but n’est pas d’aider les victimes, mais de présenter une occupation incontestablement illégale comme « contestée », et condamner une Autorité palestinienne démocratiquement élue comme composée de « militants du Hamas », qui « refusent de reconnaître le droit à l’existence d’Israël », alors que c’est Israël qui refuse, à l’évidence, de reconnaître le droit des Palestiniens à exister.

« Ce qui est caché à l’opinion publique [israélienne] » écrit le 26 janvier dernier Uri Avnery, un des fondateurs de Gush Shalom, le mouvement israélien pour la paix, « est que le lancement de Qassams [les roquettes de Gaza] pourrait être stoppé demain. Il y a plusieurs mois, le Hamas a proposé un cessez-le-feu. Il a répété son offre cette semaine… Pourquoi notre gouvernement ne saute-t-il pas sur cette proposition ? C’est simple : pour passer un tel accord, il faut parler au Hamas… Or il est plus important de boycotter le Hamas que de mettre un terme à la souffrance de Sderot. Tous les medias relaient complaisamment ce prétexte. » Il y a longtemps, le Hamas a offert à Israël un cessez-le-feu de dix ans et a reconnu, depuis lors, la « réalité » de l’Etat juif. Ce n’est presque jamais rapporté à l’Ouest.

L’inspiration soulevée par l’évasion palestinienne de Gaza a été théâtralement démontrée par la star égyptienne du foot Mohamed Aboutreika. Venu soutenir son équipe, qui l’emportait par 3-0 contre le Soudan dans la Coupe d’Afrique des nations, il a soulevé son maillot, dévoilant un T-shirt sur lequel était écrit en anglais et en arabe : « Compatissez avec Gaza ». La foule, debout, a applaudi, et des centaines de milliers de gens tout autour de la terre lui ont dit leur soutien, ainsi qu’à Gaza. Un journaliste égyptien, membre d’une délégation de journalistes sportifs protestant auprès de la Fifa contre le carton jaune infligé à Aboutreika, a déclaré : « De telles actions font tomber beaucoup de murs, des murs de silence, des murs dans nos têtes. »

Dans les « murdochracies », qui considèrent la plus grande partie du monde sous l’angle de l’utilitarisme et le reste comme bon à jeter, nous en avons peu conscience. La sélection des nouvelles est affolante et suscite le désarroi. Le cynisme d’un groupe d’opportunistes identiques prétendant à la Maison blanche est donné pour respectable puisque chacun d’entre eux rivalise dans son soutien au despotisme guerrier du régime de Bush. John McCain, le républicain qui sera presque certainement désigné comme candidat à la présidence, veut « une guerre de cent ans ». Du côté des candidats démocrates en lice, le fait que l’une soit une femme et l’autre un homme noir, n’a absolument aucune importance : Condoleeza Rice la fanatique est à la fois femme et noire. Regardez le sombre monde qui soutient Hillary Clinton : vous trouvez les préférés de Monsanto, cette compagnie productrice de l’Agent Orange, le défoliant de guerre qui continue à détruire le Vietnam. L’un des conseillers secrets en chef de Barack Obama est Zbigniew Brzezinski, l’architecte de l’Opération Cyclone en Afghanistan, qui a produit le jihadisme, al-Qaida et le 11 septembre..

Ce cirque pernicieux est resté muet sur la Palestine et sur Gaza, et sur presque tout ce qui importe, dont l’annonce suivante, peut-être la plus importante du siècle : « La première utilisation des armes nucléaires doit rester dans le carquois d’escalade [sic] comme le moyen ultime de prévenir le recours aux armes de destruction massive. » Il faut lire plus d’une fois ces mots, qui provoquent l’incrédulité. Ils viennent d’une note écrite par cinq des plus hauts chefs militaires occidentaux, un Américain, un Anglais, un Allemand, un Français et un Hollandais, qui participent à la direction du club connu sous le nom d’OTAN. Ils sont en train de dire que l’Occident devrait utiliser l’arme atomique contre les pays détenteurs d’armes de destruction massive ─ excepté, évidemment, l’arsenal nucléaire occidental. User de l’arme atomique sera nécessaire parce que « les valeurs et le mode de vie occidentaux sont menacés ». D’où vient la menace ? « De là », disent les généraux.

Où ? Dans « le monde brutal ».

Le 21 janvier, à la veille de l’annonce faite par l’OTAN, Gordon Brown a été plus orwellien qu’Orwell. Il a dit que « la course pour davantage et de plus grands stocks de destruction nucléaire [sic] est dépassée ». La raison qu’il donne est que « la communauté internationale » (essentiellement l’Occident) est confrontée à de « sérieux défis ». L’un de ces défis est l’Iran, qui n’a pas d’armes nucléaires et pas de programme pour en construire, selon le rapport du National Intelligence Estimate (NIE), qui rassemble bon nombre des services de renseignements américains. C’est en contradiction flagrante avec la Grande-Bretagne de Brown, qui, au mépris du Traité de non-prolifération, a autorisé un arsenal nucléaire entièrement nouveau de missiles Trident, pour un coût qui devrait atteindre £ 25 milliards de livres sterling. En fait, Brown était en train de menacer l’Iran au profit du régime de Bush, qui veut attaquer ce pays avant la fin de son année présidentielle.

Jonathan Schell, l’auteur du célèbre Fate of the Earth, démontre une évidence irréfutable dans son dernier ouvrage, The Seventh Decade : the New Shape of Nuclear Danger : la guerre nucléaire est passée au centre de la politique étrangère occidentale même si l’ennemi est une invention. En réponse, la Russie a commencé à restaurer son arsenal nucléaire. Robert McNamara, le secrétaire d’Etat à la défense pendant la crise cubaine, décrit cela comme « bientôt l’apocalypse ». Le mur démantelé par les jeunes Allemands en 1989 et vendu par morceaux aux touristes se reconstruit dans l’esprit d’une nouvelle génération.

Pour les régimes de Bush et de Blair, l’invasion de l’Irak et la campagne contre le Hamas, l’Iran et la Syrie sont vitales pour fabriquer cette nouvelle « menace nucléaire ». L’effet de l’invasion de l’Irak, affirme une étude citée par Noam Chomsky, est « une multiplication par sept du taux annuel d’attaques jihadistes fatales ».

Voici le « monde brutal » de l’OTAN

Evidemment, le mur le plus haut et le plus ancien est celui qui « nous » sépare d’« eux ». Aujourd’hui, on le décrit comme un profond fossé entre les religions ou comme « une guerre des civilisations ». Ce sont des concepts faux, propagés par des milieux universitaires et journalistiques occidentaux, afin de procurer ce qu’Edward Saïd a appelé « les autres » – une cible identifiable pour la peur et la haine, justifiant l’invasion et le pillage économique. En fait, les fondations de ce mur avaient été posées il y a plus de 500 ans, lorsque les privilèges de « la découverte et de la conquête » avaient été accordés à Christophe Colomb dans un monde que le pape alors tout puissant considérait comme sa propriété, et dont il disposait à sa guise.

Rien n’a changé. La Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce, et maintenant l’OTAN, jouissent des mêmes privilèges de conquête au profit de la nouvelle papauté de Washington. Le but est ce que Bill Clinton appelait « l’intégration de pays dans la communauté du libre marché global », dont les règles, notait le New York Times, « exigent des Etats-Unis qu’ils s’impliquent plus à fond que jamais auparavant dans les problèmes de plomberie et de circuits électriques des affaires internes des autres nations. »

Ce système de domination moderne exige une propagande sophistiquée, qui présente ses objectifs comme bénins, et même comme « visant à promouvoir la démocratie en Irak », comme l’ont affirmé des cadres de la BBC répondant à des auditeurs sceptiques. Que « nous » à l’Ouest, ayons le droit d’exploiter sans entrave les économies et les ressources du monde pauvre, tout en maintenant des barrières tarifaires et des subventions d’Etat, est enseigné comme un savoir sérieux dans les départements économiques des universités de pointe. C’est du néolibéralisme ─ le socialisme pour les riches, le capitalisme pour les pauvres. « Plutôt que de reconnaître », a écrit Chalmers Johnson, « que le marché libre, les privatisations et toutes ces politiques sont contraires à l’histoire, que c’est un non-sens économique, les chantres du néolibéralisme ont aussi ressuscité une vieille explication du 19e siècle, et néo-nazie, à l’échec du développement ─ à savoir la culture.”

Ce qui est rarement débattu, c’est que le libéralisme comme idéologie ouverte et violente, est en train de détruire le libéralisme comme réalité. La haine des musulmans est largement propagée par ceux qui revendiquent la respectabilité de ce qu’ils appellent « la gauche ». En même temps, les opposants à la nouvelle papauté sont systématiquement salis, comme on l’a vu dans les fausses accusations de narcoterrorisme portées contre Hugo Chávez. Une fois qu’elles ont passé dans le débat public, les calomnies empêchent de critiquer authentiquement le Venezuela de Chávez et préparent le contexte pour une agression.

C’est le rôle qu’a joué le journalisme dans l’invasion de l’Irak et la grande injustice en Palestine. C’est aussi un mur, sur lequel Aldous Huxley, décrivant son utopie totalitaire dans Le Meilleur des mondes, aurait pu écrire : « L’opposition est hérésie. Le fatalisme est idéal. Le silence est préféré. » Si le peuple de Gaza peut désobéir à tous les trois, pourquoi pas nous ?

PILGER John  13 février 2008     Traduction par Diane pour le Grand Soir        http://pilger.carlton.com/page.asp?...


3 -6 Point de vue de Samah Jabr : La négation de la Nakba palestinienne : 60 ans, ça suffit !

Ce qui se passe actuellement à Gaza n’est pas une catastrophe humanitaire ; c’est plutôt une nouvelle Nakba, une autre guerre. Israël va poursuivre son escalade dans l’atrocité et le renforcement de son siège dans l’espoir que les Gazaouis fuiront en Egypte, et là, une bonne fois pour toutes. Le ministre de l’Intérieur israélien, Meir Sheetrit, a suggéré de raser un quartier de Gaza en réponse aux tirs de Qassam sur Sderot. Et il est considéré comme un modéré, comparé aux autres ministres israéliens !

Cette année marquera pour les Palestiniens les 60 ans du début de la Nakba , ces évènements de 1948 qui ont débouché sur l’occupation de la terre palestinienne et l’expulsion de son peuple. Mais la Nakba n’est pas seulement un évènement historique du passé. C’est un programme réfléchi, un processus d’occupation, de transfert et de génocide de l’identité nationale des Palestiniens, afin de vider une terre et de la peupler d’immigrants juifs.              En 1948, il a été possible d’attaquer, la nuit, des villageois palestiniens désarmés pour terroriser, tuer et violer. Aujourd’hui, au cours d'un siècle qui fait mine d’être plus civilisé et dans un monde plus globalisé, la tactique choisie est de rendre la vie des Palestiniens pire que la mort, en leur interdisant l’eau, l’électricité, la nourriture et les médicaments, de sorte qu’ils soient obligés de quitter, « d’eux-mêmes », leur patrie.

La complicité des pays du Proche-Orient et du monde dans le siège de Gaza est manifeste. En fait, même ceux qui brisent le silence et parlent de « catastrophe humanitaire » à Gaza se rendent complices, bien qu’involontairement : car la population de Gaza ne souffrent pas des séquelles d’un « tsunami », d’un tremblement de terre ou d’une quelconque catastrophe naturelle. Leur « catastrophe humanitaire » résulte de la volonté politique d’Israël et de l’approbation de la communauté internationale.

On nous promet la paix pour la fin 2008, mais tout ce que nous voyons et vivons n’est qu’oppression et guerre. Le prétendu « processus de paix » n’est là que pour créer une opportunité politique en faveur de ceux qui sont coupables de notre dispersion nationale. Conférence après conférence, sommet après sommet, la Nakba palestinienne tombe dans l’oubli ; il n’y est fait aucune allusion dans les négociations de paix, et aucune leçon n’en est tirée. Chaque diplomate et chaque dirigeant politique qui vient dans la région se rend au musée de l’Holocauste de Yad Vashim, mais nul ne prend la peine de regarder vers Deir Yassin tout proche [5 km de Jérusalem – ndt], lieu de l’un des massacres les plus sauvages de la Nakba.  

Comme l'entendent bien ceux qui affirment avec force « Plus jamais ça ! », le déni est un processus symbolique de réfutation de la dignité des survivants d’une atrocité, comme de la responsabilité de ceux qui l’ont perpétrée. Un telle négation n’affecte seulement le passé et le présent, mais elle aura des implications dans l’avenir car elle ne met pas seulement en péril la possibilité d’une réconciliation sincère, elle accroît aussi, probablement, les risques pour qu’un tel fait se reproduise.

L‘Etat juif et les Israéliens à titre individuel prennent leur part de responsabilité, non seulement dans la Nakba elle-même, mais dans cette détermination à la nier. L’allégation de certains Israéliens selon laquelle seuls, les politiciens seraient à blâmer pour la Nakba n’est pas fondée, car nombre de personnalités et d’institutions culturelles, religieuses et professionnelles ont comploté avec une occupation israélienne fondamentalement maléfique. Dans de nombreux cas, des universitaires et des professionnels ont apporté leurs compétences, leurs talents et leur prestige aux idéologies et pratiques oppressives, caractéristiques dominantes de l’occupation. Qui, par exemple, conseille les tortionnaires sur la bonne mesure, la juste durée et les moyens adéquats pour torturer les détenus palestiniens ? des psychiatres et des psychologues, comme mes professeurs, comme mes confrères et comme moi-même. Ces professionnels ont renié leur code déontologique et leur serment pour se faire les outils de l’occupation. Des universitaires et historiens ont fait carrière sur la négation de la Nakba , tentant de refaire l’histoire pour en absoudre les auteurs et en diaboliser les victimes.

Ceux qui nient la Nakba font semblant de sommeiller et ils sont très durs à réveiller. Une de leurs stratégies est de refuser en termes exaspérés les faits, la véracité des récits atroces d’un terrorisme d’Etat délibéré. Une autre est de reconnaître les faits objectifs mais sans s’en repentir. L’historien israélien Benny Morris, par exemple, a publié sur les actes cruels commis par l’entreprise sioniste : le déracinement de 700 000 Palestiniens, les massacres, les viols de femmes palestiniennes afin de « nettoyer l’arrière-pays et nettoyer les secteurs frontaliers et nettoyer les routes principales ». Pour autant, il ne condamne ni ne dénonce ces atrocités. Il préfère écrire : « Je ne pense pas que les expulsions de 1948 constituent des crimes de guerre. Vous ne pouvez pas faire d’omelettes sans casser des œufs. Vous devez vous salir les mains. » « Ben Gurion avait raison » conclut Morris. « S’il n’avait pas fait ce qu’il a fait, aucun Etat n’aurait vu le jour ».

Etant donné que tant de notre guerre relève du psychologique, il n’est pas étonnant que l’élément psychologique soit également essentiel pour la paix. Une reconnaissance universelle de la Nakba , comme celle de l’Holocauste, de l’apartheid, de l’esclavage et de d’autres horreurs commises par la main de l’homme, est un élément capital pour apporter la paix dans la région. Une telle reconnaissance doit inclure l’aveu sincère de la réalité de la Nakba , la volonté de réparer, dans la plus grande mesure possible, les torts qui ont été causés, et un effort réel pour avancer et reconstruire l’avenir après avoir retravaillé l’histoire et appris à vivre avec son passé. Si cette reconnaissance ne pourra jamais défaire ce qui a été fait, elle prévoit néanmoins d’accorder un respect profond et la grâce aux victimes, d’impulser un élan vers la cicatrisation de l’histoire et de la mémoire blessées et, en fin de compte, de créer une nouvelle réalité. En d’autres termes, elle défend une justice réparatrice, plutôt que vengeresse.

Une reconnaissance publique des actes maléfiques et illicites perpétrés contre le peuple palestinien est un préalable à la rééducation psychologique des Palestiniens et de la même façon, des Israéliens. Les survivants de la Nakba doivent être entendus, leurs témoignages reconnus et leurs droits restaurés. Car la justice est une obligation plutôt qu’une possibilité pour la réconciliation ; les Israéliens, auteur de ces actes, doivent reconnaître leurs erreurs et demander leur amnistie. Pourquoi pas un Tribunal de Nuremberg ou une Commission Vérité et Conciliation pour nous tous ? Cette dernière a assurément été essentielle pour la transformation victorieuse de l’Afrique du Sud, d’apartheid à Etat démocratique, lequel aujourd’hui est un membre accepté et respecté de la communauté internationale.

Les menaces actuelles contre la population et l’existence de Gaza ne provoquent pas la moindre vague dans le monde. Alors que nous vivons une ère saturée d’informations, les populations et les nations font montre d’une stupéfiante capacité à refuser la réalité. Ils assument le rôle de spectateurs passifs, attendant que quelqu’un d’autre agisse et assume la responsabilité. Avec comme conséquence, des communautés entières qui peuvent se retrouver impuissantes et paralysées.

L’information à elle seule ne peut suffire pour se confronter au déni de la Nakba. En fait, il apparaît qu’une information multipliée, une abondance d’images et de chiffres, de preuves historiques, ne font que renforcer les gens dans leur négation et leur refus d’admettre les implications de faits qui les ont précédés. Nous savons que lorsqu’un esprit conscient décide qu’une chose est trop oppressante à contempler, l’individu en refoule le souvenir ; mais comment pourrions-nous refouler les souvenirs de meurtres qui se multiplient sous nos yeux, aujourd’hui ?

Les Palestiniens ne se font pas de soucis pour les Israéliens quand il leur faut répondre à leurs petits-enfants qui veulent savoir où ils étaient lors de la Nakba. Ceux qui ont honte de leurs actes ou de leur inaction - mais qui sont dans la volonté de refus - répondront simplement : « Je ne sais pas », « Je n’y ai pas participé », ou, « Je ne pouvais rien faire pour l’arrêter ».

Ce qui importe aux Palestiniens, c’est que 60 ans c’est trop, et que la négation de la Nakba doit prendre fin.

Faisons de cette année l’occasion unique de briser le cycle de cette négation et de nous joindre à la poignée de gens qui ont déjà décidé de ne plus être des spectateurs passifs. Ceci requiert une détermination collective des mouvements de solidarité dans le monde, afin de lancer un vrai mouvement et de mobiliser pour une campagne pour la fin de la Nakba. Alors que nous entreprenons le processus pour parvenir à apurer un passé cruel et oppressant, nous pouvons, dans le même temps, travailler à un avenir de reconstruction et de réconciliation. Samah Jabr

Traduction : JPP      http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4452


3 -7 Point de vue de Samah Jabr : La négation de la Nakba palestinienne : 60 ans, ça suffit !

Ce qui se passe actuellement à Gaza n’est pas une catastrophe humanitaire ; c’est plutôt une nouvelle Nakba, une autre guerre.

Israël va poursuivre son escalade dans l’atrocité et le renforcement de son siège dans l’espoir que les Gazaouis fuiront en Egypte, et là, une bonne fois pour toutes.

Le ministre de l’Intérieur israélien, Meir Sheetrit, a suggéré de raser un quartier de Gaza en réponse aux tirs de Qassam sur Sderot. Et il est considéré comme un modéré, comparé aux autres ministres israéliens !

Cette année marquera pour les Palestiniens les 60 ans du début de la Nakba , ces évènements de 1948 qui ont débouché sur l’occupation de la terre palestinienne et l’expulsion de son peuple. Mais la Nakba n’est pas seulement un évènement historique du passé. C’est un programme réfléchi, un processus d’occupation, de transfert et de génocide de l’identité nationale des Palestiniens, afin de vider une terre et de la peupler d’immigrants juifs.

En 1948, il a été possible d’attaquer, la nuit, des villageois palestiniens désarmés pour terroriser, tuer et violer. Aujourd’hui, au cours d'un siècle qui fait mine d’être plus civilisé et dans un monde plus globalisé, la tactique choisie est de rendre la vie des Palestiniens pire que la mort, en leur interdisant l’eau, l’électricité, la nourriture et les médicaments, de sorte qu’ils soient obligés de quitter, « d’eux-mêmes », leur patrie.

La complicité des pays du Proche-Orient et du monde dans le siège de Gaza est manifeste. En fait, même ceux qui brisent le silence et parlent de « catastrophe humanitaire » à Gaza se rendent complices, bien qu’involontairement : car la population de Gaza ne souffrent pas des séquelles d’un « tsunami », d’un tremblement de terre ou d’une quelconque catastrophe naturelle. Leur « catastrophe humanitaire » résulte de la volonté politique d’Israël et de l’approbation de la communauté internationale.

On nous promet la paix pour la fin 2008, mais tout ce que nous voyons et vivons n’est qu’oppression et guerre. Le prétendu « processus de paix » n’est là que pour créer une opportunité politique en faveur de ceux qui sont coupables de notre dispersion nationale. Conférence après conférence, sommet après sommet, la Nakba palestinienne tombe dans l’oubli ; il n’y est fait aucune allusion dans les négociations de paix, et aucune leçon n’en est tirée. Chaque diplomate et chaque dirigeant politique qui vient dans la région se rend au musée de l’Holocauste de Yad Vashim, mais nul ne prend la peine de regarder vers Deir Yassin tout proche [5 km de Jérusalem – ndt], lieu de l’un des massacres les plus sauvages de la Nakba.  

Comme l'entendent bien ceux qui affirment avec force « Plus jamais ça ! », le déni est un processus symbolique de réfutation de la dignité des survivants d’une atrocité, comme de la responsabilité de ceux qui l’ont perpétrée. Un telle négation n’affecte seulement le passé et le présent, mais elle aura des implications dans l’avenir car elle ne met pas seulement en péril la possibilité d’une réconciliation sincère, elle accroît aussi, probablement, les risques pour qu’un tel fait se reproduise.

L‘Etat juif et les Israéliens à titre individuel prennent leur part de responsabilité, non seulement dans la Nakba elle-même, mais dans cette détermination à la nier. L’allégation de certains Israéliens selon laquelle seuls, les politiciens seraient à blâmer pour la Nakba n’est pas fondée, car nombre de personnalités et d’institutions culturelles, religieuses et professionnelles ont comploté avec une occupation israélienne fondamentalement maléfique. Dans de nombreux cas, des universitaires et des professionnels ont apporté leurs compétences, leurs talents et leur prestige aux idéologies et pratiques oppressives, caractéristiques dominantes de l’occupation. Qui, par exemple, conseille les tortionnaires sur la bonne mesure, la juste durée et les moyens adéquats pour torturer les détenus palestiniens ? des psychiatres et des psychologues, comme mes professeurs, comme mes confrères et comme moi-même. Ces professionnels ont renié leur code déontologique et leur serment pour se faire les outils de l’occupation. Des universitaires et historiens ont fait carrière sur la négation de la Nakba , tentant de refaire l’histoire pour en absoudre les auteurs et en diaboliser les victimes.

Ceux qui nient la Nakba font semblant de sommeiller et ils sont très durs à réveiller. Une de leurs stratégies est de refuser en termes exaspérés les faits, la véracité des récits atroces d’un terrorisme d’Etat délibéré. Une autre est de reconnaître les faits objectifs mais sans s’en repentir. L’historien israélien Benny Morris, par exemple, a publié sur les actes cruels commis par l’entreprise sioniste : le déracinement de 700 000 Palestiniens, les massacres, les viols de femmes palestiniennes afin de « nettoyer l’arrière-pays et nettoyer les secteurs frontaliers et nettoyer les routes principales ». Pour autant, il ne condamne ni ne dénonce ces atrocités. Il préfère écrire : « Je ne pense pas que les expulsions de 1948 constituent des crimes de guerre. Vous ne pouvez pas faire d’omelettes sans casser des œufs. Vous devez vous salir les mains. » « Ben Gurion avait raison » conclut Morris. « S’il n’avait pas fait ce qu’il a fait, aucun Etat n’aurait vu le jour ».

Etant donné que tant de notre guerre relève du psychologique, il n’est pas étonnant que l’élément psychologique soit également essentiel pour la paix. Une reconnaissance universelle de la Nakba , comme celle de l’Holocauste, de l’apartheid, de l’esclavage et de d’autres horreurs commises par la main de l’homme, est un élément capital pour apporter la paix dans la région. Une telle reconnaissance doit inclure l’aveu sincère de la réalité de la Nakba , la volonté de réparer, dans la plus grande mesure possible, les torts qui ont été causés, et un effort réel pour avancer et reconstruire l’avenir après avoir retravaillé l’histoire et appris à vivre avec son passé. Si cette reconnaissance ne pourra jamais défaire ce qui a été fait, elle prévoit néanmoins d’accorder un respect profond et la grâce aux victimes, d’impulser un élan vers la cicatrisation de l’histoire et de la mémoire blessées et, en fin de compte, de créer une nouvelle réalité. En d’autres termes, elle défend une justice réparatrice, plutôt que vengeresse.

Une reconnaissance publique des actes maléfiques et illicites perpétrés contre le peuple palestinien est un préalable à la rééducation psychologique des Palestiniens et de la même façon, des Israéliens. Les survivants de la Nakba doivent être entendus, leurs témoignages reconnus et leurs droits restaurés. Car la justice est une obligation plutôt qu’une possibilité pour la réconciliation ; les Israéliens, auteur de ces actes, doivent reconnaître leurs erreurs et demander leur amnistie. Pourquoi pas un Tribunal de Nuremberg ou une Commission Vérité et Conciliation pour nous tous ? Cette dernière a assurément été essentielle pour la transformation victorieuse de l’Afrique du Sud, d’apartheid à Etat démocratique, lequel aujourd’hui est un membre accepté et respecté de la communauté internationale.

Les menaces actuelles contre la population et l’existence de Gaza ne provoquent pas la moindre vague dans le monde. Alors que nous vivons une ère saturée d’informations, les populations et les nations font montre d’une stupéfiante capacité à refuser la réalité. Ils assument le rôle de spectateurs passifs, attendant que quelqu’un d’autre agisse et assume la responsabilité. Avec comme conséquence, des communautés entières qui peuvent se retrouver impuissantes et paralysées.

L’information à elle seule ne peut suffire pour se confronter au déni de la Nakba. En fait, il apparaît qu’une information multipliée, une abondance d’images et de chiffres, de preuves historiques, ne font que renforcer les gens dans leur négation et leur refus d’admettre les implications de faits qui les ont précédés. Nous savons que lorsqu’un esprit conscient décide qu’une chose est trop oppressante à contempler, l’individu en refoule le souvenir ; mais comment pourrions-nous refouler les souvenirs de meurtres qui se multiplient sous nos yeux, aujourd’hui ?

Les Palestiniens ne se font pas de soucis pour les Israéliens quand il leur faut répondre à leurs petits-enfants qui veulent savoir où ils étaient lors de la Nakba. Ceux qui ont honte de leurs actes ou de leur inaction - mais qui sont dans la volonté de refus - répondront simplement : « Je ne sais pas », « Je n’y ai pas participé », ou, « Je ne pouvais rien faire pour l’arrêter ».

Ce qui importe aux Palestiniens, c’est que 60 ans c’est trop, et que la négation de la Nakba doit prendre fin.

Faisons de cette année l’occasion unique de briser le cycle de cette négation et de nous joindre à la poignée de gens qui ont déjà décidé de ne plus être des spectateurs passifs. Ceci requiert une détermination collective des mouvements de solidarité dans le monde, afin de lancer un vrai mouvement et de mobiliser pour une campagne pour la fin de la Nakba. Alors que nous entreprenons le processus pour parvenir à apurer un passé cruel et oppressant, nous pouvons, dans le même temps, travailler à un avenir de reconstruction et de réconciliation.

Samah Jabr

Traduction : JPP http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4452


3 -8 Point de vue de Samah Jabr : Khalid Amayreh -Les Palestiniens doivent exiger des réparations de l’Allemagne.

Durant les premiers mois de l’Intifada al-Aqçâ contre l’occupation israélienne, un officier israélien en poste dans la région de Naplouse dit à plusieurs dizaines de prisonniers palestiniens auxquels ont avait passé les menottes et bandé les yeux : « nous vous traitons comme les nazis nous ont traités, et peut-être, quand vous vous serez débarrassés de notre oppression, allez-vous trouver d’autres personnes, que vous traiterez, à votre tour, de la même façon dont nous sommes en train de vous traiter. »

Ce n’était en rien une facétie. Cet officier manifestait véritablement des symptômes caractérisés d’une psychose collective qui imprègne l’ensemble de la société juive israélienne. C’est cette maladie mentale collective qui fait commettre aux Israéliens les crimes les plus haineux sans en ressentir le moindre frémissement d’un quelconque sentiment de culpabilité.

Dan Halutz, ancien commandant en chef de l’aviation de guerre israélienne, qui devint ensuite chef d’état-major des armées, ne s’est-il pas vanté de dormir à poings fermés comme un bébé et de n’avoir pas le moindre remords après avoir donné l’ordre à un avion de chasse F-16 de lâcher une bombe d’une tonne sur un immeuble résidentiel, en plein centre de Gaza, tuant seize personnes dans leur sommeil, dont onze enfants ?

De fait, il y a une relation ombilicale entre l’holocauste et le comportement d’une cruauté inouïe qui est celui d’Israël à l’encontre des Palestiniens. En fin d’analyse, les Palestiniens sont les victimes des victimes, comme l’avait formulé le regretté intellectuel palestinien Edward Said.

Ce ne serait pas s’aventurer dans le royaume de l’absurde que de dire que n’eussent les juifs été victimes de l’holocauste, les Palestiniens n’auraient pas été brutalisé par des juifs d’une telle manière diabolique, et depuis aussi longtemps.

Dans un certain sens, on peut dire, sans crainte d’exagération, que c’est l’Allemagne nazie qui a créé Israël. Oui, certes, le sionisme est antérieur à l’holocauste ; mais c’est bien l’holocauste qui a donné au sionisme l’argument déterminant en faveur de la création d’un Etat juif.

Non seulement cela ; l’holocauste s’est avéré – et c’est encore le cas, aujourd’hui – comme le dernier filet interdisant toute objection étayée élevée contre les crimes d’Israël à l’encontre des peuples du Moyen-Orient. Cela explique la raison pour laquelle, et de quelle manière, Israël, qui peut être considéré, mutatis mutandis, comme une incarnation de l’Allemagne nazie, est traité par la communauté internationale comme étant au-dessus des lois qui régissent le reste du monde.

Par-dessus le marché, Israël continue à invoquer l’holocauste pour justifier sa répression atroce contre les Palestiniens. Même les appels de colons juifs à « envoyer les Arabes dans les fours » (que tout visiteur de la ville d’Hébron verra barbouillés sur les murs de l’enclave juive de colonisation, en plein centre-ville), sont justifiés au nom de l’holocauste. Toute critique de la criminalité et du suprématisme de l’Etat israélien, toute objection légitime contre la répression arbitraire déchaînée contre les Palestiniens, toute critique des colons en maraude se retrouve, à chaque fois, en butte au mantra de l’holocauste ! Bref : tout homme, toute femme et tout enfant palestinien doit souffrir et mourir, à cause de l’holocauste.

Aujourd’hui, tout(e) conscrit(e) israélien(ne), en particulier ceux (celles) qui sont affecté(e)s à la répression en Cisjordanie, sont tenu(e)s de visiter le musée de l’holocauste Yad va Chem, à Jérusalem, juste avant d’être déployé(e)s dans les centres de population palestiniens pour y réprimer et y harceler ces civils désarmés et impuissants, qui n’ont strictement rien à voir avec l’holocauste.

Inutile d’être un grand psychologue pour compléter les lignes entre les petits points et comprendre les implications réelles et dévastatrices de cette association des nazis, les persécuteurs des juifs, avec les Palestiniens, les victimes des sionistes.

Pour la plupart des militaires israéliens, le message mental est parfaitement clair. Les Palestiniens = les nazis d’aujourd’hui… ; en les tuant et en les brutalisant des façons les plus extrêmes, les juifs ne font que prévenir la récurrence d’un nouvel holocauste. Certains Israéliens ont le sentiment qu’en butant les Palestiniens, ils ne font en réalité que venger l’holocauste par délégation, ce qui leur procure une intense satisfaction psychologique.

Dans leur subconscient, beaucoup de juifs israéliens admirent, en réalité, les nazis et leur brutalité. C’est la raison pour laquelle certains de ces soldats et de ces officiers cherchent, bien souvent à imiter la brutalité nazie, et à la transférer sur les Palestiniens, dès lors qu’à leurs yeux, la force doit toujours avoir le dernier mot.

Cécité morale

Cela m’amène à l’Allemagne de l’après-guerre et à sa capitulation morale devant le chantage sioniste. Depuis, désormais, près de soixante ans, l’Allemagne s’ingénie à essayer de se faire pardonner son holocauste en permettant à Israël de commettre un nouvel holocauste à l’encontre des Palestiniens – et le fait que ce nouvel holocauste n’utilise pas de chambre à gaz ne change strictement rien aux données du problème.

L’Allemagne, de Conrad (Adenauer) à Angie (Merkel) s’est toujours comportée, vis-à-vis d’Israël, d’une manière ignorant grossièrement et totalement l’oppression monumentale déchaînée par Israël contre le peuple palestinien.

Les Allemands, de manière générale, et l’élite politique allemande, en particulier, ont regardé, les bras croisés, Israël perpétrer tous les crimes possibles et imaginables à l’encontre de Palestiniens sans défense. En revanche, ils ont détourné le regard, de peur de déplaîre à leurs puissantes victimes de naguère, après qu’elles eurent pris le contrôle de puissants Etats, comme les Etats-Unis.  L’Allemagne a été toujours effrayée et réticente à l’idée d’appeler une épée une épée, surtout quand ladite épée était entre des mains juives, de peur de s’entendre rappeler l’horreur brutale de son récent passé.

Certes, l’Allemagne est un géant économique et politique, mais c’est, de toute évidence, un nain moral, qui non seulement est demeuré coi devant les crimes israéliens, durant toutes ces années, mais qui a donné à Israël les moyens technologiques d’assassiner des enfants palestiniens. L’Allemagne a aussi donné à Israël, à titre gracieux, est-il rapporté, des sous-marins dernier-cri, capables de transporter des têtes de missiles nucléaires.

Je ne sais pas quand l’Allemagne se réveillera de sa longue léthargie morale, ni quand elle se libérera du sinistre collet sioniste.

Le temps n’est-il pas venu, pour l’Allemagne, de reconnaître que son holocauste était diabolique en lui-même, et non pas nécessairement uniquement parce que ses victimes étaient essentiellement juives ? Un holocauste contre tout autre groupe ethnique ou religieux a-t-il jamais été plus acceptable ? L’Allemagne se serait-elle comportée différemment, eût son holocauste pris pour cible des non-juifs ? Les Allemands sont-ils à ce point absorbés par leur holocauste en raison de son énormité morale, ou simplement en raison du pouvoir juif d’après-guerre ?

Ces questions, vitales, sont parfaitement pertinentes dès lors qu’elles peuvent contribuer à libérer – enfin ! – les Allemands de leur dilemme moral obsédant, consistant à rester moralement engagés à aider leurs victimes d’hier à brutaliser, assassiner et détruire un autre peuple sans défense, qui n’avait strictement rien à voir avec l’holocauste, un peuple dont le seul crime est d’être faible, désarmé, mais déterminé à vivre libre.

Sans doute est-il inutile d’en appeler à l’establishment politique en Allemagne, un pays qui, à l’instar de son pays frère tout aussi maléfique, les Etats-Unis, n’est nullement fondé sur la moralité, mais sur l’intérêt politique le plus immédiat et opportuniste.

Néanmoins, nous sommes confortés par certaines indications récentes selon laquelle l’Allemagne pourrait, enfin, recouvrer sa lucidité, sortant de décennies d’aveuglement moral et d’indifférence criminelle à l’égard des Palestiniens, ses dernières victimes en date.

D’après certaines informations médiatiques, un groupe d’intellectuels allemands a appelé Berlin à abandonner son soutien aveugle à Israël conditionné par sa shoah, invoquant à juste titre l’argument selon lequel la création de l’Etat juif a fait des Palestiniens, aussi, [et pas des seuls juifs], des victimes de l’holocauste nazi.

Ces intellectuels, au nombre desquels figurent vingt-cinq personnalités éminentes, ont avancé l’idée que c’est l’holocauste perpétré par l’Allemagne qui a entraîné les souffrances incessantes, tout au long des six décennies écoulées, au Moyen-Orient, ces souffrances qui sont devenues, ces dernières années, absolument insoutenables.

De plus, ces intellectuels ont déclaré que « sans l’holocauste des juifs, Israël ne se sentirait pas fondé, voire obligé, de fouler aux pieds les droits humains des Palestiniens et des diverses populations du Liban.

Bien entendu, le langage utilisé ici est extrêmement courtois, car, comme on le sait, les agissements d’Israël en Palestine et au Liban outrepassent, et de très loin, le simple fait de s’essuyer les pieds sur les droits humains des Palestiniens et des Libanais…

Israël, il faut dire les choses telles qu’elles sont, est en train de perpétrer un véritable génocide. Ainsi, le lâchage de deux ou trois millions de bombes à fragmentation sur les zones civiles, dans le Sud du Liban, est constitutif, par excellence, d’un acte de génocide d’une extrême gravité, puisque deux ou trois de ces bombes à sous-munitions suffisent à tuer de deux à trois millions d’enfants. La même peut être dite à propos du blocus en cours de Gaza, qui tue des Palestiniens innocents, par centaines.

Réparations

A la lumière de la relation ombilicale démontrée entre l’holocauste et le calvaire actuel des Palestiniens, on peut dire que le peuple palestinien a un droit moral légitime à exiger des réparations de leur holocauste aux autorités allemandes.

Les Palestiniens ont quasiment tout perdu. Et tout Palestinien, sous le Soleil, a une histoire de souffrances. Tel écrivain, par exemple, qui a perdu trois oncles paternels, tombés sous les balles sionistes, en une seule journée. Et jusqu’à ce jour, il n’y a eu, de la part d’Israël, nulle reconnaissance de sa culpabilité, aucune compensation – rien !

Je sais pertinemment que mes propos vont se faire se soulever force sourcils, en Allemagne. Toutefois, si les Allemands ont le courage moral de procéder à une introspection profonde, ils découvriront, je ne saurais en douter, que les Palestiniens sont plus que fondés à réclamer des réparations adéquates et justes auprès de l’Allemagne, en raison des calamités gigantesques que l’Allemagne nazie nous a infligées.

Khalid Amayreh  21 février 2008    Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

n°321 Dossier de Palestine 22-02 (Fin)

Sommaire (fin)

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 De la singulière idée du Président Sarkozy en terme de mémoire…

5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Comment Barack Obama a appris à aimer Israël.

5-2 CounterPunch : USA ‘Perceptions Of Palestine .’ Une Analyse par Kathleen & Bill Christison.

5-3 Benjamin Barthe : Les fouilles archéologiques, outil politique des colons de Jérusalem.


Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 De la singulière idée du Président Sarkozy en terme de mémoire…

Comment faire l’impasse sur la dernière idée lancée par le Président français, lors de son dîner au CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) ce mercredi 13 février dernier ?

Pour ceux qui n’auraient pas suivi cet épisode, Nicolas Sarkozy propose qu’à la rentrée de septembre 2008, chaque enfant du CM2 (3è primaire en Belgique) prenne en mémoire l’un des quelques 11.000 enfants français, victimes des camps nazis. Si aucun adulte sérieux et responsable ne peut nier le drame épouvantable qu’a constitué le génocide juif lors de la seconde guerre mondiale, faut-il pour autant en charger pour une part les épaules de jeunes enfants totalement étrangers à cette sinistre tranche du passé, et en faire ainsi les « parrains » de petits cadavres ? En terme strictement psychopédagogique, qu’il soit permis de douter de la pertinence d’une telle proposition.          Sans ajouter à la charge culpabilisante qu’une telle démarche peut représenter pour des enfants éloignés de ces tragédies, il est dans l’air du temps de s’appesantir sur tout ce qui relève de l’émotionnel en lieu et place d’éduquer à la raison. Au point que même certains élus de gauche semblent succomber à cette chimère… mais, à quelques semaines des municipales, comment échapper à la démagogie ?...

Au lieu de créer un sentiment de réconciliation avec ce douloureux passé, comment s’empêcher de penser que si elle devait être appliquée, une telle proposition pourrait avoir entre autres conséquences, l’effet inverse, à savoir : un ras-le-bol de cette victimisation à outrance, accordée à une population encore et toujours particulière, et seule victime de l’Histoire qui « mériterait » que l’on s’en souvienne avec autant d’insistance !

Pourquoi ce « devoir de mémoire » dont il est si souvent question lorsqu’il s’agit de se rappeler les camps nazis au point de se demander s’il ne s’agit pas d’un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) chez certains, semble-t-il leur faire cruellement défaut en d’autres circonstances ? Que ce soit à propos des innombrables crimes commis par l’Etat français (et au-delà, par l’ensemble de l’Occident) lors de la colonisation africaine ; ou lors de la guerre d’Indochine ; ou encore lors du dernier génocide rwandais… sans parler de celui perpétré par les colons européens décimant par millions les Amérindiens, il y a quelques générations de cela…

Cette manière d’agir ne procède-t-elle pas comme toujours d’une Justice occidentale déclinée sur l’invariable deux poids, deux mesures ?

Parallèlement à cette saugrenue idée présidentielle, l’on pourrait aussi charger ces mêmes enfants de se pencher sur les 600.000 petites victimes d’Irak lors des 10 ans d’embargo décrétés par nos pays avant d’y semer la désastreuse guerre actuelle ; ainsi que sur celles passées sous silence dans un Afghanistan lointain que nous nous entêtons à occuper ; et pourquoi pas sur celles qui font les frais de nos décisions inéquitables en matière d’économie ultra-libérale ; et dans la foulée sur celles qui n’ont pas accès à l’eau potable et qui en meurent chaque jour par milliers d’après les chiffres très officiels de l’ONU, etc…

Le passé est ce qu’il est. Toujours facile à interpréter. Cependant, on ne peut en réécrire les faits. Même si parfois, la tentation est grande pour certains de le travestir d’une façon qui leur convient. Cela s’est déjà vu. Cela se voit chaque jour. Et cela se verra sans doute encore… Le présent est beaucoup plus complexe à appréhender. Car il nécessite un courage qui manque souvent à ces élus qui aiment tellement donner des leçons sur le passé. Quant au futur, tant que certains en auront des « visions », il vaut mieux pour chaque citoyen d’éviter d’en faire un thème de réflexion pour les puissants de ce monde…

Les historiens font leur travail. Et pas toujours comme les tenants du pouvoir aimeraient qu’ils analysent et présentent les faits historiques. Ainsi des travaux de ceux que l’on appelle désormais « les nouveaux historiens » et qui se penchent sur la création de l’Etat d’Israël et de la Naqba (catastrophe) qui en résulta pour la population palestinienne, et dont on rappelle cette année le 60è anniversaire.

Plutôt que de se remémorer complaisamment des situations passées pour y verser quelque larme facile, et de s’inscrire ainsi dans une démarche « réactive », le Président Sarkozy ne pourrait-il proposer aux petits français, en cette douloureuse année anniversaire, de parrainer l’un des nombreux enfants massacrés aujourd’hui par les soldats israéliens sans que ces derniers n’en soient réellement inquiétés, puisque ces assassins perpétuent leurs forfaits au su et au vu de tout le monde, et dans le silence complice de la Communauté internationale ?...

Le grand avantage d’une telle proposition par rapport à celle énoncée mercredi au CRIF, c’est qu’elle permettrait d’identifier clairement les auteurs de ces tueries. Et donc, de les poursuivre et de les juger aujourd’hui… sans attendre des années, pour revenir sur ces « crimes contre l’humanité » en faisant appel à une mémoire souvent défaillante, avec le temps. Cela s’inscrirait dans ce que la terminologie très à la mode, qualifie actuellement, de démarche « proactive »… Mais évidemment, cela demande un certain courage qu’il conviendrait d’avoir en lieu et place de ces déclarations compassionnelles commodes… Enfin, et beaucoup plus sérieusement, n’y aurait-il pas moins d’hypocrisie à dénoncer les quelques dignitaires du régime nazi qui mènent encore une vie paisible dans certains de nos serviles pays européens  (et ailleurs), plutôt que de verser dans cette mémoire décidément très sélective du Président français… et de sa clique d’aficionados !?

Daniel Vanhove – Observateur civil 15.02.08


5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Comment Barack Obama a appris à aimer Israël.

J’ai rencontré le candidat démocrate à la présidence, le Sénateur Barack Obama, pour la première fois, il y a près de dix ans, quand il vint parler à l’Université de Chicago en sa qualité de représentant de l’Etat d’Illinois. Je l’ai trouvé progressiste, intelligent et charismatique. Je me souviens très bien avoir pensé : « si seulement un homme de ce calibre pouvait devenir un jour président ».

Vendredi, Obama a prononcé un discours devant le Comité des affaires publiques américano-israéliennes (AIPAC) à Chicago. Ce discours était très attendu dans les cercles politiques judéo-américains qui faisaient grand bruit de la cour empressée que le candidat faisait aux riches donateurs pro-israéliens de la campagne électorale qui avaient jusque là généralement penché en faveur de sa principale rivale, la Sénatrice Hillary Clinton. Dans son commentaire sur le discours, Shmuel Rosner, correspondant de Ha’aretz à Washington, a conclu qu’Obama « semblait aussi ferme que Clinton, aussi solidaire que Bush, aussi amical que Giuliani ». Sur le plan rhétorique du moins, Obama avait réussi tous les tests que l’on pouvait souhaiter qu’il passât.

Conclusion : il est pro-Israël, un point, c’est tout.

Israël est « notre plus grand allié dans la région et la seule démocratie établie » a dit Obama, assurant l’auditoire que « nous devons préserver notre engagement total à l’égard de la relation de défense unique avec Israël en finançant entièrement l’aide militaire et en poursuivant les travaux sur Arrow et les programmes de défense anti-missile apparentés ». De tels systèmes avancés coûtant des milliards de dollars aideraient Israël à « décourager les attaques lancées par missile d’aussi loin que Téhéran et d’aussi près que Gaza », a-t-il affirmé,. Comme si la population de Gaza, affamée, assiégée et traumatisée était sur le point de produire des missiles balistiques intercontinentaux.

Pas une critique d’Israël ne sortit de la bouche d’Obama, ni pour ce qui est de la construction ininterrompue de colonies et du mur ou des bouclages qui rendent la vie intenable pour des millions de Palestiniens.

Pas un mot de compassion pour les centaines de milliers d’habitants de Gaza qui vivent dans le noir, ou les malades qui ne peuvent pas se faire dialyser à cause de ce que le groupe de défense des droits humains, B’Tselem, a appelé : « la froide décision, calculée, de bombarder la seule centrale électrique de Gaza, prise par le premier ministre d’Israël, le ministre de la défense, et le chef d’Etat major des FDI l’été dernier, décision qui « n’avait rien à voir avec les tentatives de libérer [le soldat capturé] ni aucun autre impératif militaire ». Ce fut un crime de guerre gratuit, un des nombreux crimes condamnés par les organisations de défense des droits humains, contre une population civile occupée que la Quatrième Convention de Genève oblige Israël à protéger.

 Tout en insistant constamment sur son inquiétude devant la menace que les Palestiniens posent pour Israël, Obama n’a rien dit de la menace exponentiellement bien plus mortelle que les Israéliens représentent pour les Palestiniens. En 2006, selon B’Tselem, les forces d’occupation israéliennes ont tué 660 Palestiniens, dont 141 enfants - soit trois fois plus qu’en 2005. Pendant la même période, les Palestiniens ont tué 23 Israéliens, soit la moitié par rapport à 2005 (à comparer avec les 500 Israéliens qui meurent chaque année dans des accidents de la route).

Toutefois, Obama n’a pas été entièrement insensible aux gens ordinaires. Il a rappelé qu’en janvier 2006, il avait visité la ville israélienne de Kiryat Shmona qui ressemblait à une banlieue américaine typique où il pouvait imaginer les voix d’enfants israéliens « tout à leurs jeux joyeux, tout comme mes propres filles ». Il avait vu une maison dont les Israéliens lui avaient dit qu’elle avait été endommagée par une roquette du Hezbollah (personne n’avait été touché dans cet incident).

Six mois plus tard, a dit Obama, « le Hezbollah a lancé quatre mille roquettes comme celle qui avait détruit la maison de Kiryat Shmona et enlevé des membres des services israéliens ».

Obama laisse entendre que le Hezbollah a lancé des milliers de roquettes sans provocation, ce qui est une déformation totale de la vérité. Pendant tout son discours, il a fait preuve d’une propension inquiétante à présenter comme un fait établi, une propagande discréditée. Quiconque vérifie la chronologie de la guerre de l’été dernier contre le Liban découvrira facilement que le Hezbollah n’a lancé de barrages meurtriers de roquettes contre les villes israéliennes qu’après qu’Israël eut lourdement bombardé des quartiers civils au Liban, tuant des milliers de civils, dont beaucoup fuyaient l’assaut israélien. Obama a attaqué le Hezbollah avec virulence pour avoir utilisé « des gens innocents comme boucliers ». En fait, après que des dizaines de civils ont été massacrés dans une attaque aérienne israélienne contre Qana le 30 juillet, Israël « a initialement prétendu que l’armée visait le bâtiment parce que des combattants du Hezbollah avaient lancé des roquettes depuis cet endroit » selon la déclaration du 2 août de l’organisation Human Right Watch.

Celle-ci poursuivait : « nos enquêteurs qui ont visité Qana dans la journée suivant l’assaut, le 31 juillet, n’ont trouvé aucun équipement militaire détruit à l’intérieur ni près de la maison. De même, personne parmi les dizaines de journalistes internationaux, membres des équipes de secours, et observateurs internationaux qui se sont rendus à Qana les 30 et 31 juillet n’a fait état de preuves attestant la présence militaire du Hezbollah dans la maison ou près d’elle. Les secouristes n’ont pas récupéré de cadavres de combattants apparemment membres du Hezbollah, ni à l’intérieur, ni près du bâtiment ». Par la suite, les Israéliens ont changé leur histoire et ils n’ont jamais produit, pas plus que les enquêteurs internationaux n’ont jamais trouvé, ni à Qana, ni ailleurs, de preuves confirmant que le Hezbollah avait pour politique d’ utiliser les civils comme boucliers humains. Au total, quarante-trois civils israéliens sont décédés dans des attaques à la roquette du Hezbollah pendant les trente-quatre jours qu’a duré la guerre. Pour chaque civil israélien mort, plus de vingt-cinq civils libanais ont été tués dans les bombardements israéliens aveugles - plus de mille au total, dont un tiers étaient des enfants. Même l’administration Bush a récemment critiqué l’usage par Israël des bombes à fragmentation contre les civils libanais. Toutefois, Obama a défendu l’assaut israélien contre le Liban, comme l’exercice de son « droit légitime à se défendre ».

Il n’y a eu absolument rien dans le discours d’Obama qui s’écartât du consensus de la ligne dure qui sous-tend la politique américaine dans la région. Reprenant le genre d’exagération et d’alarmisme qui ont entraîné les Etats-Unis dans la guerre contre l’Irak, il a appelé l’Iran : « Une des plus grandes menaces pour les Etats-Unis, pour Israël et pour la paix dans le monde. Tout en plaidant en faveur d’une diplomatie « dure » avec l’Iran, il a confirmé que « nous ne devrions écarter aucune option, y compris l’action militaire ». Il s’est opposé à un gouvernement palestinien unissant le Hamas et le Fatah et, a-t-il insisté, « nous devons continuer à isoler le Hamas » jusqu’à ce qu’il réponde aux conditions unilatérales du Quartette. Il a dit que le Hezbollah, qui représente des millions de Libanais privés de droits et exclus, « menace le mouvement naissant vers la démocratie » et l’a accusé de « plonger le pays entier dans la violence et le conflit ».

Au fil des années, depuis la première fois que je l’ai vu parler, j’ai rencontré Obama une demi-douzaine de fois, souvent à l’occasion de manifestations communautaires palestiniennes et arabo-américaines à Chicago, notamment lors d’un appel communautaire de fonds en mai 1998 au cours duquel Edward Said avait prononcé le discours principal. En 2000, quand Obama s’est présenté sans succès aux élections pour un siège au Congrès, je l’ai entendu parler lors d’une campagne de collecte de fonds accueillie par un professeur de l’Université de Chicago. A cette occasion et en d’autres, Obama a critiqué sans détours la politique américaine et a demandé franchement que le conflit israélo-palestinien soit abordé de façon équitable.

La dernière fois que j’ai parlé avec Obama, c’était pendant l’hiver de 2004 lors d’une réunion dans le quartier de Hyde Park à Chicago. Il était en pleine campagne de primaires pour obtenir l’investiture démocrate à un siège au Sénat des Etats-Unis, siège qu’il occupe à présent. Toutefois, tous les sondages le donnaient à la traîne.

Alors qu’il arrivait du froid et qu’il enlevait son manteau, j’allai le saluer. Il me salua chaleureusement et me dit : « Désolé, je n’ai pas beaucoup parlé des droits palestiniens maintenant, mais nous sommes dans une rude course aux primaires. J’espère que quand les choses se calmeront je pourrai être plus franc ». Se référant à mon militantisme, y compris aux chroniques que je publiais dans le Chicago Tribune où je critiquais la politique israélienne et américaine (il m’a dit) : « Continue ton bon travail ! ».

Toutefois, Obama a commencé progressivement son virage vers le camp de l’AIPAC dès 2002 quand il se prépara à passer des modestes milieux politiques de l’Illinois à la scène nationale. En 2003, Forward relata comment il avait : « fait la cour à la circonscription pro-israélienne ». Il parraina conjointement un amendement au Code des pensions de l’Illinois permettant à cet Etat de prêter de l’argent au gouvernement israélien. Parmi ses premiers commanditaires figurait Penny Pritzker - maintenant présidente des finances de sa campagne nationale - rejetonne d’une famille libérale, mais ardemment sioniste qui possède la chaîne d’hôtels Hyatt (Le Hyatt Regency sur le Mont Scopus a été construit sur des terres dont les propriétaires palestiniens avaient été expulsés de force lorsque Israël occupa Jérusalem-Est en 1967). Il s’est aussi adjoint plusieurs conseillers pro-israéliens de premier plan.

Obama a aussi été proche de certains Arabes américains importants et a bénéficié de leurs conseils avisés. Sa trajectoire décisive prouve à nouveau ce que les groupes politiquement faibles ont appris à leurs dépens plusieurs fois, à savoir que l’accès aux puissants ne se traduit pas en influence politique. Pour acquérir de l’influence politique il faut de l’argent et des voix, mais surtout de l’argent, acheminé par des réseaux sophistiqués et coordonnés qui peuvent regrouper de petits dons en paquets de millions de dollars.

Actuellement, les défenseurs des droits palestiniens sont loin d’avoir de tels réseaux à leur disposition. A moins que nous ne nous employions à mener la dure tache nécessaire pour les construire et appuyer une réforme valable du financement des campagnes électorales, les chuchotements que nous pourront glisser dans l’oreille des politiciens n’auront que peu d’effet. (Pour ce que cela vaut, j’ai récemment rencontré l’assistant législatif d’Obama et j’ai écrit au sénateur en demandant instamment que la Palestine bénéficie d’une politique plus équilibrée). Bien que décevant, vu les relations étroites qu’il a entretenues par le passé avec les Palestino-Américains, le revirement d’Obama n’est pas surprenant. Il fait simplement ce qu’il juge nécessaire pour être élu et il continuera ainsi aussi longtemps que cette conduite le maintiendra au pouvoir.

Les Palestino-Américains sont dans la même situation que les défenseurs des droits civils qui ont vu avec consternation Obama voter en faveur du renouvellement du Patriot Act, ou les partisans des droits des émigrés qui ont été horrifiés lorsqu’il a voté en faveur d’une loi des Républicains autorisant la construction d’une clôture de 700 miles sur la frontière avec le Mexique.

Il faut qu’assez de personnes connaissent les positions défendues par Obama et ses concurrents et s’organisent pour les obliger à tenir compte de leurs préoccupations ; c’est uniquement alors qu’il y aura un quelconque espoir de modifier le cours désastreux de la politique américaine au Moyen-Orient. Au mieux, c’est un projet à très long terme qui ne peut pas se substituer au soutien d’une campagne grandissante visant le boycott, le désinvestissement et les sanctions de nature à obliger Israël à rendre des comptes pour l’escalade de sa violence et le renforcement de l’apartheid.
Ali Abunimah  samedi 17 mars 2007  The Electronic Intifada

*Ali Abunimah est le cofondateur de The Electronic Intifada et l’auteur de : One Country : A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse
Du même auteur :  Guerre américaine par procuration à Gaza
  Israël : La démocratie, une menace existentielle ?

mars 2007 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : AMG


5-2 CounterPunch : USA ‘Perceptions Of Palestine .’ Une Analyse par Kathleen & Bill Christison.

Ce que pense l'Amérique de la Palestine

On aurait pu penser que montrer des cartes délimitant clairement l'espace tronqué et évidemment non-viable pour un possible Etat palestinien et des photos qui définissent l'occupation des territoires palestiniens par Israël aurait eu un impact sur un auditoire d'Américains astucieux mais, sur cette question, généralement pas informés.

Nous nous sommes récemment adressés à un petit groupe de discussion pour parler d'affaires étrangères et nous avons consacré une grande partie de notre présentation à ces images d'oppression — des images qui n'apparaissent jamais dans les médias étasuniens — dans l'espoir probablement naïf d'entamer quelque peu l'attitude américaine impassible vis-à-vis de l'occupation de 40 ans par Israël du territoire palestinien.

Mais notre aspiration à ce que ces personnes écoutent et apprennent peut-être quelque chose fut tristement déçue. Très peu de personnes dans ce groupe de discussion, à la façon d'un séminaire, semblèrent concernées, ou même particulièrement intéressées, par ce qui se passe sur le terrain en Palestine/Israël.

Et ce fait est carrément emblématique de l'apathie américaine concernant le régime oppressif israélien dans les territoires occupés, que les Etats-Unis permettent et bien souvent encouragent activement.
Les cartes de
la Cisjordanie , préparées par l'ONU et des groupes israéliens de défense des droits de l'homme, que nous avons déployées, décrivaient clairement la dispersion segmentée des fragments territoriaux séparés les uns des autres qui établiraient l'Etat palestinien dans le scénario le plus optimiste — des zones palestiniennes coupées par le mur de séparation s'enfonçant profondément à l'intérieur de la Cisjordanie ; par de vastes colonies israéliennes dispersées un peu partout et accaparant quelques 10% du territoire ; par le réseau de routes reliant les colonies, toutes accessibles uniquement aux conducteurs israéliens ; et par la Vallée Jordanienne , actuellement interdite à tout Palestinien qui n'y vit pas déjà, le tout représentant un-quart de la Cisjordanie et destiné au bout du compte à être annexé par Israël.
Ces cartes montrent clairement que même le plan israélien le plus généreux laisserait un Etat palestinien avec seulement 50 à 60% de
la Cisjordanie (constituant 11 à 12% de la Palestine d'origine), découpée en de multiples segments séparés et n'incluant aucune partie de Jérusalem. Les photographies, prises ces dernières années au cours de nos multiples voyages en Palestine, décrivaient le mur de séparation, les barrages et les passages dans le mur qui ressemblent à des cages, des maisons palestiniennes démolies et des bâtiments publics détruits, de vastes colonies construites sur des terres palestiniennes confisquées, des oliveraies palestiniennes détruites, des commerces dans les villes palestiniennes, bouclés à cause des colons ou des soldats israéliens en maraude.

Nous avons montré des cartes et des photos comme celles-ci de très nombreuses fois auparavant, mais elles n'ont jamais reçu un tel désintérêt. Il s'agissait d'un groupe constitué essentiellement de hauts-fonctionnaires, d'universitaires, de journalistes et de directeurs de sociétés à la retraite, ainsi que quelques professionnels toujours en activité — tous d'orientation politique allant du centre-droit au centre-gauche, la crème de l'Amérique informée et éduquée, l'exemple de l'élite de l'opinion du courant dominant aux Etats-Unis. Leur manque de préoccupation sur ce qu'Israël et les Etats-Unis — à cause de leur rôle le facilitant — font pour détruire tout un peuple et ses aspirations nationales n'aurait pas pu être plus évident.
La première personne à apporter un commentaire, une fois notre présentation terminée, et s'identifiant elle-même comme juive, a dit qu'elle "n'avait jamais entendu de présentation aussi orientée" et nous a classés comme étant "au-delà de l'antisémitisme" — ce qui est probablement pire qu'être simplement et complètement antisémite. C'est toujours une accusation quelque peu énervante, bien qu'elle soit si commune et si attendue et donc plus beaucoup digne d'intérêt. Plus remarquable fut la réaction, ou son absence, du reste de l'assemblée, qui n'a jamais contesté l'accusation de cette dame et qui a au contraire passé la plus grande partie du débat à, soit contester notre présentation, soit essayer de trouver des moyens pour prendre en compte la "souffrance juive".
Notre brève conversation avec cette femme a progressé d'une façon intéressante. Nous avons essayé de l'engager dans une discussion sur ce qui était exactement orienté dans notre description de la situation sur le terrain et ce qu'elle aurait aimé voir pour qu'elle soit "indiscutable". Elle n'a pas répondu, mais elle a indiqué qu'elle pensait que quoi qu'ait pu faire Israël doit être justifié par les actions palestiniennes. "Quelqu'un a dû commencer cela", a-t-elle dit. Nous avons exposé un peu d'histoire pour elle, faisant remarquer qu'on pouvait faire remonter la première action, "qui avait commencé", à la promesse britannique de
la Déclaration de Balfour en 1917 pour encourager l'établissement d'une patrie juive en Palestine, à un moment où les Juifs ne représentaient pas plus de 10% de la population de la Palestine.

Ensuite, nous en sommes arrivés à la résolution onusienne de 1947 de la partition, qui a alloué 55% de la Palestine pour un Etat juif, à un moment où les Juifs ne possédaient que 7% du territoire et représentaient un peu moins d'un tiers de la population.

Sa réponse a été : "Bon, mais ce ne sont pas les Juifs qui ont fait cela". Nous l'avons contredite sur ce point et nous avons brièvement détaillé le programme sioniste délibéré de nettoyage ethnique contre la population palestinienne, mené durant la guerre de 1947-1948, ainsi que plusieurs historiens israéliens l'ont décrit, et parmi eux Ilan Pappe en particulier, dont "Le Nettoyage Ethnique de
la Palestine " est basé sur les archives militaires palestiniennes. Ses yeux ont vraiment commencé à sortir de leurs orbites, mais elle est restée coite. Décidant visiblement qu'elle n'avait aucun moyen de réfuter ces faits, elle a finalement décidé que retourner en arrière dans l'histoire n'était d'aucune utilité — esquive sioniste habituelle — et qu'Israël n'avait de toute manière pas été créé pour être une démocratie, mais un refuge pour les Juifs persécutés et, en tant que tel, qu'il avait tous les droits de s'organiser comme il l'entend.

L'animateur a fini par demander aux autres participants si quelqu'un voulait prendre la parole et le débat s'est poursuivi.
Mais il n'est pas allé très loin. La discussion a alors tourné en rond pendant plus d'une heure en passant pour un débat profond : autour d'une remarque curieuse sur le Zeitgeist [l'esprit de l'époque] ; l'insistance également curieuse d'une autre personne selon laquelle il y avait "là, quelque chose dont personne ne veut parler" et qui influence la situation ; quelques remarques au sujet des Palestiniens en tant que terroristes et comment, même si Israël faisait la paix avec les Palestiniens, le Hamas les détruiraient ; beaucoup de parlotte sur la manière de prendre en compte la souffrance des Juifs et, partant de cela, la tentative d'une psychologue de tirer une analogie entre les Juifs qui vivent dans la peur de la persécution et les victimes de viol qu'elle conseille et qui vivent dans la peur constante qu'elles seront de nouveau violées — ou pire.

Quelques personnes ont vraiment posé des questions intéressantes à propos de la situation sur le terrain et sur divers aspects de la politique israélienne. Après que la discussion se fut concentrée pendant pas mal de temps sur la souffrance des Juifs, une personne a fait remarquer que les Palestiniens ressentent aussi de la souffrance et vivent dans la peur, mais personne d'autre n'a poursuivi sur ce terrain. Personne n'a contesté l'accusation d'antisémitisme portée contre nous par la première intervenante et, à la fin, il n'a pratiquement plus été fait mention des pratiques destructrices israéliennes, qui avaient été le sujet de notre présentation.

Le lendemain, nous avons eu l'occasion d'envoyer des courriels à plusieurs des participants. Dans un message, nous nous sommes plaints auprès des trois organisateurs de ce groupe de discussion de ce que l'on avait non seulement permis que cette accusation d'antisémitisme soit portée mais qu'elle ait donné le ton à une grande partie du débat, sans aucune réfutation du fondement de cette accusation par personne d'autre à part nous. Dans un autre message, envoyé à un homme qui avait exprimé sa perplexité vis-à-vis du fait que le vote juif était considéré comme important dans l'élection américaine, nous avons renvoyé sans faire de commentaire un article de Mother Jones [magazine américain à but non-lucratif connu et reconnu pour son journalisme d'investigation sérieux] sur les difficultés que Barack Obama rencontre avec la communauté juive et l'effort sérieux de celui-ci pour montrer sa bonne foi en faisant serment de fidélité à Israël et en justifiant le siège de Gaza mené par les Israéliens.

Enfin, à la psychologue, nous avons écrit un commentaire sur son analogie entre les Juifs et les victimes de viol, faisant observer qu'en tant que psychologue elle n'encourageait sans aucun doute pas ses clientes victimes de viol à perpétuer leur peur ou à adopter une attitude agressive vis-à-vis des autres, mais qu'il était plus probable qu'elle leur donnait des outils pour les aider à regagner la confiance et à avancer au-delà des peurs pour leur sécurité personnelle. Ce type de thérapie réparatrice n'a jamais été utilisée pour les Juifs, avons-nous fait remarquer, mais, au contraire, les dirigeants israéliens et les dirigeant juifs américains ont encouragé les peurs juives, en même temps qu'une politique militariste agressive vis-à-vis de leurs voisins.
Toutes ces propositions étaient gratuites de notre part, mais elles n'étaient en aucun cas inappropriées ou inciviques. Pourtant, pas une seule de ces personnes n'a jugé bon de répondre à nos courriers ou même d'en accuser réception — indiquant, comme nous ne pouvons que le supposer, le niveau général d'indifférence parmi les Américains sur les atrocités commises contre les Palestiniens, incluant le siège et la famine imposée aux Gazéens. Et puis, l'absence de réponse reflète probablement aussi les sentiments de la plupart des participants selon lesquels nous sommes responsables d'une façon ou d'une autre de les avoir impliqués dans une discussion qui s'est avérée être assez déplaisante pour eux.
Pourquoi ceci est-il intéressant pour tout le monde à part nous ? Parce que cette discussion en profondeur avec un petit groupe représentatif d'Américains intelligents et qui pensent [NdT : cela ressemble fort à un oxymore…] est indicateur de l'opinion publique américaine, en général, sur les questions de politique étrangère. Et son niveau de désintérêt vis-à-vis des conséquences de la politique des Etats-Unis est assez troublant.
L'égocentrisme évident durant cette rencontre, la posture générale consistant à "ne pas faire de vagues" et l'absence accablante d'égard pour les victimes de la puissance israélienne et américaine équivalent à une licence de tuer pour le compte des Etats-Unis et de leurs alliés. Cette même indifférence a permis aux Etats-Unis de s'en tirer à bon compte avec le massacre de millions de Vietnamiens, il y a des décennies ; elle donne aux Etats-Unis une licence de massacrer en Irak et en Afghanistan ; et c'est la raison pour laquelle les Démocrates, après sept ans d'administration Bush qui a torturé et tué un peu partout dans le monde, ne peuvent toujours pas se distancer du militarisme des Républicains. Cela donne à Israël la licence de tuer et de nettoyer sur le plan ethnique la nation palestinienne entière. CounterPunch   14 février 2008  article original : "Palestine in the Mind of America"

Kathleen et Bill Christison, ancienne analyste de la CIA et ancien haut responsable de la CIA

Traduit de l'anglais (États-Unis) par [JFG-QuestionsCritiques]

note:

[1] LIRE AUSSI : Les origines du conflit israélo-palestinien

Source : Questions Critiques 
http://questionscritiques.free.fr/...* 

Publié le 16 février 2008 avec l'aimable autorisation de Questions Critiques


5-3 Benjamin Barthe : Les fouilles archéologiques, outil politique des colons de Jérusalem.

Il y a d'abord eu des lézardes en plein milieu de la route principale. Puis quelques fissures dans les plafonds des maisons adjacentes. Et enfin une grosse craquelure dans l'un des murs de la crèche. En reliant ces indices les uns aux autres, les habitants de Silwan, un quartier arabe de Jérusalem, ont compris, fin janvier, que les colons juifs installés parmi eux avaient une nouvelle fois entrepris de creuser sous leurs pieds.

"Ces travaux d'excavation menacent directement nos maisons, affirme Fakhri Abou Diab, le chef du comité de défense de Silwan. Comme d'habitude, personne n'a jugé bon de nous prévenir et de nous présenter les permis adéquats. Les colons agissent comme si nous n'existions pas. Seules les vieilles pierres les intéressent."

De fait, Silwan n'en manque pas. Considéré par les historiens israéliens comme le site de la cité de David, berceau de la Jérusalem biblique, ce quartier situé juste en contrebas des remparts de la vieille ville est truffé de vestiges antiques et notamment de tunnels. Leur mise en valeur dans les années 1980, sous la forme d'un parcours archéologique, a accompagné et favorisé l'intrusion de familles juives dans cette zone jusqu'alors peuplée exclusivement de Palestiniens.

A la tête de cette double entreprise, l'association Elad, un groupe de colons radicaux à qui le service des Antiquités israéliennes a concédé le terrain et qui, depuis, est passée maître dans l'art d'instrumentaliser le sous-sol de Jérusalem à des fins politiques. En l'espace d'une vingtaine d'années, moyennant harcèlement juridique, falsification de documents et recrutement de collaborateurs, Elad a réussi à s'emparer de plus de cinquante habitations en plein coeur de Silwan.

Du coup, pour les habitants, la reprise des fouilles n'augure rien de bon. Selon le Comité israélien contre les démolitions de maison, une organisation qui vient en aide aux Palestiniens de Jérusalem-Est, ce nouveau projet est même potentiellement explosif. D'après Meïr Margalit, l'un de ces responsables, Elad ambitionne de relier le tunnel de Hezekia, l'un des sites du parc archéologique, à un autre tunnel antique, actuellement muré, qui mène juste en dessous de la mosquée Al-Aksa, troisième lieu saint de l'islam, distante d'environ 500 mètres.

"Ces gens sont animés par une idéologie messianique d'autant plus dangereuse que le gouvernement ne les contrôle quasiment pas, dit Meïr Margalit. Ils imaginent que le Troisième temple juif va descendre du ciel et détruire la mosquée. Il suffirait que les Palestiniens aient le sentiment qu'Al-Aksa est en danger pour déclencher une explosion." En 1996, l'ouverture d'un tunnel à proximité de l'Esplanade des Mosquées, le Mont du Temple pour les juifs, par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, premier ministre de l'époque, avait provoqué des émeutes au cours desquelles 70 Palestiniens et 17 Israéliens avaient été tués.

Pour l'instant, les protestations des habitants de Silwan ont buté sur les complicités dont Elad jouit au sein des services de sécurité. Le 10 février, juste après avoir déposé un recours devant la Cour suprême, quatre Palestiniens ont ainsi été arrêtés par la police au motif qu'ils auraient "endommagé" le chantier. Un peu plus tôt, à la suite d'un précédent dépôt de plainte au commissariat, deux autres Palestiniens de Silwan avaient été appréhendés pour des actes de "violence". Le député du parti Meretz (gauche sioniste) Yossi Beilin, qui désirait inspecter le site, s'en est vu refuser l'accès par le service des Antiquités israéliennes.

Contactés par Le Monde, le porte-parole de ce département, ainsi que celui des Parcs nationaux et celui de l'organisation Elad ont tous refusé de faire le moindre commentaire, rejetant sur les autres la responsabilité des travaux. Un silence gêné qui n'étonne pas Meïr Margalit, du Comité contre les démolitions de maison. "C'est toujours la même histoire. Les colons font le sale boulot. Le gouvernement ferme les yeux. Et tout le monde se tait." Benjamin Barthe Le Monde du 21 février 2008

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4460

21/02/2008

n° 320 Journal de la Palestine - 15 au 20-02 (Début)

Sommaire

Tiré à part

Est-ce à dire qu'un jour ?

Déclaration unilatérale d'indépendance?

Sondage : une majorité d’Israéliens favorables à une opération militaire d’envergure a Gaza.

Résistance

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 

4 La Palestine en chiffre & au jour le jour.

Détails par région:

Décompte des pertes humaines


Tiré à part :

Est-ce à dire qu'un jour ?

"je n'ai pas bien compris pourquoi on ne faisait pas comme au Kosovo"

"pourtant, pour une raison simple"

"tu trouves ?"

"absolument"

"pas moi !"

"ta difficulté vient du fait que tu considères la Palestine semblable au Kosovo"

"et alors ?"

"eh bien, essaies de les considérer comme étant différents"

"..."

"comprends-tu ?"

"un peu"

"je te laisse le temps de bien réfléchir à toutes les différences"

"je vois surtout une chose..."

"qu'une seule !?"

"oui"

"dis toujours"

nous, ce n'est pas l'indépendance que nous réclamons... Nous sommes occupés et nous voulons nous libérer"

"que peut-on alors dire en comparaison ?"

"que les albanais du Kosovo sont libres mais veulent aussi leur indépendance. C'est ce rapport entre liberté et indépendance"

"... aussi entre dépendance et occupation"

"il y a comme un rapport à soi..."

"oui"

"en fait, ils veulent que nous ne soyons plus nous-mêmes... que la Palestine n'existe plus du tout"

"oui"

"mais est-ce à dire que les serbes et les kosovars vont construire un mur entre eux ?"

"ce mur existe déjà, il est dans les têtes et les coeurs !"

"d'où la volonté de séparation, d'indépendance..."

"oui"

"pareil pour nous... pas d'occupation sans le mur, les barbelés, les check-point, les prisons ..."

"oui"

"je comprends beaucoup mieux"

"tu comprends quoi ?"

"que pour en finir avec l'occupation il faut abattre le mur, démanteler les barbelés, supprimer les check-point, libérer les détenus... que les réfugiés retournent dans leurs foyers !"

"oui"

"mais alors..."

"mais alors quoi ?"

"est-ce à dire que pas de séparation sans le mur dans leurs têtes, et peut-être qu'un jour... la Yougoslavie !?"

"oui ..."

(...)

Al Faraby

Jeudi, 21 février 2008  http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4462...


Déclaration unilatérale d'indépendance?

20-02 Les pourparlers de paix avec Israël ne mènent nulle part parce que l'Etat hébreu temporise et éviter d'aborder les questions-clé, a déclaré Yasser Abed Rabbo un proche collaborateur du président de l'Autorité palestinienne qui fait partie de la délégation de négociateurs palestiniens pour accélérer le processus de négociation avec Israël. Yasser Abed Rabbo a expliqué que les Palestiniens étudiaient d'éventuelles alternatives à ces pourparlers, y compris une déclaration unilatérale d'indépendance.

"Si on ne va pas vers un authentique gel des activités de colonisation, si on ne va pas vers des négociations suivies et sérieuses, nous devrons prendre cette mesure et annoncer unilatéralement notre indépendance", "C'est ce vers quoi les Israéliens nous conduisent", "Notre peuple a le droit de proclamer son indépendance comme le peuple du Kosovo. Nous avons été occupés bien avant que le problème du Kosovo ne surgisse", "Il faut que des mesures soient prises en vue d'une proclamation unilatérale d'indépendance comme le Kosovo l'a fait et le monde devra ensuite se charger de mettre fin à l'occupation de notre terre", a ajouté M. Abed Rabbo.

Il a rappelé que l'indépendance symbolique proclamée en 1988 par le chef historique des Palestiniens, Yasser Arafat, n'avait "jamais été appliquée sur le terrain car nous voulions que cela soit fait par la négociation". "Aujourd'hui nous voulons proclamer notre indépendance unilatéralement sur le terrain et par des moyens pacifistes, et appellerons notre peuple à protéger son Etat, ses frontières, ses institutions et l'avenir de ses enfants", Il a affirmé que les Palestiniens devaient agir ainsi car les négociations avec Israël, relancées en novembre lors de la conférence d'Annaplois aux Etats-Unis, n'avaient "enregistré aucun progrès". "Israël cherche à gagner du temps pour mettre la main sur davantage de terres et imposer des faits accomplis sur le terrain qui conduiront à la création d'un Etat palestinien doté de frontières temporaires, c'est à dire un Etat morcelé en Cisjordanie", a conclu Abed Rabbo à la radio : La Voix de la Palestine.

Toutefois, le principal négociateur Qoreï, a aussitôt rejeté l'idée d'une déclaration unilatérale, expliquant qu'elle n'avait jamais été évoquée par la direction palestinienne.

"Les décisions doivent être prises avant d'être annoncées, et non pas annoncées avant d'être prises", a dit Qoreï à l'Associated Press en signe apparent de désaveu d'Abed Rabbo. Qoreï a estimé que les négociations avec Israël étaient sérieuses et qu'elles abordaient toutes les questions majeures mais qu'aucun progrès n'avait été fait pour l'instant. La Cisjordanie et la bande de Gaza, sont occupées par Israël depuis 1967. La guerre remonte toutefois à 1948, date de la création de l'Etat hébreu sur trois-quarts de la Palestinien historique. Reuters - AP & AFP Réactions :

20-02 Le président Abbas a pris position : "Nous poursuivrons les négociations en vue d'aboutir durant l'année 2008 à un accord de paix comprenant le règlement final de toutes les questions centrales, y compris Jérusalem", a dit le chef de l'Autorité autonome palestinienne. "Mais si nous ne pouvons aboutir à cela et si nous arrivons dans une impasse, nous nous en remettrons à notre nation arabe pour prendre au plus haut niveau la décision qui s'impose", a ajouté le président palestinien sans autres précisions. (Reuters)

20-02 Le Hamas, déclare au sujet de la suggestion d'Abed Rabbo. "Notre peuple palestinien n'a pas besoin d'expériences ratées supplémentaires de la part de gens discrédités", a déclaré le porte-parole Sami Abou Zouhri. (Reuters)

20-02 Le négociateur palestinien de Abbas,  Saëb Erekat a également  réagi en jugeant le débat sans fondement dès lors que le "parlement en exil" de l'Organisation de libération de la Palestine, dont l'Autorité autonome palestinienne tire sa légitimité, a proclamé un Etat palestinien en 1988 à Alger."Nous avons aujourd'hui besoin d'une véritable indépendance, pas d'une déclaration, une véritable indépendance qui mette fin à l'occupation. Nous ne sommes pas le Kosovo. Nous sommes sous occupation israélienne et pour avoir l'indépendance, il faut l'acquérir", a-t-il dit. (Reuters)


Sondage : une majorité d’Israéliens favorables à une opération militaire d’envergure a Gaza.

Près de sept Israéliens sur dix (67%) sont favorables à une opération militaire, selon un sondage publié vendredi par le quotidien "Maariv". Selon cette enquête, ce pourcentage redescend à 51% des personnes interrogées quand elles apprennent que l’armée souligne qu’une opération d’envergure pourrait se traduire par d’importantes pertes dans les rangs israéliens. Seuls 25% des personnes interrogées se déclarent opposées à une telle opération mais cette opposition passe à 38% quand les pertes importantes sont mentionnées. Toutefois, malgré leur soutien à une vaste offensive militaire, les Israéliens restent très sceptiques sur ses chances de succès ; 53% d’entre eux ne pensent pas qu’une telle opération permettrait de faire cesser les tirs de roquettes.

Ce sondage a été réalisé par Teleseker auprès de 500 personnes et comporte une marge d’erreur de 4,4 points de pourcentage. (Al-oufok avec les agences de presse) 15-02


13-02 au 21-02: Peuple Palestinien : 11 tués   -  44 blessés                             Occupants              :  0 tué      -    3 blessés
Résistance

Au jour le jour

16-02 Incursion à Gaza : "Un militaire israélien appartenant à une unité d'élite a été grièvement blessé lors d'échanges de tirs avec des résistants au cours de l'opération", a annoncé un porte-parole de l'armée israélienne. AFP

16-02 Les Comités de résistance populaire, ont dit avoir tiré 10 roquettes en riposte à la mort d'Ayman Fayed. "Le sang appelle le sang", scandait l'assistance à ses funérailles. La branche armée du Djihad islamique, a promis dans un communiqué une riposte "à l'intérieur de l'entité sioniste". (Reuters)

17-02 Une roquette tirée de la bande de Gaza a explosé à proximité d’un jardin d’enfants de la ville de Sdérot, inoccupé au moment du tir, a indiqué l’armée d’occupation. (Al-Oufok avec les agences de presse)

17-02 Lors d'un échange de tirs entre des résistants et les forces de l'armée israélienne dans le sud de Gaza, deux soldats israéliens ont été gravement blessés.
Ce matin, les troupes de la division blindée et l'armée de l'air sont entrés au sud de Gaza pour lancer une opération contre des infrastructures.
Jusqu'à présent, cinq résistants sont morts et une dizaine de blessés.
infolive.tv <infolive.tv@bp06.net>

Analyse

15-02 Gaby Ashkenazi "L'armée s'est préparée et est prête à élargir ses actions conformément aux décisions qui seront prises", a déclaré t’il lors d'une réunion du commandement supérieur. ""Ces menaces ne font pas peur au Hamas ou au peuple palestinien. L'occupant israélien doit savoir qu'il aura à payer un prix sans précédent s'il commet une telle stupidité", a déclaré à l'AFP Sami Abou Zouhri, le porte-parole du mouvement islamiste. AFP

16-02 L’aviation a tiré un missile sur la maison à El-Boureij d’Ayman al-Fayed, 42 ans, un chef des Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, a été tué avec son épouse Marwa, deux de ses enfants, Basma et Ayoub, et trois autres personnes. Il y a au moins 42 blessés, y compris 17 enfants.

En dépit de l'hostilité de Mahmoud Abbas envers le Hamas, un porte-parole du Fatah a accusé Israël d'être responsable de l'explosion. "Les occupants sont entrés dans la phase du crime organisé contre le peuple palestinien. Nous demandons à la communauté internationale de les forcer à mettre fin à leurs crimes", a déclaré Fahmi Zarir en Cisjordanie. "L'occupant et les collaborateurs, ne parviendront jamais à leurs fins contre la résistance", a assuré de son côté Saïd Seyam, le ministre de l'Intérieur supervisant les forces de sécurité du Hamas dans la bande de Gaza. (Reuters)


La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Bande de Gaza - Au jour le jour

12-02 Incursions de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, selon des sources palestiniennes et israéliennes. Des soldats israéliens ont mené une incursion dans une localité de la région de Deir El-Balah, dans le secteur centrale de la bande de Gaza, selon des témoins. Deux résistants ont été blessés dans ces échanges de tirs avec les soldats (AFP)

15-02 L’aviation a tiré un missile sur la maison à El-Boureij d’Ayman al-Fayed, 42 ans, un chef des Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, a été tué avec son épouse Marwa, deux de ses enfants, Basma et Ayoub, et trois autres personnes. Il y a au moins 42 blessés, y compris 17 enfants, a-t-on précisé. La maison de Fayed a été entièrement détruite et une dizaine d’autres du voisinage ont été endommagées. Le camp de réfugiés d’El-Boureij, au sud de la ville de Gaza fait partie des huit camps de la bande de Gaza. (AFP & Reuters)

CPI - Les sources palestiniennes indiquent que l'aviation sioniste a utilisé pour bombarder la maison du dirigeant des Saraya al-Quds, Ayman Fâyed, 42 ans, son épouse Marwa Azzâm et leurs deux enfants Ayub et Basma, dans le camp d'al-Breij, une nouvelle bombe utilisée pour la première qui réunit sa capacité à détruire et à souffler.

Incursion à Gaza : 17-02 Le Hamas déclare que des affrontements ont éclaté vers 1h locales après l'entrée d'unités israéliennes dans des maisons à l'est de la ville de Rafah. Des chars et des bulldozers ont apporté un soutien aux militaires, et des avions israéliens ont mené deux raids. Trois résistants ont été tués lors de l’attaque de l'armée israélienne, portant à quatre le nombre des morts de cette opération lancée dans la nuit, selon un nouveau bilan de source médicale palestinienne. Deux des nouvelles victimes appartenaient aux Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, et la troisième était un civil, a-t-on précisé.

Auparavant, selon ces mêmes sources, un résistant avait trouvé la mort durant cette attaque israélienne appuyée par des tirs d'hélicoptères, qui a fait en plus neuf blessés. Interrogée par l'AFP, une porte-parole militaire à Tel-Aviv a confirmé que "l'armée opère dans le sud de la bande de Gaza. Nous avons attaqué des hommes armés (...) " Lancée dans la nuit, l'opération a pris fin dimanche en début d'après-midi, a précisé le porte-parole de l'armée israélienne. Des unités d'infanterie et du génie appuyées par des hélicoptères de combat y ont pris part.   AP, AFP & Al-Oufok avec les agences de presse)

17-02 Un des résistants, blessé il y a trois jours lors d’un raid à Khan Younès, a succombé à ses blessures, a annoncé le Hamas. (Al-Oufok avec les agences de presse)



1  Politique Palestinienne

MM Abbas

17-02 Abbas a "remercié" le ministre français Kouchner "pour ses déclarations sur l’allègement du blocus et l’arrêt de la colonisation". " La France a beaucoup d’influence dans le monde et peut jouer un rôle central dans le processus de paix surtout qu’elle entretient des relations distinguées avec les deux parties". (AFP)


1-1 Processus de paix.

19-02 Abbas & Olmert ont convenu d'accélérer les pourparlers de paix. Ils sont tombés d'accord pour mettre en place des groupes de travail chargés de traiter de problèmes relativement secondaires, comme l'utilisation des ressources en eau. Après des mois de tergiversations et de retard, le porte-parole d'Olmert, Mark Regev, a annoncé que des négociateurs se réuniraient "sur une base quasi-quotidienne". Les négociations, traînent en raison de divergences…. Elles portent essentiellement sur des projets d'extension de colonies juives dans les environs de Jérusalem et l'insistance d’ Olmert à repousser les discussions sur le statut de la Ville (Reuters)

19-02 Selon le négociateur Erekat, Abbas a déclaré à Olmert: "Nous ne pouvons pas dissocier les questions relatives au statut définitif, pas plus que nous ne pouvons retarder l'une quelconque d'entre elles". Mais Olmert est resté évasif a déclaré son porte-parole, sans autre précision. (Reuters)


1-2 Les analyses (du processus de paix).

12-02 De source palestinienne, on souligne que l'annonce par le ministère israélien du Logement d'un projet de nouveaux logements à Jérusalem-Est et la menace d'Israël d'intensifier ses attaques contre  Gaza n'entretiennent pas un climat propice aux négociations de paix. "Au bout du compte, la violence nourrira la violence. Cela complique les choses", a estimé Saëb Erekat, un des principaux conseillers du président Abbas, bien qu'Israël se dit en mesure de mener de front les négociations de paix avec Abbas et sa campagne militaire. (Reuters)

19-02 Selon Fayyad, "les choses n'ont pas suffisamment bougé" depuis la réunion d'Annapolis pour permettre de penser que les Palestiniens et les Israéliens seront en mesure de signer un traité d'ici onze mois. "Pour que cela se produise effectivement, le rythme doit être accéléré, et accéléré de façon significative", a-t-il dit. (Reuters)

20-02 Selon Salam Fayyad, "les choses n'ont pas suffisamment bougé" depuis Annapolis pour envisager un traité de paix d'ici onze mois. "Pour que cela se produise effectivement, le rythme doit être accéléré, et accéléré de façon significative." (Reuters)


1-3 Sur le terrain.

15-02 Un centre de l’Association de jeunesse chrétienne YMCA à Gaza a été endommagé tôt vendredi par des charges explosives placées dans la bibliothèque du bâtiment.. Le directeur du centre, Issa Saba, a estimé qu’il était trop tôt pour déterminer les auteurs de cette attaque, réaffirmant les liens forts qui unissent les chrétiens et musulmans dans le territoire. Il a ajouté que les forces de l’ordre avaient inspecté les lieux et promis d’enquêter sur cette affaire. Le Hamas, s’est déjà engagé à protéger les quelque 3.000 chrétiens qui vivent dans le territoire palestinien. (Al-oufok avec les agences de presse)


1-4 Les grandes manœuvres.

12-02 Prenant au sérieux les menaces d'Israël contre ses leaders politiques, le Hamas multiplie les précautions dans Gaza soumis au "voyeurisme" constant des drones de Tsahal.L'armée de l'air israélienne dispose aujourd'hui de toute une panoplie de missiles ultra-secrets de fabrication nationale qui "voient" leurs cibles et sont capables de les frapper avec une précision "chirurgicale". Le Hamas, qui s'attend à tout, a ordonné à ses forces de sécurité d'abandonner leurs locaux de béton et de s'éparpiller, de bannir les déplacements en voiture et d'éviter les regroupements facilement repérables du ciel. (lorsque une personne repère un drone croisant au-dessus des têtes, tous s'égaillent.) (Al-Oufok avec les agences de presse)

12-02 Ismaïl Haniyeh, se fait discret. Haniyeh et les autres dirigeants locaux du Hamas ont cessé d'utiliser leurs téléphones portables, engins devenus mortifères lorsque l'aviation israélienne utilise leurs signaux pour cibler ses victimes. Mouchir al Masri, (responsable local)  précise : Toutes ces précautions ne veulent pas dire que les chefs se cachent mais il ne faut pas tenter les israeliens….(Reuters) Version française Marc Delteil


1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste en général

16-02 "Les creusements sous les bases de la mosquée sainte d’Al-Aqsa vont partie d’un plan programmé par le gouvernement de l’occupation israélienne et fourni par des hommes d’affaires sionistes, américains et australiens pour démolir la mosquée", a dit l’adjoint du ministère des Wakfs et des d’affaires religieuses au gouvernement d’unité nationale Dr. Saleh Al-Raqab.
CPI


1-14 Actualité dans les territoires palestiniens occupés depuis 1948

Prolongation de la détention de Mahmoud al-Saadi, pour la septième fois
Le tribunal militaire de Salem a décrété la prolongation, pour la septième fois, de la détention administrative de Mahmoud Saadi, 30 ans, du camp de Jénine, et un des dirigeants du mouvement du Jihad islamique. Son avocat a déclaré que le procureur militaire a présenté un chef d'accusation grave, cette fois-ci, comprenant sa responsabilité au sein du mouvement et l'apport d'argent de la direction du mouvement installée à Damas pour financer des activités en Cisjordanie.
Bien que Mahmoud al-Saadi a nié en bloc ces accusations, le procureur a réclamé qu'il demeure en détention, prétendant qu'il représente un danger. Mahmoud Al-Saadi avait subi un interrogatoire musclé dans la prison de Jalame, pendant quatre mois, et sa maison a été plusieurs fois investie et fouillée pendant que sa famille était mise à la rue, dans le froid.
Ali Samoudi - Jénine


2  Politique Israélienne

Olmert

17-02 Olmert a donné "carte blanche" à son armée pour détruire Gaza . S'exprimant dimanche soir à Jérusalem, Olmert a (osez) affirmé "Nous traquerons toute personne impliquée dans des actes terroristes contre les Israéliens, et nous n'hésiterons pas à les attaquer pour les arrêter", "Cela s'applique à tout le monde, en premier lieu et avant tout au Hamas, car le Hamas dirige Gaza. AP

17-02 Olmert a affirmé être tombé d'accord avec Abbas pour repousser à la fin des négociations la question du statut de Jérusalem. Un conseiller politique d'Abbas, Nimer Hammad, a toutefois démenti qu'Abbas, qui revendique la partie orientale de Jérusalem comme capitale du futur Etat palestinien, ait accepté de reporter l'examen de cette question "fondamentale qui ne peut être différée". (Reuters  -Version française Marc Delteil et Jean-Loup Fiévet)

19-02 Olmert soutient que l'objectif est d'arriver à une entente sur les "principes de base" présidant à l'avènement du futur Etat palestinien, plutôt qu'à l'accord global souhaiter par les Palestiniens. (Reuters)


2-1 Processus de paix.

19-02 Un responsable israélien, qui a requis l'anonymat, a fait état de progrès sur les questions de fond, qui englobent les frontières, le sort des millions de réfugiés palestiniens chassés en 1948 et le statut de Jérusalem. (Reuters)

19-02 Sur le front des négociations, le vice-Premier ministre Ramon a laissé entendre que les négociations en cours avec les dirigeants de l'Autorité palestinienne n'aboutiraient pas cette année à un traité de paix en bonne et due forme. Il a estimé plus réaliste d'aspirer à une "déclaration de principes" qui définirait le statut de Jérusalem, les frontières du futur Etat palestinien et le sort des réfugiés du conflit de 1948. "Elle devra être suffisamment détaillée pour permettre son application dans les deux ou trois années qui suivront 2008", a-t-il ajouté, en estimant que la lutte contre le Hamas à Gaza pouvait être menée de pair avec ces pourparlers. (Reuters - Version française Marc Delteil)

20-02 Un responsable israélien a fait état mardi soir de progrès sur les questions centrales: les frontières du futur Etat palestinien, l'avenir des colonies juives, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés arabe chassés de leurs foyers lors du conflit de 1948. (Reuters)


2-2 Des Canons ... pas du beurre.

12-02 Israël n'exclut plus une opération militaire d'envergure contre la bande côtière qu'il a évacuée en 2005 après 38 ans d'occupation. Mais "ça ne va pas se produire tout de suite" car "il y a des raisons pour lesquelles on ne va pas agir avec toute notre force maintenant", a précisé le ministre israélien de la guerre Barak. "Cela se passera au moment propice", a-t-il ajouté, sans autres détails. (Reuters)

14-02 Barak jure l’escalade à Gaza :Barak a dit que des opérations militaires, en plus du renforcement des maisons des résidents, résoudraient le problème des roquettes Qassam. Selon le ministre de la guerre,Barak, les opérations apportent « des résultats. Cela ne prendra pas fin aujourd’hui ou demain, mais la combinaison des opérations militaires et des sanctions contre la bande, avec la fortification anticipée de certaines des communautés, apporteront en fin de compte une fin aux attaques de Qassam ». Al-Manar. Traduction : manar-fr.com

15-02 Le chef d'état-major sioniste Gaby Ashkenazi : "L'armée s'est préparée et est prête à élargir ses actions conformément aux décisions qui seront prises", a déclaré t’il lors d'une réunion du commandement supérieur. AFP
2-4 Les grandes manœuvres

18-02 Le ministère israélien des Affaires étrangères Abramovitch aurait dit de plus à Holmes qu'"Israël attend des Nations unies qu'elles le soutiennent dans sa lutte contre le terrorisme et les organisations qui lui dénient le droit d'exister". "Je pense qu'il est très difficile de tirer de ce que j'ai dit quelque élément que ce soit qui pourrait être vu comme incitant au terrorisme", a répliqué Holmes. (Reuters : Adam Entous, version française Marc Delteil)


2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies)

17-02 Projets économiques communs d’Israël et de l’Autorité palestinienne, menés conjointement par le Quartette (USA, UE, Russie, ONU), son émissaire spécial pour le Proche-Orient Blair, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad et M. Barak". Le ministère de la Défense de l’autorité d’occupation a indiqué qu’"Israël continuera d’agir pour améliorer les conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie (…), mais a pour devoir prioritaire d’assurer la sécurité de ses ressortissants".  (Al-Oufok avec les agences de presse) 


3 Politique Internationale des térritoires occupés

2 Le Monde

Organisations Mondiales & régionales

15-02 Le responsable des Affaires humanitaires à l'ONU, John Holmes, s’est déclaré "choqué par la misère" qu'il a constatée lors d'une visite dans la bande de Gaza. AFP

18-02 John Holmes : "J'ai vu des choses terribles à Gaza et la souffrance de leurs civils. Et ici, à Sderot, je peux voir la souffrance des civils du côté israélien. Il faut que nous brisions ce cycle de violence", (Reuters)


3 Europe

2 France

12-02 Le chef de la diplomatie française &  ministre fdes Affaires étrangères Bernard Kouchner a appelé Israël à lever le blocus imposé à la bande de Gaza et l'Autorité palestinienne à lutter contre les "mouvements terroristes", au premier jour samedi d'une visite dans la région. AFP

15-02 Kouchner renouvelle sa demande de voir les deux parties faire progresser le processus de paix, notamment grâce à "des avancées concrètes"…. (Al-oufok avec les agences de presse)

16-02 Kouchner a réaffirmé par ailleurs l'exigence d'un "gel de toute la colonisation israélienne" Kouchner, a déclaré samedi en Cisjordanie qu'Israël devait stopper la colonisation afin que le processus de paix israélo-palestinien puisse progresser. "Nous sommes hostiles à la poursuite de la colonisation, nous l'avons déclaré, le président de la République française l'a déclaré très clairement, je le dis devant vous, on ne peut pas poursuivre à la fois un processus de paix, faire confiance à ses voisins, construire un Etat palestinien et continuer à bâtir ou à projeter même des implantations sur cet Etat palestinien", Un peu plus tôt dans la journée, à Bethléem, le chef de la diplomatie française avait déclaré que la création d'un Etat palestinien est "la seule manière pour Israël d'obtenir la sécurité". (Reuters - Ali Saouafta, version française Henri-Pierre André & AFP)

17-02 Bernard Kouchner a affirmé dimanche17 : "Il faut créer un climat de confiance (...) pour donner de l’espoir" aux Palestiniens"."Nous avons des projets, mais rien n’a bougé (...), tout est bloqué", a-t-il déploré, affirmant "qu’en renforçant la misère, on renforce l’extrémisme". Il a fait état de deux projets auxquels la France est particulièrement intéressée : la construction d’uns station d’épuration des eaux à Gaza et des constructions de logements pour les Palestiniens en Cisjordanie. Le projet de Gaza est notamment bloqué suite à l’impossibilité de faire entrer du ciment dans la bande de Gaza, a-t-il relevé. "Il faut que des matériaux puissent circuler", a insisté Kouchner "Nous sommes partisans de l’ouverture des points de passage vers Gaza. La situation de la vie quotidienne des Palestiniens de Gaza n’est pas supportable", avait déclaré la veille M. Kouchner AFP

17-02 M. Kouchner a appelé à l’arrêt des tirs, mettant en avant la réaction israélienne "brutale" qu’ils suscitent. Kouchner interrogé sur une possibilité d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, s’est déclaré en faveur d’une telle trêve. "Un cessez-le-feu peut intervenir (...) et bien entendu ce serait une bonne chose", a-t-il dit estimant que l’Autorité palestinienne et divers pays étrangers pourraient jouer un rôle pour y parvenir. AFP &  Al-Oufok avec les agences de presse)

17-02 Interrogé sur une possibilité d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas . Kouchner s'est déclaré en faveur d'une telle trêve. "Un cessez-le-feu peut intervenir (...) et bien entendu ce serait une bonne chose", a-t-il dit estimant que l'Autorité palestinienne et divers pays étrangers pourraient jouer un rôle pour y parvenir. (AFP)

17-02 Kouchner a réaffirmé l’exigence d’un "gel de toute la colonisation israélienne" en Cisjordanie occupée. (Al-Oufok avec les agences de presse)

17-02 Kouchner (dans une interview au quotidien palestinien Al-Quds) a appelé l’Autorité palestinienne à "faire des efforts très importants pour lutter contre les mouvements terroristes et réformer les services de sécurité pour qu’ils soient plus efficaces". Des "progrès très encourageants ont été réalisés" mais il faut "aller plus loin". (AFP)

17-02 Kouchner a fait état de deux projets auxquels la France est particulièrement intéressée: la construction d'uns station d'épuration des eaux à Gaza et des constructions de logements pour les Palestiniens en Cisjordanie. Le projet de Gaza est notamment bloqué suite à l'impossibilité de faire entrer du ciment dans la bande de Gaza, a-t-il relevé. "Il faut que des matériaux puissent circuler", a insisté M. Kouchner en allusion au blocus israélien. Il s'agit de projets de développement dont le financement avait été promis lors de la conférence des donateurs aux Palestiniens en décembre à Paris. (AFP)


4-2 La Palestine en chiffre(Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000

Civils & résistants tués                                                                            :  5.969      

Palestiniens blessés                                                                               :  52.180

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués    

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.126

                                                                                                                ( 355 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6.370

                                                                                                                ( 436  militaires/policiers)

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)


                              

n° 320 Journal de la Palestine - 15 au 20-02 (Fin)

Sommaire (suite)

6 Les brèves

6-1 Gaza : le Jihad islamique répond au massacre commis à Breij.

6-2 Yediot Aharonot : Israël doit tenir compte du Liban dans le cas d’une invasion de la bande de Gaza.

6-3 Le Hamas confirme qu’il va rester fidèle aux principes palestiniens.

6-4 Les syndicalistes en Jordanie condamnent les menaces israélienne d’assassiner les dirigeants du Hamas.

6-5 John Holmes en visite de ’solidarité’ avec les populations de Gaza, de Cisjordanie et de Sderot.

6-6 John Holmes : "J’ai été choqué par les choses sinistres et misérables que j’ai vues et dont j’ai entendu parler aujourd’hui".

6-7 Kouchner appelle à la levée du blocus de Gaza et à l’arrêt de la colonisation.

6-8 Un demi-millier de Gazaouis arrêtés en Égypte seront renvoyés.

6-9 L’absence de principes uniques de règlement des conflits risque de provoquer le chaos (Poutine).

6-10 La Russie soutient les efforts des États-Unis au Proche-Orient.

6-11 Le gouvernement de Fayyad dépasse les lois et décide de vendre les terres palestiniennes.

6-12 Un plan vise à construire 20 tours dans la ville occupée d’Al-Qods.

7 Dossier

7-1 Point de vue de Seale : Israël a reçu de Hamas un coup dur pareil à celui qu’il avait reçu de Hezbollah lors de la guerre du 2006.

7-2 Point de vue de Al-Oufok : Rencontre Olmert-Abbas : De la poudre aux yeux.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Youssef Boussoumah : Georges Ibrahim Abdallah, un otage des Etats-Unis, en France.
6 Les brèves

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
6-1 Gaza : le Jihad islamique répond au massacre commis à Breij.
Le mouvement du Jihad islamique a déclaré, dans un communiqué,  « L'insistance des dirigeants de l'ennemi sioniste à poursuivre leur politique criminelle et raciste, visant directement par les fusées un immeuble où vivent des familles avec des femmes et des enfants, dans le camp d'al-Breij, fait partie de la guerre ouverte déclarée par ces nazis sionistes contre notre peuple » et expliquant qu'ils doivent s'attendre aux conséquences de leur actes et de leur guerre criminelle.
« La poursuite de cette guerre ouverte et de ces massacres doit mettre fin à toute illusion de parvenir à un règlement avec cet ennemi raciste et criminel. Il est temps que ceux qui courent après le règlement choisissent plutôt la voie du peuple et de la nation et qu'ils proclament la cessation de toutes les négociations et les rencontres absurdes ».
Le mouvement a appelé toutes les forces vives dans les pays arabes et musulmans d'agir pour faire face à ces incursions et assassinats sionistes, disant : « si l'occupation n'est pas repoussée avec vigueur et efficacité, à tous les niveaux, l'Etat sioniste s'emparera de toutes les terres et les villes arabes, et le dernier crime sioniste sur le sol syrien en est la meilleure preuve ».
Ce massacre a été dénoncé par la plupart des organisations palestiniennes, dont les comités populaires de la résistance, dont le porte-parole a déclaré : « le monde doit garder à l'esprit les images de ce massacre, des tués et des blessés, des femmes, des enfants ensanglantés et des maisons détruites, afin qu'il ne s'étonne pas lorsque nous menons des opérations martyres. »
Source : Ali Samoudi - Jénine


6-2 Yediot Aharonot : Israël doit tenir compte du Liban dans le cas d’une invasion de la bande de Gaza.

Des milieux politiques israéliens de haut niveau ont exprimé leur inquiétude, craignant que l’entité sioniste ne déclenche une confrontation avec le Hezbollah sur le front nord, dans le où elle mènerait une opération militaire terrestre dans la bande de Gaza.. Le journal Yediot Aharonot a annoncé que des responsables politiques demandent qu’avant l’approbation de l’opération dans la bande de Gaza, la prise en compte de plusieurs conséquences importantes soit considérée. Il ont exprimé leur crainte que « le Hezbollah ne cherche à aider (le mouvement de la résistance islamique) Hamas dans le sud en enflammant le front nord ».

Entre-temps, les hauts dirigeants de la zone militaire du commandement de l’armée de l’occupation israélienne du nord soupçonnent le Hezbollah d’avoir déployé des bergers à la frontière entre Israël et le Liban dans le but de rassembler des informations sur la position de l’armée israélienne à la frontière. Le journal dit que l’armée israélienne a arrêté, au cours du mois dernier, un Libanais qui s’est approché des régions des fermes de Chebaa.

Al-Manar  14-02 Traduction : manar-fr.com


6-3 Le Hamas confirme qu’il va rester fidèle aux principes palestiniens.

Le Hamas a affirmé qu’il n’a pas besoin de négocier secrètement avec l’ennemi, tout en affirmant qu’il va rester fidèle aux principes et intérêts suprêmes du peuple palestinien. Le Hamas a insisté sur le fait que ce n'est pas lui qui va négocier avec les ennemis sionistes secrètement, ni publiquement, car ces positions sont bien connus et immuables à leur encontre. Dans son communiqué le Hamas s'est fortement opposé aux déclarations du secrétaire général du front démocratique Naief Hawatma qui tentaient de dévaloriser la réputation du Hamas sans aucun motif ou justification. On note qu’Hawatma a prétendu que le Hamas essaye de trouver des moyens pour négocier avec les ennemis occupants afin de réduire la question palestinienne à des affaires sécuritaires seulement.

Dans ce contexte, le Hamas a fermement condamné ces déclarations irresponsables et injustes, tout en appelant toutes les factions palestiniennes à s'occuper de la question légale palestinienne et à lutter contre les crimes de l'occupation.
D'autre part, le Hamas a insisté sur le fait que les Palestiniens connaissent bien les positions du Hamas, tout insistant sur le fait que son respect est venu de sa fidélité illimitée et continuelle aux principes et constantes du peuple palestinien qui s'opposent à tout contact avec les ennemis sionistes.
Gaza- CPI
13-02


6-4 Les syndicalistes en Jordanie condamnent les menaces israélienne d’assassiner les dirigeants du Hamas.
Les syndicats jordaniens considérent que les menaces sionistes d’assassiner les dirigeants du Hamas sont en progression remarquable à cause du silence ferme et officiel arabe, et du soutien absolu des Etats-Unis qui protègent le terrorisme international organisé. Ces syndicats professionnels ont dit dans leur communiqué publié le mardi 12/2 que les Sionistes violent toutes les règles et les lois internationales, perpètrent quotidiennement des assassinats, des destructions, des arrestations, des violations, des massacres et des confiscations, au vu et au su de tout le monde.

Les syndicalistes jordaniens ont fortement condamné les menaces des leaders sionistes qui ont déclaré qu'ils vont assassiner les dirigeants de la résistance palestinienne (surtout du Hamas), tout en appelant la communauté internationale à prendre ses responsabilités envers ces violations criminelles, tout en insistant que les criminels de l'entité sioniste devront être amenés devant la justice internationale pour qu'ils soient sévèrement condamnés. D'autre part, ils ont appelé les peuples et les gouverneurs arabes à soutenir avec force le peuple palestinien et sa résistance nationale, en insistant qu'il faut arrêter tout contact ou entretien avec les criminels sionistes, en appelant à refuser totalement la normalisation des relations avec l'Etat hébreu qui viole de manière flagrante la légitimité internationale en perpétrant ses crimes incessants contre les Palestiniens. Enfin, ils ont exhorté la Ligue Arabe  à tenir sa responsabilité et à établir une position juste et courageuse qui correspond à l'attitude ferme et légale des peuples arabes qui appellent avec force à soutenir le peuple palestinien et sa question légitime face aux violations de l'occupation qui essaye toujours de tromper l'opinion internationale en tentant de cacher ses crimes et son terrorisme  perpétuels contre l'humanité. CPI 14-02


6-5 John Holmes en visite de ’solidarité’ avec les populations de Gaza, de Cisjordanie et de Sderot. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, est arrivé aujourd’hui à Ramallah, en Cisjordanie afin de commencer son voyage de cinq jours en Territoire palestinien occupé et en Israël. Il s'agit d'un acte de solidarité envers les populations de la région, qui ont gravement souffert de la misère et de l'insécurité », a déclaré John Holmes. « De nombreux habitants de Gaza se trouvent au bord d'une catastrophe humanitaire, tandis qu'en Cisjordanie, les barrages détruisent la vie économique », a rapporté la porte-parole du Secrétaire général. « Pendant ce temps, à Sderot, des communautés entière vivent dans la peur des tirs de roquette. La situation actuelle ne peut pas continuer », a souligné John Holmes.

Le Représentant spécial visitera demain à Gaza deux points de passage qui sont actuellement fermés ainsi qu'un hôpital de Gaza dont la capacité à fournir des soins adéquats a souffert des coupures de courant, de carburant, et des pénuries de médicaments et d'équipement.

Par ailleurs, le Secrétaire général a envoyé aujourd'hui un message à l'ouverture de la Session de 2008 du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. « La décision prise par Israël de mettre en oeuvre un blocus total de la Bande de Gaza a isolé une population déjà démunie de fournitures essentielles », a déclaré Ban Ki-moon dans un message transmis par son Chef de cabinet, Vijay Nambiar.  « La récente brèche créée à la frontière entre Gaza et l'Egypte montre le niveau de désespoir parmi la population ordinaire de Gaza », a-t-il ajouté. Le Secrétaire général a rappelé à Israël ses obligations envers la population civile aux termes du droit international, notamment les règles régissant l'occupation, qui continuent de s'appliquer au contrôle qu'exerce Israël sur le territoire et sa population.

[Centre de nouvelles ONU
14-02


6-6 John Holmes : "J’ai été choqué par les choses sinistres et misérables que j’ai vues et dont j’ai entendu parler aujourd’hui".

15-02 Le sous-secrétaire général des Nations unies chargé des affaires humanitaires John Holmes, en visite de quatre jours dans la région, a visité le territoire palestinien vendredi. Il a pu se rendre à l’hôpital de Shifa et dans la zone industrielle de Karni, près d’un point de passage pour marchandises entre Gaza et Israël. "J’ai été choqué par les choses sinistres et misérables que j’ai vues et dont j’ai entendu parler aujourd’hui", a déclaré Holmes. Elles "sont le résultat des restrictions actuelles aux frontières de Gaza et de la très faible quantité de nourriture et d’autres biens dont l’importation est autorisée".

Holmes a assuré que la quantité de marchandises importées ne représente plus que 10% de ce qui entrait dans le territoire il y a un an. Ces dernières semaines, Israël a encore accru la pression en réduisant les livraisons de carburant et d’électricité. "Tout cela provoque une situation sinistre du point de vue humain et humanitaire, ce qui veut dire que les gens ne peuvent pas vivre avec le minimum de dignité auquel ils ont droit", a-t-il déclaré. "Alors, ce qu’il faut, c’est l’ouverture des points de passage, c’est l’importation de beaucoup plus de marchandises." Il a appelé à une ouverture des frontières du territoire.

(Al-oufok avec les agences de presse.& AP)


6-7 Kouchner appelle à la levée du blocus de Gaza et à l’arrêt de la colonisation. Bernard Kouchner a appelé l’autorité d’occupation à lever le blocus imposé à la bande de Gaza et à mettre fin à la colonisation, au premier jour samedi d’une visite dans la région. "Nous sommes partisans de l’ouverture des points de passage vers Gaza. La situation de la vie quotidienne des Palestiniens de Gaza n’est pas supportable", a déclaré M. Kouchner à la presse à l’issue d’un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah.

Le 17 janvier, l’autorité d’occupation a renforcé les restrictions en vigueur contre la bande de Gaza depuis juin en y imposant un blocus, provoquant des pénuries de produits de base et des coupures d’électricité. L’armée d’occupation multiplie aussi à Gaza les attaques meurtrières visant des résistants. M. Kouchner a appelé à l’arrêt de ces tirs, mettant en avant la réaction israélienne "brutale" qu’ils suscitent. "Nous sommes également partisans, et fermes partisans, de l’arrêt des tirs de roquettes sur Israël parce que s’il y a des tirs de roquettes sur Israël alors on comprend que la réaction israélienne sera également une réaction brutale. Il faut arrêter cela, il faut qu’il n’y ait plus de tirs sur Israël", a-t-il ajouté.

Il a en outre souligné de nouveau la nécessité de la création d’un Etat palestinien, insistant sur l’importance de l’arrêt de la colonisation pour permettre à un tel Etat de voir le jour. "Nous travaillons à la naissance de cet Etat palestinien nécessaire à la sécurité d’Israël. Sans Etat palestinien il n’y aura pas de sécurité pour nos amis israéliens", a-t-il dit. "On ne peut pas poursuivre à la fois un processus de paix, faire confiance à ses voisins, construire un Etat palestinien et continuer à bâtir ou à projeter même des implantations sur cet Etat palestinien", a-t-il ajouté.

M. Kouchner a par ailleurs déploré les lenteurs dans la mise en oeuvre de projets de développement dont le financement avait été promis lors de la conférence des donateurs aux Palestiniens en décembre à Paris. "Ces projets sont trop lents à venir" "La lenteur est terrible, pas pour nous mais pour les Palestiniens dont la vie quotidienne doit changer", a-t-il dit. "Les démarches de paix, c’est très lent, il y a des hauts et des bas. Nous sommes dans un bas. Il y a ni progrès suffisants ni progrès réels et c’est cela que nous déplorons", Source : AFP)


6-8 Un demi-millier de Gazaouis arrêtés en Égypte seront renvoyés.

Les pourparlers engagés la semaine dernière par le Hamas avec les autorités égyptiennes n’ayant  pas permis de trouver un accord sur la réouverture de la frontière … La police égyptienne a arrêté ces quatre derniers jours dans le nord du Sinaï un demi-millier de Palestiniens qui seront renvoyés sous peu à Gaza, a-t-on appris lundi. (ils sont actuellement regroupés dans la ville d’El Arich.)     On estime à 3.000 le nombre de Gazaouis qui sont restés en Egypte au moment où la frontière a été refermée au terme de deux semaines d’ouverture "sauvage". Beaucoup résident actuellement chez des parents ou des amis à El Arich, dans la localité proche de Cheikh Zouweïd et dans la partie égyptienne de Rafah.   (Al-Oufok avec les agences de presse)


6-9 L’absence de principes uniques de règlement des conflits risque de provoquer le chaos (Poutine).

L’absence de principes uniques de règlement des conflits dans différentes régions du monde pourrait entraîner le chaos, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle au Kremlin. "Il est inadmissible de bâtir des relations dans une région d'Europe selon un type de règles et dans une autre région, selon un autre type et ce, pour servir les intérêts d'un pays ou d'un groupe de pays. Dans ce cas, nous allons tout droit au chaos", a affirmé le leader russe.

Il a souligné qu'en matière de règlement des conflits, la Russie insistait sur le respect des principes fondamentaux du droit international: la souveraineté et l'intégrité territoriale des Etats. .  RIA Novosti  14-02


6-10 La Russie soutient les efforts des États-Unis au Proche-Orient .

La Russie soutient les efforts déployés par les États-Unis pour régler la crise au Proche-Orient, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle au Kremlin. " La Russie soutient les mesures prises ces derniers temps par (le président américain) George Bush", a indiqué M.Poutine avant de préciser que la Russie n'appuyait pas toutes les actions américaines.Le président russe a conseillé d'écouter le HAMAS malgré la gravité de la crise pour "comprendre ses raisons". (Poutine)
MOSCOU - RIA Novosti14-02


6-11 Le gouvernement de Fayyad dépasse les lois et décide de vendre les terres palestiniennes.

Des sources palestiniennes ont dévoilé que le gouvernement illégal de Salam Fayyad à Ramallah a décidé de permettre aux citoyens palestiniens de vendre leurs terres, dans un pas visant à faciliter officiellement aux Sionistes la possibilité de les confisquer. Selon le texte d'une décision publiée hier soir, le mercredi 13/2, par le site électronique "Feras Press", l'un des sites du mouvement du Fatah, le gouvernement illégal a insisté sur l'autorisation de vendre des terres aux étrangers selon la liste des noms présentée par l'autorité des territoires.

Le ministre de l'agriculture du gouvernement de Fayyad, Mahmoud Al-Habash, a accepté cette décision en prétendant qu'elle va renforcer l'exploitation, activer  l'accomplissement de projets de développements et encourager l'exploitation étrangère dans les territoires palestiniens. Les observateurs ont remarqué que cette décision, qui s'oppose à la loi palestinienne, va permettre aux étrangers, surtout aux Sionistes, de prendre possession des terres palestiniennes.

De son côté, le deuxième adjoint du conseil législatif palestinien Hassan Khourisha a fortement condamné cette mesure criminelle, tout en indiquant qu'elle représente un viol des attributions du conseil et de la volonté du peuple palestinien.  CPI
14-02


6-12 Un plan vise à construire 20 tours dans la ville occupée d’Al-Qods.

Des sources hébreux ont dévoilé un nouveau plan de construction de 20 tours dans la ville occupée d’Al-Qods dans le but de la judaïser. Ces plans ont été dévoilés à l'ombre des alertes palestiniennes de travaux continuels du gouvernement de l'occupation et de groupes coloniaux dans le but de judaïser la ville qui représente la base du conflit entre les deux parties, d'un côté les Palestiniens qui possèdent la terre, et de l'autre les colons sionistes qui ont volé cette terre. Le ministère de la colonisation avait annoncé ses préparations pour construire plus de 1100 nouvelles unités coloniales dans la ville occupée d'Al-Qods.

Ces tours vont changer la face de la ville occupée d'Al-Qods, où on a construit la première tour de 19 étages dans la ville il y a plus de 12 ans. On souligne que les propriétaires de ces appartements sont juifs, au moment où on a interdit aux Palestiniens et aux étrangers d'acheter ces appartements. Les sources ont dit que ces tours vont servir les religieux juifs seulement.  CPiI14-02


7 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de Seale : Israël a reçu de Hamas un coup dur pareil à celui qu’il avait reçu de Hezbollah lors de la guerre du 2006.

L’écrivain britannique spécialisé dans les questions du Moyen-Orient, Patrick Seale, trouve que ce qui s’était passé à Gaza implique à toutes les parties concernées par le drame de ce secteur, en tête les Etats-Unis d’Amérique, de réviser leurs politiques à la lumière de la réalité révélée par la sortie de la population de Gaza de la grande prison dans laquelle les autorités d’occupation israéliennes les retenaient et qui dit que cette population ne permettra plus jamais qu’on l’emprisonne à nouveau.
Dans un article publié aujourd'hui par le journal arabophone /al-Hayat/ paraissant à Londres, M. Seale souligne l'importance que le monde reconsidère la question des rapports du secteur de Gaza avec l'extérieur, or, a-t-il ajouté, Israël ne pourrait plus jamais dominer et contrôler tous les domaines de la vie à Gaza, soit son espace aérien, ses eaux territoriales, ses importations et ses exportations, son système fiscal, les mouvements d'entrée et de sortie ...