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31/03/2008

n°163-dossiers de l'Afghanistan - 30-03 (début) - Les ravages de la «guerre oubliée» en Afghanistan

dossiers de l'Afghanistan 

n°163               -30-03-08

M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire :

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1        L'OTAN va lancer sa télé sur la toile.

2 Brèves

2-1 Afghanistan: arrivée du nouvel envoyé de l'ONU qui promet du changement...

2-2 La République tchèque donnera le feu vert à l'envoi de forces d'élite en Afghanistan.

2-3 La Pologne compte envoyer 400 soldats de plus en Afghanistan.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Constatation de Philippe Gélie : Afghans au Kansas pour entraîner les GI.

3-2 Point de vue de Keith Jones : Le Pakistan joue un rôle clé dans l'occupation états-unienne de l'Afghanistan.

3-3 Spécial France (Début)

1 Pas de troupes françaises en Afghanistan.

2 Jacques Myard : France-Afghanistan : un alignement atlantiste sur les positions américaines.

3 Nicolas Sarkozy, l'OTAN et la guerre de la France en Afghanistan.



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 L'OTAN va lancer sa télé sur la toile.
L'OTAN lancera la semaine prochaine sa chaîne de télévision, qui sera accessible à tout un chacun via son site internet, avec l'intention affichée de lutter contre la propagande des talibans afghans.
Cette chaîne, natochannel.tv, sera disponible à partir du 2 avril, date du premier jour du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 26 pays de l'Alliance atlantique à Bucarest, a annoncé le porte-parole de l'OTAN, James Appathurai.
L'OTAN compte ainsi diffuser une dizaine de sujets par semaine, consacrés à l'Afghanistan.
Grâce à un financement du gouvernement danois, l'Alliance disposera dans les prochaines semaines de cinq équipes vidéo qui produiront des reportages sur l'Afghanistan et la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), que l'OTAN y dirige.
Selon M. Appathurai, les images de natochannel.tv seront accessibles au grand public via le site internet de l'OTAN.
Les journalistes pourront, avec un mot de passe, télécharger des images pour les utiliser dans leur média. Un espace sera aussi prévu pour des blogs, a-t-il précisé mercredi. MéDIA jeu 27 mar http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/111755/--LOTAN+va+...



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Afghanistan: arrivée du nouvel envoyé de l'ONU qui promet du changement...

Le nouveau représentant des Nations unies en Afghanistan, le diplomate norvégien Kai Eide, est arrivé vendredi à Kaboul dix jours après le vote du Conseil de sécurité des Nations unies renouvelant pour un an le mandat de l'UNAMA. Kai Eide, promet du changement, notamment d’améliorer la coordination de l’aide internationale et de promouvoir une solution politique. "Le gouvernement afghan nous demande depuis déjà longtemps d’améliorer la coordination (de l’aide de la communauté internationale et des organisations pour le développement) et nous devons lui répondre mieux que nous ne l’avons fait jusqu’à présent", a expliqué M. Eide à des journalistes sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul. "Cela ne peut plus durer ainsi, nous devons montrer que nous avons l’énergie et la volonté nécessaire pour résoudre cette question", en faisant en sorte que les ressources internationales soient utilisées conformément aux priorités du gouvernement afghan a ajouté le diplomate, âgé de 59 ans.

D’après un rapport publié par une agence d’aide au développement la semaine dernière, 40% de l’aide internationale à l’Afghanistan retourne en fait à ses donateurs, sous la forme de bénéfices ou de salaires de consultants, tandis que les deux tiers échappent au contrôle du gouvernement. Kai Eide devra assurer plus de responsabilités que son prédécesseur, Tom Koenigs, notamment en termes de coordination des actions civiles et militaires et de coopération avec les autorités afghanes. L'UNAMA a été établie en Afghanistan par le Conseil des Nations unies en 2002. La mission apporte une aide technique et des conseils politiques et stratégiques pour le gouvernement afghan. Elle emploie plus de 1 000 civils, la plupart étant des locaux, et est représentée dans toutes les  provinces de l'Afghanistan  (RFI & AFP) 28 mars 2008


2-2 La République tchèque donnera le feu vert à l'envoi de forces d'élite en Afghanistan.

La République tchèque acceptera une demande des Etats-Unis pour envoyer une unité d'élite militaire en Afghanistan, a déclaré vendredi le ministre tchèque de la Défense   Vlasta Parkanova. Cette unité, forte de cent membres, s'ajoute aux 415 militaires à se déployer en Afghanistan, approuvés par le Parlement en  automne dernier, a précisé M. Parkanova.  Sous le commandement direct du ministre de la Défense à travers le chef des services de renseignements militaires, cette unité se  constitue principalement des membres des forces spéciales à  Prostejov (est), qui avait effectué des opérations en Afghanistan  à deux reprises, a rapporté l'agence de presse tchèque CTK. Aux dires de la presse locale, ces forces d'élite pourraient  mener de nouvelles opérations dans les régions dangeureuses  afghanes, probablement dans le sud ou l'est de ce pays de l'Asie  centrale.  Dans le cadre de l'opération "Liberté immunable", cette unité  d'élite avait fait la reconnaissance et facilité la circulation  des renseignements militaires en 2004 et 2006.  Ces soldats tchèques ont également participé aux opérations de  combat.  L'armée tchèque pourrait déployer plus de 500 militaires en  Afghanistan d'ici la fin de l'année.  (Xinhua) 29 mars


2-3 La Pologne compte envoyer 400 soldats de plus en Afghanistan.
Le gouvernement polonais a annoncé mercredi qu'il allait envoyer 400 militaires et huit hélicoptères de plus en Afghanistan pour y renforcer le contingent de l'Otan déjà déployé dans le pays.  Jusqu'à présent, la Pologne compte 1.200 hommes au sein de l'Isaf (Force internationale d'assistance à la sécurité, sous commandement de l'Otan), qui soutient les autorités afghanes. "Il a été proposé que le contingent (polonais) passe à 1.600 soldats et autres personnels militaires", a déclaré le gouvernement dans un communiqué diffusé à l'issue d'un conseil des ministres. Le dernier mot sur l'envoi de troupes incombe au président Lech Kaczynski, en sa qualité de commandant suprême des forces armées polonaises. Les troupes polonaises sont disséminées à travers le territoire afghan, et, en échange d'un renforcement de son contingent, Varsovie demande à ce que la totalité de ses troupes soient basées dans une seule province, arguant du fait que cela accroîtra leur efficacité. Reuters - 19/03/08 Patryk Wasilewski, version française Eric Faye
2-4 Départ de diplomates étrangers pour Lhassa et Guantanamo..
Lhassa Le 10 mars, des moines avaient commencé à sortir de leurs monastères pour manifester dans les rues de Lhassa, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement contre la Chine et l'exil en Inde du dalaï lama.. (AFP).
Mais où est la vérité sur la répression ?
Des représentants des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d'Australie et d'Italie figurent au nombre des personnes conviées au déplacement qui intervient juste après un voyage similairement encadré, organisé pour un groupe de 26 journalistes étrangers (Tiens, au fait, ils disent quoi, depuis, ces 26 ? (Note de MV).
A Washington, le porte-parole du Département d'Etat Sean McCormack a salué le geste mais l'a jugé insuffisant : "Nous voyons cela comme un pas dans la bonne direction mais cela ne remplace pas la possibilité pour nos diplomates et d'autres de se rendre non seulement à Lhassa, mais dans la région alentour", a-t-il dit.

2 - GUANTANAMO : (). Des diplomates étrangers en poste à Washington sont partis vendredi pour Guantanamo, Bagram et Abou Ghraib dans le cadre d'un voyage de deux jours organisé par le gouvernement Etats-uniens dans ses bagnes.
Des représentants de Chine, de Grande-Bretagne, de France, d'Australie et d'Italie figurent au nombre des personnes conviées au déplacement qui intervient juste après un voyage similairement encadré, organisé pour un groupe de 26 journalistes étrangers.
A Pékin, le porte-parole du gouvernement chinois a salué le geste mais l'a jugé insuffisant : "Nous voyons cela comme un pas dans la bonne direction mais cela ne remplace pas la possibilité pour nos diplomates et d'autres de se rendre non seulement dans les bagnes connus, mais également dans les prisons secrètes disséminés à travers la planète », a-t-il dit.



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Constatation de Philippe Gélie : Afghans au Kansas pour entraîner les GI. Pour préparer ses troupes à ce qui les attend en Afghanistan, l'US Army a invité une trentaine de soldats de l'armée afghane sur la base de Fort Riley
LES HUMVEE encerclent le faux village de Bashar, un agglomérat de conteneurs de chantiers censés représenter la mairie, la mosquée et des maisons.
Sur la prairie désolée du Kansas battue par la pluie et un vent glacial, les GI attendent patiemment que les forces « locales » en treillis vert prennent la direction des opérations.
En retard de quarante minutes sur le plan, des moudjahidins moustachus courent en désordre d'un bout à l'autre du village, tirent quelques cartouches à blanc, arrêtent un suspect au sourire jovial et s'égaillent dans les champs à la recherche d'une cache de munitions.
Après une heure à piétiner dans la boue, les deux armées se congratulent pour une mission « d'encerclement et de recherche » menée à la satisfaction générale.
Les soldats américains, qui feront partie des 3 200 hommes envoyés le mois prochain en Afghanistan, au titre des renforts décidés par George W. Bush, en tirent surtout une leçon : « Leur style est un peu différent du nôtre, commente le lieutenant Byron Rupp, mais dans la lutte anti-insurrectionnelle, il nous est recommandé d'être créatifs, de réfléchir en dehors des schémas classiques. »
Pour cela, la trentaine de soldats de l'Armée nationale afghane (ANA) acheminés au beau milieu du Kansas fait parfaitement l'affaire.
Le capitaine Nadjibullah Mooman, 36 ans, port altier et regard d'aigle, résume parfaitement le choc des cultures qui est au cœur de l'exercice. Cet ancien commandant de l'armée de Massoud, qui a passé la moitié de sa vie les armes à la main, a plus d'expérience du combat qu'aucun officier américain.
« Ces gars-là sont vraiment forts et résistants, s'émerveille le colonel Jeffrey Ingram, commandant de la 1re brigade d'infanterie. Ils font partie des meilleurs soldats qu'on puisse trouver. » Mais la discipline, la planification et la stratégie ne sont pas leurs points forts.
« Je mélange les tactiques américaines et françaises et ça marche très bien », dit Mooman, passé capitaine grâce à un instructeur français. À ses yeux, il a plus de conseils à donner qu'à recevoir : « Ils ne connaissent pas grand-chose de notre culture », dit-il de ses homologues américains. « Grâce à eux, nous comprenons un peu mieux où nous allons mettre les pieds », admet le lieutenant Rupp.
« La vie est dure ici ! »
C'est le but du programme d'entraînement mis au point à Fort Riley, immense base de 400 km² sur l'ancienne « frontière » de l'Ouest. Ici, on a formé près de 8 000 instructeurs incorporés aux unités irakiennes et afghanes dans le cadre des « équipes de transition ». Sur place, la mission de ces GI sera « d'entraîner et de superviser les unités locales pour les aider à prendre en charge la sécurité de leur pays », explique le colonel Ingram.
En plus de la préparation au combat et de la formation tactique, les recrues suivent des cours sur l'islam et la culture du pays, apprennent des rudiments d'arabe et de dari, avant de passer une semaine en « immersion totale » avec l'escouade d'Afghans transplantée au Kansas. « Ainsi, quand nos troupes débarquent en Afghanistan, elles ne perdent pas une minute. Je sais que ce programme sauve des vies », dit le colonel, qui a perdu 22 hommes depuis 2006. L'armée irakienne a été invitée à participer, mais elle n'a pas donné suite.
Avec ses baraquements préfabriqués, ses milliers de camions rangés au cordeau, ses kilomètres de champs de manœuvres et ses neuf « faux villages » orientaux, Fort Riley offre une image un peu particulière de l'Amérique. Les bourgades voisines de Junction City et de Manhattan sont loin de proposer les distractions qu'imaginaient les visiteurs.
« La vie est dure ici ! s'exclame le sergent-major Sharif, de Jalalabad. Tout le monde paie des impôts et même les femmes doivent travailler ! » « Je m'attendais à des villes plus grandes et plus modernes, renchérit le soldat Safiullah Salek. Ici, tout est vieux ! » « La seule chose que les Américains ont de plus que nous, c'est la sécurité, dit le capitaine Mooman. Et le melting-pot : c'est ce que j'aime en Amérique. »
Tous s'avouent impatients de rentrer au pays, après un voyage qui devrait rehausser leur statut et doper leur carrière : « On m'a donné un certificat, précise Sharif. Les gens vont me respecter et me poser des questions. »
Dans les exercices, on ne sait pas toujours bien qui entraîne qui. Ce n'est pas grave : « Initialement, il s'agissait de former mes gars, reconnaît le colonel Ingram. Maintenant, c'est mutuellement bénéfique. » Ainsi va la guerre, du Kansas à Kaboul.
Philippe Gélie  notre envoyé spécial à Fort Riley (Kansas)  http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&...


3-2 Point de vue de Keith Jones : Le Pakistan joue un rôle clé dans l'occupation états-unienne de l'Afghanistan.

Le secrétaire d'Etat adjoint des Etats-Unis, John Negroponte, et Richard Boucher, assistant du secrétaire d'Etat pour l'Asie centrale et l'Asie du Sud, se sont rendus à Islamabad tôt mardi, pratiquement sans avertir leurs hôtes pakistanais. Leur visite soudaine révèle les craintes de l'administration Bush concernant le changement de régime qui a présentement lieu au Pakistan.Keith Jones 
Extraits 
En réalité, Negroponte et Boncher se sont rendus au Pakistan dans le but de forcer le nouveau gouvernement à garantir qu'il continuera à jouer un rôle de premier plan dans les plans qu'ont les Etats-Unis pour l'Asie de l'Ouest et l'Asie centrale. 
Le Pakistan joue un rôle clé dans l'occupation américaine de l'Afghanistan. C'est par ce pays que passe la plupart du pétrole et de l'approvisionnement en matériel essentiel dont les forces américaines et les forces de l'OTAN ont besoin en Afghanistan. Le Pakistan sert aussi de plateforme dans les préparatifs américains pour attaquer militairement l'Iran. 
Au cours des derniers mois, les agences du renseignement et les agences militaires américaines ont augmenté leur présence au Pakistan, avec l'objectif d'affaiblir le mouvement de soutien pour la résistance contre le gouvernement afghan imposé par les Etats-Unis dans les régions tribales du Pakistan où l'on trouve beaucoup de Pachtounes.
Les forces américaines ont réalisé plusieurs raids aériens au Pakistan même pour aider aux opérations de contre-insurrection. 
La mission de Negroponte semble n'avoir provoqué que la colère au sein des élites et de la population pakistanaise dans son entier à cause de la relation de subordination qui existe depuis longtemps entre le Pakistan et les Etats-Unis et de l'appui inconditionnel de Washington pour Moucharraf, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat en 1999, malgré les attaques de ce dernier contre les droits démocratiques du peuple pakistanais. 
… 
La nervosité envers l'intrusion arrogante des Etats-Unis dans les affaires du Pakistan a été exprimée par l'éditeur du Dawn, Zaffar Abbas. « L'arrivée de la délégation américaine le jour même où le premier ministre était assermenté laisse entendre qu'ils cherchaient à imposer leur vision des choses », a dit Abbas. « Le problème avec l'Amérique, c'est qu'ils ne comprennent pas les pressions intérieures sur le nouveau gouvernement. » 
Un autre important quotidien de langue anglaise, The News, a publié un éditorial mardi sous le titre « Bas les pattes, oncle Sam ». Selon ce quotidien, « les gens sont préoccupés par les signes que Washington cherche à imposer sa volonté sur certaines parties du pays ou à dicter les décisions politiques ». 


Faisant allusion aux récentes frappes aériennes des Etats-Unis au Pakistan – par des drones lancés à partir de la base secrète récemment rendue publique de la CIA au Pakistan ou par des missiles tirés de l'autre côté de la frontière par les forces américaines en Afghanistan –, Sharif a déclaré : « Si les Etats-Unis veulent se débarrasser du terrorisme, nous voulons également que nos villages et nos villes ne soient pas bombardées. » 

… 
Negroponte a également rencontré Moucharraf mardi. Rien de substantiel n'a été dévoilé sur la teneur de leurs discussions, mais le porte-parole du Département d'Etat Sean McCormack faisait le même jour à Washington l'éloge de l'autocrate contesté. 
A la question de savoir si Moucharraf était « indispensable », terme déjà utilisé par Negroponte pour décrire ce dernier, McCormack a répondu que le président pakistanais était « un bon ami et un allié ». 
Keith Jones   Samedi 29 Mars 2008  http://www.wsws.org 

http://www.alterinfo.net/Relations-entre-le-Pakistan-et-l... 

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation


3-3 Spécial France

1 Pas de troupes françaises en Afghanistan.

Retirer la France de l’Otan, outil américain d’agression et de guerre

Répondant aux exigences répétées de Georges Bush, Nicolas Sarkozy a décidé unilatéralement et sans consultation  préalable du Parlement, d’envoyer 1000 militaires français en Afghanistan, lesquels viendraient s’ajouter aux 1900 qui déjà combattent le peuple Afghan dans une guerre américaine illégitime, sous les ordres directs de l’Administration des Etats-Unis qui contrôle l’Otan globalement. En s’installant dans cette logique de guerre, Monsieur Sarkozy confirme qu’il n’est que le Président d’une République Française qui, sous son influence, s’enfonce toujours davantage dans  l’engrenage de la souveraineté limitée inhérente au carcan euro-atlantiste. Sous sa pratique d’un pouvoir personnel apparent, la réalité est une fuite en avant dans l’approfondissement de la vassalisation de la France. L ’armée française est en passe de devenir une structure supplétive de la politique d’agression et de guerre de l’impérialisme américain. Face à celle-ci, une politique étrangère conforme à l’intérêt national, nécessiterait au contraire, une volonté d’endiguement de la menace américaine et de défense de la paix mondiale, dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

En Europe, le bellicisme de notre Président représentant de la bourgeoisie compradore, n’est pas isolé notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne. Dans ce pays l’ancien ministre de la défense Joseph Fischer est inquiet devant l’incapacité des troupes de l’Otan de gagner la guerre voulue par les stratèges américains en Afghanistan. Dans ce pays, les combats s’intensifient. Le bilan des pertes américaines s’accroît et s’ajoute à celles de la guerre coloniale en Irak. Cela fait progresser la prise de conscience du peuple américain et son refus de ces guerres.  Devant cette réalité Fischer, homme de « gauche » n’hésite pas : ce qui est en jeu en Afghanistan « c’est une victoire ou une défaite sur le terrain » et donc « l’avenir même de l’Otan ». Pour le moment le gouvernement allemand semble réticent devant l’hypothèse de suivre Joseph Fischer. Celui-ci estime que l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne doivent agir de concert  et développer des forces militaires « européennes » Ce n’est pas nouveau, Fischer défend l’idée d’une politique européenne militaire et de sécurité sous hégémonie allemande. Il confirme en cela une fois encore l’analyse du Comité Valmy du rôle à la fois complice et concurrent de l’impérialisme allemand par rapport à la politique des dirigeant américains.

Cette guerre américaine en Afghanistan, comme d’autres, est menée au nom de la lutte « contre le terrorisme » Mais les services de renseignements US eux –mêmes, confirment que ces guerres peuvent exacerber -et nous considérons que c’est l’un de leurs objectifs- des contradictions au sein des peuples, entre les cultures et les civilisations.

Sarkozy dans sa logique et sa volonté de guerre n’est aucunement représentatif du peuple français qui était avec raison, quasiment unanime sur le refus de la guerre américaine contre l’Irak exprimé à l’époque par Jacques Chirac et Dominique de Villepin. N

ous estimons que les Français doivent exiger que la France officielle renonce à la politique de guerre de Sarkozy et à transformer les soldats qui agissent au nom de la France , en supplétifs d’une guerre américaine injuste, illégitime et illégale.

Le Comité Valmy estime que les militaires français doivent quitter l’Afghanistan et qu’il est de l’intérêt de la France de se retirer de l’Otan.

Nous estimons aussi que cet appareil d’agression et de guerre sous contrôle absolu des USA doit être dissous dans l’intérêt de la paix dans le monde qu’il menace en permanence.

Nous estimons que la France s’inspirant de l’exemple donné par le Général de Gaulle, doit refuser toute participation à une guerre qu’elle n’aurait pas elle-même décidée. Il convient à cet effet, de rétablir une politique de défense nationale souveraine, dans le cadre d’une indépendance nationale réaffirmée.

Nous estimons encore que la République française doit rétablir la conscription. L’armée française doit redevenir l’armée la nation et celle de notre peuple, au service de sa défense. La souveraineté populaire et nationale ainsi que la démocratie, détruites  par le totalitarisme néolibéral et atlantiste de l’Union européenne, doivent être rétablies. Comité Valmy le 26 mars 2008   


2 Jacques Myard : France-Afghanistan : un alignement atlantiste sur les positions américaines.

Jacques Myard
Député des Yvelines
Président du CNR

L'’annonce du Président de la République à Londres de renforcer le dispositif militaire en Afghanistan par l’envoi de 1000 hommes supplémentaires ne peut que susciter des doutes sérieux et de fortes interrogations.

- Des doutes sérieux car il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan.

Plus les forces étrangères se substitueront aux forces afghanes, plus elles renforceront la rébellion et s’alièneront le soutien des populations. C’est une loi de l’histoire particulièrement avérée en Afghanistan. Si les forces de l’OTAN doivent concourir à mettre sur pied une armée afghane – il est regrettable que l’aide économique internationale se fasse rare – elles ne doivent pas se substituer à leur combat dans ce qui apparaît aujourd’hui comme un véritable guêpier.

- De fortes interrogations : cette décision apparaît à l’évidence comme un alignement atlantiste sur les positions américaines alors même que la politique étrangère de Washington est un échec quasi-total.
La France n’a rien à gagner dans un tel alignement. Elle doit plus que jamais conserver son indépendance diplomatique et militaire. Son retour annoncé par certains dans l’organisation intégrée de l’OTAN serait une faute sans appel.

En tout état de cause, cette réorientation de la politique étrangère française commande impérativement un débat au Parlement, afin que les Français et le Président de la République lui-même connaissent les réserves du Parlement, voire son opposition à cette inflexion radicale de la politique étrangère française, laquelle n’a pas été débattue lors de la campagne présidentielle.
Jacques Myard
Député des Yvelines
Président du CNR
publié le 28 mars 2008
http://questionscritiques.free.fr/politiques/Jacques_Myar...


3 Nicolas Sarkozy, l'OTAN et la guerre de la France en Afghanistan.

Dans un entretien accordé ce 26 mars à la radio britannique BBC, Nicolas Sarkozy a de nouveau justifié le renforcement annoncé de la partipation française à la guerre en Afghanistan. À la question "Allez-vous envoyer plus de troupes en Afghanistan ?", le président de la République a répondu dans le plus pur style bushien sur l'Irak: "Est-ce que l'on peut se permettre, nous, l'Alliance, les alliés, de perdre en Afghanistan ? La réponse est non. Parce qu'en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc on doit gagner. [...] Est-ce que la France veut partir, la réponse est non." Selon les informations de plusieurs sources, dont celles du quotidien britannique The Times, non démenti, Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà décidé d'envoyer plus d'un millier de soldats français supplémentaires en Afghanistan, répondant ainsi aux voeux pressants de George W. Bush. Malgré la présence de 20.000 GI's et d'environ 50.000 hommes de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (ISAF), bras armé de l'OTAN sous commandement américain, les militaires ne parviennent en effet pas à contenir l'insurrection qui contrôle désormais les deux tiers du pays que tente de gouverner Hamid Karzaï.

Et les américains, embourbés dans un désastre qui ressemble de plus en plus à celui de l'Irak, supplient désormais les Européens de leur venir en aide, en particulier dans le sud du pays, fief des talibans. L'occasion est trop belle pour le très atlantiste Nicolas Sarkozy qui ne demande rien tant que d'engager la France aux côtés des néo-conservateurs américains dans leur guerre de "civilisation" contre l'Islam. Pour cela, il souhaite ardemment réintégrer Paris dans le commandement de l'OTAN, ce "machin" inutile selon les termes du Général de Gaulle (qui a choisi lui, en 1966, de quitter l'organisation pour développer une politique de défense indépendante des Etats-Unis). Même s'il faut pour cela reproduire les erreurs stratégiques de l'administration Bush en Irak, c'est-à-dire envahir un pays pour y semer le chaos, générer des dizaines de milliers de morts et renforcer l'Islamisme radical ainsi que les luttes interconfessionnelles et la haine de l'Occident. Quitte aussi à augmenter dangeureusement le risque d'attentats terroristes sur le territoire français, comme le promettent Al-Qaeda et les divers groupes de l'armée de l'ombre d'Oussama Ben Laden. En dépit même des réticences de hauts militaires français comme le général Jean-Louis Georgelin qui craint une "logique d'escalade" et un futur bourbier pour l'armée française, la décision de déployer un nouveau bataillon de soldats français devrait être annoncée officiellement la semaine prochaine à Bucarest, lors du sommet des chefs d'Etat de l'OTAN, qui célèbre cette année son 60e anniversaire.

De nouvelles initiatives pourraient aussi être prises à partir de juillet prochain, lorsque Nicolas Sarkozy accèdera à la présidence de l'Union Européenne. George W. Bush lui a déjà recommandé avec insistance d'utiliser sa présidence pour augmenter les dépenses militaires afin que l'Europe puisse jouer un plus grand rôle dans les conflits que mène l'Empire contre le monde arabo-musulman (Proche-Orient, Irak, Afghanistan, Iran, etc) au nom de la "guerre contre le terrorisme". Le président français est tout acquis à la cause, affirmant à ce sujet qu'il est "essentiel d'exprimer avec clarté que la France se situe dans sa famille occidentale et quelles sont les valeurs qui sont pour elle essentielles" (Discours de Nicolas Sarkozy devant le corps diplomatique français, 18 janvier 2008).

Sans qu'aucun débat n'ait jamais eu lieu au Parlement, la France a déjà envoyé plus de 1.500 soldats en Afghanistan (2.200 si l'on compte l'ensemble du "théâtre afghan", c'est-à-dire les bases au Tadjikistan et au Kirghizistan et les bateaux de guerre patrouillant dans l'Océan Indien). L'opposition et les médias ne parlent pas, ou très peu, de ce qui se révèle bel et bien au fil des années comme une véritable guerre dans laquelle la France s'est engagée quelque peu légèrement en 2001, apparemment dans le sul but d'afficher son soutien aux Etats-Unis après l'attentat contre les tours du World Trade Center. Seul Jack Lang vient de demander récemment, dans un communiqué adressé au Premier ministre François Fillon, "de consulter le Parlement au sujet de l'envoi éventuel de troupes supplémentaires en Afghanistan". Le député socialiste s'interroge, alors que "les opérations de l'OTAN dans ce pays sont un demi échec" [...] "sur l'efficacité et la légitimité de renforts militaires français supplémentaires au moment même où d'autres pays tels l'Allemagne ou la Turquie entreprennent eux de se désengager".

Une quinzaine de militaires français -- peut-être plus car l'armée répugne à donner des chiffres officiels -- sont déjà morts, et 110 blessés, dans ce conflit où l'armée française remplit les missions que lui donne non seulement l'OTAN, mais aussi directement le commandement américain dans le cadre de son Opération Enduring Freedom ("Opération Liberté Immuable"). Outre la sécurisation de Kaboul et la formation des officiers de l'armée afghane, les soldats français participent activement aux combats contre les Talibans. 150 à 250 membres des forces spéciales sont prévus d'être envoyés de nouveau dans les régions frontalières sous contrôle des groupes armés d'Al-Quaïda et des chefs de tribu qui lui sont favorables. Des hélicoptères, des avions cargo et six avions de chasse de l'armée française -- auxquels seront bientôt adjoints de nouveaux Mirage tricolores -- opèrent depuis la base US de Kandahar pour surveiller et bombarder quasi quotidiennement les groupes islamistes, quand ce n'est pas la population civile afghane (25 bavures mortelles des troupes de l'OTAN sur des civils ont été dénombrées l'année dernière). Au total, pour la seule année 2007, on décompte plus de 6.000 morts dans les combats, dont 1.000 appartenant aux forces de sécurité afghanes et 200 soldats de la coalition occidentale. Les Canadiens, qui ont déployé 2.500 soldats dans le sud de l'Afghanistan, zone où les combats sont les plus violents, ont perdu à eux seuls au moins 80 hommes. C'est aussi à ces derniers, ou plutôt au premier ministre canadien Stephen Harper, bushien néoconservateur et militant sioniste convaincu, que Nicolas Sarkozy répond aujourd'hui par l'envoi de nouvelles troupes, car ils menaçaient de quitter l'Afghanistan avant l'année prochaine si l'Europe ne participait pas plus activement aux combats. Pour mémoire, il n'est pas inutile de rappeler que c'est Washington qui, dans les années '80, a financé et armé les futurs Taliban afghans, appelés à l'époque "combattants de la liberté", pour lutter alors contre "l'envahisseur" soviétique.

La République des Lettres, mercredi 26 mars 2008
http://www.republique-des-lettres.fr/10355-guerre-afghani...

n°163-dossiers de l'Afghanistan- 30-03 - (Fin) Les ravages de la «guerre oubliée» en Afghanistan

dossiers de l'Afghanistan 

n°163               -30-03-08

M.Lemaire                                                                                 



Sommaire : (Fin)

3-3 Spécial France(suite)

4 Les ravages de la «guerre oubliée» en Afghanistan

5 Désillusions afghanes 
6 Afghanistan - C’est la guerre de la France aussi

7 Renforts en Afghanistan: face à la fronde, débat organisé mardi au Parlement.

Annexe Géopolitique et stratégie

5-1 L'"analyse", sur l'Afghanistan, du Grand Reporter du Figaro est un condensé de la propagande et des mythes usuels

5-2 Paul Craig Roberts : Pourquoi avoir détruit les bandes vidéo des interrogatoires du 09-11 



4 Les ravages de la «guerre oubliée» en Afghanistan
Malgré l'augmentation des effectifs et la participation de trente-neuf pays, les 43.000 hommes de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) ne parviennent pas à contenir l'insurrection islamiste en Afghanistan. Les Américains, soucieux de ne pas perdre cette «guerre oubliée» au profit de l'Irak, n'en finissent plus de supplier les Européens de renforcer leur présence en Afghanistan, et notamment dans le sud du pays. 

«Stratégie globale remise à plat» L'envoi d'un millier de soldats français supplémentaires en Afghanistan devrait même être annoncé à l’occasion du sommet des chefs d'Etat de l'Otan prévu du 2 au 4 avril à Bucarest. Car avant de s'engager plus avant, la France - qui a déjà un contingent de 1.515 hommes dans le pays, en majorité à Kaboul - veut que la stratégie globale menée en Afghanistan soit remise à plat. «La stratégie actuelle a montré ses limites, expliquait début février Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées. Si c'est plus clair, cela peut alors susciter un engagement plus fort. Chacun travaille à la redéfinition de cette stratégie Pour Julianne Smith du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington, ce n'est pas en effet le nombre de troupes qui pose problème, mais «l'absence de stratégie coordonnée entre opérations militaires et reconstruction». «Le problème est qu'en Afghanistan, ça a démarré par un quiproquo. L'Otan est venu “reconstruire” (fin 2001, ndlr). De fil en aiguille, on en est passé à des opérations anti-guérilla», note quant à lui Yves Boyer, professeur à l'Institut de sciences politiques à Paris.

Nombreuses bavures Les trop nombreuses bavures des troupes de l'Otan - 25 pour la seule année 2007, selon le journaliste Tymour Noori cité par le «Figaro» ce mardi - ont rompu la confiance entre les habitants et la force internationale. Un échec renforcé par le fait que les pays occidentaux n'ont fourni que 15 milliards d'aide sur les 25 milliards promis à l'Afghanistan en 2001, selon un rapport rendu public ce mardi par l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan. De quoi saper les perspectives de paix qui dépendent en grande partie du développement du pays. «Aujourd'hui quels sont les objectifs? Qui les a définis? Quand touchera-t-on au but?», s'interroge Yves Boyer, qui évoque «l'absence de raisonnement stratégique» des Occidentaux devant «un combat ingagnable». Autant de questions auxquelles les pays de l'Otan tenteront de répondre lors du sommet de Bucarest. http://www.20minutes.fr/article/221319/Monde-Les-ravages-...


5 Désillusions afghanes. 
Extraits

 ….. il est un autre échec, ou en tout cas un grave dysfonctionnement, qui illustre l'impasse de la reconstruction en Afghanistan : les promesses non tenues en matière d'aide internationale. Le rapport que vient de publier l'agence Acbar, qui regroupe près d'une centaine d'organisations non gouvernementales travaillant sur place, est accablant. Une grande partie de l'aide à l'Afghanisan est "gaspillée, inefficace et non coordonnée", conclut cette étude. Il est impératif que la communauté internationale fasse le ménage et enraye la dérive. Faute de quoi, son crédit auprès de la population afghane, déjà fort entamé, s'en relèverait difficilement. Première interrogation : pourquoi les engagements n'ont-ils pas été honorés ? Vingt-cinq milliards de dollars d'aide à l'Afghanistan avaient été promis ; 15 milliards seulement ont été effectivement versés. Deuxième incohérence : pourquoi un déséquilibre aussi massif entre les dépenses militaires et l'aide à la reconstruction civile ? Les opérations de sécurité contre la résurgence des combattants islamistes sont certes amplement nécessaires pour stabiliser le pays, (…) mais rien ne justifie la disproportion que dénonce le rapport Acbar : les Américains dépensent 100 millions de dollars par jour pour la guerre, quand le total de l'aide internationale à la reconstruction se chiffre à 7 millions par jour.  Enfin, dernière grave carence : la gabegie. Un tiers des fonds empruntent des circuits obscurs, aspirés dans les "trous noirs" de la corruption. En outre, est-il normal qu'une partie de cette aide soit absorbée par de gigantesques coûts de fonctionnement ? 40 % de l'argent versé retourne en effet aux donateurs par le biais des rémunérations allouées aux consultants, sous-traitants et expatriés. 

 … LE MONDE | 26.03.08 | 13h52


6 Afghanistan - C’est la guerre de la France aussi.

Encore moins médiatisée que toute autre guerre, celle que l’OTAN livre en Afghanistan face aux talibans n’en a pas moins les caractéristiques sanglantes.

 Qui peut le plus peut le mieux  La France a peu à peu été mise à l’écart des combats sous l’égide de Jacques Chirac, pour faire avant tout du travail de renseignement et de soutien logistique. Les forces spéciales avaient même été rapatriées fin 2006. Par contre, l’aviation française n’a jamais cessé son activité : 20 bombes étaient larguées par mois pendant le second semestre 2007. Les zones les plus dangereuses demeurent le sud et l’est du pays, le long de la frontière pakistanaise, où les talibans trouvent refuge entre chaque assaut. Il est d’autant plus important d’y être en force avec la fin de l’hiver. Les combattants islamistes harcèlent de nouveau les villages et les affrontements s’intensifient. Le sud-ouest de l’Afghanistan est durement disputé pour ses champs de pavot et de cannabis à perte de vue, une manne financière vitale pour les talibans. Ce n’est donc pas une guerre "massive" mais de gagne terrain, dans laquelle chaque homme engagé compte.   Extraits deLe Petit Journal’ Nicolas Mangin, le 25-03-2008 http://www.lepetitjournal.com/content/view/25142/204/


7 Renforts en Afghanistan: face à la fronde, débat organisé mardi au Parlement. Face au tollé provoqué par l'annonce de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires britanniques d'un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, l'exécutif a accepté d'organiser mardi après-midi un débat, mais sans vote, à l'Assemblée nationale puis au Sénat.  "A la demande du président de la République et conformément à plusieurs demandes de groupes parlementaires, un débat sur l'Afghanistan sera organisé à l'Assemblée et au Sénat mardi 1er avril dans l'après-midi", a annoncé vendredi à l'AFP le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

Ce débat doit durer environ une heure et demie dans chacune des deux assemblées. Sur proposition du président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, il débutera à 15H00 au Palais-Bourbon et remplacera donc la séance des questions au gouvernement. Il se tiendra à 17H30 au Sénat. Les ministres Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Hervé Morin (Défense) devraient prendre la parole lors de ces débats. Côté parlementaires, une intervention de chaque groupe est prévue.  Alors qu'au départ, le gouvernement souhaitait s'en tenir à une simple audition des ministres en charge du dossier devant les commissions ad hoc, le chef de l'Etat a dû se résoudre jeudi à l'organisation d'un tel débat en séance plénière avant le sommet de l'Otan, qui débute mercredi à Bucarest. Son annonce, pendant sa visite d'Etat à Londres, d'un renforcement de la présence militaire en Afghanistan avait en effet provoqué une polémique au Parlement jusque dans son propre camp, tant sur le fond que sur la forme. "La décision de l'exécutif justifie que l'Assemblée soit solennellement informée et puisse débattre de cette question", avait aussitôt exigé M. Accoyer dans une lettre adressée à François Fillon. Mais contrairement au souhait exprimé vendredi par l'ex-ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, ces débats ne seront suivis d'aucun vote. 

Selon la Constitution , l'exécutif a le droit -contrairement aux règles dans la plupart des pays occidentaux- d'engager ses troupes dans des opérations militaires extérieures sans obtenir l'aval préalable du Parlement. Seule une "déclaration de guerre" doit être autorisée par députés et sénateurs. Une situation appelée à changer si la réforme des institutions est votée. L'avant-projet de loi prévoit en effet que, lorsque la durée d'une intervention excède six mois, "sa prolongation est autorisée par le Parlement", sous la forme "d'une motion votée par les deux assemblées". La France compte aujourd'hui quelque 1.600 soldats sur le sol afghan et 2.200 au total impliqués dans le "théâtre des opérations" afghan (pays voisins et océan Indien). Le volume des renforts français "n'est pas encore fixé par le président de la République ", a indiqué vendredi M. Morin. Le PS et le PCF, tout comme le FN et les souverainistes de droite, sont opposés à un tel renforcement. AFP, vendredi 28 mars 2008



5 Annexe Géopolitique et stratégie

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 L'"analyse" du Grand Reporter du Figaro, sur l'Afghanistan. est un condensé de la propagande et des mythes usuels.

L'"analyse" du Grand Reporter du Figaro est un petit condensé de la propagande et des mythes usuels sur l'Afghanistan, jusqu'à la réhabilitation très en vogue du colonialisme.

Commentaires

"Personne ne peut reprocher aux Américains d'être intervenus, au mois d'octobre 2001, en Afghanistan". On ne discute pas des postulats  

"Le régime islamique puritain des talibans y abritait des camps où s'entraînaient des centaines de combattants arabes internationalistes, adeptes du djihad antioccidental." Les Taliban étaient avant tout confrontés avec la guerre avec les chefs de guerre de l'Alliance du Nord, qui regroupait d'autre pas moins islamistes. Remarquons au passage combien ces djihadistes sont tellement mieux appréciées, lorsqu'ils s'agit de "libérer" la Bosnie , ou la Tchétchénie , et demain assez certainement le Xinjiang  

"Les attentats du 11 Septembre contre New York et Washington furent conçus en Afghanistan, dans l'entourage direct d'Oussama Ben Laden. " : C'est une affirmation du gouvernement Bush, qu'on est tenu de croire sur parole. On en attend toujours la preuve, qui semble si difficile à exhiber que même le FBI ne la possède pas; sur le site du FBI Oussama Ben Laden est toujours recherché pour les attentats de Nairobi et Dar es Salam de 1998

"Attaquée, l'Amérique se devait de réagir avec force, ne serait-ce que pour démanteler les camps d'entraînement, et tenter de capturer Ben Laden et ses lieutenants." C'est une absurdité totale, même en laissant de côté les nombreuses zones d'ombres de ces attentats. Les USA n'ont pas été attaqués par l'Afghanistan, ceux qu'on nous a présenté comme les 19 terroristes n'étaient pas Afghans, et ils se sont entraînés sur le sol états-uniens; la tentative de capture de Ben Laden fut non seulement curieusement inefficace, jusqu'au grotesque, mais apparemment ce n'est plus du tout la question, tout le monde s'en fout. Ben Laden est tellement utile à agiter comme épouvantail, que pour les 5 ans de l'agression de l'Irak, la grande info c'étaient les menaces proférées par cet ex-agent de la CIA contre l'Europe et le pape!

"Dès lors que le mollah Omar refusait de livrer à l'Amérique les djihadistes qui l'avaient agressée, Washington n'avait pas d'autre choix que d'intervenir militairement." Contre-vérité flagrante, le mollah Omar ayant déclaré être prêt à livrer Ben Laden si des preuves de son implication dans les attentats du 11/09 lui étaient présentées. Inutile de préciser si les USA étaient intéressés d'un tel accord. Exactement comme en 1990, ou en 1999, les USA ont délibérément balayé toute négociation parce que justement le but était a priori l'intervention militaire.  Enfin, il est tout a fait établi que l'attaque de l'Afghanistan était préparée bien avant le 11 septembre : cf par ex http://www.planetenonviolence.org/index.php?action=articl... 

"L'envoi de troupes en Afghanistan par les principales puissances militaires européennes fut tout aussi légitime : c'est le sens même d'une alliance militaire telle que l'Otan. Si l'un de ses membres est attaqué, tous se doivent de lui prêter main-forte. " Nouvelle contre-vérité : l'article 5 de l'Otan n'a pas été activé, les USA ont monté une coalition "ad-hoque" où l'Otan n'avait absolument aucun rôle Le Grand Reporter entretient délibérément la confusion, l'implication de l'Otan s'est faite 2 ans plus tard, par un coup de force sur la mission ISAF de l'ONU. 

"En décembre 2001, un mois après la prise de Kaboul (par les nordistes tadjiks et ouzbeks, équipés d'armes russes, aidés par les bombardements de l'aviation américaine ... " Assez comique comment "l'aide" US est présentée comme presque marginale!

"En 2005, quand on s'aperçut de la gravité de la détérioration de la situation intérieure afghane, il était déjà bien tard. Il est normal que le déploiement de forces de l'Otan sur l'ensemble du territoire (et non pas seulement à Kaboul comme en 2002 [sic]) n'ait pas encore porté ses fruits. La sécurisation du pays est une œuvre de longue haleine. Les Occidentaux forment et équipent une armée afghane qui commence tout juste à ressembler à quelque chose. La police, corrompue et inefficace, a besoin d'être purgée de fond en comble, puis remotivée avec du sang neuf. " Retour aux protectorats des bons Occidentaux.

"Les adversaires de la présence occidentale en Afghanistan stigmatisent les milliards de dollars d'aide qui se sont perdus dans les sables. Ils fustigent l'inaptitude des soldats de l'Otan à embrayer sur un terrain dont ils ignorent la langue et les mœurs. Tout cela est vrai, mais était prévisible. Les armées modernes n'ont plus le moindre «savoir-faire colonial». (...) Retrouver une «expertise coloniale», pour participer efficacement à la reconstitution d'un État, prendra du temps et de l'argent. Mais le jeu en vaut la chandelle." Ah le bon temps des colonies. Toute l'entreprise coloniale est ici réhabilitée, et en fait il n'y eut jamais que ce genre de bon sentiment au 19e et 20e siècle quand il s'agissait d'aider les barbares, qui ne savent bien sûr pas construire un état d'eux-même.


"Les trois qui ont eu le courage de s'attaquer aux zones infestées de talibans, l'américaine, la britannique, la canadienne, ..." Toujours déshumaniser l'ennemi, destiné à être massacré par centaines...Et quel courage, avec quelle différence de moyens militaires...

"On ne peut pas à nouveau abandonner l'Afghanistan, comme on l'avait fait en 1989, après le départ des troupes soviétiques. " On a entendu cette chanson combien de fois! L'Occident -pas seulement les USA-, a armé et financé des fondamentalistes rétrogrades depuis 1979, provoquant l'intervention soviétique. Le président communiste est tombé en 1992, 3 ans après la défection soviétique. Les divers chefs de guerre islamistes qui avaient été aidé par l'Occident se sont entre-déchirés sur base ethnique provoquant l'émergence des Taliban en 1994, qui sont parvenu au pouvoir en 1996 ...grâce à l'aide américaine! Les chefs de guerres islamistes défait (dont Massoud) formant alors l'Alliance du Nord. Hélas non, l'Occident n'a jamais "abandonné" l'Afghanistan, le Pakistan, et toute la zone

On ne peut pas laisser ces montagnes redevenir un champ d'entraînement pour les djihadistes du monde entier. Les Occidentaux doivent apprendre la patience, et contredire l'arrogance des talibans, qui nous répètent à l'envi : «Vous, vous avez les montres ; nous, nous avons le temps !» Dans quel camp se trouve vraiment l'arrogance?

Voici le texte complet du ’Figaro’: Pour le grand reporter au service Étranger du Figaro, «l'Occident ne peut se permettre d'abandonner aujourd'hui l'Afghanistan».

Personne ne peut reprocher aux Américains d'être intervenus, au mois d'octobre 2001, en Afghanistan. Le régime islamique puritain des talibans y abritait des camps où s'entraînaient des centaines de combattants arabes internationalistes, adeptes du djihad antioccidental. Les attentats du 11 Septembre contre New York et Washington furent conçus en Afghanistan, dans l'entourage direct d'Oussama Ben Laden. Ce dernier avait, en 1998, publiquement déclaré la guerre «aux juifs et aux croisés», avant de prendre un ascendant considérable sur le mollah Omar, chef incontesté des talibans.  Attaquée, l'Amérique se devait de réagir avec force, ne serait-ce que pour démanteler les camps d'entraînement, et tenter de capturer Ben Laden et ses lieutenants. Dès lors que le mollah Omar refusait de livrer à l'Amérique les djihadistes qui l'avaient agressée, Washington n'avait pas d'autre choix que d'intervenir militairement. L'envoi de troupes en Afghanistan par les principales puissances militaires européennes fut tout aussi légitime : c'est le sens même d'une alliance militaire telle que l'Otan. Si l'un de ses membres est attaqué, tous se doivent de lui prêter main-forte.  En décembre 2001, un mois après la prise de Kaboul (par les nordistes tadjiks et ouzbeks, équipés d'armes russes, aidés par les bombardements de l'aviation américaine) et la déroute des talibans, se tint, à Bonn, une conférence internationale sur la reconstruction politique et économique de l'Afghanistan. Les grandes puissances et tous les pays voisins y compris l'Iran furent invités. L'ensemble de ces parrains s'accordèrent à soutenir le programme de réconciliation nationale d'un relatif inconnu, Hamid Karzaï, pachtoune de l'émigration, musulman à la fois traditionaliste et pro-occidental. L'homme était le candidat de l'Amérique, dont le crédit était encore intact dans les enceintes internationales. La renaissance du pays commençait donc sous les meilleurs auspices. Malheureusement, le travail entamé ne fut pas achevé. Obsédé par la préparation médiatique, politique et militaire de son expédition en Irak, le Pentagone se désintéressa dès 2002 de l'Afghanistan. Les campagnes échappèrent bientôt à la faible autorité du consensuel et indécis Karzaï, pour revenir aux seigneurs de la guerre dans le nord, aux talibans dans le sud. Washington ne fit rien pour exiger du gouvernement pakistanais qu'il remette de l'ordre dans ses zones tribales frontalières, fonctionnant comme autant de sanctuaires où les talibans pouvaient en toute quiétude reconstituer leurs forces. En 2005, quand on s'aperçut de la gravité de la détérioration de la situation intérieure afghane, il était déjà bien tard. Il est normal que le déploiement de forces de l'Otan sur l'ensemble du territoire (et non pas seulement à Kaboul comme en 2002) n'ait pas encore porté ses fruits. La sécurisation du pays est une œuvre de longue haleine. Les Occidentaux forment et équipent une armée afghane qui commence tout juste à ressembler à quelque chose. La police, corrompue et inefficace, a besoin d'être purgée de fond en comble, puis remotivée avec du sang neuf. Les adversaires de la présence occidentale en Afghanistan stigmatisent les milliards de dollars d'aide qui se sont perdus dans les sables. Ils fustigent l'inaptitude des soldats de l'Otan à embrayer sur un terrain dont ils ignorent la langue et les mœurs. Tout cela est vrai, mais était prévisible. Les armées modernes n'ont plus le moindre «savoir-faire colonial». Les trois qui ont eu le courage de s'attaquer aux zones infestées de talibans, l'américaine, la britannique, la canadienne, n'ont aucun officier qui parle le dari ou le pachtou, qui puisse conduire, ou seulement même comprendre, une choura (assemblée) de chefs tribaux afghans. Les élites militaires occidentales ne génèrent plus de T.E. Lawrence. Or pour gagner une guerre asymétrique, pour être performant dans la contre-guérilla, il faut des officiers qui soient en empathie avec la population. Pour le moment, comme en Irak, les Occidentaux sont aspirés dans la spirale attentats-répression-bunkérisation-divorce d'avec la population. Les soldats occidentaux, dont les convois, «pour raisons de sécurité», traversent les villes afghanes en bousculant tout sur leur passage, ne savent toujours pas ménager, chez les Afghans, leur charaf (mélange d'honneur, d'intégrité personnelle, de fierté). Il faut qu'on le leur enseigne. Retrouver une «expertise coloniale», pour participer efficacement à la reconstitution d'un État, prendra du temps et de l'argent. Mais le jeu en vaut la chandelle. On ne peut pas à nouveau abandonner l'Afghanistan, comme on l'avait fait en 1989, après le départ des troupes soviétiques. On ne peut pas laisser ces montagnes redevenir un champ d'entraînement pour les djihadistes du monde entier. Les Occidentaux doivent apprendre la patience, et contredire l'arrogance des talibans, qui nous répètent à l'envi : «Vous, vous avez les montres ; nous, nous avons le temps !»

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/03/24/01005-20080324AR...
 24/03/2008.


Paul Craig Roberts : Pourquoi avoir détruit les bandes vidéo des interrogatoires du 09-11 ? 

Contrairement aux deux présidents de la Commission du 9-11, Thomas Kean et Lee Hamilton, beaucoup d’Étasuniens se contentent de son rapport. Max Cleland, un sénateur membre de la Commission du 9-11 qui a démissionné, n’était lui non plus pas satisfait. Il a raconté au Boston Globe (13 novembre 2003) : « Cette enquête est maintenant compromise. » Même Louis Freeh, ancien directeur du FBI, a écrit dans le Wall Street Journal (17 novembre 2005) qu’il y a des inexactitudes dans le rapport de la commission et des « questions qui ont besoin de réponses. » Kean et Hamilton ont tout deux déclaré publiquement à deux reprises, une fois en 2006 dans leur livre, Sans précédent : L’histoire interne de la Commission du 9-11, et de nouveau le 2 janvier 2008 dans le New York Times, qu’il y a des inexactitudes dans le rapport, et des questions sans réponse ou avec des réponses insatisfaisantes.

Le deuxième jour de cette nouvelle année, Kean et Hamilton ont accusé la CIA d’obstruction à leur enquête : « Ce que nous savons, c’est que les fonctionnaires ont décidé de ne pas informer un organisme légalement constitué, créé par le Congrès et le Président, pour enquêter sur l’une des plus grandes tragédies que ce pays ait affrontée. Nous appelons ça de l’obstruction. » Dans leur livre, Kean et Hamilton ont écrit qu’ils ont été dans l’impossibilité d’avoir « accès aux détenus témoins vedettes, qui étaient les seules sources possibles d’informations internes sur le complot du 9-11. » Les seules informations permises à la commission, sur ce que les interrogatoires ont appris des meneurs présumés du complot, tels que Khalid Cheikh Mohammed, sont venues de sources de « troisième main. » La commission n’a pas été autorisée à questionner les prétendus comploteurs en détention, ni même à rencontrer ceux qui les avaient interrogés. En conséquence, écrivent Kean et Hamilton, « Nous n’avions aucun moyen d’évaluer la crédibilité des informations des détenus, » celle fournies des mains d’un parti tiers. « Comment pouvions-nous dire si quelqu’un comme Khalid Cheikh Mohammed nous disait la vérité ? »

Le fait que les bandes vidéo des interrogatoires existaient a été caché à la Commission du 9-11. Les bandes vidéo ont été détruites depuis. La destruction de ces vidéos est devenu un problème à cause de l’implication de la Maison Blanche dans la décision de les détruire, et on pense qu’elles ont été détruites parce qu’elles révèlent les méthodes de torture que l’administration Bush nie utiliser.
Selon le Président Bush, les États-Unis ne pratique pas la torture, même si lui et son Ministère de la Justice (sic) font valoir le droit à torturer.

La torture est une diversion ? La Commission du 9-11 n’a été chargée d’enquêter ni sur les méthodes d’interrogatoire, ni sur le traitement des détenus. Cette commission a été chargée d’enquêter sur la participation d’Al-Qaïda, aux attentats du 9-11, et d’identifier les auteurs de cet acte terroriste. Il n’y a aucune raison de refuser à la commission les preuves vidéo des aveux impliquant Al-Qaida et Oussama ben Laden.

La preuve vidéo a-t-elle été refusée à la Commission du 9-11 parce que les auteurs présumés du complot n’ont ni avoué, ni impliqué Al-Qaïda, ni mis en cause Ben Laden ? Quelqu’un pense-t-il sérieusement que la preuve de la confession n’aurait pas été révélée ? Des preuves qui auraient évité ce qui est devenu une énorme industrie de chercheurs de vérité sur le 9-11, qui implique un grand nombre de gens hautement crédible. L’administration Bush n’avait aucune raison de redouter la question de la torture.

Les notes de service du Ministère de la Justice en ont légalisé l’usage, et le Congrès a adopté une loi, signée par le Président Bush, qui protège rétroactivement les interrogateurs étasuniens qui ont torturé des détenus. La Loi sur les Commissions Militaires, adoptée en septembre 2006 et signée par Bush en octobre 2006, dépouille les détenus des protections des Conventions de Genève : « Aucun combattant ennemi étranger hors-la-loi, soumis à procès par une commission militaire en vertu du présent acte, ne peut invoquer les Conventions de Genève comme source de droits. » D’autres dispositions de la loi privent les détenus des procès rapides, des protections contre la torture, et de l’auto-incrimination. La loi comporte une disposition qui protège les tortionnaires rétroactivement contre des poursuites pour crimes de guerre.

L’administration Bush a habilement tiré parti des affirmations de torture pour transformer la destruction des bandes vidéo par la CIA en « une histoire de torture. » Il est beaucoup plus probable que les bandes aient été détruites parce qu’elles révèlent l’absence d’aveux sur le complot. Comme le demandent Kean et Hamilton, sans preuve, comment connaissons-nous la vérité ? Tout ce que nous avons, c’est la parole de l’administration, qui nous a raconté que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et qui nous dit, tout en s’asseyant sur le rapport du NIE, qui concluait que l’Iran avait mis fin à son programme d’armement en 2003, que l’Iran a un programme d’armes nucléaires en cours et est près d’avoir une arme nucléaire.

Et la cassette vidéo où Ben Laden accepte la responsabilité des attentats du 9-11 ? Tout indique que cette bande est un faux.  Le Ben Laden de « la confession vidéo » du 9 novembre 2001 ne ressemble en rien au Ben Laden de la dernière vidéo confirmée de décembre 2001. Récemment, le journal italien, Corriere Della Sera, a annoncé que l’ancien président d’Italie, Francesco Cossiga, a dit que le renseignement italien avait conclu que la confession vidéo de Ben Laden était un faux. Dans le Washington Post en ligne du 1er février 1999, William Arkin décrivait une technologie de morphing de la voix [interpolation des changements avec le vieillissement, NDT], mise au point par le laboratoire de Los Alamos du gouvernement. Arkin a rapporté que le morphing numérique, incluant l’apparence, « venue avec l’âge, est disponible pour servir dans les opérations psychologiques. » La journaliste d’investigation Kristina Borjesson nous rappelle que, « six jours après le 9-11, CNN a signalé que Ben Laden avait envoyé à Al-Jazira une déclaration qui démentait son implication. » Elle nous rappelle aussi que le FBI a dit qu’il n’avait aucune preuve solide de la responsabilité de Ben Laden dans le 9-11. Le FBI recherche Osama pour les attentats contre les ambassades étasuniennes de Tanzanie et du Kenya en 1998, pas pour le 9-11. Borjesson signale aussi que, dans la « confession vidéo, » Ben Laden se révèle écrivant de la main droite, mais il est connu être gaucher. Si le Ben Laden de la « confession vidéo » est en fait un faux, comme il paraît l’être, pourquoi courir le risque de créer ce genre de vidéo si la CIA a celles des aveux des présumés participants d’Al-Qaïda au complot du 9-11 ? Pourquoi détruire ces pièces à conviction, surtout après que la torture ait reçu l’aval du Ministère de la Justice et du Congrès des États-Unis ? Paul Craig Roberts

Alterinfo – février 2008 – Trad. Pétrus Lombard

Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l’administration Reagan.

http://www.alterinfo.net/Pourquoi-detruire-les-bandes-video-du-9-11-_a16531.html Original : http://www.vdare.com/roberts/080203_tapes.htm
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info
http://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/20/pourquo...

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinforma...

30/03/2008

n°162 Journal de l'Afghanistan-22-29/3 (Début) - 1- "Offensive de printemps" en Afghanistan .... "On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam".

Journal de l'Afghanistan 

n°162 du 22 au 29-03 M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.

Tiré à part :

"Offensive de printemps" en Afghanistan

"On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam",

Les militaires américains en Afghanistan ont besoin de 100 millions de dollars par jour pour maintenir l’occupation.

Corruption et méga bénéfices

Au jour le jour...

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 


Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie. Résister à l'occupation c'est vivre libre ! Yasser Arafat
Tiré à part :

"Offensive de printemps" en Afghanistan

27-03 Dans un message intitulé "Les taliban proclament le lancement de leur offensive de printemps en Afghanistan" diffusé sur internet, la résistance s'engage à chasser les forces étrangères en leur infligeant des "coups douloureux". "L'hiver s'achève, le printemps pointe à l'horizon et, pour assurer la poursuite du djihad la résistance entame une nouvelle série d'opérations baptisée Réprimande", Notre objectif, avec ses opérations, est de donner une leçon à l'ennemi par des frappes concluantes et douloureuses auxquelles il ne s'attend pas, jusqu'à ce qu'il comprenne et soit contraint de mettre fin à l'occupation de l'Afghanistan et retire jusqu'à son dernier soldat", explique Bradar Akhund, auteur de ce message détecté par l'institut US ‘SITE.’ Source : Reuters - Alison Williams, version française Jean-Philippe Lefief

"On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam",

"On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam", estime dans un entretien au Journal du Dimanche le député PS et membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Jean-Louis Bianco, alors que des débats sans vote auront lieu mardi au Parlement sur le renforcement du contingent français en Afghanistan. "Nicolas Sarkozy prend les choses à l'envers. Il décide et ensuite, il fait semblant de nous consulter. C'est absolument méprisant", déplore le député socialiste. "Nous sommes une des rares démocraties en Europe et peut-être dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement en débatte et encore moins ne vote", souligne-t-il. Jean-Louis Bianco pense : La "bonne méthode" serait que "l'on en débatte avant d'envoyer des troupes, et surtout avec les Européens". "Renforcer la démocratie, faire en sorte que l'aide arrive, définir une stratégie militaire, voilà ce qu'il faut faire au préalable, faute de quoi on peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam", ajoute M. Bianco. Pour le député PS, Nicolas Sarkozy, "oubliant l'action de De Gaulle" semble "prêt à rentrer" dans l'OTAN "sans obtenir de garantie sur le rôle" de l'Alliance atlantique "et celui qu'y jouerait la France ". La presse a évoqué l'envoi d'un millier de soldats supplémentaires, ce qui porterait le contingent français à près de 3.000 hommes. La gauche, mais aussi des membres de la majorité, ont protesté contre cette annonce faite sans débat préalable au Parlement français, et qui plus est devant un Parlement étranger. AP

Les militaires américains en Afghanistan ont besoin de 100 millions de dollars par jour pour maintenir l’occupation.

25-03 Les pays occidentaux n'a fourni que la moitié des 10,4 milliards que de dollars promis pour la période 2002-2008 à l'Afghanistan, selon un rapport de

l'ACBAR.( l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan)
La communauté internationale s'etait engagée à octroyer 25 milliards de dollars à l'Afghanistan depuis 2001, selon l'ACBAR, agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan.
"Seuls 15 milliards de dollars d'aide ont jusqu'à présent été versés, dont on estime que 40% sont revenus aux pays donateurs sous forme de bénéfices d'entreprises et de rémunérations de consultants", ajoute l'ACBAR.
Dans le même temps, les fonds allant à la reconstruction ne représentent qu'une "fraction" des dépenses militaires, 25 milliards de dollars ayant été consacrés au renforcement des occupants depuis 2001, note l'ACBAR.
Les militaires américains dépensent 100 millions de dollars par jour en Afghanistan, comparé à une moyenne de 7 millions par jour de dons internationaux sur la même période, conclu le rapport. Source : AFP 

Corruption et méga bénéfices

L'armée US  vient de suspendre un méga-contrat avec l'un de ses fournisseurs soupçonné d'avoir envoyé aux forces de sécurité afghanes de vieilles munitions obsolètes provenant de l'ex-bloc soviétique, a indiqué jeudi le Pentagone. Selon le New York Times qui a révélé l'affaire, il s’agit du groupe AEY, vainqueur en 2007 d'un contrat de 300 millions de dollars pour la fourniture de matériel de guerre destiné à l'armée et la police afghanes,… Un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a confirmé que l'armée de Terre avait suspendu le contrat, afin d'étudier la provenance des munitions fournies à l'Afghanistan, ainsi que leur qualité, qui a fait l'objet de plaintes. Selon le quotidien américain, qui cite des rapports confidentiels, AEY fournissait depuis 2007 des munitions fabriquées il y a plus de 40 ans. Avec le temps, la qualité des munitions se dégrade, les rendant moins fiables et moins puissantes, voire inutilisables.

AEY se procurait ces munitions essentiellement dans les pays européens de l'ex URSS : République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie Monténégro et Albanie. En outre, des dizaines de millions de cartouches de fusil et d'armes automatiques fournies par AEY ont été produites en Chine, et leur achat constituerait ainsi une violation de l'embargo sur les armes en vigueur vis-à-vis de Pékin, écrit le New York Times. Le groupe travaillait avec des intermédiaires et une société-écran figurant sur une liste fédérale d'entités soupçonnées de trafic d'armes illégal. Une écoute téléphonique secrète du président d'AEY, Efraim Diveroli, suggère enfin que sa société a eu recours à la corruption. (AFP / 27 mars 2008)

Au jour le jour...

26-03 Il faut noter aussi que, sur l’autre front de « la guerre contre le terrorisme », l’Afghanistan, cet « Etat défaillant », la situation semble échapper aux forces américaines et à l’OTAN. Ce sera d’ailleurs un des thèmes du sommet de l’OTAN à Bucarest, les 2-4 avril prochain. Dans une dépêche de l’agence Reuters du 11 mars, « UN Reports sharp rise in Afghanistan attacks », il est écrit que, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies, les attaques ont augmenté de manière importante en 2007 : on a compté 566 incidents par mois, contre 425 en 2006. 8 000 personnes ont été tuées dont plus de 1500 civils. On a aussi compté 160 attaque Kamikaze en 2007 (contre 123 en 2006). Les travailleurs ‘humanitaires’ et des ONG sont des cibles de plus en plus fréquentes.. Alain Gresh  Source : Carnets du diplo :  http://blog.mondediplo.net/...

28-03 L'amiral William Fallon a formellement quitté vendredi le commandement de l'état-major chapeautant les forces américaines en Irak et en Afghanistan, après la parution d'un article de presse qui le disait en désaccord avec la politique iranienne du président George W. Bush. Fallon, a remis ses fonctions à son adjoint, le général de l'armée de terre Martin Dempsey. Fallon avait auparavant dirigé le Commandement pacifique et supervisé à ce titre les relations entre Washington et Pékin.

Source : AP : Kristin Roberts, version française Gregory Schwartz 



L'Afghanistan en chiffre du 22 au 29/03  
tués blessés
Usboys / Autres boys  3  4
Policiers, armée et collaborateurs  40  133
Peuple Afghan  34  4 + x


1 La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

23-03 Les spécialistes jugent que les bases arrière des ‘talibans’ et de leurs alliés sont désormais dans les zones autonomes du Pakistan. (AFP)


Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

USA & Coalition

24-03 Le général Wardak a souhaité que "la communauté internationale réaffirme son engagement à long terme envers l'Afghanistan", (AFP)


Otan- Isaf

25-03 À l'occasion de ce sommet, prévu le 4 avril l'Otan devait annoncer un accroissement de ses forces, dont les effectifs sont actuellement de l'ordre d'environ 50.000 hommes de 40 pays. A leurs côtés, la coalition internationale sous commandement américain compte 20.000 soldats. (AFP)


Australie

29-03 Une pression diplomatique doit s'exercer sur le nouveau gouvernement pakistanais pour empêcher les résistants de traverser la frontière et d'entrer en Afghanistan, a déclaré samedi le chef des forces militaires australiennes. Les résistants utilisent des bases au Pakistan pour attaquer les forces occidentales en Afghanistan, a déploré Angus Houston. "Ce qui est important, c'est que tous les pays occidentaux oeuvrent ensemble pour faire les efforts diplomatiques nécessaires" sur le Pakistan, a-t-il estimé. Les résistants doivent se voir refuser "la liberté de passer la frontière", a-t-il insisté…. Le Pakistan a déployé quant à lui quelque 90.000 hommes le long de la frontière pakistano-afghane pour empêcher les résistants de traverser la frontière AP


Canada 

24-03 Les troupes canadiennes en Afghanistan sont désormais autorisées à tirer des obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial (GPS) et dont le coût s'élève à 150 000 $. L'obus Excalibur est présenté comme la nouvelle génération de munitions d'artillerie. Il s'agit aussi de la plus coûteuse des munitions jamais employées par l'armée canadienne. Les promoteurs d'Excalibur font l'éloge de cet obus qui est d'une extrême précision et dont la trajectoire peut être corrigée en vol. Ils estiment que cette arme permettrait de réduire le nombre de victimes innocentes (lire civils)lors de frappes aériennes en Afghanistan. L'obus « atterrit exactement là où vous voulez qu'il atterrisse, a expliqué le lieutenant-colonel Jim Willis, chargé de l'acquisition des munitions. L'officier supérieur a ajouté que l'arme fonctionne très bien puisqu'elle a été testée récemment dans le désert par des militaires canadiens basés à Kandahar.  Les Américains ont aussi donné le feu vert à l'utilisation d'Excalibur, après avoir procédé à leurs propres tests. La Presse Canadienne

27-03 L'armée canadienne devra se contenter de chars d'assaut empruntés à l'Allemagne pour faire la guerre en Afghanistan, puisque ses nouveaux modèles ne seront pas livrés avant 2011. A l'origine, le programme de remplacement des tanks, d'une valeur de 1,3 milliard $, prévoyait l'achat de 100 chars d'occasion aux Pays-Bas en vue de les améliorer, ainsi que l'emprunt, entre-temps, de 20 chars Leopard allemands résistants aux mines, pour emploi immédiat en Afghanistan. Les chars allemands sont arrivés l'été dernier sur le théâtre d'opération et devaient être retournés à leur propriétaire, à l'arrivée des nouveaux modèles. La Presse Canadienne


France.

22-03 Sur la zone de déploiement des nouvelles unités, l'Est, également en proie à une forte adversité des talibans, aurait la préférence des militaires. Les unités françaises présentes dans la région de Kaboul y passeraient progressivement la main à l'Armée nationale afghane (ANA) pour effectuer la relève d'unités américaines. Elles feraient ainsi tache d'huile dans les provinces situées entre la capitale afghane et la frontière pakistanaise. Cette option, dit-on, assurerait une "cohérence tactique et logistique" entre les unités françaises de Kaboul, les instructeurs présents dans les provinces voisines du Logar, du Wardak et de Kapissa et de nouvelles unités qui seraient déployées sous commandement américain. (AFP & AP)



2 Occupation de l'Afghanistan

2-1 Sur le terrain

28-03 Le lieutenant général Martin Dempsey a pris le commandement temporaire vendredi du Commandement central (CentCom) des Etats-Unis, notamment responsable des guerres en Irak et en Afghanistan. Dempsey a commandé la formation ainsi que l'équipement des forces irakiennes de sécurité à Bagdad avant d'entrer au CentCom. Le général trois étoiles Dempsey, vice-commandant de CentCom depuis août 2007 figure sur la liste des prochaines promotions au rang de général quatre étoiles en tant que futur commandant des forces américaines en Europe En tant que général trois étoiles, il occupe un rang moins élevé dans la hiérarchie militaire que le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak.AP


2-2 Les forces en présence

23-03  70.000 soldats étrangers sont en Afghanistan au sein de la Force internationale de l'Otan (50.000 hommes) et de la coalition internationale sous commandement américain ( 20.000 soldats)  (AFP)

USA

22-03 Les Etats-Unis, qui ont déployé 3.200 Marines de plus en Afghanistan, tentent de persuader leurs alliés européens de l'Otan de "partager le fardeau" de la guerre en Afghanistan en envoyant des renforts dans le sud du pays. De son côté, le commandement de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan réclame l'envoi de 7.500 hommes supplémentaires dans ces régions. (AFP)


Otan-Isaf

25-03 Dans le cadre de l'ISAF les effectifs sont actuellement de l'ordre d'environ 50.000 hommes de 40 pays.  A leurs côtés, la coalition internationale sous commandement américain compte 20.000 soldats. (AFP)


Troupes Afghane

22-03 Les effectifs de l'armée nationale afghane (ANA) tournent autour des 60.000 hommes et devraient atteindre à la fin de l'année 80.000 soldats, pour ensuite rester à ce niveau. Ces effectifs avaient été prévus à la fin décembre 2001, et ils devraient être revus aujourd'hui à la hausse puisque la situation a changé…. (AFP)


Australie

29-03 L'Australie, qui n'est pas membre de l'OTAN, a engagé 1.000 soldats en Afghanistan dans le cadre de la Force sous commandement de l'OTAN. AP


France

22-03 Actuellement, plus de 2.200 militaires français sont déployés en Afghanistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan et dans l'océan Indien, dans le cadre des opérations de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN et de l'opération Enduring Freedom (OEF). Parmi eux, 1.500 sont déployés sur le territoire afghan.. (AFP & AP)


Turquie

24-03 Les Turcs y ont dépêché un contingent d'environ 1.150 militaires déployés dans Kaboul et sa région dans le cadre de la Force internationale de l'Otan. (AFP)



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Les grandes manoeuvres

27-03 L'Afghanistan demandera au prochain sommet de l'Otan à Bucarest de l'aider à augmenter les effectifs de ses forces de sécurité, notamment en termes de logistique et d'armement, afin d'assurer à l'avenir sa propre sécurité,… a déclaré Abdul Rahim Wardak, ministre afghan de la Défense. "Cette année, nous aurons encore besoin de nous appuyer sur l'Otan et la coalition pour la mobilité aérienne et d'autres éléments de logistique", a également dit le ministre. "Nous avons besoin de cette coopération car nous vivons dans un environnement dangereux", a-t-il martelé. (AFP)



b) Les occupants 

1) Usa

Occupation de l'Afghanistan

25-03 Les Etats-Unis sont le principal octroyeur de fond de l'Afghanistan, avec un budget représentant un tiers du montant total de l'aide internationale. De même, l'Union européenne et l'Allemagne n'ont versé que moins des deux tiers de l'argent promit, soit respectivement 1,7 milliard et 1,2 milliard de dollars, selon le rapport.

De son côté, la Banque mondiale n'a versé que la moitié des 1,6 milliard de dollars promis. La Grande-Bretagne a fait mieux en donnant 1,3 des 1,45 milliard promis. En raison des faibles revenus du gouvernement, l'aide internationale représente 90% du budget des dépenses publiques dans le pays", a rappelé l'ACBAR. La responsable de la Banque mondiale pour l'Afghanistan, Mariam Sherman, a répondu que le taux de 50% des promesses versées était en fait "très bon", étant donné que les projets de reconstruction prennent des années à être réalisés. Par ailleurs, l'ACBAR a calculé que les deux tiers de l'aide qui arrivait en Afghanistan ne passaient pas par le gouvernement afghan avant d'être distribués, affaiblissant les efforts pour renforcer les institutions nationales. L'ACBAR coordonne les activités de 94 organisations d'aide au développement, parmi lesquelles Oxfam, CARE, le Secours islamique et Save the Children. Source : Jason Straziuso, La Presse Canadienne


Dans le monde

22-03 Le prince Al Walid bin Talal, 5e fortune mondiale, pourrait investir en Afghanistan dans les secteurs de l’hôtellerie, de l’aviation et de l’énergie. Une délégation de représentants de l’homme d’affaires devrait prochainement se rendre en Afghanistan, a assuré la présidence. AFP


Canada

26-03 Omar Samad l'ambassadeur de l'Afghanistan au Canada croit que les Forces armées canadiennes auront rempli leur mission d'ici environ trois ans. M. Samad est d'avis que le Canada et ses partenaires ne peuvent abandonner l'Afghanistan à son sort. "Faillir n'est pas une option", a-t-il dit. La Presse Canadienne

26-03 La Chambre des communes a voté la prolongation de la mission canadienne dans la province de Kandahar jusqu'en 2011. Cette prolongation est cependant liée à l'ajout de 1000 soldats de l'OTAN de plus pour épauler les troupes canadiennes. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont déjà fait savoir qu'ils allaient donner un coup de main au Canada. La Presse Canadienne


France

22-03 La France devrait saisir l'occasion du prochain sommet de l'Otan, du 2 au 4 avril à Bucarest, pour annoncer un renforcement significatif de sa présence militaire en Afghanistan, à la plus grande satisfaction de l'Alliance atlantique et des USA. On parle, de sources proches du dossier à Paris, d'un nouveau bataillon, soit un millier d'hommes, accompagné d'un "petit paquet" de forces spéciales de 100 à 200 hommes employés comme précurseurs ou pour des opérations "coup de poing". Les forces spéciales françaises qui ont quitté l'Afghanistan en janvier 2007, à l'exception de quelques dizaines d'instructeurs, y feraient ainsi leur retour. (AFP)

28-03 Le ministre de la Défense Morin a affirmé vendredi que les militaires de l'ISAF (Force  internationale) n'étaient "pas enlisés" en Afghanistan, mais qu'il fallait encore faire "des efforts considérables" car "si la communauté internationale ne fait pas un effort considérable pour l'Afghanistan, nous ne pourrons jamais en sortir". "Nous avons dit par ailleurs que si la France venait à faire un effort supplémentaire, il faut que l'ensemble de nos partenaires s'engagent à rester, et s'engagent éventuellement à faire un effort supplémentaire", a-t-il ajouté. AP


Russie

25-03 L'Otan est en négociations avec la Russie pour pouvoir faire transiter par l'espace aérien et le territoire russes des équipements pour les soldats de la force internationale en Afghanistan (Isaf) (AFP)

28-03 Alexandre Grouchko : "Notre politique concernant l'Otan est conséquente et claire. Nous sommes prêts à coopérer avec l'Otan sur tout le spectre de nouvelles menaces qui touchent la Russie et les pays de l'Otan. "En ce qui concerne l'élargissement de l'Otan vers l'Est, notre position n'est pas moins claire et conséquente. C'est une projet du passé, qui ne répond pas aux exigences de sécurité d'aujourd'hui", a-t-il souligné. (AFP)

28-03 La Russie est prête à "accroître sa coopération" avec l'Otan sur l'Afghanistan si l'Alliance prend en compte les "intérêts" russes en stoppant ses projets d'expansion à l'Est, a déclaré vendredi un vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko. Mais "il ne peut y avoir de coopération pleine et entière si on ne prend pas dûment en compte les intérêts légitimes des uns et des autres", a-t-il ajouté. "Des pas supplémentaires dans la politique de +portes ouvertes+ (élargissement, ndlr) de l'Otan ne renforceront ni la sécurité de l'Otan, ni celle des pays qui manifestent leur intention d'adhérer à l'Alliance, ni celle de la Russie ", Un élargissement sera "lourd de conséquences pour la sécurité européenne et euro-atlantique dans son ensemble, peut accroître le potentiel de conflits et avoir un impact négatif sur les relations entre la Russie et l'Otan, y compris sur leur coopération dans des domaines concrets", a conclu Grouchko. (AFP)


Turquie,

Dick Cheney en Turquie,

24-03 Dans le centre-ville, des organisations non gouvernementales ont également manifesté avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Cheney va-t-en de Turquie !" et "USA hors du Proche-Orient !", a témoigné l'agence de presse Anatolie.. (AFP)

24-03 Le vice-président Cheney s'est entretenu avec les dirigeants turcs, qui lui ont fait savoir qu'ils n'accroîtraient pas pour le moment leur engagement en Afghanistan. "Nous attachons de l'importance à l’Afghanistan et, en tant que membre de l'Otan, nous nous conformons aux décisions de l'Otan, mais nous ne pouvons nous plier à ces décisions que tant qu'elles n'affaiblissent pas notre propre combat contre le terrorisme(…) ", a pour sa part dit un responsable turc à Ankara. (AFP)


n°162 Journal de l'Afghanistan-22-29/3(Fin) - 1- "Offensive de printemps" en Afghanistan .... "On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam".

1- "Offensive de printemps" en Afghanistan .... "On peut craindre que nous ne partions pour un nouveau Vietnam". Journal de l'Afghanistan 

n°162 du 22-29

M.Lemaire                                                                                 


4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Natochannel.tv 

7 Brèves

7-1 L'aide envoyée en Afghanistan est gaspillée...

7-2 Les armes des occupants

1 VIPER : Un soldat robotisé

 7-3 Le nouveau gouverneur de la province de Helmand confirme vouloir dialoguer avec les taliban.

8 Dossiers

8-1 Un leadership plus jeune…


4 Lutte pour la libération du territoire

24-03 Attaque de camions ravitaillant l'Otan : "Un engin explosif a été placé dimanche soir sous un camion citerne, son explosion a provoqué une réaction en chaîne et 36 camions ont été détruits. 100 personnes ont été blessées, dont 12 grièvement", a déclaré à l'AFP une source au sein des services de sécurité sous couvert de l'anonymat. Les résistants  ont déclenché deux bombes qui ont incendié les véhicules dont plusieurs ont explosé. «  Il y avait des flammes énormes. Les gens ont commencé à fuir dans tous les sens », a déclaré un témoin. (Reuters) L'attaque s'est effectuée à Torkham, principal point de passage à la frontière pakistano-afghane la principale ville du district de Khyber  a récemment été la cible de plusieurs attaques de la résistance afghane et de groupes liés à al-Qaïda. Plus de 80 camions citernes destinés à ravitailler en carburant les troupes de l'Otan et de la coalition sous commandement américain en Afghanistan étaient garées quand l'explosion a eu lieu, a précisé cette source.  (AFP)


Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf 

22-03 Des combats ont éclaté dans le district de Sarobi, à environ 70 kilomètres à l’est de Kaboul, entre les forces afghanes et étrangères et des combattants du Hezb-e Islami, ont rapporté des sources locales. Les combats se sont déroulés sur les lieux du crash, pour des raisons techniques, d’un hélicoptère de l’Otan. Aucun bilan précis des combats n’a, pour l’heure, été communique.Bassirat.net avec Pajhwok

23-03 Deux soldats des forces étrangères ont été tués par une mine dans la province de Kandahar, (Sud), a annoncé l'armée américaine dans un communiqué diffusé samedi soir. "Les forces de la coalition patrouillaient avec les forces nationales afghanes dans le district de Zharmi quand leur véhicule a heurté une mine placée sur une route fréquemment empruntée", a indiqué l'armée. (Reuters)

27-03 L'OTAN a fait savoir dans la nuit de jeudi qu'un de ses soldats avait été tué et un autre blessé lors d'une attaque survenue dans le sud de l'Afghanistan. Des troupes de l'OTAN ont été la cible de coups de feu, mercredi, dans la province d'Helmand. On ignore pour l'instant quelle est la nationalité de deux soldats en question. La plupart des militaires en poste dans ce secteur sont des Britanniques, mais des Canadiens et des Américains y sont aussi déployés. Associated Press

27-03 Une explosion est survenue au moment où des soldats effectuaient une patrouille motorisée dans le district Chahar Dara, a expliqué le gouverneur de la province, Mohammad Omar. Trois soldats allemands ont été blessés, dont deux grièvement, dans un attaque dans la province de Koundouz, au nord-est de l’Afghanistan. Bassirat.net avec AFP


Pertes des armées privées

24-03 Six démineurs travaillant pour l’organisation non gouvernementale Afghan Technical Consultants ont été tués dimanche dans la province de Balkh. Sept autres démineurs ont été blessés. L’attaque s’est produite sur une route du district de Chimtal, à proximité de la province de Djawzdjan. Bassirat.net avec Pajhwok


Détails

Plaine de Chamali.( au nord-est de Kaboul)

23-03 Deux soldats de l’armée nationale afghane ont été tués dimanche soir dans une attaque à la roquette visant une base du district de Tagab. Sept autres ont été blessés. Située à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Kaboul, la région de Tagab est un bastion du Hezb-e Islami de l’ancien Premier ministre Gôlbouddine Hekmatyâr. Bassirat.net avec Pajhwok


Province de Badghis

28-03 Attaque d’un convoi de la police, a indiqué le commandant de la police des frontières pour l’ouest de l’Afghanistan, Rahmatôllah Safi. Deux policiers ont été blessés. Des résistants ont également été tués lors d'une attaque d'un convoi de la police dans la province de Badghis (ouest), a indiqué le commandant de la police des frontières pour l'ouest de l'Afghanistan, Rahmatullah Safi. .  (AFP)


Province de Djawdjan

22-03 Samedi matin, Karim Roki, chef du district de Khanqa, dans la province septentrionale de Djawzdjan, a été poignardé. L’attaque a été revendiquée par le porte-parole Karim Roki ( Hezb-e Islami ) Bassirat.net avec AFP et Pajhwok


Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan)

22-03 Nouvellement nommé à la tête de la province de Ghazni, Sher Khostai a été ma cible samedi de tirs de roquettes, a annoncé son porte-parole, Zia Wali Zadran. L’attaque s’est produite au retour d’une visite officielle dans les districts de Gilan et Moqor, a-t-il précisé. Bassirat.net avec Pajhwok

24-03 Trois personnes ont été tués et trois autres blessés lors d'une l’attaque du centre administratif du district d’Ajrista, a annoncé lundi le porte-parole du gouverneur de la province. Bassirat.net avec AFP et Pajhwok

24-03 Trois villageois ont été tués et quatre blessés dans l'explosion d'une cache d'armes et d'explosifs, dans une étable, a déclaré à l'AFP le chef adjoint de la police de la province, Mohammad Zaman.

26-03 Dans la nuit de mardi à mercredi, un policier a été tué et deux autres ont été enlevés au cours d’une embuscade. Bassirat.net avec AFP


Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan)

23-03 Dimanche matin, un ancien commandant a été abattu dans la périphérie de Lashkar Gah, chef-lieu de la province, a annoncé le chef de la police locale. Bassirat.net avec Xinhua

26-03 Tôt mercredi matin, l’explosion d’une bombe au passage d’une patrouille a été fatale à un policier, a annoncé le chef de la police de la province Mohammad Hussein Andiwal, ajoutant que deux policiers avaient été blessés dans l’explosion. Bassirat.net avec AFP

26-03 L’explosion d’une bombe au passage d’une patrouille a été fatale à un policier et un autre a été blessé, à Musaei, un village au sud de Kaboul, a annoncé un responsable de la police qui a requis l’anonymat. Bassirat.net avec AFP

28-03 La coalition placée sous l’égide des États-Unis a fait état de la mort de plusieurs résistants lors d’une opération dans le district de Kadjaki. Les soldats de la coalition étaient en patrouille lorsqu’ils ont essuyé des tirs nourris, selon le texte. Les soldats ont riposté, tuant plusieurs résistants et une civile. Bassirat.net avec AP

29-03 Une explosion dans une petite centrale hydro-électrique samedi pourrait avoir fait plusieurs morts et blessés, a annoncé un responsable administratif. La cause de l'explosion n'était pas encore identifiée samedi matin dans cette centrale du district de Gereshk, dans la province très instable de Helmand, a annoncé le chef de district Abdul Manaf. Ce dernier n'a pas exclu la possibilité d'un attentat. "De nombreuses personnes pourraient avoir été tuées et blessées. Quatre personnes blessées ont été évacuées du bâtiment vers l'hôpital", a-t-il dit à l'AFP. Mais il resterait nombre de personnes sous les décombres. "La nature de l'explosion n'est pas claire", a déclaré à l'AFP le chef de la police régionale le général Mohammad Hussein Andiwal. "Le département avait ses propres gardiens qui fouillaient les gens à l'entrée", a-t-il dit.  L'attaque a été revendiquée dans un appel téléphonique à l'AFP. "Nous avons placé les explosifs dans le département d'électricité parce que le chef de la police du district, Razak Khan, y venait souvent pour y rencontrer d'autres officiels",. "Aujourd'hui encore, il s'y trouvait en réunion et l'explosion a fait dix tués parmi les participants, et Razak Khan a été très grièvement blessé et risque de mourir", a affirmé le  porte-parole de la résistance Youssouf Ahmadi La présence de Razak Khan et son état de santé n'ont pu être confirmés….  (AFP)

29 -03 Deux employés du département de l’électricité ont été tués samedi dans l’explosion d’une bombe, ont annoncé les autorités du district de Gereshk, « Le département (de l’électricité) avait ses propres gardiens fouillant les gens à l’entrée », a dit le chef de la police provinciale, Mohammad Hussain Andiwal. « Comment cela a-t-il pu se produire, je ne sais pas, mais des explosifs ont été placés à l’intérieur du bâtiment et ont provoqué l’explosion. Ce n’était pas une attaque suicide », selon le général Andiwal. AFP et Reuters


Province d'Herat (ouest de l'Afghanistan)

23-03 4 policiers et deux civils ont trouvé la mort dans une embuscade dans le district de Ghorian, dans la province occidentale de Hérât. Bassirat.net avec AP


Province de Kandahar (sud) 

28-03 Namatullah Sultani, le responsable d'un programme pour la paix et la réconciliation dans le district de Panjway(dans la province de Kandahâr ) i, a été tué par balle a affirmé à l'AFP le gouverneur, Ghulam Dastageer Azad. AP et Pajhwok


Province de Kunar (est de l'Afghanistan)

22-03 La résistance à annoncé samedi avoir tué un espion. Le chef de la police provinciale, le général Abdoul Jalal Jalal, a confirmé la mort d’un Afghan. AFP


Province de Khost (sud-est)

30-03 Les services secrets afghans ont annoncé dimanche que sept commandants du réseau dirigé par Sirajouddine Haqqani ont décidé de rendre leurs armes et de rejoindre le camp gouvernemental. Les commandants étaient actifs dans le district de Tanaï, situé dans la province de Khôst, au sud-est de l’Afghanistan. Bassirat.net avec Pajhwok


Province de Koundouz

24-03 Lundi, des hommes ont ouvert le feu à l’issue d’une cérémonie marquant la fin du déminage d’une région du district d’Archi, a annoncé le chef de la police provinciale, le général Ayoub Salangi. Deux démineurs ont été tués, a-t-il ajouté tout en se refusant à désigner des responsables. Bassirat.net avec AP


Province de Nimroz (ouest),

28-03 Une patrouille d'une unité antidrogue a été attaquée dans le sud-ouest de l'Afghanistan, provoquant un échange de tirs qui a fait 12 morts, 2 policiers et 10 assaillants, a indiqué le gouverneur de la province de Nimroz, précisant que deux policiers avaient également été blessés.  (AFP)

28-03 Attaque d’une patrouille d’une unité dite ‘antidrogue’ dans le district de Kashrod, dans la province du Nimrouz, au sud-ouest de l’Afghanistan. .Dans les combats qui ont suivi, deux policiers ont été tués. Deux résistants ont également été capturés et plusieurs autres blessés. Bassirat.net avec AP


Province d'Oruzgan (sud de l'Afghanistan)

22-03 Opération aérienne et terrestre conjointe de l'armée afghane et des forces de la coalition sous commandement US dans le district de Dihrawud, province d'Uruzgan (sud), Des "dizaines de terroristes" ont été tués dans une opération samedi, a indiqué le ministère… Le communiqué américain ne précise pas le nombre de tués, qui selon un responsable local de la police afghane s'élève à 13. La Force internationale est sous commandement néerlandais dans la province d'Uruzgan (AFP 

23-03 Opération de « nettoyage » menée conjointement avec des éléments de la coalition internationale dans le district de Chora. À l’issue de combats qui ont duré quatre heures, la police a comptabilisé douze morts dans les rangs de la résistance, dont un commandant, et (seulement) quatre blessés dans ceux de l’armée nationale afghane, a-t-il précisé le chef de la police de la province Juma Gul Hemat. (AFP -Bassirat.net avec Pajhwok)

26-03 « Les résistants ont attaqué le convoi. Cinq d’entre eux ont été tués dans un échange de tirs avec les policiers qui escortaient le convoi. Trois policiers ont été blessés », a annoncé le chef de la police de la province d’Ourouzgân, Juma Gôl Hemat. Bassirat.net avec AFP



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 : "Force combinée 82 "


Civils tués ou morts                                          : ? +  3.750

Civils blessés                                                   : ? +  2.187 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  6647

Résistant blessés                                                :?  +  1.585 (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : ?  + 4.020


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1214

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1273 (chiffre invraisemblablement bas...)

Suicides                                                           : ?  +  20

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 3.999

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?   + 3.929(chiffre trop bas)

Collabo   tués                                                      :   1.113

Collabo   blessés                                               :?  +  678( chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr :  la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

26-03 Le gouvernement a annoncé dimanche qu’il allait vendre 80 % du capital de l’opérateur de télécommunications public Afghan Telecom. Le gouvernement espère retirer 190 millions de dollars de la vente de la compagnie (quatre opérateurs de téléphonie mobile se partagent un marché qui compte aujourd’hui 4 millions d’abonnés) AFP

27-03 Quatre hommes non identifiés ont pénétré jeudi soir dans les locaux d’une radio privée, Radio Zafar, immobilisé deux agents de sécurité et déclenché un incendie qui a détruit pour 30 000 dollars de matériel, a annoncé le chef de la police du district de Paghman, dans la province de Kaboul. Avec AP et Pajhwok

6-1 Natochannel.tv 

Une chaîne de télévision Internet nommée Natochannel.tv  a été créée dans le but avoué de lutter contre les déclarations de la résistance sur le conflit en Afghanistan. La chaîne baptisée sera accessible sur le site Internet de l'OTAN à partir du 2 avril prochain, soit le premier jour du sommet des 26 pays de l'Alliance atlantique qui aura lieu à Bucarest. Natochannel.tv diffusera une dizaine d'émissions par semaine sur les activités des troupes de l'OTAN, en particulier celles de la Force internationale (ISAF), que l'OTAN dirige depuis 2003 . L'Organisation du traité de l'Atlantique nord entend aussi publier ses propres photos et banques d'images qu'elle mettra à la disposition des professionnels à partir de son site Internet. Cette télévision Internet aura pour mission d'expliquer et de justifier aux populations occidentales, souvent opposées à cette guerre, l'utilité et la pertinence des opérations militaires menées en Afghanistan. Selon le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, l'organisation en était encore à « l'âge de pierre » en matière d'information et perdait la « bataille des médias » en Afghanistan face aux résistants qui exploitent habilement l'information sur le terrain pour discréditer les forces de l'OTAN. Basirat.net



7 Les Brèves Ndlr : publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information Marc

7-1 L'aide envoyée en Afghanistan est gaspillée...

25-03 Une bonne partie de l'aide envoyée en Afghanistan est gaspillée, des sommes énormes étant ainsi consacrées aux salaires élevés des travailleurs étrangers,( une grande partie des fonds est versée aux travailleurs étrangers.) à la guerre et à l'hébergement, selon un rapport rendu public mardi par des groupes humanitaires. (l'Agency Coordinating Body For Afghan Relief, une alliance de 94 organismes d'aide internationaux), une grande partie des fonds est versée aux travailleurs étrangers. Les coûts annuels associés à un consultant étranger travaillant à temps plein en Afghanistan sont d'environ 250 000 $ US, selon l'organisme. Cela est plus de 200 fois supérieur au salaire annuel moyen des fonctionnaires afghans, qui gagnent environ 1000 $ par année. Le rapport affirme que le principal octroyeur de l'Afghanistan, l'agence américaine USAID, verse environ la moitié de ses fonds à cinq grands sous-traitants américains et qu'il est "clair que des sommes d'aide considérables continuent à être absorbées par les profits des entreprises". Le document identifie ces cinq compagnies comme étant KBR, le groupe Louis Berger, Chemonics International, Bearing Point et Dyncorp International. Les donateurs, et surtout les Etats-Unis, devraient s'assurer que l'objectif principal des programmes d'aide est de combattre la pauvreté, qu'ils répondent aux besoins réels des Afghans et qu'ils rehaussent l'autonomie des Afghans. Le rapport affirme de plus que les Etats-Unis n'ont pas encore remis 5 milliards $ en aide promise, et qu'une somme similaire est attendue d'autres donateurs. Un porte-parole de USAID a répliqué que plusieurs des projets financés, comme la construction de routes et d'écoles, ne sont comptabilisés que lorsqu'ils sont complétés… Source : AFP 


7-2 Les armes des occupants

1 VIPER : Un soldat robotisé.
Elbit Systems présentera un soldat robot portable en mesure de pénétrer seul en zone ennemie, de jeter une grenade et de tirer sur l'ennemi.
Son nom : VIPER
D'une dimension semblable à celle d'un petit téléviseur, ce robot a été pensé pour réduire le risque de combats au corps à corps entre Tsahal et ses ennemis.
Equipé d'une caméra vidéo, d'un système de détection et de désamorçage des explosifs, le soldat robot tout terrain peut éviter les obstacles du terrain, tels des escaliers.
Tsahal équiperait ses forces terrestres du VIPER après avoir réalisé des tests préliminaires.
Le groupe israélien entend également équiper les services de sécurité étrangers ainsi que les forces américaines postées en Irak et en Afghanistan.
Il faut savoir que l’actuel Président Israélien avait promis cette nouvelle technologie suite aux lourdes pertes subies par l’armée israélienne au Liban en juillet 2006. 
Liban Résistance

2 Obus Excalibur.

Les artilleurs canadiens en Afghanistan ont maintenant l'autorisation de tirer des obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial (GPS) en direction des talibans - au coût de 150 000 $ pièce. L'obus Excalibur, présenté par ses fabricants comme la nouvelle génération de munitions d'artillerie, pourrait bien s'avérer la plus coûteuse des munitions conventionnelles jamais employées par l'armée. Ses partisans disent que l'arme est d'une extrême précision, puisqu'elle peut corriger elle-même son trajet en vol. Ils prédisent qu'elle réduira le nombre de victimes innocentes des frappes aériennes dans ce pays en butte aux violences, où les insurgés se cachent souvent parmi la population. L'obus "atterrit exactement là où vous voulez qu'il atterrisse. Cela assure une plus grande sécurité", a déclaré le lieutenant-colonel Jim Willis, un haut gradé chargé de l'acquisition des munitions. Il a indiqué que des militaires canadiens stationnés à Kandahar avaient testé l'obus dans le désert, récemment, et que l'arme avait fonctionné à la perfection. Une unité militaire américaine a mené ses propres tests dans l'est de l'Afghanistan, le mois dernier, et a aussi donné le feu vert à l'utilisation de l'Excalibur. Son coût élevé suscite les critiques des adversaires de la guerre, qui disent que cela revient à tirer une Ferrari. L'Excalibur se sert de signaux de satellite et d'un logiciel pour le guider jusqu'à 10 mètres de sa cible, même lorsque l'obus est tiré d'une distance de 40 kilomètres. Les obus habituels ont une précision évaluée à 50 mètres.


7-3 Le nouveau gouverneur de la province de Helmand confirme vouloir dialoguer avec les taliban.

Le nouveau gouverneur d’une province en guerre du sud de l’Afghanistan a confirmé son intention de négocier avec « des taliban du second ou du troisième cercle » afin d’améliorer la sécurité. Lors d’une interview accordée à RFE/RL Radio Free Afghanistan, le gouverneur de la province de Helmand, Golab Mangal, a affirmé que son appel à la négociation bénéficiait du soutien du président Karzaï.  « Du point de vue des autorités, je peux dire que je suis le représentant du président Karzaï dans la province et le responsable le plus élevé », a déclaré Mangal. « Ce que j’entreprends dans la province de Helmand est toujours en accord avec les orientations du président Karzaï et des organes régionaux indépendants. Au regard de la loi, il n’y a aucun problème concernant ma légitimité (à conduire de telles négociations : ndlr) », a-t-il poursuivi. Le gouvernement central à Kaboul a lutté à de nombreuses reprises pour faire coïncider son désir déclaré de réhabiliter des militants ayant renoncé à la résistance armée avec ses efforts dans lutte contre le terrorisme et pour ramener la stabilité dans les régions assiégées par les rebelles. Mangal a souligné que l’invitation au dialogue excluait les taliban qui appartiennent à ce qu’il appelle le premier cercle, à savoir, selon lui, ceux « liés aux puissances étrangères » et à al-Qaïda. Helmand est l’une des provinces les plus violentes du pays et appartient à ce qui est fréquemment qualifié de « ceinture du pavot » qui contribue à l’important commerce de l’opium en Afghanistan.

Le mollah Abdoul Rahim, un militant appartenant aux taliban qui affirme également être le gouverneur légitime de la province de Helmand, a déclaré à Radio Free Afghanistan que le gouvernement central est divisé au sujet des négociations avec les taliban. Abdoul Rahim a fait référence à des divergences de vues qui opposent les plus proches allies politiques du président Karzaï aux responsables qui entretiennent des liens très forts avec l’alliance des moudjahiddine connue sous le nom de Front uni. «  Alors que le respecté gouverneur de la province de Helmand affirme qu’ils sont prêts à se réconcilier avec les taliban modérés ou avec ceux qui appartiennent au deuxième ou au troisième cercle, je tiens à dire que nous sommes un groupe, nous avons un chef et nous parlons d’une voix », a-t-il dit. « De leur côté (le gouvernement : ndlr) ils n’ont pas le pouvoir de négocier librement avec nous. Même à l’intérieur du gouvernement ils sont divisés en deux groupes : le Front uni et le groupe de Karzaï. Le Front uni est absolument opposé aux négociations avec les taliban », a-t-il estimé. Bassirat.net samedi 22 mars 2008

Ce texte est la traduction d’un article publié le 21 mars 2008 par RFE/RL (Radio Free Europe/Radio Liberty) http://www.bassirat.net/Le-nouveau-gouverneur-de-la-provi...



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Un leadership plus jeune…

La direction des taliban dans le sud de l’Afghanistan passe aux mains des plus jeunes mais aussi plus combatifs au fur et à mesure que les commandants anciens tombent sous les coups de boutoir des forces britanniques. Au cours d’une semaine passée dans la province de Helmand, le Daily Telegraph a découvert de nombreuses preuves montrant que les opérations des forces spéciales dégradent la direction des taliban et sa capacité à coordonner des opérations. En privé, des responsables militaires occidentaux disent qu’environ 200 combattants de haut niveaux et de rang intermédiaire ont été tués l’an dernier dans le pays lors de bombardements et d’assassinats par les forces spéciales américaines et britanniques. Faisant appel à des intermédiaires locaux, le Daily Telegraph a pu rencontrer deux commandants taliban de niveau intermédiaire dans le chef-lieu de la province, Lashkar Gah. Les deux ont affirmé que les résistants étaient recrutés de plus en plus en dehors de la province et que la chaîne de commandement devenait moins lisible. « Il y a beaucoup de petits commandants à l’heure actuelle », a affirmé l’un d’eux, un vétéran qui combat depuis plusieurs années alors qu’il n’a pas atteint la trentaine. Il a affirmé que les changements sont intervenus avec la mort du mollah Dadôllah, le commandant responsable de tout le sud de l’Afghanistan qui a été tué en mai dernier par le Special Boat Service (unités des forces spéciales de la Royal Navy )  « Aujourd’hui, après la mort de Dadôllah, nous avons une devise : tout le monde est devenu un Dadôllah », a-t-il expliqué d’une voix teintée d’intonations arabes qui caractérisent les combattants. Il prédit une victoire de la résistance en Afghanistan « Il ne peut pas y avoir de négociation avec l’Occident. Il s’agit d’une guerre sainte à l’échelle de la planète », menace-t-il.

L’autre commandant tâleb, que le Daily Telegraph a rencontré séparément, était plus âgé. « Les nouveaux taliban sont vraiment émotifs. Ils sont très impulsifs. Ils sont accros à la guerre », déclare ce commandant. Il a déclaré que les commandants se gardaient de devenir des « grands noms », ce qui ferait d’eux des cibles. Des sources militaires occidentales rapportent que les attaquent sont devenues moins coordonnées au cours des derniers mois. « Les taliban ont perdu un si grand nombre de commandants, mais ce n’est pas comme perdre un général britannique et ses trente ans d’expérience », nuance Hâdji Les forces britanniques et afghanes n’exercent une influence significative que sur six des treize districts de la province de Helmand. Beaucoup d’habitants de la province considèrent que la sécurité est meilleure des les districts tenus par les taliban. Source : Bassirat.net lundi 24 mars 2008    Ce texte est la traduction et correction d’un article publié le 24 mars par The Daily Telegraph

 

29/03/2008

N°335 Dossier de Palestine-28-03 1- Tibet-Palestine.(Début)

Dossier de Palestine     

N°335                             28-03

Par M.Lemaire    


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire (Début)

2 Les brèves

2-1 Le seul pays rayé de la carte.

2-2 Epuisement des stocks d’anesthésiant et annulation des opérations chirurgicales non vitales en raison du blocus imposé par l’autorité d’occupation.

3 Dossier

3-1 Raphael Anderson : Entretiens avec le Hamas : le Fatah fait machine arrière.

3-2 Point de vue d'Alain Gresh : Tibet-Palestine.

3-3 Point de vue de Bernard Ravenel : Conférence de paix ou conférence de guerre ?

3-4 Point de vue de Khaled Waleed Mahmoud : La sécurité sioniste face aux évolutions régionales et internationales.

3-5 Point de vue de Eli Karmoun : Une trêve sera une victoire pour le Hamas.


2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Le seul pays rayé de la carte.

À chaque fois que les sionistes veulent dissimuler aux yeux du monde qu’ils sont en train de voler de la terre ou de l’eau aux Palestiniens, nous avons droit au rappel du génocide des juifs par les nazis.
Avant que Sarközy ne décide de faire de la Shoah la nouvelle religion d’État laïque à inculquer aux enfants dès leur bas âge, les medias se sont chargés de nous diffuser au moins quotidiennement
l’histoire de la solution finale sur le mode purement émotionnel. Ce jour, les forces militaires sionistes ont assassiné 5 Palestiniens en Cisjordanie, peu après que le chef du gouvernement à Gaza ait proposé un cessez-le feu, le nième, à l’occupant.
Le Hamas inclut dans ses conditions l’arrêt des tueries sionistes y compris en Cisjordanie, se laissant les moyens d’y riposter.
Celui-ci démontre une fois de plus sa détermination à poursuivre la violence, le meilleur moyen d’alimenter sa politique d’annexion.
À la décision de faire construire 750 nouveaux logements à l’intérieur de ce qu’ils ont appelé la Ligne verte de démarcation de 1967, le négociateur en chef de l’autorité Palestine, Ahmed Qorrei célèbre pour fournir une partie du ciment du Mur de
l’Apartheid sioniste oppose le fait qu’il est « choqué ».
Le cimentier et son Autorité n’auront bientôt plus rien à négocier, puisque les derniers confettis de la Palestine historique sont en train d’être rayés de la carte.
Convergence des Causes
14 mars 2008
http://www.convergencedescauses.com/index.php?option=com_...


2-2 Epuisement des stocks d’anesthésiant et annulation des opérations chirurgicales non vitales en raison du blocus imposé par l’autorité d’occupation. Le principal hôpital de Gaza a affirmé dimanche avoir épuisé ses stocks d’anesthésiant et avoir dû annuler les opérations chirurgicales non vitales en raison du blocus imposé par l’autorité d’occupation sur la Bande de Gaza. L’hôpital de Chifa a entamé il y a deux semaines ses réserves d’urgence de protoxyde d’azote, le gaz utilisé habituellement pour les anesthésies, et a épuisé son stock dimanche matin, a expliqué le porte-parole de l’hôpital Walid Mahalaoui. Depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, l’autorité d’occupation a durci son contrôle des frontières du territoire. Selon Mahmoud Daher, représentant de l’Organisation mondiale de la santé à Gaza, la pénurie de gaz tient au fait que les fournisseurs de l’hôpital refusent d’expédier de nouvelles bonbonnes tant qu’ils n’ont pas reçu les bonbonnes vides. A la frontière, les soldats des forces d’occupation hésitent à laisser les bouteilles vides approcher de peur qu’elles n’aient été transformée en bombes.(…) "Je suggère que l’hôpital s’adresse au Hamas et leur demande de lever la menace sur les points de passages", a commenté dimanche le porte-parole de l’armée d’occupation Shomo Dror. Selon Mahalaoui, dix opérations urgentes ont dû avoir lieu dimanche, contre une vingtaine environ un jour normal. En l’absence de gaz, les patients ont reçu une injection par intraveineuse, selon un protocole qui est plus risqué, a-t-il expliqué.  (Source : 21 octobre - AL-Oufok avec les agences de presse)

3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Raphael Anderson : Entretiens avec le Hamas : le Fatah fait machine arrière. Les détails en étaient différents mais la trame fondamentale demeure la même : une Autorité palestinienne (AP) dominée par le Fatah et pro-américaine, peu disposée à s’engager sérieusement dans un dialogue avec le Hamas. Le Fatah a immédiatement commencé à se distancer de l’accord qui formalisait la reprise d’entretiens directs entre les mouvements palestiniens rivaux. Tout d’abord, Nimir Hammad, un conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, a accusé le représentant du Fatah aux entretiens au Yémen, Azzam Al-Ahmad, de ne pas avoir consulté les dirigeants du Fatah à Ramallah avant de signer la version définitive du document. Le Fatah a également accusé le Hamas de mal interpréter la nature de l’accord. Dans un deuxième reculade, le négociateur en chef de l’AP pour les entretiens actuels avec Israël, l’ancien premier ministre Ahmad Qureia, a encore mis bien plus de distance entre l’AP et le document signé, qualifiant de malentendu la signature de cet accord qui devrait être historique. Selon Qureia, Al-Ahmad a appelé de Sanaa alors qu’Abbas rencontrait le vice-président américain Dick Cheney. Le désaveu par Ramallah des actes de son propre représentant a probablement à voir avec la visite de Dick Cheney, mais ce ne sont pas les raisons invoquées par Qureia. En effet, Abbas et les courants dominants dans le Fatah ne sont pas intéressés par un dialogue sérieux avec le Hamas parce qu’ils accordent dans une certaine mesure toute leur attention aux Etats-Unis. Abbas ne montre aucun signe d’évolution dans la ligne de conduite qu’il a choisie pour l’AP après le changement de pouvoir au profit du Hamas dans Gaza en juin dernier : rechercher le soutien politique des Etats-Unis et l’aide financière de la communauté internationale. En installant l’économiste Salam Fayyad formé aux Etats-Unis et à la banque mondiale, au poste de premier ministre, et en cédant devant toutes les demandes du Quartet international, Abbas a réussi à transformer Ramallah en une sorte de capitale arabe « modérée » (ceci voulant dire « amie des Etats-Unis »), une ville où le président américain, son secrétaire d’état, et le vice-président peuvent se sentir aussi bien qu’au Caire ou à Amman. Afin de maintenir de bonnes relations avec le Quartet et avec les Etats-Unis qui lui disent ce qu’il a à faire, Abbas ne peut pas sérieusement envisager de former un nouveau gouvernement d’unité avec le Hamas. Abbas a bien compris que, jusqu’à ce que les Etats-Unis estiment nécessaire de diminuer la pression qu’il exerce sur le Hamas, il doit continuer à marginaliser celui-ci pour conserver un appui politique international. Le rédacteur en chef de l’agence de presse de Ma’an, Nasser Lahham, a considéré que le désaccord entre Ahmad et le reste du Fatah montrait une diversité de vues dont il faut se féliciter, dans un Fatah démocratique. Bien que ceci puisse être vrai, nous devons également prendre en compte les réalités du pouvoir, à l’intérieur du Fatah et sur une scène géopolitique plus étendue. Indépendamment de savoir si le Fatah a une culture politique démocratique ou non, les propos de certains comptent davantage que d’autres. Nous pouvons beaucoup apprendre en étant attentifs à qui prend la parole et à quel moment.

En premier, l’absence de représentants de niveau plus élevé aux entretiens au Yémen est significative du niveau de l’engagement, de la part du Fatah comme du Hamas, à cette initiative pour la réconciliation. En février 2007, aux négociations de la Mecque qui ont eu comme conclusion le dernier gouvernement palestinien d’unité, le Hamas était représenté par le premier ministre Ismail Haniyeh et Khalid Mesh’al, responsable du bureau politique, et le Fatah par le Président Abbas lui-même. En revanche, les officiels aux entretiens du Yémen étaient à moitié inconnus. Ce dont nous étions témoins dimanche soir et lundi, c’était d’un échec prévisible. Le Fatah (et le Hamas) ont limité les risques en envoyant des représentants de faible niveau, ce qui leur permettait de rejeter un accord tout en restant crédible, au moment où ces entretiens réalisaient une percée inattendue. La direction dans Ramallah, toute craintive d’offenser son invité américain, n’a pas pu se permettre d’endosser cet accord. Dans le chaos télévisé des déclarations officielles qui ont suivi le pacte, le retour en arrière du Fatah s’est retrouvé noyé dans la querelle opposant le Fatah et le Hamas [...].

Le fait le plus important demeure : une Autorité palestinienne dont l’existence dépend des Etats-Unis, d’Israël, et des pouvoirs occidentaux plutôt que de son propre peuple, ne s’engagera pas sérieusement dans des pourparlers avec le Hamas. Les Etats-Unis, en dépit de leur discours semblant favoriser la démocratie dans le Moyen-Orient, ne voient aucune contradiction dans leurs efforts pour isoler le gouvernement élu par le peuple palestinien : le « Bloc pour le changement et la Réforme  ». Interrogés sur cette apparente contradiction, les officiels américains ne font pas dans la dentelle en matière de théorie politique. Comme un responsable américain de haut rang dans la région me l’a dit en janvier : « je pense que ce qui est important ici est de rappeler que le Hamas a pris le contrôle de Gaza d’une manière illégale et qu’il défie le gouvernement légitime de l’Autorité palestinienne. La chose importante est que l’Autorité palestinienne reprenne le contrôle de la Cisjordanie et de Gaza. Si le dialogue n’aboutit pas à cela, alors il ne sert à rien. » L’incohérence fondamentale de ces négociations se situe dans le fait brutal que le régime palestinien est divisé, et n’est pas du tout en condition résoudre le conflit par la voie palestino-israélienne. La vraie paix viendra seulement de l’engagement de ceux qui sont en mesure de la réaliser. Jusqu’à ce que l’AP et la communauté internationale comprennent que la liste de contractants potentiels inclut le Hamas, le désordre et les tueries se poursuivront. Raphael Anderson  jeudi 27 mars 2008 - Raphael Anderson - Ma’an News

www.info-palestine.net [Traduction de l’anglais : AIO - Info-Palestine.net] Vous pouvez consulter cet article à : http://www.maannews.net/en/index.ph...


3-2 Point de vue d'Alain Gresh : Tibet-Palestine.

24 mars 2008  « Les émeutes se sont étendues sur la rue principale de Jérusalem, au début de l'après-midi du 14 mars. Elles avaient commencé un peu avant dans une rue proche, quand deux religieux musulmans avaient été battus par les forces de sécurité (c'est en tous les cas ce que croient les Palestiniens, la version officielle étant que ces religieux avaient attaqué la police israélienne). Une foule de dizaines de personnes se livre à des saccages le long de cette rue, certains hurlant alors qu'ils jetaient des pierres contre des magasins appartenant à des juifs et aussi aux taxis dont la plupart des chauffeurs sont juifs. » « Les émeutes se sont rapidement propagées à travers les ruelles sinueuses de la vieille ville. Dans ces rues, on trouve de petites échoppes appartenant à des juifs ou à des non-arabes. Des foules se sont assemblées, apparemment spontanément, dans de nombreuses parties du quartier. Elles ont attaqué les boutiques appartenant à des juifs. Tout, de la viande à du linge, a été jeté dans des bûchers. Les émeutiers ont pris plaisir à jeter dans le feu des bombonnes de gaz et à courir se mettre à l'abri quand elles explosaient. Quelques-uns criaient “vive la Palestine indépendante”. » « Durant des heures, les forces de sécurité n’ont rien fait. Mais de nombreux juifs qui vivaient au-dessus de leur boutique ont dû fuir. S’ils ne l’avaient pas fait, il y aurait eu plus de victimes. Le gouvernement affirme, de manière plausible, qu’il y a eu 13 personnes tuées par les émeutiers, la plupart dans des incendies. Ceux qui sont restés dans leur logement ont gardé les lumières éteintes pour éviter d’être repérés. » (...) « La destruction a été systématique. Des boutiques qui appartenaient à des Palestiniens étaient marquées par des signes particuliers, elles ont échappé à la destruction. Presque toutes les autres ont été détruites. Il est vite devenu difficile de circuler dans les ruelles à cause des marchandises éparpillées. » (...) « Quand les résidents ont commencé à se risquer dehors, le 17 mars, l’extension des émeutes est apparue. De nombreuses propriétés appartenant à des juifs, bien au-delà du quartier palestinien, avaient été attaquées. De nombreux immeubles avaient été livrés aux flammes. La porte de la principale synagogue avait été carbonisée... »

Tout cela, vous ne l’avez évidemment pas lu dans la presse. Et pourtant... C’est le compte-rendu des émeutes à Lhassa, rapportées par le seul correspondant étranger sur place, celui de l’hebdomadaire The Economist, le 19 mars, « Trashing the Beijing Road ». J’ai simplement remplacé « Tibétain » par « Palestinien », « Chinois » par « Israélien » ou « juif ». Imaginons le traitement médiatique qui aurait été accordé à cet événement s’il s’était déroulé en Terre sainte. Il apparaît clairement de ce texte que les émeutes ont été largement suscitées par des Tibétains, qui ont commis de nombreuses exactions. Pourtant, les médias en France en ont peu parlé, car leur grille d’analyse était, à juste titre, que les Tibétains sont opprimés par le pouvoir central qui leur dénie leurs droits fondamentaux, et que l’on ne peut donc simplement « condamner » les exactions commises, aussi injustifiables soient-elles. La question est de savoir pourquoi ce traitement médiatique est rarement accordé aux Palestiniens, alors que les Nations unies considèrent que, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem, ils vivent sous occupation depuis 1967 ? Les deux situations ne sont pas équivalentes (le Tibet n’est pas reconnu par les Nations unies comme territoire occupé) et il ne faut pas pousser leparallèle trop loin. Pourtant, la comparaison est instructive... Alain Gresh 24 mars 2008 Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...


3-3 Point de vue de Bernard Ravenel : Conférence de paix ou conférence de guerre ?

Les Etats-Unis ont fixé l’objectif réel de cette rencontre : constituer un système diplomatique d’alliances entre Israël et les Etats "modérés" arabes - les alliés sunnites - et l’Autorité nationale palestinienne (ANP) face à l’Axe du Mal représenté par l’Iran, la Syrie , le Hezbollah et le Hamas.

L’annonce le 16 juillet par le président Bush d’une « Conférence internationale pour relancer le processus de paix israélo-arabe » [1] et l’arrivée de Tony Blair au Moyen-Orient comme « émissaire de paix » du quartette ont créé l’image d’une initiative de paix qui pourrait changer la situation explosive dans la région. Une énorme couverture médiatique internationale et une profusion de rencontres diplomatiques veulent accréditer cette perspective aux yeux d’une opinion publique internationale inquiète de la situation. En réalité se profile un processus qui pourrait être le prologue, non pas de la paix mais d’une aggravation des tensions qui affligent la région. En clair, non pas un processus de paix, mais un processus de guerre... Au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, les mots comptent. Le mot « conférence » en particulier. Ce mot, surtout s’il est suivi de l’adjectif « internationale », suggère une grande rencontre internationale sous l’égide de l’ONU, impliquant par conséquent toute la communauté internationale (celle des Etats) et posant la question du respect du droit pour rétablir la sécurité collective menacée. En revanche, le mot « réunion » suppose une rencontre limitée, de préférence entre amis, sur invitation sélective établie par un Etat (ou plusieurs) comme puissance invitante. C’est le cas du G8, par exemple.

Conférence ou réunion ? Alors que la presse parle à tous vents de « conférence internationale », d’un "nouveau climat de confiance qui s’instaurerait entre négociateurs israéliens et palestiniens" [2], une lecture attentive des déclarations américaines et israéliennes sur ce point ont vite fixé les termes utilisés et, par conséquent, le contenu attendu par la puissance invitante, les Etats-Unis. Pour caractériser son initiative, George W. Bush, a utilisé le mot « réunion », et les autorités israéliennes se sont empressées de préciser qu’il s’agit bien d’une « réunion » qui sera présidée par Condoleezza Rice. Deux jours après, le Quartette salue « l’appel du président George W. Bush » à une « réunion internationale sur le Proche-Orient » après que la Maison blanche, probablement sur pression israélienne, a assuré la veille qu’il ne s’agit pas d’une « grande conférence de paix » mais d’une réunion pour « essayer de trouver les moyens de construire des institutions fondamentales et essentielles pour les Palestiniens qui vont leur permettre de s’administrer eux-mêmes et d’avoir une démocratie » [3] . Par ces précisions sémantiques et par la nomination de Tony Blair comme envoyé spécial du Quartette, mais sans mandat plus large que celui de ses prédécesseurs [4] , mais aussi par la nature des invités prévus - et des non invités (par exemple la Syrie.. .) - Pendant ce temps, les médias continuent de faire la promotion de cette "conférence" censée relancer le "processus de paix"...

Une diplomatie militarisée Une semaine après l’annonce de l’initiative américaine, les « efforts de paix » des Etats-Unis s’intensifient. Ceux-ci décident d’approvisionner l’Arabie Saoudite et ses cinq voisins sunnites du Golfe (Qatar, Bahrein, Koweit, Oman, Emirats arabes unis - EAU) avec un arsenal d’armes de 20 milliards de dollars. Et, pour rétablir l’équilibre avec les amis arabes, ils donnent 13 milliards de dollars à l’Egypte dans les dix prochaines années. De son côté, pour la même période, Israël « affrontera la menace » avec un paquet de 30 milliards de dollars d’armements les plus sophistiqués. Si on ne peut affirmer que cet « effort » consolidera automatiquement la paix, on peut être sûr au moins qu’il consolidera durablement les industries américaines d’armement. Selon Condoleezza Rice, « l’objectif est d’aider les forces de modération et de soutenir une stratégie plus globale visant à contrôler les influences négatives d’Al Qaïda, du Herzbollah, de la Syrie et de l’Iran » [5] . On le voit, l’exportation de la démocratie au Moyen-Orient n’est plus à l’ordre du jour. Dans l’immédiat, l’enjeu est d’amener l’Arabie saoudite à participer à la rencontre de novembre.

Le projet israélo-américain pour la Palestine Après avoir annoncé ses milliards de dollars pour les pays arabes amis, Condoleezza Rice n’a pas oublié d’apporter un cadeau au Président Mahmoud Abbas et au gouvernement ad interim de Salam Fayyad. A l’issue d’entretiens à Ramallah, la secrétaire d’Etat américaine a signé un accord par lequel Washington s’engage à affecter 86 millions de dollars « pour permettre à l’ANP de réformer ses propres services de sécurité » [6] - en clair, à garantir la sécurité d’Israël et accroître les tensions internes palestiniennes. Mais cet acquis, qui n’aidera pas à améliorer le fonctionnement de l’administration palestinienne, ce qui est pourtant l’objectif officiel de la « réunion internationale », a eu sa contrepartie : la prise en considération de « l’accord sur les principes » pour la création de l’Etat palestinien proposé par Ehud Olmert en réponse au plan de paix de la Ligue arabe. En effet, dès le 25 juillet, Ehud Olmert avait montré sa volonté de prendre le contre-pied de l’initiative de la Ligue arabe. D’un ton péremptoire, le Premier ministre israélien précise que « si les autres Etats, comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, veulent donner leur aide, ils sont les bienvenus. Mais nous ne resterons pas sans agir. Nous sommes les guides qui prennent l’initiative parce que nous croyons que le processus de paix sert les intérêts d’Israël. » [7] En fait, nous sommes, sous une forme légèrement modifiée, face à l’idée israélo-américaine bien connue, d’un Etat palestinien, sans souveraineté réelle et aux frontières provisoires, qui devrait voir le jour dans les principaux districts administratifs de la Cisjordanie - déjà transformés par l’occupation en bantoustans en attendant que des négociations futures définissent le « statut permanent » de ces territoires. Ehud Olmert veut une approche graduelle : dans une première phase, celle de « l’accord sur les principes » (qui rappelle la « déclaration des principes » de 1993), devraient être abordées les questions les plus simples - exemple, les rapports économiques entre Israël et le futur Etat de Palestine [8] ou la libération d’un certain nombre de prisonniers politiques. Les questions les plus complexes - Jérusalem, droit au retour des réfugiés palestiniens, frontières permanentes, utilisation des ressources naturelles (eau,...) - devraient attendre la phase finale de la négociation. Une fois acquis l’accord sur les principes, ce modèle serait soumis par Mahmoud Abbas à l’évaluation des Palestiniens à travers des élections politiques. Ehud Olmert de son côté s’adresserait à la Knesset pour demander un vote favorable. Ce projet d’Ehud Olmert reprend le mythe d’une restitution de 90% de la Cisjordanie , déjà évoqué en 2000 à Camp David par Ehud Barak. Selon des « indiscrétions » de la presse israélienne, Ehud Olmert accepterait la constitution d’un Etat palestinien sur 90% de la Cisjordanie et de la bande de Gaza qui seraient reliées entre elles par un long tunnel pour assurer la continuité territoriale. Ces 90%, s’ils étaient déjà une illusion en 2000, le sont encore plus aujourd’hui. Depuis 2002, le Mur a annexé de fait à Israël environ 10% de la Cisjordanie et il faut ajouter à cela qu’Ehud Olmert ne renoncera ni au Grand Jérusalem (qui s’étendra sur 4 à 5% de la Cisjordanie ) ni à l’absorption de la plus grande partie des colonies, ni au contrôle d’une partie de la vallée du Jourdain et des grandes artères routières réservées aux colons, ni à la supervision des passages aux frontières. In fine, les 90% de l’accord sur les principes deviennent les 50-60% de la Cisjordanie pour des raisons dites « de sécurité » : un territoire en lambeaux sur lequel le quartette entend hisser sous les applaudissements de la presse internationale réunie à cet effet le drapeau de l’Etat de Palestine.

Quant à la demande des Palestiniens de proclamer leur capitale à Jérusalem-Est, elle pourrait être « résolue » en attribuant à l’ANP quelques quartiers arabes périphériques et en laissant à Israël le contrôle des zones les plus importantes, comme la Vieille Ville et ses Lieux saints, y compris l’Esplanade des Mosquées [9]. Voilà comment, avec ce plan israélo-américain d’un Etat palestinien sans souveraineté, Israël cherche à gagner du temps. Pour sa part, Mahmoud Abbas a demandé que l’accord-cadre proposé se rapproche autant que possible d’un véritable plan de paix. « L’important est que nous débouchions sur un résultat et que nous sachions quel sera l’aboutissement final », a-t-il déclaré. « En ce qui concerne les phases d’application, nous pourrons en discuter plus tard. » [10] En clair, l’ANP ne veut pas rééditer Oslo avec une période intermédiaire avant de fixer le statut final des territoires occupés. Or Olmert veut exactement l’inverse. Le vrai plan d’Ehud Olmert se révèle dans les actes et se limite à la libération de 250 Palestiniens (sur 11000, dont plusieurs ministres et de nombreux élus) et à la livraison d’armes aux forces loyales à Mahmoud Abbas. Son « plan de paix » se résume à renforcer militairement Mahmoud Abbas dans sa lutte contre la « terreur ». Mais à une condition : ne pas parler avec le Hamas

Une conférence de guerre Tout le monde sait, y compris Etats-Unis et Israël, que la formule territoriale proposée pour la Palestine par cette réunion, s’appuyant sur la division de la Palestine et sur l’isolement du Hamas, ne peut que mener au désastre et générer une autre guerre. Quand les Etats-Unis et Israël, ou le Quartette - qui a d’ailleurs été créée pour enlever tout rôle à l’ONU - prétendent enclencher un processus de paix sans chercher l’unité palestinienne, sans inclure le Hamas, ils fabriquent sciemment la recette, non seulement pour perpétuer le conflit, mais pour le transformer en guerre permanente doublée d’une guerre civile. Le problème n’est pas, comme Israël et ses amis le prétendent dans les médias, de renforcer Mahmoud Abbas, il est d’accentuer son isolement politique pour le décrédibiliser davantage aux yeux de la société palestinienne. Israël n’envisage en aucune manière de négocier sérieusement et estime au contraire que les circonstances actuelles en Palestine créent une opportunité exceptionnelle qu’il faut savoir saisir pour tenter de liquider « définitivement » le mouvement national palestinien. Et cela commence par la liquidation, directe ou indirecte, du partenaire le plus « crédible ». L’objectif réel de cette réunion se clarifie si on la re-situe dans la stratégie générale américaine.

La stratégie américaine et sa dimension nucléaire Les échecs successifs de l’administration Bush, dans sa tentative de construire le Grand Moyen-Orient, en Afghanistan, en Irak et indirectement au Sud-Liban, ainsi qu’aux Etats-Unis même avec le changement de majorité aux deux chambres, l’ont amenée à tenter de reconquérir sa crédibilité stratégique par d’autres formes de guerre. D’où un réexamen des priorités américaines sur le plan régional, mais aussi sur le plan global dans la mesure où le Moyen-Orient est considéré comme une zone de crise globale. L’émergence de la question iranienne a contraint les Etats-Unis à modifier leur tactique, sinon leur stratégie. Pour la fonder, une nouvelle approche a été mise en place qui oppose un « Axe de modération » à un « Axe du Mal ». L’axe de modération est essentiellement composé d’Israël (sic), des pays à majorité sunnite et de l’ANP. L’axe du Mal est représenté par l’Iran, la Syrie , le Hezbollah et le Hamas. A partir de cette grille de lecture, s’est définie une nouvelle stratégie d’alliances à deux faces : diplomatique d’abord avec la constitution d’un "quartette arabe" (Arabie Saoudite, Egypte, EAU), qui doit s’opposer à l’Iran ; militaire ensuite avec une accélération de la course aux armements, à la fois contre l’Iran, mais aussi contre ceux qui seraient susceptibles de soutenir l’Iran, à savoir la Russie (installation d’un bouclier anti-missiles en Pologne et d’un système radar en République tchèque). Une mention spéciale doit être faite à propos de l’accord de coopération nucléaire qui vient d’être signé, le 3 août, entre les Etats-Unis et l’Inde, pays non signataire du TNP. Cet accord, qui torpille de fait la prochaine conférence de révision du TNP de 2010, et qui s’accompagne pour l’Inde d’achat d’armes pour dix milliards de dollars pendant dix ans, va permettre un développement considérable de l’arsenal nucléaire indien. Il n’a qu’une seule et contraignante logique : une alliance nucléaire stratégique contre la Chine et l’Iran (avec l’inconnue du Pakistan). Cette alliance s’insère plus largement dans une architecture asiatique dominée par les Etats-Unis avec l’Inde, le Japon et Israël. En liquidant ainsi le TNP, les Etats-Unis légitiment toujours davantage les armes nucléaires, y compris celles fabriquées par un pays non-adhérent au TNP et dessinent un nouveau contexte stratégique. On invente dans le cas de l’Irak, on instrumentalise dans le cas de l’Iran, une menace nucléaire, pour justifier les projets de fourniture de technologie nucléaire à l’Inde, mais aussi à l’Arabie saoudite, à l’Egypte, ou de systèmes de défense anti-missiles et d’armes spatiales. On transforme ainsi un « Grand Moyen Orient » en Far-West nucléaire. Du même coup, la lutte contre la prolifération nucléaire change de nature : les Etats-Unis ne prévoient de la mener que si cette prolifération est le fait de leurs ennemis du moment pour lesquels ils préparent une contre-prolifération utilisant des armes conventionnelles et nucléaires. Dans la foulée, George W. Bush vient de demander, face à la « menace iranienne », des financements supplémentaires pour une nouvelle tête nucléaire... En un mot, si le pétrole est le mobile des guerre au Moyen-Orient, le nucléaire en est toujours plus le moteur. Dans le cadre de cette stratégie de confrontation visant l’Iran, les Etats-Unis, tirant les leçons de l’Irak, veulent d’abord neutraliser les alliés de la république islamique que sont à leurs yeux la Syrie , le Hezbollah et le Hamas. Ce qui détermine l’approche américaine de l’enjeu palestinien. Mais ce qui détermine aussi l’importance d’une négociation secrète entre Syrie et Israël pour tenter un compromis entre ces deux pays qui permettrait de casser l’alliance avec l’Iran et d’isoler le Hezbollah et le Hamas. [11] Ainsi pour les Etats-Unis, la priorité n’est pas la Palestine mais l’Iran, et pour cela il faut rassurer leurs amis arabes en faisant semblant d’amorcer un processus de règlement du problème palestinien pour mieux souder le bloc anti-iranien.

La mobilisation internationale contre cette politique De toute cette logique folle, même la majorité des Etats arabes poussés par leurs opinions publiques est de plus en plus consciente et se prononce de fait pour un dialogue avec le Hamas. En Europe, la prise de conscience que cette réunion n’a aucune chance de faire progresser la paix mais plutôt qu’elle risque de mettre le feu aux poudres semble se préciser. Elle s’est affirmée au Parlement européen. Elle a connu aussi une nouvelle étape avec la prise de position des dix ministres des Affaires étrangères des dix pays méditerranéens de l’Union européenne (lettre à Tony Blair). Cette brèche s’est élargie avec la récente prise de position de Romano Prodi confirmant les propos de son ministre des Affaires étrangères, Massimo d’Alema, prônant un dialogue avec le Hamas. Mais c’est surtout la prise de position, le 13 août, de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes du Royaume Uni qui constitue l’événement. En effet, ce document critique unanimement le boycott du Hamas comme contre-productif et exhorte Tony Blair à s’activer personnellement pour le dialogue entre le Hamas et le Fatah dans le but d’encourager un nouveau gouvernement d’union nationale. Plus encore, le document critique la feuille de route imposée par les Etats-Unis et s’ajustant trop sur les exigences d’une seule partie, Israël... Venant du pays de Tony Blair, l’allié le plus étroit des Etats-Unis, c’est une révolution. [12] Il faudra bien que la France officielle se prononce elle aussi contre cette réunion convoquée par George W. Bush et qu’elle défende clairement la nécessité d’une conférence globale sous l’égide de l’ONU, seule susceptible d’enclencher un vrai processus de paix fondé sur le droit international. Tel doit être l’objectif immédiat du mouvement de solidarité. Guerre ou droit, rarement cette vérité n’est apparue aussi dramatiquement évidente. Bernard Ravenel     Sources AFPS     Posté par Adriana Evangelizt


3-4 Point de vue de Khaled Waleed Mahmoud : La sécurité sioniste face aux évolutions régionales et internationales. Les dirigeants sionistes ne cessent de se poser des questions sur les profits que leur Etat pourrait tirer de tous ces changements régionaux et internationaux. Plus d'un croient que des changements, tels l'effondrement de l'Union Soviétique, le déchirement du camp arabe, la suprématie unique des Etats-Unis sur le monde, ont été les causes d'une amélioration de la sécurité d'"Israël". Ces changements ont également créé des conditions stratégiques exemplaires profitables pour sa sécurité et ses intérêts vitaux. L'anéantissement de la force militaire iraqienne, tant considérée comme une menace principale pour la sécurité de l'Entité, a renforcé cette nouvelle assurance sécuritaire. Cet anéantissement a rendu minimale la possibilité de l'utilisation de la force militaire par les Arabes, autant sur le long que sur le moyen terme. Il y a cependant ceux qui doutent que ces changements puissent modifier les données de la sécurité. Les conséquences de la deuxième guerre du Golfe, au début des années quatre-vingt-dix, ont quelque chose à voir avec ces doutes. En effet, cette guerre a eu l'effet d'un tremblement de terre. Au Moyen-Orient, elle a laissé beaucoup de conséquences politiques et militaires. Elle a été suivie de différents événements et évolutions poussant les pays de la région dont l'Entité sioniste à revoir leurs politiques stratégiques et sécuritaires. On peut en voir quelques-uns :

1- Certains fondements de la vision sécuritaire israélienne se sont effondrés. La profondeur stratégique israélienne obtenue par l'occupation de territoires arabes avoisinants se révèle insuffisante, après l'arrivée des missiles iraqiens dans les villes et les établissements israéliens, au début des années quatre-vingt-dix, et après l'échec de la zone sécuritaire isolée du Sud du Liban. "Israël" ne peut plus pratiquer ses guerres sur le terrain de l'ennemi. Toute une panoplie d'obstacles existent, tant géographiques que stratégiques et logistiques. A titre d'exemple, elle n'a pas de frontières directes avec l'Iraq. En outre, son armée a subi des pertes considérables, au Sud libanais, par les frappes du Hezbollah. Les pertes causées par la résistance libanaise a poussé "Israël" à se retirer, en l'an 2000, sans conditions, une affaire qui n'était jamais survenue depuis plus d'un demi siècle. L'analyste du journal hébreu Haaretz a qualifié ce retrait décidé par Ehud Barak, premier ministre israélien de l'époque, de « changement fondamental dans la vision israélienne de la sécurité quant à la défense des régions du nord de l'Etat ».

2- "Israël" se rend de plus en plus compte de l'importance de la suprématie technologique et militaire et de la nécessité de finir une bataille avec un minimum de pertes.

3- Sont bien présentes les menaces internes contre la sécurité israélienne venant des Palestiniens après la constitution de l'autorité en 1993, et après l'évolution de qualité de la résistance palestinienne qui vise désormais "Israël" dans sa profondeur stratégique.

4- Les accords de paix signés entre "Israël" et l'OLP, "Israël" et la Jordanie , "Israël" et l'Egypte, le plus grand pays arabe, ont conduit à réduire la possibilité que les pays arabes conduisent une guerre traditionnelle contre "Israël". La paix est devenu pour eux un choix stratégique. Suite à tout cela, "Israël" a commencé à revoir et à reformuler sa vision de la sécurité afin qu'elle se concentre sur d'autres objectifs dont :

1- Etre à cheval sur sa supériorité militaire sur les pays arabes et musulmans.

2- Etre toujours prête à faire face à toute probabilité.

3- Garder l'initiative et continuer les guerres préventives.

4- Se procurer les différents moyens d'armement.

5- Se procurer les moyens technologiques les plus développés.

6- Préserver la sécurité intérieure d'"Israël".

7- Renforcer l'alliance militaire avec les pays amis, les Etats-Unis en tête. Les décideurs stratégiques israéliens sont toujours sur la brèche en ce qui concerne la « menace ». Pour eux, toute menace sérieuse vient d'une alliance de pays arabes. La menace pourrait être militaire. Elle pourrait également être économique, sociale et démographique. De tout ce qui précède, on peut déduire que, au niveau de la sécurité israélienne, beaucoup de choses ont changé depuis le début des années quatre-vingt-dix du siècle passé. Ces changements étaient parvenus suite à des données nouvelles dans la région. Le climat stratégique n'est plus le même. Les décideurs israéliens sont désormais face à des données plus complexes, régionalement comme internationalement, en particulier au niveau du conflit arabo-israélien, en particulier encore depuis la deuxième guerre du Golfe. Ces décideurs revoient leurs politiques. Ils revoient aussi toutes ces nouvelles données pour les exploiter du mieux au profit du projet sioniste, pour consolider la déficience de l'équilibre (déjà non existante) des forces arabo-israéliennes et pour renforcer la position du négociateur israélien dans les pourparlers de « paix ». Khaled Waleed Mahmoud  20 mars 2008

Article résumé et traduit par CPI Source : CPI

N°335 Dossier de Palestine.(Fin) 28-03 - Tibet-Palestine.

Dossier de Palestine .(Fin) - Tibet-Palestine..    

N°335                             28-03

Par M.Lemaire    


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire (Fin)

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Ginette Hess Skandrani : La Journée de la Terre en Palestine.

4-2 Jean-Marie :  je sollicite déjà votre première avis critique.

4-3 Réconciliation mort-née entre Fatah et Hamas.

5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1Jonathan Cook : Un Etat, ou deux Etats ? Ni l’un ni l’autre : le problème, c’est le sionisme, andouille !

5-2 IRIN: Israël: Les sanctions israéliennes ont-elles échoué ?



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Ginette Hess Skandrani : La Journée de la Terre en Palestine.
Constituée à Nazareth, en septembre 1975, au cours d'une grande réunion
publique, la "Conférence nationale pour la Défense des Terres Arabes"
dénonce le danger que constitue l'escalade de la politique de "judaïsation"
de la Galilée (Territoires de 48) pour l'avenir de tous les citoyens arabes
restés en Palestine lors de l'occupation ainsi que leurs descendants.
Cette conférence a appelé, en février 1976, toute la population arabe
d'Israël à la grève générale contre la confiscation des terres. Cette
initiative a connu une certaine ampleur et rappelé l'existence de ces
Palestiniens oubliés dans un État sioniste.
Le 30 mars 1976, une grande manifestation organisée par les Palestiniens
des Territoires de 48 a été violemment réprimée par l'armée israélienne :
six morts et plusieurs dizaines de blessés (village de Sakhnine, Arrabeh,
Dir-Hanna dans la vallée de Bet-Nettofa).
Cette date du 30 mars a profondément marqué la conscience de l'ensemble
du peuple palestinien et s'est inscrite dans les dates charnières qui
jalonnent la mobilisation de lutte contre la confiscation continuelle des
terres et la libération de celles qui ont été spoliées en 1948 suite à la
complaisance de ceux qui ont cédé la Palestine , terre arabe, à des
ressortissants européens.
La partition de la Palestine
N'oublions pas que le 29 novembre 1947 l'Assemblée générale de la toute
jeune ONU crée après la fin de la dernière guerre mondiale pour éviter que
ne se reproduisent " d'autres tragédies ", s'est permise de voter la partition
de la Palestine par 33 votes voix pour, 13 contre et 10 abstentions.
La résolution 181, une des plus honteuses et des plus crapuleuses de
l'histoire de l'humanité, déclarait :
- un État juif sur 56,47 % de la terre de Palestine pour 498 000 juifs.
- un État arabe sur 43,53 % du territoire pour 807 000 Palestiniens et
10 000 juifs.
- un régime de tutelle internationale pour Jérusalem/Al Qods avec 105 000
Palestiniens et 100 000 juifs.
Le mandat britannique prenait fin la 14 mai 1948 et le lendemain était
proclamé unilatéralement l'État d'Israël. En quelques jours les Palestiniens
devenaient minorité au sein d'une entité étrangère, sans changer de lieu.
La fin du mandat colonial britannique annonçait leur aliénation existentielle
qui dure encore jusqu'à nos jours.
La Palestine a été jusqu'à ce jour l'unique pays que l'ONU a contribué à
détruire pour permettre aux sionistes de fonder sur ses ruines un État
nouveau.La confiscation de nouvelles terresIl faut aussi rappeler que les
régions où se trouvaient concentrées les populations palestiniennes de
1945 ne figuraient pas parmi les Territoires alloués à Israël lors du plan de
partage des Nations Unies de 1945.
L'État hébreu les avait annexées à la faveur de la guerre de 48. De fait le
ralliement du mouvement sioniste au plan de partage était purement
tactique dans l'intention de coloniser toute la Palestine.
Ben Gourion déclarait ainsi le 12 mai 1948, au cours des débats de la
Knesset sur la Déclaration d'indépendance (qui allait intervenir le 14 mai) :
« Il n'était pas question de mentionner le partage de la Palestine en deux
États, encore moins de préciser quelles étaient les frontières de l'État juif,
parce que nous ne le savons pas. En cas de guerre avec les Arabes, nous
les contrecarrerons, nous occuperons la Galilée occidentale et la voie des
deux côtés de Jérusalem, et tout cela deviendra une partie de l'État. » [
Palestine 1947, Un partage avorté, de D. Vidal et A. Gresh, Complexe,
1987.]
Et pour cela il fallait expulser les Palestiniens, car l'expulsion a toujours été
le maître mot du projet colonial sioniste.
Rappelons aussi que l'État d'Israël est toujours le seul État qui a pu adhérer
à l'ONU sans déclarer ses frontières. Il ne les a toujours pas déclarées, vu
qu'il convoite toujours toute la Palestine.
Les Palestiniens de 48
En 1948 et 1949, des centaines de milliers de Palestiniens étaient expulsés
et 420 villages arabes rasés ou transformés en localités juives. Jusque-là,
un million de Palestiniens vivaient dans ce qu'on appelle les Territoires de
48. Il ne devait en rester qu'environ 200.000 après les massacres et les
expulsions massives.
Ils sont aujourd'hui un million et demi. Mieux organisés depuis 1976, ils ont
continué la lutte contre le processus d'expropriation et de judaïsation de ce
qui leur reste des terres palestiniennes. Cette lutte a été violemment
réprimée et, ces dernières années, le processus d'accélération de la
colonisation a atteint son point culminant : annexion de Jérusalem,
construction et extension des colonies, afflux croissant de nouveaux
immigrants.Expulsion, expropriation, judaïsation sont les trois axes du
projet colonial sioniste. Les terres appartenant aux "réfugiés" étaient
déclarées"vacantes", elles ont été confisquées puis colonisées.Israël a
promulgué tout un arsenal de lois spécifiques aux Territoires de 48, non
seulement pour légaliser les terres confisquées en 1948 et 1949 mais
également pour permettre l'expropriation et la confiscation de nouvelles
terres.
Ces lois, au nombre de six sont :
Les Defense Emergency Regulations (1945),
Ordonnances d'urgence sur la culture des terres en jachère (1948),
Loi régissant la saisie des biens immobiliers en état d'urgence (1949),
Loi sur les biens des propriétaires absents (1950),
Loi sur l'acquisition des terres (1953), Loi de Prescription (1958)
La journée du 30 mars 1976 est le symbole de l'opposition à ce cycle
expulsion confiscation-colonisation.Elle nous ramène aussi à une donnée
souvent oubliée : l'unité de destin et d'identité du peuple palestinien, qu'il
se trouve dans les Territoires de 48, dans ceux de 67 ou dans la diaspora
attendant le retour.
Elle nous ramène aussi à l'Intifada, cette résistance qui a été si durement
réprimée. La célébration du Jour de la Terre est pour nous le témoignage
de notre solidarité avec l'ensemble du peuple palestinien.
Aujourd'hui le nouveau gouvernement représenté par le Mouvement
Hamas, vainqueur des dernières élections, et non reconnu par la
communauté internationale qui veut toujours faire plaisir aux sionistes
remet en question l'ancienne Autorité qui ne revendiquait plus que 22%
(les Territoires de 67 et Jérusalem-Est) et avait abandonnée la légitime
résistance à la colonisation.
Nous espérons que les Palestiniens finiront par se réconcilier entre eux et
reprendront la résistance qui leur est commune, avant de négocier,
ensemble avec le colonisateur.

Youm El Ard Ginette Hess Skandrani


4-2 Jean-Marie : Je sollicite déjà votre première avis critique.

Ce(tte ébauche de) site a pour modeste ambition de servir de référent le moins inobjectif possibleauquel tout militant pro-palestinien pourra renvoyer un interlocuteur  pour qu'il puisse se faire sa propre idée sur les trois textes fondateurs de ce que certains considèrent  comme la légitimité et le droit d'exister de l'état juif nommé Israël
Avant de poursuivre non sans peine (pour des questions de compatibilité de logiciels en particulier)la réalisation de ce site, je sollicite déjà votre première avis critique.

TOUTE CONTRIBUTION EST LA TRES BIENVENUE
Quand je suggère de réaliser quelque chose, je n'ai pas tellement l'habitude de ne pas commencer moi-même par essayer de le concrétiser, toutefois sans esprit de propriété; alors si on me pique l'idée, peu m'importe, l'important à mes yeux étant que ce site "basique" se fasse au plus tôt à l'approche des 11 et 14 Mai.
Je suis persuadé qu'il peut, hélas, apprendre des choses utiles à de vieux militants pro-palestiniens, et de toutes façons au moins à des nouvelles recrues de bonne volonté , mais "ignorantes" de l'Histoire d'Israël. Ne serait-ce  pas en effet une "faute militante" que de n'avoir jamais lu la synthèse au moins de la très longue résolution 181, et l'intégralité de la déclaration d'indépendance, ainsi que de la résolution 273 (avec les Accords de Lausanne  du lendemain) ?
Mais il devrait surtout permettre à des journalistes et à des personnalités politiques, souvent suroccupés d'acquérir, ne serait-ce qu'en fait de mise en bouche, une culture minimale sur les trois textes fondateurs d'Israël. Afin que ces vecteurs d'opinion et/ou de décisions ne puissent plus dire "On ne savait pas"   ... à quel point  cet état fondamentalement raciste et mortifère  n'avait aucun respect  pour  l'ONU (ce qui peut s'expliquer vu la faiblesse de cette organisation), mais même pas pour  sa signature et de ses engagements publics.
Et ce même si nous sommes bien, placés pour savoir que nos "amis" sionistes sont très doués dans l'art de réfuter les plus incontestables arguments ou preuves historiques quand ça va à l'encontre de leurs théories et pratiques. Ce qui ne nous dispense pas pour autant d'être nous-mêmes au moins  synthétiquement "armés" et de proposer des armes pour essayer au moins de les déstabiliser un peu. 
http://israeltextescles.site.voila.fr/
Au plaisir de vous lire si vous le voulez bien
Jean-Marie
Palestinophile sexagénaire


4-3 Réconciliation mort-née entre Fatah et Hamas.

Où l'on voit le courage de Mammoud Abbas.

 Hier, Israël lui a posé un ultimatum : choisir entre le Hamas ou les négociations de paix. On ne voit pas très bien de quelles négociations de paix l'Occupant veut parler mais qu'importe. Le téléphone a dû sonner et le pauvre Abbas a cédé à cet inadmissible chantage. Cet homme est incapable du moindre courage. On voit là la différence avec Yasser Arafat que personne ne remplacera jamais. Abbas est prostitué aux sionistes. Il obéit au doigt et à l'oeil, doit posé sur la couture du pantalon.  Avec un dirigeant de cet acabit, les Palestiniens ne sont pas près d'avoir un Etat. Tzipi Livni a d'ailleurs fait remarquer récemment que la Palestine n'était pas un Etat et qu'en tant que tel, comparé à Israël, il était donc impossible que cet Etat qui n'existe pas demande quoi que ce soit. Voyez l'ambiguïté vicieuse sur laquelle joue l'Occupant. La Palestine n'est pas un Etat. Et il faut surtout que cela reste tel quel pour l'Occupant sioniste. Ainsi il peut tout se permettre puisque la Palestine ne fait pas partie de l'ONU. Il faut voir là le vice de cette entité sioniste, cet ogre malfaisant.
25 mars 2008


5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Jonathan Cook : Un Etat, ou deux Etats ? Ni l’un ni l’autre : le problème, c’est le sionisme, andouille !

Note de l’éditeur : Lundi dernier, nous avons publié l’argumentation de Michael Neumann à l’encontre de l’ainsi dite « solution à un seul Etat » pour Israël et la Palestine. Nous publions aujourd’hui la seconde de trois réponses à cette argumentation.(AC/JSC)

Si le conflit israélo-palestinien est un des plus inextricables du monde, on peut dire la même chose du débat qui se déroule, en parallèle, sur la question de savoir si la résolution de ce conflit peut être obtenue au mieux grâce à un unique Etat englobant les deux peuples vivant dans cette région du monde, ou bien au moyen d’un partage du pays entre deux Etats séparés – un Etat pour les juifs et l’autre pour les Palestiniens. Le philosophe Michael Neumann a consacré deux articles, en 2007, puis plus récemment, cette semaine, à la revue CounterPunch, discréditant l’idée de l’Etat unique, dont il dit qu’elle est inapplicable et donc non-digne d’être prise en considération. En réponse, Kathy Christison a bâti une robuste défense, exposant avec netteté les gauchissements et les déviations dans la logique neumannienne. Je n’ai pas l’intention de m’essayer à couvrir le même terrain. Non, en lieu et place, je vais traiter de l’argument central de Neumann, à savoir l’argument selon lequel il serait au minimum possible d’imaginer un consensus émergeant entre deux Etats, alors que les Israéliens n’accepteraient jamais un Etat unique. Cet argument, qui est le cri de ralliement de la plupart des tenants de la TSS (Two States Solution – solution à deux Etats), dépeint le camp des partisans de l’OSS (One State Solution – solution à un seul Etat) comme des rêveurs invétérés et des bousilleurs de temps.

L’idée, écrit Neumann, « qu’Israël concèderait un Etat unique, est tout simplement risible… Il n’y a strictement aucune chance que les Israéliens acceptent jamais un Etat unique qui accorderait aux Palestiniens quelque chose qui s’approchât en quoi que ce soit de leurs droits ».
D’après Neumann, contrairement à la solution à un seul Etat, les moyens de réaliser la solution à deux Etats sont à portée de notre main : il suffirait de déplacer le demi-million de colons juifs vivant (illégalement) dans les territoires palestiniens occupés. Alors, écrit-il, « une solution à deux Etats donnera, effectivement, un Etat souverain aux Palestiniens, car c’est exactement ce que cela signifie, l’expression « solution à deux Etats ». Cela ne signifie pas un Etat d’un côté et un non-Etat de l’autre, et aucun des partisans palestiniens d’une solution à deux Etats n’accepterait jamais quelque chose d’inférieur à la souveraineté. »
Il y a quelque chose d’étonnamment naïf, dans l’argument de Neumann selon lequel, pour la simple raison que quelque chose est dénommé une « solution à deux Etats », cela aboutira nécessairement à la création de deux Etats souverains ?!? Quels sont les requis minimaux pour qu’un Etat soit souverain, et qui en décide ? Certes, les diverses solutions à deux Etats, proposées par Ariel Sharon, Ehud Olmert et George Bush et soutenues par l’immense majorité de la communauté internationale, échoueraient, d’après le critère de Neumann, parce qu’elles n’ont pas été fondées sur l’expulsion de tous les colons. Mais une solution à deux Etats alternative, requérant le retrait d’Israël à l’intérieur de ses frontières antérieures à 1967, risquerait de ne pas concéder, non plus, une armée palestinienne – équipée et entraînée, pourquoi pas, par l’Iran ? – pour garder les frontières de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Cela ne ferait-il pas problème ? Et comment Neumann peut-il penser sérieusement qu’Israël et les Etats-Unis garantiraient ce genre de souveraineté à un hypothétique Etat palestinien ?? De manière très judicieuse, Neumann nous rappelle de manière réitérée que ceux qui détiennent le pouvoir sont ceux qui dictent les solutions qui leur conviennent. Dans ce cas, nous pouvons être certains que, le moment opportun venu, Israël et son sponsor, les Etats-Unis, imposeront leur propre version de la solution à deux Etats, et que cette solution sera très éloignée de l’article authentique dont Neumann se fait le chantre… Peu importe. Laissons de côté, pour l’instant, cette logique particulièrement tortueuse, et revenons au point principal : le fait que la création de deux Etats serait fondamentalement plus réalisable et pragmatique que la création d’un Etat unique ( ?).

Etrangement, toutefois, à en juger d’après tous les indices disponibles, ce n’est pas ainsi que la situation apparaît, aux yeux des dirigeants israéliens actuels. Le Premier ministre Ehud Olmert, par exemple, a exprimé dans plusieurs discours la crainte qu’au cas où la population palestinienne sous domination israélienne (tant dans les territoires occupés qu’en territoire israélien) atteindrait le point de dépasser la population juive – chose à laquelle s’attendent les démographes, dans les années à venir -, Israël soit comparé à l’Afrique du Sud de l’apartheid. Selon ses propos, Israël est confronté à un imminent et puissant « combat pour un homme-une voix », dans les brisées du mouvement anti-apartheid. Selon Olmert, à défaut d’une action de diversion, la logique politique conduit inexorablement à la création d’un Etat (unique) en Israël/Palestine. Tel était son sentiment lorsqu’il s’exprimait devant les délégués de la dernière conférence d’Herzliya : « Jadis, nous redoutions la possibilité que la réalité, en Israël, nous impose un Etat (unique) binational. En 1948, la politique obstinée de tous les Arabes, le fanatisme anti-israélien, et aussi notre force et le leadership de David Ben Gourion nous ont sauvés de la perspective d’un Etat de cette nature. Depuis soixante ans, nous luttons avec un courage inouï afin d’éviter d’avoir à vivre dans une réalité faite de bi-nationalisme et afin de s’assurer qu’Israël existe bien en tant qu’Etat juif et démocratique, doté d’une solide majorité juive. Nous devons agir en ce sens et comprendre qu’une telle réalité binationale est en train d’être créée, et que cette situation, d’ici très peu de temps, risque d’échapper à notre contrôle ».

Olmert consacre donc toute son énergie à trouver un programme politique alternatif, qui soit susceptible d’être vendu au reste du monde. C’est la raison pour laquelle (comme Sharon, avant lui) il s’est mis à parler d’un Etat palestinien. Etrangement, toutefois, il n’a jamais saisi au vol l’offre de solution à deux Etats idéale – du genre de celle que Neumann appelle de ses voeux – qui avait été formulée en 2002. Cette année-là, le roi d’Arabie saoudite et l’ensemble du monde arabe promirent la paix à Israël, en échange de son retrait à l’intérieur de ses frontières antérieures à 1967. Les Arabes ont réitéré leur offre, l’année dernière. Israël l’a ignorée royalement.

En réalité, c’est une autre version des deux Etats – la fausse solution à deux Etats – qui est devenue la position de repli de la politique israélienne. Elle requiert simplement qu’Israël et les Palestiniens donnent l’impression de se partager le territoire, alors qu’en réalité, l’occupation continue et la souveraineté juive sur l’ensemble de la Palestine est non seulement perpétuée, mais avalisée par la communauté internationale. Autrement dit : c’est la gazification de la Cisjordanie. Quand Olmert avertit qu’à défaut des deux Etats, « Israël est cuit », il pense principalement à la manière d’empêcher l’émergence d’un Etat unique. Ainsi, si on doit en croire Neumann, Olmert est un rêveur ; en effet, il redoute qu’une solution à un seul Etat soit non seulement réalisable, mais dangereusement proche. Sharon, apparemment, souffrait du même défaut de vision, puisque la démographie avait été son principal motif pour se désengager de Gaza. Ou bien, alors, l’un comme l’autre ont mieux compris que Neumann ce que l’on entend par ‘Etat juif’, et quelles sont les conditions politiques qui sont incompatibles avec lui. En réalité, le partage du territoire prôné par Neumann, aussi équitable fût-il, correspondrait au moment précis où la lutte d’Israël pour demeurer un Etat juif entrerait dans sa phase la plus difficile, la plus décisive. C’est précisément la raison pour laquelle Israël non seulement s’est opposé à tout partage significatif du territoire, jusqu’ici, mais continuera à le faire. Si, par impossible, Israël procédait au partage du territoire, un Etat juif ne serait pas à même de continuer à vivre très longtemps en raison des conséquences d’un tel partage. En fin de compte, le maintien d’un Etat ethnique israélien s’avérerait (s’avérera) impossible : tant du point de vue de l’environnement que de la démographie, même, physiquement. Le partage du territoire ne ferait qu’accélérer l’auto-destructivité inhérente à un Etat juif.

Examinons brièvement quelques-unes des conséquences d’une solution à deux Etats, pour un Etat juif ?

Tout d’abord, Israël, à l’intérieur de ses frontières reconnues et rétrécies, serait confronté à un manque d’eau immédiat et extrêmement grave. La raison en est qu’en restituant la Cisjordanie aux Palestiniens, Israël perdrait son contrôle sur les grandes nappes phréatiques situées sous les collines de Cisjordanie, qui lui fournissent, aujourd’hui, le plus gros de ses ressources en eau (non seulement à Israël stricto sensu, mais aussi aux colons juifs vivant illégalement dans les territoires occupés). Israël ne pourrait plus continuer à voler son eau ; on attendrait de lui qu’il négocie ses achats d’eau sur les marchés libres internationaux. Etant donné les politiques de l’eau, au Moyen-Orient, cela ne serait pas de la petite bière. Aussi appauvri fusse-t-il, le nouvel Etat palestinien perdrait toute légitimité aux yeux de sa propre population s’il devait vendre aux Israéliens plus qu’un simple filet d’eau. Nous pouvons comprendre cela, en examinant la situation hydrique actuelle : Israël pompe quasiment toute l’eau fournie par les rivières et les nappes phréatiques, en Israël et dans les territoires occupés, à l’usage de sa propre population, laissant aux Palestiniens bien moins que la quantité minimale dont ils ont besoin quotidiennement, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce mois, dans une mise en garde très abrupte, l’Autorité israélienne de l’Eau a indiqué que le sur-forage a entraîné la pollution de la plus grande partie de la nappe phréatique côtière par des infiltrations d’eau de mer, alors que cette nappe phréatique est la principale ressource en eau potable à l’intérieur des frontières israéliennes internationalement reconnues. Si les Palestiniens se voyaient concéder une ration d’eau décente, à partir de leurs propres nappes phréatiques collinaires, et si on leur permettait d’édifier une économie moderne, il n’y aurait plus assez de rabiot d’eau pour étancher la soif de ce pays du monde développé qu’est Israël. Et encore, nous n’avons pas encore envisagé, à ce stade, la sollicitation des ressources hydriques par tous les Palestiniens qui décideraient de faire valoir leur droit au retour, non pas chez eux, en Israël, mais dans le nouvel Etat palestinien souverain. De plus, pour des raisons que nous développerons plus avant, l’Etat juif souverain aurait toutes les raisons de poursuivre sa politique de judaïsation, s’efforçant d’attirer le plus possible de juifs du reste du monde, surexploitant d’autant les ressources hydriques de la région. La non-viabilité environnementale de l’un et l’autre Etats, cherchant à absorber d’importantes populations, aboutirait inéluctablement à une crise de l’eau régionale. De plus, si des juifs israéliens, ne supportant plus les pénuries d’eau, devaient s’avérer très nombreux à commencer à émigrer ou à repartir, Israël y verrait une raison supplémentaire de s’arroger l’eau, par des moyens légaux ou par la coercition militaire. On peut s’attendre à ce qu’en très peu de temps, Israël, doté de la quatrième armée du monde par ordre de puissance, chercherait à inventer des raisons de déclencher une guerre contre ses voisins beaucoup plus faibles, en particulier contre les Palestiniens, mais vraisemblablement aussi contre le Liban, dans une tentative de s’emparer de l’eau de ce pays. Les pénuries d’eau seraient, bien évidemment, problématiques pour un Etat unique, aussi. Mais, au moins, dans un Etat unique, il y aurait des mécanismes, en place, permettant de réduire ce type de tension, de gérer la croissance démographique et le développement économique et de partager équitablement les ressources en eau. Par ailleurs, l’occupation dévoreuse de main-d’œuvre israélienne ayant pris fin, la plupart des membres de l’énorme armée de citoyens qui est celle d’Israël seraient excédentaires, par rapport aux besoins de la défense. S’ajoutant à des dysfonctionnements sociaux et économiques massifs, le démantèlement du complexe militaire israélien modifierait fondamentalement le rôle d’Israël dans la région, porterait atteinte à ses relations avec l’unique superpuissance mondiale et couperait ses liens financiers avec les juifs de la diaspora. Israël ne disposerait plus des territoires occupés, comme laboratoire pour tester son matériel militaire, ses stratégies de bataille et ses industries de la surveillance et du contrôle des foules, en plein boom actuellement. Si Israël décidait de combattre les Palestiniens, il devrait le faire au moyen d’une véritable guerre, fusse une guerre assymétrique, entre des adversaires incommensurablement inégaux. Sans aucun doute, les Palestiniens, à l’instar du Hezbollah, trouveraient rapidement des sponsors régionaux pour armer et former leur armée et/ou leurs milices. L’expérience et la réputation acquises par Israël – tout au moins au sein de l’armée américaine – dans le maintien de son occupation et l’invention de moyens nouveaux et supposément sophistiqués de contrôler la « mentalité arabe » seraient rapidement perdues, ainsi, du même coup, que l’utilité d’Israël, aux yeux des Etats-Unis, dans leur gestion de leur propre occupation à long-terme de l’Irak. Par ailleurs, l’alliance stratégique vitale d’Israël avec les Etats-Unis, visant à diviser le monde arabe autour de la question de l’occupation et au moyen de la signature de traités de paix séparés avec certains pays arabes, tout en entretenant un état de guerre permanente avec d’autres, cette alliance stratégique commencerait à se détricoter. Avec l’affaiblissement de la relation spéciale d’Israël avec Washington, et celui de l’influence de ses groupes de lobbying, accompagné de la perte de milliards de dollars de financements annuels, la diaspora juive commencerait s’intéresser de moins en moins à Israël. Son fric et son pouvoir s’effritant, Israël finirait par glisser dans l’anonymat moyen-oriental, et devenir une sorte de Jordanie-bis. Dans ces circonstances, il assisterait très vite à un exode massif des juifs ashkénazes privilégiés, dont la plupart ont une (ou plusieurs) autre(s) nationalité(s). Enfin, troisièmement, l’Etat juif (maintenu) ne serait pas aussi juif que d’aucuns pourraient le penser : actuellement, un Israélien sur cinq n’est pas juif, mais Palestinien. Même si, pour réaliser la vision neumannienne des deux Etats, tous les colons juifs devraient probablement quitter les territoires occupés et retourner en Israël, quel sort attendrait tous ces Palestiniens de nationalité israélienne ? Ces Palestiniens sont des citoyens d’Israël depuis soixante ans, ils vivent légalement sur une terre qui appartenait à leurs familles depuis des générations et des générations. Ils s’accroissent, par ailleurs, démographiquement, plus rapidement que la population juive, c’est d’ailleurs pour cette ‘raison’ qu’on les désigne populairement, en Israël, sous l’intitulé de « bombe à retardement démographique ».

Si ces quelque 1,3 million de citoyens devaient être chassés d’Israël par la force, en vertu du règlement à deux Etats cher à Neumann, cela représenterait une violation du droit international par un pays démocratique à une échelle sans aucun précédent à l’ère moderne, ainsi qu’une épuration ethnique encore plus importante que celle qui accompagna la guerre originelle d’Israël, en 1948. La question posée est donc la suivante : pourquoi continuer à se fatiguer à prôner deux Etats, si cela doit être obtenu par les moyens horrifiants que nous venons de décrire ? Supposons, au contraire, que le nouvel Etat soit supposé maintenir, comme Israël le fait aujourd’hui, la prétention d’être un pays démocratique : ses citoyens seraient autorisés à continuer à vivre sur leur terre et à faire valoir leurs droits. Au sein d’un Etat juif qui aurait officiellement mis un terme à son conflit avec les Palestiniens, des revendications deviendraient croissantes, chez les citoyens palestiniens, en vue de droits égaux et de la mise d’un terme à leur statut de citoyens de seconde catégorie. Plus important, encore : ils insisteraient sur deux droits remettant en cause le fondement même d’un Etat juif. Ils espèreraient bénéficier du droit, soutenu par le droit international, de pouvoir épouser un conjoint palestinien vivant à l’extérieur d’Israël et de le ramener en Israël pour qu’il y vive à leurs côtés. Ils exigeraient sans doute un droit au retour pour leurs parents vivant dans l’exil, sur une base similaire à celle de la loi israélienne dite « du retour » des juifs.  La judéité d’Israël serait en jeu, bien plus qu’elle n’est aujourd’hui menacée par sa minorité palestinienne. On peut supposer que les dirigeants israéliens réagiraient avec une grande férocité afin de la protéger. Finalement, les prétentions d’Israël à la démocratie devraient être remises en cause et l’épuration ethnique à grande échelle des citoyens palestiniens serait mise en œuvre. Pourtant, ces arguments contre la nature « réalisable » de l’accord authentique entre deux Etats tels que les prôn Neumann emportent-ils le morceau, en faveur de la solution à un seul Etat ? Les dirigeants israéliens ne déclencheraient-ils pas un combat tout aussi vicieux afin de préserver leurs privilèges ethniques, comme ils le font aujourd’hui, en empêchant l’émergence d’un Etat unique ? Bien sûr, qu’ils le feraient ! Ils le feront. Mais cela ne marque pas un point contre moi. Aussi longtemps qu’Israël restera un pays ethnique, il sera contraint d’approfondir l’occupation et ses politiques d’épuration ethnique, afin d’éviter l’émergence d’une véritable influence politique palestinienne – pour les raisons que j’ai citées plus haut et pour nombre d’autres raisons, aussi… En vérité, tant une solution à un seul Etat qu’une solution authentiquement à deux Etats sont impossibles, en raison de la détermination d’Israël de rester un Etat juif. Ce qui fait obstacle à une solution, par conséquent, ce n’est pas le partage de la terre, mais le sionisme lui-même, cette idéologie de suprémacisme ethnique qui représente l’orthodoxie, aujourd’hui, en Israël. Tant qu’Israël restera un Etat sioniste, ses dirigeants ne permettront pas qu’il y ait un Etat unique, ou deux Etats dignes de ce nom. Autrement dit, si nous cessions de nous distraire nous-mêmes avec le Saint Graal de la ‘solution à deux Etats’, nous pourrions canaliser nos énergie vers quelque chose de bien plus utile : discréditer Israël en tant qu’Etat juif, ainsi que l’idéologie sioniste qui le « justifie ». Finalement, la façade respectable du sionisme risque fort de tomber en petits morceaux. Sans le sionisme, l’obstacle empêchant de créer soit un, soit deux Etat(s) serait – enfin ! – éliminé. Et si tel est le cas, pourquoi alors ne pas faire campagne pour la solution susceptible d’apporter, dans les meilleurs conditions, la justice, tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens ?

Jonathan Cook *

[* Jonathan Cook, écrivain et journaliste, vit à Nazareth (Israël). Son nouveau livre, « Israel and the Clash of Civilisations : Irak, Iran and the Plan to Remake the Middle East  » est publié par Pluto Press.

Son site ouèbe : http://www.jkcook.net ]. on CounterPunch, 12 mars 2008 http://www.counterpunch.org/cook03122008.html

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier


5-2 IRIN : Israël: Les sanctions israéliennes ont-elles échoué ?

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information .

Le bouclage israélien de la bande de Gaza perturbe le secteur des affaires, les agriculteurs et ceux qui pourraient bénéficier des projets de développement, mais il permet au Hamas de renforcer son autorité à Gaza, selon un nouveau rapport, publié par l'International Crisis Group (ICG).
Plus des trois quarts de la population reçoivent une aide humanitaire, ce qui les rend plus dépendants que jamais de la communauté internationale.

Le rapport, intitulé Ruling Palestine I: Gaza Under Hamas (Gouverner la Palestine I : Gaza sous le contrôle du Hamas), cite un analyste politique qui décrit Gaza comme un « projet d'aide sociale internationale » (« internationally-supplied welfare project », en anglais).
« Les bailleurs de fonds internationaux et l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) ont investi des sommes d’argent colossales, substituant l’aide humanitaire à l’aide au développement, et rendant de ce fait la plupart des Gazaouis dépendants de la communauté internationale », selon l’ICG.
Depuis la prise de contrôle de l’enclave palestinienne par le Hamas, en juin 2007, il est difficile d’importer certains produits, notamment les tuyaux de canalisation ou le ciment, ce qui entrave la réalisation de projets tels que la pose de canaux d’évacuation des eaux usées et la construction d’écoles, ont expliqué à IRIN des représentants des Nations Unies et des travailleurs humanitaires.
« Les Gazaouis vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et sont coupés physiquement et économiquement du monde extérieur – une dégradation humanitaire qui ne peut guère durer », peut-on lire dans le rapport, qui cite notamment la hausse du prix des denrées alimentaires.
Les usines ne peuvent plus importer de matières premières ni exporter leurs produits, les employés sont licenciés et les agriculteurs sont obligés de vendre localement leurs produits à très bas prix, au risque de se retrouver avec des produits pourris ; les points de passage restent en effet fermés à toute exportation.
Toujours selon l’ICG, à l’intérieur de l’enclave palestinienne, les « zones tampons » israéliennes, proches de l’Etat hébreu, occupent 35 pour cent des terres cultivables de Gaza. Les zones cultivées et les puits ont été détruits pendant les incursions de l’armée israélienne.
Le Hamas pas affaibli
Le Hamas, en revanche, n’a pas été affaibli par ces sanctions.
Sa branche militaire s’est de plus en plus renforcée et a récemment commencé à tirer des roquettes de type Grad sur le port israélien d’Ashkelon. Actuellement, le Hamas exerce en outre un contrôle strict sur le système des impôts, sur l’appareil judiciaire et sur la police.
« Au contraire, les sanctions contre le Hamas ont renforcé son emprise sur Gaza et ont affaibli la population », a expliqué à IRIN Nicolas Pelham, principal analyste de l’ICG en poste à Jérusalem, ajoutant que le secteur privé, l’un des groupes les plus favorables à l’ouverture de négociations politiques avec Israël, était actuellement sur les genoux.
Concernant les droits humains, le fonctionnement de l’appareil judiciaire, la.
liberté de la presse ainsi que d’autres problèmes, il y a également des raisons de penser que l’isolement international du Hamas a des effets contraires.
Recommandations de l’ICG
Pour éviter une escalade de la violence et l’effondrement du processus de paix, il convient d’instaurer un dialogue constructif entre le Fatah et le Hamas – donc entre le gouvernement de la Cisjordanie et le gouvernement de Gaza – et entre Israël et le Hamas, pouvait-on lire dans les conclusions du rapport. Il faut avant tout un accord sur la réouverture des frontières.
L’ICG invite les Nations Unies, les pays occidentaux et les pays arabes à « adopter sans ambiguïté une stratégie visant à influencer la politique du Hamas plutôt qu’à la combattre », et appelle Israël et le Hamas à convenir d’un cessez-le-feu immédiat de 15 jours, pour permettre aux différentes parties d’engager des négociations en vue de parvenir à une fin plus durable des hostilités.
Selon la presse, cet appel intervient à un moment où les organisations humanitaires internationales, et même quelques voix en Israël, soutiennent l’ouverture de négociations avec le Hamas, et où certains signes portent à croire que les Etats-Unis appuient les efforts de l’Egypte pour l’ouverture de pourparlers entre le mouvement islamique et Israël.
24 mars 2008 (IRIN)

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 UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs 2008

Source : IRIN  
http://www.irinnews.org/fr/...

n°335 Brèves de Palestine 28-03 (début) Maintient du choix de la résistance nationale.

Brèves de Palestine                                                             

N°335                               28-03

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire (Début)

1 Les brèves

1-1 Le gouvernement de Haniyeh : le refus de l’autorité à l’annonce de Sanaa dévoile sa position.

1-2 Al-Masri : Les désaccords du Fatah sont programmés pour rassurer les Sionistes et les Américains.

1-3 Echec de la médiation yéménite.

1-4 Hamas : Les rencontres sécuritaires avec les Sionistes violent les légitimités palestiniennes.

1-5 L’autorité d’occupation et l’Autorité palestinienne n’ont pas vraiment cessé de négocier.

1-6 Le Hamas maintient le choix de la résistance nationale.

1-7 Responsables arabes : Le sommet de Damas un pas important sur la voie de l’action arabe commune.

1-8 Al-Khoudri : Les Palestiniens attendent des décisions définitives des Arabes pour achever le blocus.

1-9 Le gouvernement Fayyad est responsable des crimes perpétrés par l’occupation.

1-10 Al-Araj : Nous avons terminé les accords sur le niveau technique au sujet du passage de Rafah.

1-11Expansion imminente d’une colonie en Cisjordanie.

1-12 Ehud Barak prêt à lever certaines restrictions en Cisjordanie.

1-13 Déploiement prochain des forces d’Abbas à Jénine.

1-14 La Syrie a fait beaucoup pour la cause Arabe.



1 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
1-1 Le gouvernement de Haniyeh : le refus de l’autorité à l’annonce de Sanaa dévoile sa position.
Gaza - CPI
Le gouvernement de l’unité nationale dirigé par Ismaïl Haniyeh a affirmé son refus à lier la question palestinienne aux conditions et pressions américaines, tout en considérant que le renoncement de la présidence de l’autorité palestinienne à Ramallah à l’annonce de Sanaa vient dans le cadre de sa soumission aux demandes étrangères.
Le porte-parole du gouvernement, Taher Al-Nounou, a dit que les déclarations de la présidence de l'autorité palestinienne après la signature de l'annonce de Sanaa sont venues pour répondre aux pressions américaines, tout en considérant que les déclarations du conseiller politique du président de l'autorité palestinienne, Namr Hamad affirment que la présidence n'est pas sérieuse pour faire réussir le dialogue de Sanaa.

Il a ajouté qu'on ne doit pas lier le peuple palestinien et sa question aux demandes et pressions américaines, tout en soulignant les déclarations de la présidence au sujet du dialogue pour finir les désaccords ne sont que des prétentions pour se donner une bonne prestation devant le peuple palestinien. Le porte-parole du gouvernement de l'unité nationale a ajouté que la délégation du mouvement Fatah s'est dirigée à la capitale yéménite, Sanaa, pour tromper l'opinion générale que le Fatah soutient l'unité nationale alors que le Hamas frappe l'accord.
 Al Nounou a dit que la présidence palestinienne doit refuser les demandes étrangères et retourner vers son peuple.  
Il a appelé l'autorité dirigée par Abbas à respecter l'annonce de Sanaa signée par son représentant Azam Al-Ahmed et à dissoudre le gouvernement illégal de Fayyad pour entrer dans un dialogue direct avec le mouvement du Hamas. 25-03


1-2 Al-Masri : Les désaccords du Fatah sont programmés pour rassurer les Sionistes et les Américains.
Gaza - CPI
Un dirigeant du Hamas a fortement critiqué les hauts dirigeants du Fatah et de l’autorité à Ramallah après leur refus de l’annonce de Sanaa, signée entre les mouvements du Hamas et du Fatah pour la reprise du dialogue palestinien.
Le Hamas a considéré que le refus de cette annonce prouve que le Fatah et le groupe de Ramallah parient fortement sur les agendas israélo-américains, préférant les négociations avec les ennemis au dépend de toute entente ou dialogue inter-palestinien.

Le député du bloc du Hamas, Mouchir Al-Masri a dit que les désaccords avec les leaders du Fatah sont programmés et bien étudiés pour rassurer les Américains et les Sionistes que le Fatah et le groupe de Ramallah ne préfèrent pas le dialogue avec le Hamas. Il a affirmé que le refus de l'annonce de Sanaa prouve que la décision du Fatah concernant le dialogue avec le Hamas est contrôlée par le veto américain et sioniste. Il a appelé avec vigueur le groupe de Ramallah à refuser les décisions américaines et sionistes afin d'approfondir les buts et les agendas patriotiques, et à ne pas permettre aux Etats-Unis ou à l'occupation d'intervenir dans les affaires palestiniennes et dans la stratégie du Fatah. Al-Masri a souligné que le peuple palestinien et tous les pays arabes n'accepteront plus que le Fatah fuie l'annonce de Sanaa, tout en insistant que la position arabe officielle a adopté positivement la stratégie du Hamas qui insiste sur la reprise du dialogue et la fin de la crise palestinienne. Al-Masri a confirmé que le groupe d'Abbas continue régulièrement d'imposer des conditions préalables et des agendas israélo-américains. 25-03.


1-3 Echec de la médiation yéménite.

A savoir : Ali Abdallah Saleh a proposé d’en revenir à la situation d’avant ‘ce que Mahmoud Abbas présente comme un "coup d’Etat" du Hamas contre l’Autorité autonome à Gaza) ainsi que l’organisation d’élections présidentielle et législatives anticipées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le plan prévoit aussi la création d’un nouveau gouvernement d’unité et la reconstruction de forces de sécurité palestiniennes selon des critères nationaux et non plus en fonction des factions. La médiation a échoué et les négociateurs du Fatah vont regagner la Cisjordanie , annoncent des conseillers du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions ont sans doute buté sur le refus, exprimé par le Hamas dès mercredi, de céder le contrôle de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne comme préalable au dialogue. Nabil Abou Rdainah, autre conseiller d’Abbas, a déclaré que le Hamas avait ajouté des "conditions et des réserves" aux propositions du Yémen. L’échec est imputable au refus du Hamas "d’accepter l’initiative yéménite telle qu’elle est", a déclaré Yasser Abed Rabbo, un des proches d’Abbas. "Notre délégation revient demain mais elle est prête à repartir au Yémen une fois que le Hamas aura accepté l’initiative telle quelle." Le Hamas s’est déclaré surpris par le retour des négociateurs du Fatah, qu’il a tenu pour responsable de l’échec des pourparlers. Il a estimé que ce départ "entrait en contradiction avec ce qui s’était produit jusque-là au Yémen". Mardi, le Fatah s’était déclaré disposé à reprendre le "dialogue national" avec le Hamas à condition que le mouvement accepte les termes du compromis proposé par le président du Yémen Ali Abdallah Saleh. (Al-Oufok avec les agences de presse -20-03)


1-4 Hamas : Les rencontres sécuritaires avec les Sionistes violent les légitimités palestiniennes.
Naplouse-CPI
Le Hamas a fortement condamné la coopération du général américain Keith Dayton avec les dirigeants des services de sécurité de l’autorité palestinienne.
le Hamas affirme que ces rencontres sécuritaires avec Dayton visent à frapper la résistance nationale palestinienne et à poursuivre les éléments et les résistants du Hamas. Le Hamas a fermement condamné toute coopération ou entretien avec les criminels sionistes ou leurs alliés comme Dayton(l'administration américaine), tout en refusant complètement les engagement irresponsables de l'autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas et son gouvernement illégal, présidé par Salam Fayyad, qui ont échoué à protéger les droits, intérêts suprêmes et principes du peuple palestinien. Le Hamas a appelé le groupe de Ramallah à arrêter immédiatement ces rencontres inacceptables que tout le peuple palestinien condamne, en exhortant un soutien immuable à la résistance nationale et aux droits des citoyens et à leurs propres principes20-03.
1-5 L’autorité d’occupation et l’Autorité palestinienne n’ont pas vraiment cessé de négocier.

L’autorité d’occupation et l’Autorité palestinienne n’ont pas vraiment cessé de négocier malgré la meurtrière agression de l’armée d’occupation contre Gaza au début du mois, a révélé lundi Ehud Olmert. "Nous n’avons pas arrêté, nous n’arrêtons pas et nous n’abandonnerons pas" (ces négociations), a-t-il assuré en précisant qu’une nouvelle séance de pourparlers était prévue dans la journée entre les négociateurs des deux camps. Mahmoud Abbas avait annoncé le 2 mars la suspension des négociations engagées avec l’autorité d’occupation dans le cadre du processus de paix lancé en novembre à Annapolis. (Pour protester contre l’agression contre Gaza, qui a fait plus de 120 morts, ) Mais Tzipi Livni et Ahmed Koreï, qui dirigent ces négociations, se sont secrètement rencontrés peu après, soit il y a une dizaine de jours..

Devant la Knesset , Livni avait expliqué qu’Israël devait mener de front lutte contre le terrorisme et négociations : "La terreur ne doit pas être et ne sera pas un prétexte pour Israël de ne pas entrer dans la salle de négociation." "J’attends des Palestiniens qu’il n’utilisent pas une action israélienne contre la terreur pour rester en dehors de cette même salle",


1-6 Le Hamas maintient le choix de la résistance nationale.
Naplouse- CPI
Le mouvement du Hamas a affirmé le maintien du choix unique de la résistance nationale, en soulignant que c’est le seul moyen pour la récupération des droits palestiniens.
Le Hamas a annoncé que tout renoncement à la résistance ou complot représente une forte trahison au sang des héros martyrs.
Le Hamas a également appelé l'autorité palestinienne à arrêter les arrestations politiques perpétuelles au sein des partisans et éléments du mouvement islamique (le Hamas), tout en déclarant qu'au moins 5 mille partisans ont été enlevés par les services de sécurité d'Abbas.
Il a fortement condamné cette stratégie irresponsable et injuste de l'autorité palestinienne qui arrête les résistants et les héros et dirigeants palestiniens (du Hamas), au moment où elle permet aux criminels, aux services de sécurité et aux occupants sionistes de renforcer leurs pratiques arbitraires non ethniques et les crimes atroces des forces occupantes, en Cisjordanie.
Le Hamas a fortement critiqué les missions et les engagements injustes et inutiles, notamment les négociations et la coopération sécuritaire du groupe de Ramallah avec les criminels sionistes, tout en soulignant que cette politique n'a rien donné au peuple palestinien si ce n'est des crimes perpétuels au sein de ses citoyens. 23-03
1-8 Responsables arabes : Le sommet de Damas un pas important sur la voie de l’action arabe commune.
Damas - Sana
Le Conseiller du Conseil de l’Unité économique arabe, M. Rachid Jamil Alio, a affirmé que le sommet de Damas est central sur la voie de l’action arabe commune.
Pour sa part, M. Yehya Bakkour, secrétaire général de l'Union des Ingénieurs agronomes arabes, membre de la délégation de l'Organisme arabe de l'Investissement et du développement agricole, a affirmé que le sommet arabe de Damas revêt une importance particulière à l'ombre des circonstances que traverse la nation arabe.  Il a souligné l'importance de l'action arabe commune et du renforcement des relations économiques interarabes, précisant que la session du Conseil économique et social est l'une des sessions les meilleures, vu que Damas a assuré tous les fondements et les impératifs de succès. Le délégué permanent du Maroc auprès de la Ligue arabe, M. Mohamad Faraj al-Dokali, a souligné l'importance de sommet arabe de Damas pour traverser tous les obstacles entravant l'action arabe commune. Il a indiqué que le sommet constitue une opportunité précieuse pour aborder franchement les défis qu'affronte notre nation en vue de mettre au point les solutions adéquates sans aucune intervention étrangère.

M. Mohamad Rabei, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les Affaires économiques, a exprimé sa confiance en le sommet de Damas qui poussera de l'avant la marche de l'action arabe commune et qui va satisfaire aux aspirations du peuple arabe, à savoir la complémentarité économique et l'unité économique arabe. Dans une déclaration à l'Agence Sana, l'ambassadeur Rabei a qualifié de succès les réunions du Conseil économique et social, tenues ces deux derniers jours, faisant allusion à plusieurs projets de décision qui seront soumis demain mercredi à la réunion des ministres arabes de l'Economie et du Commerce.

Pour sa part, M. Moussa Mohamad Ahmad, délégué de Djibouti auprès de la Ligue arabe, a affirmé que toutes les indications après les réunions préparatoires des délégués permanents donnent la preuve sur le succès du sommet, notamment les climats cordiaux et de fraternité régnant le sommet. Dans une déclaration accordée à l'Agence SANA, M. Ahmad a indiqué que le sommet de Damas sera un pas important, exprimant son optimisme quant au renforcement de la solidarité arabe que la nation arabe a besoin plus que jamais à l'étape actuelle.

Raghda Bittar-25-03


1-8 Al-Khoudri : Les Palestiniens attendent des décisions définitives des Arabes pour achever le blocus.
Gaza - CPI

Al-Khoudri a déclaré que le peuple palestinien dans la bande de Gaza souffre énormément des conditions très difficiles et que le blocus menace tous les niveaux de vie. Le président de la commission populaire de la lutte contre le blocus sioniste, le député Jamal Al-Khoudri, a dit que le peuple palestinien attend des décisions définitives durant le sommet arabe prévu à Damas pour mettre imédiatement fin au blocus sioniste injuste et arbitraire imposé contre les innocents citoyens de Gaza.
Al-Khoudri a appelé, le sommet arabe à travailler pour mettre fin au blocus sioniste imposé illégalement contre les citoyens de Gaza, pour ouvrir les passages afin de les sauver, surtout qu'ils sont régulièrement exposés à une extermination collective perpétrée sauvagement par l'occupation sioniste.
Il a appelé l'Égypte à intervenir pour ouvrir le passage de Rafah, sans interventions sionistes, et il a aussi demandé à tous les pays arabes de faire entrer le carburant vers la Bande encerclée, à travers l'Égypte. 23-03


1-9 Le gouvernement Fayyad est responsable des crimes perpétrés par l’occupation.
Gaza - CPI
Le chef du bloc parlementaire du Hamas Saïd Siam a porté le cabinet illégal de Ramallah responsable des violations sécuritaires des services de renseignements sionistes sur la scène palestinienne.
Il a considéré que les mesures inhumaines, arbitraires et injustes, ainsi que les complots exécutés par le gouvernement illégal Fayyad dont la coupure des salaires et le licenciement des fonctionnaires facilitent à l'entité sioniste l'exécution de ses projets criminels, poussant certains citoyens palestiniens à effectuer des missions d'espionnage.
Siam a affirmé que plusieurs rapports ont montré que les services de renseignements sionistes ont profité de cette grave situation imposée par le gouvernement illégal de Fayyad pour pourchasser les résistants et les dirigeants, en utilisant certains citoyens palestiniens en échange d'argent ou d'une occasion d'emploi.
Saïd Siam a souligné que les coupables qui aident l'occupation représentent un grave danger pour la société palestinienne, et il a appelé les institutions, les forces et toutes les organisations, notamment les gens pieux et nobles, à protéger les objectifs, les intérêts suprêmes et les principes de leur question légitime. Il a également appelé les parties concernées, les services de sécurité, à lutter contre les espions coupables et à les punir sévèrement, tout en exhortant les citoyens à assumer leur responsabilité patriotique et à contacter, immédiatement, les services sécuritaires pour démasquer les espions. 25-03


1-10 Al-Araj : Nous avons terminé les accords sur le niveau technique au sujet du passage de Rafah.
Gaza - CPI
Le conseiller économique du premier ministre du gouvernement d’unité nationale dirigé par Ismail Haniyeh à Gaza, l’ingénieur Alaa Al-Araj, a affirmé que les actuelles négociations autour de l’ouverture du passage de Rafah sont positives, en soulignant la possibilité d’ouvrir le passage au début du mois d’avril prochain.
Dans une déclaration au journal quotidien " La Palestine ", Al-Araj a dit, : "Nous attendons les réponses de l'Égypte qui prodigue des efforts à ce sujet, mais nous n'avons pas reçu de détails au sujet de l'ouverture du passage et des mesures prévues durant l'étape prochaine".
Il a déclaré que l'ouverture du passage de Rafah n'est pas facile et qu'elle a besoin d'un accord régional, alors que la partie principale dans cette question est l'entité sioniste qui ne dit rien jusqu'à maintenant. On souligne que la radio hébreu a dit, après la visite du conseiller du ministre sioniste de la guerre Amos Gilad, que l'occupation n'accepte pas la fin du blocus en échange de la trêve, mais qu'elle peut permettre d'ouvrir le passage partiellement. Le conseiller économique de Haniyeh a exprimé son espoir de récolter les fruits de ces efforts prochainement, en disant que les négociations sont positives : "mais nous attendons la réponse de l'occupation". Dans le même contexte, des sources bien informées ont dit au journal que toutes les parties ont signé sur un accord autour des préparations techniques de l'ouverture du passage de Rafah. 25-03


1-11 Expansion imminente d’une colonie en Cisjordanie.
Al-Manar
24-03
Un journal israélien de tendances nationalistes religieuses a signalé vendredi qu’il est prévu que la municipalité de la colonie de Efrat, au sud de la Cisjordanie , lance un projet de construction d’un nouveau quartier résidentiel.
Le journal Macor Rishon a signalé que le maire de Efrat Eli Mizrahi et le rabbin Sirassan présideront la célébration et inaugureront l’aménagement de deux bâtiments de trois étages contenant 54 unités de logement, séparés par un parc.
Le gouvernement israélien a donné son approbation en 2003, en principe, à ce projet. La colonie d’Efrat (4000 personnes) fait partie des colonies de Gush Etzion au sud de Jérusalem, qu’Israël a l’intention d’annexer dans l’avenir. Traduction : manar-fr.com

1-12 Ehud Barak prêt à lever certaines restrictions en Cisjordanie.

Les États-Unis font pression sur Israël pour qu’il soulage les conditions de vie des Palestiniens de Cisjordanie afin de renforcer la main du président Mahmoud Abbas engagé dans des négociations de paix avec l’autorité d’occupation. L’autorité d’occupation s’efforcera de lever certaines restrictions aux allées et venues des Palestiniens en Cisjordanie mais n’est pas prêt à s’engager à lever les points de contrôle militaires comme le demandent les Palestiniens, a déclaré Ehud Barak. Lors d’une inspection de l’un de ces barrages, Barak a déclaré qu’il s’agissait notamment de faciliter les déplacements des commerçants et hommes d’affaires palestiniens. "Dans la période qui vient, nous prévoyons de concentrer nos efforts pour soulager la population et promouvoir les projets économiques", a-t-il dit sans autre précision. Barak a souligné que le réseau de barrages et contrôles routiers de l’armée d’occupation empêchaient les résistants de commettre des attentats en les contraignant à emprunter des passages obligés qui leur rendent plus difficile l’accès au territoire israélien. Ces changements devraient être annoncés à l’occasion de la visite de Condoleezza Rice cette semaine en Israël…. (Al-Oufok avec les agences de presse -20-03)


1-13 Déploiement prochain des forces d’Abbas à Jénine.

L’autorité d’occupation ne s’opposera pas au déploiement de cinq à six cents membres des forces de sécurité du président palestinien Mahmoud Abbas dans la ville cisjordanienne de Jénine, indique-t-on de source israélienne autorisée. Le déploiement de ces hommes, qui achèvent en avril en Jordanie un cycle de formation de quatre mois financé par les États-Unis, sera au centre de l’entretien qu’ Ehud Barak aura mercredi avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, précise-t-on. L’entraînement en Jordanie de près de 700 membres des forces de sécurité, auquel s’ajoute celui de membres de la garde présidentielle d’Abbas, s’inscrit dans le cadre des efforts américains pour former une sorte gendarmerie pour le futur État palestinien. Un déploiement analogue avait été opéré en novembre à Naplouse, dans le cadre des efforts de Fayyad pour prendre en main la situation en Cisjordanie. Depuis, Fayyad et certains responsables américaines accusent l’autorité d’occupation d’affaiblir l’Autorité palestinienne en continuant à mener à Naplouse des incursions militaires. Barak a aussi annoncé son intention d’alléger les restrictions à la libre circulation en Cisjordanie, sans pour autant supprimer les barrages militaires, qu’il juge indispensables pour déjouer les projets d’attentats contre Israël. L’autorité d’occupation espère que son feu vert contribuera à dissiper les critiques américaines et occidentales lui reprochant de ne pas en faire assez pour renforcer la main d’Abbas en Cisjordanie et pour favoriser le processus de paix lancé en novembre dernier à Annapolis. Le ministre palestinien de l’Intérieur Abdel-Razak al Yahya a déclaré à Reuters que ce n’était pas à l’autorité d’occupation de décider du déploiement des forces de sécurité palestiniennes. "Nous déploierons ces forces qui s’entraînent en Jordanie quand nos propres conditions de sécurité le requerront et en fonction de décisions palestiniennes", a-t-il fait valoir.  (Al-Oufok avec les agences de presse)


1-14 La Syrie a fait beaucoup pour la cause Arabe.
Damas - Sana
Le ministre palestinien de l’économie, M. Mohammad Kamal Hassouneh, a affirmé l’importance de la tenue du sommet arabe à Damas à l’ombre des circonstances et des défis actuels qui visent la région arabe, dont en particulier dans les territoires palestiniens occupés vu la poursuite de l’agression israélienne ouverte contre le peuple palestinien.
M. Hassouneh a souligné que Damas, qui a fait beaucoup pour la cause palestinienne, apportera par ce sommet davantage de soutien politique et économique à la cause centrale. Damas a appelé, à cet effet, les leaders arabes à prendre des résolutions décisives en ce qui concerne le soutien du peuple et de l'économie palestinienne. Damas a mis l'accent, également sur l'importance du dossier économique qui sera présenté au sommet pour la réalisation de la complémentarité économique arabe et la création d'une union douanière arabe. L.A. 25-03

n°335 Brèves de Palestine 28-03 (début) Maintient du choix de la résistance nationale.

Brèves de Palestine                                                             

N°334                               28-03

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire (Fin)

1-15 Mubarak à Israël : L’occupation ne peut durer éternellement.

1-16 Les députés d’Al-Qods exposés à l’expulsion par les autorités de l’occupation.

1-17 Moubarak inquiet de la crise humanitaire à Gaza.

1-18 La Russie affirme qu’on ne peut pas réaliser la paix dans la région sans le mouvement du Hamas.

3 Annexe Géopolitique et stratégie

3-1 NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres ?

3-2 Les 9 puissances nucléaires et le désarmement : leurs votes à l’ONU .

3-3 L’OTAN « Les armes nucléaires  sont indispensables puisqu’il n’y a pas de perspective d’un monde sans armes nucléaires »…

3-3 Les armes des occupants

1 VIPER : Un soldat robotisé.
2 Le tank "Merkava 4", fleuron des blindés.
3 Fuel-Air-Explosive (FAE), fleuron des obus

4 Obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial(GPS) = Excalibur


1-15 Mubarak à Israël : L’occupation ne peut durer éternellement.

Al-Manar : « Je dis à Israël que l’histoire ne nous dit pas que l’occupation dure éternellement », a dit le président égyptien Hosni Mubarak.Mubarak a ajouté que « l’Egypte continue ses efforts pour parvenir à un apaisement de la violence entre les Israéliens et les Palestiniens ». Il a appelé Israël à « retirer le siège de Gaza, ouvrir les passages frontaliers, alléger la souffrance des citoyens des territoires palestiniens, et permettre la continuation des « discussions de paix ». « La paix dans la région ne peut être atteinte sans un accord sur une solution juste pour la question palestinienne », a ajouté Mubarak.

S’adressant à Israël, il a dit : « La sécurité pour votre peuple ne sera pas atteinte à travers la punition collective, l’agressivité, l’invasion, le siège, les blocus et la construction de colonies ». Traduction : manar-fr.com 20-03


1-16 Les députés d’Al-Qods exposés à l’expulsion par les autorités de l’occupation.
Al-Qods occupée - CPI
Le bloc "changement et réforme" qui représente le mouvement du Hamas au conseil législatif palestinien a dévoilé que les députés palestiniens dans la ville occupée d’Al-Qods sont exposés à l’expulsion obligatoire après que les autorités de l’occupation israéliennes ont confisqué leurs identités, suite à leur refus de présenter leur démission du conseil législatif palestinien.
Dans un communiqué dont le centre palestinien d'information a reçu une copie, le boc a dit que cette décision sioniste représente un pas dangereux contre les symboles de la légitimité palestinienne, les députés palestiniens captifs dans les prisons sionistes, notamment contre les trois captifs de la ville occupée d'Al Qods et le ministre Khaled Arafa.
Il a ajouté que le ministre de l'intérieur a envoyé une lettre, le 29 mai 2006, aux captifs d'Al-Qods en leurs exposant de choisir entre la démission du conseil législatif palestinien et du gouvernement de l'unité nationale ou de confisquer leurs identités, mais après leurs refus à ce chantage, les autorités de l'occupation ont exécuté leur menace contre les députés palestiniens en confisquant leurs identités. Le bloc du Hamas a dit que cette décision est très dangereuse parce qu'elle est politique et interdit aux députés captifs de retourner vers leurs familles dans la vile occupées d'Al-Qods après leur libération. Le bloc a condamné fortement l'enlèvement et la détention des députés et des ministres palestiniens en disant : "nous refusons fortement cette décision sioniste qui représente une nouvelle frappe contre la démocratie". Le bloc parlementaire du Hamas a annoncé qu'il a lancé une vaste campagne populaire et médiatique de solidarité avec les députés et les ministre enlevés dans les prisons sionistes, en appelant tous les parlementaires dans les pays arabes et islamiques ainsi que la communauté internationale à adopter la question de la défense des députés palestiniens captifs. Il a appelé également le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas à porter ses responsabilités envers les députés et les ministres captifs, notamment ceux de la ville occupée d'Al-Qods et à considérer que leur question fait partie du dossier d'Al-Qods pour annuler cette décision. Le bloc a demandé les autres blocs parlementaires à travailler pour libérer leurs confrères dans les prisons sionistes en appelant les avocats et les juristes internationaux dans le monde à poursuivre le dossier des députés et des ministres captifs dans les prisons israéliennes.  26-03
1-17 Moubarak inquiet de la crise humanitaire à Gaza.
Le président égyptien Hosni Moubarak s’est déclaré inquiet lundi de la situation à Gaza, enclave palestinienne coincée entre Israël et l’Egypte, où la population souffre du blocus israélien.
"La crise humanitaire touche un million et demi de Palestiniens qui subissent des attaques de la part d'Israël et vivent dans des conditions de blocus, en raison de la fermeture des points de passage frontaliers", a affirmé le dirigeant égyptien.

Selon M. Moubarak, l'Autorité palestinienne est par ailleurs confrontée à une crise politique qui "porte préjudice à la cause palestinienne et consacre la division des territoires occupés entre la Cisjordanie et la bande de Gaza". Le leader égyptien a mis en relief deux axes sur lesquels des efforts s'imposaient pour régler la crise au Proche-Orient: réconcilier les Palestiniens et conclure une trêve entre Israël et le Hamas, en vue de mettre fin aux violences et de préparer un terrain propice à la reprise des pourparlers israélo-palestiniens visant un règlement global du conflit. RIA Novosti 24-03


1-18 La Russie affirme qu’on ne peut pas réaliser la paix dans la région sans le mouvement du Hamas.
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a dit dans une interview avec la chaîne russe "Russia Al-Youm" que son pays possède de bonnes relations avec le mouvement du Hamas, et que les Russes ont reçu le président du bureau politique du mouvement, Khaled Mechaal, plusieurs fois, et que les contacts avec le Hamas sont continuels et qu’ils visent à aider les Palestiniens à reprendre l’unité nationale.
Il a ajouté que l'accord de la Mecque entre le mouvement du Hamas et celui du Fatah était un pas très important et il a exprimé son regret envers l'annulation de cet accord. De son côté, un diplomate russe a dit à un journal russe que les Russes pensent qu'il est important de garder contact avec les leaders du mouvement qui a gagné les élections législatives palestiniennes en janvier 2006. Selon lui, on ne peut pas réaliser la paix dans la région du Proche-Orient si on met de côté le mouvement du Hamas.

De son côté, le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exprimé sa colère envers la rencontre du ministre russe des affaires étrangères, Sergeï Lavrov, avec le président du bureau politique du mouvement du Hamas, Khaled Mechaal. Abbas, qui refuse le dialogue avec le mouvement du Hamas s'il ne répond pas à ses conditions rédhibitoires, a dit qu'il ne reçoit pas favorablement l'idée des négociations de Lavrov avec Mechaal à Damas. Mais Moscou a dit qu'il affirme de nouveau son insistance à poursuivre les contacts avec le mouvement qui a gagné aux élections.  23-03 CPI -



3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres ?

C'est ce que suggère un texte que s'est procuré vendredi l'Associated Press et qui laisse à l'appréciation des 192 membres de l'ONU de choisir quels pays devraient occuper les nouveaux sièges ainsi créés. Ce document qui s'inscrit dans le cadre d'une réflexion en cours aux Nations unies sur le délicat problème de la réforme de l'assemblée onusienne la plus puissante, laisse également aux 192 Etats-membres le soin de déterminer la durée du mandat de ces nouveaux sièges entre trois options: des mandats de deux ans, cinq ans ou permanents. Le texte abandonne la question sensible du droit de veto à des négociations ultérieures. De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'élargissement du Conseil de sécurité de manière à ce que le principal organe de l'ONU reflète davantage le monde d'aujourd'hui et non plus seulement les plus grandes puissances de l'après Seconde Guerre Mondiale, date de création des Nations unies. Mais toutes les précédentes tentatives, depuis 1979, ont échoué à cause des rivalités entre pays-membres sur la taille et la composition d'un conseil élargi. Les profondes divisions sur le sujet ont contraint l'Assemblée générale de l'ONU à laisser en suspens trois propositions de résolution contradictoires en 2005. Le dénommé Groupe des Quatre -Allemagne, Japon, Brésil et Inde- aspire à des sièges permanents sans droit de veto dans un conseil de sécurité élargi à 25 membres.

Un autre groupe de pays d'importance moyenne, dont l'Italie et le Pakistan, qui se baptisent eux-mêmes Union de consensus, veut un conseil de 25 membres avec 10 nouveaux sièges non permanents.

L'Union africaine, dont les 53 membres soulignent que leur continent est le seul à ne pas disposer d'un siège permanent au conseil, veut ajouter 11 nouveaux sièges -six permanents dont deux pour l'Afrique avec droit de veto, et cinq non permanents. La nouvelle ébauche de proposition stipule que ces différents groupes maintiennent leurs positions, mais que l'impossibilité de les concrétiser cède désormais la place à "une apparente volonté de négociation sur la base d'une réforme intermédiaire qui passerait par l'identification du plus grand dénominateur commun à ce stade".

Plus de 50 ambassadeurs représentant les principaux groupes ayant intérêt à ce que le conseil soit réformé, ont participé mardi à une réunion pour discuter de la nouvelle proposition sous l'égide de l'ambassadeur d'Allemagne auprès de l'ONU, Thomas Matussek. Sur les sept nouveaux sièges prévus par ce texte, deux seraient alloués à des pays africains, deux autres à des pays asiatiques, un à l'Amérique latine et aux Caraïbes, un à l'Europe de l'Ouest et un à l'Europe de l'Est. Le texte a été élaboré par les ambassadeurs des Pays-Bas, de Roumanie, de Malaisie, de Grande-Bretagne, de Chypre et d'Allemagne avec le soutien des Bahamas et une forte participation de l'Italie, a indiqué Matussek. Source : Edith M. Lederer AP – Samedi 22 mars


3-2 Les 9 puissances nucléaires et le désarmement : leurs votes à l’ONU .

COMAGUER Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies se prononce sur diverses résolutions visant à limiter, à contrôler, à interdire les essais ou à éliminer les armes nucléaires qui peuvent donc être classées ensemble dans la rubrique « désarmement nucléaire » L’ONG étasunienne COMMITTEE ON DISARMAMENT PEACE AND SECURITY (comité pour le désarmement, la paix et la sécurité) a procédé à une analyse des votes émis par les puissances nucléaires sur ces diverses résolutions. En 2007, ce ne sont pas moins de 20 résolutions qui ont été présentées à l’Assemblée générale. Quinze d’entre elles ont été soumises au vote.

Les 9 puissances nucléaires se sont prononcées comme suit

  Chine Pakistan Corée du Nord Inde Russie Royaume Uni Israël France Etats-Unis
Oui 11 10 11 8 5 3 1 2 0
Non 0 0 2 3 1 9 8 10 15
Abstention 4 5 0 4 8 3 6 3 0
Total 11 10 9 5 4 - 6 - 7 - 8 -15
L’analyse de ces votes est riche d’enseignements. En effet les 9 puissances nucléaires, outre le fait qu’elles ont des arsenaux nucléaires qui vont du très petit (Corée du Nord) au gigantesque (Etats-Unis suivis de prés par la Russie ), ont des positions très diverses qui vont de l’opposition à toute action allant dans le sens du désarmement nucléaire à une approbation de principes généraux de désarmement tout en refusant d’abandonner unilatéralement l’arme nucléaire si les autres ne le font pas, cas de la Chine et du Pakistan.

Les Etats-Unis ont voté contre toutes les résolutions. Ils refusent, en cette matière comme en toute autre, tout droit international. Les pays les plus proches de la position des Etats-Unis, donc les plus hostiles à toute action allant dans le sens du désarmement sont dans l’ordre : La France , Israël et le Royaume-Uni. L’Inde et la Russie occupent une position intermédiaire et la Corée du Nord occupe une position proche de celle de la Chine et du Pakistan.

Ce classement opère donc une nette séparation entre ceux qui ne veulent pas entendre parler de désarmement nucléaire et qui n’excluent pas l’usage préventif de l’arme nucléaire soit les Etats-Unis et leurs plus fidèles alliés en tête desquels la France (pas de différence sur ce sujet entre le SARKOZY d’aujourd’hui et le CHIRAC de l’Ile longue en 2006) et ceux, les trois puissances asiatiques qui, à l’autre extrémité du spectre, considèrent l’arme nucléaire comme une arme de dissuasion.  http://www.legrandsoir.info/spip.php?article62051  23 mars 2008


3-3 L’OTAN « Les armes nucléaires  sont indispensables puisqu’il n’y a pas de perspective d’un monde sans armes nucléaires »…

Un nouvel avatar du « Projet pour un nouveau siècle américain » a été élaboré pour l’OTAN par cinq généraux à la retraite, tous anciens dirigeants militaires de l’Alliance atlantique ou chefs d’état-major de ses pays membres. Attention danger. « Les armes nucléaires - y compris l’option de leur utilisation - sont indispensables puisqu’il n’y a tout simplement pas de perspective d’un monde sans armes nucléaires »… « L’utilisation en premier d’armes nucléaires doit demeurer dans les carquois de l’escalade comme instrument destiné à empêcher l’utilisation d’armes de destruction massive, afin d’éviter des risques véritablement
existentiels. »
Ce véritable appel à violer la charte des Nations unies au profit de la guerre préventive a été lancé par cinq anciens chefs d’état-major européens et états-unien - prétendant, sans honte aucune, que leur « point d’ancrage est la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies » - dans un manifeste pompeusement intitulé Vers une grande stratégie pour un monde incertain. Ce document de 150 pages a été rendu public le 10 janvier dernier, à Washington, et a été rédigé sous l’égide de l’Institut international d’études stratégiques de Londres (IISS) et de la fondation néerlandaise Noaber, proche de l’intégrisme chrétien. Il est destiné à être l’un des éléments idéologiques et politiques essentiels de la « réflexion » actuellement menée dans les capitales occidentales en vue de la transformation de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en bras politique et militaire de l’hégémonisme états-unien sur la planète.
Les auteurs en sont le général américain John Shalikashvili, ex-chef d’état-major américain sous Bill Clinton et ex-commandant en chef de l’OTAN en Europe, le maréchal britannique lord Peter Inge, le général allemand Klaus Naumann, ancien président du comité militaire de
l’OTAN, le général néerlandais Henk Van den Breemen et l’amiral français Jacques Lanxade, ex-chef d’état-major (d’avril 1991 à septembre 1995) sous François Mitterrand.
La logique de la proclamation est fondée sur deux concepts doctrinaires essentiels : le monde issu de la victoire occidentale dans la guerre froide est aujourd’hui plein de dangers et d’incertitudes menaçant les « démocraties occidentales », alors que ces dernières ont, seules, la capacité d’instaurer un monde fondé sur les « valeurs de démocratie et de liberté ». Partant de là, affirment ces théoriciens d’une nouvelle et multiforme guerre planétaire, les États-Unis
doivent pouvoir compter sur le « couple transatlantique » , dans l’optique de la constitution d’un « directoire » à trois pôles. Cette trinité qui partage « des buts, des valeurs et des intérêts
communs » serait composée des États-Unis, une alliance militaire dominée par Washington, de l’OTAN « rénovée » - expression de la « double influence effective » des USA - et de l’Union européenne élargie.
L’objectif final à atteindre serait le remplacement du « concept binaire d’une Europe en coopération avec les États-Unis » au profit d’une « alliance de démocraties allant de la Finlande à l’Alaska ». « La certitude est aujourd’hui érodée dans notre monde par une
prolifération d’informations, de savoirs et de choix. L’érosion de la certitude est accélérée par un rapide changement technologique, social et culturel. Et il arrive que ces changements aient lieu trop rapidement pour que certaines de nos institutions majeures puissent
y faire face. »
L’idée d’un monde en pleine transformation est insupportable aux auteurs. Ah, que la guerre était belle à l’époque de l’équilibre de la Terreur ! Pourrait-on dire…
La première menace serait « la démographie » car, d’ici à 2050, la population mondiale « dépassera les 9 milliards » et celle de l’Europe, qui compte aujourd’hui pour 11 % de la totalité, ne sera plus que de 7 %… Est-ce un hasard si, la veille de la publication du document, le ministre français de la Défense , Hervé Morin, déclarait à la tribune de la 44e Conférence de l’OTAN sur la sécurité, à Munich, le 9 janvier : « Face à un monde qu’on appelait, souvenez-vous, il y a moins de vingt ans, le tiers-monde et vers lequel le pouvoir bascule irrésistiblement, nous aurons besoin de nouvelles solidarités pour porter notre communauté de valeurs. Ce sont ces éléments déterminants qui nous rassemblent et doivent guider notre politique à venir. » Le rapport des généraux cite ensuite le « changement
climatique », la « sécurité énergétique », la « montée de l’irrationnel » et « l’affaiblissement de l’Etat nation ». Mais le problème le plus fondamental, selon ces penseurs de la guerre
préventive, est « la face obscure de la mondialisation », c’est-à-dire, en vrac, une « interconnexion » qui porte « en revers » « le terrorisme international, le crime organisé et la prolifération d’armes de destruction massive, mais aussi les menaces asymétriques
d’acteurs par procuration ou l’abus des pressions financières et énergétiques. Les migrations continuent à lancer des défis au monde, ainsi que des maladies dramatiques comme le sida ».
« Toutes ensemble, ces menaces mondialisées sont à grande échelle et d’une complexité sans précédent. »
Une « défense soutenue » sera exercée « dans nombre de scènes et recouvrira nombre de domaines traditionnellement séparés ». Elle exigera « une volonté de frapper dur avec la force militaire quand ce sera nécessaire ». L’« asymétrie (des forces mises en oeuvre - NDLR) sera utilisée par toutes les parties en conflit, ce qui signifie que, nous aussi, nous devons être bien mieux préparés à l’inattendu et faire en sorte que la partie opposée ne sache jamais comment, où et quand nous agirons. (…) L’escalade nucléaire est le pas ultime d’une réponse asymétrique (du fort au faible - NDLR) et, dans le même temps, c’est le moyen le plus puissant d’induire l’incertitude dans l’esprit d’un opposant ».
Face à ce monde dont les hordes barbares assiégeraient l’Occident « civilisé », il ne peut y avoir d’autre solution que la « prévention », mais pas n’importe laquelle. Celle de l’« anticipation des menaces » et du « maintien à l’écart des risques ». Et, pour bien montrer qu’en fin de compte, l’arme nucléaire n’est qu’un instrument d’action préventive banale, les généraux affirment qu’il est « essentiel de maintenir cette dimension de guerre psychologique pour avoir le dessus sur la capacité de l’opposant à calculer les risques ». Notons au passage que le concept d’« ennemi » est remplacé par celui d’« opposant », un terme bien plus large et imprécis permettant toutes sortes d’interprétations…
Ce concept délétère de frappe « préventive » est directement issu de la doctrine bushienne d’« invulnérabilité préventive ». Une doctrine largement défendue par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, et adoptée également par le pouvoir français.
Déjà, en janvier 2006, Jacques Chirac avait affirmé être disposé à lancer - notamment en cas de contestation de nos « sources d’approvisionnement » ou de « menace terroriste » de la part d’un État - une attaque nucléaire préventive, même contre un pays non
nucléaire. Dans le même temps, Washington, comme Londres et Paris, procède au perfectionnement de l’arme nucléaire, contrairement au principe même du traité de non-prolifération (TNP). « Les opérations en cours en Irak et en Afghanistan ont montré que
les structures actuelles des forces de la plupart des États occidentaux ne sont pas pleinement capables de répondre aux défis militaires présents. Tandis que les membres de l’OTAN investissent dans de nouvelles capacités (d’armement - NDLR), nombre de ces dernières ne sont prévues que pour l’ère géographique de défense de l’OTAN. (…) Les membres de l’OTAN (européens, bien sûr - NDLR) n’ont pas la volonté d’investir dans des capacités exigées aujourd’hui et leurs budgets de la défense ne reflètent pas les priorités. »(…) « Le commandant "de théâtres" devra "détenir l’autorité opérationnelle" et, le cas échéant, on devra lui attribuer "une pré délégation de capacité de riposte (…) lorsqu’on n’aura pas le
temps d’attendre une décision dans ce sens du conseil" de l’Alliance, comme par exemple dans le cas "d’une attaque par missile ou d’une cyberattaque" . »
Le moment est donc venu, affirment les ex-chefs d’état-major, de réformer l’OTAN - « unique organisation à la fois politique et militaire » - pour développer et exploiter à plein ses capacités d’intervention partout dans le monde.
Il s’agit, par conséquent, de donner une autorité en quelque sorte supranationale à l’OTAN toujours, cela va sans dire, sous la haute autorité des États-Unis. Tout d’abord, « l’OTAN devrait abandonner le principe du consensus à tous les niveaux, à l’exception de celui du
conseil ». Ensuite, « uniquement les États qui contribuent à une mission - c’est-à-dire par des forces armées dans une opération militaire - devraient avoir le droit de décider du processus de l’opération ».
Dans ce contexte, les cinq généraux intiment à l’Union européenne de mettre fin à son « obstruction à la coopération UE-OTAN » et de tout faire pour devenir « le véritable et indispensable partenaire des États-Unis » afin d’agir dans « l’intérêt commun transatlantique ».
À Munich, le 9 janvier dernier, paraphrasant Nicolas Sarkozy, Hervé Morin a affirmé : « Je considère pour ma part que nous faisons partie d’une communauté euro-atlantique, une communauté de valeurs qui repose sur des fondements philosophiques communs, sur les mêmes fondations. » Et, a-t-il ajouté, « l’Europe doit en effet faire plus pour partager le fardeau de sa défense, mais les nations européennes ne le feront que si elles prennent conscience de leurs propres responsabilité s, et cette conscience-là ne viendra que si elles sortent de l’infantilisation dans laquelle on les confine. (…) Et on voit bien que l’Union européenne, ce n’est pas moins d’Alliance mais plus de forces - de ce réservoir de forces qui sont au service de l’Alliance et de l’Union européenne ». Quant à la France , son « regard sur l’OTAN a nécessairement changé, et suscité naturellement une réflexion renouvelée sur la relation que nous devons entretenir avec elle, en tant qu’allié et force de proposition ».
Toutes ces « réflexions » convergent vers une même direction : celle tracée par le « Projet pour un nouveau siècle américain » (PNAC), élaboré en 1997 par les idéologues néoconservateurs arrivés au pouvoir en 2000 avec W. Bush. Une doctrine devant conduire à
l’hégémonie planétaire des États-Unis - une obligation par « destin
manifeste », disent-ils -, dont le texte des cinq généraux est en quelque sorte une mise à jour : face aux échecs des guerres états-uniennes, il y a urgence de faire de l’OTAN une armée de
réserve offensive pour tenter d’empêcher l’inévitable formation d’un monde aux pôles multiples avec une autonomie croissante.
Il est significatif que le manifeste explique que l’Alliance doit développer « une stratégie d’information » afin de démontrer « au monde que l’OTAN est une force du Bien », afin qu’elle « détienne la maîtrise de l’information dans les relations publiques » et de faire en
sorte de « gagner les coeurs et les esprits aussi bien de ses propres nations que des gens du théâtre d’opérations »…
L’hégémonisme est donc bien résistible : les opinions publiques - pas seulement en Occident - sont là pour dire que des solutions existent pour répondre durablement et pacifiquement aux crises et régler les conflits existants. Encore faut-il faire en sorte qu’elles soient mises en oeuvre.
Michel Muller


3-3 Les armes des occupants

1 VIPER : Un soldat robotisé.
Elbit Systems présentera un soldat robot portable en mesure de pénétrer seul en zone ennemie, de jeter une grenade et de tirer sur l'ennemi.
Son nom : VIPER
D'une dimension semblable à celle d'un petit téléviseur, ce robot a été pensé pour réduire le risque de combats au corps à corps entre Tsahal et ses ennemis.
Equipé d'une caméra vidéo, d'un système de détection et de désamorçage des explosifs, le soldat robot tout terrain peut éviter les obstacles du terrain, tels des escaliers.
Tsahal équiperait ses forces terrestres du VIPER après avoir réalisé des tests préliminaires.
Le groupe israélien entend également équiper les services de sécurité étrangers ainsi que les forces américaines postées en Irak et en Afghanistan.
Il faut savoir que l’actuel Président Israélien avait promis cette nouvelle technologie suite aux lourdes pertes subies par l’armée israélienne au Liban en juillet 2006.
Liban Résistance

2 Le tank "Merkava 4", fleuron des blindés.
"Merkava 4" est opérationnel depuis 2004.
Ce tank est capable, lorsqu'il est en mouvement, de tirer sur une cible qui bouge.
Il a également montré sa capacité d'atteindre des hélicoptères.
Utilisé pendant la seconde guerre du Liban, cet appareil a fait récemment l’objet de quelques améliorations techniques.
Il est dorénavant protégé grâce à des puces minuscules placées sur ses coins qui lui permettraient ainsi de ne pas être touché par aucune arme anti tank.
Liban Résistance

3 Fuel-Air-Explosive (FAE), fleuron des obus

Connu également sous le nom de bombe thermobarique, cet obus déclenche les effets suivants :
Mort instantanée des personnes situées à proximité du point d'impact
Celles présentes à la périphérie risquent de souffrir de nombreuses blessures internes et donc invisibles, y compris l’éclatement des tympans et l’écrasement des organes internes de l’oreille, de graves commotions, un éclatement des poumons et des organes internes
La destruction, la mort et les blessures sont causées par une onde de choc se propageant à trois kilomètres par seconde.
Une amélioration de la performance est obtenue en ajoutant un surplus de métaux au mélange explosif, l'aluminium et le magnésium étant des métaux de choix.
Au lieu de blessures par fragments d'obus, un dispositif thermobarique produit un effet de souffle.
Chaque type de tissu, en interagissant avec l'onde de choc, est comprimé, étiré, tordu ou désintégré par une surcharge en fonction de ses propriétés physiques.
Les organes internes qui contiennent de l'air (les sinus, les oreilles, les poumons et les intestins), sont particulièrement vulnérables à l'explosion.
Liban Résistance

4 Obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial(GPS) = Excalibur

L'Excalibur se sert de signaux de satellite et d'un logiciel pour le guider jusqu'à 10 mètres de sa cible, même lorsque l'obus est tiré d'une distance de 40 kilomètres. Les obus habituels ont une précision évaluée à 50 mètres. Les artilleurs canadiens en Afghanistan ont maintenant l'autorisation de tirer des obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial (GPS) - au coût de 150 000 $ pièce. L'obus Excalibur, présenté par ses fabricants comme la nouvelle génération de munitions d'artillerie, pourrait bien s'avérer la plus coûteuse des munitions conventionnelles jamais employées par l'armée. Ses partisans disent que l'arme est d'une extrême précision, puisqu'elle peut corriger elle-même son trajet en vol. L'obus "atterrit exactement là où vous voulez qu'il atterrisse, a déclaré le lieutenant-colonel Jim Willis, un haut gradé chargé de l'acquisition des munitions. Il a indiqué que des militaires canadiens stationnés à Kandahar avaient testé l'obus dans le désert, récemment, et que l'arme avait fonctionné à la perfection. Une unité militaire américaine a mené ses propres tests dans l'est de l'Afghanistan, le mois dernier, et a aussi donné le feu vert à l'utilisation de l'Excalibur.

Source : 24 mars, La Presse Canadienne

28/03/2008

n° 334 Dossier 'spécial' Palestine SUITE : 'Bruno Guigue' 28-03

Dossier 'spécial' Palestine                                                                    N°334                                                    28-03

Par M.Lemaire    



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire 1 Dossier & témoignage

1-1 Collectif 'Les mots sont importants : À propos de l’Affaire Bruno Guigue et de la non-affaire Goasguen.

1-2 Convergence des Causes : L’ONU mise à nu.

1-3 Gilbert Leonard : Claude Goasguen à propos des Palestiniens: "un Peuple sauvage de terroristes  épouvantables".

Annexe


 Dossier & témoignage.

 

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Collectif 'Les mots sont importants : À propos de l’Affaire Bruno Guigue et de la non-affaire Goasguen.

Deux poids deux mesures : la suite de la suite de la suite…

Nous apprenons, ce dimanche 23 mars, qu’un sous-préfet vient d’être expéditivement limogé pour avoir publié sur le site Oumma.com une tribune considérée par sa hiérarchie comme « violemment anti-israélienne ». La dépêche qui suit, ainsi que la tribune mise en cause, montrent bien ce que recouvre cette formulation savamment équivoque : « Paris (Afp). Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié une tribune "violemment anti-israélienne" sur le site internet Oumma.com, a-t-on appris samedi auprès du ministère de l’Intérieur. Dans une tribune publié le 13 mars, M. Guigue estime notamment qu’Israël est "le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il ironise également sur les "geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer pendant Shabbat". La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a "été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions" de M. Guigue, a-t-on indiqué au ministère de l’Intérieur, sans fournir plus de précision. »

On le voit : - si le propos de Bruno Guigue peut être qualifié de « violent », ce n’est en aucun cas au sens d’un appel à la violence physique contre des personnes, mais au sens d’une critique virulente, ciblant des actes objectivement odieux (bombardements, torture) ;

- si le propos est effectivement « anti-israélien », ce n’est pas le peuple israélien dans sa globalité qui est visé, mais un État, et la politique qu’il mène.

Ce qui vient donc d’être sanctionné – et, pour le coup, violemmentsanctionné – n’est donc pas un « dérapage raciste », mais bel et bien une expression politique légitime, que notre Constitution est censée protéger. Cette atteinte scandaleuse à la liberté d’expression prend tout son relief quand on la rapporte à un autre scandale, advenu quelques jours auparavant, le 11 mars 2008 : les déclarations « anti-palestiniennes » du député UMP Claude Goasguen, sur le parvis de la Place de la République  [1] : « Comment vous dire la honte qui nous parcourt quelquefois, lorsque nous savons qu’à Sdérot, où j’étais la semaine dernière, on subit, quotidiennement, les agressions d’un peuple sauvage, de terroristes épouvantables ! » Contrairement aux propos « anti-israéliens » de Bruno Guigue, cette diatribe « anti-palestinienne » ne vise pas seulement un ou plusieurs actesprécis (comme l’attentat de la Yeshiva Merkaz Harav à Jérusalem), qu’on a parfaitement le droit de dénoncer violemment ; elle vise, au-delà, tout un ensemble de personnes qui ne sont pas partie prenante de ces actes. Elle stigmatise même, explicitement, tout un Peuple : le peuple palestinien – en usant, qui-plus-est, d’un terme très chargé : « sauvage » [2] En d’autres termes, là où le propos « anti-israélien » de Bruno Guigue relève du droit constitutionnel et inaliénable à la critique d’un État et d’une politique, le propos « anti-palestinien » de Goasguen relève indiscutablement de la provocation à la haine raciale, passible en théorie d’un an de prison, de 45000 euros d’amende et d’un an de privation des droits civiques. C’est pourtant Bruno Guigue qui a été sanctionné, avec une rapidité (trois jours après que la ministre ait pris connaissance de ses propos) et une rigueur (un pur et simple limogeage, sans autre forme de procès) qu’on aimerait voir s’appliquer face aux propos racistes, en particulier lorsqu’ils sont tenus sur la place publique par des représentants élus du peuple français, des enseignants ou des hommes de loi. Car telle est bien la situation de Claude Goasguen : député UMP, chargé de conférences à HEC et avocat à la Cour d’appel de Paris, il a tenu des propos indiscutablement racistes (puisque rabaissant tout un peuple au rang de sauvages) en plein Paris, devant une foule rassemblée qui-plus-est Place de la République  ! Or, plus de dix jours après les faits, aucune sanction n’est venue : ni limogeage, ni blâme, ni avertissement – ni à l’Assemblée nationale, ni à HEC, ni à la Cour d’Appel de Paris. Pas même une sanction sociale : ni scandale médiatique [3], ni réaction indignée de la classe politique – même l’opposition de gauche n’a pas jugé utile de porter l’affaire sur la place publique. Pas même un communiqué des associations antiracistes : ni SOS Racisme, ni la LICRA , ni le MRAP. Seules des associations de soutien au peuple palestinien, comme le CAPJPO et des médias alternatifs, comme Oumma.com ou le site des Indigenes de la Republique , ont réagi.

Imaginons maintenant la situation inverse :

- Un sous-préfet qui, dans un article, s’en serait pris avec virulence aux attentats palestiniens : se serait-on inquiété de son manquement au devoir de réserve, et l’aurait-on limogé pour cela ?

- Un député, par ailleurs avocat à la Cour d’Appel de Paris, qui aurait publiquement qualifié le peuple israélien de « peuple de sauvages, d’abominables tueurs d’écolières » : les médias, les associations antiracistes, l’opposition de gauche, ses autorités de tutelle, ses amis politiques, même, l’auraient-ils laissé à ce point tranquille ?

On rétorquera sans doute – tel est l’argument du Ministère de l’Intérieur – que Bruno Guigue était, en tant que haut fonctionnaire, tenu au devoir de réserve, auquel Claude Goasguen ne saurait être tenu puisqu’il est un homme politique. Ce paramètre peut effectivement entrer en ligne de compte, mais en prenant bien soin de remarquer aussi

- que Bruno Guigue ne s’est pas prononcé sur la politique de son ministère de tutelle (le Ministère de l’Intérieur) mais sur une question de politique étrangère ;

- qu’il ne l’a pas fait en qualité de sous-préfet, mais en tant qu’intellectuel, auteur de livres et d’articles sur la question évoquée [4]. Il faudrait aussi vérifier si, par le passé, on a déjà été aussi regardant quant aux « manquements au devoir de réserve » de la part de sous-préfets, et le cas échéant, si les autres sous-préfets fautifs ont été sanctionnés aussi durement.

Et il faudrait en tout état de cause souligner une nouvelle manifestation, particulièrement écoeurante, d’un « Deux poids deux mesures » que tout le monde peut observer, mais qu’il est difficile de dénoncer sans se faire accuser de paranoïa ou de complotisme. Car, quand bien même l’article de Bruno Guigue pourrait sans abus de langage être qualifié de manquement au devoir de réserve, et quand bien même le sous-préfet pourrait sans abus de pouvoir être limogé pour ce manquement, il reste que la provocation à la haine raciale est un délit autrement plus grave, et que Claude Goasguen, comme bien d’autres palestinophobes, arabophobes, islamophobes ou négrophobes (Philippe de Villiers, Philipe ValSylvie Noachovich, Claude Imbert, Alain Finkielkraut, Oriana Fallacci, Michel HouellebecqMaurice Dantec...), bénéficie pour ce délit d’une totale impunité. Il est même invité, comme si de rien n’était, à commenter l’actualité politique, ce dimanche 23 mars sur France 5, à l’émission Ripostes. Tant pis pour les Palestiniens.

Notes

[1] Face à une foule de près d’un millier de personnes, rassemblées en réaction à l’attentat de la Yeshiva Merkaz Harav, à Jérusalem

[2] Joint par le site « Rue 89 » pour s’expliquer, Claude Goasguen se défend d’avoir visé le peuple palestinien, et prétend n’avoir ciblé que les auteurs des attentats. Cette « mise au point » ne tient évidemment pas : le mot peuple n’a jamais désigné des groupes politiques, militaires ou para-militaires organisés ; il désigne toujours une entité bien plus large, regroupant des individus partageant un même sol et/ou une même langue et/ou une même référence religieuse, politique ou nationale et/ou une même conscience d’être un peuple.

[3] La presse a été remarquablement discrète sur l’événement. Saluons malgré tout le site Rue 89, qui a relayé l’information, et contacté Goasguen pour lui demander de s’expliquer.

[4] Bruno Guigue est notamment l’auteur de Proche-Orient : la guerre des mots et Les origines du conflit israélo-arabe, ainsi que de nombreux articles sur le site Oumma.com. C’est ainsi qu’il est présenté dans l’article incriminé par sa hiérarchie. Contrairement, par exemple, à Robert Redeker, qui avait signé sa fameuse tribune islamophobe dans Le Figaro en tant que « professeur de philosophie », en mentionnant même son lycée de rattachement. Ce manquement au devoir de réserve lui avait été reproché dans un premier temps par son ministre de tutelle Gilles de Robien, avant que ce dernier, sous la pression politique et médiatique, ne se rallie au consensus aveuglément pro-Redeker. mercredi 26 mars 2008

PAR LE COLLECTIF LES MOTS SONT IMPORTANTS http://oumma.com/A-propos-de-l-Affaire-Bruno-Guigue sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

« Injures et menaces : pas en notre nom ! »., www.lmsi.net


1-2 Convergence des Causes : L’ONU mise à nu.

La domination totalitaire des diffuseurs en matière médiatique par une poignée de possédants à l’idéologie au spectre très étroit, néoconservatrice, aboutit à son effet inverse.
De la même manière que la vérité délivrée par la Pravda a fini par être totalement ignorée par ceux auxquels elle était destinée, le torrent médiatique qui charrie pêle-mêle la glorification de la Liberté , les conquêtes coloniales meurtrières et destructrices de l’humain, de son patrimoine et de ses richesses an nom d’une Civilisation, celle de l’Occident, la manipulation totale de tous les esprits et ce à l’échelle mondiale est impossible. Bien au contraire, plus le pouvoir et l’argent se concentrent dans quelques mains, plus l’information hétérodoxe trouve des canaux  pour invalider le monomorphisme d’une réalité effacée au profit d’un univers virtuel fait de fictions rapiécées en un tissu qui a la prétention de recouvrir et de se substituer à notre monde

Le 27 février, une brochette de propagandistes,

Wiesel l’homme aux 5000 dollars et limousine la demi-heure de parlotte,

Finckelcraut, le licencié en littérature moderne devenu philosophe de la stricte séparation des races,

Lanzmann, Taguieff, Bruckner, Encel,

a signé dans l’imMonde  un texte qui dénonce l’ONU comme irrespectueuse des Droits de l’Homme.
Le détail de la critique de ce texte commise par Bruno Guigne pourra être trouvé ailleurs, mais l’essentiel pour nous est de pointer deux paradoxes apparents.
La tribune offerte à ces relais presque officiels de la politique israélienne se fait depuis un quotidien dont le lectorat décline irréversiblement. Le Monde a eu affaire à une crise à la fois rédactionnelle et de direction économique liée à ses orientations idéologiques.
La recomposition de son Directoire et les accords trouvés avec le syndicat des journalistes ont introduit un répit aux pertes financières, mais pour combien de temps ?
Ce quotidien du soir connu pour ses postures pro-américanistes a perdu une bonne part de sa  crédibilité et de son audience. La précarisation du métier de journaliste rend les rédacteurs de plus en plus conformistes et sans ressource pour aller au-devant de l’information. Elle les réduit à se faire une caisse de résonance pour les agences de presse affiliées à des États.
Les détenteurs des cordons de la bourse, ceux qui recapitalisent l’entité devenue gouffre financier, sont obligatoirement épargnés dans leur sensibilité et leurs intérêts.
La portée de ce texte devient par là même minime.
Ce texte reprend la teneur d’un vœu prononcé au tout début de la Présidence de Bush le deuxième par les théoriciens qui s’exprimaient dans le Weekly Standart et qui réclamaient la mort de l’ONU, devenu instrument des nations voyous et liberticides.
Fondée sur la défunte SDN au lendemain de la guerre menée par les Occidentaux entre eux et décrétée par eux Mondiale de 39-45, l’ONU a admis en son sein de nouvelles entités politiques, toutes les nations réelles ou découpées à la règle et aux ciseaux selon le bon vouloir des anciennes puissances impériales.
Les instances politiques de l’ONU avaient d’ailleurs été instrumentalisées par les USA pour aider à la décolonisation dans quelques cas comme en Indonésie, c’est à dire à affaiblir l’emprise de la France et du Royaume-Uni sur leurs « possessions » outre-mer. 
Cette dernière décennie après les ravageuses expériences de globalisation, et les désastres économiques qui ont succédé à la libéralisation financière en Asie et en Amérique Latine, l’émergence de nouvelles puissances comme le Brésil et la Chine et le relèvement de la Russie , l’Onu est redevenue une tribune où une opposition audible et parfois fructueuse à la domination étasunienne est entendue et relayée.
L’acharnement des néoconsionistes contre l’ONU provient de là.
Les règles du Droit qui ne sont pas l’énoncé pur et simple de la Loi du Plus Fort y sont dites, certes souvent sous forme de vœu pieux, mais dites quand même. 
Israël contrevient à plus de soixante résolutions de l’ONU concernant les palestiniens, celle de la restitution des territoires envahis en 1967 et celle du doit de retour par exemple. Les rappeler de temps à autre constitue pour cet artefact une menace existentielle. En effet nous rappelons qu’il a été accouché à la suite d’une interprétation de la proposition de partage de la Palestine en novembre 1947 et qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une résolution avalisée par les différents partis.
L’ONU s’est d’abord opposée à l’invasion de l’Irak avant d’admettre sous la pression de la France la mission de la Coalition concernant une vague reconstruction prétexte à une occupation. Mais cette position première permet à des organisations non gouvernementales d’attaquer les responsables politiques britanniques en particulier pour avoir mené une guerre illégitime.
Au Conseil de Sécurité les sanctions contre l’Iran sont discutées et repoussées par la Russie et la Chine.
De s rapporteurs indépendants de l’ONU disent sans ambages la situation de faim et de pénurie imposées par l’occupant en Palestine.
Récemment l’UNESCO a dénié toute objectivité à l’organisation Reporters sans Frontières en argumentant son financement non occulte par la CIA.
Ses interventions militaires de maintien de la paix quand elles aboutissent sont très souvent mises en place pour servir les intérêts occidentaux, comme la répression du mouvement de Patrice Lumumba en 1962, ou plus récemment le stationnement de troupes onusiennes au Sud Liban qui a vocation évidente à empêcher toute opération de résistance du Hezbollah.
Malgré son très faible pouvoir exécutif, l’ONU gêne ceux qui voudraient la voir remplacée par l’OTAN.
Une Organisation Atlantique Nord libre de remodeler la configuration du monde selon les visées d’une perpétuation de l’hégémonie impériale étasunienne. D’ailleurs, les USA s’empressent de ne jamais régler ses cotisations pour le fonctionnement de tous ses organes.
Pour toutes ces raisons, et même si cette organisation est loin d’être parfaite en équité, nous souhaitons que soient renforcées l’indépendance et les compétences des organes de l’ONU.
Convergence des Causes
25 mars 2008

http://www.convergencedescauses.com/content/view/1240/

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinforma...


1-3 Gilbert Leonard : Claude Goasguen à propos des Palestiniens: "un Peuple sauvage de terroristes  épouvantables".

Cette phrase reproduite par la Radio Communautaire Juive a été prononcée à l'encontre du peuple Palestinien à Paris ce 11 mars 2008 par Claude Goasguen lors d'une manifestation publique de soutien à Israël sur la place même de la République en présence des Grands Rabins de Paris,de France et d'Israël. Cela n'a causé aucune indignation de la part de ceux qui se disent toujours prêts à dénoncer toutes les formes de racismes et de diffamation contre  tout un peuple ou un groupe ethnique. Pourtant cette phrase semble bien « porter atteinte à l'honneur ou à la réputation d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Mais les propos du sous-préfet Guigue portant uniquement sur les crimes de l'Etat Juif lui ont valu d'être limogé.

Claude Goasguen est député UMP, proche de Sarkozy et ancien du mouvement d'extrême droite Occident. Le trésorier du CRIF, qui n'a pas appelé à cette manifestation, s'est pourtant félicité qu'il n'y ait eu, "de ce qu'il en sait",  ni dérapage  politique, ni dérapage physique.

Gilbert Leonard : Tue, 25 Mar 2008 Source (audio + texte):

Annexe Les organisations sionistes de France, en toute logique, ont laissé Claude Goasguen proférer des propos racistes mardi soir, place de la République. Ce voyou notoire ancien du mouvement d’extrême droite Occident dans les années 70, une organisation qui rêvait de jeter tous les Arabes à la mer, participant au rassemblement de soutien à Israël organisé par l’UPJF (union des patrons et professionnels juifs) a donné libre cours à sa haine. Il est à noter que J.Pierre Brard du parti communiste était présent. S’imaginant sans doute en train d’haranguer une unité de l’armée israélienne, Goasguen, s’est permis de traiter publiquement nos frères Palestiniens de "peuple de sauvages" ( écouter l’enregistrement ). Mais là encore, il est à parier que ce racisme anti palestinien sans fard comme pour les caricatures de Mahomet passera pour de la liberté d’expression. On nous répondra « le racisme anti arabe ou anti noir est une opinion, ce ne peut donc pas être du racisme ». Cette attitude doit plus que jamais nous inciter à construire une organisation politique autonome anti–raciste et décoloniale car dans cette république du mépris il s’agit pour nous de prendre nos affaires entre nos mains.

http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article1300.

n°333 Dossier 'spécial' Palestine: ‘Bruno Guigue’

Dossier 'spécial' Palestine      

 N°333                                                                                                         28-03

Par M.Lemaire   


Sommaire

1 Dossier & témoignage

Le sous-préfet de Saintes limogé après avoir publié une tribune anti-israélienne.

Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU

1 Réaction de Silvia Cattori : Bruno Guigue l’honnête homme, sanctionné.

2 Réaction de Joss Rovélas : Après la Palestine , la France colonisée par l'Etat d'Israël !

3 Réaction de Chris McGreal  : Snipers avec des enfants dans leurs lignes de mire


Le sous-préfet de Saintes limogé après avoir publié une tribune anti-israélienne sur un site Internet.  AP)  

Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié sur le site Internet 'oumma.com' une tribune 'très violemment anti-israélienne', a-t-on appris samedi auprès du ministère de l'Intérieur. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, mise au courant mercredi du contenu de cette tribune, a 'pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du sous-préfet' qui a tenu des 'termes tout à fait inacceptables' et violé son 'devoir de réserve', explique-t-on de même source.
 Bruno Guigue a notamment déclaré dans sa tribune publiée le 13 mars qu'Israël est le 'seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles'. Il a également évoqué 'les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer durant le shabbat'.


Voici le texte incriminé Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU.


Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU.Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière. Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : « L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ». Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ? Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : « A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes ».

Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le « relativisme culturel » ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales. Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des « Etats voyous ». Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.

S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie. C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. « Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain ». Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait « anéantir la liberté d’expression » ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent « la mise à mort de l’universalité des droits » par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.

En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’« énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman ». Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs. Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par « Le Monde » auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : « La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion ». Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006. Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution «  sur la lutte contre la diffamation des religions ». Ce texte nuancé insiste sur « le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions ». Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques. Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la « guerre contre le terrorisme » menée tambour battant par Washington. « Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001 ». L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne « a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction ». Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.  C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. «  Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël ». Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par « Le Monde » mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles. Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent « son silence et sa passivité », qu’elle aurait justifiés par « le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes ». « Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante ». On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se « soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante ». Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir « son espace vital, de la mer au Jourdain », selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002. « Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte », philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une « shoah » contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé « de la parole à l’acte ».  Mais le meilleur a été gardé pour la fin. « Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes. « Retour de Dieu en politique », disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? « Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs ». Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande. Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : « C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin ». Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : «  Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif ». Au moins, c’est limpide. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, « c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.

A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes ! A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans « Le Monde » du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de «  défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou ». On y lit que « depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident ». Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par « Le Monde » : « l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste ». Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques. Notre devoir est de ne pas avoir peur de dire la vérité, par égards pour tous ces Palestiniens qui, tels des Christs en croix, ont souffert et auront encore à souffrir, à cause d’Israël, mais aussi à cause de nos aveuglements et erreurs dans le soutien apporté.              Bruno Guigue  jeudi 13 mars 2008


1 Réaction de Silvia Cattori : Bruno Guigue l’honnête homme, sanctionné.Israël et les crimes de son armée protégés : M. Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes, a été récemment limogé pour avoir diffusé, sur le site Oumma.com, un article intitulé « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU ».  M. Guigue a, par ailleurs, publié plusieurs livres sur le conflit israélo-arabe et la situation au Proche-Orient(*) et ses opinions à ce sujet étaient connues.Pourquoi donc l’a-t-on limogé maintenant ? Pourquoi n’a-t-on retenu que deux seules phrases, extraites du long article qui s’en prenait essentiellement à une tribune publiée dans Le Monde sous le titre « L’ONU contre les droits de l’homme » [1] ; tribune signée notamment par Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel ? C’est la question pertinente qui est posée dans un article qui mérite, à notre avis, une lecture exhaustive [2]. 

 L’auteur de cet article, Nidal, trouve une première explication à la question posée, dans le fait qu’« Israël lance sa campagne contre Durban 2 » [3].

 Il relève, en effet, que « le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU organise en 2009 une seconde conférence mondiale contre le racisme à Durban, après celle de 2001, dénoncée par Israël et les États-Unis comme un « cirque » antisémite et anti-israélien ».

  Il observe que, depuis février 2008, « les milieux sionistes se passionnent pour la préparation de cette conférence (alors que le sujet ne passionne tout de même pas les foules) : il faut délégitimer la conférence de manière préventive ».

Il remarque que tel apparaît bien le but de la tribune publiée dans Le Monde sous le titre « L’ONU contre les droits de l’homme », et qui dénonce le « Conseil des droits de l’homme », organisateur de la conférence de Durban (tribune contre laquelle a réagi M. Guigue dans l’article qui lui est reproché).

 Il trouve une seconde explication dans une volonté de « mise au pas de l’exécutif » de la part d’un nouveau gouvernement pro-israélien qui « aura le sentiment de se heurter à une administration moins... convaincue », et dans le fait que « l’orientation « pro-arabe » de l’administration française est au cœur des préoccupations des agitateurs pro-israéliens ».

 Il relève enfin, exemples à l’appui, que le « devoir de réserve » invoqué pour limoger M. Guigue ne s’applique, à sens unique, que lorsque l’on s’en prend à Israël, et pas quand on s’en prend aux musulmans.

 Il nous paraît que l’auteur de cet article a bien vu les enjeux de l’affaire et la stratégie mise en œuvre.

 Le lancement et la manipulation de débats (qui vont dans le sens de la politique belliciste néoconservatrice des Etats-Unis et de leur nouveau petit caniche sarkozyien - contre Durban, contre le Soudan au sujet du Darfour, contre la Chine par Tibétains instrumentalisés et interposés, contre Chavez, contre le Hamas, contre le Hezbollah, l’Iran, la Syrie , etc) contre les cibles du lobby pro-israélien français a commencé il y a fort longtemps. Mais elle est devenue très efficace depuis que les prétendus « nouveaux philosophes » (qui n’ont jamais rien apporté à la philosophie) sont dans les coulisses de la présidence Sarkozy. Quant au fait que l’UJPF (Union Juive Française pour la Paix ) ait apporté son soutien [4] à Bruno Guigue, on ne peut que s’en féliciter. Mais cela ne permet pas d’oublier que des responsables de cette association se sont employés, ces dernières années, à lancer des appels à la « vigilance », à isoler et ostraciser nombre de gens en les accusant à tort et à travers d’« antisémitisme » parce qu’ils critiquaient la politique d’Israël d’une manière qui ne leur convenait pas (pour des raisons idéologiques ?), et à alimenter des campagnes mensongères.  On pourra vraiment croire que l’UJFP ne pratique pas, selon ses propres convenances, une défense à la tête du client, lorsqu’elle prendra la défense de tous ceux qui, à cause de leur critique d’Israël, se sont vus traînés dans la boue. Nous pensons par exemple à Dieudonné, que le président de l’UJFP Pierre Stambul a contribué à salir [5], alors qu’il était déjà la cible du CRIF et d’avocats qui le traînaient d’un tribunal à l’autre. Le jour où cette association présentera ses excuses à tous ceux que ses dirigeants ont insultés nous pourrons la croire sincère dans ses positions.  Silvia Cattori  (*)

Parmi ces ouvrages : « Aux origines du conflit israélo-arabe », et « Proche-Orient : la guerre des mots », Editions l’Harmattan Pour l’article qui lui a valu d’être limogé, voir :http://oumma.com/Quand-le-lobby-pro-israelien-se


[1] Voir : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/27/l-onu-c... [2] « Commentaires sur l’affaire du sous-préfet limogé »
http://tokborni.blogspot.com/2008/03/commentaires-sur-laf...

[3] À la Conférence Mondiale contre le Racisme, organisée à Durban en septembre 2001 sous la houlette du haut commissaire des Droits de l’Homme à l’ONU, Israël a été désigné comme Etat raciste.

[4] Soutien assorti toutefois d’une étrange réserve lorsque l’UJFP nuance le propos de Bruno Guigue en disant qu’Israël « n’est sans doute pas le seul » pays dont les snippers tirent sur des petites filles à la sortie des écoles. Les responsables de l’UJFP peuvent-ils citer un pays où, depuis 1987, des bataillons de soldats en jeeps et chars entrent, jour après jour, parfois plusieurs fois par jour, dans les camps de réfugiés de Jenin et de Balata comme nous l’avons vu nous-mêmes, exciter les enfants, les provoquer jusqu’à ce que ces enfants, fous de rage lancent des pierres, et en tirer ainsi prétexte pour les viser, les blesser, les mutiler, les tuer ?
J’ai été personnellement témoin des crimes de l’armée israélienne sur les enfants, voir par exemple 
:
 « Les enfants de Market Street », 22 mars 2004.
 « BALATA ou la mort à petit feu », 12 décembre 2003
 « Tsahal : une armée qui mène la guerre contre des enfants », 3 décembre 2003

[5] M. Stambul est intervenu auprès de sites pour faire enlever un entretien de Dieudonné qu’il accusait d’antisémitisme, par exemple. « Je suis assez ahuri de trouver cet "entretien" de Sylvia Cattori et de Dieudonné (…) Si ce genre d’article continue de passer sur « Marseille solidaire » je demanderai à être désinscrit »
 Voir : « Palestine : l’ampleur de la tragédie exige un soutien sans faille », 30 janvier 2005
26 mars 2008 | Thèmes : Crimes de guerre israéliens Lobbies pro-israéliens Liberté d’expression  Bruno Guigue


 2 Réaction de Joss Rovélas : Après la Palestine , la France colonisée par l'Etat d'Israël !
 En France, on peut tenir, même au plus haut niveau de l'état, des propos négrophobes dans le même style ceux que ceux tenus par des intellectuels tels que
  Alain Finkielkraut, Max Gallo, Hélène Carrère d'Encausse ou des journalistes indifféremment de gauche ou de droite ainsi que des hommes politiques socialistes et UMP qui battent chaque jour  le Front National sur son propre terrain du racisme et de l'exclusion !
 Il est possible tous les jours de stigmatiser l'ensemble des musulmans en les assimilant à un courant intégriste pourtant minoritaire. Il est possible chaque jour de les calomnier tous et indifféremment pour le terrorisme de Ben Laden en omettant soigneusement de dénoncer les exactions terroristes, depuis des décennies, de l'état d'israël avec son armée d'occupation, Tsahal, qui tue et torture chaque jour enfants, femmes et hommes palestiniens qui eux sont légitimement dans leur pays !
 Il est possible chaque jour et avec le soutien de la majeure partie des hommes politiques français, des médias et du reste de la société civile de laisser dire des mensonges éhontés sur la commission des droits de l'homme de l'ONU.
Ceci étant la suite de la campagne scandaleuse de dénigrement par Israël, sa dispora et les USA de la Conférence Mondiale Contre le Racisme de Durban en 2001. Cette conférence avait pourtant dénoncé toutes les formes de racisme et d'intolérance mais en démontrant chiffres à l'appui que le racisme contre les non-blancs était la situation la plus courante vécue partout dans notre monde. Cette conférence courageuse a acté la reconnaissance de la déportation, l'esclavage  et de la colonisation multiséculaire des noirs et de l'Afrique comme un Méga-Crime contre l'humanité.  Sept ans après les négrophobes français derrière leur président hongro-français fraichement issu de l'immigration des pays de l'est ont désigné les responsables de tout ce qui va mal en France les immigrés...originaires d'Afrique ! Cela ressemble à une plaisanterie mais c'est malheureusement l'aboutissement d'une successions de lâchetés, de complaisances, de tous les plotiques français.
 Et ce président, une espèce de Naboléon, est le plus fervent défenseur de l'état génocidaire et colonial d'Israël ainsi que de son larbin habituel les USA.
 Le courage de ce jeune sous-préfet Bruno Guigue et l'exploitation des deux côtés qui en sera faite ne doit pas nous faire oublier que le premier devoir de ceux qui luttent contre l'atteinte aux libertés et pour le droit d'expression partout dans le monde est d'assurer la solidarité totale avec ceux qui sont en première ligne. Cette solidarité doit être concrète en pensant d'abord à préserver l'emploi ou retrouver un travail à ceux qui subissent les conséquences du chantage inadmissible à l'anti-sémitisme dès que l'Etat voyou d'israël est dénoncé.
Tous ceux qui luttent contre l'oppression impérialiste partout dans le monde ne doivent jamais oublier que l'Etat d'Israël est la réalisation la plus perfectionnée du colonialisme occidental. 
Joss Rovélas
 March 23, 2008 1:27 PM


3 Réaction de Chris McGreal  : Snipers avec des enfants dans leurs lignes de mire.

BRUNO GUIGUE A RAISON : LES SNIPERS ISRAÉLIENS ASSASSINENT DES ENFANTSBruno Guigue a été limogé de son poste de préfet pour avoir écrit que les snipers israéliens abattaient des enfants. Dire des choses pareilles serait être “anti-israélien”. Or c’est la vérité, comme le montre l’article du Guardian ci-dessous, écrit en 2005. [The Guardian - UK - Chris McGreal chris.mcgreal@guardian.co.uk  - 29/06/2005  - Trad. ISM]

Ce fut le tir sur Asma Mughayar qui a balayé tous les derniers doutes que j’avais sur la façon dont les soldats israéliens tuaient tant d’enfants et de civils palestiniens.
Asma, 16 ans, et son plus jeune frère, Ahmad, ramassaient le linge sur le toit de leur maison au sud de la bande de Gaza au mois de mai l’an dernier quand ils ont été abattus par un sniper de l’armée israélienne.
Ni l’un ni l’autre enfant n’était armé ou ne menaçait le soldat, qui a tiré, invisible, par un trou percé dans le mur d’un bloc d’appartements voisins.
L’armée a dit qu’ils avaient sauté tous les deux sur une bombe palestinienne plantée dans le sol pour tuer des soldatsLes cadavres racontent une histoire différente* A la morgue de Rafah, Asma était étendue avec un seul trou de balle dans la tempe; son frère 13 ans avait un seul impact de balle au front. Il n’y avait aucune autre blessure, certainement pas de conséquence à une explosion. Confronté à cela, l’armée a changé son rapport et a prétendu qu’ils avaient été tués tous les deux par un tireur Palestinien, et ce malgré les preuves qui pointaient le repaire du sniper israélien. Ce que les militaires n’ont pas fait, c’était de demander à ses soldats pourquoi ils ont donné un faux rapport des décès ou de parler aux parents des enfants ou aux autres témoins. Quand les journalistes ont fait pression sur la question, l’armée a promis une enquête complète, mais quelques semaines plus tard elle a été tranquillement abandonnée. C’est devenu la norme dans une armée qui semble estimer qu’il vaut mieux se protéger de toute responsabilité que de vivre selon son affirmation d’être “l’armée la plus morale au monde”. Comme l’ont fait remarqué les parents de Tom Hurndall hier après la condamnation d’un sergent israélien pour l’homicide involontaire de leur fils, le soldat a été jugé seulement parce que la famille britannique a eu les ressources pour mettre assez de pression. Mais il n’y a eu aucune justice pour les parents des centaines d’enfants palestiniens tués par des soldats israéliens. Selon le groupe des Droits de l’Homme israélien, B’Tselem, l’armée a tué 1.722 civils palestiniens - plus d’un tiers d’entre eux étaient des mineurs – ainsi que 1.519 combattants, puisque l’Intifada a commencé il y a presque cinq ans; les chiffres israéliens comparables sont 658 civils tués – dont 17% de mineurs - et 309 militaires. L’armée a enquêté sur seulement 90 décès palestiniens, comme d’habitude sous la pression extérieure. Sept soldats ont été condamnés : trois pour homicide involontaire, aucun pour meurtre. Le mois dernier, un tribunal militaire a condamné un soldat à 20 mois en prison pour avoir abattu un homme palestinien qui ajustait son antenne de TV, pourtant, la plus longue peine pour la mort d’un civil, et moins que ce qu’obtiennent les objecteurs de conscience israéliens pour refuser de servir dans l’armée. B’Tselem argue du fait que le manque de responsabilité et de règles d’engagement qui “encouragent une attitude de gâchette facile parmi des soldats” ont créé une “culture d’impunité” - une opinion soutenue par le groupe des Droits de l’Homme basé à New-York ,Human Rights Watch, qui a décrit la semaine dernière que de nombreuses enquêtes des meurtres de civils comme une “imposture… qui encourage les soldats à penser qu’ils peuvent littéralement s’en tirer avec le meurtre“.

Au sud de Gaza, les meutres ont lieu dans un climat qui se résume à une forme de terreur contre la population. Le tir aléatoire dans Rafah et Khan Yunis a pris des centaines de vies, dont cinq enfants abattus alors qu’ils étaient assis à leurs bureaux de l’école. Beaucoup d’autres sont morts quand les snipers devaient savoir qui était dans leurs viseurs - enfants jouant au football, assis à l’extérieur de la maison, qui rentrent de l’école. Presque toujours les “enquêtes” se sont résumées à demander au soldat qui a tiré sur la gachette ce qui s’est passé - souvent ils affirment qu’il y avait un échange de tirs quand il n’y en avait aucun - et en le présentant comme un fait. La police militaire a lancé une enquête sur la mort d’Iman al-Hams en octobre dernier seulement après que les soldats aient rendu publiques les circonstances dans lesquelles leur commandant a vidé son arme sur la gosse de 12 ansIl a été enregistré disant à ses hommes que la fille devrait être tuée même si elle avaient trois ans.

Le colonel Pinhas Zuaretz était commandant au sud de Gaza il y a deux ans quand je l’ai interrogé sur le nombre de meurtres.Le colonel, qui a ré-écrit les règles d’engagement pour permettre aux soldats de tirer sur des enfants de 14 ans, a reconnu que les versions officielles de plusieurs meurtres étaient fausses, mais a justifié la stratégie comme étant le prix de la lutte pour la survie contre un second Holocauste. Peut-être cette opinion était partagée par le soldat qui a abattu trois garçons de 15 ansHassan Abu Zeid, Ashraf Mousa et Khaled Ghanem, car ils se sont approchés de la frontière fortifiée entre Gaza et l’Egypte en avril. Les militaires ont dit que les adolescents étaient des contrebandiers d’armes et donc des “terroristes”, et que le soldat leur a tiré dans les jambes et qu’il les a tués seulement parce qu’ils ne se sont pas arrêtés.  Le rapport était une fabrication. Les adolescents étaient dans “une zone interdite” mais tapaient dans un ballon. Leurs cadavres n’ont montré aucune preuves de blessures pour les neutraliser, seulement des tirs de gros calibre à la tête ou dans le dos. L’armée l’a admis tranquillement - mais a indiqué qu’il n’y aurait aucune enquête.

Article en français http://www.ism-france.org/archives/article.php?id=3122&fil=%25&lesujet=%25&lauteur=%25&lelieu=%25&debut=2005&fin=2005&debutMois=06&finMois=06&leMois=Juin  Article en anglais  :  http://www.guardian.co.uk/world/2005/jun/28/comment.israelandthepalestinians  Posted by libertesinternets http://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/24/bruno-guigue-a-raison-les-snipers-israeliens-assassinent-des-enfants/

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinforma...

27/03/2008

n°332 Journal de la Palestine - 20 au 26-03 : (Début) Aucun espoir que l'administration US change sa stratégie

Journal de la Palestine   (Début)                                

N°332             20-03 au 26-03

Par M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire

Tiré à part :

Résistance

La Palestine en chiffre & au jour le jour

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne

3 Politique internationale des territoires occupés 



Tiré à part :

Cheney : les attaques contre Israël nuisent aux Palestiniens...

23-03 Les attaques contre Israël "nuisent aux aspirations nationales" du peuple palestinien, a déclaré dimanche à Ramallah (Cisjordanie) le vice-président Cheney.

Cheney : "Il y a une vérité pénible mais incontournable qu'il faut répéter, à savoir que le terrorisme(…)  et les roquettes ne tuent pas seulement des civils , mais aussi les espoirs et les aspirations légitimes du peuple palestinien", (AFP)

 23-03 Cheney a estimé qu'un Etat palestinien aurait dû être créé "il y a longtemps". … mais que la poursuite de la résistance contre Israël nuisait à la réalisation de cette aspiration légitime. (AFP & EuroNews)

23-03 Cheney a assuré ses interlocuteurs israéliens du soutien des Etats-Unis. "Nous n'exercerons jamais de pression sur Israël pour que vous preniez des décisions menaçant votre sécurité", a t-il promis au Premier ministre Ehud Olmert.  EuroNews Suite des trouvailles… allez vite lire les grandes manœuvres de Cheney - USA

Paroles & actions des bientôt président cette semaine ...

Aucun espoir que l’administration US change sa stratégie quant au conflit arabo-israélien.
Gaza - CPI

John McCain, candidat républicain pour les élections présidentielles américaines, avait déclaré, qu’il reconnaît à "Israël" son droit de prendre la ville d'Al-Quds comme capitale. Et dans une rencontre avec des gens de médias arabes et étrangers, il a déclaré qu’il continuera le processus de « paix » au Moyen-Orient, au cas où il sortira victorieux des élections. Il a ajouté qu’il connaît bien les positions palestinienne et israélienne et les souffrances communes des deux côtés. Le Hamas a critiqué les déclarations du candidat du parti républicain pour les élections présidentielles. En effet, il avait considéré la ville d’Al-Quds comme la capitale de l’Entité sioniste. Le mouvement a indiqué que ces déclarations reflètent la stratégie générale américaine soutenant "Israël" en dépit des intérêts palestiniens. Le porte-parole du mouvement Sami Abou Zuhri s’est montré désolé pour les déclarations provenant de John McCain, le candidat républicain. Le sens de ses déclarations n’est pas si éloigné de celles du candidat démocrate Barak Obama. Il ne pourra attendre aucun bien de l’administration américaine, toutes tendances confondues. 21-03



 20-03 au 26-03: Peuple Palestinien : 1 tué   -  1 blessé                                         Occupants :  0 tué  -  1 blessé

Résistance

Au jour le jour

20-03 Un adolescent israélien de 14 ans a été blessé jeudi soir par l’explosion d’une charge explosive au passage du véhicule dans lequel il se trouvait au sud de Hébron, en Judée-Samarie. Selon les premiers rapports de l’armée, le véhicule aurait été la cible de tireurs isolés
 Infolive.tv.

Internationale

20-03 La chaîne Al-Jazira a diffusé un enregistrement audio d'Oussama ben Laden dans lequel il rejette les négociations menées par les Palestiniens avec Israël et appelle à la guerre pour la libération de la Palestine. Ben Laden : "la Palestine ne peut pas être reprise par les négociations et le dialogue, mais par le feu et le fer". AP

24-03  Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, a déclaré selon le centre spécialisé : SITE Intelligence Group : "Musulmans, aujourd'hui est votre jour. Frappez les intérêts des juifs, des Américains, et de tous ceux qui ont participé à l'attaque contre les musulmans", (et en réaction aux raids d'Israël contre la bande de Gaza) "Personne ne peut dire aujourd'hui que nous devrions combattre les Juifs uniquement en Palestine", ajoute-t-il. Zaouahri appelle les musulmans à soutenir les Palestiniens dans la bande de Gaza mais par la lutte armée, non par des manifestations. Zaouahri accuse les dirigeants arabes de collusion avec les Etats-Unis et Israël dans le blocus des Palestiniens de Gaza et désigne spécifiquement les dirigeants d'Arabie saoudite, d'Egypte et de Jordanie, qu'il dit faire partie d'une "alliance satanique". "L'alliance satanique nous montre sa laideur et sa bassesse, une alliance des croisés et des Juifs et avec eux (le président égyptien Hosni) Moubarak, la famille (royale) Saoud, et le fils d'al Hussein (le roi Abdallah de Jordanie)." Firouz Sedarat à Doubaï, Sami Aboudi à Londres, version française Jean-Stéphane Brosse Reuters -



La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Bande de Gaza - Au jour le jour

24-03 Un civil a été tué et un autre blessé par l'armée israélienne à la frontière entre Israël et le sud de la bande de Gaza, près de Khan Younès, apprend-on de sources hospitalière et politique. Des résistants auraient ouvert le feu sur un bulldozer de Tsahal. Selon les Palestiniens, le bulldozer et les soldats israéliens se trouvaient du côté gazaoui de la frontière au moment de l'incident. En représailles des soldats israéliens on riposté, atteignant les deux hommes, qui ne faisaient pas partie du groupe de résistants et étaient sans armes. (Reuters)

Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 : Au jour le jour 

20-03  Des bulldozers des forces d’occupation, soutenus par des troupes armées, ont détruit cinq maisons palestiniennes dans une section de Cisjordanie contrôlée par l’autorité d’occupation. Selon l’armée d’occupation, ces maisons ont été démolies parce qu’elles avaient été bâties sans permis de construire. Mais les mouvements des droits de l’homme israéliens, précisent que ces permis sont très rarement accordés, ce qui force les Palestiniens à construire sans obtenir de feu vert. Les maisons rasées mercredi dans le village de Deirat, au sud d’Hébron, abritaient 38 adultes et enfants. (Al-Oufok avec les agences de presse)



4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000)
Civils & résistants tués                                                                            :  6.103   

Palestiniens blessés                                                                               :  52.718

Internationaux blessés                                                                             : 192 (chiffre tout a fait minimal)

(balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens)

Arrêtés     :                                                                                            :  47.733

En prison :                                                                                             : 11.800

Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108

Autres actes           

Journalistes tués                                                                                      : 9

Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32

Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.147

                                                                                                                ( 369 militaires/policiers)

Israéliens blessés                                                                                     : 6.455

                                                                                                                ( 468  militaires/policiers)

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  
1  Politique Palestinienne

MM Abbas & Haniyeh.

17-03 Abbas souhaite que les négociations aboutissent cette année à un vrai traité de paix lui permettant de proclamer un Etat indépendant - en Cisjordanie pour commencer. Mais Olmert a estimé que l’accord à viser cette année doit simplement coucher sur le papier les "principes de base" d’un futur Etat palestinien qui ne verrait le jour que lorsqu’Abbas aura mis au pas les résistants en Cisjordanie comme à Gaza. Al-Oufok avec les agences de presse)


1-5 Négociations.

23-03 Le Hamas et le Fatah ont signé, la reprise du dialogue entre les deux mouvements afin de mettre fin aux désaccords palestiniens internes. Cette initiative yéménite sera la base du cadre d’un dialogue commun. Le porte-parole du mouvement du Hamas Dr. Sami Abou Zouhri a dit lors d'une déclaration au Centre Palestinien d'Information que les deux délégations des mouvements du Fatah et du Hamas sont tombés d'accord pour la reprise d'un dialogue interpaletinien, tout en affirmant que l'initiative yéménite a été ratifiée sur cette base afin de contribuer à l'entente nationale palestinienne.
Abou Zouhri a ajouté que cette initiative est le cadre d'un dialogue et qu'elle n'a pas de conditions préalables.
CPI

23-03 Au Yemen, des dirigeants du Fatah et Hamas ont signé une déclaration dite "de Sanaa", du nom de la capitale yéménite. Ils s'y engagent à tout faire pour se réconcilier. "C'est un bon point de départ", a commenté le représentant du Hamas. Cette déclaration, est pour l'instant seulement d'intention… EuroNews

23-03 Une perspective d’accord de réconciliation entre Hamas et Fatah Réaction prudente, cependant, d’un responsable de Ramallah, qui déclare que "si le Hamas renonce à son coup d’état et son contrôle sur la bande de Gaza, alors oui, une page sera tournée et le dialogue commencera". Réaction à son tour du Hamas, qui n’entend pas se voir imposer de préalable et parle du mépris du Fatah pour le vrai dialogue. Les discussions doivent reprendre début avril. (Al-Oufok avec les agences de presse)

24-03 Ayman Taha, porte-parole du Hamas à Gaza, a déclaré  que les leaders du Hamas et le Fatah ont accepté au Yémen de reprendre le dialogue le 5 avril dans les territoires palestiniens. CRI Online


1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste en général

17-03 Israël poursuivra ses constructions de logements à Jérusalem-est, L’Etat hébreu prévoit de construire des centaines de nouveaux appartements à Har Homa, un quartier situé dans la partie de Jérusalem revendiquée par les Palestiniens. Olmert a décrit Har Homa comme "inséparable" de Jérusalem et indiqué que les chantiers allaient se poursuivre.

Saëb Erekat, négociateur palestinien et proche de Mahmoud Abbas, a estimé que les propos tenus par Ehud Olmert "ne tiennent pas debout". "C’est totalement inacceptable", a-t-il ajouté. Olmert n’en a pas moins affirmé que "le plus important était de mener des négociations sérieuses et sincères avec l’Autorité palestinienne et de ne pas les arrêter ni les retarder afin de pouvoir aboutir à un accord que nous voulons de tout coeur". (Al-Oufok avec les agences de presse



2  Politique Israélienne

21-03 Mars Noir. C’est le terme employé par certains économistes pour désigner ce mois de mars 2008 qui a vu s’effondrer le taux du Dollar, et qui laisse présager une crise économique mondiale, voire même un krach boursier pour les plus pessimistes. En Israël, si les vacanciers se rejouissent de la baisse du prix des billets d’avions, des pans entiers de l’économie israélienne en paient cependant le prix fort. Infolive.tv


2-2 Des Canons ... pas du beurre.

22-03 Israël va commencer d'ici quelques semaines d'équiper ses avions de systèmes de défense anti-roquettes Ce projet est à l'étude depuis qu'en 2002, un avion de ligne israélien fut la cible de roquettes tirées peu après le décollage à Mombasa, au Kenya. L'attaque avait conduit(…)  Israël à envisager d'équiper ses avions de passagers avec des systèmes de défense comparables à ceux utilisés par l'armée de l'air. Selon les responsables israéliens de la Défense , le système de défense anti-roquettes tire des fusées éclairantes qui perturbent le mécanisme de guidage par infrarouge des roquettes. Il sera d'abord installé sur les avions à destination de pays considérés comme dangereux, notamment en Afrique et dans certaines régions d'Asie.AP


2-4 Les grandes manœuvres

24-03 Abbas doit choisir entre des négociations avec Israël ou une alliance avec le Hamas, a déclaré un responsable israélien. Il réagissait à la conclusion d'un accord entre le Hamas et le Fatah. La radio publique et de l'armée ont pour leur part cité d'autres responsables israéliens qui ont prévenu que les négociations entre Israël, qui ont repris en novembre sous l'égide des Etats-Unis, seraient immédiatement gelées si le Hamas et le Fatah s'entendaient pour constituer un nouveau gouvernement d'union nationale. (ats)


2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies)

17-03 Olmert, a par ailleurs confirmé l’intention de l’autorité d’occupation de construire de nouveaux logements à Jérusalem-Est et à sa périphérie.. "Il y a des endroits où il y aura des constructions, ou des extensions de construction, parce que ces endroits resteront entre les mains d’Israël dans tous les cas de figure","Chacun le sait, cela inclut, d’abord et avant tout Jérusalem", a-t-il martelé, citant notamment la colline de Har Homa - Abou Ghneïm pour les Palestiniens - où Washington critique le projet de centaines de nouveaux logements. (Al-Oufok avec les agences de presse)

17-03 Ehoud Olmert a affirmé qu’Israël poursuivrait ses constructions de logements à Jérusalem-est, malgré les contestations au sein de la communauté internationale. L’Etat hébreu prévoit de construire des centaines de nouveaux appartements à Har Homa, un quartier situé dans la partie de Jérusalem revendiquée par les Palestiniens. Olmert a décrit Har Homa comme "inséparable" de Jérusalem et indiqué que les chantiers allaient se poursuivre.(17-03 Al-Oufok avec les agences de presse)

24-03 Israël s'efforcera de lever certaines restrictions aux allées et venues des Palestiniens en Cisjordanie mais n'est pas prêt à s'engager à lever les points de contrôle militaires . Barak a déclaré qu'il s'agissait notamment de faciliter les déplacements des commerçants et hommes d'affaires palestiniens. "Dans la période qui vient, nous prévoyons de concentrer nos efforts pour soulager la population et promouvoir les projets économiques", a-t-il dit sans autre précision. Barak a cependant souligné que le réseau de barrages et contrôles routiers de l'armée empêchaient les résistants  de réaliser des attaques contre Israel en les contraignant à emprunter des passages obligés qui leur rendent plus difficile l'accès au territoire israélien.(Reuters)



3 Politique Internationale des térritoires occupés

1 Pays Arabes & voisins

Égypte

Khaled al Batch, du Djihad islamique, et Djamal Abou Hachem, responsable du Hamas, ont participé à une rencontreen vue de d'obtenir une trève entre le fatah et le Hamas Ismaïl Haniyeh, a déclaré que les deux hommes allaient prendre connaissance d’une proposition de l’autorité d’occupation transmise par l’Égypte et que "la décision finale sera prise en accord avec les intérêts supérieurs du peuple palestinien". (Al-Oufok avec les agences de presse)

22-03 ne délégation palestinienne a demandé la libération de 36 membres du Hamas incarcérés en Égypte après l’ouverture de la frontière par des militants gazaouis en janvier, a-t-on appris de source égyptienne proche des pourparlers. Les Égyptiens ont promis de libérer les détenus dans un proche avenir. Le Hamas attend des actes et pas seulement des promesses. Nous sommes très préoccupés par la détention prolongée et les tortures subies par les détenus", a déclaré Barhoum.

À Gaza, Ismaïl Haniyeh a jugé "anormale" la détention de Palestiniens en Égypte, "surtout si ce sont des combattants de la résistance". "Cette situation n’est pas normale et doit être corrigée (...) par la libération immédiate des prisonniers", a-t-il dit. Cette semaine, un haut responsable du Hamas, Saïd Seyam, a affirmé dans une interview que les prisonniers palestiniens en Égypte étaient torturés et interrogés sur le sort de Gilad Shalit, capturé en juin 2006. Les associations de défense des droits de l’homme affirment que la torture est systématique dans les prisons et les commissariats égyptiens. (Al-Oufok avec les agences de presse)

23-03 L’Egypte a libéré 33 membres du Hamas arrêtés après l’ouverture par la force de la frontière avec la bande de Gaza par des militants palestiniens en janvier dernier, a-t-on appris dimanche de source proche des services de sécurité égyptiens. Ces hommes avaient été incarcérés pour détention illégale d’armes mais l’enquête a montré qu’ils n’étaient impliqués dans aucune activité en Egypte, a-t-on précisé de même source. L’un des militants du Hamas arrêtés par les Egyptiens, présenté comme le plus élevé en grade, n’a cependant pas été relâché, selon des sources dans la bande de Gaza. (Al-Oufok avec les agences de presse)



2 Le Monde

1 Usa (le parrain)

2 Les grandes manœuvres de Cheney

20-03 Après ses discussions pétrolières à Ryad, Cheney se rend en Israël Cheney va mettre l’accent en Israël sur la nécessité "d’avancer dans le processus de paix ainsi que sur le droit d’Israël à se défendre face au terrorisme et à protéger ses citoyens", a indiqué la porte-parole Lea Anne McBride.

A Ramallah, Cheney devrait "réaffirmer le soutien de George W. Bush aux efforts déployés en vue de la réalisation de la solution de deux Etats et aux efforts destinés à renforcer les institutions palestiniennes", a déclaré la porte-parole américaine. Cheney devrait également évoquer la situation dans la bande de Gaza soumise à un blocus israélien depuis janvier. (Al-Oufok avec les agences de presse)

24-03 M. Cheney a évoqué "des preuves que le Hamas est soutenu par l'Iran et la Syrie , et qu'il font tout ce qu'ils peuvent pour torpiller le processus de paix". AP

23-03 Dick Cheney s'est entretenu avec des responsables palestiniens et a évoqué leur effort en cours au Yémen pour tenter une réconciliation entre le Hamas et le Fatah : "Ma conclusion, après en avoir parlé avec les Palestiniens, est qu'ils ont posé des conditions préalables à toute réconciliation, y compris une annulation totale de la prise de la Bande de Gaza par le Hamas", AP

23-03 Cheney a réaffirmé que les Etats-Unis restaient "fermement engagés" en faveur de la création d'un Etat Palestinien mais a prévenu que la paix entre Israéliens et Palestiniens nécessiterait d'accepter des concessions douloureuses de part et d'autre et de s'unir pour lutter contre ceux qui "ont fait le choix de la violence" -le Hamas. "Si toutes les parties concernées restent attelées à la tâche, ce sera un succès", a-t-il affirmé. Le négociateur palestinien Saeb Erekat, proche du président Abbas, a salué, lui, le fait que M. Cheney ait rappelé l'attachement des Etats-Unis à la création d'un Etat palestinien indépendant. AP

24-03 Abbas avec Olmert ont promis a Bush de tout faire pour conclure un traité de paix avant son départ de la Maison blanche, en janvier prochain. "La situation est délicate, c'est clair, en partie parce que je pense qu'il est établi ( ???)  que le Hamas est soutenu par l'Iran et la Syrie et qu'ils font tout pour torpiller le processus de paix", a estimé le vice-président Cheney.(Reuters)

24-03 Dick Cheney déclare douter d'une réconciliation entre Mahmoud Abbas et le Hamas tant que celui-ci n'aura pas restitué à Abbas le contrôle de la bande de Gaza… "Après en avoir parlé avec la direction palestinienne, j'en conclus qu'il y a des conditions qui doivent être remplies pour permettre une réconciliation, notamment le renoncement total (du Hamas) à son contrôle sur Gaza", (Reuters)

24-03 Cheney s'est inquiété de la contrebande d'armes entre l'Egypte et la Bande de Gaza. "C'est toujours un problème. Tout cela alimente manifestement les tirs de roquettes sur Israël, menace le vie des Israéliens et évidemment rend difficile tout progrès que nous aimerions observer", … AP


2 Les grandes manœuvres.

17-03 Les Etats-Unis montrent des signes d’impatience croissante devant l’incapacité des deux parties à remplir leurs obligations aux termes de la "feuille de route" pour la paix de 2003 dont ils ont réaffirmé la validité à Annapolis. Cela concerne principalement la mise au pas des résistants par l’Autorité palestinienne d’Abbas, qui a toutefois perdu en juin tout contrôle sur la bande de Gaza, et l’arrêt des activités de colonisation de la part de l’autorité d’occupation.

Washington s’est montré plus particulièrement critique de la décision de l’autorité d’occupation de construire des centaines de nouveaux logements dans les colonies de Jérusalem-Est et de ses environs. (Al-Oufok avec les agences de presse)

n°332 Journal de la Palestine - 20 au 26-03 (fin) Aucun espoir que l'administration US change sa stratégie

Journal de la Palestine  (Fin)                            

N°332             20-03 au 26-03

Par M.Lemaire



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Sommaire

3 Politique internationale des territoires occupés 

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Recrutons espions.

5-2 "Soutenez Gaza" Un site internet pour soutenir Gaza.

5-3 Rapport : Les services de sécurité d’Abbas ont attaqué 100 fois les journalistes en 2 ans.

6 Les brèves

6-1 Cheney : Les USA ne feront pas pression sur Israël pour lui faire prendre des décisions "menaçant sa sécurité".

6-2 Les déclarations de Cheney sont provocantes.

6-3 Hamas : les déclarations de Cheney confirment que Bush a renoncé à ses promesses.

6-4 Le Hamas appelle à interdire les interventions américaines dans les affaires palestiniennes internes.

6-6 84% de Palestiniens soutiennent l'attaque contre la Yeshiva Merkaz Harav.

6-7 La création d'un Etat palestinien ?

7 Dossier

7-1 Gregor Seither : Ce n’est pas la première fois qu’Hillary Clinton nous raconte des carabistouilles…

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 Merkel : les Allemands ont "honte" de l’Holocauste.


2 Les institutions et leurs satellites Quartette (composé des États-unis, de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies)

24-03 La situation ne cesse de se dégrader dans la bande de Gaza. Tony Blair insiste pour qu'Israël facilite l'accès des biens et des personnes dans la bande de Gaza. Mais il dit qu’il n'est pas question de renouer le contact avec le Hamas tant qu'il refuse de renoncer à la violence. L'émissaire du Quartette souligne également que le président de l'Autorité palestinienne doit assurer la sécurité dans tous les territoires pour avancer dans les négociations. EuroNews



2 Europe

1 Allemagne

16-03 Soixante-trois ans après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne est largement considérée par Israël comme son meilleur allié en Europe. Pour de nombreux commentateurs, Merkel est moins critique que son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder envers la politique israélienne, notamment les opérations militaires en Cisjordanie. (Al-Oufok avec les agences de presse)

17-03 Angela Merkel doit prononcer un discours historique au Parlement israélien au cours duquel elle devrait souligner l’engagement de Berlin à défendre Israël et son droit d’exister, selon un porte-parole. Au moins un parlementaire sera absent à l’occasion de l’intervention de la chancelière : Arye Eldad a déclaré qu’il ne pouvait pas entendre parler allemand dans l’enceinte de la Knesset. (Al-Oufok avec les agences de presse)

17-03  Merkel s’est rendue lundi avec Ehoud Olmert au mémorial de l’Holocauste Yad Vashem, où elle a déposé une gerbe. Angela Merkel et Ehoud Olmert ont ensuite présidé une réunion conjointe des cabinets allemand et israélien, au cours de laquelle les deux dirigeants ont signé une série de projets dans les domaines de l’éducation, de l’environnement et de la défense(…) . Aujourd’hui, l’Allemagne est le deuxième fournisseur d’Israël derrière les Etats-Unis. (17-03 Al-Oufok avec les agences de presse)

17-03 Merkel a été interrogée sur la poursuite des constructions de colonisation israéliennes. Angela Merkel est restée évasive, affirmant en avoir parlé à Olmert, et jugeant que les deux parties devaient faire le maximum pour remplir leurs obligations afin d’aboutir à la paix. Dans le cadre de la feuille de route du Quartette (Etats-Unis, UE, Russie, ONU), Israël doit arrêter les constructions de colonies et les Palestiniens doivent désarmer les résistants. (17-03 Al-Oufok avec les agences de presse)


2 France

Bruno Guigue : Le sous-préfet de Saintes a été limogé . 2

2-03 Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime - France), Bruno Guigue, a été limogé  par le ministre français de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie après avoir publié sur le site Internet "oumma.com", d’un article critique sur les crimes du régime israélien,  a-t-on appris auprès du ministère de l’Intérieur. Bruno Guigue a notamment déclaré dans sa tribune publiée le 13 mars qu’Israël est le "seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". I l a également évoqué "les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat". (Al-Oufok avec les agences de presse -Irna)


5 Russie

21-03 La Russie a accepté, les conditions posées par Israël à la livraison de véhicules blindés sans armes (pas de mitrailleuse sur leur tourelle) aux services de sécurité de Mahmoud Abbas, ont annoncé vendredi des responsables israéliens. (Israël a également réduit de moitié dans un premier temps le nombre d'engins à livrer). Ces véhicules qui se trouvent en Jordanie devraient être livrés dans les prochains jours. Israël avait accepté en novembre la livraison de 50 blindés légers, mais le souhait des Palestiniens d'y voir adapter des armes à feu s'était heurté à l'opposition de l'Etat juif. (Reuters- AFP) 

21-03 Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a critiqué la colonisation israélienne et le blocus imposé à Gaza à l’issue d’une visite en Israël et chez les Palestiniens. "Les activités de colonisation israéliennes nous préoccupent et nous appelons Israël à y mettre fin", a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie. "Le blocus imposé à Gaza est inacceptable et il faut qu’il y soit mis fin pour que le peuple palestinien puisse vivre normalement", a-t-il ajouté. I Outre le blocus, l’armée israélienne a multiplié les attaques dans la bande de Gaza, où plus de 130 Palestiniens ont été tués du 27 février au 2 mars.  (Al-Oufok avec les agences de presse)

20-03 M. Lavrov, en tournée au Proche-Orient, a remis sur le tapis le projet d’accueillir une conférence internationale sur le Proche-Orient. "Nous négocions avec les différentes parties pour organiser une rencontre à Moscou", a déclaré M. Lavrov. A Ramallah, il a affirmé que la date de cette conférence "sera fixée dans un proche avenir". Israël a exprimé des réserves sur ce projet de conférence. "Par courtoisie diplomatique, nous n’avons pas repoussé ce plan mais en vérité il ne nous enthousiasme pas", a déclaré un haut responsable qui a requis l’anonymat. M. Abbas l’a en revanche favorablement accueilli. "Nous avons insisté sur la nécessité d’organiser cette conférence de suivi à Moscou le plus tôt possible", a-t-il dit lors de la conférence de presse. (Al-Oufok avec les agences de presse)

21-03 Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a critiqué la colonisation israélienne et le blocus imposé à Gaza. "Les activités de colonisation israéliennes nous préoccupent et nous appelons Israël à y mettre fin", "Le blocus imposé à Gaza est inacceptable et il faut qu'il y soit mis fin pour que le peuple palestinien puisse vivre normalement", a-t-il ajouté. (AFP)

23-03 A l’issue d’une visite en Palestine occupée, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué vendredi le colonialisme juive et le siège imposé à la bande de Gaza et a proposé à nouveau le projet d’une conférence sur le Moyen-Orient à Moscou.
Al-Manar

24-03 La Russie salue les négociations qui se déroulent à Sanaa (Yémen) entre les mouvements palestiniens rivaux Fatah et Hamas, lit-on dans un communiqué publié vendredi par le ministère russe des Affaires étrangères (MID).
RIA Novosti



5 Médias/Vidéos 

5-1 Recrutons espions.

Les services de sécurité intérieure de l’autorité d’occupation (Shin Bet) ont recours à un nouvel atout à la pointe du modernisme, le blog, dans l’espoir d’attirer de nouvelles recrues spécialisées dans les hautes technologies. Avec cette initiative, le Shin Bet espère attirer dans ses rangs des spécialistes des hautes technologies. Les blogueurs sont en charge d’aspects technologiques des opérations menées par l’agence et ne sont pas déployés dans le cadre de missions sur le terrain. (17-03 Al-Oufok avec les agences de presse)


5-2  "Soutenez Gaza" Un site internet pour soutenir Gaza.
Un bon nombre d’internautes de quelques pays arabes et européens ont lancé un site internet sous le nom « Soutenez Gaza ». Ce site fait partie d’une campagne populaire arabe, islamique et internationale pour exposer au monde les souffrances des habitants de la bande de Gaza sous un blocus strict et une agression perpétuelle.
L’idée est née au moment où des jeunes d’Arabie Saoudite et du Maghreb voulaient aider, d’une façon ou d’une autre, la bande de Gaza, dit Sari Baraka, le responsable de cette campagne.
Il informe le quotidien Palestine, hier jeudi, qu’ils ont enfin décidé de créer le site pour informer le monde entier de ce qui se passe à Gaza. Et petit à petit, des gens de plusieurs pays arabes et européens commencent à y participer. Ils veulent dire aux habitants de Gaza que les peuples sont avec eux, si les régimes politiques ne le sont pas. Le site pourrait ramasser des donations pour aider les victimes du blocus. Les participants pourraient aussi produire des films et tout ce qui peut aider les victimes de Gaza. Beaucoup d’informations concernant Gaza peuvent être récoltées sur le site : www.nosragaza.ps  21-03
5-3 Rapport : Les services de sécurité d’Abbas ont attaqué 100 fois les journalistes en 2 ans.
Gaza - CPI
Le bureau d’information du Hamas a affirmé avoir enregistré 100 attaques perpétrées par les services de sécurité du président de l’autorité palestinienne, contre les journalistes et les médias depuis la victoire du mouvement du Hamas aux élections législatives palestiniennes en janvier 2006.
Il a souligné dans un rapport publié hier mercredi 19/3 que les services de sécurité du président Abbas ont exécuté trois journalistes et en ont enlevé 33 autres.
Le rapport a dit que les services de sécurité d'Abbas pratiquent leurs agressions et violations contre les journalistes qui s'opposent à leurs désirs, et qu'ils veulent des médias qui servent les intérêts personnels des leaders de l'autorité. 20-03

6 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Cheney : Les USA ne feront pas pression sur Israël pour lui faire prendre des décisions "menaçant sa sécurité"

Le vice-président Cheney déclare :  "L’établissement d’un Etat palestinien aurait dû avoir lieu il y a longtemps (...) et le peuple palestinien le mérite", "Les Etats-Unis s’engagent à fournir des moyens pour aider les Palestiniens à mettre en place les infrastructures nécessaires à l’établissement d’une démocratie stable, sûre et prospère dirigée par un gouvernement qui se joindra à la lutte contre le terrorisme et répondra aux aspirations de son peuple", "Des années de méfiance et de violence n’ont mené à rien (...) Une fin négociée du conflit israélo-palestinien, qui répondrait aux revendications nationales des deux peuples aurait une valeur inestimable" Dans ce contexte, il a mis en garde contre les attaques visant Israël qui, selon lui, "nuisent aux aspirations nationales" du peuple palestinien. "Il y a une vérité pénible mais incontournable qu’il faut répéter, à savoir que le terrorisme et les roquettes ne tuent pas seulement des civils innocents, mais aussi les espoirs et les aspirations légitimes du peuple palestinien", a-t-il souligné. (Al-Oufok avec les agences de presse)

M. Abbas répond : "La sécurité et la paix ne seront pas obtenues tant que la colonisation se poursuivra, de même que l’escalade militaire israélienne dans la bande de Gaza et en Cisjordanie", a-t-il déclaré. M. Abbas a é dénoncé les barrages militaires routiers autour des villes et villages de Cisjordanie. Le maintien de ces quelque 500 barrages nuit à la liberté de mouvements et au développement de l’économie palestinienne. M. Abbas a en outre appelé à la poursuite de négociations sur l’ensemble des questions clefs "sans exception, particulièrement celles du sort de Jérusalem et des réfugiés" palestiniens. (Al-Oufok avec les agences de presse


6-2 Les déclarations de Cheney sont provocantes.
Gaza - CPI

Cheney, a dit samedi :

Mon pays ne fera pas de pression sur Israël pour lui faire prendre des décisions "menaçant sa sécurité".

Les Etats-Unis s'engagent à protéger la sécurité d'"Israël".

Les Etats-Unis soutiennent le droit légitime de l'occupation à défendre son territoire contre les missiles de la résistance palestinienne de fabrication locale.
Le Hamas considére que les déclarations du vice-président Cheney, représentent une provocation contre le peuple palestinien.
Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a dit, que les déclarations de Cheney affirment que les Etats-Unis sont un partenaire coupable et impliqué dans les crimes de l'occupation sioniste contre le peuple palestinien.
Il a ajouté, que ces déclarations sont des provocations contre les Palestiniens et qu'elles soutiennent clairement le grand projet génocidaire contre la bande de Gaza, car ce dirigeant américain (Cheney) a déclaré que son pays justifie la politique criminelle de l'occupation et couvre ces crimes. 23-03


6-3 Hamas : les déclarations de Cheney confirment que Bush a renoncé à ses promesses.
Gaza/Al-Qods occupée - CPI
Le Hamas a considéré que les accusations du vice-président Cheney qui a prétendu, hier matin lundi 24/3, lors de sa visite à l’entité sioniste, que le mouvement du Hamas tente de frapper le processus de paix entre les palestiniens et les sionistes, sont injustes.
Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a affirmé, que son mouvement insiste de protéger le projet national palestinien malgré les tentatives pour déformer ses positions à travers les déclarations de Cheney qui visent à frapper la résistance dirigée par le mouvement du Hamas pour défendre les droits et les principes palestiniens.
Il a affirmé que les déclarations de Dick Cheney confirme que la direction US a renoncé à ses promesses qui ont été données au président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Annapolis et après la visite de Bush à la région pour créer un état palestinien indépendant, Il a ajouté que Cheney veut charger la responsabilité de l'échec de la création de l'état palestinien au peuple palestinien et au mouvement du Hamas, au moment où la direction américaine ne présente rien au président Abbas.   Le vice-président américain, Dick Cheney, avait annoncé, hier lundi 24/3, après sa rencontre avec le président Abbas, que le mouvement du Hamas doit annuler son gouvernement à Gaza pour la reprise des accords avec Abbas. A la fin de sa visite à l'entité sioniste, Dick Cheney a dit aux journalistes qu'ils ont discuté de plusieurs questions dont les efforts du Yémen pour la reprise du dialogue entre le mouvement du Hamas et du Fatah, tout en indiquant que la direction palestinienne a mis des conditions pour reprendre le dialogue dont l'annulation du contrôle du Hamas sur Gaza et que ce mouvement doit exécuter ces conditions.
6-4 Le Hamas appelle à interdire les interventions américaines dans les affaires palestiniennes internes.
Gaza - CPI
Le Hamas a appelé à interdire toutes les interventions américaines dans les affaires palestiniennes internes, en considérant que ces interventions vont faire échouer le dialogue palestinien interne.
Le Hamas a dit que les déclarations du vice-président Cheney, qui a annoncé que le mouvement du Hamas doit annuler son contrôle sur la bande de Gaza pour reprendre le dialogue avec le mouvement du Fatah, sont impertinentes et refusées.
Le porte-parole du mouvement du Hamas Dr. Sami Abou Zouhri a dit que ces déclarations représentent une intervention dans les affaires palestiniennes internes.
Il a ajouté que son mouvement refuse ces déclarations et appelle en même temps le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à arrêter ses politiques qui permettent à la direction américaine de contrôler les affaires palestiniennes internes pour servir les intérêts de l'occupation. Abou Zouhri a affirmé que les Américains ne doivent pas intervenir dans les décisions palestiniennes, tout en déclarant que la raison de l'échec de tous les autres dialogues sont les interventions des Américains, parce que la direction de Bush ne veut aucun bienfait pour le peuple palestinien. Elle tente toujours de frapper la légitimité palestinienne et de créer la guerre civile sur les territoires palestiniens. 25-03

6-6 84% de Palestiniens soutiennent l'attaque contre la Yeshiva Merkaz Harav.( un centre de formation du mouvement de colonisation)

Attaque du 6 mars contre la Yeshiva Merkaz Harav de Jérusalem, Selon le sondage réalisé par le Palestinian Center for Policy and Survey Research (PCPSR),

84% de Palestiniens soutiennent cette attaque,

13% sont contre et

3% sont sans réponse.

Plus généralement,

 67% des personnes interrogées affirment soutenir les opérations contre les civils en Israël, 31% y sont opposés et le reste sans réponse..

En outre,

64% de Palestiniens soutiennent les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza sur les localités israéliennes limitrophes contre

33% qui les désapprouvent.

Le sondage montre en outre que les Palestiniens sont très pessimistes quant à l'issue du processus de paix israélo-palestinien, avec l'objectif affiché de parvenir à un traité de paix avant fin 2008. Ainsi,

80% de Palestiniens estiment que ces négociations vont échouer alors que

14% seulement croient à leur succès et 6% sans opinion, selon le sondage.

En outre,

68% de Palestiniens jugent "nulles ou très faibles" les chances de la création d'un Etat palestinien d'ici cinq ans, contre

30% qui la croient possible et 2% sans opinion.

Le sondage a été réalisé sur un échantillon représentatif de 1.270 personnes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Sa marge d'erreur est de 3%. (AFP / 25 mars 2008)


6-7 La création d'un Etat palestinien ?

Le sondage israélien de l'Institut de recherches Harry Truman de l'Université hébraïque relève que

66% d'Israéliens ne croient pas à la création d'un Etat palestinien d'ici cinq ans dans les territoires occupés par Israël contre

31% de l'avis contraire.

En outre,

41% des personnes interrogées sont favorables à des attaques israéliennes ponctuelles à Gaza en riposte aux tirs de roquettes,

29% préconisent la réoccupation du territoire palestinien, et

27% soutiennent un règlement par des voies diplomatiques.

Le sondage a été réalisé sur un échantillon de 597 Israéliens avec une marge d'erreur de 4%. (AFP / 25 mars 2008)



7 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Gregor Seither : Ce n’est pas la première fois qu’Hillary Clinton nous raconte des carabistouilles…

“La route vers la tyrannie, ne l’oublions jamais, commence avec la destruction de la vérité” —

Bill Clinton, Octobre1995 La psychiatrie nous apprend qu’une des méthodes pour repérer un mythomane pathologique est sa tendance à mentir même sur des choses insignifiantes. Si c’est vrai, alors Hillary Clinton a un sérieux problème. http://blogs.abcnews.com/theblotter/

3. Hillary n’a jamais lu le moindre livre d’école Palestinien : En 2001, Hillary Clinton avait écrit une lettre au President Bush, lui demandant de faire pression sur Yassir Arafat afin qu’il mette un terme à “l’éducation à la à la haine des juifs et d’Israël”. Affirmant avoir “étudié en profondeur” les livres de classe utilisés par les écoliers Palestiniens, elle avait cité comme exemple le livre Our Country Palestine (classe de CE1), qui contenait des phrases telles que “Il n’y a pas d’alternative à la destruction d’Israël“. La lettre se terminait par : “Si les Palestiniens éduquent leurs enfants à la haine d’Israël, comment peut on croire aux serments de paix de leur part ? Etait à nouveau démontrée la perfidie bien connue des Arabes, qui ne veulent pas la paix et manipulent leurs enfants afin de perpétuer la violence. La clé du conflit réside donc chez les Palestiniens, et non chez les Israéliens, qui ne font que se défendre. (…)

Mais Hillary a menti. Comme le démontre la chercheuse Diane Mason, Hillary n’a rien étudié du tout et s’est contenté de répéter des informations fournies par le Committee for Monitoring the Impact of Peace, un organisme de propagande israélienne dirigé par un lobbyiste d’extrème droite, Itamar Marcus.

L’objectif du CMIP, tout comme les autres officines de propagande israélienne telles que MEMRI, CAMERA, Debka, est d’alimenter la machine médiatique avec des articles qui démontrent la perfidie et le caractère nocif du monde arabe ainsi que de la religion musulmane. La plupart des articles se basent sur des traductions biaisées, sorties de leur contexte et manipulées de manière à prouver que l’islam est le nouveau nazisme et que toute personne qui ose mettre en doute la validité des initiatives politico-militaires israéliennes est soit un barbu infiltré ou bien un naïf mal informé. Dans le cas présent, les “recherches” ménées par CMIP et les conclusions qu’il en tire sont totalement fausses. Les livres mentionnés existent en effet, mais il s’agit en fait d’anciens livres Jordaniens et Egyptiens qui ont été remplacés depuis belle lurette par des livres produits (avec beaucoup de difficultés à cause des blocages israéliens) par l’Autorité Palestinienne. Les nouveaux livres ne contiennent aucun des éléments cités par CMIP et repris par Mme Clinton. Le CMIP l’a d’ailleurs reconnu dans un interview donné à Diane Mason, publié sur son site. Les nouveaux livres de classe Palestiniens n’incitent pas à la haine des juifs ni à la destruction d’Israël.

Comme le dit Richard Silverstein : “Clinton est dotée d’une équipe d’assistants de premier ordre. Il aurait été très facile pour elle de vérifier les informations, avant de les utiliser comme argument de campagne pour se faire bien voir du lobby communautariste d’extrème droite. Mais elle ne l’a pas fait. Cela en dit long sur son attitude vis à vis de la vérité”( . . .) http://www.richardsilverstein.com/tikun_olam

5. Hillary ment sur son C.V. : Sur le site Web de campagne d’Hillary Clinton on peut lire que, en tant que Première Dame, elle a activement travaillé à la préparation de la loi sur les congés maternité et parentaux (FMLA - Family and Medical Leave Act). A la lire, on pourrait croire que la brillante avocate Clinton a contribué de manière importante à rédiger et mettre en oeuvre cette loi. Mais c’est totalement faux, et c’est encore une fois le calendrier qui en apporte la preuve. . . Bill Clinton a pris ses fonctions présidentielles le 20 janvier 1993 et la loi FMLA, qui était en préparation depuis l’ancienne Administration, a été signé quinze jours plus tard, le 5 février 1993. . .

Et des comme ça, on en a des tonnes… Gregor Seither - IES News Service - 26/03/2008] Posted by libertesinternets  http://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/26/ce-nest-pas-la-premiere-fois-quhillary-clinton-nous-raconte-des-carabistouilles/ sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Merkel : les Allemands ont "honte" de l’Holocauste.

Les Allemands ont "honte" de l’Holocauste, a déclaré mardi à Jérusalem Angela Merkel lors d’un discours historique devant la Knesset , le Parlement de l’autorité d’occupation, au troisième jour de sa visite destinée à marquer le 60e anniversaire de la création d’Israël. Merkel a entamé son discours par une phrase en hébreu, remerciant les parlementaires de lui avoir accordé le "grand honneur" de s’exprimer devant eux, en allemand. "L’assassinat en masse de six millions de juifs, perpétré au nom de l’Allemagne, a provoqué une souffrance indescriptible au peuple juif, à l’Europe et au monde entier", a déclaré Merkel, soulignant que " la Shoah nous remplit, nous les Allemands, de honte. J e m’incline devant les rescapés et devant tous ceux qui les ont aidés à survivre", a-t-elle ajouté. Le discours de 20 minutes de Merkel a été salué par une ovation des députés. … (18 mars 2008 – Al-Oufok avec les agences de presse

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26/03/2008

N°343-Les Dossiers d'Irak 25/03 (Début) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction

N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                       Par M.Lemaire         


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire :

Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres?

Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève",

L'armée du Mahdi en action

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir ?

2 Brèves

2-1 Le nombre total de détenus à Cropper et Bocca est passé d'environ 26.000 à quelque 23.000, a dit un officier.

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Hocine Malti : Les guerres de Bush pour le pétrole.

3-2 Point de vue de Danilo Zolo : Irak - La guerre devient globale.



Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres? C'est ce que suggère un texte que s'est procuré vendredi l'Associated Press et qui laisse à l'appréciation des 192 membres de l'ONU de choisir quels pays devraient occuper les nouveaux sièges ainsi créés. Ce document qui s'inscrit dans le cadre d'une réflexion en cours aux Nations unies sur le délicat problème de la réforme de l'assemblée onusienne la plus puissante, laisse également aux 192 Etats-membres le soin de déterminer la durée du mandat de ces nouveaux sièges entre trois options: des mandats de deux ans, cinq ans ou permanents. Le texte abandonne la question sensible du droit de veto à des négociations ultérieures.

De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'élargissement du Conseil de sécurité de manière à ce que le principal organe de l'ONU reflète davantage le monde d'aujourd'hui et non plus seulement les plus grandes puissances de l'après Seconde Guerre Mondiale, date de création des Nations unies. Mais toutes les précédentes tentatives, depuis 1979, ont échoué à cause des rivalités entre pays-membres sur la taille et la composition d'un conseil élargi. Les profondes divisions sur le sujet ont contraint l'Assemblée générale de l'ONU à laisser en suspens trois propositions de résolution contradictoires en 2005. Le dénommé Groupe des Quatre -Allemagne, Japon, Brésil et Inde- aspire à des sièges permanents sans droit de veto dans un conseil de sécurité élargi à 25 membres.

Un autre groupe de pays d'importance moyenne, dont l'Italie et le Pakistan, qui se baptisent eux-mêmes Union de consensus, veut un conseil de 25 membres avec 10 nouveaux sièges non permanents.L'Union africaine, dont les 53 membres soulignent que leur continent est le seul à ne pas disposer d'un siège permanent au conseil, veut ajouter 11 nouveaux sièges -six permanents dont deux pour l'Afrique avec droit de veto, et cinq non permanents. La nouvelle ébauche de proposition stipule que ces différents groupes maintiennent leurs positions, mais que l'impossibilité de les concrétiser cède désormais la place à "une apparente volonté de négociation sur la base d'une réforme intermédiaire qui passerait par l'identification du plus grand dénominateur commun à ce stade". Plus de 50 ambassadeurs représentant les principaux groupes ayant intérêt à ce que le conseil soit réformé, ont participé mardi à une réunion pour discuter de la nouvelle proposition sous l'égide de l'ambassadeur d'Allemagne auprès de l'ONU, Thomas Matussek. Sur les sept nouveaux sièges prévus par ce texte, deux seraient alloués à des pays africains, deux autres à des pays asiatiques, un à l'Amérique latine et aux Caraïbes, un à l'Europe de l'Ouest et un à l'Europe de l'Est.   Le texte a été élaboré par les ambassadeurs des Pays-Bas, de Roumanie, de Malaisie, de Grande-Bretagne, de Chypre et d'Allemagne avec le soutien des Bahamas et une forte participation de l'Italie, a indiqué Matussek.  Source : Edith M. Lederer AP – Samedi 22 mars


Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève", Dimanche, à l'issue d'une réunion de ses chefs, le mouvement Sadr pour l'ouest de capitale (divisée en deux par le fleuve Tigre) a appelé à la fin des opérations contre l'armée du Mahdi et à la libération des miliciens actuellement emprisonnés, exigeant également "des excuses officielles" du gouvernement. "Si le gouvernement ne répond pas à nos demandes d'ici 24 heures, nous aurons plusieurs moyens de répondre: la plus simple pour commencer sera la grève et la désobéissance civique", avaient affirmé ces responsables sadristes. L'armée du Mahdi, a annoncé lundi s'être "mise en grève" dans la partie ouest de Bagdad, dans un mouvement de "désobéissance civique" pour protester contre les arrestations de ses membres. "Le gouvernement n'a pas répondu à nos demandes, nous avons donc décidé de nous mettre en grève ce jour à partir de 15H00 (12H00 GMT) et de lancer un mouvement de désobéissance civique", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de l'armée du Mahdi dans l'ouest de la capitale, Abdallah Rikabi. "Ce mouvement sera pacifique, nous ne forcerons personne à fermer boutique et seuls ceux qui veulent y prendre part y participeront", a affirmé M. Ribaki. Plusieurs rassemblements ont été signalés dans l'après-midi dans des quartiers de l'ouest de la capitale, notamment à Al-Baya, Al-Sholla, et al-Amel, traditionnels fiefs de l'armée du Mahdi. La milice entend ainsi protester contre les opérations menées ces dernières semaines par l'armée américaine et les forces de sécurité irakiennes contre ses membres. Moqtada Sadr respecte depuis fin août 2007 un cessez-le-feu unilatéral et sa milice, l'une des plus puissantes du pays avec plusieurs dizaines de milliers de combattants, s'est abstenue de toute opération contre l'armée irakienne et les troupes américaines. Le gel des activités de l'armée du Mahdi a contribué à une diminution substantielle des attaques contre l’ennemi en Irak. Mais des éléments indisciplinés sont encore actifs. Ces groupes sont systématiquement pourchassés par l'armée irakienne et les troupes américaines, et des affrontements ont régulièrement lieu à Bagdad et dans plusieurs villes du sud chiite du pays. Des courants au sein du mouvement sadriste ont exhorté Sadr à donner l'ordre de reprendre les armes, mais il s'en tient pour le moment à sa trêve renouvelée en février. (Source : AFP / 24 mars)


L'armée du Mahdi en action

25-03  Des salves de roquettes et de mortier ont été tirées durant la journée contre des bases militaires américaines à Bagdad et la "zone verte" ultra-fortifiée, où se trouvent les bâtiments du gouvernement et les ambassades des pays participant à la coalition militaire occidentale d'occupation.(Reuters) Tabassum Zakaria Reuters - Vendredi 21 mars, 17h46

25-03 L'armée irakienne a entrepris de rétablir son autorité sur Bassorah où de violents combats étaient signalés avec l'Armée du Mahdi qui se disputent le contrôle de la grande ville du Sud environnée de 80% des réserves pétrolières du pays. les combats ont fait tués 40 personnes et blessées 200, a indiqué à Reuters un responsable médical. "Je confirme que le bilan des morts s'élève à 40 et que 200 personnes ont été blessées entre le début des affrontements hier (mardi) et 09h00 (06h00 GMT) ce matin. Les victimes sont des civils, des miliciens et des militaires", a déclaré le responsable, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat. Les sadristes, se sont également soulevés dans plusieurs autres villes où ils ont manifesté et ont affronté les forces de police.. Dans un communiqué publié à Nadjaf, Sadr, fait un appel : "Nous appelons tous les Irakiens à organiser des sit-ins dans tout l'Irak en premier lieu. Si les exigences du peuple ne sont pas respectées par le gouvernement, la deuxième étape sera de déclarer la révolte civile à Bagdad et dans toutes les autres provinces", a-t-il averti en évoquant en outre une "troisième mesure", qu'il a jugé "prématuré" de dévoiler. Selon des sources policières, les sadristes ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville de Kout, dans le sud du pays. Des affrontements entre la police et des miliciens armés sadristes ont également été signalés à Samoua, Hilla, Nassiriya et Diouaniya.

A Bagdad, des combats y ont éclaté en plusieurs points entre Armée du Mehdi et milice Badr, la branche armée du Conseil suprême islamique en Irak (CSII), l'autre principal courant chiite national, que les sadristes accusent Washington de soutenir. Peter Harling, analyste de l'International Crisis Group basé à Damas, estime que l'appel à la désobéissance civile de Sadr, reflète la pression croissante de sa base qui estime que sa trêve a été utilisée par le pouvoir pour liquider le mouvement. Des policiers irakiens en patrouille dans le quartier de Chourta, à Bagdad, ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi par des membres de l’Armée du Mahdi, malgré le cessez-le-feu proclamé par leur chef de file, l’imam Moktada Sadr. . (Reuters- Aref Mohammed, version française Gregory SchwartzMarc Delteil et Gwénaëlle Barzic



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir?

Michael Calingaert, politologue américain, répond aux questions de Sébastien Faure sur la place de la guerre dans la campagne américaine. [TSR] La guerre en Irak débutait il y a 5 ans. Quel bilan tirer de cette aventure? Qui de Clinton, Obama ou McCain est à même de sortir de cette crise? Esquisse de réponse avec deux politologues américains: Michael Calingaert et Daniel Warner.
Le 19 mars 2003, le premier missile américain s'abattait sur Bagdad. Cinq ans plus tard, le dossier irakien s'ajoute à la crise économique dans l'agenda des candidats à la présidence des Etats-Unis.
Et la question du retrait des troupes ou de l'envoi de contingents supplémentaires prendra de plus en plus d'ampleur d'ici novembre selon Michael Calingaert, politologue à la Brookings Institution à Washington
  http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=... 20-03



2 Les Brèves

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

Un corps médical décimé par la guerre, des malades condamnés à se procurer eux-mêmes leurs médicaments : déjà en mauvais état avant l’invasion américaine il y a cinq ans, le système sanitaire irakien se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement. Les médecins spécialistes sont difficiles à trouver. Bagdad, une ville de cinq millions d’habitants, ne dispose pas d’un neurochirurgien, déplore le Dr Hussein al-Hilli, directeur de l’hôpital Ibn Albitar de Bagdad. "C’est quelque chose de terrible, parce qu’il y a énormément de lésions, notamment de la moelle épinière", ajoute ce responsable qui décrit "une pénurie importante de médicaments, un manque de tout", comme du soluté intraveineux. "Cette simple chose, nous ne l’avons pas." Comme beaucoup d’autres domaines, la crise que traverse le système de santé irakien est vaste et complexe, et il n’existe pas de solution rapide pour améliorer les conditions de travail des médecins et la prise en charge de patients. Les médicaments mettent si longtemps à arriver que les Irakiens hospitalisés pour des maladies aussi graves qu’un cancer doivent fournir les leurs. "Quand vous avez besoin d’un traitement, vous allez directement à la pharmacie. On sait qu’on n’obtiendra rien à l’hôpital", déplore Ahmed Khalil, 38 ans, propriétaire d’un garage à Fallujah. Et quand les étagères des pharmacies sont vides, les Irakiens se tournent vers le marché noir. "Avant l’invasion, nous avions notre part des médicaments provenant de l’entrepôt du gouvernement", raconte un pharmacien bagdadi, que la peur des représailles oblige à parler sous le couvert de l’anonymat. Les hôpitaux et cliniques obtiennent des médicaments, mais rarement en quantité suffisante, ajoute-t-il. "Quelquefois, nous obtenons des médicaments volés par les employés qui travaillent à l’entrepôt ou dans les hôpitaux", poursuit-il. Au pire, les médicaments de marché noir sont des contrefaçons, ajoutent les patients, les médecins et les pharmaciens. Selon les chiffres communiqués en début d’année par le ministre de la Santé irakien, 618 personnels médicaux, dont 132 médecins, ont été tués dans le pays depuis 2003. Par ailleurs, des centaines, peut-être des milliers de personnes du monde médical ont sans doute fui vers le nord de l’Irak, au Kurdistan, et vers les régions voisines. (Al-Oufok avec les agences de presse


2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

De nombreux Irakiens n’ont toujours pas accès aux services de première nécessité, comme les soins de santé, de l’eau propre ou des sanitaires, cinq ans après le début de l’invasion de leur pays par la coalition conduite par les Etats-Unis, selon un rapport publié lundi par le Comité international de la Croix-Rouge .La situation humanitaire en Irak figure parmi les plus critiques du monde, estime le CICR, qui ajoute que le conflit actuel a accentué l’impact des précédentes guerres et des années de sanctions internationales. Les hôpitaux irakiens manquent de personnel qualifié et des médicaments les plus ordinaires, les locaux ne sont pas correctement entretenus, et les établissements publics ne disposent que de 30.000 lits, alors qu’il en faudrait presque trois fois plus -80.000. Rares sont les habitants qui peuvent se payer les cliniques privées à 2 ou 7 dollars (€1,30-€4,50) la consultation dans un pays où le salaire quotidien moyen n’atteint pas les 5 dollars (€3,20). Selon la Croix-Rouge qui cite les autorités irakiennes, plus de 2.200 médecins et infirmières ont été tués et plus de 250 enlevés depuis le début de la guerre en mars 2003. Sur les 34.000 médecins enregistrés en 1990, au moins 20.000 ont depuis quitté le pays. Le CICR constate par ailleurs que la fourniture d’eau s’est également détériorée depuis un an, ce qui se traduit par des coupures et l’utilisation d’eau de mauvaise qualité pour des millions d’Irakiens. Les familles ne disposant que d’un revenu dépensent la moitié de cet argent, soit environ 50 dollars (€32) par mois, rien que pour l’eau. La responsable des opérations dans la région souligne que si la sécurité s’est améliorée dans certaines zones du pays, il faut s’attacher à rétablir l’accès de la population aux services de première nécessité pour éviter que la situation humanitaire ne continue de se dégrader. "Une meilleure sécurité dans certaines parties de l’Irak ne doit pas détourner l’attention du marasme dans lequel se trouvent des millions de personnes à peu près abandonnées à leur triste sont livrées à elles-mêmes", a souligné Béatrice Mégevand-Roggo. (Al-Oufok avec les agences de presse)


3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Hocine Malti : Les guerres de Bush pour le pétrole. La guerre en Irak puis son envahissement par l’armée américaine avait pour motif officiel la recherche d’armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé posséder ; on se souvient de la prestation ridicule de Colin Powell, secrétaire d’Etat, devant le Conseil de sécurité des Nations Unis, expliquant à la planète entière comment les "chercheurs" irakiens préparaient ces armes à l’intérieur de cabines ressemblant à des camping cars. Depuis tout le monde a compris que la véritable motivation américaine était de s’emparer des immenses richesses pétrolières du pays.  A la veille de l’invasion de l’Irak, plus de la moitié du pétrole brut consommé aux Etats-Unis provenait de l’exportation ; c’était une situation insoutenable selon les termes de la doctrine pétrolière de George W. Bush, telle qu’élaborée par le NEPD group.Les néo cons de la Maison Blanche avaient décrété, bien avant l’élection de novembre 2000, que l’Irak avec ses 10 000 à 30 000 milliards de dollars de réserves pétrolières était vital pour les intérêts nationaux sécuritaires des Etats-Unis. Dans le chapitre ayant pour titre "Rebuilding America’s Defence", contenu dans le programme qu’ils avaient préparé en vue de la conquête de la Maison Blanche (The project for a new American century), ils annonçaient qu’ils s’attacheraient, une fois arrivés au pouvoir, à sécuriser et à étendre l’influence américaine au monde entier ; dans le cas particulier de l’Irak et de la Corée du Nord, leur but était de détrôner les dirigeants de ces deux pays. Ils savaient par avance que la mise en application d’un tel programme coûterait extrêmement cher, entraînerait des guerres et risquait de ne pas être avalisé par le peuple américain ; il fallait donc, disaient-ils, "pour changer les mentalités aux USA et vaincre les résistances éventuelles, que le pays subisse un nouveau Pearl Harbour !"      Dans ses mémoires "The price of loyalty" (Le prix de la loyauté), Paul O’Neil, secrétaire au Trésor au moment des faits, rapporte que lors de la première réunion du Conseil national de sécurité, tenue le 30 janvier 2001, soit une dizaine de jours après l’arrivée de George W. Bush à la Maison Blanche , Donald Rumsfeld, secrétaire à la défense, déclarait : « Nous devons laisser tomber la politique de Clinton sur Israël et la Palestine et aller chercher Saddam ».  Cette recommandation fut transmise au groupe du NEPD qui décida alors qu’augmenter la part des Etats-Unis dans la production et la commercialisation du brut dans le monde devrait être la principale préoccupation de la politique énergétique américaine au plan international, la recherche d’alternatives au pétrole ou la conservation d’énergie ne venant qu’en deuxième ou troisième position. Il était dit dans le rapport établi par ce groupe que "le but principal de l’administration serait de convaincre, voire obliger les états de la région [le Moyen Orient] d’ouvrir leurs zones pétrolifères à l’investissement étranger et remplacer le contrôle national, c'est-à-dire celui de l’OPEP, par le pouvoir de décision des multinationales soumises  au contrôle de l’Amérique et sensibles aux intérêts de l’Occident".  Les choses allaient devenir encore plus claires suite à la plus grande collaboration qui s’instaura alors entre le NSC (National Security Council) et le NEPD et à la fusion de leurs objectifs respectifs ; ainsi, "revoir la politique opérationnelle à adopter envers les états voyous", des uns (le NSC), devint "les actions à mener pour capturer des champs de pétrole et gaz existants ou à découvrir", des autres (le NEPD).

C’est toujours Paul O’Neil qui nous dit cela dans ses mémoires, lui qui a été membre des deux groupes ; il nous rapporte aussi qu’en mars 2001, les plans pour envahir et occuper l’Irak étaient déjà prêts et qu’il y était prévu, la prise en mains des champs pétroliers, l’installation de forces de "maintien de la paix" et la création de tribunaux pour juger les crimes de guerre.  De son côté Alan Greenspan, ex président de la Réserve fédérale, nous dit dans ses mémoires "The age of turbulence" (L’âge de la turbulence) : « Je suis atterré de constater qu’il est  politiquement incorrect d’admettre ce que tout le monde sait, à savoir que la guerre en Irak a  pour raison essentielle le pétrole ». Il explique clairement « qu’à partir du moment où l’ex-  allié Saddam Hussein était devenu un ennemi, il fallait l’enlever pour que la source du pétrole irakien ne reste plus entre ses mains et soit transférée aux forces du marché », c'est-à-dire les multinationalesTout comme les membres du NEPD Group, Alan Greenspan pensait qu’il fallait soustraire le pétrole au contrôle de Saddam, mais aussi à celui de tout gouvernement irakien ; ainsi disait-il, « on empêcherait une OPEP affaiblie d’exercer une  pression quelconque sur les Etats-Unis ». La vision des néo cons de la Maison Blanche allait d’ailleurs au-delà, puisque pour eux l’Irak ne représentait qu’une première étape, le but ultime étant l’Iran. Leur mot d’ordre de l’époque était "Everyone wants to go to Baghdad . Real men want to go to Tehran"(Tout le monde veut aller à Bagdad . Les vrais hommes veulent aller à Téhéran). Mais revenons encore une fois aux mémoires de Paul O’Neil, qui nous rapporte que le point n° 1 de l’ordre du jour de la première réunion du NSC, tenue le 30 janvier 2001, soit quelques jours après l’arrivée de George W. Bush à la Maison Blanche , était l’Irak. La réunion suivante, tenue le 1er février 2001, ne portait elle que sur  l’Irak. Parmi les documents remis aux membres du NSC, figurait une étude de la DIA (Defence Intelligence Agency) qui listait les champs de pétrole et de gaz irakiens avec leurs caractéristiques, qui indiquait quelles seraient les compagnies pétrolières américaines candidates à la prise en mains de ces champs, ainsi que les blocs d’exploration à attribuer avec des propositions quant aux éventuels attributaires.  Un autre témoignage nous est fourni par Falah Al Jaboury, un consultant pétrolier ayant la double nationalité américaine et irakienne et qui avait déjà servi de contact avec Saddam Hussein, du temps de la présidence de Ronald Reagan ; il nous dit comment pendant que Colin Powell cherchait à nous convaincre que la guerre qui se profilait contre l’Irak avait pour unique but la recherche d’armes de destruction massive, le Département d’Etat était en possession d’un plan pour le pétrole irakien, établi par les "majors" pétroliers, avec l’assistance de l’université Rice au Texas, qui prévoyait de maintenir en l’état la compagnie nationale des pétroles INOC, mais d’y nommer des managers acquis aux thèses américaines, avant de l’ouvrir à la privatisation. De son côté, la BBC a diffusé le plan secret du Pentagone, établi avant la guerre, qui consistait à vendre tous les gisements pétroliers irakiens aux multinationales et à augmenter la production de tous les champs nettement au-delà du quota arrêté par l’OPEP, de manière à  affaiblir puis détruire cette organisation.  La revue spécialisée Oil & Gas International révélait, dans une parution d’octobre 2002, sa version des plans pétroliers de George W. Bush pour l’Irak, en 3 points : 

a/ - Comment réhabiliter l’industrie pétrolière irakienne et comment augmenter l’exportation  de pétrole pour couvrir le coût de l’occupation militaire du pays ; 

b/ -  Fallait-il revoir la participation de l’Irak à l’OPEP ? 

c/ - Fallait-il ou non honorer les contrats attribués par Saddam Hussein à des compagnies pétrolières non américaines ? 

Rappelons enfin comment l’armée américaine, une fois entrée dans Bagdad, avait laissé faire des bandes de casseurs qui avaient envahi tous les bâtiments publics, y avaient dérobé tous les objets de valeur et y avaient souvent mis le feu ; il n’est pas jusqu’aux musées qui n’ont été laissé à l’abandon et d’où ont disparu des trésors de l’humanité, dont certains ont été ensuite retrouvés aux Etats-Unis. Un seul bâtiment a échappé à ce genre de razzia, le ministère des pétroles qui a été gardé comme une véritable forteresse.  Mais là n’est pas la fin de l’histoire. S’accaparer des immenses richesses pétrolières de l’Irak continue d’être l’unique objectif de l’administration américaine et des Républicains en particulier. N’a-t-on pas entendu John Mc Cain déclarer que, si nécessaire, l’armée américaine resterait encore mille ans en Irak ?  La privatisation de l’entreprise nationale des pétroles n’a cependant pas abouti en raison de l’opposition d’une partie du clergé chiite et de la résistance irakienne. C’est à partir du moment où ont commencé à circuler les rumeurs de privatisation que celle-ci a déclenché des opérations de sabotage des installations pétrolières, des pipelines en particulier. Un seul a échappé à la vague de dynamitage, c’est l’oléoduc qui évacue le pétrole de la région de Kirkouk, au nord de l’Irak vers le terminal de Ceyhan en Turquie. Ce n’est pas par hasard que ce pipeline a d’emblée été ultra sécurisé ; l’administration américaine tenait à favoriser, par ce geste, le pouvoir en place au Kurdistan pour la loyauté et le soutien qu’il lui avait exprimés depuis longtemps. L’idée derrière ce calcul était de provoquer la guerre civile dans le pays,  voire la scission en trois zones autonomes, (nord, sud et centre), car il était prévu que chacune de ces zones collecterait à son seul bénéfice les revenus engrangés par les richesses pétrolières qu’elle recèle. Sachant que le pétrole se trouve essentiellement au nord et au sud de l’Irak, que la région de Bassorah est restée relativement calme depuis le début du conflit, c’était aussi là une manière de sanctionner la région centre, celle qui avait détenu le pouvoir du temps de Saddam Hussein. Ce calcul a failli réussir car il correspondait, dans une certaine mesure, au ressentiment éprouvé par les populations du nord et du sud, vis-à-vis de leurs concitoyens du centre du pays.    C’est finalement grâce à la sagesse et à la clairvoyance de certains députés - il en existe encore, ce qui n’est pas le cas des parlementaires et du président algériens qui ont été sur le point de brader les richesses pétrolières de leur pays en raison, nous avait-on dit, des menaces proférées par les Américains - mais c’est grâce aussi au réflexe patriotique d’une partie du clergé chiite, que le pétrole irakien n’est pas tombé dans l’escarcelle américaine. C’est la nouvelle constitution irakienne, adoptée par référendum en octobre 2005 qui a, en fin de compte, tué l’idée de privatisation, puisque l’article 109 de ce texte dit clairement que les hydrocarbures sont propriété nationale irakienne. 

lire fin sur       http://www.algeria-watch.org/

N°343-Les Dossiers d'Irak 25/03 (suite) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction

N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                                           Par M.Lemaire         


Sommaire : (suite) 3-3 Point de vue de Alain Gresh : Guerre d'Irak, cinq ans déjà ...

3-4 Point de vue de Luis Lema : Cinq ans après, les dessous d'une guerre d'Irak qui devait durer trois mois. 

3-5 Point de vue de Adriana Evangelizt  : Cinq ans de guerre en Irak: Bush ne regrette rien.

3-6 Point de vue de Thierry Meyssan : Bilan et perspectives en Irak.

3-7 Point de vue de Patrick Cockburn : Irak = cinq années d’occupation, cinq années de destruction.


 3-3 Point de vue de Alain Gresh : Guerre d'Irak, cinq ans déjà ...

Il y a cinq ans, les Etats-Unis se lançaient à l’assaut de l’Irak. Plusieurs centaines de milliers de civils irakiens tués (et 4000 soldats américains) plus tard, il apparaît de plus en plus que cette guerre aura été une des plus grandes catastrophes que le Proche-Orient ait connue depuis cinquante ans. Et ses conséquences seront sans doute bien plus durables que celles que la guerre du Vietnam a eu sur l’Asie. On se rappelle que les deux prétextes de cette guerre étaient les armes de destruction massive, dont il a été prouvé qu’elles n’existaient pas, et le lien entre Saddam Hussein et le terrorisme (la moitié des Américains étant convaincus que le dictateur irakien était derrière les attentats du 11-Septembre). Début mars, le Pentagone a publié un rapport fondé sur 600 000 documents examinés démontrant qu’il n’existait aucune relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein.

Mais la transparence a des limites.

Comme le rapport ABC News, le 12 mars, dans « Pentagon Report on Saddam’s Iraq Censored ? », le Pentagone a annulé l’envoi d’un communiqué de presse sur le rapport et a décidé de ne pas le publier en ligne. Il ne sera fourni qu’à ceux qui en feront la demande et sera envoyé par la poste ! ABC a mis en ligne un résumé du rapport « Iraqi perspective project. Saddam and terrorism : Emerging insight from Captured Iraqi documents Volume 1, redacted) » Le rapport affirme que Saddam Hussein a soutenu des groupes terroristes, notamment palestiniens. Mais il insiste : « Les principales cibles des opérations terroristes de l’Etat irakien étaient les citoyens irakiens, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak. » En revanche, le rapport dément toute relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein. ABC rappelle une des déclarations de George W. Bush rapportée par le Washington Post du 18 juin 2004 : « La raison pour laquelle j’ai continué à insister sur la relation entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida, c’est parce qu’il y avait une relation entre l’Irak et Al-Qaida. » Cette interprétation du rapport est contestée par un néoconservateur William Kristol, dans The Weekly Standard, « Gunsmoke Why is the Bush administration silent on the new Pentagon report ? » (24 mars 2008). Selon lui, le rapport intégral précise, en page 42, que « Saddam soutenait ou des groupes directement liés à Al-Qaida (comme le Djihad islamique, dont le dirigeant fut à un moment Ayman Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden) ou qu’il partageait les buts affirmés par Al-Qaida et ses objectifs ». On peut pourtant douter que Saddam soutenait l’idée d’un Etat islamique ; quant à partager les buts d’Al-Qaida, s’il s’agit du départ des Etats-Unis de la région, on peut dire qu’ils sont ceux de la grande majorité de l’opinion publique. Le New York Times du 16 mars a demandé à neuf "experts" ou responsables de donner leur point de vue de l’époque sur l’invasion de l’Irak et la manière dont ils voient la situation aujourd’hui (« Reflections on the Invasion of Iraq »). Parmi eux Paul Bremer III (le premier proconsul américaine en Irak) et Richard Perle, un des théoriciens néoconservateurs. Je posais la question ici même de savoir si « les Etats-Unis vont-ils gagner la guerre en Irak ? » en expliquant que Washington mettait en avant la diminution des pertes américaines et civiles irakiennes dans les derniers mois. Un article du Washington Times du 15 mars, « Iraqi civilian deaths rise again » (Sharon Behn), actualise ces données. Selon la journaliste 422 Irakiens ont déjà été tués en mars, contre 544 pour tout le mois de janvier et 674 pour le mois de février. Ainsi, la tendance à la baisse des victimes irakiennes aurait été enrayée.     Alain Gresh  16 mars 2008 Source : Carnets du diplo http://blog.mondediplo.net/...


3-4 Point de vue de Luis Lema : Cinq ans après, les dessous d'une guerre d'Irak qui devait durer trois mois. 

Là, on est déjà plus près de la vérité que des mensonges de Cheney. Charles Ferguson dénonce dans son livre une occupation conduite avec «arrogance, stupidité et incompétence». Et si le bilan était encore plus désastreux que prévu? Cinq ans après, tout semble dit sur les mensonges et les incohérences qui ont entouré le lancement de la guerre d'Irak. Et pourtant... «Même dans mes cauchemars les plus sauvages, je n'avais pas imaginé que l'occupation de l'Irak puisse avoir été conduite avec une telle arrogance, stupidité et incompétence», écrit Charles Ferguson, qui a passé plusieurs années à en étudier les contours et à interviewer ses principaux acteurs. La progressive «descente au chaos» qu'il décrit n'a pas seulement valeur historique: elle jette une lumière crue sur la situation actuelle en Irak, où les attentats ne cessent de faire chanceler les promesses d'une pacification.
Ni le président Bush, ni le vice-président Dick Cheney, ni Donald Rumsfeld, ni Colin Powell, ni Condoleezza Rice, ni Paul Bremer n'ont accepté de répondre aux questions de Ferguson, un docteur en science politique qui a remué ciel et terre pour mener son enquête. Mais ils sont beaucoup d'autres à avoir été ravis, et sans doute soulagés, de vider leur sac. L'année dernière, l'enquêteur en avait fait un documentaire, nominé aux Oscars et gratifié de nombreux prix. Aujourd'hui, c'est un livre qu'il publie*, réunissant sur plus de 600 pages un réquisitoire accablant.
Il avait fallu aux Etats-Unis plus d'un an de travail pour préparer la forme que prendrait l'Allemagne d'après le nazisme. Pour l'Irak, cela s'est décidé en quelques semaines. Et encore: «La préparation de l'après-guerre était totalement absente, aussi bien chez les militaires que les civils, explique aujourd'hui Lawrence Wilkinson, ancien bras droit du secrétaire d'Etat Colin Powell. Après la chute de Bagdad, ils ne voulaient pas être arrêtés par les devoirs de l'occupation, de la reconstruction du pays ou de quoi que ce soit d'autre. La préoccupation était d'amener l'armée puis de la faire ressortir. C'était la vision du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld
Pour mettre en œuvre cette vision d'une guerre qui prendrait tout au plus trois ou quatre mois, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz, les chefs du Pentagone, ont systématiquement écarté tous ceux qui, au sein du Département d'Etat, connaissaient le mieux la région du Proche-Orient et la problématique du rétablissement de la paix. Les quelque 160 personnes qui seront dépêchées à Bagdad pour gérer un pays de 25 millions d'habitants n'ont pour la plupart aucune expérience. «Leurs parents avaient financé la campagne (du Parti républicain) et ces jeunes étaient envoyés pour avoir un peu de fun, du voyage et de l'aventure», commente Paul Hugues, qui était à la tête de l'effort de reconstruction, au sein d'une équipe qui a mis des semaines à obtenir ne serait-ce que des téléphones.

C'est par exemple un jeune diplômé qui est chargé de prendre en mains le système d'éducation irakien. Au Koweït, c'est de sa propre initiative que cet historien établira une liste des principaux bâtiments irakiens à protéger, au premier rang desquels le Musée national de Bagdad. Mais lorsque les pillages commenceront, personne ne tiendra compte de ses remarques. Seul le Ministère du pétrole sera entouré par les soldats américains.

L'objectif est toujours le même: s'impliquer le moins possible dans une spirale qui, de l'avis du Pentagone, ne doit concerner que les Irakiens eux-mêmes. Mais les pillages, dont on ne cessera de sous-estimer l'importance et qui ont de fait fini de mettre le pays à genoux, agiront comme un révélateur : au fil des témoignages, il apparaît que la confiance des Irakiens est désormais perdue envers ces occupants dont personne ne pouvait imaginer qu'ils puissent être aussi mal préparés.

En mai 2003, la nomination de Paul Bremer comme directeur de la reconstruction et de l'assistance humanitaire ne fera qu'accélérer le processus. En dépit du bon sens, et prenant le contre-pied de toutes les décisions précédentes, il proclame les fameuses «débaassification» de l'administration et le démantèlement de l'armée irakienne. Plus d'un million d'hommes en âge de se battre sont jetés dans les rues sans compensation. Ils auront tôt fait d'alimenter les rangs de la «résistance» et les luttes ethniques qui déboucheront sur une guerre civile.

Parmi beaucoup d'autres, ce constat a abasourdi Charles Ferguson: le locataire de la Maison-Blanche semble pratiquement absent des décisions qui ont transformé l'expédition irakienne en cauchemar. «Clairement, le président devait être content de l'équipe qu'il avait mise en place», analyse Richard Armitage, sous-secrétaire d'Etat jusqu'en 2005. Malgré le départ de Paul Bremer et des «cerveaux» du Pentagone, le gros de cette équipe est toujours aux commandes à Bagdad. «Le président doit donc être satisfait des conseils qu'elle lui fournit. Je ne vois pas d'autre explication.»
    Luis Lema, New York 20 mars 2008   *No End In Sight, PublicAffairs, New York .Sources Le Temps Posté par Adriana Evangelizt


3-5 Point de vue de Adriana Evangelizt  : Cinq ans de guerre en Irak: Bush ne regrette rien.

Quand on voit le couple Bush-Cheney, ces deux menteurs, ces deux criminels de guerre qui devraient être destitués, jugés et subir le même sort qu'ils ont fait subir à Saddam Hussein, notre haine est à son maximum. Plus d'un million d'Irakiens ont perdu la vie à cause de ces deux pourris et des grands pontes sionistes, l'Irak est en ruines et ils osent encore faire les fanfarons. Alors qu'on faisait remarquer à Cheney que 64 % des Américains étaient contre la guerre, il a répondu avec morgue : "Et alors ?". On se retient pour ne pas être vulgaires devant ces crapules innommables. Avec tout le malheur qu'ils ont semé, qu'ils sèment encore... et la façon dont ils éreintent le Peuple Américain. Mais quelle honte pour l'Humanité des individus aussi infects. Quelle honte !

Si une justice existe, que l'on soit débarrassé de toute cette lie qui corrompt notre monde. Cela devient de plus en plus insupportable et les Peuples de toute la planète crient vengeance.  Bush a marqué le cinquième anniversaire de la guerre en Irak mercredi en disant ne pas regretter une décision toujours contestée et en faisant miroiter une "victoire stratégique majeure" malgré l'incertitude sur l'issue du conflit. Cinq ans après être apparu sur les télévisions pour confirmer que les Etats-Unis avaient, "avec réticence", commencé à bombarder un "régime hors-la-loi qui menace la paix avec des armes de meurtre en masse", M. Bush a déclaré que, malgré le prix "élevé" payé depuis lors, "chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que l'Amérique peut et doit gagner". Dans plusieurs villes, notamment New York et Los Angeles, le mouvement contre la guerre tentait de secouer son relatif engourdissement. "Plus un mort, plus un dollar, pas d'argent pour des crimes de guerre", proclamait une banderole déployée par environ 200 personnes à Washington. Mais, au moment où les Américains attendent qu'il décide bientôt s'il continuera à réduire les effectifs, M. Bush les a prévenus que les gains enregistrés depuis 2007 en Irak étaient "fragiles et réversibles" et qu'il ne ferait rien qui les remettrait en cause. La guerre a tué des dizaines de milliers d'Irakiens et près de 4.000 Américains. Elle a coûté des centaines de milliards de dollars. Elle a renforcé l'influence iranienne. Elle a altéré le crédit de l'administration américaine.

Après l'approbation massive des débuts, elle a profondément divisé les Américains qui ne savent pas quand ni comment prendra fin la deuxième guerre la plus longue de leur histoire moderne, après celle du Vietnam. Un sondage pour la chaîne CBS montre que 64% des Américains estiment que la guerre n'en valait pas la peine. "Et alors ?", a répondu le vice-président Dick Cheney, interrogé à ce sujet par la chaîne ABC. Dans son discours au Pentagone, M. Bush a, lui, jugé "compréhensible" que le débat continue, mais a livré un argumentaire connu: les Américains doivent combattre Al-Qaïda en Irak pour ne pas le combattre aux Etats-Unis, se retirer trop rapidement sèmerait le "chaos" et enhardirait les "terroristes" et l'Iran voisin. Il a surtout fait valoir les progrès accomplis depuis 2007 et la diminution des violences grâce à l'envoi d'environ 30.000 Américains supplémentaires. Ce changement "a fait plus que renverser la situation en Irak. Il a ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme", a-t-il dit, arguant du "premier soulèvement arabe de grande ampleur" contre Al-Qaïda. M. Bush, qui se tenait sur le pont d'un porte-avions devant une banderole proclamant "mission accomplie" le 1er mai 2003, a toutes les peines du monde à convaincre les Américains de l'amélioration irakienne. Il s'en est pris mercredi à "certains à Washington (qui) appellent encore à battre en retraite", les accusant d'arguer à présent du coût financier du conflit parce qu'ils "ne sont plus crédibles s'ils disent que nous perdons la guerre". Avec la menace de la récession, l'économie a supplanté la guerre en tête des préoccupations des Américains. Mais l'avenir de la mission irakienne reste un enjeu majeur de la présidentielle. "A quoi sommes nous arrivés malgré tous ces sacrifices ?", a demandé Barack Obama, candidat démocrate à la succession de M. Bush. "Je fixerai un nouvel objectif dès le premier jour quand je serai commandant en chef: je mettrai fin à cette guerre", a-t-il dit.

La démocrate Hillary Clinton promet elle aussi un désengagement. Mais elle et M. Obama s'opposent sur leurs positions passées ou présentes sur la guerre, et les modalités du retrait.

Quant au républicain John McCain, il a lié la réussite de son entreprise présidentielle au soutien à la mission irakienne et, comme M. Bush, estime qu'un retrait intempestif sèmerait le "chaos". Adriana Evangelizt Sources AFP 20 mars 2008


3-6 Point de vue de Thierry Meyssan : Bilan et perspectives en Irak.

Alors que la presse dominante s’interroge pour savoir si la nouvelle stratégie US en Irak fonctionne où s’il faut vite retirer les GI’s, Thierry Meyssan dresse un double bilan de la guerre d’Irak : celui des faits et celui des mensonges. Il observe le choix de la Maison-Blanche de tout sacrifier pour faire adopter la loi sur le pétrole et l’accord de défense irako-US. Et il en tire les conséquences prévisibles : la relance du conflit, la défaite annoncée dans les marécages d’Al-Basra, et la fin de l’empire états-unien. 21 mars 2008

La presse internationale consacre ses éditions des 19 et 20 mars à dresser le bilan de la guerre en Irak, cinq ans après le début de l’opération anglo-saxonne. Malheureusement, il ne s’agit aucunement d’un bilan politique, uniquement d’un prolongement de la campagne électorale états-unienne visant à répondre à la question du jour : faut-il ou non retirer les GI’s ? Deux arguments cyniques s’opposent. D’un côté les républicains ressassent que « L’escalade (surge), ça marche ! », c’est-à-dire qu’ils finiront bien par écraser cette rébellion et par dominer ce pays. De l’autre, les démocrates brandissent le dernier livre de Joseph Stiglitz, La Guerre de trois mille milliards de dollars, pour réclamer du beurre plutôt que des canons. Aucun des deux camps n’offre la moindre perspective, ni pour la région que les États-Unis ont dévasté, ni pour leur Empire au bord du vide. Il est vrai qu’un bilan politique de la guerre en Irak devrait commencer par l’analyse des mobiles et des moyens mis en œuvres pour y parvenir. Or, ni la presse atlantiste, ni les candidats à la Maison-Blanche ne peuvent s’aventurer sur ce terrain car aucun n’a entrepris le début d’une amorce de reconnaissance de ses erreurs d’analyse et de révision de sa doctrine.

Pas de bilan sans révision des causes  On ne peut comprendre la guerre en Irak si l’on ignore —ou feint d’ignorer— d’une part les intérêts économiques en jeu, les plans sionistes d’autre part, et la coalition de ces deux forces. On ne peut comprendre comment l’administration Bush a plongé les États-Unis dans cette guerre si l’on persiste dans le mensonge du 11 septembre et la fable de la « guerre au terrorisme ». Permettez-moi ici de rappeler comment la presse atlantiste refusa les évidences et persiste dans son erreur. Peu après les attentats de New York et Washington, je publiais un ouvrage de sciences politiques, L’Effroyable imposture, destiné au grand public. Après y avoir démontré l’inanité de la version bushienne des évènements, j’y étudiais en détail les conséquences politiques. J’annonçais ainsi le premier la guerre contre l’Irak que personne n’envisageait à l’époque, mais qui survint néanmoins l’année suivante. Cherchant un argument rapide pour disqualifier mon travail, le quotidien « de référence » (sic) Le Monde assurait dans un éditorial au vitriol que les conséquences de ma version du 11 septembre étaient si grotesques qu’elles suffisaient à démentir mes propos. Edwy Plenel écrivait en riant : « si l’attaque est venue de l’intérieur, et non de l’extérieur, elle est le résultat d’un complot ourdi par les éléments les plus extrémistes de l’armée américaine, qui voulaient obtenir le feu vert du président pour se lancer à l’assaut de l’Afghanistan et bientôt de l’Irak » [1]. Et les dirigeants du Monde, se ruant sur les plateaux de télévision au cri de « Nous sommes tous Américains ! », se gaussèrent en suggérant que j’avais onze ans de retard, l’attaque de l’Irak ayant eu lieu en 1991. Participant à la surenchère, le mensuel Le Monde diplomatique chroniquait mon ouvrage. Serge Halimi centrait son jugement sur une phrase du livre illustrant, selon lui, ma totale incompétence : « La réalité met à mal une autre hypothèse avancée comme élément de preuve. Ainsi on apprend (page 69) qu’ “Henry Kissinger est la figure tutélaire, l’inspirateur des faucons” à l’origine du coup d’État. C’est mal connaître l’histoire américaine » [2]. Problème : le rôle de M. Kissinger dans la préparation de la guerre d’Irak a été attesté depuis par Bob Woodward et le « cher Henry » imposa comme gouverneur d’Irak son protégé et associé, L. Paul Bremer III.

Permettez-moi d’observer que si les pandits se sont trompés, c’est parce que leur base de départ était fausse. Par conséquent, ils ne seront pas capables de comprendre la guerre au terrorisme tant qu’ils n’auront pas fait l’effort de réviser leur vision du 11 septembre.

Je rappelle au bon souvenir de mes contradicteurs que cette divergence de départ nous a conduits à interpréter de manière opposée chaque étape de la guerre d’Irak. Malgré les rapports des inspecteurs de l’ONU sous la direction d’Hans Blix, la presse atlantiste a avalé l’accusation anglo-saxonne selon laquelle Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive et de lanceurs capables de toucher la Grande-Bretagne en 45 minutes et Miami en quelques heures. Puis, elle s’est laissée hypnotiser par le show de Colin Powell au Conseil de sécurité accusant l’Irak laïque de soutenir les extrémistes religieux d’Al-Qaïda. Elle n’a pas douté un instant que les missiles de croisières qui s’abattaient sur Bagdad ne tuaient que les cadres du Baas et épargnaient la population civile. Elle nous a abreuvé d’images de la Libération de Paris où les Français en liesse applaudissaient les GI’s pour nous préparer à « vivre en direct la Libération de Bagdad », et elle a exulté lorsque quelques figurants ont renversé une statue de Saddam Hussein [3]. Elle a caché que l’Autorité Provisoire de la Coalition était une entreprise privée, établie sur le modèle britannique de la Compagnie des Indes et destinée à piller le pays [4] ; au contraire, elle a fait croire à ses lecteurs et téléspectateurs qu’il s’agissait d’un organisme public comparable à ceux qui reconstruisirent l’Allemagne et le Japon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Arrêtons-là cette énumération nauséeuse et posons la problématique centrale : la presse atlantiste et les candidats à la Maison-Blanche persistent à affirmer que cette guerre était juste. Comme le président Bush n’a pas manqué de le souligner, il n’existe de débat que « sur la question de savoir si cela avait valu la peine de faire la guerre, si cela vaut la peine de poursuivre la lutte et si nous pouvons la remporter » [5]. En réalité, c’est une entreprise anachronique de colonisation visant à satisfaire à la fois les intérêts du lobby de l’énergie, du complexe militaro-industriel et de la colonie sioniste de Palestine. Au passage, tordons le cou à quelque uns des poncifs qui noircissent les colonnes des journaux de la semaine. Il est de bon ton de dire que la guerre fut un brillant succès, et que c’est au lendemain de la chute du tyran que les choses se corsèrent. Pouvait-il en être autrement ? L’armée irakienne était placée sous embargo depuis sa défaite de 1991. Autrement dit, elle était désarmée. La Coalition a quand même utilisé des moyens démesurés pour la vaincre, comme on utilise une enclume pour écraser une mouche. Le problème n’était évidemment pas la victoire, mais l’après-Saddam Hussein.
Par ailleurs, la presse atlantiste fait reposer rétrospectivement la responsabilité de l’échec de cette période sur la décision de Paul Bremer de dissoudre l’armée irakienne. Les soldats démobilisés se seraient immédiatement transformés en insurgés. C’est une erreur d’analyse. Lorsque le gouverneur Bremer a dissout l’armée irakienne, celle-ci n’existait déjà plus. Ses hommes avaient préféré déserter que se rendre. Le chaos n’est pas venu de la décision de Bremer, mais du renversement de l’État, lequel était l’objectif de guerre du mouvement sioniste.
Encore une fois, si erreur il y a eu, elle n’est pas dans ce que la Coalition a accompli, mais dans l’interprétation que la presse en a fait.

Le bilan de la guerre pour les arabes, ce sont des souffrances et des destructions : 1 million de morts et 4,5 millions de déplacés et réfugiés ; des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants détenus sans jugement dans des prisons US ou irakiennes ; des régions entières irradiées et polluées jusqu’à en devenir inhabitables ; les vestiges des plus anciennes civilisations urbaines pillés, rasés, voire ensevelis sous l’asphalte. Pour les occidentaux, le bilan c’est le renversement des démocraties par le mensonge et l’obscurantisme, le retour des crimes coloniaux et de la barbarie, la transformation complète de l’économie des États-Unis en économie de guerre. Mais une fois que nous avons ouverts les yeux sur cette noire réalité, nous devons réfléchir à ses développements futurs et à notre capacité de changer le cours de choses plutôt que battre notre coulpe.

Et maintenant ? Que va-t-il se passer maintenant ? La démission de l’amiral William Fallon a exacerbé le conflit entre les officiers supérieurs états-uniens [6]. D’un côté, le général David Petraeus se félicite des résultats de sa stratégie. L’augmentation du nombre d’hommes sur le terrain a correspondu à la diminution des violences. Il exige donc le maintien d’au moins 140 000 GI’s en Irak. De l’autre, le général Mike Mullen, inquiet du surdéploiement et de l’épuisement de ses troupes, cherche par tous les moyens à les retirer pour éviter une rupture logistique imminente, suivie d’une défaite prévisible.

Petraeus déposera les 8 et 9 avril devant le Congrès, qui tranchera. Les partisans de l’occupation font tout ce qu’ils peuvent pour que le général ne soit accompagné que par ses plus fidèles adjoints ; tandis que les partisans du retrait tentent de glisser un témoin à charge dans la salle d’audition. Car la décision des parlementaires et l’avis de l’opinion publique dépendront de l’appréhension qu’ils auront de la poursuite de cette aventure. Contrairement à ce qu’affirme David Petraeus, l’amélioration sécuritaire n’a pas grand chose à voir avec les 30 000 GI’s qu’il a reçus en renfort. En effet, il a donné instruction de réduire les patrouilles en ville et de cantonner au maximum les troupes dans les casernes. S’il veut maintenir un corps expéditionnaire aussi nombreux, c’est qu’il a besoin d’hommes, de manière occasionnelle, pour mener de vastes campagnes punitives. C’est surtout que ces hommes doivent rester sur zone pour jouer plus tard la seconde manche : l’attaque de l’Iran, qui n’est certes plus à l’ordre du jour, mais qui ne pourra jamais être envisagée si les personnels sont rapatriés. En réalité, les résultats du général Petraeus sont le fruit d’une stratégie élaborée par son conseiller australien, David Kilcullen.

L’idée de base est de « désagréger » la Résistance , de la faire passer d’un mouvement national à une multitude de groupuscules désarticulés. Les Kurdes se sont tenus calmes tant qu’ils ont cru aux promesses que Washington leur énonce depuis seize ans : s’ils coopèrent, ils auront un jour un État indépendant avec un sous-sol gavé de pétrole. Les chiites se sont calmés lorsque les Britanniques ont notabilisé leurs leaders en les associant à la gestion régionale, puis nationale, et que l’Iran a appelé les plus irréductibles à la retenue. Quand aux sunnites, ils ont cessé leurs attaques lorsque les jeunes les plus révoltés ont été identifiés, traités comme des délinquants et non comme des idéalistes, et que 80 000 d’entre eux ont été salariés à 10 dollars par jour.

Le général David Petraeus n’a aucune intention d’expliquer cela en détail au Congrés car il sait qu’il ne pourra pas continuer longtemps sur cette voie. Sa stratégie contre-insurrectionnelle a trouvé sa limite : elle devient incompatible avec les objectifs de ses patrons, le tandem Bush-Cheney, soutenu par les multinationales du pétrole et de l’équipement. Et son « plan B » n’est pas réjouissant. L’objectif actuel principal de la Maison-Blanche , c’est en premier lieu l’adoption par le Parlement irakien et la ratification par son gouvernement d’une loi donnant licence aux compagnies pétrolières US d’exploiter les ressources du pays à des conditions léonines [7] ; puis la signature et la ratification d’un accord de sécurité irako-US autorisant des bases militaires états-uniennes extra-territorialisées pour les siècles à venir. Pour les mettre en œuvre, le vice-président Cheney s’est rendu cette semaine en Irak et dans la région. Il a obtenu la promulgation d’une nouvelle loi électorale, bloquée depuis février. Sur cette base, des élections législatives auront lieu le 1er octobre pour composer un nouveau Parlement, plus docile. Pendant un mois et demi, on jouera la lune de miel entre Bagdad et Washington, le temps de laisser passer l’élection présidentielle US. Puis, dés que la loi sur le pétrole et l’accord de sécurité seront actés, le pays s’embrasera à nouveau contre l’occupant. Le seul moyen de s’assurer de la victoire future, c’est de réduire aujourd’hui la résistance potentielle, tel est le « plan B ». La Maison-Blanche a choisi de s’appuyer à terme sur les sunnites, avec l’aide de l’Arabie saoudite, contre les autres populations irakiennes. La nouvelle loi électorale a été conçue pour renforcer la représentation sunnite au Parlement. Par ailleurs, un message clair a été envoyé aux Kurdes via l’armée turque. Reste à éradiquer les milices chiites avant qu’elles ne se soulèvent. C’est ce que le général irakien Mohan al-Furayji devra essayer de faire dans les six prochains mois.

L’amiral Fallon, qui vient de démissionner du Central Command, considérait ce « plan B » comme voué à l’échec. Dernier grand officier à avoir vécu la guerre du Vietnam, il avait mit en garde à propos des combats à livrer au sud de l’Irak, non plus dans des déserts, mais dans des marécages d’Al-Basra. Deuxièmement, il anticipait qu’une guerre contre les chiites irakiens déstabiliserait immédiatement le Koweït voisin, puis à terme le Bahrein et l’Arabie saoudite.

Troisièmement, il considérait que neutraliser des combattants sunnites à 10 dollars par jour, c’est être certain qu’ils se retourneront contre les États-Unis avec les armes qu’on leur a données dès qu’ils le pourront.
Au demeurant, Petraeus et Kilcullen ont toujours affirmé qu’ils préviendraient ce problème en régularisant à terme leurs combattants-salariés, c’est-à-dire en les intégrant dans les forces de sécurité irakiennes. Mais on ne voit pas comment ces dernières pourraient absorber instantanément 80 000 hommes sans être infiltrées par la Résistance. D ’ores et déjà 49 unités auraient fait défection avec leurs armes et 38 menaceraient de le faire si leurs hommes ne sont titularisés sans délais [8].
Comme je l’ai indiqué dans ces colonnes la semaine dernière, William Fallon avait conduit des négociations fructueuses avec l’Iran pour pacifier la région. L’accord a été confirmé lors d’une réunion secrète réunissant le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le chef d’état-major interarmes des États-Unis, Mike Mullen, le 2 mars à Bagdad. Il a été désavoué par la Maison-Blanche et les engagements pris au nom des États-Unis n’ont pas été tenus. Cela non plus ne pourra pas être expliqué par David Petraeus au Congrès. La rupture unilatérale de cet accord secret a conduit Téhéran à prendre des mesures de rétorsion, au premier rang desquelles l’encouragement de radicaux irakiens chiites à la rébellion. En outre, la Chine et surtout la Russie ayant été associées à ces négociations, et ne pouvant accepter un dispositif menaçant à terme l’intégrité de l’Iran, ont également pris des mesures de rétorsion. La discrète visite du général Leonid Ivashov à Damas, suivie du voyage officiel du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a ouvert la voie à un transfert massif d’armes à la Résistance irakienne, libanaise et palestinienne.

S’il y a une leçon à tirer des cinq première années de la guerre d’Irak, c’est que certains protagonistes ne tirent jamais de leçon de leurs erreurs. Les leaders kurdes ont, comme toujours depuis un siècle, conduit leur peuple dans une impasse [9]. Le Pentagone reproduit avec ses salariés sunnites ce qu’il a fait en Afghanistan et devra affronter les mêmes conséquences : il forme et arme des voyous jusqu’à en faire d’incontrôlables seigneurs de la guerre. Quand à la Maison-Blanche , elle s’entête à faire passer les intérêts de quelques firmes (ici Bechtel, BP, Chevron, ExxonMobil, Halliburton, Shell, etc.) devant ceux des États-Unis, et croit déraisonnablement que la corruption et la violence permettent de dominer toutes les situations. Le général Leonid Sajin, qui ayant vécu la mort de l’URSS n’a pas de mal à concevoir celle des États-Unis, déclarait mardi à Moscou : « La guerre d’Irak, qui dure depuis 5 ans, a pratiquement épuisé l’armée états-unienne qui était considérée jusque-là comme la plus puissante du monde. Seul le désespoir peut à présent pousser les États-Unis à déclencher une guerre contre l’Iran. Une telle guerre sonnera la fin de cette armée : frappés par la récession économique et compte tenu du mauvais moral de leurs militaires, les États-Unis ne tiendront pas le coup ». Nous pouvons ajouter, les États-Unis ne survivront pas non plus à une guerre dans les marécages irakiens contre l’Iran par milices chiites interposées.

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire.

Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban

Thierry Meyssan 2 1-03L’amiral Fallon, qui vient de démissionner du Central Command, considérait le « plan B » comme voué à l’échec. Dernier grand officier à avoir vécu la guerre du Vietnam, il avait mit en garde à propos des combats à livrer au sud de l’Irak, non plus dans des déserts, mais dans des marécages d’Al-Basra. Deuxièmement, il anticipait qu’une guerre contre les chiites irakiens déstabiliserait immédiatement le Koweït voisin, puis à terme le Bahrein et l’Arabie saoudite.

Troisièmement, il considérait que neutraliser des combattants sunnites à 10 dollars par jour, c’est être certain qu’ils se retourneront contre les États-Unis avec les armes qu’on leur a données dès qu’ils le pourront.
Au demeurant, Petraeus et Kilcullen ont toujours affirmé qu’ils préviendraient ce problème en régularisant à terme leurs combattants-salariés, c’est-à-dire en les intégrant dans les forces de sécurité irakiennes. Mais on ne voit pas comment ces dernières pourraient absorber instantanément 80 000 hommes sans être infiltrées par la Résistance. D ’ores et déjà 49 unités auraient fait défection avec leurs armes et 38 menaceraient de le faire si leurs hommes ne sont titularisés sans délais [8].


3-7 Point de vue de Patrick Cockburn : Irak = cinq années d’occupation, cinq années de destruction (traduction)

Extrait    21 mars 2008  Cinq années d’occupation ont détruit l’Irak en tant que nation. Bagdad n’est aujourd’hui qu’un assemblage de ghettos hostiles, chiites ou sunnites, séparés par de hauts murs de béton. Les différents quartiers ont chacun leur propre drapeau. Patrick Cockburn, pour The Independent, témoigne de la désagrégation de la nation irakienne et de la flambée de violence provoquée par l’occupation.

Cinq ans après l’invasion de l’Irak, les USA et le gouvernement iraquien prétendent de pair que l’Irak devient un endroit moins dangereux, mais les mesures prises pour la protection de Mr Maliki nous montrent une autre réalité. Des soldats brandissant des armes ont d’abord bloqué toute circulation dans les rues. Puis, 4 véhicules blindés, chacun avec trois mitrailleurs sur le toit, ont surgi d’une issue fortifiée de la Zone verte, suivis de Humvees américains couleur sable [véhicules de transport léger à roues de l’armée américaine] et d’autres véhicules blindés. Enfin, au milieu du convoi filant à toute vitesse, nous avons pu voir six véhicules aux vitres fumées et à l’épreuve des balles, dont l’un devait transporter Mr Maliki. Ces précautions n’étaient pas excessives car Bagdad reste la ville la plus dangereuse du monde. Le Premier ministre irakien ne faisait là que se rendre au siège du parti Dawa dont il est membre et qui n’est qu’à un demi-mile de la Zone verte, mais ses centaines de gardes de sécurité ont agi comme s’ils rentraient en un territoire ennemi. Cinq années d’occupation ont détruit l’Irak en tant que pays. Bagdad aujourd’hui, c’est une collection de ghettos sunnites et chiites hostiles séparés par des murs de béton. Certains districts ont même des drapeaux nationaux distincts. Les secteurs sunnites arborent l’ancien drapeau irakien avec les trois étoiles du parti Baas et les chiites en exhibent une version nouvelle, adoptée par le gouvernement chiite-kurde. Les Kurdes ont leur propre drapeau. Le gouvernement irakien essaie de donner l’impression que la normalité est de retour. Il a été demandé aux journalistes irakiens de ne pas parler de la poursuite de la violence. Quand une bombe a explosé dans le district de Karada, près de mon hôtel, tuant 70 personnes, la police a frappé et chassé des caméramans de la télévision qui essayaient de prendre des images du carnage. Les USA et leurs alliés n’ont jamais vraiment compris la guerre qu’ils gagnaient, commencée le 19 mars 2003. Leurs armées sont entrées facilement dans Bagdad parce que l’armée irakienne n’a pas combattu. Même ce qu’on appelait les unités d’élite de la Garde républicaine spéciale, bien payées, bien équipées et de la même communauté que Saddam, même elles sont rentrées à la maison. La couverture de la guerre par les télévisions et une grande partie de la presse écrite a été extrêmement trompeuse car elle donnait l’impression de combats généralisés alors qu’il n’en était rien. Je suis entré à Mosul et à Kirkuk, deux villes du nord, le jour où elles avaient été prises sans tirer même un coup de feu. Des chars d’assaut iraquiens incendiés encombraient les bords des routes autour de Bagdad, donnant l’impression de violents combats, mais presque tous avaient été abandonnés par leur équipage avant d’être brûlés. La guerre était trop facile. Consciemment ou inconsciemment, les Américains ont cru que ce que disaient ou faisaient les Irakiens n’avait aucune importance. Ils étaient censés se comporter comme les Allemands ou les Japonais en 1945, même si la plupart des Irakiens ne se voyaient pas comme des vaincus. I l y a eu par la suite des controverses acerbes pour savoir qui était responsable de l’erreur majeure de la dissolution de l’armée irakienne. Mais à l’époque, les Américains étaient imbus d’une arrogance impériale, outrancière, et faisaient fi de ce que les Irakiens, militaires ou non, étaient en train de faire. « Ils nous prenaient simplement pour des métèques » dit rudement Ahmad Chalabi, chef de l’opposition. « Nous ne comptions pas ». Dans les premiers mois de la chute de Bagdad, il était extraordinaire, et parfois amusant, de voir les vainqueurs américains se comporter exactement comme les Britanniques à l’apogée de leur puissance dans l’Inde du 19è siècle.  Les méthodes du Raj (période de domination britannique du sous-continent indien - ndt) reprenaient vie. Un ami qui tenait une agence de changes à la Bourse de Bagdad, m’a dit comment un jeune américain de 24 ans, dont la famille était donatrice au Parti républicain, avait pris en charge le marché et donné des conférences à des courtiers sérieusement irrités - la plupart d’entre eux parlant plusieurs langues et étant titulaires de doctorats - sur les vertus de la démocratie. Il y avait une autre idée fausse qui montait à l’époque.La plupart des Irakiens étaient heureux d’être débarrassés de Saddam Hussein. Il avait été un dirigeant cruel et dramatiquement incompétent, il a ruiné son pays. Tous les Kurdes et la plupart des chiites voulaient qu’il parte. Mais cela ne voulait pas dire que les Irakiens de toutes sortes voulaient être occupés par une puissance étrangère.Plus tard, le président Bush et Tony Blair ont voulu laisser croire que le renversement du régime baasiste passait nécessairement par une occupation, mais ce n’était pas le cas. « Si nous partons, ce sera l’anarchie » avaient l’habitude de me dire les gens de l’autorité de l’occupation pour justifier celle-ci à mes yeux. Les Américains sont restés, mais l’anarchie est arrivée quand même. Durant la première année d’occupation, il était aisé de dire comment soufflait le vent. A chaque fois qu’un soldat américain se faisait tué ou blessé à Bagdad, je m’y rendais en voiture aussitôt. Il y avait toujours une foule en délire près des restes d’un Humvee ou d’une tâche de sang sur le bitume. Après un tir contre un soldat, un homme m’a dit : « Je suis un homme pauvre mais dans ma famille on va fêter ça, on va faire cuire un poulet ». Pourtant, c’était l’époque où le président Bush et son secrétaire d’Etat à la Défense , Donald Rumsfeld, affirmaient que les résistants n’étaient que des « vestiges de l’ancien régime », « dans une impasse ». Il y avait encore une idée erronée chez les Irakiens à propos de la profondeur des divisions au sein de leur société. Les sunnites m’avaient accusé d’exagérer leurs différences avec les chiites mais lorsque je parlais des dirigeants chiites éminents, ils levaient la main d’un air dédaigneux et disaient : « Mais ce sont tous des Iraniens ou payés par les Iraniens ». Ceux d’Al Qaïda en Irak sont considérés par les chiites comme des hérétiques qui méritent la mort, comme les Américains. D’énormes bombes lors d’attentats suicide ont explosé sur des places de marché et des processions religieuses chiites, tuant des centaines de personnes, et les chiites ont alors répliqué avec des meurtres de sunnites en représailles par les milices chiites des escadrons de la mort ou par la police. Après que les guérilléros sunnites aient commis un attentat sur le lieu de pèlerinage chiite de Samarra (contre le dôme de la Mosquée d’Or - ndt), le 22 février 2006, les combats entre communautés ont tourné en une véritable guerre civile ouverte. Mrs Bush et Blair ont nié fermement que c’était le cas, mais quel que soit le critère, c’était bien une guerre civile d’une sauvagerie extraordinaire. Torturer avec des perceuses électriques et de l’acide était devenu la norme. La milice chiite armée de Mehdi a mis la main sur une grande partie de Bagdad et en a contrôlé trois quartiers. Quelque 2 millions 200 000 personnes ont fui vers la Jordanie et la Syrie , dont une forte proportion était sunnite. La défaite sunnite dans la bataille de Bagdad en 2006 et au début 2007 a été le motif pour de nombreux guérilléros antérieurement anti-américains de faire, d’eux-mêmes, soudainement alliance avec les forces américaines. Ils avaient tiré la conclusion qu’ils ne pouvaient combattre tout à la fois les USA, al Qaïda, l’armée et la police irakiennes, et l’armée du Mehdi. Il existe maintenant une milice sunnite forte de 80 000 hommes, payée par les USA auxquels elle est alliée, mais hostile au gouvernement iraquien. Cinq années après que les armées américaine et britannique aient pénétré en Irak, le pays n’est plus qu’un terme de géographie.

Patrick Cockburn,    The Independent, 16 mars 2008      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1840

N°343 - Les Dossiers d'Irak 25/03 (FIN) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction

N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                   Par M.Lemaire         


Sommaire : (suite)

3-8 Point de vue de Axel Roduit : Campagne électorale, la guerre est à l'agenda.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Aaron Glantz  “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.

5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...

5-2 Irak : Elimination de l'intelligentsia du pays

1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,

2 Un rapport de Shabakat: « Que faire de l'Irak sauf à détruire ses cerveaux » : Madeleine Albright !

5-3 The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

3-8 Point de vue de Axel Roduit : Campagne électorale, la guerre est à l'agenda.

Longtemps relégué au second plan dans la campagne électorale, le débat sur la guerre en Irak a resurgi à l'occasion de ce jubilé et de la récente visite du candidat républicain John McCain à Bagdad, sa huitième depuis l'invasion du pays en 2003.
John McCain a fait du dossier irakien une clef de son succès. Il soutient sans férir l'engagement américain et assure que la décision prise l'an dernier d'envoyer 30'000 soldats américains supplémentaires sur place "porte ses fruits".
Les candidats démocrates à la Maison Blanche ont marqué le 5e anniversaire de la guerre d'Irak, en soulignant mercredi leur volonté de mettre fin à ce conflit tandis que le républicain John McCain insiste pour maintenir des troupes jusqu'à la victoire.
La guerre en Irak est déjà plus longue que la Première et la Seconde Guerre mondiale et aucune solution n'est en vue, a affirmé Barack Obama à Fayetteville en Caroline du Nord. Le candidat démocrate a promis de "mettre fin" à cette guerre qui, selon lui, a rendu "l'Amérique moins sûre" et l'a isolée de ses alliés. Il prévoit de ramener toutes les troupes dans un délai de 16 mois.
Hillary Clinton de son côté a affirmé au cours d'un déplacement à Detroit qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit. Elle a promis de commencer à ramener les soldats américains dans un délai de 60 jours après sa prise de fonction sans toutefois donner un calendrier précis. Par ailleurs, elle a affirmé que c'était aux Irakiens de prendre en main les destinées de leur pays. "Nous ne pouvons pas gagner leur guerre civile", a-t-elle dit.
Axel Roduit/tsrinfo
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=...


3-9 Point de vue de Louis Lema : Irak, cauchemar électoral

• Derrière l'économie, la guerre en Irak est l'un des thèmes clés de la campagne présidentielle américaine. L'Irak ou l'économie? Jusqu'en novembre, ce seront les deux piliers de la campagne présidentielle américaine, les deux thèmes autour desquels les camps se formeront et s'affronteront. Cinq ans après le déclenchement de la guerre, son règlement a perdu un peu de son urgence aux Etats-Unis: le nombre de morts est en nette diminution depuis l'envoi de 30000 soldats supplémentaires il y a un an. Et la crise qui frappe des pans entiers de l'économie a pris la relève en tête des préoccupations des Américains.
Scénarios d'après-guerre
Mais l'Irak va revenir par la grande porte. C'est sur cette question que John McCain fonde sa légitimité pour rassembler le camp républicain, se posant en défenseur éclairé de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme. C'est sur l'expédition irakienne que s'appuie aussi Hillary Clinton pour dénoncer «l'échec» de l'administration actuelle, dont elle voit McCain comme le simple continuateur. Et c'est sur l'Irak que se base Barack Obama pour insister sur la pertinence de son «jugement»: des trois, il est le seul à ne pas avoir autorisé l'invasion du pays en tant que sénateur. Le seul, dit-il, à ne pas avoir donné «un chèque en blanc» à George Bush.
Mais au-delà? Hillary Clinton prône un retrait rapide, qui commencerait 60 jours après sa prise de fonctions. Ce serait un retrait de toutes les troupes de combat dans les 16 mois pour Obama. Et pas de retrait du tout pour McCain, qui envisage grosso modo de rendre permanente la présence américaine dans ce pays.
Les propositions des candidats paraissent donc claires, mais elles ne le sont pas. Combien de temps durerait le retrait «progressif» d'Hillary: des mois, des années? Qu'adviendrait-il des «troupes non combattantes», qui tentent de servir d'épine dorsale à ce pays décomposé, après que partiraient les brigades de combat comme le défend Obama? Et comment les Etats-Unis pourraient-ils se permettre de prolonger indéfiniment cette occupation qui représente un gouffre humain et économique et provoque l'hostilité mondiale?
Le tableau général est trop sombre pour qu'une campagne électorale puisse l'éclairer. L'implosion du pays, la guerre civile, un trou noir qui servirait à abriter les mouvements terroristes... autant de scénarios d'après-guerre que tous les analystes s'accordent à envisager et qui rendent aujourd'hui un retrait mal géré au moins aussi risqué qu'une présence maintenue.
Il y a quelques jours, une proche de Barack Obama, Samantha Power, a été dégradée. Elle avait certes qualifié Hillary de «monstre», mais elle avait aussi suggéré que le calendrier de retrait d'Irak proposé par son poulain n'était qu'indicatif. Après les promesses de campagne, la réalité: cet aveu lui a coûté son poste.
Bush persiste et signe
L'Irak est un casse-tête. Et cela, même pour le républicain McCain qui se targue d'en connaître toutes les finesses et qui a choisi ce 5e anniversaire pour rendre visite aux troupes sur le terrain afin d'«occuper» par sa présence le champ électoral. Le vétéran, qui est de toutes les commissions internationales et de sécurité au Sénat, s'emmêlait grossièrement les pinceaux: «Al-Qaida retourne en Iran, s'y entraîne et revient en Irak à partir de l'Iran. Le fait est bien connu», expliquait-il.

Al-Qaida est violemment sunnite, l'Iran chiite. Le sénateur Joseph Lieberman qui accompagnait McCain lui a murmuré quelques mots à l'oreille. «Je suis désolé, corrigeait le candidat: les Iraniens entraînent d'autres extrémistes, pas Al-Qaida»...
Au demeurant, entre l'Irak et l'économie, les électeurs américains ne doivent pas forcément choisir. Dans une étude publiée à l'occasion de cet anniversaire, le Prix Nobel Joseph Stiglitz et l'économiste Linda Bilmes se sont employés à traquer tous les coûts cachés de l'aventure irakienne (LT du 6 mars). Au-delà des aspects militaires à proprement parler, ils passent en revue d'autres conséquences, au premier rang desquelles l'augmentation du prix du pétrole, ou le traitement de dizaines de milliers de blessés de guerre. Bilan: 3000 milliards de dollars dépensés, pratiquement le double de ce que reconnaît le Congrès américain. «Aujourd'hui, le déficit de l'Amérique est tel qu'elle ne peut même plus sauver ses propres banques», estimaient les auteurs dans une interview.
Dans un discours au ton triomphaliste, George Bush expliquait néanmoins mercredi que le succès remporté en Irak après l'envoi de renforts justifie le haut coût humain et financier de la guerre. «Cela en valait la peine», commentait-il. Sans préciser toutefois s'il avait lu l'étude de Joseph Stiglitz.   L
uis Lema    New YorkJeudi 20 mars 2008


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Aaron Glantz  “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.

 En 1971, une centaine de vétérans du Vietnam se retrouvaient à Detroit pour témoigner des atrocités qu’ils avaient perpétrées. Du 13 au 16 mars, des anciens d’Irak feront de même à Washington.

Des anciens combattants américains des guerres d’Irak et d’Afghanistan s’apprêtent à se rendre à Washington du 13 au 16 mars prochain pour témoigner sur les crimes de guerre qu’ils ont commis. La presse ne couvre pas aussi bien qu’elle le devrait la guerre d’Irak, car c’est un théâtre très dangereux pour les journalistes. C’est pourquoi l’opinion américaine a une image aussi fausse de ce qu’est véritablement ­l’occupation militaire, explique Liam Madden, un ancien marine qui milite aujourd’hui au sein de l’association Iraq Veterans Against the War [les vétérans d’Irak contre la guerre]. Cette association affirme que les exemples de brutalité américaine les plus médiatisés – comme le scandale de la prison d’Abou Ghraib et le massacre d’une famille entière d’Irakiens dans la ville d’Haditha – ne sont pas des incidents isolés commis par “une poignée de brebis galeuses” ; ils s’inscrivent dans la logique “d’une occupation de plus en plus meurtrière”. “Le problème auquel nous sommes confrontés en Irak, c’est que les politiciens au pouvoir ont créé un tel précédent d’illégalité que nous foulons aux pieds l’Etat de droit. Nous ne ­respectons pas les conventions internationales et, lorsque ce type de climat est ­installé, il est très propice aux actes criminels”, assure Logan Laituri, un ancien sergent de l’armée de terre qui a servi en Irak de 2004 à 2005, avant d’être rendu à la vie civile comme objecteur de conscience. Selon lui, ce précédent d’illégalité apparaît de façon manifeste dans les manuels de combat que les officiers distribuent à leurs hommes sur le front. Lorsqu’il était en garnison à Samara [au nord de Bagdad], par exemple, l’un de ses camarades a abattu d’une balle un homme désarmé qui marchait dans la rue. “Le problème, c’est que ce soldat n’a pas commis un crime au sens où l’on pourrait l’entendre, car les règles de combat stipulaient très clairement que personne n’était censé se promener dans les rues, poursuit Laituri. Mais c’est justement ce qui pose problème. On ne peut pas demander à des familles de tout quitter pour ­qu’on puisse bombarder tranquillement leurs maisons. Il est vrai que ce soldat peut se prévaloir de la loi pour se défendre, mais je ne pense pas que cela légitime ce type de violences.” L’association Iraq Veterans Against the War a baptisé son rassemblement “Soldat d’hiver” et s’est inspirée d’une manifestation semblable organisée il y a trente-sept ans par les vétérans du Vietnam. En 1971, plus d’une centaine d’anciens combattants réunis sous la bannière de l’association Vietnam Veterans Against the War s’étaient retrouvés à Detroit pour faire entendre leurs témoignages à leurs compatriotes. Les atrocités, comme le massacre de My Lai, avaient enflammé l’opposition à la guerre, mais les dirigeants politiques et militaires affirmaient que ces crimes n’étaient que des cas isolés. “Au début, ils sont allés jusqu’à nier purement et simplement le massacre de My Lai”, rapporte Gerald Nicosia, dont le livre Home to War retrace l’histoire la plus exhaustive qui soit du mouvement des vétérans du Vietnam. “L’armée américaine a toujours démenti ces accusations en les attribuant à quelques ‘soldats qui avaient disjoncté’ ou à une poignée de ‘mécontents’ auxquels on ne pouvait donner aucun crédit. Et c’est pour cela que les Vietnam Veterans Against the War ont organisé cette manifestation à Detroit en 1971. Ils sont tous arrivés avec leurs médailles et ils ont démontré qu’il y avait bien plus d’un ou deux mécontents.”

John Kerry*, alors lieutenant de vaisseau de 27 ans et qui avait servi au Vietnam, était dans le public. Trois mois plus tard, il interpellait le Congrès. En achevant ce qui devait devenir l’un des discours antiguerre les plus célèbres de l’époque, Kerry a déclaré : “Quelqu’un doit mourir pour que le président Nixon ne soit pas le premier président à perdre une guerre. Nous demandons aux Américains de réfléchir à cela, car comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir au ­Vietnam ? Comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir pour une erreur ?” Les citoyens et les anciens combattants américains se retrouvent aujourd’hui exactement dans la même situation, affirme M. Nicosia. “La population américaine dans sa grande majorité est maintenant très mécontente de la guerre en Irak et ne demande qu’à en sortir. Mais les ­Américains ont été élevés dans l’idée que l’Amérique est un pays bon, et je pense qu’il sera bien plus difficile de leur faire prendre conscience des atrocités que nous commettons au nom de l’Amérique que de surmonter les obstacles pour évacuer les troupes d’Irak.” Aaron Glantz  AlterNet 20 mars 2008
* Candidat démocrate à l’élection pré­si­­dentielle de 2004. Sources Courrier International Posté par Adriana Evangelizt
5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...

Aux Etats-Unis, alors que Bush ne regrette toujours rien, ni sa guerre, ni ses morts (les GI comme tous les autres), les démonstrations et les marches se multiplient. Localisées dans les villes à très forte population immigrée, elles rassemblent les jeunes et les vétérans. Les américains sont dans la rue, ils réclament le retour de leurs troupes, la fermeture de Guantanamo et condamnent Bush et son gouvernement. Ils sont plus de 54% à penser que le monde se souviendra de l’intervention des Etats-Unis en Irak comme une des pires opérations, et surtout à ne pas vouloir imaginer quelle issue nous attend si nous persévérons à maintenir nos forces de guerre dans ces régions, comme l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan. Mais que sont-ils aujourd’hui ces Américains qui marchent pour la paix alors que Bush continue à en présider la destinée, et que le monde a détourné d’eux  toute bienveillance ?

Et en Europe, où sont tous ceux qui se sont élevés en 2003 contre la guerre en Irak ?

Où sont tous ceux qui criaient contre Guantanamo et accusaient les Etats-Unis d’agir en tortionnaires ?

Avons –nous oublié que jamais les armes de destruction massive n’ont été retrouvées ?

Avons-nous oublié Abu Ghraib, la déchéance de tous ces prisonniers, tous ces irakiens qui ne nous avaient jamais rien demandé, morts pour une guerre que nous continuons à mener sans même plus savoir pourquoi ?

Quel politique européen élève aujourd’hui sa voix pour condamner cette guerre en Irak, ce « foutoir » en Afghanistan ?

Aujourd’hui ils prennent les visages de Sarkozy l’américaniste, de Merkel en visite officielle en Israël, et obstinément muette sur Gaza, de Tusk qui se soumet et remet l’armée polonaise à Washington... et qui arrivent aujourd’hui à nous faire croire que nous avons libéré un pays de la tyrannie et que nous devons à tout prix encore gagner cette guerre… Il ne me semble pas que nous avions choisi cinq ans auparavant cette voie là… Marianne Ranke-Cormier    20 mars 2008    Sources Newropeans    Posté par Adriana Evangelizt


5-2 Irak : Elimination de l'intelligentsia du pays

1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,

Non contentes d'avoir provoqué la guerre civile en Irak, les forces d'occupation états-unienne auraient organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays, afin de le priver de tout avenir. L'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Selon le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique , le Docteur R'bîi, interviewé par le journal égyptien Al Badil : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre». Les autorités israéliennes sont aussi accusées d'être impliquées dans cette entreprise. Elles auraient constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. (http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/).


2 Un rapport de Shabakat: « Que faire de l'Irak sauf à détruire ses cerveaux » : Madeleine Albright !
Ainsi, plus de 80% des éliminations d'intellectuels et d'hommes de sciences ont touché des universitaires, la moitié des victimes portait le titre de professeur ou de professeur adjoint et plus de la moitié d'entre eux exerçait à l'Université de Bagdad, suivie de celles de Bassora, Mossoul et Al Moustansiria. D'autre part plus de 62% des savants assassinés avaient un diplôme de doctorat et le tiers d'entre eux étaient spécialistes de sciences et de médecine.
Et le Docteur R'bîi d'ajouter : « le développement technologique de l'Irak a été un des motifs de l'invasion illégale de l'Irak et ce, en application de l'idée de Madeleine Albright qui avait déclaré (sic) :« Que pouvons-nous faire de l'Irak sauf détruire ses cerveaux, ce que les bombes atomiques ne sauraient faire ? La destruction des cerveaux irakiens vaut mieux
que son bombardement »
C'est pour cela que la première action des envahisseurs anglo-américains a été de détruire les organismes de recherche scientifique, les universités et les instituts, l'incendie des bibliothèques et des musées et le pillage systématique de leurs trésors. La meilleure preuve de ce que nous avançons est que l'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Nous avons très bien compris la leçon !
Après l'enlèvement du Docteur Ali Mouhawech, doyen de la faculté d'Ingéniorat à l'Université Al Moustansirya et la découverte de son corps, les scientifiques irakiens se sont rendus compte qu'ils vivaient une situation inédite depuis l'invasion mongole en 1228.
Des universitaires avaient reçu des lettres contenant des balles et d'autres des menaces de mort. Ce début avait poussé des universitaires à demander des congés de longue durée pour des recherches à l'étranger.
La menace « de ramener l'Irak au moyen âge », proférée par James Baker au visage des responsables irakiens en 1991, pour les contraindre à coopérer avec son pays, s'est réalisée.
Cette menace signifiait simplement que « si vous n'acceptez pas nos conditions, votre pays sera entièrement détruit et ses structures de résistance démantelées, tout comme l'avait fait Hulagu lorsque ses armées avaient fait des eaux du Tigre un mélange de sang, d'encre et de papier !!!
Les anglo-américains connaissaient dans les moindres détails la teneur du projet scientifique et technologique irakien du président Saddam Hussein, qui consistait à doter l'Irak d'un système scientifique et technologique cohérent, capable de garantir l'indépendance nationale et d'en faire un pays avec lequel il faudrait compter.
C'est pour cette raison, que juste un jour après l'occupation de l'Irak le 9 avril 2003, les forces d'occupation avaient arrêté le Docteur Ameur Assâadi, conseiller scientifique du président Saddam Hussein, toujours en prison, puis, par la suite, les Docteurs Houda Ammache et Rihab Taha, relâchées plus tard suite à la détérioration de leur état de santé et en l'absence de preuves de leur culpabilité.
Quelques jours plus tard, ce fut le Docteur Erraoui, doyen de la faculté de médecine de Bagdad et des médecins irakiens, qui a été assassiné. Puis ce fut une longue série d'assassinats en plein jour, ayant coûté la vie à plus de 1.500 scientifiques irakiens, parmi lesquels, les docteurs Mohamed Hussein , professeur de thermodynamique et de technologie de l'aviation, Mouhannad Dlimi, et Ghaleb Al Haithi, professeurs à l'université de technologie de Bagdad.
Tout cela s'est accompagné évidemment de destructions d'usines, de laboratoires et de centres de recherche scientifique.
Israël n'est pas demeuré inactif puisqu'il s'est investi dans cette sale opération et ses services spéciaux ont constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. C'est ainsi que depuis l'occupation de l'Irak, Israël a reçu plus de 150 professeurs et 4.000 étudiants irakiens, en plus des bourses du sinistre Kanâan Mekkia, du doctorat Honoris Causa de l'université de Tel Aviv et du magistère attribués respectivement à Tahar Labib et Mahmoud Abou Salah.
Le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique ajoute : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre. C'est un désordre d'une « minutieuse organisation » imaginé par les occupants, qui représente les intrépides envahisseurs sous l'aspect de simplistes, dépassés par les événements et incapables d'arrêter les violations des édifices de l'Etat et des organismes officiels tels que les banques, les universités, les usines, les centres de recherche, les musées, les bibliothèques et tous ses trésors historiques.
Un désordre total et continu, comparable aux graphiques sur ordinateurs qui s'auto- reproduisent à l'infini. C'est ainsi que nous assistons au détournement des immenses ressources financières des irakiens, à une corruption jamais égalée auparavant, aux pots-de-vin aux montants faramineux dans des projets fictifs ou illusoires tels que les élections et le pouvoir fédéral. Un désordre d'une précision comparable aux phénomènes physiques et dont l'objectif est de semer la discorde, de détruire l'unité nationale et les structures de l'Etat, alors que le projet d'édification de la plus grande ambassade américaine et de 14 bases militaires sur toute l'étendue de l'Irak, continue de plus belle.
Dans son interview donnée au journal égyptien Al Badil, le professeur R'Bîi ajoute : « les conclusions de la première étude statistique sur le massacre des scientifiques et ingénieurs irakiens, présentée le mois dernier au congrès tenu à cet effet à Madrid, révèlent que le docteur Mouhawech a été le 4ème doyen de l'université Al Moustansirya à être tué.
D'autres ont connu ce sort avant lui, tels que les doyens des facultés de médecine, d'éducation, de droit ainsi que les adjoints aux doyens des facultés de Sciences, d'administration et de sciences économiques et des chefs de départements d'arabe, d'allemand, d'éducation et des études du monde arabe et de droit. Ces éminentes personnalités appartiennent à toutes les religions et les confessions, ce qui prouve que leurs assassins ne sont pas irakiens.
Shabakat
17/03/2008
Traduit de l'arabe par Ahmed Manai www.tunisitri.net/
et révisé par Janine Borel
http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/

5-3 The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

Pour ceux qui douteraient que les vrais articles de fond sur le monde mondialisé se trouvent davantage sur Internet que dans la presse écrite formatée et alignée au Nouvel Ordre Mondial, voici un exemple. Cet article est d'un certain Morice, rédigé le jeudi 13 mars 2008. Que j'aimerais retrouver ces débats de fond et ces informations véritables à des heures de grande écoute sur une chaîne hertzienne! A-t-on le droit de préférer un reportage impartial et impertinent aux news people nous annonçant que telle starlette camée jusqu'à la moelle portait heureusement une culotte (molletonnée) lorsqu'elle s'est rendue derrière les vitrines remplies de journalistes de son magasin de fringues pour bimbos préféré?       Adriana Evangelizt

Morice,: Informaticien, ancien rédacteur en chef de revue informatique nationale, préoccupé aujourd’hui par la montée des extrêmismes en tout genre. Professeur d’histoire en collège pendant 15 ans. Résistant officiel depuis le 6 mai. Accessoirement chasseur de Trolls (une autre forme d’extrêmisme), espèce fort répandue sur le Net. Athée, au cas où certains pourraient en douter
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37256

"
Le terrorisme a bon dos" 
J’ai mis en ligne récemment dans un post lors d’une conversation sur le forum Agoravox une référence qui en a étonné plus d’un, et que j’imaginais plus connu que cela : celle d’un remarquable reportage de la BBC , intitule "The Power of Nightmares", signé Adam Curtis, qui détonne plutôt dans le paysage audiovisuel. Et pourtant, il n’est pas tout récent, date de 2004, a été diffusé pour la première fois par la BBC le 18 janvier 2005, et affirme sans ambages... qu’Al-Qaïda n’existe pas, tout simplement. Evidemment ça peut en choquer certains, même trois ans après la sortie du film.
Les plus incrédules d’entre nous, qui depuis 2001 gobent tout ce que la propagande gouvernementale américaine veut bien leur faire gober (il y en a, et pas mal ici même chez Agoravox !).

Dans ce remarquable reportage, les auteurs, qui ne sont pourtant ni islamistes ni illuminés, arrivent à démontrer avec brio que la "guerre au terrorisme" n’est qu’une création de l’esprit, et que son outil principal s’appelle Al-Qaïda, pure création des services secrets américains. A voir les marchés ensanglantés de Bagdad ou les attentats revendiqués, on est en droit de crier au fou. Et pourtant. A bien y regarder, nos journalistes sont plus que crédibles dans leurs assertions, Curtis étant une sommité reconnue, et rejoignent directement des thèses comme celle développées par Webster G.Tarpley, dans sa bible de La Terreur fabriquée (aux Editions demi-lune) dont on ne saurait trop recommander la lecture. Dans le reportage, un ancien gradé de la CIA n’y va pas par quatre chemins : “Al Qaeda is not an organization.
Al Qaeda is a way of working ... but this has the hallmark of that approach.” Voilà c’est dit une bonne fois pour toutes.

Vous vous dites que ça ne tient pas debout, comme théorie ? Et pourtant. Il faut revenir aux sources de la fondation d’Al-Quaïda pour s’apercevoir du décalage énorme entre ce qui en a été dit ou ce qu’on peut encore en dire aujourd’hui, et la réalité. Personne ne peut nier aujourd’hui qu’Al-Qaïda est à l’origine une créature de la CIA , qui, pour lutter contre les troupes russes avait mis en place des cellules afghanes qu’elle entraînait et qu’elle armait. Parmi ces cellules, celle d’Al-Qaïda, alors sans nom véritable, où un dénommé Ben Laden est alors simple trésorier. Pour s’en rappeler, il suffit de tomber sur n’importe quel reportage où l’on voit Ben Laden tirant à la Kalachnikov. Outre qu’on s’aperçoit sur les reportages qu’il ne sait pas la tenir, sa mitraillette, on s’aperçoit que ce sont les seuls documents de ce type, et qu’ils font partie des archives de la CIA et non de celles du mouvement islamiste, qui n’en a que fort peu. Quelques années après, on retrouve un Ben Laden traqué et amaigri filmé dans une région qui semble être le Pakistan, car l’homme est devenu à lui tout seul le représentant de ce que W. Bush appelle "l’axe du mal". On lui a fait porter un chapeau que beaucoup d’observateurs trouvent trop grand pour ce frêle personnage sans aucun charisme. Oui, mais, entre-temps, la CIA a fait son œuvre d’information ou de désinformation, c’est selon ce qu’on considère comme bord politique à l’opération. Or, ce chapeau a été tressé de main de maître par un homme, Jamal Ahmed al-Fadl, un Soudanais présenté comme le second de Ben Laden, qui aurait quitté l’organisation pour rejoindre la CIA , via l’Erythrée, et venir habiter aux Etats-Unis en 1996, lesté de 100 000 dollars "volés à Ben Laden" selon sa propre légende. Offerts par la CIA selon une autre. L’homme depuis est à la base de tout ce qui a pu être raconté sur Ben Laden, ce qui induit un doute considérable sur ce qu’on peut savoir sur l’individu. Et bénéficie depuis de toutes les protections possibles, selon le "Witness Protection Program", un système calqué sur celui des repentis mafieux. Et d’une aide financière, qui atteindra 950 000 dollars, toujours offerts par le FBI en... 2001 !

Dans un remarquable article, le Guardian, le 15 octobre 2004, revient sur notre personnage. Et précise des choses assez intrigantes : avant 2001, le nom même d’Al-Quaïda n’existait pas. Sur 661 détenus incarcérés au nom de la guerre au terrorisme en Angleterre, seuls 17 ont été maintenus accusés, et aucun.... n’était en relation directe avec Al-Quaïda ! Selon les spécialistes, seuls les attentats de Madrid semblent clairement avoir eu un lien avec la nébuleuse Ben Laden, par des voies détournées. Tous les autres ont été perpétrés par des groupes distincts de terroristes sans trop de liens entre eux et surtout sans contacts aucun avec Ben Laden. Car ce que démontre avec brio ce documentaire, c’est le fait que le terrorisme international et la guerre au terrorisme sont étroitement liés : les pouvoirs ayant perdu de leur influence auprès des populations ont trouvé dans un phénomène comme Al-Quaïda un repoussoir idéal à leurs actions violentes (on répond à une violence par une autre violence, celle de l’Etat), les terroristes isolés trouvant dans une appellation unique un sentiment de plus grande existence que ne leur offre la réalité. A partir de là, les deux partis ne peuvent plus que mentir l’un et l’autre : l’un en reliant n’importe quel attentat obligatoirement à cet Al-Quaïda virtuel, l’autre étant ravi d’obtenir le label, même si son opération est peu glorieuse ou mal montée. Ce qui compte, pour les deux parties, c’est que la violence monte d’un cran : plus terribles sont les attentats, plus forte peut être la répression, quitte à la déguiser en contrôle de l’ensemble de la population du pays, ou Homeland Security. Quelques exemples récents vont nous montrer qu’Al-Quaïda a bon dos dans un bon nombre d’événements actuels. Aujourd’hui, depuis quelques mois, ressurgit dans l’actualité le spectre d’une "bombe sale", à savoir celui d’une bombe thermonucléaire fabriquée à la sauvette par des illuminés. La dernière en date provient des informations d’Uribe, ce dirigeant prêt à tout pour venger la mort de son père, y compris à désinformer sa population ou le monde entier. Cet été, c’était l’interception de traces d’uranium à la frontière tchèque, et en automne dans un ancien pays du bloc soviétique, avec en arrière-fond des annonces alarmantes sur "Al-Quaïda et la préparation d’une bombe radioactive". On a retrouvé récemment des éléments de soi-disant "preuves" de cette préparation : leur indigence prêterait à sourire si le sujet n’était pas aussi grave. Or, en 2001, via la CIA , on apprend que, dès 1993, le groupe de Ben Laden, qui à l’époque n’a pas encore de nom, a déjà tenté d’acheter de l’uranium au Soudan ! Très vite, donc, on charge al-Fadl de diaboliser le groupuscule en lui donnant une valeur qu’il n’a absolument pas. On récidivera de même avec Saddam Hussein et l’affaire Palme, comme si la détention d’uranium était pour le gouvernement américain l’adoubement nécessaire au statut d’organisation terroriste "sérieuse". Vous avez dû vous faire la même réflexion que moi lors de cette annonce pour les Farc : vous vous êtes dit c’est ridicule, en pleine jungle de se balader avec ce matériau. Sauf si ce faisant on veut diaboliser un groupe terroriste qui n’en demandait peut-être pas tant. Et qui aurait été bien incapable de fabriquer une bombe atomique au milieu de la jungle. Un autre phénomène de désinformation choquante est celle des attentats de début d’année à Bagdad, un véritable massacre de plus de cent personnes, survenu après une période d’accalmie. Comme à ce moment-là le gouvernement de W. Bush annonce au Congrès américain que ça va beaucoup mieux, en Irak, grâce à une rallonge financière pour activer "The Surge", un bien meilleur contrôle de Bagdad, selon lui. En fait un calme relatif uniquement dû à un leader chiite qui a décidé de driver davantage ses troupes. L’explosion fait alors mauvais genre car elle tombe mal question relations publiques. Qu’à cela ne tienne, dans la journée on va lui rajouter une dimension ignominieuse, censée provoquer encore plus de dégoût chez des gens comme vous et moi, dans le but de démontrer que l’horreur est telle... que n’importe quelle répression pourrait être acceptée, du genre... admettre et surtout ne pas condamner la torture de prisonniers, par n’importe quel supplice, peu importe... pourvu qu’on puisse démontrer qu’un seul aveu éviterait une tuerie de ce genre.

Souvenez-vous : un officiel, quelques heures après les attentats, annonce que les deux kamikazes sont des femmes, et qu’elles sont... mongoliennes. Le terme, édulcoré dans les traductions françaises de l’annonce des attentats, est bien présent dans les originaux. C’est d’abord un général américain qui s’y colle pour dénoncer l’odieux attentat : "a U.S. military spokesman for the Baghdad area, Lt. Col. Steve Stover, also said at the time that medical experts with his division had examined the photos and agreed the women probably suffered from the genetic disorder. "They were both females and they both looked like they had Down syndrome." Puis c’est à un chef de la police irakienne, aux ordres, on le sait, des Américains : "Lt. Gen. Abboud Qanbar, the chief Iraqi military commander in Baghdad , said soon after the attacks that photos of the women’s heads showed they had Down syndrome, but he did not offer any other proof". Un autre insiste encore pour la thèse déjà évoquée "We found the mobiles used to detonate the women, Major-General Qassim Moussawi, an Iraqi military spokesman, said. He said that both women had Down’s syndrome."

Mais très vite, déjà, les conclusions bien hâtives des militaires sont mises en doute par les journalistes sur place "A cell phone image of one of the heads viewed by The Associated Press was inconclusive." "There was speculation that the heads could have been distorted by the blast, leading police initially to believe they had Down syndrome." Cela n’empêche un intervenant de poids d’affirmer que ce sont bien des femmes atteintes de mongolisme, en insistant sur le fait que c’est donc encore plus horrible que d’habitude, si tenté que l’on puisse parler d’habitude "Iraqi and American officials blamed al-Qaeda, and accused the terrorist organisation of plumbing new depths of depravity." C’est obligatoirement Al-Quaïda, puisque c’est pire que la "normale". Dont acte. Or, l’homme qui fait la déclaration officielle du lien entre l’attentat et Al-Quaïda n’est autre que... Ryan Crocker, l’ambassadeur américain à Bagdad ! L’Etat irakien ajoutant la touche finale : "Le modus operandi de l’attaque correspond aux habituels modes d’action d’Al-Qaïda, a relevé la source au ministère de l’Intérieur." Les deux s’accordent bien sur le fait : c’est abject comme procédé : "Iraqi and American officials blamed al-Qaeda, and accused the terrorist organisation of plumbing new depths of depravity." Des dépravés, mon bon monsieur, des dépravés. Avec ça en face, on a toutes les excuses pour torturer !

En fait, très vite l’histoire sordide se dégonfle : de mongolisme, il n’y a pas, et cela devient donc obligatoirement des femmes traitées en hôpital psychiatrique pour dépression "The director of the Ibn-Rushd psychiatric teaching hospital in central Baghdad, Dr. Shalan al-Abboudi, said that one of the pet market bombers, a 36-year-old married woman, had been treated there for schizophrenia and depression, according to her file. Refusing to identify her, he said she received electric shock therapy and was released into the custody of an aunt". Impossible en effet après avoir parlé de mongolisme de ne pas se retrouver en psychiatrie, sinon le sentiment d’horreur créé dans les médias s’effondre. Mais ça se dégonfle encore plus quelques heures après. Après nous avoir raconté qu’il s’agissait de deux pauvres femmes ayant perdu la tête (sans mauvais jeu de mots) et équipées à leur insu de bombes téléguidées par téléphones portables... on commence déjà à revoir la théorie. A un détail près, en effet, mais de taille : un journaliste indique qu’on n’est pas sûr de l’origine de l’explosion : "But a police official told McClatchy Newspapers that authorities were still investigating whether the explosion at the second market might have come from a bomb hidden in a cage or a box of eggs." Au départ, on a des certitudes mongoliennes téléguidées, l’horreur sans nom, l’abjection totale, de ces "dépravés", au final un attentat assez commun en Irak (sans être péjoratif, c’est une simple constatation), à part son nombre effarant de victimes qui implique l’emploi de fortes charges, assez incompatibles avec l’usage de deux kamikazes seulement portant leurs bombes sur elles. Personne n’a remarqué que deux kamikazes qui font cent morts au final est un record peu banal. Surtout pas les autorités, qui avaient déjà les porteurs et le commanditaire obligatoire de prêts quelques minutes à peine après l’explosion. Al-Quaïda avait été cité avant même l’implosion du WTC7, ici c’est un peu la même chose : le marché baigne dans le sang à cause de "dépravés" qui utilisent des fous ou des personnes diminuées comme vecteurs de bombe.

Un journaliste plus curieux que la moyenne va plus loin, beaucoup plus loin encore dans cette quête de la vérité sur ces actions horribles. Il est pourtant de la BBC , radio et télévision d’Etat, et affirme lui que des "escadrons de la mort" circulent librement à Bagdad. On en connaît le principe : pour rejeter la faute d’un groupe sur un autre, on fait exploser quelque part une bombe qui laisse suffisamment de traces accusant l’un des deux groupes. Il ne reste plus qu’à attendre les représailles et à compter les points bien au chaud. Tout gouvernement corrompu a pratiqué un jour ce genre de sport. Un ministre irakien en place l’a même avoué "Iraq ’s interior minister has admitted death squads and other unauthorised armed groups have been carrying out sectarian killings in the country." L’auteur apportant d’autres précisions : "The ministry of the interior in Baghdad , which is run by the CIA, directs the principal death squads. Their members are not exclusively Shia, as the myth goes. The most brutal are the Sunni-led Special Police Commandos, headed by former senior officers in Saddam’s Ba’ath Party. This was formed and trained by CIA", dit John Pilger, qui évoque clairement une collusion entre d’anciens partisans de Saddam Hussein et les Américains ! Un comble, et bien le contraire en tout cas du langage officiel ! A deux étages, la collusion : non seulement c’est un ancien Baassiste qui aide les soldats américains, mais aussi les troupes de la mort sont sunnites et non chiites ! Une accusation gravissime ! Qui accuse des vétérans d’une bonne vieille méthode inaugurée il y a bien longtemps déjà "According to the investigative writer Max Fuller (National Review Online), the key CIA manager of the interior ministry death squads ’cut his teeth in Vietnam before’ in Vietnam before moving on to direct the US military mission in El Salvador"... Du Vietnam à l’Irak, en passant par le Salvador. Le terrorisme a décidément souvent bon dos au pays de la liberté... A vous de vérifier davantage désormais ces informations qui fleurent tant la propagande éhontée.

Les derniers exemples en date étant l’annonce, à peu près à la même époque de l’usage d’enfants comme kamikazes ou comme leurres par les islamistes. La dépêche qui l’annonce partout est signée APS "Diplomat News Services"... Les sites qui relaient les images mettent cependant des guillemets au mot preuve ("proof"). Aussi abject, se dit-on que la version précédente des kamikazes mongoliens. Et c’est là où ça coince : dans le propos du général américain qui explique les vidéos saisies dans un repère... d’Al-Quaïda, on s’en doute... on explique que l’horreur, là, est religieuse : un musulman, un VRAI, ne ferait jamais ça. En poussant un peu le bouchon, certains en arrivent même à affirmer que des "terroristes" vont jusqu’à manger des petits enfants, comme au temps des contes d’Anderssen. Ne rêvez pas j’ai trouvé un site qui évoque le cas ! La propagande pour un Américain moyen se situe au niveau CM2 en moyenne ! Sachant que l’on a affaire à un extrémisme qui se réclame de l’islamisme pur et dur, on comprend bien que ce ne sont pas les enfants qui importent dans le discours, mais bien le discrédit sur une religion qu’apporte leur emploi comme kamikazes. Les vidéos, tournées dans des cours fermées ou dans des chambres sans repère extérieur ne prouvent en définitive qu’assez peu de choses : on a déjà eu un Ben Laden filmé dans de pires conditions avec une fois la barbe grise et une fois la barbe noire, on se dit que de donner 300 dollars à un gamin pour qu’il joue au kamikaze devant une caméra ne doit pas revenir beaucoup plus cher que l’heure de Photoshop pour teindre la barbe du grand satan. S’il n’y avait pas eu antériorité de "preuves" ainsi fabriquées, comme l’épisode des bombes vivantes mongoliennes, nous aurions pu les croire sans problème, ces soldats américains, car, chaque jour, à Bagdad des femmes et des enfants se font déchiqueter par de véritables fous de Dieu, des islamistes extrêmes emportés dans leur folie destructrice. Le problème, c’est qu’il n’y en a pas qu’une de violence. L’une se nourrit de l’autre, et inversement. Le terrorisme nourrit la guerre contre le terrorisme qui fabrique à tour de bras de nouveaux petits terroristes. C’est pourquoi évoquer le terrorisme, dans ces colonnes, ce n’est pas en évoquer qu’un seul. A regarder les attentats qui se succèdent, soyez désormais un peu plus attentifs, et tentez de discerner au mieux ce qui est information de ce qui est pure propagande. Je peux vous faire un aveu : pour l’attentat engageant des mongoliennes, j’ai fait comme tout le monde : j’ai d’abord cru à la thèse officielle. Avant de me renseigner, et de m’apercevoir qu’encore une fois on m’avait mené par le bout du nez... le terrorisme a si bon dos pour les pouvoirs forts..."

http://aucoursdureel.blogspot.com/2008/03/en-qute-de-donnes.html

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

25/03/2008

N° 342 Journal d'Irak du 17 au 24/0308 -(Début)19-03-2003 – 19-03-2008 - Bush : "je ne regrette rien"

Journal d'Irak   

N° 342                                         du 17 au 24/0308

Par M.Lemaire


Sommaire (Début)

Tiré à part :

Cinq ans de souffrance

Irak : 655 000 voire un million d'Irakiens tués.

19-03-2003 – 19-03-2008 - Bush : "je ne regrette rien"

L'Irak est entré jeudi dans une sixième année de destruction.

Une étude du Pentagone : Saddam n’était pas lié à "Al-Qaïda"

Au jour le jour

Lutte pour la libération du territoire

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 


L'Irak en chiffre: du 17 au 24/03/08

Tués Blessés
Peuple irakien 22 + x 2+ x
Usboys/Autres boys + miliciens 8 5
Policiers, armée et collaborateurs & miliciens 36 56

Tiré à part :

Cinq ans de souffrance

Irak : 655 000 voire un million d'Irakiens tués.

"La mort des Américains ne nous concerne pas, indiquait un Irakien à Bagdad. Ce qui nous préoccupe, c'est la mort d'Irakiens innocents. Il y en a des centaines de milliers". "Le nombre de morts va atteindre 4 millions et plus parce que les Américains n'ont rien fait pour nous, ajoute cet autre. Ils disent avoir apporter la démocratie, mais nous ne l'avons pas. Ils ont dit qu'ils apporteraient la liberté, où est-elle? Dans une mort sans fin? La revue médicale britannique réputée The Lancet évoque 655 000 civils tués.

Tandis qu'un institut d'enquête britannique fait état de plus d'un million de morts en Irak. Source : EuroNews -23-03

19-03-2003 – 19-03-2008 - Bush : "je ne regrette rien"

La guerre, dont les Américains marquent mercredi 19 mars le cinquième anniversaire avec un jour d’avance, a tué des centaines de milliers d’Irakiens. Elle a déplacé des millions de personnes. Elle a coûté des centaines de milliards de dollars aux peuple des Etats-Unis..  Elle a altéré le crédit de l’administration américaine. Et, après l’approbation massive des débuts, elle a profondément divisé les Américains qui ne savent pas quand ni comment prendra fin la deuxième guerre la plus longue de leur histoire moderne, après celle du Vietnam.

L'Irak est entré jeudi dans une sixième année de destruction. Cinq ans après être apparu sur les écrans de télévision pour confirmer que les Etats-Unis avaient, "avec réticence", commencé à bombarder un ""régime hors-la-loi qui menace la paix avec des armes de meurtre en masse",

Bush a marqué le cinquième anniversaire de la guerre en Irak mercredi 19 mars en affirmant n'éprouver aucun regret malgré "le coût élevé en vies humaines". et en faisant miroiter une "victoire stratégique majeure"

Bush a répété sa volonté de poursuivre la guerre. Il a lié la guerre contre Irak à la "guerre contre le terrorisme" et il a annoncé "une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme", et la nébuleuse d'Al-Qaïda. Bush : "On débat de manière compréhensible pour savoir si cette guerre en valait la peine, si ce combat vaut la peine d'être gagné et si nous pouvons le gagner", "Les réponses sont claires pour moi: chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que l'Amérique peut et doit gagner", "la bataille en Irak est noble, nécessaire et juste, et avec votre courage, (elle) se terminera par la victoire". "La campagne en Irak a été plus longue, plus dure et plus coûteuse que prévu. Mais c'est un combat que nous devons gagner (...)." "Parce que nous sommes passés à l'acte, le régime de Saddam n'entretient plus les familles des terroristes kamikazes en Israël. Parce que nous sommes passés à l'acte, le régime de Saddam n'abat plus d'avions américains et britanniques patrouillant dans la zone d'exclusion aérienne, et donc ne défie plus les Nations Unies.Parce que nous sommes passés à l'acte, le monde est meilleur et les Etats-Unis sont mieux protégés." Bush a prévenu que les gains en Irak étaient "fragiles et réversibles". Des retraits plus rapides et plus importants pourraient nuire aux récents progrès enregistrés sur le terrain, a affirmé M. Bush. "Après avoir être allés si loin et avoir accompli autant, nous ne laisserons pas cela se produire", a-t-il promis. Pour conclure Bush a critiqué ceux qui ont "exagéré les estimations des coûts de cette guerre". (ats –AFP- Euronews- Al-Oufok avec les agences de presse)

Une étude du Pentagone : Saddam n’était pas lié à "Al-Qaïda"
Al-Manar
Une étude officielle de l’armée américaine a reconnu, pour la première fois, hier, que le président irakien Saddam Hussein n’avait pas de lien direct avec Al-Qaïda, ce qui réfute la justification fondamentale de l’administration américaine de faire la guerre à l’Iraq.
Le journal britannique The Guardian, qui a rapporté l’information, a déclaré que l’étude préparée par le ministère américain de la guerre (le Pentagone) se base sur 600 mille documents irakiens desquels les Américains et les Britanniques se sont emparés, après avoir renversé le président irakien. Les auteurs de l’étude ont indiqué qu’ils n’avaient trouvé "aucun lien direct entre Saddam et Al-Qaïda." The Guardian a signalé que le président américain George Bush et ses collaborateurs n’ont ménagé aucun effort pour établir une telle relation pour justifier la guerre contre l’Irak. Afin d’éviter tout embarras que la couverture par la presse de cette nouvelle étude peut provoquer, le Pentagone a essayé d’enfouir cette étude et d’empêcher sa diffusion. La chaîne de télévision ABC a dit que le ministère de la guerre américain a annulé un communiqué de presse qui a été programmé et qu’il a également annulé un plan visant à diffuser les conclusions de la présente étude et à la diffuser sur internet. Traduction : manar-fr.com 14-03

Au jour le jour

17-03 Irak : "chaque mois de combat ajoute plus de dix milliards de dollars à la dette américaine" AP

17-03 Le gueere lancée le 20 mars 2003 a coûté au moins 400 milliards de dollars et est un des sujets les plus controversés de la campagne pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis. (AFP)

19 mars 2008 Irak : cinq années d’occupation, cinq années de destruction. Cinq ans après les premières explosions à Bagdad le 20 mars à 5H30. Cinq années d’occupation ont détruit l’Irak en tant que nation. Bagdad n’est aujourd’hui qu’un assemblage de ghettos séparés par de hauts murs de béton, qui témoigne de la désagrégation de la nation irakienne et de la flambée de violence provoquée par l’occupation. AP

19-03 "Bush parle de victoire mais, pour moi, il a seulement réussi une chose dans ce pays: la destruction", assure Abou Fares al-Daraji. (ats 16:42)

19-03 "Ce n'est pas seulement moi mais ce sont tous les Irakiens qui demandent le retrait des troupes US parce qu'ils sont la cause de tous les troubles…" La guerre n'a pas seulement tué des dizaines de milliers d'Irakiens, nourri les luttes entre résistants et collaborateurs et poussé à l'exil des milliers de personnes, elle a également aggravé la situation humanitaire. "Nous avons des pénuries dans beaucoup d'aspects de la vie, comme les services, comme la sécurité et beaucoup d'autres choses. La seule chose qu'ils ont fait en fait c'est de se débarrasser du régime de Saddam Hussein." Et si le chef de la Maison Blanche brandit la chute du dictateur Saddam Hussein comme un trophée pour tenter de relativiser cette situation critique, il ne dit pas un mot des armes de destruction massives qui ont servi de prétexte à l'invasion américaine alors qu'elles n'ont jamais existé. 5 ans après le déclenchement du conflit, un enfant sur 4 souffrirait de malnutrition chronique. EuroNews citant un anonyme

19-03 Pour l'ancien directeur général de l'AIEA, Hans Blix, chef des inspecteurs de l'ONU chargés de découvrir des armes de destruction massive irakiennes qui n'existaient pas, la guerre a été "une tragédie, pour l'Irak, pour les Etats-Unis, pour la vérité et la dignité humaine".(AFP)

19-03 Soixante-quatre pour cent des Américains estiment que la guerre n’en valait pas la peine, selon un sondage réalisé pour la chaîne CBS. Une autre enquête pour NBC et le Wall Street Journal indique que la victoire n’est plus possible pour 53% d’entre eux. (Al-Oufok avec les agences de presse

20-03 Pour le 5e anniversaire de l'agression US contre l’Irak, dans un message audio diffusé par Al-Jazira, Oussama ben Laden déclare : "Le champ de bataille le plus proche du Jihad (la guerre sainte) pour soutenir notre peuple en Palestine est celui de l'Irak". Ben Laden invite également à poursuivre la lutte contre les forces d'occupation américaines en Irak, Le renseignement américain a indiqué qu'il pensait,…  après analyse, que la voix sur ce message était bien celle de ben Laden.(AFP Reuters)


Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

Résistance

24-03 Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, a appelé à de attaques contre les intérêts américains, dans un message radiophonique. Zawahiri a appelé à ", collecter l'argent, apporter l'équipement, surveiller les cibles effectuer les préparatifs, et passer a l’action".  (AFP)


2-1 Sur le terrain

2-2 Les forces en présence

USA

19-03 Les Etats-Unis comptent environ 158.000 soldats en Irak . (ats 16:42)


3) Politique

Collaborateurs Irakiens

Les grandes manoeuvres

18-03 Saleem Abdullah, un porte-parole du Front de la concorde, principal groupe parlementaire, a annoncé que son groupe ne participerait pas aux débats tant que les parlementaires chiites ne répondraient pas à leurs demandes au niveau politique. "Comment pouvons-nous participer à une conférence de réconciliation ?", s’est-il interrogé. "Il y a beaucoup de points qui ne sont pas encore satisfaits". Le Front estime que M. Al-Maliki s’oppose à ses demandes, notamment la libération de détenus non inculpés de crimes spécifiques, le démantèlement de milites chiites, et à sa volonté de participer davantage aux décisions concernant les problèmes de sécurité. (Al-Oufok avec les agences de presse

19-03 Une conférence de réconciliation en Irak, boycottée par d'importants partis, s'est achevée. Elle a condamné le terrorisme et a appelé le gouvernement à poursuivre ses efforts pour l'unité nationale. Cette conférence, a réuni 400 délégués, représentants des forces politiques et la société civile. Elle a remis un mémorandum au gouvernement Maliki. (ats 16:42) 1

9-03 Le conseil présidentiel irakien a levé son veto contre une loi modifiant le système électoral, prenant ainsi une décision qui va dans le sens de la réconciliation, cinq ans après le début de la guerre. Cette décision ouvre la voie à des élections le 1er octobre. Le projet de loi avait été rejeté trois semaines plus tôt sur la base d'inquiétudes exprimées par le vice-président Adel Abdul-Mahdi.


B) Politiques des occupants 

3-1 Usa

19-03 Selon un sondage Gallup publié par le quotidien USA Today, plus de trois Américains sur quatre estiment que les Etats-Unis sont entrés en récession. C'est l'économie qui comptera le plus quand ils éliront leur président pour 42% d'entre eux, devant la guerre (21%), selon un sondage pour la chaîne de télévision CNN. En juin 2007, la situation était inversée (31% pour la guerre en Irak, 23% pour l'économie). (AFP)


Bush

19-03 Dans un discours au Pentagone, Bush a jugé "compréhensible" que le débat continue, mais a livré un argumentaire connu : les Américains doivent combattre Al-Qaïda en Irak pour ne pas le combattre aux Etats-Unis, se retirer trop rapidement sèmerait le "chaos" et enhardirait les "terroristes" et l’Iran voisin. Il a surtout argué des progrès accomplis depuis l’année dernière, quand la violence menaçait d’atteindre "le niveau du génocide", grâce à une nouvelle stratégie et l’envoi d’environ 30.000 Américains supplémentaires. Ce changement "a fait plus que renverser la situation en Irak. Il a ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme", a-t-il dit, arguant du "premier soulèvement arabe de grande ampleur" contre Al-Qaïda. (Al-Oufok avec les agences de presse

24-03 Bush a promis "un résultat à la hauteur du sacrifice" des soldats américains tués en Irak depuis cinq ans, D'après les conseillers de la Maison blanche, George Bush pourrait suivre les recommandations du général Petraeus, chef des forces armées en Irak, qui prône une pause dans les réductions des troupes dans les semaines à venir. "Notre stratégie aura pour but d'assurer la victoire et la sécurité en Amérique", a précisé le président Bush, ajoutant qu'il était important que des "jeunes démocraties" comme l'Irak survivent en ce début de siècle. AP


Faits marquants

19-03 L’administration a toutes les peines du monde à convaincre les Américains de l’amélioration des conditions irakiennes. Quelques semaines après le début de la guerre, Bush se tenait sur le pont d’un porte-avions devant une banderole proclamant "mission accomplie". Il s’en est pris mercredi à "certains à Washington (qui) appellent encore à battre en retraite". Il les a accusés d’arguer à présent du coût financier du conflit parce qu’ils "ne sont plus crédibles s’ils disent que nous perdons la guerre". (Al-Oufok avec les agences de presse


Paroles & actions des bientôt président cette semaine ...

Clinton Hillary Clinton a déclaré qu’elle honorerait la mémoire des soldats disparus en mettant fin à la guerre et en ramenant au pays les troupes américaines "de façon aussi rapide et responsable que possible".

Obama :  Barack Obama a jugé qu’"il est bien temps de mettre un terme à une guerre qui n’aurait jamais dû être lancée en ramenant nos troupes à la maison et en poussant enfin les dirigeants irakiens à prendre la responsabilité de leur avenir".

19-03 Barack Obama a estimé mercredi, jour du cinquième anniversaire de l'invasion de l'Irak, que cette guerre avait nui à la sécurité nationale des Etats-Unis tout en enhardissant Al-Qaïda, les talibans, l'Iran et la Corée du Nord. Obama a aussi laissé entendre qu'on ne pouvait se fier à sa rivale Hillary Clinton sur la guerre en Irak parce qu'elle n'avait commencé à s'y opposer qu'une fois sa campagne commencée. Mme Clinton a voté en 2002 la résolution du Congrès autorisant l'invasion de l'Irak. "Il y a un fossé entre la rhétorique de ceux qui affirment être fermes sur la sécurité nationale et la réalité d'une insécurité croissante provoquée par leurs décisions", a-t-il affirmé.

Il a réaffirmé qu'il retirerait les troupes américaines déployées en Irak dans un délai de 16 mois après sa prise de fonctions s'il est élu. Il a critiqué à la fois son adversaire pour l'investiture, Hillary Clinton, et le candidat républicain John McCain, reprochant aux deux sénateurs de parler avec résolution de la sécurité nationale tout en prenant des décisions qui rendent le pays moins sûr. Le sénateur noir de l'Illinois rappelle souvent qu'il s'est opposé à la guerre en Irak dès le début, contrairement à Mme Clinton.AP19

19-03 Barack Obama a manifesté sa volonté d'axer davantage la politique étrangère américaine sur l'Afghanistan et le Pakistan. Evoquant un "investissement à long terme dans le peuple afghan", il a promis que s'il était élu, les Etats-Unis offriraient un milliard de dollars (640 millions d'euros) supplémentaires "en aide non militaire chaque année" au profit des Afghans. AP

McCain :

17-03 Le sénateur, ardent soutien de la guerre, considère que les troupes américaines doivent rester jusqu'à ce que la stabilité soit revenue en Irak.  (AFP)

18-03 John McCain,  se trouve en Irak dans le cadre d'une mission de la commission des forces armées du Sénat américain. McCain a déclaré qu'un retrait rapide des troupes américaines en Irak serait une "erreur" qui pourrait bénéficier à l'Iran et à Al-Qaïda. AP


Les grandes manoeuvres

17-03 Le vice-président Cheney a réaffirmé lundi le "soutien inébranlable" des Etats Unis à l'Irak, au cours d'une visite surprise à Bagdad. Il a rencontré les principaux responsables américains --le général David Petraeus, et l'ambassadeur Ryan Crocker--, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, et devait s'entretenir avec le président Jalal Talabani. Selon son entourage, cette visite, accompagnée de mesures de sécurité très strictes, doit permettre à Cheney de mesurer les changements en Irak depuis sa dernière visite en mai 2007. Cependant, une série de récentes attaques fait pensez à une reprise des attaques dans la capitale. Et en effet, peu après l'arrivée de Cheney à Bagdad, la ville a été secouée par une forte explosion d'origine indéterminée. Un tir de mortier a aussi visé la "zone verte" où est installée l'ambassade des Etats-Unis, selon une source au ministère de l'Intérieur. (AFP)

18-03 Dick Cheney s’est rendu mardi à Erbil, dans le nord du pays, pour rencontrer Massoud Barzani, l’inciter à s’impliquer dans le processus de réconciliation nationale et à construire un partenariat avec les Etats-Unis. "Nous comptons sur le leadership du président Barzani pour nous aider à conclure une nouvelle relation stratégique entre les Etats-Unis et l’Irak", a-t-il notamment déclaré. M. Barzani a qualifié pour sa part la visite de Cheney de "jour historique" pour le Kurdistan irakien. (Al-Oufok avec les agences de presse)

18-03 Cheney :"Lorsqu'on se penche sur ces cinq dernières années, on observe que cela a été une entreprise difficile, périlleuse, mais néanmoins couronnée de succès", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une série d'entrevues avec les dirigeants irakiens. John McCain,  se trouve en Irak dans le cadre d'une mission de la commission des forces armées du Sénat américain. Les deux hommes, qui ne devraient pas se croiser, ont été des partisans convaincus de l'envoi de renforts, il y a un an afin de mater la résistance Cheney a jugé "impressionnants" les progrès accomplis. "Je suis heureux de voir que les Américains comprennent de plus en plus le succès de cette stratégie de renforcement", a renchéri McCain à Mossoul, dans le Nord. Selon l'armée d’occupation, les attaques ont régressé de 60% depuis juin grâce à la création de milices de quartier . AP

18-03 Cheney "le PKK est une organisation terroriste qui doit être vaincue" et apporter son soutien à Ankara dans ce conflit, a-t-on indiqué de même source.

AP


Turquie ou La guerre dans la guerre

20-03 L’aviation turque a bombardé le nord de l’Irak, a annoncé la chaîne privée NTV qui cite des responsables kurdes irakiens. Selon NTV, les avions turcs ont effectué plusieurs vols de reconnaissance au-dessus de la frontière irako-turque avant de bombarder des cibles présumées des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). (Jeudi 20 mars 200- Al-Oufok avec les agences de presse)

N° 342 Journal d'Irak du 17 au 24/0308-(Suite)19-03-2003– 9-03-2008 - Bush : "je ne regrette rien"

Journal d'Irak   

N° 342                                             du 17 au 24/0308

Par M.Lemaire


Sommaire : (Suite)

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Bush avait décidé l’invasion de l’Irak avant le 11 septembre 2001.

6 Brèves

6-1 Le détail des pertes états-unienne en Irak.

6-2 Le capitaine Jaron Wharton a vu l'armée état-unienne modifier sa manière de combattre.

6-3 Les soldats états-uniens sont soupçonnés de crimes de guerre.

6-4 David L. Petraeus, le généralissime n’est pas content…

6-5 al-Maliki prône la réconciliation lors d’une conférence inter-communautaire.


4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes occupants.

21-03  Vendredi, un soldat américain avait été mortellement blessé par des "tirs indirects", terme employé par les militaires américains pour désigner les tirs de mortier ou de roquettes. Quatre autres militaires américains ont été blessés dans cette attaque. (Samedi 22 mars 2008 - (Al-Oufok avec les agences de presse)

22-03 Ttrois militaires américains ont trouvé la mort dans l’explosion d’une bombe au passage d’une patrouille motorisée sur une route au nord-ouest de Bagdad.a annoncé l’armée américaine. Un soldat appartenant à la même patrouille a également été blessé et hospitalisé. Le communiqué ne donne pas d'autres précisions. (Samedi 22 mars 2008 - (Al-Oufok avec les agences de presse- AP)

23-03 "Quatre soldats de la division multinationale de Bagdad ont été tués dimanche vers 22h00 locales dans une attaque", a annoncé le commandement américain dans un communiqué. "L'attaque a eu lieu dans le sud de la capitale où les militaires menaient une patrouille motorisée", selon ce communiqué, qui ne donne aucune autre précision sur l'incident.  (ats / 24 mars 2008 03:56)

24-03 Les corps de deux agents 'de sécurité' US enlevés en Irak il y a plus d'un an ont été retrouvés dans le pays, a annoncé la police fédérale des Etats-Unis. Ronald Withrow avait été enlevé en janvier 2007 et John Roy Young en novembre 2006, annonce le FBI. M. Withrow travaillait pour une agence spécialisée dans l'assistance technique(…)  dans les zones de conflit. M. Young faisait partie d'un groupe de cinq occidentaux enlevés par des hommes vêtus d'uniformes de la police près de Bassorah, alors qu'ils escortaient un convoi du Croissant rouge koweïtien. (ats)


Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad

Opération Wolf": et le nouveau plan de sécurité «Ordre et loi» devanant Fardh al-Qanoon ou "Imposing Law", (Imposer la loi),

25-08 Depuis dix-huit heures, heure locale, la circulation de tout véhicule a été proscrite dans Bagdad et l'ensemble de son agglomération. Cette mesure restera en vigueur jusqu'à nouvel ordre. EuroNews

Et à Bagdad. pendant de ce temps..?

17-03 Deux policiers chargés de la circulation, ont été tués  dans une explosion dans le quartier Al-Bounouk, dans le nord-est de la capitale irakienne, selon des sources aux ministères de l'Intérieur et de la Défense. L'attaque a fait également sept blessés.  (AFP)

20-03 L'armée américaine a fait savoir qu'une opération contre les auteurs de tirs de mortiers avait été menée jeudi avec l'appui d'hélicoptères de combat dans un secteur de l'ouest de Bagdad auquel appartient le quartier de Chourta. Six hommes armés ont été tués  mais un officier de la police irakienne a été enlevé, précise l'état-major. (Reuters)

21-03 Des policiers irakiens en patrouille dans le quartier de Chourta, à Bagdad, ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi par des membres de l'Armée du Mahdi.

21-03 Vendredi, cinq policiers ont été blessées dans des heurts entre les combattants sadristes et les forces de sécurité américaines et irakiennes dans le secteur de Hay al Amil, dans le sud-ouest de Bagdad, a déclaré la police (Reuters)

21-03 L'Armée du Mahdi a attaqué simultanément plusieurs patrouilles de la police irakienne à Chourta, selon deux agents de la police irakienne ayant requis l'anonymat. "Ils ont capturé 17 policiers et les ont forcés à se dévêtir. Puis ils les ont relâchés en sous-vêtements", a déclaré l'un d'eux. Selon le second, les miliciens ont saisi des armes et incendiés plusieurs véhicules de police. Les militaires américains ont ensuite ramené huit sacs mortuaires dans un commissariat du sud de la ville, a-t-il ajouté. (Reuters)

23-03 Deux salves de mortiers ont visé la "zone verte" ultra-sécurisée de Bagdad, siège du gouvernement irakien ou encore des ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, sans faire de victime. Une première attaque, vers 06H30 (03H30 GMT), a provoqué un incendie et une épaisse colonne de fumée s’est élevée dans le ciel. Quatre heures plus tard, au moins huit tirs de mortiers ont de nouveau visé la "zone verte". Les autorités occupantes n'ont fait aucun commentaire sur cette attaque. Aucune information n’a filtré… Cette vaste zone située sur la rive ouest du Tigre abrite les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, les locaux du gouvernement irakien et des milliers de soldats américains. Ce secteur ultra-protégé du centre de Bagdad est la cible régulière d’attaques au mortier de la part des résistants. (Al-Oufok avec les agences de presse)

23-03 D'autres mortiers et roquettes ont été lancés sur le même secteur dans la journée. dans la Zone verte, située sur la rive occidentale du Tigre qui coupe la ville en deux, selon la police. La responsabilité des tirs de dimanche n'a pas été revendiquée. Cependant, les projectiles semblaient provenir de secteurs situés dans l'est de la capitale, où opère l'Armée du Mahdi. (ats)


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie ), Sindjar & Zaidan

22-03 Les Conseils de l’Eveil ont fait leur apparition dans la province d’Anbar à l’ouest de Bagdad avant de s’étendre à la capitale et aux régions environnantes. Les dirigeants irakiens font preuve d’une attitude ambivalente vis-à-vis de ces miliciens nouvellement ralliés, par crainte qu’ils ne se retournent contre le gouvernement lorsque les Etats-Unis se retireront d’Irak. De leur côté, des membres des Conseils de l’Eveil de Bagdad ont déploré ne pas avoir été payés pendant des mois et ont menacé de retirer leur soutien au gouvernement s’ils n’étaient pas réglés dans les jours qui viennent. (Al-Oufok avec les agences de presse)


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

 La province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu dispose déjà de quelque 18.000 policiers mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance.

23-03 13 militaires irakiens ont été tués dans une attaque kamikaze et 42 blessés, selon un bilan de l’armée américaine d’occupation, qui a attribué l’attaque à Al-Qaïda. Vers 07H00 (04H00 GMT), "un kamikaze a précipité un camion piégé sur une base militaire dans l’ouest de Mossoul", a indiqué à l’AFP le commandant Mohammed Ahmed. (Al-Oufok avec les agences de presse-AP)


1-5 Hillah (située à 95km au sud de Bagdad)

23-03 Des tirs de mortiers ont visé une base américaine selon la police irakienne. Les autorités occupantes n'ont fait aucun commentaire sur cette attaque. Aucune information n’a filtré… AP


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb  (La région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, à 60 km au nord de Bagdad, est le théâtre d'attaques visant quasi quotidiennement contre  les forces colonialistes et ses acolytes sur le terrain

Baaqouba (60 km au nord de Bagdad)

23-03 l’armée d’occupation a annoncé avoir tué 12 eésistants présumés lors d’une opération à l’est de Baqouba. A 60 kilomètres au nord-est de Bagdad, Baqouba est la capitale de la province de Diyala, décrite comme un fief de la branche irakienne d’Al-Qaïda. (Al-Oufok avec les agences de presse)

23-03 Sur une route à l’est de Baqouba, une embuscade a été tendue à un responsable de la police de cette région, le général Akram Awad, qui a été tué ainsi qu’un passager de sa voiture, selon la police. (Al-Oufok avec les agences de presse)

Balad Rouz

23-03 Un commandant de la police a été abattu avec son chauffeur à Balad Rouz, à 70km au nord-est de Bagdad. AP


1-10 Bassorah (capitale méridionale de l'Irak, à 550 au sud de Bagdad.- (deuxième ville du pays)

25-03 La police a confirmé qu'une opération avait été lancée dans la nuit de lundi à mardi contre le quartier Al-Tamiyah, bastion de l'armée du Mahdi (Moqtada Sadr.) "Nous avons commencé à intervenir à 05H00 (02H00 GMT). Les combats opposent les forces de sécurité et l'armée du Mahdi", a indiqué un porte-parole de la police, le commandant Karim al-Zubaidi. Des déflagrations de tirs de mortiers et des échanges aux armes automatiques se poursuivaient dans la matinée. L'opération a été déclenchée pour «imposer la loi et chasser les criminels», a expliqué le général Mohan al-Furayji. Des témoins dans la ville ont signalé un déploiement de forces de sécurité, après la décision des autorités d'imposer un couvre-feu dans Bassorah à partir de lundi soir. Les combattants de l'armée du Mahdi ont ensuite pris position aux accès des quatre quartiers qu'ils contrôlent dans la deuxième ville d'Irak, majoritairement chiite, qui compte 1,5 million d'habitants. Des sources médicales à l'hôpital de la ville ont fait état de "nombreux blessés ", sans pouvoir en préciser le nombre. Un porte-parole du mouvement sadriste, Harith al-Athari, a appelé à l'ouverture de négociations. "La situation est mauvaise et nous regrettons les combats. Nous sommes prêts à des négociations et nous voulons calmer les choses", a-t-il déclaré à l'AFP. Le responsable du mouvement sadriste de Nadjaf (centre sud), Liwa Sumaysim, a regretté la détérioration de la situation à Bassorah. "Nous regrettons ce qui se passe à Bassorah", a-t-il déclaré à l'AFP. " Le mouvement sadriste est visé à Bassorah, et c'est pour cela que nous assistons à un regain de tension. Les forces gouvernementales ne devraient pas être utilisées contre le peuple".


1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Hamrin,Ichaki. Cette région est l'un des bastions de la résistance.

Dans Salaheddine, les résistants ont lancé une nouvelle série d'attaques contre les responsables des forces de sécurité et les chefs tribaux ralliés à l'armée US.

Ichaki 22-03 Six membres d’une milice locale financée par Washington ont été tués samedi par les tirs d’un hélicoptère américain dans la province de Saladin, a-t-on appris auprès de la police et de chefs tribaux. L’état-major américain a fait savoir que des vérifications étaient en cours. L’armée d’occupation attribue à ces groupes de "citoyens concernés", une grande part de la baisse des violences en Irak depuis un an. Le raid de samedi a visé l’un de leurs points de contrôle dans la ville d’Ichaki, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, a indiqué à Reuters le chef tribal Abou Farouk. "Les Américains savent que je contrôle toute cette zone. Tous mes hommes portaient des uniformes et ils ne tiraient pas, alors pourquoi cela a-t-il eu lieu ? Si nos points de contrôle sont ainsi visés, c’est un désastre", a-t-il dit. (Samedi 22 mars 2008 - (Al-Oufok avec les agences de presse)

Hamrin

22-03 Samedi, au cours d'une opération contre Al-Qaïda près des montagnes d'Hamrin (centre-nord, dans la province de Salaheddine), des militaires US ont ouvert le feu sur cinq suspects (lisez : civils) qui refusaient de se conformer à leurs instructions, toujours selon l'armée américaine. Les cinq suspects ont été tués.  (AFP 13h53)

Samarra,

22-03 Samedi, un raid aérien a fait six morts et deux blessés lors du bombardement de deux checkpoints  tenu par les ’Fils de l’Irak’" (autre nom utilisé pour désigner les groupes soutenant les Américains) près de Samarra (95km au nord de Bagdad), a indiqué la police irakienne.L’armée américaine d’occupation a expliqué qu’un hélicoptère Apache AH-64 avait fait feu après que cinq personnes ont été repérées "en train de mener des activités terroristes présumées" dans une zone où de nombreuses bombes ont déjà explosé le long de la route. "Les premiers rapports laissent entendre qu’il pourrait s’agir d’un checkpoint tenu par les ’Fils de l’Irak’" (autre nom utilisé pour désigner les groupes sunnites soutenus par les Américains), a indiqué l’armée. "L’incident fait actuellement l’objet d’une enquête commune des forces irakiennes et de la coalition". Un responsable local de ce groupe a indiqué que l’attaque avait eu lieu deux heures seulement après une visite de soldats américains. "Ils nous ont posé des questions générales comme ’Avez-vous obtenu vos cartes d’identité ?’ ou ’Avez-vous besoin de quelque chose ?’. Et puis ils sont partis", a déclaré Sabbar el-Bazi à l’Associated Press. "Deux heures plus tard, après que je sois rentré chez moi, j’ai entendu deux explosions, probablement des missiles, et un tir de mitrailleuse d’hélicoptère". Al-Oufok avec les agences de presse)

22-03 Samedi soir, un kamikaze a lancé un camion chargé d'explosifs sur la maison du maire de Samarra, à 95km au nord de Bagdad. Selon la police, le bilan est de trois morts et quatre blessés, parmi des agents de sécurité. AP


1-13 Les autres villes de l'Irak occupée

22-03 Les quartiers de Chourta et d’Hay al Amil, dans le sud de Bagdad, ainsi que la ville de Kout à 170 km au sud-est, étaient calmes samedi matin, au lendemain de combats entre les miliciens de l’Armée du Mahdi et les soldats irakiens et américains. Après avoir imposé en août une trêve à ses miliciens, Moktada al Sadr les a autorisés à riposter aux attaques. L’Armée du Mahdi se plaignait d’être pieds et poings liés face aux factions rivales et aux soldats américains du fait de cette trêve.

L’armée américaine d’occupation, qui redoute de voir un retour des affrontements à Bagdad alors qu’elle procède au retrait de 20.000 soldats, assure ne viser que les unités de l’Armée du Mahdi qui ignorent l’ordre de cessez-le-feu de Sadr. (Samedi 22 mars 2008 - (Al-Oufok avec les agences de presse)

Kout

20-03 Affrontements entre forces de l'ordre irakiennes et l'Armée du Mahdi, a-t-on appris de sources policière et médicale. Deux policiers ont été tués par balles et cinq ont été blessées, selon une source médicale. Des responsables ont cdémenti que des membres de l'Armée du Mahdi soient impliqués dans les affrontements. (Reuters)

20-03 Un lieutenant de police a déclaré que les forces irakiennes avaient repris le contrôle de cinq des neuf quartiers de Kout où les membres de l'Armée du Mahdi sont très présents. Il a ajouté que les combats avaient éclaté lorsque des policiers étaient venus arrêter des suspects dans le quartier d'al Djihad. Reuters

Kirkouk (255 km de Bagdad),

23-03 Une bombe a explosé au passage d’une patrouille de l’armée tuant quatre militaires dont un officier, selon une source médicale. (Al-Oufok avec les agences de presse)

23-03 Cinq résistants ont été tués samedi au cours d'une opération contre Al-Qaïda près des montagnes d'Hamrin. (ats)





5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Bush avait décidé l’invasion de l’Irak avant le 11 septembre 2001.

19 mars 2008 Dès la première réunion du Conseil National de Sécurité, en février 2001, le gouvernement Bush élaborait des plans pour renverser Saddam et préparait l’occupation de l’Irak. « Trouvez moi un moyen de le faire, demandait Bush à ses conseillers. » Document CBS et transcription VF.

Paul O’Neil, Secrétaire au Trésor dans le premier gouvernement Bush, s’est entretenu en 2004 avec une journaliste la chaine CBS, à l’occasion de la publication d’un ouvrage décrivant les rouages du pouvoir à Washington. Ron Suskind, l’auteur de « The Price of Loyalty », a recueilli les témoignages de plusieurs fonctionnaires et membres du gouvernement, dont celui de Paul O’Neil, qui a accepté d’être cité nommément. A l’époque, Donald Rumsfeld avait téléphoné à Suskind pour tenter de le dissuader de publier. Extrait de 60 minutes – CBS    Début de la transcritption : 1:50

Paul O’Neil : Depuis le tout début, [les responsables] avaient la conviction que Saddam Hussein était une personne détestable, et qu’il devait partir.

VOix off : Paul O’Neil déclare que le fait de s’en prendre à Saddam Hussein était le sujet n°1 sur l’agenda, 10 jours après la prise de fonction de Bush, soit 8 mois avant le 11 septembre. Depuis la tout première [réunion du Conseil National de Securité], il s’est agit de l’Irak, de ce que nous pouvions faire pour changer ce régime.

Journaliste : Tout le monde pense que cela est venu après le 11 septembre.

Suskind : Non. C’était là dès le 1er jour de ce gouvernement.

Voix off : Paul O’Neil, en tant que Secrétaire au Trésor, était membre permanent du Conseil National de Sécurité. Il déclare qu’il a été surpris par le fait que les questions : pourquoi Saddam et pourquoi maintenant, n’aient jamais été posées. Citation : Il s’agissait uniquement de trouver un moyen de le faire. C’était la tonalité de ces discussions. Le président disait : trouvez moi un moyen de le faire.

Paul O’Neil : Pour moi, la notion de préemption, le fait que les USA se donnent le droit unilatéralement de faire ce que nous déciderions, était réellement un énorme changement.

Journaliste : Cela a été évoqué lors de cette première réunion ?

Paul O’Neil : Oui.

Voix off : Paul O’Neil nous a déclaré que la discussion sur l’Irak s’est poursuivie lors de la réunion suivante du Conseil National de Sécurité, deux jours plus tard.

Suskind : Il existe des mémos. L’un d’entre eux porte l’indication « secret », et mentionne un « Plan militaire pour la crise irakienne après Saddam. »

Journaliste : Reconstruction de nation ? Ils discutaient de l’occupation de l’Irak ?

Suskind : Oui, en janvier et février 2001.

Journaliste : Suskind révèle que ces plans prévoyaient des troupes de maintien de la paix, des tribunaux pour juger des crimes de guerre et même la répartition des champs de pétrole irakien. Il a obtenu ce document du Pentagone, daté du 5 mars 2001, intitulé soumissions internationales sur des contrats pétroliers irakiens, qui inclut une carte décrivant les zones d’exploration potentielles. (...)

Référence http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1839   http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1839



6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 Le détail des pertes états-unienne en Irak.

Les principales statistiques sur les pertes américaines en Irak, selon un décompte fondé sur les chiffres du Pentagone et le décompte de l'agence Associated Press:

- 97% des décès sont intervenus depuis que le président George W. Bush a décrété la fin des combats majeurs en Irak le 1er mai 2003

Mois les plus meurtriers pour l'armée américaine depuis le début de l'intervention le 20 mars 2003:

- novembre 2004 (137 morts)

- avril 2004 (135)

- mai 2007 (126)

- décembre 2006 (112)

- janvier 2005: (107)

Provinces irakiennes où l'armée américaine a subi les plus lourdes pertes depuis le début de la guerre:

- Bagdad : 1.113

Anbar: 1.099

- Salaheddin: 513

- Nineveh : 220

- Diyala: 136

CAUSES DU DECES

- en 2007, 44% des soldats décédés ont été tués par un "engin explosif improvisé" et 56% depuis le début de l'année 2008

- 18% des décès n'ont pas été causés par des opérations ennemies

- 66 soldats morts de maladie

- 83 soldats décédés avaient plus de 45 ans

- 33 soldats décédés avaient 18 ans

- 98 femmes parmi les soldats décédés (2%)

ORIGINE ETHNIQUE

- blancs: 75%

- latino-américains: 11%

- afro-américains: 9%

- origine asiatique: 2%

- origines multiples ou inconnues: 1%

- Indiens: 1%

- Hawaï ou îles du Pacifique: 1%

REPARTITION PAR CORPS

- armée de terre (US Army): 72%

- Marines: 24%

- marine (US Navy): 2%

- armée de l'air (US Air Force): 1%

- un décès chez les Gardes-Côtes

SERVICE ET GRADE

Répartition selon les états de service:

- militaires en service actif: 83%

- membres de la garde nationale: 10%

- réservistes: 6%

-9% d'officiers parmi les tués

SOURCES: La plupart des chiffres proviennent du Pentagone, qui déclarait 4.000 tués au 23 mars 2008. Le décompte d’AP inclut les décès rapportés par ses journalistes en Irak. Il comprend huit civils qui travaillaient pour l'armée. Les pourcentages sur la répartition par communauté, par cause du décès ou grade sont fondés sur les chiffres disponibles au 1er mars 2008. AP


6-2 Le capitaine Jaron Wharton a vu l'armée état-unienne modifier sa manière de combattre.

Il n'a pas encore trente ans, mais le capitaine Jaron Wharton a déjà accompli deux affectations d'une année en Irak, fait l'expérience de la pression qui s'exerce sur les troupes et vu l'armée américaine modifier sa manière de combattre. A bien des égards, son expérience reflète celle de l'armée américaine tout entière cinq ans après l'invasion de l'Irak. Lorsqu'il a regagné l'Irak pour sa seconde affectation, en novembre 2005, la liesse du début de l’occupation à fait place à une insurrection meurtrière, et l'Irak est devenu le théâtre d'engagement le plus lourd de l'armée américaine, hors période de conscription obligatoire, depuis la guerre d'indépendance de 1775-83. Le capitaine Wharton s'est retrouvé dans un environnement bien différent. Il se souvient notamment d'une patrouille de 18 heures pendant laquelle ses soldats et lui ont été la cible de trois attaques à la bombe. Un sergent a été tué à ses côtés. Aujourd'hui, certains soldats US en sont à leur troisième, voire leur quatrième affectation en Irak. La durée de leur présence a été portée de douze à quinze mois, l'intervalle entre deux missions ramené lui à un an. La durée de ces affectations a de lourdes conséquences sur la vie personnelle des soldats, explique Wharton, dont l'épouse est elle aussi capitaine de l'armée américaine et a elle aussi servi à deux reprises en Irak. "Dans la plupart des cas, votre petite amie, eh bien, elle n'est plus là lorsque vous rentrez au pays", explique Wharton, qui a également combattu en Afghanistan. Selon une étude de l'armée américaine, plus d'un soldat sur quatre souffre de problèmes mentaux à sa troisième ou quatrième affectation en Irak. Source : Andrew Gray Reuters - version française Henri-Pierre André - 18 mars


6-2 Des Marines sont soupçonnés d'avoir tué jusqu'à huit prisonniers de guerre

En juillet 2007, le journal local North County Times avait affirmé qu'entre cinq et dix Marines de la base étaient visés par cette enquête. Ces militaires avaient participé à une offensive américaine à Falloujah, à 100 km à l'ouest de Bagdad, en novembre 2004. Selon le quotidien, les Marines sont soupçonnés d'avoir tué jusqu'à huit prisonniers de guerre capturés pendant la bataille. Le Marine sergent Ryan Weemer a été inculpé mardi de meurtre dans le cadre de l'enquête sur des prisonniers de guerre irakiens tués àFalloujah en 2004, a annoncé lundi l'armée en Californie (ouest). Ryan Weemer est le troisième Américain à être mis en cause dans cette affaire, après le sergent Jermaine Nelson, inculpé de meurtre en août par la justice militaire, et José Nazario, un ancien sergent revenu à la vie civile et qui a plaidé non coupable en août de deux meurtres devant un tribunal fédéral à Riverside (Californie). L'enquête sur les agissements des sergents Nelson et Weemer est menée par la justice militaire à Camp Pendleton, la plus grande base de Marines du monde à 130 km au sud-est de Los Angeles. Source : AFP / 18 mars 2008)


6-3 Les soldats états-uniens sont soupçonnés de crimes de guerre,

L'armée US est impliquée dans une série de scandales en Irak où des soldats sont soupçonnés de crimes de guerre, notamment d'avoir tué ou maltraité des civils de sang froid. L'enquête sur le pire crime de guerre reproché à l'armée américaine en Irak, la tuerie de Haditha fin 2005, a eu lieu à Camp Pendleton. Quatre Marines, deux officiers et deux hommes du rang, doivent être jugés dans les prochaines semaines pour ce drame qui avait fait 24 morts selon le parquet. L'année 2007 a également vu à Camp Pendleton la conclusion judiciaire de l'affaire de Hamdania, le meurtre d'un civil irakien par des militaires américains l'année précédente. Huit militaires ont vu leur culpabilité établie à des degrés divers et ont été condamnés à des peines de un à 15 ans de prison ferme. (Source : AFP)


6-4 David L. Petraeus, le généralissime n’est pas content…

David L. Petraeus, le généralissime des 155 000 soldats américains stationnés en Irak, n’est pas content du gouvernement de Bagdad. Celui-ci n’ayant "pas fait, et de loin, les efforts politiques et législatifs" attendus "en matière de réconciliation nationale", Le nouveau champion des militaires, troublé par la recrudescence des attaques depuis deux mois, recommande le maintien de son contingent à au moins 135 000 hommes et femmes jusqu’à la fin de l’année 2008. Et sans doute au-delà. Le général Petraeus peut bien tancer le gouvernement irakien pour son manque de résolution. Celui-ci, chacun le sait, n’est qu’une addition de fiefs qui ne fonctionne qu’avec la moitié de ses ministres depuis des mois parce que les autres l’ont quitté pour diverses raisons, politiques et/ou sectaires. Après cinq années de tragédie ininterrompue, ce ne sont pas les 6 000 "soldats" d’Al-Qaida - dernière estimation du renseignement militaire américain - qui maintiennent seuls l’Irak dans la guerre. Ce sont les rivières de sang versé qui polarisent toutes les communautés comme jamais. Que les Américains s’en aillent où qu’ils demeurent, la stabilisation de la vieille Mésopotamie n’est pas pour demain. Patrice Claude (Grand reporter) Le Monde du 20 mars 2008 

N° 342 Journal d'Irak du 17 au 24/0308 -(Fin)19-03-2003 – 19-03-2008 - Bush : "je ne regrette rien"

Journal d'Irak   

N° 342                                             du 17 au 24/0308

Par M.Lemaire


Sommaire : (Fin)

7 Dossiers

7-1  Bilan de 5 ans de guerre en Irak.

7-2 Que représentent 100 milliards de dollars, la facture annuelle de la guerre en Irak, pour une économie américaine?

7-3 Quelle armée pour quelles missions ?

7-4 Les armes des occupants

1VIPER : Un soldat robotisé.
2 Le tank "Merkava 4", fleuron des blindés.
3 Fuel-Air-Explosive (FAE), fleuron des obus

4 Obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial(GPS) = Excalibur

7-5 Manifestations aux Etats-Unis contre la guerre en Irak.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

8-1 NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres.


7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1  Bilan de 5 ans de guerre en Irak.

Jeudi 20 mars 2008. Cinq ans après avoir envahi l’Irak avec 190 000 GI et 60 000 Britanniques - qui ne sont plus que 5 000 -, cinq ans après avoir essayé de réaliser l’impossible rêve néoconservateur d’occuperpar la force le monde arabe,l’Amérique est embourbée dans une impasse. L’Amérique ne contrôle toujours pas le pays, pas même les 16 km d’autoroute qui séparent sa "zone verte" ultrafortifiée au coeur de la capitale de l’aéroport de Bagdad. Après avoir dissous toutes les forces de sécurité irakiennes - "une grave erreur", admet-on à présent -, elle a dépensé plus de 20 milliards de dollars pour entraîner et équiper 250 000 policiers et 160 000 soldats irakiens dont les chefs disent eux-mêmes qu’au mieux ils ne seront pas prêts à prendre seuls en charge la sécurité nationale "avant 2012", et celle des frontières "avant 2018". L’armée américaine est épuisée, "incapable", disait l’amiral William Fallon avant d’être contraint à la démission la semaine passée, de "combattre sur un autre front" qui ne serait pas, cette fois-ci, "choisi" comme en Irak, mais imposé. Par ses mensonges, l’administration Bush a gâché, pour longtemps, l’image et le crédit des Etats-Unis à travers le monde. Le conflit d’Irak a contribué au quadruplement des prix du pétrole en cinq ans. Malgré les milliards de dollars injectés dans l’exploitation, la production irakienne, troisième du monde avant 2003, n’est même pas encore revenue à son niveau d’avant-guerre. Même chose pour la distribution d’eau potable - dont 40 % des populations sont désormais privées - et d’électricité, dont la majorité des Irakiens, à commencer par les 5 à 6 millions de Bagdadis, ne reçoivent guère plus de quatre à six heures par jour.

En 2007, le Pentagone estimait que 70 % des 2 milliards de dollars (1,264 milliard d’euros) d’essence, kérosène et fioul produits par la raffinerie de Baiji, la principale du pays, "disparaissaient" dans la corruption généralisée qui sévit à présent partout en Irak. Bien sûr, une portion de ces détournements, estimée à "au moins 200 millions de dollars par an", participe au financement d’une insurrection, djihadiste et/ou nationaliste, qui trouve aussi des fonds privés à foison en Arabie saoudite, en Iran et dans les Etats du Golfe. Aujourd’hui en récession, l’Amérique surendettée a emprunté l’essentiel des 500 milliards de dollars déjà dépensés dans une guerre qui a, directement et indirectement, causé la mort d’au moins 400 000 Irakiens, selon l’Organisation mondiale de la santé. Elle a aussi déclenché, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, la plus "vaste migration humaine" depuis la partition entre l’Inde et le Pakistan en 1947. Environ 4,4 millions d’Irakiens sont aujourd’hui des "déplacés" qui ont fui leurs maisons, 2 millions tentent de survivre dans les pays voisins, avec tous les risques de déstabilisation politique que cela implique. Que faire à présent ? Impossible de rester quand toutes les enquêtes d’opinion montrent que les trois quarts des 25 ou 26 millions d’Irakiens n’en peuvent plus de l’occupation. Que les enfants sont souvent les premiers à applaudir lorsque la résistance parvient à exploser un de leurs blindés ou à abattre un hélicoptère. Source & Source & Extrait : Patrice Claude (reporter pour’ le Monde’)


7-2 Que représentent 100 milliards de dollars, la facture annuelle de la guerre en Irak, pour une économie américaine?

Que représentent 100 milliards de dollars, la facture annuelle de la guerre en Irak, pour une économie américaine qui pèse 14.000 milliards de dollars ? Pas grand-chose pour l’instant, mais la note s’alourdit, et le fait de financer à crédit risque de poser des problèmes à long terme. L’argent n’était pas en soi un problème il y a cinq ans, lors du déclenchement par George W. Bush de l’invasion de l’Irak. Toute l’attention était alors focalisée par les accusations de Washington, qui se sont révélées mensongères, de la détention par le régime de Saddam Hussein d’armes de destruction massive. Mais 500 milliards de dollars plus tard, les experts s’inquiètent désormais de l’impact de ce coût sur la première économie mondiale, déjà ébranlée par la crise financière. "Les conséquences économiques à court terme de la guerre sont gérables et modestes. Mais les conséquences à long terme seront importantes", prédit Mark Zandi, chef économiste chez Moody’s Economy.com. Le noeud du problème, soulignent les économistes, est que chaque mois de combat ajoute plus de dix milliards de dollars à la dette américaine, qui dépasse désormais 19.000 milliards. "Le supplément de dette publique est indéniablement une mauvaise chose pour notre performance économique à long terme", estime Doug Elmendorf, un ancien économiste de la Réserve fédérale. D’autres dépenses - de santé pour les plus pauvres ou d’assurance-maladie pour les personnes âgées - s’ajoutent encore aux créances gouvernementales. "La règle veut que lorsqu’on est dans un trou, on cesse de creuser", souligne Elmendorf. Les défenseurs de l’opération en Irak font valoir qu’il aurait été bien plus dommageable pour l’économie américaine que le pays ne soit pas sécurisé après les attentats du 11-Septembre. "Si l’on pense que cette guerre est importante pour notre sécurité nationale, alors on peut estimer qu’en fin de compte, elle est importante aussi pour notre succès économique", admet Elmendorf qui ajoute cependant : "Si c’était le cas, il aurait mieux valu payer directement" plutôt que d’emprunter. Il faudra bien qu’à un certain stade, le gouvernement rembourse ses dettes ou, s’il ne le fait pas, verse des intérêts de plus en plus élevés. Au début de l’année 2003, les artisans de l’opération d’invasion de l’Irak écartaient le risque de problèmes économiques dus à la guerre. Le 29 janvier 2003, moins de deux mois avant le déclenchement de l'envahisement le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld affirmait que les services budgétaires de la Maison blanche évaluaient le coût du conflit à moins de 50 milliards de dollars, dont une portion serait financée par "d’autres pays". Dick Cheney ajoutait que les revenus tirés du pétrole permettraient de couvrir certains coûts. Cinq ans plus tard, la guerre soutient plutôt certaines économies régionales. (Lundi, 17 mars 2008 - (Al-Oufok avec les agences de presse)


7-3 Quelle armée pour quelles missions ? L'armée américaine a dû elle aussi s'adapter, surtout l'armée de terre (l'US Army) qui assume l'essentiel des combats. La guerre a notamment exposé les défaillances du système de santé militaire, sous-dimensionné pour fournir les soins de longue durée que nécessitent un grand nombre de blessés de guerre. Dans les états-majors, on s'interroge aussi vivement sur la capacité des forces américaines, également engagées massivement en Afghanistan, à livrer éventuellement une autre guerre majeure. Si un nouveau conflit venait à éclater, estiment de hauts gradés, il faudrait que l'US Air Force ou l'US Navy en assurent la plus forte part, parce que l'armée de terre, elle, est trop mise à contribution. Pour parer à cette éventualité, les effectifs de l'armée de terre ont été augmentés de 65.000 soldats d'active pour les porter à 547.000 soldats. Le corps des Marines a lui aussi été élargi. Malgré la guerre, les objectifs de recrutement sont respectés. Mais des voix s'élèvent pour affirmer que les critères de recrutement ont été abaissés. Au-delà, un débat fondamental est en cours dans les cercles militaires qui se nourrit directement du conflit irakien. "Nous avons une armée qui a été conçue pour tuer des hommes et détruire des infrastructures, et nous avons toujours besoin d'une armée qui puisse le faire. Mais nous avons aussi besoin, et de plus en plus, d'une armée qui puisse venir en aide aux populations et construire des infrastructures", explique le lieutenant-colonel John Nagl, auteur d'un livre sur la lutte contre-insurrectionnelle ("Apprendre à manger sa soupe avec un couteau"). Cette opinion modèle de plus en plus la stratégie des forces américaines en Irak, surtout depuis qu'un autre spécialiste de la lutte contre-insurrectionnelle, le général David Petraeus, en a pris l'an dernier le commandement à Bagdad. Avec l'appui de 30.000 soldats envoyés en renfort, le général Petraeus a sorti ses troupes de leurs bases pour aider la population locale(….) S'inspirant de cette évolution, des officiers supérieurs défendent désormais l'idée selon laquelle l'armée américaine doit être davantage "nation-building", soit édificatrice de nations, un thème longtemps tabou dans l'administration Bush. "Les plus grandes menaces portées contre la sécurité internationale ont longtemps émané uniquement d'Etats qui étaient trop forts.

Au XXIe siècle, je dirais que les Etats trop faibles posent une menace au moins aussi grande, voire plus grande encore", affirme Nagl. Le manuel de lutte contre-insurrectionnelle de l'armée américaine, dont une nouvelle version supervisée par le général Petraeus et co-rédigé par Nagl a été diffusée en décembre 2006 et révisée le mois dernier, souligne l'importance des missions hors combat des forces armées. Mais certains demandent plus encore. Nagl prône ainsi la création d'un corps d'armée fort de 20.000 soldats spécifiquement affectés à la formation et à l'entraînement des armées des nations amies des Etats-Unis. "Notre armée comprend maintenant qu'elle doit être capable de construire et de protéger, mais nous devons encore bâtir l'armée qui pourra le faire", dit-il. Source : Andrew Gray Reuters - version française Henri-Pierre André - 18 mars


7-4 Les armes des occupants

1 VIPER : Un soldat robotisé.
Elbit Systems présentera un soldat robot portable en mesure de pénétrer seul en zone ennemie, de jeter une grenade et de tirer sur l'ennemi.
Son nom : VIPER
D'une dimension semblable à celle d'un petit téléviseur, ce robot a été pensé pour réduire le risque de combats au corps à corps entre Tsahal et ses ennemis.
Equipé d'une caméra vidéo, d'un système de détection et de désamorçage des explosifs, le soldat robot tout terrain peut éviter les obstacles du terrain, tels des escaliers.
Tsahal équiperait ses forces terrestres du VIPER après avoir réalisé des tests préliminaires.
Le groupe israélien entend également équiper les services de sécurité étrangers ainsi que les forces américaines postées en Irak et en Afghanistan.
Il faut savoir que l’actuel Président Israélien avait promis cette nouvelle technologie suite aux lourdes pertes subies par l’armée israélienne au Liban en juillet 2006.
Liban Résistance

2 Le tank "Merkava 4", fleuron des blindés.
"Merkava 4" est opérationnel depuis 2004.
Ce tank est capable, lorsqu'il est en mouvement, de tirer sur une cible qui bouge.
Il a également montré sa capacité d'atteindre des hélicoptères.
Utilisé pendant la seconde guerre du Liban, cet appareil a fait récemment l’objet de quelques améliorations techniques.
Il est dorénavant protégé grâce à des puces minuscules placées sur ses coins qui lui permettraient ainsi de ne pas être touché par aucune arme anti tank.
Liban Résistance

3 Fuel-Air-Explosive (FAE), fleuron des obus

Connu également sous le nom de bombe thermobarique, cet obus déclenche les effets suivants :
Mort instantanée des personnes situées à proximité du point d'impact
Celles présentes à la périphérie risquent de souffrir de nombreuses blessures internes et donc invisibles, y compris l’éclatement des tympans et l’écrasement des organes internes de l’oreille, de graves commotions, un éclatement des poumons et des organes internes
La destruction, la mort et les blessures sont causées par une onde de choc se propageant à trois kilomètres par seconde.
Une amélioration de la performance est obtenue en ajoutant un surplus de métaux au mélange explosif, l'aluminium et le magnésium étant des métaux de choix.
Au lieu de blessures par fragments d'obus, un dispositif thermobarique produit un effet de souffle.
Chaque type de tissu, en interagissant avec l'onde de choc, est comprimé, étiré, tordu ou désintégré par une surcharge en fonction de ses propriétés physiques.
Les organes internes qui contiennent de l'air (les sinus, les oreilles, les poumons et les intestins), sont particulièrement vulnérables à l'explosion.
Liban Résistance

4 Obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial(GPS) = Excalibur

L'Excalibur se sert de signaux de satellite et d'un logiciel pour le guider jusqu'à 10 mètres de sa cible, même lorsque l'obus est tiré d'une distance de 40 kilomètres. Les obus habituels ont une précision évaluée à 50 mètres. Les artilleurs canadiens en Afghanistan ont maintenant l'autorisation de tirer des obus d'artillerie guidés par un système de positionnement mondial (GPS) - au coût de 150 000 $ pièce. L'obus Excalibur, présenté par ses fabricants comme la nouvelle génération de munitions d'artillerie, pourrait bien s'avérer la plus coûteuse des munitions conventionnelles jamais employées par l'armée. Ses partisans disent que l'arme est d'une extrême précision, puisqu'elle peut corriger elle-même son trajet en vol. L'obus "atterrit exactement là où vous voulez qu'il atterrisse, a déclaré le lieutenant-colonel Jim Willis, un haut gradé chargé de l'acquisition des munitions.  Il a indiqué que des militaires canadiens stationnés à Kandahar avaient testé l'obus dans le désert, récemment, et que l'arme avait fonctionné à la perfection. Une unité militaire américaine a mené ses propres tests dans l'est de l'Afghanistan, le mois dernier, et a aussi donné le feu vert à l'utilisation de l'Excalibur. Source : 24 mars, La Presse Canadienne


7-5 Manifestations aux Etats-Unis contre la guerre en Irak.

"Pas un mort de plus, pas un dollar de plus, ne financez pas la guerre",

Des manifestations étaient prévues toute la journée dans les grandes villes du pays et notamment l'accrochage de 4000 T-shirts dans une rue de Cincinnati, le nombre communiqués par le pentagone des soldats américains tués en Irak..

A Washington, quelque 200 manifestants s'étaient réunis dès 08H00 du matin devant l'immeuble de l'Internal revenue service (service des Impôts) déployant plusieurs banderoles dont "do not fund the war" (ne financez pas la guerre) et "not one more death, not one more dollar, no funds for warcrimes" (plus un mort, plus un dollar, pas d'argent pour des crimes de guerre). "Les centaines de milliards de la guerre, nous ne les dépensons pas dans l'éducation, la santé ou le logement", a déploré Martha Hennessy, de Baltimore (Maryland, est). "Nous payons pour cette guerre, à hauteur de 500 milliards de dollars. Nous avons créé le désordre là-bas et nous allons payer pendant des générations", a estimé Jody Evans, co-fondatrice de Code Pink, une organisation de femmes opposées à la guerre en Irak. "Il est vraiment temps d'en finir avec cette occupation", affirme Rachel Payne, 19 ans, qui fait partie d'un groupe de manifestants battant le tambour devant l'American Petroleum Institute, près de la Maison Blanche. "Cette guerre doit finir et elle doit finir maintenant", renchérit Leslie Cagan, responsable de l'organisation United for Peace and Justice. "Je pense que les gens sont à la recherche de nouveaux moyens d'exprimer leur opposition" à la guerre, dit-elle à l'AFP. Toute une série d'autres initiatives étaient prévues dans la journée à Washington, d'une marche emmenée par des anciens combattants à une veillée aux chandelles près de la Maison Blanche en soirée.

Ailleurs aux Etats-Unis, les "antiguerre" laissait entendre leurs voix avec des manifestations prévues à Miami, New York, Chicago, San Francisco et Los Angeles et des actions locales dans quasiment tous les Etats. A Dallas (Texas, sud), une manifestation au cours de laquelle des anciens combattants d'Irak s'adresseront à la foule doit se dérouler sur la place où Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963. En Ohio, plus de vingt veillées, rassemblements et défilés étaient prévus ce jour. Des douzaines de manifestants se sont également rendus devant l’Institut américain du pétrole avec des banderoles portant les slogans "Hors d’Irak" et "Pas de guerre, pas de réchauffement". Certains criaient : "Pas de sang pour du pétrole". Dans tout le pays, des étudiants ont prévu des grèves surprises, tandis qu’à l’université du Minnesota, certains prévoyaient de fermer les bureaux de recrutement de l’armée. "C’est la première fois qu’on observe des actions coordonnées de désobéissance civile", a remarqué Barbra Bearden, responsable de la communication pour le groupe Peace Action. "Des gens qui n’avaient jamais fait ce genre de choses auparavant se lèvent et décident qu’il est temps d’agir".

Dans la banlieue de Miami, Linda Belgrave, professeur de sociologie à l’université de Miami, et quelques autres personnes ont tenu des panneaux contre la guerre devant les conducteurs coincés dans les embouteillages matinaux, non loin d’un bâtiment militaire. "C’est le début d’un sixième année de cette horreur et il faut que ça cesse", a déclaré Linda Belgrave.

Mardi, une dizaine de personnes ont été arrêtées au cours d’un rassemblant contre la guerre dans l’Etat de New York. Ils étaient environ 60 à participer à la manifestation qui a démarré à l’université de Binghamton avant de se déplacer vers un centre de recrutement de l’armée. Selon la police, les participants ont bouleversé la circulation sur leur parcours, causant deux accidents à Vestal (New York). (AFP-19-03- EuroNews)

19-03  Plus de 200 personnes ont été arrêtées mercredi à travers les Etats-Unis en marge de rassemblements organisés par des organisations pacifistes pour le cinquième anniversaire de l'intervention militaire en Irak. A Washington, 33 manifestants ont été arrêtées par la police, pour avoir dépassé les barrières installées autour du bâtiment de l'Internal Revenue Service, le service fédéral du fisc du service des Impôts, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils entendaient protester contre le financement par les contribuables de la guerre en Irak, qui entre jeudi dans sa sixième année et dont la facture s'élève à 500 milliards de dollars.  Plus de cent personnes s’étaient rassemblées devant le bâtiment pour scander "C’est une scène de crime" et "vous arrêtez les mauvaises personnes". Les manifestants ont expliqué avoir choisi l’IRS car c’est là que sont récoltés les impôts servant à financer la guerre. A San Francisco, qui est de longue date un des foyers les plus actifs de la contestation de la guerre en Irak, 143 manifestants ont été arrêtés sur Market Street, dans le centre financier de la ville californienne. Selon le sergent de police Steve Maninna, il s'agit essentiellement de refus d'obtempérer. Quatre femmes qui avaient suspendu une banderole sur le célébrissime pont du Golden Gate ont également été interpellées. Sur le National Mall de Washington, l'avenue principale du quartier du Capitole, une centaine de manifestants appartenant au Mouvement des anciens combattants pour la paix ont également protesté contre la guerre "sans fin" en Irak en brandissant des bannières étoilées à l'envers. "Bush et Cheney dirigeants déchus, Bush et Cheney ont leur place en prison", ont-ils scandé en visant le président et son vice-président. Des dizaines d'autres protestataires ont manifesté un peu plus tard à un carrefour animé du quartier des affaires. Ils ont notamment aspergé de peinture rouge le siège de Bechtel National Inc, qui a participé à d'importants projets de reconstruction en Irak. .A New York, un rassemblement était organisé à Times Square par la "Brigade pacifique des grands-mères". "Nous sommes ici pour montrer à la population que cette guerre est une folie. Nous n'aurions jamais dû y aller", a dit Shirley Weiner, 80 ans. A Boston, cinq personnes ayant bloqué les accès à un centre de recrutement militaire ont été arrêtées. (Reuters & AF°)

22-03 Samedi les manifestants à New York portaient de faux cercueils recouverts de drapeaux américains et irakiens ainsi que des caricatures comparant le président Bush à Hitler. (Al-Oufok avec les agences de presse)

22-03 Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de New York à l'occasion du cinquième anniversaire de l'intervention militaire américaine en Irak, demandant le retrait immédiat des troupes américaines. Les manifestants, plus de 10.000, ont scandé "Finissez la guerre maintenant" et "pas un dollar de plus, pas un mort de plus" et ont observé une minute de silence pour commémorer les morts de la guerre. Il est temps de cesser de jouer les policiers de l'empire", a déclaré un ancien combattant du Vietnam, Hugh Bruce, 65 ans. "La guerre est illégale, immorale et la plupart des Américains y sont opposés", a-t-il ajouté. Samedi les manifestants à New York portaient de faux cercueils recouverts de drapeaux américains et irakiens ainsi que des caricatures comparant le président Bush à Hitler. (AFP)

24-03 Six jeunes militants anti-guerre ont fait irruption dimanche en pleine messe de Pâques dans une église pour marquer leur hostilité à la guerre en Irak. Les trois garçons et les trois filles ont pris par surprise la foule des paroissiens pendant l'homélie du cardinal Francis George. Ils ont crier :  "Même le pape appelle à la paix", avant d'être sortis manu militari par des vigiles. Les militants anti-guerre "Les Lycéennes Catholiques Contre la Guerre ", ont indiqués qu'ils avaient décidé d'intervenir dans la cathédrale du Saint-Nom et le jour de Pâques pour avoir une audience la plus large possible. Les six jeunes gens comparaîtront lundi devant un tribunal. AP



8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres.?

C'est ce que suggère un texte que s'est procuré vendredi l'Associated Press et qui laisse à l'appréciation des 192 membres de l'ONU de choisir quels pays devraient occuper les nouveaux sièges ainsi créés.

Ce document qui s'inscrit dans le cadre d'une réflexion en cours aux Nations unies sur le délicat problème de la réforme de l'assemblée onusienne la plus puissante, laisse également aux 192 Etats-membres le soin de déterminer la durée du mandat de ces nouveaux sièges entre trois options: des mandats de deux ans, cinq ans ou permanents. Le texte abandonne la question sensible du droit de veto à des négociations ultérieures.

De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'élargissement du Conseil de sécurité de manière à ce que le principal organe de l'ONU reflète davantage le monde d'aujourd'hui et non plus seulement les plus grandes puissances de l'après Seconde Guerre Mondiale, date de création des Nations unies. Mais toutes les précédentes tentatives, depuis 1979, ont échoué à cause des rivalités entre pays-membres sur la taille et la composition d'un conseil élargi. Les profondes divisions sur le sujet ont contraint l'Assemblée générale de l'ONU à laisser en suspens trois propositions de résolution contradictoires en 2005. Le dénommé Groupe des Quatre -Allemagne, Japon, Brésil et Inde- aspire à des sièges permanents sans droit de veto dans un conseil de sécurité élargi à 25 membres.

Un autre groupe de pays d'importance moyenne, dont l'Italie et le Pakistan, qui se baptisent eux-mêmes Union de consensus, veut un conseil de 25 membres avec 10 nouveaux sièges non permanents.

L'Union africaine, dont les 53 membres soulignent que leur continent est le seul à ne pas disposer d'un siège permanent au conseil, veut ajouter 11 nouveaux sièges -six permanents dont deux pour l'Afrique avec droit de veto, et cinq non permanents. La nouvelle ébauche de proposition stipule que ces différents groupes maintiennent leurs positions, mais que l'impossibilité de les concrétiser cède désormais la place à "une apparente volonté de négociation sur la base d'une réforme intermédiaire qui passerait par l'identification du plus grand dénominateur commun à ce stade". Plus de 50 ambassadeurs représentant les principaux groupes ayant intérêt à ce que le conseil soit réformé, ont participé mardi à une réunion pour discuter de la nouvelle proposition sous l'égide de l'ambassadeur d'Allemagne auprès de l'ONU, Thomas Matussek. Sur les sept nouveaux sièges prévus par ce texte, deux seraient alloués à des pays africains, deux autres à des pays asiatiques, un à l'Amérique latine et aux Caraïbes, un à l'Europe de l'Ouest et un à l'Europe de l'Est. Le texte a été élaboré par les ambassadeurs des Pays-Bas, de Roumanie, de Malaisie, de Grande-Bretagne, de Chypre et d'Allemagne avec le soutien des Bahamas et une forte participation de l'Italie, a indiqué Matussek.  Source : Edith M. Lederer AP – Samedi 22 mars

24/03/2008

n°162- dossiers de l'Afghanistan -23-03 (Début) Afghanistan : Une guerre brutale sur laquelle les medias restent silencieux.

dossiers de l'Afghanistan n°162 - 23-03(Début)

Par M.Lemaire                                                                                 


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Sommaire :  

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1  CIA Mission secrète : enlèvement.

1-2   Andy Worthington : Afghanistan : Une guerre brutale et inutile sur laquelle les medias restent silencieux.

1-3  Rosa Miriam Elizalde : Qui est ‘eNom’, qui a bloqué 3.719 sites Internet qui déplaisent aux Etats-Unis ?

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

1-1 CIA Mission secrète : enlèvement.

Des prisons secrètes de la CIA sur le territoire européen ? Deux reporters anglais ont mené l'enquête sur la face cachée de la guerre que les États-Unis mènent contre le ‘terrorisme.’ En février 2003, l'Égyptien Abou Omar est enlevé à Milan par des agents américains et disparaît dans une prison égyptienne où la torture est de rigueur. Pour son enlèvement, les hommes de la CIA ont forcément eu recours à l'aide de multiples alliés. Et l'avion qui l'a emmené en Égypte a nécessairement traversé l'espace aérien européen. Mais aucun des gouvernements concernés ne reconnaît avoir eu des informations à ce sujet. Puis d'autres rumeurs font état de la participation active de la Pologne et de la Roumanie au programme américain de "restitution" de terroristes.

ZDF Réalisateur: Dan Edge, Stephen Grey

http://www.dailymotion.com/RODOLPHEPILAERT/video/x4sblc_documentaire-cia-mission-secrete-en_news http://www.dailymotion.com/RODOLPHEPILAERT/video/x4sbr6_documentaire-cia-mission-secrete-en_news http://www.dailymotion.com/RODOLPHEPILAERT/video/x4sbr6_documentaire-cia-mission-secrete-en_news A voir absolument.


1-2 Andy Worthington : Afghanistan : Une guerre brutale et inutile sur laquelle les medias restent silencieux

Interview de Joshua Holland (AlterNet)
On dit que les journalistes ont fourni la première version de l'histoire. Avec l'invasion de l'Afghanistan menée par les US, cette version a conduit à un consensus presque universel, au moins parmi les américains, que l'attaque était un acte d'auto défense justifié. L'action contre l'Afghanistan est de même communément perçue comme étant un conflit « propre » - une guerre menée avec un minimum de perte en vies humaines, et le type de guerre qui n'a pas provoqué un tollé internationale contre les US, comme la fait celle menée contre l'Irak un an plus tard. 
Ces points de vue sont également ceux d'un grand nombre d'américains qui critiquent les excès de l'administration Bush concernant la « guerre contre le terrorisme ».
Mais il y a là une coupure d'avec la réalité. Tout ce qui a suivi – emprisonnements secrets, torture, l'invasion de l'Irak, l'assaut mené contre les protestations sur la scène nationale – sont inévitablement la conséquence de l'échec à contester l'affirmation de Bush qu'un acte de terrorisme nécessite une réponse militaire.

Les Etats-Unis ont une riche histoire en ce qui concerne l'abandon de leurs valeurs libérales en temps de guerre, et c'est notre acceptation de la façon dont Bush a présenté la guerre qui a conduit aux abus qui ont secoué le statut moral des US sur la scène mondiale. 
Dans son livre The Guantanamo files, l'historien et journaliste Andy Worthington offre une correction particulièrement nécessaire à la vision du conflit en Afghanistan projetée dans les infos le soir devant la plupart des américains. Worthington est le premier à détailler les histoires de tous les 774 prisonniers qui sont passés par le « trou noir légal » de l'administration Bush à Guantanamo Bay, Cuba. Mais son livre démarre en Afghanistan et montre précisément que la route pour Guantanamo – sans mentionner Abu Graib – a commencé dans des endroits comme Kandarar. 
Alternet a récemment demandé à Worthington comment se présentait ce parcours à son point d'origine. 
Joshua Holland : Je pense que la plupart des américains croient que nous sommes allés en Afghanistan pour chasser le « jihad » anti-américain et anti-occidental, mais votre livre présente le fait que les US sont entrés d'un côté d'une guerre civile existant depuis longtemps et qui n'avait rien à voir avec une sorte de « clash de civilisations » entre l'Occident et L'Orient. Pouvez vous nous expliquer sur quoi porte ce conflit ? 

Andy Worthington : Certainement, en fait c'est une très bonne question. En bref, les racines du conflit se trouvent dans la résistance afghane à l'invasion soviétique des années 80, quand les Etats-Unis, via les intermédiaires pakistanais, et les Saoudiens ont financé les mujahedeen – des seigneurs de guerre Afghans et leurs soldats, soutenus par un plus petit nombre de recrues arabes. 

A la fin des années 80, quand l'Union Soviétique s'est retiré, le pays a plongé dans la guerre civile, car les différents seigneurs de guerre, enhardis par les milliards de dollars d'aide US et Saoudienne, se sont battus entre eux pour contrôler le pays. Des dizaines de milliers de civils sont morts, à cause de crimes et violations des droits humains. 

Majoritairement à cause de cet état de non droit, les Talibans – à l'origine un groupe d'étudiants religieux ultra orthodoxes du sud du pays – se sont soulevés pour nettoyer le pays en créant un état purement islamique. Leur projet aussi a vite déraillé à cause de la brutalité et du fondamentalisme religieux qui a choqué l'Occident, mais c'est le combat entre les Talibans et les seigneurs de la guerre de l'Alliance du Nord qui a attiré des milliers de combattants en Afghanistan dans les années 90, poussés par des fatwas proclamées par des Cheikhs radicaux dans leurs patries, qui exigeaient d'eux d'aider les Talibans dans leur lutte contre l'Alliance du Nord. 

Osama Ben Laden, qui a vécu en Arabie Saoudite et au Soudan dans la période post soviétique, est retourné en Afghanistan en 1996 (dans les années 80, Osama Ben Laden avait combattu les Soviétiques pour le compte de la CIA ndlt) et s'est impliqué dans le financement de camps d'entraînement militaire et la mise sur pied d'un plan mondial de jihad anti américain, mais – bien qu'il y est eu un certain chevauchement entre Al Qaeda et une partie de la direction des Talibans – la vaste majorité des recrues, comme je l'ai indiqué, étaient impliquées non pas dans un « clash des civilisations » mais dans une guerre provinciale civile entre musulmans. 

JH : C'est un pont important. Il y a une opinion répandue qu'il existait un lien intégral entre les Talibans et le groupe de Ben Laden, et que celui – ci justifiait notre attaque contre l'Afghanistan, un état nation, comme action « d'auto défense ». Mais en réalité, les Talibans étaient occupés à combattre cette guerre civile inter musulmane et avait au sein d'Al Qaeda peu ou pas de rôle. Allons un peu plus loin : quel niveau de collaboration y avait-il ? 

AW : selon une officier supérieur des renseignements américains interviewé par le journaliste David Rose en 2004, cette coopération était minime. Il a dit à Rose qu'en « 1996, elle était non existante, et comprenait pas plus de 50 personnes en 2001. » Cet officier faisait référence à une coopération à un haut niveau dans les deux organisations, et certains commentateurs ont fait remarquer que la « brigade arabe » d'Al Qaeda d'environ 500 soldats a contribué à la force militaire des Talibans, mais pour revenir à ce que nous discutions auparavant, ceci se passait dans le contexte d'une guerre civile inter musulmane et non pas une guerre contre les US. 

Il y avait certainement des divisions importantes au sein de la direction des Talibans concernant Bin Laden, et même le Mullah Omar, le dirigeant Taliban, n'était apparemment pas impressionné par Ben Laden pendant les années de son retour en Afghanistan. En 1998, Omar avait même prévu de trahir Ben Laden en le livrant aux Saoudiens, mais quand Al Qaeda a attaqué les ambassades US au Kenya et en Tanzanie, et les US ont mené des représailles en lançant des missiles de croisière sur les camps d'entraînement en Afghanistan, Omar s'est rapproché de Ben Laden. En dépit de cela, les Talibans ont offert de livrer Ben Laden après e 11 septembre si on leur apportait les preuves de son implication dans les attaques du 11 septembre. 

JH : ils étaient si proches en 1998 – l'accord avait été passé, et deux jets transportant le prince Turki et un groupe de commandos saoudiens avaient effectivement atterri en Afghanistan et attendaient pour récupérer Ben Laden quand l'accord a été rompu. 

AW : c'est exact. Et un autre signe clair des mensonges sur « l'intégration complète » à laquelle vous faite référence c'est ce qui est arrivé le 7 octobre 2001, la première nuit de l'« Opération Enduring Freedom » quand l'armée US a annoncé qu'elle avait bombardé 2 3 camps d'entraînements d'Al Qaeda. Comme je l'ai mentionné dans le livre, des douzaines de camps établis en Afghanistan dans les années 80 et après, la plupart étaient financés par le Pakistan et de riches donateurs des pays du Golfe. Certains étaient dirigés par des seigneurs de guerre, d'autres par des groupes pakistanais, et d'autres par des groupes militants d'autres pays. Bien que Ben Laden ait eu personnellement quelques camps, c'était inexact de décrire tous les camps d'entraînement en Afghanistan comme des « camps d'Al Qaeda ». 

JH : Ok, permettez que je revienne brièvement sur un point évoqué auparavant. Des supporters du réseau de prisons « noires » de Bush ont dit que ceux qui s'y sont retrouvés étaient des « combattants illégaux ». Et vous avez dit qu'un grand nombre de personnes dans le monde musulman ont été attiré pour servir comme recrues dans la guerre civile d'Afghanistan, mais dans le livre, vous dite aussi clairement que beaucoup d'entre eux n'étaient même pas des recrues – pas du tout des combattants – mais des étudiants religieux, des travailleurs sociaux, et d'autre jeunes aventuriers, et beaucoup d'entre eux ont été plus tard pris dans le chaos qui a suivi l'invasion et ont échoué à Guantanamo. 

AW : Oui c'est exact. Je dirait qu'entre 70 et 100 des détenus non afghans avaient voyagé en Afghanistan pour fournir une aide humanitaire au peuple afghan, pour enseigner ou étudier le Coran, comme migrants économiques, ou même parce qu'ils étaient curieux de « l'état pur islamique » soit disant établi par les Talibans dans certains endroits. Un nombre identique a été capturé au Pakistan. Des travailleurs sociaux ont été capturés près de la frontière, où ils s'étaient rendus pour fournir une aide dans les camps de réfugiés, et d'autres – dont des missionnaires, des entrepreneurs, des migrants économiques, des réfugiés et des étudiants – ont en fait été capturés ailleurs au Pakistan, dans des villes et villages loin des « champs de bataille » d'Afghanistan. 

Et puis il y a aussi les détenus afghans qui constituent environ ¼ de la population totale de Guantanamo. Beaucoup d'entre eux étaient des conscrits forcés, qui ont été obligés de servir les Talibans, et la plupart de ceux restants ont été capturés sur la base de faux renseignements- parce que les forces US ne savaient pas à qui faire confiance – ou ont été livrés par leurs rivaux, en affaire ou en politique, qui ont raconté des fausses histoires aux Américains. 

JH : et par quel processus l'armée américaine les a triés – comment faisaient –ils la distinction entre les « combattants ennemis » et les pauvres poires qui ont été attrapés au mauvais endroit au mauvais moment ? 

AW : il n'y avait pas de processus. Dans toutes les guerres précédentes, l'armée US avait respecté les Conventions de Genève, et, dans le respect des Articles 5 et 3 de la IVème Convention , avait établi des tribunaux sur le champ de bataille pour séparer le grain de l'ivraie – pour séparer les combattants des fermiers. Lors de la première guerre du Golfe par exemple, l'armée a établi 1196 tribunaux de ce type, et presque trois quarts des prisonniers ont été de ce fait relâchés. 

Cependant, en Afghanistan, non seulement il n'y a pas eu de tribunaux sur le champ de bataille, mais Chris Mackey, qui a travaillé comme interrogateur en chef dans les prisons sur les bases aériennes de Kandahar et de Bagram, où les prisonniers de Guantanamo sont passés, a noté dans son livre « The Interrogators » que chaque arabe qui se retrouvait en détention US était envoyé à Guantanamo sur l'ordre de hauts responsables de l'armée et des services de renseignement, qui recevaient la liste des prisonniers à leur base au Koweït. 

Bien que seuls les Afghans ayant « une valeur considérable en matière de renseignement» étaient supposés être envoyés à Guantanamo, pour Mackey c'est aussi clair que ce n'est pas avant juin 2002, alors qu'il y avait déjà 600 prisonniers à Guantanamo, que ceux en charge sur le terrain en Afghanistan ont déterminé une catégorie dite de prisonnier temporaire – des personnes sous contrôle US – qui pouvaient être emprisonnés 14 jours sans qu'on leur attribue un chiffre qui rentrait dans le système supervisé par les officiers militaires au Koweït. C'était la seule façon qu'ils avaient de s'occuper d'au moins un certain nombre d'Afghans innocents qui se retrouvaient entre leurs mains. 

JH : quelques unes des histoires que vous racontez dans votre livre font découvrir ceci ici, aussi j'aimerai vous demander de nous raconter brièvement les histoires de quelques détenus. Selon l'armée US, il y avait 3 adolescents de moins de 16 ans enfermés à Guantanamo. Choisissez l'un des trois, et dites nous comment il a atterri à Guantanamo. 

AW : d'abord premièrement il y avait en fait bien plus que 3 détenus âgés de moins de 16 ans et tous ces détenus auraient du être comptés comme adolescents et traités comme tels, dans toute société civilisée. 

Cependant, les 3 dont vous parlez sont trois garçons afghans qui étaient âgés de 12, 13, et 14 ans lors de leur capture. Deux ont été capturés lors d'un raid sur la maison d'un petit seigneur de guerre appelé Samoud, et qui semblait avoir beaucoup d'ennemis dont les Talibans, et l'autre – Mohammed Ismaël Agha âgé de 14 ans – a en fait été livré aux forces US par les Talibans. Il cherchait du travail avec un ami et avait été obligé de passer la nuit dans un avant poste des Talibans. Le matin, les soldats talibans leur ont demandé de se joindre à eux, et quand ils ont refusé, ils ont été livrés à la base US la plus proche. 

JH : l'armée dit que des efforts ont été fait pour répondre à « leur besoins spécifiques spéciaux émotionnels et physiques » qu'ils ont été hébergés dans «une prison séparée modifiée pour répondre aux besoins spécifiques des adolescents » et «n'ont pas subi les mêmes restrictions que les détenus adultes ». Est ce que c'est ce que vous avez trouvé ? 

AW : jusqu'à un certain point oui. Ces trois là, étaient hébergés séparément dans un bâtiment appelé Camp Iguana, et ils ont été relâchés en janvier 2004, bien qu'ils auraient du être libérés bien plus tôt. Cependant c'était les plus chanceux. Pour donner juste un exemple : le compagnon d'Agha, Abdul Qudus, qui avait aussi 14 ans, n'a pas été libéré avant 2005 ou 2006, et il n'y a pas de preuve qu'il – et d'autres adolescents détenus – ait été détenu séparément du reste de la population adulte, ou même traiter différemment. 

Le cas le plus célèbre d'adolescent détenu à Guantanamo c'est bien sûr le canadien Omar Khadr, qui avait 15 ans quand il a été capturé après un combat au cours duquel il a soit disant tué un soldat US. Khadr a été traité de manière horrible en Afghanistan et à Guantanamo, et passe actuellement en jugement devant l'une de ces commissions questionnables de l'administration militaire, au cours de laquelle il a été révélé qu'il ne serait même pas responsable pour la mort du soldat US. 

JH : qui est Mohammed Sadiq ? 

AW :Mohammed Sadiq était le prisonnier le plus âgé de Guantanamo. Il avait 88 ans au moment de sa capture. Sadiq a apparemment été arrêté parce que son neveu avait travaillé pour les Talibans. Les forces US ont bombardé sa maison, pris tout ce qui lui appartenait et l'ont envoyé sur la base militaire de Kandahar. Il a été l'un des premiers prisonniers à avoir été libéré en octobre 2002. Mais le seul fait qu'il ait été envoyé à Guantanamo est une honte, et il a été rapporté qu'après sa libération qu'il avait été incapable de surmonter ce qui lui était arrivé. 

JH : et finalement dites moi qui était Abdul Razeq ? 

AW : Abdul Razq était un schizophrène profondément perturbé qui a été gardé en isolement à Kandahar, parce que, entre autres choses, il avait tendance à manger ses excréments. De manière déshumanisante, les soldats parlaient de tous les détenus comme des « Bob » et Razeq était connu comme « Bob le fou ». Lui aussi a été envoyé à Guantanamo. Mais il a été renvoyé en Afghanistan en mai 2002. Chris Mackey a noté qu'il était arrivé « attaché au milieu de l'avion comme Hannibal Lecter ». Il a alors été placé dans une cellule de haute sécurité à l'hôpital, où un journaliste l'a interviewé. Il était si perturbé qu'il a décrit la prison de Kandahar comme un « hôtel » et a dit que les américains l'avaient emmené à Guantanamo pour « traiter ses problèmes mentaux ». 

JH : et les US pensaient que ces personnes étaient… 

AW : des « combattants ennemis ». C'est ainsi que cela fonctionnait. Chaque personne qui se retrouvait en détention US était un « combattant ennemi ».En fait, quand vous considérez l'absence de tri an Afghanistan et les échecs du processus judiciaire qui s'est déroulé à Guantanamo à partir de 2004- que le lieutenant colonel Stephen Abraham qui a travaillé pour eux, a décrit dans un communiqué explosif l'année dernière comme reposant sur des « preuves » souvent générales et vagues qui n'avaient rien à voir avec les détenus en question, et avaient essentiellement pour but de justifier leur désignation comme « combattants ennemis » - vous réalisez que, en lien avec la « guerre contre le terrorisme », la présomption d'innocence a été complètement liquidée. 

Pendant les 4, 5 années qui ont suivi le 11 septembre, chaque prisonnier était effectivement considéré comme coupable jusqu'à ce qu'il soit prouvé être coupable. Après les tribunaux, 38 détenus ont été disculpés et relâchés – bien que l'administration, niant le concept d'innocence et d'arrestation par erreur, faisait référence à eux comme « n'étant plus des combattants illégaux » - et un grand nombre l'ont été chaque année depuis, mais pour les 281 détenus qui restent, il est évident que les « preuves » contre eux n'ont jamais été réellement testées. 

JH : alors que je lisais le livre, cela m'a frappé que non seulement le public américain – sans même mentionner l'armée et les renseignements – ait un point de vue complètement faux de qui était « l'ennemi » mais qu'il y avait une croyance largement répandue que l'Alliance du Nord c'était les « bons types ». Je n'ai pas vraiment vu de « bons types » dans votre livre – avec qui étions nous alliés ? 

AW : une brève réponse c'est que pour tenter de ne pas s'enliser comme l'avait été l'Union Soviétique, l'invasion US a seulement impliqué quelques centaines d'agents des forces spéciales qui se sont alliés avec différents dirigeants de l'Alliance du Nord, dans le Nord de l'Afghanistan, et les ont soutenu avec de l'argent, des armes et la puissance aérienne. 

Il y avait quelques commandants militaires à principes dans l'Alliance du Nord – dont Ahmed Shah Massoud, le dirigeant charismatique de l'Alliance, qui a été tué par des assassins d'Al Qaeda juste deux jours avant le 11 septembre – mais même des hommes de Massoud ont été accusés d'atrocités commis pendant des années, et on devrait peut être considérer qu'à la base de tout, l'Afghanistan est un pays disproportionnément bien armé qui a été brutalisé psychologiquement par une guerre de maintenant bientôt 30 ans. 

Néanmoins, l'invasion a conduit à des événements horribles, pour lesquels l'armée US a été au moins partiellement complice. En novembre 2001, après la reddition de la ville de Kunduz, le général Rashid Dostum, l'un des dirigeants de l'Alliance, a massacré des centaines si ce n'est des milliers d'autochtones et de combattants Talibans étrangers en provocant leur suffocation dans des camions containers en route pour sa prison de Sheberghan (la mort dans les camions containers est une innovation plutôt récente pratiquée par les deux camps). Il y a des preuves que les forces américaines n'ont pas été rebutées par la tournure prise par les évènements, et que de plus, elles ont été impliquées dans le traitement particulièrement brutal de certains des survivants à la prison de Dostum. 

Bien sûr on pourrait voir cela comme faisant partie des réalités de la guerre, mais l'action US n'est pas meilleure dans le sud du pays, où, pour tenter d'obtenir le soutien au cœur des terres des Talibans/Pashtouns, les forces US ont passé de nombreux accords avec divers chefs de guerre à qui on ne pouvait pas faire confiance, ce qui a conduit de nombreux Afghans innocents à être envoyés à Guantanamo. 

JH : En fait dans le livre vous décrivez une scène de chaos total juste après l'invasion, et l'une des affirmations les plus répandues parmi les nombreux détenus qui se sont retrouvés à Guantanamo, c'est qu'ils avaient été vendus aux troupes US par ces alliés – ou par des chefs de tribus ou des unités de Talibans ou quiconque les rencontrait - - jusqu'à 5 000 $ par tête. Il y avait effectivement de réelles incitations financières permettant d'affirmer que des recrues malchanceuses ou étudiants coraniques étaient des agents de haut niveau d'Al Qaeda. 

AW : Oh, absolument. Les équipes militaires de psyops sont venus avec plus d'une centaine de prospectus différents et en ont largué des millions d'exemplaires sur l'Afghanistan. La plupart ont offert, sans succès, des récompenses de 25 millions de $ pour la capture d'Osama Ben Laden, Yaman Al Zawahin et Mullah Omar, mais l'un d'eux en particulier portait ce message : 

« Vous pouvez recevoir des millions de $ en aidant les forces anti Talibans à attraper les tueurs d'Al Qaeda et Talibans. Ceci représente assez d'argent pour prendre en charge votre famille, votre village, votre tribu pour le reste de votre vie – payer pour du bétail, des visites chez le docteur, et des livres d'école, et des maisons pour toutes les personnes sous votre responsabilité. » 

Et au Pakistan il a été dit que la situation était encore plus corrompue. Dans son autobiographie de 2006 « In The Line of Fire », le Président Musharraf s'est vanté qu'en retour pour avoir remis 369 suspects de terrorisme (dont un grand nombre ont été transférés à Guantanamo) « on a été grassement payé avec des millions de dollars ». 

JH : Et ceux qui ont été remis par différents clans n'ont pas été chanceux. Je pense que la plupart des gens seraient choqués de la façon abusive et violente avec laquelle les troupes US se sont comportées vis-à-vis des détenus en Afghanistan. 

AW : Je pense que vous avez raison de soulever ce point, parce que Kandahar et Bagram étaient les véritables lignes de front dans la « guerre contre le terrorisme », où les conditions étaient, je pense que c'est juste de le dire ainsi, primitives, brutales et terribles. Lors des premiers mois, les prisonniers ont été battus, humiliés, et empêchés de se parler entre eux. Les pires abus cependant, se sont passés à Bagram de juillet 2002 et au-delà. C'est à ce moment là qu'au moins deux prisonniers ont été assassinés- dont un, un chauffeur de taxi innocent nommé Dilawar, dont je parle dans mon livre, et qui est aussi un point central de l'excellent documentaire d'Alex Gibney « Taxi For The Dark Side ». 

Et il y a eu des prisons encore pires en Afghanistan – un certain nombre de prisons secrètes gérées par la CIA (à ce jour personne ne sait exactement combien), dont deux près de Kabul. «Dark Prison » ressemblait à un donjon de torture médiéval, mais avec de la musique et du bruit 24h sur 24, et l'autre s'appelait « Salt Pit ». Des douzaines de détenus de Guantanamo sont passés par là, de même que d'autres « prisonniers fantômes » qui ont ensuite disparu. 

JH : et c'est un modèle qui a ensuite était reproduit à Abu Graib, de même qu'à Gitmo ? 

AW : C'est tristement vrai. L'équipe responsable pour ses pires violences à Bagram – au moment des meurtres – a en fait été transférée à Abu Graib, et une grande partie de la violence institutionnalisée à Guantanamo s'est inspirée de celle pratiquée dans les prisons afghanes. On doit cependant aussi noter ce qui s'est passé à Guantanamo fin 2002. L'administration était déçue par le manque de qualité des renseignements obtenus des détenus et a décidé que c'était parce qu'ils avaient été entraînés par Al Qaeda à résister aux interrogatoires, alors même que la plupart n'étaient que de simples recrues et des hommes innocents, et qu'ils n'avaient aucune information importante à révéler. Pour tenter de « briser » les détenus, le Pentagone a autorisé l'utilisation de « techniques d'interrogatoires poussées ( un euphémisme pour torture ndlt) dont maintien prolongé en isolement, nudité forcée, l'utilisation de températures extrêmes chaud et froid, humiliation sexuelle et l'utilisation prolongée de positions douloureuses. Le commandant de l'époque était Geoffrey Miller, il a plus tard été envoyé à Abu Graib pour « Gitmo-iser » les opérations en Irak, avec les résultats qui ont horrifié le monde entier, quand le scandale a été révélé en avril 2004. 

JH : changeons un peu de sujet pour le moment. Les apologistes de Bush excusent souvent ce type d'abus que vous avez décrit en affirmant que les prisonniers retenus à Gitmo avaient été « capturés sur le champ de bataille », est-ce que c'était toujours le cas ? 

AW : non pas du tout. La grande majorité n'ont pas été capturé sur un quelconque champ de bataille, et comme une analyse faite de documents du Pentagone par l'école de droit de Seton Hall le montre, n'ont même pas été capturés par les forces US.

86 % ont été capturés par les alliés des américains, qui ensuite les leur ont remis, ou vendus, comme discuté plus haut. Il faut noter que plusieurs douzaines de détenus ont été capturés dans 17 autres pays, dont l'Azerbaïdjan, la Bosnie , l'Egypte, la Gambie , la Georgie , l'Indonésie, l'Iran, la Mauritanie , la Thaïlande et la Zambie.  
Après le 11 septembre, de nombreux pays étaient prêts à coopérer avec les US pour tenter de traquer des terroristes potentiels, mais c'est aussi important de comprendre que l'administration a fait énormément pression sur ces pays. Par exemple, c'est ce qui est arrivés aux six Bosniaques d'origine algérienne et qui sont toujours à Guantanamo. (Il semblerait que l'Algérie ait accepté récemment qu'ils y soient rapatriés à condition de pouvoir y être jugés ndlt). Le gouvernement US les a accusés d'avoir comploter pour faire sauter l'ambassade US de Sarajevo. Les Bosniaques les ont alors emprisonnés, ont mené une enquête pendant trois mois mais n'ont trouvé aucune preuve confortant cette accusation. Cependant, dés qu'ils ont été relâchés, des agents US se sont emparés d'eux et ils ont été envoyés à Guantanamo. Les Bosniaques ont été incapables d'empêcher cela. 

JH : je pense que nous arrivons au coeur de votre livre. L'administration dit que ceux qui sont à Gitmo sont « le pire du pire ». Mais vous affirmez que sur près de 800 êtres humains que les US ont capturés ou achetés, détenus incognito sans aucun droit légal, régulièrement battus et dans quelques cas assassinés, seulement environ 40 étaient des durs , des terroristes anti US. Comment en êtes vous arrivés là ? Est-ce que de vrais terroristes n'affirmeraient-ils pas qu'ils sont de simples innocents capturés au mauvais endroit au mauvais moment ? 

AW : mon affirmation est basée premièrement sur des déclarations faites par des douzaines de sources des renseignements et de hauts gradés militaires citées par The New York Times en juin 2004, alors que 749 détenus se trouvaient à Guantanamo. Ces responsables ont dit qu'aucun de ces prisonniers « ne pouvaient être catalogués comme dirigeants ou agents de haut niveau d'Al Qaeda » et que « seulement une poignée – certains ont cité le chiffre d'une douzaines d'autres plus de deux douzaines – étaient reconnus comme étant membres d'Al Qaeda ou d'autres militants capables d'élucider le fonctionnement interne de l'organisation. » 
Dix autres détenus ont été transférés à Guantanamo de prisons secrètes de la CIA en septembre 2004 – bien que je n'ai aucun doute que tous n'étaient pas des terroristes – et en plus, 14 autres détenus de « haute valeur » - dont Khalid Sheikh Mohammed et 4 autres hommes accusés récemment de lien avec les attaques du 11 septembre- y ont été transférés en septembre 2006. 
40 c'est peut être un chiffre trop bas, mais je suis sûr que ce n'est pas plus de 50. Comparativement à la population totale de Guantanamo c'est juste 6%, un chiffre décevant et honteux. 

JH : Finalement, vous affirmez que toutes ces politiques ont été dictées aux échelons les plus élevés du gouvernement US – pouvez vous expliquer brièvement ce qui vous fait penser cela ? 

AW : bien sûr. DickCheney et ses conseillers – spécialement David Addington, son conseiller légal (et maintenant chef du personnel) - est l'auteur de l'ordre militaire de novembre 2001qui autorisait le président à capturer quiconque il considérait comme un terroriste partout dans le monde, les déclarer « combattant ennemi » et les emprisonner sans chef d'accusation ou procès. Ce même document établissait également les commissions militaires. Puis Cheney et sa cabale ont persuadé le président d'accepter que les prisonniers ne soient pas considérés comme protéger par les Conventions de Genève et en août 2002, un « Mémo sur la Torture » a cherché à établir que les interrogatoires constituaient un acte de torture seulement si la souffrance subie était « d'une intensité identique à celle accompagnant une blessure physique tel que défaillance d'un organe, troubles des fonctions corporelles ou même mort ». Ceci a donc encouragé l'utilisation étendue de « techniques d'interrogatoires poussées » qui à Guantanamo ont été explicitement approuvées par Donald Rumsfeld. 
De nombreux américains à principe, corrects, ont essayé de résister à ces innovations, ou se sont exprimés contre, mais la citation la plus introspective que j'ai trouvée sur les implications de ces politiques sont celles de Milton Bearden, un ancien chef de bureau de la CIA , qui a dit à David Rose : 
« peu importe la distribution de ce Mémo ou s'il a été contrôlé de façon serrée. Cette forme de pensée imprégnera le système de bouche à oreille. Quiconque suggère que celui-ci ou d'autres mémos officiels sur ce sujet n'ont pas d'impact ne connaît pas comment ces choses fonctionnent sur le terrain. » 


Article original en anglais, Afghanistan: The Brutal and Unnecessary War the Media Aren't Telling You About Afghanistan, interview réalisée par Joshua Holland pour Alternet, 26 février 2008: http://www.alternet.org/audits/77500/
Traduction: Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org, 8 mars 2008
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=HOL20080319&articleId=8391

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation Mondialisation.ca, Le 19 mars 2008 AlterNet


1-3 Rosa Miriam Elizalde : Qui est ‘eNom’, qui a bloqué 3.719 sites Internet qui déplaisent aux Etats-Unis ?

Extraits   Les Etats-Unis financent des organisations comme Reporters sans Frontières pour attaquer certains pays sur le thème de la liberté d'Internet. Or, ces mêmes Etats-Unis ont bloqué 3.719 domaines.com en violant leurs propres lois. Le New York Times a raison de qualifier de 'scandaleuse' la décision nord -américaine d’ appliquer à internet, et cela dans tous les pays, des réglementations dont la légalité est insoutenable même sur le propre territoire des USA. 
C`est un excellent article, mais qui laisse de côté des éléments d`information essentiels qui aideraient à comprendre pourquoi la censure des sites web dont les noms portent le suffixe .com, le plus utilisé sur le réseau des réseaux, n’est en fait que la partie émergée de l’iceberg d’une agression de plus grande portée contre Cuba et contre le réseau mondial. 

- Qui est eNom, l’entreprise qui a bloqué les sites de Mr Marshall? 
L’entreprise eNom est la 2ème plus grande entreprise au monde en registre de domaines, accréditée par l`ICANN (acronyme en anglais de Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, société internet pour l`assignation, l’attribution de noms et numéros), une organisation supposée indépendante sous laquelle s’ordonne le net. 
L`ICANN désigne les noms et numéros de domaine, l’équivalent des codes postaux sur internet. 
- Les USA peuvent-ils bloquer tout le net
C’est une nouvelle preuve que les USA contrôlent non seulement l’accès de leurs citoyens au cyber-espace, mais aussi celui de tous les usagers de l’internet global. 
Bien qu’il existe sur le net une grande rhétorique libertaire au niveau mondial, l’ICANN dépend du Département du Commerce US et des législations nord-américaines, à tel point qu’elle viole sans sourciller ses propres statuts. 
Ses interventions sur le net sont supposées être d’ordre technique et ne peuvent censurer de sites, ni combattre ou appuyer aucune norme légale ou politique. 
S’il y a la moindre réclamation sur le droit de propriété, elle doit la soumettre à l`arbitrage international.Néanmoins, eNom, inscrite à cette corporation et avec les mêmes fonctions, non seulement s’est soumise à une décision du gouvernement nord-américain, violant ainsi les législations d’autres pays, mais en plus sans même le notifier aux entreprises et personnes ainsi lésées, comme le signale le New York Times. 
Le fait démontre que les USA contrôlent les principaux serveurs internationaux et peuvent en pratique bloquer tout ce qu’ils veulent sur le net sans même le prétexte d’une agression terroriste. 
- Quelle loi les USA utilisent-ils pour violer la souveraineté de notre pays et de tous les pays du monde sur le net? 
La Loi Torricelli ou Loi d`autorisation et de défense nationale pour l’année fiscale 1992, qui autorisa la connexion de l’île au réseau par satellite avec la condition que chaque megabyte (rang de vitesse de connexion) devait être sous contrat avec une entreprise américaine ou une de ses filiales et approuvé par le Département du Trésor. 
Cette loi établit des limitations et des sanctions extraordinaires, comme des amendes de 50000 dollars pour chaque violation, pour ceux qui favoriseraient dans ou hors des USA le négoce électronique ou le moindre bénéfice économique pour l’île. 
Ceci a été appliqué rigoureusement depuis et, petit à petit, l`OFAC a complété sa liste noire, jusqu’au délire récemment découvert par le journal nord-américain. 
Par ailleurs, ce bureau consacre bien plus de fonctionnaires à surveiller les citoyens du monde qui voyagent ou envoient de l`argent à Cuba qu’à poursuivre les transactions suspectées de financer le terrorisme aux USA. 
En avril 2004, l`OFAC informait le Congrès que, parmi ses 120 employés, quatre étaient désignés pour suivre la piste des finances d`Osama Bin Laden et Saddam Hussein, pendant que près de deux douzaines s’occupaient de renforcer le blocus contre Cuba. 
Ils ont admis utiliser internet comme source fondamentale pour suivre les pistes de l’argent. 

- Que peut-on faire? 
L`OMPI, Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle , établit le droit de chaque personne à présenter une demande liée à un nom de domaine enregistré sous .com .net .org. 
Conformément à l`article 4 de l`ICANN, on peut soumettre à l`arbitrage international tout cas d’enregistrement abusif d`un nom de domaine ou toute censure de celui-ci avec circonstances démontrées dans la demande écrite. 
Et bien, grâce à cet article du New York Times et aux spécialistes consultés par ce journaliste, il existe 3719 demandes potentielles pour censure de la part des USA. Qui commence?

Cubadebate, 06/03/2008 
Traduit par Jose Gregorio pour Investig’Action 

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-19%2015:04:17&log=invites

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n°162- dossiers de l'Afghanistan -23-03 (Suite) Une guerre brutale sur laquelle les medias restent silencieux.

dossiers de l'Afghanistan n°162 - 23-03 (Suite)

Par M.Lemaire                                                                                 


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Sommaire : (Suite) 

2 Brèves

2-1 L'Otan a besoin de plus de troupes en Afghanistan (Canada)

2-2 Mauricio Saenz : Ces bons qui torturent.

2-3 The Washington Post : Il est interdit de torturer, sauf en secret.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Paul Craig Roberts: L'effondrement de la puissance étasunienne.

3-2 Point de vue de Mohammad Mahmoud Ould Mohamedou : Al Qaida, la transformation de la guerre et le droit international.

3-3 Point de vue de Albert A. Stahel et Claudine Nick : Evolution d’un «narco-Etat».


2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 L'Otan a besoin de plus de troupes en Afghanistan (Canada)

L'OTAN doit envoyer davantage de troupes dans le sud de l'Afghanistan si elle veut mettre fin à l'insurrection et tarir leur recrutement au Pakistan, a indiqué dimanche le ministre canadien de la Défense , Peter MacKay. M. MacKay a ajouté que les 1.000 soldats supplémentaires réclamés par le Canada à ses alliés de l'OTAN pour rester dans la province de Kandahar était le minimum nécessaire pour faire face aux défis auxquels est confrontée la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l'OTAN. "Mille soldats est vraiment le chiffre minimum", a dit M. MacKay à la presse en marge du Brussels Forum, une conférence internationale organisée par le German Marshall Fund à Bruxelles.

La Chambre des communes canadienne a donné son feu vert jeudi à la prolongation, jusqu'en 2011, de la mission des 2.500 soldats canadiens dans le sud de l'Afghanistan, mais à la condition que l'Otan fournisse des renforts. Le texte de la résolution précise que son maintien est conditionné à l'envoi par l'Otan de renforts d'un millier de soldats. M. MacKay s'est dit confiant que certains pays membres de l'Otan allaient proposer d'envoyer plus de soldats en Afghanistan d'ici le sommet de l'alliance occidentale à Bucarest début avril. "Il y a eu des discussions à très haut niveau à ce sujet, et je m'attends à une décision bientôt, si ce n'est juste avant Bucarest, alors certainement au sommet lui-même", at-il indiqué. Il n'a pas confirmé certaines informations selon lesquelles la France pourrait annoncer une contribution importante en soldats et en équipement, qui iraient peut-être dans l'est de l'Afghanistan, permettant ainsi à certaines unités américaines de se redéployer dans le sud. "Je ne crois pas qu'une décision définitive ait été prise par les Français", a-t-il déclaré.20 mars 2008 16.03.08 | 16h13


2-2 Mauricio Saenz : Ces bons qui torturent.

En opposant, samedi 8 mars, son veto à un texte de loi visant à interdire à la CIA l'usage de la torture, "le président américain George Bush vient de faire entrer les Etats-Unis dans le club de l'infamie" s'insurge Mauricio Saenz, rédacteur en chef de Semana.
"Ce pays, qui a créé la démocratie moderne au XVIIIe siècle et qui prétend aujourd'hui être le guide moral du monde, autorise donc la CIA à pratiquer ce qu'ils appellent le waterboarding, un euphémisme qui semble suggérer un sport extrême mais derrière lequel se cache une réalité sinistre: la torture."
L'hebdomadaire colombien estime que George Bush envoie un "message douloureusement contre-productif, car il est facile d'imaginer tous les despotes du monde se frottant les mains: si les Etats-Unis considèrent [la torture] comme légale, pourquoi ne la pratiqueraient-ils pas?".
"Il ne faut pas oublier que le waterboarding remonte à l'Inquisition, que cette technique a été utilisée dans le chapitre philippin de la guerre hispano-américaine de 1900 et que les officiers reponsables ont été punis. Ni que les soldats japonais qui l'ont appliquée pendant la Seconde Guerre mondiale ont été jugés comme criminels. L'asphyxie simulée est de plus un très mauvais moyen d'obtenir de l'information", ajoute Saenz, "parce que la victime est disposée à n'importe quoi pour que cela s'arrête. Les services secrets du monde entier savent que des informations obtenues de cette manière ne sont pas dignes de confiance".
"L'avilissement est collectif, lorsque le pays qui a inauguré les libertés civiles dans le monde vend son honneur pour si peu. Parce qu'accepter n'importe quelle forme de torture c'est jouer dans la même catégorie que les régimes inscrits au palmarès de l'histoire de l'ignominie.
Bush rejoindra ainsi sur la photo Hitler, Pinochet, Pol Pot, Saddam Hussein et Galtieri – pour n'en citer que quelques-uns." Sources Courrier International Posté par Adriana Evangelizt  20 mars 2008


2-3 The Washington Post : Il est interdit de torturer, sauf en secret.

Par un décret signé le 20 juillet, Bush autorise de nouveau la CIA à faire usage de méthodes d’interrogatoire “secrètes”. Politiquement et moralement condamnable, estime The Washington Post. Et, en outre, inefficace. Voilà près de deux ans que le programme d’interrogatoire de la CIA , qui soumettait les détenus étrangers soupçonnés de terrorisme à des traitements considérés par le reste du monde comme de la torture, était en panne. Les militants d’Al-Qaida étaient toujours tenus au secret, mais l’agence avait cessé d’utiliser certaines de ses techniques les plus controversées, comme la simulation de noyade, la privation de sommeil ou le maintien dans des positions douloureuses, depuis que le Congrès avait voté une loi interdisant les traitements “cruels, inhumains et dégradants” et que la Cour suprême avait décidé d’étendre la protection des conventions de Genève à tous les détenus. Le 20 juillet dernier, au terme d’un long débat avec ses conseillers, le président Bush a signé un décret présidentiel qui réaffirme expressément que les prisonniers de la CIA seront traités en conformité avec l’article 3 commun aux conventions de Genève et ne seront donc plus soumis à la torture ou à d’autres traitements “humiliants et dégradants”. Mais cet ordre présidentiel risque cependant d’inciter la CIA à revenir à ses méthodes brutales, condamnées par la plupart des démocraties du monde.

Le texte signé par M. Bush autorise en effet la CIA à avoir recours à des méthodes secrètes. En théorie, ces techniques respecte