Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/04/2008

N° 355-La Géopolitique, stratégie & Analyse d'Irak - 30-04 -(fin) -terrorisme ? Tout est affaire de définition

N° 355  - La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak - 30-04 - Début) -terrorisme ?  Tout est affaire de définition
La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak 

 N° 355                                                                                                                                      30/04/08 

Par M.Lemaire


Sommaire  (fin)

1 La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak


1-1 Edwards S. Herman & David Peterson : Terrorisme ? Tout est affaire de définition. (fin)

 

 Ce grand moment du terrorisme U.S. et du soutien U.S. au Terrorisme International refait sporadiquement surface dans les grands médias, mais c’est seulement pour mieux le laisser de côté comme appartenant au passé, au prétexte que les Etats-Unis ont depuis longtemps changé de méthodes et qu’on a bel bien tourné la page. Dans un classique du genre, Michaël Ignatieff déclarait dans le New York Times Magazine qu’il en était ainsi parce que c’est ce qu’avait dit le président Bush ! « Le tournant dans la politique extérieure des Etats-Unis est quelque chose de récent », écrivait-il ajoutant même qu’à force de s’engager dans cette voie, l’actuel président George Bush avait « véritablement risqué sa présidence sur cette conviction que Jefferson pouvait avoir raison. » Cette manière d’éluder les faits historiques et le soutien inconditionnel des institutions à la version officielle de l’histoire confortent naturellement la propension des grands médias et des milieux intellectuels à tenir pour acquis l’idée que les Etats-Unis sont fondamentalement vertueux et s’efforcent seulement de faire le bien, à travers leur politique étrangère, ou ne font que se défendre contre les méchants et des mouvements qui, sans la moindre raison, nous haïssent. Comme nous avons pu le voir, les modes de définition ahurissants auquel ils ont recours tiennent littéralement d’Alice au Pays des Merveilles : le terrorisme, c’est tout ce que je décide de prendre pour cible et de désigner comme tel.

Les deux grandes innovations de la projection de puissance et du terrorisme « de grossiste » de la période Bush, sont leur impudence et leur étendue. Autrefois, la pratique de la torture et l’utilisation de goulags dans lesquels de prétendus ou éventuels terroristes ou résistants étaient détenus et soumis à la question restaient plus ou moins secrètes. On gardait toujours plus ou moins à l’égard des exactions commises et autres violations du droit international ou de la complicité des Etats-Unis, une dénégation possible. L’équipe de Bush, elle, ne s’en cache pas le moins du monde. Elle demande la légalisation de la torture et des autres violations du droit international auxquelles elle a recours, elle les rationalise par le biais de redéfinitions grossières – du terme de « torture » notamment – et revendique l’inapplicabilité du droit international à leur nouvelle catégorie « d’ennemis combattants. » Bush se vante aussi publiquement d’avoir porté aux quatre coins du monde la machine à exterminer U.S. et de la facilité avec laquelle on se débarrasse désormais d’ennemis déclarés (sous-entendu, en les assassinant, et manifestement sans auditions ni procès). « Le 17 septembre 2001, Bush signait un document présidentiel classifié autorisant une gamme d’opérations secrètes sans précédent » – révélait, bien plus tard, le Washington Post – au nombre desquelles « des mesures létales contre les terroristes, et l’investissement de sommes considérables pour s’attacher les agences de renseignement étrangères et les embarquer dans une nouvelle ère de pleine coopération avec la CIA. » En 2003, dans son discours sur l’état de l’Union, Bush déclara que plus de 3 000 personnes suspectées de terrorisme » avaient été arrêtées dans le monde entier « et beaucoup d’autres ont connu un sort différent – disons que, ils ne sont plus un problème ni pour les Etats-Unis, ni pour nos amis et alliés. » Comme l’avait souligné Chris Floyd, là c’est véritablement « d’escadrons de la mort universels » qu’il s’agit. Quant aux exploits de ces escadrons et à leur légitimation, c’est à peine si les médias en admettaient l’existence.

Le terrorisme d’Etat U.S., qui ne cesse de se généraliser et de s’étendre, n’est qu’une facette de la globalisation [ndt : le terme français de « mondialisation » rend mal, et ce n’est sans doute pas fortuit, toute l’acception de ce concept]. Conformément aux principes de la globalisation, on a pu observer une augmentation considérable de la privatisation du terrorisme. Blackwater Worldwide n’est que la plus célèbre de ces armées mercenaires dont les effectifs dépassent aujourd’hui en Irak ceux des forces armées régulières [ndt : troupes locales plus troupes d’occupations !], et qui sont exemptées de certaines des contraintes légales imposées aux forces armées, notamment dans la façon de traiter les populations locales. Le goulag américain mondial, ce réseau de prisons secrètes et autres centres de torture, où nul ne sait combien de personnes ont été jetées, détenues sans procès, tabassées, torturées et même tuées, est implanté dans de nombreux pays : la « toile d’araignée » décrite pour la première fois par une enquête du Conseil de l’Europe, identifiait des décollages et atterrissages dans une trentaine d’aéroports de quatre continents différents. Une enquête antérieure de Human Rights First, estimait que les Etats-Unis disposaient de dizaines de centres de détentions de ce type, d’importance et de renommée variable, et participant de la « guerre contre le terrorisme. » S’y trouvaient notamment les cas les plus flagrants, tels que Guantanamo, Abu Ghraib et d’autres prisons en Irak, la base aérienne U.S. de Bagram en Afghanistan, le fameux Camp Bondsteel au Kosovo, ainsi que d’autres centres soupçonnés au Pakistan, en Jordanie, à Diego Garcia dans l’Océan Indien, de même qu’à bord de bâtiments de guerre de l’US Navy, en pleine mer. D’autres encore sont dirigés par des états clients ou non (Egypte, Syrie, Jordanie, Maroc), avec les mêmes fonctions, sinistre aboutissement de cette chaîne d’« extraordinary rendition » [redditions extraordinaires. ndt : euphémisme officiel (néologisme récent) de l’administration U.S. pour désigner ses propres détentions illégales. Extraordinaire signifie ici extrajudiciaire, et reddition signifie enlèvement…]. Etant donné l’ampleur de ce phénomène, le nombre des détenus s’élève très probablement à plusieurs dizaines de milliers, dont une proportion considérable ont été arrêtés et torturés sur la seule base de rumeurs, du montant alléchant d’une prime, de dénonciations de type vendetta, voire de simples erreurs sur des noms de personnes ou de lieux. On sait qu’une large majorité des personnes arrêtées au cours de rafles en Irak, ont été incarcérées sans qu’il y ait la moindre information sur de quelconques méfaits qu’ils auraient pu commettre, pas même sur ce que les troupes d’occupations pourraient considérer comme tels. De nombreux témoignages donnent à penser qu’il en va exactement de même en Afghanistan.

Un autre aspect fameux de cette « guerre contre le terrorisme » est le degré auquel le mythe de cette guerre a pu être poussé, par le biais des Nations Unies et de la « communauté internationale », en particulier avec l’intervention de l’ONU comme extension de la politique US. Cet engagement contraste fortement avec leur souveraine indifférence en matière d’agressions ouvertes et de violations de la Charte des Nations Unies concernant l’interdiction des guerres d’agression. A de très nombreuses reprises, les USA et Israël ont violé cette loi internationale fondamentale au cours des dix dernières années, et ils sont très clairement les leaders mondiaux en matière de terrorisme d’Etat, ce que de nombreux experts considèrent comme le principal point de cristallisation inspirant une résistance internationale et qui ne fait qu’attiser les différentes branches du terrorisme islamiste, y compris Al Quaeda. Pourtant, au lieu de se concentrer sur les causes que sont les guerres et le terrorisme d’Etat, les Nations Unies et la communauté internationale s’alignent sur Etats-Unis et s’en tiennent exclusivement au terrorisme mineur qui en découle, considérant la « guerre contre le terrorisme » comme une réalité avérée. Autrement dit, leur rôle est une fois de plus d’être au service des politiques américaines, et en l’occurrence d’aider les Etats agresseurs, les « grossistes » en matière de terrorisme, à réprimer le terrorisme mineur qu’ils génèrent eux-mêmes.

Cette constante, nous pouvons en remonter le fil au moins jusqu’à octobre 1999 (environ deux ans avant les attentats de New York), lorsque le Conseil de Sécurité adopta la Résolution 1267 « sur la situation en Afghanistan. » Cette Résolution déplorait que les « Talibans continuent à offrir un refuge sûr à Ossama ben Laden. » Elle exigeait en outre des Talibans qu’ils « livrent immédiatement Ossama Ben Laden aux autorités compétentes de l’un des pays où il faisait l’objet de poursuites. » Cette Résolution 1267 donna notamment lieu à la création du Comité de Sanctions Al Quaeda-Talibans, dont la fonction était d’orchestrer les pressions sur les Talibans et sur quiconque pouvait avoir des lien avec l’un quelconque d’entre eux. A l’époque, Ben Laden avait été inculpé par une Cour fédérale américaine pour son implication présumée dans les attentats suicides d’août 1998 contre les ambassades US du Kenya et de Tanzanie, qui avaient fait quelques 250 victimes. Al Quaeda venait également d’être désignée comme organisation terroriste par le Département de l’Etat US. « La communauté internationale a envoyé un message très clair », avait annoncé le Président Bill Clinton. « Le choix entre co-opération et isolement est entre les mains des Talibans. » « Cette injustice a été décidée sous la pression des Etats-Unis… Jusqu’ici personne n’a jamais produit la moindre preuve de l’implication d’Ossama dans le terrorisme » rétorquèrent les Talibans, soit sensiblement la même réplique que celle qu’ils adressèrent à Bush au lendemain des attentats du 11 septembre, suite à la demande réitérée de la Maison Blanche de livrer Ben Laden. En fin de compte, la Résolution 1267 modifiait certains points clés de l’U.S. Anti-Terrorism and Effective Death Penalty Act de 1996 [décret sur l’antiterrorisme et l’application élargie de la peine de mort], élargissant au-delà des frontières de l’Union (USA) la définition du type d’Etats désignés comme « ne coopérant pas avec l’engagement antiterroriste U.S. », dans le but d’en faire une loi applicable à l’échelle internationale.

Dans les quatre jours qui suivirent la promulgation de la Résolution 1267, le Conseil de Sécurité adopta une résolution jumelle, la 1269, « sur la responsabilité du Conseil de Sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité. » Cette nouvelle résolution condamnait « les pratiques terroristes comme criminelles et injustifiables, quelles que puissent en être les motivations », en insistant particulièrement sur le « rôle vital » des Nations Unies « dans la lutte contre le terrorisme. » Promulguée au lendemain des attentats de New York et à peine quelques jours avant que les Etats-Unis ne déclenchent la guerre qui devait leur permettre de renverser les Taliban, la Résolution 1373 élargissait à son tour considérablement le rôle des Nations Unies dans la « guerre contre le terrorisme » des USA., en créant le Counter-Terrorism Committee [Comité Anti-terroriste] dans le but de superviser la lutte contre le terrorisme et de criminaliser toute forme de soutien aux individus et groupes engagés dans des activités terroristes. A l’instar des Résolutions 1267 et plus tard 1540 (du 24 avril 2004), qui instituait la création d’un nouveau comité, pour empêcher les « non-State actors » [acteurs non-étatiques] d’acquérir des « armes de destruction massives », le Conseil de Sécurité adopta chacune de ces résolutions sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, chapitre selon lequel le Conseil de Sécurité est supposé répondre aux « menaces contre la paix, atteintes à la paix et actes d’agression. »

Une aussi extrême vigilance vis-à-vis du « terrorisme », ou l’idée que les « non-State actors » et les « terroristes » du type Al Quaeda doivent demeurer une préoccupation centrale de l’ONU, se trouvent aux antipodes de l’attention que portent nos diplomates à l’agression pure et simple, comme dans le cas de l’Afghanistan ou de l’Irak, ou d’exactions purement génocidaires telles que les « sanctions de destruction de masse » U.S./U.K./ONU qui ont tué semble-t-il près d’un million de civils irakiens [ndt : dont une majorité d’enfants] dans la décennie qui sépare la première et la seconde guerre d’Irak (1991-2003) [2]. Dans son rapport (« Dans une plus grande liberté », en mars 2005) Kofi Annan ne déclarait-il pas : « Il est temps de laisser de côté les débats sur un soi-disant ‘terrorisme d’Etat’. Le recours des Etats à la force est d’ores et déjà intégralement régulé par le droit international. Quant au droit de résister à une occupation, il doit être compris en son sens véritable. Il ne peut inclure le droit de tuer ou mutiler délibérément des civils » ?

Ce que ces commentaires contiennent de parfaitement faux – et qui dénote un sérieux penchant pro-terrorisme d’Etat et anti-résistance – c’est qu’il n’y a pas de « régulation intégrale » du terrorisme d’Etat. En fait, il n’y a pas de régulation du tout, comme le démontre assez clairement le fait que les USA et leurs alliés aient pu attaquer successivement trois pays souverains en une seule décennie ( la République Fédérale de Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak) sans que l’ONU ou Kofi Annan aient le moins du monde cherché à y faire obstacle, l’agression se voyant au contraire, dans chaque cas, avalisée rétroactivement par l’ONU. On soulignera aussi que Kofi Annan néglige de suggérer que les Etats, eux non plus, ne devraient pas avoir « le droit de tuer ou mutiler délibérément des civils », un point auquel il n’attache d’importance que lorsqu’il s’agit d’une résistance à la violence d’Etat et à l’occupation. Et tout cela en dépit du fait que durant leurs dernières guerres – encore en cours – les Etats-Unis et leurs alliés ont tué, mutilé, affamé ou déporté infiniment plus de civils qu’Al Quaeda ou tous les terroristes « détaillants » du monde mis ensemble. On soulignera aussi qu’à l’intérieur même des pays cibles, des dirigeants politiques ont fréquemment été capturés par leurs puissants agresseurs et traînés devant des tribunaux, mais jamais les dirigeants des grandes puissances. Poursuivant toujours leurs ennemis aux quatre coins du monde, ils continuent à jouir d’une totale impunité.

Note de conclusion

En définitive, la guerre contre le terrorisme n’est qu’une combine politique et un mythe, qui sert à dissimuler et justifier une projection de puissance U.S. qui, depuis la disparition de l’Union Soviétique et de la Guerre Froide , avait grandement besoin d’un soutien rhétorique. La combine a d’autant mieux marché que les dirigeants américains pouvaient mettre en avant les attentats très réels du 11 septembre et prétendre que leurs propres guerres, leurs actions terroristes de masse et leur soutien élargi à toute une série de pays – sous régime autoritaire pour la plupart et pratiquant le terrorisme d’Etat – avaient d’une manière ou d’une autre un lien avec les attentats d’Al Quaeda et leurs auteurs. En réalité, la plupart des interventions militaires U.S. à l’étranger depuis le 11 septembre n’avaient que peu ou rien à voir avec Al Quaeda, outre qu’il est absurde de faire la guerre contre une méthode de lutte, à fortiori lorsqu’on utilise soi-même, à l’instar de ses clients et alliés, très largement cette même méthode.

L’idée que cette guerre contre le terrorisme s’est d’ores et déjà soldée par un échec a beau être très répandue, elle n’en est pas moins fausse elle aussi, dans la mesure où le propos qu’elle prête aux planificateurs de cette guerre se trouve à l’opposé de leurs objectifs réels. Ils cherchaient le nouveau « Pearl Harbour » dont ils avaient besoin pour justifier une vague mondiale de projections de puissance, et ils l’ont trouvé. Certes Al Quaeda semble bien plus puissante aujourd’hui qu’elle ne l’était en septembre 2001, mais Al Quaeda n’a jamais été le principal objectif de l’administration Bush. Si tel avait été le cas, ladite administration aurait réellement mis le paquet pour mettre la main sur Ben Laden, en agissant soit politiquement, soit militairement, et elle n’aurait pas mené en Irak, en Palestine, au Pakistan, en Iran et ailleurs, des politiques qui ne pouvaient que jouer en faveur de Ben Laden – et à la limite, en donnant exactement les réponses politiques que Ben Laden espérait susciter. Si Washington avait réellement eu quelque chose à craindre de la menace terroriste après le 11 septembre, ses responsables auraient suivi toutes les recommandations de la Commission du 11/9, qui conseillait de faire surveiller tout le territoire : les ports, les raffineries, les centrales nucléaires, les aéroports, gares et autres lieux similaires. Qu’ils n’aient pas pris la peine de le faire mais qu’ils aient au contraire adopté à la place un système cynique et « à peine politisé » d’alertes terroristes, montre bien que l’administration avait une lecture très personnelle du caractère peu spontané de cette guerre contre le terrorisme et des prétendues menaces auxquelles nous sommes confrontés.

Manifestement, la vague de projections de puissance que facilitaient le 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, n’a pas rencontré le succès total et absolu qu’on pouvait en attendre, mais la combine de la « guerre contre le terrorisme » en a néanmoins favorisé le lancement. Force est de constater que l’invasion-occupation de l’Irak n’avait rien d’un égarement, sa conquête était l’un des objectifs premiers de cette guerre. Cette conquête a peut-être complètement foiré sur le terrain, mais si on la regarde du point de vue de ses organisateurs, la guerre n’en a pas moins atteint certains des véritables objectifs pour lesquels elle avait été conçue. Or en ce sens – crucial bien que rarement apprécié – elle a réellement été un succès. Elle a facilité l’annexion de deux pays par l’armée américaine, elle a permis de réaligner de nombreux Etats derrière le leader de la guerre, elle a une fois de plus contribué à lancer l’OTAN dans de nouvelles opérations hors de sa zone d’attribution, permis aux Etats-Unis de dévaloriser totalement le droit international, favorisé des quasi-changements de régime dans quelques-unes des plus grandes capitales européennes, et elle aura été à l’origine d’une augmentation considérable des budgets de l’armée et des affaires étrangères aux USA. Si sa déstabilisation du Proche Orient peut, dans une certaine mesure, avoir profité à l’Iran – bien qu’Israël et les Etats-Unis n’aient de cesse de le menacer et de l’isoler – elle a surtout laissé à Israël la plus totale liberté d’action pour intensifier son nettoyage ethnique de la Palestine et son programme d’implantations, en traitant plus impitoyablement que jamais les Palestiniens.

Qui plus est, grâce à la coopération des démocrates et des mass médias, la guerre contre le terrorisme a offert au « décideur » et à sa clique la capacité politique d’imposer dans son propre pays un ordre du jour anticonstitutionnel et particulièrement à droite, au détriment de l’état de droit, de l’environnement et des solidarités, et favorisant le creusement des inégalités. L’augmentation du budget militaire et de la militarisation de la société américaine, l’inflation galopante du « contre-terrorisme » industriel et de l’industrie sécuritaire, la centralisation accrue du pouvoir aux mains de l’exécutif, l’accroissement des inégalités, l’accroissement démesuré du complexe de notre industrie carcérale, le glissement à droite du judiciaire, et l’incapacité des Démocrates à juguler cette dérive générale depuis les élections de 2006, suggèrent que le basculement vers la droite, vers une société plus militarisée que jamais et vers une politique étrangère de plus en plus expansionniste pourraient bien être devenus définitivement caractéristiques de la vie aux Etats-Unis. N’est-ce pas là un remarquable succès de la guerre contre le terrorisme, compte tenu des objectifs de ses créateurs ?
Edwards S. Herman & David Peterson 

Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School , Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media: an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability: The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002.

David Peterson est journaliste indépendant et chercheur, basé à Chicago. Il a écrit de nombreux articles en collaboration avec Edward Herman.

Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School , Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media: an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability: The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002.

Notes :
1) Samantha Power sous-entend qu’une « attaque américaine (en réalité un bombardement) sur ce qui s’avère, après coup, n’être qu’un banquet de mariage » n’est qu’une « erreur » unique et excusable. C’est faux ! L’événement auquel elle fait allusion n’était ni le premier ni le dernier banquet de mariage à être bombardé par les Américains en Irak comme en Afghanistan, loin s’en faut [ndt : depuis les caméras des drones, tout rassemblement de personnes et de véhicules parait suspect et le tir des missiles est télécommandé depuis la base, à des kilomètres du point d’impact]. La principale caractéristique des deux guerres qui sévissent dans ces deux pays, est l’utilisation effrénée d’explosifs particulièrement dévastateurs dans des zones où l’on sait pertinemment qu’ils feront des victimes civiles. En Afghanistan, les Américains ont bombardé toutes les infrastructures civiles possibles : les barrages, les centraux téléphoniques, les écoles, les centrales électriques, les ponts, les mosquées, la station radio d’Al Jazira, et jusqu’aux camions sur les routes ou aux installations de la croix rouge à Kabul, pourtant particulièrement reconnaissables. Ils ont aussi massivement recouru aux bombes à fragmentation. Dans son analyse exhaustive des différents types de victimes civiles, Marc W. Herold explique que les quelques 3 000 à 3 400 civils tués par des bombardements américains entre octobre 2001 et mars 2002, n’ont littéralement d’autre cause possible que « le peu de valeur accordé aux civils afghans par les planificateurs militaires et les élites politiques U.S., comme le révèle très clairement leur entêtement à bombarder les zones à forte densité de population. » Il en conclut que « la campagne de bombardements U.S. qui a commencé le 7 octobre au soir, était une guerre menée contre les personnes, les maisons, les fermes, et les villages d’Afganistan, autant que contre les Talibans et Al Quaeda (Marc W. Herold, "A Dossier on Civilian Victims of United States' Aerial Bombing of Afghanistan," Revised Edition, March 2002.). Cette campagne de bombardements avait indispensablement besoin de gens comme Samantha Power et des médias pour garder le caractère impitoyablement « anti-civil » de cette guerre à l’abri du regard du public.
(Voir aussi Tom Engelhardt, "'Accidents' of War: The Time Has Come for an Honest Discussion of Air Power," TomDispatch, July 9, 2007.)

2) John Mueller et Karl Mueller, "Sanctions of Mass Destruction," Foreign Affairs, May/June, 1999.
Ces auteurs notaient que les sanctions économiques (en tant qu’opérations militaires) ont été « plus fréquemment employées par les grandes nations que par les petites, et ont certainement fait davantage de morts après la fin de la Guerre Froide que toutes les armes de destruction massive à travers l’histoire […] Le potentiel de destruction des sanctions économiques apparaît on ne peut plus clairement, bien que sous une forme extrême, en Irak […] Nul ne sait exactement combien de civils irakiens en sont morts, mais différentes agences des Nations Unies qui supervisaient les sanctions, ont estimé qu’elles avaient très probablement fait des centaines de milliers de morts […] Si les estimations de l’ONU du coût humain de la guerre en Irak sont approximativement correctes […] les sanctions économiques pourraient bien avoir été une cause évidente de la mort de plus de personnes en Irak que n’ont fait de victimes toutes les dites armes de destruction massive au cours de l’histoire. »

Version originale (avec l’intégralité des appels de notes) : http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/16237
En annexe, éloquent petit scoop dans la même veine : En France, les positions sur la question sont très majoritairement identiques. En les attribuant exclusivement à « la Libye et ses soutiens » – et en choisissant soigneusement à qui elle donne la parole, (un manifestant « pris au hasard » ou le représentant de la Libye à l’ONU plutôt que celui du Viêt-nam ou d’Afrique du Sud) – France Culture fait de son mieux pour discréditer l’opinion d’une majorité de personnes dans le monde et de bon nombre d’intellectuels et de diplomates internationaux sur la question des causes du terrorisme, de l’acception de ce terme et de la manière la plus juste et la plus efficace de le condamner. (Le rapport « mort pour un mort » se passe pour sa part de commentaires.)

Vendredi 7 mars, 7 heures du matin, premier journal d’informations des Matins de France Culture, Marie-Pierre Vérot au micro.
« Huit morts à Jérusalem Ouest, dans un institut d’études talmudique. Huit étudiants abattus, neuf autres personnes blessées, par un Palestinien venu de Jérusalem Est. Cela faisait quatre ans que Jérusalem n’avait pas été frappée par un attentat. L’auteur de l’attaque a été tué par la police, sur place, le reportage de Frédéric Barreyre : »

Après une description détaillée de la scène par un membre des services de secours, Frédéric Barrer donne le micro à un manifestant francophone : …Yann est l’un des manifestants : « C’est pas normal que des Arabes viennent dans une Yeshiva pour tuer des gens qui prient toute la journée […] Personnellement, je ne sais pas quelle est la bonne solution, mais effectivement une des solutions serait de rentrer en guerre réellement et de vraiment déraciner tout terrorisme de Gaza et de tous les pays arabes autour. »

Marie-Pierre Vérot : « Un reportage sur place de Frédéric Barreyre et on le voit, cet attentat a donc redonné de la voix en Israël aux partisans d’une guerre. Attentat condamné de toutes parts, notamment en Palestine où le président Abbas a dénoncé, je cite, « toutes les attaques visant des civils, qu’elles soient palestiniennes ou israéliennes. » Sans revendiquer la responsabilité de cette action, un porte-parole du mouvement islamiste Hamas a, lui, qualifié l’attentat d’attaque héroïque, en réponse », je cite « aux crimes d’Israël à Gaza. » C’est justement cette vision d’un mort pour un mort qui a divisé le Conseil de Sécurité. Vifs échanges cette nuit à l’ONU, Philippe Bolopion, l’Onu qui n’a pu s’entendre sur un texte condamnant l’attentat…

« La Libye est à l’origine du blocage, avec le soutien de quelques autres, comme l’Indonésie, l’Afrique du Sud ou le Viêt-nam. Ces pays n’étaient pas parvenus à obtenir du Conseil au cours du week-end un texte condamnant un usage excessif de la force par Israël dans la bande de Gaza. Les Etats-Unis avaient alors insisté pour que la déclaration du Conseil soit « équilibrée » et fasse mention des attaques à la roquette contre Israël. Du coup, quand Israël et les Etats-Unis ont demandé au Conseil de condamner l’attentat de Jérusalem, la Lybie et ses soutiens ont refusé, à moins de condamner dans la même déclaration les morts de civils à Gaza causés par l’armée israélienne. Les Etats-Unis et plusieurs autres ont refusé de mettre sur le même plan une attaque terroriste d’un côté et des pertes civiles non intentionnelles de l’autre. Après presque deux heures de négociations, les quinze pays se sont séparés sur un constat d’échec. L’ambassadeur israélien a déclaré furieux que le Conseil de Sécurité avait été, je cite : « infiltré par les terroristes. » Ce à quoi son homologue libyen a répliqué en disant que c’était Israël qui était un régime terroriste. Au lieu de jouer son rôle d’enceinte de résolution des conflits, jeudi soir, le Conseil de Sécurité a crûment étalé ses divisions. »


N° 355 -La Géopolitique, stratégie & Analyse d'Irak - 30-04 - Début -terrorisme ? Tout est affaire de définition

N° 355  - La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak - 30-04 - Début -terrorisme ?  Tout est affaire de définition
La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak 

 N° 355                                                                                                                                      30/04/08 

Par M.Lemaire


Sommaire  (Début)

1 La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak


1-1 Edwards S. Herman & David Peterson : Terrorisme ? Tout est affaire de définition. (Début)

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...


La Géopolitique , stratégie & Analyse d'Irak

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Edwards S. Herman & David Peterson : Terrorisme ? Tout est affaire de définition.

Dans les années 1940, les nazis considéraient toute forme de lutte ou de résistance contre leur hégémonie économique et militaire comme du terrorisme.

 Aujourd’hui comme à l’époque, en matière de lutte contre le terrorisme, tout est affaire de définition. Celle que les USA, l’ONU, la « Communauté Internationale » et les médias donnent désormais des termes « Terrorisme » et « Terroriste » est prodigieusement malléable. Elle peut prendre ou exclure littéralement toutes les acceptions qu’on veut, en fonction des besoins, et devient de fait un moteur d’expansion et un outil aussi précieux que redoutable pour nos investisseurs comme pour nos élites. En d’autres termes, en partant comme ça on va droit dans le mur !

Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action (Les notes entre […] ainsi que l’ajout d’un « supplément » annexe dans le prolongement du texte sont du traducteur et n’engagent que lui)

L’un des signes les plus révélateurs de la naïveté politique des « libéraux » et de la Gauche aux USA est leur foi inébranlable dans l’imagerie internationale dont se drape l’état impérial qu’est leur pays. Cette preuve d’incompétence crasse n’est nulle part aussi flagrante que dans leur capacité à se laisser bercer par l’idée que ce qu’on appelle « guerre contre le terrorisme » existe réellement – quoi que les critiques puissent dire au sujet de l’inefficacité de la manière dont elle est menée – et qu’en finir avec cette guerre est nécessairement la priorité absolue de la politique étrangère des USA et du reste du monde. Dans une telle perspective, plutôt que sur l’Irak, c’est sur l’Afghanistan ou le Pakistan qu’auraient dû s’abattre les foudres de cette guerre contre le terrorisme. La plupart d’entre eux estiment d’ailleurs que l’attaque US contre l’Afghanistan, qui dure depuis octobre 2001, était une légitime et nécessaire étape dans le développement de cette guerre. Il leur semble donc évident que l’erreur tragique de l’Administration Bush fut de se laisser détourner de cette priorité absolue pour concentrer leur action militaire sur l’Irak et d’autres théâtres, réduisant d’autant leur engagement là où il était le plus indispensable.

C’est naturellement le genre de critiques auxquelles on peut s’attendre de la part d’anciens supporters de Bush qui ont préféré fuir le régime croulant de Washington. Mais il est ahurissant que des commentateurs aussi durablement hostiles à la politique de Bush que Frank Rich, du New York Times, puissent tenir pour des évidences la plupart des fondements de cette vision du monde et les rabâcher constamment en toute bonne conscience. Pour Rich, la question de savoir « Qui a fait perdre la guerre en Irak ? ne fait que détourner l’attention d’une question bien plus accablante : Qui est en train de perdre la guerre contre le terrorisme ? » Un thème récurrent des articles de Rich est que l’administration Bush-Cheney « est aussi nuisible à la conduite de la guerre contre le terrorisme qu’elle peut l’être aux droits civiques. » Fin 2007, la « super mauvaise nouvelle » que déplorait Rich était que, « tout comme l’invasion irakienne a détourné les USA de la guerre contre Al Quaeda, attaquer l’Iran pourrait embraser le Pakistan, base la plus florissante d’Al Quaeda et véritable épicentre de la guerre contre le terrorisme. »

Les témoignages de foi dans cette prétendue « guerre contre le terrorisme » ne manquent pas. Ainsi, dans un long compte-rendu de quelques ouvrages dans lesquels elle engage les Américains à « réactualiser leur conception du terrorisme » et à « reconquérir les cœurs et les esprits » dans le monde entier, Samantha Power, diplômée de Harvard et lieutenant d’élite de la brigade humanitaire [ndt : systématiquement pour les « interventions humanitaires » de l’armée américaine], écrivait que « la plupart des Américains restent très justement convaincus que les Etats-Unis ont le devoir de s’opposer au terrorisme islamiste – et d’empêcher par tous les moyens possibles les réseaux terroristes d’acquérir des armes de destruction massive. Mais les conjectures de Bush ont fait long feu… » Le plus ahurissant était l’air de consternation avec lequel Power annonçait que des « millions de gens – sinon des milliards – dans le monde entier ne comprennent pas la différence entre une attaque suicide contre une pizzeria et une attaque américaine sur ce qui s’avère, après coup, n’être qu’un banquet de mariage » [1] – la seule boussole morale défectueuse étant, bien entendu, celle de ces masses incapables de comprendre que seules les attaques américaines sont légitimes et que, si nombreuses soient-elles, les victimes qui en résultent ne sont qu’« erreurs tragiques » et « dommages collatéraux. »

Dans la lignée de Samantha Power, la déclaration de l’Institute for American Values [l’Institut pour les Valeurs Américaines] parue en février 2002 sous le titre What We're Fighting For [ce pour quoi nous combattons] et cosignée par une soixantaine d’intellectuels américains, au nombre desquels Jean Bethke Elshtain, Francis Fukuyama, Mary Ann Glendon, Samuel Huntington, Harvey C. Mansfield, Will Marshall, Daniel Patrick Moynihan, Michael Novak, Michael Walzer, George Weigel, et James Q. Wilson, désignait solennellement la guerre contre le terrorisme comme une « guerre juste. » « Les criminels organisés de portée internationale sont désormais une menace pour nous tous », pouvait-on lire au cœur d’un éloquent passage. « A u nom de la moralité humaine universelle, et pleinement conscients des restrictions et impératifs d’une guerre juste, nous soutenons la décision de notre gouvernement et de notre société de recourir contre eux à la force des armes. » Manifestement, à aucun moment l’idée qu’on puisse trouver de notre côté des « criminels organisés de portée internationale » infiniment plus dangereux et efficaces qu’Al Quaeda, ne traverse l’esprit de ces intellectuels là. Et à l’instar de Samantha Power, eux aussi prétendent faire clairement la distinction entre l’assassinat délibéré de civils, comme dans un attentat suicide, et les pertes du type « dommages collatéraux », y compris dans les cas où les victimes civiles sont infiniment plus nombreuses et étaient parfaitement prévisibles, quoi qu’elles n’aient pas été spécifiquement intentionnelles. Le propos de toutes ces ratiocinations n’étant dans l’ensemble que de bien différencier nos exactions et leurs exactions. Ce sont seulement ces dernières qui constituent « un mal absolu qui menace la terre entière […] et dont l’élimination impose clairement le recours à la force. »

Dans la même veine, les premières contributions de Richard Falk – professeur de droit international à l’Université de Princeton – au journal The Nation, au lendemain du 11 septembre, voyaient derrière ces événements « un programme visionnaire de terrorisme international apocalyptique. » « C’est clairement une déclaration de guerre surgie du tréfonds des abysses », notait Falk, « une transmutation à la fois conceptuelle et tactique dans la nature même du défi terroriste. […] Rien n’indique que les forces qui sont derrière ces attaques aient eu d’autre motivation que leur extraordinaire volonté de destruction. […] Nous sommes en équilibre au bord d’une guerre globale, inter-civilisationelle sans frontières ni champs de bataille. » Quelques semaines plus tard, acquiesçant discrètement à la doctrine de la « guerre juste », Falk déclarait que « la destruction du régime des Talibans aussi bien que du réseau d’Al Quaeda […] sont des objectifs légitimes… », et d’ailleurs d’autant plus légitime en ce qui concerne les Talibans, que « leurs politiques gouvernementales sont si oppressives qu’elles offrent à la communauté internationale les plus solides fondements possibles pour une intervention humanitaire. »

Peter Beinart, l’ancien éditeur de The New Republic, plutôt libéral et auteur en 2006 de l’ouvrage The Good Fight: Why Liberals—-and Only Liberals—Can Win the War on Terror and Make America Great Again [Le Bon Combat : Pourquoi les Libéraux – et seulement les libéraux – peuvent gagner la guerre contre le terrorisme et rendre à l’Amérique toute sa grandeur], écrivit au lendemain de la réélection de Bush-Cheney en 2004 : « Aujourd’hui, la guerre contre le terrorisme est partiellement éclipsée par la guerre en Irak. Mais même si l’Irak devient le Vietnam, il ne doit pas davantage nous faire oublier la guerre contre le terrorisme, que le Vietnam ne pouvait nous faire oublier le combat contre le communisme. La Jihad mondiale sera toujours là, bien après que les troupes américaines auront cessé de mourir à Falluja et Mossul. De fait, le triomphe ou le déclin du libéralisme dépendront de sa capacité à devenir ce que [Arthur] Schlesinger appelait ‘une foi combattante’. »

Même David Cole et Jules Lobel, auteurs d’une très remarquée critique des politiques de Bush-Cheney : « Pourquoi l’Amérique Est en Train de Perdre la Guerre Contre le Terrorisme », prennent pour argent comptant la réalité d’une « stratégie du contre-terrorisme. » Cette stratégie a été un « échec colossal » insistent-ils, car elle a « compromis notre esprit, fortifié nos ennemis, et nous a laissés moins libres et moins sûrs. La guerre U.S. en Irak « a permis à l’administration de se concentrer non plus sur Al Quaeda, l’organisation qui nous a attaqués le 11 septembre, mais sur l’Irak, une nation qui n’en avait rien fait. La guerre en Irak a, littéralement à tous points de vue, rendu les Etats-Unis, les Irakiens, nombre de nos alliés et dans ce domaine presque le monde entier plus vulnérable aux terroristes. En prenant l’Irak pour cible, l’administration Bush a non seulement siphonné la plupart des ressources destinées à la lutte contre Al Quaeda, mais elle a aussi offert une occasion en or à Al Quaeda pour inspirer et recruter d’autres terroristes prêts à s’en prendre aux USA et à leurs alliés. Notre invasion de l’Irak en a même fait le premier terrain d’entraînement terroriste au monde. »

Ailleurs, prenant la parole lors d’un forum sponsorisé par l’Open Society Institute [célèbre think tank U.S.] à New York City [le centre des affaires de New York], David Cole alla même jusqu’à affirmer que « nul n’a jamais osé prétendre » que l’attaque U.S. post 9-11 contre l’Afghanistan « n’avait pas été un acte de légitime défense. » Non moins remarquable était l’affirmation de Cole, peu de temps après, insistant que la détention de prisonniers à Guantanamo « n’aurait pas été une pratique sujette à controverse si on leur avait d’emblée accordé un procès en bonne et due forme » parce que, comme l’expliquait Cole, de tels procès « auraient permis d’identifier ces gens et ceux pour lesquels nous n’avions aucune preuve qu’ils aient fait partie d’Al Quaeda auraient alors été relâchés. »

La première remarque de Cole flanque aux oubliettes la Charte des Nations Unies, qui n’autorise l’attaque d’un autre pays par légitime défense, qu’en cas de menace d’attaque imminente, et seulement jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité intervienne en faveur du pays menacé. Or étant donné l’absence d’une telle urgence et l’absence d’une autorisation des Nations Unies, et vu que les responsables des attentats du 11 septembre agissaient pour leur propre compte et non celui d’un pays, l’attaque U.S. d’octobre 2001 contre l’Afghanistan constituait une violation patente de la Charte des Nations Unies et un « crime suprême » selon la terminologie définie au Procès de Nuremberg. Cole aurait-il défendu des attentats à la bombe cubains, nicaraguayens ou irakiens contre Washington DC comme des actes légitimes d’autodéfense, aux moments les plus critiques de notre passé récent, tandis que les USA lançaient ou soutenaient une attaque à leur encontre ? Probablement pas ! En outre, Cole ne semble guère se soucier du fait que les Etats-Unis ont attaqué après avoir refusé l’offre du gouvernement afghan de livrer Ben Laden si des preuves leur étaient données démontrant son implication dans les attentats. La guerre ne fut d’ailleurs déclenchée que bien après que Ben Laden et ses troupes avaient eu plus que le temps nécessaire pour s’enfuir, et elle fut dirigée principalement contre le gouvernement taliban et la population afghane, parmi laquelle elle fit des milliers de victimes du fait de principes de ciblage qui assuraient et produisirent effectivement un maximum d’« erreurs tragiques » et qu’on peut raisonnablement qualifier de crimes de guerre.

Etant donné l’illégalité et l’immoralité de cette guerre – aujourd’hui largement dans sa septième année – on ne peut évidemment en aucun cas considérer le massacre des civils afghans comme « légitime » – et pas davantage l’enlèvement de prisonniers, sous quelque prétexte que ce soit. D’ailleurs, la seconde remarque de Cole passe également à la trappe la manière dont ces prisonniers ont été appréhendés – certains ayant été dénoncés et livrés en échange de primes substantielles – ainsi que les traitements qu’ils eurent à subir, tant en Afghanistan qu’en route pour Guantanamo ou dans les centres de détentions secrets, en plus des durées de détention illégales ou de l’absence de « procès en bonne et due forme. » Pour finir, Cole se plante complètement en ce qui concerne la prétendue unanimité sur la légitimité de cet « acte d’autodéfense » contre l’Afghanistan. En dépit de l’hystérie soulevée aux Etats-Unis à l’époque, de très nombreux de juristes en contestèrent justement la légitimité. De plus, une série de sondages effectués par Gallup International dans 37 pays différents vers fin 2001, montrèrent que dans pas moins de 34 d’entre eux la majorité des sondés étaient opposés à une attaque militaire contre l’Afghanistan et préféraient voir les attentats du 11 septembre être assimilés à des crimes de droit commun plutôt qu’à des actions militaires, avec extradition et cour d’assises pour les présumés coupables. Les trois pays où l’opinion allait à l’encontre de cette majorité constatée dans les 34 autres, étaient les USA (54%), l’Inde (72%) et Israël (77%). En d’autres termes, il apparaît qu’une majorité substantielle et parfois même une très large majorité des populations de la planète étaient opposées à ce que les USA optent une fois de plus pour la guerre.

Quelle Guerre contre le Terrorisme ?

Pour autant, parler d’échec de la guerre contre le terrorisme n’en repose pas moins sur l’idée fausse qu’il y a réellement une guerre contre le terrorisme. Or les bases ne manquent pas pour invalider cette idée. Premièrement, il n’est pas de définition sérieuse de ce terme qui ne le donne pour un moyen de poursuivre des objectifs politiques, un instrument de lutte, et il n’est guère pertinent de parler d’une guerre à mener contre un moyen ou un instrument. En outre, si ce moyen consiste en des méthodes d’intimidation politique ou des moyens de se faire connaître par le recours à la violence à l’encontre de civils ou la menace d’y recourir, le principal problème de cette prétendue guerre est que les Etats-Unis et Israël entrent clairement dans cette définition et soutiennent des alliés et des agents qui, eux aussi, ont couramment recours à ce type de méthodes. La stratégie dite Shock and Awe (choc et intimidation) qui servit de prélude à l’invasion /occupation de l’Irak, en 2003, avait ouvertement et explicitement pour objectif de terroriser la population et les forces armées irakiennes. Le choix du recours à la torture, aux bombardements ou aux attaques de grande envergure, comme celle qui a anéanti la ville de Falluja, visaient spécifiquement à instiller la peur et à intimider les populations irakiennes pour inhiber la résistance. Les frappes aériennes récurrentes, attaques terrestres et autres assassinats ciblés de responsables palestiniens par Israël ont eux aussi pour but d’engendrer la peur et l’apathie, c'est-à-dire de terroriser. Longtemps responsable du Labour Party, Abba Eban reconnaissait déjà il y a des années, que les bombardements de civils libanais reposaient sur « le calcul rationnel, d’ailleurs vérifié par la suite, que les populations qui les subissaient (ce qui signifiait les civils délibérément pris pour cibles) feraient elles-mêmes pression pour la cessation des hostilités. » C’était admettre sans la moindre équivoque le recours pur et simple au terrorisme et cela caractérise incontestablement la politique israélienne au cours des années de prétendue « guerre contre le terrorisme. » L’ancien Premier ministre Ariel Sharon avait lui aussi reconnu avoir délibérément dirigé ses attaques contre des civils, lorsqu’il déclarait en 2002 « Il faut frapper les Palestiniens et leur faire vraiment très mal : nous devons leur causer des pertes importantes, des victimes, pour bien leur faire sentir que le prix à payer est très lourd. »

Les Etats-Unis et Israël sont actuellement lancés dans une phase optimum de terrorisme, qui mêle bombardements stratégiques, attaques héliportées, pratique régulière de la torture, invasions (et menaces d’invasions) de grande envergure, etc. Là, nous ne sommes plus du tout dans un type d’actions visant à faire une proportion restreinte de dégâts ou de victimes, comme de ponctuels détournements d’avions ou attentats suicides. Il s’agit ici de ce qu’on appelle depuis longtemps la différence entre le terrorisme de grossiste et le terrorisme de détaillant, le premier étant mené par des Etats et à une très grande échelle, le second étant le fait d’individus ou de groupuscules, et étant mené à une échelle infiniment moindre, avec de bien moins nombreuses victimes que sa contrepartie étatique. Les « détaillants », par exemple, n’entretiennent pas un réseau de centres de détention dans lesquels la torture est notoirement une pratique courante (à la grande époque du terrorisme d’Etat argentin, dans les années 1970, Amnesty International estimait à une soixantaine le nombre de centre de détentions de ce type que l’armée argentine maintenait dans le pays. A l’heure actuelle, les Etats-Unis entretiennent des dizaines de ces centres, dans des bases militaires, sur des bâtiments de l’U.S. Navy ou au cœur d’installations établies dans des Etats clients).

Par ailleurs en matière de terrorisme, les « détaillants » sont fréquemment sponsorisés par les « grossistes. » Le réseau de réfugiés cubains qui depuis des décennies mène des actions hors des Etats-Unis depuis la Floride , les Contras du Nicaragua, l’Unita de Jonas Savimbi dans l’Angola des années 1980 (qui jouissait aussi du soutien de l’Afrique du Sud), l’Armée du Sud Liban (qui des années durant fut aussi soutenue par Israël), les escadrons de la mort et autres paramilitaires de l’extrême droite colombienne, toujours très actifs, etc. ont tous notoirement bénéficié du soutien inconditionnel des Etats-Unis. De fait, une véritable guerre contre le terrorisme impliquerait en principe inévitablement des attaques contre les Etats-Unis et Israël, comme principaux terroristes de masse et principaux sponsors – une idée qu’on attend toujours de voir suggérée par au moins un des ardents zélateurs de la guerre contre le terrorisme.

En fait l’un des grands mystères de cette conviction si largement répandue que les Etats-Unis et Israël combattent – et non pratiquent – le terrorisme, c’est cette remarquable capacité des médias occidentaux et des intellectuels à éviter aussi scrupuleusement de faire réellement le tour de ce qui peut entrer dans la définition du mot terrorisme, que de chercher à savoir qui en fait le plus dans ce domaine – ce qui permet à l’establishment des puissances occidentales d’user à sa guise du terme de terrorisme à l’attention exclusive de ceux qu’il prend pour cible. Nous, nous ne faisons que riposter. Ce que nous faisons c’est du « contre-terrorisme. » D’ailleurs ce sont ceux que nous combattons qui ont commencé, et si dérisoires soient-elles comparées aux nôtres, ce sont leurs actions qui sont terroristes.

Un autre grand mystère de cette curieuse aptitude à gober toute la propagande qu’on nous déverse sur cette « guerre contre le terrorisme », est la capacité de tous ceux qui la gobent à ne tenir aucun compte des visées et de la stratégie internationale U.S. A aucun moment ils ne se posent la question : « Est-ce que les Etats-Unis ne font réellement que riposter aux attentats du 11 septembre, ou est-ce que leurs dirigeants ont un ordre du jour plus substantiel pour lequel ils ne dédaignent pas de tirer parti du 11 septembre comme prétexte ? Cette question, du reste évidente, inclut d’ailleurs les bases de sa propre réponse : nombre de documents de la décennie précédente montrent très clairement que l’équipe de Bush rêvait à voix haute d’un nouveau « Pearl Harbor » qui pourrait leur permettre de lâcher une offensive et une vaste opération de « projection de puissance » sur le Moyen-Orient puis sur le reste du monde. Textuellement, selon les termes véritablement infects du Project for the New American Century (2000) [le Projet pour le Nouveau Siècle Américain (ndt : l’Administration Bush avait déjà baptisé le XXe siècle « Le Siècle de l’Amérique »)], « Le processus de transformation, fut-il porteur de changements révolutionnaires, sera probablement très lent, à moins d’avoir pour catalyseur quelque événement catastrophique – une sorte de nouveau Pearl Harbour. » Les forces armées colossales que l’on a constamment continué d’augmenter dans notre pays ont pour avantage de permettre une telle projection de puissance par la menace ou par la force. Or leur augmentation comme leur utilisation a toujours bénéficié d’un soutien bipartisan [ndt : à la fois Républicain et Démocrate], qui dans une large mesure reflétait le pouvoir et les objectifs de l’establishment militaire, des entrepreneurs et hommes d’affaires liés à ce secteur et de grands consortiums transnationaux. Cette expansion démesurée du secteur militaire ne répondait en aucune façon à des impératifs de défense. Elle a toujours été exclusivement orientée vers la projection de puissance, c'est-à-dire exclusivement offensive.

A ce stade, il est important de souligner qu’au moment des attentats du 11 septembre, en 2001, la plupart des experts considéraient Al Quaeda comme un groupuscule mineur, non lié à un état particulier, possiblement basé en Afghanistan et/ou au Pakistan et comptant tout au plus quelques milliers d’activistes éparpillés à travers le monde de façon disparate. Il est clair que le démantèlement d’une telle organisation requerrait l’implication de brigades de lutte contre le crime organisé et des services secrets ou d’espionnage, mais non une guerre. On pouvait bien sûr entrer en guerre contre le pays qui leur servait de principal refuge, mais vu la disproportion des moyens et des fins et le risque qu’une guerre, avec son cortège de victimes et d’accents impérialistes, n’aboutisse en définitive qu’à renforcer Al Quaeda, le recours immédiat à la guerre au lendemain des attentats du 11 septembre suggère en réalité des objectifs d’un tout autre ordre, tels que notamment la rétorsion et la volonté de tirer parti de l’aubaine pour lancer des opérations de projection de puissance. De fait, si l’on pouvait effectivement lancer une guerre contre l’Afghanistan ou une attaque contre le quartier général d’Al Quaeda, il pouvait difficilement s’agir d’une guerre contre le terrorisme. De même, un engagement en Afghanistan ou la poursuite des membres d’Al Quaeda pouvait difficilement justifier la monumentale escalade militaire qui allait suivre.

Il est par ailleurs extraordinaire que les planificateurs de cette « guerre contre le terrorisme » n’aient jamais envisagé de stopper le terrorisme à sa source, en solutionnant les problèmes qui avaient généré les terroristes, et qui demeurent le terreau de leur recrutement. En fait, pour ces planificateurs comme pour leurs supporters, se poser simplement la question « Pourquoi ? » revient littéralement à faire l’apologie du terrorisme. C’est une question qu’ils ne se posent pas, préférant de loin s’en tenir aux clichés de base sur les terroristes, sur leur jalousie haineuse, leur aversion pour la liberté et la démocratie ou sur leurs inclinations religieuses voire génétiques. Or tout cela corrobore justement l’idée que leur objectif réel n’est en aucun cas d’en finir avec la terreur. En réalité ils ont besoin d’alimenter en permanence le flux constant de résistants terroristes que leurs actions génèrent, pour justifier leurs véritables objectifs de projection de puissance sans s’encombrer d’aucune limite. L’incapacité à venir à bout du terrorisme n’est nullement une défaite de la guerre contre le terrorisme, c’est au contraire l’élément indispensable de toute sa mécanique interne.

En fait, la guerre contre le terrorisme est plus une sorte d’artifice intellectuel et de propagande, analogue à ce que fut en son temps « la Guerre Froide » – dont elle prend le relais dans une large mesure – laquelle servait en réalité de justification et de couverture à l’expansion impériale des USA. Guatemala, Vietnam, Chili, Indonésie, Zaïre (parmi tant d’autres) faisaient régulièrement l’objet d’actions de déstabilisation ou d’attaques, au prétexte d’une prétendue menace soviétique qui devait y être combattue. Cette menace n’avait généralement aucune réalité sur le terrain et les prétendues connexions étaient le plus souvent risibles. Depuis la fin de cet âge d’or, la poursuite des terroristes a largement démontré qu’elle pouvait lui être un excellent substitut, puisqu’on pouvait toujours compter sur la crédulité des médias pour tenir tout groupe rebelle pris pour cible comme potentiellement ou effectivement terroriste et possiblement lié à Al Quaeda. En Colombie, les FARCS sont des terroristes. Mais les paramilitaires d’extrême droite qui ont le soutien du gouvernement et qui massacrent infiniment plus de civils, ne le sont pas et bénéficient au contraire du soutien « anti-terroriste » des USA. Le Venezuela d’Hugo Chavez, qui ne massacre pas de civils, se voit pour sa part reprocher son manque de coopération dans le programme « anti-terroriste » U.S. et est accusé d’avoir partie liée avec des pays ciblés par les Etats-Unis, tels que l’Iran et Cuba qui, assure-t-on, soutiennent des terroristes. L’Egypte, la Jordanie , le Maroc, l’Algérie et bien d’autres pays où la torture est une pratique courante sont « à nos côtés » dans la guerre contre le terrorisme. Des pays tels que le Venezuela, l’Iran et Cuba ne le sont pas et sont aisément catalogués comme terroristes ou « liés » à des Etats terroristes.

Si Al Quaeda n’existait pas, les Etats-Unis seraient obligés de l’inventer, et c’est bien évidemment ce qu’ils firent, dans les années 1980, où elle était un outil idéal de déstabilisation de l’URSS. Le rôle plus récent d’Al Quaeda n’est qu’un classique retour de flamme. On peut aussi y voir un cas de résistance à la projection de puissance, dans la mesure où les activités terroristes d’Al Quaeda glissèrent du combat contre l’occupation soviétique à celui contre l’intervention U.S. en Arabie Saoudite, en Palestine ou ailleurs. En outre, le sentiment d’avoir été utilisés par les USA pour déstabiliser l’Union Soviétique, puis lâchés, n’a sans doute fait qu’attiser ce glissement.

Tandis que l’interventionnisme américain permettait de propulser Al Quaeda sur le devant de la scène internationale – et il continue d’ailleurs à en favoriser le recrutement – il a aussi engendré des mouvements de résistance bien au-delà d’Al Quaeda, notamment en Irak où la majeure partie de la résistance n’a rien à voir avec Al Quaeda et s’est même très largement braqué contre ses représentants. Mais tant que les projections de puissance U.S. dans le monde entier engendrent des résistances et tant que cette résistance peut être considérée comme « terroriste », l’agression et le terrorisme « de grossiste » des Etats-Unis ont de beaux jours devant eux. N’importe quel pays qui entend s’aligner sur les Etats-Unis peut condamner ses propres dissidents et autres mouvements de résistance comme « terroristes », qu’ils aient ou non des liens avec Al Quaeda, et recevoir à ce titre une assistance militaire U.S. La guerre contre le terrorisme est fondamentalement la guerre de projection de puissance d’une super-puissance, c'est-à-dire une guerre impérialiste à l’échelle mondiale ou globale.

La question de savoir qui terrorise qui n’a rien de bien nouveau. En 1979, l’ouvrage The Washington Connection and Third World Fascism, de Noam Chomsky et Edward Herman, exposait en détail le goulag du terrorisme U.S. et offrait même une illustration montrant les flux d’assistance économique et militaire U.S. en direction de 26 des 35 pays du tiers monde où la torture était une pratique courante des forces de sécurité. L’ouvrage d’Edward S. Herman The Real Terror Network, paru en 1982, remontait lui aussi l’écheveau de ce goulag du Terrorisme International sponsorisé par les USA et mettait en évidence le lien de cause à effet logique entre le développement des grands consortiums transnationaux et le besoin de disposer de terroristes d’Etat, alliés et susceptibles de créer un climat favorable à l’investissement. Comme le disait si bien le dictateur philippin Ferdinand Marcos aux responsables des plus grandes compagnies pétrolières en 1972, au moment de son accession au pouvoir : « Nous passerons les lois qu’il vous faut, dites-nous seulement ce que vous voulez. » Bien sûr, la grande presse passa ces ouvrages à la trappe et ils n’eurent pas la moindre chance de faire le poids face à The Terror Network de Claire Sterling, qui remontait fallacieusement le fil de divers attentats de « terroristes détaillants » vers l’URSS. Cet ouvrage s’inscrivait dans la prétendue « guerre contre le terrorisme » de la période Reagan, qui coïncidait avec le soutien de Reagan à l’invasion israélienne du Liban et au terrorisme du « Poing d’Acier » qui allait y être mis en œuvre, mais aussi avec le soutien de Reagan au régime militaire argentin, à Suharto, à Marcos, à l’Afrique du Sud [d’avant Mandela], au régimes terroristes du Salvador et du Guatemala, à Savimbi, aux réseaux terroristes cubains anti-castristes et aux contras du Nicaragua.

 

n°354 - Les Dossiers d'Irak- 30-04 -(Début) - A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés

n°354 - Les Dossiers d'Irak- 30-04 -(Début) - A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés
Les Dossiers d'Irak (Début)

N° 354                30/04/08

Par M.Lemaire            


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...
Sommaire : (Début)

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 RSF est une organisation alignée sur les combats du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique.

1-2 Jean-Guy-Allard : RSF reçoit son financement de Taipei.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Alain Gresh : Guerre d’Irak, cinq ans déjà...

3-2 Point de vue de Paul Craig Robert : La véritable raison de la guerre d'Irak.

3-3 Point de vue de  Gilles Munier : Qui veut assassiner Moqtada al-Sadr ?

3-4  Point de vue de Pierre Barbancey : Sadr menace le gouvernement d’une guerre ouverte.


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
 Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 RSF est une organisation alignée sur les combats du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique

Lepost : Vous avez dit que «RSF est une organisation alignée sur les combats du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique». Vous maintenez votre point de vue ?

J-L M :Tout à fait. Ménard et RSF ne défendent pas «les journaliste dans le monde», ils défendent les journalistes sur un certain nombre de cibles. Il faut lire le livre de Maxime Vivas, La Face cachée de Reporters sans Frontières - De la CIA aux Faucons du pentagone (Aden éditions) : RSF accompagne les journalistes sur le terrain médiatique des Etats-Unis d'Amérique. Ménard ment quand il dit qu'il défend la liberté «partout et de la même façon». Pour comprendre qui Ménard veut mordre il faut regarder à l'autre bout de la laisse qu'il a autour cou.

Mardi 29 Avril 2008 - 09:48 Anna Borrel

http://www.marianne2.fr/Pour-Melenchon,-Menard-est-megalo-et-incompetent!_a86709.html?preaction=nl&id=2938455&idnl=25445J


1-2 Jean-Guy-Allard : RSF reçoit son financement de Taipei.

Aucun organe de presse français ne l’a publié à l’époque, mais la presse taïwanaise en a fait grand état en janvier 2007: Robert Ménard, le fondateur et secrétaire perpétuel de RSF qui coordonne en ce moment des manifestations hostiles contre la Chine , a reçu officiellement un chèque de 100 000 dollars de Taïwan, pays connu pour son appui aux régimes de droite les plus récalcitrants.

Ménard a voyagé le 28 janvier 2007 au pays de Tchang Kaï-chek pour recevoir son prix des mains du président Chen Shui-bian qui agissait au nom de la Fondation taïwanaise pour la démocratie, un organisme paragouvernemental fondé un an auparavant pour appuyer les partenaires étrangers de ce bastion de l’extrême droite internationale.
Ménard et deux employés de RSF ont notamment provoqué des incidents à Athènes quand ils ont tenté de déployer une bannière «pour le respect des droits de l’homme en Chine, durant la cérémonie de remise de la flamme olympique», selon l’agence française AFP, associée au groupe. Le secrétaire à vie de RSF a déjà annoncé par ce même intermédiaire qu’il y aura «d’autres actions au cours des prochains mois avec le même objectif».
En acceptant son prix à Taïwan et le chèque qui l’accompagnait, Ménard s’est engagé à créer un site web pour continuer à attaquer la République populaire de Chine contre laquelle RSF s’acharne depuis déjà plusieurs années. Il ne fait pas doute que des transferts bancaires ont eu lieu entre Taipei et Paris où est installé le groupe français, parrainé (comme il a été contraint de le reconnaitre) par le gouvernement des États-Unis par l’intermédiaire de la National Endowment for Democracy et d l’International Republican Institute, en plus d’autres sources de financement occulte de la droite européenne.
D’un autre côté, le patron de RSF ne pouvait ignorer que le président taïwanais
Chen Shui-bian était l’objet d’accusations de corruption et de contrefaçon et a échappé à l’emprisonnement grâce à son immunité face aux poursuites pénales. Son épouse, Wu Shu-chen, a été aussi accusée de corruption dans le cadre d’une grande enquête sur des détournements de fonds au sein du Parti démocrate progressiste.
Selon une vaste étude au sujet de Taïwan publiée par le sociologue José Antonio Egido, «le gouvernement taïwanais poursuit la politique anticommuniste de ses prédécesseurs, comme le prouve l’appui politique (et sûrement financier) qu’offre la Fondation pour la démocratie de Taïwan à l’opposition (lire les mercenaires payés par Washington) contre-révolutionnaire cubaine».
Taïwan s’est constitué au cours des années en un véritable nid de l’anticommunisme créé et protégé par les États-Unis. Pour l’expert, «la corruption n’est pas seulement une pratique de politique extérieure de ce régime mais bien un héritage de la Chine de Tchang Kaï-chek que l’on s’efforce de préserver ».
Visiblement heureux de se retrouver face à d’aussi généreux admirateurs, Ménard fait l’éloge du régime de Taïwan qu’il a qualifié de «meilleur exemple de la démocratie asiatique», rapportait Taiwan Info, un site web officiel du Ministère de l’information de l’île.



3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Alain Gresh : Guerre d’Irak, cinq ans déjà...

Il y a cinq ans, les Etats-Unis se lançaient à l’assaut de l’Irak. Plusieurs centaines de milliers de civils irakiens tués plus tard, il apparaît de plus en plus que cette guerre aura été une des plus grandes catastrophes que le Proche-Orient ait connues depuis cinquante ans. Et ses conséquences seront sans doute bien plus durables que celles que la guerre du Vietnam a eues sur l’Asie. On se rappelle que les deux prétextes de cette guerre étaient les armes de destruction massive, dont il a été prouvé qu’elles n’existaient pas, et le lien entre Saddam Hussein et le terrorisme (la moitié des Américains étant convaincus que le dictateur irakien était derrière les attentats du 11-Septembre). Début mars, le Pentagone a publié un rapport fondé sur 600 000 documents examinés, démontrant qu’il n’existait aucune relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein. Mais la transparence a des limites. Comme le rapporte ABC News, le 12 mars, dans « Pentagon Report on Saddam’s Iraq Censored ? », le Pentagone a annulé l’envoi d’un communiqué de presse sur le rapport et a décidé de ne pas le publier en ligne. Il ne sera fourni qu’à ceux qui en feront la demande et sera envoyé par la poste ! ABC a mis en ligne un résumé du rapport (« Iraqi perspective project. Saddam and terrorism : Emerging insight from Captured Iraqi documents Volume 1, redacted) »).

Le rapport affirme que Saddam Hussein a soutenu des groupes terroristes, notamment palestiniens. Mais il insiste : « Les principales cibles des opérations terroristes de l’Etat irakien étaient les citoyens irakiens, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak. » En revanche, le rapport dément toute relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein.

ABC rappelle une des déclarations de George W. Bush, rapportée par le Washington Post du 18 juin 2004 : « La raison pour laquelle j’ai continué à insister sur la relation entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida, c’est parce qu’il y avait une relation entre l’Irak et Al-Qaida. » Cette interprétation du rapport est contestée par un néoconservateur, William Kristol, dans The Weekly Standard, « Why is the Bush administration silent on the new Pentagon report ? » (24 mars 2008). Selon lui, le rapport intégral précise, en page 42, que « Saddam soutenait des groupes directement liés à Al-Qaida (comme le Djihad islamique, dont le dirigeant fut à un moment Ayman Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden) ou partageait les buts et les objectifs affirmés par Al-Qaida ». On peut pourtant douter que Saddam Hussein ait soutenu l’idée d’un Etat islamique ; quant à partager les « buts » d’Al-Qaida, s’il s’agit du départ des Etats-Unis de la région, on peut dire qu’ils sont ceux de la grande majorité de l’opinion publique. Le New York Timesdu 16 mars a demandé à neuf « experts » ou responsables de donner leur point de vue de l’époque sur l’invasion de l’Irak et la manière dont ils voient la situation aujourd’hui (« Reflections on the Invasion of Iraq »). Parmi eux, Paul Bremer III (le premier proconsul américaine en Irak) et Richard Perle, un théoricien néoconservateur. Je posais ici même la question de savoir si « les Etats-Unis vont gagner la guerre en Irak », en expliquant que Washington mettait en avant la diminution des pertes américaines et civiles irakiennes au cours des derniers mois. Un article dans le Washington Times du 15 mars, « Iraqi civilian deaths rise again » (Sharon Behn), actualise ces données. Selon la journaliste, 422 Irakiens ont déjà été tués en mars, contre 544 pour tout le mois de janvier et 674 pour le mois de février. Ainsi, la tendance à la baisse des victimes irakiennes aurait été enrayée.

Pour l’évolution des conflits au Proche-Orient depuis l’invasion américaine de l’Irak, on pourra consulter l’ensemble des articles consacrés par Le Monde diplomatique, regroupés dans « Proche-Orient, les guerres du XXIe siècle ». http://blog.mondediplo.net/2008-03-16-Guerre-d-Irak-cinq-ans-deja


3-2 Point de vue de Paul Craig Robert : La véritable raison de la guerre d'Irak.
Le Régime de Bush a embourbé l'Amérique dans une sixième année de guerre en Afghanistan et en Irak, avec aucune fin en vue. Le coût de ces guerres d'agression est effroyable. Les pertes officielles étasuniennes dans les combats se situent à 4.538 morts. Officiellement, 29.780 soldats américains ont été blessés en Irak. Des experts ont soutenu que ces chiffres sont sous-évalués. Néanmoins, ces chiffres ne sont que la partie émergée de l'iceberg.

Le 17 avril 2008, AP News a rapporté qu'une nouvelle étude publiée par la RAND Corporation arrive à la conclusion que "quelques 300.000 soldats américains souffrent d'une dépression majeure ou de stress post-traumatique après leur service dans les guerres en Irak et en Afghanistan, et que 320.000 ont été victimes de dommages au cerveau".
Le 21 avril 2008, OpEdNews a rapporté qu'un courriel interne du Général Michael J. Kussman, ministre délégué à la santé au Ministère des Anciens Combattants (MAC), adressé à Ira Katz, le chef de la santé mentale au MAC, confirme un reportage du McClatchy Newspaper, selon lequel 126 anciens combattants se suicident chaque semaine. Dans la mesure où ces suicides sont imputables à la guerre, plus de 500 morts devraient être ajoutés chaque mois aux pertes dans les combats.
Si l'on se tourne vers les pertes irakiennes, les études d'experts soutiennent un chiffre allant jusqu'à 1,2 millions d'Irakiens morts, presque tous des civils. Deux millions d'Irakiens ont fui leur pays et deux autres millions ont été déplacés à l'intérieur de l'Irak. Les pertes afghanes sont inconnues.
L'Afghanistan et l'Irak ont tous deux subi des pertes civiles et des dommages aux maisons, aux infrastructures et à l'environnement excessifs. L'Irak est affecté par l'uranium appauvri et des égouts éventrés.
Ensuite, il y a le coût économique pour les Etats-Unis. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz estime que le coût total de cette invasion et de la tentative d'occupation de l'Irak se situe entre 3 et 5 trillions de dollars. Le prix du pétrole et de l'essence en dollars a triplé, et le dollar a perdu de la valeur contre les autres devises, chutant même spectaculairement contre le faible baht thaïlandais. Avant que Bush ne lance ses guerres d'agression, un dollar valait 45 bahts. Aujourd'hui, le dollar ne vaut plus que 30 bahts.
Les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de tels coûts. Avant sa démission le mois dernier, le président de cour des comptes des Etats-Unis, David Walker, a rapporté que les dettes non couvertes du gouvernement des Etats-Unis s'élevaient à un total de 53 trillions de dollars [environ 34.000 milliards d'euros !]. Le gouvernement étasunien est incapable de couvrir ces dettes. Le Régime de Bush doit même emprunter de l'argent à l'étranger pour payer ses guerres en Irak et en Afghanistan. Il n'y a aucun moyen plus sûr de mettre le pays en faillite et de détrôner le dollar comme devise de réserve mondiale.
Les coûts moraux sont peut-être les plus élevés. Tous ces morts, tous ces blessés et tous ces coûts économiques pour les Etats-Unis et leurs victimes sont entièrement dus aux mensonges du Président et du Vice-Président des Etats-Unis, du Secrétaire à la Défense , de la Conseillère à la Sûreté Nationale et, bien sûr, des médias, y compris le New York Times soi-disant tolérant. Tous ces mensonges ont été répandus pour le compte d'un programme caché. "Notre" gouvernement ne nous a toujours pas dit, à "nous, le peuple", les véritables raisons pour lesquelles "notre" gouvernement a envahi l'Afghanistan et l'Irak.
A la place, les Américains ont accepté comme les moutons qu'ils sont une succession de mensonges éhontés : les armes de destruction massive, les liens avec al-Qaïda et la complicité dans l'attaque du 11/9, le renversement d'un dictateur et "apporter la démocratie" aux Irakiens.
Le grand peuple moral américain préfère croire les mensonges du gouvernement que reconnaître les crimes du gouvernement et le tenir pour responsable.
Pour un peuple moral, il y a de nombreuses façons efficaces de protester. Considérez les investisseurs, par exemple. Il est clair que Halliburton et les fournisseurs de l'armée raflent la mise. Les investisseurs achètent massivement leurs actions afin de prendre leur part dans ces profits qui explosent. Mais que ferait un peuple moral ? Ne boycotterait-il pas les actions de ces sociétés qui profitent des crimes de guerre du Régime de Bush ?
Si les Etats-Unis ont envahi l'Irak pour l'une quelconque des raisons que le Régime de Bush a données, alors pourquoi les Etats-Unis auraient-ils dépensé 750 millions de dollars pour une "ambassade" fortifiée, avec des systèmes antimissiles et ses propres systèmes de production d'électricité et d'approvisionnement en eau, sur une surface de 52 hectares ? Personne n'a jamais vu ou entendu parler d'une telle ambassade auparavant. Il est clair que cette "ambassade" a été construite en tant que quartier général d'un dirigeant colonial occupant.
Le fait est que Bush a envahi l'Irak avec l'intention de transformer ce pays en colonie américaine. Le soi-disant gouvernement de Maliki n'existe pas à l'extérieur de la Zone Verte protégée, le quartier général de l'occupation américaine.
Si la domination coloniale n'était pas l'intention, les Etats-Unis ne feraient pas tout leur possible pour forcer les 60.000 hommes de la milice de Sadr à combattre. Sadr est un Chiite qui est un véritable dirigeant irakien, peut-être le seul Irakien qui pourrait mettre fin au conflit sectaire et restaurer un peu d'unité à l'Irak. En tant que tel, il est considéré par le Régime de Bush comme un danger pour la marionnette américaine qu'est Maliki. A moins que les Etats-Unis puissent acheter ou truquer l'élection irakienne à venir, Sadr émergera probablement comme le personnage dominant. Ceci serait un développement hautement défavorable pour les espoirs du Régime de Bush d'établir sa direction coloniale derrière la façade de la fausse démocratie de Maliki. Plutôt que de travailler avec Sadr afin de s'extraire de ce bourbier, les Américains feront tout leur possible pour assassiner celui-ci.
Pourquoi le Régime de Bush veut-il diriger l'Irak ? Certains spéculent sur le fait que c'est une question de "pic du pétrole". Les ressources pétrolières sont censées décliner alors même que la demande de pétrole se multiplie de la part des pays en développement comme la Chine. Selon cet argument, les Etats-Unis ont décidé de mettre la main sur l'Irak pour garantir leurs propres approvisionnements en pétrole.
Cette explication pose problème. La majeure partie du pétrole américain provient du Canada, du Mexique et du Venezuela. Le meilleur moyen pour les Etats-Unis d'assurer leurs approvisionnements en pétrole serait de protéger le rôle du dollar en tant que devise de réserve mondiale. De plus, 3 à 5 trillions de dollars auraient permis d'acheter une quantité phénoménale de pétrole. Avant les invasions étasuniennes, la facture américaine d'importation de pétrole était en dessous de 100 Mds de dollars par an. Même en 2006, les importations totales depuis les pays de l'OPEP étaient de 145 Mds de dollars et le déficit de commercial avec l'OPEP s'élevait à 106 Mds de dollars. Trois trillions de dollars auraient payé les importations américaines de pétrole pendant 30 ans ; cinq trillions de dollars, pendant un demi-siècle, si le Régime de Bush avait préservé la valeur du dollar.
L'explication la plus probable de l'invasion étasunienne de l'Irak est l'engagement du Régime néoconservateur de Bush à la défense de l'expansion territoriale israélienne.
Il n'existe pas un seul néoconservateur qui ne soit allié à Israël. Israël espère voler toute la Cisjordanie et le sud du Liban pour son expansion territoriale. Un régime colonial américain en Irak ne protège pas seulement Israël contre des attaques, mais exerce aussi pression contre la Syrie et l'Iran pour qu'ils ne soutiennent pas les Palestiniens et les Libanais. La guerre d'Irak est une guerre pour l'expansion territoriale d'Israël. La "guerre contre la terreur" de Bush est un bobard qui sert à couvrir l'intervention des Etats-Unis au Moyen-Orient pour le compte du "grand Israël".

Paul Craig Robert  CounterPunch, publié le 24 avril 2008   Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]
Sources Questions critiques
Posté par Adriana Evangelizt
 

 http://usa-menace.over-blog.com/article-19026575.html


3-3 Point de vue de  Gilles Munier : Qui veut assassiner Moqtada al-Sadr ?

Irak « La charge des chevaliers », opération militaire lancée à Bassora fin mars par Nouri al-Maliki, devait porter un coup fatal à l’Armée du Mahdi, la milice de Moqtada al-Sadr. Elle s’est transformée en humiliation pour le premier ministre irakien, et en déconfiture pour le généralPetraeus qui la soutenait.

 «  Ô Dieu, ne faites pas de moi une personne causant du mal aux musulmans ou semant la division dans la communauté », a déclaré Moqtada Sadr, en ordonnant, le 22 février 2008, la prolongation pour six mois du cessez-lefeu qu’il a décrété en août dernier. Les Américains et leurs alliés chiites d’Al- Dawa et du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII) s’en étaient félicités, hypocritement. Ils interprétaient, à tort, sa décision comme un signe de faiblesse. Aussi, quand Dick Cheney, en « visite surprise » à Bagdad, leur a demandé, le 17 mars 2008, d’éliminer l’Armée du Mahdi de la région de Bassora, ils ont cru le moment venu de se débarrasser de leur rival. Pour le viceprésident américain, l’opération devait permettre au général Petraeus et à l’ambassadeur Ryan Crocker d’intervenir au Congrès, les 8 et 9 avril, en position de force pour présenter le nouveau rapport d’étape. L’affaire ayant mal tourné, ils ont plaidé et obtenu une pause dans les rapatriements de soldats après ceux prévus en juillet, pour lutter contre le « regain de violence ». Le 24 mars, Nouri al-Maliki, le premier ministre irakien, a lancé « la charge des chevaliers », une opération destinée à « rétablir la sécurité » à Bassora. Les forces gouvernementales et la brigade Badr – la milice du CSRII –, soit 30 000 hommes, y ont été accueillies par un véritable soulèvement populaire, avec combats à l’arme lourde à Diwaniyah, Samawa, Nasiriyah, Hilla et dans plusieurs quartiers de Bagdad, comme Sadr City et Choula. À Kut, les partisans de Maliki et d’Al-Hakim se sont enfuis de peur d’être exécutés. Plus d’un millier d’officiers, de soldats et de policiers sont restés l’arme au pied ou ont rejoint l’Armée du Mahdi, tandis que des avions américains et britanniques bombardaient les positions sadristes. Le premier ministre irakien, devenu chef de guerre alors qu’il n’a pas d’expérience militaire, a  menacé, lancé des ultimatums et décrit les « insurgés chiites » comme étant « pires qu’Al-Qaïda », sans résultat. Il a dû rapidement se résoudre à stopper l’offensive. George Bush, qui avait imprudemment déclaré que cette bataille était un « moment  décisif dans l’histoire d’un Irak libre », a accepté sans mot dire la négociation d’une trêve avec Moqtada al-Sadr, à Qom, en Iran, en présence de Qassem Suleimani, commandant de la force Al-Quds des Gardiens de la révolution, un corps pourtant inscrit aux États-Unis sur la liste des organisations terroristes…

Intrigues, double-jeux et crimes : Sitôt rentré à Bagdad, Maliki a contre-attaqué en sommant Moqtada Sadr de dissoudre l’Armée du Mahdi, sans quoi son mouvement serait écarté des élections régionales prévues en octobre. Cette exigence a été rejetée par les Grands Ayatollahs Sistani et Haeri, mais cela ne présage en rien de la suite des événements. En effet, la bataille de Bassora n’est pas seulement un conflit opposant Nouri al-Maliki et Abdul-Aziz al-Hakim – chef du CSRII – à Moqtada Sadr et à l’ayatollah Yaqoubi, qui dirige le petit parti de la Vertu (« Fadhila»), puissant localement dans le secteur pétrolier. Il se double de dissensions entre Al-Dawa et le CSRII. L’opération « la charge des chevaliers » a permis à Maliki d’arrêter le chef du groupe terroriste Tharallah (« Vengeance de Dieu »), et de s’en  prendre au Hezbollah en Irak et au mouvement Sayyid al-Shouhada, lié à la famille Al-Hakim et aux services secrets iraniens. Autre source de frictions : la création d’une grande région chiite allant de Bassora à Nadjaf. Ce projet défendu par Abdul-Aziz al-Hakim est combattu pour des motifs différents par le régionaliste basri Yacoubi et par le nationaliste Sadr, mais aussi par Maliki… au nom du fédéralisme.

Al-Hakim réclame, en effet, l’autonomie pure et simple de la région, ce qui équivaudrait à transformer l’Irak en confédération. Depuis l’apparition de l’Armée du Mahdi, en juin 2003, les Américains et les Iraniens se demandent comment gérer le phénomène Moqtada. Fils du Grand Ayatollah Mohammad Sadeq al-Sadr, assas- siné en 1999 dans des conditions controversées– l’ayatollah Mohammed Baqir al-Hakim, son rival pro-iranien, et SaddamHussein ont été accusés tour à tour de ce meurtre –, le jeune hojatoleslam, titre religieux précédant celui d’ayatollah, est devenu une des personnalités les plus populaires d’Irak. L’assassinat en août 2003, à Nadjaf, de l’ayatollah Mohammed Baqir al-Hakim, leader du CSRII, dont les partisans ont accusé Moqtada avant de s’en prendre aux nawasib – terme utilisé par les chiites pour désigner les sunnites qui leur sont violemment hostiles –, n’a pas terni son image, au contraire car sa base est anti-iranienne. À noter qu’à l’époque, le président Saddam Hussein, dans la clandestinité, avait condamné l’attentat.

En avril 2004, l’ordre de George Bush d’appréhender Moqtada pour l’assassinat, un an plus tôt, d’Abdel-Majid al-Khoï, un ayatollah fraîchement arrivé de Londres, n’a eu d’autre effet que d’envenimer la situation. Ce religieux, dont le père dirigea la Hawza de Nadjaf de 1970 à 1992, était connu pour ses liens avec l’Intelligence Service (MI6). Selon l’hebdomadaire Newsweek, la CIA lui avait alloué 13 millions de dollars pour prendre en main la communauté chiite.

« Triade du diable » L’administration Bush a ensuite tenté d’« arrêter, et si nécessaire d’assassiner » Moqtada. Mais, l’opération Stuart, révélée par le journaliste Seymour Hersh, a été décommandée, le service de renseignement des Marines s’étant aperçu que la cible était au courant du complot. Le soutien sadriste au soulèvement de Falloujah, et les batailles de Nadjaf et de Kerballa livrées par l’Armée du Mahdi contre les troupes américaines, ont fait de leur leaderun des symboles de la résistance.

Les services secrets iraniens, connus pour leur pragmatisme, manipulent la plupart des courants chiites – et sans doute des groupuscules proches d’Al-Qaïda – pour maintenir l’Irak en situation de chaos et les Américains dans un bourbier. Avec Moqtada Sadr qui défend la primauté religieuse de Nadjaf sur Qom, l’Iran a conclu une sorte d’alliance, sans illusion quant à son issue. Menacés à terme de marginalisation, probablement laminés lors des élections régionales d’octobre, ses ennemis chiites – poussés par les pétroliers occidentaux impatients de privatiser les hydrocarbures – jouent leur va-tout. Ils veulent interdire à Sadr de participer au scrutin, voire l’éliminer physiquement. Quelques jours avant la bataille de Bassora, le bruit a couru qu’il était dans le coma, empoisonné par des produits toxiques ou radioactifs. Origine de l’information, selon le site sadriste Nahrein.net : la Triade du diable, c’est-àdire « l’entité sioniste d’Israël, des États-Unis et de la Grande-Bretagne ». Un proche de Moqtada a prévenu : « Ceux qui font courir cette rumeur sont ceux qui veulent l’assassiner. S’ils y parviennent, les Irakiens nageront dans un bain de sang. » Croisons les doigts.

 Gilles Munier : http://www.afrique-asie.fr/images_articles/30/irak.pdf


3-4  Point de vue de Pierre Barbancey : Sadr menace le gouvernement d’une guerre ouverte.

Le chef de l’Armée du Mahdi mobilise ses troupes et exige un calendrier de départ des forces d’occupation US. Dans la banlieue de Bagdad les combats s’amplifient. Si les attentats à la voiture piégée se poursuivent en Irak, le pouvoir soutenu par les troupes d’occupation US semble aujourd’hui plus préoccupé à combattre ses alliés potentiels. Depuis plusieurs semaines maintenant, l’armée régulière, appuyée par les milices de groupes chiites, notamment celle liée au Conseil islamique irakien suprême (CSII, ex-conseil suprême de la révolution islamique en Irak) d’Abdul Aziz Al Hakim, affronte les partisans de Moktada Sadr dont le nombre est estimé à plusieurs dizaines de milliers et regroupés au sein de l’Armée du Mahdi.

Des combats fratricides à double titre. : Ils sont tous chiites et surtout, les parlementaires de la formation de Sadr sont, virtuellement, dans la majorité depuis 2006, après avoir mené deux insurrections contre les forces américaines. Ils ont suspendu leur soutien et leur participation au gouvernement l’an dernier, notamment pour protester contre le refus du - premier ministre d’exiger des Américains un plan de retrait. Le mois dernier, ce même premier ministre, Nouri Al Maliki, s’était rendu en personne à Bassora (dans le sud du pays) pour superviser des opérations qu’ils pensaient rapides et faciles, comptant ainsi s’appuyer sur une victoire pour redorer son blason passablement terni par un manque de résultats criants, tant au niveau sécuritaire, qu’économique et politique, et affaiblir son principal adversaire en vue des élections municipales et provinciales prévues pour le mois d’octobre.

400 morts depuis début mars : En fait de victoire facile, les accrochages ont été rudes et ont témoigné de la forte volonté des combattants de Sadr. Par ailleurs, le quartier de Sadr City, à Bagdad, est aussi un haut lieu de la résistance sadriste. D’intenses combats entre forces régulières irakiennes et miliciens chiites y ont fait au moins treize morts ces derniers jours et près de 400 depuis le début mars. Soldats irakiens et américains ont entamé à Sadr City la construction d’un mur. Selon le commandement américain, il doit empêcher les infiltrations dans la zone au sud du mur des équipes de tireurs de roquettes ou de mortiers qui prennent pour cible régulièrement la « zone verte », enclave fortifiée qui abrite le gouvernement irakien et l’ambassade des États-Unis, sur la rive ouest du Tigre. Si des centaines de murs de béton ont été érigés à Bagdad depuis le début de l’occupation américaine en avril 2003 pour protéger des positions militaires, des bâtiments officiels, des immeubles commerciaux, ou des marchés ouverts, ils ont également été construits pour séparer des quartiers les uns des autres, suivant des lignes de division ethnique entre communautés sunnites et chiites. Ce qui a provoqué la colère des habitants des quartiers concernés qui voient dans ces ouvrages une volonté de morceler la capitale irakienne, pour la diviser en secteurs homogènes, et mieux la contrôler. « dernier avertissement »

Samedi, Moktada Sadr a brandi la menace d’une « guerre ouverte » contre le gouvernement irakien si ce dernier ne mettait pas un terme à la campagne de répression déclenchée par les forces de sécurité irakiennes et américaines contre ses partisans. La perspective d’un soulèvement à grande échelle des forces de Sadr alourdit les enjeux de son bras de fer avec Nouri Al Maliki, qui a menacé de mettre le mouvement de l’imam au ban de la vie - politique s’il ne démantèle pas sa milice. « Je lance mon dernier avertissement et mon dernier mot au gouvernement irakien : soit il revient à la raison et prend le chemin de la paix (…), soit il sera pareil que le précédent gouvernement », a déclaré Sadr, faisant référence au régime déchu de Saddam Hussein sans fournir de précisions. Il a ajouté : « S’ils ne reviennent pas à la raison et ne réduisent pas l’infiltration des miliciens, nous allons déclarer une guerre ouverte jusqu’à la libération. » Il souhaite également que les dirigeants religieux chiites du pays fixent une date pour le départ des forces américaines. Dimanche, alors que Condoleezza Rice, la secrétaire d’État américaine, arrivait à Bagdad pour une visite surprise, à Sadr City les haut-parleurs des mosquées utilisés pour l’appel à la prière lançaient : « Combattez l’occupant, chassez-le de vos maisons. »

Pierre Barbancey http://www.humanite.fr/2008-04-23_International_Sadr-menace-le-gouvernement-d-une-guerre-ouverte

n°354 - Les Dossiers d'Irak- 30-04 -(Fin) - A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés

n°354 - Les Dossiers d'Irak- 30-04 -(Fin) - A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés
Les Dossiers d'Irak (Fin)

N° 354                30/04/08

Par M.Lemaire            


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : (Fin)

3 Dossier & Point de vue ( Suite)

3-5  Point de vue de Michel Chossudovsky : Propagande de guerre: Disneyland est de la partie....

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Dossier : l’OTAN & l’Irak.

1 Otan / UE / Irak : Vers un accord de coopération.

2 L'Irak demande à l'Otan de former ses forces à la lutte anti-terroriste.

3 Le chef de l'OTAN a vu une nouvelle ère dans les relations avec l'Irak. 

4-2 A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés.

5 Annexe Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence.



3-5  Point de vue de Michel Chossudovsky : Propagande de guerre: Disneyland est de la partie....

Traduction Google
Disneyland va à déchirées par la guerre en Iraq, avec une de plusieurs millions de dollars de loisirs, à être construit sur un lot de 50 acres adjacent à la zone verte.
L'American-style parc d'attractions mettra en vedette un parc de rouli-roulant, manèges, un concert de théâtre et un musée.
Les forces d'occupation sont d'avis que Bagdad est "défaut de divertissement". Général David Petraeus, dit-on, un "grand supporter" de faire Disneyland à Bagdad.
Le parc d'attractions est une partie intégrante de la propagande de guerre.
Mise en place d'une antenne culturelle américaine dans un territoire occupé sert à défendre la légitimité des envahisseurs et leur monde "valeurs culturelles".
La plupart des pays de culture et de l'éducation infrastructures, y compris les musées, les écoles, les universités, les parcs, théâtres, les cinémas ont été détruits et maintenant les envahisseurs sont «d'aider à reconstruire».
Grâce à Hollywood images, le style Disneyland Bagdad est destiné à alimenter l'opinion publique iraquienne, à modeler une pro-vision américaine du monde. Grâce à l'utilisation en fonction du mouvement des simulations et de divertissement sophistiqués, les dures réalités quotidiennes de la pauvreté et l'occupation militaire sont remplacés par un monde de la fiction et du fantastique.
Le concept sous-jacent de Disney Imagineering (mis au point par les sources d'énergie renouvelables) est de «surmonter les barrières entre la réalité et les rêves".
L'objectif est de remplacer la réalité par un monde de rêve.
L'Iraq des réalités quotidiennes de la mort, la destruction et la torture sont remplacés par un "Dream World Made in America".
Le mouvement des images et des simulations destinés à l'Iraq les enfants et les adolescents fournir un "visage humain" à l'American envahisseurs.
Le projet constitue une forme abjecte de la propagande de guerre. Il s'agit d'une dissimulation de l'ampleur des crimes de guerre commis contre le peuple irakien au nom d'une illusoire "rêve américain".
Le projet prendra possession de l'actuel parc Al Zawra Bagdad et Zoo, qui a été mis à sac lorsque les troupes américaines à Bagdad est entré en avril 200Also en avril 2003, l'Iraq trésors archéologiques ont été pillés, avec l'appui des envahisseurs américains. Le pillage du patrimoine culturel irakien est un acte prémédité. Les pillards sont protégés par les envahisseurs.
Et maintenant, les pillards retour à Bagdad avec un nouveau musée
Psychological Warfare
Le Bagdad Disneyland de style projet a toutes les caractéristiques essentielles d'un PsyOp.
Il est destiné à inculquer les valeurs américaines et de détruire l'identité irakienne.
«Les gens [de l'Irak] ont besoin de ce type d'influence positive. Son allons avoir un énorme impact psychologique», a déclaré M. Werner C3, qui faisait référence au rôle des sources d'énergie renouvelables simulations de mouvement qui sous-tendent les sources d'énergie renouvelables "Imagineering" la technologie.
Dans une cruelle ironie PsyOp le groupe cible sont les enfants iraquiens:
"Il ya toutes sortes de possibilités d'investissement sur tout le territoire iraquien. Mais il ne s'agit pas seulement d'hydrocarbures. La moitié de la population irakienne est de moins de 15 ans. Ces enfants ont vraiment besoin de quelque chose à faire, "(M. Brinkley, cité dans The Times, 24 avril 2008)
Le patrimoine culturel iraquien est détruit.
La mémoire historique de la Mésopotamie est anéantie.
Les investisseurs américains sont à «mettre mal nécessaire fun" à la guerre théâtre.
Le promoteur du projet M. Llewellyn Werner dit que le moment est venu pour une "fun parc":
«Je crois que les gens vont l'adopter. Ils y voient une occasion pour leurs enfants, peu importe si elles sont chiites ou sunnites. Ils disent que leurs enfants méritent une place pour jouer et ils vous laisser seul."
Selon un porte-parole du régime irakien installé par les États-Unis:  "Il y a un manque de divertissement dans la ville.
Les Cinémas ne peut pas ouvrir.

Les jeux ne peut pas ouvrir.

Le plaisir parc est absolument nécessaire pour Bagdad. Les enfants n'ont pas toutes les possibilités de jouir de leur enfance. "M. Al-Dabbagh ajouté que l'entrée au parc sera strictement contrôlé." (Times, 23 avril 2008)
Les enfants n'ont pas toutes les possibilités de jouir de leur enfance?
Imaginez la route-blocs et des points de contrôle militaires que les enfants iraquiens devront passer par de voir Mickey Mouse ...
La société d'investissement des États-Unis prendront essentiellement la possession de terres municipales à ne pas divulguer dans un accord conclu avec le maire de Bagdad.
À l'heure actuelle, le site est occupé par le réseau Al-Zawra parc et jardin zoologique, les résidents de Bagdad où se rencontrent tous les week-ends. Le parc est généralement irakien avec des étangs, des fontaines, des sculptures et des terrains de jeux pour enfants.
Le site est un parc national, qui est prévue pour la privatisation. Il est premier immobilier pour les investisseurs américains

BLUE WOMAN



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 4-1 Dossier : l’OTAN & l’Irak.

1 Otan / UE / Irak : Vers un accord de coopération.

Le Premier ministre irakien en visite à Bruxelles a rencontré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer. La coopération énergétique, l’intensification des programmes de formation pour les forces de l’ordre irakiennes, et la lutte anti-terroriste ont dominé les discussions.   En échange du pétrole et du gaz irakien, Nouri al-Maliki était venu chercher à Bruxelles le soutien politique et militaire de l’Europe. A la tête d’une large délégation, le Premier ministre irakien a conclu sa visite par une rencontre avec le secrétaire général de l’Otan. A l’Alliance atlantique, le Premier ministre irakien n’a pas demandé l’envoie de troupes, ce que plusieurs membres européens de l’Otan avaient expressément refusé en 2003, mais une intensification des programmes de formation. Outre celles déjà dispensées aux militaires et aux gendarmes irakiens, le gouvernement de Bagdad a demandé des formations pour la surveillance des frontières et la lutte anti-terroriste.  

Coopération structurée : Les Irakiens sont aussi demandeurs d’équipements militaires divers, point sur lequel l’Otan n’a pas donné de précisions mais le secrétaire général de l’Alliance a d’ores et déjà affirmé que l’Irak et l’Otan vont probablement se lier par le biais d’un cadre de coopération structurée, faisant ainsi entrer « les relations dans une nouvelles ère ».Nouri al-Maliki avait auparavant rencontré les dirigeants des institutions européennes. Il leur a donné des assurances en vue d’une fourniture constante de gaz irakien dès que la loi irakienne sera approuvée. Il a aussi appelé de ses vœux les investissements européens dans le secteur pétrolier en Irak.  

RFI - Article publié le 18/04/2008
http://www.rfi.fr/actufr/articles/100/article_65174.asp
Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet


2 L'Irak demande à l'Otan de former ses forces à la lutte anti-terroriste.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a demandé jeudi à l'Otan d'étendre à la lutte anti-terroriste et au contrôle des frontières son actuel programme de formation des forces irakiennes, a indiqué un diplomate de l'Otan. "Les Irakiens ont demandé une aide dans le domaine du contrôle des frontières ainsi que de la lutte anti-terroriste", a déclaré ce diplomate à l'AFP à l'issue de la première visite de M. Maliki au siège de l'Otan. "Ils sont preneurs aussi d'une formation dans l'aviation et la marine", a-t-il précisé. Le chef du gouvernement irakien, qui venait d'être reçu par les représentants des 26 pays de l'Otan au Conseil de l'Atlantique nord, a implicitement confirmé la demande irakienne en matière de lutte anti-terroriste. "C'est l'un des points que nous avons à l'esprit", a déclaré M. Maliki en réponse à une question de la presse."Nous demandons que la mission de l'Otan en Irak s'élargisse afin de nous permettre de parvenir à l'autosuffisance et nous attendons la visite à Bagdad d'une délégation de l'Otan porteuse de nouvelles idées", a souligné le Premier ministre irakien. M. Maliki a précisé qu'il n'était pas venu à l'Otan "demander des troupes supplémentaires mais davantage de formation et d'équipement". A ses côtés, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a également observé que "l'Otan ne va pas remplacer les forces de la coalition" anglo-américaine en Irak "mais élargir sa propre mission de formation". "Nous l'avons déjà élargie récemment à la formation de gendarmes, sous la direction de l'Italie", a-t-il rappelé.

Surmontant les graves divisions que l'intervention militaire en Irak avait occasionnées entre ses membres, l'Otan s'est engagée dès 2004 dans des cours de formation théorique à des cadres militaires et, depuis octobre 2007, à des gendarmes. Quelque 170 experts de l'Otan oeuvrent aujourd'hui au Collège de la défense nationale de Bagdad et dans d'autres institutions proches de la capitale irakienne. Le 3 avril pendant son sommet de Bucarest, l'Otan a annoncé qu'elle prolongeait jusqu'à fin 2009 son actuelle mission en Irak. Elle avait aussi dit accueillir favorablement la demande de Bagdad d'une coopération étendue à de nouveaux domaines, allant du commandement dans la marine et l'aviation, à la sécurité aux frontières et au combat contre le terrorisme. Il est question, a souligné le secrétaire général de l'Otan, d'élaborer un "cadre de coopération" très général et "structuré", faisant entrer les relations avec l'Irak "dans une nouvelle ère". "Il y a déjà des propositions sur la table", a-t-il confirmé. Un diplomate, rappelant qu'"il y a 3.000 km de frontières" irakiennes, a indiqué que l'Otan allait "examiner ce qu'elle peut faire". En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, "on peut par exemple former" les Irakiens "à la collecte des informations et à leur traitement", a-t-il dit.  Les discussions n'en sont encore qu'à un stade très préliminaire. Des membres de l'imposante délégation venue à Bruxelles avec M. Maliki pour des entretiens avec l'Union européenne et l'Otan, et qui comprend le ministre de la Défense Abdelkader Jassem, ont rencontré mercredi des experts au siège de l'Alliance atlantique, selon M. de Hoop Scheffer.   AFP / 17 avril 2008


3 Le chef de l'OTAN a vu une nouvelle ère dans les relations avec l'Irak. 

Le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, a vu le début d'une nouvelle ère dans les  relations avec l'Irak.   "C'est le début d'une nouvelle ère dans les relations entre  l'Irak et l'OTAN ", a-t-il dit jeudi à des journalistes, en  faisant référence à la visite du Premier ministre irakien Nouri al- Maliki au siège de l'OTAN à Bruxelles.   Le chef de l'OTAN a fait savoir que M. al-Maliki avait présenté des propositions pour le développement à long terme d'"un cadre de coopération structuré" au Conseil de l'Atlantique Nord.   "Maintenant, ce qui va se passer dans un proche avenir, c'est  que nous nous emploierons pour donner un contenu substantiel à ce  cadre de coopération structuré", a-t-il dit. L'OTAN va examiner les propositions irakiennes et développer  ses propres propositions, a-t-il affirmé.  M. al-Maliki a demandé à l'OTAN de renforcer son entraînement  et son équipement des forces de sécurité irakiennes. Les chefs  d'Etat et de gouvernement de l'OTAN ont convenu lors de leur  récent sommet à Bucarest, en Roumanie, de prolonger la Mission   d'entraînement de l'OTAN en Irak jusqu'à la fin de 2009.  "Maintenant, nous demandons un renforcement des activités de la Mission de l'OTAN en Irak afin de lui permettre de remplir  davantage de tâches et de nous aider à atteindre notre objectif  ultime de réaliser l'autosuffisance pour nos troupes et de  maintenir la sécurité dans notre pays", a indiqué M. al-Maliki.     L'OTAN a déjà entraîné plus de 10 000 membres des forces de  sécurité irakiennes depuis 2004.  17 avril (Xinhua) --


4-2 A Sadr City les attaques tuent surtout des civils non armés. Titre original : Sadr City attacks are killing mostly unarmed civilians (traduction Google)

Mardi, Avril 29, 2008. Ali était une maison de quatre détruits par des missiles US. Ali est mort à l'hôpital quelques heures plus tard. (Http://gorillasguides.com/2008/04/29/scenes-from-an-iraki-childhood-april-29th-2008/)
Un membre du Front irakien Accord (plus grand bloc sunnite au parlement) Ahmed Radhi, qui était à Sadr City le dimanche dans le cadre de la partie multi-sit-in, répété hier l'appel à mettre en oeuvre les exigences du groupe pour une fin à la crise ,
Et il a dit: «La majorité de ceux qui sont tués sont des civils, et non des personnes armées."
Et un autre adjoint, Mustafa al-Heeti, du Front irakien du dialogue, a déclaré dans une conférence de presse avec d'autres membres de ce groupe: "Je demande instamment à une fin des opérations militaires, l'adoption de la langue de dialogue, et une réunion rapide du conseil (comité exécutif du gouvernement, la soi-disant trois plus un) afin de mettre fin aux opérations militaires. "
Ces deux déclarations sont rapportées par Aswat al Iraq.
Plutôt que de tout assouplissement, il ya eu une escalade dramatique dans les opérations militaires dans Sadr City, où les forces américaines sont intervenues dans un cas avec des chars Abrams, tuant 22, et dans une autre affaire avec la mort de 16 frappes aériennes. (Voir le résumé en AlHayat, parmi beaucoup d'autres comptes). *
Et en même temps, les accusations contre l'Iran, par États-Unis et GreenZone, ont pris une nouvelle stridence.
Par exemple, AlHayat rappelle aux lecteurs que les responsables américains ont dit que la campagne de Sadr City va à l'encontre de "groupes spéciaux" de criminels qui sont soutenus par l'Iran. Et voici comment Azzaman conduit son histoire principale ce matin: "Les groupes armés liés à l'Iran a pris advangage du mauvais temps pour la troisième fois, le lancement d'un cycle d'auto-propulsé de roquettes Katioucha à divers endroits dans la zone verte ..."
C'est pourquoi, conjointement avec (1) des signes de solidarité politique intérieure contre les attaques sur Sadr City et (2) dramatique escalade militaire dans Sadr City, il ya également (3) une définition plus nette de ce qu’une lutte par procurations entre l'Iraq d'une part,et de l'Iran sur l'autre.
Il vaut la peine d'essayer de garder la vue d'ensemble dans l'esprit, car il ya une tendance à ne pas seulement dans les médias d'entreprise, mais, basé à Washington commentaire ainsi, de parler exclusivement sur le troisième point, à l'exclusion presque complète des deux premières . Comme si l'Amérique, sur le plan politique et militaire, a été une sorte de spectateur passif.
_____________

* Mise à jour mardi soir à Bagdad temps: un prix VOI source médicale qui a dit au cours de la période de 11 heures à 6 heures Mardi avril 29, les forces américaines ont bombardé les secteurs 10 et 11 de Sadr City, faisant 24 morts et 60 blessés.
Le médecin a dit la source la plupart des victimes étaient des femmes et des enfants. Et tout le monde est silencieux. Badger, Arablinks
Avril 29, 2008

arablinks.blogspot.com/2008/04/sunni-parliamentarian-sadr-city-attacks.html
Publié par BLEU FEMME
Libellés: Sadr City, US crimes

Source : http://turkmenfriendship.blogspot.com/  Titre original : Sadr City attacks are killing mostly unarmed civilians



5 Annexe Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence.

Dans l’édition de dimanche du New York Times, un long, très long et passionnant article décrivait les méthodes du Pentagone pour manipuler les médias. Et soulignait la responsabilité des médias dans ce cadre. Au coeur de cette nouvelle démonstration des méfaits de l’industrie de l’influence (qui regroupe la publicité, mais aussi les « public relation », l’infowar et les pouvoirs militaro-industriels) on trouve les « analystes » des médias. Une catégorie particulière : les analystes et commentateurs ne sont ni totalement journalistes liés par un code de déontologie, ni totalement propagandistes patentés dont on pourrait relier les paroles aux idéologies et aux conflits d’intérêts.

L’article du New York Times résume une enquête approfondie, une spécialité qui reste la gloire des journaux étatsuniens, et dont on aimerait tant avoir l’équivalent par ici. Cette enquête s’appuie sur l’examen de 8000 pages de documents et d’e-mails obtenus par une plainte pour déclassifier des sources. Il démontre que les "analystes militaires« des grands médias, qui viennent donner la »bonne parole", faire des conjectures et assommer le bon peuple de leur « expertise » étaient en réalité des pions au service du Pentagone d’une part et des « consultants » auprès des entreprises du complexe militaro-industriel d’autre part. A ce titre, les « analyses » et « commentaires » qu’ils délivraient sur les ondes étaient à mettre en relation avec les immenses marchés à gagner ou à perdre pour leurs commanditaires.

C’est ici le « médiagate » qui s’installe. : Car, bien loin des quelques lignes éparses publiées dans la presse française sur ce sujet majeur, le NYT dénonce la complicité et l’aveuglement des médias qui avaient engagés et payaient ces analystes. Y compris le NY Times lui-même qui regrette certains éditoriaux de ces malfaisants. Il n’y a pas de domination sans complices, et ceux qui aujourd’hui rejettent toute la faute sur « le Pentagone » cherchent en réalité à dédouaner leur responsabilité.

La « guerre psychologique » (psy-ops) est une stratégie pourtant connue, commentée, on trouve même des manuels militaires, des documents émanant du Pentagone pour la décrire. Dont ce fameux rapport "Information Operations Roadmap" signé par Donald Rumsfeld, ministre des armées de 2001 à 2006. Rédigé en 2003 et rendu public en 2006 après une demande au titre du « Freedom of Information Act » (on peut le lire à http://www.gwu.edu), ce document prévoyait de bloquer l’internet pour éviter la diffusion d’informations contradictoires. Le même Rumsfeld n’hésitait pas à menacer les médias en 2006 ("Any kind of moral and intellectual confusion about who and what is right or wrong can severely weaken the ability of free societies to persevere." The Washington Post, 30 août 2006 - http://www.washingtonpost.com) Et pourtant, malgré cette connaissance des enjeux de la guerre psychologique et des opérations ideologiques de l’armée, les médias engageaient des « analystes », des « experts » sans se poser la question de leurs liens avec l’appareil militaire et industriel. On leur demandait de signer un simple document de « disclosure », sans enquêter sur leurs employeurs et les intérêts en conflit avec la place propagandiste déterminante qui leur est offerte. Car ces « experts » ne sont pas ceux qui apportent des « informations », mais qui émettent le « discours » idéologique global, qui « interprètent » les événements, du haut de leurs « connaissances », en général longuement vantées auparavant par les présentateurs…

Mais qui sont ces expert(e)s ? Ces experts, nous les connaissons aussi en France, ancien militaires spécialistes de l’armée, consultant en sécurité spécialistes de la tolérance zéro, « spécialiste » de ceci ou cela… Toujours les mêmes, faisant la tournée des rédactions, ils ou elles interviennent dès qu’il se passe un événement. On leur déroule le tapis rouge et on les laisse pérorer. Mais qui sont-ils(elles) ? Qui les paye vraiment ? quels sont les intérêts croisés entre leur domaine d’expertise, leurs sources de revenus et le discours qu’ils prononcent ? Nous ne le savons jamais… et pire, ce que semble montrer l’enquête du New York Times, c’est que les médias ne se posent pas la question. Eux si prompt à salir les militants et les activistes n’enquêtent même pas sur les « experts » qu’ils commanditent ? Oui, c’est un véritable « médiagate » qui s’ouvre sous nos yeux. Et c’est maintenant qu’il faut porter le fer : qui sont les « experts » ? A quel degré pouvons-nous croire ce qu’ils(elles) disent ? Pourquoi sont-ce toujours les mêmes « experts », avec le même angle d’analyse ? Pourquoi n’y a-t-il jamais deux « analystes » opposés ?

La guerre qui s’est installée en Irak a été le produit des mensonges médiatiques (la fameuse affaire des « armes de destruction massive ») et des commentaires récurrents par des analystes pousse-au-crime dont les petites affaires dépendaient de leur pouvoir de conviction. C’est encore et toujours « Tintin et l’Homme à l’oreille Cassée » ! Tintin reporter, et nous sommes pourtant au 21ème siècle. Mais que n’avez-vous encore rien dit messieurs les grands éditorialistes de nos médias hexagonaux ! Où sont vos messages pour regarder devant votre porte, examiner de près les intérêts de vos analystes extérieurs ? Car ce qui est vraiment en jeu, c’est le basculement de l’industrie de l’information aux mains de l’industrie de l’influence. Et ce n’est pas un mince enjeu, compte tenu des puissances inégalées des « technologies de l’information et de la communication » et des méthodes de l’influence. Le fameux « mur » entre les rédactions et les services de pub est définitivement effondré, et la "connaissance fine des usagers" transforme tout média en moyen de manipuler des lecteurs plus ou moins consentants. Nous sommes au régime de la "publicité comportementale", et nous voyons avec ce militaro-médiagate que l’influence touche tous les terrains de la vie sociale, du nucléaire à l’agriculture, de la gouvernance des villes à l’éducation, et jusqu’à la question centrale de la guerre et de la paix. Oui Messieurs des grands médias, nous attendons votre coup de projecteur sur les conséquences de ces révélations du New York Times. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous rendre public les conflits d’intérêts de vos analystes et experts ? Allez-vous chercher des experts indépendants, des universitaires dont les laboratoires ne sont pas en marché avec tel ou tel acteur du domaine d’expertise ? Ou allez-vous à nouveau fermer les yeux ? Manier le cynisme de ceux qui savent cela depuis si longtemps… ce cynisme qui n’est aujourd’hui que le dernier rempart de celles et ceux qui ne veulent surtout rien changer. Le cynisme n’est pas de mise : nous passons avec l’enquête du New York Times de l’hypothèse à la démonstration… et ce n’est pas rien. Nous laisserons-nous entraîner dans la prochaine guerre par ce même type d’expert et d’analyste aux intérêts croisés ? Allez-vous, allons-nous, rester complices de la désinformation et des opérations de guerre psychologique ? Il est temps de sortir le balai et de nettoyer, car les temps qui viennent vont être difficiles. Nous avons besoin d’une information crédible. Ce n’est pas le moment de démissionner devant l’industrie de l’influence, mais celui de relever la tête.

Hervé Le Crosnier, le 22 avril 2008   Published on avril 23, 2008 par Spotless Mind

http://www.reopen911.info/News/2008/04/23/le-%c2%ab-mediagate-%c2%bb-analystes-experts-medias-et-industrie-de-linfluence/

http://feeds.feedburner.com/~r/Reopen911-News/~3/276101647/

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinforma...



29/04/2008

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04 - début- Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision.

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04(début)  - 1- Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision

Journal d'Irak   

N°349               du 21/04 au 28/04/08

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : (début)

Tiré à part :

Le Pentagone, plus gros consommateur US de pétrole, s'inquiète de sa portée sur les guerres.

Les enfants sont les "victimes silencieuses de la guerre"

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

3) Les voisins

4 Libération du territoire

Détails.



L'Irak en chiffre: du 21-04 au 28/04/08

Tués Blessés
Peuple irakien 94 + x 113+ x
Usboys/Autres boys + miliciens 17 14 + x
Policiers, armée et collaborateurs & miliciens 41 89


Tiré à part :

27-04 Des centaines d'enfants et adultes ont déposé des fleurs sur la tombe de Saddam Hussein dans le village d'Aouja au cours d'une cérémonie destinée à célébrer le 71e anniversaire de sa naissance, a précisé un  témoin qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat par peur de représailles américaine. Dans la ville voisine de Takrit, une banderole sur le mur d'une mosquée proclamait: "Aujourd'hui, c'est votre anniversaire président". AP

23-04 Le secrétaire Us à la guerre Gates, a recommandé que le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, plus haut gradé américain en Irak,  prenne la tête du Commandement central, qui supervise l'ensemble des opérations militaires au Moyen-Orient et en Asie Centrale Gates a aussi recommandé la nomination du général Raymond Odierno au poste de commandant en chef en Irak. Le général Odierno avait été récemment nommé chef d'état-major adjoint de l'armée de Terre américaine. Il était auparavant le bras droit du général David Petraeus en Irak. Le ministre a précisé que Bush avait approuvé ces recommandations et allait transmettre les nominations au Sénat pour approbation. (Reuters & AFP)

28-04 Les Etats-Unis et l’Irak sont en négociation (…) sur un accord destiné à donner des bases légales à la présence de troupes américaines d’occupation sur le sol irakien au delà du 31 décembre, lorsque la résolution de l’ONU qui régit actuellement leur présence aura expiré. (Afp)


Le Pentagone, plus gros consommateur US de pétrole, s'inquiète de sa portée sur les guerres

Le Pentagone, premier consommateur de pétrole aux Etats-Unis, a déboursé 15 milliards de dollars pour sa facture carburant en 2007 sous l'effet de la hausse "préoccupante" des prix du pétrole qui pèse sur ses coûts, a indiqué mardi sa responsable financière, Tina Jonas. "Nous avons dépensé 15 milliards de dollars pour 120 millions de barils l'an dernier", a-t-elle indiqué lors d'une conférence organisée par le groupe d'information spécialisé dans la défense Jane's. "Les prix du pétrole nous préoccupent beaucoup en ce moment", a-t-elle souligné, alors le cours du baril a clôturé pour la première fois au-delà de 119 dollars mardi à New York, après avoir frôlé le seuil symbolique des 120 dollars. "Le prix du carburant a plus que triplé sur les quatre dernières années", or "à chaque fois que le prix du carburant augmente d'un dollar, nos coûts gonflent de 130 millions" de dollars, a-t-elle déploré. La flambée des prix de l'or noir est d'autant plus dramatique pour le Pentagone que "le département américain de la guerre est le plus gros consommateur de pétrole au Etats-Unis", a de son côté indiqué dans sa présentation David Trachtenberg, ancien haut responsable du Pentagone chargé de la politique internationale

Selon Mme Jonas, le budget global du Pentagone (hors guerres en Irak et en Afghanistan), établi à 515 milliards de dollars pour l'année fiscale 2009, devrait augmenter de 6,5% d'ici 2013, à 549 milliards. Toutefois, en dollars constants (corrigés du taux d'inflation), ceci représente une baisse de 3,3%, a-t-elle précisé. (Source : AFP / 22 avril)


Les enfants sont les "victimes silencieuses de la guerre"

Les enfants sont les "victimes silencieuses des violences", a dénoncé Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés. Elle décrit "une situation intolérable pour les enfants irakiens". L'émissaire de l'ONU a noté la dégradation de leurs conditions de vie. Seulement la moitié des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont scolarisés contre 80% en 2005 et 40% d'entre eux ont accès à l'eau potable alors que l'accès de l'aide humanitaire est sévèrement entravé dans de nombreuses régions. Plus de la moitié des réfugiés irakiens, dans le pays ou dans les pays voisins, sont des enfants. En outre, "on estime que 1500 mineurs sont détenus" dans les prisons irakiennes ou américaines, a-t-elle dit. "La plupart des enfants ne vont plus à l'école, beaucoup sont recrutés pour des activités violentes ou détenus, ils n'ont pas accès aux services de base et manifestent un large éventail de symptômes psychologiques dus à la violence", a déclaré Mme Coomaraswamy, ajoutant que le nombre des violences basées sur le sexe était en augmentation. La représentante de l'ONU a appelé les responsables politiques, religieux et militaires à envoyer un "message clair" à ces enfants: "restez en dehors des violences et retournez à l'école". Elle a également appelé "toutes les parties à libérer immédiatement les détenus âgés de moins de 18 ans qui sont associées à leurs forces". (Source : ats / 25 avril)

26-04 Une enquête de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) menée en 2007 auprès 600 enfants irakiens âgés de trois à 10 ans a révélé que 47% des enfants avaient vécu des expériences traumatisantes ces deux dernières années et que 14% présentaient des symptômes de choc post-traumatique. AP



La résistance contre l'agresseur

Résistance :

Analyse & déclaration

25-04 Al-Sadr a menacé de se livrer à une "guerre ouvert" si la répression ne cesse pas, mais il a précisé que cette menace ne concernait que les forces sous commandement américain et pas les forces irakiennes. Dans son message, il a aussi exprimé son rejet total de tout accord entre le gouvernement et les Etats-unis sur la présence des troupes américaines dans le pays. "Nous rejetons complètement cet accord et nous ne permettrons pas qu'il soit conclu", a-t-il encore dit. "La libération de l'Irak passe par l'unité entre le peuple irakien et un gouvernement souverain. Tous unis, nous devons dire à l'occupant de partir définitivement et de ne pas établir de bases sur notre terre", AP & AFP

28-04 Moqtada Sadr : "Tous unis, nous devons dire à l’occupant de partir définitivement" Al -Oufok

28-04 Moqtada Sadr qui a appelé l’armée irakienne à être "plus proche du peuple irakien et plus loin de l’occupant". Moqtada Sadr  : "J’appelle toutes les parties irakiennes à bannir les violences et le recours au armes entre elles et régler leurs problèmes pacifiquement" "Nous avons menacé d’une guerre ouverte, mais vous devez comprendre que celle-ci devait être dirigée uniquement contre l’occupant". "Il n’y aura pas de guerre entre nous et nos autres frères irakiens", (Afp)

28-04 Moqtada Sadr a exprimé son rejet total de tout accord entre le gouvernement et les Etats-unis sur la présence des troupes américaines d’occupation dans le pays. "Nous rejetons complètement cet accord et nous ne permettrons pas qu’il soit conclu", "La libération de l’Irak passe par l’unité entre le peuple irakien et un gouvernement souverain. Tous unis, nous devons dire à l’occupant de partir définitivement et de ne pas établir de bases sur notre terre", (Afp)



Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

USA & Coalition

23-04 Les américains assurent chercher à éliminer les "groupes spéciaux", qui continuent leurs attaques contre les troupes américaines, a estimé le colonel Tim Albers, chef du renseignement militaire à Bagdad. "Il ne soutiennent pas le gouvernement. Et ils ne soutiennent pas les efforts de réconciliation". Le colonel Batschelet a ajouté que les éléments indisciplinés étaient difficiles à distinguer des miliciens de l'armée du Mahdi…. "Ces deux groupes sont très informels. Ils passent facilement de l'un à l'autre. Et il est difficile de dire qui est qui, a-t-il souligné. Nous avons des indications qu'un type qui se présente comme un membre de l'armée du Mahdi dans la journée, se rend coupable d'attaque contre nous pendant la nuit", a-t-il expliqué. (AFP / 23 avril)

28-04 "Nous nous ne sommes pas des agresseurs", a dit  un porte-parole de l’armée d’occupation, le colonel Steve Stover. "Mais, nous continuerons à nous défendre, à défendre nos alliés irakiens contre les attaques de l'ennemi"…. AFP)



3) Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Talabani & Maliki

28-04 Le gouvernement al-Maliki, appuyé par les Etats-Unis, a indiqué vouloir en finir avec la résistance et exige que leurs arsenaux soient remis au gouvernement. AFP)


Les grandes manoeuvres

28-04 Les combats se sont intensifiés alors que des négociations entre le gouvernement (…)  irakien et le Moqtada Sadr étaient bloquées lundi. (AFP)


Sur le terrain

28-04 Le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki, appuyé par les Etats-Unis, a indiqué vouloir en finir avec les milices armées et exige que leurs arsenaux soient remis au gouvernement. Il a répété ses exigences samedi dans un entretien avec la chaîne satellitaire al-Arabiya, insistant notamment sur la remise aux autorités de toutes les armes lourdes et moyennes. Les sadristes considèrent qu'ils sont les seuls visés par cette mesure et que M. Maliki veut les affaiblir, voire les éliminer, avant des élections régionales cruciales au mois d'octobre. Un porte-parole à Najaf (sud de Bagdad), Salah al-Obeidi, a assuré que son mouvement rejetait ces exigences, mais précisé lundi que les contacts n'étaient pas rompus entre M. Maliki et Moqtada Sadr. "Il y a une série de médiations, l'une est menée par le président Jalal Talabani", a dit le porte-parole. Selon lui, une réunion "à haut niveau" avec une délégation sadriste en présence de M. Maliki est "en cours de préparation". "Nous voulons des garanties sur le fait que le gouvernement respecte clairement les accords conclus avec le courant sadriste pour régler la crise. Des précédents accords n'ont pas été respectés", a dit M. Obeidi, en référence à l'appel, le 30 mars, du chef radical chiite à ses miliciens à se "retirer des rues". "L'importance de la médiation de M. Jalal Talabani découle du fait qu'il se porte garant" de tout accord conclu, a-t-dit. L'armée du Mahdi est censée respecter un cessez-le-feu déclaré par son chef en août 2007 et cette mesure n'a pas été annulée. Toutefois, Moqtada Sadr a menacé récemment de lancer une "guerre ouverte" contre "l'occupant américain" si les attaques contre son mouvement se poursuivaient. Les Américains assurent ne pas viser l'armée du Mahdi mais des "éléments incontrôlés", entraînés, équipés et financés par des services iraniens. AFP



B) Politiques des occupants 

3-1 Usa

Occupation de l'Irak

26-04 Al-Maliki a fixé vendredi quatre conditions à l'arrêt de la répression gouvernementale contre l'Armée du Mahdi, hostile aux Etats-Unis. Al-Maliki a déclaré que les miliciens devaient rendre les armes lourdes et moyennes et cesser d'interférer dans les affaires de l'Etat ainsi que dans celles des forces de sécurité. Il a également demandé qu'ils remettent aux autorités toutes les personnes recherchées et qu'ils présentent la liste des noms des personnes impliquées dans les violences(….) Ces conditions ont été listées lors d'une interview du Premier ministre à la chaîne de télévision Al-Arabiya. AP

27-04 Un porte-parole Salah al-Obeidi, a assuré que son mouvement rejetait ces exigences. Selon lui, une réunion "à haut niveau" avec une délégation sadriste en présence de M. Maliki est "en cours de préparation". "Nous voulons des garanties sur le fait que le gouvernement respecte clairement les accords conclus avec le courant sadriste pour régler la crise. Des précédents accords n'ont pas été respectés", a dit M. Obeidi, "L'importance de la médiation de M. Jalal Talabani découle du fait qu'il se porte garant" de tout accord conclu, a-t-dit. (AFP


Les grandes manoeuvres

25-04 Des représentants des trois communautés irakiennes réunis pour des pourparlers en Finlande La rencontre est organisée sous la médiation de l’organisation "Crisis Management Initiative" (CMI), dirigée par l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari. La CMI a indiqué vendredi que 36 représentants des trois communautés participaient aux discussions. Des représentants d’Afrique du Sud et d’Irlande du Nord, parmi lesquels Martin McGuinness, ancien commandant de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et chef adjoint du Sinn Fein, ont également été invités pour faire part de leur expérience en matière de conflit religieux. Cette réunion fait suite à des pourparlers similaires organisés pendant quatre jours en Finlande en septembre 2007, lors desquels les participants s’étaient entendus sur une "feuille de route" pour la paix en Irak prévoyant notamment le désarmement des résistants et l’installation d’une commission indépendante chargée de surveiller le processus. (Al-Oufok)

27-04 Les représentants se sont séparés dimanche, non sans promettre d'organiser prochainement une nouvelle séance de pourparlers à Bagdad, ont annoncé les organisateurs. Après "d'intenses discussions" ils ont convenu que le dialogue et la négociation devraient être la principale manière de résoudre les querelles politiques, ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. Il s'agissait du deuxième cycle de pourparlers à huis-clos entre les factions rivales irakiennes, organisés par l'organisation "Crisis Management Initiative" (CMI), Associated Press



Turquie ou La guerre dans la guerre

23-04 Des appareils turcs ont bombardé mercredi des positions rkurdes dans le nord de l'Irak, selon l'agence de presse turque Dogan, qui cite le site internet de l'Union patriotique du Kurdistan. L'agence précise que quatre avions de l'armée turque ont attaqué la région d'Hakourk, dans le nord de l'Irak, où se rencontrent des frontières de l'Irak, de la Turquie et de l'Iran. On ignore si l'opération a fait des victimes. AP

25-04L'aviation turque a pilonné des positions kurde de Turquie dans le nord de l'Irak, a annoncé un porte-parole du PKK. Des sources proches de l'armée turque ont confirmé, indiquant que huit avions avaient mené l'opération. Selon le porte-parole du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), le raid a été mené dans la région de Khakourk, proche de la frontière turque. La localité avait déjà été la cible mercredi d'un raid de l'aviation turque. (ats)

25-04 3 militaires turcs ont été tués au cours d'affrontements avec le PKK dans les montagnes du sud-est de la Turquie , a annoncé l'état-major turc. Il a ajouté que le PKK avait aussi subi des pertes dans les accrochages qui durent depuis deux jours dans la province de Sirnak, près de la frontière irakienne, et qui se poursuivent.  (ats& AP)

25-04 Un soldat turc et un gardien de village - membre d'une milice créée par les autorités turques pour contrer les séparatistes kurdes - ont été tués dans la soirée de vendredi dans la province de Sirnak, dans le sud-est de la Turquie , en marchant sur une mine qui aurait été posée par le PKK, a indiqué l'armée. (AFP)

26-04 L'aviation et l'artillerie turques ont pilonné vendredi et samedi des positions de rebelles kurdes dans le nord de l'Irak, a annoncé samedi l'armée turque. Les frappes ont visé dans les régions de Zap, Avashin et Khakourk des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK ) affirme l'état-major dans un communiqué Un porte-parole du PKK, Ahmed Danis, a déclaré à l'AFP qu'un premier raid aérien avait débuté vendredi à 20H00 (17H00 GMT) et qu'un second bombardement d'une heure avait commencé samedi à 06h00 (03h00 GMT). "Nous disposons d'information selon lesquelles de nouvelles troupes (turques) se déploient le long de la frontière", a affirmé Danis. "Nous nous attendons à une nouvelle incursion des troupes turques dans le nord de l'Irak. Le PKK est prêt à faire face à toute agression turque". (AFP)



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes occupants.

21-04 Un Marine avait péri lundi dans l'explosion d'un engin placé sur une route à Bassorah dans le sud de l'Irak. Un Marine avait également été blessé. AP 22-04

22-04 L'armée américaine a annoncé la mort de trois Marines, dont deux ont été tués mardi à un poste de contrôle près de Ramadi en Irak. Trois autres militaires américains, deux policiers irakiens ont été également blessés. AP

24-04 Dans un communiqué, l'armée précise que les deux soldats ont été tués quand leur véhicule s'est retourné dans la province de Salahuddin. Un troisième soldat ainsi qu'un interprète ont été blessés dans cet accident pour lequel une enquête a été ouverte. AP

28-04 L'armée américaine a annoncé lundi la mort de quatre de ses soldats en Irak, tués dans des attaques à la roquette ou au mortier à Bagdad. Trois des soldats américains ont été tués peu après 13h heure locale dans l'est de la capitale, selon un communiqué, qui ne précisait pas le lieu précis de l'attaque. Le quatrième soldat a également été tué dans l'ouest de Bagdad, également dans une attaque à la roquette ou au mortier, selon l'armée américaine, qui emploie l'expression "tir indirect" pour ce genre d'attaque. AP  - AFP

28-04 ANASA a aussi rapporté que deux soldats étasuniens sont morts aujourd’hui dans plusieurs affrontements violents en Irak.
Gramna

29-04 L’armée américaine a annoncé la mort de cinq de ses militaires. Deux marines ont trouvé la mort près de Ramadi (ouest) dans l'explosion d'une bombe à un barrage de contrôle A Bassorah (sud), un Marine a péri dans l'explosion d'une bombe. Deux soldats américains ont été tués dans l'explosion d'une bombe dans la province de Salaheddine, au nord de Bagdad.  (AFP)



Pertes collaboratrices et mercenaires 23-04 Le corps d'un homme identifié comme un ancien soldat de l'armée américaine travaillant pour une société privée de sécurité en Irak a été retrouvé samedi, plus d'un an après son enlèvement. Jonathon Cote avait été enlevé le 16 novembre 2006 avec trois Américains et un Autrichien. Tous travaillaient pour le groupe Crescent Security.

L'Associated Press avait reçu une cassette vidéo début janvier 2007 dans laquelle Jonathon Cote et les autres employés de Crescent Security parlaient brièvement et semblaient en bonne santé.

Associated Press

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04 - Suite- Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04 - - Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision

Journal d'Irak   suite)

N°349               du 21/04 au 28/04/08

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : (suite)

Détails.(suite)

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Tenez goûtez donc ça!"

5-2 Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision.

6 Brèves

6-1 Des troupes des USA attaquent un hôpital psychiatrique dans la capitale.

6-2 L'ambassadeur US à l'Onu dénonce le rôle ‘déstabilisateur’ de l'Iran en Irak.



Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad

22-04 Près de 700 tirs de roquettes et de mortiers ont visé différents endroits de la ville entre le 23 mars et le 20 avril. Parmi eux, 114 ont atteint la "zone verte", l'enclave fortifiée au coeur de Bagdad qui abrite le gouvernement irakien et l'ambassade américaine. "Quatre vingt-deux pour cent des projectiles qui ont touché la +zone verte+ venaient de Sadr City"en un mois, a indiqué mercredi le colonel Allen Batschelet a indiqué à la presse que 697 projectiles avaient été tirés de, a-t-il assuré. (AFP / 23 avril)

22-04 Au moins 21 crésistants ont été tués par des unités américaines d’occupation dans une série d’affrontements mardi soir, notamment à Sadr City, a annoncé mercredi le commandement américain. Un drone Predator, armé de missiles, a été utilisé, a ajouté le communiqué. (Al-Oufok)

23-04 "La vie en dehors de Sadr City est normale, mais pas à l'intérieur, où nous avons des affrontements quotidiens et des bombardements aériens", raconte Sabah Mohammed Jassim, 43 ans, père de quatre enfants, qui vit dans l'est du quartier depuis près de 25 ans. Quelque 2,5 millions de personnes, près de la moitié des six millions de Bagdadis, vivent entassées dans les étroites ruelles de ce quartier construit à la fin des années 50 pour accueillir les ouvriers venus de province. Des dizaines de milliers d'autres habitent les quartiers périphériques. Ce territoire de 21km2, abritant la plus forte concentration d'Irak, est devenu ces dernières semaines un champ de bataille. La situation a encore aggravé les conditions de vie dans ce quartier. Les piles d'ordures montent encore plus haut, ajoutant à la puanteur qui s'élève des petits canaux encombrés de déchets. Les coupures d'électricité durent plus longtemps qu'ailleurs à Bagdad et la plus grande partie du secteur est privée d'eau potable. La circulation des véhicules est restreinte et nombre de ceux qui travaillent dans d'autres quartiers de Bagdad doivent se rendre à pied jusqu'à des arrêts de bus au-delà des barrages américains et irakiens qui contrôlent l'accès à Sadr City. Rafal Ali, mère de famille de 27 ans, vit dans l'un des secteurs qui a subi les combats les plus violents. "Notre situation est misérable, on commence à manquer de rations dans la maison", explique-t-elle. "On a peu de kérosène et on le garde pour les lampes le soir. On n'a qu'une bonbonne de gaz, on essaie de l'économiser".. "J'empêche mes deux enfants de sortir parce que c'est trop dangereux. Je tente de les calmer, de les occuper en leur donnant des bonbons et des gâteaux". AP

23-04 A Sadr City, c'était déjà "une guerre ouverte et totale", confie le lieutenant-colonel Dan Barnett, de l'armée américaine, dans la base fortifiée que partagent Américains et Irakiens à la périphérie de Sadr City. Il a perdu cinq de ses hommes dans les combats, les premiers décès enregistrés par son bataillon depuis septembre. AP

23-04 Du côté des forces de sécurité irakiennes, des dizaines d'hommes ont abandonné leur poste ou refusé d'aller combattre à Sadr City. Le commandement américain assure néanmoins qu'un nombre plus grand de troupes irakiennes tient le front malgré les désertions. … AP

23-04 L'US Army annonce dans un communiqué que les premiers combats ont eu lieu au crépuscule, mobilisant des forces au sol et des patrouilles aériennes. Un hôpital du quartier de Sadr City a dit avoir reçu dans la nuit les corps de cinq personnes, ainsi que 22 blessés. La police irakienne a déclaré de son côté qu'il s'agissait de la nuit la plus violente qu'ait connu le quartier. Reuters

24-04 "Un obus a touché le bâtiment où vivent les agents de sécurité qui protègent l'ambassade de Pologne ", blessant un agent de sécurité, déclare le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. (Reuters)

25-04 Dix résistants (ndlr : ou des civils) ont trouvé la mort lors d’une attaque, dans la nuit de jeudi à vendredi, d’hélicoptères de combat américains armés de missiles et appuyés par des troupes au sol, dans l’est de Bagdad, a annoncé l’état-major américain. Selon des sources dans deux hôpitaux de la grande banlieue chiite de Sadr City, dans l’est de la capitale irakienne, onze corps de victimes - tous des hommes - de bombardements aériens ont été réceptionnés. Les hôpitaux ont également soigné 74 blessés, dont neuf femmes et 12 enfants. (Al-Oufok - AP

25-04 Les forces rirakiennes et américaines se sont affrontés avec l'armée du Mahdi. Ces attaques ont fait, selon des sources médicales, onze morts et 32 blessés. Selon les sources médicales irakiennes, quatre hommes âgés, deux femmes et un enfant figurent parmi les tués.  (AFP)

26-04 Un véhicule aérien sans pilote (UAV) des forces américaines a tué deux résistants à Sadr City, a indiqué l'armée américaine samedi soir. (AFP) (ats)

26-04 Deux membres d'un groupe local collaborateurs ont été tués dans le quartier d'al-Ameriyah, dans l'ouest de la capitale, a déclaré un responsable de la sécurité. (ats)

26-04 Dans le quartier d'Amariya, l'explosion d'une bombe a tué samedi deux gardes irakiens, et huit policiers, ont été blessées dans plusieurs autres attaques dans la ville. Associated Press

27-04 Des résistants ont tiré dimanche de nombreuses roquettes sur la Zone verte, à Bagdad, profitant d'un vent de sable aveuglant qui leur a permis de lancer l'une de leurs offensives les plus sérieuses depuis des semaines sur ce quartier fortifié de la capitale. Des journalistes de Reuters ont entendu des missiles siffler au-dessus de leurs têtes et exploser à l'intérieur de la Zone verte, située sur la rive occidentale du Tigre. Les alarmes signalant des attaques aériennes se sont déclenchées. Selon des policiers irakiens, huit missiles ou obus de mortier ont frappé la Zone verte et 14 autres sont tombées sur d'autres points de la capitale, avant la tombée du jour, faisant officiellement deux morts et 30 blessés. (Reuters)

27-04 L'accrochage le plus violent a eu lieu dimanche en début de soirée lorsque des miliciens, ont attaqué un poste de contrôle tenu par des forces régulières irakiennes et par l'armée américaine. "Les miliciens ont profité de la tempête de sable qui a frappé Bagdad dans la nuit pour attaquer le poste. Ils savent qu'ils ne sont pas repérés par les hélicoptères cloués au sol", selon un habitant de Sadr city, Abbas Abdel Hussein. (AFP)

 27-04 Plusieurs autres roquettes ont été tirées dimanche soir mais on ignore si elles ont fait des victimes. (Reuters)

28-04 La "zone verte" ultra-fortifiée du centre de la capitale qui abrite bâtiments diplomatiques et gouvernementaux a essuyé plusieurs averses de roquettes mais de source américaine on ne fait état que d'un seul blessé léger. Sept cents missiles ou obus de mortier ont été tirés depuis un mois contre les forces irakiennes et américaines, notamment dans la "zone verte", (Reuters)

28-04 L'armée américaine a annoncé avoir tué sept résistants lors d'affrontements dans la capitale, Sadr City( Quatre résistants ont été tués dans un raid aérien, et trois autres par des tirs de tank.)  AP -

28-04 Les combats se sont intensifiés dans Sadr city alors que des négociations entre le gouvernement irakien et le chef antiaméricain Moqtada Sadr étaient bloquées lundi. Selon des communiqués militaires américains publiés lundi, les combats ont fait 45 morts au cours des dernières 24 heures dont 7t résistants lors d'affrontements dans la capitale, Sadr City ( Quatre résistants ont été tués dans un raid aérien, et trois autres par des tirs de tank.)ce quartier populaire du nord-est de Bagdad, qui abrite plus de deux millions d'habitants. Depuis le début du bras de fer entre les miliciens chiites et l'armée américaine, fin mars, ce bilan est l'un des plus meurtriers. Il porte le nombre de morts irakiens à au moins 446, incluant des civils et des combattants, selon un bilan partiel établi à partir de sources irakiennes et américaines. AFP - AP

29-04 Dix personnes ont été tuées et 17 blessées dans le faubourg de Sadr City, Un responsable du ministère irakien de la Défense et des habitants ont attribué ces morts à un raid aérien américain. Le commandement américain, après l'avoir démenti, a reconnu avoir effectué un raid aérien sur Sadr City mais sans fournir de bilan. Al-Oufok


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) 

 La province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu dispose déjà de quelque 18.000 policiers mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,)

Mossoul Mossoul est considérée par les militaires US comme l'épicentre de la résistance.

23-04 Le général Khalid Abdul-Sattar a précisé qu’un kamikaze a fait sauter la charge explosive qu’il portait à environ 200m du siège des forces de police vers 11h15 locales. D’après lui, la déflagration a coûté la vie à 4 policiers et un civil et fait 12 blessés. (Al-Oufok)

23-04 Le général Khalid Abdul-Sattar a indiqué  qu’une voiture avait explosé au passage d’une patrouille de police dans la ville, tuant deux ppoliciers et blessant six autres personnes.(policiers) (Al-Oufok)

23-04 Le général Khalid Abdul-Sattar a précisé qu'un kamikaze avait fait sauter la charge explosive qu'il portait à environ 200m du siège des forces de police vers 11h15 locales. D'après lui, la déflagration a coûté la vie à un policier et un civil et fait six blessés. AP

27-04 Deux policiers, ont été tués dans une attaque kamikaze qui a fait exploser sa voiture contre une patrouille de la police dans le centre de Mossoul, a indiqué le général Khaled Abdel Sattar, de la police de la province de Ninive. Trois policiers, ont été blessées Associated Press

27-04 Un kamikaze a d'abord fait exploser samedi sa voiture remplie d'explosifs à proximité d'un point de passage de l'armée irakienne, tuant trois soldats et blessant six autres, a indiqué le général Khalid Abdul-Sattar. Environ une demi-heure plus tard, une autre attaque s'est produit près d'un autre point de passage à Mossoul, faisant quinze blessés parmi les policiers, a-t-il ajouté. Associated Press


1-7 Province de Diyala (Baaqouba (chef-lieu- 60 km au nord de Bagdad) Abou Saïda.-Bahriz, Baladrouz,   Balad Rouz,Jaloula, Khalès, Khan Bani Saad, Moqdadiyah, Mouradiya, Yathreb  (La région de Baaqouba, capitale de la province de Diyala, à 60 km au nord de Bagdad, est le théâtre d'attaques visant quasi quotidiennement contre  les forces colonialistes et ses acolytes sur le terrain

Jalaoula, à 100 km à l'est de Baqouba,

23-04 Le bilan d'une attaque pa kamikaze près d'un poste de police dans la ville de Jalaoula, située à 100 km à l'est de Baqouba.et au nord de Bagdad, a été porté à 18 tués, selon les militaires américains. (Un premier bilan, mardi, avait fait état de six morts., Selon un communiqué du commandement américain, sept policiers et onze civils ont été tués dans cet attentat dans la ville de Jalaoula, située à 100 km à l'est de Baqouba. Un premier bilan, mardi, avait fait état de six morts. (AFP)

29-04 Une kamikaze a fait exploser mardi une bombe qu'elle transportait dans un poste de police, au nord de Bagdad, tuant cinq policiers et un garde de sécurité, selon de sources policière et médicale. Douze deux policiers, ont été blessées. L'attaque est la deuxième en deux jours à être mené par une kamikaze dans cette région. (AFP)



Sabotages

25-04 La police de Hilla, a annoncé qu'une attaque à la bombe contre un oléoduc acheminant du pétrole brut à la raffinerie de Doura, un quartier du sud de Bagdad, et à l'usine électrique de la ville de Moussayab avait provoqué un incendie et blessé dix gardes chargés de sa protection. Cet oléoduc avait déjà été la cible d'une attaque en juin 2007. Les sabotages d'installations pétrolières sont fréquents en Irak depuis plus de cinq ans. AFP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 20033
   
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation) 679.705
Civils blessés (depuis l'occupation)  70.877( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 8.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 4128  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.885   (chiffre minimum)
En prison 40.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)
Coalition
Nombre de Soldats tués (ou morts...)  34.587
Soldats rapatriés (blessés ou malades) 52.783 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature) 1.014
Désertions 5.501
Mutinerie 2 corps + 25
Aide psychologique 320.108***
Suicides Mercenaires tues                                                                                  79 933
non-combattants accidentés, 27 103
Policiers/soldats irakiens  tués 12.0589
Policiers /soldats irakiens blessés 26.0154 (chiffre minimal)
Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature) 13.854
Autres tués (collaborateur  & mercenaires & autres) 5.429
Autres blessés ( collaborateur & mercenaires & autres) 9.162
Oléoducs,les infrastructures pétrolières & d'electricité 465 attaques (grand minimum)
Infrastructures du rail 195 attaques (idem)
Hélicopteres 98 ++              (idem)
Avions (& drone) 29 ++

Ces totaux sont obtenu par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET 


5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Tenez goûtez donc ça!"
http://www.dailymotion.com/bookmarks/Ansar-Al-Khilafat/video/x5068u_80408-tenez-goutez-donc-ca-hamas-of_news Vidéo exclusive publiée par Le Mouvement de la Résistance Islamique Irakien: Hamas.(Groupe armé luttant contre les forces d'occupations américaines et leurs alliés! )
Titre originale de la vidéo: "dalikoum fa doukou!" "Tenez goutez donc ça!" " ذلكـم فذوقـــوه Original title: "hold this, taste!" Video of the iraqi Hamas;The Islamic Resistance Movement. This group fights the occupation army of America . VOIR QUOUI  http://news.stcom.net/index.php http://news.stcom.net/index.php


5-2 Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision .

L'administration du président a organisé une vaste entreprise de manipulation des analystes militaires travaillant à la télévision pour obtenir une couverture favorable de la guerre en Irak, affirme le New York Times dimanche. Dans cette entreprise, l'administration a exploité d'une part la loyauté idéologique et militaire de ces analystes, qui sont souvent des gradés de l'armée à la retraite, affirme le quotidien dans une longue enquête. Elle a d'autre part utilisé un puissant levier financier, à savoir les liens que ces analystes entretiennent avec les entreprises militaires impliquées dans les politiques militaires même qu'ils sont chargés d'évaluer à la télévision. Ces commentateurs, qui apparaissent régulièrement sur les grandes chaînes américaines pour analyser les guerre en Irak et en Afghanistan, représentent aussi quelque 150 entreprises militaires, que ce soit en tant que lobbyistes, consultants ou membres du conseil d'administration, ce que les téléspectateurs ignorent totalement. Ces entreprises comprennent des poids-lourds du secteur, mais aussi une myriade de sous-traitants, qui cherchent tous à obtenir une part des centaines de milliards de dollars de contrats générés par la guerre contre le terrorisme, ajoute le quotidien. Dans cette course aux contrats, l'accès à l'information et aux décideurs gouvernementaux est hautement prisé, souligne le New York Times. Et l'administration Bush a utilisé cette situation pour transformer les analystes en instruments capables de façonner de l'intérieur la couverture du terrorisme par les grands réseaux de télévision et de radio. Les analystes ont ainsi été invités à des centaines de briefings privés avec des dirigeants militaires, ont été emmenés en Irak, ont eu accès à des renseignements confidentiels et ont eu des briefings avec de hauts responsables de la Maison Blanche , du département d'Etat et du département de la Justice , selon le New York Times. En retour, ils se sont faits la caisse de résonance des points de vue de l'administration, même lorsqu'ils soupçonnaient parfois que l'information était fausse ou exagérée. Le New York Times est arrivé à cette conclusion après avoir examiné quelque 8.000 pages de messages électroniques, de transcriptions et d'enregistrements décrivant plusieurs années de briefings et de voyages en Irak ou à Guantanamo obtenus par le quotidien après avoir remporté un procès contre le Pentagone, dont les responsables n'avaient pu être joints dimanche. Ces dossiers révèlent une relation symbiotique où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, souligne le quotidien. Des documents internes du Pentagone parlent régulièrement des analystes militaires comme des "multiplicateurs de force du message" ou de "substituts" sur qui compter pour transmettre "les thèmes et le message" du gouvernement à des millions d'Américains "sous la forme de leurs propres opinions". Même si les analystes sont des consultants payés par les télévisions, qui gagnent entre 500 et 1.000 dollars par apparition à l'écran, certains ont donné au Pentagone des "trucs" pour contourner les télévisions et d'autres l'ont tenu alerté des reportages en préparation, selon le quotidien. "Bon travail", aurait affirmé Thomas McInerney, général à la retraite de l'armée de l'air et analyste pour Fox news, dans une note écrite au Pentagone après un briefing fin 2006. (Source : AFP / 20 avril 2008)

28-04 Un journaliste irakien travaillant pour un groupe de média lié à un parti chiite a été tué vendredi dans le sud de l’Irak par des hommes armés, a annoncé un responsable de ce groupe. Le journaliste Sayyed Jassem Al-Battat, 38 ans, employé par le groupe al-Nakhil, dépendant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), a été assassiné sur un marché d’Al-Qorna, à 80 km au nord de Bassorah (550 km au sud de Bagdad), a indiqué à Adnane al-Yassiri. (Afp)

6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

6-1 Des troupes des USA attaquent un hôpital psychiatrique dans la capitale.

• Arrestation des patients et du personnel médical Des troupes d’occupation nord-américaines et des soldats irakiens ont pris d’assaut aujourd’hui l’hôpital psychiatrique Al Rashad, à l’est de Bagdad, et ont arrêté toutes les personnes qui étaient à l’intérieur, y compris les malades, selon des informations fournies par le porte-parole du ministère de la santé, a rapporté EFE. L’armée des USA tente avec ces actions d’impliquer des médecins des centres hospitaliers dans le possible enrôlement de malades pouvant réaliser des attaques suicide contre les troupes étrangères qui occupent l’Irak.  Gramna - 28-04


6-2 L'ambassadeur US à l'Onu dénonce le rôle ‘déstabilisateur’ de l'Iran en Irak.

L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Zalmay Khalilzad, a dénoncé lundi le rôle déstabilisateur de l'Iran et de la Syrie en Irak et les a exhortés à cesser de fournir des armes et de permettre l'envoi de combattants étrangers dans ce pays. Les récents affrontements entre forces gouvernementales irakiennes et miliciens à Bagdad et Bassorah portent la marque des "agissements et de l'influence déstabilisatrice de l'Iran", a assuré l'ambassadeur américain lors d'une réunion du conseil de sécurité. L'unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens, connue sous le nom de force Al-Quds, "continue d'armer, d'entraîner et de financer des résistants" en Irak, a-t-il précisé. La majeure partie des armes utilisées par ces milices sont "fabriquées en Iran et fournies par l'Iran, y compris des mortiers, des roquettes et des engins explosifs perforants EFP" (Explosive Formed Penetrator, capables de percer des blindages), a affirmé M. Khalilzad. "Cette assistance mortelle constitue une menace pour les forces irakiennes et la force multinationale ainsi que pour la stabilité et la souveraineté de l'Irak," a-t-il souligné, L'ambassadeur s'est dit également inquiet du flot d'armes et de combattants étrangers passant par la frontière irako-syrienne. "L'Iran et la Syrie doivent cesser d'envoyer des armes et des combattants en Irak et doivent arrêter leur ingérence diabolique en Irak", a conclu l'ambassadeur(oubliant que  plus de 30 pays aident directement l’armée d’occupation (dont la Belgique qui lausse transiter des armes par le port d’anvers). L'ambassadeur irakien à l'Onu Hamid al-Bayati a souligné que son gouvernement en appelait à l'aide internationale pour empêcher et faire cesser "l'ingérence étrangère en Irak qui déstabilise le pays et porte atteinte à sa sécurité". Cinq ans après le début de la guerre en Irak, quelque 155.000 hommes de la force multinationale dirigée par les Etats-Unis se trouvent en Irak, dont 141.000 Américains et 7.100 Britanniques. (AFP / 29 avril)

29-04 L’ambassadeur adjoint iranien à l'Onu, Mehdi Danesh-Yasdi, a qualifié les accusations de l'ambassadeur américain "d'allégations totalement infondées". Il a rappelé, dans une lettre adressée à la présidence sud-africaine du conseil de sécurité, dont l'AFP a obtenu copie, que Téhéran avait toujours "condamné tous les actes de violence et de terrorisme en Irak". "Au lieu de chercher un bouc-émissaire pour l'échec de sa politique en Irak, le gouvernement américain devrait s'intéresser à ses propres mauvaises politiques et pratiques dans ce pays", écrit-il dans cette lettre. (AFP)

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04 - Fin- Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision

n°353 -Journal d'Irak du 21 au 28/04 - Fin- Bush a fait manipulé les analystes des militaires travaillant à la télévision

Journal d'Irak  (fin)

N°349               du 21/04 au 28/04/08

Par M.Lemaire



Sommaire : (Fin)

6 Brèves (suite)

6-1 Des troupes des USA attaquent un hôpital psychiatrique dans la capitale.

6-2 L'ambassadeur US à l'Onu dénonce le rôle ‘déstabilisateur’ de l'Iran en Irak.

6-3 Tarek Aziz, porte-parole de Saddam Hussein, bientôt face a des juges partiaux.

6-4 Le  Pentagone, va subventionner un institut médical pour développer des méthodes de régénérescence d'organes

7 Dossiers

7-1 Point de vue de Maria Appakova : Croire Bush.

7-2 Une Interview de Robert Fisk par Dan Glazebrook : "Tout comme un mur est qualifié de barrière, les mercenaires sont appelés des sous-traitants.”

7-3 Point de vue de Alain Gresh : Al-Zawahiri sur l'Irak et d'autres questions.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

8-1  Mohamed Al Daïni : L'horreur à la prison de Bâakouba.

9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

9-1 Questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida traité par le Combating Terrorism Center 

9-2 Discours pour un temps de crise. :


6-3 Tarek Aziz, porte-parole de Saddam Hussein, bientôt face a des juges partiaux.

"Tarek Aziz et sept autres prévenus comparaîtront mardi devant le Haut tribunal pénal irakien en présence des avocats de la défense", a déclaré à l'AFP le juge irakien Mounir Haddad. Il s'agit du quatrième procès d'anciens responsables du régime dont le règne a pris fin avec l'entrée des troupes américaines dans Bagdad, en avril 2003. Outre Tarek Aziz, l'ancien ministre de l'Intérieur Watban al-Hassan et cinq autres anciens responsables sont accusés dans cette affaire. Ils seront jugés pour l'exécution en 1992 de 42 commerçants accusés d'avoir spéculé sur les prix des produits alimentaires alors que l'Irak était soumis à des sanctions internationales drastiques imposées après l'invasion du Koweït en août 1990. Selon l'acte d'accusation, ces commerçants ont été arrêtés dans les marchés de grossistes à Bagdad et exécutés après un procès rapide en 1992. Leurs biens ont été saisis. Tarek Aziz lui-même nie tout lien avec ces exécutions, selon son fils Ziad, qui souligne qu'aucune famille de victimes n'a porté plainte contre son père. Le tribunal sera présidé par le juge kurde Raouf Rachid Abdel Rahmane, Tarek Aziz, est détenu au Camp Cropper, près de Bagdad. Il a été plusieurs fois hospitalisé et sa famille a demandé sa libération pour raisons de santé. Ancien vice-Premier-ministre de Saddam Hussein, Tarek Aziz, né en 1936, a également été ministre des Affaires étrangères, et ses deux fonctions lui ont valu de défendre son pays dans les grandes arènes internationales Source : ats / 29 avril)


6-4 Le  Pentagone, va subventionner un institut médical pour développer des méthodes de régénérescence d'organes.

 Le  Pentagone, en collaboration avec des universités et des hopitaux américains, va subventionner un institut médical pour développer des méthodes de régénérescence d'organes, de muscles ou même de membres de soldats blessés, ont indiqué des responsables jeudi"Ce nouvel institut travaillera à développer des techniques qui aideront nos soldats à se reconstituer" a déclaré le médecin-chef de l'armée américaine, le général Eric Schoomaker. "Nous utiliserons les propres cellules souches des soldats pour réparer les dommages neurologiques, reconstituer les tissus de muscles, des tendons, soigner les brûlures et les aider à guérir sans cicatrices" a-t-il dit. Il a indiqué que des nouvelles techniques pour reconstituer des membres, des mains, des doigts, des oreilles et des nez endommagés et reconstruire des boites crâniennes abîmées seront également développées. Ce nouvel institut de médecine régénérative du Pentagone coordonnera les recherches de centres à la pointe comme Wake Forest University, l'université de Pittsburgh, Rutgers University et la Cleveland Clinic. Le Pentagone contribuera 85 millions de dollars au cours des cinq prochaines années et les autres institutions apporteront 80 millions de dollars tandis que 100 millions de dollars de subventions seront fournis par le National Institute of Health. A notre connaissance, il s'agit du plus important consortium de recherches financé par le gouvernement américain dans le domaine de la médecine régénérative" a déclaré Schoomaker. Dans l'équipe de chercheurs figure le docteur Tony Atala de Wake Forest University, un pionnier dans ce domaine, qui a pu reconstituer des vessies à partir de cellules souches adultes. "Toutes les parties de votre corps, de vos tissus, de vos organes représentent un dépôt de cellules qui sont prêtes à se reproduire lorsqu'une blessure intervient" a précisé le docteur Atala. (Source : AFP / 18 avril 2008)



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 Point de vue de Maria Appakova : Croire Bush.

Un "progrès substantiel" a été enregistré cette dernière année dans la stabilisation de la situation en Irak: tel est le sens principal du discours prononcé par le président américain George W. Bush le 10 avril, au lendemain du cinquième anniversaire de la chute de Bagdad et après l'achèvement des débats au Congrès américain sur la situation en Irak. Le tout sur fond d'incessants messages faisant état de nouvelles violences dans le pays. Selon George W. Bush, la stratégie d'accroissement temporaire des effectifs des troupes américaines en Irak adoptée début 2007 s'est révélée être entièrement justifiée. Bien que la sécurité dans le pays reste assez fragile, on peut parler, dans l'ensemble, d'un "changement stratégique" dans le sens d'une amélioration. Qui les paroles de Georges W. Bush ont-elles bien pu persuader, mis à part ses plus proches collaborateurs?

Au cours des débats, les démocrates qui contrôlent les deux chambres du Congrès ont âprement critiqué la politique du président américain en Irak. Certains représentants du parti républicain les ont rejoints. Les membres du Congrès ont tiré la conclusion principale suivante: les succès tactiques des militaires américains ne peuvent éclipser le fait que la situation en Irak en matière de sécurité reste très tendue. Le principal problème n'est pas réglé: la réconciliation nationale des différents groupes politiques à l'intérieur de l'Irak. Le gouvernement irakien n'assume pas suffisamment la responsabilité de ce qui se produit dans le pays. Le président et d'autres hauts fonctionnaires ont beau essayer de persuader les membres du Congrès, ainsi que les électeurs américains, qu'un "changement stratégique" s'est produit en Irak, les chiffres des pertes essuyées restent effrayants. David Petraeus, commandant du contingent américain en Irak, n'a pu le nier au cours des débats au Congrès. En dépit de ses propos selon lesquels on avait pu assister à une ébauche de progrès, il a fait remarquer que le nombre de victimes civiles en Irak avait augmenté et qu'il avait été "impossible d'éliminer, jusqu'à ce jour, les causes principales des conflits, entre autres religieux, qui y éclatent".

David Petraeus ne pouvait passer sous silence ce fait, car, littéralement à la veille des débats, la situation en Irak s'est brusquement aggravée en raison d'une opération lancée fin mars par le gouvernement irakien en vue de désarmer les formations du leader chiite Moqtada al-Sadr. L'opération a été effectuée par des militaires américains et britanniques, bien que le plan ait été dressé, selon les médias, par les Irakiens eux-mêmes. Les militaires et hommes politiques américains ne peuvent dire avec précision si cette opération a été ou non une réussite, tout comme il n'y a aucune réponse à la question de savoir ce qui se produit actuellement en Irak: s'agit-il de l'agonie des terroristes de tout acabit avant leur recul définitif (thèse si chère à George W. Bush), ou bien d'une nouvelle escalade de la violence qui ne finira jamais? Quoi qu'il en soit, les discussions dans le but de trancher entre aggravation temporaire et crise chronique s'enveniment face au bilan de ces cinq dernières années, dressé ces jours-ci aux Etats-Unis et en Irak. Juste avant l'anniversaire du début de la guerre en Irak, la guerre a coûté aux Américains 2.700 milliards de dollars, alors que la perspective des futurs dividendes provenant des investissements effectués en Irak est encore très vague. Naturellement, toutes les déclarations faites à propos des succès enregistrés en Irak, aussi bien en matière de sécurité que d'économie, n'ont eu aucun impact dans ce contexte pour les Américains qui savent compter l'argent et se soucient de la vie de leurs concitoyens. Malgré tout, des succès ont été enregistrés, et il serait injuste d'accuser le gouvernement irakien d'être totalement inactif. Ainsi, le vice-premier ministre irakien Barham Saleh a déclaré dans une interview au Washington Post que le taux annuel d'inflation avait baissé, passant de 36% fin 2006 à 14% en mars 2008. En outre, le gouvernement irakien finance actuellement lui-même la quasi-totalité des travaux de reconstruction dans le pays et couvre une partie considérable des dépenses pour l'entretien de ses forces de sécurité. Mais ces centaines de millions de dollars ne sont rien comparés aux dépenses incessantes des Etats-Unis pour l'Irak. Pourtant, Washington a également d'autres soucis, entre autres, l'Afghanistan où son argent et ses ressources militaires sont aussi nécessaires. Les paroles de Barham Saleh, de même que d'autres faits, relatifs à la reconstruction de tel ou tel ouvrage économique en Irak et au contrôle de la situation dans neuf provinces exercé par le gouvernement se perdent parmi d'autres informations concernant les affrontements incessants à Bagdad, les tirs dans la "zone verte", quartier le mieux protégé de la capitale irakienne, et partout en Irak. Les indices économiques ne sont pas plus réconfortants. Selon les renseignements recueillis par la chaîne de télévision Al-Jazeera spécialement à l'occasion du cinquième anniversaire de la guerre en Irak, près d'un tiers des 27 millions d'habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Plus de 60% des Irakiens aptes au travail sont chômeurs. La corruption règne dans le pays. D'après les données de la chaîne de télévision, l'Irak perd tous les ans plus de 4 milliards de dollars "à cause d'escroqueries concernant les sommes allouées à la reconstruction". Certes, on peut accuser Al-Jazeera de partialité, comme on le fait aussi bien avec les Etats-Unis qu'avec le monde arabe. Mais les statistiques sont éloquentes, surtout celles des pertes humaines. Le bilan de ces cinq années de guerre pour l'Irak s'élève à environ un million de citoyens tués, plus de trois millions de blessés, deux millions de réfugiés à l'étranger et 2,5 millions de déplacés, qui ont été contraints de quitter leurs foyers et de déménager dans des régions plus sûres ou dans des régions correspondant mieux à leur appartenance ethnique et confessionnelle. La diminution du nombre de victimes civiles - "seulement" 923 en mars 2008 contre 1.861 en mars 2007 - n'est pas une consolation, car personne ne sait ce qui se produira en avril, en mai, ou même demain... La guerre en Irak est "difficile mais pas interminable", a résumé George W. Bush. Néanmoins, personne, ni même le président américain actuel, ne peut dire quand elle prendra fin, tout comme personne ne sait quel prix devra encore payer l'Amérique, malgré les progrès enregistrés. Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.  RIA Novosti : http://fr.rian.ru/...
Publié le 17 avril 2008


7-2 Une Interview de Robert Fisk par Dan Glazebrook : "Tout comme un mur est qualifié de barrière, les mercenaires sont appelés des sous-traitants.” Extrait

Robert Fisk a la réputation bien méritée d’être un des correspondants étrangers les plus honnêtes et pugnaces parmi les medias britanniques. Il a travaillé en Irlande du Nord où il révéla la présence des SAS (forces spéciales – NDT) au milieu des années 70, ainsi qu’en Bosnie, Palestine, Irak et Liban. C’est ici, comme témoin au lendemain du massacre de réfugiés palestiniens organisé par Israël à Sabra et Chatila en 2000 que son journalisme prit sa forme actuelle : coléreux, passionné, et comme il le dit lui-même « partial du côté des victimes » - un style de journalisme qui, malheureusement, n’est pas très répandue parmi la profession. Au milieu des flots de mensonges et propagande émis par les médias au sujet de la politique Britannique et Etats-unienne au Moyen Orient, les écrits de Fisk constituent une bouffée d’air frais - même si la réalité sordide qu’il décrit n’en fait pas une lecture agréable. Lorsque j’ai rencontré Fisk au Christchurch College, entre une conférence à Bristol et une autre au Festival Littéraire d’Oxford – apparemment sans un moment de répit – nous avons commencé à parler du rôle du journalisme en temps de guerre. Je lui ai d’abord demandé si le journalisme, en aseptisant ou en justifiant la guerre, ne jouait pas un rôle dans son déclenchement.

Il y a plusieurs choses. Avant tout, il y a l’incapacité chez de nombreux journalistes aux Etats-Unis à dire la vérité Puis il y a ce que la télévision ne veut pas montrer pour des raisons soi-disant de « mauvais goût ». Je me souviens d’un coup de fil, avec un rédacteur de la télévision à Londres, lorsqu’on avait demandé à la chaine Al Jazeera quelques images sur des enfants tués et blessés par des tirs d’obus britanniques à Bassorah. Le type s’est mis à dire « inutile de nous envoyer ces images, nous ne pouvons pas les montrer ». La première excuse fût « les gens seront en train de boire leur thé, alors on ne peut pas montrer ces images ». Puis ensuite l’excuse est devenue « c’est comme pour la pornographie, ce n’est pas montrable ». Puis il a terminé par dire – c’est vraiment incroyable d’entendre de telles choses – «  il faut respecter les morts ». Eh oui, on ne montre aucun respect pour eux lorsqu’ils sont vivants, on les fait d’abord exploser en mille morceaux et ensuite il faut leur montrer du respect. A cause de cela – et tous les généraux à la retraite en train de pontifier bien à l’abri – tout ça devient un jeu. Vous commencez par répandre l’idée que la guerre est d’abord une affaire de victoire ou de défaite - alors qu’en fait c’est une affaire de mort et de douleurs immenses. J’étais en Irak en 1991, lorsque les Britanniques et les Américains ont bombardé une autoroute. Il y avait des femmes et des enfants morts et déchiquetés, et tous ces chiens ont surgi du désert et ont commencé à les manger. Si vous aviez vu ce que j’ai vu, il ne vous viendrait jamais à l’idée de soutenir une guerre quelle qu’elle soit, contre qui que ce soit. Evidemment, les politiciens – nos dirigeants – sont très heureux que ces images ne passent pas, parce qu’ainsi ils rendent la guerre plus séduisante, moins pénible. Est-ce qu’il arrive que le public Britannique voie des images plus réalistes de la guerre ? Si un soldat irakien a l’extrême obligeance de mourir au bord de la route dans une pose romantique, et que vous pouvez le photographier devant un soleil couchant et sans trop de chair sanguinolente – vous savez, avec un commentaire du genre « le prix de la guerre : un soldat irakien mort », ce genre de commentaire, alors oui, vous pouvez la montrer. Mais ça s’arrête à peu près là.Les standards journalistiques sont en train de dégénérer dans d’autres domaines aussi. Je regardais les informations il y a quelques semaines, et j’ai été choqué de voir Yassin Nassari et Abdul Patel qualifiés par la BBC de « terroristes » - pas « accusés » ou « soupçonnés », mais carrément de « terroristes », alors que les seules charges retenues contre eux sont en rapport avec la « possession de matériel » (littérature islamiste et vidéos) et qu’ils n’ont même pas été accusés de planifier des attaques terroristes, encore moins de les réaliser. On dirait que le mot « terrorisme » est devenu un attrape-tout. J’ai vu des cas aux Etats-Unis où la preuve du terrorisme était un exemplaire d’un journal libanais. J’ai récemment eu un exemple intéressant de ce qui est en train de se passer. Je donnais une conférence à Ottawa devant 600 canadiens musulmans, et je leur ai dit « vous avez absolument raison de profiter de votre liberté d’expression pour critiquer les Etats-Unis et Israël lorsqu’ils assassinent des gens, lorsqu’ils torturent, lorsqu’ils occupent des terres, mais pourquoi est-ce que je ne vous entends jamais critiquer les régimes en Egypte, en Syrie, en Lybie etc ? » Silence total. Je ne comprenais pas.. Que dire du silence des autres, de tous ceux qui ont moins d’excuses ? Avec un nombre chaque jour plus faible de manifestants contre la guerre, avons-nous oublié ce qui se passe dans ces pays qui souffrent de la « libération » occidentale ? Il faut sans cesse leur répéter « mais c’est réel » parce que la plupart des gens en occident n’ont aucune expérience de la guerre. Aucun de nos dirigeants politiques n’a eu une expérience de guerre. Bush l’a esquivé. Cheney l’a esquivé. Powell était au Vietnam, mais il est parti. Leur seule expérience de la guerre, c’est Hollywood. Alors lorsque vous envoyez des gens faire la guerre, et que votre expérience se limite à Hollywood, vous pouvez vous retrouver un tantinet choqué de les voir mourir. Pour eux, la guerre n’a rien de concret. Mais elle n’est que trop concrète pour les habitants du Moyen Orient, qui subissent depuis des décennies les guerres éclaires et les massacres initiés par l’Occident – depuis l’exode des palestiniens en passant par l’invasion du Liban par Israël en 1982, l’armement de l’Irak par les Etats-Unis pendant la guerre de 8 ans contre l’Iran, la "guerre" du Golfe en 1991, puis les sanctions économiques génocidaires de l’ONU contre l’Irak – sans parler du soutien occidental aux dictatures en Egypte, en Arabie Saoudite, au Koweït. Fisk a été témoin de tous ces événements, et il pense que le monde musulman a fait preuve d’une incroyable retenue devant tant d’oppression. Ce qui m’étonne c’est que le 11 Septembre n’ai pas eu lieu plus tôt. Peut-être parce que l’opération a demandé beaucoup de préparation, je ne sais pas, mais je suis étonné de voir qu’on peut aller frapper à n’importe quelle porte en Cisjordanie et ne pas recevoir une baffe. Au lieu de ça, ils vous offrent un café ou à manger. Imaginez le contraire, que nous soyons bombardés et occupés par des pays arabes et qu’un journaliste arabe vienne gentiment bavarder avec nous, je ne sais pas si nous ouvririons la porte. Vous le feriez, vous ? La véritable étendue de l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan est masquée par le recours massif aux mercenaires, qui ne sont pas inclus dans les chiffres sur les troupes. Certaines estimations parlent de 1000 mercenaires tués, rien qu’en Irak. Fisk est l’un des rares journalistes à les appeler par leur nom, au lieu d’utiliser l’euphémisme « sous-traitant ». De la même manière qu’un mur est qualifié de barrière, une colonie de campement, les mercenaires sont devenus des sous-traitants. Moi je les ai toujours appelé mercenaires. Lorsqu’ils annoncent que deux « sous-traitants » ont été assassinés, la première image qui vous vient à l’esprit n’est pas celle de types circulant dans une Humvee lourdement armée, n’est-ce pas ? Quelle expérience avez-vous de ces mercenaires ? Je les ai remarqués en 2003, ils ont commencé à se pointer bardés de ceintures de munitions, dans l’hôtel où je me trouvais. Il était évident qu’ils allaient attirer l’attention et devenir des cibles. Alors je suis allé en voir quelques uns et je leur ai dit « écoutez, vous ne pourriez pas laisser vos armes dans les chambres ? » - à cette époque, on ne se faisait pas d’être attaqué dans la rue – « vous êtes en train de transformer cet endroit en un campement militaire – vous vous mettez en danger et vous nous mettez en danger ». Alors ce type s’est approché de moi, en tenant deux fusils, il avait entendu la conversation, et il me dit « quand tu seras dans le pétrin mon pote, ne viens pas nous appeler à l’aide. » J’ai répondu « je n’en veux pas de votre putain d’aide, je veux que vous partiez. » Mais ils ne sont pas partis. Et la grande excuse de leur présence aujourd’hui, bien sûr, c’est la menace d’une guerre civile. La « théorie de la guerre civile » joue-t-elle un rôle dans cette occupation ? La première personne que j’ai entendu parler d’un danger de guerre civile en Irak était Dan Semor, porte-parole de la puissance occupante dans la Zone Verte en août 2003. Personne n’avait entendu parler d’un danger de guerre civile auparavant, aucun irakien n’en avait parlé. Je me souviens d’avoir pensé « qu’est-ce qu’ils essaient de faire ? Effrayer les irakiens pour les rendre dociles ? » Je ne suis pas en train de suggérer que l’armée américaine tente de créer des conflits sectaires, mais il n’est pas impossible que certaines organisations – composées ou non d’irakiens – tentent de faire en sorte que les milices se battent entre elles plutôt que de se battre contre les américains. Les Français l’ont fait en Algérie, c’est un fait. Je ne sais pas si c’est la même chose en Irak, mais étant donné tout ce qui s’y passe, meurtres, tortures, etc, qui sait ? Mais vous n’avez pas besoin de piéger des voitures pour obtenir ce résultat. Regardez les cartes publiées par les journalistes, vous savez, les Chiites en bas, les Sunnites au milieu et les Kurdes tout en haut. Les Britanniques ont fait la même chose en Irlande – vert pour les catholiques, orange pour les protestants, une couleur mitigée pour les zones mixtes, là où les gens étaient assez inconscients pour se marier entre différentes religions… Par contre, nous ne publions pas de cartes ethniques pour les villes comme Birmingham, Bradford ou Washington. Je pourrais vous dessiner la carte ethnique de Toronto, avec la banlieue de Mississauga en vert pour les musulmans, mais elle ne serait pas publiée parce que dans nos sociétés supérieures occidentales nous refusons de reconnaitre certains faits. Dans nos sociétés, nous passons notre temps à pointer du doigt les autres. J’étais à New York il y a quelques mois, et en couverture du magazine Time il y avait « comment reconnaitre un Chiite d’un Sunnite. » Incroyable, non ? Et un des moyens présentés était d’examiner la plaque d’immatriculation de la voiture. C’est ainsi que nous alimentons les tensions en répétant sans cesse « regardez ce type du village d’à côté ». Ainsi vous n’avez pas besoin de faire sauter des voitures pour monter les gens les uns contre les autres, vous pouvez le faire assez efficacement en répétant simplement « guerre civile », « Chiites », « Milices », « Sunnites », « pouvoir »… Ainsi, vous créez la narrative. Ensuite, petit à petit, les gens finissent par y adhérer parce que c’est la seule qu’ils entendent. Un jour j’ai demandé au frère d’un dentiste sunnite qui avait été tué par balles, « Alors, y’aura-t-il une guerre civile ? » Il m’a répondu, « Pourquoi voulez-vous que nous ayons une guerre civile ? Je suis marié à une chiite. Vous voulez que je tue ma femme ? » Il dit « Nous ne sommes pas une société sectaire, nous sommes une société tribale, les Duleimis sont composés de nombreux Sunnites ET Chiites. » C’était là une réaction à une idée qui avait été lancée par Dan Senor, le porte parole officiel de la puissance occupante. Malheureusement, les clivages sectaires sont en train de devenir de plus en plus nets en Irak, avec l’armée US en train de construire des murs pour séparer les ghettos à Bagdad, et avec les Kurdes dans le nord en train de négocier leurs propres affaires dans le pétrole. La solution imposée par l’Occident à la Bosnie fut le partage ethnique total. Est-ce que ce sera la même chose pour l’Irak ? La Bosnie était en Europe, alors nous avons fini par mettre fin à la guerre. L’Irak, c’est différent. Nous sommes en Irak pour le pétrole. Si la production principale de l’Irak avait été les asperges, je vous assure que nous n’y aurions pas mis les pieds. Il y a des similitudes avec la Bosnie , comme par exemple l’indifférence à l’égard du sort des musulmans – nous n’avons rien fait pour eux avant que la guerre n’en ait emporté 250.000 – et nous nous fichons aussi des Irakiens. Mais il y aussi de grandes différences avec la Bosnie. Je pense qu’on trouve plus de similitudes avec la guerre OTAN-Kosovo Serbe, par exemple. C’est là que nous avons habitué les gens à accepter l’idée que nous pouvions bombarder des trains civiles sur un pont, bombarder des hôpitaux, des stations de télévision, que cela n’avait rien de répréhensible. Alors, lorsque nous bombardions un bon paquet de civils irakiens, ça devenait « ben quoi ? C’est bien ce que nous faisions en Serbie, non ? » Ils ont bombardé Al Jazeera à Kaboul, ils ont bombardé Al Jazeera à Bagdad, qui n’était même pas une station irakienne. Je pense que la guerre du Kosovo a été le point de départ de notre acceptation de tels actes. Quels que soient les plans futurs de l’occupant pour l’Irak, et quels que soient les barbaries qui seront infligés, une chose est certaine, l’avenir de leur pays n’est pas totalement entre leurs mains. Mais même avec l’organisation à grande échelle de violences sectaires dans les années 50 en Algérie, les français ont fini par partir. Le dilemme pour les Etats-Unis en Irak, comme le dit Fisk, est « ils doivent partir, ils vont partir, mais ils ne peuvent pas partir – c’est le genre d’équation qui transforme le sable en sang ». Pour ceux qui voudraient comprendre ce processus et ce qu’il en coûte en termes humains, plutôt que d’avaler leurs mensonges, les reportages de Robert Fisk constituent un bon point de départ

Robert Fisk  18 avril 2008 

Dan Glazebrook écrit pour le journal Morning Star et est l’un des coordinateurs de la branche britannique de l’Union Internationale des Parlementaires pour la Palestine. danglazebrook2000@yahoo.co.uk Traduction VD pour le Grand Soir   http://www.counterpunch.org/glazebr...  Source : Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/...http://www.palestine solidarite.org/analyses.Robert_Fisk.180408.htm 

LE GRAND SOIR - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources. CounterPunch


7-3 Point de vue de Alain Gresh : Al-Zawahiri sur l'Irak et d'autres questions.

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée (et les contradictions) d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888). Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés :

Sur la mort d’innocents (dans les attentats) « Nous n’avons pas tué d’innocents, ni à Bagdad, ni au Maroc, ni en Algérie, ni nulle part ailleurs. Et si des innocents ont été tués dans des opérations des moudjahidin, c’est ou par erreur ou en cas de nécessité. » (Par nécessité, il entend que les innocents sont des « boucliers humains » au milieu de l’ennemi.) « Les Nations unies sont un ennemi déclaré de l’islam : c’est elle qui ‘entre-autres’ a légitimé la présence des croisés en Afghanistan et en Irak,, alors qu’elle ne reconnaît pas ce droit à la Tchétchénie , ni aux musulmans du Caucase, du Cachemire, de Ceuta et Mellila ou de Bosnie. » A plusieurs reprises, Zawahiri accuse les Frères musulmans égyptiens, leur reproche leur participation aux élections et accuse les Frères musulmans en Irak et en Afghanistan de participer au pouvoir. Il explique ensuite que Ben Laden, dans son dernier discours, a affirmé que les moudjahidin, après avoir libéré l’Irak, se dirigeront vers Jérusalem.  Ailleurs, il précise : « Je veux assurer notre peuple, que nous ne reconnaîtrons jamais les frontières issues des accords Sykes-Picot (accords de partage du Proche-Orient entre la France et le Royaume-Uni signés durant la première guerre mondiale) ni les dirigeants que le colonialisme a mis en place. 

 Nous, ne vous avons pas oubliés après les événéments du 11 (septembre), car un homme peut-il oublier sa famille ? Mais, à la suite de ces raids bénis (du 11-Septembre) qui ont frappé la tête et le coeur du siège mondial de l’incroyance et l’allié principal de l’entité sioniste, l’Amérique, nous sommes occupés à l’attaquer et à la combattre ainsi que ses agents, d’abord en Irak, en Afghanistan, dans le Maghreb islamique et en Somalie. Et si elle et ses agents sont battus, avec l’aide de Dieu, il ne se passera pas beaucoup de temps avant les moudjahidin mettent en place des brigades de Bagdad, d’Al-Anbar, de Mossoul, de Diyala et de Salahaddine pour nous ramener, à Hittin. » (Victoire de Saladin contre les Croisé en 1187 qui permit la reconquête par les musulmans de Jérusalem.)

Alain Gresh Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.htm



8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1  Mohamed Al Daïni : L'horreur à la prison de Bâakouba.

il avait dénoncé les crimes de l’occupation La Grande-Bretagne vient de refuser un visa d’entrée sur son territoire au député irakien Mohamed Al Daïni, invité à Londres par des parlementaires, des organisations anti-guerre et des associations des droits de l’homme
Le député irakien Mohamed Al Daïni est originaire de Diyala et a été élu sur une liste indépendante lors des dernières élections en Irak.
C’est lui qui a révélé le premier à la presse internationale, les graves abus et les tortures les plus ignobles que subissent les détenus irakiens sunnites dans les prisons irakiennes de la part des escadrons de la mort et avec la complicité des fonctionnaires du ministère de l’intérieur et de l’administration pénitentiaire. Ses enquêtes ont coûté la vie à 10 membres de sa famille, tous assassinés à Diyala, à la suite de leur publication. Elles ont été utilisées dans un documentaire britannique sur les escadrons de la mort en Irak. Le député irakien tout comme ses hôtes ont été surpris par la décision du Foreign Office. Pour sa part le député britannique Georges Galloway compte interpeller le gouvernement, lors de la prochaine session parlementaire, sur les raisons d’un tel refus, pour un député irakien « élu démocratiquement, dans un processus politique que le gouvernement britannique avait soutenu de toutes ses forces ». Ci-dessous la traduction d’une interview du député Mohamed Al Daïni, accordée à Ahmed Abou Salah pour albasrah.net le 14 octobre 2006 Un documentaire et des rapports médicaux attestent des scandales de l’occupation et de ses agents.
Le viol de 300 détenus irakiens, hommes et femmes, à la prison de Bâakouba.
L’Imam d’une mosquée, âgé de plus de 60 ans, raconte les détails de sa sodomisation à deux reprises.
120 000 détenus dans les prisons de l’occupation, dont des milliers ont été violés.
Des parlementaires et des responsables irakiens sont impliqués dans les crimes de l’occupant.


9 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida traité par le Combating Terrorism Center 

Combating Terrorism Center de West Point (centre qui s’inscrit tout à fait dans l’idéologie de la guerre mondiale contre le terrorisme) publie The Power of Truth ? Questions for Ayman al-Zawahiri, publie une analyse des questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida. L’étude a été faite par Jerret Brachman, Brian Fishman et Joseph Felter. Certains éléments quantitatifs sont intéressants.93 questions (4,9%) portaient sur le Hamas,  seulement 5 questions portaient sur Qaradawi et 23 sur les Frères musulmans (alors qu’Al-Zawahiri a accordé aux deux une grande place dans ses réponses ; 78 questions portaient sur le Fatah Al-Islam, 6% portaient sur l’Irak et sur l’Etat islamique d’Irak ; 78 questions portaient sur l’Iran (4,2%). Voici les quatre conclusions que les auteurs tirent de cette recherche :

Zawahiri est inquiet du mécontentement croissant parmi les djihadistes, notamment par les actions qui tuent des civils ;

 Zawahiri a révélé des informations sur la tactique de propagande d’Al-Qaida reconnaissant de facto que le dirigeant de l’Etat islamique d’Irak Abou Omar Al-Baghdadi n’existait sans doute pas ;  le conflit avec le Hamas va grandissant, de même que l’intérêt d’Al-Qaida pour le Liban ;

 Al-Qaida continue de considérer les Frères musulmans comme un de ses plus importants adversaires

Alain Gresh Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/... http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.htm


9-2 Discours pour un temps de crise. Le discours de Robert Gates à l’Air War College, Air University, à Maxwell-Gunter Air Force Base, en Alabama, le 21 avril, pourrait constituer une étape importante dans la crise du Pentagone. Qu’il ait été prononcé dans un établissement de l’USAF fait aussitôt penser qu’il s’adressait plus spécifiquement à l’USAF. Cela a été interprété dans ce sens par Associated Press, qui a publié, le même 21 avril, un compte-rendu du discours. Cette interprétation a aussitôt été dénoncée par le Daily Report de l’Air Force Association, le 22 avril: «An Associated Press report picked up by news media around the world declares that Defense Secretary Robert Gates believes the Air Force is not doing enough in the global war on terror. The reporter pointedly referred to the Air Force when he paraphrased remarks from a speech Gates made Monday at Air War College in Alabama , but if you read the transcript, Gates doesn’t single out the Air Force. Instead he declares “our services are still not moving aggressively in wartime to provide resources needed now on the battlefield.”» Cette anecdote est à la fois illustrative de la crise qui se développe au sein du Pentagone, et significative de cette crise. Le discours lui-même l’est également, significatif et illustratif. Un rapport d’AFP, repris par Defense News du 21 avril, rendait compte d’une façon générale de la substance du discours, – un appel à des attitudes innovantes, audacieuses, etc., pour renforcer l’effort des guerres en cours et adapter de façon radicale la machine de guerre US à la guerre asymétrique... Et même si, effectivement, tous les services sont mis en cause, il faut admettre que l’USAF occupe une place de choix. «Defense Secretary Robert Gates on April 21 launched a push for more unmanned drones, complaining that the military is “stuck in old ways” and not moving aggressively to meet battlefield needs.»In a blunt speech at the Air University at Maxwell-Gunter Air Force Base in Montgomery, Ala., Gates called on the Air Force and other services to rethink their priorities in an age of asymmetric warfare. »“I've been wrestling for months to get more intelligence, surveillance and reconnaissance assets into the theater,” he said. “Because people were still stuck in old ways, it's been like pulling teeth.” »Gates said he has formed a Defense Department task force to quickly come up with innovative ways to provide more drones and other operational intelligence gathering assets into the field. »A Pentagon spokesman said the task force, which was formed late last week, will be reporting back to Gates at 30-day intervals on the progress. «The military currently has some 5,000 “unmanned aerial vehicles,” or UAVs, of varying types and sizes, but commanders' demand for them has outstripped their availability. »One barrier has been the Air Force's insistence that the drones, which are controlled remotely over battlefields in Iraq and Afghanistan from as far away as Nevada, be flown by certified pilots.» Aujourd’hui, le New York Times publie un article sur le discours, – deux jours après qu’il ait été prononcé, ce qui signifie que les sources au Pentagone ont signalé au quotidien “de référence” l’importance de cette intervention. L’article reprend l’appel de Gates pour de “nouvelles idées” et l’effort qu’il attend pour le développement des drones. Il revient également sur la question de savoir à qui s’adressait expressément ce discours, – et nous revenons à la question de l’USAF. «In his speech at Maxwell Air Force Base in Alabama , Mr. Gates did not single out the Air Force for criticism. He said the responsibility should be shared across the military and the vast bureaucracy that researches, develops, builds, buys and fields intelligence assets. »But the Air Force owns most of these airborne surveillance systems, and the message Mr. Gates delivered at the Air War College at Maxwell was clear — and especially painful to a service whose reliance on expensive new jets can seem at odds with 21st-century counterinsurgencies fought in the alleyways of the Middle East. »Mr. Gates said he was convinced that the next war would not be a conventional conflict, and that “asymmetrical conflict will be the dominant battlefield for decades to come, and procurement and training have to focus on that reality.”»In response to Mr. Gates’s criticism, the Air Force Association, a private organization that acts as surrogate and spokesman for the service, issued a statement defending the Air Force’s contributions to the wars in Iraq and Afghanistan.

Il y a sacrément urgence  Ce que suggère Gates est évidemment du rabâchage. Il faut que les forces s’adaptent à la “nouvelle guerre”, la guerre asymétrique. Il faut notamment qu’elles utilisent à fond les technologies nouvelles, de type UAV et UCAV (Unmanned Air Vehicle et Unmanned Combat Air Vehicles). Il faut qu’elles obtiennent plus de renseignement, que leurs interventions offensives soient plus efficaces. Il faut qu’elles profitent du caractère innovant des nouvelles technologies… Il faut, il faut, il faut, et ainsi de suite. Toujours la même rengaine, toujours les mêmes formules, toujours la même référence aux miraculeuses “nouvelles technologies” qui débouchent inéluctablement sur des catastrophes très coûteuses, toujours la même exigence de “s’adapter” à la réalité nouvelle ; en un mot, toujours la même impuissance devant l’insoluble crise du mammouth, du “Mordor”, de la “House of War” de James Carroll, – l’irréformable Pentagone.

NDLR : manque de place ------- La fin sera visible dans les dossiers de L'Irak

28/04/2008

n° 171 - dossiers de l'Afghanistan du 28-04 -Début- Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

n° 171  - dossiers de l'Afghanistan du 28-04 n°1- Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »
Les dossiers de l'Afghanistan (début)

n°171 du 28-04 

Par  M.Lemaire                                                                           



NB : Si vous voulez-me contacter une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : 

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Video : Camp X Ray - A mes frères à Guantanamo...

1-2 Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence.

1-3 Pascual Serrano : Recension du livre de Marc W. Herold : « L’Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

2 Brèves

2-1 Espionnage allemand…

3 Dossier & Point de vue

3-1 Afghanistan : l'Otan peut-elle gagner cette guerre ?

Réponse de : Étienne de Durand,

Réponse de Karim PakzadMédias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
 


1-1 Video : Camp X Ray - A mes frères à Guantanamo...

http://usa-menace.over-blog.com/article-19024923.html

Voilà une excellente video qui montre le sort destiné aux prisonniers à Guantanamo. Qu'au XXIe siècle des êtres humains soient traités de la sorte prouve le monde dans lequel on vit. Que l'on ne vienne pas nous emmerder avec le "plus jamais ça". Nous connaissons désormais la "démocratie" exportée par Bush et les agissements de l'Etat démocratique en Palestine depuis plus de 60 ans. Les individus qui cautionnent toutes ces infâmies n'ont aucune leçon de morale à nous faire. Nous savons mieux qu'eux où se situent la Justice et la Vérité. Certainement. Et plutôt crever que d'adhérer à leur idéologie de fascistes. Honte à eux pour tout ce qu'ils perpètrent. Honte à eux pour le malheur qu'ils sèment sur toute la planète. Et que Justice soit faite.
Adriana Evangelizt 24 avril 2008  http://usa-menace.over-blog.com/article-19024923.html


1-2 Le « médiagate » : Analystes, experts, médias et industrie de l’influence.

Dans l’édition de dimanche du New York Times, un long, très long et passionnant article décrivait les méthodes du Pentagone pour manipuler les médias. Et soulignait la responsabilité des médias dans ce cadre. Au coeur de cette nouvelle démonstration des méfaits de l’industrie de l’influence (qui regroupe la publicité, mais aussi les « public relation », l’infowar et les pouvoirs militaro-industriels) on trouve les « analystes » des médias. Une catégorie particulière : les analystes et commentateurs ne sont ni totalement journalistes liés par un code de déontologie, ni totalement propagandistes patentés dont on pourrait relier les paroles aux idéologies et aux conflits d’intérêts. L’article du New York Times résume une enquête approfondie, une spécialité qui reste la gloire des journaux étatsuniens, et dont on aimerait tant avoir l’équivalent par ici. Cette enquête s’appuie sur l’examen de 8000 pages de documents et d’e-mails obtenus par une plainte pour déclassifier des sources. Il démontre que les "analystes militaires« des grands médias, qui viennent donner la »bonne parole", faire des conjectures et assommer le bon peuple de leur « expertise » étaient en réalité des pions au service du Pentagone d’une part et des « consultants » auprès des entreprises du complexe militaro-industriel d’autre part. A ce titre, les « analyses » et « commentaires » qu’ils délivraient sur les ondes étaient à mettre en relation avec les immenses marchés à gagner ou à perdre pour leurs commanditaires.

C’est ici le « médiagate » qui s’installe. Car, bien loin des quelques lignes éparses publiées dans la presse française sur ce sujet majeur, le NYT dénonce la complicité et l’aveuglement des médias qui avaient engagés et payaient ces analystes. Y compris le NY Times lui-même qui regrette certains éditoriaux de ces malfaisants. Il n’y a pas de domination sans complices, et ceux qui aujourd’hui rejettent toute la faute sur « le Pentagone » cherchent en réalité à dédouaner leur responsabilité.

La « guerre psychologique » (psy-ops) est une stratégie pourtant connue, commentée, on trouve même des manuels militaires, des documents émanant du Pentagone pour la décrire. Dont ce fameux rapport "Information Operations Roadmap" signé par Donald Rumsfeld, ministre des armées de 2001 à 2006. Rédigé en 2003 et rendu public en 2006 après une demande au titre du « Freedom of Information Act » (on peut le lire à http://www.gwu.edu), ce document prévoyait de bloquer l’internet pour éviter la diffusion d’informations contradictoires. Le même Rumsfeld n’hésitait pas à menacer les médias en 2006 ("Any kind of moral and intellectual confusion about who and what is right or wrong can severely weaken the ability of free societies to persevere." The Washington Post, 30 août 2006 - http://www.washingtonpost.com) Et pourtant, malgré cette connaissance des enjeux de la guerre psychologique et des opérations ideologiques de l’armée, les médias engageaient des « analystes », des « experts » sans se poser la question de leurs liens avec l’appareil militaire et industriel. On leur demandait de signer un simple document de « disclosure », sans enquêter sur leurs employeurs et les intérêts en conflit avec la place propagandiste déterminante qui leur est offerte. Car ces « experts » ne sont pas ceux qui apportent des « informations », mais qui émettent le « discours » idéologique global, qui « interprètent » les événements, du haut de leurs « connaissances », en général longuement vantées auparavant par les présentateurs…

Mais qui sont ces expert(e)s ? Ces experts, nous les connaissons aussi en France, ancien militaires spécialistes de l’armée, consultant en sécurité spécialistes de la tolérance zéro, « spécialiste » de ceci ou cela… Toujours les mêmes, faisant la tournée des rédactions, ils ou elles interviennent dès qu’il se passe un événement. On leur déroule le tapis rouge et on les laisse pérorer. Mais qui sont-ils(elles) ? Qui les paye vraiment ? quels sont les intérêts croisés entre leur domaine d’expertise, leurs sources de revenus et le discours qu’ils prononcent ? Nous ne le savons jamais… et pire, ce que semble montrer l’enquête du New York Times, c’est que les médias ne se posent pas la question. Eux si prompt à salir les militants et les activistes n’enquêtent même pas sur les « experts » qu’ils commanditent ?

Oui, c’est un véritable « médiagate » qui s’ouvre sous nos yeux. Et c’est maintenant qu’il faut porter le fer : qui sont les « experts » ? A quel degré pouvons-nous croire ce qu’ils(elles) disent ? Pourquoi sont-ce toujours les mêmes « experts », avec le même angle d’analyse ? Pourquoi n’y a-t-il jamais deux « analystes » opposés ?

La guerre qui s’est installée en Irak a été le produit des mensonges médiatiques (la fameuse affaire des « armes de destruction massive ») et des commentaires récurrents par des analystes pousse-au-crime dont les petites affaires dépendaient de leur pouvoir de conviction. C’est encore et toujours « Tintin et l’Homme à l’oreille Cassée » ! Tintin reporter, et nous sommes pourtant au 21ème siècle. Mais que n’avez-vous encore rien dit messieurs les grands éditorialistes de nos médias hexagonaux ! Où sont vos messages pour regarder devant votre porte, examiner de près les intérêts de vos analystes extérieurs ?

Car ce qui est vraiment en jeu, c’est le basculement de l’industrie de l’information aux mains de l’industrie de l’influence. Et ce n’est pas un mince enjeu, compte tenu des puissances inégalées des « technologies de l’information et de la communication » et des méthodes de l’influence. Le fameux « mur » entre les rédactions et les services de pub est définitivement effondré, et la "connaissance fine des usagers" transforme tout média en moyen de manipuler des lecteurs plus ou moins consentants. Nous sommes au régime de la "publicité comportementale", et nous voyons avec ce militaro-médiagate que l’influence touche tous les terrains de la vie sociale, du nucléaire à l’agriculture, de la gouvernance des villes à l’éducation, et jusqu’à la question centrale de la guerre et de la paix. Oui Messieurs des grands médias, nous attendons votre coup de projecteur sur les conséquences de ces révélations du New York Times. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous rendre public les conflits d’intérêts de vos analystes et experts ? Allez-vous chercher des experts indépendants, des universitaires dont les laboratoires ne sont pas en marché avec tel ou tel acteur du domaine d’expertise ?

Ou allez-vous à nouveau fermer les yeux ? Manier le cynisme de ceux qui savent cela depuis si longtemps… ce cynisme qui n’est aujourd’hui que le dernier rempart de celles et ceux qui ne veulent surtout rien changer. Le cynisme n’est pas de mise : nous passons avec l’enquête du New York Times de l’hypothèse à la démonstration… et ce n’est pas rien. Nous laisserons-nous entraîner dans la prochaine guerre par ce même type d’expert et d’analyste aux intérêts croisés ? Allez-vous, allons-nous, rester complices de la désinformation et des opérations de guerre psychologique ? Il est temps de sortir le balai et de nettoyer, car les temps qui viennent vont être difficiles. Nous avons besoin d’une information crédible. Ce n’est pas le moment de démissionner devant l’industrie de l’influence, mais celui de relever la tête. Hervé Le Crosnier, le 22 avril 2008

Published on avril 23, 2008 par Spotless Mind

http://www.reopen911.info/News/2008/04/23/le-%c2%ab-mediagate-%c2%bb-analystes-experts-medias-et-industrie-de-linfluence/


1-3 Pascual Serrano : Recension du livre de Marc W. Herold : « L’Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

En géopolitique on appelle espace vide une région géographique qui ne représente pas une grande valeur ni une grande richesse par elle même, mais qui, stratégiquement, ne doit pas être occupée par une force ennemie. L’objectif militaire n’est donc pas d’exploiter économiquement cette région, mais, au contraire, de la maintenir occupée et d’y exercer un contrôle pour un coût minimum ; on fait très peu d’efforts pour y développer une activité économique et encore moins pour y investir en vue de son développement.

Pour Marc W. Herold, l’auteur de « L’Afghanistan comme espace vide.
Le parfait Etat colonial du XXIº siècle », le drame de l’Afghanistan résulte du fait que ce pays est précisément considéré par les Etats-Unis comme un espace vide. Après les attentats du 11-S, avec l’excuse de traîner en justice ses responsables, Bush donna l’ordre d’envahir l’Afghanistan. Lorsqu’ils n’eurent retrouvé ni Ben Laden ni le mollah Omar, les Etats-Unis déclarèrent qu’il s’agissait de démocratiser l’Afghanistan. On sut, par la suite, que l’objectif final c’était l’invasion de l’Irak qui, lui, n’était pas à proprement parler un espace vide puisqu’il était plein de pétrole.
Et c’est ainsi, selon Marc W. Herold, que l’Afghanistan devient la néo-colonie idéale du XXIº siècle : un espace vide pour être administré au plus bas prix. Le pays est donc devenu opium, violence, opulence obscène de la nouvelle classe dirigeante corrompue, marionnette des envahisseurs et une farce de Parlement.
S’il y a quelques jours, lors de la présentation du livre d’Hernando Calvo Ospina : « La Colombie , laboratoire de sortilèges », je disais que la meilleure façon de comprendre un conflit ou une crise c’est d’ouvrir un bon livre au lieu de se laisser mener par les médias et si je prenais l’exemple de ce livre pour ce qui est de la situation en Colombie, aujourd’hui je dois énoncer la même affirmation à propos de l’Afghanistan et du livre d’Herold.
Ce professeur en Développement Economique de l’Université du New Hampshire, aux Etats-Unis, parfait connaisseur et très grand spécialiste de la tragédie humanitaire afghane, nous présente un travail exhaustif de recueil de données, d’informations, de témoignages et d’enquêtes qui nous font pénétrer au cœur du drame afghan mieux que ne le ferait aucun média.
Marc W. Herold nous démontre avec sa rigoureuse information sur la technologie militaire comment les Etats-Unis, dans leurs attaques supposées dirigées contre des talibans, massacrent en fait des civils sans se soucier le moins du monde de ces vies humaines. Il démonte tout le mensonge créé autour de la farce des élections législatives dans un pays absolument analphabète, un pays où seulement 6% de la population a accès à l’électricité, où ne fut pas assurée la protection des partis d’opposition ce qui les empêcha de mener campagne et où furent ignorées les accusations de fraude lancées par la totalité des groupes de l’op! position. Une fois exclus tous les partis et hommes politiques opposés à l’occupation, l’actuel président fut le seul à disposer des moyens et de la sécurité nécessaires pour mener campagne à travers le pays ; dans la capitale, l’endroit le plus politisé et où il est le plus facile de se rendre aux urnes, la participation ne fut que de 35%.
Il dénonce aussi les mensonges répandus sur la reconstruction qui n’existe pas, l’enrichissement de pas moins de 2.300 ONG qui pillent tout l’argent de la soi disant coopération puisque 80% des fonds de l’agence pour la coopération sont destinés à payer fort cher des conseillers techniques extérieurs. L’une de ces ONG s’est consacrée à offrir 65.800 iPod sur lesquels étaient enregistrés des messages électoraux de Karzaï. Et pendant ce temps, 50.000 enfants travaillent dans les rues de Kaboul des journées de 14 heures, dans le pays qui détient le taux le plus élevé de malnutrition au monde : 70%.
Malgré les 2,5 milliards d’euros destinés à la reconstruction, on n’a pas mis en marche une seule centrale électrique ni un seul réseau de distribution d’eau. Des 289 écoles et des 253 cliniques que l’Agence pour la coopération étatsunienne (USAID) avait promis d’ouvrir, seulement et respectivement huit et huit ont ouvert
.
On constate le pillage du pays par une kleptocratie locale au sommet de laquelle on trouve le président pantin mis en place par les Etats-Unis, Hamid Karzaï. Il s’est créé une caste politique qui n’hésite pas à expulser des familles pauvres pour se faire construire de grandes résidences de luxe. Outre l’argent obtenu grâce à la corruption, le salaire mensuel d’un député est de 2.750 euros – alors que pas une loi n’est votée - dans un pays où un médecin gagne 39 euros par mois.
Il est de notoriété publique que la production d’opium a doublé en Afghanistan après l’occupation, mais ce qu’on ne disait pas et qu’Herold, lui, nous dit, ce sont les complicités et les liens tissés entre l’équipe de Karzaï au pouvoir et la production et le trafic de l’opium. Le gouverneur de la province de Helmand a été pris par des agents des unités anti-narcotiques des Etats-Unis avec dix tonnes d’opium et Karzaï s’est contenté de le recaser au Senat. La lutte de l’armée d’occupation contre l’opium se borne à s’en prendre au seul moyen de subsistance d’un grand nombre de paysans qui sont par conséquent poussés à rejoindre les insurgés.
Pour ce qui est du déroulement de la guerre,
les médias taisent le fait que l’armée afghane, entrainée et équipée par les Etats-Unis, a perdu le quart de ses effectifs parce qu’ils ont déserté. Marc W. Herold a recueilli aussi les témoignages terrifiants des survivants de dizaines de massacres présentés par les occupants comme autant de combats livrés contre les talibans, mais qui ne se finissent que par des bilans où on ne compte que des femmes, des vieillards et des enfants morts ou blessés.
Mais connaître toutes ces grandes vérités ne servira à rien si nous ne dénonçons pas la complicité des gouvernements qui, alors qu’ils nous racontent qu’ils sont en train de démocratiser et de reconstruire, ne font que répandre le chaos, la tragédie et la mort. L’un d’eux est le gouvernement espagnol.
Marc W. Herold : « L’Afghanistan comme espace vide. Le parfait Etat colonial du XXIº siècle ». Editions Foca. Madrid. 200. www.foca.es
Rebelión, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=65865
Une traduction de Manuel Colinas pour Investig'Action    extrait du site M Collon



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Espionnage allemand…

Espionnage

Cette affaire d'espionnage d'un ministre afghan et d'une journaliste du Spiegel pendant plusieurs mois en 2006 fait grand bruit en Allemagne. Le gouvernement afghan est peiné par l'espionnage auquel se sont livrés les services de renseignement allemands sur un de ses ministres. "Nous sommes très peinés par cette affaire, surtout de la part d'un gouvernement allié", a souligné Sultan Ahmad Baheen. "Nous espérons que ce problème n'entachera pas nos relations avec l'Allemagne qui sont fortes et historiques". Le porte-parole a ajouté que le gouvernement afghan avait reçu l'assurance que "ce cas était isolé et que cela ne se répèterait pas". La presse allemande avait révélé jeudi que les services de renseignement allemands (BND) avaient infiltré un "cheval de Troie" informatique dans l'ordinateur du ministre afghan Amin Farhang, pour espionner pendant plusieurs mois, en 2006, ses échanges par courriel. Cité par l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi, M. Spanta s'est dit "horrifié et écoeuré par ces méthodes, qui ne devraient pas exister dans un Etat de droit", tout en déclarant ne pas vouloir "faire un scandale". Il a toutefois adressé une mise en garde à Berlin: "ce genre de choses ne doit plus jamais arriver" et ceci est le point de vue de tout le gouvernement afghan, a-t-il précisé, selon le Spiegel. Le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm, avait indiqué vendredi à la presse qu'"une série de mesures" allaient être prises pour tirer les conséquences de cette affaire regrettable.(…) Selon le quotidien régional allemand, Mitteldeutsche Zeitung (MZ), citant des sources proches du gouvernement à Kaboul, le BND aurait pu espionner plusieurs ministres afghans. (Source : AFP / 26 avril)

Espionnage plus vaste !!!!

Les services secrets allemands (BND) sont soupçonnés par la presse allemande de s'être livrés à un espionnage plus vaste que révélé jusqu'à présent envers un ministre du gouvernement afghan Les autorités afghanes pensent que le BND a pu espionner plusieurs ministres, et non seulement Amin Farhang, un proche du président Hamid Karzaï, écrit samedi un quotidien régional allemand, le Mitteldeutsche Zeitung (MZ), en citant des sources proches du gouvernement à Kaboul. Kaboul estime que d'autres ministres ont pu être espionnés par l'Allemagne, selon le MZ, d'autant plus que six des 20 ministres afghans parlent l'allemand, ayant vécu en exil ou étudié en Allemagne, "ce qui facilite le travail du BND". Selon Kaboul, outre les courriels espionnés, un bon nombre de conversations téléphoniques de M. Farhang ont aussi été écoutées, dont des appels privés avec sa famille établie à Bochum, dans l'ouest de l'Allemagne. Le Spiegel affirme, lui, que tout le réseau informatique utilisé par le ministre Farhang a été surveillé par le BND. La chancellerie à Berlin, a lancé une enquête pour clarifier si, oui ou non, d'autres ministères afghans ont été espionnés, rapportent Der Spiegel et le journal Die Welt samedi. Mais ce travail s'annonce difficile, la plupart des documents acquis par les services secrets allemands ayant été ensuite détruits, ajoute le Spiegel.  (Source : AFP / 26 avril)



3  Dossiers

3-1 Afghanistan : l'Otan peut-elle gagner cette guerre ?

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
a) Réponse de : Étienne de Durand, directeur des études de sécurité à l’Ifri (Institut français des relations internationales) : Oui : " L'Occident doit créer les conditions d'un compromis "
L'Afghanistan est une région cruciale pour la stabilité et la sécurité internationale et il ne faut pas sous-estimer la menace que représente toujours la nébuleuse d'Al-Qaida. Un statu quo, voire pire un retrait, signerait de fait une victoire d'Al-Qaida - et une défaite de l'Occident - qui aurait un grand retentissement dans le monde musulman, et des conséquences très dangereuses au Pakistan, pays doté de l'arme nucléaire. L'Alliance atlantique n'a donc pas le choix : elle doit poursuivre sa mission et renforcer ses moyens. Beaucoup reste à faire : mieux coordonner les différents acteurs sur le terrain ; alléger les procédures qui régissent l'aide ; assurer la sécurité des transports ; former des cadres locaux et, surtout, redonner un sens et une vision claire à l'intervention sous mandat de l'ONU, qui ont été largement brouillés par l'intervention américaine en Irak. Il faut, dans les discours, revoir à la baisse nos ambitions : il ne s'agit plus d'installer une démocratie moderne mais bien de développer les infrastructures et de conforter l'État afghan, en accélérant la reconstitution de l'armée et de la police nationales. Des progrès ont été faits, notamment sur le terrain militaire : l'armée afghane se bat et se bat bien... mais dans ce pays détruit par trente années de guerre, seule la force armée peut aujourd'hui établir des rapports de force permettant d'ouvrir la voie au compromis, notamment avec certains insurgés locaux. Le retour à la paix sera un processus long, douloureux, comme c'est d'ailleurs toujours le cas (Kosovo...). Ce ne sera pas une " victoire " au sens militaire, mais un succès politique partiel, bâti dans la durée.

b)
Réponse de Karim Pakzad, chercheur associé à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) Non : " L'Otan n'est pas organisée pour mener une guerre contre une insurrection "
L'option purement militaire, comme c'est le cas actuellement, est vouée à l'échec. La situation ne cesse de se dégrader et le gouvernement central n'est pas en mesure d'assurer la sécurité, hors de Kaboul, sinon par le biais des seigneurs locaux, associés au pouvoir, ou par des forces étrangères. Cette situation n'est pas tenable longtemps. Cet échec peut s'expliquer par trois facteurs. Primo, l'Otan n'est pas organisée pour mener une guerre contre une insurrection, surtout en Afghanistan. Deuzio, le volet économique et social a été dramatiquement sacrifié au profit du dispositif militaire. L'armée américaine dépense chaque mois 3 milliards de dollars alors que le total de l'aide civile et humanitaire dépasse à peine 200 millions. Non seulement les Afghans ne profitent guère des fruits de l'intervention étrangère, mais la coalition a laissé se développer les cultures de pavots, fortement criminogènes. Tertio, c'est une erreur d'associer systématiquement les talibans à Al-Qaida, comme étant l'ennemi à détruire. Loin de constituer un groupe politique homogène, ils font partie de la réalité ethnique d'un pays où toute solution politique passe nécessairement par un partage ethnique du pouvoir. L'ONU, l'Otan et le gouvernement Karzai tentent d'ailleurs de négocier avec certaines fractions talibanes. Le président Sarkozy a évoqué, à Bucarest, une "nouvelle approche" de la question afghane. Je redoute que ces propos restent sans effets. Mais il est clair que la coalition ne pourra jamais pacifier le pays sans un changement radical de politique, en renforçant notamment les autorités afghanes et en impliquant davantage ses voisins dans la recherche d'une solution.

c) Puissants impuissants
Une fois de plus, ce petit pays d'à peine 20 millions d'habitants, l'un des plus pauvres de la planète, met en échec une grande puissance.
L'Occident, qui n'a jamais été aussi fort sur le papier, se montre finalement incapable d'assumer avec efficacité, malgré les milliards de dollars déversés, le rôle de gendarme du monde sous la bannière de l'Amérique, qu'il s'est pourtant lui-même attribué. Même les États-Unis, qui ont toujours proclamé être capables de mener deux guerres à la fois, ne cachent plus leur désarroi. C'est en cela que la crise afghane est exemplaire : elle souligne la faillite des modalités d'intervention, l'inefficacité des procédures de distribution de l'aide, le manque total de clairvoyance politique. Et justifier l'envoi de troupes au nom de la lutte contre Al-Qaida — dont l'influence dans le pays s'est considérablement affaiblie — est sans doute un peu court pour masquer l'échec patent de la reconstruction du pays et de la consolidation de l'État, objectifs pourtant clairement affichés lors de la création de la force multinationale (Isaf) en 2001.  "La guerre contre le terrorisme est une imposture, on ne peut faire la guerre à ce qui est clandestin", souligne l'expert Gérard Chalian. La réalité, c'est que l'Otan combat les talibans car leur victoire sonnerait la défaite de l'Occident. Un scénario inacceptable, comme l'a rappelé le président de la République , même s'il ressemble étrangement à la mécanique infernale du Vietnam. En attendant, le paysan afghan cultive son champ de pavots, faute de l'aide promise.
ÉRIC BENHAMOU     LA TRIBUNE 11 avril 2008
http://www.afghana.org/1015/index.php?option=content&...

n° 171 - dossiers de l'Afghanistan du 28-04 (suite)- Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

n° 171  - dossiers de l'Afghanistan du 28-04 n°1- Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

 Les dossiers de l'Afghanistan (suite)

n°171 du 28-04 

Par  M.Lemaire                                                                           



NB : Si vous voulez-me contacter une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire : (suite)

3 Dossier & Point de vue (suite)

3-2 Point de vue de  M K Bhadrakumar : La "guerre contre la terreur"

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Mohamed Afifi : Guantanamo connais pas.

Annexe Géopolitique et stratégie- Analyse 

5-1 Edward S. Herman et David Peterson : Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme.


 3-2 Point de vue de  M K Bhadrakumar : La "guerre contre la terreur"

Avec trois ou quatre déclarations, en l'espace de la semaine dernière, qui semblent ne pas être reliées, la "guerre contre la terreur" en Afghanistan a acquis une nouvelle nuance significative. Mercredi dernier, le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dit, durant une visite à la ville sainte de Qom, que les Etats-Unis avaient envahi l'Afghanistan et l'Irak "sous le prétexte des attaques terroristes du 11 septembre".
La veille, le ministre des affaires étrangères turc, Ali Babacan, qui [lui] était en visite à Londres, a exprimé publiquement son scepticisme sur la conduite de la guerre en Afghanistan par l'Otan.
Il a prévenu que l'Otan "court au désastre". Lundi dernier, s'adressant à un rassemblement étudiant à l'Université Tsinghua de Pékin, le Président pakistanais Pervez Musharraf a vivement conseillé aux Chinois et aux Russes d'aider à stabiliser l'Afghanistan. Mais, dans cette analyse ultime, c'est la révélation sensationnelle par les dirigeants de l'ancienne Alliance du Nord (AN) de leurs contacts en cours avec les Taliban qui rend absurde la stratégie de la guerre afghane.
Le monopole des Etats-Unis sur la guerre afghane commence à faire l'objet d'une mise en doute publique sérieuse.
L'administration "en fin de parcours" de George W Bush est confrontée à une tâche difficile pour remporter la maîtrise des problèmes qui se développent à des niveaux multiples.
Pendant ce temps, des questions sont soulevées. Ces déclarations et ces postures publiques sont-elles essentiellement plus prudentes et plus prophylactiques que provocatrices ? Surgissent-elles d'une véritable inquiétude dans la région, selon laquelle les Etats-Unis sont tout simplement incapables d'aller de l'avant dans cette guerre ? Ou sont-elles le signe des manifestations d'un défi régional concerté à la mission des Etats-Unis ?
La déclaration d'Ahmadinejad est la première fois que Téhéran met en doute frontalement, au plus haut niveau du pouvoir, la raison d'être de l'invasion étasunienne en Afghanistan.

Celui-ci laisse à penser que le terrorisme est le prétexte, plutôt que la raison, de l'intervention des Etats-Unis.

Le dirigeant iranien soutient que l'intervention étasunienne était plutôt géopolitique. Considérant que l'Iran (sous l'ancien président Mohammed Khatami) avait apporté un soutien logistique à l'intervention des Etats-Unis en Afghanistan en 2001, la déclaration de mercredi dernier signifie une nouvelle réflexion, importante, de la part de Téhéran. Ahmadinejad a implicitement absous le régime Taliban de tout rôle dans les attaques du 11 septembre contre Washington et New York.
Comparé à la déclaration iranienne nuancée, Babacan a adopté une position selon la perspective que la Turquie est une puissance majeure de l'OTAN. Babacan a dit, dans une interview au journal londonien The Telegraph, que l'Otan court au désastre en comptant trop sur la force pour vaincre les Taliban.

Il a éloigné Ankara de la stratégie étasunienne de contre-insurrection, en soulignant que la dérive vers une "approche plus militariste se retournerait et finirait par saper le gouvernement afghan".
Babacan a rejeté avec force les critiques américaines selon lesquelles la Turquie avait refusé de déployer des troupes dans les régions problématiques du sud et de l'est de l'Afghanistan. Il a insisté sur la logique continue de la politique turque vis-à-vis de Afghanistan, qui se concentre sur les activités de reconstruction destinées à "gagner le cœur et les esprits [afghans]". Fait révélateur, il a prévenu que les Afghans pourraient "commencer à percevoir les forces de sécurité [de l'Otan] comme des occupants" et que la situation deviendrait "très compliquée". Mais il a, lui aussi, évité toute critique facile des Taliban.
De façon intéressante, Babacan a fait ces remarques dans une interview dans laquelle il a souligné l'éloignement croissant de la Turquie vis-à-vis de l'Europe. Aussi, lundi dernier, un nouveau round des consultations turco-iraniennes s'est tenu à Ankara, au sujet de la coopération bilatérale en matière de sécurité régionale, qui est déjà assez importante.
Musharraf est allé un peu plus loin. Il a exprimé l'espoir que l'Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) puisse jouer un rôle pour stabiliser l'Afghanistan. Il a ajouté : "Si l'OCS pouvait entrer en jeu, alors il nous faudrait nous assurer qu'il n'y a pas de confrontation avec l'Otan". L'OCS comprend la Chine , la Russie , le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, en tant que membres à part entière, et l'Iran et le Pakistan en tant "qu'observateurs".
Musharraf est célèbre pour ses remarques impromptues, mais le fait qu'il ait fait de telles déclarations à Pékin mérite l'attention. Le Pakistan a cherché à obtenir la qualité de membre à part entière [de l'OCS]. Les indices sont que Pékin soutient, en principe, la demande pakistanaise. Des reportages viennent juste de sortir selon lesquels Washington fait pression pour avoir un rôle d'appui dans le contrôle de la sécurité de l'arsenal nucléaire du Pakistan.
Lors du récent sommet de l'Otan à Bucarest (du 2 au 4 avril), Musharraf a visiblement soutenu l'appel du président ouzbek, Islam Karimov, avec pour effet que la formule "Six + Deux" de la période 1997-2001 (avec les "six" étant les pays qui bordent l'Afghanistan et les "deux" étant la Russie et les Etats-Unis), dont l'objectif est d'amener à la réconciliation inter-afghane entre les Taliban et leurs opposants, soit étendue à une nouvelle formule "Six + Trois" qui inclurait l'OTAN, aux côtés de la Chine , du Kirghizstan, du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, de l'Iran, du Pakistan, de la Russie et des Etats-Unis.
Moscou et Tachkent ont une approche coordonnée à ce sujet. Washington se retrouve devant un dilemme pour répondre à la proposition ouzbek de coopération avec l'Otan, ce qui signifierait un abandon virtuel des plans de l'alliance de s'étendre aux anciennes républiques soviétiques d'Ukraine et de Géorgie.
Cependant, dans un discours sans concession qu'elle a prononcé lundi 14 avril à la base de l'armée de l'air de Maxwell-Gunter, à Montgomery, dans l'Alabama, et qui était entièrement consacré à la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan, la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a précisément invoqué les grandes idoles de la Guerre Froide - George Marshall, Harry S Truman, George Frost Kennan et Dean Acheson.

Elle a envoyé un message stupéfiant à Moscou, selon lequel la victoire de l'Otan en Afghanistan est "non seulement essentielle, elle est réalisable".
Rice a fait remarquer que les "
succès en Afghanistan serviront nos intérêts régionaux plus larges, en combattant le terrorisme, en résistant au comportement destructeur de l'Iran et en ancrant une liberté politique et économique en Asie du Sud et en Asie Centrale. Et la réussite en Afghanistan est un test important pour la crédibilité de l'Otan".
Rice a ignoré froidement la proposition russo-ouzbèke de coopération. Sur fond de ce qui a été dit plus haut, la déclaration de la semaine dernière à Kaboul faite par la direction de l'Alliance du Nord d'autrefois mérite une attention particulière.
L'Alliance du Nord bénéficie du soutien de la Russie , des Etats d'Asie Centrale et de l'Iran - ainsi que de la Turquie , jusqu'à un certain point. Sayyed Agha Hussein Fazel Sancharaki, le porte-parole de ces groupes, qui sont désormais sous le parapluie du Front National Uni (FNI), a révélé à Associated Press (AP) que l'ancien président afghan Burhanuddin Rabbani et le commandant en chef de l'Alliance du Nord du Panshir, Mohammed Qasim Fahim (qui a actuellement la fonction de conseiller à la sécurité du Président Hamid Karzaï) ont rencontré les Taliban et les autres groupes d'opposition (sans doute, le Hezb-i-Islami dirigé par Gulbuddin Hekmatyar), au cours des derniers mois, pour la réconciliation nationale. Il soutient que ces rencontres ont impliqué des "personnes importantes" des Taliban.
En effet, Fahim (qui était le chef des services de renseignements sous le Commandant Ahmed Shah Massoud) et Rabbani (qui appartenait aux "Sept de Peshawar" d'origine - des dirigeants moudjahidin basés au Pakistan dans les années 80) auraient des liens anciens avec Hekmatyar et avec des dirigeants Taliban de premier plan, comme Jalaluddin Haqqani. Rabbani a déclaré à AP que cette guerre de six-années doit être résolue par des pourparlers.
"Nous, au Front National Uni, et moi-même pensons que la solution pour un processus politique en Afghanistan se produira au moyen de négociations", a-t-il dit.

Rabbani a ajouté que les dirigeants de l'opposition discuteraient bientôt et sélectionneraient probablement une équipe officielle de négociation pour entamer des pourparlers avec les Taliban. Il a reproché à Karzaï de ne pas poursuivre le dialogue avec les Taliban. "J'ai dit à Karzaï que lorsqu'une personne commence quelque chose, elle devrait la terminer. Sur la question des négociations, il n'est pas bon de faire un pas en avant, puis un pas en arrière. Ce travail devrait être poursuivi d'une façon très organisée".
Il va sans dire que les puissances régionales - en particulier la Russie , l'Ouzbékistan et l'Iran - observeront avec beaucoup d'attention le dialogue inter-afghan impliquant le FNI et les Taliban. Ce qui donne une impulsion à ce dialogue est visiblement que le sommet de l'Otan à Bucarest n'a abouti qu'à une petite augmentation du nombre de soldats, ce qui place des points d'interrogation sur la viabilité et les perspectives des opérations de l'Otan. Mais est-ce tout ?
On peut s'attendre à ce que ces divers aspects se fassent concurrence pendant un certain temps, jusqu'à ce que quelques-uns de ces aspects commencent à dépasser les autres. Il semble que la géopolitique de l'énergie prenne déjà rapidement le commandement.
Vendredi dernier, Musharraf a abordé avec le Président chinois Hu Jintao le sujet d'un gazoduc reliant l'Iran à la Chine via le territoire pakistanais ; l'Iran demande vivement la qualité de membre de l'OCS (Organisation de la Coopération de Shanghai) ; un cartel gazier est sur le point de se former lors de la septième rencontre ministérielle des pays exportateurs de gaz, programmé à Moscou en juin prochain.
La National Offshore Oil Corporation de la Chine a confirmé que des discussions progressent effectivement sur un accord gazier de 16 Mds de dollars impliquant le champ gazier iranien de Pars Nord, suivant de près l'accord de 2Mds de dollars signé en mars entre la China Petroleum and Chemical Corporation et l'Iran pour développer le second champ pétrolier de Yadavaran.
Un expert de tout premier plan, Igor Tomberg, de l'Institut de l'Economie Mondiale et des Relations Internationales à l'Académie des Sciences de Russie, a écrit récemment 
: "L'Iran et la Russie devraient probablement ne pas se faire concurrence sur le marché du gaz, mais plutôt s'allier. Le président iranien a suggéré plus d'une fois à son homologue russe que leurs pays coordonnent leurs politiques gazières et qu'ils divisent donc les marchés gaziers. De plus, il pourrait y avoir un accord en vertu duquel la Russie continuera de fournir du gaz à l'Europe, tandis que l'Iran exportera son gaz vers l'Est. Ceci saperait les plans de diversifier l'approvisionnement vers l'Europe, qui dépendent lourdement des Etats-Unis".
L'Afghanistan est un centre-clé de l'Asie Centrale et du Moyen-Orient, riches en ressources. Pour paraphraser les mots du discours de Montgomery de Rice, "Que personne ne l'oublie : l'Afghanistan est une mission de nécessité pour les Etats-Unis, pas une mission de choix".                                           M K Bhadrakumar  24th April 2008 Article original : "Afghanistan moves to center stage" (21 avril 2008)
Traduction : JFG-QuestionsCritiques.

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière aux services étrangers indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes comprenant celui d'ambassadeur en Ouzbékistan (1995-98) et en Turquie (1998-2001).

Asia Times Online / Questions Critiques

http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BY&langue=3&id=25760

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Mohamed Afifi : Guantanamo connais pas.

Ces dernières semaines ont été marquées à travers le monde par des élections législatives ou présidentielles.Les plus spectaculaires sont les primaires américaines. Spectaculaire est un mot faible car il s’agit d’un super show comme seuls les américains savent en organiser. Au point que cela devient indécent quand on sait ce qui se passe aux quatre coins de la planète.
Pour l’heure les républicains ont désigné leur candidat en la personne d’un vétéran de la guerre du Vietnam John Mac. Barak Obama et Hillary Clinton n’arrivent pas à se départager au sein du parti démocratique. On note que la politique étrangère est présente chez les républicains alors qu’elle ne présente aucun intérêt aux yeux des démocrates. Il y a cependant des différences entre ceux-ci. Obama avait été dès le début opposé à l’invasion de l’Irak, alors que Clinton y était favorable. sans doute pensait-elle prétendre à une part de la «victoire». Cela fait apparaître Obama comme un homme sans calculs politiciens.
Il y a pourtant un trait commun aux deux candidats démocrates, car si l’invasion de l’Irak fait partie d’un passé aux conséquences qui empoisonnent la vie de l’Administration américaine, il n’en demeure pas moins que les citoyens américains sont toujours sous le choc des événements de septembre 2001. Les Américains acceptent dans leur grande majorité les lois réduisant les libertés individuelles et les discriminations envers les arabo-musulmans. C’est sur ces points que les deux candidats démocrates se rejoignent, en quelque sorte.
Il est étonnant que ces deux prétendants ne fassent pas la moindre allusion à cette situation d’exception. Quant au candidat républication, il trouve tout cela parfaitement légitime.
Le plus intolérable pour un observateur étranger, c’est qu’après le 9 septembre 2001, les Etats-Unis ont installé à Cuba, à Guantanamo, une zone de non droit où sont enfermés des «suspects» de terrorisme, capturés un peu partout, et de nationalités différentes. Ces centaines de prisonniers «vivent» en dehors de toutes les conventions internationales, et dans l’indifférence générale. Pour les candidats démocrates c’est «Guantanamo connais pas». Seul Kofi Anan, vers la fin de son mandat à l’ONU avait osé demander le démantèlement de ce bagne.
Depuis la chute des tours jumelles de NewYork seul un suspect a été présenté à la «justice» après avoir séjourné à Guantanamo. Il s’agissait de Zakarias Moussaoui maroco-français, que même sa mère n’avait pas reconnu tant il avait changé. Il avait témoigné en plein délire, reconnaissant des faits qu’il reniait le lendemain. Il ne fallait pas être grand expert pour remarquer que cet homme avait subi des lavages de cerveau et de nombreuses expériences.
C’est sans doute sa nationalité française, qui lui a évité la peine capitale, peine compensée par le pire, une cellule isolée éclairée jour et nuit, munie de gadgets devant faire un enfer de cette semblance de vie. En Amérique, ceux qui torturent ou seulement maltraitent des animaux sont condamnés par la justice.
Il reste cependant des centaines de captifs au bagne de Guantanamo, torturés jour et nuit, la torture étant légalisée aux Etats-Unis, alors que des centaines de millions de dollars sont transformés en confettis pour des primaires qui se veulent une vitrine de la démocratie pour le monde entier. De fait, chaque pays s’occupe dans son coin de globalisation. Pour les otages de Guantanamo, aucune perspective de recours à la justice, ce qui est la procédure dans toute démocratie et tout Etat de droit. Mais cela indiffère un monde qui se réclame pourtant des droits de l’homme.
Il faut rendre cette justice au candidat républicain, c’est qu’il est conséquent avec son idéologie. Ancien prisonnier au Vietnam qui avait infligé à l’armée américaine une humiliante défaite, il promet la victoire en Irak, avec en prime une opération similaire en Iran, et fatalement en Syrie. A moins que son président ne lui facilite l’élection en attaquant l’Iran avant la fin de son mandat. Déjà des navires de guerre croisent au large du Liban, en appui de ceux qui se trouvent déjà à l’entrée du détroit d’Ormuz. En parallèle l’armée israélienne se déploie. Dans ce cas, les démocrates seraient dans l’embarras, principalement Barak.
On sait que les Etat-unis et Israël ont une politique étrangère coordonnée. Ils ont la même vision du monde. Le général Ehud Barak, ministre de la Défense , a promis aux Ghazzaouis une «shohah». Un avocat israélien a expliqué à une chaîne de TV française que la «shohah» avec un «S» majuscule concerne le génocide des Juifs, tandis que la «shohah» de Ghazza s’écrit avec un «s» minuscule.
Pour être en mesure de discerner à l’oreille un grand «S» d’un petit «s», cet avocat est un génie.

Mohamed Afifi  Mars 2008    http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?r=4&n=568



5 Annexe Géopolitique et stratégie- Analyse

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Edward S. Herman et David Peterson : Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme.

A comparer avec la Déclaration du récent sommet de Bucarest, ou le mot "terrorisme" apparait plus d'une 10aine de fois : "Nous condamnons avec la plus grande fermeté tous les actes de terrorisme, quelles qu'en soient les motivations ou les manifestations. Nos pays restent déterminés à combattre ce fléau, individuellement et collectivement, aussi longtemps qu'il le faudra, dans le respect du droit international et des principes des Nations Unies. Les terroristes emploient divers types d'armes conventionnelles et de tactiques, y compris des tactiques asymétriques, et ils pourraient chercher à utiliser des armes de destruction massive pour menacer la paix et la sécurité internationales. Nous attachons une grande importance à la protection de la population, du territoire, des infrastructures et des forces de nos pays contre les conséquences des attentats terroristes...etc, etc"

Dans les années 1940, les nazis considéraient toute forme de lutte ou de résistance contre leur hégémonie économique et militaire comme du terrorisme. Aujourd’hui comme à l’époque, en matière de lutte contre le terrorisme, tout est affaire de définition. Celle que les USA, l’ONU, la « Communauté Internationale » et les médias donnent désormais des termes « Terrorisme » et « Terroriste » est prodigieusement malléable. Elle peut prendre ou exclure littéralement toutes les acceptions qu’on veut, en fonction des besoins, et devient de fait un moteur d’expansion et un outil aussi précieux que redoutable pour nos investisseurs comme pour nos élites. En d’autres termes, en partant comme ça on va droit dans le mur !
L’un des signes les plus révélateurs de la naïveté politique des « libéraux » et de la Gauche aux USA est leur foi inébranlable dans l’imagerie internationale dont se drape l’état impérial qu’est leur pays. Cette preuve d’incompétence crasse n’est nulle part aussi flagrante que dans leur capacité à se laisser bercer par l’idée que ce qu’on appelle « guerre contre le terrorisme » existe réellement – quoi que les critiques puissent dire au sujet de l’inefficacité de la manière dont elle est menée – et qu’en finir avec cette guerre est nécessairement la priorité absolue de la politique étrangère des USA et du reste du monde. Dans une telle perspective, plutôt que sur l’Irak, c’est sur l’Afghanistan ou le Pakistan qu’auraient dû s’abattre les foudres de cette guerre contre le terrorisme. La plupart d’entre eux estiment d’ailleurs que l’attaque US contre l’Afghanistan, qui dure depuis octobre 2001, était une légitime et nécessaire étape dans le développement de cette guerre. Il leur semble donc évident que l’erreur tragique de l’Administration Bush fut de se laisser détourner de cette priorité absolue pour concentrer leur action militaire sur l’Irak et d’autres théâtres, réduisant d’autant leur engagement là où il était le plus indispensable.

C’est naturellement le genre de critiques auxquelles on peut s’attendre de la part d’anciens supporters de Bush qui ont préféré fuir le régime croulant de Washington. Mais il est ahurissant que des commentateurs aussi durablement hostiles à la politique de Bush que Frank Rich, du New York Times, puissent tenir pour des évidences la plupart des fondements de cette vision du monde et les rabâcher constamment en toute bonne conscience. Pour Rich, la question de savoir « Qui a fait perdre la guerre en Irak ? ne fait que détourner l’attention d’une question bien plus accablante : Qui est en train de perdre la guerre contre le terrorisme ? » Un thème récurrent des articles de Rich est que l’administration Bush-Cheney « est aussi nuisible à la conduite de la guerre contre le terrorisme qu’elle peut l’être aux droits civiques. » Fin 2007, la « super mauvaise nouvelle » que déplorait Rich était que, « tout comme l’invasion irakienne a détourné les USA de la guerre contre Al Quaeda, attaquer l’Iran pourrait embraser le Pakistan, base la plus florissante d’Al Quaeda et véritable épicentre de la guerre contre le terrorisme. »

Les témoignages de foi dans cette prétendue « guerre contre le terrorisme » ne manquent pas. Ainsi, dans un long compte-rendu de quelques ouvrages dans lesquels elle engage les Américains à « réactualiser leur conception du terrorisme » et à « reconquérir les cœurs et les esprits » dans le monde entier, Samantha Power, diplômée de Harvard et lieutenant d’élite de la brigade humanitaire [ndt : systématiquement pour les « interventions humanitaires » de l’armée américaine], écrivait que « la plupart des Américains restent très justement convaincus que les États-Unis ont le devoir de s’opposer au terrorisme islamiste – et d’empêcher par tous les moyens possibles les réseaux terroristes d’acquérir des armes de destruction massive. Mais les conjectures de Bush ont fait long feu… » Le plus ahurissant était l’air de consternation avec lequel Power annonçait que des « millions de gens – sinon des milliards – dans le monde entier ne comprennent pas la différence entre une attaque suicide contre une pizzeria et une attaque américaine sur ce qui s’avère, après coup, n’être qu’un banquet de mariage » 1 – la seule boussole morale défectueuse étant, bien entendu, celle de ces masses incapables de comprendre que seules les attaques américaines sont légitimes et que, si nombreuses soient-elles, les victimes qui en résultent ne sont qu’« erreurs tragiques » et « dommages collatéraux. »

Dans la lignée de Samantha Power, la déclaration de l’Institute for American Values [l’Institut pour les Valeurs Américaines] parue en février 2002 sous le titre What We're Fighting For [Ce pour quoi nous combattons] et cosignée par une soixantaine d’intellectuels américains, au nombre desquels Jean Bethke Elshtain, Francis Fukuyama, Mary Ann Glendon, Samuel Huntington, Harvey C. Mansfield, Will Marshall, Daniel Patrick Moynihan, Michael Novak, Michael Walzer, George Weigel, et James Q. Wilson, désignait solennellement la guerre contre le terrorisme comme une « guerre juste. » « Les criminels organisés de portée internationale sont désormais une menace pour nous tous », pouvait-on lire au cœur d’un éloquent passage. « Au nom de la moralité humaine universelle, et pleinement conscients des restrictions et impératifs d’une guerre juste, nous soutenons la décision de notre gouvernement et de notre société de recourir contre eux à la force des armes. » Manifestement, à aucun moment l’idée qu’on puisse trouver de notre côté des « criminels organisés de portée internationale » infiniment plus dangereux et efficaces qu’Al Quaeda, ne traverse l’esprit de ces intellectuels là. Et à l’instar de Samantha Power, eux aussi prétendent faire clairement la distinction entre l’assassinat délibéré de civils, comme dans un attentat suicide, et les pertes du type « dommages collatéraux », y compris dans les cas où les victimes civiles sont infiniment plus nombreuses et étaient parfaitement prévisibles, quoi qu’elles n’aient pas été spécifiquement intentionnelles. Le propos de toutes ces ratiocinations n’étant dans l’ensemble que de bien différencier nos exactions et leurs exactions. Ce sont seulement ces dernières qui constituent « un mal absolu qui menace la terre entière […] et dont l’élimination impose clairement le recours à la force. »

Dans la même veine, les premières contributions de Richard Falk – professeur de droit international à l’Université de Princeton – au journal The Nation, au lendemain du 11 septembre, voyaient derrière ces événements « un programme visionnaire de terrorisme international apocalyptique. » « C’est clairement une déclaration de guerre surgie du tréfonds des abysses », notait Falk, « une transmutation à la fois conceptuelle et tactique dans la nature même du défi terroriste. […] Rien n’indique que les forces qui sont derrière ces attaques aient eu d’autre motivation que leur extraordinaire volonté de destruction. […] Nous sommes en équilibre au bord d’une guerre globale, inter-civilisationelle sans frontières ni champs de bataille. » Quelques semaines plus tard, acquiesçant discrètement à la doctrine de la « guerre juste », Falk déclarait que « la destruction du régime des Talibans aussi bien que du réseau d’Al Quaeda […] sont des objectifs légitimes… », et d’ailleurs d’autant plus légitime en ce qui concerne les Talibans, que « leurs politiques gouvernementales sont si oppressives qu’elles offrent à la communauté internationale les plus solides fondements possibles pour une intervention humanitaire. »

Peter Beinart, l’ancien éditeur de The New Republic, plutôt libéral et auteur en 2006 de l’ouvrage The Good Fight: Why Liberals—-and Only Liberals—Can Win the War on Terror and Make America Great Again [Le Bon Combat : Pourquoi les Libéraux – et seulement les libéraux – peuvent gagner la guerre contre le terrorisme et rendre à l’Amérique toute sa grandeur], écrivit au lendemain de la réélection de Bush-Cheney en 2004 : « Aujourd’hui, la guerre contre le terrorisme est partiellement éclipsée par la guerre en Irak. Mais même si l’Irak devient le Vietnam, il ne doit pas davantage nous faire oublier la guerre contre le terrorisme, que le Vietnam ne pouvait nous faire oublier le combat contre le communisme. La Jihad mondiale sera toujours là, bien après que les troupes américaines auront cessé de mourir à Falluja et Mossul. De fait, le triomphe ou le déclin du libéralisme dépendront de sa capacité à devenir ce que [Arthur] Schlesinger appelait ‘une foi combattante’. »

Même David Cole et Jules Lobel, auteurs d’une très remarquée critique des politiques de Bush-Cheney : « Pourquoi l’Amérique est en train de perdre la Guerre contre le Terrorisme », prennent pour argent comptant la réalité d’une « stratégie du contre-terrorisme. » Cette stratégie a été un « échec colossal » insistent-ils, car elle a « compromis notre esprit, fortifié nos ennemis, et nous a laissés moins libres et moins sûrs. » La guerre U.S. en Irak « a permis à l’administration de se concentrer non plus sur Al Quaeda, l’organisation qui nous a attaqués le 11 septembre, mais sur l’Irak, une nation qui n’en avait rien fait. La guerre en Irak a, littéralement à tous points de vue, rendu les États-Unis, les Irakiens, nombre de nos alliés et dans ce domaine presque le monde entier plus vulnérable aux terroristes. En prenant l’Irak pour cible, l’administration Bush a non seulement siphonné la plupart des ressources destinées à la lutte contre Al Quaeda, mais elle a aussi offert une occasion en or à Al Quaeda pour inspirer et recruter d’autres terroristes prêts à s’en prendre aux USA et à leurs alliés. Notre invasion de l’Irak en a même fait le premier terrain d’entraînement terroriste au monde. »

Ailleurs, prenant la parole lors d’un forum sponsorisé par l’Open Society Institute [célèbre think tank U.S.] à New York City [le centre des affaires de New York], David Cole alla même jusqu’à affirmer que « nul n’a jamais osé prétendre » que l’attaque U.S. post 9-11 contre l’Afghanistan « n’avait pas été un acte de légitime défense. » Non moins remarquable était l’affirmation de Cole, peu de temps après, insistant que la détention de prisonniers à Guantanamo « n’aurait pas été une pratique sujette à controverse si on leur avait d’emblée accordé un procès en bonne et due forme » parce que, comme l’expliquait Cole, de tels procès « auraient permis d’identifier ces gens et ceux pour lesquels nous n’avions aucune preuve qu’ils aient fait partie d’Al Quaeda auraient alors été relâchés. »

La première remarque de Cole flanque aux oubliettes la Charte des Nations Unies, qui n’autorise l’attaque d’un autre pays par légitime défense, qu’en cas de menace d’attaque imminente, et seulement jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité intervienne en faveur du pays menacé. Or étant donné l’absence d’une telle urgence et l’absence d’une autorisation des Nations Unies, et vu que les responsables des attentats du 11 septembre agissaient pour leur propre compte et non celui d’un pays, l’attaque U.S. d’octobre 2001 contre l’Afghanistan constituait une violation patente de la Charte des Nations Unies et un « crime suprême » selon la terminologie définie au Procès de Nuremberg. Cole aurait-il défendu des attentats à la bombe cubains, nicaraguayens ou irakiens contre Washington DC comme des actes légitimes d’autodéfense, aux moments les plus critiques de notre passé récent, tandis que les USA lançaient ou soutenaient une attaque à leur encontre ? Probablement pas ! En outre, Cole ne semble guère se soucier du fait que les États-Unis ont attaqué après avoir refusé l’offre du gouvernement afghan de livrer Ben Laden si des preuves leur étaient données démontrant son implication dans les attentats. La guerre ne fut d’ailleurs déclenchée que bien après que Ben Laden et ses troupes avaient eu plus que le temps nécessaire pour s’enfuir, et elle fut dirigée principalement contre le gouvernement taliban et la population afghane, parmi laquelle elle fit des milliers de victimes du fait de principes de ciblage qui assuraient et produisirent effectivement un maximum d’« erreurs tragiques » et qu’on peut raisonnablement qualifier de crimes de guerre.

Etant donné l’illégalité et l’immoralité de cette guerre – aujourd’hui largement dans sa septième année – on ne peut évidemment en aucun cas considérer le massacre des civils afghans comme « légitime » – et pas davantage l’enlèvement de prisonniers, sous quelque prétexte que ce soit. D’ailleurs, la seconde remarque de Cole passe également à la trappe la manière dont ces prisonniers ont été appréhendés – certains ayant été dénoncés et livrés en échange de primes substantielles – ainsi que les traitements qu’ils eurent à subir, tant en Afghanistan qu’en route pour Guantanamo ou dans les centres de détentions secrets, en plus des durées de détention illégales ou de l’absence de « procès en bonne et due forme. » Pour finir, Cole se plante complètement en ce qui concerne la prétendue unanimité sur la légitimité de cet « acte d’autodéfense » contre l’Afghanistan. En dépit de l’hystérie soulevée aux États-Unis à l’époque, de très nombreux de juristes en contestèrent justement la légitimité. De plus, une série de sondages effectués par Gallup International dans 37 pays différents vers fin 2001, montrèrent que dans pas moins de 34 d’entre eux la majorité des sondés étaient opposés à une attaque militaire contre l’Afghanistan et préféraient voir les attentats du 11 septembre être assimilés à des crimes de droit commun plutôt qu’à des actions militaires, avec extradition et cour d’assises pour les présumés coupables. Les trois pays où l’opinion allait à l’encontre de cette majorité constatée dans les 34 autres, étaient les USA (54%), l’Inde (72%) et Israël (77%). En d’autres termes, il apparaît qu’une majorité substantielle et parfois même une très large majorité des populations de la planète étaient opposées à ce que les USA optent une fois de plus pour la guerre.

Edward S. Herman et David Peterson
26 avril 2008

n° 171 -dossiers de l'Afghanistan du 28-04(Fin) - Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »

° 171  - dossiers de l'Afghanistan du 28-04 n°1- Marc W. Herold : « L'Afghanistan comme espace vide. - Le parfait Etat colonial du XXIº siècle »
Les dossiers de l'Afghanistan (fin)

n°171 du 28-04 

Par  M.Lemaire                                                                           



NB : Si vous voulez-me contacter une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : (fin)

Annexe Géopolitique et stratégie- Analyse (Fin 


5-2 Edward S. Herman et David Peterson : Quelle Guerre contre le Terrorisme ?
Pour autant, parler d’échec de la guerre contre le terrorisme n’en repose pas moins sur l’idée fausse qu’il y a réellement une guerre contre le terrorisme. Or les bases ne manquent pas pour invalider cette idée. Premièrement, il n’est pas de définition sérieuse de ce terme qui ne le donne pour un moyen de poursuivre des objectifs politiques, un instrument de lutte, et il n’est guère pertinent de parler d’une guerre à mener contre un moyen ou un instrument. En outre, si ce moyen consiste en des méthodes d’intimidation politique ou des moyens de se faire connaître par le recours à la violence à l’encontre de civils ou la menace d’y recourir, le principal problème de cette prétendue guerre est que les États-Unis et Israël entrent clairement dans cette définition et soutiennent des alliés et des agents qui, eux aussi, ont couramment recours à ce type de méthodes. La stratégie dite Shock and Awe qui servit de prélude à l’invasion /occupation de l’Irak, en 2003, avait ouvertement et explicitement pour objectif de terroriser la population et les forces armées irakiennes. Le choix du recours à la torture, aux bombardements ou aux attaques de grande envergure, comme celle qui a anéanti la ville de Falluja, visaient spécifiquement à instiller la peur et à intimider les populations irakiennes pour inhiber la résistance. Les frappes aériennes récurrentes, attaques terrestres et autres assassinats ciblés de responsables palestiniens par Israël ont eux aussi pour but d’engendrer la peur et l’apathie, c'est-à-dire de terroriser. Longtemps responsable du Labour Party, Abba Eban reconnaissait déjà il y a des années, que les bombardements de civils libanais reposaient sur « le calcul rationnel, d’ailleurs vérifié par la suite, que les populations qui les subissaient (ce qui signifiait les civils délibérément pris pour cibles) feraient elles-mêmes pression pour la cessation des hostilités. » C’était admettre sans la moindre équivoque le recours pur et simple au terrorisme et cela caractérise incontestablement la politique israélienne au cours des années de prétendue « guerre contre le terrorisme. » L’ancien Premier ministre Ariel Sharon avait lui aussi reconnu avoir délibérément dirigé ses attaques contre des civils, lorsqu’il déclarait en 2002 « Il faut frapper les Palestiniens et leur faire vraiment très mal : nous devons leur causer des pertes importantes, des victimes, pour bien leur faire sentir que le prix à payer est très lourd. »
Les États-Unis et Israël sont actuellement lancés dans une phase optimum de terrorisme, qui mêle bombardements stratégiques, attaques héliportées, pratique régulière de la torture, invasions (et menaces d’invasions) de grande envergure, etc. Là, nous ne sommes plus du tout dans un type d’actions visant à faire une proportion restreinte de dégâts ou de victimes, comme de ponctuels détournements d’avions ou attentats suicides. Il s’agit ici de ce qu’on appelle depuis longtemps la différence entre le terrorisme de grossiste et le terrorisme de détaillant, le premier étant mené par des États et à une très grande échelle, le second étant le fait d’individus ou de groupuscules, et étant mené à une échelle infiniment moindre, avec de bien moins nombreuses victimes que sa contrepartie étatique. Les « détaillants », par exemple, n’entretiennent pas un réseau de centres de détention dans lesquels la torture est notoirement une pratique courante (à la grande époque du terrorisme d’État argentin, dans les années 1970, Amnesty International estimait à une soixantaine le nombre de centre de détentions de ce type que l’armée argentine maintenait dans le pays. A l’heure actuelle, les États-Unis entretiennent des dizaines de ces centres, dans des bases militaires, sur des bâtiments de l’U.S. Navy ou au cœur d’installations établies dans des États clients).

Par ailleurs en matière de terrorisme, les « détaillants » sont fréquemment sponsorisés par les « grossistes. » Le réseau de réfugiés cubains qui depuis des décennies mène des actions hors des États-Unis depuis la Floride , les Contras du Nicaragua, l’Unita de Jonas Savimbi dans l’Angola des années 1980 (qui jouissait aussi du soutien de l’Afrique du Sud), l’Armée du Sud Liban (qui des années durant fut aussi soutenue par Israël), les escadrons de la mort et autres paramilitaires de l’extrême droite colombienne, toujours très actifs, etc. ont tous notoirement bénéficié du soutien inconditionnel des États-Unis. De fait, une véritable guerre contre le terrorisme impliquerait en principe inévitablement des attaques contre les États-Unis et Israël, comme principaux terroristes de masse et principaux sponsors – une idée qu’on attend toujours de voir suggérée par au moins un des ardents zélateurs de la guerre contre le terrorisme.
En fait l’un des grands mystères de cette conviction si largement répandue que les États-Unis et Israël combattent – et non pratiquent – le terrorisme, c’est cette remarquable capacité des médias occidentaux et des intellectuels à éviter aussi scrupuleusement de faire réellement le tour de ce qui peut entrer dans la définition du mot terrorisme, que de chercher à savoir qui en fait le plus dans ce domaine – ce qui permet à l’establishment des puissances occidentales d’user à sa guise du terme de terrorisme à l’attention exclusive de ceux qu’il prend pour cible. Nous, nous ne faisons que riposter. Ce que nous faisons c’est du « contre-terrorisme ». D’ailleurs ce sont ceux que nous combattons qui ont commencé, et si dérisoires soient-elles comparées aux nôtres, ce sont leurs actions qui sont terroristes.
Un autre grand mystère de cette curieuse aptitude à gober toute la propagande qu’on nous déverse sur cette « guerre contre le terrorisme », est la capacité de tous ceux qui la gobent à ne tenir aucun compte des visées et de la stratégie internationale U.S. A aucun moment ils ne se posent la question : « Est-ce que les États-Unis ne font réellement que riposter aux attentats du 11 septembre, ou est-ce que leurs dirigeants ont un ordre du jour plus substantiel pour lequel ils ne dédaignent pas de tirer parti du 11 septembre comme prétexte ? » Cette question, du reste évidente, inclut d’ailleurs les bases de sa propre réponse : nombre de documents de la décennie précédente montrent très clairement que l’équipe de Bush rêvait à voix haute d’un nouveau « Pearl Harbor » qui pourrait leur permettre de lâcher une offensive et une vaste opération de « projection de puissance » sur le Moyen-Orient puis sur le reste du monde. Textuellement, selon les termes véritablement infects du Project for the New American Century (2000) [le Projet pour le Nouveau Siècle Américain (ndt : l’Administration Bush avait déjà baptisé le XXe siècle « Le Siècle de l’Amérique »)], « Le processus de transformation, fut-il porteur de changements révolutionnaires, sera probablement très lent, à moins d’avoir pour catalyseur quelque événement catastrophique – une sorte de nouveau Pearl Harbour. » Les forces armées colossales que l’on a constamment continué d’augmenter dans notre pays ont pour avantage de permettre une telle projection de puissance par la menace ou par la force. Or leur augmentation comme leur utilisation a toujours bénéficié d’un soutien bipartisan [ndt : à la fois Républicain et Démocrate], qui dans une large mesure reflétait le pouvoir et les objectifs de l’establishment militaire, des entrepreneurs et hommes d’affaires liés à ce secteur et de grands consortiums transnationaux. Cette expansion démesurée du secteur militaire ne répondait en aucune façon à des impératifs de défense. Elle a toujours été exclusivement orientée vers la projection de puissance, c'est-à-dire exclusivement offensive.
A ce stade, il est important de souligner qu’au moment des attentats du 11 septembre, en 2001, la plupart des experts considéraient Al Quaeda comme un groupuscule mineur, non lié à un état particulier, possiblement basé en Afghanistan et/ou au Pakistan et comptant tout au plus quelques milliers d’activistes éparpillés à travers le monde de façon disparate. Il est clair que le démantèlement d’une telle organisation requerrait l’implication de brigades de lutte contre le crime organisé et des services secrets ou d’espionnage, mais non une guerre. On pouvait bien sûr entrer en guerre contre le pays qui leur servait de principal refuge, mais vu la disproportion des moyens et des fins et le risque qu’une guerre, avec son cortège de victimes et d’accents impérialistes, n’aboutisse en définitive qu’à renforcer Al Quaeda, le recours immédiat à la guerre au lendemain des attentats du 11 septembre suggère en réalité des objectifs d’un tout autre ordre, tels que notamment la rétorsion et la volonté de tirer parti de l’aubaine pour lancer des opérations de projection de puissance. De fait, si l’on pouvait effectivement lancer une guerre contre l’Afghanistan ou une attaque contre le quartier général d’Al Quaeda, il pouvait difficilement s’agir d’une guerre contre le terrorisme. De même, un engagement en Afghanistan ou la poursuite des membres d’Al Quaeda pouvait difficilement justifier la monumentale escalade militaire qui allait suivre.

Il est par ailleurs extraordinaire que les planificateurs de cette « guerre contre le terrorisme » n’aient jamais envisagé de stopper le terrorisme à sa source, en solutionnant les problèmes qui avaient généré les terroristes, et qui demeurent le terreau de leur recrutement. En fait, pour ces planificateurs comme pour leurs supporters, se poser simplement la question « Pourquoi ? » revient littéralement à faire l’apologie du terrorisme. C’est une question qu’ils ne se posent pas, préférant de loin s’en tenir aux clichés de base sur les terroristes, sur leur jalousie haineuse, leur aversion pour la liberté et la démocratie ou sur leurs inclinations religieuses voire génétiques. Or tout cela corrobore justement l’idée que leur objectif réel n’est en aucun cas d’en finir avec la terreur. En réalité ils ont besoin d’alimenter en permanence le flux constant de résistants terroristes que leurs actions génèrent, pour justifier leurs véritables objectifs de projection de puissance sans s’encombrer d’aucune limite. L’incapacité à venir à bout du terrorisme n’est nullement une défaite de la guerre contre le terrorisme, c’est au contraire l’élément indispensable de toute sa mécanique interne.
En fait, la guerre contre le terrorisme est plus une sorte d’artifice intellectuel et de propagande, analogue à ce que fut en son temps «  la Guerre Froide  » – dont elle prend le relais dans une large mesure – laquelle servait en réalité de justification et de couverture à l’expansion impériale des USA. Guatemala, Vietnam, Chili, Indonésie, Zaïre (parmi tant d’autres) faisaient régulièrement l’objet d’actions de déstabilisation ou d’attaques, au prétexte d’une prétendue menace soviétique qui devait y être combattue. Cette menace n’avait généralement aucune réalité sur le terrain et les prétendues connexions étaient le plus souvent risibles. Depuis la fin de cet âge d’or, la poursuite des terroristes a largement démontré qu’elle pouvait lui être un excellent substitut, puisqu’on pouvait toujours compter sur la crédulité des médias pour tenir tout groupe rebelle pris pour cible comme potentiellement ou effectivement terroriste et possiblement lié à Al Quaeda. En Colombie, les FARC sont des terroristes. Mais les paramilitaires d’extrême droite qui ont le soutien du gouvernement et qui massacrent infiniment plus de civils, ne le sont pas et bénéficient au contraire du soutien « anti-terroriste » des USA. Le Venezuela d’Hugo Chavez, qui ne massacre pas de civils, se voit pour sa part reprocher son manque de coopération dans le programme « anti-terroriste » U.S. et est accusé d’avoir partie liée avec des pays ciblés par les États-Unis, tels que l’Iran et Cuba qui, assure-t-on, soutiennent des terroristes. L’Egypte, la Jordanie , le Maroc, l’Algérie et bien d’autres pays où la torture est une pratique courante sont « à nos côtés » dans la guerre contre le terrorisme. Des pays tels que le Venezuela, l’Iran et Cuba ne le sont pas et sont aisément catalogués comme terroristes ou « liés » à des États terroristes.
Si Al Quaeda n’existait pas, les États-Unis seraient obligés de l’inventer, et c’est bien évidemment ce qu’ils firent, dans les années 1980, où elle était un outil idéal de déstabilisation de l’URSS. Le rôle plus récent d’Al Quaeda n’est qu’un classique retour de flamme. On peut aussi y voir un cas de résistance à la projection de puissance, dans la mesure où les activités terroristes d’Al Quaeda glissèrent du combat contre l’occupation soviétique à celui contre l’intervention U.S. en Arabie Saoudite, en Palestine ou ailleurs. En outre, le sentiment d’avoir été utilisés par les USA pour déstabiliser l’Union Soviétique, puis lâchés, n’a sans doute fait qu’attiser ce glissement.

Tandis que l’interventionnisme américain permettait de propulser Al Quaeda sur le devant de la scène internationale – et il continue d’ailleurs à en favoriser le recrutement – il a aussi engendré des mouvements de résistance bien au-delà d’Al Quaeda, notamment en Irak où la majeure partie de la résistance n’a rien à voir avec Al Quaeda et s’est même très largement braqué contre ses représentants. Mais tant que les projections de puissance U.S. dans le monde entier engendrent des résistances et tant que cette résistance peut être considérée comme « terroriste », l’agression et le terrorisme « de grossiste » des États-Unis ont de beaux jours devant eux. N’importe quel pays qui entend s’aligner sur les États-Unis peut condamner ses propres dissidents et autres mouvements de résistance comme « terroristes », qu’ils aient ou non des liens avec Al Quaeda, et recevoir à ce titre une assistance militaire U.S. La guerre contre le terrorisme est fondamentalement la guerre de projection de puissance d’une super-puissance, c'est-à-dire une guerre impérialiste à l’échelle mondiale ou globale.

La question de savoir qui terrorise qui n’a rien de bien nouveau. En 1979, l’ouvrage The Washington Connection and Third World Fascism, de Noam Chomsky et Edward Herman, exposait en détail le goulag du terrorisme U.S. et offrait même une illustration montrant les flux d’assistance économique et militaire U.S. en direction de 26 des 35 pays du tiers monde où la torture était une pratique courante des forces de sécurité. L’ouvrage d’Edward S. Herman The Real Terror Network, paru en 1982, remontait lui aussi l’écheveau de ce goulag du Terrorisme International sponsorisé par les USA et mettait en évidence le lien de cause à effet logique entre le développement des grands consortiums transnationaux et le besoin de disposer de terroristes d’État, alliés et susceptibles de créer un climat favorable à l’investissement. Comme le disait si bien le dictateur philippin Ferdinand Marcos aux responsables des plus grandes compagnies pétrolières en 1972, au moment de son accession au pouvoir : « Nous passerons les lois qu’il vous faut, dites-nous seulement ce que vous voulez. » Bien sûr, la grande presse passa ces ouvrages à la trappe et ils n’eurent pas la moindre chance de faire le poids face à The Terror Network de Claire Sterling, qui remontait fallacieusement le fil de divers attentats de « terroristes détaillants » vers l’URSS. Cet ouvrage s’inscrivait dans la prétendue « guerre contre le terrorisme » de la période Reagan, qui coïncidait avec le soutien de Reagan à l’invasion israélienne du Liban et au terrorisme du « Poing d’Acier » qui allait y être mis en œuvre, mais aussi avec le soutien de Reagan au régime militaire argentin, à Suharto, à Marcos, à l’Afrique du Sud [d’avant Mandela], au régimes terroristes du Salvador et du Guatemala, à Savimbi, aux réseaux terroristes cubains anti-castristes et aux contras du Nicaragua.
Ce grand moment du terrorisme U.S. et du soutien U.S. au Terrorisme International refait sporadiquement surface dans les grands médias, mais c’est seulement pour mieux le laisser de côté comme appartenant au passé, au prétexte que les États-Unis ont depuis longtemps changé de méthodes et qu’on a bel bien tourné la page. Dans un classique du genre, Michaël Ignatieff déclarait dans le New York Times Magazine qu’il en était ainsi parce que c’est ce qu’avait dit le président Bush ! « Le tournant dans la politique extérieure des États-Unis est quelque chose de récent », écrivait-il ajoutant même qu’à force de s’engager dans cette voie, l’actuel président George Bush avait « véritablement risqué sa présidence sur cette conviction que Jefferson pouvait avoir raison. » Cette manière d’éluder les faits historiques et le soutien inconditionnel des institutions à la version officielle de l’histoire confortent naturellement la propension des grands médias et des milieux intellectuels à tenir pour acquis l’idée que les États-Unis sont fondamentalement vertueux et s’efforcent seulement de faire le bien, à travers leur politique étrangère, ou ne font que se défendre contre les méchants et des mouvements qui, sans la moindre raison, nous haïssent. Comme nous avons pu le voir, les modes de définition ahurissants auquel ils ont recours tiennent littéralement d’Alice au Pays des Merveilles : le terrorisme, c’est tout ce que je décide de prendre pour cible et de désigner comme tel.
Les deux grandes innovations de la projection de puissance et du terrorisme « de grossiste » de la période Bush, sont leur impudence et leur étendue. Autrefois, la pratique de la torture et l’utilisation de goulags dans lesquels de prétendus ou éventuels terroristes ou résistants étaient détenus et soumis à la question restaient plus ou moins secrètes. On gardait toujours plus ou moins à l’égard des exactions commises et autres violations du droit international ou de la complicité des États-Unis, une dénégation possible. L’équipe de Bush, elle, ne s’en cache pas le moins du monde. Elle demande la légalisation de la torture et des autres violations du droit international auxquelles elle a recours, elle les rationalise par le biais de redéfinitions grossières – du terme de « torture » notamment – et revendique l’inapplicabilité du droit international à leur nouvelle catégorie « d’ennemis combattants. » Bush se vante aussi publiquement d’avoir porté aux quatre coins du monde la machine à exterminer U.S. et de la facilité avec laquelle on se débarrasse désormais d’ennemis déclarés (sous-entendu, en les assassinant, et manifestement sans auditions ni procès). « Le 17 septembre 2001, Bush signait un document présidentiel classifié autorisant une gamme d’opérations secrètes sans précédent » – révélait, bien plus tard, le Washington Post – au nombre desquelles « des mesures létales contre les terroristes, et l’investissement de sommes considérables pour s’attacher les agences de renseignement étrangères et les embarquer dans une nouvelle ère de pleine coopération avec la CIA.  » En 2003, dans son discours sur l’état de l’Union, Bush déclara que plus de 3 000 personnes suspectées de terrorisme avaient été arrêtées dans le monde entier « et beaucoup d’autres ont connu un sort différent – disons que, ils ne sont plus un problème ni pour les États-Unis, ni pour nos amis et alliés. » Comme l’avait souligné Chris Floyd, là c’est véritablement « d’escadrons de la mort universels » qu’il s’agit. Quant aux exploits de ces escadrons et à leur légitimation, c’est à peine si les médias en admettaient l’existence.
Le terrorisme d’État U.S., qui ne cesse de se généraliser et de s’étendre, n’est qu’une facette de la globalisation. Conformément aux principes de la globalisation, on a pu observer une augmentation considérable de la privatisation du terrorisme. Blackwater Worldwide n’est que la plus célèbre de ces armées mercenaires dont les effectifs dépassent aujourd’hui en Irak ceux des forces armées régulières [ndt : troupes locales plus troupes d’occupations !], et qui sont exemptées de certaines des contraintes légales imposées aux forces armées, notamment dans la façon de traiter les populations locales. Le goulag américain mondial, ce réseau de prisons secrètes et autres centres de torture, où nul ne sait combien de personnes ont été jetées, détenues sans procès, tabassées, torturées et même tuées, est implanté dans de nombreux pays : la « toile d’araignée » décrite pour la première fois par une enquête du Conseil de l’Europe, identifiait des décollages et atterrissages dans une trentaine d’aéroports de quatre continents différents. Une enquête antérieure de Human Rights First, estimait que les États-Unis disposaient de dizaines de centres de détentions de ce type, d’importance et de renommée variable, et participant de la « guerre contre le terrorisme. » S’y trouvaient notamment les cas les plus flagrants, tels que Guantanamo, Abu Ghraib et d’autres prisons en Irak, la base aérienne U.S. de Bagram en Afghanistan, le fameux Camp Bondsteel au Kosovo, ainsi que d’autres centres soupçonnés au Pakistan, en Jordanie, à Diego Garcia dans l’Océan Indien, de même qu’à bord de bâtiments de guerre de l’US Navy, en pleine mer. D’autres encore sont dirigés par des états clients ou non (Egypte, Syrie, Jordanie, Maroc), avec les mêmes fonctions, sinistre aboutissement de cette chaîne d’« extraordinary rendition » [redditions extraordinaires. ndt : euphémisme officiel (néologisme récent) de l’administration U.S. pour désigner ses propres détentions illégales. Extraordinaire signifie ici extrajudiciaire, et reddition signifie enlèvement…]. Etant donné l’ampleur de ce phénomène, le nombre des détenus s’élève très probablement à plusieurs dizaines de milliers, dont une proportion considérable ont été arrêtés et torturés sur la seule base de rumeurs, du montant alléchant d’une prime, de dénonciations de type vendetta, voire de simples erreurs sur des noms de personnes ou de lieux. On sait qu’une large majorité des personnes arrêtées au cours de rafles en Irak, ont été incarcérées sans qu’il y ait la moindre information sur de quelconques méfaits qu’ils auraient pu commettre, pas même sur ce que les troupes d’occupations pourraient considérer comme tels. De nombreux témoignages donnent à penser qu’il en va exactement de même en Afghanistan.

Un autre aspect fameux de cette « guerre contre le terrorisme » est le degré auquel le mythe de cette guerre a pu être poussé, par le biais des Nations Unies et de la « communauté internationale », en particulier avec l’intervention de l’ONU comme extension de la politique US. Cet engagement contraste fortement avec leur souveraine indifférence en matière d’agressions ouvertes et de violations de la Charte des Nations Unies concernant l’interdiction des guerres d’agression. A de très nombreuses reprises, les USA et Israël ont violé cette loi internationale fondamentale au cours des dix dernières années, et ils sont très clairement les leaders mondiaux en matière de terrorisme d’État, ce que de nombreux experts considèrent comme le principal point de cristallisation inspirant une résistance internationale et qui ne fait qu’attiser les différentes branches du terrorisme islamiste, y compris Al Quaeda. Pourtant, au lieu de se concentrer sur les causes que sont les guerres et le terrorisme d’État, les Nations Unies et la communauté internationale s’alignent sur États-Unis et s’en tiennent exclusivement au terrorisme mineur qui en découle, considérant la « guerre contre le terrorisme » comme une réalité avérée. Autrement dit, leur rôle est une fois de plus d’être au service des politiques américaines, et en l’occurrence d’aider les États agresseurs, les « grossistes » en matière de terrorisme, à réprimer le terrorisme mineur qu’ils génèrent eux-mêmes.

Cette constante, nous pouvons en remonter le fil au moins jusqu’à octobre 1999 (environ deux ans avant les attentats de New York), lorsque le Conseil de Sécurité adopta la Résolution 1267 « sur la situation en Afghanistan. » Cette Résolution déplorait que les « Talibans continuent à offrir un refuge sûr à Ossama ben Laden. » Elle exigeait en outre des Talibans qu’ils « livrent immédiatement Ossama Ben Laden aux autorités compétentes de l’un des pays où il faisait l’objet de poursuites. » Cette Résolution 1267 donna notamment lieu à la création du Comité de Sanctions Al Quaeda-Talibans, dont la fonction était d’orchestrer les pressions sur les Talibans et sur quiconque pouvait avoir des lien avec l’un quelconque d’entre eux. A l’époque, Ben Laden avait été inculpé par une Cour fédérale américaine pour son implication présumée dans les attentats suicides d’août 1998 contre les ambassades US du Kenya et de Tanzanie, qui avaient fait quelques 250 victimes. Al Quaeda venait également d’être désignée comme organisation terroriste par le Département de l’État US. « La communauté internationale a envoyé un message très clair », avait annoncé le Président Bill Clinton. « Le choix entre co-opération et isolement est entre les mains des Talibans. » « Cette injustice a été décidée sous la pression des États-Unis… Jusqu’ici personne n’a jamais produit la moindre preuve de l’implication d’Ossama Ben Laden dans le terrorisme » rétorquèrent les Talibans, soit sensiblement la même réplique que celle qu’ils adressèrent à Bush au lendemain des attentats du 11 septembre, suite à la demande réitérée de la Maison Blanche de livrer Ben Laden. En fin de compte, la Résolution 1267 modifiait certains points clés de l’U.S. Anti-Terrorism and Effective Death Penalty Act de 1996 [décret sur l’antiterrorisme et l’application élargie de la peine de mort], élargissant au-delà des frontières de l’Union (USA) la définition du type d’États désignés comme « ne coopérant pas avec l’engagement antiterroriste U.S. », dans le but d’en faire une loi applicable à l’échelle internationale.

Dans les quatre jours qui suivirent la promulgation de la Résolution 1267, le Conseil de Sécurité adopta une résolution jumelle, la 1269, « sur la responsabilité du Conseil de Sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité. » Cette nouvelle résolution condamnait « les pratiques terroristes comme criminelles et injustifiables, quelles que puissent en être les motivations », en insistant particulièrement sur le « rôle vital » des Nations Unies « dans la lutte contre le terrorisme. » Promulguée au lendemain des attentats de New York et à peine quelques jours avant que les États-Unis ne déclenchent la guerre qui devait leur permettre de renverser les Taliban, la Résolution 1373 élargissait à son tour considérablement le rôle des Nations Unies dans la « guerre contre le terrorisme » des USA., en créant le Counter-Terrorism Committee [Comité Anti-terroriste] dans le but de superviser la lutte contre le terrorisme et de criminaliser toute forme de soutien aux individus et groupes engagés dans des activités terroristes. A l’instar des Résolutions 1267 et plus tard 1540 (du 24 avril 2004), qui instituait la création d’un nouveau comité, pour empêcher les acteurs non-étatiques [« non-State actors »] d’acquérir des « armes de destruction massives », le Conseil de Sécurité adopta chacune de ces résolutions sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, chapitre selon lequel le Conseil de Sécurité est supposé répondre aux « menaces contre la paix, atteintes à la paix et actes d’agression. »

Une aussi extrême vigilance vis-à-vis du « terrorisme », ou l’idée que les « non-State actors » et les « terroristes » du type Al Quaeda doivent demeurer une préoccupation centrale de l’ONU, se trouvent aux antipodes de l’attention que portent nos diplomates à l’agression pure et simple, comme dans le cas de l’Afghanistan ou de l’Irak, ou d’exactions purement génocidaires telles que les « sanctions de destruction de masse » U.S./U.K./ONU qui ont tué semble-t-il près d’un million de civils irakiens dans la décennie qui sépare la première et la seconde guerre d’Irak (1991-2003) 2. Dans son rapport (« Dans une plus grande liberté », en mars 2005) Kofi Annan ne déclarait-il pas : « Il est temps de laisser de côté les débats sur un soi-disant ‘terrorisme d’État’. Le recours des États à la force est d’ores et déjà intégralement régulé par le droit international. Quant au droit de résister à une occupation, il doit être compris en son sens véritable. Il ne peut inclure le droit de tuer ou mutiler délibérément des civils » ?

Ce que ces commentaires contiennent de parfaitement faux – et qui dénote un sérieux penchant pro-terrorisme d’État et anti-résistance – c’est qu’il n’y a pas de « régulation intégrale » du terrorisme d’État. En fait, il n’y a pas de régulation du tout, comme le démontre assez clairement le fait que les USA et leurs alliés aient pu attaquer successivement trois pays souverains en une seule décennie ( la République Fédérale de Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak) sans que l’ONU ou Kofi Annan aient le moins du monde cherché à y faire obstacle, l’agression se voyant au contraire, dans chaque cas, avalisée rétroactivement par l’ONU. On soulignera aussi que Kofi Annan néglige de suggérer que les États, eux non plus, ne devraient pas avoir « le droit de tuer ou mutiler délibérément des civils », un point auquel il n’attache d’importance que lorsqu’il s’agit d’une résistance à la violence d’État et à l’occupation. Et tout cela en dépit du fait que durant leurs dernières guerres – encore en cours – les États-Unis et leurs alliés ont tué, mutilé, affamé ou déporté infiniment plus de civils qu’Al Quaeda ou tous les terroristes « détaillants » du monde mis ensemble. On soulignera aussi qu’à l’intérieur même des pays cibles, des dirigeants politiques ont fréquemment été capturés par leurs puissants agresseurs et traînés devant des tribunaux, mais jamais les dirigeants des grandes puissances. Poursuivant toujours leurs ennemis aux quatre coins du monde, ils continuent à jouir d’une totale impunité.

Note de conclusion
En définitive, la guerre contre le terrorisme n’est qu’une combine politique et un mythe, qui sert à dissimuler et justifier une projection de puissance U.S. qui, depuis la disparition de l’Union Soviétique et de la Guerre Froide , avait grandement besoin d’un soutien rhétorique. La combine a d’autant mieux marché que les dirigeants américains pouvaient mettre en avant les attentats très réels du 11 septembre et prétendre que leurs propres guerres, leurs actions terroristes de masse et leur soutien élargi à toute une série de pays – sous régime autoritaire pour la plupart et pratiquant le terrorisme d’État – avaient d’une manière ou d’une autre un lien avec les attentats d’Al Quaeda et leurs auteurs. En réalité, la plupart des interventions militaires U.S. à l’étranger depuis le 11 septembre n’avaient que peu ou rien à voir avec Al Quaeda, outre qu’il est absurde de faire la guerre contre une méthode de lutte, à fortiori lorsqu’on utilise soi-même, à l’instar de ses clients et alliés, très largement cette même méthode.

L’idée que cette guerre contre le terrorisme s’est d’ores et déjà soldée par un échec a beau être très répandue, elle n’en est pas moins fausse elle aussi, dans la mesure où le propos qu’elle prête aux planificateurs de cette guerre se trouve à l’opposé de leurs objectifs réels. Ils cherchaient le nouveau « Pearl Harbour » dont ils avaient besoin pour justifier une vague mondiale de projections de puissance, et ils l’ont trouvé. Certes Al Quaeda semble bien plus puissante aujourd’hui qu’elle ne l’était en septembre 2001, mais Al Quaeda n’a jamais été le principal objectif de l’administration Bush. Si tel avait été le cas, ladite administration aurait réellement mis le paquet pour mettre la main sur Ben Laden, en agissant soit politiquement, soit militairement, et elle n’aurait pas mené en Irak, en Palestine, au Pakistan, en Iran et ailleurs, des politiques qui ne pouvaient que jouer en faveur de Ben Laden – et à la limite, en donnant exactement les réponses politiques que Ben Laden espérait susciter. Si Washington avait réellement eu quelque chose à craindre de la menace terroriste après le 11 septembre, ses responsables auraient suivi toutes les recommandations de la Commission du 11/9, qui conseillait de faire surveiller tout le territoire : les ports, les raffineries, les centrales nucléaires, les aéroports, gares et autres lieux similaires. Qu’ils n’aient pas pris la peine de le faire mais qu’ils aient au contraire adopté à la place un système cynique et « à peine politisé » d’alertes terroristes, montre bien que l’administration avait une lecture très personnelle du caractère peu spontané de cette guerre contre le terrorisme et des prétendues menaces auxquelles nous sommes confrontés.

Manifestement, la vague de projections de puissance que facilitaient le 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, n’a pas rencontré le succès total et absolu qu’on pouvait en attendre, mais la combine de la « guerre contre le terrorisme » en a néanmoins favorisé le lancement. Force est de constater que l’invasion-occupation de l’Irak n’avait rien d’un égarement, sa conquête était l’un des objectifs premiers de cette guerre. Cette conquête a peut-être complètement foiré sur le terrain, mais si on la regarde du point de vue de ses organisateurs, la guerre n’en a pas moins atteint certains des véritables objectifs pour lesquels elle avait été conçue. Or en ce sens – crucial bien que rarement apprécié – elle a réellement été un succès. Elle a facilité l’annexion de deux pays par l’armée américaine, elle a permis de réaligner de nombreux États derrière le leader de la guerre, elle a une fois de plus contribué à lancer l’OTAN dans de nouvelles opérations hors de sa zone d’attribution, permis aux États-Unis de dévaloriser totalement le droit international, favorisé des quasi-changements de régime dans quelques-unes des plus grandes capitales européennes, et elle aura été à l’origine d’une augmentation considérable des budgets de l’armée et des affaires étrangères aux USA. Si sa déstabilisation du Proche Orient peut, dans une certaine mesure, avoir profité à l’Iran – bien qu’Israël et les États-Unis n’aient de cesse de le menacer et de l’isoler – elle a surtout laissé à Israël la plus totale liberté d’action pour intensifier son nettoyage ethnique de la Palestine et son programme d’implantations, en traitant plus impitoyablement que jamais les Palestiniens.

Qui plus est, grâce à la coopération des démocrates et des mass médias, la «guerre contre le terrorisme» a offert au « décideur » et à sa clique la capacité politique d’imposer dans son propre pays un ordre du jour anticonstitutionnel et particulièrement à droite, au détriment de l’état de droit, de l’environnement et des solidarités, et favorisant le creusement des inégalités. L’augmentation du budget militaire et de la militarisation de la société américaine, l’inflation galopante du « contre-terrorisme » industriel et de l’industrie sécuritaire, la centralisation accrue du pouvoir aux mains de l’exécutif, l’accroissement des inégalités, l’accroissement démesuré du complexe de notre industrie carcérale, le glissement à droite du judiciaire, et l’incapacité des Démocrates à juguler cette dérive générale depuis les élections de 2006, suggèrent que le basculement vers la droite, vers une société plus militarisée que jamais et vers une politique étrangère de plus en plus expansionniste pourraient bien être devenus définitivement caractéristiques de la vie aux États-Unis. N’est-ce pas là un remarquable succès de la guerre contre le terrorisme, compte tenu des objectifs de ses créateurs ?

Notes :
1 Samantha Power sous-entend qu’une « attaque américaine (en fait un bombardement) sur ce qui s’avère, après coup, n’être qu’un banquet de mariage » n’est qu’une « erreur » unique et excusable. C’est faux ! L’événement auquel elle fait allusion n’était ni le premier ni le dernier banquet de mariage à être bombardé par les Américains en Irak comme en Afghanistan, loin s’en faux. La principale caractéristique des deux guerres qui sévissent dans ces deux pays, est l’utilisation effrénée d’explosifs particulièrement dévastateurs dans des zones où l’on sait pertinemment qu’ils feront des victimes civiles. En Afghanistan, les Américains ont bombardé toutes les infrastructures civiles possibles : les barrages, les centraux téléphoniques, les écoles, les centrales électriques, les ponts, les mosquées, la station radio d’Al Jazira, et jusqu’aux camions sur les routes ou aux installations de la croix rouge à Kabul, pourtant particulièrement reconnaissables. Ils ont aussi massivement recouru aux bombes à fragmentation. Dans son analyse exhaustive des différents types de victimes civiles, Marc W. Herold explique que les quelques 3 000 à 3 400 civils tués par des bombardements américains entre octobre 2001 et mars 2002, n’ont littéralement d’autre cause possible que « le peu de valeur accordé aux civils afghans par les planificateurs militaires et les élites politiques U.S., comme le révèle très clairement leur entêtement à bombarder les zones à forte densité de population. » Il en conclut que « la campagne de bombardements U.S. qui a commencé le 7 octobre au soir, était une guerre menée contre les personnes, les maisons, les fermes, et les villages d’Afganistan, autant que contre les Talibans et Al Quaeda » (Marc W. Herold, "A Dossier on Civilian Victims of United States' Aerial Bombing of Afghanistan," Revised Edition, March 2002.). Cette campagne de bombardements avait indispensablement besoin de gens comme Samantha Power et des médias pour garder le caractère impitoyablement « anti-civil » de cette guerre à l’abri du regard du public.
(Voir aussi Tom Engelhardt, "'Accidents' of War: The Time Has Come for an Honest Discussion of Air Power," TomDispatch, July 9, 2007.)

2 John Mueller et Karl Mueller, "Sanctions of Mass Destruction," Foreign Affairs, May/June, 1999. Ces auteurs notaient que les sanctions économiques (en tant qu’opérations militaires) ont été « plus fréquemment employées par les grandes nations que par les petites, et ont certainement fait davantage de morts après la fin de la Guerre Froide que toutes les armes de destruction massive à travers l’histoire […] Le potentiel de destruction des sanctions économiques apparaît on ne peut plus clairement, bien que sous une forme extrême, en Irak […] Nul ne sait exactement combien de civils irakiens en sont morts, mais différentes agences des Nations Unies qui supervisaient les sanctions, ont estimé qu’elles avaient très probablement fait des centaines de milliers de morts […] Si les estimations de l’ONU du coût humain de la guerre en Irak sont approximativement correctes […] les sanctions économiques pourraient bien avoir été une cause évidente de la mort de plus de personnes en Irak que n’ont fait de victimes toutes les dites armes de destruction massive au cours de l’histoire. »

Edward S. Herman et David Peterson
26 avril 2008

Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School , Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media: an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability: The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002.
David Peterson est journaliste indépendant et chercheur, basé à Chicago. Il a écrit de nombreux articles en collaboration avec Edward Herman.

ZNet / Investig'action

Version originale (avec l’intégralité des appels de notes) : www.zcommunications.org
Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action

27/04/2008

n°170 - journal Afghan -1- Les étrangers nuisibles.

n°170 -  journal Afghan -1- Les étrangers nuisibles. (début)
journal de l'Afghanistan  (début) 

 n° 170 - du 19-04 au 27-04

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.

Tiré à part :

Petraeus nommé à la tête des forces US au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Asadullah Khalid : Les étrangers nuisibles.

La guerre n’arrête pas le commerce…

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre.



Tiré à part :

Petraeus nommé à la tête des forces US au Moyen-Orient et en Asie centrale.

"Suite à ma recommandation, que le Président (Bush) a acceptée, il nommera le général David Petraeus nouveau chef du commandement central" US (Centcom), responsable de la supervision des guerres en Irak et en Afghanistan, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Le général Petraeus, ( plus haut gradé américain en Irak ) qui remplacera à ce poste l'amiral William Fallon, prendra ses fonctions "à la fin de l'été ou au début de l'automne", a précisé M. Gates. ( sera remplacé en Irak par le général Raymond Odierno.) "Il est le meilleur pour ce poste", a commenté le secrétaire à la Défense. Gates a aussi recommandé la nomination du général Raymond Odierno au poste de commandant en chef en Irak. Le ministre a précisé que le président George Bush avait approuvé ces recommandations et allait transmettre les nominations au Sénat pour approbation (AFP / 23 avril- Reuters) 


Asadullah Khalid : Les étrangers nuisibles.

Asadullah Khalid, gouverneur de la province de Kandahar, en Afghanistan, affirme que les militaires étrangers n'aident pas au bon déroulement de la campagne que mène son gouvernement contre la culture du pavot. Asadullah Khalid ajoute en entrevue au Globe and Mail que le manque d'appui des forces étrangères, y compris celles du Canada, met en péril la sécurité des agents afghans qui oeuvrent contre un tel trafic. Jusqu'ici, 13 de ces agents ont péri lors d'opérations d'éradication du pavot.
M. Khalid donne en exemple une opération menée le 6 avril dernier qui a conduit à la mort de neuf officiers afghans dans le district de Maywand, à l'ouest de la ville de Kandahar.
Il signale que les autorités canadiennes ont été avisées trois semaines à l'avance de la conduite éventuelle de cette opération.
Or, le jour venu, selon M. Khalid, les troupes de l'OTAN ont gardé les bras croisés alors que les agents afghans étaient engagés dans une violente bataille contre les talibans qui a duré au moins une heure.. 21-04-2008 La Presse Canadienne


La guerre n’arrête pas le commerce…

Un projet d’accord-cadre, sur la construction à partir de 2010 du gazoduc TAPI. Les ministres du Pétrole du Turkménistan, d’Afghanistan, du Pakistan et d’Inde (TAPI) ont signé un projet d’accord-cadre, jeudi, sur la construction à partir de 2010 du gazoduc TAPI. Le coût du projet, initialement estimé à 3,3 milliards de dollars, est passé à 7,6 milliards, selon l’agence officielle Associated Press of Pakistan (APP). Après deux jours de négociations dans la capitale pakistanaise, les ministres ont informé lors d’une conférence de presse conjointe que les travaux pour le gazoduc débuteraient en 2010. Les premières négociations sur ce projet, financé par la Banque asiatique de développement, ont eu lieu en 2002. En 2006, l’Inde a été invitée à en être un observateur et c’est la première fois qu’elle participe à des négociations sur le gazoduc en tant que membre à part entière. L’augmentation du budget s’explique par la hausse du prix de l’acier, des coûts de construction et des compresseurs, a souligné Khwaja Asif, ministre pakistanais du Pétrole et des Ressources naturelles. Malgré cela, le projet est toujours économique et financièrement viable, selon l’APP citant Asif. Le ministre indien du Pétrole Murli Deora évoquera également avec le Pakistan, vendredi, le projet IPI (Iran-Pakistan-Inde) de 7 milliards de dollars. Xinhua - 24 avril 2008 Sur le Web Source



L'Afghanistan en chiffre du 19-04 au 27/04/08  
tués blessés
Usboys / Autres boys  51  5
Policiers, armée et collaborateurs  45  57
Peuple Afghan  39  x


 Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

Canada 

21-04 La ministre canadienne de la Coopération internationale, Beverley Oda, est à Kaboul afin de faire le point sur les objectifs de la présence du Canada en Afghanistan. La ministre Oda entend rencontrer certains autres homologues afghans afin de dresser un calendrier des priorités d'ici le retrait du Canada de l'Afghanistan, en 2011. 21-04-2008    La Presse Canadienne   



2 Occupation de l'Afghanistan

2-2 Les forces en présence

Allemagne

17-04 L'Allemagne a promi jeudi plus d'officiers.  Le nombre des officiers de formation policière allemands  passera des 30 actuels à 45, a révélé le ministre allemand de la  Défense, Franz Josef Jung, à l'issue d'une réunion avec  l'émissaire de l'ONU, Kai Eide.   Le nombre des officiers de formation militaire a été doublé à  110 personnes depuis août dernier et une nouvelle augmentation est envisagée, a ajouté M. Jung.  Xinhua

17-04 Franz Josef Jung a annoncé que l'Allemagne va augmenter sa contribution à la ‘reconstruction’ civile en Afghanistan passant  de 127 à 220 millions de dollars.  D'ici 2010, les contributions totales de l'Allemagne  atteindront 1.431 milliard de dollars.  Xinhua


Pays-Bas

18-04 Plus de 1.600 soldats néerlandais se trouvent en Afghanistan où ils constituent la sixième force en importance sur la quarantaine de pays de l'OTAN qui ont fourni au total 50.000 soldats. (AFP) 


UK 

21-04. Le contingent britannique en Afghanistan s'élève à quelque 7.800 hommes. (Reuters)



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Prisons, exactions & torture

25-04 En vertu de la résolution 1267, le Comité des sanctions contre al-Qaida et les taliban a ajouté mercredi deux noms à la liste des personnes et entitées liées aux taliban et à al-Qaïda. Ils s’agit de deux ressortissants ouzbeks, Suhayl Fatilloevich Buranov (25 ans) et Najmiddin Kamolitdinovich Jalolov (36 ans), membres du Groupe du djihâd islamique. Les deux hommes sont accusés d’avoir suivi un entraînement au maniement de mines et d’explosifs dans un camp d’al-Qaïda dans la province afghane de Khôst. Ils ont également participé aux opérations militaires des taliban en Afghanistan et au Pakistan. Bassirat.net



Dans le monde

Pakistan

23-04 L'ancienne opposition au président Pervez Musharraf a remporté les législatives du 18 février et, dès la formation d'un gouvernement de coalition début avril, elle a ouvert des pourparlers avec certains combattants des zones frontalières avec l'Afghanistan. Le nouveau gouvernement espère ainsi infléchir la stratégie de l'offensive militaire qu'avait privilégiée ces derniers temps le président Musharraf, l'un des alliés clés, dans sa "guerre contre le terrorisme", de Washington qui considère qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales pakistanaises Le nouveau gouvernement du Pakistan prépare un projet d'accord de paix avec les talibans pakistanais.Islamabad espère ainsi prolonger la trêve relative que connaît le pays depuis les législatives dans la vague d'attentats qui avait fait plus de 1.070 morts en 15 mois. "Nous progressons rapidement vers un accord de paix avec le Mouvement des talibans du Pakistan (Tehreek-e-Taliban Pakistan)", a déclaré un haut responsable des services de sécurité, sous couvert de l'anonymat, invoquant des "négociations indirectes". Le principal porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan, le maulvi Omar, a confirmé par téléphone que "des négociations étaient en cours avec le gouvernement". "Selon le projet d'accord, les deux parties ne se livreront plus de combats, les militaires se retireront de certaines zones et les combattants islamistes cesseront d'attaquer l'armée", a ajouté le haut responsable des services de sécurité. "Des étapes importantes ont été franchies, les deux parties ont accepté la plupart des demandes de l'autre, nous espérons une annonce positive dans quelques jours", a commenté le maulvi Omar Washington s'est dit "inquiet" et a pressé Islamabad de "continuer à combattre les terroristes". Les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds et d'armes du Pakistan, ainsi que l'Union européenne, ont répété ces derniers jours qu'ils n'admettraient pas des négociations avec des membres d'Al-Qaïda, ni avec des talibans qui franchiraient la frontière pour combattre leurs troupes en Afghanistan. L'Union européenne, premier partenaire commercial du Pakistan, avait rappelé mardi, par la voie de son diplomate en chef Javier Solana, qu'elle ne tolérerait pas non plus que les négociations de paix englobent des groupes liés à Al-Qaïda. (AFP)



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

US & Isaf

17-04 A environ 22h hier soir, quinze soldats de l'armée apostate ont été tués dans le sud de la zone de Shewan lorsque les Moujahidines de l'Emirat Islamique leur ont tendu une embuscade sur la route entre la ville de Farah et le district de Balablok.
Selon les informations, l'attaque a causé la destruction de trois véhicules ennemis de type pickup et les Moujahidines ont prit les armes des tués comme butin.
Durant l'attaque, qui a duré une demi-heure, aucune perte n'a été subie.
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2688&mode=&order=0&thold=0 Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) - 18/4/2008

18-04 Hier matin à 8h00 les Moujahidines de l'Emirat Islamique ont détonné un engin explosif contre un convoi des forces militaires hollandaises sur une route en région de Tarin Kot capitale de la province d'Uruzgan. Selon les rapports reçus, l'explosion a tué huit soldats de l'occupation dont un lieutenant (Dennis van Uhm) fils du commandant des troupes néerlandaises en Afghanistan, le Général (Petron), et a blessé grièvement deux autres. . Le Ministère de la Défense a publié l'information de la mort du hollandais en même temps que celle d'autres soldats. Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) - 18/4/2008 Information: Porte-parole de l'Emirat Islamique d'Afghanistan-Taliban  & (AFP) Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) Pour le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays Source/ (Sawt Al Jihad) le 18/4/2008 Site Officiel de l'Emirat Islamique d'Afghanistan

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...

18-04 A 12h30 aujourd'hui, douze soldats américains ont été tué dans un ancien bâtiment du district de Sabri en province de Khost, que les Moujahidines de l'Etat Islamique avaient auparavant piégé d'engins explosifs.
Les explosions ont causé d'importantes pertes à l'ennemi ainsi que la destruction de 4 tanks, puis l'ennemi a envoyé de nombreux hélicoptères dans la zone afin d'évacuer les soldats tués et blessés.
Et selon les dires des témoins: le vieux bâtiment était inoccupé depuis longtemps et n'appartenait pas aux officiers du gouvernement ou à d'autres, et lorsque les forces de l'armée américaine sont entrées à l'intérieur, les Moujahidines ont immédiatement fait exploser le bâtiment qui s'est effondré sur eux, causant d'importantes pertes à l'ennemi. Dhabih Allah (Moujahid)

21-04 Un soldat britannique a été tué lundi dans le sud de l'Afghanistan par l'explosion d'une mine au passage de son véhicule, a annoncé le ministère britannique de la Défense.Le militaire assurait la sécurité d'un convoi de ravitaillement voyageant du district de Gereshk au camp Bastion, la principale base de l'armée britannique dans la province d'Helmand, a précisé le ministère. (Reuters)

21-04 Trois soldats de l'Isaf ont été blessés dans deux autres explosions, toujours dans le sud du pays, a déclaré la Force internationale d'assistance à la sécurité. (Reuters)

Province de Kapisa 21-04 : Jusqu’à 16h00 aujourd’hui, les soldats ennemis américains ont affronté les Moujahidines de l’Emirat Islamique au cours d’une bataille à Nijrab en province de Kapisa, et ont été forcés de se retirer et de regagner leurs positions après avoir subi de lourdes pertes.
Selon les informations, la bataille, qui a duré cinq heures, a causé la mort de 15 soldats américains et celle de 5 soldats nationaux.
Après la bataille, l’ennemi a bombardé de manière indiscriminée les gens dans la régions selon leurs témoignages, causant la mort d’une femme dans sa maison et d’un homme
.

Dhabih Allah (Moujahid) – 21/4/2008


Détails

Kaboul

23-04 Un policier participant à une campagne d’éradication du pavot a été blessé mercredi soir lors d’un bref accrochage dans le district de Sarobi, à l’est de la capitale afghane. Un résistant a été tué et deux autres blessés dans les combats qui ont suivi, a annoncé le chef du district, Qazi Suleïman. Pajhwok

27-04 Des tirs d'armes automatiques ont éclaté dimanche à Kaboul lors d'une cérémonie marquant le retrait des forces soviétiques en Afghanistan, contraignant des dignitaires dont le président Karzaï à aller se mettre à l'abri…. Les membres du gouvernement Karzaï, les ambassadeurs étrangers, le numéro deux de l'ONU en Afghanistan et les dizaines de parlementaires et responsables militaires qui assistaient au défilé, se sont jetés au sol ou se sont enfuis. Le commandant de l'Isaf, le général américain Dan McNeill, se trouvait également sur les lieux mais il est sain et sauf. M. Karzaï a déjà survécu à plusieurs tentatives d'assassinat ces dernières années. On déplore un mort et 11 blessées. Au moins deux parlementaires ont été blessés. Un porte-parole a revendiqué la responsabilité de l'attaque visant la cérémonie de Kaboul, affirmant que quatre kamikazes munis d'armes se trouvaient à proximité. "Nous avons tiré des roquettes sur le site de la cérémonie", (AP- AFP-ATS) 


Province de Badghis

23-04 Trois garde-frontières ont été tués par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans la province occidentale de Badghis, selon la police. (AFP)

23-04 L’explosion d’un engin explosif au passage d’un convoi de la police a été fatale à trois policiers. L’attaque s’est produite dans le disitrict de Ghormach, dans la province de Badghis, au nord-ouest de l’Afghanistan. Avec Pajhwok


Province de Farah (sud-ouest),

16-04 Une attaque a causé la mort de 12 officiers de police dans le centre de Farah

Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi)
Source/ (Sawt Al Jihad) le 18/4/2008
  http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...


Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan)

26-04 Trois policiers ont été tués samedi par une explosion au passage de leur véhicule sur une route du district de Waghaz, dans la province de Ghazni. L’explosion a également blessé quatre autres policiers. Par ailleurs, un quatrième policier a été tué et un autre blessé dans une attaque similaire qui s’est AP et AFP


Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan)

20-04 Onze résistants auraient été tués dans une opération aéroterrestre menée par la coalition terroriste internationale dans le district de Garmser Bassirat.net avec Agences

22-04 La Haute cour de la province méridionale de Helmand a condamné six personnes à la peine de mort. Les six personnes étaient accusées d’enlèvement et de meurtre. Elles ont été arrêtées l’année dernière dans le district de Nawa. Prochainement, la Cour doit statuer sur le sort d’une centaine de personnes poursuivies pour des délits également passibles de la peine de mort. Bassirat.net avec Pajhwok

23-04 Un kamikaze a attaqué une caserne de police dans le secteur de Girishk. Des policiers ont ouvert le feu sur l'assaillant, faisant sauter sa ceinture d'explosifs alors qu'il entrait dans les bâtiments, deux policiers ont été tués dans l'explosion, a déclaré à Reuters le chef de la police locale, Khan Mohammad Shuja. (Reuters)

23-04 Deux policiers ont été tués et trois autres blessés"mercredi dans une attaque kamikaze qui visaient un chef de la police, a annoncé la police. Le kamikaze a fait exploser la bombe qu'il avait fixée sur son corps au moment où le chef de la police du district de Gereshk, dans la province de Helmand (sud), sortait de son bureau, a indiqué cet officier, Khaïr Mohammad Shouja. (AFP)

 23-04 Mercredi, des résistants ont attaqué un poste de police tuant cinq policiers. « Après l’attaque, des combats ont éclaté au cours desquels 3 résistants ont également été tués », a annoncé Esmatôllah, commandant des gardes-frontières. Bassirat.net


Province de Kandahar (sud) 

19-04 Des résistants ont attaqué une patrouille conjointe des forces gouvernementales et de la coalition antiterroriste internationale dans le district de Panjwayi, au sud-ouest de la ville de Kandahâr, a annoncé dimanche Shirin Shah, responsable militaire afghan. Xinhua

22-04 Un kamikaze pisté par des membres des forces de sécurité, a fait exploser sa bombe dans un marché de Spin Boldak, près de la frontière pakistanaise. Il a tué trois civils et blessé trois policiers des services de renseignements qui le filaient, a indiqué à l'AFP le gouverneur de Kandahar, Assadullah Khalid. Selon le gouverneur de la province de Kandahâr, Assadôllah Khalid, le kamikaze voulait frapper des membres des services de renseignements. (AFP- Bassirat.net & BBC


Province de Kunar (est de l'Afghanistan)

22-04 Cinq policiers ont été tués mardi soir dans l'attaque de leur commissariat dans la province de Kunar, dans l'est, près de la frontière du Pakistan, a indiqué à l'AFP un commandant de l'unité de la police frontalière, Esmatullah Safi. Quatre autres ont été blessés dans l'assaut, selon M. Safi qui assure que "plusieurs" talibans ont été (AFP-Bassirat.net )


Province de Nimroz (ouest),

17-04 Un kamikaze a explosé devant la mosquée de Zaranj, Selon un dernier bilan, 25 personnes, dont le chef de la police locale Bismullah Khan, son frère officier de police ont été tués et plus de 30 autres blessées, selon la police régionale. AFP


Province de Paktiâ (sud-est) 25-04

15 personnes ont été tués vendredi à Paktia dans une attaque aérienne menée par la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan. L'attaque n'a pas été confirmée par l'Isaf. (AFP - Bassirat.net avec AFP et Xinhua

25-04 Un responsable régional chargé du recensement prévu en août et son chauffeur ont été tués vendredi dans une embuscade attribuée aux taliban. Bassirat.net avec AFP et Xinhua


Province de Zaboul (sud-est)

20-04 Selon le ministère afghan de la Défense , cinq soldats ont été blessés dimanche par l’explosion d’un engin explosif improvisé au passage de leur véhicule à Qalat, chef-lieu de la province méridionale de Zâbol.



Enlèvement

19-04 L'ambassadeur du Pakistan à Kaboul, Tariq Azizuddin, enlevé en février, est apparu samedi dans une vidéo diffusée par la chaîne Al-Arabiya "Nous étions en route pour l'Afghanistan dans une voiture officielle le 11 février quand nous avons été kidnappés dans la région de Khyber... par des moudjahidine des talibans",  "Les conditions de (détention) sont bonnes et l'on s'occupe de nous", a indiqué M. Azizuddin, qui portait une barbe bien taillée et parlait d'une voix posée. "Nous n'avons pas de problèmes. Mais je souffre de problèmes de santé, comme de la tension et des douleurs cardiaques", a-t-il dit. AFP)

22-04 Dans un communiqué publié mardi, le ministère afghan de l’Intérieur a fait état de l’enlèvement d’un Indien et d’un Népalais travaillant dans un camp d’entraînement de la police afghane placé sous la surveillance d’une compagnie américaine de sécurité, EOD Technology Inc. Le rapt s’est déroulé lundi sur la route menant au district d’Adraskan, à la frontière avec l’Iran. Les deux hommes et leur chauffeur ont été enlevés par des hommes armés, selon les autorités de la province de Hérât. Le chauffeur a été laissé libre, précisé le communiqué. Les deux victimes sont employées par une compagnie indienne, HED, chargée de la logistique, notamment l’approvisionnement en nourriture, des policiers stagiaires dans les camps d’entraînement de la région. Avec AFP



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


Civils tués ou morts                                          : ? +  3.897

Civils blessés                                                   : ? +  2.307 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  6.722

Résistant blessés                                               :?  +  1.602 (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.278

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1.301(chiffre invraisemblablement bas...)

Suicides                                                           : ?  +  20

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.075

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 3.999 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1.153

Collabo   blessés                                               :?  +  723 (chiffre trop bas) Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.

n°170 - journal Afghan -Suite- Les étrangers nuisibles.

journal de l'Afghanistan   -Suite-

n° 170 - du 19-04 au 27-04

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : -Suite-

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Bush manipule les analystes militaires.

6-2 Dedefensa : La fabrique du virtualisme

6-3 Dedefensa : Mensonge? Propagande? Ces mots n’ont pas cours avec le virtualisme.

7 Brèves

7-1 Le Pentagone souhaite plus contrôler la formation de militaires étrangers.

7-2 Communiqué de l'Emirat Islamique d'Afghanistan : Concernant le largage d'équipement militaire par hélicoptère en province de Zabul.

7-3 "Nouveau visage de la faim".
7-4 L'Afghanistan peiné par l'espionnage des services de renseignement allemands.


6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Bush manipule les analystes militaires.

L'administration du président américain George W. Bush a organisé une vaste entreprise de manipulation des analystes militaires travaillant à la télévision pour obtenir une couverture favorable de la guerre en Irak, affirme le New York Times dimanche. Dans cette entreprise, l'administration a exploité d'une part la loyauté idéologique et militaire de ces analystes, qui sont souvent des gradés de l'armée à la retraite, affirme le quotidien dans une longue enquête. Elle a d'autre part utilisé un puissant levier financier, à savoir les liens que ces analystes entretiennent avec les entreprises militaires impliquées dans les politiques militaires même qu'ils sont chargés d'évaluer à la télévision. Ces commentateurs, qui apparaissent régulièrement sur les grandes chaînes américaines pour analyser les guerre en Irak et en Afghanistan, représentent aussi quelque 150 entreprises militaires, que ce soit en tant que lobbyistes, consultants ou membres du conseil d'administration, ce que les téléspectateurs ignorent totalement. Ces entreprises comprennent des poids-lourds du secteur, mais aussi une myriade de sous-traitants, qui cherchent tous à obtenir une part des centaines de milliards de dollars de contrats générés par les guerres, ajoute le quotidien. Dans cette course aux contrats, l'accès à l'information et aux décideurs gouvernementaux est hautement prisé, souligne le New York Times. Et l'administration Bush a utilisé cette situation pour transformer les analystes en instruments capables de façonner de l'intérieur la couverture des guerres par les grands réseaux de télévision et de radio. Les analystes ont ainsi été invités à des centaines de briefings privés avec des dirigeants militaires, ont été emmenés en Irak, ont eu accès à des renseignements confidentiels et ont eu des briefings avec de hauts responsables de la Maison Blanche , du département d'Etat et du département de la Justice , selon le New York Times. En retour, ils se sont faits la caisse de résonance des points de vue de l'administration, même lorsqu'ils soupçonnaient parfois que l'information était fausse ou exagérée. Le New York Times est arrivé à cette conclusion après avoir examiné quelque 8.000 pages de messages électroniques, de transcriptions et d'enregistrements décrivant plusieurs années de briefings et de voyages en Irak ou à Guantanamo obtenus par le quotidien après avoir remporté un procès contre le Pentagone, dont les responsables n'avaient pu être joints dimanche. Ces dossiers révèlent une relation symbiotique où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, souligne le quotidien. Des documents internes du Pentagone parlent régulièrement des analystes militaires comme des "multiplicateurs de force du message" ou de "substituts" sur qui compter pour transmettre "les thèmes et le message" du gouvernement à des millions d'Américains "sous la forme de leurs propres opinions". Même si les analystes sont des consultants payés par les télévisions, qui gagnent entre 500 et 1.000 dollars par apparition à l'écran, certains ont donné au Pentagone des "trucs" pour contourner les télévisions et d'autres l'ont tenu alerté des reportages en préparation, selon le quotidien. "Bon travail", aurait affirmé Thomas McInerney, général à la retraite de l'armée de l'air et analyste pour Fox news, dans une note écrite au Pentagone après un briefing fin 2006. (Source : AFP / 20 avril 2008)


6-2 Dedefensa : La fabrique du virtualisme.

L’immense article du New York Times du 20 avril, de David Barstow, est une remarquable “brique” de journalisme. Les détails sont considérables, nombreux, incontestables. Le journaliste qui a écrit la chose a réuni plus de 800 documents qui soutiennent ses allégations. L’article nous décrit l’organisation et le fonctionnement d’une “armée” de commentateurs et “consultants” des grands réseaux (surtout TV) d’information aux USA, pour l’essentiel d’anciens militaires (anciens généraux, anciens amiraux, parés du prestige de leur soi-disant expertise). Ils s'occupèrent, à partir de 2002, en marge de la guerre en Irak et à son propos, de répandre une parole “indépendante” favorable à la politique du Pentagone. Les réseaux et chaînes qui les engagèrent savaient ou ne savaient pas, ou bien s’en doutaient un peu, ou bien ne s'en faisaient pas trop à ce propos, etc.

Certains observent le sérieux et la puissance, ainsi que la variété du travail accompli par Barstow. (Cas de Gregg Mitchell, de Editor & Publisher, le 20 avril.) D’autres sont moins impressionnés. Ils notent que des articles, dès 2003 par exemple, mettaient en évidence combien ces “généraux” de réserve étaient des relais du Pentagone. C’est le cas de Glenn Greenwald, dans Salon.com, le 20 avril également.Nous-mêmes, dès 2002 (article de janvier 2002 de notre Lettre d’Analyse dedefensa & eurostratégie mis en ligne le 13 mars 2003), mettions en évidence notre volonté de prendre une distance décisive de l’“information officielle” et de tout ce qui peut en émaner, – notamment ces “consultants”, ex-généraux et autres, dont le titre de gloire est d’être régulièrement “informés” par le Pentagone. Nous assignions à cette “information officielle”, dans nos conceptions, un rôle d’acteur parmi d’autres de l'information en général, et même nécessairement plus suspect que bien d’autres. Ce que nous constations, en un sens, c’était l’acte de décès de la prétention à l’information objective (apparence dont se paraît l'information officielle) durant les événements qui sont le sujet de cette information. Donc, de ce point de vue, l’information soi-disant objective n’existe plus; c’est un progrès, parce que la prétention à l’information objective, dans l’ère de la communication, est une tromperie. Nous baptisons notre époque “l’ère psychopolitique” (plutôt que “l’ère de la communication” par exemple) parce que, notamment pour le propos qui nous intéresse, l’information aujourd’hui dépend de notre psychologie comme outil de notre jugement, – parce que l’information dépend de notre jugement bien plus que de sa soi-disant existence objective. Mais l’article du NYT est tout de même, sous d’autres aspects, d’un très grand intérêt. Nous y distinguons deux raisons, – la première que nous mentionnons en passant, sans nous y arrêter, – la seconde, qui fera le miel de notre commentaire.

 • La première raison, c’est que cet article, par sa masse, ses détails, son effet général, est une bonne piqure de rappel pour les mémoires courtes ou les esprits étroits. Plus encore, il importe plus aujourd’hui en 2008 que ce qu’on disait déjà en 2003, parce qu’en 2008 la résistance à cette évidence de la non-existence d’une information officielle et de son remplacement par une cuisine élaborée pour nous fabriquer de l’information en fast food conformiste est beaucoup plus faible. D’où l’efficacité de la chose. Au-delà, rien de nouveau et rien de plus à dire.

• La seconde raison, c’est, qu’au travers des détails, des déclarations, etc., nous est montrée une “réalité” que nous soupçonnons depuis longtemps. Sa confirmation par la description est une chose bienvenue. Cette réalité, c’est la fabrication de la (d’une) réalité virtualiste. Le titre de cet article du NYT devrait être effectivement “la fabrique du virtualisme”.

Nous donnons ci-après deux extraits qui illustrent en (petite) partie ce que nous voulons dire…

D’abord, un long extrait décrivant la constitution d’une équipe de 75 “consutants” qui vont essaimer sur les grandes chaînes de TV, faire des articles, répondre à des interviews, etc.

«But these were trifling compared with what Ms. Clarke’s team had in mind. Don Meyer, an aide to Ms. Clarke, said a strategic decision was made in 2002 to make the analysts the main focus of the public relations push to construct a case for war. Journalists were secondary. “We didn’t want to rely on them to be our primary vehicle to get information out,” Mr. Meyer said. »The Pentagon’s regular press office would be kept separate from the military analysts. The analysts would instead be catered to by a small group of political appointees, with the point person being Brent T. Krueger, another senior aide to Ms. Clarke. The decision recalled other administration tactics that subverted traditional journalism. Federal agencies, for example, have paid columnists to write favorably about the administration. They have distributed to local TV stations hundreds of fake news segments with fawning accounts of administration accomplishments. The Pentagon itself has made covert payments to Iraqi newspapers to publish coalition propaganda. »Rather than complain about the “media filter,” each of these techniques simply converted the filter into an amplifier. This time, Mr. Krueger said, the military analysts would in effect be “writing the op-ed” for the war. »From the start, interviews show, the White House took a keen interest in which analysts had been identified by the Pentagon, requesting lists of potential recruits, and suggesting names. Ms. Clarke’s team wrote summaries describing their backgrounds, business affiliations and where they stood on the war. »“Rumsfeld ultimately cleared off on all invitees,” said Mr. Krueger, who left the Pentagon in 2004. (Through a spokesman, Mr. Rumsfeld declined to comment for this article.) »Over time, the Pentagon recruited more than 75 retired officers, although some participated only briefly or sporadically. The largest contingent was affiliated with Fox News, followed by NBC and CNN, the other networks with 24-hour cable outlets. But analysts from CBS and ABC were included, too. Some recruits, though not on any network payroll, were influential in other ways — either because they were sought out by radio hosts, or because they often published op-ed articles or were quoted in magazines, Web sites and newspapers. At least nine of them have written op-ed articles for The Times. »The group was heavily represented by men involved in the business of helping companies win military contracts. Several held senior positions with contractors that gave them direct responsibility for winning new Pentagon business. James Marks, a retired Army general and analyst for CNN from 2004 to 2007, pursued military and intelligence contracts as a senior executive with McNeil Technologies. Still others held board positions with military firms that gave them responsibility for government business. General McInerney, the Fox analyst, for example, sits on the boards of several military contractors, including Nortel Government Solutions, a supplier of communication networks.»Several were defense industry lobbyists, such as Dr. McCausland, who works at Buchanan Ingersoll & Rooney, a major lobbying firm where he is director of a national security team that represents several military contractors. “We offer clients access to key decision makers,” Dr. McCausland’s team promised on the firm’s Web site. »Dr. McCausland was not the only analyst making this pledge. Another was Joseph W. Ralston, a retired Air Force general. Soon after signing on with CBS, General Ralston was named vice chairman of the Cohen Group, a consulting firm headed by a former defense secretary, William Cohen, himself now a “world affairs” analyst for CNN. “The Cohen Group knows that getting to ‘yes’ in the aerospace and defense market — whether in the United States or abroad — requires that companies have a thorough, up-to-date understanding of the thinking of government decision makers,” the company tells prospective clients on its Web site. »There were also ideological ties. Two of NBC’s most prominent analysts, Barry R. McCaffrey and the late Wayne A. Downing, were on the advisory board of the Committee for the Liberation of Iraq, an advocacy group created with White House encouragement in 2002 to help make the case for ousting Saddam Hussein. Both men also had their own consulting firms and sat on the boards of major military contractors…»

Plus loin, on nous décrit le voyage en Irak d’une équipe d’analystes et de consultants du même type, exactement comme feraient des journalistes “normaux”. «By summer [2003], though, the first signs of the insurgency had emerged. Reports from journalists based in Baghdad were increasingly suffused with the imagery of mayhem. »The Pentagon did not have to search far for a counterweight. »It was time, an internal Pentagon strategy memorandum urged, to “re-energize surrogates and message-force multipliers,” starting with the military analysts. »The memorandum led to a proposal to take analysts on a tour of Iraq in September 2003, timed to help overcome the sticker shock from Mr. Bush’s request for $87 billion in emergency war financing. »The group included four analysts from Fox News, one each from CNN and ABC, and several research-group luminaries whose opinion articles appear regularly in the nation’s op-ed pages. »The trip invitation promised a look at “the real situation on the ground in Iraq .” »The situation, as described in scores of books, was deteriorating. L. Paul Bremer III, then the American viceroy in Iraq, wrote in his memoir, “My Year in Iraq,” that he had privately warned the White House that the United States had “about half the number of soldiers we needed here.” » “We’re up against a growing and sophisticated threat,” Mr. Bremer recalled telling the president during a private White House dinner. »That dinner took place on Sept. 24, while the analysts were touring Iraq . »Yet these harsh realities were elided, or flatly contradicted, during the official presentations for the analysts, records show. The itinerary, scripted to the minute, featured brief visits to a model school, a few refurbished government buildings, a center for women’s rights, a mass grave and even the gardens of Babylon . »Mostly the analysts attended briefings. These sessions, records show, spooled out an alternative narrative, depicting an Iraq bursting with political and economic energy, its security forces blossoming. On the crucial question of troop levels, the briefings echoed the White House line: No reinforcements were needed. The “growing and sophisticated threat” described by Mr. Bremer was instead depicted as degraded, isolated and on the run. »“We’re winning,” a briefing document proclaimed.» Date de publication : 22/04/2008 - Rubrique : Faits et commentaires


6-3 Dedefensa : Mensonge? Propagande? Ces mots n’ont pas cours avec le virtualisme.

La description qui transparaît au travers de ce très long article est d’un grand intérêt, étonnante d’une certaine façon, révélatrice dans tous les cas. On découvre la technique de l’établissement du virtualisme, qui est une véritable technique systémique. En même temps, on en approche la substance. D’une part, cet article constitue une dénonciation sans ambage ni dissimulation d’une technique de transformation de la réalité (plus que de “dissimulation”), en même temps que sa description dans toute sa crudité, dans tous ses aspects techniques. On ne peut se tromper sur ce qui nous est présenté. On ne peut soupçonner l’auteur de vouloir dissimuler qu’il s’agit d’une action de tromperie sur une très grande échelle. D’autre part, il n’y a nulle part le véritable constat de la dénonciation. En effet, où peut-on voir les mots qui dénoncent la “tromperie”? Nous avons fait un décompte attentif. L’article compte 46.863 signes (7.589 mots). C’est l’équivalent d’un gros communiqué de l’OTAN à Bucarest, ou de 32-33 de nos vieilles pages du bon temps de la dactylographie par machine à écrire. Ce n’est pas rien, c’est même énorme. Sur ce volume, pas une seule fois n’apparaît le mot “mensonge” (“lie” ou “lies”). On note trois fois l’emploi du mot “propaganda”, dont une fois seulement employé dans le contexte pour illustrer l’opération décrite, et encore d’une façon qui tend à dénier l’appréciation qu’on puisse qualifier cette opération de propagande.

Les trois emplois sont les suivants:

• «A few expressed regret for participating in what they regarded as an effort to dupe the American public with propaganda dressed as independent military analysis.» (Rapport avec l’opération, pour la décrire comme une opération de “propagande” mais nous signifiant que fort peu parmi les participants à cette opération acceptent cette définition et regrettent d’y avoir participé, en tant qu’il s’agirait éventuellement d’un effort pour “duper le public américain avec de la propagande…”)

• «The Pentagon’s regular press office would be kept separate from the military analysts.[…] The decision recalled other administration tactics that subverted traditional journalism.[…] The Pentagon itself has made covert payments to Iraqi newspapers to publish coalition propaganda.» (Emploi du mot pour une autre opération que celle qui est décrite, et qui concerne, – il faut le noter vertueusement, – non des journaux US mais des journaux irakiens. Une opération d’une catégorie en-dessous, comme les Irakiens eux-mêmes selon la vision du Pentagone…)

«This was a major theme, for example, with Paul E. Vallely, a Fox News analyst from 2001 to 2007. A retired Army general who had specialized in psychological warfare, Mr. Vallely co-authored a paper in 1980 that accused American news organizations of failing to defend the nation from “enemy” propaganda during Vietnam .» (Cette fois, le mot est employé à contre-emploi, par analogie historique. Ce sont les journaux en général, non informés ou non manœuvrés par le Pentagone du temps du Vietnam, qui sont accusés d’avoir fait de la propagande.)

Dans le contexte général que nous savons, où cet article ne dissimule rien de l’opération du Pentagone mais où l’auteur restitue tout de même l’état psychologique des “coupables” (tous les “consultants“ et autres qu’il a interrogés), nous pouvons avancer l’hypothèse que ce qui nous est offert est un exemple massif et détaillé de fabrication du virtualisme. A aucun moment n’apparaît de manière significative une notion morale de responsabilité, ni de conscience de la dissimulation de la réalité (“mensonge”). On n’a aucunement l’impression, dans le chef de ceux qui la font, d’une opération d’“intoxication” consciente de ce qu’elle est et de ce qu’elle fait. Le sentiment “globalement” général est la bonne foi, avec toutes les vertus qui vont avec. On y trouve même les briefings-bidon lors de voyages arrangés en Irak, dont tout le monde admet qu’il s’agit de briefings-bidon mais dont il ne ressort rien de ce soupçon sur le compte-rendu qu’on fait en rentrant aux USA. Il s'agit bien là, cette absence de conscience de la tromperie et cette croyance “globale” à la fausse réalité qu'on décrit, de la caractéristique du virtualisme. Au-delà, nous donnerions comme explication psychologique de l’acceptation du processus que tous ces hommes défendent une conception, leur propre perception de la vie (celle de militaires, de généraux), et s’ils déforment complètement la réalité c’est parce que “leur” réalité est à la fois plus importante à leurs yeux et plus “réelle” que la “vraie réalité”, et qu'ils la vivent de la sorte, sans machination. Dans ce cas, une fausse “réalité” vécue si intensément n’est-elle pas plus vraie que la soi-disant “vraie réalité”? (Ils pourraient d’ailleurs, s'ils acceptaient la mise en cause de leur “réalité”, nous rétorquer: “pourquoi notre ‘réalité’ ne serait-elle pas plus ‘réelle’ que la vôtre?”, – et, en vérité (?), nous n’aurions rien à répondre qui leur clouât le bec à jamais. Mais ils ne poseront pas cette question puisqu'ils tiennent “leur” réalité pour la réalité.) Nous sommes au coeur du virtualisme, s’appuyant sur l’individualisme qui affaiblit dramatiquement les défenses de l’individu contre la corruption psychologique, dans un système qui n’a pas de références régaliennes mais des références partisanes (parmi lesquelles le “patriotisme”, interprétée comme la “réalité”: à chacun “son” patriotisme, interprété selon “sa” réalité). Le groupe constitué pour cette opération est évidemment caractérisé par son appartenance à un groupe plus vaste, caractérisé comme un “groupe d’intérêt”, qui devrait même être caractérisé comme un “groupe de perception” (dans ce cas, le Pentagone, l’armée, etc., avec leur propre “réalité”). D’ailleurs, comme le montre l’un des extraits, ils se battent aussi bien contre un Bremer, qui représente le State department (autre “groupe de perception”), que contre les journalistes qui écrivent que la situation est mauvaise. L’argent, le corruption vénale, ne jouent qu’un rôle accessoire, même si ce rôle accessoire est souvent confortable, voire plantureux (la plupart des “consultants” sont souvent employés par des sociétés du complexe militaro-industriel et attentifs à favoriser des contrats). Il s’agit à 95% d’une corruption psychologique. Dans le chef de ceux qui l’organisent et qui exécutent cette opération, il n’y a pas de complot au sens subjectif (alors que c’est un complot si l’on considère l’opération d’un point de vue objectif) mais une “opération” au sens militaire du terme, et évidemment pour la bonne cause, – cela va sans dire, à un point tel qu’il n’est pas nécessaire de dire. Il y a une technique, également, dans le processus. A notre sens, elle s’est imposée de façon naturelle, sans machination quelconque, comme une sorte d’auto-défense de tous les participants (ceux qui conçoivent l’opération, ceux qui la montent, ceux qui l’exécutent, de Rumsfeld aux généraux-consultants) pour éviter l’embarras d’une interrogation morale. Cette technique naturelle est de scinder la circulation de l’“information”, de la cloisonner en quelque sorte en évitant toute confrontation sérieuse avec le réel d'une façon globale, de la faire circuler d’étage en étage, de strate en strate, de groupe en groupe, et plus encore de psychologie en psychologie, de façon à renforcer à mesure le crédit de cette information dans l’esprit de ceux qui la véhiculent (puisqu'elle provient de leur système, dans lesquels ils ont professionnellement confiance), jusqu’à la faire paraître vraie à leurs propres yeux. Chacun à son niveau finit par la considérer comme vraie. Il s’agit bien de “crédit” («confiance qu’inspire quelqu’un ou quelque chose», – phénomène naturel), bien plus que de “crédibilité” («Ce qui faut qu’une chose mérite d’être crue», – ce qui peut être un montage). Les constats qu’on peut faire, qui vont dans le sens inverse, sont éliminés comme accidentels ou de peu de signification. Au départ, le “mensonge” l’est si indirectement que le mot n’a pas cours, qu’il n’est pas dans les esprits. Il s’agit de “défendre” le système (le Pentagone) contre des attaques qui mettent en péril son intégrité, son équilibre, son efficacité. Accessoirement, on découvre qu’il s’agit des nouvelles de la guerres. Une catégorie (le journalisme courant) la dépeint sous des “couleurs” trop sombres. Il s’agit d’une querelle de peintre, si l’on veut; les critiques du DoD et de la guerre sont des impressionnistes anti-guerre, qui laissent parler leur mauvais esprit. Comme on sait, l’impressionnisme déforme la réalité. Contre cela, le Pentagone doit répondre par un strict réalisme, qui est évidemment pro-guerre… Où y a-t-il mensonge? Le vrai sujet est la défense du Pentagone, pas vraiment la guerre… Le vrai cadre est complètement virtualiste. Il s’agit de protéger le Pentagone, son mode de vie, sa philosophie, contre les attaques des barbares que l’Amérique recèle malheureusement en grand nombre (les journalistes dissidents, les pseudo-gauchistes anti-militaristes, les idéologues du repli ou de l’isolationnisme, les amis passés à l’ennemi, – c’est-à-dire les ex-militaires consultants qui ne prennent pas leur consigne au bureau du secrétaire à la défense). Un dernier constat, plein d’une joyeuse almacrité. Le fait est que, malgré des efforts de cette envergure (et il y en eut d’autres), ces braves ou ces pauvres gens n’ont pas pu arrêter la réalité. Ils l’ont même multipliée dans ses effets; le “message-multiplier”, nom donné au Pentagone à la technique, a de méchants retours de flamme lorsque la lumière éclaire bruyamment la vessie qu’on a essayée en toute ingénuité de vous faire prendre pour une lanterne. Le fait est qu’aujourd’hui, aux USA, la guerre en Irak est sans doute la plus impopulaire de toutes les guerres qu’ont fait les USA, et qu’elle est en train de casser les reins du système. Résultat net de l’opération? 22 avril 2008 —



7 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Le Pentagone souhaite plus contrôler la formation de militaires étrangers

La secrétaire d'Etat Rice, et le secrétaire à la guerre Gates, ont demandé mardi au Congrès américain de débloquer 750 millions de dollars pour l'année fiscale 2008-09, au titre de la formation et l'armement de militaires étrangers. Si cette proposition est approuvée, le Pentagone exercera un contrôle direct sur des programmes jusque là dirigés par le département d'Etat. En échange, le ministère américain de la Défense transfèrerait 200 millions de dollars de son budget vers celui des Affaires étrangères pour financer une force de réaction civile qui assisterait les militaires dans les opérations de "stabilisation" après des conflits. Le secrétaire à la Défense a souligné que le programme de formation et d'armement de militaires étrangers représentait "une obligation vitale et récurrente de l'armée américaine, quelle que soit la capacité des autres ministères, et (que) le contrôle exercé (par le Pentagone) et son financement devraient refléter cette réalité". "Le budget annuel du département d'Etat est de 34 milliards de dollars", a-t-il poursuivi. "C'est moins que ce que le département de la Défense dépense chaque année en soins médicaux". Mme Rice avait déjà présenté son projet de force de réaction civile lors de la présentation du budget 2008-09, qui débute en octobre. Elle l'avait décrit comme un "corps expéditionnaire" qui sera dirigé par des diplomates expérimentés et déployé "dans les 48 heures" dans les pays en crise après un conflit. (Source : AFP / 15 avril 2008)


7-2 Communiqué de l'Emirat Islamique d'Afghanistan : Concernant le largage d'équipement militaire par hélicoptère en province de Zabul .
Date: 18/4/2008
Il y a de cela quelques jours, une quantité de matériel militaire et de denrées alimentaires venant d'hélicoptères des forces d'occupation étrangères, a atterri dans le Département d'Arghandab en province de Zabul, et est tombé entre les mains des gens de la région et des combattants.
Il est à noter que cet hélicoptère n'a pas atterri au sol et a largué les dits articles à partir des airs, et que cet incident est également le premier du genre, et que cette erreur a plusieurs possibilités.
1- Il est probable que l'ennemi ait pensé que la région dans laquelle l'hélicoptère a largué sa cargaison soit sous leur contrôle car il y a de cela quelques temps les forces ennemies étaient situées dans cette région avant d'y être récemment délogées par les Moujahidines, qui est à présent libérée.

2- Il est probable que l'hélicoptère ait été victime d'un problème technique qui l'a obligé à abandonner sa cargaison afin d'alléger le poids.
3- Il est probable que la cargaison soit tombée de l'hélicoptère sans que cela ne soit la volonté de l'ennemi, car la marchandise était suspendue à l'appareil.
4- Il existe un risque important que l'ennemi ait accompli cela de manière planifiée dans le but d'instaurer le doute et de créer des différences entre les Moujahidines et les populations locales.
5- Il est susceptible d'y avoir dans cette cargaison de dangereuses substances destinées à saboter ou à détruire les armes des Moujahidines.
6- Il se pourrait aussi que l'ennemi ait introduit dans cette cargaison du matériel aidant à détecter les repères des Moujahidines afin de pouvoir les bombarder.
L'Emirat Islamique d'Afghanistan rassure tous les Musulmans et les Moujahidines en particulier, que cette erreur n'est en aucun cas le fruit d'un lien quelconque avec un responsable des Moujahidines, et l'Emirat Islamique d'Afghanistan est très attentif à toutes les machinations de l'ennemi et qu'en tenant compte de cela nous devons rassurer tous les Musulmans afin de réfuter et faire échouer les complots et les machinations de l'ennemi.

Le commandement du Conseil Consultatif de l'Emirat Islamique d'Afghanistan Porte-parole de l'Emirat Islamique d'Afghanistan-Taliban Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) Source/ (Sawt Al Jihad) le 18/4/2008 Site Officiel de l'Emirat Islamique d'Afghanistan http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...


7-3 "Nouveau visage de la faim".

Le Programme alimentaire mondial (PAM) lance un appel de plusieurs centaines de millions de dollars pour faire face au "nouveau visage de la faim" dévoilé par la crise alimentaire qui a déclenché des émeutes dans une trentaine de pays. La directrice du PAM, Josette Sheeran, a indiqué que l'agence onusienne avait besoin en urgence d'environ 280 millions de dollars simplement pour compenser dans son budget régulier l'augmentation de 40% du coût de la nourriture. Ce budget permet au PAM de fournir de la nourriture aux réfugiés et personnes déplacées en raison de conflits, comme au Darfour, ou aux victimes de catastrophes naturelles et populations nouvellement confrontées à la faim, comme en Afghanistan. Une situation qui va nécessiter plusieurs millions de dollars supplémentaires de financement. Josette Sheeran a prévenu que l'aide alimentaire à quelque 20 millions des enfants les plus pauvres du monde allait notamment devoir être réduite, même si les pays riches débloquent des fonds d'urgence pour alléger la pression causée par la montée en flèche des prix du riz, du blé et d'autres produits de première nécessité. AP


7-4 L'Afghanistan peiné par l'espionnage des services de renseignement allemands.

Le gouvernement afghan est peiné par l'espionnage auquel se sont livrés les services de renseignement allemands sur un de ses ministres mais estime que l'affaire n'entravera pas les relations entre les deux pays, a déclaré samedi un porte-parole afghan. Le ministre des Affaires étrangères allemand Franck-Walter Steinmeier a appelé son homologue afghan pour s'excuser, et assurer que les responsables de l'espionnage des courriels échangés par le ministre afghan du Commerce et de l'Industrie et une journaliste du Spiegel seront sanctionnés, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "Nous sommes très peinés par cette affaire, surtout de la part d'un gouvernement allié", a souligné Sultan Ahmad Baheen. "Nous espérons que ce problème n'entachera pas nos relations avec l'Allemagne qui sont fortes et historiques". Le porte-parole a ajouté que le gouvernement afghan avait reçu l'assurance que "ce cas était isolé et que cela ne se répèterait pas". La presse allemande avait révélé jeudi que les services de renseignement allemands (BND) avaient infiltré un "cheval de Troie" informatique dans l'ordinateur du ministre afghan Amin Farhang, pour espionner pendant plusieurs mois, en 2006, ses échanges par courriel. Le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm, avait indiqué vendredi à la presse qu'"une série de mesures" allaient être prises pour tirer les conséquences de cette affaire regrettable. Le directeur du service compétent dans ce dossier au BND, et l'un de ses collaborateurs ont été mis mis à pied, sur ordre de la chancellerie, et une enquête disciplinaire a été ouverte, selon M. Wilhelm.

Le patron du BND, Ernst Uhrlau, et lui aussi été fortement critiqué, autant au parlement qu'à la chancellerie. Selon le quotidien régional allemand, Mitteldeutsche Zeitung (MZ), citant des sources proches du gouvernement à Kaboul, le BND aurait pu espionner plusieurs ministres afghans.

(AFP / 26 avril 2008 )

n°170 - journal Afghan -Suite- Les étrangers nuisibles.

journal de l'Afghanistan   -Suite-

n° 170 - du 19-04 au 27-04

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : -Suite-

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Bush manipule les analystes militaires.

6-2 Dedefensa : La fabrique du virtualisme

6-3 Dedefensa : Mensonge? Propagande? Ces mots n’ont pas cours avec le virtualisme.

7 Brèves

7-1 Le Pentagone souhaite plus contrôler la formation de militaires étrangers.

7-2 Communiqué de l'Emirat Islamique d'Afghanistan : Concernant le largage d'équipement militaire par hélicoptère en province de Zabul.

7-3 "Nouveau visage de la faim".
7-4 L'Afghanistan peiné par l'espionnage des services de renseignement allemands.


6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Bush manipule les analystes militaires.

L'administration du président américain George W. Bush a organisé une vaste entreprise de manipulation des analystes militaires travaillant à la télévision pour obtenir une couverture favorable de la guerre en Irak, affirme le New York Times dimanche. Dans cette entreprise, l'administration a exploité d'une part la loyauté idéologique et militaire de ces analystes, qui sont souvent des gradés de l'armée à la retraite, affirme le quotidien dans une longue enquête. Elle a d'autre part utilisé un puissant levier financier, à savoir les liens que ces analystes entretiennent avec les entreprises militaires impliquées dans les politiques militaires même qu'ils sont chargés d'évaluer à la télévision. Ces commentateurs, qui apparaissent régulièrement sur les grandes chaînes américaines pour analyser les guerre en Irak et en Afghanistan, représentent aussi quelque 150 entreprises militaires, que ce soit en tant que lobbyistes, consultants ou membres du conseil d'administration, ce que les téléspectateurs ignorent totalement. Ces entreprises comprennent des poids-lourds du secteur, mais aussi une myriade de sous-traitants, qui cherchent tous à obtenir une part des centaines de milliards de dollars de contrats générés par les guerres, ajoute le quotidien. Dans cette course aux contrats, l'accès à l'information et aux décideurs gouvernementaux est hautement prisé, souligne le New York Times. Et l'administration Bush a utilisé cette situation pour transformer les analystes en instruments capables de façonner de l'intérieur la couverture des guerres par les grands réseaux de télévision et de radio. Les analystes ont ainsi été invités à des centaines de briefings privés avec des dirigeants militaires, ont été emmenés en Irak, ont eu accès à des renseignements confidentiels et ont eu des briefings avec de hauts responsables de la Maison Blanche , du département d'Etat et du département de la Justice , selon le New York Times. En retour, ils se sont faits la caisse de résonance des points de vue de l'administration, même lorsqu'ils soupçonnaient parfois que l'information était fausse ou exagérée. Le New York Times est arrivé à cette conclusion après avoir examiné quelque 8.000 pages de messages électroniques, de transcriptions et d'enregistrements décrivant plusieurs années de briefings et de voyages en Irak ou à Guantanamo obtenus par le quotidien après avoir remporté un procès contre le Pentagone, dont les responsables n'avaient pu être joints dimanche. Ces dossiers révèlent une relation symbiotique où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, souligne le quotidien. Des documents internes du Pentagone parlent régulièrement des analystes militaires comme des "multiplicateurs de force du message" ou de "substituts" sur qui compter pour transmettre "les thèmes et le message" du gouvernement à des millions d'Américains "sous la forme de leurs propres opinions". Même si les analystes sont des consultants payés par les télévisions, qui gagnent entre 500 et 1.000 dollars par apparition à l'écran, certains ont donné au Pentagone des "trucs" pour contourner les télévisions et d'autres l'ont tenu alerté des reportages en préparation, selon le quotidien. "Bon travail", aurait affirmé Thomas McInerney, général à la retraite de l'armée de l'air et analyste pour Fox news, dans une note écrite au Pentagone après un briefing fin 2006. (Source : AFP / 20 avril 2008)


6-2 Dedefensa : La fabrique du virtualisme.

L’immense article du New York Times du 20 avril, de David Barstow, est une remarquable “brique” de journalisme. Les détails sont considérables, nombreux, incontestables. Le journaliste qui a écrit la chose a réuni plus de 800 documents qui soutiennent ses allégations. L’article nous décrit l’organisation et le fonctionnement d’une “armée” de commentateurs et “consultants” des grands réseaux (surtout TV) d’information aux USA, pour l’essentiel d’anciens militaires (anciens généraux, anciens amiraux, parés du prestige de leur soi-disant expertise). Ils s'occupèrent, à partir de 2002, en marge de la guerre en Irak et à son propos, de répandre une parole “indépendante” favorable à la politique du Pentagone. Les réseaux et chaînes qui les engagèrent savaient ou ne savaient pas, ou bien s’en doutaient un peu, ou bien ne s'en faisaient pas trop à ce propos, etc.

Certains observent le sérieux et la puissance, ainsi que la variété du travail accompli par Barstow. (Cas de Gregg Mitchell, de Editor & Publisher, le 20 avril.) D’autres sont moins impressionnés. Ils notent que des articles, dès 2003 par exemple, mettaient en évidence combien ces “généraux” de réserve étaient des relais du Pentagone. C’est le cas de Glenn Greenwald, dans Salon.com, le 20 avril également.Nous-mêmes, dès 2002 (article de janvier 2002 de notre Lettre d’Analyse dedefensa & eurostratégie mis en ligne le 13 mars 2003), mettions en évidence notre volonté de prendre une distance décisive de l’“information officielle” et de tout ce qui peut en émaner, – notamment ces “consultants”, ex-généraux et autres, dont le titre de gloire est d’être régulièrement “informés” par le Pentagone. Nous assignions à cette “information officielle”, dans nos conceptions, un rôle d’acteur parmi d’autres de l'information en général, et même nécessairement plus suspect que bien d’autres. Ce que nous constations, en un sens, c’était l’acte de décès de la prétention à l’information objective (apparence dont se paraît l'information officielle) durant les événements qui sont le sujet de cette information. Donc, de ce point de vue, l’information soi-disant objective n’existe plus; c’est un progrès, parce que la prétention à l’information objective, dans l’ère de la communication, est une tromperie. Nous baptisons notre époque “l’ère psychopolitique” (plutôt que “l’ère de la communication” par exemple) parce que, notamment pour le propos qui nous intéresse, l’information aujourd’hui dépend de notre psychologie comme outil de notre jugement, – parce que l’information dépend de notre jugement bien plus que de sa soi-disant existence objective. Mais l’article du NYT est tout de même, sous d’autres aspects, d’un très grand intérêt. Nous y distinguons deux raisons, – la première que nous mentionnons en passant, sans nous y arrêter, – la seconde, qui fera le miel de notre commentaire.

 • La première raison, c’est que cet article, par sa masse, ses détails, son effet général, est une bonne piqure de rappel pour les mémoires courtes ou les esprits étroits. Plus encore, il importe plus aujourd’hui en 2008 que ce qu’on disait déjà en 2003, parce qu’en 2008 la résistance à cette évidence de la non-existence d’une information officielle et de son remplacement par une cuisine élaborée pour nous fabriquer de l’information en fast food conformiste est beaucoup plus faible. D’où l’efficacité de la chose. Au-delà, rien de nouveau et rien de plus à dire.

• La seconde raison, c’est, qu’au travers des détails, des déclarations, etc., nous est montrée une “réalité” que nous soupçonnons depuis longtemps. Sa confirmation par la description est une chose bienvenue. Cette réalité, c’est la fabrication de la (d’une) réalité virtualiste. Le titre de cet article du NYT devrait être effectivement “la fabrique du virtualisme”.

Nous donnons ci-après deux extraits qui illustrent en (petite) partie ce que nous voulons dire…

D’abord, un long extrait décrivant la constitution d’une équipe de 75 “consutants” qui vont essaimer sur les grandes chaînes de TV, faire des articles, répondre à des interviews, etc.

«But these were trifling compared with what Ms. Clarke’s team had in mind. Don Meyer, an aide to Ms. Clarke, said a strategic decision was made in 2002 to make the analysts the main focus of the public relations push to construct a case for war. Journalists were secondary. “We didn’t want to rely on them to be our primary vehicle to get information out,” Mr. Meyer said. »The Pentagon’s regular press office would be kept separate from the military analysts. The analysts would instead be catered to by a small group of political appointees, with the point person being Brent T. Krueger, another senior aide to Ms. Clarke. The decision recalled other administration tactics that subverted traditional journalism. Federal agencies, for example, have paid columnists to write favorably about the administration. They have distributed to local TV stations hundreds of fake news segments with fawning accounts of administration accomplishments. The Pentagon itself has made covert payments to Iraqi newspapers to publish coalition propaganda. »Rather than complain about the “media filter,” each of these techniques simply converted the filter into an amplifier. This time, Mr. Krueger said, the military analysts would in effect be “writing the op-ed” for the war. »From the start, interviews show, the White House took a keen interest in which analysts had been identified by the Pentagon, requesting lists of potential recruits, and suggesting names. Ms. Clarke’s team wrote summaries describing their backgrounds, business affiliations and where they stood on the war. »“Rumsfeld ultimately cleared off on all invitees,” said Mr. Krueger, who left the Pentagon in 2004. (Through a spokesman, Mr. Rumsfeld declined to comment for this article.) »Over time, the Pentagon recruited more than 75 retired officers, although some participated only briefly or sporadically. The largest contingent was affiliated with Fox News, followed by NBC and CNN, the other networks with 24-hour cable outlets. But analysts from CBS and ABC were included, too. Some recruits, though not on any network payroll, were influential in other ways — either because they were sought out by radio hosts, or because they often published op-ed articles or were quoted in magazines, Web sites and newspapers. At least nine of them have written op-ed articles for The Times. »The group was heavily represented by men involved in the business of helping companies win military contracts. Several held senior positions with contractors that gave them direct responsibility for winning new Pentagon business. James Marks, a retired Army general and analyst for CNN from 2004 to 2007, pursued military and intelligence contracts as a senior executive with McNeil Technologies. Still others held board positions with military firms that gave them responsibility for government business. General McInerney, the Fox analyst, for example, sits on the boards of several military contractors, including Nortel Government Solutions, a supplier of communication networks.»Several were defense industry lobbyists, such as Dr. McCausland, who works at Buchanan Ingersoll & Rooney, a major lobbying firm where he is director of a national security team that represents several military contractors. “We offer clients access to key decision makers,” Dr. McCausland’s team promised on the firm’s Web site. »Dr. McCausland was not the only analyst making this pledge. Another was Joseph W. Ralston, a retired Air Force general. Soon after signing on with CBS, General Ralston was named vice chairman of the Cohen Group, a consulting firm headed by a former defense secretary, William Cohen, himself now a “world affairs” analyst for CNN. “The Cohen Group knows that getting to ‘yes’ in the aerospace and defense market — whether in the United States or abroad — requires that companies have a thorough, up-to-date understanding of the thinking of government decision makers,” the company tells prospective clients on its Web site. »There were also ideological ties. Two of NBC’s most prominent analysts, Barry R. McCaffrey and the late Wayne A. Downing, were on the advisory board of the Committee for the Liberation of Iraq, an advocacy group created with White House encouragement in 2002 to help make the case for ousting Saddam Hussein. Both men also had their own consulting firms and sat on the boards of major military contractors…»

Plus loin, on nous décrit le voyage en Irak d’une équipe d’analystes et de consultants du même type, exactement comme feraient des journalistes “normaux”. «By summer [2003], though, the first signs of the insurgency had emerged. Reports from journalists based in Baghdad were increasingly suffused with the imagery of mayhem. »The Pentagon did not have to search far for a counterweight. »It was time, an internal Pentagon strategy memorandum urged, to “re-energize surrogates and message-force multipliers,” starting with the military analysts. »The memorandum led to a proposal to take analysts on a tour of Iraq in September 2003, timed to help overcome the sticker shock from Mr. Bush’s request for $87 billion in emergency war financing. »The group included four analysts from Fox News, one each from CNN and ABC, and several research-group luminaries whose opinion articles appear regularly in the nation’s op-ed pages. »The trip invitation promised a look at “the real situation on the ground in Iraq .” »The situation, as described in scores of books, was deteriorating. L. Paul Bremer III, then the American viceroy in Iraq, wrote in his memoir, “My Year in Iraq,” that he had privately warned the White House that the United States had “about half the number of soldiers we needed here.” » “We’re up against a growing and sophisticated threat,” Mr. Bremer recalled telling the president during a private White House dinner. »That dinner took place on Sept. 24, while the analysts were touring Iraq . »Yet these harsh realities were elided, or flatly contradicted, during the official presentations for the analysts, records show. The itinerary, scripted to the minute, featured brief visits to a model school, a few refurbished government buildings, a center for women’s rights, a mass grave and even the gardens of Babylon . »Mostly the analysts attended briefings. These sessions, records show, spooled out an alternative narrative, depicting an Iraq bursting with political and economic energy, its security forces blossoming. On the crucial question of troop levels, the briefings echoed the White House line: No reinforcements were needed. The “growing and sophisticated threat” described by Mr. Bremer was instead depicted as degraded, isolated and on the run. »“We’re winning,” a briefing document proclaimed.» Date de publication : 22/04/2008 - Rubrique : Faits et commentaires


6-3 Dedefensa : Mensonge? Propagande? Ces mots n’ont pas cours avec le virtualisme.

La description qui transparaît au travers de ce très long article est d’un grand intérêt, étonnante d’une certaine façon, révélatrice dans tous les cas. On découvre la technique de l’établissement du virtualisme, qui est une véritable technique systémique. En même temps, on en approche la substance. D’une part, cet article constitue une dénonciation sans ambage ni dissimulation d’une technique de transformation de la réalité (plus que de “dissimulation”), en même temps que sa description dans toute sa crudité, dans tous ses aspects techniques. On ne peut se tromper sur ce qui nous est présenté. On ne peut soupçonner l’auteur de vouloir dissimuler qu’il s’agit d’une action de tromperie sur une très grande échelle. D’autre part, il n’y a nulle part le véritable constat de la dénonciation. En effet, où peut-on voir les mots qui dénoncent la “tromperie”? Nous avons fait un décompte attentif. L’article compte 46.863 signes (7.589 mots). C’est l’équivalent d’un gros communiqué de l’OTAN à Bucarest, ou de 32-33 de nos vieilles pages du bon temps de la dactylographie par machine à écrire. Ce n’est pas rien, c’est même énorme. Sur ce volume, pas une seule fois n’apparaît le mot “mensonge” (“lie” ou “lies”). On note trois fois l’emploi du mot “propaganda”, dont une fois seulement employé dans le contexte pour illustrer l’opération décrite, et encore d’une façon qui tend à dénier l’appréciation qu’on puisse qualifier cette opération de propagande.

Les trois emplois sont les suivants:

• «A few expressed regret for participating in what they regarded as an effort to dupe the American public with propaganda dressed as independent military analysis.» (Rapport avec l’opération, pour la décrire comme une opération de “propagande” mais nous signifiant que fort peu parmi les participants à cette opération acceptent cette définition et regrettent d’y avoir participé, en tant qu’il s’agirait éventuellement d’un effort pour “duper le public américain avec de la propagande…”)

• «The Pentagon’s regular press office would be kept separate from the military analysts.[…] The decision recalled other administration tactics that subverted traditional journalism.[…] The Pentagon itself has made covert payments to Iraqi newspapers to publish coalition propaganda.» (Emploi du mot pour une autre opération que celle qui est décrite, et qui concerne, – il faut le noter vertueusement, – non des journaux US mais des journaux irakiens. Une opération d’une catégorie en-dessous, comme les Irakiens eux-mêmes selon la vision du Pentagone…)

«This was a major theme, for example, with Paul E. Vallely, a Fox News analyst from 2001 to 2007. A retired Army general who had specialized in psychological warfare, Mr. Vallely co-authored a paper in 1980 that accused American news organizations of failing to defend the nation from “enemy” propaganda during Vietnam .» (Cette fois, le mot est employé à contre-emploi, par analogie historique. Ce sont les journaux en général, non informés ou non manœuvrés par le Pentagone du temps du Vietnam, qui sont accusés d’avoir fait de la propagande.)

Dans le contexte général que nous savons, où cet article ne dissimule rien de l’opération du Pentagone mais où l’auteur restitue tout de même l’état psychologique des “coupables” (tous les “consultants“ et autres qu’il a interrogés), nous pouvons avancer l’hypothèse que ce qui nous est offert est un exemple massif et détaillé de fabrication du virtualisme. A aucun moment n’apparaît de manière significative une notion morale de responsabilité, ni de conscience de la dissimulation de la réalité (“mensonge”). On n’a aucunement l’impression, dans le chef de ceux qui la font, d’une opération d’“intoxication” consciente de ce qu’elle est et de ce qu’elle fait. Le sentiment “globalement” général est la bonne foi, avec toutes les vertus qui vont avec. On y trouve même les briefings-bidon lors de voyages arrangés en Irak, dont tout le monde admet qu’il s’agit de briefings-bidon mais dont il ne ressort rien de ce soupçon sur le compte-rendu qu’on fait en rentrant aux USA. Il s'agit bien là, cette absence de conscience de la tromperie et cette croyance “globale” à la fausse réalité qu'on décrit, de la caractéristique du virtualisme. Au-delà, nous donnerions comme explication psychologique de l’acceptation du processus que tous ces hommes défendent une conception, leur propre perception de la vie (celle de militaires, de généraux), et s’ils déforment complètement la réalité c’est parce que “leur” réalité est à la fois plus importante à leurs yeux et plus “réelle” que la “vraie réalité”, et qu'ils la vivent de la sorte, sans machination. Dans ce cas, une fausse “réalité” vécue si intensément n’est-elle pas plus vraie que la soi-disant “vraie réalité”? (Ils pourraient d’ailleurs, s'ils acceptaient la mise en cause de leur “réalité”, nous rétorquer: “pourquoi notre ‘réalité’ ne serait-elle pas plus ‘réelle’ que la vôtre?”, – et, en vérité (?), nous n’aurions rien à répondre qui leur clouât le bec à jamais. Mais ils ne poseront pas cette question puisqu'ils tiennent “leur” réalité pour la réalité.) Nous sommes au coeur du virtualisme, s’appuyant sur l’individualisme qui affaiblit dramatiquement les défenses de l’individu contre la corruption psychologique, dans un système qui n’a pas de références régaliennes mais des références partisanes (parmi lesquelles le “patriotisme”, interprétée comme la “réalité”: à chacun “son” patriotisme, interprété selon “sa” réalité). Le groupe constitué pour cette opération est évidemment caractérisé par son appartenance à un groupe plus vaste, caractérisé comme un “groupe d’intérêt”, qui devrait même être caractérisé comme un “groupe de perception” (dans ce cas, le Pentagone, l’armée, etc., avec leur propre “réalité”). D’ailleurs, comme le montre l’un des extraits, ils se battent aussi bien contre un Bremer, qui représente le State department (autre “groupe de perception”), que contre les journalistes qui écrivent que la situation est mauvaise. L’argent, le corruption vénale, ne jouent qu’un rôle accessoire, même si ce rôle accessoire est souvent confortable, voire plantureux (la plupart des “consultants” sont souvent employés par des sociétés du complexe militaro-industriel et attentifs à favoriser des contrats). Il s’agit à 95% d’une corruption psychologique. Dans le chef de ceux qui l’organisent et qui exécutent cette opération, il n’y a pas de complot au sens subjectif (alors que c’est un complot si l’on considère l’opération d’un point de vue objectif) mais une “opération” au sens militaire du terme, et évidemment pour la bonne cause, – cela va sans dire, à un point tel qu’il n’est pas nécessaire de dire. Il y a une technique, également, dans le processus. A notre sens, elle s’est imposée de façon naturelle, sans machination quelconque, comme une sorte d’auto-défense de tous les participants (ceux qui conçoivent l’opération, ceux qui la montent, ceux qui l’exécutent, de Rumsfeld aux généraux-consultants) pour éviter l’embarras d’une interrogation morale. Cette technique naturelle est de scinder la circulation de l’“information”, de la cloisonner en quelque sorte en évitant toute confrontation sérieuse avec le réel d'une façon globale, de la faire circuler d’étage en étage, de strate en strate, de groupe en groupe, et plus encore de psychologie en psychologie, de façon à renforcer à mesure le crédit de cette information dans l’esprit de ceux qui la véhiculent (puisqu'elle provient de leur système, dans lesquels ils ont professionnellement confiance), jusqu’à la faire paraître vraie à leurs propres yeux. Chacun à son niveau finit par la considérer comme vraie. Il s’agit bien de “crédit” («confiance qu’inspire quelqu’un ou quelque chose», – phénomène naturel), bien plus que de “crédibilité” («Ce qui faut qu’une chose mérite d’être crue», – ce qui peut être un montage). Les constats qu’on peut faire, qui vont dans le sens inverse, sont éliminés comme accidentels ou de peu de signification. Au départ, le “mensonge” l’est si indirectement que le mot n’a pas cours, qu’il n’est pas dans les esprits. Il s’agit de “défendre” le système (le Pentagone) contre des attaques qui mettent en péril son intégrité, son équilibre, son efficacité. Accessoirement, on découvre qu’il s’agit des nouvelles de la guerres. Une catégorie (le journalisme courant) la dépeint sous des “couleurs” trop sombres. Il s’agit d’une querelle de peintre, si l’on veut; les critiques du DoD et de la guerre sont des impressionnistes anti-guerre, qui laissent parler leur mauvais esprit. Comme on sait, l’impressionnisme déforme la réalité. Contre cela, le Pentagone doit répondre par un strict réalisme, qui est évidemment pro-guerre… Où y a-t-il mensonge? Le vrai sujet est la défense du Pentagone, pas vraiment la guerre… Le vrai cadre est complètement virtualiste. Il s’agit de protéger le Pentagone, son mode de vie, sa philosophie, contre les attaques des barbares que l’Amérique recèle malheureusement en grand nombre (les journalistes dissidents, les pseudo-gauchistes anti-militaristes, les idéologues du repli ou de l’isolationnisme, les amis passés à l’ennemi, – c’est-à-dire les ex-militaires consultants qui ne prennent pas leur consigne au bureau du secrétaire à la défense). Un dernier constat, plein d’une joyeuse almacrité. Le fait est que, malgré des efforts de cette envergure (et il y en eut d’autres), ces braves ou ces pauvres gens n’ont pas pu arrêter la réalité. Ils l’ont même multipliée dans ses effets; le “message-multiplier”, nom donné au Pentagone à la technique, a de méchants retours de flamme lorsque la lumière éclaire bruyamment la vessie qu’on a essayée en toute ingénuité de vous faire prendre pour une lanterne. Le fait est qu’aujourd’hui, aux USA, la guerre en Irak est sans doute la plus impopulaire de toutes les guerres qu’ont fait les USA, et qu’elle est en train de casser les reins du système. Résultat net de l’opération? 22 avril 2008 —



7 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Le Pentagone souhaite plus contrôler la formation de militaires étrangers

La secrétaire d'Etat Rice, et le secrétaire à la guerre Gates, ont demandé mardi au Congrès américain de débloquer 750 millions de dollars pour l'année fiscale 2008-09, au titre de la formation et l'armement de militaires étrangers. Si cette proposition est approuvée, le Pentagone exercera un contrôle direct sur des programmes jusque là dirigés par le département d'Etat. En échange, le ministère américain de la Défense transfèrerait 200 millions de dollars de son budget vers celui des Affaires étrangères pour financer une force de réaction civile qui assisterait les militaires dans les opérations de "stabilisation" après des conflits. Le secrétaire à la Défense a souligné que le programme de formation et d'armement de militaires étrangers représentait "une obligation vitale et récurrente de l'armée américaine, quelle que soit la capacité des autres ministères, et (que) le contrôle exercé (par le Pentagone) et son financement devraient refléter cette réalité". "Le budget annuel du département d'Etat est de 34 milliards de dollars", a-t-il poursuivi. "C'est moins que ce que le département de la Défense dépense chaque année en soins médicaux". Mme Rice avait déjà présenté son projet de force de réaction civile lors de la présentation du budget 2008-09, qui débute en octobre. Elle l'avait décrit comme un "corps expéditionnaire" qui sera dirigé par des diplomates expérimentés et déployé "dans les 48 heures" dans les pays en crise après un conflit. (Source : AFP / 15 avril 2008)


7-2 Communiqué de l'Emirat Islamique d'Afghanistan : Concernant le largage d'équipement militaire par hélicoptère en province de Zabul .
Date: 18/4/2008
Il y a de cela quelques jours, une quantité de matériel militaire et de denrées alimentaires venant d'hélicoptères des forces d'occupation étrangères, a atterri dans le Département d'Arghandab en province de Zabul, et est tombé entre les mains des gens de la région et des combattants.
Il est à noter que cet hélicoptère n'a pas atterri au sol et a largué les dits articles à partir des airs, et que cet incident est également le premier du genre, et que cette erreur a plusieurs possibilités.
1- Il est probable que l'ennemi ait pensé que la région dans laquelle l'hélicoptère a largué sa cargaison soit sous leur contrôle car il y a de cela quelques temps les forces ennemies étaient situées dans cette région avant d'y être récemment délogées par les Moujahidines, qui est à présent libérée.

2- Il est probable que l'hélicoptère ait été victime d'un problème technique qui l'a obligé à abandonner sa cargaison afin d'alléger le poids.
3- Il est probable que la cargaison soit tombée de l'hélicoptère sans que cela ne soit la volonté de l'ennemi, car la marchandise était suspendue à l'appareil.
4- Il existe un risque important que l'ennemi ait accompli cela de manière planifiée dans le but d'instaurer le doute et de créer des différences entre les Moujahidines et les populations locales.
5- Il est susceptible d'y avoir dans cette cargaison de dangereuses substances destinées à saboter ou à détruire les armes des Moujahidines.
6- Il se pourrait aussi que l'ennemi ait introduit dans cette cargaison du matériel aidant à détecter les repères des Moujahidines afin de pouvoir les bombarder.
L'Emirat Islamique d'Afghanistan rassure tous les Musulmans et les Moujahidines en particulier, que cette erreur n'est en aucun cas le fruit d'un lien quelconque avec un responsable des Moujahidines, et l'Emirat Islamique d'Afghanistan est très attentif à toutes les machinations de l'ennemi et qu'en tenant compte de cela nous devons rassurer tous les Musulmans afin de réfuter et faire échouer les complots et les machinations de l'ennemi.

Le commandement du Conseil Consultatif de l'Emirat Islamique d'Afghanistan Porte-parole de l'Emirat Islamique d'Afghanistan-Taliban Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) Source/ (Sawt Al Jihad) le 18/4/2008 Site Officiel de l'Emirat Islamique d'Afghanistan http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...


7-3 "Nouveau visage de la faim".

Le Programme alimentaire mondial (PAM) lance un appel de plusieurs centaines de millions de dollars pour faire face au "nouveau visage de la faim" dévoilé par la crise alimentaire qui a déclenché des émeutes dans une trentaine de pays. La directrice du PAM, Josette Sheeran, a indiqué que l'agence onusienne avait besoin en urgence d'environ 280 millions de dollars simplement pour compenser dans son budget régulier l'augmentation de 40% du coût de la nourriture. Ce budget permet au PAM de fournir de la nourriture aux réfugiés et personnes déplacées en raison de conflits, comme au Darfour, ou aux victimes de catastrophes naturelles et populations nouvellement confrontées à la faim, comme en Afghanistan. Une situation qui va nécessiter plusieurs millions de dollars supplémentaires de financement. Josette Sheeran a prévenu que l'aide alimentaire à quelque 20 millions des enfants les plus pauvres du monde allait notamment devoir être réduite, même si les pays riches débloquent des fonds d'urgence pour alléger la pression causée par la montée en flèche des prix du riz, du blé et d'autres produits de première nécessité. AP


7-4 L'Afghanistan peiné par l'espionnage des services de renseignement allemands.

Le gouvernement afghan est peiné par l'espionnage auquel se sont livrés les services de renseignement allemands sur un de ses ministres mais estime que l'affaire n'entravera pas les relations entre les deux pays, a déclaré samedi un porte-parole afghan. Le ministre des Affaires étrangères allemand Franck-Walter Steinmeier a appelé son homologue afghan pour s'excuser, et assurer que les responsables de l'espionnage des courriels échangés par le ministre afghan du Commerce et de l'Industrie et une journaliste du Spiegel seront sanctionnés, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "Nous sommes très peinés par cette affaire, surtout de la part d'un gouvernement allié", a souligné Sultan Ahmad Baheen. "Nous espérons que ce problème n'entachera pas nos relations avec l'Allemagne qui sont fortes et historiques". Le porte-parole a ajouté que le gouvernement afghan avait reçu l'assurance que "ce cas était isolé et que cela ne se répèterait pas". La presse allemande avait révélé jeudi que les services de renseignement allemands (BND) avaient infiltré un "cheval de Troie" informatique dans l'ordinateur du ministre afghan Amin Farhang, pour espionner pendant plusieurs mois, en 2006, ses échanges par courriel. Le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm, avait indiqué vendredi à la presse qu'"une série de mesures" allaient être prises pour tirer les conséquences de cette affaire regrettable. Le directeur du service compétent dans ce dossier au BND, et l'un de ses collaborateurs ont été mis mis à pied, sur ordre de la chancellerie, et une enquête disciplinaire a été ouverte, selon M. Wilhelm.

Le patron du BND, Ernst Uhrlau, et lui aussi été fortement critiqué, autant au parlement qu'à la chancellerie. Selon le quotidien régional allemand, Mitteldeutsche Zeitung (MZ), citant des sources proches du gouvernement à Kaboul, le BND aurait pu espionner plusieurs ministres afghans.

(AFP / 26 avril 2008 )

n°170 - journal Afghan -Fin- Les étrangers nuisibles.

journal de l'Afghanistan 

 n° 170 - du 19-04 au 27-04

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire : (Fin)

8 Dossiers

8-1 Dossier : Président Karzai

1 Karzaï critique

2 Karzai  appelle les forces alliées à adopter une stratégie. 3 Karzaï défend la peine de mort.

9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

9-1 Le Pentagone, plus gros consommateur US de pétrole, s'inquiète de sa flambée.

10-0 Annexe Géopolitique et stratégie

10-1 Robert Gates : Discours pour un temps de cri



8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Dossier : Président Karzai

1 Karzaï critique

Le président Karzaï critique, dans une interview publiée par le New York Times, la conduite de la guerre par les troupes américaines et britanniques. Le chef de l'Etat afghan déclare que les forces américaines "doivent cesser" de procéder à des arrestations parmi les taliban et leurs sympathisants car, selon lui, cela les dissuade de se rendre aux autorités. Karzaï critique aussi la guerre menée par la coalition conduite par les Etats-Unis dans les villages afghans, estimant que "Ces sanctuaires doivent disparaître". Le président afghan se plaint par ailleurs des pertes civiles trop élevées causées par les forces étrangères. "Je ne me satisfais pas qu'elles diminuent. Je veux la fin des pertes civiles. Même si on me dit que c'est difficile, je n'accepte pas cet argument." Karzaï réclame enfin plus d'autonomie de décision; "Pour que le monde réussisse en Afghanistan, il faut bâtir l'Etat afghan, pas l'affaiblir". (Source : Reuters 26-04)


2 Karzai  appelle les forces alliées à adopter une stratégie.

Le président afghan appelle les forces alliées à adopter une stratégie qui se rapproche davantage des impératifs de son gouvernement. Dans une entrevue au New York Times, Hamid Karzaï déplore que l'amnistie décrétée dans la foulée du renversement du régime taliban en 2001 soit constamment mise à mal par ses partenaires de l'OTAN. Selon lui, l'intransigeance affichée de façon épisodique, tant par la coalition que par certains chefs de guerre locaux à l'endroit de talibans, a pu en décourager certains de se rendre aux autorités et les pousser à prendre le maquis dans les zones tribales pakistanaises, à la frontière du pays. Le président afghan souhaite que la coalition soit notamment plus prompte à le tenir au courant des talibans, ou de leurs sympathisants, qu'elle arrête, afin de pouvoir prendre en charge leur réintégration. À terme, il espère convaincre la coalition de mettre un terme à ces arrestations. Il donne en exemple de ce qu'il ne souhaite plus  réentendre le récit de cet ex-taliban, devenu un petit commençant, arrêté pourtant à répétition. Excédé par les victimes civiles menée par la coalition sur le territoire afghan, Hamid Karzaï estime que cette tragédie « mine les efforts communs dans la lutte contre le terrorisme » et qu'elle doit trouver une solution définitive. Des impératifs électoraux : Selon le New York Times, cette sortie du président afghan pourrait s'inscrire dans une stratégie visant à démontrer à la population qu'il sait se montrer ferme face aux puissances étrangères qui opèrent au pays, à un an des élections présidentielles. Le quotidien américain ajoute par ailleurs que ces propos reflètent la tension croissante qui existe entre le pouvoir afghan et ses alliés étrangers, engendrée par la recrudescence de la résistance mais aussi par sa gouvernance… Les voix sont de plus en plus nombreuses au sein des pays alliés à dénoncer la corruption du régimeKarzaï précise que l'afflux soudain de la manne étrangère, dans un pays aux grandes disparités, rend illusoire un succès rapide au chapitre de la corruption.

26-04


3 Karzaï défend la peine de mort.

L'Afghanistan est «attaché» à la peine de mort, en vertu de la loi islamique et pour des raisons de sécurité nationale, a indiqué Karzaï, (la coalition internationale emmenée par les Américains a mis en place Karzaï.) sollicité pour commuer une centaine de condamnations récentes à la peine capitale. «La charia (la loi islamique) est très claire sur ce point, le gouvernement et le peuple d'Afghanistan --sur la base de ces règles-- sont attachés (à la peine de mort) et s'y tiendront», «Pour que la justice puisse remplir son rôle et contre ceux qui ont fait de nos enfants des martyrs, ont coupé leurs mains, leurs doigts, leurs oreilles, qui ont enlevé des gens et qui les ont tués, alors dans ces cas, la charia est claire», a martelé Karzai
Quinze condamnés ont été fusillés en octobre dernier, la seconde vague d'exécution depuis fin 2001 Agence France-Presse 22-04

Les articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Le Pentagone, plus gros consommateur US de pétrole, s'inquiète de sa flambée. Le Pentagone, premier consommateur de pétrole aux Etats-Unis, a déboursé 15 milliards de dollars pour sa facture carburant en 2007 sous l'effet de la hausse "préoccupante" des prix du pétrole qui pèse sur ses coûts, a indiqué mardi sa responsable financière, Tina Jonas. "Nous avons dépensé 15 milliards de dollars pour 120 millions de barils l'an dernier", a-t-elle indiqué lors d'une conférence organisée par le groupe d'information spécialisé dans la défense Jane's. "Les prix du pétrole nous préoccupent beaucoup en ce moment", a-t-elle souligné, alors le cours du baril a clôturé pour la première fois au-delà de 119 dollars mardi à New York, après avoir frôlé le seuil symbolique des 120 dollars. "Le prix du carburant a plus que triplé sur les quatre dernières années", or "à chaque fois que le prix du carburant augmente d'un dollar, nos coûts gonflent de 130 millions" de dollars, a-t-elle déploré. La flambée des prix de l'or noir est d'autant plus dramatique pour le Pentagone que "le département américain de la Défense est le plus gros consommateur de pétrole au Etats-Unis", a de son côté indiqué dans sa présentation David Trachtenberg, ancien haut responsable du Pentagone chargé de la politique internationale de sécurité. Selon Mme Jonas, le budget global du Pentagone (hors guerres en Irak et en Afghanistan), établi à 515 milliards de dollars pour l'année fiscale 2009, devrait augmenter de 6,5% d'ici 2013, à 549 milliards. Toutefois, en dollars constants (corrigés du taux d'inflation), ceci représente une baisse de 3,3%, a-t-elle précisé. (Source : AFP / 22 avril 2008)  



10-0 Annexe  : Analyse, Géopolitique et stratégie

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

10-1 Robert Gates : Discours pour un temps de crise.

Le discours de Robert Gates à l’Air War College, Air University, à Maxwell-Gunter Air Force Base, en Alabama, le 21 avril, pourrait constituer une étape importante dans la crise du Pentagone. Qu’il ait été prononcé dans un établissement de l’USAF fait aussitôt penser qu’il s’adressait plus spécifiquement à l’USAF. Cela a été interprété dans ce sens par Associated Press, qui a publié, le même 21 avril, un compte-rendu du discours. Cette interprétation a aussitôt été dénoncée par le Daily Report de l’Air Force Association, le 22 avril: «An Associated Press report picked up by news media around the world declares that Defense Secretary Robert Gates believes the Air Force is not doing enough in the global war on terror. The reporter pointedly referred to the Air Force when he paraphrased remarks from a speech Gates made Monday at Air War College in Alabama , but if you read the transcript, Gates doesn’t single out the Air Force. Instead he declares “our services are still not moving aggressively in wartime to provide resources needed now on the battlefield.”» Cette anecdote est à la fois illustrative de la crise qui se développe au sein du Pentagone, et significative de cette crise. Le discours lui-même l’est également, significatif et illustratif. Un rapport d’AFP, repris par Defense News du 21 avril, rendait compte d’une façon générale de la substance du discours, – un appel à des attitudes innovantes, audacieuses, etc., pour renforcer l’effort des guerres en cours et adapter de façon radicale la machine de guerre US à la guerre asymétrique... Et même si, effectivement, tous les services sont mis en cause, il faut admettre que l’USAF occupe une place de choix. «Defense Secretary Robert Gates on April 21 launched a push for more unmanned drones, complaining that the military is “stuck in old ways” and not moving aggressively to meet battlefield needs. »In a blunt speech at the Air University at Maxwell-Gunter Air Force Base in Montgomery, Ala., Gates called on the Air Force and other services to rethink their priorities in an age of asymmetric warfare. »“I've been wrestling for months to get more intelligence, surveillance and reconnaissance assets into the theater,” he said. “Because people were still stuck in old ways, it's been like pulling teeth.” »Gates said he has formed a Defense Department task force to quickly come up with innovative ways to provide more drones and other operational intelligence gathering assets into the field. »A Pentagon spokesman said the task force, which was formed late last week, will be reporting back to Gates at 30-day intervals on the progress. «The military currently has some 5,000 “unmanned aerial vehicles,” or UAVs, of varying types and sizes, but commanders' demand for them has outstripped their availability. »One barrier has been the Air Force's insistence that the drones, which are controlled remotely over battlefields in Iraq and Afghanistan from as far away as Nevada, be flown by certified pilots.»

Aujourd’hui, le New York Times publie un article sur le discours, – deux jours après qu’il ait été prononcé, ce qui signifie que les sources au Pentagone ont signalé au quotidien “de référence” l’importance de cette intervention. L’article reprend l’appel de Gates pour de “nouvelles idées” et l’effort qu’il attend pour le développement des drones. Il revient également sur la question de savoir à qui s’adressait expressément ce discours, – et nous revenons à la question de l’USAF. «In his speech at Maxwell Air Force Base in Alabama , Mr. Gates did not single out the Air Force for criticism. He said the responsibility should be shared across the military and the vast bureaucracy that researches, develops, builds, buys and fields intelligence assets. »But the Air Force owns most of these airborne surveillance systems, and the message Mr. Gates delivered at the Air War College at Maxwell was clear — and especially painful to a service whose reliance on expensive new jets can seem at odds with 21st-century counterinsurgencies fought in the alleyways of the Middle East. »Mr. Gates said he was convinced that the next war would not be a conventional conflict, and that “asymmetrical conflict will be the dominant battlefield for decades to come, and procurement and training have to focus on that reality.” »In response to Mr. Gates’s criticism, the Air Force Association, a private organization that acts as surrogate and spokesman for the service, issued a statement defending the Air Force’s contributions to the wars in Iraq and Afghanistan. The news release was a throwback to the worst days of interservice rivalry and boiled down, basically, to saying, “Air Force good, Army bad.”»

Il y a sacrément urgence : Ce que suggère Gates est évidemment du rabâchage. Il faut que les forces s’adaptent à la “nouvelle guerre”, la guerre asymétrique. Il faut notamment qu’elles utilisent à fond les technologies nouvelles, de type UAV et UCAV (Unmanned Air Vehicle et Unmanned Combat Air Vehicles). Il faut qu’elles obtiennent plus de renseignement, que leurs interventions offensives soient plus efficaces. Il faut qu’elles profitent du caractère innovant des nouvelles technologies… Il faut, il faut, il faut, et ainsi de suite. Toujours la même rengaine, toujours les mêmes formules, toujours la même référence aux miraculeuses “nouvelles technologies” qui débouchent inéluctablement sur des catastrophes très coûteuses, toujours la même exigence de “s’adapter” à la réalité nouvelle ; en un mot, toujours la même impuissance devant l’insoluble crise du mammouth, du “Mordor”, de la “House of War” de James Carroll, – l’irréformable Pentagone. Par conséquent, il est inutile de s’attarder à spéculer sur le sort de cette réforme. Il n’y aura rien de nouveau sous le soleil. Il n'y aura d'ailleurs guère de temps pour que le soleil brille beaucoup avant que la crise donne tous ses effets. Plus intéressants sont quelques faits chronologiques en apparence secondaires. • Pourquoi Gates parle-t-il maintenant sur ce sujet, d’une façon si abrupte, alors qu’il n’est plus pour très longtemps au Pentagone et qu’il s’est jusqu’ici désintéressé de ces questions internes?

• Quels vont être les effets bureaucratiques des orientations implicites dans ce discours?

Nous procéderons par hypothèse. Si Gates s’attaque à ce problème de la situation interne du Pentagone alors qu’il n’a plus que quelques mois devant lui, c’est que la situation est extrêmement urgente. Au contraire de ce que nous disait le discours de Rumsfeld du 10 septembre 2001, il s’agit effectivement d’un secrétaire à la défense qui n’a aucune ambition réformiste pour son compte, s’il en eut jamais, parce qu’il n’a plus de temps. Gates cède aux pressions internes, tant de la hiérarchie civile du Pentagone que de la bureaucratie. “ll faut faire quelque chose...”, lui dit-on; il lance donc l’idée d’une nième réforme, d’une nième orientation avec une Task Force de surveillance (riche idée), mais bien entendu toujours vers les mêmes illusions salvatrices (les “nouvelles technologies” plus rentables, l’adaptation à la guerre asymétrique). La première chose importante dans ce tableau est l’idée de la situation urgente. La crise du Pentagone commence à s’approcher du point de rupture. La seconde chose importante à observer avec ce discours est que les autorités dirigeantes réalisent cette évolution.Malgré la polémique à ce sujet, malgré la lettre du discours et les communiqués de l’Air Force Association, il est manifeste que c’est l’USAF qui est d’abord visée, pour diverses raisons. La principale de celles-ci est que l’USAF a la charge d’une grande partie de la force d’UAV et d’UCAV dont on attend des merveilles qui tardent à venir, alors qu’elle réclame des sommes exhorbitantes ($20 milliards de plus par an pendant dix ans) pour le seul équipement de ses forces conventionnelles. Nous serions tentés d’observer qu’il s’agit d’un faux procès ou d’un procès sur un point accessoire et que, dans ce cas précisément, l’USAF est surtout le bouc émissaire d’une situation générale catastrophique. D’autre part, l’USAF est sans aucun doute la force qui est la plus affectée par la crise, alors que cette situation est largement ignorée par les autorités diverses qui sont très fortement orientées vers les difficultés des forces engagées directement dans les guerres en cours, c’est-à-dire essentiellement l’U.S. Army et le Marine Corps. La question est de savoir le sérieux de l’orientation qui est suggérée ici (de plus en plus d’UAV et d’UCAV et autres moyens de technologies avancées convenant paraît-il à la “guerre asymétrique”; de moins en moins de grands programmes lourds, coûteux, inutiles, etc.). Dans le cas de l’USAF, on pense au F-22, déjà plus ou moins mis en cause par Gates et surtout son adjoint England. Mais la même logique ne doit-elle pas toucher également le JSF, dont on annonce qu’il pourrait avantageusement être remplacé par des avions sans pilote dès 2020? Mais toutes ces hypothèses n’ont guère d’importance pour notre propos. Elles ne font qu'illustrer ce qui apparaît essentiel, qui est le constat de la montée d’un climat d’urgence, voire de panique au Pentagone devant une situation inextricable, à laquelle les vieilles recettes stupides et grossières (mettre toujours plus de $milliards) ou faussement novatrices (les “nouvelles technologies”) ne peuvent rien puisqu’elles n’apportent que gaspillage et inefficacité supplémentaires. La monstrueuse usine à gaz géante du Pentagone est chargée jusqu’à la gueule de $ milliards et de “nouvelles technologies” et l’on ne voit pas que cela ait apporté autre chose qu’une aggravation constante de sa situation.. www.dedefensa.org - Euredit S.P.R.L23 avril 2008 –  http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5075


10-2 Alain Gresh : Al-Zawahiri sur l'afghanistan, et d'autres questions.

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée (et les contradictions) d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888). Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés :

Sur la mort d’innocents (dans les attentats) « Nous n’avons pas tué d’innocents, ni à Bagdad, ni au Maroc, ni en Algérie, ni nulle part ailleurs. Et si des innocents ont été tués dans des opérations des moudjahidin, c’est ou par erreur ou en cas de nécessité. » (Par nécessité, il entend que les innocents sont des « boucliers humains » au milieu de l’ennemi.)  Concernant les attentats d’Alger du 11 décembre qui ont frappé le siège des Nations unies, de l’Assemblée constitutionnelle et de l’académie de police : « Les Nations unies sont un ennemi déclaré de l’islam : c’est elle qui a légitimé la création de l’Etat d’Israël sur des terres musulmanes. C’est elle qui considère la Tchtchénie comme une partie intégrante de la Russie des croisés ; c’est elle qui considère Ceuta et Mellila comme une partie intégrante de l’Espagne des croisés.

Et c’est elle qui a légitimé la présence des croisés en Afghanistan et en Irak, qui a légitimé l’indépendance de Timor de l’Indonésie, alors qu’elle ne reconnaît pas ce droit à la Tchétchénie , ni aux musulmans du Caucase, du Cachemire, de Ceuta et Mellila ou de Bosnie. » Alain Gresh

Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.ht

 

26/04/2008

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (Début) - 33 années de calvaire du Liban

Journal du Liban   

N° 70                 04-04 au 25-04

Par  M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Edito

Commémoration des 33 années de calvaire du Liban.
33e anniversaire de la guerre.

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise 

Dossiers

Affaire Hariri : Le chef de la commission d’enquête demande plus de temps …

Affaire Rafik Hariri: un témoin à charge "disparaît"

Affaire Rafik Hariri:

Meurtre Hariri: le frère du témoin renouvelle ses attaques contre la France.

Meurtre Hariri


Editorial

Commémoration des 33 années de calvaire du Liban
A quoi bon sortir sa belle plume et avoir recours aux charmantes figures de styles qui ravivent les sentiments patriotiques ou qui au contraire remuent les couteaux dans les plaies. Trop d’encre et de sang ont coulé depuis la déclaration officielle de la guerre civile du Liban le 13 avril 1975. Les chefs cuisiniers régionaux et internationaux avaient préparé les ingrédients depuis mai 1958, et avaient laissé depuis la préparation cuire à feu doux, en attendant d’attiser le feu au début des années 70 afin de porter à ébullition justement en 1975. Et depuis, le feu n’a plus quitté ce pays. Non pas un feu qui réchauffe, mais un feu infernal, qui consume les rêves et les ambitions, qui calcinent les cœurs, qui incinère les citoyens, et qui carbonise le quotidien des Libanais.

 

Le pays continue d’être en flammes, et les apprentis cuisiniers locaux d’années en années s’obstinent à faire partie de l’équipe d’un certain cordon bleu, selon la gastronomie qu’ils élisent plus profitable que d’autres. En parlant de gastronomie, un éventail de menus se déploient à leurs yeux : perse, américaine, européenne, arabe, asiatique, africaine, etc. Et chacun de ces maître-queux  concoctent des recettes à toutes les sauces afin de nourrir ce peuple affamé et ignorant, qui aspire toujours à entrer dans cette cuisine mondiale et se salir l’honneur en mettant la main à la pâte – du jeu politique. Trente-trois ans. L’anniversaire de ce jour fête les trente-trois étés caniculaires où la chaleur torride des combats et des tensions inextricables a toujours régné sur cette terre des cèdres, et continue de le faire. Trente-trois ans, l’âge qu’a atteint un homme venu sur terre au moment où il a été mené au Golgotha, où il a reçu du vinaigre à la place de l’eau, et où il est mort, avec une promesse de résurrection. Le Liban serait-il au pied du mont Golgotha où a-t-il déjà franchi les quatorze stations du calvaire ? Une promesse de résurrection est-elle valable dans cette histoire à l’image de celle du Nazaréen ? Ou bien le sort de ce pays demeure dans une marmite qui bout pour la porter à ébullition et faire évaporer tout le liquide bénéfique et substantiel du plat principal qui sera servi lors du banquet mondial assaisonné de la sauce du marmiton qui aurait réussi à imposer son art culinaire ? Libnanews   - 13 avril -

33e anniversaire de la guerre.

Des centaines de Libanais ont manifesté à Beyrouth dimanche pour dire leur refus d'un nouveau conflit, à l'occasion du 33e anniversaire de la guerre civile dans leur pays plongé dans une grave crise politique. "Nous voulons annoncer que nous sommes contre la guerre civile et contre le sectarisme", a dit l'un des manifestants, Mohammed Khatib, 56, confiné dans sa chaise roulante après des blessures reçues durant la guerre civile qui a éclaté le 13 avril 1975 et pris fin en 1990. Les manifestants ont marché le long de la ligne de démarcation qui avait divisé la capitale libanaise en secteur chrétien et secteur à majorité musulmane pendant cette guerre dévastatrice qui a fait plus de 100.000 morts. "Je voudrais juste savoir s'il sont morts"! lance Fayrouz Chahine, dont les quatre fils et époux avaient été enlevés et sont portés disparus depuis le 18 septembre 1982. "Nous en avons assez. Nous ne voulons pas de guerre", a-t-elle ajouté, retenant ses larmes. Les manifestants ont ensuite planté un olivier, symbole de la paix, dans le Jardin du pardon, situé dans le centre-ville. "Nous traversons une phase où notre société ressent être en danger", a dit l'un des organisateurs de la marche, Melhem Khalaf. "Il s'agit d'un tournant pour la société civile libanaise". Selon lui, tous les journaux libanais doivent paraître lundi avec un seul titre: refus de la guerre et appel à l'unité et la paix.  (AFP / 13 avril 2008


Résistance

Au jour le jour

05-04 L'armée libanaise et la Force des Nations unies au Liban (Finul) ont affirmé être "vigilantes" à la veille d'un exercice de défense passive(…)  en Israël, en vue de contrer toute "violation" à la frontière entre les deux pays. "Lorsque l'ennemi est en train d'effectuer des manoeuvres à la frontière, il est normal que l'armée soit vigilante", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée. "De toute façon, l'armée se tient prête depuis deux mois" pour faire face à toute éventualité, en raison de la "tension" au Liban et dans la région, a assuré le porte-parole. De son côté, la porte-parole de la Finul a indiqué que la force allait "intensifier ses activités" dans le sud du pays et notamment à la frontière, sans toutefois être en état d'alerte.. Dans des villages frontaliers, comme celui d'El Ouazzani (sud-est), l'armée libanaise a demandé aux habitants de ne pas s'approcher "pour leur sécurité" des barbelés qui longent la frontière, ont affirmé des habitants au correspondant de l'AFP sur place.

L'objectif officiel de l'opération est de tester les procédures de secours ainsi que les installations censées assurer la protection de la population civile, de même que les mesures devant permettre le fonctionnement des administrations et ministères en cas d'attaques de missiles conventionnels ou chimiques. (AFP)

16-04 Mardi, le Conseil de sécurité a "réaffirmé son attachement à la pleine mise en oeuvre de toutes les dispositions de la résolution 1701". (AFP)

Analyse

23-04 Liban/Israël : violation de l’espace aérien libanais en série

L’ANI (Agence Nationale d’Information) a indiqué dans une dépêche que plusieurs violation de l’espace aérien libanais par des avions de chasse israéliens ont eu lieu ce matin. Des correspondants locaux de l’ANI ont ainsi pu constater visuellement que des avions de chasse israéliens ont survolé les régions de Jezzine et de Tyr au Sud Liban ainsi que la Békaa Occidentale et la région de Rachaya au début de la mâtiné à moyenne et à basse attitude. Ces survols constituent une violation de la résolution 1701 du conseil de sécurité adopté suite au conflit israélo-libanais de juillet-aout 2006, résolution garantissant le respect de la souveraineté libanaise. L'aviation israélienne survole quotidiennement l'espace aérien libanais, et a même effectué des incursions navales et terrestres au cours des deux derniers mois, selon l'armée libanaise . Libnanews

23-04 Le Hezbollah a jugé mercredi partial le rapport du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur sa capacité militaire, dénonçant son "manque de crédibilité". Le rapport "s'est limité à des informations provenant d'une partie ennemie, ce qui montre bien qu'il est politisé et partial, qu'il manque de crédibilité et d'exactitude, et qu'il porte ainsi atteinte à la crédibilité même des Nations unies", estime le Hezbollah dans un communiqué. Le Hezbollah accuse Terje Roed-Larsen, envoyé spécial de l'ONU pour la mise en oeuvre de la 1559, d'avoir présenté au Conseil de sécurité des "rapports douteux basés sur des informations fournies par ses maîtres israéliens et par le pouvoir illégitime au Liban". "Le fait que M. Larsen ait justifié les violations et les agressions israéliennes  rend ce fonctionnaire suspect aux yeux des Libanais", poursuit le communiqué.(AFP)

23-04 Le Hezbollah n'a pas commenté l'incident cité par le secrétaire général de l'ONU, selon qui une patrouille de la Force de l'ONU au Liban a rencontré dans la nuit du 30 au 31 mars "des éléments armés non identifiés dans sa zone d'opération". La tension s'est accrue le long de la frontière libano-israélienne depuis la menace du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, de lancer une "guerre ouverte" contre Israël, après l'assassinat d'un haut dirigeant du parti, Imad Moughnieh, en février à Damas. Le Hezbollah a accusé Israël. (AFP)


 Les forces en présence

18-04 Le chef du gouvernement italien élu Silvio Berlusconi a déclaré vendredi que l'Italie allait maintenir sa présence militaire au Liban pour contribuer à la consolidation de la démocratie dans le pays. Avec 2.500 soldats, l'Italie est le principal pays contributeur de la Force Intérimaire des Nations unies (FINUL) au Liban. Elle assure depuis février le commandement de la Force , en remplacement de la France. AP



Les forces en présence.

18-04 Le chef du gouvernement italien élu Silvio Berlusconi a déclaré vendredi que l'Italie allait maintenir sa présence militaire au Liban pour contribuer à la consolidation de la démocratie dans le pays. Avec 2.500 soldats, l'Italie est le principal pays contributeur de la Force Intérimaire des Nations unies (FINUL) au Liban. Elle assure depuis février le commandement de la Force , en remplacement de la France. AP



Politique Libanaise

1 Liban occupé :

2-1 La crise gouvernementale Au jour le jour

07-04 Le président du Parlement libanais, M.Nabih Berri, a discuté lundi à Damas avec le président syrien Bachar al Assad de l’idée de réunir les dirigeants politiques du Liban en vue de mettre fin à la crise politique dans ce pays. Cette proposition de dialogue direct entre les rivaux libanais a été avancée par M.Berri afin de sortir de l’impasse qui dure depuis l’automne dernier et permettre l’élection d’un nouveau président, a-t-on précisé de source libanaise. "Cette visite nous a donné un nouvel élan pour poursuivre le dialogue interlibanais et pour élire un nouveau président", a dit M.Berri à l’issue de la rencontre. (AL-Oufok avec les agences de presse - Reuters)

15-04  Al-Hoss : La crise libanaise ne saurait être réglée que par les Libanais eux-mêmes
M.Salim al-Hoss, ancien premier ministre libanais, a qualifié de "très bonne" l’audience qu’il a eue aujourd’hui avec le président Bachar al-Assad, affirmant que le président Bachar al-Assad avait affirmé la disposition de la Syrie à déployer tous ses efforts pour aider au règlement de la crise libanaise.
Dans une déclaration faite aujourd'hui à l'agence /SANA/, M.al-Hoss a affirmé que la crise libanaise ne saurait être réglée que par les Libanais eux-mêmes loin des ingérences extérieures et à la lumière d'une volonté libanaise commune. R.Jorf

21-04 Nabih Berri dénonce le refus de la majorité d’assister au dialogue interlibanais
Dans une interview publiée par le journal As Safir, le président de la chambre, Nabih Berri, a estimé que sa proposition de relance du dialogue interlibanais constituait la seule méthode pour sauver l’initiative de la Ligue Arabe et permettre l’organisation d’un scrutin présidentiel au Liban.
Le président de la chambre s’est également interrogé sur le refus de la majorité d’assister au dialogue interlibanais, accusant la coalition gouvernementale d’être à l’origine du blocage actuel en insistant sur l’organisation des prochaines élections parlementaires via la loi électorale dite « Ghazi Kenaa » de 2000. Libnanews

22-04 Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a dénoncé le risque d'une "internationalisation" de la crise libanaise en fonction des intérêts américains. "Cette réunion complique la crise car les intérêts des grandes puissances vont jouer un rôle pour entraver une solution au Liban", a-t-il dit devant la presse, s'en prenant en particulier aux Etats-Unis, dont la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice était à Koweït AFP


2-2 Election du nouveau chef d’état

07-07 Geagea : Le général Sleimane demeure un candidat consensuel en dépit de sa prochaine démission
En réaction à l’annonce faite par le commandant en chef de l’armée le général Michel Sleimane concernant sa prochaine démission en Août, le président du conseil exécutif des FL a estimé que le général Sleimane est en train d’essayer d’exercer une pression sur tous les partis.
[Libnanews


2-4 Des Canons ... pas du beurre

15-04Selon le quotidien Libanais A-Safir, les pourparlers indirects qui existent entre Israël et le Hezbollah, afin d’obtenir la libération des deux soldats réservistes israéliens Ehoud Goldawasser et Eldad Réguev, auraient enregistré une avancée importante ces dernières semaines. Infolive.tv


Election du nouveau chef d’état

22-04 Le Parlement a ajourné pour la 18ème fois un vote sur le choix du successeur d'Emile Lahoud, qui a quitté ses fonctions à la tête de l'Etat fin novembre, au terme de son mandat. Afp


2-6 Sur le terrain

14-04 Le camp de réfugiés palestiniens dans le nord du Liban a été détruit l'année dernière par les combats entre l'armée libanaise et un groupuscule islamiste, le fatah al-islam. Les nouveaux logements allègeront la pression sur le camp de réfugiés de Beddawi, où les habitants de Nahr el-Bared s'étaient enfuis. La reconstruction du camp, qui abritait 30.000 réfugiés palestiniens, coûtera 200 millions de dollars et constituera le plus projet jamais entrepris par l'UNRWA, a dit la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.


2-6 Rafic Hariri:  tribunal international de l'ONU

Au jour le jour 

10-04 Les Etats-Unis se servent du tribunal international comme instrument de pression politique sur la Syrie
Une source responsable du ministère des affaires étrangères trouve dans le contenue du témoignage du secrétaire d’Etat US, Condolezza Rice, devant le Congrès une anticipation sur les résultats de l’enquête internationale encore inachevée et une preuve supplémentaire sur l’exploitation par les Etats-Unis du tribunal international comme instrument de pression politique sur la Syrie.
La déclaration de la source syrienne était faite aujourd'hui en réponse aux propos de la secrétaire d'Etat US, Rice, hier devant l'une des commissions du Congrès Gh.H -Sana

15-04 M. Bellemare a appelé mardi le Conseil de sécurité à patienter avant les premières inculpations et à prolonger son mandat pour pouvoir boucler ses travaux. "Les inculpations ne sont pas pour demain, mais on n'attendra pas non plus des années", a affirmé de son côté à l'AFP Radhia Achouri, conseillère pour la communication au bureau des affaires légales des Nations unies, de passage à Beyrouth. Neuf suspects détenus actuellement au Liban pourraient comparaître devant le tribunal international, qui siègera à la Haye. Parmi eux quatre ex-responsables des services de sécurité libanais, en prison depuis près de trois ans dans cette affaire sans avoir été inculpés, ce qui a suscité les critiques de l'opposition, qui y ont vu une "politisation" de l'affaire. AFP


Dossiers

Affaire Hariri : Le chef de la commission d’enquête demande plus de temps

Le procureur canadien Bellemare a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies de prolonger son mandat de six mois afin de continuer à mener une enquête qu’il compare à "un immense puzzle". Le chef de la commission a affirmé qu’il avait en sa possession des preuves accréditant la thèse que l’assassinat de Rafik Hariri a été commandité par une cellule terroriste responsable d’autres attentats au Liban. "Je ne peux pas vous dire à l’heure actuelle si j’aurai des résultats dans un an, six mois ou trois mois", a dit M. Bellemare à l’occasion d’une conférence de presse. "Tout ce que je peux vous dire c’est que nous ferons tout notre possible pour mener la procédure de la manière la plus humaine qui soit", a-t-il ajouté. M. Bellemare a refusé de donner plus de détails sur l’avancement de l’enquête, par souci de discrétion et pour la bonne conduite des investigations. "Les inculpations ne sont pas pour demain, mais on n’attendra pas non plus des années", a affirmé de son côté à l’AFP Radhia Achouri, conseillère pour la communication au bureau des affaires légales des Nations unies, de passage à Beyrouth. Neuf suspects détenus actuellement au Liban pourraient comparaître devant le tribunal international, qui siègera à la Haye. Parmi eux quatre ex-responsables des services de sécurité libanais, en prison depuis près de trois ans dans cette affaire sans avoir été inculpés, ce qui a suscité les critiques de l’opposition, qui y ont vu une "politisation" de l’affaire. (Samedi, 12 avril 2008 - AL-Oufok avec les agences de presse)

Affaire Rafik Hariri: un témoin à charge "disparaît"

La disparition d’un témoin à charge dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri vient jeter une l’ombre sur l’enquête internationale

Où se trouve Mohammad Zouheir Assadiq ?

Beaucoup se posent cette question au Liban après l’annonce du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner il y a trois jours que ce témoin syrien, qui résidait depuis 2005 en France, avait "disparu". Son ministère a indiqué ensuite que le témoin avait quitté son domicile en banlieue parisienne il y a près d’un mois. M. Assadiq, surnommé le "témoin roi", avait affirmé que l’ancien président libanais Emile Lahoud et le président syrien Bachar al-Assad avaient donné l’ordre d’assassiner Rafic Hariri. D’après Imad Assadiq, qui a adressé une lettre à la France lui demandant où se trouvait son frère, ce dernier "s’apprêtait à revenir" sur ces propos. Le frère de cet ancien membre des services de sécurité syriens est apparu pour accuser la France et un ministre libanais d’avoir participé à sa "liquidation". Contacté par l’AFP, le ministre libanais des Télécommunications Marwan Hamadé s’est abstenu de tout commentaire. Un quotidien koweïtien a affirmé jeudi avoir été contacté par M. Assadiq, qui a assuré se cacher "en Europe". (AL-Oufok avec les agences de presse)

Affaire Rafik Hariri:

Des membres de l’opposition ont mis en doute la crédibilité de l’enquête et du tribunal international établi pour juger les responsables du meurtre de Hariri. "L’affaire d’Assadiq est un coup de poignard asséné par un Etat qui se dit garant (de la crédibilité) de l’enquête", a déclaré jeudi Hussein el-Khalil, conseiller politique du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. " La France assume une grande responsabilité dans cette affaire car elle a accentué le mystère au lieu de l’éclaircir", affirme un analyste libanais sous couvert de l’anonymat. "Si Assadiq a quitté la France depuis un mois, pourquoi Paris n’a-t-il pas révélé cela plus tôt ?" Selon des sources policières françaises et le chef de la Commission d’enquête, le Canadien Daniel Bellemare, M. Assadiq n’était pas assigné à résidence ni soumis au contrôle de la Commission. D ’après l’observateur, "l’ambiguïté de cette affaire nourrit la suspicion envers l’enquête". La Syrie a accusé jeudi Washington d’utiliser le tribunal comme "moyen de pression" sur la Syrie et d’anticiper sur les résultats de l’enquête. (AL-Oufok avec les agences de presse)

Meurtre Hariri: le frère du témoin renouvelle ses attaques contre la France.

La disparition d'un témoin à charge dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri vient jeter une l'ombre sur l'enquête internationale en cours. Le frère d'un témoin syrien dans l'enquête sur l'assassinat de l'ex-dirigeant libanais Rafic Hariri, qui est porté disparu, a renouvelé jeudi ses attaques contre la France , l'accusant d'avoir participé à une éventuelle liquidation. "Si Zouheir a été assassiné, j'accuse Marwane Hamadé (le ministre libanais des Télécommunications) de l'avoir liquidé avec (le concours) des autorités françaises", a répété devant la presse Imad Assadiq, qui avait porté pareille accusation la veille dans le quotidien syrien Al-Watan. "Nous voulons savoir si notre frère se trouve en territoire français. C'est une demande que nous avons adressée au gouvernement français, qui assume la responsabilité de la vie de notre frère", a expliqué Imad Assadiq, appelant Paris à "remettre Zouheir, s'il est toujours en vie, à la Syrie ". Mercredi, le ministère français des Affaires étrangères avait affirmé que Mohammad Zouheir Assadiq, transfuge syrien qui résidait en France depuis l'été 2005, avait quitté son domicile en banlieue parisienne il y a près d'un mois. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, il avait été arrêté en 2005 près de Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de M. Hariri le 14 février 2005. La France a refusé l'extradition de M. Assadiq vers le Liban en raison de l'absence de garantie de non application de la peine de mort. La justice libanaise veut entendre cet ancien membre des services de renseignement syriens, qui intéresse également la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Hariri. M. Assadiq avait affirmé que l'ancien président libanais Emile Lahoud, , et le président syrien Bachar al-Assad avaient donné l'ordre de commettre ce crime. Selon Imad Assadiq, son frère "s'apprêtait à revenir" sur ces propos, "soutirés sous la pression et les menaces". Il voulait se livrer à l'ambassade de Syrie à Paris, mais des parties l'ont menacé et lui ont interdit de s'y rendre, a-t-il ajouté, assurant que son frère avait affirmé être l'objet de menaces de mort dans un appel téléphonique, il y a sept mois. "Une fois en Syrie, Zouheir dira la vérité, il indiquera qui était derrière (les accusations portées contre Damas). La personne qui a engagé Zouheir dans cette mauvaise affaire est celle qui a assassiné Rafic Hariri", a-t-il conclu (Source : AFP 11-04)

Meurtre Hariri

Le frère de Mohammad Zouheir Assadiq , ancien membre des services de sécurité syriens, est apparu pour accuser la France et un ministre libanais d'avoir participé à sa "liquidation", ce que Paris a démenti "formellement". Contacté par l'AFP, le ministre libanais des Télécommunications Marwan Hamadé s'est abstenu de tout commentaire. -Aussitôt, des membres de l'opposition libanaise soutenue par Damas et Téhéran ont mis en doute la crédibilité de l'enquête et du tribunal international établi pour juger les responsables du meurtre de Hariri, tué avec 22 autres dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth. "L'affaire d'Assadiq est un coup de poignard asséné par un Etat qui se dit garant (de la crédibilité) de l'enquête", a déclaré jeudi Hussein el-Khalil, conseiller politique du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. D'après Imad Assadiq, qui a adressé une lettre à la France lui demandant où se trouvait son frère, ce dernier "s'apprêtait à revenir" sur ces propos, "soutirés sous la pression et les menaces" de mort. " La France assume une grande responsabilité dans cette affaire car elle a accentué le mystère au lieu de l'éclaircir", affirme un analyste libanais sous couvert de l'anonymat. "Si Assadiq a quitté la France depuis un mois, pourquoi Paris n'a-t-il pas révélé cela plus tôt?" Selon des sources policières françaises et le chef de la Commission d'enquête, le Canadien Daniel Bellemare, M. Assadiq n'était pas assigné à résidence ni soumis au contrôle de la Commission.

D'après l'observateur, "l'ambiguïté de cette affaire nourrit la suspicion envers l'enquête".

Source : AFP -15-04 )

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (suite) - 33 années de calvaire du Liban

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (suite) - 33 années de calvaire du Liban

Journal du Liban    N° 70                 04-04 au 25-04 Par  M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.(suite)

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise 

Dossiers Affaire Hariri : Le chef de la commission d’enquête demande plus de temps …

Affaire Rafik Hariri: un témoin à charge "disparaît" Affaire Rafik Hariri:

Meurtre Hariri: le frère du témoin renouvelle ses attaques contre la France.

Meurtre Hariri

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

7 Brèves

7-1 Incursions israéliennes: le Hezbollah critique l'inaction internationale.

7-2 Al-Mouallem exprime son inquiétude vis-à-vis de l’internationalisation de la crise libanaise.

 7-3 Conférence de presse de Berri à l’issue de sa rencontre avec Moubarak.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de R.Richa : STRATEGIE DE DEFENSE NATIONALE D’UN ETAT FORT SEUL GARANT DE LA SECURITE DE TOUS LES CITOYENS !!!!

8-2 Point de vue de  Nicolas Qualander : Liban : Confessionnalisme et résistance. 8-3 Pont de vue de R.Richa  : De Ban Ki-moon à Bernard Kouchner…feu tout azimut sur notre Résistance.



3 Politique Internationale des térritoires occupés  3 Politique internationale 02-04 Le numéro deux du réseau Al Qaïda, Ayman al Zaouahri, a estimé que les Nations unies étaient l'ennemi du monde musulman. "Les Nations unies sont l'ennemi de l'islam et des musulmans", déclare-t-il dans le communiqué. "Nous promettons à nos frères musulmans que nous ferons tout ce que nous pouvons pour frapper des Juifs en Israël et à l'étranger, avec l'aide et la bénédiction de Dieu". (Reuters)

a) Pays Arabes & voisins 22-04 Une réunion internationale sur le Liban a lancé mardi un appel à l'élection immédiate d'un président pour sortir ce pays de l'impasse, s'attirant les foudres de la Syrie qui a accusé cette rencontre, où elle était absente, d'aggraver la crise. Cette rencontre "informelle" entre une quinzaine de délégations de pays occidentaux et arabes, ainsi que plusieurs institutions internationales, s'est tenue en marge de la conférence sur l'Irak organisée à Koweït. Les participants à la réunion de Koweït se déclarent "profondément contrariés par la prolongation du blocage politique au Liban" qui dure depuis un an et demi et appellent "toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur du Liban à respecter l'indépendance et la souveraineté" de ce pays. Un communiqué final appelle "à l'élection immédiate du candidat de consensus, le général (Michel) Sleimane comme président, sans conditions préalables", conformément à un plan présenté par la Ligue arabe. Le texte adopté à Koweït demande également, comme le souhaite la Ligue arabe, un gouvernement d'union nationale pour le Liban et l'élaboration d'une loi électorale agréée par toutes les parties en vue des prochaines élections générales. AFP


Egypte

 07-04 Le président Bachar al-Assad a affirmé l'appui de la Syrie au dialogue interlibanais et à l'entente nationale des libanais "seule voie vers la solution de la crise libanaise". C'était au cours de sa rencontre avec le président de la Chambre libanaise des Députés, M. Nabih Berry, qu'il a reçu cet après-midi, avec qui il a examiné exceptionnellement la question libanaise. Le président al-Assad a assuré M. Berry de la disposition de la Syrie , qui préside l'actuel sommet arabe, à apporter toute assistance possible et requise par les frères libanais pour amener la sécurité et la stabilité au Liban.   Sana  Bachar al-Assad : " La Syrie n'a aucune condition pour que l'entente libanaise s'établisse, elle soutient le dialogue entre les Libanais et elle est prête à leur apporter le soutien qu'on lui demande; ça je le dis de la Syrie à nos concitoyens au Liban, aux Arabes et 0 tout le monde", a indiqué M. Berry, précisant que ses entretiens avec le président al-Assad étaient centrés sur la question libanaise, précisément sur le dialogue interlaibanais qu'il a qualifié d'indispensable, et aussi sur les deux dossiers irakien et palestinien. Sana



Organisations mondiales

ONU

 04-04 Le Secrétaire général a informé le Conseil de sécurité de son intention de nommer Johan Verbeke, de la Belgique , Coordonnateur spécial pour le Liban. « Le Coordonnateur spécial pour le Liban est le plus haut responsable chargé de la coordination du travail de l'ONU dans ce pays », a précisé aujourd'hui une porte-parole de Ban Ki-moon lors du point de presse. Johan Verbeke, qui est diplomate de carrière, a été ambassadeur de la Belgique auprès des Nations Unies. A ce titre, il a siégé au Conseil de sécurité ainsi qu'à la Commission de consolidation de la paix. Johan Verbeke a obtenu un Mastère en droit à l'Université de Yale, aux États-Unis, et le Diplôme d'Études Supérieures Européennes de l'Université de Nancy, en France. Il devrait remplacer Geir Pedersen, de la Norvège. Centre de nouvelles ONU 21-04 M. Ban a estimé dans un rapport publié cette semaine que le maintien de la capacité paramilitaire du Hezbollah posait "un défi majeur au monopole du gouvernement libanais sur l'utilisation légitime de la force". "Il est grand temps, 18 ans après la fin de la guerre civile, 8 ans après le retrait d'Israël, trois ans après le retrait des troupes syriennes, et un an et demi après la guerre entre Israël et le Hezbollah, de mettre de côté ces vestiges du passé", a-t-il plaidé. Il s'agit du 7e rapport semestriel sur la mise en oeuvre de la résolution 1559, adoptée en 2004, et qui exige notamment le désarmement et le démantèlement de toutes les milices libanaises ou étrangères opérant au Liban, comme le Hezbollah. M. Ban a fait état par ailleurs d'"informations sur des activités de réarmement et d'entraînement" de la part de milices, sans nommer le Hezbollah. (AFP - AP 22-04 Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a demandé lundi la tenue immédiate d'une élection présidentielle au Liban, sans interférence ni influence étrangère. "Le parlement, qui ne s'est pas réuni depuis un an, doit être autorisé à se rassembler rapidement pour remplir ses obligations constitutionnelles afin d'élire un président", a déclaré Ban Ki-moon. "Il faut qu'une élection présidentielle, libre et juste, sans interférence ni influence étrangère, ait lieu immédiatement. La situation actuelle n'est plus tenable". Le Liban est privé de président depuis le départ dud’Emile Lahoud en novembre 2007. AP 22-04 Ban Ki-moon a invité tous les pays concernés à coopérer avec le secrétaire la Ligue arabe pour l'application du plan adopté par les ministres des Affaires étrangères du monde arabe au Caire en janvier. Ce plan prévoit l'élection de Michel Sleimane, la formation d'un gouvernement d'unité nationale et l'adoption d'une nouvelle loi électorale. AP 21-04



7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 Incursions israéliennes: le Hezbollah critique l'inaction internationale.

L'armée libanaise a annoncé lundi que des soldats israéliens ont fait une e incursion dans le territoire libanais dimanche près des fermes de Chebaa (sud-est) occupées par l'Etat hébreu. Le Hezbollah.a indiqué que l'armée israélienne a également effectué des incursions dans les localités de Meis el Jabal (sud), d'El Ouazzani et dans la région de Ghajar (sud-est). L'aviation israélienne survole presque quotidiennement l'espace aérien libanais, mais les violations terrestres ou navales sont rares. Un navire de guerre israélien a pénétré dans les eaux libanaises le 18 mars avant d'être intercepté par la Finul navale. Les survols israéliens du Liban constituent une violation de la résolution 1701 de l'ONU, qui a mis fin en août 2006 à la guerre de 34 jours entre Israël et le mouvement chiite Le Hezbollah a critiqué l'inaction de la communauté internationale face aux récentes incursions de l'armée israélienne dans le territoire libanais, dans un communiqué publié mercredi. "Le champ des violations israéliennes s'étend chaque jour sur le sol libanais au vu et au su du monde et de la force des Nations unies" au Liban (Finul), lit-on dans ce communiqué. "Quelle est la position du Conseil de sécurité, du secrétaire général de l'ONU (Ban Ki-moon) et du gouvernement libanais" face à ces incursions, s'interroge le Hezbollah. "Il faut faire preuve de fermeté à l'égard de l'agression israélienne qui menace la souveraineté du Liban", poursuit le Hezbollah. (AFP / 16 avril 2008 15h42)

7-2 Al-Mouallem exprime son inquiétude vis-à-vis de l’internationalisation de la crise libanaise. M.Walid al-Mouallem, ministre syrien des affaires étrangères, a averti que l’objectif de la réunion, tenue aujourd’hui sur le Liban en présence du secrétaire d’Etat américain, sera l’internationalisation de la crise libanaise, "la chose qui débouchera sur davantage d’escalade de la situation". Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue aujourd'hui au Koweit au terme de la réunion élargie des pays voisins de l'Irak, M.al-Mouallem a averti que cette réunion pourrait viser à enlever la crise libanaise des mains de la Ligue arabe vers l'internationalisation. "Les crises qu'a subi la région arabe ont prouvé que l'internationalisation va compliquer davantage ces crises, car les intérêts des superpuissances vont entraver le règlement de ces crises, dont celle libanaise", a souligné M.al-Mouallem. M.al-Mouallem s'est demandé si les Etats-Unis veulent réellement une solution au Liban?, indiquant que seul Washington qui n'a pas soutenu l'initiative arabe "pour qu'il puisse maintenir la mainmise sur le Liban". M.al-Mouallem a souligné que sa rencontre avec le ministre français des affaires étrangères M.Bernard Kouchner est intervenue à la demande de ce dernier, qualifiant de "sincère" le climat régnant cette rencontre. "Kouchner a affirmé que la France veut une solution au Liban reposant à l'initiative arabe", a indiqué M.al-Mouallem, faisant noter que la France soutient l'initiative arabe et les efforts du secrétaire général de la Ligue arabe dans ce sens. M.al-Mouallem a affirmé que la Syrie ne participera jamais à tout effort visant à l'internationalisation de la crise libanaise. R.Jorf 22-04 Sana

7-3 Conférence de presse de Berri à l’issue de sa rencontre avec Moubarak .
Au cours d’une conférence de presse à l’issue de son entretien avec le président égyptien M. Husni Moubarak, le chef du Parlement libanais M. Nabih Berri actuellement en Egypte, s’est adressé à la presse et a déclaré que sa rencontre avec le chef d’état égyptien a été faite dans un climat de franchise et d’encouragement pour la poursuite des efforts dans le but d’aboutir à une solution à la crise libanaise.
Expliquant qu’il ne détient pas à lui seul l’issue à la crise au Liban, le président de la Chambre a estimé que tous les partis et dirigeants peuvent ensemble arriver à une solution, et qu’aucune nation au monde ne peut prendre la place des Libanais, mais peut en l’occurrence faciliter la voie à la fin du drame du peuple libanais. Indiquant que les portes du Parlement sont constamment ouvertes, M. Berri a affirmé que ceux qui prétendent le contraire ne désirent pas voir un dénouement aux tensions qui paralyse le pays des cèdres, ajoutant que chaque parlementaire jouit du droit d’assister, de s’abstenir, et que le chef du Parlement ne peut en aucun cas mener les députés par le bout du nez. Assurant que son appel à la reprise du dialogue national est basé sur l’initiative arabe qui a reçu l’aval des pays arabes et de la communauté internationale, le chef du Parlement a cependant attesté que si les Libanais parviennent à élire un nouveau président de la République , il est fort possible que le dialogue ne soit plus une nécessité.

Considérant que des données palestiniennes, israéliennes et américaines sont impliquées dans la crise libanaise, le président de l’Assemblée n’a pas écarté la possibilité d’une solution à la crise grâce à un accord saoudo-syrien, ajoutant que les Américains ne sont pas si impatients de voir un aboutissement aux problèmes libanais parce qu’ils sont préoccupés par le drame iraquien. Déclarant que les manœuvres israéliennes ne visent qu’à se venger de la victoire libanaise contre l’état hébreu, M. Berri a par ailleurs indiqué qu’il est hors de question de voir la réunion des ministres arabes des affaires étrangères réussir alors que M. Fouad Siniora ne le veut que pour la forme, et d’ajouter que la cible des entretiens est le dossier des relations syro-libanaises. Libnanews 14-04



8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  8-1 Point de vue de R.Richa : STRATEGIE DE DEFENSE NATIONALE D’UN ETAT FORT SEUL GARANT DE LA SECURITE DE TOUS LES CITOYENS !!!!
Dans son entretien avec le journal Al Safir, monsieur Walid Joumblatt avait déclaré qu’à terme, l’arme résistante sera entre les mains d’un Etat fort garantissant à tous justice et sécurité…
Plus loin, il ajoutait que Hezbollah devra admettre que cet Etat défendra tous les citoyens, les chiites compris, et que ce ne sera pas l’arme résistante, seule, qui le fera…
Ce refrain d’un Etat fort, seul garant de la souveraineté de notre Liban et de la défense des citoyens, maintes fois répété par le dirigeant socialiste, n’est pas une nouveauté fraîchement sortie des poubelles de l’Histoire.
Avant lui, les dirigeants fascistes libanais l’avaient répété et combiné avec l’autre thèse qui affirmait que, face à l’entité sioniste, la force du Liban réside dans sa faiblesse.
Ironie de l’Histoire : un refrain et une thèse farouchement combattus par Kamal Joumblatt, à l’époque où il appela, avec le camarade Georges Haoui, les citoyens aux armes, pour défendre la cause et la Patrie…
Dans ce même entretien, plus loin, Walid Joumblatt admet finalement l’idée d’une stratégie de défense nationale émise par notre Résistance.
Mais franchement à quelle stratégie pense-t-il ?
Serait-ce celle d’un Etat simultanément fort à l’intérieur et face à un pays arabe limitrophe, d’un Etat complètement soumis à l’entité sioniste, transformant notre pays en une grande base par laquelle toutes les manœuvres américano sionistes partiraient ?
Certainement, ce Liban là aurait droit à toutes les nouvelles technologies de l’armement pour deux raisons :
1- du fait de l’abandon national et de la complète collaboration avec l’ennemi, la problématique de la défense du Sud serait définitivement résolue et les frontières seraient ainsi bien ouvertes à toutes les convoitises sionistes
2- l’armement, entre les mains de l’Etat fort, serait exclusivement utilisé, non seulement contre toute émeute ou révolte populaire ébranlant l’ordre de la collaboration et du fascisme, mais aussi contre toute conscience collective de la nécessité de la résistance
Cette stratégie là, fondamentalement contradictoire à celle souhaitée par notre Résistance, est très certainement celle d’une défense nationale de l’entité sioniste menée au-delà des frontières, sur notre terre, et pour pérenniser la soumission de notre Liban, ainsi devenu fer de lance à d’autres convoitises encore, jusqu’à l’accomplissement du Nouveau Moyen Orient.
Belle stratégie que Welch cherche vainement à nous imposer, à travers sa logique qui se résume par la résolution 1559 ?
Bravo Walid Joumblatt qui s’acharne alors à nous la rappeler jusqu’à nous faire avaler la couleuvre.
Mais aussi, ce même Walid a oublié dans son fameux entretien de citer les faits réels suivants enregistrés par les forces de la FINUL :
1- Pour la période de Février 2008, 282 violations de notre espace par l’aviation sioniste
2- Pour la période de Mars 2008, 692 violations
3- Rien que pour la première quinzaine d’Avril 2008, 476 violations
Décidemment, des faits historiques, chiffres à l’appui, n’intéressent ni Walid Joumblatt et ni surtout David Welch

Raymond RICHA
24 Avril 2008
 

8-2 Point de vue de  Nicolas Qualander : Liban : Confessionnalisme et résistance. Avec l’arrivée de trois navires de la VIe Flotte américaine au large des côtes libanaises, l’assassinat à Damas du coordinateur militaire du Hezbollah, Imad Moughnie, le 13 février dernier, et l’appel au départ des ressortissants saoudiens et koweïtiens, les risques d’une nouvelle guerre entre la résistance libanaise et Israël se sont accrus ces deux dernières semaines. de Beyrouth, Nicolas Qualander Américains et Israéliens hésitent encore à lancer une nouvelle guerre contre le Liban. Premièrement, parce qu’Israël ne s’est pas encore remis de sa défaite militaire contre le Hezbollah islamo-nationaliste de l’été 2006 ; que ce dernier semble s’être à la fois réorganisé et réarmé au Sud-Liban, disposant d’un arsenal de missiles de moyenne et longue portée plaçant les principales villes israéliennes sous le feu direct de la résistance. Deuxièmement, parce qu’existe la menace de déclenchement d’une troisième Intifada palestinienne pouvant inclure, selon les services de renseignement israéliens, les Palestiniens des territoires de 1948, c’est-à-dire résidant au sein même du territoire israélien. Enfin, parce que la probabilité est forte que le Hamas lui-même, à Gaza, se soit doté de missiles de type Grad, pouvant frapper durement le sud d’Israël. Bref, c’est la menace d’une multitude de fronts ouverts, au Nord comme au Sud, et un rapport de force militaire plus ou moins rééquilibré qui, pour la première fois de son histoire, fait vraiment hésiter l’état-major israélien sur la possibilité de frappes aériennes et d’une invasion terrestre du Liban.
Division
 Depuis septembre 2004 et l’adoption, par le Conseil de sécurité de l’ONU, de la résolution 1559 demandant à la fois le retrait des troupes syriennes du Liban et le désarmement du Hezbollah, la situation n’a cessé de se dégrader. Jusque-là, la stratégie israélo-américaine était double. D’une part, il s’agissait de permettre à Israël d’intervenir militairement pour frapper et éliminer le Hezbollah au Sud-Liban, et de créer une ligne de démarcation au nord du fleuve Litani : tel était le but de la guerre de 2006, qui s’est soldée pour Israël par un échec total, ses troupes ayant été défaites au sol par le Hezbollah. D’autre part, elle avait pour but de favoriser un processus graduel de guerre civile au Liban entre, d’un côté, l’opposition nationale libanaise et, de l’autre, la majorité parlementaire pro-occidentale dite du 14 Mars. Cette stratégie est toujours à l’ordre du jour. Depuis 2004, les attentats en tout genre, tout comme les affrontements continus et réguliers entre les partisans de l’opposition anti-américaine et ceux du 14 Mars, n’ont cessé de s’amplifier.   Pour l’essentiel, l’opposition nationale libanaise est constituée du Hezbollah et d’Amal (chiites), du Courant patriotique libre du général Michel Aoun – l’une des formations les plus implantées dans la communauté chrétienne maronite –, de petites formations chrétiennes et sunnites – comme le Front d’action islamique (sunnite) à Tripoli (nord du pays) ou le Courant des Maradas, dans la ville chrétienne de Zghorta (non loin de Tripoli) – et, enfin, d’une multitude de formations laïques, nationalistes, de gauche, baasistes ou nassériennes – comme le Mouvement du peuple, de l’ancien député Najah Wakim, ou l’Organisation populaire nassérienne, d’Oussama Saad, très implantée à Saïda (Sud-Liban).   Pour sa part, le Parti communiste libanais (PCL) soutient l’opposition dans ses revendications nationalistes, même s’il critique l’absence de programme social et de sortie du confessionnalisme politique. Le ciment commun de l’opposition reste le rejet du plan américain de Grand Moyen-Orient et la défense des armes de la résistance libanaise du Hezbollah au Sud-Liban. La légitimité de la résistance dans cette zone provient du fait qu’Israël y maintient l’occupation de deux territoires : les fermes de Chebaa et les collines de Kfar Chouba. Enfin, Israël détient toujours des prisonniers libanais. Le caractère transconfessionnel de l’opposition, qui regroupe la majorité des musulmans chiites et une large partie des chrétiens depuis février 2006, et la signature d’un document d’entente entre le Hezbollah et le CPL (courant patriotique libre), tout comme sa diversité politique (courants islamiques, nationalistes, séculiers, de gauche), lui assurent une réelle représentativité dans le pays, et limitent, de fait, les velléités américaines de guerre civile et d’isolement du Hezbollah.  
Résistance historique
 De son côté, le 14 Mars pro-occidental, fortement appuyé par la France et les États-Unis, est composé du Courant du futur (musulmans sunnites), mené par Saad Hariri, le fils de l’ancien Premier ministre assassiné en février 2005, Rafic Hariri, du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt (Druzes), et des deux grands partis de la droite chrétienne, les Phalanges libanaises et les Forces libanaises. Le 14 Mars, qui tient les rênes du gouvernement grâce au Premier ministre, Fouad Siniora, se déclare antisyrien et favorable à une double intervention américaine et française au Liban, tout comme à la création d’un tribunal international pour juger les meurtriers de Rafic Hariri, toujours inconnus à ce jour, mais dont ils font d’emblée porter la responsabilité à la Syrie.   Le Liban fait donc office de caisse de résonance régionale, entre les partisans de la présence américaine (Jordanie, Arabie Saoudite, Égypte), et ceux qui lui sont, au contraire, opposés (Syrie, Iran, et les organisations nationalistes séculières ou islamo-nationalistes de la région, plus particulièrement en Palestine et au Liban). Mais le Liban n’est pas qu’une simple caisse de résonance : historiquement, c’est bien là que se sont, en partie, modifiés les rapports de force géopolitiques. De 1982 à 1990, les résistances conjuguées du Front de la résistance nationale libanaise (FRNL, dont le PCL constituait la principale force), d’Amal et du Hezbollah, obligeront aux départs successifs des troupes israéliennes de Beyrouth, ainsi que des forces françaises et américaines du Liban.   De 1990 à 2000, le Hezbollah, seul mouvement autorisé par la Syrie à porter les armes, mènera la résistance à Israël au Sud-Liban occupé, ce qui aboutira à l’événement historique d’ampleur que fut le retrait unilatéral des troupes israéliennes de cette zone, en mai 2000. De 2000 à 2006, le Hezbollah, parti originellement inspiré par la Révolution iranienne de 1979, mais ayant peu à peu renoncé à la perspective de création d’un État islamique au Liban, obtiendra d’autres victoires d’ampleur, comme l’échange de plus de 400 prisonniers palestiniens et libanais, dont de nombreux militants du PCL, contre les corps de soldats israéliens et, enfin, en 2006, la défaite au sol des troupes israéliennes, après 33 jours de guerre. Dans la perspective d’un Grand Moyen-Orient et d’un plan de partition des États arabes, telle que théorisée par les néoconservateurs américains après le 11 Septembre, l’existence d’une résistance libanaise large et continue depuis plus de vingt ans, ayant à son actif des victoires significatives, est une véritable épine dans le pied de l’ordre impérial.   Beaucoup s’étonneront du caractère confessionnel de l’histoire politique libanaise. Le confessionnalisme politique, officiellement institutionnalisé lors du mandat colonial français, de 1920 à 1943, a permis aux différentes forces mondiales et régionales de prendre appui au Liban en dressant une communauté contre d’autres. Composé de dix-huit communautés religieuses, le pays fait ainsi office de maillon faible du Moyen-Orient. En 1860, les troupes de Napoléon III débarquent au Liban, officiellement pour protéger la communauté chrétienne maronite en guerre contre les Druzes. En 1958, les États-Unis appuient les forces chrétiennes maronites du président Camille Chamoun contre les sunnites, majoritairement partisans du président nationaliste égyptien Gamal Abdel Nasser. De 1975 à 1982, Israël soutiendra les Phalanges libanaises, maronites chrétiennes, contre le bloc constitué des Palestiniens et des forces nationalistes et de gauche, à majorité musulmane et druze.   Depuis 2004, les Américains et les Français s’appuient essentiellement sur la majorité des musulmans sunnites, contre les chiites, reflétant les tensions régionales entre l’Arabie Saoudite, sunnite, et l’Iran, chiite. En institutionnalisant le communautarisme politique, qui force par exemple les Libanais à se déterminer en fonction de leurs confessions et oblige les institutions à respecter un strict partage entre chrétiens, chiites et sunnites (le président de la République devant être maronite chrétien, le Premier ministre sunnite et le président du Parlement chiite), les autorités coloniales françaises ont sacralisé un système à même, depuis plus de 60 ans, de provoquer des guerres civiles politico-communautaires à répétition.  
Pressions américaines
 Comme en 1976, lors de la première guerre civile opposant le Mouvement national libanais et ses alliés palestiniens de l’OLP à la droite chrétienne maronite, le Liban se retrouve déchiré au sujet de son identité nationale, et sur le fait de savoir s’il doit être, comme Israël, une enclave pro-occidentale au Moyen-Orient ou, au contraire, s’il doit se considérer comme partie prenante d’une lutte de libération à l’échelle régionale arabe. Ainsi, les configurations confessionnelles ont changé – dans un pays où la question de la libération nationale reste problématiquement arrimée aux configurations communautaires –, l’expérience politique et militaire de la résistance s’est approfondie, tandis que le leadership politique anti-impérialiste n’est plus assuré par la gauche, mais par un parti nationaliste d’inspiration religieuse, le Hezbollah.   Aujourd’hui, beaucoup craignent un conflit civil entre sunnites et chiites, les chrétiens étant divisés entre la majorité et l’opposition. Couplée à une intervention israélienne, ou à une nouvelle résolution onusienne permettant aux troupes étrangères de la Finul de faire usage de la force pour désarmer le Hezbollah, une guerre civile permettrait de prendre en étau la résistance libanaise. D’où la bataille institutionnelle et sécuritaire en cours au Liban : sans gouvernement nationalement reconnu depuis la démission des ministres chiites en décembre 2006, sans président de la République depuis le départ d’Émile Lahoud, le 23 novembre dernier, la bataille est engagée entre le 14 Mars et l’opposition pour le contrôle des institutions, mais aussi des forces armées et des services de sécurité. L’opposition suspecte le gouvernement de Fouad Siniora et les Américains de vouloir modifier la composition confessionnelle et politique de l’armée, afin de la faire basculer contre le Hezbollah. La manifestation du 27 janvier, dans la banlieue sud de Beyrouth, contre la hausse des prix et les coupures d’électricité, lors de laquelle des soldats ont abattu neuf jeunes chiites, constituait un signe clair des divisions de l’armée libanaise, même si nombre d’officiers restent proches de la résistance et de l’opposition. Présidence, armée, gouvernement, forces de sécurité : l’ensemble de ces dossiers ne semble pouvoir être réglé dans les prochains mois, tant les pressions de l’administration américaine sont fortes sur ses alliés libanais et régionaux. Par Nicolas Qualander le mardi, 25 mars 2008 Articles par Nicolas Qualander
25 mar   LIBAN: Confessionnalisme et résistance

 

07 dnbsp;  L’intifada de l’opposition au Liban

 

 

8-3 Pont de vue de R.Richa  : De Ban Ki-moon à Bernard Kouchner…feu tout azimut sur notre Résistance.
Ban Ki-moon, dans un de ses récents propos, avait condamné la mort de soldats israéliens, tombés sous les balles de la Résistance Palestinienne , sur le sol de Gaza.
Il était allé jusqu’à exprimer sa profonde douleur et sa grande inquiétude, en constatant le développement des opérations de la Résistance qui, selon lui, ne feront que développer la violence.
Il ponctua ses propos en admettant le droit d’Israël à se défendre.
Ban Ki-moon ne voit pas plusieurs centaines de corps inanimés d’enfants, de femmes et de malades dont la vie fut fauchée par la machine militaire sioniste, depuis le début du blocus.
Ban Ki-moon ne veut pas admettre qu’en ce moment même, la vie de 20.000 enfants souffrant d’anémie est en danger, par le simple fait que le blocus interdit l’acheminement du moindre soin médical et du moindre équipement ou énergie permettant le fonctionnement des hôpitaux.
Ce premier fonctionnaire des Nations Unies est loin de s’inquiéter du sort de plus de 1.500.000 âmes privées de tout, sauf des missiles israéliens qui ne cessent de poursuivre non seulement nos braves résistants, mais aussi, par hystérie comparable à celle des nazis voyant arriver leur défaite, nos femmes, nos enfants et nos malades.
Ban Ki-moon, à son tour, est frappé d’une profonde amnésie puisqu’il a déjà oublié la frappe israélienne qui faucha la vie de ses soldats au Sud du Liban, en fauchant dans son passage celle des enfants et de leurs mamans à Qana.
Il nie le droit d’un peuple à la résistance sur une terre occupée, soixante ans durant.
Il nie le droit au retour de plusieurs centaines de milliers de femmes et d’hommes dans leur pays.
Alors une question s’impose : Nous admettons que Ban Ki-moon exprime à titre personnel sa douleur de voir l’occupant tombé sous les balles de la Résistance ; mais quel est ce droit international qui lui permet de nier un des droits fondamentaux ayant justifié la naissance des Nations Unies : le droit des peuples à la résistance lorsque leurs patries respectives sont sous l’occupation ?
Ban Ki-moon doit s’inquiéter et s’exprimer de la sorte car régulièrement il a à justifier sa fiche de paie devant ses maîtres G.W. BUSH et les grands du Sionisme International.
Reste-t-il le moindre degré de liberté aux pays membres pour rappeler à ce haut fonctionnaire qu’il a le devoir et l’obligation de défendre le droit à la Justice reconnu pour tous les peuples en lutte pour leur liberté, sans aucune exception ?
De Ban Ki-moon à Kouchner…Tous doivent jouer la note musicale que leur impose la baguette du grand chef d’orchestre, une note qui se résume en six mots : feu tout azimut sur la Résistance.
Tou s ont signé un contrat de fidélité à la grande cause de la lutte contre l’Esprit
et la Lettre des Nations Unies ; par conséquent, et comme pour tout contrat, ils sont soumis à l’obligation de résultats, sinon, sinon, sinon, ils dégagent…
13 avril 2008
Raymond RICHA

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (fin) - 33 années de calvaire du Liban

N° 70- Journal du Liban – 04 au 25-04 – (fin) - 33 années de calvaire du Liban Journal du Liban   

N° 70                 04-04 au 25-04

Par  M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.(fin)

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Pendant que nous déminons, tu collabores…

9-2 Le billet de Roger AKL : Le jeu trouble de la France dans l'affaire Mohammed As-Siddik.

9-3 Petits battements d’ailes de papillon.

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Thierry Meyssan : Qui veut encore connaître la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri ? »

10-2 Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le camp de Nahr El-Bared.



9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

dlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme informatio,.

9-1 Pendant que nous déminons, tu collabores…

A ce jour, les responsables israéliens n’ont fourni aucun plan et aucune information, à la demande des Nations Unies maintes fois réitérée, permettant de faciliter les recherches et de rendre plus efficace le nettoyage.

Selon le centre de déminage, organisme des Nations Unies, 39.000.000 m2 de la surface du Sud Liban furent pollués par les grappes de la mort (BASM) durant l’agression de juillet - août 2006. A ce jour, 42% de cette superficie polluée furent définitivement nettoyés, avec le déminage d’environ 142 mille bombes à sous munitions. Selon ce centre, le bilan des pertes est comme suit :

   · 245 personnes parmi la population civile atteintes, dont 27 tuées et 218 blessées parmi lesquelles des handicapées à vie

     · 47 personnes atteintes parmi les techniciens de déminage (FINUL, organismes internationaux et Armée Libanaise), dont 13 tuées et 34 blessées

Les catégories de BASM utilisées par l’armée israélienne furent les M42, M77, LBU63 (de fabrication américaine) et M85 (de fabrication israélienne) ; l’utilisation de cette dernière catégorie se caractérisant  par un système d’auto déclenchement est prohibée par les Nations Unies. A ce jour, les responsables israéliens n’ont fourni aucun plan et aucune information, à la demande des Nations Unies maintes fois réitérée, permettant de faciliter les recherches et de rendre plus efficace le nettoyage.

Suite à l’utilisation intensive des BASM par Israël, lors de l’agression de juillet - août 2006, plusieurs organisations humanitaires ont récemment engagé des discussions en vue d’un nouveau traité international concernant ces grappes qui sera soumis à la signature des pays lors d’un prochain congrès qui se tiendra à Dublin, en Irlande.  Quant au maître de notre Sérail, bouche cousue sur ce dossier, il s’atèle, en permanence et dans ses actes, à prouver son attachement à la politique et aux manœuvres américano israéliennes d’ingérence, d’intimidation, d’occupation de territoires, de massacres répétés, d’épurations ethniques et d’éclatement ou de fragmentation de nations sur des bases racistes, tribales ou confessionnelles.

5 avril 2008   Raymond RICHA


9-2 Le billet de Roger AKL : Le jeu trouble de la France dans l'affaire Mohammed As-Siddik. Je reviens au sujet de l’arrestation injuste des quatre généraux libanais accusés d’avoir trempé dans l’assassinat du premier Ministre libanais et sujet du roi d’Arabie saoudite, Rafic Hariri. J’y reviens parce que ces quatre généraux et quatre civils ont été arrêtés sur les accusations de Monsieur Mohammed Zouhair As-Siddik, qui ont été prouvées comme mensongères, par l’enquêteur des Nations Unies Serge Brammertz. Malgré cela, les juges libanais continuent depuis deux ans à emprisonner les accusés, sans aucun acte d’accusation, ni même un début de preuve, de manière injuste et arbitraire, à tel point que le groupe de travail, désigné par la commission des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, UNHCHR, a fait un rapport disant : « La privation de liberté de Jamil El Sayed, Moustapha Hamdane, Raymond Azar et Ali El Haj, Ayman Tarabay, Moustapha Talal Mesto, Ahmad Abdel Aal et Mahmoud Abdel Aal est arbitraire en ce qu’elle contrevient aux dispositions des articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le Liban est partie »… Il faut savoir que le gouvernement libanais, appuyé et sponsorisé par les Etats-Unis et l’Europe et par tous les gouvernements arabes sunnites, dits « modérés » car obéissants aux désirs américains, n’en est pas à son premier comportement injuste, inconstitutionnel et antidémocratique. Pourtant, les pouvoirs des pays occidentaux et des pays arabes sunnites non démocratiques, comme l’Arabie saoudite et l’Egypte, l’appuient comme étant un parangon de démocratie. Etonnamment, la France gardait Mohammed Zouhair Al Siddik « sous protection policière » sans permettre aux juges libanais, chargés de l’affaire, de l’interroger, même s’ils venaient le faire en France. Aujourd’hui, le ministre français des affaires étrangères, Monsieur Bernard Kouchner affirme que Monsieur Al Siddik « a disparu et la France ne sait pas où il se trouve ». Cela n’a pas manqué de provoquer un scandale dans les pays arabes, notamment en Syrie et au Liban, où les frères du « témoin roi », comme l’enquêteur Detlev Mehlis, avait appelé Siddik, au moment où la propagande mondiale condamnait sans preuves les généraux, de « l’assassinat du siècle », accusent la France rien moins que de vouloir le faire disparaître pour permettre son assassinat (journal Al Hayat du 10/4/200  . En fait, l’enquête avait fini par démontrer que ce « témoin roi » était un menteur invétéré qui aurait été « payé » pour témoigner ainsi et, depuis, il avait disparu « protégé » par la France. Quant au député libanais Hassan Fadlallah, il se demande publiquement si le gouvernement français n’a pas quelque chose à cacher, en ce qui regarde l’enquête concernant l’assassinat de Monsieur Rafic Hariri . « Est-ce qu’il n’y aurait pas, a-t-il demandé, accord, avec un parti local (gouvernement libanais), ayant intérêt à cacher la vérité ? » (journal As Safir du 10/4/2008). Ce qui est encore plus étonnant, c’est que l’opposition et les médias français n’ont même pas posé une toute petite question pour savoir les raisons qui font qu’un personnage « protégé » ait pu disparaître sans laisser de traces. Quant aux Libanais, ce qui les intéresse surtout c’est qu’enfin leur gouvernement, dont la justice, aidée par des enquêteurs internationaux, est incapable de découvrir le plus petit fil conduisant aux assassins qui tuent leurs personnalités par dizaines, leur gouvernement, incapable de démissionner, par peur des « représailles » étrangères, leur gouvernement fasse au moins sortir de prison les innocents qu’il a accusés injustement. En effet, les Libanais savent bien qu’ils ne peuvent pas demander aux puissances mondiales, qui gouvernent le monde et qui les maltraitent pour des intérêts corporatistes et pétroliers très compréhensibles, les Libanais savent très bien qu’ils ne peuvent pas leur demander une vérité, toujours contraire à la civilisation du mensonge, dans laquelle l’univers politique mondial s’est enlisé au point d’étouffer. Heureusement, les médias internationaux ont bien voulu nous montrer comment les sociétés pétrolières sont en train de détruire les forêts équatoriales et l’atmosphère universelle. Si les peuples américains et européens s’en fichent du Liban, de la Palestine et de l’Irak, peut-être feraient-ils un peu plus attention à la destruction de l’avenir de leurs enfants et en demanderont-ils des comptes à leurs gouvernements, aux dirigeants des corporations internationales qui les appuient et aux médias qui en font partie. [Le billet de Roger AKL - Revue Europe & Orient - 10/04/2008]

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article16204
SourcesLibertés et Internet



9-3 Petits battements d’ailes de papillon.

Désormais, ces petits battements d’ailes de papillon, du grand pays entre les deux fleuves à celui des cèdres éternels, en passant par celui du Nil, grandiront dans la résistance jusqu’à la chute de l’oppression et de la collaboration…
Les faces des pyramides, fières de leur géométrie bâtie dans le sang, résonneront avec la voix de cette maman privée de pain et de lait, allaitant son bébé, sur cette terre d’Egypte, comme à Gaza ou ailleurs.
Ces faces là plieront l’espace jusqu’à ce que les quatre points cardinaux de notre grande nation arabe se confondent, dépassant ainsi les mœurs, les croyances, les dialectes et les idéologies et abolissant, par le seul acte de résistance, toutes les formes d’exploitation, d’oppression, d’obscurantisme, d’abandon national et de collaboration avec l’ennemi.
Battements d’ailes
De papillon,
Belles et rebelles
Résistantes,
Je vous épouserai
Partout,
Au Liban
Comme en Palestine,
Du fin fond du Maghreb
Jusqu’au pays de l’Euphrate,
Me niant
Et me reniant,
Jusqu’à atteindre
L’amour des miens,
Vrai et généreux
Juste et infini

20 avril 2008,
Raymond RICHA



10 Annexe - Géopolitique et stratégie - Analyse

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Thierry Meyssan : Qui veut encore connaître la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri ? »

Depuis une dizaine d’années, je poursuis une étude systémique des États-Unis : comment ils ont choisi, à la faveur de la disparition de l’Union soviétique, de se transformer en un empire global.

Article après article, j’ai observé leur conquête du monde et analysé leur mode de fonctionnement. Cela m’a conduit à publier en 2002 L’Effroyable imposture sur les attentats du 11 septembre, l’instauration de l’état d’exception permanent aux États-Unis, et la conquête de l’Afghanistan. L’ouvrage a connu un succès mondial et a été décrié par la presse atlantiste à la hauteur de son succès. Non seulement rien de ce qui s’y trouvait n’a été démenti depuis, mais la prospective qui en découlait s’est malheureusement trouvée vérifiée avec l’invasion de l’Irak. C’est par l’étude de l’Empire états-unien que j’en suis venu à m’intéresser à la guerre israélienne contre le Liban de 2006 et à écrire ce nouvel ouvrage, L’Effroyable imposture 2. Le regard que je porte sur votre pays est donc singulièrement différent de celui que vous pouvez avoir. Je n’y ai aucun intérêt à défendre, je suis étranger aux passions qui le déchirent, et j’observe les événements qui s’y déroulent à partir des influences extérieures qu’il subit et non à partir des forces qu’il produit. En écrivant ces articles, puis ce livre, je n’ai pas cherché à appuyer un parti ou un autre, j’ai juste voulu comprendre et faire partager au public mes interprétations de ces événements. Je suis convaincu que c’est sur cette terre meurtrie que se joue l’avenir —et je pense aujourd’hui la défaite— de ce projet impérial que les États-uniens eux-mêmes appellent « globalisation ». Pourquoi au Liban et pas en Palestine ou en Irak ? Parce que cet impérialisme est issu de la conjonction entre des intérêts économiques et une idéologie, entre le contrôle des hydrocarbures et le sionisme ; parce qu’il passe par la domination des populations du Grand Moyen-Orient, lesquelles sont représentées au Liban comme nulle part ailleurs. Briser la résistance au Liban, c’est la briser dans toute la région. Dans ce livre, je me suis donc attaché à la fois à décrire les événements récents, la longue liste des crimes politiques et l’agression israélienne, et à étudier les superstructures, c’est-à-dire la place du sionisme dans l’empire et les plans militaires de domination des ressources énergétiques. Tout cela semble connu, mais à y regarder de plus près, on n’en a souvent qu’une connaissance très superficielle, voire erronée. Je me suis contraint à vérifier chaque point auprès de la source originale et à la citer en note à la fin de l’ouvrage. Le résultat, vous le lirez, est fort surprenant. Tout auteur qui s’intéresse au Liban rencontre des difficultés méthodologiques tant les sources libanaises sont contradictoires. Le Liban étant selon l’expression consacrée un « État faible », il n’était pas jusqu’en 2006 le maître de son destin. Lorsqu’un événement survenait, chacun le subissait et élaborait une hypothèse pour l’interpréter, selon ses préjugés. Mais lorsque des éléments nouveaux permettaient de confirmer ou d’infirmer une hypothèse, rares étaient les leaders politiques qui en tenaient compte. Au lieu d’ajuster le discours, on changeait de sujet. L’écrivain, lui, a le privilège de revenir en arrière pour reconstituer l’enchainement des faits et faire surgir leur cohérence. C’est ce que j’ai fait. Et il est toujours plus facile de comprendre a posteriori plutôt que lorsque les protagonistes cachent encore leur jeu. J’ai fait le choix méthodologique de départ de privilégier les sources écrites non-libanaises. Ayant l’honneur de présider le Réseau Voltaire, je suis en contact avec de nombreux journalistes, diplomates et militaires dans le monde qui m’ont signalé des documents dispersés que je n’aurais probablement pas trouvé si vite seul. J’ai également eu accès aux confidences de quelques hauts responsables, mais s’ils ont guidé mes recherches, je me suis interdit d’en faire usage pour mon raisonnement et ne me suis fié qu’aux documents vérifiables et aux éléments matériels.

Enfin, je dois dire que je ne suis pas sorti indemne de cette recherche. Je suis arrivé l’esprit vierge, mais je me suis pris de passion pour ce pays où s’expriment le pire et le meilleur de la dimension humaine. J’ai compris la passion que mon grand-père avait éprouvé pour cette terre et pour ce peuple, lui, qui présida, il y a soixante ans, la commission d’armistice Israël-Liban. Au lendemain de la guerre, deux grandes questions se posaient : d’une part pourquoi avait-on tué Rafic Hariri (d’un point de vue non pas judiciaire mais historique, la question du mobile est beaucoup plus importante que celle des assassins et des commanditaires) ? et d’autre part, pourquoi Israël avait attaqué le Liban (étais-ce en riposte à l’action du Hezbollah comme déclaré, ou pour des motifs stratégiques régionaux) ? Si l’on part des documents des thinks tanks états-uniens et du Pentagone, les choses s’éclairent vite : l’agression israélienne était planifiée de longue date et supposait en préalable à la fois le départ de l’armée syrienne pour que le pays soit sans défense et le retrait de Rafic Hariri pour écarter l’influence française. Je m’étonne que des questions de cette importance soient aujourd’hui reléguées au second plan sans avoir été totalement éclaircies. Il y a peu de temps encore, des affiches réclamaient sur les murs de cette ville « la vérité ». Depuis que tous les indices et témoignages susceptibles d’étayer la piste syrienne ont été l’un après l’autre invalidés, plus personne ne semble vouloir connaître « la vérité ». La France , qui avait arrêté —sur requête de la justice libanaise et à l’initiative du chef de mission de l’ONU d’alors, Detlev Mehlis— Mohammad Al-Saddiq, le témoin capital de la piste syrienne, déclare ingénument l’avoir « perdu » depuis le 13 mars. C’est que cet individu, qui accusait les présidents Bachar el-Assad et Émile Lahoud, avait été confondu et que la piste syrienne s’était effondrée avec ses mensonges. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui avait soutenu de manière partisane et acharnée ses accusations, se dit incapable de retrouver « son » témoin. Les quatre généraux libanais qui avaient été arrêtés sur la seule base de ces accusations et qui croupissent en prison depuis, n’ont toujours pas été libérés. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a lui même établi que leur détention —voulue par Detlev Mehlis— est exclusivement politique et viole les normes internationales. Mais en les écartant de leurs fonctions de sécurité, ceux qui manient l’assassinat politique conservent les mains libres.
Quoi qu’il en soit, comme je l’indique dans ce livre, nous pouvons affirmer premièrement que ce crime profite à Israël et aux États-Unis et deuxièmement qu’un groupe proche de la CIA, l'US Committee for a free Lebanon , en avait connaissance à l’avance.
De même, il est important de savoir si c’est le Hezbollah qui a provoqué la guerre en livrant une escarmouche à l’armée israélienne ou si nous avons affaire à une guerre de soixante ans qui a été rallumée sous ce prétexte. Or, de nombreux documents attestent de la préparation de cette guerre pour l’automne 2006 et de sa mise en œuvre précipitée, sous le prétexte de cette escarmouche. Ceci est d’ailleurs confirmé depuis par la Commission Winograd. J’explique, dans le livre, que cette précipitation visait à interrompre l’enquête en cours sur un « réseau criminel » libanais installé par le Mossad et qui aurait pu participer à l’assassinat de Rafic Hariri ; une piste vers laquelle s’oriente désormais le juge Bellemare, président de la mission d’enquête de l’ONU, ainsi que l’atteste le rapport qu’il a présenté la semaine dernière au Conseil de sécurité. C’est pour stopper la plainte du Liban à l’ONU sur ce réseau criminel, et non en réaction à une action militaire du Hezbollah, qu’Ehud Olmert a déclenché la guerre. Il s’en suit que la guerre de 2006 n’est pas une guerre d’Israël contre le Hezbollah, même si c’est celui-ci qui lui a opposé une résistance victorieuse, mais une guerre d’Israël contre le Liban. À travers elle, se jouait la guerre des États-Unis contre le monde arabe. Peut-être savez-vous que les deux principaux distributeurs français ont essayé, dans un premier temps, d’empêcher la diffusion de ce livre dans mon pays, et que les grands médias ont longtemps refusé à la fois d’en faire mention dans leurs articles et émissions et ont toujours refusé de vendre des espaces publicitaires pour le faire connaître. Cela n’a pas empêché son succès, mais l’a ralenti. C’est que ce livre comprend un crime de lèse-majesté et une hérésie. En annexe de l’ouvrage, vous trouverez des reproductions de « unes » et d’éditoriaux du quotidien Le Monde, fleuron de l’intelligentsia atlantiste. Vous y trouverez des exemples de propagande outrancière, comme cette « une » qui annonce la prise de Bint Jbeil par Tsahal, alors qu’Israël y vécu une cuisante défaite, ou cette autre qui montre l’armée israélienne sortir victorieuse de la guerre ; une version que même Ehud Olmert ne saurait tenir ! Voilà pour le crime de lèse-atlantisme. L’hérésie, c’est la partie de l’ouvrage qui retrace l’histoire du mouvement sioniste d’Oliver Cromwell à George W. Bush. J’y montre, preuves à l’appui, qu’à l’origine le sionisme n’était pas une idéologie juive, mais une doctrine politico-religieuse puritaine, on dirait aujourd’hui évangélique. Cela a toutes sortes de conséquences. D’abord les relations entre Washington et Tel-Aviv ne doivent pas être analysées en termes d’influences réciproques, mais au regard de l’idéologie qu’ils partagent, tout au moins lorsque les puritains sont au pouvoir à Washington. D’autre part, la nature de l’État d’Israël ne doit pas être envisagée comme une réponse aux persécutions subies par les juifs d’Europe, mais comme un projet colonial religieux impliquant à terme un strict système d’apartheid. Enfin, et pour faire vite vu le temps qui nous est imparti, les clivages religieux dans la région n’opposent pas les chrétiens aux musulmans, mais les chrétiens évangéliques et juifs d’un côté aux catholiques et musulmans de l’autre. Le sionisme anglo-saxon voue aux mêmes gémonies les musulmans et les maronites. Toute alliance entre les maronites et les États-Unis est suicidaire, tout au moins tant que les évangéliques sont au pouvoir à Washington, comme l’ont parfaitement compris Benoît XVI et Mgr Sabbah. Je note qu’à ce jour, alors que ce livre contient des milliers d’informations précises, les lecteurs de la version française n’y ont trouvé que deux erreurs mineures portant sur la composition sociologique de la population libanaise. Elles seront corrigées dans les versions ultérieures et n’affectent au demeurant pas le raisonnement qui j’y développe. De même pour quelques imprécisions de vocabulaire dans la traduction arabe.

En conclusion, je voudrais souligner l’importance de ce qui s’est passé ici à l’été 2006. Alors qu’aucune chancellerie au monde ne doutait de la victoire israélienne et que la diplomatie internationale visait uniquement à limiter vos souffrances, vous avez renversé le cours de l’Histoire. Alors que l’asymétrie des forces —et notamment l’usage de l’arme aérienne— auraient dû vous plonger dans « le choc et la stupeur », vous avez tenu sous les bombardements et vous avez repoussé l’invasion terrestre. Vous avez montré que l’Empire n’est pas invincible et qu’il ne pouvait pas vous asservir. Vous êtes un exemple pour le reste du monde. Je voulais vous dire mon admiration, et j’en suis sûr, celle de tous ceux —où qu’ils soient— qui se battent pour la liberté. Thierry Meyssan

Thierry Meyssan : Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).  Sources Ya !basta
Posté par Adriana Evangelizt


10-2 Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le camp de Nahr El-Bared.

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888). Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés : Dans un autre développement, Zawahiri explique : Sur le camp de Nahr El-Bared

Sur le siège du camp palestinien de Nahr El-Bared au Liban, Zawahiri explique qu’il a eu beaucoup de question pour savoir pourquoi il n’avait pas parlé de ces événements. Il affirme qu’il n’en a parlé qu’indirectement « parce que les frère du Fatah Al-Islam étaient accusés par les agents de l’Amérique d’être une branche d’Al-Qaida, ce qu’ils niaient et j’avais peur que si je les soutenais ouvertement je leur créerai des difficultés à un moment où nous étions incapable de les aider. Maintenant, toutefois, je déclare que les frères du Fatah Al-Islam sont des héros. (...) Et ce qui leur est arrivé à eux et aux musulmans à Nahr Al-Bared est un crime que nous n’oublierons jamais »...

Combating Terrorism Center de West Point (centre qui s’inscrit tout à fait dans l’idéologie de la guerre mondiale contre le terrorisme) publie The Power of Truth ? Questions for Ayman al-Zawahiri, publie une analyse des questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida. L’étude a été faite par Jerret Brachman, Brian Fishman et Joseph Felter.

Certains éléments quantitatifs sont intéressants.

Le Centre a recensé un total de 1188 questions.

93 questions (4,9%) portaient sur le Hamas, seulement 5 questions portaient sur Qaradawi et

23 sur les Frères musulmans (alors qu’Al-Zawahiri a accordé aux deux une grande place dans ses réponses ;

8 questions portaient sur le Fatah Al-Islam,

6% portaient sur l’Irak et sur l’Etat islamique d’Irak ;

78 questions portaient sur l’Iran (4,2%).

Voici les quatre conclusions que les auteurs tirent de cette recherche :

 Zawahiri est inquiet du mécontentement croissant parmi les djihadistes, notamment par les actions qui tuent des civils ;

 Zawahiri a révélé des informations sur la tactique de propagande d’Al-Qaida reconnaissant de facto que le dirigeant de l’Etat islamique d’Irak Abou Omar Al-Baghdadi n’existait sans doute pas ;

 le conflit avec le Hamas va grandissant, de même que l’intérêt d’Al-Qaida pour le Liban ;

 Al-Qaida continue de considérer les Frères musulmans comme un de ses plus importants adversaires

Alain Gresh

Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.htm


25/04/2008

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (début) - Israël, état voyou

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (début) - Israël, état voyou                                                        

Dossier de Palestine (début)     

N°345                24-04

Par M.Lemaire    



Vous retrouverez ce journal 

a) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire (début)

Tiré à part

Abbas rend des comptes à Washington …

Gaza/Israël : John Duggard appelle à une intervention internationale.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1Une Interview de Robert Fisk par Dan Glazebrook : " rôle du journalisme en temps de guerre.

1-2 GWB, l’homme “maistrien” de la montée aux extrêmes.

1-3 Funérailles de Fadel Chanaa : Ménard a brillé par son absence…

2 Les brèves

2-1  L’autorité d’occupation a engagé le processus de construction de nouvelles habitations dans des colonies de Cisjordanie occupée.

2-2 La coupure de l’électricité de Gaza va paralyser tous les secteurs de la vie.

3 Dossier

3-1 Interrogation de Silvia Cattori : Israël, état voyou ?



Tiré a part

Abbas rend des comptes à Washington …

Bush a cherché jeudi à rassurer le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas sur les chances d’un accord sur un Etat palestinien, le présentant comme "une haute priorité" pour son administration dont le mandat s’achève en janvier. M. Abbas s’est dit "sûr" que M. Bush "oeuvre pour voir un règlement se conclure avant la fin de son mandat". Les déclarations de Bush sur "la définition" d’un Etat palestinien semblent rejoindre celles de M. Abbas qui s’était dit dimanche déterminé à parvenir un "accord cadre" jetant les bases d’un traité de paix avec Israël avant la fin du mandat de Bush et rejetant un éventuel "accord de principes" plus vague. Bush : "J’ai confiance dans le fait que nous parviendrons à définir un Etat (palestinien). J’ai aussi confiance dans le fait que cela exigera de travailler dur", a dit Bush "La question sur laquelle je concentre mon attention est comment définir un Etat (palestinien) qui serait acceptable pour les deux parties (les Palestiniens et Israël). Je suis confiant que cela se fera", a-t-il ajouté. Bush : "Le facteur temps est très important et nous sommes dans une course contre la montre", a-t-il ajouté. Il a prévenu que "le chemin de la paix n’est pas semé de fleurs mais d’obstacles qu’il faudra éliminer pour arriver à la paix". Bush a en outre indiqué qu’il rencontrerait à nouveau M. Abbas en mai lors de sa visite prévue au Proche-Orient notamment pour participer aux célébrations marquant le 60e anniversaire de la création d’Israël. Il n’a pas précisé le cadre de de cette rencontre en dépit des interrogations sur les attentes à placer dans ce voyage et sur l’éventualité d’un sommet avec MM. Bush et Abbas et Ehud Olmert. En l’absence de toute percée dans les négociations israélo-palestiniennes, la porte-parole de Bush, Dana Perino, a reconnu jeudi que le processus lancé à Annapolis "n’avance pas assez vite". La Maison Blanche a "bon espoir" d’un accord, "mais nous savons aussi qu’il nous reste un sacré paquet de travail", a-t-elle dit. Source : Al –Oufok 24-04


Gaza/Israël : John Duggard appelle à une intervention internationale

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

« Combien de temps cette folie va-t-elle se perpétuer sans intervention internationale sérieuse », a demandé aujourd'hui le Rapporteur des droits de l'homme pour les territoires palestiniens occupés depuis 1967.

« Les effusions de sang à Gaza et dans une moindre mesure en Cisjordanie se poursuivent ». « Mercredi 16 avril, près de 20 Palestiniens ont été tués lors d'opérations militaires israéliennes. La majorité des tués étaient des civils et cinq d'entre eux des enfants. Le même jour trois soldats israéliens ont été tués », a rappelé John Duggard dans un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

« Le manque de volonté de la part d'Israël de parler au Hamas est compréhensible, compte tenu de l'hostilité du Hamas envers l'Etat d'Israël. Mais il n'y a pas de raison pour que les Nations Unies, par l'intervention du Conseil de sécurité ou du Secrétaire général, n'intervienne pas et ne fasse pas valoir son rôle de médiateur », a souligné l'Expert des Nations Unies.

« C'est un rôle joué traditionnellement par les Nations Unies, même lorsqu'une des parties a été qualifiée de 'terroriste' », a-t-il insisté.

John Duggard a appelé à ce que l'ONU ouvre des « voies de communication entre Israël, le Hamas et l'Autorité palestinienne à Ramallah, afin de les amener à la table de négociations. Une telle initiative contribuerait aussi à la promotion de l'unité nationale palestinienne – un autre domaine dans lequel l'ONU a manqué d'agir ».

« Il n'est sûrement pas trop demandé que d'attendre du Conseil de sécurité, et, s'il ne peut agir, du Secrétaire général, de protéger la vie humaine, même si cela implique de parler à un groupe que l'on désapprouve politiquement », a souligné l'Expert.  17 avril 2008 –    

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=16353&Cr=pales&Cr1=moyen



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Une Interview de Robert Fisk par Dan Glazebrook : " rôle du journalisme en temps de guerre.

Extrait Robert Fisk a la réputation bien méritée d’être un des correspondants étrangers les plus honnêtes et pugnaces parmi les medias britanniques. Il a travaillé en Irlande du Nord où il révéla la présence des SAS (forces spéciales – NDT) au milieu des années 70, ainsi qu’en Bosnie, Palestine, Irak et Liban. C’est ici, comme témoin au lendemain du massacre de réfugiés palestiniens organisé par Israël à Sabra et Chatila en 2000 que son journalisme prit sa forme actuelle : coléreux, passionné, et comme il le dit lui-même « partial du côté des victimes » - un style de journalisme qui, malheureusement, n’est pas très répandue parmi la profession. Au milieu des flots de mensonges et propagande émis par les médias au sujet de la politique Britannique et Etats-unienne au Moyen Orient, les écrits de Fisk constituent une bouffée d’air frais - même si la réalité sordide qu’il décrit n’en fait pas une lecture agréable.

Lorsque j’ai rencontré Fisk au Christchurch College, entre une conférence à Bristol et une autre au Festival Littéraire d’Oxford – apparemment sans un moment de répit – nous avons commencé à parler du rôle du journalisme en temps de guerre. Je lui ai d’abord demandé si le journalisme, en aseptisant ou en justifiant la guerre, ne jouait pas un rôle dans son déclenchement.  Il y a plusieurs choses. Avant tout, il y a l’incapacité chez de nombreux journalistes aux Etats-Unis à dire la vérité sur la situation Israelo-palestinienne. Ainsi, des territoires occupés sont appelées des territoires disputées, un mur est qualifié de barrière de sécurité, une colonie est appelée un voisinage ou un campement. Ce qui signifie que si vous voyez un Palestinien jeter une pierre, et s’il s’agit d’une occupation, là vous comprenez son geste.  Mais s’il s’agit d’une « litige », qui pourrait être réglée autour d’une bonne tasse de thé, alors les Palestiniens apparaissent comme des êtres intrinsèquement violents. Vous rabaissez ainsi une des parties de ce terrible conflit. 

 Puis il y a ce que la télévision ne veut pas montrer pour des raisons soi-disant de « mauvais goût ». Je me souviens d’un coup de fil, avec un rédacteur de la télévision à Londres, lorsqu’on avait demandé à la chaine Al Jazeera quelques images sur des enfants tués et blessés par des tirs d’obus britanniques à Bassorah. Le type s’est mis à dire « inutile de nous envoyer ces images, nous ne pouvons pas les montrer ».  La première excuse fût « les gens seront en train de boire leur thé, alors on ne peut pas montrer ces images ». Puis ensuite l’excuse est devenue « c’est comme pour la pornographie, ce n’est pas montrable ». Puis il a terminé par dire – c’est vraiment incroyable d’entendre de telles choses – «  il faut respecter les morts ».  Eh oui, on ne montre aucun respect pour eux lorsqu’ils sont vivants, on les fait d’abord exploser en mille morceaux et ensuite il faut leur montrer du respect. A cause de cela – et tous les généraux à la retraite en train de pontifier bien à l’abri – tout ça devient un jeu. Vous commencez par répandre l’idée que la guerre est d’abord une affaire de victoire ou de défaite - alors qu’en fait c’est une affaire de mort et de douleurs immenses.

 J’étais en Irak en 1991, lorsque les Britanniques et les Américains ont bombardé une autoroute. Il y avait des femmes et des enfants morts et déchiquetés, et tous ces chiens ont surgi du désert et ont commencé à les manger. Si vous aviez vu ce que j’ai vu, il ne vous viendrait jamais à l’idée de soutenir une guerre quelle qu’elle soit, contre qui que ce soit.  Evidemment, les politiciens – nos dirigeants – sont très heureux que ces images ne passent pas, parce qu’ainsi ils rendent la guerre plus séduisante, moins pénible.

 …. Que dire du silence des autres, de tous ceux qui ont moins d’excuses ? Avec un nombre chaque jour plus faible de manifestants contre la guerre, avons-nous oublié ce qui se passe dans ces pays qui souffrent de la « libération » occidentale ? Il faut sans cesse leur répéter « mais c’est réel » parce que la plupart des gens en occident n’ont aucune expérience de la guerre. Aucun de nos dirigeants politiques n’a eu une expérience de guerre. Bush l’a esquivé. Cheney l’a esquivé. Powell était au Vietnam, mais il est parti. Leur seule expérience de la guerre, c’est Hollywood. Alors lorsque vous envoyez des gens faire la guerre, et que votre expérience se limite à Hollywood, vous pouvez vous retrouver un tantinet choqué de les voir mourir. Pour eux, la guerre n’a rien de concret.  Mais elle n’est que trop concrète pour les habitants du Moyen Orient, qui subissent depuis des décennies les guerres éclaires et les massacres initiés par l’Occident – depuis l’exode des palestiniens en passant par l’invasion du Liban par Israël en 1982, l’armement de l’Irak par les Etats-Unis pendant la guerre de 8 ans contre l’Iran, la "guerre" du Golfe en 1991, puis les sanctions économiques génocidaires de l’ONU contre l’Irak – sans parler du soutien occidental aux dictatures en Egypte, en Arabie Saoudite, au Koweït. Fisk a été témoin de tous ces événements, et il pense que le monde musulman a fait preuve d’une incroyable retenue devant tant d’oppression. Ce qui m’étonne c’est que le 11 Septembre n’ai pas eu lieu plus tôt. Peut-être parce que l’opération a demandé beaucoup de préparation, je ne sais pas, mais je suis étonné de voir qu’on peut aller frapper à n’importe quelle porte en Cisjordanie et ne pas recevoir une baffe. Au lieu de ça, ils vous offrent un café ou à manger. Imaginez le contraire, que nous soyons bombardés et occupés par des pays arabes et qu’un journaliste arabe vienne gentiment bavarder avec nous, je ne sais pas si nous ouvririons la porte. Vous le feriez, vous ? Robert Fisk 18 avril 2008

Dan Glazebrook écrit pour le journal Morning Star et est l’un des coordinateurs de la branche britannique de l’Union Internationale des Parlementaires pour la Palestine. danglazebrook2000@yahoo.co.uk

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.counterpunch.org/glazebr...

Source : Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/...http://www.palestine solidarite.org/analyses.Robert_Fisk.180408.htm

CounterPunch


1-2 GWB, l’homme “maistrien” de la montée aux extrêmes.

Le président a établi, dans l’histoire des fameux sondages Gallup, deux records: celui de président le plus populaire (90% des personnes interrogées en septembre 2001) et celui de président le plus impopulaire (28% en avril 2008) dans l’histoire statistique des USA. Ces deux extrêmes tendraient en effet à être absolus puisqu’ils concernent toute l’histoire du sondage Gallup, qui commence en 1938 pour cette sorte d’enquête, et que Gallup est considéré comme le premier mécanisme de sondage fiable dans ce domaine.

GW Bush est donc un personnage historique par sa capacité à monter aux extrêmes.

Le sondage est présenté le 22 avril par USA Today: «In a USA Today/Gallup Poll taken Friday through Sunday, 28% of Americans approve of the job Bush is doing; 69% disapprove. The approval rating matches the low point of his presidency, and the disapproval sets a new high for any president since Franklin Roosevelt. »The previous record of 67% was reached by Harry Truman in January 1952, when the United States was enmeshed in the Korean War. »Bush's rating has worsened amid “collapsing optimism about the economy,” says Charles Franklin, a political scientist at the University of Wisconsin-Madison who studies presidential approval. Record gas prices and a wave of home foreclosures have fueled voter angst. »Bush also holds the record for the other extreme: the highest approval rating of any president in Gallup 's history. In September 2001, in the days after the 9/11 attacks, Bush's approval spiked to 90%. In another record, the percentage of Americans who say the invasion of Iraq was a mistake reached a new high, 63%, in the latest poll. »Assessments of Bush's presidency are harsh. By 69%-27%, those polled say Bush's tenure in general has been a failure, not a success.»

A côté de l’explication assez piètre, anecdotique et sans signification autre que par le sarcasme de “GW, personnage historique”, une autre explication doit être considérée. On comprendra qu’elle nous est plus chère. L’hypothèse devient qu’il s'agit plutôt d’une époque exceptionnelle, où les dirigeants sont les jouets des événements plus qu’ils n’en sont les maîtres. Dans ce cas, les sondages concernant la popularité de GW auraient une toute autre signification, extrêmement “maistrienne”. Ses 90% de septembre 2001 ne seraient évidemment que l’effet de l’événement 9/11 sur la fonction en tant que symbole, tandis que ses 28% ne sont que l’effet sur cette même fonction d’une situation générale qui est le déclin général de la puissance américaniste, encore plus que d’une politique particulière. Cette analyse rejoindrait l’appréciation que la politique US depuis septembre 2001 n’est nullement un effet de la seule volonté et des “plans” de l’administration mais un effet de l’évolution inéluctable de la puissance US, – en d’autres mots, de la mise à jour des faiblesses cachées de cette puissance. (Les jugements de plus en plus nombreux sur la véritable signification de “l’influence” des néo-conservateurs vont dans ce sens. Ils disent que les neocons, loin d’usurper la politique US, n’ont fait qu’en exprimer d’une façon activiste les véritables tendances.)

La question plus immédiate et plus terre-à-terre de cette situation est de savoir comment cette interprétation, si elle est bonne, va jouer sur l’élction présidentielle.

La question plus précise est de savoir si cette situation va marquer la candidature McCain. Le problème de McCain deviendrait alors, face au problème déjà identifié des démocrates, de voir dans quelle mesure le candidat républicain ne sera pas prisonnier de ses liens inévitables avec l’administration républicaine.Pour l’instant, la confusion du côté démocrate empêche de se faire une idée précise de cette possibilité. Si l’interprétation se confirme, le caractère de “Guerre Civile” de l’élection en sera fortement renforcé. Mis en ligne le 24 avril 2008 à 06H19  - www.dedefensa.org - Euredit S.P.R.L


1-3 Funérailles de Fadel Chanaa : Ménard a brillé par son absence
Gaza: des centaines de personnes aux funérailles d'un journaliste de Reuters
Des centaines de personnes, dont des dizaines de journalistes, ont participé jeudi aux funérailles de Fadel Chanaa, un journaliste de l'agence britannique Reuters, tué la veille par un tir israélien dans le centre de la bande de Gaza.
Les participants, parmi lesquels les collègues du jeune homme tué, ontporté son corps, recouvert d'un drapeau palestinien, en quittant l'hôpital Chiffa de Gaza.
Ils avaient disposé sur un autre brancard sa caméra brisée et son gilet pare-balles encore couvert de sang. D'autres portaient un portrait du journaliste, âgé de 23 ans.
 "Non à l'assassinat de journalistes", "Les journalistes poursuivront leur travail", "L'assassinat de Fadel est une cicatrice sur le visage de l'occupation", indiquaient des banderoles en arabe et en anglais.
Des responsables politiques du Hamas, du Fatah et d'autres factions palestiniennes se sont joints aux funérailles.
Selon l'agence de presse Reuters, Fadel Chanaa était sorti de son véhicule pour filmer un char, à plusieurs centaines de mètres, participant aux opérations l'armée israélienne dans le centre de la bande de Gaza. La vidéo du journaliste, quelques secondes avant sa mort, montre le char ouvrant le feu. "Deux secondes après, une fumée apparaît autour du canon, la bande devient noire, apparemment au moment où Chanaa est touché", a indiqué Reuters.
 Le véhicule du journaliste portait les insignes "TV" et "Press", a ajouté Reuters.
 
 Dans un premier temps, des témoins avaient indiqué que Fadel Chanaa avait été tué dans son véhicule, lorsqu'un missile israélien l'avait touché. Dix-huit Palestiniens, dont une majorité de civils, et trois soldats israéliens ont été tués mercredi dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Parmi les victimes figurent cinq Palestiniens âgés de moins de 15 ans.
17-04-2008 10:29:12
(AFP) -


2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1   L’autorité d’occupation a engagé le processus de construction de nouvelles habitations dans des colonies de Cisjordanie occupée.

18-04 270.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, et 200.000 autres sont installés dans une douzaine de quartiers érigés dans le secteur oriental de Jérusalem, conquis et annexé en juin 1967. 270.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, et 200.000 autres sont installés dans une douzaine de quartiers érigés dans le secteur oriental de Jérusalem, conquis et annexé en juin 1967.

L’autorité d’occupation a engagé vendredi le processus de construction de nouvelles habitations dans des colonies de Cisjordanie occupée Son ministère de l’Habitat a lancé vendredi un appel d’offres pour la construction de cent logements dans deux colonies de Cisjordanie occupée.  L’appel d’offres, publié dans la presse, concerne la construction de 52 logements dans la colonie d’El Kana et de 48 autres dans celle d’Ariel, toutes deux dans le nord de la Cisjordanie.  C’est la première fois qu’un tel appel d’offres est lancé concernant des colonies hors Jérusalem-est annexée, depuis la relance formelle le 27 novembre des négociations de paix israélo-palestiniennes à Annapolis aux Etats-Unis. Le porte-parole d’Ehud Olmert, Mark Regev, a justifié cette décision en affirmant qu’elle "s’inscrit dans la politique du gouvernement de construire dans des blocs d’implantations existants". Cette décision est "conforme avec ce que nous avons dit : un, pas de nouvelle colonie, deux, pas de confiscation de terres, et trois, pas de politique d’extension hors des limites des colonies déjà existantes", a affirmé Regev 

 Al-Oufok avec les agences de presse

18-04 L’autorité d’occupation a engagé vendredi le processus de construction de nouvelles habitations dans des colonies de Cisjordanie occupée "Nous condamnons fermement la poursuite de la colonisation. Une telle décision sabote le processus de paix et les négociations" entre Israël et les Palestiniens, a déclaré l’un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erekat. Il a indiqué que l’Autorité palestinienne avait "contacté les Etats-Unis et les représentants du Quartette, suite à cette nouvelle violation des engagements israéliens". La Feuille de route, le dernier plan international mis au point en 2003 par le Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations unies) prévoit un gel de la colonisation israélienne et l’arrêt des violences du côté palestinien. Elle est restée jusqu’à ce jour lettre morte.   Al-Oufok avec les agences de presse


2-2 La coupure de l’électricité de Gaza va paralyser tous les secteurs de la vie.
Le directeur général de la centrale électrique de la bande de Gaza, Rafiq Maleha, a averti, hier samedi 12/4, de l’arrêt total de la centrale à cause de la crise de carburant et de la fermeture totale de tous les passages par les autorités de l’occupation. Dans ses déclarations de presse, Maleha a dit que la centrale va complètement arrêter son travail pendant quelques jours, paralysant tous les secteurs de la vie dans la Bande , si les autorités de l'occupation ne fournissent pas de carburant.
On note que la compagnie d'électricité à Gaza travaille dans le cadre d'un programme de distribution d'électricité aux différentes régions de la bande de Gaza. De son côté, le porte-parole de la compagnie palestinienne de distribution d'électricité Jamal Al-Darsawi a averti d'une vraie catastrophe si l'occupation continue à empêcher l'entrée du carburant dans la Bande. Le président de la commission populaire pour la lutte contre le blocus, le député Jamal Al-Khoudri, a averti dans un communiqué de presse que l'arrêt de la centrale électrique va conduire à la  détérioration totale de tous les secteurs de vie dans la Bande. Gaza - CPI 13-04

3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Interrogation de Silvia Cattori : Israël, état voyou ?

Les soldats d'Israël ont fait de Gaza un tombeau.
Des F16 israéliens dans le Camp de Bureij qui ont fait 9 morts et 50 blessés le 19 février 2008
(rafahtoday.org)

 « Ce qu’Israël fait subir aux Palestiniens est une abomination » a déclaré l’ancien Président des Etats-Unis, Jimmy Carter, lors de sa récente tournée au Moyen Orient. M. Carter a eu, de plus, le courage de braver le courroux des gouvernements israélien et états-uniens en rencontrant, à Damas, le chef du mouvement Hamas, M. Khaled Meshal, rompant ainsi l’isolement et la diabolisation dans lesquels la diplomatie « occidentale » s’obstine à maintenir cette force politique, démocratiquement sortie des urnes en janvier 2006 [1].

Merveilleux Jimmy Carter ! Par son geste, de simple diplomatie humaine, il a, à lui seul, effacé notre honte d’appartenir à cette société « occidentale » qui continue de soutenir aveuglément un État colonial qui a effacé la Palestine de la carte et qui mène, depuis 60 ans contre un peuple sans défense, des opérations militaires à caractère terroriste, une politique d’apartheid et des assassinats ciblés dits « extrajudiciaires ». Nous aurions apprécié que d’autres chefs d’État aient le courage de dénoncer les crimes de guerre d’Israël avec la même clarté que M. Carter.

Israël a mis le Moyen-Orient à feu et à sang. Il s’est rendu coupable de crimes gravissimes, en violation de toutes les règles du droit international. Et l’Union européenne a encore l’indécence de demander aux Palestiniens, et à leurs frères arabes, de reconnaître « le droit d’Israël à exister » en tant qu’ « État juif », ce qui reviendrait à légitimer l’apartheid et à dénier aux réfugiés palestiniens leur droit inaliénable à retourner, comme tout autre réfugié dans le monde, sur les terres et dans les maisons dont ils ont été chassés ! Comme le relevait si justement l’intellectuel palestinien Omar Barghouti, « aucun État n’a le droit d’exister comme État raciste » [2]. Un Etat qui fait régner la terreur, en tuant quotidiennement des femmes et des enfants, que leurs proches, au désespoir, retrouvent déchiquetés ; un État qui peut massacrer, comme cela s’est passé à Gaza, en l’espace de quelques jours, des centaines de civils innocents, en lançant contre eux des bombes qui dispersent des centaines de fléchettes acérées, pénètrent le corps, mutilent, tuent, génèrent des souffrances atroces, -sans que cela ne soulève , il faut bien le dire, l’indignation de nos démocraties - devrait être mis au ban des nations. Alors que nous avons droit aux meilleurs soins, accès à des hôpitaux et des médicaments pour soulager et guérir nos maladies et nos blessures, à Gaza, les malades meurent car Israël ne laisse rien entrer et les hôpitaux sont pris pour cible. L’armée israélienne a dévasté, le 16 avril, « El Wafa Medical Rehabilitation », mettant la vie des patients et soignants en danger, les privant d’électricité et d’approvisionnement en eau, contraignant les chirurgiens à cesser d’opérer.

A Gaza, depuis une année, des blessés et des malades, qui auraient pu guérir, sont morts faute de soins. Suhha Al Jumbass, 22 ans, malade de cancer, est décédée, en ce mois d’avril effroyable, parce que l’armée israélienne lui a refusé, comme à 133 autres personnes décédées avant elle récemment, d’aller se faire soigner en Egypte. Au lendemain du massacre de Boureij [3], le Premier ministre israélien, Ehud Olmert a eu l’arrogance de dire qu’Israël fera « payer au Hamas le prix de ce qui se passe à Gaza ». Mais qui paye le prix des souffrances ? L’agresseur ou l’agressé qu’il met à mort ? Que peut encore faire « payer » Israël à ces enfants qu’il affame, qui souffrent de la malnutrition et dont l’état psychologique est inquiétant, et à ces milliers de malades apeurés, laissé à l’abandon faute de soins, qui vont continuer de mourir faute de médicaments ? Comment nos sociétés peuvent-elles tolérer autant d’horreurs et d’injustices ? Pourquoi nos gouvernements se bornent-ils à appeler « les deux parties à la retenue », comme si l’on pouvait établir une symétrie entre l’occupant et l’occupé, entre le bourreau et sa victime !

Nous n’en pouvons plus de cette attitude biaisée qui ménage Israël et méprise les victimes arabes. Une résidente de Rafah nous disait récemment avec amertume : « Ils nous liquident en tirant des missiles remplis d’explosifs lourds de 3’000 pounds. Une tonne de ces explosifs ZNT est capable de raser tout un quartier. C’est un missile de ce type que l’armée israélienne a lancé contre une mosquée à Rafah et qui a détruit également quinze autres maisons. Ils nous condamnent à mourir, ils nous empoisonnent, ils nous enferment, ils nous coupent les vivres, ils nous bombardent, ils nous privent de tout accès aux médicaments, ils nous privent des produits vitaux comme le chlore pour assainir l’eau et ensuite ils nous vendent leurs laitues empoisonnées par les insecticides, à un prix exorbitant ».

Les Palestiniens ont droit à la vie et à être protégés, comme tout peuple opprimé par plus fort que lui. Jamais une guerre menée par un État colonial n’a été aussi durablement couverte par le mensonge, la désinformation, l’hypocrisie. Même les soit disant « amis de la Palestine  », les pacifistes israéliens que l’on idéalise, ne sont pas sans reproches. Car, se contenter de condamner l’occupation israélienne et ses crimes ne suffit pas à régler les torts causés. Il faut avoir l’honnêteté d’aller à la racine du problème en exigeant, non seulement la fin de l’occupation, mais également le droit au retour des réfugiés, et la fin du racisme institutionnalisé contre les Palestiniens, et cela dans un État qui garantisse des droits égaux à tous ses habitants. Les gens de confession juive qui s’identifient à Israël ne peuvent continuer à se prévaloir des crimes commis par les nazis pour justifier l’existence d’un État raciste sur des terres volées aux Arabes. Tout cela est inacceptable. Gaza est, pour ses habitants, une prison d’où personne ne peut sortir, hormis les Palestiniens munis d’un laisser passer VIP délivré à la « tête du client » et d’entente avec l’occupant, par l’Autorité palestinienne de Ramallah. Une Autorité corrompue, qui participe à la liquidation du Hamas et va à l’encontre des aspirations de son peuple. Les Palestiniens, déjà brutalisés par l’armée d’occupation, ne méritaient pas cette suprême trahison. Reste à augurer que le temps viendra où ceux qui ont commis des crimes ou qui ont servi, d’une manière ou d’une autre, les intérêts de l’occupant israélien, seront appelés à répondre devant l’histoire.

Silvia Cattori  21 avril 2008

[1] M. Carter avait déjà suscité une tempête en énonçant des vérités qui dérangent Israël dans son livre « Palestine : Peace Not Apartheid ».

[2] Voir : « Omar Barghouti : Aucun État n’a le droit d’exister comme État raciste », Réseau Voltaire, 6 décembre 2007.

[3] Le 16 avril, des missiles lancés par des avions et des chars sur le camp de réfugiés miséreux de Boureij, ont massacré 18 civils palestiniens, dont cinq enfants. Le même jour Fadel Chanaa, 23 ans, caméraman palestinien de l’agence Reuters, a été délibérément pris pour cible, tué avec une bombe à sous-munitions par le soldat israélien posté en face de lui dans un char.

Source : Silvia Cattori 

http://www.silviacattori.net/...

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (Suite) - Israël, état voyou

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (Suite) - Israël, état voyou                                                        

Dossier de Palestine (Suite)     

N°345                24-04

Par M.Lemaire    



Vous retrouverez ce journal 

a) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

d) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire (Suite)

3 Dossier(suite)

3-2 Point de vue de Barah Mikaïl : Les déclarations du Hamas, une opportunité à saisir.

3-3 Point de vue de Ramzy Baroud : Pourquoi l'unité palestinienne n'est pas une option pour Abbas.

3-4 Point de vue de Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le Hamas, l'Iran et d'autres questions.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Rapport de John Dugard : Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.

4-2 Amnesty International Belgique Francophone : Action Urgente


3 Dossier(suite)

3-2 Point de vue de Barah Mikaïl : Les déclarations du Hamas, une opportunité à saisir. Ndlr : La publication de l’analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs, mais doit être vu comme information

Faut-il croire le Hamas sur parole ?   Alors que l’ancien président américain Jimmy Carter vient d’achever une « tournée pour la paix » moyen-orientale d’une durée de 9 jours, le débat (ré)amorcé aujourd’hui sur l’actualité du conflit israélo-palestinien a au moins un aspect positif : celui de contribuer à mettre les points sur les « i ». On ne compte en effet plus le nombre d’hypothèses et diverses contre-thèses qui ont pu accompagner les interprétations liées aux évolutions du principal épicentre conflictuel du Moyen-Orient depuis le 26 janvier 2006 particulièrement, date d’accès du Hamas au pouvoir dans les Territoires palestiniens. Les uns y voyaient l’émergence d’une nouvelle donne compromettante pour la paix dans la région, arguant du déni existentiel affiché par cette formation vis-à-vis de l’Etat d’Israël ; les autres tentaient, au contraire, d’y voir une opportunité pleinement exploitable, conformément au principe selon lequel seuls les ennemis mutuels (soit le Hamas d’une part, et l’exécutif israélien) peuvent négocier concrètement les termes d’une paix. Il aura cependant fallu passer par de profonds tiraillements inter-palestiniens, de nouvelles – et graves - inflexions dans l’état des relations israélo-palestiniennes, ainsi que par une donne israélo-libanaise exacerbée, pour en arriver à un constat : le Hamas, pas plus que le Hezbollah libanais, n’ont finalement courbé l’échine. Deux ans après l’accès du Hamas au pouvoir, et un an et demi après la fin officielle du dernier des affrontements israélo-libanais d’ampleur, retour à la case départ donc, avec l’échec des Israéliens, des Américains, et de leurs alliés occidentaux à tordre le cou tant à leurs principaux ennemis régionaux (Hamas et Hezbollah) qu’à leurs parrains supposés ( la Syrie et l’Iran).
Une donne régionale toujours aussi explosive implique ainsi de trouver des solutions nouvelles, et durables. Dans ce contexte, la récente annonce du Hamas, qui se dit disposé à respecter une trêve militaire de longue durée avec Israël si toutefois ce dernier acceptait se retirer sur les frontières territoriales qui prévalaient à la veille de l’éclatement de la guerre des Six-Jours de juin 1967, est-elle à placer dans la catégorie des propositions nouvelles et sérieuses formulées par une formation qui a réussi à maintenir ses assises contre vents et marées ?

Pas vraiment.   Une fois encore, le Hamas fait en effet montre d’une reconnaissance implicite de sa part de l’Etat hébreu, et quand bien même il refuse de procéder à une énonciation formelle de son accommodation du fait israélien, il convient de ne pas oublier que le cheikh Ahmad Yassine lui-même, ancien chef spirituel du Hamas, avait procédé à une proposition similaire au début de l’année 2004, quelques semaines tout juste avant son assassinat par l’armée israélienne. La trêve n’est pas une reconnaissance, disent les Israéliens ; pas de reconnaissance de notre part, mais des garanties de sécurité en cas d’un retrait des Israéliens de nos territoires occupés depuis 1967, rétorquent les Palestiniens du Hamas. Et l’on voit mal comment les positions des uns et des autres pourraient en venir à évoluer plus avant dans les prochains temps. Le Hamas a le soutien de la « rue palestinienne » en effet, si l’on en croit les sondages d’opinion à tout le moins ; le gouvernement d’Ehoud Olmert, pour sa part, ne voit pas pourquoi il devrait prendre en considération les affirmations du Hamas alors que le Fatah est beaucoup plus acquis à ses volontés. Même si les termes d’une alliance objective ne sont jamais totalement exclus dans l’alchimique et complexe moule proche-oriental, on ne voit ainsi pas ce qui pourrait réellement les motiver aujourd’hui.
Car, une fois n’est pas coutume, le verdict hypothétique des urnes est bel et bien un déterminant incontournable des évolutions intervenant tant côté palestinien qu’israélien, et c’est en ce sens que les perspectives prévalant d’un côté comme de l’autre se font une fois encore miroir.

Car l’aspect relativement nouveau de cette actualisation des exigences du Hamas pour la pacification des perspectives réside dans son annonce selon laquelle il serait prêt à accepter les termes d’une paix négociée entre l’Autorité palestinienne (représentée donc par le Fatah) et le gouvernement israélien à l’une des conditions suivantes : soit que les Palestiniens signifient par référendum leur accord vis-à-vis d’un tel et hypothétique texte ; soit que cette même disposition soit validée par un nouveau Conseil législatif palestinien qui aurait été consacré par la voie des urnes.

Le Hamas sait, en effet, que les sondages lui sont favorables aujourd’hui, et qu’ils ne jouent par contre en rien en faveur du Fatah ; dès lors, il voit mal pourquoi il se priverait d’un recours à une telle piqûre de rappel. Ce scénario annoncé, quand bien même il n’aboutirait pas concrètement, ne lui donnerait en effet pas moins des arguments supplémentaires, sur le principe selon lequel toute absence de prise en compte de ses propositions est en soi-même un aveu de faiblesse de la part des négateurs. Quant à Ehoud Olmert, auquel les sondages d’opinion ont été beaucoup plus favorables depuis qu’il a validé tour à tour, ces derniers mois, un bombardement sur un site nucléaire syrien supposé (septembre 2007) ainsi qu’une nouvelle série d’opérations musclées à l’encontre de la bande de Gaza, il voit probablement très mal pourquoi il devrait acquiescer à une prise en compte sérieuse des déclarations du Hamas dans un contexte où un tel acte pourrait être synonyme, aux yeux de sa population, d’un aveu de faiblesse vis-à-vis des Palestiniens. Autant dire que les perspectives demeurent loin d’abonder en faveur de la réouverture d’un canal diplomatique franc entre Israéliens et Palestiniens, et que l’on ne saurait d’ailleurs voir Israël dire oui au Hamas à un moment où il n’hésite pas à faire valoir bien des oppositions à la volonté américaine de voir la création d’un Etat palestinien aboutir d’ici à la fin de l’année 2008.
Il ne faut pourtant pas en déduire une quelconque inutilité dans la démarche courageuse entreprise ces derniers jours par J. Carter, qui, c’est le moins que l’on puisse dire, a été très sérieusement tancé par les exécutifs israélien comme israélien.
Ces nouvelles déclarations du Hamas ont en effet au moins un mérite : celui de montrer que la voie militaire est loin d’être le choix stratégique exclusif de cette formation. Ce n’est ainsi pas le moindre des mérites de J. Carter que d’avoir contribué, si besoin en était, à la clarification de cet aspect. Quant à Israël, aux Etats-Unis, mais aussi à l’Union européenne (ou du moins la majorité de ses membres), leur boycott du Hamas a, au bout de deux ans, montré ses limites : la formation islamiste a su se maintenir, sa popularité n’a pas subi l’érosion initialement escomptée, et ses revendications assumées restent intactes. Il n’est ainsi en rien inutile de rappeler qu’il est, plus que jamais, urgent pour les pays occidentaux de consacrer le Hamas au rang de partenaire politique, au même titre que le Fatah. Cela ne signifie en rien d’acquiescer à l’ensemble des conditions que pourrait en venir à afficher cette formation pour l’avenir des relations israélo-palestiniennes, bien entendu. Ce serait, au contraire, une manière de la responsabiliser, et de lui montrer qu’elle peut obtenir un gain politique conséquent à partir du moment où elle ferait montre de pragmatisme, et surtout de souplesse supplémentaire. Car, si le Hamas est capable de parler d’une trêve avec Israël en dépit de la guerre à outrance qu’il connaît depuis plus de deux ans, rien n’empêche de penser qu’il pourrait se montrer encore plus souple et réaliste à compter du moment où il trouvera face à lui des interlocuteurs efficaces, et probants. Jusqu’à preuve du contraire en effet, pas une négociation à l’international n’a été initiée au départ de postures initiales consensuelles de la part des protagonistes concernés. Il n’y a pas de raisons qu’il y en aille différemment dans le cas du conflit israélo-palestinien. Barah Mikaïl

Barah Mikaïl Chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), spécialisé sur le Moyen-Orient. Auteur de La Politique américaine au Moyen-Orient (Dalloz, 2006)
Source : IRIS  http://www.iris-france.org/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Barah_Mikail.220408.htm


3-3 Point de vue de Ramzy Baroud : Pourquoi l'unité palestinienne n'est pas une option pour Abbas.
Quelques heures seulement après l'affrontement Hamas-Fatah à Gaza en juin dernier, c'est un président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas semblant ferme et posé qui serrait les mains des membres de son nouveau gouvernement d'urgence. Pour s'assurer que sa démarche apparaisse aussi légitime que possible, il a émis des décrets qui mettaient hors la loi les milices armées du Hamas, et également suspendu des clauses importantes de la Loi fondamentale palestinienne, qui avait jusque là servi de constitution.
La Loi fondamentale stipule que pour qu'il soit constitutionnel, tout gouvernement doit être approuvé par le Parlement palestinien. Abbas a simplement décrété l'invalidité de cette clause, dérobant ainsi aux Palestiniens une de leurs plus grandes réussites collectives – la démocratie.
Ce système, lorsqu'il est véritablement représentatif, est bien sûr précieux et significatif.
Si l'on considère les circonstances impossibles dans lesquelles la démocratie palestinienne en particulier a été engendrée et nourrie – occupation militaire, pression internationale, extrême pauvreté – c'était également profondément historique. Contrairement aux idées reçues qui ont suivi l'occupation US de l'Irak, les Arabes se montraient capables, en fin de compte, de conduire un processus démocratique.

Malheureusement, la réalisation de la démocratie ne garantit pas sa conservation.
Presque immédiatement après la victoire du Hamas aux élections de janvier 2006, tant les forces locales qu'internationales se sont ruées pour étouffer et renverser le résultat de ce vote.
Des intellectuels prétentieux ont écrit sur l'incompatibilité entre Islam et démocratie, des hommes politiques ont dénigré la victoire du Hamas comme étant le signe de l'envahissement du militarisme et de l'extrémisme, et des dirigeants mondiaux se sont rapprochés du "légitime" Abbas, comme opposition à "l'illégitime" Hamas. C'était bien sûr ridicule.
Pour Israël, l'affrontement entre le Fatah d'Abbas et le Hamas islamique fut une chance en or, comparable aux bénéfices glanés lors d'un autre moment opportun, les attaques terroristes du 11 septembre, que le leader du Likud israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifiées récemment, et ce n'est pas la première fois, de "bonnes" pour Israël (Haaretz, 16 avril).
Le combat palestinienne fut aussi une bonne chose pour Israël ; ç'en était fini de cette énervante démocratie palestinienne faisant de la concurrence à l'auto proclamée "seule démocratie du Moyen Orient" d'Israël.De plus, les Palestiniens ont été une fois de plus dépeints comme la populace incontrôlée, incapable de produire des artisans pour la paix responsables ni de créer un environnement de "sécurité", que l'Etat d'Israël clame si souvent convoiter.
De même pour Abbas et ses ministres, ils savaient fort bien que l'affection américano-israélienne de fraîche date à leur égard était conditionnelle.
Après tout, ils sont les mêmes personnes, occupant les mêmes postes et jouant les mêmes rôles qu'ils ont toujours joués. Ils sont les ministres, les conseillers, les amis et les responsables de l'Autorité palestinienne de feu le Président Yasser Arafat, qu'ils évitaient soigneusement, comme leur Président. Ils ont aussi très bien compris leur nouvel intérêt à représenter l'antithèse au Hamas. Au lieu de refuser le rôle de larbins, les ministres du gouvernement Abbas sont entrés dans le jeu.
Soudain, le conflit, qui apparaissait jusque là comme étant entre Israël et les Palestiniens s'est transformé comme conflit entre Abbas et ses soutiens (Israël et les USA) d'un côté, et le Hamas tout seul de l'autre. Le problème, comme rapporté dans les principaux médias, a cessé d'être les colonies, l'occupation et les violations des lois internationales, mais les "forces de l'ombre" antidémocrates à Gaza opposées aux forces de paix et de civilisation à Ramallah et à Tel Aviv.

Pour donner du poids à ces images hautement trompeuses par une "action", Abbas et le premier ministre israélien Ehud Olmert ont amorcé leur recherche d'une paix illusoire. Cela a commencé à Annapolis et fut suivi de séries de discussions aussi régulières que vaines. Bien peu sont ceux qui espéraient que ces rencontres déboucheraient sur des résultats significatifs ; leur seul objectif était d'isoler davantage le Hamas et de souligner l'alliance Abbas-Israël.
Par Ramzy Baroud   24 avril 2008 Sources ISMpar Adriana Evangelizt publié dans : Gaza


3-4 Point de vue de Alain Gresh : Al-Zawahiri sur le Hamas, l'Iran et d'autres questions.

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée (et les contradictions) d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888). Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés :

Extraits …. Sur la Palestine et le Hamas

Il accuse Al-Qaradawi de ne pas avoir d’objection à la reconnaissance d’Israël si un Etat palestinien est créé. « Je mets en garde, poursuit-il, contre une orientation qui se répand dans la direction d’un groupe musulman bien connu (il vise les Frères musulmans, rappelons que Qaradawi est considéré comme un de leurs leader spirituels) et dans la direction de groupes islamistes en Palestine, une orientation qui appelle à la création d’un Etat palestinien sur les territoires qui ont été occupés en 1967 et oubliant les parties de la Palestine qui ont été volées avant. Le masque est tombé avec les accords de la Mecque qui ont abandonné les quatre cinquièmes de la Palestine  ». Al-Zawahiri revient ensuite sur le Hamas : « J’ai adopté une approche graduelle à l’égard du Hamas. D’abord un soutien puis des conseils répétés puis des mises en garde et, enfin, une critique générale. Quand ils ont signé les accords de la Mecque , cette critique était indispensable. J’ai adopté une approche graduelle à leur égard, mais ils n’ont pas répondu aux conseils de leurs frères et ont continué sur la même voie, de la participation aux élections (de janvier 2005) dans le cadre d’une constitution laïque, à leur abandon de leurs frères en Tchétchénie, finissant par leur abandon des quatre cinquièmes de la Palestine.  » Zawahiri continue en affirmant qu’il fait la différence entre la direction politique du Hamas et les moudjahidin (les brigades Ezzedine Al-Qassam), qu’il appelle les musulmans à soutenir (un appel destiné spécialement, dit-il, aux « tribus du Sinaï »). Dans un autre développement, Zawahiri explique : « Il est du devoir des moudjahidin des brigades Al-Qassam de conseiller leurs dirigeants et de leur demander de retourner à une ligne correcte, et de leur expliquer tout cela. Et si ces dirigeants ne répondent pas, alors la loyauté à Allah et à son messager doit être plus forte que la loyauté à l’égard de leurs dirigeants. » Répondant à la question de savoir si on peut qualifier les dirigeants du Hamas d’incroyants : « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui mettent un signe d’égalité entre le Fatah et le Hamas. Le Hamas affirme son affiliation à l’islam alors que le Fatah est un mouvement laïque. Et je ne pense pas que l’on puisse dénoncer les dirigeants du Hamas comme incroyants. Déclarer que des individus sont des incroyants est une affaire très sérieuse (...). »

A plusieurs reprises, Zawahiri accuse les Frères musulmans égyptiens, leur reproche leur participation aux élections et accuse les Frères musulmans en Irak et en Afghanistan de participer au pouvoir. Plusieurs questions portent sur le fait qu’A-Qaida ne mène pas le combat en Palestine. Dans une réponse, Al-Zawahiri explique que l’organisation a mené des attaque contre les juifs à Djerba (Tunisie), contre des touristes israéliens à Mombasa (Kenya). Il explique ensuite que Ben Laden, dans son dernier discours, a affirmé que les moudjahidin, après avoir libéré l’Irak, se dirigeront vers Jérusalem. Ailleurs, il précise : « Je veux assurer notre peuple, particulièrement en Palestine, que nous étendrons notre djihad, si Dieu le veut, et que nous ne reconnaîtrons jamais les frontières issues des accords Sykes-Picot (accords de partage du Proche-Orient entre la France et le Royaume-Uni signés durant la première guerre mondiale) ni les dirigeants que le colonialisme a mis en place. Nous, par Dieu, ne vous avons pas oubliés après les événéments du 11 (septembre), car un homme peut-il oublier sa famille ? Mais, à la suite de ces raids bénis (du 11-Septembre) qui ont frappé la tête et le coeur du siège mondial de l’incroyance et l’allié principal de l’entité sioniste, l’Amérique, nous sommes occupés à l’attaquer et à la combattre ainsi que ses agents, d’abord en Irak, en Afghanistan, dans le Maghreb islamique et en Somalie. Et si elle et ses agents sont battus, avec l’aide de Dieu, il ne se passera pas beaucoup de temps avant les moudjahidin mettent en place des brigades de Bagdad, d’Al-Anbar, de Mossoul, de Diyala et de Salahaddine pour nous ramener, avec l’aide de Dieu, à Hittin. » (Victoire de Saladin contre les Croisé en 1187 qui permit la reconquête par les musulmans de Jérusalem.)

Combating Terrorism Center de West Point (centre qui s’inscrit tout à fait dans l’idéologie de la guerre mondiale contre le terrorisme) publie The Power of Truth ? Questions for Ayman al-Zawahiri, publie une analyse des questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida.

L’étude a été faite par Jerret Brachman, Brian Fishman et Joseph Felter.

Certains éléments quantitatifs sont intéressants. Le Centre a recensé un total de 1188 questions. 93 questions (4,9%) portaient sur le Hamas, seulement 5 questions portaient sur Qaradawi et 23 sur les Frères musulmans (alors qu’Al-Zawahiri a accordé aux deux une grande place dans ses réponses ; 78 questions portaient sur le Fatah Al-Islam, 6% portaient sur l’Irak et sur l’Etat islamique d’Irak ; 78 questions portaient sur l’Iran (4,2%). Voici les quatre conclusions que les auteurs tirent de cette recherche :

 Zawahiri est inquiet du mécontentement croissant parmi les djihadistes, notamment par les actions qui tuent des civils ;

 Zawahiri a révélé des informations sur la tactique de propagande d’Al-Qaida reconnaissant de facto que le dirigeant de l’Etat islamique d’Irak Abou Omar Al-Baghdadi n’existait sans doute pas ;  le conflit avec le Hamas va grandissant, de même que l’intérêt d’Al-Qaida pour le Liban ;  Al-Qaida continue de considérer les Frères musulmans comme un de ses plus importants adversaires  Alain Gresh Source : Carnets du diplo
http://blog.mondediplo.net/...
 http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.230408.htm



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Rapport de John Dugard : Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. 

 Résumé du rapport  : Cette année marque le quarantième anniversaire de l’occupation du territoire palestinien. Les obligations d’Israël en tant que puissance occupante n’ont pas diminué du fait du caractère prolongé de cette occupation.  ( De fait,  60 ans d'occupation et de la NAKBA.. .NDLR). Israël demeure la puissance occupante à Gaza bien qu’il affirme que Gaza est un «territoire hostile». Ceci signifie que ses actes doivent être mesurés à l’aune des normes du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme. Si on le juge au regard de ces normes, Israël est en violation grave de ses obligations juridiques. La punition collective qu’inflige Israël à Gaza est expressément interdite par le droit international humanitaire et a provoqué une grave crise humanitaire. La situation des droits de l’homme en Cisjordanie a empiré, alors que l’on espérait qu’elle s’améliorerait à la suite de l’éviction du Hamas de l’administration de la Cisjordanie. Les colonies s’agrandissent, la construction du mur continue et le nombre de points de contrôle augmente. Les incursions militaires et les arrestations se multiplient; 779 détenus palestiniens ont été libérés mais 11 000 demeurent dans les prisons israéliennes. Le droit du peuple palestinien à l’autodétermination est gravement menacé par la séparation de Gaza et de la Cisjordanie qui résulte de la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza en juin 2007. La communauté internationale ne doit rien ménager pour rétablir l’unité palestinienne. Le 27 novembre, un nouveau processus de paix a été engagé à Annapolis. Ce processus doit se dérouler dans un cadre normatif qui respecte le droit international, le droit international humanitaire et les droits de l’homme.

L’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur les Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le territoire palestinien occupé (1) est une composante essentielle de ce cadre et ne peut être passé sous silence par le processus de paix d’Annapolis ni par les autorités israéliennes et palestiniennes, le Quatuor et l’Organisation des Nations Unies. Le Secrétaire général, en sa qualité de représentant de l’Organisation des Nations Unies, doit veiller à ce que l’avis consultatif, qui représente la loi de l’ONU, soit respecté par toutes les parties engagées dans le processus d’Annapolis. NDLR:  S'il n'y avait qu'un seul ouvrage que vous ayez le temps de lire sur la situation, la vie, les exactions que vivent les palestiniens sous occupation, sous colonisation, sous apartheid (John Dugard est formel à cet effet) alors lisez ce rapport sur les droits de l'homme (et de la femme) en Palestine outragée. 

Disponible pour téléchargement à cette adresse : http://www.robertbibeau.ca/palestine/RapportJohnDugard.doc   http://www.robertbibeau.ca/palestine/RapportJohnDugard.doc

Toujours du nouveau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


4-2 Amnesty International Belgique Francophone : Action Urgente.

Muhammad al Hurani (h), 25 ans ;

Rami Al Arouqi (h), 29 ans ;

Karima Abu Dalal (f), 34 ans ;

Rami al Masri (h), 25 ans ;

Sameer Taleb (h), 47 ans ainsi qu’au moins neuf autres personnes (cinq hommes et quatre femmes) atteintes d’un cancer

MDE 15/019/2008 - AU 103/08

Extrait : Les autorités israéliennes empêchent des Palestiniens gravement malades habitant la bande de Gaza de quitter cette zone afin de recevoir des traitements médicaux qui n'y sont pas disponibles. Ces dernières semaines, les personnes nommées ci-dessus et au moins neuf autres, qui souffrent toutes d’un cancer ou d’autres affections mettant leur vie en danger, se sont vu refuser l’autorisation de bénéficier d’une prise en charge médicale qui pourrait leur sauver la vie en dehors de Gaza. Les 1,5 million de Palestiniens habitant la bande de Gaza ne peuvent sortir de cette région qu’avec une autorisation délivrée par l’armée israélienne, qui leur permet d’emprunter le seul point de passage en fonctionnement pour entrer sur le territoire israélien. La vaste majorité des demandes de ce type, y compris celles, nombreuses, concernant des patients en attente de soins qui pourraient leur sauver la vie, sont refusées. D’après la section israélienne de l’organisation internationale Médecins pour les droits humains (MDH-Israël), le nombre de patients originaires de Gaza qui n’ont pas obtenu l’autorisation des autorités israéliennes a considérablement augmenté au cours des deux dernières semaines. Cette association a traité les cas de 11 personnes qui se sont vu refuser l’accès à des centres médicaux en Israël depuis le début du mois d’avril.

Nufuz Husni, une femme âgée de quarante-quatre ans qui souffre d’une tumeur maligne située près du rein, en fait partie. Ces deux dernières années, elle s’est rendue quatre fois en Israël pour y être soignée. Cependant, après que ses médecins de Gaza l'ont récemment orientée de toute urgence vers des soins spécialisés à la suite d'une grave hémorragie, elle s'est vu refuser l’autorisation de franchir la frontière. Les autorités israéliennes ont mis en service une navette, surveillée par les forces de sécurité israéliennes, afin de transporter dans des centres médicaux en Égypte ou en Jordanie les patients ayant besoin de soins urgents qui n’ont pas obtenu l'autorisation de quitter Gaza. Cependant, selon MDH-Israël, ce bus ne roule en moyenne qu’une fois toutes les cinq semaines. Les annulations de dernière minute sont fréquentes et le nombre de places limité contraint certains patients à attendre son prochain passage. La semaine dernière, trois navettes qui auraient permis à des dizaines de personnes d'accéder à des soins ont été annoncées puis annulées. Ces patients sont bloqués à Gaza. Les autorités israéliennes ont désormais fermé les frontières de la bande de Gaza et de la Cisjordanie jusqu'à la fin des festivités de la pâque juive, le 27 avril. Actuellement, aucune indication n’a été donnée quant au départ d'une prochaine navette.

L’une des personnes qui espéraient pouvoir emprunter ce moyen de transport, Karima Abu Dalal, est en très mauvaise santé. Depuis novembre 2007, elle n’a pas pu obtenir l’autorisation de quitter Gaza pour être soignée. Normalement, le traitement du lymphome de Hodgkin, dont elle souffre, a un taux de réussite élevé. Le 26 mars, après qu’Amnesty International a évoqué son cas une fois de plus, les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles lui avaient accordé l’autorisation de se rendre en Égypte et en Jordanie. Toutefois, en raison de l'annulation du passage de la navette, elle ne peut toujours pas rejoindre l'Égypte. Ces derniers mois, une quarantaine de patients gravement malades sont morts après que leur départ de la bande de Gaza a été retardé ou empêché. Les autorités israéliennes affirment qu’elles ne pouvaient permettre à ces personnes, ainsi qu’à d’autres, de quitter Gaza, pour des raisons de « sécurité » non spécifiées. Refuser le passage à des patients qui ont désespérément besoin d’une prise en charge médicale n’est absolument pas justifié d’un point de vue sécuritaire, car toutes ces personnes sont soumises à des contrôles de sécurité stricts à la frontière.

INFORMATIONS GÉNÉRALES : Des Palestiniens sont bloqués à Gaza depuis qu’Israël a totalement fermé, le 9 juin 2007, le point de passage de Rafah vers l’Égypte, leur principale porte vers le monde extérieur. Les rares habitants de Gaza qui ont depuis été autorisés à quitter cette zone sont passés par Erez pour entrer sur le territoire israélien. Les infrastructures médicales de Gaza manquent de personnel et d'équipements spécialisés pour traiter un certain nombre d'affections. Les hôpitaux et autres centres de soins sont également touchés par une pénurie croissante de pièces détachées pour le matériel médical, en raison des blocus imposés par Israël sur les importations de Gaza. En vertu du droit international, Israël n’a pas le droit, en tant que puissance occupante, d’imposer une sanction ou des représailles collectives à la population palestinienne et doit veiller à ce que les résidents de la bande de Gaza et de la Cisjordanie bénéficient du même accès aux soins médicaux et hospitaliers que ses propres citoyens. La navette, qui a effectué très peu de trajets depuis le début de l’année 2008, ne satisfait en aucun cas à ces obligations au regard du droit international.


Links:
[1] mailto:minister@mod.gov.il
[2] mailto:arbel@mail.idf.il
[3] mailto:brussels@israel.org
[4] mailto:embassy.egypt@skynet.be
[5] mailto:deleg.palestinienne@skynet.be
Amnesty International Belgique francophone - Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles. Tel: 02/538.81.77.

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (Fin) - Israël, état voyou

n°345 – Dossier de Palestine - 24-04– (Fin) - Israël, état voyou                                                        

Dossier de Palestine (fin)     

N°345                24-04

Par M.Lemaire    



Vous retrouverez ce journal 

a) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire (Fin)

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-3 Donald Macintyre : Notre règne de terreur, par l'armée israélienne.

4-4 Jeremy Bowen : Un «tsunami» des égouts à Gaza.

5 Annexe - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Rapport du Centre Palestinien d'Information : Les opérations de qualité de la résistance mettent l'armée d'occupation dans une mauvaise posture.

5-2 Rory McCarthy : Les Israéliens défendent des règles qui rejettent 94% des demandes non-juives de permis de construire.



4-3 Donald Macintyre : Notre règne de terreur, par l'armée israélienne.

Dans des témoignages choquants qui révèlent enlèvements, raclées et torture, des soldats israéliens confessent l'horreur qu'ils ont infligée aux Palestiniens, à Hébron. Ce jeune homme de 22 ans aux cheveux bruns, en T-shirt noir, blue-jeans et Crocs rouges, est assis à une table de pique-nique dans le décor déconcertant d'un site israélien de toute beauté. Comme on peut le comprendre, il est hésitant. Nous connaissons son nom et, si nous le révélions, il risquerait de faire l'objet d'une enquête judiciaire avec une peine de prison à la clef. Accompagné par le chant des oiseaux, il décrit en détail certaines "choses" qu'il a faites et qu'il a vu d'autres faire, en tant que simple soldat à Hébron. Et ces choses sont des actes criminels : des incidents où des véhicules palestiniens sont stoppés sans raison, où leurs fenêtres sont brisées et les occupants tabassés pour avoir répondu avec "insolence" - pour avoir dit, par exemple, qu'ils sont en route pour l'hôpital ; le vol de tabac chez un commerçant palestinien qui est ensuite "réduit en bouillie" lorsqu'il se plaint ; des grenades cataplexiantes lancées par les fenêtres des mosquées alors que les gens font la prière. Et pire.
Le jeune homme [que nous interviewons] a quitté l'armée en fin d'année dernière et s'il a décidé de parler, c'est dans le cadre de l'effort sérieux d'exposer le prix moral payé par les jeunes appelés israéliens, dans ce qui est probablement l'affectation la plus problématique dans les territoires occupés. À commencer par le fait qu'Hébron est la seule ville palestinienne dont le centre est directement contrôlé, 24h/24 et 7j/7, par Tsahal, qui est là pour protéger les colons juifs, particulièrement jusqu'au-boutistes, qui y habitent. Il déclare fermement regretter aujourd'hui ce qui s'est déroulé régulièrement pendant ses tours de garde.
Mais ses petits rires nerveux et ses fréquents rictus trahissent une certaine bravade, comme celle qu'il aurait pu montrer à ses copains, dans un bar, en vantant ses exploits. Il cite régulièrement l'ancien soldat plus âgé qui l'a persuadé de nous parler et, comme pour se rassurer, il dit : "Vous savez comment c'est à Hébron !"
L'autre ex-soldat plus âgé, qui se nomme Yehuda Shaul et qui, au pic de l'Intifada, a servi dans une unité de combat dans cette ville, "sait vraiment comment cela se passe à Hébron". Il est l'un des fondateurs de Shovrim Shtika [Rompre le Silence], qui publiera dimanche les témoignages dérangeants de 39 israéliens - dont celui de ce jeune homme - qui ont servi dans l'armée entre 2005 et 2007, à Hébron. Ces témoignages couvrent tout un éventail d'expériences, de la colère et l'impuissance face aux abus souvent violent commis par des colons juifs jusqu'au-boutistes contre les Arabes, jusqu'aux tracasseries de la part des soldats et aux soldats tabassant sans provocation des habitants palestiniens, pillant leurs maisons et leurs boutiques et ouvrant le feu sur des manifestants non armés.
Les mauvais traitements infligés aux civils sous occupation sont communs à de nombreuses armées du monde - dont l'armée britannique, de l'Irlande du Nord à l'Irak.
Mais, de façon paradoxale, à part en Israël, peu de ressortissants d'autres pays disposent d'une ONG, telle que Rompre le Silence, qui cherche - à travers les expériences des soldats eux-mêmes -, et ainsi que son site internet l'exprime, à "forcer la société israélienne à parler de la réalité qu'elle a créée" dans les territoires occupés.
Cette année, on a donné au public israélien un aperçu peu flatteur de la vie militaire à Hébron, lorsqu'un jeune lieutenant de la Brigade Kfir , dénommé Yaakov Gigi, a été condamné à 15 mois de prison : il avait emmené avec lui cinq soldats pour s'emparer de force d'un taxi palestinien. Une conduite, que les médias israéliens ont rapporté comme étant un "saccage", au cours duquel l'un des soldats à tiré sur un civil palestinien et l'a blessé, parce qu'il se trouvait au mauvais endroit. Ensuite, ce soldat a essayé de mentir pour s'en sortir.
Dans une interview-confession à l'émission d'enquête Uvda, de la chaîne israélienne Channel Two, Gigi, qui avait été, de diverses manières, un soldat exemplaire, a parlé de "perdre la condition humaine" à Hébron. Interrogé sur ce qu'il entendait par-là, il a répondu : "Perdre la condition humaine est devenir un animal".
Contrairement à Gigi, le soldat qui a tiré sur le Palestinien n'a pas été poursuivi par l'armée israélienne. Mais Tsahal insiste sur le fait "que les événements qui se sont produits au sein de la Brigade Kfir sont très inhabituels".
Mais, comme le confirme le témoignage donné à Rompre le Silence du soldat de 22 ans qui était aussi dans la Brigade Kfir , il semble que cet événement aurait pu ne pas être exceptionnel. Dans son interview, il nous a bien dit qu'il s'est trouvé de "nombreuses fois" dans des groupes qui réquisitionnaient des taxis, qui installaient le chauffeur à l'arrière et lui demandaient de les diriger vers des endroits "où ils haïssent les Juifs" afin d'y "mettre un balagan" - un "grand désordre" en hébreu.
Ensuite, il y a la lutte inter-clanique palestinienne : "On nous disait d'aller là-bas et de voir ce qui se passait. Notre chef [de section] était un peu dérangé. En tout cas, nous localisions les maisons et il nous disait : 'Ok, tous ceux que vous voyez avec des pierres ou n'importe quoi d'autre - tirez !' Tout le monde pensera qu'il s'agit d'une guerre des clans…" Le commandant de la compagnie était-il au courant ? "Personne ne le savait. Ces actions étaient des initiatives propres à la section".
Vous leur avez tiré dessus ? "Assurément, pas seulement sur eux. Sur quiconque s'approchait … En particulier aux bras et aux jambes. Certains ont aussi été touchés à l'abdomen … Je pense qu'à un moment ils ont réalisé qu'il s'agissait de soldats, mais ils n'en étaient pas sûrs parce qu'ils ne pouvaient pas penser que des soldats feraient cela, vous savez".
Ou utiliser un enfant de 10 ans pour localiser et punir un lanceur de pierres de 15 ans : "Donc nous attrapions quelques gamins palestiniens qui se trouvaient dans le coin, nous savions qu'il savait qui avait fait cela. Disons que nous le battions un peu - c'est un euphémisme - jusqu'à ce qu'il nous le dise. Vous savez, la façon dont les choses se déroulent lorsque votre tête est déjà perturbée et que vous n'avez plus de patience pour Hébron, ni avec Arabes, ni avec les Juifs là-bas.

"Le gosse avait vraiment peur, réalisant que nous étions après lui. Le chef qui était avec nous était un peu fanatique. Nous avons remis ce garçon au chef, et ce dernier lui a mis une raclée monumentale … Il lui a montré toutes sortes de trous dans le sol le long du chemin, en lui demandant : 'Est-ce ici où tu veux mourir ? Ou là ?' Et le gosse répondait, 'Non, non !'
"En tout cas, on tenait le gosse debout car il ne tenait pas tout seul sur jambes. Il pleurait déjà … Et notre chef continuait, 'Ne fais pas mine !' Et il lui donnait quelques coups de pieds supplémentaires. Et ensuite [le nom a été retiré], qui avait toujours du mal avec ce genre de chose, est arrivé. Il a attrapé le chef d'escadron et lui a dit 'Ne le touche plus, ça suffit !' Le chef de section lui a répondu, 'Vous êtes devenu gauchiste, c'est ça ?' Et celui-ci a répondu : 'Non, c'est juste que je ne veux pas voir ce genre de choses'.
"Nous nous trouvions juste à côté lorsque cela s'est produit mais nous n'avons rien fait. Vous savez, nous étions indifférents. Bon ! C'est seulement après les faits que l'on commence à réfléchir. Pas tout de suite. Ces choses que nous faisions étaient quotidiennes … C'était devenu une habitude … "Et les parents [du gamin] l'ont vu. Notre chef a ordonné [à la mère], 'Ne t'approches pas !' Il a armé son pistolet, qui avait déjà une balle dans la culasse. Elle était effrayée. Il a pratiquement mis le canon dans la bouche du gamin. 'Que quelqu'un s'approche et je le tue ! M'emmerdez pas ! Je tue. Je n'ai aucune pitié'. Alors le père … a attrapé la mère et lui a dit, 'Calme-toi, laisse-les, ainsi ils le laisseront tranquille'".
Tous les soldats qui servent à Hébron ne deviennent pas un "animal". Iftach Arbel, 23 ans, issu de la classe-moyenne supérieure, d'une famille de centre-gauche à Herzlia, a servi à Hébron en tant que chef de peloton, juste avant le retrait de Gaza. Il pense que l'armée voulait lui montrer qu'elle pouvait être aussi dure avec les colons. Et beaucoup de ces témoignages, dont celui de M. Arbel, décrivent comment les colons apprennent aux enfants, dès l'âge de quatre ans, à lancer des pierres contre les Palestiniens, à attaquer leurs maisons et même à dérober leurs possessions. Pour M. Arbel, les colons d'Hébron sont "purement diaboliques" et la seule solution est de "retirer les colons".
Il pense que cela serait possible, même avec les contraintes de mieux traiter les Palestiniens. Il ajoute : "Nous avions des activités nocturnes. Nous choisissions une maison au hasard, sur une photo aérienne, afin de nous entraîner au combat de routine et tout ça, ce qui est instructif pour les soldats, je veux dire… je suis à 100% pour. Mais ensuite, à minuit, on réveillait quelqu'un et nous mettions toute sa maison sens dessus dessous avec tout le monde qui dormait sur les matelas, etc."
Mais M. Arbel dit que la plupart des soldats se situent quelque part entre ses propres, extrêmes et ceux des plus violents. En écoutant simplement deux de ses camarades qui ont témoigné, vous pouvez voir ce qu'il veut dire.
Comme l'un d'eux le dit : "Nous faisions toutes sortes d'expérimentation pour voir qui serait le plus adroit à Abou Snena. Nous placions [des Palestiniens] contre un mur, nous faisions comme si nous les fouillions et nous leur demandions d'écarter les jambes. Ecarte ! Ecarte ! Ecarte ! C'était un jeu pour voir qui le faisait le mieux. Ou nous vérifions lequel pouvait retenir sa respiration le plus longtemps. "Les étouffer. Un type arrivait, ferait comme s'il les contrôlait et soudain commencerait à crier qu'ils avaient fait quelque chose et les étoufferait … en bloquant leurs voies respiratoires : il faut presser la pomme d'adam. Ce n'est pas agréable. Tu regardes ta montre pendant que tu le fais, jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. Celui qui met le plus temps avant de s'évanouir a gagné".
Et d'autres violences comme le vol. "Il y a cette boutique d'accessoires automobiles, là-bas. A chaque fois, les soldats prenaient un lecteur de CD ou autre. Ce type, si tu vas lui demander, te racontera plein de choses que les soldats lui ont fait.
"Tout un roman … Ils faisaient régulièrement une razzia sur sa boutique. 'Ecoute ! Si tu nous dénonces, nous confisquerons toute ta boutique, nous casserons tout'. Vous savez, il avait peur de les dénoncer. Il négociait déjà, 'Ecoutez les gars, vous me causez un tort financier'. Personnellement, je n'ai jamais pris la moindre chose, mais je t'affirme que les gens avaient l'habitude de lui voler des haut-parleurs, des stéréos complètes.

"Il disait : 'S'il te plaît, donne-moi 500 shekels, je perds de l'argent'. 'Ecoute, si tu continue - on prend tout ton magasin !' 'Ok, Ok, prend-le, mais ne prenez pas plus de 10 chaînes par mois'. Quelque chose comme ça.
"'Je suis déjà en faillite !' Il était si misérable. De retour chez eux, les gars de notre unité avaient l'habitude de revendre ces choses, de faire du business. Les gens sont tellement bêtes !"
L'armée a déclaré que les soldats des Forces de Défense israéliennes opèrent selon "des règles morales strictes" et que l'adhésion à ces règles que l'on attend d'eux ne fait "que croître partout et à chaque fois que les soldats de Tsahal entrent en contact avec des civils". Elle a ajouté que "si des preuves soutenant ces accusations sont découvertes, des mesures seront prises pour que ceux qui seraient impliqués soit poursuivis avec la grande sévérité". Elle a aussi déclaré : "L'Avocat Général de l'Armée a procédé à un grand nombre d'inculpations contre des soldats, à cause d'accusations de conduite criminelle … Les soldats reconnus coupables ont été sévèrement punis par le Tribunal Militaire, proportionnellement à l'infraction commise". Jusqu'à hier soir, l'armée n'avait toujours pas donné le nombre de ses inculpations.
Dans son introduction aux témoignages, Rompre le Silence dit ceci : "La détermination des soldats à remplir leur mission apporte des résultats tragiques : "Les normes requises deviennent méprisables, l'inconcevable devient la routine … [Les] témoignages sont là pour illustrer la façon dont ils sont entraînés dans la réalité brutale qui règne sur le terrain, une réalité selon laquelle les vies des familles palestiniennes sont à la merci douteuse de jeunes gens. Hébron donne une image flagrante et précise de la réalité vers laquelle de jeunes représentants d'Israël sont constamment envoyés".
Une force pour la justice
Rompre le Silence a été créé il y quatre ans par un groupe d'anciens soldats, dont la plupart ont servi dans des unités de combat de Tsahal à Hébron. Un grand nombre de ces soldats sont réservistes et font un séjour dans l'armée chaque année. Cette association a collecté 500 témoignages de la part d'anciens soldats qui ont servi en Cisjordanie et à Gaza. Sa première exposition publique était avec une exposition de photos, prises par des soldats servant à Hébron, et cette association organise régulièrement des visites d'Hébron pour les étudiants et les diplomates israéliens. Elle reçoit un financement de la part d'associations aussi diverses que le Fonds Juif philanthropique Moriah, le Fonds pour un Nouvel Israë ll'ambassade britannique à Tel Aviv et l'UE.
Donald Macintyre The Independent : article original : "Our reign of terror, by the Israeli army"

Traduction : JFG/QuestionsCritiques  Publié le 22 avril 2008 avec l'aimable autorisation de Questions Critiques Source : Questions Critiques
http://questionscritiques.free.fr/...


4-4 Jeremy Bowen : Un «tsunami» des égouts à Gaza.

Sadi explique que les bassins sont 11 mètres plus hauts que les terrains environnants et que seuls les murs de terre autour retiennent la merde à l'intérieur.
Rien que dans cet endroit - et il dit que
dans d'autres parties de Gaza, c'est pire - les bassins sont si grands que si les digues cèdent, un tsunami d'eaux usées de 6 à 7 mètres de haut submergera une zone habitée par 10.000 personnes.
Un bébé de cinq mois est couché sur une couverture à l'ombre d'une cabane en tôle.
Des fines branches d'arbres ainsi que des feuilles et des brindilles sont attachées autour des extrémités de la cabane pour la protéger du vent chaud qui souffle dans les dunes de sable, traversant le mur frontalier pour se diriger vers Israël.
La mère du bébé est assise les jambes croisées sous elle, une grande partie de son visage cachée derrière son foulard noir. Il bouge légèrement avec la brise, et elle s'en sert pour essuyer ses larmes et étouffer ses sanglots.
La femme s’appelle Aziza Abu Otayek. Elle pleure parce qu'elle se souvient de la mort de l'un de ses fils, un matin de mars l'année dernière, juste après que ses ainés soient partis à l'école.
Jusqu'à ce jour-là, leur maison se trouvait en bas d’un bassin profond d’eaux usées, acheminées vers un creux dans les dunes et retenues par des murs de terre parce que les services chargés de l'eau dans la bande de Gaza n'avaient aucun endroit où les mettre.
"Mur de déchets humains"
Le 27 mars 2007, les murs ont cédé.
Aziza a entendu quelqu'un crier, lui disant de s'enfuir. Elle est sortie de la cabane, puis est retournée à l’intérieur parce qu'elle avait oublié son foulard.
Le mur d'ordures s’est abattu sur eux. Il l’a faite tomber et a arraché le bébé de ses bras.
Il s'est noyé. Ils ont trouvé son corps contre le mur de la mosquée à une centaine de mètres. Il avait neuf mois.
Sa grand-mère aussi a été noyée.
Aziza s’inquiète au sujet de son nouveau bébé qui est né à la fin de l'année dernière, parce que quand elle a été touchée par le déluge, elle a avalé une partie des eaux usées et elle pense que c'est peut-être nocif.
Ils ont appelé le nouveau bébé Mohammed, en souvenir de son frère décédé.
Pendant qu’elle parle, il gazouille gaiement, même pas dérangé par les mouches qui bourdonnent autour de ses yeux et de ses lèvres.
Aziza a un fils aîné, âgé de quatre ans qui s’appelle Ramadan. Son père dit qu'il pose des questions à propos de la mort de son frère, et quand il est contrarié, il dit qu'il préférait le premier Mohammed.
Ramadan semble plutôt enjoué, mais il fait des cauchemars sur l'inondation.
Il regarde les lacs d’eaux d'égout à peine traités qui s’étendent encore à côté de chez eux et il demande à ses parents si une autre vague va venir.
Cela pourrait arriver. Le bassin qui a tué le frère et la grand-mère de Ramadan n'est pas le seul à proximité de leur domicile. Les autres sont beaucoup plus imporotants et remplis d'eaux usées.
Augmentation de la population
Un ingénieur palestinien des eaux a appelé Sadi Ali qui m'a emmené faire une visite. Il m’a expliqué que les bassins d'eaux usées s’étaient agrandis de façon importante en raison de l'augmentation de la population de Gaza - 1,4 millions de personnes dont la moitié ont moins de 16 ans - a débordé les équipements qui étaient de toutes façons inadéquats pour traiter les eaux usées.
A son grand regret, même s’ils déversaient tous les jours des dizaines de milliers de litres d'eaux usées non traitées dans la Méditerranée , il faudrait qu’ils s’occupent des autres.
Sadi explique que les bassins sont 11 mètres plus hauts que les terrains environnants et que seuls les murs de terre autour retiennent la merde à l’intérieur.
Rien que dans cet endroit - et il dit que dans d'autres parties de Gaza, c’est pire - les bassins sont si grands que si les digues cèdent, un tsunami d'eaux usées de 6 à 7 mètres de haut submergera une zone habitée par 10.000 personnes.
Conflit avec Israël
Sadi Ali a peur qu'une bombe ou un missile brise une digue.
Il existe un projet de 80 millions d’euros financé par des donateurs internationaux, pour la construction d’un bon système de traitement des eaux usées au nord de Gaza.
Sadi Ali cherche à le construire. Mais il est en retard sur le calendrier.
Le problème est le même que celui qui domine tous les aspects de la vie ici : le conflit avec Israël.
Les restrictions imposées par les Israéliens - qui, selon eux sont nécessaires à la protection de leur population - ont ralenti, et parfois complètement arrêté l'importation de matières premières pour la construction telles que le ciment et les tuyauteries.
Les entrepreneurs n'ont pas été en mesure de se déplacer librement. Le dernier problème est le manque de carburant.
Essayez de construire un réseau d'égouts pendant une guerre.
Gaza est meurtrie par des années de combats.
Lorsque nous avons installé la caméra de télévision près des bassins d’égouts, un gamin aux pieds nus, tout juste en âge de marcher, est venu et a demandé si nous allions attaquer les positions israéliennes.
Il aurait pu demander s’il allait pleuvoir.
Pour lui, et pour plusieurs centaines de milliers d'autres enfants de Gaza, les explosions font partie de leurs vies. Le gamin a dû penser que la caméra et son trépied ressemblait à une arme.
Après cela, nous avons accéléré le travail au cas où les Israéliens penseraient la même chose.

Jeremy Bowen : 24 avril 2008    Sources ISM   Posté par Adriana Evangelizt



5 Annexe - Analyse- Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Rapport du Centre Palestinien d'Information : Les opérations de qualité de la résistance mettent l'armée d'occupation dans une mauvaise posture.

Les brigades d'Al-Qassam ont effectué, mercredi dernier, le 16 avril, une opération héroïque et de qualité, c’est le moins qu’on puisse dire. Trois soldats d'élites de l'armée d'occupation israélienne y ont trouvé la mort. Cette opération a fait couler beaucoup d'encre. En effet, elle est porteuse d'innombrables indications. La branche militaire du Hamas se montre aussi développée que l'armée israélienne moins efficace. De plus, elle vient quelques jours seulement après la réussite de la résistance à s’infiltrer dans la position militaire de Nahel Oz. Une position tant fortifiée. Quant aux pertes, cette opération a augmenté le nombre de morts israéliens à huit soldats, pendant les trois mois et demi de cette année 2008, ressent le journal hébreu Maariv.

Montée en puissance Si le cours des choses va à ce rythme, il y aura 25 soldats israéliens tués jusqu'à la fin de l'année 2008, contre 3 seulement pour l'année passée, compare Omayr Ribabort, analyste du même journal. Cela ne montre-t-il pas, se demande-t-il, la montée en puissance de la résistance palestinienne, aussi bien sur le plan des armes que sur celui de la tactique militaire ? La capacité de la résistance palestinienne se rapproche, de plus en plus, de celle du Hezbollah libanais. A Gaza, la résistance étudie la manière de travailler de l'armée israélienne pour en tirer des leçons et pour mieux l'affronter, résume Cohen Anayte, un autre analyste du même journal. Par ailleurs, la presse israélienne remarque la variation des opérations pratiquées par la résistance palestinienne sur toute la longueur du mur de démarcation, tellement fortifiée. Il y a, entre autres, les obus, les mines, les pièges, les snipers, les confrontations en face à face... La récente bataille passée à l'est d'Al-Baridj (le champ de la mort) était trop difficile pour les soldats israéliens. Ils avouent que les combattants du Hamas sont durs, très durs. La mort de plusieurs soldats avait provoqué un grand choc terrible dans les rangs de cette armée. Elle s'en est alors prise aux civils. En quelques heures seulement, elle a tué 18 Palestiniens dont un photographe de l'agence de presse Reuters, ainsi que plusieurs enfants.

L'attaque Tactiquement, les résistants n'attendent pas toujours les incursions des soldats sionistes pour les affronter. Désormais, ils les attaquent. L'attaque a ceci d'atout qu'elle permet aux résistants de décider du lieu et du moment de la confrontation. L'ennemi perd la surprise. Il aura cependant le choc qu'il mérite. Dans la plupart de ses guerres, l'armée israélienne profite de l'effet de surprise. Et elle essaie toujours de mener ses combats sur les terrains de l'adversaire. C'est pourquoi son choc était incomparable, lorsque les missiles de la résistance libanaise tombaient dans la profondeur de son entité, durant la guerre qu'elle avait conduite contre le Liban en 2006. La situation actuelle est semblable. Ses casernes, ses responsables, ses soldats, ses villes, ses colonies, tous sont visés. Très récemment, son ministre de la sécurité intérieure aurait été pris dans une embuscade.

Stratégie Cette montée en puissance de la branche militaire du Hamas aura des conséquences politiques et stratégiques, croit l'analyste Roben Ben Yeshay, dans le journal hébreu Yadiot Ahronot. Tout d'abord, les décideurs du gouvernement d'occupation pourraient se trouver obligés d'accepter les conditions du Hamas pour une trêve. Puis, le Hamas croit que la guerre qu'il mène sur ses frontières mettra ces décideurs dans une hésitation totale quant à une invasion de grande envergure à Gaza. Ils ont désormais peur d'en subir des pertes considérables. Leur armée subit déjà de grandes pertes dans des terrains découverts. Comment seraient alors les choses, si la guerre se déroule dans des rues densément peuplées ? Comment serait le moral de leurs soldats ? En troisième lieu, ces opérations n'entament pas la réputation du Hamas, sur le plan international. En fait, elles n'ont pas les mêmes effets que les opérations martyres ou les missiles qui frappent dans la profondeur de l'entité. Ces derniers frappent les civils, si on croit les Israéliens. Du reste, ces opérations donnent à la résistance palestinienne tout le soutien moral, toute la confiance, toute l'audace dont elle a besoin pour casser l'arrogance de l'armée d'occupation. Briser le mythe de l'armée invincible.

L'initiative Les branches de la résistance palestinienne maintiennent toujours l'initiative dans leur guerre. Par contre, l'armée sioniste la perd, en dépit de toutes les opérations qu'elle mène, à l'image de celle de « L'hiver chaud », qui était un véritable holocauste contre les civils. Dans le fond et dans l'état actuel des choses, la résistance palestinienne a mis le gouvernement israélien dans une mauvaise posture. Il hésite à s'engager dans une vaste opération terrestre. Il craint les pertes humaines, constatant les opérations de qualité de la résistance. Il lui reste alors la conclusion d'une trêve avec le Hamas. Mais la situation actuelle ne la lui permet pas. Toute trêve serait considérée comme une victoire pour le Hamas. Et le gouvernement israélien ne veut pas lui donner cette joie ! Source : CPI   22-04    http://www.palestine-info.cc/...    

http://www.palestine-solidarite.org/rapport.CPI.220408.htm


5-2 Rory McCarthy : Les Israéliens défendent des règles qui rejettent 94% des demandes non-juives de permis de construire. En fin de compte, cela s'est ramené à une lettre d'une seule page, écrite en hébreu et en arabe, remise en mains propres par un officier de l'armée israélienne qui a frappé à la porte. La lettre annonçait la destruction imminente de la maison de trois niveaux, blanchie à la chaux, et du petit jardin bordé d'arbres pour lesquels Bassam Sulaiman a mis si longtemps à économiser et qu'il a ensuite construit avec sa famille il y a dix ans.

C'était un ordre de démolition définitif, avec instruction d'évacuer la maison dans les trois jours.
Si Sulaiman avait le moindre doute des intentions de l'armée israélienne, il n'avait qu'à regarder par la porte de derrière de sa maison où de grandes piles de gravats et de béton fracassé marquent les restes des sept maisons de ses voisins qui ont été démolies de la même façon l'année dernière.
"Que ressentiriez-vous lorsque vous avez passé 20 ans pour achever le projet de toute votre vie ?" a dit Sulaiman, un professeur de 38 ans. Il a commencé à déménager ses meubles après avoir reçu la lettre le 31 janvier, envoyée par l'administration de Judée et de Samarie, le département du ministère de la défense responsable de la Cisjordanie occupée par les Israéliens. A présent, il y a juste deux chaises en plastique dans son salon et, dans l'entrée, les tapis sont roulés, prêts à être déménagés. Les vêtements sont empilés sur le sol et les étagères sont vides, à l'exception d'une pile de documents retraçant l'histoire de la démolition imminente. Son frère, Husam, a déjà quitté l'appartement du rez-de-chaussée, mais la nouvelle machine à laver et le nouveau réfrigérateur sont toujours enveloppés dans leur plastique. Sulaiman, sa femme et leurs deux enfants attendent les bulldozers.
"Tout ce que j'ai fait dans ma vie a été pour cette maison et à présent elle va être détruite", dit Sulaiman. "C'est très difficile pour moi de trouver un autre endroit pour vivre".
Les autorités israéliennes soutiennent que la maison de Sulaiman a été construite dans une partie de la Cisjordanie connue sous le nom de zone C, une désignation de l'époque des Accords d'Oslo, qui signifie qu'Israël en a le contrôle administratif et militaire total. Pour pouvoir construire, un Palestinien doit demander un permis aux autorités israéliennes. S'il n'y a pas de permis - comme dans le cas de Sulaiman - la construction est susceptible d'être démolie.

Illégal La zone C couvre 60% de la Cisjordanie , où habitent environ 70.000 Palestiniens. C'est aussi la partie dans laquelle la plupart des colonies juives, toutes illégales selon la loi internationale, sont construites. Une preuve statistique accablante montre que les colonies continuent de croître rapidement, tandis qu'il est extrêmement difficile pour les Palestiniens d'obtenir des permis de construire.
Les recherches de l'association israélienne La Paix Maintenant ont découvert qu'entre 2000 et septembre 2007, 94% des demandes de permis de construire déposées dans la Zone C par les Palestiniens ont été refusées. Seuls, 91 permis de construire ont été accordés [pendant cette période] aux Palestiniens, alors que 18.472 unités d'habitation ont été construites dans les colonies juives. En conséquence des ordres de démolition, 1.663 constructions palestiniennes ont été démolies, contre seulement 199 dans les colonies. "Les refus de permis de construire aux Palestiniens à une telle échelle fait craindre l'existence d'une politique spécifique par les autorités pour encourager le 'transfert silencieux' de la population palestinienne de la zone C", a déclaré La Paix Maintenant.
Cett e année, selon le bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires, il y a une augmentation prononcée des démolitions : 138 entre janvier et mars, la plupart dans la zone C, à comparer avec les 29 démolitions au cours des trois derniers mois de l'année dernière. En conséquence, depuis le début de l'année, 400 Palestiniens ont déjà été déplacés. A un moment où le processus de paix est relancé pour créer un Etat palestinien indépendant, la réalité de la Cisjordanie est que les colonies juives croissent et que les démolitions des maisons palestiniennes sont en augmentation.
Les problèmes du village de Far'un, au sud de Tulkarem, sont complexifiés par la grande barrière de Cisjordanie, qui coure ici loin de la ligne de cessez-le-feu de 1949, qui dépare Israël des territoires palestiniens. La large clôture métallique qui passe à juste quelques dizaines de mètres de la maison de Sulaiman, coupe le village d'une partie de ses terres agricoles et des ses nappes phréatiques et a transformé cette zone en un endroit très dangereux : en décembre 2006, une palestinienne de 14 ans, qui jouait non loin, a été abattue par un soldat israélien.
La maison de Sulaiman et celle de son voisin Emad Hassahsi, qui a reçu lui aussi un ordre de démolition, ont été construites avant que la barrière ne soit installée, dans une zone où on leur a dit - et ils ont de nombreuses lettres qui semblent soutenir leur revendication - qu'elle se trouvait en zone B, dans laquelle les Palestiniens ont le contrôle administratif et, par conséquent, ils pensaient quelque part qu'ils pouvaient construire en toute sécurité. Ce n'est que plus tard que les Israéliens ont soutenu qu'il s'agissait en fait de la zone C. Ailleurs en Cisjordanie, il y a des conflits similaires sur la délimitation exacte des différentes zones.
L'administration civile d'Israël n'a fourni aucune explication pour la croissance des démolitions et voici ce qu'elle a déclaré au Guardian : "Les procédures qui sont menées avant la matérialisation d'un ordre de démolition incluent : l'émission d'un ordre pour cesser de construire, qui est habituellement émis au début de la construction ou des fondations, de nombreuses délibérations au haut comité de planification et de découpage par zones, et, bien sûr, une porte ouverte vers la cour suprême de justice. Ces procédures sont valables de façon identique, à la fois pour les Palestiniens et les Israéliens". Elle dit que les constructions démolies à Far'un ont été "construites illégalement sans les permis requis".
Un effet des restrictions strictes programmées est de limiter la croissance des villages palestiniens. "Si vous regardez la façon dont les Israéliens mettent en application cette planification et ces régulations de construction, vous voyez qu'elles ne sont appliquées que dans un sens", a dit Avi Berg, directeur de recherche de l'association B'Tselem, leader en matière des droits de l'homme, qui a travaillé sur l'affaire de Far'un.
La croissance des colonies se poursuit rapidement malgré le fait que les pourparlers actuels de paix soient basés sur la Feuille de Route américaine, en vertu de laquelle Israël doit geler l'activité de colonisation. Dans un autre rapport, La Paix Maintenant a déclaré que depuis que les pourparlers ont commencé à Annapolis en novembre dernier, Israël construisait toujours 500 logements en Cisjordanie et avait émis des appels d'offre pour 750 logements dans les colonies de Jérusalem-Est. Ces rapports semblent indiquer que 1.400 logements supplémentaires seront construit dans deux colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Le gouvernement israélien prend la défense de la construction continue de colonies, en particulier dans les colonies majeures qu'il appelle des "centres de population", disant qu'il ne construira pas de nouvelles colonies ou expropriera plus de terres. "Dans les centres de population et à Jérusalem, la réalité sur le terrain, dans le futur, ne sera pas la même qu'aujourd'hui", a déclaré le Premier ministre Ehoud Olmert le mois dernier. "Il y aura plus de constructions supplémentaires, ce qui fait partie de la réalité de la vie et c'est quelque chose qui a été expliquée… "
Tous les cas de démolitions n'impliquent pas que des logements. En janvier, les forces israéliennes ont déraciné 3.200 arbres, détruit des citernes d'eau et quelques terrasses de pierre dans des champs, à proximité de Beit Ula, proche d'Hébron, au sud de la Cisjordanie. Une fois encore, c'était dans la zone C. L'administration civile a dit que cette démolition était une "mesure d'application de la loi", entreprise après les avertissements légaux.
Mais dans ce cas, la cible était un programme de 64.000 € de la commission européenne qui a commencé il y a deux ans, pour apporter un moyen de subsistance aux villageois, dont plusieurs d'entre eux ont mis aussi leur propre argent dans cette plantation.
"Cela a été une tragédie pour nous", a dit Sami al-Adam, 46 ans, un agriculteur qui a mis dans ce programme 45.000 shekels. "Ils m'arrachent par les racines. Ils veulent détruire les agriculteurs palestiniens psychologiquement et économiquement".

Rory McCarthy
The Guardian, publié le 17 avril 2008

article original : "Area C strikes fear into the heart of Palestinians as homes are destroyed"

Traduction : JFG/QuestionsCritiques
Sources Questions Critiques
Posté par Adriana Evangelizt