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31/05/2008

n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Début - L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Début -  L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

Journal de la Palestine   - Début -                                  

N°356                          23-05 au 31-05                             

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire   - Début - 

Tiré à part Carter demande à une Europe ‘couchée’ de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza.

Résistance

Détails par région:

Décompte des pertes humaines

1 Politique Palestinienne (en Palestine toujours occupée)

2 Politique Israélienne



Tiré à part : Carter demande à une Europe ‘couchée’ de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza.
Pour l’ex-président, l’UE est complice dans un crime contre les droits de l’Homme Jonathan Steele et Jonathan Freeland (The Gardian)
La Grande Bretagne et les autres gouvernements européens devraient s’écarter des Etats-Unis sur le blocus du Gaza, a déclaré hier au Gardian le précédent président US Jimmy Carter. Carter en visitant la ville de Hay située aux frontières avec le pays de Galles, pour e rendre au festival littéraire du Gardian, a décrit la position européenne sur le conflit israélo-palestinienne comme étant « couchée », et son échec à critiquer le blocus israélien de gaza comme « embarrassant ».
En commentant la possibilité de l'Europe de rompre avec les États-Unis dans une interview avec le Guardian, il a dit: « Pourquoi pas ? Ils ne sont pas nos vassaux. Ils occupent une position égale avec les Etats-Unis ».
Le blocus de Gaza dominée par le Hamas, imposé par les États-Unis, l’UE, l’ONU et la Russie - ce qu'on appelle le Quartet - après la victoire électorale du Hamas en 2006, était « l’un des plus grands crimes contre l'humanité sur Terre », car il impliquait « l’emprisonnement de 1,6 millions de personnes, dont un million de réfugiés ». « La plupart des familles à Gaza mangent un seul repas par jour. De voir les Européens approuver cela, c’est embarrassant », a dit Carter.
Il a demandé à l’UE de reconsidérer sa position si le Hamas accepte un cessez-le-feu à Gaza. « « Que les Européens lèvent l’embargo, et qu’ils disent qu’ils vont protéger les droits des Palestiniens à Gaza, et qu’ils envoient même des observateurs au passage de Rafah [le passage de Gaza pour l’Egypte] pour garantir que les Palestiniens ne vont pas le forcer ».
Bien que 27 ans se soient écoulés depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche , Carter a récemment rencontré les dirigeants du Hamas à Damas. Il a déclaré une percée en convaincant l'organisation d'offrir un cessez-le-feu à Gaza et un arrêt des tirs des roquettes palestiniennes sur Israël, si Israël cesse ces attaques aériennes et terrestres dans le territoire.
Carter a décrit l’autocensure des gouvernements occidentaux de parler au Hamas comme irréaliste et a déclaré que tout le monde savait qu’Israël négociait avec l'organisation via un médiateur égyptien, Omar Suleiman. C’est Suleiman a proposé l’offre du cessez-le-feu du Hamas à Jérusalem la semaine dernière.
Israël hésitait encore à accepter le cessez-le-feu, a confirmé Carter hier. « J'ai parlé à M. Suleiman avant-hier. J'espère que les Israéliens vont accepter », a-t-il dit.
Tout en restant scrupuleusement poli vis-à-vis du Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du premier ministre, Salam Fayyad, qui représentent le mouvement Fatah, il a été sévère au sujet de leur exclusion du Hamas. Il a décrit le gouvernement du seul Fatah comme un « subterfuge » visant à contourner la victoire électorale du Hamas il ya deux ans. « Le principal sondeur d’opinions à Ramallah m'a dit l'autre jour que l’opinion publique en Cisjordanie est en train de changer pour le Hamas, parce que les gens croient le Fatah a capitulé devant Israël et les Etats-Unis », a-t-il dit.
Carter a déclaré que la politique du Quartet de ne pas parler au Hamas, tant qu’il n’a pas reconnu Israël, et satisfait à deux autres conditions, a été dessinée par Elliot Abrams, un fonctionnaire du conseil national de sécurité à la Maison Blanche. Il a appelé Abrams « un supporter très militant en faveur d'Israël ». L'ex-président dont son « Centre Carter pour la surveillance des élections » venait de certifier la victoire électorale du Hamas comme libre et équitable, s’était adressé au Quartet durant 12 minutes à sa session de Londres en 2006. Il l'a invité à parler au Hamas, qui venait de proposer de constituer un gouvernement d'unité avec le Fatah, les perdants.
« Le document final du Quartet a été rédigé à l'avance à Washington, et pas une ligne n’a été changée », a-t-il dit.
Auparavant, Carter a déclaré à Sky News qu’Hillary Clinton devrait abandonner son combat pour devenir le candidat démocratique à la présidence après le dernier tour des primaires au début du mois de Juin. À l'instar de nombreux super-délégués, il doit encore déclarer son soutien soit à Clinton soit à Barack Obama, mais il a suggéré que l'issue de la course était à prévoir. « Je pense que beaucoup d'entre nous, les super-délégués, vont prendre une décision ... assez rapidement, après les dernières primaires du 3 juin », a-t-il déclaré. « Je pense qu’à ce moment-là, il sera temps pour elle d'abandonner ».
Hier soir, devant une foule dense à Hay, Carter a parlé de son « horreur » de l’implication de l'Amérique (comme d’habitude, on réduit l’Amérique aux Etats-Unis, Ndt) dans la torture des prisonniers, en déclarant qu'il voulait que le prochain président des Etats-Unis s’engage de ne plus jamais le refaire.
Il a aussi insinué que George Bush pourrait même faire l’objet des poursuites sur des crimes de guerre une fois il quitte la Maison Blanche.
Press é par Philippe Sands QC à propos de la récente reconnaissance de Bush qu'il avait autorisé des procédures d'interrogation largement considérée comme s'apparentant à la torture, Carter a répondu qu'il était sûr que Bush serait en mesure de vivre une pacifique « vie productive - dans notre pays ».
Sands, un expert juridique international, a déclaré ensuite qu'il avait compris cela comme une « claire confirmation » que, si Bush ne devrait pas rencontrer des soucis dans son propre pays, « ce qui pourrait arriver à l'extérieur du pays est un tout autre sujet ». 27 mai 2008
The Gardian / AlterInfo Original "Carter urges 'supine' Europe to break with US over Gaza blockade"
Traduit par Iyad Abbara pour AlterInfo
http://www.stopusa.be/


23-05 au 31-05: Peuple Palestinien : 2 tués   -  19 blessés                                            Occupants             :  0 tué      -    1 blessé


La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Résistance Au jour le jour

 22-05 Les brigades d'Al Qassam, ont tiré sur le poste militaire de Zikim, situé au sud de la ville d'Ashkelon, dans les territoires palestiniens occupés en 1948 et sur la région limitrophe de la bande de Gaza. L'occupation avait reconnu la blessure de l'un de ses soldats. http://www.palestine-info.cc/fr/

Action et paroles Palestinienne.

24-05 Des centaines d'habitants de Gaza se sont afflués ‎vendredi vers le point de passage de Rafah qui sépare les ‎territoires palestiniens de l'Egypte voisin. Dans ‎l'indifférence totale de la communauté internationale et ‎alors que la situation va de pire en pire à Gaza, ses ‎habitants ont franchi hier les barrages frontaliers et ont ‎cherché à pénétrer le territoire égyptien. IRIB http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=945468

26-05 Le mouvement du Hamas a affirmé que la libération du sud du Liban, en mai 2000, par la résistance libanaise, affirme au peuple palestinien que la résistance est le choix efficace et fort pour expulser l'occupant sioniste. Barhoum a poursuivi que la résistance libanaise a affirmé que tous les projets de paix et de négociations avec l'occupation sioniste ne donnent aucun résultat, et il a souligné que l'unité du peuple et le soutien du choix de la résistance vont réaliser les buts du peuple palestinien pour expulser l'occupation et libérer ses territoires. CPI http://www.palestine-info.cc/fr/

Action et paroles Israélienne.

L'ancien major de l'armée d'occupation : les roquettes palestiniennes nous menacent plus que les iraniens.

Haliotis a dit que lancement des roquettes palestiniennes sur la région situé aux alentours de la bande de Gaza, nous inquiètent plus que les menaces iraniennes, car nous discutons d'une menace directe et continuelle". L'ancien major de l'armée de l'occupation a affirmé que les responsables sécuritaires expriment actuellement leurs fortes inquiétudes envers le lancement des roquettes de la résistance palestinienne qui tombent directement sur des cibles bien déterminées dans les territoires palestiniens occupés en 1948.
"Il faut mener de nouvelles escalades militaires contre la bande de Gaza pour frapper sévèrement le Hamas et de changer la balance des forces au profit d'Israël", a souligné un député israélien du parti de "Kadima" dirigé par Olmert, lors de cette réunion.
http://www.palestine-info.cc/fr/

26-05 Le chef du Shin Beth a estimé que le Hamas dispose d'ores et déjà de roquettes à moyenne portée capables de "frapper le port d'Ashdod au sud de Tel-Aviv", à environ 30 km au nord de la bande de Gaza. AFP 27-05 Le ministre Mayer Shatrita exprimé ses fortes craintes des capacités du Hamas qui progressent, en prévoyant qu'il y aurait de grandes pertes dans les rangs de l'armée israélienne en cas d'une vaste opération militaire contre la bande de Gaza. http://www.alterinfo.net/



La lutte pour la libération dans les territoires occupés

Bande de Gaza -

Au jour le jour

 22-05 Jeudi après-midi, un civil  a été tué et 17 autres ont été blessés lorsque les Forces d’Occupation Israélienne ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique près du passage Al Mentar, à l’est de la bande de Gaza. Les services d’urgences ont é déclaré que 3 des blessés sont dans un état critique.
Les manifestants protestaient contre les 11 mois de siège imposés par Israël à la bande région côtière palestinienne. Des témoins ont déclaré que des chars et des bulldozers israéliens ont envahi des champs palestiniens voisins.
IMEMC 23-05. Manifestation devant le point de passage d'Erez à Beit Hanoun organisée par le Hamas. Les militaires ont attaqués les manifestants. Deux d'entre eux ont été blessés au cours de ces accrochages IRIB
http://www.alterinfo.net/

31-05 Plus de 10.000 Palestiniens se sont dirigés vers le point de passage, réclamant la levée du blocus israélien sur Gaza. Les manifestants ont brûlé des pneus et crié des slogans anti-israéliens. Plusieurs se sont approchés à quelques mètres de la clôture délimitant la frontière. Sept Palestiniens ont été blessés par des tirs des forces d’occupation lors d’une manifestation à un point de passage entre la bande de Gaza et Israël, ont annoncé des médecins palestiniens vendredi. Un responsable médical palestinien a par ailleurs affirmé qu’une Palestinienne de 65 ans atteinte par des coups de feu de soldats avait succombé à l’hôpital vendredi matin. L’armée d’occupation a confirmé qu’un certain nombre de ses soldats se trouvaient sur place lors de la manifestation, mais n’a pas fait de commentaire sur le fait de savoir s’ils avaient tiré. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4712

31-05  Nader Abu Shaban s'est tué samedi matin en manipulant des explosifs à son domicile de Gaza, L'explosion a également fait 16 blessés, des proches et des voisins, dont deux se trouvaient dans un état critique. AP


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :

Au jour le jour 

22-05 Des troupes armées de l'occupation, appuyées par des dizaines de chars militaires ont envahi, aujourd'hui jeudi à l'aube 22/5, le village de Barakine, à l'ouest de Jénine, au nord la Cisjordanie , ainsi que le village d'Araba http://www.palestine-info.cc/fr/

27-05 De grandes forces armées de l'occupation sioniste ont envahi aujourd'hui, mardi, le 27/5, la ville de Naplouse et ses camps, en pénétrant dans les maisons des citoyens palestiniens. Des sources locales ont souligné que les troupes armées ont exécuté leur incursion du côté est de la ville vers le camp de Balata, au moment où d'autres forces ont envahi le camp de Beit Al Ma, où les soldats ont monté sur les toits des maisons palestiniennes, alors que des chars militaires sionistes ont pénétré dans la région de Rafidia, près de la prison d'Al Jouneid. http://www.palestine-info.cc/fr/



4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000) Palestine Civils & résistants tués                                                                            :  5.390                            dont 2 par les forces d'Abbas

Civils & résistants  blessés                                                                      :  53.104   + 145 par le blocus et 5 par les forces d'abbas

Internationaux blessés                                                                             : 197 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens) Arrêtés     :                                                                                            :  47.733 En prison :                                                                                             : 11.800 Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108 Autres actes            Journalistes tués                                                                                      : 10 Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32 Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275  

2-2 Occupants:

Israéliens  tués                                                                                        : 1.158                                                                                                                 ( 379 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.510                                                                                                                 ( 482  militaires/policiers)



Les  chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  


1  Politique Palestinienne

1-2 Les analyses (du processus de paix).

18-05 Le secrétaire général du mouvement du Djihad islamique Chellah a exposé que l'OLP n'a plus de projet patriotique depuis la mort de Yasser Arafat. Chellah a affirmé que les palestiniens qui ont pris l'initiative historique depuis la première Intifada ont certainement dit leur mot pour créer l'évènement en disant : " La Palestine ne serait récupérée, protégée ou libérée que par le peuple ". Il a montré que le projet patriotique de l'OLP est fini juste après la mort du président, Yasser Arafat, qui a été encerclé puis empoisonné, tout en affirmant que l'autorité palestinienne est devenue un fardeau sur les épaules du peuple palestinien, surtout après que la direction n'a pas pu prendre l'initiative après son échec aux dernières élections remportées par le Hamas. Source : Centre Palestinien d'Information http://www.comiteactionpalestine.org/

25-05-2008 Deux dirigeants des mouvements Hamas et Jihad Islamique ont déclaré hier que les efforts égyptiens pour parvenir à un accord de trêve entre la résistance palestinienne et Israël ont échoué à cause des conditions préalables et des positions israéliennes qui refusent de soulager la souffrance du peuple palestinien.
Les deux dirigeants ont ajouté qu'Israël rejette certains des articles de la trêve qui a été présentée par l'Egypte. Ils ont ajouté que bien qu'ils fassent certaines réserves sur l'offre, les deux mouvements ne feront pas obstruction aux efforts pour arriver à une avancée qui atténuerait la souffrance du peuple.
Saed Bannoura /

26-05 Les contacts en vue de parvenir à une trêve avec le Hamas dans la bande de Gaza par l'intermédiaire de l'Egypte n'ont enregistré à ce jour "aucun progrès substantiel", a indiqué lundi un haut responsable israélien. "Aucun progrès substantiel n'a été enregistré. Le seul élément nouveau est qu'on s'est mis d'accord pour inclure, dans un deuxième temps, dans les discussions sur la trêve, la libération du soldat Gilad Shalit", a confié à des journalistes ce haut responsable, qui a requis l'annomyat. AFP

27-05 Abou Ahmed a affirmé que l'occupation sioniste tente d'imposer des conditions dans le but de gagner du temps pour effectuer des assassinats contre des leaders de la résistance ou pour raser les terres agricoles situées près des frontières entre la bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés en 1948. palestine-info.cc http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=947887


1-4 Les grandes manœuvres inter palestinienne

18-05 Chellah a condamné les pratiques irresponsables et non patriotiques des services sécuritaires dirigés par le président, Mahmoud Abbas, qui continue de poursuivre les résistants en Cisjordanie pour garantir la sécurité de l'occupation et ses objectifs sionistes, et s'opposent à leurs armes pour appuyer les agendas israélo-américains, notamment après l'arrestation des épouses des détenus palestiniens qui souffrent énormément dans les prisons sionistes. "Il est très honteux de signer un accord pour renoncer à nos terres sous prétextes de non équilibres des forces ", a–t-il ajouté.
Source : Centre Palestinien d'Information
http://www.comiteactionpalestine.org/


1-5 Négociations.

26-05 Le Hamas est prêt à accepter une médiation de la Ligue arabe pour tenter de résoudre le conflit qui l'oppose au Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré le secrétaire général de l'organisation arabe.
Amr Moussa, a indiqué que le leader du Hamas en exil, Khaled Méchaal, l'avait félicité au téléphone pour le succès de la médiation conduite au nom de la Ligue arabe par les autorités qataries entre l'opposition et la majorité libanaises.
aloufok.net
http://www.alterinfo.net/ Le Hamas est catégorique : il n'y aura aucune trêve avec Israël tant que ce dernier continuera à maintenir son blocus de Gaza. "Parler du cessez-le-feu, alors que les Gazaouis continuent à subir les conséquences de l'embargo est tout simplement ridicule, a déclaré le porte parole du Mouvement, Sami Abou Zouhri, jeudi, devant des dizaines de milliers de partisans du Hamas qui manifestaient devant le passage frontalier de Al Mantar. "Cette manifestation, a poursuivi Abou Zouhri, marque une nouvelle étape dans notre lutte pour briser le blocus. C'est un message de résistance que nous venons d'adresser au régime sioniste et à ses soutiens". IRIB http://www.alterinfo.net/


1-8 Violations colonialiste et action

21-05  Le ministère de l'agriculture au gouvernement d'unité nationale dirigé par Ismaïl Haniyeh à Gaza, a affirmé que la plupart des zones Est de la bande de Gaza témoignent de grandes incursions sionistes  où les forces occupantes rasent les terres agricoles et les propriétés des citoyens palestiniens tout en considérant que ces pratiques représentent une délimitation générale aux terres agricoles dans la bande. Il a affirmé que la zone de Chouka et de Sofa, à l'Est de la ville de Rafah s’exposent aux agressions continuelles des forces occupantes qui ont causé de grandes pertes qui coûtent plus d'un million et demi de dollars. Le communiqué a ajouté que les forces occupantes ont augmenté leurs agressions contre la région Est de la ville de khan Younès et ont changé les bornes des zones agricoles à Khouza'a et le grand Abassan, en levant les dommages des fermiers palestiniens à plus de trois millions de dollars. Dans le même contexte, la région d'Al-Qarara à l'Est de la ville de Dir Al-Balah témoigne de grandes incursions et agressions sionistes continuelles. Il a souligné que les terres agricoles à l'Est du camp d'Al-Boureij et d'Al-Maghazi voient des tirs quotidiens et des bombardements des forces occupantes installées sur les frontières entre la bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés en 1948. CPI / http://www.palestine-info.cc/fr/


1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste.

"Oslo est la plus grande Nakba de tout les temps. Le secrétaire général du mouvement du Djihad islamique, Dr. Ramadan Abdel Allah Chellah a affirmé, mardi 13 mai, que l'accord d'OSLO est plus dangereux que la Nakba de 1948, en affirmant que cet accord était la grande Nakba pour les palestiniens. Il a souligné que cet accord a été proposé par l'entité sioniste qui était inquiète de la progression de la résistance nationale, notamment après que le peuple palestinien a pris l'initiative, durant la première Intifada en 1987.

Le 18/5/2008 Source : Centre Palestinien d'Information http://www.comiteactionpalestine.org/


1-10 Politique extérieure

23-05 Le Porte parole du Hamas a également appelé les régimes arabes à déployer leurs efforts afin d'obtenir la fin du blocus et l'ouverture du passage de Rafah. " Votre silence est inadmissible, votre apathie, criminelle, a-t-il ajouté. IRIB
http://www.alterinfo.net/

25-05 Moussa a déploré que Bush ait gâché une chance d'améliorer l'image des Etats-Unis dans la région lors de sa visite au milieu du mois et il a mis en doute sa détermination à obtenir un accord de paix israélo-palestinien.
"J'ai été surpris qu'il visite la région sans faire avancer les discussions ou mettre en œuvre ses engagements publics concernant (...) deux Etats", a déclaré Moussa.
"Cela oblige à s'interroger : jusqu'à quand ? Où est la solution ? Où sont les efforts dont il parle à chaque occasion ? Où sont les avancées ?", s'est interrogé le secrétaire général de la Ligue arabe.
aloufok.net http://www.alterinfo.net/


1-13 Déclaration et situation dans les geôles israéliennes -

Prisons & tortures

27-05 Le directeur du département de l’information dans le Ministère de facto des Prisonniers, Riyad Al-Ashqar dit que 28 prisons et centres de détention israéliens sont pleins de prisonniers palestiniens. Il a dit que le nombre total de palestiniens en détention dépasse les 11.700.
Maan News /

n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Suite - L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Suite -  L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

Journal de la Palestine   - Suite -                                  

N°356                          23-05 au 31-05                             

Par M.Lemaire



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3 Politique internationale des territoires occupés 

6 Les brèves

6-1 Neo-libéralisme ou fascisme ? : Israël : une nouvelle loi menace les réfugiés de 5 à 7 ans de prison.

6-2 L'autorité d'occupation invite le monde à éviter le Hamas.  

6-3 Gaza: sur fond de blocus, les autorités interdisent le biocarburant.

6-4 La politique d'élargissement de colonies sur la sellette.

7 Dossier

7-1 Point de vue de Kawther Salam : Le monde veut-il que nous acceptions un gouvernement de l'Autorité Palestinienne comme celui que nous avons actuellement ?

7-2 Israël présente une nouvelle carte de la Cisjordanie

1 Saed Bannoura   : Pendant les négociations Israël présente une nouvelle carte de la Cisjordanie dans laquelle Israël contrôlera 8,5% des terres.

2 Jerusalem Post : "D'après une nouvelle carte, Jérusalem* offre 91% de la Cisjordanie"

3 La proposition d'Israël suscite l'indignation


2  Politique Israélienne

Olmert 25-05 "Les négociations avec Israël n'ont abouti à rien jusqu'à maintenant", a dit Abbas lors d'un réunion du Conseil Révolutionnaire du Fatah, selon un article paru dimanche dans le journal al-Ayyam, affilié au Fatah, et confirmé par des participants à la réunion.
"Les problèmes intérieurs tant en Israël qu'aux USA détournent l'attention de la construction de la paix", a dit Abbas aux dirigeants du Fatah.
"Je crains que l'accusation de corruption contre Olmert et la préoccupation américaine sur les élections présidentielles n'affectent de façon négative les négociations", a dit Abbas, selon Salah Taameri, membre du Conseil.
* Le gouvernement israélien à Jérusalem (ndt)
Source : IMEMC Traduction : MR pour ISM http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=9053&type=communique&lesujet=Collabos

 26-05 Olmert, a averti qu'Israël n'avait "pas l'intention de laisser traîner longtemps la question de Gaza", "Nous allons devoir prendre des décisions pour y parvenir, si cela peut être fait par l'intermédiaire des efforts égyptiens, tant mieux, sinon nous devrons utiliser d'autres moyens", a ajouté M. Olmert ; faisant ainsi planer la menace d'opérations à grande échelle. AFP

"Le rêve d'un Grand Israël n'est pas réalisé"
Olmert a reconnu lundi que le rêve israélien d'établir le "Grand Israël" et "l'Etat juif" était dur à atteindre.
Lors d'un discours prononcé devant le comité des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset lundi, où il a également reconnu ses discussions de "paix" avec les Palestiniens et les Syriens, Olmert a été citant disant qu'on ne pouvait trouver ces deux choses ensemble [grand Israël et Etat juif] que dans l'esprit de gens psychologiquement malades et irréalistes.
Il a décrit les négociations de "paix" avec les Palestiniens et les Syriens comme "sérieuses", accusant la droite israélienne de faire avorter les efforts de paix dans le région et de pousser Israël à la guerre.
"Je fais partie de ceux qui ne croyaient pas à la solution à Deux Etats, mais je réalise maintenant que j'avais tort. La plupart des Israéliens comprennent maintenant la différence entre la solution à Deux Etats et la solution à Un Etat, dans lequel tous les citoyens sont égaux", aurait dit Olmert.
Il a également prétendu qu'il parlait de paix avec une Autorité Palestinienne intéressée par la paix et qui ne sanctionne pas le "terrorisme", ajoutant que la différence entre lui et ses prédécesseurs est qu'il ne s'acquitte pas de ses obligations tant que les Palestiniens ne se sont pas acquittés des leurs.
De plus, Olmert a justifié des pourparlers "secrets" et indirects entre Israël et la Syrie , soulignant que les discussions de paix indirectes avec la Syrie avaient débuté en février 2007, et que ses prédécesseurs avaient promis des concessions "douloureuses" à cet égard.

 Palestine Info /  27-05-2008 Traduction : MR pour ISM http://www.ism-suisse.org/news/


2-2 Des Canons ... pas du beurre.

25-05 Des ministres au cabinet de l'entité d'occupation ont appelé, à l'adoption d'une décision stratégique pour mettre fin au mouvement de la résistance du Hamas, en prétendant que le Hamas est une organisation terroriste avec qui il ne faut pas négocier.
"Nous refusons d'entamer toute négociation avec le Hamas et il faut accéder à une décision pour frapper ce mouvement terroriste (résistant)", a déclaré le vice-président d'Olmert, Haïm Ramon selon la radio hébreu.
http://www.alterinfo.net/

27-05 le ministre Mayer Shatrit, a appelé à frapper sévèrement le Hamas et de refuser tout entretien avec lui.
"Le Hamas est capable de diriger la bande de Gaza et d'imposer l'ordre et la loi, mais il ne tente pas de faire cela, au moment où il essaye de renforcer ses capacités militaires", a affirmé le chef sioniste des services de la sécurité générale, tout en minimisant de parvenir à aucun accord concernant la trêve.
Ce dernier a exprimé ses fortes craintes des capacités du Hamas qui progressent, en prévoyant qu'il y aurait de grandes pertes dans les rangs de l'armée israélienne en cas d'une vaste opération militaire contre la bande de Gaza.

Mardi 27 Mai 2008

http://www.alterinfo.net/


2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies)

25-05 Les bulldozers de l'occupation ont poursuivi, aujourd'hui dimanche 25/5, de confisquer les terres palestiniennes pour construire de nouveaux quartiers coloniaux dans la montagne de Beit Fourik, à l'est de la ville de Naplouse. Des sources locales ont affirmé que les forces n'ont pas cessé, depuis dix jours consécutifs, de construire des unités coloniales dans la région susmentionnée, en dévastant plusieurs terres agricoles des citoyens palestiniens.
http://www.palestine-info.cc/fr/


2-13 Situation dans les geôles israéliennes -

Prisons  Israël a arrêté plus de 2.700 Palestiniens en 2008

Le Ministre Palestinien des Prisonniers et des Anciens Prisonniers au Hamas - gouvernement de facto dans la Bande de Gaza, a dit ce lundi qu’Israël a déjà arrêté cette année plus de 2700 Palestiniens, la plupart en Cisjordanie.
Dans un rapport sur les détenus, le gouvernement de facto a relevé que 255 enfants de moins de 18 ans ont été arrêtés ainsi que 14 femmes. Il y a des malades, des personnes âgées, des leaders du mouvement nationaliste et des maires parmi ceux qui ont été arrêtés.
Le rapport relève que le district de Hébron dans le sud de la Cisjordanie revendique la plus large part des arrestations, avec 700 personnes détenues en 2008.
600 détenus viennent de la Bande de Gaza.
Le rapport dit aussi qu’Israël a de plus en plus souvent recours à la détention administrative, dans laquelle les prisonniers peuvent être mis sans charge et sans procès virtuellement indéfiniment.
Dans le cas de Mahmoud Al-Masalma du village de Beit ‘Awwa en Cisjordanie, les autorités israéliennes ont renouvelé sa détention 19 fois consécutives sans l’inculper et sans le juger.
Les tribunaux israéliens ont émis cette année plus de 1300 ordres de détention administrative, incluant les premières incarcérations et le renouvellement des incarcérations. Le nombre total de palestiniens prisonniers détenus sous le régime de la détention administrative est de plus de 1100.
Maan News /  27-05-2008

2-14 Enlèvements & tortures : 25-05 Des témoins oculaires ont dit qu'une force spéciale sioniste qui portait des vêtements arabes ont enlevé, sous les menaces des armes trois jeunes palestiniens dont l'activiste, Ali Al-Tourmessani, qui appartient aux brigades des martyrs d'Al-Aqsa au centre de Ramallah. http://www.palestine-info.cc/fr/


3 Politique Internationale des térritoires occupés

1 Pays Arabes & voisins

Égypte

L'Égypte refuse les conditions de l'occupation.

Des sources de la presse hébreu ont dit que l'Égypte a refusé les conditions pour réaliser l'accalmie avec la résistance palestinienne et le mouvement du Hamas, tout en déclarant que la question de la trêve est suspendue après le refus des Egyptiens des conditions du gouvernement de l'occupation pour réaliser le cessez-le-feu.
Le journal hébreu "Yediot Ahronot" a dit, aujourd'hui lundi 26/5, que l'Égypte n'est pas prête pour accepter la forme sioniste de l'accalmie.
Le journal a dit que le ministre égyptien Omar Souleymane a déclaré que la question du soldat israélien capturé par la résistance palestinienne à Gaza, Gilad Shalit, n'est pas incluse dans le dossier de la réalisation de la trêve avec le mouvement du Hamas.
Le journal hébreu a rapporté que l'Égypte a proposé la position du mouvement Hamas qui dit qu'il va arrêter l'entrée des armes si l'occupation promet de ne pas utiliser la force contre la bande de Gaza, mais les Sionistes ont refusé cette proposition.
De son côté, le journal "Haaretz" a rapporté du chef des services de renseignements militaires israéliens, le général Amos Yadlin, sa prévision que les missiles de la résistance palestinienne vont arriver à Asdoud en 2010. Il a accusé l'Iran de faire entrer des missiles et des obus de mortier vers la Bande.
Le
journal a reconnu que l'armée de l'occupation a commencé à évacuer les soldats du département de coordination et de liaison dans le passage d'Erez vers un autre campement.
http://www.alterinfo.net/ Mardi 27 Mai 2008


2 Le Monde 1 Usa (le parrain)

4 Paroles & actions des bientôt président... Obama  

Barack Obama promet un 'soutien inébranlable' à Israël s'il est élu

Le probable candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine Barack Obama promet un "soutien inébranlable" à Israël s'il est élu. Le sénateur de l'Illinois espère par ailleurs que sa présidence puisse servir à resserrer les liens entre les communautés noire et juive des Etats-Unis.
Barack Obama a fait ces déclarations lors d'un rassemblement dans une synagogue de Floride jeudi. Si les candidats à l'investiture démocrate n'ont pas fait campagne en Floride lors de la primaire de cet Etat, le sénateur de l'Illinois, plus proche que jamais de la nomination, courtise désormais ce grand Etat.
Certains électeurs juifs sont refroidis par la volonté affichée de M. Obama de négocier avec des pays comme l'Iran et la Syrie. Le prétendant à l'investiture démocrate a insisté sur le fait qu'il ne négocierait pas avec le mouvement palestinien Hamas
aloufok.net 24/05/2008

http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=945444

2 Les institutions et leurs satellites

2 Otan - 3 Onu - 4 Nations Unies - Banque Mondiale- Mouvement des non-aligné (MNA)

Une délégation de l'ONU visite la ville de Beit Hanoun pour enquêter sur le massacre sioniste

27-05 L'ONU a annoncé que Desmond Tutu, l'archevêque sud-africain qui a obtenu le prix Nobel de la Paix , et l'universitaire britannique Christine Chenkin va tenter de visiter la ville de Beit Hanoun, (au nord de la bande de Gaza, où les forces occupantes ont perpétré, en novembre 2006, un massacre sauvage contre les citoyens palestiniens, tuant 19 civils dont 14 membres d'une même famille. ) les 27 et 28 mai prochain
Le conseil de l'ONU pour les droits de l'homme avait décidé, le 15 novembre 2006, la formation d'une commission d'enquête sous la direction de Tutu pour visiter la ville de Beit Hanoun, mais l'occupation interdit à cette commission d'entrer dans la bande de Gaza jusqu'à maintenant. Le communiqué a déclaré que la délégation va entendre les survivants de ce massacre et les témoins du bombardement sioniste contre la ville de Beit Hanoun pour présenter un rapport au conseil de l'ONU pour les droits de l'homme. http://www.alterinfo.net/

2 Europe

2 France

25-05 60ème anniversaire d’Israël : Sarkozy et Livni ensemble à un concert à Paris Un concert de plein air pour célébrer le 60ème anniversaire d’Israël a réuni dimanche soir à Paris des milliers de personnes, en présence de Sarkozy et de Tzipi Livni. Livni est montée sur scène pour rendre hommage à son hôte, qui affiche ouvertement son amitié pour l’Etat hébreu. "Partageons le bonheur de voir l’amitié retrouvée entre nos deux pays", a déclaré Livni, faisant implicitement allusion aux positions par le passé souvent jugées pro-arabes de Paris. Livni a salué "le président Sarkozy, qui représente avec tant de courage les valeurs du monde libre". Shimon Peres a rendu hommage à l’appui de la France pour la création du jeune Etat en 1948. "Sans l’aide de la France , il aurait été extrêmement difficile d’achever la construction d’un pays nouveau", a-t-il dit. La secrétaire d’Etat française aux Droits de l’Homme, Rama Yade, a pris la parole au nom du gouvernement pour souligner "le lien indéfectible" qui unit la France à Israël…. De nombreuses personnalités du monde politique -notamment le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë- -la présidente du patronat français Laurence Parisot- entre autres- étaient également présents. afp


3 Italie

27-05 Une radio israelienne a souligné que la responsable italienne au ministère des affaires étrangères, Stifénia, avait  indiqué  la possibilité que les services de renseignements italiens entament des contacts avec le Hamas. Cetteradio a rapporté que selon Stifénia l'Italie voit une distinction entre la position officielle et les évènements sur le terrain, en faisant allusion à la possibilité d'entamer des entretiens avec le Hamas. On note que le Hamas avait déclaré qu'il a effectue des contacts avec d'autres pays européens et internationaux. http://www.palestine-info.cc/fr/



6 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Neo-libéralisme ou fascisme ? : Israël : une nouvelle loi menace les réfugiés de 5 à 7 ans de prison.

La Knesset , le Parlement israélien, a approuvé un nouveau projet de loi, selon lequel l’infiltration dans le pays serait désormais un crime passible d’une peine maximale de sept années de réclusion criminelle. Cette loi s’appliquera également aux réfugiés et aux demandeurs d’asile. Le projet de loi a été approuvé le 19 mai à une majorité de 21 législateurs contre un (Dov Hanin du Hadash, a remis en question la logique sous-tendant la condamnation des réfugiés à une peine d’emprisonnement pour avoir tenté de fuir les persécutions). S’il réussit à passer la prochaine étape du processus législatif, ce projet de loi permettra aux autorités israéliennes d’incarcérer pendant cinq ans les personnes qui pénètrent [clandestinement] dans le pays, généralement par la frontière perméable qui le sépare de l’Egypte. Si les « infiltrés », tel qu’ils sont nommés, sont originaires « d’Etats ennemis », comme le Soudan, la peine s’élèvera à sept années d’emprisonnement. Les Soudanais composent une bonne partie de la population totale des réfugiés d’Israël, dont plusieurs centaines viennent de la région tourmentée du Darfour. Plus de 8 500 réfugiés et demandeurs d’asile seraient entrés en Israël ces trois dernières années, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les organisations humanitaires, et une recrudescence sensible des migrations a été observée cette dernière année. La nouvelle loi permettrait également de standardiser le concept de « rapatriement direct » (« hot return »), selon lequel la police ou l’armée est autorisée à expulser immédiatement les demandeurs d’asile appréhendés alors qu’ils traversaient la frontière clandestinement, sans que ceux-ci aient l’occasion de pouvoir déposer une demande d’asile ou de consulter un avocat. Les associations de défense des droits humains et le HCR ont exprimé des préoccupations à l’égard de cette politique, les personnes déportées risquant peut-être d’être exposées à des dangers, une fois de retour dans leur pays d’origine.  http://www.alterinfo.net/ 

Vous pouvez consulter cet article à :http://www.irinnews.org/fr/ReportFr... http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4450


6-2 L'autorité d'occupation invite le monde à éviter le Hamas.  

Tzipi Livni souhaite que la communauté internationale évite le Hamas, et elle l'a dit jeudi à son homologue français Bernard Kouchner en visite à Jérusalem. Paris affirme que l'ancien ‘diplomate’ français entré en relation avec le mouvement islamiste "n'a aucun contact" avec l'Elysée.
Le Département d'Etat américain a jugé que ces contacts n'étaient "ni sages, ni opportuns" La présidence française a assuré mercredi que sa position vis-à-vis du Hamas restait celle du Quartette pour la paix au Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) : aucun contact officiel avec le groupe palestinien jusqu'à ce qu'il renonce à la violence, reconnaisse le droit d'exister d'Israël et reconnaisse les accords passés.
Un responsable des Affaires étrangères israéliennes a déclaré ignorer si Livni jugeait l'affaire réglée. "La communauté internationale doit continuer de délégitimer le Hamas", a dit Livni, d'après un communiqué de ses services.
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6-3 Gaza: sur fond de blocus, les autorités interdisent le biocarburant.

Les autorités de la bande de Gaza, privé de carburant suite au blocus israélien, interdiront aux automobilistes de remplacer l'essence par de l'huile végétale, a annoncé un représentant du ministère de l'Intérieur du Hamas, qui gouverne dans l'enclave.
Le ministère de l'Intérieur justifie sa décision, qui risque de paralyser la majeure partie du parc automobile de l'enclave, en alléguant que les émissions des voitures fonctionnant grâce à un mélange de pétrole combustible et d'huile de sésame auraient des effets cancérigènes.
"La police sanctionnera à partir d'aujourd'hui les conducteurs qui ne respecteront pas l'interdiction.
En échange, nous proposons aux chauffeurs de taxi d'obtenir des coupons leur permettant de recevoir du carburant", a déclaré le représentant de l'intérieur à la radio locale.
La bande de Gaza, qui compte 1,5 million d'habitants, ne reçoit pas de carburant suite à l'embargo décrété par Israël en réponse à une attaque de combattants du mouvement islamiste Hamas contre le terminal d'essence israélien de Nahal Oz, qui a fait deux morts civils le 9 avril. Israël n'a autorisé les livraisons de fioul qu'à destination d'une centrale palestinienne alimentant l'enclave en électricité.
Le carburant destiné aux automobiles parvient à Gaza en faibles quantités par le biais de l'Egypte, et atteint 10 dollars le litre au marché noir. Samedi 24 Mai 2008 http://www.alterinfo.net/ 


6-4 La politique d'élargissement de colonies sur la sellette.

Construire et encore construire ! Serait-il une ‎obsession ou tout simplement une soif insatiable, le credo ‎d'une entité factice dont les visées hégémoniques vont de ‎pair avec l'impunité de ses responsables. La politique ‎d'élargissement des colonies à peuplement est ‎sournoisement suivie dans les territoires palestiniens, elle ‎n'a jamais cessé, ralentie peut-être, pour être reprise à fond, ‎selon un simple principe de mécanique, celui du ressort. Le ‎monde a beau protester, critiquer, dénoncer, condamner cela ‎n'y change en rien. Tel-Aviv poursuit sans sourciller son ‎expansionnisme malin. Si le négociateur en chef palestinien ‎Saëb Erakat voit en l'acharnement à l'implantation des ‎colonies juives au cœur des territoires palestiniens un signe ‎manifeste de la politique israélienne d'occupation, si Taysir ‎Khaled, membre du comité exécutif du Fatah exige la ‎suspension des rencontres et des négociations de son ‎mouvement avec les responsables du régime en raison de la ‎poursuite de la construction de colonies à Qods, et si même ‎les protestations contre les colonies et leur élargissement ‎font écho chez les Etats sponsors en Occident, et se disent ‎ouvertement par la bouche d'un Bernard Kouchner, cela ‎n'a aucune importance pour les autorités israéliennes. Alors ‎que le patron du Quai d'Orsay fustige la politique ‎d'élargissement de colonies, dans un entretien avec le ‎quotidien palestinien Al-Ayyam, estimant, dixit, que « rien ‎ne saurait justifier la poursuite de la colonisation », la ‎considérant comme un obstacle à la paix, et demandant au ‎nom de Paris de la suspendre, en même temps, le ministre ‎de l'Habitat du régime sioniste, annonce le lancement d'un ‎appel d'offres pour la construction de 286 logements dans ‎la colonie de Betar Illit, près de Bethléem, en Cisjordanie. ‎De telles démarches n'explicitent donc pas un ‎expansionnisme débridé, une hégémonie insolente, qui vise ‎au travers du changement du tissu démographique de la ‎région à la sionisation de la Terre de Palestine, à y ‎conforter les assises d'un régime factice, montrant aux plus ‎crédules qu'un tel régime, par sa nature, ne souhaite ‎nullement la paix, voyant même dans la crise et le chaos les ‎conditions idéales à sa survie, quitte à transformer la région ‎en poudrière !

Samedi 24 Mai 2008

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7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de Kawther Salam : Le monde veut-il que nous acceptions un gouvernement de l'Autorité Palestinienne comme celui que nous avons actuellement ?
Les USA et Israël pensent-ils que les Palestiniens ont lutté pendant 60 ans pour avoir un gouvernement de Vichy impuissant conçu selon les desseins de l'occupation ? Selon le Premier Ministre de l'Autorité Palestinienne Salam Fayyad et le "plan de sécurité" de son cabinet, qu'il rabâche sans cesse avec arrogance devant les médias, son gouvernement va de l'avant "sur un plan global de sécurité", pour la Cisjordanie toute entière, de manière à "réhabiliter et entraîner les différents services de sécurité pour améliorer les conditions de sécurité de la population palestinienne."
Le gouvernement du Premier Ministre de l'Autorité Palestinienne (AP) Salam Fayyad est-il protégé contre les attaques des soldats israéliens ?
Le Premier Ministre de l'AP Salam Fayyad est-il en mesure de garantir la sécurité de son gouvernement et la sienne propre ?
Le Premier Ministre de l'AP Salam Fayyad est-il en mesure de réaliser son "plan de sécurité" au-delà de le répéter devant des journalistes qui s'ennuient à mourir ?
Les "plans de sécurité" du Premier Ministre Salam Fayyad vont-ils au-delà de la fermeture d'associations caritatives et de l'expropriation d'orphelins ?
Son "plan de sécurité" est-il dans l'intérêt de la population palestinienne, ou bien n'est-il qu'une aide aux services secrets israéliens pour garantir l'impunité des squatters et des soldats israéliens qui maltraitent les Palestiniens ?
Pourquoi les soldats israéliens ont-ils saccagé la maison du Docteur Hasan Al-Khatib, le vice-Ministre du Travail de l'AP ?
Est-ce la mission du gouvernement de l'AP d'espionner les ministres du Fatah et leurs employés, pour la sécurité israélienne ?
Le monde veut-il que nous acceptions un gouvernement de l'Autorité Palestinienne comme celui que nous avons actuellement ?
Les USA et Israël pensent-ils que les Palestiniens ont lutté pendant 60 ans pour avoir un gouvernement de Vichy impuissant conçu selon les desseins de l'occupation ?
Kawther Salam Source : The Daily Life of Kawther Salam Traduction : MR pour ISM http://www.ism-suisse.org/news/


7-2 Israël présente une nouvelle carte de la Cisjordanie.

1 Saed Bannoura   : Pendant les négociations Israël présente une nouvelle carte de la Cisjordanie dans laquelle Israël contrôlera 8,5% des terres. (dont les plus fertiles et les ressources en eau).

Dans un rapport non confirmé par les sources officielles, le quotidien israélien, Jerusalem Post, indique qu'Israël a présenté une carte de la Cisjordanie dans laquelle Israël contrôlera 8,5% des terres (dont les plus fertiles et les ressources en eau).
Et ceci pendant que des négociations continuent en Egypte entre la partie de l'Autorité Palestinienne dirigée par le Fateh et les autorités israéliennes.
Le Jerusalem Post dit avoir reçu cette information de sources palestiniennes proches des négociations. Selon ces sources, la nouvelle carte présentée par Israël n'est pas acceptable par le côté palestinien, puisque les Palestiniens veulent qu'Israël se retire aux frontières de 1967, comme exigé par la loi internationale et les nombreuses résolutions des Nations Unies.
Selon l'article de presse israélien (voir ci-après), les négociateurs palestiniens sont prêts à concéder à Israël 1,8% de la Cisjordanie , mais pas plus.
Israël ayant continuellement poursuivi son expansion et n'ayant jamais déclaré les frontières de son Etat, plus de 500.000 Israéliens vivent maintenant sur des terres saisies illégalement en Cisjordanie et à Jérusalem Est. La plupart d'entre eux s'y sont installés depuis 1990. La partie la plus controversé de l'expansion israélienne fut la prise de Jérusalem Est, que tant Israël que la Palestine considère comme leur capitale.
Historiquement, Jérusalem Est est constituée de Palestiniens, mais depuis 1990, beaucoup d'entre eux ont été forcés à quitter leur terre, leurs maisons ont été démolies et 250.000 Israéliens se sont installés sur le secteur, dans des centaines de nouveaux appartements.
Il n'est pas précisé pour le moment la superficie de Jérusalem Est dont Israël s'emparerait, sur la nouvelle carte, mais il est vraisemblable qu'elle y inclut la plus grande partie.
Depuis 1996, les autorités israéliennes ont affiché leur projet de prendre le contrôle de
Saed Bannoura  /  26-05-2008


2 Jerusalem Post : "D'après une nouvelle carte, Jérusalem* offre 91% de la Cisjordanie" Des responsables palestiniens proches des pourparlers de paix ont déclaré dimanche qu'Israël a présenté une carte de retrait de la Cisjordanie qui laisse environ 8,5% du territoire entre les mains d'Israël, chiffre moindre que sur un projet précédent, mais toujours plus important que ce que les Palestiniens sont prêts à accepter.
Le négociateur palestinien Saeb Erekat et d'autres officiels de l'Autorité Palestinienne ont déclaré au Jerusalem Post que le rapport n'était pas confirmé.
Dimanche également, le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a été cité comme ayant dit à ses partisans que les négociations n'avaient fait aucun progrès depuis qu'elles ont repris en novembre dernier, avec une promesse au président US George W. Bush d'essayer de parvenir à un traité de paix global pour la fin de l'année.
Les responsables palestiniens ont dit qu'Israël avait présenté une nouvelle carte, il y a trois jours, lors d'une session de négociation. D'après la dernière carte présentée par Israël,
12% de la Cisjordanie restaient en Israël. Israël veut garder la partie de la Cisjordanie qui comprend les principaux blocs de colonie, et offrirait des parties de terre à l'intérieur d'Israël en échange. Ces terres seraient entre Hébron, au sud de la Cisjordanie , et Gaza – du moins une voie à travers Israël pour relier les deux territoires.
Les officiels, parlant sous anonymat parce que les négociations sont conduites en coulisses, ont dit que les Palestiniens n'étaient prêts à troquer que 1,8% de la Cisjordanie contre la terre israélienne.
Les responsables israéliens ont refusé de faire tout commentaire.
Un des officiels palestiniens a dit que le chiffre de 8,5% de terre cisjordanienne qu'Israël garderait selon sa nouvelle carte n'inclut pas Jérusalem Est, où Israël a construit un cordon de banlieues juives qu'il a l'intention de garder. Israël veut repousser la question de Jérusalem jusqu'à la fin du processus.
  Jerusalem Post, 25.05.2008


3 La proposition d'Israël suscite l'indignation.  

Le secrétaire général du Front démocratique pour la ‎libération de la Palestine , FDLP, a qualifié de scandaleuse ‎la proposition du régime sioniste de confisquer 32% des ‎territoires de la Cisjordanie en échange de la paix. " Avec ‎ce genre de proposition, Israël se plaît à jouer avec les ‎Palestiniens », s'est indigné Nayef Hawatmeh. " Le régime ‎sioniste vient de proposer par la voix de sa ministre des ‎Affaires étrangères aux Palestiniens d'échanger la paix ‎contre 32% de leurs territoires », a-t-il souligné. "Les ‎pourparlers en cours entre Israël et les Palestiniens sont ‎dans l'impasse sur plusieurs dossiers sensibles dont celui ‎des réfugiés, des colonies, de la ville de Qods », a-t-il ‎poursuivi. " Au cours de ses derniers pourparlers avec les ‎Palestiniens, Ehud Olmert a exigé que la ville de Qods ‎fasse partie intégrante d'Israël, en échange de quoi celui-ci ‎s'engagera à assurer la sécurité des Palestiniens, des Arabes ‎et des pèlerins de la mosquée d'Al-Aqsa. IRIB

24/05/2008

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n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Suite - L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

n° 356- Journal de la Palestine- 23-05 au 31-05 - Suite -  L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

Journal de la Palestine   - Fin -                                  

N°356                          23-05 au 31-05                            

Par M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire   - Fin -  .

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1  Les dérives de l'occupation vues par des anciens soldats de Tsahal.

8-2 L’occupant israélien veut quotidiennement et en toute occasion humilier le Palestinien.

8-3 Sharon : « Ma mère m’a recommandé de ne jamais faire confiance aux Arabes ».

 8-4 Carter affirme qu'Israël possède au moins 150 armes atomiques.

9 Analyse - Géopolitique et stratégie

9-1 L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël.

9-2 Israël dirige t’il les USA ? 9-3 Abdalhadi Abu Khousa : Les effets du blocus.


Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1  Les dérives de l'occupation vues par des anciens soldats de Tsahal.
Témoignages recueillis par une association israélienne pour Benjamin Barthe, envoyé spécial à Tel-Aviv,  pour le ‘Le Monde’  Alangui à la terrasse d'un café branché de Tel-Aviv, vêtu d'un tee-shirt à fleurs, d'un pantalon de toile et d'une paire de sandales, Doron Efrati, 23 ans, n'a pas véritablement l'allure du bidasse sans scrupule capable de tirer du lit une famille entière de Palestiniens à la pointe de son fusil. C'est pourtant ce qu'il a fait à l'occasion de son service militaire effectué entre 2003 et 2006 en Cisjordanie. «On débarque en douce dans un quartier, on jette des pierres ou une grenade assourdissante contre la porte d'une maison et on hurle: «C'est l'armée, ouvrez!» Ensuite, on fait sortir tout le monde dehors et on fouille de fond en comble l'intérieur. Une fois qu'on a fini, on passe à une autre maison et ainsi de suite pendant une bonne partie de la nuit. L'idée, c'est de saisir des armes ou du matériel de propagande, mais surtout de maintenir la population palestinienne dans un état de peur permanente.» 
Exactions Dégoûté par ce qu'il a vu et vécu, Doron a décidé de parler, à l'inverse de la plupart des conscrits israéliens, qui s'empressent de partir sous les tropiques pour mieux oublier. Son témoignage figure avec une centaine d'autres dans un livret publié il y a quelques semaines par l'organisation Breaking the Silence (Rompre le silence). Depuis sa création en 2004, cette association, financée par l'Union européenne, a récolté les témoignages d'environ 500 anciens soldats, témoins des abus, petits ou grands, vicieux ou criminels, perpétrés par les troupes d'occupation israéliennes dans la région d'Hébron. Des exactions encouragées par le statut très particulier de cette cité qui abrite le tombeau d'Abraham et dont le centre est noyauté par 800colons juifs, barricadés derrière un dédale de barrages militaires qui pourrit la vie des 160000 autres habitants de la ville, tous Palestiniens.
«Ça m'est souvent arrivé de prendre la relève de collègues affectés à un barrage et de découvrir que des Palestiniens y sont bloqués et menottés depuis des heures, parce qu'ils ont soi-disant manqué de respect aux soldats», dit Iftakh Arbel, 23 ans, une autre recrue de Breaking the Silence. Des humiliations, qui à la lecture du fascicule de l'association, apparaissent comme routinières. Il y a, par exemple, ce marchand d'accessoires automobiles chez lequel des soldats viennent se servir sans payer et dont ils menacent de fermer le magasin s'il ose déposer plainte. Il y a aussi cette unité qui, un jour de désœuvrement, décide de casser les vitres d'une mosquée pour déclencher une émeute et s'offrir une tranche d'«action». Et puis ce «jeu» que décrit l'un des témoins, consistant à arrêter quelques passants dans la rue et à les étrangler à tour de rôle tout en surveillant sa montre. «Le gagnant est celui qui met le plus de temps à s'évanouir.»
Mais il y a plus grave. Le témoignage numéro 49, donné par un soldat qui entend conserver l'anonymat, décrit en détail le passage à tabac d'un jeune lanceur de pierres par un officier israélien. «Il l'a démonté, il l'a mis en pièces, raconte le témoin. Le gamin ne pouvait plus tenir sur ses jambes. Nous, on regardait, indifférents. C'est le genre de truc que l'on faisait tous les jours [...]. A la fin, le commandant a mis le canon de son arme dans la bouche du gosse, juste devant sa mère, et a déclaré que la prochaine fois qu'il l'attrapait avec une pierre à la main, il le tuerait.»
Iftakh Arbel a touché de près ce processus d'aliénation qui transforme un bon gars en butor. «Tu alternes huit heures de garde et huit heures de repos pendant dix-huit jours. Ça t'épuise, tu t'ennuies à mourir. Tu te mets à haïr les colons à cause de toutes les horreurs qu'ils commettent et les Palestiniens aussi, parce que leur existence est la raison même de ta présence à Hébron. Alors tu essaies de t'occuper. Tu contrôles un Palestinien sans raison. Et s'il ose protester, tu te retrouves à le frapper, juste parce que tu as le pouvoir.»
«Coût moral exorbitant»
Parfois le défouloir se solde par la mort d'un Palestinien. «C'était dans le camp de réfugiés d'Al-Fawwar, au début de l'année 2004, raconte Doron Efrati. Un gamin avait balancé un cocktail Molotov sur nos jeeps. Dans une situation pareille, la consigne c'est de viser le haut du corps, c'est-à-dire de tirer pour tuer, même si ce n'est pas dit explicitement. Le temps que l'on sorte de nos Jeep, le gamin avait disparu. Sur ordre de notre chef, une embuscade a été tendue. Le gamin a finalement été abattu par un sniper. Le commandant de la brigade a voulu ouvrir une enquête, mais l'un de ses supérieurs l'en a dissuadé.»
En réaction à la sortie du livret de Breaking the Silence, l'armée israélienne a parlé de «brebis galeuses», «de témoignages anonymes invérifiables» et insiste sur son souci de juger tous les forfaits dont elle a connaissance. Fin avril, deux gardes-frontière qui avaient tué un Palestinien en 2002, en le projetant hors de leur Jeep qui roulait à 80 km/h dans les rues de Hébron, ont été condamnés à 6 et 4ans de prison ferme. Une sanction tardive, excessivement légère et surtout trop rare, selon Iftakh. «Il faut que les Israéliens comprennent que leur tranquillité a un coût moral exorbitant, dit-il. Actuellement, ce sont les jeunes appelés qui le paient. Mais bientôt, c'est toute la société qui sera corrompue.»
Les dérives de l'occupation vues par des anciens soldats de Tsahal Benjamin Barthe,
Samedi 31 mai 2008
http://www.romandie.com/infos/News2/4c3a6e90ce22deea90116997c9fd40f9LETEMPS.asp


8-2 L’occupant israélien veut quotidiennement et en toute occasion humilier le Palestinien. Cette semaine, plusieurs bouclages complets ont été imposés, le dernier ayant expiré le 18 mai. Le premier avait eu lieu du 17 au 28 avril pour la Pâque juive, le second du 30 avril au 2 mai pour l’Holocauste, et le troisième du 6 au 18 mai pour le jour de l’Indépendance... Les crimes de guerre des forces d’occupation israéliennes continuent dans les territoires palestiniens occupés L’occupant israélien veut quotidiennement et en toute occasion humilier le Palestinien. Mais lequel perd sa dignité ? Entre le 15 et le 21 mai, en Cisjordanie, un Palestinien a été tué au check-point d’Huwara, à l’entrée sud de Naplouse. 40 Palestiniens ont été arrêtés, dont 11 mineurs. 2 Palestiniens ont été arrêtés sur des check-points. L’occupant a mené 27 incursions dans les cités et villages de Cisjordanie. Les colons ont agressé à trois reprises des Palestiniens, à Naplouse et Hébron où un civil a été blessé. Au total, cette semaine, avec la bande de Gaza, 5 Palestiniens ont été tués, un autre est décédé de ses blessures et 13 ont été blessés. Faits marquants. Tirs sur les Palestiniens : les troupes d’occupation postées au check-point d’Huwara ont tué un jeune garçon palestinien et ensuite, elles ont empêché les ambulances de lui porter secours. L’occupant prétend que ce jeune de 20 ans s’est approché du check-point en « jouant avec ses vêtements » et aurait refusé d’obtempérer quand les soldats lui ont ordonné de s’arrêter. Ce qui, d’après les forces israéliennes, les a obligés à tirer sur lui. Cependant, les résultats de l’enquête du PCHR contredisent ces affirmations. Et même d’après le rapport de tir de l’armée, celle-ci aurait pu ne pas utiliser une telle violence et se contenter de stopper le jeune homme. 23-05 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4415

8-3 Sharon : « Ma mère m’a recommandé de ne jamais faire confiance aux Arabes ». Sharon, au fait ce comateux va dépasser en longévité tous les chefs d’État agonisants maintenus en survie artificielle. Lors de sa visite à Chirac en 2004, il confiait avec la grande délicatesse que l’on connaît à ce fils de fermier polonais au journal à peine orienté l’imMonde : « Ma mère m’a recommandé de ne jamais faire confiance aux Arabes ».
En quoi les sionistes venus en Palestine voler les terres des Palestiniens et les en chasser, quitte à les exterminer quoique cela ne figure pas comme l’un de leurs objectifs directs, peuvent-ils espérer que l’on se fie à leur bonne foi ?
Rice a exigé, mais quel mot présomptueux pour une petite requête timide et embarrassée émanant d’une puissance vassale, les Us(a), des dirigeants du régime sioniste qu’ils réduisent les barrages militaires faits pour emprisonner les Palestiniens, les humilier et les affamer au mois de mars 2008. Ils avaient promis la suppression de 50 check points en Cisjordanie.
Ils ont depuis proclamé l’enlèvement de 61 d’entre eux.
L’Office des Nations Unies pour la Coordination des affaires Humanitaires n’en a recensé que 41 d’effectivement abolis et la plupart d’entre eux étaient d’importance secondaire.
En réalité, 144 nouveaux barrages ont été établis tandis que 103 ont été retirés entre le 4 septembre 2007 et le 29 avril 2008.
De sorte que grâce à Annapolis, le nombre total des contrôles militaires avec barrages à l’intérieur des Territoires est passé de 566 à 607.
Les Arabes et les Palestiniens n’ont jamais eu de partenaire fiable dans les sionistes
pour quelque paix que ce soit.
Tous les jours, le sionisme montre son essence de colonialisme raciste expansionniste et accessoirement exterminateur.
De cela, les Arabes et les Palestiniens sont sûrs.
Excepté bien sûr la poignée des habituels collaborateurs que l’on retrouve dans le sillage de toute lutte de libération nationale.
24-05-2008 http://www.convergencedescauses.com/

8-4 Carter affirme qu'Israël possède au moins 150 armes atomiques.

Jimmy Carter a déclaré ce week-end qu'Israël, qui refuse de communiquer officiellement sur son arsenal nucléaire présumé, disposait d'au moins 150 armes atomiques. Interrogé dimanche par des journalistes lors du salon du livre de Hay, au Pays de Galles, sur la menace nucléaire posée par l'Iran, l'ancien président américain a répondu, selon la transcription de ses propos: "Les Etats-Unis ont plus de 12.000 armes atomiques, l'Union soviétique ( la Russie ) environ le même nombre, la Grande-Bretagne et la France en ont plusieurs centaines et Israël en possède 150 ou plus". C'est la première fois qu'un président des Etats-Unis admet ouvertement que l'Etat hébreu, allié stratégique de Washington au Proche-Orient, dispose d'un arsenal atomique. Les responsables israéliens n'ont jamais reconnu l'existence d'un tel arsenal, une position que tous les gouvernements américains reprennent à leur compte même si la possession de bombes atomiques par l'Etat hébreu est, pour tous les spécialistes, un secret de Polichinelle. Reuters - Lundi 26 mai Version française Jean-Loup Fiévet

9 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

9-1 L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d’Israël. T

ony Blair marchait d'un pas nonchalant dans le hall de l'hôtel American Colony dans Jérusalem Occupée par Israël alors que je prenais le thé avec un ami.
L'ancien Premier ministre et actuel envoyé spécial du Quartet pour le "processus de paix" moribond, Blair est en ville pour donner l'illusion qu'il se passe quelque chose dans les longues négociations qui, selon les Palestiniens, ne mènent nulle part.
Par Michael Jansen
Blair montre sa tête un jour par mois alors que son équipe travaille dans l'hôtel, une grande demeure palestinienne en pierre acquise à la fin du 19ème siècle par un groupe d’Américains messianiques et des pèlerins chrétiens suédois qui accueillaient des hôtes contre paiement pour financer leur opération.
C’est insultant que Tony Blair ait pris ce site comme base parce que c’est un symbole de la Jérusalem arabe palestinienne depuis plus d'un siècle.
Insultant parce que Blair n'est pas ici pour aider les Palestiniens assiégés. Il est venu pour servir de couverture à la campagne de colonisation d’Israël en Cisjordanie, pour renforcer sa mainmise sur Jérusalem-Est, et l’aider à confiner quatre millions de Palestiniens dans la minuscule Gaza et les enclaves de Cisjordanie cernées par des terres ou la mer prises par les Israéliens.
La couverture est nécessaire parce que l'opinion publique internationale en a de plus en plus marre des efforts des gouvernements américains et européens pour réfréner l'appétit insatiable d’Israël de territoire palestinien.
Alors qu’il est ici, Blair a, apparemment, appelé divers associations et individus bien informés. Lui ou les membres de son entourage ont demandé des conseils sur la façon de rationaliser les 611 check points et barrages israéliens de Cisjordanie afin de faciliter le passage des Palestiniens et leurs marchandises.
Un diplomate a observé : «Il devrait dire à Israël de démanteler les check points et non de nous demander comment aider Israël à les rendre plus tolérables pour les Palestiniens."
Ray Dolphin, un consultant du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), a déclaré à Gulf Today que respect par Israël des clauses de la "Feuille de Route" était "inexistant". Bien qu’Israël soit obligé de mettre un terme à l'expansion des colonies, il poursuit sa colonisation.
Les 11 principales cités et villes de Cisjordanie sont séparées les unes des autres par 149 colonies israéliennes où vivent 480000 colons et 100 avant-postes de colons, les routes, le mur et d'autres obstacles et check points.
Alors que toutes les colonies et avant-postes israéliens - ces dernier étant illégaux au regard des propres lois israéliennes parce que non autorisés - ont l’accès à l’eau, des routes, l'électricité et la protection de l'armée, 200 villages palestiniens n'ont toujours pas l'eau après 41 ans d'occupation israélienne.
Israël est tenu, par le droit international, non seulement de s'abstenir d’installer ses propres citoyens en territoire occupé, mais aussi d’assurer le bien-être des habitants du territoire occupé.
Dolphin a fait remarquer que si les obstacles étaient vraiment destinés à empêcher les Palestiniens de s'infiltrer en Israël et de s'attaquer à ses citoyens, la majorité des check points et des barrages seraient installés le long de l'ancienne ligne verte, la ligne de cessez-le-feu établie en 1948-49.
Mais un grand nombre des check points sont installés autour de Jérusalem-Est et sont conçus pour séparer la ville de la Cisjordanie et refuser l'accès aux habitants de Cisjordanie
Au cours de la dernière visite du Secrétaire d'État américain, Condoleezza Rice, Israël a promis d’enlever au moins 50 check points et barrages routiers, la majorité des barrages étant non gardés. Sur une liste de 61 check points établie par OCHA, Israël affirme qu'il en a démantelé 44.
Toutefois, lorsque le personnel d’OCHA est allé pour vérifier, ils ont constaté que sur les 44, seuls cinq étaient sur la liste, 17 n'ont pas pu être trouvés même si Israël avait fourni les coordonnées GPS, et le reste de barrages enlevés étaient insignifiants.
Pour encore aggraver les choses, d’autres check points et barrages ont été construits et les anciens check points et obstacles installés lors de l’offensive militaire d’Ariel Sharon en 2002 n'ont jamais été enlevés.
Suivant l'exemple des Etats-Unis en Irak, Israël a également privatisé la sécurité en embauchant des sous-traitants pour gérer les check points. Ces sous-traitants sont des «professionnels», a déclaré Dolphin, et non des réservistes de l'armée ou des conscrits.
Bien que de nombreux soldats israéliens soient hostiles aux Palestiniens et les traitent durement sur les check points, d'autres adoptent une attitude plus humaine.
Les sous-traitants "professionnels" ne risquent pas d’agir ainsi parce qu'ils sont payés pour avoir une attitude dure. Par conséquent, la privatisation des check points est sensée rendre la vie des Palestiniens encore plus difficile qu'elle n’est déjà.
Samedi dernier, un ami m’a emmené à Jérusalem et nous sommes passés par le check point de Hizmeh. La file de voitures dans cette direction qui attendait s’étirait sur au moins deux kilomètres le long de la quatre-voies de Cisjordanie.
La plupart des voitures étaient palestiniennes, avec des plaques d’immatriculation jaunes et blanches de Jérusalem, mais il y avait aussi des véhicules de colons arborant des drapeaux israéliens.
Mon ami, un expert palestinien des barrages routiers et des check points, est passé à toute vitesse par un village et s’est approché de la file d’attente sur le côté, et s’est intercalé dans les trois files à l’avant du bouchon. Le check point est encadré des deux côtés par le mur, haut de huit mètres.
Nous avons rapidement franchi l’une des trois portes où des soldats israéliens inspectaient les papiers d’identité et fouillaient des véhicules suspects. Mais alors qu’on nous faisait signe de passer, nous avons dû nous frayer un chemin à côté d’une voiture d’un noir étincelant qui était arrêtée à l’intérieur du check point.
Deux jeunes femmes portant le foulard, des kurtas et des pantalons étaient debout sur la chaussée tandis qu'une troisième vêtue d'une veste rouge et sans foulard était poussée à l'arrière d'un véhicule blindé israélien par un soldat.
Mon compagnon a secoué la tête. La jeune femme qui venait d’être arrêtée allait passer des heures d'interrogatoire. Peut-être que c’était une Cisjordanienne qui tentait d'entrer à Jérusalem illégalement. Qui sait. "Les check points", a-t-il dit, "ne sont pas destinés à empêcher les kamikazes mais de nous compliquer la vie."
Blair et son bon ami George W. Bush, qui est en visite cette semaine, n'ont rien fait pour s'attaquer à la course d’obstacles d’Israël composée de check points, de barricades, de colonies, d’avant-postes et de l’ensemble mur-clôture. Ils définissent la forme et l'étendue de l'habitat palestinien en Cisjordanie.
Selon l'arrêt de la Cour internationale de Justice, 80% du tracé des 723 kilomètres du mur-clôture d'Israël violent le droit international. Seuls 20% sont construits à moins de 100 mètres de la Ligne verte.
Le doigt d'Ariel pénètre sur 22 kilomètres à l’intérieur de la Cisjordanie alors que le bloc nord de Kedumim-Shamron s’enfonce sur 14 kilomètres à l'intérieur du territoire.
Le tracé du mur-clôture dans cette région a été modifié, soi-disant pour améliorer les choses pour les Palestiniens vivant à l'ombre de cette construction. Mais, dit Dolphin, la construction de "deux doigts au lieu d'un éviscère les districts de Qalqilya et de Salfit".
L'énorme colonie urbaine de Maale Adumim, située sur des collines à 14 kilomètres à l'est de Jérusalem, couvre plus de territoire que Tel-Aviv.
Cette colonie a été conçue pour bloquer l'expansion naturelle des Palestiniens de Jérusalem vers l'est. Le mur-clôture est achevé à 60%, 10% sont en construction et les 30% restants sont prévus mais ils ne sont pas commencé parce qu’Israël prétend qu’il n'a plus d'argent.
3 à 4 milliards de dollars supplémentaires sont nécessaires pour terminer l’ensemble. Cela ne comprend pas l'entretien des structures existantes. Dolphin a suggéré qu’Israël aurait ralenti la construction en raison de contraintes politiques
Toutefois, si le mur-clôture est achevé comme prévu, 10% de la Cisjordanie se retrouvera derrière la barrière. "Les hommes politiques israéliens y font [déjà] référence comme étant la frontière et non la Ligne Verte. "
Dolphin dit qu'il y a une sorte d'accord tacite entre Israël, les États-Unis et l'Autorité Palestinienne pour qu'Israël annexe les grandes colonies construites sur 3 à 4% de la Cisjordanie et que les Palestiniens recevront une compensation territoriale équivalente.
Toutefois, ajoute-t’il, il est impossible pour Israël de compenser les 10%. La majorité des colons vivent dans les grandes colonies du côté israélien du mur alors que la majorité des colonies, avec 80.000 colons, sont situées du côté palestinien, à l'est du mur.
Certains colons dans les petites colonies appartiennent à des groupes radicaux idéologiques, mais la majorité de ceux qui vivent dans les colonies au nord-est de Jérusalem appartiennent au principal courant du Likoud qui ne peuvent pas être convaincus ou forcés de quitter le centre de la Cisjordanie.
Qu e peuvent faire Blair et Bush au sujet des check points, des colonies, des avant-postes et du mur?
Enlever quelques check points et avant-postes ne servira pas à mettre un terme à la colonisation israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ou à soulager la vie des Palestiniens qui y vivent. Israël
Les mécanismes israéliens de contrôle et d'expropriation/dépossession doit être mis hors de nuire et les «faits sur le terrain» d’Israël doivent être extirpés.
Mais, comme un collègue l’a un jour observé, "L'homme politique qui va sérieusement s'attaquer à Israël et changer sa politique d’occupation n’est pas encore né."
http://www.alterinfo.net/


9-2 Israël dirige t’il les USA ?

 Cette question est entrain de se poser de plus en plus aux Etats-Unis. Avec la bataille notamment des présidentielles aussi bien au niveau du Parti de l'Âne que du parti de l'Eléphant. Quel est le bon candidat....pour Israël ? C'est à croire que le monde nombrilissime se limite à Israël et aux Etats-Unis.
Aujourd'hui, fondamentalement et avec raison, beaucoup de personnes s'insurgent contre la nouvelle demande du Premier-Ministre israélien qui ferait mieux de régler ses problèmes personnels que de chercher encore une fois à vouloir diriger le monde.
Ce corrompu a osé demander hier à l'administration Bush de mettre en place un blocus aérien et maritime destiné à isoler l'Iran du reste du monde selon le quotidien israélien Haaretz.
Peut-on au moins une fois dire et rappeler à cet homme que son pays depuis 60 ans n'a jamais respecté une seule résolution des Nations-Unies ? Peut-on au moins lui dire qu'il n'est ni la lumière du monde ni un exemple pour la paix ?
L'arrogance qu'il a montré devant une délégation américaine conduite par Nancy Pelosi, présidente du Congrès, en lui intimant de faire en sorte que les sanctions contre l'Iran soient cette fois-ci plus "agressives" suggèrent quoi selon vous ? Voilà un loser, incapable de battre le Hezbollah qui s'accroche au pouvoir et ridiculise un peu plus l'Etat hébreu.
Au juste, au nom de quoi veut-on empêcher l'Iran d'être une puissance nucléaire ? Les Etats-Unis vous diront que c'est parce qu'il a signé le TNP (Traité de non prolifération). Or, cette escroquerie a un peu trop durée. Pour rappel, chacun peut partir quand il veut de cette vaste connerie qu'on fait signer aux petits pays alors qu'on s'est soit même doté de l'arme de dissuasion.
L'Evangile hypocrite selon Olmert est d'empêcher que les hommes d'affaires iraniens se déplacent dans le monde, que la flotte américaine et son aviation (l'US Navy et de l'US Air Force) encerclent l'Iran pour que sa flotte commerciale n'ait plus de réels mouvements.
L'Administration américaine qui se retrouve à 8 mois de sa fin de vie est sous pression. Faut-il encore donner à tort raison à une pseudo démocratie qui n'applique rien, foule aux pieds tous les principes fondamentaux des droits de l'homme avec sa programmation du génocide du peuple palestinien ?
22/05/05 Source: http://kamerunscoop.wordpress.com/ http://www.alterinfo.net/


9-3 Abdalhadi Abu Khousa : Les effets du blocus.

 Extrait Depuis les élections parlementaires palestiniennes de 2006, Israël et les Etats-Unis ont mené une campagne de sanctions internationales contre le Hamas et le gouvernement élu palestinien. Cette campagne s’est intensifiée en Juin 2007 Depuis lors, Gaza a été presque entièrement coupée du monde extérieur. Aujourd’hui, les conséquences du blocus imposé à la Bande de Gaza sont devenues plus visibles à cause de leurs effets sur tous les aspects de la vie. Sans nourriture, sans médicaments, électricité, fioul, eau potable et chauffage, les Gazaouis sont victimes d’une punition collective infligée par Israël. La souffrance, la violation de la dignité humaine, le stress et la peur d’une population civile sans défense sont incommensurables.
L’impact courant du long blocus sur la vie des Gazaouis se définit par :
La pauvreté
• 80% des familles à Gaza dépendent de la nourriture fournie par les aides sociales, comparés aux 63 % en 2006. Ce qui avoisine les 1,1 million de gens ( OCHA,2007)
• En 2007, les foyers dépensaient approximativement 62 % de leurs revenus en nourriture ; le chiffre était de 37 % en 2004. (WFP, 2007)
• Durant la seule période de Mai et Juin 2007, les prix courants pour la farine, le lait pour bébé et le riz ont augmenté de 34 %, 30 % et 20,5 % respectivement. (WFP,2007)
• Durant la période de Juin à Septembre 2007, le nombre de foyers qui gagnaient moins de $ 1,2 par personne et par jour a fait un bond de 55 % à 70 %. (WFP,2007)
L’effondrement économique
• En septembre 2000, quelques 24 000 Palestiniens sortaient de Gaza quotidiennement pour se rendre au travail en Israël (World Bank, 2006). Aujourd’hui, le chiffre est zéro.
• Le chômage à Gaza est près de 40 % à Gaza et on s’attend à ce qu’il atteigne les 50 %. (OCHA, 2007)
• Dans les mois qui ont précédé le blocus, à peu près 250 camions entraient quotidiennement à Gaza par le poste-frontière de Soufa avec de l’approvisionnement ; maintenant 45 camions au maximum y passent quotidiennement. Dans la plupart des cas, ce nombre est à peine atteint.
• 95 % des activités industrielles de Gaza sont suspendues à cause de l’embargo sur les matériaux bruts d’importation et le blocage sur les exportations (World Bank, 2007)
Les services de base
• Entre 40 à 50 millions de litres d’eaux usées sont déversées dans la mer quotidiennement (Oxfam, 2008)
• En conséquence des restrictions en fioul et électricité, les hôpitaux subissent à présent des coupures d’énergie qui durent de 8 à 12 heures chaque jour. Actuellement, le manque de diesel nécessaire aux générateurs des hôpitaux varie entre 60 à 70 % selon les rapports.
La santé
• 18,5 % des patients requérant un traitement d’urgence dans des hôpitaux à l’extérieur de Gaza se sont vus refuser le visa de sortie. (WHO, 2007)
• La proportion des patients autorisés à quitter Gaza pour raisons médicales a chuté de 89,3% en janvier 2007 à 64,3% en décembre 2007, une baisse sans précédent. (WHO,2007)
• Durant la période d’Octobre à Décembre 2007, WHO a confirmé la mort de 20 patients dont 5 enfants (parmi les personnes en attente d’un visa) (WHO,2007)
La situation actuelle dans la bande de Gaza est rapidement en train de dégénérer en terrible crise humanitaire.
La Société d’Aide Médicale Palestinienne (PMRS), en tant qu’une des plus grandes ONG dispensatrices d’aide médicale en Palestine pour 1,4 million de Palestiniens dans plus de 490 villes et villages en 2007, menace de suspendre ses services dans la bande de Gaza dans les prochains jours, du fait du blocus continu de Gaza, puisqu’elle n’a pas d’autre choix, sans médicaments, sans essence pour les transports de ses employés et pour les opérations, et peut-être même sans électricité.
• La PMRS sonne l’alarme sur le risque grave de catastrophe sanitaire et humanitaire, avec ses conséquences négatives sur ses services et programmes sanitaires, y compris ses services de premiers secours sanitaires, ses services de rééducation, ses cliniques mobiles, ses secours d’urgence, ses soins aux individus et aux communautés qui ne sont pas bénéficiaires de l’aide sociale. Tous ces services sont menacés d’être suspendus par les crises actuelles si nous n’agissons pas maintenant, de manière claire et efficace.
C’est pourquoi la PMRS appelle ses amis, ses supporters, les communautés internationales et tous ceux qui croient en l’inviolabilité des droits universels de l’homme et de la loi internationale dans le monde entier à exiger qu’Israël se plie à la loi humanitaire internationale et aux résolutions de l’ONU en mettant un terme immédiatement à sa politique de punition collective et au blocus de la bande de Gaza.
Abdalhadi Abu Khousa
Union of Palestinian Medical Relief Committees Source : Palestinian Medical Relief Society

Traduction : LZ de Palestine 13 http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=9014&type=communique&lesujet=Blocus

 


30/05/2008

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Début-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Début-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

Les Dossiers d'Irak -Début-

N° 363                          28/05/08 

Par M.Lemaire              


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : -Début-

Tiré à part :

Révélation : les USA avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire... avant de tuer deux journalistes.



Révélation : les USA avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire... avant de tuer deux journalistes.

DEMOCRACY NOW !  

EXCLUSIF : Un ancien sergent du renseignement militaire US révèle que les Etats-Unis avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire avant de tuer deux journalistes en 2003. Le mois dernier marquait le cinquième anniversaire du tir à l’obus effectué par des militaires US contre l’Hôtel Palestine à Bagdad. L’attaque coûta la vie à deux journalistes : le cameraman de Reuters Taras Protsyuk et José Couso, cameraman de la chaîne de télévision espagnole Telecinco. Le Pentagone a qualifié ces morts d’accidentelles mais dans cette émission exclusive, le Sergent Adrienne Kinne révèle qu’elle a vu des documents militaires secrets qui classaient l’hôtel comme « cible potentielle ». Kinne révèle aussi qu’elle reçut l’ordre de procéder à des écoutes d’Américains travaillant pour les médias et les ONG en Irak.

AMY GOODMAN : Beaucoup d’attention a été portée sur le cinquième anniversaire de l’invasion de l’Irak. Un autre anniversaire est passé quasiment inaperçu. Cela s’est passé quelques semaines après l’invasion. Le 8 avril 2003, l’armée US tira un obus contre l’hôtel Palestine à Bagdad, tuant deux journalistes : le cameraman de Reuters Taras Protsyuk et José Couso, cameraman de la chaîne de télévision espagnole Telecinco. Il y a un an, un juge espagnol a inculpé trois soldats US pour ces morts : le sergent Shawn Gibson, le capitaine Philip Wolford et le Lieutenant Colonel Philip DeCamp. Les trois hommes furent accusés d’homicide et de crime commis contre la communauté internationale. Le gouvernement Bush a refusé de livrer ces soldats pour être traduits en justice et ne les a pas inculpés non plus ici aux Etats-Unis. La Cour Suprême espagnole a récemment confirmé la juridiction de l’Espagne sur cette affaire. Dans la version américaine officielle des événements, plusieurs zones d’ombre sont apparues. L’hôtel Palestine était bien connu comme un lieu accueillant des journalistes venus pour couvrir la guerre. Les blindés US étaient trop loin pour avoir été attaqués par une lance-grenade depuis l’hôtel. Des témoins ont raconté n’avoir pratiquement pas entendu de coups de feu dans la zone de l’hôtel au cours des heures qui ont précédé l’attaque américaine. Et plus tôt dans la journée, deux autres médias avaient été frappés par l’armée US : la chaîne de télévision d’Abu Dhabi, et la chaîne par satellite Al Jazeera, tuant leur correspondant Tareq Ayoub. Dans quelques instants, un vétéran de la guerre un Irak me rejoindra pour nous révéler une nouvelle information qui pourrait indiquer que les Etats-Unis ont délibérément attaqué l’hôtel Palestine. Mais d’abord, je voudrais présenter le documentaire « Hôtel Palestine : Killing the Witness » (Hôtel Palestine : meurtre du témoin), produit par la chaîne de José Couso, Telecinco. Il fut diffusé à la télévision espagnole. Il inclut des interviews de nombreux journalistes qui se trouvaient dans l’hôtel Palestine et qui ont emmené José Couso d’urgence à l’hôpital. Cet extrait commence par des scènes prises à l’intérieur de l’hôtel Palestine quelques instants avant l’attaque US. Une précision pour le public : certaines images sont difficiles.

NARRATEUR : l’obus explose avant de frapper la façade de l’hôtel et des éclats se répandent sur les étages supérieurs. La salle de Reuters a été sérieusement touchée. Prés du balcon, le cameraman Taras Protsyuk encaisse l’explosion de plein fouet et s’écroule, mortellement touché. Paul Pasquale le trouve au sol, couvert de sang.

JON SISTIAGA : Avant d’arriver à Couso, je n’arrivais pas à croire que c’étaient les américains. Il était encore conscient et il m’a dit que c’était le tank.

ANTONIO BAQUERO : Soudain j’ai vu le balcon endommagé. C’était au 15eme étage. J’ai commencé à compter. Un, deux, trois, quatre, cinq… quinze. Ils avaient frappé la salle de Reuters. La première idée qui m’a traversé l’esprit fût « Merde, Couso est en dessous »

JON SISTIAGA : C’était le tank, parce que Couso a vu comment ils lui avaient tiré dessus. Il regardait le tank lorsqu’il fut frappé. Il était conscient de qui l’avait tué.

ANTONIO BAQUERO : Puis j’ai vu la camera au sol, détruite, et une mare de sang. Cette image est gravée dans ma mémoire. Je me souviens que j’ai arrêté de répéter « Mon Dieu, mon Dieu ».

NARRATEUR : plusieurs personnes aident à préparer Couso pour son transport à l’hôpital. Ils l’ont placé sur un matelas et posé un garrot d’urgence. Il mourra s’ils n’arrivent pas à arrêter l’hémorragie.

JON SISTIAGA : Un irakien que je ne connaissais pas et à qui nous devrons être reconnaissants pour le reste de nos vies m’a offert sa voiture, une vielle Lada soviétique, et nous avons réussi à y placer Couso avec l’aide de Jorge Pliego, un cameraman mexicain ami de Couso.

JORGE PLIEGO : Nous l’avons mis dans la voiture, et pendant tout ce temps je parlais à Couso. Je le connaissais bien. Je savais que sa femme s’appelait Lola et qu’il avait deux enfants. Sur le chemin de l’hôpital, je lui parlais. « Couso, il faut que tu fasses appel à toute ton énergie. Tu as deux enfants. Lola t’attend. Tu dois te battre ». Je lui ai dit que c’était comme dans les films, qu’il ne pouvait pas s’endormir ou s’évanouir. Il devait continuer de parler, pour arriver à l’hôpital fort et déterminé. Il m’a dit « d’accord » comme dans les films. A un moment, il dit « Ma jambe est dans un sale état, n’est-ce pas ? » J’ai dit « Non ! lorsque nous arriverons, nous allons la recoudre. » J’ai été particulièrement frappé par le fait que Couso se plaignait.

JORGE SISTIAGA : Puis il a dit « pourquoi le tank a tiré sur nous ? Où m’emmenez-vous ? Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce qu’on me filme ? Ne laissez pas ma famille voir ça. Ne laissez pas mes enfants voir ça. »

AMY GOODMAN : José Couso est mort à l’hôpital. C’était un extrait du documentaire sur l’attaque contre l’hôtel Palestine (…) Adrienne Kinne nous rejoint maintenant. Elle est un ancien sergent de l’Armée et travaillait pour les services de renseignement militaires en Irak. Elle a servi dans l’armée pendant 10 ans, de 1994 à 2004. (…)

AMY GOODMAN : Adrienne, pouvez-vous nous parler de votre travail au sein du renseignement militaire dans la période avant et après l’invasion ? Dites nous ce que vous faisiez et où vous étiez.

ADRIENNE KINNE : j’étais basée à Fort Gordon, Géorgie, et j’ai été mobilisée peu après le 11 septembre (…). C’était un travail de renseignement qui ne ressemblait à rien de ce que j’avais fait avant. Ce nouveau travail consistait à intercepter les communications téléphoniques en Irak et Afghanistan et généralement sur une énorme zone de la région autour de ces deux pays. C’était vraiment nouveau, nous étions environ une vingtaine affectés à cette nouvelle mission, à la faire marcher. Tout au début de l’opération, les communications téléphoniques par satellite dans la région étaient simplement interceptées et transmises aux Etats-Unis où elles atterrissaient dans notre ordinateur, et là nous les passions en revue. Aucun numéro n’était identifié. Donc, au début, le travail consistait essentiellement à passer en revue des milliers et des milliers de conversations téléphoniques anonymes, en tentant de découvrir à qui appartenait tel numéro, et rechercher des informations qui pouvaient être en rapport avec les opérations militaires en Afghanistan et, plus tard, en Irak.

AG : A quelle époque faisiez vous des écoutes en Irak ?

AK : Nous avons commencé à écouter toute la région pratiquement dés le début. Je crois que c’était en décembre 2001. J’ai été mobilisée d’octobre 2001 à aout 2003. J’ai donc essentiellement travaillé pour cette mission de décembre (2001) à aout 2003. Au fur et à mesure que nous réussissions à identifier les numéros, une chose commençait à me préoccuper : nous identifions de plus en plus de numéros qui n’avaient aucun rapport avec le terrorisme ou des militaires – militaires en Irak , Afghanistan ou même ailleurs – mais de plus en plus d’ONG, dont la Croix Rouge , le Croissant Rouge, Médecins Sans Frontières, et tout un tas d’organisations humanitaires, et aussi des journalistes.

AG : des journalistes où ?

AK : je me souviens de bribes de conversations que nous écoutions lorsque j’étais de service. Je voudrais juste dire qu’à l’époque je prenais mon travail très au sérieux. J’avais un niveau d’habilitation très élevée, niveau renseignement militaire. Je ne prenais jamais de notes. Je ne sortais aucun document du bâtiment. Je ne parlais jamais de mon travail à mes amis ou à ma famille. Mais il y avait des choses qui se passaient au fur et à mesure qui me paraissaient très mal, et je m’en souviens très précisément. Un exemple fut lorsque nous écoutions des journalistes qui résidaient à l’hôtel Palestine. Et je m’en souviens parce que pendant les préparatifs de l’opération Choc et Stupeur, pour laquelle ceux de mon unité étaient très enthousiastes, l’hôtel Palestine était dans la liste des cibles potentielles. Et je m’en souviens précisément parce qu’en me rendant compte qu’il y avait des journalistes dans cet hôtel et que l’hôtel était dans la liste de cibles potentielles, je suis allé voir mon supérieur et je lui ai dit qu’il y avait des journalistes dans cet hôtel qui se croyaient en sécurité et pourtant l’hôtel était une cible potentielle et qu’il y avait quelque chose qui clochait et j’ai demandé si nous ne ferions pas mieux d’avertir quelqu’un. Malheureusement, l’officier, comme à chaque fois que je soulevais une question au sujet des informations que nous collections ou des renseignements que nous transmettions, m’a dit en substance que mon travail n’était pas d’analyser. Mon travail était de transmettre l’information et que quelqu’un quelque part dans la chaîne de commandement savait ce qu’il faisait.

AG : Qui était l’officier ? AK : Il s’appelait John Berry.

AG : lorsque vous avez vu cette liste de cibles, qui comprenait l’hôtel Palestine, Où étiez vous ? Pourquoi l’avez vu vue ? Comment l’avez-vous eue ?

AK : C’était en fait un courrier électronique. Je travaillais dans un bâtiment sécurisé, et on nous informait de temps en temps sur ce qui se passait dehors. En réalité, je ne sais pas pourquoi nous avons reçu par courrier électronique cette liste de cibles potentielles. Je ne suis même pas certaine dans quelles conditions il nous fut adressé. Je présume qu’il s’agissait juste d’une démarche pour nous tenir informés de ce qui se passait sur le terrain, étant donné notre mission. Mais la raison pour laquelle je me souviens précisément de ce courrier là, c’est que j’avais écouté les journalistes qui logeaient à l’hôtel Palestine, qui parlaient avec leurs familles et proches, qui tentaient de les rassurer, leur disant qu’ils étaient en sécurité. Puis lorsque j’ai vu le nom de l’hôtel dans la liste, j’ai pensé qu’il y avait quelque chose qui clochait sérieusement. ( … )

AG : Vous souvenez-vous d’autres cibles de cette liste que vous avez reçue, que vous avez vue ?

AK : Je ne m’en souviens plus. Je me souviens de l’hôtel parce que je savais qu’il y avait des gens là-bas qui se croyaient en sécurité. C’est uniquement pour cette raison que je m’en souviens.

AG : Lorsque vous dites qu’ils se croyaient en sécurité, vous rappelez-vous les conversations que vous avez écoutées ?

AK : La plupart étaient, vous savez, des employés de l’hôtel, des journalistes qui appelaient leurs amis et proches aux Etats-Unis et nous écoutions les deux côtés de la conversation. C’était des gens qui appelaient leurs proches au milieu de la nuit et – vous savez, les gens étaient très préoccupés à cause des préparatifs de l’opération Choc et Stupeur et que Bagdad allait être sévèrement bombardé par notre armée. Tout ce monde se faisait du souci pour sa sécurité. Les journalistes à l’hôtel ne formaient pas une exception.

AG : Vous être traductrice, interprète, de l’arabe. Pourquoi écoutiez-vous des conversations dans d’autres langues que l’arabe ?

AK : C’était la mission qu’on nous avait confiée. Cela ne ressemblait à rien de ce que j’avais fait auparavant. J’avais déjà travaillé dans le même bâtiment. A l’époque, tout était très structuré. On confiait des missions précises, des cibles précises, dans la langue de chacun, et nous étions très encadrés sur les procédures de collecte d’information. Et tout était très étroitement surveillé. Je me souviens, peut-être en 1997, que j’écoutais un extrait d’information militaire en provenance d’un pays du Moyen Orient. Le rapport rédigé mentionnait qu’un Américain était en visite au Moyen Orient, en mission diplomatique. Et parce que le nom d’un Américain apparaissait dans cette transmission précise, nous avons estimé qu’il s’agissait d’un viol de notre mission, qui interdit la collecte d’informations sur des citoyens américains. Le résultat fut que nous avons détruit toute trace de cette communication. Après le 11 Septembre, nous avons été mobilisés et on nous a confié cette nouvelle mission. Ce fut un bouleversement très frappant d’intercepter toutes ces communications par satellite dont la majorité des conversations n’étaient pas en Arabe. Il y avait des langues que nous ne pouvions pas traduire, faute de compétences. On avait du Chinois, du Japonais, du Tagalog, du Tadjik, beaucoup de Dari, du Persan, du Pashto, un peu d’Arabe, mais pas beaucoup. Donc nous passions notre temps à identifier les numéros. Au fur et à mesure que nous identifiions des numéros appartenant à des organisations humanitaires ou à des journalistes, nous avions la possibilité de les filtrer et ignorer leur interception, mais à cause d’instructions données à notre officier supérieur, nous ne l’avons pas fait.

AG : vous avez écouté les conversations des ONG ? AK : Oui

AG : C’est illégal. Vous n’êtes pas censée les écouter.

AK : Exact. D’ailleurs, il m’est arrivé d’écouter une conversation entre deux membres d’une ONG, un Britannique et un Américain. Et lors que la conversation, le Britannique a dit à l’Américain « Fais attention, les Américains nous écoutent ». Ils ne parlaient pas de quelque chose de compromettant. C’était juste des conversations de bureau, quoi. Mais l’Américain a répondu « Ils ne peuvent pas m’écouter. Je suis un citoyen américain. Je suis protégé par USSID 18 ». USSID est une directive aux services de renseignement militaire qui interdit la collecte de renseignements sur des citoyens américains, et ceci inclut ceux des pays alliés avec lesquels nous avons signé des accords contraignants. Alors lorsque j’ai écouté la conversation, j’ai soulevé les sourcils parce que j’étais justement en train d’écouter et de recueillir des informations sur des Américains. Alors j’en ai référé à mon officier supérieur. Et au lieu de se préoccuper du fait que nous étions en train d’espionner un Américain et en train de violer la loi et la Constitution , il était outré par le fait qu’un Américain ose mentionner USSID 18 à un non-Américain, comme si le fait que les Américains avaient le droit de ne pas être espionnés était une information classifiée. Peu après, on nous a donné l’autorisation d’écouter des Américains et tout autre citoyen de tout pays, allié ou non – de toute organisation, ONG, journalistes… et on nous a donné deux raisons à cela. La première était qu’ils étaient nos yeux sur le terrain et qu’ils pouvaient tomber sur des armes de destruction massive et que s’ils en faisaient part à leurs collègues nous devions être à l’écoute pour savoir où elles se trouvaient, et ensuite passer l’information à nos supérieurs. L’autre raison donnée pour espionner des Américains était qu’un particulier ou une organisation pouvait perdre son téléphone satellitaire et qu’un terroriste pouvait le ramasser et l’utiliser. Il fallait donc écouter toutes ces conversations au cas où. Vous savez, pendant tout ce temps, je n’avais absolument aucune idée de ce qui se passait ailleurs dans les services de renseignement militaire, dans le reste du gouvernement. Tout est si compartimenté que vous ne savez pas forcément ce que fait la personne assise à côté de vous, encore moins dans une autre salle, dans un autre bâtiment, dans une autre ville. Ainsi, ce n’est que lorsque le New York Times a publié un article sur les écoutes à domicile menées par la NSA que j’ai vraiment commencé à réfléchir sur ce que nous étions en train de faire, sur ma mission et sur nos écoutes de citoyens américains - le tout avec des justifications très minces. Après avoir vu le documentaire « No End in Sight », j’ai vu qu’il y avait effectivement eu des gens sur le terrain qui découvraient des caches d’armes et qui tentaient d’appeler l’armée pour les signaler, pensant que ce serait une bonne idée de monter la garde autour des caches. Et les militaires n’avaient tout simplement pas les capacités pour accéder à toutes ces caches. Ainsi, il y avait ces gens sur le terrain qui tentaient de nous avertir et nous ne pouvions rien faire. Alors je ne comprends pas pourquoi on nous a donné une telle explication pour ces écoutes. J’ai du mal à comprendre.

AG : Je voudrais revenir sur le documentaire « Hôtel Palestine : Killing the Witness », produit par la chaîne de José Couso, Telecinco. En plus des nombreuses interviews de journalistes qui se trouvaient à l’hôtel Palestine, on entendra aussi les deux soldats inculpés par l’Espagne, le sergent Shawn Gibson et le Lieutenant Philip DeCamp.

NARRATEUR : Gibson tourne le canon vers l’hôtel et demande au Capitaine Wolford la permission de tirer, mais hésite encore.

SGT SHAWN GIBSON : J’ai hésité malgré tout. Vous comprenez ? J’ai hésité.

PASCALE BOURGAUX : Je sais.

SGT SHAWN GIBSON : D’accord ? J’ai pris mon temps, et j’ai appelé pour être sûr de ce que je voyais et cela fût confirmé par une autre source.

NARRATEUR : La décision ne fut pas prise dans le feu de la bataille. Dix minutes passent avant que Gibson ne reçoive l’ordre de tirer.

SGT SHAWN GIBSON : Nous ne savions pas qu’il y avait des journalistes dans l’hôtel Palestine. Si nous l’avions su, nous n’aurions pas tiré. Je ne sais même pas si l’armée US était au courant. Je ne sais pas, OK ? Si quelqu’un le savait, l’information n’est pas arrivée jusqu’à moi.

CHRIS TOMLINSON : Ce que Colonel Perkins et Colonel DeCamp m’ont dit est que, avant leur arrivée à Bagdad le 17 avril, ils n’avaient pas d’information sur l’hôtel Palestine ou sur la présence de journalistes occidentaux. NARRATEUR : Lorsque Colin Powell visite l’Espagne le 2 mai, il confirme ce que tout le monde présumait. Le commandement militaire était parfaitement au courant de la présence de journalistes dans l’hôtel Palestine.

COLIN POWELL : Nous savions pour l’hôtel. Nous savions que c’était un hôtel qui avait des journalistes, et d’autres aussi, et c’est la raison pour laquelle il n’a pas été attaqué pendant la campagne de bombardement aérien. NARRATEUR : les généraux qui suivaient les combats depuis leur QG au Qatar ont rapidement vu l’incident être répercuté par les télévisions du monde entier et ont appelé Bagdad pour exiger une explication.

CHRIS TOMLINSON : Les images sont passées à la télévision et les commandants – des généraux de deux et trois étoiles – leur ont envoyé un message « Qu’est-ce que vous faites en train de tirer sur l’hôtel Palestine ? » NARRATEUR : Tomlinson entend des conversations à la radio au sujet de l’incident. Le Lieutenant Colonel DeCamp est informé de l’attaque par ses supérieurs et crie par radio.

LT COLONEL PHILIP DeCAMP : Avez-vous tiré sur l’hôtel Palestine ?

CHRIS TOMLINSON : La manière dont il a posé la question prêtait à confusion. Lorsqu’il a demandé au Capitaine Wolford s’il avait tiré sur l’hôtel Palestine, il présumait que le capitaine Wolford ne l’avait pas fait.

Sgt SHAWN GIBSON : Je voudrais que cela ne soit jamais arrivé, mais c’est arrivé. Je prie Dieu et Lui demande pardon, avec mes sincères excuses et condoléances à leurs familles. Ce ne fut pas intentionnel.

CHRIS TOMLINSON : Il y avait ce sentiment dans la chaîne de commandement, de Perkins à DeCamp à Wolford, jusqu’en bas à Shawn Gibson, qu’ils avaient vraiment foirés – je peux vous dire que le capitaine Wolford était visiblement très bouleversé lorsque je l’ai vu une heure ou deux après. Il était très bouleversé. Le sergent Gibson était très bouleversé. Le Colonel DeCamp était à l’évidence très en colère.

NARRATEUR : les journalistes espagnols ne sont pas aussi compréhensifs que Tomlinson sur le comportement de l’officier. Les trois attaques le 8 avril leur font penser que l’armée US ne voulait pas de témoins.

JON SISTIAGA : Mon opinion ? Mon opinion est qu’il y a eu une volonté délibérée de tirer sur un hôtel de journalistes.

JOURNALISTE : Ils savaient parfaitement que nous étions là, et ce ne fut pas une erreur. Il ne pouvait pas y avoir d’erreur.

JON SISTIAGA : D’abord, ils se sont débarrassés des locaux de la télévision Al Jazeera. Une demi-heure plus tard, ils tirent sur les locaux de la télévision d’Abu Dhabi. Et une demi-heure après, le même tank – pourquoi pas ? – tire sur l’hôtel où se trouvent des journalistes internationaux.

JOURNALISTE : Je ne sais pas dans quelle mesure les Américains savaient que le dénouement de la guerre serait si facile pour eux.

JON SISTIAGA : Et ce qu’ils ne voulaient en aucun cas c’était près de 300 journalistes qui n’étaient pas Américains et qui n’étaient pas sous leur contrôle, c’est-à-dire qui n’allaient pas exercer une autocensure patriotique, et qui étaient prêts à couvrir les événements.

AG : Adrienne Kinne, qui vous donnait les instructions pour les écoutes ?

AK : A peu près toutes mes instructions venaient de mon officier supérieur, John Berry, qui nous commandait pendant toute la durée de la mobilisation.

AG : Vous saviez que ce que vous faisiez était illégal ?

AK : Ce qui est sûr, c’est que je savais que le renseignement militaire n’était pas censé faire ce que nous faisions, et que je n’avais jamais fait auparavant. A cette époque, j’avais été membre de l’armée pendant plus de six ans, dont quatre ans de service actif. C’était quelque chose que nous prenions extrêmement au sérieux. Mais les gens ont profondément ressenti le 11 Septembre et la crainte du terrorisme. En fait, mon officier supérieur a dit pendant les préparatifs de l’opération Choc et Stupeur que nous tenions finalement notre revanche du 11 septembre et que nous allions bombarder ces barbares et les envoyer en enfer. C’était le genre de discours qui émanait de l’officier le plus gradé d’entre nous. Sans parler du racisme et de la déshumanisation qui sont rampants dans l’armée, ça touche tout le monde, pas uniquement ceux sur le terrain en Irak ou Afghanistan, mais aussi ceux qui travaillaient dans des bureaux aux Etats-Unis. Et les gens ont été effrayés, effrayés par l’inconnu, et ils ont cru le gouvernement lorsqu’ils ont dit que l’Irak était lié aux attentats du 11 septembre. Ils s’en sont servis pour justifier des tas de choses que n’aurions pas dû faire.

AG : Pour revenir un peu en arrière, qu’est-ce que vous avez précisément entendu en écoutant les ONG. Quelles ONG avez-vous écoutées ?

AK : Je ne me souviens que de bribes, de quelques noms. Je me souviens d’avoir vu – sur nos écrans d’ordinateur, il y avait des conversations qui apparaissaient et le numéro s’affichait, l’heure de la conversation et le nom de l’organisation, dans le cas où nous avions réussi à identifier le propriétaire du numéro. De nombreuses conversations n’avaient pas été identifiées, parce que nous n’avions tout simplement pas assez de personnes pour y travailler. Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles notre malheur fut que le gouvernement avait décidé de ratisser si large, jusqu’à collecter les conversations de Médecins Sans Frontières, de la Croix Rouge Internationale, du Croissant Rouge. Ce sont celles dont je me souviens le mieux, mais je sais qu’il y en avait d’autres. Et parce que nous écoutions ces conversations au lieu de les ignorer dans notre système, ce qui était possible, il y a eu énormément de conversations non identifiées que nous n’avions pas le temps de traiter. Je pense que c’est un des problèmes avec notre gouvernement, le fait qu’il ait ratissé si large et intercepté une telle quantité de conversations. Il en résulte que beaucoup de choses passent à travers les mailles du filet. Si nous pouvions retourner aux bonnes vieilles méthodes qui consistent à tenter de collecter des informations sur les terroristes au lieu de les collecter sur des citoyens américains, nous aurions peut-être l’occasion d’obtenir des informations utiles

AG : A partir de quand avez-vous commencé à déplacer vos écoutes de l’Afghanistan vers l’Irak ?

AK : Pour ce que j’en sais, le système d’écoute interceptait les conversations sur une vaste partie de la région. Pour ce que je m’en souviens, notre mission couvrait toute la région, l’Irak, l’Afghanistan et tous les environs, et ce pendant toute la durée de notre mobilisation. Je me souviens que notre attention s’est déplacée de l’Afghanistan vers l’Irak avant notre invasion et l’opération Choc et Stupeur. Mais je ne me souviens pas du moment précis.

AG : Pouvez-vous nous parler des renseignements d’avant-guerre ? Quelles informations recueilliez-vous ? Vous traduisiez de l’arabe ?

AK : Avant le 11 septembre, lorsque j’étais mobilisée, tout semblait incroyablement légitime. Nous collections des informations sur des cibles au Moyen Orient en fonctions de la langue que nous maîtrisions. Il y avait un contrôle. Des linguistes expérimentés qui révisaient et contrôlaient nos traductions. Il y avait des procédures précises. Il y a avait beaucoup de contrôle et de procédures lorsque nous travaillions pour le renseignement militaire. Et je ne sais pas si c’est parce que nous n’avions pas assez de personnel, pas assez de contrôle, ou parce que tout était devenu si chaotique dans l’armée après le 11 septembre, mais une bonne partie des procédures et des contrôles sont passées par la fenêtre – nous n’avions même plus de linguistes expérimentés dans notre mission pour contrôler nos traductions. Nous n’étions qu’une douzaine de réservistes mobilisés et chargés d’une nouvelle mission et laissés sans grand contrôle.

 AG : Vous avez traduit des informations de Congrès National Irakien ?

AK : Oui. Pendant ma mobilisation, je pense que c’était juste après Choc et Stupeur, nous avons reçu une télécopie de plusieurs pages. Lorsque nous avons commencé la traduction, nous avons réalisé que le document décrivait l’emplacement de toutes les armes de destruction massive en Irak. Etant donné la nature du document, et dès que nous l’avons réalisé, la traduction fut transmise immédiatement sous forme de rapport critique à la Maison Blanche. Puis nous avons repris la traduction et nous envoyions des corrections si nécessaire. Un rapport critique, c’est un document qui, lorsqu’il obéit à certains critères, doit être transmis à la Maison Blanche dans le quart d’heure qui suit. C’est ce que nous avons fait. En fait, lorsque j’ai commence à traduire la télécopie avec mes collègues, pendant un moment j’ai pensé que le gouvernement avait peut-être raison, peut-être que notre armée avait raison, peut-être que l’Irak avait effectivement toutes ces armes et qu’ils avaient l’intention de s’en servir, et que l’invasion était peut-être justifiée. J’étais contre l’invasion de l’Irak. En fait, j’étais même contre l’invasion de l’Afghanistan, parce que je pense que nous agissions ainsi pour de mauvaises raisons. Mais lorsque nous avons commencé à traduire la télécopie, j’ai pensé que j’avais peut-être tort. Mais il m’a fallu dix minutes pour commencer à me poser des questions sur l’origine de la télécopie. J’ai commencé à me rendre compte que le fait de recevoir un bout de papier ne constitue pas une preuve. Et lorsque j’ai fait part de mes réserves à mon supérieur, encore une fois il m’a dit « votre boulot c’est de collecter, vous n’êtes pas un analyste », et que d’autres allaient analyser l’information. « Contenez vous de collecter et transmettre, collecter et transmettre ». Il répondait toujours ça. Peu après notre démobilisation, je lisais des journaux et j’ai vu un petit article qui disait qu’on avait découvert que le Congrès National Irakien était en réalité en train de nous désinformer. J’ai tout de suite pensé à la télécopie et je me suis demandée dans quelle mesure elle avait été utilisée pour justifier l’invasion de l’Irak. En faisant ensuite des recherches sur le Congrès National Irakien, j’ai découvert que de hauts conseillers militaires tentaient, depuis décembre 2002, ou même avant, de mettre en garde sur la fiabilité du Congrès National Irakien, que ce dernier n’était pas une source d’information fiable. Alors, pourquoi avons-nous laissé passer une telle information pour justifier l’invasion ? Pour ce que j’en sais, si on découvre qu’un rapport critique est faux, on l’annule. A la fin de notre mobilisation, notre officier supérieur a dit que notre rapport fut l’unique rapport critique à être annulé. Malgré cela, au mois d’aout 2003, il y avait encore des gens qui passaient l’information comme si elle était fiable. Entretemps, on découvrait que des gens savaient depuis longtemps que le Congrès National Irakien n’était pas une source fiable.

AG : Pourquoi avez-vous décidé de parler ?

AK : Lorsque j’ai quitté l’armée, j’ai vu ce qui se passait, mais je voulais aider mes compagnons soldats. J’ai mis toute mon énergie à passer mon diplôme et décrocher une poste à l’hôpital de VA [VA = Virginia, Etat de Virginie ? - NDT]. Et j’ai longtemps milité. J’ai pensé que militer voulait dire tenter de changer les choses au Congrès, d’y faire élire Démocrates à la place des Républicains. C’est essentiellement à ça que j’ai passé mon temps en 2005 et 2006, jusqu’aux élections. Lorsque les Démocrates ont pris le contrôle du Congrès en 2006, j’ai vraiment pensé que quelque chose allait changer. J’avais un espoir de voir la guerre s’arrêter. C’est à peu près à la même époque que j’ai déménagé au Vermont, au début de l’année 2007. Je m’attendais à un changement de politique, un changement dans notre gouvernement et dans la société. Puis l’escalade fut annoncée et le Congrès a laissé faire. C’est là que j’ai compris que si on veut un changement, il faut faire partie du changement. J’ai fini par participer à ma première manifestation contre la guerre, à Washington DC, le 27 janvier 2007. Ce jour-là, j’ai rejoint les Vétérans d’Irak Contre la Guerre. Ma vie a changé. J’ai su que j’étais devenue une partie de quelque chose, d’une lutte, avec des compagnons vétérans et des soldats qui avaient tous été affectés par la guerre contre le terrorisme. Nous venions d’horizons si divers. Nous avions de tout, des anarchistes, des socialistes, des libertaires, des Républicains, des conservateurs, des progressistes, des Démocrates, des Verts – d’un bord politique à l’autre. Nous étions pourtant tous engagés dans la lutte pour les trois points des Vétérans d’Irak Contre la Guerre  : le retrait immédiat de l’Irak, l’indemnisation du peuple Irakien et le versement complet des pensions aux vétérans. Voir tant de gens se rassembler dans une organisation qui continue de grossir grâce au travail des organisations de base, c’est quelque chose qui vous fait vraiment ressentir que vous pouvez faire partie de quelque chose de meilleur et contribuer au changement auquel vous aspirez. Je suis donc très reconnaissante d’avoir rencontré les Vétérans d’Irak Contre la Guerre et qu’ils m’aient fait une petite place au sein de leur organisation, même si je n’avais pas été sur le terrain. Mais à cause de mes états de service, et parce que j’avais à ma manière participé à la guerre en Irak, et que je suis aussi déterminée que n’importe quel membre de l’organisation à mettre fin à l’occupation, ils m’ont acceptée.

AG : Avez-vous des craintes de vous exprimer, étant donné le niveau d’habilitation que vous aviez ? Quel était votre niveau ?

AK : Oui, j’ai des craintes. Au début, lorsque j’ai rejoint l’organisation, je ne leur disais pas exactement ce que j’avais fait. Je disais que j’avais écouté des conversations téléphoniques en Irak, et c’était à peu prés tout. Ce fut l’année dernière, je participais au Forum Social US, et dans cet atmosphère où se côtoyaient autant d’organisations et de gens engagés, qui voulaient changer les choses, qui s’exprimaient contre la torture, contre l’espionnage, j’ai réalisé que je connaissais certaines choses, que j’avais vécu quelque chose que peu de gens avaient vécue et que le fait de partager mon expérience pouvait encourager des gens à s’exprimer contre notre gouvernement, et que c’était juste. Alors je me devais de le faire. Il est certain qu’il m’est souvent arrivé de craindre les réactions du gouvernement. Mais je crois fermement que si notre gouvernement avait défendu la Constitution , au lieu de la violer, je ne me serais jamais retrouvée dans une telle situation. En violant leur serment au peuple américain, en violant la Constitution , c’est le gouvernement qui a crée cette situation, pas moi.

AG : Pour conclure, après avoir écouté les extraits du documentaire, en sachant que vous avez vu la liste de cibles potentielles, que l’hôtel Palestine y figurait, que vous inspire la mort, le 8 avril 2008, du cameraman de Reuters Taras Protsyuk et de José Couso, de Telecinco ?  AK : C’est tellement frustrant. Ne pas savoir si on aurait pu ou non l’empêcher. Ne pas avoir su ce qui se passait sur le terrain, ne pas savoir si certains avaient été avertis que l’hôtel Palestine était une cible potentielle, ne pas savoir si c’est la raison pour laquelle il fut finalement attaqué ; ne pas savoir qui a pris la décision. J’étais tout en bas de l’échelle du renseignement militaire et je peux raconter ce que j’ai vu et ce dont j’ai été témoin, mais ne pas savoir ce qui se passe dans les échelons supérieurs, je crois que c’est cela qui me pousse à parler – parce que j’espère sincèrement que d’autres, qui en savent beaucoup plus que moi, se décideront en quelque sorte à m’imiter, à faire ce qui est juste, à faire comme moi.

 

Traduction VD pour le Grand Soir

 Note du traducteur : l’ordre de certains paragraphes a été légèrement remanié pour la traduction afin de rendre le texte plus lisible et éliminer les retours arrière pour cause de coupure de ligne avec l’interviewée. http://www.legrandsoir.info/

23 mai 2008 GOODMAN Amy

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Suite1-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Suite1-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

Les Dossiers d'Irak  -Suite1-

N° 363                          28/05/08 

Par M.Lemaire              


Sommaire : -Suite1-

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Maxime Vivas : Hôtel Palestine : Journaliste assassiné : la honte de RSF en sept dates.

1-2 Jacques-Marie Bourget : Robert Ménard, l’aventurier.

1-3 Noah Shachtman : Objectif de l'armée de l'Air US : « Contrôle Total de La Totalité des Ordinateurs »

3 Dossier & Point de vue  

3-1 Bill Van Auken : Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information   

1-1 Maxime Vivas : Hôtel Palestine : Journaliste assassiné : la honte de RSF en sept dates. Résumé de l'affaire :
1 - Le 8 avril 2003, tir d'un char US contre l'hôtel Palestine où se trouvaient des centaines de journalistes étrangers : mort du cameraman espagnol José Couso et de son collègue ukrainien Taras Protsyuk. Le jour même, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) publiait un communiqué approuvant la démarche de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) qui demandait une enquête indépendante pour faire toute la lumière. On y lisait : « La FIJ qualifi[e] de « crime de guerre » l'attaque de ce jour contre l'hôtel ».
2- Le 15 janvier 2004, après enquête, RSF concluait que les trois militaires impliqués n'étaient pas coupables.
3 -En mai 2006 sur son site Internet, la famille de José Couso, exigeait que RSF se retire du dossier pour clause de flagrante complaisance envers les tueurs.
4- Le 16 janvier 2007, le juge madrilène Santiago Pedraz émettait un mandat d'arrêt international pour l'« assassinat » de José Couso à l'encontre de trois militaires américains acquittés par RSF.
5- Le 13 mai 2008, une militaire US, ancien agent des services de renseignements, déclarait à la presse que l'hôtel Palestine était bien une cible militaire potentielle de l'armée US. Elle ajoutait que son travail à Bagdad consistait en outre à espionner les journalistes (par mise sur écoute).
6- Le 19 mai 2008, par un communiqué flegmatique, RSF confessait que « le Pentagone avait identifié l'hôtel Palestine comme cible militaire potentielle ». Le communiqué faisait l'impasse sur le scandale de la mise des journalistes sur écoute et il se terminait par les justifications d'un des tueurs.
Je consacre tout un chapitre aux détails de cette affaire dans mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone ». Il manquait juste la confirmation par les services secrets US.
Encore une date ?
7- Le 22 décembre 2007, interrogé sur moi par le quotidien suisse « La Liberté », Robert Ménard affirmait : « Tout ce qu'il dit dans son livre est faux ».
Dommage que le Syndicat National des Journalistes (SNJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), les témoins, la famille de José Couso, un juge espagnol et jusqu'à un agent de renseignements US en service au moment du drame valident ce que j'ai écrit.
Naïf qui attend à présent une virulente et spectaculaire action de RSF contre la violation du secret des sources journalistiques par l'US Army.
Maxime Vivas


1-2 Jacques-Marie Bourget : Robert Ménard, l’aventurier.

Depuis les émeutes au Tibet, on ne parle que de lui. Robert Ménard, dit Bob, défend la liberté de la presse partout où elle est en danger avec Reporter sans frontières (RSF). Pour le plus grand bonheur de son ego, et des journalistes maltraités. Enfin pas tous. On ne peut pas sauver toute la misère du monde de la presse. Robert Ménard ne fait pas que des mécontents. Ainsi les abeilles aiment Robert Ménard. Hélas, Ménard a quitté le métier d’apiculteur pour devenir journaliste (peu de temps), à Radio France Hérault. Ménard est aussi écrivain. Pour bien caler le personnage, je vous recommande la lecture de son Club des 500 : les 500 qui font le Languedoc-Roussillon (éditions Ensoleillées). Entre chaque mot, on sent déjà pointer la conscience universelle. Dans Ménard, il y a du Montaigne. Mais pour que Robert dresse son chapiteau, il faut de l’argent. À la louche, le budget de Reporter Sans Frontières tourne autour des quatre millions d’euros. De quoi gonfler l’ego. Dans un article publié dans Dzerkalo Tygdnya, en Ukraine, Alla Lazaréva, ancienne correspondante de RSF, écrit : « Monsieur Ménard aspire trop à substituer sa propre personne à la cause entière de laliberté de la presse ». Allah Akbar.

De tout cet or de RSF, l’étonnant est la part utilisée pour le « fonctionnement » de ce Samu mondial de la liberté : autour de 20% ! Dans le cas de Médecins du Monde, le même poste marche très bien avec environ 5%. La différence ? Peut être les honoraires des maquilleuses ou des boîtes de communication utilisées… Dans un moment d’égarement, Libération avait pourtant titré : « Pour RSF l’argent n’a pas d’odeur ». C’est pas bien de critiquer ceux qui font le bien. Dans toute cette thune, RSF touche des dollars de la « National Endowment for Democracy » (NED). Un machin fondé par un ami de la liberté, Reagan. Cette NED se camoufle dans le cabas de « l’US Aid ». Un organisme délicieux, où l’on a vu sévir un type aussi charmant de John Negroponte, connu comme manipulateur d’escadrons de la mort au Salvador. Avant de passer proconsul en Irak, puis mamamouchi à l’ONU. Des sous pour Robert viennent aussi du « Center for Free Cuba », lui aussi alimenté par le gouvernement américain. Selon les experts – mais ce chapitre ne concerne pas notre petit Robert – cette NED et ce « Center for Free Cuba » peuvent être : « utilisés par la CIA pour monter des combines à l’étranger… » Mais que fait Gérard de Villiers ? Naguère, Ménard a pas mal bricolé avec Omar Harfouch, un turbulent play-boy libano-ukrainien. Après avoir soutenu RSF, Omar soutien le concours de « Miss Europe », la même manière de faire le bien. Un jour, des journalistes se sont étonnés que RSF se fasse financer par le bon Omar. Ces crânes réduits ont trouvé bizarre « qu’un ami de Kadhafi, (Harfouch) finance RSF… »Ménard a retourné le passing-shot : « Harfouch aime peut être Kadhafi, mais il aime aussi RSF ! » Tout va bien.

NE VOUS INQUIÉTEZ PAS, LA FRANCE VA BIEN

Est-ce le poids des dollars dans son entreprise ? On voit rarement Ménard escalader les façades des ambassades des États-Unis ou d’Israël et de leurs alliés, Pakistan, Arabie Saoudite, etc… ? Quand il est contraint, sauf à perdre la face, de gratouiller l’Amérique et ses amis, il adopte le ton de Marchais condamnant l’entrée des chars russes à Prague. Pour ce qui est de la liberté de la presse en France, « Bob » reste discret. Et préfère aux mises en cause de longs entretiens dans la revue Medias, avec les beaux noms de la profession… sur papier luxueux !

L’IMPORTANT, C’EST DE BIEN CHOISIR SES COMBATS

Sans doute pour ne pas froisser les Etats-Unis ou Israël, RSF a cessé de compter les journalistes blessés ou assassinés par des GI ou des soldats de « Tsahal ». Et quand Ménard publie son rapport sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, le décompte des confrères touchés ou tués à Gaza ou Bagdad n’est pas mis au « débit » d’Israël ou des États-Unis. Ça permet à ces nations si sportives de continuer à viser le podium. Le cas Sami Al-Haj, celui d’un cameraman soudanais travaillant pour Al-Jazeera énerve Ménard. J’en ai parlé dans Bakchich, et Ménard, toujours amoureux de la presse libre, m’a téléphoné pour m’injurier. Petit rappel des faits : le 15 décembre 2001 Sami Al-Haj est arrêté par les GI en Afghanistan, puis on le retrouve à Cuba, prisonnier du bagne illégal de Guantanamo. Mais Ménard attend un an avant de demander des nouvelles du confrère. Ni en 2004, ni en 2005, le journaliste ne figure sur la liste, tenue par RSF, des « journalistes prisonniers ». Il faut attendre le printemps 2006, alors que l’Europe critique enfin Guantanamo, pour que Ménard retrouve le nom de Sami dans son carnet. Et ainsi de suite, jusqu’à la libération du cameraman, bien sûr innocent, il y a quinze jours. Autre petit conte, le 8 avril 2003 à Bagdad, le tir délibéré d’un char US tue deux confrères : Tars Protsyuk de Reuters et José Couso de la télé espagnole. Mais, après quelques mois de parcours commun, la famille Couso vire RSF de sa défense. Dans un rapport RSF, les boys de Ménard viennent de conclure : c’est à l’insu de son plein gré que le char de Bush a tué José. Ferme, mais juste le Robert. Disons que Ménard choisit parfois ses combats. Ménard, une vieillesse française.

Jacques-Marie Bourget : POP IDOL / jeudi 22 mai http://www.bakchich.info/article3782.html

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1-3 Noah Shachtman : Objectif de l'armée de l'Air US : « Contrôle Total de La Totalité des Ordinateurs »

En plus de vouloir dominer totalement la planète et l'espace (Guerre des Etoiles) les Américains veulent également dominer le Cyber Espace.

L'Armée de l'Air US veut se doter d'une série d'outils de piratage pour avoir « accès « à – et un « contrôle total » - de – tout type d'ordinateur existant. Et une fois que les guerriers de l'information seront opérationnels, l'Armée de l'Air veut qu'ils aient à l'œil « les infrastructures d'information de leurs adversaires, sans que cela puisse être détecté ». Mener la guerre en ligne fait partie d'un intérêt croissant du gouvernement US. L'Armée de l'Air a récemment crée un commandement du Cyber Espace comportant une Charte pour dominer les réseaux de la même façon que les avions de combat dominent l'espace aérien. Cela inclus des tests électroniques à distance, ou des pirates informatiques (hackers) peuvent tester les derniers modes d'attaques électroniques.
« On avait besoin d'une armée pour combattre une guerre, maintenant tout ce dont on a besoin c'est d'une connection internet » selon une publicité récente de l'Armée de l'Air.
Lundi, le Laboratoire de Recherche de l'Armée de l'Air a lancé un programme de 11 millions de dollars pour rassembler des outils hardware et software pour un « Agenda Offensif de Domination du Cyber ». « Présente un intérêt, toutes les techniques qui permettent l'accès à l'utilisateur et/ou à la racine, « selon ce qui est noté dans une demande de propositions, «à la fois pour les PC fixes ou les plateformes de portables informatiques… Tous les systèmes opérationnels, connexions, applications et hardware. » Il ne s'agit pas d'une simple étude scientifique informatique croyez bien ; « On attend des efforts de recherche déployés dans le cadre de ce programme qu'ils aboutissent à des capacités complètes fonctionnelles ». A l'opposé de ce que proposait un colonel de l'Armée de l'Air, de «détruire les sites internet ennemis avec des botnets * militaires » le Laboratoire de Recherche encourage une approche d'infiltration « profil bas et lente ». L'attaque préférée consiste à faire profil bas, et puis « exfiltrer des informations furtivement » des réseaux des adversaires.
Mais finalement, l'Armée de l'Air veut considérer toutes sortes de « techniques et technologies » pour « tromper, nier, interrompre, dégrader, ou détruire » des systèmes hostiles. Et «en plus de ces principaux concepts », le Laboratoire de Recherche aimerait que des études soient faites sur le « Développement d'une Technologie de Défense Proactive Botnet », la « réinvention d'un système de mise en œuvre de protocole réseau » et de nouvelles antennes, basées sur des nano tubes au carbone. Traditionnellement, l'Armée a été particulièrement peu disposée à parler d'opérations offensives en ligne. Au lieu de cela, on s'est habituellement concentré sur la protection contre des attaques électroniques. Mais depuis un an environ, le ton a changé - - et est devenu plus belliqueux. « le Cyber est un champ de combat guerrier… comme l'espace aérien, et favorise l'offensive » a dit Lani Kass, assistant spécial du chef d'état major de l'armée de l'Air qui auparavant a dirigé le service de la force d'engagement dans le Cyber Espace. » Si vous adoptez une position de défense dans le Cyber, c'est déjà trop tard ».
« Nous voulons pénétrer les sites et les détruire dés la première attaque » a ajouté le Lt. Gen ; Robert Elder, commandant de la 8ème Force Aérienne, qui se concentre sur les questions de réseaux.
«Un adversaire a besoin de savoir que les US possèdent des moyens de destruction puissants hard et soft dans la Cyber guerre pour attaquer le système d'information de l'adversaire et les systèmes de commande et de soutien à tous les niveaux », d'après ce qui est noté dans un récent rapport* du Département de la Défense. « Tout adversaire potentiel, allant d'états nations à des individus voyous… doit considérer… qu'une attaque sur des systèmes US aurait des conséquences fortement indésirables pour leur propre sécurité ».
*Botnet : c'est un ensemble de robots connectés en réseau partageant les mêmes informations, ou un ensemble de machine zombies qui sont exploitées de façon malveillante.
* Le dernier rapport faisant écho à cette rhétorique est intitulé « Defense Intelligence Strategy« (en pièce jointe)
Slogan de l'Armée de l'Air US « US Air Force Above All » (L' Armée de l'Air US est Au Dessus de Tout »). Cela renvoie au slogan nazi : « Deutschland, Deutschland über alles , (L'Allemagne doit dominer le monde).

Noah Shachtman 13 mai 2008 http://www.wired.com/
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


3 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

3-1  Bill Van Auken : Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

La révélation la plus étonnante d’un rapport de 370 pages de l’inspecteur général du département de la Justice américain est que des agents du FBI avaient officiellement ouvert un dossier de « Crimes de guerre », documentant la torture dont ils avaient été témoins à la prison de Guantanamo Bay, avant de recevoir l’ordre de l’administration de cesser d’écrire leurs rapports. Le World Socialist Web Site, ainsi que des groupes de défense des droits humains et d’autres opposants de la répression et du militarisme américains, ont longtemps insisté que les actes de l’administration Bush (le déclenchement de guerres d’agression, les assassinats, l’enlèvement et la séquestration sans procès de civils et, le plus répugnant de tous, la torture) constituaient des crimes de guerre selon toute interprétation légitime des décrets et traités internationaux de longue date. De voir cependant cette évaluation confirmée par l’inspecteur général du département de la Justice , le seul responsable majeur n’étant pas directement subordonné à la Maison-Blanche , et par des agents du FBI, une agence qui n’est pas particulièrement reconnue pour être intéressée aux questions de droits démocratiques, est un signe du caractère endémique de ces crimes et de la crise qu’ils ont engendrée au sein du gouvernement des Etats-Unis et de l’élite dirigeante américaine en son ensemble. Le rapport établit clairement que la torture fut ordonnée et planifiée en détail aux plus hauts niveaux du gouvernement, y compris la Maison-Blanche , le conseil national de sécurité, le Pentagone et le département de la Justice. Les tentatives de faire cesser ces pratiques, sur une base légale ou pragmatique, par des individus à l’intérieur du gouvernement furent systématiquement contrées et les preuves de ces activités criminelles dissimulées. Il n’y a pas eu de réaction immédiate de la Maison-Blanche face à ces nouvelles révélations. Les réactions d’autres agences directement impliquées dans les crimes commis à Guantanamo ont donné une idée du sentiment général d’impunité dans lequel la torture décrite dans le rapport de l’inspecteur général se poursuit à ce jour. « Il n’y a rien de nouveau là-dedans », a affirmé le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman. Un porte-parole du département d’Etat à quant à lui décrit les accusations contenues dans le rapport comme étant « assez vagues ». Assez vagues ? On peut se demander qu’est-ce que ce porte-parole qualifierait d’explicite. Le rapport contient des pages et des pages de témoignages d’agents du FBI sur les pratiques sadiques et répugnantes à Guantanamo. À un endroit le rapport affirme : « [Un agent du FBI] se rappelait que, à un certain moment durant l’interrogatoire, l’officier militaire “versa de l’eau” dans la gorge d’un détenu qui était assis. Il affirma qu’il pensait que le but de cette pratique était de faire croire au détenu qu’il se noyait, et ainsi le forcer à fournir l’information souhaitée par l’interrogateur. [L’agent] a affirmé que le détenu avait des haut-le-coeur et crachait de l’eau. Il a dit que le détenu semblait incommodé, et il pensait qu’il avait de la difficulté à respirer. » Et selon une description de l’interrogation de Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien arrêté par son propre gouvernement, remis aux forces américaines et déporté à Guantanamo en 2002 : « Il fut laissé seul dans une chambre froide connue sous le nom du "congélateur", où des gardes l’empêchaient de dormir en appliquant de la glace ou de l’eau froide sur lui… » « Il fut privé de sommeil pour une période de 70 jours à l’aide d’interrogatoires prolongés, de lumières stroboscopiques, de musiques menaçantes, de consommation forcée d’eau et d’obligation de demeurer en position debout. » « Une interrogatrice féminine l’empêcha de mettre des vêtements; « Deux interrogatrices féminines lui ont fait des attouchements sexuels et ont fait des commentaires à caractère sexuel sur lui ; « Avant et pendant l’incident du bateau, il fut sévèrement battu. » De plus, écrit le document, il fut « amené à penser qu’il serait exécuté et il s’est uriné dessus » et il s’est fait dire que sa mère et d’autres membres de sa famille seraient détenus et qu’il leur serait fait du mal. Des centaines d’agents du FBI ont été témoins de torture Des épisodes similaires ont été décrits, selon le rapport de l’inspecteur général, par littéralement des centaines d’agents du FBI, qui ont vu des interrogateurs de la CIA , de l’armée et de sous-traitants privés réaliser des actes illégaux de torture et d’abus contre des détenus. De plus, le rapport cite : plusieurs agents du FBI qui ont rapporté des cas de raclées ; 30 agents qui ont rapporté avoir vu des détenus enchaînés dans des positions de stress sur de longues périodes ; 70 agents qui ont rapporté des cas de détenus privés de sommeil ; 29 agents qui avaient de l’information sur l’utilisation de températures extrêmes dans le but de « briser la détermination des détenus de résister à la coopération » ; et 50 agents qui ont rapporté l’utilisation d’un isolement prolongé pour « saper la résistance d’un détenu ». De plus, quatre agents ont rapporté le cas de deux détenus en Afghanistan battus à mort après avoir été enchaînés debout pour une longue période. Les histoires de tortures détaillées dans ce rapport ne sont que la pointe de l’iceberg. Elles n’incluent pas le traitement de Murat Kurnaz, un citoyen turc né en Allemagne, qui fut arrêté pendant un voyage au Pakistan à l’automne 2001 et qui fut remis aux responsables américains pour une récompense de 3000 dollars. Tout d’abord amené à la base américaine à Kandahar en Afghanistan, il fut ensuite transféré à Guantanamo. Même si en 2002, les autorités américaines avaient conclu que Kurnaz n’avait rien à voir avec le terrorisme, il fut emprisonné jusqu’au milieu de 2006 et relâché seulement à cause de la pression du gouvernement allemand. Empêché d’entrer aux Etats-Unis, il a témoigné par un lien vidéo devant une audience peu nombreuse du comité des Affaires étrangères du Sénat cette semaine. « Je n’ai rien fait de mal et j’ai été traité comme un monstre », a-t-il dit. Il a dit comment il avait été assujetti à des chocs électriques, suspendu par les poignets pendant des heures et soumis à un « traitement par l’eau », dans lequel sa tête était enfoncée dans un sceau d’eau alors qu’on le frappait à l’abdomen pour le forcer à inhaler le liquide. (Il vaut la peine de mentionner que le rapport de l’Inspecteur général du département de la Justice a affirmé que cette dernière forme de torture ne constitue pas une « simulation de noyade », mais représente « une tentative d’intimider les détenus et d’augmenter leurs sentiments d’impuissance ».

« Je sais que d’autres sont morts de ce genre de traitement, a dit Kurnaz. J’ai souffert de privation de sommeil, du confinement, d’humiliations sexuelles et religieuses. J’ai été battu à de multiples reprises. »« Il n’y avait pas de lois à Guantanamo, a conclu Kurnaz.  Je ne pensais pas que ça pouvait arriver au 21e siècle… Je n’aurais jamais pu imaginer que cet endroit avait été créé par les Etats-Unis. »

Les détenus de Guantanamo ne représentent qu’un pour cent de ceux détenus dans des camps de détention américains et des prisons secrètes opérées par les militaires et la CIA en Irak, Afghanistan et d’autres points du globe.  Il est estimé que près de 27.000 personnes sont détenues sans accusation, sans parler de procès, plusieurs d’entre eux ayant simplement disparu dans le goulag global de Washington.  Certains sont détenus dans des navires de détention, d’autres dans des donjons secrets opérés conjointement par la CIA et des régimes vers lesquels elle « transfère » les détenus, comme l’Égypte, la Jordanie et le Maroc, où d’autres formes plus cruelles de torture (être enterré vivant, l’électrocution ou la lacération avec un scalpel) sont employées.

Le rapport confirme également que les scènes révoltantes saisies dans les photographies prises à la prison d’Abou Ghraib en Irak et rendues publiques il y a quatre ans montrant des hommes nus cagoulés, soumis à la torture et à l’humiliation sexuelle par des gardes américains, n’étaient pas des aberrations. Les méthodes décrites dans le rapport — la nudité forcée, l’utilisation des chiens d’attaque lors d’interrogatoires, l’enchaînement des détenus dans des positions de « stress », les promenades en laisse — étaient identiques à celles officiellement mises sur le compte de quelques « pommes pourries » à Abou Ghraib.

La torture sadique « orchestrée » à partir de la Maison-Blanche .

L’uniformité des abus dans ces endroits si éloignés l’un de l’autre démontre que ce sadisme psychopathique et criminel infligé à ces détenus par les forces américaines était planifié et orchestré à partir du sommet.

En fait, comme le révélait ABC News le mois dernier, les représentants officiels  du soi-disant comité de principe (le vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d'État Colin Powell, le directeur de la CIA George Tenet, le procureur général John Ashcroft et la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice) ont eu des discussions détaillées sur les « techniques renforcées d’interrogatoire » qui, selon ABC, « étaient quasiment chorégraphiées – allant jusqu’à préciser le nombre de fois où les agents de la CIA pouvaient utiliser une tactique particulière. »

Bush a affirmé par la suite sur ABC qu’il « savait que notre équipe sur la sécurité nationale avait des rencontres sur cette question. Et je les ai approuvées ».

Le rapport établit que les représentants du FBI et du département de la justice ont avisé le conseil national sur la sécurité de la Maison-Blanche de leurs préoccupations que les pratiques observées par les agents « minaient sérieusement… l’autorité de la loi » à Guantanamo.

À la fin, cependant, on leur a dit de reculer, et ils se sont soumis, devenant ainsi complices de ces crimes et de leur camouflage.

Les révélations du rapport du FBI n’ont pas suscité de réactions importantes ou de demandes d’agir sur cette question par les démocrates élus au Congrès ou encore par les prétendants à la candidature présidentielle du Parti démocrate, le sénateur Barack Obama et la sénatrice Hillary Clinton, qui n’ont pas fait de la torture une question essentielle de leur campagne. Le New York Times a publié un éditorial mardi intitulé « Ce que les agents du FBI ont vu » qui détaillait le rapport et déclarait qu’il « montrait ce qui arrive lorsque qu’un président américain, son secrétaire à la Défense , son département de la Justice et d’autres hauts responsables corrompent la loi américaine pour justifier et autoriser l’abus, l’humiliation et la torture de prisonniers ». Le quotidien concluait son éditorial en écrivant : « Les démocrates doivent faire toute la lumière » sur cette affaire au moyen d’audiences portant sur « l’ampleur du manquement à la loi et aux conventions de Genève par le président Bush ». Cela, écrivait le New York Times, « est l’unique façon d’amener le pays du côté des défenseurs, et non des violateurs, des droits de l’Homme ». On voit bien là l’impuissance de ce qui fut l’élite du libéralisme américain. L’ampleur de la criminalité de l’administration Bush a été largement mise à nu au cours des dernières années. La violation délibérée et en bloc des conventions de Genève et des traités contre la torture sont, en vertu du droit international, des crimes de guerre, exactement comme le FBI l’a reconnu. Ce qu’il faut, ce n’est pas une autre audience sans conséquence d’un comité du Congrès, mais plutôt la constitution d’un tribunal pour crimes de guerre. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en être reconnus coupables. Bush, Cheney, Rice, Rumsfeld, Powell, Tenet et Ashcroft doivent subir un procès. Les individus tels que l’ancien conseiller de la Maison-Blanche et procureur général, Alberto Gonzales, le chef du bureau de Cheney, David Addington, et le conseiller au département de Justice, John Yoo (qui ont élaboré les arguments pseudo-légaux pour légitimer la torture), doivent aussi être poursuivis ainsi que les responsables de l’armée et des services d’espionnage qui ont présidé aux pratiques criminelles ayant eu cours à Guantanamo, Abou Ghraib, Bagram et les autres camps et prisons de la CIA et de l’armée. Les dirigeants du Parti démocrate n’ont ni le désir ni l’intention de lutter pour un tel règlement de comptes. La speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi et d’autres dirigeants du parti ont insisté à plusieurs reprises que la destitution du président et du vice-président « n’était pas sur la table ». Ils n’ont aucun intérêt à poursuivre l’administration sur la question de la torture parce qu’ils en sont eux-mêmes les complices. Pelosi et d’autres démocrates en vue au Congrès ont été informés en détail sur les méthodes criminelles utilisées à Guantanamo, ils les ont approuvées et les ont cachées au peuple américain. A un niveau plus essentiel, les démocrates ont été complices de la politique du militarisme et de l’agression partout dans le monde, politique menée au nom de la soi-disant guerre globale contre le terrorisme et impliquant la pleine utilisation de la force armée pour défendre les intérêts de l’oligarchie qui dirige les Etats-Unis. C’est cette stratégie criminelle (qui est responsable de la mort de plus d’un million d’Irakiens) qui a créé les conditions pour le crime même de la torture. Néanmoins, l’approfondissement de la crise du capitalisme américain crée les conditions pour de profonds chocs et changements dans les rapports politiques et sociaux qui pourraient bien résulter en la comparution devant un tribunal de Bush, Cheney et compagnie et leur jugement pour crimes de guerre.
Bill Van Auken
28 mai 2008
http://www.wsws.org/francais/News/2008/mai08/crim-m28.shtml sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation (Article original anglais paru le 23 mai 2008)

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Suite2-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Suite2-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

Les Dossiers d'Irak -Suite2-

N° 363                          28/05/08 

Par M.Lemaire              


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Sommaire : -Suite2-


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Joelle Pénochet : D'Hiroshima à Bagdad - Une nouvelle guerre silencieuse à l'Uranium Appauvri … Extraits

En 1991, juste après la fin de la guerre froide qui maintenait "l'équilibre de la terreur", a commencé une nouvelle guerre nucléaire, silencieuse, qui se poursuit avec la complicité de l'ensemble de la "communauté internationale". Cette guerre nucléaire, menée contre des pays désarmés pour servir les ambitions géopolitiques des Etats-Unis, utilise en effet des quantités de plus en plus grandes d'uranium dit "appauvri", un déchet nucléaire hautement toxique. Ce produit empoisonne l'environnement pour plusieurs milliards d'années et provoque chez les populations touchées une multiplication des cancers, des leucémies, de malformations congénitales monstrueuses et, conséquence la plus grave et irréversible, la modification du patrimoine génétique. Hiroshima une révolution scientifique La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes de l'homme. Albert Camus, au lendemain d'Hiroshima, Combat , 8 août 1945
Le soixantième anniversaire des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki a été commémoré aux Etats-Unis dans la plus grande discrétion ; en France, rares sont les medias qui ont osé remettre en question la version officielle de cet événement qui a fait basculer le monde dans une ère de barbarie sans équivalent dans l'histoire de l'humanité.
En 1991, juste après la fin de la guerre froide qui maintenait "l'équilibre de la terreur", a commencé une nouvelle guerre nucléaire, silencieuse, qui se poursuit avec la complicité de l'ensemble de la "communauté internationale". Cette guerre nucléaire, menée contre des pays désarmés pour servir les ambitions géopolitiques des Etats-Unis, utilise en effet des quantités de plus en plus grandes d'uranium dit "appauvri", un déchet nucléaire hautement toxique. Ce produit empoisonne l'environnement pour plusieurs milliards d'années et provoque chez les populations touchées une multiplication des cancers, des leucémies, de malformations congénitales monstrueuses et, conséquence la plus grave et irréversible, la modification du patrimoine génétique. Comme les pollutions consécutives aux essais nucléaires aériens et à la catastrophe de Tchernobyl, la pollution à l'uranium "appauvri" ne connaît pas de frontière et aujourd'hui les populations de l'hémisphère nord respirent les particules d'oxyde d'uranium dispersées depuis 1991, en Irak, en ex-Yougoslavie et en Afghanistan.
A Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens, qui n'avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd'hui en train de mourir, mystérieusement, horriblement, d'un mal inconnu pour lequel je n'ai pas d'autre nom que celui de peste atomique ( ... ). Sans raison apparente, leur santé vacille. Ils perdent l'appétit. Leur cheveux tombent. Des taches bleuâtres apparaissent sur leur corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche. (Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima, Dally Express du 5 septembre 1945)
Le quotidien Le Monde du 8 août 1945 annonça la destruction totale et instantanée d'Hiroshima comme une "révolution scientifique".
L'anéantissement des deux villes japonaises et la "vaporisation" de leurs habitants (100.000 personnes à Hiroshima, et 50.000 à Nagasaki) a longtemps été présenté comme un "mal nécessaire" pour arrêter la 2 e guerre mondiale. Aujourd'hui, même certains médias de la presse "industrielle" comme Le Nouvel Observateur reconnaissent que ces crimes contre l'Humanité, ont été perpétrés inutilement, sinon pour le grand profit des Etats-Unis dont le véritable objectif était de neutraliser l'Union Soviétique (qui avait promis aux USA d'entrer en guerre contre le Japon le 15 août) et de déclencher la Guerre Froide. En effet, le président Truman avait été informé par ses services de renseignements que la reddition du Japon n'était qu'une question de jours. En outre, les deux bombardements ont permis de tester en grandeur nature les différentes bombes nucléaires - à l'uranium et au plutonium - et de démontrer au monde entier la toute puissance des Etats-Unis.
Les souffrances indicibles des victimes différées (des dizaines de milliers de Japonais moururent à petit feu, alors que près de 300.000 personnes continuent aujourd'hui de subir les séquelles de leur irradiation), à la fois physiques et psychologiques, furent négligées. La mémoire de cet horrible tragédie est peu entretenue par les autorités japonaises, et les Ibakusha, les survivants irradiés, sont toujours considérés comme des parias au sein de leur société. En 1950, le nombre de morts à Hiroshima avait doublé (200.000), et celui de Nagasaki avait presque triplé (140.000). Les bombardements de Dresde les 13 et 14 février 1945 (135.000 morts) ou de Tokyo, réduite en cendres en trois heures sous les bombes incendiaires américaines le 10 mars (entre 80.000 et 100.000 morts), n'avaient pas non plus de justification militaire, mais elles n'eurent pas de répercussions post-conflit. Cela fait toute la différence avec les armes nucléaires inaugurées le 6 août 1945, dont les effets continuent de tuer bien après la fin des conflits.
Uranium appauvri : la nouvelle guerre nucléaire …les Etats-Unis et leurs partenaires militaires ont mis en place quatre guerre nucléaires utilisant des bombes et des armes sales dans les pays qu'ils ont besoin de contrôler. Sous forme d'aérosols, l'uranium appauvri contaminera en permanence de vastes régions et détruira doucement le futur génétique des populations vivant dans ces régions où ils trouvent des ressources que les US doivent contrôler pour établi et maintenir leur primauté (Leuren Moret, experte des radiations, juillet 2004)
Depuis les essais en grandeur nature d'armes à uranium appauvri dans le Golfe (1991), l'utilisation d'un nouveau type d'armes nucléaires s'est banalisée dans l'indifférence générale. Chaque nouvelle guerre "humanitaire" (Bosnie, Kosovo, Afghanistan...) a été l'occasion de tester de nouvelles armes à l'uranium appauvri (UA) à des puissances de plus en plus grandes. La nouvelle guerre d'agression lancée contre Irak par la coalition anglo-américaine en 2003 avec la complicité de la communauté internationale, y compris la France , au cours de laquelle des quantités sans précédent de munitions à l'uranium appauvri sont utilisées, est une véritable guerre nucléaire qui ne dit pas son nom. On est là devant un crime contre l'humanité qui se déroule silencieusement, et à une échelle jamais connue à ce jour. Un déchet nucléaire hautement toxique recyclé comme munition classique
.... Leur rêve a été réalisé cinquante ans plus tard : l'oxyde d'uranium, utilisé à la manière d'un gaz, est devenu une arme de destruction massive qui joue un rôle vital dans la réalisation du plan de domination du monde par les Etats-Unis (Bob Nichols, 2005). Le mythe de la guerre propre Les dangers de l'uranium pour la santé ont été étudiés de manière extensive. L'exposition des soldats à des aérosols d'uranium appauvri pourrait être significative et avoir des effets radiologiques et toxiques. Ces impacts pourraient être impossible à quantifier de manière fiable. (Rapport de l'OTAN, 1991)
Les nouvelles armes à l'UA permettent aussi d'entretenir le mythe de la "guerre propre" fabriqué dans les officines de propagande (think-tank) américaines : le recours à une ogive à UA ne déclenche pas le spectaculaire champignon qui symbolise la bombe atomique " classique", tout en provoquant au moins autant de dégâts. Après les essais des années soixante-dix à Los Alamos (Etats-Unis), les armes à l'UA ont été testées en grandeur nature en Irak en 1991, en Bosnie en 1994-95, en 1999 au Kosovo et en Serbie, en Afghanistan en 2001 et de nouveau en Iraq depuis 2003. Alors que les obus antichars utilisés dans la Guerre du Golfe ne dépassaient pas 5 kilogrammes, les charges contenues dans les bombes téléguidées déversées sur l'Afghanistan contenaient jusqu'à une tonne et demi d'UA. Chaque guerre permet ainsi une amplification et une prolongation des tests effectués au cours des guerres précédentes. Enfin, en l'absence de toute réaction de la communauté internationale, l'UA est utilisé de façon beaucoup plus massive encore en Irak depuis son invasion par l'alliance anglo-américaine en 2003.
Après la fin officielle de la guerre du Golfe (1991), l'armée américaine a tiré près d'un million d'obus à l'UA en trois jours sur les milliers de réfugiés et de soldats irakiens battant en retraite (en violation de l'article 3 de la convention de Genève) sur la route de Bassora. Parmi les nombreux témoins, Carole Picou, qui faisait partie du service américain de santé des armées et reconnue aujourd'hui invalide à 100%, a rapporté avoir vu avec horreur tout au long de cette « autoroute de la mort » des corps totalement calcinés qui avaient littéralement fondu, presque comme des scories. (citée par Benjamin, p.121). Depuis l'invasion de l'Irak en 2003, ces scènes sont devenues banales, à Fallujah comme dans tout l'Irak.
Il y a près d'un siècle, les Irakiens avaient déjà été victimes des armes de destruction massive des Britanniques, qui les avaient gazés à plusieurs reprises, en 1912 et 1925. Winston Churchill avait déclaré être fortement favorable à l'utilisation de gaz empoisonné contre les tribus non-civilisées. L'effet moral devrait être bon… et il répandrait une vive terreur . (cité par Moret, août 2004).
Une pollution radiologique planétaire Alors que la toxicité chimique de l'UA est peu contestée par les instances officielles, sa toxicité radiologique est systématiquement niée. Pourtant, dès 1974, un groupe d'études du ministère américain à la défense mettait en garde contre cette double toxicité. Lors de l'impact sur sa cible, l'UA s'enflamme au contact de l'oxygène, provoquant une chaleur extrême (jusqu'à 5.000° C) qui provoque la « vaporisation » de 10 à 100% de l'uranium selon le type de projectile. Ainsi, un obus tiré par un char Abram produit entre 1.000 et 3.000 grammes de cette poussière. Selon les travaux de Leonard Dietz, une seule particule de 5 microns engendre une dose de 1.360 rem, soit plus de trois cents fois la dose autorisée en un an pour les travailleurs de l'industrie nucléaire.
Des micro et nanoparticules insolubles formées d'oxyde d'uranium et d'un cocktail d'autres radionucléides se répandent alors dans l'atmosphère. Déposées sur le sol, elles sont facilement remises en suspension. Propagées par les vents et la pluie sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, elles contaminent les sols, les eaux de surface et les nappes phréatiques, la végétation, les animaux (atteints des mêmes maladies que les humains), et finalement toute la chaîne alimentaire. Dans le Golfe, la contamination est d'autant plus importante que les bombardements n'ont jamais cessé en Irak : opération Renard du Désert de William Clinton en décembre 1998, attaques permanentes dans les zones exclusion aérienne (imposées illégalement par les Etats-Unis, La Grande-Bretagne et la France ). En outre, l'embargo criminel décrété par les Nations Unies en 1990 a empêché toute mesure de décontamination ou de prévention, et d'énormes quantités de microparticules radioactives migrent au gré des vents sur d'immenses étendues depuis près de quinze ans. Les débris de munitions enterrées dans le sol contribuent aussi à contaminer la nappe phréatique ainsi que les deux grands fleuves du pays, le Tigre et l'Euphrate, et ainsi à décupler, voire à centupler le taux d'UA dans l'eau potable.
Les pays voisins des régions bombardées ne sont naturellement pas épargnés par les retombées radioactives qui ont déjà contaminé l'air, l'eau et les ressources alimentaires des pays agressés. La contamination consécutive aux guerres nucléaires contre l'Irak, l'ex-Yougoslavie et l'Afghanistan a déjà atteint la Grèce , Israël, l'Arabie Saoudite, le Pakistan, la Syrie , le Liban, l'Albanie, la Macédoine , la Palestine , la Turquie , l'Iran, le Pakistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, la Russie , la Géorgie , l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Chine et l'Inde.
Aujourd'hui, on estime que la pollution radioactive due à l'uranium appauvri est en train de s'étendre à tout l'hémisphère Nord et qu'elle pourrait atteindre bientôt l'ensemble de la planète, comme le nuage de Tchernobyl (Moret, 2005).
...
A la suite de la guerre de 1991, L'AIEA avait prévu un excès d'un demi million de morts en Iraq. La contamination de l'environnement et des populations locales va continuer de s'amplifier. Avant 2003, certaines régions du sud de l'Irak (dont certaines zones horticoles et de cultures irriguées, rares dans ce pays aride) connaissaient déjà une augmentation de 700% des taux de cancer, de 400% du taux de malformations congénitales, et de 350% par an de cas de leucémies, de déficiences immunitaires, de cataractes et de
dysfonctionnements rénaux.
Les cas d'avortements spontanés et de mongolisme se multiplient, même chez des enfants nés de mère de moins de 25 ans. Pour chaque cas de cancer des tissus comme la leucémie, cinq cas de cancer solide devraient apparaître dans les 10 à 30 prochaines années. Dans un rapport inédit, l'Agence Internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait prévu un excès de 500.000 en morts en Irak, où plus d'un million de projectiles à l'uranium appauvri ont été tirés en 1991, soit entre 350 (chiffre du Pentagone) et 800 tonnes d'UA (selon la fondation Laka d'Amsterdam).
... Au vu des conséquences de la première invasion de l'Irak en 1991, et compte-tenu du fait que cette fois l'ensemble du pays a été touché par des bombardements à l'UA, en particulier les villes les plus peuplées, et que la quantité d'UA a été massive, peut-on prévoir combien d'Irakiens seront victimes de la guerre d'agression lancée en 2003 par l'alliance anglo-américaine, et qui n'est pas près de s'arrêter ? Le génocide du peuple Irakien, la destruction irréversible de son environnement, de sa culture et du berceau de la civilisation, commencé avec l'embargo en 1990, s'accélère dans l'indifférence générale, en raison du black-out quasi total des medias "incorporés" sur le sujet.
Une aubaine pour l'industrie nucléaire : transformer les pays agressés en poubelles radioactives gratuites
L'usage militaire de l'UA est un débouché idéal pour l'industrie nucléaire qui en produit chaque année 50.000 tonnes ; les stocks mondiaux actuels sont estimés à plus d'un million et demi de tonnes, dont 700.000 aux Etats-Unis. Les pays nucléarisés se débarrassent ainsi à bon compte de déchets dont le stockage est très coûteux, en faisant des pays attaqués de véritables « déchetteries radioactives » (Sara Flounders). D'autant que la demi-vie (dite « période ») de l'uranium appauvri est de 4,5 milliards d'années (l'âge de la terre !)
Le Koweït aurait dépensé quatorze milliards de dollars pour le « nettoyage » de son petit territoire. Pour décontaminer vingt-trois de leurs chars, les Américains ont mis trois ans et dépensé quatre millions de dollars, alors que les cinq mille chars irakiens hautement radioactifs détruits pendant la « guerre du Golfe » sont restés sur le terrain, pour la plupart sur "l'autoroute de la mort", au sud de l'Irak.
En février 2003, les USA ont refusé par avance tout nettoyage des sites qu'ils pourraient contaminer en Irak. Mais les dommages causés à l'environnement deviennent de toute manière rapidement irréversibles. En Afghanistan, des tempêtes de sable traversant le pays et la pollution consécutive des rivières et des fleuves, notamment la rivière de Kaboul, et l'Indus, fleuve qui traverse le Pakistan et alimente les exploitations agricoles et les populations locales en eau potable, a alarmé le corps médical. Des équipes de NBC (nucléaire-biologique-chimique) auraient très tôt été présentes en Afghanistan pour mesurer le niveau de contamination après les bombardements. Juste après un « tir ami » des équipes de reporters qui travaillaient aux côtés des militaires de la coalition, ont été rapidement enlevés et enfermés dans un hangar. Dès octobre 2001, les médecins afghans signalèrent des décès rapides de victimes présentant les symptômes typiques d'une forte contamination à l'UA.
Dans les centres d'expérimentation des pays occidentaux, les expériences doivent avoir lieu en milieu confiné, la radioactivité est en principe soigneusement contrôlée et le personnel soumis à une surveillance particulière. Pourtant, des incidents conduisent parfois au relâchement d'oxyde d'uranium dans l'atmosphère (à Gramat, en Ecosse, à Puerto Rico…). Et l'on trouve autour de nombreux sites (usines de production, centres d'essais, régions agressées, sans compter les mines d'uranium…) des taux de cancers et de leucémies anormalement élevés. Dans l'Indiana, un ex-champ de tirs d'essai d'obus à l'UA des années 80 va être reclassé en « zone de sacrifice national », condamnée pour l'éternité. Pourquoi l'uranium "appauvri" devient-il un produit banal lorsqu'il est déversé par centaines de tonnes sur les pays agressés ?
Il y a bien des armes de destruction massive en Irak !
Des milliers de ces projectiles sont disséminés à des profondeurs variables sur les zones bombardées. De nombreux enfants qui jouent avec les projectiles argentés ou leurs débris radioactifs restés sur le terrain meurent de leucémie, dont la période de latence n'est que de quelques années. En Europe, toute dispersion d'UA dans l'environnement est illicite. Le PR Siegwart-Horst Günther, qui avait rapporté d'Irak un projectile à l'UA en Allemagne, fut menacé d'internement psychiatrique et condamné en 1994 à une amende de trois mille marks pour mise en circulation de matériaux radioactifs faisant courir un risque pour la santé ”. Pour le PR Major Doug Rokke, ancien chef du Projet pour l'uranium appauvri au Pentagone, vétéran de la Guerre du Golfe et chargé par Colin Powell du "nettoyage" de l'Arabie Saoudite et du Koweït en 1991, et aujourd'hui victime du syndrome du Golfe, L'Iraq est une déchetterie toxique.
D'autres nouvelles armes de destruction massives de la panoplie américaine auraient été testées depuis 2003. "Moab", la bombe la plus puissante du monde (8 tonnes), l'une des plus meurtrières, produit un mini-champignon semblable à celui des bombes nucléaires. Les "mini-nukes" (dont la puissance peut équivaloir plusieurs fois la bombe lâchée sur Hiroshima) auraient été utilisées en Afghanistan. La bombe E (électromagnétique), non seulement détruit toutes les communications, mais peut être utilisée comme un gigantesque four à micro-ondes sur une grande surface, cuisant dans son périmètre d'action tous les êtres vivants comme des poulets (le four à micro-ondes n'étant qu'une application domestique de la version militaire mise au point par Raython).
En outre, de nouvelles versions, plus sophistiquées et plus meurtrières que les précédentes, de bombes au napalm, au plasma (à effet de souffle), au phosphore, à fragmentation (qui peuvent contenir de l'UA), et d'autres armes toutes plus terrifiantes les unes que les autres auraient également été testées secrètement, comme le laisse supposer le nettoyage total (comprenant l'enlèvement du sol sur plusieurs mètres de profondeur), de certains quartiers de Fallujah (après que la « ville aux cent mosquées » eût été rasée en novembre 2004) et de l'aéroport de Bagdad (en mars 2003), déclarés zones interdites. L'utilisation de bombes incendiaires de type napalm a été confirmée par de nombreux témoins à Fallujah 1. L'utilisation d'un napalm 'amélioré' (MK77) lors de l'invasion de 2003 a d'ailleurs été reconnu tout a fait officiellement par les officiels US 2.
Une arme de destruction massive en voie de banalisation Les armes de destruction massive à l'UA, classées conventionnelles sont aujourd'hui fabriquées par un nombre grandissant de pays, douze connus à ce jour, dont Israël, la Turquie , la Russie , le Pakistan et la France. .... Les mêmes "experts" de l'ONU, qui avaient préconisé de ne pas évacuer les zones hautement contaminées par l'explosion du réacteur de la centrale de Tchernobyl, commettent ainsi un nouveau "refus d'assistance à populations en danger" en acceptant l'usage militaire et civil de l'UA, avec la complicité active des gouvernements et des media occidentaux. En outre, ils bénéficient d'une immunité totale pendant et après leur mandat. Résultats : études non réalisées ou biaisées, rapports interdits de publication (comme l' aide-mémoire n° 257 de l'OMS) ou censurés. Ainsi, le Pentagone a tenté de démontrer le caractère inoffensif de l'UA en s'appuyant sur un rapport de quatre pages de l'OMS de janvier 2001, particulièrement inconsistant et peu scientifique !
L'Organisation Mondiale de la Santé , sous la pression de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (IAEA) bloque depuis 2001 la publication d'un rapport réalisée par trois experts des radiations de très haut niveau sur les effets et les risques de l'uranium appauvri sur les populations. Le Dr. Keith Baverstock. Principal auteur du rapport, déclare que ce rapport a été censuré volontairement, ce que nie l'OMS
Des études inexistantes, trafiquées ou censurées
Le rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) sur la pollution radioactive au Kosovo fut d'abord réduit de 74 à 2 pages ! En novembre 2000, la mission du PNUE a visité seulement onze sites, sur les cent douze cibles touchées par les bombardements de l'OTAN au Kosovo en 1999. Cette "visite guidée" avait été soigneusement préparée par les responsables de l'OTAN, dans des zones choisies, réduites, et au préalable "nettoyées" autant que cela était possible (pendant seize mois, plus de dix équipes de contrôle avaient préparé le terrain).
Après avoir étudié 355 échantillons prélevés dans le sol, l'eau, les végétaux et le lait, la mission a conclu à de "faibles niveaux de radiation à proximité des cibles" et de "légères contaminations provenant des poussières d'uranium". Malgré le constat de la présence de plutonium dans les obus-flèches, elle a estimé que les résultats n'étaient "pas alarmants". Cependant, la mission avait attiré l'attention sur le risque de contamination de la nappe phréatique par des munitions enterrées dans le sol susceptibles de décupler, voire centupler le taux d'uranium dans l'eau potable.
De son côté, le Dr Chris Busby, expert indépendant de renommée mondiale, auteur d'un ouvrage sur les faibles radiations (Les Ailes de la mort), et dont les résultats des études au Kosovo ont été reconnus par la Royal Society de Londres, a relevé sur le site de Jacova des niveaux de radioactivité cent fois supérieures à la normale, et dix fois plus de thorium – l'un des sous-produits de l'UA - que d'uranium appauvri.
Le PNUE, dont l'Unité d'évaluation après conflit avait demandé à intervenir rapidement en Afghanistan, et réclamé un financement pour le Fonds pour la recherche sur l'UA, n'a jamais reçu de réponse de la part de la directrice de l'OMS de l'époque, Gro Harlem Brundtland. D'après Robert J. Parsons, ces manœuvres dilatoires auraient été motivées par l'opportunité d'attribuer les symptômes des victimes de fortes expositions à l'UA à la rigueur de l'hiver afghan et à l'état sanitaire de populations fragilisées par plus de deux décennies de guerre.
Les gouvernements coupables de ces atrocités maintiennent une chape de plomb sur l'utilisation de l'utilisation de leurs armes de destruction massive et leurs conséquences
Des campagnes de relations publiques sont conseillées, étant donnée la perception (négative) de la radioactivité par le public. Les activités de combat et de manœuvre présentent un risque de réaction d'opposition internationale . (Rapport de l'OTAN de 1990).
On se trouve devant un black-out quasi total des médias (dont la plupart appartiennent à des industriels de l'armement, comme en France Serge Dassault ou Matra Lagardère, ou de construction, comme Bouygues), qui présentent l'UA comme un produit anodin. Ce silence permet aux pays responsables (à la fois juges et parties) de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination des sites bombardés, mais surtout de banaliser dans l'indifférence générale l'usage militaire d'un déchet nucléaire hautement toxique dont l‘utilisation était restée tabou pendant plusieurs décennies jusqu'à la « Guerre du Golfe ». Les pays bombardés ne sont pas plus avertis que les combattants des risques de contamination radioactive. L'usage d'UA dans le Golfe en 1991 n'a été révélé que huit mois après la fin officielle de la guerre par un quotidien britannique. Aucun media français ne parle de l'utilisation de l'uranium appauvri en Irak actuellement.
Sur 580.000 vétérans américains de la Guerre du Golfe, on dénombre à ce jour plus de 325.000 victimes de pathologies permanentes et 11.000 morts (au rythme de 140 vétérans par mois). Dix ans après l'intervention dans le Golfe, plus de la moitié des vétérans étaient atteints de maladies chroniques, alors que le taux était de 5% en moyenne chez les vétérans des conflits du siècle dernier (10% au VietNam). Une étude réalisée en 1996 par le Département des Anciens Combattants a montré que 67% des bébés nés après la guerre du Golfe présentaient des malformations. La presse indépendante a révélé que 40% des soldats ayant servi dans une unité de l'offensive de 2003 présentaient déjà des pathologies graves et multiples susceptibles de déboucher sur des cancers, seize mois seulement après leur retour (Moret, août 2004). Des associations de vétérans américains comme Veterans For Peace (VFP) ou des vétérans de la guerre du VietNam militent activement contre les nouvelles guerres radiologiques et participent à toutes les grandes manifestations pacifistes
Intensifier la campagne d'information internationale et vue de l'interdiction totale de ces armes, afin de « sauvegarder l'avenir de l'humanité » (Ramsey Clark )
Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille la peine d'être menée, ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. Albert Camus (ibid.)
b[Selon le droit international sur le contrôle des armements, les armes à UA, à la fois chimiques et nucléaires, sont pourtant illégales (conventions de La Haye de 1899 et 1907, de Genève de 1925 et 1949, Charte de Nuremberg de 1945, convention des Nations-Unies du 10 octobre 1980, dite "Convention des armes inhumaines"), parce qu'elles infligent des maux superflus et des souffrances inutiles, qu'elles sont non discriminantes, causent des atteintes graves et durables à l'environnement et, comme les mines antipersonnel, demeurent meurtrières bien après la fin des conflits. Leur utilisation a été condamnée par la résolution n°96/16 de la sous-commission aux Droits de l'Homme des Nations Unies en août 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en janvier 2001, "en appel du principe de précaution", un moratoire sur leur utilisation (mais pas sur leur fabrication !).
De nombreuses personnalités de renommée internationale, comme Rosalie Bertell, épidémiologiste canadienne spécialisée dans les maladies des radiations (prix Nobel Alternatif 1986) et Ramsey Clark, ancien secrétaire d'état américain à la Justice et avocat international, et de très nombreuses associations aux Etats-Unis comme en France, tentent de mobiliser l'opinion internationale pour obtenir l'interdiction internationale inconditionnelle de la recherche, la production, les essais, les transports, la détention et l'utilisation de l'uranium appauvri à des fins militaires. Elles demandent également que toutes ces armes et tous les déchets radioactifs soient immédiatement isolés et stockés, que l'uranium appauvri soit classée "substance radioactive dangereuse", que les zones contaminées soient nettoyées et que tous ceux qui ont été exposés puissent recevoir des soins médicaux appropriés. Si ces appels ne sont pas entendus, de plus en plus de régions de notre planète seront rayées de la carte, transformées en poubelles radioactives pour l'éternité, leurs populations condamnées à une mort lente et, finalement, la planète entière sera contaminée.

]b Mardi 06 Septembre 2005 Joelle Pénochet
(Mise à jour le 31.08.2005 de l'article paru dans MEDECINES NOUVELLES, 3e trimestre 2002, pp.79-90, et diffusé sur plusieurs sites Internet sous le titre « Escalade des armes à l'uranium appauvri »).

D-Hiroshima-a-Bagdad-Une-nouvelle-guerre-nucleaire-silencieuse-a-l-Uranium-Appauvri-cette-fois,-toute-aussi_a219.htm
http://www.planetenonviolence.org/

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Fin-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

n° 363 -Les Dossiers d'Irak-28-05-Fin-Bush, Cheney et Cie accusés de crimes de guerre dans un dossier du FBI (Guantanamo Bay)

Les Dossiers d'Irak Fin-

N° 363                           28/05/08 

Par M.Lemaire              


Sommaire : Fin-

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Ismael Hossein-Zadeh  : Face à la flambée du prix du Pétrole : Mettez fin aux guerres – Guerres du Pétrole –

5-2 Disparitions de 15 milliards de dollars d'impôts qu'avaient payés ‎les contribuables américains, depuis le début de la guerre contre Irak.



5 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Ismael Hossein-Zadeh  : Face à la flambée du prix du Pétrole : Mettez fin aux guerres – Guerres du Pétrole -  

« Non seulement les guerres qui font ragent actuellement au Moyen Orient sont responsables de l'inflation du prix de l'énergie, elles sont également responsables de l'inflation des prix d'un grand nombre de biens de consommation… » Malgré les discours sur la flambée des prix à la pompe, les experts politiques et économiques mentionnent rarement l'impact de la guerre et de l'instabilité politique au Moyen Orient sur cette flambée du prix du pétrole. Il existe pourtant des preuves tangibles que l'augmentation du coût de l'énergie est une conséquence directe de guerres déstabilisantes et de l'insécurité géopolitique dans la région.
Cela inclus non seulement les guerres qui font rage en Irak et en Afghanistan, mais aussi la menace d'une guerre imminente contre l'Iran. Le suivi des prix du pétrole montre qu'à chaque fois qu'il y a un renouveau d'une menace militaire contre l'Iran, le prix du pétrole augmente de plusieurs points
Il n'y a pas si longtemps, le prix du pétrole était le quart de ce qu'il est maintenant. Mais peu après les invasions d'Afghanistan et d'Irak la hausse du prix du pétrole a commencé en tandem avec l'escalade de la guerre et des turbulences politiques au Moyen Orient. Le fait que l'augmentation du prix du pétrole a suivi l'accroissement de l'insécurité sur les marchés du pétrole n'est ni accidentel ni une simple corrélation ; c'est une causalité allant de l'augmentation de l'insécurité sur les marchés du pétrole à l'inflation du prix de l'énergie.
La guerre contribue également à l'escalade du coût du carburant de manières indirectes ; par exemple, en plongeant les US dans une dette qui s'aggrave, et par une dépréciation du dollar. Comme le prix du pétrole est largement calculé en dollars US, les pays exportateurs de pétrole demandent plus de dollars par baril de pétrole comme le dollar perd de sa valeur.
Non seulement les guerres qui font ragent actuellement au Moyen Orient sont responsables de l'inflation du prix de l'énergie, elles sont également responsables de l'inflation des prix d'un grand nombre de biens de consommation, spécialement les céréales et autres nourritures, dont la production et le transport sont dépendants du carburant. Selon la Banque Mondiale , les prix des produits alimentaires ont plus que doublé depuis ces trois dernières années. Le prix du riz, l'aliment de base pour des milliards d'asiatiques, a augmenté de 147% pendant la seule année passée. L'augmentation des prix des produits alimentaires a provoqué de la famine et des violences mortelles dans un grand nombre de pays, dont Haïti, l'Egypte, la Thaïlande , l'Indonésie, le Sénégal, et la Malaisie.
Cela montre que les conséquences désastreuses des guerres par choix des Etats-Unis dépassent de loin l'Irak, l'Afghanistan, et les Etats-Unis. Les prix du carburant et de la nourriture qui ont monté en flèche, ont tendance à plonger de nombreux économistes dans une stagflation du type des années 70 ; un mélange de stagnation et d'inflation qui menace de nombreuses vies et/ou les moyens de subsistance sur la planète.
Les forces néo conservatrices au sein et autour de l'Administration Bush et les bénéficiaires des dividendes de guerre – qui souhaitent détourner l'attention de la guerre comme principale coupable de la montée en flèche des prix de l'énergie – ont tendance à blâmer des facteurs secondaires ou marginaux : l'OPEC, la Chine et l'Inde pour l'augmentation de leur demande en énergie, ou le déséquilibre entre demande et offre sur les marchés mondiaux.
Quelque soit le rôle joué par ces facteurs, le fait est que les prix du pétrole ont grimpé en flèche en même temps que le début des guerres de l'Administration Bush contre l'Irak et l'Afghanistan. De plus, un examen rapproché de ces facteurs secondaires ou marginaux révèle que leur rôle dans l'inflation actuelle du prix du pétrole a été négligeable.
L'affirmation qu'il y a un déséquilibre entre la demande et l'offre sur les marchés mondiaux de l'énergie ne peut pas s'appuyer sur des faits. On dit que la soit disante disparité entre la demande et l'offre est due à l'augmentation rapide de la demande de la Chine et de l'Inde. Mais cette croissance rapide de la demande est amplement compensée par un certain nombre de facteurs contrebalançant cela. Parmi ces facteurs, une augmentation plus lente de la demande aux US, à cause du ralentissement de la croissance économique, l'utilisation efficace de l'énergie dans les pays industrialisés avancés, et des augmentations dans la production de l'OPEC, de la Russie et d'autres pays producteurs de pétrole.
L'OPEC ne peut pas non plus être rendue responsable de l‘actuelle crise énergétique. Le désir de l'OPEC de restreindre parfois l'approvisionnement en pétrole pour soutenir son prix est limité par un certain nombre de facteurs. D'abord, les membres de l'OPEC ont parfaitement conscience que des prix inhabituellement élevés du pétrole peuvent heurter leurs intérêts à long terme car cela poussera les importateurs de pétrole à économiser sur la consommation de carburant, et rechercher des sources alternatives d'énergie.
Ensuite, les membres de l'OPEC savent aussi que des prix du pétrole inhabituellement élevés pourraient accélérer les récessions économiques dans les pays importateurs de pétrole, qui à leur tour feraient baisser la demande pour peur pétrole. En plus, des prix de pétrole élevés ont tendance à augmenter le coût des importations des pays producteurs de pétrole en biens manufacturés, car les coûts élevés de l'énergie se répercuteront et les prix de ces produits seront plus élevés.
C'est pour ces raisons que des membres influents de l'OPEC, tels l'Arabie Saoudite et l'Iran, ont déclaré à maintes reprises qu'ils préfèrent des prix du pétrole stables, modérés et prévisibles, à des hausses brusques des prix du pétrole résultant de la guerre, de turbulences politiques et de marchés instables.
Les implications politiques de cette discussion sont claires : pour faire baisser les prix du carburant et des produits alimentaires, il faut ramener les troupes à la maison. En faisant baisser les coûts énergétiques de la production et du transport, cela aidera à sauver notre propre économie et de nombreuses autres économies mises à mal par l'inflation et la stagnation. Cela sera d'un secours utile pour les centaines de millions de personnes de par le monde qui sont accablés par des factures d'énergie paralysantes et des coûts dévastateurs pour nourrir leurs familles.
Peu de personnes douteront des conséquences socio économiques dévastatrices des guerres de choix US, à la fois à la maison et à l'étranger. La question est : Pourquoi ne peut-on pas y mettre fin ?
La réponse c'est que tandis que la guerre a été ruineuse pour beaucoup, cela été une aubaine pour quelques uns, les puissants intérêts spéciaux qui non seulement bénéficient de la guerre (à la fois économiquement et géopolitiquement), mais qui se sont aussi positionnés au sein de la structure du pouvoir aux US, afin de pouvoir inventer constamment de nouveaux ennemis et faire de nouvelles guerres pour développer leurs intérêts néfastes.
Qui sont ces puissant intérêts spéciaux, ces bénéficiaires particulièrement influents des dividendes de guerre, qui dissimulent leurs objectifs diaboliques derrière des intérêts nationaux pour perpétuer la guerre et le militarisme et remplir leurs poches profondes, ou servir leurs intérêts géopolitiques au Moyen Orient ?
Le facteur le plus largement cité derrière la guerre menée par l'Administration Bush et la hausse du coût de l'énergie c'est Big Oil (Grand Pétrole). Cependant, malgré sa popularité, cette affirmation n'est pas soutenue par des faits; cette idée à tendance à reposer plus sur une perception et un précédent que sur la réalité.
C'est vrai que pendant un certain temps, depuis le début de l'exploration et découverte du pétrole du Moyen Orient au début du XXème siècle jusqu'au milieu des années 70, les puissances coloniales et/ou impériales contrôlaient le pétrole soit directement, ou en contrôlant les pays producteurs de pétrole – parfois par la force militaire. Mais ce type d'exploitation des marchés et ressources mondiales a maintenant changé.
C'est vrai que, une fois que l'Administration Bush a commencé l'invasion de l'Irak, les sociétés pétrolières américaines ont ouvert un fond de commerce à Bagdad pour se partager les butins de guerre. Mais cela ne s'est pas limité aux compagnies pétrolières ; de nombreuses multinationales non pétrolières se sont précipitées à Bagdad pour vandaliser économiquement.
La plus grande partie de la perception vient cependant du fait que les compagnies pétrolières ont largement bénéficié des hausses des prix du pétrole résultant de la guerre et des turbulences politiques au Moyen Orient. Cependant, de tels bénéfices sont largement accidentels. Certes, les compagnies pétrolières américaines ont apprécié les butins de guerre. A partir des hausses en grande partie accidentelles des prix du pétrole consécutives à la guerre et aux convulsions politiques, la plupart des observateurs en ont conclu automatiquement que Big Petrol devait être derrière la guerre.
Cependant, Il n'existe pas de preuve irréfutable que les compagnies pétrolières ont poussé ou soutenu les plans de guerre de l'Administration Bush pour envahir l'Irak – comme elles portent actuellement un regard suspicieux sur la menace de l'Administration d'une frappe militaire contre l'Iran. « Les grandes compagnies pétrolières n'étaient pas enthousiasmées par la guerre en Irak, » dit Fareed Mohamedi de PFC Energy, une société de conseil en énergie basée à Washington, D.C, « des multinationales comme Exxon-Mobil, et Chevron-Texaco, veulent la stabilité, et ce n'est pas ce que fournit Bush en Irak et dans la région du Golfe. » ajoute Mohamedi (1).
Pendant ces dernières décennies, les plus importantes compagnies pétrolières se sont constamment opposées aux politiques US et aux menaces militaires contre des pays comme l'Iran, l'Irak, et la Libye. Au lieu de cela, elles ont constamment fait du lobbying auprès des décideurs des politiques étrangères US pour que soient établies des relations pacifiques et un rapprochement diplomatique avec ces pays. La Loi de 1996 portant Sanction contre l'Iran et la Libye ( ILSA) rappelle avec force le fait que les compagnies pétrolières aujourd'hui voient les guerres, les sanctions économiques, et les tensions politiques internationales comme une entrave à leurs intérêts d'affaires à long terme, et, par conséquent, font pression pour la paix, et non la guerre, en matière de relations internationales.
L'Acte portant Sanction contre l'Iran et la Libye de 1996, qui était en fait un embargo total commercial et sur investissement contre ces deux pays, a non seulement pénalisé ces deux pays mais aussi les grandes compagnies pétrolières américaines, tout spécialement Conoco qui venait juste de signer un contrat de 1 milliard pour développer des champs pétroliers en Iran.
Ce n'est un secret pour personne que la force principale derrière cet Acte de Sanction contre l'Iran et la Libye c'était AIPAC (America Israel Public Affairs Committee). Le succès d'AIPAC à faire voter l'ILSA à la fois au Congres et à la Maison Blanche malgré l'opposition des principales compagnies pétrolières US, est la preuve factuelle qu'en ce qui concerne la politique US au Moyen Orient, même l'influence de Big Oil est de peu de poids face à l'influence du Lobby pro Israël. (2)
Donc si Big Oil n'est plus en faveur de la guerre et des turbulences politiques sur les marchés pétroliers, alors qu'elles sont les forces derrière les guerres et les aventures militaires de l'Administration Bush au Moyen Orient ?
Beaucoup montrerait immédiatement du doigt le pouvoir et l'influence des forces néo conservatrices au sein et autour de l'Administration Bush. Bien que cela ne soit pas effectivement faux, ce n'est cependant pas l'entière vérité non plus ; cela cache plus que cela révèle. Cela fait tout spécialement perdre la vue d'ensemble plus vaste et plus dissimulée : les intérêts puissants spécifiques qui se dissimulent derrière la façade des personnalités néo conservatrices.
Il existe des preuves sûres que les personnalités néo conservatrices dirigeantes sont depuis longtemps des activistes politiques qui ont travaillé par le biais des boîtes à penser pour servir soit le lobby de l'armement, ou le lobby pro Israël, ou les deux – et cela remonte aux années 90, 80 et dans certains cas les années 70.
Ces boîtes à penser soutenues par des entreprises militaristes comprennent : The American Enterprise Institute, Project for the New American Century, Center for Security Policy, Middle East Media Research Institute, Washington Institute for Near East Policy, Middle East Forum, National Institute for Public Policy, and Jewish Institute for National Security Affairs.
Il existe aussi des preuves que les principaux acteurs de la politique étrangère de l'Administration Bush, dont la guerre en Irak, ont été désignés bien avant que George W. Bush n'arrive à la Maison Blanche – venant principalement de ces boîtes à penser, souvent en collaboration directe, ou indirecte, avec le Pentagone, le Lobby de l'Armement et le Lobby Pro Israël. Un regard rapide sur les registres de ces boîtes à penser militaristes – leur membres, leurs sources financières, leurs structures institutionnelles, etc. montre qu'elles sont crées pour servir principalement de façades institutionnelles pour camoufler le bizness douteux et les relations politiques entre le Pentagone, les principales entreprises sous contrat, et le lobby pro Israël d'un côté, et de l'autre les politiciens néo conservateurs. (3)
Tandis que les guerres unilatérales et les aventures militaires de l'Administration Bush ont provoqué pour des millions de personnes des morts inutiles, la destruction, et d'énormes difficultés économiques, y compris pour un grand nombre aux Etats-Unis, elles ont également amené la fortune et la prospérité aux profiteurs de guerre. Les entreprises sous contrat avec le Pentagone constituent l'écrasante majorité de ces profiteurs. Parmi eux on trouve non seulement les entreprises géantes de fabrication telles Lockheed Martin, Northrop Grumman et Boeing, mais aussi un dédale complexe de plus de 100 000 entreprises de services et entreprises sous traitantes, dont une armée privée ou des entreprises de sécurité et des sociétés de « reconstruction ».
L'accroissement des fortunes des principales entreprises sous contrat avec le Pentagone peut se mesurer, d'une part, par l'augmentation du Budget du Pentagone depuis que le Président George W. Bush est arrivé à la Maison Blanche : il a augmenté de plus de 76% passant de 297 milliards de dollars en 2001 à presque 520 milliards de dollars en 2008. Ces chiffres n'incluent pas le budget de la Sécurité Intérieure , qui est proche de 40 milliards de dollars pour la seule année fiscale 2008, et les coûts des guerres en Irak et en Afghanistan, qui totalise près de 200 milliards de dollars par an.
La hausse croissante de l'utilisation par le Pentagone de l'argent public cela veut dire que par exemple pour l'année fiscale 2008 les dépenses militaires représentent 58% de chaque dollar dépensé par le gouvernement US pour des programmes discrétionnaires. (4) Ces programmes incluent tout sauf la Sécurité Sociale et Medicare, c'est-à-dire l'education, la santé, l'aide au logement, les affaires internationales, les ressources naturelles et le développement, la justice, les aides pour les vétérans, les sciences et l'espace, le transport, la formation/emploi, les services sociaux, le développement économique, et autres.
La hausse des dépenses militaires cela veut aussi dire que les bénéficiaires des dividendes de guerre pillent principalement la trésorerie nationale pour remplir leurs poches. Ils comprennent non seulement le Pentagone et ses entreprises militaires sous contrat, mais aussi des membres de comités clés du Congrès, qui sont devenus de plus en plus dépendants pour leur réélection des contributions généreuses venant de ces fortunes faites par le Pentagone et ses clients d'affaires.
Les responsables politiques US ont en plus d'autres intérêts financiers plus directs dans la guerre et les dépenses militaires : « des Membres du Congrès ont investi près de 196 millions de dollars de leur propre argent dans des sociétés qui ont reçu des centaines de millions de dollars par jour d'entreprises clientes du Pentagone pour fournir des biens et services aux forces armées US ».)i Cela veut dire que i[«des responsables politiques chargés de contrôler les entreprises clientes du Pentagone détiennent des actions dans ses entreprises ». (5)
Cela veut aussi dire que nos chers responsables politiques savent comment ou où investir de la manière la plus profitable qu'il soit : « les actions des entreprises de défense US ont presque triplé de valeur depuis le début de l'occupation de l'Irak…Le sentiment que les fabricants de bateaux, d'avions et d'armes viennent juste de trouver leur rythme a fait grimper au plus haut les actions des principales entreprises sous contrat avec le Pentagone telles Lockheed Martin Corp, Northrop Grumman Corp, et General Dynamics Corp. » (6)
Ce n'est donc pas surprenant que de nombreux responsables élus avec du poids ou un droit de vote sur le processus d'appropriation du Budget du Pentagone se retrouve acquis aux entreprises de défense. Ce n'est pas non plus surprenant que ces relations douteuses servent à favoriser un taux de gaspillage presque légendaire, l'inefficacité, et la corruption qui entourent le complexe militaro industriel du Congrès.
Deux conclusions principales sont à tirer de cette discussion. La première c'est que, comme signalé précédemment, la guerre et l'instabilité politique au Moyen Orient sont les forces principales derrière la hausse du prix du pétrole, et par conséquent, pour contenir ou inverser la tendance à la hausse des prix de l'énergie cela nécessite de faire rentrer les troupes à la maison. La seconde conclusion c'est que pour atteindre cet objectif, l'objectif de mettre fin aux guerres d'agression, c'est seulement possible (a) si on enlève l'argent et les profits de la guerre et (b) si on enlève l'argent des élections.
(7)
Références
[1] See Roger Burbach, Bush Ideologues vs. Big Oil: The Iraq Game Gets Even Stranger, CounterPunch.
[2] Melinda K. Ruby, “Is Oil the Driving Force to War?” unpublished Senior thesis, Dept. of Economics and Finance, Drake University, Des Moines, Iowa (spring 2004); see also Herman Franssen and Elaine Morton, “A Review of U.S. Unilateral Sanctions Against Iran,” Middle East Economic Survey 45, no. 34 (26 August 2002), pp. D1-D5 (D section contains op eds. as opposed to staff-written articles).
[3] William D. Hartung & Michelle Ciarrocca, “The Military-Industrial-Think Tank Complex,” Multinational Monitor (Jan./Feb. 2003); DiLip Hiro, Secrets and Lies: Operation Iraqi Freedom and After (Nation Books 2004).
[4] Hartung, W. D. 2007. “Bush Military Budget Highest since WW II”, Common Dreams.
[5] Abid Aslam, “US Lawmakers Invested in Iraq , Afghanistan Wars,” Common Dreams (8 April 2008),
[6] Bill Rigby, “Defense stocks may jump higher with big profits”, Reuters.
[7] “Taking money out of war” in order to end imperial wars of aggression was, perhaps most forcefully and convincingly, formulated by the late General Smedley D. Butler, in his famous War Is a Racket (Los Angeles: Feral House, 1935 and 2003).
Ismael Hossein-Zadeh 14/05/08 www.counterpunch.org
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Ismael Hossein-zadeh, a écrit The Political Economy of U.S. Militarism (Palgrave-Macmillan 2007), et enseigne l'économie à l'université Drake, Des Moines, Iowa.
http://www.planetenonviolence.org/


5-2  Disparitions de 15 milliards de dollars d'impôts qu'avaient payés ‎les contribuables américains, depuis le début de la guerre contre Irak.

 Un jour après la ratification du budget pour financer la ‎guerre en Irak, des rapports ont été révélés concernant la ‎disparition des 15 milliards de dollars d'impôts qu'avaient payés ‎les contribuables américains, durant la guerre en Irak. Le ‎Pentagone a affirmé ignorer le sort des 15 milliards de dollars ‎perdus. Dans ce droit fil, les médias US ont qualifié de ‎choquants ces rapports. Ce, alors qu'un jour avant de cet ‎événement, le sénat américain avait débloqué 165 milliards de ‎dollars supplémentaires pour les financements de la guerre de ‎l'Irak et de l'Afghanistan. Le Sénat a approuvé cette loi de ‎financement, dont le Pentagone dit avoir un besoin urgent pour ‎éviter des licenciements de civils dans les mois à venir et ‎l'interruption du versement des soldes des militaires. Certes, le ‎locataire de la Maison Blanche a menacé de mettre son veto ‎audit projet de loi, en ajoutant que son motif d'une telle ‎démarche était d'empêcher l'offre d'un soutien financier aux ‎vétérans des guerres d'Irak et d'Afghanistan. Les observateurs ‎politiques croient que la publication de tels rapports n'aura ‎d'autre résultat que de redoubler les pressions politiques sur le ‎clan Bush. Auparavant, des rapports avaient été publiés ‎concernant certaines escroqueries financières dans les budgets ‎militaires américains pour l'Irak. On entendait même des ‎rumeurs, faisant état de la disparition de 9 milliards de dollars, ‎destinés à la reconstruction de l'Irak. Auparavant, ‎l'administration Bush avait ratifié un budget de 18 milliards de ‎dollars, consacré à la reconstruction de l'Irak, en vue de calmer ‎les critiques qui le présentaient comme le déclencheur de la ‎guerre de l'Irak. Les compagnies telles que Halliburton et Black ‎Water, signant ces 5 dernières années des contrats lucratifs, ont ‎empoché des millions de dollars des impôts des contribuables ‎américains. Ceci étant, la Maison Blanche a annoncé que le ‎Président Bush mettrait son veto à la loi de financement de la ‎guerre de l'Irak et de l'Afghanistan, en raison de l'allocution d'un ‎soutien financier aux vétérans et aux soldats de retour d'Irak et ‎d'Afghanistan pour reprendre leurs études. Une mesure, offrant ‎aux vétérans une allocution financière pour reprendre des études ‎a été adoptée dans le cadre d'une enveloppe budgétaire ‎comprenant de nombreuses dépenses à laquelle le président ‎Bush a promis d'opposer son veto. Or, cette mesure a été ‎adoptée par 75 voix contre 22, une majorité qui permet de ‎surmonter le veto presidential. Et, cela prouve que le Président ‎américain avait perdu son poids et son crédit parmi les ‎Républicains. Pour l'heure, la cote de popularité de Bush est ‎tombée à son niveau le plus bas depuis son élection, moins de ‎‎30%. Voilà pourquoi la plupart des Républicains s'efforcent de ‎tenir la distance de Bush pour assurer leur avenir politique. En ‎ce sens, ils ont rejoint les rangs de l'opposition à la Maison ‎Blanche pour adopter une loi sur les vétérans http://www.alterinfo.net/ 25 Mai 2008

29/05/2008

n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Début- Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Début- Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

Journal d'Irak   -Début-

N°362  du 20/05 au 29/05/08

Par M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : -Début-

Tiré à part :

Les 'bavures 'US'

La résistance contre l'agresseur Résistance :

1 Analyse

Des résistants

Des occupants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique
1) collaborateurs Irakiens
2) occupants 
4 Libération du territoire
Détails.

L'Irak en chiffre: du 20-05 au 28/05/08

Tués Blessés
Peuple irakien 30 + x 5 + x
Usboys/Autres boys + miliciens 2 4

Tiré à part :

Les 'bavures US'

21-05- Dans l'est de Bagdad, près de Sadr City : 2x sources policières irakiennes avaient déclaré plus tôt que 11 civils avaient été tués par des troupes américaines et irakiennes après l'explosion d'une bombe. L'armée US avait d'abord nié opérer dans le secteur, avant de publier cecommuniqué détaillant ces différentes attaques.

Baji- 23-05   Huit civils irakiens, dont au moins 3 enfants de moins de 10 ans, ont été tués par les tirs d'un hélicoptère US au nord de Bagdad selon la police. L'armée US a préalablement déclaré que ces frappes avaient tué six militants d'Al-Qaïda. Des images filmées par Associated Press TV News montraient les corps de trois enfants parmi les personnes tuées par cette frappe mercredi soir, près de Beiji. Le colonel Mudhher al-Qaïsi de la police de Beiji a déclaré que les huit morts étaient des paysans qui fuyaient les frappes américaines dans le secteur, avec leurs enfants. "Il s'agit d'un acte criminel. Cela ne fera que tendre les relations entre les citoyens irakiens et les forces américaines d'occupation, et aura un impact négatif sur la sécurité", a-t-il déclaré. AP & aloufok.net


La résistance contre l'agresseur

Résistance : Analyse & déclaration

21-05  le "Conseil politique de la résistance irakienne", principale coalition de résistants a prédit "l’échec" de l’opération menée depuis le 14 mai par l’armée irakienne à Mossoul (nord), appelant tous les jihadistes "à unifier leurs rangs". AFP



Occupation de l'Irak

Analyse & déclaration

USA & Coalition

22-05 Les Etats-Unis sont en train de boucler le retrait de cinq brigades de combat d'ici le mois de juillet, date à laquelle le nombre des troupes atteindra 140.000. Le général David Petraeus, le plus haut gradé américain en Irak, compte alors geler la réduction des troupes en Irak pendant au moins un mois et demi afin d'évaluer la situation et de recommander d'éventuels retraits supplémentaires. "Je pense pouvoir recommander alors de nouvelles réductions", a-t-il déclaré devant la commission des forces armées du Sénat, chargée de valider sa nomination à la tête du Central Command - qui supervise les opérations armées au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique orientale. 155.000 soldats américains sont actuellement en Irak. AFP & http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4692 24-05 L'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker, a déclaré  "Je ne vais pas vous dire qu'Al Qaïda a été battu, mais le réseau n'a jamais été si près de la défaite que maintenant". Le nombre d'attaques durant cette semaine serait de l'ordre de 300, contre près de 1.600 à la mi-juin 2007. "Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas donner de chiffres précis. Aussi s'agit-il d'un ordre de grandeur", a expliqué le commandant John Hall, porte-parole de l'armée américaine Reuters


Paroles & actions des bientôt président...

Obama :  26-05 Barack Obama, soutient un retrait des troupes. "Le fait qu'il parle de dates de retrait -ce qui revient à se rendre alors que nous réussissons si bien-est, de mon point de vue, vraiment inexcusable", a déclaré John McCain, qui s'est rendu en Irak huit fois, la dernière étant en mars. Associated Press Liz Sidoti & Barry Massey 29-05 Barack Obama envisage de se rendre en Irak cet été. "Je ne veux simplement pas me livrer à un coup de pub politique", s'est justifié Barack Obama, "Je pense que si je vais en Irak, j'y suis pour parler avec les soldats et les commandants", a-t-il dit lors de l'entretien. "Je n'y suis pas pour essayer de marquer des points politiques ou pour me donner en spectacle. Le travail qu'ils font là-bas est trop important." Associated Press

McCain : 26-05 John McCain a attaqué Barack Obama sur la question de l'Irak, lui reprochant de n'être pas allé dans le pays du Moyen-Orient depuis 2006, avant de l'inviter à s'y rendre avec lui. "Regardez ce qui s'est passé ces deux dernières années depuis que le sénateur Obama s'est rendu sur place en déclarant que la guerre était perdue", a remarqué John McCain lors d'une interview à l'Associated Press. Il a que le dernier déplacement de son rival en Irak a eu lieu avant l'envoi de renforts militaires, à qui l'on attribue une baisse des violences. "Il n'a vraiment aucune expérience ni connaissance ou analyse sur la question irakienne, et il souhaite rendre les armes depuis longtemps", a ajouté le sénateur de l'Arizona. "Si le peuple américain avait à affronter un autre problème, et que (le chef de l'Etat) n'avait eu aucun contact avec ce problème depuis plusieurs années, je pense que les Américains jugeraient cela très sévèrement". John McCain, répète volontier qu'il est le candidat le plus qualifié pour occuper la fonction de commandant en chef des armées en temps de guerre. Ces dernières semaines, il a tenté de persuader les électeurs que Barack Obama, qui n'en est qu'à son premier mandat de sénateur, fait preuve de naïveté en diplomatie et qu'il est moins qualifié que lui pour conduire des forces armées. John McCain s'est prononcé pour la poursuite de la présence militaire des Etats-Unis en Irak Associated Press Liz Sidoti & Barry Massey 29-05 "Dire que nous sommes entrain d'échouer en Irak et non pas de réussir ne correspond pas à la réalité des faits sur terrain, donc nous devons lui montrer cette réalité", a déclaré John McCain. Associated Press



3) Politique a) des collaborateurs Irakiens

Politique intérieure & extérieure

Conférence internationale sur l'Irak en Suède. Un an après le lancement d'un plan quinquennal, la conférence internationale qui s'ouvre jeudi en Suède devrait faire état d'avancées significatives tout en réclamant des efforts accrus pour promouvoir la réconciliation nationale et l'allégement de la dette irakienne, selon les Nations unies. Quelque 500 délégués de plus de 90 pays doivent assister à la conférence, dont la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le ministre des affaires étrangères iranien Manouchehr Mottaki et plus d'une vingtaine d'autres ministres. Ibrahim Gambari, l'émissaire de l'ONU auprès du groupe "Iraq Compact", initialement lancé en mai 2007 pour créer un partenariat permanent entre l'Irak et la communauté internationale, indique que la réunion d'Upplands Vasby fera le bilan des réalisations concrètes des Irakiens et de la communauté internationale conformément aux engagements pris pour aider à la stabilisation du pays. La réunion servira à réaffirmer ces engagements et devrait déboucher sur l'adoption d'une déclaration "qui indiquera les domaines où des progrès sont constatés et ceux qui nécessitent de plus amples efforts des deux côtés", a-t-il dit lors d'un entretien avant de s'envoler pour la Suède. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui co-présidera la conférence avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, rappellera que la communauté internationale "reste déterminée à faire tout ce qu'elle peut pour soutenir le peuple et le gouvernement d'Irak", a déclaré mercredi la porte-parole adjointe de l'ONU Marie Okabe. Sur le front économique, l'Irak compte sur une croissance de 8% par an les deux prochaines années, a indiqué Ibrahim Gambari. "En ce qui concerne la sécurité, le niveau de violence a baissé dans la plupart des régions du pays même si la situation en général demeure précaire", a-t-il ajouté, observant que de plus amples efforts doivent être fournis pour parvenir à une réconciliation entre Irakiens chiites, sunnites et kurdes. Du côté de la communauté internationale, l'accent doit être mis sur l'allégement de la dette, a estimé M. Gambari. L'Irak a une dette étrangère d'au moins 67 milliards de dollars (42,8 milliards d'euros) vis à vis notamment des pays arabes dont l'Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis et le Qatar. "Nous avons beaucoup d'engagements sur l'allégement de la dette, à hauteur de 26 milliards de dollars concernant notamment les pays d'Europe occidentale, la Russie, la Chine ", a précisé M. Gambari, "mais nous devons en faire davantage pour convaincre les Etats du Golfe de s'engager à réduire la dette, surtout l'Arabie saoudite et le Koweït". "L'Irak réclame la réouverture d'ambassades sur son territoire et l'annulation de la dette", a confirmé mercredi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à son arrivée à Stockholm. Le ministre des Finances Bayan Jabr a précisé que cette demande s'adressait tout particulièrement aux pays arabes. Pour sa part, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a mis l'accent sur les efforts à faire en matière de corruption. "C'est la prochaine étape", a-t-elle dit. "Il ne s'agit pas seulement de favoriser la performance économique et la réconciliation politique, mais de réellement commencer à instaurer le règne de la loi ainsi qu'un environnement dans lequel les Irakiens pourront espérer attirer les investissements étrangers", a-t-elle expliqué. Par Edith M. Lederer AP - Jeudi 29 mai



B) Politiques des occupants 

3-1 Usa  

Faits marquants

Bush, président illégitime.   Gore Widal, célèbre analyste et écrivain américain a exprimé jeudi sur la chaîne BBC ses regrets de voir à la tête des Etats-Unis un président illégitime. "Depuis l'an 2000, les Etats-Unis sont représentés dans le monde par une administration incompétente dirigée par un homme qui n'est pas à sa vraie place, a-t-il ajouté. "Les guerres que Bush déclenchées à travers le monde et sans raison ont définitivement écorné l'image de l'Amérique et je ne peux ne pas le déplorer d'autant plus Bush a été élu président au terme d'un processus électoral truqué, a-t-il souligné. Widal regrette aussi que la première puissance mondiale ait l'un des pires systèmes éducatifs au monde et que ses médias soient corrompus et manipulés IRIB 23/05/2008 http://www.alterinfo.net/


Occupation de l'Irak

23-05 Le Sénat a donné son aval aux 165 milliards de dollars (€104,7 milliards) destinés aux opérations militaires en Irak et en Afghanistan pour aller jusqu'au début 2009, quand le successeur de George Bush à la Maison Blanche décidera de sa propre politique. AP


Les grandes manoeuvres

Des sénateurs républicains ont lâché Bush Des sénateurs républicains ont soutenus des amendements démocrates à un projet de loi sur le financement des guerres d'Irak et d'Afghanistan. . Par 75 voix contre 22, les élus ont intégré au projet des programmes de politique intérieure représentant des enveloppes de plusieurs milliards de dollars: des aides aux anciens combattants et aux chômeurs, au chauffage des plus pauvres, ou pour lutter contre les feux de forêt. Le président avait prévenu que, le cas échéant, il mettrait son veto au texte. AP - Vendredi 23 mai


Prisons, exactions & torture Massacre de Haditha: un officier jugé en cour martiale aux USA
Le procès d'un officier des Marines, accusé d'avoir menti après la mort de 24 civils irakiens à Haditha en 2005, s'est ouvert mercredi à Camp Pendleton, une immense base de Marines située en Californie. Il est censé durer au moins une semaine. Le lieutenant, âgé de 26 ans, est notamment accusé de parjure et d'entrave à la justice. le parquet a rappelé que le 19 novembre 2005, des Marines qui ‘perquisitionnaient’ des maisons après la mort de l'un de leurs camarades dans l'explosion d'une bombe à Haditha, à 260 km à l'ouest de Bagdad, avaient tué de sang froid 24 civils, dont des femmes et des enfants. Huit Marines ont été inculpés, quatre soldats qui étaient présents et quatre officiers. Mais trois des soldats et deux des officiers ont déjà bénéficié d'un non-lieu. ats / 29 mai 2008 

Poursuite du procès de Tarek Aziz .

21-05 Le procès de l'ancien ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, s'est poursuivi mercredi devant le Haut tribunal pénal à Bagdad, toujours en l'absence de ses avocats et avec l'audition d'un premier témoin. Le procès ouvert 11H30 locales (08H30 GMT) se déroule devant le Haut tribunal pénal irakien, qui siège dans la "zone verte", le secteur ultra-protégé du centre de Bagdad, a-t-on constaté. Comme pour l'audience de la veille, aucun avocat n'était présent pour défendre Tarek Aziz. Au début de l'audience, celui-ci a demandé au président du tribunal, le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane, d'intervenir auprès du gouvernement irakien pour permettre à son avocat, l'Irakien Badie Izzat Aref, de venir plaider à Bagdad. Me Aref, qui réside en Jordanie, affirme craindre pour sa sécurité et ferait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par les autorités irakiennes, a assuré mercredi Tarek Aziz. "Il n'a qu'à régler ses problèmes lui-même", a rétorqué le juge Abdel Rahmane, La cour a ensuite entendu un premier témoin : s'exprimant derrière un rideau, Jasseb Saber Dhamen, qui tenait un commerce dans le quartier de Sadr City (nord-est de Bagdad) au moment des faits, a raconté que les forces de sécurité avaient investi leur échoppe le 24 juillet 1992, l'arrêtant lui et son frère. "Grâce à quelques-uns de mes contacts, j'ai pu être libéré, mais ils ont gardé mon frère. Plus tard, j'ai appris qu'il avait été exécuté avec d'autres commerçants sur ordre du ministre de l'Intérieur de l'époque, Watban Ibrahim al-Hassan", a-t-il expliqué. Mardi, lors de la reprise de son procès, M. Aziz avait affirmé être la victime "d'un complot, (une affaire) de revanche personnelle" ourdi par "les gens qui gouvernent l'Irak aujourd'hui". M. Aziz, qui s'était livré aux forces américaines en avril 2003, avait toutefois insisté sur le fait qu'il ne pouvait être tenu personnellement responsable des accusations portées à son encontre. AFP



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants. Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

26-05 Un militaire US a succombé à ses blessures après l'explosion d'un engin piégé dans la province de Salaheddine, au nord de Bagdad, indique un communiqué. Deux soldats ont été blessés. AFP

26-05 Un militaire a été tué et deux autres blessés dans les mêmes circonstances dimanche vers 14H50 près d'Al-Shamiyah (180 km au sud de la capitale), dans la province de Najaf, selon un autre communiqué. AFP



Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 Bagdad +l'Opération paix+",  

21-05 Pour la première fois en huit semaines de combats, l’armée irakienne a pénétré mardi au coeur de Sadr City à Bagdad, dans le calme. Ce déploiement a été approuvé par le mouvement de Moqtada Sadr, pour qui "l’entrée des troupes gouvernementales dans Sadr City ne représente pas une violation de l’accord" conclu le 10 mai avec le gouvernement. Cet accord avait mis fin à sept semaines de combats entre miliciens sadristes et troupes américaines d’occupation alliées aux forces gouvernementales. Les affrontements ont fait près d’un millier de morts, forcé des milliers d’habitants à la fuite et transformé en zone de guerre certains secteurs de cet immense faubourg populaire de deux millions d’habitants. Et Sadr City restait survolé en permanence par les drones et hélicoptères américains qui tentaient à coups de missiles de prévenir les tirs de roquettes et poses d’engins Les troupes irakiennes restaient depuis lors cantonnées dans le tiers sud du quartier, le long de la ligne de front séparant militaires américains et et miliciens sadristes. AFP 2

1-05 Des soldats Us ont tué 11 résistants présumés (ayant refusé de respecter la trêve )dans l'est de Bagdad, près de Sadr City, selon l'armée américaine. 4 d'entre eux ont été tués alors qu'ils se déplaçaient dans un véhicule, quatre autres ont été tués pour avoir adopté un comportement suspect, et les trois derniers ont été tués alors qu'ils posaient deux bombes le long d'une route(…). Deux sources policières irakiennes avaient déclaré plus tôt que 11 civils avaient été tués par des troupes américaines et irakiennes après l'explosion d'une bombe. L'armée US avait d'abord nié opérer dans le secteur, avant de publier cecommuniqué détaillant ces différentes attaques.

22-05 Huit civils ont été tués mercredi soir au nord de Bagdad par des tirs d'hélicoptères américains, a-t-on appris jeudi de source policière irakienne et auprès de l'armée américaine. Des hélicoptères américains ont ouvert le feu vers 18H30 (15H30 GMT) sur deux véhicules sur la route principale au sud de Baiji (200 km au nord de Bagdad), selon une source policière locale, qui a requis l'anonymat. Huit personnes ont été tuées. Deux enfants âgés d'une dizaine d'années figurent parmi les morts. Les autres victimes sont des adultes, leurs corps sont méconnaissables et n'ont pas pu être identifiés, a précisé la même source. Interrogé par l'AFP, le commandement américain a confirmé la ‘bavure’ volontaire Le commandement US fait régulièrement(…)  état de l'ouverture d'enquêtes après des opérations ou incidents entraînant la mort de civils irakiens, mais les résultats de ces enquêtes sont très rarement rendus publics.

AFP 23-05 Plusieurs milliers de militaires ont pris position dans le quartier de Sadr City, dans l'est de Bagdad, où l'Armée de Mahdi a toutefois prévenu qu'elle riposterait à la moindre provocation des forces armées. 28-05 Dix résistants (civil ?) ont été tués mercredi matin dans Sadr City, a annoncé l'armée d’occupation. Dans un communiqué, elle précise que des hommes avaient placé des bombes en bordure de routes et mené d'autres activités de ce type avant d'être tués dans la matinée.(…) AP.


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) Dans la province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu quelque 18.000 policiers sont sur le pied de guerre mais seuls environ 3.000 d'entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d'habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.   L’armée américaine d’occupation considère Mossoul, comme le premier bastion urbain d’Al Qaïda en Irak,) Le gouvernement affirme avoir démantelé 'Al-Qaïda'. Le gouvernement irakien a affirmé samedi avoir "atteint ses objectifs" et "démantelé" le réseau Al-Qaïda dans la région de Mossoul (nord), où elle mène une vaste opération depuis le 14 mai contre l’organisation radicale islamiste. "L’opération la +Mère des deux printemps+ a permis de démanteler et affaiblir le réseau d’Al-Qaïda dans la province de Ninive", a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Abdel Karim Khalaf. "Des dirigeants importants d’Al-Qaïda, dont des responsables militaires, des responsables du renseignement, ainsi que des membres des groupes Ansar Al-Sunna, Jaich Al-Moujahidine (Armée des Moujahidine) et de la Brigade de la révolution 1920 figurent parmi les personnes arrêtées", a-t-il ajouté. Soutenue par l’armée américaine, l’armée irakienne mène depuis le 14 mai à Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, une vaste offensive contre la branche irakienne d’Al-Qaïda, très active dans cette région. Cette offensive n’a donné lieu jusqu’à présent qu’à peu d’affrontements. http://www.aloufok.net/ 25/05/08

1-10 Bassorah (capitale méridionale de l'Irak, à 550 au sud de Bagdad.- (deuxième ville du pays) L'armée irakienne a ouvert le feu sur un rassemblement sadriste. Des soldats irakiens ont ouvert le feu sur des sadristes qui s'étaient rassemblés pour prier à Bassorah, dans le sud du pays. Selon la police leur rassemblement était interdit. Six personnes ont été blessées. Les sadristes accusent les soldats irakiens d'avoir attaqué la foule et tiré de façon aveugle. Ils font état d'un tué et de cinq blessés. Le député sadriste Ahmad al Massoudi a assuré que cette action de l'armée ne serait pas tolérée et demandé des explications au gouvernement. Le premier ministre irakien Nouri al Maliki tente de renforcer la présence de l'armée dans les régions où les miliciens de Moktada Sadr sont bien implantés. Reuters - Vendredi 23 mai, 20h43

1-11  Province de Salahedinne : Baïji et Samarra sont situées dans la province de Salaheddine, qui a pour capitale Tikrit, Cette région est l'un des bastions de la résistance. Baji 23-05 Huit civils irakiens, dont au moins 3 enfants de moins de 10 ans, ont été tués par les tirs d'un hélicoptère US au nord de Bagdad selon la police. L'armée US a préalablement déclaré que ces frappes avaient tué six militants d'Al-Qaïda. Des images filmées par Associated Press TV News montraient les corps de trois enfants parmi les personnes tuées par cette frappe mercredi soir, près de Beiji. Le colonel Mudhher al-Qaïsi de la police de Beiji a déclaré que les huit morts étaient des paysans qui fuyaient les frappes américaines dans le secteur, avec leurs enfants. "Il s'agit d'un acte criminel. Cela ne fera que tendre les relations entre les citoyens irakiens et les forces américaines d'occupation, et aura un impact négatif sur la sécurité", a-t-il déclaré. AP & aloufok.net


L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)

 

 
Peuple
Civils tués (depuis l'occupation) 679.802
Civils blessés (depuis l'occupation)  707376 ( chiffre très très minimum)
Civils violés (par les troupes d'occupations) 2.507     (voir Ibrahim Allousch
Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...) 48.938    (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) tués 4162  (chiffre minimum)
Résistants (décrit tel quel ) blessés 3.895   (chiffre minimum)
En prison 140.268. (chiffre minimum)
Embargo 750.000 enfants (chiffre minimal)
Embargo 750.000 adultes (chiffre moyen)
Militaires irakiens tués pendant l'invasion 45.595 (chiffre minimal)
Civils tués pendant l'invasion 120.190 (chiffre minimal)
Coalition
Nombre de Soldats tués (ou morts...)  34.607
Soldats rapatriés (blessés ou malades) 152.818 (chiffre très minimal)
(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)
Disparus (dans la nature)

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n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Suite-Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Suite-Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

Journal d'Irak   -Suite-

N°362  du 20/05 au 29/05/08

Par M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : -Suite-

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 A qui profitent ces crimes ?

5-2 Le livre noir de la Maison-Blanche  : 'Un brûlot contre Bush'

5-3 Shaun Waterman : La guerre des mots.

5-4 Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

6 Brèves

6-1 Jessica Lange dénonce la guerre en Irak et la politique de George Bush.

6-2 Corruption: les Etats-Unis remboursent 50 M USD à l'Irak.

6-3 Belgique, plaque tournante pour alimenter les guerres des Etats-Unis en Afghanistan et en irak.?

6-4 Six adolescents soupçonnés de suivre une formation de kamikazes arrêtés.



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

 5-1 A qui profitent ces crimes ?

21-05 Un journaliste irakien travaillant pour Afaq TV, Wissam Ali Auda, a été tué mercredi soir par des tirs croisés près de chez lui, selon un correspondant de la chaîne proche du Parti Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki. 21-05 Le cadavre du journaliste, Hashim al-Hussein, correspondant pour le journal "Sharq" a été découvert près de Baqouba, au nord de Bagdad, selon des responsables policiers et médicaux ayant requis l'anonymat. Au moins 129 journalistes et 50 employés des médias ont été tués en Irak depuis le début de la guerre en 2003, selon le Comité de protection des journalistes basé à New York. AP


5-2 Le livre noir de la Maison-Blanche  : 'Un brûlot contre Bush'  publié par son ancien porte-parole Scott McClellan.

Un ancien porte-parole de la Maison Blanche tire à boulets rouges contre son ex-patron, le président Bush, et fustige l'attitude complaisante des médias américains lors de l'invasion de l'Irak, dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine. Dans ce livre de 341 pages intitulé "What happened: inside the Bush White House and Washington's culture of deception" (Ce qui s'est passé: au coeur de la Maison Blanche de Bush et la culture de la désinformation à Washington), Scott McClellan accuse le président Bush d'avoir promu la guerre en Irak à coups de "propagande" que les journalistes ont largement relayée. il écrit que le président et ses conseillers « ont confondu la campagne de propagande avec le haut niveau de candeur et d'honnêteté fondamentalement nécessaire pour bâtir et soutenir le soutien du public en temps de guerre.  Il qualifie la guerre en Irak de « bourde stratégique sérieuse », "L'un des pires désastres de notre histoire est devenu l'un des pires désastres de la présidence Bush", écrit Scott McClellan dans cet ouvrage dont des extraits sont publiés mercredi dans la presse américaine, en particulier le magzine Politico. Il stigmatise ainsi "la décision d'envahir l'Irak" dont le public américain a déjà jugé selon lui qu'il s'agissait d'"une sérieuse bourde stratégique". Bush s'est "précipité dans une guerre" avec un "calendrier inadapté" et "sans avoir préparé l'après-conflit", relève l'auteur. « Au cours de l'été 2002, écrit-il, les principaux conseillers de Bush ont établi une stratégie pour orchestrer méticuleusement la campagne à venir pour vendre la guerre. [...] Il s'agissait de manipuler les sources de l'opinion publique à l'avantage du président. » Le président, précise-t-il, « a géré la crise d'une manière qui garantissait pratiquement que l'usage de la force deviendrait la seule option envisageable ». McClellan, qui a quotidiennement défendu les politiques de l'administration Bush lors des trois premières années de la guerre en Irak, conclut aujourd'hui: « Ce que je sais, c'est qu'une guerre ne devrait être lancée que lorsqu'elle est nécessaire, et que la guerre en Irak n'était pas nécessaire ». L'ancien porte-parole du président américain soutient qu'une culture de « campagne permanente » régnait à la Maison-Blanche , puisque George W. Bush s'était promis de réussir là où son père avait échoué en décrochant un second mandat. « Cela signifiait qu'il fallait travailler en mode campagne: ne jamais expliquer, ne jamais s'excuser, ne jamais battre en retraite. Malheureusement, cette stratégie avait des répercussions moins justifiables: ne jamais réfléchir, ne jamais reconsidérer, ne jamais faire de compromis. Surtout pas lorsque cela touchait l'Irak ». Ce Texan de 40 ans s'en prend également à la réponse désastreuse de l'administration Bush face à l'ouragan Katrina qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005. Dans son livre, McClellan tire aussi à boulets rouges contre l'ancien stratège et conseiller de M. Bush, Karl Rove, et le responsable de l'équipe du vice-président Cheney, Lewis "Scooter" Libby, accusés de l'avoir dupé à propos de leurs rôles dans le scandale de la divulgation de l'identité de l'ex-agent de la CIA Valerie Plame. Dans de précédents extraits publiés l'automne dernier, McClellan affirmait que le président Bush et quatre membres de son entourage - le conseiller Karl Rove, le vice-président Dick Cheney, le directeur de cabinet de ce dernier, Lewis « Scooter » Libby, et le directeur de cabinet du président, Andrew Card - ont contribué à propager de fausses informations dans l'affaire Valerie Plame, M. McClellan avait démissionné de la Maison Blanche , ou y avait été incité, en avril 2006, éclaboussé par le scandale Plame, qui touchait au bien-fondé de la guerre en Irak et avait fortement entamé le crédit de la Maison Blanche. Principal porte-parole de George W. Bush depuis juillet 2003, Scott McClellan avait déjà travaillé pour le futur président quand il était gouverneur du Texas. Il avait ensuite été son porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2000, puis responsable adjoint de la presse à la Maison Blanche. Olivier KNOX- AFP & Associated Press Jeudi 29 mai


5-3 Shaun Waterman : La guerre des mots.

Un article du 7 mai de Shaun Waterman, publié par le Washington Times, « U.S. aims to unlink Islamic, terrorism », revient sur le changement de stratégie de communication l’administration américaine « Eviter le terme de califat pour décrire le but d’Al-Qaida et des groupes associés, car ce terme a une connotation positive pour les musulmans. La meilleure description de ce qu’ils veulent réellement est "un Etat global totalitaire". (Remarque : il est intéressant de noter que l’un des changements introduits par Nicolas Sarkozy dans le discours de politique étrangère est justement l’utilisation de ce terme de califat. Lors de son premier grand discours de politique étrangère, devant les ambassadeurs, le 27 août 2007, il déclarait : « Premier défi, sans doute l’un des plus importants : comment prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident. Ce n’est pas la peine d’employer la langue de bois : cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu’Al Qaeda qui rêvent d’instaurer, de l’Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies. »)

Revenons au document américain :  Ne jamais utiliser les termes de "djihadistes" ou de "moudjahidin" pour décrire les terroristes. Un moudjahid, un guerrier saint, est une caractérisation positive dans le contexte d’une guerre juste. En arabe, djihad signifie "faire des efforts pour s’engager dans le chemin de Dieu" ; le terme est utilisé dans beaucoup d’autres contextes que celui de la guerre. Appeler nos ennemis djihadistes et parler d’un djihad mondial légitime involontairement leurs actions. » Encore plus loin dans ce document américain :  « Eviter les négations comme "nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam". Malheureusement, les études montrent que les gens ont tendance à oublier la négation. Ainsi quand vous dites, par exemple, "nous ne haïssons pas l’Islam", les mots dont les gens se souviennent sont "haine" et "eux". » (...) Ce document officiel a été révélé par Steven Emerson, qui travaille pour le Investigative Project on Terrorism, dans un article du 2 mai 2008, « Investigative Project Releases Gov’t Memos Curtailing Speech in War on Terror ». Steven Emerson est un « spécialiste » du terrorisme qui s’est rendu célèbre en attribuant l’attentat d’Oklahoma City, du 19 avril 1995 (168 morts) au terrorisme islamique (alors qu’il avait été commis par un homme proche de l’extrême droite américaine). On ne s’étonnera donc pas que dans son texte il critique vivement cette nouvelle directive officielle qui demande d’adoucir le langage utilisé par les responsables américains. « Ainsi, on demande à l’Amérique, après avoir été pendant deux siècle le sanctuaire des masses qui aspiraient à respirer librement, de réduire la liberté contre les fanatiques qui sont résolus à imposer un Etat religieux mondial. Le mémo (celui qui est cité au début de cet envoi du blog) ne donne aucun exemple dans lequel l’Islam et la démocratie laïque (secular) se sont renforcés l’un l’autre, ou d’expliquer comme la charia, l’imposition de la religion dans les affaires de l’Etat est "pleinement compatible" avec la démocratie laïque (secular). » http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4434
5-4 Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.
Le député chrétien-démocrate Jürgen Todenhöfer a rencontré en Irak des gens simples, victimes de la guerre et de l'occupation.
Il a rapporté de son voyage un livre de témoignage et d'analyse qui donne à réfléchir sur notre perception de ce conflit, de cette population et de sa culture.
« J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne »
Le député chrétien-démocrate Jürgen Todenhöfer a rencontré en Irak des gens simples, victimes de la guerre et de l'occupation. Il a rapporté de son voyage un livre de témoignage et d'analyse qui donne à réfléchir sur notre perception de ce conflit, de cette population et de sa culture.
Au cours des 25 dernières années, un certain nombre de pays ont particulièrement souffert de guerre et de privations. L'Irak en est un exemple.
D'abord une guerre contre l'Iran – fomentée par les États-Unis – pendant presque toute la décennie quatre-vingt, qui coûta 8 millions de victimes aux deux pays, menant ces derniers au bord d'une catastrophe économique.
Puis une guerre brève, menée avec une violence particulière ; une guerre qu'on aurait pu éviter par des négociations, comme on le sait aujourd'hui, mais que la coalition de guerre, menée par les États-Unis, voulait au début de 1991. _
Le résultat en fut non seulement des centaines de milliers de morts, la destruction d'une grande partie des infrastructures du pays, mais encore la contamination pour des années de cette région par des munitions à l'uranium.
Cela fut suivi de 12 années de sanctions particulièrement rudes qui coûtèrent la vie à 1,5 million d'Irakiens.
Enfin la résistance, qui dure depuis cinq ans, envers une agression et une occupation, menées par les États-Unis, au mépris du droit international, qui provoque, une fois de plus, des millions de victimes.
Comment perçoit-on ces événements en Europe ?
Par exemple, en tant qu'Allemand qui mène une vie plus ou moins bien réglée, qui ne doit pas craindre que chaque jour soit le dernier pour lui, sa famille, ses voisins ou ses amis. Comment prend-on conscience que cette puissance, dont il est prétendu, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qu'elle serait l'allié le plus sûr et le meilleur ami, commette les pires crimes de guerre ?
Et comment se fait-il que nous Européens, nous autres Allemands, laissions faire nos gouvernements, nos militaires, une partie de notre économie et de nos médias qui parti¬cipent de près ou de loin à ces crimes ?
La langue de bois en faveur de la propagande de guerre US n'est plus de mise
Jürgen Todenhöfer, ancien politicien de la CDU (chrétiens-démocrates) et député du Land de Tübingen au Bundestag, actuellement vice-président du conseil d'administration de la maison d'édition Burda, vient de publier, dans la cinquième année de guerre en Irak, un livre (Warum tötest du, Zaid ? 2008, ISBN 978-3-570-01022-8) qui se présente comme un contre-poids. Un livre rapportant des conversations avec la résistance irakienne dans la ville de Ramadi, à l'ouest de Bagdad, un livre relatant les rencontres sur le plan humain et révélant les motifs et les objectifs de la résistance.
Et il semble bien que ce soit là le premier livre, dans l'espace germanophone, qui ne manie pas la langue de bois dans le sens de la propagande de guerre, soit les questions de terrorisme et de guerres de religion, ou de la menace islamique qui justifieraient la présence de GI'S en Irak, mais qui donne la parole aux hommes et femmes qui résistent.
C'est ainsi qu'on obtient une vue différenciée
qui montre que la résistance est l'affaire de l'ensemble du peuple irakien ;
qui dément le préjugé selon lequel les Irakiens se combattraient mutuellement pour des raisons religieuses ;
qui démontre que les actes de terreurs dirigés contre la population ne sont que rarement le fait des Irakiens eux-mêmes, mais en majorité de combattants étrangers, de milices gouvernementales, d'escadrons de la mort menés par les États-uniens, voire des troupes d'occupations elles-mêmes ;
qui apporte la preuve qu'on ne peut envisager la paix tant que les troupes d'occupation séviront dans le pays et que ce ne serait possible qu'une fois celles-ci retirées ;
qui présente des hommes et des femmes qui n'ont plus d'autre solution que de résister à une troupe d'occupation barbare dans son comportement.
C'est pourquoi ce livre est davantage qu'un coup d'œil sur la résistance irakienne. C'est une fenêtre ouverte sur les agissements des troupes d'occupation. Enfin un auteur allemand de renom révèle ce que précédemment des auteurs états-uniens tels que Evan Wright (Generation Kill. Das neue Gesicht des amerikanischen Kriege » 2005, ISBN 3-86150-725-0) ou Joshua Key (Ich bin ein Deserteur 2007, ISBN 978-936096-80-4) avaient osé écrire.
Les victimes irakiennes ont enfin la parole
C'est un livre humain, laissant la parole aux victimes de ce pays
« Ne pouvez-vous pas faire comprendre à vos amis états-uniens qu'ils doivent cesser de placer nos enfants devant l'alternative soit d'assister sans sourciller au massacre de leurs familles ou de se mettre eux-mêmes à tuer ? Ne pouvez-vous leur inculquer qu'il est temps de cesser cette guerre, qui cause, de façon insensée, des victimes parmi leurs soldats et nos propres fils ? Nous n'en pouvons plus. Ce seront bientôt toutes les femmes irakiennes qui auront à pleurer l'un des leurs. Qu'avons-nous fait aux États-uniens ? » – C'est ce qu'entendit l'auteur de la part d'une mère.
A la fin de la première partie de son livre présentant ces entretiens, l'auteur exprime ses sentiments, tout comme s'il nous représentait nous tous, après avoir dialogué avec un jeune homme entré en résistance, alors qu'il avait perdu ses frères innocents par un commando de terreur des troupes d'occupation US : « Je n'oublierai jamais ce jeune homme quoiqu'il arrive ; jamais les larmes des gens que j'ai rencontrés à Ramadi. Une guerre maudite, reposant sur le mensonge et perdue – perdue pour tout le monde. Je suis écœuré de voir qu'en Occident on parle et rêve encore de ‹victoire› et j'ai honte de l'indifférence occidentale face à cette tragédie. Rarement j'ai eu un tel sentiment de honte comme à Ramadi » .
Quelques thèses concernant la relation entre le monde occidental et le monde de l'Islam
La deuxième partie du livre consiste en un « épilogue très personnel » qui dépasse toutefois largement une prise de position personnelle et rappelle à tout un chacun, en réflexion, combien il est erroné de considérer l'Islam comme agressif et menaçant pour le monde occidental. Bien au contraire : Jürgen Todenhöfer formule des thèses concernant la relation du monde occidental avec celui de l'Islam, qui jettent une autre lumière sur les conflits actuels. Par exemple :
« L'Occident est nettement plus violent que le monde de l'Islam. Depuis le début de la colonisation, plus de quatre millions de civils arabes ont été tués. »
Ou bien
« Du fait de la politique de guerre de l'Occident, il n'est pas étonnant d'observer que les extrémistes islamiques attirent toujours plus de monde. »
Ou bien
« Les terroristes camouflés en islamistes sont des assassins. Mais quant aux dirigeants de guerres d'agression en dépit du droit international camouflés en chrétiens, c'est pareil. »
Ou bien
« Les Musulmans furent et sont toujours, pour le moins, aussi tolérants que les Juifs et les chrétiens. Ils ont eu une grande influence sur la culture occidentale. »
Ou bien
« On trouve l'amour de Dieu et de son prochain non seulement dans la Bible , mais aussi dans le Coran, comme commandement central. »
Ou bien
« La politique de l'Occident par rapport au monde musulman se caractérise par une ignorance crasse des faits les plus ¬simples. »
Ou bien
« La nécessité du moment s'appelle l'art de diriger l'État et non pas celui de mener des guerres, qu'il s'agisse de celle d'Iran, d'Irak ou du conflit en Palestine. »
Toutes ces thèses méritent d'être étudiées à fond et de provoquer des discussions larges – ce qui irait vraiment dans le sens de l'auteur.
Une bonne partie du livre est consacrée à de larges extraits de la Bible et du Coran. C'est une façon pour Jürgen Todenhöfer de réfuter la conception d'un inévitable « choc des civilisations » et du caractère irréconciliable du christianisme, du judaïsme et de l'Islam. Il se place ainsi dans la tradition du « Projet d'éthique planétaire », du théologien de Tübingen, Hans Küng. Il rappelle aussi que le monde des intellectuels avait accompli de plus grands progrès que l'idéologie néoconservatrice d'aujourd'hui, et bien plus loin que toute idéologie actuelle orientée vers le pouvoir et la violence qui l'accompagne. Il confirme aussi ce que 138 théologiens musulmans avaient écrit en octobre 2007 au pape Benoît XVI : « Le christianisme et l'Islam sont les deux plus grandes religions du monde, cela tout au long de l'histoire. Les chrétiens représentent un tiers de l'humanité, les musulmans un cinquième, ce qui fait 55% du total. La relation entre ces deux communautés religieuses prend donc une dimension particulière pour imposer la paix dans le monde. Si les chrétiens et les musulmans ne peuvent vivre en paix entre eux, alors il ne peut y avoir de paix dans le monde. »
 http://www.alterinfo.net/- Vendredi 23 Mai 2008


6 Les brèves Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  Marc

6-1 Jessica Lange dénonce la guerre en Irak et la politique de George Bush.

L'actrice américaine Jessica Lange a critiqué vendredi le gouvernement Bush et dénoncé la guerre en Irak lors d'un discours prononcé devant des étudiants terminant leur cursus au Sarah Lawrence College, dans l'Etat de New York. La star de "Tootsie" et de "Blue sky" a été applaudie par son auditoire lorsqu'elle a comparé le conflit actuel à la guerre du Vietnam. J essica Lange a lancé aux étudiants qu'ils avaient un "lourd devoir", celui de dessiner une nouvelle voie pour le pays. "Nous vivons dans une Amérique qui, au cours des sept dernières années et demi, a lancé une guerre inutile, construit des camps d'emprisonnement, fermé les yeux sur la torture, embauché des armées privées, éliminé le droit de l'Habeas Corpus, pratiqué des redditions extraordinaires, et croyez-moi, la liste n'est pas finie", a déclaré l'actrice. Elle a conclu en invitant les jeunes diplômés, parmi lesquels sa fille Hannah Shepard, à s'investir pour le "maintien de la paix". dimanche 25 mai, Associated Press


6-2 Corruption: les Etats-Unis remboursent 50 M USD à l'Irak. 

Les Etats-Unis ont remboursé à l'Irak 50 millions de dollars, soustraits du programme de l'ONU "Pétrole contre nourriture", a annoncé le procureur du district sud de New York, Michael J. Garcia.
"Nous avons poursuivi devant les tribunaux 12 personnes physiques et 7 compagnies coupables de délits de corruption dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture". 50 millions de dollars ont été remboursés au peuple irakien", a précisé M. Garcia.
Ce programme fonctionnait sous le régime de Saddam Hussein frappé de sanctions internationales.
Le scandale corruptionnel a été révélé après le rapport de la commission de l'ONU sous la direction de Paul Walker. Selon ses calculs, environ 9 milliards de dollars ont été subtilisés au cours de la réalisation du programme.
Le procureur n'a pu répondre à une question portant sur le sort du reste des ressources volées vu l'immunité diplomatique et la coopération bilatérale de certains pays ayant posé des obstacles à l'enquête.
RIA-Novosti http://www.alterinfo.net/  21/05/2008


6-3 Belgique, plaque tournante pour alimenter les guerres des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak?

 Bruxelles (Belgique)  : Un avion-cargo de la compagnie aérienne de transport de fret américaine Kalitta Air International s'est littéralement coupé en deux au moment de son décollage de l'aéroport international de Bruxelles (Belgique).
L'avion, un Boeing 747-200F, immatriculé N704CK, vol K4-207, affreté par l'armée américaine et qui devait effectuer la liaison entre l'aéroport international Zaventem de Bruxelles et l'aéroport international de Bahrein (Bahrein- plaque tournante des troupes Us) avec un plein chargement de fret (…) et les cinq membres d'équipage, était en plein décollage, vers 13h30, heure locale, lorsque pour des raisons encore non déterminées, l'équipage a interrompu le décollage et tenter de stopper l'appareil avant la fin de la piste sans toutefois y parvenir.
L'avion de l'avion est alors tombé dans la déclivité de fin de piste, ce qui a brisé le fuselage en plusieurs morceaux. 
L'appareil s'est arrêté avant de sortir de l'enceinte de l'aéroport et de franchir une ligne de train à grande vitesse qui passe à son extrémité.
Les cinq membres d'équipage ne souffrent que de blessures légères. Une enquête est en cours . Seconde version Selon Jan Van der Cruysse, porte-parole de Brussels Airport, personne n'est mort ou n'a été blessé dimanche dans l'accident impliquant un avion cargo à l'aéroport de Zaventem. Cinq membres d'équipage se trouvaient à bord de l'appareil. L'un d'eux est en état de choc. L'avion, un Boeing 747 de la compagnie américaine Kalitta Air, est sorti de la piste au décollage.
L'avion devait vraisemblablement s'envoler pour Bahreïn. …
Une conférence de presse est prévue à 15h00 à l'hôtel Sheraton deZaventem.(belga/7sur7
) 25/05/08 13h45


6-4 Six adolescents soupçonnés de suivre une formation de kamikazes arrêtés. Six adolescents qui auraient suivi un entraînement en vue de commettre des actions kamikazes ont été arrêtés à Mossoul, dans le nord de l'Irak, ont annoncé lundi les autorités irakiennes. Intervenant sur la base d'un renseignement, des soldats irakiens ont découvert les garçons dans une maison, a indiqué un officier irakien sous couvert d'anonymat. Les garçons appréhendés sont âgés de 14 à 16 ans, selon le général Abdul-Karim Khalaf, porte-parole du ministère de l'Intérieur. Une enquête préliminaire montre qu'ils étaient formés par un militant saoudien qui a été tué.Les adolescents ont reconnu qu'ils suivaient une préparation pour commettre des attentats-suicides, a-t-il précisé. AP - Lundi 26 mai

n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Fin- Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''

n°362- Journal d'Irak- 20 au 28-05 -Fin- Jürgen Todenhöfer : ''J'ai honte de l'indifférence occidentale face à la tragédie irakienne''.

Journal d'Irak   -Fin-

N°362  du 20/05 au 29/05/08

Par M.Lemaire


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire : -Fin-

7 Dossiers

7-1  USA/Irak: Partenariat "stratégique" à long terme,

1 Le futur accord USA/Irak 'Status of Forces Agreement (SOFA)', "ne doit pas nuire" aux Irakiens.

 2 Aucun engagement US à défendre l'Irak.  

3 Sistani a dit 'non' à l'accord de sécurité 4 En signant un accord ‘sécuritaire’ avec l'Irak, les USA cherche a dominer la région.

7-2 Irak : La 'fin de partie' est en vue.  - Gates appelle à la gérer sans précipitation.

7-3 Point de vue de Chamizam : Pendez-les haut et court !

8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Bouda Ahmed. : Solidarité avec les détenus dans les prisons de l’armée US.

8-2 Campagne Présidentielle US -  Appel aux candidats : 'Pas de Torture, Pas D'exceptions'.

8-3 George Monbiot : Citoyens, arrêtons Bolton, le criminel de guerre.


7 Dossier & Point de vue Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1  USA/Irak: Partenariat "stratégique" à long terme,

1 Le futur accord USA/Irak 'Status of Forces Agreement (SOFA)', "ne doit pas nuire" aux Irakiens. Négociations sur un accord "de coopération et d'amitié sur le long terme" entre l'Irak et les Etats-Unis ont débuté en mars et doivent fixer les futures relations entre les deux pays, en particulier la question de la présence militaire US. Le ‘gouvernement’ irakien a souhaité que le futur accord sur la présence américaine en Irak "ne nuise pas aux intérêts des Irakiens", "le Conseil de sécurité a discuté de tous les aspects (de l'accord), économique, politique, sécuritaire et militaire", Le Conseil de sécurité a également examiné le travail des négociateurs irakiens, et "recommandé la poursuite des négociations (...)".indique un communiqué du service de presse du président Jalal Talabani. Le futur accord, est destiné à donner des bases légales à la présence de troupes américaines sur le sol irakien au delà du 31 décembre, lorsque la résolution de l'ONU qui régit actuellement leur présence aura expiré. Il doit être signé d'ici le 31 juillet, selon une "déclaration de principes" décidée en novembre 2007 entre Bush, et M. Maliki. Cette "déclaration de principe" prévoit que les forces américaines en Irak ne seront plus placées sous un mandat des Nations unies après 2008, mais en vertu d'un accord bilatéral entre Washington et Bagdad. Un tel accord s'inscrirait dans ce que la Maison-Blanche a présenté comme un partenariat "stratégique" à long terme, (…) comprenant aussi les relations politiques et diplomatiques, économiques ou culturelles. Vendredi, Ahmad Khatami, a dénoncé avec virulence ce traité, y voyant "un esclavage sans fin", et "la pire humiliation et servitude (...)". "Toute main qui signera un tel accord sera considéré par l'Iran comme un traître à l'islam, au chiisme et au peuple irakien", a mise en garde l'ayatollah Khatami depuis Téhéran. Afp-27-05


2 Aucun engagement US à défendre l'Irak.   Aucun engagement américain à défendre l'Irak ne figurera dans le nouvel accord bilatéral destiné à donner des bases légales à la présence de troupes américaines sur le sol irakien, a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense , Robert Gates. L'accord que les deux pays doivent commencer à négocier dans les prochaines semaines pour fixer les futures relations entre les deux pays, ne liera pas les mains du prochain président américain, a assuré M. Gates devant une commission du Congrès. "L'accord sur le statut des forces qui est en discussion ne contiendra pas d'engagement à défendre l'Irak et ne sera pas non plus un accord-cadre stratégique", a déclaré le secrétaire à la défense, interrogé par la Commission des Forces armées du Sénat. Une "déclaration de principes" signée en novembre dernier par le président George W. Bush et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ne comprenait pas non plus d'engagement de défense américain, a-t-il souligné. Il s'agit de la déclaration la plus claire à ce jour d'un responsable américain sur les limites du futur accord, baptisé Status of Forces Agreement (SOFA), qui permettra de mettre en place un cadre formel légal laissant les options américaines et irakiennes ouvertes, une fois terminé le mandat de la Force multinationale sous commandement américain en Irak. "Je pense qu'il faut qu'il y ait beaucoup d'ouverture et de transparence vis-à-vis du Congrès pendant les négociations pour que vous puissiez vous assurer vous-mêmes qu'on ne fait pas ce genre de promesse et qu'il n'y a pas de surprise", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis signent des accords de type SOFA avec tous les pays où ils souhaitent établir des bases permanentes. Ces accords permettent de définir le statut légal des soldats américain et devant quelle juridiction ils doivent être présentés en cas de crime commis sur le sol du pays concerné, comme cela a été le cas après plusieurs affaires de viols à Okinawa, dans le sud du Japon, où se trouvent d'importantes bases militaires américaines. M. Gates a assuré que les Etats-Unis ne cherchaient pas à implanter des bases militaires permanentes en Irak. "Le fait est que dans toutes les réunions auxquelles j'ai participé, il a été affirmé, du président à tous les autres échelons, que nous ne voulions pas de bases permanentes en Irak", a-t-il déclaré. L'ambassadeur d'Irak à Washington, Samir Sumaidaie, a prévenu mardi que le statut des sociétés privées de sécurité du genre de Blackwater figurerait au centre des négociations. Ces sociétés, qui assurent la sécurité des diplomates et de nombreux autres étrangers, bénéficient actuellement de l'immunité en Irak, conformément à une directive de l'ancienne Autorité provisoire de la coalition, mise en place après l'invasion de l'Irak en 2003. Le gouvernement irakien a annoncé lundi que les discussions sur cet accord entre l'Irak et les Etats-Unis débuteraient la troisième semaine de février. Fin novembre, le président américain George W. Bush et le Premier ministre Maliki avaient signé une "déclaration de principes" fixant la matrice des négociations pour donner un nouveau cadre à la présence militaire américaine en Irak après 2008 et régir les relations à long terme entre les deux pays. Selon cette déclaration de principes, les forces américaines en Irak ne seront plus placées sous un mandat des Nations unies après 2008, mais en vertu d'un accord entre Washington et Bagdad. (Source : AFP / 06 février 2008 20h51)

3 Sistani a dit 'non' à l'accord de sécurité

Ali Sistani s'est dit opposé à la signature de l'accord ‎de sécurité entre les Etats-Unis et l'Irak. " Lors de ses entretiens ‎avec le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maléki, l'Ayatollah ‎Sistani a affirmé que tant qu'il était vivait, il empêcherait la signature ‎d'un tel accord entre les forces d'occupation et l'Irak musulman. IRIB 25/05/2008 http://www.alterinfo.net/


4 En signant un accord ‘sécuritaire’ avec l'Irak, les USA cherche a dominer la région. Les responsables et hommes politiques irakiens sont ‎d'avis qu'en signant un accord sécuritaire avec l'Irak, les Etats-‎Unis cherchaient un point de départ pour asseoir leur main mise ‎sur ce pays. Le Conseiller culturel du Premier ministre irakien, ‎Seyyed Hossein al-Hochami, a confié, lors d'une interview ‎exclusive avec la chaîne al-Alam, que le peuple, les leaders et ‎les sources d'imitation irakiens s'opposaient à cet accord ‎sécuritaire, mais que si l'Irak se voyait contraint de l'accepter, il ‎devait prendre en considération des questions, telles que ‎l'interdiction de la création de bases militaires, les arrestations ‎arbitraires, la construction de prisons, ainsi que l'usage de ‎l'espace aérien de l'Irak contre d'autres pays. De même, ‎ Ali Sistani, source d'imitation irakienne, a ‎exprimé sa vive opposition à la conclusion d'un tel accord, affirmant qu'il ne permettrait pas ‎qu'un tel accord soit signé de son vivant. Il a, aussi, fait part de ‎son soutien au gouvernement irakien, ainsi qu'aux efforts ‎déployés par les Irakiens et les autres Musulmans, pour établir la ‎paix et la stabilité dans ce pays.(…) http://www.alterinfo.net/ 27/05/2008

7-2 Irak : La 'fin de partie' est en vue.  - Gates appelle à la gérer sans précipitation.

La "fin de partie" est en vue en Irak, mais le désengagement américain sera un "processus lent" et doit s'opérer sans précipitation sous peine de lourdes conséquences pour les Etats-Unis, a estimé le secrétaire à la guerre Gates. "Nous voyons désormais à quoi ressemble la fin de partie en Irak -- avec le retrait progressif de nos forces armées, et une série de changements complexes visant à céder lentement la responsabilité des opérations quotidiennes de sécurité aux Irakiens". Or, "c'est un processus lent, plus lent que souhaité par la majorité, moi inclus. Mais cela est nécessaire si nous voulons gérer correctement la fin de la partie", "Je crains que la frustration face à la lenteur des progrès et la consternation face aux sacrifices déjà consentis ne poussent à prendre des décisions gratifiantes à court terme mais coûteuses pour nous sur le long terme", a-t-il averti. "Au cours de cette guerre, nous avons essayé de confier la responsabilité de provinces et de zones aux Irakiens avant qu'ils soient prêts, au motif de prédictions trop optimistes sans lien nécessaire avec la réalité" et "c'était condamné à l'échec", a rappelé le chef du Pentagone. "Nous devons être réalistes concernant les défis auxquels est confronté l'Irak: Al-Qaïda reste une force mortelle; les milices armées continuent de miner l'Etat de droit; et le gouvernement, malgré ses grandes avancées, a encore beaucoup à apprendre pour fournir services et sécurité à son peuple", a fait valoir M. Gates. "Nous sommes en guerre avec l'Afghanistan aujourd'hui à cause des erreurs que nous avons faites -- moi y compris -- pendant la fin de la guerre anti-soviétique à la fin des années 1980. Si nous ratons la fin de partie en Irak, je prédis que les conséquences seront bien pires", a-t-il conclu. AFP / 22 mai 2008


7-3 Point de vue de Chamizam : Pendez-les haut et court ! Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Règlement de comptes à Bagdad City. Cette semaine recommence le procès de Tarek Aziz, ancien chef de la diplomatie irakienne, accusé de complicité dans l’exécution de 42 civils en 1992. Ce prisonnier encombrant, qui fut le confident privilégié des alliés occidentaux, pourrait bien connaître, dans un pays toujours à feu et à sang, le même sort que Saddam Hussein.

Règlement de comptes.
Un vieillard chétif dans un costume marron, le regard aux abois.
Ce 29 avril, dans le box des accusés, au sein du Haut Tribunal pénal irakien, l’homme diabétique et souffrant d’hypertension a perdu de sa superbe. Destin cruel pour Tarek Aziz, 73 ans, ancien vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, parvenu jadis à représenter brillamment l’Irak dans le monde avant de terminer sa carrière sous l’objectif des caméras, exhibé comme un délinquant grabataire de droit commun.
Ziggourat pour l’échafaud
2003 : invasion de l’Irak. Alors que les opérations de combat ne sont pas terminées, Tarek Aziz surprend en se livrant spontanément aux occupants américains, en échange de la protection de sa famille. Une figure-clé du régime vient ainsi de tomber : dans le jeu sinistre de 55 cartes illustrées par les visages des dirigeants à capturer, Aziz était le 8 de pique. Une carte majeure est dès lors abattue. Cinq années s’écoulent : Tarek Aziz, détenu à Camp Cropper, près de Bagdad, passe son temps, seul dans sa cellule, à rédiger ses Mémoires, dans l’attente des chefs d’inculpation. Les juristes auront beau déplorer un temps aussi long, cette faute en droit est pourtant banale dans un régime d’exception comme celui de l’Irak sous occupation.
Dans le pays qui a inauguré les premières tables de la loi, sous le règne d’Hammourabi, il y a plus de 4 000 ans, cette irrégularité ne sera ni la première ni la dernière dans le théâtre tragi-comique de l’institution judiciaire irakienne. Pour un Etat de droit, les vices de forme entraînent généralement une annulation ou un report du procès. Dans le nouvel Irak, quelques procédures illégales selon les conventions internationales n’empêcheront pas Tarek Aziz d’aboutir au sort qui lui est réservé : la mort, par pendaison.
Le shérif kurde et les sept mercenaires sunnites
Pour quel crime, la peine capitale ? Quelques semaines seulement avant l’ouverture du procès, le 29 avril, Tarek Aziz a eu vent du principal chef d’inculpation retenu contre lui : l’exécution de 42 commerçants irakiens en 1992, soupçonnés d’entente frauduleuse sur le prix des produits alimentaires, et ce au début de l’embargo.
« Une accusation fabriquée », proteste son fils Zyad Aziz. Lui comme tant d’autres soutiens de l’ancien diplomate voient dans ce grief un prétexte pour faire condamner Tarek Aziz, en raison de son appartenance au moment des faits, au Conseil du commandement révolutionnaire, organe officiel décisionnaire de la sentence, sous la férule du dictateur Saddam Hussein.
Au-delà de son cas personnel, c’est le 4e procès d’anciens responsables baasistes qui s’ouvre actuellement depuis la chute du régime. Six autres codirigeants seront également jugés, parmi lesquels Watban Ibrahim, ancien ministre de l’Intérieur et demi-frère de Saddam Hussein. Quand la première audition s’est tenue le 29 avril, avec 5 heures de retard, elle fut vite expédiée : 45 minutes pour constater l’absence de l’avocat irakien de Tarek Aziz, Me Badie Aref, réfugié en Jordanie pour « raisons de sécurité », en clair menacé de mort par les milices. De par l’autorité du juge kurde Raouf Abdel Rahman, célèbre pour avoir condamné à mort Saddam Hussein pour l’assassinat de 148 personnes, le procès redémarre ce mardi 20 mai, sous de mauvais augures pour Tarek Aziz. Le principe de la responsabilité collective semble primer pour le Haut Tribunal pénal, au détriment de l’individualisation de l’incrimination.
Aziz au jeu du pendu
« Une mascarade à partir d’une affaire bidon ! », s’exclame l’avocat André Chamy, mandaté depuis l’été dernier par Tarek Aziz pour assurer sa défense. Le juriste franco-libanais, spécialisé dans le droit social et inscrit au Barreau de Mulhouse, prône la « stratégie de rupture », fameuse tactique développée pendant la guerre d’Algérie par son confrère Jacques Vergès, lui-même désireux de s’impliquer également dans le procès à venir. Contestant la légitimité du tribunal, comme il le fit déjà quand il était membre du collectif d’avocats chargés de la défense de Saddam Hussein, André Chamy, officiellement désigné par Aziz au même titre que l’avocat irakien Badie Aref, préconise l’obstruction judiciaire, par son absence physique et celle de ses collègues au procès, afin de faire pression pour obtenir la délocalisation de la procédure judiciaire. « Comme tout justiciable, M. Aziz mérite un procès équitable ; or, il est présumé d’emblée coupable. C’est un procès éminemment politique ».
La France, bouche cousue
Où sont les amis de Tarek Aziz ? Celui qui s’est forgé de solides et durables alliances dans le monde géopolitique durant un quart de siècle n’a pas de quoi se réjouir à ce jour. Silence des uns, profil bas des autres. Mis à part quelques tapageurs, comme l’activiste Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes depuis 1986, ou le parlementaire britannique George Galloway, ils sont peu nombreux à s’indigner publiquement. Un
« comité de soutien à Tarek Aziz et aux prisonniers politiques irakiens », constitué en 2003 et récemment réactivé, pourrait occuper la scène médiatique, avec des membres qu’on ne présente plus : Jean-Pierre Chevènement, Jacques Gaillot, Didier Julia, Thierry Mariani et bien d’autres, intellectuels, politiques ou diplomates. Interrogé, Roland Dumas, attentif auparavant au déroulement du procès Hussein, espère quant à lui une procédure légale et équitable. Certains ont songé faire appel à Boutros-Boutros Ghali, ancien secrétaire générale de l’Onu et autre diplomate arabe et chrétien, pour faire pression sur la communauté internationale. En vain. Quant à la Chancellerie , soucieuse de ne pas contrarier l’allié américain, il va sans dire que la fameuse « politique arabe de la France  », illustrée jadis dans les rapports chaleureux entretenus avec l’Irak par la médiation de Tarek Aziz, est désormais de l’histoire ancienne appartenant au musée chiraquien. No less no more.
Dans la parodie de justice qui s’annonce, telle qu’elle est mise en scène par les nouveaux maîtres de l’Irak, nul doute que Tarek Aziz emportera, à son tour, bien des secrets dans sa tombe.
Et avant son dernier voyage, le diplomate chrétien de l’Irak pourra-t-il peut-être solliciter son légendaire péché mignon : un dernier cigare. Si c’est pour mourir, autant partir dans un écran de fumée. BONUS : Video de l’entretien avec l’avocat de Tarek Aziz 23/05/08
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=40188



8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

8-1 Bouda Ahmed. Militant au comité national belge pour la paix : Solidarité avec les détenus dans les prisons de l’armée US.  
A l'attention de : L'organisation des Nations Unies et le candidat démocrate aux prochaines élections présidentielles américaines. Lorsque des millions des citoyens de la planète criaient dans les rues des grandes villes du monde leur opposition à la logique de guerre contre l’Irak, ils avaient réalisé que la paix ne pouvait se faire par la destruction, les guerres et le choc des civilisations. Les faits qui ont suivi ont démontré combien cette vision était juste. Les USA et les forces qui les ont soutenus, ont envahi et occupé l’Irak. Ils ont promis la démocratie, la liberté et la prospérité pour l’ensemble du peuple irakien. Toutefois, cinq ans après l’occupation, les Irakiens sont dans l’impossibilité de trouver le moindre petit refuge sûr susceptible de les protéger des exactions quotidiennes des soldats américains mais aussi des mercenaires engagés par les sociétés privées et les milices terroristes en accord ou en désaccord avec l’occupant. Les Irakiens n’ont plus d’espoir dans l’avenir tant que les conditions de l’occupation sont maintenues. Aujourd’hui, plus de deux millions d’Irakiens se sont vus transformer en réfugiés à travers le monde, fuyant ainsi la mort et la torture dans les prisons. Quant à ceux qui sont restés, ils continuent à endurer les souffrances de l’occupation, certains sont détenus dans les pires prisons de la terre. A ce jour, l’armée américaine garde en détention plus de 150 000 Irakiens répartis sur plus de 28 centres de détention. Des milliers d’entre eux y ont passé plus de cinq ans dans des conditions inhumaines et en dépit de la convention de Genève relative aux prisonniers de guerre. Il faut noter aussi qu’une grande partie de ces détenus sont des personnes âgées ayant des problèmes de santé qui risquent leur vie. Des milliers d’autres sont des jeunes, des épouses et des enfants qui sont pris en otage à la place des maris ou parents qui résistent. Il ne faut pas oublier non plus, que tous les détenus font l’objet des pires tortures accompagnées de toutes sortes d’humiliations et d’actes dégradants contre la dignité de l’être humain. Alors qu’ils sont tous privés de tout contact avec le monde extérieur, la majorité d’entre eux sont privés, même, des visites familiales Comme nous ne pouvons demander au peuple américain d’assumer la responsabilité des guerres, ainsi que toutes les atteintes aux droits de l’Homme perpétrées par l’administration américaine actuelle, et comme nous sommes tous responsables devant l’Humanité d’abord et face au peuple irakien ensuite, nous devons annoncer notre position avant qu’il ne soit trop tard, nous devons refuser tous les agissements qui portent atteinte aux droits de l’Homme. Il s’agit d’une position de toute personne éprise de paix et d’Humanisme contre la barbarie et la sauvagerie d’où qu’elles viennent. Ce positionnement ne vise pas à défendre la personne humaine en Irak exclusivement, mais plutôt à défendre le genre humain, les valeurs de la civilisation universelle, le système du droit et de justice qui concerne toute personne humaine y compris la personne irakienne. Nous déclarons et nous confirmons, par la présente, notre solidarité avec ceux qui ne font que défendre leurs droits légitimes dans leurs pays, ainsi qu’avec les détenus et les prisonniers irakiens. Nous tenons à dénoncer avec force le maintien en détention de toutes ces personnes et nous nous engageons à organiser toutes les activités légales dans le but d’obtenir leur libération. Nous croyons aussi que la justice et la liberté sont étroitement liées et que rien ne peut pousser sur la taule des chars de l’occupant américain, par contre la bonne herbe pousse dans les cœurs de ceux qui croient en l’Homme et qui défendent ses droits et sa dignité. Tout en revendiquant la libération des détenus et des prisonniers en Irak, nous insistons sur le devoir d’obliger les forces d’occupation américaines à respecter la convention de Genève relative aux prisonniers de guerres et d’arrêter ainsi toutes sortes de torture dont les détenus sont l’objet. Les USA doivent permettre aux institutions internationales ainsi qu’à la Croix rouge d’opérer des visites dans tous les centres américains de détention en Irak et de rendre compte des conditions de vie des prisonniers et des détenus. Le comité international pour la solidarité avec les détenus dans les prisons de l’armée américaine en Irak Écrit par Bouda Ahmed - info@almanar.be    http/www.demainlemaroc.com

8-2 Campagne Présidentielle US -  Appel aux candidats : 'Pas de Torture, Pas D'exceptions'.

 Une initiative américaine contre la torture dépassant tous les clivages politiques pendant cette année électorale vitale : chaque candidat doit s'engager à faire inclure dans la plateforme politique de son Parti l'arrêt total de la torture. VOUS, électeurs, pouvez y contribuer. Action pour qu'au plus haut niveau de l'état l'héritage national juridique soit respecté, que l'Amérique redevienne elle-même.
Cet article porte sur la campagne : «Pas de Torture, Pas d'Exceptions ». C'est une initiative où je me suis profondément impliqué pour faire en sorte que chaque candidat à la présidentielle inclue l'arrêt de la torture dans sa plateforme de campagne.
Dans sa déclaration autoproclamée de guerre contre le terrorisme, l'Administration Bush a annulé un héritage américain qui remonte aux lois du Général Washington à Trenton et Princeton en 1776. L'Administration a répudié l'ordre que le premier et plus grand président a signé en pleine guerre civile, en 1863, interdisant la torture et la cruauté. Les conséquences en sont complètement désastreuses. Les Américains se sont battus pour retrouver l'intégrité de leur héritage juridique, et ce combat a commencé au sein même du Parti de Lincoln. Alors que le nombre de prétendants se réduit, ce n'est certainement pas un hasard si les trois candidats restants en liste – McCain, Huckabee et Paul (Républicains ndlt) – se sont montrés unis sur un point : leur rejet du dogme de la torture.
Le problème moral qui hante les élections de 2008 c'est que l'Administration Bush a adopté la torture comme un outil de gouvernance. Cette faute doit être répudiée totalement, et la nation doit jurer de ne plus jamais répéter cette erreur. Et on ne devrait pas permettre que ce problème divise la nation comme prémisse d'une rancœur partisane. Il existe un espoir pendant cette année électorale de renverser l'une des plus terribles décisions dans l'histoire de notre nation – la décision après le 11 septembre de faire fi des valeurs historiques de l'Amérique et d'utiliser la torture dans la « guerre contre le terrorisme ».
Tous les candidats restant en liste – John MacCain, du Parti Républicain, Barak Obama et Hillary Clinton du Parti Démocrate – ont publiquement déclaré leur opposition à l'utilisation de la torture. Maintenant, chacun de ces candidats à la présidentielle doit faire en sorte que leurs partis respectifs adoptent lors de leurs Conventions un point dans leur plateforme qui ramène l'Amérique à sa position historique, celle du rejet absolu de la torture – partout, sur aucun être humain, sous aucune raison.
« Pas de Torture, Pas d'Exceptions» cela veut dire :
• Réaffirmer l'engagement de l'Amérique aux lois fédérales existantes et aux traités internationaux qui interdisent la torture, et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, et ce, en toutes circonstances.
• Renoncer à toutes les interprétations juridiques et ordres exécutifs qui redéfinissent la torture et autorisent de tels actes comme la privation de sommeil, les positions de stress, l'humiliation sexuelle, les simulacres d'exécutions.
• Appliquer une transparence totale en matière d'information sur la façon don l'Amérique traite l'un ou tous ses détenus aux mains de notre personnel et ceux aux mains de nos employés partout dans le monde.
• Rejeter et abolir la pratique de déporter des détenus à l'étranger.
• Etablir une norme unique pour les procédures d'interrogation appliquées à toutes les personnes e n détention aux US ou à celles sous contrôle des US, qu'elles soit aux mains de la CIA , de l'Armée ou du FBI.
• Traiter tous nos prisonniers comme nous voulons que les autres traitent des détenus américains.
Que pouvons nous faire ?
Cliquer ICI pour vous joindre à l'initiative nationale pour Rejeter la Torture , et faite passer l'information à vos amis et connaissances
Source harpers.org

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Cet appel s'adresse aux électeurs américains où qu'ils se trouvent. Si vous avez parmi vos amis, collègues de travail, connaissances, des électeurs américains, faites leur part de cette initiative et encouragez les à y participer. Il est encore temps de sauver l'Amérique de ces ennemis de l'intérieur.
http://www.planetenonviolence.org/

23/05/08

8-3 George Monbiot : Citoyens, arrêtons Bolton, le criminel de guerre.
Nous avons pratiquement oublié la guerre d’Irak. Nous avons tendance à n’y voir désormais à peine plus qu’une « erreur politique », au même titre que d’autres décisions mineures du Labour.
La presse et l’opinion publique ont évolué et se préoccupent maintenant de questions plus pressantes, comme le prix de l’immobilier.
Mais c’est une erreur qui a tué ou blessé des centaines de milliers de personnes dans un pays qui ne nous faisait aucun mal.
Les erreurs de ce genre - une guerre d’agression injustifiée - ont été qualifiées de « crime international suprême » par le tribunal de Nuremberg. Les erreurs de ce type, dans tout régime régi par le droit international, devraient voir leurs auteurs mis derrière des barreaux pour le reste de leur vie. Mais ce crime majeur qu’est la guerre en Irak a été banalisé.
Ce processus de normalisation a si bien réussi que dans trois jours, l’un de ses auteurs viendra ici au festival littéraire de Hay-on-Wye - haut lieu de la bienséance - pour promouvoir son livre et tenter d’en vendre quelques exemplaires.
Je ne regrette pas le fait qu’il vienne ici - loin de là - mais j’y vois comme un signe indiquant que ce crime qu’il a aidé à commettre est désormais considéré comme un évènement normal relevant du processus politique.
John Bolton avait tout d’abord appelé à la guerre contre l’Iraq en tant que signataire d’une lettre ouverte envoyée au président Clinton par le Projet pour un Nouveau Siècle Américain en 1998.

En 2001, il a rejoint l’administration Bush pour y occuper la fonction à l’appellation hilarante de Sous-Secrétaire d’État pour le contrôle des armements au Département d’Etat. Sa présence au Département d’Etat semble avoir été imposée par Dick Cheney qui voulait le voir surveiller Colin Powell.
Il a immédiatement commencé à s’en prendre au droit international, menant avec succès ses batailles contre le Traité SALT de limitation des missiles balistiques, le protocole sur les armes biologiques, le traité sur les armes légères, et peut-être avec prescience, la participation de l’Amérique à la Cour Pénale Internationale.
En avril 2002, Bolton a orchestré le licenciement du chef de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, José Bustani.
La faute de Bustani consistait à avoir offert de régler le différend portant sur les supposées armes de destruction massive de Saddam Hussein, par l’envoi d’inspecteurs du désarmement en l’Irak.
Par la diffusion d’un document provenant de son ministère, Bolton a contribué à promouvoir l’affirmation fausse selon laquelle Saddam Hussein avait cherché à se procurer de l’uranium au Niger. Il a joué un rôle central dans le montage et la promotion de ce motif de guerre trompeur.
C’est seulement lorsque ceux qui contribuent à lancer des guerres illégales prendront peur devant les sanctions encourues que les futurs gouvernements s’abstiendront de les déclarer. En tant que citoyen, je crois que nous avons le devoir d’essayer de dissuader les futurs crimes de guerre. Je propose donc que nous permettions à John Bolton de prendre la parole ici, pour ensuite procéder à une arrestation citoyenne.
La section 24A de la loi sur la criminalité organisée dangereuse permet à tout citoyen de procéder à « l’arrestation sans mandat d’une personne ... qu’il a des motifs raisonnables de soupçonner d’être coupable » d’une infraction.
Je ne veux pas défendre quelque chose que je ne serais pas disposé à faire moi-même. J’avais envisagé de rester chez moi ce mercredi, mais j’ai maintenant l’intention de revenir, pour écouter M. Bolton parler, puis ensuite procéder à cette arrestation. A Hay, j’espère que d’autres pourront se joindre à moi.
George Monbiot
26 mai 2008
The Guardian / Contre Info Publication originale The Guardian, traduction Contre Info http://www.stopusa.be/


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

28/05/2008

n°179- dossiers de l'Afghanistan -27-05 -Début- Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ?

n°179- dossiers de l'Afghanistan -27-05 -Début- Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ? 

 dossiers de l'Afghanistan -Début-

n°179 au 27-05

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Sommaire : -Début-

2 Brèves

2-1 Bush n'arrive pas à convaincre ses alliés (à part les Français) d'envoyer plus de troupes.

2-2 Kouchner contredit Sarkozy.

2-3 Protestations afghanes après l'abandon de poursuite contre des Marines.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Klaus Bitzer : L’OTAN et la sécurité énergétique: «notre pétrole».

3-2 Point de vue de Joe Kay : Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan.

3-3 Point de vue de Michel Vastel : Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ?  



2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Bush n'arrive pas à convaincre ses alliés (à part les Français) d'envoyer plus de troupes.

Et surtout certains au sein de l’administration US – au département d’Etat en particulier – ont modifié leur position de départ qui paraissait gravée dans le marbre. Ils disent désormais qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit, qu’en réalité l’occupation du territoire afghan par des armées étrangères ne fait que renforcer l’alliance entre Al Qaida, les talibans et d’autres chefs pachtounes. Et que la meilleure façon de briser cette alliance est d’impliquer certains d’entre eux (mais pas Al Qaida) dans un processus de réconciliation. L’autre jour, un responsable américain me disait : « Le département d’Etat n’est plus contre des discussions avec les talibans. Il s’oppose seulement à ce que, dans un accord de paix, on leur confie la gestion d’une région entière.».

Bernard Kouchner aligne donc sa position sur celle du département d’Etat et le fait savoir, avec l’espoir que son soutien aidera les diplomates américains dans leur bataille à Washington, où les opposants à tout dialogue avec les talibans sont toujours nombreux et puissants. Sa démarche n’est pas forcément dénuée de sens. Mais ne vaudrait-il pas mieux définir aussi une politique française et essayer de s’y tenir ? 


2-2 Kouchner contredit Sarkozy. Souvenez-vous : c’était il y a un mois à peine, en direct à la télévision. Le 23 avril, Nicolas Sarkozy était interrogé, entre autres, sur sa politique en Afghanistan et sa décision d’y envoyer 700 soldats supplémentaires. N'y aurait-il pas d'autres solutions, lui a demandé un journaliste, précisant "Ne faudra-t-il pas un jour discuter avec les talibans ?"

Quoi ! s’est alors insurgé le chef de l’Etat, « ouvrir un dialogue avec les talibans, ouvrir un dialogue avec des gens qui ont amputé d'une main une femme parce qu'elle avait mis du vernis à ongles, ont empêché des millions de petites jeunes filles d'aller à l'école, qui ont mis à terre des bouddhas qui avaient plusieurs siècles d'histoire, qui lapident la femme prétendument adultère? Si c'est pour discuter avec cette équipe-là, je pense qu'on n'aurait pas grand-chose à se dire. »

Bref, ce serait se rendre complice des pires criminels. Or voilà qu’hier Bernard Kouchner dit à peu près l’inverse. Oui, a-t-il déclaré, « à un moment donné, il faut bien que [la réconciliation nationale] passe par les talibans ou par ceux qui parlent en leur nom », assurant cependant qu’ "il n'y aura pas de contact de notre part sans l'accord des Afghans". Malgré la tirade du Président de la république, on envisage donc bien aujourd'hui à Paris des contacts avec les "amputeurs" de main. Pourquoi ce revirement? Parce qu’à défaut d’avoir défini clairement sa propre politique afghane, l’équipe Sarkozy navigue à vue, au gré des états d’âme d’une administration américaine très divisée sur le sujet. Jusqu’à présent il n’était pas question, pour la Maison Blanche , de négocier avec les talibans. Comme Sarkozy, on ne voulait pas dîner avec le diable, même avec une longue cuillère. Mais, depuis quelque temps, les choses bougent à Washington.

 http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/05/25/talibans-quand-kouchner-contredit-sarkozy.html

dimanche, 25 mai 2008


2-3 Protestations afghanes après l'abandon de poursuite contre des Marines.

(Le 4 mars 2007, un convoi de Marines tombé dans une embuscade -une attaque kamikaze suivi de tirs à l'arme légère-, à 45 km à l'est de Jalalabad, près de la frontière pakistanaise. ["riposté"... à 6 km du lieu de l'embuscade, cf ci dessous. La "riposte" des marines a fait 19 morts et 24 blessés parmi la population]
Vendredi,23-05  l'armée US a annoncé la conclusion d'une enquête militaire selon laquelle les Marines "ont agi de manière appropriée".
Trois officiers feront toutefois l'objet de "mesures administratives appropriées", des problèmes d'entraînement et de ressources humaines ayant été relevés.)
Les responsables afghans se sont déclarés "scandalisés" après la conclusion d'une enquête militaire américaine selon laquelle des Marines ont "agi de manière appropriée", lors d'une fusillade qui a tué 10 civils en mars 2007.
"Je suis profondément scandalisé par cette décision. Des gens qui dormaient dans leurs maisons, qui se promenaient dans la rue ont été tués et maintenant, personne n'est reconnu coupable. Cela n'est pas tolérable", a dénoncé Abdul Aziz Khairkhawa, vice-président du conseil de la province de Nangarhar, où s'est déroulée la fusillade.
"L'an dernier, les Américains sont venus ici s'excuser, alors comment se fait-il qu'ils blanchissent aujourd'hui les soldats?", a-t-il demandé.
"C'est une très triste nouvelle pour nous. Nous avons des preuves solides selon lesquelles les victimes ont été abattues en plein jour. Ils auraient du prendre en compte les témoignages des victimes", a affirmé Qari Nazifullah, membre du conseil religieux de la province.
La Commission afghane des droits de l'homme a réaffirmé que les Marines avaient commis "une violation des droits de l'homme".
"Notre propre enquête, basée notamment sur les déclarations des témoins et des victimes, a abouti à la conclusion qu'il y a eu une violation des droits de l'homme. Parmi les victimes, six personnes ont été tuées alors qu'ils se trouvaient à près de 6 km du site de l'incident, ce qui démontre qu'il y a eu un usage excessif de la force", a expliqué à l'AFP Ahmad Fahim Hakim, chef adjoint de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan (AIHRC).
La mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (Unama) a fait état pour sa part de sa déception.
"Des civils ont été tués et blessés et il est très décevant que personne ne soit tenu pour responsable de leurs morts", a déclaré à l'AFP Aleem Siddique, porte-parole de l'Unama.
"Les Nations Unies ont toujours affirmé qu'il fallait améliorer la transparence et responsabiliser toutes les parties impliquées, si nous voulons conserver la confiance du peuple afghan", a-t-il ajouté
.
La mort des 10 civils afghans le 4 mars 2007 rappelle Haditha en Irak. Le 19 novembre 2005, des Marines qui venaient de perdre l'un de leurs camarades dans l'explosion d'une bombe dans l'ouest de l'Irak avaient ouvert le feu et tué de manière indiscriminée 24 civils, dont des femmes et des enfants tués à bout portant.
Huit Marines ont été inculpés, mais cinq ont déjà bénéficié d'un non-lieu.
Les forces étrangères en Afghanistan, qui comptent environ 50.000 soldats sous la bannière de l'Otan et 20.000 de la coalition internationale, sont régulièrement accusées de provoquer la mort de civils dans leurs combats ou leurs bombardements.



3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de Klaus Bitzer : L’OTAN et la sécurité énergétique: «notre pétrole».

Après que, poussé par les États-Unis, le secrétaire général de l’OTAN, Hoop Scheffer, eut tenté, lors de la 42e conférence sur la politique de sécurité tenue à Munich le 4 février 2006, d’établir la sécurité de l’approvisionnement en énergie comme nouveau champ d’activité de l’OTAN, une séance largement ignorée de l’opinion publique et intitulée «Sécurité de la sécurité énergétique» a eu lieu les 19 et 20 juillet 2007 à l’école de l’OTAN d’Oberammergau, au cours de laquelle les conditions cadres et les stratégies d’une intervention militaire préventive de l’OTAN ont été révélées. Le but de la conférence tenue dans un bâtiment entouré de barbelés et dont l’accès nécessitait la présentation d’un passeport était d’informer les quelque 100 participants (venant principalement du secteur politique et militaire de l’OTAN) de la stratégie permettant d’exécuter ces nouvelles tâches de l’OTAN.
L’un des deux organisateurs, Philipp Cornell de l’école de l’OTAN, a défini l’objectif dès son entrée en matière. Il s’agit de lever un tabou: le recours aux militaires pour assurer l’approvisionnement en énergie. Il convient de convaincre l’opinion publique d’admettre cet objectif. La conférence a révélé pourquoi et sur l’ordre de qui cela doit avoir lieu: «Les marchés et les investisseurs aspirent à la sécurité.» Sous une forme édulcorée, on lira les propos choquants et révélateurs des participants dans le rapport de l’OTAN consacré à la sécurité de l’énergie et à la politique de sécurité. Pendant la conférence, les participants se sont exprimés de façon beaucoup plus claire. Certaines des citations suivantes ne laissent aucun doute à cet égard.
Réservés à l’OTAN, les œufs d’or des flux énergétiques
Que l’OTAN présente les qualités requises pour assurer l’approvisionnement en énergie a été étayé par les recherches de l’économiste Mancur Olson sur l’action collective des groupes, car «de fortes coalitions ne se forment que si seuls leurs participants profitent de leurs avantages», comme l’exprime Adrian Kendry des quartiers généraux de l’OTAN. L’OTAN est une telle coalition, et ses avantages sont évidents. Assurer l’approvisionnement en énergie correspond finalement à la nécessité de maintenir le flux énergétique dont a besoin l’OTAN en tant qu’institution militaire.
Ces déclarations prouvent que la sécurité de l’approvisionnement en énergie devient un objectif militaire en soi et que l’on a l’intention de se partager la proie «équitablement». On ne peut guère considérer comme lapsus linguae le fait que plusieurs conférenciers aient parlé de «notre pétrole» ou proclamé que «nous avons ce pétrole». Bruce Averill du département d’Etat des États-Unis s’est montré très clair au sujet des tâches futures relatives à la sécurité des réserves pétrolifères du Moyen-Orient : «… we take care of the big golden eggs and we know where they are.» [«… nous prenons soin des gros œufs d’or et savons où ils sont.»] Il admit que l’on envoyait secrètement des spécialistes dans les pays en question, que l’on s’y entraînait pour assurer la sécurité de l’énergie sur place – description à peine voilée des activités des services de renseignements allant jusqu’au sabotage des installations des États au comportement indésirable.

Terreur des services de renseignements dans l’approvisionnement en énergie

L’invitation de Gal Luft, officier israélien et fondateur de la machine à penser américaine de droite IAGS, avait visiblement pour objectif d’améliorer l’apparence de cette partie future (ou déjà actuelle) des activités de l’OTAN. Les deux organisateurs de la séance étaient IAGS et l’école de l’OTAN.
Le site Internet d’IAGS propose des actions de sabotage frappant les installations de gaz liquide en Iran. Grâce à des «sabotages clandestins», l’infrastructure servant à l’extraction de gaz naturel doit être endommagée1. Le fait que l’on ne montre aucun scrupule à fréquenter un thuriféraire d’attaques terroristes contre des installations énergétiques en Iran en en faisant un des organisateurs d’une conférence de l’OTAN sur la sécurité de l’approvisionnement en énergie reflète l’ampleur des activités illégales, contraires au droit international, auxquelles l’OTAN est prête à se livrer ou s’est déjà livrée.
Cyril Widdershoven, du consultant Cap Gemini, a bien souligné que l’OTAN devait être disposée à assurer l’approvisionnement en énergie de manière préventive en recourant aux forces armées: «… in the end we will have to be fighting to get our cars filled with gas.» [«… finalement, nous devrons combattre pour avoir le gaz nécessaire à nos autos.»]
A vrai dire, le public est mal informé sur cette partie des stratégies de l’OTAN. Lorsqu’il s’agit de l’approvisionnement en énergie de l’Occident, les catégories morales des politiciens occidentaux s’effacent. Aux opérations des militaires et des services de renseignements de l’OTAN s’applique le principe de Richard Nixon: «They are bastards, but they are our bastards.» [«Ce sont des salopards, mais ce sont les nôtres.»] •

Klaus Bitzer, 19 mai 2008 Klaus Bitzer, professeur au département de géologie de l’Université de Bayreuth 1 debatte.welt.de

Horizons et Débats : www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=938


3-2 Point de vue de Joe Kay : Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan.
La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulignant le grand nombre de décès parmi les civils en Afghanistan, souvent aux mains d’unités hors-la-loi dirigées par la CIA ou d’autres agences du renseignement étrangères. Cet enquêteur est Philip Alston, un professeur de l’Université de New York agissant à titre de Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires pour le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son rapport lève un coin du voile sur les gestes illégaux des agences du renseignement, des forces d’occupation et de la police afghane dans leur tentative de réprimer l’opposition à l’occupation menée par les Etats-Unis et au gouvernement que ces derniers soutiennent. Un rapport plus complet sera publié plus tard cette année. Alston s’est concentré sur les meurtres de civils par les Etats-Unis et les autres forces militaires internationales, citant 200 morts rapportées lors des quatre premiers mois de 2008. Ce chiffre, toutefois, est basé sur les données colligées par les Nations unies et d’autres organisations internationales et est sans l’ombre d’un doute une grossière sous-estimation. En plus des civils tués dans les raids aériens - visant souvent sans discrimination des habitations civiles - Alston a fait état de « plusieurs raids pour lesquels aucun État ou commandement militaire ne reconnaît sa responsabilité ». Pratique du secret et totale impunité Dans une conférence de presse qu’il a donnée jeudi, Alston a apporté plus de précision sur ce point : « J’ai parlé à plusieurs personnes en lien avec l’activité d’unités de renseignement étrangères. Je ne veux pas les nommer, mais elles occupent les plus hauts niveaux dans les régions où j’ai mené mes enquêtes. Ces forces opèrent avec ce qui semble être une entière impunité. » Les lieux où des incidents ont été cités dans le rapport indiquent que les agences du renseignement en question comprennent la CIA ou des Forces spéciales américaines. Le rapport signale quelques incidents comme exemple de meurtres extrajudiciaires. En janvier 2008, deux frères furent tués dans un raid sur la province de Kandahar réalisé par des « membres internationaux ». Alston a trouvé que les victimes « étaient largement réputées, même par des représentants gouvernementaux bien informés, n’avoir aucun lien avec les talibans et les circonstances entourant leur mort sont suspectes. Toutefois, non seulement n’ai-je pas pu obtenir la version des faits d’un commandant militaire international, mais je n’ai même pas pu obtenir confirmation d’un commandant militaire international qu’un de ses hommes avait été impliqué. » D’autres incidents ont impliqué des raids par des Afghans sous la direction de « services de renseignement internationaux » non identifiés menés à partir de bases dans les provinces de Kandahar et Nangarhar. « Il est absolument inacceptable que des membres lourdement armés d’une force internationale accompagnés de membres lourdement armés des forces afghanes puissent aller là où ils veulent pour réaliser des raids dangereux qui finissent souvent par des morts sans que personne n’en prenne la responsabilité » peut-on lire dans le rapport. Le quotidien britannique The Independent a donné des informations supplémentaires. Il a noté : « Un responsable occidental bien informé de l’enquête a dit que les unités secrètes sont aujourd’hui encore connues comme des forces de campagne qui furent déployées alors que les Forces spéciales américaines et les espions de la CIA recrutaient des soldats afghans pour les aider à renverser les talibans lors de l’invasion de 2001 sous direction américaine. "Nous avons gardé les plus brillants et plus intelligents parmi les hommes de cette milice, a dit le responsable. Nous les avons entraînés et réarmés et ils sont toujours en action. » Implication des troupes britanniques Le quotidien Independent a continué en citant un incident dans lequel les forces britanniques furent impliquées. « Dans la province d’Helmand, là où se trouve la majorité des 7800 soldats britanniques, les Forces spéciales ont été accusées d’avoir tranché la gorge d’un homme dans un raid de nuit qui a mal tourné. Les sources des agences de sécurité déclarent maintenant que l’opération a été organisée par une unité spéciale d’espions. » Alston a aussi écrit sur les actions de la police afghane. « Elles n’agissent pas en tant que forces faisant respecter la loi et l’ordre, mais en tant que défenseurs des intérêts d’une tribu ou d’un commandant », a-t-il rapporté. Il a cité un incident dans lequel la police afghane a massacré un groupe d’une tribu rivale. Il n’y a pas eu d’enquête par le gouvernement ou les forces d’occupation. Dans un autre incident, la police a tué neuf manifestants et en a blessé 42 autres à Sheberghan en mai 2007. En général, il a trouvé qu’il y avait très peu d’intérêt parmi les responsables américains ou afghans à suivre les morts civiles. « La complaisance en réponse à ces morts est étonnamment élevée » a-t-il dit. Lors de la conférence de presse, il a noté : « Lorsque je demandais le nombre des morts civiles enregistrées au cours de l’année, je me faisais répondre que ces chiffres ne sont pas disponibles en Afghanistan - c’est ce que m’ont répondu plusieurs représentants seniors de l’armée - ou encore qu’ils étaient secrets et que l’on ne pouvait me les transmettre. Lorsque je demandais plus d’informations sur certains incidents, dans le but de vérifier si les personnes impliquées avaient bien été punies, on me répondait qu’une telle information n’était pas disponible en Afghanistan et que je devrais plutôt lire les journaux des pays concernés. » Le fait que la CIA a été impliquée dans des opérations secrètes en Afghanistan n’est ni nouveau ni surprenant. Déjà dans les années 1970, la CIA a développé des liens avec des sections de la population afghane, en particulier des éléments fondamentalistes islamiques, dans sa tentative de miner le gouvernement qui était alors soutenu par l’Union soviétique. Plus tard, la CIA a été très impliquée dans le développement de liens avec les seigneurs de guerre anti-talibans avant l’invasion et l’occupation américaines en 2001. Après l’invasion, l’Afghanistan, en particulier la base aérienne de Bagram près de Kaboul, est devenu un point de transit pour les prisonniers capturés par les Etats-Unis et que l’on voulait expédier à la prison de Guantanamo, vers des prisons secrètes de la CIA ou vers des pays alliés des Américains pratiquant la torture. Les agences de renseignement américaines auraient également été impliquées dans l’interrogation de prisonniers dans la prison d’Abou Ghraib en Irak. Escadrons de la mort américains En 2005, les médias américains ont écrit des reportages sur les opérations des escadrons de la mort soutenus par les Américains en Irak et qui étaient déployés pour tuer des personnes suspectées d’être des opposants à l’occupation américaine. Yasser Salihee, un correspondant spécial de l’agence de presse Knight Ridder qui enquêtait sur les escadrons de la mort, a été tué d’une balle dans la tête en juin de cette année. D’autres reportages montrent comment l’armée américaine a modelé les unités irakiennes sur les escadrons de la mort déployées en Amérique centrale durant les années 1980 pour éliminer l’opposition de gauche aux intérêts américains. Alors que la plupart des actions de la CIA sont cachées dans une aura de secret, un contractant de la CIA a été poursuivi pour avoir torturé un prisonnier afghan à mort en 2003. Ce contractant, David Passaro, a interrogé et battu le prisonnier, Abdul Wali, pendant deux jours, le blessant si sérieusement qu’il en est mort deux jours plus tard. Nouvelle prison hors la loi Dans une autre affaire, le New York Times a écrit samedi que le Pentagone allait de l’avant avec son projet de construction d’un complexe pénitentiaire de 160.000 mètres carrés à la base militaire de Bagram. La prison actuelle, ainsi que d’autres prisons afghanes et américaines, sont apparemment insuffisantes pour détenir le grand nombre de prisonniers faits par les forces d’occupation. La nouvelle prison pourra aussi être utilisée pour des prisonniers actuellement détenus à Guantanamo. Elle sera conçue pour détenir jusqu’à 1100 personnes. Joe Kay – WSWS mardi 20 mai 2008 http://www.info-palestine.net/ http://www.wsws.org/francais/News/2008/mai08/esca-m20.shtml

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3-3 Point de vue de Michel Vastel : Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ?  
Cela n'est jamais arrivé mais, pour la première fois de son histoire, l'armée canadienne sera bientôt défaite. Ce ne sera pas seulement la sienne mais celle de l'Alliance atlantique. Il n'y aura pas de signature d'un «acte de capitulation» bien sûr. Cela se fera plus discrètement, mais tout aussi piteusement.
J'ai conscience d'écrire quelque chose de délicat, surtout au moment où ce sont surtout des Québécois qui tiennent le fort en Afghanistan.
Envisager leur défaite n'est pas douter de leur bravoure, ni même de leur supériorité morale autant que militaire. Mais c'est comme cela: un jour le dernier contingent de soldats occidentaux quittera Kandahar. Et les taliban descendront des collines alentour pour prendre leur place.
Aux exploits de Vimy, au courage de Dieppe, à la détermination de Bernières-sur-Mer - dont on dit qu'ils ont contribué à façonner le Canada moderne - il faudra désormais ajouter la résignation de Kandahar.
Quelles en seront les conséquences pour les chefs militaires?
En tiendra-t-on rigueur aux chefs politiques qui ont entraîné les soldats dans ce désastre? Et comment les Canadiens verront-ils désormais leur armée? Comment accepteront-ils d'autres augmentations des dépenses militaires? Est-ce que les responsables de la politique étrangère réfléchissent au moins aux conséquences que cela aura sur la diplomatie canadienne?
Cela fait beaucoup de questions me direz-vous.
Mais cette hypothèse, pour choquante qu'elle soit - surtout pour les militaires et leurs familles qui ne veulent pas que tous ces sacrifices aient été vains - est maintenant sérieusement envisagée par les observateurs militaires. Il n'y a qu'à Ottawa qu'on n'ose pas en parler.
Cette semaine, le Conseil de Senlis - un observatoire international qui gagnerait en crédibilité s'il ne militait pas aussi pour la légalisation de la culture du pavot... - annonce presque la défaite de l'OTAN et le retrait des troupes canadiennes pour la fin de l'année 2008. Il se base sur une observation effrayante de la réalité: les taliban sont présents sur 54 % du territoire afghan. «La question n'est plus de savoir si les talibanretourneront à Kaboul, la capitale, mais quand et dans quelles circonstances...»
La cote d'alerte est déjà atteinte avec une vingtaine de soldats de l'Alliance tués chaque mois. (soit 1550 minimum – le chiffre communiqué par les autorités Us (et après mes recherches) n’est que de Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.315 (chiffre du journal : 178 – mais je souscrit a ce nouveau chiffre) Le Conseil de Senlis prévoit que ce nombre sera porté à 50 par mois le printemps prochain alors que des attentats de plus en plus spectaculaires pourraient faire jusqu'à une quinzaine de victimes canadiennes d'un coup. Le débat sur un retrait immédiat des troupes fera rage à Berlin, Amsterdam et Ottawa.
Le seul moyen de renverser la situation serait de doubler le nombre de soldats alliés en Afghanistan - le contingent canadien passant de 2500 à près de 4000. Et certains suggèrent d'y incorporer quelques milliers de soldats venant de pays arabes.
On n'en est pas là puisque même un appel récent du Conseil de l'Atlantique Nord à une augmentation plus modeste est resté sans succès.
Le ministre canadien de la Défense , Peter MacKay, tente de minimiser le rapport du Conseil de Senlis en disant que les taliban ne contrôlent pas tout leur territoire, mais seulement quelques retranchements difficiles d'accès. Les troupes canadiennes non plus ne contrôlent pas le territoire de la province de Kandahar, mais seulement quelques bases fortifiées.
La situation militaire en Afghanistan accélèrera peut-être la tenue d'élections en 2008, le gouvernement conservateur ne voulant pas être tenu responsable de cette «défaite» militaire.
Mais les plus graves conséquences se produiront sur le moral des simples soldats. Leur confiance en leurs chefs en prendra un sérieux coup et eux-mêmes ne seront plus perçus comme les héros des grandes guerres de libération de l'Europe. L'effet de ces développements sur le moral des troupes sera terrible. Les Américains après le Vietnam, les Français après l'Algérie, les Russes après la Tchétchénie ont connu cela. Le Canada ferait bien de s'y préparer...
Michel Vastel  Lundi 12 mai 2008

n°179-dossiers de l'Afghanistan -27-05 -Fin- Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ?

n°179- dossiers de l'Afghanistan -27-05 -Fin- Et si le Canada perdait la guerre d'Afghanistan ? 

dossiers de l'Afghanistan -Fin-

 n°179 au 27-05

Par M.Lemaire                                                                                 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire : -Fin-

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Anthony Swofford : Les vétérans témoignent de leur sale guerre.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion

5-1 Contamination à l’uranium appauvri - Le taux de radiation en Grande Bretagne a quadruplé après l'opération choc et frayeur en Irak.

5-2 L’histoire du Bilderberg racontée à Y.Calvi et J.F.Khan.


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

4-1 Anthony Swofford : Les vétérans témoignent de leur sale guerre.

Cinq ans après le déclenchement du conflit, ces militaires américains demandent la fin de l'"occupation" et des réparations.  Vendredi, à mon arrivée au campus de Silver Spring, près de Washington, il y avait des manifestants portant des pancartes dont une proclamait: "Winter soldier, mon cul!" A l'intérieur se tenait la conférence "Winter Soldier" des "Vétérans d'Irak contre la guerre" (IVAW) ["Winter soldier" est une référence à une enquête publique menée par des vétérans de la guerre du Vietnam en 1971, après le massacre de My Lai]. Pourquoi cette hostilité? Cinquante-cinq anciens combattants américains s'apprêtaient à témoigner sur les guerres menées en Irak et en Afghanistan, que les membres d'IVAW qualifient d'"occupation". Une conférence modelée sur celle du Vietnam en 1971, qui avait révélé les crimes de guerre, violations des droits de l'homme et gâchis militaire qui se déroulaient alors au Vietnam. L'IVAW a trois objectifs: le retrait immédiat de toutes les troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, des compensations au peuple irakien, et des soins médicaux fiables pour tous les anciens combattants de ces guerres. Pendant quatre jours, la conférence s'est intéressée aux violations constantes des règles d'engagement militaire, au coût à long terme de ces conflits pour les familles et les personnalités brisées, à la privatisation croissante de la guerre en Irak, au racisme et au sexisme dans l'armée, et à l'avenir de la résistance des GIs. Avec cette conférence "Winter Soldier", l'IVAW espérait attirer plus d'intérêt médiatique en faveur du mouvement antiguerre. Des vétérans très bien organisés Dans le hall où se déroulaient les témoignages, la sécurité était assurée par des membres de l'IVAW. Mais la plupart des soldats qui témoignaient étaient nés après 1982. Pour eux, le Vietnam, ce sont les images de films comme "Full Metal Jacket" ou "Apocalypse now". Les participants du "Winter Soldier" de 1971 étaient en tenue militaire de camouflage, et l'événement était bricolé avec rien du tout. Celui de 2008, à l'opposé, avait plutôt l'allure d'un séminaire d'entreprise. Les femmes que j'ai vues témoigner étaient bien habillées, et si certains hommes avaient gardé leurs uniformes du désert, beaucoup étaient en costume ou en tenue de sport. Ce sont les nouveaux vétérans anti-guerre, qui savent utiliser l'image et la technologie à leur profit. Jose Vasquez, membre de la direction de l'IVAW, m'a confié qu'il souhaitait "professionnaliser l'organisation". Vasquez a servi quatorze ans dans l'armée, y compris comme réserviste. Il donnait l'impression d'avoir quitté sa caserne quelques heures plus tôt seulement. Né dans le Bronx, il s'est engagé à l'age de 17 ans. Il fait aujourd'hui des études d'anthopologie. Il avait prévu de passer trente ans dans l'armée, et, après le 11 Septembre, il serait allé en Afghanistan sans hésitation. Mais au moment de son rappel pour aller en Irak en 2005, il avait conçu de sérieux doutes, non seulement sur l'efficacité de la guerre, mais aussi sur la validité morale de son engagement. En tant que membre du personnel médical, il rafistolait les soldats blessés pour leur permettre de retourner au combat et de se remettre à tuer. Après une longue crise morale, il a demandé à bénéficier du statut d'objecteur de conscience, et un an plus tard il quittait l'armée. Lorsqu'il raconte le moment où il a expliqué aux autres soldats qu'il n'irait plus en Irak avec eux, il semblait plein de remords et de tristesse. L'armée lui manque. "Je crois que je viens de faire tuer la moitié de la population des quartiers nord" Il y a évidemment des détracteurs pour contester la véracité de témoignages de soldats sur des conduites immorales. Pour cette raison, l'IVAW a instauré un processus de vérification, et Vasquez porte le titre de "chef de l'équipe de vérification". Avec sa formation d'anthropologue, il a formé une équipe de 14 personnes, presque toutes d'anciens membres d'unités de combat: "Nous étions prêts à accepter des témoignages de toutes parts, pas seulement de membres de l'IVAW. Si vous aviez servi, et que vous pouviez le prouver, vous pouviez témoigner." Cent quarante personnes se sont présentées pour témoigner. Anthony Swofford  18/03/2008 |  http://www.rue89.com/2008/03/18/irak-les-veterans-temoignent-de-leur-sale-guerre



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Contamination à l’uranium appauvri - Le taux de radiation en Grande Bretagne a quadruplé après l'opération choc et frayeur en Irak.

Chris Busby, qui a conseillé le gouvernement sur le problème des radiations et est fondateur de Green Audit, une agence de consultants en environnement, pense que des particules d'uranium provenant d'Irak ont été largement dispersées dans l'atmosphère et répandues par les vents au dessus de l'Europe.

Contamination à l' uranium appauvri - Le taux de radiation en Grande Bretagne a quadruplé après l'opération « choc et frayeur » en Irak Selon un rapport, des détecteurs de radiation en Grande Bretagne ont enregistré que le taux d'uranium dans l'atmosphère avait quadruplé après la campagne de bombardement appelée "choc et frayeur" lancée contre l'Irak.
Des spécialistes de l'environnement qui ont découvert ces chiffres grâce à la loi sur la liberté de l'information disent que cela prouve que l'uranium appauvri contenu dans les bombes a été transporté jusqu'en Grande Bretagne par les vents.
Des responsables gouvernementaux ont, quant à eux, affirmé que cette augmentation importante et enregistrée par des détecteurs situés à Berkshire n'était que coïncidence et provenait de sources locales.
Les résultats des stations menant les tests au centre d'armes atomiques à Aldermaston ainsi que ceux de 4 autres stations situées dans un champ de 16 kms ont été obtenu par Chris Busby du département d'anatomie humaine et de biologie cellulaire de l'Université de Liverpool.
Chaque détecteur a enregistré une augmentation significative du taux d'uranium pendant la campagne de bombardements durant la guerre du golfe en mars 2003. Le résultat d'une station située dans un parc à Reading était suffisamment élevé pour qu'il inquiète l'Agence à l'Environnement.
Chris Busby, qui a conseillé le gouvernement sur le problème des radiations et est fondateur de Green Audit, une agence de consultants en environnement, pense que des particules d'uranium provenant d'Irak ont été largement dispersées dans l'atmosphère et répandues par les vents au dessus de l'Europe.
"Cette étude montre que plutôt que d'être restées prés des endroits ciblés, comme l'a prétendu l'armée, les armes à l'uranium appauvri ont contaminé à la fois les populations locales et celles situées à des milliers de kilomètres de distance ".
Le ministère de la défense a réfuté l'argument en disant que cela n'était pas "faisable" que l'uranium appauvri puisse voyager si loin. Des experts en radiation ont également dit que d'autres sources environnementales étaient en était à blâmer.
La campagne "choc et frayeur" a été l'une des campagnes les plus dévastatrices conduite lors d'une guerre moderne. Dans les toutes premières 24 heures, 1500 bombes et missiles ont été largués sur Bagdad.
Pendant le conflit, des avions "tankbusters" - qui utilisent des munitions contenant de l'uranium appauvri, ont tiré 300 000 munitions. L'utilisation d'une substance – appelée "silver bullet, balle d'argent" à cause de ses capacités à percer l'armure épaisse d'un tank- est contreversée à cause de son effet potentiellement nocif sur la santé humaine . Des critiques ont dit qu'elle était chimiquement toxique et pouvait provoquer le cancer et des médecins irakiens ont rapporté une élévation significative des cas de cancer aprés qu'elle ait été utilisée pendant la première guerre du golfe.
Les gouvernement américain et britannique prétendent cependant que l'uranium appauvri est relativement peu dangereux. La Société Royale- l'Académie Britannique des Sciences- a aussi dit que les risques encourus à cause de l'uranium appauvri sont faibles pour les soldats et les personnes se trouvant dans la zone de conflit.
Le rapport de Busby montre que pendant les neuf jours qui ont suivi le début de la guerre en Irak le 19
mars 2003, des taux plus élevés d'uranium ont été enregistrés sur 5 sites à Berkshire. Par deux fois, les taux ont dépassé le seuil impliquant que l'Agence à l'Environnement soit prévenue, bien que compris dans les limites de sécurité. Le rapport dit que les conditions climatiques pendant la guerre d'Irak montrent des mouvements d'air constants d'Irak en direction du Nord.
Brian Spratt, qui a supervisé le rapport de la Société Royale , a émis un doute sur le fait que l'uranium appauvri puisse être à l'origine de cette élévation. Pour lui, cela a pu provenir de l'uranium contenu naturellement dans le sol et projeté en l'air dans l'opération "choc et frayeur "
D'autres experts ont dit que des sources locales environnementales comme des stations d'énergie en étaient probablement la cause. Selon l'Agence Environnementale, d'autres détecteurs à d'autres endroits n'ont pas enregistré les mêmes augmentations ce qui laisse penser que l'origine est locale.
Un porte parole de l'armée a dit que l'uranium était «d'origine naturelle» et qu'il n'y avait pas de preuve que l'uranium appauvri en provenance d'Irak avait atteint la Grande Bretagne.
Source et copyright The Sunday Times – Britain - Mark gould et Jon Ungoed Thomas 19/02.06 www.timesonlines.co.uk
Traduction bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planete Non Violence
http://www.planetenonviolence.org/Contamination-a-l-uranium-appauvri-Le-taux-de-radiation-en-Grande-Bretagne-a-quadruple-apres-l-operation-choc-et-frayeur_a548.html


5-2 L’histoire du Bilderberg racontée à Y.Calvi et J.F.Khan.

Ceux qui ignorent l’histoire se condamnent à la répéter (Georges Langlois) Laurence Kalafatides 

Extraits La nouvelle vient juste de tomber. Cette année, le Bilderberg tiendra sa conférence annuelle du 5 au 8 juin, à Chantilly, près de Washington. Cette information, venue des Pays-Bas, a peu de chance d’intéresser les téléspectateurs français car, depuis le 4 mars 2008, ils "savent" que le Bilderberg n’existe pas. En effet,ce soir là, Yves Calvi, consacrait son émission C dans l’air - une de ces cuistreries dont la télévision française est friande - à la question : “ Qui gouverne le monde “. Yves Calvi, journaliste depuis 1986 (France Info, FRI, Europe  1) recevait quatre éminents spécialistes du sujet : 

Gérard Chaliand (spécialiste des problèmes géopolitiques et stratégiques), 

Nicole Bacharan (historienne et politologue franco-américaine), 

Jean-François Khan (historien, journaliste depuis 1964 - Europe 1, l’Express, le Monde - fondateur del’Evénement du Jeudi puis de l’hebdomadaire Marianne),et enfin 

Jacques Rupnik (Directeur de recherches au Centre d’études et de recherches internationales). Comme à l’accoutumée, la fin de l’émission fut dédiée aux questions des téléspectateurs. Yves Calvi se saisit d’un message et posa la question à brûle-pourpoint : [1] 

 Y. Calvi : Que savez-vous de l’organisation mondiale Bilder ... beurk, je vais y arriver... Bilderberg, moi j’en avais jamais entendu parler, qui réunit chaque année les personnages les plus influents du monde ? vous connaissez ça vous ? 
  Réponse unanime des invités : NON 
  Y. Calvi : Ben voilà, c’est un bide en direct 
  J-F Khan : Je connais la Tricontinentale  [2] , je connais Davos, mais je connais pas ... 
  N. Bacharan : Je ne connais pas du tout cette organisation donc je n’en dirais rien 
  Y. Calvi : c’est peut-être une invention d’un téléspectateur qui a de l’humour, qui nous teste ? 
  N. Bacharan : peut-être qu’il voulait vérifier... 
  G. Chaliand : Je me méfie beaucoup de ces organisations mondiales qui dans l’ombre se réunissent et distribuent en quelque sorte les dividendes et les rôles. C’est une longue histoire.
 
  Y. Calvi : Vous êtes peut-être en train de répondre très habilement à une fausse question, ce qui est très rare, et ce qui pour le coup est d’une grande intelligence, enfin moi, ça m’arrange !
La suite de l’émission importe peu. Les téléspectateurs auront retenu que le Bilderberg n’existe pas puisque cinq journalistes et spécialistes de géopolitique n’en ont tout simplement jamais entendu parler. A la décharge de nos brillants “experts” il faut reconnaître que le Groupe de Bilderberg n’existe QUE depuis 54 ans, et que ce club ultra huppé ne reçoit QUE des têtes couronnées, des ministres,des secrétaires généraux de l’OTAN, des PDG, des patrons de presse. On le voit, il n’y a là rien qui puisse éveiller la curiosité des invités d’Yves Calvi. Pourtant... Le Bilderberg, ce fantasme de gauchiste [3]

Pourtant, la genèse du Groupe de Bilderberg est une histoire fort instructive qui mérite d’être contée, car elle donne à voir une réalité qui se situe à l’exact opposé de la démocratie. Depuis sa création en 1952, le Bilderberg a largement contribué à construire le condominium euro-américain, sous leadership US, que l’on voit à l’oeuvre aujourd’hui. Ce condominium transatlantique peut être considéré comme la clé de voûte du nouvel "ordre mondial" que le président américain Harry Tuman a annoncé en 1947. Plan Marshall, OTAN et son réseau secret Stay-Behind, Union Européenne, CIA , MI6 et Bilderberg font partie des instruments utilisés pour mettre en place cet "ordre mondial" et mener la guerre froide. 
Pour autant, façonner ce nouvel ordre mondial, selon l’architecture décidée par Washington, implique la collaboration des pays membres de l’Alliance Atlantique.
Le Bilderberg a précisément pour fonction d’assurer cette collaboration. La filiation OTAN/Bilderberg peut se lire au travers des nombreuses sessions consacrées "aux questions sur lesquelles un accord au sein de l’Alliance Atlantique peut s’avérer difficile." Sous couvert de débats, le Bilderberg exerce une véritable diplomatie parallèle au prétexte que, selon ses propres termes, " les dimensions et les possibilités des contacts officiels [ des hommes d’Etat et des diplomates ] ont leurs limites et ne couvrent pas tout le champ que les fondateurs de Bilderberg avaient en idée." Le Groupe de Bilderberg, dont l’objectif affiché est de construire"l’unité du monde occidental" ne recrute que" des gens importants et respectés et qui peuvent contribuer à la réalisation des objectifs que le Bilderberg s’est assigné. [4]" Au début de chaque conférence, une note distribuée aux participants indique que l’on attend d’eux qu’ils usent de leur"influence afin que l’Alliance Atlantique puisse fonctionner d’une façon plus efficace." Quant à la diversité des sujets débattus, elle découle, selon un document de 1957, de "l’intérêt commun des membres de l’OTAN [ qui ] s’étend constamment au-delà de la sphère d’application limitée du Traité Atlantique. [5]" Il va sans dire que pour faire entériner cette"politique occidentale qu’il serait peut-être plus exact bien que moins diplomatique d’appeler américaine" [6] la plus grande quiétude est nécessaire. C’est la raison pour laquelle ces conférences annuelles - qui regroupaient environ 50 personnes dans les premières années et qui aujourd’hui en comptent 120 - se tiennent loin des regards, dans des hôtels ultras sécurisés et ne donne lieu à aucune communication externe.

Amitié Transatlantique Paris, 25 septembre 1952. Ce jour-là, 13 personnes se réunissent pour jeter les bases de ce qui deviendra deux ans plus tard, le Groupe de Bilderberg. En plus du Baron François de Nervo, hôte de la réunion, on note des personnalités venues de toute l’Europe : 
  Paul Van Zeeland, ministre belge des affaires étrangères 
  Bernhard De Lippe-Biesterfeld, Prince consort des Pays-Bas, époux de la Reine Juliana  
  Ole Bjorn Kraft, Ministre danois des affaires étrangères, président du Conseil de l’OTAN 
  Dr Rudolf Mueller, avocat d’affaires allemand, ancien président de la German Economic Administration de la zone anglaise. 
  Panagiotis Pipinelis, représentant permanent de la Grèce à l’OTAN 
  Paul Rykens, président de la firme multinationale Unilever 
  Hugh Gaitskell, ancien chancelier de l’Echiquier, trésorier du parti travailliste 
  Guy Mollet, président le la SFIO  
  Antoine Pinay, Président du Conseil ; ministre des Finances et Affaires économiques

Et enfin les deux chevilles ouvrières du Bilderberg en cours de constitution : 
  Sir Colin Gubbins, ancien Général de l’armée britannique, qui durant la guerre fut chargé de la planification des actions subversives et de sabotage au sein du S.O.E. - Special Operation Executive - Démantelé en juin 1946, le SOE fut remplacé, à l’intérieur du service de renseignement MI6, par une nouvelle section secrète " Special Operations" dont Colin Gubbins prit le commandement. En liaison avec Frank Wisner - directeur du bureau de coordination politique des opérations spéciales de la CIA (OPC ) Gubbins s’activa à créer les armées secrètes de l’OTAN - Stay Behind - dans toute l’Europe [7].
  Joseph Retinger : Cet ami intime de Gubbins fut conseiller diplomatique du Général Sikorski, chef du gouvernement polonais en exil à Londres durant la Deuxième Guerre mondiale [8]. Les services secrets français le considéraient comme un agent du contre-espionnage polonais passé au service de l’Intelligence Service de Grande-Bretagne [9]. Lorsqu’en 1952, Retinger se lance dans la création du groupe de Bilderberg, il occupe le poste de secrétaire général du Mouvement européen.

Sont excusés, Max Brauer, membre du parti socialiste allemand, Maire de Hambourg et Lord Portal de Hungerford, ancien maréchal de la Royal Air Force, contrôleur pour la production de l’énergie atomique au ministère de l’approvisionnement. Pour Retinger et ses amis, la première tâche consiste à redonner du dynamisme à la campagne antisoviétique enEurope, et à faire battre en retraite les partis communistes jugés trop puissants. Mais pour ce faire, il s’avère nécessaire de pacifier les relations euro-américaines. …

Le 1° octobre 1953 une lettre du directeur de la CIA , informe Retinger que le Comité américain est constitué. 18 mois plus tard, le 8 février 1954, Européens et Américains se réunissent, de nouveau chez le Baron François de Nervo, et valident un rapport - N°3 - où se trouve également consignée leur stratégie : "Les membres du Groupe, usant de leurs relations avec leurs autorités respectives, s’assureront que les points de vue développés dans le rapport n°3 seront soumis aux divers gouvernements". Ils décident d’organiser " dans un futur proche, une réunion restreinte de personnalités triées sur le volet et d’environ cinquante personnes ; la conférence discutera des problèmes mentionnés dans le document N°3 et si possible conviendra que ses conclusions sont la meilleure voie possible pour réaliser une entente parfaite entre l’Europe et l’Amérique. Les participants seront des personnalités influentes et informées des sujets débattus."

La conférence dont il est fait mention est prévue pour les 29-30et 31 mai 1954 à Oosterbeek (Pays- Bas ) dans l’hôtel Bilderberg. Les thèmes inscrits à l’ordre du jour sont les suivants : 
a) L’attitude générale envers le communisme et l’Union soviétique 
b) L’unification de l’Europe 
c) La Communauté européenne de Défense et la défense européenne 
d) Le problème des colonies 
e) Les problèmes économiques

Trouver un consensus qui permettrait d’adopter une position commune "envers le communisme et l’Union Soviétique" n’est pas chose aisée. Les Etats-Unis se montrent inflexibles envers "l’ennemi" et reprochent à l’Europe de s’orienter vers une politique de négociation avec l’URSS, voire même, blasphème, une politique d’apaisement. Pour leur défense, les Européens arguent d’un fort électorat communiste dans certains pays contre lequel la "solution" américaine semble inadéquate. Déterminés à aller de l’avant, les participants concluent que la réconciliation se fera grâce à un front commun contre l’Ennemi, à savoir le communisme. 
Au fait, en quoi consiste cette menace communiste contre laquelle on mobilise tant de monde et tant d’argent ?

Mais l’agression militaire soviétique imminente est un bluff. A la fin de la guerre, l’URSS est à genoux. Vingt millions de Soviétiques sont morts au front, l’industrie a été dévastée par les armées d’Hitler et partout dans le pays la nourriture manque. Contrairement aux affirmations péremptoires des propagandistes, les "maîtres du Kremlin" n’ont pas l’intention de lancer une nouvelle guerre. En 1945, le ministre des affaires étrangères britannique, Antony Eden déclare devant le parlement anglais, être absolument convaincu que les mesures prises par les Russes en Europe occidentale sont seulement destinées à empêcher une dangereuse résurrection de la puissance allemande : "nous savons que les dispositions russes ne sont pas dirigées contre nous" [26] . D’ailleurs, en 1957, George Kennan lui-même prendra ses distances avec la position belliciste américaine et fera une mise au point : "Je n’ai jamais cru que le gouvernement soviétique, à aucun moment depuis 1945, ait désiré une guerre générale, ou qu’il aurait été amené, pour quelque raison politique valable, à entamer une telle guerre" [27]

…. Nous sommes tous des américains [68]

Aujourd’hui, la guerre froide est terminée, l’Union Soviétique a disparu ainsi que le Pacte de Varsovie. En revanche, l’OTAN est toujours là, le Bilderberg aussi. 
Des protagonistes de la première heure seuls sont toujours vivants, et assidus aux conférences, David Rockefeller (92 ans) et Henry Kissinger (83 ans). La principale fonction des conférences n’a pas changé, à savoir tester et affiner la propagande que les "élites" au service de l’empire américain utiliseront pour manipuler l’opinion publique, notamment lors des guerres de prédation menées au nom de la Liberté.  
Depuis sa création, le Bilderberg, présidé depuis l’an 2000 par le Vicomte Etienne Davignon, a monté en prestige et aujourd’hui, l’on se flatte "d’en être". La reine Béatrix des Pays-Bas, fille du Prince Bernhard, honore de sa présence les conférences depuis de nombreuses années. 
En plus des ministres en exercice, des députés, des journalistes, des banquiers et des PDG, sont régulièrement invités, la plupart des commissaires européens ( leur voyage est payé par la Commission européenne ), les présidents du FMI et de la Banque Mondiale , ainsi que le directeur général de l’OMC. Pour assurer la sécurité de ces VIP, le gouvernement du pays hôte déploie une armada policière, armada rétribuée cela va sans dire, par les contribuables. Et l’on nous dit, depuis 54 ans, que tout ceci est de nature strictement privée [69]. Il serait peur-être temps de rappeler à cette pseudo élite la sentence du Président Roosevelt : "La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. Ce qui, fondamentalement est le fascisme".


[1Voir la vidéo sur Dailymotion

[2] La Tricontinentale est une organisation qui fut crée en janvier 1966 à La Havane dans le cadre d’un forum du tiers monde,révolutionnaire. Il s’agit pour les combattants anti impérialistes du tiers-monde de coordonner leur stratégie, axée sur la priorité à la lutte armée et l’unité d’action entre les différents groupes révolutionnaires se réclamant du marxisme-léninisme. La Tricontinentale cessera d’exister deux plus tard peu après la mort d’Ernesto Guevara.

[3] Selon l’expression de Patrick Devedjian, qui se flatte d’avoir été invité deux fois aux conférences

[4] Les citations en italiques de ce paragraphe sont extraites de différents comptes rendus des réunions du Bilderberg de 1952 à 1957

[5] Le secrétaire d’Etat Dean Acheson fit valoir au Congrès américain en 1949 que « le Traité de l’Atlantique Nord est beaucoup plus qu’un dispositif de défense. C’est l’affirmation de nos valeurs morales et spirituelles communes ». Affirmation basée en partie sur l’Article 2 de l’OTAN qui stipule entre autre : " les parties s’efforceront d’éliminer toute opposition dans leurs politiques économiques internationales et encourageront la collaboration économique entre chacune d’entre elles ou entre toutes."

[6] Pietro Quaroni, membre du Comité directeur du Bilderberg - Conférence de Fiuggi 4-6 octobre 1957

[7] Daniele Ganser- Les armées secrètes de l’OTAN. Editions Demi lune - 2007. Sont également liés aux Stay Behind et membres du comité directeur du Bilderberg, le Prince Bernhard et Jens Christian Hauge ministre de la défense norvégien

 [68] C’est à Nicole Bacharan, invitée d’Yves Calvi du 4 mars, que l’on doit (le 11 septembre 2001), le célèbre slogan "nous sommes tous des américains". Slogan qui sera repris le lendemain, avec le succès que l’on sait par l’éditorialiste du Monde. [69"Les réunions de Bilderberg revêtent un caractère strictement privé, de telle sorte que les participants peuvent s’exprimer librement dans une atmosphère absolument confidentielle ... Il serait totalement erroné d’en déduire que les réunions de Bilderberg sont enveloppées de mystère : ni les sujets traités, ni les échanges de vues ne sont "secrets" par nature ; les discussions sont tout simplement privées et de ce fait confidentielles."Extrait de la brochure de présentation du Bilderberg - 1966 -

Laurence Kalafatides 
Le 18 mai 2008
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3455#nb32 sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

27/05/2008

n°178-journal Afghan -1-18-05 au 26-05 -Début-Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

n°178-journal Afghan -1-18-05 au 26-05 -1-Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

journal de l'Afghanistan -Début-

n° 178  du 18-05 au 26-05

Par M.Lemaire                                                                                 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire. -Début-

Tiré à part :

Le gouvernement afghan décidera la date à laquelle les troupes étrangères quitteront le pays.

Selon des responsables occidentaux : le maintien des troupes étrangères en Afghanistan sera longue.

Pas de poursuites pour une "bavure" des marines en Afghanistan.

3 Politique

1) collaborateurs afghans

2) occupants 

Guantanamo : Les Brèves 1 Guantanamo: les agents du FBI ont (...) "en général évité de participer aux techniques les plus dures des  tortures.


Tiré à part : Le gouvernement afghan décidera la date à laquelle les troupes étrangères quitteront le pays. « Quand… les forces de sécurité afghanes et l’armée nationale seront en mesure de défendre cette terre contre le terrorisme international et les ingérences étrangères, la présence de forces militaires étrangères en Afghanistan ne sera plus une nécessité », « Et le gouvernement de l’Afghanistan déterminera lui-même qui doit rester ou partir et quand », a déclaré Rangin Dadfar, le ministre des affaires étrangères. Plus de 60 000 troupes étrangères sous commandement de l’Otan et des États-Unis occupent l’Afghanistan, (ndlr : sans compter tous les mercenaires, les ONG, et les organisations de reconstructions et de pillage) et près de 150 000 forces de sécurité afghanes entraînées et financées par l’Ouest. Reuters 20 mai 2008 (Traduit de l’anglais) Sayed Salahuddin et Valerie Lee http://nawaaye-afghanistan.net/

Selon des responsables occidentaux : le maintien des troupes étrangères en Afghanistan sera longue. Certains responsables occidentaux ont déclaré que le maintien des troupes étrangères serait long, sans spécifier une quelconque date de retrait. Selon d’autres, les troupes quitteront le pays lorsque les forces afghanes seront en mesure de défendre leur pays. Lors de la dernière journée répertoriée, (lundi 19) deux militaires étrangers, dont un Anglais, sont morts dans deux attaques séparées dans le Sud de l’Afghanistan. Reuters 20 mai 2008 (Traduit de l’anglais) Sayed Salahuddin et Valerie Lee http://nawaaye-afghanistan.net/  

Pas de poursuites pour une "bavure" des marines en Afghanistan.

Le 4 mars 2007, un convoi de Marines tombe dans une embuscade à 45 km à l’est de Jalalabad, près de la frontière pakistanaise(dans la province orientale de Nangahar,).– une attaque kamikaze suivi de tirs à l’arme légère -, avait riposté … Les "marines" responsables de la mort de 19 civils et de 24 blessés afghans tués et blessés dans la riposte qui a suivi l'embuscade dans laquelle ils sont tombés en mars 2007, ont agi de façon appropriée (…) : "Le commandant a déterminé que leur réaction à l'embuscade (...) était conforme aux règles d'engagement, en accord avec les lois de la guerre, proportionnée et appropriée", a déclaré le porte-parole des forces spéciales du corps des marines (état-major US) Le général Samuel Helland, commandant du corps des marines pour le Moyen-Orient, a par conséquent décidé que les membres de l'unité spéciale impliqués ne feraient l'objet d'aucune poursuite. "Le commandant a déterminé que leur réaction à l'embuscade (...) était conforme aux règles d'engagement, en accord avec les lois de la guerre, proportionnée et appropriée", Trois officiers feront toutefois l’objet de "mesures administratives appropriées", La « bavure » des marines a donné lieu pendant plusieurs jours de manifestations. Reuters - Vendredi 23 mai Kristin Roberts, version française Jean-Philippe Lefief Protestations après l’abandon de poursuite contre des Marines Des responsables afghans se sont déclarés samedi "scandalisés" après la conclusion d’une enquête militaire américaine selon laquelle des Marines ont "agi de manière appropriée… http://nawaaye-afghanistan.net/



L'Afghanistan en chiffre du 18-05 au 26/05/08
tués blessés
Usboys / Autres boys  6  15
Policiers, armée et collaborateurs  7 29
Peuple Afghan  8  7 + x

 

 

 


Occupation de l'Afghanistan 

Analyse & déclaration

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas acceptent de prolonger l’occupation dans le sud afghan

 La Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont accepté de prolonger leur ‘mandat’ à la tête des contingents de l'OTAN dans le sud de l'Afghanistan de neuf à 12 mois, selon un porte-parole du département de la Défense US , précisé que les deux pays européens étaient tombés d'accord lors de discussions récentes avec le secrétaire à la guerre US Gates. Les Etats-Unis ont donc reporté leur projet d'assumer davantage de responsabilité dans ces régions afghanes actuellement contrôlées par les troupes de l'OTAN, selon Geoff Morrell. Reuters


Canada  19-05 La majorité des militaires de Valcartier qui ont participé à la mission canadienne en Afghanistan sont de retour au pays . Le brigadier général Guy Laroche reconnaît qu'il reste encore beaucoup de travail à faire: « Il nous reste encore des districts à explorer[...] assurer la sécurité pour permettre la gouvernance et la reconstruction. » Les militaires de Valcartier pourraient être appelés à retourner en Afghanistan dès mars 2009. http://fr.news.yahoo.com/


Italie L’Italie envisage d’assouplir les règles d’engagement de ses soldats

Dans une interview publiée jeudi dans le quotidien La Stampa , le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé un assouplissement des règles d’engagement du contingent italien en Afghanistan. « Dans certaines situations, les conditions d’engagement doivent être plus flexibles », « C’est vital pour notre contingent, qui s’apprête à déménager de Kaboul à Hérât,», estime Frattini. Actuellement, les soldats italiens ‘déployés’ en l’Afghanistan sous la bannière de la Force internationale ne peuvent, en raison de restrictions négociées par l’Italie, participer à des missions de combat. Reuters http://www.bassirat.net/



2 Occupation de l'Afghanistan

 2-1 Les forces en présence

23-05 70.000 soldats de deux forces internationales, l'une de l'Otan, l'autre commandée par les Etats-Unis, occupent l’Afghanistan. AFP


Le 8e RPIMa, ossature des renforts français en Afghanistan

Entre 500 et 700 soldats du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (RPIMa) sont "amenés à se rendre en Afghanistan", a confirmé mardi à Castres (Tarn) le secrétaire d'Etat à la Défense Jean-Marie Bockel. Lors de sa visite, M. Bockel a indiqué que la mission de sécurisation que doit effectuer le 8e RPIMa ne rencontrait pas de "difficulté particulière" pour sa mise en place. " a expliqué le colonel Jacques Aragones, commandant le 8e RPIMa.
L'officier supérieur a précisé que son régiment avait reçu une alerte SRF (Strategy Reserve Force) début mars. "Depuis cette, alerte nous nous préparons", a-t-il précisé.
Le 8e RPIMa fait effectivement partie de la réserve stratégique de l'OTAN, avec des blindés du 1er régiment étranger de cavalerie, une composante génie du 17e régiment du génie parachutiste et une composante appui feu du 35e régiment d'artillerie parachutiste. Le 8e RPMIa est un régiment d'infanterie à spécificité parachutiste composé de 1.100 militaires. Successeur du 8e bataillon de parachutistes coloniaux qui se battit à Dien Bien Phu, il a notamment été déployé plusieurs fois en Afrique, au Liban, dans le Golfe, au Cambodge et en Bosnie. Audrey Sommazi AP - Mardi 20 mai


Suede

23-05 "Un contingent composé de 27 soldats sera déployé principalement dans les zones du nord afghan notamment aux environs de Mazar-e-Charif, " Ces renforts porteront à 375 le nombre des soldats suédois présent sur le sol afghan, lit-on dans un communiqué de l'armée publié jeudi à Stockholm.. Le parlement suédois a donné son feu au déploiement d'un maximum de 600 soldats en Afghanistan IRIB http://www.alterinfo.net/



3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Politique intérieure & extérieure

25-05 L’Afghanistan a définitivement signé le groupe China Metallurgical Group Corporation (MCC), un contrat de trois milliards de dollars pour exploiter la mine de cuivre d’Ainak, l’une des plus importantes au monde, à l’est de Kaboul, a déclaré Khoghman Ulumi, porte-parole du ministère des Mines L’Afghanistan a cédé pour 30 ans les droits d’exploitation de la mine, située à une trentaine de kilomètres à l’est de Kaboul. " MCC va maintenant commencer à exploiter la mine", a déclaré Ulumi. Découverte en 1974, la mine de cuivre a des réserves évaluées à plus de 11 millions de tonnes de métal, selon les autorités afghanes. MCC va investir près de 3 milliards de dollars dans ce projet, qui prévoit également la construction d’une centrale électrique pour la mine, de plusieurs routes et d’un chemin de fer du port d’Hairatan sur le fleuve Amou-Daria dans le nord, jusqu’à la frontière pakistanaise à Turkham (est). AFP



b) Les occupants 

1) Usa

Bush 

La stratégie de Bush fait honte aux Etats-Unis  

18/05/2008 La stratégie de George W Bush fait honte aux Etats-Unis, a rapporté le quotidien américain, New York Times, dans son édition électronique." La politique étrangère de Bush est honteuse pour le Président de la République et nuisible aux Etats-Unis" a précisé ce quotidien. " L'exemple le plus manifeste, ce sont les déclarations devant le parlement israélien de Bush qui a, vivement, critiqué, le candidat démocrate à l'élection présidentielle, Barak Obama. A noter que dans son discours au parlement israélien, le Président américain, George W Bush avait assimilé ceux qui souhaitent négocier avec les terroristes et les extrémistes, à ceux qui travaillaient pour les Nazis. IRIB http://www.alterinfo.net/


Dans les coulisses et au sénat

Le Sénat américain a voté un financement de 165 milliards de dollars pour les opérations en Irak et en Afghanistan. Le Sénat américain vote jeudi un texte portant sur le financement à hauteur de 165 milliards de dollars (104,74 milliards d'euros) des opérations du Pentagone en Irak et en Afghanistan. Ce plan annoncé par des responsables du Sénat devrait conférer une forte emprise aux républicains et privera plusieurs programmes de politique intérieure voulus par les démocrates d'une manne financière non négligeable. Parmi ces mesures défendues par les démocrates figure notamment un allongement de 13 semaines de l'indemnisation des chômeurs. AP Jeudi 22 mai



Les alliés

1 Onu

Philip Alston, rapporteur spécial du CDH sur les exécutions extra-judiciaires, a déclaré jeudi qu'environ 200 civils afghans avaient été tués par des soldats étrangers et afghans depuis le début de l'année et qu'aucune force internationale ne pouvait ou ne souhaitait donner d'indications précises sur les civils tués ou sur les sanctions adoptées. Alston a dconclu que les troupes internationales devaient s'efforcer de limiter le nombre des victimes civiles, sans quoi beaucoup d'autres innocents périraient ... Reuters - Dimanche 18 mai, Sayed Salahuddin, version française Philippe Bas-Rabérin http://fr.news.yahoo.com/



Dans le monde

France 

La réconciliation devra passer par les talibans, estime Kouchner 25-05-2008 Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a estimé :"A un moment donné, il faut bien qu'elle passe par les talibans ou par ceux qui parlent en leur nom", "Je ne peux pas dire que je sois contre ou que je sois pour, ce n'est pas à moi, à la France , de demander. C'est aux Afghans", assurant qu'"il n'y aura pas de contact de notre sans l'accord des Afghans". AP Audrey Sommazi

La France a décidé d'apporter une contribution supplémentaire, M. Kouchner a parlé d'une "nécessité". Il a cependant admis que "la solution durable ne peut être seulement militaire" et "passe forcément par la combinaison d'une dynamique politique, d'une présence militaire et d'efforts majeurs pour la reconstruction". Pour cela, a-t-il dit, il est préférable que la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ne s'éternise pas. "Il ne faut pas qu'on donne l'impression d'une opération qui va durer un siècle", a souligné le ministre. "Le grand danger, c'est de se transformer en force d'occupation". Audrey Sommazi


Pologne

Les trois quarts des Polonais hostiles à la présence de leurs soldats en Afghanistan

Selon un sondage du Centre d'étude de l'opinion publique polonais. 77% des personnes interrogées, soit 4% de plus qu'en février 2008, ont estimé que les Polonais ne devaient pas participer aux opérations militaires en Afghanistan où 1.200 militaires polonais sont actuellement déployés à Kaboul, à Mazar-i-Sharif, à Bagram, dans les provinces de Ghazni, de Paktika et de Kandahar. Seuls 18% des Polonais se prononcent pour la présence militaire de leur pays en Afghanistan. 67% des sondés estiment que le contingent polonais ne contribue pas au rétablissement de la paix … et 57% considère que la participation des militaires polonais aux opérations militaires en Irak et en Afghanistan peut provoquer des attentats islamistes en Pologne(…). Le sondage a été réalisé du 11 au 14 avril dernier auprès de 1.101 personnes. 19 mai - RIA Novosti. http://www.afghana.org/1015/ 


7-8 Guantanamo : Les Brèves

1 Guantanamo: les agents du FBI ont(...) "en général évité de participer aux techniques les plus dures des  tortures.

Rapport gouvernemental : Après plus de 3 ans d'enquête, l'inspecteur général (IG) du ministère de la Justice conclut que les agents de la police fédérale (FBI) chargés de participer aux interrogatoires des détenus à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan, ont "en général évité de participer aux mauvais traitements. Entre 2001 et 2004, le FBI a envoyé un total de plus de 200 agents en Afghanistan, 500 à Guantanamo et 260 en Irak. Le rapport de 370 pages détaille surtout les frictions qui ont opposé le FBI et le Pentagone autour des cas d'Abou Zubeida, un proche d'Oussama ben Laden arrêté en mars 2002, (Abou Zubeida, transféré des prisons secrètes de la CIA à Guantanamo en 2006, a été le premier haut responsable d'Al-Qaïda arrêté après le 11-Septembre, et la CIA a reconnu en février qu'il avait été soumis à la simulation de noyade, une technique considérée par beaucoup comme de la torture.) et de Mohammed Al-Qahtani, un détenu de Guantanamo souvent considéré comme "le 20e pirate de l'air". Il "confirme que les hauts responsables du FBI savaient dès 2002 que d'autres agences utilisaient des méthodes d'interrogatoire abusives et potentiellement illégales", mais qu'ils n'ont rien fait pour l'empêcher, a commenté Jameel Jafer, de l'organisation de défense des libertés ACLU, qui s'est dit "perturbé" de voir que "la direction du FBI semble s'être plus préoccupée d'éviter toute responsabilité que de faire appliquer la loi". Fondé sur des centaines de témoignages et l'examen de 500.000 pages de documents, le rapport explique que dans les jours qui ont suivi l'arrestation d'Abou Zubeida, les agents du FBI ont pris en charge ses interrogatoires, et obtenu des bribes d'information par "construction de relation". Mais six mois après le 11-Septembre, l'administration redoutait un nouvel attentat et exigeait des informations plus précises et plus rapides. La CIA a pris le relais, et des agents du FBI ont rapidement dénoncé ses méthodes. Le débat est remonté jusqu'aux responsables du FBI, qui a décidé en août 2002 de ne plus participer aux interrogatoires utilisant des techniques non-autorisées dans leurs services, même lorsqu'il s'agissait de suspects sur lesquels ils enquêtaient depuis des années. Quelques mois plus tard, les mêmes questions se sont présentées à Guantanamo, quand l'armée a commencé à appliquer des techniques dures, tout particulièrement contre M. Qahtani. Selon un compte-rendu d'interrogatoire détaillé rendu public en 2005, M. Qahtani a subi plusieurs semaines de calvaire: isolement absolu, humiliations, musique assourdissante, températures extrêmes, 20 heures d'interrogatoire par jour... Certains agents ont émis des doutes sur la légalité de ce traitement, mais à Washington, le débat a surtout porté sur la fiabilité et la recevabilité de déclarations recueillies de cette manière. Mais le point de vue du Pentagone l'a emporté. Les agents du FBI ont renoncé à participer aux interrogatoires les plus musclés, note le rapport. "Ce n'est pas quelque chose de nouveau", a déclaré un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, soulignant qu'une enquête interne avait conclu à seulement trois violations du manuel militaire. "Certains ont laissé entendre que les mauvais traitements étaient (...) le fait de quelques 'pommes pourries' agissant de leur propre initiative, le rapport (de mardi) est la preuve que ce n'est tout simplement pas vrai", a estimé le président démocrate de la commission des Forces armées du Sénat, Carl Levin. Le jour même de la publication de ce rapport, l'avocate de M. Qahtani a annoncé qu'il avait tenté de se suicider en avril à Guantanamo. Par Fanny CARRIER AFP - Mardi 20 mai, 

n°178-journal Afghan -1-18-05 au 26-05 -Suite- Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

n°178-journal Afghan -1-18-05 au 26-05 -Suite- Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

journal de l'Afghanistan -Suite-

n° 178  du 18-05 au 26-05

 Par M.Lemaire                                                                                 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire. -Suite-

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 
7 Brèves
7-1 Crise alimentaire grave.
7-2 Nouvelle manifestation après une nouvelle profanation du Coran.
7-3 Afghanistan : Suite des manifestations contre la profanation du Coran en Irak.
7-4 L'UE doublera sa contribution en homme pour la formation de la police afghane.
7-5 Belgique, plaque tournante pour alimenter les guerres des Etats-Unis en Aghanistan et en irak ?
7-6 L'armée Canadienne songe à acheter des véhicules blindés  plus lourds, plus longs et encore mieux armés.
7-7 L'Amérique et Israël récusent l'interdiction de bombes à ‎sous munitions.
7-8 Guantanamo : Les Brèves
1 Guantanamo: les agents du FBI ont (...) "en général évité de participer aux techniques les plus dures des  tortures.
8 Dossiers
 8-1 Point de vue de 'Planète non violente : Contamination à l'Uranium Appauvri en Afghanistan.

4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants. Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

US & Isaf

 20-05 L’Otan, qui commande la Force internationale (FIAS), a annoncé lundi la mort de deux de ses soldats au cours de deux incidents distincts qui se sont déroulés dans le sud du pays. Un soldat a été tué lors de combats, tandis qu’un autre périssait dans l’explosion d’un engin improvisé. Dans son communiqué, l’Alliance atlantique ne donne pas d’autres détails. AP

21-05 Suite a la profanation d’un exemplaire du Coran par un soldat américain en Irak.:  « Un grand nombre de manifestant a tenté d’attaquer une base militaire lituanienne de l’Otan, un bâtiment des Nations unies et des immeubles officiels », a affirmé le chef de la ville de Chaghcharan, ( province de Ghor,) Shah Jihan Nouri. Des coups de feu ont été tirés contre les manifestant, qui ont réagis. « Un soldat (lituanien : ndlr) de la FIAS et deux Afghans ont été tués. Un soldat de la FIAS , sept civils afghans et 10 soldats afghans ont été blessés », Bassirat.net

21-05 Explosion d'une bombe en bord de route contre une patrouille de l'OTAN mardi dans la province de Ghazni (est), un soldat de l'Alliance atlantique et un interprète civil ont été tués, selon le major Martin O'Donnell, porte-parole de la Force internationale (ISAF) de l'OTAN. Deux soldats de l'OTAN ont été blessés, dont l'un est plus tard décédé dans un hôpital militaire. Associated Press.

21-05 Mercredi, un engin explosif a explosé au passage d’un véhicule de la Force internationale (FIAS), blessant quatre soldats étrangers. L’attaque s’est produite dans le district de Barmal, dans la province de Paktyka, à la frontière avec le Pakistan.  AFP

23-05 Une frappe a forcé l'interruption temporaire d'un spectacle canadien de musique et d'humour vendredi, auquel assistaient des centaines de soldats de l'OTAN, à l'aérodrome de Kandahar, en Afghanistan. Une première explosion a retenti une heure après le début du spectacle. L'alerte a été déclenchée et tous ont couru aux abris à proximité. L'aérodrome de Kandahar, la base principale des troupes canadiennes et alliées dans le sud de l'Afghanistan, a été régulièrement la cible de tirs au cours des dernières semaines. Par Murray Brewster, La Presse Canadienne http://cf.news.yahoo.com/s

24-05 Samedi, quatre soldats canadiens ont été blessés dans l’explosion d’une voiture au passage d’un convoi de l’armée canadienne à Kandahâr, ont annoncé des responsables afghans. L’explosion a également blessé deux garçons.  L’attaque s’est produite à proximité d’un pont en réparation où travaillent des ingénieurs canadiens. Avec CBC News http://www.bassirat.net

25-05 Attaque kamikaze dirigée contre un convoi de l'Otan près d'une base de l'Alliance atlantique à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, rapportent des témoins et un policier. Trois soldats de l'Otan ont été blessés, a déclaré un porte-parole de l'Alliance atlantique. Reuters 25-05 Un soldat de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis a été tué dimanche lors d'une opération dans la province de Farah, dans l'ouest de l'Afghanistan, a fait savoir l'armée américaine dans un communiqué. Selon le porte-parole de la police pour l’ouest de l’Afghanistan Abdoul Moutalib Rad, deux policiers ont été tués au cours de cette opération. http://www.bassirat.net & Reuters.

26-05 Le ministère britannique de la Défense et la Force internationale d’assistance à la sécurité ont fait état lundi de la mort d’un soldat britannique, tué dans une explosion survenue dans la province de Helmand. Deux soldats ont également été blessés. Le véhicule dans lequel ils se trouvaient a explosé vers 12h50 heure locale dimanche, à 2 kilomètres de Sangin, dans la province de Helmand. Ils rentraient vers une base britannique après des opérations menées dans le district de Moussa Qala, a précisé le ministère britannique de la Défense.



Détails Province d'Helmand  (sud de l'Afghanistan

23-05 Vendredi, cinq résistants ont été tués par l’explosion prématurée d’une mine sur une route du district de Moussa Qala, ont annoncé les autorités locales. http://www.bassirat.net

23-05 Une escarmouche a mis aux prises des résistants et des policiers, a annoncé le chef de la police provinciale. Quatre policiers ont été blessés. http://www.bassirat.net

26-05 Plusieurs résistants ont tués vendredi au cours de combats dans le district de Garmser, a annoncé la coalition internationale. La coalition ayant pris pour cibles un réseau de soutien aux combattants étrangers présents dans la région. Avec CBC News http://www.bassirat.net


Province de Kandahar (sud) 

19-05 Un convoi d’aide du Programme alimentaire mondial (PAM) a été attaqué aux fusils d’assaut et lance-roquettes dans le district de Maiwand, a annoncé la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA). Deux camions, sur un total de soixante- dix-neuf, ont été détruits, entraînant la la perte de plus de quatre vingts tonnes de blé, a précisé la MANUA. Xinhua


Province de Khost (sud-est)

23-05 "Un passant a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui au passage d'un véhicule de l'armée afghane à Ismaïl Khaïl, sur la route entre Khost et Gardez.", a déclaré Khaïbar Pashtun, porte-parole du gouverneur de Khost, province frontalière du Pakistan.  "Nous avons tué quatre soldats et blessé 10 autres", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la résistance, Zabihullah Mujahed. AFP


Province de Paktikâ (sud-est)

19-05 Au moins quatre soldats afghans et un interprète ont été blessés dans une attaque kamikaze dans la province du Paktykâ, au sud-est du pays, ont annoncé les autorités locales. Le volontaire de s’est fait exploser au passage d’une patrouille dans le district de Barmal. AP


Province de Zaboul (sud-est)

21-05 Des frappes aériennes et des affrontements ont tué un soldat de l'armée afghane, selon Gulab Shah Alikhel, gouverneur adjoint de la province. Associated Press.



4-1 L'Afghanistan en chiffre 

Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "


Civils tués                                                           : ? +  3.932 Civils blessés                                                   :   ? +  2.355 (chiffres trop bas) 

Résistants  tués :                                               : ?  +  6.788 Résistant blessés                                               :?  +  1.630 (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.315

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 1.332 (chiffre invraisemblablement bas...) Suicides                                                           : ?  plus de 1000 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

CIA tués :                                                         :         4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.137

Soldats gouvernementaux blessés                       : ?  + 4.076(chiffre trop bas)


 Collabo   tués                                                      :   1.187

Collabo   blessés                                                 :?  +  739 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 

Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net.


7 Les Brèves Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1  Crise alimentaire grave. L'Afghanistan, l'un des pays les plus pauvres du monde, meurtri par la guerre, est aujourd'hui frappé par une crise alimentaire extrêmement grave. Cette crise alimentaire afghane, à l'intérieur de la crise alimentaire mondiale, risque rapidement de se transformer en urgence humanitaire majeure.
Présente depuis 28 ans en Afghanistan, l'association d'aide humanitaire internationale SOLIDARITES rapporte un constat alarmant : à Kaboul, le prix du kilo de blé, essentiel à la vie quotidienne de ses 4 millions d'habitants, a brusquement augmenté en février et mars derniers, de 21 à 42 afghanis le kilo (taux de change en mai 2008 : 77 afghanis pour un euro).
Il en de même de l'huile (+ 16%), et du riz (+ 30%), qui constituent des produits alimentaires quotidiens. Le pouvoir d'achat des ouvriers journaliers non qualifiés (160 à 190 afghanis, soit entre 2 et 2,5 euros jour !) a ainsi chuté de 40 % !
Si la situation peut être différente d'une région à l'autre, il n'en demeure pas moins que l'Afghanistan est durement touché par la diminution de la production agricole, les augmentations des prix et la raréfaction des importations des pays limitrophes, eux même affectés.
A titre d'exemple, le salaire de beaucoup de fonctionnaires est de l'ordre de 2500 à 3000 afghanis par mois, soit entre 32 et 40 euros ! il est urgent de prendre la mesure de la crise alimentaire qui frappe la population afghane, et d'engager dès maintenant les mesures qu'exige la situation. http://www.afghana.org/ 23-05-2008


7-2 Nouvelle manifestation après une nouvelle profanation du Coran.

Deux civils et un soldat de l’Otan sont morts mercredi dans la province de Ghor, région peu couverte par les médias du centre-ouest de l’Afghanistan, à l’issue d’une manifestation dénonçant la profanation d’un exemplaire du Coran par un soldat américain en Irak. L’incident remonte au 11 mai. Lors d’une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad, un soldat américain a utilisé un exemplaire du Coran comme cible. C’est dans une province relativement calme, que l’affaire a rebondi jeudi de manière inattendue même si mardi plusieurs dizaines de députés afghans ont bruyamment quitté le Parlement en signe de protestation cette nouvelle affaire de profanation du Coran. Environ 2 000 personnes se sont réunies dans la ville de Chaghcharan, chef-lieu de la province de Ghor. « Menée par des éléments proches de la résistance, la manifestation a dégénéré. Un grand nombre de personnes a tenté d’attaquer une base militaire lituanienne de l’Otan, un bâtiment des Nations unies et des immeubles officiels », a affirmé le chef de la police de la ville, Shah Jihan Nouri, qui avait déployé 300 hommes pour tenter de contenir les manifestants. « Nous avons pu les arrêter », a-t-il ajouté. Des coups de feu ont été tirés lors de la tentative d’assaut des manifestants contre la base de la Force internationale d’assistance à la sécurité sur l’aérodrome de Chaghcharan. « Un soldat (lituanien : ndlr) de la FIAS et deux Afghans ont été tués. Un soldat de la FIAS , sept civils afghans et 10 soldats afghans ont été blessés », par des tirs et des jets de pierres, a déclaré le général Carlos Branco, porte-parole de la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan. Située à la limite de la ceinture pashtoune, la province de Ghor n’en demeure pas moins travaillée par les résistants depuis les périodes 2005/2006 A cette époque, ils ont repris pied dans les districts du sud de la province, frontaliers d’importants bastions des taliban (Helmand, Ourouzgân et, dans une moindre mesure, Farah). En 2007, l’Otan faisait état de la présence d’importants groupes de résistants. Bassirat.net jeudi 22 mai 2008


7-3 Afghanistan : Suite des manifestations contre la profanation du Coran en Irak. 26-05 Lundi, plus d’un millier de personnes ont manifesté dans plusieurs régions du pays pour protester contre la profanation récente du Coran par un soldat américain en Irak. Environ 800 personnes, presque exclusivement des étudiants de l’université Balkh, ont défilé dans les rues de Mazar-i-Sharif (nord), a constaté un journaliste de l’AFP. A Pol-e-Alam, la capitale de la province du Logar, juste au sud de Kaboul, ce sont 200 lycéens qui sont descendus dans les rues pour protester contre la profanation du Coran et chanter « mort aux ennemis de l’Islam » a indiqué Gholam Mostafa, chef de la police de la province. AFP

7-4 L'UE doublera sa contribution en homme pour la formation de la police afghane. L'Union européenne a accepté lundi de doubler sa mission de formation de la police en Afghanistan, forte actuellement de 230 hommes, dont 150 seulement sur le terrain pour l'instant, selon les responsables. L'Allemagne en avait fait la proposition avant la réunion, annonçant qu'elle-même était prête à doubler sa propre contribution à 120 hommes, si l'UE acceptait. "J'espère que nous pourrons décider aujourd'hui de doubler le contingent EUPOL, avait déclaré le ministre allemand de la Défense Franz Josef Jung avant le début de la réunion. "Nous voulons que le gouvernement afghan soit en mesure d'assurer lui-même la sécurité". Mais on ne savait pas dans un premier temps quels autres pays renforceraient leur présence. Après avoir eu beaucoup de mal à constituer cette mission de formation de policiers afghans, l'UE dit avoir atteint son objectif initial de 200 hommes le mois dernier. Cette formation est considérée comme vitale afin de stabiliser le pays. Les Etats-Unis, qui ont 7.000 hommes sur le terrain chargés de former les forces de sécurité afghanes -dont un tiers seulement formant la police- se plaignent de la faible participation de l'UE. Les ministres européens devaient également discuter lundi de l'accroissement de l'aide à Kaboul. AP - Lundi 26 mai

7-5 Belgique, plaque tournante pour alimenter les guerres des Etats-Unis en Aghanistan et en irak?

Bruxelles (Belgique)  : Un avion-cargo de la compagnie aérienne de transport de fret américaine Kalitta Air International s'est littéralement coupé en deux au moment de son décollage de l'aéroport international de Bruxelles (Belgique).
L'avion, un Boeing 747-200F, immatriculé N704CK, vol K4-207, affreté par l'armée américaine et qui devait effectuer la liaison entre l'aéroport international Zaventem de Bruxelles et l'aéroport international de Bahrein (Bahrein- plaque tournante des troupes Us) avec un plein chargement de fret (…) et les cinq membres d'équipage, était en plein décollage, vers 13h30, heure locale, lorsque pour des raisons encore non déterminées, l'équipage a interrompu le décollage et tenter de stopper l'appareil avant la fin de la piste sans toutefois y parvenir.
L'avion de l'avion est alors tombé dans la déclivité de fin de piste, ce qui a brisé le fuselage en plusieurs morceaux. 
L'appareil s'est arrêté avant de sortir de l'enceinte de l'aéroport et de franchir une ligne de train à grande vitesse qui passe à son extrémité.
Les cinq membres d'équipage ne souffrent que de blessures légères. Une enquête est en cours . Seconde version Selon Jan Van der Cruysse, porte-parole de Brussels Airport, personne n'est mort ou n'a été blessé dimanche dans l'accident impliquant un avion cargo à l'aéroport de Zaventem. Cinq membres d'équipage se trouvaient à bord de l'appareil. L'un d'eux est en état de choc. L'avion, un Boeing 747 de la compagnie américaine Kalitta Air, est sorti de la piste au décollage.
L'avion devait vraisemblablement s'envoler pour Bahreïn. …
Une conférence de presse est prévue à 15h00 à l'hôtel Sheraton deZaventem.     (belga/7sur7
) 25/05/08 13h45


7-6 L'armée Canadienne songe à acheter des véhicules blindés  plus lourds, plus longs et encore mieux armés. Le ministère fédéral de la Défense et les Forces armées canadiennes examinent la possibilité de faire l'achat de véhicules blindés plus solides pour contrer l'augmentation de la puissance des mines iutilisées par les talibans en Afghanistan. Des sources à Ottawa ont indiqué que le ministère considérerait un véhicule de combat plus robuste pour le remplacement éventuel des blindés LAV III. L'objectif serait de se procurer un véhicule se situant quelque part entre le char de combat et le véhicule de type blindé léger. Le général Rick Hillier, chef d'état-major de l'armée canadienne, a confié récemment que les militaires commençaient à évaluer les options pour remplacer les LAV III. Les soldats en Afghanistan apprécient la vitesse des véhicules plus légers, mais l'utilisation d'explosifs de plus en plus puissants par les forces talibanes pousse l'armée à revoir sa flotte. Les forces armées lorgnent du côté des véhicules armés légers LAV-H, plus lourds, plus longs et mieux armés que les précédents, Le ministère envisagerait aussi l'acquisition de véhicules à chenilles de 30 à 35 tonnes. "Les Américains, les Allemands, les Britanniques, les Néerlandais et les Danois regardent du côté de la nouvelle génération de véhicules et ils seront problablement à chenilles", a révélé une source à Ottawa. Les forces américaines ont utilisé depuis des années le véhicule de combat d'infanterie M2 Bradley, qui transporte autant de soldats et a le même canon à chaîne de 25 mm qu'un LAV. Mais le Bradley est blindé plus lourdement contre les bombes et est propulsé avec des chenilles, pas des roues. Les Allemands développent aussi une nouvelle génération de véhicules de combat blindés à chenilles, qui devrait être disponible en 2010. "Il y a plusieurs modèles en développement", a indiqué une source. L'armée est intéressée par d'autres LAV, mais garde toutes les options ouvertes. Les véhicules légers, tant appréciés par les soldats, se manoeuvrent bien sur la route et hors-route, bien que sur les sols marécageux, le poids du véhicule et de l'équipement aient tendance à les ralentir. Au cours d'une opération à la mi-mai, un peloton entier de LAV III s'est retrouvé pris dans la boue dans un champ près de Kandahar, et a dû attendre les secours, se retrouvant à la merci des attaques. Certains soldats croient qu'un véhicule propulsé par des chenilles ne serait pas resté pris, mais les avis sont partagés sur le sujet. Les chenilles peuvent être plus difficiles à entretenir que les roues, et dans un pays accidenté comme l'Afghanistan, les équipements s'endommagent souvent lundi 26 mai Par Murray Brewster, La Presse Canadienne

7-7 L'Amérique et Israël récusent l'interdiction de bombes à ‎sous munitions. Conférence internationale sur un traité interdisant ‎les bombes à sous-munitions. Des ‎représentants de plus de 100 pays, ainsi que des membres ‎de la société civile et des victimes de bombes à sous-‎munitions se retrouvent lundi à Dublin pour la conférence ‎prévue jusqu'au 30 mai. Les délégations doivent négocier et ‎adopter un traité juridiquement contraignant. Et tandis que Dublin se prépare à accueillir, la Conférence internationale, les Etats-Unis et Israël ont ‎balayé d'un revers de main toutes ces démarches et se sont ‎déclaré contre l'interdiction de telles armes prohibées. Les ‎responsables américains et israéliens ont annoncé qu'ils ne ‎participeraient pas à la Conférence de Dublin. Benjamin ‎Chang, porte-parole de la délégation américaine à l'ONU, a ‎précisé que les Etats-Unis étaient contre tout traité de ‎l'interdiction des bombes à sous munitions. Pour rappel, ‎les Etats-Unis et Israël disposent des plus grands arsenaux ‎d'armes non-conventionnelles du monde, de ces armes ‎aussi dévastatrices que létales. Selon un rapport qu'a ‎récemment rendu public l'ONU, plusieurs millions de ces ‎bombes ont été larguées dans les guerres du ‎Vietnam, d’Irak, et d’Afghanistan, Liban et au Kosovo, y ‎faisant des milliers de victimes. De tels crimes contre ‎humanité commis par les Etats-Unis et Israël ont fait ‎déferler une vague de protestations de la part de la ‎communauté internationale, et c'est justement dans ce sens ‎qu'elle a plaidé pour la tenue d'une conférence sur ‎l'interdiction des bombes à fragmentations. Le refus catégorique des Etats-Unis et du régime sioniste à ‎l'adoption d'un traité contraignant sur de telles armes ‎montre encore une fois, leur indifférence totale aux règles ‎et droits internationaux. Or, le monde est bien conscient de ‎la nature belliciste des Etats-Unis et d'Israël qui n'hésite ‎même pas un instant de massacrer les populations civiles. Il ‎s'avère donc nécessaire que la communauté internationale ‎prenne rapidement des mesures sérieuses face aux Etats-‎Unis et au régime usurpateur de Qods, qui menacent la paix ‎et la sécurité internationale Lundi 19 Mai 2008 http://www.alterinfo.net/


8 Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Point de vue de 'Planète non violente : Contamination à l'Uranium Appauvri en Afghanistan. Le 19 avril 2008, une dépêche de l'Agence Reuters titrait « Afghans to probe whether US used depleted uranium (Les Afghans vont enquêter pour savoir si les US ont utilisé l'Uranium Appauvri)
Selon cette dépêche, le gouvernement afghan projetait d'enquêter sur l'éventuelle utilisation par les US de bombes à l'UA lors de l'invasion de 2001 et si cela pouvait être liés à un taux de malformations chez les nouveaux nés relativement élevé.
Certaines parties de l'Afghanistan, en particulier la région montagneuse de Tora Bora à
l'Est,
où était caché le soit disant Ben Laden, a subi des bombardements intensifs fin 2001. De nombreux cas de bébés nés avec des malformations dans ces zones afghanes ayant subi ces bombardements intensifs se sont multipliés selon Faizullah Kakar, vice ministre de la santé pour les affaires techniques confiant à Reuters que le gouvernement afghan allait enquêter sur le sujet.
« Nous avons décidé de faire une étude pour voir ce qui se passe. Nous allons prélever des échantillons de sol, de roches et d'eau dans différentes zones où la guerre a eu lieu, et voir si dans ces mêmes zones il y a un taux anormal de malformations chez les nouveaux nés ».
Quelques jours plus tard, une nouvelle dépêche démentait qu'une telle enquête serait réalisée.
Le gouvernement afghan dépend d'aides occidentales pour survivre, il est difficile donc de consacrer une part de cette aide à prouver que le pays a été contaminé par des bombes à l'UA larguées par les troupes US.
Pourtant, le problème de la contamination à l'Uranium Appauvri en Afghanistan est réelle.
Selon une estimation du journaliste d'investigation Robert J. Parsons (2002), c'est trois mille tonnes d'uranium qui auraient été utilisées en Afghanistan. L'Uranium appauvri en touchant l'impact brûle, créant un nuage de poussière radioactive d'oxyde d'uranium. La radioactivité persiste plus de 4.500.000.000 d'années. Les charges contenues dans les bombes téléguidées déversées sur l'Afghanistan contenaient jusqu'à une tonne et demi d'UA.
Une étude du Pentagon par l'Institut de Radiologie des Forces Armées a montré que l'effet combiné du métal lourd constituant l'UA et de sa radioactivité peuvent endommager l'ADN et peuvent causer des malformations congénitales et des tumeurs chez des cellules souches d'animaux et d'humains. L'armée a alerté sur les dangers potentiels de respirer de la poussière contaminée à l'UA, dans une vidéo instrumentale produite par l'armée US en 1995. Cette vidéo n'a jamais été mise à disposition des soldats.
L'empoisonnement - inhalation, ingestion, car les particules radioactives peuvent contaminer non seulement l'air mais aussi l'eau et le sol - par le métal lourd d'UA, peut causer des dommages aux organes internes et tissus. Ces petits atomes émettent une radiation interne pour le restant de la vie des soldats.
Symptômes à court terme : vous pouvez avoir des nausées et vomir alors que votre appareil digestif réagit en quelque sorte à l'UA, de même que des problèmes potentiels de rein et des lésions de la peau.
A long terme : vous pouvez développer des dommages touchant le système immunitaire. Ainsi vous pourriez voir votre taux de globules blancs diminuer considérablement, ces globules qui combattent les infections. Vos enfants à naître pourront présenter des malformations congénitales comme c'est le cas d'enfants de soldats US contaminés lors de la première Guerre du Golfe.
C'est dans l'Est de l'Afghanistan que les 700 soldats français seront déployés en renfort, donc dans une zone fortement contaminée à l'UA. C'est tout simplement criminel de les y envoyer.
 http://www.planetenonviolence.org/

n°178-journal Afghan -18-05 au 26-05 -Suite- Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

n°178-journal Afghan -18-05 au 26-05 -Suite- Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

journal de l'Afghanistan -Fin-

n° 178  du 18-05 au 26-05

Par M.Lemaire                                                                                 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire. -Fin-

8 Dossiers Suite-

8-3 Point de vue de M.Lemaire : Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

9 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

9-1 «J’ai vendu ma fille pour nourrir le reste de ma famille »

9-2 La diplomatie par les pierres et les bâtons ?

10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

10-1  L'OTAN prépare son retrait d'Afghanistan.

10-2 L'armée nationale (ANA) devrait prendre la relève d'ici trois ans.

10-3 Si 70. 000 soldats de l'OTAN ne parviennent pas à contenir la résistance, comment une ANA naissante y parviendra-t-elle?

8-2 Point de vue de M.Lemaire : Il y a bien des armes de destruction massive en Irak & en Afghanistan !

…les Etats-Unis et leurs partenaires militaires ont mis en place quatre guerres nucléaires utilisant des bombes et des armes sales dans les pays qu'ils ont besoin de contrôler. Sous forme d'aérosols, l'uranium appauvri contaminera en permanence de vastes régions et détruira doucement le futur génétique des populations vivant dans ces régions où ils trouvent des ressources que les US doivent contrôler pour établi et maintenir leur primauté (Leuren Moret, experte des radiations, juillet 2004)
Depuis les essais en grandeur nature d'armes à uranium appauvri dans le Golfe (1991), l'utilisation d'un nouveau type d'armes nucléaires s'est banalisée dans l'indifférence générale. Chaque nouvelle guerre "humanitaire" (Bosnie, Kosovo, Afghanistan...) a été l'occasion de tester de nouvelles armes à l'uranium appauvri (UA) à des puissances de plus en plus grandes. La nouvelle guerre d'agression lancée contre Irak par la coalition anglo-américaine en 2003 avec la complicité de la communauté internationale, y compris la France , au cours de laquelle des quantités sans précédent de munitions à l'uranium appauvri sont utilisées, est une véritable guerre nucléaire qui ne dit pas son nom. On est là devant un crime contre l'humanité qui se déroule silencieusement, et à une échelle jamais connue à ce jour.
Un déchet nucléaire hautement toxique recyclé comme munition classique Le terme d'uranium "appauvri" est inapproprié, car il ne correspond pas à la réalité : il laisse penser que la radioactivité est enlevée, ce qui est faux. Je préfère parler d'armes enrichies à l'uranium (Reza Fiyuzat, linguiste résidant au Japon, entretien par mél du 30 août 2005) En raison de ses propriétés pyrophoriques (il s'enflamme spontanément au contact de l'air) et de sa très grande densité (1,7 fois supérieure à celle du plomb), c'est le métal idéal pour fabriquer des obus miniaturisés de grande portée, d'une grande vélocité (jusqu'à mach 5) capables de transpercer en quelques secondes des véhicules blindés ou de traverser des dizaines de mètres de béton pour détruire des bunkers souterrains sur plusieurs mètres.

Ainsi, un projectile en uranium appauvri comporte deux "avantages" militaires importants, c'est-à-dire d'être à la fois perforant et incendiaire. C'est l'arme antichar idéale puisqu'elle perfore les blindages de chars les plus résistants, provoque un violent incendie entraînant l'explosion des munitions contenues dans le char et ainsi, sa destruction complète. (Bruno Barrillot, 2000).
: l'oxyde d'uranium, utilisé à la manière d'un gaz, est devenu une arme de destruction massive qui joue un rôle vital dans la réalisation du plan de domination du monde par les Etats-Unis (Bob Nichols, 2005). Dès avant la nouvelle invasion de l'Irak de 2003, une étude sur les effets de l'UA à long terme entreprise dans six zones du sud de l'Irak à l'aide d'un spectromètre gamma avait montré que le tiers des échantillons de végétaux collectés présentaient un taux de radioactivité trois fois supérieur au taux habituel. Dans ces zones, près de 900.000 tonnes des plantes sauvages comestibles et près du tiers des animaux étaient contaminés. La dose de radioactivité délivrée aux enfants de moins de 15 ans à travers l'inhalation, l'ingestion de viande et de lait, et l'exposition, mesurée sur cinq ans (1991-1996) représentait 70% de la dose totale reçue par l'ensemble de la population étudiée.

Le mythe de la guerre propre Après que les Américains eurent détruit notre village et tué nombre d'entre nous, nous avons aussi perdu nos maisons et n'avons rien à manger. Mais nous aurions supporté ces misères, nous les aurions même acceptées, si les Américains ne nous avaient pas tous condamnés à mort. Quand j'ai vu mon petit-fils malformé, j'ai réalisé que mes espoirs en l'avenir avaient disparu pour de bon , pire que le désespoir né de la barbarie russe, même si, à cette époque, j'ai perdu mon fils aîné, Shafiqullah. Mais, cette fois, je sais que nous faisons partie du génocide invisible que nous ont infligé les Américains, une mort silencieuse à laquelle – je le sais – nous n'échapperons pas .( Jooma Khan, Afghanistan, mars 2003, cité par Mohamed Miraki, Le génocide silencieux venu d'Amérique. C'est nous qui soulignons).
Les effets de l'uranium appauvri sont encore beaucoup plus graves et plus durables que ceux de l'Agent Orange.

Les dangers de l'uranium pour la santé ont été étudiés de manière extensive. L'exposition des soldats à des aérosols d'uranium appauvri pourrait être significative et avoir des effets radiologiques et toxiques. Ces impacts pourraient être impossible à quantifier de manière fiable. (Rapport de l'OTAN, 1991)

Les nouvelles armes à l'UA permettent aussi d'entretenir le mythe de la "guerre propre" fabriqué dans les officines de propagande (think-tank) américaines : le recours à une ogive à UA ne déclenche pas le spectaculaire champignon qui symbolise la bombe atomique " classique", tout en provoquant au moins autant de dégâts. Après les essais des années soixante-dix à Los Alamos (Etats-Unis), les armes à l'UA ont été testées en grandeur nature en Irak en 1991, en Bosnie en 1994-95, en 1999 au Kosovo et en Serbie, en Afghanistan en 2001 et de nouveau en Iraq depuis 2003. Alors que les obus antichars utilisés dans la Guerre du Golfe ne dépassaient pas 5 kilogrammes, les charges contenues dans les bombes téléguidées déversées sur l'Afghanistan contenaient jusqu'à une tonne et demi d'UA. Chaque guerre permet ainsi une amplification et une prolongation des tests effectués au cours des guerres précédentes. Enfin, en l'absence de toute réaction de la communauté internationale, l'UA est utilisé de façon beaucoup plus massive encore en Irak depuis son invasion par l'alliance anglo-américaine en 2003.

Après la fin officielle de la guerre du Golfe (1991), l'armée américaine a tiré près d'un million d'obus à l'UA en trois jours sur les milliers de réfugiés et de soldats irakiens battant en retraite (en violation de l'article 3 de la convention de Genève) sur la route de Bassora. Parmi les nombreux témoins, Carole Picou, qui faisait partie du service américain de santé des armées et reconnue aujourd'hui invalide à 100%, a rapporté avoir vu avec horreur tout au long de cette « autoroute de la mort » des corps totalement calcinés qui avaient littéralement fondu, presque comme des scories. (citée par Benjamin, p.121). Depuis l'invasion de l'Irak en 2003, ces scènes sont devenues banales, à Fallujah comme dans tout l'Irak.

Depuis mars 2003, ce sont des milliers, voire des dizaines de milliers de tonnes de ce produit mortifère qui sont répandues sur l'Irak par les forces occupantes. La quantité de radioactivité lâchée sur l'ex-Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak correspondrait à quatre cent mille fois celle d'Hiroshima – dont plus de deux cent cinquante mille fois sur la seule Irak à ce jour (Nichols, 2004). La totalité de cette pollution radioactive est dix fois plus importante que celle qui a été provoquée aux essais nucléaires aériens depuis les années quarante. La presse indépendante a révélé que 40% des soldats ayant servi dans une unité de l'offensive de 2003 présentaient déjà des pathologies graves et multiples susceptibles de déboucher sur des cancers, seize mois seulement après leur retour (Moret, août 2004). Des associations de vétérans américains comme Veterans For Peace (VFP) ou des vétérans de la guerre du VietNam militent activement contre les nouvelles guerres radiologiques et participent à toutes les grandes manifestations pacifistes Les populations victimes des bombardements sont de fait condamnées à vivre durant toute leur vie dans une véritable décharge radioactive La différence entre les vétérans des armées des pays agresseurs et les victimes civiles des pays agressés réside dans le fait que les troupes étrangères ont séjourné peu de temps dans les zones contaminées, alors que les populations victimes des bombardements sont généralement condamnées à vivre durant toute leur vie dans un environnement qui deviendra inexorablement de plus en plus radioactif. En outre, les anciens combattants ont pu se constituer en associations pour tenter d'obtenir "réparation" dans leur pays, où ils peuvent se faire soigner, alors que les populations locales, parfois encore ignorantes des causes du mal qui les ronge, sont trop démunies pour se faire traiter, voire pour simplement soulager leurs douleurs. Les hôpitaux irakiens, quand ils n'ont pas été la cible des bombardements de l'alliance anglo-américaine, n'ont ni la capacité ni les moyens médicaux d'accueillir et de soigner toutes les victimes. Avant 1990, l'Irak avait les hôpitaux les plus modernes de la région et des médecins de très haut niveau (dont beaucoup ont été mystérieusement assassinés depuis 2003, comme de nombreux scientifiques et journalistes).
Les pays voisins des régions bombardées ne sont naturellement pas épargnés par les retombées radioactives qui ont déjà contaminé l'air, l'eau et les ressources alimentaires des pays agressés.
La contamination consécutive aux guerres nucléaires contre l'Irak, l'ex-Yougoslavie et l'Afghanistan a déjà atteint la Grèce , Israël, l'Arabie Saoudite, le Pakistan, la Syrie , le Liban, l'Albanie, la Macédoine , la Palestine , la Turquie , l'Iran, le Pakistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, la Russie , la Géorgie , l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Chine et l'Inde.
Aujourd'hui, on estime que la pollution radioactive due à l'uranium appauvri est en train de s'étendre à tout l'hémisphère Nord et qu'elle pourrait atteindre bientôt l'ensemble de la planète, comme le nuage de Tchernobyl (Moret, 2005).
Une aubaine pour l'industrie nucléaire : transformer les pays agressés en poubelles radioactives gratuites L'usage militaire de l'UA est un débouché idéal pour l'industrie nucléaire qui en produit chaque année 50.000 tonnes ; les stocks mondiaux actuels sont estimés à plus d'un million et demi de tonnes, dont 700.000 aux Etats-Unis. Les pays nucléarisés se débarrassent ainsi à bon compte de déchets dont le stockage est très coûteux, en faisant des pays attaqués de véritables « déchetteries radioactives » (Sara Flounders). D'autant que la demi-vie (dite « période ») de l'uranium appauvri est de 4,5 milliards d'années (l'âge de la terre !)

Le Koweït aurait dépensé quatorze milliards de dollars pour le « nettoyage » de son petit territoire. Pour décontaminer vingt-trois de leurs chars, les Américains ont mis trois ans et dépensé quatre millions de dollars, alors que les cinq mille chars irakiens hautement radioactifs détruits pendant la « guerre du Golfe » sont restés sur le terrain, pour la plupart sur "l'autoroute de la mort", au sud de l'Irak.

En février 2003, les USA ont refusé par avance tout nettoyage des sites qu'ils pourraient contaminer en Irak. Mais les dommages causés à l'environnement deviennent de toute manière rapidement irréversibles. En Afghanistan, des tempêtes de sable traversant le pays et la pollution consécutive des rivières et des fleuves, notamment la rivière de Kaboul, et l'Indus, fleuve qui traverse le Pakistan et alimente les exploitations agricoles et les populations locales en eau potable, a alarmé le corps médical. Des équipes de NBC (nucléaire-biologique-chimique) auraient très tôt été présentes en Afghanistan pour mesurer le niveau de contamination après les bombardements. Juste après un « tir ami » des équipes de reporters qui travaillaient aux côtés des militaires de la coalition, ont été rapidement enlevés et enfermés dans un hangar. Dès octobre 2001, les médecins afghans signalèrent des décès rapides de victimes présentant les symptômes typiques d'une forte contamination à l'UA.
On se trouve devant un black-out quasi total des médias (dont la plupart appartiennent à des industriels de l'armement, comme en France Serge Dassault ou Matra Lagardère, ou de construction, comme Bouygues), qui présentent l'UA comme un produit anodin. Ce silence permet aux pays responsables (à la fois juges et parties) de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination des sites bombardés, mais surtout de banaliser dans l'indifférence générale l'usage militaire d'un déchet nucléaire hautement toxique dont l‘utilisation était restée tabou pendant plusieurs décennies jusqu'à la « Guerre du Golfe ». Les pays bombardés ne sont pas plus avertis que les combattants des risques de contamination radioactive. L'usage d'UA dans le Golfe en 1991 n'a été révélé que huit mois après la fin officielle de la guerre par un quotidien britannique. Aucun media français ne parle de l'utilisation de l'uranium appauvri en Irak actuellement.
Dossier assemblé par Marc Lemaire source :http://www.planetenonviolence.org/index.phpaction=article... Titre original :Armements Stratégies Militaires : D'Hiroshima à Bagdad - Une nouvelle guerre nucléaire silencieuse à l'Uranium Appauvri cette fois, toute aussi catastrophique pour l'humanité et l'environnement



 9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

9-1 «J’ai vendu ma fille pour nourrir le reste de ma famille »

Pour nourrir sa femme et ses trois jeunes enfants, Sayed Ali (un nom d’emprunt) a raconté avoir vendu Rabia, sa fille de 11 ans, à un homme, contre 2 000 dollars, à Sheberghan, une ville de la province de Jawzjan, dans le nord de l’Afghanistan.
Face à l’explosion du prix des denrées alimentaires observée en Afghanistan ces derniers mois et à son incapacité à trouver du travail, ce père de famille de 40 ans n’avait d’autre choix, a-t-il dit, que de vendre sa fille pour sauver sa famille de la famine. « Même les animaux ne vendent pas leurs enfants, parce qu’ils les aiment et mourraient pour eux, sans parler de l’Homme. Pendant des jours et des jours, je suis resté debout sur le bord de la route et j’ai demandé du travail aux gens, mais à chaque fois, j’ai été déçu. Mais je ne pouvais pas revenir bredouille et décevoir mes enfants affamés, alors je fouillais dans les poubelles et je ramassais les restes de nourriture ».
« Je mentais à ma famille : je leur disais que je leur avais acheté de la nourriture au marché. Mais aujourd’hui, c’est encore plus difficile de trouver quelque chose qui se mange parmi les ordures à cause [de la hausse continue] du prix des denrées alimentaires. Maintenant, les gens mangent toute leur nourriture, parce que les vivres sont très chers, et puis il y a plus de gens qui font les poubelles ».
« Parce que je ne sais ni lire ni écrire, personne ne veut me donner un emploi. Je suis analphabète à cause de la guerre et de la pauvreté. Je ne suis pas allé à l’école parce que mes parents voulaient que je travaille. Mes enfants ne vont pas à l’école non plus et ils seront analphabètes comme moi ».
« Comment quelqu’un peut-il vendre sa propre enfant ? C’est comme vendre ses yeux ou vendre son cœur ! ».
« Comme personne ne voulait me donner du travail, je n’ai eu d’autre choix que de vendre mon adorable petite fille. Je l’ai vendue uniquement pour sauver le reste de ma famille. Je l’ai vendue uniquement pour acheter de la nourriture pour mes plus jeunes enfants qui, sinon, seraient morts de faim ».
« Je sais que les gens vont dire que je suis un père cruel et sans merci qui a vendu sa propre enfant, mais ceux qui disent cela ne connaissent pas ma situation et n’ont jamais ressenti la faim dont souffre ma famille ».
« Je connais d’autres personnes pauvres qui n’ont pas d’enfant et disent que, si besoin est, elles se feront exploser [dans un attentat suicide] et tueront d’autres gens pour nourrir leurs familles ».
« J’espère que le gouvernement m’entendra et aidera les gens comme moi à trouver du travail et à nourrir leurs familles ». 
19-05-2008  (IRIN) - http://www.afghana.org/


9-2 La diplomatie par les pierres et les bâtons?

Par le Capitaine Fraser Clark, Équipe de 'reconstruction' provinciale de Kandahar

Cette journée ne ressemblait à aucune autre que j’ai vécue en Afghanistan, et je ne l’oublierai jamais. Les rayons du soleil matinal commençaient à s’intensifier et la température dépassait les 35 degrés Celsius alors que notre minuscule convoi arrivait pesamment dans un village au centre de la ville de Kandahar. Des dizaines de petits enfants se sont précipités sur nos massifs VBL III de couleur olive et ont commencé à se bousculer pour accueillir les militaires qui en sortaient. En ce vendredi matin (le jour officiel du repos en Afghanistan), nous nous étions arrêtés au milieu du chaos commercial d’un marché afghan. Des vendeurs nous observaient depuis leur masure de boue derrière des étalages de pashminas colorés, de bibelots et d’autres articles typiques d’un bazar du tiers-monde. Pendant ce temps, de jeunes Pachtounes sautaient partout en criant « Bic » et en gribouillant furieusement avec des crayons invisibles dans leurs paumes; ils voulaient des stylos. Normalement, les convois canadiens s’arrêtent dans de tels voisinages pour rencontrer les habitants, voir comment ils se portent et leur faire savoir que la FIAS ne les a pas oubliés. Mais notre patrouille avait un autre objectif. Comme l’explique le Lieutenant Dan Hogan, commandant de peloton au sein de la compagnie de protection de la force de l’Équipe de reconstruction provinciale de Kandahar, « nous voulons que les enfants arrêtent de lancer des pierres à nos véhicules. Nous passons souvent par ces villages lors de nos patrouilles, et comme les enfants sont partout pareils, certains ont commencé à nous lancer des pierres, un peu comme les enfants chez nous lancent des balles de neige aux automobiles; la même chose se produit ici. Cependant, nous voulons vraiment mettre fin à cette tendance, car il est arrivé que ces pierres brisent des miroirs. Nous effectuons cette patrouille pour nous faire voir sous un jour positif par les enfants et pour leur demander de cesser de nous lancer des pierres. » Demander? Nos militaires pourraient-ils être plus canadiens que cela? Cependant, ce qui avait commencé comme une patrouille ordinaire pour transmettre quelques renseignements aux habitants s’est subitement transformé en parade. Des dizaines de garçons et de filles, sans se soucier des normes culturelles et sans être intimidés par nos armes et nos gilets pare-balles, nous ont accueillis dans leur domaine. Au cœur de cette mêlée juvénile, notre commandant tentait de trouver les aînés du village pour leur parler et leur demander de transmettre notre message : S’il vous plaît, ne nous lancez pas de pierres. Le jeune propriétaire d’une pharmacie (il a étudié au Pakistan et parle si bien l’anglais que cela pourrait être sa langue natale) a jeté le blâme sur les orphelins afghans. « Ce sont eux qui lancent les pierres, affirme-t-il. Les enfants avec des familles se comportent bien, nous n’avons pas de problème avec eux, mais ceux qui n’ont pas de parents sont turbulents. » Alors que notre patrouille avançait dans la ville, à notre grande surprise, plusieurs enfants nous ont posé des questions de façon confiante, dans une voix dramatique et musicale. Beaucoup nous ont demandé comment nous allions ou notre âge, alors que d’autres nous demandaient notre nom ou notre lieu d’origine. Pendant qu’ils nous posaient leurs questions, d’autres se précipitaient, souriants, les yeux écarquillés, et tentaient de nous apprendre quelques-unes de leurs expressions. Nous leur disions « salaam aleikoum » (que la paix soit avec vous) dans notre meilleur pachtou et les enfants, encouragés, continuaient de marcher avec nous en nous enseignant des bribes de leur langage. Leur effet était incroyable. Leur innocence et leur curiosité ne pouvaient faire autrement que d’émouvoir nos soldats, même les plus endurcis. Le regard glacial qui résultait de mois d’entraînement et (parfois) de combat fondait subitement pour être remplacé par de larges sourires et des rires. Cet échange culturel ne pouvait être accompli que par ces jeunes diplomates influents. Un enfant, qui ne pouvait pas avoir plus de huit ans, s’est approché de moi et a tendu la main avec un sourire désarmant. Instinctivement, j’ai enlevé ma main de mon arme pour prendre sa main, créant ainsi un lien passager d’amitié. Mon joyeux compagnon est demeuré avec la patrouille alors que nous marchions le long du grand canal qui traverse la ville et nous a souri tout le temps du trajet. Alors que nous allions de village en village, il me parlait en pachtou (je n’en parlais pas un traître mot, mais cela ne semblait pas lui importer) en faisant rouler une roue de bicyclette avec un petit bâton, démontrant ses talents pour nous amuser. Cette expérience était vraiment surréaliste. Cette patrouille, au départ, devait faire en sorte que les enfants cessent de lancer des pierres à nos véhicules, mais je crois qu’elle a accompli bien plus : nous avons pu obtenir un peu d’amitié, de foi, de confiance et d’espoir. Il a souvent été dit que les chars, les militaires et les fusils ne pourront pas conquérir le cœur et l’esprit des Afghans. De mon point de vue, les enfants de l’Afghanistan sont en train de conquérir le cœur et l’esprit des militaires canadiens. 26-05-2008  http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&...



10 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1  L'OTAN prépare son retrait d'Afghanistan. Les troupes de l'OTAN sont enlisées en Afghanistan. Cette guerre est mal vue par l'opinion publique des pays européens qui y contribuent militairement, perçue comme inutile, faisant payer un lourd tribu aux populations civiles afghanes souvent victimes des bombardements « aveugles » de l'armée de l'air américaine. La situation dans le pays s'est rapidement détériorée dés l'invasion américaine/OTAN Les soit disant projets de reconstruction peinent à se mettre en place, la corruption règne, la culture du pavot n'a jamais été aussi florissante, et le commerce de l'opium aussi rentable pour ceux, CIA incluse, qui tirent les ficelles dans l'ombre. La résistance et les Talibans contrôlent une bonne partie du pays, L'autorité du gouvernement fantoche d'Amin Karzaî ne dépasse pas les portes de Kaboul.

Selon un article de Matthias Gebauer publié dans Der Spiegel anglais le 04/04/08 intitulé « Does NATO Want Out of Afghanistan ? Secret Exit Strategy Circulated » (« OTAN : Document Secret de Stratégie pour un Retrait d'Afghanistan ») des diplomates ont travaillé sur un document secret pour définir une stratégie de retrait d'Afghanistan au cours du Sommet de Bucarest en avril dernier En public, l'OTAN demande à ses alliés de contribuer équitablement aux efforts actuels, notamment en terme de troupes disponibles pour combattre en Afghanistan. Mais, derrière les portes closes, un document a circulé pouvant servir de base à une stratégie de retrait de ces troupes. Des diplomates de l'OTAN ont travaillé à ce document, largement resté dans l'ombre, et qui porte sur une stratégie ayant des implications importantes pour les opérations en cours en Afghanistan.
Pour certains, le secret est nécessaire car le dossier contient des détails qui pourraient compromettre la sécurité des troupes de l'OTAN en Afghanistan. D'autres se sont montrés un peu plus directs disant que le document est simplement trop sujet à controverse pour être rendu public.
Selon certains diplomates on peut effectivement y trouver des détails intéressants.
Le document est l'illustration d'un nouveau courant de pensée qui se développe au sein de l'OTAN : pour la première fois, un schéma par étape a été esquissé pour définir précisément quand les 47 000 soldats de l'OTAN, actuellement stationnés en Afghanistan, pourraient se retirer. Selon des diplomates, des repères concrets, précis, ont été posés, bien que, selon eux, un retrait ne serait pas immédiat.
C'est le ministre de la défense allemande Franz Josef Jung qui a commencé à réfléchir à un grand plan à l'automne dernier, lors d'une réunion de l'OTAN au Pays Bas.
Le document qui a circulé à Bucarest se base pour l'essentiel sur ses propositions pour une stratégie de retrait. Dans sa première ébauche, les concepts de « sécurité en réseau » et reconstruction jouaient des rôles dominants. Il ne mentionnait qu'en passant le « combat contre les insurgés ». L'actuelle ébauche conserve ces points d'encrage bien qu'elle mentionne aussi la demande « du partage du fardeau » entre les membres de l'OTAN.
Il semble que les auteurs du document secret aient été plus réalistes lorsqu'ils ont formulé leur liste de repères de l'OTAN. Ils ont dressé de façon concrète qu'elle devait être les capacités des forces de sécurité afghanes pour quelles puissent se charger des responsabilités de sécurité actuellement dévolues aux forces de l'OTAN. Ils ont fixé à 80 000 le nombre de soldats nécessaires dans l'armée afghane. Les compétences minimums requises pour les soldats afghans ont également été énumérées, ainsi qu'une liste des capacités logistiques de l'armée. Mais selon certains experts, si ces critères prévalaient effectivement, et devaient être appliqués à la lettre, on ne pourrait pas envisager un retrait avant 2015. Le nouveau plan ne mentionne néanmoins aucune date butoir, car évoquer ouvertement et publiquement une « stratégie de retrait » avec une telle date butoir, cela reste pour le moment tabou.
Ce plan appelle les soldats à se concentrer sur l'entraînement des forces de police afghanes et de leur transmettre la responsabilité des situations conflictuelles « dés que les circonstances externes et les capacités afghanes le permettront ».
C'est précisément pour cette raison que plusieurs pays de l'OTAN veulent accroître leurs programmes d'entraînements, à l'exception de la Sarkozie qui a décidé d'envoyer en juillet/août environ 700 jeunes soldats français combattre sur le front est pour remplacer les soldats américains, dans une zone fortement contaminée à l'Uranium Appauvri par les bombardement intensifs américains du début de la guerre.
Cependant, l'importance de ce nouveau plan secret se fera sentir dans les mois qui viennent et notamment en juin lorsque les états membres de l'OTAN se réuniront à Paris pour un sommet sur l'Afghanistan. Une occasion pour tous ceux qui veulent faire pression pour un retrait rapide, programmé, des troupes de l'OTAN d'Afghanistan sur leurs gouvernements respectifs, et puisque cette rencontre aura lieu en France, sur le gouvernement français. Et, pourquoi pas, une grande manifestation à Paris pour exiger ce retrait, puisque qu'effectivement il existe un plan de retrait, et, pour les français, exiger que des jeunes français n'aillent pas se faire tuer inutilement, ou contaminer à l'Uranium Appauvri.
20/05/08 http://www.planetenonviolence.org/


10-2 L'armée nationale (ANA) devrait prendre la relève d'ici trois ans.
L'armée nationale prendra le contrôle officiel de la région de Kaboul en août prochain.
La décision du gouvernement canadien de rapatrier ses soldats de Kandahar en juillet 2011 a lancé le compte à rebours. Sur le terrain, on met les bouchées doubles pour permettre à l'Armée nationale afghane (ANA) de pouvoir prendre la relève d'ici trois ans. Dans quelques semaines, une vingtaine de nouveaux soldats-entraîneurs canadiens s'ajouteront aux 140 déjà sur place à Kandahar (ce qui exclut les 60 militaires à l'oeuvre avec la police afghane). Il y a un an, ils étaient à peine 65 à superviser la progression des soldats afghans dans la plus dangereuse province d'Afghanistan. «La croissance de nos effectifs est rapide», confirme le colonel Jean-François Riffou, en charge des soldats-entraîneurs canadiens.
Ses hommes ont la responsabilité d'amener les 3000 soldats de l'ANA présents à Kandahar aussi près que possible de l'autonomie.
Actuellement, à peine un bataillon (600 militaires) approche du but. Les autres, même s'ils mènent des opérations avec les soldats canadiens, ont encore besoin d'une aide importante.
Et dans le jargon militaire, «autonome» signifie «planifier, conduire et soutenir une opération de base», ce qui exclut l'apport des métiers spécialisés comme les médecins, les ambulanciers, les artilleurs, le soutien aérien, les ingénieurs, les experts logistiques, etc. Ces tâches demeurent la responsabilité des troupes de l'OTAN.
«Le travail de fantassin est simple, mais former des métiers spécialisés, c'est beaucoup plus long, dit le colonel Riffou. Il faudra mettre sur pied des écoles spécifiques pour ces métiers.»
Dans ce domaine, l'ANA ne sera pas prête à voler de ses propres ailes en 2011, dit-il.
Il faut dire que l'Armée nationale afghane, part de loin.
L'OTAN espère avoir formé 80 000 soldats afghans en 2010. Le 12 avril dernier, le site Internet officiel de l'armée afghane avançait que 46 200 militaires avaient complété leur entraînement de base à Kaboul et étaient maintenant en voie d'apprendre les rudiments de la guerre sur le terrain, en compagnie des mentors de l'OTAN.
Le taux d'absentéisme est toutefois de 10 à 12 % en tout temps. «Les soldats afghans retournent porter de l'argent à leur famille, qui vit souvent dans une autre région d'Afghanistan. Il y a aussi des semaines où ils cultivent les champs», explique le colonel Riffou.
Équipement ? Une progression
Même si l'équipement fourni à l'ANA par les pays donateurs s'améliore constamment, les soldats afghans sont encore sous-équipés. L'ANA n'a pas de chars d'assaut, d'avions ou d'hélicoptères de combat, et elle mène la plupart de ses opérations à pied ou en camionnette. «C'est beau, de l'équipement moderne, mais ça prend des pilotes et des mécaniciens pour s'en occuper! C'est un problème», dit le colonel Jean-François Riffou.
Mais d'ici la fin de l'année, pour remplacer les vieux kalachnikovs qui s'enrayent, les soldats afghans à Kandahar seront entièrement équipés avec les même fusils C7 modernes que les militaires canadiens.
Malgré tout, l'ANA est loin d'une force moderne.
Il suffit de voir le quartier général de l'ANA, en banlieue de Kandahar, à quelques pas de la grande base militaire de l'OTAN. Les pièces sont pratiquement vides. Aucun ordinateur ne trône sur les tables et il n'y a pas davantage de radar ou de GPS. Quelques téléphones cellulaires servent de colonne vertébrale à l'état-major afghan. «Même s'ils avaient des technologies avancées, les 100 officiers de l'état-major afghan que nous tentons de former ne savent ni lire ni écrire. Un quartier général de l'ANA, ça ressemble à notre armée dans les années 50», raconte le colonel Riffou.
Dans les prochains mois, l'ANA prendra seule la direction de deux districts plus calmes de Kandahar. «Il y aura encore des mentors canadiens avec eux, mais ils décideront des opérations et les conduiront», dit le colonel Riffou. L'ANA prendra aussi le contrôle officiel de la région de Kaboul en août prochain. « Le Devoir «  Alec Castonguay / 18-05-2008

10-3 Si 70. 000 soldats de l'OTAN ne parviennent pas à contenir la résistance, comment une ANA naissante y parviendra-t-elle? Si 70. 000 soldats de l'OTAN ne parviennent pas à contenir la guérilla, comment une ANA naissante y parviendra-t-elle? C'est la grande question. «Je ne peux pas vous dire à quoi va ressembler l'ANA en 2011, mais elle progresse bien. Il faut être patient. Les Afghans sont de bons soldats. Nous devons surtout améliorer la logistique, les métiers spécialisés et former un vrai état-major», dit le colonel Jean-François Riffou. La police afghane, encore en formation, viendra aussi donner un coup de main, ajoute-t-il.
L'objectif d'une force totale de 80 000 soldats de l'ANA a été remis en question par le ministre afghan de la Défense , Abdul Rahim Wardak, en mars dernier. Il a soutenu que l'ANA devrait atteindre 200 000 hommes bien équipés avant d'être capable d'assurer la sécurité du pays, puisque l'objectif initial a été adopté avant la reprise des violences, il y a deux ans.
L'ambassadeur afghan au Canada exprime lui aussi des doutes. «Ce chiffre n'est pas réaliste dans le contexte actuel, dit Omar Samad au Devoir. En plus des tâches régulières d'une armée, l'ANA doit faire face à une guérilla, ce qui est difficile même pour les armées modernes.»
Le grand espoir des autorités de Kaboul et de l'OTAN, c'est la baisse de la résistance d'ici trois ans, ce qui aiderait l'ANA à prendre la relève. «Si la situation est plus calme, l'ANA pourra maintenir la stabilité du pays, même avec 80 000 soldats. Mais parvenir à faire diminuer des attaques, c'est plus difficile», dit Omar Samad.
Au ministère canadien de la Défense , on rappelle que le chiffre de 80 000 soldats mis en avant par l'OTAN correspond à la capacité de payer du gouvernement de Kaboul. Pour changer l'objectif, il faudrait revoir les engagements des pays donateurs. http://www.afghana.org/

26/05/2008

N°76 -Dossier du Liban - 25/05 -Début - Pour que demain ne ressemble pas à hier

N°76 -Dossier du Liban - 25/05 -Début - Pour que demain ne ressemble pas à hier 

Les dossiers du  Liban -Début -  

N° 76                                        25-05

Par  M.Lemaire 


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Sommaire : -Début -

Tiré à part

Michel Sleimane, élu président du Liban, appelle à l’unité.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1    Sabrina Mervin : Le Hezbollah. Etat des lieux.

1-2    Le monde entier, à l'exception de tous les autres.

1-3    Damas, Téhéran et le Hezbollah sur le banc des accusés.


Tiré à part

Michel Sleimane, élu président du Liban, appelle à l’unité.

Le nouveau président du Liban Michel Sleimane a lancé un appel à l’unité dimanche, en prêtant serment après son élection par le Parlement. Le général Sleimane, est devenu à 59 ans le 12e président du Liban. Le général Sleimane, commandant en chef de l’armée depuis 1998, aura pour lourde tâche d’amorcer la réconciliation entre deux camps profondément divisés. Il a été élu par 118 députés, sur un total de 127. Le nouveau président, dont l’élection a été accueillie par des tirs de joie dans les rues de Beyrouth et des feux d’artifice à travers le pays, a ensuite prêté serment devant les députés, appelant les Libanais à l’unité. "Unissons-nous, et travaillons en vue d’une solide réconciliation, a dit Michel Sleimane. Nous avons payé cher notre unité nationale. Préservons la, la main dans la main". Il a souhaité l’établissement de relations diplomatiques avec la Syrie , ancienne puissance de tutelle du Liban, et la mise en place d’une stratégie de défense contre les violations par Israël du territoire libanais. "Nous chérissons nos relations avec les pays arabes et recherchons des relations fraternelles avec la Syrie , basées sur la souveraineté mutuelle et sur l'indépendance", a ajouté le général Sleimane. Il a affirmé que le Liban devait mettre en place une stratégie de défense afin de faire face aux violations du territoire libanais par Israël et libérer le petit territoire frontalier des Fermes de Chebaa. "Les Fermes de Chebaa restent sous occupation en raison des menaces et des violations continuelles de notre souveraineté par Israël, nous devons élaborer une stratégie de défense nationale pour protéger le pays", a dit le président. Michel Sleimane s'est aussi engagé à respecter les résolutions de l'ONU concernant le Liban. Il s’est aussi engagé à appuyer la mise en place du tribunal international chargé de juger les assassins de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005. Le nouveau président a ajouté que les armes présentes au Liban ne devaient être pointées que sur les ennemis du pays Un parterre de personnalités étrangères assistait à l’élection, dont l’émir du Qatar Hamad ben Khalifa al-Thani. Des représentants de pays soutenant chacun des deux camps libanais étaient présents, notamment d’un côté le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal, de l’autre ses homologues iranien Manouchehr Mottaki et syrien Walid Mouallem. L’élection a été saluée par George W. Bush, suivi par de nombreuses capitales étrangères dont Londres et Paris. Cette élection amorce la relance des institutions du pays, miné par la crise, par les violences et par une série d’attentats. Mais le nouveau président a prévenu qu’il ne pourrait assurer seul la sécurité du Liban. "La sécurité ne peut être gagnée par la force, mais à travers une volonté politique. Un seul parti ne peut seul construire le pays", a-t-il averti avant son élection. Sitôt le président élu, l’actuel gouvernement, dirigé par le Premier ministre Fouad Siniora, est devenu démissionnaire de facto. Les consultations doivent commencer rapidement pour former le gouvernement qui mènera le pays vers les élections générales du printemps 2009. 26 mai 2008. Source : http://www.aloufok.net/8 & Romandie



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Sabrina Mervin : Le Hezbollah. Etat des lieux.

Par Sabrina Mervin Actes Sud, coll. « Sindbad », Arles, 2008, 364 pages, 24 euros. 

Chargée de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), affectée à l’Institut français du Proche-Orient de Beyrouth entre 2004 et 2008, Sabrina Mervin dresse un portrait du Hezbollah : stratégie politique, programme social, appareil médiatique, religion, éducation, culture... Grâce à des contributions diverses et inédites, on parvient à appréhender dans sa complexité le « fait social » que constitue le Hezbollah : un parti politique devenu le principal acteur de la résistance nationale contre Israël, et que les Etats-Unis s’évertuent à qualifier de terroriste. Si les travaux sur le sujet se multiplient, l’intérêt de l’ouvrage est de se fonder sur des enquêtes de terrain rigoureuses. Certains domaines, comme l’appareil médiatique ou le réseau des services sociaux du « Parti de Dieu », déjà connus, sont approfondis, tandis que d’autres sont réellement mis au jour, comme l’émergence de pratiques nouvelles (loisirs, art). Loin des clichés, on voit comment le Hezbollah ne touche pas que les classes défavorisées. On découvre aussi comment il a construit une « société de résistance » sur un « terreau social réceptif » et que la guerre de l’été 2006 a encore élargi.  ---  

Marina Da Silva. - Le Monde diplomtique de mai 2008 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4699


1-2 Le monde entier, à l'exception de tous les autres.

Dans L'Orient-Le Jour:....  [...] la direction du PSNS a indiqué, dans un communiqué, que «les images du massacre de Halba sont plus sincères que ses discours. Et le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre». Le communiqué a poursuivi que «la réponse de Hariri à la télévision al-Manar ne l’empêche pas de porter la responsabilité, car nous sommes les martyrs». C'est là une situation exemplaire. Vraiment exemplaire.
Le gars du PSNS pense que «le monde entier est témoin de l'horreur [du] massacre [de Halba]». Il n'a pas de raison de douter que ce soit le cas: depuis quelques jours, les images (insoutenables) de ce massacre circulent sur Youtube et ont été diffusées par Al-Manar (la chaîne de Hezbollah).
Selon le commentaire qui accompagne ces images, il s'agit de membres du PSNS lynchés par des militants du clan Hariri. On y voit des hommes blessés entassés avec des cadavres, sur lesquels une petite foule s'acharne jusqu'à la mort.
Description par Al-Manar: Meanwhile, Al-Manar and other TV stations broadcasted on Tuesday footage of a massacre in the making in the Halba village by Saad Hariri's Mustakbal militiamen against members of the Syrian Socialist Nationalist Party (SSNP). The horrific footage showed the barbaric and brutal nature of the perpetrators. The footage showed how some executed SSNP members were lying on the ground, while others were still dying. Hariri's Mustakbal militiamen were beating up those dying. In the footage, heavy stone blocs with sharp edges were seen saturated with blood. A young man, still in his 'teens, was dying and coughing blood out of his mouth. This cruel crime took the life of eleven young men. Nul ne peut réellement ignorer ces images de barbarie, même dans le camp de la majorité, puisque Saad Hariri s'est défendu, prétendant qu'il s'agissait d'une manipulation, et que ce sont les membres du PSNS qui s'étaient en fait attaqués à une manifestation pacifique (on n'insistera pas trop sur la contradiction de cette explication: «c'est une manipulation, ce ne sont pas des membres du PSNS qui sont lynchés par des militants Hariri, et de toute façon ils l'ont bien cherché, puisque ce sont les membres du PSNS qui ont attaqué les militants Hariri en premier»).
J'ai reçu les liens vers ces vidéos dès le premier jour, elle circule toute vitesse sur FaceBook, dans les blogs, c'est évoqué sur Syria Comment, Angry Arab et les autres et c'est montré (au moins) sur Al-Manar; bref ça fait beaucoup de bruit.
Et là où c'est particulièrement sidérant, c'est que si chacun dans le monde arabe a entendu parler de cette image et que le PSNS croit pouvoir annoncer que «le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre»,aucun média occidental n'a évoqué cette affaire. Non, vraiment, non. Ce genre de sujet c'est pour les Arabes; dans la presse libre du monde libre, ça n'intéresse personne. Dans la presse libre du monde libre, il y a des milliers de journaux, des centaines de milliers de journalistes, et aucun ne juge intéressant de faire une brève là-dessus; ni pour évoquer le massacre, ni même indirectement pour évoquer le scandale qu'il provoque.
Tout ce que vous trouverez, ce sont des mentions similaires à celle-ci:
Dans le nord du Liban, à Halba, 14 personnes, dont des civils, ont péri lors de combats entre militants d'un parti pro-syrien et partisans d'une formation pro-gouvernementale. Les images et de nombreux témoignages suggèrent que cette information est factuellement, totalement fausse. Information qui, depuis, est une question dangereuse au Liban (parce que qui dit massacre dit vengeance, dit autres massacres, etc.). Mais non, vraiment, ça ne nous intéresse pas. J'invite le lecteur curieux à chercher «Halba» dans Google News France et États-Unis, le résultat sera spectaculaire. Rien. À part des médias libanais francophones et anglophones, c'est le néant.
Réponse donc au gars du PSNS: non, le monde entier n'est pas témoin de ce massacre. Le monde entier n'a rien vu. Les journalistes du monde entier ont autre chose à faire.
Est-ce le syndrome Timisoara? Par peur de l'erreur ou de la manipulation par les images, nos médias préfèrent ne pas relayer... Sans doute, oui, ça doit être ça. Mais si ces images avaient été titrées «des membres du mouvement du Futur torturés et massacrés par le Hezbollah», je me demande si les médias occidentaux auraient eu autant de scrupules. Et, encore une fois, on peut prendre du recul par rapport aux images et tout de même évoquer le scandale et le débat qu'elles provoquent au Liban.
À part ça, toujours sur le front médiatique, je vous rappelle que, selon Mouna Naïm du Monde, «Les milices réduisent au silence des médias progouvernementaux».
Les «312 mots» de cet article du 11 mai annonçaient que la censure du Hezbollah s'abattait sur les médias du groupe Hariri.
Qu'en est-il aujourd'hui? Hé bien pour le lecteur du Monde, la censure islamo-iranienne sévit certainement toujours à Beyrouth, puisque personne au Monde n'a jugé intéressant de signaler ceci:
13 mai, 16h30: Reprise de la retransmission de la chaine FuturTV proche du dirigeant du Courant du Futur, Saad Hariri. Ainsi la chaîne a repris le cours normal de ses émissions: Saad Hariri y a immédiatement annoncé qu'un conflit entre sunnites et chiites avait débuté au Liban.
On a eu droit dans nos médias à de nombreux commentaires sur la censure qui s'abattait soudain sur le Liban. Aucun n'a jugé bon de signaler, quelques jours après, que les médias Hariri avaient repris le travail.
Aucun média n'a non plus jugé intéressant de passer cette notule:

La chaîne de télévision NBN a confirmé dans un communiqué l’arrêt de la retransmission des programmes des chaînes NBN, Al Manar et OTV dans le Nord Liban.
Ce même communiqué accuse des partisans du Courant du Futur d’avoir saboté les locaux de retransmission des chaînes à Tripoli et dans le Akkar avant de condamner l’agression de 2 journalistes de la chaîne Al Manar.
La NBN appelle le ministère de l’information et les responsables de l’association de la presse à prendre les mesures pour garantir la liberté d’expression et prévenir les attaques visant les médias. NBN, Al Manar et OTV étant les télévisions des principaux partis de l'opposition (Amal, Hezbollah, Aoun).
Notons encore que, puisqu'on n'avait pas appris cet arrêt des retransmissions, aucun média ne nous indique si elles ont repris depuis. Quant à
la NBN qui réclame des mesures pour «garantir la liberté d'expression», c'est évidemment ironique: NBN est la télévision du parti Amal, dont la milice était en première ligne dans les affrontements à Beyrouth, affrontements qui ont provoqué l'arrêt des émissions de Futur TV. Publié par Nidal  http://tokborni.blogspot.com/2008/05/le-monde-entier-lexception-de-tous-les.html

sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation


1-3 Damas, Téhéran et le Hezbollah sur le banc des accusés.

 Décryptage

La presse dominante aborde l’offensive israélienne au Liban en considérant comme acquis deux points pourtant sujets à caution. D’une part elle considère que les soldats détenus par le Hezboillah ont été enlevés en territoire israélien et non pas faits prisonnier sur le sol libanais ; d’autre part, elle estime que l’offensive vise à libérer les soldats et à détruire le Hezbollah. Elle ouvre prioritairement ses colonnes aux dirigeants israéliens ou à leurs traditionnels relais pour exposer leur version des causes de la guerre.
Les informations des grands médias sont différentes selon la langue du public auxquels ils s’adressent. Ainsi, sur la partie arabophone de son site internet, la BBC rend compte en détail des positions du Hezbollah, en donnant la parole à Hassan Nasrallah. Mais elle s’abstient de le faire sur la partie anglophone de son site.
Les pertes civiles israéliennes sont détaillées, mais les pertes militaires sont à peine mentionnées, de sorte que la mort de civils n’apparaît pas comme un terrible effet colatéral, mais comme un crime de guerre.
Ignorance et propagande se mêlent pour donner l’impression d’un affrontement entre juifs et chrétiens d’un côté, musulmans de l’autre. Ainsi, le public n’est pas informé de l’accord au Liban entre le général chrétien Michel Aoun et le Hezbollah musulman. Ou encore, on lui assure que le Hezbollah attaque la ville chrétienne de Nazareth, alors que celle-ci est au trois quart musulmane.

Bien que développant une analyse en tous points identique à celle de ses collègues anglo-saxon, les journaux français Le Monde et le Figaro se démarquent en donnant la parole au Premier ministre libanais Fouad Siniora dans des interviews publiées à deux jours d’intervalle. Il demande un cessez-le feu immédiat et l’aide de la communauté internationale. En outre il pose le problème des soldats israéliens capturés en même temps que celui des détenus libanais en Israël. Dans l’interview du Monde, le Premier ministre sous-entend que pour lui, le Hezbollah est moins un problème pour le Liban qu’Israël, bien que la question du journaliste le pousse à dire le contraire. Il sera plus explicite encore dans l’interview accordée au Figaro où il affirme qu’il organisera le désarmement du Hezbollah et la reprise de contrôle du gouvernement sur tout le territoire libanais lorsque les fermes de Chebaa auront été évacuées par Tsahal. Le Premier ministre critique le soutien états-unien à Israël et se montre reconnaissant de l’aide française.  Partout ailleurs, la parole est monopolisée par les responsables israéliens et leurs relais.
Dans le Boston Globe, le consul général d’Israël en Nouvelle Angleterre, par ailleurs ancien responsable des relations publiques du ministère israélien des Affaires étrangères, Meir Shlomo, prend bien évidemment la défense de son pays. Il assure que les évènements à Gaza et au Liban sont liées et que les actions israéliennes sont uniquement une riposte légitime à la violence du Hamas et du Hezbollah .
Par ailleurs, l’auteur estime que ces deux conflits montrent que les retraits territoriaux ne servent à rien puisque ni celui du Liban, ni celui de Gaza n’ont arrêté la violence. Ce constat biaisé est une nouvelle constante de la propagande de Tel-Aviv visant à préparer l’opinion publique à une réoccupation de Gaza..
Enfin, reprenant un argument irrationnel bien rodé, il assure que le Hamas et le Hezbollah ne sont pas mus par des intérêts, mais par leur haine d’Israël.

Le cliché colonial de l’impuissance, de la rage, de la jalousie et de la haine intrinsèques des Arabes face à l’Occident en général et à Israël en particulier est abondamment repris par les éditorialistes israéliens, notamment dans le Jerusalem Post, organe de presse proche du Likoud. Il permet à l’éditorialiste Barry Rubin ou au Dr. Schlomo Avineri d’affirmer qu’Israël agit dans l’intérêt des Arabes en détruisant un Hezbollah dont ils sont incapables de se débarasser par eux-mêmes.
Sans reprendre entièrement le cliché de départ, Amos Oz, écrivain israélien et membre fondateur du mouvement “ pacifiste ” israélien
La Paix Maintenant , propose une variante paternaliste de ce raisonnement. Prenant acte du soutien de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite, il écrit dans Le Figaro et le Los Angeles Times qu’il s’agit d’une guerre entre d’un côté les démocraties et les pays arabes politiquement sur la bonne voie et, de l’autre, les fanatiques chiites (Iran, Syrie, Hezbollah). De leur côté, les néo-conservateurs oublient leurs récentes critiques de l’administration Bush pour applaudir avec gourmandise l’action israélienne et appeler à un retour à la ligne dure contre la Syrie et l’Iran.
Le rédacteur en chef de la revue de référence de ce courant et fondateur du Project for a New American Century, William Kristol rend dans le Weekly Standard un vibrant hommage à l’action d’Israël contre le Liban. Par une série d’analogies douteuses, il aboutit à la conclusion que l’attaque israélienne n’est qu’une bataille dans la longue guerre que “ l’islamisme ”, auquel il lie
la Syrie ba’asiste et laïque et l’Iran, contre “ la civilisation démocratique ”. Il assure qu’il ne s’agit pas d’une guerre israélo-arabe de plus, prolongeant soixante ans de combats, mais d’un conflit de valeurs. Reprenant l’analogie habituelle entre l’islamisme, le nazisme et le communisme, il martèle que l’islamisme pourrait devenir aussi dangereux que les deux mouvements totalitaires si on le laisse se développer. Et pour empêcher ce développement, il ne voit pas d’autres solutions que de changer les régimes en Iran et en Syrie.
Les autres faucons états-uniens abondent dans ce sens. Dans le Washington Times, le coordinateur des faucons, Frank J. Gaffney Jr. réclame que désormais, il n’y ait plus aucun refuge pour les “ terroristes ” : il ne faut plus faire de concessions territoriales aux Palestiniens ( ?) et au-delà, ne jamais permettre qu’ils aient de refuge, ce qui justifie selon la logique de l’auteur des attaques contre la Syrie et l’Iran. Il demande un renouvellement de la doctrine Bush et l’arrêt des négociations.
Dans sa chronique du Washington Post, le psychiatre néo-conservateur Charles Krauthammer estime qu’il existait un consensus international pour un désarmement du Hezbollah, mais personne n’osait commencer le travail. Le Hezbollah a commis l’erreur d’attaquer Israël et la riposte va permettre de supprimer ce mouvement et de lancer une dynamique.
Écrivant exceptionnellement dans le Los Angeles Times, le directeur du Middle East Forum, Daniel Pipes, fidèle à son orientation jusqu’au boutiste, craint qu’Ehud Olmert n’aille pas assez loin et renonce à l’objectif qu’il assigne à l’action israélienne : détruire le Hamas et le Hezbollah. Il demande à l’administration Bush de faire pression sur Tel-Aviv pour que l’offensive se poursuive jusqu’à la réalisation de ces objectifs et se tourne ensuite vers l’Iran.
Accompagnant ce mouvement éditorial, les traditionnels alibis arabes des néo-conservateurs approuvent. Le Wall Street Journal donne ainsi la parole à un blogueur irakien, Mohammed Fadhil qui assure, sans rire, que l’action en Irak des États-Unis doit servir de modèle pour toute la région et qu’il faut désormais se tourner vers Téhéran, accusé d’être aussi bien responsable des problèmes au Liban qu’en Irak.
Farid N. Ghadry, cofondateur du Reform Party of Syria, financé par
la National Endowment for Democracy, vise pour sa part la Syrie dans le Washington Times.

La plupart des éditorialistes de la presse dominante accusent, sans présenter de preuves, Damas et/ou Téhéran d’avoir sciemment orchestré cette crise et d’être responsables du drame libanais.
C’est avec une certaine surprise, et pour tout dire une dose de déception, qu’on retrouve Robert Fisk, journaliste de The Independent, au nombre de ces accusateurs. Sans fournir d’autre justification de ce qu’il avance que la préparation du Hezbollah, il assure que celui-ci agit en sous-traitant de
la Syrie. C ’est le président Bashar El Assad en personne qui aurait demandé au Hezbollah “ d’enlever ” les soldats israéliens pour provoquer le chaos. Le journalistee redoute cependant que Damas n’ait fait un mauvais calcul, qu’il soit lui aussi la cible d’une attaque israélienne et que cela mène à une escalade régionale.
A l’autre bout du spectre politique, l’éditorialiste conservateur australien Greg Sheridan, partage ce point de vue et assure dans The Australian que l’action israélienne est en soi justifiée, mais qu’elle se trompe de cible : il aurait fallu attaquer Damas. Et il ne parle pas de l’Iran car le moment n’est pas propice.

En définitive, c’est l’Iran qui est la cible médiatique prioritaire.
Bénéficiant d’une diffusion de sa tribune par Project Syndicate, l’analyste du Pentagone et du Center For Strategic & International Studies, Edward N. Luttwak, assure dans le Jerusalem Post et le Taipei Times que l’Iran a provoqué cette crise pour échapper aux sanctions internationales et créer un contre-feu. Il prétend que Téhéran a corrompu le Hamas et fait valoir ses liens hiérarchiques avec le Hezbollah pour orchestrer une attaque sur deux fronts. Il estime que la “ riposte ” israélienne est légitime et qu’elle va permettre d’isoler le Hezbollah.
Ce point de vue est, entre autre, partagé par l’analyste David Ignatius dans le Daily Star de Beyrouth, par l’ex-ambassadeur israélien, Dore Gold, dans le Daily Telegraph, ou par l’essayiste Bernard-Henri Levy dans Le Point, ce dernier décelant dans cette affaire une “ preuve ” supplémentaire de l’existence d’un mouvement “ fascislamiste ”.
Toutefois, cet unanimisme occulte un point important : Israël est en train de se lancer dans un conflit qu’il ne peut pas gagner. Les moyens mis en place ne peuvent pas plus permettre à Tsahal de vaincre une résistance nationale que l’armée états-unienne ne parvient à contrôler l’Irak.
Cela alarme l’ancien président de l’American Jewish Congress et défenseur traditionnel d’Israël, Henry Siegman. Dans l’hebdomadaire britannique The Observer et dans le quotidien australien The Age, il s’inquiète des moyens mis en œuvre par Israël. Il ne croit pas que l’action actuelle de Tsahal puisse nuire en quoi que ce soit au Hezbollah en tant qu’organisation et redoute au contraire qu’Israël ne soit emporté par la vague de déstabilisation régionale qu’il provoque. L’auteur estime par ailleurs qu’il ne faut pas mélanger la violence à Gaza fruit de l’occupation et ce qui se passe au Liban, dont il accuse le Hezbollah.
Dans la même veine, l’écrivain israélien David Grossman qui assure dans Libération et The Guardian qu’Israël ne peut pas vaincre le Hezbollah de cette manière et redoute un éclatement du Liban.
Les opposants traditionnels de la politique israélienne n’ont, face à ce déferlement que peu de place pour s’exprimer dans la presse occidentale dominante. En outre, rares sont ceux qui développent une analyse stratégique de la situation, préférant, comme le professeur Saree Makdisi dans le Los Angeles Times, se désoler des ravages pour son pays. L’ancien conseiller de Geoff Hoon quand ce dernier était ministre des Affaires étrangères de Tony Blair, David Clark, tire des conclusions bien différentes dans The Guardian. Pour lui, il est évident qu’Israël ne veut pas la paix au Proche-Orient et que “ l’absence de partenaire arabe pour la paix ” n’est qu’un prétexte qui lui permet de prendre par la force davantage de territoires. Allant plus loin, il assure que les pays occidentaux ont intérêt à ce que la région soit pacifiée et qu’ils ont donc des objectifs adverses. Il demande que les pays occidentaux soutiennent Mahmoud Abbas et contraignent Israël à accepter un plan de paix, sans expliquer toutefois jusqu’où peut aller la contrainte. Dans la presse arabe, le ton est bien évidemment très différent.
Ainsi, Abdel Bari Atouan, rédacteur en chef d’Al Quds Al Arabi s’insurge contre le point de vue des dirigeants occidentaux et notamment le plan de Kofi Annan, équivalant à une reddition sans condition du Hezbollah. Pour lui, il est évident que le contexte israélo-libanais justifie totalement la capture de soldats israéliens. Se montrant d’un optimisme qu’on peut juger déplacé compte tenu de ce qu’endurent les Libanais, le journaliste palestinien estime que l’offensive israélienne va placer les dirigeants arabes face à leur responsabilité et que cela va relancer la résistance au régime sioniste.
L’analyste politique d’Alhayat, Abdelwahab Badrakhan, considère pour sa part que l’action israélienne est décidée à Washington. Le plan israélo-états-unien vise à faire du Liban un protectorat israélien. Toutefois, il ne considère pas malgré la pression en ce sens des néo-conservateurs que Damas ou Téhéran sont menacés par ce conflit.
Ce n’est pas le point de vue du ministre de l’Information syrien Mohssen Bilal qui dans le quotidien qatari Raya, assure que son pays est prêt à riposter à une offensive israélienne.

Tribunes et décryptages - 25 juillet 2006

Réseau Voltaire Non Aligned Press Network

N°76 -Dossier du Liban - 25/05 - Suite - Pour que demain ne ressemble pas à hier

N°76 -Dossier du Liban - 25/05 - Suite - Pour que demain ne ressemble pas à hier 

Les dossiers du  Liban  - Suite -

N° 76                                        25-05

Par  M.Lemaire 


Sommaire : 

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos - Suite -

1-4     Marie-Ange Patrizio : Désarmer notre Résistance...

2 Les brèves

2-1 Nabih Berri: le Liban n'était pas le terrain de jeu de Washington dans la région. 3 Dossier

3-1 Point de vue de Robert Fisk : Les mots ont-ils perdu leur signification?  - Mais où s’arrêtera cette folie ?

3-2 Point de vue de Franklin Lamb : Le Hezbollah a-t-il déjoué une attaque de Bush/Olmert sur Beyrouth ?

3-3 Point de vue de Mireille Delamarre : Des miliciens de Secure Plus utilisés par Hariri pour fomenter une guerre civile.

3-4 Point de vue de : Robert Fisk : Tous les monstres enfouis dans les charniers de la guerre civile ont été déterrés.



1-4 Marie-Ange Patrizio : Désarmer notre Résistance...

Je vous fais suivre le lien ci dessous qui est une autre interview de Georges Corm, par Paris-Match, (Ndlr : Georges Corm : Désarmer le Hezbollah « aurait été une erreur majeure » voir dossier …) un hebdomadaire qui est loin d'être comme il manifesto, un "quotidien communiste" : si vous prenez le temps de lire et comparer ces deux interviews, vous aurez une idée de la radicalité du quotidien qui se dit encore communiste...

Pour ne donner que quelques éléments on remarquera que certains termes sont absents dans la transcription de Michele Giorgio ;  en particulier, le Hezbollah n'est pas cité une seule fois (et très souvent dans l'interview de Paris-Match), ni le mot résistance à propos de l'"opposition"... Pas une fois non plus le mot Israël : est-ce un voisin du Liban ? Y a-t-il eu une guerre d'agression contre le Liban, ou est-ce simplement des histoires de guerre civile, et de business de la famille Hariri (il faut bien garder quelque chose des dénonciations de l'interlocuteur). Dans Paris-Match :"désarmer le Hezbollah aurait été une erreur majeure" (pas du tout évoqué dans l'entretien de Giorgio). "toute la dimension interne de la crise a été en général passée sous silence.
Dans les médias occidentaux, on a complètement oublié,
qu’un coup d’Etat permanent a déjà eu lieu au Liban, par le refus de M. Siniora de présenter la démission de son gouvernement, en novembre 2006, lorsque les ministres représentant la communauté chiite ont quitté le gouvernement sans qu’ils soient remplacés". Lisez les deux interviews côte à côte, c'est impressionnant. Ou bien le Professeur Corm a changé d'avis entre les 2 interviews, ou bien Paris-Match est plus respecteux de ses lecteurs et plus radicalement anti-colonialiste (et anti-impérialiste) que il manifesto. Chaque lecteur pourra voir exactement quelle est la censure à l'oeuvre dans le quotidien italien, à ce sujet. Je (re) précise que Michele Giorgio est envoyé spécial en Israël.

Prenez le temps de cette comparaison, étude de textes bénéfique pour voir à quel point de soumission (et d'impasse politique) en est une presse qui se dit de gauche. lien : http://www.parismatch.com/parismatch/dans-l-oeil-de-match...   Marie-Ange Patrizio  



2 Les brèves

2 -1  Nabih Berri: le Liban n'était pas le terrain de jeu de Washington dans la région.

Le président du Parlement libanais Nabih Berri s'en est pris aux Etats-Unis dimanche à la suite de l'élection du nouveau président, affirmant que le Liban n'était pas le terrain de jeu de Washington dans la région. Dans son allocution à la suite du vote désignant Michel Sleimane, M. Berri, un chef de file de l'opposition, a remercié différents pays, y compris la Russie , la France , l'Italie, l'Espagne ainsi que la Ligue arabe pour leurs efforts afin de mettre un terme à la longue crise qui a opposé pendant 18 mois la majorité et l'opposition. Il a cependant réservé une remarque sarcastique à Washington. "Je remercie néanmoins les États-Unis car ils semblent s'être convaincus que le Liban n'est pas l'endroit approprié pour leur projet de nouveau Moyen-Orient", a déclaré M. Berri. Pour M. Berri, la région n'est pas l'endroit désigné pour "les douleurs d'accouchement ou la naissance d'un nouveau Moyen-Orient". Il faisait référence aux déclarations de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui avait estimé durant la guerre de l'été 2006 que les souffrances du Liban faisaient partie des "douleurs d'accouchement du nouveau Moyen-Orient". http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080525AFP5.php



3 Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Point de vue de Robert Fisk : Les mots ont-ils perdu leur signification?  - Mais où s’arrêtera cette folie ?

Robert Fisk : Je ne suis pas sûr de ce qui a été le pire cette semaine. Vivre au Liban ?                    

Ou lire les mots scandaleux de George Bush ?

Je me suis posé cette question à plusieurs reprises : les mots ont-ils perdu leur signification?
Robert Fisk - Commençons donc par le déjeuner au restaurant Cocteau de Beyrouth. Oui, il doit son nom à Jean Cocteau et c’est l’un des endroits les plus chics de la ville. Des fleurs magnifiques ornent les tables, le service est impeccable et la nourriture merveilleuse. Oui, la veille, on tirait à Sodeco - à 20 mètres de là ; oui, nous étions déjà inquiets de l’effondrement quasi-total du gouvernement libanais, de l’humiliation des Musulmans sunnites (et des Saoudiens) face à ce que nous devons reconnaître comme une victoire du Hezbollah (ne comptez pas sur George Bush pour le comprendre) et du risque qu’il y ait plus de fusillades de rue. Mais j’ai soulevé le minuscule problème du petit massacre au nord du Liban dans lequel 10 ou 12 miliciens ont été capturés et ensuite assassinés avant d’être remis à l’armée libanaise. Leurs corps ont été - j’ai bien peur que cela soit vrai - mutilés après leur mort.
"Ils l’ont mérité", a dit la femme élégante qui se trouvait à ma gauche. J’étais scandalisé, accablé, dégoûté et profondément attristé. Comment pouvait-elle dire une chose pareille ? Mais nous sommes au Liban et un très grand nombre de personnes - 62 selon mes comptes - ont été tuées ces derniers jours, et tous les monstres enfouis dans les charniers de la guerre civile ont été déterrés. J’ai choisi l’escalope de veau au menu du Cocteau - je suis dégoûté par la vitesse à laquelle je me suis décidé - et j’ai essayé d’expliquer à mes chers amis libanais (et ils sont tous chers à mes yeux) toute la violence dont j’ai été témoin au Liban.
Lorsque Abed m’a conduit dans le nord du pays il y a trois jours, les balles crépitaient depuis les murs de Tripoli et l’un des fonctionnaires des douanes à la frontière syrienne m’a demandé de rester avec lui et ses amis tellement ils avaient peur. Je l’ai fait. Ils sont sains et saufs.
Mais faire partie de la mauvaise religion est soudain de nouveau crucial. Qui est votre chauffeur, quelle est la religion de votre logeur, sont soudainement des questions de la plus haute importance.
Hier matin (et là je vais gâcher l’histoire en racontant la fin), les écoles ont ré ouvert autour de mon appartement du front de mer et j’ai vu une femme en hidjab qui descendait la corniche à bicyclette et j’ai pris un appel de mon agent de voyages concernant mon prochain voyage en Europe - l’aéroport de Beyrouth à ré ouvert - et j’ai réalisé que le Liban était "retourné à la normale."
Les routes ont été ré ouvertes ; les hommes en armes encagoulés avaient disparu ; le gouvernement avait abandonné sa confrontation avec le Hezbollah - le licenciement du chef de la sécurité de l’aéroport, un Musulman chiite (qui m’avait acheté une bouteille de champagne il y a un an, je crois me souvenir - un "agent" du Hezbollah, hein !), et l’abandon de l’exigence du gouvernement de démanteler le système secret de télécommunication du Hezbollah a scellé son échec - et j’ai ouvert mon journal et qu’ai-je lu?
Que George Bush avait déclaré à Jérusalem que "al-Qaïda, le Hezbollah et le Hamas seront vaincus, alors que les Musulmans de toute la région reconnaissent la vacuité de la vision des terroristes et l’injustice de leur cause."
Où s’arrête la folie ? Où les mots perdent-ils leur signification ? Al-Qaïda n’est pas vaincu. Le Hezbollah vient juste de remporter une guerre de politique intérieure au Liban, aussi totale que la guerre du Hamas à Gaza. L’Afghanistan, l’Irak, le Liban et Gaza sont des désastres épouvantables - je n’ai pas besoin de m’excuser pour citer une fois encore la description qu’a faite Churchill de
la Palestine en 1948 - et cet homme ridicule, stupide et vicieux ment au monde encore une fois.
Il rencontre "à huis clos" Lord Blair de Kout al-Amara - un homme prodigieusement inapte pour conduire à toute "paix" au Proche-Orient, ce qui est probablement la raison pour laquelle cette réunion doit être à "huis clos" - mais il raconte au monde les bienfaits de la démocratie israélienne. Comme si les Palestiniens bénéficiaient d’une démocratie qui continue de leur prendre la terre qu’ils ont possédée pendant des générations!
Devons-nous réellement accepter cela ? Bush nous dit : "Nous considérons comme source de honte que les Nations-Unies votent régulièrement plus de résolutions sur les droits de l’homme contre la démocratie la plus libre du Proche-Orient que contre toute autre nation dans le monde."
La vérité est que la source de honte est que les Etats-Unis continuent de donner la permission sans retenue à Israël de dérober la terre palestinienne - ce que devrait être la raison de la source de honte (pour Washington) que l’Onu vote des résolutions sur les droits de l’homme contre le seul véritable allié de l’Amérique dans la région.
Et que fait Washington dans le pays où je vis ? Ils ont envoyé l’un des plus gradés de leurs généraux pour voir le chef de l’armée libanaise, signalant - ce que je soupçonne de plus en plus - qu’ils ont abandonné leur soutien au gouvernement libanais. Les Américains promettent plus d’équipements à l’armée libanaise.
Oui, toujours plus d’équipements, plus d’armes à feu, plus de munitions aux armées du Proche-Orient. Je dois répéter une fois encore (et je réitère que je n’aime pas les armées) que l’armée libanaise nous a tous sauvés cette semaine. Son commandant en chef, le Général Michel Sleiman, deviendra le prochain président [du Liban] et les Américains le soutiendront et se sentiront en sécurité, comme c’est toujours le cas pour eux, avec un général au pouvoir. "Le Chéhabisme", comme diraient les Libanais, est de retour.
Mais je n’en suis pas sûr. Sleiman s’entend bien avec Damas. Il ne conduira pas ses soldats dans une guerre pro-américaine contre le Hezbollah. Et les Libanais ne vont pas rejoindre le "Djihad" dément de
Bush contre la "terreur mondiale."
Cette semaine, j’ai connu un moment délicieux dans le nord du Liban - et je dis un grand bravo à mon courageux ami Abed - lorsqu’un soldat libanais m’a vu à un barrage routier dans notre voiture et qu’il a couru sur la route.
"Vous êtes M. Robert !" a-t-il crié. "Je vous ai vu à la télévision ! J’ai lu votre livre !" Et il a fait un signe en levant le pouce. Et je me suis retrouvé à aimer cet homme. Et je pense qu’il se battra pour le Liban. Mais je ne pense pas qu’il se battra pour les Américains.

Robert Fisk - The Independant 19 mai 2008 http://www.rplfrance.org/


3-2 Point de vue de Franklin Lamb : Le Hezbollah a-t-il déjoué une attaque de Bush/Olmert sur Beyrouth ?

Cette semaine, le dirigeant des renseignements militaires israéliens le Gl en chef Amos Yadlin s'est plaint au quotidien israélien Haaretz que le « Hezbollah a montré qu'il était le pouvoir le plus puissant au Liban… plus puissant que les libanais (le Hezbollah est libanais ndlt) et s'il avait voulu s'emparer du gouvernement il aurait pu le faire, » a-t-il dit. « Le Hezbollah continue de représenter une menace significative pour Israël car ses roquettes pourraient toucher une grande partie du territoire israélien. »
Yadlin s'exprimait avec modération.
Mais ce que le chef des renseignements Yadlin n'a pas révélé au public israélien c'était à quel point la menace du Hezbollah était « significative » mais aussi « immédiate » le 11 mai. Il n'a pas non plus voulu divulguer le fait qu'il a reçu des informations via les réseaux US et français que si le plan d'attaque sur la capitale libanaise était lancé, alors Tel Aviv recevrait, selon la communauté du renseignement américain « approximativement 600 roquettes du Hezbollah dans les premières 24 heures en représailles, et au moins le même nombre le jour suivant.»
Le chef du renseignement israélien a aussi refusé de révéler que malgré de récentes campagnes de guerre psy concernant les différents boucliers anti-missiles «que l'Etat d'Israël perfectionne » cette affirmation est ridiculisée au Pentagone. « Israël n'a pas crée de bouclier efficace contre les générations actuelles de roquettes, et dans les 20 ans à venir ne réalisera pas d'améliorations techniques contre celles-ci. Et cela suppose que les US continueront de financer leur recherche et développement dans l'espoir de construire un bouclier » selon le Comité des renseignements du Sénat US et du Pentagone, et des sources libanaises très bien informées.
L'attaque planifiée sur Beyrouth
Selon des sources du Comité des Renseignements du Sénat, l'Administration Bush a initialement donné son feu vert pour une démonstration de solidarité d'Israël le 11 mai avec les milices pro Administration Bush, certaines d'entre elles ayant maintenu des liens depuis l'époque de Bashir Gemayal et Ariel Sharon.
Finalement, « l'Administration Bush a eu les jetons » a révélé une source du Congres. De même qu'Israël.
Israël ne voulait pas procéder selon l'idée d'origine de l'Administration Bush qui était que Bush participerait le 15 mai aux fêtes d'anniversaire suite à une attaque israélienne visant à frapper durement le Hezbollah, et ainsi donner du poids à la visite de Bush dans une région dangereuse. Le message devait être que Bush venait au secours «à dos de cheval et menait la charge de la cavalerie US comme dans un film de Western de série B ou on sonnerait du clairon et le drapeau serait déployé et les bons types blancs au chapeau montreraient de quoi ils sont capables avant de ré enfourcher leurs montures au couchant pour retourner au Texas, en laissant la probable Administration Obama se débrouiller avec les conséquences. »
Le plan impliquait des frappes israéliennes dans le Sud et l'Ouest du Liban en soutien aux forces qui, assurait t-on, seraient capables de surprendre et résister au Hezbollah, et lutter contre une offensive puissante pendant 48 heures.
De même, c'était semble-t-il perturbant pour Israël de recevoir un rapport comme quoi le Hezbollah «avait de nouveau en toute probabilité piraté son système de renseignements militaires de communications sécurisées » Israël craignant que les informations soient partagées avec d'autres.
La déroute des milices face au Hezbollah dans Beyrouth Ouest, plus la crainte des représailles sur Tel Aviv, ruinant les festivités pour le 60ème anniversaire, ont obligé Israël à annuler l'attaque en soutien aux milices.
Israël a limité ses actions à l'envoi de deux F-15 et deux F-16 aussi loin au Nord que la ville de Tyre, une violation de plus venant s'ajouter aux centaines de violations de l'espace aérien libanais, de sa souveraineté, et de
la RCS 1701.
Vraiment frustré, le ministre israélien faisant partie du cabinet, Meir Sheetrit, a dit qu'Israël n'allait pas encore agir, mais a prévenu que « cela pourrait changer si le Hezbollah s'emparait du Liban ». Quelques minutes auparavant il avait déclaré que le Hezbollah venait juste de faire cela, et avait traité l'armée libanaise comme un paillasson.
Plus tard, au cours de la réunion du cabinet dimanche, le ministre Ami Ayalon a appelé à une réunion d'urgence du cabinet politico sécuritaire pour discuter de «la crise en cours au Liban et pourquoi Israël n'aidait pas des forces amies ».
Le ministre du Shas, Yitzak Cohen, a dit qu' »Israël doit immédiatement demander au Conseil de Sécurité de l'ONU de tenir de nouvelles discussions sur
la Résolution 1701 ». Le ministre faisait référence à la résolution qui a mis fin aux actions israéliennes contre le Liban lors des 34 jours de guerre en 2006, pour maintenir un cessez le feu fragile.
Finalement, le premier ministre israélien Ehud Olmert a informé les supporters israéliens au Liban, via les médias, et probablement via d'autres voies de communication qu'Israël suivait la violence au Liban de près, mais s'abstiendrait d'intervenir. Le vice ministre, Matan Vilnai, a dit à
la Radio de l'Armée dimanche qu'Israël était prêt pour l'éventualité que la situation au Liban dégénère en une nouvelle guerre civile (voulant dire des opportunités futures d'influence et d'intervention pour Israël) et que les combats actuels pourraient se terminer par le gouvernement tombant aux mains du Hezbollah. « Nous avons besoin de garder nos yeux grands ouverts et d'être tout spécialement sensibles à ce qui se passe là bas » a dit Vilnai à la Radio Militaire.
L'Administration Bush, également déçue, a changé de tactique, et opté pour une domination de la narration sur les évènements plutôt compliqués de la semaine dernière, utilisant les médias et ses alliés confessionnels pour lancer une Blitz media (moins
la Futur TV pendant quelques jours – cette TV appartient à Saad Hariri ndlt) pour déverser la propagande qui suit :
Le Hezbollah a fait un coup d'état.
Même Israël, si ce n'est l'Administration Bush, concède que le Hezbollah n'a aucun intérêt à s'emparer du gouvernement. (Un observateur, paraphrasant un commentaire de Winston Churchill, a dit, pince sans rire «
Un Coup du Hezbollah !Un Etat du Hezbollah !«
Le Hezbollah a amené ses forces du Sud et occupé Beyrouth Ouest.
Non seulement le Hezbollah n'a pas amené ses forces du Sud à Beyrouth, mais elles sont plutôt restées en alerte là bas de crainte d'une attaque israélienne au Sud.
Le Hezbollah a rompu son engagement de ne pas utiliser les armes de
la Résistance contre des milices libanaises et a ouvert le feu à Beyrouth Ouest.
Les faits sont très différents quand examiné de près dans les rues ici.
Quand
la Résistance Libanaise a pris la décision au cours des premières heures vendredi matin de s'engager dans une action de désobéissance civile, elle a retardé son action de façon à ne pas perturber le mouvement de grève des travailleurs réclamant des augmentations de salaires, revendication qu'elle soutenait. Quand la manifestation de grévistes a été empêchée d'entrer dans Beyrouth Ouest, l'Opposition a déployé sa manifestation de désobéissance civile.
Différentes milices dont celles très chic d'Hariri « Secure Plus » portant distinctement des T Shirts marron et des pantalons beige ( maintenant connue sous le nom de « Secure Minus ») - espoir d'une opération à
la Blackwater (entreprise de mercenaires US déployée en Irak ndlt) au Liban - s'est désintégrée rapidement de manière surprenante, parce que la plupart de ses jeunes recrues amenées de Tripoli se sont senties trompées et trahies sur la description de leur boulot, alors qu'on leur fournissait des armes et leur donnait l'ordre de combattre le Hezbollah. Des tireurs d'élite des milices anti opposition, postés sur des toits dans Beyrouth, ont tué des civils, essayant de provoquer une guerre civile.
Le Hezbollah, agissant en auto défense, selon différentes sources officielles, a rapidement neutralisé les fauteurs de trouble, pris le contrôle des rues, et en quelques heures les a remises aux mains de l'armée, et a finalement évacué Beyrouth Ouest, conservant une position près de Bay Rocks occupée par des représentants non armés.
Pendant ce temps, l'influence d'Hariri a été réduite considérablement à Akkar près du camp de réfugiés palestinien de Nahr al Bared, et dans la région de Tripoli. Selon certains analystes politiques, dont Fida'a Ittani, publiant régulièrement une colonne dans le journal indépendant pro opposition Al –Akhbar, qui a écrit le 14 mai que le Futur Movement ( parti d'Hariri ndlt) vaincu à Beyrouth, n'a plus d'influence sérieuse dans le Nord.
Plusieurs mouvements Salafistes admirateurs d'al Qaeda sont présents au Liban, et de même que la déclaration de Fatah Islam's cette semaine disait qu'ils combattraient pour les Sunnites, certains soutiennent entièrement le dirigeant du Futur Movement, Saad Al-Hariri, comme chef des Sunnites, alors que d'autres s'y opposent en silence. Ces groupes sont prisés par certains « dirigeants » au Liban, car se sont les seuls possédant des structures cohérentes au niveau idéologique, politique, technique et de terrain.
Pendant les deux jours qui ont suivi la débâcle de ses forces qui ont implosé, le dirigeant du Futur Mouvement n'a rien dit. Il a finalement brisé son silence le 14 mai. Le massacre d'Halba, commis par les milices Mustakbal d'Hariri, qui ont assassiné brutalement et de façon barbare 11 personnes de l'opposition, n'a pas semblé digne d'évocation lorsqu'il a parlé. Lors d'une conférence de presse mardi, Hariri a simplement ignoré ce que tous les Libanais avaient vu sur leur écran TV, des armes, des munitions et de l'alcool trouvés dans les locaux du Futur Movement, et s'est contenté d'égrener toute une série de délires : « nous nous attendions à une guerre ouverte contre Israel, et voilà que c'est une guerre ouverte à Beyrouth et son peuple » a –t-il déclaré. Certains ont interprété cette déclaration plutôt étrange comme un lapsus d'Hariri exprimant sa frustration que l'aide israélienne ne soit pas arrivée, ou qu'il répétait sa déclaration précédente plutôt incohérente.
Le discours précédent d'Hariri était si confus que la chaîne TV saoudienne, Al –Arabiyya, a stoppé sa diffusion, et n'en a lu que des extraits, sans diffuser son discours enregistré.
Quand les américains ont repris leurs critiques, et que les combattants du Hezbollah se sont retirées des ruelles entourant sa maison, on a pressé Hariri de se lever et de parler de nouveau, cette fois d'un ton plus ferme, disant «cela a été décidé par les régimes syrien et iranien qui voulaient jouer un jeu politique dans les rues du Liban. Pour nous rien n'a changé. Nous ne négocierons pas avec quelqu'un pointant un pistolet sur notre tempe ».
La colère de certains chefs de guerre an Liban contre l'Administration Bush et Israël doit être identique à celle du personnel de « Secure Minus » qui se sont précipité de Tripoli à Beyrouth, et qui se sont senti trompés, abandonnés et lésés.
Franklin Lamb
16 mai 2008 Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org www.counterpunch.com


3-3 Point de vue de Mireille Delamarre : Des miliciens de Secure Plus utilisés par Hariri pour fomenter une guerre civile.

Selon le Los Angeles Times (www.latimes.com) du 12 mai 2008, le Futur Movement, parti sunnite de Saad Hariri, a mis sur pied, avec le soutien des Etats-Unis, et sous couvert de sociétés de sécurité, une milice sunnite pour contrer les forces du Hezbollah.
En l'espace d'un an, Secure Plus, au départ une petite entreprise chargée de la sécurité de bâtiments et locaux, a connu une croissance exponentielle avec désormais plus de 3000 employés, ainsi que du personnel non enregistré, rétribué, issu pour la plupart des milieux pauvres sunnites du Nord. Certains ont été armés de pistolets et de fusils d'assaut.
« Nous avons des milliers de jeunes en civil travaillant pour nous partout dans le pays » avait déclaré un responsable de la société avant que les affrontements n'éclatent. Les activités des miliciens de la société étaient d'ailleurs surveillées de prêt par l'armée libanaise, la sécurité intérieure, et le Hezbollah.
Secure Plus fait partie de douzaines de sociétés de sécurité qui ont été crées au Liban ces dernières années. Elle est la plus importante. Dirigée par d'anciens officiers de l'armée libanaise. Elle fournit, pour couvrir ses activités de milice, une protection pour des banques, des hôtels, et des bureaux. Les miliciens de Secure Plus, portant l'uniforme pantalon beige et chemise marron, ont reçu pendant des mois un entraînement militaire de base dont celui au combat rapproché. Deux douzaines de locaux non officiels ont été ouverts à Beyrouth.
Ils travaillent 8 heures par jour pour un salaire de 350 dollars, gardent des bureaux, patrouillent dans certains quartiers à mobylettes, communiquent par walkie talkie et sont de garde pour défendre toute attaque des quartiers sunnites ou des bureaux du Futur Movement. Officiellement ils n'ont pas le droit de porter des armes.
Lors des récentes confrontations, la conférence de presse tenue par d'Hariri après deux jours de silence, a été en partie consacrée à nier le fait que sa milice al-Mustakbal/Secure Plus, était armée, ceci afin de rejeter toute responsabilité dans les meurtres sauvages de 11 civils appartenant à l'opposition à Halba, et à l'origine des confrontations sanglantes, ce que les faits ont réfuté.
Alors que les miliciens d'Hariri terrorisaient des civils la semaine dernière, des habitants du quartier de Nuweiri ont décidé d'envahir leurs locaux. Une unité de l'armée libanaise a été ensuite chargée d'évacuer les 21 miliciens de Mustakbal réfugiés dans les locaux. Alors que tout était filmé, les soldats libanais ont confisqué des armes automatiques, des munitions. Ils ont également trouvé de l'alcool. Plusieurs autres locaux de
la Mustakbal ont également été placés sous contrôle de l'armée libanaise à Beyrouth, Chouf, dans le Sud Liban et ailleurs.
Au cours de ces confrontations,
la Résistance Libanaise a d'abord ciblé les positions du Futur Movement dans des quartiers mixtes sunnites shiites, les amenant facilement à se rendre. Elle a aussi encerclé leurs positions dans des bastions sunnites mais n'a pas pénétré ces quartiers attendant que les miliciens se rendent. L'armée libanaise est ensuite intervenue pour récupérer les armes, fouiller les locaux, et détenir les miliciens pendant quelques jours pour éviter qu'ils ne retournent combattre.
Selon le directeur de la société Secure Plus les miliciens ont été pris par surprise par la rapidité de l'offensive de
la Résistance Libanaise. « Peut être pensaient-ils qu'ils pouvaient tenir tête au Hezbollah pendant quelques jours ou quelques semaines avant que n'arrive l'aide » a-t-il dit. «Ils on du faire face à une attaque qu'ils n'avaient pas envisagée.»

Les Druzes ont supplié les US d'envoyer de l'aide

Selon un article du Washington Times, « Druze plead for US help in Lebanon » www.washintongtimes.com, du 13 mai 2008, le dirigeant druze libanais, Walid Jumblatt, et des officiers druzes, ont envoyé plusieurs messages de détresse et d'appel à l'aide aux gouvernement de Washington. Le journal en a obtenu copie. Parmi ces messages :
« Si vous perdez le Liban, vous perdez le Moyen Orient. Si les US ne font rien, cela envoie un message terrifiant au reste de la région ».
Selon les documents, les officiers druzes ont dit avoir suffisamment d'hommes mais manquer de munitions et de matériel pour combattre le Hezbollah.
Dans un des emails envoyés aux responsables US, le groupe a demandé 600 fusils d'assaut AK-47, 100 fusils à lunette, des grenades à main et d'autres armes.
«Si vous pouvez larguer les fournitures pendant la nuit près du village de Kfar Nabrakh, dés que possible, car le Hezbollah est déjà à un village de Mukhtara venant de la région de Jezzine, le plus tôt sera le mieux, de lourds combats ont lieu dans la région de Barouk car il y a de nombreuses victimes du Hezbollah qui ne sont pas rapportées par les médias » (le massacre de civils shi'ites à Halba) a écrit un officier druze le dimanche soir.
L'approvisionnement n'a pas eu lieu. Jumblatt a demandé au Secrétaire Général du Hezbollah, Nasrallah, d'épargner ses combattants dans les montagnes du Shouf . Les combats terminés, l'armée libanaise a ensuite pris position dans la zone druze.
Synthèse
Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/

3-4 Point de vue de : Robert Fisk Tous les monstres enfouis dans les charniers de la guerre civile ont été déterrés.

Commençons donc par le déjeuner au restaurant Cocteau de Beyrouth. Oui, il doit son nom à Jean Cocteau et c'est l'un des endroits les plus chics de la ville. Des fleurs magnifiques ornent les tables, le service est impeccable et la nourriture merveilleuse. Oui, la veille, on tirait à Sodeco - à 20 mètres de là ; oui, nous étions déjà inquiets de l'effondrement quasi-total du gouvernement libanais, de l'humiliation des Musulmans sunnites (et des Saoudiens) face à ce que nous devons reconnaître comme une victoire du Hezbollah (ne comptez pas sur George Bush pour le comprendre) et du risque qu'il y ait plus de fusillades de rue. Mais j'ai soulevé le minuscule problème du petit massacre au nord du Liban dans lequel 10 ou 12 miliciens ont été capturés et ensuite assassinés avant d'être remis à l'armée libanaise. Leurs corps ont été - j'ai bien peur que cela soit vrai - mutilés après leur mort.
"Ils l'ont mérité", a dit la femme élégante qui se trouvait à ma gauche.
J'étais scandalisé, accablé, dégoûté et profondément attristé. Comment pouvait-elle dire une chose pareille ? Mais nous sommes au Liban et un très grand nombre de personnes - 62 selon mes comptes - ont été tuées ces derniers jours, et tous les monstres enfouis dans les charniers de la guerre civile ont été déterrés. J'ai choisi l'escalope de veau au menu du Cocteau - je suis dégoûté par la vitesse à laquelle je me suis décidé - et j'ai essayé d'expliquer à mes chers amis libanais (et ils sont tous chers à mes yeux) toute la violence dont j'ai été témoin au Liban.
Lorsque Abed m'a conduit dans le nord du pays il y a trois jours, les balles crépitaient depuis les murs de Tripoli et l'un des fonctionnaires des douanes à la frontière syrienne m'a demandé de rester avec lui et ses amis tellement ils avaient peur. Je l'ai fait. Ils sont sains et saufs.
Mais faire partie de la mauvaise religion est soudain de nouveau crucial. Qui est votre chauffeur, quelle est la religion de votre logeur, sont soudainement des questions de la plus haute importance.
Hier matin (et là je vais gâcher l'histoire en racontant la fin), les écoles ont réouvert autour de mon appartement du front de mer et j'ai vu une femme en hidjab qui descendait la corniche à bicyclette et j'ai pris un appel de mon agent de voyages concernant mon prochain voyage en Europe - l'aéroport de Beyrouth à réouvert - et j'ai réalisé que le Liban était "retourné à la normale".
Les routes ont été réouvertes ; les hommes en armes encagoulés avaient disparu ; le gouvernement avait abandonné sa confrontation avec le Hezbollah - le licenciement du chef de la sécurité de l'aéroport, un Musulman chiite (qui m'avait acheté une bouteille de champagne il y a un an, je crois me souvenir - un "agent" du Hezbollah, hein !), et l'abandon de l'exigence du gouvernement de démanteler le système secret de télécommunication du Hezbollah a scellé son échec - et j'ai ouvert mon journal et qu'ai-je lu ?
Que George Bush avait déclaré à Jérusalem que "al-Qaïda, le Hezbollah et le Hamas seront vaincus, alors que les Musulmans de toute la région reconnaissent la vacuité de la vision des terroristes et l'injustice de leur cause".
Où s'arrête la folie ? Où les mots perdent-ils leur signification ? Al-Qaïda n'est pas vaincu. Le Hezbollah vient juste de remporter une guerre de politique intérieure au Liban, aussi totale que la guerre du Hamas à Gaza. L'Afghanistan, l'Irak, le Liban et Gaza sont des désastres épouvantables - je n'ai pas besoin de m'excuser pour citer une fois encore la description qu'a faite Churchill de
la Palestine en 1948 - et cet homme ridicule, stupide et vicieux ment au monde encore une fois.
Il rencontre "à huis clos" Lord Blair de Kout al-Amara - un homme prodigieusement inapte pour conduire à toute "paix" au Proche-Orient, ce qui est probablement la raison pour laquelle cette réunion doit être à "huis clos" - mais il raconte au monde les bienfaits de la démocratie israélienne. Comme si les Palestiniens bénéficiaient d'une démocratie qui continue de leur prendre la terre qu'ils ont possédée pendant des générations !
Devons-nous réellement accepter cela ? Bush nous dit : "Nous considérons comme source de honte que les Nations-Unies votent régulièrement plus de résolutions sur les droits de l'homme contre la démocratie la plus libre du Proche-Orient que contre toute autre nation dans le monde".
La vérité est que la source de honte est que les Etats-Unis continuent de donner la permission sans retenue à Israël de dérober la terre palestinienne - ce que devrait être la raison de la source de honte (pour Washington) que l'Onu vote des résolutions sur les droits de l'homme contre le seul véritable allié de l'Amérique dans la région.
Et que fait Washington dans le pays où je vis ? Ils ont envoyé l'un des plus gradés de leurs généraux pour voir le chef de l'armée libanaise, signalant - ce que je soupçonne de plus en plus - qu'ils ont abandonné leur soutien au gouvernement libanais. Les Américains promettent plus d'équipements à l'armée libanaise.
Oui, toujours plus d'équipements, plus d'armes à feu, plus de munitions aux armées du Proche-Orient. Je dois répéter une fois encore (et je réitère que je n'aime pas les armées) que l'armée libanaise nous a tous sauvés cette semaine. Son commandant en chef, le Général Michel Sleiman, deviendra le prochain président [du Liban] et les Américains le soutiendront et se sentiront en sécurité, comme c'est toujours le cas pour eux, avec un général au pouvoir. "Le Chéhabisme", comme diraient les Libanais, est de retour.
Mais je n'en suis pas sûr. Sleiman s'entend bien avec Damas. Il ne conduira pas ses soldats dans une guerre pro-américaine contre le Hezbollah. Et les Libanais ne vont pas rejoindre le "Djihad" dément de Bush contre la "terreur mondiale".
Cette semaine, j'ai connu un moment délicieux dans le nord du Liban - et je dis un grand bravo à mon courageux ami Abed - lorsqu'un soldat libanais m'a vu à un barrage routier dans notre voiture et qu'il a couru sur la route.
"Vous êtes M. Robert !" a-t-il crié. "Je vous ai vu à la télévision ! J'ai lu votre livre !" Et il a fait un signe en levant le pouce. Et je me suis retrouvé à aimer cet homme. Et je pense qu'il se battra pour le Liban. Mais je ne pense pas qu'il se battra pour les Américains.

Robert Fisk
The Independent, samedi 17 mai 2008

article original : "Robert Fisk: So just where does the madness end?" Traduit de l'anglais par : [JFG-QuestionsCritiques] http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/Robert_Fisk/Liban_Michel_Sleiman_Hezbollah_170508.htm sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation

N°76-Dossier du Liban- 25/05-Fin-Pour que demain ne ressemble pas à hier

N°76 -Dossier du Liban - 25/05 - Fin - Pour que demain ne ressemble pas à hier 

Les dossiers du  Liban  - Fin -

N° 76                                        25-05

Par  M.Lemaire 


Sommaire : - Fin -

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Deux honnêtes hommes se retrouvent en ce moment même pour quelques jours ...

4-2 Mme El Yafi Ghada analyse les propos de Mallat : La main-mise américano-sioniste sur la région & les "Résistances" irakienne, palestinienne, libanaise, afghane.

5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Georges Corm : Désarmer le Hezbollah « aurait été une erreur majeure »

5-2 Issa el Ayoubi* : Ce que les Libanais doivent éradiquer pour que demain ne ressemble pas à hier.



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information  

4-1 Deux honnêtes hommes se retrouvent en ce moment même pour quelques jours ...
L’un occupe le poste de Premier ministre d’une entité coloniale qui a fait disparaître effectivement
la Palestine , inexistante de la carte des États reconnus par l’ONU mais toujours vivante dans son exil forcé et les divers lieux où résistent toujours ceux qui n’ont été ni chassés ni exterminés.
Il est accusé de corruption avant même de remplacer son prédécesseur, lui-même impliqué avec ses fils dans une histoire de fraude immobilière. Il est de nouveau accusé pour une quatrième affaire de prévarication.
L’autre, plus désigné par une Cour suprême qu’élu Président d’une fédération d’États créés sur le plus grand génocide de l’histoire contemporaine, le plus grand car réussi, a transformé une après-guerre froide qui pouvait être paisible en une Guerre généralisée contre un terrorisme de fabrication douteuse.
L’administration qu’il dirige octroie des marchés à des sociétés privées mercenaires sans aucun appel d’offre. En effet, ce sont des firmes amies, comme KBR, filiale de la fameuse Halliburton qui avait le vice-Président à sa tête juste avant sa nomination.
KBR a vu son chiffre d’affaire quintupler depuis 2003 mais elle ne paie pas d’impôt sur les salaires, préférant dissimuler ses gains à l’aide de sociétés écran domiciliées dans des paradis fiscaux, les îles Caïman. Et il n’y a rien d’illégal à ce que des impôts paient des mercenaires qui court-circuitent le Trésor.
Pour satisfaire ses amis, il espère relancer une économie moribonde qui ne dispose plus que de la seule industrie financière, laquelle ne produit plus rien que des ‘assets’ sans valeur, invendables et gardées en nourrice par
la Réserve Fédérale. Il distribue des dollars, trois cents ni plus ni moins à toute personne payant des impôts sans discrimination pour son statut, pauvre ou riche, famille nombreuse ou non, des dollars sous forme de réduction d’impôts soit tout comme fraîchement sortis de la planche à billets. Déjà asphyxiés par leur endettement, il est requis des Étasuniens qu’ils relancent une consommation étroitement liée aux importations.
lls se rencontreront certes en amis ayant la même moralité pour  fêter l’anniversaire d’une colonisation et d’une expulsion, un nettoyage ethnique, qui durent depuis soixante ans et qui sont en aggravation continue.
La petite fête entre copains-coquins est ternie cependant.
Gaza
la Résistante encaisse des coups, mais réussit à en donner. Ses petites roquettes artisanales touchent une cible une fois sur vingt.
Elles parviennent à rappeler qu’affamer, priver d’électricité et de liberté tout un peuple, même si le monde entier est frappé de cécité et de surdité mérite une réponse.
Elle est ternie aussi car le financement des gangs de Hariri et de Joumblatt et leur entraînement comme celui de Dahlan en Jordanie ne les a pas rendus aptes au combat. Beyrouth fut aux mains de l’opposition en une nuit. Le projet du club Welch de priver la résistance à Israël de son arme essentielle, ses communications cryptées inviolables par l’ennemi, n’a pu aboutir.
Le Hezbollah a anticipé de peu l’attaque qui lui était destinée, avec une maîtrise parfaite du timing et une effusion de sang a minima.
Parfait, il a démontré l’aisance avec laquelle il peut contrôler tout le territoire.
Puis s’est retiré.
Pas de guerre civile ni de coup d’État.
Maintenant, il est temps que les nationalistes de toute obédience parviennent à réaliser un gouvernement d’union nationale et à procéder à une nouvelle loi électorale respectueuse de la réelle composition du pays des cèdres, laïque et démocratique.
Convergence des Causes
http://www.convergencedescauses.com/ 15 mai 2008 


 

4-2 Mme El Yafi Ghada analyse les propos de Mallat : La main-mise américano-sioniste sur la région & les "Résistances" irakienne, palestinienne, libanaise, afghane,

5/13/08, El Yafi Ghada écrit: Monsieur Mallat, Vous aviez la prétention d'être candidat à la première magistrature de l'Etat, donc vous ne pouvez être considéré comme un citoyen quelconque que les propagandes influencent.
Je suis désolée du discours que vous être entrain d'émettre car si vous croyez à la démocratie, vous devez certainement reconnaître que les libanais sont divisés de façon équivalente,(au mieux pour vous)  et au pire, c'est l'opposition qui est largement majoritaire. Pourquoi?
Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a 2 projets qui se font face: le premier est la main-mise américano-sioniste sur la région. Ce projet vise à diviser confessionnellemnt la région sous prétexte de "démocratisation"; ils ont réussi à faire courber l'échine de certains gouvernants arabes, aussi peu démocratiques que l'était Saddam Hussein, mais pas les populations.
Ils ont réussi au Liban à appauvrir les citoyens de manière à les rendre dépendants de grands richards qui par ce biais sont entrés dans la vie politique et qui ont su pour certains exacerber le confessionnalisme de manière, en particulier à montrer la résistance libanaise contre israel comme une milice chiite.
L'autre projet est celui qui y fait face parce qu'il refuse la soumission et qu'il cherche réellement l'indépendance. Ce sont toutes les "Résistances" irakienne, palestinienne, libanaise, afghane, ou autres dans le monde qui refusent la soumission aux projets impérialistes des USA et qui veulent décider avec leurs populations respectives l'orientation de leurs politiques économiques et sociales.
Avez-vous seulement analysé le fait de savoir si le parlement libanais actuel était ou non réellement légitime?
Vous n'ignorez sans doute pas que les élections faites sous le choc de l'émotion sont nulles dans les vraies démocraties. Chez nous, l'ambassadeur américain a décidé qu'il fallait que ces élections se tiennent à la date prévue et paf!
Les dénonciations de fraude dans les résultats n'ont jamais  eu de suite... vous savez sans doute pourquoi ou faut-il mettre les points sur les i?
Puisqu'il y "crise" M. Mallat pouvez-vous me dire pourquoi on n'a pas recours au peuple comme dans les vraies démocraties? Les élections anticipées n'auraient-elles pas résolu le problème déjà quand le président Lahoud était encore en poste?
Je crois que vous savez, tout comme moi, que c'est avec des mensonges que l'administration américaine a envahi l'Irak. Vous savez également que
la Palestine n'existerait plus s'il n'y avait pas de résistance. Si vous me dites le contraire c'est que vous êtes bien naif!
Ce n'est pas avec des Abbas, Karzai, Maliki, Siniora, Dahlan et compagnie que l'on construit des Nations. M. Mallat nous voulons décider par nous-mêmes ce qui nous convient. Assez de propagande anti -Syrie ou anti-Iran! Même si nous savons parfaitement que la main-mise syrienne sur le Liban a été décidée d'abord à la demande du "Front libanais" pendant la guerre et que cette main-mise s'est poursuivie avec l'accord pour ne pas dire la coopération entre classes corrompues des 2 côtés aux bénéfices des 2 "clans". Ces "clans" ne les retrouvez-vous pas dans ce qu'on appelle "14 mars" pour la plupart? Est-ce qu'avec cette "clique" que le Liban va retrouver sa souveraineté?
L'Iran était "ami"quand le shah et sa Savak étaient les alliés d'Israel. Mais aux yeux des USA, l'Iran qui a remplacé l'ambassade d'Israel par celle de Palestine, doit être combattu!
D'autre part pourquoi tenez-vous absolument à dire que l'Iran est un ennemi? En quoi a-t-il attaqué le Liban? à cause de la résistance et que vous ne pouvez pas sentir une résistance "chiite"?
Pourquoi voulez-vous à tout prix remplacer le vrai ennemi, celui qui a détruit le Liban il y a moins de 2 ans, avec les armes américaines,("intelligentes" par dessus le marché) par l'Iran?
Qui a refusé d'arrêter les combats avant que 33 jours ne se soient écoulés? Combats qui abattaient des immeubles entiers sur sa population civile! Quelle commune mesure?
M. Mallat Les hommes et femmes de
la Résistance sont des libanais. si ce qui les touche ne vous importe pas ou vous importe si peu, vous n'êtes pas digne d'être à la tête de l'Etat.
Sachez que comme moi la plus grande partie de la population, est avec
la Résistance qui a su battre le seul ennemi,Israel.
Sachez aussi qu'aucun moyen n'a été épargné de la part du gouvernement ancré au sérail, pour l'acculer à se battre à l'intérieur pour tenter de lui ôter sa légitimité. Le dernier étant le laborieux projet décrété par notre TOUT-PUISSANT gouvernement patriote.
Non, M. Mallat, nous n'allons pas céder au projet américano-sioniste.
Une libanaise, habitante de Beyrouth, sunnite, laique et résistante.
Ghada El Yafi



 

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion 5-1 Georges Corm : Désarmer le Hezbollah « aurait été une erreur majeure »

Alors que la majorité libanaise et l'opposition sont arrivés à un accord à Doha, George Corm, ancien ministre des Finances libanais, revient sur le rôle du Hezbollah dans le pays.
Maxime Guillon - Paris Match : Les parties prenantes de la conférence de Doha ont décidé de ne pas aborder la question du désarmement du Hezbollah. Pensez-vous que c’est une question centrale au Liban, et qu’il faudrait régler cela au plus vite?
George Corm : En fait, la coalition hostile au Hezbollah et soutenue par les États-unis,
la France et les autres gouvernements européens entendait bien que cette question soit débattue à Qatar. Pour eux, elle a toujours été une question centrale. Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent que le Liban a été martyrisé par Israël durant 40 ans et que sans des garanties très solides qu’Israël ne s’en prendra pas encore au Liban, désarmer le Hezbollah aurait été une erreur majeure. Rappelons que la première attaque d’envergure de l’armée israélienne contre le Liban a eu lieu en 1968. Dix ans après, elle a occupé une large partie du sud du Liban de façon permanente. En 1982, son armée a occupé une bonne moitié du Liban, dont la capitale Beyrouth (environ 20 000 victimes au cours de la période de juin à septembre 1982). C’est à la vigueur de la résistance du Hezbollah que le Liban doit d’avoir obtenu l’évacuation de la plus grande partie de son territoire en 2000.
Faut-il pour autant laisser carte blanche au Hezbollah?
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas un système de défense coordonné entre l’armée et la résistance populaire qu’est le Hezbollah, ainsi que l’a préconisé le Document d’entente nationale signé solennellement, en février 2006, entre le Général Michel Aoun, l’ancien général en chef de l’armée libanaise, et Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. Toutefois, cette approche intelligente et réaliste a été rejetée par la coalition qui soutient les héritiers de Hariri et qui est appuyée par l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et
la France. Il est fort dommage que ce document n’ait pas servi de plateforme de discussion, car penser qu’une armée régulière, aussi petite et sous équipée que l’armée libanaise, puisse être un instrument de dissuasion de la puissante armée israélienne est une illusion plus que dangereuse. Même les armées régulières de grands pays arabes bien équipées par l’URSS n’ont jamais pu tenir tête à l’armée israélienne.
Donc seul le Hezbollah peut assurer la sécurité du pays?
Seule une résistance mobile, issue et fondue dans la population peut être dissuasive. En réalité, et compte tenu aussi de notre passé houleux, et souvent douloureux avec
la Syrie , l’organisation de gardes-frontières mobilisant les habitants des régions frontalières avec Israël comme avec la Syrie , est la solution d’avenir. Mais cela suppose que le gouvernement libanais ne soit pas sous la haute influence des américains et de leurs alliés dans les gouvernements arabes, comme c’est le cas actuellement, mais qu’il soit vraiment affranchi de toutes tutelles. Evidemment, une partie des Libanais, tout comme les décideurs occidentaux et certains décideurs arabes, considèrent que l’Iran et la Syrie continuent d’être les manipulateurs du Liban à travers leur influence sur le Hezbollah ou à travers la série d’assassinats politiques qu’a connu le pays depuis 2005 et qui sont attribués de façon péremptoire au régime syrien. Les réalités du Liban sont évidemment beaucoup plus nuancées et complexes, et il est difficile de penser qu’une personnalité comme le Général Aoun, ou d’autres personnalités sunnites, druzes ou chrétiennes qui ne sont pas hostiles au Hezbollah, sont des pions aux mains de l’Iran et de la Syrie.
Quelle légitimité le Hezbollah possède au Liban? Ne l’a-t-il pas perdu en s’attaquant à des libanais?
Cela dépend des Libanais. Ceux qui se sentent proches des thèses occidentales et des gouvernements arabes modérés, pensent que le Hezbollah devrait rendre ses armes et cesser d’irriter Israël ou lui donner des prétextes de s’attaquer au Liban, comme durant l’été 2006. Pour ceux qui, en revanche, considèrent que le plus grand danger est la politique américaine au Moyen-Orient et le soutien aveugle donné à Israël, le Hezbollah est un instrument de défense particulièrement efficace et tout à fait légitime. La communauté chiite, dans son immense majorité, soutient ce point de vue, car ce sont les régions du sud du Liban, son berceau d’origine, là où est concentrée une grande partie de la communauté chiite qui a le plus souffert de la politique israélienne depuis 1968. Mais, beaucoup de sunnites et de nombreuses personnalités chrétiennes et, bien sûr, le mouvement populaire chrétien autour du Courant patriotique du général Michel Aoun partagent ce sentiment. Le gouvernement de M. Siniora essaye depuis longtemps de pousser le Hezbollah à la «faute», c'est-à-dire à l’emploi de ses armes dans le conflit interne pour enlever au Hezbollah son auréole de résistant et sa légitimité. Jusqu’ici, en dépit de provocations répétées depuis 2006 dont les principales victimes étaient surtout chiites, le Hezbollah avait refusé d’employer les armes et prié ses partisans de ne pas répondre aux provocations. Les décisions du Conseil des ministres du 7 mai requérant le démantèlement du système de communication du Hezbollah ne pouvait qu’appeler une réaction vive de ce mouvement.
Certains considèrent que les affrontements initiés par le Hezbollah étaient une tentative de coup d’Etat. Qu’en pensez-vous?
La remise immédiate et spontanée des positions conquises par les armes, le plus souvent d’ailleurs par des partis alliés au Hezbollah, et non pas par les combattants de la résistance, prouvent bien qu’il n’était pas dans l’intention de la coalition alliée au Hezbollah de faire un coup d’Etat. En revanche, dans la caricature qui est souvent faite du conflit au Liban entre des «bons démocrates pro-occidentaux» et des «vilains pro-syriens et pro-iraniens» qui veulent torpiller les efforts américains de paix, toute la dimension interne de la crise a été en général passée sous silence. Dans les médias occidentaux, on a complètement oublié, qu’un coup d’Etat permanent a déjà eu lieu au Liban, par le refus de M. Siniora de présenter la démission de son gouvernement, en novembre 2006, lorsque les ministres représentant la communauté chiite ont quitté le gouvernement sans qu’ils soient remplacés. Or
la Constitution libanaise et le Pacte national exigent que toutes les communautés soient équitablement représentées au sein du Conseil des ministres. Le maintien d’un gouvernement tronqué depuis 18 mois constitue donc en lui-même un acte grave mettant en danger la paix civile au Liban. Pour ce qui est du Hezbollah, il ne faut pas perdre de vue, quels que soient les liens idéologiques ou de financement et d’armement avec l’Iran, qu’il s’agit d’un mouvement de citoyens libanais, qui ont défendu leur terre contre l’armée israélienne depuis 1982 et l’ont payé cher, en vies humaines, égalementi. Ce n’est pas un corps étranger à la société libanaise, comme ont pu l’être les mouvements armés palestiniens dans la période 1969-1982, ou des membres de l’internationale islamiste ben ladeniste à laquelle se rattache des groupes sunnites de toutes les nationalités arabes, comme le Fath el Islam au Liban. Georges Corm
23 mai 2008
Georges Corm est un ancien ministre des Finances du Liban (1998-2000), professeur d’université et consultant économique. Il est l’auteur de divers ouvrages sur l’histoire du Liban et du Moyen-Orient dont, Le Liban contemporain. Histoire et société (La Découverte , 2005), Le Proche-Orient éclaté (Folio/histoire, 2007) et Histoire du Moyen-Orient. De l’Antiquité à nos jours ( La Découverte 2008).

 http://www.rplfrance.org/index.php?content=presse/080523parismatch1-bm.php


 

5-2 Issa el Ayoubi* : Ce que les Libanais doivent éradiquer pour que demain ne ressemble pas à hier.

À Beyrouth, le Peuple a parlé. Le clan Hariri qui occupe illégalement les palais gouvernementaux depuis le 11 novembre 2006 est apparu pour ce qu’il était : une puissance financière certes colossale, mais dépourvue de soutien populaire hors de sa clientèle appointée. Il a été contraint d’accepter une capitulation feutrée à Doha, laquelle se résume ainsi : il garde les voitures officielles, mais il perd la réalité du pouvoir. Le moment est venu de changer les règles du jeu, affirme Issa El-Ayoubi et d’écarter en douceur de la scène politique, les agents de l’étranger et les maîtres de la corruption. Tout le monde au Liban affirme qu’aujourd’hui n’est pas hier, on s’accuse mutuellement et, comme d’habitude, on mélange causes et conséquences. La chose semble naturelle dans un cas comme celui de la situation libanaise où sont imbriqués éléments internes et externes. Internes parce que les Libanais n’en ont pas fini avec la guerre et que des dossiers restent ouverts. Il est certain que Beyrouth aujourd’hui ne ressemble pas à hier, mais la question qui se pose est la suivante : comment faire pour que demain ne soit pas comme hier, pour que demain ne soit pas tel qu’il a été programmé ? Questions que beaucoup se posent au Liban pour que le peuple libanais ne revive pas une tragédie, lui qui mérite mieux que le sort que lui font des dirigeants qui ont créé et accaparé un pouvoir à leur profit. Pour qu’hier ne se reproduise pas, il semble évident que la meilleure manifestation de démocratie serait d’ouvrir les dossiers tels qu’ils sont, dans leur intégralité et avec précision, et de les dévoiler devant le peuple libanais. Il faut que le peuple sache bien qui sont ses dirigeants, qui sont ceux qui se disent démocrates, ceux qui portent un projet d’État, comme Samir Geagea, Amine Gemayel, Walid Jumblat, Fouad Siniora, Saad Hariri, et naturellement Marouane Hamadé, Ahmed Fatfat, et un grand nombre de députés vassaux. Pour que demain ne soit pas pareil au passé tout récent, pour que ne se répète pas la tragédie de Beyrouth, il semble évident qu’il faut interdire à Mohamed Kabbani de se produire sur les écrans de télévision ; il faut que cessent la propagation de la haine et du ressentiment et la propagande confessionnelle et religieuse ; il faut que de tels actes relèvent des tribunaux et que soit levée toute immunité sociale, politique et religieuse, concernant des actes de cette sorte. Pour que demain ne soit pas comme hier et que s’ouvre devant les Libanais la voie vers la démocratie, la liberté et la souveraineté, le seul moyen, c’est de demander à ceux qui se proclament les dirigeants au Liban : « D’où vous vient tout cet argent alors que votre peuple n’a rien à se mettre sous la dent ? » On ne peut se contenter de la réponse : « Nous sommes riches », mais dans un Liban souverain, démocratique, tel qu’on le rêve, on demanderait quelle est la source d’une telle richesse. Comme le dit le président Salim El-Hoss, le Liban a beaucoup de liberté et peu de démocratie. Les observateurs ont remarqué qu’en pratique, cette liberté va à l’encontre de la démocratie et la détruit, qu’elle est utilisée par un seul parti, le parti du mensonge. Si hier nous avons bien vu qui mentait, aujourd’hui, nous voyons que c’est la tête du pouvoir et un groupe qui mentent. Qui détient la parole ? Qui sont les gens qui, détenteurs du pouvoir, appartiennent à un seule chapelle, celle du mensonge ? Siniora déclare que la décision gouvernementale n’a pas été publiée, pas plus que les documents envoyés aux intéressés dans les ministères et les cercles gouvernementaux, alors que, selon des membres de son gouvernement, ces documents ont été publiés, il n’est ni possible ni permis de revenir dessus, ils ont également été adressés aux Nations Unies, à l’administration états-unienne et à son ambassade à Beyrouth, nullement concernés par l’affaire. Ces mensonges et ces impostures montrent bien comment le pouvoir au Liban se conduit avec son peuple. Ainsi Samir Geagea a parlé de la détermination du Beyrouth de la Résistance , se posant en défenseur de la ville. Mais il a trompé les Libanais, oubliant de dire où il était quand l’armée israélienne assiégeait et occupait pour la première fois une capitale arabe. N’était-il pas l’allié et le principal soutien d’Ariel Sharon ? Pour que demain ne soit pas comme hier et pour qu’une tragédie ne se répète pas pour les Libanais, il faut écarter de tels individus des cercles du pouvoir dans ce pays. Pour que demain ne soit pas comme hier, que demain ne suive pas le chemin tracé hier, il semble évident que les Libanais doivent appréhender avec précision la vérité de l’Histoire, l’accepter telle qu’elle est, et non pas selon leurs idéologies, leurs a priori ou leurs appartenances politiques. Il est certain que ce qui se passe à Beyrouth est un évènement historique. C’est le résultat d’un accumulation de fautes et d’erreurs depuis bien longtemps et pas seulement depuis l’arrivée de Fouad Siniora à la tête du pouvoir au Liban. L’arrivée même de Siniora résulte d’un régime fondé sur l’irresponsabilité et une philosophie politique qui consacre le mensonge comme outil et méthode de gouvernement. Cette stratégie est parvenue à son extrême limite, avec ce gouvernement issu d’un régime qui ne fait pas le lien entre la démocratie et les urnes. Ce qui s’est passé est dû au fait que les forces libanaises sont inféodées à l’étranger, inféodation fondée sur un jeu de poker menteur réciproque : elles ont fait croire à l’étranger qu’elles contrôlaient la rue et le pouvoir ; or il est apparu rapidement qu’elles ne contrôlaient pas la rue, et par conséquent qu’elles ne contrôlaient pas le pouvoir réel et ses fondements. L’étranger sur lequel elles s’appuient, leur a fait croire qu’il les défendrait contre la colère populaire et elles l’on cru, sans voir qui il est : celui qui paie parce qu’il a besoin d’être protégé, ou celui qui n’a jamais tenu la moindre promesse envers un ami ou un allié, sinon en leur faisant payer le prix fort. Assurément demain ne sera pas comme hier au Liban si les Libanais comprennent que les équilibres sur lesquels était érigé le pouvoir au Liban ne sont plus utiles pour son avenir, en tant que nation, État, ou peuple et qu’il leur faut inventer un équilibre plus réaliste.
Issa el Ayoubi* 22-05 Issa el Ayoubi : Rédacteur en chef d’Intelligencia, éditorialiste à Al Watan.

Vice-président du Réseau Voltaire et de la conférence internationale anti-impérialiste Axis for Peace. http://www.voltairenet.org

25/05/2008

N°75 -Journal du Liban 2- 16/25-05 - Fin - La biographie du président du Liban - Scènes de liesses au Liban après la conclusion des accords de Doha

N°75 -Journal du Liban 2- 16/25-05 - Fin -   La biographie du président du Liban - Scènes de liesses au Liban après la conclusion des accords de Doha

Journal du Liban   

N° 75               16-05 au 25-05

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. (- Fin -)

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 La presse française et l’armée libanaise

7 Brèves

7-1 La stratégie de Bush fait honte aux Etats-Unis. 

7-2 Les luttes internes servent Israël.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de R.Richa : Depuis Août 2006, l’unique programme gouvernemental du coup d’état « Sanioura » fut l’éradication de notre Résistance.

8-2 Bernard Mikael  : Les dessous des cartes de la crise libanaise..

10 Annexe - Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Georges Corm : « Trot tôt pour se réjouir, ce n’est qu’une trêve ».

10-2 Analyse de Alterinfo : Comment la France s'est tirée une balle dans le pied.



Europe

France

Bernard Kouchner assistera dimanche à l'élection du président libanais.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner se rendra dimanche à Beyrouth pour assister à la séance du Parlement libanais au cours de laquelle les députés doivent élire le chef des armées Michel Sleimane à la présidence de la République , a indiqué vendredi le Quai d'Orsay. La présence de M. Kouchner à cette séance du Parlement est un "très fort message de soutien politique" au Liban, a souligné Mme Andreani, en rappelant que la France , comme le reste de la communauté internationale, avait salué comme un "pas très positif" l'accord de sortie de crise conclu cette semaine sous l'égide de la Ligue arabe et du Qatar. AP - Vendredi 23 mai


4 UK

George Galloway soutien le Secrétaire général du Hezbollah et les démarches des partisans de la formation d'un gouvernement d'Union nationale.

Le parlementaire britannique, George Galloway vient soutenir, encore, lors de son interview avec le quotidien jordanien, al-Ghad, le Secrétaire général du Hezbollah et les récentes démarches des groupes partisans de la formation d'un gouvernement d'Union nationale qui ont déjoué le complot, visant à éliminer la résistance. Il a, de même, considéré le gouvernement de Fouad Siniora comme responsable de toutes les violences au Liban. Connu pour son opposition à la guerre contre l'Irak ainsi que pour défendre les Palestiniens, George Galloway a indiqué que Seyyed Hassan Nasrallah et le Hezbollah ont défendu le Liban et sa souveraineté. "Sans le Hezbollah et son Secrétaire général, Seyyed Hassan Nasrallah, le Liban se transformerait en un autre pays occupé. Certains essayent de faire croire que l'Iran et la Syrie soutiennent le Hezbollah mais tout cela est pour détourner l'attention de l'opinion publique du soutien des chefs d'Etat arabes aux Etats-Unis et à l'impérialisme.", a-t-il déclaré. french.irib.ir  17/05/08



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 La presse française et l’armée libanaise.
Les Français qui souhaitent comprendre ce qui se passe au Liban ont été quelque peu surpris des affirmations aussi péremptoires que contradictoires de la presse parisienne.
Ainsi, Le Monde du 14 mai 2008 écrit :
« Après avoir tenté, dans un premier temps, de s’interposer entre les belligérants alors qu’ils se contentaient de pierres et de gourdins, les militaires libanais se sont tenus à distance lorsque les armes ont commencé à parler. Ils ont ainsi laissé le champ libre aux milices du Hezbollah et de ses alliés qui ont pris d’assaut des permanences, des institutions sociales et civiles de leurs adversaires et sévi contre la population. La majorité reproche au commandement de l’armée de n’avoir pas su saisir l’occasion qui lui était offerte d’exercer son autorité dès lors que la majorité avait proclamé sa détermination à ne pas se laisser entraîner dans les combats. Les sunnites constituent près de 60 % des 75 000 hommes de l’armée, au sein de laquelle les chrétiens et les chiites sont presque à égalité. Au début du conflit, plusieurs officiers chiites ont menacé de démissionner si l’armée sévissait contre les miliciens du Parti de Dieu, fer de lance de l’opposition. D’après des sources de la majorité, la colère gronde à présent parmi des officiers et sous-officiers chrétiens et musulmans sunnites, mécontents de la tournure prise par les choses » [1]
Tandis que Le Figaro du même jour écrit :
« Forte de 70 000 hommes, l’armée, professionnelle depuis l’année dernière, est constituée à 70 % de chiites, surtout dans la troupe. Les officiers se répartissent moitié-moitié entre chrétiens et musulmans, sunnites ou chiites » [2].
Et Libération :
« L’armée libanaise est considérée par l’ensemble des forces politiques comme l’ultime institution étatique qui fonctionne et peut garantir un semblant de neutralité dans le pays. Elle est respectée et bénéficie d’un réel capital de sympathie au sein de l’opinion publique (…) Ses rapports avec le Parti de Dieu sont extrêmement étroits comme c’est le cas avec l’ensemble des partis libanais. La politique affichée de l’armée est favorable au concept de résistance tel qu’établi par le Hezbollah. Au Sud notamment, il existe une réelle coordination entre l’armée et le Hezbollah » [3].
Sans surprise, car comme d’habitude [4], c’est Le Monde qui ment. Le quotidien tente à longueurs de colonnes de nier les divisions politiques du Liban et de leur substituer des clivages communautaires. Et comme ce type d’analyse ne fonctionne pas, il en vient à truquer grossièrement les chiffres. 14 mai 2008 http://www.idiomachino.com/



7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

7-1 La stratégie de Bush fait honte aux Etats-Unis.   

 La stratégie de George W Bush fait honte aux Etats-Unis, a rapporté le quotidien américain, New York Times, dans son édition électronique. " La politique étrangère de Bush est honteuse pour le Président de la République et nuisible aux Etats-Unis" a précisé ce quotidien. " L'exemple le plus manifeste, ce sont les déclarations devant le parlement israélien de Bush qui a, vivement, critiqué, le candidat démocrate à l'élection présidentielle, Barak Obama. A noter que dans son discours au parlement israélien, le Président américain, George W Bush avait assimilé ceux qui souhaitent négocier avec les terroristes et les extrémistes, à ceux qui travaillaient pour les Nazis. IRIB 18/05/2008 http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=939170


7-2 Les luttes internes servent Israël.

Le commandant de l'Armée libanaise le général Michel Suleiman a estimé que les luttes internes au  Liban profitent seulement à Israël, a rapporté samedi le site  internet Elnashra.  Au cours d'une inspection des positions de l'armée et des avant- postes dans le sud du Liban, M. Suleiman a indiqué que " l'implication de la résistance dans le corps à corps équivaut à servir de manière explicite l'ennemi israélien", qui prépare une  nouvelle agression contre le Liban.   Les luttes internes "préparent aussi un terrain pour le  terrorisme", a ajouté M. Suleiman.  Il a affirmé que la réaction de l'armée libanaise de ne pas  utiliser "l'artillerie" visait à préserver la paix civile au cours des affrontements de la semaine dernière", "dans le but de faire cesser les effusions de sang, et d'empêcher davantage de divisions internes".  Le commandant de l'armée a souligné que toutes les parties  devaient abandonner un langage "provoquant et qui attise"  utilisé ces dernières années, qui a mené aux affrontements internes récemment.  Source : XINHUA http://rplfrance.org/ 17 mai 2008



8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

8-1 Point de vue de R.Richa : Depuis Août 2006, l’unique programme gouvernemental du coup d’état « Sanioura » fut l’éradication de notre Résistance.
Mai 08 fut l’apogée de ses tentatives en voulant démanteler un des outils fondamentaux qui font la force de notre Résistance, en faisant avorter le mouvement revendicatif de notre Peuple, tout en lâchant ses milices armées, espérant ainsi l’affrontement de notre Armée avec notre Résistance et de là, le déclenchement d’une nouvelle guerre civile.
Ce programme là a un nom : Collaboration.
Ce programme a échoué du fait de la vigilance et de l’esprit responsable de notre Résistance, et surtout du fait de son enracinement populaire.
Après Taëf, Doha fut…
L’unique mérite de Doha est d’avoir réussi à faire constater par toutes les parties et à leur faire admettre que la Paix Civile et l’Acte Résistant sont désormais deux éléments intimement liés ; l’un interpelle l’autre.
C’est le seul mérite qu’a pu avoir Doha. Le Confessionnalisme Politique, maux de toutes nos souffrances et nos déchirements, connu par ses cycles de violence depuis l’indépendance de notre pays, fut à Doha l’architecture proposée aux parties présentes.
http://libanresistance.blogspot.com/2008/05/ignorons-nos-fausses-identites.html
Doha a tracé le contour du futur gouvernement : encore une fois des identités confessionnelles qui auront à se partager le pouvoir, mais cette fois-ci, avec une garantie bloquante qui tentera d’éviter toute dérive dangereuse, dans l’attente de l’ultime échéance : celle de la naissance du Pouvoir authentiquement Démocratique et Patriotique, abolissant le Confessionnalisme Politique, jetant les bases de la Citoyenneté Libanaise , concrétisant une stratégie de défense nationale s’articulant autour de l’alliance de notre Armée avec notre Résistance, réformant l’économie nationale dans l’unique souci de satisfaire les revendications de notre Peuple.
Cette échéance est encore loin et le chemin est long et sera difficile.
Nous ne l’atteindrons que par notre conscience collective grandissante, notre vigilance et notre lucidité, en attendant l’ultime instant qui donnera la parole aux urnes.Sur ce chemin et dès demain, aux quatre coins géographiques de nos dix milles, dans nos ville et villages, dans tous les quartiers et sur toutes les places, tous unis en ignorant par amour pour notre Liban nos fausses identités que les Grands de ce monde ont voulues pour nous, fêtons la naissance de la Résistance Libanaise
             24 Mai 2008     Raymond RICHA


8-2 Bernard Mikael  : Les dessous des cartes de la crise libanaise.

Est-ce un coup d’état du Hezbollah ? Une désobéissance civile ? L’opposition a-t-elle retourné ses armes vers l’intérieur ? Les réponses sont souvent contradictoires, selon si elles proviennent de la coalition gouvernementale et sa presse alliée, ou de l’opposition. Pour répondre clairement à ces questions, une analyse de l’historique de la crise actuelle permet de comprendre les « dessous des cartes ».
Deux projets divergents
Sans parler des adjectifs qualificatifs qui sont employés d’une façon automatique loin d’être innocente –surtout par la presse française supposée être neutre- pour désigner le gouvernement « pro occidental et anti-syrienne » et l’opposition « pro syrienne et iranienne », il existe aujourd’hui deux projets en totale divergence.
Le premier projet, celui de l’administration Bush, cherche à imposer une solution au ²discours israéliens et même arabe sur l’« obsolescence » de la résolution 194 des Nations Unies sur « le droit au retour » des réfugiés palestiniens.
Le projet Bush s’inscrit aussi dans un plus vaste projet de communautarisation de la région, celui d’abandonner la notion de nation dans les pays du « Grand Orient » et créer une région de communautés, en conflit permanent entre elles, et facilitant ainsi l’accès aux réserves de pétrole et assurant la sécurité de l’occident et l’état d’Israël.
Le deuxième projet ou plutôt le non-projet, celui de la Syrie , de l’Iran et de leurs alliés, est tout simplement un « front de refus » au projet Bush. Le concours des circonstances a créé les diverses alliances entre ces deux pays idéologiquement différents et leurs alliés.
L’Iran qui cherche à étendre son pouvoir sur la région a pris pour allié le Hezbollah libanais et le Hamas palestiniens.
La Syrie de Bachar Al Assad qui s’est retrouvée isolée et pour qui le scénario de fin du conflit proposé par Bush n’inclut pas forcément le retour du plateau du Golan à la Syrie.
Le Hezbollah est donc l’allié idéal pour combattre le projet Bush et s’opposer au projet du gouvernement libanais sunnite, totalement adhéré au projet Bush.
Le Hezbollah, a trouvé sa source d’armement et de fonds entre l’Iran et la Syrie , lui permettant la libération du sud du Liban occupé depuis des décennies.
Le gouvernement Siniora
L’adhésion du gouvernement Siniora au projet Bush n’est plus un secret.
Tout d’abord, il s’agit d’un gouvernement à influence sunnite et pour lequel l’implantation des réfugiés palestiniens sunnites et leur naturalisation par la suite basculera le rapport des forces en leur faveur et assied leur hégémonie sur le pouvoir au Liban pour toujours. Ce qui rentre dans le projet saoudien de « sunnitisation » de la région et l’éternel bras de fer iraniens/saoudiens ou chiite/sunnite d’une façon plus général.
Pour aboutir à l’implantation des palestiniens, et selon la constitution libanaise, ce projet nécessite une majorité parlementaire de 86 députés, soit le 2/3 du Parlement, une majorité gouvernementale de 20 ministres sur 30 et la signature du président de la république. D’ailleurs le fait d’avoir la majorité parlementaire permet d’élire le président et de former un gouvernement qui eux signent ses résolutions.
La base électorale des Hariri et leurs alliés ne permet pas d’avoir les 86 députés. Il faut d’abord une alliance avec une tierce partie, une loi électorale favorable et, surtout, écarter les chrétiens de cette alliance, très opposés à l’implantation des palestiniens au Liban, une question existentielle qui donne un coup de grâce à leur existence dans l’Orient.
D’où l’alliance quadruple faite en 2005 entre le Courant du Futur (Sunnite), le Parti Progressiste (Druze), Amal et le Hezbollah (tous les deux Chiites).
Cette étape, même très coûteuse, a garanti aux Hariri une majorité parlementaire leurs permettant de former un gouvernement sans « minorité de blocage ». A cette époque, le projet Haririen n’était pas visible.
En 2005, et tout de suite après sa désignation, le gouvernement dissout le « Conseil Constitutionnel », seule institution capable d’abroger le mandat de quelques députés de la majorité élus illégalement et d’abroger une résolution gouvernementale anticonstitutionnelle (e.g l’implantation des réfugiés palestiniens)
A partir de ce moment, les Hariri commence une campagne d’isolation en vue de limoger le président Emile Lahoud opposé au projet Hariri. Cette campagne n’ayant pas abouti et le mandat du président Lahoud ayant expiré, il fallait désormais paralyser les institutions en vue de garder une main mise sur les pouvoirs puisque, selon la Constitution libanaise, en cas de vacances du poste de la présidence, c’est le premier ministre qui hérite de ces pouvoirs. Les forces constituant le gouvernement Siniora continuent dans son plan de paralysie des institutions :
Depuis 2005, forment leurs propres milices, les arment et les entraînent pour former un contre pouvoir au Hezbollah Arment et financent les groupuscules salafistes extrémistes comme Fath Al Islam, un autre contre pouvoir au Hezbollah Supportent implicitement Israel dans sa guerre contre le Hezbollah, en vue de son écrasement et devenir la première force militaire dans le pays Discréditent systématiquement l’armée libanaise, seule garante de l’équilibre libanais. La crise actuelle Le système politique libanais repose, depuis des centaines d'années, sur une coexistence entre les différentes communautés religieuses qui composent son tissu social. Plusieurs formules ont été élaborées au fil du temps afin d'assurer une participation équilibrée au pouvoir de ces différentes communautés et permettre ainsi une "vie commune" paisible et constructive. Toute atteinte à cet équilibre ne peut, par conséquent, que mettre en péril la paix civile et fragiliser le pacte de coexistence.
Le cadre de cette relation entre les communautés au Liban est fixé par la constitution libanaise, promulguée en 1943 et modifiée après les accords de Taëf en 1989, à la sortie d'un long conflit. Cette constitution établit une sorte de contrat entre les trois principales communautés et repartit entre elles les responsabilités comme suit: les chrétiens seront représentés par la présidence de la république, les chiites par la présidence du parlement et les sunnites par la présidence du gouvernement. L'instance principale de direction du pays étant confiée au gouvernement tout entier qui est censé représenter toutes les communautés libanaises. Par conséquent, toute entorse à l'une des règles de ce contrat ou toute discrimination à l'une de ces communautés peut remettre en cause le fonctionnement du régime et l'équilibre du pouvoir. Dans ce sens, le gouvernement de Fouad Siniora n'a eu de cesse, depuis sa nomination en 2005, de violer cette Constitution et de menacer la "vie en commun" entre les libanais.
La feuille d’entente entre le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre du Général Aoun représente un coup dur pour la coalition gouvernementale. Dans une nouvelle logique américaine de « diviser pour régner» (à travers le gouvernement Siniora), basée sur le communautarisme, l’entente entre chiites et chrétiens, soit deux tiers des libanais, met un coup de frein au projet américain.
Il y eut ensuite la démission des ministres chiites du gouvernement Siniora. Par conséquent, le gouvernement devient illégitime. Selon l’Article 95 et Préambule de la Constitution : Atteinte au contrat de vie commune. Ces deux textes constituent la base de la philosophie adoptée par les libanais pour diriger ensemble leur pays, celle de la "démocratie consensuelle". Ils stipulent que le gouvernement doit représenter équitablement toutes les communautés. A défaut, il sera considéré illégitime.
Le gouvernement a commis aussi les violations suivantes:
Article 19 : Paralysie du Conseil Constitutionnel Article 83 : Absence de budget annuel de 2006, 2007 et 2008 Articles 49 et 52 : Atteinte à la fonction du Président de la République Par conséquent, pour les deux tiers des libanais, le gouvernement Siniora est illégitime. Son pouvoir est bien restreint et est à la merci de l’opposition représenté par le CPL et le Hezbollah.
Pour équilibrer et redresser cette situation, l’opposition demande de se référer à la Constitution et donc au partage du pouvoir selon la Constitution libanaise.
A la désobéissance civile ??
Tout a commencé début mai dernier. Les chaînes télévisées du pouvoir et ses milices engagent une grande campagne de propagande contre le réseau de télécommunications filaires appartenant au Hezbollah et contre Wafic Choukair, le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, considéré comme un proche du Parti de Dieu.
Le gouvernement illégitime se réunit (sunnite, druze et minorité chrétienne), le matin du 6 mai, à 4h00 –oui, 4h00 du matin- décide d’ouvrir une enquête sur ce réseau de télécommunications et d’engager des poursuites envers ceux que l’enquête désignerait comme responsables. Il s’agit, en d’autres termes, de la personne de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah…
Le gouvernement veut contrôler ce système qui permet aux responsables du parti chiite de communiquer entre eux et de relier la banlieue sud de la capitale, où siège le parti, au sud du Liban, région où vivent la majorité des chiites… En d’autres termes, exposer le Hezbollah à tous les risques d’écoute de ses communications militaires. Un système qui lui a valu la victoire lors de la guerre de juillet 2006.
S’agit-il d’une résolution locale libanaise ou d’une résolution prise par procuration pour une puissance régionale ou internationale ?
Pourquoi le gouvernement Siniora expose-t il Hezbollah alors qu’il s’est engagé à le protéger, le défendre et lui assurer son armement … dans sa déclaration ministérielle faite en 2005 ?
Dès le lendemain, Hassan Nasrallah monte au créneau. « Ces décisions sont une déclaration de guerre, tonne-t-il. Il ne s'agit que d'un premier pas [...]. Après ils s'attaqueront à nos missiles et à l'ensemble de notre arsenal. [...] Nous avons le droit de nous défendre [...]. » Et il avertit : « La main qui touchera aux armes de la résistance sera coupée [...], celui qui tirera sur nous, nous tirerons sur lui, même s'il s'agit de nos frères. » Voilà qui est clair. Le Hezbollah est le seul parti libanais à avoir officiellement conservé une branche armée tant que le combat contre Israël n'est pas terminé (déclaration ministérielle du gouvernement « futuriste » faite en 2005).
Pourtant, à Beyrouth, les menaces d'Hassan Nasrallah ne sont pas véritablement prises au sérieux par le Premier ministre.
La vie politique étant bloquée, nul ne prend plus de décision, Fouad Siniora n'a pas cru que le Hezbollah irait jusqu'à prendre les armes contre le gouvernement. Erreur de jugement ou volonté de mettre au pas le Parti de Dieu ? Les télécommunications du Hezbollah n'ont été qu'un prétexte.
Ce réseau de télécommunications existe depuis 1995 et a été étendu après le retrait israélien du Sud Liban en 2000. Pourquoi alors le gouvernement Siniora décide de lancer l’enquête la veille d’un mouvement ouvrier de la CGTL ? Pourquoi le gouvernement oppose ses milices aux manifestants de la CGTL , en positionnant leurs francs-tireurs le long du chemin de la manifestation et laisse ses milices attaquer les manifestants avec les bâtons de baseball et lancer les pierres pour les disperser, avant même l’intervention télévisée de Nasrallah l’après midi du jour même de la manifestation :
Le scénario le plus probable est celui d’un plan gouvernemental machiavélique :
Durant une semaine avant la manifestation de la CGTL , le pouvoir et ses milices lance sa propagande contre le réseau de télécommunications filaires du Hezbollah. On attend et on mesure la réaction du Hezbollah concernant le démantèlement de son réseau : S’il réagit positivement, un point sera marqué, Israël ou les services de renseignement peuvent maintenant s’attaquer aux cadres du Hezbollah, voire à la personne même de son Leader, Hassan Nasrallah. Si le Hezbollah réagit négativement, on mesurera la répercussion d’une telle résolution. Le matin même du mouvement ouvrier du 6 mai, le gouvernement Hariri annonce une résolution provocatrice d’investiguer sur le réseau filaire de télécommunications du Hezbollah. Lors de la manifestation du CGTL, le gouvernement déploie ses milices avec comme mission la provocation des manifestants en vue d’une dérive de la rue. Les milliers de manifestants vont répliquer à cette provocation répandant ainsi le chaos dans les rues de Beyrouth. Les milices actionneront les francs- tireurs et les hommes armés. Des victimes innocentes tomberont. La deuxième phase est alors lancée, en accusant le Hezbollah d’une réaction démesurée à la résolution gouvernementale, semant ainsi morts et terreurs dans les rues de Beyrouth, détournant ainsi ses armes vers les libanais. Le plan « haririen » est mis à exécution. Mais, mais… Ce plan ne fera pas long feu.
Ghassan Ghosn, secrétaire général du CGTL, et dès le déploiement des francs- tireurs sur les toits des immeubles et des milices gouvernementales dans les rues et dès les premières provocations, appelle à l’arrêt immédiat des manifestations et au retrait des manifestants, évacuant ainsi les rues de Beyrouth.
Les hommes armés du Hezbollah et de Amal -parti chiite de Nabih Berry, président du Parlement- prennent alors le relais. En 24 heures, les milices « haririennes » à Beyrouth sont désarmées, les armes trouvées à l’intérieur de leurs locaux sont livrées à l’Armée Libanaise.
Le Hezbollah a détourné ses armes vers les libanais
Oui, le Hezbollah a détourné ses armes.
Mais, quand il s’agit de sa propre existence, tout être humain ou structure sera en devoir de réagir pour se protéger.
Par ailleurs, Hassan Nasrallah l’a dit : "Le réseau de télécommunications est vital pour la survie du Hezbollah et constitue une partie intégrante de nos armes…" et « On coupera la main à ceux qui touchent à nos armes ».
M. Siniora le savait. Volontairement ou non, il a essayé d’ébranler l’équilibre très fragile du pays et le mettre au bord de l’explosion.
Quelques soient les intentions, le résultat reste le même : 65 familles en deuil, plusieurs dizaines d’handicapés, des entreprises fermées, des employés au chômage…
Jusqu’où peut-on aller avec le jeu de la mort pour marquer quelques points…
21 mai 2008 Bernard Mikael http://www.rplfrance.org/



10  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 1

0-1 Georges Corm : « Trot tôt pour se réjouir, ce n’est qu’une trêve ».

Interview de Michele Giorgio Le Liban après l’accord trouvé à Doha s’est-il acheminé vers une entente nationale ou a-t-il seulement trouvé une trêve entre les formations politiques opposées et leurs sponsors extérieurs respectifs ? C’est la question que de nombreux libanais se posent (ou des libanais –et journalistes de leurs sponsors-  surpris et désorientés voire très embêtés par cet accord, NdT)  et que nous avons posée au Professeur Georges Corm, intellectuel de Beyrouth, brillant (brillant mais c’est la première fois depuis longtemps que il manifesto lui ouvre ses pages NdT) analyste politique et financier, et auteur de textes importants comme « Pétrole et Révolution » et « Le nouveau désordre économique mondial ». Corm, chrétien, a été entre 1998 et 2000, ministre de l’économie. ( Michele Giorgio° Michele Giorgio : Professeur Corm, quelle valeur donnez-vous à l’accord de Doha ? Il me semble bon, ou du moins satisfaisant. J’aurais tendance cependant à le considérer  comme une trêve plutôt que comme une entente définitive entre les deux parties. Les problèmes les plus difficiles n’ont pas encore été résolus et nous devons nous attendre, je ne saurais pas dire quand, à d’autres tensions fortes quand ils arriveront à la surface. Pour le moment réjouissons-nous de ce résultat important et essayons de nous détendre, nous en avons vraiment besoin après les combats de ces dernières semaines qui nous ont fait revivre les jours de la guerre civile (1975-1990).

Quels sont les points de l’accord  qui vous semblent les plus convaincants ? Un en particulier. La décision d’amender la loi électorale, le système de 1960 ; c’est très important parce qu’on essaiera maintenant de ré-équilibrer  électeurs et circonscriptions alors  qu’ils avaient été déterminés  d’une certaine façon  par une partie (la majorité, NDR) (obtenue par ce découpage, fait par les puissances dites mandataires - coloniales- occidentales, majorité dite aujourd’hui à juste titre par nos médias dominants,  proeuropéenne, NdT) aux détriments de l’autre (prosyrienne, toujours selon les médias dominants, NdT). Et nous en avons vu les résultats aux élections passées. S’il n’y a pas d’obstacles, et malheureusement j’en prévois beaucoup,  l’an prochain nous aurons des résultats électoraux plus respectueux de la réalité politique du pays.

De quoi le Liban a-t-il besoin pour sortir de la crise ? De deux choses. Du respect de cette « démocratie consensuelle » qui représente le principal résultat des accords de Taif (qui mit fin à la guerre civile à la fin des années 80, NDR) et que le Premier ministre actuel Fouad Siniora retourne immédiatement chez lui, sans délai. Le système actuel de fait  assigne d’importants pouvoirs au Premier ministre et, dans la situation  de crise que nous vivons, nous devons nommer un premier ministre qui  représente la majorité des libanais et pas seulement une partie d’entre eux. Toutefois, ces efforts voués à redonner au pays un élan se révèleront inutiles  si nous ne brisons pas  aussi le monopole économique et financier de la famille Hariri. Le groupe financier des Hariri est le principal  fournisseur de travail au Liban, il possède une des plus grandes banques et il est actionnaire de la majorité de beaucoup d’autres. A la Bourse de Beyrouth les actions de Solidere (la société  qui a construit la capitale et le pays après la guerre civile, est la propriété des Hariri, Ndr) sont en hausse constante malgré la guerre et les désordres. Et tout ceci alors que le Liban compte plus de 40 milliards de dollars de dette publique causés, plus que toute autre chose, par les intérêts exorbitants que l’Etat paye ou doit payer aux banques ; banques où sont par ailleurs déposés des capitaux trois fois plus importants que le Pil. C’est un étranglement que subissent surtout les couches les plus faibles de la population, et qui est le produit aussi des intérêts de la famille Hariri.

Revenons ( !  à des choses moins compromettantes pour la « majorité pro-occidentale », NdT) aux accords de Doha. Les Libanais sont heureux, ils n’arrivent quasiment pas à croire que les parties en conflit aient trouvé un compromis, et bien sûr, on est content aussi à Téhéran et à Damas. A Washington et à Riyad par contre, que pense-t-on en ce moment ? Qu’ils ont pris un mauvais coup mais n’ont pas dit leur dernier mot. A mon avis, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite n’ont rien pu faire pour prévenir  cet accord qui ne reflète pas leurs intérêts au Liban.  Ils n’ont pas pu l’empêcher parce que même leurs alliés (libanais) voulaient  une pause, un compromis, une voie qui évite un nouveau désastre à notre pays. Mais le pas en arrière qu’ont fait Washington et Riyad n’est que temporaire, je dirais tactique. Donc ils reviendront à l’attaque. Mais j’ai de bons espoirs parce que la majorité de la population, représentée par l’opposition, ne veut pas finir sous l’hégémonie étasunienne ou israélienne après avoir rompu celle de la Syrie.   Edition de jeudi 22 mai 2008 de il manifesto  http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/22-Maggio-2008/art47.html  Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Seconde partie :Marie-Ange Patrizio : Pour préciser quelques éléments historiques –non apportés par le journaliste auteur de l’article- sur la majorité et l’opposition libanaises actuelles, je vous propose deux articles écrits par Stefano Chiarini, journaliste au manifesto pour les pages Internazionale, et spécialiste du Proche-Orient, décédé en février 2007. "La saga des Gemayel : la Phalange " et "« Gouvernement inconstitutionnel », l’opposition dans la rue aujourd’hui à Beyrouth. Siniora fait appel aux USA"

Les 2 Articles de Stefano Chiarini: Sur demande


10-2 Analyse de Alterinfo : Comment la France s'est tirée une balle dans le pied.

Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui rapporte que la France a été totalement absente de la dernière crise qui a secoué le Liban et qui a été résolue par un accord historique annoncé ce matin à Doha au Qatar, où les négociations avaient lieu entre majorité et opposition. La France paie ainsi son alliance insensée avec l’administration Bush/Cheney et avec la faction transatlantique anglo-états-unienne favorable à la restauration de l’Empire britannique. Sous la houlette de Jean David Levitte, la France a abandonné ces derniers mois sa traditionnelle politique « arabe » pour rejoindre la ligne « dure » des Etats-Unis, contre la Syrie , l’Iran et en faveur du gouvernement Siniora au Liban. C’est la raison de son caricatural isolement actuel en Asie du Sud-Ouest. En effet, selon Le Canard, « Aucune information importante n’est parvenue à Paris », sur les dessous de la crise récente, « soit en provenance des ambassades de France, celles de Beyrouth et de Damas, soit grâce aux rapports de la DGSE. Mieux , si l’on ose dire, des diplomates français en étaient à téléphoner à des journalistes libanais ou à des confrères parisiens pour tenter d’obtenir quelques renseignements. Ils n’ont d’ailleurs rien vu venir quand, le mois dernier, l’Arabie Saoudite, mandatée par les Etats-Unis, a poussé le gouvernement libanais à s’en prendre au Hezbollah, au risque de favoriser un nouvel affrontement (sunnites et chrétiens contre chiites). » Les mêmes types de difficultés se rencontrent dans d’autres parties de l’Asie. L’hostilité de Nicolas Sarkozy à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne a provoqué le courroux de ce grand pays qui, depuis, boude la France. Le Canard rapporte que « lorsque s’est ébauchée, via la Turquie , une négociation entre Syriens et Israéliens, Ankara s’est bien gardé d’en informer Paris. » Là aussi, la France s’est retrouvée à quémander des infos, auprès des ambassadeurs de France à Tel Aviv et à Damas, Jean Michel Casa et Michel Duclos… Au menu de ces négociations « la restitution, contre un traité de paix, du Golan syrien, occupé depuis 1967 par Israël. » Preuve s’il en est que lorsque la France abandonne sa politique indépendante pour se mettre à la traîne des oligarchies dominantes, lorsqu’elle va jusqu’à démanteler une équipe expérimentée comme celle de Jean Claude Cousseran qui avait organisé, au début du mandat de Sarkozy, les conditions d’une sortie de crise à ces conflits, la France , puissance moyenne, perd tous ses atouts, toute sa crédibilité, toute sa puissance.                                     http://www.alterinfo.net/ 22/05/08 french.irib.ir 

N°75 -Journal du Liban-16/25-05-Début-La biographie du président du Liban - Scènes de liesses au Liban après la conclusion des accords de Doha

N°75 -Journal du Liban - 16/25-05 - Début -   La biographie du président du Liban - Scènes de liesses au Liban après la conclusion des accords de Doha

Journal du Liban - Début -    

N° 75                16-05 au 25-05

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire. - Début -  

Politique Libanaise  

Crise gouvernementale : Election du nouveau chef d’état - Au jour le jour

12 Analyse de Lynn Tehini : Qui est Michel Sleimane?

13 La biographie du président du Liban.

Réactions Internationale



Crise gouvernementale :

Election du nouveau chef d’état - Au jour le jour

1 Doha : les libanais tentent de surmonter leurs différends

Les protagonistes de la crise libanaise tentaient dimanche à Doha, au lendemain de l’ouverture de leurs assises, de surmonter leurs différends en se concentrant sur la réforme de la loi électorale. Les hôtes qataris ont réussi samedi à apaiser la tension sur le problème crucial de l’armement du Hezbollah en promettant de faire des propositions sur la question. Cela a permis aux leaders libanais rivaux d’aborder les autres questions. Les 14 dirigeants présents ne se sont plus rencontrés en séance plénière depuis l’ouverture de la conférence vendredi soir, mais la commission conjointe chargée de la réforme de loi électorale a elle commencé ses discussions. "Nous tentons de surmonter nos différences", a indiqué à la presse le député Ali Hassan Khalil, du mouvement Amal, membre de la commission. La majorité au pouvoir et l’opposition divergente sur un nouveau découpage électoral. Chaque partie craint de perdre des sièges lors des élections générales de 2009 du fait d’une modification de la composition démographique des circonscriptions. A la suite des violences qui ont fait 65 morts en une semaine de combats et ont permis au Hezbollah et ses alliés de prendre le contrôle d’une partie de Beyrouth, bastion du gouvernement, majorité et opposition ont accepté jeudi d’entamer un dialogue à Doha. Ce dialogue, arraché par la Ligue arabe à la faveur d’une médiation conduite par le Qatar, a pour but d’extirper le Liban d’une crise vieille de 18 mois, parvenir à un compromis sur l’élection d’un nouveau président de la République et la formation d’un gouvernement d’union nationale. A Doha, une seconde commission a ainsi été formée pour traiter de la question du gouvernement d’union, selon le quotidien libanais pro-gouvernemental An-Nahar. Les deux parties sont d’accord pour que le chef de l’armée, Michel Sleimane, succède à la présidence à Emile Lahoud —qui a quitté son poste en novembre—, mais elles divergent sur le partage du pouvoir au sein d’un gouvernement. La séance du Parlement chargée de l’élection du président a en conséquence été reportée à 19 reprises, exacerbant davantage la crise née fin 2006, au moment de la démission de six ministres du gouvernement de Fouad Siniora. Le Parlement est convoqué pour la 20e fois le 10 juin. Après l’ouverture solennelle de la conférence de Doha vendredi soir, les délégués étaient entrés dans le vif du sujet samedi. Les représentants de la majorité avaient alors insisté pour inscrire la question des armements du Hezbollah à l’ordre du jour. Selon un délégué libanais, la majorité voulait à la fois obtenir la garantie "que les armes du Hezbollah ne seraient plus utilisées contre les Libanais" et poser la question du désarmement du parti après l’élection d’un président. Un député du Hezbollah, Hussein Haj Hassan, a toutefois assuré à l’AFP que la demande n’avait pas été acceptée et que la question des armements serait examinée dans sa totalité après la présidentielle. Le Hezbollah est le seul groupe libanais à ne pas avoir désarmé après les accords de Taëf (Arabie saoudite) de 1989, qui avaient permis de mettre fin à la guerre civile (1975-1990), dans le but de poursuivre la lutte contre l’occupation israélienne du Liban sud. Outre le Premier ministre Siniora, Saad Hariri et Walid Joumblatt sont présents à Doha alors que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, absent, est représenté par un de ses adjoints. Les autres ténors de l’opposition, comme le président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berri, et Michel Aoun, sont eux à Doha http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4684 19/05/08


2 Général Aoun : L’opposition est d’accord sur la solution. et nous attendons la réponse. Nous avons donné tout ce que nous pouvions donner et la question des armes du Hezbollah sera traitée ultérieurement

19 mai 2008 Tayyar Le général Michel Aoun a assuré aujourd’hui aux journalistes à Doha que « l’opposition est d’accord sur la solution et que des déclarations et positions ont été transmises aux été transmises aux responsables qataries »
Et concernant le fait que la majorité serait en attente d’une réponse à sa proposition, le général Aoun a rajouté : « Bien au contraire, c’est nous qui attendons une réponse. C’est nous qui avons fait les propositions et nous n’avons pas abandonné l’initiative arabe. Nous avons déjà présenté une centaine de formules toutes équivalentes et la majorité devra choisir »
Il a déclaré que « la négociation de la loi électorale se poursuit et que le projet de l’ancien ministre Fouad Boutros pourrait être étudié »
En réponse à une question qui lui a été posée, le général Aoun a dit : « Tous les choix sont possibles et nous avons donné tout ce qu’on peut donner ».
En réponse à la déclaration du secrétaire général Amr Moussa qui a déclaré qu’il n’y avait pas de solution possible, il a dit « il a l’air de connaître les réponses de l’autre parti ».
Il a également exprimé sa surprise d’entendre le discours du secrétaire général qui a parlé d’élire un président d’abord et ensuite constituer un gouvernement d’unité nationale précisant qu’« on était venu à Doha suite à l’accord de principe de Phoenicia qui stipulait que l’élection d’un président de la république viendra en dernière étape après la composition d’un gouvernement d’unité nationale et l’étude de la loi électorale ».
En réponse à une question sur les armes il a dit : « cette question sera traitée ultérieurement »
Et concernant les prévisions pour le retour à Beyrouth il a répondu : « Ceci dépend de la patience de nos hôtes »
Le général Aoun a refusé de répondre à la question sur le partage de Beyrouth, « à la fin des négociations nous discuterons des détails ».
http://www.rplfrance.org/


3 Aoun : L’opposition est parvenue à un accord et attend la réponse de la majorité.
S’exprimant suite à la réunion de l’opposition, le député Michel Aoun a indiqué que l’opposition est parvenue à un accord, soulignant que l’examen de la question de l’armement de l’aile militaire du Hezbollah sera reporté et déclaré s’attendre à la réponse de la majorité.
« Nous n’avons pas abandonné l’initiative arabe », a déclaré le dirigeant du CPL avant d’indiquer que les discussions au sujet de la prochaine loi électorale se poursuivent notamment sur les différentes options proposées par l’ancien ministre des Affaires Etrangères Fouad Boutros.
Le général Michel Aoun s’est également interrogé sur les propos tenus par le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa proposant l’adoption d’une nouvelle loi électorale avant la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale avant d’aborder la question de l’armement du Hezbollah, qu’il déclare être reporté à plus tard. Libnanews- 19/05/08
4 La conférence de Doha à un tournant

Les négociations de Doha sur la crise politique libanaise, qui marquent le pas, étaient mardi à un tournant, dans l'attente d'une conférence de presse du Premier ministre du Qatar, pays hôte dont une proposition de compromis a été rejetée lundi par l'opposition libanaise. "Accord ou échec, tout se joue aujourd'hui à Doha", titrait le quotidien francophone de Beyrouth L'Orient Le Jour. La conférence de presse de cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani était prévue vers 14h00 locales (11h00 GMT), a indiqué à l'AFP une source officielle qatarie, sans fournir de précisions sur ce qu'il allait dire. Ce sera la première fois que le Premier ministre qatari s'adressera à la presse depuis qu'il avait annoncé jeudi à Beyrouth, en compagnie du chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, l'accord des responsables de la majorité et de l'opposition libanaises pour venir à Doha afin d'essayer de trouver une solution à la crise qui a failli replonger leur pays dans la guerre civile. AFP - 20/05/08 Par Fayçal BAATOUT


5 Pas de président avant le débat sur la loi électorale.

Les leaders de l'opposition libanaise ont annoncé lundi le refus du bloc de former un gouvernement d'union nationale et d'élire un président avant de débattre de la loi électorale, a rapporté la chaîne de télévision Al-Manar.
Les chefs de l'opposition ont fait cette annonce après leur réunion dans la capitale qatarie, Doha. Ils ont également réaffirmé leur engagement envers le dialogue interlibanais à Doha et l'initiative de la Ligue arabe, souligne le média.
Le Premier ministre du Qatar cheikh Hamad bin Jassim bin Jabr al-Thani a tenté dimanche de faire reporter le débat sur la loi électorale jusqu'à la formation d'un gouvernement d'union nationale et l'élection présidentielle.
Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a de son côté affirmé qu'il quitterait le Qatar mardi quelle que soit l'issue des négociations interlibanaises car il avait d'autres engagements.
20 mai 2008 XINHUA http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080520xinhua1-bm.php


6 La date butoir des négociations interlibanaises fixée à mercredi.

Deux propositions ont été présentées aux délégations dépêchées à Doha par le gouvernement de Fouad Siniora et l’opposition, a déclaré Ahmad Abdallah al Mahmoud, chef de la diplomatie qatarie. "Nous espérons que les deux parties accepteront l’une de ces propositions", a-t-il déclaré à la presse, donnant lecture d’un communiqué. "L’une des parties a demandé un jour supplémentaire pour y répondre (...) et la commission a accepté de repousser la date butoir d’une journée, jusqu’à demain." La coalition au pouvoir a déclaré avoir accepté les deux propositions. "Nous ne sommes pas la partie qui a demandé un report", a dit le ministre libanais Ahmed Fatfat à la télévision arabe Al Djazira. D’après des délégués présents à Doha, les nouvelles propositions prônent l’élection immédiate d’un président ainsi que la création d’un gouvernement dans lequel l’opposition aura un droit de veto et devra s’engager à éviter la violence. Deux alternatives ont été présentées pour surmonter l’impasse sur la loi électorale. Selon des délégués, les discussions seront suspendues si aucun accord n’est trouvé d’ici mercredi. Des analystes estiment que le report de 24h de la date limite ne fera que repousser l’échec des négociations. Le Premier ministre qatari, le cheikh Hamad ibn Djabr al Thani, a de son côté téléphoné à des responsables en Iran et en Syrie pour tenter de sortir de l’impasse, ont rapporté des délégués. La Ligue arabe est intervenue jeudi dernier pour mettre fin aux pires affrontements au Liban depuis la fin de la guerre civile en 1990. Elle a obtenu le lendemain l’ouverture des pourparlers de Doha pour tenter de rapprocher les points de vue. Le cheikh Al Thani, qui fait office de médiateur, a présenté dimanche plusieurs idées sur les questions clés du partage du pouvoir et de la réforme de la loi électorale. Un accord sur ces deux points cruciaux ouvrirait la voie à l’élection par le parlement du chef de l’armée Michel Souleïmane, autour duquel il y a consensus, au poste de président laissé vacant depuis novembre dernier. Le camp gouvernemental réclame la garantie que le Hezbollah ne retournera pas à nouveau ses armes contre les autres communautés. http://www.aloufok.net/   21/05/08


7 Election d'un président "dans les 24 heures"

Un nouveau président libanais sera élu "dans les 24 heures", selon l'accord conclu par la majorité et l'opposition libanaises, qui a été annoncé mercredi par le Premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani. "Les parties sont convenues que le président du Parlement convoquera une session de la Chambre dans les 24 heures pour élire le candidat du consensus, Michel Sleimane, à la présidence" de la République , a déclaré le chef du gouvernement qatari, dont le pays a servi de médiateur lors des pourparlers. Outre l'élection d'un président, l'accord comprend aussi une clause interdisant tout recours aux armes à des fins politiques, un sujet de discorde entre la majorité libanaise, soutenue par les pays occidentaux et l'Arabie saoudite, et l'opposition, appuyée par l'Iran et la Syrie. AFP  21 mai 2008


8 Nabih Berri, a annoncé la levée du sit-in dans le centre-ville de Beyrouth.

Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a annoncé mercredi à Doha la levée le jour même du sit-in observé depuis fin 2006 dans le centre-ville de Beyrouth par l'opposition, dont il est l'un des leaders. "J'annonce au nom de l'opposition la levée dès aujourd'hui du sit-in dans le centre-ville de Beyrouth", a déclaré M. Berri dans une brève intervention au cours de la cérémonie d'annonce à Doha d'un accord de sortie de crise au Liban. Il a qualifié cette décision de "cadeau pour l'accord de Doha". Depuis 18 mois, les partisans de l'opposition, qui est soutenue par Damas et Téhéran, campent dans des tentes dressées dans le centre-ville de Beyrouth, y compris place Riad Solh, sous les fenêtres du siège du gouvernement de Fouad Siniora, appuyé par l'Occident et l'Arabie saoudite. Le campement avait été installé peu après la démission des six ministres de l'opposition, dont cinq chiites. L'opposition réclamait depuis le départ du gouvernement Siniora, dominé par la majorité parlementaire antisyrienne, et promettait de ne mettre fin à son action qu'après la démission du cabinet. AFP / 21 mai 2008


9 Liban : Conclusion d’un accord entre Majorité et Opposition,
Les dirigeants de la Majorité et de l’Opposition libanaises présents actuellement au Qatar sont parvenus à un accord ce mercredi qui appelle à l’élection immédiate d’un président de la République , la formation d’un gouvernement d’union nationale basé sur la formule 16-11-3 (16 ministres pour la Majorité , 11 pour l’Opposition et 3 nommés par le chef d’état libanais)
ainsi qu’à l’adoption de la loi électorale de 1960 basée sur la circonscription par caza, et de façon à ce que Beyrouth soit divisée en trois circonscriptions électorales (5-4-10), mais ceci pour une seule fois.
Libnanews 21/05/08

10 Scènes de liesses au Liban après la conclusion des accords de Doha
Les citoyens libanais ont exprimé leur joie suite à l’accord entre majorité et opposition à Doha.
A Aamchit, localité du prochain président de la république, l’actuel commandant de l’armée libanaise, le général Michel Souleiman, les dirigeants locaux ont annoncé la tenue d’une fête ce dimanche, jour du scrutin présidentiel.
Les écoliers sont sortis de leurs établissements respectifs et ont manifesté leur joie à l’annonce de l’accord.
Au centre ville de Beyrouth, ou les tentes du sit-in de l’opposition, débuté en novembre 2006, ont commencé à être démantelées par les militants aidés par les employés de la société Solidere et de la municipalité, ont laissé la place à des centaines de personnes dont les employés et les propriétaires des établissements du centre ville. A Tyr, au sud Liban, de nombreux citoyens sont également descendus dans la rue, arborant des posters du général Michel Souleiman et distribuant les douceurs aux passants. Libnanews

11 Aoun soutient Sleimane.

Au Liban, le président du Courant patriotique libre, Michel Aoun dit vouloir apporter son plein appui à l'élection du général Michel Sleimane, commandant en chef des forces armées à la magistrature suprême. Lors d'un contact téléphonique avec Sleimane, Aoun a affirmé qu'il soutenait pleinement l'élection de ce dernier au poste de président et s'est dit satisfait des résultats des pourparlers de Doha. Conclu mercredi dernier au terme de 18 mois de crise, l'accord de Doha prévoit outre l'élection de Sleimane, la formation d'un gouvernement d'union nationale et des amendements à la loi électorale IRIB 23/05/2008 http://www.alterinfo.net/



12 Analyse de Lynn Tehini : Qui est Michel Sleimane?

Six mois après le départ du président Emile Lahoud le palais présidentiel de Baabda rouvre ses portes pour l’arrivée du commandant en chef de l’armée, Michel Sleimane, le 12eme président du Liban.
Né à Amchit, caza de Jbeil, en 1948, Michel Sleimane a occupé plusieurs postes de responsabilités au sein de l’armée libanaise avant d’en être nommé commandant en chef en 1998. Le Liban étant encore sous tutelle syrienne, sa désignation s’est faite avec l’aval de Damas.
Pourtant, le comportement de l’armée lors de la grande manifestation du 14 mars 2005 qui a suivi l’assassinat de l’ex Premier ministres Rafic Hariri a effacé l’image « d’homme de Damas » que lui collaient les anti syriens. Le général Sleimane avait refusé de déployer ses soldats pour réprimer les rassemblements.
« Il a ce jour là, refusé d’obéir aux ordres du gouvernement et interdit aux militaires de tirer sur la foule », déclare le journaliste Elie Masbounji du quotidien L’orient le jour.
« Il a également su gérer la sécurité du pays lors du retrait des troupes syriennes », ajoute le journaliste.
D’autres évènements ont également contribué à accroître la popularité de Michel Sleimane tel que le déploiement de l’armée au sud Liban après l’offensive israélienne sur le Hezbollah en 2006.
Mais la position du Comandant en chef de l’armée s’est surtout renforcée suite à la longue bataille de Nahr el Bared au Nord Liban entre mai et septembre 2007. Le camp palestinien s’était trouvé aux prises pendant plus de quatre mois avec les islamistes du groupuscule Fateh el Islam. En dépit des difficultés rencontrées, l’armée libanaise est apparue comme un facteur d’unité et sa popularité s’est accrue. « La victoire d’une armée sous équipée et qui ne s’était pas vraiment battue depuis longtemps - les soldats iront jusqu’à fabriquer des engins explosifs au moyen de bonbonnes de gaz - a fait rejaillir sur la personne de Sleimane un élan affectif sans précédent », déclare Philipe Abi Akl, directeur de l’agence de presse libanaise Al Markaziya. « Il ne faut pas oublier que l’armée a perdu 168 de ses soldats, toutes confessions confondues, en combattant des terroristes », ajoute le journaliste.
C’est à cette période là que son nom a commencé à circuler comme potentiel candidat à la présidence. Si dans un premier temps, l’armée réfutait ces rumeurs – au moyen de communiqués réguliers – les bonnes relations qu’il a tenté de maintenir avec les leaders de la majorité anti syrienne et ceux de l’opposition ont renforcé sa posture de présidentiable et surtout « d’homme de consensus ». « Et pourtant ce ne fut pas facile, déclare le politologue Joseph Bahout, la majorité anti syrienne le considérait proche des Syriens et l’opposition pro-américains ».
« L’armée est ma vie et j’ai toujours tenté de la mettre à l’abri des conflits politiques et confessionnels dans un pays ou l’organisation politique repose sur le confessionnel », avait-t-il déclaré à FRANCE24 lors d’une rencontre au Ministère de la Défense en avril 2008.
Une fidélité à l’armée récompensée par de nombreuses décorations, médailles et félicitations. « Je n’accepterais pas de la voir divisée » avait ajouté Michel Sleimane. Une mission plus large et plus difficile à partir du 24 mai à 17 heures puisque Michel Sleimane devra s’engager à préserver l’unité d’un pays qui a failli en quelques jours renouer avec son vieux fantôme. La guerre civile.
Source : Lynn Tehini - France 24 : 24 mai 2008


13 La biographie du président du Liban.
Né le 21/11/1948 à Amchit – Caza de Jbeil.

Marié à madame Wafaa Sleiman et père de trois enfants. Il est diplômé sous-lieutenant de l’école militaire en 1970 et est titulaire d’une licence en sciences politiques et administratives de l’Université Libanaise. il maîtrise les deux langues anglaise et française. A occupé plusieurs postes de commandement au cours de sa carrière militaire, il fut chef de section, commandant de bataillon, entraîneur à l'école militaire et à l'école des sous-officiers. Il fut nommé chef des services de renseignements de la région du Mont-Liban, du 4/12/1990 jusqu'au 24/ 8/ 1991. Il fut secrétaire de l'état-major du 25/8/1991 jusqu'au 10/6/1993. Il dirigea la 11ème brigade d'infanterie du 11/6/1993 jusqu'au 15/1/1996 lors des confrontations avec l'ennemi israëlien sur les fronts du Sud et de la Békaa Ouest. Le 15/1/1996 il fut nommé commandant de la 6ème brigade d'infanterie jusqu’au 21/12/1998, date a laquelle il est nommé commandant en Chef de l’Armée Libanaise. A suivi les sessions militaires suivantes : Formation en Belgique du 7/1/1971 au 4/7/1971. Diplôme en techniques d’état-major en France du 9/2/1981 au 17/7/1981. Diplôme en état-major à l’école du commandement et d’état-major à partir du 6/6/1988 et pour 52 semaines. Diplôme en gestion des ressources défensives aux Etats – Unis du 22/6/1995 au 25/7/1995. Son action en tant que commandant en chef l'Armée a été marquée par les événements suivants : - Contrer le terrorisme et le fanatisme, les opérations remarquables sont : Démanteler plusieurs réseaux terroristes et des réseaux d’espionnage israéliens, notamment le 10/6/2006, lorsque l’opération « Surprise de l’aube » a été déclenchée pour dévoiler un réseau terroriste. Déceler et attaquer au début de l'an 2000 des organisations terroristes extrémistes dans les campagnes reculées et arides du nord du Liban, dont la plupart des membres ont été abattus, et les cellules auxquelles elles sont liées furent démantelées, et leurs membres arrêtés. Attaquer l’organisation de « Fateh el-Islam » dans le camp de Nahr el-Bared le 20/5/2007 en réponse à la traîtrise qui a visé les postes des militaires se trouvant aux alentours du camp et dans certaines autres régions. La structure de cette organisation terroriste fut abattue à l’intérieur tout comme à l’extérieur du camp, ce qui a déclenché pour la première fois dans l’histoire du Liban, un ralliement populaire inédit autour du rôle de l’armée en préservant l’unité nationale. - Affronter l’ennemi israélien et soutenir la Résistance jusqu’à la libération du Sud en l’an 2000. - Redéployer l'Armée sur tout le territoire Libanais suite au retrait de l’Armée Syrienne qui a eu lieu le 26/4/2005 avec les troubles et les agitations qui ont eu lieu en 2007. - Réorganiser et restructurer l'Armée après l’amendement de la loi du service militaire. - Faire de l'Armée le bouclier de la démocratie et non pas une Armée d’autorité qui réprime les opposants de cette autorité ; c’est une Armée pour la patrie qui préserve la sécurité et les droits des citoyens. Ce rôle national de l’Armée s’est surtout incarné en 2005, quand l’Armée a assuré la sécurité des manifestants, des institutions publiques et privées ainsi que la liberté d’expression, après l’assassinat du président Rafic Hariri, durant l’année 2006 et jusqu’a nos jours . - Présenter un plan pour mettre fin à la guerre menée par Israël contre le Liban et qui a était déclenchée le 12/7/2006, comme étant une solution honorable pour toutes les parties. Ce plan comprend la planification et la préparation pour le déploiement de l’Armée Libanaise dans le sud ,et dans les passages terrestres et maritimes .Dès que cette opération qui a été exécutée avec précision et dévouement, fut accomplie, le drapeau Libanais fut levé le 2 octobre par dessus la colline de Labbouneh côtoyant la frontière du sud, et annonçant le retour de la souveraineté au Sud . Source: Lebarmy.gov.lb


Réactions Internationale

Les capitales occidentales et du Moyen-Orient saluent l'accord de sortie de crise au Liban..
- " La République islamique d'Iran espère que l'accord de Dohaassurera un avenir brillant et épanoui pour le peuple libanais et sera une première étape pour libérer les territoires libanais occupés" par Israël, a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini.
- La Syrie , afavorablement accueilli l'accord. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Al-Mouallem a souligné "l'importance de l'entente à laquelle sont parvenus les frères au Liban", espérant qu'elle "soit un prélude à un règlement de la crise politique"..
- Les États-Unis ont salué cet accord comme étant "une avancée positive vers le règlement de la crise actuelle avec l'élection d'un président, la formation d'un nouveau gouvernement et l'élaboration d'une nouvelle loi électorale", a déclaré la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice. Mais son adjoint chargé du Proche-Orient, David Welch, a indiqué à demi-mot que le Hezbollah avait remporté une victoire politique en obtenant 11 ministères sur les 30 que comptera le prochain gouvernement. "Oui, il y a une minorité de blocage, parce que la minorité a la possibilité de bloquer des décisions majeures
- le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a dit espérer "que cet accord sera le prélude à une période durable de réconciliation nationale, de stabilité politique, de paix et de progrès".
- L'Égypte et l'Arabie saoudite, 2 ténors de la diplomatie arabe alliés de la majorité parlementaire, se sont félicités de l'accord obtenu grâce à la médiation du Qatar.
- Les alliés européens de la majorité ont exprimé leur satisfaction et appelé, à l'instar de l'UE, la Grèce , la France ou l'Italie, toutes les parties à s'engager pour mettre en oeuvre au plus vite toutes les clauses de l'accord.
- Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, dont le pays est le premier contributeur de la force de l'ONU au Liban (FINUL), a déclaré "avoir appris avec satisfaction" l'annonce d'un accord.
- Pour la France , cet accord est "un grand succès pour le Liban", et il doit être "mis en oeuvre dans son intégralité", a dit le président Nicolas Sarkozy.
L'accord arraché dans la nuit à Doha prévoit la convocation du parlement pour élire un président, la formation d'un gouvernement d'union nationale et une modification de la loi électorale.
AFP/VNA/CVN
http://lecourrier.vnagency.com.vn/


a) Pays Arabes & voisins

 La Syrie affirme son soutien à l’accord interlibanais de Doha.
Le ministre des affaires étrangères, M. Walid al-Mouallem, a affirmé le soutien de la Syrie à l’accord conclu aujourd’hui entre les parties libanaises à Doha pour mettre fin à la crise politique au Liban.
Au cours de sa participation au 3ème forum de la coopération arabo-chinoise, M. al-Mouallem a apprécié les efforts déployés par le comité arabe pour parvenir à cet accord, exprimant son souhait qu'il soit le début du règlement de la crise politique au Liban.
M. al-Mouallem a réitéré, à cet effet, le soutien de la Syrie à tout accord interlibanais, soulignant l'importance de la sécurité et la stabilité du Liban pour la Syrie. 21/05/08
Sana 


 b) Usa (le parrain)

Washington s'indigne de l'accord interlibanais

Avec une position réservée envers l'accord du courant 14 mars et les groupes partisans de la formation d'un gouvernement d'Union nationale, les USA ont répété, cependant, ses accusations infondées contre le Hezbollah, montrant, ainsi, son mécontentement de ce dernier accord. Selon Mehrnews citant la chaîne de télévision Al-Manar, le Porte-parole de la diplomatie américaine, Sean McCormack a indiqué, avec réserve, que l'accord, conclu sous la médiation de la commission ministérielle de la Ligue arabe pour faire sortir le Liban de la crise, ne pourrait pas régler, en une semaine et par une série de dialogues et discussions, les innombrables problèmes de l'ordre politique libanais. Il a également accusé le Hezbollah de vouloir lancer un défi à la démocratie de la nation libanaise. S'efforçant de nuire à l'accord précité et pour provoquer les groupes soutenus par les Etats-Unis, Sean McCormack est allé plus loin en prétendant que le Hezbollah était prêt à sacrifier les Libanais pour son programme politique. Washington se dit mécontent de l'accord interlibanais alors que la chaîne al-Horrah a révélé, jeudi, le plan sérieux des Etats-Unis avec ses alliés arabes, pour sauver le gouvernement de Fouad Siniora, qui consisterait à l'envoi de trois navires de guerre dont l'un serait équipé de missiles Cruz, ainsi que de l'envoi éventuel d'un porte-avion. french.irib.ir     17/05/08



c) Les institutions

Le Conseil de sécurité salue l’accord de Doha sur le Liban
Le Conseil de sécurité a félicité aujourd’hui les dirigeants et le peuple libanais et salué l’accord conclu à Doha le 21 mai sous les auspices de la Ligue des États arabes.
Par la voie d'une déclaration à la presse de son président pour le mois de mai, John Sawers, du Royaume-Uni, le Conseil appuie fermement cet accord et qui « marque un pas capital vers le règlement de la crise actuelle, le retour à un fonctionnement normal des institutions démocratiques du Liban et le rétablissement complet de l'unité et de la stabilité du pays ».
Le Conseil loue les efforts déployés par la Ligue des États arabes, en particulier par son Comité des ministres des affaires étrangères, sous la direction de l'émir de l'État du Qatar, cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Hamad bin Jassim bin Jabor al-Thani, et du secrétaire général Amr Moussa, pour aider les dirigeants libanais à trouver un accord. Le Conseil se félicite qu'un accord ait été trouvé sur l'élection d'un président de la République , la création d'un gouvernement d'unité nationale et le règlement de la question de la loi électorale libanaise, conformément à l'Initiative de la Ligue des États arabes, et qu'il ait été décidé de poursuivre le dialogue national sur les moyens d'asseoir l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national, de manière à garantir la souveraineté et la sécurité de l'État et du peuple libanais. Il se félicite également qu'il ait été convenu d'interdire l'utilisation d'armes ou de violence comme moyens de régler les différends, quelle que soit la nature de ceux-ci et quelles que soient les circonstances. Le Conseil demande que l'accord soit mis en œuvre intégralement, conformément à l'Initiative de la Ligue des États arabes, à l'Accord de Taëf, à toutes ses résolutions pertinentes et aux déclarations de son président sur la situation au Liban.
Centre d’actualités de l’ONU 22/05/08 http://www.un.org/apps/newsFr/