Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/09/2008

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 -Début- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 -Début- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

journal de l'Afghanistan   -Début-                                   

n° 208 du 16-09 au 29-09                   

Par M.Lemaire                                                                                 



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.                                                            -Début- 

Tiré à part :  Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Les décès de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan

L'Onu prolonge le mandat des forces de l'Otan en Afghanistan .

1 La résistance contre l'agresseur

Résistance : Analyse & déclaration

Occupation de l'Afghanistan  Analyse & déclaration

2-1 Sur le terrain

2 Occupation de l'Afghanistan 

3 Politique

1) collaborateurs afghans 2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire Détails.

– Suite 1-  L'Afghanistan en chiffre
Les morts de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan
6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
6-1 Al-Qaïda va effectués de nouvelles attaques majeures.
6-2 L'armée américain libère Jawed Ahmad un journaliste afghan détenu depuis 11 mois. Javed Yazamy ne constituait plus une menace.
6-3 Anne Giudicelli : Le tam-tam des ‘Talibans’.
7 Brèves
7-1 Deux enfants tués 'par erreur 'par des militaires canadiens en Afghanistan. 7-2 Manifestations en Europe contre la guerre en Afghanistan.
7-3 Les Etats-Unis pourraient envoyer jusqu'à trois brigades de combat supplémentaires en Afghanistan dès le printemps prochain.
7-4 Les drones ne font pas de miracles.
7-5 "Il y a une approche globale, une stratégie globale"….
7-6 Harper accepte qu'on publie les coûts de la mission en Afghanistan.
7-7 Les États-Unis voudraient une Europe plus militaire.
7-8 Guantanamo : Les Brèves
1 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003.
8 Dossiers
8-1 Point de vue de Barbarus : Nous sommes tous des talibans.
–Fin- 
8-2 Point de vue de James Petras : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.
8-3 Point de vue de Jean-Marc Desanti : La CIA trafique, les soldats trinquent.
9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
9-1 Retrait des troupes d'Afghanistan !
9-2 France : Débat sur l’Afghanistan, entre raisons officielles et motifs cachés de la présence de l’Otan.
9-3 Plus d'hélicoptères, des drones: la France envoie des moyens supplémentaires.
9-4 Neuf soldats français blessés dans un accrochage..


L'Afghanistan en chiffre du 16-09 au 29/09/08  
tués blessés
Usboys / Autres boys 49  19
Policiers, armée et collaborateurs

  8

 5

Peuple Afghan

 97

11+ x


Tiré à part : Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

24-09 Une visite de Gates intervient sur fond de controverse(...) sur le nombre de civils tués dans le bombardement américain, le 22 août, du village d'Azizabad, dans l'ouest du pays. Une action qui pourrait s'avérer être une des bavures (…)  les plus meurtrières des forces internationales depuis sept ans. Selon Kaboul et l'ONU, 90 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont péri dans le bombardement. Selon les forces US  le raid, a(vait) tué "cinq à sept" civils…. (AFP)

24-09 Dans l'est du pays, dans la province de Kunar, une attaque aérienne menée par les forces de la coalition a tué trois civils et en a blessé 11 autres dans le district de Manogai, ont par ailleurs rapporté les autorités locales. (Reuters)   

24-09 La coalition, commandée par les Etats-Unis, a de plus en plus recours aux bombardements d'appui aux troupes au sol afin de minimiser ses propres pertes. Selon un officier américain, il y a eu 18 à 20 fois plus de bombardements d'appui au sol ces derniers mois en Afghanistan qu'en Irak. (AFP)

24-09 Le nombre de victimes civiles des bombardements est en nette augmentation Quelque 1.445 civils ont été tués depuis le début de l'année, soit 39% de plus que durant les huit premiers mois de 2007, selon les statistiques de l'équipe chargée du suivi des droits de l'homme auprès de la mission de l'ONU dans le pays. (AFP)


Les décès de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan
Les décès de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan, soit leur plus haut niveau depuis sept ans, ont rapporté mardi les Nations unies.
L'ONU a précisé que sa mission d'assistance en Afghanistan avait dénombré 1.445 décès de civils entre janvier et fin août, contre 1.040 pendant la même période en 2007.
La Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué que 330 civils avaient été tués au cours du seul mois d'août.
Il s'agit du mois le plus meurtrier depuis fin 2001.
AP

L'Onu prolonge le mandat des forces de l'Otan en Afghanistan Le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé mandat de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf). La reconduction pour un an, à compter du 13 octobre, de la mission de cette force sous commandement de l'Otan a été approuvée à l'unanimité des quinze membres du Conseil.                                               Reuters 22-09 L’ONU neutre !

1 La résistance contre l'agresseur - Analyse & déclaration  

Résistance

20-09 Journée de la paix. Le porte-parole des résistants Qari Yousef Ahmadi, a déclaré à l'Associated Press samedi que les résistants soutenaient l'idée de la journée de la Paix , affirmant que les attaques de la résistance n'étaient que la légitime défense. "Nous voulions la paix dans le passé, nous voulons la paix aujourd'hui et dans l'avenir", a-t-il dit. "Nous ne faisons que nous défendre. Les envahisseurs sont dans notre pays et lancent des opérations contre nous. Maintenant que le gouvernement afghan et ses alliés étrangers demandent la paix pendant une journée, ce n'est rien, une journée, bien sûr que nous le respecterons". AP

21-09 Al-Qaïda signale qu’ils vont  effectués de nouvelles attaques majeures en Afghanistan. "Nous informons les forces de la Croix et leurs agents apostats que la politique des moudjahidine va se traduire par plus d'attaques à grande échelle", selon une transcription d'une des deux organisations, SITE. 22-09 Selon Abdul Rahim Wardak, les attaques des résistants ont été multipliés par trois entre 2005 et 2007 et le bilan en 2008 "va atteindre un niveau encore plus élevé". Il a estimé à entre 10.000 et 15.000 le nombre de résistants "à plein temps" en Afghanistan, sans compter ceux qui opèrent dans les zones montagneuses du Pakistan voisin. (Reuters)


Troupes d'occupation.

Belgique 25-07 Baptisée "Guardian Falcon", la mission belge à Kandahar, a été décidée le 25 juillet par le gouvernement avec la mise à disposition de quatre chasseurs-bombardiers F16.
Avec cette mission,
la Belgique , déjà présente de longue date en Afghanistan, s'est installée début septembre pour la première fois dans le sud du pays, région où l'activité des Talibans est la plus importante.
L'opération, d'une durée initiale de 6 mois, est assurée par 98 militaires relevés tous les quatre mois: outre huit pilotes, elle comprend 56 mécaniciens, 16 hommes chargés de la sécurité, quelques infirmiers, du personnel d'entretien et d'intendance, etc...
Les soldats belges sont logés sur l'immense base militaire internationale de Kandahar gérée depuis 2001 par les Marines américains.
Cette base compte 14.000 soldats et 150 avions. C'est également une grosse cible militaire pour les résistanst qui l'ont déjà attaquée à la roquette plus d'une quarantaine de fois depuis le début de l'année.
7S7



2 Les forces en présence  Résistance

22-09 Selon Abdul Rahim Wardak, les attaques des résistants ont été multipliés par trois entre 2005 et 2007 et le bilan en 2008 "va atteindre un niveau encore plus élevé". Il a estimé à entre 10.000 et 15.000 le nombre de résistants "à plein temps" en Afghanistan, sans compter ceux qui opèrent dans les zones montagneuses du Pakistan voisin. (Reuters)

Troupes d'occupation

USA 23-09 M. Gates a affirmé qu'"en plus des forces que nos partenaires internationaux ont accepté d'envoyer, nous allons envoyer des forces supplémentaires en 2009". "Je m'attends à ce que celles-ci répondent aux besoins réclamés par le commandement pour 2009", a-t-il déclaré. La veille, le général américain commandant en Afghanistan, David McKiernan, avait estimé nécessaire l'envoi de 10.000 à 20.000 hommes supplémentaires, sans compter les 4.500 que Bush a déjà décidé d'expédier début 2009. Ceci pourrait porter le nombre de soldats américains dans le pays à 50.000. (AFP) 23-09 Les Etats-Unis pourraient envoyer jusqu'à trois brigades de combat supplémentaires en Afghanistan dès le printemps prochain. Gates a indiqué au comité de la défense du Sénat qu'il ne pouvait pas s'engager à envoyer d'autres soldats en Afghanistan sans prolonger les séjours ou modifier les déploiements des soldats en sol afghan. Il a toutefois répondu au sénateur démocrate du Michigan, Carl Levin, que les troupes pourraient probablement être envoyées au printemps ou à l'été 2009.  M. Levin s'était opposé à une déclaration du témoignage de M. Gates au Sénat, qui indiquait qu'il serait peut-être "possible" de faire ce qui doit être fait militairement en Afghanistan. M. Levin avait répliqué qu'il n'était pas suffisant de réaliser possiblement les objectifs fixés dans ce pays, qui a été relayé au second rang des priorités du gouvernement derrière l'Irak.   Le secrétaire à la guerre a donc proposé un renforcement probable des effectifs militaires au printemps prochain. M. Gates a souligné que le prochain président américain devrait cependant réfléchir au nombre de soldats qu'il pourra envoyer en Afghanistan, puisque la population y est réticente à accueillir les forces armées étrangères. Les ratés militaires en Afghanistan ont souvent été déplorés par les commandants américains en sol afghan. La Presse Canadienne



3) Politique a) Les collaborateurs afghans & pakistanais

22-09 Le Pakistan et l'Afghanistan discutent de la création éventuelle d'une force commune chargée de combattre les insurgés à la frontière, a annoncé le ministre afghan de la Défense.Le ministre de la Défense a révélé que Kaboul avait proposé il y a un mois à Islamabad de créer une force commune qui pourrait intervenir de part et d'autre de la frontière. (Reuters)



b) Les alliés                           Nations UniesLe Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé à l'unanimité le mandat de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf). La reconduction pour un an, à compter du 13 octobre, de la mission de cette force sous commandement de l'Otan a été approuvée à l'unanimité des quinze membres du Conseil. Sur l'insistance de la Russie, la résolution reconnaît "les efforts mis en oeuvre par l'Isaf et les autres forces internationales pour minimiser le risque de victimes civiles et les appelle à entreprendre des mesures supplémentaires à cet égard". Reuters

22-09 



Dans le monde

Italie

La guerre et ses conséquences. Regard jeté sur l’Italie bha. L’Italie compte plus de 2500 soldats tombés malades après leur engagement au Kosovo, au Liban, en Irak, en Somalie et en Afghanistan. La plupart des maladies dont ils souffrent sont des cancers dont certains sont très agressifs. L’origine en est l’utilisation d’armes à l’uranium radioactif par l’alliance de guerre, mais officiellement, le lien est nié catégoriquement.
Plus de 170 jeunes soldats sont déjà morts.
Le 7 juillet 2008, Tonio Currao est, lui aussi, mort à l’hôpital militaire Celio de Rome. Il souffrait d’une tumeur osseuse agressive. Il avait appartenu à une unité de parachutistes qui était au Liban en 2007. Les médecins qui l’avaient en charge étaient très surpris de l’agressivité de sa tumeur. Ils n’avaient encore jamais rien vu de semblable.
Peu de temps avant sa mort, Tonio voulait voir le ciel encore une fois. Son père l’a accompagné dehors. Tonio a regardé le ciel et un sourire a éclairé son visage. Rentré à l’hôpital, il a fermé les yeux et est mort.
Source: vittimeuranio.com du 29 juillet 2008
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1146

4 Lutte pour la libération du territoire Pertes déclarée des occupants. US & Isaf

17-09 Quatre soldats de la mission sous commandement américain "Liberté Immuable" ont été tués mercredi par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans l'est de l'Afghanistan, annonce l'armée américaine. (Reuters) 19-09 La coalition menée par les Etats-Unis a annoncé la mort d'un soldat tué vendredi par une bombe, dont la nationalité n'a pas été révélée. (ats)  

20-09 Trois blindés de l'armée américaine ont été détruits, lundi, par ‎l'explosion d'une mine, dans la ville de Sabri, à Khoust. 11 des ‎effectifs qui se trouvaient à son bord ont été tués.", a annoncé le ‎Porte-parole des résistants, Zabihollah Mojahed. 21-09 Dans une dépêche publiée cette nuit par un site islamiste lié à Al-Qaïda, les résistants affirment avoir infligé d’importantes pertes aux forces françaises en Afghanistan La dépêche souligne en effet que « les combattants de l’Emirat islamique d’Afghanistan ont tué, à 00h30 (dans la nuit du 18 au 19 septembre) vingt neuf soldats français, quand leur unité, soutenue par une couverture aérienne, a voulu prendre d’assaut la maison d’un chef local des Taliban à Ouzbine, dans la région de Sroubi, province de Kaboul ». Le document ajoute que « les Français ont été surpris par la forte résistance des Moudjahidin, et une bataille rangée a duré toute la nuit, jusqu’à l’aube, faisant 29 morts et plusieurs blessés dans les rangs français. Le chef local est sain et sauf. Cependant, l’aviation de l’ennemi (NDLR : la coalition) a violemment bombardé deux localités voisines, faisant plusieurs victimes civiles, dont des femmes et des enfants ».Les résistants rappellent que « c’est dans cette même région qu’une embuscade avait fait plusieurs morts dans les rangs français, en août dernier », et que « Paris avait reconnu 10 morts et 21 blessés ». Mecanopolis

24-09 Quatre soldats américains ont été tués mercredi par un engin piégé dans l'est du pays. (AFP)

25-07 Deux militaires belges ont été blessés, jeudi soir vers 22h à l'aéroport de Kandahar, en Afghanistan, à la suite d'une attaque à la roquette, a annoncé la Défense dans un communiqué diffusé vendredi matin.
Les deux militaires issus de
la Police Militaire , font partie du détachement belge qui s'est déployé début septembre avec quatre F-16 en Afghanistan. Une enquête sur les circonstances de l'attaque a été ouverte.
"Les attaques à la roquette sur l'aéroport nous ont toujours beaucoup inquiétés", a déclaré Ingrid Baeck, la porte-parole de la Défense. "Nous en avons donc tenu compte et nous accordons beaucoup d'importance à ce qui s'est passé. On ne peut jamais exclure de tels risques". L'incident ne modifie cependant pas la mission belge sur place, a encore précisé la porte-parole.
(belga/7sur7)  

27-09 Deux soldats canadiens ont été blessés samedi en Afghanistan lorsque les résistants ont attaqué leur avant-poste de combat dans le district de Panjwai. C'est une grenade lancée qui a explosé tout près d'eux. Un des deux militaires est dans un état sérieux (Reuters)

28-09 Quatre soldats français ont été blessés hier samedi lors d’un accrochage avec des rebelles dans le village d’Ebdakel, dans la province afghane de Kapissa, au nord-est de Kaboul, a annoncé ce le commandant Christophe Prazuck. Ces soldats appartiennent au 8e RPIMA (Régiment parachutiste d’infanterie de marine), auquel appartenaient également la majorité des 10 soldats tués lors d’une embuscade dans la vallée afghane d’Uzbeen, le 18 août dernier, selon la même source.

28-09 Deux soldats des Forces canadiennes ont été blessés, dimanche, lors d'une attaque contre un avant-poste militaire du district de Panjwayi, à environ 30 km à l'ouest de Kandahar, a rapporté le colonel Jamie Cade, commandant adjoint des Forces canadiennes en Afghanistan Les soldats ont été atteints par ces grenades. L'un des militaires, blessé grièvement, repose dans base militaire de Kandahar. AP 

28-09 Une section renforcée de militaires français du groupement tactique interarmes basé dans la province de Kapissa ont été attaqué samedi après-midi, a expliqué lieutenant-colonel Bruno Louisfert La section effectuait une patrouille et "franchissait à pied le lit d'un petit cours d'eau quand elle a essuyé les tirs" vers 14h50 à proximité du village d'Ebdakhel, au nord-est de Kaboul Neuf soldats français ont été blessés, quatre des militaires ont nécessité une évacuation d'emblée par hélicoptère sur Bagram. AP



Détails

Kaboul

22-09 Trois policiers ont été tués mercredi par l'explosion d'une mine dans un commissariat de l'ouest de Kaboul, apprend-on de source proche de la police. Quelques heures auparavant, trois autres policiers avaient été tués lors d'une attaque contre ce même poste. Avant de se replier, les résistants ont laissé derrière eux une mine qui a explosé alors qu'un responsable de la police afghane, Ali Shah Paktiawal, était sur place pour enquêter sur l'attaque nocturne. Paktiawal, qui a déjà échappé à plusieurs tentatives d'assassinat, a été blessé par la déflagration, ainsi que plusieurs autres policiers. (Reuters) 24-09 Une explosion a fait des victimes mercredi matin dans Kaboul, annonce un responsable de la police. L'explosion, d'origine inconnue, s'est produite alors qu'un haut responsable de la police enquêtait sur la mort de trois de ses collègues près d'un commissariat de l'ouest de la ville, a-t-il précisé. Selon un autre policier, l'explosion visait Ali Shah Paktiawal, un des chefs des forces de sécurité déjà victime de plusieurs tentatives d'assassinat. (Reuters)

 Province de Kaboul

20-09 La coalition a tué deux résistants et en a arrêté six autres dans le district de Sarobi près de Kaboul.

(ats) 


Province de Ghanzi (centre de l’Afghanistan)

20-09 Six résistants ont été tués au cours d'une opération afghane dans la province de Ghazni (centre), selon un responsable local  (ats)

Province de Kandahar (sud) 

20-09 Un civil afghan a été tué jeudi soir lorsque les soldats de l'Otan ont tiré sur un camion qui s'était trop approché d'un convoi militaire dans la ville de Kandahar (sud), a indiqué la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan. (ats)

Province de Khost (sud-est) 20-09 Deux policiers et un civil ont été tués dans une embuscade  dans la province de Khost (est) jeudi soir, selon les autorités de la province. Par ailleurs, l (ats)

Afghanistan, Al Qaida-Talibans,résistants,occupants,Usa,Attentats,11-Septembre,OTAN,militaire, Belgique, France,

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 –Suite 1- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 –Suite 1- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

journal de l'Afghanistan –Suite 1-                                  

n° 208 du 16-09 au 29-09                   

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                                   –Suite 1- 
L'Afghanistan en chiffre
Les morts de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan
6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
6-1 Al-Qaïda va effectués de nouvelles attaques majeures.
6-2 L'armée américain libère Jawed Ahmad un journaliste afghan détenu depuis 11 mois. Javed Yazamy ne constituait plus une menace.
6-3 Anne Giudicelli : Le tam-tam des ‘Talibans’.
7 Brèves
7-1 Deux enfants tués 'par erreur 'par des militaires canadiens en Afghanistan. 7-2 Manifestations en Europe contre la guerre en Afghanistan.
7-3 Les Etats-Unis pourraient envoyer jusqu'à trois brigades de combat supplémentaires en Afghanistan dès le printemps prochain.
7-4 Les drones ne font pas de miracles.
7-5 "Il y a une approche globale, une stratégie globale"….
7-6 Harper accepte qu'on publie les coûts de la mission en Afghanistan.
7-7 Les États-Unis voudraient une Europe plus militaire.
7-8 Guantanamo : Les Brèves 1 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003.
8 Dossiers 8-1 Point de vue de Barbarus : Nous sommes tous des talibans.


4-1 L'Afghanistan en chiffre  Guerre appelée "Enduring Freedom déclenchée en octobre 2001 devenue en mai 2007 :  "Force combinée 82 "

Civils tués                                                           :    12.464 (Voir Dufour- n° 196)

 Civils blessés                                                     : ? +  2.446 (chiffres trop bas) 


Résistants  tués :                                               : ?  +  7.042

Résistant blessés                                               :?  +  1.636 (chiffres trop bas)

Résistances arrêtés :                                           : 23.000 prisonniers


Militaires occupants et milice privés occupante tués : 1.526

Militaires et milice privés occupante blessés    : ?   + 13.506

Suicides                                                           : ?  plus de 1500 tentatives   150.000 souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure

CIA tués :                                                         :          4


Soldats /policiers gouvernementaux tués             : ? + 4.747

Soldats gouvernementaux blessés                     : ?  + 4.229 (chiffre trop bas)


Collabo   tués                                                      :   1..318

Collabo   blessés                                               :?  +  793 (chiffre trop bas)

Collaborateurs disparus                                       : ? +   3 



Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & Bassirat.net. 
Les morts de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan Les décès de civils ont augmenté de près de 40% en Afghanistan, soit leur plus haut niveau depuis la fin des combats qui avaient entraîné la chute des talibans il y a sept ans, ont rapporté mardi les Nations unies. L'ONU a précisé que sa mission d'assistance en Afghanistan avait dénombré 1.445 décès de civils entre janvier et fin août, contre 1.040 pendant la même période en 2007. La Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué que 330 civils avaient été tués au cours du seul mois d'août. Il s'agit du mois le plus meurtrier depuis fin 2001. .16 sep, The Associated Press

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 6-1 Al-Qaïda va effectués de nouvelles attaques majeures. Cette vidéo de 90 minutes, intitulée "Les résultats de sept ans de croisades", a été diffusée vendredi sur des sites islamistes.. "Nous informons les forces de la Croix et leurs agents apostats que la politique des moudjahidine va se traduire par plus d'attaques à grande échelle", selon une transcription d'une des deux organisations, SITE.
6-2 L'armée américain libère Jawed Ahmad un journaliste afghan détenu depuis 11 mois. 23-09 Un journaliste afghan qui a été détenu pendant 11 mois par l'armée américaine sur la base de Bagram a affirmé qu'il avait été frappé à coups de pieds, obligé de rester debout pied nus dans la neige, et empêché de dormir pendant plusieurs jours. Jawed Ahmad, qui travaillait pour la chaîne de télévision canadienne CTV, a été libéré dimanche, "parce qu'il ne constituait plus une menace" a précisé le porte-parole de la coalition, le capitaine Christian Patterson. Il avait été pendant deux ans et demi traducteur pour l'armée américaine en Afghanistan, avant d'être qualifié d"ennemi combattant" l'an dernier. Il a reconnu avoir eu des contacts avec les Talibans, "ce qui est normal pour un journaliste" selon lui. Il possédait leurs numéros de téléphone portable et des vidéos les présentant, d'après le dossier établi par son défenseur pour étayer une plainte devant un tribunal de Washington. Ahmad affirme qu'en prison, les enquêteurs américains l'ont accusé d'être un combattant taliban, de fournir des armes à des militants, et de servir d'agent de renseignement pour le Pakistan, accusations qu'il dément. AP
Javed Yazamy ne constituait plus une menace Aucune raison précise n'a été donnée pour expliquer l'arrestation ou la libération Javed Yazamy qui a été détenu pendant une dizaine de mois à la base militaire américaine de Bagram, en Afghanistan. Le porte-parole de la coalition, le capitaine Christian Patterson, s'est contenté de dire « qu'il ne constituait plus une menace ». Âgé de 22 ans, ce journaliste afghan, que les Américains appelaient Jawed Ahmad, a été libéré dimanche de cette prison militaire américaine. Dans le cadre de son travail, le pigiste qui a travaillé pour plusieurs médias canadiens avait développé un réseau de contacts chez les talibans. Ennemi En février dernier, Javed Yazamy, qui utilisait également le pseudonyme Jojo, a été déclaré ennemi combattant irrégulier par les autorités américaines. Elles ont affirmé que, selon les informations qu'elles possédaient, il présentait un danger pour les troupes étrangères et le gouvernement afghan. Le contenu de ces informations n'a toutefois jamais été dévoilé. L'agence AP rapporte que le journaliste a affirmé que lorsqu'il était en prison, les enquêteurs américains l'ont accusé d'être un combattant taliban, de fournir des armes à des militants et de servir d'agent de renseignements pour le Pakistan. Il s'agit d'accusations qu'il dément. Il a également dit que, pendant cette période, il a été frappé à coups de pieds. Il a été obligé de rester debout avec les pieds nus dans la neige et a été empêché de dormir pendant plusieurs jours, des pratiques que plusieurs groupes de défense des droits de l'homme considèrent de la torture. Un collaborateur des médias canadiens Javed Yazamy a surtout travaillé comme caméraman pour le réseau canadien de télévision CTV. Il a aussi travaillé pour d'autres médias du pays, dont La Presse canadienne, en plus d'avoir été traducteur pour l'armée américaine en Afghanistan pendant deux ans et demi. Ses services étaient aussi appréciés des journalistes canadiens qui travaillent à la base militaire de Kandahar. En effet, des citoyens de la région aident les journalistes occidentaux dans leurs déplacements en leur servant d'interprète. Depuis son arrestation, plusieurs médias comme CTV et le New York Times, ainsi que l'organisation indépendante Committee to Protect Journalists, ont demandé la libération du journaliste afghan. D'après le dossier établi par son défenseur pour étayer une plainte devant un tribunal de Washington, il a reconnu avoir eu des contacts avec les talibans, ce qu'il considère comme normal pour un journaliste. En effet, il possédait des numéros de téléphone cellulaire et des vidéos qui les présentent mardi 23 sep, 19 h 58 Lolita C. Baldor, La Presse Canadienne
6-3 Anne Giudicelli : Le tam-tam des ‘Talibans’. Alors que les photos publiées par « Paris Match » des talibans ayant tués les soldats français le 18 août en Afghanistan continuent de faire des remous, « Bakchich » s’intéresse à la façon dont les Talibans communiquent. Portes-parole officiels, communiqués, newsletter, sites web, boîte de production, maison d’édition… Leur panoplie de communicants est complète. Le reportage publié le 4 septembre par l’hebdomadaire Paris Match avec les photos du « commando qui a abattu nos dix soldats » et l’interview du chef justifiant l’opération du 18 août, est une nouvelle embuscade tendue par les Talibans aux « forces françaises d’occupation ». Et là encore, c’est l’ennemi taliban qui apparaît le mieux préparé. Normal, voilà des années qu’il se rôde à l’exercice. Au point d’avoir élaboré une véritable machine de guerre à faire pâlir d’envie les communicants de l’OTAN et de l’armée française.  Très maîtrisée, la communication talibane s’appuie sur différentes structures éclatées, mais toutes coordonnées entre elles. Elle est une composante essentielle de leur stratégie d’action : rester invisibles entre deux combats, mais ne jamais se faire oublier. Pour toujours gagner « la bataille des cœurs et des esprits ». L’information en temps réel Aussi toute opération menée par chacune des brigades en Afghanistan fait-elle scrupuleusement l’objet d’une « main courante » : lieu et heure de l’action, armes utilisées par l’ennemi et les combattants, description du combat et bilan des victimes des deux côtés. Des éléments précieux qui sont ensuite transmis à la « Commission de la communication de l’Etat islamique d’Afghanistan - Taliban ». Chargé du traitement de l’actualité « chaude », cet organe est doté d’un porte-parolat bicéphale : Qari Mohammad Youssef Ahmadi, qui gère l’actualité du front pour la région ouest du pays, et Zabih Allah Moudjahid, pour la région est. Les communiqués qu’ils rédigent — très dépêches d’agence de presse — sont ensuite immédiatement mis en ligne sur le site internet du groupe ou sur les forums électroniques « amis » (pro-talibans et djihadistes) en pachtou et en arabe. Il permet à chaque brigade sur le territoire et, au-delà, à tout sympathisant, « mécène » ou future recrue, de se tenir informé en temps quasi réel. Les journalistes aussi, qui peuvent toujours contacter l’un ou l’autre des porte-paroles, lequel se fera un plaisir de démentir les bilans « mensongers » annoncés par l’ennemi : leurs numéros de téléphone fixe et portable, rappelés en bas de chaque communiqué, en ont fait des figures bien connues des correspondants de la presse régionale ou des chaînes satellitaires pan-arabes comme Al-Jazeera… A quand le voyage de presse ? En parallèle, le « Centre de communication de l’Emirat islamique » gère lui le « lourd ». Il rassemble la double fonction de maison d’édition et de société de production, marquées toutes deux du logo « Somood » (« Résistance »). Il publie ainsi tous les mois une revue électronique en version arabe et pachtou, qui traite de « l’actualité de l’ennemi », recense l’ensemble des opérations menées au cours du mois, analyse la situation du djihad dans le monde… Sans oublier d’interviewer à chaque fois un opérationnel sur ses conseils opérationnels et ses « retours d’expérience ». Un peu la version talibane des publications comme « Air actualités » ou « Terre magazine » produites par le SIRPA, le service d’information des armées françaises… Par exemple, le dernier numéro – n° 23, déjà ! - sorti en août dernier est titré « Les frappes intenses des moudjahidines font échouer la stratégie américaine ». Il revient longuement sur la visite du candidat Obama en Afghanistan, préconise « une nouvelle stratégie : concentrer les attaques contre les croisés renégats au cœur de leurs tanières ». Côté vidéo, une autre équipe récolte les rushes des moudjahidines cameramen « embedded » (embarqués) dans les brigades sur le terrain et en assure le montage ainsi que la post-production. Puis elle diffuse le film fini sur les forums et autres sites amis - mais aussi « ennemis », comme Dailymotion ou YouTube. Il ne reste plus aux Talibans que d’organiser des voyages de presse… Anne Giudicelli   mardi 9 septembre par        http://www.bakchich.info/article4932.html

7 Les Brèves Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 7-1 Deux enfants tués 'par erreur 'par des militaires canadiens en Afghanistan. Les enfants de M. Mohammed, une fillette de quatre ans et un petit garçon de deux ans, ont été abattus quand le véhicule dans lequel ils se trouvaient a omis de céder le passage à un convoi militaire canadien. Ruzi Mohammed affirme avoir été menacé pour avoir parlé avec des Canadiens de l'équipe provinciale de reconstruction, au sujet de l'indemnisation qu'il doit recevoir pour la perte de ses enfants, en juillet dernier.
M. Mohammed dit qu'il est maintenant au chômage et qu'il loue une petite maison à Kandahar pour l'équivalent de 80 $ US par mois. Frustré, l'homme de 31 ans affirme attendre avec anxiété son indemnisation.
«Karzaï a dit qu'il était désolé au nom des Canadiens, il m'a promis qu'il m'enverrait en pèlerinage et me fournirait une maison à Kandahar, mais j'attends toujours. Les Canadiens m'ont promis une compensation, mais je ne suis pas sûr du montant», a-t-il déclaré.
Informé du fait que le versement pourrait prendre quatre semaines, M. Mohammed soutient qu'il en a besoin maintenant. «Si les Canadiens ne m'aident pas maintenant, je suis forcé de rejoindre les talibans et de venger mes deux enfants innocents», a-t-il déclaré.
Un porte-parole des Forces canadiennes, le major Jay Janzen, a expliqué que le processus d'indemnisation est lent, mais que c'est pour la sécurité même de M. Mohammed. S'il fallait lui remettre une grosse somme en argent comptant, cela ferait de lui une cible de choix pour des voleurs, a-t-il souligné. Des responsables de l'équipe de reconstruction l'ont donc aidé à ouvrir un compte en banque, et le processus de dépôt des fonds est en cours, mais, en Afghanistan, ce genre de choses prend du temps.
Le major Janzen a précisé que l'armée ne divulgue pas les détails de l'indemnisation, par prudence.
Le processus n'est pas seulement financier, a-t-il ajouté. Rencontrer M. Mohammed est également une occasion d'exprimer des regrets pour ce qui est arrivé.
16-09
http://www.ledevoir.com/2008/09/16/205772.html
7-2 Manifestations en Europe contre la guerre en Afghanistan. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne contre la présence de troupes de ces pays en Afghanistan.
Selon la police allemande, les manifestants étaient 5.000 à Berlin et autant à Stuttgart à défiler à l’appel d’un collectif de 250 organisations pacifistes. Leur slogan : "Donnez une chance à la paix, les troupes hors d’Afghanistan".
"Il existe une autre stratégie de paix en Afghanistan qui n’implique pas l’armée, et cette stratégie doit être essayée", a plaidé Jens-Peter Steffen, l’un des organisateurs du rassemblement berlinois.
Quelque 3.300 soldats allemands sont actuellement stationnés en Afghanistan, pour la plupart dans le nord du pays où règne un calme précaire.
Dans le même temps, 2.000 personnes, selon la police, ont défilé à Paris pour réclamer le retrait des 2.600 militaires français déployés en Afghanistan.
"Troupes françaises hors d’Afghanistan", ont scandé les manifestants entre les places de
la République et de Clichy, à deux jours du débat à l’Assemblée nationale sur la prolongation de l’intervention des forces françaises dans ce pays, après l’embuscade qui a fait 10 morts dans leurs rangs le 18 août dernier.
A Manchester, dans le nord de l’Angleterre, où s’est ouvert samedi le congrès annuel du Parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown, plusieurs milliers de protestataires ont eux aussi dénoncé la présence de soldats britanniques au sein de
la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), la force de l’OTAN en Afghanistan.
Emmenés par la coalition "Stop the War" (arrêtez la guerre), les manifestants étaient au nombre de 5.000 selon les organisateurs, 2.500 selon la police. Parmi eux figuraient des membres de l’organisation des Familles de militaires contre la guerre.
"Nous sommes ici pour dire au gouvernement que nous voulons une politique étrangère qui s’appuie sur la paix et non sur la guerre", a souligné Kate Hudson, la présidente de l’ONG Campagne pour le désarmement nucléaire. "Nous voulons que nos troupes quittent l’Irak et l’Afghanistan et nous sommes atterrés à l’idée que la guerre gagne en ampleur."
19 septembre 2008. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4988
7-3 Les Etats-Unis pourraient envoyer jusqu'à trois brigades de combat supplémentaires en Afghanistan dès le printemps prochain. C'est ce qu'a affirmé Gates… M. Gates a indiqué au comité de la défense du Sénat qu'il ne pouvait pas s'engager à envoyer d'autres soldats en Afghanistan sans prolonger les séjours ou modifier les déploiement des soldats en sol afghan. Il a toutefois répondu au sénateur démocrate du Michigan, Carl Levin, que les troupes pourraient probablement être envoyées au printemps ou à l'été 2009. M. Levin s'était opposé à une déclaration du témoignage de M. Gates au Sénat, qui indiquait qu'il serait peut-être "possible" de faire ce qui doit être fait militairement en Afghanistan. M. Levin avait répliqué qu'il n'était pas suffisant de réaliser possiblement les objectifs fixés dans ce pays, qui a été relayé au second rang des priorités du gouvernement derrière l'Irak. Le secrétaire à la Défense a donc proposé un renforcement probable des effectifs militaires au printemps prochain. Gates a souligné que le prochain président américain devrait cependant réfléchir au nombre de soldats qu'il pourra envoyer en Afghanistan, puisque la population y est réticente à accueillir les forces armées étrangères. Les ratés militaires en Afghanistan ont souvent été déplorés par les commandants US en sol afghan.   28-09  
7-4 Les drones ne font pas de miracles. Les Américains et les forces de la coalition utilisent de petits avions téléguidés pour surveiller et parfois bombarder les talibans. Cet été [le 13 juin dernier], quand les talibans ont libéré plus de 750 détenus de la prison de Kandahar, dans une opération commando des plus spectaculaires, la réaction de l’OTAN a été immédiate mais invisible. Pendant que les prisonniers s’évadaient dans la nuit, les commandants ont fait décoller tous les drones disponibles. Pendant toute la nuit et une partie de la matinée suivante, une flotte de drones Predator a sillonné le ciel au-dessus de Kandahar, la deuxième ville d’Afghanistan, afin de savoir où se dirigeaient les fugitifs. Un certain nombre d’entre eux se sont rendus directement dans la vallée de l’Arghandab, aux portes de Kandahar, où ils ont eu maille à partir avec les soldats de l’OTAN, mais la plupart des 400 talibans qui se trouvaient parmi les évadés ont préféré partir vers l’est pour se réfugier au Pakistan et se mettre hors de portée des forces internationales.  Nul n’ignore que des drones ­Predator armés de la CIA effectuent régulièrement des missions au Pakistan contre les chefs du réseau Al-Qaida. Islamabad soutient qu’il n’a jamais autorisé des soldats américains à fouler le sol pakistanais, mais de hauts responsables de l’OTAN assurent que les drones pénètrent l’espace aérien du Pakistan avec le consentement tacite – bien que souvent contraint – des autorités pakistanaises.  Les missions des drones américains présentent un risque politique mineur : s’ils s’écrasent – ce qui est déjà arrivé –, il n’y a pas de corps à rapatrier. Les forces de l’OTAN, pour qui les drones sont un “œil qui voit tout”, font aussi appel à eux pour la quasi-totalité de leurs opérations d’envergure. D’après un officier supérieur anglais appartenant à un régiment aéroporté, il ne fait aucun doute qu’ils ont épargné des vies humaines au sein des unités britanniques. “Ils sont si efficaces ! dit-il. C’est la première chose que nous réclamons quand nous planifions une opération. Le gros avantage, c’est qu’ils nous aident au niveau tactique le plus élémentaire. Ils recueillent des informations qui nous permettent de prendre des décisions.” Au cours d’une mission dans la province de Helmand [dans le sud-ouest de l’Afghanistan], des drones ont permis de localiser une fabrique de bombes en repérant des individus dissimulés derrière des arbres, ce qui a conduit les soldats à retourner dans un endroit qu’ils avaient déjà fouillé.  Mais les informations transmises ne sont pas toujours absolument sûres. Rappel : mort de 89 civils qui ont été victimes des frappes aériennes à Herat, le 22 août. Ce sont sans aucun doute des informations fournies par un drone qui surveillait un chef qui ont servi à justifier les bombardements. Il est également possible que ce soit un drone qui ait réalisé ensuite l’“évaluation complète des dommages causés par l’opération” dont il ressortait, selon les autorités américaines, que tous les morts étaient des insurgés(…) . Le président Karzai ayant contesté cette version, c’est à contrecœur que les Américains ont lancé une enquête. Ps : Fait plus parlant encore, trois mois après la grande évasion, aucun des fugitifs de la prison de Kandahar n’a été capturé... Jerome Starkey The Independent 04-09 http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=88928
7-5 "Il y a une approche globale, une stratégie globale"…. La stratégie mise en oeuvre en Afghanistan, où les résistants se montrent de plus en plus actifs, fait l'objet d'une réflexion approfondie, a déclaré le secrétaire américain à la guerre Gates. "Nous étudions cela de près et j'ignore s'il en résultera des changements importants de stratégie ou seulement des ajustements", a-t-il déclaré, s'adressant jeudi à la presse au cours d'une visite à Londres. "Il y a une approche globale, une stratégie globale, mais on l'ajuste continuellement aux circonstances. "Nous l'avons fait en Irak où nous avons opéré un changement de stratégie et nous allons continuer à étudier la situation en Afghanistan", a poursuivi Gates. A Washington, un haut fonctionnaire interrogé par Reuters a indiqué que la département d'Etat avait entamé sa propre révision de la stratégie mise en oeuvre contre les Taliban. "Nous allons voir de quels moyens supplémentaires nous avons besoin, si besoin il y a, et comment sont utilisés les moyens existants. "Je ne m'attends pas à ce que cela dure longtemps. Ce ne sera pas une révision de plusieurs mois", a-t-il poursuivi, précisant qu'elle avait été entamée il y a quelques semaines. La semaine dernière, l'amiral Mike Mullen, chef d'état-major de l'armée américaine, a concédé devant la commission des Forces armées de la Chambre des représentants que les forces étrangères n'étaient pas en train de gagner en Afghanistan et a prôné un changement de stratégie (combattre l'insurrection jusqu'au Pakistan.)  (Reuters)
7-6 Harper accepte qu'on publie les coûts de la mission en Afghanistan. Après avoir subi les pressions des trois autres chefs, le leader conservateur Stephen Harper accepte qu'on publie ce mois-ci les coûts de la mission militaire canadienne en Afghanistan. Un officier du Parlement a estimé le coût total de cette opération et son rapport attend à Ottawa que les quatre partis qui siègent à la Chambre des communes permettent sa publication. Cette permission est maintenant donnée par tous.  Cherchant à adoucir l'impact que risque fort d'avoir cette information en pleine campagne électorale, M. Harper a souligné, au cours de son point de presse quotidien, que la mission en Afghanistan coûte très cher et qu'il faut dépenser beaucoup pour bien équiper les militaires que le Canada envoie là-bas. 19/7 La Presse Canadienne
7-7 Les États-Unis voudraient une Europe plus militaire. Le secrétaire à la guerre Gâtes, a prévenu vendredi (19 septembre) l'Europe qu'elle s'était avancée trop loin dans son processus de démilitarisation, l'appelant à reconstituer sa défense dans une période d'incertitude sur les intentions de la Russie.  Après avoir assisté à une réunion informelle des ministres de la défense de l'Otan, Gâtes a plaidé, dans un discours délivré au palais de Blenheim, au Royaume-Uni, pour un mélange de détermination et de modération dans les relations avec la Russie. "L'un des triomphes du siècle dernier a été la pacification de l'Europe après des siècles de guerres ruineuses et sanglantes", a-t-il déclaré devant un parterre d'experts en politique étrangère. "Mais je pense que nous avons atteint un point d'inflexion, la plus grande partie du continent étant allée trop loin dans l'autre direction", a-t-il ajouté. "La faiblesse, réelle ou perçue, est toujours une source de tentation pour les mauvais calculs et les agressions", a-t-il estimé.   Gâtes a également remarqué que seulement cinq des 26 membres de l'Otan consacraient 2 % de leur PIB à la défense. Selon lui, les Occidentaux doivent, prudemment, s'efforcer de "modeler l'environnement international et les choix des autres puissances", pour éviter une situation dans laquelle ne subsistent que deux choix, "la confrontation ou la capitulation". Cela s'applique à la Russie , mais aussi à l'Iran, a-t-il précisé. 26/09/08 09h29 Vu en passant dans le journal gratuit '7 Dimanche', mais je trouve pas de confirmation ailleurs?
7-8 Guantanamo : Les Brèves 1 Un documentaire choc sur les dessous des tortures réalisées à Guantanmo et qui ont provoqué un vrai scandale en 2003. Extrait : « C’était un vrai foutoir. Tu dois te considérer mort. Si tu en reviens, t’es un putain de veinard. » Nous sommes en octobre 2003. Les Américains occupent un Bagdad en plein chaos. La générale Karpinski est en charge de la prison d’Abou Grahib, une des plus sinistres geôles de Saddam Hussein, quelque chose comme l’enfer sur terre. Fin 2003, l’obsession des Américains est de retrouver Saddam et l’on enferme dans la prison tous les Irakiens susceptibles de fournir des informations. La prison est très vite surpeuplée, attaquée au mortier tous les jours et des matons irakiens fournissent parfois des armes aux prisonniers. Les G.I. et les gardiens américains sont sur les dents. Avec l’arrivée du général Miller et d’officiers du renseignement (« les Tigres de Guantanamo »), tout change. « Il faut guantanamiser les opérations. » Des gardes sont donc chargés d’humilier les prisonniers, de les mettre « en condition de stress » avant les interrogatoires, comme il est précisé clairement dans mémorandum du Pentagone du 27 novembre 2002, contresigné par Donald Rumsfeld. C’est ainsi qu’une bande d’hommes et de femmes vont se prendre en photos en train de tenir des prisonniers en laisse, des Irakiens morts de peur, implorants, attaqués par des chiens, obligés de se masturber, menottés nus, avec une culotte de femme sur la tête, empilés nus les uns sur les autres… A ces « techniques de contre-résistance », autorisées par le Pentagone, donc, on ajoute de petits bonus, notamment de la musique à fond, 24 heures sur 24, dans la prison. Les Irakiens supportaient le rap, Metallica, « mais quand je leur passais de la country, ils imploraient : Par Allah, arrêtez ! »

que les bourreaux n’avaient pas d’humour ?

18 septembre 2008

Posté par terouga à : http://www.bakchich.info/article4937.html


8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Point de vue de Barbarus : Nous sommes tous des talibans. Nous venons de célébrer le 7e anniversaire de l’événement qui a changé la face du monde, de l’eau a coulé sous les ponts, des morts et du sang s’y joignant, et nous nous sommes pris plusieurs claques qui auraient dû nous faire sortir de l’émotion plus massivement. J’aurais dû me méfier de l’empressement avec lequel on nous martelait que le monde avait changé.
De l’art de la rumeur   Le 17 novembre 2001, Laura Bush déclarait : "Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les doigts qui ont des ongles vernis". Un argument émotionnel et sans aucun fondement. Cherie Blair reprenait dès le lendemain, en bon vassal, "En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés". En 2008, c’est Sarkozy qui reprend la rumeur pour justifier la présence française en Afghanistan[2]. Rien n’a permis à ce jour de prouver que cette pratique existe. Cette justification par le sous-développement vaut une disqualification immédiate. Des sous-hommes méritent-ils que l’on s’attarde à compter leurs morts ? C’est bien ce que pense le général américain Tommy Franks qui déclarait en 2003 « nous ne comptons pas les morts »[3]. Il y aurait d’un côté les assassins, les terroristes, l’axe du mal. Des gens qui égorgent et qui méprisent la femme, pensez donc ces gens ne sont pas comme nous. On peut donc les tuer. Curieux retour du même. La pax romana désignait les marges de l’Empire et ce qui lui était étranger comme barbare. C’est d’ailleurs sa définition : étranger, inculte, grossier, qui choque le (bon) goût. Les barbares venaient des sombres forêts de Germanie, ils avaient des coutumes dégoûtantes comme la fête des Sorcières ou la tarte à la mirabelle. Se peindre en bleu et attaquer en ordre dispersé, sans discipline apparente… Répugnant. Inférieur. La pax americana y fait écho. On ne crie plus barbare, on crie taliban, terroriste. Quitte à propager des rumeurs fausses sur des pratiques culturelles qui n’ont jamais existé.
Le limes romain, une frontière de plus de 9 000 kilomètres, était maintenu pour contenir les barbares hors de l’empire. Les murs qui s’érigent le long de la frontière entre le sud des Etats-Unis et le Mexique, ou celui d’Israël pour contenir les Palestiniens donne un troublant sentiment de déjà-vu. De ses frontières à sa périphérie, l’Empire contre-attaque.
Le 11-Septembre est devenu une date bien commode   Le 11-Septembre est la pierre angulaire des occupations d’Irak et d’Afghanistan et, de manière générale, de toutes les actions impérialistes des Etats-Unis et de leurs vassaux européens. Hier encore, le chef des Armées y faisait référence pour affirmer que la France doit appuyer les Etats-Unis en Afghanistan. Pas un officiel qui ne justifie notre présence là-bas par le barbarisme des talibans ou le 11-Septembre. La répétition devient pour le moins troublante. Mais quel rapport y a-t-il entre notre occupation militaire de ce pays lointain et le 11-Septembre ? C’est une vraie interrogation à laquelle je ne trouve toujours aucune réponse. Peut-être parce qu’on préfère m’abreuver d’imbécillités sur des doigts coupés et du vernis à ongle au lieu de me présenter des faits. Pour éviter toute attaque aboutissant au point Godwin[4], je dois dire ici que je ne soutiens pas la théorie du complot. Par contre, je me pose de sérieuses questions sur l’utilisation qui est faite du 11-Septembre.  Je souligne et j’appuie : l’utilisation de l’événement, pas la remise en cause des faits. Un événement qui donne le droit d’occupation de pays souverains, et le droit de vie ou de mort sur des centaines de milliers de civils dans le monde, mérite certainement qu’on puisse poser des questions sur la version officielle. Beaucoup de questions donc, et peu de réponses hormis les habituels quolibets de la docte intelligentsia médiatique à la moindre voix qui s’élève. Merci David Lynch de poser la question[5]. Poser des questions n’est pas obscurantiste, n’est-ce pas ? Taser et démocratie font bon ménage   Les Etats-Unis sont-ils encore une démocratie ? L’utilisation du taser à la moindre question qui dérange peut permettre d’en douter.[6] Les Etats-Unis l’ont affirmé ouvertement[7], ils veulent être les gendarmes du monde. Les frappes préemptives, attaquer à l’autre bout du monde pour protéger sa sécurité intérieure, c’est un mythe qui tient toujours. En quoi sommes-nous protégés, et de quoi ? Je ne comprends toujours pas… En tant qu’honnête citoyen j’exige des explications un peu plus poussées que l’éternelle chansonnette sur le terrorisme. Ravages sans visages Des explications aussi sur les dégâts collatéraux. Au nom de quoi aurions-nous le droit de fermer les yeux sur les 30 000 civils tués en Afghanistan ? Mais c’est simple, ma bonne dame, ils n’ont pas de visage, ils ne passent pas bien à l’image. Une foule d’innocents anonymes, tués par un violent euphémisme, le dommage collatéral. 30 000 civils parmi lesquels des femmes, des enfants, des hommes qui n’ont jamais pris les armes. 30 000 talibans ? Si ceux-là étaient talibans, alors nous sommes tous des talibans. Et nous devons parler et questionner les responsables pour que le compte macabre cesse d’augmenter jour après jour. Non ce n’est pas aussi photogénique qu’une scène hollywoodienne mettant en scène un crash d’avions de ligne sur deux tours, avec vraies morts de vrais civils à l’appui. Mais il y a le même mépris pour la vie dans ces deux événements. En Irak, 87 000 civils sont morts[8], et c’est la fourchette basse. Et de ressortir ce bon vieux 11-Septembre, l’essentiel et l’inattaquable qui justifie tout, le nouveau tabou orwellien qui nous fait raser les murs en chuchotant, le nouveau dogme du nouvel ordre mondial. Un gouvernement américain peut-il être assez cynique pour mentir à son peuple souverain ? « We, the people of America » dit la Constitution pour légitimer tous les faits et gestes des élites américaines. « Not in our names  » répondaient les manifestations de cette partie du peuple américain qui n’était pas intoxiquée. Il suffit de lire Une histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn pour comprendre. Barbarus lundi 22 septembre 2008

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 –Fin- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

n°208- journal de l'Afghanistan- du 15-09 au 29-09 –Fin- : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

journal de l'Afghanistan ––Fin- -                                  

n° 208 du 16-09 au 29-09                   

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                                   –Fin- 

8 Dossiers                      –Fin- 

8-2 Point de vue de James Petras : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.

8-3 Point de vue de Jean-Marc Desanti : La CIA trafique, les soldats trinquent.

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

9-1 Retrait des troupes d'Afghanistan !

9-2 France : Débat sur l’Afghanistan, entre raisons officielles et motifs cachés de la présence de l’Otan.

9-3 Plus d'hélicoptères, des drones: la France envoie des moyens supplémentaires.

9-4 Neuf soldats français blessés dans un accrochage...



8 Dossiers     Fin                

8-2 Point de vue de James Petras : Les Maîtres de la défaite : un Empire en déconfiture, au milieu des fracas belliqueux.
« Washington en est réduit à regarder d’autres puissances modifier le réel » Où que l’on porte son regard, la politique impériale des Etats-Unis subit des défaites militaires et diplomatiques de grande ampleur. Avec le soutien du Congrès Démocrate des Etats-Unis, la poursuite par une Maison-Blanche républicaine d’une approche militaire du meccano de l’Empire a conduit à un déclin d’ampleur mondiale de l’influence américaine, au réalignement d’anciens régimes-clients sur des adversaires de l’Empire (américain), à l’émergence d’hégémons concurrents et à la perte de sources vitales de matières premières stratégiques. Les défaites et les pertes n’ont (pourtant) en rien douché l’enthousiasme des stratèges, ni mis un terme à une frénésie d’édification d’un empire.  Au contraire : tant la Maison-Blanche que les membres actuels du Congrès ont adopté un durcissement des positions militaires, réitéré un style agressif de politique et une dépendance accrue vis-à-vis de l’outremer, ainsi qu’une posture belliqueuse visant à distraire le peuple américaine de la dégradation de ses conditions de vie. Tandis que le coût économique et politique d’entretien de l’Empire ne fait que s’accroître, tandis que le gouvernement fédéral alloue des centaines de milliards de dollars à un secteur financier mité par les crises et opère des coupes de plusieurs dizaines de milliards dans les taxes sur les profits des entreprises, afin d’essayer d’éviter les faillites et la récession, c’est l’ensemble du fardeau économique qui est supporté par les salariés, sous la forme d’un niveau de vie déclinant, tandis que douze millions d’ouvriers immigrés sont en butte à une sauvage répression de l’Etat. Les échecs outre-mer et les crises à l’intérieur, toutefois, n’ont abouti à l’apparition d’aucune alternative progressiste : les bénéficiaires en sont les concurrents des Etats-Unis, outre-océan, et l’élite américaine. Dans une large mesure, là où des majorités de l’opinion publique ont exprimé un désir (voire, ont réclamé à cor et à cris) des alternatives progressistes, elles ont été rembarrées par des représentants politiques liés à des idéologues militaristes et aux élites entrepreneuriales. Paradoxalement, les défaites et le déclin du meccano d’empire américain sous emprise militaire se sont accompagnés du reflux des mouvements anti-guerre en Amérique du Nord et en Europe occidentale, ainsi que du déclin vertigineux des partis et des régimes politiques opposés à l’impérialisme US dans les capitales de tous les pays capitalistes avancés. Autrement dit, les défaites subies par l’Empire états-unien n’ont pas été produites par la gauche occidentale, et elles n’ont par conséquent produit aucun « dividende de la paix », ni même des conditions de vie améliorées, pour les classes laborieuses ou pour les paysans. Pour autant qu’elles aient bénéficié à quelqu’un, c’est essentiellement à des pays aspirant depuis peu à l’impérialisme économique, comme la Chine , la Russie ou l’Inde, ou encore à de riches pays pétroliers du Moyen-Orient, mais surtout parmi à un vaste ensemble de pays exportateurs de ressources agro-minérales, comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Iran, qui se sont taillé de confortables « niches » économiques dans leurs régions respectives. La croissance et l’expansion outre-mer des nouveaux pays bâtisseurs d’empire(s) économique(s), ainsi que leurs classes dirigeantes agro-minéralo-financières (à la possible exception du Venezuela) ont grandement bénéficié à une minuscule élite ne comprenant jamais plus d’un cinquième de leur population générale. Le déclin relatif de l’impérialisme militaire états-unien et l’ascension de nouvelles puissances impérialistes économiques ont redistribué la richesse et les parts de marché entre pays, mais non pas entre classes, au sein des puissances montantes. Si ce sont les spéculateurs militaristes-sionistes-financiers qui dirigent l’Empire américain, c’est, en revanche, les industriels nouveaux milliardaires, les spéculateurs de l’immobilier et les exportateurs de matières premières agro-minérales qui dirigent les nouveaux empires économiques en cours d’émergence.  Relevons un deuxième paradoxe dans le fait que les forces politiques qui sont en train de dézinguer l’empire américain militaro-centré ne sont pas les mêmes que celles qui bénéficient de la guerre… Si les résistances irakienne et afghane ayant imposé un coût s’élevant au minimum à trois milliards de dollars au Trésor américain et cloué au sol plus de deux millions de militaires américains en rotation dans ces contrées durant les six années écoulées, ce sont les Chinois, les Indiens, les Russes, les Européens, les classes dirigeantes et financières du pétrole du Golfe qui ont récolté les bénéfices d’énormes dépenses américaines improductives. Si les nouveaux bénéficiaires sur le plan économique sont, dans une large mesure, laïcs, impérialistes et élitistes, les forces politico-militaires qui sont en train de saper et de battre l’Empire militaire américain sont des forces religieuses (islamiques), nationalistes et fondées sur l’adhésion des masses.  Les défaites actuelles du meccano de l’Empire militaire américain ne sont pas le produit de mouvements occidentaux, laïcs, de gauche, de masse. Elles ne se traduisent pas non plus dans une société progressiste ou égalitaire. Non : en lieu et place, nous assistons à des inégalités économiques criantes se développant à très grande vitesse, dictées par des classes dirigeantes qui font la promo de leurs propres versions « nationales » des stratégies néolibérales à base de liberté des marchés et de stratégies maximisant les profits, à travers l’exploitation économique du travail, de l’extraction jusqu’à l’épuisement des ressources naturelles et du pillage de l’environnement. Tant que les mouvements de masses, les intellectuels et les militants de l’Occident ne se départiront pas de leur passivité et de leur allégeance aveugle vis-à-vis des plus grands partis politiques existants, la défaite du militarisme US restera un fardeau coûteux, assumé par les masses du Tiers-Monde, tandis que les bénéfices afflueront vers les nouveaux impérialistes économiques nouveaux milliardaires, en pleine expansion. James Petras   25 août


8-3 Point de vue de Jean-Marc Desanti : La CIA trafique, les soldats trinquent. Après le 11 septembre 2001, Chirac et Jospin jugèrent qu’il était nécessaire d’intervenir aux cotés des USA en Afghanistan. Cette décision fut prise sous le coup de l’émotion provoquée par les attentats de New York et Washington. Une entrée en conflit peut se concevoir. Un transfert de troupes très loin du territoire national peut s’envisager mais il faut, non seulement, dans un état démocratique, avoir établi publiquement « les raisons » qui déterminent ces actions, mais aussi les rendre toujours plus transparentes pour les soumettre à la critique publique et garantir le droit d’investigation de chaque citoyen. Or, aujourd’hui en France, si un quidam quelconque s’inquiète de la cohérence ou de l’incohérence du déroulement des événements du 11/9, il devient immédiatement suspect de révisionnisme ou pire de négationnisme… Il s’agit pourtant de la vie et de la mort de nos soldats mais aussi de la légalité d’un acte peu banal aux conséquences tragiques pour « les indigènes » : une guerre.
Concernant le 11/9 les grands esprits médiatiques de notre temps de BHL à PPDA en passant par Arditi ont établi une vérité religieuse, un dogme, un tabou : on ne cherche pas, on ne discute pas, on ne s’interroge pas sur « la vérité » assénée par l’État américain.
Les mêmes inconditionnels de l’État US s’étaient transformés en procureurs affirmant, durant la campagne d’attentats en Russie de 2003-2004 menée par les séparatistes tchétchènes, que c’étaient évidemment, sans contestation possible des agents du FSB qui en étaient les auteurs … Dans ce bas monde où l’enfer de Dante règne il ne faut s’étonner de rien mais leurs arguments étaient, pour le moins, péremptoires. Simplement, il s’agissait de la Russie et nous le savons, les russes sont des barbares. Pas l’État américain.
Racisme, superbe idiotie, haine maladive de l’éternelle Russie Orthodoxe.
Et pourtant ce sont ces mêmes russes qui les premiers ont mené une longue guerre qui a, plus sûrement, provoqué la fin de l’URSS que la chute du mur de Berlin.
Mais qui donc s’opposait aux russes en soutenant « les chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot, avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes transiter par ses frontières sous la direction d’un certain Ben Laden ?
L’État américain et leur si douce CIA.
Du passé croit-on ?
Non. Aujourd’hui, les USA et leur agence de « renseignement » sont toujours alliés aux « chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes et des produits chimiques « made in Pakistan » (pour transformer la jolie fleur en cocaïne) transiter par ses frontières sous la direction d’un certain … Michel Chossudovsky, professeur en économie politique à l’université d’Ottawa note : « L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre est justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA , à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue. En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.
Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.
Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans. »
Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région. Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne. L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA , avec l’assistance de la politique étrangère américaine.
Comme il a été révélé par les scandales Iran Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moudjahiddines avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue.
L’hebdomadaire Time révélait en 1991 que « parce que les États-Unis voulaient fournir aux rebelles moudjahiddines en Afghanistan des missiles Stinger et d’autres équipements militaires, ils avaient besoin de l’entière coopération du Pakistan. » À partir du milieu des années 1980, la présence de la CIA à Islamabad était une des plus importantes dans le monde. Un officier du renseignement américain avait confié au Time que les États-Unis fermaient alors volontairement les yeux sur le trafic de l’héroïne en Afghanistan.
L’étude d’Alfred McCoy confirme qu’en l’espace de deux ans après le déclenchement des opérations clandestines de la CIA en Afghanistan, en 1979, « les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan devinrent la première source mondiale d’héroïne, fournissant 60 % de la demande américaine. »
Selon McCoy, ce trafic de drogue était contrôlé en sous-main par la CIA. Au fur et à mesure que les moudjahiddines gagnaient du terrain en Afghanistan, ils ordonnaient aux paysans de planter de l’opium comme une taxe révolutionnaire. À cette époque, les autorités américaines refusèrent d’enquêter sur plusieurs cas de trafic de drogue par leurs alliés afghans. En 1995, l’ancien directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifié la guerre contre la drogue à la Guerre froide.
Le recyclage de l’argent de la drogue par la CIA était utilisé pour financer les insurrections post-Guerre froide en Asie centrale et dans les Balkans, y compris Al QBCCIaeda.
Les revenus générés par le trafic de la drogue afghane commandité par la CIA sont considérables. Le commerce afghan des opiacés constitue une grande part des revenus annuels à l’échelle mondiale des narcotiques, estimés par les Nations unies à un montant de l’ordre de 400 ou 500 milliards. Au moment où ces chiffres de l’ONU furent rendus publics (1994), le commerce mondial estimé de la drogue était dans le même ordre de grosseur que celui du pétrole.
Selon des chiffres de 2003 publiés par The Independent, le trafic de la drogue constitue le troisième commerce le plus important en argent après le pétrole et la vente d’armes.
Il existe de puissants intérêts commerciaux et financiers derrière la drogue. De ce point de vue, le contrôle géopolitique et militaire des routes de la drogue est aussi stratégique que celui du pétrole et des oléoducs.
Cependant, ce qui distingue la drogue des commerces légaux est que les narcotiques constituent une source majeure de richesses non seulement pour le crime organisé, mais aussi pour l’appareil de renseignement américain, qui constitue de plus en plus un acteur puissant dans les sphères bancaires et de la finance.
En d’autres mots, les agences de renseignements et de puissants groupes d’affaires alliés au crime organisé se livrent une concurrence pour le contrôle stratégique des routes de l’héroïne. Les revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars provenant du commerce de la drogue sont déposés dans le système bancaire occidental.
Ce commerce peut seulement prospérer si les principaux acteurs impliqués dans la drogue ont des « amis politiques aux plus hauts niveaux ». Les entreprises légales et illégales sont de plus en plus imbriquées, la ligne de démarcation entre « gens d’affaires » et criminels est de plus en plus floue. En retour, les relations entre les criminels, les politiciens et des acteurs du milieu du renseignement ont teinté les structures de l’État et le rôle de ses institutions.
L’économie de la drogue en Afghanistan est « protégée ». Le commerce de l’héroïne faisait partie des plans de guerre. Ce que cette guerre aura accompli, c’est le rétablissement d’un narco-régime dirigé par un gouvernement fantoche soutenu par des États-Unis. ».
Les quelques courageux musulmans de la brigade des stupéfiants de Kaboul, Kandahar ou Jalalabad se font assassinés un à un et la drogue inonde la Russie et l’Occident via Islamabad.
Tout va bien, les trafiquants trafiquent et réinvestissent déjà l’argent sale dans des centres commerciaux mirifiques du nouveau Kaboul, des innocents hommes, femmes et enfants meurent, de jeunes soldats idéalistes bernés, américains ou européens reviennent dans des sacs poubelle…
Ben Laden ? Il s’est rasé la barbe, porte une boucle d’oreille et vend des hamburgers sur les plages californiennes.
Il a pu sauter en parachute de l’avion qui ne s’est jamais écrasé sur le Pentagone.
Jean-Marc DESANTI Publié 21 septembre 2008 http://mecanopolis.wordpress.com/

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 9-1 Retrait des troupes d'Afghanistan !
Rassemblement Samedi 20 septembre
Lille, 14h30 place de la République
A l'appel du collectif d'organisations dont le PCF, la FSU , le MRAP, le CSP59, le Collectif Afrique, la LDH , la Coordination Communiste , le MJCF, le NPA, l'UEC, le Mouvement de la Paix , l'UJFP, les Alternatifs.

Quelques semaines après l'arrivée des nouvelles troupes françaises déployées en Afghanistan sur des objectifs militaires, dix soldats français sont tombés et d'autres sont blessés.
A mesure que les combats s'amplifient, les ‘bavures’ se multiplient : les opérations et les bombardements de l'OTAN causent de centaines de victimes civiles, aggravant chaque jour le ressentiment des populations. Le bilan de l'occupation militaire décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée aujourd'hui par l'Otan est dramatique. Le pays s'enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère et du trafic de drogue. L'insécurité s'est développée. La brutalité de l'occupation, les
multiples « bavures » renforcent les taliban. Les aides internationales promises, quand elles se concrétisent, ne parviennent que rarement aux populations et participent à la corruption généralisée, tandis que d'énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction. Et Sarkozy vient de décider l'envoi de nouveaux renforts.
Il est clair que l'occupation de l'Afghanistan par les troupes de l'OTAN ne vise pas la défense de la démocratie ou du droit des femmes. Elle est au service des visées impérialistes des grandes puissances, à l'opposé de ce qui permettrait une politique internationale fondée sur la solidarité, la
coopération des peuples et le respect des droits du peuple afghan.
En s'alignant sur la politique des USA, Sarkozy se fait leur auxiliaire pour faire de l'Union européenne un simple « pilier européen » de l'Otan, source de tensions et de conflits, de guerres comme en Georgie au prix de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux.
Il n'y a que la mobilisation de tous qui peut mettre fin aux aventures militaires contre les peuples, pour la domination des multinationales et des fonds d'investissement.
[assawra
9-2 France : Débat sur l’Afghanistan, entre raisons officielles et motifs cachés de la présence de l’Otan. Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’idée de l’auteur mais doit être vu comme informationLe 22 septembre, s’ouvrira la session extraordinaire au Parlement avec en hors-d’œuvre carrément le plat de résistance, le débat sur l’engagement des troupes françaises dans la coalition de l’Otan en Afghanistan. Aucun vote n’était initialement prévu à l’issue de ces discussions. Mais le 19 août, un communiqué de l’Elysée annonce la mort de 10 de nos soldats. Le 22 août, un communiqué de Matignon annonce que les Présidents des deux Chambres seront invités à faire suivre les débats par un vote, conformément à l’article 35 de la Constitution récemment modifiée à Versailles. Le 22 août, c’est aussi le jour où fut annoncé la mort de 90 civils afghans suite à une bavure américaine. Le chiffre a depuis été contesté mais pas l’événement. Que peut-on espérer de ce débat au Parlement ? D’éventuelles raisons cachées seront-elles discutées ? Le sujet est hautement sensible d’autant plus que la moitié des Français douteraient du bien-fondé de l’envoi de nos troupes dans ce conflit les causes et les développements sont pour le moins alambiqués. Premiers mots de Nicolas Sarkozy après l’annonce des 10 morts au combat ; la France est plus que jamais déterminée à combattre le terrorisme dans le monde et défendre nos valeurs. Que penser de ce propos ? Un type facétieux désirant franchir le point Godwin répondrait la chose suivante. Terroristes ? C’est ainsi que les Allemands désignaient les Résistants qui prenaient quelques soldats nazis en embuscade ou bien faisaient dérailler les trains. Alors ces Talibans, n’auraient-ils pas le droit d’être considérés comme des résistants face à l’occupation d’Américains qui ont installé des bases sous l’égide du Président Karzaï ? Avec un gouvernement à Kaboul bien plus contesté par les Afghans que ne fut celui de Vichy par l’ensemble des Français. Selon un observateur averti (voir plus bas), les Patchouns, principale composante de la population afghane, sont pour la plupart neutres et attendent le résultat final du conflit. Et quelques-uns soutiennent les Talibans. On est assez loin de la version officielle construite pour servir la propagande occidentale et d’ailleurs, le facteur le plus déterminant, c’est la pauvreté ; à se demander ce qui aurait pu être réalisé avec l’argent dépensé dans la guerre. En plus, les bavures des armées d’occupations font basculer peu à peu l’opinion si bien que les pays de l’Otan sont devenus indésirables. Mais restons raisonnables. La cause des Talibans est strictement indéfendable. Leur vision intégriste et coraniquement pure de la société est inacceptable. Mais ce n’est pas pour autant que l’intervention de l’Otan reste justifiée en 2008. Certes, l’Alliance du Nord et les Américains ont fait plier en 2001 un régime totalitaire peu soucieux du respect des femmes, des enfants, des gens. Mais si on devait intervenir dans toutes les situations équivalentes, alors il faudrait envahir le Soudan, la Birmanie , la Corée du Nord et une bonne dizaine de pays sur la planète, au nom de la démocratie. Bref, en réfléchissant, on ne peut que mettre en doute la légitimité du maintient des forces de l’Otan dans cette contrée qui de plus, relève d’une autre zone d’influence ; et dont la sécurité devrait être gérée par une autre instance transnationale. Nous y reviendrons sans doute.  A noter un élément contextuel. Dans les années 1950, pendant la guerre d’Algérie, la présence d’intérêts et autres crispations idéologiques ont pesé indéniablement sur la sérénité requise pour un examen honnête de la situation. Avec d’un côté les nostalgiques du colonialisme plutôt ancrés dans l’extrême droite et de l’autre, un PC qui, bien qu’il eut raison dans cette affaire, trouvait matière à se mettre en vue dans le champ politique. En 2008, il y a tout lieu de craindre une perturbation des débats. Avec les ralliés à l’atlantisme ou du moins, à la doctrine Bush sur l’axe du mal. Et à l’opposé, les anti-américains primaires, souvent à court d’analyse, et idéologiquement inversés, autrement dit, voyant dans l’Amérique un empire du mal. Cette situation n’est pas propice à un éclaircissement des débats, d’autant plus que l’enjeu et les ressorts sont complexes, dépassant du reste les intérêts de ce petit pays qu’est la France. Rien de commun avec la question de l’Algérie en 1960. Certes, il y eut des morts en pagaille mais une solution de sortie de conflit fut trouvée. Ce qui n’est pas le cas pour l’Afghanistan.  En l’état actuel de la situation, nous sommes, en le disant poliment, dans un bourbier. Les Afghans ont une tradition guerrière bien affirmée. Ils ont eu raison des 200 000 soldats soviétiques, comme ils tiennent tête aux 70 000 hommes de la coalition de l’Otan. Les Talibans sont déterminés et ce conflit paraît interminable. Qui peut croire à un retrait à court ou moyen terme et à une « afghanisation », selon les termes de Rama Yade, d’une entité souveraine capable de maintenir l’ordre ? Les fantassins de Karzaï risquent bien d’être balayés par des forces talibanes dont la puissance se renforce parce que les forces de l’Otan sont présentes. Bourbier, cercle vicieux. Ce qui se dessine, c’est une pérennisation de la présence occidentale pendant des décennies. Avec des bases américaines définitives ( ! ) Ce n’est pas ce qui était prévu. N’il y a-t-il pas une autre sortie de conflit ? Ainsi qu’un débat sur la légitimité de cette présence occidentale dont le motif officiel est la lutte contre le terrorisme. Jusqu’à preuve du contraire, les combattants afghans contre l’Otan n’ont pas été impliqués dans des actions de ce type. Nous sommes dans le cadre d’une guerre préventive. Principe de précaution, peurs diffuses, justifiées ou non, soupçons généralisé, fichage, sécurité, la guerre préventive fait partie du nouvel esprit occidental appliqué à la géopolitique ou aux affaires intérieures. On ne sera pas étonné de voir notre Président justifier sans hésitation l’envoi et le maintien de nos troupes. Mais ne peut-on déceler des motifs cachés ?  Alors, le débat aura-t-il lieu ? On peut craindre que non. Les Parlementaires ont la liberté d’entendre les intervenants selon leur souhait. Quand on préjuge d’une décision, on préfère ne pas entendre les dissonances, comme dans le cas d’Edvige où seule la Ministre de la Défense sera auditionnée mais pas les citoyens et les représentants de la société vive et civile ! La situation en Afghanistan est plus que préoccupante. Les propos de Rama Yade, Ministre du tourisme humanitaire, sur la moitié du chemin parcouru, sont pour le dire ouvertement, des inepties ! Mieux vaut s’en remettre à un connaisseur du terrain. Francesc Vendrell, diplomate aguerri en Afghanistan depuis huit ans et envoyé spécial du NYT, rapporte la situation désastreuse de ce pays. La pire depuis 2001 selon ses dires. Avec ces civils tués dans cette guerre, pesant dans la balance. Selon Vendrell, il ne faut pas que les forces de l’Otan se retirent mais il est souhaitable que des puissances régionales comme le Pakistan, l’Inde et l’Iran puissent intervenir. Voilà une idée intéressante mais dénuée de pragmatisme car on ne voit pas ces nations se mettre au service des Etats-Unis, surtout l’Iran qu’on ne cesse d’emmerder. C’est bien complexe cette affaire. Je crains que nos Députés ne soient pas à la hauteur de l’enjeu qui se dessine et que quelques valets vendus aux Américains ne séquestrent la discussion en optant pour un préjugé officiel validant la doctrine Bush. Wait and see. Mais l’affaire ne fait que commencer. Et le PS dans tout ça. Il a une occasion de se faire entendre. Saura-t-il la saisir ou bien se défilera-t-il, tel un troupeau d’éléphants peureux fuyant la liberté qui leur sourit ? J’ai parfois l’impression d’être en 1938. Aveuglement, l’essence du sous-homme ? http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2916

9-3 Plus d'hélicoptères, des drones: la France envoie des moyens supplémentaires. La France a "tiré les enseignements" de l'embuscade meurtrière du 18 août en Afghanistan et décidé d'envoyer des "moyens militaires" supplémentaires, a annoncé lundi le Premier ministre, François Fillon, à la tribune de l'Assemblée. Ces moyens essentiellement matériels et tournés vers le renseignement "seront sur place dans quelques semaines", a précisé M. Fillon. La presse française et internationale, mais aussi certains soldats ou leurs familles, ont pointé à plusieurs reprises ces dernières semaines des déficiences dans l'équipement individuel et collectif des troupes engagées en Afghanistan. La polémique a rebondi ce week-end avec un article du journal canadien Globe and Mail, citant un document de l'Otan selon lequel elles avaient manqué de munitions et de moyens de transmission, le 18 août. La liste des moyens supplémentaires inclut un hélicoptère Caracal (transport et évacuations sanitaires), deux hélicoptères d'attaque Gazelle équipés pour la vision nocturne, deux mortiers de 120mm, une demi-douzaine de drones avec leur lanceur ainsi que des moyens d'écoute fixes et mobiles, a précisé l'état-major des armées dans la soirée. "Le but n'est pas d'accroître le volume de combattants mais de donner aux forces françaises un environnement qui les mette à l'abri de surprises stratégiques comme celle survenue à Uzbeen", où sont tombés les dix soldats. Ainsi, hormis la centaine de soldats qui serviront hélicoptères et autres drones, la France n'entend déployer ni renforts humains supplémentaires ni forces spéciales constituées, des moyens réclamés sans relâche aux alliés par l'Otan et les Etats-Unis. Les derniers renforts significatifs avaient été dépêchés cet été, avec 700 hommes déployés dans l'est de l'Afghanistan où ils ont relevé des soldats américains. Ils ont porté à quelque 3.300 le nombre de soldats français sur le théâtre d'opérations afghan, dont 2.600 en Afghanistan même. Une autre source proche du dossier précise que les nouveaux moyens déployés par la France en Afghanistan seront destinés de manière "préférentielle" au commandement régional de Kaboul (Regional Command Capital, RCC), l'une des cinq zones tracées par l'Otan en Afghanistan. De nouveau commandée par un Français, le général Michel Stollsteiner, depuis août, la zone de Kaboul réunit la majorité des soldats français déployés en Afghanistan, dont ceux opérant dans la région d'Uzbeen. Une semaine après l'embuscade, le général Stollsteiner avait concédé: "Nous avons péché par excès de confiance". Il ne s'agit pas "de combler des insuffisances mais de s'adapter à une nouvelle donne, une première en Afghanistan où l'Otan n'avait jamais connu de combats menés par les talibans avec un tel niveau de sophistication et de précision" que le 18 août, assurait-on cependant lundi. Hervé ASQUIN - AFP –22-09
9-4 Neuf soldats français blessés dans un accrochage... Neuf soldats français ont été blessés samedi après-midi dans un accrochage avec des insurgés au nord-est de Kaboul et quatre des militaires ont nécessité une évacuation d'emblée par hélicoptère sur Bagram, a-t-on appris dimanche auprès de l'état-major des armées. L'accrochage s'est produit entre une section renforcée de militaires français du groupement tactique interarmes basé dans la province de Kapissa, et un groupe d'insurgés estimés à une vingtaine d'individus, a expliqué à l'Associated Press le lieutenant-colonel Bruno Louisfert, porte-parole du représentant du chef d'état-major des armées en Afghanistan. La section effectuait une patrouille et "franchissait à pied le lit d'un petit cours d'eau quand elle a essuyé les tirs" vers 14h50 à proximité du village d'Ebdakhel, a-t-il dit par téléphone depuis Kaboul. Neuf soldats ont été victimes "de blessures par éclat ou par balle" mais seuls quatre d'entre eux -deux du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine et deux du 17e régiment du génie parachutiste- ont nécessité une évacuation d'emblée vers la base de Bagram, les autres souffrant de "blessures plus superficielles" selon le lieutenant-colonel Louisfert. Le militaire le plus sérieusement blessé a une jambe cassée, a précisé à Paris le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées, en ajoutant qu'un des quatre soldats évacués d'emblée sur Bagram était sorti dès samedi soir de l'hôpital. Les trois autres ont été rapatriés dimanche soir sur l'hôpital militaire français au camp Warehouse de Kaboul, et l'un d'eux pourrait faire l'objet d'une évacuation vers la France , même si son état n'inspire pas d'inquiétude. Parmi les cinq autres soldats souffrant de "blessures par éclat ou par balle", trois ont été évacués ultérieurement sur Bagram, et deux ont été traités au poste de secours sur nijrab. Par ailleurs, moins de dix autres militaires ont subi des traumatismes sonores et reçus des soins adaptés, a expliqué le lieutenant-colonel Louisfert. Les soldats français ont "riposté au déclenchement de l'embuscade" des insurgés, qui ont usé d'armes légères d'infanterie et de RPG-7. Par ailleurs, ils ont "bénéficié d'un appui aérien d'avions américains A-10", qui sont passés à basse altitude sans tirer de façon à alléger la pression sur les soldats, selon Bruno Louisfert. Les militaires ont également bénéficié de la venue de deux sections de renforts -arrivées successivement une trentaine et une cinquantaine de minutes après le début des tirs-, l'embuscade ayant été tendue à environ cinq kilomètres de la base de départ (Nijrab). A 17h15 samedi, tous les soldats impliqués dans l'accrochage étaient retournés sur leurs bases à Nijrab et Tagab, selon l'armée qui ne donne aucun détail sur le nombre des militaires impliqués. D'après le lieutenant-colonel Louisfert, il s'agissait d'un "accrochage du type de ceux qui se produisent tous les jours" en Afghanistan, et "qui "se sont déjà produits à plusieurs reprises en Kapissa". Côté assaillants, les insurgés ont été fortement touchés" et comptent "au minimum" un mort et deux blessés dans leurs rangs, a-t-il affirmé. Le groupement tactique interarmes déployé depuis juillet en Kapissa comprend un peu plus de 600 hommes. Il est composé pour l'essentiel de militaires du 8e RPMIa, mais aussi du 35e régiment d'artillerie parachutiste, du 17e RGP et du 1er régiment étranger de cavalerie ainsi que d'autres unités venues de France. Le 18 août dernier, dix soldats français, dont huit hommes du 8e RPIMa, avaient trouvé la mort dans une embuscade tendue dans la vallée d'Uzbin à l'est de la capitale afghane. Bruno Louisfert a cependant précisé que les soldats du 8e RPIMa du groupement tactique interarmes basé en Kapissa n'avaient rien à voir, en dehors de leur provenance, avec les militaires tombés en août. Ce groupement tactique interarmes est placé sous le commandement régional est de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), dont le QG se trouve à Bagram, tandis que les soldats tués en août dépendent du bataillon français dont le poste de commandement est situé à Kaboul, le commandant régional "capitale".  AP


Afghanistan, Al Qaida-Talibans,résistants,occupants,Usa,Attentats,11-Septembre,OTAN,militaire, Belgique, France

29/09/2008

n°2 - Dossiers de PAKISTAN. - 28-09 -Début - Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ?

n°2 - Dossiers de PAKISTAN. - 28-09 -Début - Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ?

Dossiers de PAKISTAN  -Début - n° 2- 28-09 Par M.Lemaire                                                                                 


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Au jour le jour

Tiré à part : Les drones ne font pas de miracles

Politique - Parole & actions

Asif Ali Zardari & Bush

2 Brèves

2-1 Ces civils qui fuient les bombes américaines

2-2 Pakistan et Afghanistan : création éventuelle d'une force commune.

2-3 Sarkozy et son homologue pakistanais Asif Ali Zardari se sont entendus sur un partenariat entre les deux pays. 3

 Dossier & Point de vue

3-1 Tom Engelhardt Tom Dispatch : Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ?

Suite 3-2 Point de vue de Tariq Ali : La guerre américaine s'étend au Pakistan.

3-3 Point de vue de Thierry Meyssan : Acculée en Afghanistan, l'OTAN organise un attentat au Pakistan

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Washington va regretter le soldat Musharraf

5-2 Aasim Sajjad Akhtar : Des militaires sous influence du Pentagone.

6 Annexe

6-1 AL QAÏDA ET LA PROPAGANDASTAFFEL OCCIDENTALE.

6-2 Qu'elle était donc cette mystérieuse activité qui se déroulait dans l'hôtel Marriott d'Islamabad et à laquelle prenaient part des Marines US.



Au jour le jour Ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s'abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales, tuant des combattants, mais surtout des civils.

03-09 Le raid américain mené le 3 septembre dans le Sud-Waziristan est la première incursion terrestre ouverte des troupes américaines depuis le lancement de l'offensive en Afghanistan à la fin 2001. Des hélicoptères américains, et probablement des soldats au sol, ont attaqué un village, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants.
(Reuters)

15-09 L’armée pakistanaise est engagée dans de violents affrontements avec des combattants Afghans dans le district de Bajaur, une autre zone tribale, et dans la vallée de Swat, au nord de Peshawar. Les forces pakistanaises, appuyées par des hélicoptères et de l'artillerie, disent avoir tué au moins 16 résistants afghans dimanche à Bajaur. (Reuters) 1

5-09 Des tirs des forces pakistanaises ont contraint des hélicoptères de l'armée américaine survolant le Pakistan à rebrousser chemin vers l'Afghanistan, lundi avant l'aube, apprend-on auprès de responsables de la sécurité pakistanaise. Cette opération s'est effectuée près d'Angor Adda, un village de la zone tribale du Sud-Waziristan, où des commandos US  avaient déjà mené une opération héliportée le 3 septembre. (Reuters)

17-O9 Plusieurs missiles ont frappé un site utilisé par des militants du Hezb-i-Islami, ont indiqué deux responsables du renseignement pakistanais. Selon des informateurs dans la zone, l'attaque a fait six morts et trois blessés. Un drone du même type que ceux utilisés par la CIA et les forces américaines en Afghanistan a été entendu dans la zone avant l'attaque. Le tir américain est intervenu après que l'armée américaine eut assuré respecter la souveraineté du Pakistan… AP

17-09 Les tirs de missiles américains contre des cibles sur le territoire pakistanais se sont multipliés ces derniers temps, et le 3 septembre, les forces américaines ont mené une opération terrestre au Sud-Waziristan. AP

17-09 Quatre missiles tirés par un drone US ont fait au moins quatre morts et trois blessés dans un village pakistanais près de la frontière afghane, dans la région tribale du Sud-Waziristan, annoncent des responsables des services de renseignement pakistanais.  Les missiles, tirés alors que la nuit tombait, visaient un camp islamiste situé dans le village de Baghar, dans les montagnes à 55 km à l'ouest de Wana, la principale localité de la région.  Baghar se trouve non loin d'Angor Adda, un village frontalier attaqué le 3 septembre par des commandos américains et où un raid héliporté de l'US Army a dû être annulé lundi en raison des tirs de l'armée pakistanaise et des villageois.  (Reuters)

20-09 "Le kamikaze conduisait un camion bourré d'explosif" et l'a précipité contre la barrière métallique de sécurité, à une dizaine de mètres du corps du bâtiment.
Au moins 60 personnes ont été tuées dans l'attentat contre le Marriott, un grand hôtel d'Islamabad, la capita a annoncé un responsable de la sécurité, dans un bilan provisoire.  200 personnes ont été blessées. Un agent des services de renseignement danois (PET) était porté disparu et vraisemblablement mort après l'attentat suicide contre l'hôtel Marriott d'Islamabad .
(belga/7sur7 & AP)  20/09 http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/423020/2008/09/20/Attentat-devant-un-grand-hotel-d-Islamabad-au-moins-60-morts.dhtml

Concernant l'attentat contre l'hôtel Marriott, quatre étrangers tués samedi ont été identifiés parmi les 60 morts recensés: deux Américains, l'ambassadeur tchèque et une Vietnamienne, ont indiqué lundi des sources hospitalières et diplomatiques.
En outre, Copenhague a annoncé dimanche qu'un membre de ses services de renseignements, qui se trouvait dans l'hôtel au moment de l'attentat, n'avait pas donné signe de vie depuis et qu'il était activement recherché.
Selon des sources diplomatiques, les corps d'au moins trois personnes que les autorités pensent être des étrangers, n'ont pu être encore identifiés.
(AFP)

20-09 Six personnes, dont trois soldats pakistanais et un enfant, ont péri dans une attaque kamikaze contre les forces pakistanaises, dans la région du Nord-Waziristan, frontalière de l'Afghanistan. Cinq soldats ont également été blessés. Reuters

22-09 Les forces de l'armée pakistanaise ont reçu l'ordre d'ouvrir le feu si des militaires américains lancent un nouveau raid près de la frontière afghane, a annoncé mardi un porte-parole de l'armée pakistanaise.
Les autorités pakistanaises ont protesté auprès de Washington après l'envoi le 3 septembre dernier de commandos américains dans la région du Sud-Waziristan, au Pakistan. Déposés sur place par hélicoptère, ces militaires ont lancé, une attaque terrestre à grande échelle contre un bastion des résistants.
Le général de division Athar Abbas, porte-parole de l'armée pakistanaise, a dit à l'Associated Press qu'après le raid, les commandants de l'armée sur le terrain avaient reçu l'ordre d'empêcher la tenue de raids similaires.
Athar Abbas a ajouté que s'il était clair que des troupes franchissaient la frontière pour entrer en territoire pakistanais, que ce soit au sol ou dans les airs, alors les forces devraient "ouvrir le feu".
"Aucune incursion ne sera tolérée", a-t-il assuré. AP

22-09 Des forces de sécurité du Pakistan ont ouvert le feu dimanche sur deux hélicoptères de combat américains qui avaient violé l'espace aérien pakistanais au-dessus des zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, ont annoncé lundi des responsables. AFP

23-09 Les Usa étant convaincus que les ‘talibans’ et ‘Al-Qaïda’ ont reconstitué leurs forces dans des zones tribales du nord-ouest du Pakistan multiplient les tirs de missiles mais sans épargner des civils (AFP)

24-09 Un kamikaze qui conduisait une voiture piégée près de Quetta (une ville pakistanaise située près de la frontière avec l'Afghanistan) a percuté un véhicule militaire sur la route menant à l'aéroport de Quetta, provoquant l'explosion. Une fillette de onze ans a été tuée et onze militaires blessés par l'explosion, a annoncé la police. - Il a ajouté que 13 personnes avaient été blessées, dont onze militaires, AP.

24-07 Un drone militaire américain -avion sans pilote- a été abattu mardi soir par des soldats pakistanais et des civils armés près de la frontière afghane, a-t-on appris auprès de responsables du renseignement. Le drone a été abattu dans la soirée alors qu'il survolait depuis plusieurs heures le village de Jalal Khel, dans la région du Sud-Waziristan située dans le nord-ouest du Pakistan, ont précisé ces responsables ayant requis l'anonymat. Les Etats-Unis ont recours à des drones en Afghanistan, ces avions sans pilote poursuivent leurs cibles jusqu'en territoire pakistanais. Ces drones sont équipés de caméras et de missiles. Cet incident ne va pas manquer d'accroître les tensions entre lles Usa & le Pakistan car des hauts dirigeants civils et militaires pakistanais expriment leur mécontentement à propos des récentes incursions US sur le sol pakistanais. AP

25-09 Isaf. : "Des hélicoptères de l'Isaf ont essuyé des tirs d'armes légères venant d'un point de contrôle pakistanais le long de la frontière près du district de Tanai, dans la province de Khost, le 25 septembre, alors qu'ils menaient des opérations de routine en Afghanistan". Les deux appareils ont été contraints de faire demi-tour et de regagner l'Afghanistan.  L'armée pakistanaise a ouvert le feu à deux reprises pour faire avorter des tentatives d'opérations héliportées américaines sur son territoire. Dimanche dernier, des soldats pakistanais ont ouvert le feu dans la soirée sur deux hélicoptères américains qui avaient violé l'espace aérien pakistanais au Nord-Waziristan, non loin de la frontière afghane. Reuters  

26-09 "Les Etats-Unis, qui estiment que les résistants Afghans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales frontalières entre Afghanistan et Pakistan, y multiplient ces derniers temps les tirs de missiles par des avions sans pilote (drones). Pakistanais et Américains ont échangé des tirs jeudi à la frontière pakistano-afghane après des tirs pakistanais sur deux hélicoptères américains, faisant monter d'un cran la tension entre Islamabad et Washington, accusé de multiplier les attaques contre les insurgés en territoire pakistanais. Le président pakistanais Asif Ali Zardari, dont l'armée assure avoir réagi à une incursion sur ses terres, a tapé du poing sur la table jeudi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU en affirmant que "de la même manière que nous ne laisserons pas les terroristes ( …) utiliser le territoire pakistanais pour nous attaquer nous et nos voisins, nous ne pouvons permettre que notre territoire et notre souveraineté ne soient violés par les Etats-Unis" AFP



Tiré à part : Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé.
Il y a oppression contre chaque membre du corps social lorsque le corps social est opprimé.
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

http://www.paralleles-nth.com/


15-09 Le Pakistan est un allié crucial des Etats-Unis dans leur ‘guerre contre le terrorisme décrétée par Bush. Mais Washington se montre impatient devant la réponse d'Islamabad à la menace que constituent les résistants dans les zones tribales. (Reuters)


Les drones ne font pas de miracles. Les Américains et les forces de la coalition utilisent de petits avions téléguidés pour surveiller et pour bombarder.. Cet été [le 13 juin dernier], quand les résistants ont libéré plus de 750 détenus de la prison de Kandahar, dans une opération commando des plus spectaculaires, la réaction de l’OTAN a été immédiate mais invisible. Pendant que les prisonniers s’évadaient dans la nuit, les commandants ont fait décoller tous les drones disponibles. Pendant toute la nuit et une partie de la matinée suivante, une flotte de drones Predator a sillonné le ciel au-dessus de Kandahar, la deuxième ville d’Afghanistan, afin de savoir où se dirigeaient les fugitifs. Un certain nombre d’entre eux se sont rendus directement dans la vallée de l’Arghandab, aux portes de Kandahar, où ils ont eu maille à partir avec les soldats de l’OTAN, mais la plupart des 400 talibans qui se trouvaient parmi les évadés ont préféré partir vers l’est pour se réfugier au Pakistan et se mettre hors de portée des forces internationales.  Nul n’ignore que des drones ­Predator armés de la CIA effectuent régulièrement des missions au Pakistan contre les chefs du réseau Al-Qaida. Islamabad soutient qu’il n’a jamais autorisé des soldats américains à fouler le sol pakistanais, mais de hauts responsables de l’OTAN assurent que les drones pénètrent l’espace aérien du Pakistan avec le consentement tacite – bien que souvent contraint – des autorités pakistanaises.  Les missions des drones américains présentent un risque politique mineur : s’ils s’écrasent – ce qui est déjà arrivé –, il n’y a pas de corps à rapatrier. Les forces de l’OTAN, pour qui les drones sont un “œil qui voit tout”, font aussi appel à eux pour la quasi-totalité de leurs opérations d’envergure. D’après un officier supérieur anglais appartenant à un régiment aéroporté, il ne fait aucun doute qu’ils ont épargné des vies humaines au sein des unités britanniques. “Ils sont si efficaces ! dit-il. C’est la première chose que nous réclamons quand nous planifions une opération. Le gros avantage, c’est qu’ils nous aident au niveau tactique le plus élémentaire. Ils recueillent des informations qui nous permettent de prendre des décisions.” Au cours d’une mission dans la province de Helmand [dans le sud-ouest de l’Afghanistan], des drones ont permis de localiser une fabrique de bombes en repérant des individus dissimulés derrière des arbres, ce qui a conduit les soldats à retourner dans un endroit qu’ils avaient déjà fouillé.  Mais les informations transmises ne sont pas toujours absolument sûres. Rappel : mort de 89 civils qui ont été victimes des frappes aériennes à Herat, le 22 août. Ce sont sans aucun doute des informations fournies par un drone qui surveillait un chef qui ont servi à justifier les bombardements. Il est également possible que ce soit un drone qui ait réalisé ensuite l’“évaluation complète des dommages causés par l’opération” dont il ressortait, selon les autorités américaines, que tous les morts étaient des insurgés(…) . Le président Karzai ayant contesté cette version, c’est à contrecœur que les Américains ont lancé une enquête. Ps : Fait plus parlant encore, trois mois après la grande évasion, aucun des fugitifs de la prison de Kandahar n’a été capturé... Jerome Starkey The Independent 04-09 http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=88928



Politique - Parole & actions Asif Ali Zardari

 07-09 Le nouveau président pakistanais, Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, s'est entretenu avec Bush par visioconférence d'une nouvelle stratégie à adopter. (Reuters)

25-09 Le président pakistanais Asif Ali Zardari a déclaré : "Je demande au gouvernement d'être ferme dans sa détermination à ne pas permettre que le territoire serve à mener des activités terroristes contre un pays tiers", avait-il dit dans son premier discours devant les deux chambres du parlement.  Mais, tout en évitant de faire directement allusion aux Etats-Unis, il avait tenu à assurer que le Pakistan n'accepterait plus d'incursion militaire étrangère sur son sol. "Nous ne tolérerons aucune violation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale par quelque puissance que ce soit, au nom de la lutte contre le terrorisme." Reuters


Bush 25-07 Le New York Times assurait que W. Bush avait autorisé secrètementles forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans ces régions, sans l'approbation préalable d'Islamabad.
(AFP)


2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 2-1 Ces civils qui fuient les bombes américaines Par Jeanne Grimaud | Journaliste 

EXTRAITS Dans le camp de Mardan, à la frontière afghane, s’entassent des familles tentant d’échapper tant aux talibans qu’aux raids US. Pour la première fois depuis le 11 septembre et le début de la lutte contre le terrorisme, les populations des zones tribales pakistanaises, à la frontière afghane, sont obligées de fuir les bombardements quotidiens de l’armée pakistanaise et des Etats Unis Les combats ont entrainé l’exil de 280 000 personnes depuis le début du mois. Une majorité vit aujourd’hui à Mardan, dans l’un des trois principaux camps pour « déplacés ». Ces personnes vivent maintenant près un terrain vague en construction d’où émergent des tiges d’acier, une allée centrale en sable qu’aveugle une chaleur blanche et écrasante. Autour, un sol terreux déjà bourré d’immondices. Vêtus de leurs traditionnels « salwar kameez », des hommes paniqués, dont Said, 25 ans, l’œil noir et le ton enragé, racontent : « On est partis en catastrophe il y a quatre jours. C’était à l’aube. On a vu des avions de combat américains foncer droit sur nous. Ils ont bombardé une dizaine de maisons où ils suspectent les talibans de se planquer. Mais les talibans ne sont pas fous ! Ils sont en totale sécurité!» Depuis deux semaines, les combats dans la région de Bajaur font une centaine de morts par jour, dont une majorité de civils. enrage Assan. Il vient du village de Charmand, et ajoute : « Ma maison a été complètement détruite. Mes deux fils sont morts sur le coup et on n’a pas pu sauver ma sœur enfouie sous les décombres. Si on ne partait pas illico, on était tous morts !  » http://www.rue89.com/2008/09/19/pakistan-ces-civils-qui-fuient-les-bombes-americaines


2-2 Pakistan et Afghanistan : création éventuelle d'une force commune. Le Pakistan et l'Afghanistan discutent de la création éventuelle d'une force commune chargée de combattre les insurgés à la frontière, a annoncé le ministre afghan de la Défense.Selon Abdul Rahim Wardak, les actes de violence ont été multipliés par trois en Afghanistan entre 2005 et 2007 et le bilan en 2008 "va atteindre un niveau encore plus élevé". Il a estimé à entre 10.000 et 15.000 le nombre de résistants "à plein temps" en Afghanistan, sans compter ceux qui opèrent dans les zones montagneuses du Pakistan voisin.. (Reuters - 22-09 )


2-3 Sarkozy et son homologue pakistanais Asif Ali Zardari se sont entendus sur un partenariat entre les deux paysle président français demandant à son interlocuteur de s'engager à lutter contre le terrorisme afin de contribuer à la pacification en Afghanistan, selon les services de la présidence française. Nicolas Sarkozy a fait part à son homologue de sa "disponibilité à aider à lutter contre le terrorisme". AP - 23-09



3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Tom Engelhardt Tom Dispatch : Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ? Bombardements et incursions américaines en territoire Pakistanais se sont multipliés ces dernières semaines. Le Président Bush a signé en juillet un décret autorisant un plan d’action en trois étapes portant la guerre dans les régions frontalières d’Afghanistan. De part et d’autre le ton monte. Un général US a menacé le Pakistan d’une « nouvelle forme de guerre » et l’armée pakistanaise a reçu l’ordre de tirer contre les troupes US en cas d’incursion. Un premier incident armé pourrait avoir eu lieu lundi dernier. Comme Andrew Bacevich nous le rappelle dans le dernier numéro de la revue Atlantic, un débat animé se déroule aujourd’hui dans l’armée au sujet de la nature de la « prochaine » guerre américaine et sur la façon de s’y préparer. Mais tandis que les officiers poursuivent leurs débats, cette « prochaine guerre » se rapproche peut-être déjà. Après avoir lancé avec beaucoup de battage les guerres d’Afghanistan et d’Irak, toutes deux désastreuses à leur manière, l’administration Bush qui vit ses derniers mois semble avoir l’intention de déclencher un troisième conflit dans les régions frontalières du Pakistan, cette fois-ci au ralenti. Désormais, pratiquement chaque jour apporte son lot de nouvelles sur l’intensification des bombardements américains - à coup de missiles Hellfire tirés par des drones Predator [1], voire même par les forces spéciales transportées par hélicoptères [2] - dans les zones tribales pakistanaises le long de la frontière afghane. De nouvelles menaces tonitruantes sont également proférées [3]. Tout cela ne serait pourtant que la « première phase » dans un plan en trois étapes de l’administration Bush [4] dans lequel l’armée américaine devrait ne « plus prendre de gants ». Il faut se représenter cela comme un feu vert [5] donné à une nouvelle version de cette tactique, déjà pratiquée au Vietnam, de la « poursuite » au delà des frontières. Mais on peut également y voir tout simplement une nouvelle guerre. Notre Président a déjà décidé que la souveraineté du Pakistan n’avait aucune importance [6] et désormais, sans que le Congrès ait eu sont mot à dire, les guerres américaines, qui vont déjà de l’Irak à l’Afghanistan, menacent de s’étendre de façon potentiellement explosive. Bien que les sources pakistanaises indiquent qu’aucun membre important des Taliban ou d’Al-Qaida n’ait été tué dans cette récente série d’attaques, la colère enfle au Pakistan contre ces atteintes à la souveraineté nationale et à cause des victimes civiles, comme en Afghanistan. En Irak, les 146 000 soldats américains ne semblent pas prêts de s’en aller pour le moment, tandis qu’en Afghanistan 33.000 autres militaires US (et des dizaines de milliers de troupes de l’OTAN), qui subissent les pertes les plus élevées depuis la chute des Taliban en 2001, combattent une insurrection soutenue par la colère croissante provoquée par l’occupation étrangère. Le pays semble en voie de désintégration et les Taliban commencent à menacer les routes menant à Kaboul, tandis que le gouverneur d’une province vient de mourir victime d’un attentat. Le « Président » Hamid Karzai a été longtemps surnommé « le maire de Kaboul ». Aujourd’hui, cette appellation semble de plus en plus appropriée alors que le pouvoir de son gouvernement corrompu s’affaiblit peu à peu. C’est dans se contexte que se développe au Pakistan une nouvelle guerre - pas moins déplorable et imprévisible que les deux précédentes - alors que les frappes américaines attisent le feu du nationalisme [7] dans ce pays et que les militaires pakistanais pourraient avoir d’ores et déjà tiré leurs premiers coups de semonce contre des troupes américaines [8]. (...) Tom Engelhardt Tom Dispatch : 17 septembre 2008 [1] US drones bring fear and firepower to Qaeda war in Pakistan, AFP, 15/09/08 in the past 12 days, five strikes have been carried out, targeting suspected Taliban or Al-Qaeda bases. [2] NATO ground troops attack Taliban stronghold in Pakistan, officials say, CSM, 03/09/08 NATO and US ground troops attacked three houses near a Taliban and Al Qaeda stronghold in South Waziristan, a tribal area in Pakistan , on Wednesday, Pakistani officials said. [3] US Army general warns Pakistan of new war Daily Times, 14/09/08 A new war could begin if Pakistan does not step up its fight against terrorists, Maj Gen Jeffrey J Schloesser of the US Army said in a report published in an American weekly on Sunday. “If militants escape into Pakistani territory and Islamabad does not step up, a new kind of war could well begin,” he said. [[4] Attacking Al-Qaida In Pakistan, NPR, 13/09/08 NPR has learned that the raid by helicopter-borne U.S. Special Operations forces in Pakistan last week was not an isolated incident but part of a three-phase plan, approved by President Bush, to strike at Osama bin Laden and top al-Qaida leadership. The plan calls for a much more aggressive military campaign, said one source. [5] Raids into Pakistan : What U.S. authority ? CSM, 15/09/08 [6] Bush Said to Give Orders Allowing Raids in Pakistan, NYT, 10/09/08 President Bush secretly approved orders in July that for the first time allow American Special Operations forces to carry out ground assaults inside Pakistan without the prior approval of the Pakistani government, according to senior American officials [7] Pakistan fury at US cross-border attacks The Independent, 14/09/08 Despite official Pakistani condemnation of the strikes, mostly by missiles fired from Predator drones, Mr Zardari is being accused by opposition parties of having secretly agreed to them. Equally damaging, it is possible that Pakistan ’s military chiefs were aware of US operations but did not inform him. [8] Confusion Over Reports of Clash at Afghan Border, NYT, 15/09/08 Local residents and a Pakistani government official said two American helicopters were repulsed when Pakistani soldiers fired at them, but the Pakistani and United States military publicly denied any such incident, and a Pakistani intelligence official said that an American helicopter had mistakenly crossed the border briefly, leading Pakistani ground forces to fired into the air. http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2172

n°2 - Dossiers de PAKISTAN. - 28-09 -Fin - Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ?

n°2 - Dossiers de PAKISTAN. - 28-09 -Fin- Les USA veulent-ils envahir le Pakistan ?

Dossiers de PAKISTAN -Fin-

n° 2- 28-09

Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

3 Dossier & Point de vue       -Fin-

3-2 Point de vue de Tariq Ali : La guerre américaine s'étend au Pakistan.

3-3 Point de vue de Thierry Meyssan : Acculée en Afghanistan, l'OTAN organise un attentat au Pakistan

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Washington va regretter le soldat Musharraf

5-2 Aasim Sajjad Akhtar : Des militaires sous influence du Pentagone.

6 Annexe

 6-1 AL QAÏDA ET LA PROPAGANDASTAFFEL OCCIDENTALE.

6-2 Qu'elle était donc cette mystérieuse activité qui se déroulait dans l'hôtel Marriott d'Islamabad et à laquelle prenaient part des Marines US.


3-2 Point de vue de Tariq Ali : La guerre américaine s'étend au Pakistan. Deuxième partie d'un article intitulé « Has the US Invasion of Pakistan Begun » publié sur Tom Dispatch
Impérialisme Américain: Du Bourbier Vietnamien au Bourbier Afghan : le Pakistan risque de subir le même sort que le Cambodge à l'époque
La guerre américaine s'étend au Pakistan L'Administration américaine, actuelle et à venir, est décidée à étendre la guerre d'Afghanistan au Pakistan, comme elle avait étendu la guerre du Vietnam au Cambodge. Un désastre en préparation auquel ne doit absolument pas participer la France qui se rend complice d'un marché de dupes à l'initiative des US/OTAN.
La guerre de Bush s'étend dangereusement
La décision de rendre public un ordre présidentiel de juillet dernier, autorisant des frappes américaines à l'intérieur du Pakistan sans demander l'accord du gouvernement pakistanais, met fin à un long débat au sein et à la périphérie de l'Administration Bush. Le sénateur Barak Obama, ayant eu connaissance de ce débat en cours pendant sa longue bataille contre la sénatrice Hillary Clinton, a essayé de la dépasser en soutenant une politique de frappes US au Pakistan. Le sénateur John McCain et la candidate à la vice présidence, Sarah Palin, se sont fait l'écho de point de vue, et c'est devenu ainsi, par consensus, la politique officielle des US.
Ses effets sur le Pakistan pourraient être catastrophiques, créant une crise sérieuse au sein de l'armée et plus largement dans le pays. La grande majorité des Pakistanais sont opposés à la présence US dans la région, la considérant comme la menace la plus sérieuse pour la paix.
Alors pourquoi les US ont –ils décidé de déstabiliser un allié crucial ?
A l'intérieur du Pakistan, certains analystes affirment que c'est une action soigneusement coordonnée pour affaiblir l'état pakistanais en créant une crise qui s'étend bien au-delà des zones troublées à la frontière avec l'Afghanistan. Ils affirment que le but final ce serait de neutraliser le nucléaire militaire pakistanais. Si tel était le cas, cela impliquerait que Washington soit effectivement déterminé à briser l'état pakistanais, car le pays ne pourrait pas survivre à un désastre d'une telle ampleur.
De mon point de vue cependant, l'expansion de la guerre est beaucoup plus liée à l'occupation désastreuse de l'Afghanistan par l'Administration Bush. Ce n'est un secret pour personne que le régime du Président Hamid Karzai devient encore plus isolé chaque jour qui passe, car la guérilla des Talibans se rapproche toujours plus de Kaboul.
Quand on doute, procéder à une escalade de la guerre est un leitmotiv impérial. Les frappes contre le Pakistan représentent – comme les décisions du président Nixon et de son conseiller national à la sécurité, Henri Kissinger, de bombarder puis d'envahir le Cambodge (des actes qui finalement ont mis au pouvoir Pol Pot et ses monstres) – une tentative désespérée de sauver la guerre ce qui n'a jamais été la solution, mais a toujours mal fini.
C'est vrai que ceux qui résistent à l'occupation de l'OTAN traversent facilement la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Cependant, les US ont souvent engagé des négociations discrètes avec eux. Plusieurs ballons d'essai ont été lancés en direction des Talibans au Pakistan tandis que les experts des services secrets US rencontrent régulièrement le Mullah Fazlullah, un chef pro Taliban local, au Serena Hotal à Swat, pour discuter de certaines possibilités. Il se passe la même chose en Afghanistan.
Après l'invasion US de l'Afghanistan en 2001, tout une partie de la direction du moyen échelon des Talibans ont traversé la frontière pour se regrouper au Pakistan et planifier la suite des opérations. Dés 2003, leurs groupes de guérilleros ont commencé à harasser les forces d'occupation en Afghanistan et pendant 2004, ils ont été rejoints par une nouvelle génération de recrues locales, bien loin d'être des djihadistes, mais qui se sont radicalisés à cause de l'occupation.
Bien que dans les médias occidentaux les Talibans ont été assimilés à Al Qaeda, la plupart de ceux qui les soutiennent sont en fait motivés par des problèmes locaux. Si l'OTAN et les US quittaient l'Afghanistan, leur évolution politique se ferait probablement en parallèle avec celle des islamistes domestiqués du Pakistan.
Les néo talibans contrôlent maintenant au moins 20 districts afghans dans les provinces de Kandahar, Helmand, et Uruzgan. Ce n'est un secret pour personne que de nombreux fonctionnaires dans ces zones sont clandestinement des supporters des combattants de la guérilla. Bien que souvent caractérisée comme une jacquerie rurale, ils ont gagné un soutien significatif dans les villes du Sud et ils ont même menée une offensive du style de celle de Tet à Kandahar en 2006. Ailleurs, des Mullahs qui avaient initialement soutenu les alliés du Président Karzai s'insurgent désormais contre les étrangers et le gouvernement de Kaboul. Pour la première fois, des appels au djihad contre l'occupation sont même entendues dans les provinces frontalières du Nord Est de Takhar et du Badakhshan.
Les néo talibans ont dit qu'ils ne rejoindraient aucun gouvernement tant que « les étrangers » n'auront pas quitté leur pays, ce qui pose la question des objectifs stratégiques des US. Sont-ils réellement ce que le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Sheffer a suggéré devant le public de la Brookings Institution en début d'année, disant que la guerre en Afghanistan a peu de chose à voir avec le développement d'une bonne gouvernance en Afghanistan ou même de détruire ce qui reste d'Al Qaeda ? Cela fait-il partie d'un plan magistral, comme la décrit un stratégiste de l'OTAN dans la Revue de l'OTAN de l'hiver 2005 (http://www.nato.int/docu/review/2005/issue4/englis/opinion.html) d'élargir le rayon d'action de l'OTAN de la zone euro atlantique, car « au XXIème siècle l'OTAN doit devenir une alliance… conçue pour projeter une stabilité systémique au delà de ses frontières. » ?
Comme l'a écrit ensuite ce stratégiste :
« Le centre de gravité du pouvoir sur cette planète se déplace inexorablement vers l'Est. En même temps la nature du pouvoir change. La région Asie Pacifique apporte beaucoup de dynamique et de positif à ce monde, mais ce changement rapide n'est pas encore ni stable ni incorporé dans des institutions stables. Tant que cela n'est pas réalisé, c'est la responsabilité des européens et des nord américains, et des institutions qu'ils ont construites de montrer la voie…L'efficacité de la Sécurité dans un tel monde est impossible sans à la fois la légitimité et la capacité ».
Une telle stratégie implique une présence permanente militaire sur les frontières à la fois de la Chine et de l'Iran. Etant donné que cela est inacceptable pour la plupart des Pakistanais et des Afghans, cela ne fera que créer un état permanent de désordre dans la région, ayant comme résultat encore plus de violence et de terrorisme, de même qu'un soutien accru pour les extrémistes djihadistes, qui à leur tour feront encore plus pression sur un empire déjà étendu outre mesure.
Les mondialistes parlent souvent comme si l'hégémonie US et l'expansion du capitalisme étaient la même chose. Cela était certainement le cas pendant la Guerre Froide , mais le double objectif d'hier ressemble plus maintenant à la relation inverse. D'une certaine façon, c'est l'expansion du capitalisme qui sape graduellement l'hégémonie US dans le monde. Le triomphe du Premier Ministre russe Vladimir Poutine en Georgie a été de ce fait un signal dramatique. La poussée américaine dans le Grand Moyen Orient ces dernières années, conçue pour démontrer l a primauté de Washington sur les puissances d'Eurasie, a plongé dans un chaos remarquable, nécessitant justement le soutien des puissances qu'elle était supposée dominer.
Le nouveau président pakistanais élu indirectement, Asif Zardari, époux de Benazir Bhutto assassinée, un Parrain Pakistanais de premier choix, a fait part de son soutien pour la stratégie US en invitant Hamid Karzai d'Afghanistan à son intronisation, le seul dirigeant étranger à le faire. Se jumeler avec une marionnette discréditée à Kaboul en a peut être impressionné quelques uns à Washington, mais cela n'a fait que diminuer le soutien du veuf de Bhutto dans son propre pays.
La clé au Pakistan, comme toujours, c'est l'armée. Si les raids amplifiés des US à l'intérieur du pays continuent à croître, l'unité tant vantée du haut commandement militaire pourrait être sujet à tension. Lors d'une réunion de commandants de bataillons à Rawalpindi le 12 septembre, le chef d'état major, Ashfaq Kayani, a reçu un soutien unanime pour sa dénonciation publique relativement modérée des frappes US à l'intérieur du Pakistan tout en affirmant que les frontières du pays et sa souveraineté seraient défendues « à n'importe quel prix ».
Dire que l'armée défendra la souveraineté est différent de le faire en pratique. C'est là le cœur de la contradiction. Peut être que les attaques cesseront le 4 novembre. Peut être que les cochons (avec ou sans rouge à lèvres) voleront. Ce qui est absolument nécessaire dans la région c'est une stratégie de retrait des US/OTAN, précédent une solution régionale impliquant le Pakistan, l'Iran, l'Inde, et la Russie. Ces quatre états pourraient garantir un gouvernement national et une reconstruction sociale massive dans ce pays.
Quoiqu'il en soit, les US et l'OTAN ont abominablement échoué.
Tariq Ali 17/09/09 Copyright Tariq Ali
Deuxième partie d'un article intitulé « Has the US Invasion of Pakistan Begun » publié sur Tom Dispatch
Url de l'article intégral en anglais
Titre, Introduction et Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Tariq Ali est écrivain journaliste producteur de film et écrit régulièrement dans des publications telles The Guardian, The Nation, et dans le London Review of Books.
http://www.planetenonviolence.org/Du-Bourbier-Vietnamien-au-Bourbier-Afghan-le-Pakistan-
risque-de-subir-le-meme-sort-que-le-Cambodge-a-l-epoque_a1676.html?PHPSESSID=
f8313975830732786a6b0aa113d527eb
Cet article provient de La Voix des Opprimés :
http://news.stcom.net http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=2917

3-3 Point de vue de Thierry Meyssan : Acculée en Afghanistan, l'OTAN organise un attentat au Pakistan.  « L'attentat d'Islamabad, c'est le 11-Septembre du Pakistan »
Le slogan comparant l'attentat d'Islamabad et le 11-Septembre est plus réaliste qu'il n'y paraît. Ce carnage non-revendiqué sert en effet exclusivement les intérêts de l'OTAN : l'Alliance atlantique doit prendre le contrôle de toute urgence de la passe pakistanaise de Khybar pour approvisionner ses troupes en Afghanistan.
Dans le cas où l'Alliance ne parviendrait qu'à rétablir partiellement sa logistique, Washington envisage de sacrifier les troupes alliées. Un attentat d’une violence sans précédent dans le pays a ravagé l’hôtel Marriott d’Islamabad, le 21 septembre 2008. Un camion piégé, contenant une puissance explosive estimée à au moins 600 kg de TNT et diverses munitions, a creusé un vaste cratère, tué plus de 60 personnes et blessé plus de 226 autres. Commentant l’événement à la télévision, le rédacteur en chef du Daily Times a déclaré : « C’est le 11-Septembre du Pakistan ». Ce cri a été repris par l’ensemble des agences de presse occidentales. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, l’attentat a été attribué par les autorités à la mouvance Al-Qaida. En réaction, le président Zardari a annoncé qu’il ne renoncerait pas et intensifierait sa lutte contre le terrorisme. Replacés dans leur contexte, ces événements n’ont malheureusement rien de surprenant. Dans la foulée de l’effondrement de l’Union soviétique et de l’indépendance des États d’Asie centrale, les grandes compagnies pétrolières occidentales ont multiplié les plans pour exploiter les hydrocarbures du Bassin caspien. La firme californienne UNOCAL a porté deux vastes projets. Le premier (dit BTC) devait relier la Caspienne à la Mer noire en passant par l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie , notamment avec l’aide du britannique BP ; le second devait relier la Caspienne à l’Océan indien via le Turkmenistan, l’Afghanistan et le Pakistan, principalement avec l’aide du saoudien Delta Oil. Si le BTC a été construit sans grande difficultés, il n’en fut pas de même pour le pipe-line trans-afghan. UNOCAL se heurta au chaos régnant dans le pays et se rapprocha de la Maison-Blanche pour obtenir la stabilisation de cette région. La firme engagea Henry Kissinger comme consultant, et confia la direction du projet aux ambassadeurs John J. Maresca, Robert B. Oakley et à deux experts Zalmay Khalilzad et Hamid Karzaï. Washington acheta l’aide des talibans, qui contrôlaient la majeure partie du pays. Pour ce faire, le département d’État leur accorda une subvention de 43 millions de dollars en mai 2001. Avec l’accord du G8 (sommet de Gênes, 20-22 juillet 2001), des négociations multilatérales furent alors ouvertes à Berlin avec l’Émirat islamique bien que celui-ci ne soit pas reconnu par la communauté internationale. Cependant, les talibans émirent de nouvelles exigences et elles échouèrent. Les États-Unis et le Royaume-Uni planifièrent alors une invasion de l’Afghanistan. Fin août 2001, ils concentrèrent leurs forces navales en mer d’Oman et acheminèrent 40 000 hommes en Égypte. Le 9 septembre 2001, le leader tadjik pro-russe Shah Massoud fut assassiné, mais la nouvelle fut gardée secrète. Le 11 septembre 2001, le président Bush accusa les talibans d’être impliqués dans les attentats qui venaient de survenir à New York et Washington et leur adressa un ultimatum. Puis, les Anglo-Saxons renversèrent les talibans et prirent le contrôle du pays lors de l’opération « Liberté immuable » [1]. 7 ans plus tard, le pipe-line n’est toujours pas construit et le pays est toujours en proie au chaos. UNOCAL a été absorbé par Chevron avec la bénédiction de Condoleezza Rice ; John J. Maresca est devenu le patron du Business Humanitarian Forum qui s’occupe activement de la culture du pavot en Afghanistan à des fins médicinales (sic) ; Robert B. Oakley est chargé de proposer un plan de réorganisation des institutions militaires ; Zalmay Khalilzad est devenu ambassadeur des États-Unis à l’ONU ; Hamid Karzaï a fait usage de sa double nationalité pour devenir président de l’Afghanistan transformée en narco-État. Le Pentagone, absorbé par le bourbier irakien, a largement délégué l’occupation militaire de l’Afghanistan à ses alliés de l’OTAN. Pour approvisionner ses troupes, l’Alliance atlantique a signé un protocole avec l’Organisation du Traité de sécurité collective (sommet de Bucarest, 4 avril 2008). La logistique est acheminée via la Russie , l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Commentant cette étrange facilitée accordée à l’OTAN, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a rappelé l’importance de la coopération internationale contre le terrorisme ; plus direct, l’ambassadeur Zamil Kabulov a déclaré à Vremya Novostei que l’intérêt de Moscou était de voir les Occidentaux s’embourber et mourir en Afghanistan. Or le 8 août 2008, les États-Unis et Israël ont lancé les troupes géorgiennes à l’attaque des populations russes d’Ossétie du Sud. En riposte, l’armée russe a bombardé les deux aéroports militaires israéliens en Géorgie et le pipe-line BTC. Puis, le président Medvedev a réunit l’Organisation du Traité de sécurité collective qui a abrogé le protocole le liant à l’OTAN. Enfin, les médias publics russes ont soudain remis en cause le lien supposé entre les attentats du 11 septembre 2001 et la colonisation de l’Afghanistan par l’OTAN. Ce retournement est d’autant plus grave pour l’OTAN qu’elle essuie défaite sur défaite. 54 % du territoire afghan est aux mains des insurgés. Pour leur faire face, le général David McKiernan exige l’envoi de trois brigades supplémentaires (soit 15 000 hommes, qui devraient être prélevés sur le contingent irakien). Mais il n’est évidemment plus question d’envoyer des renforts alors que les 47 600 hommes déjà présents ne sont plus approvisionnés et sont donc en très grand danger. Pour rétablir sa chaîne logistique, l’Alliance doit impérativement trouver d’urgence une voie d’acheminement. Aucune solution satisfaisante ne peut être effective à brève échéance. Cherchant d’abord à sauver en priorité les GI’s pris au piège, le secrétaire à la Défense Robert Gates a multiplié les considérations ampoulées sur le manque de coordination entre l’ISAF, les Forces spéciales US et l’armée afghane, pour proposer en définitive de modifier la chaîne de commande. Toutes les troupes, y compris alliées, seraient placées directement sous l’autorité du CENTCOM. En d’autres termes, les Alliés n’auraient plus leur mot à dire et le Pentagone pourrait servir les troupes anglo-saxonnes (US, UK, Canada et Australie) et laisser les autres se débrouiller tous seuls (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, etc.). L’Afghanistan étant fermé à l’Est par une haute barrière montagneuse, le seul corridor d’approvisionnement est la passe de Khyber, située en territoire pakistanais. Elle était utilisée uniquement pour le ravitaillement des troupes en carburant. Lors du week-end prolongé de l’anniversaire de la naissance du prophète (23 avril 2008), une soixantaine de camions citerne se sont entassés au poste-frontière de Torkham. Les insurgés ont attaqué le camion central au RPG et l’ensemble s’est enflammé en un gigantesque brasier. Depuis, les convois ne se déplacent que sous bonne escorte. Pour sécuriser la passe de Khyber, le Pentagone a bombardé des cibles suspectes en territoire pakistanais, le 3 septembre. L’ultra pro-US Ali Asif Zardari a été élu président du Pakistan, le 5 septembre. Le chef d’état-major interarmes US, l’amiral Mike Müllen, a effectué une visite surprise au Pakistan, le 15 septembre. Il a exigé que le Pakistan cède le contrôle de la passe de Khyber aux États-Unis. Le 21 septembre, le président Zardari a prononcé son discours d’investiture devant le Parlement. Il s’est engagé à soutenir les efforts du Pentagone contre les « terroristes » afghans. À l’issue de la cérémonie, les membres du gouvernement et les parlementaires ont été invités à l’iftar (rupture du jeûne de ramadan). La plupart d’entre eux étaient furieux à la fois parce que le nouveau président n’avait pas confirmé son engagement de rétablir les juges de la Cour suprême et par ce qu’il avait laissé entendre qu’il abandonnerait la souveraineté sur la passe de Khyber. Au cours de la réception, un camion piégé a frappé le bâtiment voisin (hôtel Marriott). Cet attentat ne pouvait être compris par les parlementaires que comme un avertissement de l’OTAN qui n’hésiterait pas à les éliminer s’ils s’opposaient à ses projets. Au plan médiatique, cet attentat justifie la prise de contrôle US d’une portion de territoire pakistanais, comme ceux du 11-Septembre avaient justifié l’invasion de l’Afghanistan. Intervenant à la télévision, Najam Sethi, le rédacteur en chef du quotidien libéral Daily Times, s’est exclamé : « C’est le 11-Septembre du Pakistan ». M. Sethi est un journaliste connu pour son alignement sur Washington dont il a soutenu toutes les incohérences. Ainsi a-t-il approuvé le coup d’État militaire du général Musharraf en 1999 au nom de l’« ordre » et défend-il aujourd’hui le nouveau pion US, Ali Asif Zardari, au nom de la « démocratie » cette fois. Il a fondé le Daily Times avec des capitaux états-uniens, début 2002, à l’issue de l’opération Liberté immuable. Quoi qu’il en soit, cet attentat marque l’extension de la guerre d’Afghanistan au Pakistan et remet en cause l’équilibre régional. Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban). [1] Sur tous ces sujets, on se reportera au chapitre 10 de L’Effroyable imposture 1, par Thierry Meyssan (réédition Demi-lune, 2007 Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban). http://www.voltairenet.org/article158100.html

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion. Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 5-1 Washington va regretter le soldat Musharraf. 21 septembre En « lâchant » le général Musharraf, les Américains, une fois de plus, on fait le mauvais calcul. Ils croyaient, ou voulaient croire, que le retour à un fonctionnement plus démocratique du Pakistan serait la solution à toutes les difficultés de ce pays. Surtout, ils voyaient là la recette permettant la mise à raison des courants islamistes qui soutiennent les Taliban au Pakistan et, par rebond, en Afghanistan. Comme le démontre la recrudescence d’attentats depuis un mois, et surtout le carnage à l’hôtel Marriott hier soir, nous assistons au processus inverse. Sous le nouveau régime, sur fond de course au pouvoir, le désordre s’accentue, les islamistes radicaux profitent de la faiblesse du gouvernement et la liaison entre les Taliban du Pakistan et ceux d’Afghanistan se renforce. Washington risque de regretter le soldat Musharraf. “Dans l’intérêt du pays, j’ai décidé de démissionner “. Au cours d’une allocution télévisée d’une heure prononcée le 18 août 2008, le Président Pervez Musharraf a annoncé son départ de la présidence du Pakistan. Unie dans la volonté de le voir destitué, l’alliance majoritaire au sein de l’Assemblée nationale a fini par avoir raison de lui. Mais les vraies difficultés commencent. Le 25 août, Nawaz Sharif, ancien Premier ministre, quitte cette alliance, dont il est pourtant l’un des deux piliers, et se range dans l’opposition. Il reproche au chef de ligne de l’autre courant de la majorité parlementaire, Asif Ali Zardari, de ne pas avoir tenu ses engagements. On est dans le discours incantatoire de type politicien. En réalité, Sharif ambitionne la position de Président, pour laquelle Zardari, fort de son plus grand nombre de députés, a obtenu l’investiture de la majorité parlementaire. Pour pouvoir présenter sa candidature à la magistrature, Sharif comptait sur la mise à l’écart de Zardari. Comment ? Il faut, pour comprendre, reprendre le fil d’Ariane de la politique pakistanaise. Pendant l’année 2007, les États-Unis, estimant que Musharraf n’en faisait pas assez dans la lutte contre les Taliban, avaient exigé une plus grande dose de démocratie. Ils avaient exigé et obtenu le retour des deux principaux exilés politiques, Sharif et Benazir Bhutto, qui étaient rentrés au pays pour faire campagne aux législatives. Néanmoins, Benazir, elle-même ancien Premier ministre, était poursuivie par la Justice pakistanaise avec son époux, le même Zardari, pour corruption lors de ses deux mandats à la tête du Pakistan. Musharraf, toujours sous la contrainte de Washington, avait dû prononcer une amnistie générale, afin de permettre le retour du couple Benazir-Zardari. Avec l’assassinat de Benazir, le 27 décembre 2007, on assistait à la nomination de son fils, sous le tutorat paternel de Zardari, à la tête du PPP, le parti créé par le fondateur de la lignée, Ali Bhutto, lui aussi ancien Premier ministre. Commandant en chef de la machine politique la plus performante du Pakistan, le PPP, et candidat déclaré à la Présidence de la majorité, Zardari voyait la victoire à portée de main. Mais un détail risquait de bouleverser ses plans. Pour éviter de voir sa réélection d’octobre 2007 invalidée par la Cour suprême, le mois suivant, Musharraf avait déposé les juges siégeant à la tête de cette institution. Au cours de la campagne législative, Zardari et le PPP avaient promis de remettre ceux-ci en place. Or, au pouvoir, le Premier ministre issu du PPP n’a rien fait dans ce sens. A cela, une raison : Zardari craint que la Cour suprême, retrouvant sa puissance, ne décrète irrecevable l’amnistie dont il a bénéficié avec Benazir. Il serait traduit en Justice et risquerait l’emprisonnement. Voilà pourquoi Sharif, son concurrent inavoué à la Présidence , demandait avec insistance le retour des juges de la Cour suprême. Tout simplement pour se débarrasser d’un obstacle entre lui et la magistrature suprême. http://mecanopolis.wordpress.com/

5-2 Aasim Sajjad Akhtar : Des militaires sous influence du Pentagone. En dépit de ses affirmations, l’armée ne peut rien contre les incursions américaines sur son territoire car elle doit trop aux Etats-Unis. Et l’état-major joue double jeu. Les Pakistanais ne se font plus d’illusions sur leur armée. Depuis plus de soixante ans [la création du Pakistan date de 1947], le peuple a été abreuvé d’un nationalisme militariste qui faisait endosser à l’Inde et, dans une moindre mesure, à d’autres voisins “hostiles” le rôle des méchants comploteurs. L’armée était alors présentée comme le protecteur de la nation et se manifestait de temps en temps pour “sauver le pays”. Officiellement entérinée par l’Etat, cette idéologie a favorisé de nombreuses interventions militaires, provoqué l’affaiblissement de la vie politique et entraîné la répression presque systématique de ceux qui remettaient en question le rôle de sauveurs des militaires.
Cependant, après les incursions très médiatisées des hélicoptères et des bombardiers américains sur le territoire pakistanais au début du mois de septembre, ce qui reste du mythe de l’infaillibilité de l’armée risque d’être définitivement anéanti. On sait que toute armée professionnelle d’un Etat-nation moderne doit assumer une responsabilité essentielle : celle de défendre la souveraineté nationale. Nos militaires ont lamentablement échoué. Et il est ironique que cela soit lié aux actions de Washington, leur bailleur de fonds historique. Bien entendu, les observateurs aguerris et les opposants à l’Etat militariste et à ses alliés américains ont toujours dénoncé l’idée que le Pakistan était bel et bien un Etat souverain et que son armée était l’héroïque défenseur de cette souveraineté. Ce n’est qu’à présent, cependant, que cette évidence est devenue un fait notoire.
A la fin des années 1940 et au début des années 1950, Islamabad a aidé les Américains, en pleine guerre froide, à construire une base secrète près de Peshawar, dans le nord-ouest du pays, pour faciliter les missions d’espionnage dans l’espace aérien soviétique. Premier à occuper le poste de commandant en chef de l’armée [en 1951] – et maître dans l’art du coup d’Etat –, le général Ayub Khan [qui a dirigé le pays de 1958 à 1969] a ouvertement offert à Washington les services de nos troupes pour protéger ses intérêts géostratégiques au Moyen-Orient. Plus tard, le général Zia ul-Haq [président du Pakistan de 1978 à 1988] a agi encore plus impudemment en “prêtant” les troupes et le territoire pakistanais aux Américains, dans les années 1980. A cette époque, un sentiment anti-impérialiste [antiaméricain] était palpable dans la classe laborieuse. Et pourtant, il n’y eut aucun mouvement contre la façon dont l’armée transformait le Pakistan en pays satellite des Etats-Unis. Pourquoi ? Sans doute à cause de la propagande inflexible qui a diabolisé les Soviétiques comme un “peuple sans Dieu”, faisant dès lors apparaître les Américains comme un “peuple du Livre”.
Ce n’est qu’après l’effondrement du système soviétique que le monde musulman s’est aperçu de l’incidence de l’impérialisme américain sur les Etats musulmans, et cette prise de conscience a souvent pris la forme d’un antiaméricanisme réactionnaire encouragé par la droite religieuse. Aujourd’hui, heureusement, cette droite n’est plus crédible et la complicité de l’armée avec les excès de l’Oncle Sam a été révélée au grand jour. Même les gens qui ne comprennent que vaguement l’histoire géopolitique de la région ne sont pas dupes des déclarations triomphantes récentes du chef des armées, le général Kayani. Ce dernier a en effet affirmé que les futures incursions des Américains [dans les Zones tribales, à la frontière afghane] seraient repoussées par l’armée pakistanaise… Rappelons que, il y a quelques semaines seulement, Kayani embarquait dans un avion américain en partance pour le Qatar, où il a rencontré au moins trois généraux américains directement responsables de la “guerre contre le terrorisme”. Il y a fort à parier que le chef des armées a alors été informé des incursions à venir et qu’il a donné son consentement (réticent ?).
Il est clair que la hiérarchie militaire pakistanaise est sous la tutelle du Pentagone. Il y a donc peu de chances que le général Kayani et ses officiers ordonnent aux troupes de résister réellement aux raids américains. Pour le moment, les bombardements ciblés et les missions commandos semblent être la stratégie de choix de Washington dans les Zones tribales. Et l’on peut s’attendre à ce que ces opérations continuent de provoquer des “dommages collatéraux” considérables. Le sentiment anti-impérialiste va s’intensifier, tout comme le sentiment antimilitaire et antigouvernemental. Et, pendant ce temps, l’establishment militaire va continuer, malgré la détérioration de la situation, à financer des combattants non réguliers [les islamistes visés par les Américains]. D’une manière presque absurde, ce double jeu de l’état-major est maintenant connu de Washington, du gouvernement Karzai à Kaboul et de pratiquement tous les observateurs attentifs.
Certains hommes politiques accusent régulièrement les militaires d’être responsable des troubles actuels, mais taisent le rôle de Washington. Dans les jours à venir, le fossé qui existe entre le peuple et les partisans de cette prétendue “guerre contre le terrorisme” ne peut que se creuser. Le Pentagone et la hiérarchie militaire pakistanaise ont toujours fait semblant de se préoccuper de la volonté populaire. Après le 11 septembre 2001, l’ancien président Pervez Musharraf affirmait qu’il apporterait son soutien à la “guerre contre le terrorisme” des Américains pour protéger la souveraineté territoriale du Pakistan. Maintenant que ce mensonge a été dévoilé, il est vraiment temps que les représentants élus par le peuple luttent aux côtés de celui-ci plutôt que du côté de l’impérialisme américain et de l’armée pakistanaise à sa solde.
* Professeur d’histoire et de sciences sociales à l’université des Sciences du management, à Lahore, il milite au sein d’un mouvement socialiste pour les droits civiques.
Aasim Sajjad Akhtar*
The News http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=89569


6 Annexe : 6-1 AL QAÏDA ET LA PROPAGANDASTAFFEL OCCIDENTALE. Avec la même grossièreté habituelle, ils ont ressuscité Al Qaïda, sorti d’un chapeau de magicien pakistanais.
L’attentat du Marriott, chaîne d’hôtels faisant partir d’établissements américains de luxe, semble être la nouvelle parade pour faire sortir du diable Vauvert, nos amis, John McCain-Sarah Palin, duo de bras cassés magique à la traîne pour la course à la Maison Blanche.
J e suis surpris par la revendication inhabituelle du groupe terroriste, pardon, de la nébuleuse, qui, parfois, attend plusieurs jours avant de se déclarer.
Elle a probablement changé de méthodes, sous l’impulsion de l’homme qu’on doit accuser de haute trahison aux Etats-Unis. John McCain déclare : « Je sais comment attraper Ben Laden ». Pourquoi n’en dit-il pas plus aux autorités de son pays ? Simplement parce qu’il veut être élu sur un mensonge.
Comme à leur habitude, les médias partisans s’emballent : on lit tout et n’importe quoi.  Ici et là, des titres aussi fantaisistes que farfelus font la Une des journaux. « Le Pakistan connaît son 11 septembre ».... Franchement, avec 53 morts ? Rien que ça ? Mais non, bien plus. Je regrette bien évidemment qu'il y ait des morts injustes. Passons.
Pourtant, à regarder en filigrane, Al Qaïda n’a vraiment pas besoin d’un acte comme celui-là, actuellement au Pakistan. Seul le régime de l’ex président Pervez Musharraf, allié zélé des Etats-Unis, avait juré d’en finir avec le terrorisme. L’actuel président, Asif Ali Zardari, ne s'est même pas encore bien installé, que les américains font désormais de vastes incursions en territoire pakistanais.
Quand des villages entiers sont dévastés par les américains ou les Australiens en Afghanistan, on parle de bavures. Lorsqu’ils assassinent des innocents, remarquez bien, on dit de ceux-ci qu’ils sont des insurgés. Or, s’ils connaissaient vraiment les « qui » étaient les vrais insurgés, ils allaient déjà les éradiqués, non ? En définitive, de qui se moque-t-on avec cette propagande Al Qaïda ?
http://allainjulesblog.blogspot.com/

6-2 Qu'elle était donc cette mystérieuse activité qui se déroulait dans l'hôtel Marriott d'Islamabad et à laquelle prenaient part des Marines US. L'Hôtel Marriott est maintenant devenu un hôtel fantôme alors qu'il était hier le plus beau et le plus prestigieux des hôtels d'Islamabad. Au moment où la condamnation des explosions, des pertes en vies humaines et des dégâts matériels se fait entendre de toutes parts, certaines nouvelles intrigantes se propagent. Pakistan Daily
Dimanche, le 21 septembre 2008
Après l'explosion, le feu a mystérieusement débuté aux quatrième et cinquième étages. On a expliqué que ce feu était attribuable à l'explosion d'une ligne de gaz qui traverse l'hôtel. La question à un million de dollars est comment ce fait-il que cette ligne de gaz ne traverse pas les autres étages? Pourquoi le feu a-t-il éclaté aux quatrième et cinquième étages? C'est dans cette question que l'on découvre peut-être la clé du mystère des raisons pour lesquelles l'hôtel a été pris pour cible hier, où plus de 60 personnes sont mortes, dont de nombreux étrangers.
Bien que cela ne sera jamais confirmé, le feu aux quatrième et cinquième étages de l'hôtel a éclaté parce que ces étages servaient de logis à de mystérieuses boîtes en acier qui étaient sous la garde de marines US et personne, y compris les forces de sécurité pakistanaises et les hommes de la sécurité de l'hôtel, n'était autorisé à s'y approcher.
Ces boîtes - http://www.daily.pk/politics/politicalnewss - ont été déplacées à l'intérieur de l'hôtel alors que l'amiral Mike Mullen rencontrait le premier ministre Yousuf Raza Gilani ainsi que d'autres personnes à Islamabad.
On raconte qu'un membre du Parlement, Mumtaz Alam, membre du PPP, le parti au pouvoir, a été témoin oculaire de toute la scène lorsque le camion blanc de l'ambassade des États-Unis est arrivé à la porte de l'Hôtel Marriot et que les marines US ont eux-mêmes déchargé du camion les boîtes en acier et les ont transféré aux quatrième et cinquième étages, sans passer par les détecteurs à l'entrée de l'hôtel. Au moment où le camion était sur place, toutes les entrée et les sorties de l'hôtel sont demeurées fermées.
Et voilà que survient cette explosion à l'hôtel Marriott, alors que cette mystérieuse activité était en cours. 
commentaires des lecteurs Comme par hasard, la presse occidentale l 'a tout de suite attribuée a el qaiida . Cet attentat ressemble fort a ceux perpétrés par les mercenaires anglo-américains en
Irak qui visaient tantôt les chiites tantôt les sunnites pour mettre le pays a feu et a sang et faire oublier l'occupation américaine ....
Surtout un hôtel ou devait se trouver au moment de l 'explosion toute la hiérarchie du Pakistan président compris, ils ont annulé leur diner au Marriott 1 heure avant l explosion, cela aurait décapité le Pakistan et donné une excuse au ziocons pour intervenir au Pakistan, pourquoi Al-Quaeda rendrait - elle un tel service au ziocons ( le gouvernement pakistanais s'est opposé au ziocons et à leur guerre fantôme) ? Al Quaeda rend service à Israël beaucoup vous ne trouvez pas ? Et comment se fait il d abord que Al Quaeda n'ai jamais commis d attentat en Israël ? N’est-ce pas leur plus grand ennemi ? Ils sont arrivés à tromper la CIA avec son projet ECHELON et le MI6 mais le Mossad est trop fort ? je ne pense pas, ceux la même qui ont créé le terrorisme en profitent et se pausent en sauveurs, sauveurs qui ont le droit de nous ficher comme des bêtes d'envahir la vie privée de millions de gens tout cela et encore plus en chemin, au nom du terrorisme qu'ils ont créé S’il n'y'a pas de problème à l'origine bah tu ne restes pas les bras croisés comme un con à attendre tu le crées ce fichu problème, à quoi elle sert la CIA / MI6 / Mossad ? 22 Septembre  http://www.voltairenet.org/ 

28/09/2008

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Début- La Georgie : place stratégique du Caucase.

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Début- La Georgie : place stratégique du Caucase.


 Les dossiers des Guerres de l'Otan.  - Début-

n° 9- 25-09

Par M.Lemaire



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

Tiré à part : Une enquête indépendante en Georgie.

761 bases militaires américaines dans le monde, et personne n'en parlent.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 L'OTAN encourage les "aventures militaires" de la Géorgie.

2 Brèves

2-1 Casus Belli : La voie de l’OTAN « grande ouverte » pour la Géorgie , affirme le sécrétaire général de l’Alliance Atlantique.

2-2 L'OTAN encourage les "aventures militaires" de la Géorgie.

2-3 Un nouvel accord a été conclu sur les arrangements de sécurité pour les deux régions sécessionnistes de Georgie -- l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud

2-4 Géorgie : Gates appelle à la prudence. 3

 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Jean Géronimo : La Georgie  : place stratégique du Caucase.

3-2 Point de vue de Mireille Delamarre : La Géorgie dans l'OTAN ?

Suite

3-3 Point de vue de rol8329 : La fin des Etats-Unis sur une victoire russe ?

3-4 Point de vue d'Alain Joxe : « Les dirigeants géorgiens ont été poussés par Washington »

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Déclaration sur la guerre d'agression de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud. 5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 James Petras : Les Maîtres de la Défaite : Un Empire américain en déconfiture, au milieu de force fracas belliqueux.

Fin 6 Annexe :

6-1 Michel Collon : Quelle sera demain la politique internationale des USA.

6-2  NOUVELOBS : Le président Saakachvili préparait son offensive dès 2005. ?


Tiré à part : Une enquête indépendante en Georgie. Les ministres européens des Affaires étrangères ont exprimé hier leur soutien à "l'idée d'une enquête internationale indépendante sur le conflit en Georgie Selon une source proche des discussion européennes, il a été question de demander une investigation sur "le déclenchement du conflit",  avant que cette formulation soit revue de manière plus neutre, sous la pression des pays "proche de la Georgie ".

Une enquête sur le déclenchement des hostilités pourrait  en effet amener à accuser le président géorgien Saakashvili qui a mis le feu aux poudres en bombardant la capitale sud-ossète Tskhinvali.

Métro, le 16 sept.

761 bases militaires américaines dans le monde, et personne n'en parlent
Les mass media occidentaux tapent continuellement sur les Russes, leur reprochant principalement de vouloir reconstituer leur ancien empire (alorsque la Georgie et l¹Ukraine sont sans doute plus russes que la Californie et l¹Alaska ne sont américains). Or les Etats Unis auraient 761 bases militairesdans le monde.
Et cela sans que le peuple américain ne le sache. Les mass media n¹en parlent pas.
Les Américains exploitent à fond l¹idée du terrorisme qu¹ils ont créée. Il suffit qu¹on leur annonce l¹existence d¹un terroriste quelque part dans le monde pour qu¹ils se sentent autorisés d¹y lâcher des bombes ou d¹y envoyer une équipe de tueurs.
XXXX

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 1-1 L'OTAN encourage les "aventures militaires" de la Géorgie. "L'OTAN a de nouveau exprimé son soutien à la campagne de désinformation lancée par (le président géorgien) Mikhaïl Saakachvili et a promis de l'aider à rétablir le potentiel militaire de la Géorgie au lieu de tirer les conclusions de la tentative échouée de M.Saakachvili visant régler un vieux conflit par la force", note le ministère. Le secrétaire général de l'Alliance Jaap de Hoop Scheffer a décidé de se rendre dans la ville géorgienne de Gori après son séjour à Tbilissi sur l'invitation des autorités géorgiennes. "Le caractère antirusse de ce déplacement est flagrant", poursuit le ministère avant de déplorer que M.Scheffer n'ait pas l'intention d'aller à Tskhinvali "pour obtenir des informations plus objectives sur les événements survenus début août". Les relations entre la Russie et l'OTAN se sont aggravées après les hostilités lancées par la Géorgie contre l'Ossétie du Sud le 8 août dernier. La Russie a introduit ses troupes en Ossétie du Sud pour protéger les habitants de la république dont la majorité ont la nationalité russe. Les pays membres de l'Alliance ont accusé Moscou de faire un usage disproportionné de la force avant de suspendre la tenue des réunions du Conseil Russie-OTAN à tous les niveaux. La Russie a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud le 26 août. (RIA Novosti. 17 septembre - http://fr.rian.ru/world/20080917/116876781.html


2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 2-1 Casus Belli : La voie de l’OTAN « grande ouverte » pour la Géorgie , affirme le sécrétaire général de l’Alliance Atlantique. Le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré que l’alliance continuera à s’agrandir et que la route vers l’adhésion est « grande ouverte » à la Géorgie. Le secrétaire général de l’OTAN a renouvelé son soutien à la candidature de la Géorgie à l’alliance dans son discours devant les étudiants de l’Université d’Etat de Tbilissi le deuxième jour de sa visite dans le pays, mais n’a cependant proposé aucun calendrier pour cette adhésion. « Le processus de l’élargissement de l’OTAN se poursuivra, avec la prudence requise, mais également avec un objectif clair, » a souligné M. de Hoop Scheffer aux étudiants, et d’ajouter qu’aucun autre pays ne pourra opposer son « veto » à ce processus. « Et même si les événements du mois dernier ont été un revers, la voie de l’OTAN est toujours grande ouverte pour la Géorgie , » a- t-il indiqué. L’alliance militaire transatlantique a garanti aux leaders géorgiens que leur pays finira par rejoindre le bloc, bien qu’il n’ ait pas fait mention du moment où cela se produira. M. de Hoop Scheffer n’a pas caché les divisions qui existent au sein de l’alliance sur l’admission de la Géorgie. « Les opinions diffèrent quant à la rapidité avec laquelle la Géorgie devrait pouvoir intégrer le Plan d’action d’adhésion, » qui fixera les négociations officielles permettant à Tbilissi d’ intégrer l’OTAN. Sources :   Xinhua    17 septembre

2-2 L'OTAN encourage les "aventures militaires" de la Géorgie. L'OTAN encourage les aventures militaires de la Géorgie en intensifiant sa coopération avec Tbilissi, a mis en garde le ministère russe des Affaires étrangères. "Les mesures appelées à porter les relations OTAN-Géorgie à un niveau plus élevé ne font que pousser Tbilissi à s'engager sur la voie de nouvelles aventures", lit-on dans une déclaration du ministère au sujet de la visite de deux jours que 26 ambassadeurs des pays membres de l'Alliance ont entamé à Tbilissi. "L'organisation d'une visite à Tbilissi est inopportune, elle ne contribue pas à la stabilisation de la situation dans la région. Les décisions prises à l'issue de la visite confirment que l'OTAN conserve toujours des réflexes de guerre froide", est-il indiqué dans le document. Selon les médias occidentaux, la visite est appelée à élargir la coopération entre l'Occident et la Géorgie qui souhaite adhérer à l'OTAN. (RIA Novosti. 17 septembre - http://fr.rian.ru/world/20080917/116876781.html

2-3 Un nouvel accord a été conclu sur les arrangements de sécurité pour les deux régions sécessionnistes de Georgie -- l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud

Jaap de Hoop Scheffer a critiqué lundi cet accord, arguant que  l'option de maintenir les forces russes en Ossétie du Sud et en  Abkhazie n'était pas acceptable. 

"Si les Russes restent en Ossétie du Sud avec tant de forces,  je ne considère pas cela comme un retour au statu quo", a dit M.  Hoop Scheffer au Financial Times.   Dans une interview au Financial Times, le chef de l'OTAN a  également signalé que l'OTAN s'en tiendrait à sa décision de  suspendre la Commission OTAN-Russie tant que les troupes russes  resteraient dans les deux régions séparatistes.  La Georgie a lancé le 7 août une attaque contre l'Ossétie du  Sud qui jouissait de l'indépendance de facto depuis 1992, dans une tentative de reprendre contrôle de la région. La Russie a envoyé  des troupes dans cette région le lendemain et battu les forces  géorgiennes.  L'Occident a accusé la Russie d'intimidation de son petit  voisin. Mais Moscou a indiqué que ses opérations militaires  visaient à protéger les civils et renforcer la paix dans la région. La reconnaissance par la Russie des deux régions séparatistes  géorgiennes comme pays indépendants le 26 août a rendu l'Occident  plus furieux. Intéressante info à nouveau, on s'éloigne en effet du "Je ne veux pas entrer dans les considérations de qui a fait quoi quand" de De Hoop Scheffer quelques jours après l'agression géorgienne Xinhua, 17 septembre http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/18/content_721557.htm

2-4 Géorgie : Gates appelle à la prudence. 18-09 Le secrétaire américain à la Défense , Robert Gates, a appelé aujourd'hui l'Otan à éviter toute provocation envers la Russie dans sa réponse à la crise géorgienne, peu avant le début d'une réunion à Londres des ministres de la Défense de l'alliance atlantique consacrée au sujet. "Il n'est pas dans mon intention de parler au nom de qui que ce soit mais il m'est difficile d'imaginer que ceux qui forment actuellement l'Otan ressentent une véritable menace militaire de la part de la Russie ", a déclaré M. Gates à la presse. "Il y a une certaine inquiétude, jusqu'à un certain point, mais je pense que cela est plutôt dû à des pressions et des intimidations qu'à une réelle perspective d'action militaire", a-t-il ajouté. M. Gates est à Londres pour participer à une réunion de deux jours de l'Otan notamment consacrée aux conséquences militaires du nouveau climat de confrontation avec la Russie après la guerre russo-géorgienne d'août. AFP, 18/09/2008

2-5 Les États-Unis voudraient une Europe plus militaire.  Le secrétaire Us a la guerre Gâtes, a prévenu vendredi (19 septembre) l'Europe qu'elle s'était avancée trop loin dans son processus de démilitarisation, l'appelant à reconstituer sa défense dans une période d'incertitude sur les intentions de la Russie.   Après avoir assisté à une réunion informelle des ministres de la défense de l'Otan, Gâtes a plaidé, dans un discours délivré au palais de Blenheim, au Royaume-Uni, pour un mélange de détermination et de modération dans les relations avec la Russie. "L'un des triomphes du siècle dernier a été la pacification de l'Europe après des siècles de guerres ruineuses et sanglantes", a-t-il déclaré devant un parterre d'experts en politique étrangère. "Mais je pense que nous avons atteint un point d'inflexion, la plus grande partie du continent étant allée trop loin dans l'autre direction", a-t-il ajouté. "La faiblesse, réelle ou perçue, est toujours une source de tentation pour les mauvais calculs et les agressions", a-t-il estimé.   Le secrétaire à la Défense a également remarqué que seulement cinq des 26 membres de l'Otan consacraient 2 % de leur PIB à la défense. Selon lui, les Occidentaux doivent, prudemment, s'efforcer de "modeler l'environnement international et les choix des autres puissances", pour éviter une situation dans laquelle ne subsistent que deux choix, "la confrontation ou la capitulation". Cela s'applique à la Russie , mais aussi à l'Iran, a-t-il précisé.


3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 3-1 Point de vue de Jean Géronimo : La Georgie  : place stratégique du Caucase. La Georgie apparait véritablement comme un pivot géopolitique dans la stratégie américaine du ‘’rôle back’’ (reflux) de la puissance russe, prônée par Brzezinski . En d’autres termes, elle est une pièce clé de l’échiquier eurasien. L’objectif implicite de Washington est de détacher la zone post-soviétique (CEI ) de la domination russe, en vue d’y instaurer un ‘’pluralisme’’ politiquement orienté. Or cet objectif a été partiellement réalisé par la main mise de Washington sur le Caucase sud (principalement l’Azerbaïdjan et la Georgie et l’Ukraine, par le biais d’une triple ingérence politique, économique et militaire . De suspectes ‘’révolutions de couleur’’ (libérales) ont précipité ce basculement dans le camp occidental. En fait, ces révolutions politiques ont été ‘’encouragées’’ (et planifiées) par le vertueux Etat américain, porteur du ‘’flambeau de la liberté’’ , au nom d’une mission libérale confiée par l’histoire et destinée à étendre la ‘’paix démocratique’’. Désormais, ces stratégies politiquement insidieuses, à visée manipulatrice, sont perçues par le discours stratégique russe comme des ‘’menaces principales’’. Cela est attesté par le général d’armée Makhmout Gareev, président de l’Académie des sciences militaires de Moscou, lors de sa présentation des grandes lignes de la nouvelle doctrine militaire russe, le 20 janvier 2007 : ‘’L’expérience de la désagrégation de l’URSS, de la Yougoslavie , des ’’révolutions colorées’’ en Georgie en Ukraine, en Kirghizie et dans d’autres régions du monde est là pour nous convaincre que les principales menaces sont mises à exécution moins par des moyens militaires que par des moyens détournés’’ . Or, à terme, ces stratégies d’ingérence géopolitique ont fini par exacerber l’instabilité nationaliste des zones caucasienne et centre-asiatique. En quelque sorte, une déstabilisation programmée. Aujourd’hui, les crises nationalistes en zone post-soviétique tendent à être instrumentalisées par les deux super-puissances dans leur stratégie d’influence. L’Etat américain les a notamment utilisé pour déstabiliser l’autorité russe dans la région et se substituer à cette dernière. De son coté, en réaction, la Russie n’hésite pas à surfer sur ces instabilités pour accélérer son retour. Mais il s’agit là d’une réponse légitime à une politique américaine agressive menaçant ses intérêts nationaux et ses prérogatives historiques, dans l’optique finale d’éroder sa puissance. Ainsi Igor Chouvalov, vice-premier ministre de la Russie , a reconnu que ‘’certains tentent actuellement de freiner notre puissance’’ . Il y a, pour Moscou, des lignes rouges à ne pas franchir. Car la Georgie se trouve au cœur du glacis sécuritaire - l’actuelle CEI - que la Russie s’est efforcée de construire, tout au long des siècles, pour faire face aux menaces extérieures latentes. La Georgie (avec l’Ukraine et l’Azerbaïdjan) espère bientôt intégrer le bloc occidental par le biais des institutions de l’UE et de l’Otan. Et c’est surtout cette intégration à l’Otan que redoute Moscou, dans la mesure où elle élargirait la zone d’intervention potentielle de l’Otan - bras armé de l’Amérique - aux portes de la Russie. Cela est dénoncé, sans ambages, par l’ancien Premier ministre russe, E. Primakov : ‘’L’extension de l’Otan s’accompagne d’une rhétorique anti-russe ainsi que d’une politique offensive des Etats-Unis dans les ex-républiques soviétiques’’. Il s’agit donc d’une véritable provocation, au cœur même d’un espace post-communiste défini par Moscou comme partie intégrante de ses ‘’intérêts vitaux’’. Cela explique la ferme réaction du ministre russe des affaires étrangères, S. Lavrov : ‘’Nous ferons tout pour empêcher l’adhésion de l’Ukraine et de la Georgie à l’Otan et prévenir ainsi une inévitable dégradation de nos relations avec l’Alliance, ses principaux membres et nos voisins’’ . Par ailleurs, cette intégration permettrait à la fois l’extension des bases militaires américaines et celle (éventuelle) du bouclier anti-missile ABM. Autrement dit, cela concrétiserait l’encerclement stratégique de la puissance russe, la conduisant à se sentir comme une cible potentielle. Un véritable cauchemar pour cette dernière, d’autant plus que la Georgie est au centre des couloirs énergétiques contrôles par l’Amérique en vue de contourner et isoler Moscou. En soutenant l’indépendance (reconnue le 28 août) des républiques d’Ossétie du sud et d’Abkhazie, Moscou cherche à garder une présence politico-militaire dissuasive en Georgie et à freiner l’expansion provocante de l’Otan à son Etranger proche, perçue comme un reflexe de la guerre froide – et comme une violation des promesses occidentales. D’autant plus que l’Etranger proche ( la CEI ), défini comme sa zone d’influence politique, reste la première priorité de sa politique extérieure et le vecteur de sa stratégie de puissance. Ce faisant, la Russie veut montrer à l’Occident ‘’qu’elle n’est pas la Serbie ’’ et qu’elle est prête à défendre ses intérêts nationaux, jusqu’au bout. Ce durcissement de la politique russe est considéré par Washington comme une résurgence de l’impérialisme soviétique. ‘’Le but de la Russie est de retrouver l’influence du temps de l’URSS’’ a ainsi récemment affirmé le vice président américain, Dick Cheney . Avec une troublante certitude, Z. Brzezinski a confirmé que la Russie n’a pas ‘’entièrement rompu avec ses ambitions impériales’’. Se sentant trahie par l’Occident et estimant qu’elle a trop reculé depuis l’implosion de l’URSS, la Russie a retrouvé ses forces (économique et militaire) et sa fierté nationale. Et elle veut faire de la Georgie une preuve éclatante de son retour sur la scène internationale. L’enjeu, sous-jacent, est de retrouver une certaine crédibilité géopolitique. En définitive, c’est le statut post-impérial de la Russie qui se joue. Depuis la phase post-communiste, la Russie cherche d’une part à s’insérer dans le nouvel Ordre mondial qu’elle espère ‘’plus juste’’ et d’autre part, à reconstruire son identité internationale. Mais face à l’hostilité américaine, elle veut garder un droit de regard sur son espace périphérique, source potentielle d’instabilités politique et sécuritaire. Cela explique et justifie son acharnement à défendre les causes ossète et abkhaze, au nom de principes moraux supérieurs et ce, quels qu’en soient les coûts. Sa survie, et son retour comme grande puissance, en dépendent.

Jean Géronimo,


3-2 Point de vue de Mireille Delamarre : La Géorgie dans l'OTAN ? Le bon vieux temps te manque George ? Ouai peut être un peu... Les néocons, Bush, Cheney et McCain en tête, poussent à l'intégration de la Géorgie dans l'OTAN. Cette pression doit être vue dans le contexte de la nouvelle politique étrangère américaine en Europe de l'Est s'appuyant sur 5 points de développement :
1) La nouvelle politique visant à restreindre l'influence de la Russie
2) Les plans de déploiement de systèmes régionaux balistiques de défense anti missiles à la périphérie de la Russie
3) Les relations post guerre froide des US –Russie- Géorgie
4) L'expansion vers l'Est de l'OTAN
5) L'importance géopolitique de la Géorgie en lien avec les pipelines de pétrole et de gaz.

La nouvelle politique US visant à restreindre l'influence de la Russie - tout comme la stratégie identique mise en place à l'époque de la Guerre Froide - a pour but d'encercler la Russie de bases militaires US, de forces armées et d'alliances hostiles. A l'époque, cette politique, qui visait à contenir l'expansion du communisme de l'ex Union Soviétique, constituait la pièce maîtresse de la politique sécuritaire américaine à l'étranger. A la fin de la Guerre Froide en 1991, les US n'ont pas mis un frein à cette politique, mais, bien au contraire, avec la fragmentation de l'ex Union Soviétique en une multitude de petits états nations entourant la Russie , elle s'est développée de manière extensive. L'actuelle direction russe n'est pas plus favorable à cet encerclement que ne l'était celle de l'ex Union Soviétique pour des raisons qui n'ont rien d'idéologique, mais tout simplement parce que Moscou le perçoit, à juste titre, comme une menace existentielle. La Russie et la Chine restent les principaux « ennemis » de Washington sur la scène internationale.
A l'origine du programme de déploiement de systèmes anti missiles, plus connu sous le nom de «Guerre des Etoiles », on trouve l'Administration de Ronald Reagan. Le Pentagone a dépensé des dizaines de milliards de dollars depuis le discours de lancement par Reagan en 1983 de ce programme. Les US ont conclu récemment des accords avec la Pologne et la République Tchèque , pour installer sur le territoire de la première des missiles patriotes et sur celle de la deuxième le radar allant avec. C'est la Russie qui est visée et Moscou a immédiatement réagi en prévenant ses voisins polonais et tchèques qu'ils seraient dans leur ligne de mire car la doctrine russe de frappe préventive nucléaire s'applique à tout pays, y compris celui ne possède pas ses propres armes nucléaires, mais abrite ce genre de système installé par un pays tiers puissance nucléaire.
Après l'effondrement de l'Union Soviétique, la politique étrangère US sous l'Administration de H.W.Bush (Bush père) a considéré les disputes territoriales dans le Caucase, dont celles concernant la Géorgie , comme des problèmes internes à la Russie. Au début des années 90, le chaos prévalait en Géorgie : guerres civiles, un coup d'état, et différents conflits ethniques.
En 1995, la Banque Mondiale , le FMI et l'Allemagne ont prêté des millions de dollars à la Géorgie. En 2003, le président Shevardnadze a été renversé par la «Révolution Rose». En 2004 Saakashvili s'est installé au pouvoir, soutenu par les Américains. Comme marque de soutien, G.W. Bush s'est rendu en Géorgie en 2005.
En plus de demander son intégration au sein de l'OTAN, la Géorgie a entrepris le long processus visant à devenir membre de l'Union Européenne. Après l'effondrement de l'Union Soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie, l'extension première de l'OTAN vers l'Est s'est réalisée avec l'intégration de l'Allemagne réunifiée en 1990, qui s'est faite avec l'accord de la Russie à condition, et les Russes avaient reçu des assurances sur ce point, que l'OTAN se cantonne à la partie est de l'Allemagne. Les US et les pays européens membres de l'OTAN n'ont pas tenu leur promesse. A la fin des années 90, l'OTAN, sans l'accord de l'ONU et alors que Moscou manifestait sa totale opposition, a entrepris sa première opération militaire contre la Yougoslavie. Peu après, en 1999, la Hongrie , la Pologne , la République Tchèque , ont rejoint l'Alliance, au grand dam de Moscou.
Après les attaques du 11 Septembre, l'OTAN a invoqué l'Article 5 – une attaque contre l'un des états membres est une attaque contre tous – pour commencer, entre autres, à patrouiller les mers à la recherche d'éventuels « terroristes » et d'armes de destruction massive, en toute illégalité, sans qu'il n'y ait eu sur ces patrouilles de directive votée par une organisation internationale telle l'ONU. Depuis 2003, l'OTAN joue un rôle majeur dans la guerre d'occupation de l'Afghanistan. En 2004, avaient rejoint l'OTAN, les états de la Baltique : Estonie, Lituanie, Lettonie, et la Slovaquie , la Bulgarie , et la Roumanie. Au sommet de l'OTAN d'avril 2008, l'Albanie et la Croatie ont démarré le processus d'adhésion et il a été décidé de considérer favorablement la demande de la Géorgie et de l'Ukraine sans toutefois que le processus d'adhésion ne soit enclenché. Autres futurs membres : la Bosnie Herzégovine et le Monténégro. L'expansion à l'Est pour encercler la Russie est pratiquement achevée.
Le fait de devenir membre de l'OTAN permet de bénéficier en matière de défense de multiples avantages : des centaines de milliers de troupes, des milliers de tanks et d'avions, et des centaines de navires, tous en état d'alerte, prêts à défendre la sécurité des membres de l'Alliance. En plus de ces armements, équipements et matériels conventionnels, sous l'égide de l'OTAN se trouve regroupées les forces nucléaires les plus importantes de la planète : des milliers de bombes et têtes nucléaires des US, de la Grande Bretagne et de la France. Une partie des armes nucléaires US sont réparties sur le territoire de certains pays européens tels la Belgique , l'Italie, l'Allemagne, la Grande Bretagne (+ La Turquie qui fait partie de l'OTAN). L'Alliance s'est engagée à utiliser ses armes nucléaires pour défendre ses états membres, même si l'attaque de l'un ou de plusieurs membres n'est pas de type nucléaire, et comme écrit précédemment, d'utiliser éventuellement ces armes nucléaires dans le cadre d'une frappe préventive.
Cette menace d'utilisation préventive de l'arme nucléaire est la pierre d'angle de la doctrine de défense de l'OTAN. Dans les années 80, les partisans de cette attaque préventive nucléaire au sein de l'Alliance la justifiaient en disant que les forces du Pacte de Varsovie bénéficiaient de l'avantage du nombre en matière d'armes conventionnelles. L'OTAN a refusé à l'époque l'offre faite par l'Union Soviétique de NFU ( No First Use) de ne pas utiliser une frappe préventive nucléaire. Ni la chute du mur de Berlin, ni l'effondrement de l'Union Soviétique n'ont rien changé à cette doctrine de l'OTAN, de première frappe nucléaire préventive. Elle est toujours valide actuellement et s'étend donc par conséquent à tout nouvel état membre, dont la Géorgie , si le processus d'adhésion est enclenché en fin d'année comme le veulent les américains.
La Géorgie , a lancé dans la nuit du 7 au 8 août une attaque barbare contre l'Ossétie du Sud, à laquelle la Russie , en soutien à ses troupes de maintien de la paix et à la population ossète, a répondu en écrasant en quelques jours l'armée géorgienne.
Si la Géorgie était déjà membre de l'OTAN, l'OTAN appliquant sa doctrine de première frappe nucléaire, et Moscou la sienne, c'est à un embrasement nucléaire en Europe que le reste du monde aurait assisté.
L'OTAN, manipulée par les Etats Unis contre la Russie , avec l'assentiment servile irresponsable et suicidaire des états membres européens dont la France , ne protège en rien l'Europe, au contraire.
Elle constitue, de part son expansion à l'Est et sa doctrine de guerre nucléaire préventive, une menace de destruction du continent européen.
Mireille Delamarre 13 Septembre http://www.planetenonviolence.org/La-Georgie-Dans-L-OTAN _a1673.html?PHPSESSID=dfa61e97d3593f91424973dac0302648

OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,sarkozi, Union européenne,guerre, repl

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Suite- La Georgie : place stratégique du Caucase.

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Début- La Georgie : place stratégique du Caucase.


Les dossiers des Guerres de l'Otan.  - Suite-

n° 9- 25-09

Par M.Lemaire



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.                                                 Suite-

3 Dossier & Point de vue                        Suite-

3-3 Point de vue de rol8329 : La fin des Etats-Unis sur une victoire russe ?

3-4 Point de vue d'Alain Joxe : « Les dirigeants géorgiens ont été poussés par Washington »

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Déclaration sur la guerre d'agression de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud. 5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 James Petras : Les Maîtres de la Défaite : Un Empire américain en déconfiture, au milieu de force fracas belliqueux.



3-3 Point de vue de rol8329 : La fin des Etats-Unis sur une victoire russe ? Et si les protagonistes de la guerre froide avaient échangé leurs positions respectives ? Que les Russes se trouvaient en mesure d’anéantir l’économie américaine ?
 La guerre n’est qu’une confrontation économique avec des moyens militaires. La mise en place d’une économie de guerre permet aux protagonistes d’un conflit de monopoliser toutes leurs forces vives non pas pour gagner, mais pour rester en vie plus longtemps que l’adversaire. S’agissant de la guerre froide, empreints d’une rare sagesse, les deux adversaires se sont limités à une comparaison de leurs moyens respectifs sans recourir à leur emploi. La guerre s’est donc déroulée sur le papier. Bien sûr, il y eut des heurts à la périphérie, mais ils sont restés très raisonnables en regard du potentiel de destruction accumulé par les deux géants. En fait, la vraie bataille fut économique et la défaite de l’économie soviétique résulta d’un mauvais concours de circonstances : rendue exsangue par les années de guerre en Afghanistan, par la course à l’armement avec son adversaire/partenaire américain, le coup de grâce lui fut porté par la baisse des cours du baril de pétrole, principale source de revenus de l’Etat communiste. Hasard ou manœuvre concertée entre les Saoudiens et les Américains, la chute du prix du baril tomba au pire moment pour les Soviétiques. Ils ne s’en relevèrent pas. Ce monde bipolaire a laissé la place à un monde multipolaire, peut-être plus complexe, mais qui répond toujours aux mêmes règles, cette fois dans un jeu à plusieurs. Souvenons-nous que le monde fut multipolaire avant la division de l’humanité en deux blocs et que ce retour n’est une nouveauté que pour certains penseurs habitués à la confortable paresse que permettait le manichéisme de la guerre froide. Les Etats-Unis peinent d’ailleurs à raisonner différemment, eux qui ne cessent d’appliquer des modèles binaires au monde actuel : l’axe du mal contre l’axe du bien ; le monde occidental contre le reste du monde ; le libéralisme contre le socialisme ; soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous… Et pourtant, les Etats-Unis ont largement tiré parti de la multipolarité du monde d’avant-guerre. Les deux conflagrations mondiales qui ont largement ruiné le continent européen tout en stimulant l’économie américaine ont facilité l’émergence de l’empire de Washington en lui laissant une place nette. La question est maintenant de savoir combien de temps cet empire va durer. Les conditions qui ont permis la victoire des Etats-Unis contre l’URSS pourraient bien se retourner contre leur bénéficiaire. En effet, les Etats-Unis se trouvent empêtrés dans des conflits coûteux et sans fin, à l’instar de l’URSS qui se ruinait en Afghanistan. L’économie américaine est dépendante d’un baril qu’elle doit acquérir à des prix de plus en plus élevés. Il suffirait donc que les pays producteurs s’entendent pour fermer le robinet et l’économie américaine finirait comme celle de son ennemi d’autrefois : en faillite, dépecée par des étrangers. Il suffirait, mais qui aurait intérêt à la faillite de l’économie américaine ? C’est une autre question. Toujours est-il que l’économie des Etats-Unis est vulnérable et qu’il suffirait d’augmenter le prix du baril, en diminuant l’offre, pour la mettre à genou. Cette vulnérabilité explique les efforts militaires américains pour sécuriser leurs approvisionnements et, surtout, pour empêcher des mains mal intentionnées de s’emparer de tous les "robinets". Ainsi, l’action du pentagone en Asie centrale procède de cette logique. Il s’agit de ne pas laisser les Russes décider seuls de l’ouverture ou de la fermeture des vannes. Les 3 millions de barils qui transitent chaque jour par le Bosphore représentent peu face aux 88 millions de baril par jour de consommation, mais leur disparition du marché engendrerait une situation de pénurie de nature à créer une envolée des cours. Aujourd’hui, la tension sur l’offre est telle que le moindre déséquilibre s’accompagne d’une fébrilité boursière encore amplifiée par la spéculation. Et ce qui est vrai pour le Bosphore l’est également pour toutes les autres voies d’approvisionnement et plus particulièrement pour le détroit d’Ormuz qui assure à lui seul 18 millions de baril par jour soit 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Les Américains ne veulent pas être esclaves de tels scénarios. C’est pourquoi ils tenteront par tous les moyens de sécuriser leurs approvisionnements depuis l’Asie centrale, via le Bosphore, à travers la Turquie ou à travers l’Afghanistan. Cela explique aussi le soutien inconditionnel des Etats-Unis à la Turquie , à la Géorgie et à l’Ukraine car leur politique exige des appuis sur les flux énergétiques, là où sont installés les oléoducs et là où transitent les super tankers. Cela explique le conflit en Irak, les velléités contre l’Iran, la guerre en Afghanistan. Cela explique aussi l’implication croissante dans les affaires de l’Afrique. Et le cercle est bouclé. Les Etats-Unis ont besoin d’un pétrole peu coûteux et libre d’accès. Pour cela, ils sont contraints de développer une politique d’influence ruineuse, maquillée en pseudo-guerre contre le terrorisme, terme suffisamment vague pour ne pas susciter d’interrogation trop poussée de la part de la plèbe, ce qui convient parfaitement à nos intellectuels ramollis, qui relaient l’information plus qu’ils ne l’analysent. Pendant ce temps, d’autres en profitent pour s’enrichir et pour se développer. Située au croisement des routes énergétiques, richement dotée en matière première, nul doute que la Russie jouit d’une position stratégique de premier plan que doivent lui envier les Etats-Unis. En renforçant ses alliances avec les pays d’Asie centrale, l’Iran et le Venezuela, la Russie serait en mesure de dicter ses conditions, toutes ses conditions, aux Etats-Unis. Beau retour de l’Histoire. rol8329 Agoravox 22 septembre

3-4 Point de vue d'Alain Joxe : « Les dirigeants géorgiens ont été poussés par Washington » Le chercheur Alain Joxe, spécialiste des questions de défense, de stratégie et de relations internationales, analyse les fondements du conflit russo-géorgien. Entretien. Quelle lecture faites-vous du conflit géorgien maintenant que les armes se sont tues ? Alain Joxe. D’abord, je pense que les Russes vont se retirer de Géorgie. Mais en maintenant des observateurs autour de l’Ossétie du Sud, comme c’était le cas auparavant d’ailleurs. Ils vont reculer lentement, histoire de montrer qu’il ne fallait pas trop les provoquer. C’est une grosse puissance : ils manifestent par leur lenteur qu’ils n’ont pas peur et que rien ne les oblige d’aller vite. Cela étant, le premier aspect pour comprendre cette crise c’est la mise en place par les États-Unis du système d’interception antimissile en République tchèque, qui date de 2006. Il était une violation dans l’esprit et dans la lettre de ce qu’on appelait l’acte fondateur des rapports Russie-OTAN signé en 1997, acte qui transformait en quelque sorte la Russie en un membre extérieur de l’OTAN associé à des tâches de sécurité, y compris la lutte contre le terrorisme dans l’espace eurasiatique. Cet acte était ouvertement destiné à sceller la sortie de la guerre froide après la disparition de l’URSS. Il associait l’OTAN nouvelle, qui ne pouvait plus être l’OTAN de la guerre froide et qui devenait une OTAN, système de sécurité associée à la Russie. Un des paragraphes de ce texte stipule que l’on ne devait pas modifier les éléments de la stratégie d’équilibre nucléaire des forces (1). De ce fait, après que les États-Unis ont refusé la proposition russe d’installer ce système d’interception en Azerbaïdjan, la Russie a considéré que le déploiement du bouclier antimissile était une mesure destinée à modifier l’équilibre des forces nucléaires et qu’elle était dirigée contre elle. Un second sujet de discorde est apparu avec la volonté d’intégrer à la fois l’Ukraine et la Géorgie à l’OTAN. Ce projet, qui était controversé du point de vue de l’UE, a été poussé en avant en même temps qu’on poussait les dispositifs nouveaux d’interception des missiles dans les anciens satellites de l’ex-URSS. Cela a fortement irrité les Russes.  Enfin, la décision du président Saakachvili d’envahir l’Ossétie du Sud, alors que la question du séparatisme ossète était réglée par un accord sponsorisé par l’OSCE dès le début des années quatre-vingt-dix, a mis le feu aux poudres. Vous pensez que la Géorgie a été incitée par les États-Unis à provoquer ce conflit ? Alain Joxe. Oui, je le pense. J’ai écouté les responsables géorgiens dire qu’ils n’avaient pas prévu que les Russes allaient réagir de cette façon. Qu’est-ce que cela veut dire ? Saakachvili était-il assez bête pour penser que les Russes n’allaient pas réagir, ou l’a-t-il fait parce que, côté américain, on lui a dit que Moscou n’allait pas bouger ? Le détail sera peut-être un jour connu. Les États-Unis sont une grande démocratie parlementaire et à un moment donné il y aura des enquêtes qui vont aller jusqu’à l’os et on saura oui ou non s’il y a eu une incitation.  Et pourquoi Washington s’immisce-t-il si ouvertement dans cette région ?  Alain Joxe. Le problème est de croire que cette crise a surgi tout d’un coup. Les États-Unis sont taraudés par un syndrome d’échec, avec au moins trois guerres qui ne marchent pas comme ils l’auraient souhaité : la guerre d’Afghanistan, la guerre en Irak et la menace de guerre en Iran qui a été empêchée au niveau international. Dans ce dernier cas, au lieu de faire la guerre à Téhéran pour l’empêcher d’être « nucléaire », Washington et ses alliés ont été obligés de négocier avec lui avec une lenteur orientale. Constater que les alliances ne fonctionnent plus comme ils le souhaitaient rend les États-Unis assez nerveux. Ce qui les a sans doute poussés à se dire au fond que pour, réaffirmer leur leadership, le meilleur moyen était de réchauffer le bon vieux diable russe. Et pour ça de « l’exciter ». Cela fait un an que je pense que cette évolution est dangereuse. Car c’est une action américaine assez insidieuse qui s’explique par des échecs antérieurs. Et toute « aventure » qui s’explique par des échecs peut vite devenir assez irresponsable du point de vue de la conservation de la paix mondiale. Quand à l’Ossétie du Sud, elle a été donnée par Staline (par décision administrative) à la Géorgie dans des temps très anciens puisqu’elle faisait partie de l’URSS, ce qui fait qu’elle appartient formellement à la Géorgie. À partir du moment où la Géorgie devient indépendante, le problème de l’Ossétie du Sud devient comparable au cas du Kosovo [La phrase précédente montre justement que ce n'est pas comparable pourtant :  L'Ossetie 'donnée à la Géorgie' vs Kosovo, territoire ayant toujours fait partie de la Serbie. Idem plus bas pour la prétendue guerre de décolonisation qu'aurait mené les sécessionistes kosovars - RM]. Et de fait les Russes ont adopté à l’égard de l’Ossétie du Sud la position exacte que l’UE, au nom des droits de l’homme, a établi à propos du Kosovo. Certes, il faut respecter les frontières internationales mais ce respect est suspendu à celui des droits de l’homme… Et quand à l’intérieur de frontières juridiques définies, il existe des troubles intérieurs dus au non-respect des droits de l’homme en ce qui concerne les minorités, il y a déclenchement d’une guerre de libération, c’est-à-dire des guerres de décolonisation. C’est ce qui est arrivé aux Kosovars et c’est ce qui arrive aux Ossètes du Sud qui avaient d’ailleurs négocié un cessez-le-feu et qui vivaient pratiquement dans la Russie économiquement et juridiquement depuis plus de dix ans. Ne pensez-vous que la Russie ait profité du faux pas de Saakachvili pour manifester sa puissance dans le nouvel ordre international ?  Alain Joxe. C’est inexact. La Russie n’est pas dans une période de conquête, mais dans une période de pertes de territoires, d’empire… Ce sont les États-Unis qui sont dans une phase d’expansion : ils ont pris sous leur protection des ex-Républiques soviétiques comme les pays baltes, puis d’anciennes démocraties populaires, et ils pensent pouvoir englober dans l’OTAN l’Ukraine et la Géorgie et, pourquoi pas, aller plus loin en Asie centrale. Cette vision d’une croissance de l’empire américain en Europe orientale et dans une partie de l’Asie n’est pas une invention de ma part.  Quant à la Russie , elle a été, en revanche, dans une phase de décroissance. Et elle risque de perdre ce qui était le coeur de l’ex-URSS, l’Ukraine. La question se pose dès lors de savoir si la conquête de l’Ossétie du Sud par la Géorgie n’arrive pas à un moment où la Russie ne peut plus ou ne veut plus continuer à reculer… Ne pensez-vous pas alors que la crise actuelle ne glisse vers un dangereux face-à-face entre la Russie et l’OTAN depuis que cette dernière donne l’impression de vouloir se substituer à l’UE, voire que l’UE soit effacée au profit de l’OTAN ?  Alain Joxe. Je ne pense pas que l’OTAN puisse se substituer à l’UE même si ça en a l’air. Le problème est de militariser une question de frontière, c’est-à-dire tout ce qui se trouve au-delà de l’UE. Quand on tripote cette zone, c’est-à-dire, pour l’essentiel, l’Ukraine, le raisonnement européen ne peut pas être un raisonnement de militarisation du problème. C’est la même chose pour la Géorgie : toute volonté de militariser un problème va contre les intérêts de l’UE. Le maintien de la paix entre pays membres de l’UE est une chose absolument fondatrice, comme le maintien de la paix aux frontières avec tout le voisinage et au-delà. Donc toute volonté de militariser par la voie de l’OTAN les questions complexes qui existent dans les zones balkanisées est mal ressentie par les dirigeants de l’UE et je tends donc à penser que l’UE ne gérera les choses dans le sens d’une accentuation du conflit. [Comme si l'UE était qque chose de cohérent sur ce point...-  RM] Quant à penser que l’UE se soit effacée au profit de l’OTAN dans la crise géorgienne, c’est faux. Car le seul projet de paix qui est sur le tapis, c’est celui de l’UE, mis en avant par le président français avec l’appui de l’Allemagne. Et si on veut que ça ne dégénère pas davantage, il faudra bien en passer par une résolution de l’ONU qui exige l’accord des Russes et des Américains mais aussi des Européens. Les USA peuvent être tentés de faire monter les enchères parce qu’ils sont en période électorale, les Européens pas. Même s’ils ne sont pas sur les positions russes, les Européens ne sont sur une position de militarisation du conflit. Qui veut faire la guerre à la Russie ? Personne ? C’est entendu, les Russes sont des brutes quand ils sont fâchés mais les Américains le sont aussi. Donc l’UE est là pour empêcher les deux systèmes impériaux de découper à nouveau l’Europe en morceaux et de remettre à l’ordre du jour une forte tension eurasiatique. Quid alors de la question de l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN ? Alain Joxe. La procédure qui permet à Tbilissi de poser sa candidature n’a pas été ouverte. Quel que soit l’état de ses relations futures avec l’Ossétie, la Géorgie est porteuse d’un conflit ouvert avec la Russie. Logiquement et dans la tradition de l’Alliance, elle ne devrait pas être autorisée à entrer dans l’OTAN telle qu’elle est aujourd’hui parce que ce serait faire adhérer, de fait, un pays qui est en guerre. Entretien réalisé par Hassane Zerrouky L'Humanité, 26 août 2008 http://www.humanite.fr/2008-08-26_International_Alain-Jox...


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Déclaration sur la guerre d'agression de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud. 1. Suite à l'effondrement de l'ex-URSS, dès Septembre 1990, l'Ossétie du Sud s'est déclarée indépendante en accord avec la Charte des Nations Unies, plusieurs mois avant que la Géorgie le fasse à son tour. Lors de référendums - le plus récent en 2006 - la population, majoritairement russe, d'Ossétie du Sud, s'est à chaque fois prononcée en faveur d'une indépendance vis-à-vis de la Géorgie. 2. Les gouvernements de Géorgie, de Russie et d'Ossétie du Sud avaient convenu par les accords de Sotchi en 1992 de constituer une force de paix commune, composée d'éléments des forces armées des trois pays ainsi qu'une commission de contrôle commune, afin d'éviter de nouveaux conflits militaires et d'assurer la paix dans la région. L'ONU et l'OSCE fournirent par la suite des observateurs pour renforcer ce processus. 3. Dans la nuit du 7 au 8 Août 2008, peu après minuit, des troupes géorgiennes ont agressé le territoire d'Ossétie du Sud en violation du droit international, avec un soutien d'artillerie, des tirs de roquettes et des blindés, attaquant la capitale Tskhinvali, qu'ils ont en grande partie détruite et partiellement occupée. La population civile innocente et sans défense a été attaquée délibérément de nuit, à un moment où l'attention de l'opinion publique mondiale était tournée vers les jeux Olympiques en Chine.
La tuerie de 2 000 civils, principalement des citoyens russes,  ne peut être considérée que comme un début de génocide et la fuite forcée de nombreuses personnes vers l'Ossétie du Nord russe comme une déportation.
4. D'après les règles du droit international, il s'agit là de manière incontestable d'une guerre d'agression de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud, car     • l'État d'Ossétie du Sud, dont le peuple s'est prononcé librement pour l'autonomie et l'indépendance, a été attaqué militairement,     • le territoire de l'État d'Ossétie du Sud, protégé par un traité international, a été agressé et partiellement occupé par la Géorgie ,     • les forces internationales de paix qui y étaient statutairement stationnées ont été attaquées et     • la Géorgie n'avait de manière incontestable aucune raison d'exercer le droit de légitime défense. 5. Dans cette situation la Russie était dans son bon droit en se défendant contre l'agression illégale de la Géorgie afin de protéger ses citoyens - plus de 90% des personnes vivant en Ossétie du Sud sont des ressortissants russes -, et ses soldats servant dans la force de paix, ainsi que pour assurer la poursuite de sa mission de protection de la paix. La Russie , étant la partie agressée, avait, du point de vue du droit de la guerre, la liberté du choix de ses moyens afin d'exercer une défense efficace Les forces armées russes n'ont pas attaqué de civils mais exclusivement des objectifs militaires. 6. La déclaration d'indépendance du Kosovo, le 17 février 2008, avait été suivie d'une reconnaissance immédiate par la plupart des États membres de l'OTAN, bien que les conditions pour la constitution d'un État indépendant au Kosovo au regard des principes internationaux y soient moins réunies qu'en Ossétie du Sud. Les USA ont commencé dès 1999 à y édifier une imposante base militaire (Camp Bondsteel), qui n'est pas par hasard située à proximité du tracé du pipeline transbalkanique AMBO. 7. L'agression illégale de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud et la force de paix a été précédée de nombreux préparatifs militaires des USA et d'Israël - livraisons d'armes sur plusieurs années et engagement de centaines de conseillers militaires en Géorgie - dont le but manifeste était de déstabiliser a Russie et de préparer une guerre d'agression contre l'Iran. Ces activités constituent également des atteintes au droit international. 8. En application du droit international en vigueur, de la Charte des Nations Unies et des droits de l'homme universels qui constituent le socle de notre système de valeurs, nous exigeons que le président géorgien, les officiers commandant l'armée géorgienne qui l'ont soutenu ainsi que les conseillers militaires israéliens et US soient déférés devant la Cour pénale internationale de la Haye. Le 31 Août Auteurs :   Alfred M. de Zayas, Peter Bachmaier, Jörg Becker, Franz Masser, Edmund Lengfelder Prof. Dr. jur. Dr. phil. Alfred M. de Zayas
Droit international – Ancien secrétaire de la Commission des droits de l’homme auprès du Haut Commissaire aux droits de l’homme de ‘lONU à Genève
Prof. Dr. Peter Bachmaier
ancien directeur de l’Institut autrichien pour l’Europe orientale et du Sud-Est, St. Pölten
Prof. Dr. Jörg Becker
Politologue – Relations internationales, Université de Marbourg Franz Masser
président de la police ER, Hambourg Prof. Dr. med. Dr. h. c. Edmund Lengfelder
spécialiste de radiobiologie (suites de Tchernobyl et catastrophes nucléaires), président du conseil directeur de l’Otto Hug Strahleninstitut – MHM, Munich Source : Zeit-Fragen Nr. 37

Traduit par  Fausto Giudice
Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner les auteurs, le traducteur et la source.
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=5849&lg=fr



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 5-1 James Petras : Les Maîtres de la Défaite : Un Empire américain en déconfiture, au milieu de force fracas belliqueux. Extraits

« Washington en est réduit à regarder d’autres puissances modifier le réel » Où que l’on porte son regard, la politique impériale des Etats-Unis subit des défaites militaires et diplomatiques de grande ampleur. Avec le soutien du Congrès Démocrate des Etats-Unis, la poursuite par une Maison-Blanche républicaine d’une approche militaire du meccano de l’Empire a conduit à un déclin d’ampleur mondiale de l’influence américaine, au réalignement d’anciens régimes-clients sur des adversaires de l’Empire (américain), à l’émergence d’hégémons concurrents et à la perte de sources vitales de matières premières stratégiques. Les défaites et les pertes n’ont (pourtant) en rien douché l’enthousiasme des stratèges, ni mis un terme à une frénésie d’édification d’un empire.  Au contraire : tant la Maison-Blanche que les membres actuels du Congrès ont adopté un durcissement des positions militaires, réitéré un style agressif de politique et une dépendance accrue vis-à-vis de l’outremer, ainsi qu’une posture belliqueuse visant à distraire le peuple américaine de la dégradation de ses conditions de vie. Tandis que le coût économique et politique d’entretien de l’Empire ne fait que s’accroître, tandis que le gouvernement fédéral alloue des centaines de milliards de dollars à un secteur financier mité par les crises et opère des coupes de plusieurs dizaines de milliards dans les taxes sur les profits des entreprises, afin d’essayer d’éviter les faillites et la récession, c’est l’ensemble du fardeau économique qui est supporté par les salariés, sous la forme d’un niveau de vie déclinant, tandis que douze millions d’ouvriers immigrés sont en butte à une sauvage répression de l’Etat. Les échecs outre-mer et les crises à l’intérieur, toutefois, n’ont abouti à l’apparition d’aucune alternative progressiste : les bénéficiaires en sont les concurrents des Etats-Unis, outre-océan, et l’élite américaine. Dans une large mesure, là où des majorités de l’opinion publique ont exprimé un désir (voire, ont réclamé à cor et à cris) des alternatives progressistes, elles ont été rembarrées par des représentants politiques liés à des idéologues militaristes et aux élites entrepreneuriales. Paradoxalement, les défaites et le déclin du meccano d’empire américain sous emprise militaire se sont accompagnés du reflux des mouvements anti-guerre en Amérique du Nord et en Europe occidentale, ainsi que du déclin vertigineux des partis et des régimes politiques opposés à l’impérialisme US dans les capitales de tous les pays capitalistes avancés. Autrement dit, les défaites subies par l’Empire états-unien n’ont pas été produites par la gauche occidentale, et elles n’ont par conséquent produit aucun « dividende de la paix », ni même des conditions de vie améliorées, pour les classes laborieuses ou pour les paysans. Pour autant qu’elles aient bénéficié à quelqu’un, c’est essentiellement à des pays aspirant depuis peu à l’impérialisme économique, comme la Chine , la Russie ou l’Inde, ou encore à de riches pays pétroliers du Moyen-Orient, mais surtout parmi à un vaste ensemble de pays exportateurs de ressources agro-minérales, comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Iran, qui se sont taillé de confortables « niches » économiques dans leurs régions respectives. La croissance et l’expansion outre-mer des nouveaux pays bâtisseurs d’empire(s) économique(s), ainsi que leurs classes dirigeantes agro-minéralo-financières (à la possible exception du Venezuela) ont grandement bénéficié à une minuscule élite ne comprenant jamais plus d’un cinquième de leur population générale. Le déclin relatif de l’impérialisme militaire états-unien et l’ascension de nouvelles puissances impérialistes économiques ont redistribué la richesse et les parts de marché entre pays, mais non pas entre classes, au sein des puissances montantes. Si ce sont les spéculateurs militaristes-sionistes-financiers qui dirigent l’Empire américain, c’est, en revanche, les industriels nouveaux milliardaires, les spéculateurs de l’immobilier et les exportateurs de matières premières agro-minérales qui dirigent les nouveaux empires économiques en cours d’émergence.  Relevons un deuxième paradoxe dans le fait que les forces politiques qui sont en train de dézinguer l’empire américain militaro-centré ne sont pas les mêmes que celles qui bénéficient de la guerre… Si les résistances irakienne et afghane ayant imposé un coût s’élevant au minimum à trois milliards de dollars au Trésor américain et cloué au sol plus de deux millions de militaires américains en rotation dans ces contrées durant les six années écoulées, ce sont les Chinois, les Indiens, les Russes, les Européens, les classes dirigeantes et financières du pétrole du Golfe qui ont récolté les bénéfices d’énormes dépenses américaines improductives. Si les nouveaux bénéficiaires sur le plan économique sont, dans une large mesure, laïcs, impérialistes et élitistes, les forces politico-militaires qui sont en train de saper et de battre l’Empire militaire américain sont des forces religieuses (islamiques), nationalistes et fondées sur l’adhésion des masses.  Les défaites actuelles du meccano de l’Empire militaire américain ne sont pas le produit de mouvements occidentaux, laïcs, de gauche, de masse. Elles ne se traduisent pas non plus dans une société progressiste ou égalitaire. Non : en lieu et place, nous assistons à des inégalités économiques criantes se développant à très grande vitesse, dictées par des classes dirigeantes qui font la promo de leurs propres versions « nationales » des stratégies néolibérales à base de liberté des marchés et de stratégies maximisant les profits, à travers l’exploitation économique du travail, de l’extraction jusqu’à l’épuisement des ressources naturelles et du pillage de l’environnement. Tant que les mouvements de masses, les intellectuels et les militants de l’Occident ne se départiront pas de leur passivité et de leur allégeance aveugle vis-à-vis des plus grands partis politiques existants, la défaite du militarisme US restera un fardeau coûteux, assumé par les masses du Tiers-Monde, tandis que les bénéfices afflueront vers les nouveaux impérialistes économiques nouveaux milliardaires, en pleine expansion. Géographie des défaites et de la Berezina de l’Empire Le Caucase La tentative de Washington d’étendre sa sphère d’influence au Caucase, au moyen d’un larcin territorial par son vassal géorgien autoritaire, le président Mikheil Saakashvili, a abouti, en lieu et place, à une profonde défaite des ambitions régionales de ce satrape régional. La sécession politique et l’intégration à la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie représentent la fin de l’expansion illimitée des Etats-Unis et de l’Union européenne dans cette région du monde – ainsi qu’un recul considérable de ce terrain contesté. L’aventurisme dément de Saakashvili et la destruction de l’économie géorgienne qui en a découlé ont  provoqué un désordre interne généralisé (en Géorgie). Pire encore : la Géorgie , les Etats-Unis et ses clients est-européens en appellent à des « sanctions » contre la Russie , menacent de saper les pipelines stratégiques approvisionnant en énergie l’Europe de l’Ouest, et de mettre un terme à la collaboration de Moscou à la politique militaire des Etats-Unis en Afghanistan, en Iran et au Moyen-Orient. Si Washington poursuit son escalade dans ses menaces militaires et économiques contre la Russie , celle-ci pourrait fournir à l’Iran, à la Syrie et à d’autres ennemis des Etats-Unis de puissants missiles anti-aériens ultramodernes de moyenne portée. Tout aussi grave : la Russie peut très rapidement se débarrasser de 200 milliards de dollars qu’elle détient sous la forme de bons du Trésor américain, affaiblissant d’autant le dollar et initiant ainsi une débandade mondiale de cette devise. En Géorgie, comme ailleurs, le meccano de l’empire économique américain accorde la priorité à des larcins faillis d’avance de territoires par un pays vassal de troisième catégorie, au détriment de relations stratégiques, économiques et militaires fructueuses avec la principale puissance énergétique mondiale, qui est aussi son collaborateur crucial dans ses opérations en cours au Moyen-Orient. Tandis que les relations économiques des Etats-Unis avec la Russie s’effritent, en conséquence de leur politique militaire agressive d’encerclement de Moscou – avec des bases militaires américaines en République tchèque, en Pologne, en Géorgie, en Bulgarie, en Roumanie – les bâtisseurs de l’Empire ouest-européen s’abstiennent de proférer des menaces militaires, s’en tenant à une rhétorique virile et au « dialogue », en vue de renforcer leurs relations énergétiques stratégiques avec la Russie … Les conséquences intérieures d’un meccano d’empire à dominante militaire Le coût du meccano d’empire sous la houlette siono-militaire, pour l’économie américaine, a été dévastateur : la compétitivité a décliné, l’inflation ronge le niveau de vie, l’emploi en contrepartie de salaires stables et décents est en train de disparaître, le chômage et les licenciements suivent une courbe asymptotique, le système financier est totalement déconnecté de l’économie réelle, et il est sur le point de s’effondrer, les saisies de maisons atteignent des niveaux catastrophiques et les contribuables sont saignés à blanc afin de combler la dette des spéculateurs gagée sur les prêts immobiliers, qui atteint le millier de milliards de dollars. Le malaise politique est général. Au milieu d’une crise d’ampleur mondiale, un Etat policier a étendu son emprise : des milliers de travailleurs migrants, légaux et sans papiers ont été arrêtés sur leurs chantiers et dans leurs usines et détenus dans des camps militaires, loin de leurs enfants. Des associations musulmanes et des associations arabes font l’objet de perquisitions violentes ; elles sont poursuivies en justice sur le témoignage d’informateurs stipendiés, dont des « témoins » israéliens dûment cagoulés. La police fédérale (étatique, sur l’ensemble des Etats-Unis) et la police locale (particulière à chaque Etat) pratiquent la « détention préventive » de militants et de journalistes avant les conventions en vue du choix des candidats à l’élection présidentielle, arrêtant des protestataires avant qu’ils aient pu exercer leurs droits constitutionnels et détruisant systématiquement les caméras, les appareils photo et les films réalisés par des citoyens essayant d’enregistrer les passages à tabac. L’impérialisme militaire failli amène lentement mais sûrement un Etat policier pléthorique – soutenu tant par les démocrates que par les républicains – afin de tenter de faire face à des crises économiques qui menacent les fondations politiques et sociales d’un empire aux pieds d’argile. Conclusion La crise économique, à quelques semaines des élections américaines, n’a pas abouti à l’émergence d’un candidat alternatif progressiste qui fût susceptible de s’appuyer sur les masses. Les compétiteurs, tant démocrate que républicain, promettent de prolonger et d’étendre les guerres impérialistes, et ils se soumettent à un dictat militaire israélo-sioniste sans aucun précédent, en ce qui concerne le contentieux avec l’Iran. Les crises gigognes et les multiples défaites militaires n’ont entraîné aucune reprise en considération des engagements globaux des Etats-Unis, tant économiques que militaires. En lieu et place, nous assistons à une radicalisation de la droite américaine, qui cherche à aggraver les confrontations avec la Chine , avec la Russie et avec l’Iran. Les Etats-Unis entraînent derrière eux les régimes qui leur sont liges en Europe orientale, au Caucase et dans les pays baltes afin de contrer l’accent mis par l’Europe occidentale sur la dominante « économique » de son propre meccano d’empire. La réalité, qui est celle d’un monde économique multipolaire, toutefois, sape les efforts américains visant à imposer une confrontation militaire bipolaire. La Chine détient 1,2 milliers de milliards de dollars de la dette extérieure américaine. L’Europe occidentale, de manière générale, dépend de la Russie pour plus d’un tiers de son énergie, pour ses foyers, ses bureaux et ses usines. L’Allemagne en dépend pour près de 60 % en matière de gaz naturel. Les économies asiatiques : Japon, Inde, Chine, Vietnam et Corée du Sud dépendent, toutes, du pétrole du Moyen-Orient et en aucun cas elles ne dépendent des projets guerriers des militaristes israélo-américains au Moyen-Orient… Le Brésil, la Russie , l’Inde, la Chine , l’Afrique du Sud, le Venezuela et l’Iran sont des pays absolument essentiels  pour le fonctionnement de l’économie mondiale. Au moins autant que l’axe Etats-Unis-Israël-Royaume-Uni est tout-à-fait incapable de maintenir son empire sur les bases de stratégies militaires foireuses à l’extérieur et d’un désastre économique accompagné d’un état policier chez eux. [1] Financial Times, 28.08.2008 [2] 28.08.2008 James Petras  25 août Source et traduction : Marcel Charbonnier http://www.dissidentvoice.org/2008/09/masters-of-defeat-retreating-empire-and-bellicose-bluster/

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.James_Petras.130908.htm

 OTAN,militaire,Russie,Etats

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Début- La Georgie : place stratégique du Caucase.

n° 9- Dossiers des Guerres de l'Otan. : Les USA et l'Otan-25/09 - Début- La Georgie : place stratégique du Caucase. 


 Les dossiers des Guerres de l'Otan.  - Suite-

n° 9- 25-09

 Par M.Lemaire



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.                                                 Fin-

6 Annexe :

6-1 Michel Collon : Quelle sera demain la politique internationale des USA.

6-2  NOUVELOBS : Le président Saakachvili préparait son offensive dès 2005. ?



6 Annexe : 6-1 Michel Collon : Quelle sera demain la politique internationale des USA ?
Après Bush, chacun espère un changement ou craint le pire. McCain ou Obama ? Qu'est-ce que cela changera pour l'Irak, l'Afghanistan, la Palestine , l'Afrique, le Caucase, Cuba ou le Venezuela ? Et dans les relations avec les grandes puissances : Europe, Japon, Russie, Chine ?
Nous ne pensons pas que la politique internationale des Etats-Unis se décide à la Maison-Blanche. En fait, l'élite US est actuellement hésitante sur la stratégie à suivre dans les prochaines années.
Ce texte analyse les deux options qui s'offrent à elle. La crise économique rend la question encore plus brûlante: comment les Etats-Unis s'y prendront-ils pour rester la superpuissance qui domine le monde ?
Ce texte est extrait de notre livre Les 7 péchés d'Hugo Chavez (chapitre 11 : Les Etats-Unis, l'or noir et les guerres de demain) à paraître prochainement.
Dans les pages qui précèdent, ont été expliquées les raisons de l'ascension, puis du déclin des Etats-Unis. Investig'Action a jugé urgent de publier déjà cet extrait pour éclairer les débats en cours sur les élections aux USA...
L'échec de Bush
Quel bilan peut-on tirer de cette guerre globale menée par l'administration Bush à partir du 11 septembre ? Négatif. Pratiquement partout...
En Afghanistan et en Irak, les Etats-Unis ont déclenché deux guerres qu'ils ont été incapables de gagner et qu'ils ne gagneront jamais.
Bush aurait bien voulu en déclencher une troisième contre l'Iran, mais trop affaibli, il a dû y renoncer. Le but de cette guerre était d'assurer à Washington le contrôle du pétrole. En cinq ans, il a grimpé de 25 dollars à plus de 100 dollars, avec des conséquences très négatives pour l'économie US et mondiale.
.....
Même chez les alliés européens, la politique de Bush a provoqué des résistances. Ainsi, au sommet de l'Otan à Bucarest, en avril, George Bush a réclamé une nouvelle expansion pour intégrer cette fois l'Ukraine et la Géorgie , deux pistolets braqués sur la Russie. Mais il a essuyé un refus, ferme et public, de l'Allemagne, de la France , de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique , de la Hollande et du Luxembourg, peu désireux de se fâcher avec Moscou qui fournit leur gaz. Steve Erlanger et Steven Lee Myers, deux analystes proches du Pentagone, y ont vu « un échec notable de la politique des Etats-Unis dans une alliance normalement dominée par Washington » (2).
En Russie justement, le ton monte. Moscou refuse l'installation sur le continent européen des armes que les Etats-Unis appellent un bouclier antimissile : « Si une partie du potentiel nucléaire des Etats-Unis est en Europe (...), nous devrons avoir des cibles en Europe » (3). D'ailleurs, en mai 2008, la Russie a testé un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, « en réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires », a déclaré Poutine. Washington certifie pourtant que le bouclier antimissile n'est pas dirigé contre la Russie , mais seulement contre des Etats comme l'Iran. Mais Poutine rétorque : « Aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes. » (4).
Tout comme la Russie , la Chine n'a pas reculé non plus devant les multiples campagnes et pressions organisées par Washington.
L'élite US se divise
Il y a dix ans, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et stratège le plus important des Etats-Unis, publiait Le Grand Echiquier, sorte de mode d'emploi du « Comment rester la seule superpuissance dominant le monde » (5) . Il y expliquait, avec la brutalité de quelqu'un qui n'est plus aux affaires, que Washington devait absolument affaiblir ses rivaux : Russie, Chine, mais aussi Europe et Japon, et les empêcher de s'allier entre eux. Diviser pour régner.
Aujourd'hui, quel est le bulletin de George Bush, sur base des critères définis par Brzezinski ? A-t-il réussi à affaiblir les grandes puissances rivales ? Disons : mention assez bien en ce qui concerne le Japon, assez bien (pour l'instant) en ce qui concerne l'U.E., mais mauvais en ce qui concerne la Russie , et très mauvais en ce qui concerne la Chine.
Globalemen t, Bush a provoqué tant de résistances que la domination des Etats-Unis s'est affaiblie. Les secteurs qui l'avaient porté au pouvoir - armement, pétrole, automobile, défense, compagnies pharmaceutiques - constatent que les guerres de Bush n'ont apporté ni de grands profits, ni de nouvelles zones d'exploitation. En fait, elles ont coûté davantage qu'elles n'ont rapporté. Et l'administration Bush s'est révélée être un petit cercle restreint, pensant beaucoup à s'en mettre personnellement plein les poches, mais incapables de finesse tactique et de réelle vision à long terme.
Une fois l'échec devenu évident, les divisions se sont exacerbées au sein de l'élite US, et même de l'administration Bush. A partir de 2006, les néocons ont dû céder du terrain. Ils ont dû accepter le remplacement du ministre de la Guerre , Donald Rumsfeld, par Robert Gates, un homme de la Trilatérale et de la tendance Brzezinski. Le nouveau ministre a en quelque sorte admis la faiblesse du militarisme US dans un discours prononcé devant les élèves de l'Académie militaire de West Point : « Ne combattez pas à moins d'y être obligés. Ne combattez jamais seuls. Et ne combattez jamais longtemps. » (6). Puis, la commission bipartisane Baker - Hamilton a condamné la tentative de Bush de remodeler le 'Grand Moyen-Orient' comme étant irréaliste et elle a prôné au contraire une approche plus tactique envers la Syrie et l'Iran.
Même au sein des services secrets et de l'Armée, plusieurs frondes se sont déclenchées. En décembre 2007, lorsque Bush a voulu préparer une attaque contre l'Iran sous le classique prétexte des armes de destruction massive, seize services de renseignement US ont surpris tout le monde en publiant un rapport qui constatait que l'Iran avait suspendu son programme nucléaire militaire depuis au moins 2003.
« Le déclin des Etats-Unis est inévitable »
(Zbigniew Brzezinski)
Dans son livre, Brzezinski proposait une stratégie agressive et machiavélique pour sauver l'Empire US.
Mais lui-même, croit-il que ça marchera ? Aussi surprenant que ça paraisse, la réponse est : Non. « A long terme, la politique globale est vouée à devenir de moins en moins propice à la concentration d'un pouvoir hégémonique dans les mains d'un seul Etat. L'Amérique n'est donc pas seulement la première superpuissance globale, ce sera très probablement la dernière. » (p. 267)
La raison tient dans l'évolution de l'économie : « Le pouvoir économique risque aussi de se disperser. Dans les prochaines années, aucun pays ne sera susceptible d'atteindre 30% environ du PIB mondial, chiffre que les Etats-Unis ont maintenu pendant la plus grande partie du 20ème siècle, sans parler de la barre des 50% qu'ils ont atteinte en 1945. Selon certaines estimations, l'Amérique pourrait encore détenir 20% du PIB mondial à la fin de cette décennie pour retomber à 10-15% d'ici l'an 2020, tandis que les chiffres d'autres puissances - l'Europe, la Chine , le Japon - augmenteraient pour égaler approximativement le niveau des Etats-Unis. (...) Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé, la suprématie dont jouit aujourd'hui l'Amérique ne pourra être assurée par aucun Etat isolé. » (p. 267-8)
« Une fois que le déclin du leadership américain sera amorcé ». Brzezinski ne parle donc pas d'une possibilité, mais d'une certitude. Il écrit cela en 1997. Aujourd'hui, il est devenu clair que le déclin est bel et bien amorcé. Le monde devient multipolaire.
Mais peut-être Brzezinski est-il un pessimiste isolé ? Peut-être que les néocons qui ont inspiré Bush sont plus 'optimistes', si l'on ose employer ce mot ? Eh bien, en fait, pas beaucoup plus. Dans le texte fondateur de toute la politique de l'administration, le Project for a New American Century (PNAC), rédigé en 1992 par Paul Wolfowitz et ses amis, on trouve évidemment toute l'idéologie de la nouvelle croisade militariste, mais aussi une remarque qui attire l'attention : « Actuellement, les Etats-Unis ne rencontrent aucun rival mondial. La grande stratégie de l'Amérique doit viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi longtemps que possible (...) Préserver cette situation stratégique désirable dans laquelle les Etats-Unis se trouvent maintenant exige des capacités militaires prédominantes au niveau mondial. » (7).

« Aussi longtemps que possible ». Ici aussi, donc, on ne croit pas qu'il sera possible pour les Etats-Unis de rester éternellement les maîtres du monde. Voilà bien un grand paradoxe. Le moment entier craint les Etats-Unis. Mais les dirigeants US, eux, savent qu'ils sont aux commandes du Titanic. Et pour sauver l'Empire autant que possible, ils sont partagés entre deux options...
Deux options pour sauver l'Empire
Quelle sera la politique internationale des Etats-Unis dans les années qui viennent ? Le choix de tel ou tel président est certes une indication. Mais pas décisive.
Rappelons que, durant la campagne présidentielle de 2000, George Bush avait promis une politique internationale beaucoup plus humble et moins interventionniste que son prédécesseur ! Tandis que l'autre candidat, Al Gore, avait proposé un budget militaire plus élevé que celui de Bush. Nous pensons que les grandes orientations de politique internationale ne sont pas décidées par les présidents, mais par les multinationales. En fonction de leurs besoins du moment et de leur évaluation du rapport de forces mondial.
Et justement, après le bilan d'échec des années Bush que nous venons de décrire, l'élite US apparaît assez divisée sur la marche à suivre. Comment se sortir de cette situation délicate ?
La première option possible, c'est l'option militariste. Les néocons de Bush l'ont incarné ces dernières années avec la stratégie Wolfowitz. L'agression et l'intimidation comme stratégie générale. Multiplier les guerres, gonfler au maximum les commandes au complexe militaro-industriel pour tirer la croissance et la domination des multinationales US, pour intimider aussi les alliés et les rivaux.
L'autre option, c'est celle défendue par Brzezinski et qu'il aime à appeler 'soft power' (le pouvoir en douceur). D'autres parlent d'un 'impérialisme intelligent'. En fait, il s'agit de réaliser les mêmes objectifs des Etats-Unis, mais par des formes de violence moins directes, moins visibles. En comptant moins sur les interventions militaires US, très coûteuses, et davantage sur les services secrets, les manœuvres de déstabilisation, les guerres par pays interposés, et sur la corruption aussi...
Cinq généraux de l'Otan préparent un gouvernement mondial...
La première option consiste à militariser encore davantage la vie politique et à multiplier les guerres. Bush au carré.
En janvier 2008, cinq ex-généraux de l'Otan ont présenté un document préparatoire à une rencontre au sommet de l'OTAN à Bucarest (8). Leurs propositions révèlent une tendance absolument effrayante. Et ce qui donne beaucoup de poids à leur document, c'est que tous exerçaient, jusqu'il y a peu, des fonctions au plus haut niveau. Le général John Shalikashvili était chef de l'état-major US et commandant en chef de l'Otan en Europe, le général Klaus Naumann dirigeait l'armée allemande et présidait le comité militaire de l'Otan en Europe, le général Henk van den Breemen était chef de l'état-major hollandais, les mêmes fonctions étant occupées en France par l'amiral Jacques Lanxade tandis que Lord Inge dirigeait l'état-major et le service de la Défense en Grande-Bretagne. Rien que des grosses pointures. Et très agressives, comme nous allons le voir...
Page 6 : « [Les auteurs] proposent des pistes sur la façon de surmonter une rivalité possible avec l'UE et de permettre à l'OTAN d'accéder à des instruments non militaires. » Deux remarques. 1. En fait, cette rivalité n'est pas seulement possible, elle est tout à fait réelle. Dans quel sens voudront-ils la surmonter ? 2. Que signifie pour l'Otan « accéder à des instruments non militaires » ? S'agit-il d'obtenir une emprise plus forte sur la vie civile des sociétés occidentales ?
Page 7 : « Afin d'initier le processus, ils proposent d'établir un directorat réunissant les Etats Unis, l'UE et l'OTAN. Il aurait pour mission de coordonner toutes les opérations dans la sphère atlantique. » Un super - gouvernement mondial, donc. Pour réaliser quels objectifs ?
Les Cinq nous l'expliquent page 42 : « Ce qui attend les alliés occidentaux, c'est la défense proactive, soutenue sur le long terme de leurs sociétés et de leur mode de vie. » 'Défendre notre mode de vie' fut déjà un argument employé par le père Bush pour déclencher la première guerre contre l'Irak. En fait, 'mode de vie' est une façon hypocrite de désigner la domination des multinationales sur la vie économique. Domination qui a pour effet de maintenir la moitié de l'humanité dans la pauvreté. Le but des Cinq, est bien d'employer les moyens militaires pour maintenir le fossé riches - pauvres. Pour qui en douterait, on précise page 92 : « Les objectifs de notre stratégie sont de préserver la paix, nos valeurs, le libéralisme économique et la stabilité. »
Préserver la stabilité des multinationales, donc. Et contre quel ennemi ? Les auteurs fournissent quelques exemples de ce qu'il ne faut pas tolérer dans le tiers monde. Page 52 : « Nous avons des exemples moins importants d'aide non souhaitable : du Venezuela au régime cubain ». Le gendarme mondial s'arroge le droit d'intervenir partout contre tout pays posant des actes qui déplaisent aux multinationales.
Mais parmi tous les indésirables, quel est l'ennemi principal ? La réponse vient page 44 : « La Chine est en mesure de faire grand tort aux économies US et mondiale en s'appuyant sur ses énormes réserves en dollars. » Et page 52 : « La Chine est en mesure d'utiliser l'arme de la finance pour s'imposer en Afrique et acquiert la capacité de l'utiliser à beaucoup plus grande échelle - si tel est son choix. »
Voici donc les bons et les méchants bien définis. Le libéralisme a besoin de l'Otan pour s'imposer au monde entier. Et pour mener cette guerre économique, de quels moyens l'Otan devrait-elle disposer ?
Le droit international et l'ONU jetés par-dessus bord
En fait, les cinq généraux se sentent frustrés. Page 76 : « L'un des principaux problèmes dans la conception stratégique actuelle de l'alliance atlantique est que ses actions restent essentiellement réactives plutôt que préventives, et sont limitées à des moyens militaires. » Page 91 : « Or une stratégie ambitieuse doit comprendre l'utilisation bien intégrée de tous les leviers disponibles, qu'ils soient politiques, économiques, militaires, culturels, sociaux, moraux, spirituels ou psychologiques. »
Nous y voilà ! La Bande des Cinq entend déborder de ses tâches militaires et exercer une emprise sur le fonctionnement de la société civile. Au moins, le droit sera-t-il respecté par ce nouveau gouvernement mondial ? On en doute fortement... Pages 94-95 : « Un autre principe à respecter est la légalité. Toute action doit être légitime, autorisée et respecter le droit international. Voilà qui peut représenter un handicap considérable lorsque l'adversaire n'a aucun respect pour quelque loi que ce soit, mais agir différemment signifierait en fin de compte appliquer la loi de la jungle et miner notre propre crédibilité. Pourtant ce principe n'empêche pas qu'il faille adapter le droit international existant à un contexte international en constante évolution... »
Dans cette citation, les premières phrases servent de pommade, le véritable contenu vient à la fin : 'adapter' le droit signifie en réalité le violer, nier les principes proclamés jusqu'à présent. Après Abou Ghraib,
Guantanamo, la torture, les assassinats de chefs d'Etat, les vols clandestins et les prisons secrètes de la CIA , nous propose-t-on de combattre ces violations du droit ? Non, on propose de les légaliser en 'adaptant' le droit.
Il faut rappeler que déjà les deux guerres contre l'Irak et celle contre la Yougoslavie ont violé le droit international, la charte de l'ONU et même la propre Charte de l'Otan. Mais, précisément, c'est de la légalité internationale que les Cinq veulent se débarrasser. Page 104-105 : « L'approbation des Nations - Unies peut ne pas être nécessaire selon l'article 51 de la Charte des Nations - Unies (légitime défense) et il est peut-être possible d'y renoncer au terme de la Convention sur le génocide. »
«... « L'impérialisme intelligent » ?
Les stratèges militaires US distinguent trois types de guerres qu'ils peuvent déclencher : 1. Les guerres de haute intensité. Il s'agit des affrontements entre grandes puissances du type des deux guerres mondiales. 2. Les guerres de moyenne intensité. Elles comportent aussi un engagement militaire US direct mais contre des puissances beaucoup plus faibles. Comme l'Irak ou la Yougoslavie. 3. Les guerres de basse intensité. Elles ne comportent pas d'engagement militaire direct des Etats-Unis. Ceux-ci s'arrangent pour faire se battre les autres. Ils provoquent des conflits entre pays voisins, ou à travers des mouvements paramilitaires ou terroristes.
Trompeur, le terme 'basse intensité' peut donner l'impression que les dégâts sont moindres. En réalité, ils ne sont moindres que pour les Etats-Unis. Ainsi, la guerre dite de 'basse intensité' que Washington a déclenchée contre le Congo (à travers les armées du Rwanda et de l'Ouganda voisins, et diverses milices) a fait cinq millions de morts et elle a paralysé le développement du Congo.
La stratégie Brzezinski, à la différence de Bush, privilégie ces guerres de basse intensité. Elle n'est donc nullement plus morale, mais se veut juste plus intelligente.
Mais Brzezinski propose aussi de recourir à d'autres formes d'intervention. Souvent, on ne pense qu'à la forme la le plus visible de l'agression : l'intervention militaire des Etats-Unis. En réalité, ils disposent de toute une panoplie. Si on veut établir une typologie complète, dans l'ordre d'intensité, on doit compter les formes suivantes :
1. Corruptions des dirigeants locaux. 2. Chantages sur ces dirigeants locaux.  3. Campagnes médiatiques de diabolisation. 4. Déstabilisations diverses. 5. Embargos et blocus commerciaux. 6. Coups d'Etat. 7. Provocations de séparatismes. 8. Guerres par intermédiaires. 9. Bombardements. 10. Occupations terrestres. Toute une gamme de méthodes, on le voit, et qui peuvent évidemment se combiner, mais qui constituent toutes des agressions.
Bien sûr, tous les gouvernements US recourent à l'ensemble de ces méthodes, et pas seulement à certaines. Mais le dosage et les financements diffèrent.
Après les crimes commis par Bush, on pourrait être tenté de se réjouir de voir un changement de méthodes. En réalité, si Washington décide de changer ses tactiques, il ne s'agira pas de pacifisme, mais seulement de rendre la brutalité moins visible. Il faut rappeler que Brzezinski, c'est l'homme qui a financé ben Laden en Afghanistan pour piéger l'Union soviétique dans une guerre de longue durée, coûteuse et briser son alliance avec le monde musulman. Brzezinski est très fier de son succès et ne manque pas une occasion de le rappeler.
Si les Etats-Unis décident d'appliquer la stratégie Brzezinski, il y aura sans doute moins de guerres directes.
Et elles se feront le plus possible en concertation avec les alliés. Ce qui permettra également de mieux soigner l'image médiatique et la manipulation de l'opinion.
Et surtout, en faisant travailler davantage la CIA , on s'efforcera de remplacer les guerres menées directement par les Etats-Unis par des guerres 'indirectes'. Faire se battre des pays voisins en soutenant 'le bon' sous toutes sortes de bons prétextes. Ce fut la méthode employée avec succès par Clinton contre la Yougoslavie.
La méthode Brzezinski présente deux avantages pour les Etats-Unis :
1. Elle leur redonne un aspect plus présentable, pour rétablir leur autorité morale.  2. En versant moins d'argent au complexe militaro-industriel, elle permet d'aider davantage l'économie US pour renforcer sa position concurrentielle face à l'Europe, la Chine , l'Inde, etc...
Pour économiser sur les guerres, la stratégie Brzezinski recourt davantage aux chantages et aussi à l'action clandestine. Les chantages peuvent passer, notamment, par l'utilisation des instruments du contrôle économique global comme la Banque Mondiale , le FMI et l'OMC. Institutions multilatérales mais dominées par les Etats-Unis et permettant de dicter leurs volontés au tiers monde d'une manière apparemment plus objective. Mais ce ne sera pas facile car la Banque Mondiale et le FMI ont accumulé tant de haines là où ils sont passés que les pays ont cherché des alternatives. L'idée d'une Banque du Sud, lancée par Chavez, fait son chemin...
L'action clandestine, c'est-à-dire la CIA , devrait aussi être utilisée davantage. Elle permet de se débarrasser des gouvernements gênants avec des investissements bien moindres.
Voilà pourquoi les tenants de la stratégie de Brzezinski se définissent comme partisans d'un 'soft power' ou 'impérialisme intelligent'. Le danger, avec ce soft power, serait que la gauche se réjouisse d'être débarrassée de Bush et diminue sa vigilance parce qu'il y aurait - pendant un certain temps - moins de guerres directes. De sorte que le mouvement anti-guerre international, qui connaît une crise évidente, riposterait encore moins face aux stratégies plus discrètes de l'Empire.
De toute façon, cet Empire ne deviendra pas pacifique. Tôt ou tard, il relancera des guerres à la Bush. Parce qu'en fait, l'élite US pratique un cycle d'alternance entre les deux options...
...
La politique US alterne les méthodes
Donc, on parlera plutôt d'une alternance dans la politique des Etats-Unis. Après chaque grand revers, on constate un retour, temporaire, au 'soft power'.
Après la défaite du Vietnam et la réprobation morale envers les dictatures installées par Washington en Amérique latine, les multinationales US ont porté à la présidence le gentil pasteur Jimmy Carter avec de merveilleux discours sur les droits de l'homme. Après la guerre froide et la première guerre contre l'Irak, le président Clinton s'est efforcé d'embarquer les Européens dans ses guerres et il a soigné la présentation médiatique.
En fait, pour essayer de résoudre ses problèmes, la bourgeoisie US a constamment hésité entre les deux options. Ou plutôt, elle les a alternées : un peu plus de bâton, un peu plus de carotte. Mais ses choix deviennent de plus en plus difficiles. Car aucune méthode ne résout vraiment les problèmes.
A présent, après le désastreux bilan de Bush, cette bourgeoisie US hésite entre les deux options. Ou bien la fuite en avant, c'est-à-dire la guerre tous azimuts. Ou bien un repli tactique, reculer pour mieux sauter et réorganiser les méthodes d'action. La question n'est pas tant de savoir quel président elle choisit, mais bien quelle stratégie.
De toute façon, on n'est pas certain que la stratégie Brzezinski soit, au final, moins brutale que celle de Bush. Il est vrai qu'en 2008, il a critiqué publiquement le président en disant qu'il était stupide de vouloir attaquer l'Iran, parce qu'il ne pouvait pas gagner et qu'une guerre serait nuisible à la situation d'Israël, au prix du pétrole, et donc à l'économie US. Mais certains analystes pensent que Brzezinski veut ménager l'Iran parce qu'il espère retourner ce pays et le faire participer un jour à un encerclement de la Russie. Voilà la puissance qui reste la bête noire, l'obsession de l'auteur du Grand Echiquier. Certains pensent que Brzezinski vise toujours à encercler et affaiblir complètement la Russie , quitte à en découdre avec elle. Sans oublier la Chine , devenue manifestement une cible majeure. Dans cette hypothèse, le soft power se transformerait en une apocalypse now.
Leurs solutions aggravent le problème
Que la bourgeoisie US soit divisée sur la ligne à suivre, découle du fait que les Etats-Unis ne sont finalement pas si puissants qu'on le croit. Ni sur le plan économique, ni sur le plan militaire. A chaque fois que les dirigeants des Etats-Unis ont cru avoir trouvé une solution, il s'est avéré après un certain temps que cette solution aggravait le mal.
Par exemple, dans les années 80, pour échapper à la récession, les multinationales US ont foncé sur l'Amérique latine et d'autres régions du tiers monde, faisant main basse sur leurs matières premières, leurs entreprises, leurs marchés. Mais comme cette offensive néolibérale a tellement appauvri ces pays, elle a provoqué des catastrophes économiques, donc des résistances de plus en plus fortes et l'Amérique latine a viré à gauche. A partir de 1989, Washington a déclenché une guerre globale pour s'assurer le contrôle absolu du pétrole. Mais le pétrole lui a échappé de plus en plus. A partir de 2001, Bush a déclenché sa guerre contre le prétendu Axe du Mal, mais il n'a réussi qu'à renforcer les résistances dans toutes les régions.
Les Etats-Unis paraissent très forts, mais le sont-ils vraiment ?
Avec tous leurs dollars, toutes leurs technologies et tous leurs crimes, ils ont perdu la guerre de Corée (1950) et celle du Vietnam (1961-1975), ils ont dû se replier du Liban (1982) et de la Somalie (1993), ils n'auraient sans doute pas gagné en Yougoslavie (1999) si le président Milosevic avait accepté les combats terrestres, et ils ont d'ores et déjà perdu en Irak et en Afghanistan, même s'ils ne le reconnaissent pas encore. Ne sont-ils pas, effectivement, comme on dit, un 'tigre en papier' ? Sur le long terme, les peuples qui défendent leurs richesses et leur avenir, ne sont-ils pas plus forts que les dollars et les missiles ?
Les Etats-Unis ont beau dépenser à eux seuls plus que toutes les autres nations du monde ensemble pour les budgets militaires, cela ne réussit plus à leur assurer la suprématie mondiale. Ils sont eux-mêmes victimes, si l'on peut dire, de leur contradiction fondamentale : tout ce qu'ils font s'oppose aux intérêts de l'immense majorité des habitants de cette planète, ils créent donc eux-mêmes la force qui les abattra.
Une armée ne peut pas être plus forte que l'économie qui la finance.
Et la faiblesse fondamentale qui empêchera les dirigeants US d'atteindre leur but, c'est que l'économie US scie la branche sur laquelle elle est assise. En sous-payant ses travailleurs, en délocalisant une partie de sa production, en ruinant les pays du tiers monde qui devraient être ses partenaires, elle ne cesse d'appauvrir ceux à qui elle est censée vendre.
Ce problème, aucune des deux options, ni la militariste, ni l' 'intelligente' ne pourra le résoudre. Les militaristes augmentent les dépenses et les résistances. Les 'intelligents', s'ils diminuent la terreur diffusée par la guerre directe, encouragent aussi la résistance.
Quelle que soit la tactique choisie, les Etats-Unis continueront à porter la guerre partout dans le monde.
Pour imposer leur système économique et leurs intérêts. Il est urgent de recréer un puissant mouvement pour la paix et la souveraineté des peuples.
1er septembre 2008
SOURCES :
(1) John E. Peters, etc, War and escalation in South Asia , www.rand.org/pubs/monographs/2006/RAND_MG367-1.sum.pdf
(2) New York Times, 3 avril 2008.
(3) Le Monde, AFP, Reuters, Le Figaro, 21 avril 2008
(4) Corriere della sera, 21 avril 2008.
(5) Michel Collon, Monopoly, EPO, Bruxelles, 2000. Epuisé, voir copie gratuite à :
Brzezinski
(6) Le Soir (Belgique), 23 avril 2008.
(7) Project for a New American Century (PNAC), Rebuilding America's Defenses, septembre 2000.
(8) Towards a grand strategy for an uncertain world, German Marshall Fund of the United States, www.gmfus.org/event/detail.cfm?parent_type=E&id=451
(9) Nouvel Observateur (France), 1er juillet 1999.
(10) Clinton Remarks
 on US Foreign Policy, 26 février 1999. Michel Collon

6-2 NOUVELOBS : Le président Saakachvili préparait son offensive dès 2005. ? ."L'Abkhazie était notre priorité stratégique, mais nous avons mis au point des projets militaires en 2005 pour reprendre aussi bien l'Abkhazie que l'Ossétie du Sud", affirme l'ancien ministre géorgien de la Défense , Irakli Okrouachvili. Selon lui, le président américain avait averti le pouvoir géorgien de ne pas tenter d'aventure militaire. Le président géorgien Mikheïl Saakachvili avait préparé dès 2005 des plans militaires pour reprendre le contrôle des deux provinces séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, déclare dimanche 14 septembre, dans un entretien à Reuters, son ex-ministre de la Défense , Irakli Okrouachvili, aujourd'hui exilé en France.
Ministre de la Défense de 2004 à 2006, Irakli Okrouachvili bénéficie du statut de réfugié politique en France. Il accuse son ancien mentor d'avoir exécuté maladroitement cette opération militaire, favorisant ainsi à ses yeux une riposte russe. Il impute aussi à Washington une responsabilité dans cet échec.
"L'Abkhazie était notre priorité stratégique, mais nous avons mis au point des projets militaires en 2005 pour reprendre aussi bien l'Abkhazie que l'Ossétie du sud", affirme l'ancien ministre.
Mikheïl Saakachvili assure, de son côté, que la Russie a initié le conflit, conduisant à l'occupation d'une partie de son pays par l'armée russe et à une crise diplomatique internationale.
Echec inévitable
La Russie a accepté de retirer ses troupes de Géorgie mais pas de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, qui ont déclaré leur indépendance, reconnue par Moscou.
Irakli Okrouachvili, qui est né en Ossétie du Sud, critique l'initiative de Mikheïl Saakachvili, qu'il juge précipitée, dépourvue du soutien diplomatique nécessaire et militairement irréaliste.
Selon lui, les projets préparés en 2005 prévoyaient la prise de Tskhinvali, la capitale sud-ossète, du tunnel de Roki, principal point de passage entre la Russie et l'Ossétie du Sud, et de la ville de Java.
"L'offensive de Saakachvili n'a eu pour seul objectif que de prendre Tskhinvali, parce qu'il pensait que les Etats-Unis empêcheraient une réaction russe par les canaux diplomatiques", assure Irakli Okrouachvili.
"Mais quand la réaction américaine s'est avérée être inexistante, Saakachvili a déplacé ses forces en direction du tunnel de Roki, pour finalement être pris de vitesse par les Russes", conclut-il.
Cet échec était en fait inévitable, estime l'ancien ministre de la Défense. "Après 2006, nous n'avions aucune chance de succès par des moyens militaires. (...) Les Russes avaient repositionné et amélioré leur infrastructure militaire dans le nord du Caucase, en Abkhazie et en Ossétie du Sud et à l'évidence ils l'avaient fait à cause de nous."
"Ne vous lancez pas dans une confrontation militaire"
Pour Irakli Okrouachvili, le président géorgien aurait dû ensuite défendre des villes géorgiennes mais, au lieu de cela, il "a laissé les Russes venir pour éviter les critiques et apparaître davantage comme une victime".
Selon lui, le président américain avait averti le pouvoir géorgien de ne pas tenter d'aventure militaire.
"Quand nous avons rencontré le président Bush en mai 2005, il nous a clairement dit : 'ne vous lancez pas dans une confrontation militaire, nous ne pourrons pas vous aider militairement'", se souvient Irakli Okrouachvili.
Jugé et condamné en mars dernier par contumace à onze ans de prison pour extorsion d'actions en Géorgie, Irakli Okrouachvili, qui est âgé 34 ans, est arrivé en France en janvier et a obtenu en avril le statut de réfugié politique. La justice française a refusé son extradition vers Tbilissi la semaine dernière.
Son arrestation en septembre 2007 avait conduit à des troubles, à la proclamation de l'état d'urgence en novembre, puis à une élection anticipée où Mikheïl Saakachvili a été réélu. Irakli Okrouachvili nie les accusations qu'il dit être montées de toutes pièces.
Il estime que Washington a eu tort de soutenir son ancien mentor après 2007.
"Les jours de Saakachvili sont comptés"
"Il n'y avait aucun contre-pouvoir. Les institutions qu'il a créées étaient centrées sur lui. Le manque de critique des Etats-Unis lui ont permis d'aller trop loin", dit-il.
"Saakachvili doit rendre des comptes et démissionner. S'il part, il ne devra pas être poursuivi. Mais s'il ne le fait pas, cela conduira à des poursuites judiciaires contre lui", prévoit-il.
Il espère une mobilisation dans son pays le 7 novembre, jour anniversaire des troubles de 2007. "Je reviendrai d'ici un an, même si cela signifie pour moi risquer la prison. Les jours de Saakachvili sont comptés." (avec Reuters)
NOUVELOBS.COM 14.09.2008
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/europe/20080914.OBS1245/le_president_saakachvili_preparait_son_offensive_des_20.html 


OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,sarkozi, Union européenne,guerre, repli.

26/09/2008

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 -Début- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie, et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 -Début- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

Guerres de l'Otan.  -Début-

n° 8- 25-09

 Par M.Lemaire                                                                                 



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be

Sommaire.                                    -Début-

Tiré à part : Tiberio Graziani : Le temps des continents et la déstabilisation de la planète.

2 Brèves

2-1 Géorgie: la Russie demande au chef de l'OTAN d'être moins agressif.

2-2 Flotte russe au large de l'Abkhazie: le repli suivra le retrait des navires US.

2-3 Crise dans le Caucase: l'économie russe intacte.

2-4 La Russie souhaite un embargo sur les livraisons d’armes à destination de la Géorgie.

2-5 Le parlement abkhaze ratifie l'accord d'amitié avec la Russie.

2-6 Le parlement abkhaze ratifie l'accord d'amitié avec la Russie.

2-7 L'armée russe tire un missile Totchka-U dans l'Oural.

2-8 Un nouvel obstacle pour le Nabucco.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de la Pravda : L'arme secrète de l'OTAN : Faire crever de rire la Russie.

3-2 Point de vue de Noam Chomsky : Miliband accuse la Russie de s’engager dans “une diplomatie du 19ème siècle“.

– Suite 1-

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Eurasie et pipelines : Moscou remporte une importante victoire.

Fin

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Jean Quatremer : L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

5-2 Valentin Rakhmanov : Moscou enregistre deux nouveaux alliés dans le Caucase

6 Annexe

6-1 C.J. Chivers et Thom Shanker : Géorgie : Des projets de réarmement qui inquiètent Moscou... et les Occidentaux.

6-2 Pierre Hassner : « La Russie préfère être crainte qu’être aimée».


Tiré à part : Tiberio Graziani : Le temps des continents et la déstabilisation de la planète. La réaffirmation de la Russie comme acteur mondial, avec la puissante croissance économique des deux colosses asiatiques, Chine et Inde, semble avoir définitivement marqué, dans le cadre des relations internationales, la fin de la saison unipolaire sous conduite étasunienne, et posé les conditions, minimales et suffisantes, pour la construction d’un ordre planétaire articulé sur d’avantage de pôles. Les entités géopolitiques qui caractérisent ce nouveau cycle ne seront pas, vraisemblablement, les nations ou les puissances régionales mais bien les grands espaces continentaux. Un nouveau cycle géopolitique Le nouvel ordre international qui s’est réalisé après le 11 septembre 2001 est dû surtout à  trois facteurs concomitants : le premier concerne la politique eurasiatique lancée à Moscou, immédiatement après la fin de la présidence Eltsine, à partir de 2000-2001 ; le second concerne le développement économique particulier de l’antique Empire du Milieu qui, intelligemment intégré par la direction chinoise dans le cadre d’une stratégie géopolitique de longue période, fera de Pékin non seulement un géant économique mais un des principaux protagonistes de la politique mondiale du 21ème siècle. Le troisième, enfin, est strictement connecté à l’action de pénétration militaire des Usa dans l’espace proche et moyen-oriental, que Washington accompagne, de façon synergique, d’une intense activité de pression  politique et économique dans certaines zones critiques  comme celle de l’Asie centrale. Les facteurs rappelés ci-dessus ont mis en évidence certains éléments importants utiles pour l’analyse géopolitique des futurs scénarios mondiaux : la centralité de la Russie comme région pivot de l’Eurasie, l’importance de la Chine comme élément de stabilité dans la masse continentale eurasiatique et d’équilibre pour la planète entière ; les mêmes facteurs, en outre, ont  reproposé à l’échelle mondiale, les tensions permanentes entre d’une part les puissances thalassocratiques, représentées aujourd’hui par les USA, et d’autre part les puissances continentales, constituées principalement par la Russie et la Chine. Pour la première fois depuis la dissolution de l’URSS, nous assistons au renforcement et à la mise au point d’importants dispositifs géopolitiques, comme par exemple l’Organisation de la Conférence de Shanghai et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective des Pays de la Confédération des Etats Indépendants, qui rassemblent la Russie et les principaux pays du continent asiatique. De tels dispositifs sont significativement ouverts aussi au Pakistan, à la Turquie et à l’Iran mais excluent les puissances occidentales et les USA. Il faut y ajouter aussi  les tentatives et les aspirations sud-américaines relatives à la constitution d’un système de défense du sous-continent indio-latin, délivré de Washington. L’œuvre patiente et continue de tissage de relations spéciales entre Russie, Inde, Chine, Iran et les pays d’Asie centrale, mise en œuvre par Poutine, et diligemment poursuivie maintenant par Medvedev, a certainement ralenti l’expansionnisme étasunien au cœur de l’Asie ; elle a aussi irrité fortement ces lobbies européens et d’outre-Atlantique qui espéraient, au début des années 90 du siècle dernier, à force de « vagues démocratiques », ou plutôt de « bourrades démocratique » (2) - comme on le verra plus tard avec les agressions et les « guerres humanitaires » de l’Occident américano-centrique contre la Fédération yougoslave, l’Afghanistan, l’Irak - l’unification de la planète sous l’égide de Washington, champion de l’Humanité et, avant tout, la réalisation d’un gouvernement mondial fondé sur des critères libéraux de l’économie de marché. Sur l’échiquier mondial, la formation d’une sorte de bloc eurasiatique, qui en est pour le moment encore à un stade embryonnaire et, du reste, déséquilibré  vers la partie orientale de la masse continentale, à cause principalement de l’absence de l’Europe comme entité politique cohérente et de son insertion artificielle dans le camp « occidentaliste » ; cette formation a, en outre, et par effet de polarisation, indéniablement favorisé les tendances continentalistes de certains gouvernements d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Venezuela et Bolivie), en mettant ainsi en valeur l’hypothèse, réaliste, d’un scénario multipolaire en cours de constitution, articulé sur des entités géopolitiques continentales (3). Nouvelles et vieilles tensions La crainte d’une jonction des intérêts  géopolitiques entre les grandes puissances eurasiatiques (Russie, Chine et Inde) et les tendances continentalistes de certains gouvernements sud-américains (4) ont éveillé, ces derniers temps, une attention ravivée du Département d’Etat des USA et de certains think tank atlantiques, chargés d’identifier  les zones  de crise et de définir des scénarios géopolitiques qui soient en syntonie avec les desiderata et les intérêts globaux de Washington et du Pentagone ; une attention vers ces régions de la masse continentale eurasiatique – et du sous-continent indio-latin – qui seraient plus exposées aux déchirures causées par des tensions endogènes historiques et encore irrésolues. C’est donc dans la perspective d’opérations de malaise et de pression envers la Chine , la Russie et l’Inde et certains gouvernements latino-américains que, pensons-nous, l’on peut  interpréter avec efficience certaines situations critiques qui sont proposées, avec une particulière emphase, à l’attention de l’opinion publique occidentale, par les principaux organes d’information. Nous faisons ici référence à ce qu’on désigne comme la question de la minorité du peuple Karen et de la « révolte » couleur safran (5) du Myanmar, aux questions du Tibet et de la minorité uigur  en République Populaire de Chine, à la déstabilisation du Pakistan (6), et au maintien d’une crise endémique dans la région afghane. En instrumentalisant les tensions locales de certaines aires géostratégiques, les USA, avec leurs alliés occidentaux, ont lancé un processus de déstabilisation – de longue période -  de tout l’arc himalayen, véritable charnière continentale, qui va impliquer huit pays de l’espace eurasiatique (Népal, Pakistan, Afghanistan, Myanmar, Bangladesh, Tibet, Bhoutan et Inde). Ce processus de déstabilisation se coordonne avec celui déjà ébauché par les USA dans la zone caucasienne, sur la base des indications exposées, il y a plus de dix ans, par Bzezinski dans son ouvrage « Le grand échiquier » (7) ;  ce processus semble en outre se conjuguer  au Projet du Nouveau Grand Moyen-Orient de Bush-Rice-Olmert, destiné à redéfinir les équilibres de toute la zone en faveur des Etats-Unis et de son principal allié régional, Israël, ainsi qu’à reconsidérer les frontières des principaux pays de la zone (Iran, Syrie, Irak et Turquie) le long de lignes confessionnelles et ethniques. Parallèlement à ce processus de déstabilisation, déjà en cours dans l’arc himalayen, il semble, selon l’avis autorisé du professeur Luiz Alberto Moniz Bandeira (8), que les USA en aient lancé  un autre, analogue, dans leur ex-arrière cour, en Bolivie : précisément dans la « région  de la demi-lune » sur la base des tensions ethniques, sociales et politiques qui affectent toute la zone. Dans le cadre des stratégies destinées à fragmenter les espaces continentaux en voie d’intégration, il vaut la peine de souligner le grand rôle qu’ont joué et jouent les Organisations Non Gouvernementales dites humanitaires. Selon Michel Chossudovsky, directeur du Centre pour la recherche sur la mondialisation (CRM-CRG), certaines d’entre elles seraient directement et indirectement reliées à la CIA , par l’intermédiaire de la National Endowment for Democracy, puissante organisation étasunienne créée en 1983, dans le but de renforcer les institutions démocratiques dans le monde au moyen d’actions non gouvernementales (9). L’histoire du 21ème siècle sera donc, selon toutes probabilités, l’histoire de l’affrontement entre deux tendances opposées : celle de la fragmentation (10) de la planète, pour le moment voulue par les USA, et celle des intégrations continentales, souhaitée par les plus grandes puissances eurasiatiques et par certains gouvernements du sous-continent indio-latin. Tiberio Graziani
17 septembre

1. Marco Bagozzi, Accordi Brasile-Venezuela: verso una alleanza militare sudamericana svincolata da Washington, www.eurasia-rivista.org, 25 aprile 2008. 2. Samuel Huntington, La terza ondata. I processi di democratizzazione alla fine del XX secolo, Il Mulino, Bologna, 1995. 3. Richard Hass, président du Council on Foreign Office, l’influent think tank étasunien, est d’un autre avis : selon lui le 21ème siècle se dirigerait vers un système de non polarité, caractérisé par une ample diffusion de pouvoir étalé sur plusieurs objets (Etats, Puissances régionales, ONG, Corporations, Organisations internationales, etc.) plutôt que par une concentration sur quelques (rares) pôles. Richard Hass, The Age on Nonpolarity. What Will Follow U.S. Dominance, Foreign Affairs, vol. 87, n. 3, May/June 2008, pp. 44-56. 4. Raúl Zibechi, Il ritorno della Quarta Flotta: un messaggio di guerra, Cuba debate, 9 maggio 2008, in italiano: www.eurasia-rivista.org, 17 maggio 2008. 5. Voir dans ce même numéro de Eurasia, 2/2008, F. William Engdahl, La posta geopolitica della “rivoluzione color zafferano. 6. Michel Chossudovsky, La destabilizzazione del Pakistan, www.eurasia-rivista.org, 7 gennaio 2008; Alessandro Lattanzio, Il grande gioco riparte da Islamabad, www.eurasia-rivista.org, 29 dicembre 2007; Giovanna Canzano, La morte cruenta della Bhutto, intervista a Tiberio Graziani, www.eurasia-rivista.org, 28 dicembre 2007. 7. Zbigniew Brzezinski, La Grande Scacchiera , Longanesi, Milano, 1998. 8. Luiz Alberto Moniz Bandeira, A Balcanização da Bolívia, Folha de S.Paulo, 15/07/2007. Traduction italienne sur www.eurasia-rivista.org, 25 ottobre 2007. Sur le même thème voir aussi l’interview de Luiz Alberto Moniz Bandeira, Bolivia, Cuba, la seguridad de Brasil, el petróleo y la realidad del dólar, sur :  www.laondadigital.com et en italien sur www.eurasia-rivista.org, 9 maggio 2008. 9. Michel Chossudovsky, Cina e America: l'Operazione psicologica dei diritti umani in Tibet , www.eurasia-rivista.org, 22 aprile 2008. 10. François Thual, Il mondo fatto a pezzi, Edizioni all’insegna del Veltro, Parma, 2008.  Articles de Tiberio Graziani publiés par Mondialisation.ca


2 Brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Géorgie: la Russie demande au chef de l'OTAN d'être moins agressif. L'ambassadeur de Russie  auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a demandé mercredi au  secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, d'être moins  agressif dans sa rhétorique sur la crise de la Géorgie.     M. Rogozine a formulé cette demande en réagissant à la  déclaration de Jaap de Hoop Scheffer, dans laquelle celui-ci a  indiqué que l'accord du 8 septembre entre la Russie et l'Union  européenne (UE) était inacceptable.   "Il y a quelques jours, au début de la semaine, le secrétaire  général de l'OTAN a fait une très remarquable déclaration dans  laquelle Bruxelles a mis en scène une guerre contre Bruxelles", a- t-il dit, se référant au conflit entre l'OTAN et l'UE, qui ont  leur siège à Bruxelles. M. Rogozine a indiqué que les remarques de Jaap de Hoop  Scheffer reflétaient une crise de l'identité de l'OTAN. "L'OTAN  cherche à trouver son rôle, sa place dans cette crise (de la  Géorgie). Malheureusement, elle ne trouve pas une position  équilibrée et modérée", a-t-il ajouté. "Nous appelons personnellement au secrétaire général de l'OTAN  à s'abstenir de la rhétorique agressive", a souligné M. Rogozine. Il a également dénoncé la visite du Conseil de l'Atlantique  Nord en Géorgie lundi et mardi. L'organe de décision de l'OTAN,  dirigé par Jaap de Hoop Scheffer, a tenu des réunions de haut  niveau avec les dirigeants géorgiens et a convoqué la première  réunion de la Commission OTAN-Géorgie à Tbilissi. Cette commission a été créée après le conflit Géorgie-Russie pour faire preuve de  soutien de l'OTAN à Tbilissi.  M. Rogozine a déclaré que la réunion de la Commission OTAN- Géorgie était "totalement inappropriée", car elle serait  interprétée comme un soutien au régime du président géorgien  Mikheïl Saakachvili. Xinhua, 17 septembre http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/18/content_721557.htm


2-2 Flotte russe au large de l'Abkhazie: le repli suivra le retrait des navires US. Les navires de guerre de la Flotte russe de la mer Noire se replieront des côtes abkhazes dès que les navires américains quitteront la mer Noire, a annoncé Dmitri Rogozine, représentant permanant de la Russie auprès de l'OTAN. Les navires de guerre de la Flotte russe de la mer Noire se trouvent actuellement en mission le long du littoral abkhaze afin de garantir la sécurité de la république, compte tenu du regain de tension en Ossétie du Sud. "Je crois que nos navires resteront au large de l'Abkhazie tant que la sécurité l'exigera", a fait savoir le diplomate russe devant des journalistes à Bruxelles. D'après lui, dès que la Flotte américaine cessera ses mesures de reconnaissance et quittera le bassin de la mer Noire, "il n'y aura plus aucune nécessité de maintenir la présence de nos navires de guerre". De plus, la partie russe a reçu une information, selon laquelle les navires américains avaient livré sous couvert d'aide humanitaire, des équipements pour rétablir la défense antiaérienne géorgienne, déjà reconstruite sur le secteur Géorgie-Turquie, a conclu Dmitri Rogozine. 17 septembre - RIA Novosti.

2-3 Crise dans le Caucase: l'économie russe intacte. Le premier ministre russe Vladimir Poutine a relativisé dans une interview publiée par le Figaro l'impact économique de la récente crise dans le Caucase, réitérant sa confiance dans l'économie russe. "Pour moi, la crise dans le Caucase n'a eu aucune répercussion sur les investissements étrangers en Russie", a indiqué M. Poutine. Concernant la fuite des capitaux, M. Poutine a rappelé que celle-ci avait été comprise entre 15 et 25 milliards de dollars pendant de longues années, niant la relation de cause à effet directe entre la récente intensification de ce phénomène et le conflit avec la Géorgie autour de l'Ossétie du Sud. "L'année 2007 a été positive: avec l'entrée de 81 milliards de dollars, nous serons cette année aux alentours de 45 milliards de dollars. À vrai dire, nous n'avons pas besoin de plus parce que cela augmenterait trop fortement nos liquidités et du même coup nourrirait l'inflation", a-t-il fait savoir. " La Russie continue à se développer très rapidement. J'avais fixé en 2003 l'objectif à moyen terme d'un doublement du PIB. Nous y arriverons fin 2009 ou début 2010", a déclaré le premier ministre. Malgré une croissance économique à 8,1% en 2007 et le maintien de cette tendance actuellement, M. Poutine a reconnu les problèmes liés à l'inflation galopante. "Nous avons, il est vrai, une reprise de l'inflation, mais comme tous les pays occidentaux", a-t-il conclu. 13 septembre - RIA Novosti. http://fr.rian.ru/business/20080913/116760966.html

2-4 La Russie souhaite un embargo sur les livraisons d’armes à destination de la Géorgie. Le projet russe d’embargo sur les livraisons d’armes à la Géorgie sera un thème clé des discussions internationales sur l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie qui s’ouvriront le 15 octobre prochain à Genève, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. "Nous discuterons des moyens à mettre en œuvre pour empêcher une nouvelle agression, et c’est la démilitarisation de la Géorgie qui se trouve au premier plan", a-t-il déclaré, lors d’une rencontre avec les membres du club de discussion Valdaï. Selon M. Lavrov, l’embargo sur les livraisons d’armes à la Géorgie est indispensable "du moins tant que Mikhaïl Saakachvili restera au pouvoir". Les discussions de Genève porteront sur la stabilité et la sécurité en Abkhazie et en Ossétie du Sud ainsi que sur le retour des réfugiés, sans aborder le statut des deux républiques autoproclamées reconnues par la Russie. La Russie a reconnu le 26 août l’indépendance des républiques autoproclamées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud au lendemain d’une offensive armée lancée par Tbilissi contre cette dernière,  Novostihttp://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=3975 13 septembre

2-5 Le parlement abkhaze ratifie l'accord d'amitié avec la Russie. Le parlement de la république d'Abkhazie, dont l'indépendance a été reconnue par la Russie le 26 août dernier, a ratifié mercredi l'Accord d'amitié et de coopération et d'assistance mutuelle avec la Russie , rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place. La Russie a signé l'accord d'amitié et de coopération avec l'Abkhazie le 17 septembre. Les principales clauses de cet accord ont trait à la sécurité, prévoyant notamment l'installation de bases militaires russes sur le territoire de la république et la participation de la Russie à la protection des frontières abkhazes. La Russie envisage également d'unir ses systèmes énergétiques avec ceux de l'Abkhazie et d'accorder un soutien au secteur financier de la république. Selon cet accord, la Russie représentera les intérêts de l'Abkhazie et de ses citoyens dans les pays tiers ne possédant pas d'ambassades de cette nouvelle république. L'accord d'amitié et de coopération russo-abkhaze, conclu pour dix années avec possibilité de prolongation, entrera en vigueur après sa ratification par le parlement RIA Novosti. 24 septembre

2-6 Le parlement abkhaze ratifie l'accord d'amitié avec la Russie. Le parlement de la république d'Abkhazie, dont l'indépendance a été reconnue par la Russie le 26 août dernier, a ratifié mercredi l'Accord d'amitié et de coopération et d'assistance mutuelle avec la Russie , rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place. La Russie a signé l'accord d'amitié et de coopération avec l'Abkhazie le 17 septembre. Les principales clauses de cet accord ont trait à la sécurité, prévoyant notamment l'installation de bases militaires russes sur le territoire de la république et la participation de la Russie à la protection des frontières abkhazes. La Russie envisage également d'unir ses systèmes énergétiques avec ceux de l'Abkhazie et d'accorder un soutien au secteur financier de la république. Selon cet accord, la Russie représentera les intérêts de l'Abkhazie et de ses citoyens dans les pays tiers ne possédant pas d'ambassades de cette nouvelle république. L'accord d'amitié et de coopération russo-abkhaze, conclu pour dix années avec possibilité de prolongation, entrera en vigueur après sa ratification par le parlement . 24 septembre - RIA Novosti.

2-7 L'armée russe tire un missile Totchka-U dans l'Oural. L'armée de terre russe a réalisé au cours d'exercices dans l'Oural le tir d'essai d'un missile opérationnel tactique Totchka-U (SS-21 Scarab selon la classification de l'OTAN) sur plus de 30 km, a annoncé samedi à RIA Novosti Igor Konachenkov, le porte-parole de l'armée de terre russe. "Une division des brigades balistiques a effectué un tir d'essai de missile tactique Totchka-U vers un ennemi fictif situé à 30 km. Le lancement s'est déroulé comme prévu et le missile a atteint sa cible une minute et demie plus tard", a déclaré M. Konachenkov. Les Totchka-U sont des missiles tactiques à combustible solide d'une portée de 120 kilomètres. Ils peuvent être dotés d'ogives nucléaires, à fragmentation ou autres. Ils sont capables d'atteindre des cibles telles que des aérodromes, des bases militaires, des stations radars, et des dépôts de combustible. RIA Novosti. 13 septembre –  vhttp://fr.rian.ru/defense/20080913/116759082.html

2-8 Un nouvel obstacle pour le Nabucco. La guerre géorgienne pourrait obliger l'UE à réviser sa stratégie visant à diminuer sa dépendance croissante envers les importations de gaz russe, car la Géorgie est l'élément-clé de tous ces projets, lit-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta. La Russie a de facto établi un contrôle efficace sur les gazoducs et oléoducs qui traversent la Géorgie , en se réservant le droit d'y bloquer le transport des hydrocarbures. Moscou a montré qu'il était capable de couper ces livraisons. Bien que la guerre, courte mais intense, n'ait pas menacé le gazoduc sud-caucasien, ou les oléoducs Bakou-Soupsa et Bakou-Tbilissi-Ceyhan, ce dernier ayant une capacité d'un million de barils par jour, la Russie a fait émerger les risques de la stratégie de l'UE qui se fonde sur le transport par la Géorgie des hydrocarbures azerbaïdjanais, et potentiellement kazakhs et turkmènes. Si le conflit n'a pas augmenté le risque de ce pari sur la Géorgie en tant qu'Etat-clé pour le transit, il a au moins accentué le sentiment de risque sur ce point. A long terme, les conséquences psychologiques pourraient, plus que la guerre elle-même, nuire à l'apparition du corridor énergétique Asie centrale-Occident à travers le Caucase. Bien que le conflit en Géorgie n'ait pas d'influence directe sur l'itinéraire du gazoduc Nabucco (qui va de la Turquie vers l'Autriche), le niveau élevé de risque pour la sécurité dans ce pays représente encore un obstacle à surmonter pour ce projet soutenu par l'UE. Le fait que la Russie peut à tout moment provoquer des défaillances ou un arrêt total du fonctionnement du gazoduc sud-caucasien, dont le gaz passera ensuite dans le Nabucco, est en mesure de forcer l'Union européenne à réexaminer la question suivante: le soutien politique apporté au projet Nabucco est-il capable de garantir une plus grande indépendance énergétique envers la Russie ? Un sentiment de risque accru pour les livraisons de gaz par le Nabucco pourrait tout simplement provoquer l'effondrement du projet, ce qui sera encore plus probable dans le cas d'une hausse du coût de construction du gazoduc, qui fera plus de 3.000 km. Le Nabucco pourrait également se heurter à des difficultés financières supplémentaires, dans la mesure où ses actionnaires seront contraints de résoudre un double problème: des crédits et une assurance plus chers en raison des risques élevés pour la sécurité, liés notamment à la situation en Géorgie, et des risques commerciaux plus importants concernant le remplissage du gazoduc. Les risques plus élevés du transit géorgien et les faibles perspectives de réalisation du Nabucco augmentent l'attrait du projet South Stream proposé par Gazprom, qui doit passer par le fond de la mer Noire en Bulgarie pour se diviser en deux branches acheminant le gaz en Europe du Sud et en Europe centrale. La demande de gaz en Europe peut justifier soit la construction du South Stream, soit celle du Nabucco, mais pas les deux. Il semble que, si la Commission européenne et les gouvernements des pays de l'UE ne se prononcent pas unanimement pour le Nabucco, ce projet n'ait aucun avenir. 17 septembre  (Nezavissimaïa gazeta). Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti. http://fr.rian.ru/business/20080917/116898182.html
OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,sarkozi, Union européenne,guerre, repli.

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 – Suite 1- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie, et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 – Suite 1- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

Guerres de l'Otan.  – Suite 1-

n° 8- 25-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                     – Suite 1-

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de la Pravda : L'arme secrète de l'OTAN : Faire crever de rire la Russie.

3-2 Point de vue de Noam Chomsky : Miliband accuse la Russie de s’engager dans “une diplomatie du 19ème siècle“.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Eurasie et pipelines : Moscou remporte une importante victoire.


3  Dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Point de vue de la Prvda : L'arme secrète de l'OTAN : Faire crever de rire la Russie. ​​​Dmitry Rogozin, l'ambassadeur de Russie à l'OTAN, estime que la Géorgie ne pourra pas se joindre au Membership Action Plan en décembre. Ce fonctionnaire a ajouté que les dernières déclarations du Secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, ont signé le début de la guerre froide entre l'Alliance et l'Union européenne. ​​​Lundi, une délégation de l'OTAN avec Jaap de Hoop Scheffer à sa tête est arrivée en Géorgie pour une visite de deux jours. La délégation comptait des fonctionnaires représentant l'ensemble des 26 pays de l'alliance. La session du Conseil de l'OTAN sur la Géorgie est devenue le principal événement de la visite. Scheffer est allé en Géorgie pour savoir si la Géorgie remplissait les conditions requises pour obtenir le statut de candidat à l'OTAN. ​​​Hier, le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a visité lui aussi l'Ossétie du Sud, ce qui, comme le pense Bruxelles, n'était pas une simple coïncidence. ​​​La visite de la délégation officielle de l'OTAN à Tbilissi se déroulait sur le seuil de la réunion informelle des ministres de la défense de l'alliance, qui est prévue pour le 18 et 19 septembre à Londres. La situation dans le Caucase sera l'une des questions centrales de l'ordre du jour de la réunion. Scheffer aussi a discuté de la question avec l'administration géorgienne (dont le Président Saakashvili) et des porte-parole de l'opposition et d'organisations internationales. ​​​Une source diplomatique du siège de l'OTAN a déclaré que les événements actuels à Tbilissi impliquent une politique de soutien à la Géorgie. ​​​Jaap de Hoop Scheffer a déclaré récemment qu'il était impossible d'accepter les accords conclus entre la Fédération de Russie et l'Union européenne sur l'hypothèse du fait que le plan Medvedev-Sarkozy implique un trop grand nombre de concessions à la Russie. ​​​Dmitri Rogozine a déclaré que ce genre de remarques remet en question la mission de maintien de la paix de l'Union européenne. ​​​Scheffer a déclaré dans une récente entrevue avec le Financial Times que l'accord de retrait signé par Sarkozy et Medvedev le 8 septembre est inacceptable, car ce document fait de trop nombreuses concessions à Moscou. Scheffer désapprouve le fait que la Russie ait été autorisée à maintenir sa présence militaire dans les deux régions. ​​​Ces déclarations du secrétaire générale de l'OTAN vont à l'encontre de la position plus souple de l'Union européenne. L'UE préfère ne pas attirer l'attention sur la présence des troupes russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud. ​​​Un fonctionnaire russe a déclaré : « Une guerre froide a éclaté à Bruxelles entre la bureaucratie de l'UE et celle de l'OTAN. Elles se télescopent sur la Géorgie parce qu'elles ont une vision différente de la situation en dépit du fait que ces deux organismes émanent d'un seul et même pays. » Rogozin a ajouté : « Les déclarations de Scheffer prouvent aussi que l'UE a succombé à la pression de la Russie.  » ​​​Dmitry Rogozin a décrit les pourparlers dans le cadre du Conseil Euro-Atlantique à Bruxelles (26 pays de l'OTAN ainsi que 24 partenaires, dont la Russie et les pays de la CEI ) comme très difficile et surchauffés. Lors de la réunion, le début et la fin de tous les discours de chaque fonctionnaire était identique, a dit Rogozin. ​​​Pas un participant de la réunion n'a soutenu la position de la Russie. Dmitri Rogozine a déclaré que les ambassadeurs russe et géorgien ont exposé leurs estimations sur ce qui s'est passé dans le Caucase, bien que personne ne s'est mis d'accord sur la version russe. Contrairement à la Géorgie , la Russie n'a pas donné son aval à l'enquête internationale sur les événements en Ossétie du Sud. ​​​« Quand j'ai parlé du rôle que l'OTAN, en particulier les États-Unis, ont joué dans le conflit au Caucase, l'ambassadeur des États-Unis a quitté la pièce comme un ouragan, » a dit l'ambassadeur de Russie à l'OTAN. ​​​Parlant de l'intervention d'une enquête internationale, Rogozine, a déclaré : « Du moment où l'OTAN refuse de répondre à la question qui a attaqué qui, bien que la réponse soit évidente, il n'est pas nécessaire de parler de cette enquête indépendante. Qui sera l'enquêteur indépendant ? Condoleezza Rice ? » ​​​«  La Russie n'examinera la suggestion d'enquête que si l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sont invitées à Bruxelles et à New York. Le camp qui a souffert de l'agression de Saakashvili doit avoir la possibilité d'exprimer son point de vue, » a dit Rogozine. Pravda, 16 septembre Original : english.pravda.ru/russia/politics/16-09-2008/106368-russia_nato-0
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info http://www.alterinfo.net/L-arme-secrete-de-l-OTAN-Faire-crever-de-rire-la-Russie_a23919.html?PHPSESSID=146ef1bd5f7e4d663e1be79b6d5563c3


3-2 Point de vue de Noam Chomsky : Miliband accuse la Russie de s’engager dans “une diplomatie du 19ème siècle Atterré par les atrocités commises par les forces US envahissant les Philippines, et les envolées rhétoriques sur les nobles intentions libératrices qui accompagnent systématiquement les crimes d’état, Mark Twain exécrait ses mains de ne pouvoir exercer son arme formidable ; la satire. L’objet premier de sa frustration était le renommé Général Funston. “Aucune satire de Funston ne pourra atteindre la perfection“ se lamentait Twain, “parce que Funston lui-même occupe ce sommet… [il est] la satire personnalisée.“ C’est une idée qui est souvent revenue en tête en Août 2008 pendant la guerre Russie-Géorgie-Ossetie, alors que George Bush, Condoleezza Rice et d’autres personnalités ont solennellement invoqué le caractère sacré des Nations Unies, avertissant que la Russie pourrait être exclue des institutions internationales “si elle prenait en Géorgie des mesures contraires“ à leurs principes. La souveraineté et l’intégrité territoriale de toutes les nations doivent être rigoureusement respectées, entonnèrent-ils – “toutes les nations“ sauf celles que les USA choisissent d’attaquer : l’Irak, la Serbie , peut-être l’Iran, et une liste d’autres pays qu’il serait trop long et trop récurrent de mentionner. L’allié subalterne s’y mit aussi. Le ministre des Affaires Etrangères Anglais David Miliband accusa la Russie de s’engager dans “une diplomatie du 19ème siècle“ en envahissant un état souverain, chose que l’Angleterre n’envisagerait jamais aujourd’hui. Ceci “n’est simplement pas la façon dont les affaires internationales peuvent être menées au 21ème siècle“, ajouta-t-il faisant écho au décideur en chef qui avait dit que l’invasion d’un “état voisin souverain …. n’est pas acceptable au 21ème siècle“. Le Mexique et le Canada n’ont donc pas à craindre d’autres invasions et annexions d’une partie de leur territoire car les Etats-Unis n’envahissent maintenant que les états qui ne leur sont pas frontaliers, bien qu’une telle contrainte ne tienne pas pour sa clientèle, comme le Liban l’a encore appris en 2006. Le conte moral est plus édifiant encore“écrit Serge Halimi dans le Monde Diplomatique, “quand, pour défendre son territoire, le gentil président proaméricain rapatrie une fraction des soldats envoyés... envahir l’Irak, l’un des contingent les plus importants à côté de ceux des deux pays guerriers.“ Les analystes de premier plan se sont joints au chœur. Fareed Zakaria applaudit la remarque de Bush disant que le comportement de la Russie est inacceptable de nos jours, contrairement au 19ème siècle, “quand l’intervention Russe aurait été considérée comme une procédure d’opération ordinaire d’une grande puissance“. Nous devons donc élaborer une stratégie pour amener la Russie “à s’aligner sur le monde civilisé“, dans lequel une telle intervention est impensable. Évidemment, il y en eut certains pour partager le désespoir de Mark Twain. Un exemple remarquable en est fourni par Chris Patten, ancien commissaire européen aux relations extérieures, président du parti conservateur Anglais, chancelier de l’Université d’Oxford et membre de la Chambre des lords. La réaction occidentale “est suffisante pour que les plus cyniques hochent la tête d’incrédulité“, a-t-il écrit en faisant référence à l’échec de l’Europe à répondre vigoureusement à l’effronterie des dirigeants russes, qui, “comme des tsars du 19ème siècle, voulaient une sphère d’influence autour de leurs frontières.“ Patten différencie à juste titre la Russie et la super puissance mondiale, qui a depuis longtemps passé le stade de demander une sphère d’influence autour de ses frontières mais la demande autour du monde entier. Elle agit aussi de façon vigoureuse pour donner du poids à cette demande, en accord avec la doctrine Clinton qui dit que Washington a le droit d’utiliser la force militaire pour défendre ses intérêts vitaux tels que “s’assurer un accès sans obstacles aux marchés clé, aux réserves énergétiques et aux ressources stratégiques“ – et dans la réalité, beaucoup plus. Clinton bien sûr n’avançait pas en terre inconnue. Sa doctrine découle des principes de base formulés par des planificateurs de haut rang pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui ouvraient la voie à une domination mondiale. Dans l’après-guerre, ils affirmèrent que les USA devaient viser “à détenir un pouvoir incontesté“ tout en s’assurant de “limiter l’exercice de la souveraineté“ par des états qui pourraient interférer avec leurs ambitions mondiales. Pour s’assurer de ces buts, “la nécessité essentielle [est] la réalisation rapide d’un programme de réarmement complet“ un élément central “d’une politique intégrée pour parvenir à une suprématie militaire et économique des Etats-Unis.“ Les plans établis pendant la guerre furent mis en œuvre de différentes façons dans les années qui suivirent Ces buts sont profondément ancrés dans des structures institutionnelles stables. Ils persistent donc au-delà des changements d’occupant de la Maison-Blanche , et ne sont pas troublés par d’occasionnelles “économies sur le budget militaire“ (NDT : terme qui désigne notamment les économies réalisées depuis la fin de la guerre froide), la disparition du rival majeur de la scène mondiale, ou autres futilités marginales. Concevoir de nouveaux défis n’est jamais hors de portée de cadres doctrinaires, comme lorsque Ronald Reagan se tenant droit dans ses bottes de cow-boy déclara l’alerte nationale parce que l’armée du Nicaragua n’était qu’à deux jours d’Harlingen, Texas, et pouvait entraîner les hordes prêtes à “balayer les Etats-Unis et prendre nos biens“, ou comme Lyndon Johnson se lamenta lorsqu’il appela à tenir bon au Viêt-nam. De façon inquiétante, ceux qui tiennent les rênes peuvent réellement croire à leurs paroles. Pour en revenir aux tentatives d’élever la Russie au monde civilisé, les sept membres moteurs (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada) du Groupe des Huit pays industrialisés ont émis une déclaration “condamnant l’action de notre compagnon du G8“, la Russie , qui doit maintenant comprendre l’engagement anglo-américain à la non-intervention. L’Union Européenne a réuni en urgence son conseil exceptionnel pour condamner le crime de la Russie , sa première réunion depuis l’invasion de l’Irak, qui ne déboucha sur aucune condamnation. La Russie a demandé une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité, mais aucun consensus n’a été atteint car, selon des diplomates du Conseil, les USA, la Grande-Bretagne , et quelques autres ont rejeté une phrase qui appelait les deux parties “à renoncer à l’usage de la force.“ Des réactions typiques qui rappellent les observations d’Orwell sur “l’indifférence à la réalité“ du “nationaliste“ qui “non seulement ne désapprouve pas les atrocités commises par son propre camp, mais … a une remarquable propension à ne pas même les entendre.“ Les faits de base ne sont pas vraiment sujets de désaccord. L’Ossétie du Sud, en même temps que la bien plus importante région d’Abkhazie, ont été attribuées par Staline à sa XXX natale. Les dirigeants occidentaux admonestent sévèrement qu’il faut respecter les consignes de Staline malgré les fortes oppositions des Ossètes et des Abkhazes. Les provinces ont profité d’une relative autonomie jusqu’à l’effondrement de l’URSS. En 1990, le président ultranationaliste de Géorgie  Zviad Gamsakhurdia abolit les régions autonomes et envahit l’Ossétie du Sud. L’âpre guerre qui en résulte fait 1000 morts et des dizaines de milliers de réfugiés, avec la capitale Tskhinvali “dévastée et dépeuplée“ (New York Times). Une petite force Russe supervise alors une trêve difficile, rompue en connaissance de cause le 7 Août 2008 quand le président Géorgien Saakashvili ordonne l’invasion à ses forces. Selon un “large échantillon de témoins“, rapporte le Times, immédiatement les militaires de Géorgie  “commencent le pilonnage de zones civiles de la ville de Tskhinvali, ainsi que d’une base de maintien de la paix Russe qui s’y trouve, par d’importants tirs de barrages de roquette et d’artillerie“. La réaction Russe prévisible expulse les forces XXXnnes d’Ossétie du Sud, et la Russie continue en conquérant une partie de la Géorgie ,  puis s’en retire partiellement au voisinage de l’Ossétie du Sud. Il y a eu beaucoup de victimes et d’atrocités. Comme c’est la norme, les innocents ont sévèrement souffert ? En premier lieu, la Russie déclare que dix Russes du maintien de la paix ont été tués par les bombardements Géorgiens. L’Occident en fait peu de cas. Cela aussi fait partie de la norme. Par exemple, il n’y eu aucune réaction quand Aviation Week a révélé que 200 Russes furent tués par une incursion de l’aviation Israélienne au Liban en 1982 pendant une invasion épaulée par les USA et qui laissa quelques 15-20.000 morts, sans aucun autre prétexte crédible que le renforcement du contrôle Israélien sur la Rive Ouest occupée. Parmi les Ossétiens qui s’enfuirent vers le nord, “l’opinion qui prévaut“ selon le London Financial Time, “est que le dirigeant pro-occidental Mikheil Saakashvili, a essayé de détruire leur enclave autonome“. Les milices Ossétes, sous les yeux des Russes, ont alors brutalement chassé des Géorgiens hors d’Ossétie. “ La Géorgie a dit que son attaque était nécessaire pour arrêter une attaque Russe déjà en cours“, rapporte le New York Times, mais plusieurs semaines après, “il n’y a pas eu de preuves indépendantes, hormis l’insistance de la Géorgie , que cette version soit vraie, que les forces Russes ont attaqué avant les tirs Géorgiens“. En Russie, le Wall Street Journal écrit, “des juristes, des officiels et des analystes locaux ont adopté la théorie que l’administration Bush a encouragé la Géorgie , son allié, à commencer la guerre pour déclencher une crise internationale qui mettrait en valeur l’expérience de sécurité nationale du sénateur John McCain, le candidat républicain aux présidentielles.“ Au contraire, l’auteur Français Bernard-Henri Lévy, écrivant dans la Nouvelle République , proclame que “personne ne peut ignorer le fait que le Président Saakashvili a décidé d’agir seulement lorsqu’il n’avait d’autres options, et que la guerre avait déjà commencé. Malgré cette accumulation de faits qui auraient dû aveugler tous les observateurs scrupuleux et de bonne foi, beaucoup dans les médias se sont rué comme un seul homme sur la thèse des Géorgiens instigateurs et provocateurs irresponsables de la guerre.“ Le système de propagande Russe a fait l’erreur de présenter des faits, qui ont été facilement réfutés. Son homologue occidental, plus sagement, s’en est tenu à des déclarations autorisées, comme celle de Lévy dénonçant les principaux médias occidentaux pour leur ignorance de ce qui aurait dû “aveugler tous les observateurs scrupuleux et de bonne foi“ pour qui la loyauté à l’état est suffisante pour établir la Vérité – qui, pourraient conclure des analystes sérieux peut-être même être vraie. Les Russes sont en train de perdre la “guerre de propagande“, annonce la BBC , puisque Washington et ses alliés ont réussi à “présenter les actions de la Russie comme une agression et à minimiser l’attaque Géorgienne en Ossétie du Sud du 7 Août, qui déclencha la riposte Russe“, bien que “les preuves en provenance d’Ossétie du Sud sur cette attaque indiquent qu’elle a été de grande envergure et destructrice“. La Russie “n’a pas encore appris à jouer des médias“ observe la BBC. C ’est naturel. La Propagande est habituellement plus sophistiquée au fur et à mesure que l’état perd sa capacité à contrôler la population par la force. L’échec Russe à fournir des preuves crédibles a été partiellement compensé par le Financial Times, qui à découvert que le Pentagone a entraîné au combat les commandos des forces spéciales Géorgiennes peu de temps avant l’attaque Géorgienne du 7 Août, révélations qui pourrait “alimenter les accusations du mois dernier de Vladimir Poutine, le premier Ministre Russe, que les USA ont ‘orchestré’ la guerre dans l’enclave Géorgienne.“ L’entraînement fut en partie pris en charge par d’anciennes forces spéciales US recrutées par des contractants militaires privés, incluant le MPRI, qui comme l’écrit le journal “fut engagé par le Pentagone en 1995 pour entraîner les militaires Croates avant qu’ils envahissent la région ethnique Serbe de Krajina, ce qui amena le déplacement de 200.000 réfugiés et fut l’une des pires péripéties du nettoyage ethnique pendant les guerres des Balkans.“ Le nettoyage de Krajina (généralement estimé à 250.000 déplacés et de nombreux tués), épaulé par les USA, est potentiellement le pire cas de nettoyage ethnique en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. Pour une raison simple et suffisante, son destin dans l’Histoire officielle est un peu comme celui des photographies de Trotski dans la Russie Stalinienne  ; il ne s’accorde pas avec l’image obligée de la noblesse US combattant le diable Serbe. Les estimations du bilan de la guerre du Caucase de 2008 sont sujettes à variations. Un mois après, le Financial Times citait des sources Russes ; “au moins 133 civils sont morts dans l’attaque, en même temps que 59 de ses soldats de maintien de la paix“, alors que dans l’invasion massive et les bombardements aériens de la XXX qui s’ensuivirent, selon le Financial Times, 215 XXXns moururent, dont 146 soldats et 69 civils. D’autres révélations suivront certainement. Deux issues cruciales se profilent en arrière-plan. L’une est le contrôle des oléoducs vers l’Azerbaïdjan et l’Asie Centrale. La Géorgie , choisie par Clinton comme couloir de passage pour contourner la Russie et l’Iran, fut massivement armée dans ce dessein. Donc, laGéorgie est “un atout capital et stratégique pour nous“ observe Zbigniew Brzezinski. Il faut noter que les analystes sont moins réticents pour expliquer les réelles motivations des USA dans la région, alors que les prétextes de menaces extrêmes et de libération perdent de leurs poids et qu’il devient plus difficile d’ignorer les exigences Iraquiennes pour le retrait de l’armée d’occupation. Les éditorialistes du Washington Post ont donc sermonné Barack Obama qui considère l’Afghanistan comme “le front central“ pour les Etats-Unis, lui rappelant que l’Irak “se trouve au centre géopolitique du Moyen-Orient et contient quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole du monde“ et que “l’importance stratégique de l’Afghanistan faiblit devant celle de l’Irak“. Une reconnaissance bienvenue, bien que tardive, de la réalité de l’invasion US. La seconde issue est l’expansion de l’OTAN à l’Est, décrite par George Kennan en 1997 comme “l’erreur la plus fatale de la politique Américaine de l’après-guerre froide [qui] peut enflammer les tendances nationalistes, anti-Occident et militaires dans l’opinion Russe ; nuire au développement de la démocratie en Russie ; restaurer l’atmosphère de guerre froide dans les relations Est-Ouest.“ Pendant la chute de l’URSS, Mikhail fit une concession extraordinaire étant donné l’histoire récente et les réalités stratégiques : il donna son accord à l’Allemagne réunifiée pour rejoindre une alliance militaire hostile. Cette “stupéfiante concession“ fut acclamée par les médias Occidentaux, l’OTAN et le président Bush I, qui la considérèrent comme une démonstration des “qualités d’homme d’état … au mieux des intérêts de tous les pays d’Europe, y compris l’Union Soviétique“. Gorbatchev donna son accord à cette stupéfiante concession avec “l’assurance que l’OTAN n’étendrait pas son influence vers l’Est d’un ‘seul pouce’ selon les termes exacts du Secrétaire d’Etat Jim Baker“. Ce rappel de Jack Matlock, l’expert principal des affaires soviétiques du service diplomatique, et ambassadeur en Russie dans les années décisives de 1987 à 1991, est confirmé par Strobe Talbott, le personnage officiel le plus important en charge des affaires de l’Europe de l’Est dans l’administration Clinton. En se basant sur un examen complet des rapports diplomatiques, Talbot signale que “le Secrétaire d’Etat Baker a assuré au Ministre Soviétique des Affaires Etrangères de l’époque, Edouard Chevardnadze, dans le contexte d’une volonté réticente de l’Union soviétique de laisser une Allemagne réunifiée faire partie de l’OTAN, que l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’Est“. Clinton renia rapidement cet engagement, rejetant par la même occasion les efforts de Gorbatchev pour en finir avec la guerre froide en concertation avec ses partenaires. L’OTAN rejeta aussi une proposition Russe pour une zone libre d’armes nucléaires de l’Arctique à la Mer Noire , qui aurait “interféré avec les plans d’extension de l’OTAN“, fait remarquer l’analyste stratégique et ancien planificateur de l’OTAN Michael MccGwire. En rejetant ces possibilités, les USA ont adopté une position triomphante qui a menacé la sécurité Russe et joué un rôle déterminant pour plonger la Russie dans un désastre économique et social sévère, faisant des millions de morts. Bush a mené une escalade rapide de ce processus avec l’extension de l’OTAN, le démantèlement d’accords de désarmement décisifs, et un militarisme agressif. Matlock écrit que la Russie aurait pu accepter l’incorporation d’anciens satellites Russes à l’OTAN si celle-ci “n’avait pas bombardé la Serbie , ni continué son expansion. Mais, en fin d’analyse, les missiles anti-balistiques en Pologne, et les coups de soudes de l’OTAN à la Géorgie  et à l’Ukraine, sont des lignes rouges infranchissables. L’insistance à reconnaître l’indépendance du Kosovo a en quelque sorte été le comble. Poutine a appris que les concessions aux USA n’étaient pas réciproques, mais utilisées pour asseoir la domination US sur le monde. Lorsqu’il a eu la force de résister, il l’a fait“, en Géorgie. Les représentants de Clinton expliquent que l’extension de l’OTAN n’était pas une menace militaire, mais une simple opération pour faciliter l’intégration des anciens satellites Russes à l’Europe (Talbott). Ceci n’est pas très convaincant. L’Autriche, la Suède et la Finlande font partie de l’Europe, pas de l’OTAN. Si le Pacte de Varsovie avait survécu et incorporait des pays d’Amérique Latine – laissons de côté le Canada et le Mexique – les USA croiraient difficilement que le Pacte n’est qu’une réunion de Quakers. Il n’y aurait pas besoin de passer en revue la liste des violences US pour empêcher la plupart des liens supposés avec Moscou dans “notre petite région ici“, l’hémisphère Occidental, pour citer le Secrétaire à la Guerre Henry Stimson qui expliquait que tous les systèmes régionaux devaient être démantelés après la Seconde Guerre Mondiale, sauf le nôtre qui doit être développé. Pour étayer la conclusion, au milieu de la crise actuelle dans le Caucase, Washington prétend s’inquiéter que la Russie puisse rétablir une coopération militaire et de renseignement avec Cuba, à un niveau n’approchant que de loin celui des relations entre les Etats-Unis et la Géorgie  ce qui pourrait être un pas significatif vers une menace à notre sécurité. Le bouclier de missiles est aussi présenté comme inoffensif, bien que les principaux analystes stratégiques US aient expliqué pourquoi les stratèges Russes doivent voir ce système et le choix de ses implantations principales, comme une menace potentielle pour la dissuasion Russe, et donc en fait une arme de première frappe. L’invasion de la Géorgie  par la Russie a servi de prétexte pour finaliser l’accord d’installer ce système en Pologne, “étayant ainsi un argument souvent répété par Moscou et rejeté par Washington ; la vraie cible de ce système est la Russie “, comme l’a observé Desmond Butler commentateur d’Associated Press. Matlock n’est pas le seul à considérer le Kosovo comme un facteur important. “La reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie était justifiée par le principe du droit à la sécession d’une minorité opprimée – le principe que Bush a établi pour le Kosovo“, selon les commentaires des éditorialistes du Boston Globe. Mais il y a des différences importantes. Strobe Talbott reconnaît “qu’il y a un degré de ressemblance avec ce que les USA et l’OTAN ont fait, il y a neuf ans au Kosovo “, mais défend “que l’analogie est totalement et profondément fausse“. Personne n’est en meilleure position pour savoir ce qu’il y a de profondément faux, et il en a lucidement expliqué la raison dans sa préface à un livre de son associé John Norris sur les bombardements de l’OTAN en Serbie. Talbott écrit que ceux qui veulent savoir “comment ces évènements se sont passés et ont été ressentis par ceux d’entre nous impliqués“ dans la guerre devrait se référer au récit bien informé de Norris. Norris conclut que “ce fut la résistance de la Yougoslavie à des tendances générales de réformes politiques et économiques – pas la situation critique des Albanais du Kosovo – qui expliquent le mieux la guerre de l’OTAN“. Que le motif des bombardements de l’OTAN n’était pas “la situation critique des Albanais du Kosovo“ était déjà clair d’après le dossier documentaire Occidental très fourni révélant que les atrocités furent, très largement, les conséquences attendues du bombardement, et non sa cause. Mais, avant même que ce dossier ne soit rendu public, il aurait dû être évident à tous, sauf aux loyalistes les plus fervents, que le souci humanitaire ait pu le moins du monde motiver les USA et l’Angleterre qui au même moment apportaient un soutien décisif à des atrocités au-delà de celles du Kosovo, dans un contexte bien plus épouvantable que celui des Balkans. Mais ce ne sont que de simples faits, donc sans rapport avec les “nationalistes“ d’Orwell – dans ce cas la plupart de la communauté intellectuelle Occidentale, qui s’est impliquée massivement dans l’autocélébration et la mauvaise foi pour la “noble cause“ de la politique étrangère Américaine et son “glorieux éclat“ à l’approche de la fin du Millénaire, avec le bombardement de la Serbie comme joyaux à sa couronne. Néanmoins, il est intéressant d’entendre venant du plus haut niveau que la vraie raison des bombardements était que la Serbie constituait un obstacle isolé en Europe aux programmes économiques et politiques de l’administration Clinton et de ses alliés. Il se passera cependant du temps avant qu’une telle façon de faire soit admise comme canon. D’autres différences existent bien sur entre le Kosovo et les régions de Géorgie qui demandent leur indépendance, ou une union avec la Russie. Ainsi , il ne semble pas que la Russie possède là-bas une énorme base militaire, comparable au camp Bondsteel au Kosovo, baptisé du nom d’un héros de la guerre du Vietnam et faisant vraisemblablement partie du vaste système US ayant en mire les régions du Moyen-Orient productrices d’énergie. Et il y a beaucoup d’autres différences. Il y a beaucoup à dire sur la “nouvelle guerre froide“ instituée par le comportement brutal des Russes en Géorgie. On ne peut pas manquer d’être alarmé par les signes de confrontation entre les Russes et les flottes Américaines de la Mer Noire – une situation semblable ne serait pas tolérée dans les Caraïbes. Les efforts envisagés dès maintenant d’étendre l’OTAN à l’Ukraine peuvent devenir extrêmement dangereux. Une nouvelle guerre froide semble cependant improbable. Pour en évaluer les risques, nous devons être clairs sur l’ancienne guerre froide. Tout rhétorique passionnée mise à part, la guerre froide était une entente tacite dans laquelle chaque protagoniste était libre de recourir à la violence et la subversion pour contrôler ses dominions ; pour la Russie , ses voisins de l’Est ; pour la superpuissance mondiale, la plupart du monde. La Société Humaine n’a pas besoin de la résurrection d’une telle chose - et pourrait ne pas y survivre. Une alternative sensée est la vision de Gorbatchev, rejetée par Clinton et sapée par Bush. Un avis sain, suivant cette ligne, a récemment été donné par l’ancien Ministre des Affaires Etrangères Israélien et historien Shlomo ben-Ami, qui écrivait dans le Beirut Daily Star : “ La Russie doit rechercher un vrai partenariat stratégique avec les USA, et ces derniers doivent comprendre qu, lorsqu’elle est exclue et méprisée la Russie peut être une cause majeure de problèmes mondiaux. Ignorée et humiliée par les USA depuis la fin de la Guerre Froide , la Russie a besoin d’être intégrée dans un nouvel ordre mondial qui respecte ses intérêts alors que son pouvoir revient, pas d’une stratégie de confrontation avec l’Occident“. Noam Chomsky  15 septembre 2008 Noam Chomsky est professeur à l’Institut de Technologie du Massachusetts. Traduit par Laurent pour Le Grand Soir http:///www.legrandsoir.info Texte original : http://www.informationclearinghouse... LE GRAND SOIR - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Noam_Chomsky.150908.htm Source : Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/...


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Eurasie et pipelines : Moscou remporte une importante victoire. 5 Septembre 2008
Après que l'Iran ait déclaré son opposition, sur des « bases écologiques », à la construction de pipelines sous la Caspienne et qu'elle bloquerait toute délimitation des fonds marins le permettant ainsi que la décision de Bakou de ne pas soutenir le projet NABUCCO de pipeline favorisé par l'Ouest, Moscou peut se prévaloir de sa première victoire politique importante après la guerre de Georgie.
La signification de ces actions c'est que le gouvernement russe aura maintenant le contrôle entier et incontesté sur les pipelines entre le bassin de la Caspienne et l'Ouest passant à travers le territoire russe et pourra perturber, soit directement soit via ses proxys comme le PKK, les seuls corridors comme celui de Bakou-Tbilisi-Ceyhan qui contourne la Fédération de Russie.
Bien sûr cela ne veut pas dire que Moscou ait effectivement rétabli son contrôle sur les états de cette région – tous ont d'autres intérêts en dehors du pétrole et du gaz – mais cela veut dire que la Russie a gagné une victoire importante et que l'Ouest, qui trop souvent ces dernières années s'est concentré exclusivement sur le pétrole et le gaz, a souffert d'une importante défaite.
Hier, Mehti Safar, le vice ministre des affaires étrangères d'Iran, a dit aux journalistes que Téhéran s'oppose à la construction de tout pipeline sous la mer dans la Caspienne parce que « cela peut endommager le système écologique sous marin ». Il a noté que les pays exportateurs peuvent transporter leur gaz soit via la Fédération de Russie soit via l'Iran. (www.oilru.com/news/81667/)
Compte tenu de l'existence de telles possibilités, le diplomate iranien a dit : « pourquoi endommager » le délicat éco système de la Caspienne ? Mais en faisant cette déclaration, Téhéran soulignait sa volonté de détruire toute chance de réalisation du pipeline de gaz NABUCCO à court terme, projet auquel sont favorables les Etats Unis et certains pays d'Europe de l'Ouest.
Et parce que Washington s'oppose à la livraison d'hydrocarbures du Bassin de la Caspienne via l'Iran, l'action de Téhéran rend maintenant possible le choix des pays exportateurs de pétrole et de gaz du transport à travers la Fédération de Russie, un but géopolitique de longue date de Moscou.
Les changements géoéconomiques et géopolitiques dans le Caucase, résultant des actions russes en Georgie (réponse à la guerre contre le peuple d'Ossétie du Sud déclenchée par le président georgien Saakashvili soutenu par Washington ndlt), ont paru encore plus évidents lors de la brève visite du Vice Président US Dick Cheney dans la capitale d'Azerbaïdjan. Selon ce qui a été rapporté dans les médias russes, cela ne s'est pas très bien passé à la fois sur le plan protocolaire et dans sous l'angle d'une perspective positive (www.kommersant.ru/doc.aspx?DocsID=1020720).
D'abord, ni le Président Ilham Aliyaev, ni le Premier Ministre Artut Rasi-zade, n'ont accueilli Cheney à l'aéroport. A la place, c'est le Vice premier et le ministre des Affaires étrangères qui l'ont accueilli. Après cela, il n'a pas été immédiatement reçu par le Président mais, en attendant, a rencontré des responsables de BP –Azerbaïdjan et de l'ambassade américaine.
Puis, selon les dires de responsables du bureau du Président d'Azerbaïdjan au journal de Moscou Kommersant, Cheney a été suffisamment déçu de sa conversation avec le Président Aliyev que « résultat, il a même refusé de participer au dîner protocolaire organisé en son honneur » par le dirigeant d'Azerbaïdjan.
D'une part, Aliyev a fait comprendre qu'il n'était pas prêt à donner son aval à un démarrage du projet du NABUCCO tant que Bakou n'avait pas complété ses négociations avec le Russe Gazprom, ou à faire effectivement autre chose pour « soutenir Washington et (par conséquent) se confronter à Moscou » étant donné ce qui s'était passé en Georgie .
Et d'autre part, immédiatement après la rencontre Aliyev Cheney, le Président russe Dmitri Medvedev a téléphoné au Président d'Azerbaïdjan. Ce qui a été l'occasion pour Medvedev , selon ce qu'ont révélé au journal des sources au Kremlin, d'expliquer les politiques de la Russie et de discuter des possibilités pour les présidents de Russie et d'Azerbaïdjan de se rencontrer dans un futur proche.
Bien sûr, tout ceci reflète à un certain niveau la continuité de l'engagement du Président Aliyev dans ce que lui et son gouvernement appelle « une politique étrangère équilibrée », qui cherche à naviguer entre Moscou et l'Ouest en évitant d'offenser quiconque, et en essayant de développer des liens forts avec les deux.
D'un autre côté, la façon dont les médias ont couvert la visite du Vice Président Cheney suggère que, si la politique de Bakou reste équilibrée, la balance n'est plus la même et que les règles du jeu ont changé depuis la guerre de Georgie et la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkazie.
Effectivement, en rapportant cette visite, l'un des journaux de Bakou a utilisé comme titre de sa Une des mots qui montrent à quel point les choses ont changé ce dernier mois.
Ce n'est pas par hasard, a fait remarquer le journal , que juste après le départ du Vice Président américain du bureau d'Aliyev, le Président russe a appelé (www.echo-az.com/politica09.shtml).
Source : www.planetenonviolence.org 22 septembre 2008 Edicom



OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,sarkozi, Union européenne,guerre, repli.

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 – Fin- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie, et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

n° 8- Dossiers - Guerres de l'Otan.- La Russie et l'Otan -25/09 – Fin- L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

Guerres de l'Otan.  – Fin-

n° 8- 25-09

Par M.Lemaire                                                                                 



Sommaire.                                     – Fin-

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Jean Quatremer : L’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou.

5-2 Valentin Rakhmanov : Moscou enregistre deux nouveaux alliés dans le Caucase

6 Annexe

6-1 C.J. Chivers et Thom Shanker : Géorgie : Des projets de réarmement qui inquiètent Moscou... et les Occidentaux.

6-2 Pierre Hassner : « La Russie préfère être crainte qu’être aimée».



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 5-1 Jean Quatremer : l’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et reproche à l’UE sa timidité envers Moscou

Alors que Bruxelles poursuit ses efforts diplomatiques pour éteindre l’incendie géorgien, l’Otan hausse le ton à l’égard de la Russie , et n’hésite pas à critiquer l’action européenne. Jaap de Hoop Scheffer, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, dans un entretien publié hier par le Financial Times, estime que l’imprécision de l’accord conclu le 8 septembre entre Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, permettra aux troupes russes de rester en Ossétie du Sud et en Abkhazie. «Ce n’est pas acceptable», juge le Néerlandais, qui ajoute que l’annonce par Moscou du maintien de 3 800 hommes dans ces républiques sécessionnistes «est très difficile à avaler». Des déclarations difficiles à avaler, aussi, pour Paris, qui l’a fait savoir. Hier soir, Jaap de Hoop Scheffer faisait machine arrière, saluant le «très bon travail de l’Union européenne». Feu vert. Le secrétaire général de l’Otan était à Tbilissi, à la tête d’une délégation des pays membres de l’Alliance, pour la réunion inaugurale de la commission Otan-Géorgie, créée après le conflit d’août. Un soutien qui ne devrait pas, pour l’instant, aller plus loin. Les Occidentaux n’ayant pas l’intention de provoquer la Russie alors que la situation est loin d’être normalisée. D’autant que le couple franco-allemand reste toujours aussi réservé face à une adhésion de Tbilissi à l’Otan, à laquelle Berlin et Paris se sont opposés lors du sommet de Bucarest, en avril. L’UE, elle, poursuit la mise en œuvre de l’accord du 8 septembre. Hier, à Bruxelles, les 27 ministres des Affaires étrangères ont donné leur feu vert à l’envoi de 200 observateurs européens en Géorgie, à compter du 1er octobre. Ils devront s’assurer que le dernier soldat russe a quitté le pays au15 octobre. Un budget de 31 millions d’euros a été affecté à cette mission par l’UE, en dehors des salaires qui seront pris en charge par chaque pays contributeur. La France a prévu d’envoyer soixante observateurs, l’Allemagne et l’Italie quarante chacune et la Pologne trente. Reste à savoir s’ils pourront se rendre en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Sur ce point précis, l’UE est beaucoup moins à l’aise, consciente qu’il sera difficile de revenir sur le fait accompli. D’autant que ces deux républiques sécessionnistes sont, dans les faits, indépendantes depuis le conflit de 1992. Compromis. Comme l’a rappelé, hier, Javier Solana, le «ministre des Affaires étrangères» de l’Union européenne, le premier engagement pris par l’UE est d’obtenir le retrait des Russes des «zones tampons» qu’elles occupent en Géorgie, hors Abkhazie et Ossétie du Sud. «Nous sommes prêts et disposés à aller au-delà de cet engagement et dans d’autres endroits, mais nous devons attendre de voir comment les choses évoluent sur le terrain». Mais accepter que les observateurs de l’Union soient cantonnés aux «frontières» de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, n’est-ce pas reconnaître une indépendance de facto ? Tout en admettant que les compromis avec Moscou étaient «imparfaits», Bernard Kouchner s’est défendu de toute résignation. De notre correspondant (UE) JEAN QUATREMER 16 septembre http://www.liberation.fr/php/pages/pageReactionsList.php?rubId=12&docId=352179&s2=3&pp=monde%3A%3AQ%3A%3AG%3A%3A_L_Otan_soutient_Tbilissi_et_r#reac1403483 


5-2 Valentin Rakhmanov : Moscou enregistre deux nouveaux alliés dans le Caucase.
"A la suite de la signature d'un grand accord, qui garantira de façon fiable la sécurité de l'Abkhazie, nous conclurons des accords dans les domaines d'activité les plus variés, comme cela se fait entre des alliés, et ces documents engloberont la coopération en matière de défense et de sécurité, ainsi que les questions frontalières et douanières", a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov,
commentant la signature, le 17 septembre, de l'Accord d'amitié et de coopération avec l'Abkhazie. Un document identique a été signé entre la Russie et l'Ossétie du Sud.
Le ministre a également ajouté que des accords économiques seraient prochainement conclus avec ces républiques. "Les documents porteront sur les questions de libre-échange, d'imposition et sur les systèmes monétaire et bancaire", a-t-il fait savoir.
Le président russe, Dmitri Medvedev, a déjà qualifié d'événement historique la signature de ces accords d'amitié et de coopération. Une rencontre spéciale consacrée à la question de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie s'est tenue mercredi entre le chef de l'Etat russe et des politiques et hommes d'affaires. L'entretien a porté sur la participation des petites et moyennes entreprises à la mise en oeuvre de plusieurs projets sur le territoire des deux républiques. Le renforcement de la coopération avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud s'effectuera notamment dans le domaine énergétique. La Russie envisage entre autres d'accélérer la construction d'un nouveau gazoduc de 162 kilomètres, qui acheminera du gaz russe vers Tskhinvali. "Nous tablons sur une mise en exploitation de ce gazoduc au mois de juin 2009", a déclaré le vice-ministre russe de l'Energie Viatcheslav Siniouguine.
Avant le début des hostilités, l'approvisionnement en gaz de l'Ossétie du Sud s'effectuait depuis le territoire géorgien via un gazoduc menant à Tskhinvali, les autres localités étant alimentées en gaz liquéfié. Mais à la suite de la guerre, le système de canalisations s'est retrouvé fortement endommagé, et une grande partie des équipements ne sont plus utilisables. Avec le concours de la Russie , une alimentation provisoire en gaz des localités sud-ossètes a été mise en place. Les principaux sites se préparent déjà à être branchés au système d'alimentation en gaz. Cependant, la mise en exploitation d'un gazoduc russe est sans conteste le projet clé dans le cadre du rétablissement de ce système. Gazprom participe également à ce travail.
S'agissant du contrôle frontalier entre la Russie , l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, Sergueï Lavrov a indiqué que les frontières seraient ouvertes, comme c'est le cas entre les pays membres de l'Union
européenne. Les habitants des deux nouveaux Etats pourront avoir une double citoyenneté: la leur, et la citoyenneté russe.
D'ailleurs, l'économie reste encore au second plan par rapport à la menace militaire persistante. Le chef de la diplomatie abkhaze Sergueï Chamba a fait savoir que des accords particuliers seraient signés en matière de coopération militaire. Après la conclusion de nouvelles ententes dans ce domaine, le statut des soldats de la paix changera.
Ceux-ci se trouveront sur le territoire de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud en tant que contingents militaires déployés en réponse à la demande directe des républiques dont l'indépendance a été reconnue par la Russie. Il est prévu que chacun de ces deux nouveaux Etats accueille 3.800 militaires russes. Des bases militaires du ministère russe de la Défense seront également installées enAbkhazie et en Ossétie du Sud.
Par ailleurs, les deux nouveaux Etats n'investiront pas dans le renforcement de leur potentiel de défense, comme l'a relevé le président sud-ossète Edouard Kokoïty à l'issue de la signature de l'accord d'amitié. "A la différence de la Géorgie , nous n'envisageons pas d'investir dans le renforcement de notre potentiel de défense. Avec Sergueï Vassilievitch [Bagapch], nous avons plus d'une fois examiné ces questions et nous sommes finalement entendus sur le fait que davantage
d'argent serait accordé au règlement des questions d'ordre social", a indiqué le chef de l'Etat sud-ossète.
L'infrastructure de transport insuffisamment développée aux frontières russo-sud-ossète et russo-abkhaze constitue un problème à la fois militaire et économique. Le premier ministre russe Vladimir Poutine avait déjà évoqué cette question: "Si le tunnel de Roki n'est pas suffisant et si l'envergure des relations entre la Russie et l'Ossétie du Sud s'accroît, il faudra songer à élargir les capacités de transport et à créer des canaux de liaison supplémentaires entre l'Ossétie du Sud et la Russie ". Le tunnel de Roki, qui passe par la chaîne du Grand Caucase, est la seule route qui relie aujourd'hui directement la Russie à l'Ossétie du Sud.
Il existe également des problèmes techniques liés à l'implantation d'une ambassade russe en Ossétie du Sud, car il ne reste que très peu de bâtiments convenables qui n'ont pas été endommagés par les obus. Mais les fonctionnaires russes assurent que ces problèmes seront bientôt réglés. Sergueï Lavrov a souligné que l'aménagement de l'ambassade ne porterait pas atteinte aux intérêts de la population locale.
A la suite des récents événements survenus en Transcaucasie, nombre d'analystes ont supposé que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud pourraient à l'avenir intégrer l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) ou l'Union Russie-Biélorussie. Mais par la suite, des informations ont été diffusées selon lesquelles certains pays de l'OTSC dont l'Arménie s'opposaient à l'octroi du statut de membre à ces deux nouveaux Etats.
Si, tout de même, la Russie parvient à obtenir l'entrée de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud au sein de l'union russo-biélorusse, cela prouvera l'efficacité de la politique du Kremlin visant à créer plusieurs
associations d'intégration dans l'espace postsoviétique, en fonction des intérêts purement régionaux. Si l'une de ces organisations ne convient pas, les nouveaux alliés et les alliés potentiels peuvent facilement en intégrer une autre.
Valentin Rakhmanov, 19/ 09/ 2008. RIA Novosti Agence russe


6 Annexe : 6-1 C. J. Chivers et Thom Shanker : Géorgie :  Des projets de réarmement qui inquiètent Moscou... et les Occidentaux. Après la déroute des militaires géorgiens face à l'armée russe, les autorités de Tbilissi veulent investir massivement dans la reconstruction et la modernisation de leurs forces armées. Des ambitions que certains, y compris au Pentagone, jugent démesurées.
Quelques semaines à peine après la débandade des militaires géorgiens face à l'armée russe, Tbilissi entend reconstruire et entraîner ses forces armées, comme si une autre guerre avec la Russie était quasi inévitable. "Notre mission est de protéger notre pays contre une agression russe", déclarait la semaine dernière Davit Kezerashvili, le ministre de la Défense géorgien, âgé de 29 ans, interrogé sur la nature des missions qui seraient confiées à son armée. "Une agression russe de grande envergure. La plus importante depuis le milieu du XXe siècle."[*]  La semaine dernière, des responsables russes ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes face à un éventuel soutien massif des Etats-Unis à la reconstitution de l'armée géorgienne. Pour l'heure, le gouvernement Bush a choisi de mettre en avant le soutien humanitaire qu'il apporte à la Géorgie et évite de dire qu'il étudie le meilleur moyen de redresser l'armée géorgienne. [Le 3 septembre, la Maison-Blanche a annoncé l'octroi de 1 milliard de dollars d'aide à la Géorgie , une somme destinée à la "reconstruction" mais qui ne comprend pas l'aide militaire]. Ce silence officiel témoigne des inquiétudes que suscitent à Washington les tensions entre les Etats-Unis et la Russie , affirme-t-on en haut lieu, et explique que les responsables politiques et militaires du gouvernement Bush n'abordent le sujet que sous le couvert de l'anonymat.  Les responsables de la défense à Tbilissi disent espérer au minimum équiper de matériel moderne les quatre brigades existantes de l'armée de terre et développer l'armée de l'air. Le pays compte à l'heure actuelle 33 000 militaires d'active. La Géorgie espère aussi se doter d'un système de défense antiaérienne intégré couvrant l'intégralité de l'espace aérien géorgien, armer ses forces terrestres de missiles et renouveler le matériel de communications de l'armée, rendu largement inutilisable par les brouillages de l'armée russe pendant la courte guerre de la mi-août. Tbilissi veut également distribuer des systèmes de visée nocturne en masse à ses forces armées pour compenser leur infériorité numérique sur le terrain face aux unités blindées russes. L'armée russe, quoique tout à fait capable de vaincre une armée géorgienne inexpérimentée[**], est partie au combat avec du matériel vieillissant, notamment de nombreux chars datant des années 1960, et des véhicules blindés dont beaucoup sont tombés en panne sur les routes géorgiennes. L'une des solutions, a expliqué Davit Kezerachvili, serait de créer jusqu'à quatre brigades de combat supplémentaires. Selon le ministre de la Défense , l'entraînement et l'équipement de ces nouvelles brigades, le rééquipement des forces existantes et l'installation d'une défense antiaérienne moderne pourrait coûter de 8 à 9 milliards de dollars [5,6 à 6,3 milliards d'euros]. "Avec l'Europe et les Etats-Unis, nous devons rebâtir notre armée et la renforcer, car c'est dans l'intérêt de tous", a ajouté Kezerachvili, précisant que la Russie pouvait très bien attaquer un autre de ses voisins et devait en être dissuadée. "Qui sera la prochaine victime ? Nul ne le sait."  Les discussions qu'entament actuellement la Géorgie et l'Occident sur leur collaboration militaire sont marquées par les événements du mois dernier, l'armée géorgienne s'étant alors dispersée sous le feu de l'ennemi. La Géorgie se livre à une analyse honnête de la situation : ses principaux handicaps, décisifs à ses yeux, étaient la faiblesse relative de ses forces aériennes comparées à celles des Russes et de graves problèmes de communication au combat. Ces problèmes, à en croire Davit Kezerachvili et son premier vice-ministre Batu Kutelia, pourraient être résolus grâce à des investissements en matériel. Mais, selon des officiers occidentaux ayant une expérience de la collaboration avec l'armée géorgienne, les lacunes de cette dernière sont graves et trop profondes pour être comblées par le seul renouvellement des équipements. Pendant le conflit du mois d'août, qui n'a duré que quelques jours, l'armée géorgienne a battu en retraite face à l'avancée de l'armée russe, tournant les talons et abandonnant des civils géorgiens à l'ennemi. Passées les premières heures de contact, ses avions n'ont plus fait aucune sortie. Ses bâtiments de guerre ont été coulés dans leurs ports, et les Russes se sont emparés de ses vedettes et les ont embarquées sur des camions-remorques.  Selon les renseignements dont on dispose pour l'heure, la Géorgie , qui souhaite entrer dans l'OTAN, a si mal combattu tout au long du conflit qu'elle a sapé tous ses efforts visant à se présenter en partenaire militaire sérieux. De leur côté, le président géorgien Mikheïl Saakachvili et ses conseillers précisent que, bien que le chef de l'Etat n'ait aucune expérience militaire tactique, il a personnellement dirigé d'importantes phases de combats, donnant ses ordres par téléphone portable et décidant du moment où déplacer une brigade de l'ouest vers le centre de la Géorgie pour faire face à l'avancée des colonnes russes. Sur le terrain, racontent de nombreux témoins, l'armée géorgienne a commencé à pilonner, dans les trente minutes qui ont suivi l'ordre de Saakachvili, des quartiers civils de la ville de Tskhinvali, de même qu'une base russe de maintien de la paix, procédant à d'importants tirs de barrage de roquettes et d'artillerie. Ces tirs ont eu pour seul résultat de provoquer une réaction militaire des Russes, assurent plusieurs diplomates, officiers et témoins.  Après que les colonnes russes sont arrivées via le tunnel de Roki [qui relie république russe d'Ossétie du Nord à la république autoproclamée d'Ossétie du Sud] et que la bataille a rapidement tourné en leur faveur, la Géorgie a expliqué que son offensive était nécessaire, car elle répondait à une attaque russe déjà en cours. Reste qu'aucune preuve impartiale n'a été apportée à ce jour, hormis les affirmations de la Géorgie assurant qu'une attaque des forces russes avait commencé avant que ne débutent ses tirs de barrage. Il était manifeste pendant la bataille, raconte un officier occidental, que la préparation logistique géorgienne était insuffisante et que ses unités se gênaient les unes les autres. Cela s'explique notamment par un manque de communication entre le commandement et les forces sur le terrain, mais aussi par l'absence quasi totale de coordination entre les unités de police et celles de l'armée, qui avaient souvent des tâches similaires et perturbaient leurs déplacements mutuels sur les routes. Un général géorgien a quitté le champ de bataille en ambulance, abandonnant ses soldats au mépris de son devoir, raconte un officier occidental. Une accusation que réfute catégoriquement le ministère de la Défense géorgien.  Personne ne conteste en revanche que l'armée géorgienne a succombé à la panique, à tel point que les soldats ont fui jusqu'à la capitale, en abandonnant la ville de Gori sans préparer de véritable défense et avant même que les Russes ne l'aient atteinte en nombre. Dans leur débâcle, les Géorgiens ont aussi abandonné en chemin quantité de munitions. [Notes - RM] [*] A propos de Davit Kezerashvili : "L’Etat juif a commencé à vendre des armes à la Géorgie il y a sept ans, du fait de l’implication croissante de citoyens géorgiens ayant fait leur aliyah, devenus en Israël des hommes d’affaires influent dans le secteur de l’armement. Le rapide développement de la coopération militaire entre les deux pays tient en partie au fait que le ministre de la Défense géorgien, Davit Kezerashvili, a été éduqué entre la Géorgie et Israël et parle couramment l’hébreu. Ainsi, M. Kezerashvili s’est personnellement investi pour faire accélérer les transactions entre Israël et la Géorgie , laissant largement ouverte sa porte aux industriels israéliens de passage à Tbilissi, la capitale géorgienne. Parmi les israéliens qui ont tiré profit de cette opportunité, on trouve par exemple le Général Hirsh, qui a donné à l’armée géorgienne de précieux conseils sur l’établissement d’une unité d’élite géorgienne comparable à la Sayeret Matkal (l’unité d’élite la plus prestigieuse d’Israël), en plus de divers enseignements sur le combat rapproché en zone construite. De surcroit, le ministre géorgien de la Réintégration Temur Yakobshvili, de confession juive, qui maitrise lui aussi parfaitement l’hébreu, a déclaré que l’« Etat d'Israël doit être fier de ses instructeurs, qui ont entraîné les soldats géorgiens (…) Notre espoir est de recevoir de l’aide de la Maison blanche, car la Géorgie ne peut survivre par elle-même ». Et un membre du Parlement de la Géorgie d’ajouter : « Nous avons besoin de l’aide de l’ONU et de nos amis, en tête desquels se trouvent les Etats-Unis et Israël. Aujourd’hui, la Géorgie est en danger et demain tous les pays démocratiques dans la région et dans le monde entier seront en danger aussi »."(http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...) [**] ...malgré l'expérience fièrement acquise dans l'occupation de Irak ! Les résistants irakiens sont sans doute encore un peu moins bien équipés que les Russes et leur "matériel vieillissant"  C. J. Chivers et Thom Shanker
The New York Times
http://www.courrierinternational.com/article.asp?prec=0&suiv=4654&page=2&obj_id=89037 

6-2 Pierre Hassner : « La Russie préfère être crainte qu’être aimée» La crise russo-géorgienne, bien que restée militairement limitée, a eu un effet majeur sur les relations internationales. Pour la première fois depuis la chute du Mur en 1989, Moscou a employé la force contre un Etat voisin, obligeant les Occidentaux à s’interroger sur leur politique face à une Russie qui est à la fois un quasi-adversaire, un concurrent redoutable et un partenaire obligé. Spécialiste reconnu des relations internationales, Pierre Hassner, 75 ans, est directeur de recherche émérite au Ceri (Centre d’études et de recherches internationales) de Sciences-Po. Philosophe de formation, ce chercheur d’origine roumaine, qui fut l’élève de Raymond Aron, est auteur de nombreux ouvrages. Dernier paru : Justifier la guerre ? De l’humanitaire au contre-terrorisme, avec Gilles Andreani, aux Presses de Sciences-Po. L’intervention russe en Géorgie représente-t-elle un tournant dans les relations entre Moscou et les Occidentaux ? Il est évident qu’une nouvelle période s’ouvre avec la Russie , désormais considérée à nouveau, non seulement par les Américains mais aussi par les Européens, comme une puissance qui n’hésite pas à utiliser sa force. Je ne crois pas pour autant qu’il s’agisse d’un tournant historique, ni que ces tensions entre les Occidentaux et Moscou vont dominer les relations internationales comme la rivalité Est-Ouest avant la chute du Mur. Il ne s’agit pas non plus d’une nouvelle guerre froide, même si cette crise a aussi des aspects idéologiques. Les Russes dénoncent, comme avant 1989, la pénétration occidentale et les manœuvres de la CIA. Les révolutions de couleur des ex-républiques soviétiques pour se dégager de l’emprise russe - la «révolution des roses» de Mikhaïl Saakachvili en Géorgie en 2003, la «révolution orange» de Viktor Iouchtchenko en Ukraine en 2004 - ont représenté pour Moscou, comme le souligne le chercheur bulgare Ivan Krastev «un choc équivalent à celui du 11 septembre 2001 pour les Etats-Unis». L’adoption par leurs anciens vassaux du modèle occidental représente pour les autorités russes une menace sur le plan intérieur. Elles craignent la contagion. En outre, se présenter comme une forteresse assiégée permet aussi au régime de justifier un autoritarisme croissant. Comme le rappelait l’Américain George Kennan, qui fut dans l’après-guerre le théoricien du containment contre le communisme : « La Russie ne connaît ses voisins que comme vassaux ou comme ennemis.» N’y a-t-il pas aussi une dimension idéologique par le fait qu’aujourd’hui certains pays, comme le Venezuela de Chávez ou le Nicaragua, appuient Moscou par antiaméricanisme ? De fait, le monde entier est aujourd’hui à des degrés divers antiaméricain sauf Israël et les ex-pays de l’Est, notamment la Pologne et les pays baltes. Cela ne signifie pas pour autant un retour à l’époque de la «guerre froide». Des chercheurs américains néoconservateurs comme Robert Kagan assurent à la fois que l’on est revenu au monde d’avant 1914 - celui des rivalités de puissance, mais que, comme déjà à l’époque, ces conflits d’intérêts se doublent d’une dimension clairement idéologique, opposant les pays du capitalisme libéral d’une part, et ceux d’un capitalisme autoritaire de l’autre. C’est une autre manière de réintroduire l’idée d’une division du monde en deux blocs. Cela ne me convainc pas sur le plan historique, d’autant que les alliances de 1914 unissaient par exemple la Grande-Bretagne et la France aux côtés de la Russie autocratique. En outre, pour parler de la situation aujourd’hui, je ne vois aucune unité dans ce qui serait le camp du capitalisme autoritaire. La Chine et la Russie sont en rivalité, et il suffit de voir aussi la froideur avec laquelle Pékin a accueilli la reconnaissance par Moscou des indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud aux dépens de la Géorgie. Vladimir Poutine tente-t-il de reconstituer l’empire ? La Russie poutinienne s’inscrit clairement dans une continuité historique… Beaucoup ont cru pendant des années que ce pays avait vraiment accepté la fin de l’URSS actée en 1991 par Boris Eltsine, et qu’un partenariat stratégique, fondé sur l’idée d’intérêts commun et de complémentarité, pourrait aller sereinement de l’avant. On voit maintenant que le nouveau pouvoir russe n’accepte pas cet état de fait. Il aurait suffi de prêter plus d’attention à ce que disait déjà ouvertement Vladimir Poutine en 2005 à Berlin : «La dissolution de l’URSS est la plus grande tragédie géopolitique du XXe siècle, celui qui ne la regrette pas n’a pas de cœur, celui qui veut la reconstituer sous sa forme d’avant n’a pas de cervelle.» Mais il expliquait déjà depuis plusieurs années que celui qui n’avait pas de cervelle «est celui qui veut la reconstituer sous sa forme d’avant». Poutine revendique tout à la fois l’héritage de la Russie éternelle et de l’Union soviétique. Dans cette logique, la figure de Staline est aujourd’hui en passe d’être en partie réhabilitée dans les manuels scolaires : il a certes commis d’immenses crimes, mais c’était pour la grandeur de la Russie. A raison, des pays comme l’Ukraine ou la Moldavie se sentent maintenant menacés. Il y a une claire volonté du Kremlin de prendre sa revanche pour les humiliations subies depuis 1991 et la population russe dans son écrasante majorité est ravie de voir que leur pays compte à nouveau sur la scène internationale. Dans les pays de l’Est, l’effondrement du communisme avait été vécu comme une libération nationale. Pour les Russes à l’opposé, cela a signifié la fin de leur rôle dominant, la marginalisation de leur pays et un chaos économique, notamment pendant l’ère Eltsine qui leur a fait regretter le passé. Dans cette crise avec la Géorgie , la Russie a-t-elle gagné ? Je pense que oui, et en tout cas les Etats-Unis comme l’Europe ont, eux, clairement perdu. Ils ont déversé des flots de parole pour dénoncer ce qui se passait et affiché leur solidarité avec Tbilissi, mais ils n’ont rien pu ou voulu faire. Même si la Géorgie avait déjà commencé son processus de pré-adhésion à l’Otan, les Occidentaux n’auraient pas pour autant déclenché une guerre mondiale pour la Géorgie. La crédibilité de la dissuasion américaine a pris ainsi un nouveau coup après l’Afghanistan et l’Irak. C’est aussi celle de l’Otan qui est aujourd’hui dévaluée. Au début, tout comme les autorités françaises et allemandes, j’étais plutôt réticent sur une future intégration au sein de l’Otan de la Géorgie et de l’Ukraine. Après le bras de fer avec Moscou de cet été, beaucoup ont pensé que l’on ne pouvait accepter le fait accompli russe et qu’il faudrait au contraire accélérer l’entrée de Tbilissi dans l’Otan. Mais les doutes restent. L’ancien ministre britannique des affaires étrangères David Owen écrivait crûment ces derniers jours : «On ne va pas faire une guerre chaude pour éviter une guerre froide et c’est très dangereux de mettre ces pays au sein de l’Alliance.» Et les Européens ? Certes, Nicolas Sarkozy, en tant que président en exercice de l’Union pour ce semestre, a réagi rapidement et s’est rendu dès le 12 août à Moscou. Mais cela a été fait avec précipitation, comme en témoignent les nombreuses ambiguïtés du plan de paix négocié avec Poutine et Medvedev, qui, par exemple, ne mentionne pas l’intégrité territoriale de la Géorgie. Le président français a eu en outre des propos très malheureux en affirmant qu’il était légitime que la Russie se préoccupe des droits des russophones hors de ses frontières. Il n’en reste pas moins que l’Europe a réussi à rester unie, ce qui n’avait pas été le cas en 2003 lors de la guerre en Irak, et à parler d’une seule voix. Mais elle n’est pas bien forte… On a enjoint à la Russie de retirer toutes ses troupes de Géorgie (hors Abkhazie et Ossétie du Sud) avant le 10 octobre… Si elle ne le fait pas, les «27» vont répéter cette mise en demeure et geler les négociations pour un nouveau partenariat stratégique dont ils sont les premiers bénéficiaires… C’est bien peu. On ne parle plus de sanction parce qu’on ne peut pas les mettre en œuvre par crainte de rétorsions, en raison de la dépendance énergétique de nombre pays de l’Union pour le gaz et le pétrole russe. Afin d’éviter que l’Ukraine ne connaisse le sort de la Géorgie , on évoque une future perspective d’adhésion pour Kiev. Je ne crois pas que cela impressionne vraiment les Russes. Un slogan fait fureur depuis un an ou deux à Moscou : «America down, Russia up, Europe out !» Je crains que cela ne change guère, même si j’espère me tromper. Mais la Russie ne risque-t-elle pas maintenant de subir les contrecoups en termes d’image de son affichage de force ? La Russie estime probablement, comme Machiavel, qu’il vaut mieux être craint qu’aimé… Elle a montré qu’elle n’hésitait pas, quand il le fallait, à recourir à la force armée. Tout le monde se le tient pour dit, notamment dans ce qu’elle appelle son «étranger proche». Des pays comme l’Azerbaïdjan, qui étaient entre deux - alliés des Américains pour les hydrocarbures, mais ménageant les Russes -, seront encore plus prudents vis-à-vis de Moscou. Au moins à court terme. A plus long terme le précédent de la reconnaissance par Moscou des indépendances proclamées unilatéralement par l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud risque de créer des problèmes aussi bien aux alliés de Moscou qu’à l’intérieur même de la Russie en attisant les revendications des minorités. Certes avec cette crise la nouvelle respectabilité russe sur la scène internationale en a pris un coup… La Bourse est tombée, tout comme le rouble. Et si l’Europe est dépendante des hydrocarbures russes, la Russie a besoin de la technologie occidentale. Il y a donc la réalité de cette interdépendance. Même les plus «faucons» des Américains, qui pourraient être tentés de considérer la Russie quasiment comme un Etat voyou, ne peuvent faire grand-chose contre un pays qui a l’arme nucléaire et le pétrole. Aujourd’hui, la Russie , comme d’ailleurs la Chine , constituent tout à la fois des quasi-adversaires idéologiques, des concurrents redoutables et des partenaires indispensables. S’agit-il du commencement de la fin de l’hyper puissance américaine ? Les Etats-Unis ne sont plus, en tout cas, la seule superpuissance sur la scène mondiale. S’ils restent très importants et dominants, il leur faut désormais manœuvrer, diviser, en un mot faire de la politique. Après la chute du mur de Berlin en 1989 et jusqu’en 2001, il y a eu l’illusion d’un nouvel ordre mondial et de sécurité collective fondé sur l’ONU. En même temps, c’était la décennie de la toute puissance américaine. Puis il y eut les attentats du 11 septembre, l’intervention en Afghanistan où les Etats-Unis avaient encore un rôle leader, puis la guerre en Irak et l’enlisement. Il y a une prise de conscience de cette nouvelle donne, y compris parmi nombre d’intellectuels d’outre-Atlantique, mais malheureusement McCain et Obama continuent de marteler que la mission de l’Amérique est de conduire le monde. Bien sûr, il faut faire la part de la campagne électorale. J’ai le sentiment que John McCain ne comprend pas cette situation. Certes sur certains points il est lucide, et avant même la crise géorgienne il se moquait de George W. Bush et de sa phrase où il disait avoir regardé Poutine dans les yeux et vu son âme en clamant : «Moi, ce que je vois dans son regard, c’est le KGB.» Mais il croit avant tout à la force et comme le dit avec humour Stanley Hoffman : «Je n’ai pas vu de guerre qu’il n’aimait pas.» Barack Obama est, je crois, beaucoup plus conscient des choses. Il n’est pas dit que la nouvelle crise avec la Russie ne le favorise pas : les accents martiaux de John McCain inquiètent les Américains alors qu’au contraire Barack Obama, tout en restant ferme, admet qu’il faut aussi savoir négocier. Comment se caractérise ce nouveau monde multipolaire ? En premier lieu par son imprévisibilité. Pendant la guerre froide, il y avait des règles du jeu communément admises aussi bien par les Américains que par les Russes, et de claires lignes rouges : ainsi pendant la guerre du Vietnam, les Américains pouvaient bombarder le Nord mais pas l’envahir. Depuis des années, l’administration Bush a théorisé la guerre préventive, affirmant que face à certains dangers, il vaut mieux prendre les devants. Le président russe Dmitri Medvedev clame la nouvelle doctrine russe de sécurité en cinq points qui notamment affirme le droit de Moscou de protéger ses nationaux n’importe où. La Russie a en outre abondamment distribué ses passeports, aussi bien en Abkhazie et en Ossétie du Sud que dans l’ukrainienne Crimée ou la moldave Transnistrie. Et il a clamé le droit de la Russie d’intervenir «dans sa zone d’intérêts privilégiés». Washington comme Moscou estiment aujourd’hui être chacun le seul juge de quand et comment il peut punir un autre Etat. Cela ouvre la porte à tous les abus et de très dangereuses escalades. Un monde sans règles est nécessairement un monde beaucoup plus barbare. L’Union européenne qui est avant tout un soft power, a du mal à s’adapter à cette nouvelle donne pour devenir une Europe puissante, pour être un peu plus Mars et un peu moins Vénus, pour reprendre les catégories utilisées par le néoconservateur Robert Kagan. Mais cette nécessaire transformation est d’autant plus laborieuse que les Européens sont divisés sur le sujet. La différence est avant tout entre ceux qui pensent que le monde, et en premier lieu l’Europe, est sorti de la guerre, et ceux qui savent que l’histoire est tragique et qu’il peut y avoir des retours en arrière. Il sera donc difficile d’élaborer de nouvelles règles communes ? Bien sûr, d’autant que dans ce monde multipolaire, les pôles ne sont pas équivalents. Ceux-ci sont à la fois hétérogènes et interdépendants. Il y a en outre de nombreux acteurs non étatiques, puissances financières ou industrielles. Il y a le terrorisme : Al-Qaeda est aussi une puissance mais avec laquelle aucune forme de négociation n’est possible. Ce monde est beaucoup plus morcelé et transversal, alors que l’on évoque habituellement quatre grandes puissances mondiales - Etats-Unis, Russie, Union Européenne, Chine - auxquelles s’ajoutent des puissances régionales émergentes. Mais ce monde n’est pas similaire à celui d’avant 1914, et ce d’abord parce qu’il s’agit d’un monde transnational où les capitaux, y compris l’argent sale, circulent aussi vite que l’information. Un Etat, même une grande puissance, ne peut plus massacrer à huis clos. Il serait aujourd’hui inconcevable et inutile que les grandes puissances - le concert des nations, comme on disait il y a un siècle - se réunissent comme en 1878 à Berlin pour décider seules du partage des Balkans, ou plus tard de l’Afrique. Mais en même temps, il y a la conscience croissante d’intérêts globaux - économiques ou écologiques - concernant toute l’humanité qui peut limiter ce chaos. Recueilli par MARC SEMO  20 septembre http://www.liberation.fr/actualite/monde/353231.FR.php

OTAN,militaire,Russie,Etats-Unis,Europe,Georgie,Ossetie,bush,sarkozi, Union européenne,guerre, repli

25/09/2008

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 - Début- “L’Histoire poursuit sa marche”.

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 - Début- “L’Histoire poursuit sa marche”.

Journal du Liban    - Début-

N° 91              26-08 au 23-09

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part : Les États-Unis ont consacré 410 millions de dollars à l’armée libanaise.

1 Lutte pour la libération du territoire

2  Politique Libanaise  

3 Politique internationale

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Sarkozy soutient le Hezbollah et le compare à la résistance contre le nazisme. 

 6-2 Écouter le chercheur à l'’Arab Reform Initiative’, Salam Kawakibi.

Suite

7 Brèves

7-1 Sayyed Nasrallah : Les menaces israéliennes ne nous intimiderons pas et elles ne font pas changer l’équation du combat.

7-2 Siniora : Nous n’aspirons pas à désarmer la Résistance.

7-3 « Le dialogue abordera la sécurité du Liban, pas les armes en tant que problème », avertit Fneich.

7-4 Khalil Fleyhane : Les coulisses de la diplomatie : L’ONU saisie des menaces israéliennes contre le Liban.

7-5 Ban Ki-moon : Progrès trop lents dans la sécurisation des frontières.

7-6 Bassil dénonce une implantation déguisée par le biais d’achat de terrains.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Marie Nassif-Debs : Le sommet de tous les consensus. Ou de toutes les guerres ?

8-2 Point de vue de Melhem Karam : “L’Histoire poursuit sa marche”.

8-3 Point de vue de Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé.

8-4 Point de vue de Vincent Chapaux, Pauline Helinck, Joanna Spanoudis, Edith Weemaels : La mort du Casque bleu belge était préméditée…

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

9-1 Aoun menace de se retirer du dialogue national.

9-2 Michel Hajji Georgiou : La mémoire pour dénoncer les crimes du présent. – Fin-

9-3 Hdadé : La résistance nationale a mené 1 113 opérations contre Israël.

9-4 Les armes à Tripoli.

10  Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Fadlallah : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.

11 Annexe 11-1 René Naba: La malédiction de Sabra-Chatila.

11-2 Quand Charles Yacoub a détourné un bus pour sauver le Liban


Tiré à part : Les États-Unis ont consacré 410 millions de dollars à l’armée libanaise
Le chargé d’affaires près l’ambassade des États-Unis, Bill Grant, a félicité hier les militaires libanais ayant suivi une formation militaire avancée aux États-Unis au cours des trois dernières années, dans le cadre du Programme militaire international pour l’enseignement et la formation (IMET).
M. Grant a transmis les félicitations de l’ambassadrice Michelle Sison, a souligné un communiqué de l’ambassade, précisant que depuis l’an 2005, plus de 500 soldats de l’armée libanaise ont suivi le programme IMET, recevant « un entraînement américain dans le cadre de leurs spécialisations, dont les forces spéciales, l’infanterie, les blindés, l’artillerie, les renforts et les communications ».
De même, « plusieurs hauts officiers de l’armée libanaise ont suivi une formation au commandement dans des académies militaires pour les opérations militaires mixtes, a poursuivi le texte. Ils ont assisté à des conférences sur les stratégies militaires aux côtés d’officiers des États-Unis et d’autres pays ».
Le communiqué a précisé que « les aides militaires américaines pour le Liban visent à renforcer l’armée libanaise et à améliorer ses capacités à défendre les frontières du Liban ».
Depuis l’an 2006, les États-Unis ont consacré plus de 410 millions de dollars à l’intention de l’armée libanaise. Et d’affirmer enfin que les États-Unis « continueront à soutenir le gouvernement du Liban et son armée ». http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=381982
20 septembre 


L'ombre d'une guerre civile.

Au jour le jour

28-08

Le lieutenant Samer  lieutenant de l'armée libanaise a été tué  lorsque son hélicoptère a été attaqué par des coups de feu tirés à Telal Sejoud dans le sud du Liban"

Un responsable des services de sécurité avait fait état auparavant de la mort de l'officier, ajoutant que des membres d'équipage avaient également été blessés dans l'incident, sans en préciser le nombre. La Croix-Rouge libanaise (bien: Croix-Rouge libanaise) a envoyé une équipe sur place pour transporter et soigner les blessés. AFP

13-09 Salah al-Arizi, membre du bureau politique du parti ‎démocratique du Liban a été tué, par une explosion devant sa maison, à ‎Baissour à l'est de la capitale, Beyrouth. Cette attaque a ‎également fait 6 blessés. ‎ L'assassinat de Saleh Aridi intervient au moment où les différents partis politiques libanais s'apprêtent à engager un dialogue national pour aplanir leurs différends. Le dialogue national interlibanais qui s'ouvrira mardi aura pour thème principal la mise en place d'une "stratégie de défense nationale" dans les opérations de défense du territoire. IRIB

15-09 Selon des sources sécuritaires, 6 bombes de type artisanal ont explosé durant la nuit dans la partie ouest de la capitale libanaise, au niveau des quartiers de la corniche de Mazraa provoquant des dégâts matériels, alors que 2 autres bombes d’un type artisanal également auraient été neutralisées par les forces de sécurité libanaises. Selon la radio La Voix du Liban, une première bombe a explosé  à proximité d’une station essence, suivi des 6 autres dont une à proximité de la Mosquée Abdel Nassel, provoquant un déploiement rapide des forces de l’ordre et de l’armée libanaise Libnanews

15-09 Quatre personnes sont décédées dans l'est et dans le sud du Liban. Euronews

17-09

Un affrontement a opposé à Bsarma, à quelque 10 km au nord de la ville portuaire de Tripoli, des membres des Forces libanaises, un mouvement chrétien anti-syrien, aux membres du parti Marada mené par le chrétien prosyrien Souleimane Franjié. Pierre Ishak des Forces libanaises et Youssef Franjieh du parti Marada ont été tués, alors que trois personnes ont été blessées, dont un membre des services de sécurité. AFP Le permis et le port d'armes à feu interdit. Le ministère de la Défense a décrété une interdiction indéfinie de permis d'armes à feu à l'exception des armes que portent les gardes du corps des diplomates, des ministres et des parlementaires, a rapporté le journal local Daily Star.
Cette décision intervient suite à une réunion entre le président Michel Sleimane et le Conseil de sécurité central au palais présidentiel, visant à prévenir toute détérioration de la situation sécuritaire après l'incident de tirs de mercredi, qui a fait deux morts et trois blessés.
http://www.rplfrance.org/

1 Lutte pour la libération du territoire    Les relents de la guerre

c) Finul 03-09 Un casque bleu belge de la Finul a été tué lors d'une opération de récupération de bombes à sous-munitions utilisées par les Israéliens durant leur guerre contre le Hezbollah pendant l'été 2006 au Sud-Liban, rapporte des témoins. Un autre a été légèrement blessé par l'explosion d'une de ces bombes près du village d'Aitaroun. La Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) a confirmé la mort d'un de ses membres sans en préciser la nationalité. Reuters 18-09 Les députés allemands ont voté mercredi la prolongation de 15 mois de la participation de l'Allemagne à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ainsi que celle jusqu'à mi-août 2009 aux missions de l'ONU au Sud-Soudan et au Darfour. L'engagement allemand dans la Finul ira ainsi jusqu'au 15 décembre 2009, pour autant que les Nations unies adoptent une résolution allant jusque-là. "Cette mission est indispensable, tout comme la participation allemande" à la Finul, a plaidé devant les députés le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, selon qui la Finul a apporté une "très très importante contribution" à la stabilisation de la région. L'Allemagne a toutefois réduit quelque peu ses effectifs: quelque 1.200 hommes pourront au maximum être mobilisés à l'avenir, contre 1.400 au plus à l'heure actuelle. Au large des côtes libanaises, l'Allemagne contribue actuellement à la Finul avec une frégate, deux vedettes, deux chasseurs de mines et une unité de soutien. Quelque 230 marins allemands sont stationnés près des côtes libanaises. L'Allemagne a dirigé la Finul navale à partir de sa mise en place en octobre 2006 avant d'en remettre le commandement à l'Italie fin février. Cette force navale mise en place suite à l’adoption de la résolution 1701 du conseil de sécurité en août 2006 a pour mission la surveillance des côtes libanaises et d’empêcher l’arrivée d’armes de contrebandes autres que celles destinées à l’armée libanaise. http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080918AFP.php Libnanews



Politique

1 Liban : 2-1 La crise gouvernementale Au jour le jour

07-09 Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire, qui représente le camp hostile à Damas, et son interlocuteur le dirigeant alaouite Ali Eïd se sont rencontrés pour tracer les grandes lignes d'un accord de réconciliation entre les différentes communautés. Hariri et Eïd se sont entendus pour faire disparaître toute présence armée de Tripoli et pour remettre à la police le contrôle de la sécurité, a déclaré le mufti Shaar. "La rencontre a permis de lever tous les malentendus et il y a eu une totale entente", a-t-il assuré. "Je suis prêt à mettre tout mon poids politique au service de la réconciliation et à apporter un soutien financier, moral et politique (...) à la consolidation de la paix civile dans ce pays", a déclaré Hariri, qui se trouve à Tripoli depuis vendredi. Reuters

16-09 14 dirigeants politiques du pays ont entamé des discussions. Autour de la table des représentants de la majorité parlementaire ainsi que de la minorité Principal enjeu de cette reprise du dialogue : l'armement du Hezbollah. Le Hezbollah  veut conserver son bras armé pour défendre le pays contre une éventuelle attaque israélienne. La majorité anti syrienne souhaite au contraire que la stratégie nationale de défense soit confiée à l'armée libanaise. Euronews


2-4 Des Canons ... pas du beurre L'attentat contre Al-Arizi visait à déstabiliser le Liban.  "L'attentat contre la vie de Saleh Aridi haut responsable druze membre du Parti démocratique libanais (opposition pro-syrienne) n'avait pour but ‎que de déstabiliser le Liban", a déclaré le député libanais ‎Qassem Hachem, sur l'antenne de la chaîne Al-Alam. ‎
Il a ajouté que cet attentat n'était non seulement pas ‎parvenu à porter atteinte à la stabilité du Liban et au ‎dialogue national, mais aussi il avait renforcé les bases ‎de la paix et de l'amitié parmi les Libanais.‎
‎" Les criminels ont cherché, à travers cet attentat à ‎diviser les Libanais, or la vigilance de ces derniers a fait ‎perdre aux conspirateurs cette occasion.", a souligné ‎Qassem Hachem, qui, en référence au fait que le régime israélien abusait des différends interlibanais, a souligné : ‎‎« ceux qui cherchent à supprimer l'arme de la Résistance ‎de la stratégie défensive du pays, se trompent. » ‎
IRIB 13/09 http://www.alterinfo.net/index.php?action=breve&id_article=1037366

22-09 Dans une déclaration diffusée aux organes de presse, le député Marwan Hamadé a réfuté l’existence d’un projet américain au Liban et indiqué être certain de la victoire « du projet autonome libanais » aux prochaines élections de mai 2009 sur la base de l’unité de l’état, de ses institutions civiles et militaires et l’unité de la population libanaise à travers la réconciliation. Commentant le déploiement de 10 000 soldats à proximité de la frontière nord du Liban, le député a déclaré espérer que ces derniers feront face à Israël « présente dans la zone occupée du Golan » avant de conclure en dénonçant le retour de l’ingérence US dans les affaires internes libanaise « visant à influencer le vote ». Libnanews 22 Septembre



3 Politique Internationale des térritoires occupés a) Pays Arabes & voisins

Iran  11-09 "L’Iran dénonce avec fermeté l'acte criminel et terroriste qui a coûté la vie à Saleh Aridi et exprime sa douleur, sa tristesse et ses condoléances au Liban frère et à la famille du défunt" déclare le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi, qui a qualifié cet acte terroriste en conformité avec les objectifs du régime sioniste au Moyen-Orient.
Hassan Ghashghavi a également rappelé la position de l'Iran qui soutient le renforcement de la solidarité nationale et de l'unité du Liban.
« Certains mouvements qui ont toujours essayé de miner la solidarité et les accomplissements de la résistance et de la nation libanaise, aident les politiques séditieuses du régime sioniste et son approche criminelle. » http://www1.irna.ir/fr/news/view/line-94/0809111934222727.htm

Syrie 04-09 Le président syrien Bachar al Assad estime que la situation du Liban reste fragile et met en garde les forces "extrémistes" tentées d’entretenir l’instabilité dans ce pays.
Assad s’exprimait à Damas en ouverture d’un sommet quadripartite consacré aux efforts de pays entre
la Syrie et Israël auquel participe le président français Nicolas Sarkozy.
"La situation au Liban reste fragile et nous nous inquiétons de ce qui se passe à Tripoli, dans le nord du Liban", a déclaré le président syrien au début de la réunion. "Tous les progrès accomplis au Liban seraient inutiles si une solution n’est pas trouvée au problème des forces extrémistes et salafistes."
Depuis le mois de juin, 22 personnes ont été tuées à Tripoli dans des affrontements religieux entre alaouites et sunnites. Par ailleurs, un attentat à la bombe a fait 15 morts dont 10 soldats en août.
04-09



b) Usa (le parrain)

Les grandes manœuvres 11-09 Sean McCormack : les Etats-Unis ont vivement condamné l’attentat à la voiture piégé au Liban ayant coûté la vie au cheikh Saleh Aridi, membre du Parti Démocrate, faisant part du soutien inébranlable des Etats-Unis au gouvernement libanais ainsi qu’aux institutions démocratiques. Toujours dans ce même communiqué, les Etats-Unis se sont déclarés préoccupés de la situation sécuritaire au Liban qui laisse à désirer à cause des derniers actes de violence qu’a connu le pays des cèdres, signalant qu’ils s’engagent à soutenir les intérêts du peuple libanais.  
http://www.libnanews.com/i



c) Europe 3 France

La France appelle Israël à remettre au Liban les cartes des mines et sous munitions dispersées dans le sud du pays Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a affirmé que « la France se réjouit de la décision du Haut commissariat aux réfugiés de remettre la médaille Nansen 2008 à un groupe de démineurs internationaux et libanais travaillant au Sud-Liban ».
« Nous tenons à rendre hommage aux équipes chargées du déminage pour l'important travail effectué depuis 2006 qui a permis de nettoyer une surface importante de la zone contaminée »
« Ces équipes ont payé un lourd tribut puisque plusieurs incidents ont déjà été déplorés faisant 14 morts et 38 blessés à ce jour ».
Les opérations de déminage au Sud-Liban relèvent du centre de coordination de la lutte anti-mines des Nations unies pour le Sud-Liban et associent les forces armées libanaises, la FINUL et plusieurs organisations de déminage intervenant à la demande de l'ONU.
« Nous souhaitons qu'Israël communique, conformément à la résolution 1701 et aux demandes réitérées du SGNU, les cartes précisant l'emplacement des mines et des bombes à sous-munitions afin de faciliter le travail de la FINUL »
En affirmant soutenir « les efforts de la FINUL » et en rappelant « le soutien ferme et constant » de la France vis-à-vis de « l'application de son mandat dans son intégralité».
Le porte-parole a confirmé que la question de ces cartes faisait l’objet de discussion entre les Français et les Israéliens.
Le 22 septembre http://www.iloubnan.info/politique/actualite/id/28534



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Sarkozy soutient le Hezbollah et le compare à la résistance contre le nazisme.  Selon le quotidien libanais Al-Akhbar, Nicolas Sarkozy aurait déclaré lors de son récent voyage à Damas qu’il ne considérait pas le Hezbollah comme une organisation terroriste. Le président Français serait même allé plus loin en ajoutant qu’il appréciait « l‘opposition du Hezbolla]à l’occupation du sud-Liban par Tsahal, puisque la France a fait face à une situation similaire par le passé ». Toujours selon le journal, M. Sarkozy ferait référence à l’occupation Nazie qu’avait connue la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Décidément, Nicolas Sarkozy est difficile à suivre, et il faut se demander quelle est la part d’opportunisme de chacune de ses déclarations. Néanmoins, il faut bien avouer que ce soutient inattendu au Hezbolalh est surprenant et dénote de son amitié inconditionnelle à l’Etat d’Israël, réitérée a de nombreuse reprises. Pour l’instant, aucune de ces deux déclarations n’a été officiellement démentie par l’Elysée. Mecanopolishttp://mecanopolis.wordpress.com/


6-2 Écouter le chercheur à l'’Arab Reform Initiative’, Salam Kawakibi. 04 min
«Pour Geagea, toutes les erreurs et actes malveillants [durant les années de la guerre civile] sont comme pour les Américains en Irak, des dégâts collatéraux.» Le chef des forces libanaises, Samir Geagea, s'est publiquement excusé dimanche pour les « erreurs commises et les exactions inadmissibles et ignobles » commises par sa milice durant la guerre civile. Pourquoi des excuses maintenant ? Comment les interpréter ?  Réponse du chercheur Salam Kawakibi attaché à l'Arab Reform initiative (ARI), un consortium de centres de recherches arabes et européens. Farida Ayari [23/09/2008 http://www.rfi.fr/actufr/articles/105/article_72668.asphttp://www.rfi.fr/actufr/articles/105/article_72668.asp 

 Liban,Israël,Olmert,colonialisme,Bush,Hezbollah,Finul,Etats-Unis,France,Nasrallah

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 – Suite 1- “L’Histoire poursuit sa marche”.

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 – Suite 1- “L’Histoire poursuit sa marche”.

Journal du Liban    – Suite 1-

N° 91              26-08 au 23-09

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.   – Suite 1-

7 Brèves

7-1 Sayyed Nasrallah : Les menaces israéliennes ne nous intimiderons pas et elles ne font pas changer l’équation du combat.

7-2 Siniora : Nous n’aspirons pas à désarmer gvftvla Résistance.

7-3 « Le dialogue abordera la sécurité du Liban, pas les armes en tant que problème », avertit Fneich.

7-4 Khalil Fleyhane : Les coulisses de la diplomatie : L’ONU saisie des menaces israéliennes contre le Liban.

7-5 Ban Ki-moon : Progrès trop lents dans la sécurisation des frontières.

7-6 Bassil dénonce une implantation déguisée par le biais d’achat de terrains.

8 Dossiers

8-1 Point de vue de Marie Nassif-Debs : Le sommet de tous les consensus. Ou de toutes les guerres ?

8-2 Point de vue de Melhem Karam : “L’Histoire poursuit sa marche”.

8-3 Point de vue de Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé.

8-4 Point de vue de Vincent Chapaux, Pauline Helinck, Joanna Spanoudis, Edith Weemaels : La mort du Casque bleu belge était préméditée…


7 Les brèves Ndlr :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 7-1 Sayyed Nasrallah : Les menaces israéliennes ne nous intimiderons pas et elles ne font pas changer l’équation du combat.
Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a affirmé que ce sont Israël et les Etats-Unis qui possèdent la décision de la guerre et de la paix dans la région.
Le secrétaire général de Hezbollah al-Sayyed Hassan Nasrallah a affirmé que les cinq unités d'élite dont le ministre israélien de la guerre avait menacé le Liban seraient détruites partout sur le territoire libanais. "Les Israéliens avaient éprouvé la crédibilité de la résistance et nous tenons à leur faire parvenir ce message non pas dans le cadre d'une guerre psychologique mais dans celui de la défense du Liban; or, empêcher la guerre c'est la remporter dans un certain sens", a indiqué al-Sayyed Nasrallah qui parlait lors d'un banquet d'iftar offert par le comité d'appui à la résistance libanaise. "Nous disons au monde entier que nous nous défendrons et que nous déferons l'ennemi", a-t-il ajouté, rappelant que ce sont les Israéliens qui proféraient les menaces au Liban et que ces menaces n'intimident pas les Libanais. "L'ennemi dont les convoitises sur notre terre et nos eaux n'ont pas de limites, s'il ressentait une faiblesse chez nous, il réoccuperait notre terre", a fait noter Al-Sayyed Nasrallah. Il a fait, par ailleurs, remarquer que ce sont Israël et les Etats-Unis qui prenaient "la décision de la guerre". "La résistance est une nécessité pour la défense du Liban qui est perpétuellement menacé par Israël; celui qui entendait affaiblir le Liban n'atteindra pas son objectif", a affirmé al-Sayyed en parlant de la stratégie défensive pour le Liban. Sana 4/7
7-2 Siniora : Nous n’aspirons pas à désarmer la Résistance.
Le Premier
ministre, Fouad Siniora, a estimé hier que « la réconciliation permettra de mettre de l’ordre dans nos différends, alors que le dialogue vise à parvenir à une entente autour de nos points de
divergence ». « Je n’ai pas rencontré sayyed Hassan Nasrallah depuis la guerre de juillet. Il est normal que chaque chose se passe en son temps », a-t-il ajouté, dans une interview à paraître aujourd’hui dans le quotidien koweïtien Awane.
« Nous n’aspirons pas à désarmer la Résistance , a également souligné le président du Conseil. Ce dossier doit être réglé par le dialogue national. L’existence des armes du Hezbollah est due à l’occupation. Et nous savons tous qu’Israël a inventé des prétextes pour envahir le Liban
en 1982, soi-disant pour déraciner l’OLP.
Mais Israël n’a pas pu vaincre l’OLP et son agression militaire a provoqué la création du Hezbollah.
L’occupation est le véritable problème de notre pays. »
Prié de dire s’il devrait visiter Damas bientôt, Fouad Siniora a affirmé qu’« il faut être deux pour danser ». « Je suis arabe. Ma vision des relations libano-syriennes n’a pas changé. Ces relations doivent être
équilibrées. La présence syrienne au Liban est nuisible aux deux pays. Notre pays n’a qu’un seul voisin car Israël est un ennemi. Il faudrait tisser avec ce voisin des relations fondées sur le respect mutuel et la reconnaissance de l’indépendance et de la souveraineté du Liban. Nous n’avons aucun intérêt à être les ennemis de la Syrie tout comme ce pays ne doit pas se poser en ennemi du Liban », a-t-il ajouté.
Répondant à une question portant sur les retombées du différend syro-saoudien sur le Liban, le Premier ministre a estimé que « notre pays n’est une récompense pour personne ». « Le Liban paie le prix de ses atouts et de ses avantages qui en font une échappatoire pour les pays arabes. Nous sommes le seul pays de confrontation avec Israël et nul ne nous soutient. Nous sommes accusés de trahison, si nous tentons de récupérer les fermes de Chebaa, même sans négociations directes ou
indirectes », a-t-il ajouté.
Évoquant les assassinats politiques des trois dernières années, Fouad Siniora a souligné que « la fréquence des attentats a diminué sans pour autant que ce feuilleton ne se termine ». « La formation du tribunal international vise non seulement à faire toute la lumière sur l’assassinat de Rafic Hariri, mais également à mettre un terme aux attentats. Le juge Bellemare m’a indiqué que les choses se passent très bien et qu’un progrès concret devrait être enregistré dans l’enquête menée par la commission internationale », a-t-il conclu.
L’Orient-Le Jour 22 septembre 2008.
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382042

7-3 « Le dialogue abordera la sécurité du Liban, pas les armes en tant que problème », avertit Fneich.
Le débat autour des armes de la Résistance a été abordé par des cadres du Hezbollah au cours du week-end.
Ainsi, le ministre Mohammad Fneich a précisé que « ce que nous voulons discuter autour de la table de dialogue, c’est le moyen de préserver la sécurité du Liban et améliorer son immunité en vue de poursuivre la libération de ses terres occupées, et non, comme le pensent certains,
débattre des armes de la Résistance en tant que problème ». Et de poursuivre : « Suivant cette logique, nous abordons le dialogue avec sérieux, et notre projet ne va pas à l’encontre du projet de l’État, parce que le Liban ne peut être gouverné, ni géré avec une mentalité d’annulation de l’autre, mais suivant un principe de partenariat. »
M. Fneich a souligné l’importance des réconciliations qui créent l’ambiance propice à la réussite du dialogue. « Notre expérience avec l’ennemi nous intime de rester attachés à la Résistance tant qu’il n’y a pas d’alternative, ni de garantie, a-t-il dit. Qu’est-ce qui nous empêche de nous entendre sur une
stratégie de défense spécifique pour le Liban, qui s’appuierait sur la Résistance , l’armée et le peuple, en totale harmonie, complémentarité et complicité, et dans le cadre du projet de l’État ? »
Pour sa part, le député Hassan Fadlallah a estimé que « tout ce qui se passe actuellement au Liban entre dans le processus mis en marche à la suite de l’accord de Doha ». Il a insisté sur la nécessité que « cet accord soit appliqué dans tous ses articles, malgré les tentatives de certains de le contourner ou d’entraver son application ». Pour lui, le Hezbollah appuie les réconciliations, notamment celle, attendue, qui devrait avoir lieu entre le parti et le Courant du futur. Il a indiqué
qu’« au cours des prochains jours, il y aura de nouvelles mesures pour rapprocher les forces en conflit, notamment avec nous, afin de consolider cette réconciliation, ce qui ne voudra pas nécessairement dire que nous serons alliés avec elles aux prochaines élections législatives ».
Enfin, une position remarquable sur les armes de la Résistance a été formulée hier par l’ancien Premier ministre Nagib Mikati. Celui-ci a estimé, répondant à une question de la Voix du Liban sur la stratégie de défense, que « les armes du Hezbollah ont justifié leur existence avec force, d’où le fait qu’il faut les garder comme une carte entre nos mains, qui ne serait échangée que contre des garanties internationales d’une non-agression contre le Liban ». Il a considéré que « l’objectif de la présence de ces armes est la protection de notre terre et de notre pays, voilà pourquoi nous avons besoin de ces armes parce que nous sommes passés par des expériences au cours desquelles nous n’avions pas les moyens de protection nécessaires ».
M. Mikati a cependant évoqué la nécessité de définir des « garde-fous » à ces armes de la Résistance , afin de savoir dans quelles circonstances elles seraient utilisées, si c’est seulement en cas de guerre contre le Liban ou, également, en cas d’agression israélienne contre un pays tiers.
L’Orient-Le Jour.
22 septembre 2008.
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382047

7-4 Khalil Fleyhane : Les coulisses de la diplomatie : L’ONU saisie des menaces israéliennes contre le Liban. Dans son discours, demain mardi, devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président Michel Sleiman soulèvera plusieurs points, mais insistera en particulier sur deux dangers qui guettent le Liban : l’implantation des réfugiés palestiniens et les menaces israéliennes.
Concernant les menaces israéliennes qui se sont multipliées récemment contre le Liban, M. Sleiman mettra l’accent sur le fait que l’État hébreu envisage de frapper l’infrastructure libanaise et les
institutions officielles et non seulement celles du Hezbollah, au cas où ce dernier mènerait une opération contre son territoire, kidnapperait un Israélien ou liquiderait une personnalité israélienne pour venger la mort de Imad Moghnieh, un des grands cadres de la formation.
M. Sleiman compte à cette occasion rappeler la guerre de juillet, le nombre de victimes et l’importance des dégâts qu’elle a occasionnés et envisage de demander à l’ONU d’intervenir auprès de l’État hébreu, en collaboration avec les puissances internationales, notamment les États-Unis et la France , pour qu’il se retire des secteurs de Chebaa et de Kfarchouba ainsi que de la partie nord de Ghajar, et pour qu’il cesse ses violations de l’espace aérien libanais. Il va en outre demander au Conseil de sécurité de l’ONU d’annoncer un cessez-le-feu au Liban, au lieu d’une cessation des hostilités.
La question du Liban sera également évoquée par le chef de l’État, qui exposera l’évolution de la situation dans le pays, au plan politique, et notamment l’importance qu’il accorde à la conférence de dialogue, avant d’aborder la question du terrorisme, dont le Liban a été victime, avec la guerre de Nahr el-Bared.
M. Sleiman insistera également sur l’indépendance, la souveraineté et la liberté de décision libanaises, ainsi que sur les discussions libano-syriennes et la volonté d’établir des relations diplomatiques bilatérales.
Khalil Fleyhane 22 septembre L’Orient-Le Jour
7-5 Ban Ki-moon : Progrès trop lents dans la sécurisation des frontières. Les progrès sont trop lents dans la sécurisation des frontières du Liban, selon un rapport d'experts remis par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité et rendu public mardi. Les experts de la deuxième Equipe indépendante d'évaluation de la frontière libanaise estiment que, « même en tenant compte de la situation politique difficile qu'a connue le Liban l'année passée, et malgré le travail accompli dans le cadre du projet pilote sur la frontière nord et par la Force frontalière commune, le rythme auquel sont appliquées les recommandations de la première Équipe est trop lent. Tout au plus y a-t-il eu des progrès épars, mais ils n'ont pas eu d'effet décisif sur la sécurité générale de la frontière.Dans sa résolution 1701 (2006), le Conseil de sécurité avait demandé au gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d'entrée de manière à empêcher l'entrée au Liban sans son consentement d'armes ou de matériel connexe. Le Secrétaire général de l'ONU avait envoyé au Liban en 2007 une équipe d'experts de la sécurité des frontières, l'Équipe indépendante d'évaluation de la frontière libanaise, chargée de faire une évaluation détaillée du contrôle de la frontière entre le Liban et la République arabe syrienne. Ban Ki-moon a envoyé cette année une deuxième équipe d'experts chargée d'entreprendre une évaluation de suivi. Cette équipe s'est rendue du 15 au 31 juillet 2008 au Liban, où elle a notamment visité les quatre postes frontière opérationnels et un autre, qui n'est pas encore ouvert. Elle s'est également rendue à un certain nombre d'endroits le long de la Frontière verte au nord et à l'est du pays, notamment en divers lieux faisant l'objet d'un différend territorial entre le Liban et la Syrie et dans des zones transfrontalières sous contrôle palestinien. Selon le rapport, « aux points de passage de la frontière, en particulier le long de la Frontière verte, à l'est, peu de progrès ont été observés, en dépit du fait qu'un certain nombre des recommandations auraient facilement pu être appliquées sans incidences politiques, structurelles ou financières ». « Il y a toutefois eu des avancées positives, notamment la réinstallation, qui est presque achevée, du poste frontière d'Aboudieh à l'endroit exact de la frontière, l'installation d'équipements supplémentaires de contrôle aux frontières, tels que des scanners, et l'informatisation du contrôle des passeports », ajoute-t-il. « La situation générale est telle que les frontières libanaises demeurent aussi perméables qu'elles l'étaient il y a un an, au moment de la première évaluation », jugent les experts. Aussi, ils réitèrent les recommandations formulées dans le rapport précédent, « qui demeurent aussi valables qu'elles l'étaient il y a un an ». Ils suggèrent, à titre de recommandation supplémentaire, que le gouvernement libanais entreprenne sans délai de formuler un plan stratégique énonçant les objectifs qu'il recherche et les moyens envisagés pour y parvenir. 10 Septembre Source : ONU http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1591:liban--progres-trop-lents-dans-la-securisation-des-frontieres&catid=47:politique-locale&Itemid=81
7-6 Bassil dénonce une implantation déguisée par le biais d’achat de terrains. Le ministre des Télécommunications, Gebran Bassil, a tenu  une conférence de presse pour évoquer la question épineuse de l’achat de terrains par des étrangers au Liban. M. Bassil a d’abord vivement critiqué l’examen de cette question par le Conseil des ministres dans sa séance de mardi, précisant qu’il faudrait amender la loi sur la propriété des étrangers. Il a ainsi expliqué que cette loi autorise en principe la vente de 3 % du territoire de chaque caza et 10 % à Beyrouth. Ce qui porte la superficie totale qui peut être vendue à des étrangers à 330 km2. Or, selon Bassil, la superficie exploitable du pays est de 780 km2. Ce qui fait que si l’on vend aux étrangers la superficie autorisée par la loi, près de 40 % de la superficie exploitable du pays seront entre les mains de non-Libanais. Pour le ministre, c’est une proportion énorme et inacceptable. Il a donc critiqué le peu d’intérêt que porte le Conseil des ministres à ce sujet très délicat et dénoncé la détermination de certains à faciliter les transactions immobilières avec les étrangers. Tout en relevant le fait que certaines transactions se concluent par le biais de prête-noms pour dissimuler la véritable identité des bénéficiaires de la vente, M. Bassil a évoqué le danger de procéder ainsi à une implantation déguisée des Palestiniens, en commençant par vendre la terre sous couvert de prête-noms libanais. Le ministre des Télécommunications a rappelé aux Libanais que la préservation de la terre est aussi importante que celle de la population, ajoutant que les composantes d’une patrie sont au nombre de trois : la terre, le peuple et l’État. Si l’une d’elles manque, c’est l’ensemble de la patrie qui est menacé. Il a donc demandé que cesse la vente de terrains aux étrangers pour éviter une réédition de ce qui s’est passé en Palestine. Selon M. Bassil, il existe actuellement deux logiques au sein du pouvoir, celle des intérêts personnels et celle des intérêts publics. Il a enfin invité les parties concernées à faire leur choix : soit elles respectent les lois, soit elles décident de les violer. Il a conclu en déclarant que le CPL a formé une commission qui sera chargée d’élaborer un projet d’amendement de la loi sur la propriété des étrangers. L'Orient Le Jour 11 septembre http://www.rplfrance.org/index.php?content=presse/080911lorientlejour.php

8  Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information. 8-1 Point de vue de Marie Nassif-Debs : Le sommet de tous les consensus. Ou de toutes les guerres ?
Ils se sont rencontrés, se sont entendus tout en rappelant les menaces qui continuent à peser sur les uns et les autres. « Ils » sont les deux présidents de la France et de la Syrie , encadrés par l’émir du Qatar et le président turc.
Ils s’étaient mis d’accord sur la tenue de ce sommet, dit-on, lors du congrès sur « l’alliance pour la Méditerranée  ». Sarkozy avait, alors, demandé à Assad de faciliter les élections présidentielles au Liban et de persuader l’Iran d’aller dans le sens des directives étasuniennes sur « le nucléaire ». Assad avait, à son tour, insisté sur la nécessité pour l’Europe (présidée par Sarkozy)  de jouer un rôle plus efficace dans les pourparlers de paix au Moyen Orient, faisant miroiter des accords commerciaux et autres… Quels furent les résultats du sommet quadripartite? Le président français Nicolas Sarkozy a tenté, sans trop réussir pour autant, de ménager comme on dit communément la chèvre et le chou. Convaincu du fait que le compte à rebours a vraiment commencé pour l’administration de George W. Bush (et misant sur le succès du démocrate Barak Obama, dit-on), il a pensé que le moment était opportun pour l’Union européenne et, surtout, pour la France qu’il préside de s’immiscer un peu plus dans les affaires du Moyen Orient et de tenter, par suite, d’acquérir une place plus importante dans les solutions à venir qui se préparent, tant sur le plan du conflit arabo-israélien que sur celui du nucléaire iranien. Voilà pourquoi il a pratiqué la politique de fuite en avant en acceptant la demande de médiation entre le pouvoir syrien et Israël et en insistant lourdement sur le rôle que son homologue syrien pourrait jouer, tant sur le plan de l’Iran (où il n’a pas manqué de rappeler que la Syrie avait présenté, en 2003, un projet de résolution au Conseil de sécurité visant à faire du Moyen Orient une région vide  d’armes nucléaires) que sur celui du Liban (où il a parlé des résultats très positifs du sommet Assad-Suleiman). Mais si Nicolas Sarkozy a donné un bon point à Bachar Assad qui « a tenu ses engagements sur le Liban » et pour qui le sommet quadripartite constitue « une nouvelle étape dans le processus de paix au Moyen Orient », il n’a pas oublié de ménager les alliés essentiels des Etats-Unis dans la région, l’Egypte et l’Arabie saoudite, en précisant que le sommet de Damas ne constitue en aucune façon une nouvelle alliance et que les deux pays arabes (opposés à la Syrie ) sont appelés à jouer , à l’avenir, un rôle essentiel, tant sur le plan des solutions concernant les problèmes du Liban et du Golfe que sur le plan des pourparlers de paix et de la normalisation des relations arabes avec Israël, dont Nicolas Sarkozy fut le médiateur pour libérer le soldat israélien détenu, depuis 2006, par le Hamas. Il faut dire que le sommet quadripartite a constitué une mascarade politique qui n’a abouti à grand chose. Les promesses de part et d’autre furent nombreux, tant en ce qui concerne les projets économiques entre Damas et Paris (transport maritime, aménagement de l’aéroport de Damas, prolongement du contrat avec « Total »…) que sur les plans politiques divers (à commencer par la « feuille de principes » préparée par la diplomatie syrienne dans le but de passer aux pourparlers directs avec Tel Aviv, ainsi que par l’aide que le Qatar pourra procurer au Liban ou celle que Damas devra prodiguer afin d’assainir les relations franco-iraniennes).  Mais ces promesses n’ont pas caché les vrais problèmes, dont le plus important reste le problème des réfugiés palestiniens à qui le gouvernement israélien refuse le droit au retour, tout en évoquant le transfert des Palestiniens de la Cisjordanie vers la Jordanie et le Liban…  Sans oublier les allusions du président français à une guerre possible de la part d’Israël contre l’Iran ou celles du président syrien sur la situation explosive dans la région de Tripoli, au Liban nord, à cause du rôle de l’argent saoudien distribué aux différentes factions fondamentalistes islamiques qui pullulent dans cette région depuis quelques années et qui avaient fait leurs preuves lors des événements de Nahr-el-Bared et, il y a quelques mois, dans les accrochages entre Sunnites et Alaouites. Ainsi, le sommet de Damas, qui aurait dû, selon les parties en présence, préparer l’avenir de la « paix » dans la  région en tenant compte de la période de transition instaurée par les élections présidentielles étasuniennes, fut un échec lamentable. Nicolas Sarkozy a, en effet, échoué à montrer l’image d’une Union européenne « indépendante » de la politique de Washington ou, même, d’Israël qui a accueilli sa présence dans la région par des menaces contre le Liban. Mais le voulait-il vraiment ? Marie Nassif-Debs 7 septembre 2008 Source : Parti Communiste libanais http://www.lcparty.org/...
8-2 Point de vue de Melhem Karam : “L’Histoire poursuit sa marche”. La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.
Les projets de solutions dans la région, objet de surenchères diplomatiques! Hubert Vedrine, ancien ministre français des A.E. a publié un ouvrage autour de “L’Histoire qui poursuit sa marche”, consacré en majeure partie à la stratégie de Bush sur les théâtres des crises dont celle du Moyen-Orient. Il a abouti à une conclusion dont il ressort que le 43ème président américain a récolté des revers foudroyants. Aussi, s’attend-il à ce que le temps qui lui reste au pouvoir soit très chaud. De plus, il a prévu un durcissement au sein de l’Administration, comme au niveau du pouvoir à Tel-Aviv, alors que la cause du soldat israélien kidnappé est devenue une question secondaire dans l’agenda de l’état-major qui à sa tête le général Eshkenazi. Ehud Barak, ministre de la guerre reprenant sur les décombres de Beit Lahia une expression de Menahem Begin: “Le monde n’a pas pitié des victimes mais respecte les combattants”. Quant à Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères, elle considère que “tout se passe dans notre intérêt”, partant du fait que la terne Administration à Washington est passée de la gestion de la crise à la gestion de la dégringolade. Au point où au moment de la visite de Condoleezza Rice à Ramallah et Tel-Aviv, elle a surpris ceux qu’elle a rencontrés, en disant qu’elle ne portait avec elle aucune idée exécutive pouvant apporter la dynamique nécessaire en vue de la reprise de la négociation, serait-ce d’angles très étroits.
Toutes les paroles israéliennes vont, maintenant à la guerre, non seulement à Gaza, mais jusqu’au Liban-Sud et à la Syrie. Henry Kissinger qui a été le parrain de bien des explosions dans la région, estime que la crispation a atteint un niveau difficile à résorber au moyen de réseaux de sécurité traditionnels. Peut-être réalise-t-il que l’équipe au pouvoir en Israël est acquise au concert de la terrorisation en vue de l’éloignement programmé des Palestiniens.
Ce ne sera pas une demi-guerre, mais une guerre complète au cours de laquelle toutes les armes seront utilisées dans la région.
Sans doute n’avons-nous pas besoin de lire avec les rayons infrarouges, pour détecter les vents de la tempête qui menace l’arc s’étendant de Bassorah à Gaza. Ce qui accentue les chances de son avènement tonitruant, c’est la faiblesse arabe et l’impuissance à disposer du minimum d’immunité face aux possibilités.
Le sort de la médiation arabe a retenu l’attention, en trébuchant entre le Liban et la Syrie en dépit du poids saoudien et égyptien. Dès l’annonce de son incapacité à freiner la crise, David Welsh, adjoint du chef de la diplomatie américaine, est arrivé, accompagné de Eliot Abrams, responsable du Conseil de sécurité nationale, pour retirer le tapis de sous l’initiative arabe pour la limiter à Washington, surtout en ce qui concerne les sujets conflictuels fondamentaux entre le Liban et la Syrie , tels le tracé des frontières et les fermes de Chebaa.
Mais derrière ce qui est considéré comme un gel des crises, autant qu’un mirage dans les solutions et les rechanges, se dessinent des modifications fondamentales auxquelles Hubert Vedrine fait allusion, à savoir que les Etats unis ne sont plus, au niveau international, la partie ayant le dernier mot à dire. Le général Alexander Haig, ministre des Affaires étrangères de la première phase du mandat Reagan, n’est pas très éloigné de la vision de son collègue français. Il observe qu’un problème historique fait face aux néoconservateurs et à l’Administration Bush, représenté par l’échec cuisant dans toutes les régions qu’ils ont voulu refaçonner, politiquement.
Par Melhem KARAM                        http://www.rdl.com.lb/2008/q3/4171/editorial.html
8-3 Point de vue de Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé. Henry Siegman, l'ancien chef de l'American Jewish Congress et un expert sur le Moyen-Orient au Conseil des Relations Etrangères a admis que "Lorsqu’il s'agit du conflit israélo-arabe, les termes du débat sont tellement influencés par les groupes organisés juifs comme l’AIPAC, qu'être critique d'Israël, s’est se refuser soi-même la capacité de réussir dans la politique américaine."
Un exemple remarquable de la grande influence qu’exerce Israël sur la politique étrangère américaine a eu lieu en été 2006, quand Israël a attaqué le Liban. Alors que le monde entier condamnait l'attaque, nous étions les seuls à soutenir Israël.
Le 18 Juillet, le Sénat a approuvé à l'unanimité une résolution "condamnant le Hamas et le Hezbollah, et leurs Etats sponsors et soutenant Israël son droit à exercer de la légitime défense."
Après avoir retiré du projet de loi la phrase demandant instamment à "toutes les parties de protéger les civils innocents et les infrastructures», la version de la Chambre des Représentants a été adoptée par un écrasant 410 à 8.
Ainsi, en réponse à l'enlèvement de deux soldats israéliens (qui faisait suite à l'assassinat d'un Libanais au Liban), Israël a tué et mutilé des milliers de civils, décimé les infrastructures civiles, et tapissé le sud du Liban de plus de 100000 bombes à sous-munitions non explosées et interdites par le monde entier.
Le Congrès a approuvé clairement et soutenu les actions d'Israël avec cette résolution qui avait été rédigée par l’AIPAC!
Même lorsqu’une analyse d’après-guerre du Département d’État a été remise à Nancy Pelosi et à M. Biden, affirmant qu’Israël pourrait avoir violé la Loi sur le Contrôle des Exportations d'Armes en utilisant au Liban des bombes à sous-munitions de fabrication américaine, le soutien biparti à Israël est resté inébranlable.
Ce rapport potentiellement explosif décrivant en détail la façon dont Israël pourrait avoir utilisé des armes américaines pour commettre des crimes de guerre a été ignoré par M. Biden et Mme Pelosi, qui se sont rendus tous deux en Israël à plusieurs reprises, avec des dizaines d'autres hommes politiques, en s’agenouillant comme ils le font toujours, pour faire l’éloge des vertus de l'État juif et professer un soutien éternel et indéfectible à un pays qui viole actuellement au moins 200 résolutions de l'ONU et a été condamné dans les termes les plus sévères par les organisations des droits de l'homme partout dans le monde.
C'est un pays qui a été pris à maintes fois à espionner l'Amérique (le plus récemment, deux haut responsables de l’AIPAC ont été mis en accusation sur des éléments de preuve qu’ils ont acceptés pour avoir transmis à Israël des secrets confidentiels sur la sécurité nationale fournis par un analyste du Département de
la Défense travaillant avec l’AIPAC), et qui continue à défier la demande des États-Unis de mettre fin à l’annexion et à la colonisation de propriétés privées palestiniennes par des colonies uniquement juives illégales. On pourrait croire qu’un tel comportement puisse s’attirer certaines critiques de la part des candidats. Mais il est rare qu’un politicien ose le faire.
M. Biden s’est montré lui-même un acolyte d'Israël. Dans une interview avec TV Shalom, M. Biden a proclamé: "Je suis un sioniste».
Ira Forman, le directeur exécutif du Conseil Démocratique National Juif a déclaré : «Biden est un grand ami ... avec un solide dossier pro-israélien."
Mesdames et Messieurs, M. Biden apporte "le Lobby" aux côtés de M. Obama et c'est la raison pour laquelle il a été choisi.
Laissez nous au moins ouvrir le débat pour y inclure l'influence de ce lobby d’intérêts étrangers. Les Américains méritent de comprendre les forces qui se cachent derrière les décisions qui nous concernent tous, individuellement et collectivement, en tant que nation.
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt : http://usa-menace.over-blog.com/article-23021847.html
8-4 Point de vue de Vincent Chapaux, Pauline Helinck, Joanna Spanoudis, Edith Weemaels : La mort du Casque bleu belge était préméditée… La mort du Casque bleu belge était préméditée… et personne n’en parle. Exploser sur une sous-munition n’est pas une fatalité ; un accident certes tragique, mais qui ferait partie des risques du difficile métier de soldat. On n’explose pas sur une sous-munition par malchance, mais parce que quelqu’un l’a volontairement laissée à cet endroit. Stefaan Vanpeteghem ne se battait pas. Ce jour-là, il n’a rencontré aucun ennemi. Le démineur belge est mort parce qu’Israël a lancé des sous-munitions, armes dont le fonctionnement a de quoi laisser pantois le plus convaincu des militaristes. Son principe est simple, il s’agit de tuer, mutiler, handicaper, blesser, démoraliser le plus de civils possible une fois les troupes rentrées aux casernes.
S’il vous plaît, ne revenons pas sur les responsabilités du conflit qui a servi de théâtre à l’utilisation de ces armes. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle de la légitimité d’une guerre, dans laquelle les deux parties tiennent d’ailleurs une part de responsabilité. Nous parlons aujourd’hui non du droit de faire la guerre, mais de la manière dont, une fois les hostilités ouvertes, chaque partie doit se comporter face à l’autre. Tous les coups ne sont pas permis, il y a des règles, dont la vocation première est de préserver, tant que faire se peut, les vies des personnes extérieures au conflit.
Les armes de guerre sont destinées à remporter la guerre mais les bombes à sous-munitions vont bien au-delà : elles ne touchent pas que les soldats, mais aussi les enfants qui jouent au football. Elles n’empêchent pas l’ennemi d’avancer, mais le fermier d’aller récolter les fruits de sa terre. Elles ne servent pas seulement à mettre l’ennemi hors de combat mais surtout à alimenter la rancœur et la haine de la population civile.
Une bombe à sous-munitions est une bombe contenant plusieurs dizaines, voire centaines d’autres bombes (jusqu’à 644), toutes capables de tuer1. Au moment où la bombe principale est larguée, elle s’ouvre en libérant aux quatre vents la kyrielle de sous-munitions qu’elle abrite en son ventre, autant de bombes qui explosent directement… ou non. L’utilisation de ce type d’armes constitue une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire, et voici pourquoi.
Les bombes à sous-munitions causent des maux superflus, comme les mines antipersonnel, parce qu’elles mutilent les personnes et ne visent pas uniquement à les mettre hors de combat. Première violation du droit international.
Les bombes à sous-munitions explosent sur des cibles éparses à des moments aléatoires. Par nature, elles ne font donc pas la distinction entre civils et combattants. Seconde violation du droit international.
En touchant non seulement l’ennemi, mais ses voisins et les enfants des générations à naître, ceux qui utilisent les bombes à sous-munitions ne peuvent prétendre qu’ils agissent d’une manière proportionnelle à l’avantage stratégique militaire qu’ils recherchent. Troisième violation du droit international.
Ces principes sont non seulement consacrés dans de nombreuses conventions mais constituent surtout des standards d’humanité et de bon sens acceptés par tous les États depuis au moins un siècle, et par de plus avisés depuis toujours.
Israël est juridiquement responsable d’avoir largué 1,2 million de bombes à sous-munitions au Liban, sur un territoire de 37 millions de kilomètres carrés. Faites le compte : 1 bombe tous les 30 mètres carrés. Mais Israël n’est pas le seul État impliqué dans la problématique des bombes à sous-munitions : les Etats-Unis, la Serbie , la Roumanie , la Russie , la Pologne mais aussi la France , l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Suède et la Belgique ont notamment produit ou fourni ce type d’armes.
Certains d’entre eux, dans un réveil soudain d’humanité se sont pourtant depuis peu engagés dans la voie du désarmement. Pionnière en la matière, la Belgique a spécifiquement interdit les sous-munitions depuis le 16 février 2006, devenant ainsi le premier pays à adopter une loi interdisant ce type d’armes.
Depuis lors, la communauté internationale s’est elle aussi émue de cette situation et une convention interdisant les bombes à sous-munitions a été adoptée en mai 2008.
Cependant, certains États, comme la Chine , l’Inde, Israël et la Russie refusent catégoriquement de s’associer au texte. Quant aux Etats-Unis, ils considèrent que « ces armes ont leur place dans les stocks d’armement à la condition que la technologie soit adéquate et que les règles d’utilisations soient codifiées ». Au risque de nous répéter, il ne sert à rien de « codifier l’utilisation » de cette arme. Les armes à sous-munitions sont illégales par nature. Il n’existe pas de moyen légal de les employer. Ceux qui s’y obstinent doivent endosser la responsabilité de leurs actes.
1 Le Liban n’est pas le seul pays touché pas ce fléau. L’utilisation des armes à sous-munitions a commencé dès la Seconde Guerre mondiale. Selon le CICR, les zones les plus ravagées par les bombes à sous-munitions se situent au Laos, au Vietnam, au Kosovo, en Afghanistan et en Irak. 8 septembre 2008
Le Soir
Carte blanche http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BRBG&langue=1&id=25944


9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
9-1 Aoun menace de se retirer du dialogue national.  22 Septembre A l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire de la Réforme et du Changement, le général Michel Aoun a mis en garde contre tout amendement de la loi électorale concernant les chefs de municipalité, notamment en ce qui touche à le fait d’écourter la durée entre leur démission et une éventuelle candidature aux élections parlementaires, menaçant de se retirer du dialogue national parrainé par le chef de l’état en cas de poursuite de ces pratiques avant d’appeler à l’accélération des discussions à ce sujet. « Qu’ils résolvent à ce moment-là leurs problèmes sans moi » a-t-il ajouté, avant d’appeler les députés à assumer leurs responsabilités en refusant de s’impliquer dans la corruption des élections avant même leur tenue. La loi électorale qui est en train d’être étudiée par un comité parlementaire a empêche les chefs de municipalités de se présenter aux législatives à moins qu’ils n’aient démissionné avant deux ans de leur candidature. Le général Aoun a considéré qu’il existe une conspiration dans le cadre des prochaines élections législatives de la part du 14 mars, et s’est déclaré vigilant face à un réseau mafieux qui contrôle actuellement le Liban. Révélant un scandale qui s’est déroulé du temps du ministre Hassan Sabaa dans la localité de Kfarmechki, le dirigeant du CPL a expliqué que l’ancien ministre avait démis le maire de la localité précitée de ses fonctions parce que ce dernier avait refusé le transfert des dossiers d’état civil d’un certain nombre de familles vers sa localité, et a nommé un nouveau maire originaire de Majd elbalghiss. Aoun a ainsi appelé le ministre de l’Intérieur actuel Ziad Baroud à prendre en considération le cas de cette localité et des fraudes présentement en cours commises sous le contrôle du maire nommé par Sabaa.   Abordant la question des 17 000 disparus au Liban, le gén. Michel Aoun a indiqué ne pas comprendre les excuses faites hier par le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea, estimant que ces excuses doivent être présentées devant l’ancien premier ministre Omar Karamé pour l’assassinat de son frère, l’ancien premier ministre Rachid Karamé, l’ancien ministre de l’intérieur, Sleiman Franjieh pour l’assassinat de son père Tony Franjieh, de sa mère et de sa sœur alors âgée de 2 ans et à la famille du défunt Danny Chamoun, assassiné au lendemain de l’assaut syrien de Baabda. Il a également estimé que le discours de Samir Geagea a qu’un impact marginal sur la communauté chrétienne. Revenant sur la question du déploiement de troupes syriennes à proximité du Nord du Liban, l’ancien commandant en chef de l’armée libanaise a estimé que ce déploiement à l’intérieur de la frontière syrienne n’a pas d’importance. Au sujet du processus de réconciliation nationale, le dirigeant du CPL a indiqué être contre la pensée unique à l’intérieur des partis, des différentes communautés et du Liban, estimant que la première condition pour la réconciliation nationale est l’arrêt des violences dont le pays des cèdres reste sujet. Libnanews

9-2 Michel Hajji Georgiou : La mémoire pour dénoncer les crimes du présent. Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises et figure politique de la majorité antisyrienne, a demandé pardon aux Libanais pour les atrocités commises par son parti durant la guerre civile. L'Orient-Le Jour salue ce geste rarissime dans les annales du Liban. Voir un chef politique demander pardon pour toutes les erreurs et abominations commises par son courant durant la guerre, voilà une scène que l'on croyait tout bonnement impossible en Orient en général et au Liban en particulier. Qui plus est par les temps qui courent, ceux du messianisme galopant, où, entre les victoires d'inspiration divine et la multiplication des "patriarches" communautaires dans la vie politique, il ne reste plus beaucoup de place pour l'erreur ; humaine, trop humaine… D'autant que, au Liban, demander pardon à la société des individus paraît impensable : non seulement le zaim [chef], infaillible, a toujours raison, mais, même s'il a tort, sa "dignité", sa position de figure charismatique, sa vanité l'empêchent de le reconnaître, et il faut donc continuer à le suivre jusqu'au bout, même dans l'erreur.
Par conséquent, demander pardon, dans la mentalité politique libanaise, c'est s'avilir devant l'autre, rompre avec la tradition très orientale du qabaday [chef de bande qui s'impose dans un quartier], révéler – comme c'est choquant ! – ses faiblesses. Mais ces faiblesses peuvent aussi devenir la plus grande des puissances.
Dans la foulée de l'intifada de l'indépendance [manifestations organisées après l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, et réclamant le retrait syrien], Walid Joumblatt [chef de la communauté druze et du Parti socialiste] avait fait le geste rarissime et exceptionnel d'une autocritique publique. Initiative demeurée, depuis, solitaire, unique. Cependant, cette initiative venait s'inscrire dans un cadre harmonieux, celui du printemps de Beyrouth, qui était, entre autres, une dynamique de réconciliation pour tourner la page de la guerre.
Cependant, jamais leader n'a eu l'audace, dans l'histoire contemporaine du Liban, d'entreprendre ce que Samir Geagea a fait le dimanche 21 septembre à Jounieh [ville chrétienne située au nord de Beyrouth] : demander pardon devant une foule pour se libérer définitivement du passé dans une expiation collective. L'événement est d'autant plus extraordinaire que la foule a applaudi les propos du chef, comme si elle était elle-même dans l'attente de cette délivrance collective. Le plus surprenant est que ce geste, à la fois humaniste et éminemment politique, provient de celui qui continue de représenter pour beaucoup l'archétype même du seigneur de la guerre ; celui que l'on représente comme une figure restée figée dans les treillis du souvenir ; celui à qui l'on refuse de pardonner, qui garde l'image du mauvais sujet non repenti, quand bien même il a été le seul à croupir dans les prisons et à ne pas jouir des lois

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 – – Fin-“L’Histoire poursuit sa marche”.

n°91 - Journal du Liban -26-08 au 23-09 – – Fin-“L’Histoire poursuit sa marche”.

Journal du Liban    – Fin-

N° 91              26-08 au 23-09

Par  M.Lemaire



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.   – Suite 1-

9 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage. – Suite 1-

9-3 Hdadé : La résistance nationale a mené 1 113 opérations contre Israël.

9-4 Les armes à Tripoli.

10  Géopolitique et stratégie- Analyse

10-1 Fadlallah : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.

11 Annexe

11-1 René Naba: La malédiction de Sabra-Chatila.

11-2 Quand Charles Yacoub a détourné un bus pour sauver le Liban


9-3 Hdadé : La résistance nationale a mené 1 113 opérations contre Israël.
Le secrétaire général du Parti communiste, Khaled Hdadé, a affirmé hier que « la résistance est ancrée dans l’histoire nationale du Liban » et que « le Parti communiste n’y a pas adhéré par hasard », mais c’était un choix qu’il avait fait et dont les origines remontent aux années 1920, lorsque le parti « avait annoncé qu’il était le parti de la cause nationale sur tous les plans ».
M. Hdadé, qui se prononçait lors d’une cérémonie organisée à Sanayeh – place Bustros, à l’occasion du 26e anniversaire du lancement du Front de la résistance nationale, a souligné que Georges Haoui a été « le dernier martyr de la résistance nationale, avant les martyrs de l’offensive israélienne en 2006, de Jmalié et de Srifa ».
M. Hdadé a rappelé que « la résistance menée par les communistes et les citoyens entre 1982 et 1985 a libéré 75,45 % des territoires libanais ». « Ce n’était pas un front pour la résistance, mais un front pour la libération, a-t-il poursuivi. Le Parti communiste avait alors conduit 1113 opérations contre l’ennemi israélien. 7 020 camarades y ont participé, dont 1 200 ont été blessés, 3 000 ont été détenus et 196 sont morts. »
Le secrétaire général du Parti communiste a par ailleurs rappelé que « les dépouilles de 18 martyrs » sont encore en Israël.
Déplorant que la déclaration ministérielle n’ait pas mentionné que le dossier des détenus et des dépouilles en Israël n’est pas encore clos et qu’Israël « a leurré les Nations unies et n’a pas rendu les autres dépouilles », M. Hdadé a appelé à baptiser la place du nom des « martyrs de Beyrouth » et à y ériger un monument en leur mémoire.
M. Hdadé a estimé que le projet américain dans la région « chancelle ». Il a de même noté que « le Liban vit une trêve précaire ». M. Hdadé a enfin critiqué la loi électorale de 1960, estimant que c’est une loi « anticonstitutionnelle ».
L’Orient-Le Jour
22 septembre 2008.
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=382064

9-4 Les armes à Tripoli. Karamé appelle à une démilitarisation de Tripoli pour affermir la réconciliation Alors que de petits incidents isolés continuent d’être répertoriés à Tripoli, l’ancien Premier ministre, Omar Karamé, a mis l’accent sur la nécessité d’une démilitarisation de la ville.
L’ancien Premier ministre, Omar Karamé, a affirmé craindre pour la situation de sécurité à Tripoli, « si l’armée et les Forces de sécurité intérieure n’imposent pas leur autorité dans cette ville et ne sévissent pas contre les miliciens, sans discrimination aucune ». M. Karamé a développé cette idée à deux occasions, au cours d’un iftar samedi, et de nouveau hier, dans une déclaration à la presse. Après avoir estimé que les crises répétées au Liban « sont le résultat de l’importante division de l’opinion publique libanaise depuis l’adoption de la résolution 1559 », il a dénoncé les tentatives d’attiser la discorde communautaire dans le pays.
M. Karamé a ensuite mis l’accent sur le fait qu’il est nécessaire de consolider sérieusement la sécurité à Tripoli pour affermir la réconciliation. « La base de toute sécurité est la démilitarisation de Tripoli. Tant que tous les acteurs sur le terrain sont armés et maintiennent leurs bureaux, le danger persiste parce que tout faux pas ou incident passager pourrait faire voler en éclats la réconciliation », a-t-il déclaré. Tout en plaidant pour que les forces légales soient seules en charge de la sécurité dans le chef-lieu du Liban-Nord, il a invité l’armée et les FSI à veiller « d’une main de fer » sur le maintien de la sécurité et appelé les autorités politiques à accorder aux problèmes socio-économiques de cette ville l’attention qu’ils méritent.
S’il s’est dit en faveur de la reprise du dialogue national, il a exprimé quelques réserves sur ces retrouvailles, notamment au niveau du timing et du sujet du débat, à savoir la stratégie de défense. Pour lui, il est préférable que le dialogue reprenne après les législatives, « lorsque les leaders libanais authentiques, à même de pouvoir y prendre part pour parler raison et essayer de sauver le Liban des complots étrangers qui se trament contre lui, auront remporté les élections ».
M. Karamé a considéré légitime l’examen d’une stratégie de défense, mais il s’est interrogé sur le point de savoir à quel État le Hezbollah remettra ses armes. « Nous avons des mini-États et des institutions en état de délabrement. Nous voulons que les armes soient seulement aux mains de l’État qui doit détenir, seul, la décision de guerre et de paix. Mais avons-nous préparé l’armée pour qu’elle soit capable avec ses effectifs et ses moyens de défendre le Liban ? Nous savons que de nombreuses délégations américaines et européennes viennent au Liban et ont promis d’armer les forces régulières. Mais nous savons tout aussi bien qu’elles veulent que l’armée modifie son idéologie, avant de lui fournir du matériel, pour qu’elle protège Israël et non pas le Liban », a-t-il commenté.
Au plan de la sécurité à Tripoli, l’armée a saisi des armes dans une voiture conduite par un élément du Mouvement d’unification islamique et arrêté trois personnes, dont deux partisans du MUI et un du Front d’action islamique, impliqués dans des échanges de tirs.
Signalons enfin que la situation à Tripoli a fait l’objet d’un entretien que le président Michel Sleiman a eu avec l’ancien député Ali Eid et son fils Rifaat
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=381545

10  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : Lla publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

10-1 Fadlallah : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.. Pour l’Uléma Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, depuis l’arrivée au pouvoir du Président Nicolas Sarkozy, le gouvernement français semble probablement « plus fidèle à Israël qu’à ses propres causes et intérêts »… Fadlallah a également critiqué « le fait de poursuivre et de traquer les journalistes français qui critiquent Israël d’une façon ou d’une autre ». « Il est remarquable que la France sarkozyste invente de nouveaux procédés dans sa répression de la presse, en punissant ces plumes libres pour des raisons disciplinaires ou administratives qui ne sont en fait que des prétextes. Ce fut le cas dernièrement avec le rédacteur en chef de RFI, Richard Labeviere. Elle veut ainsi prouver à Israël qu’elle a surpassé ses prédécesseurs lorsqu’il s’agit de mettre à pied les symboles de la presse libre dans le pays, d’une façon qui n’a sa pareille que dans les régimes dictatoriaux et répressifs », a-t-il ajouté. « Dès le début, nous avions le pressentiment qu’un Chef d’Etat qui se dit fier d’être l’ami fidèle d’Israël, et qui y voit même le miracle du XXème siècle, aura inévitablement une conduite s’inscrivant dans le cadre de l’appui politique à cette entité, qui représente véritablement un miracle démoniaque, criminel et terroriste, à en juger par ses crimes et exactions à l’encontre des Palestiniens, des Libanais, des Egyptiens et d’autres encore. Mais nous pensions que la France saura sauvegarder un minimum de décence et de tact dans son approche des questions liées, avant toute chose, aux principes de sa révolution, en tête desquels la liberté d’expression. [Nous pensions que] la France ne prendra pas de risques à ce point-là en oeuvrant à réprimer sa propre personnalité nationale au profit d’une entité qui incarne l’apogée de l’injustice car elle viole les droits de l’Homme, pousse tout un peuple à l’exode, et tue, de sang froid, des milliers et des milliers de ses femmes, enfants et personnes âgées », a-t-il lancé par la suite. Et d’ajouter : « Nous remarquons que la France , à travers son gouvernement actuel, commence à mettre en péril sa réputation médiatique et politique, ainsi que l’histoire de plusieurs de ses symboles en matière de respect des droits de l’Homme et (de défense) de la liberté, de l’égalité et de la justice, au profit de la réputation d’Israël. Elle ne poursuit plus uniquement les gens accusés d’antisémitisme : elle est passée aux premières loges en faisant appel à des procédés politiques qui assiègent directement la liberté d’expression, pour confirmer sa loyauté aveugle envers Israël. Et elle fait fi de tout mouvement arabe ou islamique qui s’y oppose, probablement parce qu’elle voit le monde arabo-musulman sous un angle très restreint, ou parce qu’elle considère qu’il est en proie au déséquilibre et à l’asthénie. Les causes qu’il défend n’ont donc pas leur place dans la mémoire politique française, et aucun respect n’est dû aux quelque 7 millions d’Arabes et de Musulmans qui portent la nationalité française »… (VN) 2 septembre Source : AN NAHAR (Liban) http://indigenes-republique.org/spip.php?article1578



11 Annexe

11-1 René Naba: La malédiction de Sabra-Chatila.
Il y a 26 ans les forces phalangistes libanaises massacraient des milliers de Palestiniens à Beyrouth, sous la supervision de l’armée israélienne (notamment le sinistre général Sharon) qui avait envahi le Liban. " Avec une régularité de métronome, la malédiction de Sabra-Chatila frappe ses promoteurs, souvent de manière violente, n’épargnant pratiquement aucun de ses protagonistes, comme l’expression d’une sorte de justice immanente, vingt six ans après ce massacre de sang froid de près de trois mille civils des camps palestiniens de Sabra-Chatila, dans la banlieue sud-est de Beyrouth. Hormis le rapport Kahanna de la commission d’enquête israélienne sur ce massacre et le bouleversant témoignage de l’écrivain français Jean Genêt « quatre heures à Chatila » consigné à l’automne 1983 dans la Revue d’Etudes Palestiniennes, aucune œuvre de l’esprit, pas plus un film, qu’un documentaire, qu’un récit historique, encore moins un « roman-enquête », -la technique de narration préférée du philosophe Bernard Henry Lévy pour torturer la vérité et titiller l’imagination et la curiosité de ses zélateurs-, n’est venu éclairer ne serait-ce que d’un simple faisceau lumineux cette effroyable boucherie commise, sans discernement, par les milices chrétiennes libanaises, téléguidée par la soldatesque israélienne, ivre de colère devant l’échec de leur plan de mainmise sur le Liban. Depuis 26 ans, une chape de plomb s’est abattue sur cet épisode peu glorieux de l’armée israélienne au Liban, ternissant sa réputation au point de mettre à mal le mot d’ordre justificatif de ses excès, la « pureté des armes » israéliennes, au point de bouleverser la perception de l’opinion internationale à l’égard d’Israël. Près de trois mille civils palestiniens seront massacrés pendant deux jours, du 15 au 17 septembre 1982, dans une opération ordonnée pour venger l’assassinat de Bachir Gemayel, chef des Forces Libanaises, fraîchement élu à la présidence de la République Libanaise et assassiné à la veille de son entrée en fonction. Par la gratuité de sa violence aveugle, cet acte fut comparé en son temps par le Président François Mitterrand à Ouradour sur Glane, du nom d’une opération analogue commise par l‘armée allemande à l’encontre des habitants de la bourgade française en guise de représailles à l’assassinat de soldats allemands en France. Vingt six ans après que sont les protagonistes de ce drame devenus. 1- Le clan Gemayel, le grand perdant de l’affaire malgré deux présidents. Bachir Gemayel, qui rêvait de raser les camps palestiniens en une lointaine anticipation des épurations ethniques des guerres postcommunistes de la décennie 1990, pour faire de son pays un paradis sur terre aseptisé des petites misères des grandes fortunes, ce chef militaire d’une communauté chrétienne minoritaire d’un monde arabe majoritairement musulman, qui s’est allié au principal ennemi du Monde arabe pour parvenir à la magistrature suprême, l’homme qui soutenait pour ce faire qu’il existait un « peuple de trop au Moyen-Orient », ignorant que ce peuple de trop pouvait être un jour le peuple des chrétiens arabes, réalisa bien son rêve. Il fut élu à l’ombre des blindés israéliens, président du Liban, sans toutefois jamais savourer la jouissance du pouvoir suprême, pas même un court instant : Il sera pulvérisé par une explosion dans son quartier général de Beyrouth-est, la veille de la prestation de son serment présidentiel. Depuis lors, la famille Gemayel accumule malheur sur malheur. De son propre fait et de ses méfaits. Son histoire n’est pas une saga à la Kennedy comme se plaisent à la populariser des gazettes occidentales complaisantes, mais une longue complainte de larmes et de sang, dont ils en sont les principaux responsables. Bachir a été assassiné à 35 ans, en 1982, son neveu, Pierre Amine Gemayel, le sera à 34 ans, en 2006, dans son fief électoral de Jdeiddeh, dans le Metn, alors qu’une violente offensive diplomatico-militaire israélo-américaine était à nouveau lancée en direction du Moyen orient en vue de mettre au pas les contestataires de la « Pax Americana ». Amine Gemayel, l’aîné du clan, qui succéda à la tête de l’Etat à son frère cadet à la suite de son assassinat, et qui ambitionnait de succéder au poste de député à son fils assassiné, a vécu une sorte d’assassinat politique lors de sa défaite électorale en 2007 dans son propre fief du Metn, battu par un inconnu, en dépit de la sympathie villageoise suscitée par la tragédie familiale. Sa mise en cause du patriotisme des Libanais de souche arménienne qui lui ont fait défaut durant cette élection a démontré l’ampleur de son dépit face à cette cuisante défaite inattendue en même temps qu’elle a révélé une xénophobie primaire et rance dans les cercles dirigeants libanais dès lors que leurs intérêts claniques sont en cause. Si la famille Gemayel a réussi à placer deux présidents à la tête de l’Etat libanais, des membres d’une même fratrie qui plus est, elle passe pour être le grand perdant de la vie politique libanaise, avec deux assassinats au sein de cette famille, sans aucune visibilité parlementaire ou ministérielle, son traité de paix avec Israël pulvérisé par ses contestataires, et, suprême humiliation pour ce seigneur du terroir, le chef du clan présidentiel, Amine, contraint à l’exil en France, pendant quinze ans dix (1985-2000), au terme d’une mandature peu glorieuse, le leadership chrétien âprement contesté désormais entre deux dirigeants, -le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libanais (CPL) et Samir Geagea, d’anciens subordonnés de la famille Gemayel du temps de la présidence familiale. 2-Menahem Begin et son « cheval fou » Ariel Sharon Sur le plan israélien, l’opération « Paix en Galilée » a précipité la réclusion politique de Menahem Begin, chef historique de la droite messianique israélienne et premier ministre au moment de l’invasion du Liban, victime direct des embardées incontrôlées de son « cheval fou », le général Ariel Sharon, ministre de la défense, et des visions bibliques propres à la droite radicale israélienne qu’il a encouragées dans cette voie pendant le demi siècle qu’il a présidé ce mouvement. Ariel Sharon : plus qu’un long discours, une simple séquence du film « Valse avec Bachir » résume mieux que tout le personnage, ses ambitions et ses contradictions. Par une fiction narrative, le cinéaste israélien, réalisateur du film, Ari Folman, projette une conversation téléphonique entre Menahem Begin et Ariel Sharon, au lendemain des massacres de Sabra-Chatila. Nullement incommodé par cette effroyable boucherie, tenant d’une main son combiné, opinant régulièrement du chef en direction de son supérieur hiérarchique, l’homme à l’embonpoint légendaire, gardait les yeux rivés sur dix œufs aux plats qu’il s’était commandé pour son petit déjeuner, …….comme indifférent aux malheurs des autres, se préoccupant surtout durant cette conversation de satisfaire, au propre comme au figuré, son féroce appétit du pouvoir en même temps que sa boulimie alimentaire. L’appétit du pouvoir, il la satisfera en devenant premier ministre 18 ans après Sabra Chatila, sa boulimie alimentaire, elle le terrassera ainsi que sa carrière politique, en le plongeant dans un coma cinq ans plus tard….en état de contiguïté passive avec ses anciennes victimes. Une séquence qui passera dans l’histoire comme un morceau d’anthologie politique et illustre plus que tout l’autisme de la classe politique israélienne à son environnement arabe, particulièrement palestinien. Le rêve d’un Liban fort havre des Chrétiens d’Orient est tombé en lambeaux. L’équipée de Bachir, particulièrement son alliance avec l’ennemi officiel du monde arabe, a entraîné un déclassement des prérogatives constitutionnelles des Chrétiens libanais, principalement les Maronites, dans le nouvel arrangement interlibanais conclu à Taëf, sous l’égide de l’Arabie saoudite, pour mettre fin à la guerre en 1989. Les camps palestiniens sont demeurés à la périphérie de Beyrouth, avec une population plus nombreuse et rajeunie, comme un pied de nez à la famille Gemayel, désormais comme marginalisée dans l’échiquier politique par l’avènement de l’ancien lieutenant de Bachir, Samir Geagea, un ambitieux à la férocité redoutable, au premier plan de la scène chrétienne. Beyrouth qui fut la respiration du monde arabe et sa conscience critique pendant un demi siècle, assume désormais de surcroît une fonction traumatique dans la conscience collective israélienne puisqu’elle revendique le privilège unique au Monde d’avoir symbolisé, à deux reprises dans l’histoire contemporaine, la résistance arabe à l’hégémonie israélo-américaine : La première fois, en 1982, lors du siège de la capitale libanaise par le général Ariel Sharon, du temps où le sunnisme s’identifiait au combat nationaliste, depuis le fief du sunnisme libanais à Beyrouth-Ouest, La deuxième fois, en 2006, depuis Beyrouth-sud, cette fois, (ad dahyah), littéralement la banlieue sud de la capitale, le fief chiite de la capitale, du temps du coma du général Ariel Sharon, où le chiisme libanais suppléant la vassalisation du sunnisme arabe à l’axe israélo-américain prenait sa relève en vue de pérenniser le combat nationaliste arabe. Le soutien des commandants en chef successifs de l’armée libanaise –le Général Emile Lahoud, le général Michel Aoun et la sympathie manifestée par le nouveau Président de la République , le général Michel Sleimane, ancien commandant en chef de l’armée, à la Résistance nationale Libanaise agglomérée autour de son noyau dur, le Hezbollah chiite, témoigne, par contrecoup, du souci de la hiérarchie militaire chrétienne de brider les pulsions mortifères des « têtes brûlées » de l’ordre milicien, si préjudiciables au camp chrétien 3 - Elie Hobeika et Samir Geagea, les deux lieutenants de Bachir, des prédateurs insatiables. En sa qualité de responsable du service de renseignement de la formation paramilitaire libanaise, Elie Hobeika, un des deux lieutenants de Bachir Gemayel, est considéré comme l’un des principaux responsables des massacres de Sabra-Chatila, au même titre que Samir Geagea, responsable opérationnel des « Forces Libanaises », qu’une impitoyable guerre de succession va épuiser au point de marginaliser la principale formation paramilitaire du camp chrétien du temps de la guerre. Le premier qui va dégainer et déclencher les hostilités sera Elie Hobeika : Par dévotion à l’égard de Bachir, il fomentera 24 mois après son assassinat un coup de force contre le président Amine Gemayel pour s’emparer du parti et de son trésor de guerre. Allié d’Israël, il tournera casaque en 1985 pour rallier la Syrie avant d’être évincé à son tour par Samir Geagea. Piètre performance pour un homme en charge du renseignement. Exilé du Liban, il reviendra par la grande porte à la fin de la guerre interfactionnelle et l’instauration d’une « pax syriana ». Suprême consécration, il siègera même au sein des gouvernements libanais successifs y compris, en 1992, celui de Rafic Hariri, le milliardaire libano-saoudien et principal bailleur de fonds des milices libanaises, assassiné en 2005. Peu avant sa mort violente, il s’était retourné contre Israël et se proposait de témoigner contre Ariel Sharon dans le procès intenté contre lui en Belgique pour « crime contre l’humanité ». Il aurait voulu mettre en cause des unités commando de l’armée israélienne (les Sayeret Matkal) qui auraient œuvré sans uniforme dans le déroulement du massacre. Comme auparavant Bachir et ultérieurement le neveu du chef phalangiste, Pierre Amine Gemayel, Elie Hobeika est mort par suite d’un attentat à la voiture piégée devant son domicile le 24 janvier 2002, à l’âge de 46 ans. Son élimination n’a suscité aucune demande d’enquête de la communauté internationale. Les préparatifs de l’invasion américaine de l’Irak, il est vrai, allaient bon train, de même que la mise à l‘index de la Syrie , via la « Syria Accountability Act », adoptée en 2003. Il importait de ne pas se laisser dévier de cet objectif majeur de la stratégie israélo-américaine par la mort d’une personne, dont l’élimination arrangeait beaucoup de monde : le premier ministre israélien Ariel Sharon, directement visé par son possible témoignage à Bruxelles, Samir Geagea, son rival permanent, Amine Gemayel, son ancien chef à qui il a ravi le parti phalangiste, des époux contrariés et irascibles à en juger par les conquêtes féminines qui lui sont attribuées, enfin pour être complet, la Syrie , tant l’implication de ce pays dans toutes les affaires du Moyen orient est un exercice de style obligé pour tous les chroniqueurs occidentaux. Samir Geagea Son pseudonyme ne doit pas faire illusion : il emprunte à l’amphibologie, tout comme son personnage à l’ambivalence. « Al Hakim », son non de guerre, qui signifie le sage ou le médecin, n’a jamais été sage dans son comportement belliqueux, au delà de toute mesure et démesure, ni docte, ni médecin, dont il ne détient pas non plus le grade universitaire. C’est là sa première usurpation. Celui que sa formation universitaire aurait dû destiner à un comportement d’humanité, s’est révélé être l’un des plus inhumains chefs de guerre, l’implacable fossoyeur du camp chrétien, responsable de la décapitation de la famille Frangieh, en 1978, n’épargnant rien ni personne de cette grande famille du nord du Liban, pourtant ses voisins, pas plus une petite fillette de trois ans que le chien de garde devant la maison. Récidiviste en 1980, il donnera l’assaut contre le fief de l’autre allié des phalangistes, les milices du PNL (Parti National libéral) du président Camille Chamoun, à Faqra, dans la région montagneuse du Liban, noyant dans le sang des forces chrétiennes pourtant alliées au sein d’une même coalition. En juillet 1983, il engagera le combat de la montagne du Chouf contre la milice druze conduite par Walid, le fils et successeur de Kamal Joumblatt, le chef du parti socialiste progressiste et chef de la communauté druze. Son offensive s’était soldée par la destruction de 60 villages et de l’exode d’une population chrétienne de plus de 250.000 habitants du Chouf, mettant un terme à un siècle de convivialité druzo-chrétienne dans le Chouf. Il en sera de même avec des résultats identiques à Saida, chef lieu du sud-Liban et à Zahlé, dans le centre du Liban, en 1985, Piètre bilan pour le défenseur des minorités chrétiennes opprimées, que son bellicisme opprimera plus durablement que l’hostilité de leurs adversaires. La liste n’est pas limitative. En 1988, à la fin du mandat du président Amine Gemayel, Samir Geagea se trouvait à la tête d’une entreprise prospère soutenue par une machine de guerre bien rodée. L’épreuve de force qu’il engagera contre le général Michel Aoun, commandant en chef et premier ministre intérimaire, achèvera d’épuiser le camp chrétien, le général Aoun prenant le chemin de l’exil vers Paris où il demeurera quinze ans et Samir Geagea, le chemin de la prison où il croupira pendant près de dix ans. L’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, donnera lieu à un invraisemblable retournement d’alliance coalisant les anciens chefs de guerre antagonistes et leur bailleur de fonds : Walid Joumblatt, Samir Geagea, Amine Gemayel et Saad Hariri. Si elle débouche sur la libération de Samir Geagea à la faveur du vote d’une loi d’amnistie amnésiante, cette coalition hétéroclite et sans crédit constituera le point faible du dispositif occidental en vue de préserver le pouvoir libanais dans son giron. Samir Geagea est l’unique rescapé de principaux protagonistes de l’affaire de Sabra-Chatila, dont le grand vainqueur moral pourrait être, a posteriori et paradoxalement, Soleimane Frangieh, le rescapé du massacre fondateur de son autorité. Dans un pays transformé depuis longtemps en un gigantesque cimetière, Soleimane Frangieh, dont la famille a servi de banc d’essai à la boucherie de Sabra-Chatila, bridera ses instincts guerriers pour accorder le pardon des offenses, seul dirigeant libanais à avoir accompli ce geste de grandeur morale, renvoyant à sa vilénie le bourreau de sa propre famille. Des analystes de la scène libanaise soutiennent qu’une percée politique de Nadim Gemayel, fils du Président assassiné Bachir et son véritable héritier politique, à tout le moins de son cousin germain Sami, fils d’Amine, tournerait au cauchemar pour Samir Geagea, en le privant de toute légitimité populaire et politique, le renvoyant du même coup à ses fantasmes. A moins qu’ « Al-Hakim », coutumier de telles manœuvres de contournement, n’anticipe cet événement en un mouvement de confinement en vue de museler les héritiers Gemayel, une mesure d’autant plus impérative que l’absence d’héritiers biologiques le fragilise en même temps qu’elle frappe de précarité la pérennisation de son projet politique, le mettant à la merci d‘un mauvais coup du sort. Samir Geagea a ainsi donc provisoirement échappé à la justice des hommes. Personnage funeste sans progéniture, sans remords, seul face à ses méfaits, seul face à ses fantômes, entravé de ses forfaits, tâches indélébiles, il pourrait difficilement se soustraire au châtiment de l’Histoire…. . A n’en pas douter, l’œil sera dans la tombe et regardera Caïn. Paix à l’âme des victimes des camps palestiniens de Sabra-Chatila et que la terre des hommes leur soit légère." 13 septembre http://renenaba.blog.fr/2008/09/13/special-sabra-chatila-la-malediction-de-sabra-chatila-4721145


11-2 Quand Charles Yacoub a détourné un bus pour sauver le Liban. L'article de Suzanne Baaklini Suzanne Baaklini
Charles Yacoub  pour attirer l'attention des médias sur la tragédie libanaise, détourne un bus américain vers le siège du Parlement canadien à Ottawa en 1989. Un geste fou parti d'une bonne intention. Le récit d'une aventure racontée par Nicolas Nasr.
Ce fut un geste fou, désespéré, risqué, controversé, mais sans nul doute passionné. Une opération de détournement de bus que même les otages n’ont pas accepté de qualifier de « terroriste », pour secouer l’indifférence de l’Occident concernant la guerre subie par les Libanais en 1989. Cette opération avait été menée par un émigré libanais de longue date au Canada, Charles Yacoub, révolté que les souffrances de son peuple rencontrent si peu d’écho dans les médias et les consciences de son pays d’adoption. C’est cette histoire que relate aujourd’hui l’écrivain Nicolas Nasr dans un livre paru en arabe, J’ai risqué ma vie pour toi, mon Liban !.
Ceux d’entre nous qui ont toujours en mémoire les derniers épisodes de la guerre du Liban, notamment « la guerre de libération » qu’avait menée le Premier ministre par intérim d’alors, le général Michel Aoun, contre la Syrie , seront intéressés de se souvenir d’une aventure vécue par un Libanais à des milliers de lieues de là, afin d’attirer l’attention du Canada et du monde sur les bombardements intensifs des régions qui étaient connues en ce temps-là comme « l’Est chrétien ».
Le 7 avril 1989, Charles Yacoub embrasse sa femme et ses deux enfants avant de sortir de sa maison à Montréal, sans avertir personne, déterminé à mener une action de grand éclat pour attirer l’attention du monde sur la tragédie de son pays. Ce commerçant libanais, né en 1956 et ayant émigré au Canada en 1976, était jusque-là sans histoires. Il est marié à Louise Bergeron, fonctionnaire au ministère de la Justice , et père de deux enfants qui avaient, au moment des faits, 4 et 8 ans. Les facteurs qui ont motivé son geste de désespoir étaient autant personnels que patriotiques : lui qui aimait ses parents jusqu’à l’adoration, comme dira sa femme plus tard, avait reçu deux jours plus tôt une cassette sur laquelle ils avaient enregistré leur version de l’enfer vécu à Aïn el-Remmané. D’autre part, il avait été enthousiasmé par le soutien populaire à cette guerre de libération. Enfin, il avait participé quelques jours plus tôt à une manifestation de soutien organisée par des Libanais de tous bords et de toutes confessions au Canada, et constaté que cet événement n’avait nullement intéressé les médias.
Dans son livre paru aux éditions de Dar al-Mourad, Nicolas Nasr revient sur les moindres détails de l’opération du 7 avril 1989, menée par son beau-frère Charles. En résumé, cet émigré libanais avait alors détourné un bus américain, qui allait de Montréal à New York, vers le siège du Parlement à Ottawa. Le bus avait, à son bord, des passagers de nationalités différentes. Charles Yacoub a eu, dès les premiers instants, le souci d’expliquer aux passagers que malgré le revolver dans sa main, son geste n’avait d’autre but que d’éveiller les consciences. Ce qui explique la clémence des otages, plus tard, lors de leurs témoignages. Devant le Parlement, la police canadienne s’est déployée en force, dirigeant ses armes contre le bus, craignant un attentat à l’explosif. Le livre revient aussi sur les critiques acerbes de la presse contre les différents services de sécurité canadiens, accusés d’avoir fait preuve de manque de coordination et d’inefficacité. L’aventure se termine bien, Charles Yacoub se rend et explique les raisons de son geste.
Plus tard, il évitera les peines trop lourdes qui auraient pu résulter des deux chefs d’accusation les plus graves retenus contre lui : prise d’otages et mise en danger du Parlement canadien. Il sera condamné à six ans de prison, mais n’en passera finalement que deux derrière les barreaux en raison de sa bonne conduite. L’impression que dégage ce récit est que Charles Yacoub n’a jamais regretté son geste, même dans les pires moments du procès, convaincu qu’il avait, pour la première fois, contribué à éveiller les consciences sur la tragédie en cours au Liban.
Le récit de Nicolas Nasr est écrit dans une langue sobre et neutre, n’omettant aucun détail de cette période, reflétant les différents points de vue (celui de Charles lui-même, celui de la presse…), laissant, comme le dit l’auteur lui-même dans son introduction, le lecteur juger par lui-même. Le livre est extrêmement bien documenté (articles de presse, lettres, documentation du procès…) et a été fait avec le concours du principal intéressé. Nicolas Nasr est lui-même l’auteur de plusieurs livres, dont trois sur la guerre du Liban. Charles tenait en main l’un d’eux, La faillite syrienne au Liban, le jour où il a détourné le bus.
Cette opération avait suscité, en son temps, autant de compassion que de critiques. Certaines personnalités avaient solidement soutenu Charles lors du procès, comme le sénateur canadien d’origine libanaise Pierre Debbané, qui signe d’ailleurs la préface du livre. L’ouvrage – qui, bien qu’écrit en arabe, comporte 35 pages en français – reprend la lettre du frère Jacques Toussaint Bélanger au ministre canadien de la Justice de l’époque, Doug Lewis. Touché par le désarroi du Libanais, l’ecclésiastique avait alors écrit : « À cause de la présente situation au Liban, je trouverais absolument inacceptable et hypocrite une condamnation de Yacoub. C’est pourquoi, si jamais cet homme était condamné à la prison pour avoir pris ce moyen, je demande à prendre sa place. »
À signaler que Charles Yacoub avait également reçu le soutien des chefs des différentes communautés religieuses libanaises au Canada, ce qui lui avait permis de payer sa caution et de retrouver momentanément sa liberté au cours de son procès.
Parmi les documents aussi, le touchant témoignage de sa femme, Louise Bergeron, qui le soutiendra jusqu’au bout. Elle écrit : « J’étais à mille lieues d’imaginer ce qui allait se produire. Ce matin-là, tout allait basculer. On dira de Charles qu’il était fou, Oui… un geste fou… fou de son pays… fou de rage… fou de la situation que vivait sa famille à l’étranger. Un geste qui lui ressemble, éclatant entièrement dans ses amours (…) J’ai vécu cette période difficilement. J’ai ressenti un sentiment de culpabilité immense. (…) À mes yeux, Charles deviendra un éveilleur de consciences, car il avait brisé le silence. La souffrance des Libanais criait enfin au monde entier. »
Parmi les coupures de presse, se trouve l’information qu’avait alors fait paraître L’Orient-Le Jour : « Le jeune Canadien d’origine libanaise Charles Yacoub (…) a comparu hier soir devant un juge, qui a demandé que l’inculpé subisse un examen psychiatrique afin de déterminer s’il avait agi en pleine possession de toutes ses facultés mentales. En sortant du tribunal, le jeune homme avait eu le temps de lancer aux journalistes : “Allez dire au monde entier que le Liban appartient à tous les Libanais”. »
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=381499
 Liban,Israël,Olmert,colonialisme,Bush,Hezbollah,Finul,Etats-Unis,France,Nasrallah

24/09/2008

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09 - Début- La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09 - Début-  La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

Dossier de Palestine    - Début-    

N°387                              22-09

Par M.Lemaire    



NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir les pièce jointe : par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

a) Les camps de réfugiés palestiniens au Proche-Orient, entre norme du droit au retour et intégration socioéconomique

     b) Un livre à lire... Transparent Cabal       


Sommaire                                                - Début- 

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Je veux dire au monde une histoire.

1-2 Joris Luyendijk : Les mots biaisés du Proche-Orient.

2 Les brèves

2-1 Tzipi Livni réunit la direction du Kadima, affaibli par la lutte interne.

3 Dossier

3-1 Andrès  Allemand: La dame de fer d’Israël était un agent du Mossad.

3-2 Point de vue de Melhem Karam : La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.  Suite 1

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Quand Paul McCartney s’accommode de l’Apartheid.

4-2 Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé : Biden et Israël.

4-3 Saleh Al-Naami : Criminaliser le Hamas.

4-4 Khaled Amayreh : La plaisanterie d'une "démocratie" palestinienne sous le Fatah et Israël.

5 Analyse - Géopolitique et stratégie

5-1 Analyse de Jonathan Cook : Comment Israël fabrique ses collaborateurs palestiniens.

Fin

5-2 Les sombres stratagèmes d'Israël pour appâter les collaborateurs palestiniens.

5-3 Analyse de Bill Van Auken : Palin  ou l’ignorance au service de l’extrême droite.

5-4 Analyse de Jalal Al Husseini : Les camps de réfugiés palestiniens au Proche-Orient, entre norme du droit au retour et intégration socioéconomique. 6 Annexe

6-1 Les lois d'apartheid d'Israël.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Je veux dire au monde une histoire. Cliquez sur cette adresse et vous verrez  les photos de : Je veux dire au monde une histoire. http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5046


1-2 Joris Luyendijk : Les mots biaisés du Proche-Orient.
Au moment où des journalistes de renom se trouvent en butte aux pressions ou sanctions des pouvoirs en place et de leurs lobbies pro-israéliens ou anti-arabes, retour sur une analyse d’un journaliste néerlandais, en 2006 Comprendre le quoi, le où, le quand, le qui et le comment, puis écouter chaque partie sur le pourquoi, tout en séparant bien le fait de l’opinion... N’est-ce pas à cela qu’on reconnaît les journaux de qualité ? Et que promettent les spots promotionnels de CNN, Fox News ou Al-Jazira, si ce n’est l’objectivité ? « We report, you decide » : nous rapportons les faits, vous décidez. Pourtant, après avoir travaillé cinq ans comme correspondant au Proche-Orient, ma conclusion est pessimiste : les journalistes occidentaux ne peuvent pas décrire précisément, et encore moins objectivement, le monde arabe ni le Proche-Orient. Même en suivant à la lettre les règles journalistiques, ils peignent un tableau profondément déformé de la région. Le problème essentiel tient aux mots utilisés : ceux qu’emploient les journalistes ne signifient rien pour les publics européen ou américain, ou sont compris de manières différentes, ou sont tout simplement biaisés. Les meilleurs exemples de ces termes inconnus sont les mots « occupation » et « dictature ». Ignorer la nature d’une dictature n’est pas le monopole des intellectuels ou du grand public. Au temps où j’étais correspondant, j’essuyais parfois des réprimandes du rédacteur en chef : pourquoi obtenir un visa pour l’Irak de Saddam Hussein demandait-il tant de temps ? Et pourquoi n’étais-je pas encore allé en Libye ? « Comment ça, pas de visa ? Insiste ! » Ou cette demande faite par un célèbre journaliste d’investigation qui souhaitait avoir les coordonnées des services secrets jordaniens... Ou ce comptable qui me réclamait les reçus pour toutes les personnes que j’avais soudoyées durant mon voyage en Irak. Pourtant, le rédacteur en chef, le journaliste d’investigation ou le comptable suivaient l’actualité de très près. Ils lisaient les journaux et regardaient la télévision. Mais à quel moment ces journaux ou ces télévisions expliquent-ils ce qu’est réellement une dictature ? Le livre que j’ai publié l’été dernier porte sur la peur, la méfiance, le lavage de cerveau, la corruption et la destruction délibérée des ressources propres à chaque personne, de l’amour propre. L’éditeur s’est impliqué personnellement et l’a lu plusieurs fois. Présent à la Foire du livre de Francfort, il en est revenu plein d’entrain : il avait parlé du livre à un collègue égyptien qui était intéressé ; ma percée dans le monde arabe était imminente ! Il était radieux, jusqu’au jour où il lui a été expliqué qu’existait une contradiction dans les termes : une dictature peut-elle autoriser la publication d’un livre qui a précisément pour thème l’odieuse nature de cette dictature ? Même après avoir digéré cent pages consacrées à la culture de la peur sur laquelle s’appuient les Etats policiers, le mot « dictature » était resté, pour lui, une abstraction. Le mot « occupation » peut-il être, lui aussi, vide de sens pour les lecteurs et les téléspectateurs occidentaux ? Un tel vide expliquerait pourquoi on multiplie les pressions sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle prouve qu’elle « en fait assez contre la violence » alors qu’on ne demande presque jamais aux porte-parole du gouvernement israélien s’ils « en font assez contre l’occupation ». Nul doute qu’en Occident le citoyen sait ce qu’est la menace terroriste, ne serait-ce que parce que les responsables politiques le lui rappellent régulièrement. Mais qui explique aux publics occidentaux la terreur qui se cache derrière le mot « occupation » ? Quelle que soit l’année à laquelle on se réfère, le nombre de civils palestiniens tués en raison de l’occupation israélienne est au moins trois fois supérieur à celui des civils israéliens morts à la suite d’attentats. Mais les correspondants et les commentateurs occidentaux, qui évoquent les « sanglants attentats-suicides », ne parlent jamais de la « sanglante occupation ». Si les horreurs quotidiennes de l’occupation israélienne restent largement invisibles, l’« information » provenant des dictatures parvient aux journaux et aux télévisions occidentaux. Se présente alors un second problème : quand les journalistes décrivent les événements, ils empruntent les termes des démocraties. Ils utilisent des mots comme « Parlement » ou « juge », ils disent le « président Moubarak » plutôt que le « dictateur Moubarak », et ils parlent du Parti national démocratique alors que celui-ci n’est ni « démocratique » ni un « parti ». Ils citent un professeur d’université du monde arabe, mais oublient d’ajouter que celui-ci est contrôlé et surveillé par les services secrets. Lorsque sur l’écran de télévision apparaissent quelques jeunes gens en colère qui brûlent un drapeau danois dans un Etat policier, ils appellent cela une « manifestation » et non une opération de communication. Ce qu’il y a de déconcertant, c’est que les correspondants qui se trouvent au Proche-Orient connaissent pertinemment ce que signifie une occupation et une dictature. Ils travaillent et vivent dans des pays arabes et dans les territoires palestiniens, ils y ont des amis, des collègues et des familles qui ne peuvent se fier à aucune règle de droit. Ces amis, ces collègues, ces familles ne sont pas des citoyens mais des sujets, presque sans défense, et ils le savent. Mais comment les publics occidentaux pourraient-ils savoir, savoir véritablement, de quelle manière tourne un tel système ? Surtout quand le vocabulaire laisse penser que les démocraties et les Etats policiers fonctionnent d’une façon quasiment similaire, avec un Parlement, un président et, même, des « élections » ? Certains mots ne disent rien aux citoyens ordinaires. D’autres évoquent autre chose que ce qu’on a voulu dire. Ils sont intrinsèquement biaisés : quelques minutes de zapping sur les chaînes satellitaires suffisent à le démontrer. Devons-nous dire « Israël », l’« entité sioniste », la « Palestine occupée » ? « Intifada », « nouvel Holocauste » ou « lutte d’indépendance » ? Ce bout de terre est-il « contesté » ou « occupé », et doit-il être « donné » ou « rendu » ? Est-ce une « concession » quand Israël remplit une obligation figurant dans un traité qui a été signé ? Est-ce qu’il y a « négociation » entre Israéliens et Palestiniens, et si c’est le cas, quelle est la marge de manœuvre des Palestiniens sachant que le terme « négociation » implique des concessions mutuelles entre deux parties plus ou moins égales ? Il n’y a pas de mot neutre. Quel vocabulaire adopter, alors ? Pas facile d’écrire une dépêche de ce type : « Aujourd’hui en Judée et Samarie/dans les territoires palestiniens/dans les territoires occupés/dans les territoires disputés/dans les territoires libérés, trois Palestiniens innocents/terroristes musulmans ont été éliminés préventivement/brutalement assassinés/tués par l’ennemi sioniste/par les troupes d’occupation israéliennes/par les forces de défense israélienne. » Ou, sur l’Irak : « Aujourd’hui, les croisés sionistes/troupes d’occupation américaines/forces de la coalition ont attaqué des bases de la résistance musulmane/des terroristes/des cellules terroristes ». La culture occidentale est optimiste : lorsque vous identifiez un problème, vous êtes prié de proposer simultanément une solution. Mais comment sortir de ce marécage linguistique, sauf peut-être à reconnaître plus ouvertement les partis pris et les filtres inévitables de tout travail journalistique, et à mettre un terme à la tromperie de slogans issus du marketing ? Nous rapportons les faits, vous décidez, d’accord. Mais nous décidons ce que vous voyez et comment vous le voyez. Pourtant, il y a une catégorie de mots pour lesquels les médias occidentaux pourraient faire mieux. Pourquoi un juif qui réclame la terre qui lui a été donnée par Dieu est-il un « ultranationaliste », alors qu’un musulman qui tient le même raisonnement est un « fondamentaliste » ? Pourquoi un dictateur arabe qui choisit une politique différente de celle des Occidentaux est-il « antioccidental », alors que cette étiquette n’est jamais appliquée dans l’autre sens ? Imagine-t-on un leader américain qualifié de « radicalement antiarabe » ? Un responsable politique israélien qui croit que seule la violence peut protéger son peuple est appelé un « faucon ». A-t-on jamais entendu parler d’un « faucon » palestinien ? Non, c’est un « extrémiste » ou un « terroriste ». Les responsables israéliens qui croient au dialogue sont des « colombes ». Pourtant, un Palestinien qui choisit la même voie est appelé un « modéré », ce qui laisse entendre que, bien que la violence soit logée dans le cœur de chaque Palestinien, celui-là est parvenu, grâces en soient rendues à Allah, à « modérer » sa nature profonde. Et pendant que le Hamas « hait » Israël, aucun parti ou leader israélien n’a jamais « haï » les Palestiniens, même quand ces dirigeants profitent de leur fauteuil gouvernemental pour prôner leur expulsion. A moins qu’il ne s’agisse d’un « nettoyage ethnique » ? Ou d’un « déménagement involontaire » ? Ou d’un « transfert » ?  14 septembre Joris Luyendijk. Joris Luyendijk Journaliste néerlandais, auteur de Presque humains. Images du Proche-Orient (en néerlendais, Podium, Amsterdam, 2006). publié par le Monde diplmomatique http://www.france-palestine.org/article9743.html



2 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Tzipi Livni réunit la direction du Kadima, affaibli par la lutte interne. Tzipi Livni, la nouvelle dirigeante du Kadima, le parti au pouvoir en Israël, a réuni vendredi sa direction afin de resserrer les rangs après sa courte victoire des primaires. La ministre israélienne des Affaires étrangères, élue de justesse mercredi à la tête de cette formation centriste, a convoqué près de Tel-Aviv le groupe parlementaire et les ministres du parti, alors qu'elle engageait ses tractations pour la formation d'un nouveau gouvernement. Le grand absent lors de cette réunion était son principal rival, le ministre des Transports Shaul Mofaz, qui a provoqué jeudi la surprise en annonçant qu'il se retirait provisoirement de la vie politique après sa défaite aux primaires. Mme Livni l'a toutefois appelé à "rejouer un rôle de dirigeant à mes côtés", alors qu'elle était entourée par les deux autres candidats malheureux à la direction du parti, le ministre de l'Intérieur Meïr Shetreet et celui de la Sécurité intérieure, Avi Dichter. "J'ai besoin d'une pause pour décider de mon avenir", avait expliqué la veille M. Mofaz devant ses partisans. Shaul Mofaz exprimait son mécontentement, d'après ses proches, suite à des irrégularités qui, selon eux, se sont produites au cours des primaires, et notamment que la fermeture de certains bureaux de vote ait été repoussée alors que les télévisions annonçaient une victoire nette de Mme Livni, à partir de sondages de sortie des urnes. Selon les médias, il n'est cependant pas exclu à terme que M. Mofaz retourne au Likoud (droite), dont il est idéologiquement proche. Le chef de l'opposition et dirigeant de ce parti, Benjamin Netanyahu, s'est d'ailleurs empressé de lui apporter un hommage appuyé. Tzipi Livni s'est par ailleurs prononcée pour le maintien de la coalition sous sa forme actuelle, qui s'appuie sur quelque 65 députés. "Il n'y a aucune raison de changer la composition de la coalition", a-t-elle estimé. Elle a également souligné le "besoin de stabiliser au plus vite" la situation politique, en réduisant la période d'incertitude liée à un changement de gouvernement. Mme Livni avait rencontré jeudi soir le vice-Premier ministre Eli Yishaï, chef du parti ultra-orthodoxe Shass, qui a qualifié l'entrevue de "cordiale". Le sort de la future coalition que Mme Livni entend former dépend de la position du Shass. M. Yishaï a déjà posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni, notamment que celui-ci "écarte toute négociation sur l'avenir de Jérusalem". Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d'achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens. Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, ce qu'a exclu jusqu'à présent Mme Livni. Après la démission prochaine du Premier ministre Ehud Olmert, Mme Livni disposera d'un délai de 42 jours pour rassembler une nouvelle majorité, faute de quoi des élections anticipées pourraient avoir lieu sous 90 jours. La législature actuelle n'est censée s'achever qu'à la fin 2010. Le président Abbas a téléphoné jeudi à Mme Livni pour la féliciter de sa victoire, après que le négociateur palestinien Saëb Erakat a exprimé mercredi l'espoir que son élection à la tête du parti entraînerait des négociations "sérieuses". Tzipi Livni est directement impliquée dans les négociations qui, jusqu'alors, n'ont pas débouché sur une percée concernant les dossiers centraux, alors qu'Israéliens et Palestiniens tentent de parvenir à un accord de paix avant la fin de l'année. AFP 19-09


2-2 La belle-sœur de Tony Blair parvient à quitter Gaza. La belle-sœur de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, arrivée à Gaza fin août à bord d’un des bateaux "briseurs de blocus" de l’opération "Free Gaza", a pu quitter le territoire palestinien samedi et entrer en Egypte.
Un journaliste de l’Associated Press présent sur place a assisté à son départ, alors que Lauren Booth faisait tamponner son passeport, dans la partie égyptienne du poste frontalier de Rafah. La police a empêché les journalistes de lui parler.
La belle-sœur de Tony Blair cherchait à quitter Gaza depuis le mois dernier, mais elle s’était fait refouler aux points de passage tant israéliens qu’égyptiens.
Elle était l’un des 46 militants de "Free Gaza" entrés dans les eaux gazaouies le 23 août pour dénoncer le blocus israélien depuis que le Hamas a pris le contrôle du territoire par les armes en juin 2007. http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4988



3 Dossier Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Andrès  Allemand: La dame de fer d’Israël était un agent du Mossad. Portrait de Tzipi Livni, Tzipi Livni est née dans une famille de sionistes actifs dans le mouvement clandestin Irgoun. Garçon manqué durant son enfance, elle a gradé à l’armée et a été en poste à Paris au sein du Mossad. On la dit intraitable sur les frontières, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.
Le compte à rebours est lancé. Elue de justesse mercredi soir à la tête de Kadima, Tzipi Livni dispose de quarante petits jours pour réunir une coalition de partis disposés à soutenir son accession au poste de premier ministre. Si elle y parvient, elle sera la première femme à prendre les commandes en Israël depuis le mandat de la célèbre Golda Meir (1969-1974). Mais l’actuelle ministre des Affaires étrangères a-t-elle la trempe de la dame de fer? Ses mâles détracteurs la jugent inexpérimentée, indécise, influençable et trop émotive. Ce n’est pas ce que laisse penser son histoire personnelle. Voyez plutôt. Tzipora Malka Livni est née il y a cinquante ans à Tel-Aviv, dans une famille au sionisme… disons… musclé. Avant la création de l’Etat hébreu, ses parents étaient des membres particulièrement actifs de l’Irgoun, organisation clandestine connue pour avoir perpétré en 1946 l’attentat de l’Hôtel King David qui fit 91 morts. Figure clé de cette milice juive, son père, Eitan, fut condamné à 15 ans de prison pour avoir attaqué une base militaire de la Palestine britannique. Quant à sa mère, Sarah, elle a récemment raconté à la presse son coup d’éclat: «Déguisée en femme enceinte, j’ai dévalisé un train qui transportait 35000 livres sterling!» Agent antiterroriste à Paris Bref, Tzipi a de qui tenir. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre qu’elle était un garçon manqué. Pas plus qu’on ne sera surpris d’entendre qu’elle fut lieutenant à l’armée. Et, finalement, on trouvera presque normal son recrutement par le Mossad en 1980. Mais de ses quatre ans d’activité au sein du service de renseignement extérieur israélien, on ne saura quasi rien. Il semble confirmé qu’elle fut en poste à Paris. Le secret, c’est bien connu, entretient la légende. Ainsi, on prête à l’agent Tzipi Livni un rôle au moins indirect dans l’élimination de terroristes palestiniens dans diverses capitales européennes. C’est évidemment invérifiable. En 1983, changement de cap: Tzipi Livni quitte le Mossad, fonde un foyer, finit son droit et lance une étude d’avocats. Epouse du publiciste Naftali Spitzer, elle a deux fils: Omri et Yuval. Ses affaires sont florissantes. Mais la dame ne tient pas en place. Bientôt, elle entre en politique. Surtout, il y a neuf ans, elle est élue au parlement sur la liste du grand parti de la droite israélienne: le Likoud. Sous l’aile de Sharon Son ascension est fulgurante, grâce à son mentor de choc: Ariel Sharon. En 2001, à la tête du gouvernement, il la nomme ministre du Développement. Elle sera ensuite en charge de l’Immigration, du Logement, de la Justice ,, puis de la Diplomatie. Un poste qu’elle occupe depuis deux ans. A ce titre, elle conduit les négociations avec les Palestiniens depuis le sommet d’Annapolis en novembre 2007. Etonnant pour une politicienne qui jadis militait en faveur du Grand Israël! C’est que la dame a fait du chemin, suivant les pas d’Ariel Sharon, qui a décidé en 2005 le retrait israélien de la bande de Gaza. Tandis que les camarades de parti traitaient le premier ministre de «traître», elle n’a pas hésité à quitter le Likoud pour rejoindre Kadima, la nouvelle formation de son mentor. Il y a deux ans, elle confiait: «Je crois, comme mes parents, que le peuple juif a droit à toute la terre d’Israël. Mais on m’a aussi appris à veiller à la pérennité de notre pays et à protéger les valeurs démocratiques. S’il faut choisir entre mes rêves et la démocratie, je préfère renoncer à une partie du territoire.» N’empêche, elle est intraitable sur les frontières, le statut de Jérusalem et les réfugiés. Mais si Tzipi Livni est populaire, c’est moins pour son évolution que pour son image de «Madame Propre». Les derniers chefs du gouvernement ont été entachés par des affaires de corruption. Bref, de cette dame de fer, les Israéliens attendent surtout qu’elle fasse le ménage. Commentaire: l’éternel casse-tête israélien On perçoit comme un souffle d’espoir depuis que Tzipi Livni a été désignée à la tête de Kadima. En Israël, on se prend à attendre davantage de probité au gouvernement. A l’étranger, on veut croire que la paix ne serait plus impossible avec l’arrivée au pouvoir de cette amie personnelle de l’Américaine Condoleezza Rice. Mais rien n’est joué. Et surtout pas la formation d’une coalition autour de sa personne. Car en Israël, aucun parti n’est assez fort pour gouverner seul. Il faut multiplier les alliances de part et d’autre de l’échiquier politique. Celui qui «prend les commandes» fait le grand écart pour ne mécontenter personne. Difficile dans ces conditions de prendre des décisions radicales. Depuis 1992, aucun premier ministre n’est parvenu jusqu’au terme de son mandat. La malédiction des élections anticipées n’en finit pas de frapper la démocratie israélienne. C’est d’autant plus vrai pour Tzipi Livni, qui a maintenant le couteau sous la gorge. Si elle ne trouve pas de coalition, des élections anticipées seront convoquées. Or elle vient de prendre la tête d’un parti divisé, dont on ne sait pas très bien comment il survivrait à des législatives. ANDRÉS ALLEMAND 19.09

http://www.24heures.ch:80/actu/monde/2008/09/18/dame-fer-israel-agent-mossad


3-2 Point de vue de Melhem Karam : La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.  La Cisjordanie perdue dans les méandres de la politique et Ghaza à la merci des fusées.
Extrait Les projets de solutions dans la région, objet de surenchères diplomatiques! Hubert Vedrine, ancien ministre français des A.E. a publié un ouvrage autour de “L’Histoire qui poursuit sa marche”, consacré en majeure partie à la stratégie de Bush sur les théâtres des crises dont celle du Moyen-Orient. Il a abouti à une conclusion dont il ressort que le 43ème président américain a récolté des revers foudroyants. Aussi, s’attend-il à ce que le temps qui lui reste au pouvoir soit très chaud. De plus, il a prévu un durcissement au sein de l’Administration, comme au niveau du pouvoir à Tel-Aviv, alors que la cause du soldat israélien kidnappé est devenue une question secondaire dans l’agenda de l’état-major qui à sa tête le général Eshkenazi. Ehud Barak, ministre de la Défense , travailliste, a porté le casque de combat, reprenant sur les décombres de Beit Lahia une expression de Menahem Begin: “Le monde n’a pas pitié des victimes mais respecte les combattants”.
Quant à Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères, elle considère que “tout se passe dans notre intérêt”, partant du fait que la terne Administration à Washington est passée de la gestion de la crise à la gestion de la dégringolade. Au point où au moment de la visite de Condoleezza Rice à Ramallah et Tel-Aviv, elle a surpris ceux qu’elle a rencontrés, en disant qu’elle ne portait avec elle aucune idée exécutive pouvant apporter la dynamique nécessaire en vue de la reprise de la négociation, serait-ce d’angles très étroits.
Toutes les paroles israéliennes vont, maintenant à la guerre, non seulement à Gaza, mais jusqu’au Liban-Sud et à la Syrie. Henry Kissinger qui a été le parrain de bien des explosions dans la région, estime que la crispation a atteint un niveau difficile à résorber au moyen de réseaux de sécurité traditionnels. Peut-être réalise-t-il que l’équipe au pouvoir en Israël est acquise au concert de la terrorisation en vue de l’éloignement programmé des Palestiniens.
Ce ne sera pas une demi-guerre, mais une guerre complète au cours de laquelle toutes les armes seront utilisées dans la région.
Sans doute n’avons-nous pas besoin de lire avec les rayons infrarouges, pour détecter les vents de la tempête qui menace l’arc s’étendant de Bassorah à Gaza. Ce qui accentue les chances de son avènement tonitruant, c’est la faiblesse arabe et l’impuissance à disposer du minimum d’immunité face aux possibilités.
…. Mais derrière ce qui est considéré comme un gel des crises, autant qu’un mirage dans les solutions et les rechanges, se dessinent des modifications fondamentales auxquelles Hubert Vedrine fait allusion, à savoir que les Etats unis ne sont plus, au niveau international, la partie ayant le dernier mot à dire. Le général Alexander Haig, ministre des Affaires étrangères de la première phase du mandat Reagan, n’est pas très éloigné de la vision de son collègue français. Il observe qu’un problème historique fait face aux néoconservateurs et à l’Administration Bush, représenté par l’échec cuisant dans toutes les régions qu’ils ont voulu refaçonner, politiquement. Par Melhem KARAM http://www.rdl.com.lb/2008/q3/4171/editorial.html
Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush, Hamas,Fatah

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09 – Suite 1- La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09 – Suite 1-  La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

Dossier de Palestine  – Suite 1-      

 N°387                              22-09

Par M.Lemaire    



Sommaire                                             – Suite 1- 

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Quand Paul McCartney s’accommode de l’Apartheid.

4-2 Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé : Biden et Israël.

4-3 Saleh Al-Naami : Criminaliser le Hamas.

4-4 Khaled Amayreh : La plaisanterie d'une "démocratie" palestinienne sous le Fatah et Israël.

5 Analyse - Géopolitique et stratégie

5-1 Analyse de Jonathan Cook : Comment Israël fabrique ses collaborateurs palestiniens.



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Quand Paul McCartney s’accommode de l’Apartheid. Le PACBI [Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel] regrette la décision de Paul McCartney de maintenir le concert prévu en Israël en dépit de nombreux appels qui lui avait été adressés (*) pour que ce spectacle soit décommandé. Ces appels se justifiaient par les crimes de l’état d’Israël contre les Palestiniens, et en particulier à cause du siège brutal et dévastateur imposé à 1,5 million de personnes à Gaza. Non seulement un tel concert ne respectera pas le boycott culturel qui doit s’appliquer à Israël, mais il enverra aussi un message disant que McCartney s’accomode ou ignore par apathie la réalité d’Israël comme puissance coloniale et ségrégationniste opprimant les Palestiniens et occupant la terre arabe. Comme cela a été fait dans le cadre de la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud, les Palestiniens demandent aux artistes internationaux de prendre leur responsabilité sur le plan moral en restant à l’écart d’Israël jusqu’à ce que la liberté, la justice, l’égalité et les droits de l’homme soient respectés pour tous. Dans une interview récente McCartney a reconnu : « j’ai été approché par différents groupes et organisations politiques qui m’ont demandé de ne pas venir ici. J’ai refusé. Je fais ce que je pense, et j’ai beaucoup d’amis qui soutiennent Israël ». Cependant l’opinion publique au Royaume-Uni ne soutient pas l’occupation et le viol constant par Israël du droit international. Des articles de presse rapportent que beaucoup à Liverpool même sont très réservés sur la tournée de MacCartney en Israël. A présent McCartney aura beaucoup moins d’amis à travers le monde parmi ceux qui veulent le respect des droits de l’homme et qui haïssent l’Apartheid. Ajoutant l’insulte à la blessure, McCartney a déclaré devant les médias : « j’ai entendu beaucoup de grandes choses au sujet de Tel Aviv et d’Israël, mais l’entendre est une chose et le voir par soi-même en est une autre. » Avait-il entendu encore de plus grandes choses au sujet de Sun-City en Afrique du Sud [ville de loisirs créée pour les blancs à l’époque de l’Apartheid] ? Et cela aurait-il été suffisant pour qu’il ignore l’appel pour le boycott de l’Afrique du Sud ? Israël est vu par les Nations Unies et par la majorité écrasante des pays à travers le monde comme une force d’occupation répressive qui maintient des colonies illégales dans les territoires palestiniens sous occupation et qui viole en permanence le droit international. En dépit de notre dénonciation de la réelle complicité de Paul McCartney avec l’occupation et le système israélien de ségrégation raciale, le PACBI condamne fortement et sans équivoque toute menace à son égard ainsi que contre toute figure culturelle ou universitaire qui décide de visiter Israël en dépit de l’appel au boycott lancé par les Palestiniens. En tant que mouvement de résistance civil dont le message est ancré dans un engagement constant vis à vis des droits de l’homme, nous tentons de persuader des personnalités, en faisant appel à leur intelligence et à leur cœur, de boycotter Israël — par des campagnes de sensibilisation du public et en exerçant une pression non-violente — en raison de sa politique d’occupation et d’oppression raciste. Signé : PACBI. 15 septembre


4-2 Susan Abulhawa : Le Lobby a parlé : Biden et Israël.
Extrait John McCain a éclipsé l’effervescence de la Convention démocrate, obtenu le vote des femmes, rassuré les conservateurs aussi bien centristes que d'extrême droite et placé une candidature féminine à la présidence pour le compte des Républicains dans les futures élections. C’est logique. D'autre part, les meilleures explications pour le choix de Joseph Biden par Barack Obama ne collent toujours pas.
Il est vrai que M. Biden apporte une certaine expérience politique à la candidature de M. Obama, mais M. Obama avait beaucoup d'autres choix. M. Biden réduit également l'écart de la race, qui, malheureusement, existe encore en Amérique. Mais, là encore, il avait beaucoup d’autres choix.
Alors, qu'est-ce alors?
M. Biden, l'auto-proclamé sioniste, apaise les craintes des Israéliens et des Juifs américains que M. Obama ne puisse pas être aussi complaisant à l’égard d’Israël.
Je sais qu'il est difficile pour l'Américain moyen de croire que les intérêts israéliens puissent avoir une telle influence sur l'élection présidentielle.
La propagande israélienne fait un travail remarquablement bon dans la diffusion de tout débat significatif sur le Moyen-Orient ou sur le rôle d'Israël dans l'élaboration de nos politiques étrangères. Que ce soit en calomniant Jimmy Carter qui a osé parler franchement ou en censurant ou en ignorant des livres importants d’enseignants comme «Le Lobby Israélien" des professeurs Mearsheimer et Walt, les Américains ignorent toujours à quel point il est important de plaire à Israël pour avoir une véritable chance d'occuper un poste d’élu à Washington.
Tous les politiciens, journalistes et experts savent que vous ne pouvez pas être élu à Washington, sans la bénédiction de l’American Israel Political Action Committee (AIPAC), connu plus simplement sous le nom du "Lobby" à Washington.
Sous l'Administration Clinton, le chef de l'AIPAC a dû démissionner après que quelqu’un ait divulgué un enregistrement sur lequel on l’entendait raconter comme l’AIPAC négociait avec le président sur son choix du secrétaire d'État. C’est incontestablement le plus puissant groupe d'intérêts étrangers à Washington, et sans doute le plus puissant lobby en général.

Henry Siegman
, l'ancien chef de l'American Jewish Congress et un expert sur le Moyen-Orient au Conseil des Relations Etrangères a admis que "Lorsqu’il s'agit du conflit israélo-arabe, les termes du débat sont tellement influencés par les groupes organisés juifs comme l’AIPAC, qu'être critique d'Israël, s’est se refuser soi-même la capacité de réussir dans la politique américaine."
Un exemple remarquable de la grande influence qu’exerce Israël sur la politique étrangère américaine a eu lieu en été 2006, quand Israël a attaqué le Liban. Alors que le monde entier condamnait l'attaque, nous étions les seuls à soutenir Israël.
Le 18 Juillet, le Sénat a approuvé à l'unanimité une résolution "condamnant le Hamas et le Hezbollah, et leurs Etats sponsors et soutenant Israël son droit à exercer de la légitime défense."
Après avoir retiré du projet de loi la phrase demandant instamment à "toutes les parties de protéger les civils innocents et les infrastructures», la version de la Chambre des Représentants a été adoptée par un écrasant 410 à 8.
….
C'est un pays qui a été pris à maintes fois à espionner l'Amérique (le plus récemment, deux haut responsables de l’AIPAC ont été mis en accusation sur des éléments de preuve qu’ils ont acceptés pour avoir transmis à Israël des secrets confidentiels sur la sécurité nationale fournis par un analyste du Département de la Défense travaillant avec l’AIPAC), et qui continue à défier la demande des États-Unis de mettre fin à l’annexion et à la colonisation de propriétés privées palestiniennes par des colonies uniquement juives illégales. On pourrait croire qu’un tel comportement puisse s’attirer certaines critiques de la part des candidats. Mais il est rare qu’un politicien ose le faire.
M. Biden s’est montré lui-même un acolyte d'Israël. Dans une interview avec TV Shalom, M. Biden a proclamé: "Je suis un sioniste».
Ira Forman, le directeur exécutif du Conseil Démocratique National Juif a déclaré : «Biden est un grand ami ... avec un solide dossier pro-israélien."
Mesdames et Messieurs, M. Biden apporte "le Lobby" aux côtés de M. Obama et c'est la raison pour laquelle il a été choisi.
Laissez nous au moins ouvrir le débat pour y inclure l'influence de ce lobby d’intérêts étrangers. Les Américains méritent de comprendre les forces qui se cachent derrière les décisions qui nous concernent tous, individuellement et collectivement, en tant que nation.
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt : http://usa-menace.over-blog.com/article-23021847.html


4-3 Saleh Al-Naami : Criminaliser le Hamas. Suite à la récente réunion des ministres arabes des affaires étrangères au Caire, les lumières sont restées allumées jusqu'à l'aube dans le bureau du premier ministre palestinien limogé, Ismail Haniyeh, situé sur la rue Ahmed Zaydiyeh à l'ouest du quartier Al-Nasr dans la ville de Gaza.
Ghazi Hamed, chargé de la coordination des relations entre le gouvernement limogé et le monde arabe, a contacté des responsables dans un certain nombre de capitales arabes pour tenter de connaitre les décisions prises par le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de la Ligue Arabe afin de régler les problèmes inter-palestiniens, et a mis en contact Haniyeh avec les ministres arabes des affaires étrangères dont les pays étaient d’accord avec le Hamas sur certaines positions.
Hamed a déclaré à Al-Ahram Weekly qu'il était clair pour le gouvernement limogé et les dirigeants du Hamas que, depuis le début, certains milieux palestiniens et arabes avaient l’intention de criminaliser le Hamas et de le tenir responsable de la poursuite de la scission entre Palestiniens.
Hamed considère que la déclaration finale de la réunion des ministres est remplie de problèmes, y compris sa mention à la légitimité nationale représentée par le Président Mahmoud Abbas. Hamed se demande pourquoi les ministres arabes ont ignoré d'autres organes légitimes des Palestiniens, dont le gouvernement dirigé par Haniyeh qui a été formé à la suite d'élections démocratiques.
La référence des ministres arabes au respect des institutions nationales affiliées à l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est particulièrement provocatrice pour Hamed.
"Qu'elle légitimité a l'OLP?" demande-t-il. "Elle est morte il y a longtemps et est devenue un club pour des groupes et des organisations qui ont perdu leur représentation populaire. Quel type de légitimité a cette organisation qui n'a pas produit d'institutions par les élections et ne tient pas compte du Conseil Législatif Palestinien qui a été choisi à travers des élections que tous les témoins ont considéré comme équitables?"
Pourtant, Hamed et Haniyeh pourraient avoir une raison d'être optimistes. Hamed souligne que les ministres des Affaires étrangères arabes ont accepté que l'Égypte continue ses communications avec les factions palestiniennes dans le but de déterminer un moyen de résoudre la scission inter-palestinien et de le présenter à la Ligue Arabe en vue de son adoption.
Hamed est optimiste parce que les ministres des Affaires Etrangères Arabes se sont mis d'accord sur la formation d'une commission de six membres pour examiner la vision égyptienne avant de la présenter à la Ligue Arabe.
Selo n le Hamas, cette commission sera composée des ministres des Affaires Etrangères de l'Égypte, de l'Arabie Saoudite, de la Jordanie , du Qatar, du Liban et de la Syrie. Hamed estime que la commission est équilibrée, ce qui signifie qu'il est peu probable que le Hamas soit confronté à des décisions incompatibles avec ses positions. "Passer au crible" la vision égyptienne par une commission de six membres est considéré par Hamed comme un succès pour le Hamas et le fruit de la diplomatie avant et pendant la réunion.
Quant aux dirigeants du Hamas, ils ne ressentent pas le besoin d'attendre que l'Égypte achève ses consultations avec les factions palestiniennes pour connaître les grandes lignes de la vision égyptienne.
À l'exception du Hamas et du Jihad islamique, toutes les factions qui sont allés au Caire ont recommandé la formation d'un gouvernement de technocrates, ce qui constitue un moyen d'éliminer du pouvoir le Hamas dans la bande de Gaza. Ils ont également recommandé d’avancer la date des élections législatives, entraînant la dissolution de l'actuel Conseil Législatif Palestinien (CLP).
Le fait que le mandat d’Abbas en tant que président de l'Autorité Palestinienne se termine le 9 Janvier complique encore plus les choses. Le Hamas a annoncé qu’Abbas avait deux options : organiser de nouvelles élections présidentielles ou présenter sa démission.
Le porte-parole du Fatah, Fahmi Al-Zaarir, estime que les Etats arabes devraient prendre des distances vis-à-vis de la position du Hamas, en l'accusant de "planifier une implication du peuple palestinien dans une bataille constitutionnelle qui achèverait le renversement qui a eu lieu dans la bande de Gaza".
Dans ses déclarations à Weekly, Al-Zaarir dit que la formation d'un gouvernement de technocrates et la tenue d'élections "garantiraient le retour de l'unité pour le système politique palestinien». Al-Zaarir a ajouté qu’Abbas avait été le premier à montrer sa volonté d’avancer les élections législatives et présidentielles : cette initiative est une exigence pour la réunification de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Al-Zaarir dit que si un accord n'est pas trouvé sur la tenue d'élections anticipées, les élections législatives et présidentielles auront lieu en même temps, ce qui implique une extension automatique du mandant du Président Abbas jusqu'en Janvier 2010.
Al-Zaarir estime que la question des élections présidentielles sera abordée indirectement dans les discussions sur un gouvernement d’accord national et la tenue d'élections anticipées. La question est de savoir comment les régimes arabes se comporteront avec Abbas après le 9 Janvier.
Personne dans la direction du Hamas ne doute que la plupart de ces régimes continueront à traiter Abbas comme s'il était le président légitime de l'Autorité palestinienne. De leur côté, les dirigeants du Hamas exploiteront la fin de son mandat pour souligner qu'il a usurpé la notion de légitimité.
L’éminent dirigeant du Hamas, Mahmoud Al-Zahhar, dit que la position du Hamas sur le dialogue national est basée sur quatre principaux principes inébranlables : le respect de la légitimité de toutes les factions palestiniennes, le respect des résultats des élections législatives, le respect de la Loi fondamentale palestinienne, et la réforme de l'OLP.
Dans ses déclarations faites à Weekly, Al-Zahhar a expliqué que le Hamas refusait de former un gouvernement de technocrates et de tenir des élections anticipées, parce que cela signifierait renforcer les mesures prises par Abbas en vue d’un bouleversement.
Al-Zahhar a ajouté que le calendrier des élections ne pouvait pas être reporté sans coordination avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ou sans créer les conditions qui permettraient des élections en Cisjordanie et la fin de l’oppression du gouvernement Fayyad envers les dirigeants du Hamas.
Al-Zahhar a également des doutes sur l'objectivité des positions prises par les factions de l'OLP qui se sont rendues au Caire, en ajoutant que leur représentation de la rue palestinienne était extrêmement limitée. Al-Zahhar souligne que la Ligue Arabe , et notamment l'Égypte, doit être en contact avec la réalité et comprendre les sensibilités politiques impliquées dans l’arène politique palestinienne.
Jamil Al-Majdalawi, qui est un membre du Politburo du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), est optimiste quant à l'intervention arabe. Il nie les allégations que son organisation adopte les positions d’Abbas, pourtant en examinant de près la position d’Al-Majdalawi, il semble qu’elle soit en conformité avec celle d'Abbas.
Dans ses déclarations faites à Weekly, Al-Majdalawi parle d’un gouvernement "d’accord national" plutôt qu’un gouvernement de "technocrates" et souligne qu'il y a consensus palestinien sur la formation d'un gouvernement d’accord national, la reconfiguration des organismes de sécurité palestiniens sur une nouvelle base, et la reconstruction de l'OLP et de ses institutions comme indiqué dans l'accord du Caire et le document de dialogue national.
Il dit que le gouvernement d'accord national devait être responsable de la supervision de la réunification des institutions de l'Autorité Palestinienne et de la préparation des élections.
Yehia Al-Daabseh, le chef du comité de suivi du CLP estime que les positions du FPLP et des autres factions de l'OLP sont des reproductions de la position d’Abbas. Il dit que la Gauche palestinienne a échoué au test de neutralité il y a longtemps quand elle a adopté la position d’Abbas sur la légitimité du gouvernement Fayyad, même s’il n'a pas la confiance du CLP. Pourtant, Al-Daabseh est plus intéressé à encourager les dirigeants arabes à ne pas aider Abbas à enfreindre la loi fondamentale palestinienne. Il considère qu'il s'agit d'un test de l'intégrité arabe dans la médiation entre le Fatah et le Hamas.
Al-Daabseh souligne que le Hamas insiste sur la tenue des élections, y compris sur la tenue d'élections présidentielles dans les délais prévus. Il rejette les appels effectués par un certain nombre de dirigeants de l'Autorité Palestinienne et arabes pour un report de l'élection présidentielle aux élections législatives de Janvier 2010 et considère cette mesure comme un «bouleversement de la loi et de la constitution».
Al-Daabseh dit qu’Abbas a déjà commis «des massacres contre la constitution en retirant le pouvoir au dixième gouvernement formé après la victoire du Hamas et au gouvernement d'unité nationale formé suite à l'accord de La Mecque , ainsi que par la publication de décrets visant à empêcher le travail du gouvernement d'une manière qui révèle ses véritables intentions. "
Al-Daabseh estime également qu’Abbas pense et agit conformément à la politique des États-Unis et le considère comme un larbin des Américains. Il met en garde les Arabes contre la présentation d'une solution en faveur d'Abbas, car cela constituerait une aide indirecte aux intérêts israéliens et américains.
Il y a un sentiment profond chez les dirigeants du Hamas qu’Abbas, et avec lui les factions de Gauche et certains régimes arabes, souhaitent que la Ligue Arabe publie une résolution condamnant le Hamas et le tenant pour responsable de la scission interne. Donc, le Hamas s'emploie à recruter ce qu'il considère comme "des contre-forces" dans le monde arabe pour faire échouer ce plan.
Selon les dirigeants du Hamas, il y a des chances que l'équilibre des forces au sein de la Ligue Arabe rende difficile à Abbas et à ses alliés arabes de donner suite à leurs intentions.
Sources ISM

21 septembre 2008
Posté par Adriana Evangelizt

http://palestine.over-blog.net/article-23016679.html
4-4 Khaled Amayreh : La plaisanterie d'une "démocratie" palestinienne sous le Fatah et Israël.
Intriguant pour une position publique avantageuse vis-à-vis du Hamas, le mouvement Fatah a appelé à l'organisation d'élections présidentielles et parlementaires en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.
La proposition nous est servie comme étant la seule voie pour résoudre la crise continue entre le Fatah et le Hamas, à la suite du contre-coup d'Etat de ce dernier à Gaza en juin de l'année dernière.
La proposition semble toutefois être plus un stratagème de propagande qu'un effort sincère visant à parvenir à une réconciliation inter-palestinienne.
Et elle ne suggère pas que le Fatah, maintenant solidement soutenu et financé par les Etats-Unis, ait entrepris une véritable transformation démocratique.
Bien sûr, le Fatah aujourd'hui reste le même Fatah qui a accepté, seulement avec réticence et sous la pression américaine, de permettre que des élections générales aient lieu en 2006 – et seulement parce que les dirigeants du Fatah semblaient sûrs de gagner.
Toutefois, lorsque le Hamas a remporté les élections haut la main, le Fatah n'a pu avaler l'amère pilule et a décidé de s'embarquer dans chaque acte concevable de sabotage, pour casser le Hamas et déstabiliser son gouvernement. Certains observateurs croient que le Fatah a pris, en secret, la décision de renverser le gouvernement Hamas en devenir dès que les résultats des élections ont été annoncés.
Il est vrai que quelques responsables du Fatah ont publiquement accepté les résultats des élections. Cependant, en réalité, ils ont cherché à restreindre les horizons du Hamas en rejoignant, effectivement et activement, la guerre ouverte menée par les Américains contre lui, une guerre qui n'est pas encore terminée.
Il y a quelques années, je me souviens d'avoir écouté la bande audio d'une réunion d'information secrète de Mohammad Dahlan avec ses partisans, à la radio Al Hurriya, à Gaza. Lors de cette réunion infâme, Dahlan jurait de faire regretter au Hamas le jour où il avait décidé de prendre part aux élections.
"Je leur ferai manger … (juron), et si un quelconque gars du Fatah ose participer au gouvernement Hamas, je saurai comment m'occuper de lui."
Dahlan avait ajouté : "J'enverrai quelques jeeps ici et là, pour donner l'impression que Gaza est en feu."
Dahlan fit d'autres remarques épouvantables, qu'on ne peut mentionner pour maintenir la dignité du langage.
Ensuite, le Fatah, ou plus exactement le camp à qui les Américains ont donné du pouvoir au sein du mouvement, a collaboré activement avec la CIA et Israël "pour faire échouer l'expérience Hamas", de peur qu'elle ne se répète ailleurs au Moyen Orient et dans le reste du monde musulman.
L'idée était très simple : imposer un étranglement économique et financier draconien sur les Palestiniens ordinaires, pour leur faire non seulement regretter leur décision de voter pour le Hamas, mais aussi pour qu'ils se retournent contre le mouvement islamique, de manière analogue à tous les coups d'Etat fomentés par la CIA en Amérique Latine et Centrale.
Au début de l'année, le magazine américain "Vanity Fair" a publié un rapport d'investigation très complet intitulé "Comment l'Administration Bush a menti au Congrès et a armé le Fatah pour provoquer une guerre civile palestinienne dans le but de renverser le Hamas."
Le rapport soulignait que la Maison Blanche avait essayé d'organiser le renversement du gouvernement dirigé par le Hamas après qu'il ait remporté les élections palestiniennes en 2006.
Selon le rapport, l'administration Bush a menti au Congrès et a accru son soutien militaire à la faction palestinienne rivale Fatah, dans le but de provoquer une guerre civile palestinienne, dont ils pensaient que le Hamas la perdrait.
Vanity Fair rappelait l'épisode "Iran Contra 2.0" – en référence aux fonds versés par l'administration Reagan aux Contras nicaraguayens en vendant secrètement des armes à l'Iran. (1)
Un ancien responsable haut placé de l'administration Bush a dit qu'il pensait que la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza l'année dernière était vraisemblablement une mesure préemptive pour devancer le coup d'Etat soutenu par les USA.
Cet officiel, David Wurmser, fut le conseiller pour le Moyen Orient du Vice-président Cheney jusqu'à ce qu'il démissionne en juillet 2007, un mois après la prise de pouvoir du Hamas. Wurmser a dit : "Il y a une rupture stupéfiante entre la revendication du Président pour la démocratie au Moyen Orient et sa politique. Elle la contredit directement."
Nettement embarrassé, le Fatah, comme prévu, a minimisé la crédibilité du rapport, le qualifiant de "grossièrement inexact".
Le Fatah demande donc maintenant des élections anticipées, oubliant complètement toute une série de questions importantes en rapport avec les élections. En voici quelques-unes :
Tout d'abord, Israël et l'administration américaine, qui considèrent le Hamas comme une "organisation terroriste" (non pas pour la violence mais parce qu'il insiste sur les droits palestiniens, en particulier le droit au retour des réfugiés palestiniens) autoriseront-ils que des élections libres et transparentes aient lieu, à la lumière de "l'expérience désastreuse" de 2006 ?
Les dirigeants du Fatah peuvent arguer, uniquement par provocation, que les élections sont une affaire palestinienne interne. Oui, c'est vrai, mais nous savons tous que l'Autorité Palestinienne n'est pas un Etat, et encore moins un Etat souverain. Nous savons aussi que l'Autorité Palestinienne est à 150% subordonnée aux USA, qui sont en retour subordonnés à Israël. Alors, pourquoi parler au sous-fifre plutôt qu'au responsable ?

En deux, admettons que le Hamas gagne les élections, le Fatah acceptera-t-il cette fois le résultat ? Les dizaines de milliers de soldats anti-Hamas entraînés et payés par les Américains en Cisjordanie accepteront-ils l'autorité du nouveau gouvernement dirigé par le Hamas ?

En fait, il serait plus que naïf de penser qu'ils le feraient. Nous parlons de forces de sécurité dont la raison d'être est de combattre et d'annihiler le Hamas, comme le prouve la campagne vindicative contre les Palestiniens suspectés d'appartenir au Hamas et les institutions islamiques actuellement menée dans toute la Cisjordanie.
Troisièmemen t, imaginons que le Fatah accepte les résultats, même si ceux-ci ne lui plaisent pas. Israël le fera-t-il ? Y a-t-il des garanties que l'armée israélienne d'occupation, qui contrôle chaque recoin et chaque rue de Cisjordanie, ne rafle pas les "mauvais candidats" et les "mauvais gagnants", et ne les jette pas dans les geôles et camps de concentration israéliens partout en Palestine occupée, comme il l'a fait la dernière fois que des élections ont eu lieu ?
Israël, pour ceux qui l'aurait oublié, continue de détenir pour la troisième année consécutive des centaines de personnalités palestiniennes élues, dont des maires, des membres de conseils locaux et, en particulier, pas moins de 40 députés élus et anciens ministres.
Le principal "crime" commis par ces responsables élus, des gens comme le Professeur Aziz Duweik, le Président du Parlement palestinien, est d'avoir participé à une "élection illégale" ! Quel énorme mensonge, quand on sait que les élections palestiniennes de 2006 ont été agréées tant par Israël et son premier ministre Ariel Sharon que par l'administration Bush.
Cette conduite de gangster scandaleuse par un état qui s'autoproclame la seule démocratie du Moyen Orient est une preuve flagrante qu'une démocratie sous occupation militaire étrangère est une grande farce.
C'est un message que toutes les factions palestiniennes, en particulier le Fatah et le Hamas, devrait comprendre et intérioriser.
Ne pas le faire ferait de nous la risée du monde.
(1) Affaire Iran-Contra : dans les années 1980, plusieurs membres de l'administration Reagan ont vendu illégalement des armes à l'Iran, qui était un ennemi avoué des États-Unis, et ont utilisé les profits pour financer secrètement, et malgré l'opposition du Congrès, les Contras, un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen de lutte armée regroupant les opposants au gouvernement marxiste-léniniste de Daniel Ortega.
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt : http://palestine.over-blog.net/article-23015250.html 21 septembre 2008


5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion. Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

5-1 Analyse de Jonathan Cook : Comment Israël fabrique ses collaborateurs palestiniens. Il est devenu évident que « la coopération » est l’épine dorsale même de la réussite d’Israël à maintenir son occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. La police secrète israélienne exploite la situation misérable des hôpitaux et le manque de fournitures médicales dans la bande de Gaza pour faire pression sur les malades et leurs familles afin qu’ils collaborent en échange d’une autorisation de quitter Gaza.
La persistante utilisation par Israël de collaborateurs palestiniens pour renforcer l’occupation et détruire la résistance palestinienne avait toujours été jusqu’à aujourd’hui passée sous silence.
Quand le sujet était abordé par les médias internationaux et locaux, c’était uniquement dans le cadre des insuffisances du système judiciaire palestinien qui tolérait l’exécution sommaire de collaborateurs lynchés par la foule ou condamnés par des tribunaux aux décisions arbitraires. Cela commence à changer avec un flot régulier de rapports donnant une idée de l’ampleur de l’utilisation de collaborateurs par Israël, et des techniques malsaines employées pour les recruter. Il est devenu évident que « la coopération » est l’épine dorsale même de la réussite d’Israël à maintenir son occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. La collaboration a de multiples apparences, dont les revendeurs qui achètent des terres appartenant à des Palestiniens pour ensuite les revendre aux colons ou au gouvernement israélien, ou des collaborateurs armés qui assistent les soldats israéliens lors des incursions, ou encore des indicateurs infiltrés dans les organisations politiques et leurs ailes armées et qui contrecarrent les opérations de résistance. Mais la base du système de collaboration, dont Israël dépend pour maintenir son contrôle, est l’informateur de bas niveau qui transmet mêmes les plus petites informations sur ses voisins et les responsables de sa communauté. Des informations récemment parues dans les médias israéliens suggèrent que le retrait de Gaza en 2005, loin de réduire les opportunités pour cette collaboration, les aurait au contraire réellement augmentées. Le siège en cours appliqué contre le territoire — par lequel Israël contrôle effectivement tout mouvement dans et hors de Gaza — a fourni un point de levier idéal pour imposer les connivences. Aux commandes de cette stratégie se trouve la police secrète israélienne, le Shin Bet, qui a récemment tourné son attention vers les Gazans malades et vers leurs parents qui doivent sortir de la bande de Gaza. Avec des équipements hospitaliers et des médicaments qui font défaut, certains patients ont peu d’espoir de guérison sans un traitement à l’étranger ou en Israël. Selon la branche israélienne des médecins pour les droits de l’homme Physicians for Human Rights, le Shin Bet exploite la détresse de ces familles pour exercer des pressions afin qu’elles acceptent de collaborer en échange d’une autorisation de sortie. Le mois dernier, cette association a révélé les détails de 32 cas dans lesquels des Gazans malades ont reconnu que des permis de sortie leur ont été refusés après qu’ils aient eux-mêmes refusé de se transformer en indicateurs. Parmi ces cas se trouve celui de Shaban Abu Obeid, âgé de 38 ans, dont le stimulateur cardiaque a été installé dans un hôpital israélien et qui a besoin d’un entretien régulier fait par les médecins israéliens. Un autre cas montre que Bassam Waheidi, âgé de 28 ans, est devenu aveugle d’un oeil après qu’il ait refusé de coopérer et que le droit de quitter Gaza lui ait été nié. Mais ces cas ne sont que la partie visible d’un énorme iceberg. Ces Palestiniens qui refusent de collaborer ont tous intérêt à rendre public leurs mésaventures. En revanche, ceux qui acceptent de se transformer en indicateurs n’ont aucun intérêt à le faire... Comme c’est le cas dans d’autres régimes d’occupation, Israël s’est longtemps appuyé sur la façon la plus traditionnelle de recruter des collaborateurs : l’usage de la torture. Alors qu’une décision de la Cour suprême israélienne interdit la torture depuis 1999, l’évidence suggère que le Shin Bet a tout simplement ignoré ce jugement. Deux groupes israéliens de défense des droits de l’homme, B’Tselem et Hamoked, ont découvert l’année passée qu’étaient toujours régulièrement utilisées sept méthodes « spéciales » d’interrogatoire correspondant à de la torture, dont les passages à tabac, les immobilisations douloureuses, des positions contraignant le dos à se plier en arrière, et la privation prolongée de sommeil. La détention offre d’autres moyens de recrutement. Ces seules 17 dernières années, 150 000 Palestiniens ont été poursuivis par le régime militaire. Selon le groupe israélien Yesh Din, 95% de ces poursuites se terminent par des négociations entre le procureur et l’avocat de la défense, impliquant parfois le juge, pour réduire la gravité des charges, offrant ainsi une autre possibilité de persuader un détenu de faire l’informateur en échange d’une peine réduite. Le partage de cellule dans le système pénitentiaire israélien, comme Salah Abdel Jawwad, spécialiste des Sciences politiques basé Ramallah l’a observé, est aussi l’environnement parfait dans lequel le Shin Bet peut collecter des données non seulement sur un(e) détenu(e) mais également plus largement sur la société d’où il ou elle est issu(e). Avec des centaines de milliers de Palestiniens ayant passé par ses prisons depuis 1967, Israël a pu « depuis longtemps contrôler la population » nous dit M. Abdel Jawwad, « en particulier parce qu’il peut identifier à l’avance ceux qui ont l’étoffe de devenir des dirigeants dans la société palestinienne. » Un exemple de l’utilisation de pressions durant la détention en prison a été révélé la semaine dernière quand un ordre de relâche a été émis sur le cas de Hamed Keshta, âgé de 33 ans, originaire de Gaza. Traducteur pour les agences de presse et l’Union européenne (UE), il a été arrêté en juillet alors qu’il essayait de se servir d’un permis pour franchir la frontière vers Israël afin d’assister à une réunion avec ses employeurs de l’UE. M. Keshta a raconté qu’il a été placé en détention et qu’il s’est vu offrir la possibilité de devenir un collaborateur. Après qu’il ait refusé, les interrogatoires par le Shin Bet « ont commencé à devenir sérieux », rapporte le quotidien israélien Haaretz. Il est resté en détention pendant un mois, affublé des plus graves accusations telles que des « violations de la sécurité » et d’avoir conspirer pour commettre « un crime contre la sécurité de l’État. » « Je suppose que c’est l’interrogatoire standard que des milliers d’autres Palestiniens subissent, » a-t-il estimé après sa libération. « Ils ne m’ont pas battu, mais j’ai été placé dans des positions contraignantes et forcé à me courber sur une chaise, » ajoute-t-il, faisant allusion à la cruelle position nommée « shabah » qui devient insupportablement douloureuse après une courte période. Keshta a également été privé de médicaments. Depuis des décennies, les autorités d’occupation ont imposé un système de contrôle absolu sur la vie des Palestiniens qui obligent ces derniers à obtenir des permis pour tout mouvement, soit auprès du régime militaire qui les domine, connu sous le terme trompeur d’administration civile, soit auprès du Shin Bet. La plupart des Palestiniens ont besoin d’une laisser-passer pour réaliser les tâches habituelles et essentielles telles que construire ou transfomer une maison, traverser un point de contrôle [checkpoint] pour rendre visite à un parent ou pour atteindre un hôpital, passer par une porte dans le mur de séparation [mur d’Apartheid] israélien pour cultiver leurs terres, conduire un taxi, obtenir des permis d’importation ou d’exportation, quitter les territoires occupés y compris pour des affaires, rendre visite à un parent en prison, obtenir un droit de résidence pour une personne aimée, et ainsi de suite... Il y a peu de Palestiniens qui n’ont pas eu besoin d’une telle « faveur » de la part des autorités militaires à un moment ou à un autre, soit pour eux-mêmes soit pour quelqu’un qu’ils connaissent. Et c’est en ce moment qu’une pression peut être exercée. Dans son livre « Sharon et ma belle-mère », Suad Amiry décrit avec éloquence ce processus. En échange d’une aide ou d’un permis quelconque, un retour est exigé par le régime d’occupation. Une fois le doigt dans l’engrenange, l’intégrité du bénéficiaire est compromise et progressivement de plus grandes exigences se font jour. C’est ce progressif étranglement de grandes parties de la population palestinienne, en même temps que des menaces ouvertes de violence physique destinées à de plus petites parties de la population, qui certifient que la collaboration avec l’occupation a un aspect endémique. Ceci, dans la façon dont le comprend Israël, crée un environnement qui empêche le succès de la résistance et qui exige organisation, coopération et échange de renseignements entre les organisations armées. Dès que le cercle s’élargit au-delà de quelques individus, l’un d’entre eux est susceptible d’être un informateur. Le résultat peut être constaté dans l’échec récurrent de la plupart des actions armées de la résistance, aussi bien que dans la facilité avec laquelle Israël sélectionne des dirigeants palestiniens pour en faire des « cibles » pour des meurtres. M. Abdel Jawwad caractérise cette approche de guerre « psychologique » contre les Palestiniens, qui sont ainsi poussé à croire que leur société est « faible, maladive et composée d’individus peu fiables. » En bref, ceci encourage la fragmentation sociale où les Palestiniens en arrivent à croire qu’il vaut mieux poignarder son voisin dans le dos avant d’être soi-même poignardé. Jonathan Cook 18 septembre http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5087

Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush, Hamas,Fatah

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09 – Fin-- La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

n°387 - Dossier de Palestine- 22-09  – Fin--  La stratégie de Bush sur les théâtres du Moyen-Orient.

 



Dossier de Palestine  – Fin-       N°387                              22-09 Par M.Lemaire    


Sommaire                                             – Fin - 

5 Analyse - Géopolitique et stratégie  – Fin - 

5-2 Les sombres stratagèmes d'Israël pour appâter les collaborateurs palestiniens.

5-3 Analyse de Bill Van Auken : Palin  ou l’ignorance au service de l’extrême droite.

5-4 Analyse de Jalal Al Husseini : Les camps de réfugiés palestiniens au Proche-Orient, entre norme du droit au retour et intégration socioéconomique. 6 Annexe

 6-1 Les lois d'apartheid d'Israël.



5 Analyse - Géopolitique et stratégie  – Fin 1- 

 5-2 Les sombres stratagèmes d'Israël pour appâter les collaborateurs palestiniens. La perpétuelle utilisation par Israël de collaborateurs palestiniens pour enraciner l'occupation et détruire la résistance palestinienne était autrefois le grand tabou du conflit au Moyen-Orient.
Lorsque le sujet a été abordé par les médias internationaux et locaux, cela le fût uniquement dans le cadre des défauts du système judiciaire de l'Autorité Palestinienne qui permettait l'exécution sommaire des collaborateurs par des lynchages de foule et des tribunaux populaires.
Par Jonathan Cook >
jcook@thenational.ae Cela commence à changer avec une série de reportages indiquant l'étendue de l'utilisation de collaborateurs par Israël et les techniques malsaines qu'il utilise pour les recruter. Il est devenu évident que la «coopération» est la base du succès d'Israël dans son maintien de l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
La collaboration prend diverses formes, avec entre autres, des revendeurs de terres qui achètent des terres appartenant à des Palestiniens pour les revendre à des colons ou au gouvernement israélien, des agents armés qui aident les soldats israéliens dans leurs rafles et des infiltrés dans les organisations nationales et leurs branches armées qui font échouer les opérations de la résistance.
Mais la base de la collaboration est le système d’informateurs de bas niveau qui fournissent des informations sur leurs voisins et les dirigeants de la communauté sur lequel est basé le système de contrôle israélien.
Par exemple, des récents reportages parus dans les médias israéliens donnent à penser que le retrait de la bande de Gaza en 2005, loin de réduire les possibilités de collaboration, pourrait les avoir effectivement augmentées.
L'actuel siège de la bande de Gaza – grâce auquel Israël gère en réalité tous les mouvements d'entrée et de sortie de la bande de Gaza - a fourni un moyen de pression pour encourager la connivence.
Le cerveau derrière cette stratégie est la police secrète israélienne, le Shin Bet, qui a récemment tourné son attention vers les malades de Gaza et leurs familles qui doivent quitter la bande de Gaza. Avec le manque d’hôpitaux et de médicaments, certains malades ont peu d'espoir de guérison sans traitement à l'étranger ou en Israël.
Selon la branche israélienne des Médecins Pour les Droits de l'Homme,
le Shin Bet a exploité la détresse de ces familles en faisant pression sur eux pour accepter de collaborer en échange d'un permis de sortie.
Le mois dernier, le groupe a dévoilé les détails de 32 cas de malades de Gaza qui ont admis avoir été privés de laissez-passer après avoir refusés de devenir des informateurs.
L'un d’eux est Shaban Abu Obeid, 38 ans, dont le stimulateur cardiaque a été installé dans un hôpital israélien et a besoin d'entretien intermittent par des médecins israéliens.
Un autre, Bassam Waheidi, 28 ans, est devenu aveugle d'un œil après avoir refusé de coopérer et n’a pas pu obtenir de laissez-passer.
Mais ces cas ne sont que le sommet d'un énorme iceberg. Les Palestiniens qui refusent de collaborer ont tout intérêt à rendre public leurs problèmes. En revanche, ceux qui acceptent de devenir des informateurs n'ont pas intérêt à le faire.
Comme les autres régimes d'occupation, Israël a longtemps compté sur le mode de recrutement des collaborateurs le plus traditionnel : la torture. Même si une décision de la Cour suprême israélienne en 1999, a interdit la torture, les faits suggèrent que le Shin Bet a tout simplement ignoré la décision.
Deux groupes des Droits de l’Homme israéliens, B'Tselem et Hamoked, ont constaté l'an dernier que sept méthodes d'interrogatoire "spéciales" équivalant à de la torture sont encore régulièrement employées, dont les passages à tabac, les liens douloureux, les torsions du dos, les étirements du corps et les privations prolongées du sommeil.
La détention fournit d'autres possibilités de recrutement. Au cours des 17 dernières années, 150000 Palestiniens ont été poursuivis par le régime militaire. Selon le groupe israélien Yesh Din,
95% de ces procès ont terminé par des négociations, donnant encore une autre chance de convaincre un détenu de devenir un informateur en échange d'une réduction de peine.
Le partage de cellules dans le système pénitentiaire israélien, comme l’a fait observé Salah Abdel Jawwad, un spécialiste politique de Ramallah, est aussi le parfait environnement dans lequel le Shin Bet peut recueillir des données non seulement sur le détenu, mais aussi sur l'ensemble de la société d’où il ou elle vient.

Avec des centaines de milliers de Palestiniens qui sont passés par les prisons depuis 1967, Israël a été en mesure "de contrôler la population à un stade précoce", dit M. Abdel Jawwad, "en particulier parce qu'il est en mesure d'identifier ceux qui sont les futurs dirigeants de la société
."
Un exemple de l'usage de pression au cours de la détention est sorti la semaine dernière, lorsque le secret a été levé sur le cas de Hamed Keshta, 33 ans, de la bande de Gaza. Traducteur pour des agences de presse européennes, il a été arrêté en Juillet quand il a essayé d'utiliser un laissez-passer pour entrer en Israël afin de rencontrer ses employeurs européens.
M. Keshta dit qu'il a été mis en garde à vue et qu’on lui a proposé de devenir un collaborateur. Quand il a refusé, les interrogatoires du Shin Bet "ont commencé à devenir sérieux", indique le journal Haaretz. Il a été détenu en garde à vue pendant un mois, accusé de graves chefs d'inculpation comme "atteintes à la sécurité" et conspiration pour commettre «un crime contre la sûreté de l'Etat".
Pendant des décennies, l'occupation a imposé un système de contrôle absolu sur la vie des Palestiniens qui les oblige à demander des laissez-passer soit au régime militaire qui les gouverne, appelé à tort Administration Civile, soit au Shin Bet.
La plupart des Palestiniens ont besoin d'un laissez-passer pour effectuer des tâches essentielles de la vie quotidienne comme la construction ou la modification d’une maison, franchir un checkpoint pour rendre visite à un parent ou aller à l’hôpital, franchir une porte dans le Mur de Séparation d’Israël pour cultiver leurs terres; conduire un taxi, obtenir des licences d’importation ou d’exportation; quitter les territoires occupés, y compris pour les entreprises; rendre visite à un parent en prison; obtenir une résidence pour un être cher, et ainsi de suite.
Il y a peu de Palestiniens qui n'ont pas besoin à un moment donné d'une telle "faveur" des autorités militaires, que ce soit pour eux-mêmes ou pour quelqu'un qu'ils connaissent. Et c'est à ce moment-là que la pression peut être exercée.
Dans son livre, Sharon et Ma Belle-Mère, Suad Amiry décrit ce processus de façon éloquente. En échange de l'aide ou du laissez-passer, une petite faveur est accordée par le régime d'occupation. Une fois acceptée, l’intégrité du bénéficiaire est compromise et petit à petit, les demandes sont plus importantes.
Ce sont ces petits gestes piégeant de larges couches de la population palestinienne - avec les menaces de violence physique contre de plus petites parties de la population - qui s’assurent du fait que la collaboration avec l'occupation soit endémique. Cela, comme le comprend bien Israël, crée un climat qui empêche le succès de la résistance, qui a besoin d’une organisation, d’une coopération et d’un échange de renseignements entre les factions armées. Dès que le cercle s'élargit au-delà de quelques individus, l'un d'eux est susceptible d'être un informateur.
Le résultat peut être vu dans l'échec  de la plupart des actions armées de la résistance, ainsi que dans la facilité avec laquelle Israël assassine les dirigeants palestiniens qu’il "cible".
M. Abdel Jawwad appelle cette approche la «guerre psychologique» contre les Palestiniens, qui fait croire que leur société est "faible, malade et composée de personnages douteux".
En bref, cela encourage la fragmentation sociale, ce qui amène les Palestiniens à penser qu'il est préférable de poignarder dans le dos leur voisin avant d’être eux-mêmes poignardés.
Source : http://www.antiwar.com/ http://www.alterinfo.net/Les-sombres-stratagemes-d-Israel-pour-appater-les-collaborateurs-palestiniens_a23841.html


5-3 Analyse de Bill Van Auken : Palin  ou l’ignorance au service de l’extrême droite.

 Sarah Palin, a dévoilé l’ignorance et les politiques d’extrême droite de la candidate, tout en brodant autour de certaines des questions les plus cruciales à la base de son improbable candidature. Le choix de Palin commence-t-il à donner des sueurs froides au camp Républicain ? La réaction de la campagne d’Obama et du Parti démocrate est tout autant révélatrice. Ils ont laissé Palin dire ce qu’elle voulait durant les entrevues sans réagir, sauf lorsqu’elle a tenté de s’identifier à la sénatrice Hillary Clinton, candidate à l’investiture démocrate. Une réaction colérique en guise de réponse, transmise par la congressiste de la Floride , Debbie Wasserman Shultz, avait plus l’allure d’une contestation contre l’utilisation illégale d’une marque de commerce plutôt qu’une réponse substantielle aux positions de Palin. Les démocrates ont ignoré dans leur réponse à la présentation de Palin ses vues politiques significativement plus à droite que celle de l’administration Bush, incluant une position en politique étrangère qui pose clairement la menace d’une troisième guerre mondiale nucléaire. Par son ton, l’entrevue était sans contredit l’un des échanges les plus particuliers ayant été tenue dans l’histoire récente de la politique américaine. L’approche de Gibson ressemblait parfois à celui d’un professeur impatient et sceptique testant un de ses mauvais élèves. Pour sa part, Palin semblait agir en automate, clairement, elle régurgitait les réponses que les responsables de la campagne républicaine lui ont fait apprendre durant la courte période de deux semaines depuis son élection-surprise comme colistière du sénateur John McCain. Il fait peu de doute que sur les quelque dix millions de téléspectateurs qui ont écouté les entrevues, beaucoup ont été motivé par une curiosité morbide, pour voir si la gouverneure de l’Alaska, pratiquement inconnue jusqu’à ce jour et sans expérience, allait sérieusement se ridiculiser à la télévision nationale. Palin a trébuché sur quelques questions et est demeurée complètement figée lorsque lui a été posée la question sur la « doctrine Bush », une chose avec laquelle elle n’était clairement pas familière, même après que Gibson, pour l’aider, lui eut expliqué de quoi il s’agissait. Derrière l’image fabriquée, les éléments qu’apporte Sarah Palin à la politique américaine sont la bigoterie religieuse et l’hostilité à l’égard des droits démocratiques, l’anti-intellectualisme, un faux semblant de populisme de droite et un appui inébranlable au militarisme américain, en bref, le fond de commerce de la droite républicaine. Les dangers que soulève ce type d’ignorance, d’idées arriérées et de perspective réactionnaire lorsqu’ils sont fusionnés aux pouvoirs d’Etat sont devenus clairs dans l’entrevue d’ABC. .... Pareillement, Palin a été questionnée sur l’attitude que Washington devrait adopter à l’égard d’une décision d’Israël de mener des frappes aériennes contre le programme nucléaire embryonnaire d’Iran. « Bien, premièrement, nous sommes amis avec Israël et je ne crois pas que nous devrions critiquer les mesures qu’Israël doit prendre pour se défendre et pour assurer sa sécurité », répondit Palin. Alors que Gibson insista sur ce point, elle s’accrocha obstinément à cette position, répétant à deux reprises qu’il ne fallait pas « critiquer » les actions d’Israël. Le Washington Post doit régulièrement « critiquer » de telles décisions - malgré l’indéniable et extraordinaire influence exercée par Israël et le lobby sioniste sur la politique étrangère américaine - mais cette question ne s’est apparemment jamais posée à Palin. Pas plus, semblerait-il, qu’une telle attaque israélienne ferait certainement l’objet de représailles iraniennes dont de possibles attaques contre les troupes de l’occupant américain en Irak, incluant son propre fils, qui y est déployé depuis le 11 septembre. Ensuite, il y eut l’échange sur la « doctrine Bush », à propos duquel beaucoup a été dit dans les médias. Les premières paroles maladroites de Palin sont compréhensibles. Gibson lui demanda, « êtes-vous d’accord avec la doctrine Bush » et elle répondit en indiquant qu’elle croyait qu’il faisait référence à sa « vision du monde ». Cependant, lorsque Gibson poursuivit en indiquant que, non, il parlait plutôt de « la doctrine Bush, celle annoncée en septembre 2002, avant la guerre en Irak », il devint évident que Palin n’avait aucune idée qu’il faisait référence à la doctrine de « guerre préventive » avec laquelle Bush et l’impérialisme américain se sont arrogé le droit d’attaquer militairement tout pays perçu comme une menace aux intérêts de ce dernier. Palin balbutia quelques paroles sur son accord avec les efforts de Bush visant à « débarrasser ce monde de l’extrémisme et des terroristes islamiques qui veulent à tout prix détruire notre nation » et affirma que les « erreurs » commises pourraient être corrigées par l’élection d’un nouveau leadership. Néanmoins, même du point de vue son ignorance, les réponses de Palin ont clairement démontré qu’elle soutenait essentiellement la « doctrine Bush » : un militarisme américain débridé. Lorsqu’on lui demanda si les Etats-Unis avaient le droit de mener des attaques au-delà de la frontière, contre le Pakistan, sans la permission du gouvernement de ce pays - ce qui se produit déjà sous les ordres de la Maison-Blanche de Bush - Palin a répondu : « Afin de stopper les extrémistes islamiques, ces terroristes qui cherchent à détruire les Etats-Unis et nos alliés, nous devons faire tout ce qui est nécessaire sans hésiter, Charlie, en prenant ces dures décisions, à savoir où aller et même qui prendre pour cible. » Voilà le corollaire de Palin à la doctrine Bush : aller n’importe où et cibler n’importe qui, il ne faut simplement pas hésiter. Sur les questions nationales, un mélange d’ignorance et de duplicité a caractérisé les réponses de Palin. Lorsqu’on lui parla de ses désaccords avec McCain sur le réchauffement climatique, elle nia l’existence de tels désaccords et déclara qu’elle croyait que « les activités de l’homme pouvaient certainement contribuer au problème du réchauffement et des changements climatiques ». Toutefois, pas plus tard que l’an dernier, elle répétait fidèlement les mots de l’extrême droite et du lobby du pétrole, affirmant à un quotidien de l’Alaska que, « Je ne suis pas un Al Gore, ni un prophète de malheur environnementaliste qui rejette le blâme des changements climatiques sur l’activité humaine. » .... Le fait que Palin puisse être envisagée comme la candidate à la vice-présidence du Parti républicain témoigne non seulement de la trajectoire vers l’extrême droite du parti lui-même, mais aussi de la pusillanimité des démocrates et de leur incapacité et réticence à mener toute attaque sérieuse contre le Parti républicain ou l’extrême droite. L’élite dirigeante américaine est clairement en appréhension face à cette stratégie et les dangers d’avoir une personne comme Palin à « un battement de coeur » d’une présidence qui serait occupée par un homme de 72 ans avec d’importants problèmes de santé. Le Washington Post a publié un éditorial sur les entrevues, les qualifiant de « troublantes ». Sa performance, affirme le journal, « ne l’a pas disqualifiée, mais était loin d’être rassurante ». dimanche 21 septembre 2008 - 05h:38 Bill Van Auken – WSWS (Article original anglais paru le 15 septembre 2008) dimanche 21 septembre 2008 - 05h:38

5-4 Analyse de Jalal Al Husseini : Les camps de réfugiés palestiniens au Proche-Orient, entre norme du droit au retour et intégration socioéconomique. 16 septembre  Cet article analyse les enjeux politiques et socioéconomiques relatifs à l’évolution de l’infrastructure physique des 58 camps de réfugiés palestiniens officiels que compte le Proche-Orient ( la Jordanie , le Liban, la Syrie , la Cisjordanie et la bande de Gaza). Par ce biais, c’est la question de l’intégration de ces camps dans leur environnement local qui est posée, avec pour principal objet d’analyse les interactions qui se sont développées entre leurs habitants, aujourd’hui au nombre d’un million quatre cent mille, soit environ un tiers de l’ensemble des refugiés enregistrés, et les principales institutions en charge de leur gestion quotidienne, soit les autorités des pays d’accueil et l’UNRWA [1] (UNRWA, 2007). On essaiera en particulier de s’interroger sur l’accélération récente des travaux de réhabilitation de nombreux camps depuis la fin des années 1990 en terme de rénovation de l’habitat et des réseaux routiers ainsi que de réfection des réseaux d’eau et d’électricité. La gestion des camps s’apparente-t-elle encore à ce que Blandine Destremau, se référant au cas jordanien au début des années 1990, appelait la « reproduction du provisoire » (Destremeau, B., 1994) ?  Ou est-on entré dans une phase nouvelle d’implantation permanente des réfugiés dans leurs pays d’accueil, prélude à un règlement définitif du conflit israélo-arabe ? Répondre à ces interrogations nécessite de revenir sur les principales étapes de la gestion des camps depuis 1949-1950, lorsque les premiers d’entre eux furent installés. Chacune de ces étapes, du remplacement des tentes par des unités d’habitation en dur dans les années 1950 à l’aménagement de ‘résidences modèle’ en Cisjordanie et en Syrie depuis le début des années 2000, témoigne de l’évolution du contexte politique et socioéconomique dans lequel les interactions trilatérales réfugiés/sociétés d’accueil/UNRWA se sont inscrites. Extrait CONCLUSION Si la gestion des camps de réfugiés palestiniens n’a cessé d’être marquée par la ‘norme’ du ‘droit au retour’, sa mise en œuvre a varié selon l’adaptation des réfugiés et des acteurs institutionnels impliqués à l’évolution du contexte politique et socioéconomique proche-oriental. Longtemps considérée par les réfugiés ainsi que les autorités d’accueil comme une atteinte à ce droit, la réhabilitation de l’infrastructure des camps s’est ainsi muée, d’abord au cours des années 1980 dans les territoires occupés de la bande de Gaza et de Cisjordanie, puis dans les autres pays du Proche-Orient, en support essentiel à la préservation de ce droit : réhabiliter le camp, c’est en assurer la survie devant les plans d’implantation permanente envisagés par Israël et ses alliés. Cette évolution a garanti aux camps leur caractère temporaire tout en leur conférant une certaine intégration physique dans le tissu urbain des pays d’accueil. Jusqu’aux ‘Accords d’Oslo’ de septembre 1993, cette évolution stratégique de la notion de réhabilitation a correspondu à l’évolution du statut sociopolitique du réfugié des camps : le réfugié démuni, dépendant de l’assistance internationale, s’émancipe dès la fin des années 1960 en se transformant en ‘héros’ du ‘droit au retour’ et en acteur emblématique de la résistance palestinienne contre Israël. Plus prosaïquement, nombres de réfugiés des camps se sont intégrés d’eux-mêmes dans les pays d’accueil au gré des opportunités socioprofessionnelles que ces derniers leur ont offert. Le processus de paix engagé suite à la conclusion des ‘Accords d’Oslo’ a rompu l’équilibre matériel et symbolique sur lequel l’intégration qualifiée des réfugiés des camps était basée. En remettant en cause le statut des réfugiés et celui des camps sans aucune garantie quant à leur statut permanent, ce processus les a placés dans une situation délicate de porte-à-faux face à des sociétés d’accueil en mal de développement et de croissance économique, y compris dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza sous autonomie palestinienne. En attendant la conclusion (ou l’absence) d’un accord définitif avec Israël, comment en effet concilier le projet de construction national-étatique dans l’ensemble des pays de la région, avec ses exigences d’intégration politique et de viabilité socio-économique, tout en préservant l’existence des camps, symboles du refus de l’implantation définitive des réfugiés, mais également figures de marginalité et de dépendance matérielle ? Ces questions nous invitent à une discussion de fonds sur les modalités d’intégration géographique, politique, et socioéconomique des camps et de leurs habitants dans les sociétés d’accueil, et ce à l’échelle municipale, nationale et régionale. A cet égard, il convient de se départir des approches ‘essentialistes’ souvent adoptées par ceux qui, des acteurs politiques ou humanitaires aux chercheurs, tendent à produire une représentation figée des camps en termes exclusifs de ‘non-lieux’, de ‘camps d’internement’ ou, à l’inverse, de ‘lieux de mémoire’, selon leurs orientations idéologiques et/ou théoriques. Comme l’a montré cette contribution, chacune de ces représentations représente seulement un aspect de la réalité complexe des camps, dont l’importance a varié en fonction des différentes phases de l’histoire agitée du Proche-Orient. Jalal Al Husseini
aout 2008
ASYLON(S) - La revue des deux asiles , n°5, septembre 2008 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4975


6 Annexe

 6-1 Les lois d'apartheid d'Israël. Cet été, le Parlement israélien, la Knesset , a tenu des débats sur 16 propositions de loi, toutes dommageables en matière de droits de la personne et des droits civils. Entre autres : 1-Une modification à la loi sur les dommages en matière civile. L’État d’Israël sera rétroactivement exonéré de toute responsabilité pour les dommages causés par l’armée aux résidents des territoires occupés. Ce projet a passé l’étape de la première lecture. 2-Une modification du code pénal : La police israélienne ne sera plus tenue de conserver en dossiers les interrogatoires de suspects dans les cas concernant la sécurité, ce qui facilitera le recours à la torture plus courant. Ce projet a déjà passé les 1ère et 2e lecture. 3-Le renouvellement pour la 8e fois consécutive de la législation « temporaire » sur la citoyenneté, une loi qui empêche des citoyens arabes israéliens de vivre en Israël avec des conjoints originaires de Cisjordanie ou de Gaza. 4-Une proposition concernant la disposition des terres du Fonds national juif (FNJ). Le FNJ possède, en Israël, 13% des terres et distribue ces propriétés exclusivement aux Juifs. Le nouveau projet confirme le droit du FNJ de poursuivre cette politique discriminatoire. Ce projet a été approuvé par la Knesset en 1ère lecture à une confortable majorité. 5-L’emprisonnement sans procès de « combattants illégaux ». Ce projet permettra au gouvernement de garder prisonnier, sans aucun procès, toute personne déclarée membre d’une « force ennemie » jusqu’à la fin des hostilités entre Israël et ce groupe. Ce projet a été approuvé en 2e et 3e lectures à la Knesset. Tous ces projets de loi violent les droits fondamentaux de la personne et les droits civils. Les Israéliens arabes ne peuvent pas acheter de terres ni se marier comme ils le souhaitent, alors qu’il n’y a aucune restriction comparable pour les Israéliens juifs. Les Palestiniens des territoires occupés peuvent voir leurs maisons et leurs propriétés détruites sans aucun dédommagement. Ils sont exposés à des interrogatoires sans respect des procédures, sans protection contre la torture; exposés à l’emprisonnement pendant des années sans procès. Ces mesures sont déjà d’usage courant en Israël. Avec la nouvelle législation elles deviendront tout simplement « légales ». Ces lois israéliennes rappellent les pires aspects de l’apartheid sud-africain. Elles ont comme base une politique raciste et leur but, comme dans l’Afrique du Sud blanche est de dépouiller la population d’origine de ses droits, de sa terre et de son avenir. La législation israélienne est de fait la loi d’un État d’apartheid. Adaptation d’un extrait de l’article « Face the nation/ Two Right Hands » du Akiva Eldar, publié par le quotidien israélien Référence:http://www.haaretz.com/hasen/spages/1012885.html Distribué par PAJU Palestiniens et Juifs Unis Ha’aretz le 19 août 2008.  http://www.pajumontreal.org/paju_fr/?/Afficher-masquer-QUE-CESSE-L-OCCUPATION-Bulletin-de-PAJU-No-396-12-septembre-2008-Les-lois-d-apartheid-d-Israel


Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush, Hamas,Fatah

23/09/2008

n°386 - Journal de Palestine - 10-09 au 22-09 -Début- Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

n°386 - Journal  de Palestine - 10-09 au 22-09 -Début-  Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

Journal de Palestine    -Début- 

N°386                10-09 au 21-09                          

 Par M.Lemaire



Sommaire      -Début-   

Tiré à part Accord d'Oslo : 15ème commémoration de la signature de l'autorité palestinienne :

Et pendant ce temps là... Abbas : Je ne demande pas le retour de 5 millions de réfugiés palestiniens.

La lutte pour la libération dans les  territoires occupés 1  Politique Palestinienne -Suite-   

2  Politique Israélienne

 3 Politique Internationale des territoires occupés

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Médias : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.

5-2 La décision Us de qualifier Al-Aqsa de terroriste est une aberration.

6 Les brèves

6-1 Des discussions israélo-Usa pour soutenir les services de la sécurité d'Abbas...

6-2 Abbas : Le processus de paix doit rester une priorité.

6-3 Ahmed Chouidah : le peuple palestinien refuse tout accord qui néglige le droit au retour.

6-4 En Cisjordanie, une grave crise d’eau étouffe plus de 200 groupes résidentiels.

 -Fin   

7 Dossier 7-1 Point de vue de Jeff Halper : Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 8-1 Lettre ouverte au Président Abbas.



Tiré a part Accord d'Oslo : 15ème commémoration de la signature de l'autorité palestinienne : L’accord d'Oslo représente le projet le plus dangereux contre le peuple palestinien. A l'occasion de la 15ème commémoration de la signature de l'autorité palestinienne à cet accord avec l'occupation israélienne, le porte-parole du mouvement du Hamas, Fawzi Barhoum a dit, dans une déclaration spéciale au centre palestinien d'information, que cet accord a détruit le projet national palestinien et qu'il représente une vraie catastrophe qui cause beaucoup de souffrance aux palestiniens. Le Hamas a considéré que l'accord d'Oslo est le projet le plus dangereux imposé contre le peuple palestinien depuis 1948 et qu'il représente un malheur en renonçant aux droits et principes du peuple palestinien et en donnant une reconnaissance internationale à l'état de l'occupation. Il a souligné que l'accord d'Oslo a donné  à l'occupation le droit de confisquer les droits palestiniens, en soulignant que la continuation des négociations sécrètes avec l'occupation montrent qu'il existe un autre projet plus dangereux que celui d'Oslo. Barhoum a ajouté que le président qui a dirigé l'accord d'Oslo, croit à la normalisation et aux négociations, en précisant que ce sujet a besoin de fortes positions de la part de toutes les factions palestiniennes afin d'arrêter les négociations et la normalisation avec l'occupation. CPI 15/09

Et pendant ce temps là...

12-09 Les forces occupantes et les services de la sécurité d'Abbas lancent de grandes opérations d'arrestations contre les résistants qui appartiennent au mouvement du Djihad islamique et que cela vient dans le cadre d'une coordination sécuritaire entre l'occupation et les services d'Abbas pour frapper la résistance en Cisjordanie. CPI 13-09 Les services de la sécurité qui appartiennent au président de l'autorité palestinienne, Abbas, et les forces de l'occupation ont lancé une vaste campagne d'arrestations contre les dirigeants des Sarayas d'Al Qods, la branche militaire du mouvement du Djihad islamique en Palestine, dans le village de Tamoun et la ville de Naplouse au nord de la Cisjordanie.
U n responsable au mouvement du Djihad islamique a dit dans une déclaration de presse, qu'une force de la sécurité préventive a encerclé la maison d'un citoyen près du camp d'Al Eïn à Naplouse, en arrêtant trois résistants des Sarayas d'Al Qods dont un élément qui a échappé à une tentative sioniste d'assassinat, avant deux jours.
Il a ajouté que deux autres ont pu fuir alors qu'un autre a été arrêté par les forces occupantes qui ont tendu une embuscade dans la même région pour arrêter les moudjahiddins. http://www.palestine-info.cc/fr/ 

  Abbas : Je ne demande pas le retour de 5 millions de réfugiés palestiniens Le président Abbas a confirmé qu'il n'allait pas demander le retour des réfugiés palestiniens vers leurs villages et villes, et il a souligné qu'il effectue des négociations pour un petit nombre de réfugiés palestiniens. Le président Abbas avait dit lors d’une intrevieuw : "Nous comprenons que l'Etat de l'occupation va apporter un refus si nous demandons le retour de 5 millions de réfugiés palestiniens. On doit alors signer un accord de paix et connaître le nombre de réfugiés acceptés par les Israéliens". Il a ajouté : "Les Palestiniens qui ne peuvent pas retourner vers les territoires palestiniens occupés en 1948 vont retourner vers la bande de Gaza et la Cisjordanie. Mais s'ils décident de rester où ils se trouvent, ils seront dédommagés". "Nous négocions avec les Israéliens sur le nombre de réfugiés qui vont retourner vers les territoires occupés en 1948", a poursuivi Abbas. Il a ajouté : "On me critique parce que je ne demande pas le retour de 5 millions de réfugiés palestiniens, mais d'un petit nombre de réfugiés". 13/09 CPI & http://www.palestine-info.cc/fr/


PS Lire dans 8 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage        8-1 Lettre ouverte au Président Abbas

10-09 au 21-09: Peuple Palestinien : 8 tués   -  24 blessés                             Occupants              :  0 tué      -  0 blessé

La lutte pour la libération dans les  territoires occupés Résistance

Hamas : la résistance a détruit la théorie de "la grande Israël" Olmert avait affirmé la fin de la théorie "la grande Israël" qui est devenue une illusion et que le temps ne sert pas l'état de l'occupation. 13/09 Le Hamas a affirmé que ces déclarations, représentent une reconnaissance que les  bases de l'occupation se sont détériorées et affirment l'échec total de l'entité sioniste. Le porte-parole du Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri, a dit que la résistance palestinienne a détruit la théorie de "la grande Israël" et a obligé les leaders de l'occupation de renoncer à ce rêve sioniste après qu'ils sont devenus incapables de défendre les colonies. Il a précisé que les déclarations d'Olmert que ‘le temps ne sert pas l'occupation’, représentent une reconnaissance des dirigeants israeliens que l'occupation n'est pas un destin. CPI 15/09 14-09 Des militants palestiniens ont tiré dimanche une roquette en direction de la ville israélienne de Sderot, sans faire de blessé, a-t-on appris de source policière. En guise de représailles, l'Etat hébreu a annoncé son intention de fermer des points de passage essentiels avec le territoire lundi, selon un communiqué du ministère de la Défense  AP


La lutte pour la libération dans les  territoires occupé

Bande de Gaza - Au jour le jour 16-09 Six personnes ont été tuées et sept autres blessées dans des accrochages entre policiers du mouvement du Hamas et un clan familial à Gaza. Les accrochages ont commencé lorsque les services de sécurité du Hamas ont voulu arrêter un membre du clan Doughmoch accusé d'avoir tué un policier. Trois des tués étaient recherchés par les services de sécurité du Hamas pour leur implication dans la mort de policiers par le passé. Au moins dix personnes ont été arrêtées lors de l'opération et des armes ont été saisies. AFP / 16 septembre


Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967 :  Au jour le jour 

13-09 Six Palestiniens ont été blessés par les tirs des forces de l'occupation qui ont attaqué une manifestation pacifique contre le mur d'apartheid dans le village de Bilin. Les habitants du village et plusieurs solidaires internationaux ont participé à cette marche en portant des drapeaux palestiniens et des pancartes qui condamnent la politique de confiscation de terres palestiniennes pour construire le mur d'apartheid et des colonies sionistes. http://www.palestine-info.cc/fr/

13-09 Dans le village de Nalin, des centaines d'habitants ont fait la prière de vendredi, le 12/9, sur les terres menacées d'être confisquées pour la construction du mur d'apartheid. Les forces occupantes ont ouvert le feu et ont lancé des bombes sonores et lacrymogènes sur les Palestiniens qui participaient à cette marche causant des dizaines d'asphyxies. CPI

 13-09 Les forces occupantes ont lancé une vaste opération militaire dans le village de Tamoun, en arrêtant l'un des résistants de Sarayas d'Al Qods. On souligne que les forces occupantes et les services de la sécurité d'Abbas lancent de grandes opérations d'arrestations contre les résistants qui appartiennent au mouvement du Djihad islamique et que cela vient dans le cadre d'une coordination sécuritaire entre l'occupation et les services d'Abbas pour frapper la résistance en Cisjordanie. http://www.palestine-info.cc/fr/

16-09 Le Jihad Islamique a annoncé que les forces de l'armée occupante avaient attaqué un village au nord de Tulkarem, et encerclé les maisons de 4 membres du Jihad islamique avant de les arrêter.

16-09 Deux Palestiniens ont été blessés par les forces sionistes en Cisjordanie. Toujours selon l'AFP qui citait les sources hospitalières et sécuritaires palestiniennes, les soldats israéliens ont tiré sur deux adolescents à l'entrée du camp Al-Jalzoon. Après avoir également capturé 5 autres adolescents, les forces israéliennes ont fermé l'entrée dudit camp qui se trouve à proximité de la colonie de Beit El. IRIB

17-09 Une unité israélienne a effectué des perquisitions dans la ville de Djénine, procédant à l'arrestation de cinq personnes, a-t- on appris par une source de sécurité Wafa

17-09 Les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) ont blessé, mercredi, un enfant et ont arrêté sept personnes en Cisjordanie. Une dizaine de jeeps militaires israéliennes ont pénétré, ce matin, dans le village de Beit Ummer dans la localité de la ville d'Hébron. Des affrontements se sont produits entre les soldats israéliens et les villageois, selon des témoins. Uday Sa'ady, 11 ans, a été blessé par une balle en caoutchouc. Les FOI se sont retirées du village après avoir arrêté deux jeunes hommes.

21-09 Des soldats israéliens ont tué un résistant en Cisjordanie occupée. Le résistant âgé de 15 ans venait de lancer une bombe incendiaire en direction des soldats israéliens, près de la colonie de peuplement de Yitzhar, au sud de la ville palestinienne de Naplouse, Il s'agit, selon les habitants du village d'Assira al Kabalia, d'un adolescent dont le frère a été tué par l'armée israélienne en 2002 alors qu'il venait d'ouvrir le feu près de Yitzhar, blessant deux soldats. Reuters

21-09

Les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) ont tué une femme de 60 ans à Jérusalem. Une unité israélienne a attaqué, à minuit, un immeuble dans la village d'Abu Deis, dans la localité de Jérusalem. Un soldat a frappé à mort Mme Maryam Ayyad, qui habite dans cet immeuble depuis longtemps, selon une source de sécurité. WAFA


4-2 La Palestine en chiffre (Depuis le début de l'Intifada le 25 septembre 2000

Civils & résistants tués                                                                            :  5.578 Palestiniens blessés                                                                               :  52.912 Internationaux blessés                                                                             : 201 (chiffre tout a fait minimal) (balles réelles ou caoutchoutées, gaz lacrymogène, autres moyens) Arrêtés     :                                                                                            :  47.733 En prison :                                                                                             : 11.800 Pacifistes en prison ou arrêtés                                                                  : 108 Autres actes            Journalistes tués                                                                                      : 9 Journalistes blessés                                                                                :  ? + 32 Nombre de maisons palestiniennes détruites ou partiellement démolies       :  66.275   2-2 Occupants: Israéliens  tués                                                                                        : 1.151                                                                                                                 ( 369 militaires/policiers) Israéliens blessés                                                                                     : 6.490                                                                                                                 ( 473 militaires/policiers)


Les chiffres indiqués sont  vérifiés par le recoupement des chiffres des pertes communiqués par la résistance & les médias occidentaux & XINHUANET (Chine)  

338 Palestiniens arrêtés au mois d’août 2008 Si la libération de 198 Palestiniens a été considérée comme un geste de « bonnes intentions » envers l’Autorité palestinienne, comment les israeliens qualifient t'ils l’arrestation de 338 Palestiniens, au cours de la même période, lors de 95 incursions en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ? Occupation et terreur. Dans la province d’al-Khalil, 93 Palestiniens ont été arrêtés, dans celle de Nablus, 78, dans celle de Bethlehem, 42, puis 39 arrestations dans la province de Jénine, 37 dans celle de Ramallah, 28 dans celle de Toulkarm, 8 dans celle de Toubas, puis 7 à Gaza, 4 à Beit Lahya.


1  Politique Palestinienne MM Abbas & Haniyeh. Abbas 15-09 Le président Abbas a affirmé que 'nous voulons préparer une nouvelle génération capable de poursuivre la lutte nationale jusqu'à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant.' Lors d'un diner de Ramadan avec des orphelins à Ramallah, le président a ajouté qu'une telle génération se devait d'être bien formée et attachée à ses droits nationaux afin que nous puissions lui transmettre la responsabilité de défendre la patrie. 'Je suis content d'être avec vous mes enfants. Nous, tous, devons nous occuper de vous,' a-t-il dit lorsqu'il donnait des cadeaux aux enfants.  WAFA 19-09 Le président Mahmoud Abbas a félicité, jeudi, la ministre israélienne des affaires étrangères Tzipi Livni de sa victoire à l'élection primaire du parti Kadima. Il s'est entretenu ce soir au téléphone avec Livni afin de lui présenter ses félicitations pour avoir remporté l'élection primaire du parti. WAFA 19-09 Après sa victoire, Livni a révélé qu'elle formerait un nouveau gouvernement, ' je travaillerai à la formation d'une coalition.' M. Abbas a considéré les élections de Kadima comme une affaire intérieure;et a déclaré :  'nous sommes prêts à travailler avec tout gouvernement israélien n'importe qui sera à la tête de ce gouvernement,'' WAFA

Haniyeh Tous les leaders israéliens sont ennemis du peuple palestinien : Evoquant la victoire de Tzipi Livni à l'élection du Kadima ‎pour occuper le poste de premier ministre, le Premier ministre élu ‎palestinien Ismaïl Haniyeh a souligné que cette victoire ne ‎changerait rien pour le peuple palestinien car tous les leaders ‎israéliens étaient leurs ennemis. Haniyeh a ajouté que Tzipi Livni ‎et d'autres responsables du régime de Tel-Aviv ne reconnaîtraient ‎jamais les droits du peuple palestinien. Haniyeh a précisé que les ‎autorités israéliennes n'accepteraient jamais la création de l'Etat ‎indépendant ayant pour la capitale la noble Qods.‎ IRIB

1-4 Les grandes manœuvres. 16-07 Le Hamas a démenti les paroles arrogantes publiées par les services de sécurité de Mahmoud Abbas, de la ville de Tulkarem, signalant l'existence de groupes appartenant au Hamas qui de seraient introduit dans la ville Le Hamas considére que ces allégations représentent une justification incorrecte aux citoyens qui expriment leur colère envers les pratiques de ces services.
Le mouvement a ajouté que les services de sécurité d'Abbas affirment poursuivent le même chemin que le gouvernement illégal de Fayyad.
Mercredi 16 Juillet 2008 http://www.alterinfo.net/Haniyeh-visite-la-chaine-d-Al-Aqsa-et-affirme-que-la-decision-americaine-est-une-vanite_a21850.html

Abbas ne peut pas obtenir la légitimité à travers la prolongation de son mandant ou ses changements à la loi. Le président du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé que le président Abbas ne possèderait plus la légitimité après le 9 janvier sauf à travers des élections libres sous l'ombre de l'entente nationale. Mechaal a dit, que le président ne peut pas obtenir la légitimité à travers la prolongation de son mandant ou ses changements à la loi. Il a déclaré dans son discours que le mouvement du Hamas n'accepterait aucun accord qui renonce aux droits du peuple palestinien et ses principes nationaux, en ajoutant que les dirigeants arabes, islamiques et palestiniens ne peuvent pas couvrir cet accord. CPI  14/09


1-8 Violations colonialiste et action contre le Mur de la Honte 13-09 Six Palestiniens ont été blessés par les tirs des forces de l'occupation qui ont attaqué une manifestation pacifique contre le mur d'apartheid dans le village de Bilin. Les habitants du village et plusieurs solidaires internationaux ont participé à cette marche en portant des drapeaux palestiniens et des pancartes qui condamnent la politique de confiscation de terres palestiniennes pour construire le mur d'apartheid et des colonies sionistes. Les témoins ont ajouté que les soldats de l'armée de l'occupation ont attaqué ceux qui ont participé à cette marche pacifique au moment où ils allaient vers leurs terres confisquées au profit du mur d'apartheid. Les soldats ont lancé les bombes sonores et lacrymogènes, blessant 6 Palestiniens dont un journaliste. http://www.palestine-info.cc/fr/ 13-09 Dans le village de Nalin, des centaines d'habitants ont fait la prière de vendredi, le 12/9, sur les terres menacées d'être confisquées pour la construction du mur d'apartheid. Des témoins oculaires ont dit que des dizaines de colons sionistes se sont dirigés vers le lieu sous la protection de soldats de l'occupation, et qu'ils ont tenté d'interdire les habitants de faire la prière. Les forces occupantes ont ouvert le feu et ont lancé des bombes sonores et lacrymogènes sur les Palestiniens qui participaient à cette marche causant des dizaines d'asphyxies. CPI
1-9 Action & déclaration palestinienne contre la politique colonialiste en général 17-09 Le ministre palestinien des captifs et des libérés, au gouvernement d'entente nationale, Dr. Ahmed Chouidah a appelé la cour pénale internationale à décréter un ordre pour arrêter le ministre de la sécurité de l'occupation, Dikhter, et le directeur de l'administration des prisons, Benny Kinian, à cause de leurs crimes contre 11 mille captifs palestiniens et arabes. "Les deux dirigeants sionistes sont responsables du meurtre de 125 détenus à cause des tortures, des négligences médicales dont 14 personnes ont été assassinés durant le mandat de Dikhter, au moment où des dizaines de captifs souffrent de paralysies, alors que d'autres détenus sont complètement déformés", a t’il souligné. CPI 17/09/
1-13 Déclaration et situation dans les geôles israéliennes - Prisons & tortures « Nous sommes un peuple qui n’abandonne pas nos prisonniers et détenus en prison ! » Sa’ïd Atabeh, Abu ’Ali Yata et Hussam Khadr enfin libérés ! Le plus ancien prisonnier palestinien dans les geôles de l’occupation sioniste, Sa’ïd Atabeh (31 ans de détention), a été libéré au mois d’août, dans le cadre d’un « geste de bonnes intentions » de l’occupant envers l’Autorité palestinienne. Sur les 198 prisonniers libérés, Abu ’Alî Yata, élu député du Fateh dans la région d’al-Khalil lors des dernières élections législatives, est également un ancien combattant de la liberté. Hussam Khadr, ancien député, président du comité de défense des droits des réfugiés dans le camp de Balata, a été libéré après 5 ans de détention. Nous ne pouvons que nous réjouir par ces libérations et nous nous en félicitons bien que 1) seuls deux des anciens prisonniers ont été libérés alors qu’ils sont plus de deux cent à être détenus depuis plus de 20 ans ! 2) aucun des prisonniers du Hamas, du Jihad islamique ou du Front populaire n’ont été libérés, ce qui signifie que les autorités sionistes ont elles-mêmes défini politiquement les prisonniers devant être libérés et qu’elles ont cherché, par ce choix, à approfondir la division actuelle entre Palestiniens. 3) selon le ministère des affaires aux prisonniers, la moitié des prisonniers libérés devaient l’être en 2009, aucun prisonnier gravement malade, ni des territoires occupés en 48 ou d’al-Quds n’en font partie. Il reste à dire que même si l’Autorité palestinienne s’est réjouie de ce geste israélien, le mérite revient essentiellement à la lutte et la résistance du peuple palestinien, qu’elle ne cesse d’écraser et de dénigrer, il revient surtout aux combattants qui ont enlevé le soldat Shalit, donc aux Brigades d’al-Qassam et aux Comités populaires qui, sans leur fermeté dans la négociation dans l’échange des prisonniers, Israël n’aurait pas été obligé de remonter le moral de Mahmoud Abbas ; le mérite revient aussi au Hezbollah qui avait réussi, quelques semaines plus tôt, une des plus importantes opérations d’échange, dont le prestige a rayonné sur toutes les négocations en vue de libérer les prisonniers ! Quoiqu’il en soit, réjouissons-nous de la libération des prisonniers libérés et poursuivons la lutte pour la libération de tous les autres, et notamment des plus anciens, Na’il et Fakhri Barghouty, devenus les plus anciens détenus dans les geôles de l’occupation (30 ans).

 Palestine,Israël,Olmert,colonialisme,Gaza,Bush, Hamas, Fatah

 


n°386 - Journal de Palestine - 10-09 au 22-09 –Suite - Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

n°386 - Journal  de Palestine - 10-09 au 22-09 –Suite -  Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

Journal de Palestine      –Suite -                      

N°386                10-09 au 21-09                          

Par M.Lemaire



Sommaire

3 Politique Internationale des térritoires occupés (fin)

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Médias : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts.

5-2 La décision Us de qualifier Al-Aqsa de terroriste est une aberration.

6 Les brèves

6-1 Des discussions israélo-Usa pour soutenir les services de la sécurité d'Abbas...

6-2 Abbas : Le processus de paix doit rester une priorité.

6-3 Ahmed Chouidah : le peuple palestinien refuse tout accord qui néglige le droit au retour.

6-4 En Cisjordanie, une grave crise d’eau étouffe plus de 200 groupes résidentiels.



1-14 Actualité dans les territoires palestiniens occupés depuis 1948 3500 enfants détenus depuis le début de l’intifada al-Aqsa Sur les 3500 enfants arrêtés et détenus depuis le début de l’intifada al-Aqsa, 340 enfants sont toujours détenus dans des conditions misérables dans les prisons de l’occupant. 104 enfants sont détenus dans la prison de Telmond, dont 4 filles, 80 sont détenus dans la prison de Ofer, 38 dans la prison du Naqab, 54 à Meggiddo, et les autres sont réparties entre les centres d’interrogatoires et d’arrestations israéliens. 213 enfants sont condamnés et 107 attendent un jugement alors que 10 enfants sont des détenus administratifs, aucune charge ne pèse sur eux. 83 enfants sont de la ville de Nablus, 52 de Bethlehem et 50 de Ramallah. 82 enfants ont entre 15 et 13 ans. Dans la prison de Hasharon (Telmond), dans la section des enfants, les geôliers ont introduit trois chiens qu’ils ont lancé contre les deux enfants, Musa Ahmad Musa et Wael Khatib, pour les obliger à porter l’immonde vêtement orange des prisonniers de Guantanamo. Les deux enfants ont même été enchaînés pour faire pression sur eux. Na’il Barghouty : une vie de combat Originaire du village de Kubar, dans la province de Ramallah, il a été arrêté le 4 avril 1978, à l’âge de 20 ans. Il a actuellement 51 ans. Il y a quatre mois, il a entamé sa 31ème année de prison. Sa sour Hanane raconte : Dix jours après l’arrestation de Na’il, mon frère Umar et mon père ont été arrêtés, et ont passé 120 jours en prison, pour interrogatoire. C’était mon père qui le visitait alors que ma mère a été privée de visite pendant une très longue période. Après le décès de mon père, nous avons réussi à lui obtenir un droit de visite. Elle a pu lui rendre une seule et dernière visite, en avril 2006, alors que son état de santé s’aggravait. Nous avons dû la mettre dans une ambulance, avec un lit mobile. Elle décéda six mois plus tard. Na’il n’a pu assister aux obsèques ni de son père ni de sa mère. Mais son moral est resté élevé. Hajja Farha, Um Umar, la mère de Na’il, était connue comme étant la poétesse de Kubar et une des plus grandes militantes, ayant mené des grèves et des marches de solidarité avec les prisonniers et détenus dans les prisons de l’occupation. Libération de Noura Hashlamon Noura Muhammad Jabir, de la ville d’al-Khalil, 37 ans, mariée à Sami Hashlamon, prisonnier administratif depuis 26 mois, et sour du combattant prisonnier Nour Jabir, qui a exécuté l’opération de Wadi Nasara, tuant 14 soldats israéliens, où sont tombés trois martyrs, et pour laquelle il a été condamné à 17 perpétuités. Noura Jabir Hashlamon a été détenue administrative. Elle a été arrêtée le 17/9/2006, et a mené deux grèves de la faim pour réclamer sa libération immédiate, la première fois en 2007 pendant 27 jours et la seconde fois en mars 2008, pendant 26 jours. C’est au cours de cette seconde grève de la faim que le tribunal militaire israélien propose de l’exiler vers la Jordanie si elle accepte d’être libérée. Noura refuse catégoriquement ce marchandage, déclarant au tribunal : « un jour, vous me libèrerez, vous me remettrez ma carte d’identité et me direz : sors ! Je suis de ce pays, vous êtes les occupants et vous avez pris ma terre et mon pays ». La « sécurité préventive » du président Abbas arrête Fouad al-Khafsh, directeur du centre al-Ahrar pour la défense des prisonniers Fouad al-Khafsh (33 ans) a été arrêté le 11/8/2008, pour la quatrième fois, depuis 2007, par l’appareil de la sécurité préventive de l’Autorité. Chercheur spécialiste dans la question des prisonniers détenus par l’occupation, il est directeur du centre Al-Ahrar et a mené récemment une campagne internationale pour la libération des députés enlevés par l’occupation. Arrestation de Dr. Majida Fudda Le centre al-Ahrar a protesté contre l’enlèvement de dr. Majida Fudda (42 ans), membre du conseil municipal de la ville de Nablus, à son domicile, après que son domicile ait été investi et son ordinateur personnel confisqué. Dr. Majida Fudda avait été arrêtée administrative pendant six mois en 2005. Elle est la septième membre du conseil municipal de Nablus à être arrêtée, au cours des deux dernières années. De son côté, la député Muna Mansour a été libérée le 4 août dernier, après avoir été enlevée le 21 juillet à Nablus avec trente autres personnes. Après sa libération, elle a réclamé une campagne sérieuse pour exiger la libération de tous les prisonniers et prisonnières, et notamment des députés enlevés.   La prisonnière Amal Jumaa atteinte de cancer : exigeons sa libération immédiate Amal Jumaa, du camp d’Askar, à l’est de Nablus, risque de décéder en prison, si aucun effort n’est fait pour sa libération immédiate. Arrêtée il y a plus de quatre ans (mai 2004) et condamnée à 11 ans de prison, Amal a été sauvagement torturée et enfermée dans des conditions insoutenables. Dès l’apparition de son mal, elle n’a pas été soignée, mais transférée d’une prison à l’autre et interdite de visite familiale, prétextant des raisons sécuritaires. Sa famille accuse l’occupation et l’administration carcérale d’être responsables de sa maladie. Son frère, Jamil, explique que Amal a été malade dès son arrestation, et depuis huit mois, le mal s’est envenimé, il accuse l’administration de la prison qui lui a fourni un médicament causant une hémorragie interne, d’avoir fait pratiqué des opérations chirurgicales clandestines, d’avoir falsifié son dossier médical de crainte qu’il ne tombe entre les mains d’une association humanitaire internationale. Campagne pour la libération des 98 prisonnières palestiniennes Le site ahrar-pal.info lance une campagne de sensibilisation, mobilisation et information, pour exiger la libération des prisonnières palestiniennes. Arrestation de Hussam Khalil et Anis Saffouri de Shefa Amr La Shabak , appareil sécuritaire sioniste, a arrêté au cours de la première semaine d’août les deux jeunes étudiants, Anis Saffouri et Hussam Khalil, tous les deux de la ville de Shefa Amr, en Palestine occupée en 48. Ces arrestations font partie de la tentative institutionnelle de briser la résistance des Palestiniens de 48. Septembre 2008 – cirepal2005@yahoo.fr

2  Politique Israélienne 17-09 Le ministre de la sécurité de l'occupation, Evy Dikhter, a appelé à l'extermination de toutes les factions de la résistance palestinienne dans la bande de Gaza. "Le bombardement des forces de la résistance et leurs armements à Gaza est une nécessité pour l'état d'Israël", a déclaré Dikhter dans la ville occupée d'Ashkelon, suite à la fin de sa compagne électorale pour élire un nouveau chef du parti de Kadima. "Il faut exterminer toutes les forces de résistance dans la bande de Gaza, dès que l'armée soit prête pour exécuter cette mission", a-t-il ajouté, en soulignant que l'entité sioniste n'accepte jamais l'existence d'une entité ennemi à Gaza. CPI 17/09/
Olmert 13-09 Olmert a affirmé, lors d'une réunion hebdomadaire du gouvernement, la fin de la théorie "la grande Israël" qui est devenue une illusion et que le temps ne sert pas l'état de l'occupation. CPI 19-09 Le Premier ministre israélien Ehud Olmert va annoncer sa démission dimanche lors du conseil des ministres après l’élection de Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, à la tête du parti au pouvoir Kadima, a indiqué samedi un porte-parole.
Une fois cette démission présentée, M. Peres devra entamer sept jours de consultations avec les différents partis avant de désigner Tzipi Livni pour qu’elle mobilise une majorité parlementaire et forme un gouvernement.
Livni disposera de 42 jours pour constituer un gouvernement, faute de quoi des élections anticipées devraient avoir lieu dans les 90 jours.
La législature actuelle n’est censée s’achever qu’à la fin 2010.
En attendant que Tzipi Livni soit en mesure de présenter son gouvernement, M. Olmert restera à la tête d’un gouvernement de transition.

2-5 Gouvernement cherche coalition désespérément...    18-09 Tzipi Livni a été élue de justesse mercredi lors de primaires face à son principal rival Shaul Mofaz, le ministre des Transports.
Dès son élection, elle a réuni la direction du Kadima afin de tenter de resserrer les rangs de cette formation centriste tout en entamant ses consultations avec les différents partis.
Elle s’est prononcée pour le maintien de la coalition sous sa forme actuelle qui comprend outre le Kadima, le parti travailliste, les ultra-orthodoxes du Shass et le parti des retraités.
Le sort de la future coalition que Tzipi Livni entend former dépendra en grande partie de la position du Shass avec ses 12 députés sur 120. Le chef de cette formation Eli Yishaï a posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni, et notamment que celui-ci "écarte toute négociation sur l’avenir de Jérusalem".
Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d’achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens.
Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, ce qu’a exclu jusqu’à présent Tzipi Livni et le ministre des Finances Roni Bar On, qui l’a soutenue dans sa campagne.
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4988

2-10 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies) 15-09 Des colons juifs de Yitzhar ont mis le feu à plusieurs centaines d’oliviers du village d’Awarta dans les Territoires Palestiniens Occupés, causant des dégâts considérables aux villageois. Hassan Awad, le chef du conseil du village, a affirmé que les Forces d’Occupation israélienne (FOI) n’ont pas empêché les colons de mettre le feu aux champs d’oliviers ; de plus, les colons ont brûlé des champs entiers où les villageois sont interdits d’accès par les Israéliens pour des «raisons de sécurité », ce qui les a empêchés d’aller éteindre les flammes. D’après Awad, les dégâts causés par les incendies affectent économiquement des dizaines de familles, et 5 à 7 hectares de champs d’oliviers ont été détruits. WAFA 17-09 Des dizaines de colons ont jeté des pierres sur les maisons et les voitures des villageois sous les yeux des soldats israéliens. Selon un témoin, les colons ont attaqué les champs du village et y ont mis le feu causant des dégâts importants. Les environs de la ville de Naplouse ont été à plusieurs fois, la cible des engins explosifs lancés par des colons pour semer la panique parmi les Palestiniens. Dimanche dernier, le Premier ministre israélien Ehuod Olmert a comparé un pogrom les attaques effectuées par des colons dans le village d'Assira Al Kibliya, ajoutant qu'il ne tolèrerait pas ce genre d'agressions. WAFA 18-09 Des dizaines de colons juifs ont commis des actes de violence contre des palestiniens, près de la colonie de ‘Yetshar’ à Naplouse en Cisjordanie. Les témoins ont rapporté que les colons, qui portaient des ‘Kippas’, ont essayé de bloquer la rue et d’interdire des véhicules palestiniennes de passer. Plusieurs autres villages dans le département de  Naplouse témoignent des telles attaques quotidiennes, commises par les colons juifs, qui ont blessé, cette semaine, environs dix palestiniens, dont huit dans le village de Assira el-Kiblieh, près de colonie ‘Yetshar’ WAFA 20-09 Des colons juifs armés de Yitzhar s'en sont pris à des Palestiniens et ont endommagé des habitations dans un village des environs, à la suite de l'agression d'un garçon de neuf ans dans une colonie sauvage. L'enfant avait été blessé par un Palestinien. Reuters


3 Politique Internationale des térritoires occupés

Les institutions et leurs satellites

Banque Mondiale: Les barrages militaires israéliens sont un obstacle au développement de l'économie palestinienne La Banque Mondiale a, fortement, critiqué, mercredi, les restrictions imposées, par Israël, à la liberté de mouvements des personnes et des biens en Cisjordanie. Dans un rapport, la Banque Mondiale a considéré les barrages militaires israéliens qui séparent entre les villes et les villages de la Cisjordanie comme un obstacle au développement de l'économie palestinienne qui est déjà trop faible. Selon le rapport, les taux de chômage et de pauvreté se sont élevés rembarquement dans les territoires palestiniens occupés.  Les Palestiniens sont plus que jamais dépendants de l'aide internationale. Le rapport, dont on parle, va être présenté en marge de la 63e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Les donateurs se sont engagés à contribuer à un fonds de 7,7 milliards de dollars pour raviver l'économie palestinienne. Israël ignore toujours  les appels lancés par l'Autorité Nationale Palestinienne et l'ensemble de la communauté internationale en ce qui concerne la suppression des obstacles qui empêchent tout développement de l'économie dans les territoires palestiniens occupés.  WAFA - 17/9


3- Organisations Mondiales & régionales

6 Ue 17-09 La présidence du Conseil de l’Union Européenne (UE) condamne fermement les violences perpétrées par les colons israéliens de Cisjordanie à l’encontre de la population palestinienne, notamment les incendies, actes de vandalisme et agressions survenus samedi dernier à proximité de Naplouse. Selon un communiqué publié mardi, par le Conseil 'Ces violences indiscriminées ne sauraient être tolérées. La présidence du Conseil de l’UE appelle le gouvernement israélien, qui a lui-même condamné ces actes, à ne ménager aucun effort pour que soient protégées les populations civiles palestiniennes, conformément à ses obligations au titre du droit international.' 'La présidence du Conseil de l’UE réitère par ailleurs sa condamnation de toutes les violences' conclut le communiqué. WAFA 



5 Médias/Vidéos 

5-1 Médias : La France est probablement plus fidèle à Israël qu’à ses propres intérêts. Pour l’Uléma Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, depuis l’arrivée au pouvoir du Président Nicolas Sarkozy, le gouvernement français semble probablement « plus fidèle à Israël qu’à ses propres causes et intérêts »… Fadlallah a également critiqué « le fait de poursuivre et de traquer les journalistes français qui critiquent Israël d’une façon ou d’une autre ». « Il est remarquable que la France sarkozyste invente de nouveaux procédés dans sa répression de la presse, en punissant ces plumes libres pour des raisons disciplinaires ou administratives qui ne sont en fait que des prétextes. Ce fut le cas dernièrement avec le rédacteur en chef de RFI, Richard Labeviere. Elle veut ainsi prouver à Israël qu’elle a surpassé ses prédécesseurs lorsqu’il s’agit de mettre à pied les symboles de la presse libre dans le pays, d’une façon qui n’a sa pareille que dans les régimes dictatoriaux et répressifs », a-t-il ajouté. « Dès le début, nous avions le pressentiment qu’un Chef d’Etat qui se dit fier d’être l’ami fidèle d’Israël, et qui y voit même le miracle du XXème siècle, aura inévitablement une conduite s’inscrivant dans le cadre de l’appui politique à cette entité, qui représente véritablement un miracle démoniaque, criminel et terroriste, à en juger par ses crimes et exactions à l’encontre des Palestiniens, des Libanais, des Egyptiens et d’autres encore. Mais nous pensions que la France saura sauvegarder un minimum de décence et de tact dans son approche des questions liées, avant toute chose, aux principes de sa révolution, en tête desquels la liberté d’expression. [Nous pensions que] la France ne prendra pas de risques à ce point-là en oeuvrant à réprimer sa propre personnalité nationale au profit d’une entité qui incarne l’apogée de l’injustice car elle viole les droits de l’Homme, pousse tout un peuple à l’exode, et tue, de sang froid, des milliers et des milliers de ses femmes, enfants et personnes âgées », a-t-il lancé par la suite. Et d’ajouter : « Nous remarquons que la France , à travers son gouvernement actuel, commence à mettre en péril sa réputation médiatique et politique, ainsi que l’histoire de plusieurs de ses symboles en matière de respect des droits de l’Homme et (de défense) de la liberté, de l’égalité et de la justice, au profit de la réputation d’Israël. Elle ne poursuit plus uniquement les gens accusés d’antisémitisme : elle est passée aux premières loges en faisant appel à des procédés politiques qui assiègent directement la liberté d’expression, pour confirmer sa loyauté aveugle envers Israël. Et elle fait fi de tout mouvement arabe ou islamique qui s’y oppose, probablement parce qu’elle voit le monde arabo-musulman sous un angle très restreint, ou parce qu’elle considère qu’il est en proie au déséquilibre et à l’asthénie. Les causes qu’il défend n’ont donc pas leur place dans la mémoire politique française, et aucun respect n’est dû aux quelque 7 millions d’Arabes et de Musulmans qui portent la nationalité française »… (VN) Source : AN NAHAR (Liban)  2 septembre http://indigenes-republique.org/spip.php?article1578


5-2 La décision Us de qualifier Al-Aqsa de terroriste est une aberration. Le premier ministre du gouvernement d'unité nationale Ismaïl Haniyeh a affirmé son refus du projet de décision du congrès américain qui considère que plusieurs chaînes arabes dont Al-Aqsa comme étant des organisations terroristes. Il a considéré que cette décision exprime la vanité de la direction américaine et ses tentatives de renforcer le blocus contre le peuple palestinien.
Lors de sa visite de solidarité au siège de la chaîne d'Al-Aqsa dans la ville de Gaza, Haniyeh a dit que cette décision américaine n'est pas importante, mais qu'elle représente une confirmation de l'échec du blocus, parce qu'elle essaye d'encercler la parole après avoir échoué son blocus contre la position.
Il a affirmé son refus de cette décision injuste conte la chaîne d'Al-Aqsa et d'autres chaînes arabes respectées, et il a salué le rôle de la chaîne dans son soutien donné au peuple palestinien et pour sa défense de ses droits légaux.
Haniyeh a précisé, au sujet de la décision américaine : "J'ai vu et entendu que cette décision ne peut pas casser la volonté des fonctionnaires de cette chaîne".
Mercredi 16 Juillet 2008 http://www.alterinfo.net/Haniyeh-visite-la-chaine-d-Al-Aqsa-et-affirme-que-la-decision-americaine-est-une-vanite_a21850.html

6 Les brèves Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

6-1 Des discussions israélo-Usa pour soutenir les services de la sécurité d'Abbas... Des sources de la presse hébreu ont dévoilé, hier mardi 16/9, que les américains et les israéliens ainsi que l'autorité palestinienne dirigé par le président, Mahmoud Abbas, discutent pour élargir "le plan de Jénine" qui donne de grandes attributions aux forces de la sécurité d'Abbas dans d'autres régions de la Cisjordanie. Le côté israélien et les Etats-Unis ont refusé la proposition du premier ministre au gouvernement illégal à Ramallah, Salam Fayyad, pour effecteur ce plan dans la région d'Al Khalil, mais ils étudient la possibilité de l'élargir à Toulkarem, selon ces sources. De grands responsables politiques et militaires à l'état de l'occupation dont le ministre sioniste de la guerre, Ehud Barak, ont salué dernièrement les forces de la sécurité d'Abbas à Jénine, alors que le directeur du Shabak, Yuval Duskin, a présenté ses remerciements aux efforts sécuritaires de l'autorité palestinienne à Jénine. Les rapports soulignent que l'autorité palestinienne veut effectuer le plan de Jénine dans la ville d'Al Khalil qui représente l'un des importants centres économiques en. Cisjordanie, mais les côtés américains et israéliens craignent de l'échec de l'autorité dans la région d'Al Khalil à cause des affrontements probables entre les forces de la sécurité palestinienne et les colons sionistes dans cette région http://www.palestine-info.cc/fr/


6-2 Abbas : Le processus de paix doit rester une priorité.
Financées par un milliardaire américain proche du camp israélien de la paix, des discussions se sont déroulées en Europe, en Turquie ainsi qu’à Jérusalem-Est. Ami personnel du premier ministre Ehoud Olmert et ancien dirigeant de plusieurs radiotélévisions publiques israéliennes, Yitzhak Livni a confirmé qu’il a, « à titre personnel », participé à une série de réunions avec des responsables du Hamas. Parmi ceux-ci, Nasser Hadin a-Shaer (l’ex-adjoint du Premier Ministre de Gaza, Ismaïl Haniyeh) ainsi que l’ex-ministre palestinien de la Justice , Ali al-Sartawi, deux cadres de l’organisation résidant en Cisjordanie. Quant à Ahmad Youssouf, un haut responsable islamiste qui fut longtemps le principal conseiller politique d’Ismaïl Haniyeh, il avait accepté de participer à l’une de ces réunions, mais il a finalement changé d’avis sans motiver sa décision. « Pas au courant »  Yitzhak Livni, le professeur Shy Feldman (un enseignant de l’Université de Tel-Aviv détaché à Boston) a participé aux discussions, accompagné de Yaïr Hirshfeld, un universitaire qui avait déjà participé au début des années 1990 aux contacts secrets avec l’OLP qui allaient déboucher sur les pourparlers d’Oslo (1993). Selon Yitzhak Livni, les discussions visaient principalement à sonder le Hamas quant à une éventuelle reconnaissance du droit à l’existence de l’Etat hébreu assortie d’une renonciation au terrorisme. Elles n’ont donné aucun résultat concret, semble-t-il. « Nous avons compris que, pour le moment, l’organisation islamiste n’est pas prête à accepter plus qu’une houdna (trêve) à long terme », affirme Yitzhak Livni. Et d’ajouter : « Je n’exclus cependant pas que les discussions se soient poursuivies après mon retrait et avec d’autres intervenants. » A en croire les participants israéliens au forum, Ehoud Olmert « n’était pas au courant » de son existence. Mais les commentateurs de la presse israélienne ont du mal à prendre cette déclaration au sérieux. Ils rappellent que les responsables de l’Etat hébreu avaient déjà feint l’ignorance lorsque Yaïr Hirshfeld entretenait des contacts secrets avec l’OLP et préparait le terrain au processus d’Oslo. « Les diplomates professionnels appellent ces contacts informels des back channels et il en existe beaucoup dans notre région, explique le spécialiste Raviv Drucker. Si les dirigeants israéliens ne savaient pas, les services de renseignements étaient eux parfaitement au courant. »  Selon des responsables palestiniens, Abbas va rencontrer Bush le 26 septembre à Washington afin d’examiner l’état des discussions relancées l’année dernière à Annapolis (Maryland) et que la Maison blanche espérait conclure d’ici la fin de l’année. "Nous dirons au président Bush où nous en sommes dans nos négociations avec les Israéliens et détailleront les points d’accord et de désaccord", a expliqué Abbas. "Nous ne cherchons pas un accord provisoire qui ne couvrirait pas certaines questions clés", telles que le statut de Jérusalem, celui des réfugiés, les contours d’un futur Etat palestinien, la sécurité ou les colonies, a-t-il rappelé. "Soit nous trouvons un accord global soit rien du tout. Nous travaillons sur cette base. Pouvons-nous y parvenir d’ici la fin de l’année ? Cela demande d’importants efforts et nous poursuivrons notre effort, mais nous ne pouvons pas le dire avec certitude", a-t-il ajouté. Les négociateurs palestiniens ont fait savoir que les discussions se poursuivraient d’ici la fin du mandat de George Bush, qui passera la main à son successeur le 20 janvier, et d’ici la désignation d’un nouveau Premier ministre israélien. 16 septembre
Serge Dumont ; Wafa Amr
http://www.france-palestine.org/article9747.html

 6-3 Ahmed Chouidah : le peuple palestinien refuse tout accord qui néglige le droit au retour. Le ministre palestinien de la justice au gouvernement d'entente, Ahmed Chouidah, a affirmé que le peuple palestinien refuse totalement tout accord qui ignore le droit au retour des réfugiés palestiniens à leurs terres et maisons confisqués par l'occupation. "Le droit au retour est sacré et légitime dont personne ne pourrait y renoncer en présentant des concessions à l'entité sioniste", a-t-il souligné lors d'une conférence qui avait pour thème la protection légale des droits des réfugiés palestiniens, organisée par le Hamas, le samedi 9/13.
"La grande Bretagne et la communauté internationale sont responsables des souffrances des palestiniens causées par l'occupation durant les 60 ans passées jusqu'à maintenant, et on doit appeler au dédommagement des palestiniens et les aider à rejoindre leur pays d'origine ( la Palestine historique)", a-t-il ajouté.
"Toutes les institutions et les organisations juridiques et internationales doivent déployer leurs efforts nécessaires pour condamner les crimes de guerre perpétrés par l'occupation devant les tribunaux internationaux, et la communauté internationale doit briser immédiatement le blocus injuste et arbitraire imposé sévèrement contre un million et demi d'habitants dans la bande de Gaza", a-t-il protesté. 14/09 CPI http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7WDDXlsrNJzcVuK8wSb49OnGVCfQhHc6g6A2RWyJ2%2buduZa4EtVJV%2bbDF1HCa4s33QUT9fSO2HCo0jQeRBwx26ZKH4knegeDuGMto0K%2bDZOk%3d

6-4 En Cisjordanie, une grave crise d’eau étouffe plus de 200 groupes résidentiels. Les jours passent et la crise d’eau ne cesse de s’endurcir, dans beaucoup d’endroits de la Cisjordanie. En effet les occupants israéliens volent l’eau des Palestiniens pour le leur vendre à prix exorbitants. Grande inquiétude Plusieurs établissements de la Cisjordanie expriment leur inquiétude devant ce manque d’eau qui ne cesse de s’aggraver. Ils besognent pour trouver des solutions, même provisoires, afin d’alléger les souffrances de la population. Ils appellent cependant les autorités de l’occupation israélienne et la communauté internationale à intervenir pour trouver des solutions rapides à cette crise. Le fermier palestinien Saber Abdallah, du village d’Aqraba, ne s’étonne pas de voir la population palestinienne souffrir d’une telle crise, alors que la Cisjordanie nage sur de plus grandes réserves d’eau souterraine. En fait, l’occupant israélien interdit aux Palestiniens d’en profiter, de creuser des puits. Tout est bon pour qu’ils se voient obligés d’en acheter à l’occupant même, à plusieurs fois son prix ordinaire, pour irriguer leurs terres. Manque d’eau L’institution espagnole EWASH explique que cette année, le manque d’eau de pluie a atteint les 45% du niveau habituel. Cela a laissé des effets négatifs sur environ 200 groupes résidentiels qui ne sont pas desservis par un réseau d’eau. Beaucoup de groupes ne trouvent d’autre moyen que d’acheter l’eau fournie par des citernes. Les familles dépensent plus de 30% de leur budget pour avoir de l’eau, l’essentiel seulement. 400 mille Palestiniens sont privés de l’eau fournie par des réseaux publics. Ils ramassent l’eau de pluie, se fournissent de l’eau de sources, sinon, ils l’achètent par des camions. Les autorités palestiniennes des eaux disent que plus de 50% de l’eau consommée en Cisjordanie sont achetées de l’occupant israélien. Cet occupant exploite 83% de l’eau souterraine de la Cisjordanie. L ’accord d’Oslo, en fait, a laissé l’eau de la Cisjordanie sous sa main ! 10 litres L’établissement espagnol ajoute que les barrages militaires israéliens empêchent l’arrivée de l’eau à beaucoup de familles. 10% des familles de la Cisjordanie n’obtiennent que 10 litres d’eau par jour. Notons que l’organisation mondiale de la santé délimite le besoin ordinaire en eau pour une famille de 50 à 100 litres. Il y a aussi ces bergers qui souffrent énormément de ce manque d’eau. L’établissement EWASH a exhorté la communauté internationale à fournir de l’eau à ces groupes qui en souffrent tant. Il appelle aussi à une solution juste pour ce problème d’eau devenu chronique dans les territoires palestiniens. CPI 15/09 http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7GUqI75v5Fi63LS5JnlEr3rRRznMtrfXiWwvDShPDUsjEyn%2bGopVAVhXsphE6lxliXds7GcWUOSoxfwVkMWoSjr2NrLNSaGArRqRC53fgc%2fI%3d


Palestine,Israël,Olmert,colonialisme, Gaza ,Bush,Hamas, Fatah

n°386 - Journal de Palestine - 10-09 au 22-09 –Fin - Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

n°386 - Journal  de Palestine - 10-09 au 22-09 –Fin -  Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

Journal de Palestine      –Fin -                      

N°386                10-09 au 21-09                          

Par M.Lemaire



Sommaire                 –Fin 7 Dossier

7-1 Point de vue de Jeff Halper : Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop".

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 8-1 Lettre ouverte au Président Abbas.



7 Dossier Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

7-1 Point de vue de Jeff Halper : Palestiniens : le stockage d’un "peuple en trop". Quel que soit l’angle de vue, qu’il soit historique, culturel, politique ou économique, les Palestiniens ont été définis comme "une humanité en trop", et il n’y a rien de plus à faire avec eux à part les stocker, ce que la communauté internationale semble permettre à Israël de faire. La rapidité avec laquelle intervient un changement systématique au sein de cette entité indivisible connue sous le nom d’Israël/Palestine est telle qu’elle met au défi nos capacités à y faire face. La campagne délibérée et systématique ayant eu pour objectif de jeter les Palestiniens hors du pays en 1948 a été rapidement oubliée, et le sort subi par plus de 700.000 Palestiniens est devenu une question invisible qui ne se pose même pas. Au lieu de cela, un Israël plein de cran, européen et "socialiste" a surgi comme le chéri de tous y compris de la gauche radicale, éclipsant complètement la campagne de nettoyage ethnique qui a permis sa naissance. De même, et jusqu’au déclenchement de la première Intifada à la fin de l’année 1987, l’occupation par Israël en 1967 de la Cisjordanie , de Jérusalem-Est et de Gaza est restée une question virtuelle ne se posant même pas. Le seul aspect du conflit qui est apparu sur les radars de la population a été celui de l’équation entre Palestiniens et terrorisme. Jusqu’au début des négociations d’Oslo en 1993, même la mention du mot "occupation", sans parler du mot "Palestiniens", vous aurait conduit à être traité d’antisémite, ces mots étant encore de nos jours rarement utilisés en Israël. Même lorsque le conflit sinon l’occupation en soi sont devenus une question internationale, Israël a régulé le domaine fondamental des relations publiques. L’argument le plus parlant utilisé à l’encontre de la lutte des Palestiniens repose sur la notion largement répandue selon laquelle Arafat a refusé "l’offre généreuse" de Ehoud Barak à Camp David. La réalité des faits sur cette question, qui a disparu en cours de route, est qu’il n’y a jamais eu "d’offre généreuse" et que même si Barak avait offert 95 % des Territoires occupés (à l’instar d’Olmert qui en a récemment "offert" 93 %), un Etat palestinien n’aurait représenté guère plus qu’un bantoustan sud-africain tronqué et non viable sur moins de 20 % de la Palestine historique. La seule chose qui en reste, c’est un Arafat à nouveau démonisé. Ensuite, l’emprisonnement par Sharon du président palestinien dans une sombre salle de son quartier général en ruines l’a politiquement é