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01/02/2009

n°427- Dossier de Palestine -31-01 – Fin - : A Gaza, après les bombes, le droit international.


n°427- Dossier de Palestine -31-01 – Fin - : A Gaza, après les bombes, le droit international. 



                    Dossier de Palestine      

                                            N°427                                           31-01

                                                                         C.De Broeder & M.Lemaire   


Sommaire  –Fin-

3-7 Alain Jules : Israël : dans les méandres de l’impunité ! ...

3-8 Lauranne Provenzano : Tsahal à l’abri de la justice ?

3-9 Shlomi Zakaria : En route pour un Guantanamo israélien.

3-10 L’opinion publique palestinienne, dans sa majorité, estime qu’Abbas a mal géré la situation.




3-7 Alain Jules : Israël : dans les méandres de l’impunité ! ...

Ah, la bonne nouvelle pour l’exaltation d'un crime contre l’humanité, de l’impunité, du zèle, du mensonge et de la folie des hommes est tombée hier !

La planète entière le sait maintenant. Sur tous les télescripteurs des rédactions mondiales, les journalistes avaient les yeux exorbités, écarquillés et les regards médusés, avec une petite pointe de honte.

A cause des preuves irréfutables et des témoignages accumulées après le massacre de Gaza, le futur ex premier-ministre israélien, corrompu devant l’Eternel et les hommes, Ehud Olmert, vient d’accorder l’immunité totale à ses soldats.

Une grande première mondiale.

Les scénaristes d’Hollywood seraient bien inspirés de nous écrire cette histoire. Le Gouvernement israélien depuis la nuit des temps, grâce au grand frère américain qui vote toujours au Conseil de sécurité de l’ONU, où, il a son véto, contre toutes les résolutions pouvant nuire à l’Etat hébreu s’est-il rebiffé ?

Heureux soit le soldat de Tsahal, qui, comme James Bond, bénéficie d’un permis de tuer, d’un blanc-seing lui autorisant de brûler, d’humilier, de bombarder, même au phosphore blanc, des populations civiles.

Heureux soit le soldat de Tsahal, qui n’est ni congolais, ni serbes, ni rwandais. C’est tellement flagrant que même en Israël, face à cette image flouée d’un pays qui n’en demandait pas tant à ses dirigeants génocidaires, huit associations de défense des droits de l’homme ont réclamé à leur gouvernement, une enquête sur la conduite de l’armée « au vue de l’ampleur des atteintes portées aux civils » palestiniens. Doit-on en conclure que la vraie révolte viendra de l’intérieur ? Olmert a même demandé que tous les documents relatifs aux opérations sur Gaza soient détruits, de façon à ce que, aucun nom de soldat n'apparaisse.

Avec la colère de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, déjà, qui demandait des comptes à ceux qui avaient tiré délibérément sur des écoles sous protection onusienne à Gaza, le gouvernement israélien, sentant le vent du changement, frissonna. D’abord, dans les déclarations des autorités de l’ONU qui gardaient toujours le silence, par le passé, face aux exactions de Tsahal, un nouveau son de cloche faisait craindre le pire, avec notamment la trouille de mandats d’arrêts internationaux, sur les politiques israéliens. Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires Etrangères, s’est d’ailleurs rendue à Bruxelles, la peur dans les tripes, c’est dire…

Ainsi, l’Etat hébreu a pris les devants dès le début de ces condamnations justifiées, en pensant à mettre sur pied, un subterfuge audacieux mais surtout ridicule, pour tenter de s’en sortir, renforçant par la même, cette hypocrisie qui avalise leurs indignations à géométrie variable. Le Yediot Aharonot, citant le Pr Natan Lermer, spécialiste en droit international, expliquait dans son édition d’hier, que, je cite : « les militaires israéliens ne sont pas réellement menacés par des poursuites judiciaires pour crimes de guerre après l’opération Plomb durci menée à Gaza » Il ajouta pour étayer son propos, « le premier obstacle à la concrétisation de telles poursuites est l’absence d’une autorité qui serait à même de s’en charger », et conclut en citant le départ précipité du Royaume-Uni, en 2005, du général israélien, Almog, qui avait dû interrompre une année d’études et revenir en Israël de peur d’être arrêté.

Les choses sont-elles entrain de changer ? Il n’en demeure pas moins que, en cherchant à protéger ses soldats, ironie du sort donc, le gouvernement israélien quant à lui, n’est nullement protégé.

En tant que donneur d’ordres, il est passible de passer devant le CPI (Cour pénale internationale). Mais, encore faudrait-il qu’une plainte soit en mesure de prouver, de démontrer que les lois internationales ou que la convention de Genève ont été violées. Comme sorti du Diable vauvert, là encore, malgré les preuves qui confirment que Tsahal a enfreint la loi, c’est une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies qui avalise une procédure judiciaire devant le CPI. Chose improbable, d’où cette demande d’une réforme urgente du fonctionnement de l’ONU, ce machin, comme le disait si bien le Général de Gaulle.

D’entendre Louis Michel, commissaire européen au Développement et ancien ministre belge des Affaires Etrangères nous ressortir le sempiternel refrain des autistes portant en plus des œillères, on est simplement tout retourné. Oui, le Hamas n’est pas un enfant de cœur. Le Hamas, tout comme Tsahal, qui, à Sderot, qui, à Gaza, a tué des civils doivent être condamnés. Mais, exclure cet incontournable interlocuteur pour la paix en Palestine, c’est simplement jouer un jeu dangereux, celui de refuser de faire la paix. « Quand on tue des civils innocents, ce n’est pas de la résistance, c’est du terrorisme » a déclaré Michel. Nous sommes tous d’accord. Mais, que pense-t-il du terrorisme d’Etat d’Israël ? C’est trop lui demander, sans doute.

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson, dit l’adage. Les Etats-Unis jouent un très mauvais rôle en fermant les yeux sur tout ce que l’Etat hébreu viole. Plus dure risque d’être la chute, car, l’habitude est une seconde nature. Mais, apparemment, sous l’ère Obama, cette époque semble être révolue. Tant mieux. Encore faut-il que les pays arabes se serrent les coudes, en solidarité avec leurs frères palestiniens, facteur indéniable sans lequel, ce manque de solidarité arabe, fera toujours le jeu de leurs ennemis comme Louis Michel, qui veut parler au nom de toute l’Europe, ou encore de tous ces roitelets vautrés dans leurs bureaux feutrés de Tel–Aviv, de Washington, du Caire, d'Amman ou de Paris.

Alain Jules

27 janvier

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50687

http://allainjulesblog.blogspot.com/2009/01/israel-dans-les-meandres-de-limpunite.html


3-8 Lauranne Provenzano : Tsahal à l’abri de la justice ?

Les hauts-gradés qui ont participé à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza devraient bénéficier de l’immunité, a décidé Ehoud Olmert. Cette décision est assortie d’une assistance juridique de l’Etat face aux risques de poursuites pour crimes de guerre.

"Les officiers et soldats envoyés à Gaza doivent savoir qu’ils sont à l’abri de divers tribunaux et qu’Israël les aidera et les défendra sur ce front, tout comme ils nous ont protégés avec leurs corps durant l’opération de Gaza", a déclaré le chef du gouvernement sortant israélien dimanche. Ehoud Olmert a ainsi décidé d’accorder une protection complète aux militaires de Tsahal qui ont pris part aux attaques contre le Hamas dans la bande de Gaza pendant 22 jours.

La censure militaire s’était déjà assurée de l’interdiction de publier des photos ou des renseignements sur l’identité des chefs des unités engagées dans les combats à Gaza, de peur de représailles et de crainte surtout qu’ils ne soient poursuivis pour crimes de guerre. Les visages des soldats qui apparaissent à la télévision sont donc floutés.

Soutien moral et protection juridique

Le ministre de la Défense Ehud Barak devait pour sa part demander dimanche au gouvernement d’adopter une loi pour offrir "un soutien moral et légal aux officiers de l’armée et aux soldats à la suite de l’opération Plomb durci".

"Le gouvernement israélien assume la responsabilité d’avoir envoyé les officiers et les soldats défendre les citoyens et il est obligé par conséquent de leur offrir un soutien total contre toute atteinte à laquelle ils pourraient être exposés en raison de leur implication" dans la guerre, selon un communiqué de son ministère.

Par ailleurs, Ehoud Olmert avait déjà chargé son ministre de la Justice Daniel Friedman de présider une commission interministérielle visant à "accorder une défense légale à tous ceux qui ont pris part à cette opération".

"Le ministre de la Justice formulera les questions et les réponses à propos des opérations de l’armée pour répondre aux belles âmes qui ont l’habitude de porter plainte contre les officiers et les soldats", a précisé le chef du gouvernement. Il sera chargé de la protection des responsables civils et militaires, notamment devant les instances internationales.

Les officiers ont reçu le conseil d’éviter de se rendre à l’étranger, notamment en Europe.

Crimes de guerre

Plusieurs enquêtes pour crimes de guerre ont en effet été réclamées depuis la fin de l’offensive. Amnesty International a estimé que l’usage "illégal, sans discernement et répété" de munitions au phosphore blanc dans des zones densément peuplées de Gaza constituait un "crime de guerre".

L’armée israélienne a d’ores et déjà promis une enquête interne sur le sujet. Le gouvernement va pour sa part consulter les juristes du pays afin de trouver "les réponses aux questions éventuelles" concernant les activités contestées de l’armée israélienne à Gaza.

Plusieurs responsables des Nations unies ont également fait la demande expresse d’une enquête indépendante. Ils cherchent à savoir si les actes des forces israéliennes, notamment le bombardement d’écoles de l’Unwra ou d’hôpitaux relèvent de crimes de guerre.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a le premier réclamé des poursuites contre les responsables des bombardements israéliens. Huit organisations israéliennes de défense des droits de l’homme ont aussi demandé une enquête sur la conduite de l’armée "au vu de l’ampleur des atteintes portées aux civils" palestiniens.

Légalement, des poursuites contre Tsahal semblent difficiles à mettre en place, le Cour Pénale Internationale (CPI) n’étant pas compétente pour la bande de Gaza, qui n’est pas un Etat constitué. De plus, Israël n’a pas signé le Traité de Rome fondateur de la CPI, ce qui obligerait les Nations unies à voter une résolution du Conseil de Sécurité, à laquelle les Etats-Unis s’opposeraient très probablement.

La dernière possibilité reste un procès instruit dans un pays européen pour crimes de guerre commis à l’étranger, ce qui serait une première et ferait jurisprudence.

L’Autorité Palestinienne rejette l’immunité

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riad al-Malki a rejeté dimanche toute immunité judiciaire d’Israël, confirmant que rien n’empêcherait la mise en place de procédures judiciaires. "Il n’y a pas d’immunité contre des actions judiciaires" concernant les bombardements à Gaza, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre à Bruxelles avec les chefs de la diplomatie de l’Union européenne, et ses collègues d’Egypte, de Jordanie et de Turquie.

"Cette décision n’empêchera pas les gouvernements et les organisations des droits de l’Homme dans le monde" d’engager des actions en justice "contre tous les dirigeants israéliens responsables de décès et de destruction contre le peuple palestinien", a-t-il dit.

Contredisant les propos de l’Etat hébreu, le rapporteur spécial de l’ONU a de son côté maintenu qu’Israël n’avait fait aucun effort pour faciliter l’évacuation ou la protection des civils.

Israël accuse la Hamas d’avoir favorisé les zones de combats proches des civils, rendant l’organisation responsable des lourdes pertes infligées aux populations de Gaza, où 1300 Palestiniens sont morts.

28 janvier 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article79064


3-9 Shlomi Zakaria : En route pour un Guantanamo israélien.

Il n’y a pas, dans le droit international, d’antécédent à une détention sans jugement de « combattants illégaux ». Le Rapport Winograd avait, lui aussi, mis en garde à ce propos.

Dans le déploiement des services de sécurité en vue des combats dans la Bande de Gaza, le service de l’Avocat Général Militaire n’était pas absent, lui qui avait décidé, comme il a été rapporté dès avant la guerre, de mettre sur pied un appareil judiciaire spécial qui déclarerait les gens du Hamas criminels de guerre ou, pour reprendre la terminologie juridico-tsahalienne que l’on trouve sur toutes les lèvres : « combattants illégaux ». Il avait également été rapporté que l’on s’attendait à ce que, au cours de cette guerre, des milliers de personnes soient prises et définies comme combattants illégaux. Il y a juste un problème : des « combattants illégaux », cela n’existe pas.

L’opération à Gaza a déjà fourni des images de dizaines si pas de centaines de prisonniers illégaux qui ont été emmenés vers de vastes camps. L’histoire juridique des combattants illégaux en Israël commence avec la nécessité qui a surgi de continuer à retenir en otages Moustapha Dirani et le cheikh Obeid jusqu à la libération de Ron Arad. La loi a été taillée spécialement à leurs mesures, parce que la base juridique existante ne permettait pas leur maintien en détention sans jugement, comme otages, jusqu’au retour de Ron Arad.

Depuis lors, la loi et l’expression ont subi bien des métamorphoses : après le désengagement de la Bande de Gaza, il avait été décidé d’essayer de l’appliquer aux habitants de la Bande de Gaza arrêtés par la Sûreté générale et l’armée israéliennes et ainsi, de leur refuser d’une part le statut de prisonniers de guerre et d’autre part la possibilité de faire front aux accusations portées contre eux dans le cadre de la procédure. Ils furent qualifiés de combattants illégaux par l’Avocat Général et privés de droits humains élémentaires fixés par la Convention de Genève. C’était censé suffire. C’est sur cette base juridique bancale que leur maintien illimité en détention a été approuvé par les tribunaux israéliens qui manifestaient leur tendance naturelle à s’aligner sur les services de la Défense chaque fois que ceux-ci sortent de leur tiroir la petite formule évasive : « pour les besoins de la sécurité ».

Lors de la seconde guerre au Liban également, des Libanais qui avaient été capturés par l’armée, ont été détenus pour un temps illimité et sans qu’aucune accusation d’un genre ou d’un autre ne fût portée contre eux, conformément à la loi draconienne et aux spécifications arbitraires des hauts responsables du service de l’Avocat Général. Ils ont été placés en détention sitôt arrêtés, en lieu et place d’une comparution devant un tribunal pour les faits incriminés, comme on l’attendrait et comme il fut exigé dans une partie des cas.

Il nous a été communiqué qu’actuellement cette tendance et cette volonté étaient plus fortes que jamais et que les approbations juridiques avaient déjà été données : le recours à la loi sur l’emprisonnement des combattants illégaux est devenu ces jours-ci la manière de faire commune à l’encontre de centaines de personnes.

Ces « prisonniers » se retrouveront avec un statut spécial, dépourvu de droits ; un statut qui est en fait une fiction juridique contraire au droit international, sans les droits des prisonniers de guerre ni des autres prisonniers ; un statut dans lequel le service de l’Avocat Général Militaire tente de mettre le contenu qui l’arrange, tout en essayant de rendre casher un virus, un bogue que les tribunaux britanniques et américains – deux Etats en guerre quotidienne eux aussi contre le terrorisme et qui prennent une part directe dans cette « guerre contre le terrorisme » – ont refusé d’accepter, jugeant qu’il s’agissait d’une procédure invalide, inconstitutionnelle, totalement contraire aux prescriptions du droit international. Malgré cela, il semble bien que nous soyons sur la voie de la création de notre Guantanamo à nous et cela précisément durant la semaine où nous apprenons que Président américain nouvellement élu, Barack Obama, s’apprête à fermer le vaste camp original.

Nos tribunaux continueront apparemment à s’aligner sur les exigences insatiables et le puissant appétit des nécessités de la sécurité, dans le but de rassasier les consommateurs de la sécurité.

Or c’est précisément la Cour suprême qui a jugé qu’il n’existait pas de créature juridique appelée « combattants illégaux », au grand regret de l’armée. Simultanément, cette même Cour suprême a autorisé et continue d’autoriser les services de la Défense à faire un usage intensif d’une loi qui, en fait, permet la détention de personnes sans jugement, sans qu’aucune accusation ne soit portée contre elles, en contradiction flagrante avec le droit international. En réalité, et contrairement à la rhétorique du tribunal lui-même, le service de l’Avocat Général Militaire s’est vu accorder l’estampille tant désirée pour la concrétisation de ses aspirations.

On parle beaucoup ces derniers temps de la mise en œuvre réussie des leçons de la seconde guerre au Liban, à la suite du rapport Winograd. Dans ce rapport, un des chapitres qu’on continue d’ignorer avait trait au droit international et à la nécessité de mettre les modalités de combat en conformité avec ces lois-là. A côté de la nécessité d’assimiler les normes internationales dans l’armée, il avait été décrété qu’il revenait à Israël de se mesurer aux défis que les conflits actuels placent devant lui, tout en observant les principes du droit international et en prenant avis auprès d’autres Etats se trouvant dans une situation comparable. Aux Etats-Unis, on commence déjà à tirer les leçons des dommages de Guantanamo et du recours à la formule « combattants illégaux ». Dommage que le service de l’Avocat Général Militaire ait précisément décidé d’ignorer cette recommandation de la Commission Winograd.

Samera Esmeir

Shlomi Zakaria fait partie de l’équipe juridique de l’organisation israélienne des droits de l’homme « Yesh Din »

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)


3-10 L’opinion publique palestinienne, dans sa majorité, estime qu’Abbas a mal géré la situation.

Amjad Rafeeq Shihab, DE L’UNIVERSITE AL KUDS : ” CEUX QUI PENSENT QUE TANNER LE CUIR AU HAMAS AMENERA CELUI-CI A COMPOSER NE COMPRENNENT RIEN A LA NATURE DE CE MOUVEMENT.

Mati Ben-Avraham : Comment se présente la situation, du côté de Ramallah.

Amjad Rafeeq Shihab : La situation est très compliquée. Le Hamas a gagné en popularité. Il pose des conditions pour la reprise d’un dialogue inter-palestinien.

MBA : Lesquelles?

A.R. Shihab :

Premièrement, toute négociation avec l’Autorité palestinienne corrompue (C’est Meeshal qui parle) doit être basée sur le principe de résistance contre Israël.

Deuxièmement, la libération de tous les prisonniers du Hamas détenus par l’Autorité palestinienne. Troisièmement, la fin de la coopération avec les Israéliens sur le plan des renseignements.

Et quatrièmement, 40% des sièges au sein de l’OLP.

Sans oublier que le Hamas refuse que l’Autorité palestinienne soit associée à la reconstruction dans la bande de Gaza.

MBA : Le Hamas veut casser le dialogue Israël-Autorité palestinienne, si je comprends bien.

A.R. Shihab : Oui. Mais la priorité est de faire tomber l’Autorité palestinienne. Il sait que celle-ci sort affaiblie de la crise. L’opinion publique palestinienne, dans sa majorité, estime que Mahmoud Abbas a mal géré la situation. Et l’échanges de prisonniers qui se dessine avec Israël va renforcer davantage la position du Hamas en Cisjordanie. Il ne faut pas oublier que ce mouvement y compte encore de nombreux militants et sympathisants. Et des voix s’élèvent pour réclamer le départ de Mahmoud Abbas.

MBA : Pour le remplacer par qui?

A.R. Shihab : Soit Abu Alla soit Marwan Barguthi. Tout va dépendre de l’évolution des choses. Si Mahmoud Abbas démissionne brutalement, ce sera Abu Alla qui prendra la suite. En cas d’élections pour désigner le successeur du président actuel, c’est Marwan Barguthi. Il est très populaire dans les rangs du Hamas. Je pense que nous vivons la fin de l’époque Mahmoud Abbas.

MBA : Ne peut-on craindre que des querelles intestines, du côté Fatah, favorisent le Hamas?

A.R. Shihab : Vous avez raison. La situation est catastrophique au sein du Fatah. Il y a trois groupes rivaux, deux de tendance modérée, et un radical. Le premier est celui de Mahmoud Abbas, le second d’Abu Alaa et le dernier est mené par le radical Martyr Alaqsa. Ce n’est pas encore apparent, mais les divisions éclateront au 6ème Congrès.

MBA : Qui aura lieu quand?

A.R. Shihab : Ils n’arrêtent pas de reporter la date. Normalement, il aurait dû se tenir il y a deux ans. Pour l’instant, le groupe Mahmoud Abbas semble le plus solide, mais surtout en raison du soutien extérieur dont il bénéficie.

MBA : D’aucuns, en Israël, sont d’avis que Mahmoud Abbas a manqué sa chance en n’envoyant pas une unité palestinienne combattre contre le Hamas. Qu’en dites-vous?

A.R. Shihab : Quelle chance ? Revenir à Gaza dans le sillage des chars de l’armée israélienne ? Une décision de ce genre aurait discrédité l’Autorité palestinienne à jamais. C’est oublier un peu vite qu’il y a eu beaucoup de victimes civiles, des femmes, des enfants, de simples gens. Mahmoud Abbas, en saisissant une “chance” pareille, aurait été considéré comme un complice des Israéliens, un traître au peuple palestinien. Ce qui lui est déjà reproché, c’est de s’être tenu à l’écart, cassant ainsi la solidarité palestinienne. Le Hamas en fait, aujourd’hui, exploite cette carte pour dénigrer l’Autorité palestinienne.

MBA : Pourtant, il n’y a pas eu de grosses manifestations en Cisjordanie. Moins que dans certaines villes européennes, par exemple…

A.R. Shihab : C’est vrai. Au départ, les Palestiniens de Cisjordanie étaient divisés sur la question de savoir si l’offensive israélienne était dirigée contre le Hamas ou également contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza. Alors, au vu des images diffusées depuis Gaza, il y a eu des manifestations, mais sous contrôle de l’Autorité palestinienne, qui voulait éviter tout débordement. Quand c’est arrivé, ici ou là, l’intervention des forces de sécurité a étonné, sinon choqué par sa brutalité. On sentait bien que l’Autorité palestinienne attendait de voir comment les choses allaient tourner dans la bande de Gaza pour prendre position. D’où une déception certaine au sein du peuple, qui n’a pas compris cet attentisme.

MBA : Et dans les universités qui, généralement, sont le fer de lance de la contestation?

A. R. Shihab : Ecoutez, les universités en Cisjordanie sont contrôlées par le Fatah, surtout depuis le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza. Au sein de l’université, les syndicats d’étudiants sont aux mains du Fatah. Au sein de ces syndicats, beaucoup d’étudiants appartiennent aux services de sécurité, soit les renseignements généraux, soit les forces préventives. Donc, des anti- Hamas convaincus. Du coup, ceux qui ont des sympathies pour le Hamas ne tiennent pas à le montrer. C’est pour cela que, pour la première fois, une offensive israélienne contre des Palestiniens n’a pas provoqué des réactions très vives. De plus, les velléités de manifestation ont été réprimées brutalement, comme à Bir Zeit. Il y a un autre aspect au calme relatif : les directeurs d’établissements n’ont pas pris position, du moins publiquement. Pour ne pas porter atteinte à l’année universitaire en cours.

MBA : Comment l’opinion publique a-t-elle accueilli la liquidation de Saïd Siam, numéro 3 du Hamas?

A.R. Shihab : Très mal! On peut supposer que du côté de l’Autorité palestinienne, mais surtout chez certains responsables du Fatah, la mort du numéro 3 n’a pas été pleurée. Il ne faut pas oublier que cet homme a été l’ingénieur de la prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. C’était un homme clé sur le terrain, qui appartenait au clan le plus radical de ce mouvement. Pour Israël, sa liquidation est un succès militaire mais, à long terme, je pense que c’est le Hamas qui en profitera le plus. Saïd Siam sera érigé en martyr, et le Hamas y gagnera en popularité. Non seulement en Palestine, mais dans l’ensemble du monde arabe. Cette mort équivaut à celle d’Imad Moughnieh pour le Hezbollah. Un coup dur transformé en une opération publicitaire gagnante.

MBA : Et ça marche! J’avoue y perdre mes repères. Tout montre que le Hamas a craqué sous les coups de boutoir israéliens. Et pourtant, il chante victoire. Il clame avoir infligé à l’ennemi sioniste de lourdes pertes. Il dicte ses conditions…

A.R. Shihab : Mais le Hamas ne s’adresse pas à vous! Ni à moi. Il vise les populations arabes. Se situe dans une perspective à très long terme. Mais si ses propos portent, c’est qu’ils tombent dans des oreilles prêtes à les entendre. Et aux prochaines élections, même si la proportionnelle est imposée pour éviter une victoire écrasante du Hamas, celui-ci tirera son épingle du jeu, sera incontournable. Parce que le peuple est arrivé au point où il n’a plus rien à perdre. Il n’a recueilli aucun dividende du processus de paix. C’est l’impasse totale. Alors, pourquoi pas le Hamas ? Ceux qui pensent que tanner le cuir au Hamas l’amènera à composer, ne comprennent rien à la véritable nature de ce mouvement. Ni au désenchantement de la société palestinienne. Le processus qui devait mener à la création d’un Etat palestinien a été amorcé en 1991, à Madrid. Il devait se conclure en 1999. Et rien! C’est l’échec des négociations qui ont suscité la montée des radicaux. A présent, on dit : éliminons le Hamas et tout ira bien. Mais où sont les garanties que c’est bien comme cela que ça va se passer ? Qu’il y aura bien un Etat palestinien à la clé ? Aucune garantie, n’est-ce-pas ? J’ai bien peur que l’année 2009 soit une année très difficile pour les Palestiniens.

MBA : Un dernier point. Seuls 27% des Israéliens estiment que le cessez-le-feu sera de longue durée. La majorité penche pour un mois, ou quelques mois. Et vous?

A.R. Shihab : Deux mois. Peut-être. Je souhaite me tromper.

Amjad Rafeeq Shihab,

DE L’UNIVERSITE AL KUDS

jan27

http://www.israelvalley.com/edito/2009/01/27/21386/israel-palestine-exclusif-interview-de-amjad-rafeeq-shihab-de-l-universite-al-kuds



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