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30/04/2009

n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-1 - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?


n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-1 - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les annexes des Guerres de l'Otan. n° 31- 26-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

Tiré à part :

1 Annexe

1-1 OTAN- Quo non extendam ?

Suite & fin

1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

1-3 L’évolution des rapports de force internationaux.

1-4 L'espionnage «pourrait perturber» la lutte contre le terrorisme.

Pièce jointe

« L’OTAN pourrait déployer un système de defense complémentaire du système antimissile américain »



1 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 OTAN - QUO  NON  EXTENDAM ?

Si la signature du traité de l’Atlantique Nord a bien lieu le 4 Avril 1949 à Washington, il serait erroné d’en déduire que cette signature et la création d’une alliance militaire transatlantique qu’elle fonde marquent le début de la guerre froide.

L’acte officiel de lancement de la guerre froide a eu lieu trois ans plus tôt très exactement le 5 Mars 1946. Il s’agit du discours prononcé ce jour là par WINSTON CHURCHILL à l’Université  de FULTON (Missouri), lui-même inspiré par le diplomate US GEORGE KENNAN qui ambassadeur des Etats-Unis à Moscou théorise la future guerre antisoviétiques dès le  22 Février 1946

Bien que battu aux élections de 1946 et remplacé au pouvoir à Londres par le dirigeant du parti travailliste CLEMENT ATTLEE , CHURCHILL  garde une place internationale éminente puisqu’il est avec STALINE, le seul des dirigeants des puissances victorieuses du fascisme à avoir participé aux conférences qui ont procédé au partage du monde en zones d’influence : Conférence de Téhéran (28 Novembre – 1 décembre 1943 ) conférence de Yalta,(4-11 Février 1945 ) conférence de Potsdam(17 Juillet-2  Aout 1945)  et à savoir ce qui a été décidé au cours de ces trois conférences.

Mais autant il a pu en 1943 reconnaitre le rôle décisif  de l’URSS dans la défaite du fascisme et prononcer un éloge appuyé de ce pays et de son peuple, autant trois ans plus tard son discours est devenu  hostile et il accuse l’URSS d’avoir fait descendre un « rideau de fer » au milieu de l’Europe. L’expression très forte et qui fera le tour du monde laisse penser que l’URSS est la responsable d’une  division du continent qui a en réalité été décidée d’un commun accord.

Le discours de FULTON annonce que l’alliance entre les bourgeoisies occidentales et le socialisme soviétique n’était qu’une alliance de circonstance et qu’à nouveau comme entre 1917 et 1922 lorsque les puissances capitalistes  (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Japon Allemagne…) envoyaient des troupes combattre l’armée rouge aux côtés des russes blancs , la lutte pour la domination du monde par le capitalisme anglo-saxon et les autres puissances coloniales reprend.

Il fait en même temps comprendre clairement aux peuples d’Europe que quels que soient leurs choix  électoraux ou leurs préférences politiques, chacun doit rester du côté du « rideau de fer » où il se trouve.

Les Etats-Unis sont évidemment au cœur du projet. Leur  territoire est  intact, leurs pertes en hommes sont infimes comparées aux pertes soviétiques, leur industrie a été dopée par l’effort de guerre ils dominent l’économie mondiale (50% du PIB  mondial à eux seuls) et disposent depuis la double expérimentation in vivo des 6 et 9 Aout 1945 (Hiroshima et Nagasaki) de l’avantage militaire décisif : la possession de l’arme atomique. Ils vont donc prendre la place centrale dans cette guerre froide annoncée et y investir d’énormes moyens financiers.

Le Président Truman met tout le poids de son pays dans l’opération et lance le  29 mars  1947, dans un discours prononcé devant le Congrès, le plan Marshall (du nom du général qui est alors secrétaire du Département d’Etat étasunien).

Les pays cibles du plan Marshall sont en priorité ceux situés à l’Ouest du « rideau de fer »  dans lesquels des partis communistes, sortis grandis et armés de leur participation à la résistance populaire contre le nazisme, sont puissants. L’aide Marshall va permettre à des gouvernements bourgeois de s’installer au pouvoir. 

Les PC  français et italiens sont  mis sur la touche, tolérés dans le pays mais interdits de pouvoir. Ils acceptent cette marginalisation qui sera définitive pour le PC italien aujourd’hui disparu. 

Le PC grec, bien qu’il ait eu un rôle décisif dans la résistance l’occupation nazie a été mis sur la touche par la Grande-Bretagne, la bourgeoisie et les fascistes grec, se réveille tardivement et reprend les armes contre le nouveau régime

. La riposte est immédiate : le premier Avril 1947 un général  US débarque sur le sol grec avec 5000 hommes et prend le commandement d’une guerre « civile » qui  bien alimentée en dollars US durera deux ans. Elle   sera  féroce, extrêmement sanglante et conduira  à une quasi liquidation   des communistes  grecs  et à une interdiction du PC qui durera jusqu’en 1974. Les fascistes grecs alors soutenus et conseillés par les Etats-Unis se permettront mettre de faire un coup d’Etat militaire qui saignera à nouveau le pays et  les partis de gauche grecs pendant 7 ans (1967-1974)

La  Grèce étant à l’Ouest du « rideau de fer », l’URSS, affaiblie par la guerre et en situation d’infériorité militaire, n’intervient pas.  Le partage du continent est ainsi respecté par la force. Pour autant les « occidentaux » ne vont pas hésiter à tenter des débaucher des pays situés dans la zone d’influence soviétique. Tel  sera  le cas de la Tchécoslovaquie. Les élections qui suivent la guerre ont  donné une place prépondérante au PC tchèque (43% des voix). Il  va former  un gouvernement de coalition avec des partis bourgeois. Confronté aux graves problèmes matériels de la reconstruction du pays, le gouvernement tchèque envisage de faire appel à l’aide MARSHALL. Pour l’URSS  c’est le signe que le « rideau de fer » peut se déplacer pourvu qu’il se déplace vers l’Est.  L’URSS s’oppose à cette demande d’aide financière aux Etats-Unis et exige du gouvernement tchèque dirigé par les communistes qu’il refuse cette aide. Le PC Tchèque mobilise la population dans ce sens. La crise politique éclate à Prague en Février 1948. Les partis bourgeois quittent le gouvernement et le PC  tchèque reste seul au pouvoir. Pas un coup de feu n’a été tiré mais cette prise de pouvoir des communistes par défaut, sera dénommée « coup de Prague » et  à l’Ouest, elle symbolisera la mainmise soviétique sur l’Europe orientale et permettra de faire passer sous silence l’exclusion du pouvoir des PC français et italien et les horreurs la  guerre civile grecque.

Reste le cas de l’Allemagne. Découpée en quatre zones d’occupation (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS) au sortir de la guerre le « rideau de fer » n’y a pas été tiré puisqu’en vertu des accords de Potsdam la gestion du pays doit rester quadripartite en attendant un accord entre les puissances occupantes sur l’avenir du pays. En fait les trois occidentaux unifient leurs 3 zones d’occupation et commencent à s’acheminer vers la coupure du pays en deux en créant une nouvelle monnaie pour leur zone commune. Cette décision prise en contradiction avec les accords de Potsdam est un premier pas vers la partition du pays.  Le rideau de fer commence ainsi à s’abaisser au milieu de l’Allemagne. L’URSS, après de vaines protestations, va tenter de s’opposer à la manœuvre par le blocus de Berlin. La tentative échoue.

D’autres évènements marquants marquent cette période charnière entre le discours de FULTON et le traité de l’Atlantique Nord. µ

Après avoir installé à Panama l’Ecole des Amériques qui formera tous les tortionnaires, les militaires putschistes, les organisateurs des escadrons de la mort qui empêcheront pendant plus d’une demi-siècle toute transformation politique démocratique sur le continent,  Les Etats-Unis fondent l’Organisation des Etats américains (Bogota  25 Avril 1948) et s’assurent ainsi pour plus d’un demi-siècle le contrôle politique économique et militaire sur les pays de leur « arrière-cour ». Ceux–ci épargnés par la guerre et déjà décolonisés depuis un siècle aspirent  à un développement national autonome et les Etats-Unis empêcheront l’émergence  de dirigeants porteurs de ces aspirations. Le dirigeant colombien progressiste JORGE GAITAN est assassiné à Bogota le 9 Avril 1948 au moment même où se tient dans la ville la réunion fondatrice de l’OEA. Les services secrets  étasuniens ont commandité le meurtre mais  alimentent  la rumeur d’un assassinat organisé par le PC colombien. L’avertissement aux dirigeants latino-américains est clair : le sous-continent doit rester sous domination étasunienne. L’assassinat de JORGE GAITAN marque le début d’une guerre civile colombienne qui durera quatre ans, fera 200 000 à 300 000 victimes et sera le terreau de la lutte armée qui n’a jamais vraiment cessé en Colombie, toutes les tentatives de règlement négociée de la crise politico-sociale ayant été noyées dans le sang

Après la défaite du japon les Etats-Unis ont tenté de soutenir – y compris militairement – les nationalistes chinois pour éviter la victoire des communistes. Mais Ils n’y parviendront pas et le Parti Communiste Chinois prend seul le pouvoir le 01.10.1949. Sur le continent eurasiatique les positions de l’impérialisme occidental sont donc très affaiblies. Après l’URSS, la Chine va passer aux mains des communistes, ce qui représente un gain  démographique, territorial et politique énorme pour le camp socialiste

L’Amérique soumise et satellisée, l’Afrique encore sous le joug  colonialiste européen, il est urgent  de créer un bastion impérialiste en Europe de l’Ouest  face au danger communiste qui grandit à l’Est du grand continent eurasiatique.

L’OTAN entre alors  en scène et son émergence ne peut être comprise que dans ce cadre géopolitique global. Le traité de l’Atlantique Nord manifeste que la direction de l’impérialisme est désormais installée définitivement à Washington  au détriment de Londres et que les vieux impérialismes européens, qu’ils aient été dans le camp des vainqueurs ou dans celui des vaincus : britannique, français, belge, néerlandais, italien sont passés sous contrôle étasunien. Le cas de l’Allemagne est laissé temporairement de côté, le découpage en deux Etats voulu par l’Occident au mépris des accords de fin de guerre,  n’est pas encore effectif et les réticences des opinions publiques européennes vis-à-vis du pays porteur des horreurs du nazisme encore trop fortes  4 ans après la fin de la guerre.

Dans sa lettre le traité de Washington ne s’affiche pas comme une alliance contre un adversaire désigné nommément et donc sa survie et sa durée exceptionnellement longue pour  une alliance de ce type sont dés l’origine formellement possibles quand l’adversaire concret ou réellement existant disparait quelle que soit la façon variable utilisée pour  le dénommer : « bloc de l’Est », « camp socialiste » sans compter toutes les structures  sociales ou institutions sur lesquelles on peut coller le qualificatif  disqualifiant de « stalinien »

Le préambule du traité et les deux premiers articles  sont ainsi libellés :

(parties en rouge sélectionnées par COMAGUER pour souligner que les violations du texte n’ont pas cessé depuis la disparition de l’URSS)

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n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-Fin - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

n° 31- Les annexes des Guerres de l'Otan - 26-04 :-Fin - : Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?



Les annexes des Guerres de l'Otan. n° 31- 26-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



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Sommaire.

Tiré à part :

1 Annexe

1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

1-3 L’évolution des rapports de force internationaux.

1-4 L'espionnage «pourrait perturber» la lutte contre le terrorisme.

Pièce jointe

« L’OTAN pourrait déployer un système de defense complémentaire du système antimissile américain »


1-2 Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?

Est-ce la perspective du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), à Bucarest (Roumanie), du 2 au 4 avril, ou les incertitudes existentielles de l’Europe ?

Les rapports et ouvrages sur le lien transatlantique et la relation avec les Etats-Unis se multiplient. Dans son livre, M. Edouard Balladur (1) prône un nouvel équilibre et même une union entre l’Europe et les Etats-Unis pour gérer la sécurité du monde.

Hardi, l’ancien premier ministre assimile Occident et démocratie.

De leur côté, cinq anciens officiers généraux ayant assumé des fonctions à l’OTAN proposent de revitaliser l’alliance en créant une direction commune Etats-Unis - OTAN - Union européenne. Leur rapport (2) décalque, non sans scrupules, des concepts de la pensée militaire américaine, tels que l’emploi du nucléaire préemptif (3)… Une importante « boîte à idées » installée à Bruxelles, Security and Defense Agenda (SDA), envisage pour sa part de « revisiter » la relation transatlantique (4).

Tous ces écrits présentent trois points communs : ils analysent le monde extérieur à l’OTAN comme une menace (du moins lorsqu’ils l’évoquent) (5) ; ils naturalisent l’idée d’un Occident uni par des valeurs communes face à une mondialisation perçue comme chaotique ; enfin, ces textes, constatant l’impuissance des armées occidentales à la lumière des interventions en Afghanistan et en Irak, réclament un élargissement des missions de l’OTAN. Seul l’ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine prend des distances avec la bonne conscience qui traverse les autres ouvrages (6).

Un sujet, cependant, n’est pas débattu. Il semble tabou. Les Etats-Unis pourraient-ils constituer un risque grave pour la sécurité internationale dans les vingt prochaines années ? Loin d’être illégitime, l’interrogation dépasse l’équipe actuellement au pouvoir à Washington, responsable d’une des pires catastrophes géopolitiques des quinze dernières années – l’invasion de l’Irak. Elle devrait au moins susciter un débat parmi les Européens. Le terrorisme islamiste et la prolifération des armes de destruction massive constituent des risques bien réels. Mais en rangeant, par accord tacite, les Etats-Unis au nombre des solutions, on exclut d’emblée une source éventuelle de menace pour la sécurité internationale. La réflexion sur une diplomatie propre à l’Europe s’en trouve amputée. Si le risque de l’unilatéralisme américain ne pèse pas directement sur la France, faut-il pour autant l’ignorer ?

La planète connaît une phase de transition. A un système d’unilatéralisme militarisé dominé par une unique hyper-puissance succède progressivement un multilatéralisme marqué par l’émergence de nouvelles puissances (Chine et Inde, Union européenne), par l’existence d’autres Etats dotés de l’arme nucléaire (Israël, Pakistan, Corée du Nord ; Iran demain) et par la nécessité de gérer la raréfaction du pétrole et des matières premières. Au-delà des menaces les plus évidentes (prolifération et terrorisme), certains scénarios de guerre probables se dessinent autour des actions militaires unilatérales (comme celle des Etats-Unis en Irak) et des conflits pour le contrôle des ressources rares. Or, dans ces deux cas, Washington pourrait jouer un rôle déstabilisateur en décidant seul.

Mis en place en 1991, l’unilatéralisme américain possède des caractéristiques uniques, qui se sont soudainement amplifiées avec le traumatisme des attentats du 11-Septembre. Le pouvoir de Washington dépasse les limites habituellement associées à la souveraineté classique et s’étend à l’ensemble de la planète. Cet unilatéralisme est celui d’une puissance inégalée à l’échelle du globe, qui justifie son identité par un « particularisme sacralisé » ou un « messianisme démocratique radical ».

Cela signifie d’abord le pouvoir de refuser les règles de sécurité communes. Dès la présidence de M. William Clinton, les autorités américaines sont allées assez loin en la matière : retrait du traité relatif aux missiles antibalistiques (Anti-Ballistic Missile, ABM), interdisant les missiles antimissiles, pour lancer le programme de defense antimissile ; application très « souple » de la convention interdisant les armes biologiques de 1972 (comme l’a montré, en septembre 2001, la crise de l’anthrax produit par un laboratoire relevant du Pentagone et menant des travaux sur la militarisation de cette substance) ; refus des inspections prévues par la convention sur les armes chimiques de 1993 au motif de la protection des secrets industriels – Washington se retrouvant ainsi avec la Chine et l’Iran pour fragiliser ce traité international.

Glissement stratégique de Washington

A cela s’ajoute le rejet de la convention contre les mines antipersonnel de 1997, aux côtés de la Chine, pour « protéger les troupes américaines de Corée » et le refus de la négociation sur le commerce des armes légères, au motif que le deuxième amendement de la Constitution américaine donne droit aux armes individuelles. Egalement repoussée : la justice collective de la Cour pénale internationale (CPI), pourtant proposée par le président Clinton. Le Congrès alla jusqu’à menacer de couper les subsides aux pays du Sud bénéficiaires d’aides publiques américaines s’ils ne signaient pas un traité bilatéral pour s’interdire d’extrader des citoyens américains poursuivis par la CPI.

L’unilatéralisme, c’est encore le pouvoir de décider qui, à chaque moment, est l’« ennemi » : l’Irak (comme l’a affirmé M. Colin Powell, le 6 février 2003, à l’Organisation des Nations unies [ONU]), l’Iran, Al-Qaida, etc. Ce pouvoir d’énonciation impose à la « communauté internationale » un échéancier, celui de la « guerre globale contre le terrorisme » et contre la prolifération. Le discours de M. George Bush de janvier 2002 dénonçant l’« axe du Mal » en est un exemple. Le président américain passe sans hésitation, et sans cohérence, de la guerre contre le terrorisme islamiste, responsable du 11-Septembre, à la lutte contre la prolifération (ni la Corée du Nord ni l’Iran n’étaient pourtant accusés de rapports troubles avec M. Oussama Ben Laden). En dressant une liste précise de pays dangereux, M. Bush délivrait a contrario des brevets de « proliférateurs acceptables » à Israël, à l’Inde et au Pakistan, reconnaissant ainsi que toutes les proliférations ne sont pas déstabilisantes.

L’unilatéralisme, c’est également le pouvoir d’agir militairement seul : l’effort de defense américain représente la moitié des dépenses mondiales d’armements. La réflexion actuelle sur l’emploi de petites armes nucléaires (« mini-nukes ») et l’affirmation du principe de la guerre préemptive reflètent les grandes composantes de la réflexion stratégique d’un pays qui n’a jamais connu de guerre de destruction totale sur son territoire (7) – mais qui réfléchit placidement aux moyens de la déclencher chez les autres. Enfin, et on le voit avec l’Irak, l’unilatéralisme, c’est le droit que l’on s’accorde de redessiner la carte du globe. En témoigne le projet de « Grand Moyen-Orient ».

Les Etats-Unis sont la dernière démocratie à avoir mené une guerre chimique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Au Vietnam, en larguant, entre 1961 et 1971, quarante millions de litres d’« agent orange », soit trois cent trente-six kilos de dioxine, produit particulièrement toxique que l’Europe a découvert à Seveso (8). Les tribunaux américains ont accepté récemment d’indemniser d’anciens GI victimes de cette arme effroyable, mais ils refusent de reconnaître ce droit aux victimes vietnamiennes.

Les élections américaines peuvent-elles changer la donne ?

Trois éléments communs se sont retrouvés chez Mme Hillary Clinton, MM. Barack Obama et John McCain.

La vision messianique des Etats-Unis subsistera, les alliés étant plus ou moins consultés. Même M. Obama, candidat le plus sensible aux réactions internationales, n’a mené aucune audition en tant que président de la sous-commission Europe de la commission sénatoriale des relations extérieures. L’individualisme, le moralisme et l’exceptionnalisme qui imprègnent les élites aussi bien que l’opinion publique expliquent le sentiment consensuel que nul n’est en droit de remettre en question la pureté de leurs intentions. Ni la justesse de leurs définitions du Bien et du Mal (9).

Le glissement stratégique de Washington, de la dissuasion – une doctrine de préservation de la paix qui a fonctionné pendant toute la guerre froide – à la préemption, qui est une logique de déclenchement de la guerre, trouve son origine dans l’exceptionnalisme américain. Lequel postule que la sécurité du pays ne doit dépendre de personne et qu’elle pourrait justifier à elle seule une attaque préventive. Le 11-Septembre, qui fut une attaque directe et meurtrière sur le territoire américain, a consolidé ce genre de « postulat ». Seul frein psychologique à cette dérive, la mort de quatre mille GI (qui pèse plus dans le débat électoral que celle des centaines de milliers d’Irakiens).

Seconde constante programmatique des aspirants à la Maison Blanche, la solidarité inconditionnelle avec Israël, qui rend plus aléatoire encore une paix durable au Proche-Orient. Favorables au « Grand Israël », les néo-évangélistes revendiquent le soutien de 30 % de la population américaine ; leur influence redouble le rôle traditionnel de la communauté juive organisée (10). S’agissant du monde musulman, la plupart des discours politiques comportent le terme d’islamo-fascisme, comme si l’islam avait l’exclusivité de la violence et du radicalisme (11). Dans la région, la diplomatie américaine a d’ailleurs adopté la règle du « deux poids, deux mesures ». Conseiller de Mme Clinton, M. Richard Holbrooke a déclaré : « La question centrale en Palestine n’était pas la démocratie mais la paix avec Israël. (…) Dans la région, entre la paix et la démocratie, je choisis la paix sans hésiter (12). »

La remarque semble également s’appliquer à l’Iran. Seul pays de la région dont le président est élu avec 55 % des voix, il est plus démocratique et moins islamiste que l’Arabie saoudite, moins nucléaire que le Pakistan ou Israël. Les déclarations provocatrices de M. Mahmoud Ahmadinejad ne peuvent masquer l’origine de sa quête de l’arme nucléaire. Elle remonte à la guerre avec l’Irak (1980-1988), pays agresseur soutenu jusqu’à l’extrême par les Occidentaux. Le conflit a causé entre huit cent mille et un million de morts iraniens, d’où le rôle aujourd’hui encore des anciens combattants (à travers les pasdarans ou la Fondation des martyrs) ; l’emploi des armes chimiques contre ces soldats n’a jamais été condamné par les Occidentaux. Enfin, le pays est entouré par les forces d’une superpuissance qui s’est donné comme ambition de renverser le régime (les troupes américaines stationnent en Irak, en Afghanistan et dans le golfe Arabo-Persique) et d’un nouveau pays proliférant toléré par Washington, le Pakistan. Dans ces conditions, un responsable politique de Téhéran peut-il croire aux garanties de sécurité données par les Etats-Unis ?

Un militarisme humilié

Dernière caractéristique commune à tous les candidats : une prédilection pour le surdimensionnement de l’outil militaire et pour l’usage de la force. Le budget militaire américain pour l’année 2009 dépasse les 600 milliards de dollars. Et le soutien de l’opinion publique à l’emploi de la force ne trouve pas d’équivalent dans d’autres démocraties : 82 % contre 44 % en Europe (13).

Quelle que soit leur appartenance politique, les stratèges de Washington n’envisagent pas autre chose qu’une direction américaine de la sécurité du monde. Ce droit moral s’appuie sur le principe de suprématie militaire : supériorité technologique et puissance de feu conduisent l’adversaire à la défaite. Une voie qui montre ses limites en Irak comme en Afghanistan.

On peut d’ailleurs se demander si la suprématie militaire américaine conventionnelle n’est pas un facteur de prolifération nucléaire. Après la victoire militaire de l’OTAN au Kosovo, le chef d’état-major indien déclarait : « On ne se bat pas contre les Etats-Unis sans arme nucléaire. » Symétriquement, la guerre en Irak, les difficultés russes en Tchétchénie comme l’invasion israélienne du Liban en 2006 ont montré l’efficacité restreinte des outils militaires classiques et des stratégies de destruction dans les conflits d’occupation. Néanmoins, au lieu de susciter une réflexion critique, l’impasse en Irak a débouché sur une stratégie du « prompt global strike » qui permettrait une attaque sur n’importe quel point du globe avec des missiles conventionnels en moins d’une heure, version nouvelle de la supériorité aérienne sans risque au sol.

La fabrication de l’ennemi par les « boîtes à idées » et les stratèges demeure une mécanique très efficace. Dans la « stratégie de sécurité nationale » rédigée pour Mme Clinton par le Center for American Progress (14), la liste des ennemis potentiels est analogue à celle des néo-conservateurs. On y trouve d’abord les rivaux pour le leadership – les peer competitors –, Chine et Russie. Il est intéressant de constater combien le débat sur la sous-évaluation du dollar par rapport à l’euro s’est changé, par la grâce de la dialectique américaine, en un débat sur la sous-évaluation du yuan.

A l’égard de ces puissances, la doctrine adoptée est celle du containment (endiguement), voire du refoulement, comme le montrent les multiples soutiens d’organisations non gouvernementales (ONG) américaines aux pays de la périphérie soviétique (Ukraine, Georgie…). Mais entre ces puissances nucléaires, le risque de guerre est peu élevé : la dissuasion restera longtemps encore la règle.

Viennent ensuite les pays de l’« axe du Mal », parmi lesquels l’Iran occupe une place à part, et enfin les pays nuisibles, comme la Syrie, le Venezuela ou Cuba. Dans leur cas, l’action unilatérale américaine n’est pas exclue, en particulier pour compenser une éventuelle défaite en Irak. Le choix d’une guerre gagnable contre un ennemi secondaire par un militarisme humilié est toujours possible, comme le fut l’invasion de la Grenade par Ronald Reagan, en 1983, après la révolution iranienne de 1979.

Contre l’Iran, il en va tout autrement. Le risque nucléaire existe car Washington ne supporterait pas une résistance durable. Lorsque M. Obama a exclu le recours à l’arme nucléaire pour frapper des cibles liées à Al-Qaida ou aux talibans en Afghanistan et au Pakistan, il a immédiatement été critiqué par Mme Clinton, affirmant qu’un président américain ne pouvait écarter l’option nucléaire.

Autre scénario de conflit probable : la guerre pour le contrôle des ressources. Plus que jamais, les Etats-Unis importent nombre de produits de base et de ressources énergétiques. Leur dépendance va croître : 66 % de la consommation de pétrole et 20 % de la consommation de gaz en 2030 contre 47 % et 18 % aujourd’hui  (15). D’autre part, les besoins énergétiques de l’Inde (90 % de sa consommation) et de la Chine (80 %), qui s’approvisionnent surtout au Proche-Orient, sont immenses. Comment Washington gérerait-il un embargo ou une captation de certaines de ces ressources par une puissance régionale (nouvelle Organisation des pays exportateurs de pétrole) ou globale (Chine en Afrique, Russie sur le marché pétrolier et gazier…) ? Par le libre jeu du marché ou par l’action armée ?

L’apparition (prochaine) dans le golfe Arabo-Persique de navires de guerre chinois ou indiens venus, selon la terminologie usuelle, « sécuriser leurs voies d’approvisionnement » sera-t-elle vue par les Etats-Unis comme une ingérence ou comme une contribution à la stabilisation globale ?

Volonté de modifier l’ordre existant

Aucun de ces scénarios n’est certain. Mais la transition vers un système de multilatéralisme ouvre, comme toutes les phases de mutation, une période instable. Les phases de paix durables sont liées à l’équilibre des puissances et non au développement ou au recul de la démocratie dans le monde. Pour assurer la stabilité durant la guerre froide, les pays occidentaux ont soutenu ou installé des dictatures, comme celle des colonels en Grèce ou des militaires en Amérique latine dans les années 1970. En revanche, les phases d’instabilité internationale naissent de l’affirmation de nouvelles puissances et de leur volonté de modifier l’ordre existant : l’Allemagne contestant le diktat de Versailles après 1918, les peuples colonisés refusant l’ordre colonial, le Pakistan et l’Inde cherchant à redessiner le tracé colonial, y compris par la guerre, etc.

Stratégie classique de puissance, la volonté américaine de prévenir l’émergence d’un compétiteur ne constitue pas un projet de sécurité internationale. Jadis, la puissance britannique avait énoncé le « double standard » : il limitait le droit d’un rival à posséder une flotte qui atteigne la moitié du tonnage de celle de Sa Très Gracieuse Majesté. La réflexion stratégique américaine se situe dans une démarche analogue. Il est fascinant d’entendre le secrétaire à la defense Donald Rumsfeld, en Chine, en novembre 2005, expliquer aux autorités locales combien leur effort de defense est préoccupant, alors que celui-ci n’atteindrait, au mieux, que le sixième du budget du Pentagone.

Non moins étonnantes sont les accusations répétées contre les agents iraniens qui déstabiliseraient l’Irak, comme si les quelque cent cinquante mille GI et les cent cinquante mille mercenaires présents sur place avaient contribué à la paix dans la région.

Bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas une menace mais un risque ! La France et l’Europe doivent s’interroger sur le projet diplomatique caché derrière l’appel à un rôle renforcé de l’OTAN. Après l’Afghanistan et surtout l’Irak, quel pays non occidental (au sens où M. Balladur et les cinq officiers généraux définissent la solidarité « occidentale ») percevra les capacités de projection de l’OTAN comme une force destinée à stabiliser une région en crise ?

Où se trouve l’intérêt de l’Europe ? D’abord, dans la construction d’une sécurité internationale multilatérale qui tienne compte des intérêts légitimes de chacun et non pas seulement du droit des « puissances occidentales » à gérer la sécurité de la planète. Les excès de violence et d’illégalité, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, sont condamnables dans les mêmes termes. Les morts palestiniens des bombardements israéliens sont aussi inadmissibles que les victimes des attentats terroristes. Si l’antiterrorisme tue plus que le terrorisme, que dénonce-t-on ?

Il en va de même pour l’enlèvement et l’emprisonnement illégaux d’un individu : dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), on appelle cela une prise d’otages, dans le cas du centre de détention de Guantánamo, une « détention arbitraire ». Mme Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Le Camp Delta de Guantánamo a été créé le 27 février 2002 pour les premiers prisonniers d’Afghanistan, qui ne sont toujours pas jugés…

Pour jouer son rôle, l’Europe devrait se différencier en trois choix essentiels. En premier lieu, son projet diplomatique ne peut être que celui d’une « puissance militaire sans ambition impériale ». Il s’ensuit une modification sensible de son rapport à l’OTAN. L’union des Européens a éclaté à propos de la guerre en Irak. La menace de guerre contre l’Iran présente les mêmes risques.

En deuxième lieu, la stratégie européenne de recours à la force doit se différencier des concepts américains de destruction, et avancer des stratégies de neutralisation. Dans les crises récentes (Yougoslavie, Kosovo, Timor-Leste, Afghanistan…), les Occidentaux ont financé la reconstruction des infrastructures qu’ils avaient détruites. Peut-être vaut-il mieux en démolir le moins possible et éviter de transformer les populations « libérées »en ennemis ?

Enfin, l’Europe pourrait disposer de son propre système d’évaluation des crises et non plus dépendre des renseignements américains. Les mensonges des Etats-Unis et des Britanniques pour justifier la guerre en Irak soulignent l’urgence d’une réflexion sur les moyens européens. Toutes ces propositions accèdent difficilement au débat public ; elles ont pourtant une certaine actualité.

Pierre Conesa.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/CONESA/15799

Avril 2008


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29/04/2009

n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Début - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Début - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers des Guerres de l'Otan. n° 30- 26-04

                                C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Brèves

1-1 Rôle des forces nucléaires.

2 Dossier & Point de vue

2-1 Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev : Exercices en Georgie.

2-2 Danielle Bleitrach : Opiniatreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Déclaration du Comité International Non à la Guerre - Non à l'Otan.

3-2 Déclaration conjointe des partis communistes et ouvriers à l’occasion du 60e anniversaire de l’OTAN.

Suite

3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Noam Chomsky : Pourquoi l’OTAN devrait-elle exister ?

4-2 Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations.

Fin

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

 



1 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Rôle des forces nucléaires.
(document du 24 janvier 2008)

L'OTAN doit conserver, et montrer qu'elle conserve, un noyau de capacités militaires avec une combinaison appropriée de forces qui lui assurent la puissance militaire de base nécessaire pour l'autodefense collective. Les forces nucléaires de l'OTAN restent un élément essentiel de cette capacité centrale

Les forces nucléaires qui subsistent ont un rôle essentiellement politique : préserver la paix et prévenir la coercition.

Les forces nucléaires de l'OTAN contribuent à la paix et à la stabilité en Europe en faisant ressortir le caractère irrationnel qu'aurait une guerre de grande ampleur dans la région euro-atlantique. Elles rendent les risques d'une agression contre l'OTAN plus incalculables et inacceptables que ne pourraient le faire les seules forces conventionnelles.

Par ailleurs, jointes à une combinaison appropriée de moyens conventionnels, elles jettent aussi le doute chez tout pays qui pourrait envisager de chercher à s'assurer un avantage politique ou militaire en menaçant d'employer ou en employant des armes de destruction massive contre l'Alliance.

La sécurité collective garantie par le dispositif nucléaire de l'OTAN est partagée par l'ensemble des membres de l'Alliance ; elle rassure les pays qui, autrement, pourraient se sentir vulnérables. La présence de forces nucléaires des États-Unis basées en Europe et destinées à l'OTAN établit un lien politique et militaire essentiel entre les membres européens et nord-américains de l'Alliance. En même temps, la participation au dispositif nucléaire de l'Alliance de pays non dotés d'armes nucléaires montre la solidarité qui existe entre les Alliés, leur engagement commun à préserver leur sécurité, et toute la mesure dans laquelle ils se partagent les fardeaux et les risques.

[...]

http://www.nato.int/issues/nuclear/sec-environment-f.html


2  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev : Exercices en Georgie.

Selon le représentant de la Russie auprès de l’OTAN, Dmitri Rogozine, si l’Alliance ne renonce pas à ses projets, la Russie ne participera pas à la rencontre des chefs d’Etats-majors généraux Russie-OTAN.

Les exercices sont organisés dans le cadre du programme de Partenariat pour la Paix. Prévus depuis longtemps dans le cadre d’un des programmes les plus « anodins » de l’OTAN, ces exercices ne représentent aucune menace pour Moscou du point de vue militaire. Surtout lorsqu’on sait qu’ils se dérouleront sous forme de jeux virtuels, au moyen d’ordinateurs et de téléphones, sans utiliser de matériels militaires ni d’armements.

Cependant, l’imprévisibilité des dirigeants georgiens actuels étant ce qu’elle est, un certain facteur de risque existe tout de même.

Compte tenu de cette circonstance et de la tension dans les rapports entre la Russie et la Georgie, ces exercices ne pouvaient pas ne pas susciter de réaction de la part de Moscou : l’armée russe, par exemple, prévoit d’effectuer simultanément des exercices dits « préventifs ». Ils doivent prévenir des gestes trop graves de la part de Tbilissi et stabiliser la situation.

Pour Moscou, on le voit, ces exercices ne présentent pas de danger en eux-mêmes. Le problème se situe ailleurs : la machine bureaucratique de l’OTAN et, pour être plus précis, une partie de l’opinion européenne n’ont pas bien compris certaines choses après la crise d’août de l’année dernière. Et si elles ne les ont toujours pas comprises, il serait quelque part absurde de vouloir rétablir les rapports qui existaient entre la Russie et l’OTAN avant août 2008, rapports qui était faux et vides de sens.

Nous sommes en été 2008. La Georgie, dont les dirigeants aspirent ardemment à adhérer à l’OTAN, prépare, d’abord, puis lance, le 8 août, une action militaire massive contre l’Ossétie du Sud, autonomie qui s’est détachée d’elle. La Georgie s’apprête également à faire irruption en Abkhazie, une autre entité autonome, dont les dirigeants et la population souhaitent, eux aussi, depuis plus d’une décennie, ne plus rien avoir en commun avec la Georgie.

Les troupes georgiennes pilonnent et tuent des militaires russes, qui se trouvaient à Tskhinvali en application d’accords internationaux.

Cela ne laisse pas d’autre choix à Moscou que d’intervenir.

Et même si un autre choix avait été possible, le massacre de civils par les soldats georgiens aurait obligé le pays voisin à intervenir d’urgence et à mettre fin à l’effusion de sang.

Examinons tout d’abord la provocation en tant que méthode. Le régime de Tbilissi a placé la Russie et les pays membres de l’OTAN dans une situation très difficile, ce qu’aucune des parties ne souhaitait. Il convient de mentionner à ce propos la déclaration faite il y a deux semaines par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant l’Assemblée du Conseil pour la politique étrangère et de defense de la Russie. Le sens de son intervention peut se résumer à ceci : même si la Georgie avait été déjà membre de l’OTAN, la Russie aurait agi de la même façon (le sens de ces propos est clair). Il y a là matière à réflexion. Mais l’OTAN n’a pas annulé ses exercices en Georgie.

Venons-en au génocide. Les Russes n’ont pas oublié que les opinions publiques européenne et américaine, ainsi que certains gouvernements, n’ont pas voulu croire, pendant presque deux mois, que c’était la Georgie qui avait déclenché la guerre. Ils n’ont pas voulu le croire parce qu’ils sont habitués à accuser la Russie de tout et n’importe quoi. C’est un problème des Européens et des Américains, et pas seulement des Russes.

Mais nous sommes au printemps 2009. Il y a les photos prises par les satellites, d’autres clichés, des cassettes vidéo, des rapports du renseignement militaire des pays de l’OTAN. Des délégations du Parlement européen et d’autres institutions ont effectué des visites en Ossétie du Sud : personne ne peut avoir de doutes sur l’extermination massive par les soldats georgiens de civils à Tskhinvali, ville où des tombes sont apparues en août 2008 presque dans chaque cour. Le nombre de 1.500 à 2.000 tués, selon les évaluations préalables sud-ossètes, n’a pas été confirmé ? Combien faut-il qu’il y ait de morts ?

Les faits du génocide, les noms de ses responsables (ils ont été cités lors de l’enquête parlementaire en Georgie) : tout cela est bien connu depuis longtemps. Ce n’est pas un secret.

Une question se pose : quelles conclusions en a tirées l’OTAN ? D’aucuns jugent-ils possible de revenir aux anciens rapports Russie-OTAN après avoir fait un simple geste désapprobateur envers ce qui est arrivé ? Croient-ils qu’il vaut mieux oublier rapidement ces événements ? Il est impossible de revenir à ces relations et d’oublier ce qui s’est passé. Un crime doit être appelé un crime, au lieu d’employer des formules ambiguës dans les documents du sommet de l’OTAN et autres. Ceux qui ont traîné vers l’OTAN le régime de Saakachvili et obtenu en retour l’assassinat de civils à Tskhinvali en sont responsables. Il faut s’engager avec sérieux à ce qu’il n’y ait plus de provocateurs ni de provocations. Une chose intéressante, pour finir : les exercices prévus il y a trois ans par l’OTAN en Georgie sont préparés d’après le scénario initial, comme s’ils n’étaient pas un soutien apporté aux assassins et aux provocateurs.

Ilia Kramnik et Dmitri Kossyrev,

RIA Novosti

 23 avril

http://www.armees.com/Exercices-en-Georgie-la-Russie.html


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n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04-Suite - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

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Sommaire.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Noam Chomsky : Pourquoi l’OTAN devrait-elle exister ?

4-2 Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations.


3-3 Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg.

L’OTAN, débordant de sa mission d’origine, devenue la cinquième colonne de l’impérialisme américain, obscurcit le jugement de nos dirigeants civils et militaires.

La subordination de nos moyens de defense à un commandement étranger motivé par des considérations et poursuivant des objectifs qui ne sont pas les nôtres, représente l’abdication de notre indépendance, élément essentiel de toute politique étrangère libre.

Quel rôle mondial de détente, d’entente et de coopération peut, dans ces conditions, jouer notre pays qui ne manquera pas d’être entraîné dans quelque folle aventure.

De surcroît notre force de dissuasion qui nous a coûté tant d’efforts et d’investissements, garantie de notre survie, ainsi enchaînée voit se perdre sa crédibilité.

Consultés, nos concitoyens auraient dit NON à cet abandon que rien ne justifie.

Alerte ! Cette décision inconsidérée voulue au plus haut niveau et acceptée par une majorité aux ordres, constitue un renoncement déshonorant et inacceptable qui porte une profonde atteinte à la liberté historique de la France.

Pierre Lefranc

Pierre Lefranc, ancien chef de Cabinet du Général de Gaulle

mardi 14 avril 2009,

Comité Valmy

Source : Objectif-France Magazine

 

Pierre Lefranc : Déclaration à l’occasion du sommet de l’OTAN -3 et 4 avril 2009 à Strasbourg

En parlant de traîtres, voici des nouvelles d’André Glucksmann, de Nicolas Sarkozy, de Bernard Kouchner, de Bernard-Henri Lévy :

André Glucksmann décoré par Nicolas Sarkozy.

André Glucksmann, "l’intellectuel de gauche" qui a ouvertement soutenu Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, s’est vu remettre par le président de la République les insignes d’officier de la légion d’honneur, mercredi 15 avril.

"Je vais te créer de nouveaux ennuis", a commencé le président. Leur "amitié", "franchement, c’était pas écrit", a-t-il dit.

Lui qui a fait de la "rupture" son slogan s’est trouvé un point commun avec l’ancien "nouveau philosophe", le militant maoïste changé en anti-totalitariste à la lecture de Soljenitsyne dans un milieu dominé par la culture marxiste.

Le chef de l’Etat l’a remercié de son "monumental article" paru dans Le Monde avant l’élection et intitulé : "Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy". "Ca m’a bien aidé", a dit M. Sarkozy.

Le décoré, militant des droits de l’homme, atlantiste et anti-Poutine, a remercié le président pour sa "volonté d’agir" : "Peut-être que la seule chose qui restera de l’Europe sous présidence française est que tu aies réussi à arrêter le déferlement des chars russes."

Son ancien compagnon de route auprès des "Boat people", Bernard Kouchner, et l’ancien "nouveau philosophe", Bernard-Henri Lévy, l’ont embrassé.

Pierre Lefranc :

Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/politique/art...


3-4 René HAMM : protestation anti-OTAN

Mesdames, Messieurs,

Je partage l’opinion de celles et ceux qui, à l’instar d’Axelle Sonet et de Joël Coulomb (DNA du 7 avril), estiment que les autorités, en laissant le champ libre aux «casseurs», ne visaient qu’à déconsidérer la protestation anti-OTAN, à rendre inaudible l’argumentaire des opposant(-e)s. Mission accomplie: l’immense majorité de la population hexagonale, qui a suivi les événements via la presse écrite et audiovisuelle, ne retiendra vraisemblablement que le spectacle de désolation au Port du Rhin.

Peu lui importe sans doute que l’an dernier, les vingt-cinq membres (depuis le 4 avril, l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’Alliance atlantique) qui entretiennent une armée et ses équipements (l’Islande fait exception) aient englouti pour la « defense » quelque 574,15 milliards d’euros et qu’en 2007, les dépenses militaires globales aient atteint le niveau record de 857 milliards d’euros. En revanche, à la même période, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (56 États), sise à Vienne (Autriche), ne disposait que de 168,2 millions d’euros, soit cinq mille quatre-vingt quatorze fois moins pour la prévention des conflits que pour des opérations guerrières.                                            

Aussi, le club, qui a célébré en grandes pompes ses soixante ans d’existence, n’accentue-t-il pas la militarisation de la diplomatie, tout en favorisant la relance de la course aux armements, deux causes capitales de l'aggravation des tensions à l’échelle planétaire ?...

René HAMM  

Bischoffsheim

Le 7 avril 2009                                                                                       


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n° 30 - Les dossiers des Guerres de l'Otan - 26-04 -Fin - : Opiniâtreté du président Obama à poursuivre dans la voie de son prédécesseur. Que cherche Obama ?

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Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.



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Sommaire.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion. .

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

 

4-3 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

L’OTAN évolue

D’une alliance face à l’URSS, elle est devenue un élément du bloc occidental, au même titre que l’Union européenne et les États-Unis (bien que ceux-ci en soient eux-mêmes le principal membre). Au-delà de la rhétorique lénifiante, le fait est que ce bloc est constitué par les anciennes puissances coloniales et qu’il déploie aujourd’hui ses troupes dans ses anciennes colonies. Rick Rozoff décrit ici la mise en œuvre progressive de cette domination globale

Le sommet de l’OTAN (Srasbourg-Kehl) fut l’occasion d’officialiser le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Alliance Atlantique, instance dont elle s’était retirée il y a 43 ans. Il y fut également question de la modernisation du Concept stratégique de 1999 afin de mettre l’accent sur l’intégration militaire OTAN-UE-USA. Enfin, l’Union Européenne a annoncé sa volonté de créer une force opérationnelle de 60 000 hommes constituée notamment de contingents provenant des pays du Nord et capable d’être projetée rapidement à n’importe quel endroit du globe. Intéressons-nous donc aux conséquences qu’auront ces décisions sur les relations entre les principaux centres du pouvoir économique, politique et militaire de l’Occident : l’Union Européenne, l’OTAN et les États-Unis.

Jusqu’à présent, l’opinion prévalant au sein des milieux autorisés repose sur quatre oppositions erronées :
 Le développement de capacités de defense toujours plus ambitieuses de la part de l’Union Européenne fait concurrence, voire pose un réel défi, à l’OTAN et à la stratégie d’alliance transatlantique.
 L’OTAN constitue un contrepoids multilatéral à l’unilatéralisme américain.
 L’Union Européenne est un ardent partisan de solutions diplomatiques et pacifiques quand Washington et l’OTAN se montrent souvent trop prompts à recourir à la force.
 L’UE est l’un des concurrents des États-Unis, si ce n’est le principal, en Europe et de plus en plus à travers le monde.

Si chacun est libre de croire à ces idées reçues, celles-ci se voient contredites constamment par les propos et les actes des décideurs et responsables politiques en Europe et au sein de l’OTAN ainsi que par les stratèges de Washington.

Sur les 27 États-membres de l’UE, 21 ont également ratifié le Traité de l’Atlantique Nord. Les 6 autres, à l’exception de Chypre pour le moment, à savoir l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède, sont membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN. Parmi ceux-ci, seul le minuscule État de Malte ne dispose pas d’un contingent déployé sous l’égide de l’OTAN en Afghanistan, dans les Balkans ou ailleurs dans le monde.
L’Alliance Atlantique est constituée pour une grande majorité d’États membres de l’Union Européenne, à l’exception de
la Norvège, de l’Islande, du Canada et des USA, ces deux derniers n’appartenant pas au continent européen.
S’il arrive que ces trois acteurs majeurs se trouvent en désaccord sur des questions secondaires d’ordre tactique, technique ou de calendrier, ils n’en demeurent pas moins unis sur les principaux enjeux stratégiques.
L’UE et l’OTAN sont officiellement partenaires depuis 1992 et la signature de l’accord Berlin Plus sur la mise en commun des moyens de defense et de renseignement.

Les États membres de l’UE qui n’ont pas encore intégré l’OTAN se trouvent eux aussi affectés par la subordination de l’Europe à l’Organisation puisque la Charte Stratégique de l’Alliance, datant de 1999 et toujours en vigueur actuellement, stipule que les arsenaux nucléaires des USA en particulier, mais également du Royaume-Uni et de la France sont « essentiels au maintien de la paix » et constituent « un lien politique et militaire fondamental entre les membres de l’Alliance en Europe et en Amérique du Nord ».

Suite aux années 1989-1991 qui virent la fin de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale en Europe et dans le monde, la dissolution du Pacte de Varsovie et du CAEM (le Conseil d’Assistance Économique Mutuelle), l’effondrement de l’Union soviétique et la partition violente de la Yougoslavie, les principales puissances occidentales s’attelèrent à nouveau à leurs projets de domination mondiale interrompus par deux conflits mondiaux. En ayant tiré les enseignements, elles formèrent un condominium en vue de se partager les ressources du globe, non seulement celles des anciennes colonies, des protectorats et autres territoires sous mandat, mais aussi de régions qui leur étaient restées jusqu’alors inaccessibles, comme l’ancienne URSS.

Pour preuve de cette affirmation, une déclaration du Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, il a quatre ans : « L’OTAN et l’UE effectuent de constants progrès dans la coordination du développement de capacités militaires modernes. Je suis convaincu que nous pouvons étendre cette coopération à de nouvelles zones représentant un intérêt pour notre sécurité commune où nous pouvons mettre en valeur notre complémentarité et unir nos efforts. Je veux ici parler de zones clés … telles que le Caucase et l’Asie Centrale. » [1]

Deux mois plus tard, Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’État US d’alors, nommé à ce poste après avoir servi comme ambassadeur de Washington auprès de l’OTAN, abonda dans ce sens en se félicitant « de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, à intensifier la coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE en vue de garantir la sécurité au-delà des frontières de l’OTAN en Europe, en Afrique et en Asie Centrale. » [2]

Burns a ensuite expliqué la répartition des tâches, telle que conçue à Washington du moins : « Soyons clairs. L’OTAN assure le gros des opérations militaires mais l’Union Européenne se charge du maintien de la paix … » [3]

Au cours d’une conférence sur la sécurité européenne qui se tenait le mois suivant à Berlin, le ministre de la Defense allemand de l’époque Peter Struck enfonça le clou, déclarant qu’il serait « illusoire de concevoir le développement des capacités de defense européennes indépendamment du cadre de l’OTAN » et ajoutant : « l’OTAN et l’UE travaillent actuellement dans le but d’être mieux à même de mener des missions hors de leurs frontières pour s’adapter à des enjeux de sécurité en constante mutation. » [4]

En d’autres termes, l’Union Européenne et l’OTAN considèrent le reste du monde, à l’exception du continent américain traditionnellement vu comme la chasse gardée des USA (encore que certains membres de l’OTAN y interviennent individuellement ou conjointement) comme un théâtre d’opérations légitime.
Cette nouvelle évolution significative par rapport à la situation d’avant 1991 constitue une forme de régression, une résurgence des ambitions coloniales des puissances européennes, le retour de la diplomatie du canon et des baïonnettes destinées à civiliser les « sauvages ».

Le tournant de l’après-Guerre froide a ainsi transformé l’Europe en substance, la ramenant, ainsi que l’Occident en général et toute la sphère d’influence de l’OTAN, à la situation d’avant 1939 voire au XIXe siècle qui connut l’apogée des empires coloniaux européens.

Officieusement, les grandes puissances occidentales ont en effet créé un ordre comparable à celui instauré par les congrès de Vienne en 1815 et de Berlin en 1878.

Le premier eut lieu à la fin des guerres napoléoniennes, peu avant la défaite de Waterloo, et ouvrit la voie à la création de la Sainte Alliance qui devait garantir que jamais plus les idéaux républicains ne feraient vaciller les trônes d’Europe.

Le tournant de 1991 a relancé la lutte contre l’idéologie républicaine, visant cette fois le communisme, les différentes variantes du socialisme ainsi que tout mouvement ou parti politique revendiquant la defense des intérêts des populations, à l’intérieur comme en dehors des frontières de l’Europe, contre les élites internationales dites « euro-atlantistes ».

Le second modèle, celui défini par la Congrès de Berlin, initia le processus de redécoupage des États de la péninsule balkanique et de partition de l’Afrique qui devaient débuter véritablement six ans plus tard à la Conférence de Berlin.

Il est inutile de s’attarder sur les similitudes entre cette époque et les événements récents tant celles-ci semblent évidentes.

La Conférence de Berlin, qui réunit des représentants d’Autriche-Hongrie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Danemark, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Prusse, d’Espagne et de Suède-Norvège, organisa avec le plus absolu cynisme le pillage et le sac du continent africain, notamment le bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Elle dessina également les modèles d’offensives militaires et économiques menées conjointement par les puissances occidentales contre des populations quasiment sans defense, schéma qui devait se répéter en Asie en 1900, lorsque des troupes austro-hongroises, belges, françaises, allemandes, italiennes, japonaises, russes et états-uniennes envahirent la Chine pour mettre un terme à la révolte des Boxers et protéger les intérêts économiques occidentaux.

Pour démontrer la pertinence de ce parallèle, voici ce qu’écrivirent George Robertson et Paddy Ashdown dans les colonnes du Times de Londres en juin dernier « la collaboration multilatérale au niveau européen doit … mettre davantage l’accent sur les questions de defense si elle veut être réellement crédible. Il faut accélérer la constitution d’unités de combat au sein de l’UE, compatibles avec les forces de l’OTAN, et formant la base d’une force anti-insurrectionnelle européenne capable d’intervenir dans des États en proie à la guerre civile ou dans un contexte post-conflictuel. » [5]

Point culminant de cette plaidoirie, cette analyse aussi abrupte qu’édifiante : « Pour la première fois depuis plus de 200 ans, le monde qui se dessine n’est plus intégralement dominé par l’Occident. Si nous voulons influer sur cet environnement plutôt que nous retrouver à sa merci, si nous voulons nous attaquer à certaines menaces liées à la mondialisation, alors un multilatéralisme concret s’impose … »

Que l’on considère ou non comme une nécessité cette volonté des principales puissances occidentales et de leur classe dominante de conserver, reconquérir ou étendre la domination mondiale, leur plan n’en constitue pas moins une véritable stratégie.

Contrairement aux élucubrations d’obscurs universitaires s’évertuant à redessiner le monde depuis le silence feutré de leur bibliothèque, ces déclarations ont eu les honneurs du Times car leurs auteurs ne sont en aucun cas des théoriciens, historiens ou penseurs politiques de second ordre.

Ils sont au contraire les principaux architectes et les exécutants sans pitié de l’ordre qu’ils défendent. Ils ont fait leurs preuves dans l’après-Guerre froide, ou, selon ce qui pourrait être leurs propres termes, dans ce laboratoire postmoderne que furent les Balkans aux cours des années 1990.

Lord George Robertson, ancien ministre britannique de la Defense, membre à vie de la Chambre des Lords et Baron de Port Ellen, fut Secrétaire général de l’OTAN de 1999 à 2004, succédant à Javier Solana, lequel fut par la suite nommé Haut Représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune et Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale, ce qui équivaut au poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE.

Paddy Ashdown fut Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine de septembre 2002 à mai 2006 où il se distingua par des méthodes arbitraires, despotiques et impitoyables qui lui valurent le surnom de « vice-roi », justifié en partie parce qu’il était le fils d’un ancien officier de l’Armée des Indes et parce que lui-même incarnait par son style le colonialisme passé et sa résurgence moderne.

Il y a près de quatre ans, la Commission internationale pour les Balkans, créée à l’initiative notamment du German Marshall Fund émit une critique virulente de la politique de l’Union Européenne et des Nations Unies dans les Balkans.

« La commission estime que la démocratie a été bafouée en Bosnie « par l’autorité coercitive » de Paddy Ashdown, le Haut Représentant de l’UE ».

Selon la commission, « les représentants internationaux se mêlent d’ingénierie sociale mais ne rendent aucun compte en cas d’échec de leur politique. Si les usages néocoloniaux des Européens se poursuivent, cela engendrera un mécontentement économique … » [6]

L’an dernier, comme pour le récompenser des faits évoqués, Ashdown se vit confier la succession des anciens maîtres de son père sur le sous-continent indien, un rôle que la presse qualifia à l’époque de « super-émissaire » en Afghanistan et qu’un quotidien britannique décrivit avec une certaine admiration : « Lord Ashdown serait chargé d’unifier les efforts de l’OTAN et des Nations Unis en Afghanistan. Pour cette mission de la plus haute importance, sa candidature devrait recevoir l’appui des responsables de l’OTAN. » [7]

Le gouvernement afghan témoigna moins d’enthousiasme que les partisans d’Ashdown et celui-ci vit finalement sa candidature rejetée, une preuve de l’esprit très « prémoderne » du peuple afghan (pour une définition du terme, voir plus bas).

Car, que le gouvernement de Kaboul ait été ou non informé des antécédents d’Ashdown, aux yeux des Afghans, celui-ci incarnait une version « postmoderne » de l’ancien diplomate britannique et éminence grise de Tony Blair en matière de politique étrangère Robert Cooper.

L’éminence grise en question est l’auteur de deux ouvrages, The Post-Modern State and the World Order (2000) et The Breaking of Nations : Order and Chaos in the Twenty-First Century (2003) et a contribué au premier ouvrage de la collection « Re-Ordering the World » The Long-Term Implications of September 11 (2002).

Cooper est considéré comme le père du « nouvel impérialisme libéral » et fut brièvement le représentant spécial de Tony Blair en Afghanistan suite à l’invasion de 2001.

Tout comme Robertson et Ashdown, il a joué un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques impérialistes.

Dans son premier livre, The Post-Modern State and the World Order, il classait les pays du monde en trois catégories : les prémodernes, les modernes et les postmodernes, une distinction qui, malgré une formulation légèrement différente, renvoie à la tendance des ses prédécesseurs à diviser le monde entre populations civilisées et sauvages.

Des variantes de cette conception du monde sont réapparues en Occident après la fin la Guerre froide et le nouvel ordre international qui s’est imposé par la suite a permis aux grandes puissances occidentales de se contenter de vagues engagements quant au respect de la majorité nouvellement émancipée de la population mondiale et de ses cultures, souvent plus anciennes et précieuses que celles des anciens colonisateurs et de leurs alliés nord-américains.

Après s’être vu refuser la possibilité de perpétrer la tradition familiale en Afghanistan, Ashdown devint le bras droit de Javier Solana en acceptant la charge de directeur général des affaires politiques et militaires auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union Européenne, position qu’il occupe encore à ce jour.

Cooper est également connu pour son rôle essentiel dans la création de la Politique Européenne de Sécurité et de Defense (PESD), présentée initialement comme Identité Européenne de Sécurité et de Defense lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin, en 1996, où il fut convenu que l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) superviserait sa création au sein des structures de l’OTAN.

La PESD est aujourd’hui dirigée par le Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, dont le principal collaborateur n’est autre que Robert Cooper. La PESD fut mise à l’épreuve pour la première fois en Macédoine en 2003 quand elle prit la succession de l’OTAN et demeure le principal outil de defense de l’UE.

Seconde victime de la campagne de Yougoslavie de l’OTAN en 1999, la Macédoine fut une première en matière de prise de relai par l’UE des missions d’occupation et de répression de l’OTAN, la force EUFOR Concordia succédant à l’Opération Allied Harmony.

En 2004, l’OTAN céda un nouveau protectorat à l’UE : la Bosnie, où la force de stabilisation SFOR fut remplacée par l’opération EUFOR Althea.

En 2008, l’Alliance Atlantique débuta le transfert du commandement de la KFOR (Kosovo Force), conformément à la résolution 1244 de l’ONU, à la mission EULEX de l’UE, entraînant une vive condamnation de la part de la Serbie et de la Russie.

En novembre de la même année, l’OTAN transmit les rênes de l’opération navale de grande ampleur EUNAVFOR Atalanta dans le Golfe d’Aden et au large de la corne de l’Afrique à l’Union Européenne, ce qui fut décrit comme « une grande première pour l’UE car elle se déroule loin du continent européen … L’opération Atalanta est un projet ambitieux. La zone maritime à contrôler est énorme… » [8]

Ces « missions de civilisation » menées conjointement par l’UE et l’OTAN dans des « zones de non droit » sont en constante expansion dans le monde prémoderne et moderne.

En février de cette année, le président du Comité militaire de l’OTAN Giampaolo Di Paola développa l’idée d’une mission trilatérale UE-OTAN-USA en arguant de « la nécessité d’une nouvelle forme de gouvernance au sein de laquelle l’OTAN, l’UE et d’autres grandes organisations internationales auront un rôle à jouer ». [9]

Quel type de gouvernance mondiale ? Qui sont censés en être les gardiens autoproclamés ? Voilà qui justifie une étude approfondie. Les dirigeants de Bruxelles et de Washington évoquent fréquemment une « communauté internationale » quand l’expression cadre avec leurs discours, et ignorent aussi régulièrement les demandes de la véritable communauté des nations dans le cas contraire.

La population totale des 27 États membres de l’Union Européenne n’excède pas 500 millions d’habitants, soit moins du douzième de la population mondiale.

Si l’on y ajoute la population des États membres de l’OTAN hors UE, les USA, dont les 300 millions d’habitants représentent l’équivalent de 40 % de la population intra-communautaire, le Canada, la Norvège et l’Islande, le total dépasse à peine 800 millions d’âmes, soit moins du septième de la population mondiale.

Les principaux membres de l’UE et de l’OTAN sont les anciennes puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark ; au nombre des nations s’étant également taillé une « place au soleil » figurent la Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

À partir de missions commerciales qui consistèrent rapidement en l’instauration de monopoles avant d’impliquer une occupation militaire pour aboutir à une complète domination économique, politique et militaire, les grandes puissances occidentales s’attribuèrent d’immenses territoires en Asie, en Afrique, en Amérique et en Océanie dont elles firent leurs prés carrés et leurs zones d’influence respectives.

Vestiges de cette époque, de nombreux États membres de l’OTAN et de l’UE conservent des possessions territoriales, principalement des îles et des terres volées aux indigènes.

Parmi ceux-ci, citons la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et les USA.

Ce sont justement ces États qui dénient à tout autre, y compris en Europe, le droit d’exercer une influence sur des régions n’ayant pas fait partie intégrante de leur territoire depuis plusieurs siècles, c’est par exemple le cas de la Serbie avec le Kosovo ou de la Russie avec l’Ukraine.

Les grandes puissances occidentales sont également coupables d’avoir organisé la traite négrière, le plus vaste déplacement forcé de population de toute l’histoire avec entre 10 et 30 millions d’individus déportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle.

Parmi les pays coupables de ce commerce triangulaire figurent la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark et, plus tard, les États-Unis.

C’est l’un des fondements obscurs de la communauté transatlantique.

Si des termes et concepts obsolètes et discrédités tels que le « Fardeau de l’homme blanc, » la « Destinée manifeste », une « place au soleil », l’« espace vital » ou un « empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » ne sont plus d’usage aujourd’hui, la conception du monde et les objectifs géopolitique qui les sous-tendaient ont bel et bien survécu, ils ont simplement été dépoussiérés et rebaptisés.

Les forces militaires occidentales sont à nouveau présentes sur les territoires qu’elles occupaient jadis et où on ne pensait plus jamais les revoir : les Britanniques présents en Afghanistan, en Irak et en Sierra Leone, les Français intervenant en Haïti, alors que le pays fêtait le bicentenaire de son indépendance, et en Côte d’Ivoire et les États-uniens aux Philippines.

Mais il ne s’agit pas d’une série d’actions isolées menées par les puissances occidentales alliées, ce qui apparaît c’est un réseau international et systématique de déploiements militaires planifiés et coordonnés au service d’objectifs géostratégiques aussi vastes que précis.

Malgré la désapprobation très largement médiatisée que suscita la seconde guerre du Golfe en 2003, les 26 États membres de l’Alliance atlantique ont tous dépêché des personnels en Irak et au Koweït voisin dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’OTAN (NTM-I).

Moins de deux ans après le début de l’invasion, l’Alliance annonçait que « le but de l’OTAN est de former cette année un millier d’officiers et d’officiers supérieurs » et que « l’Union Européenne a consenti à former 700 juges, procureurs et gardiens de prison irakiens ». [10]

Plus tard en 2005, Victoria Nuland, l’ambassadrice des Éta ts-Unis auprès de l’OTAN d’alors, ancienne conseillère de Dick Cheney pour les questions de sécurité, déclara : « Nous devons mettre un terme définitif aux rivalités, certaines réelles, d’autres imaginaires, pouvant exister entre l’UE et l’OTAN ».

Selon un site militaire, elle aurait insisté sur la nécessité que « l’OTAN et l’Union Européenne établissent une collaboration plus étroite que par le passé pour faire face à l’ensemble des défis militaires, politiques, d’équipement et de financement auxquels est confronté la communauté de defense transatlantique… » [11]

Le premier ambassadeur US nommé en Afghanistan suite à l’invasion de 2001, James Dobbins, qui dirigeait jusqu’alors l’International Security and Defense Policy Center (ISDP) à la Rand Corporation (un think tank US), exprima une opinion similaire en indiquant : « Il est donc grand temps de cesser de se demander ce que l’OTAN peut faire pour l’UE et de commencer à s’interroger sur ce que l’UE peut apporter à l’OTAN. Et l’Afghanistan est l’endroit tout désigné pour commencer. Les meilleurs résultats ne pourront être obtenus que dans une discussion tripartite impliquant l’OTAN, l’UE et les États-Unis. » [12]

Preuve supplémentaire du fait que l’influence du triumvirat UE-OTAN-USA s’étend bien au-delà des frontières de l’Europe, un mois après les déclarations de Dobbins, Julianne Smith, directrice adjointe des programmes de sécurité internationale au sein du think tank Center for Strategic and International Studies, exprima les regrets suivants lors d’une conférence organisée par le CSIS : « Oui, ils traitent de la situation dans les Balkans mais ça n’est pas encore assez. L’OTAN et l’UE devraient travailler sur la non-prolifération, sur le Caucase, l’Ukraine, la Moldavie – sur le problème dans son ensemble. » [13]

Au cours de la même conférence, Klaus Naumann, ancien directeur du Comité militaire de l’OTAN, en dit peut-être plus qu’il ne l’aurait souhaité en déplorant que « l’Europe soit à nouveau en proie à ses vieilles tentations souverainistes », signifiant ainsi que l’attachement à son pays et à son peuple constitue un obstacle à la consolidation de la domination de l’OTAN et de l’UE en Europe et au-delà. [14]

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28/04/2009

n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 - 1- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 - 1- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 29- 15-04 - 27-04

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

Tiré à part :

Fogh Rasmussen

Un «super atlantiste» en chef.

Un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance
Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant
la Georgie.

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1 Au jour le jour

2 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

Suite

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Video: Game Over

5-2 Strasbourg Demonstration:  'No to NATO'.

5-3 Vidéos : Thierry Meyssan à propos du G20 et du sommet de l'OTAN.



Tiré à part :

Fogh Rasmussen

Un «super atlantiste» en chef.

Le pro-américain Rasmussen devient secrétaire général de l’Otan.

Sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet a bien failli lui coûter le poste.

Mais le Premier ministre danois a fini par l’emporter et deviendra secrétaire général de l’Otan.

Après huit ans à la tête du gouvernement danois, c’est une consécration pour ce libéral proeuropéen de 56 ans, qui n’a pas hésité à engager son pays aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan et, surtout, en Irak.

Cette décision restera d’ailleurs sans aucun doute la plus controversée de ses trois mandats.

Elle a «brisé le consensus qui prévalait au Danemark depuis l’après-guerre», estime le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Toger Seidenfaden.

«Fogh», comme on a pris l’habitude de l’appeler pour le distinguer de tous les autres Rasmussen, a toujours été un allié fidèle des Etats-Unis. Il s’en expliquait dans une tribune, publiée dans le journal Berlingske Tidende, en mars 2003, où il affirmait que son pays avait «une dette à l’égard des Etats-Unis» depuis la Seconde Guerre mondiale. Il était temps de la régler et de rompre avec la ligne consistant «à laisser les autres se battre pour la liberté et la paix».

Le Danemark a toujours été atlantiste, mais «il est devenu super atlantiste avec Fogh», affirme Hans Mouritzen, professeur à l’Institut danois des études internationales.

Une position renforcée par son amitié nouée avec l’ancien président George Bush. «C’était pour lui comme un frère spirituel, avec lequel il partage des valeurs et une façon de considérer le bien et le mal», évoque Henrik Qvortrup, son ancien conseiller.

En 2005, l’épisode des caricatures a été pour lui l’occasion de se présenter en chantre de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques. Mais au Danemark, certains lui reprochent toujours d’avoir laissé la crise se radicaliser, en refusant de rencontrer les ambassadeurs des pays musulmans. Toger Seidenfaden y voit la preuve d’une «rigidité idéologique» qui l’a conduit par ailleurs à mener «une politique des valeurs, contribuant à l’atmosphère de xénophobie et de confrontation qui règne au Danemark», avec le soutien de l’extrême droite au parlement.

Intelligent et toujours très bien préparé, ceux qui le connaissent dressent de lui le portrait d’un stratège exceptionnel. Y compris ses adversaires. Le gel des augmentations d’impôts et une politique de l’immigration ultra-restrictive ont contribué à sa popularité au Danemark.

Admirateur de Tony Blair, il a longtemps défendu des positions très libérales, avant d’adopter les principes de la troisième voie. Le commentateur politique Thomas Larsen observait : «Il a réalisé que s’il voulait prendre le pouvoir, il ne pouvait pas le faire en attaquant l’Etat providence

 Fogh est un pragmatique.

ANNE-FRANCOISE HIVERT

http://www.liberation.fr/monde/0101560385-un-super-atlantiste-en-chef

 

Un atlantiste fervent à la tête de l'Alliance
Fidèle allié des États-Unis, le premier ministre danois sortant passe pour «un tacticien émérite».

Aucun fait d'armes particulier dans sa brillante carrière. Mais une solide expérience politique acquise notamment en dirigeant pendant plus de sept ans une coalition de centre droit, soutenue par le Parti du peuple danois, une formation d'extrême droite. «Anders Fogh Rasmussen est un bon organisateur, un tacticien émérite, qui a une grande maîtrise de lui-même», affirme Hans Engell, ancien ministre de la Defense.

Son pragmatisme et son art du compromis lui seront bien utiles à la tête de l'Otan.

Concernant l'élargissement de l'Alliance, Rasmussen semble privilégier une approche plus restreinte, qui ne heurterait pas trop les susceptibilités russes. Fidèle allié des États-Unis, le Danois est en même temps partisan d'une meilleure coopération entre l'Otan et l'Union européenne, souhaitée notamment par la France.

Au Danemark, il fut un temps où sa politique étrangère était sévèrement critiquée par l'opposition. Celle-ci ne lui a jamais pardonné d'avoir engagé son pays dans le bourbier irakien. Ni de s'être présenté pendant des années en «ami personnel» de George W. Bush. N'avait-il pas d'ailleurs lui aussi proclamé, avant d'envoyer les troupes danoises en Irak : «Nous savons que Saddam Hussein possède des armes de destruction massives» ?… Ce qui lui valut, à l'instar de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, d'être taxé de «caniche» des Américains. Avec sa décision, en mars 2003, d'envoyer des soldats aux côtés des Américains en Irak, il gagne la confiance de Washington et de Londres. Parmi les premiers à s'engager en Afghanistan, le Danemark a également envoyé 700 hommes dans la province du Helmand.

Stéphane Kovacs
Le Figaro

06/04

www.lefigaro.fr/international/2009/04/06/01003-20090406ARTFIG00342-rasmussen-un-atlantiste-fervent-a-la-tete-de-l-alliance-.php


Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant la Georgie.

Extraits

La Georgie n'est pas membre de l'Otan. A leur sommet de Bucarest en avril 2008, les dirigeants alliés ont repoussé l'attribution du statut de candidat officiel à la Georgie et à l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan malgré la farouche hostilité de Moscou à cette idée. 

Au moins 5 articles de la déclaration du dernier Sommet de l'Otan font nomément référence à la Georgie. Et réaffirmé deux fois le soutien à "l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la Georgie".  Pas à celle de la Serbie apparemment.

29. La stabilité et le succès des réformes politiques et économiques en Ukraine et en Georgie sont importants pour la sécurité euro-atlantique. À Bucarest, nous avons décidé que l'Ukraine et la Georgie deviendraient membres de l'OTAN, et nous réaffirmons tous les éléments de cette décision ainsi que les décisions prises par les ministres des Affaires étrangères en décembre dernier. Nous nous employons à fournir, pour les efforts de réforme de ces pays, un maximum d'avis, d'aide et de soutien dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Georgie, qui jouent un rôle central dans la supervision du processus engagé au sommet de Bucarest. Nous nous félicitons en particulier du renforcement prévu des bureaux d'information et de liaison de l'OTAN à Kiev et à Tbilissi. Sans préjudice des décisions ultérieures devant être prises à propos du MAP, l'établissement de programmes nationaux annuels aidera la Georgie et l'Ukraine à faire avancer leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettra de continuer à suivre de près les progrès réalisés par la Georgie et l'Ukraine dans les réformes liées à leur aspiration à devenir membres de l'OTAN. Nous saluons en outre les précieuses contributions de ces deux pays aux opérations de l'OTAN.

31. La relation entre l'OTAN et la Georgie s'est considérablement approfondie au cours de l'année écoulée. Nous restons déterminés à promouvoir le dialogue politique avec la Georgie et à lui fournir une aide. Nous encourageons fortement ce pays à poursuivre la mise en oeuvre de toutes les réformes nécessaires, en particulier les réformes démocratiques, électorales et judiciaires, en vue de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Nous réaffirmons que nous continuons de soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Georgie à l'intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

32. Nous encourageons tous les participants aux pourparlers de Genève à jouer un rôle constructif et à poursuivre leur étroite collaboration avec l'OSCE, l'ONU et l'UE à la recherche d'un règlement pacifique du conflit sur le territoire de la Georgie. (...). Nous appelons de nos voeux l'établissement d'un nouveau mandat pour la Mission de l'OSCE en Georgie ainsi qu'un accès sans entrave pour les observateurs de l'ONU, de l'UE et de l'OSCE à l'ensemble du territoire de la Georgie, y compris les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nous sommes préoccupés par les tensions et les violences qui persistent le long des limites administratives, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue.

34. Nous invitons instamment la Russie à remplir les engagements qu'elle a pris s'agissant de la Georgie dans le cadre de la médiation de l'Union européenne le 12 août 2 et le 8 septembre 2008. Dans ce contexte, nous considérons comme essentiel le retrait des forces russes des régions que la Russie s'est engagée à quitter. Nous nous sommes félicités des mesures prises en ce sens, mais ce retrait reste partiel. L'Alliance a condamné la reconnaissance par la Russie des régions georgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie en tant qu'États indépendants, et elle continue de lui demander de revenir sur cette reconnaissance, qui est contraire aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde le Conseil OTAN-Russie, aux principes de l'OSCE sur lesquels repose la sécurité de l'Europe, ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intégrité territoriale de la Georgie, que la Russie a entérinées. En outre, le renforcement de la présence militaire de la Russie dans les régions georgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sans le consentement du gouvernement georgien est particulièrement préoccupant.

57.(...) les actions menées par la Russie en Georgie ont remis en question l'attachement de la Russie aux principes fondamentaux de l'OSCE sur lesquels reposent la stabilité et la sécurité en Europe, principes dont s'inspire le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ces actions vont à l'encontre de notre objectif commun consistant à préserver la viabilité à long terme du régime FCE (...)

AFP, 16 avril 2009

http://www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=444&type=documents


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n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 – Fin- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.

n° 29 - Journal des Guerres de l'Otan - 15-04 - 27-04 – Fin- : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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Journal des Guerres de l'Otan.

n° 29- 15-04 - 27-04

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire.

6  Dossiers

6 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

6-2 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

6-3 John Lloyds : L’Otan abat ses cartes et joue la provocation aux portes de Moscou.

 

 


6  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6 Camille Loty Malebranche : Otan-Occident, la diabolique géostratégie d’hécatombe des É.U. !

Folie furieuse et obsession belliciste de l’OTAN.

La crise ossète et ses retombées guerrières entre la Georgie et la Russie, nous a, on ne saurait ne pas y penser, montré combien le délire de puissance qui fait saliver les autorités étasuniennes et qui nourrit la bave des politicards de la Maison Blanche, est extrême et impassible. Lesquels politicards croient que le monde peut être, au nom de leur hégémonie, réduit à une affaire de bagarres militaires comme les rixes des voyous de gangs armés des bas quartiers des villes étasuniennes réglant leur compte à coups de couteau et révolver.

L’obsession occidentale d’imposer l’OTAN dans la sphère d’influence géostratégique naturelle des russes, est devenue si compulsive et si crapuleuse sur le plan diplomatique, que la horde à la fois simpliste, belliciste et expansionniste de l’actuel Département d’État, obnubilée par la domination planétaire de leur système quoiqu’en grave crise, et justement pour masquer leur crise interne sur le point d’éclater bruyamment à la face du monde, est prête même à faire voler la planète en éclats en se préparant à inciter à divers affrontements d’envergures insoupçonnées et aux conséquences désastreuses pour la planète. En effet, après l’épisode georgien, on peut imaginer aisément que les É.U. envisagent une guerre entre la Russie et l’Ukraine afin d’embraser l’Europe de l’est, et, dans la confusion, de provoquer l’Iran par Israël, et ainsi déclencher une guerre dont les conséquences sont imprévisibles...

La mentalité primitivement mégalomane de l’establishment étasunien, il suffit pour s’en convaincre de regarder le classement des médailles aux jeux olympiques pékinois, où les É.U. sont le seul pays à réinventer ce que le CIO (Comité International Olympique) lui-même a établi comme hiérarchie des pays médaillés - à savoir que c’est d’après le nombre de médailles d’or que l’on acquiert son rang - pour s’autoproclamer le premier des derniers jeux avec leur 36 médailles d’or contre 51 pour la Chine. Ce genre d’attitude est un indice que la puérilité narcissique du système étasunien est mauvais perdant à un point tel que la haine et la guerre planétaire font partie des recours envisageables de l’état, d’ailleurs, le plus bellicistes belliqueux du 20ème siècle écoulé avec ses centaines d’interventions militaires ne serait-ce que sur le continent américain, sans parler de sa participation dans à peu près tous les conflits mondiaux. Devant une psychologie de la bêtise mégalo-agressive des Etats-Unis, le monde doit être en alerte vu les bruits de guerre que l’on entend de la part des idéologues étasuniens et de leurs alliés.

Que les nations et les sociétés civiles nationales prennent garde et se mobilisent !

L’antisocialité belliqueuse d’un W. Bush et des tenants de l’establishment étasunien à l’égard du monde, eux pour qui seule la domination étasunienne compte, s’est à ce point métastasée dans la politique étasunienne actuelle qu’il faille vraiment que le monde entier se mobilise contre cette tératogénie (*) expansionniste agressive. Toutes les nations et sociétés civiles du monde doivent se mobiliser et faire pression sur leurs dirigeants. Il ne faut reculer devant rien, quitte à renverser certains gouvernements européens et nord-américains grivois, irresponsables, appuyant bêtement au dédain des conséquences pour la paix et la sécurité mondiale, les intentions bellicistes otano-étasuniennes intolérables pour les russes, à l’égard des ex républiques soviétiques que l’OTAN veut intégrer (phagocyter serait le vrai mot) à tout prix dans son giron. La géopolitique a des prérogatives géostratégiques et économiques qu’aucune puissance ne saurait accepter de perdre en aliénant des espaces de son influence. Alors, nous comprenons que tenter d’imposer à la Russie, ce que tente l’OTAN, équivaut à un grave et imminent risque de guerre longue et grave dans la région du Caucase mais aussi pour tout le Moyen-Orient et toute la planète, vu le statut d’un grand pays limitrophe comme l’Ukraine et les visées haineuses étasuniennes sur l’Iran.

Il y va de la sécurité et de la survie de la paix planétaire que les nations du monde écartent du pouvoir de leurs pays, tout président ou premier-ministre larbin et flagorneur des Etats-Unis, qui accepterait à suivre le courant de l’Achéron de la quatrième guerre mondiale proposé en mode de direction planétaire par les Charon de l’OTAN, je cite les maîtres de la politique des Etats-Unis d’Amérique d’aujourd’hui. Maîtres de mort et de terreur climatérique (*) ! Fous furieux, hyènes enragées prêtes à la destruction massive pour assouvir leur orgueil criminel, ô combien illusoire de souverains planétaires avec tous les bas instincts de violence et de terrorisme autorisé dont ils font montre actuellement ! Car il faudrait être totalement dupe pour penser que la guerre froide réhabilitée par les É.U., si elle dure, restera sans changer d’intensité. Le monde et la paix doivent survivre à l’empire étasunien.

Nous avons besoin de dirigeants libres, capables de faire établir et respecter une fois établies à l’échelle de l’ONU. Il faut définir des limites géostratégiques naturelles selon une géographie des espaces de prépondérance militaire des superpuissances pour éviter des conflagrations mondiales à risque nucléaire au 21ème siècle. Cela doit se faire par l’établissement de zones tampon sous surveillance impartiale d’un organisme onusien neutre créé à cet effet. Une géopolitique de la paix doit être le souci des leaders responsables des états, et non une domesticité vis-à-vis des É.U. via l’OTAN dans l’espoir d’une curée jetée par le maître aux chiens alliés sans dignité. Le monde n’a pas à disparaître ou à connaître le risque de bombardements nucléaires par la barbarie de l’empire étasunien cherchant à accoutrer ses déchéances et affubler ses irrémédiables contradictions et faiblesses, par des combines meurtrières pour la terre ! Les nations et les sociétés civiles doivent exiger à l’ONU par le biais de leurs dirigeants, la création de l’organisme susdit.

Entéléchie (*) politique des Etats-Unis et mobilisation urgente des nations.

Peuples et nations, évitons, par l’action civile, la mise à mort de la paix et de la sécurité mondiales. Ce qu’il convient d’appeler l’entéléchie (*) politique étasunienne, est devenue « diplomatie » belliciste à l’échelle de l’OTAN qui, doit-on le rappeler, n’a rien de diplomatique en tant qu’organe d’expansion militaire étasunienne pouvant se passer du vote onusien, le cas échéant, pour bombarder et faire la guerre là où bon lui semble. L’on sait depuis toujours, par l’histoire, que les crapules despotiques ont souvent eu pour méthode de faire payer les innocents pour leur chute pressentie ! Mais le drame, c’est lorsque nous avons un cas de despotisme qui n’est plus une affaire d’homme mais de système, et que ce système a les moyens militaires de faire descendre sur terre l’hécatombe nucléaire ultime… Auquel cas, le monde, l’humanité doit se soulever et neutraliser l’importun despotique d’une manière ou d’une autre. Jamais, auparavant dans l’histoire, un état, odieusement belliciste et immoral, n’a eu le pouvoir militaire de détruire la planète avec son règne déclinant. Aujourd’hui les Etats-Unis en déclin amorcé, en ont le triste et lugubre privilège ! Aux peuples, nations et citoyens des pays alliés des Etats-Unis, de se transformer en société civile militante, de se ranger du côté du bon sens, c’est-à-dire de renverser des dirigeants voyous de leur propre pays qui - pour de livides intérêts obscurs, personnels ou claniques, toujours, d’ailleurs, ploutocratiques - sont prêts à faire l’insidieux saut dans l’abîme de la chute de l’empire aigri et mortifère qui a la rage de savoir que la vie peut exister sans sa suprématie planétaire sans partage !

Les cerbères de la politique et leurs chiens de propagande, leurs orateurs de rhétorique cadavériques dits journalistes et spécialistes de la grande presse officielle, auront beau dire et débiter toutes sortes de matoiseries (*) savantes plus ou moins incohérentes, les faits et les manigances actuelles de l’empire étasunien en crise, véritable bête blessée, augurent d’une ère d’agressivité politique de cécité et de violence sans précédent des Etats-Unis contre les peuples rivaux tels la Russie et la Chine, afin de faire diversion et de donner l’impression à ce pauvre et miséreux peuple désinformé qu’est l’étasunien, malgré ses moyens pécuniaires, que les Etats-Unis contrôlent sans partage la planète, à l’image des bandits de western, qui règnent et détruisent les indigènes amérindiens « ennemis et barbares » afin d’assouvir l’hystérie collective des spectateurs. Ici, dans l’occurrence que nous évoquons, le spectacle macabre, patibulaire de l’empire valétudinaire (*), mobilise cyniquement comme spectateurs, les masses aliénées qui, elles, donnent puérilement dans le voyeurisme sinistre des réactions au premier degré de leurs politicards dirigeants face aux « ennemis rivaux », comprenant à peine les enjeux réels de diversion pour leur dissimuler la crise économique et de gouvernance de la superpuissance mondiale en déclin. Cela est facile avec le peuple étasunien si dénué de la moindre connaissance de ce qui se passe chez lui et dans le monde, n’ayant d’informateurs que les histrions des talk show !

Une menace à écarter en écartant la canaille politicienne

Dans ces circonstances, le monde ne peut être que menacé sans que de l’intérieur des gens avisés puissent mobiliser le peuple étasunien pour mettre fin au parcours des mufles qui accaparent aux É.U. le pouvoir.

En souhaitant (rien n’est sûr de la démarche du futur président étasunien en ce sens) que le nouvel élu étasunien aura le courage de faire cesser l’ère de menace que font peser les dirigeants étasuniens actuels sur l’avenir planétaire par leur action contre la Russie, en espérant que l’aile dure de l’idéologie belliciste sera écartée du Département d’État, et que le nouveau président ne sera assassiné si jamais il veut agir avec modération et intelligence, les peuples de tous les pays de l’OTAN doivent se tenir prêts à sévir contre leurs propres dirigeants si ces dirigeants par suivisme otanien, préfèrent la mort massive proposée par les Etats-Unis dans leur politique agressive. Trop de pays de l’Otan sont aujourd’hui inféodés par les Etats-Unis en ombres mouvantes tels des perroquets de la propagande officielle étasunienne à cause de leurs dirigeants… Tous les citoyens des pays de l’OTAN et tous les peuples d’Europe doivent devenir des vigies contre la démentielle droite ploutocratique mondiale gouvernée par les extrémistes de la politique étasunienne. Droite démentielle qui produit de vils et simiesques dirigeants au timon des états alliés, lesquels dirigeants asservis, inconditionnels sans réserve de la bêtise criminelle d’une extrême-droite étasunienne, sont prêts à collaborer à l’hécatombe planétaire derrière le Charon étasunien.

Que la Raison ait ici gain de cause sur les ratiocinations (*) du délire de puissance et les bêtises de nos dirigeants larbins !

Camille Loty Malebranche.


6-2 Rick Rozoff : L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale.

L’OTAN évolue. D’une alliance face à l’URSS, elle est devenue un élément du bloc occidental, au même titre que l’Union européenne et les États-Unis (bien que ceux-ci en soient eux-mêmes le principal membre). Au-delà de la rhétorique lénifiante, le fait est que ce bloc est constitué par les anciennes puissances coloniales et qu’il déploie aujourd’hui ses troupes dans ses anciennes colonies. Rick Rozoff décrit ici la mise en œuvre progressive de cette domination globale inavouée

Le sommet de l’OTAN (Srasbourg-Kehl) fut l’occasion d’officialiser le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Alliance Atlantique, instance dont elle s’était retirée il y a 43 ans. Il y fut également question de la modernisation du Concept stratégique de 1999 afin de mettre l’accent sur l’intégration militaire OTAN-UE-USA. Enfin, l’Union Européenne a annoncé sa volonté de créer une force opérationnelle de 60 000 hommes constituée notamment de contingents provenant des pays du Nord et capable d’être projetée rapidement à n’importe quel endroit du globe. Intéressons-nous donc aux conséquences qu’auront ces décisions sur les relations entre les principaux centres du pouvoir économique, politique et militaire de l’Occident : l’Union Européenne, l’OTAN et les États-Unis.

Jusqu’à présent, l’opinion prévalant au sein des milieux autorisés repose sur quatre oppositions erronées :
 Le développement de capacités de defense toujours plus ambitieuses de la part de l’Union Européenne fait concurrence, voire pose un réel défi, à l’OTAN et à la stratégie d’alliance transatlantique.
 L’OTAN constitue un contrepoids multilatéral à l’unilatéralisme américain.
 L’Union Européenne est un ardent partisan de solutions diplomatiques et pacifiques quand Washington et l’OTAN se montrent souvent trop prompts à recourir à la force.
 L’UE est l’un des concurrents des États-Unis, si ce n’est le principal, en Europe et de plus en plus à travers le monde.

Si chacun est libre de croire à ces idées reçues, celles-ci se voient contredites constamment par les propos et les actes des décideurs et responsables politiques en Europe et au sein de l’OTAN ainsi que par les stratèges de Washington.

Sur les 27 États-membres de l’UE, 21 ont également ratifié le Traité de l’Atlantique Nord. Les 6 autres, à l’exception de Chypre pour le moment, à savoir l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède, sont membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN. Parmi ceux-ci, seul le minuscule État de Malte ne dispose pas d’un contingent déployé sous l’égide de l’OTAN en Afghanistan, dans les Balkans ou ailleurs dans le monde.
L’Alliance Atlantique est constituée pour une grande majorité d’États membres de l’Union Européenne, à l’exception de la Norvège, de l’Islande, du Canada et des USA, ces deux derniers n’appartenant pas au continent européen.
S’il arrive que ces trois acteurs majeurs se trouvent en désaccord sur des questions secondaires d’ordre tactique, technique ou de calendrier, ils n’en demeurent pas moins unis sur les principaux enjeux stratégiques.
L’UE et l’OTAN sont officiellement partenaires depuis 1992 et la signature de l’accord Berlin Plus sur la mise en commun des moyens de defense et de renseignement.

Les États membres de l’UE qui n’ont pas encore intégré l’OTAN se trouvent eux aussi affectés par la subordination de l’Europe à l’Organisation puisque la Charte Stratégique de l’Alliance, datant de 1999 et toujours en vigueur actuellement, stipule que les arsenaux nucléaires des USA en particulier, mais également du Royaume-Uni et de la France sont « essentiels au maintien de la paix » et constituent « un lien politique et militaire fondamental entre les membres de l’Alliance en Europe et en Amérique du Nord ».

Suite aux années 1989-1991 qui virent la fin de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale en Europe et dans le monde, la dissolution du Pacte de Varsovie et du CAEM (le Conseil d’Assistance Économique Mutuelle), l’effondrement de l’Union soviétique et la partition violente de la Yougoslavie, les principales puissances occidentales s’attelèrent à nouveau à leurs projets de domination mondiale interrompus par deux conflits mondiaux. En ayant tiré les enseignements, elles formèrent un condominium en vue de se partager les ressources du globe, non seulement celles des anciennes colonies, des protectorats et autres territoires sous mandat, mais aussi de régions qui leur étaient restées jusqu’alors inaccessibles, comme l’ancienne URSS.

Pour preuve de cette affirmation, une déclaration du Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, il a quatre ans : « L’OTAN et l’UE effectuent de constants progrès dans la coordination du développement de capacités militaires modernes. Je suis convaincu que nous pouvons étendre cette coopération à de nouvelles zones représentant un intérêt pour notre sécurité commune où nous pouvons mettre en valeur notre complémentarité et unir nos efforts. Je veux ici parler de zones clés … telles que le Caucase et l’Asie Centrale. » [1]

Deux mois plus tard, Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’État US d’alors, nommé à ce poste après avoir servi comme ambassadeur de Washington auprès de l’OTAN, abonda dans ce sens en se félicitant « de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, à intensifier la coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE en vue de garantir la sécurité au-delà des frontières de l’OTAN en Europe, en Afrique et en Asie Centrale. » [2]

Burns a ensuite expliqué la répartition des tâches, telle que conçue à Washington du moins : « Soyons clairs. L’OTAN assure le gros des opérations militaires mais l’Union Européenne se charge du maintien de la paix … » [3]

Au cours d’une conférence sur la sécurité européenne qui se tenait le mois suivant à Berlin, le ministre de la Defense allemand de l’époque Peter Struck enfonça le clou, déclarant qu’il serait « illusoire de concevoir le développement des capacités de defense européennes indépendamment du cadre de l’OTAN » et ajoutant : « l’OTAN et l’UE travaillent actuellement dans le but d’être mieux à même de mener des missions hors de leurs frontières pour s’adapter à des enjeux de sécurité en constante mutation. » [4]

En d’autres termes, l’Union Européenne et l’OTAN considèrent le reste du monde, à l’exception du continent américain traditionnellement vu comme la chasse gardée des USA (encore que certains membres de l’OTAN y

interviennent individuellement ou conjointement) comme un théâtre d’opérations légitime.
Cette nouvelle évolution significative par rapport à la situation d’avant 1991 constitue une forme de régression, une résurgence des ambitions coloniales des puissances européennes, le retour de la diplomatie du canon et des baïonnettes destinées à civiliser les « sauvages ».

Le tournant de l’après-Guerre froide a ainsi transformé l’Europe en substance, la ramenant, ainsi que l’Occident en général et toute la sphère d’influence de l’OTAN, à la situation d’avant 1939 voire au XIXe siècle qui connut l’apogée des empires coloniaux européens.

Officieusement, les grandes puissances occidentales ont en effet créé un ordre comparable à celui instauré par les congrès de Vienne en 1815 et de Berlin en 1878.

Le premier eut lieu à la fin des guerres napoléoniennes, peu avant la défaite de Waterloo, et ouvrit la voie à la création de la Sainte Alliance qui devait garantir que jamais plus les idéaux républicains ne feraient vaciller les trônes d’Europe.

Le tournant de 1991 a relancé la lutte contre l’idéologie républicaine, visant cette fois le communisme, les différentes variantes du socialisme ainsi que tout mouvement ou parti politique revendiquant la defense des intérêts des populations, à l’intérieur comme en dehors des frontières de l’Europe, contre les élites internationales dites « euro-atlantistes ».

Le second modèle, celui défini par la Congrès de Berlin, initia le processus de redécoupage des États de la péninsule balkanique et de partition de l’Afrique qui devaient débuter véritablement six ans plus tard à la Conférence de Berlin.

Il est inutile de s’attarder sur les similitudes entre cette époque et les événements récents tant celles-ci semblent évidentes.

La Conférence de Berlin, qui réunit des représentants d’Autriche-Hongrie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Danemark, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Prusse, d’Espagne et de Suède-Norvège, organisa avec le plus absolu cynisme le pillage et le sac du continent africain, notamment le bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Elle dessina également les modèles d’offensives militaires et économiques menées conjointement par les puissances occidentales contre des populations quasiment sans defense, schéma qui devait se répéter en Asie en 1900, lorsque des troupes austro-hongroises, belges, françaises, allemandes, italiennes, japonaises, russes et états-uniennes envahirent la Chine pour mettre un terme à la révolte des Boxers et protéger les intérêts économiques occidentaux.

Pour démontrer la pertinence de ce parallèle, voici ce qu’écrivirent George Robertson et Paddy Ashdown dans les colonnes du Times de Londres en juin dernier « la collaboration multilatérale au niveau européen doit … mettre davantage l’accent sur les questions de defense si elle veut être réellement crédible. Il faut accélérer la constitution d’unités de combat au sein de l’UE, compatibles avec les forces de l’OTAN, et formant la base d’une force anti-insurrectionnelle européenne capable d’intervenir dans des États en proie à la guerre civile ou dans un contexte post-conflictuel. » [5]

Point culminant de cette plaidoirie, cette analyse aussi abrupte qu’édifiante : « Pour la première fois depuis plus de 200 ans, le monde qui se dessine n’est plus intégralement dominé par l’Occident. Si nous voulons influer sur cet environnement plutôt que nous retrouver à sa merci, si nous voulons nous attaquer à certaines menaces liées à la mondialisation, alors un multilatéralisme concret s’impose … »

Que l’on considère ou non comme une nécessité cette volonté des principales puissances occidentales et de leur classe dominante de conserver, reconquérir ou étendre la domination mondiale, leur plan n’en constitue pas moins une véritable stratégie.

Contrairement aux élucubrations d’obscurs universitaires s’évertuant à redessiner le monde depuis le silence feutré de leur bibliothèque, ces déclarations ont eu les honneurs du Times car leurs auteurs ne sont en aucun cas des théoriciens, historiens ou penseurs politiques de second ordre.

Ils sont au contraire les principaux architectes et les exécutants sans pitié de l’ordre qu’ils défendent. Ils ont fait leurs preuves dans l’après-Guerre froide, ou, selon ce qui pourrait être leurs propres termes, dans ce laboratoire postmoderne que furent les Balkans aux cours des années 1990.

Lord George Robertson, ancien ministre britannique de la Defense, membre à vie de la Chambre des Lords et Baron de Port Ellen, fut Secrétaire général de l’OTAN de 1999 à 2004, succédant à Javier Solana, lequel fut par la suite nommé Haut Représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune et Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale, ce qui équivaut au poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE.

Paddy Ashdown fut Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine de septembre 2002 à mai 2006 où il se distingua par des méthodes arbitraires, despotiques et impitoyables qui lui valurent le surnom de « vice-roi », justifié en partie parce qu’il était le fils d’un ancien officier de l’Armée des Indes et parce que lui-même incarnait par son style le colonialisme passé et sa résurgence moderne.

Il y a près de quatre ans, la Commission internationale pour les Balkans, créée à l’initiative notamment du German Marshall Fund émit une critique virulente de la politique de l’Union Européenne et des Nations Unies dans les Balkans.

« La commission estime que la démocratie a été bafouée en Bosnie « par l’autorité coercitive » de Paddy Ashdown, le Haut Représentant de l’UE ».

Selon la commission, « les représentants internationaux se mêlent d’ingénierie sociale mais ne rendent aucun compte en cas d’échec de leur politique. Si les usages néocoloniaux des Européens se poursuivent, cela engendrera un mécontentement économique … » [6]

L’an dernier, comme pour le récompenser des faits évoqués, Ashdown se vit confier la succession des anciens maîtres de son père sur le sous-continent indien, un rôle que la presse qualifia à l’époque de « super-émissaire » en Afghanistan et qu’un quotidien britannique décrivit avec une certaine admiration : « Lord Ashdown serait chargé d’unifier les efforts de l’OTAN et des Nations Unis en Afghanistan. Pour cette mission de la plus haute importance, sa candidature devrait recevoir l’appui des responsables de l’OTAN. » [7]

Le gouvernement afghan témoigna moins d’enthousiasme que les partisans d’Ashdown et celui-ci vit finalement sa candidature rejetée, une preuve de l’esprit très « prémoderne » du peuple afghan (pour une définition du terme, voir plus bas).

Car, que le gouvernement de Kaboul ait été ou non informé des antécédents d’Ashdown, aux yeux des Afghans, celui-ci incarnait une version « postmoderne » de l’ancien diplomate britannique et éminence grise de Tony Blair en matière de politique étrangère Robert Cooper.

L’éminence grise en question est l’auteur de deux ouvrages, The Post-Modern State and the World Order (2000) et The Breaking of Nations : Order and

Chaos in the Twenty-First Century (2003) et a contribué au premier ouvrage de la collection « Re-Ordering the World » The Long-Term Implications of September 11 (2002).

Cooper est considéré comme le père du « nouvel impérialisme libéral » et fut brièvement le représentant spécial de Tony Blair en Afghanistan suite à l’invasion de 2001.

Tout comme Robertson et Ashdown, il a joué un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques impérialistes.

Dans son premier livre, The Post-Modern State and the World Order, il classait les pays du monde en trois catégories : les prémodernes, les modernes et les postmodernes, une distinction qui, malgré une formulation légèrement différente, renvoie à la tendance des ses prédécesseurs à diviser le monde entre populations civilisées et sauvages.

Des variantes de cette conception du monde sont réapparues en Occident après la fin la Guerre froide et le nouvel ordre international qui s’est imposé par la suite a permis aux grandes puissances occidentales de se contenter de vagues engagements quant au respect de la majorité nouvellement émancipée de la population mondiale et de ses cultures, souvent plus anciennes et précieuses que celles des anciens colonisateurs et de leurs alliés nord-américains.

Après s’être vu refuser la possibilité de perpétrer la tradition familiale en Afghanistan, Ashdown devint le bras droit de Javier Solana en acceptant la charge de directeur général des affaires politiques et militaires auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union Européenne, position qu’il occupe encore à ce jour.

Cooper est également connu pour son rôle essentiel dans la création de la Politique Européenne de Sécurité et de Defense (PESD), présentée initialement comme Identité Européenne de Sécurité et de Defense lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin, en 1996, où il fut convenu que l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) superviserait sa création au sein des structures de l’OTAN.

La PESD est aujourd’hui dirigée par le Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, dont le principal collaborateur n’est autre que Robert Cooper. La PESD fut mise à l’épreuve pour la première fois en Macédoine en 2003 quand elle prit la succession de l’OTAN et demeure le principal outil de defense de l’UE.

Seconde victime de la campagne de Yougoslavie de l’OTAN en 1999, la Macédoine fut une première en matière de prise de relai par l’UE des missions d’occupation et de répression de l’OTAN, la force EUFOR Concordia succédant à l’Opération Allied Harmony.

En 2004, l’OTAN céda un nouveau protectorat à l’UE : la Bosnie, où la force de stabilisation SFOR fut remplacée par l’opération EUFOR Althea.

En 2008, l’Alliance Atlantique débuta le transfert du commandement de la KFOR (Kosovo Force), conformément à la résolution 1244 de l’ONU, à la mission EULEX de l’UE, entraînant une vive condamnation de la part de la Serbie et de la Russie.

En novembre de la même année, l’OTAN transmit les rênes de l’opération navale de grande ampleur EUNAVFOR Atalanta dans le Golfe d’Aden et au large de la corne de l’Afrique à l’Union Européenne, ce qui fut décrit comme « une grande première pour l’UE car elle se déroule loin du continent européen … L’opération Atalanta est un projet ambitieux. La zone maritime à contrôler est énorme… » [8]

Ces « missions de civilisation » menées conjointement par l’UE et l’OTAN dans des « zones de non droit » sont en constante expansion dans le monde prémoderne et moderne.

En février de cette année, le président du Comité militaire de l’OTAN Giampaolo Di Paola développa l’idée d’une mission trilatérale UE-OTAN-USA en arguant de « la nécessité d’une nouvelle forme de gouvernance au sein de laquelle l’OTAN, l’UE et d’autres grandes organisations internationales auront un rôle à jouer ». [9]

Quel type de gouvernance mondiale ? Qui sont censés en être les gardiens autoproclamés ? Voilà qui justifie une étude approfondie. Les dirigeants de Bruxelles et de Washington évoquent fréquemment une « communauté internationale » quand l’expression cadre avec leurs discours, et ignorent aussi régulièrement les demandes de la véritable communauté des nations dans le cas contraire.

La population totale des 27 États membres de l’Union Européenne n’excède pas 500 millions d’habitants, soit moins du douzième de la population mondiale.

Si l’on y ajoute la population des États membres de l’OTAN hors UE, les USA, dont les 300 millions d’habitants représentent l’équivalent de 40 % de la population intra-communautaire, le Canada, la Norvège et l’Islande, le total dépasse à peine 800 millions d’âmes, soit moins du septième de la population mondiale.

Les principaux membres de l’UE et de l’OTAN sont les anciennes puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark ; au nombre des nations s’étant également taillé une « place au soleil » figurent la Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

À partir de missions commerciales qui consistèrent rapidement en l’instauration de monopoles avant d’impliquer une occupation militaire pour aboutir à une complète domination économique, politique et militaire, les grandes puissances occidentales s’attribuèrent d’immenses territoires en Asie, en Afrique, en Amérique et en Océanie dont elles firent leurs prés carrés et leurs zones d’influence respectives.

Vestiges de cette époque, de nombreux États membres de l’OTAN et de l’UE conservent des possessions territoriales, principalement des îles et des terres volées aux indigènes.

Parmi ceux-ci, citons la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et les USA.

Ce sont justement ces États qui dénient à tout autre, y compris en Europe, le droit d’exercer une influence sur des régions n’ayant pas fait partie intégrante de leur territoire depuis plusieurs siècles, c’est par exemple le cas de la Serbie avec le Kosovo ou de la Russie avec l’Ukraine.

Les grandes puissances occidentales sont également coupables d’avoir organisé la traite négrière, le plus vaste déplacement forcé de population de toute l’histoire avec entre 10 et 30 millions d’individus déportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle.

Parmi les pays coupables de ce commerce triangulaire figurent la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark et, plus tard, les États-Unis.

C’est l’un des fondements obscurs de la communauté transatlantique.

Si des termes et concepts obsolètes et discrédités tels que le « Fardeau de

l’homme blanc, » la « Destinée manifeste », une « place au soleil », l’« espace vital » ou un « empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » ne sont plus d’usage aujourd’hui, la conception du monde et les objectifs géopolitique qui les sous-tendaient ont bel et bien survécu, ils ont simplement été dépoussiérés et rebaptisés.

Les forces militaires occidentales sont à nouveau présentes sur les territoires qu’elles occupaient jadis et où on ne pensait plus jamais les revoir : les Britanniques présents en Afghanistan, en Irak et en Sierra Leone, les Français intervenant en Haïti, alors que le pays fêtait le bicentenaire de son indépendance, et en Côte d’Ivoire et les États-uniens aux Philippines.

Mais il ne s’agit pas d’une série d’actions isolées menées par les puissances occidentales alliées, ce qui apparaît c’est un réseau international et systématique de déploiements militaires planifiés et coordonnés au service d’objectifs géostratégiques aussi vastes que précis.

Malgré la désapprobation très largement médiatisée que suscita la seconde guerre du Golfe en 2003, les 26 États membres de l’Alliance atlantique ont tous dépêché des personnels en Irak et au Koweït voisin dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’OTAN (NTM-I).

Moins de deux ans après le début de l’invasion, l’Alliance annonçait que « le but de l’OTAN est de former cette année un millier d’officiers et d’officiers supérieurs » et que « l’Union Européenne a consenti à former 700 juges, procureurs et gardiens de prison irakiens ». [10]

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27/04/2009

n°259 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04 - Début - : Afghanistan : vanité des logiques impériales

n°259 -  Les dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04 - Début - : Afghanistan : vanité des logiques impériales.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

n°259                                                                               24/04/09

         C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



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Sommaire :

Tiré à part :

Guerre : Escalade en vue.

Jean Laroche : Tout est prêt pour les Américains.

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 La guerre en Afghanistan s'apprend dans la Creuse et les Alpes

1-2 Eric Margolis : Afghanistan et Pakistan : vanité des logiques impériales.

1-3 Chris Marsden : L’OTAN soutient l’escalade de la guerre en Afghanistan.

1-4 La stratégie états-unienne  en Afghanistan bute sur des intérêts nationaux divergents, voire antagonistes, entre l'Inde et le Pakistan.

Suite

2 Brèves

2-1 Dommages collatéraux.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 Joëlle Pénochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.

4 Annexe

4-1 Les enjeux politiques du terrorisme.

Fin

4-2 Thierry Meyssan : Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française.

 


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...


Tiré à part :

Guerre : Escalade en vue.

L'arrivée prochaine de 17 000 soldats états-uniens  dans le sud de l'Afghanistan, pourrait se traduire pas une escalade de la guerre.

Ces troupes supplémentaires devraient renforcer les soldats canadiens déployés dans la région de Kandahar, mais le commandant de la Force internationale (FIAS), Mart de Kruif, anticipe que les combats seront plus nombreux avec l'arrivée de ces renforts.

« Nous irons dans des endroits où nous ne sommes pas allés jusqu'à présent. Nous débusquerons les résistants où qu'ils soient », a-t-il déclaré.

Il compte aussi sur ces nouveaux effectifs pour contrer le développement d'explosifs l'arme des résistants la plus efficace contre la coalition. Ces engins minent les soldats dans leurs efforts pour contrôler le sud de l'Afghanistan.

La coalition arrive à contenir un certain nombre de communautés le long de la frontière avec le Pakistan, mais ses effectifs ne suffisent pas à controler efficacement le secteur.

12 avr

 

Jean Laroche : Tout est prêt pour les Américains.

L'aéroport de Kandahar est en pleine effervescence, ces jours-ci.  

En trois mois à peine (depuis la dernière visite du Journal), les changements sur la base principale de la force internationale dans la province de Kandahar sont remarquables.

Des clôtures qui délimitaient autrefois le périmètre de la base ont été repoussées.

D'immenses champs sont pris d'assaut par de la machinerie lourde.

On y égalise le terrain, installe des commodités, construit de nouvelles routes.

Ailleurs, on aperçoit de nouveaux bâtiments en brique et en béton, qui détonnent avec les tentes et bâtiments préfabriqués qu'on voit partout ailleurs.

Made in USA

Tout est donc mis en place pour l'arrivée prochaine de 3 000 militaires américains qui seront basés spécifiquement à l'aéroport de Kandahar (KAF).

Le matériel made in USA ne cesse d'ailleurs d'être livré, sur la base.

À un certain endroit, des dizaines de blindés n'attendent que l'arrivée des soldats pour prendre la route.

Ce «problème» de croissance touche aussi l'aéroport, où le nombre d'hélicoptères ne cesse d'augmenter.

De nouvelles installations pour les accueillir sont en chantier.

Tout cela a une forte incidence sur le trafic aérien, qui a doublé par rapport à l'an passé.

À toutes heures du jour ou de la nuit, le grondement des réacteurs ou le bourdonnement des hélices se font maintenant entendre.

Cette croissance nécessite la construction de nouvelles accommodations pour les soldats.

Au cours de la prochaine année, on songe même à construire un deuxième boardwalk, ce grand espace central où sont situés quelques restaurants et magasins.

Au cours des prochaines semaines, McDonald's devrait ouvrir un premier comptoir à KAF, rejoignant ainsi les Burger King, Subway, Pizza Hut et le désormais célèbre Tim Hortons.

D'ailleurs, si bien des choses sont en train de changer, à KAF, une demeure toujours la même : les files d'attente interminables devant le comptoir de la bannière ontarienne.

Et c'est parce que les soldats de toutes les nations s'y précipitent.

Jean Laroche
Le Journal de Québec
20/04/

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2009/04/20090420-092546.html 



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 La guerre en Afghanistan s'apprend dans la Creuse et les Alpes

NB: La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Les interventions en Kapisa, à l’est de Kaboul, sont précédées de six mois de mise en conditions

«Bravo ! Comme quoi l’entraînement, ça paie ! »

Le lieutenant Pierre Antonetti ne cache pas sa satisfaction, en cet après-midi printanier, après avoir soumis pour la énième fois les hommes de sa section à une séance de tirs de roquettes.

Au fin fond du vaste camp militaire de La Courtine , situé dans la Creuse, ils ont tous réussi à frapper le périmètre ennemi, délimité 300 mètres plus loin par des poteaux plantés dans le sol.
Maintenant, ils peuvent passer à d’autres exercices.

Ou plutôt, ils le doivent.

 Car c’est un ordre : ils sont ici pour préparer leur intervention en juin prochain en Afghanistan, dans la Kapisa, région montagneuse en partie aux mains des talibans, à l’est de Kaboul. Ils sont là pour apprendre à se battre, comme ils auront à le faire en Afghanistan.

Et cet apprentissage commence au camp de La Courtine.

Un défi pour les forces françaises

Les soldats du 3e régiment d’infanterie de marine (3e RIMa) de Vannes, dans le Morbihan, vont prendre, pour une durée de six mois, le relais en Afghanistan du 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCa) d’Annecy, en Haute- Savoie.

Ce dernier a perdu, le 14 mars, un caporal-chef de 23 ans, tué dans son véhicule de l’avant blindé, lors d’une opération de contrôle.
Cet ensemble de vallées constitue un défi pour les forces françaises depuis qu’elles y sont (juillet 2008) : arrivé le premier sur les lieux, le 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) de Castres y a laissé, le 18 août dernier, dix soldats, pris dans une embuscade dressée par des rebelles islamistes.
Vallonné et boisé, le camp de La Courtine offre une diversité de sites adaptée aux manœuvres.

Le régiment est confronté à toutes les situations de guerre, section par section. C’est-à-dire par petits groupes de 30 hommes. Cela a l’avantage de placer les soldats dans des conditions d’extrême mobilité, telles qu’elles peuvent être exigées dans les montagnes accidentées afghanes. Il s’agit de les habituer à faire face à  la résistance, dont le front est par nature aléatoire et le déroulement difficilement prévisible.
Tirs ciblés ou de saturation avec tous types d’armes, fixation et poursuite de l’ennemi jusque dans ses derniers retranchements, sécurisation et fouille de zones habitées, combat rapproché : une partie des soldats occupe à tour de rôle la place des insurgés, afin d’être au plus près de la réalité.

Surgissement de voitures kamikazes ou présence d’engins explosifs téléguidés, embuscades sur le passage d’une patrouille ou d’un convoi…

Entraînement "habituel"

D’autres camps sont à la disposition des régiments, dont celui d’aguerrissement en montagne, dans le Briançonnais, où chaque unité partant pour la Kapisa se rend aussi. Ainsi, l’armée française affiche désormais une surdétermination pour le « théâtre » afghan.
Selon Francis Chanson, chef de corps du 3e RIMa, cet entraînement est « habituel » pour les unités, notamment avant toute projection hors des frontières.

Cependant, dans la perspective de leur intervention à l’est de Kaboul, il est « renforcé », c’est-à-dire « plus long et plus intensif ». La préparation dure six mois, comme d’ailleurs ensuite la mission sur place, alors que les autres opérations extérieures restent moins étalées dans le temps (quatre mois sur le théâtre, voire moins pour la mise en conditions).
Compte tenu de l’importance de l’enjeu afghan, la dimension inter armes des unités est en outre développée : des éléments du génie (6e régiment du génie d’Angers) et de l’artillerie (11e régiment d’artillerie de marine de Rennes) sont intégrés dans chaque section du 3e RIMa afin d’obtenir plus d’efficacité sur le terrain.

 Antoine FOUCHET

17-04

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2371055&rubId=786



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-2 Eric Margolis : Afghanistan et Pakistan : vanité des logiques impériales.

L’accent mis sur la lutte contre les ‘talibans’, identifiés comme l’ennemi à abattre, méconnait une réalité fondamentale de cette région structurellement instable où les solidarités tribales prévalent sur les appartenances nationales héritées de puissances coloniales qui voulaient à dessein diviser pour régner. Dans ces équilibres fragiles, chaque acteur - Pakistan, Inde, Russie, etc.. pousse ses pions et tente de préserver ses intérêts stratégiques. Faute de comprendre cette réalité, et en particulier d’accepter de prendre en compte les intérêts du Pakistan, les USA s’enferrent dans une stratégie sans issue. Car les talibans, ce sont d’abord et avant tout des pachtounes, ethnie qui compte pour 15% de la population pakistanaise. Exiger du Pakistan qu’il mène une guerre totale contre les talibans c’est non seulement l’humilier en le traitant avec arrogance, mais surtout lui demander d’entrer en guerre contre une partie de son peuple, ce qu’il ne fera évidemment pas. De plus, Islamabad sait fort bien que cette nouvelle aventure néocoloniale, qui tente d’imposer par la force une volonté occidentale sur des peuples qui n’ont rien oublié prendra fin elle aussi un jour prochain. Il lui faudra alors tenter de retrouver un peu de stabilité après le chaos créé par l’occident (cf : l’Irak). Et les militants pachtounes, quel que soit le nom qui leur sera attribué à ce moment là, seront partie prenante.

Analyse d’Eric Margolis

Le Président Barack Obama a désormais fait entièrement sienne la guerre en Afghanistan. Terminé, le faux-semblant en usage à Washington, prétendant que que cette guerre était menée par une « coalition » occidentale. Abandonné, lui aussi, ce titre de bande dessinée, la « guerre contre le terrorisme", désormais remplacé par un sobriquet digne de George Orwell : « Opérations Contingentes Outre Mer »

L’annonce par Obama la semaine dernière d’un renforcement de l’engagement américain en Afghanistan et au Pakistan - désormais officiellement désignés par le sigle « AfPak » à Washington - a été accompagnée par un bombardement médiatique préliminaire du Pakistan, blâmé pour ne pas être suffisamment actif dans la mise en oeuvre des visées stratégiques américaines.

La semaine dernière, le New York Times a fait paraître en une un article - publication clairement orchestrée par l’administration Obama - accusant le service de renseignement militaire Pakistanais, l’Inter-Service Intelligence (ISI), de venir secrètement en aide aux talibans et à leurs alliés en Afghanistan et au Pakistan .

En 2003, le quotidien avait gravement compromis sa réputation, autrefois excellente, en servant de principal relais pour les mensonges de la propagande de guerre de l’administration Bush sur l’Irak. The Times a lui aussi fait retentir les tambours de guerre, appelant à l’intensification des opérations militaires américaines visant le Pakistan.

En l’occurrence, ces dernières accusations en provenance de Washington contre l’agence de renseignement pakistanaise sonnent juste. Ayant couvert le sujet de l’ISI durant près de 25 ans, et été en contact avec plusieurs directeurs de l’agence, je serais très surpris si l’ISI n’était pas tranquillement en train de travailler avec des talibans afghans ainsi que d’autres mouvements de résistance.

Car c’est la protection des intérêts pakistanais, et non ceux des États-Unis, qui est la mission première de l’ISI.

Selon le général Pervez Musharraf, Washington avait menacé le Pakistan d’entrer en guerre contre lui après le 11 septembre s’il ne coopérait pas pleinement à l’invasion américaine de l’Afghanistan. Les bases militaires et les ports du pays ont été - et restent - indispensables pour la logistique de l’occupation américaine en Afghanistan.

Le Pakistan a été contraint sous la menace à accepter les demandes des États-Unis bien que la majorité de sa population avait soutenu les talibans en tant que combattants de la liberté, nationalistes et anti communistes, et s’opposait à l’invasion américaine. Les talibans, qui sont essentiellement issus des tribus pachtounes, ont été soutenus et armés par le Pakistan.

De nombreux généraux pakistanais et hauts officiers de l’ISI sont des pachtounes, qui représentent de 15 à 18% de la population du pays et forment le deuxième groupe ethnique après les pendjabis. L’ISI s’est souvent servi des taliban et des groupes de militants cachemiris, le Lashkar-i-Toiba et le Jaish-e-Mohammed.

Le Pakistan a été rendu furieux lorsque ses ennemis afghans traditionnels, l’Alliance du Nord des Tadjiks et des Ouzbeks, dominée par les communistes [1], ont été mis au pouvoir par les Américains. L’Alliance du Nord avait été fortement soutenue par l’Inde, l’Iran, la Russie et l’Asie centrale post-communiste.

Le Pakistan a toujours considéré l’Afghanistan comme son « arrière-pays stratégique » et sa zone d’influence naturelle. Le 30 millions de pachtounes vivent à cheval sur la frontière artificielle qui sépare le Pakistan et l’Afghanistan, connue sous le nom de la ligne Durand, qui fut tracée par l’empire britannique, en appliquant là son habituelle stratégie du « diviser pour régner. »

Le Pakistan appuie les pachtounes afghans, qui ont été exclus du pouvoir en Afghanistan avec l’occupation américaine. Mais le Pakistan craint également les tendances séparatistes au sein de ses propres pachtounes. Le spectre d’un état indépendant, un « Pachtounistan », réunissant les pachtounes d’Afghanistan et du Pakistan a été longtemps l’un des pires cauchemars d’Islamabad.

Les Pakistanais sont indignés par les raids aériens des États-Unis visant sur leur sol la rébellion de tribus pachtounes dans les zones tribales frontalières. La plupart sont également fermement opposés à la « location » accordée à Washington des 130.000 soldats pakistanais et de l’aviation du pays pour attaquer les pro-talibans dans les tribus pachtounes. Une majorité de la population estime que le gouvernement du président Asif Zardari, de plus en plus impopulaire et isolé, sert les intérêts des États-Unis plutôt que ceux du Pakistan.

Le Pakistan est en aujourd’hui en faillite et ne survit désormais que grâce aux subsides de l’Amérique.

Ses deux derniers gouvernements ont été obligés de faire appel à Washington bien que la plupart des Pakistanais soient opposés à cette politique.

Les États-Unis n’ont pas tenu compte de l’intensification des efforts déployés par l’Inde, l’Iran et la Russie afin d’étendre leur influence en Afghanistan. L’Inde, en particulier, fournit en armes et en approvisionnements les ennemis du Pakistan en Afghanistan.

Washington ne voit le Pakistan que comme un moyen pour faire avancer ses propres intérêts en Afghanistan, et non pas comme un ancien allié fidèle. C’est une obéissance, et non pas une coopération, qui est requise d’Islamabad.

Le Président Barack Obama a annoncé un renforcement de la présence militaire et civile en Afghanistan, et des milliards supplémentaires seront consacrés à poursuivre une guerre contre la résistance nationale, qui est largement le fait des pachtounes, en Afghanistan et au Pakistan.

Rien de tout cela ne bénéficiera au Pakistan. De fait, en s’impliquant encore plus en « Afpak », les Etats-Unis renforcent la menace d’une instabilité et d’une violence accrue, voire la rupture de facto d’un Pakistan fragile, comme cela a été le cas en Irak.

C’est la mission de l’ISI que de faire face à ces dangers, de rester en contact étroit avec les pachtounes des deux côtés de la frontière, et de lutter contre les machinations des autres puissances étrangères en Afghanistan et dans les zones tribales Pakistanaises.

Beaucoup de Pakistanais savent aussi qu’un jour les États-Unis et leurs alliés vont quitter l’Afghanistan, laissant un sanglant gâchis derrière eux. L’ISI devra alors ramasser les morceaux et faire face au chaos qui s’en suivra. Les intérêts stratégiques et politiques du Pakistan sont très différents de ceux de Washington. Mais ils sont bien peu à Washington, à sembler s’en soucier.

L’ISI ne joue pas un double jeu, comme l’en accuse Washington, mais il tente simplement de préserver les intérêts stratégiques et politiques du Pakistan dans la région. L’administration Obama commet une erreur historique en traitant le Pakistan avec une arrogance impériale et en ignorant les préoccupations et les désirs de son peuple. Il semble que nous n’ayons rien appris de la révolution iranienne.

Eric Margolis,

Eric Margolis, journaliste spécialiste des questions géopolitiques.

Lew Rockwell, 1er avril 2009

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2627

Sur le net :Wikipedia : notice Eric Margolis


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n°259 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04- Suite : Afghanistan : vanité des logiques impériales.

n°259 -  Les dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04- Suite : Afghanistan : vanité des logiques impériales.



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

n°259                                                                               24/04/09

         C.De Broeder    &   M.Lemaire                       




Sommaire :

2 Brèves

2-1 Dommages collatéraux.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 Joëlle Pénochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.

4 Annexe

4-1 Les enjeux politiques du terrorisme.

4-2 Thierry Meyssan : Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française.

 


 


2 Brèves

2-1 Dommages collatéraux.

NB :  La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Les soldats ne sont pas les seuls à être éprouvés par le stress de la mission en Afghanistan. L'entourage des militaires en souffre également. La demande pour obtenir du soutien psychologique a été multipliée par cinq au centre d'aide aux enfants et aux familles de Pembroke, près de la base de Petawawa, en Ontario.

De 12 familles avant le début de la mission à Kandahar, le nombre de demandes est passé à 71 familles, en plus de 26 autres qui sont sur une liste d'attente.

Des cas de comportements inhabituels chez les enfants, comme l'incontinence nocturne ou la violence, sont répertoriés. Les agressions sexuelles, dépressions et ruptures de mariage sont également en hausse.

Selon un thérapeute de Pembroke, la majeure partie des soldats de retour au pays parvient à se réadapter à la vie normale. Cependant, une minorité croissante d'entre eux n'y réussit pas.

Certains problèmes surviennent alors, comme l'insomnie ou l'irritabilité. Des pathologies plus graves se développent parfois, telles que l'alcoolisme, la toxicomanie ou la dépression, tout comme des comportements erratiques, la panique, la colère.

Les cas de violence conjugale connaissent aussi une augmentation marquée dans les familles de militaires, indique le thérapeute de Pembroke.

Face à ce problème grandissant, l'offre ne suffit malheureusement pas à combler tous les besoins. Le ministre de la Defense, Peter McKay, a souligné la volonté du gouvernement fédéral de répondre à la demande, grâce au recrutement de 218 nouveaux conseillers.

Ottawa a débloqué 98 millions de dollars pour ce faire, mais l'argent ne règle pas tout. Les centres d'aide ont de la difficulté à trouver des travailleurs sociaux, psychologues et autres psychiatres.

Le délai que s'était fixé le gouvernement pour s'attaquer à cette situation est repoussé à 2010.

19 avril

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2009/04/19/002-aide-psy-familles-militaires.shtml



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

3-1 Joëlle Pénochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.

Le 26 avril prochain sera une journée de solidarité avec tous les fermiers du monde victimes du diktat des multinationales agroalimentaires qui les dépossèdent de leur patrimoine, brevettent les semences qu’elles leur ont volées et leur imposent autoritairement les cultures OGM. Elle sera dédiée tout particulièrement aux agriculteurs d’Iraq et d’Afghanistan, et des autres pays dévastés par des guerres d’agression et l’occupation de troupes étrangères. Ce sera l’occasion de sensibiliser le public aux dangers des aliments génétiquement modifiés et à la dictature des grands semenciers (principalement Monsanto) dont le but ultime est le contrôle total de la chaîne alimentaire. C’est aussi une journée de résistance contre des pratiques criminelles qui menacent l’avenir de la planète.

Le 26 avril, date anniversaire de la directive scélérate Bremer qui a dépossédé les Iraquiens de leur patrimoine agricole  

Le jour du 26 avril a été choisi parce que l’ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l’administrateur provisoire de l’Iraq Paul Bremer a placé le pays sous le joug économique total de l’Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés.  

Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales semencières  américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.  

Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l’ironie, c’est au cœur de la Mésopotamie (l’actuel Iraq) qu’a été inventée l’agriculture voici plus de dix mille ans !  

L’ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l’OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».  

Au cœur de l’ordonnance, la règle de « Protection des variétés des plantes » (PVP), qui ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts commerciaux des transnationales semencières (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d’impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.  

L’article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées ! Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leur installation !  

Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu’elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver !   

Les semences, en tant que premier maillon de la chaîne alimentaire, représentent un enjeu économique et politique fondamental, et une arme de domination redoutable. Vandana Shiva (Inde), directrice de  la « Fondation de recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles », qui défend l'agriculture paysanne, a justement fait remarquer que « La directive 81 ressemble à d’autres lois dans le monde », à la différence que « l’Iraq est un pays en guerre et occupé » , car « partout dans le monde les multinationales veulent déposséder les agriculteurs de leurs semences ». Cette directive est criminelle « car elle touche le cœur de l’agriculture et concerne l’humanité entière ». D’autant qu’« en période de guerre, la sauvegarde des semences est plus importante que jamais ».  (1)  

 Afghanistan : de la nourriture (importée) et des bombes

L’Afghanistan avait subi le même sort que l’Iraq dès 2002. Il y a trente ans, le pays était un exportateur net de nourriture. Après l’agression de 2001, les USA avaient proclamé qu’ils rendraient le pays de nouveau auto-suffisant en 2007. Aujourd’hui cet objectif est plus éloigné que jamais, les populations dépendant de l’importation de nourriture et de l’assistance étrangère à plus de 80%1. Au lieu d’aider les Afghans à récupérer leurs pratiques agricoles ancestrales, les USA, par le biais des « centres d’alimentation » achèvent de détruire totalement le système agricole, déjà dévasté par une guerre sans fin.(2) Le riche patrimoine afghan est ignoré au profit de plantes importées.  

L’USAID (States Agency for International Development), la puissante agence fédérale américaine chargée de « développement économique » (sic) et de « l’assistance humanitaire » dans le monde, connue pour ses opérations secrètes d’infiltration et de déstabilisation, est chargée de faire la promotion active de l'agriculture génétiquement modifiée.  

Andrew Natsios, administrateur, avait annoncé en 2002 que son agence devrait rester au moins une décennie en Afghanistan pour faciliter l’installation de compagnies privées dans le cadre de la « reconstruction ».  Il a déclaré : "l'un des seuls moyens pour nous d'être capables de nourrir le monde en voie de développement et de restaurer le système agricole dans le tiers monde est l'utilisation d'OGM". Ainsi, en 2006, L’USAID s’est engagée à prêter 80 millions de dollars sur trois ans à 60 000 personnes vivant dans les zones rurales pour permettre aux paysans  ans d’acheter du matériel agricole et des semences « licites »… Parmi ces semences, du soja – totalement étranger à la culture locale -, censé combattre la malnutrition. L’USAID a financé le programme de Nutrition et d’Education internationale( Nutrition and Education International  - NEI), mis au point par Neslé, pour apprendre aux Afghans à planter et à manger les haricots de soja !  

Par ailleurs, la Banque mondiale, acteur central de cette reconstruction depuis 2001, vise à consolider le rôle du secteur privé dans tous les domaines, en particulier celui des géants des semences transgéniques.  

En septembre 2005, sous la pression de la FAO et de l’Union européenne (3), le « ministère » de l’agriculture afghan, qui prétendait protéger le droit des fermiers à conserver leurs graines, adopta une loi qui confiait leur monopole aux semenciers.

 En plus de subir les bombardements et les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraquiens et afghans, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées en grande partie à l’exportation mondiale ou aux troupes d’occupation, au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que les populations locales meurent de faim (ces deux pays figurent maintenant parmi les plus pauvres au monde (4). C’est pourquoi de plus en plus de fermiers désespérés ont abandonné la culture des céréales en faveur de celle de l’opium.  

Au départ, les nécro-entreprises et les gouvernements fantoches d’Iraq et d’Afghanistan, de même que le gouvernement indien, ont distribué quasi gratuitement, à  la façon de dealers de drogue dure, mais à une échelle beaucoup plus dramatique, les « nouvelles semences » aux fermiers, afin de mieux les précipiter dans un système infernal dont ils ne pourront plus sortir.

L’invasion des semences OGM en Inde a provoqué une épidémie de suicides   

Le terrorisme alimentaire a conduit au suicide des dizaines de milliers paysans du Tiers Monde, ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, 150 000 fermiers indiens se sont suicidés entre 1997 et 2005, soit une augmentation de 52 % du taux  pendant cette période. Plus de mille paysans se suicident chaque mois, selon le ministère de l’agriculture.  

En effet, les producteurs de coton sont devenus dépendants de semences OGM, qu’ils doivent acheter très cher (4,5 fois et demi le prix des semences traditionnelles - mais de nombreuses semences étaient jadis gratuites, récupérées d’une année sur l’autre) ainsi que les produits associés. Cette situation les contraint à s’endetter lourdement (la moitié des paysans indiens sont sur-endettés). L’état - qui faisait la promotion du coton BT de Monsanto - les y avait incité en instituant un crédit spécial. Lorsque ce crédit est coupé, les fermiers, désespérés et ruinés, se suicident - le plus souvent avec des pesticides de Monsanto. Pour acheter les semences miracles, ils ont souvent vendu tout ce qu’ils possédaient, leurs animaux de ferme et même leurs bijoux de famille.  

En outre, l’introduction des OGM, de même que l’agriculture intensive d’exportation, détruit la biodiversité. Sur les 100.000 variétés de riz que possédait l’Inde, il n’en reste aujourd’hui qu’une cinquantaine. La diversité des variétés de semences est le fruit du travail des paysans qui ont reproduit, sélectionné et ressemé les espèces adaptées aux besoins des hommes depuis 10 000 ans. Enfin, les cultures OGM ont un rendement moindre, tout en exigeant plus de pesticides.

Source: Legrandsoir.info

Les chimères issues des nécro-technologies représentent de très grands dangers sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l’uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses. 

Pour contrôler les populations, les tenants du Nouvel Ordre Mondial doivent les maintenir dans la sous-alimentation, la pauvreté et l’ignorance. Les brevets, particulièrement ceux qui portent sur des semences génétiquement modifiées, constituent l’une de leurs principales armes pour asservir l’une après l’autre les peuples du monde entier.  

Il est temps pour tous les peuples de se rebeller, de refuser les diktats des multinationales et de l’impérialisme US et les OGM, de récupérer leur patrimoine propre et de se consacrer à des cultures vivrières sans pesticides et herbicides.   

Comme l’a dit Vandana Shiva au sujet de l’Iraq à l’occasion de cette journée internationale, ce patrimoine des semences n’est pas seulement celui d’un pays, mais celui de l’humanité toute entière. C'est pourquoi il est du devoir de chacun de défendre l’héritage de nos ancêtres, en utilisant l’arme non-violente de la désobéissance civile.  

Faisons du 26 avril une grande journée d’information et de résistance !

NB : Nous avons repris ici des passages d’un article précédent (2008), Monsanto à Babylone:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8062 

Notes :  

(1) Dr Vandana Shiva to IRAQI Farmers & Women (mars 2009)

http://www.youtube.com/watch?v=I-B1yU278zk  

(2) En 2006 par exemple, 55 000 tonnes de produits ont été exportés et 818 000 tonnes importés.  

(3) Cf. http://www.grain.org/briefings_files/agrecon2009.pdf  

(4) D’après l’indice du développement humain de l’ONU, l’Afghanistan se classe au 174e rang sur 178 pays. L’espérance de vie y est de 43 ans, la mortalité infantile de 25% et la mortalité maternelle de 16 pour 1000.    

Sources :  

Information détaillée sur le statut de l’agriculture en Afghanistan et en Iraq : The soils of war, The real agenda behind agricultural reconstruction in Afghanistan and Iraq, Grain  

 http://www.grain.org/briefings/?id=217  

The soils of war par GRAIN 

http://www.grain.org/briefings_files/agrecon2009.pdf

Latha JISHNU: Order 81 and the plunder of farming, Business Standard, New Delhi, April 1, 2009.  

http://www.business-standard.com/india/news/latha-jishnu-order-81the-plunderfarming/353518/   

Iraq's New Patent Law: A Declaration of War Against Farmers Focus on the Global South and GRAIN 15oct04 :

http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Patent-Law-CPA15oct04.htm   

Andrew Bosworth, Ph.D: Mutant Seeds for Mesopotamia  Palestinechronicle, 15 octobre 2008: http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=14270  

Natsios announces Economis Governance for Afghanistan, 25 juillet 2002

http://www.america.gov/st/washfile-english/2002/July/20020725175702cevans@pd.state.gov0.8919794.html#ixzz0Cvai8nPe&B   

L'ordonnance n° 81:

http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Plant-Variety-Law26apr04.htm  http://www.trade.gov/static/iraq_memo81.pdf

Le texte de la loi sur les semences en Afghanistan

http://www.grain.org/brl_files/Afghanistan-seed-law-2006.pdf  

Christopher D. Cook, Plowing for Profits U.S. Agribusiness Eyes Iraq’s Fledgling Markets, In These Times 15 mars 2005 : http://www.inthesetimes.com/article/2009/

http://www.mindfully.org/GE/2005/Iraq-US-Agribusiness-Profit15mar05.html 

Iraq's Crop Patent Law A Threat To Food Security By GM Free Cymru, CounterCurrents, 3 mars 2005

http://www.countercurrents.org/iraq-cymru030305.htm 

Patrick Cockburn, Desesperate Iraqi Farmers Turn to Opium, CounterPunch,

24 janvier 2008: http://www.counterpunch.org/patrick01242008.html  

Source: jakouiller.com

Joëlle Pénochet 

Mondialisation.ca

Le 18 avril 2009

http://internationalnews.over-blog.com/article-30335408.html


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n°259 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04- Fin : Afghanistan : vanité des logiques impériales.

n°259 -  Les dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan : 24-04- Fin : Afghanistan : vanité des logiques impériales.



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

n°259                                                                               24/04/09

         C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Sommaire :

4 Annexe (fin)

4-2 Thierry Meyssan : Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française.

 


 

4-2 Thierry Meyssan : Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française.

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

http://www.voltairenet.org/article157210.html

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi—.

Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.

La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et de le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait.
Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.
Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8].
Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes :
 Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua.
 François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
 Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
 Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.
Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La cote de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire ?

Thierry Meyssan*

20 Juillet 2008

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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

26/04/2009

n°258 - dossiers de l'Afghanistan -Spécial Guantanamo - 25-04- Début- Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.

n°258 - dossiers de l'Afghanistan -Spécial Guantanamo - 25-04- Début- Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°258 du 24-03

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

Tiré à part :

Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.

1 Brèves

Les brèves de Guantanamo

1-1 Obama sous le feu des critiques

1-2 Nouvelles révélations.

1-3 Condoleezza Rice avait autorisé la simulation de noyade par la CIA.

1-4 Interrogatoires CIA : l'immunité sera accordée au "cas par cas".

1-5 USA: des photos sur les sévices sur des prisonniers vont être diffusées.

1-6 Leon Panneta : La CIA n'utilise plus de prisons secrètes. Question de sous ?

Suite

1-7 Les USA sont-ils intouchables ? : Le parquet espagnol rejette une enquête sur la torture dans la prison de Guantanamo.

1-8  Enquête sur une possible complicité de torture du MI5.

2  Dossier & Point de vue 

Les dossiers de Guantanamo

2-1 Guantanamo : la marque d'infamie de George W. Bush.

2-2 Torture : faut-il inculper W.Bush ?

2-3 Mireille Delamarre : Obama Gang.

2-4 Tortures américaines d’inspiration française.

Fin

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Paul Rodgers :  Moazzam Begg :  3 ans à Guantánamo comme « combattant ennemi »

3-2 Mohammed el-Gharani a témoigné des mauvais traitements qui lui ont été infligés.


Tiré à part :

Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.

Washington a publié jeudi quatre mémos de la CIA
Après le scandale d’Abou Ghraïb en 2003, l’Administration de l’ancien président George W. Bush est éclaboussée encore une fois par une autre affaire aussi grave : la pratique systématique de toutes les formes de la torture par la CIA sur des prisonniers à Guantanamo et ailleurs.
L’agence de renseignement américaine (CIA) a, en violation des conventions internationales, usé et abusé des pratiques graves et humiliantes contre des détenus. La première puissance internationale qui se dit garante des droits de l’homme dans le monde a, en réalité, autorisé leur violation au mépris des lois.
En effet, le nouveau président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama, lève le voile sur les dépassements condamnables commis par la CIA sous la présidence de son prédécesseur, George W. Bush. Le contenu des quatre mémos secrets de la CIA rendus publics, jeudi dernier, par l’Administration Obama inspire la répugnance. Datant de 2002 et 2005, ces mémos énumèrent une dizaine de méthodes utilisées par des agents de ladite agence pour obliger les terroristes présumés à parler et à donner des informations. Un véritable « mode d’emploi » de la torture. « Privation de sommeil », « simulation de noyade », « frappes insultantes au visage et au ventre », « utilisation d’insectes », « utilisation de la nudité » et « manipulation diététique »…les agents de la CIA ont reçu l’ordre de faire usage de la torture à outrance. Les documents publiés par Washington confirment ainsi le contenu des rapports du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui a dénoncé, en 2007, les traitements « cruels, inhumains et dégradants » que Bush et ses acolytes infligeaient aux détenus islamistes.
« Les tortionnaires ne seront pas jugés »
Il ne fait plus de doute, les notes publiées, jeudi dernier, confirment que l’ordre de recourir à la torture émanant des dirigeants de la sulfureuse agence de renseignement américaine a eu lieu sous la présidence de George Walker Bush. Rédigé par des avocats mandatés par l’Administration Bush ce « manuel » de la torture fait fi de la légalité. Pour briser les mécanismes de défense des présumés terroristes, « la CIA préconisait de les priver de sommeil, puis de les déshabiller, de les enchaîner et enfin de les humilier en leur enfilant des couches-culottes ». Une autre méthode proposée par l’agence consistait, selon toujours les mêmes documents, à ne rien leur donner à manger de solide. « La direction était pleinement consciente que cela altérait leur hygiène alimentaire, mais tel était le but », explique-t-on encore. Les récalcitrants, qui refusent de dévoiler « leurs plans », subissent encore d’autres formes de sévices. Les agents avaient le choix entre « la frappe insultante au visage », la « frappe au ventre », ou plus déstabilisant : garder un suspect menotté, le priver de sommeil et le placer tout près d’un faux mur, qui s’affaissait chaque fois que l’homme exténué tentait de s’appuyer dessus. « Ces techniques ne sont pas toutes utilisées en même temps », précise un mémo. S’étant engagé, durant la campagne à la présidentielle américaine, à faire la lumière sur ces pratiques, Barack Obama semble vouloir tourner rapidement la page. Tout en interdisant formellement le recours à de telles techniques, le président démocrate affirme que les agents qui les ont utilisées ne seront pas poursuivis en justice. « Ils n’ont fait que leur devoir, en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la justice », dit-il.
Les partisans de Bush dénoncent
Les noms des agents qui figurent sur les documents ont été, d’ailleurs, soigneusement effacés avant leur publication. Mais cette décision n’est pas du goût des ONG. « Pas question d’exonérer tout le monde de ces responsabilités », lancent l’Association de défense des libertés civiles (ACLU), le Centre des droits constitutionnels (CCR) et Amnesty International. « Ces mémos fournissent la preuve irréfutable que des responsables de l’Administration Bush ont autorisé et donné leur bénédiction légale à des actes de torture qui violent les lois internationales et nationales », affirme l’ACLU. En revanche, le clan Bush se lève contre la publication desdits mémos. Deux hauts responsables sous l’Administration Bush l’ont dénoncé. « La publication de ces notes n’était pas nécessaire en termes de droit et n’est pas saine en termes de politique », estiment l’ancien directeur de la CIA, le général Michael Hayden, et l’ancien ministre de la Justice, Michael Musakey. Selon eux, avec la révélation de ces techniques, « les terroristes sont assurés d’être informés des limites absolues à l’intérieur desquelles les Etats-Unis agissent pour obtenir des informations ». « Ils peuvent donc adapter leur entraînement et affaiblir l’efficacité de ces techniques », disent-ils, expliquant que Obama « s’est, en autorisant ses révélations, non seulement lié les mains mais aussi celles de la future Administration, qui serait face à une attaque ».
Madjid Makedhi

18 avril 2009

El Watan (Algérie)

http://www.elwatan.com/Obama-revele-les-pratiques-de-la


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n°258 - dossiers de l'Afghanistan -Spécial Guantanamo - 25-04- Suite 1- Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.

n°258 - dossiers de l'Afghanistan -Spécial Guantanamo - 25-04- Suite 1- Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°258 du 24-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse :fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1-7 Les USA sont-ils intouchables ? : Le parquet espagnol rejette une enquête sur la torture dans la prison de Guantanamo.

1-8  Enquête sur une possible complicité de torture du MI5.

2  Dossier & Point de vue 

Les dossiers de Guantanamo

2-1 Guantanamo : la marque d'infamie de George W. Bush.

2-2 Torture : faut-il inculper W.Bush ?

2-3 Mireille Delamarre : Obama Gang.

2-4 Tortures américaines d’inspiration française.


 

1-7 Les USA sont-ils intouchables ? : Le parquet espagnol rejette une enquête sur la torture dans la prison de Guantanamo.

Voulant ouvrir une enquête sur la création de la prison de Guantanamo, le célèbre juge espagnol Baltasar Garzon a vu, contre toute attente, son initiative rejetée. Cette enquête qui vise directement des anciens responsables de l’Administration Bush a été rejetée par le parquet espagnol.
« Le parquet de l’Audience nationale, haute instance pénale espagnole dont dépend le juge Garzon, a estimé que ce magistrat n’était pas compétent pour mener une telle enquête générale sur la prison et le système judiciaire décrié de Guantanamo », ont rapporté, hier, des agence de presse en citant des sources judiciaires espagnoles. Pour rappel, le juge d’instruction madrilène Baltasar Garzon, mondialement connu pour avoir fait arrêter l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, à Londres en 1998, avait sollicité récemment l’avis du parquet sur la suite à donner à cette plainte déposée par des ONG espagnoles. Une plainte qui vise six anciens responsables américains – des membres du sous-secrétariat à la Defense, du parquet fédéral et des conseillers de George W. Bush –, dont l’ex-procureur général des Etats-Unis, Alberto Gonzales.
L’Association pour la dignité des prisonniers et des prisonnières qui a déposé la plainte en question soutient que « l’équipe juridique de M. Bush a participé à l’élaboration, à l’approbation et à la mise en marche de l’échafaudage juridique de Guantanamo ». « La justice espagnole ne peut admettre ce qui serait une enquête générale contre la politique mise en place par l’antérieure Administration américaine », argumente le ministère public. Le parquet évoque aussi un argument de forme, à savoir que l’association plaignante n’a pas déposé préalablement de plainte aux Etats-Unis, ce qui invalide sa démarche en Espagne. « Une telle plainte n’est admissible que si le plaignant s’est déjà adressé en vain à la justice du pays concerné », estime-t-on encore.
La justice espagnole se reconnaît, depuis 2005, une compétence universelle pour enquêter sur les crimes de masse commis dans le monde entier, même si les victimes ou les bourreaux ne sont pas espagnols.
Mais le principe de juridiction universelle a valu récemment à l’Espagne une série de désagréments diplomatiques avec la Chine et Israël et le ministère public prône désormais une application juridique plus stricte de ce principe.
Par R. I.

18 avril 2009

El Watan (Algérie)

http://www.elwatan.com/Le-parquet-espagnol-rejette-une


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n°258 - dossiers de l'Afghanistan -Spécial Guantanamo - 25-04- Fin- Obama révèle les pratiques de la torture sous l’ère Bush.

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Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

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dossiers de l'Afghanistan 

n°258 du 24-03

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Sommaire :  

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Paul Rodgers : Moazzam Begg :  3 ans à Guantánamo comme « combattant ennemi »

3-2 Mohammed el-Gharani a témoigné des mauvais traitements qui lui ont été infligés.


 


3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Paul Rodgers :  Moazzam Begg :  3 ans à Guantánamo comme « combattant ennemi »
 Moazzam Begg a passé 3 ans à Guantánamo comme « combattant ennemi » ; il a vu des compagnons se faire assassiner. Mais il ne recherche pas la vengeance.
Ils se sont présentés chez lui à minuit –c’est classique - mais ce n'était pas une banale descente de police. Les hommes armés qui se tenaient sur le palier de Moazzam Begg ne portaient pas d'uniforme. Sans un mot, ils ont jeté à terre le travailleur humanitaire britannique et lui ont attaché les bras et les jambes dans le dos. Avant qu'ils ne lui mettent une cagoule sur la tête, il a pu voir certains d'entre eux se diriger vers les chambres où dormaient sa femme et ses enfants.

D’autres hommes l’ont chargé à l'arrière d'une Jeep.

Pendant qu’elle filait dans les rues d’Islambad, quelqu’un a soulevé sa cagoule juste assez pour qu’il puisse voir un Américain brandissant une paire de menottes : « Je les ai eues de la veuve d’une victime du 11/9 », a-t-il dit hargneusement avant de les refermer sur les poignets déjà entravés du prisonnier.

C'est ainsi qu'ont commencé les trois années de Begg dans la peau d'un « combattant ennemi » de « la guerre contre le terrorisme ». Son ordalie a été ponctuée de menaces, de coups, d'isolement, d’humiliations, de dégradations et de conseils par un psychiatre militaire US sur la meilleure manière de se suicider. Il a vu deux de ses compagnons de détention se faire tuer par des gardiens. On lui a dit qu'on l'avait envoyé en Égypte pour pouvoir le torturer, et on lui a fait croire que la femme qui hurlait de douleur dans la pièce à côté était la sienne. Ce genre de traitement pourrait transformer le plus modéré des individus en extrémiste.

Je m'attendais à rencontrer un homme crachant du venin, débordant de colère justifiée et de ressentiment. Mais Begg, qui me reçoit dans le salon de sa maison jumelée à Birmingham, est surtout stupéfait qu'on ait pu le prendre pour un terroriste. « Je n'admets pas l'usage de la violence et le massacre de civils innocents », déclare-t-il avec emphase.

Loin de chercher à se venger, il a réfléchi à un plan de paix inédit qui pourrait sauver les vies de centaines de soldats américains et britanniques. Depuis qu'il a été libéré en 2005, Begg travaille pour Cageprisoners, une organisation qui lutte pour la libération des prisonniers de Guantánamo et des plus de 70 détenus « disparus » dans camps « fantômes » US. « L’Amérique nie les détenir », dit-il. « Il leur arrive pourtant d'annoncer qu'une personne qu’ils ont toujours prétendu ne pas détenir, et qui a disparu depuis cinq ans, a été envoyée à Guantanamo. » Begg travaille également en étroite collaboration avec Amnesty International et vient de participer au lancement par l'organisation de deux campagnes de mobilisation, dont l’une, la semaine Protégeons les humains, commence le 13 octobre « Je prends souvent la parole dans des lieux où je suis le seul à avoir la peau foncée », raconte-t-il. « Toutes les fois où j'ai pensé que j'allais me heurter à un public hostile, je me suis trompé. Cela me donne de l'espoir. » Il soutient aussi la campagne Désabonnez-vous qui démarre mardi : une tentative de mobiliser les internautes pour qu’ils sortent de la « guerre contre le terrorisme » de la même manière qu’on se désabonne d’une liste de diffusion.
Je suis intrigué de voir qu’un Musulman qui a tant souffert entre les mains de l’Occident ait pu devenir un champion de ses idéaux les plus chers – les droits civiques et le règne de la loi. Mais Begg ne voit là aucune contradiction. De tels principes étaient contenus dans le Coran des siècles avant que le Roi Jean signe la Magna Carta. « L’équivalent de l’habeas corpus est décrit dans des versets du Coran qui parlent des droits des individus à avoir des témoins et des preuves. » Il a rencontré Martin McGuinness, ancien commandant de l'IRA (Armée républicaine irlandaise) et aujourd'hui vice-Premier ministre d'Irlande du Nord, et cela lui a donné des idées : il veut écrire un livre pour expliquer comment on pourrait mettre fin de façon pacifique à cette « guerre contre le terrorisme ». Selon lui, le temps est venu pour les gouvernements et les terroristes de commencer à se parler. « C'est la seule voie possible », affirme-t-il. Pour appuyer ses propos, il cite un passage du discours du ministre de la Defense britannique, Des Browne, lors du congrès du Parti travailliste, en septembre dernier : « À un moment ou un autre, il faudra bien que les Taliban soient impliqués dans le processus de paix en Afghanistan parce qu'ils ne vont pas quitter le pays. » « C'est peut-être difficile à admettre, mais c'est la réalité », commente Begg. « Les Taliban ne sont pas des Martiens. » À première vue, l'idée que George Bush et Oussama Ben Laden puissent un jour s'asseoir à la même table semble grotesque. Mais on en disait autant de McGuinness et de Paisley : « Il ne s’agit pas simplement d’Oussama Ben Laden », dit Begg. « Il y a beaucoup d’autres gens auxquels ils auraient pu et du parler et dans certains cas, même s’ils le nient, auxquels ils ont parlé. »Si le discours de la "guerre contre le terrorisme" se décline en noir et blanc, Begg voit plutôt les choses en gris. « Pour eux, soit on est avec Ben Laden, soit on est avec Bush, précise-t-il. Mais moi, comme la majorité des gens, je suis entre les deux. » S'il n'est pas un terroriste, il admet avoir pensé à s'engager comme combattant dans forces bosniaques au début des années 1990. « Je crois que les gens ont le droit de résister à l'occupation en Afghanistan et en Irak », poursuit-il. Pour beaucoup de Britanniques et d'Américains, cela suffit à faire de lui « l'un des leurs », et non « l'un des nôtres ». Mais cela ne fait pas de lui un combattant, ni un terroriste ni un membre d'Al Qaïda.
Un autre reproche que lui font beaucoup de gens, c’est qu’il a installé sa jeune famille à Kaboul pour monter une école de filles à l’apogée du pouvoir Taliban. Begg apprécie les tentatives des Taliban pour reconstruire l’Afghanistan après des décennies de guerre mais il ajoute : « Je ne pense pas qu’ils avaient la moindre idée sur la manière de gouverner le pays. Je les ai vus faire des choses qui retournaient complètement la population contre eux. »
Sa capacité à faire la part du bon et du mauvais dans un monde polarise s’applique aussi à ses geôliers américains : « Je serais heureux de qualifier certains d’entre eux d’amis », dit-il. Une femme soldat lui a donné des confiseries lorsqu’elle a découvert que les prisonniers n’avaient pas eu de nourriture le jour de l’Aïd El Fitr, la fête de la fin du Ramadan. Une telle fraternisation avec l’ennemi est un crime grave selon le code militaire US. Un autre, un vetééran du Vietnam originaire du Sud profond, dont certains camarades avaient été tortures, était dégoûté de voir son pays tomber dans les mêmes travers.Peut-être sa perspective équilibrée lui vient-elle de son éducation œcuménique. Fils d’un banquier devenu homme d’affaires, Begg a fréquenté une école primaire juive. Plus tard, son père a été lié à une femme britannique qui lui a fait découvrir Noël. À 14 ans, il était dans une bande qui se battait contre de skinheads racistes. Ce n’est qu’à la fin de son adolescence qu’il a redécouvert la religion qui allait l’inspirer, et lui causer tant de misères.

Après sa capture, Begg a été conduit d’ Islamabad à Kandahar, traîné (littéralement, NdT) dans la boue, fouillé à nu et jeté dans une « cellule » faite de barbelés et pourvue en tout et pour tout d’une couverture et d’un seau. La cellule se trouvait à l’intérieur d’une écurie reconvertie avec un éclairage et un son bruyant 24 heures sur 24. Dépouillé de son identité, il ne lui restait plus qu’un numéro : le 558.
De là il a été amené dans une ancienne usine russe à la base aérienne de Bagram, où un garde lui a donné un exemplaire du livre Catch-22, portant un tampon : « Approuvé par les Forces US ». C’était un cadeau tout indiqué : comme le héros de Joseph Heller, Yossarian, Begg se trouvait face à un dilemme. Les Américains arguaient que s’il était coupable d’avoir aidé Al Qaïda, sa place était en prison; pour ses geôliers, le simple fait qu’il était détenu signifiait qu’il devait donc être coupable d’avoir aidé Al Qaïda.
Begg a accueilli avec plaisir la nouvelle qu’il allait être emmené à Guantánamo. « Les gens disaient que là-bas, on aurait des repas chauds » Plus important, disaient-ils, vous aurez des avocats. Cela a pris encore vingt mois, mais grâce à ces avocats, Begg – qui avait été désigné pour être le premier à comparaître devant les tribunaux bidon du camp – a au lieu de cela été le premier à être remis en liberté.
Si cet homme est un terroriste, il le cache bien. Et ceux qui croient encore au raisonnement à la Catch-22 ont eu beaucoup de mal à prouver leurs allégations. La vie de Begg a été disséquée sans qu’aucune preuve ait pu être produite à sa charge.
Prenez par exemple cette photocopie d’un ordre de transfert d’argent – qui aurait été trouvée dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan – qui est censée avoir déclenché son kidnapping. Ni Begg et ses avocats ni aucun tribunal n’a vu ce document. Il est censé établir un transfert entre filiales d’une même banque à Londres et Karachi, mais le numéro de compte, la date et le montant sont secrets. Et personne n’a pu fournir une explication plausible de la raison pour laquelle elle se serait retrouvée dans un camp en Afghanistan. Begg : “Là-bas, il n’y avait pas de banques.”
L’exemple le plus pernicieux des allégations à la Catch-22 est le fait qu’il a été arrêté dans le cadre des lois anti-terroristes britanniques lors d’une descente dans sa librairie à Birmingham en 2000. Il avait alors été relâché sans inculpation. Aux yeux de ceux qui le critiquent, cela implique que les services de renseignement le soupçonnaient déjà, ce qui donnerait du poids aux allégations qu’i l’ont fait échouer à Guantánamo. Une interprétation plus simple est que les persécutions contre lui avaient déjà commencé dans son pays, la Grande-Bretagne.

Paul Rodgers
Traduit par Fausto Giudice
http://chroniquedeguantanamo.blogspot.com/

Collectif guantanamo

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25/04/2009

n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 - Début- Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan


n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 - Début- Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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                 journal de l'Afghanistan 

n° 257 - du 09-04 au 24-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance . idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

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Sommaire.

Tiré à part : 

Les méthodes dures de la CIA dévoilées au grand jour.

Paul Rosenberg : Obama viole les principes de Nuremberg en libérant les tortionnaires de la C.I.A.

La stratégie de Barack Obama  tourné en dérision par 'Al-Qaïda'.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Six villageois tués dans un raid de l'Otan en Afghanistan

La chambre basse du parlement afghan presse l’ONU de faire cesser les assassinats de civils.  

Personne ne parle du « ROHUM »

Paroles & action du président...

Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan.

L’Afghanistan au cœur des débats.

Sur le coût de la guerre.

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

1) collaborateurs afghans

suite

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

fin

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéos : Thierry Meyssan à propos du G20 et du sommet de l'OTAN.

 7 Brèves

7-1 L’OTAN est même incompétente dans ces propres mensonges.

7-2 Guantanamo : Les Brèves

1 Les "Cinq Français de Guantanamo" relaxés en appel

8 Dossiers

8-1 Obama "n'a rien changé" à la vision des musulmans.

8-2 La « contre-insurrection » à « basse-intensité » et haute mortalité (pour les autres).

8-3 L’OTAN fin prête pour repartir en guerre en Afghanistan.

8-4 La guerre d’Afghanistan sera le Vietnam d’Obama.

9 Annexe

9-1 Provinces Afghanes

 



L'Afghanistan en chiffre du 09-04 au 24/04/09

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 5

 6

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 16

 7

 

 

 

Peuple Afghan

 32

 19 + x

 



Tiré à part :

Les méthodes dures de la CIA dévoilées au grand jour.

L'administration Obama a publié une version expurgée des mémos secrets décrivant par les méthodes violentes de la CIA dans sa lutte antiterroriste.

Les techniques vont de la gifle humiliante à la simulation de noyade en passant par le confinement en compagnie d'insectes.

Les mémos datant de l'ère Bush, précisément de 2002 et 2005, constituent un mode d'emploi détaillé d'une dizaine de techniques "de base" et "coercitives" pour faire parler des terroristes présumés.

Ainsi, le prisonnier est d'abord mis nu, privé de sommeil, enchaîné et parfois doté d'une couche-culotte, précisent les textes rédigés par des avocats mandatés par l'administration Bush. Il subit aussi une "altération de son hygiène alimentaire", souvent une alimentation exclusivement liquide.

Viennent ensuite les méthodes dites "correctrices" où il y a "interaction" avec le détenu. "Ces techniques ne sont pas toutes utilisées en même temps" précise un des mémos.

Selon un "interrogatoire prototype", on peut utiliser "la frappe insultante au visage", "la frappe au ventre", la privation de sommeil les mains menottées, parfois appuyé contre un faux mur souple qui s'affaisse lorsque le détenu tente de s'y reposer.

Celui qui interroge peut également utiliser "les positions de stress", le confinement en compagnie d'insectes hostiles et enfin la simulation de noyade.

Barack Obama a convenu que les Etats-Unis avaient traversé "un chapitre noir et douloureux" de leur histoire mais a souligné qu'il avait déjà fait "cesser ces techniques contenues dans les mémos". Le président américain a toutefois assuré que les personnels ayant mené ces interrogatoires ne seraient pas poursuivis.

(ats / 17 avril 2009 08:09)

 

Paul Rosenberg : Obama viole les principes de Nuremberg en libérant les tortionnaires de la C.I.A.

Obama a déclaré ceci : «En publiant ces notes, nous voulons assurer les personnes qui ont exercé leurs fonctions de bonne foi en se fondant sur un avis juridique du Ministère de la Justice qu'ils ne seront pas l'objet de poursuites.»

Or voici un texte publié par Wikipédia sur les Principes de Nuremberg :

Les principes de Nuremberg sont un ensemble de lignes directrices permettant de déterminer ce qui constitue un crime de guerre.  Le document les énonçant a été créé pour répondre aux nécessités du Procès de Nuremberg relativement à des membres du parti nazi à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les Principes de Nuremberg :

Principe I - Toute personne qui commet un acte constituant un crime en vertu du droit international est responsable et, par conséquent, est passible de sanctions.

Principe II - Le fait que le droit interne n'impose pas de peine pour un acte constituant un crime en vertu du droit international ne dégage pas la personne ayant commis un tel acte de sa responsabilité devant le droit international.

Principe III - Le fait qu'une personne ayant commis un acte constituant un crime en vertu du droit international en tant que chef d'État ou que fonctionnaire de gouvernement ne dégage pas cette personne de sa responsabilité devant le droit international.

Principe IV - Le fait qu'une personne ayant agi en obéissant aux ordres de son gouvernement ou d'un supérieur ne dégage cette personne de sa responsabilité devant le droit international, si un choix moral lui était effectivement possible.

Paul Rosenberg (Open Left)

 

La stratégie de Barack Obama  tourné en dérision par 'Al-Qaïda'.

Ayman al-Zawahri ‘ numéro deux d'Al-Qaïda’ tourne en dérision le projet du président Obam d'accroître le nombre des soldats en Afghanistan dans un enregistrement de 41 minutes,

 «Ce qu'Obama fait en augmentant« le nombre des «troupes ajoute davantage» d'huile «sur le feu qui est déjà en train de brûler», «Le nouveau président Obama n'a pas changé l'image de l'Amérique dans les yeux des musulmans parce que l'Amérique continue de tuer des musulmans en Palestine, en Irak et en Afghanistan», à «leur voler leur fortune et à occuper leurs terres» et à «soutenir les traîtres qui gouvernent», dit-il.

Ayman al-Zawahri s'en prend dans l'enregistrement au gouvernement pakistanais, allié de Washington, pour ses tentatives d'accords avec des fondamentalistes musulmans le long de la frontière avec l'Afghanistan dans l'espoir d'assécher le soutien dont bénéficient les extrémistes.

Il accuse Obama d'encourager le gouvernement pakistanais à conclure de tels accords, qualifiant la stratégie d'«illusion». «Le problème ne s'arrêtera pas là, il s'intensifiera», déclare le numéro deux d'Al-Qaïda.

Associated Press (AP) 
20/04/2009

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2009/04/20090420-151154.html


Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Six villageois tués dans un raid de l'Otan en Afghanistan

Un raid aérien des forces de l'Otan dans la nuit de dimanche à lundi a fait six morts, dans un village de la province de Kunar.

Le chef de la police locale, Mirza Mohammad, a précisé que le  raid aérien a fait six morts, tous des civils, dont une fillette de trois ans, un garçon de dix ans et une femme de 40 ans.

Seize autres personnes, dont neuf enfants, le plus jeune âgé d'un an, ont été blessées et trois maisons détruites.

"Nous étions en train de dîner lorsqu'ils ont attaqué", a déclaré un habitant du district de Wata Pur, près de la frontière pakistanaise, joint au téléphone.

18.04.

(Belga)

La semaine passée, six civils dont trois femmes et deux enfants en bas âge.avaient été tués dans une action menée par des militaires US dans la province de Khost, dans le sud-est de l'Afghanistan.

18.04.

(Belga)

 


La chambre basse du parlement afghan presse l’ONU de faire cesser les assassinats de civils.

La chambre basse du parlement afghan a fait parvenir lundi au secrétaire général de l’ONU Ban ki-Moon et au président Karzai un message dans lequel les députés exigent la fin des assassinats de civils par les militaires étrangers, a rapporté le service de presse du parlement.

Les députés appellent le secrétaire général à légaliser la présence en Afghanistan du contingent militaire étranger ainsi que ses agissements, indique le service de presse.

Lundi, l’aviation de l’OTAN a pilonné lors d’une "opération antiterroriste" une localité de la province Host, faisant six morts et blessant 15 personnes.

Les députés ont pris la décision d’organiser à cette occasion une réunion conjointe de délégation de parlementaires, de la présidence et de représentants du contingent militaire étranger.

Les députés se sont en outre résolument opposés aux fouilles menées par les soldats de l’OTAN dans les maisons des Afghans et à toute opération militaire non coordonnée avec les autorités locales.

Il y a quelques jours, de soldats américains ont tué dans la province d’Host six civils dont trois femmes et deux enfants en bas âge.

Yol

16-04

RIA Novosti

Personne ne parle du « ROHUM »

[le Renseignement d’Origine Humaine], un composant de la guerre secrète des Etats-Unis en Afghanistan, mené par ce que le New York Times définit, avec une hypocrisie extraordinaire, comme « des unités militaires opérant hors de la chaîne de commandement normale ».
Les forces spéciales étasuniennes font partie de ce mélange mortel.

Un rapport récent de l’ONU identifie ces commandos américains comme les principaux coupables des massacres de civils afghans. Il se trouve que Washington identifie comme « terroristes » les groupes similaires – lorsqu’ils opèrent sous une bannière ou une religion différente.
Dans le cas de cette variété américaine, il est juste de s’attendre à ce que, tôt ou tard, le Pentagone et l’establishment à Washington les appellent – dans un écho sinistre au passé récent afghan – « combattants de la liberté ».

extrait de Les coulisses de la guerre contre la “terreur”

Par Pepe Escobar
Asia Time Online, publié le 28 février 2009

article original : "Backstage at the theater of 'terror'"  


Paroles & action du président...

Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan.

 Obama a formellement réclamé jeudi au Congrès 83,4 milliards de dollars supplémentaires pour financer les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan en 2009.
Dans une lettre adressée à la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, M. Obama a plaidé pour une approbation rapide de cette mesure de dépenses d'urgence, citant une dégradation de la situation en Afghanistan.
La requête comprend des demandes qui ne sont pas liées aux guerres en Irak et Afghanistan,
dont 350 millions de dollars pour la ‘sécurité et la lutte antidrogue’ à la frontière mexicaine, et 89,5 millions de dollars pour sécuriser  des matériaux nucléaires russes et poursuivre la dénucléarisation en Corée du Nord. 

Mais "près de 95% de ces fonds seront utilisés pour apporter un soutien à nos hommes et femmes en uniforme qui aident le peuple irakien à prendre la responsabilité de son propre avenir, et œuvrent à perturber, démanteler et vaincre Al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan", a estimé Obama.
La demande de fonds supplémentaires comprend 75,85 milliards de dollars pour les opérations militaires et de renseignement pour les deux guerres, et 7,1 milliards pour l'aide internationale, dont 400 millions pour la lutte contre les Talibans au Pakistan.
Elle comporte également 800 millions de dollars en soutien à l'Autorité palestinienne et 200 millions pour la Georgie.800 millions de dollars seraient également alloués aux opérations de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), au Tchad et en République centrafricaine.
M. Obama s'était fermement opposé à recourir à des fonds supplémentaires pour financer les deux guerres et les avait incluses dans le budget pour  l'exercice budgétaire 2010 qui démarre le 1er octobre, mais l'armée américaine a besoin de fonds dès maintenant.
En réaction le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a expliqué que "la budgétisation et le processus de dotation honnête que le président a évoqués sont un peu victimes du fait que c'est la façon dont les guerres ont été financées précédemment".
Mais "ce sera le dernier supplément pour l'Irak et l'Afghanistan" hors budget, a-t-il promis.

12-04
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=81182&language=fr
http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4026


L’Afghanistan au cœur des débats.

Sur le coût de la guerre:
À ce jour, $ 830.2 milliards de dollars ont été alloués à la guerre en Irak et en Afghanistan.

En outre, $ 77,1 milliards de dollars ont été demandés dans la récente que des fonds complémentaires de ces guerres, pour un total de $ 907,3 milliards de dollars.

Les autorités nationales, l'État, et nous offrons des numéros locaux sont basés sur le total des montants approuvés et en attente jusqu'à la fin de l'année financière 2009.
Le texte intégral du FY2010 budget prévu en Mai contiendra les demandes de financement pour la guerre FY2010. Lorsque les montants sont FY2010 approuvée, nous allons régler le compteur de façon à atteindre le nouveau total à la fin de FY2010.
Si vous devez comparer le montant affiché sur le nombre de nos fiches d'information avec le coût de la guerre contre, s'il vous plaît noter que les fiches d'information approuvées et inclure toutes les dépenses de la guerre en suspens à ce jour, le même nombre que le compteur atteindra à la fin de la l'exercice 2009. 
Liens connexes
Notes et sources: Coût de la guerre

 


1 Analyse & déclaration

a) Résistance  

L'intensité des combats a régulièrement augmenté depuis fin 2001, les résistants étant en mesure peu à peu de relancer leurs attaques contre les forces occidentales.

AFP

09-03


b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

Canada 

20-04

Ces jours-ci, ce sont les cappucinos glacés qui ont la cote. C'est qu'il fait entre 30 et 35 degrés Celcius, à KAF.

Pour les soldats de Valcartier qui continuent d'arriver en Afghanistan, le contraste avec le Québec est saisissant, telle une gifle au visage, en débarquant de l'avion.

La plupart des militaires de Valcartier ne verront toutefois pas toute cette effervescence puisqu'ils ne sont pas très nombreux à KAF, la grande majorité d'entre eux étant déployés sur des bases avancées dans la province de Kandahar.

Jean Laroche
Le Journal de Québec
20/04/

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2009/04/20090420-092546.html


Finlande

17-04

Le comité du cabinet chargé de  la politique étrangère et de sécurité du gouvernement de la  Finlande a adopté vendredi un plan d'action sur l'Afghanistan.  

Le plan consolide l'engagement finlandais pour la stabilisation et la reconstruction (…) de l'Afghanistan dans les années à venir, a  affirmé le gouvernement dans un communiqué. 

La Finlande a déployé presque 100 troupes en Afghanistan et le  nombre d'effectifs devrait doubler après les élections  présidentielles et régionales du pays, prévues en août.

(Xinhua)


 

France.

Drones français en Afghanistan…

L'un des trois drones Harfang de l'armée de l'air vient de connaître un incident sérieux.

Cet engin effectue ses phases de décollage et d'atterrissage de manière entièrement automatique. Lors d'un décollage, il y a une dizaine de jours, le drone a rencontré des problèmes de givre au niveau de son tube de pitot, ce qui a engagé dans une descente très rapide. A l'approche du sol, le pitot a dégivré et le drone est remonté, à la suite d'une ressource brutale.

Le drone (N°0-22) va donc être rapatrié en France pour être soigneusement examiné.

Les trois drones Harfang (système SIDM) sont déployés sur la base de Bagram depuis le mois de février, où ils devraient rester environ six mois.

Sauf cet incident de vol, ils donnent grande satisfaction. "On est ravi de cet engin" confie un aviateur. Les drones font environ 4 missions par semaines, d'une durée de dix à douze heures, dans un cadre interallié.

L'incident de vol met en lumière le principal point faible de ce système de reconnaissance : son trop faible nombre.

L'armée ne dispose en effet que de trois appareils ! Tout incident sur l'un d'eux réduit d'un tiers le potentiel national...

 

 

 


2 Les forces en présence

 Résistance

Troupes d'occupation

16-04

Plus de 58.000 militaires de 42 pays occupent l’Afghanistan sous la bannière de l'Isaf.

L’autre force internationale présente en Afghanistan,est commandée par les Etats-Unis et est composée essentiellement de soldats américains, évalués à 8.000 hommes.

AFP


Nouvelle-Zélande

09-04

Un contingent de 133 soldats  néo-zélandais partira mardi prochain pour l'Afghanistan pour une mission de six mois, ont annoncé jeudi les forces militaires du  pays. 

La majorité de ces soldats seront stationnés dans la province  de Bamyan où ils participeront aux travaux de reconstruction menés dans la province. 

 Les autres seront affectés au QG de la Force internationale de  ‘stabilisation’, à Khandahar  

(Xinhua)


Norvege

17-04

La Norvège a envoyé environ 500 soldats en Afghanistan, dans le cadre de la Force internationale (Isaf), sous commandement de l'Otan.

Reuters


Pologne

08-04

Lech Kaczynski, a réitéré sa promesse d'augmenter de 20% cette année la contribution de son pays aux troupes étrangères déployées en Afghanistan. La Pologne dispose actuellement de 1.600 hommes dans ce pays.

AP


3) Politique

a) Les collaborateurs afghans

Karzai

Victimes civiles: Karzaï ordonne une enquête…

Hamid Karzaï a ordonné une nouvelle fois une enquête hier et vertement critiqué l'armée américaine dont des soldats ont tué mercredi cinq civils, dont deux enfants et un bébé dont la naissance était imminente selon les autorités afghanes.

Après avoir évoqué la mort de quatre «insurgés armés», l'armée américaine a simplement admis que ses soldats avaient tué par balles quatre personnes «non combattantes», lors d'un raid nocturne près de Khost, dans l'est.

Selon les autorités locales et des sources hospitalières, ils ont grièvement blessé une femme enceinte de neuf mois dont le bébé, qui devait naître sous peu, n'a pas survécu. Puis, dans le même raid nocturne, les soldats américains ont tué une autre femme, son frère et deux enfants.

Jeudi, le ministère de l’Education avait assuré qu’il s’agissait d’une enseignante, de sa fillette et de son fils adolescent.

http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article8228

11-04

AFP  

 

n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 – Suite - Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan


n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 – Suite - Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



                 journal de l'Afghanistan 

n° 257 - du 09-04 au 24-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

3 Politique

2) occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

 



b) Les occupants 

1) Usa

a) Obama - Clinton

1 - Obama

Barack Obama révèle les méthodes de torture de la CIA

Comme promis, et dans son effort soutenu de transparence, Barack Obama a rendu publics les «modes d’emplois» de la CIA pour torturer les terroristes présumés. Ceux qui ont usé de ces méthodes ne seront pas poursuivis, a précisé la nouvelle administration. Une impunité que condamnent plusieurs associations de defense des droits de l’homme.

L’administration Obama a publié jeudi une version expurgée des mémos secrets décrivant par le menu les méthodes violentes de la CIA dans sa lutte antiterroriste. Quatre mémos secrets de l’agence de renseignement américaine, détaillant minutieusement les techniques d’interrogatoire relevant de la torture utilisées pendant l’ère de George W. Bush, ont été publiés jeudi conformément à ce qu’avait promis l’administration.

Barack Obama a convenu que les Etats-Unis avaient traversé «un chapitre noir et douloureux» de leur histoire mais a souligné qu’il avait déjà fait «cesser ces techniques contenues dans les mémos». Datant de 2002 et 2005, ils constituent un mode d’emploi détaillé d’une dizaine de techniques «de base» et «coercitives» pour faire parler des terroristes présumés.

Ainsi, le prisonnier est d’abord mis nu, privé de sommeil, enchaîné et parfois doté d’une couche-culotte, précisent les textes rédigés par des avocats mandatés par l’administration Bush. Il subit aussi une «altération de son hygiène alimentaire», souvent une alimentation exclusivement liquide.

Viennent ensuite les méthodes dites «correctrices» où il y a «interaction» avec le détenu. «Ces techniques ne sont pas toutes utilisées en même temps» précise un des mémos. Selon un «interrogatoire prototype», on peut utiliser «la frappe insultante au visage», «la frappe au ventre», la privation de sommeil les mains menottées, parfois appuyé contre un faux mur souple qui s’affaisse lorsque le détenu tente de s’y reposer. Celui qui interroge peut également utiliser «les positions de stress», le confinement en compagnie d’insectes hostiles et enfin la simulation de noyade.

Dans un communiqué, le président Obama affirme que ces techniques adoptées par l’administration Bush après le 11-Septembre «ont miné notre autorité morale et n’ont pas amélioré notre sécurité».

Il a toutefois stipulé que les personnels de la CIA ayant participé à ces interrogatoires assimilables à de la torture dans le cadre de consignes secrètes de l’agence ne seront pas poursuivis. «Ceux qui ont fait leur devoir en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la Justice ne seront pas poursuivis», a-t-il indiqué ajoutant: «nous devons protéger leur identité de façon aussi vigilante qu’ils protègent notre sécurité». Le ministre de la Justice a précisé qu’il fournirait des defenseurs à ces personnels s’ils venaient à être interrogés par un tribunal.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/055c07b6-2b17-11de-b8c0-17fbb2530ca1

 

« Avec la révélation de ces techniques, les terroristes sont assurés d'être informés des limites absolues à l'intérieur desquelles les États-Unis agissent pour obtenir des informations. Ils peuvent donc adapter leur entraînement et affaiblir l'efficacité de ces techniques. »— 

Dixit le général Michael Hayden, et l'ancien ministre de la Justice Michael Mukasey

 

Obama : les personnels de la CIA ayant mené des interrogatoires musclés ne seront pas poursuivis. .

Le président américain avait indiqué, jeudi, que les personnels de la CIA ayant mené des interrogatoires musclés ne seraient pas poursuivis.

Ce qui lui a attiré plusieurs critiques.

Lundi, le président Obama a déclaré avoir « agi en premier lieu à cause des circonstances exceptionnelles qui entouraient ces notes internes ». Il a expliqué que son administration était confrontée à une procédure judiciaire engagée par une organisation de defense des droits et libertés et qu'à son avis, il serait « très difficile de monter un système de defense efficace ». De plus, selon lui, une grande partie des informations dévoilées avait déjà été rapportée.

M. Obama a ajouté qu'il ferait « tout pour protéger l'identité et la sécurité » des membres de la CIA impliqués dans ces interrogatoires et que le personnel de l'agence disposait de son « soutien total ».

Le président américain a fait ces déclarations lors d'une visite aux quartiers généraux de la CIA, à Langley, en Virginie.

20 avril

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/acces/suite.asp?lien=http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/04/20/008-interrogations-revelations-cia.shtml 


2- Clinton

Nouvelle stratégie

Hillary Clinton, qui avait elle-même proposé cette conférence, a rappelé qu'elle était le reflet de la nouvelle stratégie de Barack Obama, fondée sur la collaboration et la consultation.

En ouverture, elle a lancé un appel à aider l'Afghanistan à se donner d'ici 2011 une armée de 134 000 soldats et une force policière de 82 000 hommes. Il faut, dit-elle, «offrir une forme honorable de réconciliation et de réintégration» aux combattants prêts à abandonner la violence.

Hillary Clinton a mis l'accent sur le développement de l'agriculture, la lutte contre «le cancer de la corruption» et la tenue en août d'élections «ouvertes, libres et équitables».

Les États-Unis ont d'ailleurs annoncé qu'ils fourniront 40 millions de dollars pour aider à la tenue du scrutin. «La lutte du Pakistan contre l'extrémisme est une partie intégrante de notre combat en Afghanistan», a conclu Hillary Clinton.

http://www.ledevoir.com/2009/04/01/243073.html


Dans les coulisses et au sénat

Le Congrès résiste aux coupes budgétaires du Pentagone…

Robert Gates a bien fait de proposer l'abandon de plusieurs programmes coûteux d'armement alors que le Congrès partait en vacances.

Il est conscient de l'opposition qui ne tardera pas à se manifester en réaction à son projet de budget du Penta­gone pour l'année 2010.

Plusieurs sénateurs des deux partis ont déjà envoyé une lettre au président Obama pour protester contre la réduction de 1,4 milliard du programme de defense antimissile. Ce n'est qu'un début.

Pas d'austérité

L'annonce d'une réduction des programmes d'armement américains aura des répercussions sur l'emploi.

L'arrêt envisagé du programme du chasseur furtif F-22, construit par Lockheed Martin, va provoquer une levée de boucliers. Bob Gates juge que les forces américaines n'ont pas besoin de plus de 187 unités de cet avion qui coûte 150 millions de dollars pièce.

Ce n'est que quatre appareils de plus que prévu.

Lockheed fait valoir que 95 000 emplois sont menacés. Le sénateur républicain de Georgie, Saxby Chambliss, estime que 60 avions de plus sont nécessaires.

L'emploi dans l'État de Georgie serait effectivement touché si le programme du F-22 était arrêté.

Le secrétaire à la Defense accélère en revanche les tests du F-35, le futur avion furtif de Lockheed, qui serait toujours commandé en 2 443 exemplaires.

Souvent, le Congrès révise les programmes d'armement du Pentagone en fonction de considérations politiques locales. Obama veut montrer l'exemple en proposant l'abandon du programme du nouvel hélicoptère présidentiel, qui a déjà coûté 3 milliards de dollars et pris six années de retard.

On ne saurait parler d'austérité dans le projet de budget de 534 milliards de dollars que défend Gates. Son idée est de couper les crédits de programmes d'armement conçus dans la perspective de guerres classiques.

En revanche, il propose de dépenser davantage pour des systèmes adaptés aux conflits non conventionnels. Il demande notamment des crédits supplémentaires pour des drones (avions sans pilote) comme le Predator et le Reaper, utilisés dans des missions de surveillance et d'attaque en Afghanistan, en Irak et au Pakistan.

Pierre-Yves Dugua
08/04

http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/09/01003-20090409ARTFIG00007-le-congres-resiste-aux-coupes-budgetaires-du-pentagone-.php

 

Torture mode d'emploi, façon CIA

Washington publie deux mémos détaillant les méthodes d'interrogatoire violentes utilisées par l'agence dans sa lutte anti-terroriste.

Des mémos secrets de l'agence de renseignement américaine, détaillant minutieusement les techniques d'interrogatoire relevant de la torture utilisées pendant l'ère de George W. Bush, ont été publiés jeudi conformément à ce qu'avait promis l'administration.
Quatre mémos secrets de la CIA, détaillant minutieusement les techniques d’interrogatoire relevant de la torture utilisées pendant l’ère de George W. Bush, ont été publiés jeudi conformément à ce qu’avait promis l’administration.

Certains courts passages mentionnant des noms ont été censurés et le président Barack Obama a affirmé que ces personnels qui «ont fait leur devoir en se fondant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la Justice ne seront pas poursuivis».

Barack Obama a convenu que les Etats-Unis avaient traversé «un chapitre noir et douloureux» de leur histoire mais a souligné qu’il avait déjà fait «cesser ces techniques contenues dans les mémos».

Les mémos datant de 2002 et 2005 constituent un mode d’emploi détaillé d’une dizaine de techniques «de base» et «coercitives» pour faire parler des terroristes présumés.

Ainsi, le prisonnier est d’abord mis nu, privé de sommeil, enchaîné et parfois doté d’une couche-culotte, précisent les textes rédigés par des avocats mandatés par l’administration Bush. Il subit aussi une «altération de son hygiène alimentaire», souvent une alimentation exclusivement liquide.

Viennent ensuite les méthodes dites «correctrices» où il y a «interaction» avec le détenu. «Ces techniques ne sont pas toutes utilisées en même temps» précise un des mémos.

Selon un «interrogatoire prototype», on peut utiliser «la frappe insultante au visage», «la frappe au ventre», la privation de sommeil les mains menottées, parfois appuyé contre un faux mur qui s’affaisse lorsque le détenu tente de s’y reposer.

Celui qui interroge peut également utiliser «les positions de stress», le confinement en compagnie d’insectes hostiles et enfin la simulation de noyade.

Dans un communiqué, le président Obama affirme que ces techniques adoptées par l’administraton Bush après le 11-Septembre «ont miné notre autorité morale et n’ont pas amélioré notre sécurité».

Il a toutefois stipulé que les personnels de la CIA ayant participé à ces interrogatoires assimilables à de la torture dans le cadre de consignes secrètes de l’agence ne seront pas poursuivis. «Ceux qui ont fait leur devoir en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la Justice ne seront pas poursuivis», a-t-il indiqué ajoutant: «nous devons protéger leur identité de façon aussi vigilante qu’ils protègent notre sécurité». Le ministre de la Justice a précisé que son ministère fournirait des défenseurs à ces personnels s’ils venaient à être interrogés par un tribunal.

C’est la puissante Association américaine de défense des libertés publiques (ACLU) qui avait obtenu devant les tribunaux la promesse de la publication de ces rapports secrets par l’administration américaine.

Jeudi, l’ACLU mais aussi le CCR (Center for Constitutional Rights) et Amnesty International ont contesté dans des communiqués le fait que les responsables ne soient pas poursuivis. Ne pas les poursuivre est «simplement intenable», estime l’ACLU.

«Ces mémos fournissent la preuve irréfutable que des responsables de l’administration Bush ont autorisé et donné leur bénédiction légale à des actes de torture qui violent les lois internationales et nationales», a estimé Anthony Romero, directeur exécutif de l’association.

(Source AFP)

17/04

http://www.liberation.fr/monde/0101562572-torture-mode-d-emploi-facon-cia?xtor=EPR-450206

 

Les mémos de l'administration Bush autorisant la torture lors des interrogations ne compromet pas la sécurité nationale.
Les officiels de la Maison Blanche ont réfuté dimanche les critiques selon lesquelles la décision du président Obama de divulguer les mémos de l'administration Bush autorisant la torture lors des interrogations compromet la sécurité nationale.
Au cours d'une interview accordée à CBS, le conseiller spécial de la Maison Blanche, David Axelrod, a déclaré: "Nous sommes absolument confiants que nous avons les instruments nécessaires pour avoir les informations que nous voulons pour maintenir la sécurité dans ce pays."
"Et nous ne croyons pas, tout comme le président des Etats-Unis, que cela est une compétition entre nos valeurs et notre sécurité. Il pense que nous pouvons honorer et réaliser les deux", a-t-il ajouté.
Dans une autre interview accordée à ABC TV, le chef du personnel d'Obama, Rahm Emanuel, a aussi indiqué qu'avec la publication des memos, "nous avons amélioré l'image de l'Amérique à l'étranger."
"C'était des instruments utilisés par les terroristes, des instruments de propagande, pour recruter de nouveaux terroristes, Et le fait est que, avoir changé l'image de l'Amérique a réellement un impact sur notre sécurité et nous rend plus fort", a- t-il dit.
Obama a donné l'ordre la semaine dernière de divulguer quatre mémos produits par des juristes pour le Conseil juridique du département de la Justice de l'ancien président George W. Bush, estimant que les tactiques d'interrogation, largement dénoncées comme étant de la torture, "sapent notre autorité morale et ne nous mettent pas plus en sécurité."
Selon ces mémos, ceux qui menaient les interrogatoires étaient autorisés à maintenir les détenus nus, dans des positions debout douloureuses et dans des cellules froides pendant de longues périodes. D'autres techniques consistaient à les priver d'une alimentation solide, à les gifler, les empêcher de dormir, les maintenir longtemps enchainés et menacer leurs familles.
Toutefois, certains anciens ou actuels officiers de la CIA sont opposés à la publication des mémos, arguant que la démarche fera diminuer la sécurité des Etats-Unis.
Michael Hayden, ancien directeur de la CIA, qui a servi sous le gouvernement Bush, a déclaré à Fox TV dimanche que la décision d'Obama rendrait difficile d'obtenir des informations utiles auprès des présumés terroristes détenus par les Etats-Unis.
"Je pense qu'apprendre nos limites extérieures à nos ennemis, en retirant de la table les techniques, nous avons rendu cela plus difficile (...) aux officiers de la CIA de défendre la nation", a- t-il estimé.
Xinhua http://www.casafree.com/modules/news/article.php?storyid=31572



2) Otan-Isaf

Fogh Rasmussen

Le nouveau chef de l'Otan,est l’"ennemi de l'Islam".

Les ‘taliban’ affirment que l'arrivée à la tête de l'Otan d'Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois lors de l'affaire des caricatures du prophète Mahomet, va conduire à une intensification de la guerre en Afghanistan.

Anders Fogh Rasmussen a été nommé secrétaire général de l'Alliance atlantique au début du mois et devrait prendre ses fonctions en août.

Il avait défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006 dans la presse danoise en invoquant la liberté d'expression et avait refusé de présenter des excuses aux pays musulmans.

"Le principal ennemi du prophète de l'Islam devient le secrétaire général de l'Otan", peut-on lire dans un article publié sur le site internet des taliban.

Sa nomination, va "renforcer la volonté des musulmans" de combattre les forces de l'Otan et conduire à "l'intensification de la guerre".

L'affaire des caricatures avait déjà mis un frein à la candidature de Rasmussen en raison de l'hostilité de la Turquie, seul membre de l'Otan à majorité musulmane.

Ankara n'a levé son veto à sa nomination qu'après avoir obtenu du président américain Barack Obama la promesse qu'un des adjoints de Rasmussen serait turc et que des officiers turcs seraient présents au sein du commandement militaire.

La Turquie estimait que la présence de Rasmussen à la tête de l'Otan risquait d'exacerber l'hostilité envers les Occidentaux dans de nombreux pays, dont l'Afghanistan, où l'Alliance est engagée dans la plus importante opération de son histoire avec 56.000 hommes déployés sous son commandement.

 16 avril

Reuters



Les alliés

3 UE

Le terrorisme européen.

 La Commission européenne va consacrer 225 millions d’euros pour ‘aider’ des pays comme l’Afghanistan et la Somalie .

Ce programme sur trois ans (2009-2011), présenté le 16/04/2009 par Bruxelles comme les premières mesures européennes "de portée mondiale", vise à "lutter contre le terrorisme ainsi que le trafic et la prolifération des armes de destruction massive".
Les grandes priorités géographiques "sont le Pakistan et l’Afghanistan, ainsi que la région du Sahel en Afrique", a précisé la Commission dans un communiqué.

La Commission note que les menaces "augmentent" au Sahel - notamment au Mali, en Mauritanie et au Niger - "en raison de développements sociaux, économiques, et de sécurité complexes".

Et que l’Afghanistan et le Pakistan "sont des bases pour la radicalisation et l’entraînement terroriste".

D’après la propagande officielle, le terrorisme islamiste est ce que nous devons craindre le plus dans le Sahel et le Nord de l’Afrique.

Pourtant, la mort de quelques touristes en Mauritanie, au Mali ou au Maroc n’est rien en comparaison avec le terrorisme d’état pratiqué par les régimes en place, où les innocents sont condamnés à l’incarcération, la torture et la misère quotidienne.

La population locale est terrorisée par la famine, la dictature et la spoliation de ses richesses par les puissances européennes. La complicité européenne avec ces régimes est un acte de terrorisme aussi, mais à une échelle plus grande, puisqu’il s’agit de terroriser tout un groupe de peuples dans le but de s’emparer de leurs richesses et de maintenir le contrôle de leurs destins.

C’est ainsi que l’Europe continue à déployer ses bateaux de pêche dans les côtes du Sahara Occidental, où le peuple sahraoui est martyrisé par la répression marocaine.

Le terreau de la résistance est la pauvreté, le désespoir, l’absence de perspectives, la frustration créés par des gouvernements marionnettes de l’Europe et de l’Occident en général pour assurer la continuité de leurs intérêts économiques. La continuité de cette politique de loi de la jungle, où les plus faibles sont les victimes, représente une injustice qui peut créer de la violence comme riposte de la part des faibles.

Oui, l’Europe ouvre les portes aux différents risques avec sa politique neo-coloniale de soutien aux régimes les plus pourris de l’Afrique : Maroc, Tunisie, Bourkina Fasso, Guinée Equatorial, Tchad, Sénégal, RD du Congo, Gabon, etc, des pays où les victimes du terrorisme européen se comptent par millions.

Et puis, à titre de rappel aux théoriciens du terrorisme international, il convient de ne pas oublier que c’est l’Occident qui a créé et soutenu la nébuleuse de Ben Laden pour chasser les Russes d’Afghanistan. Les musulmans sont de plus en plus en colère à cause de la Shoah imposée au peuple palestinien.

L’Iran a été victime d’une sauvage agression de la part de l’Irak, soutenue par l’Occident. Ce sont des faits qu’il convient de regarder en face.

La politique colonialiste européenne, à l’égard de la politique de ses maîtres américains, vise à susciter et à entretenir une peur propice pour la continuité du contrôle total des populations, à l’acceptation de guerres sans fondement réel.

Mais, gare à ceux qui dorment sur leurs deux oreilles parce qu’ils doivent se méfier, car les peuples peuvent somnoler durant un certain temps, mais pas tout le temps, et le jour où leurs ventres ne tiendront plus face à la souffrance de la faim, vont réclamer justice.

Et à ce moment-là, le fantôme de la menace terroriste sera démasqué et ce que l’Occident appelle terrorisme deviendra la seule arme à la portée des africains pour préserver leurs richesses et se débarrasser des régimes fantoches dont le seul but est la pérennité et la sauvegarde des intérêts coloniaux.

http://diasporasaharaui.blogspot.com

17 avril 
Mohamed Mahamud Embarec
vendredi 17 avril 2009

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article84306


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n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 – Fin - Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan

n°257 - journal de l'Afghanistan - 09-04 au 24-04 – Fin - Obama veut 83,4 mds USD de plus pour les guerres contre l'Irak et l'Afghanistan



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



                 journal de l'Afghanistan 

n° 257 - du 09-04 au 24-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéos : Thierry Meyssan à propos du G20 et du sommet de l'OTAN.

 7 Brèves

7-1 L’OTAN est même incompétente dans ces propres mensonges.

7-2 Guantanamo : Les Brèves

1 Les "Cinq Français de Guantanamo" relaxés en appel

8 Dossiers

8-1 Obama "n'a rien changé" à la vision des musulmans.

8-2 La « contre-insurrection » à « basse-intensité » et haute mortalité (pour les autres).

8-3 L’OTAN fin prête pour repartir en guerre en Afghanistan.

8-4 La guerre d’Afghanistan sera le Vietnam d’Obama.

9 Annexe

9-1 Provinces Afghanes

 



6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 Vidéos : Thierry Meyssan à propos du G20 et du sommet de l'OTAN.

Thierry Meyssan continue à collaborer avec différents médias afin de présenter ses analyses de la politique internationale, comme sur les deux documents vidéos que nous présentons ici.

Mecanopolis

http://www.dailymotion.com/video/x90hb0_thierry-meyssan-obama-et-la-politiq_news



7 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 L’OTAN est même incompétente dans ces propres mensonges.

Un rapport de l’Otan, sorti en janvier, soutenait que « seulement » 973 civils avaient été tués en Afghanistan en 2008, et que « seulement 97 » de ces civils l’avaient été par l’OTAN.

Ce mois-ci, un rapport de l’ONU a confirmé que l’OTAN mentait.

Selon l’ONU, au moins 2.118 civils afghans ont été tués en 2008 – dont 828 par les Etats-Unis ou l’OTAN.
Tout le monde parle des avions de combat américains et des drones Predator menant un enfer depuis trois bases aériennes secrètes pakistanaises – avec le silence complice d’Islamabad.

 Mais personne ne parle du « ROHUM » [le Renseignement d’Origine Humaine], un composant de la guerre secrète des Etats-Unis en Afghanistan, mené par ce que le New York Times définit, avec une hypocrisie extraordinaire, comme « des unités militaires opérant hors de la chaîne de commandement normale ».
Les forces spéciales étasuniennes font partie de ce mélange mortel.

Un rapport récent de l’ONU identifie ces commandos américains comme les principaux coupables des massacres de civils afghans. Il se trouve que Washington identifie comme « terroristes » les groupes similaires – lorsqu’ils opèrent sous une bannière ou une religion différente.
Dans le cas de cette variété américaine, il est juste de s’attendre à ce que, tôt ou tard, le Pentagone et l’establishment à Washington les appellent – dans un écho sinistre au passé récent afghan – « combattants de la liberté ».

extrait de Les coulisses de la guerre contre la “terreur”

Par Pepe Escobar
Asia Time Online, publié le 28 février 2009

article original : "Backstage at the theater of 'terror'"


7-2 Guantanamo : Les Brèves

NB : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

 

1 Les "Cinq Français de Guantanamo" relaxés en appel.

Hier soir, la relaxe générale a été prononcée pour cinq Français sortis du centre de détention américain entre 2004 et 2005.

Le 19 décembre 2007, la 16e chambre correctionnelle de Paris présidée par Jean-Claude Kross avait condamné en première instance Brahim Yadel à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis, ainsi que Nizar Sassi, Mourad Benchellali, Redouane Khalid et Khaled ben Mustapha à quatre ans, dont trois avec sursis.

Un autre ex-détenu, Imad Kanouni, avait été relaxé.

Dans son arrêt, la cour d'appel a annulé mardi les procès-verbaux d'interrogatoires des cinq hommes réalisés par les services de renseignements français en janvier-février 2002 et janvier 2004 à Guantanamo, estimant que ceux-ci agissaient alors dans le cadre d'une mission de renseignements, et non de police judiciaire. L'annulation de ces procès-verbaux vidant le dossier de l'accusation, la relaxe a été prononcée.

Rappel : à partir de juillet 2001, tous les accusés ont suivi peu ou prou le même itinéraire. Paris, Londres, Lahore ou Jallalabad au Pakistan, Kaboul, Kandahar et des camps d’entraînement d’Al Qaïda en Afghanistan.

Les six jeunes Français, Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Brahim Yadel, Imad Achab Kanouni, Khaled Ben Mustapha et Redouane Khalid, avaient été interceptés en Afghanistan par les troupes américaines, puis incarcérés dans le bagne de Guantanamo, à Cuba durant plusieurs années.

« Les éléments à charge ont été obtenus en violation du droit »

Si les personnages sont des petites mains de l’islamisme ultra, l’affaire a pris un tour singulier et même scandaleux avec l’irruption dans l’affaire de la DST, à l’origine clandestine.

Une clandestinité dévoilée lors d’une première session en juillet 2006 qui avait donc tourné court faute pour la defense d’avoir eu accès aux notes multiples de la DST sur lesquelles l’accusation croyait pouvoir s’appuyer.

Cette découverte avait conduit le président à renvoyer les débats pour complément d’information.

« Les éléments à charge ont été obtenus en violation du droit, s’indigne Philippe Meilhac, l’avocat de Ben Mustapha. Particulièrement en violation des droits de la defense, qui permet à tout individu se trouvant dans une situation où il est interrogé étant détenu ou retenu, de bénéficier de droits élémentaires de procédure (au moins être informé de la qualité et du cadre juridique dans lequel interviennent ses interlocuteurs, être avisé de ses droits, dont celui de se taire, de consulter un avocat, de voir un médecin), propres à toute démocratie qui se respecte. »

Or, la loyauté est considérée comme un principe fondamental du droit français, et comme telle sanctionnée par de nombreux arrêts de jurisprudence.

Le parquet général a introduit un recours en cassation.

Philippe Madelin 

 http://www.rue89.com/philippe-madelin/2009/02/25/les-cinq-de-guantanamo-relaxes-en-appel-a-paris


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24/04/2009

n° 432 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 22-04 - : début - M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?


n° 432 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 22-04 - : début - M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

            n°432                                                                                 22/04/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Gareth Porter : M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?

1-2 Alain Gresh : Où en est la guerre en Irak ?

1-3 Bill et Kathleen Christison : Obama et l’Empire.

Suite

1-4 James Petras : Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Jean-Guillaume Lanuque : La critique de Dissidences.

2-2 Video : La réalité en Irak.

3 Annexe

3-1 Spécial : Tortures 

1 La CIA prétend ne plus utiliser de prisons secrètes.

2 Les méthodes dures de la CIA dévoilées au grand jour

3 Torture : faut-il inculper George W.Bush ? 

4 Barack Obama révèle les méthodes de torture de la CIA.

5 Mireille Delamarre : Obama Gang : Comment Obama Excuse La Torture - Bruce Fein.

Fin

6 Mireille Delamarre : ne pas poursuivre les interrogateurs de la CIA - une violation du droit international.

7 USA : La Maison Blanche justifie la publication des mémos sur les interrogations de l'ère Bush.

8 Leon Panneta : La CIA n'utilise plus de prisons secrètes.

9 Pierre Rousselin : la marque d'infamie de l'Administration Bush

10 Obama sous le feu des critiques.

3-3 Spécial : départ des troupes d'occupation.

1 Abir Taleb : Subir un sort imposé.

2 Après l’étiage, l’Irak craint un regain d’attaques.

3 Abir Taleb Le retrait provoque des incertitudes
4 Al-Qaïda tente de reprendre la main.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Gareth Porter : M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?

D’ici à l’été prochain, les Etats-Unis enverront de vingt à trente mille soldats en Afghanistan pour renforcer le contingent des troupes étrangères, qui se monte déjà à soixante-dix mille hommes. Cette escalade a été voulue à la fois par M. Barack Obama et par M. George W. Bush, lequel cherche, parallèlement, avec l’appui des militaires et du Pentagone, à « contourner » l’accord qu’il vient de signer sur le retrait total de l’armée américaine d’Irak. Et rendre ainsi inopérantes les promesses électorales du nouveau président.
Une question majeure s’est posée au lendemain de l’impressionnante victoire électorale de M. Barack Obama, en novembre 2008 : le président élu tiendrait-il la promesse formulée durant sa campagne de faire évacuer d’Irak les troupes combattantes dans un délai de seize mois à compter de sa prise de fonction ?

Le sort de ce plan de retrait était attendu, à juste titre, comme un indicateur de l’orientation générale de sa politique étrangère et du rôle que M.Obama pourrait jouer dans les stratégies de sécurité nationale et extérieure (1).

Ce thème a provoqué le conflit le plus dur entre le président élu et un commandement militaire américain dont l’opposition à un départ rapide d’Irak n’est un secret pour personne.

M. Obama allait-il défendre son option ou céder aux pressions ?

L’enjeu de ce bras de fer n’était rien de moins qu’un choix fondamental entre un retrait stratégique et la tentative de prolonger la présence militaire américaine dans ce pays au-delà de 2011.

Loin d’être une simple concession faite à sa base militante antiguerre, le plan de M. Obama reflétait une analyse stratégique personnelle mûrement réfléchie.

Son raisonnement a été énoncé lors d’un discours prononcé le 15 juillet 2008, au cours duquel il a déclaré que l’engagement militaire américain en Irak « nous détourne des menaces auxquelles nous sommes confrontés et de nombreuses occasions que nous pourrions saisir ».

La guerre d’Irak, a-t-il précisé, « affaiblit notre sécurité, notre position dans le monde, notre armée, notre économie et épuise les ressources dont nous avons besoin pour affronter les défis du XXIe siècle ».

Son plan, a-t-il écrit, le 14 juillet 2008, allait impliquer des « ajustements stratégiques ». Il consulterait « les chefs militaires sur le terrain ainsi que le gouvernement irakien pour s’assurer que [les] troupes seront redéployées en toute sécurité (2) ».

Mais, deux jours plus tard, lors d’une conférence de presse, il expliquait que ces mesures de prudence n’auraient pas d’incidence sur l’échéance à seize mois du retrait. Elles ne porteraient que sur le rythme de départ des troupes « certains mois », pour assurer leur sécurité.

M. Obama a insisté sur le fait qu’il ne ferait pas dépendre son calendrier des recommandations du commandement américain en Irak. « Le rôle du président, a-t-il dit, est de signifier aux généraux ce qu’est leur mission. »

 Quand finalement il rencontra le général David Petraeus, à Bagdad, un peu plus tard, ce même mois de juillet, ce fut, d’après le journaliste Joe Klein, pour rejeter l’argumentation de l’ex-commandant en chef des forces militaires en Irak en faveur d’un retrait « conditionnel (3) ».

Le candidat démocrate à l’élection présidentielle insista sur le fait qu’il prendrait sa décision sur la base de sa propre évaluation des coûts du maintien de la présence militaire américaine.

Des débris d’Al-Qaida en Mésopotamie

Le plan de M.Obama comportait une ambiguïté. En effet, son auteur a laissé entendre qu’il maintiendrait en Irak « une force résiduelle » à même d’effectuer des « missions limitées », qu’il a définies comme incluant non seulement la protection et la formation des forces de sécurité irakiennes, mais également « la poursuite des débris d’Al-Qaida en Mésopotamie ». Toutefois, il avait déclaré auparavant que les soldats dont la mission serait de poursuivre Al-Qaida seraient basés ailleurs au Proche-Orient.

Comme tout le monde à Washington, M. Obama attendait l’accord sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA), alors en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Irak, concernant la présence militaire américaine à long terme dans ce pays (4). A la mi-août 2008, l’administration de M. George W. Bush répétait encore que les dates de retrait des forces combattantes ne seraient qu’indicatives et ainsi soumises à « conditions ». Cependant, contre toute attente, le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a contraint M. Bush à accepter le retrait intégral non seulement de toutes les troupes de combat, mais également des unités non combattantes avant la fin 2011. Il a aussi exigé le départ des militaires américains des villes d’ici à juin 2009 et leur regroupement dans des bases dont l’emplacement serait soumis à un accord avec Bagdad.

Dans sa version finale, le SOFA, que l’administration Bush a entériné le 6 novembre, exige que Washington établisse un calendrier détaillé pour un retrait total et crée même les « mécanismes et arrangements » de nature à « réduire les effectifs militaires américains dans la période considérée (5) ». L’accord interdit aux troupes américaines d’opérer dans le pays sans la pleine approbation et la coordination irakiennes et d’emprisonner des Irakiens sans l’ordonnance d’un tribunal local. Il interdit de manière formelle d’utiliser le territoire ou l’espace aérien irakiens pour « lancer des attaques contre d’autres pays ».

Au moment où M. Obama a été élu, son calendrier de retrait sur seize mois se conformait donc entièrement à la lettre de l’accord américano-irakien.

Mais le commandement militaire américain était loin d’être en phase avec son plan — ou avec les conditions qui lui étaient imposées par le SOFA. Il est vite apparu que la bureaucratie du Pentagone allait manœuvrer pour contourner cet accord.

Le 7 novembre, Time Magazine citait le nouveau commandant des forces américaines en Irak, le général Raymond Odierno, affirmant que le retrait devait se faire « lentement, de façon délibérée, de manière que nous ne perdions pas les gains que nous avons obtenus ». Le journal rapportait que les « hauts responsables militaires américains » allaient probablement conseiller au président élu de « revoir sa promesse de campagne de retirer toutes les troupes de combat américaines d’Irak d’ici à la mi-2010 ».

Trois jours plus tard, le 10 novembre, le Washington Post annonça que l’amiral Michael Mullen, le chef d’état-major interarmes, s’opposait au plan de retrait de M. Obama, qu’il considérait comme « dangereux », et soutenait l’opinion de l’armée selon laquelle les « réductions d’effectifs doivent dépendre de la situation sur le terrain ». Citant des « experts de la défense », le quotidien estimait que le conflit entre M. Obama et ces chefs militaires serait « inévitable » si le président faisait pression pour que s’effectue le retrait de deux brigades par mois, ainsi qu’il l’avait réaffirmé sur son propre site Internet peu après l’élection.

S’adressant à des journalistes le 16 novembre, l’amiral Mullen a indiqué son intention de conseiller à M. Obama de faire dépendre le rythme du retrait des événements sur le terrain. Cette annonce a constitué un véritable défi lancé au président élu.

Le jour même de la signature de l’accord, le 18 novembre, le Washington Post signale que les responsables du Pentagone ont confirmé que le calendrier envisagé dans l’accord leur laisse suffisamment de temps pour évacuer tout l’équipement et environ cent cinquante mille soldats d’Irak en toute sécurité, mais qu’ils ont aussi répété qu’« un tel retrait ne devrait avoir lieu que si les conditions le justifient ». Ces hauts responsables, ayant compris que l’accord rejetait l’option conditionnelle au profit d’un calendrier ferme, réaffirment par là que les Etats-Unis ne doivent pas être contraints par l’échéance figurant dans l’accord qu’ils viennent de signer.

L’insistance des militaires à privilégier une approche conditionnelle faisait partie d’un plan plus vaste de Washington et des hauts responsables militaires pour se soustraire aux principales dispositions du SOFA. Le 25 novembre, le groupe de presse McClatchy révéle que l’administration Bush a secrètement adopté des « interprétations » concernant l’interdiction d’utiliser les bases irakiennes pour lancer des attaques vers d’autres pays et l’obligation d’informer par avance Bagdad de toute opération militaire de l’armée américaine. Elles permettraient aux Etats-Unis de « contourner » ces contraintes légales. Il est prévu d’invoquer la « légitime défense » mentionnée dans l’accord pour justifier toute frappe contre des cibles situées en Syrie et en Iran et n’avoir plus comme obligation que d’informer les responsables irakiens d’opérations planifiées dans une région donnée à un moment précis.

L’administration Bush n’a pas communiqué ces « interprétations » au gouvernement irakien, qui les aurait immédiatement rejetées. En fait, il ne s’agissait pas d’« interprétations » de l’accord mais de propositions visant à le subvertir. Car la disposition qui régit les opérations militaires américaines ne prévoit pas seulement une notification, mais exige l’« aval du gouvernement irakien » et une « véritable coordination avec les autorités irakiennes ». Quant à l’interdiction des « attaques contre d’autres pays », elle est, dans l’accord, absolue et inconditionnelle.

Un stratagème encore plus redoutable a été conçu pour subvertir l’esprit du SOFA. Le New York Times a révélé, le 4 décembre, que les « planificateurs du Pentagone » proposaient de « rebaptiser des unités, de sorte que celles qui sont actuellement considérées comme des troupes de combat puissent être “remissionnées” » et « leurs opérations redéfinies comme actions de formation et de soutien pour les Irakiens ». Le journal a suggéré, le plus sérieusement du monde, que la méthode ainsi proposée permettrait à « l’objectif de M. Obama [d’]être atteint au moins en partie ». En réalité, c’était tout le contraire : l’article précisait que le Pentagone projetait le maintien en Irak de quelque soixante-dix mille soldats américains « pour une longue période, au-delà même de 2011 ».

Le plan pour conserver indéfiniment des unités combattantes en Irak sous couvert d’« entraînement » et de « renfort », l’insistance de l’amiral Mullen et d’autres chefs militaires sur un « retrait sous conditions » et les justifications échafaudées pour passer outre aux restrictions imposées aux opérations militaires américaines avaient un point commun : l’intention de l’armée des Etats-Unis et de ses alliés politiques de contourner à la fois le plan de désengagement de M. Obama et l’accord américano-irakien.

Maintien de M.Robert Gates à la défense

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n° 432 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 22-04 - : Suite - M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?


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Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

            n°432                                                                                 22/04/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

1-4 James Petras : Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Jean-Guillaume Lanuque : La critique de Dissidences.

2-2 Video : La réalité en Irak.

3 Annexe

3-1 Spécial : Tortures 

1 La CIA prétend ne plus utiliser de prisons secrètes.

2 Les méthodes dures de la CIA dévoilées au grand jour

3 Torture : faut-il inculper George W.Bush ? 

4 Barack Obama révèle les méthodes de torture de la CIA.

5 Mireille Delamarre : Obama Gang : Comment Obama Excuse La Torture - Bruce Fein.

 


1-4 James Petras: Faites entrer les victimes ! Condamnez les combattants !

Les Occidentaux progressistes :

Nous connaissons de façon assez détaillée l’appui volontaire et généreux que des dizaines de millions de citoyens étasuniens ont accordé à ceux qui ont perpétré des crimes contre l’humanité à la Maison-Blanche et au Congrès.
James Petras

L’administration Clinton a été franchement réélue en 1996 après avoir imposé délibérément un embargo de famine à l’Irak et monté, sans rencontrer d’opposition, une campagne de bombardements implacables contre ce pays dévasté pendant quatre années consécutives. Ces opérations ont causé la mort documentée de plus de 500 000 enfants et d’un nombre incalculable d’adultes vulnérables. La majorité des citoyens étasuniens ont réélu Bush après qu’il eut lancé des guerres qui ont causé la mort de plus de un million de civils irakiens, de dizaines de milliers d’Afghans, de milliers de Pakistanais et après qu’il eut donné son entier soutien aux attaques meurtrières d’Israël contre les civils palestiniens, au blocus d’aliments essentiels, de l’eau et du carburant pour les territoires occupés. Sans parler des fréquents bombardements du Liban et de la Syrie qui ont culminé, pendant son deuxième mandat, avec l’épouvantable bombardement israélien des villes et des villages libanais tuant des milliers de civils. Nous savons que cette brutalité a bénéficié de l’appui inconditionnel des présidents des 52 principales organisations juives américaines et de leurs milliers de groupes communautaires affiliés (qui totalisent plus de 1 million de membres). Nous savons que chaque fois qu’Israël assassine un Palestinien, qu’il lui confisque ses terres, arrache ses vergers, ses vignes et empoisonne ses puits, une campagne systématique est lancée pour nous empêcher d’exercer notre liberté d’expression et de réunion démocratique, spécialement notre droit de condamner publiquement Israël et de dénoncer ses agents évoluant parmi les personnages influents aux États-Unis. Après de rudes expériences, la majorité du public étasunien a commencé à reconnaître les pièges du militarisme et il se rend lentement compte des menaces profondes que pose le réseau du pouvoir sioniste retranché dans nos « quatre libertés ». Et c’est tout bénéfice. Toutefois, ce progrès de l’opinion publique est loin d’être suffisant. Le public américain vient d’élire un nouveau président qui promet d’augmenter la présence militaire impérialiste en Afghanistan et qui a nommé, aux postes clés de son régime, des militaristes et des sionistes notoires hérités du régime précédent du président « Bill » Clinton. Ce qui a échappé à l’attention du public c’est la quasi-disparition du mouvement pacifiste, englouti dans la machine électorale démocrate pro-guerre du président désigné Barack Obama. De même, la grande majorité des Etasuniens « progressistes » influents ont embrassé, avec d’occasionnelles légères réserves, la candidature d’ Obama et sont de fait devenus une partie de la « vaste coalition » formant une chaîne avec les fanatiques sionistes milliardaires et les escrocs financiers de Wall Street, les militaristes « humanitaires » de Clinton, les bureaucrates syndicalistes millionnaires impuissants, divers politiciens arrivistes issus des « minorités » et les chasseurs de voix. Les progressistes ont-ils été séduits par la rhétorique creuse de la campagne présidentielle parlant de « changement » ? Toujours est-il qu’ils ont volontairement sacrifié leurs principes les plus élémentaires au service du mal (ils diraient probablement du « moindre mal ») et, sans aucun doute, aux maux des nouvelles guerres impériales, à la complicité avec la sauvagerie coloniale israélienne et à l’aggravation de la misère du peuple étasunien. Les intellectuels progressistes étasuniens ne montrent pas de tels scrupules (im)moraux s’agissant des mouvements de résistance contre l’impérialisme en Asie (spécialement au Moyen-Orient) en Afrique et en Amérique latine. Les progressistes étasuniens et les mouvements de résistance du tiers-monde. Parmi les intellectuels progressistes de premier plan (IPP) aux États-Unis et en Europe - écrivains, blogueurs et universitaires - il n’y en a pratiquement pas un seul qui fasse preuve du « pragmatisme » dont il fait montre en choisissant des politiciens représentant un « moindre mal » aux États-Unis ou en Europe, quand il en vient aux choix politiques dans les pays de grands conflits. Trouverons-nous un seul IPP qui prétende qu’il soutient le Hamas démocratiquement élu en Palestine ou le Hezbollah au Liban, Muqtada al-Sadr en Irak, les Talibans opposés à l’occupation en Afghanistan ou même le droit reconnu par le droit international du peuple iranien à développer pacifiquement l’énergie nucléaire - parce que, en dépit de leurs défauts - ils représentent un « moindre mal » ? Examinons la question plus avant. Les IPP ont justifié leur appui à Obama sur la base de la rhétorique de sa campagne en faveur de la paix et de la justice, alors qu’il votait en faveur du budget de guerre de Bush et des programmes d’aide étrangère finançant le meurtre de centaines de milliers d’Irakiens, d’Afghans, de Palestiniens, de Colombiens, de Somaliens et de Pakistanais, ainsi que la dépossession et le déplacement d’au moins dix millions de personnes chassées de leurs villes, de leurs fermes et de leur maison. Les mêmes IPP rejettent et refusent d’appliquer le critère du « moindre mal » en faveur du Hamas, administration palestinienne démocratiquement élue à Gaza, qui se trouve à l’avant-plan de la lutte contre la brutale occupation coloniale israélienne, parce que le Hamas est « violent » (c’est-à-dire qu’il « riposte » aux attaques armées pratiquement quotidiennes d’Israël), qu’il cherche à fonder un « État théocratique » (similaire à l’État d’Israël juif selon sa définition théologique), persécute les dissidents (sous la forme de sanctions occasionnelles contre les fonctionnaires et les milices du Fatah financés par la CIA). Au mieux, les IPP ne s’intéressent qu’aux victimes palestiniennes de l’embargo génocidaire imposé par Israël sur l’arrivée de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments. L’IPP proteste contre les assauts ouvertement racistes lancés par les colons judéo-fascistes contre les écolières en route vers l’école ou de vieux fermiers travaillant dans leur vergers ; ils protestent contre les délais arbitraires et délibérés aux postes de contrôle militaires israéliens qui provoquent la mort de Palestiniens gravement malades, victimes de cancer, femmes en train d’accoucher, hommes ayant une crise cardiaque et personnes ayant besoin d’une dialyse, en les empêchant d’atteindre les installations médicales. En d’autres termes les IPP soutiennent les Palestiniens en tant que victimes, mais les condamnent en tant que combattants qui défient leurs bourreaux. Le soutien des IPP pour les victimes ne leur coûte rien, et donne de la crédibilité à leur étiquette de « progressistes » ; leur opposition aux combattants rassure l’establishment en ce que les critiques des IPP ne compromettront pas la construction de l’empire étasunien et de ses alliés israéliens. Les « libertaires » et les « démocrates » autoproclamés les plus véhéments dans le monde occidental prétendent soutenir l’autodétermination nationale et s’opposer aux conquêtes impériales ; pourtant, ils rejettent immanquablement les mouvements populaires de masse existants qui réclament l’autodétermination et mènent la lutte contre les conquêtes impériales et l’occupation étrangère. Ils dénoncent presque tous sans exception les mouvements nationaux de résistance parce qu’ils ne collent pas à leurs idées préconçues de justice parfaite, de tolérance pacifique et de principes démocratiques séculiers qui devraient caractériser le mouvement de résistance qu’ils ont en tête. Pourtant les IPP n’imposent pas de tels critères quand ils soutiennent les candidats dans leur propre pays. Le Hezbollah est catégoriquement rejeté par les IPP car jugé trop « clérical », mais les progressistes britanniques ont appuyé Tony Blair, dirigeant du parti travailliste et ont soutenu sa complicité sanglante avec Clinton, Bush, Sharon et toute une série de régimes fantoches serviles en Irak, en Afghanistan, en Somalie et ailleurs. Pour ce qui est de l’agression militaire - et son lot de victimes, de handicapés et de maisons détruites - les démocrates et socio-démocrates européens de centre-gauche sont bien pires que les Talibans, le Hezbollah, le Hamas et les forces de Sadr. En fait, les conditions de vie et la sécurité de la grande majorité des peuples d’Irak, d’Afghanistan, du Liban et de Somalie étaient à tous les égards bien meilleures sous les régimes autoritaires de Saddam Hussein, des Talibans en Afghanistan, des Tribunaux islamiques en Somalie, que sous l’occupation militaire et le régime clientéliste USA-EU. Certains IPP se dérobent aux choix véritables et difficiles en prétendant qu’il y a des « troisièmes voies » à l’horizon dans les pays actuellement sous occupation impériale et coloniale : ils rejettent les armées impériales et la résistance anti-impériale au nom de principes abstraits progressistes et libertaires. L’hypocrisie éhontée de leur position est évidente alors que les mêmes problèmes se posent en termes de choix politiques au sein de la mère patrie impériale. Dans ce cas, les IPP ont mille et un arguments pour soutenir la candidature de l’un (Obama) des deux principaux candidats à la présidence, membres des deux principaux partis guerriers impériaux ; c’est ici que l’on avance l’argument du « réalisme » et du « moindre mal ». Et quels choix font-ils ! Les mêmes libertaires et démocrates qui condamnent les Talibans pour avoir détruit d’anciens monuments religieux soutiennent des candidats démocrates, comme Obama, qui propose d’intensifier l’occupation militaire étasunienne et d’intensifier les tueries en Asie du Sud. Il y a des dilemmes moraux et politiques profonds dans les choix politiques à faire dans un monde où des guerres impériales destructrices sont menées par des politiciens élus libéraux et vigoureusement combattus par des mouvements autoritaires cléricaux et séculiers et leurs dirigeants. Mais l’histoire des 300 dernières années est claire : l’impérialisme parlementaire occidental et son héritage contemporain ont détruit et déstabilisé beaucoup plus de vies et de moyens de subsistance dans bien plus de pays, pendant une durée bien plus longue et dans des proportions bien pires que les régimes postcoloniaux. En outre, les guerres coloniales menées par des régimes et des politiciens élus représentant un « moindre mal » ont eu un impact profondément destructeur sur les « valeurs démocratiques » mêmes des pays occidentaux que les IPP prétendent défendre. Conclusion En choisissant le « moindre mal » -le dernier exemple étant leur appui à Barack Obama- les IPP se sont condamnés à l’impuissance politique s’agissant d’élaborer les politiques de Washington et à la marginalisation politique par rapport aux luttes de libération nationale. Les partisans véritables des millions de victimes des boucheries occidentales et israéliennes ne vivent pas des subventions de fondations ; ils font le choix difficile (et coûteux) de se joindre aux combattants résistants par le biais de la solidarité. Le « coût » pour les intellectuels progressistes aux États-Unis est évidemment le fait qu’on ne les invite plus à parler dans les universités pour des honoraires à cinq chiffres ; l’« avantage » qu’ils en retirent est le respect de soi et la dignité qu’il y a à appartenir à un mouvement international anti impérialiste.

James Petras ;

01 Avril 2009
Traduction : anne-Marie Goossenshttp://www.info-palestine.net/article.php3?id_article
http://m.alterinfo.net/index.php?action=article&numer...

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n° 432 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 22-04 - : Suite - M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?


n° 432 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 22-04 - : Suite - M.Obama, prisonnier des « faucons » en Irak ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

            n°432                                                                                 22/04/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Sommaire :

3 Annexe

3-1 Spécial : Tortures (suite)

6 Mireille Delamarre : ne pas poursuivre les interrogateurs de la CIA - une violation du droit international.

7 USA : La Maison Blanche justifie la publication des mémos sur les interrogations de l'ère Bush.

8 Leon Panneta : La CIA n'utilise plus de prisons secrètes.

9 Pierre Rousselin : la marque d'infamie de l'Administration Bush

10 Obama sous le feu des critiques.

3-3 Spécial : départ des troupes d'occupation.

1 Abir Taleb : Subir un sort imposé.

2 Après l’étiage, l’Irak craint un regain d’attaques.

3 Abir Taleb Le retrait provoque des incertitudes
4 Al-Qaïda tente de reprendre la main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


6 Mireille Delamarre : ne pas poursuivre les interrogateurs de la CIA - une violation du droit international.

Information complémentaire.
Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak a déclaré que la décision du Président Barack Obama de ne pas poursuivre les interrogateurs de
la CIA qui ont utilisé la simulation de noyade sur des personnes suspectées de "terrorisme" constituait une violation du droit international.
"Les Etats Unis, comme tous les autres états, parties prenantes de
la Convention contre la torture de l'ONU, se doit de faire procéder à des enquêtes criminelles portant sur des actes de torture et de faire comparaître devant un tribunal toute personne contre laquelle il existe une preuve évidente valable".
Nowak a suggéré que soit établi une commission indépendante avant que les suspects ne soient jugés et a dit qu'il était important que les victimes soient indemnisées.
Les 4 mémos publiés portent sur l'approbation de l'utilisation de techniques de torture telles le simulacre de noyade, la nudité forcée, la privation de sommeil pendant de longues périodes, et lâcher des insectes dans des endroits exigus où étaient placés des prisonniers. Cette dernière technique a été utilisée contre les enfants de Khalid Sheikh Mohammed, accusé d'être le cerveau du 11 Septembre, qui ont été capturés en Septembre 2002 au Pakistan, le mémo sur l'utilisation des insectes datant du 01/08/2002. Lors de la tenue d'un tribunal militaire en 2007, Ali Khan, le père d'un détenu de Guantanamo, Majid Khan, qui a fourni un compte rendu détaillé des techniques d'interrogation de son fils, a affirmé que des gardes pakistanais avaient avoué que des interrogateurs américains avaient utilisé des fourmis pour obliger les enfants de Khalid Sheikh Mohammed à révéler où se trouvait leur père. Dans l'une de ses déclarations, Ali Khan affirmait que l'un de ses fils avait été détenu au même endroit que les enfants de K. S. Mohammed.
"Les gardes pakistanais ont dit à mon fils que les garçons, à l'époque âgés de 7 et 9 ans, étaient détenus dans un endroit séparé à l'étage et qu'on leur avait refusé de la nourriture et de l'eau. Ils ont également été torturés mentalement en ayant des fourmis et autres insectes placés sur leurs jambes pour les effrayer et pour les faire avouer où se cachait leur père"
Obama ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante telle sa méconnaissance du droit. Il a une formation de juriste et connaît bien le droit américain, international, et les détails de
la Constitution américaine. Comme la justement noté Bruce Fein dans son article : " Il fait montre d'une psychologie d' empire arrogant à l'opposé d'une république modeste, en continuant et en amplifiant la guerre globale et perpétuelle du duumvirat Bush-Cheney contre le terrorisme international sans aucun égard pour les souverainetés étrangères et les vies des civils."

19 Avril

Traduction et Synthèse Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org:80/Comment-Obama-Excuse-La-Torture-Bruce-Fein_a1882.html?preaction=nl&id=8073564&idnl=48798&

Copyright Hajo - Assafir


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23/04/2009

n°431 - Les Dossiers d'Irak -20-04- / 1- : La « contre-insurrection » à « basse-intensité » et haute mortalité.


n°431 - Les Dossiers d'Irak -20-04- / 1- : La « contre-insurrection » à « basse-intensité » et haute mortalité.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 431                                                           20/04/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

« Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

Dossier & Point de vue

1-1 Obama organise une visite surprise en Iraq au milieu d'un regain de la guerre …

1-2 Christopher Dowd : Propos obscènes d'Obama.

Suite –

1-3 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

1-4 Manlio Dinucci :  La « contre-insurrection » à « basse-intensité » et haute mortalité.

1-5 Pascal Riche : Né pour tuer en Irak.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Certains chefs de clans locaux appréhendent le retrait des Marines.

2-2 Joëlle Pénochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans..

Fin

2-3 L'armée US vide ses prisons : Joie ou amertume des familles de détenus libérés

2-4 Gilles Munier : Les non-dits de la commission mixte économique franco-irakienne : Arnaques et pièges en tous genres.

2-5 Gilles Munier : Affaires à haut risque à Bagdad.

2-7 LGBT assassinés, tout le monde se tait.

3  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Manlio Dinucci : Obama et la réforme de la guerre.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...


Tiré à part

« Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information

A peine annoncé, le prochain jeu de guerre de Konami crée déjà la polémique.

En effet, « Six Days in Fallujah », en cours de développement, proposera de revivre sur console et PC l'une des batailles les plus meurtrières et controversées de la guerre en Irak.

Le projet est né à l'initiative d'anciens marines américains qui ont contacté les studios Atomic Games, spécialisés dans les jeux de guerre, en leur proposant leurs photos, vidéos et récits des combats.

Un responsable de Konami justifie la démarche dans le Los Angeles Times :

« Ces soldats appartiennent à une génération qui a grandi avec les jeux vidéo, cela explique pourquoi ils ont choisi ce média afin de raconter leur histoire. »

Conçu en étroite collaboration avec ces vétérans, le soft promet une approche ultra-réaliste. Peter Tamte, président d'Atomic Studio, explique :

« Le challenge pour nous est de représenter les horreurs de la guerre dans un jeu qui soit également divertissant ; notre but étant de proposer un aperçu de ce que peut ressentir un soldat dans une telle situation. »

« Ces événements horribles ne devraient pas être banalisés »

Des interviews de vétérans devraient également entrecouper les scènes de jeux afin de renforcer le réalisme et ajouter une dose de pédagogie documentaire.

Ce défi assumé de mêler fun et réalisme dans un jeu vidéo à partir d'un conflit contemporain a toutefois suscité bon nombre de réactions négatives dès son annonce.

Le premier assaut médiatique provient du Daily Mail avec une interview d'un père de soldat britannique mort au combat :

« Si l'on considère les pertes énormes en Irak, glorifier cette guerre dans un jeu vidéo est une preuve de mauvais goût. Ces événements horribles ne devraient pas être banalisés et reproduits dans un jeu pour amateurs de sensations fortes virtuelles. »

L'homme s'inquiète également du profil des consommateurs d'un tel jeu :

« Un jeune fanatique islamiste pourrait y voir une forme de vengeance, ce qui pourrait aussi l'inciter à aller plus loin… »

« Six Days in Fallujah » proposera en effet d'incarner des insurgés irakiens, et même des civils !

« Bien trop tôt pour faire de la guerre en Irak un jeu vidéo »

Le colonel Tim Collins, vétéran décoré de la guerre en Irak, estime qu'il est encore « bien trop tôt pour faire un jeu vidéo sur une guerre qui est toujours en cours » et juge cette démarche « particulièrement insensible, compte tenu de ce qui s'est passé à Falloujah ». Il s'opposera lui aussi à la parution du jeu.

Des associations de familles de soldats américains tués en Irak ont également fait part de leur indignation :

« Quand la barre de vie d'un être cher tombe à zéro, il n'a pas la possibilité de “recommencer” la mission. Lorsqu'il reçoit une balle, il ne lui suffit pas de ramasser une trousse de secours pour continuer à “jouer”… Il souffre, il pleure, il meurt. »

L'association pacifiste britannique « Stop the war », quant à elle, s'indigne que l'on puisse enrober un « massacre » de glamour au seul nom du divertissement, Falloujah devant être considéré avant tout comme un « crime de guerre »…

Une meilleure compréhension de la dure condition du soldat ?

Mais l'annonce du prochain jeu de Konami ne suscite pas forcément la colère chez tout le monde, et certains vétérans y voient même une bonne nouvelle.

Interviewé par G4, le sergent John Mundy considère qu'un tel jeu pourrait servir à l'entraînement des soldats, et qu'il n'est pas impossible qu'ils tirent quelques enseignements de cette expérience vidéo-ludique.

Les sergents George et Smith considèrent eux que « Six Days in Fallujah » pourrait être une bonne opportunité de rapprocher les civils des militaires en leur offrant une meilleure compréhension de ce que les soldats endurent sur le terrain :

« Il n'est pas aisé pour les civils de comprendre pourquoi un soldat de retour du front peut paraître si nerveux et alerte tout le temps.

La première fois dans le jeu qu'ils seront tués de s'être approchés trop près d'une voiture piégée, ou bien la première fois qu'ils seront abattus sans savoir ce qu'il se passe vraiment, peut-être comprendront-ils un peu mieux ce que nous vivons et combien la réadaptation des vétérans à la vie civile peut parfois être difficile. »

Et si au lieu d'un jeu vidéo, il s'agissait d'un film ou d'un livre ?

« Six days in Fallujah » est actuellement en cours de développement. Prévu pour 2010, sa sortie promet d'être plus que controversée.

On se souvient du projet de jeu de Sony baptisé « Shock and Awe » (« choc et effroi », du nom de l'opération militaire américaine lancée sur l'Irak en 2003) qui provoqua un tollé général et contraignit la marque japonaise à s'excuser avant d'abandonner l'idée.

Ces exemples de vindictes bien pensantes qui brident la liberté d'expression en poussant les créateurs de jeux à l'autocensure nous amènent ainsi à nous poser la question : accusé de trivialiser la guerre, « Six Days in Fallujah » connaitrait-il la même levée de boucliers s'il était un livre ou un film ?

Le journaliste américain Mike Antonucci voit en ces critiques hâtives un mépris latent pour les jeux vidéo en général, considérés comme « dépourvus de valeur artistique et sociale ».

Jean-Philippe Dutemps et Clément Floc’h | 

Etudiants en école de commerce | 15/04/2009 | 

http://www.rue89.com/jeux-video/2009/04/15/six-days-in-fallujah-peut-on-jouer-avec-la-guerre-en-irak

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