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31/05/2009

n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 -Début- : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

n°438 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 -Début- : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pedro Rojo: L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

Suite

1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

Fin

2 Annexe

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

2-3 Ron Paul : La politique étrangère US continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs…

2-4 Introduction au commerce des armes.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

1-1 Pedro Rojo: L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

De retour d'Irak : ce que pensent les Irakiens de la fragile situation intérieure.

 « Selon plusieurs personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenus en Irak, les divergences dans le Parlement irakien se répercutent de façon mortelle dans la rue. Autant les six voitures piégées qui ont secoué Bagdad le 6 avril dernier, que les attentats de ces 10 derniers jours posent de nombreuses questions.

 Dans le premier cas, et vu le nombre de contrôles qu’il y a dans la ville de Bagdad, cela semble très difficile, sinon impossible, de perpétrer autant d'attentats le même jour dans une ville sans liberté de mouvement étant donné les nombreux contrôles militaires, des mouvements qui sont autorisés aux seuls membres des milices chiites pro-iraniennes et aux louches Landcruisers Toyota blancs aux vitres fumées qui ne sont pas arrêtées aux barrages contrôles et dont personne ne sait qui les occupe. »

« Cela semble très difficile, sinon impossible, de perpétrer autant d'attentats le même jour dans une ville sans liberté de mouvement étant donné les nombreux contrôles militaires. »

Attentat à Medina As Sadr ("Sadr-City") le 29 avril dernier. 

L’irréelle « amélioration de la sécurité » en Irak, sur laquelle les occupants en ont fait leur propagande durant ces derniers mois, se révèle inconsistante, car basée sur des facteurs conjoncturels et exposée aux différents politiques entre les groupes implantés par l'occupation pour conduire le pays.

Dans le meilleur des cas, il s'agit d'une amélioration relative de la situation, relative si on la compare avec la période où les milices des partis du gouvernement, principalement les Brigades Badr du Conseil Suprême Islamique d'Irak et l'Armée du Mahdi, liées au courant Sadr, qui agissaient à leur guise dans plusieurs vastes zones de la ville pour accomplir leurs objectif d'expulser les sunnites des zones mixtes et exterminer toutes les composantes civiles du camp anti-occupation [1].

La sécurité est relative si on choisit l'enfer de ces dernières années comme paramètre de comparaison, mais les médias occidentaux ne la comparent pas avec la situation antérieure à l'occupation, comme le font quotidiennement les Irakiens.

 

Ce qui n'a pas été relevé, pas même au cours des deux pires années de massacres sectaires (2005-2007), c’est l’affrontement au sein de la population elle-même.

Dans l'immense majorité des cas il s'agit d'attaques dirigées par des groupes armés, qui ne sortaient pas des zones qu'ils contrôlaient, c'était le simple citoyen irakien qui courait le danger d'être kidnappé s’il circulait à pied dans un autre quartier d’une autre confession, et son cadavre réapparaissait le jour suivant jeté dans un caniveau.

L'objectif de diviser physiquement sunnites et chiites dans la capitale irakienne a été atteint dans de nombreux quartiers, bien qu'ils ne soient pas parvenus à diviser la société irakienne, ce qui est évident car dans les entrevues que nous avons réalisé la semaine passée à Bagdad [fin avril], aucune personne interrogée n’a assumé le discours sectaire des responsables politiques collaborateurs.

La sensation que l’on a en circulant dans Bagdad est celle d'être dans une ville en guerre.

Les contrôles de police, établis tous les 500 mètres, laissent passer les véhicules sans même regarder à l’intérieur, et rarement ils font ouvrir le coffre.

Les soldats se justifient par l'utilisation d'un appareil, en forme d'antenne radio, identique à celui des sourciers lorsqu’ils recherchent l'eau, et qu'ils passent sur le côté de la voiture pour détecter des produits chimiques explosifs.

Non seulement ils sont la risée des Bagdadiens - qui assurent que la seule chose qu'ils détectent sont les parfums des passagers - mais un officier de la Garde Nationale

[armée irakienne] a reconnu devant nous qu'ils savent qu'ils ne fonctionnent pas et que, de fait, bien que se soient les américains qui les leur aient fournis, eux-mêmes ne les utilisent pas.

L'armée et la police se répartissent les postes de contrôle.

Depuis un peu plus d'un an, les Bagdadiens peuvent aller et venir dans les différents quartiers sans crainte que ces mêmes postes de police ne soient leur tombe, comme cela se produisait entre 2005 et 2007.

Les milices se sont retirées de la vie publique. Certaines comme les Brigades Badr, car elles contrôlent la police et agissent sous sa couverture lorsqu’elles en ont besoin ; d'autres, comme l'Armée du Mahdi, parce qu’elle a été « gelée » par son leader, Muqtada as-Sadr, suite aux durs affrontements, en avril 2008, à Bassorah et à Sadr-Ville contre les forces d’occupation et l'armée irakienne, au cours desquels elle a perdu le contrôle de toutes ses zones d'hégémonie - y compris ce quartier de Bagdad- et une bonne partie de son influence politique.

Al Qaïda et la résistance

Le contrôle des zones sunnites à Bagdad et de la province occidentale d’al-Anbar par les Conseils Al Sahoua (Majlis Al Sahoua, Conseils de l’Éveil), crées avec l’argent et l’armement fourni par les USA en septembre 2006, a fait disparaître les cellules d'Al Qaïda des quartiers qu'elles dominaient, mais il a aussi freiné les actions de la résistance depuis ses secteurs par accord tacite de non- agression entre les deux. Les différents interlocuteurs de la résistance politique (baathistes, islamistes modérés, nationalistes, etc.) avec lesquels la CEOSI s’est entretenue ces derniers mois, sont d'accord pour faire remarquer que les forces de la résistance irakienne ont décidé de ne pas tomber dans le piège de la lutte sectaire, tendu aussi bien par les occupants que par l'Iran.

C'est pourquoi, lorsqu’en Irak on parlait quotidiennement du risque de guerre civile, les groupes de la résistance se sont tenus à l’écart des batailles qui ne visaient pas strictement l'occupant, leurs objectifs restant toujours les seules troupes d'occupation.

Leurs affrontements avec l'armée irakienne, la police ou les Conseils Al Sahoua sont limités seulement à la légitime defense dans les opérations que ces corps entreprennent à leur encontre.

Ils assurent qu’en aucun cas ils n’ont commis d’assassinats sectaires ni de civils.

Les différentes factions de la résistance convergent dans leur analyse: combattre contre les Irakiens eux-mêmes signifierait une rupture définitive de la société irakienne. C

ette vision d'État, cette stratégie claire à long terme, rend une dignité au projet de la résistance irakienne et contribue à amplifier sa base populaire, qu'elle a perdue en partie, suite à la campagne médiatique massive qui tentait d’inventer des liens entre la résistance et les actions terroristes et la lutte sectaire.

Les groupes liés à Al Qaïda n'ont pas adopté cette même position, ou bien est-ce comme le disent beaucoup d'Irakiens, parce qu’ils sont infiltrés par l'Iran et les USA, ou cela vient-il de leur propre myopie idéologique ou alors parce que dans leur stratégie particulière l'objectif n'est pas la libération de l’Irak mais un combat plus diffus et incohérent contre ‘le Mal’.

C’est ainsi que ces groupes se sont transformés en la parfaite contrepartie dont les milices chiites avaient tant besoin pour poursuivre leur sanglant nettoyage interne, soutenant de cette manière le projet de division sectaire du pays enclenché depuis le premier jour de l'occupation.

Cependant, la campagne de purification de l'Irak menée par Al Qaïda ne s’est pas limitée à l'anathématisation des chiites, puisqu'ensuite ils ont aussi considéré comme hérétique (kafir) tout sunnite qui ne se fondrait pas dans leur État Islamique d'Irak.

Cette stratégie de combattre exclusivement contre les troupes d’occupation a peut-être amené la résistance à tolérer une présence excessive d'Al Qaïda dans certaines zones et à ne pas la combattre directement même aux moments les plus difficiles, y compris lorsqu’ils en sont venus à assassiner des membres de la résistance. Mais à cette époque, de même qu’aujourd’hui, la résistance accusait l'occupant de provoquer un affrontement inter-irakien pour détourner la pression que la résistance exerçait contre son projet.

Cette permissivité avec les extrémistes a favorisé la création des Conseils Al Sahoua, formés en partie par des membres et des dirigeants des tribus et par des ex-résistants de l'Armée Islamique en Irak ou des Brigades de la Révolution de 1920 (ce qui a provoqué des scissions en leur sein dans plusieurs provinces), qui ont considéré plus urgent de combattre Al Qaïda et sécuriser les zones où ils vivaient que de combattre les occupants.

Une fois que les zones où se trouvaient les cellules d'Al Qaïda furent dégagées, les membres des Conseils Al Sahoua ont empêché les forces de la résistance d'agir depuis leurs secteurs, ce qui de fait, a signifié la perte de vastes zones en Irak contrôlées auparavant par la résistance. Le projet des Conseils Al Sahoua a échoué seulement dans la province de Diyala et dans la région de Mossoul, qui sont devenus aujourd’hui les fiefs les plus sûrs de la résistance.

Un pays de factions

Le nouveau projet d'Al Maliki, qui tourne autour de son idée particulière de réconciliation nationale, est soutenu maintenant avec force par les USA, alors qu’il y a un peu plus d'un an ils jouaient avec la possibilité de le remplacer.

Le changement du discours sectaire d'Al Maliki par celui d'intégration nationale a permis, qu'au moins, les apparences soient sauvées dans la police, qui continue d’être contrôlée par les milices chiites du Conseil Suprême Islamique d'Irak (CSII), partenaires dans le gouvernement Al Maliki mais rivaux politiques par la faveur de l'Iran et de Washington, ainsi que par la lutte pour le pouvoir issu du processus politique protégé par les occupants. La réalité est que le Premier ministre irakien ne contrôle ni le pays ni même les structures de l'État collaborateur, scindé en factions de pouvoir.

Il y a des événements qui dépeignent de manière claire le manque de capacité d'action du Premier ministre irakien :

- La prétendue purification des forces de sécurité irakiennes par la suppression d'éléments corrompus et sectaires, loin d'être tout simplement appliquée, s’est traduite en une activité sectaire plus réduite des dits corps.

Toutefois, sur des bâtiments militaires à Bagdad on peut toujours voir de grandes banderoles avec les chefs chiites y compris des fresques murales à l’effigie de Mohamed Baqir al Hakim ou du grand ayatollah Ali Sistani. Selon une information du 7 avril dernier du quotidien Al-Quds Al-Arabi [2],

les 62.000 policiers accusés de corruption dont l’éviction avait été annoncée par le ministre de l'Intérieur sont toujours à leurs postes. (L’Irak est le troisième pays le plus corrompu dans le monde.)

- Les crimes de la police et de l'armée irakienne contre leurs propres concitoyens sont constants : viols, tortures, détentions illégales ou extorsions sont à l'ordre du jour [3].

- Le 29 avril dernier, les forces de sécurité du ministère du Commerce ont repoussé avec des tirs un détachement de l'armée irakienne qui venait arrêter un haut responsable dudit ministère, comme l’a informé le lendemain l'agence Asuat al Iraq [4].

Actuellement, tous les hauts responsables du ministère sont à l'étranger.

- Un autre exemple du règne des factions, est ce qui s’est passé à l'Université Al Mustansiriya à Bagdad, qui porte le nom de celle qui est considérée comme l'université la plus ancienne du monde. En mars 2009 le gouvernement irakien a ordonné l’arrestation d'Ahmed Al Kanduri, recteur de cette université, accusé d’une telle corruption que la clameur populaire a obligé le ministre d'Éducation Supérieure à le destituer de ses fonctions. Mais cette université fait partie de la quote-part sectaire du courant d’As Sadr, qui s’est refusé à accepter cette destitution, c’est pourquoi le recteur est toujours à son poste à ce jour.

- Ce n'est pas seulement la population irakienne qui n’a pas confiance dans les nouvelles forces de sécurité. Les délégations diplomatiques étrangères ne disposent pas de protection officielle c’est la raison pour laquelle elles sont accompagnées en Irak par leur propre personnel et ont engagé des mercenaires pour leur sécurité.

Elles ne communiquent même pas leurs mouvements, lors de leurs rares déplacements en ville, aux forces de sécurité irakiennes, elles ont avec elles leurs propres escortes.

C’est dans ce cadre précaire qu’il faut situer ce qui est nommé l’amélioration de la sécurité. Une amélioration assise sur des fondations vaseuses. On ne peut parler en aucun cas d'une force de sécurité basée sur des principes nationaux et professionnels, respectée et efficace aux yeux du peuple irakien. Au lieu de cela, l'actuelle amélioration dépend des mêmes acteurs responsables de l'enfer irakien de 2006, 2007 et une partie de 2008, qui continuent d’exercer impunément dans leurs fonctions, et des exécutants des crimes qui occupent encore les mêmes lieux qui ont fonctionné pendant ces années comme des centres de séquestrations et de tortures.

La guerre d'Al Maliki contre les Conseils Al Sahoua

Une fois les objectifs à court terme atteints par les Conseils Al Sahoua, le gouvernement Al Maliki les considère essentiellement comme des adversaires politiques qui peuvent lui ôter le pouvoir, spécialement après les succès de certains leaders des tribus qui composent ces Conseils aux élections régionales du 31 janvier 2009.

L'amélioration de la sécurité et, par conséquent, sa proposition publicitaire de « réconciliation nationale » ont été les atouts principaux qui ont crédité le Premier ministre Al Maliki de résultats électoraux acceptables.

Pour les deux stratégies il a eu besoin de la collaboration des Conseils Al Sahoua, qui dépendent du gouvernement irakien depuis qu'ils ont été transférés en octobre 2009 par les Usaméricains.

Mais une fois les élections passées, la politique du gouvernement a changé envers ces groupes, en essayant de réduire leur présence armée : 20.000 seulement des 100.000 membres des Conseils Al Sahoua seront maintenus dans leur activité armée pour le contrôle de la sécurité. Alors qu’ils étaient supposé le faire dans les rangs de la police, cette incorporation promise ne s'est pas réalisée.

Il y a deux explications possibles pour ce changement : l’officielle, exprimée par Kamal Al Saadi, membre de l'Alliance chiite au Parlement, le 5 avril dernier sur la chaîne de télévision Al Jazeera :

« Il n'y a pas un rejet de cette incorporation, c’est un problème technique, pas une position politique ou une décision préméditée. C'est une affaire qui demande beaucoup de temps parce que nous avons cent mille dossiers. C’est aussi lié à une question budgétaire. »

Ces déclarations sont contradictoires avec la course contre la montre que le ministère de l'Intérieur est en train de disputer pour recruter un plus grand nombre de policiers afin de faire face à la nouvelle échéance du retrait annoncé par Barack Obama. L'intention politique du gouvernement de se défaire d'une grande partie des Conseils Al Sahoua est claire puisque « dans les budgets de l'État, il n'y a pas de chapitre qui couvre tous les frais dérivés du plan pour les Sahoua. Cela a été proposé devant le Parlement mais jusqu'à aujourd'hui, seulement 50% des salaires des membres du Sahoua ont été payés », a assuré Abu Azzam Al Tamimi, conseiller général des Conseils, sur la chaîne Al Arabiya le 4 avril dernier.

Une partie des dirigeants des Conseils Al Sahoua approuvent cette version. Cependant, Mustafa Kamal Al Shabib, leader des Conseils Al Sahoua dans le quartier de Dora dans la capitale, nous a assuré à Bagdad que « ces problèmes sont en train d’être résolus. La collaboration avec le gouvernement est bonne ». Il y en a qui vont plus loin encore et s’aventurent à envisager une alliance politique entre Al Maliki et les Conseils Al Sahoua en vue des prochaines élections générales de décembre prochain. Abou Risha, considéré comme le dirigeant des Conseils Al Sahoua en Irak, a assuré : « Nous sommes disposés à nous allier avec Al Maliki avant les prochaines élections parlementaires […] nous avons des idées et des points de vue très proches des propositions du Premier ministre » [5], Ce à quoi les quatre autres chefs d'Al Sahoua ont répondu dans un communiqué qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette position [6]. C’est précisément là où semble être la faillite du projet des Conseils Al Sahoua, entre ceux qui défendent leur indépendance et leur rôle stabilisateur dans les zones qu'ils contrôlent et ceux qui veulent continuer à gravir l’échelle dans la carrière politique.

L’arrestation d'Adel Mashhadani, dirigeant du Conseil d'Al Sahoua du quartier Al Fadel à Bagdad, le 28 mars dernier, après une bataille de rue contre des forces de la sécurité irakienne soutenues par des hélicoptères et des effectifs US, répond à sa volonté de se rendre indépendant du gouvernement irakien, qui a cessé de payer leurs salaires depuis des mois, ce pourquoi ses membres s’étaient mis à exiger de l’argent aux commerçants de la zone en échange d’une offre de protection.

Accusé officiellement d’avoir extorqué plus de 160.000 dollars aux citoyens du quartier et d'avoir eu des liens à une époque avec Al Quaïda et avec les baathistes, différentes personnes à Bagdad nous ont montré sur leurs portable la vidéo du discours anti-occupation et d’opposition à l'ingérence iranienne que Mashhadani avait prononcé quelques jours avant son arrestation en pleine rue [7].

Bien que les Usaméricains comme le gouvernement irakien assurent qu'il s'agit d'un incident isolé, la liste des incidents est beaucoup plus longue et la sensation de persécution est claire pour ceux qui ne sont pas politiquement utilisables: Mohamed Al Kartani, le plus haut représentant des Conseils Al Sahoua de Bagdad a dénoncé le fait qu'ils ont été trahis par le gouvernement et les forces d'occupation [8].

« Nous sommes persécutés par le gouvernement », a déclaré Ihab Zubai, porte-parole d'Al Sahoua du quartier d'Amiriya [9].

Le 31 mars le leader du Sahoua de Hur au sud de Bagdad, Maher Sarhan, a été arrêté ; le 4 avril, Hasam Al Azaoui, alias Abou Irak, connu comme le dirigeant des forces des Conseils Al Sahoua dans la province de Diyala, a été arrêté. Juste avant, Hasam Aluan, chef d'Al Sahoua à Al Mahdadiya, avait été arrêté. Un ordre d’arrestation pèse également contre Saad Aribi, alias Abou Al Abd, leader d'Al Sahoua d'Amriya.

Le dernier épisode d'arrestations de leaders d'Al Sahoua a été celui réalisé par la police irakienne de Tikrit le 2 mai dernier par l’arrestation de Mula Nadem Al Yaburi, plus haut représentant d'Al Sahoua à Duluguiya (ville située à 70 kilomètres au nord de Bagdad), accusé de terrorisme. Ceci s’est produit après qu'un kamikaze – marque distinctive des actions d'Al Qaïda- avait tenté de l’assassiner dans une mosquée de Duluguiya le 12 avril dernier. Comme le prisonnier l’a confirmé, il s'agit d'un règlement de comptes qui remonte à plus de deux ans en arrière quand un hélicoptère usaméricain est tombé à Duluguiya. Comme l’avait déclaré Al Yaburi deux jours après son arrestation, avant de quitter les rangs de la résistance pour adhérer aux Conseils Al Sahoua : « Nous avons signé un accord de cessez-le-feu avec les forces usaméricaines. Nous avons également signé un accord grâce auquel on nous assurait que nous n'allions pas souffrir de persécution judiciaire pour avoir combattu l'armée usaméricaine » [10].

Au moment où le dossier des Conseils Al Sahoua a été remis au gouvernement irakien, différents groupes de la résistance, autant politiques qu’armés, ont lancé des appels pour que l’on « revienne sur le chemin de la raison » [11].

Bien que, comme l’avait assuré en avril 2009, Harez Cheikh Al Dari, secrétaire général de l'Association des Oulémas Musulmans d'Irak lors d’une interview avec la CEOSI [12], ces appels aient eu un faible retentissement, ils ont entraîné une plus grande facilité de mouvement pour les groupes de la résistance dans les zones contrôlées par ces forces. Pour des analystes comme Adel Al Bayati [13], ces groupes « pourraient commencer à se convertir en organisations armées affrontant tant le gouvernement que les forces américaines ».

Actuellement, des informations commencent à parvenir au sujet de cette conversion ainsi que celles sur l’arrestation de trois membres des Conseils Al Sahoua, à la fin avril 2009 au nord de Babylone, alors qu’ils posaient un engin explosif de fabrication artisanale [14], de même que les déclarations d'Abou Omar, leader d'Al Sahoua au nord de Bagdad au quotidien Times le 3 mai dernier dans lesquelles il assure que plus de 50 de leurs 175 combattants ont abandonné leur milice. Selon des sources de la résistance citées par ce même quotidien, « il y a des Sahoua qui ont perdu jusqu'à la moitié de leurs combattants parce qu’ils ont rejoint la résistance » [15].

Un membre des forces d'Al Sahoua à Addamiya nous a parlé ouvertement de la situation : « Plus de la moitié de nos camarades n'ont pas reçu leur salaire, donc ils doivent trouver de quoi vivre, chercher un autre travail. Évidemment, ils n'ont pas rendu leurs armes ».

La situation actuelle des membres des Conseils Al Sahoua est résumée, dans le même article du Times, par Jalaf Ibrahim, qui a récemment démissionné de la tête du Conseil d'Al Sahoua à Huwaiya, près de Kirkouk : « Nos membres se sont convertis en même temps en objectifs d'Al Qaïda et des forces de sécurité du gouvernement ».

Selon des données officielles US, 125 membres d'Al Sahoua visés par des attaques sont morts ces six derniers mois [16], en plus des 200 morts durant les 18 premiers mois d'activité [17].

Al Maliki et sa réconciliation avec les baathistes.

Dans un louable exercice d’acrobatie politique, Al Maliki est parvenu à sortir renforcé de la rhétorique du retour des baathstes en Irak, un fait inacceptable pour les Iraniens et, par conséquent, pour leurs acteurs sur la scène irakienne, parmi lesquels Al Maliki lui-même tient rôle important. Aux moments les plus difficiles, il y a un peu plus d'un an, il avait reçu de fortes pressions de la part des USA pour incorporer d'anciens membres du régime baathistes dans les forces de sécurité et dans la vie politique en vue de donner de la crédibilité au nouveau discours sur la réconciliation nationale que Washington essayait de vendre et dont le principal artisan devait être Al Maliki lui-même.

Le 13 janvier 2008, le Parlement irakien a approuvé la loi qui annulait partiellement ladite loi de débaathification imposée par le proconsul Paul Bremer et selon laquelle l'État ne pouvait pas engager d’adhérent du Parti Baath. Dans la pratique, cette mesure a signifié de laisser cinq millions de personnes sans emploi, car dans un Irak détruit, aux frontières ouvertes et sans tarifs douaniers pour les importations, il n'y a pas de possibilité de travail autre que dans l'administration et, plus concrètement, dans les forces de sécurité. Presqu'un an et demi plus tard, dans la plus optimiste des analyses, l'application réelle de la loi est très faible. En réalité elle est restée circonscrite à la galerie des actes symboliques qui n'ont pas d’application dans la pratique.


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n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Suite - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

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Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



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Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion    Suite

1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

 1-2 Robert Parry : Condoleeza Rice, les crimes de guerre et la presse.

Durant les trois années de carnage en Irak, la secrétaire d'État Condoleezza Rice a abandonné sa notion maintenant discréditée à propos d'un « champignon nucléaire » et donne maintenant à l'invasion une justification stratégique qui la place carrément en opposition au principe de Nuremberg qui interdit la guerre d'agression.

Le 31 mars, s'adressant à un groupe d'experts en politique étrangère à Blackburn, Angleterre, Rice a dit que l'invasion de l'Irak était justifiée parce que le président Saddam Hussein « allait nulle part » et « nous n'allions pas avoir un nouveau Moyen-Orient avec Saddam Hussein au centre ». (Washington Post, 1er avril 2006)

Elle avait tenu des propos semblables dans une entrevue à l'émission « Meet the Press » du réseau NBC le 26 mars, lorsqu’elle a dit que l'invasion de l'Irak était nécessaire pour éradiquer « le vieux Moyen-Orient » dont la prétendue culture de la haine aurait indirectement contribué aux attentats terroristes du 11 septembre 2001.

« Si vous croyez vraiment que la seule chose qui s'est produite le 11 septembre est que des personnes ont foncé sur des immeubles avec des avions, je crois que vous avez une vue très étriquée de ce que nous avons affronté ce jour-là », a dit Condoleezza Rice. « Nous avons affronté le produit d'une idéologie de la haine partout au Moyen-Orient et il nous fallait y remédier. Saddam Hussein faisait partie de ce vieux Moyen-Orient. La nouvelle Irak fera partie du nouveau Moyen-Orient, et nous serons tous plus en sécurité. »

Mais cette doctrine (selon laquelle l'administration Bush a le droit d'envahir d'autres pays pour des raisons aussi vagues que l'ingénierie sociale) constitue un rejet du principe de Nuremberg et de la clause de la charte de l'ONU interdisant la guerre d'agression, deux principes formulés dans une grande mesure par les leaders américains d'il y a 60 ans.

La proscription de la guerre d'agression était un élément central du procès de Nuremberg, après la Deuxième Guerre mondiale, une conflagration qui avait commencé avec la fabrication d'un prétexte par l'Allemagne d'Adolf Hitler pour attaquer la Pologne, en 1939.

Avant la fin de cette guerre, six ans plus tard, plus de 60 millions de personnes allaient mourrir.

Robert Jackson, le juge de la Cour suprême qui représentait les États-Unis à Nuremberg, a clairement énoncé que le déclenchement de la guerre d'agression contre la Pologne était une raison suffisante pour justifier l'exécution des hitlériens et que le principe s'appliquerait à tous les pays à l'avenir.

« Notre position est que, quels que soient les griefs d'une nation, aussi répréhensible que puisse être le statu quo à ses yeux, la guerre d'agression est un moyen illégal de régler ces différends ou de changer ces conditions », a dit le juge Jackson.

« Qu'il soit clair que si ce principe est d'abord appliqué aux agresseurs allemands, il s'applique aussi à toute autre nation et doit condamner, s'il doit servir à des fins utiles, toute agression, y compris par les pays qui se prononcent aujourd'hui en jugement. »

Ce principe de Nuremberg qui interdit l'agression militaire sauf en cas de légitime défense ou si elle est autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU, fut incorporé à la Charte de l'ONU avec le plein appui des États-Unis.

Blair nerveux

Ce principe fondamental de la conduite internationale explique pourquoi le premier ministre britannique Tony Blair voulait si ardemment le vote du Conseil de sécurité autorisant l'invasion de l'Irak, ou du moins une preuve incontestable que l'Irak demeurait une grave menace militaire pour les autres pays. Blair savait, en raison d'avis juridiques internes, que l'invasion serait illégale.

C'est pour cette raison que l'administration Bush a fait tant de tapage au sujet des prétendues armes de destruction massive (ADM) de l'Irak, tapage qui comprend la célèbre déclaration de Condoleezza Rice à l'effet qu'elle ne voulait pas que la fumée du canon (la preuve de l'existence d'ADM) devienne un « champignon nucléaire ».

Bush avait même songé à créer de toute pièce une casus belli en amenant l'Irak à ouvrir le feu sur un avion de reconnaissance U-2 portant le sigle de l'ONU pour obtenir le soutien de l'ONU, selon le procès verbal d'une réunion de 31 janvier 2003 au bureau du président où se trouvaient Bush, Blair et des conseillers supérieurs, dont la conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice.

Malgré la promesse de Bush à cette réunion de « tordre le bras et même de menacer » d'autres nations, les États-Unis n'ont pas réussi à gagner l'appui à l'invasion de suffisamment de pays membres du Conseil dé sécurité, surtout que l'Irak avait donné libre accès aux inspecteurs de l'ONU pour fouiller les sites où étaient censées se trouver des ADM et qu'aucune n'a été trouvée.

Le 19 mars 2003, Bush a décidé d'envahir l'Irak de toute façon. Il renversait le gouvernement de Saddam Hussein trois semaines plus tard mais s'est heurté à une insurrection meurtrière qui a amené le pays au bord de la guerre civile.

Des dizaines de milliers d'Irakiens, peut-être même plus de 100 000 ont été tués.

Les inspecteurs américains n'ont pas trouvé d'ADM eux non plus. Les allégations au sujet de la collaboration de Saddam Hussein avec al-Qaïda se sont également avérées sans fondement.

Petit à petit, Rice et les autres conseillers supérieurs de Bush sont passés de l'argument au sujet d'ADM à une justification stratégique, soit la transformation politique du Moyen-Orient.

Cette nouvelle justification, qui se résume à l'affirmation d'un droit spécial des États-Unis d'envahir et d'occuper tout pays qu'ils perçoivent comme un obstacle à leurs visées dans le monde, est dérivée du projet néo-conservateur des années 1990 « pour le nouveau siècle américain ».

« Aux yeux des néo-conservateurs, la guerre en Irak avait à voir non pas avec le terrorisme, mais avec le rapport critique entre Saddam Hussein et l'affirmation du pouvoir américain », écrivent Stefan Halper et Jonathan Clarke dans leur livre America Alone. « Saddam Hussein offrait en pratique l'occasion de préciser les objectifs et obligations morales des États-Unis dans le monde. »

Les architectes du Projet pour le Nouveau Siècle américain voyaient Saddam Hussein comme une atteinte à la domination mondiale de l'Amérique parce qu'il avait survécu à plusieurs affrontements avec la première administration Bush et l'administration Clinton. Son élimination monterait au monde qu'il y a de graves conséquences à résister au statut permanent de l'Amérique en tant que puissance mondiale unipolaire.

Une nation indécise

Mais le public américain était moins disposé à soutenir, financièrement ou par le sang versé, une déclaration aussi ouverte de desseins impériaux.

L'invasion de l'Irak fut donc présentée comme une action défensive, pour protéger le peuple américain contre une attaque qui pourrait être encore plus dévastatrice que les attentats du 11 septembre.

Vers la fin de 2002 et le début de 2003, l'administration Bush et ses alliés dans les médias firent également une démonstration de leur domination des affaires politiques intérieures en créant l'hystérie nationale en faveur des visées guerrières de Bush en Irak.

Les rares voix dissidentes, comme l'ancien vice-président Al Gore, furent noyées dans le ridicule ou sous des accusations de trahison. Lorsqu'une chanteuse du groupe Dixie Chicks osa critiquer Bush, une collection de ses disques fut écrasée dans une démonstration de colère par des camions de 15 tonnes.

Des appels à la prudence d'alliés de longue date, comme la France et l'Allemagne, se heurtèrent aussi à la fureur. Les « French fries » furent rebaptisées « freedom fries » et les fervents partisans de Bush versèrent des bouteilles de vin français sur le bord des routes.

La presse nationale succomba aussi à la vague de chauvinisme. Le New York Times et le Washington Post publièrent en première page des articles en appui aux déclarations de Bush et enterrèrent ou supprimèrent les articles qui remettaient en question le bien-fondé de la guerre. Phil Donahue du réseau MSNBC fut congédié pour avoir donné la voix à trop d'adversaires de la guerre à son émission.

Même lorsque les prétentions au sujet des ADM furent démenties, les médias américains minimisèrent l'importance des révélations qui présentaient Bush sous un mauvais jour.

En 2005, les principaux médias boycottèrent les révélations de la « Note de service de Downing Street », qui rapportait les propos du chef du renseignement britannique qui affirmait en juillet 2002 que les renseignements favorables à la guerre étaient « truqués ».

Condoleezza Rice la vedette

Aujourd'hui, les médias américains ferment l'oeil sur la nouvelle justification de guerre de Rice. Il n'y a eu pratiquement aucun commentaire dans la grande presse sur l'affirmation extraordinaire, par un secrétaire d'État, que les États-Unis ont le droit d'envahir d'autres pays comme moyen d'éliminer quelque chose d'aussi vague qu'une « idéologie de la haine ».

La presse s'intéresse beaucoup plus à sa garde-robe et à ses perspectives d'emploi, qu'il s'agisse de son désir confessé de devenir commissaire de la National Football League ou des ouï-dires à l'effet qu'elle devienne colistière du prochain candidat à la présidence du Parti républicain.

Les grands médias américains, en ne s'objectant pas à la doctrine nébuleuse de Rice, semblent dire qu'il n'y a rien de mal, sur le plan moral ou sur le plan légal, à envahir un pays qui ne menace pas les États-Unis.

Par exemple, le rédacteur en chef du Washington Post, Fred Hiatt, qui a souvent battu les tambours de la guerre en Irak, reproche aux congressistes démocrates de ne pas épouser la vision d'attaque préventive de Bush dans le cadre d'une « lutte prolongée » contre « une nouvelle idéologie totalitaire » dans le monde islamique.

« Les démocrates rejettent implicitement presque tout ce que dit l'administration Bush sur la façon dont les attentats du 11 septembre ont changé le monde », écrit-il dans un article intitulé « Vision étroite des démocrates ». (Washington Post, 3 avril 2006)

Le silence des médias américains au sujet de la nouvelle justification de guerre de Rice laisse entendre qu'il n'y a rien de répréhensible ou d'alarmant à ce que l'administration Bush tourne le dos aux principes du comportement civilisé proclamés par les représentants des États-Unis au procès de Nuremberg il y a 60 ans.

Robert Parry

Consortium News,

3 avril 2006

* Robert Parry est l'auteur de plusieurs révélations au sujet de l'affaire Iran-Contra dans les années 1990 pour le compte de l'Associated Press et de la revue Newsweek.

On peut commander son plus récent ouvrage, Secrecy & Privilege : Rise of the Bush Dynasty from Watergate to Iraq, à secrecyandprivilege.com.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)


1-3 La base turque d'Incirlik, enjeu stratégique US.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Pas un avion de combat, plus un seul transfert de troupes depuis des mois. Incirlik, la gigantesque base militaire turque utilisée en partie depuis plus d'un demi-siècle par l'armée de l'air américaine, apparaît bien calme, accolée à Adana, populeuse métropole du sud du pays.

A peine une demi-douzaine d'avions cargos de l'US Air Force attendent, la gueule ouverte, leur chargement.

Même la piscine, le terrain de golf et l'aire de base-ball semblent abandonnés au soleil triomphant. A l'abri des hauts grillages, parmi les allées pavillonnaires bien entretenues, seuls un café Starbucks fraîchement installé et le bâtiment central de commandement renvoient l'image d'une certaine activité.

Un demi-siècle d'existence

1951
Construction de la base Incirlik. La Turquie entre dans l'OTAN.

1969
Accord de coopération et de defense signé entre Ankara et Washington.

1970
Les Américains passent de 35 000 à 16 000 hommes.

1980
Nouvel accord de coopération économique et de defense.

2007
Plus de 70 % des avions-cargos américains à destination de l'Irak passent par Incirlik.

2009
La base compte 4 500 Américains dont 1 500 soldats.

 

"Cela fait quelque temps que mon téléphone ne sonne plus", reconnaît Philip McDaniel, la cinquantaine robuste et décontractée. Colonel en charge des opérations américaines de la base, il s'empresse d'ajouter dans un sourire qui en dit long : "Mais je sais que l'on parle d'Incirlik en plus haut lieu." Une façon d'évoquer à sa manière l'hypothèse d'un retour au premier plan de ce site hautement stratégique pour les Etats-Unis et utilisé, à maintes reprises, comme formidable moyen de pression diplomatique par les hommes forts d'Ankara.

La visite, début mars, de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, dans la capitale turque, et la récente tournée de deux jours du président Barack Obama, qualifiée de succès par tous les commentateurs, ont mis en lumière le rôle central qu'Ankara peut jouer dans la nouvelle politique régionale américaine. Missions de bons offices avec l'Iran, Israël et la Syrie, la Géorgie ; rencontres tripartites avec les chefs d'Etat afghan et pakistanais : les Turcs, après les années de tensions liées à l'administration Bush, avancent sur la scène internationale munis d'un feu vert des Américains.

Surtout, l'allié de l'OTAN pourrait être appelé à jouer une plus grande partition en Irak et en Afghanistan. "Des enjeux pour lesquels nous partageons des objectifs communs", assure-t-on à l'ambassade américaine à Ankara.

Le retrait programmé des troupes d'Irak a été unanimement salué par les dirigeants turcs. Et le renforcement des unités américaines en Afghanistan pourrait s'accompagner prochainement d'une augmentation du nombre d'experts et de militaires turcs dans la région. Deux théâtres d'opération où "Incirlik continuera de jouer un rôle important", ajoute, d'une formule elliptique, la source américaine, avant de lâcher : "Rien que pour l'Irak, cette base reste vitale pour nos opérations."

Construite par les Etats-Unis aux premières heures de la guerre froide en raison de son emplacement idéal pour ses bombardiers - une météo dégagée toute l'année, un rayon d'action couvrant tout le Moyen-Orient et plaçant Moscou à seulement 1 600 km -, Incirlik n'a cessé d'élargir son périmètre d'intervention. C'est d'ici qu'est venu le soutien aérien pour le déploiement militaire américain au Liban lors de la crise de l'été 1958. Ici que les fameux avions espions U-2 ont longtemps été camouflés. Ici encore que l'armée américaine stocke, selon différentes organisations non gouvernementales (ONG), des ogives nucléaires - 90 bombes B 61, d'après les dernières estimations. "Sujet sur lequel je ne me prononcerai pas", coupe court, avec son sourire immuable, le colonel McDaniel.

Mais c'est à partir de la première guerre du Golfe (1990-1991) que la base gagne sa notoriété dans la région. Transformée en quartier général de l'armée américaine, Incirlik s'impose comme la rampe de lancement des principales offensives militaires et missions de bombardement. Capable de gérer deux opérations simultanément, le site sert aussi de point de rotation pour l'acheminement d'aide humanitaire aux Kurdes irakiens.

Après l'interdiction de survol du nord de l'Irak imposé en 1991 au régime de Bagdad, plus de 50 % des missions américaines dans le monde gravitent, selon la revue Air Force Times, par la Turquie. Un rôle-clé qui poussera Oussama Ben Laden à placer la base parmi les cibles de son organisation, Al-Qaida.

L'invasion irakienne, lancée par l'administration Bush, ternira durablement les relations entre Washington et Ankara. En mars 2003, les députés turcs refusent aux soldats américains de fouler le sol du pays. Six mois d'âpres négociations sont nécessaires pour que le gouvernement contourne le vote du Parlement et autorise les Etats-Unis "en tant qu'alliés" à utiliser Incirlik pour faciliter l'approvisionnement des troupes.

Il n'empêche, la base devient, selon l'expression de Frank Hyland, ancien agent de la CIA et aujourd'hui expert à la Jamestown Foundation, l'"otage" d'Ankara.

Tracasseries administratives, autorisations de survol du territoire accordées au compte-gouttes... En 2007, les Turcs menacent de retirer leur soutien logistique si le Congrès américain adopte un texte qualifiant de génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman, au début du XXe siècle. Robert Gates, l'actuel secrétaire d'Etat à la defense, qui occupait ce poste durant cette période, s'oppose alors à la résolution, invoquant "les implications considérables" pour les opérations militaires américaines en cas de représailles.

Le vote est repoussé. La même année, suite à de nouvelles pressions, le président George Bush accepte de fournir des informations en temps réel sur la localisation des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) obtenue grâce aux vols de surveillance dans le nord de l'Irak.

"Ce jeu-là est désormais terminé", assurent les experts militaires américains rencontrés à Incirlik et Ankara. "La lune de miel entre les Etats-Unis et la Turquie pourrait faire d'Incirlik un des symboles de ce renouveau, poursuit dans la même veine Lale Sariibrahimoglu, spécialiste des questions de defense au quotidien Taraf. Même si le transport d'armes et de soldats américains passe toujours aussi mal aux yeux de l'opinion publique turque, qui verra le chargement des avions en dehors des militaires turcs ?"

Pour Selin Bölme, doctorante sur Incirlik à l'université d'Ankara, l'importance de la base devrait également se vérifier dès le retrait du gros des troupes américaines d'Irak, en août 2010. "En cas d'une dégradation de la situation ou d'un imprévu dans la région, elle offre la réponse la plus rapide et la moins coûteuse, affirme-t-elle. Les bases allemandes sont éloignées et chères. Les sites américains alternatifs comme ceux d'Irak ou du Caucase ne possèdent, eux, ni son potentiel ni sa fiabilité."

Pour l'heure, 50 % des avions cargos militaires destinés à l'Irak passent par Incirlik. Chaque jour, six à huit imposants C-17 décollent des longues pistes de la base. Deux d'entre eux partent pour l'Afghanistan, selon les chiffres avancés par le colonel McDaniel. "C'est un peu moins pour l'Irak qu'il y a quelque temps, glisse-t-il, et un peu plus pour le terrain afghan." Comme en écho d'une tendance qui s'annonce.

LE MONDE |

04.05.

Nicolas Bourcierhttp://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/04/la-base-turque-d-incirlik-enjeu-strategique-americain_1188554_3214.html

 


n°438 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Fin - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.

n°438 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 28-05 –Fin - : L’amélioration de la situation sécuritaire en Irak : un faux-semblant.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

 

                 n°438                            28/05/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

2-3 Ron Paul : La politique étrangère US continue de correspondre aux vœux des néoconservateurs…

2-4 Introduction au commerce des armes.




2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis – comme le montre le cas du Brésil. 

Le débat médiatique autour des méthodes de torture pratiquées par des agents des services secrets U.S. pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un dérapage incontrôlé et que la torture est étrangère aux pratiques policières de ce pays.

 C’est en tout cas ce que répètent les commentateurs de presse et les journalistes sur toutes les chaînes U.S…. quelle ironie !

Les Etats-unis non seulement pratiquent la torture depuis deux siècles, mais l’ont perfectionnée “scientifiquement” et ont fondé non moins de 5 académies où elle est activement théorisée et enseignée.

Et la nomination du chef des “Opérations Spéciales” comme commandant en chef en Afghanistan prouve que l’Administration Obama reste convaincue de l’efficacité de ces méthodes pour écraser un mouvement de résistance.

A. J. Langluth connait bien le sujet, il a étudié en détail les stratégies “anti-insurrectionnelles” mises en oeuvre par les Etats-unis dans les années 1960-1970 pour soutenir les différentes dictatures militaires dans la région.

Pour lui, “la seule différence entre la participation américaine aux atrocités commises en Amérique du Sud dans les années 1960 et les “techniques poussées d’interrogation” employées aujourd’hui est que, de nos jours, les officiels semblent être fiers de ce qu’ils font, alors qu’à l’époque on s’efforçait de nier ce secret honteux.

A.J. Langguth est l’auteur du livre “Hidden Terrors: The Truth About U.S. Police Operations in Latin America.”

A l’heure où le President Obama se débat avec les accusations de torture portées contre des agents des services secrets U.S., je lui conseille d’aller en parler avec l’ancien chef du groupe majoritaire au Sénat U.S., Tom Daschle.

J’ai rencontré Daschle pour la première fois en 1975, quand il était l’assistant du Sen. James Abourezk du South Dakota, qui menait une campagne assez solitaire contre les abus de le CIA.

 A l’époque, je menais une enquête dans le but d’écrire un livre sur le rôle joué par les Etats-unis dans l’extension des dictatures militaires en Amérique latine. Dashle m’avait autorisé à consulter les dossiers du Sénateur et j’ai passé une soirée à compulser des rapports relatant la complicité des U.S. dans des actes de torture et d’atrocités contre des civils. Les rapports venaient d’Iran, de Taiwan, de Grèce ainsi que, depuis 1960, du Brésil et de quasiment tous les pays du continent sud-américain.

Malgré le fait que j’avais vu pas mal de choses peu ragoutantes au Sud-Vietnam, j’étais encore suffisamment naïf à l’époque pour être surpris, puis scandalisé par le degré d’implication de mon pays dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus en Amérique latine.

Nos interférences dans la vie politique de ces pays n’étaient pas dépendantes du parti qui occupait la Maison Blanche. Ainsi, notre intervention au Brésil a commencé tout au début des années 1960, sous un président Démocrate. 

A l’époque, l’obsession de Washington vis à vis de Cuba était l’équivalent de la panique qui a saisi l’administration U.S. après les attentats du 11 septembre 2001. L’équipe autour de Kennedy à la Maison Blanche était décidée à empêcher à tout prix l’émergence d’un autre régime socialisant dans cette partie du monde. Robert Kennedy, qui était ministre de la justice, s’intéressait beaucoup aux méthodes de lutte anti-communiste, y compris le fameux Office of Public Safety (OPS). 

L’OPS avait été crée sous le President Eisenhower, avec une mission directement inspirée de l’après guerre en Europe et dans le Pacifique, notamment l’administration américaine de territoires sinistrés par la guerre — il s’agissait d’aider les pays à professionnaliser leurs forces de police, en Asie, en Afrique mais aussi – tout particulièrement – en Amérique latine. L’intention était louable, mais Byron Engle, le génial directeur de l’OPS avait fait toute sa carrière dans la CIA et son programme faisait partie d’une opération plus large pour identifier des recrues potentielles dans les populations locales afin d’établir un réseau d’agents.

Malgré le fait que Engle se donnait beaucoup de mal pour ne pas apparaître comme une antenne de la CIA, l’opinion publique ne s’y trompa jamais. Ainsi, quand Dan Mitrione, un employé de l’OPS envoyé en Uruguay pour former la police locale, fut assassiné par la guerilla gauchiste des Tupamaros à cause de son implication dans la torture d’opposants politiques, toute la presse souligna son appartenance… à la CIA.

Au Brésil, après l’élection du Président Joao Goulart, la participation de quelques “socialistes” au cabinet présidentiel et deux ou trois allusions à une possible réforme agraire mirent les Etats-unis en alerte.  Robert Kennedy fit le voyage au Brésil pour intimer l’ordre à Goulart de se débarasser de deux membres de son équipe, considérés comme trop “rouges”. Pendant ce temps là, le bureau de Lincoln Gordon, ambassadeur au Brésil nommé par J.F. Kennedy, devint la plateforme centrale de tous les efforts orchestrés par la CIA pour déstabiliser le gouvernement Goudard.

Le 31 mars 1964, avec l’aide directe de l’attaché militaire U.S. Vernon Walters qui lui fournit assistance financière et logistique, le général brésilien Humberto Castelo Branco organisa un coup d’état militaire contre Goulard. Craignant de déclencher une guerre civile, Goulart accepta de quitter ses fonctions et s’enfuit à Montevideo, Uruguay.

L’ambassadeur Gordon retourna à Washington sous les vivats de ses collègues de Langley. Il fut convoqué par Robert Kennedy, qui portait encore le deuil de son frère, assassiné en Novembre dernier et qui lui parla du président déchu Goulart en ces termes  : “Eh bien, il a eu ce qu’il méritait. Je suis allé personnellement le prévenir de ce qui l’attendait s’il ne suivait pas nos conseils. Ca lui apprendra.”

 

On ignore si le peuple brésilien méritait ce qu’il a eu, mais la décennie suivante fut sanglante et répressive au Brésil. Obsédés par la “subversion rouge”, les généraux écrasèrent les syndicats, la presse libre et les associations d’étudiants. La nouvelle police brésilienne, mettent en application les méthodes efficaces apprises dans les formations de l’OPS, se mit a pratiquer la torture de manière systématique contre les opposants politiques, faisant même fabriquer des appareils spécialement conçus pour l’opération. Au bout d’un an, l’Académie militaire ouvrit un “Centre technique d’interrogatoires” dans la banlieue de Rio de Janeiro, une école de formation aux techniques de torture et de contre-insurrection. Un des stagiaires se souvient notamment d’un cours où l’on apprenait aux sergents de police à infliger le maximum de douleur à un prisonnier en laissant le moins de traces possibles. Des anciens officiers français de la guerre d’Algérie participaient à ses “stages” de formation… ainsi que des invités argentins, chiliens et paraguayens qui n’allaient pas tarder à mettre en pratique ces enseignements.

L’une des victimes de ces “stages de torture” est Fernando Gabeira, un jeune journaliste du Jornal do Brasil qui avait soutenu la résistance à la dictature et fournit un soutien logistique dans l’enlèvement, en 1969, de l’ambassadeur des Etats-unis Charles Burke Elbrick – qui fut relâché après 4 jours de captivité. Quand je l’interviewais, Gabeira me raconta qu’il avait été plusieurs fois torturé avec des décharges électriques sur ses testicules. Un autre prisonnier avait eu ses testicules clouées sur une table. D’autres étaient battus à mort. La technique du “waterboarding” était déjà largement pratiquée… selon la légende, ce seraient les français qui l’auraient inventée, lors de la guerre d’Algérie et exportée à travers le monde. Les tortionnaires de Gabeira, quand ils se laissaient aller aux confidences, se vantaient d’avoir été formés aux méthodes “scientifiques” de torture aux Etats-unis.

Dans les sept années qui suivirent le coup d’état de Castelo Branco, l’OPS forma 100,000 officiers de police brésiliens, y compris 600 qui furent envoyés aux Etats-unis. Les cours qu’ils reçurent étaient de nature variée. Tous les instructeurs n’étaient pas des adeptes de la gégenne, certains dénonçaient même la torture comme étant inhumaine et inefficace. Mais d’autres diffusaient un autre message. Le Van An, un étudiant de la police Sud-vietnamienne, a décrit plus tard ce qu’on lui avait appris à l’académie : “Ils disaient que, malgré le fait que les méthodes d’interrogation brutales sont fortement critiquées par les moralistes, leur importance ne peut être niée si nous voulons garantir l’ordre et la sécurité dans nos vies de tous les jours.” 

Les prisonniers politiques n’ont jamais douté du fait que des Etats-uniens participaient aux actions de torture qui proliféraient dans leur pays. Ceux qui furent libérés ont raconté avoir souvent entendu des hommes parlant anglais dans leurs prisons. Au début, ces étrangers sortaient de la pièce quand la torture avait lieu, mais, avec le temps – comme le racontent d’autres prisonniers – ils ont fini par assister de temps en temps aux interrogatoires.

Une étudiante opposante à la dictature, Angela Camargo Seixas, m’a raconté comme elle était frappée, suspendue par les bras et comment on la torturait à l’électricité, avec des fils insérés dans son vagin. Lors de ses interrogatoires, elle a réalisé que le plus fort de sa haine était dirigé non pas contre ses compatriotes tortionnaires mais contre les Nord-américains qui supervisaient la torture. Elle s’est jurée de ne jamais pardonner aux Etats-unis son soutien à la dictature et son entrainement des forces de police répressives.

Flavio Tavares Freitas, un journaliste et militant d’une église chrétienne, partage cette colère. Lors d’une séance de torture, on lui avait inséré des fils électriques dans les oreilles, entre ses dents et dans son anus.. à un moment il a réalisé le petit générateur électrique gris qui produisait les décharges de courant affichait, sur l’une des ses faces, le logo bleu et blanc de l’agence d’aide au développement USAID. 

Un autre leader de la contestation étudiante, Jean Marc Von der Weid, raconte comment on avait branché son penis sur un téléphone militaire alimenté par une manivelle. Von der Weid, qui était un réserviste de la marine se souvient avoir reconnu le téléphone, c’était le même modèle que ceux fournis par les Etats-unis dans le cadre de leur programme d’assistance militaire.

Les victimes disent souvent qu’au début elles reprenaient espoir quand elles voyaient surgir la blouse blanche d’un médecin, lors des séances de torture. Sûrement le médecin allait demander l’arrêt des violences. Mais ils découvraient très vite que l’unique fonction du médecin était de s’assurer qu’ils étaient encore en suffisamment bon état pour survivre une nouvelle séance de chocs électriques.

Le directeur de la CIA, Richard Helms, a tenté une fois de rejetter des accusations contre son agence en déclarant que la nation américaine devait toujours partir du principe que la CIA est composée d’hommes “honorables“.
Cette affirmation s’est vite envolée quand, en 1975, le Sénateur Frank Church a dirigé une commission d’enquête du Sénat et dont les auditions publiques d’agents de la CIA ont démontré à quel point le comportement de la CIA était à des années lumières d’une quelconque “honorabilité“.

 

Mais revenons à Tom Dashle et le Sénateur Abourezk… avant même le retour à a démocratie au Brésil, en 1985, il avait réussi à faire fermer une base militaire au Texas réputée pour ses formations aux “techniques subversives” y compris la fabrication de bombes et la planification d’attentats. Dans la foulée, l’OPS se vit accuser d’être le chef d’orchestre de la répression policière et la CIA se rendit compte qu’elle ne pouvait plus maintenir la façade de cette antenne. Les fonds furent coupés et l’OPS disparut… pour être remplacé par des actions ponctuelles, menées par des “sous-traitants” privés ou bien des milices de pays amis, formées au titre de la coopération militaire. 

Si on regarde en arrière, qu’est-ce qui a changé depuis 1975 ? Au Brésil, une commission Vérité et Réconciliation a été mise en place et elle a identifié 339 cas d’assassinats politiques commandités par le gouvernement militaire. En 2002, un ancien leader syndical, ex-prisonnier politique sous la dictature, du nom de Luiz Inacio Lula da Silva à été élu président du Brésil. Il sert aujourd’hui son deuxième mandat.

Fernando Gabeira est rentré au Brésil et a écrit un livre où il raconte l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-unis, son arrestation et son séjour en prison. Le livre est devenu un best-seller au Brésil. Gabeira est devenu député et, en octobre dernier, a failli, à 1,4% près, devenir le maire de Rio de Janeiro.

Et aux Etats-unis, qu’est ce qui a changé ? En 1975, les officiels U.S. se voyaient encore obligés de cacher le fait qu’ils pratiquaient la torture. Ils niaient et avaient honte de ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui, tant les théoriciens que les praticiens de la torture donnent l’impression de légitimer ce qu’ils font, voire même d’en être fiers.

[A.J. Langguth –

Los Angeles Times - revu par l'auteur pour PLN –

03/05/2009 –

Trad. Gregor Seither]
http://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/16/la-torture-est-une-tres-ancienne-tradition-aux-etats-unis-comme-le-montre-le-cas-du-bresil/
Source originale :
http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-langguth3-2009may03,0,6987276.story


2-2 Tortures américaines d’inspiration française.

Le 15 avril l’administration Obama a publié le mémorandum de la torture, qui autorisait la CIA à torturer des présumés terroristes islamistes lors des interrogatoires entre 2002 et 2005.

Le mémo décrit quelques tortures mises en œuvre par les services secrets américains, à l’encontre de détenus convaincus de terrorisme islamiste. Le mémo détaille uniquement quelques unes des méthodes censées faciliter l’interrogatoire. Tel que ; la mise à nu du détenu, sa privation de sommeil, son enchainement ou le port de couches-culottes. Il est décrit l’altération des conditions de vie et de la nourriture des détenus. Il est aussi détaillé les parties du corps où il est possible de frapper le détenu. Enfin il est fait mention des symboliques waterboarding (simulacre de noyade) ou walling (jeté contre un mur), légalisés en février 2009 par l’administration Bush. Tout cela avait été en partie révélé par le scandale des tortures de la prison irakienne d’Abou Ghraib.

Assez opportune, la révélation de ce mémo par Barack Obama est censée apporter plus de transparence à l’administration américaine et lui donner une image neuve. De là à penser que cela servirait au calcul politique, pour amoindrir encore la côte de popularité des conservateurs ou même pour simplement détourner l’attention de la difficulté de la relance économique. On peut noter aussi que certaines parties du mémo sur la torture ont été censurés. On peut donc supputer, que certaines autres pratiques que celles révélées ont toujours le droit de cité dans les services secrets américains. Barack Obama a aussi promis une totale impunité à tous les agents des services qui ont participé aux opérations de torture. Bien que l’intention d’une opération main propre soit louable, elle doit aussi être regardée d’un oeil critique.

Il serait pourtant facile de crier :“horreur”, face à ces pratiques barbares, justifiées par l’administration américaine, par le seul prétexte de sous tirer quelques informations, pouvant servir à la sécurité nationale. Mais en tant que français, je me sens obligé de m’abstenir, de juger les méthodes américaines. Nous ne sommes pas des modèles.

Près de nous, il suffit de connaitre les méthodes policières utilisées lors des gardes à vue ou des arrestations, pour se convaincre que la France est proche des méthodes de torture : Rapport Amnesty internationnal. On peut se souvenir encore de la condamnation de la France par la CEDH (Selmouni contre France en 1999) pour torture, traitement inhumain ou dégradant.

Plus loin de nous, nous avons nous aussi organisé et institué la torture en France, lors d’évènements terroristes. Je pense à la guerre d’Algérie. La France a alors excellé dans la pratique des tortures et de la guerre subversive en vue de soutirer des informations au torturé ou parfois même simplement par vice.

Il était par exemple préconisé de frapper le supplicié au visage ou dans les organes génitaux, à coups de bâton, de tuyau ou aux poings. La spécialité c’est le fallaqa (le coup de bâton, de fil électrique sur la plante des pieds). Il y aussi la méthode du chiffon. On attache le torturé, puis on place un chiffon dans sa bouche, pour introduire de l’eau sale afin de remplir l’estomac du supplicié. Enfin on le frappe pour faire régurgiter l’eau. On suspend par les poignets ou les chevilles pour frapper le torturé. Nous avons littéralement inventer la torture électrique. On attache le supplicié sur une chaise, et on le raccorde à des fils électriques, de préférence à des parties sensibles (parties génitales ou mamelons). On invente même la matraque électrique pour torturer, ancêtre en quelque sorte du tazer. On brûle aussi, à la cigarette, on provoque des brûlures à l’essence, ou plus moderne on utilise le chalumeau ou le fer à souder. L’une des pratiques de l’armée française, c’est l’épreuve de l’échelle. On attache le supplicié à une échelle et on la laisse tomber face contre terre, ce qui provoque des fractures au visages ou plus souvent un écrasement de la face. On arrache aussi poils et peau à la tenaille ou plus simplement on utilise des armes blanches. On pratique aussi des tortures psychologiques, en simulant des exécutions, en provoquant des insomnies, en faisant croire au supplicié que l’on s’apprêtait à commettre des viols sur ses parents. On prive d’hygiène, de nourriture et on maintient les détenus dans des trous recouvertes de barbelés. Nous n’avons donc rien à envier à l’administration américaine en matière de torture. Et nous nous sommes jamais excusé pour ces pratiques. Au mieux nous avons accordé une indemnité forfaitaire, en 2005, aux victimes des dérapages de l’armée française dans le courant de la guerre d’Algérie.

Ce que l’on sait moins c’est que la France a théorisé ces méthodes de torture et de guerre subversive, au point de l’ériger en modèle. On enseignera dans certaines écoles militaires après la guerre d’Algérie des leçons de “guerre contre révolutionnaire”. ou plus prosaïquement, de torture Les méthodes françaises deviennent un modèle de pratique. Le colonel Trinquier a par exemple théorisé le savoir faire français dans deux ouvrages de référence ;“La Guerre moderne” et “Guerre, subversion, révolution“. Les bourreaux français vont même s’exporter et vendre leurs compétences à l’étranger.

On retrouvera beaucoup de mercenaires de la tortures françaises en Amérique du sud, en tant qu’instructeurs des tueurs de l’opération condor. Mais aussi ‘ils vont aussi participer à des plans de formation des militaires américains.

 Le premier mémorandum sur la pratique des interrogatoires de l’armée américaine, publié en 1963 ? est totalement d’inspiration française ; the Kurbark counter intelligence interrogation.

Je me retourne sur l’histoire de mon pays, pas si loin de moi. J’ai seulement honte d’être français et d’être occidental. Le 11 Septembre 2001, les journaux français titraient on est tous des américains.

Je partage donc avec eux cette honte, d’appartenir à des terres occidentales qui prônent les droits de l’Homme et pourtant pratiquent la torture.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/tortures-americaines-d-inspiration-54983

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30/05/2009

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Début - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Début - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-1James Cogan : Le Programme Guerrier D'Obama.

1-2 Bill Van Auken : Panetta et la guerre sans fin de Washington.

Suite

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.

Fin.

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

1-7 Tzvetan Todorov : De braves américains devenus tortionnaires.

1-8 Les réactions après que : Le département de la Justice des États-Unis a rendu publics quatre notes de service secrètes de l'administration Bush.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Rappel: Les faits et non le blabla!

2-2 Condoleezza Rice, criminelle de guerre, tu n'es pas la bienvenue au Canada!

2-3 Joelle Penochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

Ambition invariable de domination mondiale des États- Unis

Les États-Unis ont récemment rendu public leur budget militaire pour 2010. Selon les chiffres donnés, ils ont l'intention de dépenser 534 milliards $ à des fins militaires au cours de la prochaine année budgétaire.

Commentant l'annonce, un analyste de Rodong Sinmun notait le 22 mai :

Il s'agit d'une hausse de 4 % par rapport au budget de 2009 de l'administration Bush. Les dépenses militaires annoncées sont plus grandes que les budgets militaires combinés des 25 pays possédant les plus grands budgets militaires.

Au sujet de l'orientation politique de la nouvelle administration américaine, il note :

L'objectif stratégique et l'ambition hégémonique des États-Unis est de placer le monde et ses près de sept milliards d'habitants sous leur domination et contrôle.

Pour l'atteindre, ils se lancent dans une folle course aux armements et se livrent à l'agression et à la guerre.

La nouvelle administration est résolue à déplacer le théâtre de sa « guerre anti-terroriste » vers le Pakistan et d'intensifier l'agression menée sous cette enseigne par l'administration précédente.

Elle multiplie les menaces contre les pays anti-impérialistes et indépendants comme la RPDC.

Les États-Unis accusent à tort la RPDC d'avoir violé des ententes avec le lancement réussi du satellite Kwangmyongsong-2 dans le cadre de son programme spatial à des fins pacifiques. Ils ont fait pression sur le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il émette une « déclaration présidentielle » déraisonnable.

Ils multiplient également les pressions sur l'Iran, trouvant des défauts à son projet de développement nucléaire à des fins pacifiques.

La nouvelle administration américaine accroît également les efforts du côté du programme de défense anti-missile, qui provoque une course mondiale aux armements, et cherche à réaliser ses ambition de domination mondiale par l'expansion et le renforcement de l'OTAN.

Cela prouve de façon éloquente que peu importe à quelle fréquence changent les régimes aux États-Unis, les ambitions impérialistes de domination mondiale basées sur « le droit du plus fort » et un scénario d'hégémonie restent inchangées.

- Agence télégraphique centrale coréenne,

22 mai 2009 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39103.htm#5

 


1 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1James Cogan : Le Programme Guerrier D'Obama.

A la rhétorique mensongère anti guerre d'Obama lors de sa campagne présidentielle succède une "real politik" brutale, d'autant plus brutale que l'homme est un habile manipulateur de mots et slogans, servant d'écran de fumée aux véllèités hégémoniques impérialistes mondiales US.

Obama a déjà du sang de civils afghans et pakistanais sur les mains, et cela ne fera qu'empirer dans les prochains mois.

Les soldats français n'ont pas à servir de chair à canon pour satisfaire le puissant lobby militaro- industriel US dont Obama est le larbin.
Qu'est ce qu'on fait en Irak ?

Envahissons le Pakistan !

Le Programme Guerrier D'Obama

Dés les premiers jours de son entrée en fonctionnement, l'Administration Obama a clairement affiché sa volonté d'escalader la guerre pour soumettre le peuple afghan, intensifier les frappes US sur des cibles à l'intérieur du Pakistan et continuer l'occupation de l'Irak indéfiniment.

Ce qui est entrain de se préparer c'est une escalade brutale de la violence militaire US en Afghanistan et un élargissement de la conflagration dans la région.
Obama a quitté une réunion de deux heures avec les chefs d'état major conjoints hier ( 28/01/09 ndlt) s'engageant à faire en sorte que l'armée reçoive les "ressources et le soutien" nécessaires pour combattre les guerres menées par les US. Il a dit aux journalistes qu'il allait bientôt annoncer "des décisions difficiles que nous allons devoir prendre concernant l'Irak et l'Afghanistan."
Le contenu de ces décisions est apparu mardi lors de la déposition du ministre de la défense Robert Gates devant le Sénat et les Comités sur les forces armées. La nomination de Gates est la preuve sans ambiguïté que le nouveau Président a renoncé à sa rhétorique de campagne qui faisait appel à un sentiment anti guerre largement répandu chez le peuple américain. Gates a été au service l'Administration Bush au même poste pendant ces deux dernières années, et a dirigé l"escalade de la guerre en Irak de début 2007 à début 2008.
Gates a dit aux Sénateurs : " il y a peu de doute que notre plus grand défi militaire actuellement c'est l'Afghanistan. Comme vous le savez, les US se sont concentrés plus sur l'Asie Centrale ces derniers mois. Le Président Obama a fait clairement comprendre que le théâtre d'opération en Afghanistan doit être notre priorité militaire à l'étranger."
Il a ajouté que la guerre en Afghanistan serait "longue et difficile". il a évalué la durée du conflit à court terme à "cinq ans" - au moins jusqu'en 2014. il a dit qu'une augmentation des pertes américaines était "probable" avec un accroissement des opérations contre l'insurrection anti occupation menée par les loyalistes de l'ancien régime des Talibans et d'autres mouvements islamistes afghans.
Gates a mis l'accent sur le fait qu'alors que la nouvelle Administration escalade l'action militaire en Asie Centrale, elle n'a pas l'intention de se retirer d'Irak. Mettant en garde sur le fait que la résistance pourrait surgir contre les forces US en Irak, il a dit qu' " il se pourrait qu'il y ait des jours difficiles à venir pour nos troupes". Même si des unités désignées comme "combattantes" sont retirées, en gros selon l'agenda de 16 mois prévu par Obama, Gates a insisté qu'une force d'une certaine taille resterait et " nous devons encore nous attendre à être impliqué en Irak à un certain niveau pendant un grand nombre d'années à venir."
Il a dit au Comité du Sénat qu'Obama enverrait 30 000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan dés que possible.

La première des quatre brigades de combat demandées l'année dernière par le Général David McKiernan, le commandant des forces US et de l'OTAN en Afghanistan, a déjà occupé des positions à l'Est de la capitale Afghane, Kaboul. Les 3500 soldats de la 10ème Division Mountain ont commencé leurs opérations dans les provinces de Wardak et du Logar.
Des analystes ont prédit qu' Obama donnera l'ordre à la Brigade du deuxième corps expéditionnaire de Marines de se déployer en Afghanistan à la mi printemps. Une autre brigade de Marines suivra à la mi été. La dernière brigade supplémentaire arrivera avant la fin de l'année.
L'intensification des combats ne se limitera pas à l'Afghanistan.

Les insurgés à dominantes ethnique Pashtoun Afghane ont des refuges sûrs et des soutiens indirects parmi la population Pashtoun dans les Zones Tribales sous Administration Fédérale au Pakistan ( FATA).

Par conséquent les US et l'OTAN ont été incapables d'empêcher la résistance afghane de lancer des attaques quotidiennes à travers des zones entières du Sud de l'Afghanistan et de se réapprovisionner à la fois en armes et en hommes.

Conséquence, la détermination d'Obama à placer l'Afghanistan sous contrôle US conduira à des opérations militaires de vaste envergure et en profondeur en territoire pakistanais.
"C'est impossible" a déclaré Gates, " de dissocier l'Afghanistan du Pakistan, compte tenu de la porosité des frontières entre eux". Il n'a laissé planer aucun doute sur le fait que l'armée US continuerait ses attaques aériennes à l'intérieur du Pakistan, sans tenir compte de l'opposition du gouvernement et du peuple pakistanais, sous prétexte que les cibles sont liées à Al Qaeda.
La principale raison de l'invasion de l'Afghanistan en 2001 ce n'était pas pour combattre le terrorisme, mais pour créer une base pour marquer l'influence US sur d'anciennes républiques soviétiques riches en ressources en Asie Centrale.

Lors de l'élection présidentielle de l'année dernière, Obama a servi de porte parole pour des factions de l'Establishment américain qui avaient conclu que de se préoccuper de l'Irak avait eu comme résultat que l'Asie Centrale était entrain de passer sous tutelle économique et politique de la Russie et de la Chine.
Le fait de se reconcentrer sur l'Afghanistan a pour but de renverser cette tendance.

Sous prétexte de sécuriser des voies d'approvisionnement pour les forces armées US qui augmentent, une diplomatie intense est organisée pour établir des droits d'accès et des bases militaires dans des états d'Asie Centrale tels que le Kazakhstan et l'Uzbekistan. Actuellement, la majorité des approvisionnements des forces US et de l'OTAN en Afghanistan se font à travers des défilés frontaliers dans le FATA et sont sujets à des attaques croissantes par les insurgés. Après le sommet de l'OTAN de lundi, le gouvernement russe a annoncé qu'il était prêt à autoriser l'utilisation de son territoire et de son espace aérien pour le transport d'approvisionnements US et OTAN pour l'Afghanistan.
La déposition de Gates indiquait aussi un changement dans les relations entre les US et le gouvernement fantoche qu'ils ont installé à Kaboul du Président Hamid Karzai. Parallèlement à son combat contre "le terrorisme" l'Administration Bush avait justifié l'occupation de l'Afghanistan en faisant constamment référence au fait d'apporter au peuple afghan "la démocratie", "le développement" et les"droits de l'homme".
Gates a réfuté de telles affirmations de la part d'Obama disant aux Sénateurs : " si nous nous fixons comme objectif d'établir une sorte de Valhalla en Asie Centrale , nous perdrons... car personne au monde ne dispose pour cela du temps nécessaire, de la patience et de l'argent, pour être honnête..."
C'est une politique réaliste brutale que suivra l'Administration Obama en Afghanistan. Le gouvernement Karzai est souvent critiqué dans les cercles de politique étrangère US pour sa corruption endémique et son manque de popularité parmi les Afghans. Une raison plus importante pour le refroidissement des relations US Karzai c'est les critiques fréquentes faites publiquement par ce dernier contre les frappes aériennes US qui ciblent et tuent des civils afghans. L'Administration Obama a bien l'intention d'escalader le bain de sang et ne supportera aucune interférence de son régime client.
Le New York Times a rapporté mercredi qu'Obama pourrait soutenir une campagne pour remplacer Karzai lors des prochaines élections qui auront lieu en fin d'année. L'alternative à la création d'un gouvernement central fort c'est le modèle irakien du "renforcement". Le commandant des forces armées US en Irak, le Général David Petraeus - qui actuellement dirige le Commandement Central des US- a autorisé des officiers dans certaines parties de l'Irak à corrompre des dirigeants de l'insurrection pour qu'ils changent de camp, en échange d'argent et de pouvoir local.
De la même manière, des sources proches de l'Administration Obama ont dit au Times que cela "marcherait avec des dirigeants provinciaux comme alternative à un gouvernement central, et que les alliés européens prendraient en charge le développement économique et la reconstruction nationale, de sorte que les forces américaines puissent se concentrer sur le combat contre les insurgés".
Le résultat de cette politique pourrait être des tensions plus grandes entre les US et les puissances européennes. Lors de sa déposition, Gates a demandé que les états membres de l'OTAN fournissent plus de troupes et de ressources pour la guerre en Afghanistan.
Même avec un supplément de 30 000 soldats les forces d'occupation seront encore sérieusement en sous nombre.

Cependant, en pleine occupation de l'Irak et d'une crise économique, Gates a dit au Sénat qu'il était "sceptique" quant à la possibilité pour l'armée US de fournir " des forces américaines supplémentaires au delà de ce qu'avait déjà demandé le Général McKiernan."
Sous Bush, les états membres de l'OTAN, en particulier l'Allemagne, la France, l'Italie, et la Turquie, ont constamment rejeté les demandes des US qu'ils augmentent significativement leur implication dans le conflit Afghan. Ils doivent maintenant décidé comment répondre à la Maison Blanche d'Obama.
Un correspondant de la BBC a fait ce commentaire mardi : "
si les alliés de l'OTAN hésitent maintenant, les implications à long terme d'une séparation des US de l'Europe pourraient être sérieuses.... Le problème qui émerge pourrait perturber le sommet de l'OTAN pour le 60ème anniversaire qui doit avoir lieu début Avril."
Des millions d' Américains ont été orientés vers un vote Obama et le Parti Démocrate en s'imaginant qu'il prendrait un tournant décisif pour s'éloigner des années de militarisme et d'interventions néo-coloniales qui ont marqué les années Bush.

Au lieu de cela, ils doivent affronter une Administration qui est tout aussi déterminée que celle de Bush à utiliser la force militaire brutale pour sécuriser les intérêts économiques et stratégiques de l' Impérialisme Américain.

Des milliers de vies Afghanes et Pakistanaises, et des centaines si ce n'est des milliers de soldats américains vont être sacrifiés au cours de ce processus.
La réalité met en évidence le caractère dégradé de la "Démocratie" aux US, la nécessité d'une rupture avec les deux partis de l’Impérialisme US, et une réorientation politique fondamentale de la classe ouvrière vers un programme socialiste et international.
James Cogan

WSWS

29/01/09
Article d'origine en anglais  

http://www.planetenonviolence.org/Le-Programme-Guerrier-D-Obama_a1820.html


1-2 Bill Van Auken : Panetta et la guerre sans fin de Washington.

Après une semaine de récriminations acerbes entre la Central Intelligence Agency et la speaker démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi au sujet de ce qu’elle savait sur la torture, le directeur de la CIA Leon Panetta a tenté de mettre un terme à cette discussion publique, employant un discours qui répétait la rhétorique de l’administration Bush.
Dans son premier discours public depuis sa nomination par Obama à la tête de la CIA, Panetta à affirmé que les Etats-Unis étaient « une nation en guerre » et insisté que les crimes de l’administration Bush ne devaient pas nuire aux opérations actuelles de l’armée américaine et des services du renseignement.
 « Je ne les prive pas de la chance de tirer les leçons de cette période », a déclaré Panetta devant le Pacific Council on International Policy à Los Angeles. « Mais… nous devons faire très attention à ne pas oublier notre responsabilité envers le présent et le futur. Nous sommes une nation en guerre. Nous devons faire face à cette réalité tous les jours. Et bien qu’il soit important de tirer les leçons du passé, nous ne devons pas le faire de sorte que cela puisse sacrifier notre capacité de demeurer concentrés sur… ceux qui menacent les Etats-Unis d’Amérique. »
 « Nous sommes une nation en guerre. » Cette phrase a été invoquée des centaines sinon des milliers de fois par Bush, Cheney, Rumsfeld, Rice, Gonzales et d’autres pour justifier les atrocités militaires en Irak et en Afghanistan, la torture, la restitution extraordinaire, l’espionnage illégal de ses citoyens ainsi que l’auto-attribution impériale par la présidence de pouvoirs sans précédent.
Plus tôt cette année, des conseillers de la Maison-Blanche avaient communiqué aux médias que l’administration Obama laissait tomber les références à la « guerre mondiale contre le terrorisme », la justification passe-partout de l’administration Bush pour ses guerres à l’étranger et son attaque contre les droits démocratiques au pays.
Il devient de plus en plus évident cependant que les méthodes amenées par Bush sont maintenues pratiquement intactes par la nouvelle administration démocrate et que la rhétorique malhonnête employée pour les justifier ressemble de plus en plus à celle de son prédécesseur.
Qu’est-ce que cela signifie que d’affirmer que les Etats-Unis sont « une nation en guerre » ?

Le Congrès américain n’a lancé aucune déclaration de guerre contre un pays.
Les Etats-Unis sont une nation en guerre seulement dans le sens où son armée est perpétuellement utilisée pour mener des invasions illégales, des occupations néocoloniales, des bombardements, des assassinats et d’autres actes de violence contre les peuples qui ont le malheur de se trouver dans le chemin du capitalisme américain et de son pillage des ressources et des marchés mondiaux.

L’identité de l’ennemi dans cette guerre sans fin est laissée délibérément imprécise car les cibles de l’agression militaire américaine changent constamment.

Ainsi, Panetta ne fait référence qu’à « ceux qui pourraient menacer les Etats-Unis ».

Dire que c’est un langage digne d’un roman d’Orwell n’est pas exagéré.

L’état de guerre perpétuel imposé aux citoyens opprimés de l’Océania dans « 1984 » aurait pu être écrit comme une allégorie pour la politique moderne de l’Etat américain tant sous Bush que Obama.

Panetta n’a rien laissé à l’imagination sur les implications de ce prétendu état de guerre.

Le directeur de la CIA a dit qu’il ne « lui enlèverait pas », parlant ici du Congrès américain, « l’occasion d’apprendre les leçons de cette période ». Toutefois, il a averti que toute enquête doit être entreprise d’une façon « très prudente ». Une enquête sur les crimes de guerre du passé ne doit pas interférer avec les crimes de guerre présents et futurs.

Cet avertissement de restreindre toute enquête sur la torture, et avant tout ne pas permettre qu’un haut responsable ne soit reconnu coupable d’un tel crime, vient après le déni par Panetta des déclarations qu’a faites Pelosi la semaine dernière. Elle avait dit que la CIA lui avait menti en 2002 en disant ne pas utiliser la simulation de noyade (waterboarding) dans ses interrogatoires.

Il ne s’agit pas de passer sous silence la complicité de Pelosi dans la politique de la torture. Mais il est un fait extraordinaire que Panetta, un individu nommé à son poste par le président, n’a eu aucune retenue à contredire publiquement la speaker élue de la Chambre des représentants qui est, selon la constitution, la deuxième sur les rangs de ceux qui remplacent le président, après le vice-président.

Lorsque Panetta avait été nommé directeur de la CIA, les républicains et quelques démocrates ont souligné qu’il n’avait aucune expérience dans le domaine du renseignement.

Au bout du compte, toutefois, il fut confirmé unanimement par le Sénat dans son poste.

Il est un individu en qui, très clairement, l’élite dirigeante américaine a pleine confiance qu’il protégera ses intérêts. Il a commencé sa carrière en tant qu’adjoint républicain dans l’administration Nixon pour ensuite devenir un démocrate élu au Congrès et finalement premier secrétaire du président Clinton. Après, il a profité de ses nombreuses relations dans les centres du pouvoir de la finance et du monde des affaires, tout en continuant à demeurer très impliqué dans la politique d’Etat. En 2006, il s’est joint au groupe d’étude de l’Irak qui s’était fixé comme objectif de faire adopter un changement de tactique quant à la politique de guerre des Etats-Unis.

En 2008, il a été payé plus de 830 000 $ en frais de consultations et en honoraires par des compagnies comme BP Corportation, Merrill Lynch et le Groupe Carlyle.

Panetta parle au nom de l’Etat dans l’Etat, de l’appareil permanent des agences du renseignement et de l’armée qui dominent le gouvernement américain peu importe quel parti est au pouvoir.

Ces couches rechignent après l’exposition très limitée des crimes de l’administration Bush par la publication des mémos sur la torture le mois passé. C’est ce qui a été indiqué dans un article qui a été publié mardi passé dans le Washington Post par Walter Pincus, un individu ayant des liens étroits avec la CIA. Il a parlé d’inquiétudes du « personnel de l’agence » qui pense ne plus pouvoir « mener des interrogatoires de façon efficace » étant donné les nouvelles règles sur la torture et les « autres opérations en Afghanistan et au Pakistan qui doivent être elles aussi revues ».

Les démocrates cèdent complètement lorsque soumis à ce type de pression. L’attaché de presse d’Obama a refusé de prononcer le moindre mot sur le différend entre Pelosi et Panetta alors que les démocrates au Congrès craignent le débat sur la torture, le décrivant de plus en plus souvent comme une distraction.

L’administration Obama agit de façon à continuer et politiquement légitimer la politique criminelle mise en place par l’administration Bush tout en protégeant les personnes qui en sont responsables.

Les deux guerres lancées pour affirmer l’hégémonie américaine sur le golfe Persique et l’Asie centrale continuent de bénéficier du soutien des deux partis. Obama est lui-même responsable de crimes de guerre, y compris le bombardement qui a tué 150 civils ce mois-ci en Afghanistan.

L’espionnage au pays, la restitution extraordinaire et les commissions militaires ont été maintenus par l’administration. La torture recommencera inévitablement et est probablement même déjà recommencée.

Ultimement, tout ce processus révèle la futilité des élections sous le système biparti des Etats-Unis. Ceux qui prennent le pouvoir, Obama autant que Bush, ne sont pas responsables devant le peuple américain, mais bien devant une mince couche de la population constituée d’une oligarchie financière, du commandement militaire et des agences du renseignement : ceux qui contrôlent véritablement les Etats-Unis.

Bill Van Auken
22 mai 2009

http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Panetta-et-la-guerre-sans-fin-de-Washington_a32795.html


n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Suite - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Suite - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

1 Dossier & Point de vue

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.

1-3 Joe Kishore : Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis.

Mardi 26 Mai 2009

L’incroyable confrontation publique entre le président Barack Obama et l’ancien vice-président Dick Cheney survenue jeudi matin a dévoilé la fragilité du gouvernement constitutionnel et la profonde crise de la démocratie américaine.

Lors de son discours public aux Archives nationales de Washington, Obama a accusé la précédente administration de violer la Constitution.

Ce discours d’Obama, consacré à la défense de sa décision de fermer le camp de prisonniers de Guantanamo, avait été planifié à la dernière minute.

L’objectif était clairement de contrecarrer l’attaque de Cheney, le président en ayant été averti. 
L’attaque est survenue seulement quelques minutes après la fin des remarques d’Obama.

Cheney, s’adressant à des membres d’un groupe de réflexion de droite du renseignement, a dénoncé le président de façon provocatrice et acerbe.

Tournant en dérision les critiques d’Obama sur la politique d’ « interrogatoire musclé » de l’administration Bush, autrement dit la torture, l’ancien vice-président a presque accusé le président de vouloir aider et encourager les ennemis des Etats-Unis.
Cheney se trouve au centre d’une campagne de plus en plus incisive visant à mobiliser l’opposition au Congrès et, encore plus inquiétant, parmi ses alliés politiques et sympathisants dans l’armée et la Central Intelligence Agency, contre l’administration Obama.

Le développement de l’influence de cette campagne a été reflété par le vote écrasant mercredi au Congrès qui s’est opposé au plan d’Obama de fermer la prison de Guantanamo.

Le Sénat, dont la plupart des démocrates, soutenu par le témoignage du directeur du FBI, Robert Mueller III, qui a soulevé la menace posée par le transfert potentiel de prisonniers vers les pénitenciers des Etats-Unis, a voté contre la proposition de fermeture de Guantanamo.
En tentant de défendre les politiques de son administration, Obama a présenté ses propres décisions comme un certain effort d’arrière-garde désespéré pour rétablir le gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis après huit ans d’illégalité endémique de la part de l’administration précédente.
Il a souligné la gravité de la menace posée au pouvoir constitutionnel en faisant remarquer qu’il prononçait son discours dans un couloir qui affichait les documents fondateurs de la démocratie américaine : la Déclaration d’indépendance, la Constitution et la Déclaration des droits.

Obama rappela à son auditoire qu’il avait « juré de préserver, protéger et défendre la Constitution », et déclara que « nous ne devons jamais, par opportunisme, tourner le dos à ces principes durables ».
Obama a affirmé que sous la précédente administration, « notre gouvernement a pris des décisions basées sur la peur plutôt que la prévoyance; et bien trop souvent notre gouvernement a changé les faits et les preuves pour les adapter aux prédispositions idéologiques ».
Appelant au rétablissement de « la loi et du jugement en bonne et due forme », Obama a déclaré que « les décisions prises au cours des huit dernières années ont établi une approche légale improvisée pour combattre le terrorisme qui n’était pas efficace et qui ne pouvait être soutenue : un cadre qui n’était pas basé sur nos traditions légales et institutions de longue date et qui ne s’est pas laissé guider par nos valeurs ».

Les politiques de l’administration Bush, a-t-il dit, ont miné « la loi ».
Dans la section la plus significative de son discours, qui nous informe sur la nature des luttes politiques qui ont fait rage aux plus hauts échelons de l’Etat, Obama a déclaré que les opposants de sa politique « adopte une perspective qui peut être résumée ainsi : “Tout est permis”. Leurs arguments suggèrent que l’objectif de la lutte contre le terrorisme peut justifier tous les moyens et que le président devrait avoir toute l’autorité voulue pour faire ce qu’il désire, admettant qu’ils soient d’accord avec ce président. »
Ayant recours à des euphémismes contredisant le sérieux de ses déclarations, Obama a mis en garde contre la présence de puissantes forces qui étaient prêtes à rompre avec les normes constitutionnelles : « De temps en temps, a-t-il dit, certains pensent que la sécurité et le succès des Etats-Unis exigent que nous nous éloignions des principes sacrés enchâssés dans cet édifice.

Nous pouvons entendre de telles voix aujourd’hui. »
La voix principale à laquelle il faisait référence était celle de Cheney.

Le président ne se serait pas senti obligé de répliquer à l’ancien vice-président si Obama le percevait comme un excentrique de droite mécontent.

En fait, Obama sait que Cheney, celui qui prenait vraiment les décisions dans l’administration Bush et l’homme qui avait dirigé un gouvernement secret, détient une énorme influence au Pentagone, à la CIA et dans d’autres sections moins connues de la bureaucratie du renseignement et de l’armée qui exerce un vaste pouvoir et qui n’est responsable devant personne.
Dans ses remarques devant l’American Enterprise Institute, Cheney est passé à l’offensive contre Obama, traitant personnellement avec mépris l’administration et le président.
Les critiques d’Obama des méthodes d’interrogatoire « sont très injustes envers ceux qui travaillent dans les renseignements et les avocats qui méritent beaucoup mieux pour leurs services dévoués, » a déclaré Cheney. « Le danger ici est la perte de l’emphase sur la sécurité nationale et ce que ça requiert. »
Sur un ton menaçant, Cheney ajouta : « Je conseillerais à l’administration d’être très prudente à l’avenir. »
L’ancien vice-président a pratiquement accusé Obama d’aider les terroristes et de commettre une trahison.
« Divulguer les mémos des interrogatoires étaient absolument à l’opposé des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, » a-t-il déclaré. « De l’information top secrète se retrouvent maintenant dans les mains des terroristes, qui viennent de recevoir un important ajout dans leur manuel d’entraînement. Partout dans le monde, les gouvernements qui nous ont aidés à capturer des terroristes vont craindre que des opérations conjointes sensibles soient compromises.

Et ceux qui travaillent à la CIA se demandent s’ils peuvent dépendre de la Maison-Blanche ou du Congrès pour obtenir un appui lorsque les choses vont se corser. »
Ces mots étaient particulièrement provocateurs et inquiétants, vu qu’ils évoquent délibérément des souvenirs des ressentiments de ceux qui travaillaient à la CIA contre l’administration Kennedy après l’invasion manquée de la baie des Cochons en 1961.
Cheney a joyeusement fait remarquer que la décision de divulguer les mémos a été opposée par des gens à la tête de l’administration Obama, incluant le directeur de la CIA, Leon Panetta, et le directeur du renseignement national, Dennis Blair.
Cheney s’est moqué de la « fausse indignation » de ceux qui ont critiqué les méthodes d’interrogation employées par l’administration Bush. « Au cours de ma longue expérience à Washington, peu de choses ont suscité autant d’indignation artificielle et de faux moralisme que les méthodes d’interrogation utilisées contre quelques terroristes capturés. »

Il ajouta que les critiques de ces méthodes « ne sont pas dans une position pour sermonner quiconque sur les “valeurs” ».
Sans ambiguïté, l’ancien vice-président a défendu les techniques d’interrogation de l’administration Bush, insistant que « complètement exclure les méthodes d’interrogations musclées dans le futur est imprudent à l’extrême ».
Il a continué en dénonçant la décision d’Obama de fermer Guantanamo, en lançant un avertissement : « Je pense que le président trouvera, après réflexion, que d’amener les pires terroristes aux États-Unis sera cause de grands dangers et regrets dans les années à venir. »
Ce n’est pas une exagération que d’affirmer que cette confrontation publique entre Obama et Cheney n’a pas de précédent dans l’histoire américaine moderne. Croire que cet échange amer entre le président et l’ancien vice-président ne soulève pas d’importantes questions sur la viabilité de la démocratie américaine est le comble de la complaisance.
Soyons clairs : Cheney parle pour les sections puissantes de la classe dirigeante, soutenue par des sections substantielles de l’appareil militaire et des services du renseignement, qui sont profondément hostiles à la démocratie.
Quant à Obama, sa propre position est minée par des contradictions politiques profondes et insolubles. Son plaidoyer pour que la constitution soit respectée est complètement infirmé par le fait que son administration a accepté sans question les prémisses essentielles sur lesquelles étaient basées la politique étrangère de l’administration Bush : les Etats-Unis mènent une lutte désespérée contre le « terrorisme ».
Tout en s’opposant à certains gestes de l’administration Bush, Obama évite prudemment de défier le mensonge politique fondamental à l’origine de tous ses crimes.
« Al-Qaïda planifie activement une autre attaque contre nous » a déclaré Obama dans le même discours mardi. « Nous savons que cette menace planera sur nous pour longtemps et que nous devons utiliser tous les  composantes de notre pouvoir pour la défaire. » 

Et en fait, a affirmé Obama, son administration mène cette lutte de façon plus cohérente en « luttant contre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan qui nous ont attaqué le 11-Septembre ».
Si Obama dit la vérité (que l’administration précédente a adopté une politique où « tout était permis »), alors les responsables doivent être poursuivis en tant que criminels politiques.

Au lieu de cela, Obama est venu à leur défense en les décrivant comme étant trop zélés dans la poursuite d’une noble cause. « Confronté à des menaces incertaines, a-t-il dit, notre gouvernement a pris une série de décisions rapides. Et je crois que ces décisions étaient motivées par le désir sincère de protéger la population américaine. »
En deux occasions, Obama a insisté que personne ne serait amené en justice pour les politiques de huit dernières années. Il s’est opposé à la création d’une commission indépendante et a insisté qu’il n’y aurait aucune tentative de « se concentrer sur le passé ».
En indiquant qu’il ne poursuivra les conspirateurs autour de Cheney, Obama ne continue en fait que sa politique de couardise et d’accommodation qui a caractérisé son administration depuis sa mise en place.

Chacune des ces concessions a encouragé les sections les plus à droite de l’Etat et a facilité la conspiration contre les droits démocratiques.
La temporisation d’Obama,  ses reculs constants, sont déterminés par les intérêts de classe qu’il représente.

Peu importe les critiques qu’il fera de la politique de l’administration Bush, Obama a les mêmes objectifs essentiels. En termes de sa politique intérieure, il a continué à donner d’immenses sommes aux banques et aux investisseurs de Wall Street. En termes de  politique militaire, il continue l’occupation de l’Irak tout en élargissant la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Sa défense de la légalité est contredite par le fait que son administration a remis sur pied les commissions militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo, a refusé de publier les photos sur la torture et, en général, a maintenu les mesures antidémocratiques de son prédécesseur.
Malgré les avertissements que donne Obama sur l’érosion de la démocratie aux Etats-Unis, son administration, par ses actes mêmes, en facilite et en accélère l’effondrement. Il est impossible de combiner la guerre impérialiste avec la démocratie. La dernière ne peut survivre sans une opposition à  la première.
Obama est incapable d’exposer le véritable contenu social et politique de l’attaque de Cheney, parce que cela demanderait d’exposer les objectifs politiques et les intérêts de classe réactionnaires qui motivent la « guerre au terrorisme ». De plus, cela demanderait un appel à une large mobilisation du peuple américain en défense des droits démocratiques. Mais dans une époque où l’administration met en œuvre une politique intérieure qui défend les intérêts de l’élite financière, l’administration Obama n’a pas l’intention de soulever le mécontentement populaire.
La défense des droits démocratiques ne peut être entreprise  par aucune faction de la classe dirigeante.

Les institutions de la ‘démocratie’ américaine sont déjà dans un état avancé de désintégration.
La défense des droits démocratiques dépend de l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière.

Joe Kishore
25 mai 2009

 http://www.wsws.org/

http://www.alterinfo.net/Le-debat-Obama-Cheney-et-la-menace-de-dictature-aux-Etats-Unis_a32794.html 


Obama Gang

1-4 Torture Sexuelle utilisée par les Américains : Ce qui est Connu et Ce qui Reste Inconnu.

Selon le rapport du Comité Des Forces Armées au Sénat récemment publié portant sur l'utilisation de "techniques d'interrogatoires cruelles" (euphémisme pour torture ndlr) la "mise à nu a été autorisée par le secrétaire à la défense (Rumsfeld) pour utilisation à GTMO (Guantanamo) le 2 Décembre 2002".

Il rapporte aussi que l'utilisation prolongée de la nudité a prouvé être si efficace qu'en Janvier 2003, elle a été approuvée pour utilisation en Afghanistan et fin 2003, a été adoptée pour utilisation en Irak.
"Enquête sur le traitement des détenus aux mains des US"
Le rapport du Sénat a été publié peu de temps après qu'un rapport du CICR (Comité International de la Croix Rouge) sur les techniques de torture utilisées par la CIA comme faisant partie de son programme de détention a été transmis sous le manteau par Mark Danner du " New York Review of Books".

L'attention médiatique s'est engouffrée sur ces rapports, se concentrant principalement sur l'utilisation du simulacre de noyade (ou ce que le CICR appelle plus précisément " suffocation par l'eau" ) et, en particulier, son utilisation 183 fois sur Khalid Sheikh Mohammed et 83 fois sur Abu Zubaydah.
Les médias ont porté moins d'attention sur d'autres éléments que le CICR appelle les "autres méthodes de mauvais traitements". Le rapport du Sénat identifie ainsi ces techniques : utilisation de chiens militaires, positions stressante et d'endurance physique, perturbation du sommeil/gestion du sommeil, privation sensorielle, et nudité. Le CICR les identifie comme suit : position debout prolongée stressante, tabassage en utilisant un collier, frapper et rouer de coups de pieds, confinement dans une boîte, privation de sommeil et utilisation de musique forte, exposition au froid/eau froide, utilisation prolongée de menottes et de chaînes, menaces, rasage forcé, privation/restriction d'approvisionnement en nourriture solide et nudité prolongée.
Ces rapports ensemble avec la publication récente des "mémos sur la torture" de l' Administration Bush ont aidé à focaliser l'attention nationale sur l'aspect honteux si ce n'est illégal de la guerre contre le terrorisme du roi Georges le fou. Cependant, ces rapports sont des documents "officiels" basés sur des révélations venant de sources très limitées. L'information rassemblée, bien que précieuse, est limitée par ces sources.
Les sources limitées restreignent l'accès du public à la connaissance de tout l'éventail de tortures utilisées par les agents des renseignements américains, les officiers militaires et les agents privés. Se concentrer sur la torture sexuelle qui inclut la nudité prolongée, révèle ce qui a été rendu public mais aussi la dimension de ce qui reste encore à porter à la connaissance du public.
Ne pas rendre compte publiquement de toute l'étendue de la torture sexuelle utilisée parallèlement à toutes les autres techniques d'interrogatoires "cruelles", crée une histoire "officielle" aseptisée. Les Américains ne sauront jamais quelles méthodes de torture ont été pratiquées en leur nom, ils ne pourront pas non plus demander des comptes à ceux qui ont ordonné et exécuté ces actions sauf s'ils vont chercher au delà des sources "officielles".
Le CICR a mené des interviews avec 14 " combattants ennemis" originaires de 8 pays. Les détenus ont été arrêtés sur une période d'un peu plus de trois ans, de Mars 2002 à Mai 2005. 11 de ces détenus ont été soumis à une nudité prolongée " pendant la détention et les interrogatoires, allant de plusieurs semaines en continu jusque plusieurs mois par intermittence".
Le CICR raconte ce qu'elle appelle les " présumées " expériences de 7 détenus ayant subi une nudité prolongée :
Khalid Sheikh Mohammed - laissé nu pendant un mois en Afghanistan.
Abu Zubaydah - laissé nu pendant deux semaines et demie en Afghanistan après s'être rétabli dans un hôpital pakistanais; il rapporte que par la suite on lui a fourni à plusieurs reprises des vêtements et puis on l'a laissé nu pendant plusieurs semaines de suite.

Walid Bin Attash - laissé nu pendant deux semaines en Afghanistan et de nouveau pendant un mois dans un deuxième centre de détention inconnu.
Encep Nuraman (aka Hambali) - laissé nu pendant 4 ou 5 jours en Thaïlande et une semaine en Afghanistan, puis par périodes intermittentes pendant lesquels il était laissé nu ou vêtu.
Majid Khan - laissé nu pendant trois ou quatre jours en Thaïlande puis en Afghanistan et 7 jours dans le troisième lieu de détention.
Mohammed Nazir Bin Lep - laissé nu pendant deux à trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.
Détenu, nom non révélé - laissé nu pendant deux ou trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.
Les sources de ces rapports proviennent d'interviews des détenus.
Le rapport du Sénat fournit une estimation tres différente de ce qu'il appelle " enlèvement de vêtement". Il fait clairement état que l'utilisation de la nudité bénéficiait d'un soutien fort de la CIA et de l'armée comme technique d'interrogatoire.

Il rapporte que la nudité a été importée en Irak, spécialement à la prison d'Abu Ghraib, d'Afghanistan et de GTMO.
Il déclare que cette technique a servi certain nombre d'objectifs d'interrogatoire, dont " humilier les détenus", " renouveler le choc de la capture des détenus" et comme récompense pour bonne conduite.

Elle était largement utilisée comme l'indique l'interview de deux officiers parmi un grand nombre interrogés. COL Jerry Philabaum, le commandant du 320ème MP, rapporte avoir vu " entre 12-15 détenus nus dans leurs propres cellules individuelles." CPT Donald Reese, commandant de la Cie du 372ème MP, a reconnu que la nudité prolongée était "connue de tous" et que c'était " une pratique habituelle d'arpenter les étages et voir des détenus transportant leurs vêtements et literie". D'autres officiers ont fait des déclarations identiques.
Comme le rapport du CICR, le rapport du Sénat se base principalement sur des interviews mais ce sont celles d'officiers de l'armée de la police militaire et des renseignements. En plus, le rapport du Sénat se base également sur des rapports militaires connus rendus public tel le rapport Fay bien connu, établi par le Major General George Fay. L'une de ses citations est particulièrement candide peut être plus révélatrice que ce qu'il voulait révéler à l'origine : " la détention créait un environnement qui exploitait la dépravation et la dégradation plutôt que le traitement humain des détenus." Le rapport mentionne aussi en passant une seule référence au rapport sur Abu Graib du Major Général Antonio Taguba.
Les premiers "combattants ennemis" sont arrivés à Guantanamo le 11 Janvier 2002, près d'un an avant que Rumsfeld autorise officiellement l'utilisation de la torture sexuelle. Selon une édition spéciale de CBS, un "avion de l'US Air Force en provenance d'Afghanistan a atterri à Guantanamo transportant 20 détenus, marquant le début de l'opération de détention" ( CBS News Gitmo Timeline, 24 Aout 2004). Dans le rapport du Sénat, SMU ( Special Mission Unit - Unité Mission Spéciale) le commandant de la Task Force/TF (dont le nom est noirci) déclare que quand il " a pris le commandement ( de Guantanamo) il a "découvert que certains détenus n'étaient pas autorisés à porter des vêtements" comme technique d'interrogatoire, ( noirci) a dit qu'il avait mis fin à cette pratique en Décembre 2003 ou Janvier 2004."
Ces révélations sur la nudité prolongée ont été peu discutées publiquement.

Comparée à des techniques bien pires employées, notamment celles de "suffocation par l'eau" frapper la tête, coups de pieds, positions stressantes, utilisation de chiens et privation de sommeil, la torture sexuelle semble plutôt bénigne. Pourtant, son objectif était, parallèlement à d'autres techniques, de saper la dignité humaine et créer un sentiment d'inutilité... ayant comme résultat, l'épuisement, la dépersonnalisation et la déshumanisation.
Cependant, s'appuyer sur d'autres sources permet de donner un autre aperçu, beaucoup moins aseptisé et bien plus sadique. Ce qu'on ne sait pas c'est si ces techniques supplémentaires ont été approuvées par l'armée US et les dirigeants civils ou étaient des actions improvisées d'officiers en ligne de front et de sous traitants? Quelques exemples illustrent ces techniques.
La meilleure source d'information sur l'utilisation de la torture sexuelle à Abu Ghraib reste le rapport Taguba.

Dans le sommaire du rapport, la liste d'actes "sadiques, d'abus criminels flagrants et gratuits" identifiés comme ayant été utilisés dans la prison :
- forcer les détenus à enlever leurs vêtements et les laisser nus pendant plusieurs jours de suite;
- enregistrer sur vidéo et photographier des détenus mâles et femelles;
- forcer des détenus mâles nus à porter des sous vêtements féminins;
 - forcer des groupes de détenus mâles nus à se masturber tandis qu'on les photographiait et on les enregistrait sur vidéo;
- empiler des détenus mâles nus les uns sur les autres et puis sauter dessus;
- positionner un détenu mâle nu sur une boite de MRE ( meals ready to eat - repas tout prêt) avec un sac de sable sur la tête, et attacher des fils électriques à ses doigts, doigts de pied, et pénis et simuler la torture électrique;
- placer une chaîne pour chien ou un collier autour du cou d'un détenu nu et faire poser une soldate à ses côtés pour la photo;
- sodomiser un détenu avec une lampe électrique et peut être un manche à balais.

Pourquoi cette partie du rapport Taguba n'est pas apparu dans le rapport du Sénat ?

Son absence est révélatrice de la façon don les rapports officiels sont aseptisés et comment on écrit l'histoire de l'intérieur ( voir "Terrorisme Sexuel : le côté sadique de la guerre contre le terrorisme de Bush" Counterpunch 13 Mai 2008).

La presse US et internationale ont révélé des épisodes troublants du terrorisme sexuel utilisé par les forces américaines.

Par exemple, l'AP a rapporté qu'un ancien détenu, Dhia al-Shweiri, a reçu l'ordre des soldats américains de se mettre nu, de se pencher et de placer ses mains sur un mur; bien que n'ayant pas été sodomisé, il dit qu'il a été humilié :" nous sommes des hommes. C'est OK s'ils me frappent" al Shweiri a dit. "Les coups ne me blessent pas; c'est juste un coup. Mais personne ne veut que sa mascuinité soit anéantie".


Le "Sunday Herald" d'Ecosse a rapporté qu'un ancien prisonnier irakien a affirmé qu'il y a une photo d'un traducteur civil violant un adolescent prisonnier mâle; il a déclaré : " ils ont couvert toutes les portes avec des draps. J'ai entendu les cris,...et la femme soldate prenait des photos."

Le quotidien Independent de Londres a rapporté l'expérience de Hayder Sabbar Abd, immortalisé comme l'homme tenu en laisse sur la photo abjecte de Lynndie England. Abd affirme qu'on lui a donné l'ordre de se masturber tandis que Ms England " mettait ses mains sur ses seins" ce qu'il n'a pas pu faire; et de simuler une fellation avec un autre prisonnier, ce qu'il semble avoir fait.

Le "Sydney Morning Herald" a noté : " des femmes menant des interrogatoires ont essayé de briser les détenus musulmans à Guantanamo Bay par des attouchements sexuels, en portant une mini jupe et un string, et dans un cas en barbouillant le visage d'un homme saoudien avec du faux sang menstruel, selon le compte rendu écrit de quelqu'un de l'intérieur".

La torture sexuelle servait deux objectifs contre ceux sujets à ces abus : faire mal physiquement et ravager émotionnellement. Cela avait pour but de briser les détenus mâles. Cela avait pour but d'infliger à la fois douleur et honte, faire souffrir la victime et qu'elle se culpabilise. La torture sexuelle a essayé de briser la victime à la fois physiquement et spirituellement, de laisser des cicatrices sur et dans le corps et dans la psyché.

Avec l'élection d'Obama, l'armée US a probablement cessé d'employé des " techniques d'interrogatoires cruelles " ( Sachant qu'Obama vient d'accepter la nomination au poste de commandant des forces US/OTAN en AfPAk de l'ancien commandant des forces spéciales de contre terrorisme, McChrystal, impliqué indirectement dans des actes de torture de prisonniers, on peut en douter ndlt).

Malheureusement, compte tenu du pragmatisme d'Obama de la complicité du Congrès, du zèle de la bureaucratie militaire, et de l'immoralité de la CIA ( et des agents privés) on peut se demander ce qui adviendrait s'il y avait un nouveau 11 Septembre.
L'ampleur réelle de l'utilisation de la torture sexuelle " techniques d'interrogatoire cruelles" (torture ndlt) pendant la guerre contre le terrorisme est inconnue.

De même on ne sait pas vraiment qui au sein de l'Administration Bush a approuvé l'utilisation de telles techniques, ni qui dans l'armée US et la communauté du renseignement ( de même que chez les agents privés) a utilisé de telles techniques.

Répondre à ces questions devrait être la première tâche d'une enquête " officielle" sur la guerre contre le terrorisme. Et ceux chargés de mener cette enquête devraient utiliser une plus grande diversité de sources que celles dites " officielles". Ainsi seulement le peuple américain comprendra ce qui a été fait en son nom, en espérant que cela ne se reproduise plus.
http://www.planetenonviolence.org/Torture-Sexuelle-Utilisee-Par-Les-Americains-Ce-Qui-Est-Connu-Et-Ce-Qui-Reste-Inconnu_a1912.html


1-5 Sévices: Photos 'secret d'Etat'.
Barack Obama est revenu mercredi sur sa décision d'autoriser la diffusion de clichés montrant les mauvais traitements [sic - il n'est pas poli de dire tortures pour les US] infligés sous l'administration Bush à des détenus soupçonnés de terrorisme.

Un refus motivé par le souci de ne pas attiser le sentiment anti-américain, notamment à l'encontre des troupes qui combattent en Irak et en Afghanistan, se justifie le président américain.

Barack Obama apprend la politique.

Alors qu'il avait initialement donné son accord à la publication des photos montrant les mauvais traitements infligés à des détenus soupçonnés de terrorisme, le président américain a changé d'avis. Les inquiétudes de ses commandants militaires et de plusieurs membres du Congrès sur l'impact potentiellement négatif de ces clichés l'ont finalement emporté sur sa volonté de rendre transparente les pratiques de son prédécesseur à la Maison blanche.

"La conséquence la plus directe de leur diffusion, j'en suis convaincu, serait d'enflammer encore davantage le sentiment anti-américain et de mettre en danger nos troupes", a-t-il précisé. Nul besoin de rajouter au sentiment anti-américain auquel sont déjà confrontés les soldats sur les théâtres de guerre irakien et afghan.

Cette publication, a déclaré Barack Obama aux journalistes, "n'apporterait aucun élément supplémentaire à notre compréhension de ce qui a été commis dans le passé par un petit nombre d'individus".

C.I. (avec Reuters)
leJDD.fr

Jeudi 14 Mai 2009


n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Fin - : Le Programme Guerrier D'Obama.

n°437 - Les Dossiers d'Irak - 28/05 – Fin - : Le Programme Guerrier D'Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 437                                                           28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

1-7 Tzvetan Todorov : De braves américains devenus tortionnaires.

1-8 Les réactions après que : Le département de la Justice des États-Unis a rendu publics quatre notes de service secrètes de l'administration Bush.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Rappel: Les faits et non le blabla!

2-2 Condoleezza Rice, criminelle de guerre, tu n'es pas la bienvenue au Canada!

2-3 Joelle Penochet : Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans.

Obama Gang

1-6 Mike Malloy : Voilà L'Amérique Qu'Obama veut Cacher.

Sadique...Violente... Inhumaine

Sadique, Violente, Inhumaine - Vidéos De Garçons Irakiens Violés, Sodomisés Qui Hurlent -

Elles doivent être horribles. Tellement violentes, en fait, tellement obscènes, allant à l'encontre de tout principe basique de décence humaine, au point que le Président Barack Obama a cherché aujourd'hui à bloquer la divulgation de centaines d'images montrant des prisonniers en Irak et en Afghanistan maltraités, violés, torturés. Il a changé sa décision - ll était en faveur de la décision de publier plus de preuves de ces crimes de guerre commis sur ordre de W. Bush et Dick Cheney - après que des commandants militaires l'aient mis en garde sur le fait que les images pourraient enflammer le sentiment anti américain et mettre en danger les troupes US.
Mais, c'est bien pire que cela.

La réalité la voilà : le sentiment anti américain ne peut pas être plus "enflammé" qu'il ne l'est déjà au Moyen Orient, en Afghanistan, et au Pakistan. Notre politique de bombardements sans distinction, après qu'une "cible" ait été repérée, a causé la mort de centaines d'hommes, femmes et enfants à la fois au Pakistan et en Afghanistan.

Notre politique de fournir des armes de terreur- tel les bombes au phosphore blanc , les avions de combat sophistiqués, les masses de tanks capables de détruire tout sur leur passage, les explosifs emballés dans de l'uranium appauvri- pour être utilisés par Israël contre une population palestinienne sans défense, est connue partout au Moyen Orient, partout dans le monde, à l'exception, bien sûr, d'ici aux Etats Unis.
Non. La publication des photos et vidéos dont il est question fera certainement plus que "d'enflammer le sentiment anti américain et mettre en danger les troupes US". Si on doit croire les articles qui ont commencé à circuler il y a 4 ans, des articles de journalistes d'investigation tels Seymour Hersh, la publication de ces images déclenchera une vague de haine anti américaine qui mettra en danger les vies non seulement des soldats US, mais également les vies de tous les Américains, civils, de même que le personnel militaire. Hersh, qui a aidé à révéler le scandale, a dit lors d'une intervention devant une convention de l'ACLU :  " Il y a certaines des pires choses qui se sont passées et dont vous n'avez pas connaissance, OK ?

Vidéos, où il y a des femmes dedans. Certains d'entre vous on peut être lu qu'elles faisaient passer des lettres, des messages à leurs hommes...

Les femmes envoyaient des messages disant : " s'il te plait vient me tuer, à cause de ce qui s'est passé".

En fait ce qui s'était passé c'est que ces femmes avaient été arrêtées avec leurs jeunes garçons/enfants dans des cas qui ont été enregistrés. Les garçons ont été sodomisés, la caméra tournant. Le pire dans toutes ces vidéos que votre gouvernement possède, c'est le son de ces garçons hurlant. Ils (les membres de la famille criminelle des Bush) sont complètement terrorisés par le fait que cela va être dévoilé."
Lors de la conférence de presse d'aujourd'hui à la Maison Blanche, le secrétaire de presse, Robert Gibbs, a dit aux reporters que le Président était inquiet que la publication des images puisse poser une menace à la sécurité nationale.

En d'autres termes, ces photos et vidéos non publiées montrent des actes de dégénérescence tellement vile qu'il n'y a aucune manière de les expliquer ou de les rationaliser.

Elles contiennent des images d'enfants - certains d'entre eux des enfants de détenus - violés et sodomisés comme moyens pour obtenir des confessions des détenus adultes afin qu'ils révèlent les liens entre Saddam Hussein et Al - Qaeda, point sur lequel ont insisté Dick Cheney et George. W. Bush pour justifier les ordres qu'ils ont donné d'envahir et d'occuper l'Irak. "Des enfants de détenus violés et sodomisés comme moyens d'obtenir des confessions".

Il y a cinq ans, témoignant devant le Congrès, Donald Rumsfeld, l'ancien secrétaire à la défense, tout aussi criminel, a dit que les photos et vidéos non montrées contiennent des actes " qu'on peut seulement décrire comme typiquement sadiques, cruels et inhumains".
Il y a deux mois, Hersh, parlant à l'Université du Minnesota, a dit ce qui suit en essayant de révéler encore plus à quel point Dick Cheney était incroyablement dépravé et hors la loi :
"Après le 11 Septembre, j'ai déjà écrit la dessus, mais la CIA a été trés impliquée dans des activités interieures contre des personnes qu'ils pensaient être des ennemis de l'état. Sans aucune autorité légale pour le faire. Ils n'ont pas encore eu à en répondre. Cela se passe encore aujourd'hui, là maintenant. Il y a eu une histoire publiée dans le New York Times qui, si vous l'a lisez attentivement mentionnait quelque chose de connu comme le Joint Special Operations Command - appelé le JSOC (Commandement des Opérations Conjointes Spéciales). C'est une branche spéciale de notre communauté menant des opérations spéciales qui fonctionne de manière indépendante. Ils ne rendent de comptes à personne, à l'exception à l'époque de Bush-Cheney, ils rendaient des comptes directement au bureau de Cheney. Ils ne rendaient pas de compte au chef d'état major des forces conjointes ou à Mr. (Robert) Gates, le secrétaire de la défense. Ils lui rendaient directement compte."
"... Le Congrès ne le supervise pas. Surtout, C'est un gang d'exécution d’assassinats, et cela se passe en continu. Juste aujourd'hui, dans le Times il y avait une histoire comme quoi son dirigeant, un amiral trois étoiles du nom de (William H.) McRaven, a donné l'ordre de mettre fin à cela car il y avait tellement de dommages collatéraux.

Sous l'autorité du président Bush, ils sont allés dans des pays, sans s'entretenir avec l'ambassadeur ou le chef local de la CIA, trouver des personnes inscrites sur une liste, il les exécutent puis s'en vont. Cela continue au nom de nous tous." (Caractères gras ajoutés par l'auteur).
Note
L'ancien chef du JSOC - le Lieutenant Général Stanley McChrystal a été nommé cette semaine en remplacement du général David McKiernan comme commandant US et commandant des forces de l 'OTAN en Afghanistan.
Torture de la CIA. Le viol et la sodomisation d'enfants. Envoyer des détenus dans des pays où les méthodes de torture sont médiévales à la fois dans les techniques utilisées et leur étendue. Des escadrons pour assassiner qui n'avaient de compte à rendre qu'à Dick Cheney. C'était votre pays. C'était votre pays aux mains d'un fou. C'est votre pays qui essaie désespérément de nier, de cacher, d'enterrer, les preuves de crimes de guerre d'une ampleur considérable.
Mike Malloy

13/05/09 –

 www.mikemalloy.com

http://www.planetenonviolence.org/Sadique,-Violente,-Inhumaine-Videos-De-Garcons-Irakiens-Violes,-Sodomises-Qui-Hurlent-Voila-L-Amerique-Qu-Obama-Veut_a1909.html?preaction=nl&id=8073564&idnl=50231&



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29/05/2009

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Début- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Début- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Les analyses des auteurs  doit être considérée comme un acte de résistance et une contribution à l'information face à la dictature des médias, et des gouvernants.

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants ….

M.Hassan  : Au début de l’occupation, les Américains prétendaient que la résistance était le fait, principalement, des « Sunnites ». Maintenant, les « Sunnites » sont devenus… les » terroristes-islamistes » d’Al Qaeda

Vivre sous occupation c'est l'humiliation à chaque instant de sa vie. Résister à l'occupation c'est vivre libre

: Yasser Arafat

 



Journal d'Irak

n°436                 du 12/05                   au 28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



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A consulter

Uruknet : informations sur l’Irak occupé

http://www.uruknet.info/?p=-5&l=e

Basrah.net : actualité de la résistance irakienne

http://www.albasrah.net/moqawama/english/iraqi_resistance.htm



Sommaire :

Tiré à part :

Le juge Linares abandonne les poursuites contre le gouvernement.

Le criminel Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

Paroles & action du président...

Obama s'oppose à la constitution d’une commission indépendante sur l'ère Bush

Lutte pour la libération du territoire

La résistance contre l'agresseur

Résistance :

1 Analyse

Des résistants

2 Occupation de l'Irak

3 Politique

1) collaborateurs Irakiens

2) occupants 

Suite

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéo : Guerre en Irak par les troupes US.

5-2 Brzezinski : The Grand Chessboard.

5-3 Noam Chomsky : Comment gérer une ‘crise’…

5-4 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les guerres.

Fin

6 Les brèves

6-1 La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

6-2 Gilles Munier : La révolte des mercenaires du Sahwa.

6-3 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis.

6-4 L'Irak veut l'aide de ses voisins pour ne pas mourir de soif et de chaleur.



Tiré à part :

Le juge Linares abandonne les poursuites contre le gouvernement.

Deux mères de soldats américains servant en Irak ont été déboutées de leur plainte contre le gouvernement, mettant en cause la constitutionnalité de la guerre en Irak.

Les deux femmes et le groupe New Jersey Peace Action soutiennent que Bush a outrepassé ses pouvoirs en envahissant l'Irak en 2003 sans déclarer formellement la guerre au pays.

Le juge de district Jose Linares a rejeté leur requête mardi.

Le juge Linares s'est aligné sur le point de vue du gouvernement, selon lequel les tribunaux n'ont pas compétence à juger d'une question essentiellement politique.

Le juge écrit par ailleurs qu'interpréter les volontés du Congrès n'est pas de son ressort.

AP

Le criminel Cheney affirme qu'il reprendrait les mêmes décisions.

L'ancien vice-président Dick Cheney a affirmé jeudi qu'il soutenait la politique menée par l'administration Bush et qu'il reprendrait les mêmes décisions "sans hésitation".

"Aujourd'hui, je veux vous exposer la réflexion stratégique derrière notre politique," a-t-il déclaré devant un groupe de réflexion conservateur, American Enterprise Institute.

"Je le fais comme quelqu'un qui a été là chaque jour de l'administration Bush, qui a soutenu les décisions prises et qui les reprendrait sans hésitation dans les mêmes circonstances", a assuré l'ancien vice-président.

(AFP /

21 mai)  



Paroles & action du président...

Obama s'oppose à la constitution d’une commission indépendante sur l'ère Bush

Pas de commission indépendante sur les pratiques antiterroristes controversées de l'ère Bush.

Obama : "je me suis opposé à la création d'une telle commission parce que je crois que les institutions démocratiques existantes sont suffisamment fortes pour que la justice soit respectée", a dit M.Obama.

.Obama a noté que "certains Américains sont en colère quand ils pensent aux agissements des huit dernières années". Mais il a affirmé la nécessité de se "concentrer sur l'avenir".(…)

Le président a souligné que cela n'excluait pas des enquêtes de la part du Congrès ou du ministère de la Justice.(…)

(ats / 21 mai)



L'Irak en chiffre: du 12-05 au 28-05-09


 

 

 

Tués

Blessés

 

 

 

 

 

Peuple irakien

39 + x

82 + x

 

 

 

 

 

Usboys/Autres boys + miliciens

11 + x

9  +  x

 

 

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs & miliciens

24

32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La résistance contre l'agresseur

Analyse & déclaration

a) Résistance :

Le chef présumé d'Al-Qaïda en Irak dément son arrestation

L'arrestation de Bagdadi a été annoncée fin avril par un porte-parole militaire irakien et confirmée ensuite par le gouvernement de Nouri al-Maliki qui l'a présenté comme le "chef diabolique" d'Al-Qaïda en Irak, responsable de dizaines d'attentats suicide dans le pays.

Abou Omar al-Bagdadi (chef présumé d'Al-Qaïda en Irak) a nié avoir été arrêté par les autorités irakiennes, dans un enregistrement sonore diffusé mardi par le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE)…

"Mentir est une habitude des colaborateurs connus pour leur immoralité et leur méchanceté", affirme encore la voix attribuée à Bagdadi . "Il ne faut pas croire leurs promesses. Pour eux, vous êtes des ennemis et il est permis de saisir vos biens et de faire couler votre sang".

Selon l'Etat islamique d'Irak, l'homme dont l'image a été diffusée par les télévisions irakiennes et présenté comme Abou Omar al-Bagdad, lui est inconnu.

 "Ce qui a été montré n'est qu'une pièce de théâtre, dont l'un des actes a été écrit par les agents de la +Maison Noire+ (la Maison Blanche, ndlr) et joué en public par ses esclaves", ajoute le communiqué.

L'armée américaine a affirmé depuis qu'elle ne pouvait pas "confirmer la capture ou l'arrestation d'al-Bagdadi".

Ce personnage très mystérieux, qui n'avait jamais été vu, est présenté par Al-Qaïda comme le "commandeur des croyants" du califat autoproclamé par le réseau en octobre 2006, l'Etat islamique d'Irak.

L'armée américaine l'aurait présenté comme un leader "fictif" à la tête d'une simple "organisation virtuelle" n'ayant d'existence que sur internet et créée à des fins de propagande pour masquer la prééminence des jihadistes étrangers de la branche irakienne d'Al-Qaïda.

AFP

12 mai



b) Troupes d'occupation : Analyse & déclaration

Etats-Unis

 Les forces américaines pourraient rester en Irak au-delà de 2012, selon le général Casey

Les Etats-Unis pourraient maintenir des forces combattantes en Irak et en Afghanistan pendant une décennie, a déclaré le chef de l'armée de terre américaine, même si un accord signé exige le retrait de l'ensemble des forces américaines d'Irak d'ici 2012.

"La tendance au niveau mondiale pousse dans la mauvaise direction. Et ces changements vont radicalement changer le mode de fonctionnement de l'Armée", a dit Casey

Le général Casey n'a fourni aucun détail sur la répartition des forces américaines entre l'Irak et l'Afghanistan, précisant simplement que le général Ray Odierno présidait un groupe de travail pour déterminer comment réduire les troupes sur ces deux fronts tout en restant efficace.

Casey a souligné que ses commentaires sur le conflit irakien n'entendaient en rien entrer en conflit avec les positions de l'administration Obama..

Les Etats-Unis ont 139.000 soldats en Irak et 52.000 en Afghanistan.

27-05

http://www.aloufok.net/spip.php?article549



2-1 Occupation de l'Irak

Les forces en présence

Etats-Unis

139 000 soldats déployés


Collaborateurs

 92.000 membres des "Sahwa".


Mercenaires

Plus de 163 000..



Politique

a) des collaborateurs Irakiens

Confection d'un gouvernement fantoche

Législatives irakiennes : le 30 janvier 2010.

Les élections législatives irakiennes auront lieu le 30 janvier 2010, a annoncé à l'AFP lundi le vice-président du Parlement, Khaled al-Attiya.

"Sur requête du président du Parlement, la Cour suprême a fixé au 30 janvier 2010 la date des prochaines élections législatives", a déclaré M. Attiya.

Certains députés réclamaient une prolongation de la législature, qui est de quatre ans en Irak.

Pour trancher cette question le président du Parlement, Iyad al-Samarraï, a saisi la Cour suprême.

Les législatives en Irak sont présentées par les Etats-Unis comme une étape cruciale pour la reconstruction du pays.

(AFP / 18 mai


Sur le terrain

Irak: près de 25% de la population sous le seuil de pauvreté.

Près d'un Irakien sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, selon une étude publiée mercredi par l'Autorité centrale des statistiques (CSA), un organisme public irakien.

Selon l'étude, 23% des 27 millions d'habitants vivent dans la pauvreté et la plupart se trouvent en zones rurales, a précisé le porte-parole de la CSA, Abdul-Zahra Hendawi. Les trois provinces kurdes autonomes du nord du pays présentent les taux de pauvreté les plus bas.

L'étude attribue l'ampleur de la pauvreté en Irak aux mauvaises infrastructures, à la corruption et à un chômage élevé. M. Hendawi précise toutefois que le système de rations alimentaires en vigueur dans le pays a aidé à contenir la pauvreté.

"Nous nous attendions à un pourcentage plus élevé, mais le système de rations aide apparemment les pauvres à faire face à la situation", a-t-il déclaré à l'Associated Press. En vertu de ce dispositif, tous les Irakiens se voient remettre des cartes de rations alimentaires leur permettant d'acheter dix articles -sucre, farine, riz, lait en poudre, huile, thé, haricots, lait pour bébé, savon et détergent- pour un prix modique.

La province de Muthanna (sud) affiche le taux de pauvreté le plus élevé (49%). Le taux le plus bas (3%) a été enregistré dans la province de Sulaiminiyah (nord). Ont été considérés comme pauvres par l'étude les Irakiens vivant avec moins de 2,50 dollars (1,80 euro) par jour.

http://www.aloufok.net/spip.php?article529

 20 Mai 2009 - Avec les agences de presse )


Politique intérieure & extérieure

18-05

Le Parlement n'a ainsi toujours pas adopté la loi sur les hydrocarbures, qui doit notamment régir la répartition des revenus de l'exploitation des ressources du pétrole de l'Irak, les troisièmes au monde.

 (AFP)



b) Les occupants 

1) Usa

Déclaration du quatuor : Obama -Rice-Clinton-Cheney

Obama

Obama va annoncer une réforme des tribunaux.
Le président américain Barack Obama annoncera vendredi une réforme des tribunaux militaires chargés de juger les terroristes présumés, mis en place sous l'ère Bush, a annoncé jeudi soir un responsable.
Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, M. Obama a décidé de rétablir les commissions militaires créées par son prédécesseur tout en améliorant les garanties légales des prévenus.
Peu après son investiture en janvier, le président Obama avait gelé jusque fin mai les tribunaux militaires d'exception à Guantanamo. Le nouveau président avait également signé un décret ordonnant la fermeture de la prison de Guantanamo d'ici le 22 janvier 2010.
Le nouveau cadre légal prévoit des restrictions sur l'usage des dépositions sur la foi d'autrui contre les prisonniers. Il doit aussi modérer les preuves que
la CIA a obtenues par des techniques d'interrogatoire controversées, telle la simulation de la noyade.
La réforme concernera, en autres, cinq détenus soupçonnés d'avoir joué un rôle clé dans les attentats du 11 septembre 2001, dont Khalid Sheikh Mohammed, cerveau auto-revendiqué de ces attaques.
Jeudi, le Wall Street Journal annonçait que l'administration américaine envisageait de transférer sur le sol des Etats-Unis des détenus de la base de Guantanamo.
Devenu le symbole controversé de la "guerre contre le terrorisme" de l'ex-président George W. Bush, Guantanamo est située sur une base navale que les Etats-Unis louent à Cuba depuis le début du XXe siècle.
En sept ans, près de 800 hommes et adolescents ont été détenus à Guantanamo, dont seulement une vingtaine ont été inculpés de crimes de guerre et trois jugés par les tribunaux d'exception. Il y reste 241 détenus, dont 60 déclarés libérables.

15-05

http://www.lematin.ch/flash-info/monde/obama-va-annoncer-reforme-tribunaux-juger-terroristes

 

Torture : Obama refuse la publication de photos

Dans un souci de transparence, un juge avait ordonné la divulgation des clichés…

Obama est revenu hier sur sa position de publier 44 nouvelles photos de prisonniers torturés par la CIA dans les prisons américaines d’Afghanistan et d’Irak sous le règne de l’administration Bush.

Pour justifier ce revirement, l’administration fait valoir la crainte d’une nouvelle explosion de sentiments antiaméricains à travers le monde. (…)

Le président «pense que la publication de ces photos […] ne ferait qu’enflammer les théâtres de guerre, mettrait les troupes américaines en danger et rendrait notre tâche plus difficile dans des endroits comme l’Irak et l’Afghanistan», écrit la Maison Blanche.

La publication des photos avait été ordonnée par un juge fédéral, après la requête de l’Union américaine pour les libertés civiles.

Cette publication devait intervenir avant le 28 mai. L’administration Obama n’avait alors rien objecté.

A peine annoncée, cette décision a jeté la consternation dans les milieux de défense des libertés civiles et auprès des partisans d’un président qui avait promis la transparence.

Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama est pris entre le marteau et l’enclume sur cette question de la torture héritée de l’administration précédente.

A la surprise générale, il avait fait publier quatre notes internes de l’administration Bush détaillant par le menu les pratiques d’interrogatoire pour le moins musclées utilisées par les agents de la CIA, s’attirant les foudres du parti républicain.

L’ancien vice-président Dick Cheney s’est même lancé depuis dans une guerre ouverte contre Obama, faisant le siège des chaînes de télévision et l’accusant ni plus ni moins de mettre le pays en danger.

Faucons.

Cette reculade ne manquera pas d’être perçue comme une concession aux anciens faucons de la Maison Blanche.

D’autant que les sénateurs (…) Joe Lieberman et Lindsay Graham, deux partisans de la première heure de la guerre en Irak, avaient demandé à Obama qu’il renonce à la publication des clichés.

Maria Pia Mascaro 

http://www.liberation.fr/monde/0101567143-torture-obama-refuse-la-publication-de-photos?xtor=EPR-450206 


Rice

Implication directe de Rice dans l'autorisation de la torture.

Un comité sénatorial révèle l'implication directe de Condoleezza Rice dans l'autorisation de la torture

Le comité du Sénat américain sur le service de renseignement a affiché sur son site le 22 avril un compte rendu déclassifié d'avis juridiques du département de la Justice sur le programme de détention et d'interrogation de la CIA.

Selon ce document, en juillet 2002 la conseillère à la sécurité nationale des États-Unis, Condoleezza Rice, aurait directement approuvé une requête de la CIA de soumettre le présumé terroriste Abu Zubaydah à la simulation de noyade (« waterboarding »).

Le document en question constitue jusqu'à présent le compte rendu le plus détaillé de la chaîne d'événements qui ont mené à la préparation et à l'autorisation du programme de torture de la CIA par les plus hauts échelons de l'administration Bush. On y découvre également, selon la presse, que les avis juridiques dissidents d'intervenants préoccupés par « la sévérité des méthodes d'interrogation » ont été écartés à maintes reprises.

Selon le document :

- La CIA, s'appuyant sur la supposition que le présumé agent de al-Qaïda Abu Zabaydah avait en date d'avril 2002 des informations concernant un danger imminent, a utilisé contre lui différentes « techniques d'interrogation » trois mois avant d'en obtenir l'autorisation.

- Lors d'une rencontre avec le directeur de la CIA George Tenet en juillet 2002, Rice l'a avisé que la CIA pouvait donner suite à sa proposition d'interrogation moyennant l'approbation du département de la Justice.

- Le département de la Justice a approuvé l'utilisation de la simulation de noyade dans un mémo top-secret du 1er août 2002, soit quelques jours après que Rice eût donné son approbation à George Tenet. Zubaydah a subi la simulation de noyade au moins 83 fois en août 2002.

- Plusieurs membres du comité sénatorial sur le service de renseignement ont été mis au fait de la torture utilisée contre Zubaydah et Khalid Mohammed en 2002 et 2003.

- Au printemps 2003, Tenet a demandé une confirmation de la légalité de l'emploi de la torture. Le vice-président Dick Cheney, Rice, le secrétaire à la Justice John Ashcroft et le conseiller de la Maison blanche Alberto Gonzales sont parmi ceux qui étaient présents à une réunion où il fut décidé que la pratique pouvait continuer.

- Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le secrétaire d'État Colin Powell n'étaient pas à la réunion du printemps 2003, mais la CIA les a mis au courant de l'emploi de la torture en septembre 2003.

- Un an plus tard, la CIA a mis au courant plusieurs hauts représentants de l'emploi de la simulation de noyade et d'autres méthodes de torture, dont madame Rice, monsieur Cheney et le secrétaire à la Justice John Ashcroft. Les hauts représentants ont « réaffirmé que le programme de la CIA était légal et reflétait la politique de l'administration », lit-on dans le rapport sénatorial.

Durant les années qui ont suivi, l'emploi de la torture par la CIA a fait l'objet de plusieurs examens juridiques internes durant lesquels, selon le compte rendu déclassifié, des avocats du gouvernement ont exprimé des réserves sur la légalité des « méthodes d'interrogation », en particulier la simulation de noyade, qui pourraient enfreindre les lois sur la torture et la constitution des États-Unis. Mais les avocats de l'administration Bush ont tout de même validé le programme de la CIA.

Le compte rendu contredit le témoignage de Rice au comité sénatorial sur les services militaires l'année dernière, lorsqu'elle a dit que son rôle était purement de nature bureaucratique, ayant assisté à des rencontres sur la demande de la CIA sans se souvenir de requêtes spécifiques. Voici un extrait du rapport du 18 décembre 2008 du comité sénatorial sur les services armés examinant l'utilisation de techniques appelées « Survival Resistance and Escape » (SERE) :

« La secrétaire d'État Condoleeza Rice, qui était alors conseillère à la Sécurité nationale, a dit qu'"au printemps 2002 elle a demandé au Conseil de la sécurité nationale l'autorisation de commencer un programme d'interrogation pour terroristes de al-Qaïda de haut niveau". La secrétaire Rice a dit qu'elle avait demandé au directeur de la CIA George Tenet de mettre au courant les principaux responsables du Conseil de sécurité nationale du programme et demandé au secrétaire à la Justice John Ashcroft de "revoir personnellement et de confirmer l'avis juridique préparé par le Office of legal Counsel". Elle a également dit que le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a participé à l'examen du programme de la CIA par le Conseil de sécurité nationale.

« Lorsqu'on lui a demandé si elle avait assisté à des réunions où la formation pour l'emploi des techniques SERE a été discutée, la secrétaire Rice a déclaré qu'elle se souvient qu'on lui a dit que des membres des effectifs de l'armée américaine ont subi une formation pour l'emploi de "certaines techniques physiques et psychologiques d'interrogation". »

Dans un communiqué accompagnant la publication du compte rendu, l'ex-président du comité sénatorial Jay Rockefeller a dit que la déclassification des « avis sur l'interrogation et la détention » « n'est pas complète » et a demandé qu'on accélère la déclassification d'autres avis de 2006 et 2007 qui montreront selon lui comment les représentants du département de la Justice de l'administration Bush ont interprété les lois sur la torture et les crimes de guerre. Rockefeller a noté que la déclassification du compte rendu a été approuvée par le département de la Justice, le directeur du National Intelligence et la CIA à la fin de 2008, mais le Conseil de sécurité nationale de l'administration Bush n'étaient pas d'accord et l'a interdite.

S'adressant aux journalistes en rapport avec la publication du compte rendu, le secrétaire à la Justice Eric Holder a déclaré qu'il suivra la preuve « partout où elle nous amènera », en référence à la possibilité de traduire en justice les représentants de l'administration Bush qui ont autorisé la torture. Or, le président Barack Obama a dit auparavant qu'aucun représentants du gouvernement ne serait traduit en justice et a déclaré son opposition à une quête sur le programme de torture, en disant qu'« on ne gagnera rien à passer notre temps à chercher qui blâmer pour le passé ».

(Sources : The Age (Australie), McClatchy Newspapers, BBC, Senate Armed Services Committee)


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n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Suite - : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Suite - : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.


 

Journal d'Irak

n°436                 du 12/05                   au 28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

5-1 Vidéo : Guerre en Irak par les troupes US.

5-2 Brzezinski : The Grand Chessboard.

5-3 Noam Chomsky : Comment gérer une ‘crise’…

5-4 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les guerres.

 



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

12-05

Le sergent John Russell a abattu cinq militaire US dans une clinique  psychiatrique dans un camp militaire américain à Bagdad. 

 (Xinhua)

21-05

A Bagdad, dans le quartier de Dora (sud), une bombe a explosé dans la matinée au passage d'une patrouille américaine près d'un marché, faisant sept morts, dont au moins trois soldats américains, selon l'armée américaine. Neuf autres soldats américains ont été blessés.)

http://www.aloufok.net/

 

23-05

Un Américain sous-traitant de l'armée américaine a été tué vendredi soir par une roquette tombée sur la Zone Verte près de l'ambassade américaine, selon un autre porte-parole des forces américaines, le commandant José Lopez.

La Zone Verte abrite l'ambassade américaine. Les autorités irakiennes assument désormais le contrôle du secteur dans le cadre du pacte de sécurité américano-irakien entré en vigueur le 1er janvier.

Les Etats-Unis continuent d'assurer leur propre sécurité dans des secteurs-clé, comme l'ambassade américaine et la petite base militaire qui se trouve à l'intérieur de la zone.

Associated Press

26-05

Trois Américains ont été tués lundi par l'explosion d'une bombe au passage d'un convoi dans la province d'Anbar dans l'ouest de l'Irak, a annoncé mardi l'armée américaine.

L'explosion a tué un soldat américain, un responsable du Département d'Etat et un civil employé d'une entreprise sous-traitante du Département de la Défense.

La bombe a explosé alors que le convoi allait traverser Falloujah pour gagner le site d'un chantier de construction voisin, selon l'armée. Deux autres ont été blessées.

Al-Oufok )

http://www.aloufok.net/spip.php?article546

27-05

Un soldat américain a succombé mercredi à ses blessures après l'explosion d'une bombe sur une route au passage d'une patrouille dans l'est de Bagdad, a annoncé l'armée américaine.

27-05

http://www.aloufok.net/spip.php?article549



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

21-05

Une explosion a fait au moins 34 morts et 72 blessés hier soir dans un quartier pauvre de Bagdad où les habitants, faisaient leurs courses ou dînaient.

«L'explosion s'est produite dans un quartier avec de nombreux restaurants et magasins. La voiture piégée était garée dans le quartier à une heure de grande affluence», a déclaré de son côté une source au ministère de la Defense.

21-05

A Bagdad, dans le quartier de Dora (sud), une bombe a explosé dans la matinée au passage d'une patrouille américaine près d'un marché, faisant sept morts, dont au moins 4 civils.

http://www.aloufok.net/

21-05

Dans l'ouest de Bagdad, une bombe a explosé dans un commissariat, tuant trois policiers et en blessant 19 autres, selon un responsable de la police irakienne.

La bombe avait été cachée dans une poubelle et transportée dans le commissariat, a-t-il ajouté.

http://www.aloufok.net/

 

Région de Bagdad

16-05

Un responsable d'une milice "Sahwa" ("Réveil" en arabe) a été tué avec son fils près d'un marché d'Abou Ghraib.

Une bombe magnétique avait été placée sur sa voiture, selon un commandant de la police locale.

 (AFP

23-05

Quatre policiers ont été tués samedi dans l'explosion de mines dans deux attaques distinctes à Bagdad et dans ses environs, a-t-on appris de source policière.

Une première attaque contre une patrouille a tué vers midi deux policiers et blessé sept autres sur la route reliant Bagdad à Falloujah, à hauteur d'Abou Ghraib, à 25 kilomètres de la capitale, a précisé à l'AFP la police.

Une mine artisanale a par la suite explosé dans le quartier d'Al-Gadir, dans le centre de Bagdad, au passage d'une patrouille, tuant deux policiers, et blessant trois policiers et deux civils, selon la police.

 AFP


1-3 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul,

24 mai

Action kamikaze près d'un barrage routier alors qu'un convoi américain passait le barrage…L'attaque a fait un mort et 38 blessés, a-t-on appris auprès de la police irakienne.

Selon un responsable de la police irakienne, l'explosion s'est produite aux environs de 11h15.

Associated Press


1-3 Province de Ta'mim

Kirkouk,(Capitale de la province - 255 km au nord de Bagdad.)

12-05

Une action kamikaze a fait six morts mardi, dont cinq policiers et un civil et onze blessés.

Trois des onze blessés sont des policiers, a ajouté l'officier de police précisant que l'attentat s'est produite dans le sud de Kirkouk.

 

L'attaque a eu lieu dans un quartier commerçant du centre-ville de Kirkouk, où le kamikaze a foncé en voiture dans un camion de police.

http://www.aloufok.net/spip.php?article501

'AFP AP

21-05

"Sept membres des Sahwa ("Réveil" en arabe, ndlr) ont été tués et quatre blessés dans une action Kamikaze visant des membres des Sahwa réunis à Al-Rachab, dans le sud de Kirkouk,

"Le kamikaze portant un uniforme des Sahwa s'est fait exploser au milieu d'un rassemblement de Sahwa qui attendaient de recevoir leurs salaires", a ajouté le commandant de police Salam Zengana.

"Les blessés ont été conduits à l'hôpital de Kirkouk. Certains sont dans état grave", a souligné l'officier.

AFP)

http://www.romandie.com/ats/



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003)


Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)

679.687

Civils blessés (depuis l'occupation) 

70.965 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.940   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.043 (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.885   (chiffre minimum)

En prison

40.268. (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.667

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

52.799 (chiffre très minimal)

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.595 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

12.995

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

26.798 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.590

Autres blessés (collaborateur)

9.643

 

 

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

Un cinquième des  soldats américains déployés en Irak souffrent de PTSD.

Le sergent John Russell a été inculpé mardi de meurtre, un jour après qu'il eut abattu cinq de ses compagnons dans une clinique  psychiatrique dans un camp militaire américain à Bagdad. 

 Le soldat a montré certains symptômes de problèmes mentaux  avant l'incident, son arme lui avait donc été confisquée et il  avait été envoyé consulter, ont révélé les commandants concernés. 

L'armée américaine a déclaré  mardi qu'elle passerait en revue ses efforts pour apaiser la  pression psychologique après qu'un soldat eut tué cinq de ses  compagnons en Irak. 

Les commandants de l'armée américaine ont été pressés de mener  "un examen sérieux" des mesures visant à aider les soldats à  apaiser leur stress relatif aux combats, a fait savoir le  porte-parole du département de la Défense, Bryan Whitman, lors  d'une conférence de presse. 

 "La meilleure manière de traiter ces affaires est de les  repérer le plus tôt possible et d'aider ceux qui pourraient  connaître des difficultés à obtenir ce dont ils ont besoin ",  a-t-il indiqué. 

  L'armée américaine a lancé une série de programmes pour aider  les soldats souffrant de troubles de stress post-traumatiques  (PTSD), a indiqué M. Whitman. 

Selon les statistiques militaires, près d'un cinquième des  soldats US (soit 28.000)  déployés en Irak souffrent de PTSD, et les  suicides de soldats américains ont augmenté à 143 en 2008, contre  115 l'année précédente.

12-05

(Xinhua)


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET


The War in Iraq Costs

Le 28/05 à 11h11

673.036-877-950 dollars

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home



5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

5-1 Vidéo : Guerre en Irak par les troupes US.

 http://www.zshare.net/video/599722966eb55737


5-2 Brzezinski : The Grand Chessboard.

http://www.dailymotion.com/video/x5koqv_ruppert-lit-brzezinski-the-grand-ch_news

(Ruppert lit Brzezinsky)


5-3 Noam Chomsky : Comment gérer une ‘crise’…

Quand surgit une nouvelle ‘crise’, on observe toujours le même comportement dans les médias et l’opinion publique:
Si les crimes sont commis par le camp ennemi,
On filtre soigneusement les témoignages afin d’exclure toute information pouvant contredire la thèse défendue, tout en mettant en avant tout ce qui peut apporter de l’eau au moulin de notre idée.
On fait lourdement appel aux “sources officielles” pour autant qu’elles soient U.S… et pour autant qu’elles fournissent l’image appropriée.

Dans le cas contraire,

On s’efforcera de les dénigrer ou tout simplement de les ignorer.
Les détails graphiques abondent, tous plus frappants les uns que les autres.

Les incohérences sont allègrement ignorées, tout comme les témoignages d’experts n’allant pas dans notre sens.

Si l’expert insiste, on ira jusqu’à le soupçonner de solidarités coupables et on trouvera bien un moyen de lier tout cela à l’antisémitisme, la matraque absolue pour faire taire un gêneur.
On ne perd pas une occasion d’insister que ces crimes ont été planifiés au plus haut niveau, même quand aucune preuve crédible ne permet de l’affirmer, etc. etc.
Quand les crimes ont été commis par “notre camp”, on constate le comportement géométriquement opposé : silence ou apologie.
Les médias et autorités évitent d’entrer dans les détails et se gardent bien de faire appel aux témoignages personnels, ou alors en employant le conditionnel et en insistant sur leur inévitable manque de fiabilité.
Les chroniqueurs se découvrent soudain une âme de philosophe, glosant longuement sur la complexité de l’Histoire et les difficultés pour comprendre des cultures lointaines.
La responsabilité est concentrée sur le niveau le plus bas de la chaine de commandement et on s’apitoie sur le stress du lampiste qui, dans des circonstances difficiles, a été amené à commettre des erreurs… tout est bon pour nous absoudre. (…)

Tout le monde pousse des cris outragés, profère des accusations qui se basent sur des preuves infimes, parfois tout simplement inventées, et qui ne seront jamais rectifiées, même quand la preuve de leur fabrication est apportée.

Sources Libertés et Internet

[Noam Chomsky - "Necessary Illusions", p.137 - Pluto Press, 1991 - Trad. Gregor Seither]

http://palestine.over-blog.net/article-31710240.html


5-4 Jeremy Scahille : Le rôle des médias dans les guerres.

Un colonel US suggère des « attaques militaires » contre les « médias partisans »

A une époque où les médias se retrouvent « embarqués » avec les militaires dans les zones de conflit, les journalistes indépendants sont devenus les yeux et les oreilles du monde. Sans ces journalistes non-embarqués qui risquent leurs vies pour rendre compte de ce qui se passe de l’autre coté du fusil ou sous les bombes, l’histoire serait pratiquement entièrement rédigée du point de vue des puissances militaires ou – pour le moins – du point de vue ceux qui tiennent les armes, plutôt que de celui des civils qui sont toujours les principales victimes.

Dans le cas de l’invasion et occupation de l’Irak, les journalistes qui ont pris des risques ont sont souvent été les journalistes locaux irakiens.

Quelques 116 journalistes et travailleurs des médias irakiens ont été tués depuis mars 2003.

En tout, 189 journalistes ont été tués en Irak.

Au moins 16 parmi eux ont été tués par les militaires US, selon le Comité pour la Protection des Journalistes.

Un média qui a souvent été l’objet d’attaques US est Al Jazeera. Comme je l’ai écrit il y a quelques années dans The Nation :« Les Etats-Unis ont bombardé les bureaux d’Al Jazeera en Afghanistan en 2001, tiré à l’obus contre l’hôtel Basrah où des journalistes d’Al Jazeera étaient les seuls clients en avril 2003, tué le correspondant irakien Tareq Ayoub quelques jours plus tard à Bagdad et emprisonné plusieurs reporters d’Al Jazeera (y compris à Guantanamo), dont certains affirment avoir été torturés. En plus des attaques militaires, le gouvernement irakien soutenu par les Etats-Unis a banni la chaîne de l’Irak. »

Un nouveau rapport d’un groupe néoconservateur influent, qui défend une ligne politique de « priorité à Israël » comme moyen de conquête du Moyen Orient, suggère que pendant les futures guerres, les Etats-Unis devraient officiellement adopter une politique de censure des médias et suggère « des attaques militaires contres les médias partisans. » (MuzzleWatch) Le rapport rédigé pour JINSA, l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale, fut écrit par le colonel à la retraite Ralph Peters. Il est publié dans le « journal officiel » du JINSA, The Journal of International Security Affairs. « Aujourd’hui, les Etats-Unis et leurs alliés ne se retrouveront plus jamais seuls face à leur ennemi sur le théâtre des opérations. Il y aura toujours un tiers qui participe aux combats », écrit Peters, qui qualifie les médias de « tueurs sans armes. »

 « Bien sûr, les médias ont influencé le cours des conflits depuis des siècles, depuis les guerres de religion européennes jusqu’au Vietnam.

Cependant, plus récemment, les médias sont devenus déterminants quant à l’issue d’un conflit.

Alors que les journalistes n’ont pas réussi à battre le gouvernement US en Irak, les caméras vidéos et les reportages partisans ont assuré la survie du Hezbollah dans la guerre de 2006 contre Israël et, au moment où j’écris ces lignes, ils semblent avoir sauvé le Hamas de la destruction à Gaza.

[...]

Bien que cela paraisse encore impensable, les guerres futures pourraient nécessiter la censure, l’imposition d’un black-out et, en dernier recours, des attaques militaires contre les médias partisans. Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs et se considèrent comme des combattants appartenant à une espèce protégée.

Mais la liberté de la presse s’arrête là où ses abus tuent nos soldats et renforcent l’ennemi.

Une telle idée est traitée aujourd’hui avec dédain, mais l’élite médiatique qui a perdu tout sens du patriotisme pourrait bien découvrir un jour que cette idée est entrée dans le domaine du bon sens.

L’objectif de tout ceci est bien simple : Gagner.

Dans une guerre, rien d’autre ne compte.

Si on ne peut pas gagner en respectant les règles, alors il faut gagner en les brisant. Mais il faut gagner.

Nos victoires sont celles de l’humanité toute entière, tandis que nos échecs engendrent des monstres. »

Evidemment, qu’un tel cri du cœur aussi méprisable appelant au meurtre de journalistes soit publié dans le journal du JINSAIl est tout à fait à-propos.

L’organisation s’est longtemps enorgueillit de compter dans ses rangs des « conseillers » criminels étoilés. Parmi eux, Dick Cheney, Richard Perle, James Woosley, John Bolton, Douglas Faith et d’autres. JINSA, avec le « Projet pour un Nouveau Siècle Américain » (Project for a New American Century - PNAC), fut un des groupes les plus influents sur la politique des Etats-Unis des années Bush et garde une forte influence sur Obama et la Maison Blanche

En lisant les propos de malade de ce tordu de Colonel Peters, je me suis souvenu d’un rapport sorti fin 2005 qui accusait l’administration Bush de planifier le bombardement du siège international d’Al Jazeera au Qatar, et sur lequel j’écrivais :

« Le quotidien britannique Daily Mirror a écrit qu’au cours d’une réunion tenue au mois d’avril 2004 à la Maison Blanche avec le premier ministre britannique Tony Blair, George W. Bush a soulevé l’idée de bombarder le siège international d’Al Jazeera au Qatar. Cette information est tirée des transcriptions « top-secret » du sommet Bush-Blair. Le ministre de la justice britiannique Lord Goldsmith a invoqué la loi Officiel Secrets Act et a menacé toute publication qui publierait une quelconque partie du mémo (il a déjà porté plainte contre un ancien membre du cabinet et un ancien assistant au parlement). Alors, bien que nous ne connaissions pas le contenu du mémo, nous savons que lors de la réunion entre Bush et Blair, l’administration US avait développé une campagne publique trés dure contre Al Jazeera. La réunion s’est déroulée le 16 avril, en plein siège de la ville de Falluja par les Etats-Unis, et Al Jazeera était l’un des rares médias à couvrir les événements de l’intérieur de la ville. Ses reportages exclusifs étaient diffusés par toutes les chaines, de CNN à BBC.

L’offensive de Fallujah, un des assauts les plus meurtriers de l’occupation US, fut un point tournant. En deux semaines de ce mois d’avril, 30 marines furent tués tandis que la guérilla locale résistait aux assauts de l’armée américaine.

Quelques 600 irakiens ont été tués, dont de nombreux femmes et enfants. Al Jazeera émettait depuis l’intérieur de la ville des images à travers le monde entier.

En direct à la télévision, la chaine démontrait par l’image que les Etats-Unis, malgré toutes les dénégations, étaient bien en train de tuer des civils.

Du point de vue des relations publiques, ce fut un désastre pour les Etats-Unis et ils ont riposté en attaquant le messager.

Quelques jours avant la tenue des propos attribués à Bush, le correspondant d’Al Jazeera à Fallujah, Ahmoud Mansour, rapporta en direct à la télévision : « la nuit dernière nous avons été attaqués par quelques tanks, deux fois... mais nous avons réussi à nous échapper. Les Etats-Unis veulent nous faire sortir de Fallujah, mais nous restons. »

Le 19 avril, Washington exigeait le départ d’Al Jazeera comme préalable à un cessez-le-feu. La chaine a refusé. Mansour écrivait le lendemain : « des avions de combat américains ont tiré autour de nos nouveaux locaux et ils ont bombardé la maison où nous avions passé la nuit et ils ont tué son propriétaire, M. Hussein Samir. A cause des menaces sérieuses qui planent, nous avons du interrompre nos émissions pendant quelques jours parce que chaque fois que nous tentions d’émettre, les avions nous repéraient et nous tiraient dessus. »

Le 11 avril, un porte-parole de l’armée, Mark Kimmit, déclarait : « les médias qui montrent les Américains en train de délibérément tuer des femmes et des enfants ne sont pas de véritables sources d’information. C’est de la propagande, ce sont des mensonges ». Le 15 avril, Donald Rumsfeld faisait écho à ces propos en des termes très peu diplomatiques, qualifiant les reportages d’Al Jazeera de « pervers, inexacts et inexcusables... ce dont cette chaine est capable est une honte. »

C’est le lendemain même, selon le Daily Mirror, que Bush faisait part de son plan à Blair. « Il a clairement fait comprendre qu’il voulait bombarder le siège international d’Al Jazeera au Qatar et ailleurs, » a déclaré une source au Mirror. « Il ne fait aucun doute que Bush voulait le faire, et aucun doute que Blair ne voulait pas qu’il le fasse. »

Au cas où certains penseraient que le point de vue du Col. Ralph Peters et des neocons du JINSA/PNAC est une relique du passé, rappelons que l’administration Obama compte de nombreux poids lourds qui appartiennent à ce milieu, ainsi que de farouches partisans. Bien qu’ils ne soient plus en train de tirer toutes les ficelles, comme sous l’administration Bush/Cheney, leur influence disproportionnée sur la politique des Etats-Unis demeure.

Jeremy Scahille

Journaliste d’investigation primé, auteur de « Blackwater : The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army ».

ARTICLE ORIGINAL
http://rebelreports.com/post/110980714/us-colonel-advocates-us-military-attacks-on-partisan

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

http://www.legrandsoir.info/article8615.html

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Fin- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

n°436 - Journal d'Irak - 12-05 au 25-05 : - Fin- : La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.


 

Journal d'Irak

n°436                 du 12/05                   au 28/05/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

6 Les brèves

6-1 La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

6-2 Gilles Munier : La révolte des mercenaires du Sahwa.

6-3 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis.

6-4 L'Irak veut l'aide de ses voisins pour ne pas mourir de soif et de chaleur.

 


 


6 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

6-1 La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix.

Lors de la visite d'Obama, Le Marxiste-Léniniste a indiqué : « La "guerre contre la terreur" de Bush n'a pas réussi à justifier les crimes contre la paix, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, en particulier ceux commis contre les peuples d'Irak, d'Afghanistan et de Palestine et contre les gens de croyance musulmane ou d'origine arabe. Elle n'est pas parvenue à justifier Guantánamo, Abou Ghraib, Bagram, la déportation vers la torture et les prisons secrètes, la torture et la détention indéfinie, la preuve secrète et la parodie de justice. Elle n'a pas été capable de justifier les crimes économiques et les échecs qui s'accompagnent d'une dislocation massive des populations et d'attaques contre les peuples autochtones et les minorités nationales.

« Les peuples du Canada et du monde se sont opposés et continuent de s'opposer à ces crimes. Ils n'acceptent pas qu'ils soient commis au nom des intérêts américains ou canadiens, au nom de la sécurité, de la paix, de l'ordre et du bon gouvernement. Ni la vieille notion de "bien commun", ni celle de l'"objectif commun" ne peut remplacer la volonté des peuples de mettre fin à tout ce qui attaque la conscience et l'humanité. »

Condoleezza Rice, criminelle de guerre, tu n'es pas la bievenue au Canada !
Non c'est non ! Non aux guerres d'agression et d'occupation !
Non à la torture ! Non à la détention indéfinie ! Non à la criminalisation de la dissidence !
Non aux certificats de sécurité ! Non à deux poids deux mesures !
Non aux interprétations intéressées de la primauté du droit !
Arrêtez de payer les riches ; augmentez les investissements dans les programmes sociaux !
Pour nous la responsabilité commence chez soi !


6-2 Gilles Munier : La révolte des mercenaires du Sahwa.
Depuis le lancement du Surge par le général Petraeus, l’ordre des communicants du Pentagone est de positiver, de donner l’impression que l’Us Army va quitter l’Irak sur une victoire.

Or, non seulement le départ de cette dernière, tout relatif, fait figure de retraite, mais la capacité de l’opinion américaine à ingurgiter sans réfléchir la propagande officielle, est dépassée.

Des dirigeants de l’Armée al-Rashideen remarquaient, début avril, que le refus de rendre compte des activités de la résistance se retournait, avec le temps, contre les grands médias.

Ils notaient que les sites Internet des organisations clandestines, les vidéos d’opérations placées sur You Tube, avaient raison, petit à petit, du bourrage de crâne.
Longtemps présentés comme des supplétifs modèles, les miliciens du Sahwa – « Réveil » en arabe - sont aujourd’hui dans la ligne de mire des journalistes « embedded » d’outre-Atlantique.

Ils découvrent que la résistance les infiltre depuis leur création, estiment à 40% ceux jouant double jeu.

Les Brigades de la Révolution de 1920, dont on ne parlait plus pour cause de ralliement à la lutte contre « al-Qaïda », renaîtraient sous le nom de Hamas-Irak, une de leurs anciennes branches, et encadreraient une partie des mercenaires.

Autre conséquence de la révolte du Sahwa : le New York Times a fait état pour la première fois d’une déclaration d’Izzat Ibrahim. Le chef du Baas irakien s’y pose en interlocuteur responsable en cas de retrait « total et définitif des envahisseurs ».
Ces derniers développements rendent plus acrobatiques les tentatives de Nouri al-Maliki de se présenter en chantre de la réconciliation.

Difficile pour lui - à la fois - de réprimer le Sahwa à Bagdad et de s’allier au Cheikh Ahmed Abou Risha qui le dirige dans la région d’al-Anbar, de faire du pied aux baasistes réfugiés à l’étranger en leur demandant de renier leurs idées… tout en donnant la chasse, sans pitié, aux cellules de leur parti en Irak. L’enfer irakien est pavé d’arrière-pensées assassines.
Gilles Munier

3 mai 2009

http://palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.030509.htm


6-3 Des services secrets étrangers aux côtés des Etats-Unis.

Les services secrets étrangers capturent, interrogent et emprisonnent pour le compte des Etats-Unis la plupart des suspects de terrorisme dans le contexte des conflits en Irak et en Afghanistan. C'est ce qu'affirme samedi le quotidien "The New York Times" sur son site internet.

Seuls les suspects les plus importants constituent une exception, indique le journal citant des responsables américains non identifiés.

Ces 10 derniers mois, environ une demi-douzaine d'experts financiers ou de logistique de niveau intermédiaire travaillant pour ‘Al-Qaïda’ ont été capturés et pris en charge par des services secrets de quatre pays du Proche-Orient, ajoute-t-il.

Ils ont été arrêtés par les services de sécurité locaux à la suite d'informations fournies par les Etats-Unis, précise le journal, qui cite un officier du contre-terrorisme non indentifié.

Les deux suspects de plus haut rang membres présumés d'Al-Qaïda capturés depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama, l'un saoudien, l'autre yéménite, ont été ainsi arrêtés par les services de renseignement du Pakistan avec l'aide des services américains, indique le "New York Times".

ats / 24 mai


6-4 L'Irak veut l'aide de ses voisins pour ne pas mourir de soif et de chaleur.

L'Irak a invité l'Iran et la Turquie à l'aider à ne pas mourir de soif et de chaleur cet été en lui fournissant les quantités d'eau et d'électricité dont il a besoin, a indiqué mercredi à l'AFP un haut responsable du ministère de l'Electricité.

"Une conférence entre l'Irak et ses voisins pour discuter de l'état énergétique et hydraulique de notre pays se tiendra jeudi à Bagdad", a déclaré le conseiller du ministre pour les opérations Adel Mahdi.

"Des ministres iraniens et turcs participeront aux côtés de leurs collègues irakiens des Ressources hydrauliques, de l'Electricité, du Pétrole, des Finances, du Plan et des représentants de la commission des investissements pour examiner la situation et les possibilités de signer des joint-ventures", a-t-il précisé.

Actuellement, le pic de la demande électrique s'établit autour de 11.500 MW par jour alors que la production avoisine les 7.000 MW. Pour combler un déficit qui tourne donc autour de 40%, l'Irak doit acheter de l'électricité à ses voisins.

Selon M. Mahdi, son pays a signé des contrats avec l'Iran pour importer 650 MW servant à alimenter la ville de Bassorah (sud), la région de Diyala (au nord-est de Bagdad) et la région kurde de Panjawin (nord).

Un des objets de la conférence est de discuter avec l'Iran qui "a décidé, à cause de la chaleur qui sévit chez lui, de réduire de moitié la fourniture d'électricité pour Diyala", a-t-il indiqué.

Les discussions, a-t-il ajouté, porteront également sur la région kurde de Dohuq (nord), où la Turquie ne fournit "que 150 MW sur les 200 MW qu'elle est censée fournir" en vertu d'un contrat.

En décembre, le ministre irakien de l'Electricité Karim Wahid avait promis que l'Irak ne connaîtrait plus de coupures de courant en 2011, soit huit ans après l'invasion du pays conduite par les Etats-Unis.

Autre point litigieux, l'eau. "Nous allons examiner ce point car au barrage de Haditha (ouest de l'Irak), les réserves d'eau atteignent 1,5 milliard de m3 contre 8 milliards en mai 2007", a souligné M. Mahdi.

"Le stock est très faible et la baisse des eaux du (fleuve) Euphrate est tel que cette année il n'y en a plus assez pour produire de l'électricité", a-t-il dit.

Le ministère irakien des Ressources hydrauliques a annoncé dimanche que la Turquie avait augmenté le débit de l'Euphrate vers l'Irak après que Bagdad eut averti qu'une crise imminente menaçait ses agriculteurs.

L'ensemble des barrages irakiens totalisaient début mai 11 milliards de m3 d'eau, contre un peu plus de 40 milliards en mai 2006, alors que les précipitations n'ont pas été inférieures aux normales cet hiver. C'est dans l'Euphrate que la situation est la plus préoccupante.

(AFP / 27 mai )

http://www.romandie.com/ats/news/090527121154.ogkj71mc.asp



Annexe

Géographie de l'Irak

L'Irak est divisé en 18 provinces (muhafazat, au singulier muhafazah):

  • Superficie : 437 072 km² (dont 4 910 km² d'eau)

L'Irak est divisé en 18 provinces (muhafazat, au singulier muhafazah):

  •  
    • Al Anbar
    • Al Basrah
    • Al Muthanna
    • Al Qadisiyah
    • An Najaf
    • Arbil
    • As Sulaymaniyah
    • At Ta'mim
    • Babil
    • Bagdad
    • Dahuk
    • Dhi Qar
    • Diyala
    • Kerbala
    • Maysan
    • Ninawa
    • Salah ad Din
    • Wasit

VILLES importantes

  •  
    • Bagdad
    • Bassorah
    • Duhok
    • Falloujah
    • Mossoul
    • Arbil
    • Kirkouk
    • Souleymaniah

Frontières : 3 650 km

  •  
    •  
      • Iran (1 458 km)
      • Jordanie (181 km)
      • Koweït (240 km)
      • Arabie saoudite (814 km)
      • Syrie (605 km)
      • Turquie (352 km)


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

28/05/2009

n° 20- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05-Début- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable

n° 20- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05-Début- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion, Stratégie' de PAKISTAN.

n° 20- 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

Tiré à part :

Remplissage de crane: Le Pakistan étend son programme nucléaire.

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Ahmed Rashid: « Les Etats-Unis ont fait beaucoup d'erreurs ».

1-2 Alain Gresh : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable ».

1-3 La guerre au Pakistan alimente les tensions internationales.

1-4 Graham E. Fuller : Obama aggrave la situation au Pakistan et en Afghanistan.

Suite

1-5 William Lind : La victoire des forces asymétriques.

1-6 Eric Margolis : Obama et le guêpier pakistanais.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 L'Afghanistan est maintenant un foutoir US, et pas un foutoir pakistanais ou taliban.

2-2 Pierre Lellouche : «Au Pakistan, notre sécurité est engagée».

Fin

3-3 La talibanisation du Pakistan n'est plus rampante, mais galopante.

3 Annexe

3-1 Introduction au commerce des armes.

3-2 Les relations OTAN-Pakistan.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



Tiré à part :

Remplissage de crane: Le Pakistan étend son programme nucléaire.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Des images satellite publiées mardi 19 mai montrent que le Pakistan a étendu deux sites cruciaux pour son programme nucléaire, dans le cadre de ses efforts pour renforcer son arsenal atomique.

Selon des experts de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), un institut états-unien spécialisé dans le contrôle des armements, les photos satellitaires montrent une forte expansion d'un complexe chimique près de Dera Ghazi Khan qui produit de l'uranium sous des formes utilisées pour fabriquer des armes nucléaires. Les images d'un autre site près de Rawalpindi suggèrent que le Pakistan a construit "une deuxième usine de séparation du plutonium adjacente à l'ancienne", selon l'ISIS. 

Le Pakistan, qui possède 60 à 100 armes nucléaires, a également procédé à la construction de deux nouveaux réacteurs de production de plutonium, selon l'institut. "Dans l'ensemble, ces récentes activités d'expansion indiquent que le Pakistan est bien engagé dans un plan stratégique visant à renforcer l'effet destructeur et la productivité de son arsenal nucléaire", affirme l'institut.

La publication de ces images intervient alors que le chef d'état-major interarmées américain a reconnu, vendredi 15 mai, au Congrès qu'Islamabad était en train de renforcer son arsenal nucléaire.

Mais, lundi, l'amiral Mike Mullen a assuré que le Pakistan n'utilisait pas l'aide américaine pour renforcer cet arsenal.

L'ISIS souligne que vu la situation actuelle au Pakistan, où l'armée a lancé une offensive contre les talibans dans le Nord-Ouest, la "sécurité des avoirs nucléaires [du pays] reste sujette à interrogation".

"Une expansion des capacités de production d'armements nucléaires complique inutilement les efforts visant à sécuriser les avoirs nucléaires du Pakistan", souligne l'institut, qui exhorte l'administration américaine à convaincre Islamabad de cesser sa production de matériaux fissiles, et à rejoindre les discussions pour un traité interdisant leur production destinée à fabriquer des armes nucléaires.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/05/20/confronte-a-la-pression-des-talibans-le-pakistan-etend-son-programme-nucleaire_1195569_3216.html#ens_id=1162505



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

1-1 Ahmed Rashid: « Les Etats-Unis ont fait beaucoup d'erreurs ».
Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Décriptage

Le journaliste pakistanais, Ahmed Rashid  éminent spécialiste des ‘talibans’, évoque la stratégie US dans la région...
Quelles erreurs les Américains ont-ils commis dans la région?
Bush avait promis de ‘reconstruire’ l'Afghanistan après la chute des talibans fin 2001.

Mais il s'en est aussitôt détourné pour l'Irak, lui réservant tous les moyens militaires et de renseignements.

La traque d'Al-Qaida (…)  et la ‘reconstruction’ en Afghanistan en ont pâti.

Sans compter la corruption de certaines compagnies américaines, comme Halliburton.

A peine l'argent versé, la moitié s'était déjà envolée !

Cela n'a pas échappé à la population. Désillusionnés, beaucoup de gens ont rejoint les talibans.
Comment les talibans pakistanais ont-ils accru leur influence?
Ce sont des combattants pachtounes qui s'étaient battus pour les talibans pendant la guerre civile en Afghanistan.

Ils sont devenus importants fin 2001 lorsqu'ils sont venus au secours des talibans afghans dans les zones tribales. Al-Qaida les payait cher pour qu'ils leur offrent leur protection.

Pendant quatre ans, personne ne s'est penché sur leur cas, alors même qu'ils se radicalisaient. Devenus riches, ils ont organisé leurs propres milices et se sont fixé comme objectif de talibaniser tout le Pakistan !
Et les talibans afghans?
Leur situation est différente.

L'armée de l'ex-président Mucharraf et les renseignements pakistanais leur ont donné un sanctuaire. Ils pensaient en effet que les Etats-Unis quitteraient bientôt l'Afghanistan et ils avaient besoin de garder leur soutien pour que le prochain gouvernement à Kaboul soit propakistanais.

Le Pakistan a joué un double jeu envers Washington.

Il l'aidait à traquer Al-Qaida, mais ne faisait rien pour attraper les talibans afghans.

Et les Américains ne le demandaient même pas, car ils pensaient que les talibans étaient finis !

C'était une grosse erreur de Bush.
Que pensez-vous de la nouvelle stratégie américaine?
En Afghanistan, Barack Obama fait ce qui aurait dû l'être depuis huit ans.

Mais la résistance a pris de l'ampleur, donc la tâche va être difficile.

Au Pakistan, la situation a beaucoup changé depuis 2001.

Les Etats-Unis devront renforcer l'aide civile, soutenir le gouvernement, et faire pression sur l'armée pour aller chasser les talibans, comme ils l'ont fait dans la vallée de Swat.
Pourquoi l'armée pakistanaise semble-t-elle échouer dans la lutte contre les talibans
C'est une question de motivation. Il y a beaucoup d'antiaméricanisme.

L'armée se demande : «Je le fais pour mon pays ou pour faire plaisir à l'Amérique?»

Elle va devoir y répondre.

La bombe pakistanaise peut-elle tomber aux mains des Taliban ?
Non, c'est très improbable.

Personne ne sait combien il y a d'armes nucléaires au Pakistan. Même Barack Obama doit l'ignorer. Mais ce qui est sûr, c'est qu'elles sont étroitement contrôlées par l'armée et que des mécanismes sûrs empêchent tout vol.
Recueilli par Faustine Vincent
Sources 20 mn

http://usa-menace.over-blog.com/article-31728244.html


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n° 20- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05 -Suite- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable

n° 20- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05 -Suite- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion, Stratégie' de PAKISTAN.

n° 20- 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

1-5 William Lind : La victoire des forces asymétriques.

1-6 Eric Margolis : Obama et le guêpier pakistanais.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 L'Afghanistan est maintenant un foutoir US, et pas un foutoir pakistanais ou taliban.

2-2 Pierre Lellouche : «Au Pakistan, notre sécurité est engagée».

1-5 William Lind : La victoire des forces asymétriques.

Lind tire le bilan de la stratégie militaire américaine, et conclut que les forces engagées dans des conflits de « quatrième génération », c’est à dire menant une guerre asymétrique, réponse du faible au fort, l’emporteront sur une machine militaire inadaptée, dont la seule supériorité est celle d’une puissance de feu dont l’usage massif retire toute légitimité à celui qui l’emploie.

Sur les différents fronts, Irak, Afghanistan,  Lind ne voit aucune issue se dessiner, mais il craint que la stratégie d’extension du conflit au Pakistan ne provoque son effondrement. L’incapacité de la nation américaine à réformer sa doctrine militaire, et à remettre en cause sa stratégie offensive de gendarme du monde, traduit une crise profonde d’un etablishment qui ne parvient pas à penser les transformations, juge-t-il. Cette incapacité ne se manifeste selon lui non seulement dans le domaine militaire, mais également face aux crises qui toutes ensemble dessinent un bouleversement systémique à venir : économique, climatique, énergétique, etc...

« Dans les temps anciens, cela se concluait par un changement de dynastie » note-t-il.

Et de s’interroger : « que pourrait-il advenir aujourd’hui ? »

William Lind : Les événements survenus depuis que j’ai commencé a tenir cette chronique ont, je crois, validé dans l’ensemble le concept de guerre de quatrième génération. L’Irak n’a pas été une « promenade », pas plus que notre première invasion de l’Afghanistan n’a « éradiqué » les talibans. Le Mollah Omar s’est avéré le meilleur prophète des évènements à venir : avant que ne tombe la première bombe américaine, il avait déclaré, « Nous perdrons le pouvoir et perdrons Kaboul, mais cela n’a pas d’importance. »

Quelles leçons pouvons-nous tirer de mes précédentes chroniques ?

Trois points me paraissent être d’une importance primordiale.

1) Tant que l’Amérique poursuivra une stratégie de grande offensive, la guerre de quatrième génération lui garantit la défaite.

La raison en est à rechercher dans le concept de puissance de la faiblesse de Martin van Creveld, et dans sa relation intime avec la légitimité. Dans un monde de quatrième génération, la légitimité est la vraie richesse du royaume. En dernier ressort, les guerres de quatrième génération sont celles d’une lutte de légitimité opposant l’État et un grand nombre de loyautés non-étatiques fondamentales. La puissance américaine manque de légitimité parce qu’elle est écrasante au plan matériel. Telle est la force des faibles : ceux qui résistent à l’armée américaine deviennent des héros. A l’inverse, tout État soutenu par l’armée américaine perd de sa légitimité. Plus les USA interviennent militairement en un grand nombre de parages, plus les États perdent de leur légitimité, au bénéfice des entités non-étatiques de quatrième génération. De fait, nous assistons à un effet Midas inversé. Seule une grande stratégie de défense, où nous nous occuperions de nos propres affaires et laisserions les autres Etats s’occuper des leurs, peut nous sortir de cette spirale infernale.

2) Les armées de deuxième génération ne peuvent pas gagner les guerres de quatrième génération. Les forces armées de deuxième génération, telles que celles des États-Unis, combattent en dirigeant leur puissance de feu sur des cibles. Cela leur permet de vaincre au niveau matériel, mais ce faisant, cela se transforme en défaite au niveau moral, qui est déterminant dans la G4G.

Le meilleur exemple actuel est donné par le Pakistan, où la combinaison des frappes de Predator [1] et les pressions exercées sur le gouvernement pakistanais ont sapé la légitimité de l’Etat. Cet état se trouve maintenant au bord de la désintégration, ce qui apporterait à Al-Qaïda et aux autres forces islamistes de G4G la plus grande victoire qu’ils puissent imaginer. La photo accrochée sur le mur de la grotte d’Oussama doit être celle d’un Predator, et titrée : « notre meilleure arme. »

3) Il n’y a aucune chance que l’Amérique adopte une stratégie défensive ou engage une réforme de ses forces armées pour les faire passer de la deuxième à la troisième génération - étape nécessaire mais pas suffisante pour affronter les G4G - aussi longtemps que l’establishment en place à Washington reste au pouvoir. Cet establishment est ivre d’orgueil, coupé du monde existant au-delà des arènes politique et fortement corrompu par le « business as usual » pratiqué par un Pentagone, qui sait comment acheter tous les appuis politiques dont il a besoin. Comme dans tous les establishments, on y perçoit le changement réel comme une menace, devant être évitée. Aussi longtemps qu’il règnera, rien ne changera.

Quelles sont les implications de ces observations ?

Au plan militaire, elles augurent de la poursuite de l’échec et la défaite. Nous ne parviendront pas à sortir de l’Irak avant que ne débute la prochaine phase de cette guerre, ou pire, qu’une attaque israélienne sur l’Iran nous coûte l’armée que nous avons en Irak. Nous allons être vaincus en Afghanistan, parce que nous refusons d’adapter nos objectifs stratégiques à ce qui est possible et nous continuerons à nous aliéner la population avec notre façon de conduire la guerre en déployant une puissance de feu massive. Nous allons pousser le Pakistan vers le point de désintégration, ce qui sera une catastrophe stratégique de premier ordre. Nous allons continuer d’ignorer la désintégration de l’Etat mexicain, tout en important les troubles du Mexique via nos frontières sans contrôles efficaces. Nous ne serons même pas en mesure d’arrêter les pirates somaliens. Qu’est-il révélé de nous même, lorsque la nation tout entière se réjouit parce que la marine américaine, la plus puissante sur terre, a vaincu quatre adolescents somaliens ?

Ce constat ne s’arrête pas là. Ces échecs de politique étrangère et ces défaites militaires - voire même des « victoires » encore plus embarrassantes - ne sont que deux exemples d’une longue liste de crises : la crise économique (dépression suivie par une inflation galopante), crise des cours de change (chute du dollar), crise politique (pas un membre de l’établissement ne sait ce qu’il faut faire, mais l’établissement n’offre pas d’alternative aux électeurs), crise de l’énergie, etc... Toutes ensemble, ces crises distinctes forment une crise systémique, événement qui survient lorsque le monde extérieur exige de plus grandes transformations que le système politique ne le permet. Arrivé à ce point, le système politique s’effondre et est remplacé par autre chose. Dans les temps anciens, cela se concluait par un changement de dynastie. Que pourrait-il advenir aujourd’hui ? J’envisage un changement radical, une déconstruction, marquée par un retour aux pouvoirs locaux [2].

Ce serait, dans l’ensemble, une issue heureuse. Mais je crains que le parcours nous y conduisant ne soit pas une partie de plaisir.

17 avril 2009

Antiwar,

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2656


1-6 Eric Margolis : Obama et le guêpier pakistanais.

 «Les gens d’Obama ne comprennent pas ce vers quoi ils se dirigent en "Af-Pak". Je peux le leur dire : un triste désastre que nous regretterons longtemps.»

En quelques phrases sèches, Eric Margolis résume la situation, décrit les forces en présence et clarifie les enjeux.

Embourbés dans une guerre ingagnable en Afghanistan, les USA qui bombardent déjà régulièrement le Pakistan ont poussé Islamabad à attaquer les pachtounes des zones tribales, au risque de faire voler en éclat la stabilité du pays et d’embraser la région tout entière. « Le véritable danger provient des États-Unis qui agissent comme un mastodonte enragé, foulant aux pieds le Pakistan, et contraignant l’armée d’Islamabad à faire la guerre à son propre peuple, » avertit Margolis qui connaît bien la région et les pachtounes pour les avoir côtoyés de près lors de la guerre contre les soviétiques.

[commentaires de Contre-Info]

 Le Pakistan a finalement cédé la semaine dernière aux demandes irritées de Washington, et a envoyé ses troupes contre la rébellion des tribus pachtounes des Provinces de la Frontière du Nord-Ouest - que l’occident dénomme à tort les « talibans ».

 L’administration Obama avait menacé de mettre fin aux versements annuels de 2 milliards de dollars que reçoivent les dirigeants politiques et militaires du Pakistan en faillite et de bloquer 6,5 milliards d’aides futures, à moins qu’Islamabad n’envoie ses soldats dans les turbulentes zones tribales du Pakistan qui sont situées le long de la frontière afghane. 

Cela s’est conclut par un bain de sang : quelques 1 000 « terroristes » tués (comprendre : la plupart sont des civils) et 1,2 millions de personnes - la plus grande partie de la population de la vallée de Swat - sont devenues des réfugiés.

 Les forces armées pakistanaises instrumentalisées par les États-Unis ont remporté une brillante victoire contre leur propre peuple. Cela n’avait malheureusement pas été le cas lors des guerres contre l’Inde. Bombarder des civils est cependant beaucoup moins dangereux et plus rentable. 

Washington, profondément déçu d’être incapable de pacifier les tribus pachtounes de l’Afghanistan (alias les talibans), a commencé à s’en prendre au Pakistan, tentant de venir à bout de la résistance pachtoune dans les deux pays. Les drones de la CIA ont déjà tué plus de 700 pachtounes pakistanais. Selon les médias, seuls 6% étaient des militants, et le reste des civils.

 Les pachtounes, également improprement appelés pathans, forment la plus nombreuse des populations tribales. Quinze millions d’entre-eux vivent en Afghanistan, constituant la moitié de sa population. Vingt-six millions vivent au delà de la frontière du Pakistan. La Grande-Bretagne impérialiste a divisé les pachtounes par une frontière artificielle, la ligne Durand (qui forme aujourd’hui la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan). Les pachtounes rejettent cette frontière.

 De nombreuses tribus pachtounes ont accepté de rejoindre le Pakistan en 1947, à condition que leur patrie soit autonome et libre de troupes gouvernementales. Les pashtounes de la vallée Swat n’ont rejoint le Pakistan qu’en 1969. 

Lorsque les pachtounes du Pakistan ont accru leur aide à la résistance des pachtounes d’Afghanistan, les USA ont débuté leurs attaques de drones. Washington a contraint Islamabad à violer sa propre constitution en envoyant des troupes dans les terres pachtounes. Avec pour résultat l’actuelle explosion de colère des pachtounes.

 J’ai vu les pachtounes faire la guerre et je peux témoigner de leur légendaire courage, de leur sens aigu de l’honneur et de leur détermination. Ils sont aussi extrêmement querelleurs, batailleurs et irritables.

 On apprend vite à ne jamais menacer un Pachtoune ou à lui poser des ultimatums. Ce sont les guerriers montagnards qui ont défié les États-Unis en refusant de livrer Osama bin Laden, car il était un héros de la guerre anti-soviétique et était leur invité. L’ancien code de « Pachtunwali » guide toujours leurs actions : ne pas attaquer les pachtounes, ne pas tricher avec eux, ne pas causer leur déshonneur. Pour les pachtounes, la vengeance est sacrée.

 Aujourd’hui, les politiques de Washington et les récentes atrocités de la vallée de Swat menacent de déclencher le pire cauchemar du Pakistan, au second rang après une invasion indienne : que ses 26 millions de Pachtounes fassent sécession et rejoignent les pachtounes d’Afghanistan pour former un état indépendant, le Pachtounistan.

 Cela ferait éclater le Pakistan, inciterait probablement les farouches tribus balouches à tenter de faire sécession et pourrait tenter la puissante Inde d’intervenir militairement, au risque d’une guerre nucléaire avec le Pakistan assiégé.

 Les pachtounes des zones tribales n’ont ni l’intention ni la capacité de se répandre dans d’autres provinces du Pakistan, le Punjab, le Sindh et le Baluchistan. Ils veulent seulement qu’on les laisse tranquilles. Les craintes d’une prise du pouvoir des talibans au Pakistan ne sont que pure propagande.

 Les pakistanais ont rejeté à maintes reprises les partis islamiques militants. Nombreux sont ceux qui ont peu d’amour pour les Pachtounes, qu’ils considèrent comme de rustiques montagnards qu’il vaut mieux éviter.

 L’arsenal nucléaire du Pakistan, bien gardé, ne représente pas non plus un danger - du moins pas encore. Les craintes au sujet des armes nucléaires pakistanaises proviennent des mêmes fabricants de preuves - ayant un agenda secret - que ceux qui nous ont sorti les fausses armes de Saddam Hussein.

 Le véritable danger provient des États-Unis qui agissent comme un mastodonte enragé, foulant aux pieds le Pakistan, et contraignant l’armée d’Islamabad à faire la guerre à son propre peuple. Le Pakistan pourrait finir comme l’Irak occupé, divisé en trois parties et impuissant.

 Si cela continue, les soldats pakistanais patriotes pourraient à un moment se rebeller et abattre les généraux corrompus et les politiciens qui émargent à Washington.

 Tout aussi inquiétant, un soulèvement de pauvres se répandant à travers le Pakistan - lui aussi dénommé à tort « taliban » - porte la menace d’une rébellion radicale rappelant celle des rebelles naxalites de l’Inde.

Comme en Irak, ce sont une profonde ignorance et l’arrogance militariste qui conduisent la politique des États-Unis en Afghanistan. Les gens d’Obama ne comprennent pas ce vers quoi ils se dirigent en « Af-Pak ». Je peux le leur dire : un triste désastre que nous regretterons longtemps.

Eric Margolis,

 Winnipeg Sun,

17 mai 2009
http://www.winnipegsun.com/comment/columnists/eric_margolis/2009/05/17/9482521-sun.html
traduit de l'anglais et résumé par Cristina Gay
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2736



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 L'Afghanistan est maintenant un foutoir US, et pas un foutoir pakistanais ou taliban.

L’éviction du général McKiernan, chef des forces US et de l’OTAN en Afghanistan, qui apparaît désormais comme un véritable et brutal limogeage, constitue à l’analyse une crise profonde au sein de l’establishment militaro-politique du Pentagone, dépassant les premières évaluations qu’on pouvait en donner. L'aspect conjoncturel d'une mesure à la suite de l'énorme “bavure” contre des civils afghans apparaît désormais comme un argument de circonstance de plus pour justifier le limogeage. Une source US indépendante proche des affaires militaires, commentant ce qui est désormais effectivement un limogeage brutal et une crise du système militaire US, commentait que l’Afghanistan «is now a total US mess, not a Pakistan or a taliban mess» [l'Afghanistan est maintenant un foutoir US, et pas un foutoir pakistanais ou taliban]

Un article de Time Magazine, du 12 mai 2009, rend bien compte de cette interprétation d’une crise au sein du Pentagone et au sein de l’appareil militaro-politique US. La comparaison qu’il choisit est significative, en offrant l’équivalence, pour ce qu’il implique de désaccords internes, avec le limogeage du général McArthur par Truman en 1952, – le plus grave désaccord entre l’autorité civile et le commandement militaire depuis les heurts durant la Guerre de Sécession entre Lincoln et ses généraux: «But Monday's action was more momentous: it marked the first time a civilian has fired a wartime commander since President Harry Truman ousted General Douglas MacArthur in 1951 for questioning Truman's Korean War strategy.»
[Mais l'acte de lundi a été plus important: c'est la première fois qu'un civil limoge un commandant en temps de guerre depuis que le président Harry Truman a évincé général Douglas MacArthur en 1951, pour avoir remis en question la stratégie de Truman dans la guerre de Corée]

L’article décrit les conditions et les circonstances de ce qui se confirme comme étant un limogeage, puisqu’il semble bien que la carrière de McKiernan soit terminée. Il est reproché à McKiernan de n’avoir rien fait sur le terrain dans le sens de l’initiative et de l’innovation, alors que c’était sa mission, mais d’en être resté à une plainte constante que ses demandes de troupes supplémentaires n’étaient pas rencontrées. Les critiques portent aussi sur l'organisation des forces US, leur logistique, leur déploiement. De tels commentaires, qui représentent une version édulcorée mais assez juste des analyses les plus fouillées de l’événement, mesurent l'intensité du climat.

[Gates a pris soin d'éviter de critiquer McKiernan ce lundi. Il a dit au général quatre étoiles, que sa carrière dans l'Armée était effectivement finie au cours d'un face-à-face en Afghanistan la semaine dernière. "Ce fut un coup dans les dents, mais McKiernan l'a pris extraordinairement bien», a déclaré un haut fonctionnaire du Pentagone. D'autres militaires ont été moins courtois. "Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils ont mis en poste un mec blindé, sans expérience afghane», a dit l'un d'entre eux. Un deuxième haut fonctionnaire a dit, "Dave McKiernan fait clairement partie de la vieille garde de l'Armée - il a dirigé des troupes dans la Tempête du désert. Mais si les choses allaient mieux, là-bas, il serait resté. "

»Gates a longtemps manifesté son impatience avec les commandants de guerre qui attendent passivement que la hiérarchie militaire leur donne ce dont ils ont besoin. Il a été surpris que les militaires traînent les pieds quand il a commandé des véhicules blindés additionnels et des drones pour les guerres en Afghanistan et en Iraq. Même s'il avait déjà l'intention de licencier McKiernan avant son voyage en Afghanistan la semaine dernière, Gates a été outré par certaines des choses dont il a été témoin lors de cette visite. Plusieurs soldats se sont plaints qu'ils n'avaient pas d'équipement de base à leur arrivée en Afghanistan. "Cela me préoccuppe considérablement" at-il dit le 7 mai, en suggérant  que c'étaient les taliban, ou la priorité accordée à l'Irak qui étaient à l'origine des manquements en Afghanistan. «C'est plus en fait un défi logistique qu'autre chose", a déclaré Gates. Ceci est un échec inacceptable dans un théâtre de guerre, a déclaré un des principaux conseiller de Gates. "McKiernan jamais tout à fait compris comment faire pour assurer qu'il réussisse - il attendait toujours trop que l'organisation vienne à son secours. C'est triste mais cette institution ne fait pas toujours cela"» - traduc RM]

Ainsi décrite et avec l’arrière-plan qu’on connaît en général (importance de la guerre en Afghanistan pour l’administration Obama dans cette période précise, position de Gates au sein du Pentagone avec de multiples conflits internes en cours), l’affaire McKiernan prend du poids. L’analogie MacArthur-Truman a ses limites. D’une part, cette crise fut plus grave car il s’agissait d’une véritable insubordination (de MacArthur) qui frisait la tentative de mise en cause du pouvoir civil, d’autre part elle avait une dimension politique et spectaculaire qui, dans un sens, atténuait ses conséquences institutionnelles; Mac Arthur était isolé dans ses ambitions, il avait contre lui toute la hiérarchie militaire (y compris le Joint Chief of Staff) et il était de facto hors des structures militaires à cause de son prestige et de sa position assez indépendante (représentant US au Japon, sorte de “Vice-Roi” du pays conquis), autant que de son caractère “impérial” et bien souvent impératif. L’affaire MacArthur-Truman concernait un homme de très grand poids mais un homme seul.

L’affaire McKiernan concerne un homme d’infiniment moins de poids et de stature mais par contre il s’agit d’un produit du système, complètement dépendant du système et, par conséquent, l'affaire concerne le dysfonctionnement structurel de ce système. Le système militaire US actuel est incapable de produire des chefs pouvant remplir leur tâche. (Cela vaut aussi pour Petraeus, ce pur général de relations publiques; le délitement actuel de son “miracle” irakien de 2007-2008 montre aujourd’hui sa facticité. Patraeus a d’ailleurs complètement viré de bord depuis l’arrivée d’Obama, s’alignant sur les nouvelles orientations sans broncher, – notamment en étant le premier à plaider pour un accord avec l’Iran.)

Les points à garder à l’esprit sont les suivants:

• C’est Gates lui-même qui a voulu la tête de McKiernan, après avoir constaté l’état absolument déplorable de l’organisation de guerre US en Afghanistan. Les talibans n’ont pas besoin de faire un grand effort pour mener la barque, le système militaire US se suffit à lui-même. La stature de Gates grandit encore (et aussi la confiance que lui fait Obama), d’autant que les chefs militaires, Mullen en premier, le suivent à fond. A l’inverse, Gates se trouve d’autant plus impliqué dans la colossale bataille bureaucratique au sein du Pentagone, sa bataille pour une réforme du système bureaucratique du budget et des acquisition se trouvant désormais prolongée et élargie dans une bataille contre le fonctionnement opérationnel de l’outil militaire US complètement à la dérive. (Le choix du successeur de McKiernan ne semble d’ailleurs rien résoudre. Il y a beaucoup de critiques contre le général McChrystal, l’étrangement nommé.)

• La question stratégique de l’Afghanistan connaît elle aussi ce phénomène de “contraction”, selon notre schéma favori. Elle tend, avec cette affaire, à quitter le terrain général où prédominaient les critiques US contre les alliés qui ne “font pas assez”, pour se replier sur le terrain interne, – ici, la crise du Pentagone et la crise de la puissance militaire US. La liquidation de McKiernan n’est pas une mesure rationnelle et presque de routine pour remplacer un général qui n’a pas la stratégie appropriée mais une mesure d’urgence pour liquider un général qui n’a pas su contrôler le désordre de Moby Dick transporté en Afghanistan, un homme qui n'a pas su limiter le désordre du Pentagone et en fait l'a favorisé. La crise afghane devient de plus en plus interne alors que le but de l’administration Obama est de l’extérioriser le plus possible, en augmentant une action supposée efficace, pour en être quitte le plus vite possible.

L’affaire McKiernan est en train de nous montrer ce fait extraordinaire que huit ans de guerre US en Afghanistan n’ont réussi qu’à exporter en Afghanistan le désordre US, et nous assistons à ce “coup de fouet en retour” (“blowback”) original, avec cette intrusion du désordre US en Afghanistan dans les affaires intérieures du système washingtonien.

Pour bien apprecier la personne, voir http://www.dailymotion.com/video/x8w20m_pierre-lellouche-estil-agent-americ_news

14/05/2009 - Bloc-Notes

 http://www.dedefensa.org/article-l_afghanistan_est_devenu_un_desordre_us_14_05_2009.htm


2-2 Pierre Lellouche : «Au Pakistan, notre sécurité est engagée».
Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

INTERVIEW - Le représentant spécial français pour l'Afghanistan et le Pakistan s'alarme...

Propos recueillis par Alain Barluet  

LE FIGARO. - La stabilité du Pakistan est-elle selon vous réellement menacée par l'offensive des talibans ?
Lellouche - La situation est grave. Une solution à long terme pour l'Afghanistan ne sera pas possible tant que le Pakistan ne nous aidera pas. Notre stratégie pour l'Afghanistan ne pourra réussir que si le Pakistan cesse d'envoyer à travers ses frontières des milliers de combattants armés, financés par la drogue ou par des fondations islamiques. Aujourd'hui, le problème est pourtant moins de savoir si le Pakistan nous aidera dans cette lutte que si le pays survivra à la talibanisation rampante qui est à l'œuvre. Deux problèmes sont imbriqués : la reconstruction d'un Afghanistan stable, où al-Qaida ne reviendra pas au pouvoir, et la survie du Pakistan, fondamentale pour la paix du monde. Ce qui se passe là-bas engage notre propre sécurité. Les événements qui se sont produits dans la vallée de la Swat ne sont rien d'autre que le renoncement d'Islamabad à sa souveraineté dans l'une de ses provinces. C'est le problème numéro un. Il ne s'agit pas d'une affaire tribale, comme l'ont affirmé au début les Pakistanais, mais d'une crise mondiale.

LE FIGARO. Quels contre-feux peut-on mettre en place ?
Lellouche - Il faudrait que trois conditions puissent être réunies au Pakistan. D'abord que la classe politique (notamment les deux grands partis, le PPP et la Ligue musulmane, NDLR) s'accordent pour dire au pays que sa survie est en jeu. Deuxièmement, à partir de ce consensus politique, il faudrait qu'un immense travail pédagogique soit effectué en direction de la population pakistanaise, très pauvre et très islamisée. Faute d'un vrai système scolaire, ce sont 18 000 écoles coraniques (madrasas) qui enseignent aux enfants la version la plus radicale du wahhabisme… Pour le petit peuple pakistanais, ce conflit qui se déroule à l'intérieur du pays contre une province gouvernée par des musulmans pieux n'est rien d'autre qu'une importation de la guerre américaine. Troisième condition, il faut que l'armée et la police pakistanaises soient équipées et entraînées pour un nouveau type de guerre. Or le système de sécurité actuel a été édifié dans l'optique d'une guerre conventionnelle et nucléaire contre l'Inde. Sous-payée, sous-équipée, la police ne peut contrôler le territoire. Quant à l'armée, lorsqu'elle a été envoyée, elle a utilisé des frappes massives, faisant des milliers de morts civils et 500 000 réfugiés de l'intérieur que le gouvernement ne reconnaît pas. Avec nos partenaires, américains, chinois, indiens, etc., nous allons nous efforçer d'amener les Pakistanais à adopter une stratégie de reconquête à long terme.

LE FIGARO. Faut-il pour cela conditionner l'aide au Pakistan ?
Lellouche - On n'en sortira pas sans la création d'un groupe de contact autour du Pakistan, avec la Russie, l'Inde, l'Iran, les États du Golfe, avec les États-Unis et les Européens, pour peser ensemble sur les décisions des gouvernants pakistanais civils et militaires. Islamabad ne pourra alors plus être tenté de jouer les uns contre les autres. Nous assistons à la première crise du monde multipolaire. L'inquiétude est générale devant le risque de voir le Pakistan se muer en émirat islamique disposant d'armes nucléaires. Je suis aussi favorable à la conditionnalité de l'aide, une opinion qui n'est pas partagée par tous dans l'Administration américaine et au Congrès.

LE FIGARO. Précisément, quelle est l'ampleur des divergences au sein de la «task-force» internationale ?
Lellouche - Entre Washington et Paris, il y a désormais une réelle convergence de vues sur le diagnostic. La difficulté réside dans l'application de la politique. Face aux Américains, face à Richard Holbrooke (le représentant américain pour l'AfPak, NDLR) , il faut exister et se faire entendre.

le Figaro,

08-05-2009
Propos recueillis par Alain Barluet  

Pour bien apprécier(…)  la personne, voir http://www.dailymotion.com/video/x8w20m_pierre-lellouche-estil-agent-americ_news



n° 20- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05 -Fin- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable

n° 20- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 24-05 -Fin- : Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

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Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion, Stratégie' de PAKISTAN.

n° 20- 24-05

C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-3 La talibanisation du Pakistan n'est plus rampante, mais galopante.

3 Annexe

3-1 Introduction au commerce des armes.

3-2 Les relations OTAN-Pakistan.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-3 La talibanisation du Pakistan n'est plus rampante, mais galopante.

Les avis sur la question des 2 collabos Ahmed Rashid & Alexandre Adler...

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des auteurs mais doit être vu comme information.

 «En Afghanistan, l'équipe Obama devra accomplir les promesses de Bush», dit Ahmed Rashid. «Mais rien ne sera possible sans un accord avec le Pakistan et l'Iran», répond Alexandre Adler.

Le Figaro Magazine - L'armée pakistanaise a-t-elle des chances de reprendre le contrôle de la vallée de Swat, au nord-ouest du pays, tombée sous la coupe des talibans?

Ahmed Rashid - La talibanisation du Pakistan n'est plus rampante, mais galopante, l'offensive des talibans visant à parvenir à la frontière du Pendjab où se situe la vraie bataille pour le contrôle du pays. L'armée a réagi. Elle se bat, mais pour combien de temps ?

Elle n'a jusqu'ici jamais dépassé les deux à trois mois de campagne, recherchant toujours le cessez-le-feu pour de multiples raisons : mauvais moral, grand nombre de morts et de blessés, etc. Or l'affrontement auquel on assiste actuellement ne sera pas de l'ordre de quelques jours ou semaines, mais de plusieurs mois, et l'on ne saurait affirmer que l'armée ciblera le leadership des talibans. Durant ces cinq dernières années, elle a toujours autorisé les têtes dirigeantes à s'échapper... Il faut donc mobiliser le pays et lui expliquer que la vraie menace ne vient ni de l'Inde ni d'Israël - comme tend à le faire croire l'armée qui accuse l'Inde de soutenir les talibans avec l'aide en sous-main du Mossad -, mais bien des talibans eux-mêmes.

Les Pakistanais ont besoin que leur armée les préserve et non pas qu'elle leur invente des ennemis imaginaires. Il est urgent par ailleurs que la communauté internationale se réveille.

Le nombre des réfugiés a déjà largement dépassé le million. Dans une semaine ou deux, on risque d'en compter 2 millions. La communauté européenne n'a encore apporté aucune aide. Si aucun effort humanitaire n'est accompli, ce sont les réfugiés eux-mêmes qui seront recrutés par les talibans.

Alexandre Adler - Le problème est en priorité celui de l'armée pakistanaise. Il ne s'agit ni de lui faire confiance ni de la diaboliser, mais d'ouvrir des perspectives sérieuses qui lui permettront de changer. Il faut ainsi trouver une solution au Cachemire - enjeu de trois guerres entre l'Inde et le Pakistan en à peine plus d'un demi-siècle - qui ne soit pas le maintien pur et simple de l'administration directe par Delhi. Ce que les Indiens ont accepté pour leur frontière birmane, ils ne l'acceptent toujours pas au Cachemire, et c'est bien dommage. Par ailleurs, il ne faut pas négliger les conditions matérielles : une armée pakistanaise moins nombreuse et mieux payée contribuerait à bien des changements. Jadis, lorsqu'on s'est rendu compte que les Gurkhas népalais étaient décidément des noix difficiles à briser, l'Empire britannique les a achetés !

 Il y a aujourd'hui sept régiments gurkhas dans l'armée indienne, et deux encore dans l'armée britannique. Je suis pour la « gurkhaïsation » de l'armée pakistanaise par l'Inde : payer tribut, en un mot.

Ahmed Rashid - C'est un point de vue hyperréaliste qui ne manque pas de saveur ! Cela étant, le problème est global, à commencer par l'Afghanistan...

Alexandre Adler - La première erreur commise par les Américains en 2001 a été de s'arrêter en chemin, de cesser de s'intéresser à l'Afghanistan une fois que les talibans ont été désarmés. (ndlr ???)

La seconde a été de vouloir développer l'idéal - en vérité assez néoconservateur - d'une nation qui accéderait au suffrage universel et à un véritable esprit national avec une armée « modèle ». C'est ainsi que l'on a débandé les forces de l'Alliance du Nord, commandées jadis par Massoud. La « négligence bienveillante » américaine, combinée à une approche ignorante des réalités afghanes, a conduit à la crise actuelle. Le résultat est aussi que l'armée pakistanaise se retrouve devant une catastrophe qu'elle ne contrôle plus. Comme disent les Chinois : «On élève un chien, et l'on découvre tardivement que c'était un loup!» Les Pakistanais en font aujourd'hui la rude expérience. L'arriération des talibans ne les gênait pas tant qu'elle se développait au loin. Mais qu'elle vienne à compromettre les études des enfants à Cambridge, qu'elle aboutisse à l'interdiction du chant soufi ou au retour des invasions barbares, là, on n'est plus d'accord. L'armée pakistanaise prend enfin la dimension de la menace. Le cricket même est en cause dans les conditions actuelles !

Ahmed Rashid - L'Occident ne saurait en effet construire une Suisse en Afghanistan.

Le concevoir même en 2001 relevait de la stupidité. J'espère bien que l'Administration Obama pourra recréer cette économie de base, avec des objectifs réalistes. Elle devra aussi gérer l'insurrection : une grande part de la reconstruction est située au cœur de la ceinture pachtoune. La nouvelle équipe devra accomplir ce que Bush avait promis, et qu'il aurait dû faire depuis sept ans. Elle y travaille avec un plan élaboré et avec bien plus d'intelligence.

Alexandre Adler - Mais rien ne sera possible sans un accord au moins implicite avec le Pakistan et l'Iran. L'armée pakistanaise est consciente de l'enjeu. Qu'elle laisse cette affaire pachtoune et talibane aller à son terme et c'en est fini pour elle. Comme en 1971 au Bangladesh.

Ahmed Rashid - La préoccupation majeure des Pakistanais étant que l'Afghanistan ne devienne pas une base arrière pour l'Inde, il n'est pas impossible de trouver un accord - mais il devra être soutenu par la communauté internationale. Pour ce qui est de l'Iran, il faut être conscient de la tragédie que représente l'ostracisme dans lequel l'a tenu l'Administration Bush. Alors que l'Iran avait aidé les Etats-Unis - en 2001 le président Khatami a voulu sécuriser l'Afghanistan -, sitôt la guerre finie, il s'est retrouvé classé dans l'« axe du Mal ». Ce fut la fin des relations entre les deux pays.

Alexandre Adler - Je ne vous suivrai pas totalement : en 2001, Khatami avait déjà perdu le pouvoir. Il demeurait président, mais sa capacité d'influer sur les décisions stratégiques auprès du guide Khamenei était devenue négligeable : les affaires afghanes, les affaires nucléaires et les rapports avec les Etats-Unis lui échappaient. Je vous accorde que si l'Administration Bush avait eu une attitude plus ouverte, elle aurait renforcé la main des progressistes ou au moins d'un pragmatique comme Rafsandjani.

Mais la vérité est que le vice-président Dick Cheney a joué un rôle décisif dans ce blocage.

Et derrière lui, je vois la main de l'Arabie saoudite pour qui la chute de Saddam Hussein et la naissance d'un Irak chiite étaient une catastrophe nationale dont elle ne s'est pas encore remise. L'Irak actuel apparaît comme ces enfants conçus lors de la grande panne d'électricité de New York. Les parents se sont étreints brièvement dans le noir.

Neuf mois plus tard, nous avons le fruit de ces amours furtives : l'actuel gouvernement de Bagdad qui ressemble autant à l'Etat iranien, sa mère, qu'à l'Etat américain, son père. Si l'Iran n'était pas un pays schizophrène, il pourrait y avoir une solution objective.

L'ancien président Rafsandjani était prêt à accepter un compromis, mais il a malheureusement été battu à l'élection présidentielle de 2005 par Mahmoud Ahmadinejad.

Si bon chiite que se présente ce dernier, il demeure inquiet lorsqu'on attaque les talibans dans l'opinion iranienne, car cela risque à la fin d'attenter à ses conceptions fondamentalistes. Tel n'est pas le cas des autres candidats à la présidence qui sont tous sur une autre ligne. Un diplomate iranien progressiste proche de Khatami m'a dit : «L'Iran est né avec deux dangereux ennemis sur ses flancs: l'Irak baasiste et l'Afghanistan taliban. Nous avons prié tous les jours pour qu'ils disparaissent. Ce n'est pas Allah qui nous a exaucés, mais les Américains, probablement inspirés par Allah! » L'Iran a maintenant comme voisins un Afghanistan tadjik et un Irak chiite, tous deux pro-iraniens. La logique serait donc celle d'un compromis historique entre les deux grands pays : l'Amérique et l'Iran.

Mais il y faudra, des deux côtés, beaucoup de sagesse et d'intelligence.

Ahmed Rashid - En rouvrant la porte que Bush avait si brutalement fermée, Barack Obama vient de créer les conditions d'un débat en Iran à propos de cette politique. On ne peut en espérer que du positif
Alexandre Adler, universitaire, historien et éditorialiste au « Figaro », publie « Le monde est un enfant qui joue », essai dans lequel il poursuit son analyse historique
et géostratégique des grandes lignes de fracture du monde contemporain (Grasset, 295 p., 19 €).

Ahmed Rashid, journaliste pakistanais, est considéré comme l’un des meilleurs experts au monde de l’islamisme radical et du mouvement taliban. Il a été consulté
à ce titre par l’équipe de Barack Obama. Il publie « Le Retour des talibans » (Editions Delavilla, 379 p., 19 €).

Patrice de Méritens
22/05

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/05/23/01006-20090523ARTFIG00111--comment-vaincre-les-talibans-.php


3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Introduction au commerce des armes.

En second lieu, qui sont les « vendeurs trafiquants » de ce marché très lucratif ?

Eh bien, la plupart du temps, il s'agirait d' « agent secret » d'unité de renseignement, caché sous un pseudonyme...

Ceux-là, en lien avec un réseau d'agents des transports et de la finance...

Remarque intéressante: dans tous les conflits (ethnique, guerre civile, insurrection...) bizarrement, on retrouve souvent des trafiquants d'armes israéliens, en plus des consultants en sécurité, des instructeurs, des unités de protection...

Tous cela s'explique par la présence en Israël de quatre géants de l'armement: Elbit Systems (coté en Bourse), Israël Aerospace Industries (IAI), Rafael Armament Development Authority et Israël Military Industries (IMI).

Le commerce des armes est un instrument de politique étrangère qui assure la défense d'un pays.

De plus, celui-ci à un but économique, en créant: des industries et des emplois... Mais ce « marché meurtrier » marque aussi l'échec de notre civilisation humaine. En outre, celui-ci n'a aucun contrôle international du type: traité, norme pour l'exportation et l'importation, le transfert, par rapport aux intermédiaires...

Cela, auprès de gouvernements qui cultivent le secret, et donc, sans obligation de rendre des comptes.
Ainsi, aucun dispositif de traçabilité ne contrôle la prolifération des armes légères et leurs munitions. Aussi, dorénavant, on peut s'inquiéter du perfectionnement croissant des armes transférer aux pays du tiers monde (technologie de pointe).

Notons que la plupart des pays pauvres, aux nombreux conflits régionaux, exemple: Angola, Afghanistan, Irak... permettent aux multinationales de l'armement d'engranger des profits titanesques par leur durée...
Alors qu'une situation de paix entrainerait une baisse massive des commandes d'armement, logiquement. A cela s'ajoute un « marché d'occasion » qui se développe progressivement: en Chine, Brésil, Argentine, Israël, les deux Corée, Taiwan, Afrique du Sud... qui proposent des matériels à bas prix issus de surplus de conflits anciens et récents...

Au niveau des armes nucléaires, jadis « perçues comme dissuasives » : idée qu'elles ne seront pas utilisées... laisse maintenant place à la doctrine de « guerre nucléaire préventive », dont l' Iran à de forte chance d' être le premier cobaye... En second lieu, qui sont les « vendeurs trafiquants » de ce marché très lucratif ? Eh bien, la plupart du temps, il s'agirait d' « agent secret » d'unité de renseignement, caché sous un pseudonyme... Ceux-là, en lien avec un réseau d'agents des transports et de la finance...

Remarque intéressante: dans tous les conflits (ethnique, guerre civile, insurrection...)
bizarrement, on retrouve souvent des trafiquants d'armes israéliens, en plus des consultants en sécurité, des instructeurs, des unités de protection... Tous cela s'explique par la présence en Israël de quatre géants de l'armement: Elbit Systems (coté en Bourse), Israël Aerospace Industries (IAI), Rafael Armament Development Authority et Israël Military Industries (IMI).

Les clients d'armes israéliennes sont: la Turquie, Singapour, l'Espagne, la Roumanie et la Pologne... Mais dans ce marché, évidement, ce sont les pays du G8 qui sont les principaux vendeurs avec 80% des exportations mondiales. Dans cette configuration, la France, le Royaume-Uni et la Chine...sont même à la pointe de la technologie! En France, celle-ci recevrait entre 4 000 et 6 000 contrats d'armement, de tous montants et chaque année. Aussi, les clients de la France restent stable : l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l'Australie, la Corée du Sud et le Maroc... qui représentent 50 % de ses commandes.
Dans le passé, se furent toujours ces même gouvernement des pays industrialisés et leurs même genre d'intermédiaires, qui furent les responsables de la Première Guerre mondiale et des conflits passés... En matière de dépense militaire, les Etats-Unis ont la première place. Puis, les armes alimentent surtout les pays pauvres: Soudan, Birmanie, Congo, Colombie, Philippines...

Mais les grands importateurs proviennent surtout du Moyen-Orient (Irak, Arabie Saoudite, Syrie, Libye...). Dans certains pays, les armes sont même modifiées, modernisées ou copiées, pour être encore exporté une deuxième fois. Troisièmement, quels sont les effets de ce marché ? Il est clair que celui-ci alimente continuellement les conflits interethnique, la répression, la terreur et les atteintes aux droits de l'homme. Cela, tout en permettant à des groupes armés, des despotes... de contrôler illégalement un territoire, ses ressources et sa population (tuer, déplacer, torturer, violer...).
Ainsi, un tel transfert peut aggraver (génocide) et prolonger les conflits. Le commerce des armes renforce donc un climat d'instabilité qui freine tous développement économique et social. Quels armements trouvent-ont dans ce commerce ?

Des munitions, des mines, la technologie des missiles balistiques, des missiles de croisière, des sous-marins modernes, des explosifs gazeux, des lasers, des moteurs allemands de véhicules militaires, des équipements de torture et de mauvais traitements (originaire du Royaume-Uni), un super missile français: le M51, qui sera équipé de " mini-têtes nucléaires " d'attaque, d'une portée de 10 000 km, des armes chimique et bactériologique, des super-ordinateurs...

Pour l'avenir, les neurosciences et la pharmacologie préparent même des substances psycho-actives ou paralysantes, comme des médicaments accroissant l'agressivité, la résistance à la peur, à la douleur et à la fatigue, ou effaçant sélectivement la mémoire.
Toujours dans cette " science de la mort ", il existerait déjà des armes de re-programmation génétique, de contrôle des émotions, de la fertilité ou du système immunitaire (Sida)... Pour finir, abordons avec un peut plus de détails l'importante entreprise privée de technologie militaire israélienne: Elbit Systems, qui développe quant à elle: des systèmes aéronautiques, des casques de pilote perfectionnés, des programmes de plateformes pour cuirassés, des batteries d'artilleries, des hélicoptères, des systèmes de contrôle et de surveillance, des drones, des équipements de guerre électronique sophistiquée, des petits satellites de reconnaissance... pour le monde entier...

potentiel670@hotmail.fr

Vendredi 15 Mai 2009
http://potentiel670.skyrock.com/

http://www.alterinfo.net/INTRODUCTION-AU-COMMERCE-DES-ARMES_a32445.html


3-2 Les relations OTAN-Pakistan.

Ndlr : La publication de l' articles ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information.

Depuis l'opération de secours menée par l'Alliance suite au séisme dévastateur qui a frappé le Pakistan en 2005, l'OTAN et ce pays ont considérablement développé leurs relations politiques et leur coopération pratique. Le dialogue politique s'est intensifié, en particulier en ce qui concerne l'objectif commun d'apporter la sécurité et la stabilité à Afghanistan.

En mai 2007, durant la toute première visite d'un Secrétaire général de l'OTAN au Pakistan, les deux parties ont convenu de procéder régulièrement à des échanges politiques de haut niveau, faisant ainsi un pas de plus vers une coopération élargie.

Comment la coopération fonctionne-t-elle dans la pratique ?

Si l'Afghanistan est au centre de leur coopération, l'OTAN et le Pakistan ont par ailleurs établi des échanges réguliers à différents niveaux, notamment en organisant des visites de hauts responsables et de faiseurs d'opinion, et en faisant participer des responsables militaires pakistanais à des programmes de formation de l'OTAN.

La coopération sur l'Afghanistan

Le Pakistan est un voisin important de l'Afghanistan. Le soutien qu'il a apporté aux efforts déployés en Afghanistan par l'OTAN et la communauté internationale reste essentiel pour la réussite de la mission de l'Alliance. Par ailleurs, l'instabilité, l'extrémisme et le terrorisme constituent autant de menaces pour le Pakistan, comme pour l'ensemble de la communauté internationale. Ainsi que le premier ministre pakistanais l'a souligné lors d'une visite effectuée au siège de l'OTAN le 30 janvier 2007, « Le Pakistan est déterminé à voir émerger un Afghanistan fort et stable. Le pays qui en bénéficiera le plus, outre l'Afghanistan lui-même, est le Pakistan. »

L'intensification de la coopération militaire entre l'OTAN et le Pakistan sur la question de l'Afghanistan se manifeste dans les travaux de la Commission tripartite, dans laquelle sont examinées les questions militaires et de sécurité, et qui rassemble des représentants de l'opération de la FIAS dirigée par l'OTAN, de l'Afghanistan et du Pakistan.

La Commission tripartite se réunit régulièrement à différents niveaux, et elle sert de cadre à des échanges de vues et à l'examen de questions de sécurité présentant un intérêt commun. Les quatre domaines principaux dans lesquels s'exerce la coopération sont le partage des données du renseignement, la sécurité aux frontières, la lutte contre les dispositifs explosifs de circonstance, et les initiatives relatives aux opérations d'information. Un centre de renseignement conjoint entre l'Afghanistan, la FIAS et le Pakistan, ouvert en janvier 2007 à Kaboul, a amélioré la coordination au sein de la Commission tripartite.

L'OTAN se félicite de l'attitude constructive du Pakistan à l'égard de la sécurité et de la stabilité dans la région. Les problèmes liés à l'augmentation de la culture du pavot en Afghanistan et à la prise en charge des réfugiés de ce pays ont également été évoqués au cours de discussions politiques de haut niveau.

Une coopération élargie

Les relations OTAN-Pakistan ne se limitent cependant pas au cadre du programme des opérations de l'Alliance en Afghanistan.

Le Secrétaire général délégué de l'OTAN s'est rendu au Pakistan à deux reprises depuis 2005. Des visites de faiseurs d'opinion pakistanais au siège de l'OTAN ont par ailleurs été organisées. Ils y ont reçu des informations sur les politiques de l'OTAN. Des contacts ont également lieu au niveau militaire, et l'OTAN a accepté d'admettre des officiers pakistanais à certains stages d'entraînement et de formation. Ces échanges permettent d'éviter les malentendus et de promouvoir une culture de sécurité fondée sur la coopération et axée sur des domaines d'intérêt commun (comme la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme).

Comment les relations avec le Pakistan se sont-elles développées ?

Après le séisme dévastateur qui a frappé le Pakistan en octobre 2005, l'OTAN a assuré le transport aérien de produits de première nécessité et déployé des soldats du génie, des unités médicales et du matériel spécialisé dans le pays.

Un gigantesque pont aérien a été mis en place, et on a fait appel aux moyens de la Force de réaction de l'OTAN (NRF). Après la fin de la mission en février 2006, le dialogue politique entre l'OTAN et le Pakistan s'est renforcé. Leurs relations se sont progressivement intensifiées grâce à une coopération pratique qui a débuté avec l'admission d'officiers pakistanais à certains stages de formation de l'OTAN.

Les étapes clés

Mars 2005

Visite au Pakistan du Secrétaire général délégué de l'OTAN, M. l'ambassadeur Alessandro Minuto Rizzo

Octobre 2005

Début de l'opération de secours aux victimes du séisme survenu au Pakistan. L'OTAN assure le transport aérien de produits via deux ponts aériens, établis à partir de l'Allemagne et de la Turquie.

Decembre 2005

Le général Ahsan Saleem Hyat, Chef d'état-major adjoint de l'armée pakistanaise, rend visite à des équipes de l'OTAN à Arja (Pakistan).

Janvier 2006

Fin de l'opération de secours de l'OTAN aux victimes du séisme survenu au Pakistan. Près de 3 500 tonnes de secours ont été acheminées, plus de 7 600 personnes déplacées, et plus de 8 000 patients soignés. En outre, des routes ont été déblayées, et des écoles et des abris construits.

Mai 2006

Des représentants de l'Alliance rendent visite au Président pakistanais, M. Pervez Moucharraf, et à d'autres responsables à Islamabad.

Septembre 2006

Les premiers officiers et civils pakistanais participent à des stages à l'École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne)

Novembre 2006

Première visite à l'OTAN du plus haut responsable militaire pakistanais, le général Ehsan ul Haq, Président du Comité des chefs d'état-major interarmées.

Janvier 2007

Inauguration du Centre commun de renseignement (JIOC) au QG de la FIAS. Le JIOC facilite les opérations conjointes de renseignement entre la FIAS et les armées pakistanaises et afghanes.

 

Visite à l'OTAN du Premier ministre pakistanais. L'OTAN et le Pakistan adoptent une approche commune pour l'Afghanistan.

Février 2007

Visite de responsables civils et militaires pakistanais de haut niveau, ainsi que de représentants de groupes de réflexion, au siège et aux commandements de l'OTAN.

Mai 2007

Première visite au Pakistan d'un Secrétaire général de l'OTAN. L'OTAN et le Pakistan conviennent de procéder régulièrement des échanges politiques de haut niveau.

 

http://www.nato.int/cps/fr/SID-732F6E57-2440A470/natolive/topics_50071.htm



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

27/05/2009

n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Début - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Début - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN 

                                              n° 19- 24-05

                   C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Sommet régional en Iran avec le Pakistan et l'Afghanistan. 

1  Dossiers

1-1 Ramzy Baroud : Les drones arrivent pour une nouvelle guerre contre les civils.

1-2 Peter Symonds : Guerre en Afghanistan et au Pakistan.

1-3 Pierre Rousset : Le Pakistan malade de l’Afghanistan.

1-4 Pakistan joue à pile ou face.

1-5 Eric Schimtt : Des « conseillers » américains au Pakistan.

1-6 Bill Van Auken : Le gouvernement d’Obama cherche à obtenir des pouvoirs militaires extraordinaires au Pakistan.

1-7 Mireille Delamarre : AfPak : Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Dick Cheney.

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Peter Symonds : Non à la guerre en Afghanistan et au Pakistan.

2-2 Le Pakistan, un chaudron éternel.

2-3 Remarques d'Himalove.

2-4 Juliette Fournot : La bombe à retardement pakistanaise.


Tiré à part :

Sommet régional en Iran avec le Pakistan et l'Afghanistan. 

Le président Ahmadinejad accueille à Téhéran ses homologues du Pakistan et d'Afghanistan pour un sommet.

Les trois pays doivent évoquer "l'élimination de l'extrémisme, du terrorisme et des drogues, contraires aux croyances et idéaux de l'islam", a déclaré le ministère afghan des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'administration de Barack Obama a tendu la main à l'Iran, avec lequel les Etats-Unis n'ont plus de relations depuis la révolution islamique de 1979.

L'Iran, qui assure que Washington échoue en Afghanistan, n'en partage pas moins un intérêt à la stabilité régionale, estiment les analystes.

L'Iran abrite également quelque trois millions de réfugiés afghans.

Ce sommet se tient alors que les Etats-Unis renforcent leur présence en Afghanistan pour faire face à la recrudescence des attaques de la résistance et que le Pakistan (conseillé… par les Usa) s'est attaqué à sa propre population Pachtoune.

L'administration de Barack Obama a annoncé un engagement accru aux côtés du Pakistan pour lutter contre l'islamisme.

Les Etats-Unis, qui considèrent désormais le Pakistan comme un pion incontournable dans leur combat régional contre Al Qaïda, l'ont encouragé à s'attaquer frontalement à ses propres taliban.

L'offensive lancée ce mois-ci par l'armée pakistanaise contre les insurgés dans le Nord-Ouest, à la frontière avec l'Afghanistan, a provoqué l'exode de plus de deux millions de civils.

Les Nations unies ont estimé vendredi à plus d'un demi-milliard de dollars l'aide nécessaire pour faire face à ce déplacement de population sans précédent dans l'histoire du pays.

24-05



 Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Ramzy Baroud : Les drones arrivent pour une nouvelle guerre contre les civils.

La seule différence entre Bush et Obama concernant l’Afghanistan, c’est le fait qu’Obama présente des excuses lorsque le nombre de civils massacrés par des frappes aériennes américaines est trop choquant pour être ignoré, écrit Ramzy Baroud.

Le président Obama a pris la parole dans une conférence de presse à la Maison Blanche, tout auréolé de confiance en lui-même comme il sied souvent aux nouveaux présidents. Il était encadré de deux dirigeants dont l’apparente grandeur dissimule difficilement leurs pénibles situations sur le terrain : le président afghan Hamid Karzai et le président pakistanais Asif Ali Zardari.

La réunion à la Maison Blanche, le 6 Mai a été mise au point de façon à donner l’impression que la nouvelle administration américaine est à la fois « sérieuse » et « engagée » à résoudre les crisse dont souffrent l’Afghanistan et le Pakistan, qui sont abusivement réduites à une résurgence des Talibans dans le premier, et à un soulèvement inspiré par les Talibans dans le second. Obama a qualifié la réunion « d’extraordinairement productive » et que les trois pays, a-t-il dit, sont unis par un objectif commun : « vaincre Al-Qaïda et ses alliés extrémistes au Pakistan et en Afghanistan ».

Cette présentation biaisée de la réalité ne s’arrêtait pas là. « Je suis heureux que ces deux hommes, les dirigeants élus d’Afghanistan et du Pakistan, réalisent pleinement la gravité de la menace à laquelle nous devons faire face et qu’ils aient réaffirmé leur engagement à y faire front, » a ajouté Obama. Les deux dirigeants ont écouté de façon solennelle de façon à bien refléter le niveau de leur « souci ».

Pendant un court moment, en fait, on pouvait espérer qu’Obama amènerait avec lui plus qu’un nouveau langage, mais plutôt un nouveau cours pour la politique étrangère américaine. Cet espoir se trouve déjà réduit en lambeaux.

« Obama a transmis le bon message la semaine dernière, en accueillant le président afghan Hamid Karzai et le président pakistanais Asif Ali Zardari. La réunion à la Maison Blanche reflète le lien étroit existant entre le Pakistan et la lutte anti-Talibans en Afghanistan. En effet, les repaires des Taliban, d’Al-Qaida, et d’autres extrémistes du côté pakistanais de la frontière sont devenus une grave menace pour le Pakistan lui-même », a estimé à le Boston Globe dans son éditorial. Mais le Boston Globe estime aussi : « Comme les événements récents le donnent à penser, des attaques militaires américaines contre les militants dans les deux pays provoquent inévitablement la colère et l’indignation parmi les populations. »

[...] En fait, si l’on veut délimiter une différence importante entre les administrations Bush et Obama concernant l’Afghanistan, c’est le fait qu’Obama présente des excuses lorsque le nombre de civils innocents tués par des frappes aériennes américaines est trop choquant pour être ignoré. Une autre différence notable est qu’il a envoyé 17 000 soldats supplémentaires dans ce pays déjà dévasté par la guerre, promettant un plus grand bain de sang.

« Je tiens à exprimer mon regret et certainement la sympathie de notre administration pour la perte de vies civiles en Afghanistan », a déclaré la secrétaire d’État Hillary Clinton en présentant des excuses publiques après le massacre de plus de 100 civils dans deux villages afghans le 4 Mai.

Ces excuses, cependant, a été tempérées par l’armée américaine dans les commentaires faits par le sergent Chuck Marsh le 9 Mai : « Les rapports indiquent également que des combattants talibans ont délibérément forcé des villageois à rester dans les maisons à partir desquelles ils ont ensuite attaqué les FSNA [Forces nationales de sécurité afghanes] et les forces de la Coalition », affirme-t-il.

Donc, en quelque sorte, les États-Unis ne sont jamais responsables.

Aujourd’hui la guerre étend ses flammes au Pakistan. Des centaines de milliers de familles pakistanaises ont fui la zone, et la ville principale de Migora a été pratiquement vidée de ses habitants.

L’agence Reuters a signalé que « les forces pakistanaises ont attaqué des combattants talibans dans la vallée de Swat, avec de l’artillerie et des hélicoptères, après que les États-Unis aient appelé le gouvernement [pakistanais] à montrer sa détermination à lutter contre les militants ». C’est à se demander qui donne des ordres dans cette guerre absurde ?

De plus, Obama peut-il vraiment croire que les Talibans « pakistanais » peuvent être vaincus en utilisant exactement la démarche qui a échoué face aux Taliban d’Afghanistan ?

L’escalade au Pakistan n’est pas vraiment surprenante, les responsables américains et les experts des médias ayant été catégoriques dans leur conseils destinés à la nouvelle administration, disant ce n’est pas l’Afghanistan qui pose la plus grande menace pour les intérêts américains, mais le Pakistan. C’est semblable à l’attitude des néo-conservateurs de l’administration Bush, après leur échec en Irak. Ce n’est pas l’Irak que les Etats-Unis auraient dû attaquer, mais l’Iran, ont-ils inlassablement répété dans l’espoir de provoquer une nouvelle guerre.

Ce que l’on ne nous dit pas vraiment, cependant, c’est que les bombardements américains incessants sur les provinces pauvres et négligées du nord du Pakistan ont valu d’innombrables manifestations de colère contre les Etats-Unis et leurs alliés du gouvernement central. Ces manifestations ont provoqué, dans certaines régions, chaos et désorganisation, lesquels à leur tour ont favorisé l’émergence des « Talibans » pakistanais. L’histoire se répète, mais l’administration américaine est de n’a aucune compréhension du schéma pourtant si évident.

Un écrivain pakistanais, Abd Al-Aziz Ghafar, a écrit pour Al-Jazira sur son site en langue arabe : « Depuis l’attaque américaine sur l’Afghanistan, la province [du Baloutchistan], a été accusée de soutenir le terrorisme et d’abriter les dirigeants des Talibans et d’Al-Qaïda.

Depuis lors, des avions des États-Unis, notamment des drones, ont frappé ce qu’ils appellent « des cibles de choix », entraînant la mort de plus de 15 000 personnes. » Aziz a décrit la population de cette région « comme des orphelins sans abri et sans protection ». Bien évidemment, les chefs tribaux et les militants ont comblé le vide.

S’il y a une similitude remarquable entre l’Afghanistan et le Pakistan, c’est le fait que les États-Unis utilisent la même logique erronée en répondant à des conflits complexes avec des balles, que ce soit les siennes ou celles de ses alliés. Si la nouvelle administration est réellement intéressée à inverser la courbe des malheurs dans cette région, il lui faut comprendre le caractère unique de chaque pays et apprécier les dommages incalculables infligés aux civils par les Etats-Unis et par d’autres forces armées. Seuls le dialogue et le respect total de la souveraineté de l’Afghanistan et du Pakistan pourront permettre de stabiliser une situation déjà si grave.

Il y a environ un million de Pakistanais qui sont déjà en fuite dans le nord et l’est du pays. Ils sont menacés par les combats, la faim et toutes sortes de dangers, dont les drones américains tournant au-dessus d’eux.

Ramzy Baroud

* Ramzy Baroud est écrivain et rédacteur en chef de « PalestineChronicle.com ».

Ses écrits ont été publiés dans de nombreux journaux, magazines et anthologies dans le monde entier.
Son dernier livre est « The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle » (Pluto Press, London).  17 mai

Site Internet : www.ramzybaroud.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6619


1-2 Peter Symonds : Guerre en Afghanistan et au Pakistan.

Le sommet américain avec l’Afghanistan et le Pakistan présentement en cours à Washington marque le début d’une escalade des attaques militaires dans les deux pays.

Le but de la rencontre pour l’administration Obama est d’intimider ses laquais, le président afghan Hamid Karzaï et le président pakistanais Asif Ali Zardari, pour qu’ils obéissent davantage et d’élaborer une stratégie exhaustive de guerre dans le but de pacifier de larges régions de chaque côté de la frontière pakistano-afghane qui est présentement contrôlée par des résistants.

L’importance de ce sommet trilatéral est soulignée par la présence de hauts représentants de l’armée américaine et de l’establishment du renseignement et de la politique étrangère, dont la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, le directeur de la CIA Leon Panetta, le chef du FBI Robert Mueller et le général américain du Commandement central David Petraeus, ainsi que leurs homologues de l’Afghanistan et du Pakistan. D’autres sommets trilatéraux sont prévus pour coordonner la guerre commune qui va inévitablement coûter la vie à de nombreuses autres personnes dans les deux pays.
Flanqué de Karzaï et Zardari, Obama a déclaré hier devant les médias que les Etats-Unis étaient du côté des peuples de l’Afghanistan et du Pakistan.

De telles remarques doivent être rejetées avec le mépris qu’elles méritent. L’impérialisme américain intensifie ses guerres en Afghanistan et au Pakistan non pas pour « développer la sécurité, les opportunités et la justice » pour les populations locales, mais bien afin de servir l’objectif stratégique de Washington de dominer l’Asie centrale riche en énergie.
Sous les fortes pressions des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène actuellement une offensive dans le district de Buner impliquant 15 000 soldats qui sont appuyés par des hélicoptères et des avions de combat.

L’opération, qui est applaudie à Washington, a déjà fait fuir de longues colonnes de réfugiés. Selon les officiels locaux, 40 000 personnes ont quitté la région et l’exode pourrait atteindre un demi-million de réfugiés.
En Afghanistan, les frappes aériennes américaines plus tôt cette semaine qui ont tué jusqu’à 150 personnes dans le district de Bala Baluk ne sont que la dernière atrocité d’une guerre qui vise à terroriser le peuple afghan et réprimer toute opposition à l’occupation néocoloniale. Obama a à peine fait mention de l’incident, répétant comme à l’habitude que les Etats-Unis feraient « tout en leur possible » pour éviter les victimes civiles. Il a sinistrement mis en garde que les violences augmenteraient, mais que l’engagement des Etats-Unis « n’allait pas fléchir ».
Les présidents afghan et pakistanais ont tous deux juré fidélité à Washington et sa « guerre au terrorisme ». Bien qu’Obama parle d’eux en tant que « dirigeants élus démocratiquement », les Etats-Unis n’auraient pas de remords à les retirer du pouvoir, d’une manière ou d’une autre, s’ils ne suivaient pas les ordres. Dans les derniers mois, des officiels américains ont critiqué sévèrement Karzaï, qui fait face à une élection en août, pour son administration corrompue et inefficace ainsi que pour ses critiques de l’armée américaine et des victimes civiles tombées sous ses attaques.
De hauts représentants américains ont aussi averti Zardari quant à sa réticence à déclencher une guerre totale contre les guérillas talibanes. Le New York Times a cité anonymement un officiel de l’administration déclarant que la guerre au Pakistan allait dépendre de l’armée pakistanaise, « étant donné surtout le refus du pays, jusqu’à maintenant, de permettre l’entrée des troupes américaines ». Alors que l’armée américaine intensifie ses frappes de missiles en toute impunité, Washington fait clairement pression pour un rôle militaire beaucoup plus grand à l’intérieur du Pakistan.
Le même journal a publié une série d’articles sensationnalistes depuis quelques jours qui insistaient sur le danger que l’arsenal nucléaire pakistanais puisse tomber entre les mains d’extrémistes islamistes, le même prétexte utilisé par l’administration Bush pour réaliser son « changement de régime » en Irak. L’administration Obama considère évidemment plusieurs avenues pour remplacer Zardari si jamais ce dernier ne réalisait pas les promesses qu’il a faites à Washington.
Des éditoriaux parus hier dans le New York Times et le Wall Street Journal ont donné un soutien entier aux nouveaux plans de guerre d’Obama.

Les deux journaux ont demandé au Congrès d’accéder rapidement à la requête d’Obama pour un financement supplémentaire de plusieurs milliards de dollars pour soutenir les armées et les gouvernements afghans et pakistanais. Le Wall Street Journal, en particulier, a demandé qu’aucune contrainte politique de la part du Congrès ne vienne « gommer les requêtes » ou restreindre la liberté d’action de l’armée américaine.
Ce consensus démontre que tout l’establishment politique américain, l’aile libérale représentée par les démocrates tout autant que sa contrepartie conservatrice représentée par les républicains, soutient la guerre d’Obama sur deux fronts.

L’escalade des conflits en Afghanistan et au Pakistan montre que les critiques qu’ont faites Obama et des sections des médias au sujet de la guerre en Irak n’avaient qu’un caractère entièrement tactique. Obama a été choisi et amené à l’avant-scène dans les élections de l’an passé par des sections de l’élite dirigeante américaine qui considérait que l’Irak était une diversion désastreuse des objectifs et intérêts plus fondamentaux des Etats-Unis en Asie centrale.
Ayant gagné l’élection en faisant appel au sentiment largement répandu d’opposition à la guerre, Obama accomplit aujourd’hui la mission pour laquelle il a été choisi. Sous la supervision de membres clés de l’administration Bush (le secrétaire à la Défense Robert Gates et le général Petraeus), l’armée américaine prépare une importante offensive cet été en Afghanistan en doublant le nombre de ses soldats là-bas qui atteindra 68 000. Au même moment, le Pentagone a mis en place d’autres voies d’approvisionnement dans le cas où l’escalade de la guerre prévue dans le Pakistan voisin menacerait les voies d’approvisionnement actuellement utilisées et qui passent par les régions frontalières de ce pays.
Le Wall Street Journal conclut son éditorial en insistant auprès de l’administration Obama pour qu’elle clarifie que « l’implication des Etats-Unis à la sécurité dans cette région se prolongera longtemps », ajoutant : « Le plus grand danger est que les faibles institutions du Pakistan et ses dirigeants peu sûrs perdent leur désir de vaincre les islamistes. C’est ce qui a fait tomber le Shah d’Iran en 1979. Nous ne voulons pas que la même chose se reproduise à Islamabad. »
En fait, la dictature impitoyable d’Iran soutenue par les Etats-Unis n’est pas tombée parce que le Shah a perdu son désir d’emprisonner et d’éliminer physiquement ses opposants, mais à cause d’un soulèvement populaire duquel les religieux islamiques ont réussi à prendre le contrôle. Il y a déjà des signes en Afghanistan et au Pakistan d’une vaste opposition politique et sociale aux Etats-Unis et à ses régimes marionnettes. L’avis que donne le Wall Street Journal à Obama est que les Etats-Unis doivent faire tout ce qui est nécessaire aussi longtemps qu’il le faut pour supprimer par la violence toute contestation à la domination économique et stratégique de la région par les Etats-Unis.
L’escalade de la guerre que prépare Obama ne pourra avoir qu’un effet profondément déstabilisateur sur toute la région et préparera des conflagrations militaires encore plus importantes et sanglantes. On ne pourra s’y opposer avec des appels au Parti démocrate ou au Congrès américain, mais seulement par la mobilisation indépendante des travailleurs aux Etats-Unis de concert avec la classe ouvrière et les masses opprimées de l’Asie du Sud, de l’Asie centrale et internationalement. Cette lutte doit être basée sur une perspective socialiste pour renverser le système capitaliste qui est la source de l’oppression et de la guerre impérialistes.

Peter Symonds

Samedi 09 Mai 2009

http://www.wsws.org/
http://www.alterinfo.net/Non-a-la-guerre-en-Afghanistan-et-au-Pakistan_a32308.html


1-3 Pierre Rousset : Le Pakistan malade de l’Afghanistan.

Les combats font rage dans la vallée de Swat, au nord-ouest du Pakistan.

La ‘crise’ afghano-pakistanaise est entrée dans une nouvelle phase.

Depuis sa création en 1947, le Pakistan est un pays sur pied de guerre, traversé des conflits internes, notamment avec les mouvements nationalistes baloutches, et de vives tensions frontalières.

Pendant longtemps, la frontière « chaude » s’est située à l’Est – face à l’Inde – et singulièrement au Nord-Est sur l’abcès de fixation que constitue le Cachemire, territoire à majorité musulmane dont New Delhi a réussi à garder le contrôle. La zone « chaude » se trouve aujourd’hui au Nord-Ouest – côté Afghanistan – et cela change bien des choses.

Le conflit avec l’Inde a toujours permis à l’Etat pakistanais (en particulier à l’armée pakistanaise) de fonder sa légitimité.

L’Inde est en effet l’« ennemi héréditaire », le Pakistan étant né de la division de l’Empire britannique sur une base religieuse – musulmans contre hindous – à coups de meurtriers déplacements de populations. La « partition » de 1947 a créé un fossé de sang soigneusement entretenu depuis.

En revanche, le conflit à la frontière afghane oppose aujourd’hui les alliés d’hier : Washington et Islamabad (capitale du Pakistan) ont favorisé le développement de mouvements islamistes pour combattre durant les années 1980 les Soviétiques et le régime laïc de Kaboul (capitale de l’Afghanistan).

Après le 11 septembre 2001, le gouvernement US pouvait aisément faire des ennemis de ses amis.

Il n’en allait pas de même pour les dirigeants pakistanais.

Face à la puissance démographique et à l’immensité géographique de l’Inde, seul l’Afghanistan peut, en cas de guerre, offrir au Pakistan une profondeur stratégique.

Il faut pour cela à Kaboul un régime favorable à Islamabad : les talibans, le fondamentalisme sunnite offrant le ciment idéologique de cette alliance. Des tribus pachtounes occupent le terrain de part et d’autre d’une frontière internationale fort théorique.

La question afghane devient ainsi une question intérieure au Pakistan.

L’intervention militaire de l’Otan en Afghanistan a ouvert une crise au Pakistan. Cette crise se noue aujourd’hui dans la vallée de Swat, un fief taliban.

Mais elle a bien d’autres dimensions.

Pour conforter leur pouvoir, les classes et élites dominantes, l’armée et les partis clientélistes ont chacun à leur tour joué la carte de l’islamisation de l’Etat pakistanais. Ils ont ce faisant ouvert une boîte de Pandore avec, dans un premier temps, les conflits sectaires entre obédiences musulmanes chiites et sunnites. Puis, dans un deuxième temps, le développement au Pakistan même de mouvements talibans qui apparaissent aux yeux d’une grande partie de la population comme une terrible menace obscurantiste.

Par ailleurs, au temps de la guerre froide, l’appui des Etats-Unis et de la Chine était acquis, l’Inde étant soutenue par l’Union soviétique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Alors même que l’intervention états-unienne en Afghanistan déstabilise le Pakistan et renforce « l’anti-américanisme » ambiant, Washington peut exiger d’Islamabad un engagement plus franc contre les talibans en le menaçant de se rapprocher encore plus de New Delhi.

Ce sont aujourd’hui les habitants de la vallée de Swat qui paient le prix d’une guerre régionale et de conflits religieux dont ils sont otages. Mais c’est l’Etat pakistanais tout entier qui peut demain entrer dans une crise de décomposition.

Pierre ROUSSET

* Paru dans « Tout est à nous » n°9 du 21 mai 2009.

http://www.alterinter.org/article3253.html



n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Suite - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Suite - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN 

                                              n° 19- 24-05

                   C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1  Dossiers (suite)

1-4 Pakistan joue à pile ou face.

1-5 Eric Schimtt : Des « conseillers » américains au Pakistan.

1-6 Bill Van Auken : Le gouvernement d’Obama cherche à obtenir des pouvoirs militaires extraordinaires au Pakistan.

1-7 Mireille Delamarre : AfPak : Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Dick Cheney.

 


1-4 Pakistan joue à pile ou face.

Pile, je gagne : « C’est l’armée qui a introduit les taliban dans notre région !

C’est politique. Les talibans et l’armée sont des frères « témoigne un réfugié d’un camp de la région de SWAT.
Face, tu perds :Un haut responsable militaire pakistanais a déclaré : » Dans l’intelligence, vous devez être en contact avec votre adversaire ou vous exécutez en aveugle."
Avec qui sont les "Taliban" au Pakistan ?
Les groupes et les individus qui sont étiquetés le "Taliban au Pakistan » (TIP) sont très différents de leurs homologues afghans à des égards importants.

Il serait donc pertinent de "réfléchir à l’incidence de ces différences mais aussi de poser des questions sur les raisons pour lesquelles la distinction des détails sont perdus dans la frénésie médiatique de ces derniers mois". ( voir cartes article BBC)
L’
offensive militaire tardive déclenchée la semaine dernière par l’armée pakistanaise contre les insurgés talibans dans le district de Buner, à une centaine de kilomètres seulement de la capitale Islamabad, est plus que bienvenue pour certains...

Si cette initiative signifie que le Pakistan prend désormais sa sécurité interne au sérieux et qu’il est déterminé à s’attaquer aux militants islamistes pour les écraser, il s’agit là d’un "immense pas en avant - l’un des plus importants et des plus prometteurs des 62 dernières années dans le pays".

(voir vidéo de la terrible offensive).

A bien y réfléchir, il faut dire qu’on n’a pas vraiment l’habitude de voir l’armée pakistanaise prendre ce genre d’initiatives importantes et prometteuses... Il est donc tout à fait naturel de douter du sérieux et de la détermination réelle de ses officiers.

Un article de la BBC nous apprend que la plupart des déplacés disent qu’ils ont quitté leurs foyers non pas à cause des talibans, mais suites aux bombardements par l’armée.
"L’armée pakistanaise a causé du tort - mais alors qu’ils ont tué des civils, je le jure, je n’ai pas vu un seul taliban », dit Shahdad Khan, un réfugié du camp de Swabi Shave Ada.

Y a-t-il un réel engagement des militaires pakistanais à vouloir "éliminer" les talibans.

"No way", me dit Siraj.
« C’est l’armée qui a introduit les taliban dans notre région ! C’est politique. Les talibans et l’armée sont des frères."
Les militants islamistes dans le pays ont gagné l’attention internationale après contrôle de la vallée de Swat, la région dans le nord du Pakistan où la loi de la charia est désormais en place.
Pourtant, ces militants n’ont pas d’auto-identification en tant que "Taliban", à la différence des
talibans afghans qui s’étaient révélés dans la province de Kandahar comme un mouvement populaire contre la criminalité, la violence et la corruption pratiquées par les seigneurs de guerre qui divisaient l’Afghanistan depuis la fin de l’occupation militaire soviétique, en 1989.
Le terme "Taliban" signifie que les étudiants, les Taliban, ont été instruits d’origine dans des "
madrassas", les écoles religieuses.

Dépourvus d’une conception de l’Etat-nation, les talibans ignorent l’histoire de leur pays, et leur connaissance de l’islam est sommaire. Trouvant sa source dans une interprétation extrême et perverse de l’islam déobanti, leur croyance se réduit à une interprétation restrictive et obscure de la charia. Les déobantis sont apparus en Inde pendant la période coloniale, sous la forme d’un mouvement réformateur qui se proposait de régénérer la société musulmane sunnite et de mettre les textes islamiques classiques en harmonie avec les réalités du moment. Des écoles déobanties (Madrassas) furent alors établies en Afghanistan, mais sans susciter une grande adhésion populaire. En revanche, elles se développèrent rapidement au Pakistan après la partition de l’Inde en 1947 : les déobantis y créèrent un parti politique, le Jamiat-Ulema-e-Islami (JUI), qui jouira d’une certaine influence dans les années 90.

(AFP) - Le Pakistan a décidé, depuis fin novembre, de ne plus dépêcher en Inde, comme annoncé la veille, le chef de ses services de renseignements, l’ISI, pour aider à l’enquête sur les attaques de Bombay, mais un simple représentant, selon un communiqué du cabinet du Premier ministre.
Ce changement brutal est survenu dans la nuit, avec un communiqué, rendu public après minuit, annonçant qu’un "représentant de l’Inter-Services Intelligence (ISI) se rendra en Inde à la place de son directeur général, le général Ahmed Shuja Pasha, pour aider à l’enquête sur l’acte de terrorisme à Bombay".
Cette annonce intervient alors que New Delhi assure que certains auteurs des attaques coordonnées dans la capitale économique de l’Inde, qui ont fait au moins 155 morts, viendraient du Pakistan, que les autorités indiennes accusent régulièrement de soutenir les groupes islamistes armés qui commettent des attentats sur leur territoire.

ISI et S WING :

Selon le New York Times, l’ISI a aidé à créer et alimenter le mouvement taliban dans les années 1990, à apporter la stabilité à une nation qui a été dévastée par des années de guerre civile entre seigneurs de guerre rivaux, et un fonctionnaire a expliqué que pour le gouvernement Pakistanais d’Islamabad, il est nécessaire d’utiliser les talibans comme « forces de proximité pour préserver nos intérêts. " Le réseau Haqqani, qui concentre ses attaques sur l’Afghanistan, est considéré comme un atout stratégique pour le Pakistan, selon les responsables américains et pakistanais, contrairement aux militants du réseau dirigé par Baitullah Mehsud, qui a pour objectif de renverser le gouvernement du Pakistan. Les talibans ont été en mesure de financer une campagne militaire en Afghanistan en grande partie par le produit du trafic illicite des drogues et des personnes fortunées du golfe Persique. Mais les responsables américains disent que, lorsque les combattants ont besoin de carburant ou de munitions pour soutenir leurs attaques contre les troupes américaines, ils se tournent souvent vers l’ISI.

Un haut responsable militaire pakistanais a déclaré : "Dans l’intelligence, vous devez être en contact avec votre adversaire ou vous exécutez en aveugle."

Pour le Sunday Times, " Quoting a senior Pakistani official, it said the Obama administration intervened after Taliban forces expanded from Swat into the adjacent district of Buner."

Le gouvernement a envoyé quelques centaines de paramilitaires à Buner la semaine dernière, mais ils ont gardé un profil bas. Il n’a pas envoyé de troupes. Les Américains veulent que le gouvernement transfère les troupes de la frontière Indo-Pakistanaise pour répondre à la menace talibane. Les résidents de Buner, cependant, craignent la perte de civils en cas d’opération militaire.

La "troisième force" :

Tragiques paradoxes qui ont lieu tous les jours au Pakistan, où un jeune journaliste a été enlevé et exécuté en dernier tout en couvrant un mois de mars pour la paix. M. Musa Khankhel, journaliste et correspondant de la télévision Geo disparu le 18 Février. Il avait été menacé à plusieurs reprises par les forces de sécurité pour son indépendance. Il avait également été enlevé et torturé deux fois avant par les forces de sécurité. En tant que journaliste, il n’était pas non plus très populaire parmi les groupes militants.

Le CRHIV a appris que la veille de son assassinat, Khankhel a été arrêté et menacé par les forces de sécurité lors d’une conférence de presse tenue par M. Bashir Bilour, le ministre principal de la NWF province. Un Major Farooq, de l’Inter Services Public Relations (ISPR), avait eu un échange de paroles dures avec Khankhel, et on lui a dit d’être prudent avec les forces armées.
Au cours de l’année 2008, quatre journalistes ont été tués par les forces de sécurité dans la province de Swat, et vingt depuis deux ans. Les ministres du gouvernement, y compris les porte-parole des Taliban, nient tous leurs responsabilités, et affirment que la « troisième force » en était en cause, reconnaissant tranquillement qu’il s’agit en fait des forces armées. Au 
Pakistan Federal Union, les journalistes ont observés que lorsque les Taliban tuent, ils le disent ouvertement. Hamid Mir a écrit plusieurs articles suggérant que son collègue a été la cible de l’armée.

Merci encore à morice pour le sujet de l’article et l’idée du titre.

par E-fred

15 mai 2009

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/p...


1-5 Eric Schimtt : Des « conseillers » américains au Pakistan.

L’armée américaine vient de reconnaitre qu’il y aurait environ 70 « conseillers » travaillant clandestinement au Pakistan.
Leur mission ?
Entraîner l’armée Pakistanaise à combattre les Taliban et par là même, Al-Qaida dans les zones tribales.

Ils sont pour la plupart Américains, soldats des Forces spéciales, qui sont là pour former l’armée Pakistanaise et les forces paramilitaires, en leur fournissant des renseignements et des conseils sur les tactiques de combat. Ils ne procèdent pas à des opérations de combat, selon l’armée américaine.
Constitué par un groupe de travail secret, supervisé par le Commandement central des États-Unis et de Commandement des opérations spéciales, les "conseillers" ont commencés l’été dernier, avec le soutien du gouvernement du Pakistan et de l’armée, à éradiquer Al-Qaida et les Taliban qui menacent les opérations des troupes américaines entre l’Afghanistan et le Pakistan, notamment en coupant les voies d’acheminement comme la Passe de Khyber.
Une nouvelle unité de commando Pakistanais a utilisé les informations de la Central Intelligence Agency et d’autres sources, ce qui leur a permis de tuer ou de capturer plus de 60 militants dans les sept derniers mois, dont au moins cinq commandants de haut rang, selon un haut responsable militaire Pakistanais.
Il ya quatre semaines, les commandos ont capturé un militant saoudien lié à Al-Qaïda dans une ville de la Khyber Agency, une des zones tribales qui longent la frontière avec l’Afghanistan, ce qui n’a pas empêché un attentat aujourd’hui.
Pourtant, les principaux commandants des taliban Pakistanais, y compris son chef, Baitullah Mehsud, et son chef de file dans la région de Swat, Maulana Fazlullah, sont toujours en fuite.

Les hauts responsables militaires américains restent frustrés d’avoir été incapable de persuader le chef de l’armée pakistanaise, Gen Ashfaq Parvez Kayani, de former l’armée aux techniques de contre-insurrection.

Le général Kayani , qui est en visite à Washington cette semaine à la Maison Blanche pour une réunion sur la politique entre l’Afghanistan et le Pakistan, va certainement demander comment l’armée Pakistanaise peut faire pour éliminer Al-Qaida et les Taliban des zones tribales.
Les responsables américains reconnaissent, suite aux tensions entre le Pakistan et l’Inde après les attentats terroristes perpétrés à Mumbai en novembre dernier, que l’armée Pakistanaise se sente moins disposée à placer son attention sur les menaces d’Al-Qaida et des Taliban.
Les responsables Pakistanais et des États-Unis ont convenu de divulguer certains détails sur les "conseillers militaires américains" ainsi que le partage des renseignements pour aider à dissiper les rancoeurs après les frappes de missiles sur les civils.

Le Pentagone avait déjà organisé une formation avec l’aide d’instructeurs au Pakistan l’année dernière. Plus de la moitié des membres du nouveau groupe de travail sont les conseillers des forces spéciales, les autres sont des médecins, experts en communication et autres spécialistes.
"Le partage des renseignements c’est réellement amélioré au cours des derniers mois", a déclaré Talat Masood, un ancien général de l’armée et d’un analyste militaire. "Les deux parties réalisent qu’il est dans leur intérêt commun."

Par contre, les responsables Pakistanais ont vigoureusement protesté contre les frappes de missiles américains dans les zones tribales, étant pour eux la marque d’une violation de leur souveraineté et ont alors bloqué la principale demande de Washington qui était l’ envoi massif de troupes. Le président Asif Ali Zardari, qui dirige un gouvernement affaibli, tente de faire face à la flambée d’anti-américanisme parmi les Pakistanais qui voient d’un mauvais oeil le rapprochement avec Washington.

Les frappes de missiles américains, qui ont fait des victimes civiles, ont suscité un vif débat parmi les cadres supérieurs du gouvernement Pakistanais et des responsables militaires.

Plus de 30 bombardements ont été menés, par des F-16 vendus par les américains depuis le mois d’août dernier, la plupart d’entre eux après que le président Zardari ait pris ses fonctions en septembre. Un haut responsable militaire américain a déclaré que 9 des 20 hauts commandants-Qaida et les Taliban au Pakistan ont été tués dans ces raids.

"The F-16s are vital to Pakistan’s security as President Musharraf prosecutes the war on terror", pouvait-on lire en 2005.

Mais c’est Asif Ali Zardari, le veuf de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, qui en fait maintenant usage.
Source Eric SCHMITT NYT.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/des-conseillers-americains-au-56350


1-6 Bill Van Auken : Le gouvernement d’Obama cherche à obtenir des pouvoirs militaires extraordinaires au Pakistan.

Le gouvernement d’Obama considère de plus en plus son intervention croissante au Pakistan comme une guerre contre-insurrectionnelle spécifique, pour laquelle il demande le même type de pouvoirs militaires extraordinaires déjà obtenus par le gouvernement Bush en Afghanistan et en Irak.

C’était là le principal message délivré par les représentants du Pentagone à Capitol Hill [c’est-à-dire devant le congrès, ndt] ces derniers jours, s’y ajoutaient des avertissements de plus en plus clairs selon lesquels le gouvernement pakistanais risquait de s’effondrer sans une aide américaine immédiate et inconditionnelle consistant à financer son armée.

Le ministre de la Défense Robert Gates avait prévenu le congrès mercredi que si celui-ci n’approuvait pas rapidement le versement de 400 millions de dollars demandés par le Pentagone pour un nouveau Fond de capacité anti-émeute, l’armée pakistanaise manquerait de trésorerie d’ici quelques semaines pour ses opérations contre les résistants de la Province frontalière du nord-ouest (PFNO) et aussi d’autres zones du Pakistan occidental.

Dans sa déposition, Gates a également révélé que, même après la fermeture programmée du centre de détention de Guantanamo, le gouvernement américain pourrait encore détenir 100 de ces prisonniers sans mise en accusation ni procès. Le gouvernement a demandé au Congrès 50 millions de dollars pour construire des prisons aux États-Unis destinées aux détenus qu’il déclare dangereux mais non-jugeables, principalement parce que les preuves qui sont censées jouer contre eux ont été arrachées sous la torture.

Les 400 millions de dollars demandés sous forme d’aide militaire au Pakistan font partie d’un plan de financement de 83,5 milliards de dollars demandé par Obama, la grande majorité de cette somme devant servir à financer la continuation de la guerre en Irak et en Afghanistan.

S’exprimant devant le Comité des acquisitions du Sénat, Gates a déclaré que le Pentagone demandait que le contrôle total de l’aide militaire soit confié au Général David Petraeus, le chef d’état-major de l’armée américaine. Il a déclaré que le Pentagone avait besoin de « cette autorité exceptionnelle pour les circonstances exceptionnelles et urgentes auxquelles nous sommes confrontés au Pakistan - pour faire face à un défi qui exige à la fois des capacités de temps de guerre et de temps de paix. »

Certains membres du Congrès ont renâclé devant la demande, qui reprend les tactiques autoritaires du gouvernement Bush, lequel exigeait l’attribution immédiate de financements pour l’Irak et l’Afghanistan sans conditions.

Comme l’a fait remarquer le Washington Post vendredi : « Les législateurs de l’Assemblée et du Sénat ont exprimé des inquiétudes quant à la création du nouveau flux de financement militaire du Pakistan par l’intermédiaire du Pentagone. Traditionnellement, de telles aides militaires transitent par le département d’Etat [ministère des Affaires internationales, ndt] et sont soumises aux restrictions de la Loi sur l’assistance aux pays étrangers (Foreign Assiance Act). »

Ces 400 millions sont inclus dans un paquet d’aides sur cinq ans d’une valeur de 3 milliards de dollars, 700 autres millions sous forme d’aide militaire y sont également prévus pour l’année budgétaire 2010.

Ce programme d’aide militaire comprend un accroissement significatif de l’entraînement des forces de sécurité pakistanaises par les États-Unis, bien au-delà des 70 membres des opérations spéciales américaines qui entraînent actuellement les unités de garde-frontières et des forces spéciales pakistanais. Les officiers pakistanais et leurs troupes seraient entraînés hors du pays. De plus, Washington fournirait largement du matériel militaire récent, dont des hélicoptères, les lunettes infrarouges et des armes de poing.

Sous la législation américaine, le département d’État est censé superviser les programmes d’aide militaire et s’assurer qu’ils sont réalisés en accord avec la politique étrangère américaine et les lois régissant ces aides. Il existe une exception lorsque les États-Unis sont en guerre, c’est sur cette base que le gouvernement Bush a pu contourner les autorités civiles et mettre en place ce genre de programme pour l’Irak et l’Afghanistan.

Le Washington Post a cité le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, disant que l’utilisation d’un argument similaire en ce qui concerne le Pakistan impliquait d’« une argumentation extrêmement fine ». Il a poursuivi : « Ce n’est pas une zone de guerre pour l’armée américaine. Mais étant donné l’urgence de la situation, il nous faut le même genre d’autorité pour aider le Pakistan à entraîner et équiper ses troupes pour des opérations anti-émeutes le plus tôt possible. »

Le général Petraeus a défendu le même argument d’une manière encore plus agressive dans une lettre au Comité des forces armées de l’intérieur dans laquelle il prévenait d’un effondrement potentiel du gouvernement pakistanais.

Il déclarait que les « progrès » des États-Unis en Irak et en Afghanistan avaient pu être réalisés, car « ces fonds sont disponibles immédiatement et les commandants sont en mesure de s’adapter rapidement aux circonstances fluctuantes du terrain ». Il a déclaré qu’il fallait les mêmes libertés d’action pour l’armée au Pakistan, « Là où une insurrection montante menace l’existence même du pays et a un effet direct et meurtrier sur les forces des États-Unis et de la coalition qui opèrent en Afghanistan. »

En privé, Petraeus aurait déclaré à des membres du Congrès et du gouvernement que, si l’armée pakistanaise ne parvenait pas à supprimer l’insurrection dans les deux semaines, le gouvernement pourrait tomber.

Citant des sources anonymes « familières de ces discussions », Fox News prétend que Petraeus a mentionné que l’armée américaine procédait à une évaluation de la campagne pakistanaise contre les militants du nord-ouest du pays « avant de déterminer les prochaines actions des Etats-Unis ».

L’article ajoutait que Petraeus avait déclaré que l’armée pakistanaise ne pourrait pas survivre à la chute du gouvernement du président Ali Zardari et que l’armée, dirigée par le chef d’état-major, le général Ashfaq Kayani, était « supérieure » au gouvernement civil.

Cette déclaration fait écho à la position prise par le président Barack Obama lors de la conférence de presse de mercredi soir qui marquait ses 100 premiers jours en fonction. Obama y a déclaré qu’il était convaincu que l’arsenal nucléaire pakistanais resterait en mains sûres, « En premier lieu, parce que l’armée pakistanaise reconnait, je pense, les implications que cela entraînerait si ces armes tombaient entre de mauvaises mains. » Il a ajouté, « Nous avons de forts liens de consultation et de coopération entre nos deux armées. »

À l’opposé, le président américain a décrit le gouvernement du président Zardari comme « très fragile » et manquant « de la capacité à rendre des services de base » ou « de gagner le soutien et la loyauté de son peuple ».

Obama a terminé en disant du Pakistan, « Nous voulons respecter leur souveraineté, mains nous admettons également que nous avons un intérêt stratégique très important, un intérêt de sécurité nationale très important, à nous assurer que le Pakistan soit stable et que l’on ne se retrouve pas avec un Etat militant disposant de l’arme nucléaire. »

Quand un journaliste a tenté de demander si cela signifiait que l’armée américaine pourrait intervenir pour sécuriser les armes nucléaires, Obama a refusé de se « lancer dans des hypothèses ».

Les remarques d’Obama et Petraeus suggèrent fortement que Washington s’appuie d’abord et avant tout sur les liens entre le Pentagone et l’armée pakistanaise, et qu’il pourrait, dans l’éventualité d’une aggravation de la crise actuelle, apporter son soutien au retour d’une dictature militaire. Cela fait moins de neuf mois que le dernier homme fort issu de l’armée, le Général Pervez Musharraf, a rendu le pouvoir à un gouvernement civil après une décennie de pouvoir militaire.

Cela pourrait également expliquer, au moins en partie, la détermination du Pentagone, de la Maison-Blanche et du département d’Etat à s’assurer que l’aide militaire passe par les canaux militaires et non par ceux, classiques, du département d’Etat, qui sont soumis à la Loi sur l’assistance aux pays étrangers. Parmi les restrictions imposées par cette loi, figure l’interdiction d’accorder une aide militaire à « un pays dont le chef du gouvernement régulièrement élu a été déposé par un décret ou un coup militaire ».

Il devient évident qu’Obama, qui doit en grande partie son élection à l’opposition de larges couches de la population américaine aux politiques militaristes du gouvernement Bush, ne se contente pas de continuer les deux guerres initiées sous Bush, il en prépare une troisième.

Dans un article intitulé « Maintenant, les États-Unis voient le Pakistan comme une affaire distincte de l’Afghanistan », le New York Times notait vendredi qu’à l’origine, la stratégie mise en avant par le gouvernement Obama était de mener des attaques militaires à la frontière pakistanaise pour priver les insurgés afghans de bases arrières et préparer un afflux de renforts [la « surge »] en Afghanistan qui consistera en un doublement des troupes américaines au cours des prochains mois.

Cette stratégie, note le Times, a été « réduite à néant par l’offensive des talibans au Pakistan occidental ». L’objectif principal de Washington est maintenant d’« empêcher de nouvelles avancées d’une insurrection islamiste combative au Pakistan qui s’est installée sur des territoires qui ne sont qu’à 60 miles [moins de 100 kilomètres, ndt] d’Islamabad. »

Dans un article publié le 16 avril, Jane Perlez et Pir Zubair Shah du New York Times ont décrit les tensions de classes intenses qui ont nourri l’insurrection. Les forces décrites comme des talibans, écrivent-ils, ont réussi à prendre le contrôle de la Vallée de Swat grâce à une « révolte de classe » venant de « profondes fractures entre un petit groupe de riches propriétaires terriens et leurs fermiers sans terres ».

Selon cet article, les militants islamistes ont organisé et armé les paysans sans terres au cours d’une campagne pour faire fuir les riches propriétaires de la région, qui étaient également les représentants locaux du gouvernement et les dirigeants des partis politiques bien établis. Outre l’imposition de la Loi islamique dans la vallée de Swat, une région abritant 1,3 million d’habitants, les islamistes ont organisé une « redistribution économique ».

Le Times citait un officiel pakistanais expérimenté déclarant, sous le couvert de l’anonymat, « ça a été une foutue révolution à Swat. Je ne serais pas surpris si elle balayait l’ordre établi au Pakistan ».

Le gouvernement Obama intervient maintenant pour défendre cet « ordre établi » des relations de propriétés féodales, d’une large inégalité sociale et de la domination de l’armée sur le gouvernement. Cela entraînera la suppression non seulement d’une poignée de « terroristes », mais d’une insurrection ayant une large base populaire, nourrie dans une grande mesure par les attaques de l’armée américaine contre les civils des deux côtés de la frontière afghano-pakistanaise.

Étant intervenu en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003 pour affirmer l’hégémonie américaine sur les régions stratégiquement vitales et riches en pétrole de l’Asie centrale et du Golfe persique, l’impérialisme américain n’a réussi qu’à répandre l’instabilité et à créer les conditions propices à de nouvelles guerres encore plus sanglantes.

Bill Van Auken – WSWS

10 mai

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6585


1-7 Mireille Delamarre : AfPak : Les troupes US/OTAN sous commandement de l'ex commandant des escadrons de la mort de Dick Cheney.

Le choix par l 'administration Obama du Lieutenant Général Stanley McChrystal comme nouveau commandant des troupes US/OTAN en AfPak n'est pas anodin et caractérise la nouvelle approche de cette guerre d'occupation par Washington. Les antécédents militaires de McChrystal, sa longue expérience des opérations de contre terrorisme durant les cinq dernières années à la tête du JSOC (Joint Spécial Opérations Command - commandement des opérations conjointes spéciales) parlent d'eux -mêmes.

D'avril 2003 à Avril 2008, il a supervisé les opérations de contre terrorisme, pourchassant des cibles qualifiées de "haute valeur" tels des dirigeants locaux et nationaux des mouvements de résistance en Irak, Afghanistan et au Pakistan, la plupart du temps en menant des raids dit ciblés ainsi que des attaques aériennes dont on connaît le terrible coût payé par les populations civiles.

Dernièrement, 140 civils dont plus de 90 enfants afghans ont été massacrés dans des villages pris pour cibles dans le cadre des opérations du JSOC. C'est sous le commandement de McChrystal que le JSOC a changé de mission et est passé de l'entraînement aux méthodes de contre insurrection des unités militaires des pays occupés, sa mission principale, a celle de mener des opérations de contre terrorisme.

McChrystal a passé 5 ans à la tête du JSOC, ce qui est inhabituel, et ce parce qu'il était un ami proche de Donald Rumsfeld alors secrétaire à la défense, qui considérait le JSOC comme "son organisation" capable de rivaliser sur le terrain avec les opérations clandestines menées par la CIA. Le JSOC a été utilisé pour capturer Saddam Hussein et le dirigeant d'Al Qaeda en Irak, Abu Musab al-Zarqawi. Le JSOC sous commandement de McChrystal a mené des raids et autres opérations contre des Talibans et ce sans coordination avec le commandant des autres forces US présentes en Afghanistan. Ces forces spéciales organisaient des raids dans des maisons suspectées d'abriter des dirigeants Talibans recherchés notamment dans des villages de la province du Herat provoquant la colère des habitants qui, alors qu'ils s'étaient tenus à l'écart des combats, ont pris les armes contre les forces régulières US, selon un article paru dans le New York Times de Mai 2007 écrit pas Carlotta Gall et David E. Sanger.

Alors que les médias américains encensent le choix du secrétaire à la Défense, Robert Gates, tel le Wall Street Journal qui écrit que McChrystal : "mènera cette sorte de guerre de contre insurrection" que Gates veut voir se développer en AfPak, parce que, sous son commandement en Irak, le JSOC avait impliqué "des unités spécialisées en guerre anti guérillas, incluant l'entraînement des armées étrangères", ils semblent confondre contre insurrection et contre terrorisme. Alors que les opérations de contre insurrection ont principalement pour but d'influencer la population pour "rallier les coeurs et les esprits" et sont non militaires, les opérations de contre terrorisme sont exclusivement militaires et se concentrent sur le ciblage de "l'ennemi" et sa destruction notamment par des raids aériens particulièrement meurtriers pour les civils vivant dans les zones de conflits. Aucun ne rappelle le lien étroit, direct, entre le criminel de guerre Dick Cheney, vice président de l'administration Bush qui encore tout récemment se vantait qu'en utilisant la torture Bush avait sauvé de nombreuses vies américaines, et McChrystal, qui en fait, à la tête du JSOC, recevait directement ses ordres de Cheney.

C'est Seymour Hersh, le journaliste d'investigation américain, qui le dévoile dans une interview accordée au www.gulfnews.com. le 12/05/09. Hersh y révèle que l'ancien vice président Dick Cheney a dirigé ces escadrons de la mort visant ceux considérés comme des "ennemis " de l'Amérique à l'étranger.

"... Ce que j'ai dit et ce que j'ai écrit à plusieurs reprises c'est qu'il y a une unité spéciale qui s'occupe de ciblage de personnes de haute valeur qu'on croit être impliqués dans des activités anti américaines, où qu'on croit planifier de telles activités. Du point de vue de Cheney ce n'est pas du meurtre mais mener la " guerre contre le terrorisme". Et de mon point de vue et de celui de mes amis, dont des personnes au sein du gouvernement, c'est fou. Le vice président commet un crime. vous ne pouvez autoriser l'assassinat de personnes et ce n'est pas simplement en Irak et en Afghanistan c'est dans un grand nombre d'autres pays, au Moyen Orient, en Asie du Sud, en Afrique du Nord et même en Amérique Centrale. Au début, un grand nombre de noms étaient désignés via le bureau de Cheney, l'un de ses aides, John Hanna, a révélé lors d'une émission de TV que ce programme existait et a dit que de tuer des gens ce n'est pas un meurtre mais un acte de guerre justifié légalement. L'ancien commandant du JSOC, (McChrystal ) vient juste d'être nommé nouveau commandant en charge de la guerre en Afghanistan, ce qui me paraît très intéressant".

L'interviewer, Abbas Al Lawati, lui demande par la suite de nommer les pays au Moyen Orient ou ces escadrons de la morts ont mené des opérations.

Réponse de Hersh :"Non, je ne peux pas, mais j'ai dit qu'il y avait 12 pays et je pense qu'il y en a beaucoup plus, mais vous n'avez pas besoin d'être spécialiste pour deviner. Je sais avec certitude qu'ils ont opéré en Irak, et en Afghanistan. IIs en ont parlé. Le fait est que les hommes qui font cela n'aiment pas ce qu'ils font. Certains sont des chasseurs de la Marine qui ont été entraînés à accomplir des trucs sous l'eau. Qu'est ce qu'ils font à travers les montagnes faisant du mal aux gens ? Je ne condamne pas les hommes mais la direction, le président qui pense que la "guerre contre le terrorisme" veut dire qu'il peut decider de la mort de quiconque sur la base de preuves souvent fausses...." Sur la relation JSOC Obama, Hersh dit : " Je pense vraiment que la relation avec le JSOC est entrain de changer sous Obama. Actuellement c'est plus sous contrôle".

Mais quelle différence ? La mission de ces escadrons de la mort reste la même, assassiner quiconque est considéré comme "ennemi" des Etats Unis quelqu'en soit les conséquences en zone de guerre pour les civils qui y vivent. Mais peut être, cette fois, est-ce le président, commandant en chef des forces armées US, et non plus le vice président , qui donnera directement ses ordres au JSOC via McChrystal notamment pour ce qui est d'AfPak.

En annonçant la nomination de McChrystal, le secrétaire à la défense US, Robert Gates, a fait l'éloge de ce dernier pour "son talent unique en matière de contre insurrection" et dit que la mission en Afghanistan "nécessitait un nouvel état d'esprit et de nouvelles approches par nos dirigeants militaires".

Depuis mars, les raids du JSOC ont repris de plus belle, bien que sous le commandement de McKiernan le prédécesseur de McChrystal. La nomination de ce dernier a été retardée à cause d'accusations portées à son encontre sur sa responsabilité concernant des mauvais traitements subis par des prisonniers placés sous son autorité. L'armée US a semble-t-il couvert ces abus des droits des prisonniers, sous prétexte de la classification top secrètes des opérations du JSOC. En fait, McChrystal apprécie la torture des prisonniers. Il a fourni le personnel pour la Task Force 6-26, une unité d'élite composée de 1000 agents des forces spéciales qui torturaient déjà des prisonniers au camp Nama en 2003. Cinq officiers de l'armée ont été reconnus coupables de traitements dégradants. McChrystal n'a pas lui-même été directement impliqué dans ces abus, mais le slogan de l'unité en dit long sur la mentalité de ses "Boys" : "si vous faites en sorte qu'ils ne saignent pas, ils ne peuvent pas vous poursuivre pour ce que vous leur faites".
Le choix par l'administration Obama de McChrystal et par conséquent la priorité accordée aux opérations de contre terrorisme du JSOC - raids, attaques aériennes et leurs cortèges de victimes civiles et la colère des Afghans- augure mal de ce qui va se passer en AfPak. Certains, comme Lellouche, Kouchner et consorts voudraient nous vendre une guerre "juste" pour assurer notre sécurité, apporter la démocratie, l'émancipation des femmes ect... en Afghanistan.

Cette guerre avec McChrystal à sa tête, n'est qu'une sale guerre d'occupation, à 100% la "Guerre d'Obama", où les vieilles méthodes utilisées en Algérie, en Indochine, en Amérique Latine refont surface cette fois avec l'appui d'une technologie aérienne de pointe (drones et leurs missiles tueurs dont Obama est friand...).

En donnant la primauté aux escadrons de la mort du JSOC en AfPak, Obama signale effectivement un changement de taille : il fait ouvertement ce que Bush/Cheney faisaient clandestinement.

Alors, encore combien d'enfants afghans massacrés vous faut-il pour réagir et cesser d'être hypnotisés par "l'effet diversité" d'Obama ?

Obama sera en France le 6 Juin. L'occasion de débarquer en Normandie pour dénoncer cette guerre stupide, exiger que la France retire ses troupes d'Afghanistan, et condamner Obama pour ce qu'il est : un criminel de guerre, et ce qu'il représente: un empire sur le déclin qui commet des massacres de civils sans défense méprisant le droit international humanitaire, pour dominer en Asie une région géostratégiquement importante, surtout parce que située sur la route des voies d'acheminement du pétrole et du gaz, ressources énergétiques convoitées par l'empire US.

17 Mai 2009
Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/AfPak-Les-Troupes-US-OTAN-Sous-Commandement-De-L-Ex-Commandant-Des-Escadrons-De-La-Mort-De-Dick-Cheney_a1911.html?print=1

n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Fin - : Des « conseillers » américains au Pakistan.

n°19- dossiers de PAKISTAN - 24-05 -Fin - : Des « conseillers » américains au Pakistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN 

                                              n° 19- 24-05

                   C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Peter Symonds : Non à la guerre en Afghanistan et au Pakistan.

2-2 Le Pakistan, un chaudron éternel.

2-3 Remarques d'Himalove.

2-4 Juliette Fournot : La bombe à retardement pakistanaise.



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Peter Symonds : Non à la guerre en Afghanistan et au Pakistan.

Le sommet américain avec l’Afghanistan et le Pakistan présentement en cours à Washington marque le début d’une escalade des violences militaires dans les deux pays.

Le but de la rencontre pour l’administration Obama est d’intimider ses laquais, le président afghan Hamid Karzaï et le président pakistanais Asif Ali Zardari, pour qu’ils obéissent davantage et d’élaborer une stratégie exhaustive de guerre dans le but de pacifier de larges régions de chaque côté de la frontière pakistano-afghane qui est présentement contrôlée par des rebelles islamistes.

L’importance de ce sommet trilatéral est soulignée par la présence de hauts représentants de l’armée américaine et de l’establishment du renseignement et de la politique étrangère, dont la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, le directeur de la CIA Leon Panetta, le chef du FBI Robert Mueller et le général américain du Commandement central David Petraeus, ainsi que leurs homologues de l’Afghanistan et du Pakistan.

D’autres sommets trilatéraux sont prévus pour coordonner la guerre commune qui va inévitablement coûter la vie à de nombreuses autres personnes dans les deux pays.
Flanqué de Karzaï et Zardari, Obama a déclaré hier devant les médias que les Etats-Unis étaient du côté des peuples de l’Afghanistan et du Pakistan. De telles remarques doivent être rejetées avec le mépris qu’elles méritent. L’impérialisme américain intensifie ses guerres en Afghanistan et au Pakistan non pas pour « développer la sécurité, les opportunités et la justice » pour les populations locales, mais bien afin de servir l’objectif stratégique de Washington de dominer l’Asie centrale riche en énergie.
Sous les fortes pressions des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène actuellement une offensive dans le district de Buner impliquant 15 000 soldats qui sont appuyés par des hélicoptères et des avions de combat. L’opération, qui est applaudie à Washington, a déjà fait fuir de longues colonnes de réfugiés. Selon les officiels locaux, 40 000 personnes ont quitté la région et l’exode pourrait atteindre un demi-million de réfugiés.
En Afghanistan, les frappes aériennes américaines plus tôt cette semaine qui ont tué jusqu’à 150 personnes dans le district de Bala Baluk ne sont que la dernière atrocité d’une guerre qui vise à terroriser le peuple afghan et réprimer toute opposition à l’occupation néocoloniale. Obama a à peine fait mention de l’incident, répétant comme à l’habitude que les Etats-Unis feraient « tout en leur possible » pour éviter les victimes civiles. Il a sinistrement mis en garde que les violences augmenteraient, mais que l’engagement des Etats-Unis « n’allait pas fléchir ».
Les présidents afghan et pakistanais ont tous deux juré fidélité à Washington et sa « guerre au terrorisme ». Bien qu’Obama parle d’eux en tant que « dirigeants élus démocratiquement », les Etats-Unis n’auraient pas de remords à les retirer du pouvoir, d’une manière ou d’une autre, s’ils ne suivaient pas les ordres. Dans les derniers mois, des officiels américains ont critiqué sévèrement Karzaï, qui fait face à une élection en août, pour son administration corrompue et inefficace ainsi que pour ses critiques de l’armée américaine et des victimes civiles tombées sous ses attaques.
De hauts représentants américains ont aussi averti Zardari quant à sa réticence à déclencher une guerre totale contre les guérillas talibanes. Le New York Times a cité anonymement un officiel de l’administration déclarant que la guerre au Pakistan allait dépendre de l’armée pakistanaise, « étant donné surtout le refus du pays, jusqu’à maintenant, de permettre l’entrée des troupes américaines ». Alors que l’armée américaine intensifie ses frappes de missiles en toute impunité, Washington fait clairement pression pour un rôle militaire beaucoup plus grand à l’intérieur du Pakistan.
Le même journal a publié une série d’articles sensationnalistes depuis quelques jours qui insistaient sur le danger que l’arsenal nucléaire pakistanais puisse tomber entre les mains d’extrémistes islamistes, le même prétexte utilisé par l’administration Bush pour réaliser son « changement de régime » en Irak. L’administration Obama considère évidemment plusieurs avenues pour remplacer Zardari si jamais ce dernier ne réalisait pas les promesses qu’il a faites à Washington.
Des éditoriaux parus hier dans le New York Times et le Wall Street Journal ont donné un soutien entier aux nouveaux plans de guerre d’Obama. Les deux journaux ont demandé au Congrès d’accéder rapidement à la requête d’Obama pour un financement supplémentaire de plusieurs milliards de dollars pour soutenir les armées et les gouvernements afghans et pakistanais. Le Wall Street Journal, en particulier, a demandé qu’aucune contrainte politique de la part du Congrès ne vienne « gommer les requêtes » ou restreindre la liberté d’action de l’armée américaine.
Ce consensus démontre que tout l’establishment politique américain, l’aile libérale représentée par les démocrates tout autant que sa contrepartie conservatrice représentée par les républicains, soutient la guerre d’Obama sur deux fronts. L’escalade des conflits en Afghanistan et au Pakistan montre que les critiques qu’ont faites Obama et des sections des médias au sujet de la guerre en Irak n’avaient qu’un caractère entièrement tactique. Obama a été choisi et amené à l’avant-scène dans les élections de l’an passé par des sections de l’élite dirigeante américaine qui considérait que l’Irak était une diversion désastreuse des objectifs et intérêts plus fondamentaux des Etats-Unis en Asie centrale.
Ayant gagné l’élection en faisant appel au sentiment largement répandu d’opposition à la guerre, Obama accomplit aujourd’hui la mission pour laquelle il a été choisi. Sous la supervision de membres clés de l’administration Bush (le secrétaire à la Défense Robert Gates et le général Petraeus), l’armée américaine prépare une importante offensive cet été en Afghanistan en doublant le nombre de ses soldats là-bas qui atteindra 68 000. Au même moment, le Pentagone a mis en place d’autres voies d’approvisionnement dans le cas où l’escalade de la guerre prévue dans le Pakistan voisin menacerait les voies d’approvisionnement actuellement utilisées et qui passent par les régions frontalières de ce pays.
Le Wall Street Journal conclut son éditorial en insistant auprès de l’administration Obama pour qu’elle clarifie que « l’implication des Etats-Unis à la sécurité dans cette région se prolongera longtemps », ajoutant : « Le plus grand danger est que les faibles institutions du Pakistan et ses dirigeants peu sûrs perdent leur désir de vaincre les islamistes. C’est ce qui a fait tomber le Shah d’Iran en 1979. Nous ne voulons pas que la même chose se reproduise à Islamabad. »
En fait, la dictature impitoyable d’Iran soutenue par les Etats-Unis n’est pas tombée parce que le Shah a perdu son désir d’emprisonner et d’éliminer physiquement ses opposants, mais à cause d’un soulèvement populaire duquel les religieux islamiques ont réussi à prendre le contrôle. Il y a déjà des signes en Afghanistan et au Pakistan d’une vaste opposition politique et sociale aux Etats-Unis et à ses régimes marionnettes. L’avis que donne le Wall Street Journal à Obama est que les Etats-Unis doivent faire tout ce qui est nécessaire aussi longtemps qu’il le faut pour supprimer par la violence toute contestation à la domination économique et stratégique de la région par les Etats-Unis.
L’escalade de la guerre que prépare Obama ne pourra avoir qu’un effet profondément déstabilisateur sur toute la région et préparera des conflagrations militaires encore plus importantes et sanglantes. On ne pourra s’y opposer avec des appels au Parti démocrate ou au Congrès américain, mais seulement par la mobilisation indépendante des travailleurs aux Etats-Unis de concert avec la classe ouvrière et les masses opprimées de l’Asie du Sud, de l’Asie centrale et internationalement. Cette lutte doit être basée sur une perspective socialiste pour renverser le système capitaliste qui est la source de l’oppression et de la guerre impérialistes.

Peter Symonds

Samedi 09 Mai 2009

http://www.wsws.org/
http://www.alterinfo.net/Non-a-la-guerre-en-Afghanistan-et-au-Pakistan_a32308.html


2-2 Le Pakistan, un chaudron éternel.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

En déclarant à la chaîne américaine NBC que «l’Etat pakistanais ne va pas s’effondrer», le président Asif Ali Zardari ne semble pas avoir rassuré des Occidentaux obsédés par l’héritage éventuel des installations nucléaires en cas de chaos. (...)

Le président du Pakistan voulait pourtant envoyer un message tranquillisant pour atténuer des inquiétudes de plus en plus exprimées depuis le retour des talibans sur la scène. Zardari tentait de démontrer à l’Occident rongé d’inquiétude que le pouvoir en place contrôle la machine malgré les difficultés.

Que son pays, doté de l’arme suprême, est encore gouverné malgré les images de chaos qui passent en boucle sur les canaux de télévision.

Quelques jours plus tôt, il était à Washington aux côtés de son homologue afghan, Hamid Karzai.

Les deux dirigeants, convoqués en urgence par le président américain Barack Obama, affichaient des mines sereines. L’image, largement diffusée par les médias, est symptomatique de la nouvelle approche américaine dans la région. Les deux pays ne constituent plus, aux yeux de Washington, qu’un seul théâtre d’opérations. Sur le plan politique ou militaire, la stabilité de l’un est tributaire de la solidité de l’autre. Obama a fait son choix. La poudrière pakistanaise risque d’être bien plus périlleuse que l’Iran. Le pays des Purs est engagé dans «une lutte existentielle» face à la menace des talibans. D’après le Premier ministre Yousaf Raza Gilan, l’opération menée par l’armée dans la vallée de Swat contre les talibans «est une lutte pour la survie du Pakistan». 
Le président Zardari, veuf de Benazir Bhutto, est loin d’avoir le punch de Musharaf. Sa légitimité est aussi contestée par le chef de l’opposition, Nawaz Sharif. Depuis deux ans, les talibans, qui ont repris du poil de la bête, contrôlent de facto la vallée de Swat, imposant leur ordre. Les autorités d’Islamabad ont timidement tenté de reprendre la situation en main. En vain. Pourtant, en février, un accord en bonne et due forme était même conclu entre les autorités d’Islamabad et les talibans : application de la loi islamique version talibane dans six districts de la région du Nord-Ouest en échange d’un cessez-le-feu. En fait de cessez-le-feu, les talibans reprenaient leur marche en avant. Ils contrôlaient de façon ostentatoire Buner, à une centaine de kilomètres de la capitale. De quoi faire dresser les cheveux du côté de Washington. Zardari décide de changer de tactique. Son armée est lancée à la reconquête des zones en question. L’armée pakistanaise ne s’encombre pas de précautions : bombardements aériens, pilonnages d’artillerie. Ce qui ne tardera pas à provoquer le désarroi parmi les civils. Des centaines de milliers de réfugiés pachtouns sont sur les routes, les camps d’accueil sont saturés. L’inquiétude sur l’avenir du pays de Nawaz Sharif est de nouveau à son paroxysme. Le Pakistan,  véritable mosaïque ethnique, linguistique et culturelle, est un véritable chaudron. L’histoire du Pakistan commence en 1947. Le pays des Purs est né dans le déchirement lors de la décolonisation. Sa vocation était d’accueillir les musulmans persécutés en Inde. Plus de soixante années après, des régions entières de ce pays fédéral restent sous l’influence des clans tribaux et des extrémistes religieux. Qu’en est-il de l’armée ? L’institution militaire pakistanaise offre deux figures, selon les observateurs. La première est rassurante pour l’Occident frileux, à l’image des officiers héritiers du style de l’Empire britannique. De l’autre côté, le fameux ISI (Inter Services Intelligence) : les services spéciaux de l’armée. Ceux-ci comportent deux cellules particulièrement actives : la cellule Cachemire et la cellule Afghanistan. Selon les spécialistes, c’est l’ISI qui était derrière la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan avec le soutien actif de la CIA. C’est l’ISI qui facilita également la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul. C’est enfin l’ISI qui, aujourd’hui encore, tremperait dans certains attentats commis en Inde. De ce fait, les militaires pakistanais ne veulent nullement déstabiliser le dispositif face à l’ennemi indien qui les attend au tournant. La crise du Cachemire est là pour rappeler le «mauvais voisinage» subsistant entre les deux pays.

La bombe pakistanaise revient sur la scène médiatique. Le Pakistan, comme son ennemi intime l’Inde, dispose de l’arme nucléaire. Ni les Pakistanais ni les Indiens ne sont signataires du traité de non-prolifération. Les Américains ont engagé des pourparlers avec Islamabad pour s’assurer que la chaîne de commandement des armes atomiques était sécurisée. Les dirigeants pakistanais affirment en tout cas que tout est sous leur contrôle. Que les codes d’accès aux installations sont sophistiqués et inaccessibles. Que le levier nucléaire est du ressort exclusif du Président, ce dont doutent des experts occidentaux. Mais les Américains semblent les croire. «Nous avons confiance dans la sécurité de leurs procédures», a déclaré le général David Petraeus, commandant des forces américaines dans la région. Ce n’est, semble-t-il, que la partie visible de l’iceberg. Des forces spéciales américaines dresseraient des plans d’action pour s’emparer éventuellement des sites nucléaires pakistanais en cas de dégradation de la situation.

Pour l’heure, l’armée américaine s’est installée sur certaines bases pakistanaises des régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan. Des bombardements à partir de drones sont exécutés contre des cibles supposées talibanes. Le problème, c’est que les frappes font plus de morts parmi les civils que dans les rangs des talibans.

Au risque de provoquer une crise humanitaire fatale.  

19-05-

http://www.latribune-online.com/suplements/international/16976.html



2-3 Remarques d'Himalove.

1°) Tous les jours ont lieu dans les régions pachtounes du Pakistan des Oradour-sur-Glane, perpétrés par l’armée pakistanaise contre leurs propres compatriotes.

Il suffit de lire, au quotidien, le journal en ligne "The Dawn"...

"La guerre contre le terrorisme", dans les zones tribales, bat son plein.

Les Etats-Unis verseraient 100 millions de dollars par mois à l’armée d’Islamabad pour qu’elle y fasse la guerre à son propre peuple.

Les chances de réussite de cette armée néo-coloniale au service de l’impérialisme sont minimes. Comme en Afghanistan, l’armée française.

Les villageois pachtounes agressés sont organisés en milice et ont un lien très intime avec le peuple.

Si bien que nombre de soldats réguliers collaborent secrètement avec eux.

Il suffirait de peu pour que les officiers pachtounes les rejoignent et dénoncent les accords signés par le successeur de Musharraf, le général Kayani avec l’impérialisme américain.

C’est le scénario catastrophe pour l’Otan.

Une mutinerie de l’armée pakistanaise contre les parrains américains serait un remake de la grande révolte des Cipayes de 1857. En pire.

Ce pays de 160 millions d’habitants dispose de la Bombe ; et son gouvernement est très lié historiquement avec les chinois...

De plus, selon Dominique Lorentz, lors des six premiers essais nucléaires pakistanais, au printemps 1998, à la frontière iranienne deux ou trois étaient des essais iraniens...

L’épicentre de la guerre afghane est donc au Pakistan dont le Pentagone envisage froidement l’invasion puis l’occupation.

Un signe de la sensibilité de la question : c’est le black out total de la guerre au Pakistan, dans les journaux occidentaux ; à ma connaissance, hormis les services secrets, aucun journaliste français, grand public, sur place, ne traite du sujet.

2°) L’Afghanistan a une qualité pour les faiseurs de guerre français : c’est loin de la métropole et les afghans ne parlent pas la langue de Voltaire.

Le seul site français sur l’Afghanistan, très contrôlé par l’ambassade : c’était Bassirat, et il est fermé.

C’est dire qu’on se méfie même d’une parole sous contrôle...

L’idéal serait qu’il y ait des journalistes free lance, assez fous, pour faire ami-ami avec la Résistance et qu’ils nous racontent de l’intérieur leur combat ; et nous envoient les photos des villages bombardés et incendiés par l’armée de l’air française.

Ainsi, nous pourrions lors des conférences de presse des Sarkotrafiquants brandir les preuves des massacres avec les noms de toutes les victimes afghanes.

N’oublions pas la divulgation du massacre de My Lai, au Viet-nam, a été un des tournants de la guerre, pour l’opinion, aux Etats-Unis.

Himalove 


2-4 Juliette Fournot : La bombe à retardement pakistanaise.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Extraits

Chris Hedges a rencontré le docteur Juliette Fournot, ancienne responsable des opérations de MSF durant la guerre afghane.

Mme Fournot, qui connaît bien l’Afghanistan pour y avoir résidé durant l’adolescence, replace le conflit actuel dans une histoire de longue durée qui fait terriblement défaut ici.

Elle rappelle que le soutien américain aux jihadistes durant la dernière guerre, largement instrumentalisé par le Pakistan, n’a jamais eu pour objectif d’aider l’Afghanistan et les afghans, mais uniquement d’affaiblir une union soviétique moribonde.

A l’époque, les groupes modérés et laïques étaient ignorés par les USA, tandis que l’Arabie Saoudite exportait ses prêcheurs fondamentalistes, dans l’indifférence de leur allié.

Si nous sommes oublieux de ce passé récent, les Afghans eux s’en souviennent fort bien.

Quelques remarques.

Les forces occidentales ont épuisé leur crédit moral en Afghanistan. Le renforcement du corps expéditionnaire qui affrontera l’offensive de printemps des talibans, la multiplication des attaques aériennes sur le sol pakistanais, feront à coup sûr de nouvelles et nombreuses victimes civiles, qui renforceront la détermination des Pachtounes à ne pas accepter de transiger, ni en Afghanistan, ni au Pakistan.

La guerre menée en Afghanistan est une cause perdue. Mais l’enjeu désormais, c’est la stabilité du Pakistan. En poursuivant et en étendant les opérations militaires, le risque de voir se déclencher la « bombe à retardement » pakistanaise est accru d’autant. Faute de prendre conscience collectivement de cette situation - aussi désagréable soit-elle - ce constat nous échappe : avec sa crise économique qui répand la misère dans le monde, ses spéculations sur les matières premières et les grains, ses sanglantes aventures militaires, l’occident est objectivement l’un des facteurs majeurs de déstabilisation de la sécurité mondiale, largement perçu comme tel. Mais nous sommes les seuls à ne pas le voir.

Les corps de plusieurs dizaines - peut-être plus d’une centaine - de femmes, d’enfants et d’hommes, dont les cadavres ont été déchiquetés par les bombes à fragmentation lancées par l’aviation américaine sur un village de la province occidentale de Farah, illustrent l’ineptie de la guerre d’Afghanistan. Nous n’amenons pas la démocratie pas plus que la liberté ou le développement. Nous y apportons des modes sophistiqués de massacre industrialisé. En employant ce terrible et brutal instrument qu’est la guerre dans un pays dont nous ne savons que peu de choses et sommes incapables de comprendre, nous incarnons la barbarie que nous prétendons vouloir combattre.

Nous ne sommes pas moralement différents des psychopathes présents chez les talibans, et dont les Afghans se souviennent que nous les avons renforcés, financés et armés au cours des 10 années de guerre avec l’Union soviétique. L’acide lancé sur le visage d’une jeune fille, et les décapitations ? La mort tombée du ciel ou rencontrée dans les champs parsemés de bombes à sous-munitions ? Tel est le langage de la guerre. Celui que nous parlons. Celui que nos adversaires parlent.

Les survivants de l’attaque ont transporté en camion environ deux douzaines de cadavres de leurs villages jusqu’à la capitale de la province cette semaine pour dénoncer publiquement le carnage. Quelque 2 000 Afghans en colère sont descendus dans les rues de la capitale, scandant « Mort à l’Amérique ! ». Mais la douleur, la peur et la rage des victimes n’émeuvent pas ceux qui invoquent de nobles vertus pour justifier le carnage. La mort d’innocents, nous assurent-ils, est un coût tragique de la guerre. C’est regrettable, mais cela arrive. C’est le prix qui doit être payé. Ainsi, guidé par un président qui à nouveau n’a pas d’expérience de la guerre et s’en remet à ses généraux et militaires dont la carrière, le pouvoir et les profits dépendent de l’extension du conflit, nous sommes transformés en monstres.

Il y aura bientôt 21 000 soldats et Marines de plus en Afghanistan, qui seront là à temps pour l’offensive de printemps des ‘talibans’.

Il y aura plus d’affrontements, plus de bombardements, plus de morts et plus de désespoir et de colère pour ceux qui seront obligés d’enterrer leurs parents, sœurs, frères et enfants. Le triste rapport rédigé par la Croix Rouge sur les victimes de ce raid aérien, indiquant que les bombes ont frappé des maisons de civils et que le correspondant du CICR membre du Croissant-Rouge se trouve au nombre des morts, deviendra un genre de lecture habituel dans les semaines et les mois à venir.

Nous sommes la meilleure arme de recrutement que les talibans possèdent. Nous leur avons permis de renaître de leurs cendres, il y a sept ans, jusqu’à contrôler aujourd’hui ouvertement la moitié du pays et réussir des attaques en plein jour dans la capitale Kaboul. La guerre que nous menons est exportée comme un virus au Pakistan par les drones qui bombardent les villages pakistanais et avec la recrudescence des affrontements entre les militaires pakistanais et une insurrection farouche.

Je me suis entretenu à New York il y a quelques jours avec le Dr Juliette Fournot, qui a vécu adolescente avec ses parents en Afghanistan, parle le dari et a dirigé les équipes de médecins et d’infirmières de Médecins Sans Frontières en Afghanistan durant la guerre avec les Soviétiques. Elle a participé à la mise en place d’opérations médicales clandestines sur la frontière entre 1980 et 1982 et est devenue chef de la mission humanitaire en Afghanistan en 1983.

Les bases logistiques du Dr. Fournot étaient établies à Peshawar et à Quetta et elle a organisé une douzaine de missions permanentes clandestines transfrontalières et les dans les zones tenues par la résistance à Herat, Mazar-i-Sharif, Badakhshan, Paktia, Ghazni et Hazaradjat, auxquelles participaient plus de 500 humanitaires internationaux.

Elle est l’un des personnages mis en scène dans un livre remarquable intitulé « Le Photographe », publié par le photographe Didier Lefèvre et le scénariste de bande dessinée Emmanuel Guibert.

Le livre raconte l’histoire d’une mission de trois mois en 1986 en Afghanistan dirigée par le Dr Fournot. Il porte un regard impitoyable sur le coût de la guerre, montrant ce que les bombes, les obus et les balles peuvent faire aux âmes et aux corps. Il raconte l’aveugle fureur destructrice des combats, absente des discours de nos politiques et de nos généraux.

MSF s’est retiré d’Afghanistan en Juillet 2004 après que cinq de ses travailleurs humanitaires aient été assassinés dans un véhicule clairement identifié.

« Les troupes terrestres américaines sont au milieu d’une histoire qui a commencé à peu près en 1984 et 1985, lorsque le Département d’Etat a décidé d’aider les moudjahidines, les combattants de la résistance, par le biais de divers programmes et d’aide militaire. L’USAID, le bras humanitaire utilisé à des fins militaires et politiques, a servi de base pour développer un autre type de relations avec les Afghans », se souvient-elle. « Les Afghans étaient très reconnaissants de recevoir des armes et du matériel militaire de la part des Américains. »

« Mais la manière dont l’USAID a distribué son aide humanitaire était très discutable », ajoute-t-elle. « Cela me déconcerte encore aujourd’hui. Ils ont donné la plupart de l’aide à des groupes islamiques comme le Hezb-e Islami de [Gulbuddin] Hekmatyar. Et je pense que c’est peut-être parce qu’ils étaient plus intéressés par la stabilité future du Pakistan plutôt que par sauver l’Afghanistan.

L’Afghanistan fournissait probablement une bonne occasion de frapper l’Union soviétique et de la saigner. Je n’ai pas vu de plan pour reconstruire l’Afghanistan ou y ramener la paix. Il semble que l’Afghanistan ait été un outil pour affaiblir l’Union soviétique. Le plus souvent les services de renseignement pakistanais étaient laissés décider ce qui serait le mieux, comment procéder, et comment, ce faisant, ils pourraient se renforcer eux-mêmes. »

Les Pakistanais, déclare le Dr Fournot, ont développé une relation étroite avec l’Arabie saoudite. Les Saoudiens, tout comme les Américains, ont inondé le pays avec de l’argent et y ont également exportés des religieux wahhabites, conservateurs et souvent radicaux.

Les Américains, conscients de cette relation avec les Saoudiens, ainsi que du programme secret d’armement nucléaire pakistanais, détournaient le regard. Washington a semé, sans le savoir, les germes de la destruction en Afghanistan et au Pakistan. [Les américains] ont entraîné et armé les militants qui les tuent aujourd’hui.

Cette relation, souligne-t-elle, rendait perplexes la plupart des Afghans, qui ne sont pas favorables à cette forme radicale de l’islam. La plupart des Afghans, dit-elle, se demandaient pourquoi l’aide américaine allait presque exclusivement aux islamistes radicaux, et non pas aux mouvements de résistance laïques et plus modérés.

« La population se demandait pourquoi ils n’avaient pas plus de crédibilité aux yeux des Américains », rappelle-t-elle. « Ils ne pouvaient pas comprendre la raison pour laquelle l’aide s’arrêtait au Pakistan et était distribuée à des partis politiques ayant un poids limité en Afghanistan.

Ces groupes ont stocké des armes et ont commencé à se combattre les uns les autres. Ce que les gens dans les provinces recevaient était minime et de peu d’importance. Comment les gens voyaient-ils tout cela ? Ils avaient eu de grands espoirs au début et sont devenus peu à peu déçus, amers et se sont sentis trahis. Cela a jeté les bases de la suspicion, de la méfiance et de la déception envers les États-Unis et l’OTAN. »

Le Dr. Fournot craint que ces années de guerre n’aient détruit le concept de nation. « Il y a eu tellement de destructions au plan personnel et psychologique », s’inquiète-t-elle. « Plus de 70% de la population n’a jamais connu autre chose que la guerre. Les enfants ne fréquentent pas l’école. La guerre est la normalité. Elle procure cette poussée d’adrénaline qui donne un sentiment de puissance momentané, et c’est ce qu’ils ont vécu. Comment peut-on construire une nation sur cette base ? »

Les Pachtounes, explique-t-elle, ont bâti une alliance avec les talibans pour rétablir le pouvoir pachtoune qui a été abattu durant l’invasion de 2001.

La frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan est vue par les Pachtounes comme une démarcation qui a été dessinée par les pouvoirs impériaux au milieu de leurs terres tribales. Il y a 13 millions de Pachtounes en Afghanistan et 28 millions au Pakistan. Les Pachtounes combattent à Islamabad et à Kaboul les forces qu’ils estiment vouloir les priver d’autonomie et s’en prendre à leur honneur. Ils ne voient pas de différence entre les militaires pakistanais, les troupes américaines et l’armée afghane.

Islamabad, bien qu’il combatte les forces des talibans dans les provinces ou la vallée de Swat, ne considère pas les talibans comme un ennemi mortel.

L’ennemi est et a toujours été l’Inde. L’équilibre de la puissance avec l’Inde exige que les autorités pakistanaises veillent à ce que tout gouvernement afghan soit son allié. Cela signifie qu’elles ne peuvent pas aller trop loin avec les Pachtounes dans la province de la Frontière du Nord-Ouest ou en Afghanistan. Elles doivent conserver des canaux de communication ouverts. Le jeu du chat et la souris entre les autorités pakistanaises et les Pachtounes, qui rend furieux Washington, ne s’arrêtera jamais. Islamabad a besoin des Pachtounes au Pakistan et en Afghanistan plus que les Pachtounes n’ont besoin de lui.

Les États-Unis attisent les feux de la guerre. Plus nous envoyons de soldats en Afghanistan, plus nous envoyons de drones bombarder le Pakistan, plus nous effectuons de bombardement aériens, pire la sera la situation future. Nous avons tué deux fois plus de civils que les talibans cette année et ce nombre va sûrement augmenter dans les mois à venir.

« Je trouve ce terme de « dommages collatéraux » déshumanisant », déclare le Dr Fournot, « comme si c’était une nécessité. Les gens sont sacrifiés sur l’autel d’une idée. Les forces aériennes sont aveugles. Je le sais pour avoir été prise dans de nombreux bombardements ».

Nous sommes face à deux solutions inconfortables. Nous pouvons nous retirer et ouvrir des négociations avec les talibans ou continuer à poursuivre la guerre jusqu’à ce que nous soyons chassés. Les régimes corrompus et impopulaires de Hamid Karzai en Afghanistan et d’Asif Ali Zardari sont des alliés impuissants. Plus longtemps ils seront liés aux États-Unis, plus ils deviendront faibles. Et s’ils s’affaiblissent, plus forts seront les appels pour une intervention au Pakistan. Durant la guerre du Vietnam, nous avons envahi le Cambodge pour assurer la stabilité de la région et couper les voies d’approvisionnement des sanctuaires rebelles. Cette tactique n’a fait que renforcer les Khmers rouges. Nous semblons nous diriger, de la même manière, au même résultat avec les islamistes radicaux en Afghanistan et au Pakistan.

« Si les Américains renforcent l’effort de guerre en Afghanistan, ils seront aspirés vers le Pakistan », avertit le Dr Fournot. « Le Pakistan est une bombe à retardement. Il y a une énorme population de 170 millions de personnes. Il y a la force nucléaire. Le Pakistan est beaucoup plus dangereux que l’Afghanistan. La guerre a toujours sa propre logique. Une fois que vous avez mis le pied dans la guerre, vous ne la contrôlez pas. Elle vous entraine. »

Chris Hedges

12 mai 2009

Publication originale Truthdig,

traduction Contre Info



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

26/05/2009

n°18 - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Début - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.


n°18  - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Début - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

    n° 18- 05-05 au 25-05

   C.De Broeder & M.Lemaire 

 



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Avant propos

Déclaration de 'al-Qaida int.'

Le glissement annoncé de la guerre vers le Pakistan, avec les forces de l'Otan ressoudé grâce à l'administration Obama, rapproche l'Occident d'une guerre mondiale.

Et on est en train de la faire accepter à l'opinion avec l'épouvantail du 'péril islamique',

'al-Qaida int.'

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/



Sommaire.

Tiré à part :

Ayad Singh : Asif Ali Zardari : Ben Laden a toujours été un agent des Etats-Unis.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

Paroles & action du président...

Le Pakistan au cœur des débats.

Zeeshan Haider : Qui sont les taliban pakistanais ?

1 Au jour le jour

2 Positions

Suite

3 Politique

a) Pakistan

b) Usa

4 Institutions internationales

Fin

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos .

5-1 Video : Pakistan PM: 'Fight for the survival of the country'.

5-2 Video : Etats-Unis - Sommet: la lutte contre les Talibans.

5-3 Mensonges au peuple : Propagande de guerre, propagande de paix.

6 Brèves

6-1 Ayad Singh : Pour Asif Ali Zardari, Osama Ben Laden a toujours été un agent des États-Unis.

6-2 Les Etats-Unis veulent créer des divergences entre l'armée et la population civile.

6-3 Karzaï et Zardari s'engagent à ‘aider’ Obama.(1)

6-4 Karzaï et Zardari s'engagent à aider Obama !..(2)

6-5 L'armée choisit la tactique du pilonnage dans la vallée de Swat.

7 Dossier

7-1 Pepe Escobar : Le Mythe Du Talibanistan.

 



Tiré à part :

Ayad Singh : Asif Ali Zardari : Ben Laden a toujours été un agent des Etats-Unis.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a affirmé dimanche dernier,  sur la chaine de télévision NBC, dans l’émission “Meet the Press”, que le leader d’Al Qaida, Osama ben Laden n’avait jamais cessé d’être un agent payé par les Etats-unis et qu’il avait même eu pour mission, en 1989, de déstabiliser le gouvernement de son ancienne épouse, Benazir Bhutto – assassinée il y a deux ans.

Ma femme a alerté les USA de la dangerosité de cet homme.

Elle a téléphoné au président H. Bush et lui a demandé ‘Est ce que vous voulez déstabiliser mon gouvernement ?’ car elle venait d’apprendre que Ben Laden avait remis 10 000 000 de dollars à l’opposition pakistanaise, avec pour mission de renverser la première femme élue Premier ministre dans un pays islamique.”

“En 1989, Ben Laden était en contact permanent avec les directeurs de la CIA. Il était votre agent à l’époque, il est encore votre agent aujourd’hui.” 

Interrogé par le journaliste sur l’éventuel lieu où se cache Ben Laden, Zardari a répondu : 

“C’est à vous de me dire cela. Cela fait 8 ans que vous êtes en Afghanistan. C’est vous qui êtes allé le chercher, à Tora-Bora et l’avez laissé échapper… moi je n’ai rien à avoir avec tout cela, à l’époque j’étais en prison, avec la bénédiction des Etats-unis” 

Zardari a également renouvelé sa conviction que Ben Laden est mort.

“J’ai une très forte prémonition qu’il est mort, encore renforcée par les conversations que j’ai eu avec des membres de la communauté du renseignement U.S. Cela fait des années qu’ils n’ont pas trouvé la moindre trace permettant de garantir qu’il est encore en vie.

Ayad Singh

IES News Service - 11/05

11/05/2009]

http://usa-menace.over-blog.com/article-31641573.html

http://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/12/pour-le-president-pakistanais-osama-ben-laden-a-toujours-ete-un-agent-des-etats-unis/



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

09-05

Des témoignages, parmi les dizaines de milliers d'habitants qui ont fui et afflué dans des camps de déplacés, se multiplient pour accuser l'armée, de tuer des civils en bombardant les villages de manière indiscriminée.

http://67.227.210.146/article/617389/

12-05

Depuis août 2008, une quarantaine de missiles ou salves de missiles de l'armée américaine ou de la CIA basées en Afghanistan ont tué près de 400 personnes dans le nord-ouest du Pakistan, n'épargnant pas, les civils.

AFP

12-06

La mort de nombreux civils, d'un côté comme de l'autre de la frontière, est un sujet récurrent de tensions entre Kaboul et Islamabad d'une part, et Washington d'autre part, parce qu'elle nourrit, selon les spécialistes, le ressentiment des populations à l'encontre des Occidentaux. 

Afp

13-05

Au 17e jour de l'opération de l'armée gouvernementale qui a provoqué la fuite de plus d'un demi-million de personnes, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), des milliers d'habitants restaient prisonniers à Mingora, le chef-lieu du district de Swat où des talibans sont retranchés.

AFP

 

Himalove "La guerre contre le terrorisme", bat son plein.

1°) Tous les jours ont lieu dans les régions pachtounes du Pakistan des Oradour-sur-Glane, perpétrés par l’armée pakistanaise contre leurs propres compatriotes.

Il suffit de lire, au quotidien, le journal en ligne "The Dawn"...

"La guerre contre le terrorisme", dans les zones tribales, bat son plein.

Les Etats-Unis verseraient 100 millions de dollars par mois à l’armée d’Islamabad pour qu’elle y fasse la guerre à son propre peuple.

Les chances de réussite de cette armée néo-coloniale au service de l’impérialisme sont minimes. Comme en Afghanistan, l’armée française.

Les villageois pachtounes agressés sont organisés en milice et ont un lien très intime avec le peuple.

Si bien que nombre de soldats réguliers collaborent secrètement avec eux.

Il suffirait de peu pour que les officiers pachtounes les rejoignent et dénoncent les accords signés par le successeur de Musharraf, le général Kayani avec l’impérialisme américain.

C’est le scénario catastrophe pour l’Otan.

Une mutinerie de l’armée pakistanaise contre les parrains américains serait un remake de la grande révolte des Cipayes de 1857. En pire.

Ce pays de 160 millions d’habitants dispose de la Bombe ; et son gouvernement est très lié historiquement avec les chinois...

De plus, selon Dominique Lorentz, lors des six premiers essais nucléaires pakistanais, au printemps 1998, à la frontière iranienne deux ou trois étaient des essais iraniens...

L’épicentre de la guerre afghane est donc au Pakistan dont le Pentagone envisage froidement l’invasion puis l’occupation.

Un signe de la sensibilité de la question : c’est le black out total de la guerre au Pakistan, dans les journaux occidentaux ; à ma connaissance, hormis les services secrets, aucun journaliste français, grand public, sur place, ne traite du sujet.

Himalove

Extrait de http://www.mai68.org/ag/1434.htm

16-05

Deux missiles tirés par un drone américain ont fait dix morts dans le nord-ouest du Pakistan, à proximité de la frontière afghane. L'un s'est abattu sur une maison, l'autre a touché un véhicule.

Les deux projectiles ont frappé le secteur de Khaisor, dans la région tribale pachtoune du Nord-Waziristan.

ats

 

670.000 civils déplacés.

Apres Gaza, le Sri Lanka maintenant le Pakistan, les populations civiles de plus en plus exposées sont laissées pour compte et doivent payées le lourd tribu dans des conflits dont elles n'ont rien à voir.

L'armée pakistanaise allié clé des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme" depuis le 11-Septembre, et  sous forte pression de Washington qui avait qualifié l'accord de Swat d'"abdication" face aux islamistes  poursuivait jeudi son offensive contre les talibans dans la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan, où plus de 670.000 civils ont été déplacés et 200.000 autres sont toujours pris au piège dans le chef-lieu Mingora.

Au 19e jour de son opération, l'armée a pilonné des repaires présumés de résistants dans la vallée de Swat.

Mercredi, le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) avait revu à la hausse --de 500.000 à 670.000-- le nombre de civils ayant fui la zone des combats depuis le 2 mai.

Alors que des milliers de civils terrorisés sont bloqués au milieu des affrontements, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué qu'il avait pu accéder pour la première fois au département de Buner, l'un des plus touchés par les combats entre forces gouvernementales et talibans. "Nous sommes allés à Buner aussi vite que nous avons pu", a déclaré le coordinateur médical du CICR pour le Pakistan, Bart Janssens. "Il n'y a plus ni électricité ni eau potable. La plupart des magasins sont fermés, les denrées sur le marché sont rares et les rues semblent désertes", a-t-il indiqué.

Jeudi, des habitants de Mingora, le chef-lieu du département de Swat, ont supplié le gouvernement de leur venir en aide. "Les gens deviennent fous, les enfants et les femmes pleurent, s'il vous plaît, dites au gouvernement de nous sortir de là", a témoigné un commerçant.

Cette vallée de Swat n'est qu'à une centaine de kilomètres d'Islamabad.

 http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5haPkB4q7QJheOCGuBdHBYSyclR3AR

 http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2009/05/14/h_4_ill_1192841_1211_024038.jpg

(AFP)



Paroles & action du président...

07-05

Obama a dévoilé sa nouvelle approche en Afghanistan et au Pakistan.

Il a offert davantage d'aide aux deux pays, mais aussi annoncé l'envoi de 20.000 soldats supplémentaires d'ici la fin de l'année.

Barack Obama a prévenu mercredi que les violences ne cesseraient pas immédiatement en Afghanistan et au Pakistan mais s'est dit déterminé à défaire Al Qaïda en essayant d'épargner les civils.

 Arshad Mohammed et David Alexander.  



Le Pakistan au cœur des débats.

Zeeshan Haider : Qui sont les taliban pakistanais ?

Extrait

Comme les taliban d'Afghanistan, la plupart des taliban pakistanais sont des Pachtounes vivant dans les régions du nord-ouest du Pakistan, à la frontière avec l'Afghanistan.

Treize factions réparties dans différentes régions du Nord-Ouest pakistanais se sont alliées au sein du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), ou Mouvement des taliban pakistanais, que dirige Baitullah Mehsud depuis le Sud-Waziristan, à la frontière afghane.

 

Les taliban que combat l'armée pakistanaise dans la vallée de Swat appartiennent au TTP. Ils opèrent sous les ordres du maulana Fazlullah, dont le beau-père, Sufi Mohammad, a combattu en Afghanistan au côté des taliban contre les forces américaines.

Les commandants du TTP se sont formés au combat en Afghanistan.

Au Pakistan, ils ont exploité la pauvreté, l'inefficacité de la justice, les disparités sociales et le ressentiment anti-américain pour recruter des militants.

Historiquement, le mouvement taliban afghan est né au Pakistan .

Le Tehrik-e-Taliban Pakistan a fait allégeance au mollah Omar, chef du mouvement taliban en Afghanistan, et reconnaît envoyer des combattants se battre sur le sol afghan contre les "forces d'occupation étrangères".

Des divergences stratégiques opposent cependant les factions regroupées au sein du Tehrik-e-Taliban: les groupes dirigés par Mehsud et Fazlullah prônent l'engagement direct contre les forces pakistanaises, d'autres plaident pour une concentration des moyens et des ressources sur le seul théâtre afghan.

C'est notamment le cas de l'Ittehad-e-Shura-e-Mujahideen, ou Union des conseils de moudjahidine.

Zeeshan Haider

08.05

Version française Henri-Pierre André et Marc Bretton

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/asi...

n°18 - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Suite - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.

n°18  - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Suite - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

    n° 18- 05-05 au 25-05

   C.De Broeder & M.Lemaire 




Sommaire.

3 Politique

a) Pakistan

b) Usa

4 Institutions internationales



1 Le Pakistan au jour le jour

Les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan sont considérées comme des bases arrière pour les résistants, d'où ils mènent des attaques contre les forces internationales déployées en Afghanistan.

a) Résistance

09 mai

Selon un porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, sept soldats ont été tués et 12 autres blessés également au cours des dernières 24 heures.

http://67.227.210.146/article/617389/

 

Accélérer la préparation de la révolution islamique.

Nb: Ndlr : La publication de l’article ne signifie la rédaction  que l'article doit être vu comme information. ou de pragande.

"Les événements de Swat, les attaques Kamikaze que connaît le pays depuis deux ans ainsi que le départ de Musharraf en 2008, sont la conséquence de l'assaut contre la mosquée", assure le maulana Aamir, numéro deux de la mosquée et neveu du maulana Abdul Aziz.

Lors de son prêche, le 17 avril, son oncle, "à accélérer la préparation de la révolution islamique dans le pays, y compris en donnant son sang".

Interrogé sur la place d'Al-Qaida dans cette révolution islamique au Pakistan, le maulana Aamir répond : "Nous ne voulons pas créer de division chez nos fidèles en nous prononçant contre Al-Qaida, nous donnerons notre avis quand cette révolution sera accomplie."

Selon Jacques Follorou

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/

07 mai

13-05

Le dépôt des forces de l'OTAN  basées en Afghanistan a été attaqué mercredi matin et huit conteneurs ont été brûlés dans le nord-ouest du Pakistan, a  rapporté une chaîne de télévision locale.

Des activistes ont lancé une attaque à la  roquette sur le dépôt de l'OTAN situé dans le périphérie de  Peshawar, chef-lieu de la province frontalière du Nord-Ouest  (NWFP), a annoncé la chaîne de télévision privée Geo TV.  

L'incendie s'est déclaré suite à l'attaque et des  sapeurs-pompiers ont été dépêchés au dépôt. Le dépôt a été  également endommagé dans cette attaque lorsque les assaillants ont fui, d'après Geo TV. 

 Une partie de l'approvisionnement des forces alliées et de  l'OTAN basées en Afghanistan est acheminée via le Pakistan. Ces  dépôts situés à Peshawar, où les camions et les conteneurs étaient stationnés, ont été fréquemment la cible des activistes à la fin  de l'année 2008.

Xinhua


b) Assaillants US & collaborateurs. 

09 mai
L'armée pakistanaise a assuré hier avoir tué près de 160 ‘talibans’ en 24 heures et être passée à une offensive « de grande ampleur » dans la région de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan.

http://67.227.210.146/article/617389/

09-05

Samedi, six combattants ont été tués par un drone dans la vallée de Swat.

AFP

11-05

Au moins dix personnes ont été tuées et une dizaine d'autres blessées dans une attaque kamikaze contre un barrage de sécurité tenue par des paramilitaires dans la zone de Spina Thana, près de la ville de Dara Adam Khel près de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, a annonce la police.

L'unedes tués est un militaire, selon les mêmes sources. Trois personnes blessées ont été conduites à l'hôpital.

 (ats)

11-05

L'armée a assuré lundi avoir tué 52 résistants en 24 heures, au 16ème jour d'une vaste offensive dans la vallée de Swat et ses environs, dans le nord-ouest du Pakistan.

(©AFP)

12-05

"Un drone (avion sans pilote) a pris pour cible un groupe de maisons où des combattants ont l'habitude de s'abriter avant de traverser la frontière ou de revenir d'Afghanistan, et huit d'entre eux ont été tués", a déclaré à l'AFP un officier des forces de sécurité, sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, sept à huit combattants i ont été tués, des "étrangers et des talibans pakistanais".

AFP

14-05

Dimanche, l'armée faisait état de violents combats en lisière de Mingora, la principale ville de la vallée, où l'on estime que sont retranchés la plupart des quelque 4.000 combattants que compterait la région. L'armée avancerait également dans le secteur reculé de Piochar, où se trouve la base arrière du chef des talibans de Swat, le maulana Fazlullah.

 Le ministre n'a pas exclu un élargissement de l'offensive à d'autres régions du nord-ouest.

Les principaux bastions de la résistance sont dans les zones tribales semi-autonomes sur la frontière afghane, et notamment au Waziristan Sud, où est installé le chef de guerre taliban Baitullah Mehsud.

(AFP)

14-05

"Nous allons entrer au Waziristan, dans toutes ces régions, avec des opérations militaires", a déclaré le président Ali Zardari, "Swat n'est que le début. Il y a une guerre plus vaste à mener", a-t-il ajouté.

(AFP)

Offensive dans la vallée de Swat

Par ailleurs, le long de la route de l'exode, des organisations humanitaires islamistes se mobilisent. Aux côtés des villageois, leurs partisans se portent à la hauteur des véhicules chargés de réfugiés et distribuent eau, pain et bonne parole. On aperçoit des membres de l'association Al-Rashid Trust, basée au Pakistan et en Afghanistan, réputée proche d'organisations djihadistes. Selon un diplomate occidental, en poste à Islamabad, le Jamaat-ud-Dawa, serait également présent.

A quelques kilomètres de Peshawar, à Akora Khattak, des chefs religieux des zones tribales, sous contrôle taliban, et de la province du nord-ouest se sont retrouvés, le 13 mai, autour du maulana Youssef Sha, codirecteur avec le maulana Sami Ul-Haq de la madrasa Al-Haqqania, école religieuse de renommée internationale et lieu fondateur du mouvement taliban. "Il s'agit de venir en aide aux réfugiés, explique Youssef Sha, mais vous n'imaginez pas la haine qui existe ici contre les Américains, dont le gouvernement pakistanais ne fait que servir les intérêts à Swat."

Abdul Aziz.

LE MONDE - 15.05.09

16-05

L'armée pakistanaise a affirmé que 980 talibans ont été tués depuis que l'armée a lancé son offensive le 26 avril contre les ‘talibans’ alliés à ‘Al-Qaïda’.

Les médias sont tenus loin des zones de combats et il est impossible de vérifier ces chiffres de manière indépendante.

AFP

Pakistan: l'armée poursuit son assaut dans Mingora

L'armée pakistanaise a affirmé avoir sécurisé plusieurs zones clés à Mingora, chef-lieu de la vallée de Swat dans le nord-ouest du pays. Les combats contre les talibans qui contrôlent la ville se poursuivent.

L'assaut contre Mingora, une ville d'environ 300'000 personnes, est une étape cruciale de l'offensive. L'armée a notamment repris plusieurs intersections et trois places, dont celle où des extrémistes islamistes auraient décapité plusieurs personnes l'année dernière.

Selon Islamabad, quelque 15'000 soldats pakistanais participent à l'offensive lancée il y a environ un mois contre environ 4000 ‘talibans’ dans la vallée de Swat.

ats / 24 mai

Mingora, épicentre de l'offensive pakistanaise.

« Les opérations se déroulent au mieux, les talibans sont en fuite maintenant », avait affirmé le général Abbas.

Cette assurance est toutefois démentie par des témoignages sur place, qui mentionnent également de nombreuses pertes parmi les civils. « Les talibans patrouillent dans les rues » de Mingora, le chef-lieu du district de Swat, que l'armée avait attaqué il y a plus d'une semaine, a assuré au téléphone à l'AFP Ahmad Ali, 24 ans, qui se terre chez lui dans cette ville de 300 000 habitants. « Je n'ai jamais vu un militaire durant les heures de couvre-feu », a-t-il assuré.

Les résistants, qui continuent d'en tenir les rues selon des témoignages recueillis par téléphone, ont commencé à y creuser des tranchées et ont miné les routes d'accès, pour ralentir les soldats.

A la suite de témoignages de plus en plus fréquents d'habitants qui parlent de nombreux civils tués par des bombardements sans discrimination de l'armée, mais aussi d'appels pressants d'organisations de défense des droits de l'homme, le chef d'état-major de l'armée, le général Ashfaq Kayani, a ordonné à ses troupes mercredi de "tout faire pour provoquer le minimum de dommages collatéraux (...), en recourant aux bombardements de précision".(…)

Greg Baker

14.05 

AP/

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/

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n°18 - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Fin - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.

n°18  - Journal de PAKISTAN - 05-05 au 25-05 – Fin - Les Etats-Unis veulent créer des dissensions entre l'armée et la population civile.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

    n° 18- 05-05 au 25-05

   C.De Broeder & M.Lemaire 




Sommaire.

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos .

5-1 Video : Pakistan PM: 'Fight for the survival of the country'.

5-2 Video : Etats-Unis - Sommet: la lutte contre les Talibans.

5-3 Mensonges au peuple : Propagande de guerre, propagande de paix.

6 Brèves

6-1 Ayad Singh : Pour Asif Ali Zardari, Osama Ben Laden a toujours été un agent des États-Unis.

6-2 Les Etats-Unis veulent créer des divergences entre l'armée et la population civile.

6-3 Karzaï et Zardari s'engagent à ‘aider’ Obama.(1)

6-4 Karzaï et Zardari s'engagent à aider Obama !..(2)

6-5 L'armée choisit la tactique du pilonnage dans la vallée de Swat.

7 Dossier

7-1 Pepe Escobar : Le Mythe Du Talibanistan.





Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Video: Pakistan PM: 'Fight for the survival of the country'.

"Lutte pour la survie du pays»

As Pakistan claims to have killed 700 Taliban, refugees from the Swat conflict flood into 'intolerable' makeshift camps

Traduction libre : Le Pakistan affirme avoir tué 700 talibans,

Swat : la situation des réfugiés du conflit dans les camps est  «intolérable»

http://www.guardian.co.uk/world/video/2009/may/11/pakistan-conflict-taliban


5-2 Video:  Etats-Unis - Sommet: la lutte contre les Talibans.

Ndlr : La publication de la video ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue du journaliste mais doit être vu comme information

http://www.youtube.com/watch?v=5AxPX9kE5F8&eurl=http%3A%2F%2Fnews%2Egoogle%2Efr%2Fnews%3Fum%3D1%26ned%3Dfr%26hl%3Dfr%26q%3Dafghanistan%252Bsource%253Anews&feature=player_embedded


5-3 Mensonges au peuple : Propagande de guerre, propagande de paix .

Les principes relevés par Ponsonby peuvent être, par facilité, énoncés en 10 "commandements" :

1. Nous ne voulons pas la guerre

2. Le camp adverse est seul responsable de la guerre

3. L’ennemi a le visage du diable (ou « L’affreux de service »)

4. Les buts réels de la guerre doivent être masqués sous de nobles causes

5. L’ennemi provoque sciemment des atrocités, nous commettons des bavures involontaires

6. Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes

7. Notre cause a un caractère sacré

8. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause

9. L’ennemi utilise des armes non autorisées

10. Ceux qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres
Extrait de
http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-23413830.html

et Lecture de l'article :  http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-23413830.html



6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Ayad Singh : Pour Asif Ali Zardari, Osama Ben Laden a toujours été un agent des États-Unis.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a affirmé dimanche dernier,  sur la chaine de télévision NBC , dans l’émission “Meet the Press”, que le leader d’Al Qaida, Osama ben Laden n’avait jamais cessé d’être un agent payé par les Etats-unis et qu’il avait même eu pour mission, en 1989, de déstabiliser le gouvernement de son ancienne épouse, Benazir Bhutto – assassinée il y a deux ans.

Ma femme a alerté les USA de la dangerosité de cet homme. Elle a téléphoné au président H. Bush et lui a demandé ‘Est ce que vous voulez déstabiliser mon gouvernement ?’ car elle venait d’apprendre que Ben Laden avait remis 10 000 000 de dollars à l’opposition pakistanaise, avec pour mission de renverser la première femme élue Premier ministre dans un pays islamique.”

“En 1989, Ben Laden était en contact permanent avec les directeurs de la CIA. Il était votre agent à l’époque, il est encore votre agent aujourd’hui.”

Interrogé par le journaliste sur l’éventuel lieu où se cache Ben Laden, Zardari a répondu :

“C’est à vous de me dire cela. Cela fait 8 ans que vous êtes en Afghanistan. C’est vous qui êtes allé le chercher, à Tora-Bora et l’avez laissé échapper… moi je n’ai rien à avoir avec tout cela, à l’époque j’étais en prison, avec la bénédiction des Etats-unis”

Zardari a également renouvelé sa conviction que Ben Laden est mort.

“J’ai une très forte prémonition qu’il est mort, encore renforcée par les conversations que j’ai eu avec des membres de la communauté du renseignement U.S. Cela fait des années qu’il n’ont pas trouvé la moindre trace permettant de garantir qu’il est encore en vie.

[Ayad Singh –

IES News Service –

11/05/2009]

http://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/12/pour-le-president-pakistanais-osama-ben-laden-a-toujours-ete-un-agent-des-etats-unis/


6-2 Les Etats-Unis veulent créer des divergences entre l'armée et la population civile.

L’ancien directeur général de l'intelligence Inter-Services (ISI) Hamid Gul a affirme mercredi que les Etats-Unis veulent créer des divergences entre l'armée du Pakistan et la population civile.

Dans une entrevue avec l'IRNA, il a déclaré que les Etats-Unis essayent d'affaiblir l'armée et qu’une conspiration cherche à démanteler le programme nucléaire du Pakistan.
«Les Américains veulent non seulement « désislamiser » le Pakistan mais aussi dénucléariser et démilitariser le Pakistan ; ils veulent voir l'armée pakistanaise en tant qu'armée d’apparat plutôt qu'en tant que force de combat » a déploré le Général Hamid Gul.

Il a exhorté son gouvernement à adopter une politique indépendante, basée sur l'intérêt national du Pakistan. Il a réclamé une révolution juste au Pakistan comme l’a été la révolution iranienne pour sortir de la pression des Etats-Unis.

« Les Etats-Unis interfèrent dans nos affaires intérieures ce qui constitue un acte fortement condamnable » a déclaré Hamid Gul.

Exprimant son point de vue sur l'opération militaire dans le nord-ouest du Pakistan il a précisé que l'opération a été lancée dans la précipitation sur les ordres des Etats-Unis.

« Jusqu'ici l'armée fait face à la résistance forte des Talibans » a t-il ajouté.

«Des millions de personnes ont du être déplacés à la suite de l'opération », a-t-il rappelé.
Hamid Gul a indiqué qu'actuellement l'opinion publique soutient l'armée pakistanaise mais si l'armée ne parvient pas à accomplir cette opération avec succès l'opinion publique se retournera contre elle.

Il a condamné les personnes qui dépeignent une image noire de l'Islam.

Hamid Gul a indiqué que le Pakistan est un état idéologique ce qui n'est pas acceptable pour Israël. « De mon point de vue les Américains accomplissent les desiderata d’Israël qui ne veulent pas voir le Pakistan devenir une puissance nucléaire », a t-il dit.
Il était d'avis que la région entière fait face à une situation difficile en raison des politiques égoïstes de Washington.

Téhéran.Irna.

21 Mai 2009.

http://www2.irna.com/fr/news/view/line-41/0905214414195751.htm


6-3 Karzaï et Zardari s'engagent à ‘aider’ Obama.(1)

Barack Obama a prévenu mercredi que les violences ne cesseraient pas immédiatement en Afghanistan et au Pakistan mais s'est dit déterminé à défaire Al Qaïda en essayant d'épargner les civils. A l'issue d'une rencontre à la Maison blanche avec ses homologues afghan Hamid Karzaï et pakistanais Asif Ali Zardari, il a souligné que les deux chefs d'Etat avaient renouvelé leur engagement et "totalement compris le sérieux de la menace"..

"Le chemin sera difficile. Il y aura encore des violences et il y aura des revers", a déclaré Obama, aux côtés duquel se tenaient Zardari et Karzaï.

"Mais que ce soit clair : les Etats-Unis ont pris l'engagement durable de battre Al Qaïda mais aussi de soutenir les gouvernements élus souverains du Pakistan et d'Afghanistan. Cet engagement ne sera pas remis en cause et ce soutien perdurera."

Zardari a demandé le plus de soutien à son gouvernement."Ma démocratie a besoin d'attention et a besoin de grandir", a-t-il plaidé.

"La démocratie pakistanaise durera, les ‘terroristes’ seront défaits par notre lutte commune.

Mon ami le président Karzaï, les Etats-Unis et moi (...) nous serrerons les coudes avec le monde pour combattre ce cancer et cette menace", a-t-il ajouté.

De nombreux Pakistanais reprochent à Washington de saper la démocratie dans leur pays en appuyant et finançant l'armée nationale, très puissante.

 Arshad Mohammed et David Alexander

Sharafuddin Sharafyar,

Jeudi 7 mai, 07h45

version française Grégory Blachier

Reuters


6-4 Karzaï et Zardari s'engagent à aider Obama !..(2)

A l'issue d'une rencontre à la Maison blanche avec ses homologues afghan Hamid Karzaï et pakistanais Asif Ali Zardari, il a souligné que les deux chefs d'Etat avaient renouvelé leur engagement contre les islamistes et "totalement compris le sérieux de la menace".

Malgré la chaleur des propos, la mort de dizaines de civils cette semaine en Afghanistan, a pesé sur ce sommet tripartite.

"Le chemin sera difficile. Il y aura encore des violences et il y aura des revers", a déclaré Obama, aux côtés duquel se tenaient Zardari et Karzaï.

"Mais que ce soit clair : les Etats-Unis ont pris l'engagement durable de battre Al Qaïda mais aussi de soutenir les gouvernements élus souverains du Pakistan et d'Afghanistan. Cet engagement ne sera pas remis en cause et ce soutien perdurera."

"Nous avons pris un tournant", a dit à la presse l'émissaire américain dans la région, Richard Holbrooke, après l'intervention d'Obama. "Nous avons donné une réalité physique à ce projet stratégique."

 Arshad Mohammed et David Alexander.

7 mai


6-5 L'armée choisit la tactique du pilonnage dans la vallée de Swat.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Depuis trois semaines, l'offensive pakistanaise dans le nord-ouest du pays, et principalement dans la vallée de Swat, mise essentiellement sur la force de frappe des hélicoptères de combat et sur les bombardements aériens, pour éviter les combats au sol.

Cette tactique s'est pourtant révélée peut fructueuse lors des précédentes opérations militaires.

 "Si le gouvernement, l'armée veulent vraiment contrôler et écraser les talibans, pourquoi n'envoient-ils pas des troupes terrestres pour les déloger?", s'interroge ainsi Yar Mohammad, maçon de 50 ans qui a fui la vallée de Swat et s'est abrité dans un camp de réfugiés. "Pourquoi font-ils seulement ce pilonnage, qui touche en premier la population et crée un sentiment antigouvernemental?"

 Les précédentes offensives dans la zone frontalière avec l'Afghanistan, qui étaient plus restreintes, ont tourné court après des dommages collatéraux dans des villes et des villages et l'exode massif des habitants.

 Les Etats-Unis, ont fourni à l'armée pakistanaise des milliards de dollars d'aide et engagé une trentaine de formateurs militaires américains pour soutenir les troupes dans le nord-ouest du pays.

 Pendant plus de 50 ans, les soldats pakistanais ont été entraînés en vue de batailles conventionnelles dans les plaines du Pendjab contre l'Inde hindouiste, et non au combat rapproché face à d'autres Pakistanais musulmans dans une région montagneuse.

L'armée a actuellement plus de 100.000 de ses 500.000 soldats stationnés près de l'Afghanistan.

La plupart des autres sont à la frontière indienne, selon les experts militaires.

 "Ils essayent de changer leurs priorités, mais les pensées restent toujours tournées vers l'Inde", souligne le général à la retraite Talat Masood. "Ils ne peuvent pas ignorer l'héritage du passé et les tensions actuelles", précise-t-il en faisant référence aux attaques terroristes de Mumbai l'an dernier, après lesquelles les deux armées ont envoyé des troupes à la frontière.

 Dans la vallée de Swat, les talibans seraient jusqu'à 7.000 hommes, selon les estimations -dont la plupart ont l'expérience des combats, et sont armés de grenades auto-propulsées, d'explosifs et d'armes automatiques. Ils font face à environ 15.000 soldats de l'armée régulière.

 La bataille de la vallée de Swat représente l'opération la plus importante dans le nord-ouest du pays, depuis une campagne de six mois dans les districts de Bajur et Mohmand, qui s'est conclue en mars par une déclaration de victoire. L'armée a chassé et tué de nombreux talibans, mais elle a aussi rasé des villes et forcé 500.000 personnes à fuir, des déplacés qui ne sont toujours pas rentrés chez eux.

 "Si on regarde ce qui s'est passé dans le Bajur, il semble que l'armée était fatiguée de subir des pertes et a utilisé ses armes pour écraser des localités", explique Shaun Gregory, membre de l'Unité de recherche sur la sécurité au Pakistan, à l'université de Bradford en Grande-Bretagne. "Ce n'est pas vraiment une stratégie faite pour gagner les cœurs et les esprits ni pour mettre en échec les militants (islamistes)".

De plus le grand nombre de victimes civiles et le regroupement de jusqu'à un million de personnes déplacées dans le nord-ouest et la situation humanitaire d'urgence à laquelle elle donne lieu pourrait très rapidement mettre à mal le soutien de l'armée dans l'opinion publique pakistanaise.

Chris Brummitt,

The Associated Press

18 mai,



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Pepe Escobar : Le Mythe Du Talibanistan.

"...Le mythe du Talibanistan est juste de toute façon une diversion, un engrenage de la grande roue qui se meut lentement dans la région - qui fait elle-même partie du nouveau grand jeu en Eurasie...."

Apocalypse Now.

Courez aux abris.

Les Turbans arrivent.

C'est l'état du Pakistan aujourd'hui, selon l'actuelle hystérie disséminée par l'administration de Barak Obama et les médias de masse des Etats Unis - de la secrétaire d'état Hillary Clinton au New York Times.

Même le Premier Ministre britannique, Gordon Brown, a dit publiquement que le Talibanistan pakistanais est une menace pour la sécurité de la Grande Bretagne.

Mais contrairement à St Petersbourg en 1917 et Téhéran fin 1978, Islamabad ne vas pas tomber demain à cause d'une révolution des Turbans.

Le Pakistan n'est pas un pays ingouvernable comme la Somalie. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au moins 55% des 170 millions de Pakistanais sont des Punjabis. Il n'y a pas de preuve de Talibanistan, ils sont essentiellement Shi'ites, Soufis et un mélange des deux. Environ 50 millions de Pakistanais sont Sindhis - des adeptes fidèles de Benazir Bhutto et de son mari, actuellement président, Asif Ali Zardani du Parti du Peuple centriste et majoritairement séculier au Pakistan. Les fanatiques du Talibanistan dans ces deux provinces - où vivent environ 85% de la population du Pakistan dont une forte population appartenant à la classe moyenne urbaine - représentent une minorité infinitésimale.

Croire que ce ramassis de fanatiques pourraient mettre en déroute l'armée pakistanaise forte de 500 000 hommes de troupe, très bien équipée et très professionnelle, la sixième plus grande armée au monde, qui a déjà affronté le colosse indien sur le champ de bataille, est une suggestion ridicule.

De plus, il n'y a aucune preuve que les Talibans, en Afghanistan ou au Pakistan ont la capacité de frapper une cible en dehors d' "Af - Pak" ( Afghanistan et Pakistan). C'est le territoire privilégié du mythique Al Qaeda. En ce qui concerne l'hystérie nucléaire selon laquelle les Talibans pourraient briser les codes d'accès de l'armée pakistanaise à l'arsenal nucléaire du pays ( au fait, la plupart des Talibans sont moitié illétrés), même Obama, lors de sa conférence sur ses 100 jours, a affirmé que le nucléaire était en sécurité.

Bien sûr, il y a quelques jeunes officiers Pashtouns dans l'armée qui sympathisent avec les Talibans - de même que d'importants secteurs de la puissante agence de Renseignements Inter Services (ISI). Mais l'institution militaire elle-même est soutenue par l'armée américaine - avec laquelle elle entretient depuis les années 70 des relations proches entremêlées. Zardani serait fou de déclencher un massacre de masse de Pashtouns pakistanais, au contraire, les Pashtouns peuvent être utiles aux propres plans d'Islamabad.

Le gouvernement de Zardani a du cette semaine envoyer des troupes et l'aviation pour s'occuper du problème de Buner, dans le district de Malakand au NWFP, qui partage une frontière avec la province de Kunar en Afghanistan, et est donc assez proche des troupes US et de celles de l'OTAN. Elles combattent moins de 500 membres du Tehri - e Taliban - e Pakistan ( TTP). Mais pour l'armée pakistanaise, la possibilité que cette zone rejoigne le Talibanistan est un atout important - car cela accroît considérablement le contrôle pakistanais du Sud Pashtoun en Afghanistan, en accord avec la doctrine éternelle de "profondeur stratégique" dominant constamment à Islamabad.

Apportez moi la tête de Baitullah Mehsud.

Donc si Islamabad ne s'embrase pas demain alors pourquoi cette hystérie ? Il y a plusieurs raisons. A commencer par le fait que Washington - actuellement dominée par la stratégie " Af - Pak" d'Obama - ne peut simplement pas supporter qu'il y ait une véritable démocratie et un vrai gouvernement civil à Islamabad; cela serait une menace plus importante pour les "intérêts US" que celle représentée par les Talibans, que l'administration de Bill Clinton à la fin des années 90 avait ralliés à sa cause et avec qui elle mangeait à la même table.

Ce que Washington pourrait certainement apprécier c'est encore un autre coup militaire - et des sources ont dit à Asia Times Online que l'ancien dictateur, le général Pervez Musharraf ( qu'on avait surnommé par dérision Busharraf) est actif dans les coulisses de la scène d'hystérie.

C'est crucial de se souvenir que chaque coup militaire au Pakistan a été mené par le chef d'état major. Ainsi l'homme du moment - et des moments, jours et années à venir - c'est le discret général Ashfaq Kiani, l'ancien secrétaire de l'armée de Benazir. Il est très intime avec le chef de l'armée US, l'amiral Mike Muller, et certainement pas le genre à serrer les Talibans dans ses bras.

De plus, il y en a au sein de la bureaucratie militaire et sécuritaire pakistanaise qui n'aimeraient pas mieux que de profiter de quelques dollars de plus de Washington pour combattre les Pashtouns néo talibans qu'ils arment simultanément pour combattre les Américains et l'OTAN. Cela fonctionne. Washington est maintenant dans un délire de contre insurrection, avec un Pentagone impatient d'enseigner de telles tactiques à tout officier pakistanais en vue.

Ce qui n'est jamais mentionné par les médias de masse US c'est les énormes problèmes sociaux auxquels le Pakistan est confronté à cause du chaos dans les zones tribales. Islamabad croit qu'entre les zones tribales administrées fédéralement ( FATA) et le NWFP, il y a au moins 1 million de personnes qui sont actuellement déplacées ( sans mentionner qu'elles ont besoin d'urgence d'aide alimentaire). La population du FATA est d'environ 3,5 millions - majoritairement de pauvres paysans pakistanais. Et évidemment la guerre dans le FATA se traduit par de l'insécurité et de la paranoïa dans la capitale légendaire du NWFP, Peshawar.

Le mythe du Talibanistan est juste de toute façon une diversion, un engrenage de la grande roue qui se meut lentement dans la région - qui fait elle-même partie du nouveau grand jeu en Eurasie.

Lors de la 1ere étape - appelons la le marketing du mal - les boîtes à penser de Washington et les médias de masse ont martelé non stop "la menace d'Al Qaeda" au Pakistan et aux US. le FATA a été qualifié de centre du terrorisme - l'endroit le plus dangereux du monde où les "terroristes" et une armée de kamikazes étaient entraînés et étaient envoyés en Afghanistan pour tuer les "libérateurs" des US/OTAN.

Lors de la deuxième étape, la nouvelle administration Obama a accéléré la guerre des drones, avec le Prédator " l'enfer venant du ciel" sur les paysans Pashtouns. Maintenant on passe à l'étape suivante où les soldats des US/OTAN, bientôt plus de 100 000, sont décrits comme les vrais libérateurs des pauvres dans Af-Pak ( et pas les Talibans diaboliques) - un stratagème essentiel dans la nouvelle narration pour légitimer les renforts d'Obama envoyés en AF-Pak.

Pour que toutes les pièces du puzzle se mettent en place, on a besoin d'un nouveau croquemitaine. Et c'est le chef du TTP, Baitullah Mehsud, qui, curieusement, n'a même jamais été touché par un faux drone US, jusqu'à ce que début Mars il fasse allégeance au chef historique des Talibans, le Mullah Omar. On dit que " L'Ombre" elle -même vit paisiblement quelque part aux environs de Quetta, dans le Balochistan au Pakistan.

Actuellement, il y a une récompense de 5 millions de dollars pour la tête de Baitullah. Les Predators ont comme prévu frappé des bases de la famille Mehsud au sud Waziristan. Mais - curiosité des curiosités - ce n'est pas une fois mais deux fois que le ISI a transmis un dossier détaillé de la localisation de Baitullah directement à sa cousine, la CIA. Mas il n'y a pas eu de frappe de drone.

Et peut être qu'il n'y en aura pas - spécialement maintenant alors que le gouvernement Zardari perplexe commence à penser que le précédent croquemitaine, un certain Osama Ben Laden, n'est rien de plus qu'un fantôme. Des drones peuvent incinéré tout mariage Pashtoun en vue. Mais les mystérieux croquemitaines internationaux - Osama, Baitullah, Mullah Omar - les stars qui participent au nouveau OCO ( overseas contengency opérations - opérations imprévues à l'étranger) auparavant dénommées GWOT ( " global war on terror" "guerre mondiale contre le terrorisme") doivent bien sûr bénéficier d'un traitement de star.

Pepe Escobar

Pepe Escobar est l'auteur de " Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007)" et de "Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge". Son nouveau livre qui vient de sortir : "Obama does Globalistan" (Nimble Books, 2009).

www.atimes.com 01/05/09.- Asia Times Online 2009
Republié sur Global Research le 05/05/09
Traduction Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/Le-Mythe-Du-Talibanistan-Pepe-Escobar_a1901.html?print=1



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

25/05/2009

n°266- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 21-05 – Début - : 2-2 La guerre en Afghanistan n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé Otan.

n°266- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 21-05 – Début - : 2-2 La guerre en Afghanistan n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé Otan.


                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°266                                                                                                                            21/05/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Pepe Escobar : Le Mythe Du Talibanistan.

1-2 Fabio MINI : La barbarie stratégique.

1-3 William Lind : La victoire des forces asymétriques.

Suite

1-4 Guantanamo : Les Analyses

1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis.

2 Tzvetan Todorov : De braves Américains devenus tortionnaires.

Fin

2 Annexe 

2-1 Nawabad = Oradour en Afghanistan !

2-2 La guerre en Afghanistan n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé Otan.

2-3 Qui sont les « vendeurs trafiquants »

2-4 Jules Dufour : Le grand réarmement planétaire.

2-5 Sur les fameuses forces spéciales US et leurs victoires cf quelques articles utiles du réseau Voltaire.

2-6 La guerre d'Afghanistan mise a nue par le New-York Times.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...


1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Pepe Escobar : Le Mythe Du Talibanistan.

"...Le mythe du Talibanistan est juste de toute façon une diversion, un engrenage de la grande roue qui se meut lentement dans la région - qui fait elle-même partie du nouveau grand jeu en Eurasie...."

Apocalypse Now.

Courez aux abris.

Les Turbans arrivent.

C'est l'état du Pakistan aujourd'hui, selon l'actuelle hystérie disséminée par l'administration de Barak Obama et les médias de masse des Etats Unis - de la secrétaire d'état Hillary Clinton au New York Times.

Même le Premier Ministre britannique, Gordon Brown, a dit publiquement que le Talibanistan pakistanais est une menace pour la sécurité de la Grande Bretagne.

Mais contrairement à St Petersbourg en 1917 et Téhéran fin 1978, Islamabad ne vas pas tomber demain à cause d'une révolution des Turbans.

Le Pakistan n'est pas un pays ingouvernable comme la Somalie. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au moins 55% des 170 millions de Pakistanais sont des Punjabis. Il n'y a pas de preuve de Talibanistan, ils sont essentiellement Shi'ites, Soufis et un mélange des deux. Environ 50 millions de Pakistanais sont Sindhis - des adeptes fidèles de Benazir Bhutto et de son mari, actuellement président, Asif Ali Zardani du Parti du Peuple centriste et majoritairement séculier au Pakistan. Les fanatiques du Talibanistan dans ces deux provinces - où vivent environ 85% de la population du Pakistan dont une forte population appartenant à la classe moyenne urbaine - représentent une minorité infinitésimale.

Croire que ce ramassis de fanatiques pourraient mettre en déroute l'armée pakistanaise forte de 500 000 hommes de troupe, très bien équipée et très professionnelle, la sixième plus grande armée au monde, qui a déjà affronté le colosse indien sur le champ de bataille, est une suggestion ridicule.

De plus, il n'y a aucune preuve que les Talibans, en Afghanistan ou au Pakistan ont la capacité de frapper une cible en dehors d' "Af - Pak" ( Afghanistan et Pakistan). C'est le territoire privilégié du mythique Al Qaeda. En ce qui concerne l'hystérie nucléaire selon laquelle les Talibans pourraient briser les codes d'accès de l'armée pakistanaise à l'arsenal nucléaire du pays ( au fait, la plupart des Talibans sont moitié illétrés), même Obama, lors de sa conférence sur ses 100 jours, a affirmé que le nucléaire était en sécurité.

Bien sûr, il y a quelques jeunes officiers Pashtouns dans l'armée qui sympathisent avec les Talibans - de même que d'importants secteurs de la puissante agence de Renseignements Inter Services (ISI). Mais l'institution militaire elle-même est soutenue par l'armée américaine - avec laquelle elle entretient depuis les années 70 des relations proches entremêlées. Zardani serait fou de déclencher un massacre de masse de Pashtouns pakistanais, au contraire, les Pashtouns peuvent être utiles aux propres plans d'Islamabad.

Le gouvernement de Zardani a du cette semaine envoyer des troupes et l'aviation pour s'occuper du problème de Buner, dans le district de Malakand au NWFP, qui partage une frontière avec la province de Kunar en Afghanistan, et est donc assez proche des troupes US et de celles de l'OTAN. Elles combattent moins de 500 membres du Tehri - e Taliban - e Pakistan ( TTP). Mais pour l'armée pakistanaise, la possibilité que cette zone rejoigne le Talibanistan est un atout important - car cela accroît considérablement le contrôle pakistanais du Sud Pashtoun en Afghanistan, en accord avec la doctrine éternelle de "profondeur stratégique" dominant constamment à Islamabad.

Apportez moi la tête de Baitullah Mehsud.

Donc si Islamabad ne s'embrase pas demain alors pourquoi cette hystérie ? Il y a plusieurs raisons. A commencer par le fait que Washington - actuellement dominée par la stratégie " Af - Pak" d'Obama - ne peut simplement pas supporter qu'il y ait une véritable démocratie et un vrai gouvernement civil à Islamabad; cela serait une menace plus importante pour les "intérêts US" que celle représentée par les Talibans, que l'administration de Bill Clinton à la fin des années 90 avait ralliés à sa cause et avec qui elle mangeait à la même table.

Ce que Washington pourrait certainement apprécier c'est encore un autre coup militaire - et des sources ont dit à Asia Times Online que l'ancien dictateur, le général Pervez Musharraf ( qu'on avait surnommé par dérision Busharraf) est actif dans les coulisses de la scène d'hystérie.

C'est crucial de se souvenir que chaque coup militaire au Pakistan a été mené par le chef d'état major. Ainsi l'homme du moment - et des moments, jours et années à venir - c'est le discret général Ashfaq Kiani, l'ancien secrétaire de l'armée de Benazir. Il est très intime avec le chef de l'armée US, l'amiral Mike Muller, et certainement pas le genre à serrer les Talibans dans ses bras.

De plus, il y en a au sein de la bureaucratie militaire et sécuritaire pakistanaise qui n'aimeraient pas mieux que de profiter de quelques dollars de plus de Washington pour combattre les Pashtouns néo talibans qu'ils arment simultanément pour combattre les Américains et l'OTAN. Cela fonctionne. Washington est maintenant dans un délire de contre insurrection, avec un Pentagone impatient d'enseigner de telles tactiques à tout officier pakistanais en vue.

Ce qui n'est jamais mentionné par les médias de masse US c'est les énormes problèmes sociaux auxquels le Pakistan est confronté à cause du chaos dans les zones tribales. Islamabad croit qu'entre les zones tribales administrées fédéralement ( FATA) et le NWFP, il y a au moins 1 million de personnes qui sont actuellement déplacées ( sans mentionner qu'elles ont besoin d'urgence d'aide alimentaire). La population du FATA est d'environ 3,5 millions - majoritairement de pauvres paysans pakistanais. Et évidemment la guerre dans le FATA se traduit par de l'insécurité et de la paranoïa dans la capitale légendaire du NWFP, Peshawar.

Le mythe du Talibanistan est juste de toute façon une diversion, un engrenage de la grande roue qui se meut lentement dans la région - qui fait elle-même partie du nouveau grand jeu en Eurasie.

Lors de la 1ere étape - appelons la le marketing du mal - les boîtes à penser de Washington et les médias de masse ont martelé non stop "la menace d'Al Qaeda" au Pakistan et aux US. le FATA a été qualifié de centre du terrorisme - l'endroit le plus dangereux du monde où les "terroristes" et une armée de kamikazes étaient entraînés et étaient envoyés en Afghanistan pour tuer les "libérateurs" des US/OTAN.

Lors de la deuxième étape, la nouvelle administration Obama a accéléré la guerre des drones, avec le Prédator " l'enfer venant du ciel" sur les paysans Pashtouns. Maintenant on passe à l'étape suivante où les soldats des US/OTAN, bientôt plus de 100 000, sont décrits comme les vrais libérateurs des pauvres dans Af-Pak ( et pas les Talibans diaboliques) - un stratagème essentiel dans la nouvelle narration pour légitimer les renforts d'Obama envoyés en AF-Pak.

Pour que toutes les pièces du puzzle se mettent en place, on a besoin d'un nouveau croquemitaine. Et c'est le chef du TTP, Baitullah Mehsud, qui, curieusement, n'a même jamais été touché par un faux drone US, jusqu'à ce que début Mars il fasse allégeance au chef historique des Talibans, le Mullah Omar. On dit que " L'Ombre" elle -même vit paisiblement quelque part aux environs de Quetta, dans le Balochistan au Pakistan.

Actuellement, il y a une récompense de 5 millions de dollars pour la tête de Baitullah. Les Predators ont comme prévu frappé des bases de la famille Mehsud au sud Waziristan. Mais - curiosité des curiosités - ce n'est pas une fois mais deux fois que le ISI a transmis un dossier détaillé de la localisation de Baitullah directement à sa cousine, la CIA. Mas il n'y a pas eu de frappe de drone.

Et peut être qu'il n'y en aura pas - spécialement maintenant alors que le gouvernement Zardari perplexe commence à penser que le précédent croquemitaine, un certain Osama Ben Laden, n'est rien de plus qu'un fantôme. Des drones peuvent incinéré tout mariage Pashtoun en vue. Mais les mystérieux croquemitaines internationaux - Osama, Baitullah, Mullah Omar - les stars qui participent au nouveau OCO ( overseas contengency opérations - opérations imprévues à l'étranger) auparavant dénommées GWOT ( " global war on terror" "guerre mondiale contre le terrorisme") doivent bien sûr bénéficier d'un traitement de star.

Pepe Escobar

Pepe Escobar est l'auteur de " Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007)" et de "Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge". Son nouveau livre qui vient de sortir : "Obama does Globalistan" (Nimble Books, 2009).

www.atimes.com 01/05/09.- Asia Times Online 2009
Republié sur Global Research le 05/05/09
Traduction Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/Le-Mythe-Du-Talibanistan-Pepe-Escobar_a1901.html?print=1


1-2 Fabio MINI : La barbarie stratégique.

Les dommages collatéraux sont par définition ceux qui sont causés à la population civile lorsqu’on tente de frapper des objectifs militaires.

Ils peuvent être prévus ou inopinés et ils sont causés par un manque de précision des armes ou par une erreur.

Pendant la guerre au Kosovo, le porte-parole de l'OTAN a utilisé le terme de dommages collatéraux de façon extensive et absolue, même quand l'offensive contre des structures civiles était en fait intentionnelle.

Par conséquent, un fait qui risquait d'être condamné pour crime de guerre a été déclassifié et les victimes sont devenues responsables de leurs morts, coupables d'être au mauvais endroit au mauvais moment.

L'affaire a constitué le début d'une nouvelle école de pensée et aujourd'hui les gens se sont tout simplement habitués au caractère inévitable des victimes civiles dans toutes sortes de conflits, même les conflits entre gendarmes et voleurs.

D'un point de vue militaire, c'est un signe de régression de la guerre vers un conflit entre des camps asymétriques : une régression pour l'humanité autant que pour la stratégie militaire. La régression pour l'humanité a encore empirée depuis qu'elle est soutenue par une stratégie militaire et passe maintenant pour une « évolution ». Le fait est que, malgré toutes les lois internationales, les codes militaires et les usages de guerre, ce sont les victimes civiles qui sont une fois de plus, devenues les cibles réelles dans les guerres. Nous sommes revenus à une destruction « structurelle » adoptée pendant la 2ème Guerre mondiale avec les tapis de bombes et pendant la guerre du Vietnam avec l'utilisation du napalm.

Ce genre de guerre sembla toucher à sa fin lorsqu' il fut nécessaire qu'une distinction soit faite entre les forces combattantes et les non-combattantes, quand l'éthique fut mise au premier plan pour mettre en place des règles pour la protection des civils et que, au nom de l'intérêt général, il fut suggéré de limiter les dégâts, car, selon les mots de Liddell Hart, « l'ennemi d'aujourd'hui est le client de demain et l'allié de l'avenir ». Ce genre de guerre sembla être à jamais révolu quand la destruction nucléaire fut remplacée par les frappes de précision qui représentent la stratégie et la révolution technologique les plus importantes de la seconde moitié du siècle dernier. Or, nous avons perdu toute trace et mémoire de tout cela quand des experts ignorants se sont livrés à la justification militaire des dommages collatéraux. Avec les armées et les armes perfectionnées d'aujourd'hui, les dommages collatéraux devraient être réduits à zéro mais avec les nouveaux ennemis, archaïques et désespérés, la destruction des structures militaires et économiques ne parvient plus à faire plier la volonté de leur résistance. Il n'y a que les maisons, les églises, les mosquées... Et les gens, les femmes et les enfants. Toutes les cibles faciles et par conséquent, le réel défi stratégique n'est pas dans la façon de détruire mais comment éviter de frapper des innocents.

En Tchétchénie, en Afghanistan, au Liban et aujourd'hui, à Gaza, la stratégie délibérée consistant à atteindre des civils afin de les retourner contre les insurgés, les rebelles ou les soi-disant terroristes, est une nouvelle régression. Ceci nous renvoie aux guerres contre-révolutionnaires, qui en fait apportaient toujours la victoire aux rebelles, et nous devrions nous remémorer les actions redoutables des occupations coloniales. Même la justification et le camouflage de ces régressions par des moyens de propagande sont du déjà vu. Les noms et certains moyens ont changé mais les résultats restent les mêmes.

La guerre psychologique, en essayant de prouver que les civils ne sont pas des cibles mais qu'ils sont en fait les victimes de l'ennemi qui les utilise comme boucliers humains, n'a pas changé depuis des siècles.

Et c'est pourquoi l'ennemi doit toujours être représenté comme le « méchant ». Les mêmes messages sont utilisés même si les prospectus, la radio, la télévision, les ambassadeurs et les groupes de pression politiques ont remplacé les proclamations et les infiltrations. Hier, la population qui n'avait pas de système d'alarme était alertée des attaques imminentes par le vrombissement des bombardiers. Elle n'avait que quelques minutes pour trouver un abri. Aujourd'hui, on téléphone aux victimes mais ceci, comme par le passé, ne peut pas aider ceux qui sont piégés à l'intérieur comme des rats et qui n'ont nulle part où aller. C'est juste du cynisme.

Le tout nouvel aspect de la guerre psychologique est que ce n'est plus l'ennemi que l’on vise mais ses propres troupes et, surtout, l'opinion publique nationale et internationale.

Cette arme de manipulation des masses et de destruction de l’intelligence est dirigée contre ses propres forces et contre ses propres alliés.

Et tous les soldats savent qu'il n'y a rien de plus dangereux que de commencer à croire sa propre propagande.

Les armées les plus puissantes du monde ne savent pas reconnaître ni faire face aux nouvelles formes de la guerre asymétrique.

Elles ne peuvent comprendre, faire les distinctions nécessaires, trier les informations et opérer de façon chirurgicale.

Elles ne savent pas gérer leur propre excès de puissance et elles ont perdu toute conscience de l'inutilité et de l’illégalité de toute destruction civile.

Elles ne réalisent pas que tout cela ne fait que rendre la guerre encore plus barbare : un luxe que les terroristes peuvent se permettre. Pas nous.

Fabio MINI

Traduit par  Isabelle Rousselot,

révisé par Fausto Giudice

Source : La barbarie strategica
Article original publié le 20/1/2009

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=6972


1-3 William Lind : La victoire des forces asymétriques.

Lind tire le bilan de la stratégie militaire américaine, et conclut que les forces engagées dans des conflits de « quatrième génération », c’est à dire menant une guerre asymétrique, réponse du faible au fort, l’emporteront sur une machine militaire inadaptée, dont la seule supériorité est celle d’une puissance de feu dont l’usage massif retire toute légitimité à celui qui l’emploie.

Sur les différents fronts, Irak, Afghanistan, Lind ne voit aucune issue se dessiner, mais il craint que la stratégie d’extension du conflit au Pakistan ne provoque son effondrement. L’incapacité de la nation américaine à réformer sa doctrine militaire, et à remettre en cause sa stratégie offensive de gendarme du monde, traduit une crise profonde d’un etablishment qui ne parvient pas à penser les transformations, juge-t-il. Cette incapacité ne se manifeste selon lui non seulement dans le domaine militaire, mais également face aux crises qui toutes ensemble dessinent un bouleversement systémique à venir : économique, climatique, énergétique, etc... « Dans les temps anciens, cela se concluait par un changement de dynastie » note-t-il. Et de s’interroger : « que pourrait-il advenir aujourd’hui ? »

William Lind :

Les événements survenus depuis que j’ai commencé a tenir cette chronique ont, je crois, validé dans l’ensemble le concept de guerre de quatrième génération. L’Irak n’a pas été une « promenade », pas plus que notre première invasion de l’Afghanistan n’a « éradiqué » les talibans. Le Mollah Omar s’est avéré le meilleur prophète des évènements à venir : avant que ne tombe la première bombe américaine, il avait déclaré, « Nous perdrons le pouvoir et perdrons Kaboul, mais cela n’a pas d’importance. »

Quelles leçons pouvons-nous tirer de mes précédentes chroniques ? Trois points me paraissent être d’une importance primordiale.

1) Tant que l’Amérique poursuivra une stratégie de grande offensive, la guerre de quatrième génération lui garantit la défaite.

La raison en est à rechercher dans le concept de puissance de la faiblesse de Martin van Creveld, et dans sa relation intime avec la légitimité. Dans un monde de quatrième génération, la légitimité est la vraie richesse du royaume. En dernier ressort, les guerres de quatrième génération sont celles d’une lutte de légitimité opposant l’État et un grand nombre de loyautés non-étatiques fondamentales. La puissance américaine manque de légitimité parce qu’elle est écrasante au plan matériel. Telle est la force des faibles : ceux qui résistent à l’armée américaine deviennent des héros. A l’inverse, tout État soutenu par l’armée américaine perd de sa légitimité. Plus les USA interviennent militairement en un grand nombre de parages, plus les États perdent de leur légitimité, au bénéfice des entités non-étatiques de quatrième génération. De fait, nous assistons à un effet Midas inversé. Seule une grande stratégie de défense, où nous nous occuperions de nos propres affaires et laisserions les autres Etats s’occuper des leurs, peut nous sortir de cette spirale infernale.

2) Les armées de deuxième génération ne peuvent pas gagner les guerres de quatrième génération. Les forces armées de deuxième génération, telles que celles des États-Unis, combattent en dirigeant leur puissance de feu sur des cibles. Cela leur permet de vaincre au niveau matériel, mais ce faisant, cela se transforme en défaite au niveau moral, qui est déterminant dans la G4G.

Le meilleur exemple actuel est donné par le Pakistan, où la combinaison des frappes de Predator [1] et les pressions exercées sur le gouvernement pakistanais ont sapé la légitimité de l’Etat. Cet état se trouve maintenant au bord de la désintégration, ce qui apporterait à Al-Qaïda et aux autres forces islamistes de G4G la plus grande victoire qu’ils puissent imaginer. La photo accrochée sur le mur de la grotte d’Oussama doit être celle d’un Predator, et titrée : « notre meilleure arme. »

3) Il n’y a aucune chance que l’Amérique adopte une stratégie défensive ou engage une réforme de ses forces armées pour les faire passer de la deuxième à la troisième génération - étape nécessaire mais pas suffisante pour affronter les G4G - aussi longtemps que l’establishment en place à Washington reste au pouvoir. Cet establishment est ivre d’orgueil, coupé du monde existant au-delà des arènes politique et fortement corrompu par le « business as usual » pratiqué par un Pentagone, qui sait comment acheter tous les appuis politiques dont il a besoin. Comme dans tous les establishments, on y perçoit le changement réel comme une menace, devant être évitée. Aussi longtemps qu’il règnera, rien ne changera.

Quelles sont les implications de ces observations ?

Au plan militaire, elles augurent de la poursuite de l’échec et la défaite. Nous ne parviendront pas à sortir de l’Irak avant que ne débute la prochaine phase de cette guerre, ou pire, qu’une attaque israélienne sur l’Iran nous coûte l’armée que nous avons en Irak. Nous allons être vaincus en Afghanistan, parce que nous refusons d’adapter nos objectifs stratégiques à ce qui est possible et nous continuerons à nous aliéner la population avec notre façon de conduire la guerre en déployant une puissance de feu massive. Nous allons pousser le Pakistan vers le point de désintégration, ce qui sera une catastrophe stratégique de premier ordre. Nous allons continuer d’ignorer la désintégration de l’Etat mexicain, tout en important les troubles du Mexique via nos frontières sans contrôles efficaces. Nous ne serons même pas en mesure d’arrêter les pirates somaliens. Qu’est-il révélé de nous même, lorsque la nation tout entière se réjouit parce que la marine américaine, la plus puissante sur terre, a vaincu quatre adolescents somaliens ?

Ce constat ne s’arrête pas là. Ces échecs de politique étrangère et ces défaites militaires - voire même des « victoires » encore plus embarrassantes - ne sont que deux exemples d’une longue liste de crises : la crise économique (dépression suivie par une inflation galopante), crise des cours de change (chute du dollar), crise politique (pas un membre de l’établissement ne sait ce qu’il faut faire, mais l’établissement n’offre pas d’alternative aux électeurs), crise de l’énergie, etc... Toutes ensemble, ces crises distinctes forment une crise systémique, événement qui survient lorsque le monde extérieur exige de plus grandes transformations que le système politique ne le permet. Arrivé à ce point, le système politique s’effondre et est remplacé par autre chose. Dans les temps anciens, cela se concluait par un changement de dynastie. Que pourrait-il advenir aujourd’hui ? J’envisage un changement radical, une déconstruction, marquée par un retour aux pouvoirs locaux [2].

Ce serait, dans l’ensemble, une issue heureuse. Mais je crains que le parcours nous y conduisant ne soit pas une partie de plaisir.

17 avril 2009

Antiwar,

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2656



n°266- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 21-05 - Suite- : 2-2 La guerre en Afghanistan n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé Otan.

n°266- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan - 21-05 - Suite- : 2-2 La guerre en Afghanistan n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé Otan.



Les  dossiers   'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan

   n°266                                                                                                                            21/05/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Sommaire :

1-4 Guantanamo : Les Analyses

1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis.

2 Tzvetan Todorov : De braves Américains devenus tortionnaires.

 


1-4 Guantanamo : Les Analyses

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

1 La torture est une très ancienne tradition aux Etats-Unis.

Le débat médiatique autour des méthodes de torture pratiquées par des agents des services secrets U.S. pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un dérapage incontrôlé et que la torture est étrangère aux pratiques policières de ce pays.

C’est en tout cas ce que répètent les commentateurs de presse et les journalistes sur toutes les chaînes U.S…. quelle ironie !

Les Etats-unis non seulement pratiquent la torture depuis deux siècles, mais l’ont perfectionnée “scientifiquement” et ont fondé non moins de 5 académies où elle est activement théorisée et enseignée.

Et la nomination du chef des “Opérations Spéciales” comme commandant en chef en Afghanistan prouve que l’Administration Obama reste convaincue de l’efficacité de ces méthodes pour écraser un mouvement de résistance. 

A. J. Langluth connait bien le sujet, il a étudié en détail les stratégies “anti-insurrectionnelles” mises en oeuvre par les Etats-unis dans les années 1960-1970 pour soutenir les différentes dictatures militaires dans la région.

Pour lui, “la seule différence entre la participation américaine aux atrocités commises en Amérique du Sud dans les années 1960 et les “techniques poussées d’interrogation” employées aujourd’hui est que, de nos jours, les officiels semblent être fiers de ce qu’ils font, alors qu’à l’époque on s’efforçait de nier ce secret honteux.

A.J. Langguth est l’auteur du livre “Hidden Terrors: The Truth About U.S. Police Operations in Latin America.”

A l’heure où le President Obama se débat avec les accusations de torture portées contre des agents des services secrets U.S., je lui conseille d’aller en parler avec l’ancien chef du groupe majoritaire au Sénat U.S., Tom Daschle.

J’ai rencontré Daschle pour la première fois en 1975, quand il était l’assistant du Sen. James Abourezk du South Dakota, qui menait une campagne assez solitaire contre les abus de le CIA.

A l’époque, je menais une enquête dans le but d’écrire un livre sur le rôle joué par les Etats-unis dans l’extension des dictatures militaires en Amérique latine. Dashle m’avait autorisé à consulter les dossiers du Sénateur et j’ai passé une soirée à compulser des rapports relatant la complicité des U.S. dans des actes de torture et d’atrocités contre des civils. Les rapports venaient d’Iran, de Taiwan, de Grèce ainsi que, depuis 1960, du Brésil et de quasiment tous les pays du continent sud-américain.

Malgré le fait que j’avais vu pas mal de choses peu ragoutantes au Sud-Vietnam, j’étais encore suffisamment naïf à l’époque pour être surpris, puis scandalisé par le degré d’implication de mon pays dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus en Amérique latine. 

Nos interférences dans la vie politique de ces pays n’étaient pas dépendantes du parti qui occupait la Maison Blanche. Ainsi, notre intervention au Brésil a commencé tout au début des années 1960, sous un président Démocrate.

A l’époque, l’obsession de Washington vis à vis de Cuba était l’équivalent de la panique qui a saisi l’administration U.S. après les attentats du 11 septembre 2001. L’équipe autour de Kennedy à la Maison Blanche était décidée à empêcher à tout prix l’émergence d’un autre régime socialisant dans cette partie du monde. Robert Kennedy, qui était ministre de la justice, s’intéressait beaucoup aux méthodes de lutte anti-communiste, y compris le fameux Office of Public Safety (OPS).

L’OPS avait été crée sous le President Eisenhower, avec une mission directement inspirée de l’après guerre en Europe et dans le Pacifique, notamment l’administration américaine de territoires sinistrés par la guerre — il s’agissait d’aider les pays à professionnaliser leurs forces de police, en Asie, en Afrique mais aussi – tout particulièrement – en Amérique latine. L’intention était louable, mais Byron Engle, le génial directeur de l’OPS avait fait toute sa carrière dans la CIA et son programme faisait partie d’une opération plus large pour identifier des recrues potentielles dans les populations locales afin d’établir un réseau d’agents.

Malgré le fait que Engle se donnait beaucoup de mal pour ne pas apparaître comme une antenne de la CIA, l’opinion publique ne s’y trompa jamais. Ainsi, quand Dan Mitrione, un employé de l’OPS envoyé en Uruguay pour former la police locale, fut assassiné par la guerilla gauchiste des Tupamaros à cause de son implication dans la torture d’opposants politiques, toute la presse souligna son appartenance… à la CIA.

Au Brésil, après l’élection du Président Joao Goulart, la participation de quelques “socialistes” au cabinet présidentiel et deux ou trois allusions à une possible réforme agraire mirent les Etats-unis en alerte.  Robert Kennedy fit le voyage au Brésil pour intimer l’ordre à Goulart de se débarasser de deux membres de son équipe, considérés comme trop “rouges”. Pendant ce temps là, le bureau de Lincoln Gordon, ambassadeur au Brésil nommé par J.F. Kennedy, devint la plateforme centrale de tous les efforts orchestrés par la CIA pour déstabiliser le gouvernement Goudard.

Le 31 mars 1964, avec l’aide directe de l’attaché militaire U.S. Vernon Walters qui lui fournit assistance financière et logistique, le général brésilien Humberto Castelo Branco organisa un coup d’état militaire contre Goulard. Craignant de déclencher une guerre civile, Goulart accepta de quitter ses fonctions et s’enfuit à Montevideo, Uruguay.

L’ambassadeur Gordon retourna à Washington sous les vivats de ses collègues de Langley. Il fut convoqué par Robert Kennedy, qui portait encore le deuil de son frère, assassiné en Novembre dernier et qui lui parla du président déchu Goulart en ces termes  : “Eh bien, il a eu ce qu’il méritait. Je suis allé personnellement le prévenir de ce qui l’attendait s’il ne suivait pas nos conseils. Ca lui apprendra.”

On ignore si le peuple brésilien méritait ce qu’il a eu, mais la décennie suivante fut sanglante et répressive au Brésil. Obsédés par la “subversion rouge”, les généraux écrasèrent les syndicats, la presse libre et les associations d’étudiants. La nouvelle police brésilienne, mettent en application les méthodes efficaces apprises dans les formations de l’OPS, se mit a pratiquer la torture de manière systématique contre les opposants politiques, faisant même fabriquer des appareils spécialement conçus pour l’opération. Au bout d’un an, l’Académie militaire ouvrit un “Centre technique d’interrogatoires” dans la banlieue de Rio de Janeiro, une école de formation aux techniques de torture et de contre-insurrection. Un des stagiaires se souvient notamment d’un cours où l’on apprenait aux sergents de police à infliger le maximum de douleur à un prisonnier en laissant le moins de traces possibles. Des anciens officiers français de la guerre d’Algérie participaient à ses “stages” de formation… ainsi que des invités argentins, chiliens et paraguayens qui n’allaient pas tarder à mettre en pratique ces enseignements.

L’une des victimes de ces “stages de torture” est Fernando Gabeira, un jeune journaliste du Jornal do Brasil qui avait soutenu la résistance à la dictature et fournit un soutien logistique dans l’enlèvement, en 1969, de l’ambassadeur des Etats-unis Charles Burke Elbrick – qui fut relâché après 4 jours de captivité. Quand je l’interviewais, Gabeira me raconta qu’il avait été plusieurs fois torturé avec des décharges électriques sur ses testicules. Un autre prisonnier avait eu ses testicules clouées sur une table. D’autres étaient battus à mort. La technique du “waterboarding” était déjà largement pratiquée… selon la légende, ce seraient les français qui l’auraient inventée, lors de la guerre d’Algérie et exportée à travers le monde. Les tortionnaires de Gabeira, quand ils se laissaient aller aux confidences, se vantaient d’avoir été formés aux méthodes “scientifiques” de torture aux Etats-unis.

Dans les sept années qui suivirent le coup d’état de Castelo Branco, l’OPS forma 100,000 officiers de police brésiliens, y compris 600 qui furent envoyés aux Etats-unis. Les cours qu’ils reçurent étaient de nature variée. Tous les instructeurs n’étaient pas des adeptes de la gégenne, certains dénonçaient même la torture comme étant inhumaine et inefficace. Mais d’autres diffusaient un autre message. Le Van An, un étudiant de la police Sud-vietnamienne, a décrit plus tard ce qu’on lui avait appris à l’académie : “Ils disaient que, malgré le fait que les méthodes d’interrogation brutales sont fortement critiquées par les moralistes, leur importance ne peut être niée si nous voulons garantir l’ordre et la sécurité dans nos vies de tous les jours.” 

Les prisonniers politiques n’ont jamais douté du fait que des Etats-uniens participaient aux actions de torture qui proliféraient dans leur pays. Ceux qui furent libérés ont raconté avoir souvent entendu des hommes parlant anglais dans leurs prisons. Au début, ces étrangers sortaient de la pièce quand la torture avait lieu, mais, avec le temps – comme le racontent d’autres prisonniers – ils ont fini par assister de temps en temps aux interrogatoires. 

Une étudiante opposante à la dictature, Angela Camargo Seixas, m’a raconté comme elle était frappée, suspendue par les bras et comment on la torturait à l’électricité, avec des fils insérés dans son vagin. Lors de ses interrogatoires, elle a réalisé que le plus fort de sa haine était dirigé non pas contre ses compatriotes tortionnaires mais contre les Nord-américains qui supervisaient la torture. Elle s’est jurée de ne jamais pardonner aux Etats-unis son soutien à la dictature et son entrainement des forces de police répressives. 

Flavio Tavares Freitas, un journaliste et militant d’une église chrétienne, partage cette colère. Lors d’une séance de torture, on lui avait inséré des fils électriques dans les oreilles, entre ses dents et dans son anus.. à un moment il a réalisé le petit générateur électrique gris qui produisait les décharges de courant affichait, sur l’une des ses faces, le logo bleu et blanc de l’agence d’aide au développement USAID. 

Un autre leader de la contestation étudiante, Jean Marc Von der Weid, raconte comment on avait branché son penis sur un téléphone militaire alimenté par une manivelle. Von der Weid, qui était un réserviste de la marine se souvient avoir reconnu le téléphone, c’était le même modèle que ceux fournis par les Etats-unis dans le cadre de leur programme d’assistance militaire. 

Les victimes disent souvent qu’au début elles reprenaient espoir quand elles voyaient surgir la blouse blanche d’un médecin, lors des séances de torture. Sûrement le médecin allait demander l’arrêt des violences. Mais ils découvraient très vite que l’unique fonction du médecin était de s’assurer qu’ils étaient encore en suffisamment bon état pour survivre une nouvelle séance de chocs électriques. 

Le directeur de la CIA, Richard Helms, a tenté une fois de rejetter des accusations contre son agence en déclarant que la nation américaine devait toujours partir du principe que la CIA est composée d’hommes “honorables“.
Cette affirmation s’est vite envolée quand, en 1975, le Sénateur Frank Church a dirigé une commission d’enquête du Sénat et dont les auditions publiques d’agents de la CIA ont démontré à quel point le comportement de la CIA était à des années lumières d’une quelconque “honorabilité“.

Mais revenons à Tom Dashle et le Sénateur Abourezk… avant même le retour à a démocratie au Brésil, en 1985, il avait réussi à faire fermer une base militaire au Texas réputée pour ses formations aux “techniques subversives” y compris la fabrication de bombes et la planification d’attentats. Dans la foulée, l’OPS se vit accuser d’être le chef d’orchestre de la répression policière et la CIA se rendit compte qu’elle ne pouvait plus maintenir la façade de cette antenne. Les fonds furent coupés et l’OPS disparut… pour être remplacé par des actions ponctuelles, menées par des “sous-traitants” privés ou bien des milices de pays amis, formées au titre de la coopération militaire.

Si on regarde en arrière, qu’est-ce qui a changé depuis 1975 ? Au Brésil, une commission Vérité et Réconciliation a été mise en place et elle a identifié 339 cas d’assassinats politiques commandités par le gouvernement militaire. En 2002, un ancien leader syndical, ex-prisonnier politique sous la dictature, du nom de Luiz Inacio Lula da Silva à été élu président du Brésil. Il sert aujourd’hui son deuxième mandat. 

Fernando Gabeira est rentré au Brésil et a écrit un livre où il raconte l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-unis, son arrestation et son séjour en prison. Le livre est devenu un best-seller au Brésil. Gabeira est devenu député et, en octobre dernier, a failli, à 1,4% près, devenir le maire de Rio de Janeiro.

Et aux Etats-unis, qu’est ce qui a changé ? En 1975, les officiels U.S. se voyaient encore obligés de cacher le fait qu’ils pratiquaient la torture. Ils niaient et avaient honte de ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui, tant les théoriciens que les praticiens de la torture donnent l’impression de légitimer ce qu’ils font, voire même d’en être fiers 

A.J. Langguth –

 Los Angeles Times –

revu par l'auteur pour PLN - 03/05/2009 –

 Trad. Gregor Seither]
http://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/16/la-torture-est-une-tres-ancienne-tradition-aux-etats-unis-comme-le-montre-le-cas-du-bresil/
Source originale : http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-langguth3-2009may03,0,6987276.story


2 Tzvetan Todorov : De braves Américains devenus tortionnaires.

Les documents rendus publics le 16 avril par l’administration Obama, relatifs aux pratiques de torture dans les prisons de la CIA, jettent une nouvelle lumière sur une question : comment s’expliquer la  facilité avec laquelle les personnes œuvrant au nom du gouvernement des Etats-Unis ont pu accepter et pratiquer la torture à l’endroit de   leurs prisonniers ?

Les faits même de la torture étaient déjà bien connus mais les nouveaux documents apportent de nombreuses informations sur la manière dont se déroulaient les séances de torture   et dont celle-ci était perçue par ses agents.
Ce qui frappe avant tout, c’est la découverte d’une réglementation   incroyablement tatillonne, formulée dans les manuels de la CIA et   reprise par les responsables juridiques du gouvernement. On pouvait   s’imaginer jusque-là que les pratiques de torture relevaient de ce   qu’on appelle les bavures, dépassements involontaires des normes  provoqués par l’urgence du moment.

On s’aperçoit au contraire qu’il s’agit de procédures fixées dans les moindres détails, au centimètre   et à la seconde près. Ainsi, les formes de torture sont au nombre de dix, lequel monte   ensuite à treize.

Elles sont réparties en trois catégories : préparatives (nudité, alimentation manipulée, privation de sommeil),  correctives (les coups) et coercitives (arrosage d’eau, enfermement   dans des boîtes, supplice de la baignoire).

Pour les gifles,   l’interrogateur doit frapper avec les doigts écartés, à égale distance  entre l’extrémité du menton et le bas du lobe de l’oreille. L’arrosage  d’eau du prisonnier nu peut durer vingt minutes si l’eau est à 5 °C,  quarante si elle est à 10 °C, et jusqu’à soixante si elle est à 15 °C. 
Les privations de sommeil ne doivent pas dépasser 180 heures, mais, après un repos de huit heures, elles peuvent recommencer.

L’immersion dans la baignoire peut durer jusqu’à douze secondes, pas plus de deux   heures par jour, pendant trente jours consécutifs (un prisonnier coriace a subi ce supplice à 183 reprises en mars 2003).

L’enfermement  dans une petite boîte ne doit pas dépasser deux heures, mais si la   boîte permet au prisonnier de se tenir debout, on peut aller jusqu’à huit heures de suite, dix-huit heures par jour. On apprend aussi en quoi consiste l’entraînement des tortionnaires.

La   majorité de ces tortures est copiée du programme que suivent les  soldats américains qui se préparent à affronter des situations  extrêmes (cela permet aux responsables de conclure que ces épreuves sont parfaitement supportables).

Plus important, les tortionnaires eux- mêmes sont choisis parmi ceux qui ont eu « une expérience scolaire prolongée » de ces épreuves extrêmes, autrement dit : les   tortionnaires ont été, dans un premier temps, torturés eux-mêmes. A la   suite de quoi, un stage intensif de quatre semaines suffit pour les   préparer à leur nouveau travail.

Les partenaires indispensables des tortionnaires sont les conseillers   juridiques du gouvernement, qui sont là pour assurer l’impunité légale   de leurs collègues. Cela aussi est une nouveauté : la torture n’est   plus représentée comme une infraction à la norme commune, regrettable   mais excusable, elle est la norme légale même. Les juristes recourent   pour cela à une autre série de techniques. Pour échapper à la loi, il   faut conduire les interrogatoires à l’extérieur des Etats-Unis, même   si c’est dans des bases américaines. On suggérera donc aux   tortionnaires de nier l’intention de faire souffrir. Ainsi les gifles   ne seront pas données afin de produire une douleur, mais pour   provoquer la surprise et l’humiliation. L’enfermement dans une boîte  n’aura pas pour but d’entraîner un désordre sensoriel, mais de donner   au prisonnier un sentiment d’inconfort !

Le bourreau doit toujours   insister sur sa « bonne foi », ses « croyances honnêtes » et ses   prémisses raisonnables. Il faut utiliser des euphémismes : «  techniques renforcées » pour torture, « expert en interrogatoire »   pour tortionnaire. Il faut aussi éviter de laisser des traces   matérielles, et pour cette raison la destruction mentale est   préférable aux dégâts physiques ; les éventuelles captations visuelles   des séances seront détruites après-coup. Plusieurs autres groupes de professionnels sont impliqués dans la   pratique de torture : la contagion se répand bien au-delà du cercle   limité des tortionnaires. En dehors des juristes fournissant une   légitimation à leurs actes, sont régulièrement mentionnés des   psychologues, des psychiatres, des médecins (obligatoirement présents   au cours de chaque séance), des femmes (les tortionnaires sont des   hommes, mais l’avilissement sous le regard des femmes aggrave   l’humiliation), des professeurs d’université produisant les justifications morales, légales ou philosophiques. Qui, aujourd’hui, doit être tenu pour responsable de ces perversions   de la loi et des principes moraux les plus élémentaires ? Les   exécutants volontaires de la torture le sont moins que les hauts   fonctionnaires légaux les ayant justifiées et encouragées ; et ceux- ci, moins que les décideurs politiques qui leur ont demandé de le   faire. Les gouvernements étrangers amis, et notamment européens,   portent eux aussi une responsabilité : alors qu’ils ont toujours été   au courant de ces pratiques, et ont bénéficié des informations   obtenues par ce moyen, ils n’ont jamais élevé la moindre protestation,   ni même signifié leur désapprobation. Dans une démocratie, la   condamnation des hommes politiques consiste à les priver du pouvoir,   en ne les faisant pas réélire.

Quant aux autres professionnels, on   pourrait s’attendre à ce qu’ils soient sanctionnés par leurs pairs, car qui voudrait être l’étudiant d’un tel professeur ?

Le justiciable  d’un tel juge ?

Le patient d’un tel médecin ?

Si l’on veut comprendre pourquoi ces braves Américains ont accepté si   facilement de devenir tortionnaires, point n’est besoin de chercher du   côté d’une haine ou d’une peur ancestrale des musulmans et des Arabes.  
Non, la situation est bien plus grave. La leçon de ces révélations est  plutôt que n’importe quel homme, à condition d’être bien encadré, obéissant aux nobles principes dictés par le «  sens du devoir », par   la nécessaire « défense de la patrie » ou mû par l’élémentaire peur   pour la vie et le bien-être des siens, peut devenir un tortionnaire.

Tzvetan Todorov 

liberation.fr

lundi 11 mai

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