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19/06/2009

n° 465 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-06 - : Suite-: Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri

 n° 465 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-06 - : Suite-: Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

      465 15-06                                                       C.De Broeder & M.Lemaire



 

Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-4 Pierre Barbancey : Les pressions s'accentuent sur Netanyahou.

1-5 Myriam Abraham : Israël, 4ème pays le Plus Dangereux au Monde, pourrait Disparaître Tranquillement d'Ici 20 Ans selon la CIA.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 « Plomb durci » : des tonnes d’Uranium Appauvri et d’autres produits cancérigènes déversées sur la bande de Gaza

2-2 A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé avec les bombes "GBU-39" fournies par les Etats-Unis.

2-3 Daniel Vanhove. L'asphyxie de Gaza continue.


1-4 Pierre Barbancey : Les pressions s'accentuent sur Netanyahou.

Alors que l’émissaire américain est dans la région réitérant les exigences de Washington en faveur d’un État palestinien, le premier ministre subit des désaveux jusque dans son propre camp.

Si la roue n’a pas encore complètement tournée pour Israël, le premier ministre Benjamin Netanyahou est en tout cas sous pression depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama. Le discours du président américain, prononcé au Caire la semaine dernière, n’a fait que confirmer les craintes israéliennes. Washington réaffirme son soutien indéfectible à Tel-Aviv mais se fait plus exigeant. Quelques jours après avoir reçu Netanyahou à la Maison-Blanche, et alors qu’il se trouvait en compagnie du président palestinien Mahmoud Abbas, Barack Obama rappelait : « Ce que j’ai dit au premier ministre Netanyahou est que chaque partie a des obligations au regard de la feuille de route. Côté israélien, ces obligations incluent l’arrêt de la colonisation ». Une fois n’est pas coutume, évoquant les obligations palestiniennes - les questions - sécuritaires - il déclarait : « Nous constatons de grands progrès en matière de sécurité en Cisjordanie. » Outre qu’il y avait bien longtemps que les Palestiniens n’avaient pas été félicités, on aura surtout remarqué la dichotomie faite avec la bande de Gaza.

Pour Aaron D. Miller du Woodrow Wilson Institute, un think tank américain, « l’administration Obama est peut-être moins pressée d’arriver à des négociations et à un accord et plus intéressée par l’installation de nouvelles règles et le réarrangement du mobilier. Ils pourraient avoir conclu qu’ils ne peuvent pas parvenir à une vraie solution à deux États avec ce premier ministre. Peut-être en veulent-ils un nouveau ? Et le meilleur moyen est de montrer qu’il ne peut pas gérer la relation la plus importante pour Israël : celle avec les États-Unis ».

Respecter les accords

C’est peut-être à cette aune qu’il faut percevoir les déclarations du ministre israélien de la Défense, le chef du parti travailliste Ehud - Barak, qui feint de découvrir les choix politico-stratégiques de Netanyahou. Comme s’il participait à ce gouvernement sans savoir que le premier ministre refusait de se prononcer pour la création d’un État palestinien. « Le gouvernement actuel a été formé en prenant l’engagement de respecter les accords conclus par les gouvernements précédents, y compris la feuille de route qui stipule clairement que le conflit doit être résolu sur la base du principe de deux États pour deux peuples », a affirmé Ehud - Barak qui, lorsqu’il était premier ministre, a battu tous les records de construction de nouvelles colonies. « Si cette solution devait échouer, il y aurait comme seule entité politique s’étendant de la vallée du Jourdain à la Méditerranée : l’État d’Israël. Dans ce cas, si les Palestiniens ont le droit de voter, il ne s’agira plus d’un État juif, mais d’un État binational et s’ils n’ont pas de droit de vote, il s’agira d’un régime d’apartheid. »

Mission délicate pour l’émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell, qui se trouve sur place. Il a déjà montré aux Israéliens qu’il n’était pas dupe et qu’il fallait faire leur deuil d’une certaine complaisance. Lors d’une rencontre à Londres à la fin mai entre Mitchell et Dan Meridor, le vice-premier ministre ainsi que des conseillers de Netanyahou, les Israéliens ont ressorti la fameuse lettre de Bush à Sharon où il indiquait que les blocs de colonies resteraient entre les mains d’Israël et donc que les constructions étaient permises. Sans se démonter, Mitchell a pointé un des paragraphes de la lettre mentionnant le principe de deux États pour deux peuples. « C’est aussi marqué dans la lettre. Vous êtes d’accord avec ça ? » a-t-il demandé.

Apparemment soucieux d’apaiser les dirigeants israéliens, George Mitchell a répété que l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël est « inébranlable » et que les divergences stratégiques ne sont « pas des désaccords entre des adversaires » mais entre « des alliés proches et des amis ». Il a d’ailleurs donné des gages en parlant d’un « État palestinien, vivant en paix et sécurité à côté de l’État juif d’Israël ». État juif, c’est exactement ce que veulent les dirigeants israéliens et que refusent les Palestiniens puisque cela signifierait l’abandon du droit au retour pour les réfugiés et un drôle de statut pour les Arabes israéliens.

Pour éviter d’être acculé, Benjamin Netanyahou devrait prononcer dimanche à l’université Bar Ilan de Tel-Aviv « les grandes lignes de sa politique pour obtenir la paix et la sécurité ». Selon les médias, Barack Obama doit, lui, présenter un plan de paix détaillé dans les semaines à venir sans que l’on sache s’il est déterminé à forcer Israël une fois pour toutes. Après avoir rencontré les responsables de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, George Mitchell se rendra en Syrie et au Liban.

Pierre Barbancey
Jeudi 11 juin 2009

Journal l'Humanité
Source : Le Web de l'Humanité
http://www.humanite.fr/...
 


1-5 Myriam Abraham : Israël, 4ème pays le Plus Dangereux au Monde, pourrait Disparaître Tranquillement d'Ici 20 Ans selon la CIA.

Les Sionistes ont chassé les Palestiniens de leur Terre pour créer un état pour que les Juifs viennent y vivre en toute "sécurité et paix".

61 ans après Israël est le 4ème pays le plus dangereux au monde pour tous ses habitants quelque soit leur religion, origine ethnique...

Dans 20 ans Israël, entreprise coloniale, aura tranquillement disparu, ce n'est pas un souhait du président Iranien Ahmadinejad, mais la conclusion à laquelle aboutit un rapport récent de la CIA.

04 Juin

Le Plus Dangereux Au Monde

L'Indice de Paix Mondiale (Global Peace Index) vient juste d'être publié par le quotidien anglais The Guardian
Les 10 premiers pays considérés comme les plus pacifiques sont :
1. La Nouvele Zélande
2. Le Danemark
3.
La Norvège
4. L'Islande
5. L'Autriche
6.
La Suède
7. Le Japon
8. Le Canada
9.
La Finlande
10.
La Slovenie
Les
4 derniers pays de la liste sont donc considérés comme les plus dangereux :
141. Israël
142.
La Somalie
143. L'Afghanistan
144. L'Irak

Le Global Peace Index offre une classification annuelle de 144 des nations du monde.

Selon The Guardian, l'Index a été calculé par l' Economist Intelligence Unit pour le compte d'une nouvelle boîte à penser l'Institute for Economics and Peace. Ils utilisent pour établir cette liste annuelle 23 critères mixtes, dont ceux de guerres étrangères, conflits internes, respect des droits humains, nombre de meurtres, nombre de personnes en prison, le commerce d'armes, et les degrés de démocratie. Apparemment, le fait qu'Israël se définisse comme la "seule démocratie au Moyen Orient", et comme ayant l'armée la "plus morale au monde" ne l'a pas empêché d'être le quatrième pays le plus dangereux au monde.
Cette année, Israël se retrouve une nouvelle fois en bas de la liste, perdant une place comparée à l'année dernière. Même le Congo et le Soudan sont considérés comme étant moins dangereux. Les trois pays les plus dangereux sont
la Somalie, l'Afghanistan et l'Irak. Ce pays, toujours sous occupation américaine, continue donc d'être le plus dangereux au monde malgré les affirmations contraires de l' Administration américaine. Les Etats Unis occupent la 83 ème place, la Grande Bretagne la 35 ème. C'est plus dangereux de vivre à Londres qu'au Botswana, en Corée du Sud - malgré les armes nucléaires de son voisin la Corée du Nord à propos desquelles s'agitent les médias propagandistes de l'establishment - la Malaisie, et le Qatar, ce dernier étant pourtant situé à proximité de l'Iran autre pays diabolisé et toujours porté sur la liste des pays de l'Axe du Mal malgré la rhétorique "d'ouverture" d'Obama.
Avec un seuil de dangerosité aussi élevé, on comprend pourquoi le tourisme en Israël est en chute libre: moins 27% de fréquentation de touristes étrangers et cela à cause de l'Opération Plomb Durci qui a fait 1400 morts majoritairement des civils dans la population palestinienne de Gaza.

Le taux d'occupation des hôtels au niveau national n'était que de 59% soit une chute de 18%, les nuitées des touristes étrangers ont chuté de 26% les quatre premiers mois de l'année, d'où les campagnes agressives de publicité en Europe telle celle dans le métro parisien où on a pu voir une affiche d'une campagne touristique montrant le Grand Israël ce qui a donné lieu à une déferlante de protestations obligeant la RATP à enlever cette affiche.
Autre information importante livrée par ce Global Peace Index:
Cette année,selon le rapport publié avec les résultats, ces derniers sont affectés par la crise économique qui rend le monde plus dangereux.

D' après les auteurs, " cela reflète l'intensification des conflits violents dans certains pays et les effets à la fois de la flambée des prix de la nourriture et du pétrole début 2008, et la crise économique dramatique lors du dernier quart de l'année.... Une rapide montée du chômage, le gel des salaires, la chute des prix de l'immobilier, la baisse des pensions et économies, créent un ressentiment dans les populations de nombreux pays, et cela a des répercussions politiques enregistrées par le GPI à travers différents indicateurs qui mesurent la sûreté et sécurité dans la société"

Israël pourrait disparaître dans 20 ans selon la CIA

Un autre rapport "explosif", auquel un nombre limité de personnes ont eu accès, résultat d'une étude menée par la CIA, met en doute l'existence d'Israël dans 20 ans. Le rapport de la CIA prédit un " mouvement inexorable allant d'une solution à deux états à celle à un état, comme le modèle le plus viable sur la base de principes démocratiques d'égalité totale, repoussant le spectre d'un régime d'apartheid colonial, acceptant le retour des réfugiés de 1947/48 et ceux de 1967, le retour de ces derniers étant une pré-condition pour une paix durable dans la région."
Cette étude de
la CIA prévoit le retour de tous les Palestiniens dans les territoires occupés et l'exode de 2 millions de Juifs - qui iront s'installer aux US et dans d'autres pays dans les quinze prochaines années. " Il y a plus de 500 000 Israéliens qui détiennent des passeports américains et plus de 300 000 qui vivent dans le seul état de Californie" selon ce qu'a dit le juriste international, Franklin Lamb, lors d'une interview accordée à la TV iranienne Press TV en Mars dernier.

Il a ajouté que ceux qui n'avaient pas de passeport américain ou d'un pays occidental, en avaient déjà fait la demande.
"Donc je pense que c'est écrit sur le mur, au moins pour le public en Israël.... ce qui suggère que l'Histoire rejettera l'entreprise coloniale tôt ou tard..." a-t-il ajouté.
Franklin Lamb, qui a eu accès à ce rapport, dit que
la CIA y fait allusion à la chute rapide et imprévue du régime d'Apartheid d'Afrique du Nord, et rappelle la désintégration de l'Union Soviétique au début des années 90, suggérant que la fin du rêve d'une "terre israélienne" pourrait se produire " bien plus tôt" que tard.
L'étude prédit également le retour de plus d'un million et demi d'Israéliens en Russie et dans d'autres parties de l'Europe, et note un déclin dans le taux de natalité israélien alors que le taux de natalité de la population palestinienne augmente.
Les membres du Comité du Renseignement du Sénat US ont été mis au courant de ce rapport. Il se pourrait donc qu' Obama en ayant eu connaissance, tente en coulisse de convaincre les Israéliens que c'est dans leur intérêt, avant qu'il ne soit trop tard, d'accepter la solution à deux états. Cette solution, le vice président américain, Joe Biden, un Sioniste - c'est ainsi qu'il se présente lui-même - l'a soutenu récemment à la conférence du Lobby pro sioniste AIPAC proche du gouvernement Netanyahou.
Mais, les prédictions de
la CIA risquent de se concrétiser à cause du glissement vers l'extrême droite du gouvernement de Tel Aviv, et cela ne peut aller qu'en s'accentuant, au risque de pousser les "Sionistes modérés" à faire leur valises et partir, ce que certains ont déjà fait, tournant la page du "rêve sioniste".
Le monde débarrassé du Sionisme dans 20 ans ?
Espérons que cela sera, comme le dit le rapport de
la CIA " bien plus tôt" que tard.

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/I




2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 « Plomb durci » : des tonnes d’Uranium Appauvri et d’autres produits cancérigènes déversées sur la bande de Gaza

Du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, l’armée israélienne a conduit dans la bande de Gaza une opération aérienne et terrestre baptisée « Plomb durci ». Dès les premiers jours, le Dr Mads Gilbert, chirurgien norvégien en service humanitaire à l’hôpital de Shifa, dénonçait la présence de matières radioactives dans le corps des blessés, possiblement de l’Uranium Appauvri.

Le 4 janvier 2009, après enquête, l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) alertait la presse et l’opinion : « A Gaza, le génocide à l’Uranium appauvri a commencé, avec les bombes GBU-39 fournies par les Etats-Unis ».

Cette accusation est sortie renforcée de plusieurs mois d’enquête menée en liaison étroite avec les intéressés et avec l’aide de Jean-François Fechino, consultant en pollutions diffuses et expert auprès du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

ACDN vient de produire un rapport de 33 pages et Annexes qui conclut à la présence hautement probable de dizaines de tonnes d’Uranium appauvri (peut-être jusqu’à 75 tonnes) dans le sol et le sous-sol de Gaza.

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif)...
Les résultats détaillés seront bientôt rendus publics.

Les journalistes et les personnes souhaitant en savoir plus peuvent se mettre en rapport avec ACDN par Internet contact@acdn.net ou visiter son site http://www.acdn.net.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire Saintes,

 le 22 mai 2009.


2-2 A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé avec les bombes "GBU-39" fournies par les Etats-Unis.
Mise en ligne le : 4 janvier 2009
L’armée israélienne (Tsahal) a lancé hier soir son offensive terrestre contre Gaza - contre le Hamas et son "jihad", selon le gouvernement israélien. La presse, les médias internationaux se focalisent sur l’événement, qui suscite l’indignation ou l’inquiétude de l’opinion mondiale. Celles-ci seront encore plus grandes lorsque se révélera le drame qui a commencé le 27 décembre dernier avec les premiers bombardements israéliens sur Gaza et qui se poursuit de façon invisible, avec l’emploi par l’aviation israélienne de bombes "GBU-39" - une "arme intelligente" issue du "génie militaire" américain, mais aussi une arme génocidaire.


Les caractéristiques de l’engin

Contrairement à une bombe "gravitationnelle" qui tombe par son propre poids, ce qui exige une estimation précise de l’altitude, la distance et la position de l’avion par rapport à la cible, la "bombe intelligente GBU-39" est (...) capable d’atteindre par ses propres moyens et avec une incroyable précision une cible située jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Apte à voler par tous les temps, elle peut même décrire un cercle et frapper une cible fixe située derrière l’avion. Elle est guidée vers sa cible par un système embarqué de positionnement par GPS et de calcul de trajectoire. Ce système est préprogrammé mais peut être reprogrammé. (*)

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003, après une sévère compétition avec Rayteon, pour développer cette "bombe de faible diamètre" (SDB-Small Diameter Bomb).

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu (avec un amortissement des recherches sur une commande finale espérée de 24 000 unités). A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre les différents laboratoires et fournisseurs civils et militaires, déclarait :

"Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options léthales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme."

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

La SDB-1 ou GBU-39/B est un tube long de 1,80 m environ et de 19 cm de diamètre. Une fois lancé, il déploie des ailerons arrière et latéraux qui stabilisent sa trajectoire. Il pèse 130 kg, dont 93 kg pour la tête explosive.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’un seul missile ordinairement beaucoup plus lourd. Le lancement de chaque missile est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre "léthalité" (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de "dommages collatéraux". Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de "troupes amies"... ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les "lois de la guerre" et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre "anti-guérilla" ou "anti-terroriste"...

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E "Strike Eagles" appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

"Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens."

"La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations "Iraqi Freedom" et "Enduring Freedom". Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci."

La SDB-1 présente une autre caractéristique que la fiche technique de Boeing et la presse israélienne se gardent de préciser. En effet, sur les 93 kg attribués par Boeing à la tête (warhead), 23 sont dus à l’explosif proprement dit, de haute performance. Le reste (...) n’est autre que de l’Uranium Appauvri.(*) Celui-ci présente un avantage supplémentaire : sa haute capacité de pénétration. Il permet à la GBU-39 de percer au moins 90 cm de béton armé (ou plusieurs mètres de terre) avant d’exploser.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement en cours aboutisse fin 2009. Certaines de ses caractéristiques annoncées correspondent à celles données par le Jerusalem Post du 28 décembre 2008. Cependant, rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne dispose déjà de tels engins - à moins que l’offensive contre Gaza ne leur serve de banc d’essai.

Outre son prix "réduit" (de l’ordre de 100 000 dollars pièce - tout est relatif...), l’ensemble de ses caractéristiques faisaient de la GBU-39, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive israélienne contre Gaza. Sa précision permettait d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les "dommages collatéraux" dans la population civile (de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés au Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël). Ce qui limite aussi les risques, politique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre. Par ailleurs, la capacité de pénétration de la GBU-39 permettait de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les 40 boyaux souterrains sous la frontière entre l’Egypte et Gaza, qui rendent poreux le blocus israélien et qui ont été frappés dès le premier jour de l’offensive aérienne.

En septembre 2008, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël, qui lui ont été livrés dans les premiers jours de décembre. La trève de 6 mois acceptée par le Hamas en juin expirait le 19 décembre. Le 27 décembre, l’offensive israélienne commençait.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne avec certitude le crime contre l’humanité.

Le génocide de Gaza a commencé.

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

Le (corps) des bombes GBU-39 est à l’Uranium Appauvri, disions-nous. Mais appauvri en U235 et enrichi en U238, dont la demi-vie radioactive est de 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, la majeure partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols et les nappes phréatiques.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne... et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés malformés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements auront sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire... et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’il a décidé de larguer des bombes GBU-39 à l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, le gouvernement israélien ne pouvait pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ? Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procède, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime ? Car il est clair que les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza. Sait-elle que, même s’ils reviennent indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre dont on nous annonce déjà qu’elle sera longue et sanglante, les soldats de Tsahal seront eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ? On l’a dit, aucun masque ne peut protéger des nanoparticules d’Uranium Appauvri.

Un véritable crime contre l’humanité s’exécute donc sous nos yeux.

S’agissant de l’Irak, ACDN écrivait au président de la République française, le 6 avril 2003 :

"La France doit user de tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser le CRIME CONTRE L’HUMANITE qui se déroule sous nos yeux : l’utilisation de munitions à "Uranium Appauvri" par les troupes de la coalition anglo-australo-américaine, utilisation avérée au moins à Bassora et hautement probable sur d’autres champs de bataille irakiens. Les divers composants de l’uranium appauvri ont déjà provoqué depuis la (première) "guerre du Golfe" une catastrophe humanitaire systématiquement sous-estimée ou niée par les dirigeants des puissances concernées (France comprise, puisque les militaires français victimes du "syndrome du Golfe" se voient dénier tout droit, de même d’ailleurs que les victimes des essais nucléaires français). Les milliards de particules radioactives ainsi émises vont transformer l’Irak en une terre inhabitable pour l’éternité, et retomber sur tout l’hémisphère Nord où elles accroîtront, avec la radioactivité ambiante, les "statistiques" anonymes des cancers. A quoi sert-il de lancer une "campagne nationale contre le cancer" si l’on n’intervient pas à temps pour prévenir l’expansion de l’une de ses principales causes ?"

Cette fois, il s’agit de Gaza, de la Palestine et d’Israël.

Cette fois, le président de la République ne s’appelle plus Jacques Chirac, mais Nicolas Sarkozy, et il sera dans la région dès demain pour tenter d’y ramener le calme, à défaut d’une paix véritable.

Cette fois encore, nous lui disons :

"La France doit faire cesser ce crime contre l’humanité."

Mais pour se faire entendre, elle devra s’engager elle-même à ne plus produire, vendre, transférer ni utiliser dans sa propre armée aucune arme à l’Uranium Appauvri. Au lieu de voter, comme elle l’a fait dernièrement en la seule compagnie des Etats-Unis et d’Israël, contre toute résolution de l’ONU cherchant à établir une commission d’enquête sur les effets de l’UA, la France doit enfin travailler à l’interdiction universelle des armes à l’Uranium Appauvri.

En plus, bien sûr, d’oeuvrer à l’établissement d’un cessez-le-feu général et immédiat à Gaza, et à l’instauration d’une paix juste et durable dans la région, seul moyen de désamorcer les haines, d’assurer la cohabitation des peuples, des croyances, des Etats, des cultures, et de sauver les personnes.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, le 4 janvier 2009

"A Gaza, début du génocide à l’Uranium Appauvri" ⓒACDN, 4 janvier 2009. Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net et d’en informer la rédaction.


(*) Note du 22 mai 2009 : Certains détails de structure de la bombe ont dû être revus à la suite de l’enquête.

A ce jour, nous estimons à environ 75 kg le poids total d’uranium appauvri présent dans le corps de chaque bombe, soit comme composant de l’alliage métallique, soit comme booster de l’explosif.

http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=468%E2%8C%A9=fr


2-3 Daniel Vanhove. L'asphyxie de Gaza continue.
Le poste frontière de Rafah
Samedi 11 avril 2009

Le silence autour de la situation à Gaza n'empêche pas que se poursuive l'asphyxie de ses habitants... bien au contraire!
Après l'agression massive israélienne en ce début d'année, la médiatisation de
la Bande de Gaza est lourdement retombée... alors que pourtant, rien ne s'est amélioré dans les conditions de vie de sa population.
La Communauté internationale est retombée dans son silence complice habituel... confirmant par-là aux Palestiniens, qu'ils ne doivent compter que sur leurs propres capacités pour résister à une occupation qui ne desserre par d'un seul cran, son étau meurtrier...
L'accès à
la Bande de Gaza est toujours étroitement contrôlé par les autorités israéliennes, et la population est ainsi toujours privée de produits strictement élémentaires: nourriture, eau, médicaments.. . Mais qui s'en émeut!? Ces maudits gazaouis ont mal voté en 2006... et nous leur faisons payer chèrement cette erreur du prix le plus élevé, afin que cela serve de leçon pour le futur (et à d'autres), qui sait!?...
Pourtant, voici ce que j'écrivais déjà à propos de Gaza, après un voyage effectué sur place en 2002, dans le cadre des Missions civiles d'observation :
" (...) nous traversons les centaines de mètres séparant le poste frontière d'Israël avec celui de
la Palestine. Un no man's land qui fait froid dans le dos. Présence militaire israélienne de toutes parts. Barbelés, guérites de surveillance, miradors, fusils-mitrailleurs , postes blindés, jeeps et tout ce fatras nauséeux qui attestent qu'ici, des individus jouent à la guerre. Où est l'ennemi? Mais partout, voyons! Partout puisque tout Palestinien est un terroriste en puissance, dans la tête des malades qui dirigent l'Etat d'Israël. En fait d'ennemi, on ne rencontre que des populations exsangues, asphyxiées économiquement et psychologiquement. Des populations terrorisées par les exactions d'une armée bien souvent livrée à elle-même. Des femmes et des enfants qui vaquent au plus urgent, s'approvisionner en nourriture pour la famille. Des jeunes gens qui errent dans les rues. Sans possibilité de se rendre aux cours et qui, ici et là
forment de petites bandes, sans perspective d'avenir. Qui égrènent le temps à longueur de journée. No future! Et des hommes épuisés. Qui sentent avoir perdu toute dignité aux yeux des leurs. Des hommes pour la plupart prostrés, hagards, habillés de vêtements râpés. Des hommes sans boulot. Ce qui entraîne une paupérisation de plus de 80% de la population vivant avec moins de 2 EUR par jour. Voilà l'ennemi d'une armée suréquipée, dont il faudrait surtout parler comme d'une armée ravagée de haut en bas, par une paranoïa sans égale!
Le choc d'entrée dans
la Bande de Gaza est toujours aussi fort. Etendues dévastées par les incursions des chars, fragile réseau de routes dans un état désastreux, nombreuses traces d'incendies et bidonvilles épars où tentent de s'organiser le reste de vie démantelée de familles qui ont tout perdu, suite aux attaques d'une armée qui ne s'embarrasse pas de broyer des vies innocentes. Tout ici, n'est que désolation. Et c'est à l'encontre de cette désolation-là que les soldats s'acharnent encore. A croire que tant qu'il restera une pierre sur l'autre, cette armée de massacres déploiera ses batteries pour en venir à bout. Un cauchemar, Gaza! A la nuance, qu'il s'agit d'une sinistre réalité où survivent des familles décimées. Désolation, désolation ! (...)
Nous sommes sidérés de voir à quel point la situation de
la Bande de Gaza est catastrophique par rapport à la Cisjordanie. Ici, rares sont les maisons recouvertes de briques de façade ou de peinture. Les blocs de parpaings servent en même temps de murs extérieurs et intérieurs à l'habitation. Cela confère encore plus de tristesse à la ville. Tout est gris. Tout semble délabré. A Gaza, chaque mur est un Mur de lamentations ! " (1)
Il y a 7 ans de cela...
Et tout le monde sait, que depuis, la situation n'a fait que se détériorer...
Qu'attendent donc nos responsables politiques pour prendre les mesures qui conviennent et sanctionner l'occupant qui n'a tenu compte d'aucun des avertissements envoyés par différentes Résolutions des Nations unies ou par différentes agences internationales et ONG présentes sur le terrain, y compris, à l'intérieur même d'Israël? Force est de constater que nos politiciens et nos diplomates, signent-là l'une de leur pire parjure, qui se solde par la faillite de leur crédibilité... Et qu'il convient dès lors qu'à l'approche des élections européennes (et belges) les citoyens en retiennent bien la leçon!
Aujourd'hui, un nouveau gouvernement israélien a été formé. Plus à droite que jamais! Dont les ténors musclent leurs déclarations dans une escalade qui en dit long sur ce qui les anime. Au point que, même le Président de l'Etat a dû rassurer
la Communauté internationale. C'est dire ce qui attend encore la situation des Palestiniens. .. et la mobilisation que chaque militant doit conserver.

(1) Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes - 2004 -
Ed. M. Pietteur - Extrait

Daniel Vanhove -
Observateur civil - 11.04.09
Membre du Mouvement Citoyen Palestine


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