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21/06/2009

n°271 - dossiers de l'Afghanistan - 19-06 - Fin - : A Tampa (Floride), les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont en temps réel

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n°271 - dossiers de l'Afghanistan  - 19-06 - Fin - : A Tampa (Floride), les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont en temps rée


dossiers de l'Afghanistan n°271 du 20-06

                        C.De Broeder & M.Lemaire

 



 NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


 Sommaire :  

2 Dossiers

2-5 Rémy Ourdan : Les mercenaires mettent le cap sur l'Afghanistan.

2-6 USA: "Problèmes" dans les contrats de sous-traitants en Irak et Afghanistan.

2-7 Guantanamo : Les dossiers

1 Guantanamo : D’autres révélations

2 Noam Chomsky : La torture : cette vieille routine.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Chris Hedges : Le piège afghan, la bombe à retardement pakistanaise.

3-2  « George Bush, criminel de guerre ! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

2-5 Rémy Ourdan : Les mercenaires mettent le cap sur l'Afghanistan.

Barack Obama a annoncé que l'Afghanistan et le Pakistan étaient le "front central" de la guerre contre Al-Qaida.(…)

Les perspectives d'avenir et les futurs contrats les plus intéressants, estiment les sociétés militaires privées, sont sur le front afghan,  et ils arrivent… Ils tentent(eront)  d'être plus discrets et moins meurtriers qu'en Irak.

La guerre qui depuis trois ans échappe au contrôle des américains font leurs affaires : rares sont les étrangers qui circulent sans protection dans les rues de la capitale afghane, et ils arrivent….

Un incident a mis leur présence en lumière.

En rentrant de dîner le soir du 5 mai, après un accident de voiture, quatre paramilitaires d'une société américaine jusqu'alors inconnue, Paravant, ont mitraillé une voiture afghane : un mort et deux blessés. L'avocat des paramilitaires affirme qu'ils ont fait face à une attaque d'insurgés, alors que l'enquête de la police a prouvé que les passagers du véhicule étaient des commerçants non armés. Comme en Irak, comme dans d'autres incidents en Afghanistan, justice ne sera pas rendue : les hommes ont fui aux Etats-Unis.

Mais l'épisode a révélé que Paravant, qui a un contrat pour l'entraînement de la police afghane, est une filiale discrète de Blackwater, la plus importante société de mercenaires au monde, symbole de la privatisation de la guerre durant les années Bush, impliquée dans de multiples tueries et assassinats en Irak et rebaptisée Xe. Et que ces hommes ne respectaient ni la loi afghane ni leur contrat, portant des armes hors de leur service, des AK-47 que l'on peut acheter au marché noir pour quelques dollars.

L'administration Obama n'a pas indiqué ses intentions face à la privatisation de la guerre.

En Afghanistan, des lois tentent de forcer les mercenaires étrangers à coopérer avec des sociétés afghanes.  

En Afghanistan, Blackwater-Xe a une présence visible avec Presidential Air, qui effectue des rotations d'hélicoptères. Le contrat de protection des diplomates du département d'Etat vient d'être confié à la société britannique Aegis.

Mais l'incident du 5 mai révèle que Blackwater-Xe bénéficie d'autres contrats, comme celui de Paravant. A l'origine, le contrat d'entraînement, d'une valeur de 11 millions de dollars, avait été attribué à la société Raytheon, qui a signé un sous-contrat avec Paravant.

Alors que Blackwater est la cible d'enquêtes aux Etats-Unis, par le Congrès et le Pentagone, la société d'Erik Prince est encore soutenue par l'administration, qui lui confie des missions sensibles. 

"Il n'y aura pas de retour en arrière, pense un officier américain. A moins d'augmenter considérablement les budgets de la défense, l'administration Obama ne pourra pas renationaliser la guerre. Pourtant ces types ne nous posent que des problèmes.

Outre qu'ils gagnent dix fois plus d'argent que nos soldats, ils ne sont soumis à aucune de nos règles. Ils n'ont ni commandement ni sanction. Nous essayons de rallier la population alors qu'eux s'en foutent. Ils viennent gagner des dollars et ils repartent."

Les quatre mercenaires qui ont ouvert le feu le 5 mai ont été licenciés par Blackwater.

Mais dans d'autres cas similaires des hommes sont revenus sur le terrain via une autre compagnie ou une société écran.

"Plus il y a de la guerre, plus il y a du mercenariat, se réjouit "Bob", un mercenaire britannique parlant sous couvert d'anonymat. La nouveauté est qu'après le 11-Septembre, nos activités sont devenues ultralégales. On n'a jamais gagné autant d'argent. C'est un âge d'or." Il reconnaît que "l'arrivée des gars d'Irak pose un problème, car, ici, il faut être plus discrets, ne pas mitrailler les civils comme là-bas". "Bob" admet que les intérêts de ses employeurs diffèrent de ceux de l'OTAN : "Les armées américaine et britannique et les autres sont ici pour gagner une guerre. Pour nous, plus la situation sécuritaire se détériore, mieux c'est."

En Irak en 2007, le nombre de contractuels, mercenaires et autres, par rapport aux soldats en uniforme, a atteint le ratio de 1 pour 1.

Du jamais-vu dans l'histoire des guerres. Et un problème pour la démocratie, puisque les contrats sont souvent opaques et que ces hommes échappent à la fois aux justices nationales et à la justice militaire. Ce n'est pas seulement la loi du plus fort, c'est la guerre en toute impunité.

 ….

Blackwater-Xe a été écartée d'Irak, près de deux ans après que le gouvernement irakien en a formulé la demande, à la suite d'une tuerie en septembre 2007 dans le centre de Bagdad (17 morts).

Le contrat de protection des diplomates du département d'Etat à Bagdad a pris fin le 7 mai et a été transféré à Triple Canopy.

Blackwater conserve toutefois deux contrats en Irak, l'un pour la protection de diplomates américains dans le Sud, l'autre pour sa division aérienne, Presidential Air.

L'un a été renouvelé pour 22,2 millions de dollars en février, soit après l'entrée de M. Obama à la Maison Blanche, ce qui a fait hurler une partie de la gauche américaine. Et cela sans compter les contrats secrets : Blackwater ne dit mot sur ses activités dans le domaine du renseignement. Or ses liens avec la CIA sont plus qu'étroits.

Rémy Ourdan
11.06.09

LE MONDE


2-6 USA: "Problèmes" dans les contrats de sous-traitants en Irak et Afghanistan.
La commission sur les contrats militaires en temps de guerre a publié mercredi un rapport d'étape mettant en exergue des gâchis et des "problèmes" dans les contrats de sous-traitants liés à la présence de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Cette commission a été mise en place par le Congrès en 2008 sur le modèle de la commission "Truman", qui avait enquêté sur les dépenses américaines pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les membres de la commission, plusieurs experts nommés par les responsables des deux partis du Congrès, ont présenté mardi devant des parlementaires de la Chambre des représentants leur premier rapport, un document de plus de 100 pages intitulé "A quel coût? Sous-traitance en Irak et Afghanistan".

Parmi les gâchis relevés par la commission figure notamment la construction d'un réfectoire pour le Camp Delta, base militaire américaine au sud-est de Bagdad, pour la somme de plus de 30 millions de dollars. Or, il existe déjà un réfectoire sur le site et la livraison de celui-ci est attendue pour décembre 2009, alors que les troupes américaines seront en phase de retrait. 

Le rapport souligne également le coût humain "moins connu" de la sous-traitance: 1.360 employés des entreprises de sous-traitance sont morts en Irak et en Afghanistan depuis le début des interventions américaines qui, souligne le document, ont fait 4.973 morts parmi les militaires américains et au moins 13 parmi les civils employés par le département de la Défense.

La commission relève également certains "problèmes", notamment dans le domaine de la sécurité.

Ce secteur a déjà été marqué par l'affaire Blackwater, une société dont le nom avait été sévèrement entaché à la suite d'une fusillade en 2007 qui avait fait 17 morts à Bagdad.

Ainsi, le document souligne que le bureau chargé de superviser le secteur de la sécurité et l'emploi de gardes armés en Afghanistan est sous la responsabilité de la société privée Aegis et non sous celle de militaires américains comme en Irak.

Cette situation pourrait mener à "un conflit d'intérêts", selon les déclarations de Michael Thibault et Christopher Shays, les deux présidents de la commission, si Aegis devait envoyer en Afghanistan ses propres gardes armés.

Plus de 240.000 personnes sont employées par environ 1.200 sous-traitants pour le soutien des troupes américaines (logistique, sécurité, reconstruction) en Irak et en Afghanistan.

 10 juin 2009

AFP


2-7 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Guantanamo : D’autres révélations.

Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre 2001, affirme avoir fait des aveux mensongers sous la torture.

C’est ce qui ressort des comptes-rendus de ses auditions devant un tribunal militaire de Guantanamo, rendus publics lundi. Ces documents ont été publiés à la suitte d’un recours juridique intenté par l’American Civil Liberties Union, une importante association de défense des droits et libertés.

« J’ai inventé des histoires », a déclaré Khalid Cheikh Mohammed lors d’un des interrogatoires menés sur la base cubaine, en 2007.

Par exemple, Mohammed affirme avoir été torturé après avoir dit ne pas savoir où se trouvait Oussama ben Laden. Il a alors suggéré un lieu où se trouverait le chef d’Al-Qaïda, mais aurait aussi été torturé ensuite. Quand il a répondu non à d’autres questions, il a encore été malmené, selon ses affirmations.

Selon les transcriptions de ses auditions devant la cour martiale, Khalid Cheikh Mohammed a toutefois revendiqué avoir participé à 29 actions terroristes.

En avril dernier, une note interne du département de la Justice datant de 2005 indiquait que la CIA avait soumis 183 fois à la simulation de noyade Khalid Cheikh Mohammed.

Les extraits publiés lundi révèlent également qu’un autre détenu, Abou Zoubaydah, a affirmé à la cour qu’« il avait cru mourir quatre fois » sous la torture lorsqu’il était interrogé par la CIA. « Après des mois de souffrances et de tortures, physiques et mentales, ils ne s’intéressaient plus aux blessures qu’ils m’avaient infligées, à l’oeil, à l’estomac, à la vessie, à ma cuisse gauche et à mes organes génitaux. Ils se fichaient du fait que j’étais presque mort de ces blessures, les médecins m’ont dit que j’avais failli mourir quatre fois », dit-il dans l’un des enregistrements.

Abou Zoubaydah est le premier détenu qui a été soumis aux méthodes d’interrogatoires musclées autorisées sous l’administration de George W. Bush. Les interrogatoires consistaient notamment en simulation de la noyade, à projeter le détenu contre les murs ou encore à le forcer à demeurer nu pendant de très longues périodes.

Les déclarations rendues publiques lundi sont extraites des audiences devant un tribunal militaire de Guantanamo qui devait, sous la présidence de Bush, statuer quels détenus de devaient être considérés comme des « combattants ennemis ». Ce titre était nécessaire afin d’emprisonner les détenus pour une durée illimitée. Ces audiences n’étaient ouvertes ni aux avocats ni au public.

L’Italie accueillera des détenus

Par ailleurs, l’Italie va accueillir trois détenus de la prison cubaine, a annoncé le président américain Barack Obama, lundi, après un entretien à la Maison-Blanche avec le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi. Le président Obama n’a pas précisé quels étaient les détenus en question, ni leur nationalité.

Barack Obama a annoncé dès son entrée en poste, en janvier, sa décision de fermer la prison militaire d’ici un an. Pour y parvenir, il espère notamment que des pays étrangers accueillent les prisonniers qui ne pourraient pas retourner dans leur pays d’origine sans risque.

L’Union européenne a confirmé lundi qu’elle était prête à aider Washington à fermer Guantanamo en recevant sur son territoire des détenus libérés. Récemment, la France a accueilli un Algérien qui a été détenu plus de sept ans à Guantanamo et contre lequel aucune charge n’a finalement été retenue.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters

Radio-Canada.ca Lundi 15 mai 2009

 Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article301


2 Noam Chomsky : La torture : cette vieille routine.

Les mémorandums  sur la torture donnés à connaître par la Maison Blanche ont suscité ahurissement, indignation et surprise. Ahurissement et indignation sont compréhensibles, sentiments provoqués en particulier par  le rapport du Comité sénatorial des Forces Armées sur le Traitement des détenus, récemment publié.

Au printemps 2002, ainsi que le révèle le rapport, les interrogateurs de Guantanamo furent l’objet d’une pression croissante émanant de la hiérarchie afin que soit établi un lien entre l’Irak et al Qaeda. L’application du « sous-marin », entre autres formes de torture, a permis d’obtenir d’un détenu une « preuve» : cette « preuve» fut utilisée pour aider à justifier l’invasion de l’Irak par Bush et Cheney, l’année suivante.

Mais pourquoi cette surprise à propos des mémorandums sur la torture? Même sans qu’il y ait eu enquête, il était raisonnable de supposer que Guantanamo était une chambre de torture. Quelle autre raison y aurait-il eu d’envoyer les prisonniers dans un endroit où ils seraient hors d’atteinte de la loi ; de plus, un endroit que Washington utilise en violation d’un traité que Cuba se vit déjà obligé de signer sous la menace des armes ? Le raisonnement selon lequel il s’agissait d’une question de sécurité est difficile à prendre au sérieux.

Une raison plus générale de ne pas être très surpris: la torture a été une pratique routinière dès les premiers jours de la conquête du territoire national par les Etats-Unis. Et plus tard encore, quand les incursions impériales de l’« empire infant » - ainsi que George Washington appela la nouvelle république – s’étendirent aux Philippines, en Haïti et  d’autres lieux encore.

Par malheur, la torture fut le moindre des nombreux crimes - agression, terreur, subversion et étranglement économique - qui ont obscurci l’histoire des Etats-Unis, comme, en bonne partie, celle des autres grandes puissances. Les révélations actuelles sur la torture mettent une fois de plus l’accent sur l’éternel conflit entre « ce que nous paraissons » et « ce  que nous sommes »

Noam Chomsky   

16 Juin 2009 14:11 

Traduit par Jean-Pierre Plumat et révisé par Magali Urbain pour Investig'Action.

Source: Clarin

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2093:la-torture-cette-vieille-routine&catid=6:articles&Itemid=11

 



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Chris Hedges : Le piège afghan, la bombe à retardement pakistanaise.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Chris Hedges a rencontré le docteur Juliette Fournot, ancienne responsable des opérations de MSF Mme Fournot, qui connaît bien l’Afghanistan pour y avoir résidé durant l’adolescence, replace le conflit actuel dans une histoire de longue durée qui fait terriblement défaut ici.

Elle rappelle que le soutien américain aux jihadistes durant la dernière guerre, largement instrumentalisé par le Pakistan, n’a jamais eu pour objectif d’aider l’Afghanistan et les afghans, mais uniquement d’affaiblir une union soviétique moribonde.

A l’époque, les groupes modérés et laïques étaient ignorés par les USA, tandis que l’Arabie Saoudite exportait ses prêcheurs fondamentalistes, dans l’indifférence de leur allié.

Si nous sommes oublieux de ce passé récent, les Afghans eux s’en souviennent fort bien.

Quelques remarques.

Les forces occidentales ont épuisé leur crédit moral en Afghanistan. Le renforcement du corps expéditionnaire qui affrontera l’offensive de printemps des talibans, la multiplication des attaques aériennes sur le sol pakistanais, feront à coup sûr de nouvelles et nombreuses victimes civiles, qui renforceront la détermination des Pachtounes à ne pas accepter de transiger, ni en Afghanistan, ni au Pakistan.

La guerre menée en Afghanistan est une cause perdue. Mais l’enjeu désormais, c’est la stabilité du Pakistan. En poursuivant et en étendant les opérations militaires, le risque de voir se déclencher la « bombe à retardement » pakistanaise est accru d’autant.

Faute de prendre conscience collectivement de cette situation - aussi désagréable soit-elle - ce constat nous échappe : avec sa crise économique qui répand la misère dans le monde, ses spéculations sur les matières premières et les grains, ses sanglantes aventures militaires, l’occident est objectivement l’un des facteurs majeurs de déstabilisation de la sécurité mondiale, largement perçu comme tel. Mais nous sommes les seuls à ne pas le voir.

Les corps de plusieurs dizaines - peut-être plus d’une centaine - de femmes, d’enfants et d’hommes, dont les cadavres ont été déchiquetés par les bombes à fragmentation lancées par l’aviation américaine sur un village de la province occidentale de Farah, illustrent l’ineptie de la guerre d’Afghanistan.

Nous n’amenons pas la démocratie pas plus que la liberté ou le développement. Nous y apportons des modes sophistiqués de massacre industrialisé. En employant ce terrible et brutal instrument qu’est la guerre dans un pays dont nous ne savons que peu de choses et sommes incapables de comprendre, nous incarnons la barbarie que nous prétendons vouloir combattre.

Nous ne sommes pas moralement différents des psychopathes présents chez les talibans, et dont les Afghans se souviennent que nous les avons renforcés, financés et armés au cours des 10 années de guerre avec l’Union soviétique. L’acide lancé sur le visage d’une jeune fille, et les décapitations ? La mort tombée du ciel ou rencontrée dans les champs parsemés de bombes à sous-munitions ? Tel est le langage de la guerre. Celui que nous parlons. Celui que nos adversaires parlent.Les survivants de l’attaque ont transporté en camion environ deux douzaines de cadavres de leurs villages jusqu’à la capitale de la province cette semaine pour dénoncer publiquement le carnage. Quelque 2 000 Afghans en colère sont descendus dans les rues de la capitale, scandant « Mort à l’Amérique ! ». Mais la douleur, la peur et la rage des victimes n’émeuvent pas ceux qui invoquent de nobles vertus pour justifier le carnage. La mort d’innocents, nous assurent-ils, est un coût tragique de la guerre. C’est regrettable, mais cela arrive. C’est le prix qui doit être payé. Ainsi, guidé par un président qui à nouveau n’a pas d’expérience de la guerre et s’en remet à ses généraux et militaires dont la carrière, le pouvoir et les profits dépendent de l’extension du conflit, nous sommes transformés en monstres.

Il y aura bientôt 21 000 soldats et Marines de plus en Afghanistan, qui seront là à temps pour l’offensive de printemps des talibans. Il y aura plus d’affrontements, plus de bombardements, plus de morts et plus de désespoir et de colère pour ceux qui seront obligés d’enterrer leurs parents, sœurs, frères et enfants. Le triste rapport rédigé par la Croix Rouge sur les victimes de ce raid aérien, indiquant que les bombes ont frappé des maisons de civils et que le correspondant du CICR membre du Croissant-Rouge se trouve au nombre des morts, deviendra un genre de lecture habituel dans les semaines et les mois à venir. Nous sommes la meilleure arme de recrutement que les talibans possèdent. Nous leur avons permis de renaître de leurs cendres, il y a sept ans, jusqu’à contrôler aujourd’hui ouvertement la moitié du pays et réussir des attaques en plein jour dans la capitale Kaboul. La guerre que nous menons est exportée comme un virus au Pakistan par les drones qui bombardent les villages pakistanais et avec la recrudescence des affrontements entre les militaires pakistanais et une insurrection farouche.

Je me suis entretenu à New York il y a quelques jours avec le Dr Juliette Fournot, qui a vécu adolescente avec ses parents en Afghanistan, parle le dari et a dirigé les équipes de médecins et d’infirmières de Médecins Sans Frontières en Afghanistan durant la guerre avec les Soviétiques. Elle a participé à la mise en place d’opérations médicales clandestines sur la frontière entre 1980 et 1982 et est devenue chef de la mission humanitaire en Afghanistan en 1983. Les bases logistiques du Dr. Fournot étaient établies à Peshawar et à Quetta et elle a organisé une douzaine de missions permanentes clandestines transfrontalières et les dans les zones tenues par la résistance à Herat, Mazar-i-Sharif, Badakhshan, Paktia, Ghazni et Hazaradjat, auxquelles participaient plus de 500 humanitaires internationaux.

Elle est l’un des personnages mis en scène dans un livre remarquable intitulé « Le Photographe », publié par le photographe Didier Lefèvre et le scénariste de bande dessinée Emmanuel Guibert. Le livre raconte l’histoire d’une mission de trois mois en 1986 en Afghanistan dirigée par le Dr Fournot.

Il porte un regard impitoyable sur le coût de la guerre, montrant ce que les bombes, les obus et les balles peuvent faire aux âmes et aux corps. Il raconte l’aveugle fureur destructrice des combats, absente des discours de nos politiques et de nos généraux. MSF s’est retiré d’Afghanistan en Juillet 2004 après que cinq de ses travailleurs humanitaires aient été assassinés dans un véhicule clairement identifié.« Les troupes terrestres américaines sont au milieu d’une histoire qui a commencé à peu près en 1984 et 1985, lorsque le Département d’Etat a décidé d’aider les moudjahidines, les combattants de la résistance, par le biais de divers programmes et d’aide militaire. L’USAID, le bras humanitaire utilisé à des fins militaires et politiques, a servi de base pour développer un autre type de relations avec les Afghans », se souvient-elle. « Les Afghans étaient très reconnaissants de recevoir des armes et du matériel militaire de la part des Américains. »« Mais la manière dont l’USAID a distribué son aide humanitaire était très discutable », ajoute-t-elle. « Cela me déconcerte encore aujourd’hui. Ils ont donné la plupart de l’aide à des groupes islamiques comme le Hezb-e Islami de [Gulbuddin] Hekmatyar.

Et je pense que c’est peut-être parce qu’ils étaient plus intéressés par la stabilité future du Pakistan plutôt que par sauver l’Afghanistan. L’Afghanistan fournissait probablement une bonne occasion de frapper l’Union soviétique et de la saigner. Je n’ai pas vu de plan pour reconstruire l’Afghanistan ou y ramener la paix. Il semble que l’Afghanistan ait été un outil pour affaiblir l’Union soviétique. Le plus souvent les services de renseignement pakistanais étaient laissés décider ce qui serait le mieux, comment procéder, et comment, ce faisant, ils pourraient se renforcer eux-mêmes. »Les Pakistanais, déclare le Dr Fournot, ont développé une relation étroite avec l’Arabie saoudite. Les Saoudiens, tout comme les Américains, ont inondé le pays avec de l’argent et y ont également exportés des religieux wahhabites, conservateurs et souvent radicaux. Les Américains, conscients de cette relation avec les Saoudiens, ainsi que du programme secret d’armement nucléaire pakistanais, détournaient le regard. Washington a semé, sans le savoir, les germes de la destruction en Afghanistan et au Pakistan. [Les américains] ont entraîné et armé les militants qui les tuent aujourd’hui.

Cette relation, souligne-t-elle, rendait perplexes la plupart des Afghans, qui ne sont pas favorables à cette forme radicale de l’islam. La plupart des Afghans, dit-elle, se demandaient pourquoi l’aide américaine allait presque exclusivement aux islamistes radicaux, et non pas aux mouvements de résistance laïques et plus modérés.« La population se demandait pourquoi ils n’avaient pas plus de crédibilité aux yeux des Américains », rappelle-t-elle. « Ils ne pouvaient pas comprendre la raison pour laquelle l’aide s’arrêtait au Pakistan et était distribuée à des partis politiques ayant un poids limité en Afghanistan. Ces groupes ont stocké des armes et ont commencé à se combattre les uns les autres. Ce que les gens dans les provinces recevaient était minime et de peu d’importance. Comment les gens voyaient-ils tout cela ? Ils avaient eu de grands espoirs au début et sont devenus peu à peu déçus, amers et se sont sentis trahis. Cela a jeté les bases de la suspicion, de la méfiance et de la déception envers les États-Unis et l’OTAN. »Le Dr. Fournot voit dans le projet américain en Afghanistan un reflet de l’occupation soviétique, promise à l’échec, qui avait débuté en Décembre 1979. Une population afghane assiégée, brutalisée, soumise au chaos et la violence, souhaitait désespérément un retour à la stabilité et la paix. Les Soviétiques, tout comme les Américains, ont parlé d’égalité, de prospérité économique, de développement, d’éducation, de droits des femmes et de liberté politique. Mais en l’espace de deux ans, le visage terrible de la domination soviétique avait remplace les promesses des discours. Les Afghans se sont insurgés pour chasser les Soviétiques du pays.

Le Dr. Fournot craint que ces années de guerre n’aient détruit le concept de nation. « Il y a eu tellement de destructions au plan personnel et psychologique », s’inquiète-t-elle. « Plus de 70% de la population n’a jamais connu autre chose que la guerre. Les enfants ne fréquentent pas l’école. La guerre est la normalité. Elle procure cette poussée d’adrénaline qui donne un sentiment de puissance momentané, et c’est ce qu’ils ont vécu. Comment peut-on construire une nation sur cette base ? »Les Pachtounes, explique-t-elle, ont bâti une alliance avec les talibans pour rétablir le pouvoir pachtoune qui a été abattu durant l’invasion de 2001. La frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan est vue par les Pachtounes comme une démarcation qui a été dessinée par les pouvoirs impériaux au milieu de leurs terres tribales. Il y a 13 millions de Pachtounes en Afghanistan et 28 millions au Pakistan. Les Pachtounes combattent à Islamabad et à Kaboul les forces qu’ils estiment vouloir les priver d’autonomie et s’en prendre à leur honneur. Ils ne voient pas de différence entre les militaires pakistanais, les troupes américaines et l’armée afghane.Islamabad, bien qu’il combatte les forces des talibans dans les provinces ou la vallée de Swat, ne considère pas les talibans comme un ennemi mortel. L’ennemi est et a toujours été l’Inde. L’équilibre de la puissance avec l’Inde exige que les autorités pakistanaises veillent à ce que tout gouvernement afghan soit son allié. Cela signifie qu’elles ne peuvent pas aller trop loin avec les Pachtounes dans la province de la Frontière du Nord-Ouest ou en Afghanistan. Elles doivent conserver des canaux de communication ouverts. Le jeu du chat et la souris entre les autorités pakistanaises et les Pachtounes, qui rend furieux Washington, ne s’arrêtera jamais. Islamabad a besoin des Pachtounes au Pakistan et en Afghanistan plus que les Pachtounes n’ont besoin de lui.Les États-Unis attisent les feux de la guerre. Plus nous envoyons de soldats en Afghanistan, plus nous envoyons de drones bombarder le Pakistan, plus nous effectuons de bombardement aériens, pire la sera la situation future. Nous avons tué deux fois plus de civils que les talibans cette année et ce nombre va sûrement augmenter dans les mois à venir.« Je trouve ce terme de « dommages collatéraux » déshumanisant », déclare le Dr Fournot, « comme si c’était une nécessité. Les gens sont sacrifiés sur l’autel d’une idée. Les forces aériennes sont aveugles. Je le sais pour avoir été prise dans de nombreux bombardements ».Nous sommes face à deux solutions inconfortables. Nous pouvons nous retirer et ouvrir des négociations avec les talibans ou continuer à poursuivre la guerre jusqu’à ce que nous soyons chassés. Les régimes corrompus et impopulaires de Hamid Karzai en Afghanistan et d’Asif Ali Zardari sont des alliés impuissants. Plus longtemps ils seront liés aux États-Unis, plus ils deviendront faibles. Et s’ils s’affaiblissent, plus forts seront les appels pour une intervention au Pakistan. Durant la guerre du Vietnam, nous avons envahi le Cambodge pour assurer la stabilité de la région et couper les voies d’approvisionnement des sanctuaires rebelles. Cette tactique n’a fait que renforcer les Khmers rouges. Nous semblons nous diriger, de la même manière, au même résultat avec les islamistes radicaux en Afghanistan et au Pakistan.« Si les Américains renforcent l’effort de guerre en Afghanistan, ils seront aspirés vers le Pakistan », avertit le Dr Fournot. « Le Pakistan est une bombe à retardement. Il y a une énorme population de 170 millions de personnes. Il y a la force nucléaire. Le Pakistan est beaucoup plus dangereux que l’Afghanistan. La guerre a toujours sa propre logique.

Une fois que vous avez mis le pied dans la guerre, vous ne la contrôlez pas. Elle vous entraine. »

Chris Hedges

Publication originale Truthdig, traduction Contre Info

11 mai 2009

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2716



3-2  « George Bush, criminel de guerre ! ».
1 500 personnes réclament l'arrestation des criminels de guerre Bush et Clinton à Toronto
Plus de 1 500 personnes ont manifesté devant le Centre des Congrès du Toronto métropolitain le 29 mai pour dénoncer la présence des présidents Bush et Clinton à une conférence sélecte et pour exiger leur arrestation en tant que criminels de guerre.
Alors que Bush et Clinton s'adressaient aux riches participants à l'événement à l'intérieur, dans la rue les gens scandaient : « George Bush, criminel de guerre ! », « Emprisonnez George Bush », « Bill Clinton, criminel de guerre », « Stephen Harper, criminel de guerre » et « Renvoyez Bush chez lui, laisser les résistants de guerre rester ! » pendant plus de trois heures durant les heures de pointe au centre-ville.
Les nombreuses pancartes condamnant Bush comme criminel de guerre étaient visibles partout et il y avait une grande bannière suspendue portant le portrait de George Bush en uniforme de prisonnier. Avant le départ de la manifestation, les participants ont été invités à lancer des chaussures à la tête de Bush comme l'a fait le journaliste irakien Muntadar al-Zaidi, arrêté et condamné à trois ans de prison pour avoir lancé son soulier à Bush en signe de colère face aux crimes commis contre le peuple irakien.
Les manifestants ont exprimé la demande du peuple canadien que le Canada défende la primauté du droit international et s'acquitte de son devoir en tant que membre de la communauté des nations en traduisant les criminels de guerre en justice, quels qu'ils soient.
Rolf Gerstenberger, président de la section local 1005 du syndicat des Métallos, était un des nombreux intervenants à la manifestation. Il a dit que cette action était très importante parce que la communauté internationale a déclaré que le crime suprême contre l'humanité est celui de la guerre d'agression contre un pays souverain, un crime contre la paix. Il a dit que les travailleurs et le peuple du Canada ne toléreront pas que le gouvernement canadien et les riches laissent des criminels de guerre comme Bush et Clinton se promener librement au Canada et essayer de justifier leurs crimes auprès du public canadien et du public international.
Khaled Mouammar de la Fédération canado-arabe a parlé des millions de personnes qui ont été tuées ou déplacées en Afghanistan et en Iran sous le régime Bush, et des plus d'un million d'Irakiens qui sont morts à cause des sanctions économiques de l'administration Clinton. Il y a là suffisamment de preuve pour inculper Bush et Clinton de crimes contre l'humanité, a-t-il dit. Lui et d'autres intervenants ont condamné le gouvernement Harper pour avoir permis à ces criminels de guerre de venir au Canada alors qu'il a refusé l'entrée à l'activiste anti-guerre George Galloway et qu'il a expulsé des résistants américains qui ont refusé de participer à une guerre immorale en Irak, une guerre justifiée par le mensonge.
L'activiste autochtone Decajeweiah (Splitting the Sky) a raconté sa tentative de faire une arrestation de simple citoyen lorsque Bush était à Calgary en mars dernier. Il avait formellement demandé à la GRC de mettre Bush en état d'arrestation dès son arrivée au Canada aux termes de la loi canadienne sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Voyant que les autorité n'allaient rien faire, il a décidé d'aller l'arrêter lui-même. Mais au lieu de le laisser exercer son droit de faire une arrestation de citoyen, les policiers l'ont arrêté et c'est lui qui doit maintenant répondre à des accusations.

Son procès n'aura pas lieu avant mars 2010. Decajeweiah a fait remarquer que lorsque l'État canadien refuse d'arrêter des criminels de guerre comme Bush et Clinton, c'est le peuple qui doit prendre les choses en main et défendre le droit international.
À la conclusion de la manifestation, la foule a scandé : « Arrêtez Bush », « Arrêtez Clinton » et « Faites votre travail » face aux nombreux policiers déployés derrière les barricades dressées pour protéger les criminels de guerre de la colère du peuple.

5 juin 2009

http://fischer02003.over-blog.com:80/article-32297101.html

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39106.htm#1



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

Commentaires

Waouh ! Ce blog est juste comme mon ancien ! C'est sur un sujet totalement différent, mais il a peu près la même mise en page et le design. Grand choix de couleurs !

Écrit par : maxosize temoignage | 08/10/2014

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