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24/06/2009

Journal d'Irak - du 13/06au 23/06/09 – Fin - Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan

Journal d'Irak - du 13/06au 23/06/09 – Fin - Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan



Journal d'Irak

n°442               du 13/06                   au 23/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

6 Les brèves

6-3 Les Américains n'interviendront plus dans les combats dès fin juin.

6-4 Volker Braütigam : Ils fourbissent leurs armes contre le peuple.

6-5 USA: "problèmes" dans les contrats de sous-traitants en Irak et Afghanistan.

6-6 Tortures : les « aveux » d’Al-Libbi et la guerre du Golfe de 2003.

7 Dossier & Point de vue

7-1 Mohamed Hassan : Le trou noir de l’Empire.

7-2 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

7-3 Michel Moutot : A Tampa en Floride, les guerres d'Irak et d'Afghanistan en temps réel.

7-4 Le 'symbole' Halliburton.

 


6-3 Les Américains n'interviendront plus dans les combats dès fin juin.

Les forces américaines n'interviendront plus dans les opérations de maintien de l'ordre après leur retrait des agglomérations irakiennes à la fin du mois, a affirmé le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki dans un entretien au Monde.

"Nous ne leur demandons plus d'intervenir dans les combats ou les opérations de maintien de l'ordre. C'est terminé", selon cet entretien publié mardi par le quotidien français.

Selon lui, le gouvernement irakien fera appel à eux "uniquement pour les besoins logistiques". "C'est surtout pour transporter nos troupes que nous faisons appel à eux parce que nous n'avons plus d'avions. Voilà pourquoi nous allons acheter des hélicoptères à la France et aux Etats-Unis", a-t-il dit.

Lundi, le général Ray Odierno, le chef des troupes américaines, a confirmé que la majorité des troupes américaines étaient déjà redéployées hors des villes d'Irak et que le retrait des agglomérations prévu fin juin était en bonne voie.

Le chef du gouvernement irakien a également affirmé ne pas "croire à une explosion de violence après le 30 juin". "De toutes façons, les rapports américains eux-mêmes disent que nos forces sont aptes à prendre le relais", a-t-il souligné.

"Il n'y aura pas de retour en arrière, il n'est pas question de revoir l'accord de retrait américain", conclu en novembre 2008 et qui prévoit le départ définitif de tous les Américains d'Irak au 31 décembre 2011, a dit M. Maliki.

Interrogé sur l'avenir des Sahwa, ces milices formées d'anciens résistants sunnites qui ont retourné leurs armes contre al-Qaïda, le Premier ministre a affirmé que "c'était une véritable armée confessionnelle sunnite qui était en voie de formation si l'on n'y prenait garde".

"Ils ont été très utiles à la nation. Ils ont grandement contribué à la mise en échec d'Al-Qaïda. Nous allons tenir nos engagements.

Mais ils ne sont pas au dessus des lois. Ceux qui ont commis des crimes seront jugés, comme les autres", a-t-il souligné.

"Nous allons en intégrer environ 20% dans les forces de l'ordre. Nous continuerons de salarier les autres jusqu'à ce qu'on leur trouve un emploi. Mais on ne peut pas intégrer tout le monde dans les corps de l'Etat", a-t-il encore dit.

Le Premier ministre s'est par ailleurs prononcé pour un système présidentiel alors que depuis 2003 l'Irak vit sous un régime parlementaire.

"Personne ici ne veut revenir en arrière. Cela dit, je crois que le système est plus représentatif quand le chef de l'Etat est directement élu au suffrage universel. En Irak, un président élu serait plus apte à mettre fin au système de quotas communautaristes et confessionnels. Ce n'est encore qu'une idée, une proposition. Il faut en discuter et trouver une majorité pour le faire", a-t-il assuré.

Il a par ailleurs annoncé que pour les élections de janvier 2010 il ne conduirait pas "une coalition chiite" mais une "coalition nationale de l'Etat de droit". "Elle aura un programme national et sera ouverte à toutes les composantes nationales : sunnite, kurde, chiite et autres", a-t-il souligné.

Le Premier ministre a par ailleurs souhaité le départ du territoire irakien des 3.500 membres des Moujahidine du peuple, une organisation fondée en 1965, avec pour objectif d'abord de renverser le régime iranien du Chah, puis le régime islamiste à Téhéran.

16-06

 (AFP) -

http://qc.news.yahoo.com/indepth/irak/s/afp/090616/monde/irak_usa_retrait_1


6-4 Volker Braütigam : Ils fourbissent leurs armes contre le peuple.

Extraits

En Irak, les troupes US testent les armes allemandes

Pour inventer et fabriquer de nouvelles armes, l’Allemagne n’a pas besoin de copier les USA, bien au contraire : ce sont les USA qui ont importé de nouvelles armes mises au point en Allemagne et en ont testé quelques-unes en Irak, par exemple le canon à micro-ondes12 de la firme Diehl BGT Defence –  une des nouveautés  desquelles l’armée et la police allemande sont déjà équipées ou pourraient l’être incessamment. 13 

  L’ Active Denial System (ADS)13 utilise, tout comme les scanners d’écoute et de surveillance, dont nous avons déjà parlé la technique des micro-ondes.  Un faisceau d’ondes électromagnétiques est censé ne pénétrer que les 4 premiers dixièmes de millimètre de peau. Le faisceau émis par le « canon », et qui ressemble à une coupelle reste compact sur plusieurs centaines de mètres et peut échauffer douloureusement la peau des victimes, voire la brûler en cas extrême. Selon des sources Internet, les prototypes de l’ADS ont permis aux troupes usaméricaines de rôtir des Irakiens comme sur un grill. 

  L’Advanced Tactical Laser (ADL) 13 est téléguidé par ordinateur à partir d’un avion. L’impact du faisceau lumineux compact a, paraît-il, à peine la taille d’un dessous de verre et provoque en une fraction de seconde des brûlures de haut degré. Le Pulsed Energy Projectile (PEP) est une arme du même type. Des décharges d’infrarouges au laser de quelques millisecondes chacune créent une impulsion mécanique qui sublime instantanément la surface de la victime (ses vêtements ou sa peau). Une onde de choc due à la vapeur et à l’énergie résiduelle projette la victime au sol. La portée du PEP pourrait atteindre deux kilomètres. Ses effets sont comparables à ceux des armes cinétiques : surdité, cécité, etc.

   Le  canon à bruit 13 a déjà été commandé par le Pentagone. Celui-ci, le Long Range Acoustic Device (LRAD) envoie des signaux acoustiques d’une fréquence de 2100 à 3100 hertz avec une puissance maximale de 150 décibels. Le bruit suraigu du LRAD provoque des douleurs épouvantables chez l’homme et les animaux présents à proximité. À partir d’un haut-parleur plat, il peut être dirigé en entonnoir vers des cibles étendues, par exemple des rassemblements humains. Cette arme prétendument non létale peut elle aussi provoquer de graves lésions (destruction de l’oreille interne et du sens de l’équilibre).

Elle est régulièrement employée en Irak par les troupes usaméricaines.14

   Toutes les armes dont il a été question continuent à être perfectionnées – afin aussi d’abaisser le seuil de tolérance dans le public.

En mai dernier on a discuté de l’état actuel des choses au «Symposium européen sur les armes non létales » qui s’est tenu à Ettlingen, dans le Bade-Wurtemberg. L’hôte de la manifestation était le Fraunhofer-Institut für Chemische Technologie (ICT), une institution publique. Il collabore avec la « Section technique  de défense pour les techniques de protection et spéciales » (WTD 52) de la Bundeswehr (armée fédérale allemande). Cette service considère la recherche et l’expérimentation de « moyens d’action non létaux » (nicht letale Wirkmittel, NLW) comme sa principale compétence.15

  Le symposium a réuni des experts de la lutte contre-insurrectionnelle venus de toute l’Union européenne : secrétaires d’État, militaires, policiers, scientifiques et représentants de l’industrie d’armement. Question débattue à la conférence : la police a-t-elle le droit de faire usage d’armes non létales contre des marches de protestation ou des manifestations - Crowd and Riot Control, CRC- ou l’armée pour des opérations militaires à l’étranger ? On devait discuter aussi de leur emploi pour protéger des cargos  contre des pirates et des « terroristes. » Il faut bien être de son temps.  

11cfhttp://www.diehl.de/index.php?id=91&tx_cltechnicalstuff_pi1%5BshowUid%5D%5BshowUID%5D=13&tx_cltechnicalstuff_pi1%5BshowUid%5D%5BbackPID%5D=43&cHash=8413ae8d8c    

12  cf. www.spiegel.de/wissenschaft/mensch/0,1518,462187,00.html

13 Indications fournies par:  Altman, J. Millimetre Waves, Lasers, Acoustics

13 Indications fournies par:  Altman, J. Millimetre Waves, Lasers, Acoustics for Non-Lethal Weapons? Physics Analyses and Inferences.Hg. Deutsche Stiftung Friedensforschung (DSF), Osnabrück, 2008. (Édité par la Fondation allemande de recherches sur la paix, Osnabruck, 2008  Vgl. www.steinbergrecherche.com/08waffen.htm . Autres sources: www.german-foreign-policy.com/ ; www.globalresearch.ca/index.php?context=otherLang&lan... ; www.informationclearinghouse.info/

14 Rötzer, Florian, «Sound-Laser»,  22.09.2005. Vgl. www.heise.de/tp/r4/artikel/20/20992/1.html

15 German-Foreign-Policy, Répression graduée des soulèvements, présenté par l’auteur, voir www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/57490

Volker BRÄUTIGAM 

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Article original publié le 15/6/2009

Source : Zeit-Fragen - Gegen das Volk gerüstet
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7905&lg=fr


6-5 USA: "problèmes" dans les contrats de sous-traitants en Irak et Afghanistan.
La commission sur les contrats militaires en temps de guerre a publié mercredi un rapport d'étape mettant en exergue des gâchis et des "problèmes" dans les contrats de sous-traitants liés à la présence de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Cette commission a été mise en place par le Congrès en 2008 sur le modèle de la commission "Truman", qui avait enquêté sur les dépenses américaines pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les membres de la commission, plusieurs experts nommés par les responsables des deux partis du Congrès, ont présenté mardi devant des parlementaires de la Chambre des représentants leur premier rapport, un document de plus de 100 pages intitulé "A quel coût? Sous-traitance en Irak et Afghanistan".

Parmi les gâchis relevés par la commission figure notamment la construction d'un réfectoire pour le Camp Delta, base militaire américaine au sud-est de Bagdad, pour la somme de plus de 30 millions de dollars. Or, il existe déjà un réfectoire sur le site et la livraison de celui-ci est attendue pour décembre 2009, alors que les troupes américaines seront en phase de retrait. 

Le rapport souligne également le coût humain "moins connu" de la sous-traitance: 1.360 employés des entreprises de sous-traitance sont morts en Irak et en Afghanistan depuis le début des interventions américaines qui, souligne le document, ont fait 4.973 morts parmi les militaires américains et au moins 13 parmi les civils employés par le département de la Défense.

La commission relève également certains "problèmes", notamment dans le domaine de la sécurité.

Ce secteur a déjà été marqué par l'affaire Blackwater, une société dont le nom avait été sévèrement entaché à la suite d'une fusillade en 2007 qui avait fait 17 morts à Bagdad.

Ainsi, le document souligne que le bureau chargé de superviser le secteur de la sécurité et l'emploi de gardes armés en Afghanistan est sous la responsabilité de la société privée Aegis et non sous celle de militaires américains comme en Irak.

Cette situation pourrait mener à "un conflit d'intérêts", selon les déclarations de Michael Thibault et Christopher Shays, les deux présidents de la commission, si Aegis devait envoyer en Afghanistan ses propres gardes armés.

Plus de 240.000 personnes sont employées par environ 1.200 sous-traitants pour le soutien des troupes américaines (logistique, sécurité, reconstruction) en Irak et en Afghanistan.

 10 juin 2009


6-6 Tortures : les « aveux » d’Al-Libbi et la guerre du Golfe de 2003.

 Ali Abdul Hamid al-Fakheri, 46 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule en Libye.

Plus connu sous le nom de guerre djihadiste de Ibn al-Cheikh al-Libbi, il avait dirigé un camp d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan, et été arrêté par les Pakistanais en décembre 2001.

La CIA qui l’avait acheté à ses geôliers, en même temps qu’une dizaine de détenus de « haute valeur », l’avait incarcéré dans un centre de torture en Egypte.

Là, enfermé - selon Newsweek - dans une boite de 20 pouces de haut (50,8 cm) et après plusieurs séances d’interrogatoires « poussés », ses tortionnaires étasuniens lui avaient fait avouer ce qu’ils voulaient entendre, à savoir que Saddam Hussein soutenait al-Qaïda.
En octobre 2002, George Bush avait pu déclarer avoir appris que l’Irak entraînait  « des membres d’Al Qaïda à la fabrication de bombes, poisons et gaz mortels »  afin d’obtenir du Congrès, trois jours plus tard, l’autorisation d’entrer en guerre contre l’Irak, pour « sauver la civilisation ». Colin Powell était revenu à la charge, le 3 février 2003, devant le Conseil de sécurité, affirmant que l’Irak avait livré des armes biologiques et chimiques à Ben Laden. Quand Al-Libbi est revenu plus tard sur ses aveux, ses déclarations n’intéressaient plus personne. La CIA l’avait alors vite remis, dans un état de santé lamentable, aux autorités libyennes qui l’avaient condamné à la prison à vie.
La demande faîte aux Libyens, par l’organisation Human Rights Watch, d’ouvrir une enquête « complète et transparente » sur le décès d'al-Libbi, agit comme un contre-feu. Elle fait passer au second plan les révélations gênantes sur les origines de la guerre d’Irak de 2003. On comprend qu’il est difficile de dire aux parents de soldats tués en Irak que leurs enfants sont morts suite à un mensonge fabriqué, sous la torture, pour les besoins de George Bush et de ses partisans néo conservateurs et pro israéliens.
La disparition Ibn al-Cheikh al-Libbi arrange beaucoup de monde à Washington. Il est peut-être mort des suites de sévices subis en Egypte – ou éliminé pour faire disparaître un témoin - mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’est pas suicidé. Cette pratique est formellement interdite par l’islam.
Source : Gilles Munier, AFI n° 93, Juin 2009 



7 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

7-1 Mohamed Hassan : Le trou noir de l’Empire.

Interview de Mohamed Hassan par Grégoire Lalieu et Michel Collon

Extrait

Pourquoi Bush est allé en Afghanistan.

Pourquoi Obama y va aussi.

…..Avec quelles intentions?

Trois ouvrages majeurs nous permettent de comprendre les racines de la vision des Etats-Unis.

D’abord, La fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Il prétendait que l’Histoire de l’humanité était arrivée à son terme avec l’effondrement de l’Union soviétique et la domination de la démocratie libérale. Ensuite, Le choc des civilisations, de Samuel Huntington. Selon qui l’Histoire ne dépendrait pas de la lutte des classes mais plutôt d’un conflit entre civilisations. Huntington a donc divisé le monde entre ces différentes civilisations, décrétant que la plus agressive serait l’islamique. Le dernier ouvrage, Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski, considère que celui qui dominera l’Eurasie sera l’unique puissance du 21ème siècle. En effet, la majorité de l’humanité vit dans cette zone et l’activité économique y devient plus importante. 

A présent, retournons à la fin de l’administration Clinton. L’année 1997 a été marquée par une sérieuse crise économique : avec l’éclatement de la bulle financière en Asie, le NASDAQ s’est effondré. Lorsque les néoconservateurs ont débarqué à la Maison Blanche avec Georges W. Bush en 2001, la situation économique n’était donc pas brillante. Malgré quoi, ils ont exposé leur objectif très clairement : personne ne doit être capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Pour y arriver, la nouvelle administration cherchait à contrôler le monde en contrôlant les ressources les plus importantes, essentiellement le gaz et le pétrole.

Sous l’influence de Brzezinski, Clinton voulait d’abord dominer l’Europe en élargissant l’Otan, et ensuite gagner l’Asie Centrale. Mais les néoconservateurs ont dit : « Non, nous n’avons pas le temps pour cela. Vu cette crise, nous devons créer et contrôler le Grand Moyen-Orient pour disposer du pétrole ». On sent ce changement dans le discours de Bush après les attentats du 11 septembre lorsqu’il dit : « Vous êtes avec nous ou contre nous »

Avec sa conception de l’Axe du Mal, il voulait élargir la guerre.

La guerre d’Afghanistan - qui pour la première fois dans l’Histoire a été planifiée par la CIA sans la collaboration du Pentagone - n’était donc qu’un prétexte pour entraîner les troupes US et leur donner l’expérience nécessaire pour ensuite attaquer l’Irak.

Vous devez savoir que le renversement de Saddam Hussein était planifié bien avant les attentats du 11 septembre.

Obama veut incarner le changement. Pourquoi concentre-t-il les efforts militaires en Afghanistan au lieu de l’Irak ? 

D’abord, la guerre en Irak a soulevé des difficultés non prévues. Le gouvernement US pensait que c’était la cible la plus facile, car Saddam Hussein ne disposait pas d’une grande armée et une large partie de la population irakienne détestait son régime. Il n’aura fallu que quelques jours, du 20 mars au 10 avril 2003, pour que les Etats-Unis prennent Bagdad. Ensuite, ils ont uniquement protégé l’industrie pétrolière et laissé tout le reste exploser. Paul Bremer, le gouverneur US d’Irak, a détruit les bases de l’ancien régime irakien, démobilisé la police et la structure de l’armée. A ce moment, la résistance a augmenté, et aussi le coût de l’occupation US : huit milliards de dollars chaque mois, (auxquels vous pouviez ajouter un milliard et demi pour l’Afghanistan) ! Durant huit ans, l’administration néoconservatrice a dépensé tout son argent dans cette guerre, sans aucun résultat : ils ne sont parvenus ni à pacifier le pays, ni à créer le gouvernement qu’ils voulaient, ni à obtenir une base populaire, ni à contrôler le pétrole. 

Lorsque la résistance irakienne a révélé la faiblesse de l’impérialisme US et son incapacité à remporter le conflit, le peuple des Etats-Unis est devenu plus attentif sur le plan politique. Le manque de soutien de l’opinion publique pour cette guerre a donc aussi poussé Obama à ce changement. D’autant que sur la scène internationale, cette guerre ne faisait pas l’unanimité : la France, l’Allemagne et d’autres pays ont refusé de partir en Irak. Bref, la décision d’Obama est aussi un moyen de maintenir l’alliance de l’Otan.

Mais une défaite en Afghanistan pourrait marquer la fin de celle-ci.

Mohamed Hassan recommande les lectures suivantes :

    *      Ahmed Rashid, Taliban. Militant Islam, Oil and Fundamentalism in Central Asia, Yale University Press, 2001 (existe en français: Ahmed Rashid, L’ombre des Talibans, Autrement, 2001)
    *      Antonio Giustozzi, War, Politics and Society in Afghanistan, 1978-1992, Georgetown University Press, 2000
    *      Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin in Southeast Asia.
CIA complicity in the global drug trade, Harper & Row, 1972 (existe en français: Alfred W. McCoy, La politique de l'héroïne l'implication de la CIA dans le trafic de drogues, Ed. du Lézard, 1998)
    *      Michel Collon, Media Lies and the Conquest of Kosovo, Unwritten History, 2007 (existe en français: Michel Collon, Monopoly, L’Otan à la conquête du monde, EPO, 2000)

Jeudi, 4 Juin 2009
http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2082:afghanistan-pakistan-le-trou-noir-de-lempire&catid=1:articles&Itemid=2


7-2 Obama accélère les massacres en Irak et en Afghanistan.

extrait

Le candidat Obama avait dit à un public états-unien las de guerre que le fait de transférer quelques forces de l’Irak en Afghanistan stabiliserait cette dernière et aiderait enfin à y vaincre les ‘terroristes d’al Qaeda’ et les seigneurs de guerre. Maintenant qu’il est président, ce sont les besoins des capitalistes les plus puissants des Etats-Unis, plutôt que l’opinion, qui dirigent le déploiement par Obama de la machine de guerre états-unienne.

Afin de contrer le renforcement du sphère d’influence russe, les dirigeants des Etats-Unis exigent une augmentation beaucoup plus importante du nombre de troupes en Afghanistan.

Et puisque l’Irak est crucial au racket pétrolier riche en bénéfices des dirigeants états-unien, les troupes états-uniennes doivent y rester de manière permanente, en attendant une guerre en règle au Moyen Orient.

Les banquiers et les barons pétroliers des Etats-Unis exigent davantage de soldats états-uniens et la mort de davantage de soldats et d’Afghans.

Le 12 février, Stephen Biddle, membre supérieur de l’influent groupe de réflexion Council on Foreign Relations a témoigné devant le Congrès au sujet des besoins accrus des dirigeants états-uniens dans les zones de guerre.

Et ça, c’est dans le « meilleur » des cas. Des conséquences non voulues, comme en Irak, pourrait aboutir à une guerre sans fin qui ferait paraître le débâcle au Vietnam comme une escarmouche.

Biddle a calculé froidement le nombre de morts « acceptable ».

Parmi les soldats états-uniens "des taux de mortalité de peut-être 50 à 100 par mois pourrait perdurer pendant de nombreux mois, sinon des années ».

Il a rappelé que les impérialistes britanniques avaient tué à un rythme deux fois plus soutenu pendant leur répression « réussie » en Malaisie dans les années 1950. Peu importe les massacres comme celui de Herat, laisse entendre Biddle. En vérité, pour les dirigeants des Etats-Unis, les travailleurs et les soldats ne sont que de la chair à canon à bonne à protéger leurs bénéfices.

La possibilité d’une guerre pétrolière en règle au Moyen Orient maintient les Etats-Unis en Irak pour une durée indéfinie.

Biddle, porte-parole pour Exxon, Chase et Citibank, exprime des soucis plus grands à propos de l’Irak. La continuation de la déstabilisation de ce pays « pourrait produire à terme des pressions irrésistibles pour que la Syrie, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore l’Iran entre dans la guerre...

Le résultat dans la décennie à venir pourrait être une version régionale de la Guerre entre l’Iran et l’Irak, mais certains des combattants (surtout l’Iran) aura alors probablement accès à des armes de destruction massive ».

Un événement qui échappe au contrôle des Etats-Unis pourrait « plonger l’une des régions des plus importantes pour la production de l’énergie dans le chaos ».

Par conséquent, dit Biddle, au moins 60 000 troupes états-uniennes doivent rester en Irak dans un avenir prévisible, et peu importe ce que le candidat Obama a promis.

Biddle, ses patrons milliardaires, Obama, et tous les autres hommes politiques des dirigeants connaissent très bien les leçons des guerres du vingtième siècle : la conquête militaire entraînant massivement la perte de vies humaines constitue la seule remède garantie aux bénéfices réduites. Mais l’Histoire enseigne encore autre chose aux travailleurs : notre classe, organisée en partis communistes révolutionnaires, peut vaincre les tueurs-profiteurs. Pendant la première guerre mondiale et la deuxième guerre mondiale, les travailleurs ont triomphé pendant un certain temps en Russie et en Chine, quoique, à cause d’erreurs politiques sérieuses, le capitalisme et l’impérialisme ont été rétablis dans les deux pays. Notre but, c’est de construire un parti qui, un jour, éliminera les fauteurs de guerre, une fois pour toutes.

Translated from Challenge, March 11, 2009, page one:
"Obama Steps Up Afghan, Iraq Massacres"

http://www.plp.org/fr/edit031109fr.html


7-3 Michel Moutot : A Tampa en Floride, les guerres d'Irak et d'Afghanistan en temps réel.

La cible est en Irak ou en Afghanistan. Mais si la frappe aérienne américaine risque de faire des victimes civiles, c'est en Floride, sur la base de Tampa, que la décision de tirer est prise.

Les contingents américains à Kaboul et Bagdad ont bien sûr des postes de commandement et des centres opérationnels, mais c'est sur l'immense base aérienne de McDill, au sud de Tampa, que se prennent les décisions importantes ou délicates: c'est là qu'est basé le "Central Command", dirigé par le général David Petraeus, qui supervise une portion du globe allant de l'Egypte au Pakistan.

Et si, dans le cas des drones Predators armés de missiles, l'opérateur qui appuie sur le bouton est sur une autre base aérienne, près de Las Vegas, il ne le fait qu'après avoir reçu le feu vert de la salle d'opérations du CentCom, le "Joint Operations Center" (JOC).

Dans cette salle aveugle, où on été exceptionnellement admis mardi pendant quelques minutes des journalistes français, une quarantaine d'officiers suivent 24 heures sur 24, sur leurs ordinateurs et des écrans géants, tout ce qui se passe en Irak, en Afghanistan, mais aussi ailleurs au Moyen-Orient et sur les côtes de Somalie.

Sur le grand écran mural de gauche, les images captées et retransmises en direct par les drones de combat ou les avions-espions. Les flux vidéo de reconnaissance et les attaques sont suivis en temps réel.

Pendant la visite de la presse, ce ne sont que des archives filmées en Irak il y a plus de quatre ans.

A droite, un autre écran est assigné en permanence à la chaîne d'information en continu Al Jazira, dans sa version anglaise. Au centre, un écran Powerpoint, sur lequel sont résumées en permanence les données et informations importantes de la journée. Au mur, des horloges à l'heure de Tampa, "Zulu" (GMT), Qatar, Irak, Afghanistan, Pakistan.

"Dans cette salle" explique le capitaine de vaisseau Todd Schappler, commandant de la JOC, "nous surveillons toutes les opérations qui se déroulent dans notre zone de responsabilité. Nous donnons des ordres, rassemblons les informations pour notre patron, le général Petraeus, et aidons les gars sur le terrain dans la visée des cibles".

Parmi les simples écrans d'ordinateurs, deux stations de travail Sun, ultra-puissantes. "Elles sont utilisées pour les calculs de visée des bombardements", explique Todd Schappler.

"Ils déterminent quelles armes employer. C'est fait en même temps, par exemple, à Kaboul. En cas de désaccord, ils en discutent entre eux. Mais en dernier ressort, l'ordre de tir vient d'ici... Souvent, entre-temps la cible a disparu..."

En dépit des bavures, comme celle qui a fait (selon les autorités afghanes) 140 morts civils lors d'un bombardement aérien le 4 mai dans l'ouest du pays, le capitaine Schappler assure que tout est fait pour réduire au minimum ce qu'il qualifie de "dommages collatéraux".

"Si nous détectons une +personne mauvaise+, un terroriste, nous lui assignons un numéro de priorité", dit-il. "Nous tentons de savoir où il vit, ce qu'il fait. S'il est sous une tente tout seul au milieu du désert, c'est une décision facile pour le commandant sur place".

"Mais s'il vit dans un hameau avec des femmes et des enfants, ou près d'une mosquée, d'un site historique, nous faisons une +estimation des dommages collatéraux+, que nous voulons toujours tenter de limiter au maximum. Si le risque est trop grand, nous arrêtons tout".

En cas d'événement important et imprévu, nuit et jour, le chef du JOC prévient l'adjoint opérationnel du général Petraeus ("Nous le réveillons une dizaine de fois par mois"), qui transmet au patron, en déplacement de par le monde la plupart du temps.

Michel MOUTOT

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jJCjCrsg1iwJ8JNrapK6RaaNGQ1Q


7-4 Le 'symbole' Halliburton.

Ainsi, on peut subodorer les deux guerres d’Irak motivées par des raisons économiques liées à la fourniture d’énergie.

Afin de disposer d’un régime politique stable dans ce pays, les Etats-Unis et leurs alliés auraient engagé leurs troupes dans ce pays sous couvert de lutte contre la tentation hégémonique de l’Irak au Koweit en 1991 et de lutte contre le terrorisme en 2003.

De là y voir la seule marque du lobby pétrolier il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas en l’absence de preuves tangibles de leur unique responsabilité. Il reste que des liens forts existent entre la maison blanche, mus par ses faucons, et les intérêts pétroliers.

Ainsi, Halliburton un conglomérat d’entreprises liées à l’industrie du pétrole, modifie sa politique de lobbying dès que George Bush Junior, et surtout son vice-président Dick Cheney, ancien président d’Halliburton, entrent à la maison blanche à partir de 2001. A croire que l’argent devient inutile quand on dispose directement des manettes du pouvoir.

De nombreux cadres dirigeants d’Halliburton font le voyage vers l’administration républicaine ou inversement, témoignage de liens tenus entre les deux organisations. Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence était également liée aux groupes d’influence pétroliers. Elle préconisait notamment, comme l’administration Bush, l’ouverture aux forages de certaines zones de l’arctique.

A la manœuvre sur le protocole de Kyoto

Il reste que le secteur pétrolier est soumis à des variations erratiques que l’extinction progressive des réserves de pétrole, ou plutôt l’extinction progressive des réserves de pétrole en termes d’exploitation bon marché, ne suffit pas à expliquer. Le marché du pétrole est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Par là il dépend de l’état de la croissance mondiale, aujourd’hui atone ce qui explique la chute des prix du baril ces derniers mois et ce malgré la volonté affichée des pays producteurs réunis au sein du cartel pétrolier qu’est l’OPEP de réduire leur production. Le niveau de prix dépend également du niveau des réserves de chaque pays et en premier lieu des Etats-Unis. De plus entre le prix du pétrole sur les marchés mondiaux et le prix à la pompe ou à la cuve, d’autres mécanismes fiscaux mais également liées aux capacités de raffinage entrent en ligne de compte. Et ce sans parler, des produits dérivés du pétrole, dont certains plastiques utilisés quotidiennement par la quasi-totalité des habitants de la planète.

Le pic d’Hubbert

Si les soupçons d’influence pèsent sur le lobby pétrolier à l’occasion des guerres en Irak c’est surtout sur l’évolution des réglementations internationales sur l’émission de gaz à effet de serre qu’elle se fait surtout sentir.

A l’occasion de la négociation de Kyoto 1, l’accord mondial de réduction des gaz à effet de serre, le plus grand pays émetteur du monde, les Etats-Unis, ne ratifient pas le traité. De fait, celui devient pratiquement « caduc ». Le protocole de Kyoto a mis en place le marché des droits à polluer librement cessibles sur le marché pour les entreprises les plus vertueuses et rachetables par celles qui polluent plus que leur quota d’émissions.

Les négociations de Kyoto 2 qui doivent se tenir au Danemark en décembre 2009 seront l’occasion pour le lobby pétrolier de jauger son influence, grandement contre-carrée par les groupes d’intérêts du monde de l’assurance, inquiets des conséquences du changement global sur l’espèce humaine et sur leurs comptes de résultats en fonction des catastrophes naturelles que laissent supposer l’élévation du niveau de température et des eaux sur la planète.

Reste que le lobby pétrolier n’est pas mort. L’API, qui regroupe la majeure partie des intérêts du pétrole et du gaz naturel, ne cesse de rappeler à quel point l’or noir est indispensable à la planète. « Oil and natural gas take us down the street and around the world. They warm and cool our homes and businesses. They provide the ingredients for medicines, fertilizers, fabrics, plastics and other products that make life safer, easier and better", indique les animateurs de l’organisation. Et par là de tenter de ralentir l’entrée en application des mesures réglementaires décidées au niveau mondial. A suivre et notamment sur la question du développement des énergies non-fossiles.

A noter que le lobbying des pétroliers inspire l’industrie du divertissement.

Canal Plus vient de diffuser la première partie d’une série longue consacrée à l’Arrow Oil, une firme du pétrole, peu soucieuse des contingences environnementales, dont voici le trailer.
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-lobby-petrolier-carbure-pour-57649



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Commentaires

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Écrit par : pandora bead | 29/06/2010

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