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25/06/2009

n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Suite - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


n°443 - Les Dossiers d'Irak - 23-06 – Suite  - : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 443                                                           23/06/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Dossier & Point de vue

3-1 Dough Ireland : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

3-2 Stéphane Taillat : Les causes et racines de l’insurrection irakienne. 

3-3 Lyes Menacer : L’Irak d’aujourd’hui risque-t-il de disparaître ?

3-4 Yvonne Ridley Tortures : Pourquoi Obama refuse la publication des photos.

3-5 Les activités du CICR en mai 2009.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Dough Ireland : Des mercenaires dans la Barack d’Obama.

Un rapport rédigé par des démocrates et des républicains révèle que sous l’administration Obama les Etats-Unis emploient de plus en plus de mercenaires pour faire la guerre en Irak et en Afghanistan.

Quand il était encore sénateur, Barack Obama ne se privait pas de critiquer le rôle des mercenaires dans la guerre en Irak.

Maintenant qu’il est président, il perpétue la politique de George W. Bush qui consiste à confier une grande partie de l’effort de guerre en Afghanistan et en Irak à des sociétés et des multinationales privées qui en tirent de faramineux bénéfices. Cette privatisation des conflits armés est la plus aboutie et la plus radicale que le monde ait jamais connue.

Un rapport très officiel d’une commission bipartite (démocrate et républicaine), publié le 7 juin dernier, révèle qu’aujourd’hui près de 250 000 contractuels privés — en clair des mercenaires — font la guerre en Afghanistan et en Irak. Mais la presse américaine n’en parle presque pas. Cette Commission pour les contrats de guerre dans ces deux pays (Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan) a pourtant été constituée l’année dernière, après des révélations sur des fraudes massives dans les contrats attribués par le Pentagone pour ces deux guerres.

Afghanistan : plus de mercenaires que de soldats américains

Selon son rapport, 132 610 contractuels travaillent en Irak pour le compte du Pentagone, soit à peu près l’équivalent du nombre de soldats américains déployés sur place. Plus inquiétant, en Afghanistan, les mercenaires armés ou non (68 197) sont plus nombreux que les soldats en uniforme ! Et depuis qu’Obama est président, le recours à ces contractuels ne cesse de se développer.

Toujours selon le rapport de la Commission, au cours du second trimestre 2009, le nombre de mercenaires œuvrant pour le Pentagone a grimpé de 29% en Afghanistan et de 23% en Irak. Le sénateur Obama qui pestait contres les méfaits et les fraudes des sociétés privées qui les emploient s’est transformé en un président Obama qui adhère à la nouvelle religion « bushienne » de privatisation des conflits.

Le plus grand bénéficiaire de ces deux guerres est KBR, l’ancienne filiale de la multinationale Halliburton, dont Dick Cheney était le Pdg avant de devenir vice-président des Etats-Unis sous George W. Bush. Depuis 2001, KBR a été payée presque 32 milliards de dollars. Et, le mois dernier, la directrice de la Defense Contract Audit Agency, April Stephenson, a témoigné devant le Congrès pour déclarer que KBR était liée à la très grande majorité des cas de fraude dans les zones de guerre ainsi qu’à une grande partie des 13 milliards de dollars de coûts suspects.

3,2 milliards de bénéfices au premier trimestre 2009 pour KBR

Il faut dire que pour ces multinationales de la guerre, le jeu en vaut la chandelle. Ainsi, KBR affiche pour le premier trimestre 2009 des revenus en hausse de 27%, pour un total de 3,2 milliards de dollars. Selon le Financial Times, KBR dispose de surcroît d’un milliard de dollars en liquide dans son coffre et est en train de chercher à acquérir de nouvelles sociétés.

Si la presse américaine a parlé du rapport de la Commission, c’était pour en relever la conclusion spécifiant que la privatisation des guerres en Afghanistan et en Irak signifiait « des milliards de dollars de perdus en fraudes, gaspillage et abus », à cause du manque de supervision et de contrôle par le Pentagone. Par contre, personne n’a jugé utile de lancer un débat sur les dangers de la privatisation des guerres.

La continuité et même l’accélération du recours aux mercenaires sous l’administration Obama témoigne de la puissance de l’incontournable « complexe militaro-industriel » au sujet duquel le président Eisenhower a tiré la sonnette d’alarme, lors de son célèbre discours prononcé à la fin de son mandat, le 17 janvier 1961. Ancien commandant des Forces alliées en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale, Eisenhower avait averti ses concitoyens en ces termes : « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera ».

Des mercenaires torturaient dans les prisons secrètes américaines en Afghanistan

L’augmentation du nombre de mercenaires sous Obama souligne l’érosion des responsabilités dans les crimes de guerre comme ceux commis en Irak par la société Blackwater et détaillés par l’excellent journaliste Jeremy Scahill dans son indispensable ouvrage Blackwater : The Rise of the World’s Most Powerful Military Army, publié en France l’année dernière sous le titre de Blackwater : L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde . Les prisons secrètes en Afghanistan exploitées par des mercenaires et où la torture était pratiquée en est un autre exemple car ces tortionnaires n’étaient redevables de leurs actions envers personne.

Qui plus est, l’emploi de mercenaires institutionnalise le divorce entre les actes de guerre et l’autorité constitutionnelle du Congrès quand il déclare une guerre. Il bafoue aussi le contrôle des militaires par les élus civils démocratiquement issus du suffrage universel, un principe très cher aux pères fondateurs des Etats-Unis.

Irak et Afghanistan : 80 % des contractuels ne sont pas américains

Le rapport de la Commission note que la majorité des mercenaires employés par le Pentagone en Afghanistan et Irak — quelque 80% d’entre eux — ne sont pas américains. Quand on ne compte plus sur ses propres citoyens pour livrer une guerre et dire « J’y crois et je suis prêt à mourir pour », le monde entier devient votre terrain de recrutement. Et c’est ainsi que l’on viole la souveraineté d’autres Etats : en recrutant leurs citoyens pour mener une guerre où leur propre pays n’est pas directement engagé. Avec l’emploi des sociétés de mercenaires, la chasse aux profits mène, de plus, immanquablement à l’escalade de la guerre.

La privatisation des conflits armés sabote la démocratie mais Barack Obama ne fait qu’appliquer une politique centriste de consensus bipartite. L’emploi de mercenaires a toujours été le propre des tyrans dans l’histoire du monde ancien. En accélérant leur déploiement en Afghanistan et en Irak, Obama imite l’Empire britannique dans l’un de ses pires travers au moment où l’Amérique faisait sa révolution pour son indépendance.

Doug Ireland

24 juin

 http://www.bakchich.info/Obama-et-les-sites-mercenaires,08056.html


3-2 Stéphane Taillat : Les causes et racines de l’insurrection irakienne.

Historiquement, le discours porté par les Américains, tant militaires que civils, sur les acteurs et les causes de l’insurrection irakienne (ou plus globalement des violences irakiennes) n’a cessé d’évoluer. L’étudier permet ainsi de repérer les stratégies de (dé)légitimation.

C’est d’ailleurs ce que font les opposants à la stratégie contre-insurrectionnelle lorsqu’ils dénoncent celle-ci comme un changement du discours destiné à l’opinion publique américaine comme aux populations locales (ce qu’il est aussi en partie).

Or, c’est oublier un autre élément : ces discours structurent la compréhension de la mission par l’ensemble des militaires, ce qui, dans le contexte d’une décentralisation croissante de l’action, est crucial.

1) Le discours américain sur l’insurrection : une évolution majeure de la campagne en Irak ?

On le sait, dans un premier temps, l’insurrection est niée par Donald Rumsfeld qui y voit l’action de “jusqu’au-boutistes” du régime de Saddam Hussein tandis que la “campagne de guérilla” annoncée par John Abizaid en juillet 2003 insiste surtout sur les réseaux jihadistes internationaux. Cette vision participe à la délégitimation des mouvements insurgés et démontre surtout une méconnaissance parfaite de la situation politique et culturelle de la société irakienne. 

Dans un second temps, l’insurrection est perçue comme la production “d’anticorps” face à la présence et à l’occupation militaire américaine. Il s’agit d’une vision plus élaborée puisque elle sous-entend que, la “fenêtre d’opportunité” étant passée, les libérateurs ont développé un ressentiment croissant contre eux, tout autant qu’ils ont favorisé la fragmentation sociale et l’amplification de la violence civile. Cependant, il serait faux de croire que cette vision préexiste à la formulation de la stratégie de “l’irakisation par le haut” définie par le général Casey.

A compter de juillet 2004, mais surtout en mars 2005, l’objectif de ce dernier est de transférer au plus vite les responsabilités de la sécurité aux forces irakiennes et de légitimer le nouveau gouvernement issu des urnes. Or, la “doctrine de l’anticorps” -formulée par Abizaid en tant que supérieur direct de Casey- sert surtout à légitimer une posture de retrait décidée dès le premier jour de la campagne “Liberté en Irak”. 

Dans un troisième temps, l’insurrection est précisément définie pour ce qu’elle est, c’est à dire en partie un mouvement de résistance, mais surtout une amplification de la compétition politique du fait du vide du pouvoir provoqué par la chute de Saddam Hussein.

Plus précisément, l’insurrection s’inscrit aussi dans l’histoire plus longue des relations entre les différentes composantes de la société irakienne et dans le cadre de l’évolution sociopolitique de cette dernière. L’insurrection est donc enchâssée au coeur d’un “écosystème conflictuel complexe” (D. Killcullen) qui comprend des éléments de résistance à l’occupation, de guerre interconfessionnelle et de conflit politico-social. Dans ce cadre, les militaires américains se perçoivent comme des arbitres de ces violences chargés de les “stabiliser” mais aussi comme des réformateurs capables de règler les causes profondes de l’insurrection, principalement économiques, sociales et identitaires.

2) Permanence du discours et de ses composantes :

Derrière une succession de ruptures dans le discours et les stratégies qui les soutiennent (ou qui en sont issues en retour), il existe en réalité trois facteurs persistents :

-l’insurrection est exogène à la population irakienne.

-il existe un caractère essentiellement belligène dans la société irakienne.

-la posture individuelle et collective des militaires américains a un rôle déterminant pour attiser ou atténuer le conflit.

Toutefois, ces trois éléments qui structurent l’ensemble du champ de la contre-insurrection en Irak depuis 2003 connaissent des proportions variables selon le locuteur et selon l’époque.

Grosso modo, on peut observer les évolutions suivantes :

-T1 : le premier facteur est central. L’insurrection est décrite comme étant causée par des acteurs étrangers à la population, soit qu’ils soutiennent les restes d’une dictature forcément honnie, soit qu’ils soient les agents de Al Qaeda ou de l’Iran. On peut dire que l’incarnation de l’insurrection dans la figure de Al Zarqawi illustre cette prédominance. On observe pourtant que, si ce premier facteur demeure, il connaît des transformations profondes. A compter de 2006-2008, l’insurrection est mieux comprise dans son contexte politique, culturel et social. Les “causes profondes” (root causes) de l’insurrection ne sont pas niées : ressentiment individuel ou collectif, facteurs identitaires, revendications multiples (notamment des Sunnites) à la participation au processus politique. Les insurgés sont donc classés entre “réconciliables” (ceux dont les griefs sont légitimes et qui peuvent être réintégrés au sein du processus politique) et “irrécupérables” (ceux qui manipulent ces griefs pour des agendas différents, comme l’instauration d’un califat).

-T2 : le second facteur prend de l’importance à partir de l’année 2006, point haut des heurts interconfessionnels (dont on peut se demander si ils ne sont pas avant tout des tentatives pour asseoir le pouvoir de certains groupes et de certaines organisations au sein de chaque communauté- bref, si ils ne sont pas des compétitions intra-communautaires tout autant qu’inter-communautaires). Dans cette optique, l’insurrection est analysée avant tout comme le produit d’une société “pré-moderne” dont les ressorts culturels (honneur, vengeance) et politiques (luttes confessionnelles, rôle de la violence, place supposée des “cheiks et des imams”) sont considérés comme profondément belligènes. On reconnaît là la vision “orientaliste” si prégnante dans les discours académiques américains sur les Arabes et les Musulmans et qui irrigue ici la description d’une société prête à se perdre dans le chaos si elle n’est pas disciplinée et occidentalisée. Néanmoins, cette vision ne cesse d’évoluer à son tour dans une nuance subtile mais importante. Il ne s’agit pas seulement du discours sur “l’arbitrage de la guerre civile” par les militaires américains, mais aussi de la prise en compte au niveau interpersonnel de la réalité de la société et de la culture irakienne dans sa diversité et sa modernité.

En ce sens, ce deuxième facteur cède la place au troisième.

-T3 : présente dès les débuts de l’occupation, l’idée selon laquelle les militaires américains agiraient sur l’insurrection est certainement celle qui domine aujourd’hui, et pas seulement à travers les discours sur les changements culturels, conceptuels et institutionnels au sein de l’Army et des Marines. Au départ, l’analyse porte sur la méconnaissance culturelle irakienne et sur l’impératif de ne pas aggraver les relations entre les populations. En juillet 2003 par exemple, le général Sanchez demande à ce que cessent les opérations de bouclage et de ratissage pour la raison qu’elles produiraient davantage de mécontentement que d’assentiment. D’ailleurs, on devrait savoir gré à Ricardo Sanchez d’avoir cherché le premier à unifier la collecte, l’analyse et la distribution du renseignement, même si cela échoue au bout du compte. Néanmoins, cette perception est partagée par de nombreux militaires déployés en Irak ou présents au coeur des organes de réflexion des institutions. En témoigne l’insistance croissante sur la “sensibilité culturelle” qui débouche sur des réformes dès l’hiver 2003-2004, institutionnalisées en 2005-2006. 

Dans un second temps, la “doctrine de l’anticorps” va plus loin puisqu’elle présuppose non seulement que les Américains sont une partie du problème mais qu’ils sont même LE problème. La présence est considérée comme une “fausse bonne idée” (notamment à travers les patrouilles à pied qui sont perçues comme tendant à exacerber le sentiment de rejet de la population) et conduit au retrait progressif des centre-villes. En clair, il s’agit de “mettre un visage irakien” sur la contre-insurrection pour abaisser le soutien populaire aux insurgés. Bien entendu, cette analyse fait l’impasse sur les compétions politiques internes à la société irakienne et sur le rôle négatif des milices chiites, toujours considérées par la majorité des politiques comme des alliées.

Dans un troisième temps, ce facteur devient dominant avec la vision volontariste incarnée en David Petraeus. Désormais, les militaires américains considèrent qu’ils ont l’initiative et qu’ils peuvent agir pour détruire l’insurrection sunnite et chiite. C’est là l’aboutissement d’une évolution complexe qui ajoute à l’analyse plus fine des “causes profondes” de l’insurrection, une vision plus “neutre” du rôle et du positionnement des forces américaines en Irak (notamment vis à vis des Sunnites). Sur le premier point comme sur le second, il y a là la présence des deux facteurs identifiés plus haut (en tenant compte de leurs inflexions), mais aussi l’influence des débats conceptuels et doctrinaux qui animent les institutions militaires depuis 2004. Il est intéressant de voir qu’il s’agit là d’un décalque presque identique des idées de la “guerre révolutionnaire” et des phénomènes sociologiques les ayant accompagné. Ainsi, dépourvus de directives claires de la part du pouvoir politique, les militaires français en Algérie avaient du créer leur propre rôle à travers les analyses intellectuelles faites dans le cadre de leur perception des conflits de décolonisation au coeur de la “guerre froide”. Dans cette optique, quoi de plus exaltant et (auto-)légitimant que de se voir comme des réformateurs souhaitant “couper l’herbe sous le pied” aux “révolutionnaires nationalistes crypto-marxistes”. C’est pourquoi les militaires français s’étaient vus comme les protecteurs de la population civile, comme les éducateurs et les réformateurs des campagnes, comme les véritables “révolutionnaires” face au FLN… Ce phénomène était à l’intersection entre les réflexions intellectuelles de l’année 1957, les pratiques éprouvées de la période coloniale, et les évolutions sociologiques au sein de l’armée “professionnelle” depuis 1945. Plus finement, il était aussi, comme l’est l’expérience collective et individuelle américaine en Irak, une forme particulière de conversion profonde.

Au bilan, cette réflexion sur la perception de la cause de l’insurrection par les militaires américains questionne aussi la formule doctrinale “populo-centrée” : la population est le centre de gravité de l’insurrection, il faut donc la gagner à sa cause, insurrection et contre-insurrection s’affrontent pour leur légitimité auprès des populations locales. Au-delà, elle questionne aussi certains de ses présupposés corollaires, comme par exemple les relations entre la sécurité et le développement socioéconomique. En effet, ces formulations sont performatives et légitimantes. Traduction sans jargon : elles servent surtout à autoriser les nouvelles procédures tactiques et la nouvelle stratégie. Mais, si elles sont un affinement de l’analyse des causes des insurrections (même si c’est à travers les concepts hérités de la “guerre révolutionnaire”), elles ne permettent pas de trancher tout à fait sur la responsabilité initiale (cause ou condition de possibilité) de la présence militaire américaine en Irak dans le déclenchement et la montée en puissance des insurgés (hors le “péché originel” de l’invasion et de la chute de Saddam Hussein bien sûr)… Ce qui renvoie donc à nouveau à notre problème de l’impossible retrait américain d’Irak dans les conditions actuelles.

Stéphane Taillat

10 juin 2009 -

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-causes-et-racines-de-l-57361




3-3 Lyes Menacer : L’Irak d’aujourd’hui risque-t-il de disparaître ?
Guerre interconfessionnelle et interethnique dans l’ancienne Babylone
Un camion bourré d’une tonne d’explosifs, conduit par un kamikaze, a explosé samedi dernier à Taza, un quartier de la région de Kirkouk (nord-est de l’Irak), causant la mort d’au moins 73 personnes et en blessant plus de 200 autres. Les victimes sont toutes civiles, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants.

L’attentat a été perpétré au cœur d’un quartier peuplé par des Turcomans chiites, une minorité irakienne qui vit majoritairement à Baghdad et à Erbil, ville annexée au territoire du Kurdistan irakien depuis l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

Les Turcomans se disent victimes d’un nettoyage ethnique de la part des trois principales communautés : sunnite, chiite et kurde. Mais les civils turcomans ne sont pas les seuls à périr sous les bombes déposées par des kamikazes issus de ces trois communautés  se partageant un même espace géographique qui s’appelle l’Irak.

Les attentats qui sont régulièrement commis en Irak, depuis maintenant six ans, illustrent l’ampleur de la guerre intercommunautaire et interconfessionnelle dans l’ancienne babylone.

Depuis deux ans, la situation s’est aggravée davantage. La série d’attentats les plus meurtriers a commencé le 23 janvier 2008. L’explosion d’un immeuble piégé à Mossoul, dans le Nord où évolue une majorité kurde sunnite, a fait 60 morts et 280 blessés. Un mois plus tard, 48 pèlerins chiites périssent dans un attentat alors qu’ils se rendaient à la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Baghdad. Le 17 mars de la même année et dans la même ville de Kerbala, une kamikaze tue au moins 52 personnes. Le 15 avril, les chiites répondent à ce massacre par un attentat à la voiture piégée, commis à Baqouba, au nord-est de Baghdad, tuant 40 personnes. Le 24 août, un kamikaze tue au moins 30 personnes, policiers et miliciens anti-al Qaïda dans le district d’Abou Ghraib (25 km à l’ouest de Baghdad). Quelques mois plus tard, le 10 novembre exactement, un double attentat à la bombe sur un marché sunnite d’Azamiyah à Baghdad cause plus de 30 morts. L’année 2008 s’est achevée avec 55 personnes tuées et 95 autres blessées dans un attentat suicide dans un restaurant près de Kirkouk, une région du nord de l’Irak où vit une majorité de Kurdes sunnites et yazidites. L’année 2009 a été inaugurée par un attentat suicide devant un mausolée de Baghdad où sont tués 35 pèlerins chiites, sans oublier les 65 blessés qui ont été enregistrés par les autorités irakiennes. Le 13 février, les pèlerins chiites seront de nouveau la cible d’une femme kamikaze qui tuera 35 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, se rendant à pied à la ville sainte de Kerbala. Le 23 mars, la ville de Jalaoula (130 km au nord-est de Baghdad) sera à son tour secouée par un attentat suicide lors d’une cérémonie de condoléances dans une famille kurde. Bilan de l’attaque : au moins 25 morts et une cinquantaine de blessés.
La communauté chiite de Baqouba sera un mois plus tard la cible de trois attentats suicides quasi simultanés. Au moins 56 personnes décédées, parmi elles
52 pèlerins iraniens. Le lendemain même, des pèlerins chiites seront de nouveau pris pour cible près de leur mausolée de Kazimiyah à Baghdad. Un double attentat suicide allait causer au moins 65 morts, dont 20 pèlerins iraniens.

La série noire des attaques suicides contre les chiites ne s’est pas arrêtée là puisque, le 29 avril dernier, l’explosion de trois voitures piégées au cœur de trois marchés de Sadr City, bastion du chef radical chiite Moqtada Sadr à Baghdad, ont fait 51 morts et des centaines de blessés. Le 20 mai dernier, au moins 40 civils ont péri et 83 blessés dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier majoritairement chiite de Chola (nord-ouest de Baghdad). Samedi dernier, c’était au tour des civils turcomans de payer le prix de cette guerre intercommunautaire et interconfessionnelle, avec 72 personnes tuées et plus de 200 autres blessées dans un attentat au camion piégé à Taza, petite localité située à 30 km de Kirkouk dans le nord de l’Irak.

Entre un nettoyage ethnique et un Irak fédéral, où est le lien ?
Entre la multiplication de ce genre d’attentats suicides et le retrait définitif des forces étrangères, principalement américaines, il existerait, selon de nombreux observateurs, un lien très étroit. Les différentes communautés ethniques vivant en Irak ne semblent plus disposées à former un ensemble cohérent conjugué par une seule appellation : le peuple irakien. Nous sommes en fait loin de cet Irak qui était un exemple de tolérance religieuse et culturelle, l’eldorado des savants européens, arabes et asiatiques qui avaient fait de lui l’une des plus grandes civilisations du monde durant les siècles précédents. De nombreux analystes et spécialistes de l’invasion américaine  estiment que la multiplication des attentats suicides qui porte en eux le cachet de ce conflit interethnique appuie l’idée d’un Irak fédéral que se partageraient les chiites (vivant en leur majorité dans le sud-ouest du pays à la frontière avec l’Iran), les Kurdes au Nord à la frontière avec l’Iran, la Turquie et la Syrie, et, enfin, les sunnites au centre du pays. L’idée de la fédération du Kurdistan irakien a déjà fait son chemin avec le début de l’exportation du pétrole de cette région sous la responsabilité des «autorités» locales kurdes quand bien même elle resterait sous la tutelle directe du pouvoir central du régime d’Al Maliki. Mais d’autres estiment que ce conflit conduirait l’Irak sur une voie qui serait dangereuse car il remet en cause son unité nationale.

L’Irak en tant que pays risque en fait le démembrement total, alerte-t-on. La thèse de sa disparition définitive et de la création de trois nouveaux Etats indépendants est invoquée par les spécialistes de moyen-Orient.

Ces derniers justifient leurs dires par le projet de création d’un ensemble régional du Grand Moyen-Orient (GMO) que les Etats-Unis défendent depuis quelque temps.

Les Américains encourageraient la disparition de l’Irak et sa transformation en trois petits Etats de la taille du Liban et de la Syrie, ce qui assurerait une hégémonie de l’Etat israélien dans la zone.

L’Etat hébreu a toujours craint pour sa sécurité à l’époque où Saddam Hussein était encore l’homme fort de l’Irak. La guerre interethnique serait donc le meilleur moyen d’atteindre cet objectif et le GMO prendrait ainsi naissance en Irak si l’on se fie à ces analyses des experts de la géopolitique et des relations internationales. Mais on sait tous que la création d’un Etat chiite renforcerait un Iran déjà encombrant et dérangeant dans cette contrée du monde avec ses intentions de s’ériger en une force militaire et nucléaire. Autrement dit, ce qui est appelé nettoyage ethnique, guerre interconfessionnelle et intercommunautaire, Etat irakien fédéral, ne répondrait-il pas au seul but des Américains et de leurs alliés occidentaux de faire main basse sur les richesses naturelles du pays dans un climat de guerre entre des Irakiens vivant sur un même sol et sous un même ciel ?

La logique du diviser pour régner serait la thèse la plus juste, connaissant le penchant des Etats-Unis à brader les ressources naturelles des pays pauvres, soit en encourageant les dictature locales comme elle l’a fait en Amérique du Sud, en finançant et armant les rébellions en Afrique ou en maintenant les foyers de tension comme c’est le cas en Asie du Sud, commentent d’autres analystes. En parallèle, des millions de vies humaines sont sacrifiées sous le prétexte de la défense des droits de l’Homme et de la démocratie.

Lyes Menacer   

23-06-2009

http://www.latribune-online.com/suplements/international/18666.html


3-4 Yvonne Ridley Tortures : Pourquoi Obama refuse la publication des photos.

Il existe un groupe d’hommes et de femmes pleins de suffisance au sein des services de renseignement US qui savaient très bien que le président  Barack Obama n’autoriserait jamais la publication des photos et vidéos de tortures de prisonniers.
Ils savaient très bien que ces  images étaient trop choquantes pour être révélées aux yeux du monde extérieur et la triste vérité est qu’elles resteront choquantes pendant les 50 années à venir.
 Je le savais aussi bien mais je ne l’ai pleinement réalisé qu’il y a quelques semaines au cours d’une rencontre destinée à éveiller la conscience publique sur le legs de la Guerre contre terrorisme de George W Bush.
Jusque-là j’avais cru naïvement que l’administration Obama remplirait sa promesse d’être l’administration la plus ouverte dans l’histoire de l’Usamérique.
Chaque fois que j’avais des doutes sur les promesses courageuses d’Obama la réponse à la question : « Pouvez-vous vraiment ? » était un sonore : « Oui, nous le pouvons ».

Comme je l’ai dit, les doutes m’ont assailli lors d’une rencontre à Bradford, dans le Nord de l’Angleterre, durant un discours à réveiller les morts, tenu par Anas Al Tikriti, de la Fondation Cordoba, sur les injustices de la Guerre contre le terrorisme auxquelles nous continuons à être confrontés.
Pour illustrer son discours, des images parlantes de la prison d’Abou Ghraïb étaient projetées sur des écrans géants tout autour de la salle…J’ai constaté avec surprise que j’avais de fait oublié à quel point elles étaient horribles. Nous nous souvenons tous de l’image, devenue icône, de Satar Jabar encagoulé, debout sur une caisse et tenant deux fils électriques dans ses mains, avec un autre fil attaché à son pénis, persuadé qu’il est sur le point d ‘être électrocuté.
Mais les autres photos, quand elles ont été projetées, ont coupé le souffle et le sifflet au public, qui s’est mis à s’agiter sur ses chaises, mal à l’aise. Il semble que le temps avait émoussé nos souvenirs et que certains d’entre nous avaient oublié les hommes nus, empilés en pyramides humaines, les chiens montrant les dents et haletant au-dessus de prisonniers terrorisés, lorgnés par des militaires US ricaneurs.
Je me suis penchée vers mon voisin de gauche et lui ai confié : « Je ne peux pas croire que j’avais oublié l’horreur qu’était Abou Ghraïb. »
Il m’a chuchoté en retour : « Ce n’est rien. Rappelle-toi que les photos sont sorties longtemps après l’ouverture de Guantanamo et plus de trois ans après que des gens avaient déjà été torturés et assassinés à Bagram. Si tu penses que ces photos sont horribles, attends que les autres soient publiées. »
Et à ce moment-là, j’ai réalisé que justement, ça ne va pas avoir lieu.

Mon voisin n’était autre que Moazzam Begg, sans doute le plus connu ex-pensionnaire de Guantanamo Bay, un homme qui a témoigné des brutalités et des atrocités, y compris le meurtre et la torture, commises de façon routinière par les interrogateurs et les soldats US à Bagram, en Afghanistan.
Nous étions venus tous deux à Bradford pour parler de l’odyssée du  Dr. Aafiya Siddiqui, une mère de trois enfants qui a été kidnappée, torture et détenue plusieurs années à Bagram avant d’être blessée par balle par des soldats US et d’être soumise à un transfert extraordinaire vers New York.
À cette époque, les USA démentaient que le Dr. Siddiqui eût jamais été détenue à Bagram – bien que j’en eusse des preuves irréfutables, dont une identification positive par d’anciens détenus.
Et il m’est apparu que dans ces immondes archives cachées de photos et de vidéos révélant toute l’étendue des tortures US, il devait certainement y avoir des photos du Dr. Aafiya Siddiqui.
Comme les USA continuent à démentir avoir jamais détenu le Dr Siddiqui, il est hors de question qu’ils publient l’intégralité des archives de photos et de vidéos car celles-ci sont trop accusatrices et ouvriraient les vannes à un flot de toutes sortes d’actions en justice, d’annulations de procès et sans doute de compensations.
Bien sûr, l’autre raison pour laquelle le président Obama ne veut pas que ces images soient rendues publiques, c’est que cela enflammerait à la fois les amis et les ennemis et à long terme,  sans doute, cela mettrait en danger la vie de tout citoyen US voyageant dans le monde musulman, pour ne pas parler des militaires.
Obama a lui-même dit qu’il avait décidé d’empêcher la publication des images de détenus torturés par les interrogateurs US pour la raison que “la conséquence la plus directe d’une publication, je crois, serait d’enflammer encore plus l’opinion anti-US et de mettre nos troupes encore plus en danger ». L’animateur de télé Jon Stewart a noté avec une ironie désabusée dans son show Comedy Central que la déclaration d’Obama « résume le dilemme dans lequel nous nous trouvons dans cette affaire de torture et d’abus.  Torturer des détenus est censé être l’unique moyen d’obtenir certaines informations qui nous donneront une plus grande sécurité. Mais publier des photos de nous le faisant, ça, ça nous mettrait en danger. »

Bien sûr, si les interrogateurs n’avaient rien fait de fâcheux, il n’y aurait rien eu à cacher. Mais il est clair qu’il ya quelque chose à cacher, non ? Et si ce que Moazzam dit est vrai, ce dont nous parlons, c’est le viol, les abus sadiques et les brutalités pas seulement d ‘hommes et de femmes, mais aussi d’enfants.

Si certains culs-terreux républicains se contenteraient sans doute de rigoler au spectacle d’hommes au teint basané que l’on brutalise, je ne suis pas sûre qu’ils se contenteraient de hausser les épaules devant les photos de tortures de femmes et de jeunes enfants.

Deux des enfants du Dr. Aafiya Siddiqui sont encore portés disparus – l’un d’eux n’était qu’un bébé de quelques mois lorsqu’il a été arraché des bras de sa mère par un agent féminin US qui avait pris part à l’arrestation. L’autre enfant, une petite fille, avait juste commencé à marcher.

Cette information, soit dit en passant, m’a été donnée gratuitement par un des policiers de Karachi qui avait participé à l’opération conjointe [pakistano-US, NdT] d’arrestation du Dr. Siddiqui en mars 2003. Et pourtant les autorités US continuent à mentir, malgré l’accumulation de preuves.
Alors, croyez-vous que les Usaméricains ont torture le bébé ou la petite fille ? Est-ce de cela que les interrogateurs de la CIA et du FBI, et leurs sous-traitants free lance, sont capables ? Est-ce pour cela qu’Obama ne peut pas, ne veut pas que les photos et vidéos soient rendues publiques ?
Croyez-vous que les interrogateurs de la CIA ont procédé à des simulacres de noyade avec les enfants du Dr. Siddiqui ? Peut-être les ont-ils même soumis à des abus sexuels comme ils l’ont fait avec des hommes et des femmes détenus à Abou Ghraïb.
Aha, j’entends déjà certains d’entre vous hurler au ciel, objectant bruyamment à mes commentaires et folles spéculations. Vous pourriez m’accuser d’être irresponsable et de nourrir les flammes de la haine du monde musulman envers chaque soldat US et chaque détenteur d’un passeport US. Et vous pourriez avoir raison, mais ne vous en prenez pas à moi, prenez-vous en à votre président.
Car c’est lui qui AVAIT promis de rendre publiques ces affreuses archives et c’est lui qui A dit une fois que “la lumière du jour est le meilleur désinfectant”.
Mais après avoir visionné ce matériel obscène, il a choisi d’adopter la position de l’autruche, dans la croyance idiote que ça ca va passer et être bientôt oublié

Mais ça ne sera pas le cas, et jusqu’à ce que ces archives soient rendues publiques, les folles spéculations continueront à grossir, nourries par la haine et la colère devant le fait qu’à nouveau un président US a été élu sur des fausse promesses et des mensonges.
Albert Einstein a dit un jour: « Le monde est un endroit dangereux où vivre, non pas à cause des gens qui sont mauvais, mais à cause de ceux qui ne font rien par rapport à ça. » Obama peut-il faire quelque chose pour que ces photos et vidéos soient rendues publiques. OUI, IL LE PEUT !

Yvonne Ridley (
Sur l’auteure  : Yvonne Ridley (née en 1959) est une journaliste britannique. Elle a fait une carrière à Fleet Street, le quartier des journaux de Londres, travaillant entre autres pour The Sunday Express, The Sunday Times, The Observer, le Daily Mirror et The Independent on Sunday. Employée par la BBC pour couvrir la guerre en Afghanistan, Yvonne Ridley est arrêtée par les talibans, puis libérée le 8 octobre 2001. Elle se convertit à l'Islam au retour de sa détention en juillet 2003. Elle s'engage dès lors dans la défense des Musulmans, que ce soit les détenus de Guantanamo, les Tchétchènes ou les Cachmiris, sans oublier bien sûr les Palestiniens. Elle fonde avec le député George Galloway le parti Respect, dont elle est candidate à plusieurs élections. Elle travaille actuellement pour la station de télévision iranienne  Press TV. Sa conversion ne lui a rien enlevé de son humour, comme on peut le constater à la lecture de l'interview ci-dessous.
Traduit par  Fausto Giudice

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur,e le traducteur et la source.

Source : Why Obama refuses to put us in the picture
Article original publié le 19 mai 2009
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7910&lg=fr


3-5 Les activités du CICR en mai 2009.

Le point sur les activités  

Chaque jour, des dizaines de civils perdent la vie dans certaines régions d’Irak. Le CICR continue de répondre aux besoins urgents de la population.

En mai, le ministère irakien de la Santé, le ministère de la Santé du gouvernement régional du Kurdistan et le CICR ont signé un protocole d’accord qui a permis le lancement d'un programme visant à renforcer les services de secours d'urgence en Irak. Le but de ce programme biennal est essentiellement de former quelque 600 médecins et infirmiers de tout le pays à la gestion des traumatismes, à la lutte contre les infections et au travail d'équipe. Des collaborateurs médicaux expérimentés du CICR basés dans les gouvernorats de Soulaymaniya et de Najaf sont associés à ce programme. « Nous espérons que cette initiative conjointe contribuera à améliorer la qualité des services de secours d’urgence en Irak », a déclaré Pascal Ollé, coordonnateur pour la santé au CICR.
Dans le cadre de ses activités de promotion du droit international humanitaire et de sensibilisation au mandat et à l'action du CICR en Irak, l'institution a organisé plusieurs tables rondes avec des responsables de haut rang, des chefs religieux, des imams, des professeurs et des étudiants, à la fin du mois de mai à Erbil.
Visites de détenus et maintien des liens familiaux
Le CICR continue de visiter des personnes détenues par les autorités du gouvernement central irakien, la force multinationale dirigée par les États-Unis en Irak (US/MNF-I) et le gouvernement régional du Kurdistan pour évaluer la manière dont elles sont traitées et leurs conditions de détention. En mai, le CICR a :

visité des personnes détenues par les autorités de la US/MNF-I à Camp Cropper à Bagdad ;

visité pour la première fois des personnes détenues à la prison de la première brigade à Bagdad (sous l’autorité du ministère de l’Intérieur) ;

visité la prison de sécurité maximale située dans le quartier de Kadhemiya à Bagdad (sous l’autorité du ministère de la Justice) ;

effectué des visites de suivi au centre de détention pour mineurs de Tobji à Bagdad (sous l’autorité du ministère du Travail et des Affaires sociales) ;

visité des personnes détenues à la prison de Fort Suse à Soulaymaniya (sous l'autorité du ministère de la Justice) et dans quatre autres centres de détention dans les gouvernorats d’Erbil, de Dohouk et de Soulaymaniya.

Le CICR et le Croissant-Rouge de l’Irak aident également des détenus à rester en contact avec leur famille par téléphone ou au moyen de messages Croix-Rouge. Pour le seul mois de mai, plus de 12 570 messages Croix-Rouge ont été échangés entre des détenus et leurs proches. En outre, le CICR apporte un soutien financier à des familles pour leur permettre de visiter des proches détenus. Plus de 2 800 visites familiales ont été organisées à Camp Bucca.
Assistance aux groupes les plus vulnérables
Le CICR fournit des secours aux personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, qui ont dû abandonner leur foyer en raison du conflit armé. Durant le mois de mai :

plus de 40 000 personnes déplacées dans les gouvernorats de Ninive, de Soulaymaniya, de Diyala et de Bagdad ont reçu des vivres et des articles d’hygiène mensuels, ainsi que des articles ménagers de première nécessité tels que des ustensiles de cuisine, des seaux, des bouteilles thermos et des jerrycans ;

une centaine de ménages dirigés par des femmes dans le quartier d’Adhamiya, à Bagdad, ont reçu des colis alimentaires et du riz ;

plusieurs projets pilotes visant à aider des ménages dirigés par des femmes à générer des revenus ont été lancés dans les gouvernorats de Bagdad et de Najaf ;

le CICR a délivré 73 documents de voyage pour permettre à des réfugiés palestiniens du camp d’Al-Waleed (gouvernorat d’Anbar) de se réinstaller dans un pays tiers avec l'aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Amélioration de l’approvisionnement en eau et des soins de santé
Avec le début de la saison chaude, la consommation d’eau a augmenté. L’approvisionnement en eau actuel n’étant pas suffisant pour répondre aux besoins de la population, le CICR continue de soutenir les travaux de réparation et de rénovation de l'infrastructure, et d'apporter son concours pour répondre aux besoins urgents en eau. En mai, l'institution a :

fourni et installé des nouvelles pompes pour améliorer le traitement et la distribution de l'eau depuis la station de traitement de l’eau d’Abou Tiban (gouvernorat d’Anbar), qui dessert environ 65 000 personnes ;

nettoyé des fosses et remplacé des pompes submersibles dans six stations d’épuration dans la ville de Basra ;

terminé l’installation d’une nouvelle unité compacte de traitement de l’eau à Sergtkan (gouvernorat d’Erbil), desservant environ 10 000 personnes.

De l’eau a été acheminée par camion pour :

le camp de Qalawa (gouvernorat de Soulaymaniya), qui abrite quelque 360 personnes déplacées ;

4 500 personnes déplacées à Sadr City, l’hôpital psychiatrique universitaire Al-Rashad, l’hôpital universitaire Al-Yarmouk et l'hôpital universitaire Imam Ali à Bagdad.

Le CICR a également amélioré des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans des hôpitaux et des centres de soins de santé primaires. En mai, l’institution a terminé :

la réparation de l’incinérateur mécanique de l’hôpital universitaire Al-Yarmouk à Bagdad ;

la réparation de composantes électromécaniques et du système d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans le centre de soins de santé d’Al-Suaidah ;

la rénovation du centre de soins de santé de Qal'at Soukkar (gouvernorat de Thi-Qar) ; et

le raccordement des centres de soins de santé primaires d’Al-Houwair (gouvernorat de Basra) au système de distribution de l’eau.

Promotion du droit international humanitaire
Dans le cadre de son mandat, le CICR s’efforce de promouvoir le droit international humanitaire et d’en garantir le respect. En mai, des séminaires et des présentations sur cette branche du droit ont été organisés à l’intention de différents publics à Bagdad et à Erbil.

23-06-2009  

http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/iraq-update-180609


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