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26/06/2009

N° 444- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 : -Début - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.


N° 444- Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 24-06 :  -Début - Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.



              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°444                            23-06/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

1-2 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

1-3 Le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

1-4 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

1-5 L’évolution des rapports de force internationaux.

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Shane Bauer : les nouveaux escadrons de la mort.

Fin

3 Annexe

3-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

3-2 Le lobby pétrolier carbure pour sauver son influence.

3-3 Vous serez surveillés jusque dans votre lit.

3-4 « Six Days in Fallujah » : peut-on jouer avec la guerre en Irak ?

Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 George Gruenthal : À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?

Obama : Discours du Caire 

Dans un sens, il n’y a aucun doute que l'élection de Barack Hussein Obama comme Président des États-Unis est historique.

Comme le premier président Noir, c'est clair qu’on ne peut plus dire aux Afro-Américains ce qui est réalisable pour eux.

Il y a des décades, Malcolm X a écrit dans son autobiographie que, quand il a dit à son enseignant qu'il voulait être avocat, l'enseignant lui a dit qu'il devrait viser à être quelque chose comme un charpentier, alors que devenir un avocat n'était pas un but "réaliste" pour une personne Noire.

Également, la présidence d’Obama marquera un changement du style de Bush des débridées guerres d'agression unilatérales. Bush a fait du gouvernement américain le plus détesté partout dans le monde, non seulement au Moyen Orient et autres pays dépendants et opprimés, mais aussi parmi le peuple de ses alliés en Europe de l’Ouest. Bush est devenu aussi un des présidents les plus méprisés par une grande section de gens dans les États-Unis.

Dans la ville de New York, Obama a gagné par presque 80% du vote sur McCain, qui correctement était vu comme un continuateur des politiques de Bush, et dans le Bronx, avec son écrasante population Noire et Latine, Obama a gagné avec presque 90% du vote.

Mais Obama n'a pas gagné seulement parce qu'il avait un large soutien populaire.

Il a gagné principalement parce qu'il était le préféré évident des principaux secteurs de la classe dirigeante du monopole capitaliste. Sa campagne a dépassé en dépenses celles de McCain par plus de plusieurs millions. Et ceci n'était pas seulement à cause des petites contributions de millions d’Afro-Américains et autres travailleurs mais à cause des gros monopolistes, des compagnies d’huile, d’auto et d’autres secteurs qui ont donné des millions à sa campagne.

Aussi, la majorité des médias bourgeois ont donné leur soutien à Obama. Dans la ville de New York, non seulement le New York Times, qui représente le secteur libéral du capital financier et est principalement destiné à la petite et moyenne bourgeoisie a soutenu Obama. Aussi l’a fait le Daily News dont la fonction principale est de diriger la démagogie bourgeoise à la classe des travailleurs. Des grands journaux bourgeois, seulement le New York Post le porte-parole des secteurs les plus réactionnaires de la classe gouvernante a soutenu McCain. (Bien sûr, les journaux bourgeois ont totalement ignoré la campagne de Cynthia McKinney, la femme progressive Afro-Américaine qui a conduit une campagne indépendante sur la ligne du Green Party.) Pour voir l'importance de la presse bourgeoise dans les élections, on peut seulement se rappeler l'universelle raillerie dirigée à Howard Dean, le coupant de la course quand il était le principal candidat dans les Primaires Démocrates de 2004, parce qu'il a pris une position contre la guerre en Iraq.

Les élections elles-mêmes ont montré la réjection évidente des politiques de Bush, non seulement sur la guerre mais aussi sur ses cadeaux au riche. Des millions de nouveaux électeurs ont été enregistrés (quelques 300,000 dans la Ville de New York seulement), la grande majorité d’eux a soutenu Obama. Environ 95% des électeurs Afro-Américains ont soutenu Obama, comme l’ont fait presque 70% des électeurs Latino. Les électeurs blancs dans la majorité (55%) ont voté pour McCain, bien que les électeurs de race blanche dans une écrasante majorité d’état de race blanche (tel que 'IOWA ou New Hampshire) furent dans la majorité pour Obama. C'était des blancs dans la nation Afro-Américaine dans le Black Belt South qui ont voté principalement pour McCain.

Qu’est-ce qu’Obama Représente?

Au commencement de la plus sérieuse crise économique aux États-Unis. (et probablement dans le monde) depuis la Grande Dépression, et pendant le plus grand isolement politique du gouvernement des États-Unis au Pays et à l'étranger, la classe dirigeante compte sur un président Afro-Américain qui entre en fonction sous le slogan "Le Changement Nous Pouvons Y Croire." Mais la candidature d’Obama, particulièrement puisque il a gagné la nomination à la Convention du Parti Démocrate en août, montre les limites de son changement proposé.

 Premièrement, Obama a choisi comme Vice-président Joe Biden vieux routier du Parti démocrate. En particulier, Biden a soutenu la guerre en Iraq à son début, et représente des décades d'expérience au service de l’impérialisme américain.

Deuxièmement, Obama a tourné consciemment son dos au mouvement des Afro-Américains. Ceci fut très évident quand il fut forcé par deux fois de nier son ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, qui a mis en avant une forme de Théologie de Libération y compris l'utilisation du slogan "Dieu damne l'Amérique" (de la même façon, que durant le mouvement des Droits Civiques le peuple disait "Dieu damne le Mississippi"). Ceci faisait penser à la façon dont John Kerry, pendant sa campagne présidentielle en 2004, a été forcé de nier son verdict exact sur la nature agressive de la Guerre au Vietnam. Pour être un candidat impérialiste "sérieux" dans les élections aux États-Unis, il faut toujours être préparé à nier la vérité.

Troisièmement, Obama a fait marche arrière sur ses précédentes positions anti-guerre. En ce qui concerne l’Iraq, il a déclaré: "nous devons être aussi prudent à sortir de l’Iraq que nous fûmes négligent à y entrer." De plus, il appelle à envoyer plus de troupes en Afghanistan et même pour le besoin de traverser cette frontière du pays avec le Pakistan dans "la chaude poursuite" de militant, poursuivant la pratique de Bush de bombarder les villages pakistanais.

Quatrièmement, comme opposé à prendre une position "équitable" au Moyen-Orient, Obama s’est engagé à continuer le soutien débridé pour le client principal des États-Unis dans la région, l’Apartheid sioniste-Israël.

Cinquièmement, comme partie d'un effort bipartite à secourir le monopole capitaliste, Obama a joint McCain pour amener à bonne fin le $700 milliard de sauvetage des grandes corporations, clamant que c’était nécessaire pour ranimer l'économie. Il n'a manifesté aucune intention pour mettre en place un projet de secours pour les millions de gens qui ont déjà perdu leurs maisons ou qui font actuellement face aux saisies, étant expulsés pour l'incapacité à payer leurs loyers, pour ceux qui n'ont pas d'argent pour payer les soins de santé, ou pour tous les travailleurs qui souffrent de la crise capitaliste.

Finalement, les nominations d’Obama à son gouvernement ont montré son prolongement avec la politique capitaliste traditionnelle. Sa nomination d’Hillary Clinton comme Secrétaire d'État fournit la continuité avec le régime de bill Clinton. Éric Holder, en dépit d'être le premier Africain-Américain à être désigné au poste de Ministre de la Justice, fut un avocat qui a défendu Chiquita Brands qui a fourni $1.7 million aux escadrons de la mort Colombiens qui tuaient les syndiqués et autres civils. . Et Adolfo Carrion, président d’arrondissement Bronx Borough, et possible candidat pour l’HUD, est connu pour supporter des cadeaux de centaines de millions des contribuables aux grandes corporations privées pour «développer» le Bronx.

Ce n’est pas par accident qu’Obama fut mis en fonction maintenant, comme les États-Unis font face à une crise sévère. Obama devra présider aux réductions à grande échelle dans les services sociaux d'une certaine façon que la classe qui gouverne pense sera plus agréable aux gens que si McCain était le président. Obama peut dire: "Nous aimerions pouvoir fournir des soins de santé abordables pour tous, mais nous n'avons tout simplement pas l'argent maintenant." Ou "Nous aimerions couper les impôts pour 95% des gens, mais nous ne pouvons pas le faire alors que nous avons un déficit énorme du budget." Ceux qui pensent qu’Obama pourra implanter un Nouveau programme qui fournira quelque soulagement immédiat aux masses se sont trompé.

Les Tâches des Socialistes Révolutionnaires Aujourd'hui

Dans la période conduisant aux élections, plusieurs Marxistes-Léninistes authentiques et autres progressistes ont soutenu Cynthia McKinney. McKinney était pour un six-terme membre du Congrès Démocratique de Géorgie qui est venu adopter des positions progressistes, non seulement appelant pour le retrait de toutes les troupes d'Iraq et d’Afghanistan, mais pour la fermeture de toutes les bases militaires à l'étranger. Elle a soutenu un projet de programme national de santé. Elle a exigé une investigation authentique de ce qui est arrivée le 11 septembre, 2001, et pour la mise en accusation de George Bush comme Président. Et elle a demandé une Reconstruction de la Nouvelle-Orléans après l'Ouragan Katrina pour le droit au retour de la population à une écrasante majorité Afro-Américaine qui avait habité là. Pour ces positions et autres, elle a fait face à l'écrasante opposition de la direction du Parti Démocratique, qui par deux fois a soutenu son adversaire dans les Primaires Démocrates pour le Congrès. Par la suite elle a quitté le Parti Démocrate pour courir comme candidat indépendant. (Pour une position Marxiste-Léniniste détaillée sur sa campagne, voir "Les Campagnes d’Obama et McKinney pour le Président" par l'Organisation Révolutionnaire du Travail (anciennement Ray O Light Group) à www.mltranslations.org/US/ROL/ROL48.htm.)

Les Marxistes-Léninistes ont soutenu sa candidature en essayant d’éviter d’aliéner le plus grand nombre de gens, particulièrement les Afro-Américains, qui croient en l’appel d’Obama pour le changement. Nous reconnaissons que la plupart des gens doivent apprendre par leur propre expérience ce qu’Obama vraiment représente, et il n’y a aucun doute qu'ils l’apprendront.

Plusieurs progressistes, qu’ils aient ou non, soutenu Obama dans les élections, s’unissent dans leur soutien des besoins du peuple et dans l’espoir d’un changement, et essaient de construire l’unité sur un feuilleton de demandes pour des besoins fondamentaux, tel que les emplois, le logement, la santé, l’éducation, et contre les guerres d'agression, etc. En tant que révolutionnaires et Marxistes-Léninistes, nous devons prendre part à de telles coalitions, tout en aidant à s’éloigner du piège d'appartenir au Parti Démocrate ou d’essayer de "pousser le Parti Démocrate vers la gauche." C'est de plus notre tâche comme socialiste de préciser que la crise et les guerres d'agression font partie de la nature du capitalisme monopoliste.

Ici nous devons nous inspiré des leçons de la Révolution d’Octobre et de la construction du socialisme en Union Soviétique. Un des premiers actes du gouvernement Soviétique en Octobre 1917 a été de se retirer de la Première guerre impérialiste mondiale et de ratifier un Décret sur la Paix à tous les peuples. Et en même temps alors que tout le monde capitaliste était pris au piège dans une Grande Dépression, l’Union Soviétique abolissait le chômage et développait une économie planifiée socialiste avec le premier des grand Plans de Cinq Ans qui servaient les besoins matériels et culturels grandissant des travailleurs

Durant les années 1930, quand le monde faisait face à la menace du fascisme, Georgi Dimitrov a fait appel aux communistes et à tous les progressistes des États-Unis pour construire un Parti d'Ouvriers et de Paysans. Dans les conditions des États-Unis aujourd'hui, nous avons besoin de construire un parti de classe multinationale des travailleurs et des nations et nationalités opprimées.

George Gruenthal
De l’Édition anglaise de NSC, Vol 17#3

Traduction Dr Adélard Paquin

Cliquez ici pour retourner au NSC Édition Française, vol. 6,

http://www.northstarcompass.org/french/nscfr66/obama.htm 


1-2 Doug Ireland : Obama en campagne pour la présidentielle de 2012.

Extrait

Barack Obama a prononcé un discours plein de bondieuseries au Caire mais à l’objectif bien défini : préparer la présidentielle américaine de 2012. Et accessoirement renouer avec le monde musulman.

Le discours à l’attention du monde musulman de Barack Obama au Caire est une gigantesque opération de communication, soigneusement préparée depuis des mois et transmise en direct dans treize langues par la Maison Blanche grâce à internet. Facebook, son semblable pour l’Asie du Sud, Orkut, YouTube, Twitter, MySpace, SMS… Aucun cyber-moyen de communication n’a été négligé, histoire de faire jeune, moderne et branché. Mais sur le milliard et demi de musulmans, combien disposent d’un accès facile à internet ?

L’auteur de ce discours est sa jeune plume pour les affaires étrangères, Ben Rhodes, 31 ans, qui affiche une double casquette : plume présidentielle pour les affaires étrangères et conseiller qui a accès au Bureau ovale quand Obama refait le monde avec ses spécialistes plus expérimentés, comme l’a rapporté dans un portrait détaillé de Rhodes The Politico, le nouveau must de la classe politique washingtonienne. Rhodes est un vétéran de la campagne présidentielle d’Obama et sait garder un œil sur les résonances électorales que les discours du Président à l’étranger provoquent aux Etats-Unis.

Barack Obama a déclaré au Caire : « ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan ». Mais il vient pourtant d’accroître l’effort de guerre dans ce pays en y envoyant des soldats supplémentaires. Le dispositif militaire américain sur place atteindra tout prochainement les 68 000 hommes !

Ces derniers jours, à Washington, la Maison Blanche a également quémandé au Congrès une importante rallonge budgétaire de 11 milliards de dollars pour l’Afghanistan et l’Irak, qui s’ajoutent aux 89 milliards qu’Obama a déjà demandé en avril.

L’heure est aux actes.

Doug Ireland

vendredi 5 juin

http://www.bakchich.info/Discours-du-Caire-Obama-en,07925.html


1-3 Le nouveau visage de l’impérialisme U.S.

Le discours du président U.S. Barack Obama au Caire le 4 juin dernier était farci de contradictions.

Il s’est déclaré opposé a « l’assassinat d’hommes, de femmes et d’enfants innocents », mais a pris la défense des guerres menées en Irak et en Afghanistan, ou de celle conduite indirectement au Pakistan, tout en gardant le silence sur les derniers massacres de Palestiniens à Gaza par Israël.

Le 5 juin 2009

Ces guerres ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Afghanistan, au Pakistan et dans les territoires palestiniens. Obama a déclaré soutenir la démocratie, les droits de l’Homme et même ceux des femmes, après deux journées d’entrevue avec le roi saoudien Abdullah et le président Hosni Moubarak, deux des tyrans les plus notoires du Proche Orient.

Pas un mot dans son discours sur l’absence totale de droits démocratiques en Arabie Saoudite ou sur la répression que mène en ce moment la dictature militaire de Moubarak…

Peu avant la visite du président à l’université d’Al-Azhar, la police secrète égyptienne a lancé un raid sur le campus et 200 étudiants étrangers ont été arrêtés. Avant de quitter le Moyen Orient, Obama chanta néanmoins les louanges de Moubarak, notre « allié inconditionnel ».

Se posant en avocat de la paix et de l’entente universelle, Obama se dispensa très diplomatiquement d’évoquer les ordres qu’il a lui-même donnés pour une intensification des hostilités en Afghanistan, avec notamment le déploiement de 17 000 soldats U.S. supplémentaires. Il a en outre tacitement avalisé la politique de son prédécesseur en Irak, en déclarant : « Je pense qu’au bout du compte, les Irakiens se sentent tout de même mieux sans la tyrannie de Saddam Hussein ». Il a aussi préféré éluder la question du retrait des forces U.S. et de sa date butoir signée par l’administration Bush pour décembre 2012, parlant seulement d’une promesse « de retirer toutes nos troupes d’Irak d’ici 2012 ».

Dans son discours, Obama réfute l’idée qu’on puisse taxer l’Amérique « d’empire égocentrique » – ce qu’elle est effectivement – ou que les USA cherchent à obtenir davantage de bases, davantage de territoires ou davantage d’accès aux ressources naturelles du monde musulman. La guerre en Afghanistan est selon lui « une guerre par nécessité », provoquée par les attaques terroristes du 11 septembre. L’administration Bush-Cheney tenait exactement le même argument à l’époque, passant sciemment à la trappe les véritables intérêts matériels en jeu. En réalité, la guerre en Afghanistan participe de la prétention impérialiste des Etats-Unis à contrôler totalement les principales réserves mondiales de gaz et de pétrole : le Golfe Persique et le Bassin de la Caspienne.

Bien sûr, on n’était plus du tout dans le même registre rhétorique. Fini l’artillerie lourde de Bush : « Vous êtes soit avec nous soit contre nous ! », Obama nous dit d’un ton rassurant « Nous sommes tous ensembles dans cette galère ! » Mais, comme l’ont noté pas mal de commentateurs (la New Republic comparait mot à mot ce discours à celui de Bush le 16 septembre 2006 aux Nations Unies), en coupant l’image et le son et en s’en tenant au texte et à la rhétorique générale du discours, on reste toujours dans la même veine que les discours de Bush, de Condolezza Rice ou d’autres représentants de l’administration précédente.

Le propos plus vague, plus fleuri, les références de pure forme à la culture islamique ou à l’égalité des droits des nations, tout ça n’est qu’une variante réajustée du langage dont on drape habituellement les politiques impérialistes américaines ; aucun changement substantiel. Obama n’a pas fait la moindre proposition pour que soient réparés les torts faits aux populations du Proche Orient, pour la bonne et simple raison que, fondamentalement, la source même de cette oppression est le système de pillage et de domination impérialiste du monde, dont l’impérialisme américain reste la pire expression.

Obama a certes fait une petite référence en passant au colonialisme et au rôle des Etats-Unis dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus comme celui de Mossadegh en Iran, en 1953. Mais dans sa litanie sur les « sources de tension » dans la région, il s’en est tenu à la même liste que son prédécesseur, avec au premier plan « l’extrémisme violent » – substitut purement rhétorique pour remplacer le « terrorisme » de Bush.

Dans les médias américains, la réaction au discours d’Obama fut unanimement enthousiaste. A gauche, David Corn du magazine Mother Jones claironna que les plus grands atouts d’Obama étaient « sa trajectoire personnelle, son anti-Busherie, sa reconnaissance des erreurs de l’Amérique, enfin sa volonté de dire au moins les choses comme s’il voulait se poser en honnête courtier au Proche Orient ».

Dans le magazine belliciste de gauche New Republic, Michael Crowley écrivait : « Le voir déballer sa biographie, offrir une représentation si inhabituelle du monde, c’est apprécier tous les bénéfices que l’Amérique va pouvoir tirer de ce nouveau visage qu’elle présente d’elle au monde ».

Peut-être plus révélateur encore, ce commentaire de Max Boot, néo-conservateur et fervent défenseur de la guerre en Irak : « Il m’a semblé bien plus efficace pour faire valoir la cause de l’Amérique aux yeux du monde musulman. Pas le moindre doute : c’est un bien meilleur vendeur que son prédécesseur ».

Dans son discours au Caire, Obama jouait tout simplement le rôle pour lequel il a été engagé et promu par une portion décisive des élites américaines de la finance mais aussi de l’appareil militaire et des affaires étrangères, à savoir d’offrir un nouveau visage à l’impérialisme américain. Cela dénote un virage tactique, certes, mais non un changement de stratégie dans l’offensive de Washington pour sa domination du monde.

Il y a environ deux ans, l’ancien conseiller à la sécurité nationale U.S., Zbigniew Brzezinski, offrit publiquement son soutien à la candidature présidentielle de celui qui n’était encore qu’un obscur sénateur de l’Illinois, pariant sur le fait qu’un Afro-Américain héréditairement lié au monde musulman comme Obama, améliorerait certainement l’image des USA sur le plan international.

Brzezinski était le mentor des faucons de l’administration démocrate de Jimmy Carter. Il avait largement contribué à pénétrer les bouleversements politiques survenus en Afghanistan, dans le but de provoquer l’intervention soviétique afin d’attirer la bureaucratie de Moscou dans le piège d’un bourbier identique à celui du Vietnam. Son point de focale a toujours été ce qu’il appelle « le grand échiquier » d’Eurasie, et en particulier les riches champs pétroliers d’Asie Centrale, où la lutte d’influence fait désormais rage entre les USA, la Russie, la Chine et l’Iran.

Brzezinski déclarait dès août 2007 : Obama « reconnaît que le vrai défi c’est un nouveau visage, l’idée d’une nouvelle direction, d’une redéfinition du rôle des Etats-Unis dans le monde… Ici, Obama est incontestablement plus efficace et l’emporte haut la main. Il a le sens de ce qui est historiquement pertinent et de ce qu’on est réellement en droit d’attendre des Etats-Unis dans leur relation avec le reste du monde ».

Défenseur impitoyable des objectifs de l’impérialisme américain, Brzezinski avait averti les élites américaines au pouvoir, du danger de ce qu’il appelle le « réveil politique global ». Dans un commentaire qui a fait couler beaucoup d’encre, il expliqua au magazine allemand Der Spiegel, quelques mois à peine avant de soutenir Obama, que la grande majorité de l’humanité « trouvera bientôt intolérables les disparités béantes de la condition humaine. Cela pourrait bien être le danger collectif auquel nous serons confrontés au cours des prochaines décennies ».

Si l’on veut appeler les choses par leur nom, ce que les représentants les moins obtus de la classe dirigeante américaine redoutent réellement, c’est une révolution mondiale. C’est seulement pour empêcher un tel soulèvement social qu’ils ont jugé crucial d’installer Obama à la Maison Blanche. C’est aussi la raison de son pèlerinage au Caire.

Traduit de l’anglais par Dominique Arias pour Investig'Action

Source: World Socialist Web Site

Image: Ben Heine




1-4 Paul Craig Roberts : Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney.

Au cours de sa visite au Moyen-Orient et avant tout avec son discours à l’Université du Caire, le président Obama a tenté de gagner à sa politique un large public arabe et islamique .

De nombreux médias du monde entier l’ont soutenu unanimement, comme s’ils s’étaient concertés. Ceux qui se sont montrés sceptiques et ont demandé que les actes succèdent aux paroles n’ont généralement pas été pris au sérieux. Or ces demandes sont tout à fait justifiées : non seulement l’expérience que l’on a de la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies mais également celle des déclarations d’Obama et de ce qu’il a fait jusqu’ici.

C’est ce qu’explique Paul Craig Roberts, ex-sous-secrétaire au Trésor des États-Unis.
15 juin 2009

Les États-Unis et leur président ont perdu leur âme. Un pays désespéré a élu un président qui promettait le changement. Des États-uniens étaient venus de tout le pays assister à Washington, par un froid glacial, à la cérémonie de prestation de serment. Aucun autre président n’avait attiré une telle foule. La bonne disposition du peuple à son égard et ses attentes suffisait pour qu’il mette fin aux guerres gratuites et fasse passer des réformes importantes, mais il a trahi le peuple pour favoriser d’autres intérêts. Il se fie à son attitude et à sa rhétorique modérées pour convaincre les gens que le changement est en route.

Or le changement que nous observons est en lui et non dans sa politique. Il est en train de se transformer en un Dick Cheney. Il est en fonctions depuis à peine quatre mois et l’on pourrait déjà écrire un livre entier sur les promesses qu’il n’a pas tenues.

Il avait déclaré qu’il allait fermer Guantanamo, la prison où l’on torturait, et abolir les cours illégales connues sous le nom de tribunaux militaires. Mais maintenant, il dit qu’il va réformer ces tribunaux et poursuivre les procédures, mais sans aveux obtenus sous la torture. Appuyant son adhésion à la politique de Bush/Cheney, les démocrates de la Chambre des représentants lui ont refusé le budget nécessaire à la fermeture de Guantanamo.

On continuera d’enlever des personnes (en général sur la foi de fausses informations fournies par leurs adversaires) et de les interner dans des prisons du tiers-monde pour les y interroger. Une nouvelle fois, Obama a remplacé par une « réforme » sa promesse d’abolir une pratique illégale. Selon lui, la pratique des détentions secrètes (renditions) a été réformée et n’impliquera plus la torture. Comment le savoir ? Obama va-t-il confier à un agent du gouvernement la mission de surveiller les traitements réservés par des brutes du tiers-monde aux personnes enlevées ? Étant donné la propension de la police états-unienne à brutaliser les citoyens états-uniens, rien ne peut garantir que les victimes ne seront pas torturées.

Obama a défendu le programme d’écoutes téléphoniques sans mandat de l’Agence de sécurité nationale (NSA) instauré par l’administration Bush/Cheney et confirmé l’argumentation juridique selon laquelle l’« immunité de juridiction » protège les fonctionnaires gouvernementaux de toutes poursuites pénales et civiles lorsqu’ils violent les lois états-uniennes et les droits constitutionnels des citoyens. Le ministère de la Justice d’Obama a pris la défense de Donald Rumsfeld dans un procès intenté par des détenus dont Rumsfeld avait violé les droits.

Par une « déclaration signée » [1], Obama a renoncé ce mois-ci à protéger les whistleblowers, ceux qui révèlent au Congrès les actions illégales de l’exécutif.

Obama revendique des pouvoirs encore plus étendus que Bush pour l’exécutif. À ce sujet, Bruce Fein écrit : « En principe, le président Obama soutient que les victimes des agissements anticonstitutionnels du gouvernement américain ne pourront pas porter plainte, cela afin d’empêcher les Américains et le monde entier de tirer les leçons des actes illégaux perpétrés au nom de la sécurité nationale et d’exiger des responsables qu’ils répondent de leurs actes politiquement et juridiquement. » En d’autres termes, Obama s’est engagé à couvrir les crimes du régime Bush et à assurer que son propre régime pourra continuer à agir de manière illégale et anticonstitutionnelle.

Obama s’oppose à la publication de la dernière série d’épouvantables photos de tortures qui viennent d’être découvertes. Il prétend que cette publication va susciter la colère des insurgés et les amener à tuer des GI’s. Bien sûr que c’est insensé. Ceux qui résistent à l’occupation de leur pays par les troupes états-uniennes et les mercenaires de l’OTAN ont déjà pour vocation de tuer nos soldats et ils savent que les États-uniens torturent tous ceux qu’ils capturent. Obama s’oppose à cette publication parce qu’il sait que l’image barbare de l’armée US que donnent ces photos va saper l’appui aux guerres qui enrichissent le complexe militaro-sécuritaire, qui calment le lobby pro-Israël et récompensent ceux qui ont financé sa campagne.

Obama est également revenu sur sa promesse de retirer les troupes d’Irak. À la consternation de ses partisans, il laisse là-bas 50 000 GI’s. Les autres sont envoyés en Afghanistan et au Pakistan où, sous les yeux d’Obama, la guerre a éclaté sur une grande échelle et où les bombardements de civils ont déjà fait un million de réfugiés.

Et la guerre contre l’Iran reste une option. Sur l’insistance de Washington, l’OTAN effectue des manœuvres sur un ancien territoire soviétique, préparant la voie à un futur enrichissement du complexe militaro-sécuritaire états-unien. Le chômage états-unien qui monte en flèche fournit les troupes nécessaires aux guerres expansionnistes d’Obama.

Le président peut faire de grands discours sans malmener la langue anglaise. Il sait sourire et amener les gens à croire à sa rhétorique. Le monde, ou du moins une grande partie de celui-ci, semble se satisfaire des paroles modérées qui font passer la politique de suprématie de l’Exécutif et d’hégémonie mondiale qui était celle de Dick Cheney.

[1] Signing statement : acte par lequel le président modifie la signification d’un texte de loi.

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts est l’auteur de la loi Kemp-Roth. Il fut sous-secrétaire au Trésor de l’administration Reagan. Il fut rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal et rédacteur à la National Review.

Cet article a été publié dans Horizons et débats du 15 juin 2009.

Version originale publiée par Informationclearinghouse.info.
Version française : Horizons et débats.

http://www.voltairenet.org/article160613.html


1-5 L’évolution des rapports de force internationaux.
Entretien avec Thierry Meyssan

Extraits

Dans un entretien accordé à l’association Égalité et Réconciliation, Thierry Meyssan décrit les composantes et les projets de la nouvelle administration états-unienne.

Selon lui, après la parenthèse Bush-Cheney de la guerre en Irak, Washington revient aujourd’hui au consensus post-11-Septembre et à ses contradictions des années 2001-02.

Mais l’épuisement militaire en Irak et la crise financière à Wall Street obligent l’Empire à repenser les stratégies et les délais pour poursuivre la globalisation

E&R : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Thierry Meyssan : Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc. Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à quelques leaders le mois prochain.

Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l’automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la politique internationale, au Proche-Orient et en Russie.

E&R : Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ?

Thierry Meyssan : Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. À partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI’s ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder. Mais s’ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney ; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.

En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l’investiture de John Kerry. Il n’était alors qu’un obscur parlementaire de l’Assemblée de l’Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l’anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d’autres encore, se sont progressivement ralliés à lui.

Les Français croient souvent que le président des États-Unis est élu au second degré par de grands électeurs. C’est faux. Il est élu par un collège dont les membres sont désignés par des notables.

En 2000, la Cour suprême a rappelé que le vote des citoyens n’était que consultatif et que le gouverneur de Floride pouvait nommer les délégués de son État au collège électoral présidentiel sans même attendre le dépouillement du scrutin général.
Dans ce système oligarchique, il y a un parti unique avec deux courants : les républicains et les démocrates. Juridiquement, ils ne forment pas des entités distinctes. Ainsi, ce sont les États qui organisent les primaires, pas les pseudos-partis. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que Joe Biden et Barack Obama soient l’un et l’autre de vieux amis de John McCain. Ainsi, McCain préside l’Institut Républicain International, un organe du département d’État chargé de corrompre les partis de droite dans le monde ; tandis qu’Obama travaille au sein de l’Institut Démocrate National, présidé par Madeleine Albright et chargé de la corruption des partis de gauche. Ensemble, Obama, McCain et Albright ont participé à la déstabilisation du Kenya, lors d’une opération de la CIA pour imposer un cousin d’Obama comme Premier ministre.

Tout ceci pour dire qu’Obama n’est pas sorti de nulle part. C’est un spécialiste de l’action secrète et de la subversion. Il a été recruté pour faire un travail bien précis.

Si les objectifs de la coalition hétéroclite qui le soutient sont globalement les mêmes, il n’existe pas de consensus dans le détail entre ses composantes. Ceci explique l’incroyable bataille à laquelle ont donné lieu les nominations et l’aspect toujours équivoque des discours d’Obama.

Quatre pôles se livrent bataille :

Le pôle Défense, autour de Brent Scowcroft, des généraux opposés à Rumsfeld et bien sûr de Robert Gates, aujourd’hui le véritable maître à Washington. Ils préconisent la fin de la privatisation des armées, une sortie « honorable » d’Irak mais la poursuite de l’effort états-unien en Afghanistan pour ne pas donner l’impression d’une débandade, et enfin un accord avec les Iraniens et les Syriens. Pour eux, la Russie et la Chine restent des rivaux qu’il faut isoler et paralyser. Ils abordent la crise financière comme une guerre au cours de laquelle ils vont perdre des programmes d’armement et diminuer le format des armées, mais doivent maintenir une supériorité relative. Peu importe qu’ils perdent en puissance, s’ils restent les plus forts.

Les départements du Trésor et du Commerce, autour de Tim Geithner et Paul Volcker, les protégés des Rockefeller. Ils sont issus de la Pilgrim’s Society et s’appuient sur le Groupe des Trente, le Peterson Institute et la Commission trilatérale. Ils sont soutenus par la reine Elizabeth II et veulent sauver à la fois Wall Street et la City. Pour eux la crise est un coup dur puisque les revenus de l’oligarchie financière sont en chute libre, mais c’est surtout une occasion rêvée de concentrer le capital et de piétiner les résistances à la globalisation. Ils sont obligés temporairement de réduire leur train de vie pour ne pas susciter de révolutions sociales, mais ils peuvent simultanément s’enrichir en rachetant des fleurons industriels pour une bouchée de pain. Sur le long terme, ils ont le projet d’instaurer —non pas un impôt mondial sur le droit de respirer, ce serait grossier—, mais une taxe globale sur le CO2 et une Bourse des droits d’émission —ce qui revient à peu prés au même en paraissant écolo—. Contrairement au Pentagone, ils militent pour une alliance avec la Chine, du fait notamment qu’elle détient 40 % des bons du Trésor US, mais aussi pour empêcher l’émergence d’un bloc économique extrême-asiatique centré sur la Chine et drainant les matières premières africaines.

Le pôle du département d’État autour d’Hillary Clinton, une chrétienne fondamentaliste, membre d’une secte très secrète, la Fellowship Foundation (dite « La » Famille). C’est le refuge des sionistes, l’ultime réserve des néo-conservateurs en voie de disparition. Ils préconisent un soutien inconditionnel à Israël, avec une pointe de réalisme car ils savent que l’environnement a changé.
La principale mission de Madame Clinton, c’est d’améliorer l’image des États-unis, non plus en faisant des relations publiques (c’est-à-dire en justifiant la politique de Washington), mais par la publicité (c’est-à-dire en vantant les qualités réelles ou imaginaires du modèle US).

Dans ce contexte, les sionistes devraient pousser le projet Korbel-Albright-Rice de transformation de l’ONU en un vaste forum impotent et de création d’une organisation concurrente, la Communauté des démocraties, appuyée sur son bras armé, l’OTAN. Pour l’heure, ils sont occupés à saboter la conférence de Durban II qui, au lieu de célébrer la « seule démocratie du Proche-Orient », dénonce le régime d’apartheid au pouvoir à Tel-Aviv.
Avec le secrétaire d’État adjoint, James Steinberg, ils envisagent la crise financière comme un Blitzkrieg. Il va y avoir beaucoup de casse, mais c’est le moment de détruire des rivaux et de s’emparer par surprise de leviers de commande. Leur problème n’est pas d’accumuler des richesses par des achats et des fusions, mais d’imposer leurs hommes partout dans le monde aux ministères des Finances et à la tête des institutions bancaires.

Enfin le Conseil National de Sécurité sur s’exerce l’influence de Zbignew Brzezinski, qui fut le professeur d’Obama à Columbia. Celui-ci devrait abandonner son rôle traditionnel de coordination pour devenir un véritable centre de commandement. Il est dirigé par le général Jones, qui a été suprême commandeur de l’OTAN et a porté l’Africa Command sur les fonds baptismaux. Pour eux, la crise financière est une crise de la stratégie impériale. C’est l’endettement faramineux souscrit pour financer la guerre en Irak qui a précipité l’effondrement économique des États-Unis. Contrairement à 1929, la guerre ne sera pas la solution, c’est le problème. Il faut donc mener trois desseins simultanés : forcer les capitaux à rentrer aux États-Unis en cassant les paradis fiscaux concurrents et en déstabilisant les économies des pays développés (comme cela a été testé en Grèce) ; maintenir l’illusion de la puissance militaire US en poursuivant l’occupation de l’Afghanistan ; et étouffer les alliances naissantes Syrie-Iran-Russie, et surtout Russie-Chine (Organisation de coopération de Shanghai). Le Conseil va privilégier toutes les formes d’action clandestine pour donner au Pentagone le temps nécessaire à sa réorganisation.

Obama essaie satisfaire tout le monde d’où la confusion ambiante.

Propos recueillis par Égalité et Réconciliation, fin mars 2009

http://www.voltairenet.org/article159698.html


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