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02/07/2009

n°37 - Journal des Guerres de l'Otan-- 09-06- au 30-06 - Suite - : L'OTAN en Afghanistan et au Caucase : les nouveaux gendarmes du monde ?

n°37 -  Journal des Guerres de l'Otan-- 09-06- au 30-06 - Suite - : L'OTAN en Afghanistan et au Caucase : les nouveaux gendarmes du monde ?


  Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 37- 08-30/06

C.De Broeder & M.Lemaire    



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire. (fin)

7  Dossiers

7-2 La politique de l'OTAN tend à évincer la Russie du Caucase du Sud.

7-3 Fulvia Novellino  & Michele Altamura : Caucase et Balkans : les limites de l’accord USA-Russie.

7-4 Hans Jürgen Falkenhagen : L’UE ne reconnaît pas le résultat des élections en Ossétie du Sud. Pourquoi donc ? Il n’existe aucune raison objective.

7-5 Manlio Dinucci : Eurodefense sous bannière de l’OTAN et, donc, de la direction étasunienne.

8 Pièce jointe

8-1Les relations OTAN-Russie.

 .


7-2 La politique de l'OTAN tend à évincer la Russie du Caucase du Sud.

La politique de l'OTAN tend à isoler et à évincer méthodiquement la Russie du Caucase du Sud, a affirmé dans une interview à RIA Novosti la coordinatrice de l'Institut de la société civile et du développement régional à Erevan, Chouchan Khatlamadjian.

"En dépit des déclarations des dirigeants de l'OTAN selon lesquelles l'alliance ne rivalise avec personne dans la région, l'établissement d'un contrôle militaro-politique sur le Caucase du Sud dans le but d'établir le corridor stratégique vers l'Asie centrale constitue un des éléments de la stratégie des Etats-Unis et de l'OTAN", a déclaré la politologue arménienne.

Les méthodes par lesquelles l'OTAN prend pied dans le Caucase du Sud sont dans l'ensemble traditionnelles, a-t-elle poursuivi."Seulement, il faut garantir l'arrivée au pouvoir d'élites politiques pro-occidentales au moyen de révolutions "colorées", si possible en les évitant", a-t-elle noté.

De tous les pays du Caucase du Sud, a noté Chouchan Khatlamadjian, c'est la Géorgie qui a défini le plus nettement sa politique étrangère et, une fois par mois au minimum, elle montre qu'elle "rompt définitivement" avec la Russie. Il n'en reste pas moins que l'"OTAN tiendra encore longtemps Tbilissi "en haleine", selon elle.

La création d'organisations telles que la "Communauté du choix démocratique" et l' "Organisation pour la démocratie et le développement-GUAM" qui regroupent tant la Géorgie que l'Azerbaïdjan constitue un autre instrument des Etats-Unis et de l'OTAN.

"La multiplication de ce genre d'organisations est propre à la nouvelle politique des Etats-Unis dans l'espace postsoviétique qui s'est précisée après le discours du vice-président américain Dick Cheney à Vilnius", a indiqué la politologue arménienne.

L'OTAN attache une grande importance à l'Azerbaïdjan non seulement en raison des réserves de pétrole de la mer Caspienne, mais aussi parce que le problème de l'enclave arménienne du Haut-Karabakh pourrait être utilisé pour faire pression aussi bien sur Bakou que sur Erevan, a-t-elle expliqué.

L'Arménie demeure l'unique pays du Caucase du Sud à n'avoir pas déclaré son intention de devenir à terme membre de l'Alliance, et les plans de la Géorgie d'adhérer à l'OTAN sont perçus à Erevan comme un défi à sa doctrine de politique extérieure, a ajouté la politologue.

"Les autorités arméniennes soulignent toujours que les bases militaires russes sont un élément de la sécurité du pays et leur présence s'explique par les rapports que l'Arménie entretient avec un pays qui n'est pas membre de la CEI, plus précisément, la Turquie, dont l'attitude envers l'Arménie n'est pas toujours bienveillante. De plus, la présence des troupes russes en Arménie correspond à nos intérêts et c'est à nous de décider combien de temps elles y resteront", a-t-elle précisé.

Dans le même temps, les liens arméno-russes dans la sphère militaire ne font pas obstacle au développement de la coopération entre l'Arménie et l'OTAN et, réciproquement, les contacts avec l'OTAN ne gênent pas l'appartenance d'Erevan à l'Organisation du Traité de sécurité collective.

Pourtant, la question de l'adhésion de l'Arménie à l'OTAN est l'un des sujets les plus débattus dans le pays. "De nombreux leaders politiques arméniens, par exemple l'ex-président du parlement Artour Bagdassarian, font, en prévision des élections de 2007-2008, des déclarations "sensationnelles" sur la nécessité de changer radicalement les priorités de la politique extérieure", a indiqué Chouchan Khatlamadjian qui lie ces déclarations aux tentatives faites par les capitales occidentales pour pousser l'Arménie à changer "de son propre gré" de priorités. "Dans le contexte où l'Occident tend à réduire l'ensemble du Caucase du Sud à un seul "dénominateur commun", la politique extérieure de l'Arménie pèse plus lourd", a conclu la politologue d'Erevan.

RIA Novosti

23/6/2006

http://lalettre.hayway.org/protected/communique000101c1.html


7-3 Fulvia Novellino  & Michele Altamura : Caucase et Balkans : les limites de l’accord USA-Russie.

Comme pour les Balkans, dans le Caucase et en Europe orientale on essaie de fomenter une crise d’intérêts politiques ou économiques, liés à l’équilibre de la région. Dans les deux cas, nous pouvons affirmer que la situation, avec l’accentuation de la récession globale, a changé. Tout comme les rôles des protagonistes et antagonistes.

Il y a quelque chose d’inquiétant dans ce qui se passe au Caucase, qui rappelle beaucoup les révolutions «colorées», destinées à faire reculer l’influence russe dans les ex républiques soviétiques. Pourtant, aujourd’hui ces moyens de manipulation des masses, destinés à déstabiliser les gouvernements au nom de la démocratie, ne semblent pas avoir une dérive complètement occidentale. En premier lieu vient la Géorgie, État antagoniste à la fédération du Russie, avec des oppositions qui ont mené au conflit armé. Après quelques mois, suite à un bombardement surprise, la position de condamnation inconditionnelle de la part de la communauté internationale envers la Russie a peu à peu changé, jusqu’à admettre que Tbilissi avait en effet attaqué en premier. Le personnage du président géorgien Saakashvili a été progressivement discrédité, même de la part de cet Occident qui l’avait défendu et armé, pour ensuite le laisser seul répondre à son peuple. Ainsi, le conflit d’août n’a pas eu raison du président géorgien, mais la foule, poussée par l’opposition - en lien avec les russes ?-, pourrait bien avoir la tête du président : des milliers de manifestants protestant devant le Parlement géorgien avec un message pour le président Saakashvili : "24 heures pour démissionner".

Les défenseurs de cette position affirment qu’il s’agit là d’une réaction « spontanée » pour couper court aux pouvoirs en lien avec le communisme, et donner naissance à un gouvernement démocratique. Mais ne nous faisons pas piéger par ces paroles qui rappellent la guerre froide, et réfléchissons plutôt aux bénéficiaires d’un nouveau gouvernement. Ce pourrait être les Etats-Unis, qui se déchargent ainsi d’un vieil allié, comme ils l’ont fait avec la Pologne, l’Iraq ou l’Afghanistan. Ce pourrait également être la Russie qui, usant d’un langage de contre-information, parle de communisme et serait l’auteur de mouvements de libération pour asseoir une influence plus forte dans le Caucase. De cette façon la Fédération de Russie mettrait fin au conflit en Ossétie du Sud et en Abkhazie pour stabiliser la région et en faire une voie de transit pour sa propre énergie.

N’oublions pas que les intentions de l’OTAN de disloquer une partie des exercices militaires en Géorgie s’opposaient déjà à la stratégie de Moscou. La Russie avait déjà averti que ces exercices – qui souvent cachent le transfert de porte-avions et navires de guerre – peuvent renforcer la Géorgie et lui donner de nouveaux prétextes d’attaque en Ossétie et Abkhazie. C’est pour ce motif que la Russie a menacé de quitter les négociations avec l’OTAN, si les exercices militaires géorgiens n’étaient pas annulés. Donc, comme ce fut le cas pour les Balkans, le Caucase et l’Europe orientale sont aussi le terrain de fomentation de crises, afin de servir des intérêts politiques – liés à l’équilibre de la région – ou économiques – liés aux énergies essentiellement. De son côté, Washington n’a jamais renoncé aux Balkans, et joue aujourd’hui de sa diplomatie pour négocier son rapprochement de la région, en partant d’une ville controversée : Belgrade. Les États-Unis semblent montrer une ouverture vers la Serbie, en soutenant une intégration de cette dernière à l’Union européenne et cherchant au plus vite une rencontre avec les dirigeants serbes. Toutefois, si d’un côté l’Europe pousse pour prendre une position de guide dans les Balkans, de l’autre elle cherche à maintenir fermement des points essentiels de déstabilisation de la région : le Kosovo et  la Bosnie, des territoires que Washington ne lâchera pas. Le même engagement pour l’entrée dans l’OTAN de la Croatie et de l’Albanie montre clairement l’objectif d’avoir la faveur de ces pays pour la dislocation des nouvelles bases militaires stratégiques et l’installation de structures de défense.

En faisant opposition à l’OTAN et aux États-Unis, Moscou, alliée et partenaire économique de la Serbie et de la République serbe de Bosnie, cherche à étendre son influence en Croatie et au Montenegro. Ce qui intéresse la Russie ce sont les « colonies économiques » plus que les colonies politiques. De fait, la région balkanique est un point stratégique pour l’accès au marché européen : le gazoduc Sud Stream y passera, ainsi que des marchandises et des matières premières, grâce à des accords de libre-échange.

Ces régions sont donc encore le théâtre de la confrontation de ces deux puissances (USA/Russie), qui seront éternelles rivales, quels que soient les leaders qui les gouvernent. La rivalité peut être modulée pour la distribution des pouvoirs, mais elle ne peut pas changer la réalité des faits.

www.rinascitabalcanica.com

 Rédacteurs :
Fulvia Novellino, Agropoli Italie
Michele Altamura, Banja Luka Bosnie-Herzégovine

 Traducteur :
Cyril Berard, Nantes France

11/05/09

http://www.journaleuropa.info/FR_article/n518t0j0d0-europe-caucase-balkans-enjeux-energetiques-russie-otan-tats-unis-georgie.html


7-4 Hans Jürgen Falkenhagen : L’UE ne reconnaît pas le résultat des élections en Ossétie du Sud. Pourquoi donc ? Il n’existe aucune raison objective.

L’Union européenne n’a pas reconnu la validité des élections du dimanche mai 2009 ni l’indépendance de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Georgie, niant ainsi le droit du peuple ossète à l’autodétermination, alors qu’elle reconnaît ce droit à d’autres peuples, par exemple les Albanais du Kossovo. Les uns comme les autres ont pourtant une langue nationale, une culture et une religion propres. De même que les Albanais du Kossovo parlent albanais, les Ossètes du Sud parlent ossète, une langue proche du persan

Le Kossovo était une région autonome de la République serbe de l’ex-Yougoslavie, qui dépendait du Royaume de Serbie, étant depuis le Moyen-Âge majoritairement peuplé de Serbes ; au XIXe siècle, la domination ottomane ayant pris fin, il était retombé dans l’escarcelle de la Serbie. Tout bien considéré, il avait fallu attendre l’annexion de cette région par l’Empire ottoman pour voir les Albanais s’y installer en grand nombre. Et cependant, jusqu’au milieu du XX siècle, les Serbes étaient les plus nombreux.

L’Ossétie du Sud, comme l’Ossétie du Nord, faisait partie de l’empire tsariste. En 1917, après la Révolution d’octobre, l’Ossétie du Sud est entrée dans l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) avec le statut  de région autonome  à l’intérieur de la république socialiste soviétique de Georgie, qui devint indépendante après l’effondrement de l’Union soviétique. L’Ossétie du Sud conserva son statut d’autonomie pendant  toute la durée de l’Union soviétique. Aussi bien au plan culturel qu’économique elle était beaucoup plus liée à l’Ossétie du Nord qu’à la Georgie. La population de l’Ossétie du Sud était en majorité ossète, même pendant son rattachement formel à la Georgie durant la période soviétique. Lors de la dissolution de l’Union soviétique l’Ossétie du Sud, comme l’Abkhasie, obtint, comme toutes les républiques et régions autonomes de l’État soviétique, le droit à l’indépendance nationale, dont elle fit usage en 1991. On l’oublie souvent en Occident lorsqu’on débat pour savoir qui est à qui. On oublie aussi que dès les années 90  le peuple ossète du Sud manifesta clairement, à l’occasion de  plusieurs référendums, sa volonté d’être libre et indépendant de la Georgie. Dès le début de ces années le gouvernement georgien de Tbilissi échoua à annexer cette région par la force. Depuis, des accords internationalement reconnus prévoyant  de renoncer à la violence ont été passés  avec le gouvernement georgien.

 Il est de notoriété publique que l’actuel Président de Georgie, Saakachvili, a tenté en août 2008, au mépris de ces accords, d’annexer l’Ossétie du Sud au moyen d’une attaque éclair. L’attaque a été repoussée par les troupes ossètes, aidées par des troupes russes rapidement arrivées sur place. L’armée russe a effectué une puissante contre-offensive, et a vaincu les troupes georgiennes totalement démoralisées qui se sont  dispersées comme balle au vent en abandonnant toute discipline militaire, car elles n’avaient pas la moindre envie de se battre pour Saakachvili, un Président corrompu placé par Washington à la tête du peuple georgien.  Après la victoire et l’armistice, à l’occasion duquel la Russie fit de nombreuses concessions, parfois d’une inutile générosité, celle-ci reconnut l’indépendance et la souveraineté de l’Abkhasie et de l’Ossétie. Le Nicaragua lui emboîta le pas, bientôt suivi par d’autres États. mais l’UE et bien sûr les USA s’obstinent à considérer l’Ossétie du Sud comme partie intégrante de la Georgie, et cela uniquement parce que Saakachvili est une marionnette docile de l’Occident.Tout cela n’a rien à voir avec des principes de droit international, car l’Occident soutient les mouvements séparatistes dès que cela lui semble opportun, même s’ils sont contraires au droit international et dépourvus de justifications historiques et culturelles.

Les élections libres et démocratiques du 31 mai 2009 en Ossétie du Sud satisfaisaient en effet à tous les critères de la démocratie parlementaire.

Elles étaient absolument honnêtes et transparentes et conformes aux standards internationaux. La participation se situait autour de 823%, ce qui en règle générale ne se produit plus depuis longtemps en Occident. Le Parti de l’Unité du Président Édouard Kokoïty a obtenu selon les résultats officiels provisoires de lundi 46,36% des suffrages exprimés et 17 des 34 sièges au Parlement dans la capitale, Tchkinvali. Suivait le Parti communiste avec 25,22% des voix. Le Parti socialiste « Patrie » n’a pu entrer au Parlement car il n’a pas franchi la barre des 7%.

Les élections témoignent d’un haut degré de culture politique chez les électeurs ossètes du Sud.

Les observateurs internationaux ont pu constater leur bon déroulement. Ils n’ont pu ni établir ni dénoncer de graves manquements aux règles démocratiques  et aux standards internationaux. Pourtant l’UE et d’autres pays occidentaux ont déclaré ces élections illégales. Bruxelles a certes reconnu l’indépendance de la vieille province serbe du Kossovo, mais elle ne veut même pas dialoguer avec les représentants de l’Ossétie du Sud. On fait tout pour mettre en doute le processus électoral ainsi que les résultats. Et l’on s’affaire, en Occident, à délégitimer l’Abkhasie et l’Ossétie du Sud. On vise en réalité la Russie et ses alliés, que les Occidentaux s’obstinent à considérer comme l’ennemi. Dimanche, pendant le déroulement des élections, deux tentatives d’attentats ont pu être

déjouées. Selon les premiers résultats de l’enquête, ils avaient été organisés par Tbilissi et certains pays occidentaux pour troubler le processus électoral. Voilà qui soulève  une question : qui respecte la démocratie ? Sûrement pas les dirigeants européens!

Hans-Jürgen FALKENHAGEN

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Source: www.rg.ru/2009/06/02/parlament.html

Source : Die EU erkennt Wahlen in Südossetien nicht an. Warum eigentlich, denn eine sachlich-objektive  Begründung gibt es dafür nicht?
Article original publié le 2/6/2009 
Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductruce, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7791&lg=fr

Source : numéro spécial Europe de mercredi 3 juin de il manifesto


7-5 Manlio Dinucci : Eurodefense sous bannière de l’OTAN et, donc, de la direction étasunienne.

« Depuis 1949, l’OTAN est le principal garant de la sécurité en Europe occidentale, alors que l’Ueo continue à fonctionner au ralenti depuis trente ans environ » : c’est ce qu’écrit la Commission européenne pour résumer l’histoire d’un échec : celui de la création d’une defense européenne autonome, non dépendante de l’OTAN et, donc, de la direction étasunienne.

En 1948, un an avant la fondation de l’OTAN, le traité de Bruxelles crée un pacte de defense collective entre les 5 Etats signataires (Belgique, France, Luxembourg, Pays Bas et Royaume Uni). En 1950, le premier ministre français René Pleven propose la création d’une armée européenne, soumise à des institutions politiques communes. Sur cette base, les six pays de la Ceca (parmi lesquels Italie et Rfa) signent en 1952 le traité qui institue la Communauté européenne de defense (Ced). Entravée par les Etats-Unis, qui craignent une chute d’importance de l’OTAN, la Ced est enterrée en 1954 par la France elle-même, qui trouve inacceptable le réarmement allemand, voulu par les Etats-Unis. Mais dans la même année, la République fédérale allemande devient membre de l’OTAN, au sein de laquelle se réalise le réarmement allemand. En même temps, à la suite d’une modification du traité de Bruxelles qui permet l’adhésion de la Rfa et de l’Italie, naît l’organisation qui va porter le nom actuel de Ueo (Union de l’Europe occidentale).

L’Ueo s’élargit ensuite à 28 pays (membres effectifs, associés, observateurs et partenaires associés), mais se trouve en même temps vidée de toute fonction autonome effective. Selon le traité d’Amsterdam (1997), elle aurait du être une organisation faisant partie intégrante du processus de développement de l’Union (européenne, NdT), à laquelle elle aurait conféré une capacité opérationnelle dans le secteur de la defense. Mais cet alinéa va être supprimé dans le traité de Nice (2001). Selon l’explication de la Commission européenne, « la defense collective, qui était à l’origine une compétence de l’Ueo, fait à présent partie des compétences de l’OTAN ». Le développement d’une politique européenne pour la sécurité et la defense (Pesd) « n’a pas la moindre incidence sur le principe de base selon lequel l’OTAN demeure le fondement de la defense collective européenne ».

Pendant ce temps, avec la fin de la guerre froide, l’OTAN met en pratique le « nouveau concept stratégique » : après avoir effectué en Bosnie la première action de guerre depuis la fondation de l’Alliance, elle attaque la Yougoslavie et s’étend vers l’est, jusque dans le territoire de l’ex-URSS. Et, au sommet d’avril 1999, elle se transforme officiellement en alliance qui engage ses pays membres à « conduire des opérations de riposte aux crises non prévues par l’article 5 (du Traité, voir note de fin d’article, NdT), hors du territoire de l’Alliance ». Ce qui ne change pas c’est la hiérarchie à l’intérieur de l’Alliance. Washington annonce qu’il gardera en Europe une force capable de « soutenir nos liens transatlantiques vitaux et de conserver le leadership des Etats-Unis dans l’OTAN ». Ce qui reste de l’ « identité européenne de la sécurité et de la defense », va être précisé par le document que les leaders européens souscrivent à Washington le 24 avril 1999 : « L’Alliance soutient pleinement le développement de l’identité européenne de la sécurité et de la defense, à l’intérieur de l’Alliance ». Donc, bienvenue à une identité européenne de la defense. A condition qu’elle reste à l’intérieur de l’OTAN, dans laquelle les Etats-Unis maintiennent leur leadership, et que l’Ue se limite au rôle de « pilier européen de l’Alliance ».

En conséquence, les forces créées dans le cadre de l’Union européenne sont utilisées dans des tâches de soutien dans le sillage des guerres conduites par l’OTAN sous direction étasunienne. L’Eurofor, la force terrestre multinationale (Italie, France, Espagne, Portugal) devenue opérationnelle en 1998, est déployée en Albanie en 2001 et demeure à disposition de l’OTAN pour des missions de peacekeeping et de peace enforcement (y compris « l’occupation et le maintien de positons clés »). Même l’Eurocorps, la force multinationale franco-allemande qui s’est étendue à d’autres pays, est mise à disposition de l’OTAN, qui en fait, en 2000, le noyau du quartier général Kfor au Kosovo et, en 2004-2005, lui confie en Afghanistan la direction de la mission OTAN/Isaf ; en 2006, l’Eurocorps participe aux manœuvres au Cap Vert, qui rend opérationnelle la Force de riposte de l’OTAN. L’Euromarfor, la force maritime européenne (Italie, France, Espagne et Portugal) est par contre, elle, envoyée en 2003 dans la zone de la Corne d’Afrique « en soutien à Enduring freedom ». La dépendance de l’Union européenne vis-à-vis de l’OTAN est ensuite renforcée par l’accord de partenariat stratégique en matière de gestion des crises, stipulé en 2002 ; c’est sur la base de cet accord que l’Union utilisera les ressources logistiques et de planification de l’Alliance atlantique, même pour ce qui concerne l’information militaire.

Une telle dépendance est renforcée par le fait que les gouvernements des pays de l’ex-Pacte de Varsovie et de l’ex-Urss, entrés d’abord dans l’OTAN et ensuite admis dans l’Union européenne, sont en général plus liés à Washington qu’à Bruxelles. Cette dépendance est renforcée plus tard par la « conversion » de la France, qui est revenue dans le commandement OTAN dont elle était sortie en 1956, et par l’Allemagne dont l’axe politique s’est déplacé sur des positions beaucoup plus proches de celles de Washington. C’est ainsi que va rester lettre morte l’engagement de l’Ue, déclaré à la conférence gouvernementale de 2003, de « développer une politique extérieure et de defense commune ». Et ceci surtout parce que l’Union européenne n’a pas pour objectif de développer une politique extérieure et de defense différente de celle des Etats-Unis, mais qu’elle revendique simplement un plus grand poids dans le cadre de la stratégie générale, poursuivie par les Etats-Unis, qui prévoit l’envoi de forces militaires partout dans le monde où sont remis en question les intérêts fondamentaux de l’Occident. « L’incommensurable supériorité militaire (et donc stratégique) de l’Amérique sur le reste du monde est une réalité immuable – et somme toute rassurante- des scénarios internationaux », écrit Andrea Tani dans Pagine di Difesa (Pages de defense). Donc, « la chose la plus sage que les européens puissent faire est de collaborer loyalement avec les Etats-Unis, en essayant de consolider la Communauté Atlantique, de soutenir militairement le Pentagone et de faire école partout où c’est possible : on peut beaucoup apprendre, et le Pentagone est un excellent enseignant ».

C’est donc à cette école de guerre que devrait se former la « nouvelle Europe », en rénovant ainsi les fastes de la vieille Europe coloniale et impériale.

Article 5 Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime defense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

Manlio Dinucci :

Reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio

Cet article a été publié dans le numéro spécial Europe de mercredi 3 juin de il manifesto Non publié sur le site Internet du journal.

5 juin 2009, par Comité Valmy

http://www.nato.int/docu/fonda/traite.htm



8 Pièce jointe

8-1Les relations OTAN-Russie.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

Les 28 pays alliés et la Russie travaillent ensemble, en tant que partenaires égaux, au sein du Conseil OTAN-Russie (COR), créé en 2002. Le COR offre un cadre permettant des consultations sur des questions sécuritaires d’actualité et une coopération pratique dans une toute une série de domaines d’intérêt commun. Son programme s’appuie sur le cadre de coopération bilatérale qui a été défini dans l’Acte fondateur OTAN-Russie de 1997.

À la suite de l'action militaire disproportionnée menée par la Russie en Géorgie début août 2008, l’Alliance a suspendu les réunions formelles du COR et la coopération dans certains domaines, tout en étudiant les répercussions des actions de la Russie sur les relations OTAN-Russie. La coopération s’est poursuivie dans des domaines clés d'intérêt commun, comme la lutte antidrogue et la lutte contre le terrorisme.

En décembre 2008, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN sont convenus de renouer avec la Russie selon une approche mesurée et graduelle. Réunis en mars 2009, ils ont décidé de reprendre les réunions formelles du COR, y compris au niveau ministériel, le plus tôt possible après le sommet de l’OTAN qui se tiendra en avril. Les ministres sont convenus d’utiliser le COR comme un lieu de dialogue privilégié avec la Russie sur tous les sujets – qu’ils fassent ou non l’objet d’un consensus – afin de rechercher des solutions aux problèmes et d’instaurer une coopération pratique.

À cet égard, la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, son intention d’implanter une nouvelle base militaire en Abkhazie, et le fait qu’elle ait suspendu l’application du Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE) sont autant de décisions que les Alliés jugent particulièrement préoccupantes. Les ministres exhorteront la Russie à respecter les engagements qu'elle a souscrits à l'égard de la Géorgie.

Il est vrai que des divergences subsistent sur certaines questions de haut niveau, mais le COR est animé d’un esprit de coopération pragmatique résultant de la prise de conscience que l’OTAN et la Russie ont les mêmes priorités stratégiques et qu'elles sont confrontées aux mêmes défis.

Cite officiel : Communiqués de presse de l’OTAN publiés par le Bureau de presse de l'Organisation

suite - pièce jointe à commander (fa032881@skynet.be)

http://www.nato.int/cps/fr/SID-940DF0DA-78918FD1/natolive/topics_50090.htm



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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