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03/07/2009

n°38 - Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 30-06 : Fin - : Quand, pourquoi et comment l’'Otan a commencé à s'intéresser à la Georgie.

n°38 - Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan- 30-06 : Fin - : Quand, pourquoi et comment l’'Otan a commencé à s'intéresser à la Georgie.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Le Dossier'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 38- 30-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Annexe                  (suite)

2-2 Le rôle de l’OTAN dans le domaine de la sécurité énergétique.

2-3 La Signification Géopolitique Globale du Caucase pour les États-Unis.

2-4 Tiberio Graziani : Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie.


2-2 Le rôle de l’OTAN dans le domaine de la sécurité énergétique.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

60e anniversaire de l’OTAN : quel futur pour l’alliance militaire transatlantique ?

L’OTAN a célébré tout récemment son 60e anniversaire.

Au cours de sa longue existence, l’Alliance a constamment adapté ses politiques, ses structures et ses capacités à l’évolution de l’environnement de sécurité.

L’OTAN s’est progressivement préparée à faire face aux défis émergents, qui ne sont pas toujours de nature purement militaire, mais qui ont certainement des incidences sur la sécurité des Alliés. Comme indiqué dans le Concept Stratégique de l’Alliance de 1999, la sécurité de l’Alliance doit aussi s’envisager dans un contexte global. Les intérêts de sécurité de l’Alliance peuvent être mis en cause par la rupture des approvisionnements en ressources vitales. Nous voyons aujourd’hui que la sécurité énergétique figure, avec la prolifération des armes de destruction massive et la menace des cyberattaques, au nombre des nouveaux défis qui intéressent l’Alliance, et ceci prend une dimension nouvelle dans le contexte économique actuel.

La stabilité et la fiabilité des approvisionnements énergétiques, la diversification des itinéraires d’acheminement, des fournisseurs et des sources d’énergie, ainsi que l’interconnexion des réseaux énergétiques sont d’une importance capitale pour la sécurité des Alliés.

Au sommet de Bucarest (avril 2008), les chefs d’État et de gouvernement ont dégagé des principes, exposé les options et adressé des recommandations à l’intention de l’OTAN dans le domaine de la sécurité énergétique. Ces éléments ont été réitérés au sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Strasbourg-Kehl le 4 avril 2009.

En quoi l’OTAN est-elle compétente pour contribuer à la sécurité énergétique ?

L’OTAN, par son mandat, a des atouts qui lui permettent d’apporter une valeur ajoutée aux efforts internationaux qui sont déployés actuellement dans le domaine de la sécurité énergétique. Ces atouts font ainsi de l’OTAN un acteur compétent pour œuvrer dans le domaine de la sécurité énergétique de plusieurs façons, sur les plans stratégique, technique et institutionnel.

Premièrement, sur le plan stratégique, l’OTAN est une plate-forme tout à fait particulière de projection de la stabilité. Elle offre un cadre transatlantique unique en son genre de dialogue et de coopération sur toute une série de questions politiques et de questions de sécurité. Tel a été son rôle au fil des années, non seulement avec les pays membres, mais aussi avec tous les partenaires compétents avec qui elle coopère à l’échelle régionale et internationale. Aujourd’hui, l’Alliance poursuit ses consultations sur les risques les plus immédiats dans le domaine de la sécurité énergétique. Elle utilise son réseau de partenariats pour dialoguer aussi sur des questions de sécurité énergétique.

Les activités qui sont menées actuellement avec les pays partenaires pour la réforme du secteur de la defense et de la sécurité favorisent l’échange d’informations et de meilleures pratiques, ainsi que la mise en place de mesures qui ont indirectement des effets sur les questions liées à la sécurité énergétique et à la sécurité des infrastructures énergétiques.

L’OTAN s’emploie également à promouvoir la coopération internationale et régionale en matière de sécurité énergétique. C’est un domaine où le potentiel de coopération est important. La présence parmi les partenaires de l’OTAN de grands producteurs de gaz et de pétrole, tels que la Russie, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan ou encore le Turkménistan, ainsi qu’avec de grands pays de transit, comme l’Ukraine et la Georgie, montre le grand potentiel du dialogue que l’OTAN développe avec ses partenaires.

S’agissant d’autres partenaires qui occupent une position clé en matière d’énergie, comme les pays du Golfe, il y a plusieurs questions d’importance critique à examiner, certaines vulnérabilités, des risques mais aussi des opportunités à saisir, et la demande de collaboration existe aussi à cet égard. L’OTAN utilise aussi sa coopération avec les organisations internationales compétentes pour évoquer certains aspects de la sécurité énergétique, ce qui lui permet de mieux se coordonner avec celles-ci et de s’intégrer pleinement dans les actions de la communauté internationale.

Deuxièmement, sur le plan technique, l’OTAN met à disposition des moyens de fusionnement et de partage rapides d’informations provenant de sources multiples, ce qui permet d’effectuer une analyse commune de nos vulnérabilités stratégiques.

Par ailleurs, l’OTAN est en mesure d’offrir un soutien à la gestion des conséquences dans le cadre de ses activités. Au cours de ses 60 années d’existence, l’OTAN a acquis une vaste expérience dans le domaine des plans civils d’urgence. Nous avons conçu des mécanismes permettant de faire face à toute une série de situations d’urgence et nous disposons d’un réseau d’experts auxquels il peut être fait appel pour obtenir des avis. L’état de préparation et la capacité de réaction peuvent être encore nettement améliorés.

L’OTAN peut aussi fournir un soutien à la protection des infrastructures énergétiques essentielles. Elle peut, sur demande, contribuer à la protection des installations énergétiques essentielles des Alliés et fournir des avis sur les risques majeurs pesant sur ces infrastructures. Les activités de l’OTAN dans le domaine de la sécurité énergétique ont trait principalement à la consultation, à la coopération et au soutien, mais certaines de nos opérations peuvent avoir un effet préventif ou dissuasif qui se répercute indirectement sur la sécurité énergétique.

Les Alliés et de nombreux pays partenaires ont acquis une expérience appréciable dans le cadre de l’opération Active Endeavour, qui vise à lutter contre le terrorisme en Méditerranée, ou des opérations de lutte contre la piraterie Allied Provider et Allied Protector menées au large des côtes de la Somalie dans le but de contribuer aux efforts déployés par la communauté internationale pour renforcer la sécurité des routes commerciales maritimes et la navigation internationale dans la région. Ces opérations ont permis à l’Alliance de montrer qu’elle est capable de faire usage de ses moyens militaires pour contribuer à assurer la sécurité et faire appliquer le droit international en haute mer, y compris le droit de passage pour les approvisionnements énergétiques essentiels, qui est ainsi indirectement protégé. Il s’agit là d’une mise en commun impressionnante d’expériences qui valent la peine d’être exploitées.

Troisièmement, sur le plan institutionnel, nous pouvons, dans nos activités visant à assurer la sécurité énergétique, compter sur des structures existantes telles que le Centre euro ?atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), qui s’occupe de la coordination des secours en cas de catastrophe ou de la gestion des conséquences. L’EADRCC sert ainsi de relais pour le partage d’informations sur les actions qui sont menées, ce qui constitue un élément précieux en temps de crise.

Lorsqu’elle entre en action dans ces différents domaines, l’OTAN souhaite travailler en coopération, non seulement avec des pays non membres, mais aussi avec les acteurs internationaux concernés et le secteur privé s’il y a lieu.

Conclusion

Dans l’environnement de sécurité actuel, l’OTAN a quelque chose d’unique et de très précieux à offrir : 60 années d’expérience en matière de consultation dans le domaine de la sécurité et de coopération militaire entre États souverains. Aujourd’hui, la sécurité énergétique et des infrastructures énergétiques figurent parmi les défis pesant sur la communauté internationale et il est important que la solidarité de l’Alliance s’y manifeste. L’OTAN a accumulé une vaste expérience en matière de sécurité multilatérale, sur laquelle nous devons continuer à bâtir et que nous souhaitons partager. La sécurité énergétique aura sa place dans notre réflexion sur l’avenir de l’Alliance.

Aurélia Bouchez,

Secrétaire générale adjointe déléguée pour les affaires régionales, économiques et multilatérales au siège de l’OTAN

28 avril
http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article1335


2-3 La Signification Géopolitique Globale du Caucase pour les États-Unis.

A en croire les données officielles du rapport du président géorgien Chevardnadze, le chiffre d’affaires du commerce extérieur du pays en 1998 a atteint 1242,6 millions de dollars, dont 1048,6 millions de dollars à l'importation. La Géorgie a une dette extérieure d'environ 3 milliard de dollars.

Le pays est dirigé durement par le FMI, la Banque Mondiale et d'autres organisations extérieures. Ils déterminent même le nombre d'écoles et de pédagogues dans les écoles. Pourrait-on dans de telles conditions parler de la construction d'une ´Géorgie nouvelle, souveraine, démocratique et heureuseª ? Seul Chevardnadze peut parler ainsi, lui qui allait conduire les peuples vers un avenir lumineux, vers les sommets du communisme, mais qui les a menés à la pauvreté et à la décadence les plus basses.

Jusqu’à ce jour, Eduard Georgi

Chevardnadze proclame avec fierté qu’il a démoli l'URSS. Aujourd'hui, sans demander l’avis du peuple géorgien, il déclare que la Géorgie sortira de la CEI et adhérera à l'Otan. Il escompte sans doute, d'ici quelque temps, pouvoir se prévaloir de ses mérites dans le déclin de sa république et dans sa sortie de la CEI.

En politique extérieure, la direction géorgienne démontre son intention constante de se rapprocher de l’Occident et de devenir membre à part entière de l'Otan. Elle se distancie de plus en plus nettement de la Russie et des structures de la CEI. En février 1999, dans une interview au journal japonais Sankei Shimbun, Eduard Chevardnadze s'est exprimé sur la sortie probable de la Georgie de l'Accord sur la Sécurité Collective. Cette année, la Géorgie va créer ses propres troupes frontalières et les troupes frontalières russes seront retirées. Peu après, Revaz Adamia, membre du Conseil de Sécurité de Géorgie, s'est exprimé sur la nécessité de retirer des troupes de deux des quatre bases russes – de Bambor en Abkhazie et de Vaziani, près de la capitale géorgienne. ´Les troupes russes qui, en Géorgie, devaient jouer le rôle de médiateurs, n'ont pas réussi à régler le conflit en Abkhazie, qui tend à se séparer de la Géorgie, et à obtenir l'indépendanceª, estime Chevardnadze. Ce ne sont pas que des mots.

Dès maintenant, la présence occidentale présente des proportions et des tendances dangereuses pour les États voisins. Le travail de préparation est accompli pour une intégration progressive de la Géorgie dans le système de l'Otan. La république est une des plus actives et des plus engagées dans le programme Partenariat pour la Paix de l’Otan. On a commencé à adapter la structure des forces armées de l'État aux standards adoptés dans l'Otan.

En pratique, la Géorgie a obtenu le droit d'acquérir des armements et du matériel militaire dans les pays du bloc. La Géorgie s'est engagée à mettre à la disposition de l'Otan, en cas de nécessité, certaines de ses installations militaires et son infrastructure. Les cadres militaires de l'armée géorgienne reçoivent une instruction systématique dans les institutions d'études de l'Otan.

La Géorgie participe à des manœuvres militaires communes avec les partenaires occidentaux. Les conditions sont créées pour garantir, avec les forces du bloc, la protection des voies d’approvisionnement pétrolier passant par le territoire du pays.

Grâce à cette ‘souplesse’ de la part de Tbilisi, l'Otan pourrait, dans un futur proche, se rapprocher des frontières d'États non-membres de l'Otan. Malgré ses déclarations d'intention d’établir avec la Russie et d'autres anciennes républiques de l'URSS des relations de partenariat durables, la Géorgie est disposée à participer à des coalitions créées sur une base anti-russe ou allant dans cette direction.

Présence ouverte et tacite de l’Otan dans le Caucase

Dans ce contexte, il faut attirer l'attention sur l'organisation GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), qui se transforme de plus en plus en une union économique et une alliance militaro-politique pro-Otan, anti-russe. Les 21 et 22 janvier 1999, les ministres de la défense de ces pays ont examiné à Bakou les questions de la sécurité régionale, la coopération militaire, la nécessité de positions accordées dans l'ONU, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et leur participation au programme Partenariat pour la Paix de l’Otan. Pour commencer, les pays de l'alliance GUAM ont décidé de créer un bataillon commun pour des opérations de paix.

A la mi-1998, le Congrès des États-Unis a tenu des audiences sur le thème du ´Rôle des États-Unis dans le Caucase et en Asie Centraleª. Ils ont confirmé la signification stratégique de la région pour les intérêts américains. Il s’agit non seulement des gisements pétroliers mais aussi de l'importance géopolitique de la Transcaucasie dans la politique globale des États-Unis, où l'attaque contre la Russie prend une place particulière. Le caractère inadmissible de la présence de concurrents et l'exclusion de la présence russe dans le Caucase ont été affirmés ouvertement, et ces thèmes ont résonné de manière provoquant. Les membres du Congrès ont critiqué Clinton pour sa passivité face à la présence prolongée de bases militaires russes sur le territoire de l'Arménie et de la Géorgie. Mais la présence directe et indirecte de l'Otan dans le Caucase augmente chaque jour. L’Otan entretient une coopération intense dans le domaine militaire avec la Turquie voisine, alliée de l'Otan. En 1998, la Turquie a envoyé en Géorgie des équipements militaires pour un montant de 2 millions de dollars, et elle assure la formation de cadres militaires pour l'armée géorgienne.

Rien qu'en 1998, dans le cadre de la coopération de la Géorgie avec l'Otan, 130 activités différentes ont été organisées. Parmi elles, des exercices militaires maritimes à grande échelle dans la zone des ports pétroliers, manœuvres dont la mission était la défense des communications maritimes et l'accompagnement de tankers.

Les États-Unis se concentrent ‘sérieusement et pour longtemps’, sur le Caucase, de manière conséquente et ciblée, afin de garantir leurs intérêts dans la région et d’en repousser la Russie. La direction géorgienne les y ‘aide’ de tout cœur. Le 19 février 1999, lors d’une session du gouvernement, le président Chevardnadze a réclamé l’interdiction du Parti Communiste Unifié de la Géorgie, ´cinquième colonne, financée par des forces réactionnaires de Russie.

Nos amis et sympathisants, membres des partis ouvriers et communistes d'Europe et du monde entier, nous apporteraient une grande aide à nous, communistes géorgiens, en disant la vérité sur la Géorgie d'aujourd'hui, sur le traître Chevardnadze, et en exigeant du pouvoir géorgien actuel qu’il ne touche pas au Parti Communiste Unifié de Géorgie.

Pantelemon Georgadze, Premier Secrétaire du Parti Communiste Unifié de Géorgie

2-3 mai 1999

http://www.northstarcompass.org/french/nscfr26/georgia.htm


2-4 Tiberio Graziani : Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie.

Dans un entretien à la télévision Russia Today, le géopoliticen Tiberio Graziani souligne la dépendance de l’Italie en particulier et des États ouest-européens en général vis-à-vis des États-Unis. Une vassalité qui empêche Rome et Bruxelles de défendre leurs intérêts et les contraints à considérer Moscou comme un adversaire et non un partenaire.

Anastasia Haydulina pour Russia Today : Les gouvernements du monde entier sont en train d’adopter des mesures protectionnistes. Ce qui produit un impact à tous les niveaux de la société. En Italie on assiste à un plus grand appui aux politiques anti-immigration de la droite. Comment va faire l’Italie, et comment ferons-nous tous, pour dépasser la crise financière mondiale ?

Tiberio Graziani : Avant tout nous devrions réfléchir sur les causes de cette crise financière, qui a atteint aussi la production au niveau industriel, d’abord aux États-Unis puis dans tout le système occidental, constitué par le triumvirat bien connu : États-Unis, Europe occidentale et Japon. La crise a influencé tout le marché mondial. Pour ce qui concerne l’Italie, les effets se sont manifestés avec un léger retard et, je crois, seront plus marqués au cours de 2009 et 2010.

Car l’économie italienne est principalement fondée sur des petites et moyennes entreprises, il n’y a pas de grosse concentration industrielle, et, donc, l’Italie tend à avoir cette plus grande flexibilité qui est nécessaire pour affronter et contenir la crise. Mais la crise sera très profonde.

Nous ne serons en mesure de dépasser une crise financière qu’en opérant dans un contexte géoéconomique continental. Ceci signifie que nous devrions chercher des solutions qui impliquent les économies des pays émergents comme la Russie, la Chine et l’Inde. La crise ne peut pas être dépassée qu’avec des solutions nationales ou des solutions élaborées à Bruxelles exclusivement par l’Union Européenne.

RT : Parlons de la récente crise du gaz. L’Italie n’en a peut-être pas pâti comme les Balkans et l’Europe orientale mais elle était de toutes façons parmi les pays pris en otage. La vérité a cependant été gardée cachée. Quelle est la véritable raison de la dispute ?

Tiberio Graziani : La raison de la dispute du gaz entre Kiev et Moscou est de fait une réponse de l’extension de l’Otan à l’est, et de l’élargissement de l’Union Européenne aux pays de l’Europe Orientale. Ces deux mouvements simultanés d’expansion ont été vus à Moscou comme une sorte d’agression menée dans son entourage immédiat.

Ce genre d’expansion a commencé en 1989 après la chute du Mur de Berlin. Depuis ce moment-là, les États-Unis ont décidé de contrôler toute la planète. Ils ont choisi l’Europe Occidentale comme point de départ pour avancer vers la Russie et l’Asie centrale. Il est en effet connu que l’Asie centrale a d’énormes gisements de gaz et de pétrole.

Les États-Unis commencèrent ainsi à influencer les pays du Pacte de Varsovie et certaines ex-républiques soviétiques comme l’Ukraine.

Depuis 1990, l’Ukraine a commencé à séparer son propre avenir géopolitique de son assise naturelle, et donc de Moscou.

Si nous analysons ce qu’on a appelé la « Révolution orange » [1], nous pouvons nous rendre compte que derrière ces conquêtes de la soi-disant société civile ukrainienne on trouvait les intérêts de Washington. Nous ne devons pas non plus oublier le rôle des dits philanthropes tel Georges Soros non seulement dans la déstabilisation de l’Ukraine, mais aussi dans celle des ex-républiques yougoslaves.

Quand l’Ukraine a abandonné ou tenté d’abandonner son propre contexte géopolitique naturel, celui de partenaire privilégié de Moscou, il est évident que Moscou a essayé de fixer le prix de son gaz sur celui du marché, étant donné que l’Ukraine n’était plus un client privilégié mais un client comme tous les autres. Évidemment la dispute a fini par toucher l’Europe, parce que les leaders ukrainiens manquent de souveraineté et sont pilotés par des intérêts occidentaux sous direction états-unienne. Au lieu de chercher un accord économique, comme on le fait habituellement entre pays souverains, l’Ukraine a aggravé la situation en soustrayant le gaz destiné aux pays européens.

Cette véritable raison de la crise a été ignorée par la presse de l’Europe Occidentale, italienne comprise. Dans la dispute du gaz, la majorité des journalistes italiens s’est concentrée non pas sur les vraies raisons, mais sur la diabolisation du gouvernement russe : en disant que dans la question du gaz il avait utilisé la géopolitique comme une arme, alors que le Président Medvedev et le Premier ministre Poutine ne faisaient qu’appliquer des prix de marché à des réactions économiques normales sur le gaz.

RT : L’Ukraine est au bord de la faillite. La Russie ne peut pas compter sur le fait que l’Ukraine paiera des tarifs fondés sur des prix de marché, l’an prochain.

Tiberio Graziani : Je crois qu’il est possible de trouver un accord économique. Moscou et Kiev peuvent aussi négocier des réductions. Je voudrais encore une fois souligner qu’il ne s’agit pas que d’un problème de transactions économiques, d’importation et d’exportation. C’est une question géopolitique. Il est évident que si l’Ukraine choisit de se ranger avec l’Occident sous la conduite de Washington, cela influencera non seulement le commerce du gaz, mais aussi d’autres aspects économiques. Je crois, donc, qu’il sera possible de trouver une solution économique, mais la résistance vient de Kiev, car cela dépend des intérêts de Washington.

RT : À propos de Washington, parlons des bases militaires états-uniennes sur le territoire italien. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Tiberio Graziani : La majorité des gens est consciente de la présence des bases militaires mais n’en est pas consciente politiquement. Voila pourquoi, dans le cas de l’extension de la base militaire de Vicence, au nord-est de notre pays, on a surtout fait des considérations de caractère environnemental. Le motif principal et fondamental est par contre resté caché, alors qu’en réalité cette extension sert aux forces armées états-uniennes : dans le but de les mettre en mesure d’opérer en coordination avec une base militaire assez proche, située en Serbie (Camp Bondsteel, NdT), elle aussi dépendante de Washington. Dans l’avenir il sera possible, pour les USA, d’opérer dans des pays frontaliers et au Proche et Moyen-Orient, dans des nations comme la Syrie et l’Iran, et dans une certaine mesure, en Russie aussi. La nation yougoslave, dans ce cas la Serbie, n’a pas été choisie par hasard, mais parce qu’elle a des affinités culturelles et ethniques avec Moscou.

RT : La crise du gaz a exaspéré les tensions entre la Russie et l’Union européenne, et de nombreux État européens sont déjà en train de chercher des fournisseurs alternatifs. La Russie a-t-elle une raison de s’en préoccuper ?

Tiberio Graziani : Non, je ne crois pas que la Russie doive en être préoccupée. Je pense que chaque pays doit chercher les meilleures opportunités sur le marché pour s’assurer ses fournitures énergétiques et son autosuffisance. Dans un contexte géopolitique eurasiatique plus vaste, je crois que les relations entre la Russie et l’Europe, et entre la Russie et l’Italie, devraient se fonder sur leurs intérêts économiques : sur l’échange de nouvelles technologies de frontière, de technologie militaire, de ressources énergétiques et, évidemment, des relations culturelles. Je pense que les relations culturelles entre l’Union européenne et l’Italie, et, naturellement, la Fédération russe, devraient être renforcées.

Après la Seconde Guerre mondiale, il y a pus de 60 ans, ces relations ont connu un déclin parce qu’elles ont été entravées par la classe intellectuelle et politique européenne qui a soutenu l’occidentalisation ou américanisation de la culture européenne. Si nous comparons la littérature européenne et celle de l’Italie de ces dernières années avec celles des années Trente, nous pouvons remarquer que beaucoup d’écrivains utilisent une langue beaucoup plus incorrecte, avec de nombreux emprunts à l’anglais. C’est un résultat de la colonisation culturelle que Washington a mené depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est intéressant de noter que cette tendance est aussi présente dans les pays de l’ex-bloc soviétique.

RT : Quelle est la ligne italienne qui prévaut dans les rapports avec la Russie ? Les Russes peuvent-ils compter sur le fait que l’Italie joue un rôle pour améliorer les relations entre la Russie et l’Union européenne ?

Tiberio Graziani : Bien sûr, évidemment l’Italie, avec d’autres pays de l’Union Européenne, est un partenaire potentiel de la Russie. Mais pour être un véritable partenaire et pas seulement potentiel, l’Italie devrait avoir une plus grande liberté et la souveraineté politique totale, qu’elle n’a pas pour le moment.

Je voudrais rappeler qu’en Italie il y a plus de 100 sites militaires qui dépendent, directement ou indirectement, des États-Unis, et qui font partie du plan états-unien d’influence et d’occupation militaires de toute la péninsule européenne. Dans ces conditions l’Italie et d’autres pays sont limités dans l’expression de leurs intérêts politiques et économiques. Mais il faut aussi reconnaître que ces dernières années la politique économique du président Poutine, d’abord, et de l’actuel président Medvedev, a jeté les bases pour que l’Italie devienne un véritable partenaire de Moscou, pas seulement d’un point de vue économique mais aussi du point de vue politique et, je crois, militaire. L’Italie est située dans la zone méditerranéenne et elle occupe une position stratégique importante. En outre sa position centrale est aussi fondamentale à un niveau géopolitique, par rapport à l’Afrique du Nord et au Proche et Moyen-Orient. Il serait juste qu’elle l’utilise à des fins d’intégration eurasiatique.

Je crois que le relations entre la Russie et l’Italie vont en s’améliorant : les entrepreneurs italiens sont en tain d’aller dans la bonne direction, parce qu’ils arrivent à dépasser les limites imposées par un pouvoir politique qui vient directement de Washington et Londres.

RT : Vous êtes très critique à l’égard de Washington, et vous décrivez les États-Unis presque comme une nation impériale. Mais nous ne vivons plus, désormais, dans un monde unipolaire.

Tiberio Graziani : Je suis très critique à l’égard de Washington parce qu’il a inclus l’Europe dans son propre espace politique et la considère comme une tête de pont pour attaquer tout le sol eurasiatique. Cela me rend critique, mais il faut naturellement aussi toujours tenir compte de l’importance et de la signification des États-Unis. Et les États-Unis devraient comprendre aussi que l’époque où ils étaient une super-puissance est terminée. Actuellement, au 21ème siècle, nous avons au niveau géopolitique un système multipolaire avec la Russie, la Chine, l’Inde, les États-Unis et certains pays d’Amérique du Sud, qui eux aussi sont en train de créer leur entité géopolitique : je fais référence au Brésil, à l’Argentine, au Chili, au Vénézuela et évidemment aussi à la Bolivie. En particulier, la plus grande liberté dont jouissent ces pays sud-américains peut permettre à l’Union européenne de quitter le bloc occidental dominé par les États-Unis et par la Grande-Bretagne.

RT : Vous connaissez les ponts chauds de l’Europe et les régions séparatistes. Vous avez fait partie des observateurs des élections en Transnistrie. Il y a une île au large de la Sardaigne en Italie (Malu Entu) qui vient juste de déclarer son indépendance, qui dit s’inspirer de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Existe-t-il une formule universelle avec laquelle on peut aborder la question du séparatisme ?

Tiberio Graziani : Les questions sont complètement diverses. En Sardaigne il y a un mouvement politique séparatiste, mais en Italie d’autres séparatistes /sécessionnistes siègent maintenant au Parlement et sont au gouvernement. Pour ce qui concerne la Transnistrie [2], il est nécessaire d’évaluer la situation du point de vue géostratégique. La Moldavie et la Roumanie ressentent le poids des États-Unis et de l’OTAN. Le conflit de la Transnistrie fait partie de ceux qu’on appelle conflits gelés. Je pense que l’indépendance de la Transnistrie serait intéressante, parce que dans ce cas-là elle deviendrait une zone où les États-Unis ne pourraient pas entrer. Ce serait un territoire libre du pont de vue eurasiatique, car la Transnistrie aurait sa souveraineté. Je n’analyse pas cette république sur la base de son gouvernement actuel. Je me borne à en analyser sa situation géostratégique et géopolitique. Car si la Transnistrie est une république autonome cela signifie que, sur son petit territoire, il n’y a pas de bases de l’OTAN.

Notes :

Entretien disponible en version anglophone sur Russia Today, version italienne traduite par Manuela Vittorelli sur Eurasia – Rivista di studi geopolitici. Version française de Marie-Ange Patrizio.

[1] « Washington et Moscou se livrent bataille en Ukraine », par Emilia Nazarenko et la rédaction ; « Ukraine : la rue contre le peuple », Réseau Voltaire, 29 novembre 2004.

[2] Sur la Transnistrie, voir : « Au cœur de la Guerre du gaz, la petite République de Transnistrie » et « Tiraspol, base avancée de l’armée russe ? », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 3 juillet et 15 août 2007 ; « En 1992, les États-Unis tentèrent d’écraser militairement la Transnistrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 17 juillet 2007.

30 mars

http://www.geostrategie.com/1490/les-etats-unis-utilisent-l%e2%80%99europe-comme-tete-de-pont-pour-attaquer-l%e2%80%99eurasie 



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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