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05/07/2009

n°467 - Dossier de Palestine - 03-07- Fin - : La Palestine de Netanyahu ou le couteau de Lichtenberg.

n°467 - Dossier de Palestine - 03-07- Fin - : La Palestine de Netanyahu ou le couteau de Lichtenberg.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

                                        N°467                                           03-07

                                           C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire (Fin)

3 Dossier

3-1 Yael Ancri : Netanyahou disposé à accepter un Etat palestinien démilitarisé vivant aux côtés de l’Etat juif.

3-2 El Watan : Benyamin Netanyahou : Toujours l’arrogance !

3-3 Brahim Senouci : La Palestine de Netanyahu ou le couteau de Lichtenberg.

3-4 Juan Miguel Muñoz : Les Palestiniens et les pays arabes rejettent le discours de Netanyahu.

3-5 Daniel Vanhove : N’est-il pas temps de revoir – enfin sérieusement – la plan de partage de la Palestine ?

3-6 Entretien avec Thierry Meyssan : «Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ».

3-7 Sattar Kassem : Des Forces de sécurité palestinienne au service d’Israël.

3-8 John Pilger : Obama : Le sourire du tigre.

3-9 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.



3 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Yael Ancri : Netanyahou disposé à accepter un Etat palestinien démilitarisé vivant aux côtés de l’Etat juif.

La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

Le Premier ministre Netanyahou a prononcé dimanche soir son discours tant attendu.

Le discours avait pour objectif de répondre aux exigences américaines sur la solution de deux Etats et le gel de l’expansion des localités juives de Judée Samarie.

Netanyahou a présenté sa vision du processus de paix en expliquant ce que l’Etat d’Israël serait prêt à donner en échange de garanties de sa sécurité. Netanyahou a su poser ses conditions à la création d’un Etat palestinien.

Trois défis : l’Iran, l’économie et la paix

Le Premier ministre a affirmé que l’Etat d’Israël avait trois défis à surmonter : la menace iranienne, la crise économique et le processus de paix. “La menace iranienne est encore devant nous. La rencontre entre l’Islam extrémiste et l’arme nucléaire représente le pire danger qui soit pour Israël, le Proche-Orient et l’humanité entière.”

Et d’ajouter : “Je m’adresse à vous, voisins palestiniens, et à la direction de l’Autorité palestinienne : entamons des négociations de paix immédiatement, sans conditions préalables. Israël respecte tous les accords internationaux et attend de toutes les autres parties qu’elles respectent également leurs obligations. Je ne veux pas de guerre. Personne en Israël ne veut la guerre.”

“J’ai parlé avec le président Obama et je soutiens son idée de paix régionale. J’appelle les dirigeants des pays arabes à dialoguer : venez, rencontrons-nous et parlons de paix à Damas, à Riyad, à Beyrouth ou à Jérusalem.”

Notre présence en Judée Samarie(Cisjordanie) n’est pas la cause du conflit

Le Premier ministre a souligné : “La racine du conflit est le refus des Palestiniens de reconnaître le droit des Juifs d’avoir un Etat juif. Notre présence en Judée Samarie n’est pas la cause du conflit.”

Et d’ajouter : “A nos retraits, les Palestiniens ont répondu par des attentats et des milliers de missiles contre nos villes, nos villages et nos enfants. Nous avons essayé les retraits avec ou sans l’accord des Palestiniens, les retraits complets et les retraits partiels, et rien n’y a fait.

L’an passé les dirigeants israéliens ont proposé un retrait presque complet et les Palestiniens ont refusé.”

“Même les plus modérés des Palestiniens ne sont pas prêts à dire la plus simple des choses : l’Etat d’Israël est l’Etat national du peuple juif et le restera.”

“Pour atteindre la paix, il faut du courage et de l’honnêteté de la part des deux côtés.”

Les Palestiniens doivent reconnaître l’Etat juif

Le Premier ministre a exposé la condition de base à tout processus de paix israélo-palestinien : “Une reconnaissance palestinienne officielle, publique, sincère et responsable de l’Etat d’Israël comme Etat national du peuple juif.”

Pas de réfugiés palestiniens en Israël

Le Premier ministre a souligné que le problème des réfugiés palestiniens devait être résolu à l’extérieur des frontières de l’Etat d’Israël. Accepter les dits “réfugiés palestiniens” au sein de l’Etat d’Israël contredirait la caractéristique juive de l’Etat d’Israël.

La terre d’Israël est la patrie du peuple juif

Et de préciser avant d’en venir à la concession la plus douloureuse sur “l’Etat palestinien” : “La Judée Samarie est le pays de nos ancêtres”.

“Le droit du peuple juif sur la terre d’Israël ne vient pas des nombreux malheurs qui l’ont touché pendant l’histoire (…) mais si l’Etat d’Israël avait été créé plus tôt il n’y aurait pas eu de Shoah. Cela vient souligner la nécessité pour le peuple juif de disposer d’une puissance souveraine. (…) Notre droit sur Israël vient du fait que la terre d’Israël est la patrie du peuple juif.”

Pas de nouvelles localités en Judée Samarie (Cisjordanie)

Le Premier ministre a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de créer de nouvelles localités en Judée Samarie, ni d’allouer des terres pour agrandir les communautés existantes. Mais il a précisé que les résidents de Judée Samarie (Cisjordanie)  sont comme tous les habitants d’Israël et ils ont droit de construire pour répondre aux besoins de la croissance naturelle. “Le sujet territorial sera débattu lors des arrangements finaux”, a affirmé Netanyahou.

Nous devons ramener Guilad Shalit

“Les Palestiniens doivent choisir entre la voie de la paix et celle du Hamas. Nous n’avons pas l’intention de négocier avec des terroristes qui veulent détruire l’Etat d’Israël”, a précisé le Premier ministre.

Et d’ajouter : “Le Hamas n’est même pas prêt à permettre à la Croix Rouge de rendre visite à notre soldat enlevé il y a trois ans et séparé de sa famille et de son peuple. Nous nous engageons à faire rentrer Guilad Shalit à la maison sain et sauf.”

Un Etat palestinien démilitarisé aux côtés de l’Etat juif

“Je suis venu ce soir exprimer les principes de paix sur lesquels la société israélienne s’entend. Nous devons reconnaître la situation internationale actuelle, mais nous resterons fermes quand aux principes fondamentaux de l’Etat d’Israël. Le premier est la reconnaissance de l’Etat d’Israël par les Palestiniens comme un Etat juif et le second est la garantie de la sécurité d’Israël.”

“Au cœur de la patrie juive vit un grand public de Palestiniens. Nous ne voulons pas gouverner les Palestiniens et diriger leurs vies. Nous sommes prêts à voir deux peuples dans ce petit pays. Chacun peut avoir son drapeau, son rêve et son hymne.”

“Nous ne pouvons reconnaître un Etat palestinien sans qu’il soit démilitarisé, sinon nous finirons par avoir droit ici à un Hamastan. L’Etat palestinien ne doit pas avoir d’armée. Il faut que le trafic d’armes soit rendu impossible avec l’aide de la communauté internationale.”

Et finalement, Netanyahou a fini par le dire : “Israël doit avoir de solides garanties de sécurité. Si nous avons cette garantie de démilitarisation et les arrangements nécessaires de sécurité pour Israël, et si les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat du peuple juif, nous serons disposés, dans le cadre d’un véritable accord de paix, à accepter un Etat palestinien démilitarisé(…)  vivant aux côtés de l’Etat juif.”

par Yael Ancri

14 -06

http://www.actu.co.il:80/2009/06/netanyahou-dispose-a-accepter-un-etat-palestinien-demilitarise-vivant-aux-cotes-de-letat-juif/


3-2 El Watan : Benyamin Netanyahou : Toujours l’arrogance !

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a présenté dimanche un plan irréel et irréaliste supposé apporter la paix au Proche-Orient.

Avec une rare arrogance et un mépris exacerbé pour le droit international et les libertés humaines, il a montré la nature du fascisme israélien et le peu d’intérêt qu’il accorde à une solution pacifique et juste pour la région.

Sans doute pour contenter le nouveau président américain, Barack Obama, Netanyahou a parlé de la possibilité de création d’un Etat palestinien, mais avec des conditions telles qu’elles laissent entrevoir un ersatz de bantoustan, ces zones tribales créées par le régime raciste d’Afrique du Sud dans lesquelles étaient parquées les populations noires sur une base ethnique mais qui n’avaient aucun pouvoir dans la gestion de leurs affaires internes et externes.

Son discours ne peut qu’exacerber la tension et pousser le peuple palestinien à réfléchir à de nouvelles formes de lutte et à d’autres intifadhas.

N’ayant de cesse à humilier ce dernier, il cherche désormais à mettre à genoux tout le monde arabe, auquel il propose de signer un nouvel accord de Munich qui, rappelons-le, a permis à Hitler d’annexer des territoires et de déclencher la seconde Guerre mondiale.

Bien entendu, il n’est pas question d’arrêter le développement des colonies ni de renoncer au statut de « Jérusalem, capitale éternelle d’Israël ».

Est-ce parce qu’il possède l’arme nucléaire que le gouvernement israélien pose des conditions aussi inacceptables et qu’il a en face de lui des moutons prêts au sacrifice ?

A-t-il conscience que le temps joue contre Israël et que le fait de vouloir le faire admettre comme « État juif » est une utopie de plus ? Même la presse israélienne a tourné en ridicule les propos du chef du gouvernement, reconnaissant qu’ils ne font qu’entretenir une impasse inacceptable pour tous les peuples de la région, y compris le peuple israélien.

L’arrogance de Tel-Aviv se justifie surtout par le parapluie américain.

Washington offre une aide économique et militaire inouïe à Israël.

Il lui a même offert récemment le radar le plus perfectionné du monde, capable de détecter une balle de base-ball à 5000 km.

Et depuis la création de cet Etat, plus de cent militaires américains ont été envoyés pour la première fois en Palestine occupée pour faire fonctionner ce radar. Les Américains ont ainsi un moyen redoutable et efficace pour exercer des pressions sur leurs protégés. Jusqu’à maintenant, ils n’ont même pas laissé entendre qu’ils utiliseraient cette arme.

Obama a, au contraire, salué les propositions de Netanyahou. On peut considérer cela comme de la rhétorique diplomatique, en attendant. Mais si Tel-Aviv campe sur ses défis à l’humanité, ce sera une gifle pour le nouveau président américain et une humiliation pour la grande Amérique.

http://www.elwatan.com:80/Toujours-l-arrogance


3-3 Brahim Senouci : La Palestine de Netanyahu ou le couteau de Lichtenberg.

Qui a dit que les meilleures plaisanteries étaient les plus courtes ?

Ce n’est apparemment pas l’avis des Israéliens. Ils trouvent la farce qu’ils racontent au monde depuis 61 ans tellement à leur goût qu’ils ne se lassent pas de la resservir.

Tout le monde a connu ou connait ces prétendus boute-en-train qui ressassent les mêmes histoires dont ils sont les seuls à rire et que finissent par fuir les plus indulgents des auditoires. Il y a toutefois une différence entre ces mauvais plaisants et Israël. C’est que, au contraire des premiers, Israël bénéficie d’un public attentif, prêt, non à rire, mais à approuver de manière sentencieuse les éternelles resucées d’une même vieille blague.

* Un Etat Palestinien, mais comment donc ! A condition d’accepter des contraintes mineures telles que :

* Pas de définition des frontières qui seront de toutes façons gardées par Israël

* Pas de contrôle de l’espace aérien

* Maintien et extension des colonies

* Pas de compromis sur Jérusalem, "capitale éternelle et indivisible d’Israël"

* Interdiction de vous doter d’une armée pour vous défendre (mais qui donc pourrait vous vouloir du mal ?),

* Ne prononcez jamais le mot obscène de "réfugiés".

* Pas d’alliance avec des pays étrangers autres que ceux agréés par Israël.

* Seront négociés la paie des cantonniers, les règles de priorité pour la circulation automobile, le droit de battre monnaie…

Vous ne voulez pas ? C’est bien la preuve que vous êtes des terroristes et que vous ne comprenez que le langage de la force !

Le discours de Netanyahu ne constitue certes pas une surprise. Il aurait fallu être d’une extrême naïveté pour attendre de son intervention une avancée vers la paix par le droit. En fait, on attendait surtout l’attitude des sponsors habituels d’Israël et on en escomptait vaguement une réaction musclée. Saluer ce discours comme un "progrès", comme l’ont fait d’une même voix les Etats-Unis et l’Europe, jette une ombre sur l’espoir soulevé par le discours du Caire du Président Obama et la faveur avec laquelle il avait été accueilli en Occident et dans les pays arabo-musulmans. Cette attitude montre que rien n’a changé au fond. Il ne faut certes pas dénier au Président Obama d’avoir montré une réelle compassion envers les Palestiniens. La compassion ne peut toutefois tenir lieu de politique. Ce qu’il faut, c’est rétablir les Palestiniens dans la plénitude de leurs droits. Si l’Occident, notamment le Président Obama, veut réellement instaurer un nouveau climat dans les relations internationales, il doit rompre avec cette étrange mansuétude qui lui tient lieu de langage politique avec Israël. S’il veut réellement assécher le lit du terrorisme, il doit mettre fin aux situations d’injustice qu’il a lui-même créées et qu’il contribue à perpétuer. S’il veut montrer son désir d’en finir, non seulement avec la colonisation mais avec la matrice intellectuelle qui l’a produite, il faut qu’il cesse de presser les populations victimes d’accepter d’être les dindons de la farce de l’éternel marché de dupes. Le moins qu’on puisse dire est qu’on n’en prend pas le chemin.

Reste bien sûr le plus important. Plutôt que de concéder l’avenir de la planète à des leaders aussi estimables soient-ils, il faut continuer de militer contre l’injustice et soutenir la lutte des peuples qui l’endurent.

Et le couteau de Lichtenberg ?

Lichtenberg avait défini le chef-d’œuvre dialectique de l’objet. Il décrivait ainsi quelque chose qui n’avait pas d’existence : Un couteau sans manche, auquel il manque la lame.

La Palestine vue par Netanyahu ressemble fort à ce couteau.

Brahim Senouci :

18 Juin

Source: Blog de Brahim Senouci

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2101:la-palestine-de-netanyahu-ou-le-couteau-de-lichtenberg&catid=6:articles&Itemid=11


3-4 Juan Miguel Muñoz : Les Palestiniens et les pays arabes rejettent le discours de Netanyahu.

Cette affirmation, qui ignore la loi internationale et les engagements de la part des gouvernements israéliens précédents et qui visait à faire de l’effet parmi les Israéliens tout en soulageant la pression exercée par le Président Barack Obama, ne pouvait que susciter une réaction au sein du monde arabe : le rejet frontal. Sans palliatifs. Les réactions des autres pays arabes sont quasiment superflues lorsque l’Egypte, pays qui signa un traité de paix avec Israël il y a trente ans, se montra si explicite.

« Les paroles de Netanyahu font capoter tout espoir de paix. L’appel à corriger l’initiative de la Ligue Arabe, éliminant le droit au retour des réfugiés palestiniens ne conduira pas au compromis avec l’Egypte, ni avec aucun autre pays », affirma le Président Hosni Moubarak, catégorique.

Ce n’est pas seulement le fait que Netanyahu exige comme condition incontournable l’acceptation du caractère juif de l’Etat (officiellement, il n’y a qu’un seul Etat théocratique au monde, l’Iran) de la part des Palestiniens et des pays arabes, ce qui suppose la renonciation complète, sans négociation, au droit au retour.

Le fait est que, en plus de promettre que Jérusalem ne sera jamais partagée, sous l’exigence de la démilitarisation et suite au refus d’arrêter la construction dans les colonies déjà existantes (120, en plus des 130 colonies illégales pour les propres gouvernements israéliens), l’Etat palestinien résultant ne serait pas digne d’un tel nom.

Netanyahu réclame le contrôle de son espace aérien, des frontières du fleuve Jourdain, de l’espace électromagnétique. Avec bien sûr quelques garanties de sécurité draconiennes supplémentaires : que l’Autorité palestinienne combatte et fasse disparaître le mouvement islamiste du Hamas.

« La vision du Premier Ministre est erronée et manque de nombreux éléments qui exigent un changement substantiel afin de s’adapter aux efforts arabes et internationaux pour parvenir à une paix juste au Proche Orient », ajouta un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères égyptien.

Les dirigeants palestiniens (le Hamas qualifia de « raciste » le discours du leader hébreu) furent plus sévères dans le contenu de leurs critiques. « Netanyahu », nota le chef des négociateurs, Saeb Erekat, « parle de négociations à propos de cantons dotés d’un drapeau et d’un hymne, mais dépourvus de frontières, de souveraineté et de capitale ».

Ce sont les demandes propres d’un dirigeant constamment à l’écoute de son père, Benzion, un historien aux positions extrémistes. D’un premier ministre qui ignore la loi internationale (l’interdiction de déplacer des populations civiles vers des territoires occupés) et qui exige l’impossible avant d’accepter la création d’une entité palestinienne qui sera privée de toute autonomie.

C’est typique des leaders israéliens de ne jamais cesser de prononcer le mot « paix ». Netanyahu fit part aussi de sa disposition à se réunir avec les dirigeants arabes à Beyrouth, Ryad, Damas ou Jérusalem. Il faut savoir que ce sont des paroles pour la galerie occidentale ou pour un auditoire inondé par les kippas tricotées à la main, celles portées habituellement par les religieux (sionistes et les colons). Ni le roi jordanien, ni le président Moubarak n’ont visité Israël, bien que ces deux pays signèrent il y a plusieurs années des accords de paix avec l’Etat sioniste.

Il est donc inimaginable que, étant données les circonstances et le discours du premier Ministre israélien, le roi saoudien, un chef du gouvernement libanais ou le président syrien acceptent une telle demande.

Le quotidien Tishrin, réflétant le point de vue du régime de Damas, ajouta : « le plan de Netanyahu vise tout sauf la paix ». « Netanyah n’a modéré aucune de ses positions. Il veut juste gagner du temps. Les Etats-Unis peuvent abandonner la région à son triste sort ou assumer leur responsabilité et dire clairement que la paix n’est pas une fantaisie, mais une nécessité pragmatique pour la stabilité », écrivait dans son éditorial gouvernemental le quotidien syrien Al Thawra.

Cela coïncidait avec les déclarations des porte-paroles palestiniens. « Président Obama, la balle est dans votre camp. Vous devez choisir entre traiter Netanyahu comme un premier ministre qui se place au-dessus des lois, qui clôt le chemin de la paix et guide la région vers la violence, le chaos et l’extrémisme, ou le forcer à accepter la Feuille de Route », de conclure Erekat.

Juan Miguel Muñoz –

El Païs

mercredi 24 juin 2009

Du même auteur :  http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6826



3-5 Daniel Vanhove : N’est-il pas temps de revoir – enfin sérieusement – la plan de partage de la Palestine ?

Une fois encore, les dirigeants occidentaux se félicitent d’un « important pas en avant » que constitue la déclaration politique du 1er Ministre israélien, B. Netanyahu. Ce dernier ayant susurré dans son premier discours de politique étrangère, sa vision d’un futur État palestinien indépendant. Mais de quel « pas » s’agit-il donc ?

Jamais en reste, les médias occidentaux relayaient en chœur les propos de B. Netanyahu, allant même jusqu’à titrer que cet État projeté par le nouveau prophète hébreu n’était soumis à quasi aucune condition « préalable ». Ce qu’il faut lire parfois !

Or, à la lecture détaillée de la proposition du 1er Ministre israélien, force est de constater qu’il en va de son exact contraire, sinon que les conditions au lieu d’être préalables se succédaient les unes aux autres.

Ainsi, cette vision – il conviendrait de dire ce cauchemar – d’État moribond, croupion, mort-né tel qu’envisagé pourrait obtenir de son occupant – merci pour tant de magnanimité – son drapeau et son hymne national. Merveilleuse bienveillance… sauf qu’il a déjà l’un et l’autre.

En revanche, il ne pourra bénéficier d’aucun contrôle sur son propre espace maritime, ni aérien et devra être démilitarisé. L’ensemble de ces matières relevant toujours du strict contrôle des forces israéliennes d’occupation. Quelle aubaine pour les Palestiniens de pouvoir ainsi compter sur les attentions protectrices de leur voisin.

Ce futur État ne pourra pas plus envisager d’alliance avec l’Iran qu’avec le Hezbollah. De même, inutile de revenir sur la Résolution 478 du Conseil de sécurité dénonçant l’annexion de Jérusalem-Est lors de la guerre de 1967 comme violation du droit international, la ville sainte étant une fois encore et pour toutes – comprenez, pour l’éternité – déclarée indivisible et sous souveraineté… du peuple élu.

Dans la foulée, le Droit au retour des innombrables réfugiés – Résolution 194 de l’ONU – est lui aussi une nouvelle fois, exclu. Tout comme le gel – illusoire – de l’extension des colonies… malgré l’insistance de la Maison Banche sur la question.

Sans oublier, l’inévitable rengaine de la reconnaissance par l’Autorité palestinienne, du caractère juif de l’État d’Israël… etc, etc…

Bref, cette vision cauchemardesque, résulte manifestement de la perpétuation d’une mentalité s’apparentant vraiment à ce qui se pratiquait de pire sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, mais condamné alors par l’ensemble des nations, alors qu’elle semble cette fois, encensée par nos éminences. Ce patchwork de villages épars, divisés, écartelés, emprisonnés entre les colonies tentaculaires et leurs murailles de séparation ressemble à tout sauf à un quelconque État viable, digne de ce nom.

Il n’est qu’une condition qui n’ait pas encore été officiellement adressée aux Palestiniens : un État qui existerait sans le moindre habitant arabe sur son territoire ! Mais patience, avec Avigdor Lieberman comme chef d’une diplomatie israélienne de couleur de plus en plus brune, dont nos représentants à la probité exemplaire n’hésitent pas à serrer la main, cela ne saurait tarder…

Qu’en tirer comme perspectives pour le peuple palestinien ?

Que loin de se rapprocher, l’émergence de leur État semble toujours promise à de funestes et sordides calculs qui entérinent d’autant son éloignement.

Que malgré les pressions de Washington, l’envahisseur israélien mène bien son jeu et teste les réactions d’un Occident toujours aussi servile et complaisant.

Que rien, ab-so-lu-ment rien ne change dans la politique menée par Israël à l’encontre de son voisin, quels que soient le parti, la coalition et les responsables à la tête du pays. Qu’en marge de ces déclarations péremptoires, la situation dans la Bande de Gaza – dont presque plus aucun média ne parle – ne cesse de se dégrader depuis les deux ans que le siège israélien impose lentement mais sûrement son asphyxie, son agonie à un peuple exténué ne survivant que par approvisionnement clandestin à travers un réseau de galeries souterraines telles des ratières – mais n’allez surtout pas qualifier cet enfermement inhumain de camp d’extermination, vous seriez tout aussitôt méprisé, voire traité d’antisémite.

Que pour maquiller ce qui n’est finalement qu’une énième déclaration hostile et méprisante au peuple palestinien, le 1er ministre israélien a sournoisement détourné l’attention de la communauté internationale sur le résultat contestable des élections iraniennes et des menaces qui en résultent.

Et que face à ce qui n’est qu’une série de dictats imposés par l’occupant, et l’engouement honteux que ceux-ci semblent avoir suscités auprès des dirigeants de nos pays toujours enclins à envisager le rehaussement de l’UE avec cet État profondément raciste, les Palestiniens devront se rappeler, encore et toujours, qu’ils ne peuvent vraiment compter que sur eux-mêmes pour résister à leur brutale occupation.

Il ne faudra pas s’étonner que lorsque quelque désespéré n’ayant plus rien à perdre, se radicalisera et se révoltera violemment face à cet état de choses, nos médias et nos grands penseurs – aux petites idées – ne résisteront pas à stigmatiser ces Palestiniens décidément incorrigibles et définitivement terroristes.

Comme déjà écrit à plusieurs reprises, tant au travers d’articles que de livres, la situation des Palestiniens, loin de s’améliorer, n’a de cesse de se détériorer, jour après jour, dans une indifférence quasi générale.

Qu’en tirer comme conclusion, sinon que depuis les décennies d’efforts et de sacrifices consentis par la population opprimée de Palestine pour aboutir à une solution équilibrée, aucun progrès ne semble à l’ordre du jour du côté israélien ? Aucune concession sérieuse, aucune réelle ouverture, pas le moindre sens d’une élémentaire justice. Que du contraire, puisque son étreinte sur les territoires palestiniens se fait de plus en plus cruelle, violente et odieuse et que le nombre de victimes augmente quotidiennement.

Dès lors, et avant que le pire n’advienne, n’est-il pas temps de conclure que les accords de partage de la Palestine pour l’établissement de ces deux États vivant côte à côte tels que décidés en 1947 ne sont manifestement pas viables et définitivement caduques ?

Et d’avoir enfin le courage politique de les revoir de fond en comble avec cette fois, la présence des premiers intéressés – c’est-à-dire les Palestiniens dont on veut confisquer une part importante du territoire – autour de la table…

Daniel Vanhove
Observateur civil
Membre du Mouvement Citoyen Palestine

26 juin 2009

Co-auteur de Retour de Palestine – 2002 – aux Ed. Vista
Auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2005
et de
La Démocratie Mensonge – 2008 – parus aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire

http://www.legrandsoir.info/N-est-il-pas-temps-de-revoir-enfin-serieusement-la-plan-de.html


3-6 Entretien avec Thierry Meyssan : «Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ».

Un entretien accordé à l’association Égalité et Réconciliation,

Extrait

E&R : Comment voyez-vous évoluer la situation au Proche-Orient, au regard de cette nouvelle administration ?

Thierry Meyssan : Il y a consensus sur un point : Washington doit faire baisser la tension dans cette région, sans pour autant abandonner Israël. Deux options sont sur la table, mais quelle que soit celle qui sera mise en œuvre, elle requiert d’être signée par les courants les plus radicaux. C’est pourquoi Washington a encouragé un gouvernement Netanyahu-Lieberman en Israël et laissera le Hamas et le Hezbollah gagner les prochaines élections dans les Territoires palestiniens et au Liban.

Le premier scénario, imaginé par Zbignew Brzezinski prévoit simultanément la reconnaissance d’un État palestinien et la naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent.

 Le tout arrosé d’argent pour indemniser les États absorbant les réfugiés et pour développer Gaza et la Cisjordanie. En outre, le maintien de cette paix serait assuré par une force d’interposition de l’OTAN, sous mandat de l’ONU. Ce plan a le soutien de Nicolas Sarkozy.
La seconde approche est plus rude pour les deux protagonistes. Elle préconise de contraindre les Israéliens à abandonner leurs revendications les plus extravagantes ; tandis qu’elle obligerait les Palestiniens à considérer que
la Jordanie est leur patrie naturelle. Ce serait une paix plus économique pour Washington et viable sur le long terme, même si elle serait dure à accepter par les uns et par les autres, et qu’elle impliquerait au passage la fin de la monarchie hachémite. Cette formule est notamment poussée par l’ambassadeur Charles Freeman que le lobby sioniste vient de contraindre à démissionner de la présidence du Conseil National du Renseignement, mais qui dispose de solides appuis dans l’appareil d’État.

E&R : Selon vous, quelle formule d’imposera ?

Thierry Meyssan : Aucune parce que la crise économique sera d’une telle ampleur qu’elle conduira à mon sens à une dislocation des États-Unis et à la fin de l’État d’Israël.

Washington va devoir revoir une nouvelle fois ses ambitions à la baisse. Il va probablement se replier sur le maintien du statu quo. Son action se limitera à empêcher de nouveaux acteurs de prendre sa place.

E&R : Que préconisez-vous à titre personnel ?

Thierry Meyssan : Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ». C’est du reste à mon sens la seule solution qui évite à terme l’expulsion des juifs. Il faut se souvenir de l’apartheid en Afrique du Sud, dont certains annonçaient que sa remise en cause provoquerait l’expulsion ou l’extermination des blancs. On connaît la suite. La mort d’Arafat n’est pas un obstacle car il existe d’autres Mandela en Palestine. Le vrai problème est de trouver un De Clerk coté Israélien. Le Hamas soutiendrait sans aucun doute une telle solution, car elle aurait l’assentiment du peuple.
Plus on repousse les échéances, plus on rend une solution pacifique difficile.
La CIA étudie d’ailleurs le scénario catastrophe avec un soulèvement sanglant qui chasserait 2 millions de juifs vers les États-Unis.

Thierry Meyssan 

http://www.voltairenet.org/article159698.html


3-7 Sattar Kassem : Des Forces de sécurité palestinienne au service d’Israël.

Tuer pour gagner son pain

M. Sattar Kassem, Professeur de Sciences politiques à l’Université Al Najah, à Naplouse, dénonce la brutale répression mise en œuvre en Cisjordanie, pour la sécurité et le bien-être d’Israël, par les Forces de sécurité palestiniennes entraînées par le Lieutenant General Keith Dayton, coordinateur de sécurité états-unien pour Israël et l’Autorité palestinienne.

Obama est venu, Obama est parti, et le thème reste toujours le même, du sang contre du pain comme solution miracle au problème palestinien : vous, Palestiniens, devez respecter les exigences de la sécurité israélienne comme Israël le juge opportun si vous voulez conserver un fragile salaire à la fin du mois.

Pour le simple maintien de son salaire, un Palestinien doit arrêter son compatriote palestinien ou le tuer.

Tuez votre frère palestinien ou votre sœur palestinienne pour être sûr de recevoir un morceau de pain le lendemain.

La politique des Etats-Unis envers les Palestiniens est l’une des plus cruelles et impitoyables de l’histoire de l’humanité. Elle consiste, au travers des régimes arabes la botte des Américains, à recruter des Palestiniens, à les entraîner, et à les équiper d’armes meurtrières pour combattre ces Palestiniens qui cherchent à recouvrer leur propre liberté et à libérer leurs terres occupées. Les États-Unis prétendent être le champion des droits de l’homme et de la liberté au moment même où ils perpètrent des pogroms et des massacres de masse, directement ou indirectement, en Palestine, en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Keith Dayton est le tueur et le vampire américain qui est en train d’orchestrer et d’exécuter les atrocités américaines en Cisjordanie. Il est désigné comme le coordinateur américain de sécurité entre les Palestiniens et les Israéliens, mais il est en fait un affreux et misérable monstre qui cherche à démanteler la société palestinienne en suscitant des dissensions et de violents combats entre factions, comme un moyen de liquider les droits nationaux inaliénables des Palestiniens. Il s’est employé à acheter la loyauté et la coopération de certains Palestiniens qui cherchent toujours à faire monter la tension dans la société palestinienne.

Dayton est l’homme qui a travaillé jour et nuit dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être d’Israël, et qui a fidèlement servi l’objectif sioniste d’expulser indirectement les Palestiniens de leur patrie.

Tant de Palestiniens en ont eu tellement assez des tensions et des querelles internes qu’ils ont décidé que leur pays n’était plus leur pays. Au fil des années, les mesures de répression israéliennes ont échoué à parvenir à un aussi sombre et amer résultat, mais Dayton, avec l’aide de ses marionnettes palestiniennes, a obtenu des succès.

Les États-Unis ont alloué à ce jour près de 161 millions de dollars pour mettre sur pied les Forces de sécurité palestiniennes qui assurent les besoins de la sécurité d’Israël, au détriment de la sécurité des Palestiniens.

C’est une épouvantable et inhumaine calamité que des Palestiniens soient entraînés et formés à arrêter et tuer des Palestiniens dans l’illusion qu’il s’agit là de la meilleure façon de construire un Etat palestinien. Tout ce qu’en retirent ces Palestiniens fourvoyés et inconscients, ce sont quelques centaines de dollars qui ne suffisent même pas à assurer leurs dépenses mensuelles.

Dayton a entraîné des Palestiniens en Jordanie et à Jéricho. Lors d’une conférence donnée dans un centre pour la paix au Proche-Orient, il a déclaré que ces individus étaient examinés avant d’être recrutés par la sécurité américaine, la sécurité israélienne (Shin Bet) et les services de renseignements jordaniens. (Il a utilisé le verbe « to vet » [comme pour l’examen d’un animal par un vétérinaire (ndt)] au lieu du verbe « to examine », ce qui est une indication de l’avilissement de ces recrues).

Dans son discours, il a précisé que la mise sur pied de ces forces visait deux objectifs : la lutte contre les gangs criminels et la lutte contre le Hamas. Nous, en Cisjordanie, nous n’avons pas vu de réel effort contre les gangs, mais nous avons vu un usage bien réel d’armes à feu contre le Hamas. Dayton a clairement indiqué que, pour les Américains, le principe qui sous-tend la construction des forces palestiniennes est la lutte contre le Hamas. Et il a été très clair devant le Congrès américain lorsqu’il a dit que ces forces ne représentaient aucune menace pour la sécurité d’Israël. Il a demandé au Congrès une rallonge de 59 millions de dollars. Ce Monsieur Dayton a également construit un centre d’entraînement à Jéricho, dans la vallée du Jourdain, pouvant accueillir 700 recrues à la fois.

Il a également été précisé que tout arrangement sécuritaire ou financier qui n’aurait pas été effectué sous le contrôle du Dr Salam Fayyad ne serait pas accepté. Les six Palestiniens tués en Cisjordanie [1] ont suscité la jubilation des Américains qui se sont félicités de ce soi-disant succès de Dayton.

Les Américains trouvent facile de mettre les Palestiniens à genoux pour un morceau de pain. Cela ne leur coûte pas grand chose, et il y a assez de collaborateurs palestiniens prêts à vendre leur pays et leur peuple pour quelques sous ou pour une nuit agréable dans un bordel en Israël ou en Europe.

Je n’appartiens pas au Hamas, mais les forces de Dayton ont démoli ma voiture en 2007, brûlé ma voiture en 2009, et conspiré pour m’emprisonner sur des allégations criminelles en 2009. J’ai été jeté en prison avec des criminels pendant trois nuits sous l’allégation d’avoir déformé l’image d’une personne signalée pour avoir tiré sur ma voiture en 2007, et l’image d’une personne accusée d’avoir tiré sur une personnalité religieuse éminente à Naplouse.

Voilà le Dayton civilisé que nous avons comme représentant de la première démocratie du monde. Au diable la démocratie et, quoi qu’ils fassent, il y a des Palestiniens courageux et dévoués qui ne trahiront jamais leur pays, et qui sont prêts à faire les sacrifices nécessaires pour sa libération.

[1] Voir : « Police raid sparks West Bank clash », Al Jazeera.net, 1er juin 2009.

Sattar Kassem
Le 8 juin 2009
Traduction de l’article en français

Traduit de l’anglais par JPH (13.06.2009)

Source : Silvia Cattori
http://www.silviacattori.net/...

Article original en anglais (08.06.2009) :
http://www.silviacattori.net/article849.html

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Sattar_Kassem.080609.htm


3-8 John Pilger : Obama : Le sourire du tigre.

Un bébé âgé de sept mois est mort dans une unité de soins intensifs…

A 7h30 du matin le 3 juin, un bébé âgé de sept mois est mort dans une unité de soins intensifs à l’Hôpital Européen de Gaza dans la bande de Gaza. Il s’appelait Zein Ad-Din Mohammed Zu’rob et souffrait d’une infection pulmonaire qui aurait pu être soignée.

Privés d’accès aux équipements les plus élémentaires, les médecins n’ont rien pu faire. Pendant des semaines, les parents de l’enfant ont tenté d’obtenir une autorisation des Israéliens pour l’emmener à un hôpital à Jérusalem où il aurait pu être sauvé. Comme à de nombreux malades qui recherchent désespérément autorisations, on leur a répondu qu’ils n’en avaient jamais fait la demande. Même s’ils avaient réussi à atteindre le passage d’Erez muni du document israélien, ils auraient probablement été refoulés pour avoir rejeté les demandes d’officiels de jouer aux espions ou de collaborer d’une manière ou d’une autre.

Le rapporteur spécial auprès des Nations Unies pour les Droits de l’hommes dans les territoires palestiniennes occupées et professeur émérite de droit international à l’université de Princeton, Richard Falk, qui est juif, a demandé : « est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens aux atrocités collectives commises par les Nazis ? Je ne crois pas. »

Falk parlait du massacre par Israël en décembre et janvier de centaines de civiles sans défense à Gaza, dont de nombreux enfants. Les journalistes ont appelé ça une « guerre ». Entretemps, tout est redevenu normal à Gaza. La majorité des enfants sont sous-alimentés et malades, pratiquement tous présentent des symptômes de désordres psychiatriques, comme d’horribles cauchemars, la dépression et l’incontinence. La liste d’articles interdits à Gaza par Israël est longue. On y trouve le matériel pour nettoyer les déchets toxiques semées par les munitions israéliennes fournies par les Etats-Unis, qu’on soupçonne d’être à l’origine de l’augmentation du nombre de cancers. Les jouets et les équipements des terrains de jeux, comme les toboggans et les balançoires, sont interdits aussi. J’ai vu les ruines d’un parc d’attraction, criblé de balles, que les « colons » israéliens utilisaient comme cible.

Le lendemain de la mort de bébé Zu’rob à Gaza, le Président Barack Obama a prononcé son discours « historique » au Caire, « en tendant la main au monde musulman, » selon la BBC. « Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la crise humanitaire qui perdure à Gaza, » a dit Obama, « ne sert pas les intérêts de la sécurité d’Israël. » C’est tout. L’assassinat de 1300 personnes dans ce qui est devenu un camp de concentration n’a eu droit qu’à 17 mots (dans sa version originale – ndt), énoncés comme une préoccupation pour la sécurité de l’état d’Israël. Ceci n’est pas étonnant. Pendant le massacre de janvier, Seymour Hersh a révélé que « l’équipe d’Obama a fait savoir qu’elle ne soulèverait aucune objection contre le projet de renouvellement des stocks de « bombes intelligentes » et autres appareils de haute-technologie qui étaient déjà acheminés en grandes quantités vers Israël. »

La seule critique formulée par Obama à l’égard d’Israël était « les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité de la poursuite des implantations de colonies israéliennes… Il est que temps que cela cesse. »

Ces forteresses en terre palestinienne, pilotées par des religieux fanatiques des Etats-Unis et d’ailleurs, ont été mises hors la loi par le Conseil de Sécurité des Nations Unies et par la Cour Internationale de Justice. Plus précisément, Obama n’a fait aucune allusion aux implantations qui parsèment déjà les territoires occupées et rendent la création d’un état palestinienne impossible, ce qui est leur objectif.

Obama a réclamé « la fin du cycle vicieux de soupçons et de discorde ». Chaque année, depuis plus d’une génération, les Nations Unies enjoignent Israël de cesser son occupation illégale et violente de la Palestine d’après 67 et votent en faveur « du droit du peuple palestinien à l’autodétermination ». Chaque année, les seuls pays à voter contre sont Israël, les Etats-Unis et un ou deux protectorats américains du Pacifique ; l’année dernière, le Zimbabwe de Robert Mugabe s’est joint à eux.

Telle est la nature réelle du « cycle » au Moyen-Orient, qui est rarement présenté comme le rejet déterminé de l’état de droit par Israël et les Etats-Unis : une loi au nom de laquelle toute la colère divine de Washington est tombée sur Saddam Hussein lorsqu’il a envahi le Koweït, une loi qui, si elle était défendue et respectée, apporterait la paix à la fois à la Palestine et à Israël.

Cependant Obama a parlé au Caire comme si ses prédécesseurs à la Maison Blanche avaient été neutres, pour ne pas dire les chantres divins de la Paix, au lieu d’être les souteneurs rapaces et fournisseurs de l’envahisseur (avec la Grande Bretagne). Cette absurdité orwellienne est la règle dans ce que les journalistes occidentaux appellent « le conflit Israélo-palestinien », qui n’est pratiquement jamais abordé sous l’angle de la loi, de la légalité et de l’illégalité, de la justice et de l’injustice – Darfour, oui, Zimbabwe, oui, mais jamais la Palestine. Orwell s’est retourné une autre fois dans sa tombe lorsqu’Obama a dénoncé « les extrémistes violents en Afghanistan et à présent au Pakistan (qui sont) déterminés à tuer autant d’américains que possible ». Il n’a fait aucune mention de l’invasion et des massacres perpétrés par les Etats-Unis dans ces pays. Divin, je vous dis…

Evidemment, et contrairement à George W. Bush, Obama n’a pas dit « vous êtes avec nous ou contre nous ». Il a juste affiché ce sourire et marmonné « nombre de passages éloquents et de circonstance et saupoudrés de citations extraits du Coran, » a noté l’avocat américain en droit international John Whitbeck. A part ça, Obama n’a proposé aucun changement, aucun plan, sinon « la mantra américaine usée jusqu’à la corde qui dit en substance que seuls les riches, les forts, les oppresseurs et ceux qui font régner l’injustice (principalement les Américains et les Israéliens) ont le droit de recourir à la violence, tandis que les pauvres, les faibles, les opprimés et leurs victimes doivent… se résigner et accepter les miettes que leurs maîtres magnanimes daignent lasser choir. » Et il n’a pas fait la moindre mention du fait que la population qui compte le plus grand nombre de victimes du terrorisme au monde est la population de foi musulmane - victimes d’un terrorisme d’origine occidentale qui n’ose pas dire son nom.

Dans sa « main tendue » au Caire, comme dans son discours « anti-nucléaire » à Berlin, ainsi que l’ « espoir » brandi lors de son discours inaugural, ce jeune politicien intelligent est en train de jouer le rôle pour lequel il a été désigné et promu. Ce rôle consiste à parer la puissance Américaine d’un visage bienveillant, séducteur, et même de pop star, afin de pouvoir poursuivre son objectif stratégique de domination globale, sans égards pour le reste de l’humanité, ni des droits ni de la vie de ses enfants.

John Pilger

12 juin 2009

Traduction VD pour le Grand Soir

 http://www.legrandsoir.info

http://www.legrandsoir.info:80/Obama-Le-sourire-du-tigre.html


3-9 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les premières félicitations parviennent au mandataire réélu. « La démocratie a vaincu. »

Ce fut une victoire fulgurante, puisqu’elle a eu lieu dès le premier tour et que le pourcentage qu’il a obtenu démontre que c’est un leader aimé par son peuple », affirma Nawar al Sahili, député du parti-milice chiite libanais du Hezbollah. Fauzi Barhoum, porte-parole du Hamas, soulignait, sans allusions personnelles : nous espérons que l’Iran continuera de soutenir les droits du peuple palestinien, de respecter l’élection démocratique des Palestiniens et qu’il nous aidera à mettre fin au blocus de Gaza ».

Il est clair que les manifestations dans les rues des partisans d’Ahmadinejad et de son opposant Mir Hossein Moussavi, la querelle sur le recomptage électoral et les décisions de la hiérarchie iranienne sur les comices se sont dissipés dans les moyens de communication des deux groupes et c’est à peine s’ils reçoivent l’attention de leurs dirigeants. Durant la nuit de mercredi, le chef Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, réapparut à la télévision. Il parla du discours de dimanche du Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu ; à propos des élections du Liban (il accusa Saad Hariri de fraude, disant qu’il aurait investi 750 millions de dollars dans l’achat de votes dans les districts où eurent lieu les dépouillages des votes), il évoqua également Barack Obama. Aucun mot sur les élections iraniennes.

On ne comprendrait pas la naissance du Hezbollah sans le soutien financier et humain que reçurent les gardiens de la Révolution iranienne, au début des années 80. Un soutien qui se poursuit, inébranlablement, jusqu’aujourd’hui. Il suffit de visiter la banlieue chiite Haret Hrek de Beyrouth, dévastée par Israël pendant la guerre de l’été 2006, pour se rendre compte que des dizaines de millions d’euros ont été investis dans la reconstruction. Nul n’a de doute quant à l’origine de la majeure partie des fonds.

Le Hamas également compte sur l’aide de l’Iran, bien que plus modeste et plus récente. Les devises et les armes qu’il envoie en Palestine sont beaucoup moins importantes que celles que reçoit le Hezbollah, en grande partie à cause du fait qu’Israël et l’Egypte empêchent que l’arsenal des islamistes palestiniens augmente au rythme auquel peut s’alimenter celui de la milice chiite, qui profite des passages de la frontière syro-libanaise afin de se fournir en armes à faible portée.

L’aide se résume à quelques centaines de millions de dollars annuels, à quelques fusées Katiusha, et à l’entraînement de centaines de miliciens du Hamas dans des camps sur le sol iranien et libanais. Mais l’Iran est l’unique soutien important pour une organisation isolée par la quasi-totalité du monde arabe. Néanmoins, le secret est de rigueur lorsque l’on interroge les chefs du Hamas sur leurs liens avec Téhéran.

Des sources proches du mouvement fondamentaliste consultées hier assurent qu’il n’y a pas d’inquiétude au sein du leadership, même s’ils aimeraient que tout continue comme jusqu’alors. L’ex-premier ministre Moussavi ( qui reconnaît le fait historique de l’Holocauste) n’a jamais été un ami de l’Etat sioniste non plus, il décrit d’ailleurs cet Etat pendant les deux dernières décennies comme « une tumeur cancéreuse ». « La peur n’existe pas », affirme la source, « mais Ahmadinejad est une valeur sûre. Cependant, les Islamistes palestiniens, se taisent. Comme rien n’est sûr, il est préférable de ne pas sortir une parole qui pourrait ne pas plaire à Moussavi.

Le Hamas ne peut se permettre de se fâcher avec ses très rares alliés.

Même si, dans le fond, et étant données les différences entre les rivaux politiques iraniens, ils coïncident avec le président des Etats-Unis : l’accès au pouvoir en Iran du candidat appelé réformiste ne supposerait pas non plus un revirement dans les relations du régime perse avec le reste du monde, ni avec le Hamas.

Juan Miguel Muñoz

28 juin 2009
El Païs



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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