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25/07/2009

n°277- dossiers de l'Afghanistan - 23-07 - Fin - : Obama envoie des marines supprimer la population de l'Afghanistan du Sud.

n°277- dossiers de l'Afghanistan - 23-07  - Fin - : Obama envoie des marines supprimer la population de l'Afghanistan du Sud.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°277 du 23-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



3 Dossiers

3-4 Quand la CIA révèle ses méthodes de torture.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 La police afghane bien plus redoutée que les ‘taliban’.

4-2 Dans le désert du Sud afghan, l’armée US s’attaque à un ennemi invisible.

4-3 «Assez de mensonges : l'Italie participe à la guerre d'occupation».

4-4 Les blessures invisibles.


3-4 Quand la CIA révèle ses méthodes de torture.

Le 16 avril dernier l’administration américaine autorise la publication de quatre mémorandums tenus secrets jusqu’à présent.

Quatre textes rédigés entre 2002 et 2005 par des hommes de lois réputés, hauts-fonctionnaires du département de la justice, destinés au conseiller général adjoint de la CIA, John Rizzo.  

Ces mémorandums qui viennent de paraître en France sous le titre Techniques d’interrogatoire à l’usage de la CIA sont de véritables manuels de torture.

Ils décrivent par le menu la conduite à tenir envers des prisonniers politiques qu’ici on ne nomme pas autrement que « combattants ennemis illégaux », dénomination vague qui permet à la plus grande puissance mondiale de s’affranchir du droit et de basculer dans le camp des dictatures.

« La publication, le 16 avril 2009, de quatre mémorandums secrets a provoqué aux Etats-Unis et dans le reste du monde un séisme politique, médiatique », écrit, au début de son avant-propos, Olivier Frébourg, patron des éditions des Equateurs. C’est à l’enseigne de cette petite maison d’édition que vient de paraître, le 20 mai (donc environ un mois après l’édition américaine), la traduction « libre » de cet opuscule de 172 pages, Techniques d’interrogatoire à l’usage de la Cia, "document d’histoire immédiate qu’il faut porter à la connaissance du grand nombre", selon Olivier Frébourg.

On y retrouve non seulement l’intégralité de ces fameux mémos qui font débats aux Etats-Unis, mais aussi quelques repères biographiques et des notes conséquentes permettant de mettre l’ensemble en perspective, ce qui justifie pleinement cette publication dont Olivier Frébourg affirme qu’elle "est une pièce à conviction supplémentaire saisissante, terrifiante sur l’infamie de nos sociétés libérales ".

Dans la préface éclairante qui suit cet avant-propos, le grand reporter Jean-Pierre Perrin qui répond à nos questions dans le cadre des RDV de l’Agora, rappelle que le 17 septembre 2001 (vous avez bien lu la date), le président George Bush signe « en personne la directive « mémorandum de notification » donnant à la CIA un rôle qu’elle n’avait jamais eu : celui de détenir et d’interroger des suspects dans des affaires de terrorisme  ».
Les guerres et leurs corollaires, l’extorsion de renseignements par n’importe quel moyen, sont intrinsèquement liés. Quel que soit le camp auquel on appartient. Cela ne justifie certes pas l’injustifiable. Mais n’est-ce pas insupportable de constater que les plus grands donneurs de leçons de la planète n’observent finalement qu’un seul précepte - faites ce que je dis, pas ce que je fais - et n’hésite pas à se placer sur le même rang que les chefs de guerre qui de leur côté font bien peu de cas de la vie humaine ?
Le scandale d’Abou Ghraib - des sous-officiers et des officiers avaient pris en photo des détenus dans des poses humiliantes - était une première étape dans la découverte de la vérité. Mais elle ne s’en prenait qu’aux lampistes.
Ces quatre mémorandums sont signés Jay S.Bybee et Steven G. Bradbury. Le premier est juge fédéral de la cour d’appel des Etats-Unis. C’est un professeur de droit réputé qui a écrit des nombreux articles et livres de droit constitutionnel et administratif. "Père de quatre enfants, chef scout et entraîneur de base-ball et de basket-ball", c’est un type bien sous tous rapports. Un peu comme ces chefs nazis des commandos de la mort (tous diplômés également) qui exterminèrent en masse les populations d’Europe de l’est à partir de 1941...

Signataire du mémorandum n°1 Bybee est sous le coup d’une enquête aux Etats-Unis et en Espagne. Il justifie l’usage de la torture, des vexations, des humiliations.

Concernant Abou Zubaydah, le lieutenant de Ben Laden, il écrit notamment que « la privation de sommeil peut être employée. Vous nous avez indiqué que le but de cette méthode est de réduire la capacité de l’individu à garder la tête froide, et par la gêne entraînée par le manque de sommeil, de l’inciter à coopérer ».

Chaque torture physique ou psychique - simulation de noyade, empoignade, épreuve du mur, immobilisation de la tête, gifle au visage ou vexatoire, nudité, coups à l’abdomen, arrosage à l’eau, confinement dans un espace exigu...- est décrite précisément et doit se conformer à un cadre très strict. Tout est codifié et décrit dans ces mémorandums : "Pour enfreindre la législation, un individu doit avoir l’intention spécifique d’infliger une douleur ou une souffrance aiguë. Dans la mesure où l’intention spécifique est un élément du délit, l’absence d’intention spécifique réfute l’accusation de torture". Cynisme et arbitraire. C’est en cela que réside l’horreur, dans la froideur, l’inhumanité totale des rédacteurs, tous de « brillants intellectuels » .

Bybee, notamment, rappelle que l’article 2340-A condamne comme criminelle toute personne ayant « à l’extérieur des Etats-Unis commis ou tenté de commettre un acte de torture  » avant d’expliquer aux tortionnaires comment, tout aussi légalement, enfreindre la loi…
Steven Bradbury, signataires des mémorandums deux, trois et quatre, est quant à lui considéré comme l’un des 40 avocats les plus en vue des Etats-Unis. Il aurait dû prendre la tête du bureau juridique du ministère de la justice. C’est sans compter sur le Sénat qui ayant connaissance de ces mémos a brisé net son accession…
C’est d’ailleurs l’occasion de pointer le paradoxe de la société américaine capable de rédiger de tels bréviaires, mais aussi de se mobiliser en masse par des actions citoyenne, médiatique et politique conjuguées (en témoigne par exemple MoveOn.org) pour défendre ses droits fondamentaux.
Pour nous éclairer sur la publication de ces Techniques d’interrogatoire à l’usage de la CIA, son préfacier, Jean-Pierre Perrin, grand reporter depuis quinze ans au Proche et Moyen Orient pour Libération, auteur de plusieurs récits et romans (dont son dernier, Le paradis des perdantes, au Livre de poche) est l’invité des Rendez-vous de l’Agora. Il répond aux questions d’Olivier Bailly.
Olivier Bailly : L’existence de ces mémorandums constitue-t-elle une surprise ?
Jean-Pierre Perrin : Je savais qu’il y avait des mémorandums, mais je ne les imaginais pas sous cette forme, avec une précision quasiment chirurgicale quant aux méthodes à employer pour faire parler des suspects. La surprise c’est que ça soit à ce point détaillé, à ce point étayé, que le mémorandum mêle des informations quasiment médicales - ce que peut supporter un prévenu, par exemple - et soit extrêmement tatillon en matière juridique, donc échapper à la loi américaine tout en faisant ce qu’elle dit ne pas faire. Comment ne pas avoir la justice sur le dos alors que ce qu’on fait est totalement contraire à la justice, donc trouver exactement où passe la frontière entre le licite et l’illicite, être juste sur cette frontière en s’arrangeant pour ne pas être poursuivi.
OB : Faire entrer l’illégalité dans la légalité c’est l’axe principal autour duquel tournent ces mémorandums. Est-ce pour cette raison que George Bush a donné à la CIA les moyens de mener seule ces investigations ?
JPP : C’est vrai que l’Agence de renseignement américaine a eu des droits inédits jusqu’à présent dont celui qui revient notamment à la justice, celui d’arrêter, de garder et de faire parler des prisonniers. Grâce à Bush elle les a obtenus, ce qui lui a permis d’ailleurs, en certaines occasions, notamment avec le prisonnier Abou Zoubaydah, mais aussi avec d’autres, de s’opposer au FBI sur des tâches qui lui incombent normalement.
OB : Vous notez aussi que ces prisonniers politiques étaient officiellement dénommés « combattants ennemis illégaux », appellation vague qui permet de les sortir d’un cadre légal
JPP : On a créé une terminologie pour des gens qui sont effectivement des combattants politiques. Ce ne sont pas des combattants reconnus puisqu’ils n’appartiennent pas à une armée, mais les actions qu’ils mènent sont éminemment politiques, même si de leur côté aussi ils ne respectent aucune des lois de la guerre et aucune des lois humanitaires en particulier. Ce terme de "combattants ennemis illégaux" ne veut pas dire grand chose, mais permet de tout justifier. Tout est contenu déjà dans l’expression « la guerre contre le terrorisme » qui est une expression suffisamment vague pour permettre toutes sortes d’action et d’engager l’armée américaine dans toutes sortes de conflits. Je crois que c’est vraiment là la nature même de tous les problèmes concernant le droit des prisonniers et le droit humanitaire. Cette expression permet tout. Le président Obama ne l’utilise plus. Seul Dick Cheney l’emploie toujours. C’est vrai qu’elle a permis de justifier l’injustifiable.
OB : Pourquoi le président Obama a-t-il décidé de rendre public ces mémorandums ? Stratégie ou volonté de transparence ?
JPP : Il y a le côté stratégique et aussi une volonté de trancher avec ce qui se faisait auparavant et qui d’ailleurs se termine en échec à peu près partout sauf peut-être en Irak où quand même la fin de l’administration Bush a été marqué par une amélioration assez sensible et notable des conditions de sécurité. Celles-ci

d’ailleurs se sont dégradées depuis l’arrivée d’Obama au pouvoir.

Donc il y a cette volonté d’avoir une politique en grande partie différente de celle de son prédécesseur et en même temps il y avait une injonction la justice américaine qui demandait à ce que ces mémorandums soient rendus publics. Face à ces deux éléments, il était assez logique que Barack Obama les rendent publics, sinon il aurait été contraint de le faire par la justice américaine. On ne sait pas finalement ce qui relève de la bonté du président ou de ce qui relève de la nécessité légale.
OB : Les méthodes d’interrogatoire sont détaillées très précisément dans cet ouvrage. Etait-ce nécessaire de rendre public ce genre d’information ?
JPP : L’imagination joue toujours la surchauffe, si je puis dire, lorsqu’on est dans le secret. On risque alors de prêter bien pire aux tortionnaires de la CIA que ce qu’ils pouvaient faire. C’est donc bien de rendre public [ces mémos]. Cela montre aussi que tout un appareil d’état réfléchit, publie, étudie sur la question, que le corps médical est engagé, que les experts juridiques le sont aussi. Cela montre qu’il y a une machine de guerre, une machine tortionnaire derrière.

Je comprends tout à fait que dans l’excitation de la guerre on puisse se laisser aller à cette brutalité. Aucune guerre n’en est exempte, mais il y a un grand pas entre la brutalité et la torture faite sur le champs de bataille dans l’espoir de faire parler un prisonnier pour éviter un attentat et cette machine administrative légalisant la torture qui a été mis en place par l’administration Bush.
OB : Ce que qu’Olivier Frébourg, l’éditeur français de ces mémorandums, remarque dans son avant-propos, c’est que cette machine d’état a été mise en place par des intellectuels sortis de Harvard, Yale, Stanford…
JPP : Oui, de brillants fonctionnaires qui ont un haut niveau d’éducation, qui ont fait les meilleures universités américaines. On voit là les effets pervers de l’idéologie. Mais je crois que tout ceci était en germe au moment de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine.

La façon dont elle s’est comportée avec les civils, avec une brutalité effrayante, sans nécessité, simplement pour sa propre sécurité, le mépris de l’autre qui s’est manifestée à cette occasion, dès octobre 2003, me laisse penser que déjà les racines sont là.

Je fais bien sûr la différence entre la CIA et le Pentagone, mais finalement il y a quand même des passerelles entre les deux. J’étais déjà effrayé par la façon dont cette armée se comportait. Ensuite il y a eu le scandale de la prison d’Abou Ghraib avec ces photos de prisonniers irakiens maltraités, voire torturés, en tous les cas exhibés de façon obscène. Cela procède du même état d’esprit. Quand on en est là on peut franchir l’étape suivante qui sont ces manuels d’interrogatoire à l’usage de la CIA.
OB : Est-ce que tout est dit dans ces mémorandums ?
JPP : Ils représentent la partie immergée de l’iceberg. On est allé beaucoup plus loin. Tout simplement parce que la CIA a transféré des prisonniers aux régimes les plus tortionnaires du Moyen Orient - la Syrie, la Jordanie, le Maroc, l’Arabie Saoudite - et le fait encore. Là-dessus il n’y a guère d’amélioration.

Je viens d’apprendre que la prison de Bagram, en Afghanistan, s’agrandit à nouveau, avec l’autorisation du président américain. Il y a là aussi quelque chose de profondément choquant. Tous ceux qui sont sortis de Bagram témoignent que c’est un centre de torture, au moins de maltraitance, des prisonniers qui est absolument abominable. Ce qu’on y fait va bien au-delà de ce qu’on pouvait faire à Guantanamo.

Et l’on voit là encore que les méthodes entre l’armée et l’agence de renseignement américaine ne sont pas différentes. Simplement du côté de la CIA cela a été formalisé par ce texte destiné à blanchir les tortionnaires afin qu’ils ne tombent pas sous le coup de la loi.
OB : Les USA disent publiquement qu’ils ont usé de la torture. Si l’on se fait l’avocat du diable, ne peut-on pas avancer qu’au moins ils avouent l’avoir pratiquée ?

JPP : Oui, mais ils n’avouent pas tout. Ils avouent peut-être le dixième ou le centième. Je pense qu’un jour il y aura une grande enquête, qu’il y aura des livres qui sous le titre « la guerre contre la terreur » montreront en quoi elle a consisté. Alors, évidemment, ils reconnaissent, mais parce qu’il y a eu pression de la justice américaine et des associations de défense des libertés publiques. Aux Etats-Unis elles sont beaucoup plus puissantes qu’on peut l’imaginer.

Enfin les journaux américains ont beaucoup travaillé sur la question et beaucoup publié. Tout ça n’a pas été obtenu facilement. C’est le fruit d’un combat citoyen qui est d’ailleurs l’honneur de l’Amérique comme ce qu’elle a fait auparavant était son déshonneur.
OB : Le premier de ces mémorandums évoque Abou Zoubaydah, le lieutenant de Ben Laden. C’est un des rares noms cités. Pourquoi ?
JPP : Il est un peu emblématique. Il a fait un circuit complet, si je puis dire, dans cette zone grise que constitue l’empire secret de la CIA. C’est-à-dire qu’il a été arrêté au Pakistan, blessé lors de son arrestation, transféré en Thaïlande où il a failli mourir des suites des mauvais traitements qu’il avait reçus, sauvé en quelque sorte par le FBI qui a perdu son contrôle puisqu’il a été récupéré par la CIA, qui ensuite a voyagé sur ces fameux vols secrets de l’Agence américaine jusqu’à Guantanamo. Donc on a un personnage emblématique aussi parce qu’il était effectivement un des grands lieutenants de Ben Laden, en charge de l’administration des camps de formation d’Al Qaida.
OB : Vous expliquez dans votre préface que le FBI obtient des renseignements sans commettre d’acte répréhensible. Cela prouve-t-il qu’on peut se passer de la torture ?

JPP : On peut. Mais je ne sais pas si l’on peut tout obtenir. C’est un autre débat. Sans doute aussi une grande partie des informations que nous avons sur les exactions de la CIA proviennent probablement du FBI qui évidemment n’a pas été très heureux de perdre le contrôle d’un prisonnier et qui ensuite a dû informer la presse américaine de ce qui se passait. Là encore, dans cette affaire, les américains ont joué les uns contre les autres. Ça a été une guerre des services. En particulier la CIA contre le Pentagone et contre le FBI. Ce qui permet à la fin d’avoir des informations valables.
OB : Quel renseignement de premier ordre les Etats-Unis ont-ils pu obtenir grâce à ces techniques d’interrogatoire ?
JPP : C’est extrêmement difficile à dire. Dick Cheney, l’ex-vice président américain, a prétendu que cela avait permis de sauver des centaines de milliers de vies humaines, mais c’est difficile à croire. Dick Cheney a souvent dit n’importe quoi. Je pense que c’est un des personnages les moins crédibles de l’administration américaine.
OB : Sait-on combien d’hommes ont été suppliciés ?
JPP : Non. On ne sait même pas combien d’hommes ont disparu. Lorsque des prisonniers sont donnés à des régimes aussi effroyables que ceux que j’évoquais plus haut - Syrie, Arabie Saoudite, Maroc, etc. - on peut se poser des questions...
OB : Ces méthodes ont été importées de l’entraînement SERE (Survival, Evasion, Resistance, Escape ou encore Survie, Esquive, Résistance, Evasion), un programme s’adressant notamment au personnel militaire américain
JPP : Oui, c’est ce qui a servi de base. Dans les commandos qui ont subi ces entraînements, il n’y a eu quasiment aucune victime, donc on peut s’en servir comme base d’interrogatoire. Mais enfin le contexte est différent. Lorsqu’on est un soldat dans l’armée de son propre pays on sait que c’est un entraînement comme un autre, comme de sauter en parachute. Mais un prisonnier n’est déjà pas dans le même état d’esprit. Et en plus rien n’indique après que sur cette base « légale », la torture n’a pas été décuplée et amplifiée. C’est ce qui s’est passé avec Zoubaydah qui a été beaucoup plus torturé que ce qui est « prévu » dans les mémorandums de la CIA.
OB : Certains prisonniers libérés auraient rejoint récemment Al Qaida. Est-ce vrai ?
JPP : Ce qui est sûr c’est qu’un certain nombre de prisonniers, peut-être 2500, faits pas les Etats-Unis qui ont été notamment déférés dans une grande prison irakienne près de la frontière koweitienne. Les Américains ont fait ça comme à leur habitude, de façon unilatérale, sans vraiment organiser leurs libérations avec les autorités irakiennes.

Ces libérations, en effet, coïncident avec une reprise très notable des violences des attentats en Irak. Donc ce n’est pas forcément la seule raison de ce retour d’Al Qaida en Irak après plus d’une année où elle s’était assoupie, mais cela participe de ce regain du terrorisme en Irak. Il est évident qu’un certain nombre de prisonniers libérés n’auront comme premier objectif que de se venger ou de créer de nouveaux réseaux. C’est inévitable.
OB : Certains passages sont censurés. Pourquoi ?
JPP : Pour ne pas permettre d’identifier une personne. Mais la majeure partie des actes de censures sont extrêmement limités par rapport au reste du document

http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/quand-la-cia-revele-ses-methodes-56632



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 La police afghane bien plus redoutée que les ‘taliban’.

"Pour l'amour de Dieu, ne nous ramenez pas la police afghane!"

Tel est le message que les habitants de Pankela ont adressé aux troupes britanniques qui viennent d'en chasser les taliban dans le cadre de la vaste offensive lancée récemment dans la province d'Helmand.

Cette province du sud reste pour moitié aux mains des résistants, que les villageois ont souvent accueilli en libérateurs après avoir subi des forces de l'ordre jugées brutales et corrompues.

"La police arrêterait les gens à moto, les battrait et prendrait leur argent", assure Mohammad Gul, un ancien de Pankela, qui dénonce en outre les pratiques pédophiles des agents.

"Quand les garçons étaient dans les champs, la police venait pour les violer. Vous pouvez aller dans n'importe quel commissariat et vous verrez des garçons. Ils les retiennent jusqu'à ce qu'ils en aient fini avec eux", poursuit-il.

Interrogé sur le sujet, le ministère de l'Intérieur a dit avoir demandé des explications aux cadres locaux de la police.

Lorsque les ‘taliban’ ont chassé la police de Pankela, il y a dix mois, les habitants s'en sont réjouis, confirme Mohammad Rasoul, vieillard édenté affecté à la garde de quelques bêtes dans un verger tenu avec soin.

"Nous étions ravis. Ils ne nous ont jamais embêtés", dit-il, bien que son propre fils ait été tué il y a cinq ans dans un attentat commis par les islamistes.

"JE SUIS SÛR QU'ILS BRÛLERONT TOUT"

Avant leur arrivée, Mohammad avait reçu la visite de la police et d'un dignitaire local qui l'a menacé d'une arme pour lui soutirer de l'argent.

"S'ils (les Britanniques) ramènent ces gens-là, on ne pourra plus vivre ici. S'ils reviennent, je suis sûr qu'ils brûleront tout", poursuit-il.

Les Etats-Unis ont largement investi dans la formation de l'armée nationale afghane (ANA). Celle de la police (PNA) a été confiée à l'Allemagne, qui n'a dépêché que quelques instructeurs.

La seconde, qui a enregistré trois fois plus de pertes que la première l'an dernier, est par conséquent jugée beaucoup moins apte au combat. Washington a envoyé récemment 4.000 instructeurs pour combler l'écart.

"Nous avons entendus beaucoup de plaintes au sujet de la PNA, mais les forces de la coalition et l'ANA coopèrent de façon satisfaisante et la PNA s'améliore", assure l'officier britannique Al Steele, s'adressant à Mohammad Gul à Pankela.

"Chaque fois, on nous dit qu'une nouvelle PNA va arriver, mais c'est la vieille qui va revenir et ce sera comme avant", lui répond le vieillard.

"Les gens d'ici font confiance aux taliban. Si la police revient et se comporte de la même façon, nous soutiendrons les taliban pour qu'ils les chassent", ajoute-t-il.

Reuters

Version française Jean-Philippe Lefief

http://fr.news.yahoo.com/4/20090712/twl-afghanistan-police-41953f5_1.html


4-2 Dans le désert du Sud afghan, l’armée US s’attaque à un ennemi invisible.
Reportage

Les marines devront s'armer de patience face à une guérilla qui a fait ses preuves.
« Il est calme, trop calme. Quelque chose est bizarre. L'ennemi se cache. »

Ainsi, le général Larry Nicholson, commandant de l'opération américaine Khanjar, décrivait-il vendredi le district de Nawa, où une partie de ses 4 000 marines avaient été déployés la veille.

Dimanche, soit trois jours après le début de l'offensive américaine, la plus importante de l'ère Obama en Afghanistan, ses soldats ne semblaient toujours pas avoir rencontré de forte résistance, hormis en de rares endroits comme Mian Pushta, où 200 soldats luttaient depuis jeudi contre 40 résistants. Maigre résistance dans des districts qui n'étaient plus ou peu contrôlés par le gouvernement de Kaboul, et où les  résistants avaient parfois mis en place des institutions parallèles.

Helmand est la plus grande province du pays, dans un Sud afghan qui compterait 10 000 à 18 000 résistants selon le général néerlandais Mart de Kruif, commandant des 30 000 hommes de troupe de l'OTAN dans cette région.
« C'est le principe même de la guérilla. Les résistants savent que leurs ennemis sont plus nombreux et mieux équipés. Ils les laissent donc avancer, ce qui rend leurs opérations coûteuses en temps et en ressources », explique l'analyste afghan Waheed Mujda. « Nous menons des attaques de guérilla parce qu'ils (les marines) sont nombreux », admet d'ailleurs un porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi. Ses combattants vont s'efforcer, comme à leur habitude, de se fondre dans le paysage, ce qui est aisé. « Nos combattants, c'est la population », affirme-t-il.
« On n'observe pas de résistance importante. L'ennemi se déplace rapidement, en laissant des mines qui font des victimes », expliquait dimanche le porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, Zemarai Bashari. Ces mines et bombes des résistants ralentissent l'avancée des troupes et font des victimes à moindre frais pour les résistants: officielement six soldats étrangers de l'OTAN, dont quatre Américains, ont été tués hier.

Aucun bilan des éventuelles pertes des résistants n'a en revanche été fourni.

« On ne sait pas combien d'ennemis ont été tués », admet Zemarai Bashari. « Sous les Soviétiques (dans les années 1980), les moujahidine ne combattaient que s'ils étaient surpris par l'ennemi.

Le reste du temps, ils menaient des attaques éclair avant de disparaître », explique M. Mujda.

7 juillet 2009

http://www.lorientlejour.com/article/624152/Dans_le_dsert...


4-3 «Assez de mensonges : l'Italie participe à la guerre d'occupation».

Déclaration du Parti des communistes italiens sur l'Afghanistan et les déclarations du ministre Frattini

Vendredi 17 juillet 2009

Bureau de presse

«C'est une honte que le ministre Frattini continue, jusqu'à ce jour, à raconter mensonge sur mensonge pour cacher notre participation à la guerre d'occupation en Afghanistan et essayer de faire croire que les 14 militaires italiens tués sont morts pour défendre la liberté de ce peuple.

De telles déclarations ne sont que des mensonges, comme celles qui ont été racontées au moment de l'invasion de l'Irak, lorsque ces messieurs affirmaient qu'il y avait des armes de destruction massive alors que tout le monde savait que ce n'étaient que des mensonges.

Les talibans ont été appuyés et financés par les États-Unis pour mener des opérations antisoviétiques, mais à cette époque l'Occident ne les considéraient pas comme étant des terroristes car ils étaient au service des États-Unis.  Aujourd'hui l’Italie viole sa Constitution en menant une guerre en défense des intérêts des États-Unis.  Telle est la vérité.

En tant que Parti des communistes italiens, nous ne cesserons de dénoncer cela et d'exiger le retrait immédiat de nos troupes d'occupation pour redonner voix à la diplomatie afin de construire la paix dans ce pays.»

C'est ce qu'a déclaré Andrea Genovali, vice-responsable des relations internationales du PdCI.

http://www.comunisti-italiani.it ,

http://www.solidnet.org


4-4 Les blessures invisibles.

17 % des soldats de retour de Kandahar souffrent d'un problème de santé mentale…

Les missions à l'étranger des Forces canadiennes laissent aux soldats des séquelles psychologiques à la hauteur des drames vécus.

Pour ceux qui ont la tête hantée par les images du passé, le jour du Souvenir célébré en fin de semaine prend un sens bien particulier.

Surtout que de nouveaux chiffres inédits jettent un éclairage cru sur le conflit afghan, l'un des plus pénibles des dernières décennies sur le plan psychologique.

Un dossier à lire aujourd'hui et lundi.

Malgré les années qui passent, Christian Marquis, membre du Royal 22e Régiment de Valcartier, se rappelle précisément le moment où il a senti naître en lui ses démons. En 1993, juché dans sa tourelle de char d'assaut, l'oeil collé au viseur thermique du canon, il parcourait une Bosnie-Herzégovine à feu et à sang sans pouvoir réagir, l'armée canadienne n'ayant pas le mandat d'intervenir. Chaque fois qu'il voyait des femmes se faire battre, des maisons brûler ou des enfants se faire exploser la boîte crânienne au milieu des appels à l'aide, il sentait le froid de l'horreur humaine s'infiltrer en lui. «Même le silence devenait silencieux. Je ne sais pas comment expliquer ça», raconte-t-il.
De retour à Québec quelques mois plus tard, Christian Marquis ne constate pourtant aucune conséquence psychologique à la suite des atrocités qu'il a vues. «Ça se développe tranquillement pas vite, explique-t-il.

Vers 2000 ou 2001, je me suis mis à avoir des rêves, de l'angoisse. Puis j'ai fait des petites crises d'hyperventilation. C'est l'été, t'es en ville avec ta conjointe en plein après-midi au Festival d'été, il y a plein de monde dans les rues et là, ça te prend.»
Les semaines passent, ses souvenirs le réveillent la nuit et empoisonnent son existence. «Les rêves prenaient de l'ampleur, dit-il. J'étais de plus en plus déplaisant avec mon monde. Je me recroquevillais sur moi-même. Je manquais d'intérêt pour tout. Et là, une nuit, je me suis retrouvé debout dans ma chambre en train de me battre contre un fantôme. Mais le fantôme, c'était une porte, et le pistolet avec lequel je tirais, c'était une lampe. Je me suis dit: "C'est pas normal, ça".»
Aujourd'hui âgé de 40 ans, Christian Marquis est en rémission après avoir trouvé de l'aide au centre de santé de la base de Valcartier. Désirant «faire partie de la solution» auprès des autres soldats en détresse, il est devenu coordonnateur pour l'organisation Soutien social aux victimes de stress opérationnel, un organisme fondé en 2001 et affilié à l'armée.
M. Marquis, dont l'organisme est seulement l'une des ressources disponibles pour les soldats en difficulté (voir la suite du dossier lundi), n'a traité qu'un seul cas de détresse psychologique relié à l'Afghanistan jusqu'à présent. Il faut dire que peu de soldats québécois sont revenus de l'enfer de Kandahar.

Mais lorsque les 2300 soldats québécois actuellement déployés seront de retour à la maison, la situation pourrait bien changer.
Surtout que les collègues de Christian Marquis actuellement dans le pays des talibans sont confrontés à leur lot quotidien d'horreurs. La guerre n'a rien d'abstrait pour les soldats au front et des chiffres inédits compilés par les Forces canadiennes et obtenus par Le Devoir le démontrent avec force.
Grâce à un questionnaire et à une évaluation psychologique que le militaire doit compléter à son retour d'Afghanistan, l'armée a une bonne idée des drames humains vécus durant la mission.

Sur les 4787 soldats qui ont déjà fait une rotation à Kandahar depuis la fin de 2005, 2717 ont déjà rempli l'évaluation. Et le bilan n'est pas rose (voir tableau en page A 6).
Ainsi, 88 % affirment avoir déjà été attaqués par des tirs de mortier et 67 % disent avoir essuyé des tirs de fusil. Il faut dire que la base de Kandahar et les postes avancés sont régulièrement sous le feu de l'ennemi, même si les talibans ne touchent pas toujours la cible. Les chiffres les plus troublants proviennent des militaires qui ont vécu les attaques réussies des insurgés. Ainsi, 68 % des soldats ont vu des blessures sérieuses durant leur mission, 47 % ont vu la mort de civils, 45 % ont vu plusieurs morts et pas moins de 40 % ont dû transporter des cadavres ou des morceaux de corps humains. Presque la même proportion (39 %) ont vu un de leurs collègues mourir.
Évidemment, les atrocités les plus graves sont plus souvent observées par les 1000 soldats (sur 2500) qui forment le groupe de combat. En conséquence, un mitrailleur risque beaucoup plus d'être aux prises avec ses démons intérieurs que l'officier de logistique qui ne quitte presque jamais la base. Le lien est direct entre ce que les soldats vivent durant leur mission et les conséquences psychologiques à leur retour.
Consciente que les soldats seraient confrontés à des scènes pénibles durant leur mission, l'armée a pris les moyens pour les aider psychologiquement avant même leur retour au pays. Pour une rare fois, un psychiatre, un travailleur social et une infirmière spécialisée en santé mentale sont présents à Kandahar. «On savait que la mission serait difficile, alors on a envoyé du soutien», explique le Dr Mark Zamorski, chef de la Section de santé en déploiement des Forces canadiennes.
17,1 % souffrent de problèmes de santé mentale
Malgré cette aide, les militaires aux prises avec des problèmes de santé mentale à leur retour de Kandahar se comptent par centaines. Pour la première fois de son histoire, grâce à l'évaluation psychologique obligatoire, l'armée a une très bonne idée des problèmes qui affligent les soldats avant même que la mission ne soit terminée.
Ainsi, 17,1 % des soldats de retour de Kandahar souffrent d'un problème de santé mentale.

Une proportion qui bondit à 27,7 % lorsqu'on inclut les abus d'alcool, le dérapage le plus important. Plus de 5 % des militaires souffrent du syndrome post-traumatique, 4,6 % éprouvent des symptômes de dépression majeure, alors que 4,1 % souffrent d'une dépression mineure. Près de 4 % sont affligés de tendances suicidaires, alors que 2,8 % sont atteints de panique et 2,2 % d'anxiété. Un tiers des soldats qui éprouvent des difficultés ont plus d'un problème à la fois.
Le Dr Zamorski, qui a fait l'analyse des données, précise qu'il ne s'agit pas de diagnostics fermes, mais plutôt d'évaluations préliminaires. Ainsi, si certains symptômes iront en diminuant pour finalement disparaître quelques semaines après le retour du soldat, d'autres chiffres pourraient continuer à augmenter, notamment les dépressions majeures et les syndromes de stress post-traumatique, puisque ces problèmes peuvent prendre un certain temps avant de se développer.
«C'est sûr qu'en six mois, les soldats vont vivre plus de stress que n'importe quel autre métier; alors ça produit des résultats qui frappent l'imagination, dit le Dr Zamorski. Mais les soldats ont aussi accès à plus de ressources d'aide que dans la société en général. [...] Les gars actuellement en Afghanistan sont les mieux encadrés de l'histoire sur le plan psychologique.»
Assis dans son bureau en banlieue d'Ottawa, Mark Zamorski fait d'ailleurs une mise en garde: il est difficile de savoir de quoi vont souffrir les soldats québécois. «On a bien sûr une idée avec ce qui a été déclaré par les soldats qui sont revenus de Kandahar, mais il y a plusieurs facteurs qui peuvent changer les choses, notamment la préparation des soldats, les incidents vécus et la force mentale des gars.»
Des chiffres révélateurs
N’empêchent, les chiffres ne mentent pas, concède-t-il. «On n'a pas besoin de faire de grandes recherches pour constater que cette mission est difficile psychologiquement pour nos soldats. Les chiffres reflètent bien le niveau de difficulté sur le terrain. La majorité des soldats qui reviennent vont très bien, il ne faut pas l'oublier, mais c'est vrai qu'il y a un impact sur une importante minorité», dit Mark Zamorski.
Ce dernier n'hésite pas à dire que, psychologiquement, la guerre en Afghanistan est la mission à grand déploiement la plus éprouvante depuis des années, voire des décennies. «Comprenez-moi bien, il y a également eu des soldats affectés par la mission en Bosnie, mais ils sont beaucoup moins nombreux que dans la présente mission», dit-il. L'ampleur du choc post-traumatique est aussi plus important lorsque des humains attaquent d'autres humains, comme c'est le cas en Afghanistan. «Les désastres naturels ont peu d'effets psychologiques durables, parce que l'humain ne contrôle rien. Dans un crash d'avion, il peut y avoir une influence humaine, alors c'est plus perturbant. Mais le pire psychologiquement, c'est vraiment la violence volontaire infligée par un humain, comme les meurtres, la torture ou un génocide», dit Mark Zamorski.
Typique des nouveaux conflits aux allures de guérilla, l'Afghanistan force les militaires à combattre un ennemi invisible, ce qui affecte les soldats d'une manière particulière, juge Christian Marquis. «Ça "crinque" les gars. Ils sont hyper-vigilants et ça devient leur mode de vie normal. Le militaire a été préparé à ça, mais la question est de savoir quand ils vont décrocher. Ce sera un gros enjeu du retour des soldats.»

11 novembre

http://www.ledevoir.com/2007/11/10/163975.html 



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