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28/07/2009

n° 109 - dossiers du liban - 26-07 - Fin- : La menace d’une opération israélienne d’envergure contre le Liban se précise.

n° 109 - dossiers du liban - 26-07 - Fin- : La menace d’une opération israélienne d’envergure contre le Liban se précise.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban n°109 du 26-07

                         C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Khalil Fleyhane : Israël exploite à fond l’explosion du dépôt de munitions à Kherbet Selm.

4-2 Discours de Hassan Nasrallah : Tous les mouvements de résistance font face à un défi pour ne pas glisser dans une guerre civile.

4-3 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

4-4 Robert Baer : Les principales caractéristiques du comportement militaire et politique du Hamas et du Hezbollah.

4-5 Noam Chomsky : Personne n’est à l’abri... La menace d’un bon exemple…

5 Annexe.

5-1 Francis Arzalier : Le pouvoir politique et les médias qui sont capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques temps, manipule à son gré les résultats du vote de n'importe quel pays souverain.

5-2 Raphaël Confiant : Elections au Liban et en Iran : qui est démocrate ? 

5 Annexe.

5-1 Francis Arzalier : Le pouvoir politique et les médias qui sont capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques temps, manipule à son gré les résultats du vote de n'importe quel pays souverain.

5-2 Raphaël Confiant : Elections au Liban et en Iran : qui est démocrate ? 

 


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

4-1 Khalil Fleyhane : Israël exploite à fond l’explosion du dépôt de munitions à Kherbet Selm.
Dans les coulisses de la diplomatie

Israël, toujours à la recherche d'un prétexte pour conforter ses menaces et justifier leur éventuelle concrétisation, a aussitôt saisi Ban Ki-moon. En demandant à sa déléguée à l'ONU, Gabriela Shilo, de remettre au secrétaire général une note de protestation « contre la violation flagrante et dangereuse de la 1701 » que constitue l'explosion.
Des sources diplomatiques européennes estiment, à Beyrouth, que la réaction de Tel-Aviv est hors de propos puisque l'explosion s'est produite à l'intérieur du territoire libanais, sans viser les positions frontalières israéliennes.

Après la guerre de juillet 2006, des armes et des munitions dormantes du Hezbollah sont restées, comme on le voit avec cette affaire, dans la zone de la Finul. Mais Israël prétend que le parti continue d'y alimenter ses entrepôts en armes et en équipements.
Selon les sources citées, en intervenant auprès de Ban Ki-moon, Israël tente d'instiller une méfiance entre la Finul et l'armée libanaise, codéployées sur la ligne bleue.

Pour l'occasion, Israël fait mine de défendre ces Casques bleus qu'il accuse pourtant régulièrement de laxisme dans l'application de la 1701. L'État hébreu affirme, depuis
mardi, que des militaires libanais présents à proximité du lieu de l'explosion ont entravé les déplacements de la Finul en direction du site. Pour permettre au Hezbollah, toujours selon les Israéliens, d'effacer les indices de terrain prouvant qu'il continue ses activités dans la zone qui lui est interdite. Ces assertions sont développées dans la protestation israélienne remise à Ban Ki-moon et dont la délégation libanaise à l'ONU a pu recevoir copie.
Ordre de désobéissance civile ?
Mais il n'y a pas que le bras de fer diplomatique.

Sur le terrain même, une confrontation à coups de cailloux et de bâton a opposé des Sudistes à une patrouille blindée de la Finul qui se dirigeait vers Kherbet Selm, dans le cadre d'une enquête commune avec l'armée libanaise sur l'explosion du dépôt. Le contingent français pris à partie a été soutenu par des Italiens et l'un des soldats a tiré deux balles. L'échauffourée a fait 14 blessés, selon les communiqués respectifs de l'armée et de la porte-parole de la force internationale, Yasmina Bouziane. Ces textes
précisent qu'aucun des habitants impliqués n'a été atteint et que l'enquête envisagée a été, de fait, empêchée.
L'explosion de Kherbet Selm et surtout ses suites font craindre que nombre de pays participant à la Finul ne décident de s'en retirer pour protéger leurs soldats. C'est ce que confirment nombre de dépêches diplomatiques parvenues à Beyrouth de diverses capitales occidentales. Les gouvernements concernés estiment que la mission de la Finul n'est pas de se battre contre la population, mais d'appliquer la 1559 et la 1701 pour sécuriser la région. La Finul, ajoutent-ils, n'est pas une force de frappe réprimant l'un ou l'autre des protagonistes en présence, et encore moins une force de police opérant auprès de la population dite civile.
À New York, le commandement de la Finul, hautement alarmé, multiplie les concertations avec les pays contributeurs pour prendre des mesures en vue de prévenir la répétition de l'affrontement survenu au Sud ainsi que de soudaines agressions contre les Casques bleus. Selon des informations concordantes, ces précautions pourraient entraîner une modification de la carte de déploiement, et de garnison, des contingents de la Finul.
Une des capitales les plus concernées par le dossier ne cache pas sa crainte qu'une reprise des incidents ne se solde par un lourd bilan de victimes et de blessés du côté des Casques bleus. Auquel cas beaucoup de contingents partiraient.
Ils ont d'ailleurs commencé, un peu, à y songer, il y a quelques mois, quand des Sudistes ont attaqué à coups de cailloux des Casques bleus parce qu'ils prenaient des photos. Puis quand des villageois ont bruyamment protesté contre l'entrée, dans leur localité, d'une israélienne d'exploitation de l'explosion du dépôt d'armes à Kherbet Selm est d'autant plus marquée que, selon le chef de la Finul, le général Claudio Graziano, comme selon les rapports semestriels de Ban Ki-moon au Conseil de sécurité, la coopération entre les deux
commandements est excellente.
Du côté des officiels libanais, on se préoccupe de tenter de rétablir la confiance entre la population sudiste et les Casques bleus, qui se sentent désormais pris pour cible. Des responsables recommandent que l'on organise des rencontres entre les contingents et des représentants de la population pour rétablir le climat positif qui régnait, globalement, avant l'affaire de Kherbet Selm. Ils soulignent qu'il ne faut pas faire le jeu d'Israël, qui ne cesse de violer l'espace aérien libanais et la 1701, et de jouer sur une discorde libano-onusienne.
Cela étant, les pôles locaux, englués dans les dédales ministériels, devraient se rendre compte que le Sud, de nouveau en ébullition, redevient une poudrière que nombre de contingents de la Finul risquent de fuir bientôt, ce qui rendrait la situation encore plus explosive.

Khalil Fleyhane

20-07
http://www.lorientlejour.com/article/625542/Isral_exploite__fond_lexplosion_du_dpt_de_munitions__Kherbet_Selm.html




4-2 Discours de Hassan Nasrallah : Tous les mouvements de résistance font face à un défi pour ne pas glisser dans une guerre civile.

Le chef du Hezbollah dénonce qu'en Palestine occupée, en Irak et au Liban, l'impérialisme américain fait tout pour provoquer la guerre civile afin de contrer la résistance.

Nasrallah dénonce à juste titre cette politique du "diviser pour mieux régner"

http://mai68.org/ag/1110.htm
http://cronstadt.org/ag/1110.htm
http://kalachnikov.org/ag/1110.htm
http://www.manar-fr.com/article.php3?id_article=505

Sayyed Nasrallah : Tous les mouvements de résistance font face à un défi pour ne pas glisser dans une guerre civile.

 Le secrétaire général du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah a effectué son discours d’allégeance à l’Imam Hussain à la fin d’une grande marche qui a eu lieu dans le quartier sud de Beyrouth, mardi.

Sayyed Hassan Nasrallah a parlé de la situation dans la région, notamment au Liban, en Palestine occupée et en Irak occupé:

 « Frères et sœurs, vous vous êtes rassemblés dans le quartier sud de Beyrouth et vous avez prêté serment d’allégeance à l’Imam Hussain – que la paix soit sur lui. Ceci est ce que vos frères et sœurs ont dit lorsqu’ils se sont rassemblés dans chaque ville au Liban pour marquer le 10ème jour de Muharram (Ashoura).

Vous avez toujours été sincères dans vos allégeances lorsque vous étiez en 2006. Vous avez été fidèles à l’Imam Hussain. Vous avez affronté avec patience, vous vous êtes sacrifiés et avez triomphé dans la guerre. Vos hommes ont redonné vie à l’imam Al-Abbas (le frère de l’Imam Hussain), votre jeunesse a redonné vie à Ali Al-Akbar (le fils de l’Imam Hussain) et vos femmes ont redonné vie à Zainab et Sukaina (la sœur et la fille de l’Imam Hussain). Vos maisons détruites ont rendu la scène des tentes brûlées de la demeure de l’Imam Hussein et de ses compagnons. Vous vous êtes levés face aux sionistes, à George Bush, à Condoleezza Rice et à tous les criminels et tueurs qui voulaient vous vaincre. Vos voix en 2006 étaient les plus élevées lorsque vous avez insisté à refuser d’être vaincus et humiliés et avez dit "Non au déshonneur ». En juillet et août 2006, vous avez montré que le sang peut triompher sur l’épée et l’opprimé peut triompher sur l’oppresseur. Cette résistance au Liban a toujours été notre "Karbala" au Liban et notre force et espoir et notre aspiration pour le futur.

    « Frères et sœurs,

    « Hier, le chef d’état-major sortant de l’armée israélienne Dan Halutz a dit au comité de Winograd qui enquête sur l’échec israélien au Liban, qu’il n’a pas ordonné une opération au sol à pleine mesure car il ne faisait pas confiance dans les capacités de l’armée israélienne à vaincre le Hezbollah… Pourquoi ? Ils cherchaient à occuper Bint Jbeil, cette ville contre laquelle ils voulaient se venger, car c’était là où il était dit qu’Israël est plus faible qu’une toile d’araignée. Le commandant de la plus forte armée dans la région ne fait pas confiance en ses soldats pour vaincre le Hezbollah et craint un front dans le plus petit pays arabe. Le 10ème jour de Muharram de cette année, nous renouvelons notre serment d’allégeance et notre engagement que nous ne laisserons pas le Liban être vaincu. Nous ne laisserons pas ce pays, qui a brisé la plus forte armée dans la région, être humilié.

    « Frères et sœurs,

    « Après cette grande victoire historique, il est naturel que votre existence représente une menace pour les ennemis du Liban ; c’est pourquoi vous êtes menacés incessamment. Aujourd’hui, les médias transmettent les menaces de George Bush à la Syrie, l’Iran et le Hezbollah. Pourquoi Bush menace-t-il le Hezbollah ? Est-ce parce que ce pays a semé le chaos au Liban ? Où est ce chaos que le Hezbollah a semé au Liban ? Qui sème réellement le chaos et l’agitation dans ce pays ? Ceux qui ont semé le chaos, détruit et tué au Liban sont Bush et Condoleezza Rice. Ils étaient ceux qui ont ordonné la guerre contre le Liban. George Bush souhaite vous punir car vous avez triomphé et car, dans l’ère américaine, vous n’êtes pas autorisés à tenir vos têtes hautes. Vous n’êtes autorisés qu’à être humiliés devant les Américains. Que ce soit clair, de là où nous commémorons le martyre de l’Imam Hussain, nous disons que nous sommes un peuple qui refuse l’humiliation et le déshonneur. Le Liban a toujours été et continuera à être le cimetière des envahisseurs.

    « Frères et sœurs,

    « Il y avait eu une tension en Palestine occupée et l’Irak passe à travers une grande épreuve. Entre-temps, un leader arabe a prédit que trois guerres civiles se produiront en Irak, en Palestine et au Liban. Etranges sont ces prédictions qui deviennent vraies. Chaque fois qu’ils disent qu’un assassinat ou que tout autre acte malveillant aura lieu, leurs prédictions deviennent vraies ! Quoi qu’il en soit, ce qui a été dit concernant l’Irak n’était pas étrange. Ce qui est étrange est ce qui est dit concernant le Liban et la Palestine, ce qui signifie que le complot pour écraser les mouvements de résistance dans la région à travers un conflit interne est l’objectif poursuivi dans l’ère américaine. Comment auraient-ils anticipé une guerre civile au Liban s’ils ne la planifiaient pas par leurs instruments et agents dans le pays ? Aujourd’hui, il y a un conflit interne en Palestine et l’Irak se noie dans un océan de sang. N’est-il pas manifeste que les pays qui sont menacé de guerres civiles soient des pays occupés avec des mouvements de résistance en leur sein ? Le grand défi pour les mouvements de résistance en Palestine, en Irak et au Liban est d’éviter de glisser dans une guerre civile. Ils créent le trouble entre les sunnites et les shiites, mais en Palestine, il n’y a pas de shiites et sunnites, alors ils ont inventé une guerre entre factions.

    « Frères et sœurs,

    « A travers vous, la résistance sera patiente et défiera toutes les tentatives visant à pousser le pays dans une guerre civile. Je demande aux résidents de Beyrouth de ne pas être intimidés par qui que ce soit. Nous devons être conscients de l’agitation qui est semée pour nous. Ceux qui disent que la résistance est fatiguée et a perdu espoir se trompent vraiment. La résistance qui est reliée à Dieu et à l’Imam Hussain ne peut jamais être fatiguée ou perdre espoir. Je dis à ceux qui disent que nous avons oublié les fermes occupées de Shebaa et détourné notre concentration sur les sentiers de Beyrouth, je leur dit : comme vous appelez à la libération des fermes de Shebaa et nous accusez de monopoliser la résistance, déclarons une résistance nationale pour libérer les fermes de Shebaa. Aujourd’hui, j’appelle à la formation d’une résistance nationale pour que tout le monde y prenne part.

    « Frères et sœurs,

    « En tant qu’opposition nationale libanaise, nous continuerons dans notre mouvement pour la réforme pour sortir le Liban des crises sociales, économiques et politiques. Personne ne peut sauver le Liban seul.

    « Concernant les incidents de mardi et jeudi dans lesquels quatre martyrs sunnites et shiites sont tombés, nous appelons à une investigation pour trouver et punir ceux qui sont responsables de leur mort et de l’agitation. Mais à celui qui veut être le juge et le bourreau à la fois, je lui dis que ce n’est pas la façon de porter la responsabilité. Je dis ouvertement que la manière dont nous traitons les incidents de mardi et de jeudi dessinera le futur du Liban auquel nous aspirons, mais nous refusons de recourir aux armes. L’opposition souligne la solution politique et pacifique pour la crise actuelle au Liban et insiste que ses exigences sont politique et que la solution et l’arrangement peuvent seulement être d’une nature politique, et nous soutenons toute initiative à cet égard.

    « Nous resterons au Liban pour protéger son futur et sa dignité et pour sortir ce pays de ses crises. Nous n’avons d’autre choix, nous n’avons d’autres nationalités et d’autres pays où aller. Nous sommes nés ici et nous résisterons ici, et là nous mourrons ».

 Traduction : manar-fr.com

http://mai68.debithost.net/ag/1110.htm 

http://www.manar-fr.com/article.php3?id_article=505


4-3 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Ci-dessous : extrait

Les premières félicitations parviennent au mandataire réélu. « La démocratie a vaincu. »

Ce fut une victoire fulgurante, puisqu’elle a eu lieu dès le premier tour et que le pourcentage qu’il a obtenu démontre que c’est un leader aimé par son peuple », affirma Nawar al Sahili, député du parti-milice chiite libanais du Hezbollah. Fauzi Barhoum, porte-parole du Hamas, soulignait, sans allusions personnelles : nous espérons que l’Iran continuera de soutenir les droits du peuple palestinien, de respecter l’élection démocratique des Palestiniens et qu’il nous aidera à mettre fin au blocus de Gaza ».

Il est clair que les manifestations dans les rues des partisans d’Ahmadinejad et de son opposant Mir Hossein Moussavi, la querelle sur le recomptage électoral et les décisions de la hiérarchie iranienne sur les comices se sont dissipés dans les moyens de communication des deux groupes et c’est à peine s’ils reçoivent l’attention de leurs dirigeants.

Durant la nuit de mercredi, le chef Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, réapparut à la télévision. Il parla du discours de dimanche du Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu ; à propos des élections du Liban (il accusa Saad Hariri de fraude, disant qu’il aurait investi 750 millions de dollars dans l’achat de votes dans les districts où eurent lieu les dépouillages des votes), il évoqua également Barack Obama. Aucun mot sur les élections iraniennes.

On ne comprendrait pas la naissance du Hezbollah sans le soutien financier et humain que reçurent les gardiens de la Révolution iranienne, au début des années 80. Un soutien qui se poursuit, inébranlablement, jusqu’aujourd’hui. Il suffit de visiter la banlieue chiite Haret Hrek de Beyrouth, dévastée par Israël pendant la guerre de l’été 2006, pour se rendre compte que des dizaines de millions d’euros ont été investis dans la reconstruction. Nul n’a de doute quant à l’origine de la majeure partie des fonds.

Le Hamas également compte sur l’aide de l’Iran, bien que plus modeste et plus récente. Les devises et les armes qu’il envoie en Palestine sont beaucoup moins importantes que celles que reçoit le Hezbollah, en grande partie à cause du fait qu’Israël et l’Egypte empêchent que l’arsenal des islamistes palestiniens augmente au rythme auquel peut s’alimenter celui de la milice chiite, qui profite des passages de la frontière syro-libanaise afin de se fournir en armes à faible portée.

L’aide se résume à quelques centaines de millions de dollars annuels, à quelques fusées Katiusha, et à l’entraînement de centaines de miliciens du Hamas dans des camps sur le sol iranien et libanais. Mais l’Iran est l’unique soutien important pour une organisation isolée par la quasi-totalité du monde arabe. Néanmoins, le secret est de rigueur lorsque l’on interroge les chefs du Hamas sur leurs liens avec Téhéran.

Des sources proches du mouvement consultées hier assurent qu’il n’y a pas d’inquiétude au sein du leadership, même s’ils aimeraient que tout continue comme jusqu’alors.

L’ex-premier ministre Moussavi ( qui reconnaît le fait historique de l’Holocauste) n’a jamais été un ami de l’Etat sioniste non plus, il décrit d’ailleurs cet Etat pendant les deux dernières décennies comme « une tumeur cancéreuse ». « La peur n’existe pas », affirme la source, « mais Ahmadinejad est une valeur sûre.

Cependant, les Islamistes palestiniens, se taisent. Comme rien n’est sûr, il est préférable de ne pas sortir une parole qui pourrait ne pas plaire à Moussavi.

Le Hamas ne peut se permettre de se fâcher avec ses très rares alliés.

Même si, dans le fond, et étant données les différences entre les rivaux politiques iraniens, ils coïncident avec le président des Etats-Unis : l’accès au pouvoir en Iran du candidat appelé réformiste ne supposerait pas non plus un revirement dans les relations du régime perse avec le reste du monde, ni avec le Hamas.

Juan Miguel Muñoz

28 juin 2009
El Païs


4-4 Robert Baer : Les principales caractéristiques du comportement militaire et politique du Hamas et du Hezbollah.
Robert Baer, ancien agent de la CIA et défenseur intelligent de l’Empire états-unien, multiplie les critiques sur la gestion US du dossier proche-oriental.

Dans un entretien accordé à l’agence IPS, il livre sa vision de l’affrontement qui oppose Washington et Téhéran, et du rôle de Tel-Aviv dans les perceptions déformées de cette région.

Extrait
IPS : Certains analystes pensent que l’attaque israélienne contre le Hamas à Gaza, deux ans après la guerre des Trente-Quatre jours entre Israël et le Hezbollah, s’inscrit dans un plan plus vaste qui aboutira à une offensive armée contre les installations nucléaires de l’Iran ?

…..
Robert Baer : Dans la vie politique américaine, vous ne pouvez rien faire au Moyen-Orient sans le feu vert de Tel Aviv, tout au moins à un certain niveau. C’est totalement impossible. Je veux dire : je ne vois pas d’autre cas, dans l’Histoire, ou un pays (de plus, une superpuissance) qui soit aussi pieds et poings liés vis-à-vis d’un pays aussi minuscule qu’Israël ! Non, je n’en vois aucun. Je ne peux même pas y songer.
…..
IPS : Quelles sont les principales caractéristiques du comportement militaire et politique du Hamas et du Hezbollah ?
Robert Baer : Les deux ont redéfini le concept de l’inscription de la guerre à l’intérieur d’une géographie donnée. Le fait que le Hezbollah se soit installé dans des souterrains, ou qu’il utilise des fibres optiques pour ses communications démontre une combinaison entre une énorme sophistication et une stratégie guerrière quasi primitive. Je veux dire : quelle armée, au monde, utilise-t-elle des fibres optiques, mis à part le Hezbollah ? Il est totalement impossible d’intercepter des communications par fibre optique, c’est imparable.
Regardez [le leader du Hezbollah Hassan] Nasrallah : il a totalement redéfini la politique islamique, du simple fait qu’il a conclu une alliance avec des chrétiens.

Ben Laden, lui, les chrétiens, il veut les occire. Si je voulais symboliser l’opposition totale entre eux, je ne retiendrais que cela : Nasrallah considère, quant à lui, que les chrétiens sont ses alliés.
Notes
[1] Ancien agent de la CIA, Robert Baer a été considéré comme l’un des meilleurs agents de terrain au Proche-Orient. Depuis son départ de l’Agence, il a publié de nombreux livres à succès, dont La Chute de la CIA - Les mémoires d’un guerrier de l’ombre sur les fronts de l’islamisme, Gallimard, collection « Folio documents », Paris, 2002. et Or noir et Maison-Blanche - Comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien, Gallimard, collection « Folio documents », Paris, 2002. Ces ouvrages ont inspiré le film Syriana. M. Baer fait partie des nombreux experts US qui contestent la version bushienne des attentats du 11-Septembre.
[ [3] Dennis Ross a longtemps été l’alter ego de Paul Wolfowitz. Il a mené une brillante carrière au Pentagone, puis au département d’État. Il a co-fondé le Washington Institute for Near East Policy (WINEP), le think tank du lobby pro-Israélien aux États-Unis (AIPAC). Il est aujourd’hui conseiller spécial de la secrétaire d’État Hillary Clinton pour les questions proche-orientales, mais devrait prochainement rejoindre le Conseil de sécurité nationale à la Maison-Blanche comme conseiller du président pour l’Iran.
[4] L’amiral Dennis Blair a notamment été directeur associé de la CIA pour le soutien militaires aux opérations, puis chef du Pacific Command. Considéré comme un possible chef d’état-major interarmes, il avait été écarté par Donald Rumsfeld, principalement en raison de son amitié personnelle avec les Clinton. Obama en a fait le directeur du Renseignement national malgré la désapprobation affiché de John McCain pour les républicains.

Notes du Réseau Voltaire

Propos recueillis par Omid Memarian pour Ipsnews.net.

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
http://www.palestine-solidarite.org/interview.Robert_Baer.020709.htm
http://www.voltairenet.org/article160854.html
http://fischer02003.over-blog.com/article-33414642.html
 


4-5 Noam Chomsky : Personne n’est à l’abri... La menace d’un bon exemple…

Aucun pays n’est à l’abri d’une intervention des Etats-Unis, même le plus insignifiant.

En fait, ce sont souvent les pays les plus faibles, les plus pauvres, qui provoquent la plus grande hystérie.

Prenez le cas du Laos dans les années 60, peut-être le pays le plus pauvre du monde.

La plupart de ceux qui y vivaient ne savaient même pas qu’ils vivaient dans un pays appelé le Laos ; tout ce qu’ils savaient était qu’ils vivaient dans un village qui était situé non loin d’un autre petit village, etc. Mais dès qu’une révolution sociale très limitée a commencé à se développer là-bas, Washington a soumis le Laos à un « bombardement secret » meurtrier, détruisant de larges portions de zones habitées et qui, de leur propre aveu, n’avait rien à voir avec la guerre que les Etats-Unis menaient contre le Vietnam du Sud.

La population de la Grenade est de 100.000 et vous auriez du mal à touver cette île sur une carte. Mais lorsque la Grenade a connu une révolution sociale modérée, Washington est rapidement entré en action pour détruire la menace.

Depuis la Révolution bolchevique de 1917 jusqu’à la chute des gouvernements communistes en Europe de l’Est à la fin des années 80, chaque agression US était justifiée comme une défense contre la menace soviétique.

Ainsi lorsque les Etats-Unis ont envahi la Grenade en 1983, le chef d’Etat Major a expliqué que, dans l’éventualité d’une attaque soviétique contre l’Europe occidentale, un régime hostile à la Grenade pouvait couper les approvisionnements de pétrole des Caraïbes à l’Europe de l’Ouest et que les Etats-Unis seraient dans l’impossibilité de porter secours à leurs malheureux alliés.

Cela peut paraître comique, mais de telles histoires peuvent mobiliser un soutien de l’opinion publique contre l’agression, le terrorisme et la subversion.

L’agression contre le Nicaragua était justifiée par le fait que si nous ne « les » arrêtions pas là-bas, « ils » traverseraient notre frontière à Harlington, Texas – à peine deux heures de route. (pour les publics plus éduqués, il y avait des arguments plus sophistiqués, mais tout aussi plausibles).

En ce qui concerne l’économie américaine, le Nicaragua pourrait disparaître et personne ne s’en rendrait compte. Même chose pour le Salvador. Pourtant ces deux pays ont été soumis à des attaques meurtrières de la part des Etats-Unis qui ont coûté des centaines de milliers de vies et des milliards de dollars de dégâts.

Il y a une raison à cela.

Plus le pays est faible, plus son exemple est dangereux. Si un pays minuscule comme la Grenade pouvait améliorer les conditions de vie de sa population, d’autres pays, avec plus de ressources, pourraient se demander « pourquoi pas nous ? »

Ceci est vrai aussi pour l’Indochine, qui est relativement grande et possède quelques ressources. Eisenhower et ses conseillers s’étendaient sans cesse sur le riz, l’étain et le caoutchouc, mais leur véritable crainte était que le peuple indochinois retrouve l’indépendance et la justice et que celui de la Thaïlande les imite et, en cas de réussite, que la Malaisie suive leur exemple pour rapidement aboutir à l’indépendance totale de toute l’Indonésie et la perte pour les Etats-Unis d’une partie importante de la « Grande Zone ».

Lorsqu’on veut instaurer un système global qui soit soumis aux besoins des investisseurs américains, il faut s’assurer que tous les morceaux restent en place. Il est étonnant de constater à quel point cette idée est ouvertement formulée dans les documents officiels.

Prenons l’exemple du Chili sous Allende. Le Chili est un pays relativement grand, avec beaucoup de ressources naturelles, mais, là non plus, les Etats-Unis n’allaient pas s’effondrer si le Chili devenait indépendant. Pourquoi étions-nous si préoccupés par ce pays ?

Selon Kissinger, le Chili était un « virus » qui pouvait « infecter » la région et dont les effets allaient se ressentir jusqu’en Italie.

Malgré 40 ans de subversion par la CIA, l’Italie avait encore un mouvement ouvrier. L’avènement d’un gouvernement social-démocrate au Chili aurait pu inspirer les électeurs italiens. Imaginez qu’ils se prennent à avoir des idées bizarres comme celle de reprendre le contrôle de leur propre pays et de refonder les mouvements détruits par la CIA dans les années 40 ?

Les stratèges américains, depuis le secrétaire d’Etat Dean Acheson à la fin des années 40 jusqu’à nos jours, ont toujours averti qu’ « une pomme pourrie gâte le baril » [traduction littérale du proverbe – NDT]. Le danger était la pourriture – le développement social et économique – qui pouvait se transmettre.

Cette « théorie de la pomme pourrie » est présentée en public sous le nom de la théorie des dominos. Elle est destinée à faire peur à l’opinion publique et lui expliquer comment Ho Chi Minh pourrait monter dans canoë et pagayer jusqu’en Californie, ce genre de choses. Il se peut que quelques responsables américains croient à ces bêtises, c’est possible, mais pas les stratèges. Ces derniers comprennent parfaitement que la véritable menace est celle d’un « bon exemple ». Et il leur arrive parfois de l’énoncer clairement.

Lorsque les Etats-Unis planifiaient le renversement de la démocratie guatémaltèque en 1954, le Département d’Etat a déclaré officiellement que « le Guatemala représente un danger croissant pour la stabilité du Honduras et du Salvador. Sa réforme agraire est un puissant outil de propagande : son vaste programme social d’aide aux travailleurs et paysans dans une lutte victorieuse contre les classes aisées et les grandes entreprises étrangères exerce un fort attrait auprès des populations voisines en Amérique centrale, où les conditions sont similaires ».

En d’autres termes, les Etats-Unis veulent la « stabilité », c’est-à-dire la sécurité pour « les classes aisées et les grandes entreprises étrangères ». Si cet objectif peut être atteint par des mécanismes démocratiques, tout va bien.

Sinon, la « menace contre la stabilité » que représente un bon exemple doit être détruite avant que le virus ne se répande. C’est pourquoi même le plus petit des pays peut représenter une menace et doit être écrasé.

Noam Chomsky

traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

http://www.legrandsoir.info/La-menace-d-un-bon-exemple.html



5 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Francis Arzalier : Le pouvoir politique et les médias qui sont capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques temps, manipule à son gré les résultats du vote de n'importe quel pays souverain.

Le suffrage universel fut une grande conquête politique, pour laquelle les révolutionnaires, dans tous les pays d’Europe, combattirent et moururent aux 19ème et 20ème siècles ; nous ne pouvons qu’y être attachés, sans le sacraliser en croyant naïvement qu’un droit de vote à chaque adulte suffit à assurer la démocratie politique.

Le capitalisme actuel, maître des capitaux, du pouvoir politique et de médias capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques jours, manipule à son gré les résultats du vote, au point d’en inverser le sens : la droite française, sur ce plan, est spécialiste, avec un président qui joue des sondages, des mots, prétend faire « réformes » quand il démolit les acquis sociaux au profit des plus riches ; bien maladroit en d’autres occasions, il a su par ses dérapages xénophobes contrôlés, capturer en 2007 le plus gros de l’électorat du Front national ; les européennes de 2009 ont été l’occasion d’une opération similaire à l’encontre de ses concurrents majeurs, le PS et le Modem. Le 5 juin, deux jours avant le vote, la télévision nationale aux ordres du monarque - président, a projeté , après une grande campagne publicitaire, le film « Home » de Yann Arthus- Bertrand, à plus de 8 millions de citoyens français ; un catalogue de belles images relativement faciles à réaliser quand on a quelques talents de photographe et surtout des moyens techniques coûteux, du personnel et des hélicoptères (lutte contre la pollution oblige…) ; agrémenté d’un discours « écologiste » assez primaire (tout le monde est coupable de la dégradation des continents): c’était le programme minimum de la liste Europe - Ecologie, mélange irrationnel d’anticapitalistes comme José Bové, de chevaliers blancs de l’anti-corruption comme l’ex-juge Eva Joly, au profit d’un Cohn-Bendit, dont le passé de révolte étudiante fait oublier qu’il est aujourd’hui un soutien convaincu des aventures guerrières de l’OTAN et des USA. Cette manipulation à l’échelle d’un état a été, de toute évidence, d’une grande efficacité pour promouvoir à 16% une nébuleuse « verte » française largement tirée vers le conservatisme : un « joli coup » politicien monté par Sarkozy, grâce aux médias à son service.
Au lendemain du 7 juin, les mêmes trompettes médiatiques, télévisions, radios, journaux, claironnent sans vergogne la victoire « historique » de la droite UMP, alors qu’elle n’a réussi à faire voter pour elle que 11% des électeurs !
Le même 7 juin, les citoyens du Liban devaient choisir par les urnes de reconduire la majorité parlementaire sortante, pro-occidentale, parée de toutes les vertus par nos médias conservateurs, et une opposition plurielle, « parti chrétien » de Michel Aoun, parti communiste libanais et mouvement de résistance armée Hezbollah, très influent dans les milieux populaires du Liban musulman, et très diabolisé en Occident. Il est vrai que les positions islamistes de ce mouvement sont plus que discutables, mais c’est oublier qu’il est aussi le barrage essentiel contre l’impérialisme israélien.
Nos « élites » occidentales et leurs alliés du Moyen-Orient ont fait leur choix, et hurlent à l’ingérence syrienne, iranienne, à chaque manifestation de l’opposition nationale au Liban : ces vertueux protecteurs de l’intégrité libanaise ont donc préparé comme il se doit les élections ; tous les spécialistes de la région ont signalé les financements massifs venus notamment d’Arabie Saoudite, les centaines d’avions amenant à Beyrouth les électeurs expatriés, etc. : ce n’est pas sans efficacité dans un pays où les inégalités sociales sont énormes entre les affairistes pro-américains de la capitale et les miséreux peuplant certains quartiers. Voilà un suffrage universel estampillé démocratique à l’Elysée : il a confirmé l’emprise occidentale.
La manipulation n’est pas toujours aussi réussie, quand les peuples s’en mêlent ; depuis plusieurs semaines les « grands »médias français, prenant leurs désirs pour la réalité, annonçaient la défaite du président iranien aux élections du 12 juin ; nous étions inondés de reportages télévisés montrant la foule des opposants en meetings, et de jeunes bourgeois iraniens bien mis annonçaient leur désir, enfin, de liberté vestimentaire. La palme de l’imbécillité journalistique revenait au « Courrier international » qui titrait en couverture « en finir avec Ahmadinejad » ; au sujet de ce pelé, ce galeux, la moindre contrevérité devenait une évidence proclamée, l’Iran une dictature absolue, alors que des opposants y manifestent par centaines de milliers malgré la répression, que la presse, le cinéma, pourraient parfois donner des leçons d’indépendance aux confrères de France. Ahmadinejad est proclamé antisémite dès qu’il dénonce la colonisation israélienne ; ses maladresses et dérapages ne gênent pas nos rigides censeurs qui n’hésitent pas à reprendre à son égard le plus ringard des discours coloniaux : rappelons-nous Ségolène Royal interdisant à Téhéran l’industrie nucléaire civile !
L’homme providentiel, selon nos faiseurs d’opinion, qui allait être élu, se nommait Moussavi, un « islamiste modéré », modéré en cela seulement qu’il s’affirme aujourd’hui pro-américain. Les citoyens français sont rétifs à juste titre envers la théocratie iranienne, les mauvais traitements infligés aux femmes, l’inégalité sociale grandissante au pays des mollahs : leur faire croire qu’un Moussavi instaurerait la démocratie revient à les prendre pour des benêts ; il fut premier ministre de l’imam Khomeiny de 1981 à 1989 et à ce titre il organisa la destruction physique des militants de la gauche iranienne, démocrates ou communistes du Toudeh.
Nos « penseurs » parisiens ignorent tout du peuple iranien et ne comprennent pas notamment que les insultes méprisantes et les menaces venues d’Occident renforcent à Téhéran les réactions nationalistes. Le 12 juin, le peuple iranien a réélu Ahmadinejad dans un scrutin moins falsifié qu’on ne le dit à Paris ou à Washington. Compte tenu des candidats en lice, tous quatre choisis par les chefs religieux, pouvait-il en être autrement ?
Les étudiants, les salariés progressistes d’Iran ont raison de crier au grand jour leur dégoût du régime théocratique, des inégalités sociales et des atteintes aux libertés ; mais Moussavi, le pro-occidental n’est pas qualifié pour être leur porte-parole, tout au plus pour les conduire à une impasse, voire au massacre : certains stratèges à Washington, Londres ou Paris sont prêts à combattre pour la « démocratie libérale » jusqu’au dernier Iranien ! Et la presse israélienne annonce ces jours-ci qu’une attaque aérienne contre l’Iran est toujours une éventualité envisagée à Tel-Aviv ! 
Nous sommes solidaires des progressistes d’Iran, pas des faucons occidentaux, même déguisés en colombes.

Francis Arzalier

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_58_art1.htm


5-2 Raphaël Confiant : Elections au Liban et en Iran : qui est démocrate ? 

Les élections libanaises se sont donc terminées par la défaite du Hezbollah et de son allié chrétien, le général Michel Aoun.

Le camp pro-occidental mené par Saad Hariri (musulman sunnite) et ses alliés chrétiens ont donc gagné.

Il ne s’agit pas d’une victoire écrasante, mais les chiffres sont là. 68 élus pour Hariri sur 128 sièges contre 57 pour Nasrallah et Aoun.

Comment a réagi le Hezbollah, parti que l’on dit extrémiste, voire terroriste ? Est-il descendu dans la rue ? A-t-il organisé des barrages de pneus enflammés et a-t-il fait assiéger le parlement par ses partisans ? A-t-il seulement contesté la victoire du camp adverse ?

Pas le moins du monde !

Le Cheick Hassan Nassrallah, leader du Hezbollah a adressé ses félicitations à Harriri et la télévision du Hezbollah, Al-Manar, a même retransmis en direct l’intégralité du discours prononcé par Harriri juste après le verdict des urnes.

Evidemment, aucun des grands medias occidentaux qui d’ordinaire passent leur temps à diaboliser le « Parti de Dieu » n’a salué cette attitude profondément démocratique. Motus et bouche cousue ! Pourtant, il y avait de quoi contester une élection au cours de laquelle des millions de dollars américains furent distribués par le camp Harriri dans les quartiers populaires sunnites, sans compter le véritablement bombardement médiatique auquel fut soumis le Hezbollah non seulement par les chaines yankees comme CNN, mais aussi par les chaînes satellitaires arabes inféodées à l’Arabie Séoudite, grand allié de Harriri.

Qui peut croire une seule seconde que s’ils n’avaient pas accepté le résultat des urnes, le Hezbollah n’aurait pas réduit en bouillie la médiocre armée libanaise et les milices maronites ? Armée et milices qui n’ont jamais tiré un seul coup de fusil contre Israël, préférant tourner leurs armes contre le peuple libanais ou contre les réfugiés palestiniens.. L’Occident nous bassine avec l’attentat qui a tué Rafik Harriri, le père de Saad, mais il a déjà oublié Sabra et Chatila, cette monstrueuse opération israélo-maronite au cours de laquelle plusieurs centaines de Palestiniens, dont beaucoup de femmes et d’enfants, furent massacrés. Donc s’ils l’avaient voulu, les combattants du Hezbollah qui ont brisé les reins à Tsahal, la puissante armée sioniste, n’auraient fait qu’une bouchée de ces lâches qui entourent Harriri s’il l’avait voulu. Mais ils ne l’ont pas voulu justement ! Ils ont respecté le résultat des urnes.

Le plus comique dans tout cela, c’est que loin de louer l’esprit démocratique du Hezbollah, la presse occidentale écrit de manière unanime que Harriri est désormais confronté au « gros problème du désarmement du Hezbollah » !!! On croit rêver. Le Hezbollah, avec les combattants chrétiens du général Aoun, sont la seule force à s’opposer depuis deux décennies aux attaques israéliennes contre le Liban. La seule à défendre l’intégrité territoriale du pays. Mieux : jamais les combattants de Hassan Nassrallah n’ont retourné leurs armes contre les chrétiens libanais. Jamais ! Ce qui explique qu’une partie du camp chrétien, celui d’Aoun, soit l’allié du Hezbollah. Leurs armes, ils les ont toujours utilisées contre l’envahisseur sioniste, point à la ligne. Et voici que l’Occident voudrait qu’Harriri et sa bande de traitres « désarment » ce qui fait l’honneur du Liban !!!

Qu’ils essayent donc !

En Iran, par contre, le camp pro-occidental a été défait et largement défait. Mahmoud Ahmadinejad a, en effet, été réélu avec 62,6% des voix. Aussitôt, des hordes de partisans du candidat pro-occidental, Moussavi, ont investi les rues de Téhéran, criant à la fraude et déclenchant des émeutes dans plusieurs quartiers, ce qui a contraint la police à réagir et à arrêter une soixantaine de meneurs. Attitude diamétralement opposée donc à celle du Hezbollah libanais, parti soi disant extrémiste ! Or, même les medias occidentaux ont été obligés de reconnaître que cette campagne électorale fut tout ce qu’il y avait de plus libre, les quatre candidats en lice n’hésitant pas à dénoncer les turpitudes supposées des uns et des autres, à brandir de supposées preuves de leur dires dans les meetings ou à la télé, la campagne s’achevant par un duel télévisé entre les deux principaux candidats, Ahmadinedjad et Moussavi, dans la pure tradition...occidentale.

Il faut préciser qu’Ahmadinedjad n’avait pas contre lui le seul Moussavi, mais tous les medias et services secrets occidentaux (CIA, Mossad et autres), mobilisés comme un seul homme pour faire chuter celui qu’ils présentent comme un tyran et un futur fauteur de guerre nucléaire. Là, comme au Liban, des millions de dollars ont été distribués, des campagnes de désinformation auprès des minorités ethniques (les Azéris notamment qui constituent 20% de la population) ont été orchestrées, des attentats non revendiqués ont même été organisés dans certaines provinces. Tout a donc été tenté pour éliminer Ahmadinedjad, mais le peuple iranien a répondu massivement OUI à ce dernier. Qu’il y ait eu ici ou là quelques fraudes, et alors ? Quel pays n’en a pas ? Jacques Médecin à Nice ou Jean Tibéri à Paris, c’étaient des enfants de chœur peut-être ? Mais frauder en grand dans un pays où il y a 46 millions d’électeurs est matériellement impossible et ça, les medias occidentaux le savent pertinemment.

Même avec 10% de fraude, ce qui est très improbable, Ahmadinejad, sort quand même vainqueur avec 52,6% !

Quelles leçons faut-il tirer de ce qui vient de se passer au Liban et en Iran ?

Que nous sommes victimes d’une entreprise de désinformation massive de la part des medias occidentaux, d’un véritable lavage de cerveau, visant à diaboliser tous ceux qui, dans les pays du Sud, s’opposent à l’impérialisme. Que les intellectuels occidentaux, pour la plupart, sont complices, grimés en donneurs-de-leçons-de-droits-de-l’homme, de ce qui relève purement et simplement de l’escroquerie intellectuelle. Mais plus grave : dans les pays du Sud même, une grande partie de l’intelligentsia, y compris en Martinique et en Guadeloupe, sont les porteurs d’eau de cette entreprise.

Ceci dit, ni Hassan Nassrallah ni Mahmoud Ahmadinedjad ne sont des anges et sans doute commettent-ils des erreurs ou des injustices. Mais Sarkozy, Merkel, Obama et Brown sont-ils des anges ? En quel pays y a-t-il un gouvernement entièrement juste et bon ?

Mais au moins, tout comme Hugo Chavez et Evo Morales, Nassrallah et Ahmadinejad s’opposent-ils à la tentative de recolonisation du monde opérée par les Euro-Américains depuis deux décennies...

Raphaël CONFIANT

28 juin 2009

http://www.montraykreyol.org/spip.php ?article2710

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=618



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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