Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

29/07/2009

n° 27 - Journal de PAKISTAN. - 09-07 au 28-07 :- Suite - : La guerre afghano-pakistanaise d’Obama.

n° 27 - Journal de PAKISTAN.  - 09-07 au 28-07 :-  Suite - : La guerre afghano-pakistanaise d’Obama.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN 

              n° 27- 09-07 au 28-07

           C.De Broeder & M.Lemaire     



Sommaire.

6 Brèves

6-1 Une "guerre éclair" qui promet d’être longue.

6-2 Un programme secret de la CIA visait à tuer les chefs d'Al-Qaïda.

6-3 La Chambre des représentants demande à la CIA les documents de son programme antiterroriste secret.

7  Dossiers

7-1 La guerre afghano-pakistanaise d’Obama.

7-2 Harinder Bajewa : Baitullah Mehsud, aussi inquiétant que Ben Laden.

7-3 Soufiane Ben Farhat : A l’Ouest, rien de nouveau.



6 Brèves

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

6-1 Une "guerre éclair" qui promet d’être longue.

Depuis le 29 juin, l’armée pakistanaise a intensifié son offensive contre les résistants dans les zones tribales du Waziristan. Ce durcissement des positions gouvernementales est la conséquence de l’attaque contre un convoi militaire avait fait 27 morts parmi les soldats et mis fin, de facto, à l’accord de cessez-le-feu signé entre les résistants et Islamabad en février 2007.
Toutefois, selon
The News, cette guerre sera bien plus difficile à gagner que celle menée dans la vallée de Swat.

En effet, “combattre les résistants au cœur de leur bastion promet d’être une tout autre affaire que de les affronter dans le Swat ou à Bruner”, estime le quotidien de Karachi. Emmenés par leur chef, Baitullah Mehsud, les insurgés ont instauré un pouvoir islamique au Waziristan depuis 2004-2005 et ont promis de poursuivre la guérilla jusqu’au retrait total de l’armée pakistanaise.
Le Waziristan étant aux mains de plusieurs seigneurs de la guerre, l’armée était confiante quant à la rapidité avec laquelle elle gagnerait le combat contre les résistants, jugeant qu’ils ne s’associeraient pas contre le gouvernement. Mais les événements des derniers jours ont prouvé le contraire, puisque l’attaque du 28 juin a été menée conjointement par plusieurs groupes de résistants.

http://www.courrierinternational.com/breve/2009/06/30/une-guerre-eclair-qui-promet-d-etre-longue


6-2 Un programme secret de la CIA visait à tuer les chefs d'Al-Qaïda.

Un programme antiterroriste de la CIA, gardé secret pendant les huit années de la présidence Bush, qui fait aujourd'hui polémique aux Etats-Unis, visait à tuer ou capturer les dirigeants d'Al-Qaïda, au sol et non via des frappes aériennes, ont expliqué lundi des responsables gouvernementaux sous le couvert de l'anonymat. Ce programme de la CIA n'a jamais abouti, ont précisé ces responsables. Depuis 2001, en revanche, les Etats-Unis ont eu recours à des frappes aériennes menées par des drones, appareils sans pilote qui ont fait des victimes civiles au Pakistan et en Afghanistan.

Ce programme secret a été suspendu le 23 juin par le directeur de la CIA Leon Panetta lorsqu'il a appris son existence ainsi que le fait que le Congrès n'en avait jamais été informé après son lancement en 2001.

L'ordre de prendre pour cible les dirigeants d'Al-Qaïda avait été validé par le président Bush peu après le 11-Septembre.

Selon le Wall Street Journal, qui cite d'anciens responsables du renseignement s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la CIA a dépensé de l'argent pour ce programme, en frais de fonctionnement et peut-être même pour des opérations d'entraînement, mais il n'est jamais devenu complètement opérationnel. L'agence de renseignement s'est refusée à tout commentaire.

Le fait que le vice-président de Bush, Dick Cheney, aurait directement donné l'ordre à la CIA de garder ce programme secret, en le cachant aux responsables du Congrès, a été révélé ce week-end par le New York Times.

Et ce alors que le ministre de la Justice Eric Holder étudie l'opportunité d'ouvrir une enquête criminelle sur la pratique de la torture par la CIA. Le président Barack Obama, qui veut regarder vers l'avenir, n'est pas très favorable à ce que le pays se penche sur les pratiques de l'ère Bush, mais ce n'est pas le cas du parti démocrate.

La sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, qui préside la Commission du renseignement, a estimé qu'avoir gardé ce programme secret est une violation de la loi et veut l'ouverture d'une enquête.

Selon la loi, en cas d'opérations ultra-secrètes, les briefings peuvent se limiter à un groupe très restreint, qu'on appelle le Groupe des Huit, soit les patrons du groupe républicain et démocrate des deux chambres du Congrès, ainsi que des Commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants.

Mme Feinstein a raconté que l'actuel directeur de l'agence de renseignement Leon Panetta avait expliqué aux élus le mois dernier qu'il "venait d'apprendre l'existence du programme, nous l'a décrit, nous a dit qu'il l'avait annulé et (...) nous a dit qu'on lui avait dit que le vice-président avait ordonné que le Congrès n'en soit pas informé".

"On nous a laissés dans l'ignorance. C'est quelque chose qui ne devrait jamais, jamais se reproduire", a-t-elle ajouté au cours du week-end dans l'émission "Fox News Sunday".

Vendredi, un rapport de l'inspection générale avait mis l'accent sur le rôle joué par l'équipe de M. Cheney dans le secret excessif maintenu autour du vaste et controversé programme d'écoutes illégales de la NSA (National security Agency).

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090713/twl-usa-cia-al-qaida-224d7fb_1.html


6-3 La Chambre des représentants demande à la CIA les documents de son programme antiterroriste secret.

La commission de renseignements de la Chambre des représentants a demandé mardi à la CIA de communiquer les documents de son programme antiterroriste gardé secret et ayant visé à tuer ou à capturer au sol des dirigeants d'Al-Qaïda, pendant les huit années de la présidence Bush.

L'agence centrale du renseignement américain (CIA) coopérera, ont répondu certains de ses membres, sous couvert d'anonymat, ajoutant qu'une enquête serait menée sur les détails tenus secrets, ainsi que pour comprendre pourquoi le Congrès n'avait jamais été informé du programme. Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a d'ores et déjà ordonné une enquête interne, a expliqué le porte-parole de l'agence, George Little.

La CIA a dépensé au moins un million de dollars (720.000 euros), jusqu'à ce que le programme soit suspendu le 24 juin par Leon Panetta, dès qu'il a appris son existence, a expliqué un membre du Congrès. Pourtant, le programme n'a jamais abouti, les attaques ayant été menées via des frappes aériennes, par des drones, des avions sans pilotes, qui ont fait de nombreuses victimes civiles.

Silvestre Reyes, le président de la commission de renseignements de la Chambre, un démocrate, devrait décider cette semaine de lancer ou non une enquête sur ce programme de la CIA. Le sénateur démocrate Russ Feingold a déclaré lundi que le fait que la CIA n'ait pas informé le Congrès représentait une violation de la loi américaine.

De son côté, le président Barack Obama, qui veut regarder vers l'avenir, n'est pas favorable à ce que le pays se penche sur les pratiques de l'ère Bush, concrètement à ce que souhaite le parti démocrate.

Selon la loi, en cas d'opérations ultra-secrètes, les briefings peuvent se limiter à un groupe très restreint, qu'on appelle le Groupe des Huit, composé des patrons du groupe républicain et démocrate des deux chambres, ainsi que des Commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre.

L'ordre avait été validé par le président George W. Bush, peu après le 11-Septembre. Et c'est son vice-président, Dick Cheney, qui avait demandé à la CIA de ne pas en informer le Congrès, avait précisé Leon Panetta. Les Etats-Unis voulaient retrouver les leaders d'Al-Qaïda, cachés dans la région frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan.

Parallèlement, le ministre de la Justice, Eric Holder, étudiait déjà l'opportunité d'ouvrir une enquête criminelle sur la pratique de la torture par la CIA. Et vendredi, un rapport de l'inspection générale avait mis l'accent sur le rôle joué par l'équipe de Dick Cheney dans le secret excessif maintenu autour du vaste et controversé programme d'écoutes illégales de la NSA (National security Agency).

AP

15/7 

http://fr.news.yahoo.com/3/20090715/twl-usa-cia-al-qaida-224d7fb.html



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 La guerre afghano-pakistanaise d’Obama.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Obama : Entre lutte ‘anti-terroriste’, ‘contre-insurrection’, stabilisation et reconstruction,

L'Amérique sonne le clairon et s'élance vers les montagnes afghanes et pakistanaises.

Le 27 mars 2009, le président Obama a dévoilé sa stratégie pour les théâtres afghan et pakistanais dont les principaux objectifs (disponibles dans ce document PDF de la Maison Blanche) peuvent être résumés ainsi :

- rompre les réseaux terroristes en Afghanistan et au Pakistan et dégrader leur capacité à planifier et lancer des opérations terroristes à l'échelle internationale;

- favoriser un gouvernement afghan plus responsable, plus compétent et plus présent : sécurité intérieure, sûreté des processus électoraux, développement d'institutions locales et d'infrastructures essentielles, réintégration sociale des anciens insurgés, lutte contre le trafic de drogue, création d'alternatives économiques au mode de vie insurrectionnel et à la culture de drogue (pavot, opium, héroïne);

- instaurer graduellement des forces militaires et policières afghanes mieux rémunérées, aptes à mener rapidement des opérations contre-insurrectionnelles et anti-terroristes - particulièrement dans le sud et l'est du pays - avec une assistance américaine réduite;

- aider le Pakistan à renforcer sa souveraineté territoriale et à dynamiser son économie : coopération bilatérale/trilatérale « Af-Pak-US », assistance aux forces de sécurité frontalières et aux brigades spéciales pakistanaises dans la lutte anti-terroriste (formation, héliportage, équipements de vision nocturne, etc) et à la contre-insurrection, refondation de la gouvernance locale dans les régions tribales fédérales et dans la province du nord-ouest, assistance budgétaire directe, investissements et création d'emplois dans les infrastructures et l'agriculture, optimisation de l'aide internationale;

- impliquer les Nations-Unies et leur fournir un rôle moteur dans la poursuite de ces objectifs.

Stabiliser deux nations en éruption, renverser une corruption ancrée dans leurs administrations, interdire et substituer la très profitable culture de drogues, élargir et démultiplier le front en combattant les réseaux de résistants et les insurrections dynamiques dans les deux pays : tout cela relève d'une mission aussi complexe qu'impossible.

 Qu'en sera-t-il de la nécessaire coordination stratégique et opérationnelle avec l'OTAN sur son seul théâtre afghan ?

Quelles répercussions politiques et sécuritaires en Inde ?

De plus, États-Unis et OTAN devront compter avec les risques déjà patents d'escalade et d'enlisement face à de possibles « guérillas accidentelles », selon l'expression employée par David Kilcullen, père spirituel de la contre-insurrection et proche conseiller du Général David Petraeus.

De par son expérience personnelle, cet ancien colonel australien a constaté que de nombreuses insurrections radicales locales dans divers pays musulmans (Afghanistan, Pakistan, Irak, Afrique orientale, Thailande, Indonésie) sont très souvent grossies à 90-95% par des d'opportunistes étrangers souhaitant surtout en découdre avec quelque corps expéditionnaire allié tout proche.

La fragile stabilisation de l'Irak par le Général Petraeus doit beaucoup à d'âpres luttes et/ou à de longues négociations avec ces outsiders.

Récemment, Kilcullen a également fait part de son opposition aux campagnes aériennes robotisées planifiées sans le concours d'Islamabad et violant de facto la souveraineté de l'état pakistanais : « si nous voulons renforcer nos alliés et affaiblir nos ennemis au Pakistan, bombarder des villages pakistanais avec des drones sera totalement contre-productif ».

L'ex-gradé venu d'Océanie affirme que « ces raids unilatéraux […] ont un effet entièrement négatif sur la stabilité du Pakistan » car ils grossissent d'autant les rangs extrémistes et entravent l'élaboration d'un partenariat solide avec Islamabad. Enfin, il recommande vivement aux États-Unis de ne recourir aux raids « aérobotisées » qu'en dernier recours et de préférer des opérations commandos classiques, de surcroît avec l'appui et la collaboration explicites du gouvernement pakistanais.

On remarquera qu'aucun membre de l'administration Obama n'a ouvertement fait mention des drones Predator opérant au Pakistan sous la direction de la CIA, dont le culte du secret défense est de loin plus poussé que dans un corps d'armes classique comme l'US Air Force.

L'agence spéciale tient fermement à ses 45 minutes maxi de délai entre détection (d'un lieutenant taliban/terroriste) et frappe aérobotisée plutot qu'attendre une autorisation du gouvernement pakistanais pendant au moins 48 heures...

Et accorder quelque confiance aux services secrets pakistanais fortement soupçonnés de collusion avec les chefs résistants et/ou les lieutenants terroristes.

http://electrosphere.blogspot.com/2009/03/la-guerre-afghano-pakistanaise-dobama.html


7-2 Harinder Bajewa : Baitullah Mehsud, aussi inquiétant que Ben Laden.

Agé d’une trentaine d’années, le chef des résistants pakistanais fait trembler toute la région et entend livrer une guerre totale à Islamabad et à ses alliés occidentaux.

Baitullah Mehsud tourne le dos aux photographes pour qu'ils ne puissent pas prendre une photo de lui alors qu'il s'adresse à des journalistes pakistanais, 24 mai 2008

On le décrit souvent comme le guérillero par excellence. Ildisposed’unarsenal meurtrier composé non seulement, comme celui de la plupart des chefs de guerre, de fidèles armés de kalachnikovs, mais aussi de kamikazes dévoués, prêts à transformer immédiatement leur corps en bombe humaine. On connaît mieux sa “vocation” (le djihad) que son enfance dans les terres troublées du Waziristan, dans la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest, au Pakistan. Sa vision du djihad l’a propulsé aux sommets du pouvoir et de l’abjection. Baitullah Mehsud, connu bien au-delà des frontières pakistanaises, est surnommé “le nouvel Oussama”.
L’essor fulgurant de cet homme qui n’a guère plus de 35 ans, soutenu par une succession affreusement régulière d’attentats sanglants, est aujourd’hui connu dans le monde entier. Il a même trouvé sa place dans la liste des 100 dirigeants et révolutionnaires les plus influents du magazine américain
Time. Newsweek, quant à lui, le juge “plus dangereux que Ben Laden” et le département d’Etat des Etats-Unis a offert en mars une récompense de 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser, d’arrêter ou de faire condamner le dirigeant suprême du Tehrik-e-Taliban Pakistan (Mouvement des résistants du Pakistan). La somme proposée pour la tête de l’“Oussama pakistanais” est exactement égale à celle offerte pour le chef d’Al-Qaida, en fuite depuis le 11 septembre 2001.
Qui est Baitullah Mehsud ? Qu’est-ce qui lui vaut d’être comparé à celui qui a montré qu’il avait le pouvoir de modifier le paysage new-yorkais ? On ne dispose encore que de renseignements très incomplets sur lui. On sait qu’il a été brièvement professeur de gym, qu’il est diabétique et qu’il fuit la notoriété – ce qui explique sans doute pourquoi ne circule qu’une seule photo de lui. Selon des journalistes pakistanais, Mehsud, qui n’aurait pas suivi de scolarité classique, aurait uniquement fréquenté une madrasa [école coranique] où on lui a enseigné l’idéologie talibane. Inspiré par le célèbre mollah Omar (en fuite lui aussi depuis le 11 septembre 2001), il a commencé sa carrière de djihadiste après que les Etats-Unis sont partis “en guerre contre le terrorisme” en prenant Islamabad comme allié. Non content d’être aujourd’hui le fer de lance de la guerre contre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, il apparaît comme la plus grave menace qui pèse sur le Pakistan. Connu pour ses fanfaronnades et ses déclarations tonitruantes (“Si les Etats-Unis disposent de la force aérienne, nous, nous avons des fedayin"), Baitullah Mehsud a révélé mi-avril ses nouvelles ambitions d’organiser deux attentats par semaine au Pakistan. Et il a fait la preuve à maintes reprises qu’il disposait de cadres dévoués et de réserves de militants plus que suffisantes.
L’essor du chef des résistants pakistanais est étroitement lié au soutien ouvert apporté par l’ancien président Musharraf aux Etats-Unis. Si l’offensive contre la Mosquée rouge, à Islamabad en juillet 2007, fut le point d’orgue de l’isolement du général-président dans son propre pays, ce fut aussi un déclic pour Baitullah Mehsud. Il a alors décidé de ne plus concentrer son action sur le seul Afghanistan, mais de mettre directement en joue l’Etat pakistanais.
La pire migraine de la communauté internationale

En tant que chef officiel du Tehrik-e-Taliban Pakistan, il est sans doute, pour reprendre les mots de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, la pire migraine de la communauté internationale. Selon un rapport des Nations unies publié en 2007, Baitullah Mehsud serait responsable de près de 80 % des attentats suicides commis en Afghanistan. D’innombrables anecdotes entourent le personnage. Il serait à l’origine de condamnations à mort par lapidation ou flagellation, de l’interdiction de la musique, de la télévision et de la photographie, de l’envoi aux informateurs du gouvernement d’aiguilles et de fil destinés à coudre leur kafan [linceul] pour leur signifier leur mort dans les vingt-quatre heures. Mais, si terrifiantes qu’elles soient, ces histoires restent anecdotiques au regard de la puissance meurtrière du djihadiste mondialisé qu’est devenu Baitullah Mehsud.

Harinder Bajewa|

http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/14/baitullah-mehsud-aussi-inquietant-que-ben-laden


7-3 Soufiane Ben Farhat : A l’Ouest, rien de nouveau. 

Les nouvelles du Pakistan sont désormais les nouvelles du front. Hier, des drones américains ont tiré des missiles sur des groupes d'activistes dans la région tribale pakistanaise du Sud-Waziristân, sur la frontière afghane.

De son côté, l'armée pakistanaise a annoncé il y a trois jours être dans "la phase préliminaire" d'une vaste opération anti-Résistants dans le Sud-Waziristân.

Très attendue, l’opération est observée de près par les Etats-Unis d’Amérique. Il n’est un secret pour personne que le Sud-Waziristân sert de sanctuaire aux Résistants pour leurs opérations en Afghanistan.

La phase préalable semble avoir débuté. L'armée pakistanaise a multiplié ses raides ces derniers jours dans la province. De même, des convois militaires transportant des chars et de l'artillerie lourde ont été vus à sa lisière.

Seulement, les observateurs sont circonspects. Lancée en trombe il y a un peu plus d’un mois, l’opération de l’armée pakistanaise contre les Résistants dans la vallée de Swat piétine. Elle s’est soldée jusqu’ici par un nombre élevé de morts dans les deux camps. Et surtout, elle a fait quelques deux millions et demi de déplacés. Le désastre est tel que l’Union européenne a consenti avant-hier soixante-douze millions d’euros d’aide destinée à soutenir les deux millions de personnes déplacées de la vallée de Swat. Pour ce faire, l’UE en est réduite à racler ses fonds de caisse. Elle compte débloquer immédiatement 20 millions d’euros au profit des populations déplacées par les combats dans la vallée de Swat. De son côté, la Commission européenne invitera les Etats membres à puiser 52 millions d’euros supplémentaires dans un fonds de réserve.

L’insuffisance des fonds mobilisés à cet effet pose problème. Paradoxalement, en effet, l’exode massif des populations sinistrées risque de faire le lit de l’extrémisme. Aux dires d’ONG comme Oxfam et Action Aid, l’afflux de réfugiés en situation précaire est le pain bénit des radicaux islamistes. Il risque fort bien de favoriser les organisations extrémistes promptes à aider les hordes humaines dans le besoin.

C’est dire les risques et périls de l’embrouillamini dans lequel les autorités pakistanaises se retrouvent embarquées à leur corps défendant.

La problématique de l’extrémisme taliban au Pakistan est en fait un effet pervers de la guerre d’Afghanistan. Les Pakistanais subissent les contrecoups de la navrante incurie occidentale en Afghanistan. Mobilisant plus de cent mille soldats armés jusqu’aux dents, les USA et l’Otan peinent piteusement à sécuriser l’Afghanistan et y mater l’insurrection talibane.

Dès le début, les Américains ont assimilé les Afghans à de piètres gardiens de chèvres. Or, il est communément admis que l’Afghanistan est le tombeau par excellence des empires. Et que les Afghans sont de valeureux combattants. Tous les conquérants en ont fait l’amer constat. Des armées d’Alexandre le Grand en 329-327 avant Jésus-Christ aux armées soviétiques à la fin du XXème siècle, en passant par les Séleucides, les Parthes, les Hindoues, les Perses, les Turcs, les Russes et les Anglais. Seule la greffe islamique apportée par les Arabes y a subsisté au fil des âges. Elle nourrit un sentiment national particulièrement vivace. A preuve, les Afghans se sont profondément islamisés, mais nullement arabisés.

Faisant fi des enseignements de l’histoire, les Américains ont piqué en Afghanistan la tête en avant. Confrontés aux premières résistances, ils ont appelé les troupes de l’Otan à la rescousse. Rajoutant par-là même de nouveaux déboires nord-atlantiques à une déconvenue exclusivement américaine. Ils s’imaginaient pouvoir tuer un moustique avec des nuées de bombardiers stratégiques, ils ont réussi tout au plus à élargir l’amertume de l’échec. Et comme toujours, ce qui commence dans l’équivoque, finit dans la compromission.

Aujourd’hui, les Américains forcent la main des Pakistanais. Et si les Américains et l’Otan échouent depuis huit ans contre les Résistants, comment voudrait-on que le Pakistan en vienne à bout ?

Cela rappelle la fin du chef-d’œuvre d’Erich Maria Remarque sur l’absurdité de la guerre : "Il est tombé en octobre 1918, un jour où tout était si tranquille et calme sur le front que le rapport de l’état-major tenait en une phrase : A l’ouest, rien de nouveau".

Soufiane Ben Farhat

19/06/2009

S.B.Fhttp://soufiane-ben-farhat.space-blogs.com/blog-note/127671/afghanistan-pakistan-a-l%E2%80%99ouest-rien-de-nouveau.html

Les commentaires sont fermés.