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30/07/2009

N° 28 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 28-0 7- : Fin - : Obama - l’engagement des Etats-Unis « ne vas pas fléchir ».

N° 28 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 28-0 7- : Fin  - : Obama   - l’engagement des Etats-Unis « ne vas pas fléchir ».


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 28- 28-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

3 Annexe

3-1 Mohawk Nation News : La route piégée vers le fascisme.

3-2 Tufail Ahmad : Le Pakistan prêt à déclencher une guerre atomique contre l'Inde

4 Pièce jointe

4-1 Nicolas Ténèze* : Le Pakistan et le mythe de la « bombe islamique »


3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Mohawk Nation News :  La route piégée vers le fascisme.
Le fascisme, c'est quand les oligarques rassemblent assez de force pour asservir la société dans l'intérêt de quelques-uns. Cela commence par un nationalisme fervent.  Des boucs émissaires sont choisis.  Un génocide est préparé.  Ont saisit des propriétés, des fonctions et des ressources.  

Le territoire est étendu.

LE LEADER est charismatique et il est soutenu par de grandes entreprises.  C'est un idéologue ayant un système de croyance intransigeant.  Il prend le pouvoir et dirige l'État pour mettre en œuvre ses idées sur la manière dont le monde devrait fonctionner.  Il devient le commandant suprême des forces armées et de la justice jusqu'à ce qu'une nouvelle élection soit déclenchée, si cela arrive.

Un gouvernement central fort est créé sous la domination d'un leader paternaliste de ligne dure.  Les personnes qu'il nomme doivent se soumettre à lui.  Les rivaux sont éliminés ou réduits au silence par des accusations sans fondement et des campagnes de dénigrement.  Les membres du gouvernement votent en faveur de ces mesures en échange de la protection.  Autrement leur participation aux sessions pourrait leur être défendue.

Le gouvernement suspend la Constitution en invoquant l'existence d'une situation d'urgence.  Les mesures de contrôle et d'équilibre sont supprimés.  On ne peut poser de questions.  Le pouvoir est exercé par le biais de décrets d'urgence sous prétexte que le Parlement ou le Congrès ne sont pas en état de fonctionner normalement.  Les lois et décrets sont adoptés pour protéger le dictateur des critiques, des accusations de corruption, d'activités criminelles et d'abus de pouvoir.  La durée de son mandat devient indéterminée.

Les autres partis sont interdits ou dissous.  Les gouvernements des États ou des provinces sont supprimés.
LE POUVOIR MILITAIRE ET PARAMILITAIRE remplace la police nationale et les militaires.  D'anciens officiers de l'armée et des réserves sont appelés au service.  Le ministre Stockwell Day a proposé que tous les agents et les employés du gouvernement portent des uniformes.

DES BOUCS ÉMISSAIRES sont créés.  Certains sont attaqués et battus, parfois presque à mort.  La colère et la frustration du public sont canalisées contre une cible, des personnes qualifiées de terroristes ou d'résistants afin de provoquer l'hystérie.  Les militaires les retire du système des tribunaux civils et les envoie à Guantanamo.  Les communautés sont boycottées.  Des agents sont envoyés pour commettre des actes de vandalisme contre leurs biens et pour leur donner une image négative.  Des peines draconiennes sont prévues pour toute personne qui sont accusées faussement de "sabotage économique" tels que la protection de l'environnement, des ressources et des territoires.

LA PROPAGANDE vise à laver le cerveau pour appuyer le point de vue des fascistes.  La conversion cachée ou forcée à une religion mondiale est encouragée pour provoquer de la confusion, une pensée conformiste et un moyen évasion.  Les non-croyants ne peuvent pas obtenir des emplois, de nourriture ou des services.
Les médias et l'accès à l'information sont contrôlés.
Les petits groupes sont infiltrés, en particulier les jeunes.  Obama a créé un corps de jeunes dont la fonction consiste à surveiller parents et voisins.  Une ligne a été mis en place comme le 911, «Crime Stoppers» et l'écoute électronique permet d'espionner clandestinement les personnes.

Des supporteurs du parti sont envoyés pour diffuser de l'information et pour recruter.  De fréquentes réunions ont lieu pour semer un état d'esprit de peur en ces temps troublés.
Des réunions publiques sont l'objet de raids. Des déclarations sont faites. La destruction des adversaires est exigée.  Des suggestions sont faites pour mettre en place ou soutenir un nouveau gouvernement strict.  Des provocateurs sont placés pour semer la discorde au sein des groupes dissidents.
Des agents créent une atmosphère de coup d'État au moyen de marches et de manifestations.  Ils épuisent ainsi la population et permettent aux policiers et aux militaires d'acquérir plus d'expérience en matière de contrôle et d'intimidation du public.

L'Etat prend des décisions sur la vie des gens et rassemble des informations sur les citoyens du berceau à la tombe.  Les micro puces de banques de données centrales contiennent des informations sur les dossiers médicaux, les permis, la formation, les services sociaux utilisés, les voyages, entre autres. Une crise économique est créée. Si le chef de la Banque du Canada ou de la «Bank of America» sont en désaccord avec l'empereur, ils sont remplacés.
Les entreprises locales sont obligées de coopérer avec les fascistes, et les grandes sociétés multinationales comme Wall Mart détruisent les petites entrepriseDes appels racoleurs sont lancés à la classe ouvrière, aux petits bourgeois, aux moyens cadres, aux ambitieux.  Ils considèrent le fascisme comme un moyen de monter dans la hiérarchie du système et de devenir des chefs au sein du nouveau régime.  Les industriels, les monarchistes et les classes aisées appuient fanatiquement le fascisme.  Des collaborateurs étrangers, les tenants de l'autoritarisme, les opportunistes, les médias, les hommes d'affaires, les bonzes financent le parti.
Les syndicats sont placés sous contrôle ou anéantis.
L'ingénierie économique comprend la dette et l'expansion militaire. Le financement est basé sur la manipulation de la monnaie et des dettes.  Le taux de chômage est maintenu élevé. La production d'armes est accélérée. On construit barrages, autoroutes, chemins de fer et des travaux tels que des prisons, des camps de travail et des centres de détention pour une durée indéterminée.Plus de policiers sont embauchés. Le nombre d'employés et des fonctionnaires de justice est accru.  L'aide juridique, l'aide sociale, le logement et autres services sociaux sont coupés. On donne aux organismes de protection de l'enfance plus de pouvoir pour saisir les enfants. Les peines de prison sont plus longues. Les mécanismes de contrôle comprennent plus d'agents de probation, de surveillance judiciaire, de condamnations avec sursis et d'ordre de la cour.
Les femmes restent à la maison. L'Etat prend les enfants. Le Führer devient leur père. Le niveau de vie est maintenu bas.  Les salaires sont réduits. Les gens sont invités à faire des sacrifices pour la patrie.
DES CAMPAGNES AGGRESSIVES EN FAVEUR "DE LA LOI ET DE L'ORDRE" sont lancées pour garder les fascistes au pouvoir.  Des manifestations régulières sont tenues comme les rassemblements de Nuremberg pour que le chef viril puisse donner de long discours publics déroutants.
L'habeas corpus est suspendu. La liberté d'expression et de réunion sont supprimés.
DES NÉGOCIATIONS sont tenues secrètes. Les gens doivent être maintenus endormis pour ne pas poser des questions.

DES ÉVÉNEMENTS DE PROVOCATION TELS QUE LE 11 SEPTEMBRE sont organisés, pour justifier l'adoption de lois soi-disant "anti-terroristes", de lois et de mesures répressives pour mettre fin à la liberté au nom de la sécurité.
Le rationnement alimentaire est établi.  Les centres de production hydroponiques produisent des aliments chimiquement pour remplacer les agriculteurs.

EUGÉNISME - On invite à se débarrasser des "mangeurs inutiles", de toute personne qui refuse de travailler comme esclave.  La pression est mise sur les populations pour limiter leurs besoins.
LES GUERRES - les territoires adjacents sont pris en charge et deveniennent des protectorats dans le cadre de l'extension de l'empire. Toutes les personnes deviennent des citoyens du monde sous un seul ordre mondial. Les cultures et les langues sont anéanties.  Les citoyens des États-Unis et leurs partisans déclarent qu'ils sont en train de réaliser leur «Destinée manifeste» des États-Unis.
Le gouvernement doit sembler modéré. Toutes les personnes qui ne se conforment pas sont des personnes obstinées.  Même si les citoyens lancent des appels à la paix, ces tyrans inhumains commencent par créer de petits conflits locaux avant de déclencher une grande guerre.  Si vous pensez que ce que nous disons est une théorie de la conspiration, vous vous trompés : c'est ce qui est en train d'arriver.  Constatez-le vous-mêmes!
Kahentinetha

Mohawk Nation News –

14 juin 2009.

Internet : www.mohawknationnews.com kahentinetha2@yahoo.com


3-2 Tufail Ahmad : Le Pakistan prêt à déclencher une guerre atomique contre l'Inde.

L'Inde, accusée d'être sous l'influence du "lobby Juif", menacée de guerre atomique par des journaux pakistanais.

Le directeur d´un journal pakistanais à grand tirage : "Si, pour résoudre nos problèmes, nous devons recourir à la guerre atomique contre l´Inde, nous le ferons" : les cours d´eaux disputés entre l´Inde et le Pakistan

Introduction

L´inquiétude ne cesse de croître au Pakistan face à la poursuite présumée par l´Inde d´une politique visant à étrangler le Pakistan en contrôlant ses grands cours d´eaux. Ces préoccupations concernent en premier lieu sur le secteur agricole du Pakistan, qui se trouverait fortement affecté par la construction de digues et le contrôle extérieur de plusieurs fleuves qui affluent vers le Pakistan. (1) Trois de ces fleuves pénètrent le Pakistan par les terres indiennes du Jammu-et-Cachemire, territoire pour lequel les deux pays se sont livrés plusieurs guerres. (2)

Journalistes pakistanais, chefs religieux et politiciens articulent de plus en plus leur réflexion autour de la controverse pour l´eau, dans le cadre de la concurrence ancestrale que se livrent l´Inde et le Pakistan, et du sentiment anti-israélien encouragé depuis plusieurs années par les autorités du pays. A titre d´exemple, Ayaz Amir, journaliste pakistanais renommé, a prévenu : "La défense de notre droit à l´eau face à l´Inde doit être l´une des bases de notre politique étrangère. Les controverses à venir porteront sur l´eau." (3) Hamid Gul, ancien chef des services de renseignement pakistanais, a accusé : "L´Inde a stoppé l´[arrivée d´]eau chez nous".(4) L´IBWC pakistan ais (Indus Basin Water Council), groupe de pression qui se fait passer pour organisation gouvernementale, dont le principal objectif est de régler les problèmes relatifs à l´eau au Pakistan, contrôle actuellement le débat public sur le sujet. Zahoorul Hassan Dahir, président de l´IBWC, a affirmé que "l´Inde, qui opère en coordination avec le lobby juif", se sert de la plupart des cours d´eau, suscitant une carence en denrées alimentaires, en eau et en électricité au Pakistan. (5)

Les inquiétudes pakistanaises portent sur six fleuves qui affluent vers le Pakistan en passant par le nord de l´Inde, dont l´Etat disputé du Jammu-et-Cachemire et celui du Punjab, deux Etats idéologiquement divisés entre l´Inde et le Pakistan depuis 1947. Après la création du Pakistan en 1947, des désaccords ont vu le jour sur le partage des eaux, ce qui a conduit au traité de 1960 (Indus Water Treaty). (6) Bien que ce traité soit peut-être le pacte le plus résistant entre les deux puissances nucléaires, il subit des tensions croissantes.

[1] L´auteur du rapport tient à remercier les journalistes pakistanais Rifatullah Orakzai et Zulfiqar Ali pour les éclaircissements apportés sur la question.

[2] Les deux pays se sont battus pour le Cachemire en 1947-48, 1965 et 1999. Le Pakistan soutien en outre des organisations militantes au Cachemire depuis 1989.

[3] The News, Pakistan, 1er mai 2009.

[4] Roznama Jang, 25 mai 2009.

[5] Roznama Nawa-i-Waqt, Pakistan, 6 mai 2008. Hafiz Zahoorul Hassan Dahir apparaît comme le plus expressif au Pakistan sur la question des projets relatifs à l´eau au Cachemire. Toutefois, l´organisation qu´il dirige, l´Indus Basin Water Cou ncil, qui peut passer pour une autorité gouvernementale, est en fait un groupe de pression.

[6] Pour en savoir plus sur l´Indus Water Treaty, voir  http://siteresources.worldbank.org/INTSOUTHASIA/Resources...

24-07-

Tufail Ahmad *

Tufail Ahmad est directeur du projet sur les médias en ourdou et pachto au MEMRI.

Lire le rapport intégral en anglais : http://memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=IA53609.

MEMRI Middle East Media Research Institute

Enquête et analyse n° 536

http://lessakele.over-blog.fr/article-34180812.html



4 Pièce jointe

4-1 Nicolas Ténèze* : Le Pakistan et le mythe de la « bombe islamique »

Le risque de voir la bombe atomique pakistanaise tomber dans les mains de « terroristes islamistes » ou autres « résistants » est évoqué par Washington pour justifier son engagement militaire en Afghanistan/Pakistan.

Or, selon l’étude de Nicolas Ténèze que nous publions, cette menace est imaginaire : la bombe pakistanaise a été développée avec l’aide technique de la Chine et des États-Unis.

Au-delà des péripéties politiques, Washington en conserverait aujourd’hui encore le contrôle.

La Coalition, engagée depuis novembre 2001 dans « le cimetières des empires », l’Afghanistan [1], doit faire face à une aggravation de sa situation depuis 2005, avec des pertes civiles et militaires en constante augmentation, une islamisation rampante, et des violences qui sont le fait d’résistants en tous genres, de Résistants, de seigneurs de la guerre récalcitrants, de trafiquants, de séparatistes ethniques ou encore de simples bandits. La guerre s’est précocement propagée vers le Pakistan (on parle de la guerre AfgPak), d’où elle était en fait partie. Ce pays oscille entre une collaboration mesurée et parfois contrainte avec la Coalition, et une volonté de ménager les Résistants, pour préserver un équilibre politique intérieur fragile. Ces derniers mois, la progression des « étudiants » les approche de la capitale, Islamabad.

Le Pakistan, État artificiel à majorité musulmane sunnite, fondé le 14 août 1947, sur la base d’une fédération de régions autonomes, possède théoriquement la bombe atomique depuis 1987 environ, mais ne l’a testée semble t-il pour la première fois qu’à l’été 1998 ; cette date étant considérée aujourd’hui comme celle du statut nucléaire du pays. Il détiendrait actuellement entre 20 et 100 têtes nucléaires, les études étant divergentes. Le pays n’a pas signé le Traité de non-prolifération (TNP,) le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ni le Code de conduite de la Haye sur la prolifération balistique. En outre, plusieurs rapports concordants en 1996 [2] évoquent l’existence d’un programme biologique, axé sur l’anthrax, bien que la Convention sur les armes chimiques (CAC) et celle sur les armes bactériologiques (CAB) aient été signées et ratifiées. Sa présence fut une conséquence de leur emploi par les Soviétiques en Afghanistan.

Aujourd’hui les médias entretiennent la peur que cet arsenal tombe entre les mains de « terroristes », qui pourraient ainsi l’employer ou menacer de le faire contre « l’Occident », Israël, leurs alliés, ou contre l’ennemi indien. Or, beaucoup de questions se posent à propos de ce mystérieux réseau Khan, accusé d’être à l’origine de tous les maux de la prolifération et de cette « bombe islamique », selon l’expression du Président Zulfikar Ali Bhutto (1972-1977). On peut douter que le Pakistan ait réellement poursuivi ses recherches à l’insu des grandes puissances et que son arsenal échappe effectivement à leur contrôle. Pour savoir ce qu’il en est, un retour historique sur le programme nucléaire pakistanais est nécessaire.

Un programme pas si « clandestin »

Une initiative sino-occidentale

Le programme nucléaire débute dans les années 1970, officiellement en réaction à la guerre contre l’Inde de 1971 et à son test atomique de 1974. À cette époque, l’Inde est un « pays ami » de l’Union soviétique alors que le Pakistan, bien que non-aligné, « choisit »par réaction le camp états-unien. Aussi, Islamabad se lance dans un programme atomique concurrent de celui de son voisin avec la bienveillance des États-Unis. Sa bombe est appelée à jouer un rôle dans le containement de l’influence soviétique qui, après l’invasion de l’Afghanistan en 1979, menacerait le Pakistan. Washington et Pékin co-organisent cette prolifération (notamment après la visite de Nixon en Chine, en février 1972). Pékin, bien que réticent à livrer son savoir-faire, aide le « Pays des purs » en lui fournissant de la technologie et des missiles rudimentaires via la China National Nuclear Corporation. Depuis les années 60 en effet, la République populaire de Chine se dissocie du Grand frère soviétique, sous couvert de divergences idéologiques, pour se doter de sa propre politique étrangère. Si bien que sur beaucoup de points, Chinois et Occidentaux s’accordent. Dans cette perspective, Pékin et Islamabad s’allient sur la question du Cachemire, que les deux pays revendiquent en partie contre l’Inde.. Les bombes indiennes, chinoises et pakistanaises, devaient permettre donc un équilibre dans la région.

Le père de la bombe est le docteur Abdul Qadeer Khan. Celui qui est présenté aujourd’hui par les médias occidentaux comme un dangereux savant fou, est un ingénieur, formé en 1976 à Almelo (groupe Urenco), dans les laboratoires de dynamique physique FDO, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le réacteur de Kahuta, premier noyau du programme, est construit en 1979 avec la Chine et la France, et mis en service en 1984. Des médias véhiculent l’idée selon laquelle les plans d’Almelo (qui servirent à ériger Kahuta) furent volés par Khan, alors qu’en réalité Urenco les a livré secrètement avec l’approbation des États-Unis [3]. À partir de l’arrivée des Soviétiques à Kaboul, les États-Unis délèguent à la Chine le transfert des plans d’armes nucléaires au Pakistan pour protéger le pays. Mais en 1983, la tractation est dénoncée par le Washington Post et en 1985, par le sénateur Alan Cranston. Ainsi donc, il est probable que le Pakistan possède à cette date la bombe nucléaire, mais pas sa propre bombe.

Israël, pour légitimer ses « projets » nucléaires, dénonce le danger pakistanais, en alternance avec ceux de l’Irak et de la Libye, alors que très vite, les deux pays tisseront par alliés interposés (USA et Arabie Saoudite) des rapports secrets d’intérêts [4]. La notion de « bombe islamique » est alors instrumentée ; ce qui agace le Pakistan pour qui cette expression mêle deux concepts, l’un religieux, l’autre politico-stratégique, avec une connotation péjorative : le Pakistan ne serait pas un État de droit, mais un nid de terroristes. C’est à ce moment qu’apparaît l’idée que des résistants pourraient voler ou simplement employer ces bombes. Abdul Sattar, ministre des Affaires étrangères du Pakistan, rappelle que dans les années 1970, Zulfikar Ali Bhutto soulignait que les bombes atomiques occidentales n’étaient pas des « bombes chrétiennes », ni les israéliennes des « bombes juives ».

Le Pakistan acquiert ensuite la capacité d’enrichir l’uranium par ultracentrifugation à Dera Ghaza Khan. L’Arabie Saoudite et la Libye participent au financement de cette étape : Tripoli pour son propre programme (sans l’aval des USA semble-t-il), et Ryad par ordre des USA. Pour la Chine et la France en revanche, les deux principaux fournisseurs, ce sont des devises supplémentaires. Washington fait pression sur Paris, en 1976, contre la vente d’une installation de retraitement, soumise au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En fait, la France aurait fournit la technologie atomique sur ordre des USA, mais aurait pris certaines initiatives. Quoi qu’il en soit, la France suspend son contrat mais fournit une usine d’extraction de plutonium [5]. Après le coup d’État contre le président Bhutto en 1977, le général Zia ul Haq (1977-1988) reçoit une aide de Washington plus conséquente. Elle, passe de 5 millions à 10, puis à 35 millions, puis à 1 milliard de dollars, pour cette most favored nation, un de ses « meilleurs alliés hors OTAN ». En 1986, le pays commence à produire de l’UHE.
On prétend souvent que la livraison de missiles stingers aux rebelles afghans poussa les Soviétiques à se retirer d’Afghanistan. C’est exagéré. Si ce point explique l’enlisement de l’Armée rouge, il ne justifie pas sa retraite. Selon le directeur adjoint de la CIA, Richard Kerr, c’est parce que le Pakistan obtint sa première arme nucléaire en 1987 que l’URSS, soucieuse d’éviter une crise majeure, décida de se retirer progressivement d‘Afghanistan [
6].
Le Pakistan achète à la Chine, le 31 décembre 1990, un puissant réacteur nucléaire de 300 mégawatts dont certains éléments proviennent des États-Unis, du Japon, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. On parle de l’achat de trois autres réacteurs et de 5 000 aimants spéciaux.

En 1988, le président Ghulam Ishaq Khan et la Premier ministre Benazir Buttho prennent les rennes d’un pays devenu inutile dans une Guerre froide finissante. Dans la foulée, en 1990, la subvention US de 574 millions de dollars annuels est interrompue.
Mais la crainte de voir l’arsenal du Pakistan passé du défensif à l’offensif et la fuite de technologie vers la Chine et des « États voyous » suscitent bientôt l’inquiétude de Washington. Le 6 janvier, le sénateur républicain Larry Pressler, annonce que le Pakistan possède l’arme et sous-entend qu’Islamabad coopère avec Téhéran au vu des séjours de Khan dans ce pays. George H. Bush dénonce soudain la « bombe islamique », qu’il avait jusque là éludée. Accusée de corruption, Benazir Buttho est renversée au profit de Nawaz Sharif, plus proche des militaires. Le centre de recherches de Karachi est modernisé et celui de Kahuta est désormais capable de produire de l’uranium enrichi. La CIA dénonce mais laisse faire, chargeant plusieurs services de

renseignement occidentaux, dont le BVD néerlandais (une preuve de la piste Almelo !), de surveiller que le programme ne devienne incontrôlable et trop ambitieux.
En 1993, Washington favorise le retour de Benazir Bhutto au pouvoir après qu’elle eut accepté de soutenir en Afghanistan les forces pachtounes (les Résistants) contre les forces tadjiks (celles du commandant Massoud). Bill Clinton presse cependant le président Farouq Leghari de signer le TNP mais ce dernier refuse.
En 1996, Mme Bhutto est à nouveau destituée pour corruption et remplacée par son éternel rival Nawaz Sharif. Il semblerait que celui-ci ait accepté que le Pakistant ne produise plus de matières à usage nucléaire.

....

Un arsenal mis sous clé et sous surveillance ?

Si la Chine et les États-Unis ont permis à ce pays pauvre d’obtenir la bombe, une question légitime se pose : Le Pakistan est-il propriétaire de sa bombe, ou bien est-elle sous clé US ou chinoise Premièrement, les bombes de 1998 étaient-elle des mini-nukes chinoises ? Islamabad testait peut-être des bombes iraniennes ou chinoises, Pékin (allié de l’Iran) ayant observé un moratoire depuis août 1996. Cette thèse est développée par la journaliste Dominique Lorentz, dont l’ouvrage, préfacé par Jacques Attali et Alexandre Adler, estime que les tests étaient réalisés pour le compte de l’Iran ou de la Chine : « Ils avaient besoin de mener

une dernière campagne de tirs avant de s’en remettre aux seules simulations » [25].

Durant la guerre du Kargil, de mai à juillet 1999, Islamabad songe à employer l’arme nucléaire après la contre-offensive indienne dans le Cachemire [26], selon une conversation entre Bill Clinton et Nawaz Sharif, en juillet. Le projet est mis en exergue par la presse. Mais il s’agissait plutôt de faire pression pour que Washington intervienne. Car Attali nous apprend que curieusement, « ces deux pays ont passé un accord mutuel de non-agression de leurs installations nucléaires » [27]. Or, les USA et la Chine appellent à la retenue, ce qui indiquerait que la bombe n’est pas pakistanaise.

L’idée reçue d’une bombe strictement nationale se heurte à l’avis des spécialistes du renseignement qui ont par essence un peu plus de crédibilité que les experts, pour passer de l’analyse à la source. Le dispositif serait bien sous surveillance US [28]. Ainsi, selon Éric Denece, spécialiste reconnu, craignant soit une mainmise des terroristes, soit un chantage d’un État incontrôlable, le Joint Special Operations Command états-unien et le Sayeret Matkal israélien se seraient entraînés pour évacuer les bombes nucléaires pakistanaises en cas de besoin [29]. Le journaliste Rashid Zubair estime aussi : « Les États-uniens veulent déstabiliser le Pakistan. Le Pakistan doit être considéré comme un État défaillant, afin de pouvoir réquisitionner son arsenal nucléaire. L’armée US dispose déjà d’une unité spéciale pour cette tâche. […] Quant aux bombes atomiques, ce ne sont pas des pétards du Jour de l’An qu’on peut emporter dans sa poche. 80 ogives nucléaires nécessitent 70 000 hommes dont quelques milliers de scientifiques » [30].

Ce n’est qu’en 2000 qu’une Autorité nationale de commandement de gestion de l’arsenal est créée. Fin 2001, Les USA financent d’ailleurs à hauteur de 100 millions de dollars la sécurisation des installations et auraient même proposé de prendre en charge les propres codes de mises à feu. En fait, les bombes ne seraient même pas assemblées, les éléments étant dispersés justement pour éviter un emploi accidentel et abusif [31]. Même en cas de vol, il faudrait passer outre le système Permissive Action Link. En règle générale, seules trois personnes par État nucléaire en possèdent les clés et le code, comme c’est le cas par exemple en Israël. Il existe même « des codes informatiques programmés pour détruire les composants stratégiques de l’arme en cas d’intrusion non autorisée » [32]. De son côté, la synthèse des agences de renseignement présentée au Sénat des États-Unis, en février 2008, mentionne que :

« Bien que New Delhi et Islamabad ont en service une plus grande maturité stratégique nucléaire, ils ne semblent pas être engagés dans une course aux armements de type numérique comme durant la Guerre froide. Nous jugeons l’incertitude politique en cours au Pakistan ne menaçant pas sérieusement le contrôle militaire des capacités nucléaires, mais les vulnérabilités existent. L’armée pakistanaise supervise le programme nucléaire et nous jugeons que ses responsabilités, incluant la sécurité physique de l’arsenal atomique, n’ont pas été dégradées par la crise » [33].

Ainsi, si les mots ont un sens, le terme « supervisé » signifie que l’armée pakistanaise surveille une dissuasion dont elle n’est pas la propriétaire. Tout enclin à penser que la bombe n’a d’« islamique » que le nom.

Cette thèse est confirmée par de nombreuses déclarations officielles, tant états-uniennes que pakistanaises et même indiennes [34]

Ainsi, le Premier ministre du Pakistan, Raza Gilani de confirmer : « La défense du Pakistan est entre de bonnes mains. Et notre programme d’armes nucléaires est en sécurité ».

L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmes des États-Unis, déclare aussi que « l’arsenal nucléaire du Pakistan est en sécurité », bien que des Résistants soient dans le district de Buner où est situé une usine d’enrichissement. Cet aspect est d’ailleurs assuré comme très plausible par un autre spécialiste (un expert du Mossad très connu, mais controversé), qui souligne que « Benazir Bhutto avoue en effet qu’elle n’était même pas autorisée à pénétrer dans les propres laboratoires de son pays » ! [35] Tel-Aviv affirme que la position des centres pakistanais sont déjà intégrés dans ses logiciels de frappes, d‘après les données fournies par le Pakistan lui-même à la CIA ! En juin 2009, Mustafa Abou Al-Yazid, un « responsable d’Al Qaida en Afghanistan » laisse échapper ce lapsus sur Al-Jazira : « Avec l’aide de Dieu, les armes atomiques ne tomberaient pas dans les mains des Américains et les moudjahidins s’en empareraient pour les utiliser contre les Américains » [36]. Le pays n’a semble t-il pas réitéré les tests de 1998, ce qui confirme cette thèse.

...

Conclusion

Dès les attentats du 11 septembre, le Pakistan et les États-unis, en froid relatif depuis la fin de la Guerre Froide, se réconcilient.

Sa dette de 1,7 milliards est reportée sine die. Washington octroi une aide de 3 milliards de dollars pour 2004-2009, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme [48]. L’aide totale envers l’armée pakistanaise se monte à 7 milliards de dollars par an entre 2008 et 2012. En 2008, sur les 21 milliards d’aides internationales versés à Kaboul, un tiers s’est volatilisé entre les donateurs et les récepteurs, dont certains sont pakistanais. En Afghanistan, 242 000 armes ont été « perdues » par la coalition, l’armée et la police afghane, mais surtout par l’armée US, selon le Governement Accontability Office (GAO) [49]. La guerre coûte à l’heure actuelle 100 millions de dollars par jour. Ce chiffre s’explique par les désertions dans l’armée et la police afghane dont les soldats passent avec armes et bagages à l’ennemi, et renseignent sur les tactiques alliés. Il faut dire que grâce aux trafics en tout genre, les rebelles paient bien mieux que les alliés.

On imagine que dans l’enveloppe des aides, Islamabad a promis une vassalité atomique. Il est prévu la création d’un pipeline reliant l’Ouzbékistan à l’Océan Indien via le port de Gwadar.

La visite de Georges W Bush le 22 septembre 2006 poursuit le partenariat contre le terrorisme, réactualisé sous Obama, avec un effet immédiat : la contre-offensive pakistanaise [50].

Les Résistants, à l’origine formés et armés par l’ISI, viennent d’obtenir des concessions législatives dans les zones tribales et ne veulent qu’une autonomie locale et absolument pas la bombe. Cela recouvre l’avis de la chercheuse associée au CERI-Sciences Po Mariam Abou Zahab. Lorsqu’on lui demande « En cas de victoire au Pakistan, quel est le programme des résistants ? », elle répond « La question ne se pose même pas, parce que les résistants pakistanais sont un mouvement périphérique, en marge de la société et de l’État » [51].

Début 2009, Islamabad passe un accord avec les Résistants de la région de Swat, redonnant à l’ancien royaume son autonomie législative et s’engageant à ne pas y mener d’actions militaires. Le Pakistan élabore un double jeu. Officieusement, la « bombe islamique » dissuadera Russie et Chine (le pays est à l’heure actuelle disputé entre Washington et Pékin) dans un conflit futur. Mais l’Inde, devenu allié de Washington et d’Israël, pourrait remplir ce rôle. Dès lors, la Chine pourrait amplifier le rapprochement nucléaire avec le Pakistan. Islamabad fait actuellement monter les enchères entre la Chine et les USA...

Le programme dissuasif pakistanais, voulu par l’Occident et la Chine, semble être sous-contrôle et ne peut-être employé par des terroristes. Encore faudrait-il savoir où se trouvent les armes et connaître les codes et leurs fonctionnements. Même la perspective d’une bombe sale demande un minimum de connaissance, d’infrastructure et d’équipement que n’ont pas les Résistants.

D’ailleurs, qui s’oppose au nucléaire pakistanais, comme on le ferait pour l’Iran et la Corée du Nord ? Cela prouve que le Pakistan n’est en rien la menace nucléaire islamiste que Bernard Henri-Lévy veut nous décrire dans son ouvrage « Qui a tué Daniel Pearl ». Ce danger n’est tellement pas réel que les États-Unis violent fréquemment la frontière pakistanaise depuis l’Afghanistan, pour frapper les Résistants, sans craindre de représailles atomiques. Si c’était le cas de l’Inde, qu’arriverait-il (Cachemire excepté) ? Si bien que certains think-tank ne croient plus pertinent, d’une part, de parler de la menace de la « bombe islamique », et d’autre part, de considérer le pays comme puissance nucléaire indépendante comme pour la dissuasion britannique, dépendante de la volonté états-unienne.

Nicolas Ténèze

Nicolas Ténèze

Doctorat en histoire de l’Institut d’études politiques de Toulouse en avril 2009. Sa thèse, financée en partie par l’Institut des hautes études de la Défense Nationale (IHEDN), porte sur la dissuasion conventionnelle et non-conventionnelle israélienne

21 juillet 2009 

http://www.voltairenet.org:80/article160853.html

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