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02/08/2009

n°449- Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 31-07 - : Suite - : Uranium appauvri : Un holocauste nucléaire mondial nous menace.


n°449- Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak - 31-07 - : Suite - : Uranium appauvri : Un holocauste nucléaire mondial nous menace.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°449                            31/07/09

                C.De Broeder      &         M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion  (Fin)

1-7 Leuren Moret : Uranium appauvri : Un holocauste nucléaire mondial nous menace.

2 Annexe

2-1 Morice : Cargos de nuit (vague 14)

 

1-7 Leuren Moret : Uranium appauvri : Un holocauste nucléaire mondial nous menace.
Interview de Leuren Moret, (spécialiste des sciences de la Terre) par W. Leon Smith et Nathan Diebenow, journalistes au « Lone Star Iconoclast », Texas
Leuren Moret est une spécialiste des sciences de la Terre qui passe tout son temps à informer les citoyens, les médias, les membres des parlements et du Congrès ainsi que d’autres responsables sur les problèmes posés par la radioactivité.
Elle a commencé à tirer la sonnette d’alarme en 1991 au Livermore Nuclear Weapons Lab après avoir été témoin d’une fraude scientifique importante sur le Yucca Mountain Project.
Elle travaille actuellement en tant que scientifique indépendante spécialiste de la radioactivité dans différents groupements de par le monde.
Elle a participé à la sous-commission des Nations Unies qui a enquêté sur l’uranium appauvri (UA).
Elle a été témoin au Tribunal pénal pour l’Afghanistan au Japon en 2003, présenté un exposé à la Conférence mondiale sur les armes à l’uranium, à Hambourg, en octobre 2003, et est intervenue en janvier 2004, à Bombay, au Tribunal mondial des femmes sur les crimes de guerre des Etats-Unis ainsi qu’au Forum social mondial.

Iconoclast : Quels sont les derniers développements en matière de réduction de l’exposition des troupes américaines à l’UA ?
Leuren Moret : Une jeune ancienne combattante, Melissa Sterry, a déposé dans son Etat du Connecticut un projet de loi demandant des examens médicaux indépendants pour les vétérans des guerres du Golfe et d’Afghanistan jusqu’en 2001. Elle a dit l’avoir fait parce qu’elle était malade et que ses amis étaient morts pour avoir servi lors de la guerre de 2003. Je me suis intéressé à cette loi et je lui ai parlé. Hier, elle a témoigné deux fois aux Nations Unies. J’ai dit : « Pourquoi ne pas introduire cette loi dans la législature de tous les Etats américains, car elle informe le public et incite les médias à en parler ? »
Les USA refusent toute responsabilité aux niveaux international ou national. Ils ont totalement étouffé l’affaire, comme pour l’agent Orange, les « vétérans atomiques »1 et le projet Mkultra.2 C’est le même phénomène, mais le problème est beaucoup plus grave, parce qu’il concerne l’avenir génétique de tous ceux qui ont été contaminés. Maintenant, de vastes régions du globe sont contaminées par l’UA. On en a utilisé une telle quantité ! En nombre d’atomes libérés dans l’atmosphère – un professeur japonais a fait le calcul – cela représente plus de 400 000 bombes de Nagasaki. Et ce nombre est sous-estimé.
La plus grande tragédie de l’histoire du monde
Je suis allée en Louisiane en avril 2005, invitée à parler pendant trois jours à l’université de la Nouvelle-Orléans. Un des vétérans présents m’a demandé de participer à leur manifestation dans les rues de la ville. Il a présenté la loi du Connecticut aux législateurs, appuyé par deux d’entre eux, et il leur a dit : « Il vous suffit de remplacer Connecticut par Louisiane. » Eh bien, vous n’allez pas me croire, la loi a été adoptée hier par 101 voix sans oppositions ni abstentions.
Je souhaite que vous en parliez, car nous avons besoin de cette loi au Texas. Le Nevada est sur le point de la proposer. Le député au Congrès Jim McDermott va l’introduire dans la législation de l’Etat de Washington. Nous voulons que le gouverneur du Montana le fasse également car c’est le premier gouverneur à demander le retour de sa Garde nationale. Je crois que la moitié de ses membres est de retour. Il a dit : « J’en ai besoin dans mon Etat. »
Le problème de l’UA est vraiment épouvantable. Je ne crois pas qu’il y ait une plus grande tragédie dans l’histoire du monde.
Y a-t-il un risque que les armes à l’UA utilisées ailleurs contaminent l’atmosphère ici ?
L’atmosphère est contaminée partout dans le monde. Il suffit d’une année pour que le mélange se fasse complètement. Je suis une spécialiste des poussières atmosphériques, une spécialiste des sciences de la Terre, une géologue, et c’est pourquoi j’ai étudié la question. C’est vraiment un sujet fascinant. Nous avons de gigantesques tempêtes d’un million de miles carrés qui transportent des millions de tonnes de poussières et de sable chaque année dans le monde.
Le principal centre de ces tempêtes est le désert de Gobi, endroit où les Chinois ont fait des essais atomiques si bien que tout est contaminé par la radioactivité. Les poussières vont directement au Japon, traversent le Pacifique et viennent se déposer aux Etats-Unis. Elles contiennent des isotopes radioactifs, des suies, des pesticides, des produits chimiques, des champignons, des bactéries, des virus, etc.
Le désert du Sahara est une autre énorme zone de poussières qui montent en Europe, traversent l’Atlantique, arrivent aux Caraïbes et de là sur la côte Est des Etats-Unis. Bien sûr, elles parviennent au Texas avec les ouragans.
La troisième région est l’Ouest des Etats-Unis, où est située la zone d’essais du Nevada. Les Américains y ont fait 1200 essais d’armes nucléaires si bien que cette radioactivité, qui est toujours là, a provoqué une épidémie mondiale de cancers depuis 1945. Le total de ces radiations représente l’équivalent de 40 000 bombes de Nagasaki. Aujourd’hui, il doit être dix fois plus élevé.
En avril 2003, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu’elle s’attendait à ce que le taux mondial de cancers augmente de 50% d’ici à 2020. La mortalité infantile, indicateur de la pollution radioactive, augmente de nouveau dans le monde. Lorsque les Etats-Unis et la Russie eurent signé le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires en 1963, la mortalité infantile recommença à baisser, ce qui est normal.
Cancers, malformations, atteintes du cerveau
Un de nos correspondants m’a envoyé une série de photos de la tempête de sable Al-Asad du 28 avril en Irak.
C’est justement de ces poussières que je parle.
On y voit une gigantesque muraille de sable.
Je possède 16 photos de cette tempête qu’on m’a envoyées avec celles d’enfants atteints de cancer et de leucémie prises par des médecins irakiens. Qu’est-ce que vous avez pensé de cette tempête ?
J’ai pensé que c’était spectaculaire.
Cela déplace toute la radioactivité, mais ce sont les plus grosses particules. L’UA brûle à des températures très élevées. Les projectiles de gros calibre sont déjà en feu quand ils sortent du canon parce qu’ils sont enflammés par le frottement à l’intérieur du canon. 70% de l’UA se transforme en vapeur métallique. Il s’agit là en réalité d’armes à gaz radioactif qui contamine le terrain. Je vais vous indiquer le site Internet où vous trouverez la note de 1943 adressée au général Leslie Grove dans le cadre du Projet Manhattan. Ils ont largué les bombes atomiques mais ils n’ont pas utilisé les armes à l’UA parce qu’ils les trouvaient trop effroyables. J’ai voyagé dans tout le Japon avec un pédiatre de Bassora et un oncologiste. Ces malheureux médecins, leurs familles tout entières sont en train de mourir d’un cancer. Et il ne s’agit là que des effets de la première guerre du Golfe, mais les Forces
armées en ont utilisé beaucoup plus en 2003, dans tout le pays.
A quoi les soldats peuvent-ils s’attendre quand ils rentrent chez eux ?
S’ils se trouvaient dans des blindés Bradley, ils rentrent chez eux avec des cancers du rectum parce qu’ils étaient assis sur des caisses de munitions. Les jeunes femmes souffrent de graves endométrioses et elles n’arrêtent pas de saigner. Certaines d’entre elles ont un cancer de l’utérus, des filles de 18, 19, 20 ans. L’Armée ne veut même pas les examiner ni les traiter. Elle les renvoie sur les champs de bataille. 20 soldats ont été transférés du Koweït à Bagdad en 2003 : ils souffrent tous de tumeurs malignes.
Est-ce que le fait d’avoir été exposés à l’UA affecte leur psychisme quand ils rentrent chez eux ?
L’UA forme, à des températures très élevées, des particules d’oxyde d’uranium qui ne sont pas solubles. Elles sont au moins 100 fois plus petites qu’un globule blanc. Les soldats les absorbent en respirant. Elles traversent le nez, puis le bulbe olfactif et pénètrent dans le cerveau où elles s’attaquent aux processus cognitifs. Cela affecte les mécanismes de contrôle de l’humeur. Quatre soldats de Fort Bragg rentrés d’Afghanistan ont tué leur femme dans un délai de deux mois.
Selon une étude de l’Association des Vétérans, sur un groupe de 251 vétérans de la première guerre du Golfe originaires du Mississipi, 67 avaient à leur retour de l’UA dans leur équipement, leur organisme, leur sperme. En outre, alors qu’ils avaient eu des bébés sains avant de partir, ceux nés après la guerre présentaient de graves malformations congénitales – absence de cerveau, d’yeux, de bras, de jambes, d’organes internes – et souffraient de terribles maladies de sang. C’est horrible.
Le magazine Life a publié un article illustré de photos intitulé « Les toutes petites victimes de Tempête du Désert. Vous devriez voir ça, ces enfants d’après la guerre du Golfe jouant avec leurs frères et soeurs normaux. Au fond, c’est comme fumer du crack, sauf qu’ici la substance est radioactive. Elle pénètre directement dans la circulation sanguine et atteint les os, la moelle épinière, le cerveau et également le foetus. C’est un poison systémique et radiologique.
L’UA tue tous les êtres vivants
Qu’en est-il des gens ici, aux Etats-Unis ? Vous dites que l’UA se mélange et se répand dans le monde entier.
Oui, il se mélange dans le monde entier. Nous respirons ici la fumée secondaire, comme les non-fumeurs, dans une pièce, respirent celle des fumeurs.
Est-ce que cette fumée secondaire s’épaissit tandis que nous parlons ?
Oui, la concentration de particules d’UA dans l’atmosphère dans le monde entier est en train d’augmenter. On a des raisons de penser que les Etats-Unis ont l’intention de bombarder l’Iran. Nous surveillons les usines d’armement américaines.. Elles ont reçu d’importantes commandes de ces énormes bombes antibunker dont les têtes contiennent 5000 livres d’UA.
Donc le pronostic pour l’Amérique n’est pas vraiment bon. Non, il est vraiment mauvais.
Et si ça continue ?
Cela tuera la population du monde entier. Cela a déjà commencé, et cela n’affecte pas seulement les hommes, mais aussi les plantes, les animaux, les bactéries, tout.
Ainsi, notre nourriture, par exemple, si elle contient de l’UA, celui-ci va pénétrer dans notre organisme puis cela va polluer les océans et affecter toute la vie sous-marine ?
Oui, l’UA est dans l’air, l’eau et le sol. La demi-vie de l’UA, l’uranium 238, est de 4,5 milliards d’année, l’âge de la Terre.
Pouvons-nous revenir en arrière en ce qui concerne les dommages déjà causés ?

Peut-on procéder à une décontamination ?
Non. C’est impossible. Ce qui se passe, c’est que ces toutes petites particules flottent dans l’atmosphère tout autour du globe. Il y a déjà des particules de plutonium et d’uranium qui flottent depuis les essais de bombes atomiques. Elles sont si petites que les molécules qui viennent les heurter les maintiennent en suspension dans l’air si bien que seuls la pluie, la neige, le brouillard et la pollution en débarrassent l’atmosphère en les déposant dans l’environnement. La surface de ces particules devient humide, elles tombent sur les matières et y collent comme de la glu. Vous ne pourrez jamais détacher ces particules. Avez-vous jamais essayé de faire tomber une goutte d’eau sur une autre goutte d’eau se trouvant sur la lame porte-objet d’un microscope ? Vous ne pouvez plus les séparer. C’est ce qui se produit avec les particules radioactives. Une fois qu’elles ne circulent plus dans l’atmosphère, elles collent à
toutes les surfaces sur lesquelles elles atterrissent. On ne peut pas les laver. S’il pleut continuellement ou qu’elles se trouvent dans une rivière, sur un rocher, sur une pierre, etc. elles y resteront. Vous ne pensiez pas que c’était aussi grave.
Non, pas à ce point. Je croyais que c’était un phénomène assez isolé.
Non. Ce qui était là-bas, en Irak, un jour donné apparaît chez nous au bout de quatre jours environ. Je ne sais pas si vous avez suivi la catastrophe de Tchernobyl. Ce gros nuage radioactif a fait plusieurs fois le tour du globe, il fait partie maintenant de la poussière atmosphérique. Elle va partout, comme la poussière de la tempête que vous voyez sur cette photo.
Se trouve-t-elle dans la couche supérieure ou inférieure de l’atmosphère ?
Dans la partie inférieure de l’espace orbital. Ils ont ramené à terre la station orbitale Mir quand ils eurent fini de l’utiliser. Il y avait une sorte de filet qui recouvrait l’électronique à l’extérieur de la station qui la protégeait de la radioactivité solaire car l’électronique y est très vulnérable. Ils ont analysé la surface de ce filet et ont trouvé de l’uranium et des produits de désintégration de l’uranium. Ils ont dit qu’ils provenaient des essais nucléaires atmosphériques ou de stations orbitales ayant des matériaux nucléaires ou des réacteurs nucléaires à bord et qui avaient brûlé. L’uranium peut également provenir de supernovae mais on a pensé que l’origine la plus probable étaient les essais dans l’atmosphère et la matière nucléaire que nous y mettons.
Des armes utilisées depuis 1973
Vous voulez dire avant tout que nous sommes en train de mener une guerre nucléaire.
Oui, exactement. Depuis 1991, nous avons mené 4 guerres nucléaires. L’UA est une arme nucléaire.
A votre avis en tant que scientifique, que faut-il faire pour remédier à cela ?
Il faut cesser de l’utiliser. Nous avons créé un mouvement international pour faire cesser la fabrication, le stockage, le commerce et l’utilisation des armes à l’UA.
Les munitions que nous vendons aux autres pays contiennent-elles de l’UA ?
Oui. Le premier système d’armes à l’UA pour lequel nous ayons trouvé un brevet est apparu soudain en 1968 au Bureau américain des brevets. Il était destiné à la marine. C’était une sorte de canon Gatling à monter sur des navires. Il tirait rapidement environ 2000 projectiles à la minute.
Il en tire plus de 3000 maintenant, car on l’a amélioré. Puis, en 1973, les Etats-Unis ont donné des armes à l’UA aux Israéliens et ils en ont surveillé l’emploi. Ces derniers les ont utilisées dans la guerre israélo-arabe et ils ont anéanti leur adversaire en cinq jours. Et c’était parti. C’était la première véritable démonstration de cette nouvelle arme sur un champ de bataille.
Hughes Aircraft a mis au point le système destiné à la marine, le canon Gatling, qui est encore utilisé. Il a été fabriqué et testé en 1974. En l’espace de 6 mois, le gouvernement américain avait vendu ces armes à l’UA à de nombreuses divisions des Forces armées notamment. Il en a vendu en outre à environ une douzaine de pays ou peut-être un peu plus. Normalement, elles auraient dû être vendues à 80, 100, 120 pays. Or la bonne nouvelle, c’est que, en raison des risques radiologiques, biologiques et environnementaux, des quantités de pays ne les achètent pas et que ceux qui les ont achetées ont peur de les utiliser. Les seuls pays dont nous savons qu’ils les ont utilisées sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël.
En 1996, les Nations Unies ont adopté une résolution aux termes de laquelle les armes à l’UA sont des armes de destruction massive, des armes illégales au regard de la totalité des lois et des traités internationaux.> En 2001, le Parlement européen a adopté une résolution sur l’UA. C’est que les force de l’OTAN, en 1998 et 1999, avaient effectué en Yougoslavie 39 000 attaques aériennes qui avaient laissé des amas de décombres radioactifs. Ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont réalisé le plus de profits avec ces armes et qui se sont arrangés pour qu’on envoie dans les régions les plus contaminées les soldats des pays qui ignoraient tout de l’UA, comme l’Italie et le Portugal. Ils envoyèrent leurs propres troupes dans les régions les moins contaminées. Ces malheureux soldats rentrèrent chez eux et moururent au bout de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois. Leurs parents, furieux,
s’adressèrent aux Parlements et aux médias et il y eut un déluge d’articles au sujet de l’UA.
Le pot aux roses fut découvert à la suite de l’invasion de la Yougoslavie par l’OTAN, mais les troupes japonaises d’autoDefense furent envoyées à Samawa, zone la plus contaminée parce que c’est là qu’avaient eu lieu les combats les plus violents. On peut supposer que ces soldats sont très malades.
Des pays inhabitables
Qu’en est-il de l’Irak même. Qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici ?
Il est inhabitable. La Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan sont totalement inhabitables.
Mais il y a des gens qui y vivent, qui y vivront et souffriront ?
Quand on est au courant des maladies et des malformations congénitales des bébés, on se rend compte que c’est grave. Chaque année, le nombre des malformations et des maladies croîtra parce que le niveau de contamination total chez tous les êtres vivants augmentera étant donné qu’ils respirent un air contaminé, boivent de l’eau contaminée et mangent de la nourriture provenant de sols contaminés. Nous sommes condamnés à une mort lente, comme en Yougoslavie et en Afghanistan.
L’UA est une arme biologique extrêmement efficace. C’est d’ailleurs la raison principale de son utilisation. Marion Falk, un physicien-chimiste à la retraite qui a construit des bombes nucléaires pendant plus de 20 ans au laboratoire Lawrence Livermore, scientifique du Projet Manhattan avec qui j’ai travaillé, m’a presque tout appris sur la radioactivité, les particules et l’UA. Il m’a dit que l’objectif des armes utilisées par l’armée n’est pas seulement de blesser et de tuer les soldats ennemis, mais de tuer, de mutiler et de rendre malade la population civile parce que cela diminue la productivité du pays et qu’il ne tardera pas à utiliser une quantité importante de ses ressources pour soigner ses malades. Il y a de moins en moins de travailleurs en bonne santé.
Evidemment, une fois que vous provoquez des mutations de l’ADN, les dommages affectent les générations futures, et cela concerne aussi bien les animaux et les plantes que les êtres humains. L’ADN ne se répare pas lui-même. Les maladies sont transmises à toutes les générations futures.
Un génome endommagé à jamais
Ainsi les mutations seraient probablement plus destructives que constructives.
Ce sont les mutations qui provoquent ces malformations congénitales.
Alors si la radioactivité m’a prédisposé aux maladies cardiaques, mes descendants auront le même problème ?
Si vous endommagez la cellule ou des parties de cellules ou si vous portez atteinte au fonctionnement des cellules, cela n’endommage pas forcément l’ADN. Il y a deux sortes de dommages. Les premiers concernent les cellules des organismes vivants et cela peut ne pas se transmettre aux descendants ; les autres concernent l’ADN dans l’ovule ou le sperme et ceux-là se transmettent. Ainsi, le sperme des soldats qui reviennent de la guerre est probablement …Détérioré. Ils ont de l’UA dans leur sperme et lors des rapports sexuels, ils contaminent leur partenaire. Les femmes tombent également malades. Elles ont de l’UA dans leur organisme. On appelle ça « syndrome du sperme brûlant ». C’est horrible.
David Rose a écrit un article à ce sujet dans le numéro de novembre 2004 de Vanity Fair que l’on peut lire sur Internet. Il est intitulé Weapons of self-destruction. Une amie à moi est la veuve d’un ancien combattant de la première guerre du Golfe. Dans une interview accordée à David Rose, elle s’est plainte du sperme brûlant : « J’avais constamment 20 préservatifs remplis de pois gelés dans mon congélateur et après les rapports sexuels, j’en introduisais un dans mon vagin. C’était le seul moyen de supporter les douleurs provoquées par le sperme brûlant. Ajoutons que ce sperme brûlant passe à travers les préservatifs.
Ça alors !
Oui, vous devriez voir les réactions des classes de high schools lorsque je leur parle du sperme brûlant et de la contamination interne. Les bouches des filles forment un O et les garçons sont paniqués, eux qui s’imaginent ne jamais tomber malades.
Conséquences des essais nucléaires
Quelle quantité d’UA faudra-t-il pour tuer toute vie sur cette planète ?
La quantité de radioactivité va certainement avoir un effet global extrêmement important. Ainsi, la mortalité infantile augmente déjà dans le monde. Le foetus est ce qu’il y a de plus vulnérable à la radioactivité parce que toutes les cellules se divisent rapidement, que le corps se développe, si bien que si vous commencez à introduire des substances toxiques et des radiations, cela affecte le processus naturel du développement foetal.
C’est à cause de l’augmentation de la mortalité infantile que l’on a pu convaincre le Sénat de signer le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires en 1963. Elle avait diminué de 3 à 4% par année pendant une longue période en raison de l’amélioration des soins prénataux et de l’éducation des mères. Elle avait recommencé à augmenter après Hiroshima et Nagasaki et particulièrement dans les années 50 lorsque commencèrent les grands essais atomiques.
En 1963, il était devenu évident que les essais avaient, dans le monde entier, des effets sur les enfants à naître. Les Etats-Unis et la Russie signèrent le Traité et mirent fin aux essais dans l’atmosphère. Le taux de mortalité infantile baissa tout de suite. Mais maintenant, il croît de nouveau. C’est une pollution radioactive planétaire. Personne ne sait combien de temps il faudra pour éliminer toute vie, mais il est certain que l’UA est une arme biologique extrêmement efficace.
Je le répète, l’utilisation des armes vise deux objectifs : le premier est de tuer les soldats ennemis et le second, tout aussi important, de détruire la population ennemie. En provoquant des maladies, de longues maladies, on s’attaque à la productivité et à l’économie d’un pays. C’est Tchernobyl et d’autres catastrophes nucléaires qui ont en réalité provoqué l’effondrement de l’Union soviétique parce que ses habitants étaient très malades à la suite de toute la radioactivité dégagée. Ils ont été beaucoup plus négligents que nous.
J’ai une enquête sur la santé dans le monde que l’OMS a publiée dans le Journal of American Medical Association en juin 2004. Les effets des essais atmosphériques apparaissent de manière très nette quand on considère le pourcentage de personnes souffrant de maladies mentales dans les différents pays étudiés. Par exemple 8,8% au Japon, mais 4,7% au Nigeria, ce qui est très bas. Il n’y a presque pas de radioactivité au Nigeria. En Ukraine, où s’est produit l’accident de Tchernobyl, le taux est de 20,4%. Il est de 9,2% en Espagne et de 8,2% en Italie. Ces deux derniers chiffres sont relativement bas, car ces pays n’ont pas de centrales nucléaires. La France dépend à 75% de l’énergie nucléaire et son taux de maladies mentales est de 18,4%. Le Mexique se situe à 12, 2% et les Etats-Unis à 26%. C’est le taux le plus élevé au monde.
George W. Bush et ses frères et soeurs ont tous été exposés in utero aux retombées des essais atomiques effectués aux Etats-Unis. Il avait une petite soeur qui est morte d’une leucémie vers l’âge de trois ans.
J’ai travaillé dans une équipe appelée Radiation and Public Health Projet (cf. www.radiation.org). Nous sommes tous des scientifiques indépendants, des spécialistes renommés. Nous avons recueilli 6000 dents de bébés à proximité de centrales nucléaires et avons mesuré leur radioactivité. Et l’un de nos membres est le voisin de la femme qui a aidé les enfants Bush, y compris le Président, parce qu’ils avaient tous de graves problèmes d’apprentissage.
Comment savons-nous que les enfants Bush ont été exposés ?
D’après l’année où leur mère les ont portés. Vous n’avez qu’à voir combien de matières radioactives ont été dégagées dans l’atmosphère et vous trouverez une corrélation directe entre les résultats aux tests d’intelligence SAT auxquels on soumet les adolescents et l’année où leur mère les a portés. Ce sont des effets différés de l’exposition in utero aux radiations.
Vivant dans le Connecticut, ils ressentaient les effets des radiations du Nevada ?
Il y a deux ans, le gouvernement américain a reconnu que tous ceux qui avaient vécu aux Etats-Unis entre 1957 et 1963 avaient été exposés de manière interne aux radiations. Le foetus de toutes les femmes enceintes était donc exposé
Pas un génocide, un « omnicide ».
De quels niveaux de radiations parlons-nous ?
Ce sont de bas niveaux et les principaux vecteurs sont l’eau potable et les produits laitiers. Cela a suffi à tuer des petits poissons dans l’Atlantique. Le strontium-90 est un isotope artificiel dégagé par les bombes et les réacteurs nucléaires. En Norvège, on a mesuré les taux de strontium-90 dans le lait des années 1950 aux années 1970 et le volume de pêche durant la même période. A mesure que le taux de strontium-90 augmentait dans le lait, le volume de pêche diminuait.
En 1963, lorsque les Etats-Unis testaient la bombe nucléaire (ils ont effectué 250 essais en une année parce que le Traité allait être signé), le volume de pêche a diminué de 50%. Dans le Pacifique, il a diminué de 60% parce que c’est là que les Russes, les Chinois, les Français et les Américains ont procédé à leurs essais.
Source : Bernard Batt

09-07
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2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Morice : Cargos de nuit (vague 14)

A la suite de cette nouvelle série d’articles, on s’approche d’une conclusion évidente : le trafic d’armes est favorisé par l’usage des containers à bord de cargos civils, dont de nombreux travaillant directement pour des militaires, et dont les seuls contrôleurs à rayon X existants sont fournis par les Etats-Unis.

Les pirates actuels ont mis par hasard la main sur des armes, dont certaines de taille respectable (45 tonnes !) qui semblent circuler plus souvent qu’on ne pense dans des régions du monde déclarées depuis longtemps comme sensibles.

C’est déjà un point surprenant. S’ajoute à cela un rideau de fumée consistant à mettre en avant l’action humanitaire, à ce détail près qu’aux Etats-Unis c’est une action étatique, gouvernementale, organisée dès 1961 par John Kennedy, une action qui n’est jamais sortie de ses accusations d’espionnage manifeste des pays dans lesquels elle intervenait. Livraison d’armes en douce, espionnage manifeste : les médias, qui ont vite fait de charger les pirates somaliens, feraient bien de s’intéresser aux véritables flibustiers des mers. Ce ne sont pas obligatoirement ceux qui font la une des journaux.

Le schéma d’approche et de conquête américaine en pays tiers est donc connu : on le constate chaque jour encore, et je vous ai déjà mis en garde contre les activités des ambassades, qui relèvent très souvent directement des renseignements.

En Bolivie, en ce moment, c’est visible tous les jours, et le président Morales se bat contre cette ingérence notoire et indiscutable.

Le cas incroyable de l’ambassadeur albanais, John Withers II, pris en plein flagrant délit de soutien à un vendeur illicite d’armes d’à peine 18 ans, Efraïm Diveroli, est resté dans votre mémoire j’espère. La fuite du vendeur de munitions avariées en Israël également. Nous vous disions hier quels étaient les piliers de cette ingérence perpétuelle dans les affaires des autres. Dans l’ordre, l’église, puis USAID, puis la CIA ou la NSA en général : "Establishing a direct link between missionaries, US AID, the CIA and other intelligence agencies like the NSA, is not a very difficult task".  Disions nous déjà hier, en ajoutant le cas spécifique du Soudan, où le CSI a joué un rôle déterminant aux USA pour alerter l’opinion publique américaine et imposer l’idée d’une véritable croisade idéologique. "The question for the Black electorate, in the Western Hemisphere and Africa is how such a history impacts on the monopoly of thought that Christian Solidarity International has obtained over the issue of the Sudan, influencing members of the US Congress and the British parliament, as well as White Conservatives and Black Civil Rights leaders ?"... Obama se serait-il fait avoir dans le lot ?

L’historique des liens entre la CIA et les groupes religieux remonte aux années 60, et leur première action a eu lieu en Thaïlande. " Interestingly, the link between the CIA and missionary groups was quite often the US Agency for International Development (AID)."Un livre sur la CIA a révélé ses faits. Celui, magistral, sur "le gouvernement invisible des Etats-Unis". Un livre de David Wise et Thomas B.Ross introuvable en France, que j’ai finalement obtenu par le plus grand des hasards, mais qui est disponible en téléchargement à cette adresse dans sa langue originale. Il y décrit la méthode, commencée par le détournement d’anthropologues appelés à étudier des tribus thaïlandaises ou laotiennes. "The story had been building since 1970, when Dr. Eric Wolfe, chair of the American Anthropological Association’s ethics committee, explained how anthropologists had been manipulated through the Chiang Mai Tribal Research Center in northern Thailand, which was funded through the Agency for International Development (AID). He also revealed that American missionary organizations had been drawn into this counterinsurgency operation as well". Dans le livre de Wise&Ross, qui se dévore comme un roman, le cas de l’ambassadeur William J. Sebald, qui avait été au Japon avec MacArthur, occupe tout un chapitre : celui d’un homme blessé, berné par son administration qui ne lui a a jamais avoué avoir des espions au sein même de son ambassade, et qui s’opposait tous les jours au général birman Ne Win, qui lui savait pertinemment qui étaient les gens de la CIA !

Ces derniers apportaient leur soutien direct aux 12 000 soldats de Tchang-Kaï-Chek réfugiés en Birmanie, mais le seul à ne pas le savoir était l’ambassadeur. Quand ils quittèrent le pays en 1961, ils laissèrent derrière eux des centaines de caisses d’armement. Toutes estampillées "Aide Américaine" ! Ne Win, entre temps, avait fait un coup d’état le 2 mars 1962 et était devenu chef du pays... Depuis, tous les ambassadeurs sont devenus les principaux pourvoyeurs d’emploi pour la CIA... Sebald aura au moins servi à quelque chose, le pauvre. Et Ne Win inauguré une dictature qui perdure.Et cela a duré et continué des années, dans le monde entier. Aussi, quand le président Bush a choisi en 2001 Andrew Natsios comme le coordinateur spécial de l’aide humanitaire au Soudan, cela n’a étonné personne. Un vétéran de la guerre du golfe, qui a fini lieutenant colonel de réserve à la tête de la plus grande agence humanitaire, c’est un peu le colonel Bigeard à la tête de Médecins sans Frontières ! L’auteur de "U.S. Foreign Policy and the Four Horsemen of the Apocalypse", (livre dans lequel il se montre CONTRE l’ingérence des états dans l’humanitaire !) ancien militaire avec 23 années passées dans la réserve, s’est chargé, à partir de 2005, de la reconstruction de l’irak avec un zèle tout particulier, dont nous avons décrit ici même en détail les ratages, les omissions et les détournements de fonds. Un fiasco manifeste, une gabegie monumentale et un mépris rare des populations : voilà le vrai bilan d’USAID dans ce pays. Comme nous le rappelions alors : "L’agence Usaid publie régulièrement un bulletin, Iraq reconstruction weekly update, qui voit dans la reconstruction de l’Irak une suite sans fin de projets extraordinaires, de miracles qui améliorent la vie des citoyens, lesquels seraient pénétrés d’admiration et de gratitude.Le ministère américain et les organismes associés éditent des rapports dithyrambiques sur les immenses progrès accomplis" nous disait le monde diplomatique en avril 2007 sous la plume de Joy Gordon, qui dénonçait la duplicité de l’organisme humanitaire et les dégâts des marchés conclus à la hâte sous le titre significatif de "En Irak, la reconstruction aussi est un échec"

 

Quand à l’éthique même, au sein de USAID, parlons-en. En avril 2007, le grand ponte de l’organisation, Randall Tobias, à la tête de toutes les interventions humanitaires américaines à l’étranger,  "Director of U.S. Foreign Assistance and U.S. Agency for International Development Administrator" démissionne avec éclat. Il prend la porte, contraint et forcé : il faisait partie des clients de D.C. Madam, de son vrai nom Deborah Jane Palfrey , le surnom de la call-girl qui vient alors de dénoncer tout le gratin de Washington, et qu’on retrouvera pendue au fond du garage de sa mère un peu plus d’un an après. Pour beaucoup d’observateurs, un cadavre de plus à mettre dans le placard de la famille Bush. Notre directeur de l’humanitaire avait reconnu utiliser les services de masseuses, des prostituées de "Pamela Martin and Associates escort service" fournies par D.C.Madam... et Palfrey avait commencé à parler, révélant comme second client un autre très gros poisson : "Palfrey recently made good on her threat to identify high-profile clients, listing in court documents a military strategist known for his "shock and awe" combat theories." Tout le monde y avait reconnu Harlan Ullman, un des membres éminent du Center for Strategic and International Studies, et théoricien reconnu de l’attaque sur l’Irak. Ironie du sort, au moment même ou Tobias avait recours à des prostituées, USAID s’était engagé dans une grande campagne contre l’esclavage humain qu’est la prostitution... "The estimated $8 billion a year generated worldwide by the trafficking of humans are the tainted profits of "a most egregious form of slavery," affirmait alors Kent Hill, un des responsables des questions de santé chez USAID... en ignorant que son propre patron recourait à ce trafic ! Une autre dirigeante d’USAID, Lynn Sauls, ajoutant sans vergogne : "human trafficking is the world’s third most lucrative illegal commercial activity, following trade in narcotics and weapons"... sans le savoir, elle venait de définir les trois activités principales de la CIA... Prostitution, drogue et trafic d’armes, le lot est complet.

Il est de notoriété publique et historique que derrière l’aide humanitaire d’USAID se sont toujours cachés des espions de la CIA. Quand ce n’était pas dans les "Peace Corps" du beau frère de Kennedy... leur fonction n’a pas vraiment chan depuis 1961... Un Mike Connel informaticien et prosélyte de la religion catholique, en vrai illuminé, revendiqué "Chevalier de Christophe Colomb", jouant les humanitaires en Amérique centrale, offrant des christs en bois aux plus démunis, tout en sabotant en même temps les ordinateurs chargés du décompte électoral en Ohio est symptomatique de cette duplicité fondamentale et de ce mélange individuel, sans foi ni loi véritables. Nous avions évoqué dans Agoravox ce curieux et inquiétant mélange des genres. On pensait que la guerre froide finie, le concept disparaîtrait. Loin s’en faut, et un événement symptomatique de cette imbrication forte entre humanitaire et militaires est apparu de façon flagrante il y a quelques mois, lors de la crise géorgienne. Les moyens employés par les américains pour surveiller discrètement l’adversaire de toujours n’ont pas beaucoup changé en effet depuis le temps de la guerre froide. On l’a vu lors du conflit Géorgien, ou plus exactement après ce conflit. Le président Saakatchvili ayant tiré sur la fibre "mon pays a été dévasté, je réclame de l’aide humanitaire", en allant même jusqu’à parfois trafiquer les photos (un photographe plus curieux que les autres avait remarqué que les morts présentés par Saakatchvili s’accrochaient aux manches de ceux qui venaient relever leurs corps !), ce sont évidemment les américains qui ont répondu en premier. En envoyant force colis de nourriture et des couvertures pour les plus démunis, (ou des serviettes hygiéniques provenant des surplus de vente des magasins US) En réalité pour les habitants des maisons ravagées aussi par les tirs de Grad israëliens de l’armée géorgienne. Le conflit à peine achevé, les georgiens ont donc vu débarquer USAID à Batoumi. Un organisme rodé, organisé, efficace. A l’américaine, dira-t-on, avec des photographes au bon endroit, surtout. "The right time, the right place". 

Des colis descendant d’un premier navire, un garde-côtes, le Cutter Dallas, spécialisé dans la drogue, plutôt rassurant pour la population (qui ignorait sa fonction principale), puis d’un second de guerre, l’USS McFaul, tous deux venus de Crête, puis d’un troisième, toujours militaire. Des colis humanitaires descendant d’une corvette ou d’un garde-côtes, pourquoi pas. C’est quand le navire suivant les deux premiers a accosté que l’on a compris le principe. Oh, certes, le show humanitaire avec les cartons bien estampillés USAID étaient bien présents. L’accueil enthousiaste d’une maigre assistance munie de drapeaux énormes aussi. On sait au moins à quoi servent les personnels de l’ambassade américaine. Mais ils descendaient cette fois du USS Mount Whitney, ces colis, un vaisseau en provenance d’Italie. Malgré l’imposant nombre de bateaux porte-containers pré-positionnés ou les accords passés avec les société maritimes comme Maersk, les Etats-Unis envoyaient quand même là-bas le Mount Whitney ! Le vaisseur amiral de la 6ème flotte, celui du commandant de l’Otan, un vrai poste avancé de communication et de brouillage !

Un bateau lié à l’Otan, que voudrait tant rejoindre la Géorgie de Saakatchvili. Le Mount Whitney, l’un des engins les plus élaborés au monde question écoute et renseignement, bardé d’antennes et de coupoles de réception et de transmission, le voilà qui déboule, lui, à Poti ! Avec comme premier homme à monter à bord le ministre de la Defense géorgien, David Kezerashvili (démis depuis !) ! C’était bien entendu une véritable provocation... signée en fait de l’inénarrable Dick Cheney :  "The arrival of the USS Mount Whitney, flagship of the 6th Fleet in the Mediterranean, came as Moscow accused Dick Cheney, the hawkish US Vice-President, of stoking tensions during a visit to Tbilisi this week. After meeting President Saakashvili, Mr Cheney vowed to bring Georgia into the Nato alliance.Les russes peuvent facilement se moquer, remarquez, en demandant à la presse mondiale d’où vont sortir les caisses d’aide de première urgence d’un bateau bourré d’équipements ayant si peu de cales internes de vides... alors que la Navy possède les 38 porte-containers décrits dans les épisodes précédents, à sa disposition immédiate dans le monde...

 

Sur les vidéos, c’est encore une fois les cartons d’USAID qu’on distingue... et pas les antennes du Mount Whitney !. Les bouteilles d’eau sont déballées sur les quais par des marins américains, les cartons passent de main en main devant les objectifs, et quelques jours plus tard, un député républicain du Tenessee, Bob Cork, distribue même les cartons de nourriture à Gori, dans les locaux... d’USAID. A l’autre bout de l’Europe, à Seckenheim, le 3rd Battalion of the 405th Army Field Support Brigade (AFSB) prépare lui aussi les colis d’USAID et les arrime sur les palettes  destinées à remplir le vieux DC-9 cargo de la base. 700 palettes, 130 tonnes au total, envoyées via également les énormes C-17. A Ramstein, on remplit à ras bord les C-130 sous le regard (déjà ?) de Joe Biden, et sous le regard des militaires dépêchés sur place. On peut alors faire la photo à encadrer de trois personnes rayonnantes : à gauche Saakatchvili, à droite Cheney... au milieu un représentant d’US AID. Tout sourire. Car il est vrai que tout ira mieux désormais en Géorgie grâce à USAID... Les géorgiens vivront mieux désormais, c’est évident : dans les cartons de USAID... du maïs transgénique. De quoi assurer un "futur brillant au pays "  : "A Brighter Future Pioneered with Hybrid Corn Seed" titre le magazine de propagande d’USAID. Ou comment rendre les autres pays dépendants d’une forme de pensée et de vie, ou comment en faire des clones des américains. Ou comment rendre la Géorgie dépendante. Au Kenya, c’est Monsanto qui se retrouve promotionné par USAID. En fait, via USAID, les USA apportent aux défavorisés des produits bannis partout ailleurs....

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cargos-de-nuit-vague-14-54739



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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