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03/08/2009

n°5 - journal d'Iran - 17-07 au 02-08 –Fin- : Des dizaines de millions de dollars pour la guerre médiatique contre l'Iran.

n°5 - journal d'Iran - 17-07 au 02-08 –Fin- : Des dizaines de millions de dollars pour la guerre médiatique contre l'Iran.



journal d'Iran   n°5 du 17-07 au 02-08

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 L'ambassadeur iranien répond aux journalistes français.

4-2 Des dizaines de millions de dollars pour la guerre médiatique contre l'Iran.

4-3 Matthew Cassel : L’Iran et les médias de l’Occident.

4-4 Ahmed Bensaada : Téhéran-Gaza : la différence médiatique.

4-5 Francis Arzalier : Elections de juin à Paris, Beyrouth et Téhéran : suffrage universel et manipulation des opinions.

 



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

4-1 L'ambassadeur iranien répond aux journalistes français.

L´ambassadeur iranien en France démolit la propagande anti-iranienne 

L´argentin nous a déjà présenté une interview de l´ ambassadeur d´Iran faite par Karl Zéro.

En voici une autre, dans un autre contexte : Seyed Mehdi MIRABOUTALEBI était l´invité de l´émission "Internationales" sur TV5Monde le 21 juin 2009, et les propos qu´il tient diffèrent de l´image que nos médias diffusent de façon intensive. Cela mérite d´être écouté, et ce, d´autant plus qu´Israël qui est connu pour diaboliser ce pays et dont il n´est un secret pour personne qu´il pousse les Etats Unis à l´affronter militairement, arguant de ce que sa sécurité est primordiale, et occultant son propre surarmement en la matière, vient de faire l´objet d´un rapport accablant d´Amnesty International qui sollicite des signatures pour que l´on saisisse le Président du Conseil de Sécurité de l´ONU. La pétition est visible . Les termes qui l´annoncent sont limpides : ""Le temps est venu de rendre des comptes" : signez la carte d´action en ligne adressée au Conseil de Sécurité de l´ONU.

Demandez que ceux qui ont commis des atteintes au droit international, notamment des crimes de guerre, à Gaza et dans le sud d´Israël répondent de leurs actes. Amnesty International appelle les Nations unies, et en particulier le Conseil de sécurité de l´ONU, à prendre immédiatement des mesures pour que toutes les parties au conflit répondent des violations du droit international qu´elles ont perpétrées."

On peut également consulter son communiqué de presse.

 

Video : L'ambassadeur iranien en France démolit la propagande anti-iranienne (1/4)

http://www.youtube.com/watch?v=4h2opH1siNc&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Eles%2Dattentats%2Ddu%2D11%2Dseptembre%2Dvus%2Dpar%2Dune%2Dconspirationniste%2Ecom%2Farticle%2D33382985%2Ehtml&feature=player_embedded

 

Suite (2/4):

http://www.youtube.com/watch?v=3497Annsdok&NR=1

 

Suite (3/4):

http://www.youtube.com/watch?v=ooG6EpqyAL0&NR=1

 

Suite (4/4):

http://www.youtube.com/watch?v=Q4KS0XF69WY&NR=1

 

Commentaire

kaysus34 (2 days ago) Show Hide

Incroyable le commentaire humaniste et sincère de cette homme!!! Les politiques francais doivent prendre leçon!

Quel paradoxe l'iran s'humanise et la France se totalitariste! le droit d'ingérence de nos hommes politiques,economiques et médiatiques atlanto/sioniste étranglent notre liberté (d'expression) et notre fraternités de notre beaux pays la france!
Je retiendrais une seul phrase :"notre culture nous interdit de posséder une bombe nucléaire"

TOUT ET DIT!!!


4-2 Des dizaines de millions de dollars pour la guerre médiatique contre l'Iran.

Les Etats unis se préparent à davantage d'ingérence dans les affaires internes iraniennes.

Avec pour but non déclaré: le renversement du régime.
Plusieurs dizaines de millions de dollars ont été votés par le Sénat sous prétexte "de permettre à l'opposition iranienne de contrer les restrictions imposées par Téhéran dans les médias et de développer ses communications sur internet". 
Ce dispositif, baptisé "Loi pour les victimes de la censure en Iran", largement approuvé jeudi soir par les sénateurs, fournira "une aide pour la diffusion d'informations", notamment sur internet.

Selon l'un de ses auteurs, le républicain John McCain: " le régime cruel tente de museler la société iranienne".
Parmi les mesures votées, figure une aide de 30 millions de dollars pour permettre à Radio Free Europe, financée par le Congrès américain, de diffuser plus largement en Iran ses émissions en farsi.
Le texte vise également "à empêcher le gouvernement iranien de bloquer l'accès à des sites internet ou la diffusion de textos".
Quelque 20 millions de dollars sont prévus pour la création d'un fonds  destiné à aider les Iraniens à accéder à l'information et à la partager et à empêcher Téhéran de "bloquer, censurer ou surveiller internet".
Le texte envisage en outre 5 millions de dollars pour que le département d'Etat américain rassemble et publie des informations sur "d'éventuelles violations des droits de l'Homme en Iran".
 Il appelle le président Barack Obama "à enquêter sur les entreprises non iraniennes qui auraient aidé le gouvernement iranien à pratiquer la censure".

http://www.almanar.com.lb

http://www.alterinfo.net/Des-dizaines-de-millions-de-dollars-pour-la-guerre-mediatique-contre-l-Iran_a34947.html?com#com_899997


4-3 Matthew Cassel : L’Iran et les médias de l’Occident.

Une presse libre et indépendante est un élément essentiel à toute démocratie, et c’est quelque chose dont l’Occident dispose de moins en moins, écrit Matthew Cassel.

Les manifestants, partout dans le monde, sont des gens extrêmement courageux dont les raisons pour manifester ainsi ouvertement devraient être entendues et respectées.

Protester, c’est la démocratie à l’œuvre.

 Cependant, trop souvent, les médias des États-Unis et des autres pays occidentaux sélectionnent les protestations à couvrir et celles à ignorer complètement.

Les médias des États-Unis s’auto-célèbrent souvent eux-mêmes comme « les plus libres et les plus équitables » dans le monde, comme totalement indépendants de l’Etat, contrairement, par exemple, aux médias en Iran.

Pourtant, un observateur avisé remarquera que les médias américains sélectionnent généralement les faits au niveau mondial et les couvrent d’une façon qui collent au plus près des objectifs des Etats-Unis.

Qui décide si une question est « d’actualité » ou non ? On pourrait penser que c’est justement le rôle des médias, pour pouvoir traiter des questions comme les conflits ou les violations des droits élémentaires ainsi qu’il s’en produit partout dans le monde. Mais il semble bien que ce n’est pas le cas.

La plupart des médias occidentaux paraissent être à la remorque de leur gouvernement lorsqu’ils mettent l’accent sur certains sujets, puis les couvrent de de façon à coller à la position de leur gouvernement, d’où la vision totalement uniforme, par presque tous les médias occidentaux, des événements en Iran et leur présentation extrêmement positive des manifestants et de l’opposition présentés comme étant dans leur droit.

Le cas actuel de l’Iran prouve clairement que ce sont les gouvernements qui contrôlent la couverture médiatique, au lieu que soient en réalité les agences d’information elles-mêmes.

Il y a eu aussi une évolution notable dans les médias américains du traitement des questions internationales après les attentats du 11 Septembre 2001.

Peu de temps après, la règle édictée par le président George Bush du « avec nous ou contre nous » s’est appliquée à tous, et les médias et les personnes critiques à l’égard de la politique étrangère américaine ont immédiatement été diabolisés et étiquetés d’ « antipatriotes » ou « anti-américains ».

Pour éviter ce genre d’accusation, il est devenu courant de voir les journalistes à la télévision prouver leur patriotisme et leur loyauté par le port de petits drapeaux américains sous forme de pins.

Ces raisons expliquent pourquoi, au cours des dernières semaines alors que se déroulaient les élections en Iran, il n’y a eu pratiquement aucune couverture dans la plupart des médias des manifestations regroupant des dizaines de milliers de personnes en Géorgie ou au Pérou.

Il a même été signalé au Pérou que des dizaines de personnes ont été tuées pendant les manifestations, ou « affrontements » comme cela a aussi été labellisé (depuis, plus d’une douzaine de policiers ont également été tués), soit plus que le nombre de tués en Iran.

Pourquoi les protestations en Iran reçoivent-elles plus d’attention que celles en d’autres lieux ?

Une explication logique est que le président géorgien Mikheil Saakashvili est un allié important des Etats-Unis et de l’OTAN. Aussi, l’Occident et ses médias sont restés silencieux à propos des manifestations de l’opposition afin de ne pas leur accorder une trop grande attention qui pourrait inciter ces démonstrations à se poursuivre et à prendre de l’ampleur, affaiblissant alors le gouvernement Saakashvili.

Dans le même temps, la situation en Amérique latine reste particulièrement sensible.

La couverture médiatique des manifestations de groupes autochtones [populations indiennes] et de ceux qui les soutiennent au Pérou pourrait encore démultiplier ces protestations et metttre à jour les politiques injustes contenues dans les récents accords de libre-échange avec les Etats-Unis. Et peut-être verrait-on ce pays ouvrir la voie à un gouvernement plus populaire comme le sont ceux du Venezuela ou de la Bolivie. Bien entendu, ces deux dernières sont considérées comme des nations « anti-américaines » à cause de leurs positions critiques face à l’interventionnisme américain en Amérique latine.

Mais l’Iran est différent de la Géorgie et du Pérou. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a probablement dépassé Oussama Ben Laden comme personne la plus haïe aux États-Unis.

Au cours des dernières années, de nombreux responsables à Washington ont appelé à des actions plus énergiques contre l’Iran.

Plus récemment, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a donné au président américain Barack Obama, un ultimatum pour que le président des Etats-Unis s’occupe du prétendu programme d’armes nucléaires de l’Iran, sinon c’est Israël qui le fera.

Ce n’est pas une coïncidence si les manifestations en Iran ont bénéficié d’une couverture médiatique 24 heures sur 24 heures et soient l’un des seuls exemples de ces dernières années où le gouvernement américain ait manifesté son soutien aux manifestants comme l’a fait Obama lorsqu’il a appelé l’Iran à « arrêter toutes les violences et actions injustes contre son propre peuple ». Ce ne sont certainement pas les seules manifestations à avoir subi une répression violente de la part d’un gouvernement.

Depuis des années les Palestiniens ont organisé des manifestations non violentes chaque semaine contre le mur israélien en Cisjordanie. Chaque semaine, les manifestants font face et aux militaires israéliens lourdement armés et sont battus et pris pour cibles avec des balles en acier recouvertes de caoutchouc et des grenades lacrymogènes, parfois avec des morts.

Pourtant, au cours de son récent discours du Caire en direction du monde musulman, Obama n’a fait aucune référence à ces manifestations et, au lieu de cela, a appelé les Palestiniens à « renoncer à la violence » et à adopter des moyens non-violents. Quelques jours après le discours, un Palestinien a été tué et un adolescent blessé au cours de la manifestation hebdomadaire, mais il n’y a eu aucun appel de la part de l’administration américaine et destiné à Israël pour « arrêter toutes les actions violentes et injustes » contre le peuple palestinien. Et les médias ont emboîté le pas et sont restés silencieux, bien que couvrir ces manifestations chaque vendredi serait facile puisqu’il ne faut que 30 minutes en voiture depuis les locaux des agences de presse à Jérusalem..

En outre, dans la foulée de l’appel de l’administration Bush pour la « démocratie » au Moyen-Orient, un mouvement démocratique autochtone s’est développé en Égypte pour contester la corruption et l’échec des politiques économiques du président égyptien Hosni Mubarak. Composé de travailleurs qui ont organisé des grèves sans précédent depuis quatre ans et qui ont augmenté en nombre à chaque rassemblement, les manifestations ont été peu suivies aux États-Unis. Chose étrange... compte tenu de la durée des grèves et de la taille des manifestations, qui font penser à un certain nombre d’observateurs à la possibilité de quelque chose de beaucoup plus important en Egypte, peut-être même une « révolution ».

Le manque de couverture médiatique de ces événements ne peut s’expliquer que par la relation entre les États-Unis et l’Egypte. Moubarak, qui a gouverné l’Egypte pendant près de trois décennies, est souvent considéré comme un dictateur pour sa répression de l’opposition, des personnalités politiques et des journalistes critiques à l’égard de son gouvernement. Pourtant, il reste l’un des plus importants alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient, par conséquent « les actions violentes et injustes « contre les Egyptiens sont tolérées par l’Occident.

De même, pendant l’assaut israélien de trois semaines contre Gaza cet hiver, il y a eu des manifestations massives et sans précédent à travers le Moyen-Orient en faveur des Palestiniens du territoire assiégé. Encore une fois, cela n’a eu droit qu’à des mentions mineures, s’il y en a eu, probablement parce que cela contredisait le discours des médias et de Washington selon lequel Israël était « en lutte contre le Hamas ».

Toujours en conformité avec ce discours, il y avait peu d’images diffusées dans les médias occidentaux depuis l’intérieur de la bande de Gaza. De la même façon que le fait l’Iran aujourd’hui, Israël a interdit aux journalistes de pénétrer dans la bande de Gaza au cours de ces attaques. Malgré cela, il y avait sur le terrain de grandes agences transmettant par satellite et de langue arabe comme Al-Jazeera qui envoyaient des informations et des images de presque tout ce qui se passait là-bas.

Lorsque les images ont été montrées par CNN ou certains de ses concurrents, cela ne reflétait généralement pas la véritable horreur à laquelle faisaient face les Palestiniens dans la bande de Gaza. Je ne me souviens pas avoir vu dans les médias américains une seule vidéo de l’un des centaines d’enfants assassinés dans la bande de Gaza. En revanche, il y a deux jours, CNN a diffusé des images d’une femme qui a été tué qui perdait son sang et décédait dans une rue de Téhéran. La plupart de ces vidéos sont réalisées avec des téléphones portables de simples citoyens, et CNN a même créé un logo spécial pour le « matériel non vérifié ».

Mais il y a eu beaucoup de « matériel vérifié » montrant des images de violence au Moyen-Orient et dans de nombreux autres endroits dans le monde au cours des derniers jours, semaines, ou années et qui n’a jamais été diffusé. Vidéos et témoignages sont disponibles sur YouTube, Facebook, Twitter, attendant, voire implorant pour que les médias des États-Unis en prennent connaissance. Mais la couverture de certains événements se trouve en contradiction avec la politique étrangère des Etats-Unis, quelque chose que beaucoup médias se révèlent peu disposés à transgresser.

Si les élections et les manifestations en Iran ont révélé quelque chose, c’est qu’il est indéniable qu’il y existe d’énormes divergences qui auront une incidence majeure sur l’avenir du pays. C’est la décision de chacun de choisir de quel côté il se range, le cas échéant. Et c’est la responsabilité des médias d’être indépendants des autorités et de présenter dans leur contexte des informations précises de sorte que ceux qui en sont les récipiendaires puissent se faire leur opinion, et non donner des informations basées sur les intérêts de politique étrangère des gouvernements occidentaux.

Une presse libre et indépendante est un élément essentiel à toute démocratie, et c’est quelque chose dont l’Occident dispose de moins en moins.

Matthew Cassel

 26 juin

*Matthew Cassel assistant éditeur de « The Electronic Intifada ».

Son blog est http://justimage.wordpress.com

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6847 


4-4 Ahmed Bensaada : Téhéran-Gaza : la différence médiatique.

Époustouflant!

La blogosphère a la fièvre et la température risque de faire exploser le chaudron néo-médiatique. Twitter, Youtube, Facebook, Google, tous les grands joueurs de la toile ont décidé de voler au secours de la rue d'Iran.
Et une seule question me vient à l'esprit : mais où diable étaient-ils pendant le massacre de Gaza?
Petite clarification en guise d'introduction : loin de moi l'idée d'analyser les élections iraniennes, ni de démontrer qu'il y a eu fraude électorale ou non. De toute façon, et contrairement à ce qu'affirment les médias occidentaux, il est très difficile d'avoir une position juste et tranchée sur le sujet. Ce qui a attiré mon attention, c'est plutôt cette magnanimité débordante dont font preuve ces tisseurs de toiles relayés par la fébrilité des médias classiques dans la couverture des récents événements iraniens, alors qu'elle était inexistante lors du massacre de Gaza.
Pourtant, les deux situations présentent des similitudes du point de vue médiatique.

À Gaza, l'état sioniste avait interdit l'entrée aux médias occidentaux. Encore mieux, il avait «embedded » des journalistes, c'est-à-dire inclus au sein de Tsahal pour qu'ils donnent une image réaliste de la propreté du massacre. En Iran, les journalistes en place sont «interdits» de faire leur travail et ne peuvent donner une information «fiable». Alors, comment informer ces occidentaux si épris de justice et de liberté? Eh bien, en utilisant l'information communiquée par les citoyens via les sites de réseautage social. Et toutes les informations produites par monsieur ou madame Tout-le-monde sont bonnes à prendre et à diffuser dans les plus grands journaux et canaux de télévision : CNN, TF1, France 24, Le Monde, Le Nouvel Observateur, L'Express, Radio-Canada et j'en passe. Et dire que de vrais journalistes étaient présents à Gaza. Mais ceux-là n'étaient que des journalistes arabes, donc non crédibles ou même incompétents, n'est-ce-pas? Plus incompétents que le simple citoyen iranien qui, armé de son clavier, envoie les vidéos de médiocre qualité enregistrées sur son téléphone portable. Moins crédibles que les internautes iraniens alors qu'eux autres ont risqué leurs vies sous les bombes au phosphore ou les DIME, protégés par des dérisoires casques et gilets pare-balles. Certains d'entre eux ont même perdu leur vie dans l'exercice de leur fonction. «Mais non, on ne peut pas les croire». «Il faut vérifier l'information». «L'information est manipulée et les chiffres gonflés».

Mais peut-on croire ce qui est transmis par le biais des sites de réseautage social?
À cet effet, on peut lire sur le site True/Slant (1) qu'une liste d'erreurs (préméditées?) a été diffusée par les utilisateurs de Twitter. Parmi elles, le fait que trois millions de personnes ont manifesté alors que la foule a été estimée à des centaines de milliers, que Mir Hossein Moussavi était assigné à résidence et que l'élection avait été invalidée, alors que c'était faux.
Autre accointance curieuse et insolite de ce site de socialisation : le ministère américain des Affaires étrangères lui a demandé de reporter une opération de maintenance qui aurait entraîné une interruption de service, ce qui aurait privé les opposants iraniens de moyen de communication (2). Et Twitter a accepté. Même la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé que Twitter était important pour la liberté d'expression en Iran (3). Le Premier ministre britannique Gordon Brown y est allé, lui aussi, de sa philosophie tautologique sur les colonnes du Guardian en affirmant qu'Internet a changé la politique étrangère à jamais: « Une situation comme celle du Rwanda ne peut plus se reproduire car l'information sortirait rapidement et l'opinion publique s'amplifierait de sorte que des mesures devraient être prises » (4). Monsieur le locataire du 10 Downing Street, vous qui avez une bonne mémoire des génocides, pouvez-vous nous dire quelque chose sur celui de Gaza, bien plus récent?
Les Israéliens, comme s'ils pouvaient donner des leçons en matière de libertés individuelles, se sont aussi jetés dans la blogosphère. Un Israélien de 24 ans, du nom d'Arik Fraimovich, a créé une application permettant aux internautes utilisant Twitter de teinter les images de leur profil avec la couleur verte, symbole de la révolte iranienne. Des Israéliens qui veulent le bien des Iraniens : décidemment, le cyberespace a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Des citoyens américains se sont joints à la révolution de l'information booléenne.
Certains d'entre eux ont mis à la disposition des internautes iraniens des serveurs proxy pour leur permettre d'accéder aux sites bloqués par les autorités. D'autres leur ont permis d'avoir accès à Tor, un service qui permet la navigation anonyme sur Internet (5).
La semaine dernière, le célèbre site suédois de téléchargements illégaux Pirate Bay, dont les fondateurs ont été récemment lourdement condamnés, ont proposé un service analogue aux blogueurs iraniens et ont mis en ligne un très grand nombre de vidéos amateurs sur les évènements de la République Islamique. Un laboratoire de recherche de l'Université de Toronto, Citizen Lab., a décidé de fournir aux internautes d'Iran le logiciel Psyphon qui est conçu pour contourner les filtres de la censure gouvernementale (6).
Le site de partage vidéo Youtube s'est transformé en média d'information en procédant à des mises à jour fréquentes et les sites Google et Facebook ont lancé des services en langue farsi spécialement conçus pour l'occasion. Comme quoi la fin justifie les moyens.
Les chaînes de télévision et les médias électroniques occidentaux se sont servis des vidéos de piètre qualité et d'origine non vérifiable pour décrire la rue iranienne alors qu'elles n'ont jamais voulu diffuser des reportages de qualité professionnelle réalisés par les journalistes chevronnés des chaînes arabes, encore moins les nombreux témoignages vidéos postés sur Youtube lors de l'hécatombe de Gaza. On est bien aux antipodes de ce qu'affirmait le « pseudo- philosophe » Alain Finkielkraut lors d'une émission diffusée en avril dernier : « Internet est une poubelle » (7) ou de la fameuse « Internet (…) c'est la planète des singes » de Philippe Val (8).
Il est bon de rappeler, qu'à l'inverse de ce qui se passe en Iran, c'est l'état israélien qui avait utilisé Twitter et Youtube pour fin de propagande pendant qu'ils bombardaient les civils Gazaouis. Son armée avait ouvert un compte sur Youtube (Idfnadesk) (9) pour y diffuser des images « propres » du génocide. À New York, le consulat d'Israël avait créé une page sur Twitter pour répondre aux questions des citoyens sur la « légitimité » du massacre (10). Le major Avital Leibovich, responsable de la presse étrangère au sein de l'armée israélienne, a déclaré, à ce sujet, que: « La blogosphère et les nouveaux médias sont une autre zone de guerre ».          Et les troupes du Shin-Bet (contre-espionnage israélien) sont depuis longtemps sur Facebook et Myspace (11).
Comme les génocidaires sionistes n'ont été ni condamnés, ni même inquiétés pour la liquidation de plus de 1400 palestiniens, il faut s'attendre à ce qu'ils recommencent sous peu. Alors, un petit conseil pour les activistes de la toile et les défenseurs de la liberté cyberspatiale: fournissez les logiciels de contournement et de navigation anonyme et consolidez, dès maintenant, l'infrastructure de vos sites de socialisation en Palestine. Vous serez minutieusement informés lorsque le prochain massacre aura lieu. À moins que Tsahal vous ait déjà contacté.

Ahmed Bensaada*

* Docteur en physique Montréal (Canada)

Références :
1. Joshua Kucera . (Page consultée le 22 juin 2009). What if Twitter is leading us all astray in Iran?, [En Ligne]. Adresse URL: http://trueslant.com/joshuakucera/2009/06/15/what-if-we-are-all-wrong-about-iran/
2. Technaute . (Page consultée le 22 juin 2009). Iran : Washington intervient auprès de Twitter, [En Ligne]. Adresse URL: http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/200906/16/01-876173-iran-washington-intervient-aupres-de-twitter.php
3. AFP . (Page consultée le 21 juin 2009). Clinton says Twitter is important for Iranian free speech, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.google.com/hostednews/afp/article/
ALeqM5h6iCR8fA4XQ4OHnzc0sxe3aadMxg
4. The Guardian. (Page consultée le 20 juin 2009). Internet has changed foreign policy for ever, says Gordon Brown, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.guardian.co.uk/politics/2009/jun/19/gordon-brown-internet-foreign-policy
5. TOR . (Page consultée le 21 juin 2009). Tor: l'anonymat en ligne, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.torproject.org/index.html.fr
6. CBC. (Page consultée le 22 juin 2009). Iran's emerging 'netwar', [En Ligne]. Adresse URL: http://www.cbc.ca/technology/story/2009/06/16/iran-twitter-netwar-greg-walton-citizen-lab.html
7. Mefeedia. (Page consultée le 23 juin 2009). Pour Finkielkraut Internet est une poubelle, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.mefeedia.com/entry/pour-finkielkraut-internet-est-une-poubelle/17559592
8. Le Nouvel Observateur. (Page consultée le 23 juin 2009). Charlie Hebdo ouvre son site internet, [En Ligne].
Adresse URL: http://tempsreel.nouvelobs.com/
actualites/multimedia/20080912.OBS1041/ charlie_hebdo_ouvre_son_site_internet.html
Philippe Val est actuellement directeur de France-Inter (Radio-France). Ce polémiste controversé était à l'origine de la publication intégrale des caricatures du Prophète (SAWS) lorsqu'il était directeur de la rédaction de Charlie Hebdo.
9. Youtube. (Page consultée le 23 juin 2009). IDF Spokesperson's Unit, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.youtube.com/user/idfnadesk
10. Twitter. (Page consultée le 23 juin 2009). Hey there! Israelconsulate is using Twitter, [En Ligne]. Adresse URL: http://twitter.com/IsraelConsulate
11. Le Figaro.fr. (Page consultée le 23 juin 2009). Les espions israéliens ouvrent un blog, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.lefigaro.fr/international/2008/03/18/01003-20080318ARTFIG00462-les-espions-israeliens-ouvrent-un-blog.php
Ahmed Bensaada*


4-5 Francis Arzalier : Elections de juin à Paris, Beyrouth et Téhéran : suffrage universel et manipulation des opinions. Le suffrage universel fut une grande conquête politique, pour laquelle les révolutionnaires, dans tous les pays d’Europe, combattirent et moururent aux 19ème et 20ème siècles ; nous ne pouvons qu’y être attachés, sans le sacraliser en croyant naïvement qu’un droit de vote à chaque adulte suffit à assurer la démocratie politique. Le capitalisme actuel, maître des capitaux, du pouvoir politique et de médias capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques jours, manipule à son gré les résultats du vote, au point d’en inverser le sens : la droite française, sur ce plan, est spécialiste, avec un président qui joue des sondages, des mots, prétend faire « réformes » quand il démolit les acquis sociaux au profit des plus riches ; bien maladroit en d’autres occasions, il a su par ses dérapages xénophobes contrôlés, capturer en 2007 le plus gros de l’électorat du Front national ; les européennes de 2009 ont été l’occasion d’une opération similaire à l’encontre de ses concurrents majeurs, le PS et le Modem. Le 5 juin, deux jours avant le vote, la télévision nationale aux ordres du monarque - président, a projeté , après une grande campagne publicitaire, le film « Home » de Yann Arthus- Bertrand, à plus de 8 millions de citoyens français ; un catalogue de belles images relativement faciles à réaliser quand on a quelques talents de photographe et surtout des moyens techniques coûteux, du personnel et des hélicoptères (lutte contre la pollution oblige…) ; agrémenté d’un discours « écologiste » assez primaire (tout le monde est coupable de la dégradation des continents): c’était le programme minimum de la liste Europe - Ecologie, mélange irrationnel d’anticapitalistes comme José Bové, de chevaliers blancs de l’anti-corruption comme l’ex-juge Eva Joly, au profit d’un Cohn-Bendit, dont le passé de révolte étudiante fait oublier qu’il est aujourd’hui un soutien convaincu des aventures guerrières de l’OTAN et des USA. Cette manipulation à l’échelle d’un état a été, de toute évidence, d’une grande efficacité pour promouvoir à 16% une nébuleuse « verte » française largement tirée vers le conservatisme : un « joli coup » politicien monté par Sarkozy, grâce aux médias à son service.
Au lendemain du 7 juin, les mêmes trompettes médiatiques, télévisions, radios, journaux, claironnent sans vergogne la victoire « historique » de la droite UMP, alors qu’elle n’a réussi à faire voter pour elle que 11% des électeurs !
Le même 7 juin, les citoyens du Liban devaient choisir par les urnes de reconduire la majorité parlementaire sortante, pro-occidentale, parée de toutes les vertus par nos médias conservateurs, et une opposition plurielle, « parti chrétien » de Michel Aoun, parti communiste libanais et mouvement de résistance armée Hezbollah, très influent dans les milieux populaires du Liban musulman, et très diabolisé en Occident. Il est vrai que les positions islamistes de ce mouvement sont plus que discutables, mais c’est oublier qu’il est aussi le barrage essentiel contre l’impérialisme israélien.
Nos « élites » occidentales et leurs alliés du Moyen-Orient ont fait leur choix, et hurlent à l’ingérence syrienne, iranienne, à chaque manifestation de l’opposition nationale au Liban : ces vertueux protecteurs de l’intégrité libanaise ont donc préparé comme il se doit les élections ; tous les spécialistes de la région ont signalé les financements massifs venus notamment d’Arabie Saoudite, les centaines d’avions amenant à Beyrouth les électeurs expatriés, etc. : ce n’est pas sans efficacité dans un pays où les inégalités sociales sont énormes entre les affairistes pro-américains de la capitale et les miséreux peuplant certains quartiers. Voilà un suffrage universel estampillé démocratique à l’Elysée : il a confirmé l’emprise occidentale.
La manipulation n’est pas toujours aussi réussie, quand les peuples s’en mêlent ; depuis plusieurs semaines les « grands »médias français, prenant leurs désirs pour la réalité, annonçaient la défaite du président iranien aux élections du 12 juin ; nous étions inondés de reportages télévisés montrant la foule des opposants en meetings, et de jeunes bourgeois iraniens bien mis annonçaient leur désir, enfin, de liberté vestimentaire.

La palme de l’imbécillité journalistique revenait au « Courrier international » qui titrait en couverture « en finir avec Ahmadinejad » ; au sujet de ce pelé, ce galeux, la moindre contrevérité devenait une évidence proclamée, l’Iran une dictature absolue, alors que des opposants y manifestent par centaines de milliers malgré la répression, que la presse, le cinéma, pourraient parfois donner des leçons d’indépendance aux confrères de France. Ahmadinejad est proclamé antisémite dès qu’il dénonce la colonisation israélienne ; ses maladresses et dérapages ne gênent pas nos rigides censeurs qui n’hésitent pas à reprendre à son égard le plus ringard des discours coloniaux : rappelons-nous Ségolène Royal interdisant à Téhéran l’industrie nucléaire civile !
L’homme providentiel, selon nos faiseurs d’opinion, qui allait être élu, se nommait Moussavi, un « islamiste modéré », modéré en cela seulement qu’il s’affirme aujourd’hui pro-américain. Les citoyens français sont rétifs à juste titre envers la théocratie iranienne, les mauvais traitements infligés aux femmes, l’inégalité sociale grandissante au pays des mollahs : leur faire croire qu’un Moussavi instaurerait la démocratie revient à les prendre pour des benêts ; il fut premier ministre de l’imam Khomeiny de 1981 à 1989 et à ce titre il organisa la destruction physique des militants de la gauche iranienne, démocrates ou communistes du Toudeh.
Nos « penseurs » parisiens ignorent tout du peuple iranien et ne comprennent pas notamment que les insultes méprisantes et les menaces venues d’Occident renforcent à Téhéran les réactions nationalistes. Le 12 juin, le peuple iranien a réélu Ahmadinejad dans un scrutin moins falsifié qu’on ne le dit à Paris ou à Washington. Compte tenu des candidats en lice, tous quatre choisis par les chefs religieux, pouvait-il en être autrement ?
Les étudiants, les salariés progressistes d’Iran ont raison de crier au grand jour leur dégoût du régime théocratique, des inégalités sociales et des atteintes aux libertés ; mais Moussavi, le pro-occidental n’est pas qualifié pour être leur porte-parole, tout au plus pour les conduire à une impasse, voire au massacre : certains stratèges à Washington, Londres ou Paris sont prêts à combattre pour la « démocratie libérale » jusqu’au dernier Iranien ! Et la presse israélienne annonce ces jours-ci qu’une attaque aérienne contre l’Iran est toujours une éventualité envisagée à Tel-Aviv ! 
Nous sommes solidaires des progressistes d’Iran, pas des faucons occidentaux, même déguisés en colombes.

Francis Arzalier



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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