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05/08/2009

n°7 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 02-08 : Suite - : Iran, la quête occidentale d’une hécatombe justificatrice…

n°7 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 02-08 : Suite  - : Iran, la quête occidentale d’une hécatombe justificatrice…



Géopolitique & stratégie d'Iran

   n°7 du 02-08                                       C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Chartingstocks.net : Une guerre électronique totale, visant à déstabiliser l’Iran.

1-2 Camille Loty Malebranche : Iran, la quête occidentale d’une hécatombe justificatrice…

1-3 Thierry Meyssan : L’« Axe du Mal » de l’administration Obama.

1-4 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

1-5 Scénario catastrophe d'une attaque israélienne contre l'Iran.

1-6 Paul Craig Roberts : Menacer L'Iran - Si Israël/Us irradient l'Iran, vous serez aussi Irradiés !

1-7 Kaveh L Afrasiabi : Renforcement de la coopération militaire Iran-Russie.

1-8 Gareth Porter : Iran-Irak-USA : Un Rapprochement Progressif,Ténu, Iran Irak aux dépens des Américains.

1-4 Juan Miguel Muñoz : Face à la crise iranienne, le Hezbollah et le Hamas restent prudents.

Ndlr : La publication de L'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les premières félicitations parviennent au mandataire réélu. « La démocratie a vaincu. »

Ce fut une victoire fulgurante, puisqu’elle a eu lieu dès le premier tour et que le pourcentage qu’il a obtenu démontre que c’est un leader aimé par son peuple », affirma Nawar al Sahili, député du parti-milice chiite libanais du Hezbollah. Fauzi Barhoum, porte-parole du Hamas, soulignait, sans allusions personnelles : nous espérons que l’Iran continuera de soutenir les droits du peuple palestinien, de respecter l’élection démocratique des Palestiniens et qu’il nous aidera à mettre fin au blocus de Gaza ».

Il est clair que les manifestations dans les rues des partisans d’Ahmadinejad et de son opposant Mir Hossein Moussavi, la querelle sur le recomptage électoral et les décisions de la hiérarchie iranienne sur les comices se sont dissipés dans les moyens de communication des deux groupes et c’est à peine s’ils reçoivent l’attention de leurs dirigeants.

Durant la nuit de mercredi, le chef Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, réapparut à la télévision. Il parla du discours de dimanche du Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu ; à propos des élections du Liban (il accusa Saad Hariri de fraude, disant qu’il aurait investi 750 millions de dollars dans l’achat de votes dans les districts où eurent lieu les dépouillages des votes), il évoqua également Barack Obama. Aucun mot sur les élections iraniennes.

On ne comprendrait pas la naissance du Hezbollah sans le soutien financier et humain que reçurent les gardiens de la Révolution iranienne, au début des années 80. Un soutien qui se poursuit, inébranlablement, jusqu’aujourd’hui. Il suffit de visiter la banlieue chiite Haret Hrek de Beyrouth, dévastée par Israël pendant la guerre de l’été 2006, pour se rendre compte que des dizaines de millions d’euros ont été investis dans la reconstruction. Nul n’a de doute quant à l’origine de la majeure partie des fonds.

Le Hamas également compte sur l’aide de l’Iran, bien que plus modeste et plus récente.

Les devises et les armes qu’il envoie en Palestine sont beaucoup moins importantes que celles que reçoit le Hezbollah, en grande partie à cause du fait qu’Israël et l’Egypte empêchent que l’arsenal des islamistes palestiniens augmente au rythme auquel peut s’alimenter celui de la milice chiite, qui profite des passages de la frontière syro-libanaise afin de se fournir en armes à faible portée.

L’aide se résume à quelques centaines de millions de dollars annuels, à quelques fusées Katiusha, et à l’entraînement de centaines de miliciens du Hamas dans des camps sur le sol iranien et libanais. Mais l’Iran est l’unique soutien important pour une organisation isolée par la quasi-totalité du monde arabe. Néanmoins, le secret est de rigueur lorsque l’on interroge les chefs du Hamas sur leurs liens avec Téhéran.

Des sources proches du mouvement fondamentaliste consultées hier assurent qu’il n’y a pas d’inquiétude au sein du leadership, même s’ils aimeraient que tout continue comme jusqu’alors. L’ex-premier ministre Moussavi ( qui reconnaît le fait historique de l’Holocauste) n’a jamais été un ami de l’Etat sioniste non plus, il décrit d’ailleurs cet Etat pendant les deux dernières décennies comme « une tumeur cancéreuse ». « La peur n’existe pas », affirme la source, « mais Ahmadinejad est une valeur sûre. Cependant, les Islamistes palestiniens, se taisent. Comme rien n’est sûr, il est préférable de ne pas sortir une parole qui pourrait ne pas plaire à Moussavi.

Le Hamas ne peut se permettre de se fâcher avec ses très rares alliés.

Même si, dans le fond, et étant données les différences entre les rivaux politiques iraniens, ils coïncident avec le président des Etats-Unis : l’accès au pouvoir en Iran du candidat appelé réformiste ne supposerait pas non plus un revirement dans les relations du régime perse avec le reste du monde, ni avec le Hamas.

Juan Miguel Muñoz

28 juin 2009
El Païs


1-5 Scénario catastrophe d'une attaque israélienne contre l'Iran.

Comme on pu l'affirmer plusieurs scientifiques de Physicians for Social Responsability , des armes conventionnelles ne peuvent être efficaces contre les installations nucléaires iraniennes et sites de stockage souterrains, tels le site d'enrichissement d'uranium de Natanz ou le site de stockage et conversion d'uranium d'Ispahan.
"Des responsables iraniens ont reconnu que le centre d'Ispahan a été spécialement conçu pour résister à toute attaque conventionnelle, faisant de lui une principale cible nucléaire.

Le site de Natanz est enterré à 18 et 23 mètres de profondeur, ce qui le rend difficile à atteindre avec des armes conventionnelles.

Pour ce scénario nous nous sommes basés sur des attaques, chacune d'elle avec des B61-11, des bombes nucléaires à pouvoir souterrain pénétrant, qui sont programmées pour une explosion de 340Kt. Les modèles météorologiques dans le HPAC ont été utilisés pour déterminer la distribution des retombées radioactives
"Selon notre carte ( ci dessus) on peut voir qu'en 48 heures, les retombées couvriraient pratiquement tout l'Iran, une grande partie de l'Afghanistan et s'étendraient jusqu'au Pakistan et en Inde.

Les retombées dues à l'utilisation d'armes nucléaires explosant en sous sol, telles les B61-11, seraient pire que celles d'une explosion en surface ou dans l'air, à cause de la poussière et des débris éjectés en plus à partir du site de l'explosion.
"Dans la zone immédiate des attaques, selon nos calculs, en 48 heures, 2.6 millions de personnes mourront.
" Dans une zone élargie, plus de 10.5 millions de personnes seront exposées à des taux de radiations significatives dues aux retombées.
" Dans l'immense zone de retombées, peut de personnes auront accès à des soins médicaux appropriés ce qui augmentera le nombre potentiel de victimes d'une attaque.
"Des études menées après l'utilisation d'armes nucléaires contre le Japon, nous savons qu'il y aurait aussi un traumatisme psychologique grave affectant les populations ce qui accroitra les risques médicaux pour les victimes de l'attaque."

Les Saoudiens prennent cette menace au sérieux. En 2008, le Saudi Shura Council - comprenant un groupe d'élite a pris des décisions pour le cercle rapproché autocrates - "préparer des plans nationaux pour s'occuper des conséquences imprévues de retombées radioactives soudaines qui pourraient toucher le royaume après l'alerte des experts d'attaques possible contre les réacteurs nucléaires de Bushehr" selon ce qui a été révélé en Septembre 2008 dans le journal principal du royaume, Okaz. Israël a également commencé à préparer ses citoyens à une exposition inévitable aux retombées radioactives.
Il semble que les US et Israël soient prêts à accepter une telle hécatombe humaine et contamination radioactive tout cela pour "envoyer un message à l'Iran" et faire plier Téhéran.

En plus de ces millions de morts, une attaque israélienne, forcement menée avec la participation des US, porterait un coup fatal à l'économie mondiale déjà mal en point, et déclencherait une nouvelle guerre mondiale, la III ème ou la IV ème( pour ceux qui considèrent que la Guerre Froide était la III ème).
Face à cette menace existentielle qui aurait des conséquence planétaires, la soit disant "pandémie de grippe porcine" apparaît comme bénigne. Mais, tout le battage médiatique fait autour d'elle ne serait -t-il pas "l'arbre qui cache la forêt" du prochain champignon nucléaire à venir ? Une manière de préparer les opinions publiques à l'instauration de l'état d'urgence dans tous les pays, de faire des exercices de défense civile, mine de rien, sans que les populations soient réellement tenues informées. Après tout, la logistique requise au niveau national pour distribuer des tablettes d'iode est la même que celle pour vacciner en masse, Non ?

21-07

Traduction – Synthèse : Mireille Delamarre:
http://www.planetenonviolence.org/Menacer-L-Iran-Si-ISRAEL-US-Irradient-L-Iran,-VOUS-Serez-Aussi-Irradies-Souvenez-Vous-De-Tchernobyl-!_a1968.html




-6 Paul Craig Roberts : Menacer L'Iran - Si Israël/Us irradient l'Iran, vous serez aussi Irradiés !

"...Une attaque israélienne contre l'Iran a des chances de provoquer des représailles que Washington utilisera pour prendre part au conflit.

Est ce que les ambitions personnelles de Rafsanjani et Mousavi, et les jeunes manifestants des classes supérieures iraniennes préparent l'Iran à la destruction ?...

La menace d'une attaque nucléaire Israël/US contre l'Iran est à prendre plus au sérieux que cette soit disant "pandémie" de grippe porcine. Et si derrière tous ces préparatifs de "pandémie" se cachait l'inavouable : prévoir la logistique d'urgence en cas de nuages radioactifs " sans frontière" venant du Moyen Orient ?

Menacer l'Iran - Un Monde Impuissant Ou Même Les US en Faillite Dominent

Quand le Japon a attaqué Pearl Harbor, le Japon n'a pas passé plusieurs années à préparer son intervention en public en faisant la démonstration de sa force pour attaquer. Le Japon, qui considérait que les US lui déniaient son rôle dans le Pacifique en entravant son accès aux matières premières et aux ressources énergétiques, n'en a pas fait un problème mondial.
De même, quand Hitler a attaqué la Russie, il n' a pas fait précéder son invasion de menaces sans fin et monter une cause publique en accusant la Grande Bretagne d'être responsable de la guerre.
Ces évènements se sont passés avant l'ère de la PSYOPS.
Actuellement, les guerres américaines et israéliennes d'agression sont précédées par des années de propagande et de réunions internationales, de sorte que, au moment ou l'attaque a lieu, c'est un évènement attendu, pas une attaque surprise monstrueuse avec son aspect d'agression brute.
Les US qui ont menacé d'attaquer l'Iran pendant des années, ont passé le relais à Israël.

Pendant ces trois dernières semaines de Juillet, le vice président américain et la secrétaire d'état ont donné le feu vert à Israël.

Israël a fait en sorte que l'on sache publiquement que ses navires de guerre passaient par le Canal de Suez en route pour l'Iran. L'Egypte, " Musulmane" est complice, ne faisant pas obstacle aux forces navales israéliennes en route pour commettre un crime de guerre selon la norme de Nuremberg, que les US ont imposé au monde entier.
Au moment ou l'attaque se produira ce sera déjà de l'histoire ancienne, un évènement attendu, et, de plus, un évènement justifié par des années de propagande pour affirmer la perfidie de l'Iran.
Israël a l'intention de dominer le Moyen Orient.

Le but d'Israël c'est d'incorporer toute la Palestine et le Sud Liban dans le "Grand Israël".

Les US ont l'intention de dominer le monde entier, décidant qui dirige quels pays, et contrôlant les approvisionnements en ressources.
Les US et Israël ont des chances de réussir, car ils ont une PSYOPS efficace. La plupart du temps, les médias mondiaux suivent les médias US, qui suivent les directives données par les gouvernements US et d'Israël.

En fait, les médias américains font partie de la PSYOPS des deux pays.
Selon un article de Thierry Meyssan publié dans le journal suisse, Zeit- Fragen, la CIA a utilisé le système de SMS ou message texte et Twitter pour répandre de la désinformation sur l'élection iranienne, dont la fausse information que le Conseil des Gardiens avait annoncé à Mousavi qu'il avait gagné l'élection. Quand les vrais résultats ont été annoncés, la réélection d'Ahmadinejad est apparue comme frauduleuse.
Le sort de l'Iran est en jeu. Une hypothèse raisonnable qu'on peut avancer et examiner c'est de savoir si Rafsanjani et Mousavi sont de mèche avec Washington pour prendre le pouvoir en Iran.

Tous deux ont perdu dans la compétition pour le pouvoir en Iran. Pourtant, Tous deux sont égoïstes et ambitieux. La Révolution iranienne de 1979 ne veut probablement rien dire pour eux sauf d'être une opportunité pour asseoir leur pouvoir personnel. La façon dont l'Occident a toujours contrôlé le Moyen Orient c'est en achetant les politiciens qui ne sont pas au pouvoir et en les soutenant pour renverser les gouvernements indépendants. On le voit aussi aujourd'hui au Soudan.
Dans le cas de l'Iran, il y a un élément en plus qui pourrait faire que Rafsanjani s'aligne sur Washington. Le Président Ahmadinejad a attaqué l'ancien président Rafsanjani, l'une des plus riches personnes en Iran, comme étant corrompu. Si Rafsanjani se sent menacé par cette attaque, il ne lui reste que peu de choix si ce n'est celui de renverser le gouvernement actuel. Cela fait de lui l'homme parfait pour Washington.
Peut être il y a t-il une meilleure explication de la raison pour laquelle Rafsanjani et Mousavi, deux membres hauts placés de l'élite iranienne, ont choisi de continuer leurs allégations de fraude électorale qui a joué en faveur de Washington en remettant en cause la légitimité du gouvernement iranien. Un tel coût ne peut être lié au poste de président puisque la présidence iranienne ne possède pas de pouvoir décisionnel.
Sans Rafsanjani et Mousavi, les médias US n'auraient pas pu orchestrer la propagande d'une élection iranienne "volée", un montage que le gouvernement US a utilisé pour isoler encore plus et discréditer le gouvernement iranien, faisant en sorte qu'il soit plus facile d'attaquer l'Iran. Normalement, des membres bien placés de l'élite n'aident pas les ennemis étrangers pour préparer une attaque contre leur pays.
Une attaque israélienne contre l'Iran a des chances de provoquer des représailles que Washington utilisera pour prendre part au conflit. Est ce que les ambitions personnelles de Rafansajani et Mousavi, et les jeunes manifestants des classes supérieures iraniennes préparent l'Iran à la destruction ?
Consulter une carte et vous verrez que l'Iran est entourée d'une douzaine de pays qui abritent des bases militaires US. N'y a t-il personne en Iran pour croire que l'Iran est sur le point de devenir un autre Irak, Afghanistan, et Pakistan, finalement dirigée par des compagnies pétrolières et une marionnette américaine ?
Les Russes et les Chinois sont hors jeu à cause d'interventions US réussies dans leurs sphères d'influence, dans l'incertitude des menaces et des réponses. La Russie aurait pu empêcher l'attaque à venir contre l'Iran, mais, Washington ayant fait pression, la Russie n'a pas livré les systèmes de défense missiles anti missiles achetés par l'Iran. La Chine souffre de ses propres maux liés à son ascension économique, et est sur le point de perdre ses investissements dans le secteur énergétique en Iran à cause de l'agression US/Israël. La Chine financent les guerre d'agression des US par des prêts et la Russie aide même les US à installer un gouvernement fantoche en Afghanistan, ouvrant ainsi l'Asie Centrale à l'hégémonie US.
Le monde est si impuissant que même en faillite les US peuvent lancer une nouvelle guerre d'agression, et la faire accepter comme un acte glorieux de libération pour la défense des droits des femmes, de la paix et de la démocratie.
Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts a été assistant secrétaire au trésor dans l'Administration Reagan. Il est co auteur du livre "The Tyranny of good Intentions".

20/07/09

www.counterpunch.org

http://www.planetenonviolence.org/Menacer-L-Iran-Si-ISRAEL-US-Irradient-L-Iran,-VOUS-Serez-Aussi-Irradies-Souvenez-Vous-De-Tchernobyl-!_a1968.html 


1-7 Kaveh L Afrasiabi : Renforcement de la coopération militaire Iran-Russie.

Les Etats Unis aimeraient considérer la Russie comme un partenaire stratégique lorsqu'il s'agit de l'Iran. En réalité, les tensions géostratégiques entre Washington et Moscou restent suffisamment puissantes pour nécessiter une approche commune de la Russie et de sa voisine à l'Est, l'Iran, en matière de stratégie de dissuasion à l'égard d'une superpuissance occidentale intrusive.
Cette semaine, un signal petit mais significatif s'est manifesté lors d'exercices militaires conjoints Russie - Iran en Mer Caspienne impliquant 30 navires de guerre. Cela a été en partie dissimulé sous un prétexte environnemental mineur.
La manoeuvre, intitulée " Regional Collaboration for a Secure and Clean Caspian" ( Collaboration Régionale pour une Caspienne Sûre et Propre) inclut des objectifs à la fois sécuritaires et maritimes en Mer Caspienne, le lac le plus étendue du monde et aussi une zone riche en ressources énergétiques donnant lieu à diverses initiatives pour le transport de ces ressources. C'est le signal d'une nouvelle tendance dans la coopération militaire Russie-Iran.
Elle va certainement se développer à court et moyen terme à cause du statut d'observateur de l'Iran au sein de la Shangai Coopération Organisation (SCO). L'actuel blocage en ce qui concerne le programme nucléaire de l'Iran devrait avoir un impact sur le réchauffement de ces relations.
La volonté de l'Iran de se joindre à ces exercices représente un volte face complet de ce qui s'était passé il y a 7 ans. En Mai 2002, Téhéran avait réagi vigoureusement à un exercice militaire russe en Mer Caspienne - qui s'était déroulé juste après un sommet infructueux - en refusant même d'envoyer un observateur militaire à la manoeuvre.
Malgré tous les hauts et les bas des relations Iran -Russie depuis, le poids des considérations géopolitiques et géo - économiques pour les deux pays a fait qu'ils se sont de plus en plus orientés vers une coopération, au grand dam de Washington qui essaie par tous les moyens d'isoler L'iran "en voie de nucléarisation".
Au moment où Moscou estime son pouvoir sapé par les projets de pipeline soutenus par les US dans la région, de même que déçu par l'absence de compromis de l'Administration Obama en ce qui concerne l'installation programmée d'un bouclier anti missile en Europe de l'Est, l'intention de Moscou d'intensifier ses relations militaires avec Téhéran est calculée. Le signal envoyé à Washington c'est que la Russie ne tolère aucun scénario direct ou indirect de "changement de régime" en ce qui concerne l'Iran, un pilier majeur du sentiment anti US dans la région.
Les exercices militaires de deux jours dans la région sont observés attentivement par les autres états du littoral dans la région - Azerbaïdjan, Turkmenistan, et Kazakhstan - de même que par les pays voisins dans le Caucase et en Asie Centrale, certains étant alignés sur l'Occident et craignant un accroissement des liens militaires Russie-Iran.
Si la Russie remplit sa promesse d'activer la centrale nucléaire de Bushehr qu'elle a aidé à construire en Iran et dont la mise en service à longtemps été retardée, une grande partie des malentendus iraniens concernant la Russie vont disparaître. Après tout, la Russie est le seul partenaire nucléaire de l'Iran et le Président russe, Dmitry Medvedev, a ouvertement repoussé la tentative d'Obama lors de sa récente visite à Moscou de lier le nouveau traité sur la limitation des armements avec la question de nouvelles sanctions contre l'Iran.Ce n'est donc pas surprenant que, la veille de l'exercice militaire conjoint Russie -Iran, la secrétaire d'état US, Hillary Clinton, a manifesté une approche US plus dure envers l'Iran en déclarant catégoriquement que les US étaient opposés à ce que l'Iran possède un programme "d'enrichissement complet d'uranium" alors même que cela est autorisé dans les articles du TNP dont l'Iran est signataire. La déclaration de Clinton est à l'opposé de celle qu'Obama a faite lors de sa visite à Prague, quand il a dit que les US était prêts à accepter le programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran à condition qu'il soit sous contrôle total de l'AIEA.
Le fossé entre Moscou et Washington concernant l'Iran est entrain indiscutablement de s'élargir, et cela aura certainement un impact sur les plans de l'Administration Obama concernant de nouvelles sanctions sévères en fin d'année. Téhéran a déjà subi plusieurs vagues de sanctions de l'ONU, de même que celles imposées unilatéralement par les US à cause de son programme nucléaire.
Le secrétaire à la défense US, Robert Gates, lors d'une visite en Israël cette semaine, a dit à ses hôtes qu'il gardait "espoir" en ce qui concerne le dialogue de l'Administration US avec l'Iran dans les prochains mois, laissant entendre qu'il y aurait probablement une date butoir pour ce "dialogue", qui agace Israël de même que certains pays arabes modérés.
Comparées aux hypothétiques discussions US-Iran, les relations entre la Russie et l'Iran se rapprochent d'une lune de miel sur la base de considérations géostratégiques. La manoeuvre conjointe dans la Caspienne pourrait se révéler être un point de départ pour une collaboration militaire plus soutenue entre les flottes russes et iraniennes, tout particulièrement si Moscou met de côté son refus précédent d'autoriser de nouveaux navires de guerre iraniens à entrer en Mer Caspienne via le Canal de la Volga.
Les voisins de la Russie situés sur le pourtour de la Mer Caspienne - en particulier l'Azerbaïdjan - pourraient ne pas l'apprécier car il existe une dispute entreTéhéran et Baku à propos d'un champ de pétrole en Caspienne. Néanmoins, l'impératif d'une coopération Russie-Iran pour faire face à une influence occidentale impose qu'il y ait un renforcement de la présence navale de l'Iran en Mer Caspienne.
Une question importante se pose concernant les ramifications possibles d'une coopération rapprochée militaire Russie -Iran sur le blocage concernant la propriété de la Mer Caspienne. La plupart de la Caspienne est déjà découpée par des accords bilatéraux et trilatéraux, impliquant la Russie, l'Azerbaïdjan et le Kazakhstan. L'Iran reste insatisfaite du manque de coopération de la Russie sur cette question.Cela a d'une certaine façon été compensé par le fait que les deux pays ont accepté l'utilisation conjointe de la surface de la Mer Caspienne, qui remonte à un accord de 1921 dit Accord d' Amitié Russie -Iran. Ce pacte est la base légale de la coopération navale actuelle entre les deux pays.
Cependant, le sentiment dominant en Iran c'est que Moscou doit faire quelques concessions à l'Iran su le problème épineux de l'autorité légale sur la Caspienne afin d'obtenir la confiance totale de l'Iran. Même les responsables iraniens en charge des affaires de la Caspienne ne savent pas exactement ce que la Russie peut faire à propos de cette situation qui dépend partiellement de l'attitude des autres états du littoral de la Caspienne.
Accuser la Russie du blocage concernant les droits légaux sur la Caspienne est le passe temps favori de certains réformistes en Iran qui éprouvent du ressentiment à l'égard de Moscou à cause de l'acceptation rapide après l'élection du 12 Juin de la victoire du Président Mahmoud Ahmadinejad. De telles critiques doivent être atténuées par un raisonnement à froid sur les limites de l'influence de la Russie sur ses voisins du littoral Caspien qui se sont partagés entre eux la mer intérieure.
Autre question soulevée par les manœuvres, cette fois en lien avec le Golfe Persique considéré comme de facto un "lac américain" où la France est entrée en scène par un accord avec les Emirats Arabes Unis d'installation d'une base permanente. La faible réponse de l'Iran à l'arrivée de la France, inexcusable selon les normes de politique étrangère iranienne, pourrait être rééquilibrée par des exercices identiques militaires Russie-Iran dans le Golfe Persique.

*Kaveh L Afrasiabi, PhD, est l'auteur de "After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy (Westview Press). Son dernier livre, "Reading In Iran Foreign Policy After September 11 (BookSurge Publishing , October 23, 2008)" est disponible.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkuApZZZkZNZNHHlne.shtml 


1-8 Gareth Porter : Iran-Irak-USA : Un Rapprochement Progressif,Ténu, Iran Irak aux dépens des Américains.

Récemment, 5 Iraniens détenus sous un faux prétexte pendant deux ans et demi par l'armée d'occupation US en Irak ont été libérés, une information passée sous silence par les medias occidentaux.

Pourtant cette libération met en lumière le conflit croissant entre les US et le gouvernement irakien de Maliki concernant les relations stabilisatrices et de bon voisinage Irak Iran, ce dernier supplantant progressivement les US pour assurer la protection du régime de Maliki.

Les Iraniens libérés mettent en lumière le conflit entre l'Irak et les US

La libération vendredi (10 juillet ndlt) de 5 Iraniens détenus pendant deux ans et demi par l'armée américaine en Irak fournit un éclairage sur le conflit sousjacent durable entre les US et les positions irakiennes concernant la politique iranienne vis à vis de l'Irak et le rôle du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique ( IRGC) dans ce pays.
Pour l'administration Obama de même que pour celle de Bush qui l'a précédée, les détenus iraniens sont devenus les symboles de l'insistance de Washington à accuser l'Iran de s'efforcer, via l' IRGC, de déstabiliser le régime irakien.
Mais des hauts responsables shi'ites et kurdes du gouvernement du premier ministre irakien, Nuri al-Maliki, n'ont jamais partagé ce point de vue américain sur l' IRGC ou le rôle iranien. Ils ont agi considérant que l'Iran était intéressé par le maintien d'un régime shi'ite ami au pouvoir en Irak.
Le porte parole du département d'état US, Ian Kelly, s'est inquiété du fait que les cinq détenus iraniens libérés étaient " associés" aux forces Quds du IRGC et pourraient mettre en danger les troupes US en Irak.
L'idée que les forces Quds participaient à une "guerre de proxy" contre les US et les forces irakiennes a servi de justification à la décision prise par l'administration Bush fin 2006 de cibler tout iranien trouvé en territoire irakien comme pouvant probablement avoir un lien avec l' IRGC.
3 des 5 détenus iraniens, qui ont été raflés lors d'un raid en janvier 2007 travaillaient dans un bureau de liaison iranien qui fonctionnait dans la capitale du Kurdistan irakien Irbil. L'armée US, reconnaissant qu'elle avait en fait peu d'information sur les iraniens capturés, a dit qu'ils étaient " suspectés d'êtres étroitement liés à des activités visant les forces irakiennes et de la coalition."
Le ministre des affaires étrangères kurde, Hoshyar Zebari, a essayé de faire comprendre aux responsables US que les Iraniens capturés à Irbil ne faisaient pas parie d'un "réseau clandestin" mais travaillaient à la délivrance de visas et d'autres papiers administratifs nécessaires aux Irakiens pour voyager en Iran. Zebari a expliqué qu'ils travaillaient pour l'IRGC car c'est l'IRGC qui est responsable du contrôle des frontières de l'Iran.
Après que Mahmoud Farhadi ait été kidnappé par l'armée américaine dans un hôtel de la ville kurde de Suleimaniya en Septembre 2007, un porte parole de l'armée US avait affirmé de façon spectaculaire que Farhadi était un commandant de l'IRGC responsable pour toutes les opérations iraniennes à l'intérieur de l'Irak.
Les responsables kurdes ont reconnu l'affiliation de Farhadi avec l'IRGC, mais Jalal Talabani le président kurde de l'Irak a publiquement confirmé que Farhadi était un responsable civil de la province iranienne voisine de Kermanshash " en mission commerciale, le gouvernement fédéral de Bagdad et le gouvernement de la province du Kurdistan étant au courant."
Bien que Farhadi ait effectivement été commandant militaire à une époque, les Kurdes ont fait remarquer qu'il ne remplissait plus que des fonctions civiles.
Les responsables iraniens ont également rejeté l'idée que les forces Quds de l'IRGC étaient elle-mêmes hostiles au régime irakien. Ils avaient des relations personnelles avec le commandant des forces Quds, le Brigadier Général Qassem Soleimani, et ils ont reconnu que ce dernier avait des liens avec toutes les factions Shi'ites en Irak.
Ils savaient que l'Iran avait formé des officiers de l'Armée Madhi du nationaliste Shi'ite, le religieux Muqtada al-Sadr, et avait fourni un soutien financier à Muqtada. Mais ils pensaient que le but de cette relation s'était d'exercer de l'influence sur Sadr pour maintenir la paix et la stabilité.
Après que Muqtada ait déclaré un cessez le feu unilatéral fin Août 2007, le régime de Maliki, incluant le ministre kurde des affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré publiquement et en privé aux responsables de l'administration Bush que l'Iran avait utilisé son influence sur Sadr pour obtenir de lui qu'il accepte un tel cessez le feu. Ils ont utilisé cet argument pour faire pression sur l'administration Bush afin qu'elle libère les détenus iraniens.
Même l'administration Bush elle-même était profondément divisée sur l'argument du gouvernement irakien que l'influence de l'Iran sur Sadr était bénéfique. Le Département d'état était enclin à accepter l'argument irakien et en privé a poussé à la libération des 5 détenus iraniens à l'automne 2007.
En Décembre 2007, le coordinateur pour l'Irak au sein du Département d'Etat, David Satterfield, est même allé jusqu'à reconnaitre publiquement que le cessez le feu de Sadr " devait être attribué à une décision politique iranienne"
Mais le Gl Davis Petraeus, le commandant en chef US en Irak, s'est fortement opposé à cette conclusion, insistant sur le fait que c'était les opérations militaires US contre l'armée de Muqtada al Sadr qui avait engendré le cessez le feu. Le débat interne a été résolu en faveur de Petraeus, et les 5 Iraniens n'ont pas été libérés.
Tout une série d'évènements survenus en 2008 ont montré néanmoins que le régime irakien était bien plus à l'aise en s'appuyant sur les relations personnelles avec les forces Quds que sur la puissance militaire US pour s'occuper du problème de l'Armée du Mahdi.
Premièrement, Maliki a refusé en Mars de permettre aux forces terriennes US de participer à une opération contre l'armée du Madhi à Basra. Puis, alors que les combats étaient engagés peu de temps après, le gouvernement irakien s'est adressé au commandant iranien des forces Quds, le Gl Qassem Soleimani, pour faire pression sur Muqtada et obtenir un cessez le feu à Basra seulement quelques jours après une bataille importante dans cette ville.
Le président irakien, Talabani, a rencontré Soleimani le 28-29 Mars 2008 à un poste frontalier Iran Irak et lui a demandé de stopper les combats à Basra. Soleimani est intervenu pour obtenir un cessez le feu en 24 heures, selon un article des journaux McClatchy du 28 Avril 2008.
Et, lors d'une deuxième rencontre quelques jours plus tard, révélée par Scott Peterson du Christian Science Monitor du 14 Mai 2008, Soleimani a appelé Sadr la plus grande menace pour la paix en Irak. Le commandant des forces Quds s'est engagé à soutenir le régime de Maliki et a fait référence à des " buts communs avec les Etats Unis".
Dans un geste à l'égard de Washington, Soleimani a demandé à Talabani de dire à Petraeus que son portefeuille incluait non pas seulement l'Irak mais aussi Gaza et le Liban, et qu'il était prêt à envoyer une équipe à Bagdad pour "discuter de tout problème" avec les US.
Petraeus a refusé de parler avec Soleimani, selon le compte rendu de Peterson, la raison supposée c'est que son offre faisait partie d'une tentative de l'Iran pour devenir celui " qui, indispensable, détient les clés du pouvoir" en Irak et par conséquent établir une influence iranienne dans ce pays.
Mais Petraeus a compris que Soleimani détenait effectivement une telle position de pouvoir en Irak comme arbitre entre les factions Shi'ites. Petraeus a dit à la journaliste et auteur Linda Robinson : " le niveau de leur participation, leur rôle central, devraient offrir à chacun une pose". "Pendant cette épisode l'importance de leur emprise est apparue de manière saisissante."
Fin Avril, Petraeus a essayé de faire en sorte que le régime de Maliki endosse un document qui détaillait les efforts iraniens pour "fomenter de l'instabilité" en Irak. Mais au lieu de cela la délégation du gouvernement irakien est revenue d'Iran début Mai en disant qu'ils avaient vu des preuves allant à l'encontre des accusations portées par les US.
Puis, Maliki a de nouveau utilisé Soleimani pour obtenir un accord avec Muqtada pour mettre fin à une campagne militaire importante dans Sadr City juste avant que les US n'y lance une vaste opération terrestre mais aussi pour autoriser les troupes gouvernementales à patrouiller dans l'ancien bastion de l'armée du Madhi.
En quelques semaines le pouvoir de l'armée du Madhi avait commencé à visiblement s'éclipser. On ne voyait plus les membres de la milice dans Sadr City venir chercher leurs paies et l'armée irakienne occupait le QG de l'armée du Madhi dans un quartier.
Le régime de Maliki a vu que Soleimani avait tenu parole. Maliki a commencé alors à appeler au retrait de toutes les troupes US d'ici fin 2010. Il a choisi de dépendre de l'influence iranienne plutôt que de la protection des US.
Néanmoins, l'armée US a continué à faire comme si elle repoussait l'influence iranienne en Irak.

Le successeur de Petraeus, le Gl Ray Odierno, continue de dénoncer périodiquement l'aide de l'Iran aux insurgés.
Gareth Porter. Inter Press Service - 14/07/09
Gareth Porter est un historien d'investigation et un journaliste spécialisé dans la politique sécuritaire nationale US. La dernière édition de son dernier livre " Perils of Dominance: Imbalance of Power and the Road to War in Vietnam" a été publié en 2006.

Samedi 18 Juillet 2009

Titre introduction traduction Mireille Delamarre

http://www.planetenonviolence.org/Iran-Irak-USA-Un-Rapprochement-Progressif,Tenu,-Iran-Irak-Aux-Depens-des-Americains_a1965

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