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23/08/2009

n° 283 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire d'Afghanistan - 10-08 au 21-08-:Fin :-Débâcle pour l''Otan qui souhaite porter les forces afghanes à 400.000 hommes.

n° 283 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire  d'Afghanistan - 10-08 au 21-08-:Fin  :-Débâcle pour l''Otan qui souhaite porter les forces afghanes à 400.000 hommes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.


Journal de la Lutte pour la libération du territoire  d'Afghanistan

n° 283 - du 10-08 au 21-08

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

3 Dossiers

3-6 Elections présidentielles.

1 Quelques clés pour comprendre l'Afghanistan.

2 Les élections débutent.

3 Amin Wardak : une élection présidentielle symbolique.

4 La morne campagne de Hamid Karzaï.

5 Karzaï défend ses alliances avec les chefs de guerre.

6 Kathy Gannon : Le sud: région clé pour les élections. 

7 Spencer D. : Elections corrompues .

8 L'hypothèse d'un 2nd tour à la présidentielle afghane progresse.


3-6 Elections présidentielles.

1 Quelques clés pour comprendre l'Afghanistan.

Le scrutin

17 millions d’électeurs afghans sont appelés jeudi 20 août à désigner un nouveau président, pour la deuxième fois dans l’histoire de l’Afghanistan, ainsi que 420 conseillers qui siégeront dans les conseils des 34 provinces.
6 000 à 7 000 bureaux de vote devraient être ouverts, selon les autorités.
250 000 observateurs, dont 10 % d’indépendants, doivent surveiller le déroulement des élections et empêcher les fraudes.

La situation sociale

L’Afghanistan a l’un des indices de développement les plus bas au monde : il est à la 174e place sur 178 pays dans l’Indice de développement humain du Pnud de 2007.
D’après l’Évaluation du risque et de la vulnérabilité nationale (NRVA) afghane 2007, 45 % de la population ne se nourrit pas selon ses besoins et 31 % dispose de l’eau potable.

Les ethnies

La population afghane est évaluée à 31,9 millions d’habitants, d’après les estimations de la CIA.
Majoritairement sunnite, elle est divisée entre plusieurs groupes ethnolinguistiques : les Pachtouns (38 %), les Tadjiks (28 %), les Hazaras (19 %), les Ouzbeks (6 %), les Aïmaqs (3,7 %) les Turkmènes (1,4 %), les Brahouis (1 %), les Baloutches (0,5 %), les Nouristanis (0,5 %). S’y ajoute une trentaine de petites ethnies, comme les Arabes, les Ashkun, les Mongols ou les Ouïgours.
Les trois plus importantes ethnies représentent 90 % de la population.
Les Pachtouns vivent dans l’Est et le Sud. Ces montagnards, soucieux de leur indépendance, peuplent les zones tribales frontalières avec le Pakistan. Les cadres résistants appartiennent à cette ethnie.
Les Tadjiks, persophones, sont regroupées à l’ouest et dans les montagnes du Nord-Est, à proximité du Tadjikistan. Le commandant Massoud, tué par les résistants en 2001, était tadjik.
Les Hazaras vivent dans le centre. Bien qu’apparentés aux Aïmaqs sunnites, ils sont chiites, ce qui leur vaut d’être menacés par les Pachtouns.


2 Les élections débutent.

Des attaques sporadiques se sont produites en Afghanistan, où les bureaux de vote ont ouvert pour des élections présidentielle et provinciales très attendues …

Les Nations unies ont cependant estimé que les premiers signes de la participation étaient encourageants, malgré les incidents signalés en divers endroits du pays.

"La grande majorité des bureaux de vote ont pu ouvrir et ont reçu les matériels de vote", a déclaré le porte-parole de la mission de l'Onu à Kaboul, Alim Siddique.

"Il y a eu un certain nombre d'attaques, particulièrement dans le sud et l'est du pays. Mais nous voyons des files d'attente se former dans les bureaux de vote dans le Nord, dans la capitale, ainsi que - c'est encourageant - dans l'Est", a-t-il ajouté.

Dans la capitale, Kaboul, les commerces ont été fermés et de nombreux renforts de police ont fouillé les véhicules dans les rues.

Reuters

20/08/2009


3 Amin Wardak : une élection présidentielle symbolique.

Extrait (plausible)

Pour l’ancien commandant afghan, Amin Wardak, réfugié en France, la guerre n’est pas celle des Afghans mais celle des puissances étrangères aux intérêts parfois contradictoires

Amin Wardak : En 2004, j’avais dénoncé une élection présidentielle symbolique. Aujourd’hui, le pouvoir en Afghanistan est aux mains de trois groupes : le premier, celui des anciens communistes, le second, celui d’une partie des anciens chefs de la résistance anti-soviétique tel que les fondamentalistes Gulbuddin Hekmatyar, Rasoul Sayyaf et les gens du parti du commandant Massoud, ils appartiennent à la mouvance des frères musulmans. Douze gouverneurs sur 34, et 6 ministres appartiennent au Hezb-e-Islami, le parti de Hekmatyar, allié d’Al-Qaida, qui règne sur 360 des 398 districts du pays.

Enfin, le troisième groupe au gouvernement est constitué de technocrates alliés de l’Occident, corrompus.

Comment expliquez-vous l’échec de la communauté internationale à ramener la paix malgré la présence sur le terrain de milliers de militaires ?

 Amin Wardak : Neutraliser le mollah Omar, Oussama Ben Laden, Gulbuddin Hekmatyar, n’est pas leur objectif, sinon comment expliquer qu’avec les moyens dont dispose la coalition, elle n’ait pas réussi à les atteindre ?

Cette guerre n’est pas militaire, mais stratégique. Ce qui explique la présence de huit grands pays, les États-Unis, la Grande- Bretagne, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Russie et l’Iran.

Chacun a une stratégie dictée par ses intérêts propres, qui peuvent être contradictoires.

Le gouvernement et les chefs de guerre ont bien compris les avantages qu’ils pouvaient tirer des uns et des autres.

La guerre en Afghanistan n’est pas la guerre des Afghans, mais celle du Pakistan contre l’Inde, de l’Iran contre l’Arabie saoudite, de l’Europe contre l’Amérique, de la Russie contre la Chine.

Aucun des objectifs fixés par la conférence de Bonn, en 2001, – lutte contre la corruption, démocratie, paix et combat contre la drogue –, n’a été rempli.  

19/08/
Recueilli par Agnès ROTIVEL


4 La morne campagne de Hamid Karzaï.

Hamid Karzaï ne remplit pas les stades.

Plusieurs tribunes de celui de Kaboul sont restées vides, vendredi dernier, lors du meeting du président afghan. Précédé d’un lâcher de colombes, Hamid Karzaï est arrivé avec deux heures de retard. Il a enlevé sa traditionnelle cape verte et s’est emparé du micro : «Depuis sept ans, le pays a progressé sur la voie de la paix et de la fraternité. Si vous votez pour moi, je vous promets que votre vie s’améliorera.» Dix minutes plus tard, le candidat à sa réélection et ses gardes du corps repartaient. Dans la tribune présidentielle, alors que les tireurs d’élite rangeaient leurs fusils, Khonamali, 22 ans, soupirait : «Il fait beaucoup de promesses mais je ne sais vraiment pas s’il va les tenir. Je voulais voter pour lui, je commence à hésiter.»

A une semaine des élections présidentielle et provinciales, Karzaï reste le grand favori. Mais le président sortant a raté sa campagne. Alors que son portrait est à chaque coin de rue, il n’a fait que quatre grands meetings et a refusé de participer à un débat télévisé avec ses principaux rivaux, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani. Retranché dans son palais présidentiel, il a multiplié les rencontres et les tractations avec les gouverneurs, les chefs de clans et les leaders communautaires. «Au lieu de s’adresser directement aux Afghans, il a tenté d’étendre son réseau d’alliances en négociant avec les gens d’influence», explique Haroun Mir, analyste au Centres de recherches et d’études politiques afghan. Une stratégie efficace pour gagner les voix des villages, où les chefs locaux donnent des consignes de vote.

Ferveur. Mais la méthode a exaspéré beaucoup de Kaboulis. «Avant le début de la campagne, je pensais voter pour Karzaï. Il est au pouvoir depuis sept ans, il a de l’expérience. Mais je ne l’ai jamais vu ou même entendu. Alors, même si je suis persuadé que ce n’est pas le meilleur choix pour le pays, j’ai décidé de voter pour Abdullah Abdullah», explique, sous couvert d’anonymat, un entrepreneur de la capitale afghane.

Premier adversaire du président sortant, Abdullah Abdullah a vu sa cote de popularité s’envoler à mesure que la campagne avançait. Depuis le 20 avril, ce proche du commandant Massoud a tenu des meetings presque chaque jour. Sillonnant le pays dans un vieil hélicoptère russe ou dans un Antonov, il a fait des discours dans quasiment toutes les provinces, y compris les plus dangereuses. «Il s’est pris au jeu de la campagne présidentielle», sourit un diplomate occidental. Au fil des jours, Abdullah Abdullah a suscité une ferveur que personne n’avait imaginée. A Ghôr une province de l’ouest du pays, il lui a fallu plus d’une demi-heure pour parcourir les 100 mètres qui séparaient son avion de l’estrade où il venait de faire son discours. Des dizaines d’Afghans couraient et s’agrippaient aux 4x4 du convoi du candidat. Debout au milieu de tourbillons de poussière, Abdullah Abdullah serrait des mains à travers le toit ouvrant de sa voiture.

Ces scènes ont convaincu son entourage que la victoire était acquise. Abdul Sattar Murad, son directeur de campagne, a déclaré que seule la fraude pourrait donner un second mandat à Hamid Karzaï. «Si le président sortant remporte le scrutin, les supporteurs d’Abdullah Abdullah descendront dans la rue», a-t-il prévenu. Ces déclarations, démenties par le candidat, inquiètent les représentants de la communauté internationale. «C’est le scénario noir, explique le diplomate occidental. Tout le monde est armé ou peut trouver facilement une kalachnikov, même à Kaboul. Il suffirait d’un incident durant une manifestation pour que le pays s’enflamme. L’élection doit absolument être crédible et représentative. Il y aura des fraudes, nous le savons, mais elles doivent rester limitées.»

Cartes électorales. Selon la Fondation d’Afghanistan pour des élections libres et justes, 20 % des cartes électorales distribuées cette année ont été données à des mineurs ou à des Afghans qui étaient déjà inscrits. A Kaboul, dans le quartier pauvre de Qalahi Zamankhan, Kadiatullah, un lycéen de 18 ans, reconnaît qu’il a trois cartes : «Je me suis inscrit à la mosquée et dans deux écoles. Personne n’a vérifié. Tous mes amis ont plusieurs cartes.» D’autres, à l’inverse, n’ont pas pu s’inscrire. En Kapisa, au nord-est de Kaboul, les responsables du conseil provincial estiment qu’une majorité des habitants de trois des sept districts de la province ne sont pas enregistrés, faute de sécurité pour aller jusqu’aux bureaux d’inscription. Mohammad Sharif, lui, habite à Kaboul, dans le quartier de Yaketout, sur la route qui mène à Jalalabad. «C’est une honte. Ma maison est à 8 kilomètres du palais présidentiel et je ne pourrai même pas voter. Personne n’est venu nous voir pour nous distribuer les cartes électorales. J’ai averti le président du district et le chef de la police, mais ça n’a servi à rien.» Mohammad Sharif ne dit pas s’il prendra les armes en cas de victoire de Karzaï. Mais d’ores et déjà, pour lui, la présidentielle est tout sauf crédible et représentative

LUC MATHIEU

13/08/2009

http://www.liberation.fr/monde/0101585006-la-morne-campagne-de-hamid-karzai?xtor=EPR-450206


5 Karzaï défend ses alliances avec les chefs de guerre.

Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le ‘président’ sortant Hamid Karzaï a justifié dimanche sa politique controversée d'alliances avec les chefs de guerre par la defense de l'intérêt national et la paix, lors de son premier débat télévisé à quatre jours des élections présidentielle et provinciales.

"J'ai défendu l'intérêt national, l'unité. Je l'ai fait (...) pour protéger l'Afghanistan et mettre fin à la guerre. Je ferai de même jusqu'à ce que j'arrive à ramener la paix totale dans le pays", a déclaré M. Karzaï au cours de ce débat, qui l'a opposé pendant une heure et demie à deux de ses principaux rivaux, ses anciens ministres Ashraf Ghani et Ramazan Bashardost.

M. Karzaï, mis en place par l'Occident en 2001 puis élu en 2004, est critiqué pour avoir scellé des alliances avec des chefs de guerre accusés de crimes entre 1992 et 2001, voire aujourd'hui encore, pour s'assurer le vote de leurs communautés à l'élection présidentielle de jeudi.

Ses deux adversaires n'ont pas manqué de le lui rappeler.

"Je n'ai pas passé d'accord avec un seul chef de guerre, n'ai pas offert de ministère, de poste de gouverneur ou de partie de l'Afghanistan à un seul d'entre eux", a souligné l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani.

"Les chefs de guerre ont aujourd'hui le rôle principal dans la campagne (de Karzaï, ndlr), l'un des leurs en est même le vice-président, et cela, le peuple d'Afghanistan ne peut l'accepter", a déclaré l'ancien ministre du Plan Ramazan Bashardost.

Il faisait allusion au chef de guerre tadjik Mohammad Qasim Fahim, colistier de Karzaï, accusé de crimes par des organisations de defense des droits de l'Homme.

"Si un seul de ces chefs de guerre a oppressé le peuple" depuis trente ans, "sa présence au gouvernement est inacceptable", a ajouté M. Bashardost

"Si je mentionne des noms, cela va se finir en combats de bouteilles", a-t-il poursuivi à propos du gouvernement Karzaï et sous les rires, en référence à certains débats houleux ces dernières années au parlement afghan, où les adversaires se sont envoyés des bouteilles d'eau minérale à la figure.

"Je me présente à nouveau car j'ai acquis de l'expérience", mais "malgré d'important progrès, le pays est toujours confronté à d'énormes problèmes", avait auparavant déclaré M. Karzaï. "J'ai la tolérance et la vision", a-t-il affirmé, en mettant en avant les progrès faits ces dernières années notamment en matière d'éducation, d'emploi et d'économie.

M. Bashardost a répondu que la croissance économique revendiquée par M. Karzaï était principalement nourrie par la drogue.

Le président a réaffirmé son souhait d'un changement de la stratégie internationale pour éviter les victimes civiles dans les combats, ce qu'il demande en vain depuis plusieurs années à ses alliés étrangers.

L'économiste Ghani a de son côté mis en avant la qualité de son programme de développement "sur 10 ans, sur 20 ans" et son expérience internationale.

Selon un sondage publié vendredi par un institut américain, M. Karzaï serait en tête au premier tour de la présidentielle le 20 août, avec 44% des intentions de vote, devant son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah (26%), suivi de Ramazan Bashardost (10%) et Ashraf Ghani (6%).

Abdullah Abdullah n'était pas présent au débat de dimanche, pour une raison qui n'a pas précisée.

18/8

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jSjdOje4ntCSMw8_cFkSEfxaMRLw


6 Kathy Gannon : Le sud: région clé pour les élections. 

 Malgré la présence de plus de 100.000 soldats étrangers en Afghanistan, les résistants, selon des habitants de Kandahar, vont et viennent en toute impunité dans les faubourgs nord et sud de la ville. 

Centre du déploiement cette année de 21 000 soldats américains supplémentaires, le sud de l'Afghanistan est la région sur laquelle repose, aux yeux de beaucoup, la légitimité des scrutins présidentiel et provinciaux de demain, dépendants de la participation électorale.

Mais c'est aussi la zone où les résistants disposent de leurs plus fortes infrastructures avec, au-delà des combattants, un gouvernement de l'ombre comprenant un système judiciaire et des gouverneurs nommés par leurs soins.

Nombre des «institutions» résistantes sont considérées comme moins corrompues et plus efficaces que le gouvernement afghan. Les «locaux» disent les préférer, ce qui complique un peu plus la tâche des États-Unis et de l'OTAN, désireux d'obtenir le soutien de la population pour leurs opérations contre les fondamentalistes.

Les forces américaines sont engagées dans une grande offensive à Now Zad, district de la province d'Helmand qu'ils tentent de débarrasser des résistants pour qu'un centre électoral y soit installé.

 «Nous les prenons au sérieux en tant que menace pour les Afghans, mais nous savons que le peuple l'emportera, pas les résistants», affirme publiquement Brian Naranjo, porte-parole de l'armée américaine.  Résistant

En privé, le discours n'est plus tout à fait le même. Certains représentants américains reconnaissent l'existence de zones «interdites» aux forces afghanes, que contrôlent les résistants.

Le mollah Mudaser, qui, il y a quelques années, a dû gagner le Pakistan pour apprendre le maniement et la fabrication d'engins explosifs, peut aujourd'hui former des hommes en Afghanistan.

D'après cet homme, qui dit avoir sous son commandement 120 militants, les résistants stockent armes, munitions et vestes utilisées par des kamikazes dans certains quartiers de Kandahar, qui fut leur siège opérationnel avant l'intervention étrangère qui provoqua la chute de leur régime en 2001.

Malgré la présence de plus de 100 000 soldats étrangers en Afghanistan, les résistants distribuent des shabnamas (textes de mise en garde, NDLR.

Les zones rurales sont les secteurs où l'infrastructure des résistants est la plus présente, les fondamentalistes affirmant contrôler environ 65% des campagnes sous domination pachtoune, un chiffre impossible à confirmer.

D'après le mollah Mudaser, ils ont nommé leurs propres chefs de police dans des dizaines de districts de ce sud sous domination pachtoune. Dans les provinces de Kandahar, Zaboul, Helmand, Ourouzgan et Nimroz, les résistants ont la maîtrise de plusieurs districts, selon les Nations unies.

Le strict système judiciaire islamique mis en place par les résistants est l'exemple le plus flagrant de l'influence qu'ils exercent.

Sensibles aux préoccupations des habitants en matière de lutte contre la corruption, les militants ont même créé une commission dans le secteur de Musa Qala, dans la province d'Helmand, pour s'assurer de l'honnêteté des juges qu'ils nommaient. Et à la différence de nombreuses instances gouvernementales, la commission remplit parfaitement sa fonction.

«Il a été découvert qu'un juge recevait des pots-de-vin. Les résistants lui ont mis du noir sur le visage et l'ont attaché à un arbre», raconte Eitadullah Khan, un entrepreneur de 30 ans. «Quand il a été relâché, il a été renvoyé.»

Eitadullah Khan, qui soutenait autrefois le président Hamid Karzaï, dénonce aujourd'hui un gouvernement de «voleurs et de meurtriers», en évoquant l'oeuvre des résistants sur un ton admiratif. D'après lui, des auditions se déroulent chaque jeudi devant un juge, habituellement pour régler des différends entre villageois.

L'un des plus importants propriétaires fonciers du district de Zherai, dans la province de Kandahar, affirme de son côté sous couvert d'anonymat que des résistants se déplacent librement dans la région, où des tribunaux ont selon lui également vu le jour.

«Dans certaines zones, ils sont des résistants la nuit et des officiels gouvernementaux le jour», commente un ancien responsable refusant lui aussi d'être cité par crainte pour sa sécurité.

 Associated Press (AP) 
19/08/ 

http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2009/08/20090819-163517.html


7 Spencer D. : Elections corrompues.

L’on s’attend à ce que l’actuel président, Hamid Karzaï, remporte ces élections « imparfaites », probablement avec plus de 50 pour cent des votes ce qui rendrait superflu un second tour. Karzaï est soutenu par diverses éminences grises à base ethnique qui ont soutenu l’invasion américaine et qui de ce fait ont recouvré une importance politique. Ils ont une fois de plus, au cours de ces sept dernières années et sous la protection des forces d’occupation des Etats-Unis et de l’OTAN, transformé le nord et l’ouest du pays en fiefs personnels. La campagne de Karzaï est soutenue par une vraie collection de portraits de criminels appartenant à des seigneurs de guerre et des tyrans qui avaient plongé l’Afghanistan dans une brutale guerre civile qui avait duré de 1992 à 1996 avant d’être chassés du pouvoir par une insurrection dirigée par les résistants.

Le responsable de la Commission afghane indépendante pour les droits de l’homme (AIHRC), Abdul Qader Noorzai, a indiqué au début du mois au New York Times, qu’il s’attendait à un taux de participation inférieur à 30 pour cent dans le sud.

Faisant allusion à l’ampleur éventuelle de la fraude, un observateur électoral afghan anonyme a jugé qu’il y a en circulation plus de 3 millions de doubles des cartes d’enregistrement des électeurs, soit près de 20 pour cent d’un total de 17 millions.

Richard Holbrooke, l’envoyé spécial du gouvernement Obama, avait admis fin juillet durant son séjour en Afghanistan : « Nous sommes inquiets à propos d’une fraude lors de l’enregistrement des électeurs et nous sommes inquiets que les électeurs ne puissent pas joindre les bureaux de vote en raison de l’insécurité et nous sommes inquiets quant à l’exactitude du décompte des voix et nous sommes inquiets quant à la possibilité pour les femmes de voter. »

L’ambassadeur britannique en Afghanistan, Mark Sewell, a dit le 5 août lors d’une conférence de presse, « Nous devons reconnaître que ces élections ne seront pas parfaites, elles ne seront pas conformes aux normes comme elles le sont dans les démocraties occidentales avec une population éduquée. »

Les deux candidats à la vice-présidence aux côtés de Karzaï sont l’homme fort tadjik Mohammed Qasim Fahim et l’éminence grise Hazai, Karim Khalili. Karzaï fut appuyé par le seigneur de guerre ouzbek Abdul Rashid Dostum. Tous trois sont accusés de crimes de guerre commis dans les années 1990. Ils contrôlent officiellement les gouvernements locaux, la police, des unités de l’armée afghane et des responsables électoraux dans leurs sphères d’influence respectives.

Karzaï est également soutenu par le seigneur de guerre anti-résistants Abdul Rab Rassoul Sayyaf, un islamiste fanatique qui fut accusé d’avoir déclenché à multiples reprises « une boucherie humaine » durant la guerre civile. Il fut également appuyé par Gul Agha Sherzai, une éminence grise pachtoune dont le règne brutal sur Kandahar de 1992 à 1994 fut un facteur significatif d’encouragement pour le soutien des résistants. L’Australian Broadcasting Corporation (ABC) l’avait accusé en juin d’être l’un des principaux barons de la drogue du pays.

Dans d’autres régions pachtounes du sud contrôlées par l’occupation, la campagne de Karzaï repose sur l’argent et le pouvoir provenant du réseau de liens familiaux et tribaux qu’il a tissé depuis 2001.

Le frère aîné de Karzaï, Mahmoud, un citoyen américain, est à présent l’homme le plus riche d’Afghanistan dû au népotisme et aux contrats accordés à ses entreprises. Il est devenu le propriétaire de l’unique usine de ciment du pays et il détient les droits de distribution des voitures Toyota.

Un autre frère, Ahmed Wali, a prétendument financé par le négoce de l’opium ses principales entreprises commerciales et ses biens fonciers à Kandahar.

C’est avec un mélange d’intimidation et de corruption active que Karzaï essaie de s’assurer la victoire sur les 40 autres candidats, et il ne s’est pas donné la peine de participer aux quelques débats télévisés retransmis par la télévision afghane. Il peut aussi compter sur des médias entièrement serviles. Les journaux d’Etat ont consacré 69 pour cent de leur couverture médiatique des élections à Karzaï et à peine 14 pour cent à son principal adversaire, Abdullah Abdullah.

Un membre des services secrets occidentaux avait dit à Elizabeth Rubin du magazine New York Times : « La famille Karzaï a de l’opium et du sang sur les mains. Elle nomme systématiquement tous les agents de l’Etat, du niveau local à celui de gouverneur de province, pour s’assurer que l’opium circule sans entrave une fois le portail de la ferme passé. L’histoire retiendra que cette famille est mêlée à toute une série d’affaires de corruption intensive qui furent tolérées parce que l’Occident a toléré cette famille. »

Et c’est l’homme qui est présenté internationalement comme le symbole de la « démocratie » forgée par les Etats-Unis et l’OTAN en Afghanistan.

Au cours de ces derniers mois, les politiciens américains et de l’OTAN, les analystes et les commandants militaires ont manifesté leur inquiétude selon laquelle le caractère corrompu du gouvernement de Kaboul est devenu un facteur important de l’intensification de l’insurrection menée par les résistants. Des millions d’Afghans considèrent Karzaï comme un fantoche des puissances impérialistes qui cherchent à imposer un régime néo-colonial dans le pays.

Face aux critiques grandissantes concernant Karzaï, il est tout à fait possible que le gouvernement Obama décide de renoncer totalement au semblant de démocratie en Afghanistan en imposant un quelconque « gouvernement de transition. »

Vont dans cette direction des déclarations récentes faites par David Kilcullen, le conseiller du général David Petraeus en matière de contre-insurrection en Irak et qui a maintenant été détaché auprès du commandant américain en Afghanistan, le général Stanley McChrystal. Il a comparé Karzaï au président de la République du Vietnam Sud, Ngo Dinh Diem, que le gouvernement Kennedy avait écarté du pouvoir et qui fut assassiné en 1963 lors d’un coup d’Etat militaire commandité par les Etats-Unis.

Kilcullen a déclaré à l’Institut américain pour la paix : « Il [Karzaï] est considéré comme inefficace, sa famille est corrompue ; il a monté une grande partie de la population contre lui. Il semble être paranoïaque, avoir des fantasmes et perdu tout contact avec la réalité. C’est le genre de choses qui avait été dit au sujet du président Diem en 1963. »

Le caractère corrompu des élections afghanes et les suggestions voilées faites par Kilcullen au sujet d’un coup d’Etat après les élections montrent que les justifications officielles de la guerre en Afghanistan sont cyniques et un tissu de mensonges.

Les troupes américaines et de l’OTAN ne tuent pas et ne meurent pas en nombre grandissant pour la « démocratie » ou pour prévenir le terrorisme.

Comme au Vietnam, la guerre en Afghanistan est une entreprise néo coloniale.

Son but est de préserver l’Afghanistan comme base opérationnelle dans la lutte grandissante pour le pouvoir économique et stratégique dans la région d’Asie centrale riche en ressources.

La guerre néo-coloniale dans la région pourrait déclencher un conflit ouvert entre l’impérialisme américain et ses rivales, telles la Russie et la Chine qui disposent de capacités militaires bien plus importantes que les hommes des tribus afghanes pauvrement armés.

Article rédigé le 17 août 2009, par Spencer D.

Source : Forums Mecanopolishttp://www.mecanopolis.org/?p=9242


8 L'hypothèse d'un 2nd tour à la présidentielle afghane progresse.

Un nouveau sondage publié vendredi, à six jours de l'élection présidentielle en Afghanistan, donne le chef de l'État sortant, Hamid Karzaï, en ballottage

Cette étude, effectuée par l'International Republican Institute, un organisme financé par les États-Unis, crédite Karzaï de 44 % des intentions de vote en vue du scrutin du 20 août, contre 26 % à son principal rival, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah.

L'ancien ministre du Plan Ramazan Bashardost est en troisième position avec 10 %. Il devance l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani (6 %).

Ces chiffres sont sensiblement les mêmes que ceux d'une précédente enquête d'opinion réalisée par un autre institut de sondage et diffusée au début de la semaine.

Si ces intentions de vote se confirment dans les urnes, la tenue d'un second tour sera nécessaire, six semaines plus tard.

Karzaï, au pouvoir depuis fin 2001, avait aisément remporté en 2004 la première élection présidentielle de l'histoire du pays avec 55 % des voix dès le premier tour.

Son plus proche adversaire avait été relégué à quarante points.

Mais cinq ans après, et alors que les démonstrations de puissance des résistants sont sans précédent, il semble devoir se résoudre à un scrutin plus serré face à son ancien ministre des Affaires étrangères.

Ce dernier a tenu jeudi dans son bastion de Mazar-i-Sharif un meeting dont l'affluence a été sans précédent depuis le début de la campagne pour le scrutin du 20 août. Plusieurs dizaines de milliers de personnes – 50 000 selon les témoins – ont entendu son appel. « Ne pensez pas que c'est terminé. N'écoutez pas ce que d'autres pourraient vous dire, cette élection sera très serrée », leur a-t-il dit.

UN ŒIL SUR LE VOTE PACHTOUNE

Pour les diplomates occidentaux, la tournure que prend la campagne est une surprise, même si Karzaï demeure le favori.

En dépit de l'aggravation de la guerre et d'un ressentiment généralisé à l'encontre de la corruption présumée de son administration, le président afghan continue semble-t-il de bénéficier d'une forte cote de popularité (81 % selon le sondage diffusé vendredi).

Passé maître dans la constitution de coalitions, Karzaï a aussi obtenu le soutien de nombreux dirigeants régionaux, d'anciens chefs de guerre qui étaient en première ligne durant l'occupation soviétique.

Mais le défi que lui a jeté Abdullah est de taille. Cet ophtalmologiste de 48 ans, qui fut conseiller du commandant Ahmad Shah Massoud dans la vallée du Panshir, séduit principalement l'électorat tadjik du nord du pays. Mais, né de père pachtoune, il peut aussi élargir sa base vers le sud, d'où Karzaï tire l'essentiel de ses voix. D'où le meeting qu'il a tenu cette semaine à Kandahar, la ville natale de Karzaï.

14/8

http://fr.news.yahoo.com/4/20090814/twl-afghanistan-elect...



Provinces Afghanes

Carte cliquer dans l'image : http://en.wikipedia.org/wiki/Image:AfghanistanNumbered.png 

 

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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