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07/09/2009

n°287 - dossiers de l'Afghanistan - du 07-09 – Début - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains

n°287 - dossiers de l'Afghanistan -  du 07-09 – Début - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains

éparpillés partout »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°287 - 07-09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Danilo Zolo : Terrorisme humanitaire en Afghanistan.

L’Afghanistan au cœur des débats.

L'Allemagne justifie le raid aérien en Afghanistan.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 La "bavure" de trop ?

1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »

2 L’Otan de bavures en revers.

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

2-2 Guantanamo : Les dossiers

Suite

2  Dossiers

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

2-2 Guantanamo : Les dossiers

1 Saint Saint-Marc : Le massacre des Innocents.

2  Dossiers

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 La France patrouille à reculons

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Taike Eilée l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme. 

4-2 Serge Lefort : Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan.

4-3 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

4-4 Agnès Gruda : Un tournant pour la présidence de Barack Obama.

4-5 Stanley McChrystal remet en cause la stratégie des forces internationales.

4-6 Afghanistan - Il faut changer de stratégie.

4-7 Un “front” de plus vers la chute finale d’une guerre introuvable.



Tiré à part :

Danilo Zolo : Terrorisme humanitaire en Afghanistan.

Une fois de plus, en Afghanistan, les chasseurs-bombardiers de l’OTAN, aux ordres du général étasunien Stanley McCrystal, ont fait un massacre d’innocents. Au cœur de la nuit, sur la grève d’un ruisseau à sec, a coulé le sang de dizaines de civils sans armes, atteints par des missiles et des bombes étasuniens, anglais et français.

Ceux qui s’attendaient à ce que les récentes élections politiques et leur résultat probable – la victoire de Hamid Karzaï - soient un pas en avant vers la solution de la « guerre humanitaire » de l’ISAF et de l’OTAN, se sont une fois de plus trompés. Karzaï survit, niché dans un très étroit secteur du centre de Kaboul, blindé par les forces des armées occidentales, tandis que les insurgent contrôlent plus de 70% du pays. Entre temps, on compte par milliers les victimes afghanes de la guerre en cours.

La légende commode selon laquelle les troupes ISAF-OTAN – italiennes (et françaises, ndt) comprises- seraient en Afghanistan comme « force de paix » pour protéger le peuple afghan de ses ennemis (les Taliban) s’est révélée une fois de plus pour ce qu’elle est : une imposture terroriste.

C’est la farce humanitaire d’un terrorisme d’Etat non moins cruel, violent et sanguinaire du dit global terrorism que B. Obama et Hillary Clinton prétendent rayer de la face de la terre avec l’imposante opération militaire « Coup d’épée ». Pour eux la guerre en Afghanistan est une « guerre nécessaire » […]. Ce qui est nécessaire en réalité est plutôt une révision radicale de la notion même de terrorisme : il suffit de penser que l’infamie atomique de Hiroshima et Nagasaki n’a jamais été qualifiée comme un acte terroriste.

La réalité est toute autre : la guerre en cours en Afghanistan est une guerre d’agression non moins grave que celle qui a dévasté l’Irak, et non moins cruelle que celle qui a transformé la Bande de Gaza en un immense échafaud pour exécuter des femmes, des enfants et des vieillards palestiniens. L’intervention en Afghanistan de la mission internationale d’assistance au gouvernement Karzaï – l’ISAF, exactement- n’a pas été une intervention portant moins préjudiciable au droit international que l’agression étasunienne en 2001, jamais légalisée par les Nations Unies.

La résolution du Conseil de Sécurité pour la constitution de l’ISAF n’a autorisé –et n’aurait pu autoriser- aucune opération militaire. Le passage ensuite, prévisible, de l’ISAF sous la dépendance de l’OTAN a totalement violé l’objectif de l’ « assistance », et a attribué à l’ISAF un objectif guerrier que le Conseil de Sécurité ne lui a pas assigné ; comme il ne l’avait pas assigné et ne pouvait pas l’assigner à l’OTAN.

Aujourd’hui l’OTAN - alliance militaire en partie déjà responsable de très graves atteintes au droit international- opère avec une armée qui est aux côtés des milices d’Enduring Freedom dans une guerre d’agression contre des citoyens qui se battent pour libérer leur pays des ennemis qui l’occupent. Il devrait être clair pour tout le monde que sont illégales non seulement l’agression mais aussi l’occupation militaire d’un pays, et qu’un peuple agressé a le droit de se défendre même avec l’usage des armes. Les freedom fighters afghans de l’ethnie Pachtoun combattent aujourd’hui par légitime défense. Ils se battent contre le terrorisme humanitaire.

Danilo Zolo

Danilo Zolo (Florence) est juriste, philosophe du droit, spécialiste de Droit international, et coordinateur du site :

Jura Gentium. http://www.juragentium.unifi.it/en/bionotes.htm#zolo

Reçu de l’auteur et traduit par M-A. Patrizio.



L’Afghanistan au cœur des débats.

"Nous disposions d'informations claires selon lesquelles les taliban s'étaient emparés de deux camions de carburant à six kilomètres environ de notre base afin de lancer une attaque contre nos soldats à Kunduz...Si (l'attaque) avait réussi, il y aurait eu d'horribles conséquences pour nos soldats."

Très éclairante conception.

Pour F-J Jung, bombarder des dizaines de paysans afghans n'est pas une "horrible conséquence", du moment qu'on préserve la sécurité des troupes allemandes

 

L'Allemagne justifie le raid aérien en Afghanistan
Reuters,  06/09/2009 à 15:31 
BERLIN - Le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung, défend la décision de ses troupes de réclamer un raid aérien de l'Otan en Afghanistan, et il lance à nouveau une mise en garde contre tout jugement hâtif à propos de cette opération, la plus meurtrière à laquelle des forces allemandes aient participé depuis la Seconde Guerre mondiale.
A trois semaines d'élections fédérales, Jung a tenté de rassurer une opinion publique dont les critiques envers la participation militaire de l'Allemagne aux opérations en Afghanistan ont été renforcées par le raid aérien de Kunduz qui a fait des dizaines de morts, vendredi.

L'Allemagne n'a commencé à déployer des troupes à l'étranger, en mission de maintien de la paix, que dans les années 1990.

La mission en Afghanistan, qui avait débuté alors que la province de Kunduz jouissait d'un calme relatif, est cependant devenue impopulaire en changeant progressivement de nature, lorsque les taliban sont devenus plus actifs dans cette région du nord.

"Le raid aérien était absolument nécessaire", a déclaré Jung au journal Bild am Sonntag. "Je ne peux comprendre comment certain peuvent être aussi prompts à critiquer l'action des militaires sans connaître la situation ou disposer d'informations sur le contexte".

Le ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne réunis samedi à Stockholm ont critiqué l'Otan à propos du raid aérien et ont exprimé la crainte que ce raid sape les efforts des Occidentaux en Afghanistan.

"HORRIBLES CONSÉQUENCES"

Jung, qui a affirmé à plusieurs reprises que Berlin n'était pas engagé dans une guerre en Afghanistan - terme sensible en raison du passé belliqueux de l'Allemagne - a expliqué que les officiers allemands disposaient d'informations très détaillées recueillies sur plusieurs heures sur les deux camions de carburant dont les taliban s'étaient emparés.

"Nous disposions d'informations claires selon lesquelles les taliban s'étaient emparés de deux camions de carburant à six kilomètres environ de notre base afin de lancer une attaque contre nos soldats à Kunduz", a dit Jung en expliquant la décision d'un responsable militaire allemand de demander le raid aérien.

"Si (l'attaque) avait réussi, il y aurait eu d'horribles conséquences pour nos soldats. C'est pourquoi, à mon sens, le responsable militaire a pris la bonne décision (...) Selon les informations que j'ai reçues, seuls des terroristes taliban ont été tués dans le raid."

L'Allemagne dispose de 4.200 hommes en Afghanistan, ce qui en fait le troisième contingent après ceux des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. Jusqu'ici, 35 Allemands ont été tués en Afghanistan, les trois derniers en juin.

Selon des sondages d'opinion, les deux-tiers de la population sont opposés à la mission mais la question n'est pas devenue un thème de campagne électorale parce que les deux partis au pouvoir, les conservateurs de la chancelière Angela Merkel et les sociaux-démocrates du vice-chancelier Frank-Walter Steinmeiers, sont d'accord pour dire que les troupes allemandes doivent rester en Afghanistan.

Mais les conservateurs, en particulier Jung, s'efforcent de prévenir toute attaque contre la présence de forces allemandes en Afghanistan qui risquerait de peser sur l'opinion publique pendant la campagne électorale. Plusieurs partis d'opposition souhaitent le retrait des troupes allemandes d'Afghanistan.



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des 2articles  ne signifie nullement que la rédaction partage les points de vue des l’auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 La "bavure" de trop ?

1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »
Le Soir, 5/9/2009
Philippe Regniez avec AFP

Au moins 90 personnes tuées dans un bombardement par l'Otan. Le nombre encore incertain de victimes civiles pousse ONU, Otan et Kaboul à promettre des enquêtes
Un tournant dans la guerre ? La « bavure » arrive au pire moment pour les Occidentaux. Washington s'avoue « très préoccupé ».
«
Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout » : Mohammad Daud fait partie des rescapés de la frappe de l'Otan survenue vendredi dans le nord de l'Afghanistan qui a fait jusqu'à 90 morts, selon les autorités locales. Le bombardement visait un camion-citerne transportant du carburant dont les talibans s'étaient emparés jeudi dans la province de Kunduz, et qui s'était embourbé dans le lit de la rivière éponyme, a expliqué la police.

«Aucun corps n'était en un seul morceau (...). Les gens qui étaient plus éloignés du camion ont été grièvement brûlés », poursuit Mohammad, âgé de 32 ans. Selon des témoins, mais aussi selon de premières déclarations de policiers et de responsables des autorités locales, des centaines de villageois, parmi lesquels des enfants, s'étaient massés pour venir puiser de l'essence à l'invitation des talibans qui ne parvenaient pas à faire repartir le camion. «Les villageois se sont rués avec tous les bidons et bouteilles qu'ils pouvaient emporter », des agriculteurs ont même acheminé leur tracteur sur place pour le remplir, a affirmé Mohammad Daud. « II y avait dix à quinze talibans sur le haut de la citerne et c'est à ce moment qu'ils ont bombardé, tous ceux qui se trouvaient là sont morts. » 

Chaussures, montres et vêtements calcinés ont été projetés sur la berge de la rivière Kunduz où gît aussi le cadavre d'un âne, la selle encore fixée aux flancs. A l'hôpital de Kunduz, des blessés sont acheminés sur des civières ; d'autres rescapés arrivent, atrocement brûlés.

Les bilans du bombardement restent encore flous. Et, signe d'un malaise évident, contradictoires. L'armée allemande, dont 800 des 4.200 soldats présents en Afghanistan sont déployés dans la région de Kunduz, a d'abord assuré qu'aucun civil n'avait péri, tandis que le porte-parole du ministère de la Santé à Kaboul, évoquait la présence de nombreux civils parmi les victimes. Selon lui, entre 200 et 250 villageois se trouvaient autour du camion. Le porte-parole des autorités provinciales a quant à lui assuré que la « plupart » des quelque 90 tués étaient des talibans.

A Bruxelles, un porte-parole de la Défense a assuré qu'aucun soldat ni moyen matériel belges n'avaient été impliqués dans l'attaque. Quelque 102 militaires belges sont déployés dans la région de Kunduz, certains de longue date avec les Allemands. D'autre part, 6 avions bombardiers F-16 belges sont stationnés à Kandahar, dans le sud, mais leur zone d'opération s'étend « à tout l'Afghanistan », rappelle la Défense. Environ 540 militaires belges sont présents en Afghanistan.

Révision de stratégie

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle « bavure » devrait accélérer la révision de la stratégie militaire des forces étrangères en Afghanistan, annoncée avec l'arrivée au pouvoir du président Obama, mais manifestement pas encore appliquée sur le terrain. Les forces internationales, composées en majeure partie de militaires américains, sont de plus en plus fréquemmment accusées de  bombarder à l'aveuglette et de tuer de nombreux civils en Afghanistan, où environ 100.000 soldats étrangers, dont 64.000 sous la bannière de l'Alliance atlantique, combattent les insurgés talibans.

 Le nombre encore incertain de civils parmi les victimes a poussé l'ONU, l'Otan et Kaboul à promettre des enquêtes. L'armée allemande, qui dirige les opérations militaires de l'Otan dans la province de Kunduz - et donc celle lancée contre le camion-citerne -, avait dans un premier temps affirmé n'avoir tué que des insurgés avant qu'un de ses porte-parole à Berlin précise que la Bundeswehr n'en était pas sûre à « 100 % ». Le président Hamid Karzaï a souligné que « viser des civils, de quelque manière que ce soit, est inacceptable » Une manière, aussi, pour Karzaï, de regagner une popularité entamée, alors que le processus de dépouillement des bulletins de vote de l'élection présidentielle du 20 août traîne en longueur. Mais si les talibans tuent deux fois plus de civils que les forces étrangères, selon les chiffres de l'ONU, la « bavure » de Kunduz risque de renforcer l'impopularité croissante de cette intervention. En Afghanistan comme à l'extérieur : selon un sondage publié mardi, près de six Américains sur dix sont opposés à cette guerre.


2 L’Otan de bavures en revers.

Libération, 5/9/2009

KABOUL, envoyé spécial JEAN-PIERRE PERRIN
La nouvelle bavure de la coalition internationale en Afghanistan tombe on ne peut plus mal, alors que le pays attend toujours le résultat de l’élection présidentielle de la fin août. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un bombardement effectué par un avion de l’Otan a tué 90 personnes, dont un nombre important de civils, dans la province de Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan.

La frappe aérienne, demandée par l’armée allemande qui exerce le commandement dans la province de Kunduz, visait un groupe de rebelles qui s’étaient emparés de deux camions-citernes d’essence sur une grande route, près de la localité d’Angorbagh. Selon les témoignages d’un villageois rescapé et d’un porte-parole de la police locale recueillis par l’AFP, un ou deux camions s’étant embourbés dans le lit d’une rivière, les rebelles - des talibans ou des combattants du Hezb-e islami, très présent dans cette province - ont invité la population à vider le camion de son essence. «Les villageois se sont rué vers la citerne avec tous les bidons et bouteilles qu’ils pouvaient emporter» , a raconté le témoin, Mohammed Daoud. C’est alors que l’aviation de l’Isaf (la force de l’Otan en Afghanistan) a pris pour cible le convoi. «Il y avait de 10 à 15 talibans sur le toit de la citerne et c’est à ce moment qu’ils ont bombardé. Tous ceux qui étaient là sont morts

Fief. Vendredi matin, les corps d’au moins huit personnes complètement brûlées étaient visibles à l’hôpital de Kunduz. De nombreux blessés étaient traités dans d’autres chambres. Au-delà de la tragédie pour la population civile, le bombardement témoigne de la dégradation de la situation dans le nord et le nord-est de l’Afghanistan. C’est ainsi que la route entre Mazar-i-Sharif, capitale du nord du pays, et Kunduz est régulièrement coupée en plein jour par les insurgés. Ceux-ci contrôlent aussi trois districts, majoritairement peuplés de Pachtounes.

Kunduz est l’un des rares endroits où les talibans ont effectivement combattu lorsque les forces de l’Alliance du Nord, soutenues par les Américains, sont intervenues en Afghanistan pour les chasser du pouvoir après le 11 Septembre. C’est aussi un fief du Hezb-e islami.

Cette région de l’Afghanistan a été confiée aux soldats allemands qui, en général, sortent très peu de leur base. Selon un chercheur allemand, ils «sont quasiment en situation d’assiégés et, comme ils ne veulent pas avoir de pertes, ils ont abandonné le contrôle d’une large partie de la province aux rebelles». Ils ont cependant modifié leurs règles d’engagement et peuvent tirer dès qu’ils se sentent menacés au sol. En revanche, leurs avions ne sont pas équipés pour bombarder et ils laissent ce soin aux Américains, Britanniques ou Français. La bavure de vendredi, de par l’ampleur des pertes, a causé un immense scandale outre-Rhin.

Cela fait un an et demi que les insurgés ont commencé à se regrouper dans cette province, mais aussi dans celles voisines de Baghlan, Badghis, et même Balkh. «A Kunduz, Baghlan et Badghis, dans chacune de ces trois provinces, ils ont des centaines d’hommes», nous a confié jeudi le gouverneur et «homme fort» de Mazar-i-Sharif, Mohammed Atta, qui qualifie la situation dans le Nord de «préoccupante».

Asie centrale. Cette situation n’est évidemment pas sans inquiéter l’Isaf, qui a commencé à organiser le ravitaillement de ses forces à partir de l’Asie centrale, via deux routes, l’une venant d’Ouzbékistan et l’autre du Tadjikistan, et qui se rencontrent dans la province de Baghlan.

Cette solution avait été mise en place après les attaques dont font régulièrement l’objet ses convois sur la route traversant le Pakistan depuis Karachi, essentiellement à partir de Peshawar. «Les talibans se sont manifestés dans la région bien avant que l’Otan établisse ses deux routes en provenance d’Asie centrale. Mais cela va sans doute les pousser à intensifier leurs activités», souligne Mohammed Atta. Dans les districts tombés sous leur contrôle, les talibans ont mis en place un embryon d’administration, notamment un gouverneur et des religieux chargés de la stricte application de la loi islamique et de rendre la justice. Cette partie du nord de l’Afghanistan est aussi une voie de communication pour les insurgés étrangers, principalement ouzbeks, qui ont comme stratégie de relancer l’agitation islamiste en Asie centrale.

 

Commentaires :

La "bavure" de trop ?

 1. 'Taliban', tout au Nord de l'Afghanistan... Le terme "infamant" de Taliban (vous savez, ceux qui vitriolent les filles qui vont à l'école quand ils ne leur arrachent pas les ongles vernis, etc) est de plus en plus manifestement utilisé pour masquer le fait qu'il s'agit d'une résistance afghane généralisée et légitime  à l'invasion. Le détournement de camions de ravitaillement des armées d'occupation ("le vol") est un acte de résistance classique dont on aurait fait de beaux films français s'il s'était passé lors de l'occupation allemande...

 

2. "Bavure".... On peut également mettre en doute ce terme-là. Le bombardement ayant été précédé de vol de reconnaissance, difficile d'imaginer que les militaires ayant ordonné le bombardement n'aient pas remarqué les «centaines de villageois ... massés pour venir puiser de l'essence». Ni qu'ils n'aient pu songer un seul instant que dans ce pays parmis les plus pauvres les paysans des alentours n'auraient bien sûr profité de l'aubaine. Bombarder dans ces conditions, cela peut être punir la population d'avoir accepté le don des dits taliban, ou la terroriser, littéralement, dans l'espoir qu'elle craigne la présence de la résistance près d'eux.. Toute armée d'occupation en train de s'embourber a toujours été amenée à cela. De telles "punitions" ont eu lieu et ont lieu, au Pakistan notamment, en l'absence de contestation et de preuves, ce sera toujours présenté comme un glorieuse élimination de dizaines de taliban.

 

3. La technique usuelle est de nier dans un premier temps, de minimiser face aux évidences, de promettre une enquête dont on imagine les conclusions, et toujours de tenter de rendre la résistance coupable des crimes même de l'envahisseur.

"Le raid aérien effectué vendredi par l'Otan dans la province de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, a tué 55 personnes, parmi lesquelles figuraient sept civils" diffuse par ex le Figaro. Dans ce même journal, la "bavure" est expliquée comme suit : " les talibans vont réquisitionner des paysans, pour tirer le camion du lit de la rivière. Les talibans et leurs ouvriers volontaires ou forcés sont en plein travail, lorsqu'un missile américain frappe sa cible" : Pour les lecteurs du journal de Dassaut, les vicimes soit l'ont bien cherché (travailleurs volontaires), soit c'étaient des boucliers humains, ces salauds de Taliban ne respectent même pas la propreté des bombardements de l'Otan.

Roland Marounek



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