Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

07/09/2009

n°287 - dossiers de l'Afghanistan - du 07-09 – Fin - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »

n°287 - dossiers de l'Afghanistan -  du 07-09 – Fin - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°287 - 07-09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-2 Serge Lefort : Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan.

4-3 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

4-4 Agnès Gruda : Un tournant pour la présidence de Barack Obama.

4-5 Stanley McChrystal remet en cause la stratégie des forces internationales.

4-6 Afghanistan - Il faut changer de stratégie.

4-7 Un “front” de plus vers la chute finale d’une guerre introuvable.


 


4-2 Serge Lefort : Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan.

La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan et de l’étendre au Pakistan est loin d’être assurée face au scepticisme croissant des démocrates à propos de cette guerre, à la fois ruineuse et incertaine. D’où les contradictions entre ses déclarations et celles du commandant des forces américaines en Afghanistan alors que les cadavres des civils afghans s’accumulent :

La Maison Blanche a déclaré lundi que la stratégie de Barack Obama en Afghanistan était “gagnante”.
“La stratégie du président n’a pas encore été totalement mise en oeuvre. Mais nous croyons réellement qu’avec notre statégie, avec les moyens que nous déployons sur le terrain, nous allons être capables d’atteindre les objectifs que nous essayons d’atteindre”.
Cette déclaration contraste avec les propos du général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan.
Ce dernier, qui doit présenter prochainement un rapport d’évaluation sur le conflit, a déclaré dans un entretien au site internet du Wall Street Journal que la résurgence de la guérilla islamiste imposait un changement de tactique aux forces étrangères.

Romandie News

Dans une interview au Wall Street Journal, le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, estime que les talibans ont pris le dessus sur les troupes de la coalition. Selon lui, cela devrait forcer les États-Unis à modifier leur stratégie sur le terrain, en déployant notamment plus de troupes à Kandahar.
Courrier international

La manchette du Wall Street Journal, lundi 10 août, ne laissait pas place au doute : “Les Talibans sont en train de gagner.” Elle résumait fidèlement les propos que le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan, avait tenus dans son quartier général-bunker de Kaboul aux journalistes du quotidien américain.
Le Monde

La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan est très proche de celle de l’armée française en Algérie :

L’objectif consiste à se concentrer d’abord sur la population afghane et ses besoins, et ensuite seulement à chasser les talibans.
« On tente de séparer les talibans de la population ordinaire, et ça provoque des combats avec les insurgés. On veut les repousser dans des zones moins peuplées, ce qui permettra ensuite de lancer des projets de développement et de reconstruction dans les villages. »
Maintenant, lors d’une opération militaire, les soldats restent sur place après les combats et la déroute des talibans. L’armée tente alors de créer une bulle de protection autour du village pour que les projets de développement et de reconstruction voient le jour. Auparavant, les forces se retiraient après l’opération militaire, faute de soldats en nombre suffisant pour rester sur place. Les militaires devaient aller chasser les insurgés dans un autre village.

Armees

La stratégie de Barack Obama d’étendre la guerre au Pakistan n’est pas avouée publiquement, mais se déroule implacablement sur le terrain :

Une nouvelle attaque de drone américain sur les zones tribales du nord-ouest du Pakistan a tué mardi au moins 10 rebelles, selon des responsables locaux [...] Le drone a tiré plusieurs missiles sur un camp d’entraînement rebelle présumé dans le village montagneux et reculé de Kanniguram, selon plusieurs responsables pakistanais de sécurité.
AFP-Google

Les États-Unis multiplient les frappes sur le Pakistan. Plusieurs missiles tirés à partir d’un drone auraient fait ainsi dix nouvelles victimes hier, présentées comme des combattants talibans pakistanais. Une allégation bien difficile à confirmer alors que plusieurs autres attaques du même type se sont soldées par la mort de civils.
l’Humanité

La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan et de l’étendre au Pakistan est présentée par les médias dominants comme légitime puisqu’elle viserait à chasser les Talibans (des terroristes islamistes), à reconstruire le pays (détruit par qui ?) et à imposer par les armes un “gouvernement démocratique” (comme dans les colonies africaines).

Le lecture religieuse des conflits en Afghanistan, pratiquée en Occident, est d’autant plus absurde que la population est à 99% musulmane – sunnites (81%) et chiites (19% les Hazaras). On a diabolisé les Talibans pour justifier la guerre, en omettant de dire que tous les combattants afghans contre l’occupation russe étaient des moudjahidines – des combattants du jihâd – et que les Talibans ont pris le pouvoir en 1996 grâce aux divisions entre les principaux “chefs islamistes” : Gulbuddin Hekmatyar (Pachtoune), Ahmad Shah Massoud (Tadjik) et Rachid Dostum (Ouzbek).

Depuis 2001, l’Empire américain ne parvient pas à atteindre les objectifs publiquement affichés. L’occupation militaire et les bombardements de la population civile ont détruit l’économie du pays et ont imposé un gouvernement corrompu par le trafic de la drogue (le frère du président Karzai et le frère du commandant Massoud sont largement impliqués) et ne contrôlant que la capitale.

On oublie que l’Afghanistan a été au cœur d’un échiquier géostratégique entre la sphère d’influence britannique (l’Empire des Indes) et la sphère d’influence russe (l’Iran). C’est pour avoir cherché à assurer son indépendance, à l’origine par les jeux diplomatiques, que le pays s’est ainsi retrouvé à trois reprises en guerre contre le Royaume-Uni (1839-1842, 1878-1880 et 1919). En 1893, l’Empire britannique a fixé autoritairement la frontière (la ligne Durand) entre son Empire des Indes et l’Afghanistan, séparant ainsi l’ethnie pachtoune en deux.

L’imbrication des deux pays [Afghanistan et Pakistan] est donc évidente. Elle l’est encore plus si on prend en compte un élément largement oublié et occulté par le côté islamiste du mouvement taliban : son unité ethnique. Les Talibans sont des Pachtounes et leur objectif n’est peut-être pas de prendre le pouvoir à Islamabad, mais de réunir dans un État taliban les Pachtouns des deux pays séparés par la colonisation britannique. Car dans des frontières artificielles, une fois de plus, se trouve l’origine d’un mouvement qui n’est pas, loin s’en faut, que religieux.
[...]
Le conflit d’aujourd’hui est donc en fait un conflit frontalier issu de la colonisation puis de la décolonisation et transformé par le contexte actuel de l’islamisme taliban.
C’est la ligne Durand qui coupe les territoires pachtounes entre l’Afghanistan et le Pakistan depuis 1893 qui est à la base d’un conflit majeur entre les deux pays. En effet, les territoires pachtounes sont divisés alors par un officier britannique en 1893 pour 100 ans entre l’Afghanistan et le Pakistan qui était une colonie de sa très gracieuse majesté britannique, impératrice des Indes. Mais le Pakistan indépendant n’a jamais accepté le retour de « ses » Pachtounes à l’Afghanistan même pas à la date technique de rétrocession, soit 1993. Ces Pachtouns pakistanais peuplent des zones où depuis toujours l’État pakistanais n’exerce qu’un contrôle distant, laissant aux autorités coutumières un grand pouvoir. C’est dans ces territoires que se sont naturellement consolidés à partir de 2003 divers groupes talibans pakistanais dont l’emprise s’étend donc aujourd’hui à la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP) voisine, où se trouvent Swat et Buner. C’est dans ces mêmes zones tribales qu’auparavant, à l’automne 2001, s’étaient réfugiés les Talibans afghans chassés du pouvoir par l’offensive américaine postérieure aux attentats du 11 septembre.

Le Reporter

Alors que le commandement américain s’enlise en Afghanistan, les tentatives de dialogue avec certains Talibans, qualifiés de “modérés” (qui sont-ils ?), s’avèrent une propagande illusoire :

Karzai ne semble pas être l’homme des négociations si on rappelle que, pour sa réélection, le président afghan a choisi comme potentiels vice-présidents, deux anciens chefs de guerre ayant combattu les talibans dans les années 1990, Mohammad Qasim Fahim et Karim Khalili. Il est également allié au chef de guerre ouzbek Abdul Rashid Dostom, accusé d’avoir tué des milliers de combattants talibans, y compris en massacrant ceux qui s’étaient rendus après l’invasion américaine de la fin de 2001. De plus, qu’est-ce qui pousserait aujourd’hui les talibans à négocier ? Sont-ils en position de faiblesse ? C’est loin d’être le cas puisque ces derniers continuent à opérer normalement depuis le Pakistan. Ils s’en tiendront donc à leur première requête, défendue depuis 2001 : pas de négociation sans départ préalable des quelque 100 000 soldats étrangers déployés dans le pays pour soutenir le gouvernement. «Nous ne parlerons jamais au gouvernement de marionnettes de Karzai», a déclaré l’un des porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi, cité par l’AFP.
La Tribune Online

Quand Le Monde dit «Les forces étrangères mènent depuis plusieurs mois de nombreuses opérations dans la province afin de chasser les talibans de leurs bastions et de permettre aux habitants de voter.», cela revient justifier la guerre contre les Pachtounes des deux côtés de la frontière tracée par l’Empire britannique… en 1893.

Serge LEFORT
13/08/2009


4-3 Jacques Coubard : Guerre et torture rapportent aux USA.

La privatisation des tâches les plus sordides de l’armée à la société Blackwater n’a pas cessé alors que de nouvelles révélations surgissent sur ses méthodes d’interrogation.

En avant-première, Newsweek publie cette semaine des extraits d’un long document officiel relatant comment la CIA confiait une partie du « sale boulot » de la guerre en Irak et en Afghanistan à une armée de mercenaires.

Ils se chargeaient de la torture des détenus, simulant des exécutions, appliquant des électrodes, utilisant ce manuel mode d’emploi à destination des bourreaux dont la révélation avait déjà provoqué un débat sur les méthodes employées au temps de George Bush. Sauf que cette fois, il apparaît, selon d’autres sources, que la sous-traitance d’opérations de « sécurité » se poursuit .

La semaine dernière, le directeur de la CIA, Léon Panetta, avait informé le Congrès que la société Blackwater avait été chargée par la Centrale, en 2004, de mettre en œuvre un programme secret d’exécutions de dirigeants d’Al Qaida. Les assassins ayant raté leurs cibles le programme fut annulé, mais il reste que jamais le Congrès, sauf quelques « privilégiés », n’avait été informé, alors que cette décision devait avoir son approbation.

Le rapport de Leon Panetta a déclenché une série de révélations sur les activités de cette armée privée prête à fournir assassins, bourreaux ou agents de sécurité. Deux anciens mercenaires ont confié à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que leur compagnie avait été chargée de transférer des détenus de Guantanamo dans les prisons secrètes de la CIA au Pakistan, en Afghanistan et en Ouzbekistan.

Des opérations qui se déroulaient alors que l’actuel ministre de la Défense, Robert Gates, était à la tête de la CIA. Leon Panetta n’a-t-il ouvert qu’une partie de la boîte à Pandore ?Au lendemain de l’invasion de l’Irak, c’est à Blackwater que fut confiée la garde de la plus grande ambassade américaine du monde, celle de la zone verte à Bagdad et la sécurité des oléoducs irakiens. Blackwater est actuellement poursuivie aux États-Unis pour l’implication de ses mercenaires dans une intervention qui a fait 17morts en plein centre de la capitale irakienne. Elle est également accusée par les Irakiens de viols, de vols, de destructions…

Repliée en grande partie en Afghanistan, elle a été chargée récemment d’y remplacer, écrit le New York Times, les spécialistes de la CIA qui chargeaient les bombes et dirigeaient les avions robots en opération au Pakistan depuis des bases secrètes établies dans les deux pays. Jusqu’ici leur guidage, et les bombardements, était opérés sur des écrans d’ordinateurs depuis une base de la CIA située près de Los Angeles à partir des caméras de bords, par des opérateurs photographiés par Times magazine.

Blackwater a participé au conflit en Bosnie (début des années quatre-vingt-dix), à la « révolution des roses » en Géorgie (2003). La compagnie s’est installée dans la foulée du déploiement américain en Asie centrale, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, où elle veille sur l’oléoduc qui va de Bakou à Ceyhan, en Turquie.

Le PDG de cette prospère société, Erik Prince, un fondamentaliste chrétien, emploie des anciens des commandos de l’Apartheid, de l’armée de Pinochet, des ex-contras du Nicaragua, des escadrons de la mort du Honduras ou de Colombie, des anciens détenus…

Tous sous la direction de cadres venus de la CIA qui font l’aller retour entre public et privé, plus rémunérateur. Le coût des opérations traités par Blackwater est bien plus élevé que celles de la CIA. Son compte a été ouvert sur le budget du Département d’État et partiellement du ministère de la Défense.

Blackwater domine un marché où les concurrents sont Triple Canopy et Dyn Corp.

Les mercenaires représenteraient 27% des quelque 100000 employés du renseignement, formant « l’armée privée la plus puissante du monde », selon le titre du livre que lui a consacré le journaliste américain Jérémy Scahill (Acte Sud).

Au temps de George W. Bush, le prix Nobel Joseph Stiglitz avait estimé dans son livre, Une guerre à 3000milliards de dollars (Fayard, 2008), à plus d’un milliard par an le coût de cette sous-traitance pour les contribuables.

De quoi enrichir le débat sur les crédits qui devraient être affectés à une « option publique », une sorte de sécurité sociale, pour le système de santé qui fait scandale dans les rangs conservateurs et chez certains élus démocrates, au nom de la liberté d’entreprise des assurances privées et de l’industrie pharmaceutique de rançonner les malades.

Jacques Coubard - L'Humanité
 Articles de Jacques Coubard publiés par Mondialisation.ca

Le 2 septembre 2009

Mondialisation.ca,

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=viewArticle&code=COU20090902&articleId=15026



4-4 Agnès Gruda : Un tournant pour la présidence de Barack Obama.

«Nous ne gagnerons rien si nous consacrons notre temps et notre énergie à distribuer les blâmes pour les actions passées.»

Cette déclaration du président Barack Obama date de quatre mois à peine.

Son administration venait de rendre publics les fameux mémos autorisant les agents de la CIA à recourir à certaines techniques de torture, dont la simulation de noyade, dans les interrogatoires de présumés résistants.

Devant ces révélations, Barack Obama avait adopté une attitude ferme: son administration allait cesser les pratiques controversées.

Mais en même temps, elle préférait tourner la page plutôt que de s'engluer dans un long examen judiciaire aux retombées politiques imprévisibles.

C'est cette stratégie qui a volé en éclats, hier, lorsque le ministère de la Justice a annoncé qu'il ferait enquête sur les méthodes d'interrogatoire de la CIA. Le président n'a pas commenté. Il s'est contenté d'indiquer qu'il laissait la décision entre les mains de son ministre, Eric Holder. Ça montre à quel point le dossier est délicat.

Il faut dire que l'administration Obama n'avait probablement pas le choix.

L'annonce de l'enquête, qui pourrait conduire à des poursuites criminelles, coïncide avec la publication du rapport du vérificateur interne de la CIA qui détaille les méthodes de travail des enquêteurs de l'agence.

Le rapport date de 2004.

On y découvre la panoplie de moyens utilisés par les agents de la CIA pour faire parler les prisonniers soupçonnés de terrorisme. Ils ont menacé un détenu de tuer ses enfants. Ils ont simulé des exécutions pour faire croire à un prisonnier qu'il pourrait être tué. Ils ont menacé un suspect avec une perceuse électrique et frotté un autre avec une brosse dure. Dans tous les cas de figure, il s'agit d'actes criminels graves, a souligné hier l'organisation Human Rights Watch.

Déjà en avril, après l'affaire des mémos, l'administration Obama s'était attiré beaucoup de critiques pour sa retenue. Le New York Times, traditionnellement sympathique au président, l'avait fustigé en éditorial en le sommant de «s'engager sur la voie de la reddition de comptes». Avec les nouvelles révélations, la pression devenait trop forte.

Il reste que Barack Obama marche en terrain miné.

L'enquête annoncée hier pourrait marquer un «tournant dans sa présidence», croit l'historien Gil Troy. Selon lui, la majorité des Américains n'ont pas envie de passer des mois à disséquer publiquement les excès de la lutte antirésistant. Paradoxalement, cette exposition des péchés capitaux de l'ère Bush pourrait donc faire boomerang et revenir contre son successeur.

La CIA a connu des heures sombres dans les années 70, lorsque la commission Church avait mis au jour ses tentatives pour assassiner Fidel Castro, rappelle le politologue Louis Balthazar.

L'enquête annoncée hier pourrait conduire, en bout de piste, à un exercice semblable. Mais Barack Obama risque de se faire reprocher d'avoir affaibli l'agence de renseignement américaine. Bref, si elle constitue une excellente nouvelle pour la justice, elle relève plutôt de la «patate chaude» pour un président qui manœuvre péniblement pour préserver ses appuis, sur sa droite comme sur sa gauche.

D'ailleurs, s'il avait fermé la porte à une enquête, Barack Obama aurait cette fois risqué de se mettre à dos les défenseurs des droits de la personne, qui forment son électorat habituel.

Dans un communiqué publié hier, Human Rights Watch rappelle avoir recueilli de l'information sur quelque 350 cas de détenus victimes de mauvais traitements en Irak et en Afghanistan. «Pas un seul agent de la CIA n'a été tenu responsable de ces actes», dénonce l'organisation.

L'administration Obama semble avoir décidé que cette ère d'impunité tire à sa fin. Reste à savoir si l'enquête se limitera aux simples agents qui brandissaient leur perceuse ou laissaient des détenus tout nus dans le froid ou si elle remontera jusqu'à ceux qui leur donnaient des ordres. Pour l'instant, ce n'est pas clair.

Reste aussi à savoir quelles seront les conséquences politiques de cet exercice que Barack Obama aurait préféré éviter.

Agnès Gruda

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200908...


4-5 Stanley McChrystal remet en cause la stratégie des forces internationales.

Dans un rapport, le général Stanley McChrystal, qui commande les forces internationales en Afghanistan, préconise une révision de leur stratégie dans le pays, où plus de 800 soldats des forces alliées sont morts en 2009.

Le commandant des troupes américaines et de l'Otan en Afghanistan a plaidé dans un rapport en faveur d'une "révision" de la "stratégie" des forces internationales, alors que l'année 2009 est déjà la plus meurtrière pour les soldats étrangers en huit ans de conflit.
Cette annonce lundi intervient alors que les opinions publiques dans les pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis, se prononcent majoritairement contre l'engagement de leurs soldats dans cette guerre contre des résistants dont l'insurrection s'étend et gagne en intensité.
La presse internationale rapportait avec insistance ces derniers temps que le général américain Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, pourrait réclamer des renforts supplémentaires, mais son rapport "ne contient pas de demandes" en ce sens, a déclaré lundi un porte-parole de l'Otan.
"La situation en Afghanistan est grave, mais la réussite est encore possible et requiert une révision de la stratégie, de l'engagement et de la détermination, ainsi qu'une meilleure coordination des efforts", a déclaré le général McChrystal, cité lundi dans un communiqué de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.
Il a remis son "rapport d'évaluation stratégique" du conflit afghan au commandant militaire américain pour l'Irak et l'Afghanistan, le général américain David Petraeus, pour qu'il le commente avant de le transmettre au secrétaire américain à la Défense Robert Gates et au secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, précise le communiqué.
Le document finira, sans doute d'ici à la fin du mois, sur le bureau du président américain Barack Obama, qui appelle, depuis son arrivée à la Maison blanche, à un changement de stratégie en Afghanistan.
Ce rapport doit permettre la mise en oeuvre d'un nouveau plan de l'Otan et "du président américain", qui vise à "réduire les capacités d'action des insurgés, d'Al-Qaïda et des extrémistes internationaux, à soutenir l'accroissement des effectifs des forces de sécurité afghanes", et à améliorer "la gouvernance et le développement socio-économique", explique l'Isaf.
A la fin du printemps, le président Obama avait déjà ordonné l'envoi de 21.000 soldats en renfort, portant le contingent américain à 62.000 hommes.
Mais sa stratégie est de plus en plus contestée aux Etats-Unis, même au sein de son propre parti démocrate, et l'annonce de nouveaux renforts pourrait avoir du mal à passer auprès des Américains, dont une courte majorité se prononce désormais contre l'engagement afghan.
Après huit années de présence, les forces internationales (100.000 hommes maintenant) peinent de plus en plus à endiguer l'insurrection des résistants qui gagne du terrain et s'intensifie depuis plus de deux ans.
Au bout de huit mois, 2009 est déjà l'année la plus meurtrière pour les soldats étrangers, notamment américains, depuis leur arrivée en Afghanistan fin 2001, lorsque les résistants avaient été chassés du pouvoir par une coalition internationale menée par les Etats-Unis.
Les dirigeants de certains pays de l'Otan appellent au dialogue avec les résistants, tandis que le général McChrystal a diffusé récemment à ses troupes de nouvelles consignes, notamment pour épargner davantage les civils.
Le prédécesseur de McChrystal, le général David McKiernan, avait été remplacé moins d'un an après être entré en service, après une bavure de l'armée américaine, dont les raids aériens tuent régulièrement des civils.errain.

01 septembre

http://www.france24.com/fr/20090901-rapport-americain-remet-cause-strategie-otan-afghanistan-usa


4-6 Afghanistan - Il faut changer de stratégie.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage cette analyse mais doit être vu comme information.

Le général Stanley McChrystal, chef des forces américaines et de l’Otan, estime qu’il est encore possible de gagner la guerre contre les résistants. Il prône une approche de terrain plus appropriée, et également plus de proximité avec la population.

Le général américain Stanley McChrystal, qui commande plus de 100.000 soldats des Etats-Unis et de l’Otan, a donc rendu le rapport réclamé par Barack Obama sur la façon de conduire la guerre engagée il y a huit ans contre les insurgés résistants.

On s’attend à ce que le document expose une stratégie entièrement revue pour tenter de gagner ce conflit, que Barack Obama considère comme la priorité numéro un de sa politique étrangère. « La situation en Afghanistan est grave, mais la réussite est possible et requiert une stratégie d’exécution révisée, de la détermination et une plus grande unité dans l’effort », note le haut gradé dans un communiqué annonçant que le rapport est prêt.

Ce document secret a été transmis au commandement central américain (CentCom), qui supervise les opérations en Afghanistan et en Irak. Il a également été communiqué au siège bruxellois de l’Otan.

Effectifs supplémentaires ou pas ?

Selon des responsables militaires, ce rapport ne contient pas de recommandations fermes quant aux futurs effectifs militaires, mais il pourrait servir de base à une décision prise dans les prochaines semaines sur le déploiement de soldats supplémentaires, une initiative politiquement risquée et susceptible de marquer un tournant dans la présidence de Barack Obama. La Maison-Blanche craint d’une part qu’une force militaire étrangère encore plus importante ne soit perçue par la population afghane comme une armée d’occupation. La présidence souhaite également ménager une opinion publique concernant un conflit, certes encore perçu comme un mal nécessaire, mais de plus en plus impopulaire. On sait déjà que 2009 sera l’année la plus meurtrière pour les soldats occidentaux et américains en Afghanistan. Pour calmer la critique, le porte-parole de la Maison-Blanche ne cesse d’ailleurs de rejeter la responsabilité de la situation actuelle sur l’administration Bush.

Plus de proximité avec la population

Depuis sa prise de fonctions, McChrystal a réorienté l’action militaire occidentale en réduisant la traque des insurgés au profit de la protection des populations. Il s’est ainsi inspiré du changement de tactique mis en œuvre en Irak par le général David Petraeus, désormais chef du CentCom. Un expert du contre-terrorisme estime que le gouvernement afghan, aidé par les Occidentaux, doit également concentrer ses efforts sur la lutte contre la corruption, et fournir sans délai des services à la population pour ne pas être pris de court par des résistants qui, eux, s’emploient sans relâche à rallier les habitants à leur cause.

Personne ne sait dans quelle mesure McChrystal aura tenu compte du contexte politique actuel en Afghanistan.

2 septembre

http://www.francesoir.fr/etranger/2009/09/02/afghanistan.html


4-7 Un “front” de plus vers la chute finale d’une guerre introuvable.

Afghanistan encore, puisque les nouvelles ou les appréciations sollicitées se suivent et se confirment.

Ce qui peut être annoncé aujourd’hui 29 août complète parfaitement ce qui était observé hier, à cette même place. Il s’agit des deux faces de la même chose, la face fondamentale (hier) la face de l’emprisonnement occidentaliste et américaniste (aujourd’hui).

Entre les deux, on jugera ce qui est essentiel et ce qui est accessoire, en ayant à l’esprit que l’accessoire ne cesse de renforcer l’essentiel. (C’est la raison de notre intérêt persistant pour l’accessoire, malgré son peu d’intérêt du point de vue du brio et de l’intelligence politiques.)

Le fait est que, après des années de détérioration des rapports entre les USA et l’homme que les USA ont placé à la tête de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, la situation s'oriente vers une logique d’affrontement direct. Cette fois, après les échos de la rencontre houleuse entre Holbrooke et Karzaï, il s’agit d’une mesure diplomatique directe qui, si elle est prise, ferait considérer que les USA traitent certains membres du gouvernement Karzaï, et par extension ce gouvernement, en personnæ non gratæ, quasiment en adversaires directs. The Independent annonce, ce 29 août 2009, que le vice-président afghan éventuellement élu avec Karzaï pourrait se voir interdit d’entrer aux USA à cause d’intérêts qu’il aurait dans le trafic de drogue en Afghanistan. (L’extrait ci-dessous rappelle également l’incident Karzaï-Holbrooke, dont The Independent a été le premier à parler.)

«The United States may refuse a visa to Hamid Karzai's running mate in the election because of his alleged links with the drug trade. Muhammed Fahim, due to become vice-president if Mr Karzai wins, has been accused by the US Secretary of State Hillary Clinton of being involved in opium trafficking. American officials say this could make it legally impossible to let him enter the US.

»The controversy over Mr Fahim, defence minister in Mr Karzai's last government, is yet another sign of rising tension between Washington and the incumbent president.

»The Independent revealed this week how Richard Holbrooke, the American envoy to Afghanistan and Pakistan, clashed with Mr Karzai over his choice of electoral allies, such as Mr Fahim and the warlord Abdul Rashid Dostum. He also claimed the president's team had engaged in ballot fraud.

»Mr Karzai is said to have walked out of the meeting after 20 minutes after Mr Holbrooke suggested that a second round of voting would be necessary to alleviate public scepticism over the probity of the election. The US envoy subsequently spent three hours in talks with the rival presidential candidate Abdullah Abdullah.

»The growing antagonism between Mr Karzai and the West is mutual. The Afghan President is said to have been deeply unhappy at the “patronising” tone taken by Mr Holbrooke and is said to be preparing himself for a lecture by a senior British politician who is due in the country. A supporter of Mr Karzai, who has flown over from America to help with the campaign, said: “It could be useful, perhaps he can tell Afghan MPs how to maximise their expenses.”

»There is also a future confrontation in the making with Britain after the election over the Helmand governor, Gulab Mangal, who is backed by London. Mr Karzai had in the past planned to replace him with Sher Mohammed Akhunzadi, a former holder of the post, who has been accused of corruption and human rights abuses.»

Autre nouvelle importante, des précisions données par le même quotidien, ce même 29 août 2009, concernant les demandes de renforts pour l’Afghanistan du nouveau chef de la “coalition”, le général McChrystal. Il s’agit d’une information non-officielle puisque Kim Sengputa écrit son article à partir de fuites dont il a bénéficié. Sengputa, qui est détaché à Kaboul, est aujourd’hui l’un des meilleurs journalistes sur la question.

La demande de McChrystal porte sur 20.000 hommes de plus, qui devraient venir de la “coalition” (mais qui seront essentiellement US, et britanniques pour faire bonne mesure).

«The commander of Nato forces in Afghanistan will ask for 20,000 more international troops as part of his new strategic plan for the alliance's war against a resurgent Résistant, The Independent has learned. The demand from General Stanley McChrystal will almost certainly lead to more British soldiers being sent to the increasingly treacherous battlegrounds of Helmand, the Résistant heartland, despite growing opposition to the war.

»General McChrystal, tasked with turning the tide in the battle against the insurgency on the ground, has given a presentation of his draft report to senior Afghan government figures in which he also proposes raising the size of the Afghan army and police force. […]

»According to General McChrystal's draft plan, the number of Afghan troops would rise from 88,000 to 250,000, and the police force from 82,000 to 160,000 by 2012. These increases are higher than expected, with previous suggestions that the totals would be raised to 134,000 and 120,000 for the army and police respectively.

»The US commander will, however, ask other Nato countries to send further reinforcements and will travel shortly to European capitals to discuss the issue. It is widely expected that the UK will send up to 1,500 more troops. At the same time, a force of 700 sent to help provide security for the Afghan elections last week on a temporary basis will become a permanent presence. »

Ces demandes de renfort correspondent sans aucun doute, plus que jamais dirait-on, à l’état d’esprit officiel de la communauté de sécurité nationale à Washington, qui est de pousser à fond pour obtenir une “victoire” sur le terrain. (Comme on l’a vu, comme un paradoxe notable de la situation, le Pentagone, et spécialement les chefs militaires, ont une position beaucoup plus prudente. Cette attitude est souvent partagée par telle ou telle personnalité civile, ce qui laisse à penser que la position officieuse de la même communauté de sécurité nationale est beaucoup plus pessimiste qu’elle n’est exprimée en public, d’une façon solennelle, et alors ses prises de position officielles tonitruantes correspondant au climat virtualiste courant. Comme nous l’écrivions le 24 août 2009, dans le texte mentionné plus haut: «…et alors la principale “leçon” que les USA auraient retenue du Vietnam est qu’ils sont incapables, au fond, de remporter cette sorte de guerre. Donc, on continue et comprenne qui pourra.»)

William Pfaff, sur Truthdig.com le 27 août 2009, nous rapporte, à partir d’un compte-rendu de The Nation, les échos d’un séminaire hautement significatif à Washington, où effectivement s’exprime unanimement cet avis officiel qu’il faut y aller, et à fond...

«The Nation magazine’s Robert Dreyfuss has just published a fascinating account of Washington establishment opinion about the war in Afghanistan.

»The four speakers at a Brookings Institution discussion were Bruce Riedel, adviser to the president (and believer in the catastrophic international consequences of a loss of the war in Afghanistan); Michael O’Hanlon, an adviser to Gen. David Petraeus; Tony Cordesman of the Center for Strategic and International Studies; and Kim Kagan, head of the Institute for the Study of War.

»The unanimous gloom expressed by these four speakers, and the apparent absence of any sunlight shining from the attending (and largely professional-political) audience, seems clear confirmation that Barack Obama and his chosen advisers have wasted no time in placing themselves and the country—in a mere five months—into the same desperate situation that it took the combined Johnson and Nixon administrations 15 years to arrive at in the case of Vietnam. This view would seem widely shared today—without influencing policy.

»This is scarcely believable. Dreyfuss summarizes the speakers’ shared views: 1. “Significant escalation” is essential “to avoid utter defeat.” 2. If “tens of thousands” of new troops were sent to Afghanistan, it would be impossible to know whether this reinforcement changed anything until another 18 months had elapsed. 3. Even if the U.S. “turns the tide,” no “significant drawdown” of American troops could occur for at least another five years.

»However, the most dramatic unanimous opinion of the four experts was this one: “There is no alternative to victory.”»

(On sait que Pfaff a joliment résumé la situation en observant, que dans les conditions actuelles de cette étrange “guerre”, la “victoire” a toutes les chances de ressembler à une “défaite”. Le “succès” serait justement un retrait et un abandon de ces combats qui, quelle qu’en soit l’issue – mais on la connaît pourtant –, impliquent une débâcle politique occidentale [US].)

Ainsi a-t-on, réunis, les principaux éléments de ce qu’on nomme “la politique réelle” de la situation en Afghanistan par simple souci de forme. En réalité, il s’agirait de parler plutôt, par renversement orwellien du aux contraintes de la communication qui forme la base de la puissance du système, des manifestations d’une vision complètement fabriquée de la situation, souvent contraire à la véritable analyse de la situation que font les uns et les autres, d'une pauvreté évidente et épuisante. C’est pourtant celle qui gouverne les pays occidentaux, essentiellement les USA et l’acolyte britannique obligé de suivre. (Les autres “alliés” appartenant à la fiction générale, sans qu'aucune forme ne soit prise avec eux. Personne n'a été sérieusement consulté sur les décisions US en cours. Par conséquent, l'indifférence des autres “alliés” à l'évolution de la situation en Afghanistan est à mesure, et leur participation à l'effort en préparation le sera également.)

Les quatre “fronts” de la “guerre”

D’une façon générale, la consigne est désormais générale après une intervention de Robert Gates il y a deux semaines annonçant qu’en 12-18 mois, il faudrait que la “victoire” soit verrouillée. (Ce qui n’empêche pas, bien entendu, de rester ensuite dans le pays pour un certain nombre d’années.) Au moins, les choses commencent à être clarifiées, une sorte de compte à rebours vers la catastrophe qui pourrait ainsi prendre une représentation bien réelle et entraîner des conséquences qui ne le seraient pas moins. Nous parlons, fondamentalement, beaucoup moins du terrain (l’Afghanistan) où tout se passe mais où rien ne se réglera sinon l’aggravation des choses, que du poste de commandement (Washington D.C.), où les principaux effets seront ressentis.

Comment ont-ils fait? Qu’importe, ils semblent devoir réussir à mettre en place une situation encore pire que celles qu’ils connurent avec l’Irak, avec l’épuisement de l’Irak en plus.

• En Afghanistan, le contrôle US est nettement moindre qu’il n’était en Irak, parce que cette guerre a été négligée depuis huit ans, avec des hauts et des bas d’activité sans jamais de stratégie suivie, ni même esquissée; parce que la “coalition” qui implique l’OTAN donne aux non-US, malgré leur absence de participation aux décisions, un poids formel beaucoup plus grand que les “alliés” n’avaient en Irak, et par conséquent des positions politiques avec des nuances parfois importantes, s'exprimant sur le terrain.

• L’“extérieur” joue un rôle bien plus considérable que dans le cas irakien. Bien entendu, il s’agit du Pakistan, dont l’importance est considérable au point qu’on parle d’un conflit englobant autant ce pays que l’Afghanistan, compliquant autant le domaine opérationnel que le domaine politique.

• Le “gouvernement” en place (Karzaï) l’est depuis plus longtemps qu’en Irak où se sont succédées différentes équipes. Il a ses propres structures et il est désormais quasiment en conflit ouvert avec Washington alors qu’il devrait être prétendument à ses ordres.

• La division ethnique du pays est en place depuis longtemps, elle n’a pas été bouleversée par l’intrusion des Américains et ses divers composants ont depuis longtemps leurs propres politiques dans lesquelles les Américains n’ont guère pu imposer leurs intérêts. Cette division ethnique est éventuellement plus manipulatrice des USA qu’elle ne pourrait être manipulée par eux.

• Les “voisins” qui jouent un rôle stratégique passif important – l’Iran et la Russie, notamment – ont leurs politiques et leurs moyens propres, et leur coopération requiert de la part des USA des concessions et des efforts constants, qui interfèrent avec d’autres grands problèmes stratégiques (les relations avec l’Iran sur la question nucléaire, les relations avec la Russie en général, et notamment en Europe, avec divers points de tension). Bien entendu, aucun de ces “voisins” ne peut être tenu pour un soutien inconditionnel de la politique US en Afghanistan, loin, très loin de là; ce “soutien” peut, dans bien des cas, ressembler à un moyen de pression (sur les USA).

En admettant, comme tous les officiels le prétendent, que c’est une “nouvelle guerre” qui débute en Afghanistan, la situation intérieure US est évidemment bien plus défavorable pour ce conflit qu’elle ne l’était pour l’Irak dans sa première phase. Les raisons à cela sont nombreuses, que ce soit les moyens disponibles et l’état d’affaiblissement de la puissance US, et l’absence de soutien populaire combiné à un soutien très problématique du Congrès. Ce point est mis en évidence par le délai qui est imposé pour une “victoire” – 12-18 mois – qui ajoute une pression extrêmement difficile à supporter dans un conflit qui demanderait du temps et de l’espace pour conduire à bien une stratégie ayant des chances de l’emporter – en acceptant la logique militaire, ce qui suppose généreusement qu’une telle stratégie existe.

Aujourd’hui, en Afghanistan, les USA ont à faire à quatre “fronts”. Il y a d’abord le “front” de la guerre elle-même, avec ses caractères d’insaisissabilité et de fluidité qu’on connaît bien; le “front” nouvellement ouvert avec le gouvernement Karzaï, accentuant l’instabilité interne de la guerre, d’autant plus fortement que la “victoire” dépend aussi du développement de l’armée afghane; le “front” des relations des USA avec ses prétendus “alliés”, que ce soit les autres pays de la coalition, le Pakistan ou les voisins stratégiquement importants (Iran et Russie); enfin le “front” intérieur, aux USA même, où l’administration Obama conduit une guerre selon une politique générale appuyée officiellement, par rapport à sa base politique naturelle, sur des promesses de désengagement, avec une absence complète d’unité politique, des centres de pouvoir erratiques, etc.

La dramatisation de la guerre assortie de la nécessité d’une “victoire” militaire constitue un pas important dans la politique US, et met en place un enjeu considérable. Bien plus sûrement qu’en Irak, des événements contraires en Afghanistan, dans tel ou tel domaine, ont désormais plus de chances d’être immédiatement et directement répercutés sur la situation intérieure US, c’est-à-dire sur la stabilité interne du régime américaniste. Il est bien moins question d’une “résistance populaire” comme au temps du Vietnam, qu’une mise en cause de la légitimité de ce pouvoir. La dramatisation de la guerre implique la dramatisation de l’enjeu, qui implique la dramatisation des conséquences intérieures en cas d’impuissance à obtenir ce qu’ils nomment la “victoire”.

29/08/2009 -  

http://www.dedefensa.org/article-un_front_de_plus_vers_la_chute_finale_d_une_guerre_introuvable_29_08_2009.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.