Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

07/09/2009

n°287 - dossiers de l'Afghanistan - du 07-09 – Suite - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »

n°287 - dossiers de l'Afghanistan -  du 07-09 – Suite - : 1 « Il y avait des mains, des jambes et d'autres restes humains éparpillés partout »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°287 - 07-09

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2  Dossiers

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

2-2 Guantanamo : Les dossiers

1 Saint Saint-Marc : Le massacre des Innocents.

2  Dossiers

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 La France patrouille à reculons

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Taike Eilée l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme. 


2  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Chems Eddine Chitour : Inutile élection et croisade pétrolière vs Jihad. 

Nb - Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage cette analyse mais doit être vu comme information.

 « La guerre au lieu d’améliorer la vie des Afghans, sème la mort et la désolation dans tout le pays.»

Ce jeudi l’Afghanistan nous dit-on, avait rendez-vous avec l’histoire.

Il va élire « démocratiquement » à la magistrature suprême le candidat désigné par les Etats-Unis, en l’occurrence l’inamovible Karzaï. Hamid Karzaï, né le 24 décembre 1957 à Kandahar.

Depuis décembre 2001, il est président de la République islamique d’Afghanistan. Il fait ses études en Inde. Il fait partie d’un petit mouvement de résistance afghan pro-royaliste, et est nommé vice-ministre des Affaires étrangères lorsque les moudjahidin prennent Kaboul en 1992. Il collabore ensuite avec les résistants mais, après la prise de Kaboul en 1996, il refuse le poste de représentant des résistants à l’ONU proposé par le mollah Omar. Hamid Karzaï est repéré dans les années 1990 par Zalmay Khalilzad, un afghan naturalisé aux Etats-Unis, à l’époque ambassadeur des États-Unis en Afghanistan. Le département d’État décide de le promouvoir comme futur président. Le 13 juin 2002, il est élu président pour deux ans par la Loya Jirga (assemblée coutumière des chefs de clan). Le 9 octobre 2004, soutenu par les États-Unis, il remporte le scrutin. Son autorité se limite à la capitale Kaboul.

« Malgré le foisonnement de candidatures, écrit Zafar Hilaly, à la présidentielle (41), la compétition devrait vraisemblablement se résumer à un duel entre le président sortant et l’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah. (...) Voilà pourquoi le Pachtoune Hamid Karzaï, issu de la plus importante communauté ethnique afghane (40% de la population), les poches garnies de billets qu’il peut distribuer à loisir et flanqué d’une administration locale à ses ordres, est le favori incontestable.(...) Pour les Pakistanais, Hamid Karzaï est une vieille connaissance. Son parti pris contre le Pakistan, d’abord contenu, s’est épanoui sous l’influence des Tadjiks de l’Alliance du Nord, qui vouent au voisin la même haine que les extrémistes hindous. Son rapprochement avec l’Inde en témoigne.(...) L’actuel chef de l’Etat afghan a forgé une alliance militaire avec l’Inde qui, selon certains, représente une menace non négligeable pour la sécurité du Pakistan. Intelligent, habile, corrompu et capable de tirer profit de toutes les situations, Hamid Karzaï n’en est pas moins un dirigeant faible, un homme flexible comme un roseau, doté, pour reprendre les mots d’un président américain [Theodore Roosevelt], de ´´la colonne vertébrale d’un éclair au chocolat´´ -ce qui explique probablement pourquoi Washington l’a choisi pour en faire son représentant en Afghanistan. Le Pakistan et l’Afghanistan sont pourtant condamnés à coopérer. Le président pakistanais Asif Ali Zardari a eu, semble-t-il, raison de traiter Hamid Karzaï en ami »(1)

« Tout le monde s’accorde à penser que les Américains ne tiendront en Afghanistan guère plus de deux ou trois ans. Et, à moins qu’il ne parte avec eux, comme le président Thieu du Vietnam [en 1975], c’est l’homme que les Afghans se choisiront comme chef de l’Etat, le 20 août, qui présidera aux destinées du pays après leur départ. (...) A Washington non plus, personne ne retient son souffle : l’identité du vainqueur importe peu, car ce sont les Etats-Unis qui mèneront la barque afghane dans le futur proche. »(1)

On sait que les résistant avaient jusqu’ici appelé au boycott de ces élections, invitant les Afghans à prendre les armes contre les « envahisseurs » étrangers, les troupes internationales qui ont renversé le régime résistant fin 2001. Aujourd’hui, fortes de 100.000 hommes, les troupes de la coalition de l’Otan sont chargées avec les forces afghanes de veiller à la sécurité des élections.

Les Afghans oseront-ils défier ces menaces directes pour aller soutenir des politiciens souvent discrédités ou corrompus ?

Risqueront-ils leur vie pour voter pour le président Hamid Karzaï, dont la réélection semble déjà garantie de toute façon mais dont l’autorité s’affaiblit ? Un chiffre : en mars 2008, après plus de six ans de combat, selon les données de l´Afghanistan Conflict Monitor se référant au total de ceux qui ont péri dans cette guerre, il dépasse les 8000 personnes en 2007.Nous aurions un total estimé entre 20.000 et 25.000 personnes mortes entre octobre 2001 et juin 2008. (2)

Ajoutons à cela les bavures appelées pudiquement « dommages collatéraux » par drones interposés. D’ailleurs, obnubilé par la doctrine « zéro américain mort », on apprend que dans un article paru dans le Washington Post, que le Pentagone avait publié une proposition pour embaucher des « agents de sécurité », c’est-à-dire des mercenaires, pour accomplir certaines tâches pour lesquelles l’armée américaine ne dispose pas de personnel suffisant. Comme si cela ne suffisait pas. L’armée américaine réfléchit en plus des drones qui font des ravages, au développement de robots sophistiqués pour être déployés sur les terres de conflits à la place des hommes. Pour les questions éthiques on verra plus tard....« A la prison de Bagram, écrit Mireille Delamarre, sont enfermés de nombreux détenus afghans, souvent pendant des mois voire des années, sans qu’ils puissent bénéficier de l’aide d’un avocat ou sans même savoir le motif de leur incarcération. Bagram est l’équivalent de Guantanamo en Afghanistan. »(3)

Dans la première année de guerre en Afghanistan, le coût financier de la guerre s´élèverait à 1 milliard de dollars par mois. Les États-Unis ont déjà envoyé 6000 missiles et bombes sur le sol afghan. Le coût de certains missiles s´élève à 1 million de dollars pièce. L’argent coule à flots et le peuple n’en voit pas la couleur. Une nouvelle faune détourne les ressources provenant principalement des Etats-Unis. Cette nouvelle élite est, en fait, constituée des personnels d’agences d’aide étrangères gouvernementales ou non gouvernementales. « Cela pose une nouvelle fois, écrit Patrick Cockburn, la question de la complicité active à une guerre coloniale de ces agences et de leur personnel, dans un pays touché par une pauvreté extrême et ravagé par des années de conflits armés. Le mode de vie style "cage dorée" dévoile la vérité dans toute sa laideur concernant l’aide étrangère en Afghanistan. De vastes sommes d’argent sont gaspillées par des agences d’aide occidentales pour leur propre personnel en Afghanistan alors que l’extrême pauvreté pousse de jeunes Afghans à combattre pour les résistants.

Actuellement, les résistant paient 4 dollars( ndlr : ???) pour une attaque contre un barrage de police dans l’ouest du pays, mais les consultants étrangers à Kaboul, dont les salaires sont payés avec les budgets des aides pour l’étranger, peuvent bénéficier de salaires compris entre 250.000$ et 500.000$ par an ». « Les dépenses élevées pour payer, protéger et loger dans des conditions luxueuses les responsables occidentaux gérant les aides permet de comprendre pourquoi l’Afghanistan occupe la 174e place sur 178 sur une liste de l’ONU classant les pays selon leur richesse. En 2006, Jean Mazurelle, le directeur de la Banque mondiale de l’époque, a calculé qu’entre 35 et 40% des aides ont été mal dépensées. Il y a eu de nombreuses attaques contre des étrangers à Kaboul et des attentats-suicide ont été selon les résistants efficaces pour concentrer la plupart des expatriés dans des quartiers sécurisés où les conditions de vie peuvent être luxurieuses mais où on mène une vie aussi confinée que dans une prison. ´´J’étais dans la province du Badhakshan dans le nord de l’Afghanistan où vivent 830.000 Afghans la plupart dépendant pour leur subsistance de l’agriculture,´´ a dit Matt Waldman, directeur politique et conseil d’Oxfam à Kaboul. "La totalité du budget du bureau local de l’agriculture, irrigation et bétail, qui est extrêmement important pour les paysans au Badakhstan, est juste de 40.000$ C’est le salaire d’un consultant expatrié à Kaboul pendant quelques mois." (...) » « Le programme d’aide international est plus important en Afghanistan car le gouvernement a peu de sources de revenus. Les dons des gouvernements étrangers constituent 90% des dépenses publiques. L’aide est bien plus importante qu’en Irak, où le gouvernement a des revenus pétroliers. En Afghanistan le salaire mensuel d’un policier est seulement de 70 dollars ce qui n’est pas suffisant pour vivre sans toucher des pots-de-vin. »(4)

Le spectaculaire attaque kamikaze commis à Kaboul samedi 15 août révèle en tout cas de sérieuses brèches dans la sécurité de la capitale afghane. L’Otan et les Américains se rendent compte que la partie ne sera pas facile. Les résistant se battent bien et occasionnent des pertes sérieuses Dans une interview au quotidien de Wall Street, le 11 aout 2009,le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, estime que les résistant ont pris le dessus sur les troupes de la coalition.

Dans un entretien à CNN dimanche 9 aout, Susan Rice, l’ambassadrice états-unienne à l’ONU, a confirmé pleinement cette perspective : « Je m’attends à dix années supplémentaires d’engagement des Etats-Unis, et je prévois que le coût de [cet engagement] sera bien plus grand que celui de la guerre d’Irak. Nous voulons investir ce qui sera nécessaire pour atteindre cet objectif. » D’ailleurs, le président Obama a encore répété que la guerre ne sera ni facile ni rapide. Il a annoncé vouloir « gagner les cœurs et les esprits » des Afghans afin de retourner la population contre les insurgés. En clair, réduire les frappes aériennes, notamment dans les zones peuplées. Une stratégie qui n’a pas échappé aux résistants. Ils ont remis en circulation leur petit guide de conduite du combattant islamiste, datant du mois de mai, dans lequel il est recommandé de préserver les civils pour gagner leur coeur Depuis Bruxelles, « le 28 juillet » David Miliband, le ministre des Affaires étrangères britannique, a envoyé au président afghan un message ´´sans équivoque´´, narre le quotidien anglais Times. Alors que des élections générales doivent avoir lieu le 20 août en Afghanistan, il a appelé Hamid Karzaï pour lancer le dialogue avec les résistants modérés.

Réponse du berger à la bergère : « Nous ne parlerons jamais au gouvernement de marionnettes de Karzaï », a déclaré le porte-parole des résistant, Yousuf Ahmadi, cité par l’AFP.

Quel serait en définitive la raison de cette guerre ?

Ecoutons ce plaidoyer : « Motif principal de la guerre en Afghanistan en 2001, la guerre au terrorisme en Afghanistan est devenue un objectif secondaire mais préalable à la réalisation des enjeux militaro-pétroliers de la région. Il en est de même pour la démocratisation, la sécurisation et la stabilisation du pays. Ces objectifs secondaires auxquels s’ajoutent la reconstruction et l’aide humanitaire forment la base de la propagande de justification de l’intervention militaire occidentale en Afghanistan. (...)

La majorité des gens normaux dans le monde sont sincèrement préoccupés par le sort fait aux femmes en Afghanistan mais il serait naïf de penser que l’Administration Bush et les généraux de l’Otan en ait fait un enjeu stratégique. C’est le dernier de leurs soucis sauf que c’est un motif vertueux très commode pour manipuler l’opinion publique.

Donc la démocratie et la libération des femmes afghanes sont des motifs très secondaires, mais des arguments vertueux utiles pour la propagande de guerre. »(5)

Que dire en conclusion ? L´Otan, dit-on, est désarmée face à l´emprise résistante.

L’analyse suivante me paraît pertinente : « (...) La vraie question est : quelle histoire l’Afghanistan est-elle en train d’écrire ? Il suffit de parcourir les rues de Kaboul, la capitale, et d’interroger les habitants sur la signification que le mot démocratie a pour eux. Les plus âgés disent qu’ils n’en savent rien, que ce mot n’évoque rien pour eux. D’autres, plus jeunes, observent que cette démocratie correspond à une augmentation de l’insécurité, et à une licence des mœurs qui, s’ils ne la réprouvent pas ouvertement, les gêne, car elle ne colle pas avec leurs traditions, même celles qui sont antérieures à l’époque résistante. En réalité, le problème le plus important de l’Afghanistan réside dans la méthode. On a voulu plaquer sur ce pays aux traditions, spécificités et fonctionnement très particuliers, des recettes types, éprouvées mais adaptées à nos sociétés occidentales. Un fait tout simple : l’organisation de l’Afghanistan repose sur un système tribal et de pouvoirs locaux, villageois même. Il ne s’agit pas là des fameux chefs de guerre, mais de chefs de village, de tribu... Pas forcément résistant, ou fondamentalistes. Comment, alors, un président élu, même démocratiquement, pourrait-il avoir une légitimité ? Mixer le respect de ces traditions avec une dose de démocratie peut permettre aux Afghans d’écrire leur propre histoire, tout en donnant un rôle d’acteur aux Occidentaux. »(6)

Les Afghans forment une vieille civilisation. Ils sont harassés et fatigués de mourir tous les jours pour un pouvoir aussi pourri que les précédents. A Florence Aubenas qui les a côtoyés, ils avouent : « On ne touche que la poussière des 4x4, pas les milliards. » Sept ans après la chute des résistant, ni la communauté internationale ni le gouvernement afghan n´ont été à la hauteur des espoirs qu´ils avaient suscités. Et les Afghans souffrent toujours autant des rivalités claniques, de l´incompétence de leurs dirigeants, et surtout de la corruption. « Ils regrettent le temps des résistant. C´est tout dire. »(7)

A n’en point douter, ces élections ne changeront rien à la donne. On aurait cru que la grandeur des Etats-Unis sous l’ère Obama aurait permis l’avènement de la paix. Il ne faut pas oublier que les résistant, quand ils étaient en odeur de sainteté, avaient un bureau de recrutement à New York pour drainer l´internationale islamique contre « el kouffar » les Soviétiques et disposaient des fameux lance-roquettes Stinger qui avaient fait des ravages dans les chars russes.

1.Zafar Hilaly : Hamid Karzaï prêt pour un second mandat. The News18.08.2009

2.C.E.Chitour : Afghanistan, la mort d´enfants au nom des valeurs de l´Occident. 1.09.2008

3.Mireille Delamarre : Les US ont de plus en plus recours aux sociétés sous-traitantes http://www.planetenonviolence.org 18 Septembre 2008

4.Patrick Cockburn Profiteurs : De Guerre A Kaboul. The Independent 01/05/09

5.http://objection_votre_honneur.monblogue.branchez-vous.com 16.09.2007

6.Storytelling : Quelle histoire pour l’Afghanistan ? http://storytelling.over-blog.fr/

7.Florence Aubenas. Voyage dans un pays en miettes. Le Nouvel Observateur N° 31.07.2008

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz

samedi 22 août

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/inutile-election-et-croisade-60507


2-2 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Saint Saint-Marc : Le massacre des Innocents.

Il y a eu des guerres où l’on a sacrifié des milliers de jeunes vies généreuses en sachant, dès le départ, que ces sacrifices seraient vains.
Et nous ne pouvons taire notre colère face à l’inanité de cette guerre en Afghanistan qui n’ose dire son nom. […] Cette guerre n’a atteint aucun des buts que les États-Unis lui avaient assignés.
  […] Au bagne illégal de Guantanamo, des centaines de personnes sont toujours retenues sans jugement, au mépris du droit international, au mépris des droits de l’Homme. […]

En   Afghanistan, les forces occidentales en présence s’évertuent à maintenir au pouvoir un gouvernement dont tous les observateurs s’accordent à reconnaître l’inefficacité du fait des dissensions, des rivalités et de la corruption — souvent liée au trafic de drogue — qui le minent ».
Un an plus tard, 81% des États-Uniens et 86% des Français estiment qu’existe « un vrai risque d’enlisement des troupes de la coalition » dans cette guerre. Celle-ci apparaissant de plus en plus aux yeux des Occidentaux comme « une guerre d’occupation ».
Fin juillet, 58% des Britanniques disaient cette guerre vouée à être perdue.
En lieu et place de la démocratie promise, la coalition (1) a soutenu et continue de soutenir Hamid Karzaï, un chef Pachtoun dont ses propres partisans lui reprochent aujourd’hui son alliance avec des chefs de guerre accusés de crimes contre l’humanité et sa tolérance pour les trafiquants de drogue.
En 2004, la culture du pavot occupait 30.000 hectares. En 2008, ce sont 105.000 hectares — tous en région pachtoune — qui fournissent 92% de la production mondiale d’opium.
Parmi les chefs de guerre avec lesquels Hamid Karzaï partage — dans les faits — le pouvoir, figure Gulbuddin Hekmatyar (2) qui a revendiqué la responsabilité de l’embuscade de Surobi du 18 août 2008 dans laquelle sont tombés 10 soldats français(3).
Pour donner un vernis de démocratie à cet assemblage, la coalition a couvert un simulacre d’élection présidentielle. Dès la clôture du scrutin, les observateurs européens se sont empressés de proclamer que cette élection était globalement satisfaisante. Une avalanche de protestations des observateurs Afghans est aussitôt venue apporter un cruel démenti à cette caution mensongère.
Une seule chose est vraie, les Afghans ne veulent plus du régime des résistants, mais nombreux sont ceux qui disent ne plus vouloir non plus des troupes d’occupation ni des criminels de guerre illégitimes qui oppriment un peuple par le feu des armes fournies par les puissances occupantes (4).
La solution réclamée par de nombreuses associations afghanes d’opposition consisterait en la convocation de loya jirgas (5) qui procèderaient à la désignation de chefs respectés par les différentes ethnies afghanes.
Mais nos stratèges démocrates occidentaux persistant à trouver “démocratique” la récente élection présidentielle, il est à redouter que ce pays, maintenu dans un état de guerre chronique —diviser pour régner —, ne subisse encore longtemps les affres d’une sale guerre.
Sale guerre dont le prix est payé des vies d’innocents Afghans et de jeunes occidentaux auxquels ont fait faire la guerre à un peuple n’aspirant — dans sa très grande majorité — qu’à la paix.
Un terrible massacre des Innocents.

Jean Saint-Marc

(1) – Pays de la coalition : États-Unis, Australie, Bahreïn,  
Belgique, Canada, Croatie, République tchèque, Danemark, France,  
Allemagne, Irlande, Italie, Japon, Jordanie, Lituanie, Pays-Bas,  
Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pologne, Portugal, Roumanie,  
Suède, Royaume-Uni, Ouzbékistan.
(2) – 12 gouverneurs sur 34, et 6 ministres appartiennent au Hezb-e-
Islami, le parti de Hekmatyar.
(3) -10 soldats au nombre desquels le jeune Anthony Rivière.
(4) – Hekmatyar a perçu 3,3 milliards dollars des USA et la même  
somme de l’Arabie Saoudite à la demande des États-Unis.
(5) – Loya jirgas : grande assemblée solennelle convoquée afin de  
prendre les grandes décisions concernant le peuple afghan.

25 août
http://www.temoignages.re/afghanistan-le-massacre-des,38458.html

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/a0827504c153b785



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 La France patrouille à reculons.

Le dromadaire se retourne, observe d’un œil mi-clos la colonne de soldats français et se rendort aussitôt. Accroupies sur le sol de pierres et de poussière, quatre femmes, des nomades kuchis aux tuniques vert et violet, gardent la tête baissée. Les soldats français sont à quelques mètres, collés au mur d’une maison. Ils avancent lentement. A tour de rôle, ils se positionnent au bout du mur, fusil-mitrailleur Famas à l’épaule. L’objectif de la patrouille, le village d’Anarjoy, est à une centaine de mètres. Ils doivent traverser à découvert avant d’atteindre la lisière des arbres. Un soldat s’allonge en position de tir dans un fossé. Deux Afghans, la trentaine, arrivent en poussant une brouette. Les militaires les observent sans rien dire. Les Afghans continuent d’avancer, comme s’ils n’avaient rien vu. Personne ne se parle.

Comme ce lundi 10 août, l’armée française mène presque chaque jour des missions de sécurisation dans le district de Tagab, au nord-est de Kaboul. Elle veut afficher sa présence, montrer qu’elle ose sortir de sa base. Mais l’armée et la population afghane forment deux mondes qui se croisent sans se connaître, qui s’observent, se jaugent, se défient. «La population ne nous aime pas. Dans certains villages, nous sommes même haïs», reconnaît le colonel Francis Chanson, chef du corps du 3e régiment d’infanterie de marine (RIMa) de Vannes (Morbihan). Loin des discours officiels des généraux de l’Otan, la «bataille pour les cœurs et les esprits» n’est pas gagnée dans la province de Kapisa.

«Salam». Les soldats français arrivent dans le village d’Anarjoy. Quelques dizaines de maisons et un entrelacs de ruelles délimitées par des murets en pisé de 1,50 mètre de haut. A la vue des militaires étrangers, deux femmes font demi-tour et repartent en trottinant, aussi vite que le permettent leurs burqas. Trois autres, voilées, se retournent, le visage collé contre le muret. Un homme, la barbe taillée et en shawar kamiz, l’habit traditionnel, repassé, sort sur le pas de sa maison. «Salam !» lance le capitaine Thibauld, chef de la patrouille. L’Afghan le toise sans répondre. «Présence possible de trente insurgés au pont de Tagab», crépite la radio. La section s’arrête. «Encore une intox», râle un soldat. «On continue d’avancer», répond le capitaine. Les ruelles sont vides, le village semble désert.

La progression devient difficile. Il faut traverser des ruisseaux boueux, escalader des murets. Les soldats s’enfoncent dans les vergers de grenadiers et de pruniers. «On a repéré quelqu’un dans un arbre», avertit par radio la section en tête de la patrouille. «Pourquoi il est là-haut ?» demande le capitaine. «Nous n’avons pas de traducteur», répond la radio. «Mais si, vous avez un traducteur, sauf qu’il parle anglais et pas français. Débrouillez-vous !» s’énerve le chef de patrouille. La section de tête ne répond pas, le capitaine repart. Il croise un homme, accroupi au pied d’un arbre. «C’est lui qui était en haut ? Demande-lui ce qu’il faisait !» ordonne le capitaine à son traducteur. L’Afghan écarte les bras et dévoile un torchon rempli de grappes de raisin. «Il y a du raisin dans les arbres, ici ?» s’interroge un gradé.

«GPS». Une rafale de mitraillettes crépite au loin. Le capitaine Thibauld attrape la radio : «Vous avez entendu ? C’était où par rapport à votre position ?»«A 400 mètres au nord», répond la voix métallique. Pas de dégâts, un soldat a seulement tiré des coups de semonce. La section du 3e RIMa retourne dans les ruelles d’Anarjoy. Cette fois, un villageois sort de sa maison, sourit et tente d’engager la conversation. Il s’adresse au traducteur. Qu’a-t-il dit ? «J’en sais rien, j’ai pas compris», répond le traducteur en remettant son casque. Une autre porte s’ouvre. «C’est pas celui qui nous a parlé ?» demande le capitaine. Si, c’est bien lui. «Il dit qu’il n’y a pas de problème dans le village», explique le traducteur. L’homme continue de parler, les soldats ne l’écoutent plus, ils se remettent en marche. «Il a proposé de nous aider si on se perd. Il ne sait pas qu’on a des GPS», rigole le traducteur.

Les soldats se positionnent le long de la route en construction qui s’enfonce dans la vallée d’Alassaï. Un dromadaire passe, puis un autre. Un camion tourne au ralenti. «Il ne comprend pas ou quoi ? Ça fait cinq minutes que je lui dis de passer !» s’énerve un soldat. Le camion démarre, suivi d’une voiture et d’une vieille moto chinoise. La section du capitaine Thibauld rejoint le bazar de Tagab. Quelques rues bordées d’échoppes, boucheries, épiceries et ateliers de mécanique. Les soldats se positionnent au coin des rues.

Un garçon d’une dizaine d’années fait claquer un sac en plastique entre ses mains. Un autre observe les militaires. Que pense-t-il de la présence de soldats français dans son village ? «Rien», répond-il avec un sourire timide. «Parfois, nous essayons de discuter avec les gens, d’acheter des bricoles dans les magasins. Mais, là, nous n’avons pas le temps», explique le capitaine. La mission de sécurisation devait durer deux heures, il en a fallu trois. Les 80 soldats mobilisés se dépêchent de rejoindre leur camp.

A quoi sert une telle patrouille? «Nous devons gagner le respect de la population. Cela passe par des démonstrations de force, il faut leur montrer que nous n’avons pas peur», explique, dans son bureau de la base de Nijrab, le colonel Chanson. Le gradé est un adepte des théories de contre-insurrection. Il sort un livre usé, écorné et parsemé de marque-pages : The US Army/Marines Corps Counterinsurgency Field Manual («Manuel de terrain de contre-insurrection pour l’armée américaine et les marines»), signé du général David Petraeus, le chef du commandement central américain et donc responsable des guerres en Irak et en Afghanistan. «Il y a tout dans ce livre. Même si tout ne s’applique pas ici», explique le colonel.

Mortier. L’armée française livre une drôle de guerre en Kapisa. Une guerre où alternent patrouilles de sécurisation dans les villages et opérations de grande ampleur. La dernière a duré trois jours, du 6 au 8 août, à l’entrée de la vallée de Spee. Les insurgés étaient prévenus. «Nous les avons avertis plusieurs fois via les chouras [assemblées de notables, ndlr] de ces dernières semaines», explique le colonel Chanson. Les résistants sont arrivés à 120. En face, en première ligne, 260 soldats afghans, épaulés par une dizaine de conseillers américains. En appui, 500 soldats français. Près de 150 obus de mortiers ont été tirés. Les F15 et F16 américains ont largué deux bombes. A la fin des combats, l’armée afghane avait perdu 3 hommes. Un soldat américain a été tué et un Français s’est blessé à la main et au visage en introduisant un obus dans un mortier brûlant. Côté résistants, les pertes s’élèveraient à plusieurs dizaines d’hommes, selon l’armée française. «L’idée n’est pas d’écraser l’insurrection, même si nous en avons les moyens. Cela ne servirait à rien, les hommes seraient immédiatement remplacés et cela braquerait les familles afghanes contre nous», explique le colonel Chanson.

La porte de sortie de l’armée française passe par la formation de l’armée afghane. A terme, c’est elle qui devra sécuriser les vallées de Kapisa. Il faudra plusieurs années. «Les trois quarts des soldats sont illettrés et le chef des opérations sait à peine lire une carte», conclut le colonel.

17/8

http://www.liberation.fr/monde/0101585195-en-afghanistan-la-france-patrouille-a-reculons 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Taike Eilée l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme. 

De son côté, Eric Margolis, s’il affirme aussi que la CIA a supporté Ben Laden jusqu’en 2001, développe une idée tout à fait intéressante  dans laquelle l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme : "En réalité, quand les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan en 2001, ils ont prétendu qu’il y avait plus de 20 "camps d’entraînement terroristes", comme ils les appelaient, qui entraînaient tous des terroristes devant aller frapper l’Amérique, eh bien, c’était un mensonge absolu. Un parmi tant d’autres." Qu’étaient donc ces camps, s’ils n’entraînaient pas des terroristes ?

"Pour 90 % des gens dans les camps d’entraînement, il pouvait s’agir de Cachemiris, entraînés par les services de renseignement pakistanais, l’ISI, au vu et au su des Américains, pour aller se battre au Cachemire contre la loi indienne. C’était le groupe le plus important. Le deuxième plus important regroupait des gens d’Asie Centrale, principalement d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Tadjikistan, qui étaient organisés et entraînés pour aller combattre ces épouvantables régimes communistes d’Asie Centrale, encore au vu et au su des Américains. Enfin, il y avait un groupe de Ouïghours, ces Chinois musulmans de la province du Xinjiang qui étaient entraînés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang, et ce ne n’était pas seulement au vu et au su de la CIA, mais avec son soutien, car elle pensait qu’elle pourrait les utiliser au cas où une guerre éclaterait avec la Chine." Interloqué, l’animateur radio demande à Eric Margolis jusqu’à quand ces pratiques ont eu cours, et le reporter de répondre que cela se passait en 2001...

La CIA encourage Ben Laden

Lorsqu’il lui demande si Ben Laden "travaillait avec" la CIA, Margolis précise sa pensée : "Je n’irai pas aussi loin. Je dirais qu’ils savaient ce que Ben Laden faisait, et qu’ils l’encourageaient par l’entremise d’un tiers, probablement les Saoudiens..." Et le journaliste de poursuivre : "Vous vous souvenez que Washington versait de l’argent aux Talibans jusque 4 mois avant le 11-Septembre ; la raison était qu’ils pensaient pouvoir ainsi les enrôler pour aller renverser les régimes communistes d’Asie Centrale, et même attaquer la Chine. Mais bien sûr, le 11-Septembre est arrivé, et alors ces sales petits secrets ont été dissimulés, les dossiers ont été brûlés, et quiconque y avaient pris part fut expulsé au purgatoire. (...) Le fait est que l’Afghanistan n’était pas un foyer du terrorisme, il y avait des groupes commando, des groupes de guérilla, entraînés dans des buts précis en Asie Centrale" (à écouter sur cette page, à partir de la 7e minute).

Dans une interview plus récente, Eric Margolis précisera que les Ouïghours entraînés en Afghanistan, dont certains bénéficiaient de la "collaboration de Ben Laden", étaient "payés" et "armés" par les Etats-Unis (à écouter sur cette page, à la 13e minute).

On ne sait si l’on doit faire un lien entre ces "encouragements" et la visite d’un agent de la CIA à Ben Laden, le 12 juillet 2001, alors que le milliardaire saoudien était soigné à l’hôpital américain de Dubaï... 

Une certaine logique 

Le Figaro ne se montrera guère étonné par cette rencontre : "Les contacts entre la CIA et Ben Laden remontent à 1979 lorsque, représentant de la société familiale à Istanbul, il commença à enrôler des volontaires du monde arabo-musulman pour la résistance afghane contre l’Armée rouge. Enquêtant sur les attentats d’août 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et de Dares-Salaam (Tanzanie), les enquêteurs du FBI ont découvert que les traces laissées par les charges proviennent d’un explosif militaire de l’armée américaine et que cet explosif a été livré trois ans auparavant à des Afghans arabes, les fameuses brigades internationales de volontaires, engagés au côté d’Oussama ben Laden durant la guerre d’Afghanistan contre l’armée soviétique. Poursuivant ses investigations, le FBI découvre des « montages » que la CIA avait développés avec ses « amis islamistes » depuis des années. La rencontre de Dubaï ne serait donc que la suite logique d’une « certaine politique américaine »."

Les propos de Sibel Edmonds et Eric Margolis ne viennent finalement que confirmer, et approfondir, ce qu’Alexandra Richard, pour Le Figaro, et Richard Labévière, pour RFI, laissaient entrevoir dès le 31 octobre 2001 : les relations entre Ben Laden et les Américains n’avaient jamais cessé, malgré les attentats, attribués à Al-Qaïda, contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998, et contre le navire de guerre USS Cole en 2000.

Elles n’ont pas même cessé après que les avertissements d’attentats à venir aux Etats-Unis ont commencé à pleuvoir... On n’en déduira rien, si ce n’est qu’amis et ennemis sont notions relatives, contrairement à ce que laisserait croire la rhétorique du combat entre le Bien et le Mal, et que l’intérêt, dans ces affaires, prime sans doute sur toute considération morale. Nul étonnement donc devant de telles relations. Seulement le constat d’une persistante obscurité.

Une femme... tenace 

 L’obscurité ne se lèvera pas tant que les documents que Sibel Edmonds (ou Bob Graham...) évoque seront classifiés. Pour avoir voulu lever un coin du voile, la jeune traductrice subit les foudres de l’administration Bush : chargée en effet de traduire, au lendemain du 11-Septembre, des documents liés aux attentats, elle fut renvoyée, dès mars 2002, pour avoir signalé à ses supérieurs certains faits graves, comme l’infiltration du FBI par des espions oeuvrant pour un lobby turc... Peu après son renvoi, elle fit l’objet d’un "gag order", une mesure exceptionnelle l’assignant au silence, lui interdisant de révéler la teneur exacte des faits qu’elle reprochait et de documenter ses propos.

Plus tard, elle dénonça les mensonges de Condoleezza Rice, lorsque cette dernière affirma que nul, dans la communauté du renseignement, ne pouvait imaginer les attaques du 11-Septembre. Le 11 février 2004, elle témoigna devant la Commission d’enquête. Mais le rapport final, paru le 22 juillet 2004, et gros de 567 pages, n’en tint pas compte (le nom de Sibel Edmonds n’apparaissant qu’une seule fois, dans une simple note de bas de page).

Le 1er août 2004, elle décida donc d’écrire une lettre au Président de la Commission, Thomas Kean, dans laquelle on peut lire qu’en avril 2001, un informateur du FBI avait transmis à l’agence les informations suivantes :

« 1) Oussama Ben Laden planifiait une attaque terroriste majeure aux Etats-Unis visant 4 ou 5 villes importantes,

 2) l’attaque allait impliquer des avions,

 3) certains des individus en charge de porter l’attaque étaient déjà en place aux Etats-Unis,

4) l’attaque allait être portée dans les prochains mois. »

Sibel Edmonds ne reçut aucune réponse de la part de Thomas Kean. Ce qui renforça sa hargne et sa détermination. 

"Marché noir nucléaire entre la Turquie et le Pakistan, néoconservateurs travaillant pour des intérêts turcs et israéliens, multinationales de l’armement et sociétés-écrans, en 6 mois au FBI la petite traductrice de Washington a joué dans la cour des grands" : le documentaire Une Femme à abattre nous fait entrevoir l’incroyable sac de noeuds dans lequel la jeune femme a mis les pieds.

samedi 15 août 2009 -  

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/sibel-edmonds-la-cia-a-utilise-ben-60245

par Taïké Eilée (son site)



Les commentaires sont fermés.