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10/09/2009

n°11 - Dossier de l'Iran - 09-09 - : Fin - Iran - Israël: Les enjeux sous jacents de la confrontation: non prolifération ou autonomie technologique des pays émergents ?

n°11 - Dossier de l'Iran - 09-09 - : Fin  - Iran - Israël: Les enjeux sous jacents de la confrontation: non prolifération ou autonomie technologique des pays émergents ?



dossiers d'Iran  n°11 du 09-09

                                  C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite)

3-3 Paul Craig Roberts : Menaces Nucléaires : Sanctions Paralysantes Contre les Deux Puissances Nucléaires Va-T-En Guerre Israël et US....Et Non Pas Contre l'Iran.

3-4 Chems Eddine CHITOUR : Nucléaire iranien et arsenal atomique israélien : Deux poids deux mesures. 

3-5 Allain Jules : Clotilde Reiss, Florence Cassez, Salah Hamouri : la grande diplomatie hypocrite.

4 Annexe

4-1 Michael Klare : "Diplomatie" USraélienne: L’interdiction de vendre de l’essence à l’Iran est-elle une étape vers la guerre ?

3-3 Paul Craig Roberts : Menaces Nucléaires : Sanctions Paralysantes Contre les Deux Puissances Nucléaires Va-T-En Guerre Israël et US....Et Non Pas Contre l'Iran.

Pour empêcher Israël et les Etats Unis - l'Axe du Mal - qui mènent depuis des décennies des guerres d'agression et menacent d'ouvrir un nouveau front contre l'Iran, les anti-guerre doivent avoir le courage d'exiger des sanctions paralysantes contre deux pays qui possèdent des armes nucléaires et sont de fait jugés par l'opinion publique mondiale comme les plus dangereux pour la paix. Sans même attendre des dirigeants politiques et institutions internationales un premier geste, il faut donc engager concrètement la société civile dans cette direction. Ci dessous l'argumentaire de Paul Craig Roberts pour concrétiser mondialement une telle campagne.

Pourquoi pas des sanctions paralysantes contre Israël et les USA ?

En Israël, un pays volé aux Palestiniens, des fanatiques contrôlent le gouvernement. L'un de ces fanatiques c'est le premier ministre, Benjamin Netanyahou. La semaine dernière Netanyahou a appelé à des "sanctions paralysantes" contre l'Iran.
Le type de blocus que veut Netanyahou est qualifié d' acte de guerre. Israël menace depuis longtemps d'attaquer l'Iran par lui-même mais préfère entraîner les US et l'OTAN.
Pourquoi Israël veut-il initier une guerre entre les Etats Unis et l'Iran ?
L'Iran attaque-t-elle d'autres pays, bombarde t-elle des civils et détruit-elle les infrastructures civiles ?
Non. Ce sont des crimes commis par Israël et les US.
Iran chasse t-elle des peuples de terres qu'ils ont occupé depuis des siècles et les parquent-elle dans des ghettos ?
Non, c'est ce qu'Israël a fait aux Palestiniens pendant 60 ans.
Que fait l'Iran ?
L'Iran développe de l'énergie nucléaire, ce qui est son droit en tant que signataire du Traité de Non Prolifération (TNP). Le programme d'énergie nucléaire de l'Iran est soumis à des inspections de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique ( AIEA) qui a constamment rapporté que ses inspections n'ont trouvé aucune diversion de l'uranium enrichi pour un programme d'armement.
La position adoptée par Israël, et par le pantin d'Israël à Washington, c'est que l'Iran ne doit pas être autorisée à bénéficier des droits de tout signataire du TNP dont bénéficie tous les autres signataires, car l'Iran pourrait détourner l'uranium enrichi pour un programme de fabrication d'armes nucléaires.
En d'autres termes, Israël et les US affirment qu'ils ont le droit d'annuler le droit de l'Iran à développer l'énergie nucléaire. La position d'Israël/US n'a aucun fondement en droit international ou en quoi que ce soit c'est le seul fait de l'arrogance d'Israël et des USA.
L'hypocrisie est à son comble. Israël n'est pas signataire du TNP et fabrique des armes nucléaires illégalement, clandestinement avec, d'après ce que nous savons, l'aide des US.
Comme Israël est illégalement en possession d'armes nucléaires et a un gouvernement fanatique capable de les utiliser, des sanctions paralysantes devraient s'appliquer à Israël et l'obliger à désarmer.
Israël se qualifie pour des sanctions paralysantes pour une autre raison. C'est un état d'apartheid, comme l'ancien président US Jimmy Carter l'a démontré dans son livre " Palestine : Peace Not Apartheid."
Les US ont mené la campagne pour imposer des sanctions contre l'Afrique du Sud à cause des pratiques d'aparthied de l'Afrique du Sud. Les sanctions ont obligé le gouvernement blanc à remettre le pouvoir politique à la population noire. Israël pratique une forme d'aparthied pire que celui du gouvernement blanc sud africain. Pourtant, Israël affirme que c'est "antisémite" de le critiquer pour une pratique que le monde entier considère comme intolérable.
Ce qui reste de la Cisjordanie palestinienne, ce qui n'a pas été volé par Israël, est constitué de ghettos isolés. Les Palestiniens sont coupés des hôpitaux des écoles de leurs fermes et entre eux. Ils ne peuvent pas voyager d'un ghetto à l'autre sans permission d'Israël mise en place aux barrages.
L'explication du gouvernement israélien pour ces violations flagrantes des droits humains comprend la plus grande collection de mensonges de l'histoire mondiale. Personne, exception faite des "Chrétiens Sionistes" américains n'en croit un seul mot.
Les Etats Unis se qualifient également pour des sanctions paralysantes. En réalité, les US sont sur qualifiés.

Le gouvernement US a envahi l'Afghanistan et l'Irak et utilisé la "guerre contre le terrorisme" que Washington a orchestré pour restreindre les libertés civiles US inscrites dans la Constitution, en utilisant mensonges et tromperie intentionnelle du Congés US. 1 million d’Irakiens ont payé de leurs vies pour les crimes de l'Amérique et 4 millions ont été déplacés.

L'Irak et ses infrastructures sont en ruine, et les élites professionnelles de l’Irak, nécessaires à une société moderne organisée, ont été assassinées ou dispersées. Le gouvernement US a commis des crimes de guerre sur une large échelle.
Personne ne sait combien de femmes, d'enfants et d'anciens des villages ont été massacrés par les US en Afghanistan.

Cependant, la guerre américaine d'agression contre le peuple afghan entre maintenant dans sa neuvième année. Selon l'armée US, une victoire américaine est très loin. L'amiral Michael Mullen, qui dirige les chefs d'état major US, a déclare en Août que la situation militaire en Afghanistan est " sérieuse et se détériore".
Les adultes américains peuvent envisager la durée de cette guerre pour le reste de leur vie, tandis que les droits à la Sécurité Sociale et à Médicare sont réduits afin de dégager plus de financements pour l'industrie de l'armement US. Bush/Cheney et Obama/Biden ont fait des munitions les seuls produits d'investissement sûrs aux Etats Unis.
Quel est le but de la guerre d'agression contre l'Afghanistan ? Peu après son inauguration, le Président Obama a promis de fournir une réponse mais ne l'a pas fait.

Au lieu de cela, Obama a rapidement escaladé la guerre en Afghanistan et lancé une nouvelle guerre au Pakistan qui a déjà déplacé 2 millions de Pakistanais. Obama a envoyé 21 000 soldats US de plus en Afghanistan et le commandant US, le Gl Stanley McChrystal, en demande 20 000 de plus.
Obama escalade la guerre d'agression de l'Amérique contre le peuple afghan malgré trois sondages d'opinion de qualité qui montrent que le public américain s'oppose fermement à tout prolongement de la guerre en Afghanistan.
Malheureusement, l'accord inattaquable entre Israël et Washington pour mener une guerre contre les peuples musulmans est bien plus fort que le lien entre le public américain et le gouvernement américain. Lors d'un dîner d'adieu jeudi dernier pour l'attaché militaire d'Israël à Washington qui retourne en Israël pour devenir vice chef d'état major de l'armée israélienne, l'Amiral Mike Mullen, à la tête des chefs d'état major US, la sous secrétaire à la défense Michèle Flournoy, et Dan Shapiro, qui est en charge des affaires du Moyen Orient au Conseil de Sécurité National, étaient présents et ont présenté leur respect. L'Amiral Mullen a déclaré que les US se tiendront toujours aux côtés d'Israël. Quelque soit le nombre de crimes commis par Israël. Quelque soit le nombre de femmes et d'enfants massacrés par Israël. Quelque soit le nombre de Palestiniens qu'Israël chasse de leurs maisons villages et terres.
Si on pouvait dire la vérité, la vérité c'est que l' Axe du Mal c'est les Etats Unis-Israël.
Des millions d’Américains sont actuellement sans toit à cause des faillites.

Des millions ont perdu leur travail, et encore plus de millions n'ont pas accès aux soins médicaux. Pourtant, le gouvernement US continue de gaspiller des centaines de milliards de $ dans des guerres qui ne servent aucun intérêt US. Le Président Obama et le Gl McChrystal ont adopté la position qu'ils connaissent le mieux, le public américain peut aller en enfer.
Il est on ne peu plus clair que le Président des Etats Unis et l'armée US n'ont absolument aucun respect pour la démocratie, les droits de l'homme, et le droit international. C'est une autre raison pour appliquer des sanctions paralysantes contre Washington, dont le gouvernement apparu sous Bush/Obama est celui d'un état de chemises brunes qui vit de mensonges, torture, assassinats crimes de guerre et tromperie.
De nombreux gouvernements sont complices des crimes de guerre de l'Amérique. Avec le budget d'Obama profondément plongé dans le rouge, les guerres d'agression brutale de Washington dépendent pour leur financement des Chinois, Japonais, Russes, Saudiens, Sud Coréens, Indiens et Européens. A la seconde même où l'argent étranger arrêtera de financer les crimes de guerre américains, les guerres d'agression de l'Amérique contre les Musulmans stopperont.
Les US ne seront pas pour toujours "une superpuissance" qui peut indéfiniment ignorer ses propres lois et le droit international. Les US finiront par s'effondrer, résultat de leur prétention démesurée et de leur arrogance.
Quand l'empire américain s'effondrera, est-ce que ses dirigeants auront des comptes à rendre devant un tribunal pour crimes de guerre ?
Paul Craig Roberts –

Paul Craig Roberts a été Assistant Secretary of the Treasury pendant le premier mandat du President Reagan. Il a été éditeur associé du Wall Street Journal . Il est l'auteur de "Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington"; "Alienation and the Soviet Economy" et "Meltdown: Inside the Soviet Economy", et co auteur avec Lawrence M. Stratton de "The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice".

 30/08/09 –

 www.vdare.com
http://www.planetenonviolence.org/Sanctions-Paralysantes-Contre-Les-Deux-Puissances-Nucleaires-Va-T-En-Guerre-Israel-Et-US-Et-Non-Pas-Contre-l-Iran_a2001.html


3-4 Chems Eddine CHITOUR : Nucléaire iranien et arsenal atomique israélien : Deux poids deux mesures. 

 [« Nous sommes un pays fort, très fort, nous disposons de capacités (militaires) dont il est difficile d’imaginer l’étendue et l’intensité.

Nous avons déployé d’énormes efforts pour renforcer notre force de dissuasion. Israël saura se défendre dans toutes les situations, contre toutes les menaces, contre tout ennemi ».
E.Olmert, Premier ministre israélien, jeudi 26.02.2009

Retardée à maintes reprises par le passé, la construction par la Russie de la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr (Sud) est achevée.

L’inauguration a eu lieu en fanfare, mercredi 25 février, en présence de Sergueï Kirienko, le chef de l’agence fédérale russe de l’énergie atomique, et de son homologue iranien, Gholamreza Aghazadeh. La Russie a d’ores et déjà livré le combustible nucléaire nécessaire au démarrage de la centrale, mais il n’a pas encore été introduit dans le réacteur. L’achèvement de Bouchehr - un projet que la Russie a repris à l’allemand Siemens en 1994 - couronne le partenariat entre Moscou et Téhéran. Outre le nucléaire civil, les deux puissances régionales bordant la mer Caspienne ont tissé des liens dans le domaine énergétique, avec la création, en octobre 2008, d’un cartel du gaz (Russie, Qatar, Iran). La coopération militaire se porte également bien. L’Iran est, avec l’Inde et la Chine, l’un des trois principaux clients de Rosoboronexport, l’agence russe en charge des ventes d’armements.(1)

Le journal Le Monde avec une rare partialité prend à témoin le monde entier pour pointer du doigt l’Iran. On lit :«  Alors que l’équipe de Barack Obama n’a pas encore finalisé sa politique sur l’Iran, la fenêtre pour parvenir à une solution de l’imbroglio nucléaire semble se réduire inexorablement. L’Iran a franchi une étape significative en se dotant, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) publié le 19 février, d’une quantité suffisante d’uranium faiblement enrichi pour fabriquer, s’il le souhaite, de la matière fissile pour une arme nucléaire. En septembre 2008, l’expert américain Gary Samore, aujourd’hui en charge des questions de prolifération à la Maison-Blanche, nous avait déclaré qu’une fois que l’Iran serait en possession de 1000 kg d’uranium faiblement enrichi (UFE), ses scientifiques pourraient obtenir la matière fissile en l’espace de six mois théoriquement. On en est là, puisque l’Aiea a établi que la quantité atteinte désormais est de 1010 kg. _ D’une part, des signaux américains d’ouverture au dialogue direct avec Téhéran, sans qu’on en connaisse encore la forme - Dennis Ross s’est prononcé par le passé pour des canaux secrets. D’autre part, une poussée européenne vers de nouvelles sanctions, menée par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Les sanctions sont efficaces, jugent les Occidentaux, d’autant que les prix des hydrocarbures, principale source de devises de l’Iran, se sont effondrés. La probable arrivée au pouvoir en Israël d’une équipe de « faucons » accroît la crainte d’un retour de l’option militaire. Côté européen, surtout chez les responsables français, un souhait est formulé : les Etats-Unis ne devraient pas faire d’offre générale à l’Iran avant que l’élection présidentielle iranienne, prévue en juin, n’ait eu lieu. Chacun scrute en outre les chances que le « Guide suprême », Ali Khamenei, réservera au réformateur Mohammad Khatami dans cette élection. Toujours selon M.Samore conseiller de M.Obama, l’Iran, plutôt que de se précipiter vers la matière fissile, sitôt atteints les 1000 kg d’UFE, pourrait d’abord chercher à accroître le nombre de ses centrifugeuses. Téhéran a déclaré, mercredi 25 février, en avoir 6000 en activité et viser les 50.000 « d’ici à cinq ans ». Cet accroissement réduirait à un délai très court (quelques semaines ou quelques jours), le temps nécessaire pour passer à la matière fissile. Ce qui limiterait la capacité de réaction des Occidentaux, si la crise devait se produire. »(2)

Petit retour en arrière pour comprendre les arguments de Téhéran : écoutons le professeur Mojtahed : Les ailes dures américaines et israéliennes affirment toujours qu’en cherchant à acquérir la technologie nucléaire, l’Iran veut développer des armes nucléaires et ce, malgré ses énormes réserves en pétrole et en gaz. Il est important de rappeler que l’histoire du nucléaire iranien est antérieure à l’avènement de l’actuel gouvernement islamique. Ce programme a été initié dans la moitié des années soixante-dix, quand le shah a révélé des projets d’acquisition de plusieurs centrales nucléaires en France, en Allemagne et aux Etats-Unis pour produire de l’électricité. En ce temps-là, les Etats-Unis ont encouragé l’Iran à élargir sa base énergétique hors hydrocarbures. Une étude de l’Institut de recherche de Stanford a conclu que l’Iran aurait besoin, pour le début des années 1990, d’une capacité électrique d’environ 20.000 mégawatts. Le premier noyau d’ingénieurs nucléaires iraniens a été formé au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.). Dans cette perspective, le projet définitif de l’accord nucléaire irano-américain est signé en juillet 1978- quelques mois avant la révolution islamique. L’accord stipulait, entre autres, la fourniture par les Américains de technologie et de matériel nucléaires ainsi qu’une aide en matière de prospection de gisements uranifères. En second lieu, les besoins électriques actuels de l’Iran sont bien plus importants que ce qui a été prévu. Avec une croissance annuelle de la demande en électricité de 6 à 8%, et d’une population estimée à 100 millions d’habitants d’ici à 2025, l’Iran ne peut pas compter exclusivement sur le pétrole et le gaz. L’industrie pétrolière, vieillissante par manque d’investissements étrangers imposé par les sanctions américaines, n’a même pas pu atteindre le niveau de production, 5,5 millions de barils par jour, atteint avant la Révolution. Le niveau actuel de la production iranienne - 3,5 millions de barils par jour - correspond tout juste à la consommation intérieure, qui s’est accrue de plus de 280% depuis 1979. Si cette tendance se confirme, l’Iran sera un importateur de pétrole d’ici 2010. Le Dr El-Baradei, les rapports d’autres investigations tout au long des années 2003-2004, ont aussi blanchi l’Iran des fausses allégations.(3)

Il a donc une explication. Téhéran veut avoir un bouquet énergétique dans lequel figure le nucléaire. Voyons maintenant la position ambivalente de l’Aiea. Dans son dernier rapport du 19 février 2009, l’Aiea déclare :«  L’Iran coopère bien avec les inspecteurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique afin de ne pas à nouveau sous-estimer la quantité d’uranium qu’il a enrichie, fait savoir l’Agence internationale de l’énergie atomique. La déclaration de l’Aiea semble avoir pour but de gommer l’impression de sous-estimation délibérée qu’aurait pu laisser son rapport publié jeudi. Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, mais Téhéran assure que son programme nucléaire vise seulement à produire de l’électricité. Le rapport de l’Aiea faisait apparaître une augmentation importante des quantités d’uranium faiblement enrichi déclarées par l’Iran depuis novembre. Passées à 1010 kg et une fois transformées en uranium enrichi, elles suffiraient, selon certains physiciens, pour fabriquer une bombe atomique. Ce chiffre est basé sur une quantité enregistrée en novembre dans un inventaire de l’Aiea qui s’est avéré supérieur d’un tiers aux estimations fournies par l’Iran aux inspecteurs. « L’Aiea n’a aucune raison de croire que les estimations d’uranium faiblement enrichi produit dans les installations (de Natanz) relevaient d’une erreur intentionnelle de l’Iran. Elles sont inhérentes aux premières phases de mise en service d’une telle installation alors que l’on ne sait pas à l’avance quelle sera en pratique son rendement », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole de l’Aiea. "Aucune matière nucléaire n’aurait pu être retirée de l’installation à l’insu de l’agence car l’installation est soumise à une surveillance vidéo et les matériaux nucléaires sont maintenus sous scellés". »(4)

Il n’y a donc pas péril en la demeure ! L’Iran développe un nucléaire civil. Deux éléments essentiels viennent corroborer les affirmations de l’Iran selon lesquelles leur programme de recherche est entièrement pacifique. Le premier est le rapport des services de renseignements américains qui ont affirmé dans leur rapport sur l’évaluation de ce programme que l’Iran a cessé toute activité militaire nucléaire en 2003. Le deuxième élément est le fruit des travaux de l’Agence internationale à l’énergie Atomique [Aiea] qui n’a absolument rien trouvé pouvant corroborer la thèse israélienne. Il est à noter que l’Iran, contrairement à Israël, à l’Inde et au Pakistan, est signataire du TNP. En outre, ce pays a signé le Protocole additionnel de l’Aiea, rendant plus contraignante la vérification des matières nucléaires déclarées. Les pays signataires du TNP ont légalement le droit d’enrichir l’uranium pour alimenter leurs centrales nucléaires.

Comment comprendre alors, l’acharnement occidental ? A titre d’exemple, Pierre Lellouche, seul député français à « s’occuper » spécifiquement du dossier iranien, interpelle le ministre des Affaires étrangères à propos du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique en date du 19 novembre 2008. S’ensuit une cascade d’informations scientifiques diabolisant le programme nucléaire civil iranien pressant le ministre. « Quelles initiatives comptez-vous prendre avec la communauté internationale pour essayer d’interrompre cette course vers le désastre ? » Comme réponse à l’Aiea et à cette centrale civile, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne proposent de durcir les sanctions contre l’Iran et son programme nucléaire, rapporte jeudi 26/02/2009 The Financial Times. Dans un document confidentiel consulté par le quotidien de la City et le journal italien Il Riformista, les trois pays donnent la liste de 34 organisations et 10 personnes soupçonnées d’être liés à des programmes secrets de fabrication d’armes nucléaires ou biologiques, notamment des banques ou des établissements publics comme l’Agence spatiale iranienne. Pourquoi Israël qui s’acharne tant sur l’Iran et qui mobilise l’Occident contre l’Iran ne rend pas compte ? Israël a toujours refusé d’admettre qu’elle détenait l’arme atomique, exception faite du lapsus de Ehud Olmert, en décembre 2006. Est-ce vraiment un lapsus ou fait-il une campagne annonciatrice de la mise en œuvre d’une frappe nucléaire ? Déjà, dans une édition d’octobre 2003, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel révélait qu’Israël n’exclut pas une frappe « préventive » des sites nucléaires iraniens. Sur la base d’estimations diverses, les forces armées israéliennes possèdent entre deux cents et quatre cents têtes nucléaires. Selon la revue anglaise spécialisée Jane’s Intelligence Review, leur arsenal est équivalent à 3850 bombes d’Hiroshima. Le missile nucléaire, Popeye Turbo, a été installé sur trois sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne en 1999-2000. Il faut ajouter à ces vecteurs nucléaires environ 50 missiles balistiques Jéricho II sur des rampes mobiles de lancement avec une portée d’environ 1500 km emportant une charge nucléaire d’une tonne. En outre, Israël possède le Shavit, un engin qui a permis de mettre en orbite les satellites Oufek. Il est capable de frapper n’importe quel objectif au Moyen-Orient et au Maghreb. En tout cas, l’Iran prend au sérieux cela et promet, elle aussi, de riposter.(5)

Que fait l’Aiea ? On sait que la visite en Israël, le 7 juillet 2004, de son directeur, visait à encourager Tel Aviv à participer à la création d’une zone sans armes nucléaires, selon The Independent. Le quotidien britannique note cependant qu’ « El-Baradei avait annoncé ne pas avoir l’intention de blâmer Israël, si Tel-Aviv s’abstenait de confirmer ou de nier posséder l’arme nucléaire ».(6)

C’est à se demander pourquoi cette visite a eu lieu d’autant que les résultats, nuls, étaient prévisibles. Mohammad el-Baradeï a en partie imputé à Israël les difficultés rencontrées par l’organisation onusienne pour dissuader l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. « Le régime de non-prolifération nucléaire a perdu sa légitimité aux yeux de l’opinion publique arabe en raison du régime du deux poids, deux mesures dont bénéficie Israël », écrit-il dans l’International Herald Tribune. Israël, ajoute-t-il, est le « seul État dans la région qui n’a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire et qui est considéré comme possédant des armes nucléaires ».

On se souvient aussi qu’un Moyen-Orient dénucléarisé a été le grand thème de l’Assemblée générale de l’Aiea en septembre 2007. Qui refuse de signer le TNP ? L’Assemblée avait adopté avec 53 voix pour, 47 abstention et deux contre, une résolution sommant Israël à adhérer rapidement au TNP. Un Israël qui a stocké, pour l’heure, plus de 300 têtes nucléaires dans ses arsenaux. Durant toutes ces décennies, le régime sioniste a développé son programme nucléaire, entouré dans un halo d’incertitude, grâce à la vaste couverture politique et financière, que lui avait étendue l’Occident. Jouant, sur l’ambiguïté nucléaire, le parti pris des chancelleries occidentales, l’administration américaine à la tête, pour occulter un arsenal nucléaire avéré, est un sérieux défi que doit relever la région.(7)

Cerise sur le gâteau : en toute impunité Israël élimine les scientifiques iraniens à en croire le quotidien Haaretz Israël, assassine des scientifiques nucléaires iraniens dans le cadre d’une guerre secrète contre le programme d’armement illicite de la République islamique. C’est ce que le Daily Telegraph a rapporté, citant des analystes des services de renseignements occidentaux. Le quotidien britannique a dit qu’il y avait des rumeurs selon lesquelles l’agence d’espionnage d’Israël, le Mossad, était derrière la mort d’Ardeshire Hassanpour, un atomiste iranien de premier plan, à l’usine d’uranium d’Ispahan, qui est mort dans des circonstances mystérieuses, apparemment « empoisonné au gaz » en 2007. Selon ces analystes, d’autres morts récentes de personnalités importantes liées au processus d’acquisition et d’enrichissement [d’uranium] en Iran et en Europe , ont été le résultat de « frappes » israéliennes, destinées à priver Téhéran de talents techniques clés à la tête de ce programme.(8)

Il faut rappeler encore une fois que le nucléaire iranien est civil. Dennis Blair, le nouveau directeur des services du renseignement américain, affirme que l’Iran ne possède pas d’armes nucléaires ni de programme militaire pour y parvenir. Il se base sur le rapport du National Intelligence Estimate (NIE), remis en novembre 2007 par les 16 agences du renseignement américain, clarifiant que l’Iran ne poursuit pas de programme de développement d’armes nucléaires. L’ancien directeur de la CIA, Micheal Hayden, a affirmé le 15 janvier 2009 qu’il n’y avait aucune preuve que l’Iran tente de construire une bombe nucléaire. Même son de cloche de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui surveille très étroitement le développement nucléaire de l’Iran depuis 2003 avec plusieurs inspections régulières et surveillance par caméra des installations iraniennes. Selon le dernier rapport de l’AIEA, ils ont trouvé aucune composante d’arme nucléaire ou d’études en physique nucléaire reliée à un tel programme militaire en Iran. Le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, a déclaré aux médias que l’Iran est un signataire et se conforme aux lois et au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et que sa centrale nucléaire est légale sous ces mêmes principes pour la production d’électricité. Selon ce Traité (TNP) dont l’Iran et les États-Unis sont signataires, l’Iran opère de façon complètement légale et les États-Unis sont même obligés de les assister ! C’est donc les États-Unis qui sont en violation de ses obligations internationales.

Assurément, cet acharnement n’augure rien de bon. Comme dans la tragédie irakienne, les Américains, les britanniques savaient qu’il n’y avait pas d’ADM et pourtant ce pays - dont l’histoire rapporte qu’il fut le berceau de la civilisation humaine- fut réduit en miette. Le monde n’est pas juste, et tant qu’il sera ainsi, toutes les haines seront nourries de cette injustice qui précipitera le monde vers l’abîme.

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique Alger

 1.Marie Jégo : Nucléaire, gaz, armement partenariat Moscou-Téhéran. Le Monde 26.02.2009
 2.Natalie Nougayrède. Le dossier nucléaire iranien de plus en plus urgent Le Monde 26.02.09
 3.PrP.Mojtahed-Zadeh : Le Triangle nucléaire Europe -Iran - Etats-Unis. Géo n°8 F 20/07/05
 4.M.Heinrich : L’Iran coopère et a sous-estimé ses stocks d’uranium. Reuters 22.2.2009
 5.C.E.Chitour. Nucléaire virtuel et nucléaire réel. L’Expression 11 Janvier 2007
 6.M.O.Bherer : El-Baradei pour un Proche-Orient sans mnucléaire. Courrier inter 7.7.2004.
 7. IRIB http://www.alterinfo.net/L-AIEA-somm...NP_a11503.html 22 Septembre 2007
 8.Yossi Melman « Is Israel assassinating Iran nuclear scientists ? », Haaretz, le 17.
02. 2009.

Prof. Chems Eddine Chitour

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article3962


3-5 Allain Jules : Clotilde Reiss, Florence Cassez, Salah Hamouri : la grande diplomatie hypocrite.

Tel est pris qui croyait prendre.

Comme par enchantement, sur le dossier Salah Hamouri, il n’y a ni cris d’orfraie ni cris de protestation. Ni plainte ni critique d’Israël dans la presse hexagonale, après le camouflet retentissant que vient une nouvelle fois d’infliger ce pays à la France, cette fois-ci, par le premier-ministre en personne, Benyamin Netanyahou.

Un traitement médiatique différenciel et hypocrite de nos médias, toujours très orientés.

Salah Hamouri n’est ni Florence Cassez, ni les zozos de l’Arche de Zoé ou encore Clotilde Reiss. Ambiance. 

Le mystère elucidé. 

Sans douter un seul instant de l’innocence de Clotilde Reiss, il est tout de même important de préciser certaines choses que la presse occidentale en général cache. Ces dernières pourraient, en effet, inquiéter un pays qui est sur le qui-vive comme l‘Iran. A juste titre d’ailleurs. Un parcours de recherche abracadabrantesque comme le dirait Chirac mais, encore une fois, il est possible de faire plusieurs cursus à la fois.  

- Le père de Clotilde Reiss travaille au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).- Clotilde Reiss, titulaire d’une licence en histoire a fait finalement Science Po. tout est encore normal. Mais, elle ira en Iran faire un stage, il y a deux ans, pour le compte du CEA. Elle rend un rapport sur... le nucléaire iranien. Etonnant pour une non-scientifique.

- Clotilde Reiss se retrouve aujourd’hui en Iran en tant que "lectrice de français" à l’Université d’Ispahan, siège d’une des centrales nucléaire iranienne. Fait troublant. Pourquoi l’Iran ? ne nous embrouillons pas l’esprit.

En conclusion, on comprend sans ambages, qu’il y a des français à part entière, et d’autre, à part. Aussi, il y a des pays intouchables, et d’autres, voués aux gémonies. Quelle honte en effet, quand on se souvient un tant soi peu, des coups de gueule de certains :

- "Clotilde Reiss doit être libérée sans condition"

- "Il est hors de question qu’on se plie à ce chantage iranien"

- "Nous demandons immédiatement la libération de Clotilde Reiss" et tutti quanti.

Une vraie diplomatie de pacotille. En définitive, la France paye donc 210 000 euros pour sa liberté conditionnelle, aidée par la... Syrie, ce pays jugé terroriste par nos médias et tous les penseurs et désinformateurs autorisés, qui squattent les médias hexagonaux depuis 30 ans. Comme un couperet, la vérité finalement, les affranchira.

par Allain Jules (son site) jeudi 20 août

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/clotilde-reiss-florence-cassez-60235 



4 Annexe

4-1 Michael Klare : "Diplomatie" USraélienne: L’interdiction de vendre de l’essence à l’Iran est-elle une étape vers la guerre ?

Nb - Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

Alors que l’administration Obama se démène pour concevoir une stratégie afin de s’occuper de l’intransigeance iranienne sur la question de l’enrichissement de l’uranium, celle-ci semble se diriger vers l’imposition d’un embargo international sur les ventes d’essence à l’Iran.  

Cette interdiction serait appliquée au cas où les responsables iraniens n’arriveraient pas avec un plan de négociation acceptable, au plus tard lors de réunion de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, qui se tiendra fin septembre – date limite fixée par la Maison Blanche pour une démarche constructive de la part de l’Iran.
Bien sûr, l’Iran est un producteur majeur de pétrole. Il a extrait quelques 4,3 millions de barils par jour en 2008. Mais l’Iran est également un très gros consommateur de produits pétroliers.

Cependant, son industrie pétrolière a une faiblesse structurelle importante : sa capacité de raffinage est trop réduite pour satisfaire les besoins du pays en essence.

Par conséquent, l’Iran est obligé d’importer environ 40% des produits raffinés dont il a besoin.

Les responsables du gouvernement iranien essayent de réduire cette dépendance par le biais du rationnement et d’autres mesures, mais ce pays reste très vulnérable à toute réduction des importations d’essence.
A Washington, nombreux sont ceux qui voient cette vulnérabilité iranienne comme une occasion de contraindre ce pays à abandonner son programme d’armement nucléaire. Bien que les responsables iraniens nient rechercher des armes nucléaires, de nombreux analystes occidentaux pensent que l’effort d’enrichissement en cours actuellement à l’énorme installation de centrifugation de Natanz est destiné à produire de l’uranium hautement enrichi pour une bombe iranienne qui finira par exister.
Malgré la pression exercée par les Etats-Unis et l’Union Européenne, Téhéran a refusé de cesser son activité à Natanz ou de considérer la ralentir dans le cadre du processus de négociation. Les partisans d’un embargo sur l’essence soutiennent que les sanctions devraient être la prochaine étape au cas où l’Iran persisterait dans cette voie.

A la place de la guerre ?

De nombreuses personnalités de premier plan, aux Etats-Unis et en Israël, ne privilégient pas les sanctions économiques mais l’action militaire, si Téhéran ne cesse pas l’enrichissement de l’uranium. Dans ce cadre, l’administration US envisage de prendre une mesure qui donne l’impression d’une action énergique mais qui évite un engagement militaire risqué. Couper les approvisionnements d’essence à l’Iran, pense-t-on, pourrait permettre une telle option.
Le Président Obama lui-même a vanté les mérites d’une telle mesure lors du dernier débat durant la course à la Maison Blanche, le 15 octobre 2008. « Si nous pouvons les empêcher d’importer l’essence, ainsi que les produits pétroliers raffinés, dont ils ont besoin, cela commencera à modifier leur analyse en termes de coûts par rapport aux bénéfices », a-t-il déclaré. « Pour commencer, il faut leur mettre la pression ».
Obama n’a pas exprimé de point de vue similaire depuis son entrée en fonction, mais on pense que beaucoup de personnes dans son entourage privilégient cette approche. Chaque action porte en elle de sérieux risques, a fait observer le Sénateur Evan Bayh, lors d’une récente audition parlementaire sur le sujet, « [mais] je pense fermement… qu’utiliser une pression économique est de loin supérieure aux alternatives extrêmes consistant à rester les bras croisés pendant que l’Iran devient une puissance nucléaire ou à compter sur une frappe militaire, qui pourrait avoir de graves conséquences et ne devrait être envisagée qu’en dernier recours. »
Si l’Iran ne se présente pas avec une position de négociation constructive lors de la prochaine réunion de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, en septembre, la Maison Blanche devrait mettre au point un ensemble de tactiques comprenant d’autres options que la guerre. Attaquer l’installation de centrifugation de Natanz et d’autres installations nucléaires iraniennes pourrait retarder les ambitions nucléaires de ce pays, mais cela pourrait aussi décle,cher un conflit plus large qui nuirait sévèrement aux intérêts vitaux des Etats-Unis.
L’Iran répondrait probablement à une telle attaque en attaquent les installations pétrolières et les bateaux-citernes dans toute la zone du Golfe Persique – ce qui conduirait à nouveau les prix du pétrole à s’envoler – et en soutenant une nouvelle série d’attaques violentes de la part de ses mandataires en Irak, au Liban et partout au Proche-Orient.

Une attaque unilatérale des Etats-Unis contre l’Iran provoquerait également la même condamnation internationale qui accueillit l’invasion américaine de l’Irak en 2003.
Il est donc grandement désirable de disposer d’autres options avant de faire la guerre.

Mais l’on doit se poser la question suivante : une interdiction des ventes d’essence serait-elle un pas vers la paix ou un pas vers la guerre ?

C’est-à-dire, est-ce que cela rendrait un conflit armé moins probable en forçant les Iraniens à revenir à la table de négociation dans un état d’esprit plus accommodant ou cela serait-il un tremplin pour une action militaire ?
Evidemment, personne ne peut en être absolument sûr. Mais il y a de bonnes raisons d’être sceptique sur l’efficacité d’une interdiction sur l’essence pour promouvoir la paix et la coopération.

Pourquoi cela pourrait ne pas marcher

Pour être efficace, une interdiction sur l’essence nécessiterait l’approbation de la Russie, de la Chine, de l’Inde et d’autres puissances clés qui sont réticentes à l’idée d’imposer des sanctions sévères contre l’Iran. Ces pays commercent beaucoup avec l’Iran et ne mettront probablement pas en danger leur position bien établie là-bas, en se pliant à la mesure soutenue par les Etats-Unis.
La Chine et la Russie, qui disposent du droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU, n’approuveront probablement pas toute mesure qui entraînerait une interdiction sur l’essence au moyen d’un blocus naval dans le Golfe Persique et l’Océan Indien – une action essentielle pour empêcher les contournements et la contrebande. Avec le soutien tacite de ses partenaires commerciaux, les Iraniens pourraient facilement contourner l’embargo par divers moyens.
Un embargo imposé par les Etats-Unis sur les produits raffinés permettrait également au régime d’Ahmadinejad d’initier un rationnement plus dur sur l’essence, d’augmenter les prix de l’énergie et de faire passer d’autres mesures économiques impopulaires – tout cela au nom du nationalisme et de l’anti-impérialisme. Quiconque s’opposerait à de telles mesures serait désigné comme un allié ou un agent du « Grand Satan » – les Etats-Unis.
Dans ces circonstances, les Iraniens ne seraient probablement pas plus enclins à négocier la sortie de leur programme d’enrichissement qu’en l’absence d’une telle interdiction. Au contraire, les mollahs conservateurs qui dirigent le pays pourraient voir cela comme un signe divin – une manière de consolider le soutien intérieur à un moment où beaucoup de jeunes Iraniens semblent rejeter la domination cléricale.
D’un autre côté, un embargo sur l’essence pourrait provoquer les Iraniens à prendre des mesures qui augmenteraient le risque de guerre, en particulier si les Etats-Unis utilisent des moyens militaires pour faire respecter cette interdiction. Par exemple, ils pourraient encourager leurs alliés en Irak, tels que les fidèles les plus durs de Muqtada al-Sadr, à renouveler leurs attaques contre les soldats américains à Bagdad et ailleurs.
Ces derniers mois, les Sadristes ont été relativement tranquilles, préférant s’engager dans la lutte politique que dans la lutte armée. Mais ils n’ont pas vraiment rejeté leur capacité à fomenter des troubles et, avec un bon coup de pouce de la part de Téhéran, ils pourraient à nouveau prendre pour cible le personnel américain et leurs partenaires irakiens, compliquant de fait le retrait des Etats-Unis.

Conduisant à la guerre ?

Des scénarios plus effrayants pourraient se dérouler si les Etats-Unis et leurs plus proches alliés cherchent à faire respecter un embargo en établissant un blocus naval au large de l’Iran et en arrêtant les navires considérés comme violant cette interdiction. Etant donné la forte probabilité de contournement, un tel blocus serait probablement nécessaire pour que l’embargo soit efficace. Mais une telle mesure serait considérée comme un acte de guerre et pourrait très bien entraîner des représailles de la part du Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne – qui dispose de sa propre flotte de petits bateaux.
Une avant-première angoissante d’un tel scénario s’est produite en janvier 2008, lorsque cinq hors-bord iraniens se sont approchés de plusieurs navires de guerre américains dans le Détroit d’Ormuz et, selon certains comptes-rendus, auraient menacé de les faire sauter.
[1] Un navire américain, l’USS Hopper, était sur le point d’ouvrir le feu contre les bateaux iraniens lorsqu’il a viré de bord, mettant fin à cet engagement.
Il est facile d’imaginer la répétition de scènes similaires – avec moins d’issues bénignes – , dans l’éventualité que des navires de guerre américains tentent d’établir un blocus du territoire iranien. Une fois que des tirs sont effectués, quelles que soient les circonstances, il pourrait s’avérer difficile d’éviter une escalade vers des moyens militaires plus conséquents, conduisant au scénario d’une guerre que l’embargo était destiné à éviter.
Qu’une interdiction sur les ventes d’essence à l’Iran porte en elle ces inconvénients potentiels n’est pas une raison pour renoncer à envisager une telle mesure ! Ainsi qu’il est suggéré, il vaut mieux envisager des sanctions économiques, au cas où l’Iran s’avèrerait intransigeant dans les mois qui viennent, plutôt qu’opter pour une action militaire.
Mais un embargo sur l’essence semble particulièrement risqué, à la fois parce que cela renforcerait la main des ecclésiastiques conservateurs à Téhéran et pourrait entraîner un blocus naval, déclenchant une réaction en chaîne de mesures violentes. Par conséquent, les responsables de l’administration américaine devraient scruter cette option avec une très grande rigueur avant qu’elle ne devienne la réponse préférée à une rebuffade iranienne en septembre.

Michael Klare
Michael T. Klare est chroniqueur pour Foreign Policy In Focus. Il est également professeur des études sur la paix et la sécurité mondiales au Hampshire College, ainsi qu’auteur de nombreux ouvrages de géopolitique.

Traduit de l'anglais par JFG-QuestionsCritiques

Notes du Traducteur :
[1] La propagande a la vie dure ! La réalité est très différente. C’est ce que démontre M.K. Badrakumar dans « Les alliés du Golfe tournent le dos à Bush », AsiaTimesOnline, 17 janvier (voir annexe)

Foreign Policy in Focus, le 23 août 2009
article original :
"Is Iran gas ban a step toward war?"


 2008. A LIRE ABSOLUMENT. (Inédit)

Commentaires

1. Posté par claudio le 26/08/2009 13:35

En lisant cet article on comprend immédiatement de quel côté se situe l'auteur. Sous l'air d'une objectivité fallacieuse et 'un mensonge (concernant l'« agression » iranienne sur le bâtiment USS Hopper...), il brouille les cartes avec, en dessous, le fol espoir de voir l'Iran à genoux !
Sait-il seulement qu'un pays qui risque de se retrouver en guerre, provisionne ses besoins en carburant, pour son armée et pour son peuple, tout en étudiant toutes les possibilités de réapprovisionnement ?
Ce que Michael T. Klare ne nous dit pas, ce sont les conséquences d'un tel embargo sur nous mêmes car en effet, si nous refusons le carburant à l'Iran, il nous privera de pétrole en bloquant le détroit d'Ormuz !

Et après ? nous allons raffiner quoi ? La pisse d'Obama ?, de Sakozy ?, de Nétanyahou ? ou la sienne ?
Qui dit qu'il ne détruira pas non plus les puits de pétrole de la Péninsule Arabique et d'Irak ? A la guerre comme à la guerre Mr Michael T. Klare ! Vos fantasmes ne vous garantissent pas la concrétisation de vos rêves !

25 Août 2009

http://www.alterinfo.net/diplomatie-USraelienne-L-interdiction-de-vendre-de-l-essence-a-l-Iran-est-elle-une-etape-vers-la-guerre_a35961.html 



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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