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26/09/2009

n°454 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak- 22-09- : Début :- - USA et armées de mercenaires: une menace à la sécurité mondiale.

n°454 - Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak- 22-09- : Début :-  - USA et armées de mercenaires: une menace à la sécurité mondiale.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak

                 n°454                            22/09/09

                C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Immanuel Wallerstein : le Moyen-Orient  =  nouveau scénario catastrophe.

1-2 Immanuel Wallerstein : Au Moyen-Orient est prêt à déferler un ouragan de feu auquel ni le gouvernement, ni l’opinion publique des Etats-Unis ne sont préparés.

1-3 Marie NASSIF-DEBS : Le Projet de George Mitchell : « Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?

Suite

1-4 Sherwood Ross : USA et armées de mercenaires: une menace à la sécurité mondiale.

1-5 Huit ans après le 11 septembre 2001 : Combien de vies dévastées par des guerres injustifiables ?

1-6 Ben Laden semble affaibli et cherche une porte de sortie, selon des analystes…

Fin

2 Annexe

2-1 La guerre contre le 'terrorisme' touche maintenant les citoyens Etats-uniens.

2-2 Myriam Abraham : Nouvelle Institut de Propagande Fasciste pour Contrôler les Analogies Historiques faites sur les USA et Israël.

2-3 Chems Eddine CHITOUR : Les sociétés militaires privées = La mort par procuration.

2-4 Blackwater contre Al-Qaida, tout contre…

2-5 Daniel Pipes : Les guerres anti-insurrectionnelles sont-elles condamnées à échouer ?

 



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Immanuel Wallerstein : le Moyen-Orient  =  nouveau scénario catastrophe.

Obama a un plan pour le Moyen-Orient, signe des accords, en particulier avec l'Irak.

Mais Immanuel Wallerstein, un sociologue américain proche de Bourdieu, développe une analyse alarmante. Pour lui, un jeu de dominos délétère est en route qui risque de provoquer un embrasement anti-américain en Irak, puis en Afghanistan puis au Pakistan et rendre impossible tout accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Le pire n'est jamais sûr... Surtout quand on l'anticipe!

Le Moyen-Orient est sur le point de s'embraser mais ni le gouvernement ni l'opinion publique américaine n'y sont préparés.

C'est à peine s'ils semblent conscients de l'imminence de cet embrasement, et ils ignorent à quel point il sera dévastateur.

Le gouvernement américain (et donc, inévitablement, l’opinion publique) se berce complètement d’illusions sur sa capacité à gérer la situation dans le cadre des objectifs déclarés.

La tempête soufflera d’Irak en Afghanistan, d’Afghanistan au Pakistan, du Pakistan en Israël/Palestine, et comme le dit l’expression consacrée, « elle se répandra comme une traînée de poudre ».
De l'Irak, à l'Afghanistan
Commençons par l’Irak. Les Etats-Unis ont signé avec ce pays un Accord sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA) entré en vigueur le 1er juillet. Selon cet accord, le gouvernement irakien devait retrouver sa responsabilité concernant la sécurité intérieure du pays. Le texte prévoyait également de cantonner les forces américaines dans un certain périmètre autour de leurs bases, et de limiter leur rôle à la formation des troupes irakiennes. Certaines formulations de l'accord sont délibérément ambiguës : c’était la seule façon d'amener les deux parties à le signer.
Les premiers mois d’application de cet accord montrent déjà combien il fonctionne mal. Les forces irakiennes l’interprètent de façon très stricte. Elles interdisent formellement les patrouilles conjointes, mais aussi toute action militaire unilatérale de la part des Etats-Unis, c'est-à-dire, sans une autorisation détaillée, préalablement établie par le gouverment irakien. On en est arrivé au point que, pendant la journée, les forces irakiennes empêchent les forces américaines de passer les postes de contrôle avec des approvisionnements.
Les forces américaines s’en irritent. Elles ont cherché à interpréter de manière plus souple la clause qui leur garantit le droit à l’autodéfense. Elles pointent du doigt le regain de violence dans le pays et donc, implicitement, l’incapacité des forces irakiennes à garantir l’ordre.Le général qui commande les forces américaines, Ray Odierno, est évidemment extrêmement mécontent. Il tente par tous les moyens de trouver des prétextes afin de rétablir l'autorité américaine. Récemment, il a rencontré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le Président du gouvernement régional kurde, Masoud Barzani. Il a essayé de les convaincre d’autoriser des patrouilles conjointes tripartites (irakiennes/kurdes/américaines) dans Mossoul, mais aussi dans d'autre zones du nord de l'Irak, pour réduire, voire prévenir, les violences. Ils ont poliment accepté de prendre sa proposition en considération. Hélas pour Odierno, son projet réclamerait une révision formelle de l’accord SOFA.
A l’origine, l'accord SOFA devait être soumis à un référendum populaire début juillet. Les Etats-Unis craignaient de perdre ce scrutin, ce qui aurait enraîné le départ d’Irak de toutes les forces américaines au 31 décembre 2010, douze mois plus tôt que la date théorique prévue par l’accord.
Les Etats-Unis pensaient avoir fait une bonne opération en persuadant al-Maliki de repousser ce référendum à janvier 2010, en même temps que les élections nationales. Or, celles-ci polariseront l'attention des candidats. Tout le monde cherchera à obtenir des voix. Personne ne va faire campagne en faveur du « Oui » au référendum. D'ailleurs, al-Maliki soumet actuellement un projet au parlement irakien : l'accord SOFA pourrait être annulé par une simple majorité des voix en faveur du « Non ». Et il y aura une majorité de voix pour le « Non ». Il se peut même qu’il y ait une majorité écrasante de voix pour le « Non ». Odierno devrait faire ses bagages dès maintenant. Je suis prêt à parier qu’il s’imagine encore pouvoir éviter ce départ de feu. Il se trompe.
Que se passera-t-il après ? Tout pourrait changer d'ici janvier, mais pour l’instant, al-Maliki semble bien parti pour gagner cette élection. Il y arrivera en se faisant le champion du nationalisme irakien. Il passera des accords avec tout le monde sur cette base. Le nationalisme irakien, pour le moment, ne se soucie guère de l’Iran, de l’Arabie saoudite, d’Israël ou de la Russie. Avant toute chose, il veut libérer l’Irak des derniers vestiges de la domination coloniale américaine : c’est en effet, ces termes que presque tous les Irakiens définissent le régime sous lequel ils vivent depuis 2003.
Y aura-t-il des violences internes en Irak ?

Probablement, mais peut-être moins que ce qu’espèrent Odierno et d’autres.

Alors quoi ?

La « libération » irakienne, puisque que ce sera l’interprétation de l’ensemble du Moyen-Orient d'un « Non » au référendum, aura immédiatement un énorme impact sur l’Afghanistan. Les gens se diront : « si les Irakiens peuvent le faire, nous aussi ».
De l'Afghanistan au Pakistan
Bien entendu, la situation de l'Afghanistan est différente, très différente de celle de l’Irak. Mais regardez ce qu'il s’y passe actuellement avec les élections. On a un gouvernement installé au pouvoir pour contenir et détruire les talibans. Les talibans se sont révélés plus tenaces et militairement efficaces que quiconque n’avait pu l’anticiper. Même le solide commandant américain sur place, Stanley McChrystal, l’a reconnu. L’armée américaine parle maintenant de « réussir » d'ici, peut-être, une décennie. Des soldats qui pensent disposer d’une décennie pour remporter une guerre contre des insurgés n’ont manifestement pas lu l’histoire militaire.
Remarquez les politiciens afghans eux-mêmes. Trois candidats de premier plan à la présidence, y compris le Président Hamid Karzaï, ont débattu à la télévision de l’actuelle guerre interne. Ils se sont accordés sur une chose : il faut une forme de négociation politique avec les talibans. Ils ont divergé sur les détails. Les forces américaines (et otaniennes) ne s'en cachent pas : elles sont sur place pour anéantir les talibans. Et les politiciens afghans les plus importants, eux, débattent sur la façon de s’entendre politiquement avec eux. Cela témoigne d’un sérieux décalage d’appréciation des réalités ou peut-être même des objectifs politiques.
Les sondages, pour ce qu’ils valent, montrent que la majorité des Afghans veulent voir partir les forces de l’OTAN, et la majorité des électeurs américains souhaitent la même chose. Maintenant, projetez-vous en janvier 2010 lorsque les Irakiens votent le départ des Etats-Unis d’Irak. Souvenez-vous qu’avant que les talibans n’arrivent au pouvoir, le pays était le théâtre d’impitoyables et féroces combats pour le contrôle du pays, opposant des seigneurs de guerre dotés de bases ethniques différentes,
Les Etats-Unis furent en réalité soulagés quand, soutenus par le Pakistan, les talibans se sont emparé du pouvoir. Enfin de l’ordre ! Qu'il vienne des talibans n'était qu'un problème mineur. Les talibans ont pris la charia au sérieux et montré de la sympathie à l’égard d’un al-Qaïda naissant.

Aussi, après le 11-Septembre, les Etats-Unis, avec l’assentiment des Européens de l’Ouest et le consentement des Nations Unies, ont lancé l’invasion. Les talibans furent chassés du pouvoir pour un petit bout de temps.
Que va-t-il arriver maintenant ? Les Afghans retourneront probablement aux sales et incessants conflits inter-ethniques entre seigneurs de guerre rivaux, avec des talibans formant seulement une faction de plus. La tolérance de l’opinion publique américaine pour cette guerre s’évaporera entièrement. Toutes les factions internes et beaucoup de voisins (Russie, Iran, Inde et Pakistan) resteront pour se disputer les morceaux.
Etape trois enfin, le Pakistan. C’est encore une autre situation compliquée. Mais là-bas, aucun des acteurs ne fait confiance aux Etats-Unis. Et les sondages montrent qu'une majorité écrasante de l’opinion publique pakistanaise pense que le plus grand danger pour le Pakistan, ce sont les Etats-Unis. L’ennemi traditionnel, l’Inde, est loin derrière dans les sondages. Quand l’Afghanistan sombrera dans une guerre civile à part entière, l’armée pakistanaise soutiendra les talibans. Ils ne peuvent soutenir les talibans en Afghanistan tout en les combattant au Pakistan. Ils ne pourront plus se permettre d’accepter que des drones américains bombardent le Pakistan.
Israël/Palestine
Puis vient l’étape quatre de l’embrasement, Israël/Palestine. Le monde arabe observera l’effondrement des projets américains en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Le projet des Etats-Unis en Israël/Palestine se résume en un mot: un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Les Israéliens ne vont pas bouger d’un pouce. Mais les Palestiniens non plus, ni maintenant ni en particulier après l’incendie. L'embrasement aura une seule conséquence: les autres Etats arabes feront pression sur le Fatah et le Hamas pour qu’ils joignent leurs forces au conflit général. Ce qui se fera, peut-être au sens littéral, sur le cadavre de Mahmoud Abbas.
L’intégralité du programme d’Obama sera parti en fumée.

Et les Républicains en feront leur miel. Ils qualifieront la défaite américaine au Moyen-Orient de « trahison » et ce n'est un secret pour personne que nombres de gens aux Etats-Unis sont très réceptifs à ce thème...
Soit on anticipe les incendies et on prend des décisions utiles, et urgentes. Soit ils vous happent.

Immanuel Wallerstein :

08/09/09
*Immanuel Wallerstein est un sociologue américain.
Proche de Noam Chomsky et de Pierre Bourdieu, sa critique précoce du système capitaliste mondial en a fait une sorte d'éminence grise du mouvement altermondialiste. Il fut notamment l'un des signataires du manifeste de Porto Alegre du Forum social mondial.

Son dernier ouvrage, L'universalisme européen : de la colonisation au droit d'ingérence, a été édité chez Demopolis en 2008.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkVkuFAkuZkCggTnLH.shtml


2eme version

1-2 Au Moyen-Orient est prêt à déferler un ouragan de feu auquel ni le gouvernement, ni l’opinion publique des Etats-Unis ne sont préparés.

Cet ouragan partira de l’Irak, s’étendra à l’Afghanistan et au Pakistan, avant de venir frapper Israël et/ou la Palestine, écrit Immanuel Wallerstein.
Un ouragan de feu est prêt à déferler au Moyen-Orient, auquel ni le gouvernement, ni l’opinion publique des Etats-Unis ne sont préparés. Ils ne semblent pas avoir conscience d’à quel point il est proche, et à quel point il sera terrible. Le gouvernement américain (et, par conséquent, inévitablement, la population américaine) est en train de se bercer de douces illusions quant à sa capacité de contrôler la situation selon ses objectifs affichés. L’ouragan de feu partira d’Irak, atteindra l’Afghanistan et le Pakistan, avant de venir frapper Israël et/ou la Palestine, comme une traînée de poudre.
Prenons d’abord l’Irak. Les Etats-Unis ont signé avec l’Irak un accord sur le statut des troupes américaines, le SOFA (Status of Forces Agreement), qui est entré en vigueur le 1er juillet. Il prévoit de remettre la sécurité intérieure au gouvernement irakien et, en théorie, il stipule le retrait des forces américaines à l’intérieur de leurs bases, tout en leur reconnaissant un rôle limité dans l’entraînement de l’armée irakienne. Certains termes de cet accord sont ambigus - délibérément ambigus, car c’était la seule manière d’obtenir que les deux parties le signent.
Quelques mois de mise en application ont suffi à montrer à quel point cet accord fonctionne mal. L’armée irakienne l’interprète jusqu’ici de manière très stricte, interdisant de manière formelle les patrouilles mixtes et toute action militaire américaine unilatérale en l’absence de consultation et d’accord du gouvernement irakien. Les choses en sont arrivées au point où l’armée irakienne empêche les militaires américains transportant des munitions et du matériel de franchir ses check-points durant la journée.
Les forces américaines sont irritées. Elles tentent d’interpréter les clauses garantissant leur droit à l’autodéfense d’une manière beaucoup plus lâche que ne le désirerait l’armée irakienne. Elles mettent l’accent sur le regain de violence en Irak, faisant implicitement allusion à l’incapacité de l’armée irakienne à garantir l’ordre.
Le général Ray Odierno, qui commande les troupes américaines, est de toute évidence extrêmement mécontent, et il recherche de manière patente des prétextes pour restaurer un rôle direct de l’armée américaine. Récemment, il a rencontré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le Président du Gouvernement régional kurde, Massoud Barzani. Odierno a cherché de les persuader d’autoriser des patrouilles tripartites (irako-kurdo-américaines) à Mossoul et dans d’autres régions du Nord de l’Irak, afin de prévenir la violence et, le cas échéant, de la réduire. Ils ont poliment accepté de prendre sa proposition en considération. Malheureusement pour Odierno, son plan requerrait une révision totale de l’accord SOFA.
Originellement, il aurait dû y avoir un referendum, au début du mois de juillet, sur une approbation par le peuple de l’accord SOFA. Mais les Etats-Unis redoutaient de se voir retoqués, dans ce vote, ce qui aurait signifié que toutes les troupes américaines auraient dû être retirées d’Irak avant le 31 décembre 2010, c’est-à-dire un an plus tôt par rapport à la date théorique de leur retrait prévue par l’accord en question.
Les Etats-Unis ont pensé qu’il était particulièrement intelligent de persuader al-Maliki de repousser ce referendum au mois de janvier 2010. Ce qui fait qu’il sera effectué en même temps que les élections irakiennes. A ces élections nationales irakiennes, tout le monde va chercher à obtenir le maximum de voix. Personne ne va donc s’amuser à préconiser un vote « oui » au référendum. Au cas où quelqu’un aurait pu encore en douter, al-Maliki est en train de soumettre au Parlement irakien un projet de loi qui permettra à une majorité simple de votes « non » d’annuler l’accord. Or il est certain qu’il y aura une majorité de « non ». Il pourrait même y avoir une majorité écrasante, de votes « non ». Odierno devrait faire son paquetage dès maintenant. Je parierais qu’il se fait encore des illusions, et qu’il croit toujours qu’il sera en mesure d’éviter que l’ouragan de feu n’éclate. Or il ne le pourra pas.
Que risque-t-il de se passer ? Pour l’instant (mais cela pourrait changer, d’ici au mois de janvier), il semble qu’al-Maliki remportera les élections. Pour cela, il va se camper en champion numéro Un du nationalisme irakien (c’est un bon comédien, ndt). Il va passer des accords électoraux avec tout le monde et n’importe qui, et sans aucune gêne, en plus, à cette fin. Le nationalisme irakien, par les temps qui courent, n’a pas grand-chose à voir avec d’éventuelles tensions avec l’Iran, l’Arabie saoudite, Israël ou la Russie. Non, ce qu’il veut avant tout, c’est libérer l’Irak des derniers vestiges de la loi coloniale américaine, car c’est ainsi que la quasi-totalité des Irakiens définissent le régime sous lequel ils vivent depuis 2003 (date d’invasion de l’Irak, ndt).
Assisterons-nous à des violences intestines en Irak ? Probablement, même si elles sont moins graves que celles qu’Odierno et d’autres escompteraient. Mais : et puis après ? La « libération » de l’Irak – qu’un vote « non » au référendum traduirait, aux yeux de l’ensemble du Moyen-Orient – aura immédiatement un impact énorme en Afghanistan. Dans ce pays, les gens diront : « Si les Irakiens peuvent le faire, alors, nous aussi ! » (Yes, we can ! ndt).
Bien sûr, la situation afghane est différente, et même très différente, de la situation irakienne. Mais regardez ce qu’il est en train de se passer, aujourd’hui, avec les élections en Afghanistan. Nous avons un gouvernement mis en place afin de contenir et de détruire les Talibans. Les Talibans se sont avérés plus coriaces et militairement plus compétents que personne apparemment ne l’avait prévu. Même le commandant américain là-bas, qui n’est pourtant pas un tendre, Stanley McChrystal, l’a reconnu. L’armée américaine parle désormais de son « succès » d’ici dix ans, au minimum ; des militaires qui pensent qu’ils disposent d’une décade pour gagner une guerre contre des insurgés n’ont manifestement pas lu l’histoire des conflits armés.
Regardez les hommes politiques afghans eux-mêmes. Trois candidats principaux à la présidence, dont le Président actuel Hamid Karzaï, ont débattu à la télévision au sujet de la guerre civile actuelle. Il y avait une chose sur laquelle ils étaient d’accord : il doit y avoir des négociations, sous une forme ou une autre, avec les Talibans. Ils divergeaient, mais (seulement) sur les détails. Les forces américaines (et celles de l’Otan) sont là-bas, ostensiblement, afin d’écraser les Talibans. Et que voit-on : les principaux leaders politiques afghans, qui débattent entre eux de la manière de trouver un arrangement politique avec ces « satanés » Talibans ! Il y a là une sérieuse disjonction dans la manière d’appréhender les réalités, ou tout au moins dans les objectifs politiques…
Les sondages d’opinion – pour ce qu’ils valent – montrent que la majorité des Afghans veulent que les forces de l’Otan quittent leur pays et que la majorité des électeurs américains veulent exactement la même chose. Maintenant, projetez-vous en janvier 2010, au moment où les Irakiens voteront la mise des troupes américaines à la porte de l’Irak. Rappelez-vous qu’avant l’arrivée au pouvoir des Talibans, l’Afghanistan était en proie à des combats féroces et impitoyables entre des seigneurs de la guerre concurrents, chacun ayant une base ethnique différente, pour le contrôle du pays.
De fait, les Etats-Unis avaient été soulagés, quand les Talibans, bénéficiant du soutien du Pakistan, avaient pris le pouvoir en Afghanistan. Enfin : l’ordre ! Mais un petit problème surgit : les Talibans ne plaisantaient pas, en matière de sharî‘ah (législation islamique, ndt) et ils voyaient d’un bon œil l’émergence d’Al-Qaida. Si bien qu’après les attentats du 11 septembre (2001), les Etats-Unis, avec l’approbation des pays d’Europe de l’Ouest et avec le soutien de sanctions décidées par l’Onu, envahirent ce pays. Les Talibans furent alors écartés du pouvoir – mais (nous le constatons), ô, pas pour très longtemps…
Que risque-t-il de se passer désormais ? Les Afghans vont probablement renouer avec leurs sales guerres interethniques incessantes entre seigneurs de la guerre, les Talibans n’étant qu’une faction de plus, parmi d’autres. La tolérance de l’opinion publique américaine vis-à-vis de ce conflit finira alors de s’évaporer. Toutes les factions intestines, et plusieurs pays voisins (Russie, Iran, Inde et Pakistan) n’auront plus qu’à se faire la guerre entre eux pour récupérer les morceaux.
L’on passera, ensuite, à la phase III – le Pakistan. Le Pakistan est un autre pays à la situation passablement compliquée. Mais aucun des acteurs, dans ce pays, ne fait confiance aux Etats-Unis. Et les sondages d’opinion montrent que le peuple pakistanais pense que le plus grand danger qui pèse sur son pays est précisément les Etats-Unis et ce, à une majorité écrasante. L’ennemi traditionnel, l’Inde, arrive très loin derrière les Etats-Unis, dans ces sondages sur le pire ennemi du Pakistan. Quand l’Afghanistan se sera désintégré et qu’il sera en proie à une guerre civile totale, l’armée pakistanaise sera fort occupée à soutenir les… Talibans. Or les Pakistanais peuvent difficilement soutenir les Talibans en Afghanistan tout en les combattant chez eux, au Pakistan ? Ils ne pourront pas accepter encore très longtemps ces bombardements au Pakistan par des drones américains.
Puis ce sera la phase IV de l’ouragan de flammes : Israël/Palestine. Le monde arabe assistera à l’effondrement des projets américains en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Le projet américain en Israël/Palestine consiste en un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. Les Israéliens ne bougeront pas d’un pouce. Mais les Palestiniens, ni maintenant, ni, surtout, durant la suite de l’ouragan de feu, ne bougeront pas d’un pouce, eux non plus. Une des conséquences, ce sera une pression énorme que mettront les autres pays arabes sur le Fatah et sur le Hamas pour leur enjoindre de fusionner leurs forces. Cela se fera sur le cadavre d’Abbas – et cela risque fort d’être au sens concret de cette expression.
C’est tout le programme d’Obama qui sera parti en flammes. Et les Républicains danseront autour du feu de joie. Ils appelleront « trahison » la défaite des Etats-Unis au Moyen-Orient, et il est évident que beaucoup de gens, aujourd’hui, sont réceptifs à une telle propagande, aux Etats-Unis.
L’on peut anticiper un incendie de forêt dévastateur, et faire quelque chose d’utile à ce sujet. Mais on peut aussi y laisser sa peau.

Immanuel Wallerstein

Jeudi 17 Septembre 2009
Immanuel Wallerstein, chercheur émérite à l’Université de Yale, et l’auteur de l’ouvrage (en anglais) The Decline of American Power: The US in a Chaotic World (Déclin de la puissance américaine : Les Etats-Unis dans un monde chaotique), éditions New Press .

Cet article est paru sur Middle East Online le 1er septembre 2009.
Copyright ©2009 Immanuel Wallerstein
(Distributed by Agence Global)

Source : Middle East Online

Traduction : Marcel Charbonnier

 http://ism-france.org/news/article.php?id=12693&type=analyse
http://www.alterinfo.net/Moyen-Orient-et-Asie-de-l-Ouest-un-ouragan-de-feu-est-annonce_a36804.html


1-3 Marie NASSIF-DEBS : Le Projet de George Mitchell : « Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?

Avec le retour prochain de George Mitchell au Moyen Orient, on a recommencé à parler du « plan de paix » qu’il présenta, à la fin du mois de juillet, sur les bases du discours de son président, Barak Obama, au Caire. Et les déclarations se sont multipliées de la part des Israéliens et des Arabes, à commencer par Benjamin Netanyahu et son ministre de la guerre Ehud Barak, mais aussi Amro Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, et Khaled Mechaal, chef politique du Hamas.

Ainsi, Netanyahu, qui avait commencé, dimanche passé, ses discours presque quotidiens par une décision ambiguë selon laquelle il gèlerait la construction des colonies en Cisjordanie, s’est vite rétracté en spécifiant qu’il poursuivrait ses exactions à Jérusalem (Al Qods), tandis que son gouvernement prenait la décision de donner le feu vert à la construction d’une colonie au Nord du Jourdain, selon une décision, dite stratégique, déjà prise par l’ex ministre de guerre Amir Perets.

Quant aux Arabes, et aux Palestiniens en particulier, ils sont divisés sur eux-mêmes, comme d’habitude, entre ceux qui, comme Khaled Mechaal, pensent que la « normalisation des relations avec Israël doit se faire après qu’il ait accepté de mettre un terme définitif à la construction des colonies » et ceux qui, comme Amro Moussa, trouvent que la normalisation doit se faire, mais ne doit pas être « gratuite ». Cependant les deux tendances ne disent mot sur le droit au retour de tout le peuple palestinien et oublient de parler de la nécessité d’une position unique et ferme en ce qui concerne l’Etat palestinien et l’avenir d’Al Qods que Barak Obama voudrait transformer en ville ouverte.

Paix provisoire et bombe à retardement

Commençons, d’abord, par préciser le contenu du « plan Mitchell », ainsi que ses différentes étapes et si les Etats-Unis sont vraiment sérieux en ce qui concerne la mise en avant d’une solution juste du problème palestinien ou si le nouveau projet ira rejoindre d’autres, semblables, rédigés au fil des ans, depuis les années Soixante du XX° siècle. D’ailleurs, il est nécessaire pour nous d’ajouter que nous partons, dans notre étude, de la vision pragmatique en politique de la nouvelle administration étasunienne (en quoi elle ne diffère pas de celle qui l’avait précédée, sauf sur le plan formel) qualifiée par le quotidien israélien Haaretz comme étant une « politique de boutiquier » qui accorde une étagère à l’Irak et une autre au dossier nucléaire iranien… auxquelles nous ajoutons une troisième consacrée à la Palestine. Mais, toutes sont sous le contrôle partiel d’Israël, représentante du boutiquier dans la région.

Commençons par le commencement.

La première étape déclarée met, si elle est approuvée, la cause palestinienne sur la voie de la liquidation finale :

Sur le plan palestinien, elle projette « l’arrêt des actions et des déclarations négatives » vis-à-vis d’Israël, en plus de « l’élargissement du rôle des forces palestiniennes de sécurité » ; ce qui laisse sous-entendre que les Palestiniens doivent mettre fin à toutes activités de résistance contre Israël et s’abstenir de toute déclaration à propos des massacres et des arrestations, qui sont devenus leur pain quotidien… Bien plus, ce que George Mitchell veut réellement de la part du gouvernement palestinien, c’est de mettre la main à la pâte afin de couper la voie aux opérations de résistance contre l’occupation israélienne. Par contre, il n’est rien dit à propos de l’occupation militaire et économique des territoires palestiniens ni des déclarations israéliennes concernant un nouveau « transfert » des Palestiniens des territoires de 1948, afin de judaïser ces territoires en vue du nouveau projet : Israël, Etat des Juifs du monde.

Sur le plan israélien, elle conseille « un gel temporaire dans la construction de nouvelles colonies, accompagné d’une plus grande facilité sur le plan économique dans les régions supervisées par l’autorité palestinienne ». Dans cette phrase, l’adjectif « temporaire » exprime la possibilité pour Israël d’obtenir, plus tard, l’accord de Washington afin de poursuivre sa mainmise sur de nouvelles terres palestiniennes. Surtout que le gouvernement Netanyahu-Liebermann a obtenu que le sort des colonies érigées dernièrement en Cisjordanie ne soit pas mis sur le tapis ; parce que ce problème pourrait déclancher une guerre civile en Israël et nuire, par suite, aux intérêts des Etats-Unis dans la région.

Sur le plan arabe, cette étape prévoit « l’ouverture, au moins, de bureaux commerciaux arabes en Israël ». Ce qui aboutit à dire que l’administration d’Obama, qui avait déjà usé de l’argent arabe pour endiguer, partiellement la crise économique qui sévit dans son pays, voudrait aussi trouver une solution à la crise économique israélienne dans la poche des gouverneurs arabes toujours prêts à dilapider nos richesses pour sauvegarder leurs régimes : ainsi, le Qatar et le Maroc ont tout de suite répondu à l’appel en déclarant la réouverture de leurs bureaux à Tel Aviv, qu’ils avaient fermés ( ?) lors de la dernière agression israélienne contre Gaza ; de plus, on parle beaucoup de nouveaux échanges entre Israël et d’autres pays arabes qui voient en lui une possibilité de les secourir contre « l’ennemi iranien », quand l’occasion se présentera. D’ailleurs, la normalisation des relations commerciales est moins difficile que l’échange diplomatique, par exemple, vu qu’il suffit à quelques sociétés arabes d’avoir des représentants dans certaines villes israéliennes, selon le principe « ni vu, ni connu »…

Le rôle de la Turquie et les engagements étasuniens

• En plus des délégations commerciales exigées de tous les Arabes, une autre condition est posée : la reprise des négociations indirectes entre Damas et Tel Aviv. A cet effet, notons le rôle joué par la Turquie, surtout qu’Ankara tente de se montrer sous un jour « indépendantiste » vis-à-vis de Washington, tant en ce qui concerne la solution du problème de la région de Kirkuk, en Irak, (qui constitue, en fait, un problème intérieur turc, tant sur le plan de la population turkmène de cette région que sur le plan économique, surtout pétrolier). Notons aussi la position du gouvernement turc qui avait stigmatisé l’agression israélienne à Gaza, sans pour autant  faire de véritables pressions sur Tel Aviv ou mettre des bâtons dans les roues de l’OTAN. Parce que la Turquie a un besoin pressant de se faire accepter au sein de l’Union européenne en tant que membre à part entière, tout en continuant à jouir de la délocalisation de milliers de sociétés européennes (celles de l’automobile et de la confection, notamment) qui ont trouvé dans ce pays un nouveau lieu pour gagner plus, tout en fraudant le fisc de leurs pays d’origine.

• Enfin, il est nécessaire de dire quelques mots en ce qui concerne les promesses et engagements de ceux qui ont préparé le projet. Les Etats-Unis se sont engagés sur trois points :

-Le premier consiste à donner une plus grande militaire à Israël, y compris une plus grande participation aux opérations de l’OTAN ; c’est sur cette base que Tel Aviv fut présent aux dernières grandes manœuvres de la fin du mois d’août et que les dirigeants de l’Union européenne ont levé la consigne qui gelait la mise en exécution du traité signé par Nicolas Sarkozy, durant sa présidence de l’Union, et dont une des clauses considère Israël comme partie intégrante des opérations militaires européennes, notamment sur le continent africain…

-Le second, quant à lui, consiste de la part des Etats-Unis à montrer une plus grande fermeté en ce qui concerne le programme nucléaire iranien. Fermeté qui, selon le ministre  de guerre Robert Gates, pourrait aboutir à des sanctions musclées et décisives au mois de septembre, si Téhéran n’a pas répondu favorablement aux propositions qui lui furent envoyées.

-Le troisième, enfin, promet à Israël une normalisation ultérieure complète de ses relations avec les Arabes ; laquelle commence à se faire sentir, tant à travers l’ouverture du Canal de Suez devant les navires et les sous-marins israéliens qu’à travers les dépêches annonçant une prochaine ouverture du ciel arabe devant les avions et les bombardiers israéliens. Cette dernière mesure, si elle est prise, n’a pas seulement des répercussions sur le plan économique, mais elle exprime le consentement arabe officiel au plan que le gouvernement Netanyahu-Liebermann avait mis au point pour porter un coup à l’Iran et, en même temps, au Liban sous prétexte de contrer la force du Hezbollah lié à l’Iran.

La situation des Arabes dans ce projet

Cette analyse nous pousse à nous demander ce que les Arabes auront à gagner en contrepartie de leur consentement à ce projet.

La réponse est : ils ont tout à perdre et rien à gagner. Ils perdront la Cause palestinienne et, avec elle, leur existence même. Parce que le discours du président étasunien Barak Obama voulait démontrer qu’il n’existe pas une nationalité arabe et que les Arabes constituent une partie du monde musulman, en général, qui s’étend jusqu’en Afghanistan et au Pakistan. Et, ce monde musulman, auquel on donne tantôt le nom « Le Grand Moyen Orient » ou celui du « Nouveau Moyen Orient », est un monde qu’il faudrait morceler, selon l’exemple de l’Irak (suivi par le Liban et, maintenant, par le Yémen), en groupuscules confessionnels et ethniques antagonistes ou, du moins, en une mosaïque formant deux larges croissants, dont l’un aurait une dominante chiite et l’autre une dominante sunnite… Ce qui permettrait aux Etats-Unis de réaliser son projet général, visant à une mainmise totale sur les sources d’énergie (pétrole et gaz) dans toute la région allant des anciennes républiques islamiques de l’ex Union soviétique jusqu'au Maghreb arabe, mais aussi sur les routes de transport de cette énergie à travers la Géorgie, la Turquie et Israël vers le monde, en général, et l’Europe, en particulier.

Croire ce que disait Barak Obama sur la volonté des Etats-Unis de trouver une solution juste avec le monde arabe relève de l’utopie pure. Parce que si les Etats-Unis voulaient une solution basée sur le respect et les intérêts mutuels, pourquoi continueraient-ils à envoyer toutes ces armes sophistiquées et toute cette aide militaire et économique à Israël ? Surtout que George Mitchell n’a pas pu réaliser la seule promesse qu’il avait tenue en parlant de la volonté de Washington d’asseoir le cessez-le-feu à Gaza, en vue d’améliorer la situation des habitants de cette région toujours encerclée.

Disons, enfin, que ceux qui ont trouvé dans le projet de George Mitchell un indice positif, surtout à partir de ses appels à revenir aux pourparlers entre les parties en présence, s’illusionnent une fois de plus. Ce que les Etats-Unis veulent, c’est tout simplement réorganiser leur présence (armée, surtout) et celle de leurs alliés dans la région, et en premier lieu l’allié israélien. Il n’est nullement question d’un retrait total des troupes, ni hors de l’Irak, ni de l’Arabie saoudite ou des bases érigées au Qatar ou au Kuweit. Ce que préconise Washington, c’est une plus grande participation de l’OTAN et des européens à ses projets guerriers. Voilà tout.

 

Et, si certains trouvent que c’est en l’honneur de George Mitchell de tenter une solution de paix durable entre les Palestiniens et les Israéliens, ainsi que dans la région, à l’exemple de celle qu’il avait trouvée auparavant pour résoudre une crise de 800 ans en Irlande, nous leur disons que ce n’est ni Mitchell ni les Etats-Unis qui ont mis au point la solution pour l’Irlande : Ils se sont contentés d’entériner une paix voulue par les belligérants irlandais qui étaient parvenus à l’idée qu’il fallait des concessions mutuelles pour arriver à la paix ; ce qui n’est pas le cas d’Israël. Ni même des Etats-Unis. Nous ajoutons que les intérêts en jeu dans un pays agricole sont très différents de ceux où il est question de pétrole et de gaz naturel.

Sur ces bases, il nous apparaît que le soi-disant projet de paix mis au point par Mitchell n’est autre qu’un projet de guerre entre Palestiniens et, aussi, entre les différents pays arabes qui se verront divisés sur une illusion mensongère, comme ils le furent du temps du projet de Rogers ou de celui de Kissinger. Et, si certains gouverneurs arabes ou, même, tous sont convaincus des avances qui leur sont faites, dans un objectif de sauvegarder leurs régimes branlants, pourront-ils tenir tête à leurs peuples le jour où Israël déclarera Al Qods (vers laquelle a émigré le gouvernement israélien) capitale de « l’Etat des Juifs dans le monde ». Pourront-ils consentir à ce qu’Israël leur demande, à savoir : nier le droit au retour du peuple palestinien ?

(Analyse parue dans le dernier numéro d’An-Nidaa)

Le 12 septembre 2009


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