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07/10/2009

n° 32 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 05-10 : - Suite -: Guerre et torture rapportent aux USA.

n° 32 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.- 05-10 : - Suite -: Guerre et torture rapportent aux USA.



                                              Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 32 - 05-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 




Sommaire :

3 Annexe

 3-1 L'Allemagne la Base de Planification et d'Aministration de Prisons Secrètes/ Centres De Torture de la CIA.

3-2 Sherwood Ross : USA et armées de mercenaires : une menace à la sécurité mondiale.(extrait).


3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 3-1 L'Allemagne la Base de Planification et d'Aministration de Prisons Secrètes/ Centres De Torture de la CIA.

A ce jour, et malgré une commission d'enquête du Bundestag, aucun responsable politique allemand (SPD, Verts) n'a eu à rendre de comptes pour la complicité de son gouvernement dans les kidnappings, transports et torture de personnes soupçonnées d'activités terroristes, ni pour avoir accepté que la ville de Francfort serve de base pour la planification et l' exécution de ces crimes commis par les agents de la CIA.

Prisons Secrètes de la CIA Organisées D'Allemagne

Un article dan le New York Times du 13 Août confirme que la CIA a planifie et organisé des prisons secrètes à partir de la ville Allemande de Francfort/Main.

Au moins trois prisons secrètes ont été administrées par le bureau de la CIA à Frankfort dés 2003.
Ces prisons illégales appartenaient à un réseau mondial de "sites noirs" où la CIA a transféré de nombreux prisonniers lors de sa "guerre contre le terrorisme". Il y avait au moins 8 de ces prisons secrètes maintenues par la CIA en dehors des US. Parmi les prisons gérées de Francfort deux étaient situées respectivement dans la capitale roumaine de Bucarest et l'autre dans un endroit isolé au Maroc. Une troisième est supposée avoir été située dans la ville polonaise de Kiejkuty, près de l'aéroport de Szymany. Une quatrième prison était située en Lituanie.
Les prisons secrètes étaient utilisées pour soutirer des informations de prisonniers en utilisant des méthodes de torture qu'il n'aurait pas été possible d'utiliser aux US. Le directeur du bureau de la CIA à Frankfort, Kyle D. Foggo, a dit au Times que ces mesures ont été organisées à Francfort parce que " c'était trop sensible pour être géré aux quartiers généraux".
C'est en Septembre 2006 que le Président US, George W. Bush, a admis pour la première fois l'existence de prisons secrètes. Ces prisons centre de torture, ont été utilisées pour systématiquement soumettre ceux considérés comme étant des suspects terroristes aux privations de sommeil, simulacre de noyade, et coups pour obtenir des informations ou tirer des confessions. La CIA arrêtait des " meurtriers potentiels" sur des "champs de bataille dans le monde" et les emprisonnait dans ces lieux secrets ils étaient soumis à des " méthodes d'interrogatoire dures et nécessaires" comme l'a affirmé Bush.
Les prisons secrètes ont du être crées en dehors des US car cela est contraire à la loi américaine.

Le gouvernement US de même que les autorités allemandes et européennes, étaient indifférentes semble-t-il au fait que les méthodes de torture employées par la CIA violaient également le droit international. Les sols étaient recouverts d'un matériau anti-dérapant, et les murs de contreplaqué pour amortir l'impact quand les prisonniers étaient projetés contre ceux-ci.
Selon le New York Times, après les attaques du 11 Septembre 2001, le "centre dormant d'approvisionnement" de la CIA à Francfort est entré en action.

Le budget de ce bureau a bénéficié de 7 millions de $ de plus par le gouvernement Bush. Plus tard, ce budget a alors été triplé.
Francfort est devenu la base d'approvisionnement la plus importante des services secrets US en Europe. En plus, la ville a développé une importante base logistique pour les opérations US en Irak et en Afghanistan, organisant les vols d'approvisionnement pour les déploiements quasi quotidiens de la CIA. Foggo, qui était directeur du bureau de la CIA à Francfort était bien connu pour son expertise organisationnelle. Il a travaillé pour la CIA pendant plus de 20 ans avant de plaider coupable de corruption en 2008, condamné à 3 ans de prison pour cela. Avant fin 2004, il a été nommé au troisième poste le plus haut de la CIA, suite à son déploiement à Francfort. Dans les années 80 il était actif au Honduras pour la CIA. A l'époque, les US menaient une guerre de proxy sale contre le Nicaragua, organisée par la CIA à partir du Honduras sous la responsabilité du gouvernement américain sous la présidence de Ronald Reagan.
Le rôle du gouvernement allemand
Ni le bureau du chancelier allemand, ni le ministère de l'intérieur, le ministère des affaires étrangères ou les services secrets allemands (BND) n'ont commenté l'article du New York Times. Ce silence doit être pris comme un aveu que les agences gouvernementales allemandes étaient au courant de ce que faisait la CIA.
Quand ils ont été interrogés par des médias des officiers de police ont répondu à titre individuel qu'ils ne savaient rien des activités des agents de la CIA en Allemagne. C'était l'affaire des Américains ont-il affirmé. " Même si nous avions eu vent de quelque chose, cela n'aurait rien changé de toute façon " a dit un officier haut gradé au Suddeutsche Zeitung.
En remontant jusqu'en Novembre 2005, le Washington Post et Human Rights Watch avaient découvert les prisons illégales dirigées par la CIA, et sa pratique criminelle de kidnapping de suspects de terrorisme. Après ces premiers cas révélés, le secrétaire général du Conseil de l'Europe a ouvert une enquête préliminaire. Elle a été conduite par l'ancien procureur général suisse, Dick Marty, Président de la Commission des Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. Comme procureur spécial, Marty a mené ses enquêtes dans les prisons secrètes de la CIA de 2005 à 2007.
En Juin 2006, Marty a soumis un rapport initial. Il déclarait qu'il ne pouvait pas prouver définitivement l'existence de prisons secrètes, mais a présenté des preuves substantielles pour indiquer l'utilisation de telles installations par les services secrets US. Marty a continué son enquête et préparé un deuxième rapport. Il a découvert une coopération rapprochée entre les services secrets européens et la CIA, mais s'est heurté à un mur de silence et déni de la part des gouvernements européens.
Le deuxième rapport de Marty en 2007 critiquait les gouvernements allemand et italien en particulier pour avoir supprimé systématiquement la vérité sur les prisons. A Milan, des agences politiques dirigeantes ont classé sans suite la même année une enquête contre 26 agents de la CIA qui avaient ouvertement kidnappé l'Egyptien, Imam Abu Omar, en Italie en Février 2003, et l'avait transporté dans une prison égyptienne où on pratiquait la torture.
Récemment, Marty a dit au Frankfurter Rundschau que c'était difficile de découvrir toute la vérité sur tous les soit disant suspects de terrorisme kidnappés lors de cette période. Surtout parce que les gouvernements européens "avaient fait très peu d'efforts" pour clarifier ce qui s'était passé, a-t-il dit.
Entre 2005 et Juin 2009, une commission d'enquête parlementaire allemande a enquêté sur les méthodes utilisées par la CIA et sa collaboration avec la BND. La liste des questions à examiner était longue. Elle incluait, en plus du système de prison secrète et des vols secrets de la CIA au dessus de l'Allemagne, la participation des agents de la BND à la guerre d'Irak, la connaissance par les services secrets allemands des kidnappings de suspects de terrorisme allemands par la CIA, et la surveillance des journalistes par la BND.
En fait, la commission d'enquête a servi à blanchir les services secrets et le gouvernement allemand. Dans son rapport final du 19 Juin, la commission a conclu qu'à cette époque le gouvernement du parti Social Démocrate et des Verts n'avait pas connaissance ni des transports secrets de suspects ni de l'existance des prisons secrètes. La commission d'enquête n'a exprimé aucun intérêt pour le fait qu'une enquête mise sur pied par le parlement européen avait déjà découvert quelque temps avant cela entre 2001 et 2005 et que des avions de transport de la CIA avaient atterri au moins 336 fois sur des aéroports allemands. C'est complètement irréaliste de croire que le gouvernement et les services secrets n'étaient pas au courant de tels vols.
Le rapport final de la commission du Bundestag a servi avant tout à couvrir les traces de l'actuel ministre des affaires étrangères allemand et candidat du SPD au poste de chancelier, Frank-Walter Steinmeier.

Lors de la période de gouvernance du SPD - Verts (1998-2005) Steinmeier était à la tête de la chancellerie allemande et personnellement responsable des services secrets. Fin 2002, c'est Steinmeier qui a empêché le citoyen turc, Murat Kurnaz, qui vivait en Allemagne dans la ville de Bremen, d'entrer sur le territoire de la République Fédérale. Accusé d'être un terroriste, Kurnaz a été détenu au centre US de Guantanamo. Les autorités US avaient proposé de liberer Kurnaz en 2002 car il n'avait aucune preuve contre lui. A cause du refus de Steinmeier de réaccepter Kurnaz en Allemagne, ce dernier a passé 4 ans de plus à Guantanamo.
Steinmeier a nié toute responsabilité dans le sort de Kurnaz devant la commission d'enquête. Il a également été acquitté de toute responsabilité dans le cas de Khaled el-Masri. El-Masri est un citoyen libanais résident en Allemagne qui a été kidnappé en 2004 par les services secrets US en Macédoine, et transporté en Afghanistan - soit disant sans que le gouvernement allemand en ait connaissance.
Cela montre clairement qu'ils ne seront pas inquiétés pour leur véritable rôle de la part des autorités officielles. L'étendue de la complicité du gouvernement allemand dans ces activités criminelles et les méthodes de torture de la CIA ne seront révélées que par une enquête indépendante et un examen mené par et pour le compte de la classe des travailleurs.

Jan Peters
Sources :

World Socialist Web site 010909
Global Research 020909

Jeudi 03 Septembre 2009

Mireille Delamarre titre présentation traduction


3-2 Sherwood Ross : USA et armées de mercenaires : une menace à la sécurité mondiale.(extrait)

En plus de soumettre les populations ciblées à une guerre sauvage, l’utilisation croissante d’armées privées facilite également la subversion de l’opinion publique nationale et la conduite de la guerre pour la Maison-Blanche.  Les États-uniens sont moins enclins à s’opposer à une guerre menée par des mercenaires étrangers, même lorsque leurs propres impôts sont gaspillés pour la financer.  

« L’usage croissant de contractuels, de forces privées, ou, comme diraient certains, de “mercenaires” rend les guerres plus facile à commencer et à mener : on a seulement besoin d’argent, pas des citoyens », affirme Michael Ratner, du Center for Constitutional Rights de New York. « Dans la mesure où une population est appelée à aller en guerre, il y a de la résistance, une résistance nécessaire à la prévention de guerres d’autoglorification, de guerres stupides et, dans le cas des États-Unis, de guerres hégémonistes et impérialistes. »

En effet, le Pentagone a connu les dangers de la conscription lors des manifestations populaires massives qu’elle a provoqué durant la guerre du Vietnam. Aujourd’hui il préférerait un champ de bataille électronique – et y travaille – où des robots guidés par des systèmes de surveillance sophistiqués mènent le combat, minimisant ainsi les pertes étatsuniennes. Entre-temps, il tolère l’emploi de contractants privés pour l’aider à livrer ses batailles.  

...

 Dans son livre Inside Fallujah (Olive Branch Press), Mansour dit que « les mercenaires étaient vus comme des monstres, principalement en raison de leur comportement monstrueux. Ils ne parlaient jamais à personne avec des mots : ils utilisaient uniquement le langage du feu, des balles et de la force létale absolue. Il était assez courant de voir un mercenaire écraser une petite voiture irakienne dans laquelle se trouvaient des passagers, seulement parce que ces mercenaires étaient coincés dans un embouteillage ».  

Mansour, mieux connu pour son rôle d’animateur de l’émission-débat Without Limits, affirme que son auditoire était outré à la simple pensée qu’une superpuissance politique comme les États-Unis engage des mercenaires pour faire son travail déplaisant au lieu d’utiliser des soldats qui croient en leur pays et sa mission. Les téléspectateurs étaient de toute évidence également indignés par les épouvantables crimes de guerre que commettaient ces mercenaires.  Blackwater a finalement été critiquée après que ses forces ont fauché 17 civils le 16 septembre 2007 dans ce que les autorités irakiennes ont décrit comme une agression délibérée sur la place Nisour à Bagdad. Ces dernières ont refusé de renouveler leur permis d’exploitation.

Le groupe de sécurité, dont le siège social est à Moyock, N.C., a changé son nom pour Xe Services. Selon le magazine The Nation, l’entreprise a tout de même pu renouveler son contrat au montant 20 millions de dollars jusqu’au 3 septembre, pour protéger les fonctionnaires du département d’État. Toutefois, une partie de son travail est assumé par Triple Canopy, de Herndon, Va., une autre firme au passé sombre.  Dans son livre Halliburton’s Army (Nation Books), Pratap Chatterjee prétend que Triple Canopy emploie des « agents de sécurité privés ayant prétendument ciblé des civils irakiens pour le plaisir, tentant de les tuer, alors qu’ils travaillaient pour Halliburton/KBR ». En parlant des mercenaires comme d’un groupe, le brigadier général Karl Hors, conseiller du commandement de la force conjointe des États-Unis, a déjà constaté ceci : « Ces gars sont libres dans ce pays et font des choses stupides. Personne n’a d’autorité sur eux, donc on ne peut pas leur tomber dessus lorsque leur usage de la force dégénère. Ils tirent sur les gens et quelqu’un d’autre doit faire face aux conséquences. Ça se produit partout. »  ...

Au printemps 2008, 180 000 mercenaires opéraient en Irak. On ignore combien d’entre eux sont morts : leurs décès ne figurent pas sur les listes des pertes du Pentagone. Comme ils sont nombreux à effectuer des tâches non reliées au combat, il est peu probable qu’ils aient subit autant de pertes et de blessures que les G.I. Selon certaines estimations, 1000 mercenaires auraient peut-être péri en Irak, environ un décès chez les mercenaires pour 4 chez les G.I.  
Selon Mansour, un groupe irakien nommé Supporters of Truth (Sympathisants de la vérité) prétend que des hélicoptères étatsuniens volant à basse altitude ont laissé tombé des cadavres de mercenaires dans la rivière Diyala près de la frontière iranienne. Un autre groupe, Islamic Army of Iraq (l’Armée islamique d’Irak), « a découvert une fosse commune pour des mercenaires au service des forces étatsuniennes […] Le groupe affirme que la découverte de charniers pour mercenaires est devenue chose courante en Irak […] » On ne sait pas précisément si ces derniers étaient des mercenaires locaux ou des combattants venus d’ailleurs.  De nombreux soldats de fortune sur la liste de paie de compagnies privées ont auparavant été au service de dictateurs en Afrique du Sud, au Chili et ailleurs.

« En Irak, les firmes privées de sécurité, qui forment le deuxième grand élément constitutif de la « coalition des pays disposés » (coalition of the willing), pigent dans des bassins de combattants qualifiés. On estime que presque 70 pour cent d’entre eux proviennent du Salvador », écrit Noam Chomsky dans son livre « Les États manqués » (Fayard). « Les tueurs qualifiés de l’appareil de terrorisme d’État dirigé par Reagan peuvent gagner de meilleurs salaires en perpétuant leur art en Irak qu’en demeurant dans ce qu’il reste de leur société. »  D’autres mercenaires ont été recrutés au sein même de la population irakienne. Dans son livre Rulers and Ruled in the U.S. Empire (Clarity Press), le sociologue James Petras écrit : « L’emploi de mercenaires locaux crée l’illusion que Washington remet graduellement le pouvoir au régime fantoche local. Cela donne l’impression que ce régime fantoche est capable de gouverner et propage le mythe voulant qu’il existe une armée locale stable et fiable. La présence de ces mercenaires locaux crée le mythe selon lequel le conflit interne est une guerre civile au lieu d’une lutte de libération nationale contre un pouvoir colonial.  L’auteur ajoute que « l’échec de la politique étatsunienne préconisant l’utilisation des mercenaires irakiens pour vaincre la résistance se voit dans l’escalade des forces militaires de combat des États-Unis au printemps 2007, 5 ans après une guerre coloniale : de 140 000 à 170 000 troupes, sans compter la présence de quelque 100 000 mercenaires d’entreprises étatsuniennes comme Blackwater ». Il affirme que la force mercenaire irakienne est en proie à de hauts niveaux de désertion.  

Dans The Sorrows of the Empire ”(Metropolitan/Owl), Chalmers Johnson écrit : « On assume que le recours à des contractant privés est plus rentable, mais même cela est discutable lorsque les contrats ne vont qu’à des compagnies qui ont de bonnes relations et que l’appel d’offre n’est pas particulièrement compétitif. » Blackwater Security a obtenu un contrat de 27 millions de dollars sans appel d’offre de la part du lieutenant Paul Bremer III, le directeur de l’autorité provisoire de la coalition en 2003. Selon Joseph Stiglitz dans Une guerre à 3000 milliards de dollars (Fayard), le montant a augmenté à 100 millions de dollars un an plus tard et, en 2007, Blackwater détenait un contrat de 1,2 milliards de dollars pour l’Irak, où 845 contractants privés en sécurité étaient embauchés.  Stiglitz note qu’en 2007 les gardiens de sécurité privés travaillant pour des firmes comme Blackwater et Dyncorp gagnaient jusqu’à 1222 dollars par jour ou 445 000 dollars par an. Par comparaison, un sergent de l’armée gagnait entre 140 et 190 dollars par jour en paie et prestations, pour un total de 51 100 à 69 350 dollars par an.  Puisque ce sont les contribuables étatsuniens qui souscrivent les chèques de paie des « soldats privés », où sont les économies? C’est l’argent provenant des poches des contribuables qui a fait la grandeur de ces armées de l’ombre.  

Dans son succès de librairie Blackwater: The Rise of The World’s Most Powerful Mercenary Army (Nation Books), le reporter Jeremy Scahill écrit : « Son installation de sept mille acres à Moyock, N.C., est devenue le centre militaire privé le plus sophistiqué de la planète, car l’entreprise possède l’une des plus grandes réserves privées d’armes lourdes au monde. Il s’agit d’un grand centre d’entraînement à la fois pour les forces militaires et les forces de sécurité locales et fédérales des États-Unis, et les forces étrangères et les particuliers […] On y développe des dirigeables de surveillance ainsi que des bandes d’atterrissage privées pour sa flotte d’aéronefs, laquelle comprend des hélicoptères de combat. » Les représentants de la société affirme avoir entraîné chaque année environ 35 000 militaires et « agents de la force publique ».  

L’idée d’externaliser la plupart du travail du Pentagone, des corvées de cuisine au camionnage en zone de guerre, est venue en grande partie du secrétaire à la Defense Dick Cheney au début des années 1990, lorsque le Congrès lui a confié la tâche de réduire les dépenses du Pentagone après l’apaisement de la guerre froide. Puis, après avoir quitté son poste à la Defense pour devenir PDG chez Halliburton, Cheney a aussi géré l’emploi de contractants pour appuyer l’armée engagée en ex-Yougoslavie. Comme le rappelle Pratap Chatterjee dans Halliburton’s Army (Nation Books), « [d]ans l’opération Tempête du désert en 2001 (sic 1991), environ une personne sur cent sur le champ de bataille irakien était contractant, alors qu’aujourd’hui, pour l’opération Liberté immuable, leur nombre est pratiquement égal à celui du personnel militaire ».  Et puisque les mercenaires peuvent travailler en civil, ils sont utiles au Pentagone quand il cherche à instaurer une présence militaire dans un pays sans trop attirer l’attention. Comme l’écrit Scahill, « au lieu d’envoyer des bataillons de l’armée active étatsunienne en Azerbaïdjan, le Pentagone a déployé des « contractants civils » de Blackwater et d’autres firmes pour mettre sur pied une opération servant deux objectifs : protéger la nouvelle exploitation rentable de gaz et de pétrole dans une région historiquement dominée par la Russie et l’Iran et possiblement mettre en place une importante base d’opérations avancée pour une attaque contre l’Iran.  Scahill affirme que « [l]’opposition nationale aux guerres d’agression réduit le nombre de volontaires prêts à servir dans les forces armées, ce qui a toujours calmé l’ardeur guerrière ou entraîné la conscription. Parallèlement, l’opposition internationale a compliqué la tâche qu’avait Washington de persuader les autres gouvernements d’appuyer ses guerres et ses occupations. Mais avec des sociétés privées de mercenaires, cette dynamique change dramatiquement, puisque le bassin de soldats potentiels disponibles pour une administration agressive n’est limité que par le nombre d’hommes sur la surface du globe prêts à tuer pour de l’argent. Grâce à l’aide des mercenaires, on n’a pas besoin de conscription, ni même du soutien de sa propre population pour mener des guerres d’agression, pas plus que d’une coalition de pays « disposés » à vous aider.
Si Washington n’a pas suffisamment de personnel dans ses forces nationales pour une invasion ou une occupation, les firmes de mercenaires offrent une alternative privatisée, incluant la base de données de 21 000 contractants de Blackwater […] Si les gouvernements étrangers ne participent pas, on peut toujours acheter des soldats étrangers ».  
En janvier 2008, le groupe de travail de l’ONU sur les mercenaires a décelé en Amérique latine une tendance émergente : « Des entreprises privées de sécurité protègent des sociétés extractives transnationales, dont les employés sont souvent impliqués dans la répression de manifestations des communautés, des organisations environnementales ou de protection des droits humains dans les zones où opèrent ces sociétés. » Pour sa part, le ministre sud-africain de la Defense, Mosiuoa Lekota, a qualifié les mercenaires de « fléau des régions pauvres du monde, particulièrement de l’Afrique. Ce sont des tueurs à gage, ils louent leurs compétences au plus offrant. Quiconque a de l’argent peut engager ces être humains et les transformer en machines à tuer ou en chair à canon ».  Sans mâcher ses mots Ratner fait une mise en garde : « Ces sortes de groupes militaires rappellent les chemises brunes du parti Nazi, en fonctionnant comme mécanisme d’application de la loi extrajudiciaire qui peut opérer en dehors de la loi et le fait.  Certes, les représentants des firmes de guerriers contractuels se voient sous un jour plus noble. Lors d’un discours, le vice-président de Blackwater, Cofer Black, a comparé son entreprise aux chevaliers de la Table ronde au service du roi Arthur, en affirmant qu’ils « se concentrent sur la morale, l’éthique et l’intégrité. C’est important. Nous ne sommes pas des escrocs. Nous ne sommes pas des filous. Nous croyons en ces choses là ». Malgré de telles affirmations, le jugement définitif sur la performance des entreprises militaires à contrat doit venir des populations que ces nobles chevaliers prétendent servir. Et si ceux de Blackwater sont un exemple, ils sont détestés.

Sherwood Ross   

17/9
Article original en anglais : The Rise of Mercenary Armies: A Threat to Global Security, Help White House Thwart Peace Movement,  publié le 31 août 2009

Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca http://www.michelcollon.info:80/index.php?view=article&catid=6&id=2262&option=com_content&Itemid=11

 

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