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09/10/2009

n°486 Les Médias et Dossier de Palestine -07-10 - : Fin :- : Rapport Goldstone - Plomb durci : La défense des victimes progresse.

n°486 Les Médias et Dossier  de Palestine -07-10 - : Fin :- : Rapport Goldstone - Plomb durci : La défense des victimes progresse.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les Médias et Dossier  de Palestine

n° 486                                                     07-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Dossier (Fin)

3-4 Goncalo de Almeida Ribeiro, Vishaal Kishore et Nimer Sultany : Les risques de la décontextualisation des crimes de guerre à Gaza.

3-5 Esam Al-Amin : Des chefs de la Securité formés par la CIA élus à la direction du Fatah.

3-6 T. Hocine : USA-Proche-orient : Un échec aux graves conséquences.


3-4 Goncalo de Almeida Ribeiro, Vishaal Kishore et Nimer Sultany : Les risques de la décontextualisation des crimes de guerre à Gaza.

La publication récente d’un rapport de la mission d’enquête des Nations Unies présidée par le juriste Richard Goldstone sur l’attaque israélienne à Gaza de décembre 2008 à janvier 2009 apporte un éclairage important sur la violation des droits de l’homme en Israël/Palestine.

On souhaiterait qu’à la lecture de ce rapport (ou bien sûr de tout autre de la longue liste de rapports concernant les Territoires palestiniens occupés par diverses organisations pour les droits de l’homme), les lecteurs soient scandalisés par les atrocités perpétrées dans la région.

Bien qu’il affirme expressément prendre en compte le contexte historique des événements de Gaza, le rapport, par sa nature même, isole une série particulière de faits, dans une période limitée, comme principal objet d’enquête. Cela est en partie justifié.

Le conflit à Gaza a atteint des niveaux de violence plus ou moins exceptionnels.
Pourtant, nous craignons qu’un rapport qui a fait autant de bruit, destiné spécifiquement à étudier ce qui est perçu comme étant un laps de temps extrême ou particulier dans la vie des Palestiniens sous occupation, n’ait des conséquences négatives importantes.
Nous maintenons en particulier qu’un tel rapport, en se centrant sur une période « dramatique » de l’occupation israélienne, pourrait avoir pour effet d’occulter ou de minimiser la dure et continue réalité des 43 dernières années d’occupation israélienne.
En attirant l’attention sur une explosion sanglante de violence, une explosion qui est considérée et étudiée comme inhabituelle, d’autres périodes pourraient de façon implicite être considérées comme normales.
Mais ces périodes « normales » contiennent des souffrances et de terribles épreuves palestiniennes qui vont bien au-delà de la moindre décence. Ces périodes – qui impliquent une résistance palestinienne à l’occupation à bas niveau et d’oppression israélienne à bas niveau – sont la toile de fond historique et contextuelle qui renferme tous les événements qui suivent. Alors que beaucoup perdent tragiquement leurs vies dans le conflit, la politique moins spectaculaire mais de longue date et profondément destructrice poursuivie par l’Etat israélien entrave non seulement la liberté des Palestiniens, mais aussi pervertit et tronque leurs projets de vie.
Nous affirmons qu’un risque existe que des rapports centrés de façon aussi restreinte tel le rapport Goldstone n’engendrent l’oubli des tragédies de ces périodes, ou tout au moins ne les relèguent à la marge et les rendent moins répréhensibles. L’attention myope portée sur le symptôme du problème – l’attaque sur Gaza – dissimule la cause originelle, et l’occupation israélienne est dépouillée de son vrai contexte et de sa gravité. Ainsi, les formes multiples et interconnectées utilisées par l’oppression pour assujettir des gens normaux dans leurs vies quotidiennes ne sont pas examinées.
En d’autres termes, le rapport décrit et évalue les violations aux droits de l’homme sans prêter attention au contexte factuel et moral plus large au sein duquel ils sont survenus.
Evidemment, les defenseurs d’Israël se sont servis de tels arguments décontextualisés pour détourner la discussion. Leurs arguments maintiennent que si les Palestiniens n’avaient pas eu recours à la violence contre le peuple israélien et son armée, Israël n’aurait pas été obligé de les attaquer et, en conséquence, leurs vies ne seraient pas aussi épouvantables.
De tels arguments, cependant, omettent de reconnaître que l’occupation elle-même est déjà en train de faire que les vies des Palestiniennes soient tellement épouvantables qu’ils aient envie de sacrifier ces vies pour recouvrer leur patrie, leur liberté et leur dignité. Cela équivaut à choisir un point de départ arbitraire – et bien sûr peu anodin – pour amorcer la condamnation morale et politique.
La tendance naturelle de ceux qui s’affairent à rédiger des rapports sur les violations des droits de l’homme est de s’abstenir de porter des jugements moraux et politiques sur les participants de la violence et leurs passés, de manière à pouvoir affirmer leur neutralité. En conséquence, les parties en conflit sont considérées comme situées de façon identique comme agents de la violence.
C’est une déformation de la réalité, surtout lorsque elle est associée à la décontextualisation arbitraire qui découle du choix d’un cadre d’enquête temporel et factuel limité et « exceptionnel ».
La plupart des conflits impliquent des parties avec des moyens différents à leur disposition et poursuivant des fins différentes. Même si cela est toujours un tort de violer les droits de l’homme, il est aussi vrai que la condamnation morale et politique de telles violations n’est pas seulement une question de qualité, mais aussi de degré. Les Palestiniens n’ont à leur disposition qu’un ensemble beaucoup plus limité de moyens de lutte que l’Etat d’Israël. Il s’ensuit que les violations des droits de l’homme de ce dernier devraient être considérées comme particulièrement graves, étant données toutes les circonstances.
Est-ce à dire que nous devrions en finir avec les rapports et taire l'histoire de violations des droits de l'homme ? Evidemment que non – cette question implique un faux choix.
Mais ce que les rapports sur les droits de l’homme (et les mandats dont ils dépendent) devraient plutôt essayer de faire, c’est d’élargir leur perspective au-delà des confins de la période de violence extrême. Les violations des droits de l’homme doivent être placées dans un contexte factuel et moral plus large.
Le faire, bien entendu, serait au prix d’une controverse politique et de l’hostilité de ceux qui se contentent de demi-vérités. Mais il nous semble que c’est un prix modeste à payer quand les enjeux sont si grands.

Goncalo de Almeida Ribeiro, Vishaal Kishore et Nimer Sultany 

Goncalo de Almeida Ribeiro est doctorant à la Harvard Law School ; il travaille dans les domaines de la Théorie du Droit privé, de la Jurisprudence et de la Philosophie politique. Il est titulaire d’une maîtrise en droit de l'Université Nova de Lisbonne (Portugal).

Vishaal Kishore est doctorant à la Harvard Law School ; il travaille dans les domaines des relations économiques internationales, de l’économie politique et sociale et de la théorie sociale. Il est diplômé de l'Université de Melbourne (Australie).

Nimer Sultany est un citoyen palestinien d'Israël et prépare actuellement un doctorat à la Harvard Law School. Il a travaillé comme avocat spécialiste des droits de l'homme à l'Association pour les droits civils en Israël et en tant que chef du projet de supervision politique à Mada al-Carmel (le centre arabe de recherches sociales appliquées).
30/9

Source : Electronic Initifada

http://www.alterinfo.net/Les-risques-de-la-decontextualisation-des-crimes-de-guerre-a-Gaza_a37370.html


3-5 Esam Al-Amin : Des chefs de la Securité formés par la CIA élus à la direction du Fatah.

Le Fatah comme l’Autorité de Ramallah sont en complète panne stratégique et pieds et poings liés devant les Etats-Unis.

Le Fatah mériterait-t-il le surnom de "hôtel 5 étoiles" dont l’ont affublé la plupart des Palestiniens ?

Le gouvernement US est intervenu dans les affaires internes palestiniennes au moins depuis 2003. Son but est de transformer le mouvement national de libération et d’indépendance palestinien en gouvernement plus obéissant ou plus collaborateur, acceptant les demandes politiques et sécuritaires d’Israël.

Les tactiques employées par les US incluent des moyens militaires, sécuritaires diplomatiques et politiques.

Après les législatives de 2006 et la victoire du Hamas, la stratégie US s’est concentrée sur l’annulation des résultats. Son objectif d’un retour politique du camp pro américain au sein de l’organisation politique palestinienne a été initiée avec l’organisation de la conférence nationale du Fatah cette semaine passée.

Pendant la semaine du 4 aout 2009, l’OLP du Fatah a organisé la sixième conférence nationale de ses 44 ans d’histoire.

Le Fatah a historiquement été considéré comme la faction palestinienne la plus importante, mais cette perception a changé quand il a perdu les élections législatives au profit du Hamas en Janvier 2006. Huit jours après, le groupe a terminé sa conférence et annoncé les résultats de ses élections. Les médias internationaux particulièrement ceux occidentaux, ont encensé l’élection de têtes "fraîches" et "nouvelles" promues au sein du mouvement.

Mais que s’est-il réellement passé lors de ce vote ?

La structure interne du Fatah est à l’opposé de la plupart des partis politiques ou mouvements de résistance. Il n’est pas hiérarchique et la loyauté de ses membres est en grande partie liée à un système de patronage et de factions représenté dans un comité central de 23 membres.

Le Comité Central est supposé refléter techniquement une direction collective et le programme politique d’un mouvement national de libération. Même son fondateur, Yasser Arafat, qui a dirigé l’organisation de sa fondation en 1965 jusqu’à sa mort en 2004, n’avait pas officiellement de titre hors celui de membre du comité et commandant en chef de sa branche militaire. Mais avec le temps, aux yeux d’un grand nombre de Palestiniens, la direction du Fatah a symbolisé un système de copinage, de corruption, de collaboration avec Israël, d’échecs politiques, spécialement depuis le processus d’Oslo.

Bien que sa Charte interne appelle à une conférence nationale tous les 4 ans pour élire sa direction, les principales questions à la veille de la conférence étaient pourquoi cela a-t-il pris deux décennies au Fatah pour en organiser une ?

Est ce que l’élection de la nouvelle direction du Fatah reflète les aspirations du peuple palestinien et une approche nouvelle et fraîche du processus politique ?

Et finalement qui sont les soutiens des principaux individus récemment élus pour diriger ?

Le Comité Central du Fatah dirigé par Arafat a pris la décision stratégique en 1988 de négocier un règlement politique avec Israël et a accepté le gouvernement des US comme principal médiateur. Pendant deux décennies, spécialement après les Accords d’Oslo de 1993, la question palestinienne a progressivement disparu de l’agenda international, devenant presque exclusivement une affaire entre les US, Israël, et la direction palestinienne que ce soit l’OLP ou après 1994 l’Autorité Palestinienne ( AP).

La plupart des analystes neutres tel Robert Malley, directeur du programme pour le Moyen Orient à l’International Crisis Group, également ancien membre du personnel du National Security Council (NSC) pendant l’administration Clinton, ont observé que les négociateurs américains pendant plusieurs administrations (à la fois Démocrate et Républicaine) ont la plupart du temps adopté le point de vue d’Israël et mis la pression principalement sur la direction palestinienne ( que ce soit avec Yitzak Rabin et Ehud Barak avec Bill Clinton, ou George.W.Bush avec Ariel Sharon et Ehud Olmert).

Lors du premier mandat de l’administration Bush, Arafat, en tant que dirigeant de l’AP, a été isolé, tandis que Washington faisait la promotion de ceux qui au sein de la direction palestinienne adoptaient la stratégie américaine dans la région, tels Mahmoud Abbas( imposé à Arafat comme premier ministre en 2003), et l’ancien chef de la sécurité, Mohamed Dahlan. En 2005, Bush a annoncé son agenda pour la liberté et la démocratie, demandant que des élections soient organisées dans les territoires palestiniens et espérant une victoire du Fatah pour appliquer sa vision.

Cependant, l’administration a rapidement abandonné sont agenda de promotion de la démocratie dans le monde arabe quand le Hamas a remporté une victoire écrasante lors des élections législatives de janvier 2006. La secrétaire d’état Condoleezza Rice a exprimé le choc ressenti après l’annonce des résultats en disant : " personne ne l’a vu venir".

Un responsable du Département de la Defense a dit en 2008 à David Rose de Vanity Fair, " chacun rendait l’autre responsable, assis là au Pentagone nous avons dit, quel connard a recommandé ceci ?"

Depuis l’élection, l’administration américaine a employé trois stratégies différentes mais qui se chevauchent pour défaire les résultats. Ces efforts du Département d’ Etat, de la Maison Blanche et du Département de la defense, ont été insuffisamment planifiés et mal coordonnés. Pendant toute l’année 2006 et la première moitié 2007, le Département d’ Etat a utilisé ses ressources diplomatiques et sa force politique pour renverser le gouvernement palestinien démocratiquement élu conduit par le Hamas.

Dans un rapport d’avril 2008, Vanité Fair a révélé qu’un mémo de discussion américaine avait fait surface après qu’un diplomate américain l’eut oublié par hasard derrière lui dans un bâtiment de l’autorité palestinienne à Ramallah. Le document traduisait la demande de Rice qu’ Abbas dissolve le gouvernement d’unité nationale et s’en prenne au Hamas.

Entretemps, comme révélé par Vanity Fair, le néo con et vice directeur du NSC, Elliot Abrams préparait un coup à Gaza contre le Hamas avec l’ancien chef de la sécurité à Gaza, Mohamed Dahlan, au printemps 2007. Cela incluait la coordination avec Israël, plusieurs pays arabes dont les Emirats Arabes Unis et la Jordanie, le paiement à Mohamed Dahlan de plus de 30 milions de $, l’entraînement de 500 agents de sécurité, une campagne pour déstabiliser Gaza, et un programme de torture contre les membres du Hamas et d’autres Islamistes.

Dahlan a admis tout cela au journaliste du magazine, David Rose, disant qu’il avait dit à son homologue américain qui poussait à une confrontation avec le Hamas : "si je dois me confronter à eux, j’ai besoin de ressources conséquentes. En l’état actuel des choses nous n’avons pas la capacité."

Le journal israélien, Haaretz a rapporté le 7 Juin 2007 que l’administration américaine avait demandé à Israël d’autoriser une livraison importante d’armes égyptiennes, dont des douzaines de véhicules blindés, des centaines de roquettes anti blindage, des milliers de grenades à main et des millions de munitions. Rose explique que le plan d’Abrams mettait l’accent sur le besoin de renforcer les forces du Fatah pour "dissuader" le Hamas. Selon un haut responsable de l’administration " le résultat souhaité" c’était de donner à Abbas la "capacité de prendre les décisions politiques stratégiques nécessaires ( i.e remplir les conditions pour une arrangement politique avec Israël) et dissoudre le cabinet (dirigé par le Hamas) et établir un cabinet d’urgence".

Mais le conseiller pour le Moyen Orient de Dick Cheney, David Wurmser, a reconnu l’ échec de cet effort quand il a dit au magazine : " il m’est apparu que ce qui s’est passé n’était pas tant un coup du Hamas mais une tentative de coup par le Fatah qui a été déjoué préventivement par le Hamas avant qu’il n’ait eu lieu."

Le troisième effort, a été principalement supervisé par le Pentagone, et conduit par le lt Gl Keith Dayton. Lors d’un discours devant le think tank pro israélien, le Washington Institute on Near East Policy ( WINEP) en Mai 2009, il a dit que le bureau du coordinateur US pour la sécurité, qu’il a dirigé depuis décembre 2005, constitue "un effort pour aider les Palestiniens à réformer leurs services de sécurité". Mais, selon les notes d’une rencontre entre Dayton et un chef de la sécurité palestinienne à Ramallah début 2007, le véritable objectif de la mission a été révélée quand Dayton a dit : " Nous avons aussi besoin de renforcer vos forces afin de s’en prendre au Hamas".

Depuis 2007, le Congrès a donné à Dayton 161 millions de $ pour mettre son plan en application. En plus, cette année le Congrès a rajouté 209 millions de $ pour Dayton pour les années fiscales 2009 et 2010, pour accélérer son programme après avoir reçu une bonne note des chefs de la sécurité israélienne.

Pour la seule année passée, plus de 1000 membres du Hamas et du Jihad islamique ont été arrêtés et emprisonnés sans procès, un grand nombre ont été torturés et certains sont morts lors des interrogatoires par le personnel de sécurité palestinien formé par les US en Cisjordanie. Amnesty International et de nombreuses autres organisations de defense des droits de l’homme ont condamné ces actions et appelé à la fin immédiate de tous les violations des droits humains des palestiniens détenus dans les prisons de l’Autorité Palestinienne.

Dans son discours au WINEP, Dayton a reconnu cette répression quand il a dit : " je ne sais pas combien d’entre vous ont connaissance que depuis un an et demi les Palestiniens se sont engagés dans toute une série de ce qu’ils appellent des offensives sécuritaires partout en Cisjordanie, ce qui est surprenant c’est qu’elles sont bien coordonnées avec l’armée israélienne". Il a de plus admis que pendant les 22 jours de la guerre de Gaza l’hiver dernier, les forces de sécurité palestiniennes formées par les US ont empêché les Palestiniens en Cisjordanie d’organiser des manifestations de masse contre l’armée israélienne, ce qui ironiquement a permis une réduction de la présence militaire israélienne en Cisjordanie et un redéploiement de ces troupes à Gaza. Dayton a ajouté : " en fait, une grande proportion de l’armée israélienne est allée de Cisjordanie à Gaza - réfléchissez -y une minute, et le commandant ( de l’armée israélienne en Cisjordanie) a été absent 8 jours d’ affilée."

Après un coup raté et une offensive militaire brutale pour déloger le Hamas de Gaza, la stratégie israélienne et des US a cherché à intensifier sa pression contre le Hamas par le biais d’un blocus économique suffocant de Gaza, des emprisonnements massifs en Cisjordanie, l’étranglement financier dans la région, et l’isolation politique sur la scène internationale. Parallèlement, selon plusieurs porte parole du Hamas dont le premier ministre déposé Ismael Haniyya à Gaza et le chef politique à Damas Khaled Meshal, le principal obstacle à toute réconciliation nationale avec le Fatah c’est l’emprisonnement de centaines de membres du Hamas et la collaboration de la sécurité de l’Autorité Palestinienne avec l’occupation militaire supervisée par Dayton.

La phase suivante dans cet effort c’est de réinventer le Fatah et de le présenter comme une alternative politique viable au Hamas et à d’autres mouvements de résistance, en améliorant les conditions de vie en Cisjordanie par opposition avec le siège dévastateur de Gaza. Mais plus important, le plan envisage un nouveau Fatah considéré comme un partenaire fiable prêts à accepter les conditions d’Israël pour un règlement politique du conflit. La sixième conférence du Fatah et les élections qui l’ont accompagnée ont donc été organisées pour effacer son image d’organisation corrompue et fonctionnant mal.

Pendant plus d’un an, le Comité Central, la structure la plus élevée de cette organisation, n’a pu se mettre d’accord sur des points essentiels, dont la question de décider du lieu de la conférence ( la décision finale c’était qu’elle se passe dans les territoires occupés palestiniens, ce qui veut dire qu’Israël avait un droit de veto sur les délégués de l’étranger pouvant participer).

Ils se sont également querellés sur le choix des délégués nommés pour la conférence, qui détermineraient la composition de la nouvelle direction, de même que le programme politique et le rôle de la résistance armée contre l’occupation. Abbas et son cercle rapproché ont mis leur véto à la décision du Comité, et ont décidé que la conférence aurait lieu à Bethlehem, une façon de choisir tous les participants afin de s’assurer du résultat de la conférence.

Historiquement, les délégués à la conférence nationale du Fatah étaient élus ou nommés par le Comité Central, mais au moins 51% étaient issus de l’appareil militaire. Comme le gros de la branche armée a, soit été démantelée, soit est recherchée par les israéliens, un grand nombre de délégués à cette conférence étaient du personnel de sécurité se substituant aux militaires. Ce fait était une garantie que les résultats de l’ élection favoriseraient les chefs de la sécurité et leurs supporters.

A l’origine, le nombre de délégués était supposé être aux alentours de 700. Puis il est passé à 1250 puis s’est multiplié pour atteindre les 2355. En fait, moins de 10% avaient été élus indirectement en lien avec leur position, tandis qu’une majorité écrasante a été nommée par un petit groupe de Ramallah conduit principalement par Abbas et d’autres avides de pouvoir tel Dahlan et l’ancien chef de la sécurité de Cisjordanie, Jibreel Rajoub, qui avait l’habitude de suspendre au dessus de son bureau à côté du portrait d’Arafat celui de l’ancien directeur de la CIA, George Tenet.

Le nombre des membres du comité est également passé de 21 à 23, dont 19 directement élus par les délégués. Abbas devait nommé 4 membres plus tard, lui-même ayant été choisi comme seul candidat, pour éviter l’embarras d’une élection directe qui ne l’aurait pas porté en tête. Les 18 individus élus à la fin de la conférence d’une semaine comprenait 4 personnes de la "vieille garde" considérés comme proches d’Abbas, et 14 nouveaux membres, 3 d’entre eux d’anciens chefs de la sécurité proches de la CIA. Cela inclut Dahlan, Rajoub et Tawfiq Tirawi, un ancien chef du renseignement, qui dirige actuellement l’académie de formation de la sécurité à Jericho sous la supervision du gl Dayton.

Dés le début, la conférence était trés orientée en faveur des délégués de la Cisjordanie. A la différence des conférences précédentes, les Palestiniens de la Diaspora étaient à peine représentés puisqu’Israël n’a autorisé que peu de personnes à venir de l’étranger. Alors que la population de Gaza est égale à celle de la Cisjordanie, moins de 400 individus ont été selectionnés comme délégués de Gaza, alors qu’il y avait plus de trois fois plus de délégués de la Cisjordanie.

Mais la plupart des délégués de Gaza n’ont même pas participé car le Hamas les a empêchés de quitter la Bande de Gaza, demandant en échange que des centaines de membres du Hamas détenus en Cisjordanie soient libérés par l’AP, ce qu’elle a refusé de faire. En bref, mis à part Dahlan, qui ne vit plus à Gaza, pas une seule personne élue est de ou vit à Gaza. Ce qui a poussé toute la direction du Fatah à Gaza dont l’ancien membre du Comité Central Zakariya al-Agha, à démissionner en masse un jour après la conférence pour protester non seulement contre les résultats, mais aussi contre tout le processus de l’élection.

De même, Les membres du Fatah à l’étranger n’ont pu obtenir grand chose. Seules deux personnes ont été élues au Comité Central, alors que plus des deux tiers des Palestiniens ( 8 millions) vivent en dehors des territoires occupés, la plupart dans des camps de réfugiés sordides, alors que le "droit au retour" est considéré comme une question chaude lors de négociations futures, qui sont dans l’air. D’un autre côté, la grande majorité des nouveaux membres sont soit de la Cisjordanie ou vivent déjà à Ramallah comme les aides les plus proches d’Abbas, une affirmation de la stratégie américaine de "la Cisjordanie d’abord".

Certains de la vieille garde historique tels le secrétaire du Comité Central Farouk Kaddoumi ou Hani Al-Hassan n’ont même pas participé et ne se sont même pas présentés comme candidats. Kaddoumi a condamné la conférence, mis en question sa légitimité, et est allé jusqu’à accuser Abbas et Dahlan d’avoir comploté avec les Israéliens pour empoisonner Arafat, provoquant ainsi sa mort.

D’autres anciens membres qui se sont présentés comme candidats ont été battus et ont protesté. L’ancien premier ministre et négociateur, Ahmad Qurai ( Abu Alaa) a remis en question les titres des délégués et la légitimité du processus électoral. Quand le chef du personnel d’Abbas, Tayeb Abdel-Rahm a perdu, il a demandé un nouveau comptage et a finalement été déclaré vainqueur, après que le comité pour l’ élection ait affirmé qu’en fait il était arrivé dernier. De nombreux délégués, spécialement les candidates, dont aucune n’a été élue, ont critiqué le patronage flagrant. Néanmoins plusieurs candidats populaires et "propres" ont pu obtenir un siège tel Marwan Barghouti, qui est emprisonné, condamné à 5 vies en prison en Israël, et Mahmoud Al-Aloul, un ancien maire de Naplouse.

Tandis que les Palestiniens observaient la tenue de cette conférence, nombreux étaient ceux qui espéraient que cela serait le début d’une réconciliation nationale et l’établissement d’un gouvernement d’union nationale.

Cependant il semble que, résultat de cette conférence, le Fatah se désintégrera un peu plus, car ses dirigeants de Gaza et Abu Alla menacent de lancer une nouvelle faction appelée " Le Renouveau du Fatah" augmentant un peu plus la division et la tension dans les rangs palestiniens.

La prochaine étape dans la stratégie du camp pro américain, c’est d’organiser des élections présidentielles et législatives dans les territoires palestiniens en janvier prochain, espérant présenter un Fatah rajeuni comme alternative au Hamas et aux autres mouvements de résistance.

Jonathan Steele du "Guardian" a exposé le 22 Juin 2007, le "mauvais coup" de Juin 2007 des US de même que leur stratégie politique. il a détaillé la conversation de responsables US avec plusieurs régimes arabes.

Parmi ces détails il y avait entre autres :
  le maintien du Président Abbas et du Fatah comme le centre de gravité de la scène palestinienne ;
  éviter de perdre du temps en accréditant le Hamas ;
  saper le statut politique du Hamas :
  appeler à des élections anticipées."

Selon les paroles du Gl Dayton, le personnel palestinien formé par les US jurent après la cérémonie de remise de diplôme qu’ils " ne sont pas venus ici pour apprendre à combattre Israël mais on en fait été envoyé là pour apprendre à faire respecter la loi et l’ordre." Le but principal de ces bataillons sécuritaires c’est de mettre fin à la résistance et à tout rejet de l’occupation y compris par des moyens pacifiques. Il a alors ajouté que de hauts commandants israéliens lui demandent fréquemment : " combien de ces nouveaux Palestiniens pouvez vous former en plus et avec quelle rapidité " ?

Un grand nombre de questions posées par des Palestiniens ordinaires avant la conférence sont restées sans réponse. Quel est le programme politique du Fatah face à l’actuelle intransigeance d’Israël et ses pré-conditions ?

Qu’en est-il de la réconciliation nationale avec les autres factions palestiniennes et la création d’un gouvernement d’unité nationale ? Quel est le rôle de la résistance contre l’occupation, le siège suffocant contre Gaza, et le plus important, la collaboration continue avec les agences de sécurité et militaires israéliennes contre leurs propres citoyens ?

Ces questions persistent alors que l’occupation israélienne, ses politiques brutales, l’expansion des colonies, le mur de séparation, la détention de plus de 11 000 Palestiniens, l’expropriation de terre, la dépopulation de Jérusalem Est de ses résidents palestiniens, et le refus du droit au retour des réfugiés palestiniens, continuent sans relâche.

Dit simplement, les US veulent une direction palestinienne qui réponde à ses questions de façon satisfaisante pour Israël. Comme l’a dit l’un des responsables du département d’état à Vanity Fair concernant les objectifs américains dans le conflit israélo palestinien, " ce qui compte pour nous se sont les résultats, et nous soutenons n’importe quel fils de garce. il se trouve que Dahlan est le fils de garce qu’on connaît le mieux."

Esam Al-Amin –

Free Palestine

17/9

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7227


3-6 T. Hocine : USA-Proche-orient : Un échec aux graves conséquences.

George Mitchell a appelé Palestiniens et Israéliens à « prendre leurs responsabilités » alors même que les causes de l’échec de sa mission sont connues.

Quel est le rapport entre celui que vient d’établir le chef de la mission d’enquête de l’ONU sur les crimes israéliens, et celui que l’émissaire américain pour le Proche-Orient s’apprête à adresser à ses responsables ?

Deux sujets séparés, mais également proches par leur thématique, et le président américain a relevé dans un de ses discours à quel point était grande l’injustice faite au peuple palestinien.

Là est l’élément commun puisqu’il faut remonter à cette injustice pour en établir les causes qui tiennent en un seul mot, l’occupation. Une occupation israélienne pour bien la définir, et rappeler qu’elle n’aurait jamais pu être possible sans l’appui multiforme apporté à Israël, jusque et y compris dans le domaine militaire largement utilisé contre les Palestiniens. Et il en est qui s’en prennent à l’émissaire onusien, le magistrat sud-africain dont la compétence a été pourtant louée quand il s’agissait de juger les criminels yougoslaves et rwandais. Richard Goldstone a touché le fond de la question, et dit tout haut et de manière solennelle, ce que l’opinion internationale sait d’Israël, un Etat criminel, et capable de toutes les sauvageries.

Mais-dira t-on et en dépit de mises en garde antérieures justement sur l’écart existant entre les forces en présence et sur la nature non conventionnelle du conflit palestinien, il s’est laissé aller à un certain équilibrisme en laissant entendre que les Palestiniens ont eux aussi commis des crimes de guerre, alors que leurs moyens sont dérisoires, et qu’en fin de compte, ils sont en droit de se défendre, puisque privés de leurs droits les plus élémentaires, en raison de l’obstruction israélienne dont est également victime la diplomatie américaine qui entend relancer le processus de paix au Proche-Orient. Effectivement, l’émissaire américain George Mitchell est rentré bredouille de ses entretiens avec les dirigeants israéliens, sans être parvenu à obtenir un accord sur un gel de la colonisation juive et une reprise du dialogue israélo-palestinien. Au terme d’une nouvelle mission de quatre jours dans la région, M. Mitchell a discrètement quitté Israël sans faire la moindre annonce, après un ultime entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ont rapporté les médias israéliens.

Selon ces médias, l’envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, qui a multiplié ces dernières 48 heures les navettes entre M. Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), n’a pas réussi à convaincre le dirigeant israélien de lâcher du lest sur les colonies. Et là se pose un point de droit, et même les choses sont appelées par leur nom, colonisation. En d’autres circonstances, il n’y a jamais eu une quelconque négociation, et les occupants étaient chassés par la force. Israël est-il nécessaire de le rappeler occupe par la force des territoires, et refuse de les restituer. Les efforts de M. Mitchell pour favoriser la relance des négociations de paix achoppent justement sur le refus des Israéliens d’arrêter la colonisation en Cisjordanie occupée. Un défi lancé à la face du monde. Les Palestiniens réclament un gel complet des constructions. « Le sénateur Mitchell nous a informés n’être pas parvenu à un accord avec les Israéliens sur un arrêt de la colonisation », a déclaré à la presse le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat, à l’issue de la rencontre entre l’émissaire américain et M. Abbas à Ramallah. « Le président (Abbas) a fait savoir au sénateur Mitchell que la question de l’arrêt de la colonisation ne saurait faire l’objet de compromis », a insisté M. Erakat.

Les consultations de M. Mitchell pour débloquer l’impasse devaient toutefois se poursuivre à New York, où MM. Abbas et Netanyahu doivent assister la semaine prochaine à l’Assemblée générale de l’ONU. « Nous espérons qu’un accord global sur toutes les questions pourra être trouvé. Le sénateur Mitchell déploie tous les efforts nécessaires à cette fin », a expliqué le négociateur palestinien. Le sénateur Mitchell s’efforce d’arracher un accord sur la colonisation afin d’ouvrir la voie à un sommet tripartite la semaine prochaine à New York entre MM. Netanyahu, Abbas et le président Barack Obama, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Un tel sommet permettrait de relancer les pourparlers de paix suspendus depuis l’agression israélienne contre la bande de Ghaza (décembre 2008-janvier 2009). « Les négociations ne reprendront pas tant que la colonisation n’est pas arrêtée », a répété M. Erakat. Mais après le départ de M. Mitchell, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, Susan Rice, a dit vendredi ne pas être en mesure d’annoncer un sommet tripartite à New York.

L’émissaire « Mitchell est rentré aux Etats-Unis », a pour sa part indiqué le porte-parole du département d’Etat Ian Kelly. « Naturellement, nous espérions une percée » dans les discussions, a-t-il ajouté. Et aveu d’échec ou annonce de fin de mission comme il l’avait fait une première fois en 2000 quand il n’avait pas réussi à faire accepter par Israël le gel de la colonisation dans le cadre de mesures dites de confiance, l’émissaire américain a appelé jeudi les protagonistes du conflit israélo-palestinien à « prendre leurs responsabilités » afin de permettre la reprise du processus de paix. Cela veut dire quoi au juste, un retrait américain du processus de paix ? C’est exactement ce que voulait Benjamin Netanyahu qui appelait les Américains à laisser seuls face à face, Palestiniens et Israéliens. Un autre espoir disparaîtra. Comme tant d’autres. Ce sera alors la guerre encore et toujours.

22 septembre

Source : El Watan
http://www.elwatan.com/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.T.Hocine.220909.htm



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