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10/10/2009

n°487 - Les dossiers de Palestine.- 07-10 : (Fin)- UNRWA : Un témoin gênant pour Israël.

n°487 - Les dossiers de Palestine.- 07-10 : (Fin)-  UNRWA : Un témoin gênant pour Israël.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

       N°487                                                     07-10

                                                                C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage (Fin)

2-5 Khaled Mechaal : la paix passe par le retour aux frontières de 1967.

2-6 Le masque tombe, le vrai visage du sionisme est à découvert et la résistance des peuples fraye son chemin.

2-7 Joaquim DF : "Palestine Occupée - Dexia Impliquée".


2-5 Khaled Mechaal : la paix passe par le retour aux frontières de 1967.

Loin de vouloir la « destruction d’Israël », les dirigeants du Hamas réaffirment régulièrement qu’ils recherchent un accord de paix et de reconnaissance mutuelle avec Israël sur la base des frontières de 1967.

Tout comme Ismail Haniyeh, qui a défendu cette position dans une lettre adressée mardi au secrétaire général de l’ONU, Khaled Mechaal, le dirigeant du Hamas exilé à Damas, considère qu’un « règlement pacifique réaliste du conflit devrait commencer par un accord de cessez-le feu entre les deux parties, basé sur un retrait complet d’Israël de tous les territoires occupés en 1967. » Ce sont, dit-il, « l’intransigeance israélienne et l’absence de volonté d’agir de la part de la communauté internationale qui entravent ce règlement. » Dans un entretien accordé à Ken Livingstone, il s’exprime sur les perspectives de paix, le blocus de Gaza, la désunion palestinienne.

Khaled Mechaal s’entretient avec Ken Livingstone, pour le New Statesman, 22 septembre 2009

Ken Livingstone : Pourriez-vous parler un peu de votre enfance et des expériences qui ont façonné le développement de l’homme que vous êtes aujourd’hui ?

Khaled Mechaal : Je suis né dans le village cisjordanien de Silwad, près de Ramallah, en 1956. Dans ma jeunesse, mon père m’a raconté comment il avait participé à la révolution palestinienne contre le mandat britannique en Palestine dans les années trente et comment il avait combattu aux côtés d’autres Palestiniens, avec des armes rustiques, contre les organisations sionistes, bien équipées et entrainées, qui attaquaient les villages palestiniens en 1948.

J’ai vécu à Silwad pendant 11 ans avant la guerre de 1967, lorsque j’ai été obligé avec ma famille de quitter la maison et de m’installer en Jordanie, comme des centaines de milliers de Palestiniens. Ce fut une expérience traumatisante que je n’oublierai jamais.

KL : Que vous est-il arrivé après la guerre ?

KM : Peu de temps après, j’ai quitté la Jordanie pour le Koweït, où mon père avait déjà vécu et travaillé avant 1967. Après avoir terminé mes études primaires en 1970, j’ai rejoint le prestigieux lycée Abdullah al-Salim. Dans les années soixante-dix, il était au centre d’une intense activité politique et idéologique.

Au cours de ma deuxième année au lycée Al-Salim, j’ai rejoint les Frères Musulmans. Après avoir terminé ma quatrième année j’ai obtenu avec succès l’admission à l’Université du Koweït, où j’ai suivi un cursus en physique.

A l’université du Koweït, il y avait une section active de l’Union Générale des Etudiants Palestiniens (UGEP), qui était sous le contrôle absolu du mouvement Fatah. Mes camarades islamistes et moi avons décidé en 1977 de rejoindre l’UGEP, dont nous étions auparavant restés à l’écart, et nous nous sommes présentés aux élections. Toutefois, travailler à l’intérieur du GUP s’est avéré impossible, nous nous sentions constamment entravés, et avons compris que nous autres islamistes n’y avion aucune chance. En 1980, deux ans après mon diplôme, mes jeunes collègues ont décidé de quitter l’UGEP et de former leur propre association palestinienne sur le campus.

De nombreux étudiants avaient été déçus par les dirigeants palestiniens, qui semblaient vouloir se contenter de beaucoup moins que ce dont ils avaient rêvé en grandissant, à savoir la libération totale de la Palestine et le retour de tous les réfugiés dans leurs foyers.

KL : Quelle est la situation à Gaza aujourd’hui ?

KM : Gaza est aujourd’hui en état de siège. Les passages sont fermés la plupart du temps, et depuis des mois les victimes de la guerre israélienne contre Gaza se sont vues refuser l’accès aux matériaux de construction pour rebâtir leurs maisons détruites. Les écoles, les hôpitaux et les maisons dans de nombreuses parties de la bande de Gaza doivent être reconstruites. Des dizaines de milliers de personnes restent sans abri. A l’approche de l’hiver, les conditions de ces victimes ne feront que s’aggraver avec le froid et la pluie. Un million et demi de personnes sont prises en otage dans l’une des prisons les plus grande de l’histoire de l’humanité. Ils sont incapables de se déplacer librement hors de la bande, que ce soit pour un traitement médical, l’éducation ou tout autre besoin. Ce à quoi nous assistons à Gaza c’est à un désastre et un crime contre l’humanité perpétrés par les Israéliens. La communauté mondiale, par son silence et son indifférence, agit en complice de ce crime.

KL : A votre avis, pourquoi Israël impose-t-il toujours le siège de Gaza ?

KM : Les Israéliens prétendent que le siège est justifié par des raisons de sécurité. L’objectif réel est de faire pression sur le Hamas en punissant toute la population. Les sanctions ont été mises en place peu après la victoire du Hamas aux élections palestiniennes en janvier 2006. Bien que la sécurité soit l’une de leurs préoccupations, ce n’est pas la principale motivation. L’objectif principal est de provoquer un coup d’Etat contre le résultat des élections démocratiques qui ont porté le Hamas au pouvoir. Les Israéliens et leurs alliés cherchent à provoquer l’échec du Hamas en persécutant le peuple. C’est là une entreprise affreuse et immorale. Aujourd’hui, le siège continue malgré le fait que nous ayons observé un cessez le feu durant les six derniers mois. L’an dernier, une trêve avait été observée de juin à décembre 2008. Pourtant, le siège n’a jamais été levé, et les sanctions sont restées en place. L’objectif principal du siège est d’affaiblir le Hamas. Les Israéliens espèrent retourner la population contre le Hamas en augmentant les souffrances de tous les habitants de la bande de Gaza.

KL : Combien de partisans du Hamas et de représentants élus du Hamas sont détenus en Israël ? Ont-ils tous été accusés et reconnus coupables de crimes ?

KM : Sur un total de 12 000 prisonniers palestiniens détenus en Israël, environ 4000 sont membres du Hamas. Il s’agit notamment des dizaines de ministres et parlementaires (les membres du Conseil Législatif Palestinien). Une dizaine ont été récemment libérés, mais environ 40 membres du CLP restent en détention. Certains ont été condamnés à des peines, mais beaucoup sont détenus au titre de ce que les Israéliens appellent la détention administrative. Le seul crime dont ces gens sont accusés, c’est leur appartenance au groupe parlementaire du Hamas. L’exercice du droit démocratique est considéré comme un crime par Israël. Tous ces Palestiniens sont traduits en justice devant un système israélien qui n’a rien à voir avec la justice. Le système judiciaire israélien est un instrument de l’occupation. En Israël, il existe deux systèmes judiciaires : l’un s’applique aux Israéliens et l’autre s’applique aux Palestiniens. Il s’agit d’un régime d’apartheid.

KL : Dans le blocus de Gaza, quel rôle jouent le cas échéant les autres États et institutions, tels que les États-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne, l’Egypte ou l’Autorité palestinienne ?

KM : Le blocus de Gaza n’aurait jamais réussi sans la collusion des pouvoirs régionaux et internationaux.

KL : A votre avis, comment le blocus pourrait-il être levé ?

KM : Pour que le blocus soit levé, la primauté du droit international doit être respectée. Les droits humains fondamentaux des Palestiniens et leur droit à vivre dans la dignité et exempts de persécutions doivent être reconnus. Il faut une volonté internationale de servir la justice et faire respecter les principes fondamentaux du droit international des droits de l’homme. La communauté internationale devrait se défaire de l’entrave des pressions exercées par Israël, dire la vérité et agir en conséquence.

KL : Israël affirme que le bombardement et l’invasion de Gaza l’an dernier faisaient suite à la rupture répétée du cessez le feu par le Hamas et des tirs de roquettes sur le sud d’Israël. Est-ce le cas ?

KM : Les Israéliens ne disent pas la vérité. Nous avons eu un accord de trêve avec Israël à partir du 19 juin jusqu’au 19 décembre 2008. Pourtant, le blocus n’a pas été levé. L’accord prévoyait un cessez-le feu bilatéral, la levée du blocus et l’ouverture des points de passage. Nous avons pleinement respecté le cessez le feu tandis qu’Israël ne l’a observé que partiellement, et vers la fin de la période, il a repris les hostilités. Pendant toute cette période, Israël a maintenu le siège et a seulement ouvert par intermittence quelques points de passage, n’autorisant le transit que de 10% seulement des livraisons nécessaires pour les besoins fondamentaux de la population de Gaza.

Israël a tué la possibilité d’un renouvellement de la trêve car elle a été violée délibérément et à plusieurs reprises.

J’ai toujours informé mes visiteurs occidentaux, y compris l’ancien président américain Jimmy Carter, que lorsque l’on proposerait au Hamas une trêve incluant la levée du blocus et l’ouverture des points de passage, le Hamas adopterait une attitude positive. Jusqu’à présent, personne ne nous a fait une telle offre. En ce qui nous concerne, ce blocus équivaut à une déclaration de guerre qui justifie l’auto-défense.

KL : Quels sont les objectifs et l’idéologie du Hamas ?

KM : Notre peuple a été victime d’un projet colonial nommé Israël. Pendant des années, nous avons subi diverses formes de répression. La moitié de notre peuple a été dépossédée [ de sa terre ] et se voit refuser le droit de retourner dans ses foyers, et l’autre moitié vit sous un régime d’occupation qui viole ses droits humains fondamentaux. Le Hamas lutte pour la fin de l’occupation et pour la restauration des droits de notre peuple, y compris le droit à retourner chez soi.

KL : Quelle est votre opinion sur les raisons du conflit entre l’Etat d’Israël et les Palestiniens ?

KM : Ce conflit est le résultat de l’agression et l’occupation. Notre lutte contre les Israéliens n’est pas menée parce qu’ils sont juifs, mais parce qu’ils ont envahi notre patrie et nous ont dépossédés. Nous n’acceptons pas que les juifs aient le droit de prendre nos terres et de nous expulser parce qu’ils ont auparavant été persécutés en Europe. Les injustices subies par les Juifs en Europe ont été horribles et criminelles, mais elles n’ont pas été perpétrées par les Palestiniens ou les Arabes ou les musulmans. Alors, pourquoi devrions-nous être punis pour les péchés d’autrui, ou devrions nous payer pour leurs crimes ?

KL : Pensez-vous qu’Israël ait l’intention de continuer à étendre ses frontières ?

KM : Israël n’a pas officiellement défini ses frontières. Lorsque Israël a été créé dans notre pays, il y a 62 ans, ses fondateurs rêvaient d’un « Grand Israël » qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate. L’expansionnisme s’est manifesté à plusieurs reprises : en 1956, en 1967 et plus tard par l’occupation de certaines parties du Liban dans les années quatre-vingts. La faiblesse arabe, la supériorité militaire israélienne, le soutien apporté à Israël par les puissances occidentales, et les massacres qu’il était prêt à commettre contre les civils non armés en Palestine, en Égypte et au Liban, lui ont permis de s’agrandir avec le temps. Bien que cet expansionnisme soit encore présent dans l’esprit de nombreux Israéliens, il semblerait que ce ne soit plus une option praticable. Les résistances libanaise et palestinienne ont forcé Israël à se retirer unilatéralement de terres qu’il avait précédemment occupé par la guerre et l’agression. Alors que dans le passé, Israël a réussi à vaincre plusieurs armées arabes, il se heurte aujourd’hui à une résistance formidable qui non seulement contrecarre son expansionnisme, mais aussi, avec le temps, l’obligera à renoncer à d’autres terres qu’il occupe illégalement.

KL : Quels sont vos objectifs principaux ? Le Hamas est-il avant tout une organisation politique ou religieuse ?

KM : Le Hamas est un mouvement de libération nationale. Nous ne voyons pas de contradiction entre notre identité islamique et notre mission politique. Lorsque nous nous engageons contre les occupants par la résistance et luttons pour les droits de notre peuple, nous sommes fiers de notre identité religieuse qui vient de l’Islam. Contrairement à l’expérience des Européens avec le christianisme, l’islam ne prévoit pas et ne demande pas de reconnaître une autorité ecclésiastique. Il prévoit simplement un ensemble de grandes orientations dont les interprétations détaillées sont soumises aux fins de l’homme (ijtihad) et en émanent.

KL : Voulez-vous la destruction d’Israël ?

KM : Ce qui se déroule en réalité, c’est la destruction du peuple palestinien par Israël. C’est lui qui occupe notre terre et nous exile, qui nous tue, nous emprisonne et persécute notre peuple. Nous sommes les victimes, Israël est l’oppresseur, et non vice versa.

KL : Pourquoi le Hamas recourt-il à l’usage de la force dans ce conflit ?

KM : Notre peuple a recours à la lutte armée parce que rien d’autre ne fonctionne. La conduite d’Israël et la complicité de la communauté internationale, que ce soit par le silence ou l’indifférence ou la confusion actuelle, justifie la résistance armée. Nous aimerions voir ce conflit résolu pacifiquement. Si l’occupation prenait fin et que notre peuple puisse exercer son droit à l’auto-détermination dans sa patrie, il n’y aurait alors aucun besoin de recourir à la force. La réalité, c’est que près de 20 années de négociations pacifiques entre les Palestiniens et les Israéliens n’ont restauré aucun de nos droits. Au contraire, nous avons subi plus de souffrances et plus de pertes en raison des concessions unilatérales faites par la partie palestinienne dans la négociation.

Depuis que l’OLP a conclu l’accord de paix d’Oslo avec Israël en 1993, davantage de terres palestiniennes en Cisjordanie ont été expropriés par les Israéliens pour construire plus de colonies juives illégales, étendre celles qui existent déjà ou construire des routes à usage exclusif des Israéliens vivant dans ces colonies. Le mur de l’apartheid que les Israéliens ont érigé le long de la Cisjordanie a occupé de vastes zones de la terre qui était censée être rendue aux Palestiniens selon les termes de l’accord de paix.

Le mur de l’apartheid et les centaines de postes de contrôle ont transformé la Cisjordanie en enclaves isolées, comme des cellules dans une grande prison, ce qui rend la vie insupportable.

Jérusalem est constamment chamboulée afin de modifier son paysage et son identité, et des centaines de maisons palestiniennes ont été détruites dans la ville et alentour, faisant de milliers de Palestiniens des sans abri dans leur propre patrie. Au lieu de libérer les prisonniers palestiniens, les Israéliens ont arrêté 5 000 palestiniens de plus depuis la conférence de paix d’Annapolis en 2007. Ces actes témoignent qu’ils ne sont tout simplement pas intéressés par la paix.

KL : Le Hamas a-t-il des activités militaires en dehors de la Palestine ?

KM : Non, depuis sa création il y a 22 ans, le Hamas a limité son champ d’opération militaire à la Palestine occupée.

KL : Souhaitez-vous établir un Etat islamique en Palestine, dans lequel toutes les autres religions auraient une position subalterne ?

KM : Notre priorité en tant que mouvement de libération nationale est de mettre fin à l’occupation israélienne de notre patrie. Une fois que notre peuple sera libre sur sa terre et jouira du droit à l’auto-détermination, lui seul aura dernier mot sur le système de gouvernance sous lequel il souhaite vivre. Notre ferme conviction, c’est que l’islam ne peut être imposé au peuple. Nous ferons campagne, dans un processus pleinement démocratique, pour un programme islamique. Si c’est l’option retenue par le peuple, ce sera alors son choix. Nous croyons que l’islam est le meilleur guide et le meilleur garant des droits des musulmans et des non-musulmans.

KL : le Hamas impose-t-il le vêtement islamique à Gaza ? Par exemple, est-il obligatoire pour les femmes de porter le hijab, le niqab ou la burqa à Gaza ?

KM : Non. Le Hamas tire ses concepts de la culture et de la religion du peuple. L’Islam est notre religion et est le constituant de base de notre culture. Nous ne nions pas que d’autres Palestiniens aient le droit d’avoir des visions différentes. Nous n’imposons au peuple aucune règle concernant la religion ou le comportement social. Les pratiques religieuses dans la société à Gaza sont authentiques et spontanées, elles n’ont pas été imposées par une autorité autre que la foi et la conviction des pratiquants.

KL : On dit que la division du peuple palestinien entre la Cisjordanie et Gaza et entre le Fatah et le Hamas, qui affaiblit de toute évidence leur position, provient du fait que le Hamas a pris le pouvoir par la force à Gaza. Est-ce le cas et comment expliquez-vous cette division ?

KM : Sans aucun doute, la division affaiblit les Palestiniens et nuit à leur cause. Toutefois, cette division n’est pas causée par le Hamas, mais par la volonté de certains acteurs régionaux et internationaux d’inverser les résultats issus de la démocratie palestinienne. Ils ont été consternés que le Hamas ait été élu par le peuple palestinien.

La division est aggravée par l’existence d’un parti palestinien qui cherche à se renforcer grâce à ces mêmes acteurs régionaux et internationaux, y compris les États-Unis et Israël, qui souhaitent voir le Hamas mis hors jeu. Peu de temps après sa victoire aux élections de janvier 2006, tous les efforts ont été déployés pour saper la capacité du Hamas à gouverner.

Lorsque ces efforts ont échoué, le général américain Keith Dayton, qui occupe actuellement la fonction de coordonnateur sur les questions de sécurité pour Israël et l’Autorité palestinienne, a été dépêché à Gaza pour préparer un coup d’Etat contre le gouvernement d’unité nationale du Hamas qui était sorti de l’accord de La Mecque de 2007. Ce complot a poussé le Hamas à agir à Gaza en état de légitime défense durant les événements de juin 2007. L’affirmation selon laquelle le Hamas aurait effectué un coup d’Etat est sans fondement parce que le Hamas était le premier gouvernement démocratiquement élu. Tout ce qu’il a fait, c’est d’agir contre ceux qui ont fomenté un coup d’Etat contre lui sous les ordres et les directives du général Dayton.

KL : Les autres formations politiques ou religieuses, comme par exemple le Fatah, jouissent-elles des libertés démocratiques à Gaza ? Quelle est la situation des membres du Hamas dans les territoires de Cisjordanie contrôlés par le Fatah ?

KM : Certaines factions palestiniennes ont été inspirées par le nationalisme arabe, d’autres par le marxisme ou le léninisme, et d’autres par le libéralisme. Même si nous croyons fermement que ces idées sont étrangères à notre peuple et n’ont pas réussi à répondre à leurs aspirations, nous insistons pour que le peuple soit l’arbitre final pour déterminer par qui il désire être conduit et quel est le système de gouvernement qu’il désire. La démocratie est donc notre meilleure option pour régler nos différents internes entre Palestiniens. Quoi que le peuple choisisse, cela devra être respecté.

Nous nous efforçons au mieux de notre capacité de protéger les droits de l’homme et les libertés civiles des membres du Fatah et de toutes les autres organisations de la bande de Gaza. En revanche, les Palestiniens de Cisjordanie vivant sous occupation israélienne et [sous la responsabilité de] l’Autorité palestinienne à Ramallah, continuent d’être privés de leurs droits fondamentaux. Le général Dayton supervise la répression dure et brutale contre le Hamas et d’autres groupes palestiniens en Cisjordanie. Plus de 1 000 prisonniers politiques, y compris des étudiants, des universitaires et des professionnels de différents secteurs, sont pourchassés, arrêtés et torturés, parfois à mort, par les des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, qui sont entraînées et financées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union européenne.

KL : Pensez-vous qu’il soit possible de rassembler le peuple palestinien ? Si oui, comment pensez-vous que cela puisse être accompli, et selon quel calendrier ?

KM : Il est possible de rassembler les Palestiniens. Pour ce faire, deux choses sont nécessaires. Premièrement, les interventions et les demandes émanant de l’étranger doivent cesser. Le peuple palestinien doit être laissé gérer ses différences, sans pression extérieure. Deuxièmement, toutes les parties palestiniennes doivent respecter les règles du jeu démocratique et se soumettre aux résultats de ce processus.

KL : le refus du Hamas de reconnaître Israël est fréquemment cité comme étant un obstacle insurmontable pour les négociations et un règlement de paix.

KM : Cette question est uniquement utilisée comme un prétexte. Israël ne reconnaît pas les droits du peuple palestinien, mais cela n’est pas considéré comme un obstacle à la reconnaissance internationale d’Israël ou à sa participation aux négociations. La réalité, c’est qu’Israël est celui qui occupe la terre et détient le pouvoir. Plutôt que de demander aux Palestiniens, qui sont les victimes, c’est Israël, qui est l’oppresseur, qui devrait être invité à reconnaître les droits des Palestiniens.

Dans le passé, Yasser Arafat a reconnu Israël, mais n’a pas obtenu grand chose. Aujourd’hui, Mahmoud Abbas reconnaît Israël, mais nous attendons toujours les dividendes promis par le processus de paix.

Israël ne fait des concessions que sous la pression. En l’absence de toute pression tangible sur Israël par les Arabes ou par la communauté internationale, aucun règlement ne pourra réussir.

KL : Avez-vous une « feuille de route » définissant les étapes intermédiaires qui pourraient vraisemblablement mener à un règlement pacifique du conflit ? Pensez-vous que les juifs, les musulmans et les chrétiens puissent un jour vivre ensemble en paix en Terre Sainte ?

KM : Nous, au Hamas, pensons qu’un règlement pacifique réaliste du conflit devrait commencer par un accord de cessez-le feu entre les deux parties, basé sur un retrait complet d’Israël de tous les territoires occupés en 1967. Ce sont l’intransigeance israélienne et l’absence de volonté d’agir de la part de la communauté internationale qui entravent ce règlement. Nous pensons que c’est seulement lorsque notre peuple sera libre et de retour sur sa terre qu’il sera en mesure de déterminer la résolution du conflit.

Il convient de rappeler ici que nous ne résistons pas aux Israéliens parce qu’ils sont juifs. Au plan des principes, nous n’avons pas de problèmes avec les juifs ou les chrétiens, mais nous avons un problème avec ceux qui nous attaquent et nous oppriment. Durant de nombreux siècles, chrétiens, juifs et musulmans coexistaient pacifiquement dans cette partie du monde. Notre société n’a jamais connu le genre de racisme et de génocide contre « l’autre » que l’Europe a connu jusqu’à récemment. Ces choses ont commencé en Europe. Le colonialisme a été imposé à cette région par l’Europe. Et Israël est le produit de l’oppression des Juifs en Europe, pas de l’existence de quoique ce soit de semblable en terre musulmane.

KL : Quel rôle ont à l’heure actuelle, selon vous, les autres pays et organisations, en particulier les États-Unis, l’Union européenne et la Grande-Bretagne, dans le conflit israélo-palestinien et les divisions entre les Palestiniens ?

KM : Leur rôle à eux tous a été négatif jusqu’à présent. L’attitude envers les crimes israéliens contre notre peuple a été soit le silence soit la collusion. Les politiques et les positions adoptées par ces acteurs ont contribué à la division palestinienne ou l’ont accrue. D’un côté, les conditions exigées ont pour effet de torpiller les pourparlers pour l’unité et la réconciliation. De l’autre, certains de ces acteurs internationaux sont directement impliqués dans la répression de notre peuple en Cisjordanie. Les États-Unis et l’Union européenne fournissent financement, formation et conseils pour construire un appareil de sécurité palestinien spécialisé dans la persécution de ceux qui sont critiques de l’Autorité palestinienne à Ramallah.

Nous avons été particulièrement préoccupés par des informations faisant état d’une implication directe et indirecte du gouvernement britannique, par le biais d’entreprises de sécurité et d’anciens membres de la police, de l’armée et du renseignement, dans le programme dirigé par le général Dayton contre le Hamas en Cisjordanie.

KL : Que doivent faire les pays comme les USA et la Grande Bretagne pour aider à un règlement pacifique ?

KM : Il faut simplement respecter le droit international - l’occupation est illégale, l’annexion de Jérusalem-Est est illégale, les colonies sont illégales, le mur de l’apartheid est illégal, et le siège de Gaza est illégal. Pourtant, rien n’est fait.

KL : Quelles relations le Hamas souhaite-t-il avoir avec le reste du monde, et, par exemple, avec la Grande-Bretagne ?

KM : Le Hamas défend une cause juste. À cette fin, il souhaite s’ouvrir au monde. Le mouvement cherche à établir de bonnes relations et à mener un dialogue constructif avec tous ceux qui s’intéressent à la Palestine.

Publication originale New Statesman,

traduction Contre Info

23 septembre

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2799



2-6 Le masque tombe, le vrai visage du sionisme est à découvert et la résistance des peuples fraye son chemin.
Partout en Europe, les campagnes de boycott d’instituts israéliens prennent de plus en plus de l’ampleur. Ce boycott représente une forte protestation contre les pratiques criminelles menées contre les Palestiniens. Le dernier en date de ces boycotts est l’interdiction faite contre une délégation de l’université israélienne d’Araël de participer à un concours, la semaine dernière.
Le ministère espagnol de l’habitation avait refusé la participation de cette université car cette dernière est installée en Cisjordanie, sur des territoires occupés.
D’autres boycotts sont organisés par les organisations de la société civile européenne pour protester contre les mesures injustes prises par les autorités de l’occupation israélienne contre les Palestiniens. En un mois seulement, six entreprises suédoises et norvégiennes ont retiré leurs investissements dans des sociétés participant à la construction du mur discriminatoire de séparation. En Grande-Bretagne, une autre campagne de boycott est aussi entamée.

La Suède a encore une fois refusé de céder aux pressions du gouvernement israélien qui demande à tout prix d’ouvrir une enquête judiciaire sur les rapports d’un journal suédois confirmant le commerce d’organes pratiqué contre des martyrs palestiniens.
C’est en marge des réunions des ministres de la justice et de l’intérieur européens que le ministre suédois a fait cette déclaration dans ce sens.
Par ailleurs, le gouvernement suédois a appelé l’ambassadeur israélien pour l’informer de la colère de son pays des agissements d’Israël. En effet, l’Entité sioniste tâche par tous les moyens de mettre en échec les efforts pour relancer le processus de paix, stopper la colonisation et la déportation des familles palestiniennes de la partie orientale de la ville d'Al-Quds.
Dans cette ambiance tendue, le ministre suédois a refusé de recevoir son homologue israélien Libermann.

http://libanresistance.blogspot.com/


2-7 Joaquim DF : "Palestine Occupée - Dexia Impliquée".

L'organisation « WhoProfits » et la plate-forme "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" ont découvert de nouveaux documents dérangeants.

Dexia Israël Public Finance a signé, en juin 2009, un contrat basé sur un appel d'offre comprenant cinq colonies.

La campagne "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" a débuté en novembre 2008. Elle rassemble des dizaines d'associations, des centrales syndicales, des mouvements, et vise une certaine politique du groupe Dexia. Via sa filiale israélienne - Dexia Israel Public Finance - le holding franco-belge accorde des crédits à des colonies israéliennes en territoire palestinien. Plus d'infos sur cette campagne via cet article

Cette campagne n'est pas sans effet. Lors de l'Assemblée Générale du Groupe Dexia qui s'est tenue le 13 mai 2009, le président du Conseil d'Administration de Dexia, Jean-Luc Dehaene, répondait aux représentants de la campagne "Palestine Occupé - Dexia Impliquée". L'ancien Premier Ministre belge déclarait « depuis septembre 2008, nous [Dexia] n'avons pas accordé de nouveaux crédits [aux colonies] et nous n'avons pas l'intention de le faire.» Pour toute une série de raisons évidentes expliquées dans cet article, la déclaration n'était pas satisfaisante. L'ancien Premier Ministre belge s'était néanmoins engagé par cette promesse.

Il semble que cet engagement n'ait pas tenu longtemps. L'organisation « Who Profits » (qui traque les entreprises générant leurs profits en exploitant d'une manière ou d'une autre l'occupation israélienne des territoires palestiniens) a mis à jour des éléments indiquant qu'un nouvel accord, basé sur un appel d'offre incluant des colonies israéliennes, a été conclu par Dexia Israël après l'Assemblée Générale du 13 mai 2009 et les déclarations mentionnées ci-dessus.

Que nous apprennent ces nouveaux documents?

Ils nous révèlent qu'à la suite de difficultés financières rencontrées par certaines municipalités israéliennes, le Ministère des Finances de l'Etat hébreu a mis sur pied un plan d'assainissement.

Ce plan inclut, entre autres, une garantie d'Etat pour des emprunts contractés par les communes en difficulté auprès de banques privées. Mais pour que les prêts soient accordés à un taux avantageux, Tel Aviv a fait jouer la concurrence. Un appel d'offre a donc été lancé en mars 2009 par le Ministère des Finances : «Quelle banque offrira le taux d'intérêt le plus intéressant ?».
Dexia Israël remporte l'appel d'offre. Le 30 juin 2009, un contrat est signé avec l'Etat israélien stipulant que Dexia Israël allouera, dans le cadre de ce recovery plan, la somme de 274 millions de shekels (environ cinquante millions d'euros) à des autorités locales israéliennes : lesquelles ?
La liste complète des communes participant au plan est reprise dans l'appel d'offre remporté par Dexia [
télécharger l'appel d'offre en hébreu]. La plupart des communes sont situées en Israël, c'est-à-dire dans les frontières de 1948. Mais cette liste reprend aussi les noms de cinq colonies israéliennes, c'est-à-dire d' implantations installées illégalement en Cisjordanie occupée, sur des terres palestiniennes. Les noms de ces colonies: Elkana - Le Conseil régional de la Vallée du Jourdain - Givat Ze'ev - Emanuel - Kedumim.

Que pouvons-nous déduire de ces documents?

Jusqu'à présent, les crédits n'auraient pas encore été versés. Est-ce que Dexia Israël aurait exigé que les cinq colonies en soient exclues, car 'contraires' au droit international et à la charte éthique du groupe ? C'est probablement ce qu'affirmera la direction de Dexia s.a.

Ce serait souhaitable, mais cela paraît malheureusement très peu probable si l'on entend les déclarations du porte-parole de Dexia Israel. Ce dernier a été interviewé début juillet 2009 par des journalistes israéliens du site web d'info économique The Marker.
Dans le cadre de ce nouveau plan et du contrat avec l'État, les journalistes lui demandaient si Dexia Israel refuserait dorénavant de financer les colonies israéliennes, conformément à ce qu'a déclaré Jean-Luc Dehaene. La réponse est diplomatique, mais laisse peu de place au doute.
« Dexia Israël continuera à accorder des prêts à toutes les autorités locales israéliennes qui respectent la loi israélienne, sans aucune autre considération si ce n'est bancaire.»
La loi israélienne et la politique actuelle du gouvernement israélien encouragent la colonisation israélienne dans les territoires occupés. Dans ce contexte, et au vu de tous les éléments présentés ci-dessus, il semble clair que Dexia Israel n'entend pas rompre ses liens avec les colonies.
De deux choses l'une, soit la direction du groupe Dexia cache des informations importantes, soit elle n'a pas de réel pouvoir au sein du groupe Dexia, en tout cas pas celui d'empêcher la filiale israélienne de financer la colonisation illégale des terres palestiniens avec notre argent. Dans tous les cas, les membres de la campagne "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" vont redoubler d'efforts au cours des prochaines semaines.

Que faire?

La campagne se poursuit jusqu'à ce que Dexia SA rompe ses liens (contractuels ou non) avec toutes les collectivités, communes, entreprises, particuliers, etc... lièe à l'occupation israélienne de la Palestine, reconnaisse que les colonies israéliennes implantées dans les territoires occupés palestiniens sont illégales et constituent un obstacle à la paix.

reconnaisse que la municipalité de Jérusalem, telle qu'instituée par les Israéliens, est illégale car elle comprend la partie Est de la ville. Cette municipalité ne doit donc pas recevoir de financement du groupe Dexia. Reconnaisse qu'avoir permis à une de ses filiales de financer les colonies israéliennes était une faute inadmissible présentent ses excuses pour les torts que ces financements ont causés.

fournisse les preuves permettant de vérifier le caractère irréprochable des activités de sa filiale israélienne.

Joaquim DF
15-09-2009

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4629



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 


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