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11/10/2009

n° 488- Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion. de Palestine - 07-10 - : Début - : Le Projet de George Mitchell : « Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?

n° 488- Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion. de Palestine - 07-10 - : Début - : Le Projet de George Mitchell  : « Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



   Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine 

488 du 07-10                                         C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 La perspective de procès pour crimes de guerre au Moyen-Orient inquiète les diplomates US.

1-2 Immanuel Wallerstein : le Moyen-Orient  = nouveau scénario catastrophe.

1-3 Marie Nassif-Debs : Le Projet de George Mitchell  : « Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?

Suite

1-4 Aliaa Al-Korachi : Le processus de paix palestino-israélien a été le parent pauvre de la session de l’Assemblée générale de l’Onu.

1-5 Gilad Atzmon : Le discours du Premier ministre Netanyahu à l’Onu ou La pathologie du mal.

Fin

1-6 Abdel Bari Atwan : Conférence d´Evaluation de Durban : « Israël a été démasqué, en dépit de la protection des pays occidentaux »

1-7 Neve Gordon : Désobéissance civile des Palestiniens.

2 Annexe

2-1 Philippe Lewandowski : Palestine : sur l’absence (voulue) d’interlocuteurs.



Tiré a part

Rapport Goldstone : Les Palestiniens en colère contre Mahmoud Abbas

Le président palestinien Mahmoud Abbas était confronté dimanche à la colère croissante des Palestiniens, après sa décision de retirer son aval à un rapport de l’ONU selon lequel Israël et le Hamas ont commis des crimes de guerre lors du conflit de l’hiver dernier dans la Bande de Gaza.
Cette décision a été prise suite à d’intenses pressions des Etats-Unis, précisait-on de sources officielles palestiniennes. Le rapport, rédigé par le très respecté juge Richard Goldstone va désormais rester dans les cartons pendant au moins six mois, au lieu d’être transmis à l’Assemblée générale de l’ONU actuellement en session, assorti d’éventuelles recommandations.
Israël, qui dément tout crime de guerre, a prévenu que tout examen du rapport Goldstone ferait capoter les efforts de reprise du processus de paix. Washington travaille à remettre ce processus sur les rails, et un émissaire américain revient au Proche-Orient dans les jours à venir pour tenter de rapprocher les positions.
Le rapport de l’ONU accuse Israël d’usage disproportionné de la force et d’avoir pris des civils pour cible lors de son offensive meurtrière de trois semaines dans le territoire tenu par le Mouvement de la résistance islamique.
Ce dernier est quant à lui accusé d’avoir tiré de manière indiscriminée des roquettes sur Israël et d’avoir utilisé des civils comme boucliers humains pendant l’offensive israélienne.
L’annonce que l’Autorité palestinienne suspendait sa campagne en vue de poursuites dans cette affaire est intervenue jeudi alors que
la Commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève envisageait de voter sur cette question. Les Palestiniens jetant l’éponge, les autres pays arabes et musulmans leur ont emboîté le pas, et le vote sur le rapport Goldstone a été reporté à mars.
Depuis, la colère monte en Cisjordanie et à Gaza. Samedi soir, des dirigeants de l’OLP se sont réunis et le ministre de
la Planification Ali Jarbawi a annoncé qu’il réclamerait des explications lundi en Conseil des ministres : "Nous voulons savoir ce qui s’est passé exactement. Le gouvernement a décidé d’aller jusqu’au bout sur le rapport Goldstone, mais quelqu’un a fait une erreur. Il y a eu une mauvaise décision".
Les conseillers d’Abbas ont défendu cette décision, estimant que les Palestiniens avaient besoin de plus de temps pour rassembler plus de soutien international au rapport Goldstone.
Mais dimanche, un porte-parole du président a annoncé que le ministre de l’Economie, Bassem Khouri, avait démissionné. Sans que l’on sache si sa démission était liée à la décision d’Abbas sur le rapport.
Et, en une très rare critique ouverte, un important commentateur palestinien, Zakaria Mohammed, a jugé qu’Abbas était clairement en cause. "Les gens sont furieux contre lui de sa décision", écrit-il sur le site Web indépendant "Faisal".
A Gaza, pendant ce temps, des manifestations de condamnation ont eu lieu samedi, des centaines d’étudiants séchant les cours pour défiler dans la ville, tandis que des Gazaouis blessés dans l’offensive israélienne, dont des amputés ou des personnes en fauteuil roulant, tenaient une conférence de presse. "Nous considérons que c’est une grande trahison du sang de nos martyrs et de nos enfants blessés", ont-ils déclaré.

4 octobre 2009

http://www.aloufok.net/spip.php?article931



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

information

1-1 La perspective de procès pour crimes de guerre au Moyen-Orient inquiète les diplomates US.

La politique joue cette semaine autant un rôle important qu’une preuve disponible, alors que le Conseil des Droits de l’homme décide de recommander ou non des procès pour crimes de guerre pour les atrocités à Gaza. De telles enquêtes sont recommandées dans un rapport attendu depuis longtemps du juriste Richard Goldstone présenté hier au Conseil, dans lequel il souligne de nombreuses violations pendant la campagne militaire d’Israël qui a coûté 1.400 vies.

Chris Stephen Samedi 03 Octobre 2009

Les 47 membres du conseil, dominé par des Etats africains, asiatiques et islamiques, ont déjà condamné Israël dans une déclaration en janvier dernier et ils adopteront vraisemblablement une ligne dure cette semaine.
Ces nations semblent à peu près certaines d’envoyer le rapport au Conseil de Sécurité, l’organe le plus puissant des Nations Unies, avec une recommandation que soient envisagés des procès pour crimes de guerre.
Cette perspective a alarmé les diplomates US, qui craignent que menacer les dirigeants israéliens et palestiniens d’accusations de crimes de guerre étouffe toute chance d’un nouveau processus de paix.
Certes, le rapport n’y va pas par quatre chemins. Il énumère les nombreuses violations par Israël pendant son offensive de janvier, y compris le ciblage, avec des obus au phosphore blanc, des hôpitaux Al-Quds et Al-Wafa, et d’un immeuble de l’ONU abritant 600 réfugiés. Il énumère les plaintes que les troupes israéliennes ont utilisé des civils palestiniens, souvent les yeux bandés, comme « boucliers humains » alors qu’elles fouillaient des bâtiments suspects.
Et il dit que les forces israéliennes ont aussi frappé des cibles non-militaires comme des usines hydrauliques et la seule minoterie de Gaza, ainsi qu’une usine de retraitement des eaux usées, ce qui a conduit à une inondation de
200.000 m3 d’eaux usées près de terres agricoles.
Le plus bizarre est la destruction d’une très grande ferme avicole qui pourvoyait Gaza de 10% de ses œufs.
« Des bulldozers blindés ont systématiquement rasé les poulaillers, tuant les 31.000 poulets qui se trouvaient à l’intérieur, » rend-il compte. « La destruction des installations d’approvisionnement alimentaire, des systèmes d’assainissement de l’eau, des usines de béton et de maisons résidentielles est le résultat d’une politique délibérée et systématique par les forces armées israéliennes, » dit le rapport.
Le juge Goldstone écrit que les éléments de preuve, recueillis lors de plusieurs visites à Gaza, indiquent que des cibles civiles ont été délibérément frappées, en violation des lois de la guerre.
« Selon le gouvernement d’Israël, il n’y a pratiquement eu aucune faute de commise, » dit le rapport, décrivant les attaques comme « une attaque délibérément disproportionnée destinée à punir, à humilier et à terroriser une population civile. »
Le rapport condamne également les attaques à partir du territoire palestinien sous la forme de missiles non guidés qui sont tombées sur des colonies israéliennes peu de temps avant qu’Israël lance sa campagne. Il indique qu’outre les trois civils israéliens et le soldat tués lors de ces attaques, la population entière a subi un traumatisme tandis que les roquettes tombaient parmi elle.
Des rapports similaires ont conduit le conseil de sécurité a créé son premier tribunal pour crimes de guerre, pour l’ancienne Yougoslavie, en 1993, pour lequel le juge Goldstone fut nommé procureur. D’autres tribunaux ont suivi pour le Rwanda,
la Sierra Leone, le Timor oriental et le Soudan.
Goldstone a demandé au conseil de sécurité de donner à Israël et à l’Autorité Palestinienne l’opportunité de mener leurs propres investigations, et sinon, d’ordonner à
la Cour Pénale Internationale de La Haye de faire elle-même le travail.
Mais
la Maison Blanche est horrifiée par la perspective de tels procès. Washington a travaillé dur pour élaborer un nouveau processus de paix pour la région, espérant que le discours de Barack Obama au Caire au début de l’année gagnerait l’appui des nations islamiques.
Aujourd’hui, les responsables américains craignent qu’un processus pour crimes de guerre visant ces mêmes dirigeants supposés élaborer un processus de paix ne conduise à la fin de celui-ci.
C’est le tendon d’Achille des tribunaux pour crimes de guerre – à savoir que dans certains cas, la recherche de la justice puisse réellement faire obstacle à la recherche de la paix.
Le juge Goldstone rejette cet argument. Il a dit au conseil que la justice est le ciment sur lequel la paix est bâtie : « L’absence persistante de justice sape tout espoir d’un processus de paix couronné de succès et renforce un environnement qui favorise la violence. »
Il est vraisemblable que le conseil en convienne. Sa résolution de janvier, condamnant l’offensive d’Israël contre Gaza, montre l’humeur de la majorité, qui comprend
la Chine et la Russie. A l’époque, les nations occidentales, dont le Canada et l’Allemagne, ont refusé de se rallier à la motion, arguant qu’elle ne critiquait que les Israéliens.
Mais le juge Goldstone espère réduire de telles critiques à néant après avoir élargi son mandat original à enquêter non seulement les actions israéliennes, mais aussi celles des Palestiniens qui ont lancé des attaques à la roquette sur des civils israéliens.
Tout cela fait qu’il est plus que probable que le conseil des droits de l’homme envoie le rapport au conseil de sécurité, avec une recommandation que les enquêtes sur les crimes de guerre soient prises en considération.
Si cela arrive, le conseil de sécurité se retrouvera dans une position inconfortable.

S’il agrée le processus de crimes de guerre, il risque voir s’évaporer les perspectives d’un règlement au Moyen-Orient. S’il refuse, il faudra qu’il explique pourquoi, après avoir créé des tribunaux pour crimes de guerre pour les Balkans, l’Afrique et l’Asie, il ne fait pas la même chose pour le Moyen-Orient.

Source : Irish Times

4/10

Traduction : MR pour ISM

http://www.alterinfo.net/


1-2 Immanuel Wallerstein : le Moyen-Orient  = nouveau scénario catastrophe.

Extrait

Obama a un plan pour le Moyen-Orient, signe des accords, en particulier avec l'Irak.

Mais Immanuel Wallerstein, un sociologue américain proche de Bourdieu, développe une analyse alarmante. Pour lui, un jeu de dominos délétère est en route qui risque de provoquer un embrasement anti-américain en Irak, puis en Afghanistan puis au Pakistan et rendre impossible tout accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Le pire n'est jamais sûr... Surtout quand on l'anticipe!

Le Moyen-Orient est sur le point de s'embraser mais ni le gouvernement ni l'opinion publique américaine n'y sont préparés.

C'est à peine s'ils semblent conscients de l'imminence de cet embrasement, et ils ignorent à quel point il sera dévastateur. Le gouvernement américain (et donc, inévitablement, l’opinion publique) se berce complètement d’illusions sur sa capacité à gérer la situation dans le cadre des objectifs déclarés.

La tempête soufflera d’Irak en Afghanistan, d’Afghanistan au Pakistan, du Pakistan en Israël/Palestine, et comme le dit l’expression consacrée, « elle se répandra comme une traînée de poudre ».
Israël/Palestine
Puis vient l’étape quatre de l’embrasement, Israël/Palestine. Le monde arabe observera l’effondrement des projets américains en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Le projet des Etats-Unis en Israël/Palestine se résume en un mot: un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Les Israéliens ne vont pas bouger d’un pouce. Mais les Palestiniens non plus, ni maintenant ni en particulier après l’incendie. L'embrasement aura une seule conséquence: les autres Etats arabes feront pression sur le Fatah et le Hamas pour qu’ils joignent leurs forces au conflit général. Ce qui se fera, peut-être au sens littéral, sur le cadavre de Mahmoud Abbas.
L’intégralité du programme d’Obama sera parti en fumée.

Et les Républicains en feront leur miel. Ils qualifieront la défaite américaine au Moyen-Orient de « trahison » et ce n'est un secret pour personne que nombres de gens aux Etats-Unis sont très réceptifs à ce thème...
Soit on anticipe les incendies et on prend des décisions utiles, et urgentes. Soit ils vous happent.

Immanuel Wallerstein :

08/09/09
*Immanuel Wallerstein est un sociologue américain.
Proche de Noam Chomsky et de Pierre Bourdieu, sa critique précoce du système capitaliste mondial en a fait une sorte d'éminence grise du mouvement altermondialiste. Il fut notamment l'un des signataires du manifeste de Porto Alegre du Forum social mondial.

Son dernier ouvrage, L'universalisme européen : de la colonisation au droit d'ingérence, a été édité chez Demopolis en 2008.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkVkuFAkuZkCggTnLH.shtml


1-3 Marie Nassif-Debs : Le Projet de George Mitchell  :« Un plan de paix » ou bien la préparation de guerres arabes ?
Avec le retour prochain de George Mitchell au Moyen Orient, on a recommencé à parler du « plan de paix » qu’il présenta, à la fin du mois de juillet, sur les bases du discours de son président, Barak Obama, au Caire.

Et les déclarations se sont multipliées de la part des Israéliens et des Arabes, à commencer par Benjamin Netanyahu et son ministre de la guerre Ehud Barak, mais aussi Amro Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, et Khaled Mechaal, chef politique du Hamas.

Ainsi, Netanyahu, qui avait commencé, dimanche passé, ses discours presque quotidiens par une décision ambiguë selon laquelle il gèlerait la construction des colonies en Cisjordanie, s’est vite rétracté en spécifiant qu’il poursuivrait ses exactions à Jérusalem (Al Qods), tandis que son gouvernement prenait la décision de donner le feu vert à la construction d’une colonie au Nord du Jourdain, selon une décision, dite stratégique, déjà prise par l’ex ministre de guerre Amir Perets.
Quant aux Arabes, et aux Palestiniens en particulier, ils sont divisés sur eux-mêmes, comme d’habitude, entre ceux qui, comme Khaled Mechaal, pensent que la « normalisation des relations avec Israël doit se faire après qu’il ait accepté de mettre un terme définitif à la construction des colonies » et ceux qui, comme Amro Moussa, trouvent que la normalisation doit se faire, mais ne doit pas être « gratuite ». Cependant les deux tendances ne disent mot sur le droit au retour de tout le peuple palestinien et oublient de parler de la nécessité d’une position unique et ferme en ce qui concerne l’Etat palestinien et l’avenir d’Al Qods que Barak Obama voudrait transformer en ville ouverte.

Paix provisoire et bombe à retardement
Commençons, d’abord, par préciser le contenu du « plan Mitchell », ainsi que ses différentes étapes et si les Etats-Unis sont vraiment sérieux en ce qui concerne la mise en avant d’une solution juste du problème palestinien ou si le nouveau projet ira rejoindre d’autres, semblables, rédigés au fil des ans, depuis les années Soixante du XX° siècle. D’ailleurs, il est nécessaire pour nous d’ajouter que nous partons, dans notre étude, de la vision pragmatique en politique de la nouvelle administration étasunienne

(en quoi elle ne diffère pas de celle qui l’avait précédée, sauf sur le plan formel) qualifiée par le quotidien Haaretz comme étant une « politique de boutiquier » qui accorde une étagère à l’Irak et une autre au dossier nucléaire iranien… auxquelles nous ajoutons une troisième consacrée à la Palestine. Mais, toutes sont sous le contrôle partiel d’Israël, représentante du boutiquier dans la région.  

Commençons par le commencement.
La première étape déclarée met, si elle est approuvée, la cause palestinienne sur la voie de la liquidation finale :
• Sur le plan palestinien, elle projette « l’arrêt des actions et des déclarations négatives » vis-à-vis d’Israël, en plus de « l’élargissement du rôle des forces palestiniennes de sécurité » ; ce qui laisse sous-entendre que les Palestiniens doivent mettre fin à toutes activités de résistance contre Israël et s’abstenir de toute déclaration à propos des massacres et des arrestations, qui sont devenus leur pain quotidien… Bien plus, ce que George Mitchell veut réellement de la part du gouvernement palestinien, c’est de mettre la main à la pâte afin de couper la voie aux opérations de résistance contre l’occupation israélienne. Par contre, il n’est rien dit à propos de l’occupation militaire et économique des territoires palestiniens ni des déclarations israéliennes concernant un nouveau « transfert » des Palestiniens des territoires de 1948, afin de judaïser ces territoires en vue du nouveau projet : Israël, Etat des Juifs du monde.
• Sur le plan israélien, elle conseille « un gel temporaire dans la construction de nouvelles colonies, accompagné d’une plus grande facilité sur le plan économique dans les régions supervisées par l’autorité palestinienne ». Dans cette phrase, l’adjectif « temporaire » exprime la possibilité pour Israël d’obtenir, plus tard, l’accord de Washington afin de poursuivre sa mainmise sur de nouvelles terres palestiniennes. Surtout que le gouvernement Netanyahu-Liebermann a obtenu que le sort des colonies érigées dernièrement en Cisjordanie ne soit pas mis sur le tapis ; parce que ce problème pourrait déclencher une guerre civile en Israël et nuire, par suite, aux intérêts des Etats-Unis dans la région.
• Sur le plan arabe, cette étape prévoit « l’ouverture, au moins, de bureaux commerciaux arabes en Israël ». Ce qui aboutit à dire que l’administration d’Obama, qui avait déjà usé de l’argent arabe pour endiguer, partiellement la crise économique qui sévit dans son pays, voudrait aussi trouver une solution à la crise économique israélienne dans la poche des gouverneurs arabes toujours prêts à dilapider nos richesses pour sauvegarder leurs régimes : ainsi, le Qatar et le Maroc ont tout de suite répondu à l’appel en déclarant la réouverture de leurs bureaux à Tel Aviv, qu’ils avaient fermés ( ?) lors de la dernière agression israélienne contre Gaza ; de plus, on parle beaucoup de nouveaux échanges entre Israël et d’autres pays arabes qui voient en lui une possibilité de les secourir contre « l’ennemi iranien », quand l’occasion se présentera. D’ailleurs, la normalisation des relations commerciales est moins difficile que l’échange diplomatique, par exemple, vu qu’il suffit à quelques sociétés arabes d’avoir des représentants dans certaines villes israéliennes, selon le principe « ni vu, ni connu »…

Le rôle de la Turquie et les engagements étasuniens
• En plus des délégations commerciales exigées de tous les Arabes, une autre condition est posée : la reprise des négociations indirectes entre Damas et Tel Aviv. A cet effet, notons le rôle joué par la Turquie, surtout qu’Ankara tente de se montrer sous un jour « indépendantiste » vis-à-vis de Washington, tant en ce qui concerne la solution du problème de la région de Kirkuk, en Irak, (qui constitue, en fait, un problème intérieur turc, tant sur le plan de la population turkmène de cette région que sur le plan économique, surtout pétrolier). Notons aussi la position du gouvernement turc qui avait stigmatisé l’agression israélienne à Gaza, sans pour autant faire de véritables pressions sur Tel Aviv ou mettre des bâtons dans les roues de l’OTAN. Parce que la Turquie a un besoin pressant de se faire accepter au sein de l’Union européenne en tant que membre à part entière, tout en continuant à jouir de la délocalisation de milliers de sociétés européennes (celles de l’automobile et de la confection, notamment) qui ont trouvé dans ce pays un nouveau lieu pour gagner plus, tout en fraudant le fisc de leurs pays d’origine.
• Enfin, il est nécessaire de dire quelques mots en ce qui concerne les promesses et engagements de ceux qui ont préparé le projet. Les Etats-Unis se sont engagés sur trois points :

. Le premier consiste à donner une plus grande place militaire à Israël, y compris une plus grande participation aux opérations de l’OTAN ; c’est sur cette base que Tel Aviv fut présent aux dernières grandes manœuvres de la fin du mois d’août et que les dirigeants de l’Union européenne ont levé la consigne qui gelait la mise en exécution du traité signé par Nicolas Sarkozy, durant sa présidence de l’Union, et dont une des clauses considère Israël comme partie intégrante des opérations militaires européennes, notamment sur le continent africain
. Le second, quant à lui, consiste de la part des Etats-Unis à montrer une plus grande fermeté en ce qui concerne le programme nucléaire iranien. Fermeté qui, selon le ministre de guerre Robert Gates, pourrait aboutir à des sanctions musclées et décisives au mois de septembre, si Téhéran n’a pas répondu favorablement aux propositions qui lui furent envoyées.
. Le troisième, enfin, promet à Israël une normalisation ultérieure complète de ses relations avec les Arabes ; laquelle commence à se faire sentir, tant à travers l’ouverture du Canal de Suez devant les navires et les sous-marins israéliens qu’à travers les dépêches annonçant une prochaine ouverture du ciel arabe devant les avions et les bombardiers israéliens. Cette dernière mesure, si elle est prise, n’a pas seulement des répercussions sur le plan économique, mais elle exprime le consentement arabe officiel au plan que le gouvernement Netanyahu-Liebermann avait mis au point pour porter un coup à l’Iran et, en même temps, au Liban sous prétexte de contrer la force du Hezbollah lié à l’Iran.
La situation des Arabes dans ce projet
Cette analyse nous pousse à nous demander ce que les Arabes auront à gagner en contrepartie de leur consentement à ce projet.
La réponse est : ils ont tout à perdre et rien à gagner. Ils perdront
la Cause palestinienne et, avec elle, leur existence même. Parce que le discours du président étasunien Barak Obama voulait démontrer qu’il n’existe pas une nationalité arabe et que les Arabes constituent une partie du monde musulman, en général, qui s’étend jusqu’en Afghanistan et au Pakistan. Et, ce monde musulman, auquel on donne tantôt le nom « Le Grand Moyen Orient » ou celui du « Nouveau Moyen Orient », est un monde qu’il faudrait morceler, selon l’exemple de l’Irak (suivi par le Liban et, maintenant, par le Yémen), en groupuscules confessionnels et ethniques antagonistes ou, du moins, en une mosaïque formant deux larges croissants, dont l’un aurait une dominante chiite et l’autre une dominante sunnite… Ce qui permettrait aux Etats-Unis de réaliser son projet général, visant à une mainmise totale sur les sources d’énergie (pétrole et gaz) dans toute la région allant des anciennes républiques islamiques de l’ex Union soviétique jusqu’au Maghreb arabe, mais aussi sur les routes de transport de cette énergie à travers la Géorgie, la Turquie et Israël vers le monde, en général, et l’Europe, en particulier.
Croire ce que disait Barak Obama sur la volonté des Etats-Unis de trouver une solution juste avec le monde arabe relève de l’utopie pure. Parce que si les Etats-Unis voulaient une solution basée sur le respect et les intérêts mutuels, pourquoi continueraient-ils à envoyer toutes ces armes sophistiquées et toute cette aide militaire et économique à Israël ? Surtout que George Mitchell n’a pas pu réaliser la seule promesse qu’il avait tenue en parlant de la volonté de Washington d’asseoir le cessez-le-feu à Gaza, en vue d’améliorer la situation des habitants de cette région toujours encerclée.
Disons, enfin, que ceux qui ont trouvé dans le projet de George Mitchell un indice positif, surtout à partir de ses appels à revenir aux pourparlers entre les parties en présence, s’illusionnent une fois de plus. Ce que les Etats-Unis veulent, c’est tout simplement réorganiser leur présence (armée, surtout) et celle de leurs alliés dans la région, et en premier lieu l’allié israélien. Il n’est nullement question d’un retrait total des troupes, ni hors de l’Irak, ni de l’Arabie saoudite ou des bases érigées au Qatar ou au Kuweit. Ce que préconise Washington, c’est une plus grande participation de l’OTAN et des européens à ses projets guerriers. Voilà tout.
Et, si certains trouvent que c’est en l’honneur de George Mitchell de tenter une solution de paix durable entre les Palestiniens et les Israéliens, ainsi que dans la région, à l’exemple de celle qu’il avait trouvée auparavant pour résoudre une crise de 800 ans en Irlande, nous leur disons que ce n’est ni Mitchell ni les Etats-Unis qui ont mis au point la solution pour l’Irlande : Ils se sont contentés d’entériner une paix voulue par les belligérants irlandais qui étaient parvenus à l’idée qu’il fallait des concessions mutuelles pour arriver à la paix ; ce qui n’est pas le cas d’Israël. Ni même des Etats-Unis. Nous ajoutons que les intérêts en jeu dans un pays agricole sont très différents de ceux où il est question de pétrole et de gaz naturel.
Sur ces bases, il nous apparaît que le soi-disant projet de paix mis au point par Mitchell n’est autre qu’un projet de guerre entre Palestiniens et, aussi, entre les différents pays arabes qui se verront divisés sur une illusion mensongère, comme ils le furent du temps du projet de Rogers ou de celui de Kissinger. Et, si certains gouverneurs arabes ou, même, tous sont convaincus des avances qui leur sont faites, dans un objectif de sauvegarder leurs régimes branlants, pourront-ils tenir tête à leurs peuples le jour où Israël déclarera Al Qods (vers laquelle a émigré le gouvernement israélien) capitale de « l’Etat des Juifs dans le monde »?

Pourront-ils consentir à ce qu’Israël leur demande, à savoir : nier le droit au retour du peuple palestinien ?
Marie Nassif-Debs, membre du Parti Communiste Libanais

Analyse parue dans le dernier numéro d’Al-Nidaa, organe de presse du PCL

Le 12 septembre 2009

http://libanresistance.blogspot.com/


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