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15/10/2009

n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Fin - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak »

n° 456 - Les Dossiers d'Irak - 13-10 – Fin  - : L’ambassadeur Crocker reconnaît que «les américains n’avaient aucun plan pour gouverner l’Irak » 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 456                                                             13/10/09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Joelle Penochet : A Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants.

2-2 al-Zaidi « Je ne suis pas un héros : « Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… »

2-3 L’histoire de ma chaussure.

2-4 Torturé à mort par les soldats britanniques.

2-5 Irak : le test du retrait.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Joelle Penochet : A Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants.

La chaîne britannique SkyNews a révélé le 1er septembre dernier que le nombre de bébés nés avec des malformations ne cessait d’augmenter de façon alarmante dans la région de Fallujah. Ce phénomène est attribué à l’utilisation d’armes de destruction massive, chimiques et radiologiques, interdites selon les conventions internationales, lors de l’attaque terroriste de grande ampleur par les troupes anglo-américaines en novembre 2004.

L’équipe de Skynews qui avait réalisé il y a quinze mois un reportage à Fallujah montrant un accroissement sans précédent du nombre d’enfants et de fétus morts avec des malformations congénitales monstrueuses a constaté lors d’un nouveau reportage que la situation sanitaire ne cessait d’empirer.

Un pédiatre, le Dr Ahmed Uraibi, a indiqué que le nombre de malformations chez les nouveaux-nés avait encore augmenté l’an dernier. Mais l’infrastructure médicale du pays (qui avait les hôpitaux les plus modernes de la région et des médecins de très haut niveau avant l’embargo décrété en 1990) a été entièrement détruite (1), les moyens médicaux en praticiens et en médicaments, déjà presque inexistants pendant l’embargo qui a duré treize ans, ne permettent plus de soigner les enfants iraquiens. Des milliers de médecins ont été mystérieusement assassinés, et beaucoup d’autres ont quitté le pays pour échapper au sort de leurs collègues. Les équipements des hôpitaux qui ont échappé aux bombardements ciblés sont hors d’usage ou obsolètes, et la reconstruction de l’infrastructure médicale est inexistante.

Au cours de la « Guerre du Golfe » de 1991, huit-cents tonnes d’uranium appauvri (UA), un déchet nucléaire hautement toxique, avaient été utilisées lors des bombardements, provoquant des épidémies de cancers, de mutations génétiques et l’atteinte du génome (2). Depuis mars 2003, ce sont des milliers de tonnes de ce poison chimique et radioactif (3) qui ont été répandues sur l’Irak, principalement sur les villes.

Fallujah a été particulièrement touchée par les bombes à l’uranium appauvri, et également par de nouvelles versions de bombes au napalm (MK-77), au plasma, au phosphore, plus sophistiquées et plus meurtrières que les précédentes, testées à grande échelle durant l’opération Phantom Fury. (Fureur fantôme !) de 2004. Les agresseurs avaient dû procéder au nettoyage total de certains quartiers de la ville déclarés zones interdites immédiatement après les bombardements (comme à Bagdad en 2003) ; le sol avait été enlevé sur plusieurs mètres de profondeur.

L’utilisation de napalm et de phosphore a été confirmée par de nombreux témoins à Fallujah, comme ce professeur qui avait déclaré : « J’ai vu des corps se transformer en squelettes et charbon juste après l’explosion de bombes au phosphore » (Cf. Dahr Jamail, 2004). Le Pentagone a dû reconnaître en 2005 avoir utilisé du phosphore blanc lors de l’attaque de la « ville aux cent mosquées ». L’utilisation de cette substance fumigène comme arme chimique est considérée comme crime de guerre selon le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques de l’ONU (1983)

Les habitants de Fallujah sont désespérés de l’omerta mondiale sur leur tragédie. Ils demandent une enquête indépendante sur les conséquences de l’utilisation de toutes les armes utilisées au cours du massacre de Fallujah en 2004.

Joëlle Pénochet
7 septembre 2009

(1) « Il y a 30 ans, le standard de l’approvisionnement dans le domaine de la médecine en Irak était comparable aux pays d’un revenu moyen et élevé : 97% de la population dans les villes et 79% à la campagne avaient accès à un système de santé qui fonctionnait » (Des médecins morts en Irak par Dr. Susanne Lippmann-Rieder http://internationalnews.over-blog.com/article-18722265.html).

(2) La fixation de l‘UA sur le placenta provoque hydrocéphalies, absence de tête, de membres ou d’organes, organes à l’extérieur du corps. « Chez les bébés irakiens nés en 2002, l’incidence d’anophtalmie (absence d’yeux) a été 250.000 fois plus grande que l’occurrence moyenne. Les premières paroles d’une femme irakienne qui vient d’accoucher ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? ». En outre, les anomalies génétiques s’aggravant d’une génération à l’autre, il faudra plusieurs décennies avant de mesurer l’atteinte du génome ». La guerre nucléaire silencieuse, Sortir du Nucléaire n° 29

(3) « Selon le droit international, ces armes (à l’UA) sont illégales parce qu’elles infligent "des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, qu’elles causent des atteintes graves et durables à l’environnement et demeurent meurtrières bien après la fin des conflits." Leur utilisation a été condamnée par une résolution des Nations Unies de 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en 2001 un moratoire sur leur utilisation. ». (Ibid.)

Références

Lisa Holland : The Truth Of Iraq’s City Of Deformed Babies 48am UK, September 01, 2009, Sky News Returns To Fallujah : Lisa Holland Revisits The Children ...

Iraq Deformities - Iraq (video, 2008, 8:53)

Birth deformities in Iraq (due to depleted Uranium, chemicals...)

Blind Girl’s Family ’Needs Help’

Iraqis Blame US For Birth Defects

Doctors Save Iraqi Boy From Deadly Tumour - Sky News

Tumour Boy Who Can Smile Again

IRAQ : ’Special Weapons’ Have a Fallout on Babies By Ali al-Fadhily and Dahr Jamail

Depleted Uranium & Phosphorous : Massive Deformities of Fallujah Babies (June 12, 2008)

Guerre totale, radiologique et chimique contre l’Irak par Joëlle Pénochet 19 novembre 2005-15 octobre 2007

Guerre sans fin et dommages collatéraux, Combat-Nature, n° 147, novembre 2004, p. 68,

D’Hiroshima à Bagdad

Opération « Massacre dans le Désert » par F. Arbuthnot Mondialisation.ca Le 8 fevrier 2008

IRAQ : Après 4 ans d’occupation, la Santé est inexistante Solidaire.org Bert De Belder

PETRAS, James : The crushing of Fallujah, CounterPunch, 19 novembre 2004

Joelle PENOCHET

17 septembre 2009

URL de cet article
http://site10857.mutu.sivit.org/A-Fallujah-en-Iraq-l-uranium-appauvri-et-le-phosphore-blanc.html


2-2 al-Zaidi « Je ne suis pas un héros : « Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… »

Ainsi se qualifie simplement Muntadhar al-Zaidi, le journaliste irakien, qui lança sa chaussure à la tête de George Bush, l’an dernier, acte par lequel il a été porté aux nues dans le monde arabe et fait la une des médias internationaux.

 Extraits de sa conférence de presse, tenue le 15 septembre à Bagdad :

« Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre…

Je répondrai que ce qui m’a conduit à venir est l’injustice qui frappe mon peuple et la manière dont l’occupation a voulu humilier ma patrie en la foulant aux pieds. Comment elle a voulu aussi écraser les crânes de ses fils sous sa botte, cheikhs, femmes, enfants ou hommes.

Au cours des cinq dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de l’occupation et le pays compte maintenant plus de 5 millions d’orphelins, plus d’un million de veuves et des centaines de milliers d’estropiés. Et, plusieurs millions de sans abri, à cause des déplacements à l’intérieur ou à l’étranger…

Nous étions une nation où les Arabes partageaient avec les Turcomans, les Kurdes, les Assyriens, les Sabéens et les Yézidis leur pain quotidien. Les chiites priaient à côté des sunnites, les musulmans célébraient avec les chrétiens la naissance du Christ… Que la paix soit sur lui ! Il en était ainsi en dépit de la faim et des sanctions qui nous ont été imposées pendant plus de dix ans.

Notre patience et notre solidarité ne nous faisaient pas oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous fussions envahis par l’illusion de la libération que certains entretenaient…..

Je ne suis pas un héros… J’étais humilié de voir mon pays humilié. De voir Bagdad brûler… Des dizaines, non des centaines d’images de massacres qui blanchiraient les cheveux d’un nouveau-né m’amenaient les larmes aux yeux et me blessaient.

Le scandale d’Abou Ghraib, les massacres de Fallujah, de Nadjaf, d’Haditha, de Sadr City, de Bassora, de Diyala, de Mossoul, de Tel Afar, et chaque pouce de mon pays blessé. Ces dernières années, j’ai parcouru mon pays et vu de mes propres yeux la souffrance des victimes et entendu les cris des endeuillés… Je serrais les poings et faisais une promesse à nos victimes, de les venger.

Quand l’occasion survint, je la saisis. (…)

En jetant ma chaussure à la figure du criminel Bush, je voulais exprimer mon refus de ses mensonges, de l’occupation de mon pays, du massacre de mon peuple ; mon refus de voir piller les richesses de mon pays, détruire son infrastructure ; de forcer ses enfants à l’exil en diaspora.

Après six ans d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations de l’intimité (des femmes irakiennes), de profanation des lieux saints, le tueur est venu, se vantant, criant victoire et démocratie. Il était venu dire au revoir et s’attendait à des fleurs.

Ce fut ma fleur, à l’occupant et à tous ceux ligués avec lui… avant et après l’occupation… Comment poser une question à Bush en dehors du cadre de la conférence de presse ? C’était interdit.

Si j’ai fait du tort au journalisme malgré moi, à cause de l’embarras où je l’ai mis, je le regrette sincèrement… L’Histoire regorge d’événements où la profession s’est compromise avec les politiciens américains, par exemple, lors de la tentative d’assassinat de Fidel Castro où des agents de la CIA, se posant en journalistes de la télévision cubaine, avaient piégé la caméra qu’ils emportaient ou encore lorsqu’elle a trompé l’opinion publique sur ce qui se passait réellement pendant la guerre en Irak. Mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que les services secrets américains et ceux qui les suivent ne cesseront de me traquer (parce que) je suis un rebelle opposé  à leur occupation. Ils essaieront de me tuer ou de me neutraliser… (physiquement, socialement ou professionnellement).

(Muntadhar al-Zaidi évoque ensuite les tortures odieuses qu’il a subies, juste après son arrestation) …

« la conférence de presse se poursuivait, j’entendais les voix des participants et ils entendaient peut-être mes gémissements et mes cris… Je donnerai plus tard les noms de ceux qui m’ont torturé : certains étaient des personnages de haut rang du gouvernement et de l’armée… Ils (les Américains) se vanteront de la duperie et des moyens qu’ils ont utilisés pour arriver à leur objectif. Cela n’est pas étonnant et ne diffère en rien de ce qui est arrivé aux Indiens des Etats-Unis aux mains des colonialistes. Et, ici, je leur dis (aux occupants) et à ceux qui les suivent et à tous ceux qui les soutiennent et prennent fait et cause pour eux. Jamais plus.

Nous sommes un peuple qui mourra plutôt que de subir l’humiliation.

Pour finir, je préciserai que je suis indépendant, je n’appartiens à aucun parti politique… On a dit, pendant que l’on me torturait, que j’étais d’extrême droite, ou d’extrême gauche… Désormais, je m’efforcerai de secourir les veuves et les orphelins, tous ceux dont les vies ont été détruites par l’occupation… Et, à mon pays bien-aimé, je dis : si la nuit d’injustice se prolonge, elle n’empêchera pas le soleil de se lever et ce sera le soleil de la liberté… ».

Muntadhar al Zaidi en appelle au gouvernement pour examiner le sort de centaines de prisonniers pourrissant dans les prisons depuis des années, sur la dénonciation d’un informateur, comme il le leur a promis.

http://www.mcclatchydc.com/world/v-print/story/75438.html


2-3 L’histoire de ma chaussure.

L’homme révolté.

Les images du geste de Muntadhar al-Zaidi lançant ses chaussures sur George Bush ont fait le tour du monde.

Et sa libération récente a été l’occasion de rappeler la notoriété qu’il a acquise ce jour-là.

Mais il convient, au-delà de l’image d’Epinal d’un geste iconoclaste et sympathique, d’entendre le message d’al-Zaidi, tel qu’il l’a donné dès sa libération.

Celui d’un homme bouleversé et révolté par les horreurs innombrables qui se sont abattues sur son pays, auxquelles son métier de journaliste le confrontait quotidiennement. Ces chaussures désormais célèbres ont une histoire, nous dit-il. « Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation étaient entrées ces chaussures que j’ai lancé ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang de victimes innocentes ? »

Chaque soir, al-Zaidi, se faisait le serment de venger, à sa façon, toutes les victimes de l’occupation. Et ce jour là, face à Bush, il a tenu parole.

 (extrait)

Me voici libre. Mais mon pays est encore prisonnier de guerre.

Tout d’abord, j’adresse mes remerciements et mes amitiés à tous ceux qui m’ont soutenu, que ce soit dans mon pays, dans le monde islamique ou dans le monde libre. Il y eut de nombreuses discussions autour de cette action et de la personne qui l’a menée, sur le héros et l’acte héroïque, le symbole et l’acte symbolique.

A cela, je réponds simplement : Ce qui m’a imposé de faire face, c’est l’injustice qui s’est abattue sur mon peuple, la façon dont l’occupation a voulu humilier mon pays natal en le plaçant sous sa botte.

Et la façon [dont cette occupation] a voulu écraser le crâne des fils de (la patrie) sous ses bottes, qu’ils s’agissent de cheikhs, de femmes, d’enfants ou d’hommes. Au cours de ces dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de cette occupation et le pays est maintenant empli de plus de 5 millions d’orphelins, d’un million de veuves et de centaines de milliers de mutilés. Et de millions de sans-abri en raison des déplacements [de réfugiés] tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Nous étions une nation dans laquelle l’Arabe partageait son pain quotidien avec les Kurdes et les Turkmènes et les Assyriens et les Sabéens et les Yezidis. Et où les chiites priaient ensemble avec les sunnites. Où les musulmans étaient prêts à fêter avec les chrétiens la naissance du Christ, que la paix soit avec lui. Et ce, malgré le fait que nous ayons éprouvé ensemble la faim due aux sanctions [de l’ONU] pendant plus de 10 ans, pendant plus d’une décennie.

Notre patience et notre solidarité ne nous a pas fait oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous soyons envahis par l’illusion de la libération que certains ont entretenu. (L’occupation) a opposé le frère au frère, le voisins au voisin, et le fils à son oncle. Elle a transformé nos maisons en innombrables tentes funéraires. Et nos cimetières se sont étendus dans les parcs et en bordure des routes. C’est un fléau. C’est l’occupation qui nous tue, qui profane les lieux de culte et la sainteté de nos maisons et qui jette quotidiennement des milliers de personnes dans des prisons de fortune.

Je ne suis pas un héros, et je l’admets. Mais j’ai une opinion et je prends position. J’ai été humilié de voir mon pays humilié. Et de voir mon Bagdad brûler. Et mon peuple se faire tuer. Des milliers d’images tragiques sont restées dans ma tête, et cela me pèse chaque jour et me pousse vers le droit chemin, le chemin de la confrontation, la voie du rejet de l’injustice, du mensonge et de la duplicité. Cela m’a privé du sommeil réparateur.

Des dizaines, non, des centaines d’images des massacres, qui feraient blanchir les cheveux d’un nouveau-né, m’ont fait monter les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib. Le massacre de Fallujah, Najaf, Haditha, Sadr City, Bassora, Diyala, Mossoul, Tal Afar, et chaque parcelle de notre terre meurtrie. Durant les années passées, j’ai voyagé à travers mon pays en feu et j’ai vu de mes propres yeux la douleur des victimes, et entendu de mes propres oreilles les cris des victimes et des orphelins. Et un sentiment de honte me hantait, parce que j’étais impuissant.

Quand j’en avais fini avec mes obligations professionnelles, consistant à rendre compte des drames quotidiens des Irakiens, et tandis que je lavais les restes des débris des maisons irakiennes en ruines ou les traces du sang des victimes qui maculaient mes vêtements, je serrais les dents et faisais une promesse à nos victimes, un serment de vengeance.

L’occasion s’est présentée, et je l’ai saisie.

Je l’ai saisie par loyauté envers chaque goutte de sang innocent qui a été versé par l’occupation ou à cause d’elle, chaque cri d’une mère en deuil, chaque gémissement d’un orphelin, la douleur d’une victime de viol, la larme d’un orphelin.

A ceux qui me font des reproches, je dis : Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation ces chaussures que j’ai jeté étaient entrées ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang des victimes innocentes ? Et combien de fois elles étaient entrées dans des maisons dans lesquelles avaient été bafouées de libres femmes irakiennes et le respect qu’on leur doit ? Cette chaussure était peut-être la réponse appropriée lorsque toutes les valeurs ont été violées.

Lorsque j’ai lancé ma chaussure sur le visage du criminel Bush, je voulais exprimer mon rejet de ses mensonges, de son occupation de mon pays, mon rejet de la mise à mort de mon peuple. Mon rejet de son pillage des richesses de mon pays, de la destruction de son infrastructure et de la transformation de ses fils en une diaspora.

Après six années d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations des choses sacrées, et de profanation de lieux de culte, le tueur venait se vanter, se vanter de la victoire et de la démocratie. Il était venu dire adieu à ses victimes et attendait des fleurs en réponse.

Pour le dire simplement, ce fut ma fleur offerte à l’occupant, et à tous ceux qui sont en connivence avec lui, soit en diffusant des mensonges soit par leurs actes, avant l’occupation ou après.

J’ai voulu défendre l’honneur de ma profession et du patriotisme qui a été bafoué depuis le jour où le pays a été violé et que son honneur a été perdu.

17 septembre

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2789 


2-4 Torturé à mort par les soldats britanniques.

Le père d’un réceptionniste irakien qui est mort alors qu’il était aux mains des troupes britanniques dans la ville irakienne de Bassorah, a déclaré que les soldats britanniques riaient tandis qu’ils battaient son fils à mort.

Daoud Mousa, âgé de 63 ans, a déclaré à l’audience à Londres mercredi que les personnes détenues avec son fils Baha, alors âgé de 26 ans, lui avait décrit en détail avec quelle violence et quelle cruauté « ils avaient été traités par les soldats britanniques ».

« Mon fils a été torturé à mort devant ses collègues », a déclaré Mousa, un ancien officier supérieur de la police, lors de l’enquête dans une déclaration écrite.

« Il est clair que les soldats responsables ont éprouvé un plaisir sadique en riant constamment pendant que mon fils était victime de mauvais traitements », dit le communiqué.

« Civils victimes de violence »

Baha et six autres Irakiens ont été arrêtés lorsque les soldats britanniques sont entrés dans un hôtel de la ville en Septembre 2003, lorsqu’ils pourchassaient des partisans de Saddam Hussein, le dernier président irakien.

Il est décédé 24 heures plus tard à la suite de ses blessures. Un diagnostic post-mortem a révélé qu’il avait subi 93 blessures, dont une fracture du nez et de plusieurs côtes.

D’autres témoins ont également dit à l’enquête que certains militaires se sont donnés du plaisir à maltraiter les civils prisonniers, les obligeant à danser comme Michael Jackson et coordonnant les cris des autres dans une tentative de créer une sorte de musique.

Une bande vidéo dévoilée à l’enquête a montré l’un des soldats, le caporal Donald Payne, hurlant sur des prisonniers cagoulés.

Mousa a témoigné avec émotion durant l’audience de ce mercredi, pleurant à plusieurs reprises alors qu’il décrivait l’effet de la mort de son fils sur sa famille.

Il a dit souffrir des réminiscences du moment où il a vu les blessures horribles de son fils dans une morgue militaire, disant durant l’enquête que les soldats avaient violé la « dignité et l’honneur anglais ».

Accusations de vols

Interrogé par Michael Topolski, l’avocat de Payne, pour savoir s’il acceptait des excuses de l’ex-soldat, Mousa très ému, a refusé. « Je n’accepterai pas les excuses d’un criminel », a-t-il dit à l’audience.

Le gouvernement britannique a ordonné exceptionnellement une enquête publique sur le meurtre, en demandant au juge William Gage de la Cour d’appel, d’enquêter sur les circonstances de la mort de Daoud Mousa et de formuler des recommandations pour d’éventuelles modifications aux conditions de détention militaire.

Mousa a déclaré à l’audience qu’il avait accusé au cours du raid dans l’hôtel, un soldat britannique d’avoir volé des billets de banque, et que son fils a été pris pour cible par les troupes pour se venger.

La mort de Daoud Mousa a déjà amené la condamnation de Payne comme premier criminel de guerre britannique en Irak.

Il a été chassé de l’armée et condamné, pour traitements inhumains, à un an de prison en 2007.

Le ministère de la Défense de Grande-Bretagne a déjà présenté ses excuses pour les mauvais traitement subis par Daoud Mousa et neuf autres irakiens, leur attribuant un dédommagement collectif de 4,9 millions de livres sterlings.

« Argent dérobé »

Mousa a déclaré que dans la nuit du à l’hôtel, il était arrivé pour ramener son fils du travail. Il a alors vu des véhicules militaires entourer le bâtiment et le personnel à plat ventre sur le sol, y compris Baha.

Il a déclaré avoir vu un soldat britannique prendre des billets de banque du coffre de l’hôtel et les mettre dans sa poche. Il a alors signalé le fait à l’officier sur place, qu’il a identifié seulement comme étant « le lieutenant Mike ».

Mousa a déclaré avoir montrer son fils aux soldats, en espérant qu’ils allaient le libérer en échange du fait qu’il ait signalé le vol à leur attention.

« Je pense qu’ils savaient que celui que je leur montrais était mon fils ; ils ont voulu se venger de moi en s’en prenant à lui », a déclaré Mousa.

A l’extérieur de l’audience, Mousa a déclaré qu’il croyait « sans le moindre doute » que son fils avait été pris à partie en représailles.

Les avocats représentant la famille Mousa demandent que soit déterminé si les militaires sanctionnés en Irak avaient utilisé des techniques d’interrogatoire interdites par la Grande-Bretagne en 1972, alors en pleine controverse sur l’utilisation de ces méthodes en Irlande du Nord.

Ils ont déclaré à l’enquête plus tôt cette semaine que les soldats ont utilisé ce qu’on appelle « les techniques de conditionnement, dont les positions stressantes, la cagoule, la privation de sommeil, la privation de nourriture et l’isolation sensoriel [bruit blanc] ».

 24 septembre 2009 –

Al Jazeera –

Vous pouvez consulter cet article à : http://english.aljazeera.net/news/e...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7342


2-5 Irak : le test du retrait.

Qui a vu  cette émission surprenante de France 24 diffusée le mardi 30 juin, rediffusée fin juillet (vue à ce moment là par deux vacanciers français au Maroc qui en sont restés ébahis) : Irak : le test du retrait ?

Dans cette émission, encore visible  actuellement sur le site de France 24, la journaliste de France 24 interroge le président des Républicains (US) en France et un ancien officier de l'armée angloricaine, Jean-François Angevin-Romey, d'origine française, dont la rigueur, la précision dans l'analyse et la dignité devraient être confrontées aux déclarations -aujourd'hui 5 septembre 2009- du député "socialiste" Manuel Valls.

Condensé des propos de Jean-François Angevin-Romey :

 "Nous, occidentaux, infligeons aux autres peuples un traitement que nous n'avons jamais accepté pour nous.

"Nous n'avons aucun droit de rester sur un seul m2 de l'Irak.

"La résistance irakienne est dans son droit face à l'envahisseur  et à ses collabos (il évoque Pétain à plusieurs reprises) comme l'a été la  Résistance française en 40-44.

 " Il est normal que l'Iran aide la résistance irakienne comme les alliés ont aidé la résistance française.

" Les USA, qui ont volé la République à l'Iran (élimination de Mossadegh) doivent lui demander pardon pour tous les maux dont ils sont la cause.

"La guerre civile qui suivra le départ des USA sera, en Irak comme en Afghanistan, l'affaire des Irakiens et de personne d'autre comme cela l'a été en France en 45) et en Algérie au départ des français.

"La solution des problèmes avec le monde musulman est dans l'établissement de relations normales -en respectant leur dignité- avec les deux Etats incontournables de la région : l'Iran et la Russie.

 Il semble que, selon les deux vacanciers cités, certains passages de ses propos ont été coupés, notamment celui dans lequel il déclare que les deux Etats responsables du plus grand nombre de morts sur la planète depuis la fin de la guerre de 39-45 sont les USA et "le régime de Tel Aviv" !

Condensé des propos de Manuel Valls :

Le député PS Manuel Valls a estimé dimanche qu'un départ de l'armée française d'Afghanistan "serait un signe d'abandon", mais a défendu la nécessité de "parler des missions" des soldats français dans ce pays, après la mort de deux d'entre eux dans une explosion survenue vendredi.

"Partir de là-bas serait un signe d'abandon", a déclaré M. Valls sur France 2. "En même temps, il faut sans doute revoir les missions, en discuter avec nos principaux alliés, les Américains, les Anglais, mais ne donnons pas le signe d'un départ, je crois que pour le monde, son équilibre, cela serait un signe très négatif", a-t-il poursuivi... (dépêche AFP)

M. Valls a affirmé qu'il fallait "soutenir les soldats français qui sont un peu partout dans le monde et en particulier en Afghanistan, et qui risquent tous les jours leur vie".

C.G.     

http://www.france24.com/fr/20090630-retrait-forces-americaines-irak



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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