Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/10/2009

N°2 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Fin -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.

N°2 -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion : Obama Nobel - 16-10 -: Fin  -Obama récompensé pour son œuvre pour un Nouvel Ordre Mondial.  



Obama Nobel’ :Analyse -  Géopolitique et stratégie

 n°2 du 16-10                                                                   C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Réflexion

2-1 Les soldats US en Afghanistan sont au bord du gouffre.

2-2 La « Guerre sans frontières » d’Obama.

2-3 Gilad Atzmon : Le Prix Nobel, la marque déposée Obama® et le Président.

 


Réflexion

2-1 Les soldats US en Afghanistan sont au bord du gouffre.

Les soldats Américains servant en Afghanistan sont déprimés et profondément désillusionnés, selon les aumôniers de deux bataillons US qui ont passé neuf mois sur le front de guerre.

Beaucoup estiment qu'ils risquent leurs vies - et que des collègues sont morts - pour une mission futile et une population Afghane qui ne fait rien pour les aider, ont déclaré les aumôniers au Times dans leur chapelle, véritable forteresse basée dans une vallée ensablée au sud-ouest de Kaboul.  
 « Les nombreux soldats qui viennent nous voir ressentent de la futilité et de la colère à être ici. Ils sont vraiment dans un état de dépression et de désespoir et veulent juste revenir à leurs familles, » a dit le Capitaine Jeff Masengale, du 10ème bataillon d'infanterie 2-87 de
la Division Montagne.
 « Ils sentent qu'ils risquent leurs vies pour un progrès difficile à percevoir, » a dit le Capitaine Sam Rico, du bataillon d'artillerie de Terrain 4-25. « Ils sont fatigués, tendus, confus et veulent juste s’en sortir. » Les aumôniers ont dit qu'ils se chargeaient de le rapporter car les soldats n’ont pas le droit de le faire.    
 La base n'est pas, cela doit être dit, évidemment totalement abattue, et beaucoup de soldats ne partagent pas les déclarations des aumôniers. Les soldats sont, par la nature et entraînés à être optimistes, conduits par un sens fort du devoir, et ils font leur boulot du mieux qu’ils peuvent. Le taux de réengagement est étonnamment bon pour la 2-87, cependant faible pour la 4-25. Plusieurs hommes, approchés par The Times, ont cependant aisément admis que leur moral s'était effondré.
 « Nous sommes perdus – voila ce que je ressens. Je ne suis pas tout à fait sûr du pourquoi de notre présence, » a déclaré Raquime Mercer, 20 ans, dont le plus proche ami a été tué par balle par un policier Afghan renégat Vendredi dernier. « J'ai besoin d'un but bien défini si je dois être blessé ou tué ici. »  
 Le Sergent Christopher Hughes, 37 ans, de Detroit, a perdu six collègues et a survécu à deux bombes cachée au bord de la route. Interrogé si sa mission en valait la peine, il a répondu : « Si je savais exactement ce qu'était la mission, probablement oui, mais je ne sais pas. »  
 Les seuls soldats qui pensent que tout va bien « travaillent dans les bureaux, pas sur le terrain ». Selon lui « tout le pays va morfler ».  
  Le bataillon de 1.500 soldats est déployé 9 mois sur l’année et s’est montré extraordinairement robuste. Leur but était de sécuriser la province montagneuse de Wardak et ensuite de gagner l'allégeance des gens par le développement et une bonne gouvernance. Ils se sont, au lieu de cela, retrouvés embourbés dans une bataille de plus en plus traître contre les Talibans.
 Ils ont été visés par au moins 300 bombes sur le bord des routes, dont environ 180 ont explosé.

Dix-neuf hommes ont été tués en intervention, et un dernier s’est suicidé. Environ une centaine ont été rapatriés avec des amputations, des brûlures graves et d'autres blessures impliquant une invalidité permanente, et beaucoup de ceux-là n'ont pas été remplacés.
Plus de deux douzaines de véhicules blindés (MRAPs) ont été touchés hors action.  
 Les conditions de vie sont bonnes - nourriture abondante, tentes climatisées, eau chaude, Internet gratuit - mais la plupart des hommes sont à leur seconde, troisième ou quatrième tournée en Afghanistan et en Irak, avec à peine une année d’intervalle. Le Sergent-chef Erika Cheney, spécialiste en santé mentale pour les troupes aéroportées, a émis des préoccupations concernant leur état mental - particulièrement ceux dans les avant-postes dispersés - et pense que beaucoup présentent des désordres post-traumatique (PTSD).    
 « Ils sont fatigués, frustrés, effrayés. Beaucoup ont peur de sortir mais doivent continuer à le faire, » a-t-elle dit.    
 Le Lieutenant Peter Hjelmstad, chef du peloton médical de la 2-
87, a dit que les insomnies et les crises de colère étaient courantes.   
 Une douzaine d’hommes ont été confinés aux tâches de bureau parce qu'ils ne peuvent plus supporter les missions à l’extérieur de la base. Un officier en service depuis une longue période, qui a perdu trois amis au cours de sa dernière tournée, a indiqué qu'il retournait parfois dans sa chambre en pleine nuit et pleurait, ou jouait à des jeux de guerre sur son ordinateur portable. « C'est un soulagement. C'est une façon de garder la face. » Il fait des cauchemars et dort peu, et cela n'aide pas que la base soit fréquemment secouée par des tirs d'artillerie. Il a brièvement craqué alors qu'il se rappelait comment, quand un camion a explosé durant son dernier congé à la maison, il a saisi son jeune fils et plongé entre deux voitures garées.  
 Les aumôniers ont dit qu’un nombre sans précédent de soldats nécessitaient leur aide. « Chacun que vous rencontrez est au plus bas, et vous les rencontrez partout - dans la salle de musculation, la cantine, au courrier, » a dit le Capitaine Rico. Même « les hommes durs » venaient dans leur tante chapelle et s’écroulaient.   
 Les hommes sont frustrés par l’absence d’objectif clair ou de progrès.
« La plus grande question que se pose les soldats' est : que peut-on faire pour stopper cette guerre. Capturer quelqu’un? Se fixer un seul objectif ? Les soldats veulent des réponses précises, autre qu’arrêter les Talibans, parce que cela semble presque impossible. Il est difficile d'attraper quelqu'un que vous ne pouvez pas voir, » a déclaré Mercer.  
 « C'est une mission très frustrante, » dit le Lieutenant Hjelmstad. « Le soldat moyen voit un ami mourir d’une explosion et son instinct lui dit de riposter ou de croire que cela a servi à quelque chose, mais ce n’est pas comme dans les autres guerres où votre copain meurt mais que vous vous emparer d’une zone. Il n'y a aucune récompense réelle pour ce sacrifice. Il est difficile de se dire que Wardak est le mieux qu’on puisse avoir ici. »  
 Le Capitaine Masengale, soldat pendant 12 ans avant de devenir aumônier, déclare : « Nous voulons croire en une cause mais nous ne savons pas ce qu'est cette cause. »  
 Les soldats sont en colère que des collègues perdent leurs vies alors qu’ils tentent d'aider une population qui ne les aidera pas. « Vous leur donnez toute l'assistance humanitaire qu'ils veulent et ils continue à vous mentir. Ils vont vous dire qu’il n’y a aucun Taliban nulle part dans la zone et dès que vous vous éloignez, à peine à
10 mètres de leur maison, on vous tire déjà dessus, » déclare Eric Petty, de Géorgie.    
 Le Capitaine Rico raconte le dégoût d'un médecin qui a reçu l’ordre de soigner un résistant peu de temps après qu’il ait extrait le cadavre carbonisé d'un collègue d'un véhicule bombardé.  
 Les soldats se plaignent que les règles d'engagement sont conçues pour réduire au minimum les pertes civiles, ce qui revient à combattre avec un bras attaché dans leurs dos. « C’est une plaisanterie, » a dit l’un d’eux.
« On vous tire dessus mais vous ne pouvez rien y faire. Vous devez voir la personne portant l'arme. Ce n'est pas suffisant de savoir de quelle maison venait le tir. »  
 Les soldats plaisantent sur l’insigne de  l'Isaf qu’ils portent au bras, Isaf ne veut pas dire Force d'Aide de Sécurité Internationale mais « je suce au combat » ou « je soutiens les fermiers afghans » (“I Suck At Fighting”
or “I Support Afghan Farmers”.).   
 Pour résumer, les soldats ne perdent généralement pas la vie au combat mais lors de déplacements de routine, par des bombes cachées au bord des routes par un ennemi invisible. « C’est très démoralisant, » dit le Capitaine Masengale.  
 Les déploiements constants provoquent en attendant des ravages dans la vie privée des soldats. « Ils tuent des familles, » a-t-il dit. « Les divorces montent en flèche. Les troubles post-traumatiques dépassent tous les records.
Il y a des centaines de blessures qui renvoient les soldats à la maison et affectent des familles pour le restant de leurs vies. »  
 Les aumôniers disent que beaucoup de soldats ont perdu leur désir d'aider l'Afghanistan. « Tout ce qu'ils veulent c’est retourner sain et sauf à la maison et revenir à leurs femmes et enfants et rendre visite aux familles qui ont perdu des maris et des pères ici. On cherche juste à survivre, » a dit le Capitaine Masengale.  
 « Si on revient avec nos dix orteils et nos dix doigts, la mission est réussi, » déclare le Sergeant Hughes.  
 « Vous continuez pour vos collègues, » ajoute Mercer.  
 Les aumôniers ont eux-mêmes beaucoup du mal à faire face à une telle détresse. « Nous devons les encourager, les renforcer et les envoyer encore sur le terrain. Personne n'entre et ne dit, ‘j'ai passé une superbe journée sur cette mission'. Ce ne sont que des souffrances, » dit le Capitaine Masengale. « Notre seul réconfort est d’être la les uns pour les autres. »    
 Le Lieutenant-Colonel Kimo Gallahue, Commandant de la 2-87, dément le fait que ses hommes sont démoralisés, et insiste pour dire qu’ils ont accomplis beaucoup de choses au cours des neuf mois derniers. Triathlète et ancien joueur de rugby, il admet mener la vie dure à ses hommes, mais justifie cela en disant que le combat contre l'ennemi était la meilleure forme de la défense. 
 Il a indiqué que le niveau de sécurité avait empiré parce que les insurgés avaient choisi de se battre dans la province de Wardak, et de ne pas l’abandonner. Il a cependant déclaré que la situation aurait été catastrophique sans ses hommes. Ils ont réussi à garder ouverte la route principale entre Kaboul et Kandahar qui traverse Wardak, et ont empêché la province de devenir une plate-forme de lancement pour les attaques contre la capitale, qui est à peine à 20 milles de sa frontière. Par dessus tout, le Colonel Gallahue a mis en avant leur action contre les insurgés - gagnant l'allégeance de la population locale en leur apportant la sécurité, le développement et une bonne gouvernance - était un long et laborieux processus qui ne pourrait pas être réalisé en un an. « Ces 12 derniers mois représentent, pour moi, la mise en place les bases de notre futur succès, » a-t-il dit.  
 Au service de Dimanche matin, les deux aumôniers ont cherché à booster les esprits de leurs gars avec des hymnes à la victoire, accompagnés de vidéos montrant de beaux lacs, des océans et des fleuves.  
 Le Capitaine Rico nous a offert une lecture particulièrement juste des Corinthiens : « Nous sommes affligés de tous les côtés mais pas défaits ; perplexes mais pas au bord du désespoir ; persécutés mais pas abandonnés ; attaqués, mais pas meurtris. »

 9 Octobre

Traduction Alter Info 
 
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/Afghanistan/article6865359.ece

http://www.alterinfo.net/Les-soldats-US-en-Afghanistan-sont-au-bord-du-gouffre_a37773.html



2-2 La « Guerre sans frontières » d’Obama.
Nous sommes au carrefour de la crise la plus sérieuse de l’histoire moderne. Les États-Unis en partenariat avec l’OTAN et Israël ont lancé une aventure militaire mondiale, laquelle menace, de manière très réelle, le futur de l’humanité.

À ce moment critique de notre histoire, la décision du comité Nobel norvégien de décerner le prix Nobel de la paix au président et commandant en chef Barack Obama constitue un parfait outil de propagande et de manipulation, soutenant sans réserve la « Longue guerre » du Pentagone : « Une guerre sans frontières » dans le vrai sens du terme, caractérisée par le déploiement planétaire de la puissance militaire des États-Unis. 

Outre la rhétorique diplomatique, il n’y a pas eu de renversement significatif de la politique étrangère des États-Unis par rapport à la présidence de George W. Bush, ce qui aurait pu justifier un tant soit peu l’octroi du prix Nobel à Obama. En fait c’est plutôt le contraire. Le programme militaire d’Obama a cherché à élargir la guerre à de nouvelles frontières. Avec une nouvelle équipe de conseillers militaires et de conseillers en politique étrangère, le programme guerrier d’Obama a été bien plus efficace dans la promotion de l’escalade militaire que ne l’a été celui des néoconservateurs.

Depuis les débuts de la présidence d’Obama ce projet militaire mondial est devenu de plus en plus omniprésent, avec le renforcement de la présence militaire étatsunienne dans toutes les grandes régions du monde ainsi que le développement de systèmes d’armement perfectionné dans des proportions sans précédent.

Accorder le prix Nobel de la paix à Barack Obama donne de la légitimité aux pratiques illégales de la guerre, à l’occupation militaire de pays étrangers et à la tuerie incessante de civils au nom de la « démocratie ».

À la fois l’administration Obama et l’OTAN menacent directement la Russie, la Chine et l’Iran. Sous Obama, les États-Unis développent un « système de bouclier antimissile mondial contre les premières frappes » :

« Avec les armes spatiales, le laser aéroporté constitue la prochaine frontière de la défense. […] Le rêve de Ronald Reagan de défense multicouche antimissile – qui se résume à la Guerre des étoiles – n’a jamais été si près de se réaliser, du moins d’un point de vue technologique. »

Le 11 août, en réaction à cette consolidation de modernisation et de perfectionnement du potentiel étatsunien de frappe nucléaire mondiale, le commandant en chef des Forces aériennes russes – le même Alexander Zelin cité plus tôt à propos des menaces de frappes étatsuniennes en provenance de l’espace sur toute la Russie – a déclaré que les « Forces aériennes russes se préparent à faire face aux menaces résultant de la création du Global Strike Command au sein des Forces aériennes étatsuniennes » et que la Russie développe « des systèmes appropriés pour faire face aux menaces qui pourraient survenir ». (Rick Rozoff, Showdown with Russia and China: U.S. Advances First Strike Global Missile Shield System, Global Research, 19 août 2009)

Depuis la crise des missiles de Cuba, jamais le monde n’a été aussi près de l’impensable : un scénario de Troisième Guerre mondiale, un conflit militaire planétaire impliquant l’utilisation d’armes nucléaires.

1. Le soi-disant bouclier antimissile, ou initiative de Guerre des étoiles, comportant l’utilisation d’armes nucléaires pour les premières frappes sera dorénavant développé mondialement, dans différentes régions du monde. Ce bouclier est largement dirigé contre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord.

2. De nouvelles bases militaires étatsuniennes ont été établies dans le but à la fois d’instaurer des sphères d’influence étatsuniennes dans chaque région du monde, ainsi que d’entourer et de confronter la Russie et la Chine.

3. Il y a eu une escalade dans la guerre d’Asie Centrale et du Moyen-Orient. Le budget de la Défense sous Obama a monté en flèche avec l’augmentation des affectations en Afghanistan ainsi qu’en Irak.

4.  Sous les ordres du président Obama, agissant à titre de commandant en chef, le Pakistan fait désormais l’objet de bombardements aériens de routine par les États-Unis, en violation de sa souveraineté nationale, en utilisant la « guerre mondiale au terrorisme » comme justification.

5. La construction de nouvelles bases militaires est envisagée en Amérique Latine, y compris en Colombie, à la frontière immédiate du Venezuela.

6. L’aide militaire à Israël a augmenté. La présidence Obama a exprimé son soutient inébranlable à Israël et à l’armée israélienne. Obama est demeuré muet en ce qui concerne les atrocités qu’Israël a commises à Gaza. Il n’y a même pas eu un semblant de reprise des négociations israélo-palestiniennes.

7. Il y a eu un renforcement des nouveaux commandements régionaux, incluant AFRICOM et SOUTHCOM.

8. Une nouvelle ronde de menaces a été dirigée contre l’Iran.

9. Les États-Unis sont résolus à encourager davantage de divisions entre le Pakistan et l’Inde, ce qui pourrait mener à une guerre régionale, ainsi qu’à l’utilisation de l’arsenal nucléaire indien comme moyen indirect de menacer la Chine.

Les grandes lignes de la nature diabolique de ce projet militaire ont été tracées dans le Project for a New American Century (PNAC) en 2000. Les objectifs du PNAC sont :

- défendre la patrie étatsunienne ;

- se battre et gagner résolument de multiples guerres de théâtre simultanées ;

- effectuer les tâches « constabulaires » associées au modelage de l’environnement sécuritaire dans des régions critiques ;

- transformer les forces étatsuniennes afin d’exploiter la « révolution dans les affaires militaires » Project for a New American Century, Rebuilding Americas Defenses.pdf, septembre 2000)

La « Révolution dans les affaires militaires » fait référence au développement de nouveaux systèmes d’armement perfectionné. La militarisation de l’espace, les nouvelles armes chimiques et biologiques, les missiles à guidage laser sophistiqués, les bombes antiblockhaus, sans parler du programme de guerre climatique des Forces aériennes étatsuniennes (HAARP) basé à Gokona en Alaska, font partie de l’« arsenal humanitaire » d’Obama.

Une guerre contre la vérité

Il s’agit d’une guerre contre la vérité. Lorsque la guerre devient la paix, le monde est tourné sens dessus dessous. La conceptualisation n’est alors plus possible et un système social inquisitorial émerge.

La compréhension des événements sociaux et politiques fondamentaux se voit remplacée par un monde de pure fantaisie, où rôdent des « êtres malfaisant ». L’objectif de la « guerre mondiale au terrorisme », entièrement cautionnée par l’administration Obama, a été de galvaniser l’appui de l’opinion publique pour une campagne mondiale contre l’hérésie.

Aux yeux de l’opinion publique, le fait de détenir une « cause juste » pour mener la guerre est essentiel. On dit d’une guerre qu’elle est « juste » si elle est menée pour des motifs moraux, religieux ou éthiques. Le consensus est en faveur de la guerre. Les gens ne peuvent plus penser par eux-mêmes. Ils acceptent l’autorité et la sagesse de l’ordre social établi.

Le comité Nobel estime que le président Obama a donné au monde « l’espoir d’un avenir meilleur ». Le prix est accordé en raison des

« efforts extraordinaires [d’Obama] pour renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples. Le comité a attaché une importance particulière à la vision d’Obama d’un monde sans armes nucléaires ainsi qu’à son travail dans ce sens.

[…] Sa diplomatie se base sur le concept voulant que ceux qui mènent le monde doivent le faire sur la base des valeurs et des attitudes partagées par la majorité de la population du monde. » (Nobel Press Release, October 9, 2009)

L’octroi du prix Nobel de la « paix » au président Barack Obama est devenu partie intégrante de la machine de propagande du Pentagone. Il donne un visage humain aux envahisseurs, il confirme la diabolisation de ceux qui s’opposent aux interventions militaires étatsuniennes.

Il ne fait aucun doute que la décision de décerner le prix Nobel de la paix à Obama a été soigneusement négociée avec le comité norvégien aux plus hauts échelons du gouvernement des États-Unis et celle-ci a des profondes implications.

Cette décision soutient sans équivoque la guerre menée par les États-Unis comme une « juste cause ». Elle efface les crimes de guerre commis à la fois sous l’administration Bush et sous celle d’Obama.

Propagande de guerre : Jus ad Bellum

La théorie de la « guerre juste » sert à camoufler la nature de la politique étrangère étatsunienne, tout en conférant aux envahisseurs un visage humain.

À la fois dans sa version classique et contemporaine, la théorie de la guerre juste soutient la guerre comme « opération humanitaire ». Elle réclame l’intervention militaire sur des bases éthiques et morales contre les « insurgés », les « terroristes », les « États défaillants » ou les « États voyous ».

La guerre juste a été proclamée par le comité Nobel comme instrument de paix. Obama personnifie la « guerre juste ».

Enseignée dans les académies militaires, une version moderne de la théorie de la « guerre juste » a été incorporée dans la doctrine militaire étatsunienne. La « guerre au terrorisme » et la notion de « guerre préventive » sont basées sur le droit à l’« autodéfense ». Elles définissent « quand il est permis de mener la guerre » : jus ad bellum.

Jus ad bellum a servi à constituer un consensus au sein des structures de commandement des Forces armées. Ce principe a également contribué à convaincre les troupes qu’elles se battent pour une « cause juste ». De manière plus générale, la sa version moderne de la théorie de la guerre juste fait partie intégrante de la propagande de guerre et de la désinformation médiatique, utilisées pour obtenir l’appui du public pour un programme guerrier. Sous Obama en tant que lauréat du prix Nobel de la paix, la guerre juste devient acceptée universellement, cautionnée par la soi-disant communauté internationale.

Le but ultime est de maîtriser les citoyens, de dépolitiser complètement la vie sociale aux États-Unis et d’empêcher les gens de penser et de conceptualiser, d’analyser les faits et de contester la légitimité de la guerre menée par les États-Unis et l’OTAN.

La guerre devient la paix, une « entreprise humanitaire » qui en vaut la peine. La dissidence pacifique, elle, se transforme en hérésie.

Une escalade militaire au visage humain : le comité Nobel accorde le « feu vert »

De façon plus significative, le prix Nobel de la paix concède la légitimité à une « escalade » sans précédent des opérations militaires menées par les États-Unis et l’OTAN sous la bannière du rétablissement de la paix.

Il contribue à falsifier la nature de l’ordre du jour militaire des États-Unis et de l’OTAN.

Entre 40 000 et 60 000 troupes étatsuniennes et alliées de plus devraient être envoyées en Afghanistan sous une enseigne de rétablissement de la paix. Le 8 octobre, un jour avant la décision du comité Nobel, le Congrès étatsunien a entériné un projet de loi d’autorisation à la défense de 680 milliards de dollars, destiné à financer le processus d’escalade militaire :

« Washington et ses alliés de l’OTAN prévoient une augmentation sans précédent des troupes pour la guerre en Afghanistan, en plus des 17 000 nouvelles forces étatsuniennes et des milliers de forces de l’OTAN qui se sont jusqu’à présent dévouées à la guerre cette année. »

Selon des reportages jusqu’ici non corroborés concernant les demandes du commandant des États-Unis et de l’OTAN Stanley McChrystal et du président de l’Instance collégiale des chefs d’état-major Michael Mullen à la Maison-Blanche, le nombre de troupes varie de 10 000 à 45 000.

Fox News a cité des chiffres aussi élevés que 45 000 soldats étatsuniens de plus et ABC News jusqu’à 40 000. Le 15 septembre, le Christian Science Monitor mentionnait que cela irait « peut-être jusqu’à 45 00 ».

La similitude des évaluations indique que l’on s’est entendu sur un nombre et que les médias obéissants des États-Unis préparent l’auditoire national à l’éventualité de la plus grande escalade de forces armées étrangères de l’histoire de l’Afghanistan. Il y a sept ans seulement, les États-Unis avaient 5000 troupes dans le pays, mais planifiaient d’augmenter ce nombre à 68 000 pour décembre, avant même que ne surgissent les reportages pour de nouveaux déploiements. (Rick Rozoff, U.S., NATO Poised For Most Massive War In Afghanistan's History, Global Research, 24 septembre 2009)

Quelques heures après la décision du comité Nobel norvégien, Obama a rencontré le conseil de guerre ou peut-être devrions-nous le nommer « conseil de paix ». Cette réunion avait été soigneusement planifiée pour coïncider avec celle du comité Nobel.

Cette réunion clé derrière les portes closes de la salle de gestion de crise de la Maison-Blanche comprenait le vice-président Joe Biden, la secrétaire d’État Hillary Clinton, le secrétaire à la Défense Robert Gates, ainsi que d’importants conseillers politiques et militaires. Le général Stanley McChrystal a participé à la rencontre par vidéoconférence depuis Kaboul.

Le général Stanley McChrystal aurait offert au commandant en chef « plusieurs alternatives », « incluant un ajout maximal de 60 000 troupes supplémentaires ». Le nombre 60 000 a été cité à la suite d’une fuite du Wall Street Journal (AFP: After Nobel nod, Obama convenes Afghan war council, October 9, 2009)

Selon un représentant officiel de l’administration, « [l]e président a eu une conversation corsée sur la sécurité et les défis politiques en Afghanistan, et les options visant à élaborer une approche stratégique allant de l’avant ». (Cité dans AFP: After Nobel nod, Obama convenes Afghan war council  October 9, 2009)

Le comité Nobel avait en un sens donné le feu vert à Obama. La réunion du 9 octobre dans la salle de gestion de crise avait pour but de jeter les bases d’une autre escalade du conflit sous le blason de la contre-insurrection et de l’instauration de la démocratie.

Entre-temps, au cours des derniers mois, les forces étatsuniennes ont intensifié leurs bombardements aériens de communautés villageoises dans les zones tribales du nord du Pakistan, sous l’emblème du combat contre Al Qaïda.

Source : Mondialisation.ca
http://www.mondialisation.ca/...
http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Michel_Chossudovsky.121009.htm

 Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

© Copyright Michel Chossudovsky, Global Research, 2009
Publié le 13 octobre 2009 avec l'aimable autorisation de Michel Chossudovsky


2-3 Gilad Atzmon : Le Prix Nobel, la marque déposée Obama® et le Président .

Les gens sont divisés quant à la question de savoir s’il était judicieux de décerner le prix Nobel de la paix à Obama. En réalité, presque tout le monde, autour de moi, est scandalisé : quelle « paix » ? demandent-ils.

Et l’Irak, et l’Afghanistan, et Guantanamo, et la Palestine ? « Nous sommes fatigués des promesses », disent-ils tous.

Le comité du prix Nobel a, quant à lui, « souligné l’effort de M. Obama visant à soutenir des instances internationales, à tisser des liens avec le monde musulman, à agir en faveur de la non-prolifération nucléaire et à lutter contre le changement climatique ».

Ceux qu’Obama n’impressionne pas soulignent que ce n’est là rien d’autre qu’une « rhétorique vide », rien de plus que « du vent » : « Nous voulons voir des actes, et nous exigeons des faits sur le terrain. »

Si les contempteurs d’Obama soulèvent certaines questions pertinentes, ils semblent, pour une raison ou pour une autre, incapables de piger la différence entre « Obama®, la « marque déposée » et « Obama, le Président ». La «  marque déposée » Obama ® symbolise l’espoir et l’humanisme. Elle a tendance à dire les choses qu’il faut, au moment opportun. Elle est éthiquement consciente. Elle recourt occasionnellement à la raison et elle parvient même à dire assez souvent des choses sensées. « Obama®, la marque déposée est, à n’en pas douter, une nouveauté rafraîchissante dans l’arène politique occidentale ».

L’échec d’Obama de fondre « la marque déposée Obama® » et « le Président » dans une réalité éthique sans solution de continuité est véritablement une colossale tragédie. Mais il ne s’agit pas de la tragédie du seul Obama ; c’est, en réalité, notre propre désastre. Autant « la marque déposée Obama® » réussit à émettre à la cantonade quelques déclarations humanistes et universalistes corroboratives, autant « le Président » est en réalité tenu prisonnier par certains des geôliers sionistes les plus dangereux. « Obama, le Président » a une énorme ardoise à régler à ceux qui lui ont donné les clés qui lui ont permis d’accéder à sa demeure blanche actuelle. Autrement dit, il a beaucoup de sionistes à apaiser, dont un énième quarteron de Sayanim* enragés qui se sont arrangés pour envahir son bureau. Jusqu’à un certain point, l’échec d’Obama à établir un continuum adéquat entre la «  marque déposée Obama® » et le « président Obama » est dû à l’impossibilité d’un continuum, quelle qu’en soit la nature, entre l’humanisme et le sionisme.
Malheureusement, le discours libéral occidental est dépourvu des moyens politiques certifiés permettant de s'opposer aux lobbies sionistes et à leurs infiltrés, à l’intérieur des administrations US ou de n’importe quelle autre démocratie occidentale. Catastrophiquement, il n’existe aucun moyen, ni pratique, ni politique, d’empêcher les Wolfowitz de nous entraîner dans une nouvelle guerre illégale. Comme en Amérique, personne, dans les médias et dans la vie politique britannique n’est assez courageux pour étudier les liens étroits entre le cabinet de Blair et les principaux financeurs de son parti à l’époque où
la Grande-Bretagne fut entraînée dans une guerre sioniste illégale en Irak. L’Occident, en général, et l’Empire anglophone en particulier, ont perdu tout instinct de survie. L’on serait fondé à arguer du fait qu’au sein du discours libéral post-Seconde guerre mondiale, nous sommes dépourvus de l’appareil politique qui nous permettrait de nous défendre contre les infiltrations d’intérêts sionistes étrangers. Le temps que nous soyons vraiment sûrs que nous avons réussi à bâillonner un Wolfowitz, cinq Rahm Emanuels ont déjà surgi dans le décor comme des champignons… 

Et c’est précisément là qu’intervient le Prix Nobel de la Paix. Plutôt qu’attendre qu’Obama veuille bien lancer une énième guerre sioniste, plutôt que le laisser vitrifier l’Iran à seule fin de faire de l’Etat juif « un endroit davanrage en sécurité », eux (les membres du comité Nobel) l’ont, espèrent-ils, lancé à l’eau : ils lui ont remis leur plus prestigieux trophée à un stade on ne saurait plus précoce de son mandat présidentiel.  

Ils lui ont dit : « Ecoutez-nous, M. le Président, voici votre trophée : dès lors que vous l’aurez accepté, vous risquez d’avoir à dire NON à vos siocons, chez vous, car les gens qui ont une médaille de la paix ne sauraient lancer de guerre… » Obama pourrait avoir à rechercher d’autres politiques et à se mettre en quête de la paix, plutôt que de massacrer des musulmans.

 Le temps dira si le pari du Comité Nobel est justifié. Dans l’attente, nous devrons sans doute reconnaître que le Comité Nobel a offert à Obama une opportunité de lier « la  marque déposée Obama® » au Président Obama en une position unifiée, digne et éthique. Espérons qu’il relèvera ce défi.

 En ce qui concerne le Comité Nobel, c’était là, sans doute, la chose la plus intelligente qu’il pût faire.

Mais il aurait pu, que dis-je, il aurait dû y penser bien avant. Au lieu d’attendre aussi longtemps, il aurait dû décerner le Prix Nobel à Blair et à Bush dès le début de leurs mandats respectifs. Cela aurait pu sauver la vie à des millions d’Irakiens et d’Afghans. Il aurait dû aussi envisager de décerner le Prix Nobel à Shimon Peres dès les années 1950, cela l’aurait dissuadé de construire le réacteur nucléaire de Dimona et de le transformer, quelques années après, en un Zio-Terminator de la pire espèce.

 Henry-Qui-S’ingère ? Oups : Henry Kissinger ? C’est exactement la même chose : ils auraient dû lui refiler la médaille de la paix le jour de sa Brit Mila (circoncision), où il n’avait (comme il est de règle) que huit jours. Cela aurait pu sauver la vie d’énormément de gens.

Le Prix Nobel de la Paix devrait effectivement être utilisé à des fins préventives. Plutôt que de le gaspiller en le donnant à des humanistes rasoirs et à des pacifistes chiants comme la pluie qui ne font rien que rendre le monde meilleur, nous ferions mieux de l’employer de manière préventive. Dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, il faut l’utiliser comme un engagement contraignant à respecter la paix, si nous voulons éviter le risque des futures guerres sionistes programmées.

Si mon interprétation est correcte, le Prix Nobel de la Paix décerné à Obama a pour fonction d’aider Obama®, la  marque déposée, à résister à la pression qu’exerce son entourage néoconservateur sur Obama, le Président.

[* Sayanim : agents juifs tribaux s’avérant travailler pour le Mossad ou servir des intérêts israéliens et sionistes.] 

Source : l'auteur -The Nobel Prize, the Brand and the President

AUTEUR:  Gilad ATZMON

Traduit par  Marcel Charbonnier
Article original publié le 11/10/200

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8965&lg=fr

http://www.alterinfo.net/Le-Prix-Nobel,-la-marque-deposee...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

Les commentaires sont fermés.