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20/10/2009

n° 293 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan - 28-09 au 18-10-: Début -: La montée en puissance des ‘taliban’ pèse sur la stratégie US.

n° 293 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire  Afghan - 28-09 au 18-10-: Début -: La montée en puissance des ‘taliban’ pèse sur la stratégie US.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan n° 293 - du 28-09 au 18-10

                                                                                                                       C.De Broeder & M.Lemaire                                      


 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire.

Tiré à Part

La montée en puissance des ‘taliban’ pèse sur la stratégie US.

Le dilemme de l'OTAN en Afghanistan: tenir les villes ou la campagne ?

Le général Stanley McChrystal prône des changements de stratégie en Afghanistan.

McChrystal : «Comment nous allons gagner en Afghanistan».

L'Europe ne doit pas fléchir en Afghanistan...

Suite

Dommages Collatéraux...

L'Otan a tué des civils.

De funestes tirs canadiens (…)

Dans le village de Tantil, des habitants, Asghar et Sayed Hassan, assurent que les tués étaient des civils.

L'Otan tue un enfant en Afghanistan.

Paroles & action du président...

Obama signale que les USA ne veulent pas porter seuls le fardeau afghan.

Barack Obama assure que le réexamen de la stratégie en Afghanistan sera bientôt achevé.

1 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 

Fin

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Vidéo : Fillon ,derapage (mal controlé)

2-2 Video : Retrait des forces US.

2-3 “Torture made in USA”.

3 Les Brèves

3-1 2009, année la plus meurtrière.

3-3 Les attaques les plus meurtrières contre l'OTAN.

3-4 Des hélicoptères inconnus parachutent des résistants dans le nord de l'Afghanistan.

3-5 Des dizaines de militaires et policiers afghans ont été tués et que 35 autres avaient été capturés.

3-6 Lourdes pertes américaines à la frontière pakistano-afghane.

3-7 Les troupes américaines se retirent du secteur de Kamdesh en Afghanistan.

3-8 Alessandra Rizzo : L'Italie dément avoir payé des talibans en Afghanistan.

3-9 Les Russes sauvent un GI blessé, Washington reconnaissant ...

3-10 USA/Afghanistan: début des vols via la Russie dans quelques semaines.

3-11 Le père d'un soldat tué en Irak refuse de serrer la main "tachée de sang" de Blair.

3-12 Gregory Katz, : Afghanistan: le chef du contingent canadien juge la situation "désespérée".

3-13 Le Parti Socialiste dénonce le projet de charter discrétionnaire.

3-14 Berlusconi prône « une stratégie de transition » pour réduire la présence occidentale en Afghanistan.

3-15 Guantanamo : Les Brèves

1 Les détenus de Guantanamo peuvent rentrer en Algérie.



L'Afghanistan en chiffre du 29-03 au 18/10/09

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 23

 2

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 51

 60

 

 

 

Peuple Afghan

 92

 8 + x

 


Tiré à Part

La montée en puissance des ‘taliban’ pèse sur la stratégie US.

Extrait

Les services de renseignement ont remis à la Maison blanche un rapport selon lequel les effectifs de la résistance ont été multipliés par quatre au cours des quatre dernières années, passant de 7.000 combattants actifs en 2006 à environ 25.000, ont rapporté vendredi des responsables.

Barack Obama a lancé un réexamen de sa stratégie de guerre après s'être vu dresser par le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, un sombre tableau de la situation militaire.

Bien qu'ils soient dirigés par de fidèles partisans des taliban, le chiffre de 25.000 résistants  comporte aussi des affiliés moins déterminés à combattre, indiquent des responsables.

La Maison blanche est convaincue que certains pourraient être détournés du mouvement taliban, ce qui affaiblirait l'insurrection.

Un responsable américain du contre terrorisme a déclaré que le chiffre n'était qu'une estimation "sommaire" en raison de la difficulté d'évaluer la taille d'une insurrection qui opère principalement par petites unités et a recours à des tactiques de harcèlement.

"Il ne s'agit pas de formations fixes reposant uniquement sur des combattants à plein temps. Beaucoup vont et viennent", a noté le responsable.

Un responsable de la défense, s'exprimant lui aussi sous le sceau de l'anonymat, a déclaré que l'on pouvait être supérieur en nombre aux résistants mais qu'ils sont de plus en plus efficaces en raison de leur manière de combattre.

"De par la nature même de l'insurrection, il n'est pas nécessaire qu'il y ait beaucoup d'insurgés pour infliger de gros dégâts, parce qu'ils peuvent choisir l'heure et le lieu pour frapper".

Les conseillers à la sécurité nationale de la Maison blanche ont défendu l'idée qu'al Qaïda, qui est maintenant basé principalement au Pakistan, et non les taliban, qui opèrent des deux côtés de la frontière, est la principale menace pour les Etats-Unis et que l'effort de guerre devrait se concentre contre eux.

Avant d'être renversés par l'invasion américaine, après les attentats du 11 septembre 2001, les taliban donnaient asile en Afghanistan aux dirigeants d'al Qaïda. Les responsables de la Maison blanche ont tenté de minimiser les risques de retour d'al Qaïda dans le pays, même si les taliban reprennent le contrôle de vastes portions du territoire.

Alors que les Américains continueraient de combattre les résistants alignés sur al Qaïda, des responsables américains ont laissé entendre que les éléments plus modérés pourraient jouer un rôle politique en Afghanistan s'ils rompent avec les dirigeants les plus radicaux.

9/10

http://fr.news.yahoo.com/4/20091009/twl-afghanistan-usa-41953f5_1.html


Le dilemme de l'OTAN en Afghanistan: tenir les villes ou la campagne ?

 Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point d vue de l'auteur mais doit être vu comme information

La mort ce week-end de huit soldats américains dans de violents combats dans l'est de l'Afghanistan a mis en lumière le dilemme que rencontre l'OTAN: déployer ses troupes dans les zones rurales, ou les affecter à la défense des villes contre les résistants.

Huit soldats américains, deux soldats afghans et un policier ont été tués samedi quand des talibans les ont attaqués en plein jour dans la province du Nuristan, entraînant de violents combats jusqu'à tard dans la nuit.

Le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et internationales en Afghanistan, a demandé des renforts, jusqu'à 40000 hommes selon la presse américaine, et souhaite que la contre-insurrection(…)  se concentre sur les zones urbaines.

Mais les experts doutent de l'efficacité de cette stratégie, qui pourrait permettre aux résistants de renforcer leur présence dans le pays.

Haroun Mir, le directeur du Centre afghan de recherches et d'études politiques, parle même d'une «erreur», 80% des Afghans vivant en zone rurale.

«Ils se sentiront abandonnés si l'OTAN ne les protège pas. Et cette population rurale tombera sous la coupe des talibans. C'est déjà ce qui se passe», déclare M. Mir.

Selon l'institut d'analyse politique ICOS (International Council on Security and Development), les résistants ont désormais «une présence permanente» dans 80% du pays.

Si l'OTAN délaisse les zones rurales, le pays pourrait être «balkanisé», comme le Pakistan voisin dont la plus grande partie est sous contrôle des tribus, affirme Norine MacDonald, la présidente de l'ICOS.

«Le meilleur scénario serait de s'occuper des deux», des campagnes et des villes, juge Mme MacDonald. «De facto, il y a eu un retrait (de l'OTAN, ndlr) des zones rurales sur les trois dernières années. La capacité des talibans à pouvoir se déplacer librement dans les zones rurales est d'ailleurs un des secrets de leur remarquable succès», souligne-t-elle.

Le prédécesseur du général McChrystal, le général David McKiernan, avait privilégié l'offensive dans les campagnes, mais avec le regain d'attaques dans les centres urbains, l'actuel commandant est en train de changer de stratégie.

D'après Norine MacDonald, une présence très visible des forces de sécurité dans les villes est psychologiquement essentielle.

«Il ne s'agit pas de dire que les zones rurales ne sont pas importantes», mais de «définir les risques de sécurité les plus immédiats», explique une porte-parole de l'Isaf.

Pour M. Mir, l'attaque de samedi montre les problèmes auxquels sont confrontées l'OTAN et les forces afghanes sur la stratégique frontière avec le Pakistan, où les insurgés (talibans et Al-Qaeda) ont installé leurs bases arrières d'où ils lancent leurs attaques.

Les rebelles profitent du manque d'effectifs des forces internationales et afghanes dans cette région montagneuse, explique-t-il.

Des attaques pourraient survenir dans d'autres zones frontalières, prédit-il, ajoutant qu'il s'agit d'une nouvelle stratégie des insurgés, déjà testée par les moudjahidines pendant leur résistance à l'occupation soviétique dans les années 1980.

Pour l'Isaf, le redéploiement de ses forces dans l'est n'est pas un «retrait», mais «un repositionnement calculé (...) dans cette partie du pays pour s'assurer que la concentration des efforts corresponde à la concentration des forces», explique la porte-parole.

«Il y a toujours une importante présence de troupes dans l'est, mais il est difficile d'avoir une approche uniforme, d'avoir un pied dans chaque petite vallée», explique-t-elle.

Publié le 05 octobre

Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200910/05/01-908507-le-dilemme-de-lotan-en-afghanistan-tenir-les-villes-ou-la-campagne.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


Le général Stanley McChrystal prône des changements de stratégie en Afghanistan.

Le général Stanley McChrystal, commandant des forces alliées en Afghanistan, a appelé jeudi à un changement radical de tactique dans la guerre en cours, estimant que ce serait une erreur d'y restreindre les objectifs militaires, malgré les récents revers. Il a mis en avant le "risque considérable" que les terroristes d'Al-Qaïda trouvent à nouveau refuge dans le pays si de nouvelles tactiques ne sont pas mises en place rapidement.

Le général McChrystal, qui commande à la fois le contingent américain et l'ISAF, la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN, a ajouté que les tactiques militaires conventionnelles sont contre-productives, coûtant aux forces de la coalition le soutien des civils afghans. "Nous ne gagnons pas en détruisant les talibans (...) Nous ne gagnons pas au nombre d'opérations militaires réussies ou d'attaques, nous gagnons quand la population décide que nous gagnons".

Le général McChrystal réclamerait l'envoi de 40.000 soldats américains supplémentaires, et fait campagne auprès des Européens pour qu'ils envoient également des renforts en Afghanistan.

Le général s'exprimait devant les experts de l'International Institute for Strategic Studies, au lendemain d'un conseil de guerre consacré à l'Afghanistan à la Maison Blanche, et présidé par Barack Obama.

McChrystal a fait des vagues à Washington et Londres en dressant un bilan sombre des huit années de guerre afghane, un conflit de plus en plus impopulaire auprès des opinions publiques occidentales.

S'il réclame des renforts, avec le soutien de nombre de responsables du Pentagone, les avis sont partagés au sein du gouvernement américain: du coup, le président Obama, après avoir envoyé une première fois des renforts, prend son temps avant de prendre de nouvelles décisions, et tient de nombreuses réunions pour examiner toutes les options.

"Une stratégie qui ne laisse pas l'Afghanistan dans une position stable est sans doute une stratégie à court terme", a estimé McChrystal à Londres.

Il a jugé que déployer des renforts pourrait "gagner du temps", le temps que l'armée et la police afghanes se renforcent et reprennent le contrôle de la sécurité du pays, d'ici 2013.

Mais il faut changer "d'état d'esprit", a-t-il estimé. "Nous devons redéfinir la bataille. L'objectif, c'est la volonté du peuple afghan. Nous devons protéger le peuple afghan de toutes les menaces, celles de l'ennemi, et nos propres actions. Nous allons devoir faire les choses de manière totalement différente".

1/10

http://fr.news.yahoo.com/3/20091001/twl-gb-usa-afghanistan-224d7fb_2.html


McChrystal : «Comment nous allons gagner en Afghanistan».

Nb - Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information.

Propos recueillis à Kaboul par Renaud Girard

INTERVIEW EXCLUSIVE

Le général Stanley McChrystal, commandant en chef américain en Afghanistan, explique que c'est en protégeant la population afghane que sera gagnée la guerre contre les talibans.

LE FIGARO. - Les Occidentaux ont désormais plus de 100 000 soldats en Afghanistan.

Pouvons-nous gagner cette guerre ?
Général McCHRYSTAL. - Oui, nous le pouvons.

Comment ?
C'est le peuple afghan qui décidera qui gagnera cette guerre. L'État afghan et l'armée afghane sont les forces qui, en fin de compte, emporteront la décision. Nous, les Occidentaux, nous devons être leurs loyaux partenaires. Nous pouvons gagner car les talibans et les autres groupes d'insurgés ne constituent pas une force politique irrésistible. Ils ne sont que le résultat de la faiblesse de l'État afghan. À nous de convaincre la population de ne pas soutenir l'insurrection.

Vous avez demandé des renforts. L'ambassadeur russe à Kaboul, Zamir Kaboulov, dit que lorsque les Soviétiques avaient «5 000 hommes, pas de problème ; 140 000 hommes, beaucoup de problèmes». Y a-t-il une loi mathématique Kaboulov en Afghanistan?
Je connais personnellement Zamir, c'est l'un des hommes qui connaissent le mieux l'Afghanistan, pour avoir passé 17 années ici.

Il m'a livré ses réflexions, qui m'ont été très utiles. Je ne pense pas que sa loi s'applique à la situation actuelle. L'Armée rouge était considérée comme une force d'occupation, cherchant à transformer brutalement la société afghane. Quand le roi Amanullah a essayé de moderniser le pays pendant les années 1920, il s'est heurté à une révolution en 1929. Les Soviétiques étant vus comme un corps étranger, ils ont cimenté contre eux toutes les tribus afghanes. Je ne crois pas que la population afghane nous perçoive comme elle considérait les Soviétiques.

Vous parlez d'afghaniser la guerre. Ce sont les Russes qui avaient inventé le concept d'«afghanisation de la guerre». Qu'est-ce qui vous différencie d'eux ?
En réalité les Soviétiques et l'armée afghane qu'ils avaient formée ont été rejetés par la population comme illégitimes.

Nous, c'est différent : nous devons faire en sorte que les forces de sécurité afghanes deviennent responsables de cette guerre. C'est à elles de la gagner ou de la perdre ; notre responsabilité est de leur donner les meilleures chances de gagner.

Vous avez remis au Pentagone votre rapport stratégique et votre mémorandum sur les effectifs. Quelles réponses avez-vous reçues de Washington ?
Je me trouve dans la meilleure situation possible : on m'a donné toute liberté pour m'exprimer. Lorsqu'il m'a été demandé d'indiquer le nombre souhaitable de soldats en Afghanistan, on m'a explicitement exonéré de toute contrainte de politique intérieure américaine. Ces deux rapports vont maintenant faire l'objet d'un débat politique, qui prendra en compte des dimensions stratégiques plus larges. Quelles que soient les décisions qui seront prises au niveau politique, nous les exécuterons.

Vous avez dit que cette guerre était depuis 2001 comme un empilement de huit guerres successives, sans qu'aucun enseignement n'ait été tiré.

Que préconisez-vous ?
Notre premier devoir, c'est l'humilité. La situation afghane est excessivement complexe : nous avons tous encore beaucoup à apprendre. Nos officiers doivent progresser dans la connaissance des langues et des moeurs de ce pays. Nous devons nous rapprocher de la population en nous débarrassant de tous ces blindages et autres gilets pare-éclats. Nos hommes doivent mieux connaître l'histoire et la culture afghanes, afin de mieux agir de concert avec leurs camarades afghans.

Les armées occidentales ne se sont-elles pas trop «bunkérisées», se coupant de la population afghane ?
Il y a la responsabilité normale de nos hommes politiques et de nos généraux de protéger la vie de leurs soldats. Mais il y a aussi l'obligation de remplir la mission. En sortant davantage, en allant à la rencontre de la population afghane, nous assurerons à long terme une protection plus efficace de nos hommes. En fait, c'est la population elle-même, et non pas nos camps retranchés, qui nous donnera à l'avenir le plus de sécurité.

Comment caractérisez-vous cette insurrection(…) ?
C'est une confédération d'insurrections, avec des buts politiques différents.

Il y a les talibans historiques,

le groupe Haqqani, le Hezb Islami de Gulbuddin Hekmatyar

et d'autres groupuscules épars.

Leur seul ciment, c'est leur haine du gouvernement en place. Les talibans ne sont pas aimés dans la population. Ils n'ont pas de programme politique crédible et pas de leader charismatique ; leur seul terreau, c'est la frustration d'une partie de la jeunesse, au chômage.

N'y a-t-il pas une erreur stratégique à confondre la lutte contre le terrorisme islamiste international et une insurrection nationaliste ?
Vous avez raison : il y a ici des éléments de groupes terroristes transnationaux comme al-Qaida et des groupes authentiquement locaux comme les talibans. Ils sont distincts, mais ils entretiennent des liens entre eux. La stabilité du Pakistan et de l'Afghanistan est cruciale pour le monde entier. Et tous ces groupes islamistes la menacent, qu'ils soient locaux ou transnationaux.

Pourriez-vous résumer votre nouvelle stratégie ?
Revenons aux leçons données par les Français Lyautey et Galula en matière de contre-insurrection ! Notre affaire, ce n'est pas de tuer le maximum de talibans, mais de protéger la population.

l faut qu'elle réalise que notre seule préoccupation est de la protéger. Autant contre l'ennemi que contre le mal que nos armes peuvent lui infliger involontairement.

Sur le terrain, nos forces doivent montrer plus de respect envers la population. Notre principal effort militaire doit être le développement des forces de sécurité afghanes. Il faut accroître les effectifs de la police et de l'armée (ANA) et améliorer leur professionnalisme, leurs équipements et leur entraînement. Changement significatif, la manière que nous proposons pour y arriver, c'est de faire ce que j'appelle du embedded partnering (partenariat intégré).

Rassembler les unités. Votre célèbre Légion étrangère ne doit pas aller seule au combat.

Une bonne opération, c'est quand deux sections de légionnaires partent au combat avec deux sections de l'ANA. Les légionnaires vont apporter leur professionnalisme, leur technologie, leur expérience, leur allant et les Afghans leur connaissance de la société et des guerres qui se sont déroulées dans ce pays. Il se créera alors une synergie. Ensemble, ils seront plus forts. Le dernier volet de ma stratégie, c'est de définir des priorités. On ne peut pas prétendre contrôler la totalité du territoire en même temps. Tous les districts ne requièrent pas le même degré de sécurité, au même moment. On doit sélectionner les régions les plus densément peuplées, leur apporter la sécurité, afin que le développement et la gouvernance aient de réelles chances. Nous ne pouvons plus nous permettre de conquérir un territoire par une opération éclair et puis nous en aller. Car les talibans arriveraient juste après pour punir les habitants ayant travaillé avec nous. Lorsque nous attaquons, nous devons rester, jusqu'à ce que les forces afghanes et la gouvernance soient assez fortes pour faire échec aux insurgés.

Bénéficient-ils toujours du sanctuaire pakistanais ?
Oui. À partir du moment où vous avez une frontière aussi longue, montagneuse et difficile que la ligne Durand, il est impossible de la rendre étanche. Des deux côtés, vous avez les mêmes tribus pachtounes. Les gens circulent de tout temps des deux côtés de cette ligne. Comme dans beaucoup d'exemples historiques d'insurrection, celle-là a la possibilité de se réfugier de l'autre côté d'une frontière internationale.

Quelles sont vos relations avec le général Kayani, patron de l'armée pakistanaise ?
Excellentes. On se voit très souvent en tête-à-tête. C'est un soldat expérimenté et nous comparons nos expériences de chaque côté de la frontière. Kayani a élaboré une véritable stratégie. Pour réussir sa contre-insurrection dans les Zones tribales, il a compris l'importance d'informer la population pakistanaise. Dans les guerres modernes, il est devenu vital que les buts de votre action et la façon dont vous la menez soient bien compris par la nation que vous servez.

Avons-nous fait des progrès sur le terrain, où, quand et comment ?
Le terrain important que nous devons sécuriser, ce sont les gens. Ce que nous avons fait au cours des derniers mois, c'est notre percée tout le long de la rivière Helmand, une zone où les talibans jouissaient d'une forte influence. Nous y sommes allés avec l'armée afghane. Et cette fois la population sait qu'on ne l'abandonnera pas.

Vous avez 3 000 Français sous vos ordres. En tant que général en chef, quel jugement portez-vous sur l'armée française ?
Je suis un grand admirateur de l'armée française, dont j'ai étudié le travail contre-insurrectionnel en Indochine et en Algérie. J'ai rendu visite à deux bataillons français. Ce sont des soldats hautement professionnels et dédiés à leur mission. Les officiers français et moi partageons exactement les mêmes idées quant aux tactiques de contre-insurrection. On repère un groupe de dix insurgés loin dans la montagne : si onarrive à en tuer deux, on risque de se retrouver avec un groupe de vingt, car six cousins de chacun des tués auront décidé de prendre les armes pour les venger. La bonne stratégie consiste à isoler les insurgés de la population, et l'insurrection s'éteindra d'elle-même.

Avez-vous un message pour le peuple français ?
Ce n'est pas une guerre pour conquérir un territoire, pour s'enrichir ou nous protéger au sens le plus immédiat : nous nous prémunissons contre al-Qaida par mille autres moyens. En fait, c'est une guerre dédiée à un peuple qui a besoin d'aide. Je suis fier d'en être. Et je crois que la France aussi.

Le général McChrystal, un expert de la lutte contre-insurrectionnelle

Commandant en chef des forces américaines et de l'Otan (Isaf) en Afghanistan depuis juin 2009, le général d'armée Stanley McChrystal, 55 ans, n'est pas un nouveau venu dans le domaine de la guerre contre-insurrectionnelle. En 2002, il fut le chef d'état-major du corps expéditionnaire américain en Afghanistan ; et de 2003 à 2008, il commanda le corps des forces spéciales des États-Unis. Situé en plein cœur de Kaboul, protégé des attentats suicides par d'énormes chicanes en béton, son quartier général est une tour de Babel de 2 300 hommes, où l'on croise des officiers d'une quarantaine de nationalités. Le responsable des plans et de la stratégie est un général de brigade français, issu du génie parachutiste.

Chaleureux, souriant, précis dans son propos, le général McChrystal est tout le contraire d'un commandant en chef arrogant.

29/09

http://www.lefigaro.fr/international/2009/09/29/01003-20090929ARTFIG00017-mcchrystal-comment-nous-allons-gagner-en-afghanistan-.php


L'Europe ne doit pas fléchir en Afghanistan...
Cet édito martial digne de la grande guerre, ou de la guerre d'Algérie, a le mérite de ne pas s'attarder sur les prétextes et bons sentiments usuels. «Il est irresponsable, pour une grande nation, de montrer des signes de faiblesse face à l'ennemi». On fait la guerre, les troupions doivent savoir mourir en paquet et la grande nation conquérante se montrer les plus forte que "l'ennemi"

Au passage, il glisse même des choses plutôt intéressantes : «L'extension du champ de défense de l'Alliance de l'Atlantique Nord à l'Asie centrale est une acrobatie diplomatique dépourvue de base légale» et «la présence permanente de troupes étrangères en Afghanistan [nourit] le terrorisme islamiste plutôt que le détruire». Cette évidence là va même directement à l'encontre de la propagande officielle.

RM

Analyse de Roland Marounek.

- Renaud Girard, envoyé spécial du «Figaro» en Afghanistan, réprouve l'Italie et l'Allemagne pour les signes de faiblesse affichés face à l'ennemi après les incidents de ces dernières semaines.

Les Européens sont-ils encore capables de faire la guerre ?

En ont-ils encore les moyens et la volonté ?

Face au fléchissement actuel de l'Italie et de l'Allemagne sur le dossier de la guerre en Afghanistan, on est en droit de se poser la question.

Juste après l'attaque suicide qui a coûté la vie, jeudi dernier, à six parachutistes italiens en plein centre de Kaboul, le premier ministre Silvio Berlusconi a déclaré qu'il faudrait rapatrier le contingent italien de l'Otan «aussitôt que possible». Les talibans ne rêvaient sans doute pas d'un message de faiblesse aussi rapide et aussi explicite.

En Allemagne, après l'incident (sic) de Kunduz du 4 septembre dernier (bombardement aérien ordonné par un officier allemand contre un camion-citerne d'essence kidnappé par les talibans, qui tua plus d'une trentaine de civils), le parti social-démocrate exigea publiquement de la chancelière Angela Merkel l'établissement d'un calendrier de retrait des troupes allemandes d'Afghanistan. Cette bavure - personne n'a compris pourquoi le colonel allemand n'avait pas envoyé une compagnie d'infanterie sur le terrain pour récupérer ce camion immobilisé dans le lit d'une rivière - a créé un profond malaise dans l'opinion publique allemande, excédée de surcroît par les critiques publiques émises par de peu solidaires alliés européens au sein de l'Otan.

Les Européens, qui ont la chance de vivre en paix depuis 1945 grâce au généreux parapluie nucléaire américain, auraient-ils oublié ce qu'était une guerre ? Croient-ils qu'une nation peut s'engager dans un conflit sans avoir de tués au sein de ses troupes et sans s'exposer à provoquer la mort de civils innocents ? La guerre à zéro mort et sans bavures, ça n'existe pas.

Acrobatie diplomatique

Personne n'a forcé les Européens de l'Otan à envoyer des contingents en Afghanistan. L'extension du champ de défense de l'Alliance de l'Atlantique Nord à l'Asie centrale est une acrobatie diplomatique dépourvue de base légale. Juste après les attentats du 11 Septembre, le président Chirac avait, en vertu de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord, proposé le concours des forces françaises pour aller détruire les camps d'entraînement d'al-Qaida en Afghanistan, d'où étaient parties les attaques contre l'allié américain. Le Pentagone avait décliné l'offre française.

Ultérieurement, les Européens ont accepté de participer à une entreprise militaire de «stabilisation» de l'Afghanistan par l'Otan, sanctionnée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (sic). C'est en toute connaissance de cause qu'ils ont fait ce choix, avertis des difficultés qu'avaient connues les Soviétiques dans ce pays de 1980 à 1989. Si l'Italie et l'Allemagne avaient clamé à l'époque que la présence permanente de troupes étrangères en Afghanistan allait nourrir le terrorisme islamiste plutôt que le détruire, tout le monde aurait compris, sinon approuvé, leurs réticences. Mais elles ne l'ont pas fait.

Il n'y a pas de responsabilité plus importante pour un gouvernement que de faire entrer son pays dans une guerre. C'est toujours une décision qui engage un avenir long. Il est irresponsable, pour une grande nation, de montrer des signes de faiblesse face à l'ennemi, parce qu'on a perdu six hommes ou commis une bavure. Après tout, Kaboul ce n'est pas Verdun, et le Helmand ce n'est pas la Somme. Plutôt que de fléchir, l'Italie et l'Allemagne seraient mieux avisées de montrer, dans les provinces afghanes qu'elles contrôlent, l'exemple d'une stratégie militaire plus efficace, préférant l'infanterie à l'arme aérienne, le contact quotidien avec la population à la bunkérisation, le combat intégré au sein d'unités majoritairement afghanes à l'assaut solitaire…

Commentaire d'un lecteur : "Soit on fait la guerre de partisans soit on s'en va. Le seul moyen de gagner rapidement la guerre c'est d'employer la méthode des français dans la bataille d'Alger et dans la guerre d'Algérie. On fera les procès bidons pour la façade après."

Effectivement : comparer cette guerre à la guerre d'Algérie me semble assez approprié.

Mêmes justifications 'civilisatrices', et à coup sûr même issue - RM

22/9

http://www.lefigaro.fr/editos/2009/09/22/01031-20090922ARTFIG00484-l-europe-ne-doit-pas-flechir-en-afghanistan-.php


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