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21/10/2009

n° 294 - Dossiers d'Afghanistan - 19-10 : -Début -: Afghanistan : Les diverses stratégies des pays de la coalition.

n° 294 - Dossiers d'Afghanistan - 19-10 : -Début -: Afghanistan : Les diverses stratégies des pays de la coalition.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°295 du 19-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Tiré à part

Jacques Follorou : La polémique sur l'embuscade tendue aux Français en août 2008 révèle les diverses stratégies des pays de la coalition

Afghanistan. Certains pays de l'Otan auraient acheté la paix.

1 Brèves

1-1 Afghana : Karzaï président, Karzaï dissident...

1-2 Maria Golvnina :  Hamid Karzaï pressé d'accepter un second tour en Afghanistan.

1-3 Heidi Vogt : Karzaï et Abdullah appelés à partager le pouvoir.

1-4 Sean Maguire : Abdullah n'exclut pas un gouvernement d'union en Afghanistan.

1-5 Lara Jakes : La corruption en Afghanistan inquiète le commandant des forces américaines.

Suite

2 Dossiers

2-1 Néstor Núñez : L’invasion de l’Afghanistan, une question prioritaire pour les Etats-Unis.

2-2 John Catalinotto : Le rapport général attise le débat sur l’augmentation des troupes.

2-3 Francis Briquemont : Un bourbier politique et militaire.

2-4 Karim Pakzad : Nouvelle approche vis-à-vis des 'Taliban'.

2-5 La France étudie l'achat en urgence de drones Predator aux Etats-Unis.

2-6 Blackwater USA organise une « CIA privatisée ».

2-7 Nicolas Vescovacci : Faut-il payer des «bad guys» pour gagner la guerre ?.

Fin

2-8 Guantanamo : Les dossiers

1 USA: Black-out sur les sévices infligés aux détenus.  

2 Doutes sur la fermeture de Guantanamo en janvier.

3 La Chambre américaine vote contre le transfèrement de détenus de Guantanamo.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Appel à une autre politique pour l’Afghanistan.

3-2 Roland Marounek : Des économies à la Défense ? Sortons de la guerre d'Afghanistan !

3-3 Georges Stanchey : Afghanistan : Météo Terroriste.

3-4 les bombes artisanales.



Tiré à part :

Ce sont sans doute les mêmes journaux qui avaient tant vanté la stratégie gagnante du géneral de Patreus en Irak, qui consistait essentiellement à payer les chefs de guerre pour avoir la paix avec eux, qui aujourd'hui semblent scandalisés que les Italiens aient pu payer les insugés afghans dans le même but.

Des reportages existent par exemple, montrant que les militaires d'occupation ferment les yeux sur les cultures de Pavot en échange d'informations sur les insurgés. Quand on ne paie plus, cela marche surement moins bien.

Cela jette aussi une autre lumière sur le "budget pour financer des actions de développement" allioués aux militaires de l'Otan, si on lit bien entre les lignes de l'article du Monde. Les Français, note cet article ont augmentés leurs «budget de dévelloppement» depuis l'embuscade...

Vauro, il manifesto

 

Jacques Follorou : La polémique sur l'embuscade tendue aux Français en août 2008 révèle les diverses stratégies des pays de la coalition.

La polémique sur l'éventuelle responsabilité des Italiens dans l'embuscade tendue aux soldats français, le 18 août 2008, dans une vallée reculée au nord-est de Kaboul n'est pas retombée malgré les démentis de Rome et de Paris.

Le quotidien britannique The Times avait relayé, jeudi 15 octobre, des accusations anonymes assurant que les Italiens n'avaient pas informé les Français qu'ils versaient de l'argent aux talibans locaux pour éviter les affrontements dans le district de Saroubi. Ce défaut d'information aurait conduit, selon le journal, les Français à minimiser la menace et ouvert la voie à l'embuscade qui a coûté la vie à dix de leurs soldats.

Vendredi, le même organe de presse persistait en citant un commandant taliban, Mohammed Ishmayel, qui confirme l'existence de ce marchandage. Il précise "qu'il prévoyait que ni les insurgés ni les troupes de l'OTAN ne devaient s'attaquer". Selon ce commandant, l'embuscade mortelle aurait eu lieu car les talibans ne savaient pas que les Italiens avaient laissé la place aux Français à l'été 2008. Les patrouilles de ces derniers avaient été interprétées comme "une rupture de l'accord".

Les déclarations de ce commandant n'ont pas été corroborées par d'autres témoignages. Selon une source de l'OTAN, à Kaboul, interrogée, jeudi, par Le Monde, "il paraît réducteur d'expliquer une telle attaque par le seul défaut d'information. Il serait plus juste de souligner que les Italiens et les Français avaient surtout des stratégies très différentes".

L'état-major italien qui privilégie, par principe, en Afghanistan, les actions de reconstruction et l'aide à la gouvernance plutôt que les opérations de combat, avait, en effet, accentué cette politique dans ce secteur de Saroubi après la mort, le 13 février 2008, du sous-lieutenant Francesco Pezzulo. Parmi les 2 795 soldats italiens déployés dans ce pays, 22 ont perdu la vie. Les Italiens disposaient, en 2008, d'un budget de 1,5 million d'euros pour financer des actions de développement (construction d'écoles dans les villages du district, participation au programme de rachat local de matériel militaire périmé).

"Arrangements financiers"

Les Italiens parlaient avec les communautés locales. "Dans le sud du district, décrit un officier français en poste à Kaboul, l'argent allait à une population plutôt calme, dans le nord, là où s'est passée l'attaque, il allait à des villages tenus par des durs du mouvement islamiste Hezb-e-Islami. "

A leur arrivée, les Français n'avaient qu'une enveloppe de 300 000 euros et considéraient que leur mission était de reconquérir un territoire abandonné aux insurgés. Le commandement français entendait démontrer à ses alliés son savoir-faire. Le général français Michel Stollsteiner, qui commandait les troupes de la région de Kaboul, confiait aux journalistes après l'embuscade qu'ils avaient sans doute "péché par excès de confiance".

Les Français exploraient le district de Saroubi et constituaient une menace croissante pour les insurgés. Les Italiens, à la différence des Français, imposent des restrictions à l'usage de leurs forces, leurs soldats avaient interdiction de se rendre dans cette zone.

Depuis l'embuscade, les Français ont fortement augmenté leur budget de développement et multiplié les contacts avec les communautés locales. Jeudi, le général Eric Tremblay, porte-parole de l'OTAN a indiqué que "les arrangements financiers" relevaient du gouvernement afghan.

Jacques Follorou

LE MONDE |

16.10.09
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/10/16/l...

 

Afghanistan. Certains pays de l'Otan auraient acheté la paix.

Selon le Times, les Italiens ont payé les talibans pour se préserver d'attaques en Afghanistan. Ces informations, démenties, révèlent une pratique niée mais pourtant répandue dans les forces de l'Otan.

Les dix soldats français, tués en août2008, dans une embuscade des talibans, auraient-ils pu être mieux préparés? Oui, selon The Times qui affirme, dans son édition d'hier, que les services secrets italiens ont versé des dizaines de milliers de dollars aux commandants talibans et aux seigneurs de guerre locaux afin de maintenir la paix dans la région de Saroubi, dont les militaires italiens avaient la responsabilité. Problème, quand les Français les ont remplacés, ils n'auraient pas été mis au courant de ces pratiques. Ceci expliquerait, selon The Times, que le jour de l'embuscade, les troupes françaises étaient relativement peu équipées et comptaient sur une couverture aérienne insuffisante. Dans un communiqué, le gouvernement italien a démenti avoir «jamais autorisé ni consenti aucune forme de paiement d'argent aux membres de l'insurrection talibane en Afghanistan».

Les Afghans confirment ces pratiques

Un haut gradé afghan a laissé entendre le contraire. «Nous savions que les forces italiennes payaient l'opposition (armée) en Saroubi pour ne pas être attaquées. Nous avons des informations sur des accords similaires dans la province de Herat par les forces italiennes», a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat. Le général Eric Tremblay, porte-parole de l'Otan en Afghanistan, a dit «ne pas être au courant» de ces pratiques. Il a cependant expliqué que «le gouvernement afghan peut parfois faire des arrangements locaux. Si c'est pratiqué, c'est plus par le gouvernement afghan que par les forces internationales.

«On a un peu honte»

Cette pratique, visiblement politiquement sensible, serait, en effet, assez largement répandue au sein de l'Otan en Afghanistan. Une source militaire occidentale a évoqué des paiements effectués par les soldats canadiens stationnés dans la province de Kandahar, tandis qu'un autre officier parlait de pratiques similaires par l'armée allemande à Kunduz. Selon le haut gradé afghan, seuls les Britanniques et les Américains n'ont pas recours à ces méthodes. Sans vouloir chiffrer l'étendue de la pratique, un officier occidental explique que «comme ce n'est pas très valorisant et pas reconnu officiellement, on n'ose pas toujours en parler clairement, on a un peu honte... Du coup, parfois ça communique mal entre l'ancienne unité sur place et la nouvelle unité venant la relever», comme ce qui s'est peut-être passé entre les Italiens et les Français.

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/afghanistan-certains-pays-de-l-otan-auraient-achete-la-paix-16-10-2009-610945.php
16 octobre 2009



Brèves

1-1 Afghana : Karzaï président, Karzaï dissident...

"The fine balance", le juste équilibre...

C'est ce que les Occidentaux sont en train de chercher pour l'Afghanistan, alors que l'élection présidentielle du 20 août est de plus en plus controversée à cause de fraudes multiples et grossières. Toutes en faveur d'Hamid Karzaï. Mais si le président sortant n'est pas "réélu", qui d'autre sera en mesure de diriger le pays ? La quadrature du cercle. Une chose est sûre, l'homme porté au pouvoir à Kaboul en 2001 par les Occidentaux ne se prive plus de "montrer les dents". Tandis que s'installe en Afghanistan un dangereux vide du pouvoir.

Il fallait s'y attendre. Et Washington disposait de pistes suffisantes pour deviner ce que le président afghan avait en tête : se faire réélire à tout prix, quitte à organiser des fraudes massives. Les Etats-Unis ne pouvaient pas ignorer que l'hostilité affichée de la nouvelle Administration à son égard - avant même l'élection de Barack Obama - ne manquerait pas de déclencher une sorte de contre-offensive non seulement d'Hamid Karzaï, mais de son clan, voire de plusieurs tribus pachtounes. Dès le printemps, ce blog s'en était fait l'écho, Karzaï saurait, le moment venu, prendre sa revanche.

La question, aujourd'hui, est de savoir jusqu'où il peut aller.

A l'automne 2005, lors d'une interview qu'il m'avait accordée dans son Palais présidentiel déjà transformé en un véritable bunker, Hamid Karzaï avait indiqué sans ambigüité qu'il était l'homme des Américains, même s'il s'insurgeait déjà ouvertement contre les méthodes musclées des soldats US. Il dénonçait entre autres les raids dans les villages, où était "bafoué l'honneur des femmes pachtounes lors des fouilles", selon ses propres termes. Mais, avait-il enchaîné, "l'Amérique reste notre principal allié, le plus grand contributeur à la stabilité et à la sécurité de l'Afghanistan". Surtout, lors de cet entretien qui s'était déroulé à la veille d'un voyage d'Etat à Paris, Karzaï s'était clairement prononcé pour un commandement unique des forces internationales en Afghanistan sous la bannière de l'Otan, ce que ne voulait pas la France. "On arrivera tôt ou tard à un commandement unique pour les deux opérations (celles de maintien de la paix, sous la responsabilité de l'Otan, et celles de la coalition antiterroriste, emmenée par les Etats-Unis). Cela me convient parfaitement. Je pense que les problèmes dont la presse s'est fait l'écho sur les réticences de certains pays, dont la France, ne sont pas aussi importants qu'on a bien voulu le dire", avait-il martelé. Tout en réitérant son "amitié" pour la France et les Français.

Aujourd'hui, le président afghan est loin de cette allégeance quasi béate à Washington. Pis, il se révolte, défendant bec et ongles la légitimité de son maintien au pouvoir, malgré les preuves de plus en plus évidentes des graves irrégularités (une litote..) qui ont entaché le scrutin du 20 août, et les remontrances des Américains. Hier, passant outre la requête des Etats-Unis de garder le silence sur son éventuelle réélection tant que la question des fraudes n'aurait pas été réglée, Karzaï a claironné sa victoire. Cette véritable provocation ne manquera pas de plonger un peu plus encore Washington dans l'embarras. Elle risque aussi d'aiguiser la colère dans les rangs de l'opposition emmenée par le Dr. Abdullah Abdullah.

Dans son édition d'hier, le New York Times , citant des sources à Washington, rapportait que "les allégations de fraudes avaient atteint un tel niveau qu'une pause était nécessaire afin de laisser le processus (électoral) respirer". Et Karl W. Eikenberry, l'ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul aurait été chargé d'envoyer à Karzaï un message en forme d'injonction : "Ne déclarez pas votre victoire". Quelques heures plus tard, la présidence afghane mangeait la consigne, et diffusait un communiqué affirmant que Karzaï avait remporté ce scrutin "honnête" haut la main.

Tout cela place les Etats-Unis - et l'ensemble de la communauté internationale - dans une situation impossible, souligne encore le New York Times. D'un côté, l'accumulation des plaintes pour fraudes ne manquera pas de saper la légitimité de Karzaï s'il est intronisé pour un second mandat, tant auprès des Afghans que sur la scène internationale. Mais d'un autre côté, reconnaît un responsable américain cité par le journal, plus Karzaï se sentira poussé dans ses retranchements, plus il sera réticent à travailler avec les Etats-Unis. Ajoutant: "Or, il est plus que probable que nous serons obligés de passer un accord avec lui". 

Parmi les "deals" envisagés, une alliance entre Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah paraît être le plus souhaitable, jugent nombre d'analystes. Et même si Abdullah a encore laissé éclater sa colère aujourd'hui, avertissant que fermer les yeux sur les fraudes "était le meilleur moyen pour précipiter le pays dans l'instabilité", des arrangements sont sûrement possibles.

Pour l'heure, une chose est sûre, c'est Karzaï qui mène le bal. Tout le monde l'aura d'ailleurs remarqué, peu de médias continuent de le surnommer le "maire de Kaboul". Et pour cause. Il tire les ficelles jusqu'à Washington.

10-09-2009

http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=456&Itemid=41


1-2 Maria Golvnina :  Hamid Karzaï pressé d'accepter un second tour en Afghanistan.

D'intenses tractations diplomatiques sont en cours à Kaboul pour amener le chef de l'Etat afghan Hamid Karzaï à accepter le principe d'un second tour à l'élection présidentielle.

Les résultats officiels du premier, organisé le 20 août et émaillé de fraudes massives, restent suspendu à ces tractations, alors que Barack Obama envisage de déployer d'importants renforts pour faire face au taliban.

Hamid Karzaï et ses partisans refusent les conclusions de la Commission des plaintes électorales, qui aurait tranché en faveur d'un second tour, disent diplomates et observateurs.

"Ils résistent", résume-t-on de source proche des discussions. "Légalement, on ne voit pas sur quelle base ils pourraient récuser ses conclusions", ajoute-t-on.

Tenue de valider les recommandations de la Commission des plaintes, la Commission électorale indépendante doit ajuster les résultats préliminaires en conséquences et les proclamer, mais la résistance du chef de l'Etat et les tractations entreprises pour l'amener à accepter un second tour ou, à défaut, la formation d'un gouvernement, d'union retardent l'échéance.

Hamid Karzaï n'a pas caché son hostilité à un retour aux urnes et s'est montré critique à l'égard de l'enquête sur les fraudes, dénonçant à demi-mot une ingérence étrangère.

En visite à Kaboul, le ministre français des Affaires étrangères a fait état dimanche matin de quelques progrès, annonçant que le président avait accepté de coopérer avec son principal adversaire du premier tour, le Dr Abdullah Abdullah, pour mettre fin à la crise politique.

"LE MOINS QU'ILS PUISSENT FAIRE"

"Ils ont évoqué tous les deux la nécessité de travailler ensemble", a déclaré Bernard Kouchner à l'issue d'une entrevue avec les deux hommes. "Honnêtement, c'est le moins qu'ils puissent faire", a-t-il souligné.

Hamid Karzaï s'était entretenu la veille par téléphone avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Outre Bernard Kouchner, le sénateur américain John Kerry s'est également rendu en Afghanistan, où il a invité Barack Obama à ne prendre aucune décision stratégique en l'absence d'interlocuteur légitime à Kaboul.

Un éventuel second tour opposant Karzaï à Abdullah devrait être organisé dans un délai de deux semaines. Les problèmes de sécurité dus à l'insurrection et le début du dur hiver afghan, qui rend de nombreuses routes impraticables, pourraient rendre très difficile l'organisation d'un nouveau scrutin.

Aleem Siddique, porte-parole de la mission de l'Onu, qui a désigné trois des cinq membres de la Commission des plaintes, a déclaré que des préparatifs étaient en cours en vue d'un possible second tour, avec notamment des mesures pour éviter de nouvelles fraudes.

Des résultats préliminaires créditent Hamid Karzaï de 54,6% des suffrages. Pour que ce score passe sous le seuil des 50%, nécessaire pour être élu au premier tour, il faudrait que plus de 250.000 bulletins soient invalidés.

Dans un entretien accordé à CNN, Hillary Clinton a jugé un second tour "probable" et a estimé que le président sortant en sortirait vraisemblablement vainqueur.

Version française Jean-Philippe Lefief

18 10

reuters

http://fr.news.yahoo.com/4/20091018/twl-afghanistan-bd5ae06_1.html


1-3 Heidi Vogt : Karzaï et Abdullah appelés à partager le pouvoir.

Dans l'attente de la publication imminente des résultats corrigés du premier tour de la présidentielle afghane, entachée de fraude, la diplomatie internationale tentait samedi d'obtenir un accord entre le sortant Hamid Karzaï et son rival Abdullah Abdullah, afin d'éviter un second tour coûteux et risqué.

Mais les deux camps refusent de s'engager avant les résultats. Celui de M. Karzaï maintient qu'il a remporté le scrutin dès le premier tour, et celui du Dr Abdullah assure qu'il en faudra un second.

Les résultats préliminaires du premier tour organisé le 20 août donnaient Hamid Karzaï vainqueur de l'élection avec 54,6% des suffrages, contre 28% à Abdullah Abdullah, mais de très nombreuses fraudes ont été signalées, la plupart au profit du camp Karzaï.

A l'issue de l'examen des réclamations et du recomptage effectué par la Commission des plaintes électorales (ECC), soutenue par les Nations unies, il est probable qu'aucun des candidats ne dépassera les 50% des voix et qu'un second tour s'avérera nécessaire. Après maints reports, la commission espère publier les résultats très prochainement, peut-être dès samedi.

Hamid Karzaï apparaît comme le favori d'un deuxième tour, mais l'organisation du scrutin dans les semaines à venir poserait une nouvelle fois d'énormes problèmes de sécurité, dans un pays dont une partie est contrôlée par des talibans déterminés à renverser le pouvoir central. Des affrontements entre pro-Karzaï et pro-Abdullah ne seraient pas non plus à exclure. En outre, la neige pourrait empêcher de nombreux électeurs du Nord de se rendre aux bureaux de vote.

Pour éviter cela, la diplomatie internationale espère donc amener les deux candidats à un accord sans second tour, selon un responsable occidental au fait des pourparlers.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, la cheffe de la diplomatie américaine, Hillary Rodham Clinton, et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, se sont entretenus au téléphone avec MM. Karzaï et Abdullah vendredi. Samedi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est rendu en Afghanistan, où se trouvaient également le sénateur démocrate américain John Kerry et l'ancien ambassadeur américain en Afghanistan, Zalmay Khalilzad.

M. Khalilzad a rencontré les deux candidats dans la semaine et "les (a) exhortés à admettre la gravité des circonstances et à se montrer à la hauteur de la situation", a-t-il dit. M. Kouchner les a appelés à respecter les résultats de la Commission des plaintes électorales, ce qui n'est pas gagné.

Un responsable de la Commission électorale indépendante nommée par le gouvernement afghan, Zekria Barakzai, a en effet déclaré que sa commission ne reconnaîtrait pas automatiquement les résultats de celle des plaintes. Mais un accord négocié entre MM. Karzaï et Abdullah mettrait fin aux contestations.

Mohamed Mohin Murstal, député et membre de l'équipe de campagne du président sortant, a laissé entendre que ce n'était pas totalement exclu. Les diplomates étrangers, a-t-il dit, "veulent que nous mettions en place un gouvernement fort, une coalition de gouvernement". "Après l'annonce des résultats, (le président Karzaï) donnera une chance à toutes les personnalités politiques de s'impliquer dans le gouvernement. Mais pas avant", a-t-il lancé.

Le président "ne va pas compromettre les résultats de cette élection par quelque accord politique que ce soit", a tranché un porte-parole de la campagne, Wahid Omar.

Dans le camp Abdullah, son directeur de campagne, Satar Murad, a aussi exclu tout accord immédiat. "Pour l'instant, ce qui est important pour nous, ce sont les résultats de l'élection. Nous ne réagirons pas avant", a-t-il affirmé.

La tenue ou non d'un second tour aura probablement une influence sur la décision du président Barack Obama quant à la stratégie américaine en Afghanistan. Plus de 65.000 soldats américains se trouvent déjà en Afghanistan et plusieurs milliers d'autres pourraient venir en renfort pour lutter contre l'insurrection talibane.

Heidi Vogt  

10-10

 AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20091017/twl-afghanistan-elections-fcd69a8_2.html


1-4 Sean Maguire : Abdullah n'exclut pas un gouvernement d'union en Afghanistan.

Le Dr Abdullah Abdullah, arrivé provisoirement en deuxième position lors de l'élection présidentielle contestée du 20 août en Afghanistan, a ouvert la porte lundi à un gouvernement d'union avec le président sortant Hamid Karzaï. Dans un entretien accordé à l'agence Reuters, l'ancien ministre des Affaires étrangères (2001-2006) a ainsi assoupli son opposition de principe de jadis à toute collaboration avec son rival.

Ce dernier aurait remporté 54,6% des voix, contre 27,8% à son principal rival, mais le scrutin a été entaché de fraudes généralisées et la commission électorale n'a toujours pas publié les résultats définitifs officiels du premier tour.

"A ce stade, toute ma concentration se porte sur le processus électoral, afin de le remettre sur les rails de manière à ce que son résultat soit acceptable pour le peuple afghan. Un nouvel environnement verra le jour au lendemain de l'annonce des résultats".

Prié de dire s'il continuait à exclure une participation à un futur gouvernement Karzaï, il a répondu: "C'est ma position pour le moment".

Mais interrogé sur un éventuel changement d'avis de sa part sur ce point, Adbullah Abdullah rétorque: "On pourrait évoquer des scénarios différents dans un contexte différent de celui qui prévaut aujourd'hui."

Précisant ses conditions à une éventuelle coopération de sa part, le rival de Karzaï réclame un gouvernement doté d'"un programme de changement" et composé de ministres choisis pour leurs compétences plutôt que leur loyauté personnelle et ayant une vision claire du pays.

Sean Maguire, version française Jean-Loup Fiévet

Reuters

12 octobre, 18h16

http://fr.news.yahoo.com/4/20091012/twl-afghanistan-abdullah-41953f5_1.html


1-5 Lara Jakes : La corruption en Afghanistan inquiète le commandant des forces américaines.

La corruption qui règne au sein du gouvernement afghan risque de rendre impossible toute victoire militaire sur les talibans et Al-Qaïda, quand bien même 80.000 GIs supplémentaires seraient envoyés en renfort, selon des responsables américains informés des conclusions du rapport -encore secret- du général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces américaines en Afghanistan.

Le document, obtenu par l'Associated Press, devait être évoqué mercredi par le président Barack Obama et ses collaborateurs chargés de la sécurité nationale lors d'une réunion consacrée à la stratégie américaine en Afghanistan et au Pakistan.

Même en cas de forces additionnelles, le général McChrystal estime que la corruption, toujours à l'oeuvre en Afghanistan, pourrait permettre aux terroristes d'y trouver refuge, d'après des représentants du Pentagone et de la Maison Blanche ayant eu accès au document.

A l'heure actuelle, quelque 67.000 soldats américains sont déployés dans le pays et un millier d'autres doivent les y rejoindre d'ici à fin décembre.

Le commandant en chef des forces américaines en Afghanistan évoque trois options concernant l'envoi de troupes supplémentaires -qui vont du déploiement de 10.000 à 15.000 hommes, pour la configuration la plus basse, à celui d'environ 80.000 militaires, pour la fourchette la plus élevée- mais privilégie un compromis portant sur 40.000 hommes de plus.

Chaque option comporte un risque d'échec élevé, un nombre moindre de militaires présentant le plus de danger, selon les conclusions du général McChrystal. Et ces renforts -dont on ignore la composition- ne seraient pas déployés avant début 2010 au plus tôt.

Mardi, Barack Obama a annoncé qu'il arrêterait sa décision dans les "prochaines semaines" sur une stratégie militaire ainsi que sur le nombre de soldats nécessaire à sa mise en oeuvre. S'il a reconnu que les inquiétudes relatives à la situation militaire et à la sécurité étaient cruciales dans sa réflexion, le chef de la Maison Blanche a également insisté sur l'aptitude des Etats-Unis à apporter une aide civile à l'Afghanistan.

"Notre objectif principal demeure: déraciner Al-Qaïda et ses alliés extrémistes qui peuvent lancer des attaques contre les Etats-Unis ou leurs alliés", a fait valoir le président américain.

Les allégations de fraude lors de la présidentielle du 20 août dernier en Afghanistan menacent de faire échouer la stratégie international destinée à combattre l'insurrection talibane. Le scrutin a donné lieu à des accusations de bourrage d'urnes et de pressions subies par des électeurs. La décision de la commission des plaintes électorales, soutenue par l'ONU, sur un éventuel second tour entre le président Hamid Karzaï et son principal rival, l'ex-chef de la diplomatie Abdullah Abdullah, pourrait intervenir samedi.

La corruption peut conduire des citoyens à rejeter leur gouvernement, et dans certains cas, à soutenir des groupes rebelles. Une telle situation entraînerait un chaos susceptible de mener à des problèmes de sécurité et une instabilité à long terme.

L'envoi de renforts contribuerait à assurer la sécurité en Afghanistan mais seulement à court terme, juge Jay Parker, colonel à la retraite aujourd'hui professeur à l'université de Georgetown. Les forces armées seules ne peuvent, selon lui, régler la corruption, à l'heure où la guerre, entrée dans sa neuvième année, est de plus en plus meurtrière pour les forces de l'OTAN et de moins en moins soutenue par les opinions publiques occidentales.

Lara Jakes

14-10

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20091014/twl-usa-afghanistan-224d7fb_2.html

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