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22/10/2009

n°295 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie de l'Afghanistan - 20-10 - : Fin :- La panique s’empare du Pentagone.

n°295 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie de l'Afghanistan - 20-10 - : Fin  :- La panique s’empare du Pentagone.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan

   n°295                                                                                                                             20/10/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

3 Annexe

3-1 Karel Vereycken : Les « chiens de guerre » de la mondialisation financière.

3-2 Jan Peters : La Base de Planification et d'Administration de Prisons Secrètes / Centres De Torture de la CIA.

3-3 Hatem Karoui : La politique de la canonnière est dépassée !

3-4 Après Bush, la paix ?

3-5 Science Fiction… "Destructions massives sur le territoire américain" … !!!



3 Annexe

3-1 Karel Vereycken : Les « chiens de guerre » de la mondialisation financière.

« Si la cupidité est bonne, la guerre est meilleure » Forbes.com commentant les profits financiers de DynCorp en bourse.

Prologue

Le terme « mercenaire » évoque très souvent chez nos concitoyens l’image d’un Bob Denard, des « soldats de fortune » et autres « affreux ». Mais le grand public ignore souvent la nouvelle réalité, bien plus affreuse, celle des Sociétés militaires privées (SMP), les fameuses Private Military Contractors (PMC).

Depuis l’effondrement du système soviétique en 1989, la donne a changé. Si, par le passé, les mercenaires vendaient, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, leur sale besogne à des dictateurs à la dérive, des entreprises en mal de milice patronales ou des services secrets en quête d’hommes de main pour des coups tordus dans l’ombre, aujourd’hui c’est au grand jour que des Etats dits « civilisés » et leurs institutions sont devenus les principaux donneurs d’ordre des SMP : Pentagone, Département d’Etat, ONU, UE, OSCE, OUA et même certaines ONG et la Croix Rouge !

Le scandale de British Aerospace Systems, qui secoue actuellement le Royaume-Uni et les Etats-Unis, révélant une corruption financière et politique autour d’énormes contrats de vente d’armes de la société britannique BAE Systems à l’Arabie saoudite, a levé un coin du voile sur le véritable projet de société que tente d’imposer l’oligarchie financière internationale. Il s’agit d’un modèle d’empire inspiré de la Compagnie britannique des Indes orientales, qui, au XVIIe siècle dominait avec son monopole financier, son commerce et ses armées, les océans d’un « empire où le soleil ne se couche jamais ».

Hier, comme aujourd’hui, il s’agit d’ériger un cartel de financiers, qui, en mariant pouvoir financier, puissance militaire, technologique et informatique imposent leur contrôle sur les ressources de la planète et ses habitants. Comme les pirates de jadis, les Sociétés militaires privées exécutent comme sous-traitants les basses œuvres de l’empire dont elles portent la gloire.

Un bref examen des carrières des dirigeants actuels de BAE Systems, ainsi que leurs carnets d’adresses dans le monde politique, financier et des affaires, confirment sans ambiguïté qu’avec BAE nous n’avons plus affaire à une simple entreprise, mais à un cartel de producteurs d’armes high-tech dans l’informatique et le spatial (BAE Systems, United Defense Industries, Lockheed Martin), de financiers spéculateurs (Lazard, Goldman Sachs, Deutsche Bank), de gestionnaires de matières premières (British Petroleum, Shell Oil) avec sur le terrain, les SMP.

La Société militaire privée DynCorp, qui forme des milliers de soldats et de policiers et dont nous parlerons plus loin, est également une caricature grotesque de ce mariage criminel entre grandes compagnies de mercenaires et grandes compagnies de spéculateurs. Le principal actionnaire de DynCorp a été pendant très longtemps Capricorn Holdings, une société dirigée par un certain Herbert S. Winokur Jr., qui siège à DynCorp tout en présidant le conseil financier de la société Enron, le géant texan de l’énergie connu pour ses malversations retentissantes. Récemment, DynCorp fut racheté par un fonds d’investissement, Veritas Capital, dirigé par Robert B. McKeon, ancien PDG de Wasserstein Perella Management Partners. L’ancien partenaire de McKeon est Bruce Wasserstein qui dirige aujourd’hui la banque synarchiste Lazard Frères...

Si le cartel fascisant BAE a pu s’implanter aussi massivement dans les interstices du pouvoir américain, allant jusqu’à porter atteinte à sa souveraineté, c’est essentiellement à cause de l’anglophilie sans limites du vice-président américain Dick Cheney et de sa femme Lynne, têtes de proue de la secte des néo-conservateurs. Le scandale de la BAE a été un révélateur du vrai projet politique de cette faction. Sous couvert de « révolution dans les affaires militaires (RMA) », une politique systématique de « privatisations » et « d’externalisation » ainsi que de réduction massive des effectifs de l’armée américaine, doublée d’une course aux armements « miracles » (informatique, espace, etc.) confiés à quelques super professionnels opérant dans le plus grand secret, a créé le cadre de l’explosion fulgurante du marché des sociétés militaires privées.

Aussi fou que ceci puisse paraître, cette vaste machine militaire, devenue instrument de chantage, leur permettrait l’instauration d’un « gouvernement mondial » tenant le monde en otage avec des armes positionnées dans l’espace, tout en gérant le chaos des populations avec des entités de mercenaires, une génétique sans éthique, une désinformation constante et des drogues régulatrices. Cette « dictature scientifique », l’utopie dangereuse dont rêvaient George Orwell dans 1984 et Aldous Huxley dans Le retour au meilleur des mondes, popularisée par tant de bandes dessinées, sera la réalité du monde de demain si nous réagissons pas.

Introduction

En 2004 s’est tenue au Middlebury College, dans l’Etat du Vermont aux Etats-Unis, une conférence sous les auspices du Centre Rohatyn pour les affaires internationales, sur le thème de « la privatisation de la défense nationale américaine. »

Félix Rohatyn, ancien ambassadeur américain à Paris et ancien banquier de Lazard Frères, y partageait la tribune avec des géopoliticiens tel que Michaël Ignatief, un professeur d’Harvard qui affirme que l’Amérique devrait abandonner le républicanisme pour le « libéral-impérialisme », William Dobson, l’éditeur de la revue du Conseil des relations étrangères (CFR) Foreign Affairs, et un certain nombre d’anciens militaires habitués à effectuer des allers-retours entre le Pentagone et un secteur militaire privé en pleine croissance grâce au développement très lucratif des sociétés militaires privées.

Mentionnons aussi, par exemple, le général Ed Soyster, annoncé au programme comme un « conseiller spécial auprès du ministère de la Défense ». Si Soyster a été réellement chef du service de contre-espionnage américain, la D.I.A. (Defense Intelligence Agency), il est aujourd’hui vice-président en charge des relations internationales de MPRI (Military Professionals Resources Inc.), une des plus importantes sociétés militaires privées du monde.

Sept ans plus tôt la même D.I.A. avait déjà organisé un colloque à huis clos sur le thème de « la privatisation des fonctions de défense nationale en Afrique sub-saharienne », réunissant des SMP américaines et anglaises. En dehors des responsables de MPRI, il y avait aussi Eeben Barlow, directeur de la fameuse société de mercenaires Executive Outcomes, qui se faisait rémunérer en diamants en Sierra Leone, ainsi que celle de Timothy Spicer dont nous parlerons plus tard.

Un mois après cette conférence, dans le Financial Times, Félix Rohatyn en personne livrait ses pensées sur la question. Depuis une décennie, dit Rohatyn, une révolution tranquille est en marche. Dans la première guerre du Golfe, « la proportion de troupes américaines sur le terrain par rapport au nombre de SMP était de 50 contre 1. Dans la guerre d’Irak en 2003, la proportion était de 10 contre 1, tout comme pendant l’intervention en Bosnie et au Kosovo, sous Clinton. (...) Pour donner un ordre de grandeur de cette évolution, le montant total des contrats d’Halliburton en Irak se chiffre à ce jour autour de 11 à 13 milliards de dollars, soit plus du double du coût payé par les Etats-Unis pour la première guerre du Golfe. (...) Dans l’histoire de la guerre, continue Rohatyn, la sous-traitance et le déploiement de mercenaires n’ont rien de neuf. L’empire anglais a été bâti avec des soldats mercenaires, et une armée de citoyens n’est apparue que dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Mais il y a deux différences structurelles entre l’empire anglais du XIXe et l’américain du XXe. D’abord, ce sont des compagnies cotées en bourse qui mènent des opérations militaires privées. Ensuite, le marché de cette nouvelle force possède aujourd’hui un caractère vraiment mondial, ce qui fait apparaître des nouvelles prérogatives de responsabilité et de régulation. »

Un marché de 100 milliards de dollars

Lors de l’invasion américaine de l’Irak, en mars 2003, des hommes de la Navy pilotaient les bateaux de guerre américains. Mais à leurs côtés, opérait le personnel de quatre sociétés privées, pilotant quelques-unes des armes les plus sophistiquées du monde. Quand les drones prédateurs, les Hawks, et les bombardiers fantômes B2 entraient en action, leurs systèmes étaient également manoeuvrés par des sociétés privées.

Le rôle des SMP a été encore plus important dans la période dite de « l’après-guerre ». En 2003, sur les 87 milliards dépensés par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, un tiers (30 milliards) l’a été pour les SMP. Rien qu’en Irak le General Accounting Office (GAO, équivalent américain de la Cour des Comptes en France) affichait en 2005 la présence de quelque 60 SMP employant environ 25.000 personnes, chiffre qui est passé en 2006 à 181 sociétés employant un peu plus de 48.000 personnes, soit plus de quatre fois les 11.000 soldats du contingent britannique !

Les officiers de l’armée anglaise se plaignent presque quotidiennement du fait que leurs soldats qualifiés rejoignent le privé pour toucher des salaires généralement entre cinq à vingt fois plus élevés que ce qu’ils gagnent dans l’armée de sa glorieuse majesté. Un ancien commando du SAS britannique, des forces Delta américaines ou d’autres troupes d’élite, peut gagner jusqu’à 1000 dollars par jour en Irak. L’hémorragie est telle que même l’armée américaine a dû se résoudre à verser une prime de 150.000 dollars pour tout sous-officier qui renouvelle son engagement pour six ans de plus.

« Révolution dans les affaires militaires » revue Inflexions N°5, janvier-mai 2007 Si cette « révolution dans les affaires militaires » (RMA), décrite dans le livre The Transformation of War de Martin van Creveld, où les Etats-nations sont remplacés par des « entités guerrières », est en marche depuis longtemps, son ampleur prend désormais une dimension plus qu’inquiétante.

D’abord, en remontant un peu dans le temps, on constate que depuis la fin de la guerre froide, presque six millions de militaires ont été jetés sur le marché du travail avec comme unique qualification leur expérience militaire. Les effectifs considérables de l’Armée Rouge, ceux des armées de l’Allemagne de l’Est ou de l’Afrique du Sud ont été massivement réduits. Les armées des pays européens et des Etats-Unis n’ont pas résisté à la tendance générale. Ainsi, l’armée américaine est passée de 2,1 millions d’hommes sous les armes en 1990 à 1,4 million en 2003, soit un tiers de moins ! C’est cette réduction massive des effectifs de l’armée américaine sous Clinton, un « downsizing » ou rétrécissement accéléré massivement par l’administration Bush-Cheney, qui a fait exploser le marché du privé. Grâce à Donald Rumsfeld, qui arguait qu’on pouvait « externaliser toutes les fonctions militaires sauf les tirs », les contrats gouvernementaux avec les SMP ont conquis un marché pesant plus de 100 milliards de dollars par an, qui a englouti environ le quart des 439,3 milliards de dollars du budget de la défense des Etats-Unis en 2006. Dans la pure tradition du double langage orwellien, les SMP ont formé leur propre lobby pour défendre la profession, l’International Peace Operations Association.

DynCorp, un Etat dans l’Etat

Examinons pour commencer le cas de la Société militaire privée DynCorp. Basée à Church Falls en Virginie, DynCorp (dont l’ancien patron de la CIA James Woolsey fut actionnaire) emploie 26.000 personnes dans des dizaines de pays. Racheté par un fonds d’investissement coté à la bourse de New York, Dyncorp est un véritable Etat dans l’Etat. La société se vante de ses performances en informatique qui lui ont valu les contrats de gestion des données comptables de plus de trente agences et ministères de l’Etat américain, y compris le FBI, le Département d’Etat, le Département de la Justice, le Département de la Défense, l’agence de répression contre les stupéfiants (DEA), le Bureau des Prisons et l’Office national de la politique contre la toxicomanie. C’est une des rares sociétés ayant accès au système PROMIS, qui permet un accès illimité à tous les comptes bancaires de la planète, système qui aurait servi pour « balayer » les comptes en banque de Manuel Noriega et de Ferdinand Marcos ! L’ancien poids lourd du ministère de la Sécurité intérieure américaine, Dwight. M. Williams, vient d’en être nommé vice-président pour les questions de sécurité tandis qu’un ancien haut responsable de BAE a été nommé directeur. Que demande le peuple ?

Derrière cette honnêteté de façade se cache une réalité bien moins reluisante. Un mémorandum diplomatique américain affirme que « quelque 300 officiers de la police haïtienne ont obtenu une formation de gestion des foules ». Les experts de l’ambassade pensent que ce sera la tâche principale de la police haïtienne en 1997, puisque « la stagnation de l’économie engendre un fort sentiment de frustration dans la populace. »

Le site internet CorpWatch souligne que certains contrats semblent formatés explicitement pour contourner la loi américaine. Après les guerres coloniales au Laos et au Cambodge, le Congrès américain a limité à 400 le nombre de soldats que le pays peut déployer à l’étranger et imposé l’autorisation du Congrès pour tout contrat au-dessus de 50 millions de dollars. En multipliant des contrats moindres rebaptisés « missions de la paix » et en faisant appel à des SMP ainsi qu’à des étrangers, le Congrès est mis hors du coup. Janice Shakowsky, une démocrate de l’Illinois, posait publiquement la question : « Est-ce que l’armée américaine privatise ses missions pour éviter toute contestation ou critique en soustrayant les cadavres au regard de l’opinion publique ? »

Comme nous l’avons souligné au début de cet article, DynCorp est presque une caricature de la Compagnie des Indes orientales, mariage criminel entre grandes compagnies de mercenaires et grandes compagnies de spéculateurs. L’actionnaire principal de DynCorp a été pendant très longtemps Capricorn Holdings, une société dirigée par un certain Winokur, qui siège à DynCorp tout en étant président du conseil financier de la société Enron, le géant texan de l’énergie connu pour ses malversations. On pense que ce qui a permis à Winukur d’éviter la prison, ce sont les rapports intimes de DynCorp avec le système judiciaire américain. Au début de l’année 2007, DynCorp fut racheté par un fonds d’investissement, Veritas Capital, dirigé par Robert B. McKeon, ancien PDG de Wasserstein Perella Management Partners. L’ancien partenaire de McKeon est le sulfureux Bruce Wasserstein, qui dirige aujourd’hui la banque synarchiste Lazard Frères. Commentant les récents et fabuleux profits de DynCorp, qui « dépassent tous les espoirs de Wall Street », le site internet Forbes.com commentait que « Si la cupidité est bonne, la guerre est meilleure », affirmant que « puisque les conflits continuent à faire la une, les analystes anticipent de bonnes perspectives pour les sous-traitants militaires ».

SMP et humanitaire

Le déguisement en gardiens de la paix et en co-acteurs dans le domaine humanitaire a permis à certaines SMP d’empocher des contrats auprès de donneurs d’ordres parfaitement respectables : Pentagone, Département d’Etat, ONU, UE, OSCE, OUA, voir certaines ONG et même la Croix Rouge !

Bernard Kouchner, dont l’esprit d’ouverture est désormais légendaire, y fait allusion dans un article récent publié dans une revue de référence, où il affirme que « la question majeure en effet n’est sans doute plus de savoir si l’espace humanitaire doit rester l’exclusivité des ONG (si tant est qu’il l’ait jamais été), mais bien plutôt de savoir comment un nombre croissant d’acteurs agissant aujourd’hui dans le secours aux victimes -ONG, organisations onusiennes, sécurité civile, forces militaires nationales et transnationales, acteurs privés, etc. - peuvent avoir des mandats, démarches et périmètres d’actions qui permettent de répondre le plus efficacement possible, et avec le meilleur rapport coût-efficacité aux besoins des populations touchées par les crises. » [1]

On le voit, pour Kouchner il ne s’agit pas de combattre ce phénomène, mais de le réguler afin de profiter du « meilleur rapport coût-efficacité », c’est-à-dire du marché ! Pour faire passer la pilule amère à une opinion publique française jugée « trente ans en retard sur les Anglo-Saxons », certains plaident pour « adopter le vocable de société d’appui stratégique et opérationnel (SASO), de préférence à celui de société militaire privée (SMP) » Mais le message est clair : « Monsieur, nous ne sommes pas des mercenaires, détrompez-vous ! Nous faisons un travail professionnel, sérieux, quoique pour quelques poignées de dollars. » Comme d’habitude, la révolution des mots est en marche.

La loi française et la Convention de Genève

Mais une opposition réelle aux SMP existe dans notre pays. Le 3 avril 2003, les députés français ont voté - à l’unanimité des différents partis - un nouveau texte de loi sur « la répression de l’activité mercenaire ». A l’occasion, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, entre autres, a exprimé toute la réticence que la France ressent instinctivement à l’encontre de ces SMP : « De véritables entreprises de guerre, souvent d’origine anglo-saxonnes, ont, sur ce terreau, pu apparaître et fructifier. Elles fournissent à des Etats à la dérive des produits guerriers "clés en main" et à des oppositions peu soucieuses du respect des procédures légales, les moyens de parvenir à leurs fins. Il est à noter, d’ailleurs, qu’il ne s’agit plus du mercenariat traditionnel, individuel, mais de véritables entreprises commerciales, d’autant plus redoutables qu’elles disposent de moyens importants. »

La loi adoptée est presque identique au protocole I du 8 juin 1977, additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949, article 47, 2. Ce dernier est plus qu’explicite sur la question : « Le terme "mercenaire" s’entend de toute personne : a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé ; b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ; c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ; d) qui n’est ni ressortissant d’une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ; e) qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit ; et f) qui n’a pas été envoyée par un Etat autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat. »

Il est à noter ici que beaucoup de pays, y compris les Etats-Unis, ne sont pas signataires du Protocole additionnel (APGC77), définissant le statut de mercenaire. Mais, compte tenu du fait que les six critères doivent s’appliquer en même temps, ce texte manque de sévérité. Malheureusement, la nouvelle loi française ne fait qu’intégrer au code pénal français cette qualification juridique de « mercenaire » telle qu’elle se trouve déjà définie par la Convention de Genève. Sur le terrain, la loi s’avère inopérante car elle se limite à des mercenaires individuels et pas à des entreprises. Par exemple, en Côte d’Ivoire, la France a été incapable d’inculper les « mercenaires » slaves ou sud-africains, auteurs du bombardement de Bouaké sur les forces militaires françaises, car juridiquement ils étaient employés par les forces armées du pays. Juridiquement, cette attaque était un acte de guerre de la Côte d’Ivoire contre la France, qui, dès lors, ne pouvait plus s’appuyer sur la Convention de Genève pour poursuivre les mercenaires en question. Plus grave encore, aucune loi n’empêche pour l’instant une société de droit français de « contracter » avec l’armée américaine ou avec des organismes humanitaires en Irak ou en Afghanistan, afin de mettre à leur disposition les compétences d’un vivier d’anciens soldats français dans des missions de protection.

Notons aussi que certains en France veulent se mettre à l’heure anglo-saxonne. Ainsi, l’ancien patron de la direction du renseignement militaire, le général Heinrich, a créé sa propre société Géos qui connaît une forte croissance et dispose déjà de quelque 120 anciens de la DGSE. Elle a décroché le contrat pour la sécurité du pipeline Tchad-Cameroun. Bien qu’elle refuse de traiter « des missions qui reviennent en principe aux pouvoirs publics », elle peut dans l’urgence, intervenir, avec le feu vert du Quai d’Orsay, tout en évitant « toute participation directe ».

De Machiavel à Eisenhower

Comme les généraux romains à la fin de l’empire, qui se faisaient couronner empereur à Rome en achetant les voix de la plèbe avec le butin des conquêtes impériales, l’élection de la dynastie Bush a largement bénéficié des contributions des compagnies mercenaires et des fonds d’investissements qui les contrôlent. Impossible de chiffrer avec précision les millions de dollars versés par les SMP aux candidats sur le devant de la scène politique. Ce qui est connu, c’est que Blackwater USA a versé 2,4 millions à des candidats républicains, tandis que DynCorp, Bechtel et Halliburton leur ont allongé plus de 2,2 millions de dollars, ainsi qu’à la candidature de George W. Bush.

Sommes-nous prêts à vendre notre liberté et nos âmes aux diables de la guerre en acceptant la privatisation des dernières fonctions régaliennes de nos Etats-nations souverains ?

A un étudiant qui lui demandait, lors d’un débat à l’université John Hopkins, s’il envisageait une législation pour ramener les SMP sous le coup de la loi, le président Bush répliqua, en rigolant, qu’il « allait décrocher le téléphone et dire, Monsieur le Ministre, j’ai une question intéressante », déclenchant un éclat de rire général.

Deux voix plus sages du passé nous mettent en garde contre tout pouvoir excessif d’un complexe militaro-industriel, devenu aujourd’hui militaro-financier. D’abord celle de Machiavel, l’homme d’Etat florentin et ami de Léonard de Vinci, s’adressant au duc Sforza dans Le Prince, en 1532. Ensuite, plus proche de nous, celle du grand ami du général de Gaulle, le général et président Dwight Eisenhower, lorsqu’il prononça son allocution de départ en janvier 1961.

Machiavel, qui voyait dans les condottieres et leurs mercenaires la principale cause de la ruine de l’Italie à son époque, écrit : « Le Prince dont le pouvoir n’a pour appui que des troupes mercenaires ne sera jamais aussi assuré ni tranquille ; car de telles troupes sont désunies, ambitieuses, sans discipline, infidèles, hardies envers les amis, lâches contre les ennemis ; et elles n’ont ni crainte de Dieu, ni probité à l’égard des hommes. Le Prince ne tardera d’être ruiné qu’autant qu’on différera de l’attaquer. Pendant la paix, il sera dépouillé par ces mêmes troupes ; pendant la guerre, il le sera par l’ennemi. La raison en est que de pareils soldats servent sans aucune affection, et ne sont engagés à porter les armes que par une légère solde ; motif sans doute incapable de les déterminer à mourir pour celui qui les emploie. Ils veulent bien être soldats tant qu’on ne fait point la guerre ; mais sitôt qu’elle arrive ils ne savent que s’enfuir et déserter. » (...) « Les capitaines mercenaires sont ou ne sont pas de bons guerriers : s’ils le sont, on ne peut s’y fier, car ils ne tendent qu’à leur propre grandeur, en opprimant, soit le prince même qui les emploie, soit d’autres contre sa volonté ; s’ils ne le sont pas, celui qu’ils servent est bientôt ruiné. Si l’on dit que telle sera pareillement la conduite de tout autre chef, mercenaire ou non, je répliquerai que la guerre est faite ou par un prince ou par une république ; que le prince doit aller en personne faire les fonctions de commandant ; et que la république doit y envoyer ses propres citoyens : que si d’abord celui qu’elle a choisi ne se montre point habile, elle doit le changer ; et que s’il a de l’habilité elle doit le contenir par les lois, de telle manière qu’il n’outrepasse point les bornes de sa commission. »

Enfin, le général Dwight Eisenhower, le 17 janvier 1961, trois jours avant la fin de son mandat présidentiel, avertissait contre le danger de ce qu’il appelait le complexe militaro-industriel en ces termes : « Dans les allées du pouvoir, nous devons nous protéger contre l’obtention d’influence injustifiée, délibérément recherchée ou pas, par le complexe militaro-industriel. Le potentiel pour un accroissement désastreux ou déplacé du pouvoir existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou le processus démocratique... »

28 juillet 2007
Par Karel Vereycken

http://www.solidariteetprogres.org/article3141.html



3-2 Jan Peters : La Base de Planification et d'Administration de Prisons Secrètes / Centres De Torture de la CIA.

A ce jour, et malgré une commission d'enquête du Bundestag, aucun responsable politique allemand (SPD, Verts) n'a eu à rendre de comptes pour la complicité de son gouvernement dans les kidnappings, transports et torture de personnes soupçonnées d'activités terroristes, ni pour avoir accepté que la ville de Francfort serve de base pour la planification et l' exécution de ces crimes commis par les agents de la CIA.

Prisons Secrètes de la CIA Organisées D'Allemagne

Un article dan le New York Times du 13 Août confirme que la CIA a planifie et organisé des prisons secrètes à partir de la ville Allemande de Francfort/Main.

Au moins trois prisons secrètes ont été administrées par le bureau de la CIA à Frankfort dés 2003.
Ces prisons illégales appartenaient à un réseau mondial de "sites noirs" où la CIA a transféré de nombreux prisonniers lors de sa "guerre contre le terrorisme". Il y avait au moins 8 de ces prisons secrètes maintenues par la CIA en dehors des US. Parmi les prisons gérées de Francfort deux étaient situées respectivement dans la capitale roumaine de Bucarest et l'autre dans un endroit isolé au Maroc. Une troisième est supposée avoir été située dans la ville polonaise de Kiejkuty, près de l'aéroport de Szymany. Une quatrième prison était située en Lituanie.
Les prisons secrètes étaient utilisées pour soutirer des informations de prisonniers en utilisant des méthodes de torture qu'il n'aurait pas été possible d'utiliser aux US. Le directeur du bureau de la CIA à Frankfort, Kyle D. Foggo, a dit au Times que ces mesures ont été organisées à Francfort parce que " c'était trop sensible pour être géré aux quartiers généraux".
C'est en Septembre 2006 que le Président US, George W. Bush, a admis pour la première fois l'existence de prisons secrètes. Ces prisons centre de torture, ont été utilisées pour systématiquement soumettre ceux considérés comme étant des suspects terroristes aux privations de sommeil, simulacre de noyade, et coups pour obtenir des informations ou tirer des confessions. La CIA arrêtait des " meurtriers potentiels" sur des "champs de bataille dans le monde" et les emprisonnait dans ces lieux secrets ils étaient soumis à des " méthodes d'interrogatoire dures et nécessaires" comme l'a affirmé Bush.
Les prisons secrètes ont du être crées en dehors des US car cela est contraire à la loi américaine.

Le gouvernement US de même que les autorités allemandes et européennes, étaient indifférentes semble-t-il au fait que les méthodes de torture employées par la CIA violaient également le droit international. Les sols étaient recouverts d'un matériau anti-dérapant, et les murs de contreplaqué pour amortir l'impact quand les prisonniers étaient projetés contre ceux-ci.
Selon le New York Times, après les attaques du 11 Septembre 2001, le "centre dormant d'approvisionnement" de la CIA à Francfort est entré en action.

Le budget de ce bureau a bénéficié de 7 millions de $ de plus par le gouvernement Bush. Plus tard, ce budget a alors été triplé.
Francfort est devenu la base d'approvisionnement la plus importante des services secrets US en Europe. En plus, la ville a développé une importante base logistique pour les opérations US en Irak et en Afghanistan, organisant les vols d'approvisionnement pour les déploiements quasi quotidiens de la CIA. Foggo, qui était directeur du bureau de la CIA à Francfort était bien connu pour son expertise organisationnelle. Il a travaillé pour la CIA pendant plus de 20 ans avant de plaider coupable de corruption en 2008, condamné à 3 ans de prison pour cela. Avant fin 2004, il a été nommé au troisième poste le plus haut de la CIA, suite à son déploiement à Francfort. Dans les années 80 il était actif au Honduras pour la CIA. A l'époque, les US menaient une guerre de proxy sale contre le Nicaragua, organisée par la CIA à partir du Honduras sous la responsabilité du gouvernement américain sous la présidence de Ronald Reagan.
Le rôle du gouvernement allemand
Ni le bureau du chancelier allemand, ni le ministère de l'intérieur, le ministère des affaires étrangères ou les services secrets allemands (BND) n'ont commenté l'article du New York Times. Ce silence doit être pris comme un aveu que les agences gouvernementales allemandes étaient au courant de ce que faisait la CIA.
Quand ils ont été interrogés par des médias des officiers de police ont répondu à titre individuel qu'ils ne savaient rien des activités des agents de la CIA en Allemagne. C'était l'affaire des Américains ont-il affirmé. " Même si nous avions eu vent de quelque chose, cela n'aurait rien changé de toute façon " a dit un officier haut gradé au Suddeutsche Zeitung.
En remontant jusqu'en Novembre 2005, le Washington Post et Human Rights Watch avaient découvert les prisons illégales dirigées par la CIA, et sa pratique criminelle de kidnapping de suspects de terrorisme. Après ces premiers cas révélés, le secrétaire général du Conseil de l'Europe a ouvert une enquête préliminaire. Elle a été conduite par l'ancien procureur général suisse, Dick Marty, Président de la Commission des Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. Comme procureur spécial, Marty a mené ses enquêtes dans les prisons secrètes de la CIA de 2005 à 2007.
En Juin 2006, Marty a soumis un rapport initial. Il déclarait qu'il ne pouvait pas prouver définitivement l'existence de prisons secrètes, mais a présenté des preuves substantielles pour indiquer l'utilisation de telles installations par les services secrets US. Marty a continué son enquête et préparé un deuxième rapport. Il a découvert une coopération rapprochée entre les services secrets européens et la CIA, mais s'est heurté à un mur de silence et déni de la part des gouvernements européens.
Le deuxième rapport de Marty en 2007 critiquait les gouvernements allemand et italien en particulier pour avoir supprimé systématiquement la vérité sur les prisons. A Milan, des agences politiques dirigeantes ont classé sans suite la même année une enquête contre 26 agents de la CIA qui avaient ouvertement kidnappé l'Egyptien, Imam Abu Omar, en Italie en Février 2003, et l'avait transporté dans une prison égyptienne où on pratiquait la torture.
Récemment, Marty a dit au Frankfurter Rundschau que c'était difficile de découvrir toute la vérité sur tous les soit disant suspects de terrorisme kidnappés lors de cette période. Surtout parce que les gouvernements européens "avaient fait très peu d'efforts" pour clarifier ce qui s'était passé, a-t-il dit.
Entre 2005 et Juin 2009, une commission d'enquête parlementaire allemande a enquêté sur les méthodes utilisées par la CIA et sa collaboration avec la BND. La liste des questions à examiner était longue. Elle incluait, en plus du système de prison secrète et des vols secrets de la CIA au dessus de l'Allemagne, la participation des agents de la BND à la guerre d'Irak, la connaissance par les services secrets allemands des kidnappings de suspects de terrorisme allemands par la CIA, et la surveillance des journalistes par la BND.
En fait, la commission d'enquête a servi à blanchir les services secrets et le gouvernement allemand. Dans son rapport final du 19 Juin, la commission a conclu qu'à cette époque le gouvernement du parti Social Démocrate et des Verts n'avait pas connaissance ni des transports secrets de suspects ni de l'existance des prisons secrètes. La commission d'enquête n'a exprimé aucun intérêt pour le fait qu'une enquête mise sur pied par le parlement européen avait déjà découvert quelque temps avant cela entre 2001 et 2005 et que des avions de transport de la CIA avaient atterri au moins 336 fois sur des aéroports allemands. C'est complètement irréaliste de croire que le gouvernement et les services secrets n'étaient pas au courant de tels vols.
Le rapport final de la commission du Bundestag a servi avant tout à couvrir les traces de l'actuel ministre des affaires étrangères allemand et candidat du SPD au poste de chancelier, Frank-Walter Steinmeier.

Lors de la période de gouvernance du SPD - Verts (1998-2005) Steinmeier était à la tête de la chancellerie allemande et personnellement responsable des services secrets. Fin 2002, c'est Steinmeier qui a empêché le citoyen turc, Murat Kurnaz, qui vivait en Allemagne dans la ville de Bremen, d'entrer sur le territoire de la République Fédérale. Accusé d'être un terroriste, Kurnaz a été détenu au centre US de Guantanamo. Les autorités US avaient proposé de liberer Kurnaz en 2002 car il n'avait aucune preuve contre lui. A cause du refus de Steinmeier de réaccepter Kurnaz en Allemagne, ce dernier a passé 4 ans de plus à Guantanamo.
Steinmeier a nié toute responsabilité dans le sort de Kurnaz devant la commission d'enquête. Il a également été acquitté de toute responsabilité dans le cas de Khaled el-Masri. El-Masri est un citoyen libanais résident en Allemagne qui a été kidnappé en 2004 par les services secrets US en Macédoine, et transporté en Afghanistan - soit disant sans que le gouvernement allemand en ait connaissance.
Cela montre clairement qu'ils ne seront pas inquiétés pour leur véritable rôle de la part des autorités officielles. L'étendue de la complicité du gouvernement allemand dans ces activités criminelles et les méthodes de torture de la CIA ne seront révélées que par une enquête indépendante et un examen mené par et pour le compte de la classe des travailleurs.

Jan Peters
Sources :

World Socialist Web site 010909
Global Research 020909

Jeudi 03 Septembre 2009

Mireille Delamarre titre présentation traduction


3-3 Hatem Karoui : La politique de la canonnière est dépassée !

La plupart des internautes a certainement entendu parler de la détérioration des termes de l’échange, mais il semble apparemment utile d’en rappeler la définition à travers un simple exemple : Comment dans les échanges valoriser les produits que l’on vend ?

En les rendant indispensables à l’acheteur jusqu’à ce qu’il les acquiert à n’importe quel prix….Surtout quand il en détient le monopole de fabrication (ou quand il en partage la fabrication avec quelques états comptés sur les doigts d’une seule main… ou dont le nombre rejoint celui des titulaires d’un siège au conseil de sécurité permanent). Ainsi vous vous en doutez celui des armes. Je vous encourage entre états voisins à vous entretuer et chaque fois qu’une partie faiblit je la supplée avec d’autres armes jusqu’à ce que le combat cesse faute de combattants ! En échange je vous achète votre pétrole, vos céréales et tout ce que vous possédez à bas prix et vous en vendez car vous avez tout le temps besoin de vous défendre contre un agresseur potentiel et le fournisseur d’armes qui vous veut du bien vous les fait payer au prix fort.

C’est clair ?

Cependant parfois le mécanisme bien huilé grippe : C’est le cas quand le coût de la guerre et du maintien de la sécurité occasionne au marchand de canons des frais faramineux…C’est valable justement lorsqu’il s’agit d’essayer de maintenir les prix des carburants à des niveaux raisonnables..
Ainsi les économies américaine,  et par contrecoup européenne sont robustes mais sont fragilisées par leur dépendance à l’égard du pétrole importé.
S’agissant de carburant acquis à partir de nombreux pays ou de régions  dont ils ont favorisé indirectement  l’instabilité politique (Moyen Orient (Arabie Saoudite, Koweït...), Venezuela, Nigeria, etc. Si un de ces pays cesse, même provisoirement, d'exporter son pétrole, les prix qui flambent immédiatement handicapent terriblement l'économie américaine. Une pénurie de longue durée mettrait carrément leur économie en péril, en arrêtant ou en rationnant de nombreux secteurs d'activité parce qu'ils dépendent des transports. Pour garantir la stabilité politique  et par ricochet la sécurité des approvisionnements des pays producteurs, les Etats-Unis et les autres pays occidentaux doivent faire de gros efforts financiers (aides diverses) et entretenir un peu partout des bases et des contingents militaires. Il faut aussi assurer la sécurité des transports maritimes et par oléoduc.
  Il faut, enfin, consentir des efforts diplomatiques et une promotion mondiale de la démocratie tel qu’ils la conçoivent comprenant des concessions à des régimes  qu’ils considèrent comme peu recommandables comme celui de la Russie. Une partie de l'argent du pétrole des pays producteurs pétroliers alimenterait les réseaux incontrôlés  dit terroriste, quelle que soit la politique de leurs gouvernements. Et dans tout l'avenir prévisible les prix élevés du pétrole garantiraient à la majorité de  ces pays et des hommes riches et corrompus qui les composent d'énormes masses d'argent. Certains de ces pays sont cependant moins corruptibles et c’est là que le bât blesse !
D’un autre côté les coûts des guerres comme celle d'Irak atteignant 1 à 2 milliards de dollars par jour ! Les événements du  11 septembre quel que soit celui qui en a conçu le scénario ont montré que le combat « antiterroriste » coûte extrêmement cher. Donc la surconsommation de pétrole se traduit aussi par un surcoût de la défense contre le terrorisme (1). En outre avec leur développement rapide, la Chine et l'Inde concurrenceront de plus en plus les pays occidentaux pour l'accès au pétrole, dont elles sont encore plus dépendantes. Non seulement cela fera revenir les prix à une plus juste valeur, mais cela permettra aux pays producteurs de se défendre contre les pays consommateurs occidentaux avec plus de virulence. Les pays consommateurs découvrent amèrement à quel point il est important de réduire la consommation de pétrole, bien plus important que d'augmenter les budgets militaires.  
 C’est pour cette raison et devant l’élargissement de facto du Club nucléaire qu’il s’avère impératif de développer vis-à-vis du secteur de l’or noir de nouvelles stratégies en abandonnant la politique de la canonnière.    
 En tout état de cause certains concepts pourtant simples tendent à être parfois mal assimilés notamment par les va-en-guerre qui fondent les guerres sur une supériorité divine. La Terre n'a pas besoin de tes illuminés...
 (1)    S’il se découvre que le terrorisme n’est qu’un concept imaginé par
les états impérialistes pour changer les configurations de l’espace géopolitique mondial ce calcul se serait aussi avéré excessivement erroné !
Hatem Karoui
 
Ecrivain et journaliste 

http://www.alterinfo.net/La-politique-de-la-canonniere-es...


3-4 Après Bush, la paix ?

"Aux terroristes qui sont contre nous, mon message est le même : nous vous vaincrons." B. Obama, 27 mars 2009

Pour rappel, extrait de Alerte Otan 34, avril-juin 2009

L'élection de Barack Obama a provoqué en Europe un très grand enthousiasme, engouement et espoir. Le capital de sympathie est incontestable, et on peu difficilement échapper au symbole du premier Noir à la Maison Blanche, dans un pays ou régnait il y a peu l'apartheid.

En particulier, l'espoir est immense que la fin de l'administration Bush a réellement éloigné le monde de la guerre, et le sentiment largement répandu dans l'opinion est que Obama oeuvre pour la paix

Il y a eu, de fait, quelques belles paroles et gestes symboliques de Barack Obama, - mais si on y regarde de plus près, les éléments factuels manquent malheureusement pour alimenter l'illusion.

Change we can believe in…

On a beaucoup mis en avant le retrait des troupes US d'Irak, qu'elles avaient envahi il y a 6 ans déjà. Le plan de retrait prévoit en réalité de conserver sur place une force de plusieurs dizaines de milliers de soldats (50.000 hommes d'après certaines estimations), pour continuer à entraîner les forces de sécurité irakiennes, combattre les "terroristes" étrangers, protéger les institutions américaines, et protéger le nouveau 'pouvoir' irakien... à sa demande bien sûr, - comment ne pourraient-ils pas demander ? La recrudescence actuelle des attentats meurtriers absurdes contre la population pourrait bien être l'action des services secrets états-uniens qui ont une longue pratique, et qui ont tout intérêt à rendre leur présence indéfiniment indispensable.

Un indicateur autrement plus parlant que les belles phrases, est le budget de la "défense". Obama a demandé au Congrès de débloquer 83,4 milliards de dollars supplémentaires pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan, soit plus que ce que n’avait demandé le va-t-en guerre G.W. Bush.

Les Etats-Unis ont accru leur présence en Afghanistan à 56.000 hommes actuellement, et devraient arriver à près de 70.000 d'ici l'automne. Le modèle suivi pour "pacifier" l'Afghanistan est ouvertement celui du surge irakien, une "déferlante" de force censée briser toute résistance – et permettre un hypothétique retrait ultérieur. Obama a été manifestement impressionné par la politique de "surge" de son prédécesseur au point de le qualifier sur Fox News de succès "au delà des rêves les plus fous" ["beyond our wildest dreams"].

Ce rêve fou est en train de déborder sur le Pakistan, pris dans le bain de sang de la guerre au terrorisme. Les drones US bombardent désormais régulièrement les régions pachtounes, ciblant les "terroristes" désignés, massacrant en passant les civils tout autour : selon certaines sources, 6% de militants sur plus de 700 victimes1. Les taliban se montrent plus sélectifs. Ce sont de biens singulières entrées en matière pour une administration supposée œuvrer pour la paix.

Bref il est assez difficile de voir où se situe vraiment le changement dans lequel on est tenu de "croire", où est la différence concrète entre les politiques guerrières des deux administrations

Par contre et cela est beaucoup plus inquiétant, l'emballement médiatique pour Obama permet de faire beaucoup mieux passer, chez nous, l'engagement européen dans ces guerres, et dans celles qui s'annoncent. Le discours sur la nouvelle attitude de coopération des USA avec les Alliés est en fait un appel à une plus grande implication de l'OTAN dans les guerres impériales. Au moins l'arrogance de Bush et de sa bande de néo-cons nous épargnait cela.

Les effets sont tout à fait réels : Quelque 33.000 soldats supplémentaires sont déployés en Afghanistan venant de l'Otan ou des pays alliés. Les ministres des affaires extérieurs des pays de l'Otan ont avalisé sans broncher le fait que l'Isaf passe sous commandement unifié US, coordonnant la stratégie de l'Isaf et de l'opération "Enduring Freedom". L'illusion de la force de maintien de la paix de l'Otan bien distincte de l'opération de guerre US est bien révolue.

Opération Mossadegh 2.0, j'ai foiré…

Les élections iraniennes ont été comme il fallait s'y attendre l'occasion d'une tentative de changement de régime selon le scénario bien rodé, entamé il y a bientôt 10 ans avec Otpor en Yougoslavie : le candidat choisi par l'Occident déclare sans aucune preuve que c'est lui qui a gagné et des provocateurs commencent à allumer les troubles. Dans la dernière mouture, le scénario s'est enrichi avec le recours aux technologies modernes, FaceBook, You Tube mis à contribution, des messages provocateurs notamment propagés par Twitter pour enflammer les esprits.

En 2006 l'administration états-unienne avait, de manière tout à fait officielle, consacré un budget de 85 millions de $ pour le 'changement de régime' en Iran2. On imagine que cet argent a été bien utilisé. "15 millions de $ seront dévolus au financement d'organisations US qui soutiendront des syndicats iraniens et des activités civiles, et pour financer des groupes iraniens. …5 millions de $ de plus iront pour entrer en contact avec les Iraniens qui ont Internet et utilisent les messageries instantanées...." précisait-on…

On ne peut qu'admirer ici aussi la belle continuité avec l'administration précédente, et, en fait avec beaucoup de celles qui ont précédés. On a aujourd'hui du mal à imaginer par exemple que l'opinion occidentale a pu croire en 1953 que Mossadegh avait été renversé par la rue.

World War III, yes we can ?

Que cette tentative de renversement ait échoué ne doit pas masquer le fait que cela a été aussi une formidable occasion ici de donner un coup d'accélérateur à la propagande de guerre contre l'Iran. Au bruit de fond usuel sur la bombe nucléaire iranienne, s'ajoute maintenant le thème porteur des droits de l'homme et de la démocratie. La vidéo suspecte de la jeune iranienne "massacrée par les Bassidjis" est utilisée pour créer la même émotion irraisonnée que l'histoire du massacre de Racak, Kosovo. Au-delà de ce thème, d'autres "informations" paraissent, telle celle selon laquelle l'Iran serait en train d'armer les insurgés afghans, sapant le bel effort de l'Otan pour aider ce pays. Colombani, l'ancien directeur du Monde, fantasme sur "le pouvoir acculé [qui] pourrait être tenté par une aventure extérieure." « Et dans les mains d'un pouvoir aussi irrationnel …ce n'est pas seulement la région mais une bonne partie du monde qui s'en trouverait mise en danger. Le nucléaire au service d'une forme de fascisme est une menace majeure qu'il ne faut pas perdre de vue. »3 : Tout est en train de se mettre en place pour justifier une "légitime défense" contre ce danger.

Le plus inquiétant est le fait que cette propagande gagne le camp 'progressiste', voire même certaines parties du mouvement de la paix4, à nouveau affolé par le discours sur les droits de l'homme. Cela nous rappelle de bien mauvais souvenirs yougoslaves.

Si un tel scénario se confirmait, l’Otan serait plus que probablement partie prenante. Outre la présence physique des troupes de l’Otan aujourd’hui tout autour de l’Iran, les déclarations successives des Sommets de l’Alliance n’omettent jamais de mentionner la profonde préoccupation de ses membres sur le danger nucléaire que présenterait l’Iran, et leur engagement à faire respecter les accords de non-prolifération et les résolutions de l’ONU par lesquels ils sont liés5 ; enfin la France qui vient de réintégrer l’Otan à part entière a posté une base militaire à Abu Dhabi , à 200km juste en face de l’Iran et signé un accord de défense avec les Émirats arabes unis : « La France au premier rang d'un éventuel conflit avec l'Iran » annonce fièrement Le Figaro, qui précise qu’« une attaque de l'Iran pourrait être considérée comme portant atteinte aux intérêts vitaux de Paris », … et donc entraîner automatiquement les Alliés de l’Otan.

« Le ‘containment’ (l’encerclement) de l'Iran a commencé. Alors que Téhéran n'a pas donné suite aux propositions de négociations faites par Washington, les grandes capitales se préparent désormais à tous les scénarios. … À Paris comme à Tel Aviv et à Washington, on n'exclut pas qu'un échec des négociations ouvertes entre la nouvelle Administration américaine et Téhéran se solde un jour par un bombardement de l'Iran » écrit notamment ce journal.

Nous sommes actuellement soumis à une propagande tous azimuts contre l’Iran : démocratie, danger nucléaire, droit des hommes, droit des femmes, liberté d’expression, burqa, liberté de mœurs, négationnisme, anti-sémitisme… tout y passe, et cela ressemble fort à la préparation psychologique de l’opinion à une guerre nécessaire contre ces affreux. Le charme de Barack Obama, et le beau sourire de sa femme, autrement glamour que Laura Bush, pourraient malheureusement être l’un des éléments de l’adhésion de l’opinion publique à la guerre.

1. Eric Margolis, Winnipeg Sun
2. Boston Globe, traduit sur Planète non-violence
3. "Que faut-il faire avec l'Iran", www.slate.fr
4. cf. Le Mouvement de la Paix
5. cf. la déclaration finale du Sommet de Bucarest

 http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=34&art_id=457&Mois=juillet&Year=2009  


3-5 Science Fiction… "Destructions massives sur le territoire américain" … !!!

Najibullah Zazi, un Afghan accusé d'avoir voulu provoquer des "destructions massives sur le territoire américain", a plaidé non coupable mardi à New York, dans une affaire de complot présumé que les autorités prennent très au sérieux.(…)

Le jeune homme de 24 ans, conducteur de navette à l'aéroport de Denver (Colorado, ouest) avait été transféré à New York le week-end dernier, quelques jours après avoir été arrêté.

"Il plaide non coupable", a déclaré son avocat devant le tribunal de Brooklyn (sud-est de New York) où l'accusé comparaissait mardi matin.

Najibullah Zazi était présent en tenue pénitentiaire bleue et orange.

La défense n'a pas demandé de liberté sous caution, et le juge Raymond Dearie a ordonné son maintien "permanent" en détention.

Le gouvernement américain "voit un risque d'évasion. Le gouvernement pense aussi que l'accusé représentera un danger pour la société s'il est relâché", a précisé le procureur.

Pour sa part, son avocat Michael Dowling a estimé qu'il ne voyait "aucune preuve d'un accord entre M. Zazi et qui que ce soit d'autre, ce qui est l'essence d'un complot".

"Je voudrais qu'on arrête cette course à la condamnation", a ajouté l'avocat.

Selon la justice américaine, Zazi avait peut-être planifié un attentat contre New York à la date anniversaire du 11 septembre cette année.

Lors de sa comparution vendredi dernier à Denver, le procureur adjoint avait déclaré que Zazi était parti pour New York en voiture le 9 septembre dernier, avant de revenir soudainement dans le Colorado.

L'accusation affirme que le jeune homme a quitté New York après avoir été averti qu'il était surveillé par des agents fédéraux. Dans sa voiture de location, les enquêteurs ont trouvé un ordinateur contenant des instructions pour la fabrication d'une bombe.

Zazi est accusé d'avoir reçu des instructions depuis Peshawar, au Pakistan, pour fabriquer des explosifs, et de s'être rendu à New York avec l'intention de mettre ses plans à exécution.

Un des explosifs qu'il étudiait, selon les autorités, était du "peroxyde d'acétone", un composant utilisé dans les attentats de 2005 dans les transports publics à Londres et lors de la tentative de Richard Reid en 2001 d'embarquer à bord d'un avion avec des explosifs cachés dans ses chaussures.

Zazi encourt la détention à perpétuité s'il est reconnu coupable.

Dans le cadre de la même affaire, un imam accusé d'avoir menti aux enquêteurs, Ahmad Wais Afzali, 37 ans, a été libéré la semaine dernière par un juge à Brooklyn après versement d'une caution de 1,5 million de dollars.

Le père de Zazi, Mohammed Zazi, 53 ans, également accusé d'avoir menti, a lui aussi été libéré sous caution à Denver. Les deux hommes sont sous surveillance électronique.

Afzali est accusé d'avoir informé Zazi, faisant capoter l'enquête que le FBI menait depuis des mois, et contraignant le FBI à procéder à des arrestations avant d'avoir recueilli toutes les preuves qui lui auraient permis de dévoiler un plus vaste complot.

Des questions demeurent sans réponse, notamment l'identité d'autres membres du "complot", ainsi que le lieu où auraient dû être perpétrés les attentats.

Les quotidiens new-yorkais, citant des sources non identifiées, affirment que Zazi avait une vidéo de la gare de Grand Central à New York, et que les agents ont trouvé 14 sacs à dos noirs qui aurait pu servir à transporter des bombes.

29/9

http://qc.news.yahoo.com/indepth/afghanistan/s/afp/090929...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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