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24/10/2009

n°16 - Dossier d'Iran - 23-10 - : -Suite -: « Il y a tout une gamme de sanctions… à l'étude, » a déclaré Rice.

n°16 - Dossier d'Iran - 23-10 - : -Suite  -: « Il y a tout une gamme de sanctions… à l'étude, » a déclaré Rice.


Dossier d'Iran   n°16 du 23-10

                                C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Dossier & Point de vue (Suite)

2-3 Sara Flounders : Iran et G-20 : Créer une crise pour masquer des divisions.

2-4 Ali Larijani: «Nous ne faisons rien d’illégal. C’est de l’iranophobie!».

2-5 Washington frappe le régime iranien via le Jundallah.

2-6 Israël continue ses activités subversives d’encerclement de l’Iran en Asie Centrale.  

2-6 Ilia Kramnik : Missiles iraniens : s'agit-il d'une menace potentielle ou réelle?

2-7 Alain Gresh : La France et l'Iran.



2-3 Sara Flounders : Iran et G-20 : Créer une crise pour masquer des divisions.

Le sommet du G-20 à Pittsburgh rassemblait selon toute vraisemblance les ministres des Finances, les gros banquiers et les chefs politiques des principales économies mondiales pour discuter du plus grave effondrement économique du capitalisme en trois générations.

Au lieu de quoi, ils s’en sont pris à l’Iran.
Sans proposer des mesures pour adoucir les souffrances de centaines de millions de  travailleurs qui ont perdu leur emploi, sans annoncer des programmes d’emploi ou de construction d’infrastructures, l’impérialisme américain, britannique et français s’est uni avec grandiloquence pour menacer l’Iran suite à des accusations forgées de toutes pièces. Il a exigé que le Conseil de Sécurité des Nations unies et les membres du G-20 collaborent dans une nouvelle fournée de sanctions contre l’Iran.
Aucune proposition économique d’urgence ne figurait à l’ordre du jour.

Au cours d’une conférence de presse théâtrale tenue le 25 septembre, le président Barack Obama – flanqué du président français Nicolas Sarkozy, du Premier ministre britannique Gordon Brown, mais en l’absence de la chancelière allemande Angela Merkel, retardée en cours de route – déclarait que l’Iran menaçait la stabilité et la sécurité de la région et de la planète. « Le refus de la vérité », ajoutait Obama, « doit aboutir à la confrontation. »
De leur côté, Sarkozy et Brown dénonçaient l’Iran et réclamaient explicitement des sanctions plus sévères. Ils menaçaient en outre l’Iran de frappes militaires, disant que « toutes les options sont sur la table, en ce qui concerne l’Iran ».
Tout ce scénario montre que ces banquiers, ministres des Finances et hommes politiques n’ont pas de solution pour la crise qui ruine le globe. Ils ont utilisé le sommet pour justifier le renflouage des banques et pour donner de vagues assurances d’une future reprise économique. Les milliers de milliards de dollars refilés aux banques constituent la plus grande distribution de trésors nationaux de l’histoire humaine.
Incapables d’atteindre un accord à propos de la régulation de la banque et du commerce international ou de tout autre aspect de ce capital financier international qui a semé le chaos dans le monde entier, les impérialistes ont donné l’apparence d’un but unifié en proférant de sombres menaces contre l’Iran. Tous les médias traditionnels ont loyalement abondé dans le même sens. Pas un journaliste n’a osé poser de question sur la ruine causée par le système économique capitaliste ni demander quelles solutions les impérialistes proposaient. Tous les médias se sont mis au garde-à-vous et, comme un seul homme, ont diabolisé l’Iran.
L’Iran en conformité totale
Face à un tel assaut de propagande de guerre, il est important de passer les faits en revue.
L’Iran est en conformité totale avec tous les accords internationaux, y compris le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et les directives et contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’AIEA est l’agence qui contrôle le nucléaire pour le compte de l’ONU.
Le TNP garantit à toutes les nations le droit de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Selon les rapports de l’AIEA, l’Iran enrichit actuellement de l’uranium à moins de 5 pour cent. À ce niveau de pureté, l’uranium est utile pour produire de l’électricité nucléaire à usage pacifique, mais on est loin en dessous de l’U235 à 90 pour cent nécessaire pour la fabrication d’armes nucléaires. L’Iran ne possède aucun site capable de le faire (1).
Le 27 septembre dernier, l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltaniyeh, a déclaré devant les caméras de Press TV que les conventions de sécurité de l’AIEA invitaient les nations à informer cette dernière de l’existence d’une nouvelle installation d’enrichissement au moins six mois ou 180 jours avant l’introduction des matériaux nucléaires dans l’installation. L’Iran en a prévenu l’AIEA le 21 septembre, soit 18 mois à l’avance.
Ce second site, plus petit, situé non loin de Qom, en Iran, est un bâtiment vide. Il ne s’y trouve pas de matériaux nucléaires en ce moment et aucun équipement d’enrichissement n’y a encore été installé non plus. Le site de taille réduite n’est pas censé accueillir plus de 3 000 centrifugeuses – soit bien moins que les 8 000 appareils de Natanz, l’autre installation d’enrichissement de l’Iran.
« C’est une installation très ordinaire, à ses premiers stades » et, à 18 mois de sa mise en service, le président Ahmadinejad a déclaré, lors d’une conférence de presse à New York : « Ce n’est pas un site secret. Si ça l’était, pourquoi avons-nous informé l’AIEA longtemps à l’avance ? Ce que nous avons fait était parfaitement légal, conforme à la loi. Nous avons informé l’agence. Celle-ci viendra vérifier sur place et elle publiera un rapport. Il n’y a rien de neuf. »
Les Iraniens eux aussi ont déclaré que le site n’avait rien de clandestin. Et il n’a rien d’une surprise, comme l’ont prétendu les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Ces mêmes pays déclarent qu’ils étaient au courant de la chose depuis trois ans. Les Américains et les Français ont présenté des photos aériennes de la construction et la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a reconnu que les Etats-Unis étaient au courant de l’existence du site avant même que l’Iran n’en ait parlé.

L’Iran est-il réellement une menace ?
 
Les États-Unis détiennent toujours des milliers d’armes nucléaires. C’est le seul pays à avoir jamais utilisé une arme nucléaire et le seul pays à avoir menacé de façon répétée de s’en servir. Les États-Unis ont refusé de se conformer au Traité d’interdiction des essais nucléaires, que le Congrès américain n’a d’ailleurs jamais ratifié.
Israël dispose manifestement d’installations d’enrichissement de l’uranium et on estime qu’il possède entre 60 et 400 armes thermonucléaires. Israël refuse de se conformer au moindre accord international ou à la moindre inspection. Pourtant, chaque administration américaine a été totalement silencieuse sur le programme israélien d’enrichissement de l’uranium et d’armement nucléaire.
Actuellement, treize pays enrichissent de l’uranium.

L’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Australie ont également annoncé des plans en ce sens. Vingt-huit pays ont des centrales d’énergie nucléaire, et le plus grand nombre de centrales de ce type se situent aux États-Unis. Dix autres pays sans centrales nucléaires envisagent d’en construire. Pourtant, seuls l’Iran et la Corée du Nord ont été défiés ou menacés.
De façon cohérente, l’Iran a soutenu la création d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient et a proposé le concept d’une résolution commune à l’Assemblée générale des Nations unies.
L’AIEA et l’Iran

L’Iran a non seulement accepté des inspections de l’AIEA plus sévères que celles subies par d’autres nations, elle a également proposé de faire fonctionner le site d’enrichissement de l’uranium de Natanz en tant que centre multinational d’alimentation en énergie et ce, avec la participation de représentants étrangers. L’Iran a en outre renoncé à retraiter le plutonium et a accepté de transformer tout son uranium enrichi en barres de combustible pour réacteurs. Cette offre iranienne d’ouvrir son programme d’enrichissement de l’uranium à une participation étrangère privée et publique suit la suggestion d’une commission d’experts de l’AIEA.
Malgré  tous ces accords, Washington a insisté pour que l’Iran suspende complètement la totalité de son programme d’enrichissement.
L’AIEA a sorti sa propre déclaration le 17 septembre, disant : « Faisant référence à un récent rapport des médias, l’AIEA répète qu’elle n’a aucune preuve concrète qu’il y ait ou qu’il y ait eu un programme d’armement nucléaire en Iran. »
Le numéro de septembre-octobre du Bulletin of Atomic Scientists publie une interview du directeur général de l’AIEA, le Dr Mohamed ElBaradei. Durant cette interview, il a déclaré : « Nous n’avons pas vu de preuve concrète que Téhéran a un programme d’armement nucléaire en cours. (…) Mais, d’une façon ou d’une autre, de nombreuses personnes parlent de la façon dont le programme nucléaire iranien constitue la pire menace au monde. (…) À maints égards, je pense que cette menace a reçu trop de battage. » Ces déclarations péremptoires et ces propos extrêmement prudents ont été complètement ignorés par le cirque sauvage des médias impérialistes.
De par le monde, les pays impérialistes sont isolés sur cette question. Le 16 septembre 2006, à La Havane, Cuba, les 118 pays membres du Mouvement des pays non alignés ont déclaré lors de leur sommet leur soutien au programme nucléaire civil de l’Iran et la chose a été reprise dans la déclaration écrite clôturant le sommet. Le Mouvement des pays non alignés représente une majorité, parmi les 192 membres de l’ONU.
À nouveau, le 30 juillet 2008, le Mouvement des pays non alignés a favorablement accueilli la poursuite de la coopération de l’Iran avec l’AIEA et a réaffirmé le droit de l’Iran à utiliser les technologies nucléaires à des fins pacifiques. En outre, le Mouvement a prôné l’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient et a requis la création d’un instrument complètement performant, négocié multilatéralement, qui interdise les menaces ou les attaques contre des sites nucléaires destinés à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
En février 2007, abordant le programme nucléaire de l’Iran lors d’une rencontre à Kuala Lumpur, Malaisie, des juristes de 56 pays membres de l’Organisation de la conférence islamique insistaient sur le « plein respect des droits égaux et inaliénables, pour toutes les nations, d’explorer les technologies modernes, y compris l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ».
Les sanctions – Une arme
contre le développement

Les porte-parole iraniens ont fait entendre clairement que l’Iran allait développer ses propres installations pour enrichir de l’uranium destiné à la production d’énergie. Le pays a fait l’objet de toute une série de sanctions particulièrement sévères et de restrictions à l’exportation concernant les technologies du nucléaire pacifique et de toute autre forme de développement. Après des décennies d’accords, de contrats et de traités violés, l’Iran ne peut faire confiance aux États-Unis et à l’Europe pour lui fournir régulièrement du combustible nucléaire destiné à faire fonctionner ses centrales.

Les États-Unis ont fourni de l’aide aux débuts du développement du nucléaire en Iran, au cours des années de la dictature brutale du shah Mohammad Reza Pahlavi. À l’époque, Washington était plus que prêt à accorder la technologie nucléaire à l’Iran. Mais, après que la révolution iranienne de 1979 eut renversé cette dictature imposée par les États-Unis et qu’elle eut réaffirmé le contrôle national des ressources iraniennes en pétrole et en gaz, Washington mit un terme à toute coopération nucléaire. Depuis lors, les États-Unis ont pris toutes les mesures possibles pour contrecarrer, étrangler et renverser le gouvernement iranien.
La dernière discussion entre les États-Unis et l’Europe à propos d’un blocus de l’essence raffinée vers l’Iran n’est que l’exemple le plus récent des efforts en vue de saboter le développement de l’Iran.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a débattu sur les façons de nuire à l’Iran : « Toute une série d’options sont encore disponibles, y compris des sanctions bancaires et, tout particulièrement, des sanctions sur l’équipement et la technologie destinée à ‘leur’ industrie pétrolière et gazière. Je pense qu’il y a une liste assez fournie dans laquelle choisir. » (2)
À plusieurs reprises, Washington a exercé des pressions énormes pour imposer des sanctions économiques par le biais du Conseil de sécurité de l’ONU. Ces sanctions sont une forme d’étranglement, une arme intentionnellement brutale appliquée aux pays en voie de développement. Les sanctions exacerbent les tensions sociales et coupent le soutien au gouvernement visé en créant la ruine économique. Dans une spirale infernale, l’inflation incontrôlée, les pénuries, les queues interminables, le blocage des importations de marchandises de première nécessité et la fermeture des marchés d’exportation ont un impact très sévère sur les secteurs les plus vulnérables de toute société. Les devises perdent toute valeur. Les industries sont obligées de fermer.

Ces cinq dernières décennies, dans un effort d’arracher des concessions, les États-Unis ont appliqué diverses formes de sanctions contre les pays les plus pauvres de la planète. Elles ont touché neuf pays en Afrique, six en Asie, cinq au Moyen-Orient, trois en Amérique latine et trois en Europe.
Le 1er octobre, une rencontre appelée le « 5 + 1 » – réunissant les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que l’Allemagne – est prévue avec l’Iran à propos de son programme nucléaire. Les menaces ressorties lors du sommet G-20 visent à forcer l’Iran à accepter des contrôles extrêmement intrusifs.

Il faut se rappeler qu’en août 1990, les pressions américaines ont contraint le Conseil de sécurité des Nations unies à imposer un blocus total contre l’Irak. Ce blocus s’est traduit par la mort de plus d’un million d’enfants de moins de cinq ans suite aux pénuries désespérées provoquées par ces mesures et à l’apparition de maladies pourtant faciles à prévenir dans des conditions normales. Dans le même temps, une chasse aux armements supposés secrets de destruction massive s’est éternisée pendant treize ans.
En 2003, l’administration Bush a prétendu que l’Irak avait un programme secret d’armes nucléaires en voie d’achèvement et qu’il constituait donc une menace nucléaire imminente. Tout un battage médiatique incontrôlé a prétendu que l’Irak était sur le point de produire des armes nucléaires. Cette crainte des armes de destruction massive, les ADM, est alors devenue la principale justification de l’invasion et de l’occupation américaines.

Tous les rapports de l’AIEA confirmant qu’il n’y avait aucune preuve de l’existence d’un tel programme ont été ignorés. On n’a jamais trouvé la moindre arme de ce genre. Mais, après six années d’occupation américaine, un quart de la population irakienne a perdu la vie, est handicapée ou dispersée en tant que réfugiés et personnes déplacées.
Il faut absolument dénoncer les mensonges de Washington. Il faut défendre et soutenir la souveraineté de l’Iran et son droit à un développement à part entière. 

Source: 

Traduit par Jean-Marie Flémal et révisé par Sophie de Salée pour Investig'Action  

Notes:

1- www.iaea.org

2- bloomberg.com, 27 septembre

Sara Flounders 

9/10

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2306:iran-et-g-20creer-une-crise-pour-masquer-des-divisions&catid=6:articles&Itemid=11


2-4 Ali Larijani: «Nous ne faisons rien d’illégal. C’est de l’iranophobie!».

Ancien négociateur iranien, président du parlement à Téhéran, Ali Larijani était mardi à Genève pour l’assemblée de l’Union interparlementaire.

Entretien serré.
ANDRÉS ALLEMAND AVEC ALAIN JOURDAN | 21.10.2009 | 00:01
Ali Larijana reçoit à Conches, dans la résidence privée de l’ambassadeur d’Iran.

Ancien négociateur nucléaire et président du parlement à Téhéran, il répond sans broncher aux questions les plus insistantes.
Le nucléaire iranien inquiète le monde. S’il est seulement civil, comme vous le prétendez, pourquoi avoir développé secrètement un nouveau site  à Qom?
Mais il n’y a rien là d’illégal! Selon les règles de l’AIEA (ndlr: ’Agence atomique de l’ONU), il nous fallait annoncer son existence 180
jours avant d’y introduire le combustible nucléaire.

Nous l’avons fait bien avant. Si nous avons construit ce site, c’est simplement parce que nous sommes l’objet de menaces israéliennes. Nous disposons maintenant d’installations souterraines, à l’abri de tout danger. Voilà tout.
A mon avis, c’est autre chose qui est en jeu. La propagande américaine cherche à nourrir l’iranophobie dans les médias. Et cela, alors même que le renseignement américain affirme que l’Iran n’a pas pris le chemin du nucléaire militaire. Malgré l’arrivé de Barack Obama à la Maison-Blanche, certains n’ont pas renoncé aux vieilles habitudes…
Tout de même, pourquoi construire ce site souterrain en secret s’il n’y a rien à cacher?
Ecoutez, nous avons été menacés plusieurs fois par les Etats-Unis et par Israël. Il était sage d’avoir un lieu sûr.
Oui, mais pourquoi le secret?
J’insiste: il n’y a rien là d’illégal. Aucun pays n’a l’habitude de révéler l’emplacement de ses sites.
Croyez-vous vraiment que les Etats-Unis donnent ce genre d’information?

Nous respectons la réglementation internationale. L’AIEA va pouvoir visiter les installations.
A Vienne, l’Iran négocie l’enrichissement de son uranium à l’étranger pour le Centre de recherches médicales à Téhéran. Pourquoi vos diplomates refusent-ils que la France participe aux discussions? Est-ce pour que Paris accepte d’échanger le prisonnier iranien Ali Vakili Rad contre la Française Clotilde Reiss?
Non. Rien à voir.
Vous accusez Washington de soutenir le groupe sunnite auteur de l’attentat de dimanche contre les Gardiens de la révolution. Avez-vous des preuves?
Beaucoup. Nous savons que ces terroristes basés au Pakistan ont des liens avec les Etats-Unis.
Plus précisément, de quel genre de soutien parlez-vous?

 Financier?
Militaire?

En tout cas, ce n’est pas qu’un soutien moral! (rire) Les Etats-Unis commettent là une erreur grave. Ils ne connaissent toujours pas la région. Un jour ou l’autre, ces terroristes finiront par se retourner
contre eux.
Pourquoi jugez-vous désastreuse la politique américaine au Proche-Orient?
Obama a fait de beaux discours en Turquie et en Egypte. Il a suscité l’espoir parmi les musulmans. Mais regardez le résultat en Palestine: la colonisation continue, Washington veut que les Palestiniens renoncent à retourner sur leurs terres… et Gaza subit un interminable blocus, alors que l’hiver va commencer!
Trois peines de mort ont été prononcées après les manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle. Cela choque beaucoup en Suisse. La peine capitale fait-elle débat au parlement iranien?
Il y a bien des différences entre le système judiciaire iranien et le suisse. C’est normal. Mais vous savez, pour l’islam, la vie humaine a beaucoup de valeur. Personne n’a le droit de tuer, quelle qu’en soit la raison. Quand quelqu’un est tué injustement, c’est comme si toute l’humanité mourrait. Pour nous, la peine de mort n’est là que pour prévenir les meurtres, pour décourager les meurtriers potentiels. Les trois condamnés en question avaient jeté des grenades et donc menacé des vies. C’est pourquoi, en première instance, ils ont été condamnés à la peine capitale. Mais ils ont plusieurs voies de recours. En fin de compte, je ne pense pas que la sentence sera exécutée

ANDRÉS ALLEMAND AVEC ALAIN JOURDAN |

21.10.2009 |

http://www.tdg.ch/actu/monde/ali-larijani-ne-faisons-rien-illegal-iranophobie-2009-10-20



2-5 Washington frappe le régime iranien via le Jundallah.

Plus d’une trentaine de commandants des Pasdaran (Gardiens de la Révolution) dont le vice commandant des forces terrestres de cette milice et 9 chefs tribaux ont trouvé la mort dans un attentat à l’explosif dans la région de Sistan et Baloutchistan. Le groupe armé du Jundallah dont les membres se réfugient régulièrement au Pakistan a revendiqué l’attentat. Téhéran a accusé les Etats-Unis.

Il y a trois ans, le Jundallah s’était fait connaître par une attaque très meurtrière contre un convoi officiel des Pasdaran dans l’est du pays dans une zone frontalière proche du Pakistan. Le groupe équipé d’armes américaines et de lunettes de vision nocturne a par la suite multiplié les coups de force ou attentats uniquement contre cette milice chargée de la sécurité du régime. Quand on regarde de plus près les dates de ces coups, on s’aperçoit que chacun d’eux est survenu après un rejet par Téhéran de plier au diktat des Etats-Unis. L’élément qui confirme ce lien entre les deux processus est qu’en juillet 2008, quand Téhéran a accepté de rencontrer officiellement un représentant américain à Genève, le Pakistan, allié stratégique des Américains dans la région, a arrêté et livré aux iraniens plusieurs commandants du Jundallah qui vivaient au Pakistan.

A la même époque, le Jundallah n’était pas le seul groupe armé menant des actions contre les Pasdaran grâce à des bases arrière chez un Etat voisin, allié des Etats-Unis. À l’autre extrémité de l’Iran, à l’ouest du pays au Kurdistan iranien, le Pejak basé dans la région autonome du Kurdistan irakien harcelait les troupes des Pasdaran. Quand l’administration Bush a délivré les chefs du Jundallah, elle a aussi envoyé un message aux dirigeants iraniens en stoppant les attaques du Pejak. On était alors à 6 mois de la fin de son mandat et il espérait finir sur une entente irano-américaine dont les enjeux sont l’accès à l’Asie Centrale (lire l’article Attentat au Sistan-Balouchistan en Iran… Un acte de guerre décisif ?)

Washington espère sans doute utiliser l’Iran pour agiter la région musulmane de Xinjiang où repose 144 milliards de barils de pétrole pour priver la Chine de cette réserve. Bush n’a pas réussi à parvenir à cette entente, vitale pour les Etats-Unis, dans les derniers six mois de son mandat, malgré les missions de médiation de ses alliés régionaux. En janvier 2009, il a transmis le bébé à Obama.

Ce dernier est allé plus loin que Bush en classant le Pejak comme une entité terroriste avant de proposer son offre de dialogue sans condition préalable. Téhéran a refusé. L’administration Obama a repris les opérations armées au Kurdistan iranien et au Baloutchistan dès le mois de mars 2009.

Le présent attentat, qui a éliminé le général milicien Shoushtari (photo), le n°2 des forces terrestres des Pasdaran au niveau national ainsi que les membres de son QG régional, les miliciens Mohammad-Zadeh et Moradi, tous en mission spéciale pour encourager la réconciliation entre le régime et les chefs tribaux, se présente comme un avertissement fort au régime de Téhéran. Il est en réalité une déclaration de guerre pure et simple.

21 octobre 2009

http://www.mecanopolis.org/?p=10312&type=1

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=4663


2-6 Israël continue ses activités subversives d’encerclement de l’Iran en Asie Centrale.  

Israël Plante Ses Equipements Militaires High Tech Invasifs en Azerbaïdjan et Un Ex Du Mossad comme Ambassadeur au Turkmenistan

Israël continue son encerclement de l’Iran. Après avoir développé avec le feu vert de Washington ses services paramilitaires et d’espionnage au Kurdistan irakien depuis la première Guerre du Golfe et les avoir renforcé depuis l’invasion en 2003 de l’Irak par l’armée US et leurs alliés, Israël cette fois en installe en Azerbaïdjan et au Turkmenistan suite à une tournée dans la région du ministre des affaires étrangères israélien, le fasciste Avigdor Lieberman.  
 En Azerbaïdjan, la plus importante entreprise électronique de défense israélienne, Elbit Systems, vient d’y ouvrir un bureau. Enregistrée sous le nom « Elbit System of Azerbadjian » Ltd, le 14 Septembre auprès du Ministère de l’Impôt d’Azerbaïdjan, elle est dirigée par Edward Majorovich Chernin.
 Les activités d’Elbit Systems se concentrent principalement sur la conception, le développement la fabrication et l’intégration de systèmes centralisés de réseaux (C4ISR) de commande, contrôle, communication, informatique, espionnage, surveillance, et reconnaissance incluant entre autres des véhicules sans pilote pour des applications pour la défense et la sécurité du territoire.
 Ces principales activités concernent des systèmes intégrés aux avions et hélicoptères, des systèmes montés sur des casques, des systèmes intégrés à l’aviation commerciale, aux véhicules terrestres, aux véhicules aériens sans pilote, des systèmes de commande, contrôle communication et espionnage ( C4I), des systèmes électro-optiques et de contre mesures, des systèmes intégrés à la sécurité du territoire, des systèmes de guerre électronique ( EW) et de signaux d’espionnage(SIGINT) ainsi que d’autres activités commerciales diverses.
 Elbit Systems travaille sur des projets de véhicules aériens sans pilote avec le ministère de l’industrie de la défense d’Azerbaïdjan.
 Source des informations : Rashad Suleymanov , Azeri Press Agency, Turkmenistan, reprises par www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=15544
 Au Turkmenistan, Lieberman vient de nommer comme ambassadeur un ex espion du Mossad, Reuven Dinal. C’est le premier ambassadeur israélien posté dans ce pays d’Asie Centrale, qui partage avec l’Iran des centaines de km de frontières. L’ambassade d’Israël se trouve dans la capitale, Ashgabat, située à 30 km de la frontière iranienne.
 Dinal a été le chef du bureau du Mossad à Moscou mais s’est fait expulsé accusé d’espionnage en 1996. Ses relations dans la région avec Moscou risquent donc d’être tendues car la présence dans les ambassades et autres représentations diplomatiques du régime sioniste d’ex du Mossad dans certains pays est mal vue. Ces ambassades et représentations diplomatiques sont accusées, souvent à juste titre, d’être des nids d’espions sionistes.
 Dans le cas d’Ashgabat, à l’évidence les activités de l’ambassade et de l’ambassadeur israélien seront entièrement consacrées à l’espionnage de l’Iran, et à mettre sur pied des opérations d’agitation au sein de certaines minorités locales frontalières pour déstabiliser l’Iran voire de fournir un appui logistique et financier comme c'est déjà le cas, à l’organisation d’attentats sur le territoire iranien par des groupuscules terroristes comme le groupe Jundallah - également connu sous la dénomination de Mouvement des Peuples résistants d’Iran - PRMI - qui a revendiqué l'attentat deux semaines avant l' élection présidentielle iranienne (28 mai
2009) contre la mosquée chiite Ali Ibn Abitaleb de Zahedan (Iran) qui a fait 25 morts et une centaine de blessés graves.
 Le Jundallah a signé un accord avec la secte des Moudjahidin du Peuple (Mujahedin-e Khalq) basée en France dirigée par les époux Radjavi et qui bénéficie de la protection de SarkoSioniste. Le MEK porté sur la liste noire des organisations terroristes aux US - mais utilisée par la CIA selon ses
besoins- a été retiré de la liste des organisations terroristes de l'UE grâce aux efforts intenses déployés par le sioniste occupant le Quai d'Orsay, Bernard Kouchner.

 


2-6 Ilia Kramnik : Missiles iraniens : s'agit-il d'une menace potentielle ou réelle?

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..
De nouveaux tests de missiles effectués par l'Iran retiennent l'attention des médias du monde entier.

Il est évident que la Iran poursuit de plus belle le perfectionnement de ses missiles.

Quelles sont donc les capacités actuelles des missiles iraniens?
Les exercices militaires du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique "Manoeuvres Grand prophète - IV" ont eu lieu les 27 et 28 septembre en Iran.

Au cours de ces manoeuvres, des officiels ont annoncé les tests de certains modèles de missiles. Selon les médias iraniens, le premier jour, les militaires ont effectué les lancements de missiles balistiques de courte portée Fateh et Tondar et testé les systèmes de lancement de missiles multiples, le deuxième jour, ils ont testé leurs missiles balistiques les plus puissants Shahab-3 et Sejil.
Le missile Sejil suscite de nombreuses questions chez les experts.

Nombre d'entre eux affirment qu'il n'existe pas de projet Sejil et que des missiles Shahab-2 et Shahab-3 sont périodiquement lancés, à des fins de désinformation, sous les noms de Sejil et de Sejil-2.

La portée du missile Shahab-3 lui permet d'atteindre des cibles en Israël, en Asie mineure, dans les Balkans et en Russie. Mais c'est certainement aujourd'hui le plus puissant missile de l'arsenal iranien.
Mais l'arsenal des missiles de la Iran d'Iran ne se borne pas, loin s'en faut, au Shahab-3.

L'Iran dispose d'un arsenal important de missiles de courte portée (jusqu'à 300 km), guidés et non guidés, qui peuvent être utilisés pour atteindre des cibles dans les arrières de l'adversaire et sur le champ de bataille. Plusieurs missiles iraniens non guidés (roquettes) de portée de 30 à 40 km sont employés par les terroristes pour effectuer des tirs sur Israël à partir des territoires voisins.
Des missiles de portée de 300 km et plus sont développés en Iran en utilisant avant tout les technologies du vieux missile soviétique R-17 connu en Occident comme Scud.

Des armes de ce type ont été achetées à un moment donné par l'Iran à la Libye et à la Corée du Nord. Les analogues coréens modernisés du R-17 ont servi de base aux projets technologiques dans le domaine de la construction de missiles balistiques iraniens de moyenne portée.
Le Corps des Gardiens de la Revolution islamique, armée idéologique de l'Iran, a reçu les premiers missiles balistiques en 1985 et, peu après, l'Iran a commencé à pilonner aux missiles des villes irakiennes en réponse aux actions analogues de l'Irak au cours de la guerre irano-irakienne. Les tirs les plus intenses de missiles Scud-B a eu lieu pendant 52 jours de 1988. Ensuite, cette période a été baptisée la "guerre des villes". L'Iran a lancé alors 77 missiles Scud-B contre Bagdad, Mossoul, Kirkuk et Tikrit.
Ensuite, l'Iran a développé, sur la base du Scud, les missiles Shahab-1 et Shahab-2 de portée de 350 et 750 km respectivement et abordé le développement du missile Shahab-3, dont la portée a dépassé 2000 km.
La fusée porteuse Saphir (ambassadeur) utilisée pour mette en orbite le premier satellite artificiel iranien de la terre Omid a été développée sur la base du missile Shahab-3. On estime que l'Iran développe un missile balistique intercontinental dans le cadre de ce projet.
Il faut dire qu'en développant ses missiles, l'Iran recourt souvent à l'assistance technologique étrangère, tout d'abord chinoise et nord-coréenne. En plus des technologies, la Chine fournit à l'Iran des produits finis, entre autres, des missiles CSS-8 (portée d'environ 180 km). Grâce à la Chine, l'Iran a enregistré des succès importants dans le perfectionnement de ses missiles.

Ainsi, la portée du missile opérationnel tactique Nazeat-10 dont dispose le Corps des Gardiens de la Revolution islamique depuis 1996 a été augmentée jusqu'à 300 km (contre 163 autrefois). Le missile modernisé a été baptisé FATEX-110A.
Le programme balistique iranien a été l'une des principales raisons officielles du déploiement du système américain de défense antimissile (ABM). La réalité de la menace d'emploi par l'Iran de ses missiles et le niveau des forces et des moyens indispensable pour parer à une attaque éventuelle sont le sujet principal de la discussion menée depuis des années à propos de l'ABM.
Comme alternative à la troisième zone de positionnement du système d'ABM en Europe, dont le déploiement a été prévu par l'administration Bush, la Russie a maintes fois proposé d'étudier la variante de déploiement de missiles intercepteurs à proximité immédiate des frontières de l'Iran : en Turquie, au Koweït et, éventuellement, en Irak. Cela faciliterait considérablement l'interception des missiles lancés depuis le territoire de l'Iran et ne représenterait pas une menace pour le potentiel des missiles nucléaires de la Russie et pour l'équilibre mondial des forces nucléaires.
Il est à remarquer que la position des Etats-Unis sur la défense antimissile a changé ces derniers temps et l'administration du président Obama prévoit maintenant de déployer en Europe des missiles intercepteurs de stationnement maritime et terrestre qui sont capables de frapper les têtes des missiles de moyenne portée et qui ne représentent pas une menace pour les missiles balistiques intercontinentaux russes.
Cependant, la défense contre les missiles de moyenne portée suscite des préoccupations en Russie : compte tenu des changements éventuels dans la politique iranienne, il n'est pas exclu que les missiles iraniens représentent une menace pour notre pays. Cela étant, le renforcement des forces de la DCA russe et la coopération dans le cadre de l'édification d'un système de sécurité européen unique, y compris la défense antimissile, est probablement la seule issue raisonnable pour toutes les parties concernées.

Ilia Kramnik,

RIA Novosti
9/10

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

Publié le 1er octobre 2009

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Ilia_Kramnik.300909.htm

http://fr.rian.ru/analysis/20090930/123313662.html


2-7 Alain Gresh : La France et l'Iran.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

Une dépêche de l’AFP du 20 octobre, datée de Vienne, indique que Manouchehr Mottaki. le ministre des affaires étrangères iranien a déclaré que son pays « juge inutile la présence de la France à la réunion de Vienne sur la livraison de combustible nucléaire à Téhéran », à laquelle participent également les Etats-Unis et la Russie.

La République islamique a proposé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de solliciter (en son nom) des pays tiers pour la livraison de combustible destiné à son réacteur de recherche de Téhéran.« “L’Agence a contacté quelques pays, et les Etats-Unis et la Russie ont accepté de participer aux négociations pour fournir le combustible”, a déclaré à la presse le ministre iranien.

“Les négociations vont être menées avec ces deux pays en présence de l’Agence. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de combustible et nous n’avons pas besoin de la présence de beaucoup de pays. Il n’y a aucune raison pour la France d’être présente”, a-t-il poursuivi. »

Les discussions ont dû être suspendues quelques heures, mais elles ont finalement repris, avec la présence du représentant de la France.

Comment expliquer cette attitude iranienne ?

Pourquoi la France qui, à un moment, pouvait jouer les intermédiaires avec les pays du Proche-Orient apparaît-elle, incapable de le faire, notamment sur le dossier du nucléaire iranien ?

Pour le comprendre, il suffit de lire la presse française, largement alimentée par l’Elysée et qui se contente souvent de refléter les positions de la présidence de la République et, en partie, celle du ministère des affaires étrangères.

Le lundi 19 octobre, Le Figaro titre en Une, « Nucléaire iranien, le rendez-vous de la dernière chance ». En page 2, un long texte d’Isabelle Lasserre et Delphine Minoui, intitulé, « L’irrésistible marche iranienne vers la bombe » (le titre de l’édition électronique est différent).

Sur la réunion de Vienne, les deux journalistes écrivent : « À Paris, dans les couloirs des cabinets ministériels, on reconnaît pourtant que les jeux sont loin d’être faits. D’abord, parce que “la principale exigence des Six reste le gel du programme nucléaire, et que, sur ce point primordial, Téhéran n’a toujours pas répondu”, précise le même diplomate. Ensuite, parce que les Européens négocient sans relâche avec l’Iran depuis six ans et qu’aucune de leur offre n’a jamais été acceptée par Téhéran. Pourquoi le régime, qui s’est encore durci depuis, dérogerait-il cette fois à la règle ?

D’autant plus que la dissimulation de ses installations nucléaires pendant 18 ans - avant la révélation, en 2003, de l’existence du site d’enrichissement de Natanz - a, depuis longtemps, altéré la confiance. »

Ce que les journalistes oublient de dire c’est qu’un accord partiel avait été trouvé en 2004, que l’Iran avait suspendu l’enrichissement d’uranium et accepté des inspections renforcées.

L’échec des ces tentatives de règlement doit beaucoup à l’administration Bush (lire « Comptes à rebours en Iran » et le numéro de Manière de Voir, « Tempêtes sur l’Iran »).

Et on a assisté aussi, non seulement à un durcissement de la position iranienne depuis 2005, mais aussi à celle de la France, qui s’est alignée sur les positions néoconservatrices américaines durant les deux dernières années du mandat de Jacques Chirac (Lire « Improbable alliance entre Paris et Washington »).

Une orientation accentuée par Nicolas Sarkozy et le groupe de penseurs qui décident de cette politique, notamment Thérèse Delpech que citent Isabelle Lasserre et Delphine Minoui dans leur article du Figaro et qui, comme le président Sarkozy, s’inquiète de la nouvelle politique de Barack Obama : « Ce qui manque à l’Amérique, ce ne sont pas les bonnes intentions, elle en a à revendre, c’est la capacité de résoudre les crises. Elles sont trop nombreuses au Moyen-Orient, en Extrême-Orient, en Asie centrale, pour se contenter de discours. »

On peut remarquer que seule la France (et sa presse) semble indiquer qu’il y a un délai pour les négociations, que celles-ci devraient être terminées avant la fin de l’année. Washington se garde de lancer un tel ultimatum.

Dans un article du Monde, « Grandes manoeuvres autour de l’atome iranien » (17 octobre), Natalie Nougayrède, qui reproduit régulièrement le point de vue officiel français, écrit : « La diplomatie française estime en outre que les discussions sur le scénario d’évacuation d’uranium ne doivent en rien effacer, ni faire passer au second plan, les demandes faites à l’Iran dans le cadre des résolutions successives du Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit de l’obligation qu’a Téhéran de “rétablir la confiance” sur les intentions prétendument pacifiques de son programme nucléaire, en suspendant les activités d’enrichissement d’uranium et en faisant toute la lumière sur ses travaux scientifiques.

Les responsables français ont le sentiment que l’administration Obama s’est aventurée sur un terrain glissant en élaborant un scénario qui valide potentiellement les activités iraniennes d’enrichissement d’uranium et ouvre la voie à de nouvelles manoeuvres dilatoires de Téhéran. Jusqu’où les réticences françaises s’exprimeront-elles ? Officiellement, Paris joue le jeu et se dit prêt à fournir l’Iran en combustible pour le réacteur de Téhéran si un accord solide est trouvé. Mais l’implication des Français dans le circuit technologique leur fournit un verrou, dont ils pourraient faire usage s’ils jugent que les bonnes conditions ne sont pas réunies. »

Manque de chances, l’Iran ne veut pas de la France...

Le radicalisme du président de la République suscite quelques remous, non seulement au sein de la direction Afrique du Nord-Moyen-Orient considérée comme un bastion des « arabistes », mais même chez Bernard Kouchner, peu suspect de sympathies pour le régime iranien.

Comme le rappelle Vincent Jauvert, dans « Feu sur Kouchner !, », Le Nouvel Observateur, 1er octobre : « Il n’y a guère de précédents dans l’histoire de la Ve République. Lundi matin, sur France-Inter, le ministre des Affaires étrangères a confirmé publiquement qu’il n’était pas d’accord avec le président sur le dossier diplomatique jugé essentiel par l’Elysée : l’Iran. Le différend est stratégique. Nicolas Sarkozy a adopté la vision des “faucons” américains et des dirigeants actuels d’Israël. Au cas où Téhéran refuserait de coopérer pleinement avec l’AIEA, il veut des sanctions qui fassent mal aux leaders iraniens mais aussi à leur peuple. Il souhaite donc que la communauté internationale impose un embargo sur le carburant à destination de l’Iran (qui produit beaucoup de pétrole mais en raffine trop peu pour sa consommation intérieure). »

On ne s’étonnera donc pas de voir les faucons américains utiliser l’attitude du président Sarkozy contre Obama. Ainsi, Charles Krauthammer, dans The Washington Post du 2 octobre, « Obama’s French Lesson ». Sarkozy, selon lui, « ne peut cacher son étonnement devant la naïveté d’Obama ».

En revanche, si on en croit Samy Cohen, dans une tribune du Monde (20 octobre 2009), « Le dilemme d’Israël face à l’Iran », un fort débat agite les responsables à Tel-Aviv :

« Depuis longtemps deux écoles s’affrontent. L’une croit en la volonté du régime iranien de détruire Israël. Le cocktail de fondamentalisme religieux, de possession de l’arme atomique et de politique d’hostilité affichée à l’encontre d’Israël rend, aux yeux de cette première école, la “menace iranienne” particulièrement préoccupante.

Mais cette vision est de plus en plus battue en brèche dans les milieux plus “rationnels” de l’expertise stratégique. S’ils sont sensibles au discours hostile et négationniste d’un Mahmoud Ahmadinejad, ils ne croient guère que l’Iran représente une “menace existentielle” pour Israël. Et ils n’hésitent pas à critiquer le discours officiel. Ils y voient une “construction” politique “contre-productive” qui inquiète les Israéliens au lieu de les rassurer. Le ministre de la défense, Ehud Barak, qui représente bien cette évolution de la pensée stratégique, a pris ses distances avec le ton alarmiste du premier ministre : “L’Iran ne constitue pas une menace pour l’existence d’Israël”, a-t-il affirmé à la mi-septembre.

De fait, la plupart des experts en Israël ne croient pas que l’Iran prendra le risque de se faire détruire par une attaque nucléaire israélienne de “seconde frappe”, sachant qu’Israël a les moyens de la déclencher, notamment grâce à ses sous-marins lanceurs de missiles de croisière. L’Iran est pour eux un pays qui “monte en puissance” et voit son influence s’accroître régulièrement au Proche-Orient.

Il est peu probable que ses dirigeants veuillent enrayer cette dynamique. Les Iraniens, disent-ils, sont un peuple “intelligent” et “rationnel” qui a avancé ses pions de manière savamment calculée sur la scène internationale.

Ce pays s’inquiète moins de l’arme nucléaire israélienne que de son voisinage à l’est, avec des puissances nucléaires telles que le Pakistan, l’Inde et la Chine.

Ses dirigeants craignent davantage un Pakistan aux mains des talibans que l’“Etat sioniste” abhorré. »

Bientôt, Nicolas Sarkozy et Thérèse Delpech (auxquels on peut ajouter quelques nostalgiques de l’ère de George W. Bush), seront-ils les derniers adeptes d’une politique agressive à l’égard de l’Iran ?
Alain Gresh

Source : Les blogs du Diplo

Mardi 20 octobre 2009

http://blog.mondediplo.net/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Alain_Gresh.201009.htm


Commentaires

très bon article!!!

Écrit par : emule | 26/12/2009

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