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28/10/2009

N°489 - 'Tiré à part' Palestine & rapport Goldstone. - 27-10 : Suite - Moyen-Orient : la stratégie américaine en proie au doute face à la perte de popularité d’Abbas.


N°489  - 'Tiré à part'  Palestine & rapport Goldstone. - 27-10 : Suite - Moyen-Orient : la stratégie américaine en proie au doute face à la perte de popularité d’Abbas.


       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



‘Tiré à part’   

Palestine & rapport Goldstone.

N°489                                                     27-10

                                                C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

3 Dossier

3-1 Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu condamne Israël.

3-2 Paul Craig Roberts : Israël et le rapport Goldstone.

3-3 Amira Hass : La soumission chronique de Mahmoud Abbas.  

3-4 IRIB : Abbas, le bras exécuteur des plans d’Israël.

3-5 Hassan Moali : Rapport Goldstone : La ligue arabe et le Qatar dénoncent la manœuvre en faveur d’Israël.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 Le Hamas : «Nous sommes l’autorité légale».

4-2 Gaza et Israël : Navi Pillay appelle à mettre fin à l'impunité.



3 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

3-1 Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu condamne Israël.

Le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'Onu a repris vendredi à son compte le rapport de la commission d'enquête indépendante conduite par Richard Goldstone, qui fait état de crimes de guerre commis par Israël et le Hamas lors de leur conflit de l'hiver dernier à Gaza.

Au terme d'une session extraordinaire de deux jours, 25 des 47 membres de l'instance onusienne basée à Genève ont adopté une résolution endossant ce document et condamnant le seul Etat juif pour son refus de collaborer à l'enquête ainsi que pour la poursuite de son occupation et le blocus de Gaza.

Nommé en avril par le président du CDH, le Nigérian Martin Ihoeghian, Richard Goldstone est un magistrat juif sud-africain qui fut membre de la Cour constitutionnelle de son pays et procureur en chef du Tribunal pénal international sur le Rwanda ainsi que recteur de l'université hébraïque de Jérusalem.

Son rapport de 575 pages invite le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) si Israël et le Hamas ne mènent pas dans les six mois des investigations crédibles pour châtier leurs combattant s'étant rendus coupables d'exactions.

Mais la résolution adopté par le CDH, contre l'avis des Etats-Unis et de cinq autres pays - la Grande-Bretagne et la France ne prenant pas part au vote -, se borne à soumettre le rapport à l'Assemblée générale et à requérir du secrétaire général de l'Onu un compte rendu sur la mise en oeuvre de ses recommandations.

Le gouvernement israélien, qui rejette en bloc le rapport Goldstone, qualifié d'absurde il y a quelques jours par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a réagi en estimant que "cette résolution encourage les organisations terroristes à travers le monde et sape une paix mondiale".

TEXTE D'INSPIRATION PALESTINIENNE

La résolution a été rédigée par l'Autorité palestinienne sous le parrainage de l'Egypte pour les Non-alignés, du Nigeria, pour l'Afrique, du Pakistan pour l'Organisation de la conférence islamique et de la Tunisie pour la Ligue arabe.

Pour Nabil Aboud Rdaïnah, collaborateur du président palestinien Mahmoud Abbas, la communauté internationale a le devoir de faire en sorte que le vote intervenu à Genève établisse "un précédent qui assurera la protection du peuple palestinien contre toute agression".

Au début du mois, le président palestinien Mahmoud Abbas avait accepté, sous la pression de Washington, le report au mois de mars d'un premier projet de résolution, plus radical, condamnant Israël pour son absence de coopération et saisissant le Conseil de sécurité du rapport Goldstone.

Vilipendé par le Hamas pour "trahison" et critiqué dans son propre camp pour son "erreur politique", Abbas a aussitôt fait machine arrière et demandé une réunion extraordinaire du Conseil sur les territoires occupés d'une façon générale.

A l'ouverture de cette session, jeudi, Navi Pillay, haut commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, s'est prononcée pour des "investigations impartiales, indépendantes, rapides et efficaces" au sujet des violations des droits de l'homme et du droit humanitaire.

Elle s'est également dite préoccupée par les restrictions d'accès aux lieux saints musulmans de Jérusalem et par la poursuite du blocus de Gaza, deux préoccupations qui sont reprises, ainsi qu'une série de griefs rituels contre Israël, dans la résolution adoptée vendredi .

Taher al Nono, porte-parole du Hamas, a remercié vendredi les "pays amis" qui ont voté à Genève en faveur du rapport Goldstone et assuré que son mouvement en étudierait les recommandations. Il n'a soufflé mot des accusations portées contre ce dernier dans le document.

16/10

http://fr.news.yahoo.com/4/20091016/twl-po-gaza-israel-onu-38cfb6d_2.html


3-2 Paul Craig Roberts : Israël et le rapport Goldstone.

important

Pour tout le monde, le deux poids deux mesures dans lequel opère le gouvernement israélien, ça suffit ! sauf pour les Américains au cerveau reconditionné.

Même le très israélien Jerusalem Post peut trouver du deux poids deux mesures dans :

« Tout Israël parle maintenant d’une seule voix contre le rapport Goldstone » :

« C’est le concept israélien pour un accord équitable : nous avons le droit de faire vivre l’enfer aux Palestiniens comme on le veut parce que, par définition, tout ce que nous leur faisons, c’est pour nous défendre. Eux, cependant, n’ont pas le droit de lever le petit doigt contre nous parce que, par définition, tout ce qu’ils nous font, c’est du terrorisme.

« Cela a toujours été comme cela et c’est comme cela qu’il y a eu l’opération Plomb durci.

« Et il n’y a aucune limite à notre droit à nous défendre. Il n’y a là rien de "disproportionné".

« Nous pouvons détruire délibérément des milliers de maisons de Gaza, le parlement de Gaza, le ministère de la Justice, le ministère de l’Intérieur, les sièges des tribunaux, l’unique meunerie de Gaza, le plus important élevage de volailles, une usine de traitement des eaux usées, les puits d’eau de source et Dieu sait quoi encore.

« Délibérément.

« Pourquoi ? Parce que nous sommes mieux qu’eux.

Parce que nous sommes une démocratie et qu’ils ne sont qu’une bande d’islamo-fascistes. Parce que nous avons une culture de la vie et eux une culture de la mort. Parce qu’ils sont décidés à nous anéantir et nous, tout ce que nous disons, c’est qu’il faut donner une chance à la paix.

« Les Goldstone du monde appellent cela de l’hypocrisie, un deux poids deux mesures.

Comment osent-ils ! Partout ici, nous appelons cela de la clarté morale. »

On ne lirait jamais un tel article dans le New York Times ou le Washington Post, ou on ne l’entendrait jamais de n’importe quelle source d’informations aux Etats-Unis.

Contrairement aux journaux israéliens, les médias US sont un véritable porte-parole pour le lobby israélien. Jamais la moindre critique.

Cela va même être davantage le cas maintenant que le lobby pro Israël, après des années d’efforts, a réussi à faire abroger le Cinquième amendement en faisant annexer un projet de loi sur le Crime de haine au projet de loi sur les crédits militaires qui a été voté récemment. C’est ainsi que le syllogisme fonctionne : critiquer Israël c’est être antisémite. Or, l’antisémitisme est un crime de haine. Donc, critiquer Israël est un crime de haine.

Comme l’indique le Jerusalem Post, ce syllogisme est de la « clarté morale ».

L’ambassadeur britannique aux Nations unies, John Sawers, est entré dans l’arène du crime de haine quand il a déclaré à la radio de l’armée israélienne que le rapport Goldstone sur l’agression militaire d’Israël contre Gaza contenait « certains détails très graves sur lesquels il fallait enquêter. »

D’ici un an, quand la Ligue anti-diffamation aura sa phalange de procureurs en place au Département de la justice US (sic), Sawers sera interpellé et traduit en justice.

L’immunité diplomatique ne signifie rien pour les Etats-Unis, ils envahissent régulièrement d’autres pays, exécutent leurs dirigeants ou les envoient à La Haye pour être jugés comme criminels de guerre.

Dans le même temps, cependant, le gouvernement israélien a fait savoir à Sawers et au gouvernement britannique qu’un soutien britannique au rapport Goldstone aurait pour conséquence la fin d’un deux poids deux mesures qui protège l’Occident et Israël, et créerait un précédent qui placerait les Britanniques sur le banc des accusés pour crimes de guerre en Iraq et en Afghanistan.

« Londres, » a déclaré le gouvernement israélien, « pourrait se retrouver avec les menottes s’il soutient le document (le rapport Goldstone). »

Une fois que le crime de haine sera passé au Journal officiel et entrera en vigueur, les « juifs qui ont la haine d’eux-mêmes », tels que les dirigeants du mouvement de la paix israélien et les journalistes d’Ha’aretz et du Jerusalem Post, ces juifs pourront s’attendre à être inculpés pour crimes de haine antisémite devant les tribunaux des Etats-Unis.
Paul Craig Roberts

Vendredi 16 Octobre 2009

Paul Craig Roberts a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan.

Il est co-auteur de The Tyranny of Good Intentions.

On peut le joindre à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com.

En politique extérieure, ses conviction sont à l’opposée de celles des néoconservateurs.

Il s’est montré favorable aux thèses conspirationnistes à propos des attentats du 11 septembre 2001, a marqué son opposition à la guerre en Irak, et a appelé les élus du Congrès à voter la mise en accusation de George W. Bush. Il est également très critique envers la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. (Wikipédia).
Counterpunch

Traduction : JPP
http://www.info-palestine.net/

http://www.alterinfo.net/Les-criminels-de-guerre-deviennent-les-arbitres-de-la-loi_a38048.html


3-3 Amira Hass : La soumission chronique de Mahmoud Abbas.  

Ceci n’est pas une bévue isolée, mais une situation qui perdure depuis que la direction de l’OLP a concocté, en collaboration avec les naïfs Norvégiens et les retors avocats israéliens, les Accords d’Oslo.

En un seul coup de téléphone à son représentant à Genève, Mahmoud Abbas a montré son mépris de l’action populaire, et son manque de confiance dans le pouvoir qu’il a accumulé et dans la place des mouvements de masse dans le processus de changement.

Pendant neuf mois, des milliers de personnes - des Palestiniens, leurs sympathisants étrangers et des militants anti-occupation israéliens - en ont bavé pour s’assurer que les suites de l’offensive militaire d’Israël contre Gaza ne seront pas jetées à la poubelle à ordures des nations occupantes obsédées par leurs sentiments de supériorité.

Merci au rapport Goldstone : même en Israël des voix commencent à bégayer que peut-être il faudrait une enquête indépendante sur l’agression. Mais peu après qu’Abbas ait rendu visite jeudi au consul général états-unien, le dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) prenait son téléphone pour donner des instructions à son représentant au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, pour qu’il demande aux autres membres du Conseil de reporter le vote sur l’adoption des conclusions du rapport.

D’après Abbas, son revirement serait dû à une forte pression américaine et à la reprise des négociations de paix. Le porte-parole palestinien s’est quelque peu affolé en donnant différentes versions pour essayer de faire passer ce revirement, expliquant que ce n’était pas une annulation que voulait Abbas mais un report de six mois.

Est-ce que les représentants états-uniens et européens à Genève approuvent l’adoption de ce report de six mois ? Est-ce qu’Israël va, dans les mois à venir, tenir compte du droit international, arrêter les constructions dans les colonies et annoncer des négociations immédiates sur leur démantèlement et la création d’un Etat palestinien sur les Territoires occupés ? Est-ce cela qu’une adoption du rapport aurait mis en danger ? Evidemment non !

Beaucoup d’une folie politique et du manque de perspicacité a été mis à nu avec ce coup de téléphone, à la veille de la célébration par le Hamas de sa victoire après avoir obtenu la libération de 20 prisonnières. C’est précisément ce jour-là qu’Abbas a mis Gaza à la une des journaux, étalant le défaitisme de l’OLP et crachant à la figure des victimes de l’agression ; c’est comme cela qu’ils l’ont ressenti, à Gaza et ailleurs.

Abbas a apporté effectivement la confirmation que le Hamas est la véritable direction nationale, et il a fourni des armes à tous ceux qui prétendent que la voie choisie par le Hamas - celle de la lutte armée - donnait des résultats que les négociations n’arrivaient pas à obtenir.

Ceci n’est pas une bévue isolée, mais une situation qui perdure depuis que la direction de l’OLP a concocté, en collaboration avec les naïfs Norvégiens et les retors avocats israéliens, les Accords d’Oslo. Le mépris et le manque d’intérêt à l’égard de la connaissance et de l’expérience accumulées par les habitants des Territoires occupés dans leur longue lutte populaire ont conduit à des premières erreurs : en ne faisant pas une déclaration explicite disant que l’objectif était de créer un Etat à l’intérieur de frontières définies, en n’insistant pas sur le gel des constructions dans les colonies, en oubliant les prisonniers, en approuvant un arrangement sur la zone C, etc.

Une soumission chronique est toujours expliquée par un désir de « faire des progrès ». Mais pour l’OLP et le Fatah, faire un progrès c’est maintenir l’existence même de l’Autorité palestinienne, une Autorité qui fonctionne aujourd’hui plus que jamais comme un sous-traitant des forces de défenses israéliennes, des services de sécurité du Shin Bet et de l’Administration civile.

C’est une direction qui s’est convaincue que la lutte armée ne pouvait - face à la supériorité militaire israélienne certainement - donner l’indépendance. Et effectivement, les répercussions désastreuses de la Seconde Intifada confirment cette position. C’est une direction qui croit dans la négociation comme voie stratégique pour obtenir un Etat et une intégration dans le monde que les Etats-Unis sont en train de mettre en forme.

Mais dans un tel monde, il y a des profits personnels qui s’accumulent à partir d’une soumission chronique ; des avantages dont profitent les dirigeants et leur entourage immédiat. C’est ce profit personnel qui façonne la tactique.

N’est-ce vraiment qu’un choix entre négociations et théâtre de la lutte armée, comme le prétend la direction palestinienne ? Non.

Le vrai choix est entre négocier dans le cadre d’une lutte populaire ancrée dans la langue d’une culture universelle et d’une égalité des droits, et négocier entre associés en affaires avec un associé débutant qui exprime docilement sa gratitude envers l’associé aguerri pour sa générosité.

Amira Hass
Ha’aretz

 7 Octobre

http://www.alterinfo.net/La-soumission-chronique-de-Mahmoud-Abbas_a37682.html


3-4 IRIB : Abbas, le bras exécuteur des plans d’Israël.

Le chef du centre des recherches de la Palestine a qualifié Mahmoud Abbas d'exécuteur des plans du régime sioniste. Walid Mohammad Ali en évoquant la demande de Mahmoud Abbas pour le report de l'examen du rapport Goldstone sur les crimes du régime sioniste dans la Bande de Gaza et son laxisme vis-à-vis de ces crimes, rappelle que le président de l'Autorité autonome n'a laissé aucun doute sur sa mission qui consiste à coopérer avec l'ennemi sioniste car tout ce qu'il fait, prolonge les intérêts des occupants de la sainte Qods. Le rapport Goldstone a été envoyé fin de la semaine dernière au Conseil des droits de l'Homme à Genève sous les pressions de l'opinion publique et des Palestiniens et malgré le vote négatif des 6 pays occidentaux protecteurs du régime de Tel-Aviv, ce Conseil a validé le rapport par une résolution et l'a préparé pour l'envoyer au Conseil de sécurité de l'ONU. La commission d'enquête de l'ONU dirigée par le juge sud-africain juif Richard Goldstone annonce, dans son rapport, basé sur des centaines de documents indéniables, que le régime usurpateur, lors de l'offensive de 22 jours contre la Bande de Gaza, a commis des crimes de guerre et contre l'Humanité. Walid Mohammad Ali a ajouté que Mahmoud Abbas cherchait à éclipser les crimes des sionistes contre les habitants de la Bande de Gaza en demandant le report de l'examen du rapport Goldstone mais il a échoué. En même temps, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien a demandé au chef de l'Autorité autonome d'exhorter les Palestiniens à faire un compromis avec ce régime ou à se plier devant les demandes d'Israël. Talal Nassar, membre du bureau politique du Hamas a déclaré que les démarches de Mahmoud Abbas contre les Palestiniens ont encouragé les sionistes de poursuivre en toute impunité, leurs crimes contre les Palestiniens. Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a déclaré pour sa part que Mahmoud Abbas est exposé aux affres d'une véritable crise, en raison de sa coopération avec le régime sioniste pendant la guerre de 22 jours contre la Bande de Gaza. Mahmoud Abbas a avoué vendredi, que certaines parties internationales lui avaient demandaient de s'abstenir de signer l'accord de la réconciliation nationale inter-palestinien et empêcher son application. Le changement de certains articles du dit accord et la coopération de Mahmoud Abbas avec l'Egypte pour l'annulation des ailes militaires des groupes de la Résistance palestiniennes, figurent parmi tant d'autres des démarches anti-palestiniennes de Mahmoud Abbas

IRIB

24 Octobre 2009

http://french.irib.ir/index.php?option=com_content&task=view&id=26590&Itemid=0


3-5 Hassan Moali : Rapport Goldstone : La ligue arabe et le Qatar dénoncent la manœuvre en faveur d’Israël.

Pleins feux sur l’Autorité palestinienne

L’ajournement à mars 2010 de l’examen du rapport Goldstone sur les crimes de guerre d’Israël lors de sa guerre contre Ghaza, à la demande du délégué palestinien au conseil des droits de l’homme de l’ONU a mis l’autorité de Mahmoud Abbas dans de sales draps.

En effet pour une fois que l’Etat hébreu était mis en demeure de répondre de ses actes, il a bénéficié contre toute attente d’une planche de salut tendue par… l’Autorité palestinienne ! En effet et contrairement aux déclarations de son représentant à l’assemblée générale du conseil à Genève, c’est lui-même qui a demandé le report de l’examen du rapport Goldstone et non pas le groupe arabe et musulman. Le délégué de Mahmoud Abbas aurait ainsi cédé aux pressions des Américains qui ne voulaient pas que leurs « poulains » israéliens soient accusés de crimes de guerre. L’Etat hébreu s’en était donc sorti indemne de toute condamnation avec, ironie de l’histoire, la bénédiction du représentant du peuple qu’il a pulvérisé avec ses bombes phosphoriques ! Et c’est fort logiquement que les autres factions palestiniennes ont dénoncé ce qu’elles en appellent la « haute trahison ». Pour le Hamas, le FPLP et le FDLP, l’Autorité palestinienne a « vendu la cause ». Même au sein d u propre camp de Mahmoud Abbas, le report a eu l’effet d’une bombe. 

Un ministre indigné, a même démissionné de son poste en signe de protestation. Hier, c’était le tour du pourtant très « égyptien » Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, de réitérer sa « vive indignation » de la demande du report du vote sur le rapport Goldstone sur les crimes de guerre perpétrés lors des agressions israéliennes contre Ghaza. 

Feuille de route, feuille de vigne…

Dans des déclarations à la presse publiées hier au Caire, M. Moussa s’est dit « profondément indigné » de cette attitude mettant en garde contre les répercussions négatives d’une telle décision à long terme. Cette décision prise à Genève « est d’une grande gravité et tout à fait négative », a martelé M. Moussa ajoutant qu’il était « inconcevable qu’un rapport demandé par l’ONU soit établi après une enquête sur les crimes commis contre la population en Palestine, particulièrement à Ghaza et qu’il soit toujours en suspens ». « La construction des colonies se poursuit alors que le rapport Goldstone est mis à l’écart sans qu’il y ait une position arabe commune », s’est interrogé M. Moussa qui s’est félicité du rapport, d’autant que « l’absence de justice sape tout espoir de relance du processus de paix ». De son côté, l’Etat du Qatar, qui continue de casser l’unanimisme arabe, a mis les pieds dans le plat en déclarant hier que c’est l’Autorité palestinienne et non les pays arabes et islamiques, qui avait demandé le report du vote sur le rapport de l’ONU fustigeant l’attitude d’Israël pendant la guerre de Ghaza. « Le délégué palestinien a demandé le report de l’examen du rapport au cours de la réunion le 2 octobre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et a informé tous les participants de sa demande », a déclaré le directeur du bureau des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères, cheikh Khaled Ben Jassem Al Thani.

« Nous ne serons pas plus royalistes que le roi, puisque les Palestiniens ont eux-mêmes demandé le report », a ajouté le responsable qatari dans des déclarations à la chaîne satellitaire Al-Jazira. Cheikh Khaled a démenti que la demande de report ait été formulée à la demande du groupe arabe et islamique à l’Onu, comme l’avait annoncé l’Autorité palestinienne. Il a estimé que « le vote aurait pu avoir lieu et je crois qu’une bonne occasion (de condamner Israël) a été perdue et pourrait ne pas se renouveler ». Ce feu nourri contre l’Autorité palestinienne coupable d’avoir « sauvé » Israël d’une condamnation, intervient au moment où l’armée d’occupation poursuivait hier le bouclage de la mosquée El Aqsa, à El Qods, dans le cadre de la politique israélienne de répression dans les territoires palestiniens occupés. Selon des agences de presse, qui citent des témoins, des milliers de policiers israéliens ont été déployés pour la deuxième journée consécutive autour de la mosquée El Aqsa, dans la partie orientale d’El Qods. C’est là la première « récompense » d’Israël à Mahmoud Abbas qui semble obéir une autre feuille de route que celle qui vise à prendre Israël en flagrant délit de crime de guerre.

Hassan Moali

7/10 

Source : El Watan

http://www.elwatan.com/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Hassan_Moali.071009.htm 



Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

4-1 Le Hamas : «Nous sommes l’autorité légale».

Extrait

Interview

«Libération» a rencontré Mahmoud al-Zahar, haut responsable du mouvement palestinien.

Par CHRISTOPHE AYAD envoyé spécial à Gaza

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a ouvert jeudi une session extraordinaire destinée à adopter le rapport Goldstone sur l’invasion sioniste de l'hiver dernier à Gaza.

Mahmoud al-Zahar est le ministre des Affaires étrangères du gouvernement du Hamas, qui dirige la bande de Gaza.

Membre du bureau politique et parmi les dirigeants les plus influents du parti islamiste, il est considéré comme un «faucon».

Alors que le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU examinaient hier le rapport Goldstone, il revient sur la controverse qu’a occasionnée ce texte côté palestinien.

Pour Libération, il s’explique aussi sur les relations avec Israël, le sort du soldat franco-israélien Gilad Shalit (détenu à Gaza depuis juin 2006), l’administration Obama et la réconciliation entre le Hamas et le Fatah.

Comment réagissez-vous au rapport Goldstone ?

C’est un texte très important, qui dépasse largement les suites qui seront données au niveau des Nations unies. Mais nous ne sommes pas d’accord avec les accusations qui concernent le Hamas. Le rapport accuse le Hamas d’avoir utilisé des civils [palestiniens] comme boucliers humains et d’avoir visé des civils [israéliens]. Or tout le monde sait que lorsque l’armée israélienne a attaqué des hôpitaux ou des écoles, on n’a retrouvé aucun combattant du Hamas parmi les victimes. Quant aux attaques visant Israël, aucun civil [israélien] n’a été tué pendant la guerre.

Le point positif de ce rapport, c’est qu’il donne aux familles de Gaza - comme la famille Samouni, qui a perdu 18 de ses membres - une base pour poursuivre en justice les responsables israéliens devant les justices française, britannique ou suisse.

Comment réagissez-vous à la décision initiale de Mahmoud Abbas de reporter à mars 2010 l’examen du rapport Goldstone à l’ONU ?

Nous sommes fâchés de cette décision. Abou Mazen [le nom de guerre de Mahmoud Abbas, ndlr] s’est rendu coupable de deux crimes. D’abord, il a encouragé l’agression israélienne : ce sont les Israéliens eux-mêmes qui le disent et jamais le Fatah n’a démenti. Ensuite, il a empêché la communauté internationale de prendre connaissance du rapport et de poursuivre les criminels. Comment qualifier cela ? Comment voulez-vous que les gens qui ont perdu leurs proches, leurs maisons, leurs hôpitaux, leurs écoles réagissent ? Le peuple palestinien est en colère, pas seulement le Hamas. Tous les responsables du Fatah reconnaissent que cette décision était une erreur, tous sauf Abou Mazen, qui ne veut pas s’excuser et continue d’insulter le Hamas.

N’a-t il pas fini par changer d’avis ?

Oui, mais nous avons de grands doutes. C’est peut-être un piège. Il compte sur un échec à l’ONU afin de pouvoir dire aux gens : «Vous voyez bien, j’avais raison de ne pas demander que le rapport Goldstone soit présenté.»

Cette controverse est-elle la seule raison de la demande par le Hamas de reporter la signature de l’accord de réconciliation interpalestinien, prévue le 25 octobre au Caire ?

Il n’y a pas de report. Le Hamas a donné son accord pour une signature le 25 octobre, il signera. Mais il faut faire la part des choses. Signer un document d’entente n’est pas difficile. Une vraie réconciliation, elle, nécessite une atmosphère appropriée. Et là, ce n’est pas le moment. Nous considérons que l’autre partie a participé à l’agression contre le peuple palestinien.

Vos relations avec l’Autorité palestinienne peuvent-elles s’améliorer ?

Qu’entendez-vous par l’Autorité palestinienne ?

L’Autorité, c’est la présidence, le Conseil législatif et le gouvernement.

Le terme du mandat d’Abou Mazen est passé depuis janvier : il n’est donc plus président d’après notre Loi fondamentale. Le Hamas détient la majorité au Conseil législatif et dirige le gouvernement. Nous sommes donc l’autorité légale.

Quels sont les obstacles à une réconciliation avec le Fatah ?

Essentiellement, l’absence de volonté politique du Fatah. L’année dernière, j’ai fait six rounds de négociations, d’une semaine chacun, avec eux. A la fin, je leur ai dit : «Vous ne voulez pas d’une réconciliation, vous faites traîner, vous vous tirez dans les pattes ; quand vous serez prêts, appelez-nous.» C’était il y a un an.

Mais maintenant, pourquoi sont-ils si pressés de signer ?

Parce qu’ils pensent que c’est la bouée de sauvetage qui les sortira du pétrin dans lequel ils se sont mis avec le rapport Goldstone.

Le mandat du Conseil législatif arrive à son terme en 2010. Des élections auront-elles lieu ?

Nous ferons de notre mieux, mais j’en doute fort. Abou Mazen dit qu’il veut aller aux élections. Mais la dernière fois [en 2006, ndlr], il a refusé les résultats, tout comme Israël, les Américains, certains pays européens et arabes. Que va-t-il se passer s’il perd à nouveau ? Cette fois-ci, il croit qu’il peut gagner en trichant et avec l’aide d’Israël. Mais si cela se passe ainsi, ce seront les dernières élections de l’histoire palestinienne.

Le blocus israélien se poursuit et pourtant le Hamas ne tire plus de roquettes vers Israël. Pourquoi ?

Nous avons trouvé de nouvelles voies [les tunnels, ndlr] pour alléger nos souffrances et faire entrer des médicaments, de la nourriture, de l’essence. Ce n’est pas l’idéal, mais nous n’avons pas le choix. En outre, notre projet est de libérer la Palestine. Or il n’y a plus un seul Israélien à Gaza. Maintenant, c’est au tour de la Cisjordanie d’être libérée de l’occupation, mais qui nous en empêche ? Abou Mazen !

Qu’attendez-vous de l’administration Obama ?

Si nous avions attendu quoi que ce soit d’une administration américaine, nous aurions participé depuis longtemps au processus de paix. Nous avons aujourd’hui des preuves innombrables qu’on ne peut rien attendre de l’administration Obama. Ce n’est pas un problème de volonté personnelle, c’est le système du pouvoir américain et l’impact des lobbys qui veulent ça.

En juin, le chef du Hamas exilé en Syrie, Khaled Mechaal, se disait prêt à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967 et une trêve de dix ans avec Israël. Aujourd’hui, il reparle de libérer la Palestine «de la mer [Méditerranée] au fleuve [Jourdain]». Pourquoi ce durcissement ?

Primo, Israël n’a aucun droit sur notre terre : c’est un principe idéologique non négociable. Secundo, si nous parvenons un jour à établir un Etat dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, nous pourrons proposer une trêve. Mais nous ne reconnaîtrons pas Israël et nous ne demanderons pas à Israël de nous reconnaître.

Dernièrement, plusieurs mesures ont été prises pour obliger les femmes et les collégiennes à porter le voile ou interdire aux hommes de se baigner torse nu. Pourquoi ?

C’est une question d’uniforme, c’est tout. Vos avocats, vos étudiants, vos députés doivent respecter des règles vestimentaires. Chez nous aussi. Quant aux plages, nous avons nos traditions, c’est tout. Mais nous ne forçons personne.

Le Hamas pourrait-il un jour proclamer un Etat palestinien dans la seule bande de Gaza ?

Pourquoi ferions-nous cela ?

Pour justifier les fantasmes des Occidentaux sur «l’émirat de l’obscurantisme» ?

Les Palestiniens croient en leur patrie, pourquoi y renonceraient-ils ?

En attendant, nous sommes le gouvernement officiel de la Cisjordanie et de Gaza. C’est notre travail de gouverner, de faire régner la sécurité, d’assurer la santé, de rendre la justice.

Des négociations semblent bien engagées sur le sort du soldat Gilad Shalit. Quelles conditions le Hamas pose-t-il à sa libération ?

Des négociations sont en cours par l’intermédiaire des Allemands, je ne peux rien dire de plus.

Nous avons un but noble, qui est de libérer les 11 000 prisonniers palestiniens détenus en Israël.

Cela justifie tous les moyens licites, y compris négocier indirectement avec Israël, que ce soit via l’Allemagne ou l’Egypte. Mais j’ai de grands doutes sur la volonté d’Israël d’aboutir.

16/10/

http://www.liberation.fr/monde/0101597362-le-hamas-a-gaza-nous-sommes-l-autorite-legale


4-2 Gaza et Israël : Navi Pillay appelle à mettre fin à l'impunité.
Une « culture d'impunité continue dans les territoires du droit international humanitaire et des droits de l'homme, a regretté jeudi la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.
Mme Pillay, qui s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme (CDH ) à Genève, a réitéré son soutien aux recommandations du rapport remis par le juge Goldstone en sa qualité de chef de
la Mission d'établissement des faits sur les violations commises par toutes les parties lors du conflit à Gaza de décembre 2008 et janvier 2009.
Elle a souligné la nécessité « pour toutes les parties de mener des enquêtes impartiales, indépendantes, rapides et efficaces sur les violations des droits de l'homme signalées, conformément au droit international ».
La Mission d'établissement des faits a mis en lumière un certain nombre de cas concrets imputables à l'armée israélienne et à des groupes palestiniens dans le territoire de Gaza qui reste sous contrôle du Hamas. Elle a recommandé que le Conseil de sécurité se saisisse de la question et intime aux parties l'ouverture d'enquêtes, à défaut de quoi, dans les six mois, il devrait référer la situation à
la Cour pénale internationale (CPI). Le Conseil de sécurité ne s'est pour l'instant réuni que de façon informelle sur la question. « La recherche des responsables des violations du droit international humanitaire et des droits fondamentaux n'est pas un obstacle à la paix mais au contraire constitue la condition préalable sur la base de laquelle la confiance et en fin de compte une paix durable pourra être édifiée », a insisté Navi Pillay.
Elle a déploré le recours à la détention de prisonniers dans le cadre de la justice militaire « qui ne répond pas aux normes de base de droit international dans la conduite d'un procès ».
La Haut commissaire a déploré les récents incidents sur le mont du Temple, aussi connu sous le nom d'esplanade des Mosquées, à Jérusalem, appelant Israël à laisser les Palestiniens accéder aux lieux saints.
Elle a aussi regretté la poursuite des démolitions de maisons de familles palestiniennes à Gaza. Elle a enfin appelé à mettre fin au blocus de Gaza, où le niveau de vie continue de se dégrader, et qui constitue une punition collective.
Par ailleurs, jeudi également, l'actrice américaine Mia Farrow et l'acteur égyptien Mahmoud Kabil, tous deux ambassadeurs de bonne volonté
du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), ont achevé une visite de deux jours à Gaza.
« Les enfants paraissent traumatisés », a déclaré Mia Farrow. « Les enseignants disent que lorsqu'ils entendent un grand bruit ils regardent vers le ciel et crient et pleurent. Ils ne savent pas ce qui les attend.
Ils méritent mieux que ça », a-t-elle insisté.
Les ambassadeurs de bonne volonté ont appris que de nombreux enfants sont maintenant obligés de travailler au percement de tunnels servant au trafic de biens vers Gaza, afin de soutenir leurs familles.
Mia Farrow se rendra ensuite à Sderot, la ville du sud d'Israël la plus souvent visée par les roquettes en provenance de Gaza.
Gaza fait
45 km de long et 12 km de large et abrite une population de 1,5 million de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants. Les hostilités de 2008/2009 ont fait plus de 1.400 morts à Gaza, dont 350 enfants, et plus de 5.000 blessés, dont 1.600 enfants.

15 octobre 2009

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20357&Cr=Gaza&Cr1


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