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31/10/2009

n°492 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 27-10 -:Début - : L'inéluctable affaiblissement d’Israël.


n°492 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine  - 27-10 -:Début - : L'inéluctable affaiblissement d’Israël.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

n°492 - 27-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

Tiré à part

Quelle vision d'avenir réaliste  après l'illégitime, amoral et meurtrier  passé ?

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Israël attaquerait l'Iran après Décembre.

1-2 Le chef de l'Autorité palestinienne accumule les revers.

1-3 Mahmoud Abbas peine à enrayer son déclin de popularité. 

1-4 Ali Abunimah : La faillite d’Obama et la lutte des Palestiniens.  

1-5 Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

1-6 Nadine Rosa-Rosso : Boycott et résistance : Israël et Afrique du Sud.

1-7 Olivier Kempf : L'inéluctable affaiblissement d’Israël.

1-8 Jeff Gates : Israël tombera-t-il dans cinq ans ?

Suite

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Abed el-Muhmayn Asus : « Ils ont massacré mes oliviers ».

2-2 Mouedden Mohsin : Bruxelles persiste à soutenir Israël.

Leyla Jad : La Palestine participera à la 35ème session de la conférence de l’UNESCO.

3 Annexe

3-1 Dan Lieberman : Dissident Voice : Déconstruire le discours israélien. 

3-2 Mounadil Djazaïri : Arthur Ruppin, le "père de la colonisation sioniste" de la Palestine était Nazi!  

3-3 Tom Segev : La fabrique de l'Histoire : Revisiter Arthur Ruppin.

Fin

3-4 Jean Bricmont : Antifascistes, encore un effort... si vous voulez l'être vraiment !

3-5 Chems Eddine Chitour : Le partage du Moyen-Orient.

3-6 Francis Boyle : La dissuasion nucléaire est contraire au droit international.

3-7 Israël plante ses Equipements Militaires High Tech Invasifs en Azerbaïdjan.

3-8 Un Ex du Mossad comme Ambassadeur au Turkmenistan.

 



Tiré a part

"Quelle vision d'avenir réaliste  après l'illégitime, amoral et meurtrier passé ?"

Quoiqu’il en soit de cette résolution fondamentale kafkaïenne et du  passé meurtrier inadmissible , même si,  après une « mauvaise paix »,  l’état palestinien totalement souverain  - toléré par les pays occidentaux aux ordres du sionisme international -  s’étendait  de la mythique "ligne  verte" (et pas du mur donc ?) jusqu’au Jourdain, est-il sérieusement démontré avec un minimum de précisions , par des économistes compétents (c’est déjà très rare !) et indépendants (sans commentaire),  que ce territoire avec peu  de surfaces  arables, réserve gazière littorale incluse  ou non,  serait  suffisant pour permettre l’autonomie économique, dans le respect plus que souhaitable et durable de l’environnement,  de tous les Palestiniens  de la planète voulant enfin vivre ou revivre, suite à ce qui resterait une inadmissible injustice éthiquement ,  sur une  partie seulement de la terre de leurs aïeux ? Y compris les Palestiniens dit de 1948 que bien évidemment l’état sioniste « inviteraient fermement » à quitter « l’état de Juifs » et à aller vivre dans « leur pays » ?

Telle est la question que devraient honnêtement se poser celles et ceux qui, tout en affirmant à juste titre qu’ils ont  fait beaucoup non pas pour les, mais pour « seulement » des  Palestiniens, estiment qu’il faut être réaliste et se résigner à la perdurance d’un état fondamentalement raciste encore sans respect de sa propre déclaration d’indépendance, sans frontières, sans constitution, sans nationalité (israélienne), sans haute Cour de justice indépendante digne de ce nom, sans  respect des lois internationales,  sans respect des résolutions  de l’Onu qui la dérangent, sans …, sans … et encore sans …..

A chacun de répondre en conscience

Bonne nuit  ou bonjour

Un palestinophile français

Jean-Marie 



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

 

1-1 Israël attaquerait l'Iran après Décembre.

Un magazine Français (ndlr. Canard Enchainé).  a rapporté Mercredi qu’Israël effectue des préparations pour mener une attaque militaire contre l’Iran après Décembre.
Selon l’article du Canard Enchainé cité par
la Radio Israël, Jérusalem a déjà commandé des rations de combat de haute qualité auprès d’un fabricant alimentaire Français pour les soldats servant dans des unités d'élite et a également demandé aux réservistes de ces unités qui habitent à l’étranger de retourner en Israël.    
Le magazine rapporte plus loin que lors d’une récente visite en France, le Général en chef de l’Israel Defense Forces, Gabi Ashkenazi, a dit à son homologue français, Jean-Louis Georgelin, qu'Israël ne prévoyait pas de bombarder l'Iran, mais pourrait envoyer des troupes d'élite pour mener des activités sur le sol Iranien.  
 Selon le magazine, ceci pourrait signifier le sabotage des installations nucléaires, mais aussi les assassinats des hauts scientifiques du nucléaire Iranien.
 Israël a récemment atténué sa rhétorique contre l'Iran pour ne pas gêner les efforts diplomatiques Américains pour la transparence de l’Iran concernant son programme nucléaire, mais ni Jérusalem ni Washington n'ont jusqu'ici fait de déclaration claire sur le fait que l'option militaire contre l'Iran est écarté.  
 Israël maintient qu'il a la capacité militaire d'attaquer seul l'Iran si les sanctions contre
la Iran se révèlent inefficaces.   
 Israël accuse l'Iran de chercher à acquérir l’arme nucléaire.

Téhéran maintient que son programme nucléaire est à des fins pacifiques.  
ndlr : Le ‘Jerusalem Post’ n'a pas pu confirmer l’article du ‘Canard Enchainé’.

15/10
Traduction Alter Info
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1255547721120&pagename=JPost/JPArticle/ShowFull

http://www.alterinfo.net/Israel-attaquerait-l-Iran-apres-Decembre_a38027.html 


1-2 Le chef de l'Autorité palestinienne accumule les revers.

La réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui s'est tenue vendredi 2 octobre à Genève, a tourné à l'avantage d'Israël. S'exprimant au nom des pays arabes, musulmans et africains, le représentant du Pakistan a demandé que le vote sur une résolution reprenant l'essentiel des conclusions du rapport du juge Richard Goldstone sur la guerre de Gaza (27 décembre 2008-17 janvier 2009) soit reporté à la prochaine session du Conseil, en mars 2010.

Cette décision a été prise après que l'Autorité palestinienne a indiqué, jeudi, qu'elle renonçait à soutenir le projet de résolution.

Le même jour, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait lancé un avertissement : "L'adoption du rapport Goldstone porterait un coup fatal au processus de paix."

 Les Etats-Unis, échaudés par le sommet tripartite peu fructueux de New York, le 22 septembre, n'ont voulu prendre aucun risque. L'administration américaine a exercé d'intenses pressions sur l'Autorité palestinienne, ainsi que sur les pays européens, pour que le vote sur un texte accusant Israël - mais également le Hamas - de "crimes de guerre" et de "possibles crimes contre l'humanité" n'ait pas lieu.

Ainsi, quelques jours après avoir de facto entériné le renoncement de Washington à exiger un gel intégral de la colonisation israélienne en Cisjordanie, l'Autorité palestinienne a dû une nouvelle fois s'incliner. Une reculade que son représentant à Genève, Ibrahim Khreisheh, s'est efforcé de présenter comme une pause tactique : "Le rapport est très technique. Nous voulons donner le temps à toutes les délégations de l'étudier en profondeur. Nous espérons qu'à la prochaine session, certains pays européens auront changé d'attitude."

"CAPITULATION INTÉGRALE"

Cette décision risque cependant de choquer profondément la population des territoires occupés. "L'Autorité palestinienne ne représente plus le peuple palestinien, affirme ainsi le psychiatre Eyad Sarraj, figure de la société civile de Gaza. C'est une capitulation intégrale."

Du côté du Hamas, ravi de prendre son rival de Cisjordanie en flagrant délit de faiblesse, le ton est encore moins amène.

"Abou Mazen (nom de guerre de M. Abbas) a torpillé tous les efforts des organisations de défense des droits de l'homme qui espéraient rendre justice aux habitants de Gaza. Quelle meilleure preuve que l'Autorité palestinienne a en fait soutenu la guerre ?", estime Fawzi Barhoum, un porte-parole du mouvement. A Genève, l'embarras des Européens était manifeste. Juliette de Rivero, la représentante de l'ONG Human Rights Watch (HRW) s'est dit choquée du "silence et de l'absence de position" de l'Union européenne (UE). Alors que la France et la Grande-Bretagne n'ont fait aucun commentaire, la Suède, au nom de l'UE, s'est contentée d'évoquer un "rapport sérieux", tout en se demandant s'il n'aurait pas "un impact négatif sur les pourparlers de paix en cours".

L'adoption d'une résolution aurait ouvert la voie à d'éventuelles poursuites d'officiers et de représentants du gouvernement israélien devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Un vote du Conseil de sécurité de l'ONU pour saisir la CPI était cependant nécessaire. La position américaine le rendait peu probable.

Les Israéliens ont néanmoins insisté sur le fait que le précédent ainsi créé pourrait s'appliquer à toutes les armées engagées dans un conflit. Jeudi, M. Nétanyahou a reporté la création d'une commission d'enquête indépendante sur la guerre de Gaza prônée par le rapport Goldstone. Le gouvernement israélien a décidé d'attendre la conclusion des vingt-trois enquêtes criminelles qui ont été ouvertes à la suite de la guerre de Gaza.

Le rapport du juge Goldstone paraît aujourd'hui avoir été mis sous le boisseau, ce qui n'épuise pas pour autant le débat sur les "crimes de guerre" à Gaza. Le gouvernement israélien va intensifier ses efforts pour inciter davantage de pays à se rallier à la position américaine : le rapport Goldstone, avait indiqué le département d'Etat, "se focalise de manière écrasante sur les actions d'Israël".

3/10

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/10/03/le-chef-de-l-autorite-palestinienne-accumule-les-revers_1248856_3218.html#ens_id=1228030


1-3 Mahmoud Abbas peine à enrayer son déclin de popularité. 

 "Je ne me suis pas déplacée pour aller le voir, parce que, contrairement à Arafat, il ne se préoccupe pas du petit peuple. Mais je me serais déplacée pour voir Arafat",

S'efforçant d'enrayer son déclin de popularité parmi les Palestiniens de Cisjordanie, Mahmoud Abbas a effectué mardi une rare incursion hors de son quartier général de Ramallah et s'est rendu à Djénine, pour la première fois depuis qu'il est devenu président, il y a près de cinq ans.

Mahmoud Abbas lors de sa visite à Djénine mardi, la première depuis qu'il est devenu président, il y a près de cinq ans. S'efforçant d'enrayer son déclin de popularité parmi les Palestiniens de Cisjordanie, Mahmoud Abbas a effectué mardi une rare incursion hors de son quartier général de Ramallah avec cette visite à Djénine. (Reuters/Mohamad Torokman)

Conscient de subir une perte de confiance notable, le chef du Fatah a tenté de tordre le cou aux rumeurs colportées par ses rivaux du Hamas voulant qu'il ait encouragé Israël à intervenir l'hiver dernier à Gaza contre le mouvement islamiste.

"Je veux répondre à l'accusation de collusion formulée par ses dirigeants. S'il y avait eu collusion, nous ne les aurions pas prévenus une fois, deux fois, trois fois même de l'imminence de l'agression", a asséné le président palestinien à une foule de quelque 1.500 étudiants.

Certains de ceux-ci ont tenu à immortaliser l'événement en prenant des photos du successeur de Yasser Arafat, un vétéran du mouvement nationaliste qu'ils n'avaient jamais vu auparavant en chair et en os, mais seulement sur des affiches ou bien encore à la télévision.

Puis Abbas a contre-attaqué, assurant que, loin d'être des héros, les chefs du Hamas ont fui l'offensive israélienne de décembre et janvier derniers pour gagner le Sinaï à bord d'ambulances, une accusation démentie aussitôt par le mouvement islamiste qui égale en gravité celle de collaboration avec l'Etat juif.

Il n'y a encore pas si longtemps, Abbas ne se serait pas abaissé à relever une telle insulte, mais, aujourd'hui, il est accablé de critiques lui reprochant d'être désespérément coupé du peuple, de n'être qu'une marionnette entre les mains des Etats-Unis, quand ce n'est pas d'être carrément un traître à la cause palestinienne.

DÉSARROI DANS SON PROPRE CAMP

Pour complaire à Barack Obama, Mahmoud Abbas a consenti le mois dernier à rencontrer sous son égide le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu - un sommet qui a fourni à celui-ci une flatteuse occasion de photo sans pour autant à avoir à concéder au chef de la Maison blanche le gel de la colonisation juive.

Mahmoud Abbas aurait pu s'en remettre, car la plupart des Palestiniens sont conscients qu'il doit tenir compte de la forte pression d'un président américain qui a jeté tout son poids dans la balance pour tenter d'arracher un accord de paix global.

Mais il a accru son impression de faiblesse deux semaines plus tard en consentant, à nouveau sous la pression américaine, à reporter à mars prochain toute action de l'Onu sur le rapport indépendant du juge sud-africain Richard Goldstone mettant en cause le comportement de Tsahal lors du conflit de Gaza.

Le Hamas a immédiatement saisi l'occasion de cette reculade pour accuser Abbas de brader la cause nationale, certains chefs du mouvement allant jusqu'à exiger son jugement pour trahison.

Même au sein du propre camp du président le désarroi était manifeste. Ses collaborateurs se sont démenés pour tenter de réparer ce qu'ils considèrent comme une "erreur" qu'il faudra du temps à effacer des mémoires, assurant qu'elle résulte d'un imbroglio diplomatique fondé sur de mauvaises informations.

Durant ses cinq ans de pouvoir, Abbas, qui est âgé de 76 ans, s'est rarement préoccupé des critiques, adoptant une attitude distante et préférant se cantonner à la haute politique, que ce soit à l'étranger ou de son QG de Ramallah.

NI BAIN DE FOULE, NI EFFUSIONS

"C'est la première fois que je vois le président. Je suis très excité. J'espère qu'il se déplacera plus souvent", confie Ahmed Hussein, juché sur une chaise pour pouvoir prendre la photo d'Abbas au-dessus de la forêt de drapeaux palestiniens brandis par les étudiants, qui ont bénéficié d'un jour de congé pour cette visite.

Mais Abbas a peut-être attendu trop longtemps pour changer son comportement. Durant ses années de pouvoir, aucun progrès tangible vers la création d'un Etat palestinien indépendant et une paix juste n'a été accompli. Pendant son discours, mardi, le rugissement des avions israéliens dans le ciel venait rappeler cette dure réalité.

Au lieu de la paix dont il rêve, le mouvement palestinien a connu le plus profond schisme de son histoire, avec mise en déroute des forces du Fatah par celles du Hamas, qui a consacré en juin 2007 une partition de faite entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.

L'impression domine désormais que l'érosion de ses soutiens pourrait bien être irréversible, menaçant d'emporter le Fatah, le mouvement nationaliste historique longtemps incontesté, qui doit maintenant se démener pour reconquérir une population qui s'est tournée vers les héros islamistes intransigeants de la résistance.

Le déplacement d'Abbas à Djénine s'inscrit manifestement dans cette tentative de reconquête des coeurs et des esprits, mais il n'a donné lieu à aucun bain de foule ni effusions.

Abbas était entouré de centaines de gardes du corps et policiers armés. Entre ce dispositif de sécurité impressionnant et les limousines noires roulant à vive allure toutes sirènes hurlantes, le contact avec le peuple a été minimal.

Abbas, de toute façon, n'a jamais été aussi populaire que son charismatique prédécesseur, Yasser Arafat, mort fin 2004.

"Je ne me suis pas déplacée pour aller le voir, parce que, contrairement à Arafat, il ne se préoccupe pas du petit peuple. Mais je me serais déplacée pour voir Arafat", confie une femme derrière la grille de son jardin.

13/10

http://www.lexpress.fr/actualites/2/mahmoud-abbas-peine-a-enrayer-son-declin-de-popularite_794258.html



1-4 Ali Abunimah : La faillite d’Obama et la lutte des Palestiniens.  

Il y a une vieille plaisanterie au sujet d’un homme qui cherche longuement quelque chose sous un réverbère.

Finalement, un voisin qui l’observe lui demande ce qu’il cherche.

L’homme répond qu’il a perdu ses clefs.

Le voisin lui demande s’il les a perdues sous le réverbère.

« Non, » répond l’homme, pointant vers l’obscurité, « je les ai perdues là-bas, mais je regarde ici parce qu’ici il y a la lumière ! »
L’attention qui se focalise sur le « processus de paix » est une recherche pareillement futile. Ce n’est pas parce que les politiciens et les médias pointent constamment la lumière sur le processus que c’est là que l’on trouvera les réponses.

La réunion à laquelle participaient le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le dirigeant du Fatah, Mahmoud Abbas, à l’hôtel Waldorf Astoria de New York, le 22 septembre, a signalé l’échec complet et final de l’effort tellement vanté d’Obama pour concrétiser la solution des deux Etats au conflit Palestine/ Israël.
Bien sûr, toutes les activités traditionnelles associées au « processus de paix » — diplomatie de la navette, réunions, invocations rituelles de « deux Etats vivant côte à côte, » et même « négociations » — se poursuivront peut-être pendant le reste du mandat d’Obama. Mais cette comédie stérile ne déterminera pas l’avenir de
la Palestine/Israël. Celui-ci est déjà décidé par d’autres moyens.
Avant d’en venir à cela, rappelons les jours grisants du mois de mai où
la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a présenté la ferme politique de l’administration d’Obama sur la colonisation israélienne de la Cisjordanie : « Nous voulons voir l’arrêt de la construction de colonies — adjonctions, croissance normale, tout type de colonisation - et c’est ce que le Président a réclamé. »
L’envoyé d’Obama, l’ancien sénateur George Mitchell, s’est rendu dans la région une douzaine de fois pour convaincre Israël de geler la colonisation. Chaque proposition qu’il a présentée a été rejetée par les Israéliens. Et afin d’insister sur ce point, le gouvernement israélien a accéléré l’approbation de nouveaux plans majeurs de colonisation. Au lieu de menaces devant une telle intransigeance, Mitchell a simplement atténué les conditions américaines pour prendre en compte les objections israéliennes à tel point qu’il ne reste finalement pas grand-chose des demandes des USA - ou de leur crédibilité.
C’est ainsi que lors de ses remarques à New York, Obama a ramené son appel pour un gel total des constructions à une demande polie invitant simplement Israël « à se retenir » de dévorer plus de terres palestiniennes.
Parlant aux journalistes après la réunion de New York, Mitchell a abandonné la demande d’un gel des colonies et a rendu la reddition des USA officielle. « Nous n’identifions aucune question comme une condition préalable ou un obstacle à la négociation, » a dit Mitchell, ajoutant, « nous ne croyons pas aux conditions préalables. Nous ne les imposons pas et nous invitons d’autres à ne pas les imposer. »
C’est évidemment complètement faux. L’administration Obama, comme l’administration Bush avant elle, continue à boycotter le Hamas (qui a un mandat électoral légitime pour représenter les Palestiniens sous occupation) parce que le Hamas a refusé les conditions préalables unilatérales des USA !
Le lendemain, dans son discours devant l’ONU, Obama a répété l’appel à des négociations sans conditions préalables. Il n’a pas expliqué pourquoi de telles négociations seraient plus fructueuses que les quelque 200 sessions de négociations précédentes qui ont eu lieu entre l’AP et le gouvernement israélien sous la direction d’Ehud Olmert. Obama a peut-être dit à l’ONU que le processus de paix doit « casser les vieux modèles, » mais il ne fait que les répéter.
La réunion de New York a produit encore une autre image d’un Président étasunien persuadant les dirigeants israéliens et palestiniens réticents de se serrer la main, une reprise kitsch et pénible de la célèbre poignée de mains sur la pelouse de
la Maison- Blanche en 1993 entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin - avec le Président Clinton comme spectateur - poignée de mains qui a scellé les infortunés Accords d’Oslo.

Mécontente des échecs qu’elle a essuyés jusqu’ici, il semblerait que l’administration Obama en redemande. Elle vise une reprise des « négociations » dans les semaines à venir, qui seraient inaugurées par ce qu’un fonctionnaire US a appelé un « événement de lancement. » Les idées à l’étude, a dit le fonctionnaire anonyme des USA au quotidien israélien Haaretz, incluent « une réunion à Sharm Al-Sheikh en Egypte. »
Que tel soit le niveau de réflexion au sein de l’administration Obama est tout à fait déprimant. J’imagine — comme tant de fois auparavant — une autre réunion dans la station égyptienne à laquelle assisteront tous les suspects habituels : les dirigeants israéliens et palestiniens (excepté naturellement le Hamas), les chefs « modérés » des régimes répressifs clients des USA, comme le Roi Abdallah de Jordanie et le Président égyptien Hosni Mubarak, ainsi que toute la meute des parasites du processus de paix menée par le représentant du quartette, Tony Blair, et le « Haut Représentant » de l’UE, Javier Solana. Nous pouvons nous attendre à d’autres déclarations selon lesquelles il y a une « fenêtre d’opportunité », que c’est la seule option et que le temps commence à manquer.
Comme si ceci n’était pas déjà assez absurde, considérez ce que les USA disent vraiment aux Palestiniens à la suite de l’échec de Mitchell : « Nous, la plus grande superpuissance sur terre, ne pouvons pas convaincre Israël — qui dépend de nous militairement, économiquement et diplomatiquement — de se conformer ne fût ce qu’à un gel provisoire de la colonisation. Mais, vous Palestiniens, qui êtes un peuple dépossédé, occupé, dont les dirigeants ne peuvent pas se déplacer sans un laissez-passer israélien, allez et négociez sur des questions beaucoup plus importantes comme les frontières, les réfugiés, Jérusalem et les colonies, et débrouillez-vous mieux que nous ne l’avons fait. Bonne chance. »
Même en imaginant qu’Israël ait accepté un gel des implantations et que les négociations reprennent, il n’existe aucune chance qu’une solution viable à deux États ou n’importe quelle solution équitable sorte de ces pourparlers. Donc, comme celles qui l’ont précédée, cette administration cherche à substituer un processus et quelques astuces à un réel contenu.
Si le « processus de paix » ne détermine pas les événements, qu’est-ce qui le fait ? La colonisation israélienne - comme Obama l’a initialement compris - est le principal facteur qui détermine le présent et l’avenir de
la Palestine/Israël. Le géographe et ancien adjoint au maire israélien de Jérusalem, Meron Benvenisti, a observé que l’occupation par Israël de la Cisjordanie et la bande de Gaza en 1967 avait effectivement mis fin à la partition de 1948. « Les décennies qui ont suivi la guerre ont prouvé que 1967 n’est pas un accident, mais bien au contraire, une unification, et que la période qui a précédé n’était que temporaire, » a écrit Benvenisti en 2007.
Benvenisti considère qu’après 40 ans, « le paradigme occupants/occupés » est trop limité et trompeur pour décrire la réalité d’après 1967. C’est, écrit-il, un anachronisme « qui se cache derrière l’apparence d’une condition temporaire. » Il propose qu’à la place nous appelions la situation en Palestine/Israël, un Etat binational de fait ... parce qu’il décrit la dépendance mutuelle des deux sociétés, par des liens physiques, économiques, symboliques et culturels qui ne peuvent être rompus, sauf à un coût insupportable. »
La répartition de
la Palestine changerait seulement la forme du conflit, sans le résoudre. Même si un Etat était donné aux Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, un ultra-nationaliste et non réformé « état juif » israélien retournerait son agressivité et ses plans de nettoyage ethnique contre ses propres 1,5 million de citoyens palestiniens qui vivent en paix. Et le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman, a demandé à plusieurs reprises quel était l’intérêt d’une solution de deux-états qui n’ait pas pour résultat un Etat exclusivement juif ?
Les frontières de 1967 peuvent avoir une prépondérance légale et politique, mais elles ne délimitent pas des unités géopolitques géographiquement compactes, éthniquement homogènes et économiquement indépendantes. Salam Fayyad, Premier Ministre de l’Autorité palestinienne [AP] de Ramallah peut exhiber ses fantasmes au sujet de la création d’un état palestinien « de fait » en Cisjordanie, mais la collaboration étroite entre Israël et l’AP confirme uniquement cette tendance vers le bi-nationalisme — de la mauvaise façon, c’est certain.
N’est-il pas ironique que les partisans les plus enthousiastes de cette répugnante collaboration - entre l’armée israélienne d’occupation et les milices de l’AP entraînées par les Etats-Unis - qui a pour but de supprimer la résistance à l’occupation, insistent de concert sur le fait qu’il serait invraisemblable que les Palestiniens et les Israéliens établissent une société commune dans des conditions d’égalité ? Apparemment les Palestiniens et les Israéliens peuvent s’entendre pour consolider l’oppression et l’injustice, mais pour pas les dépasser !
Un deuxième facteur déterminant le présent et le futur est la résistance sous toutes ses formes que la colonisation israélienne continue de produire : le mouvement des Palestiniens en Israël pour la pleine égalité dans un Etat pour tous ses citoyens - l’immuable persévérance des réfugiés qu’Israël ne pas laisse pas rentrer chez eux juste parce qu’ils sont de la mauvaise religion - le refus des Palestiniens dans Gaza de céder face à un blocus paralysant.
Durant le Ramadan, des centaines de milliers de Palestiniens ont jeûné et ont enduré des difficultés incroyables pour briser le cercle d’acier installé par Israël autour de Jérusalem, et pouvoir entrer dans la ville occupée pour les prières du vendredi à la mosquée Al-Aqsa.
Cet esprit de résistance s’exprime par des millions d’actes et refus quotidiens de tous les Palestiniens, mais également par des voies bien dirigées, productrices et organisées telles que les manifestations hebdomadaires contre le mur israélien d’Apartheid en Cisjordanie, ou la campagne internationale en pleine expansion, dirigée par les Palestiniens pour le boycott d’Israël, le désinvestissement et les sanctions (BDS).
Ces formes de résistance et de solidarité organisées changent l’équilibre des forces sur le plan moral et politique et peuvent potentiellement forcer les juifs israéliens à abandonner leur recherche de la purification ethnico-religieuse et de la domination comme l’ont fait les Afrikaners en Afrique du Sud, les Unionistes en Irlande du Nord et les Américains blancs au sud des Etats-Unis. Ils sont secoués par les appels de plus en plus puissants pour que des comptes soient rendus au niveau international, le plus récent étant la demande, dans les recommandations du rapport Goldstone, que les dirigeants israéliens soient poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza.
La complicité officielle avec les crimes d’Israël — comme la décision ignoble de l’administration d’Obama d’attaquer et vouloir annuler le rapport Goldstone - ne peut que stimuler encore plus le soutien à la campagne BDS. Ces ressources sont comparativement encore faibles face à la force militaire et diplomatique d’Israël, mais leur élan ne cesse d’augmenter et la crainte des dirigeants israéliens confrontés à ce défi est déjà palpable.
Depuis des années, les demandes venant d’intellectuels, de militants pour une étude sérieuse et un débat sur un Etat unique garantissant les droits de tous ceux qui y vivent, ont été ignorés ou ridiculisés par des défenseurs de la solution pourtant en échec de deux-Etats. Mais l’appel de plus en plus puissant pour une vision qui inspire et attire les individus en raison de son universalisme, terrifie les hauts prêtres de la séparation. L’industrie du processus de paix, ses cercles de pensée et ses « experts, » comprennent qu’ils ne peuvent plus monopoliser la discussion. La paix ne sera pas faite à l’hôtel Waldorf Astoria à Manhattan ; elle sera gagnée partout où les gens de conscience seront disposés à se joindre à la lutte pour la libération, la justice et l’égalité pour tous ceux qui vivent en Palestine/Israël.
D’une certaine façon, ce qu’il faut retenir de la réunion de New York, c’est sa totale insignifiance. La vraie lutte pour la justice poursuit son chemin sans y prêter la moindre attention.
Ali Abunimah 
Source: The Electronic Intifada

Traduction de l’anglais : Anne-Marie Goossens & Claude Zurbach07

Octobre 2009 09:30

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2310:la-faillite-dobama-et-la-lutte-des-palestiniens&catid=6:articles&Itemid=11


1-5 Nicolas Bárdos-Féltoronyi : Obama Nobel ?

En ce qui concerne Obama, le comité Nobel a apprécié sa rhétorique et pas ses actes ou ses non actes.

Certes, ses discours électoraux, ceux du Caire et bien d'autres sont admirables. Mais les discours ne sont pas suivis d'actes ni aux Etats-Unis ni dans le monde ou y sont suivis par peu d'actes. La presse américaine dresse depuis des mois la liste des domaines où Obama échoue! Ce n’est pas le cas de ce côté-ci de l’Atlantique. On peut se demander si les bonnes intentions suffisent pour convaincre ceux qui, en bons atlantistes, sont déjà convaincus par "un autre ton" en Europe. La réponse à cette question est affirmative pour moi. Mais néanmoins que l'on ne me demande pas de devenir naïf!

Depuis son élection, Obama poursuit la guerre contre l’Afghanistan, la Somalie et ailleurs, en annonçant sans cesse de nouveaux renforts ; le «dégagement» de l’Irak, pays détruit par son prédécesseur George W Bush, se fait toujours attendre; la menace d’attaque militaire contre l’Iran est évoqué malgré l'interdiction formelle de telles menaces par la Charte de l'ONU. « Toutes les options restent sur la table » répètent à l’unisson Obama et ses collaborateurs ! Pourtant, la dictature en Arabie Séoudite est bien plus répressive que celle de l'Iran et Israël comme déjà puissance nucléaire constitue un risque bien plus grand pour le monde.

Depuis qu’il est à la Maison-Blanche, Obama n’a même pas été capable de mettre fin à l’une des réalisations les plus répugnantes de l’administration Bush, à savoir la fermeture du centre de torture de Guantanamo, où des centaines d’hommes et parfois d’enfants croupissent depuis des années, non seulement sans avoir été jugés, mais le plus souvent sans même avoir été mis en examen. Ce dossier était le seul pour lequel le candidat Obama avait pris des engagements fermes, mais il ne les a pas tenus. Par ailleurs, il n'est pas question de fermeture d'autres camps tels qu'à Begram près de Kaboul de très mauvaise réputation, en Roumanie, au Pakistan, en Pologne,... et même en Belgique à Kleine Bogel. Sans contrôle quelconque, les détentions illégales, les conditions carcérales détestable, voire les tortures peuvent continuer dans ces camps.
Et ne parlons évidemment pas de la politique de Washington vis-à-vis de son allié Israël. Sous Obama comme sous Bush, les dirigeants israéliens ont poursuivi la politique d’expansion, leur guerre et répressions criminelles contre le peuple palestinien, l’étranglant chaque jour un peu plus, sans que Washington y trouve à redire avec quelques efficacités. L’armée américaine multiple ses implantations à travers le monde tel que j’ai pu observé en Macédoine, en Géorgie et en Arménie mais aussi en Afrique et en Asie centrale. Cette politique d’expansion est source de conflits futurs.
Selon moi, la palme de l’hypocrisie washingtonienne se trouve probablement dans sa gestion des affaires nucléaires. Chef de la première puissance mondiale dans le nucléaire militaire, et de la seule à avoir utilisé l’arme atomique pour massacrer des populations (à Hiroshima et Nagasaki, au Japon, en août 1945), Obama a intégralement repris l’agenda de ses prédécesseurs : ne pas toucher à son propre arsenal nucléaire et ne surtout rien demander au sujet de l’arsenal israélien. Malgré des engagements formels, pas de désarmement!
Certes, le comité formé par le Parlement de Norvège pour décerner les Prix Nobel de
la Paix a déjà fait, au cours de son histoire centenaire, d’autres choix étranges. Une série de bellicistes patentés ont été honorés dans le passé, que ce soit l’Américain Henry Kissinger, ou les Israéliens Menahem Begin, Shimon Peres et Itzakh Rabin. Kissinger s’était distingué dans l’intensification de la guerre contre le peuple vietnamien –qui fit 2 millions de morts- ; Menahem Begin, directement impliqué dans le massacre de Deir Yassin en 1948, dirigeait le gouvernement israélien qui agressa sauvagement le Liban à partir de 1978 ; Shimon Peres et Itzakh Rabin (pour ce dernier, jusqu’à sa mort par assassinat en 1995) eurent aussi de longues et sanglantes carrières. Mais au moins ces hommes, au moment où ils reçurent la récompense, pouvaient-ils sauver la face en exhibant publiquement des traités de paix, ou des semblants de traités de paix : ainsi de Kissinger avec l’arrêt de la guerre du Vietnam (1973), de Begin avec le traité israélo-égyptien (avec l’Egyptien Sadate, 1978) ; et de Peres/Rabin, pour les « accords d’Oslo » (avec Arafat, 1994).

Bien cordialement,

Nicolas Bárdos-Féltoronyi


1-6 Nadine Rosa-Rosso : Boycott et résistance : Israël et Afrique du Sud.

Le boycott d’Israël prend une ampleur jamais vue grâce à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissements et Sanctions), portée par des militants du monde entier.

Il s’élargit de jour en jour.

Certains arguments pour le boycott international d’Israël le présentent comme le moyen nouveau et ultime pour faire aboutir les droits du peuple palestinien, tous les autres ayant échoué.

Selon ces pacifistes, le boycott est moyen plus efficace que la résistance armée des Palestiniens. Cette argumentation s’appuie généralement sur le modèle du boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud. Dans cette optique, l’abolition de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela auraient essentiellement été le résultat du boycott international.

La vérité historique est un peu plus nuancée.

Rappelons d’abord que le boycott d’Israël est un mot d’ordre très ancien.

Dans les années 80, les anti-impérialistes boycottaient de la même façon les pamplemousses de Jaffa ou les avocats de Carmel que les oranges d’Outspan ou les pommes du Cap. Ce qui a rendu aujourd’hui le boycott d’Israël plus massif et populaire, c’est avant tout le massacre sauvage de la population de Gaza par Tsahal et la résistance acharnée des combattants palestiniens. La victoire de la résistance libanaise de 2006, dirigée par le Hezbollah, avait déjà préparé le changement dans l’opinion internationale.

La lutte pour l’abolition de l’Apartheid en Afrique du Sud peut effectivement servir de référence à la lutte actuelle pour la Palestine, à condition que son histoire soit restituée fidèlement. La place du boycott international dans cette histoire doit être correctement évaluée.

Nelson Mandela a forgé sa réputation internationale en 1963, alors qu’il était l’avocat de douze combattants Sud-Africains emprisonnés, dont lui-même, inculpés de sabotage. Lors de ce procès, il affirma avec force que « sans violence, aucune voie de permettait au peuple africain de triompher dans sa lutte contre la suprématie des Blancs (…) Nous avons choisi de défier la loi. Tout d’abord, par des moyens qui évitaient tout recours à la violence ; puis, quand cette forme a elle aussi été interdite par la loi, nous avons alors décidé de répondre à la violence par la violence » (procès de Rivonia).

C’est Mandela, qui trois ans auparavant, a créé la branche armée de l’African National Congress ( ANC), l’Umkhonto We Siswe (« lance de la Nation »). Quand il est arrêté en 1962, après dix-sept mois de clandestinité, c’est sous l’inculpation de sabotage et de tentative de renversement violent du gouvernement. C’est grâce à sa défense sans compromis de la lutte révolutionnaire de son peuple que Mandela a reçu un large soutien international et qu’il est devenu le plus célèbre prisonnier politique du monde.

Après le massacre de Soweto, en 1976, Nelson Mandela adresse une lettre au peuple sud-africain, dans laquelle il affirme prier avec lui pour les martyrs tout en appelant la jeunesse à s’engager massivement dans la lutte. Suite à cet appel, des milliers de jeunes sud-africains partiront s’entraîner pour la lutte armée au Mozambique et en Angola.

A plusieurs reprises, inquiet de la popularité toujours croissante du prisonnier Nelson Mandela, le gouvernement sud-africain lui proposera sa libération, à condition que Mandela rejette la lutte armée comme arme politique. La réponse de Mandela a toujours été très claire : c’était non.

La jeunesse d’aujourd’hui a le droit de savoir que l’arme du boycott international contre l’apartheid en Afrique du Sud a fonctionné comme un soutien à la lutte révolutionnaire du peuple et de ses organisations nationales. Que le peuple sud-africain a utilisé tous les moyens à sa disposition pour renverser le régime raciste, allié d’Israël, et mis en place par la colonisation. Et que c’est cette lutte de masse, y compris la lutte armée, qui a permis au boycott international de fonctionner comme un puissant levier de solidarité mondiale.

La jeunesse d’aujourd’hui a le droit de savoir que le résistant Mandela, chrétien d’abord pacifiste puis organisateur de la lutte armée et allié des communistes, a été un des premiers combattants à recevoir le titre honorable de « terroriste ». Son organisation, l’ANC, dont il était membre depuis 1943, a été mise hors-la-loi en 1960 par le gouvernement sud-africain. Condamné en 1964 pour terrorisme, l’administration Bush ne le retirera de sa « Terror watch list » qu’en juillet 2008 !

 La jeunesse d’aujourd’hui a le droit de savoir qu’au nom de cette lutte contre le terrorisme, le gouvernement sud-africain, tout comme le gouvernement israélien aujourd’hui, a non seulement emprisonné des centaines de combattants mais également commandité l’assassinat ciblé, par des escadrons de la mort, de dizaines de responsables politiques du mouvement de libération sud-africain.

 Tout comme le massacre de Gaza et la résistance armée de l’hiver 2008-2009, c’est le massacre de Soweto et le développement de la lutte de masse qui s’ensuivit, en 1976, qui a donné son ampleur internationale au mouvement de boycott, dont les premières sanctions avaient commencé dès la fin des années soixante.

 La liquidation de l’apartheid en Afrique du Sud a ainsi été le résultat d’une combinaison constante entre tous les moyens de lutte sur le terrain et la solidarité internationale, dont le boycott fut le point culminant.

 Le boycott du sionisme existe depuis sa mise en œuvre par la Ligue arabe en … 1945 ! Et depuis 1948, c’est avant tout la résistance acharnée du peuple palestinien, par tous les moyens dont il dispose, qui tient en échec le colonialisme et les guerres permanentes du sionisme. Et c’est parce que le peuple palestinien continue de résister que nous devons développer de toutes nos forces le mouvement de boycott d’Israël qui commence enfin à prendre l’ampleur nécessaire.

 Le boycott n’est pas une alternative à la résistance, c’est un soutien à la résistance. Et pour que ce soutien soit complet et cohérent, il doit comprendre l’appel à retirer le Hamas, le FPLP et toutes les organisations palestiniennes de résistance des listes d’organisations terroristes, avec autant de passion que nous avons chanté et crié pendant des années « Free Nelson Mandela ».

Nadine Rosa-Rosso

www.recogniseresistance.net


1-7 Olivier Kempf : L'inéluctable affaiblissement d’Israël.

A bien y regarder, la tendance la plus stupéfiante au Proche-Orient tient à l’inéluctable affaiblissement d’Israël.

 En effet :
1/ Militairement, l’échec de 2006 face au Hezbollah a démontré que dans certaines conditions, Tsahal était prenable, comme on dit au rugby : un jour de match, tout peut arriver et les hiérarchies peuvent être bousculées. Parier sur une répétition de l’aventure serait aventureux : à tout le moins a-t-on constaté que cette fois-là, Israël avait perdu.
2/ L’opération de Gaza, l’hiver dernier, n’a pas été des plus probantes : Israël n’a pas perdu, chacun en convient: a-t-il pour autant gagné ? je ne parle même pas du prestige écorné, mais juste des relations profondément dégradée avec l’Égypte, d’autant plus raidie qu’on assiste à la fin de règne d’Hosni Moubarak : la succession paraît lourde de risques d’abord intérieurs, mais aussi envers le voisin du nord.
3/ L’arrivée de B. Obama est une autre manifestation de cet affaiblissement. Certes, le nouveau président n’a pas réussi à obtenir le gel des colonisations. A tout le moins démontre-t-il peu d’enthousiasme pour la direction israélienne.
4/ On a évoqué, déjà, le rafraichissement des relations avec
la Turquie, alors que ce pays constituait le principal point d’appui des dernières années.
5/
La Syrie, dans le même temps, se fabrique une nouvelle vertu et redevient fréquentable par les Occidentaux, tant vis-à-vis du Liban qu’à propos de l’Irak. On ne parle plus des négociations sur le Golan : est-ce parce que la Turquie ne joue plus les entremetteurs ? parce qu’au fond, Damas calcule que le fruit tombera plus tard, de façon plus avantageuse ?
6/
La Jordanie demeure constante dans son 'soutien' à Israël, obéissant en cela à sa ligne politique du profil bas qu’elle suit depuis cinquante ans. S’agit-il pour autant d’un appui solide ?
7/ Les pays arabes marquent leur défiance, de manière de plus en plus appuyée : ne viennent-ils pas d’inventer un moyen de levier économique, refusant tout armement occidental qui incorporerait des technologies militaires israéliennes ? il n’y a pas mieux pour saper
la BITD israélienne, source de sa puissance régionale.
8/ Enfin, malgré toutes les menaces, roulements d’épaules, gros yeux, retenez-moi ou je fais un malheur, tu vas voir à la récré, Israël n’a pas réussi, si peu que ce fût, à ralentir la progression du programme nucléaire iranien.
9/ Certes, il y a une sorte de renforcement réciproque des extrêmes et une alliance objective entre Nétanyahou et Ahmadinedjad, que j’ai déjà évoquée. Mais évidemment, cette politique et à courte vue. Car elle renvoie au système politique israélien. En effet, constater l’épuisement stratégique israélien ne signifie pas pour autant que les ressorts de sa puissance ont disparu : Israël demeure inexpugnable, car il a l’arme nucléaire, et surtout une arme opérable en deuxième frappe. La question n’est pas existentielle : elle est seulement stratégique : quelle meilleure façon d’atteindre des objectifs politiques ? et puisque l’on pose cette question, quels sont ces objectifs politiques ?
10/ Or, le choix politique qui a été fait depuis les élections montre déjà ses limites malgré la popularité de Netanyahou : le radicalisme d’un Liebermann n’est plus tenable : la contradiction entre une politique extérieure impossible et une politique intérieure caricaturale apparaît de plus en plus patente. Mais la tension extérieure servait la tension intérieure. L’épuisement de la tension extérieure provoquera des changements intérieurs.
11/ Pourquoi un épuisement extérieur ? parce qu’il faut bien se rendre à l’évidence : Tel Aviv devra accepter, un jour ou l’autre, la possibilité d’un Iran nucléaire, ou au seuil. Le calcul stratégique va s’en trouver profondément modifié. Surtout si l’on admet que l’arme nucléaire n’est pas offensive, et que par conséquent l’Iran n’est pas une menace. Toutefois, l’Iran constitue un risque.
12/ Là est au fond le principal ressort de l’évolution en cours : l’affaiblissement d’Israël est un fait. Mais il est relatif. Israël doit donc admettre qu’il n’aura plus de sécurité absolue (même si l’arme nucléaire procure une sécurité essentielle) (voir également le discours de Martin Van Creveld). Israël doit aboutir au même constat stratégique que les Américains à l’issue du 11 septembre : il ne peut y avoir de sécurité absolue de l’un qu’aux dépens de l’insécurité stratégique absolue de tous les autres. Cet objectif est inatteignable. Il faut accepter une part de faiblesse. Et cette part de faiblesse suppose de transiger – donc d’admettre l’autre, à défaut de l’aimer.
Référence : Il faut absolument lire « comment fut inventé le peuple juif » de Shlomo Sand: un livre indispensable.

Olivier Kempf

21/10
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205
*http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?

http://www.toutsaufsarkozy.com:80/cc/article04/EkVyEuykulwrzryIlh.shtml 


1-8 Jeff Gates : Israël tombera-t-il dans cinq ans ?

Le point focal pour la paix au Moyen-Orient ne doit pas être ces nations qui n’ont pas d’armes nucléaires, mais la seule nation qui les a. Sans pression extérieure, le comportement d’Israël ne changera pas. Sans pression – et vraisemblablement sans la force – exercée par les USA comme étant la nation qui a depuis longtemps permis ce comportement, le sionisme colonial continuera à représenter une menace pour la paix. On ne connaît pas de puissances occupantes qui aient renoncé volontairement aux terres qu’elles occupaient. De même pour leur volonté d’abandonner l’armement nucléaire.

Les soussignés adoptent donc ce moyen pour présenter publiquement quelques faits saillants concernant Begin et son parti, et exhortent toutes les parties concernées à ne pas soutenir sa dernière manifestation du fascisme."
Albert Einstein, lettre au New York Times, 4 décembre 1948.
Des articles en ligne sur une étude de l’Agence centrale du Renseignement américain (CIA) ont jeté des doutes sur la survie d’Israël au-delà des deux prochaines décennies. Indépendamment de la validité de l’étude, avec ce qu’on sait maintenant sur les coûts en sang et en dollars que la relation US-israélienne a imposé aux Etats-Unis, son allié-clef, Israël pourrait tomber dans les cinq ans.
Depuis plus de soixante ans, le soutien américain à Israël s’est appuyé sur la capacité des pro-Israéliens à dominer les médias US, permettant à Tel-Aviv de présenter sous un jour positif sa conduite, même la plus extrême, dont son récent massacre à Gaza. Avec l’accès à la couverture en ligne des informations, ce parti-pris sioniste devient évident et la réalité des faits réels transparente.
Bien que les Américains aient rarement montré un grand intérêt pour les affaires étrangères, ceci aussi est en train de changer. Alors que peu d’entre eux saisissent les subtilités d’une solution à Un Etat contre celle à Deux Etats, beaucoup ont vu sur Internet l’impact de l’attaque israélienne meurtrière sur les civils palestiniens, programmée entre Noël et l’investiture de Barack Obama.
Les responsables de
la Commission du 11/9 ont reconnu que ses membres n’autoriseraient pas de témoignage sur l’impulsion de cette attaque. Pourtant, le rapport confirme que la motivation essentielle fut la relation US-israélienne. Avec l’accès aux informations en ligne, davantage d’Américains se demandent pourquoi ils sont obligés de soutenir un gouvernement d’apartheid colonial.
Avec l’élection d’un nouveau gouvernement israélien extrémiste, dirigé par un autre pilier du parti de droite Likoud, il est clair que Tel-Aviv a l’intention d’empêcher la paix en continuant à construire davantage de colonies. Campant sur cette position, Israël n’a pas seulement poussé Obama dans une impasse, mais il a aussi obligé la sécurité nationale US à une question stratégique majeure : Israël est-il un partenaire crédible pour la paix ?

Selon tous les critères, la réponse est un retentissant « NON ».
Cette conclusion inéluctable ne laisse que peu d’options aux Américains.

Après tout, les USA sont largement responsables de la légitimité accordée à cette enclave extrémiste en mai 1948, lorsqu’Harry Truman, président sioniste-chrétien, l’a reconnue comme Etat-nation. Il l’a fait au milieu de vives objections du Secrétaire d’Etat George Marshall, des chefs d’Etat-major, de la CIA naissante et de la majeure partie du corps diplomatique américain.
En décembre 1948, un contingent d’éminents scientifiques et d’intellectuels juifs a averti, dans le
New-York Times, que ceux qui s’efforçaient d’établir un Etat juif portaient « la marque indubitable d’un parti fasciste ». Albert Einstein a rejoint les Juifs concernés qui mettaient en garde des Américains « de ne pas soutenir cette dernière manifestation du fascisme ».
C’est seulement au cours de ces dernières semaines qu’un élan a émergé pour soumettre Israël aux mêmes pressions extérieures qui ont été exercées contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Après plus de soixante ans d’un comportement cohérent – et des preuves claires d’une non-intention de changement -, des militants se sont coalisés autour de la nécessité de boycotter les exportations israéliennes, de désinvestir des entreprises israéliennes et d’imposer des sanctions contre Israël identiques à celles qu’il cherche contre d’autres.
Le point focal pour la paix au Moyen-Orient ne doit pas être ces nations qui n’ont pas d’armes nucléaires, mais la seule nation qui les a. Sans pression extérieure, le comportement d’Israël ne changera pas. Sans pression – et vraisemblablement sans la force – exercée par les USA comme étant la nation qui a depuis longtemps permis ce comportement, le sionisme colonial continuera à représenter une menace pour la paix. On ne connaît pas de puissances occupantes qui aient renoncé volontairement aux terres qu’elles occupaient. De même pour leur volonté d’abandonner l’armement nucléaire.
Le problème clé ne doit plus être un sujet de débat interminable. Il faut adopter la solution à Un Etat conforme aux principes démocratiques de pleine égalité.

Les Américains informés ne sont plus disposés à donner leur soutien à un Etat théocratique au sein duquel la pleine citoyenneté est limitée à ceux qui sont considérés comme « juifs » (quelle qu’en soit le sens). Si les taux de natalité locaux suggèrent la fin de l’« Etat juif », alors ainsi soit-il. Pourquoi attendre deux décennies quand ce cauchemar peut se terminer dans moins de cinq ans ?
Oubliez un retour aux frontières d’avant 1967 ; revenez plutôt aux frontières d’avant 1948. Désignez Jérusalem comme ville internationale sous protection de l’ONU et déployez-y une force multinationale de maintien de la paix. Les Palestiniens auraient ainsi leur droit au retour, y compris la possibilité de recouvrer les propriétés d’où ils ont fui pendant l’attaque des terroristes juifs. Si les sionistes colonisateurs (c’est-à-dire les colons) veulent des indemnisations pour « leurs » biens, qu’ils les cherchent auprès de la diaspora qui a encouragé leur occupation illégale.
Ceux qui se considèrent comme « juifs » peuvent rester dans le cadre d’une démocratie inclusive. Ou ils peuvent partir. Les Américains doivent se demander combien de ces extrémistes ils veulent accueillir dans une nation déjà en difficulté sous le poids de l’immigration. Il y aurait 500.000 israéliens détenteurs de passeports américains. Avec plus de 300.000 double-nationaux résidant dans la seule Californie, cet Etat pourrait demander un référendum sur le nombre de sionistes qu’il souhaite accueillir. De même pour
la Russie, d’où beaucoup de Juifs ont fui, y compris les quelques 300.000 russes émigrés qui soutiennent le parti Likoud mais n’ont pas encore été certifiés en tant que juifs.
A l’origine, les sionistes considéraient l’Argentine et l’Ouganda comme lieux possibles pour établir leur entreprise. Ils pourraient souhaiter demander à s’y installer. La question de pourquoi les Palestiniens (ou les Californiens) devraient supporter le coût d’un problème créé par l’Europe il y a soixante ans est une question à laquelle Tel Aviv doit encore répondre, sans se référer aux anciennes revendications sur lesquelles elle insiste, à savoir une préséance sur deux millénaires de présence palestinienne.
En retirant à Israël son statut d’ « Etat » légitime, ces Juifs consternés depuis longtemps par le comportement de l’enclave extrémiste ne peuvent plus être désignés comme coupables par association. Ce changement, attendu depuis longtemps, bénéficierait certainement à la communauté juive en général. En fermant le programme d’armement nucléaire d’Israël et en détruisant son arsenal nucléaire, le monde s’épargnerait le moteur principal qui dirige maintenant une course aux armements nucléaires dans la région.
A moins que les pro-Israël créent une autre crise incluant l’invasion de l’Iran (ou une course à la guerre), les Américains se rendront bientôt compte qu’un seul « Etat » avait les moyens, la motivation, l’opportunité et les services secrets stables nécessaires à la mise en place des renseignements qui ont conduit les Etats-Unis à envahir l’Irak, tout ceci en cohérence avec les objectifs expansionnistes du sionisme colonial.
Le renseignement faisant maintenant son chemin vers la transparence confirmera bientôt que, sauf pour les sionistes au sein du gouvernement US, le 11 septembre aurait pu être empêché et la guerre en Irak évitée. A ce jour, l’extrémisme sioniste a pu s’épanouir grâce à une série de présidents américains faibles.
Pour que les Etats-Unis rétablissent leur crédibilité, il faut non seulement qu’ils s’efforcent de fermer l’entreprise sioniste, mais aussi qu’ils partagent la responsabilité de son comportement jusqu’à aujourd’hui.

Jeff Gates

05 Octobre 2009

Jeff Gates est auteur, avocat, banquier d’investissement, éducateur et consultant auprès du gouvernement, de dirigeants d’entreprises et de syndicats reconnu dans le monde entier.

Son dernier livre est “Guilt By Association—How Deception and Self-Deceit Took America to War” (2008). Ouvrages précédents : “Democracy at Risk: Rescuing Main Street From Wall Street” et “The Ownership Solution: Toward a Shared Capitalism for the 21st Century”.

Il a été pendant vingt ans Conseiller auprès de décideurs politiques du monde entier.

Conseiller juridique du Comité des Finances du Sénat américain de 1980 à 1987.

http://www.alterinfo.net/Israel-tombera-t-il-dans-cinq-ans_a37567.html


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