Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

19/11/2009

n°119 Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - : 17-11 : -Fin - : Liban : La guerre du renseignement après celle des canons…


n°119  Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - : 17-11 : -Fin  - :    Liban : La guerre du renseignement après celle des canons…



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°119 du 17-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & Discours & témoignage

2-1 Sayed Nasrallah: Nous serons tous au rendez-vous pour anéantir les Israéliens si ...

2-2 Nasrallah : Offrons un front uni si nous voulons écarter le spectre de la guerre israélienne.

2-3 Mazin Qumsiyeh : L’odeur de la misère et un sentiment d’espoir.

 

 


2 Courrier des lecteurs & Discours & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Sayed Nasrallah: Nous serons tous au rendez-vous pour anéantir les Israéliens si ...

Lors de la commémoration de la journée du martyr au Liban, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a mis en garde l'entité sioniste contre le risque de déclencher une guerre contre le Liban: " s'ils osent s'aventurer dans notre géographie, dans nos plaines et vallées, nous serons tous là au rendez-vous, pour les anéantir.

 Nous transformerons la menace en une occasion" a-t-il lancé devant des milliers de personnes dans la Banlieue-sud. Sayed Nasrallah répondant aux dernières mises en garde, venant de source israélienne et véhiculées par des circuits diplomatiques européens.
En ce jour, le commandant de la résistance libanais e en a appelé le monde arabe et musulman à plus de coopération et à agir ensemble pour éteindre les foyers qui brûlent de part et d'autre dans la région, notamment au Yémen, estimant que ces conflits n'ont de but que d'attiser les sensibilités confessionnelles pour démembrer la nation et l'écarter de son objectif primordial de combattre l'ennemi et de libérer les terres arabes occupées.
Saluant le rapprochement turc de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran, il a lancé un appel en faveur d'un rapprochement entre les deux grands pays musulmans, l'Iran et l'Arabie saoudite.
Concernant la situation libanaise interne, et après avoir signalé que le gouvernement prochain devra être celui de la coordination, il s'est attardé sur un fléau qui fait ses ravages au Liban: la drogue. Estimant qu'il fait partie des stratèges dont use l'ennemi sioniste pour ruiner la résistance du peuple libanais.
PRNCIPALES IDEES DU DISCOURS   
HOMMAGE AUX MARTYRS

Nous avons baptisé ce jour "le jour du martyr" pour commémorer le jour du martyr du premier combattant du Hezbollah Ahmad Kassir, qui a effectué la première opération martyre à Tyr, détruisant ainsi un des sièges de l'ennemi. 
Pour nous, c'était le jour de la bonne nouvelle et du remerciement: la bonne nouvelle de la victoire qui s'est réalisée grâce au sang de tous les martyrs, qui ont délaissé tout ce qui n'a pas rapport à Dieu, pour répondre au devoir de défendre la dignité.  
Comme à chaque année, nous nous réunissons pour exprimer notre appréciation pour leurs sacrifices et réitérer notre engagement à préserver leurs commandements. 
Nous nous réunissons sur une partie de la banlieue sud profanée par les juifs en 1982, aujourd'hui nous avons recouvert notre terre grâce au sang de tous les combattants martyrs.

En ce jour, nous reconnaissons leur rôle et nous les remercions pour leur lutte contre les projets de l'ennemi, dont dernièrement celui du nouveau Proche-Orient.
L'ENGAGEMENT AMERICAIN est ABSOLU ENVERS ISRAEL 

Nous suivons tous les évènements dans notre pays, dans la région et dans le monde entier, parce que nous ne pouvons pas  séparer ce qui se passe au Liban de ce qui se passe dans la région.
Il y a quelques mois, lorsque le président Obama a été élu à la tête d'une nouvelle administration américaine, nombreux furent ceux qui ont misé sur de grands changements en faveur des peuples et des régimes de la région, parce que cette administration va corriger selon eux la politique sauvage de l'ancienne administration, mais toutes ces aspirations se sont avérées vaines.  
Durant les dernières semaines, la vérité est devenue claire que jamais: l'engagement américain en faveur des intérêts d'Israël est quasiment absolu, un engagement qui ne prend pas en compte des sentiments ni de la dignité des peuples de la région.
Révisons ensemble le discours d'Obama à la place de Rabin ( en Palestine occupée) où il a été assassiné, il s'y engage à faire tout ce qui est dans l'intérêt d'Israël. 
De plus, il y a eu les manœuvres militaires américano-israéliennes communes dont l'objectif annoncé est de faire face aux missiles de l'Iran, de la Syrie et du Hezbollah.  
Pour la première fois, l'américain vient en tant que partenaire réel d'Israël pour participer à une éventuelle attaque lancée par Israël contre l'Iran, la Syrie ou le Liban.  
Des forces américaines resteront ainsi en Israël en permanence. Même lors du mandat du président Bush, nous n'avons jamais entendu parler de cela.
  Sur le plan politique, Obama n'a fait que  frimer en déclarant qu'il allait  imposer des concessions à Israël, mais nous voyons comment dans les dernières semaines les Américains ont renoncé à leurs conditions.
Et maintenant, les négociateurs palestiniens expriment leur totale déception, à tel point que le négociateur en chef (Saëb Erekat) a annoncé l'échec de 18 ans de négociations.

FACE À 18 ANNÉES DE NÉGOCIATIONS ET D'ÉCHEC, IL Y A EU 18 ANNÉES DE RÉSISTANCE ET DE VICTOIRE
 Le chiffre 18 est certes intéressant. Car face à cet échec cuisant durant 18 ans de négociations avec les Israéliens, ce sont 18 années de résistance au Liban, entre 1982 et l'an 200) qui ont vaincu l'ennemi, l'ont chassé  de toutes ses terres sans se soumettre à aucune de ses conditions et sans demander l'aide de personne.
Toutes les parties qui misaient sur le processus de paix se sont tues, les voix sont étranglées face à cette impasse.
 Les Américains ne font rien contre Israël. Alors qu'ils exhortent le Liban à respecter pleinement les résolutions de l'ONU, ils défendent Israël qui viole les lois internationales et s'oppose au rapport Goldstone, qui lui aussi place la victime et le bourreau sur le même pied d'égalité.

Une question à ceux qui nous demandent de donner du temps aux Américains: n'était-ce pas une imposture?
Les Israéliens continuent leurs entrainements, leur approvisionnement en armes, leur espionnage par tous les moyens, les réseaux d'espionnage (nous appelons le gouvernement libanais à ce sujet à rouvrir ce dossier), par le biais des drones d'espionnage, et des engins implantés comme à Houla et à Meys. L'ennemi continue par ailleurs à exagérer les  incidents au sud Liban.

LES MENACES ISRAÉLIENNES SONT UNE GUERRE DE NERF 

Passons à autre chose, la guerre des nerfs ou psychologique. Force est de constater que la première réaction israélienne lorsque le gouvernement libanais s'est formé, a été les menaces, au motif que le Hezbollah se trouve dans ce gouvernement; pourtant il l'était aussi dans le cabinet précédent. Certains se sont attelés à nous faire parvenir ces menaces à travers des circuits diplomatiques étrangers via des médias libanais, faisant état que les risques de guerre  ont augmenté. Mais tout ceci n'est qu'une guerre psychologique.
En parallèle, nous constatons hélas l'éclatement de nouveau foyers de tension dans la région, permettant d'attiser les sensibilités confessionnelles parmi les Arabes et les Musulmans. L'objectif final étant de démembrer la nation, et de la divertir de son devoir primordial, celui de restituer les terres arabes occupées par l'entité sioniste.
IL NE FAUT PAS SE CONFIER AUX AMÉRICAINS QUI CREENT NOS PROBLEMES
Raison pour laquelle, nous en appelons à un maximum de coopération inter arabe et entre les Musulmans.
Ce que je dis à tous les Arabes, aux peuples comme aux dirigeants, est que nous ne devons plus jamais  dépendre des États-Unis pour qu'ils nous résolvent nos problèmes alors que ce sont eux qui créent  ces problèmes et les attisent.
Nous en appelons à plus de collaboration entre arabes et musulmans
C'est pour cela que nous saluons de tous nos cœur le rôle de la Turquie qui s'est démarqué depuis la guerre contre la bande de Gaza, et qui se penche de plus en plus sur les questions et les pays de la région.
Bien entendu d'aucuns voudront attiser les sensibilités confessionnelles, en prétendant que la Turquie sunnite veut concurrencer l'Iran chiite concernant son soutien à la cause palestinien.
HOMMAGE À LA TURQUIE ET AU VENEZUELA
Et bien nous le disons haut et fort, nous soutenons la Turquie sunnite lorsqu'elle veut défendre la Palestine et la mosquée d'Al-Aqsa et soutient la résistance palestinienne et libanaise... comme nous le faisons pour l'Iran chiite.
Plus encore, nous saluons le Venezuela communiste pour les mêmes raisons.
APPEL AU RAPPROCHEMENT ENTRE L'IRAN ET L'ARABIE SAOUDITE 
Nous en appelons à plus de rapprochement entre les Arabes, à développer les relations inter arabes.
Le rapprochement entre la Syrie et l'Arabie Saoudite a porté ses fruits au Liban par la formation du gouvernement.
Nous saluons aussi le rapprochement perçu entre l'Iran et Qatar.
Nous en appelons aussi à un rapprochement entre l'Arabie Saoudite et l'Iran ces deux grands pays du monde musulman
Nos en appelons à collaborer pour éteindre les incendies qui sont allumés un peu partout dans le monde islamique
J'évoque entre autre la situation explosive dans le nord du Yémen où les tentatives s'efforcent de donner aux combats des colorations confessionnelles alors que le président yéménites appartient à la même confession que les houthistes.
IL FAUT ÉTEINDRE LES FOYERS QUI BRULENT: LE YÉMEN
Nous avons besoin de parties qui éteignent ces feux qui brûlent dans la région dans le but de déclencher les guerres confessionnelles.
Je m'adresse à la nation de Mohammad (s) que votre messager vous dit que le fait de réconcilier ceux qui sont en litige  est meilleur que la prière et le jeûne. À quoi servent la prière et le jeûne alors que des massacres sont perpétrés entre les Musulmans.
APPEL POUR ADOPTER LE CHOIX DE LA RÉSISTANCE  
 D'autre part, nous invitons les peuples et les dirigeants à réviser leur choix.
En cette journée du martyr, nous leur demandons d'adopter le choix de la résistance au niveau national et islamique, et d'apporter leur soutien aux mouvements de résistance  au Liban et en Palestine et ailleurs pour affronter l'ennemi sioniste
Il est de mon devoir d'adresser mon grande estime au président syrien Bachar el-Assad et pour le discours qu'il a prononcé en Turquie où il a dit que la résistance est désormais  leur seul moyen vu l'échec du processus de paix
Nous demandons la généralisation de ce discours. Et je dis au monde entier, que nous avons toujours été reconnaissants pour tous ceux qui nous ont soutenus.
C'est pour cela nous ne nous sommes jamais délié de notre amitié avec le Syrie ou avec l'Iran ou avec tos les mouvements et les peuples qui nous soutiennent.
Oui, Nous sommes fiers que ceux qui nous soutiennent, et fiers d'être soutenus par eux.
LES PROPOS D'ASHKÉNAZI  SONT UNE MISE EN GARDE POUR L'INTÉRIEUR ISRAÉLIEN

Dans ce cadre, nous avons des responsabilités
À commencer par les menaces israéliennes; depuis deux jours, le chef d'état major israélien Gabi Ashkénazi (qui rappelons-le était  le commandant du secteur nord de la Palestine occupée, lorsque la résistance a asséné un coup fatal à l'occupation israélienne au Liban sud en 2000 ou il l'était peu de temps avant, avant d'être remplacé par Moshé Yaalon de l'armée de l'air, ce qui montre qu'ils n'ont pas été cherché quelqu'un de nouveau mais quelqu'un qui a subi un échec au Liban)
Donc Ashkénazi a présenté il y a quelques jours un rapport dans lequel il dit que le Hezbollah détient des dizaines de milliers de missiles qui peuvent parvenir jusqu'à Tel Aviv. Comme d'habitude, nous n'avons ni confirmé, ni démenti ces propos. Que ce soit vrai au faux, ceci constitue aussi une menace pour le public israélien…  
Mais il semble vouloir prendre les choses dans une autre direction
Depuis un certain temps, les Israéliens parlent de guerre, de perfectionnement de missiles à Gaza (…) comme s'ils voulaient dire aux Libanais et aux Palestiniens que les choses pourraient très bien glisser vers la guerre en raison de ces missiles et armements.
Ces propos supposent deux explications différentes
Soit c'est un prétexte pour déclencher la  guerre
Soit c'est le contraire, le reflet d'une volonté qui refuse la guerre et met en garde contre ses séquelles.
il se peut très bien qu'Ashkénazi soit en train de dire à son peuple, à ceux qui sont les plus extrémistes (quoiqu'ils soient tous des extrémistes)  que la situation n'est pas à l'instar de ce qu'elle était en l'an 2000 ou 2006; et qu'il ne faut pas trop se précipiter dans le choix de la guerre, car cette fois-ci ce sont toutes les régions de la Palestine occupée qui sont à la portée des roquettes ou missiles, pas seulement les habitants de Haïfa devront quitter leurs maisons; il a même évoqué Dimona et les colonies les plus lointaines.(…)

ISRAEL EST À COURT DE CHOIX 
Ses propos pourraient être un appel aux têtes israéliennes les plus torrides pour qu'elles se refroidissent et se calment car Israël est à court de choix.   
Tous ces cris lancés ne font que fatiguer les gorges d'où ils sortent et non nos oreilles.
 Ashkénazi leur dit que si vous êtres pressés d'aller en guerre, voilà ce qui va vous attendre.
Comme nous l'avons déjà dit le 14 mars, que nous voulons écarter le spectre de la guerre au Liban, mais il faut que nous fassions comprendre à l'ennemi que sa guerre psychologique est vaine et que sa nouvelle guerre, si elle a lieu, ne provoquera ni conflit interne, ni subversion,  mais une position unifiée de la part de tous les Libanais, et que nous serons tous unis ensemble pour défendre notre terre et notre souveraineté, notre dignité.
C'est un facteur de force très important qu'il ne faut négliger.
Je l'ai dit à plusieurs fois, nous ne voulons pas la guerre,  mais s'ils veulent essayer, inchallah, grâce à notre résistance et à notre unité et à notre persévérance et à la bénédiction du sang de nos martyrs, nous les vaincrons…
SI LES ISRAÉLIENS ENTRENT DANS NOS TERRES, NOUS ALLONS LES ANÉANTIR 
Ils disent que l'armée de l'air ne peut décider du sort de la bataille, ils ont vu elle n'a fait que détruire et tuer les innocents.
Qu'ils sachent, la fois prochaine fois,  il se peut que la question commence bien après Haïfa
D'ailleurs l'ennemi il n'a de choix qu'une opération terrestre de grande envergure, c'est pour cela qu'ils nous menacent avec ses 5 bataillons
Mais les menaces peuvent très bien se tourner en  une occasion pour nous.
Si ces bataillons investissent notre géographie, notre sud, la Montagne de Amel, qu'ils sachent que Dieu a créé ce coin de la Terre pour humilier les usurpateurs et les envahisseurs.
NOUS SERONS TOUS AU RENDEZ-VOUS SI… 
S'ils s'aventurent dans notre géographie, dans nos montagnes, nos vallées et nos villes, nous serons tous au rendez vous. 
Ils savent déjà que durant la guerre de 2006, personne de nos combattants n'a pris la fuite.
Dans leurs rapports, ils ont dit que dans la bataille de Bint Jbeil, les israéliens ont dit qu'ils ont fait exprès de laisser une brèche pour permettre l'évasion de ceux qui le voulaient, mais c'est le contraire qui est arrivé car nos combattants n'ont cessé de passer par cette brèche, pour prendre part à la bataille. Notre problème consistait à empêcher nos résistants d'aller au champ de la bataille.
Or cette foi-ci, nous serons  tous là à les attendre, dans les montagnes et les vallées.
Nous détruirons leurs chars, leurs blindés, leurs bataillons, nous tuerons leurs soldats et militaires. Peut-être pas tous. Nous n'avons pas besoin de les tuer tous pour les vaincre.  
D'ailleurs durant la guerre 2006, ils sont passés à la bataille terrestre en investissant 40.000 soldats au Liban sud et 200 chars. Ils ont vu ce qui s'est passé. En fin de compte, ils ont essuyé un échec.
Or, nous n'avions pas les facteurs de force dont nous disposons aujourd'hui. Notre formation est encore plus performante. Nous aussi avons effectué notre évaluation et avons mesuré nos atouts de force et diagnostiqué nos point de faiblesse.  C'est notre droit naturel.
Je m'engage à nouveau devant les martyrs, en ce jour des martyrs, et je dis à tous les Israéliens et au monde entier: Envoyez donc toute l'armé israélienne et voyez donc ce que nous allons en faire.
LE NOUVEAU GOUVERNEMENT DOIT ETRE UN GOUVERNEMENT DE COORDINATION 
Nous appelons à ce que le nouveau gouvernement soit un gouvernement de coordination nationale qui travaille au profit du peuple libanais, pas un gouvernement  de conflit d'intérêt.
Qu'il soit un gouvernement d'entente, parce que sa réussite est dans l'intérêt de la patrie, du peuple, du Hezbollah et des familles des martyrs. Nous allons nous efforcer pour faire réussir le gouvernement.

S'agissant de la déclaration ministérielle, je ne pense qu'il y aurait de problèmes.
Il y a des priorités, surtout le dossier économique, les gens vivent dans une situation très difficile, de même le traitement du dossier de la corruption au sein des institutions de l'Etat.

Toute partie a le droit de mettre à table les grands dossiers, mais il faut patienter pour laisser le pays vivre tranquillement pour un certain moment. Qu'on discute à la table du dialogue n'importe quel dossier, mais laissons le gouvernement travailler sans le combler par les grands dossiers.

Et puis, ne nous compliquons pas les choses. Lorsque nous posons devant nous des objectifs réels, nous arrivons à les réaliser, ceci nous permettra de donner plus de confiance au gouvernement, et d'aborder ensuite les dossiers les plus compliqués.

A part le dossier des armes du Hezbollah, le gouvernement doit  faire face aux menaces, aux pressions et aux violations israéliennes quotidiennes, et œuvrer pour résoudre l'affaire des  jeunes libanais qui sont toujours en détention chez les israéliens, comme Abdallah khalil Oleyan. Sa famille a présenté des documents tangibles basés sur des informations de la Croix Rouge selon lesquels leur fils est toujours en vie.
Sur le plan social, je vais évoquer un sujet très sensible. Les martyrs sont issus d'un environnement moral élevé, aujourd'hui certains veulent détruire cet environnement. Je ne parle pas seulement de Beyrouth ou de la banlieue sud, mais aussi du Nord, de la Békaa et du Sud. 
DROGUE: PROBLEME MAJEUR QUI ENVAHIT LE LIBAN
Il s'agit des drogues, j'en appelle le gouvernement à ouvrir ce dossier.
Malheureusement, les drogues envahissent les écoles primaires, complémentaires, secondaires et même les universités.
Certains utilisent ces stupéfiants sans le savoir. Nous avons reçu des plaintes de familles notables mêmes, ce problème est plus dangereux que le vol, et les relations sexuelles illégitimes, parce que celui qui consomme les stupéfiants n'a plus de moral. Elle  est la porte à tous les vices.
Certains prétextent que leur recours au commerce des drogues est dû au manque des chances de travail. C'est du mensonge, parce que les commerçants de drogues sont très riches.
Mais l'affaire des drogues a aussi une dimension sécuritaire. 

Israël promeut le commerce de la drogue dans notre société et nous accuse par contre de vendre la drogue en Palestine occupée.
Du point de vue religieux, la vente des drogues dans la société de l'ennemi est interdite.
Toutes ces accusations contre le Hezbollah sont mensongères et fabriquées dans le but de déformer l'image du Hezbollah.
Ils veulent nous impliquer dans toutes les affaires, ils ont collé ma photo sur des stupéfiants dans leurs campagnes anti-drogue.
Leurs mensonges ne dureront pas, inchallah, dans notre génération, nous allons récupérer les lieux saints, al Qods et toute la Palestine.

De retour a l'affaire des drogues, nous devons tous collaborer avec l'Etat, les services de sécurité et la justice pour lutter contre ces produits.
Nous sommes tous concernés à ce sujet, dans toutes les régions, je m'adresse a tous les libanais pour déclarer ensemble une guerre culturelle, sociale, médiatique et économique sur le commerce des drogues. De ce fait, nous pouvons protéger nos familles et notre avenir.
Enfin, nous réitérons notre engagement à préserver les sacrifices et les commandements des martyrs.
( FIN )  

Sayed Nasrallah

A consulter

Le dossier Hezbollah
Le dossier Liban

Publié le 12 novembre 2009

Source : Al Manar
http://www.almanar.com.lb/...
 

http://www.palestine-solidarite.org:80/discours.Sayed_Nasrallah.111109.htm


2-2 Nasrallah : Offrons un front uni si nous voulons écarter le spectre de la guerre israélienne.
Commémoration
Rappelons que cette journée a été choisie à cause de la première opération de résistance contre l'armée israélienne le 11 novembre 1982, réalisée par Ahmad Kassir contre le QG israélien à Tyr.
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a divisé son discours en deux parties, la première traitant la lutte contre Israël et la seconde axée sur le volet interne.

Et pour la première fois, il a consacré une partie de son discours à la consommation de la drogue chez les jeunes, précisant que c'est une menace réelle qui cherche à détruire notre société.
Nasrallah a commencé par rendre hommage aux martyrs du Liban et de l'« oumma » et à ceux du Hezbollah en particulier « qui ont ouvert la porte de l'espoir et tracé avec leur sacrifice le chemin de la victoire ». Il a ensuite évoqué l'élection du président Barack Obama et les espoirs et l'attente qu'elle a générés dans le monde arabo-musulman. Mais, selon lui, ces espoirs se sont rapidement dissipés et il est devenu de plus en plus clair que les États-Unis sont engagés totalement aux côtés d'Israël. Nasrallah a affirmé qu'après les dernières manœuvres américano-israéliennes, les États-Unis sont devenus un partenaire direct sur le terrain avec Israël. De plus, aujourd'hui, l'administration américaine a demandé au nouveau gouvernement libanais une application totale des résolutions internationales, sans un mot de condamnation pour les violations israéliennes constantes de ces mêmes résolutions.
Face aux menaces israéliennes, il a invité les Libanais et l'« oumma » arabo-musulmane, en général, à plus de cohésion, d'autant que le projet américano-israélien vise à susciter des conflits confessionnels pour protéger l'entité israélienne. Nasrallah a ainsi évoqué la guerre au nord du Yémen, refusant de lui donner l'étiquette de guerre confessionnelle. Il a ensuite précisé que le Hezbollah est avec la Turquie sunnite et le Venezuela communiste avant d'être avec l'Iran tant que ces pays appuient la cause palestinienne et la cause arabe contre l'ennemi israélien et les projets d'effritement. Nasrallah a déclaré que le Hezbollah accueille favorablement le sommet syro-saoudien dont le Liban a cueilli un des premiers fruits, appelant à un rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran. Il a encore invité le monde arabo-musulman à revoir ses choix et à adopter l'option de la résistance au Liban et en Israël, au lieu d'un processus de négociations stérile depuis 18 ans.
Le secrétaire général du Hezbollah a ensuite relevé le fait que les dirigeants israéliens multiplient actuellement les menaces, mais il a estimé que cette tendance peut avoir deux explications, soit ils préparent le terrain à une nouvelle agression, soit ils veulent justement écarter cette possibilité en augmentant le danger que représenterait une nouvelle attaque pour les Israéliens eux-mêmes. Il a ajouté que si guerre il y avait, elle pourrait commencer cette fois par des missiles « au-delà, bien au-delà de Haïfa ». « Si nous voulons écarter le spectre de la guerre, nous devons offrir un front uni, car l'unité est un facteur essentiel à côté de la force militaire », a-t-il déclaré, précisant que si Israël comprenait qu'une nouvelle agression ne divisera pas le Liban, il pourrait renoncer à la mener. Il a ensuite minimisé la menace d'invasion terrestre, rappelant qu'en 2006, Israël avait engagé 40 000 soldats dans la bataille terrestre, sans gagner. «
Ils peuvent envoyer toute leur armée et nous les vaincrons grâce à notre géographie et notre détermination... Nous sommes prêts »,a-t-il lancé, avant d'ajouter : « Inchallah, c'est notre génération qui verra le retour de la Palestine, de la mer au fleuve... »
Abordant le dossier interne, Nasrallah a évité de commenter la formation du gouvernement, se contentant d'appeler les analystes à avoir les pieds sur terre et à ne pas avancer des thèses farfelues, comme le lien entre le dossier nucléaire iranien et le retard dans la formation du gouvernement. Il a aussi justifié l'acceptation par le Hezbollah de portefeuilles secondaires par sa volonté de faciliter la formation du gouvernement.
Nasrallah a affirmé que la réussite de ce gouvernement est dans l'intérêt du Liban et du Hezbollah en particulier. Il a annoncé que son parti est prêt à faire de son mieux pour que ce gouvernement soit une équipe de coopération, de cohésion et d'harmonie. Il a invité les différentes parties à laisser le pays respirer et le gouvernement s'occuper en premier de la situation sociale et de la lutte contre la corruption au sein de l'État. « Laissons le gouvernement travailler sans l'alourdir avec des dossiers épineux », a déclaré Nasrallah qui a précisé que la table de dialogue est là pour que ces dossiers y soient traités.

12 novembre 2009
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/63767...


2-3 Mazin Qumsiyeh : L’odeur de la misère et un sentiment d’espoir.

Je n’étais pas allé à Beyrouth depuis mes cinq ans (mais je me souviens bien de ce voyage) et j’étais un peu nerveux parce que tellement de choses se sont passées depuis. Le Liban et la Palestine, avec la Jordanie et la Syrie, ont toujours eu des liens ; c’est seulement après que les Britanniques et les Français aient décidé de nous diviser et de donner une partie de notre terre aux Juifs européens pour remplacer les indigènes que nous avons été séparés et déconnectés les uns des autres (et quelquefois que nous nous sommes querellés).

J’étais invité en tant que représentant de l’Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem à une conférence sur les droits à l’eau dans le bassin du Jourdain (article en Arabe sur la conférence). Nos hôtes libanais nous ont traités comme si nous faisions partie de leur famille : avec énormément de gentillesse et d’hospitalité.
Il me tardait aussi de visiter les camps de réfugiés du Liban et de rencontrer des militants (libanais et palestiniens) dont j’ai fait la connaissance par Internet. J’ai beaucoup écrit dans le temps sur les réfugiés et j’ai aussi fait le
compte-rendu d’un livre sur le massacre de Sabra et Chatila. On m’a dit qu’il fallait une autorisation spéciale de l’armée pour entrer dans les camps du nord et du sud.
J’ai rencontré quelques réfugiés de Mar Elias et d’autres camps au Liban et, lundi, j’ai visité le
Centre de Ressource arabe d’Art populaire pour la jeunesse libanaise et palestinienne des communautés pauvres. Raja Mattar, un vieil ami de Jaffa, qui dirige un fonds d’aide pour les étudiants palestiniens, a demandé à un jeune palestinien de me faire faire un visite matinale de Sabra et Shatila.
Nous avions rendez-vous en face du grandiose hôtel Plaza Crown, dans l’opulente rue AlHamra, et un taxi nous a emmenés à la lisière du camp ; alors que nous tentions d’entrer, nous nous sommes retrouvés dans un embouteillage (les rues ne sont pas faites pour deux sens de circulation). Alors nous avons laissé le taxi coincé dans les bouchons et nous sommes partis à pied. J’avais besoin de marcher. Nous sommes passés près d’un marché où les pauvres (libanais et palestiniens) font leurs courses. Le marché propose de tout, depuis les légumes aux vêtements d’occasion d’aspect plutôt sale, des chaussures aux morceaux de tuyaux et aux livres. Tous ces articles sont présentés séparément, et leurs marchands essaient de vendre leurs produits à des gens tout aussi pauvres qu’eux. La plupart de ces étalages n’en sont pas, c’est plutôt une feuille de plastique ou même des journaux sur lesquels les « marchandises » qu’ils colportent sont étalées.
De ce que j’ai pu observer, certains d’entre eux seraient heureux de vous vendre tout le contenu de leur bric-à-brac pour moins de 20$. Il m’est déjà arrivé, bien sûr, d’aller sur des marchés dans des zones pauvres, mais ici, c’est un peu différent. Ca ressemble à un marché où on vend et on achète pour trois fois rien (tout est à moins d’un dollar, soit 1.500 livres libanaises), mais ce n’est pas un endroit bruyant ; les vendeurs n’interpellent pas les clients comme à Bethléem, peu des bruits habituels d’appels pour acheter et vendre et les plaisanteries sur le marchandage. Le fait que tout se passe à voix basse m’a vraiment laissé perplexe. Peut-être parce qu’il y a plus de marchands que de clients, me suis-je dit. Peut-être ce n’était pas l’heure d’affluence. Comme un musée où les visiteurs se déplaceraient et regarderaient les toiles en silence, posant de temps en temps des questions à voix basse sur quelque chose qui les intrigue.
Alors que nous nous rapprochions du camp, l’odeur est devenue vraiment plus forte. Difficile de la décrire, un mélange d’égout et de pourriture, une odeur âcre qui est peut-être le contraire de l’air frais, une odeur de renfermé et de dureté suffocante qui m’a fait me demander si je n’avais pas une hallucination.
Puis nous avons fait un tour dans le camp, et rien ne m’avait préparé à ça. Je suis allé dans plus de 30 camps de réfugiés en Jordanie et en Cisjordanie, et je ne m’attendais pas à ce que les camps de réfugiés du Liban soient pires. J’ai beaucoup lu, j’ai aussi vu des photos et des vidéos, mais pourtant j’ai été choqué par ce que j’ai vu, par ce que j’ai senti, par ce que j’ai entendu et par ce que j’ai ressenti et les mots que j’écris ne peuvent en rendre compte.
Tandis que je filmais et que je levais ma caméra pour prendre le fouillis des centaines de fils électriques emmêlés au dessus de ma tête (l’infrastructure artisanale pour apporter l’électricité et le téléphone à ceux qui arriveront à faire les bonnes connections (au propre comme au figuré), j’ai entendu une voix de femme m’interpeller : « Shoo Bitsawwer ? » (« Que photographies-tu ? »). J’ai d’abord pensé qu’elle me le reprochait (ce qui arrive dans les sociétés conservatrices) et j’ai marmonné que je venais de Bethléem, que je visitais le camp, et elle a commencé à me parler du docteur de la clinique. Je n’y comprenais pas grand-chose. Elle m’a dit qu’il y avait un médecin pour des centaines de patients. Et qu’elle n’arrivait pas à rencontrer le docteur, à la clinique de l’UNRWA, pour sa fille. C’est à ce moment là que j’ai remarqué la fille qui se cachait timidement derrière sa mère. J’ai proféré quelques mots stupides et inutiles parce que je ne savais vraiment pas quoi dire, pendant que sa fille lui disait d’arrêter. J’ai repris ma vidéo sur les fils électriques, les affiches politiques et les gens. Il y avait des enfants partout, enthousiasmés par ma caméra. Je n’ai vu ni jouets, ni bicyclettes, ni ballons, ni animaux en peluche. Plusieurs gamins jouaient avec un morceau de bois, du papier collant, un bout de tuyau en plastique. Ils les avaient assemblés pour en faire un truc qui ne sert à rien. J’ai filmé certains d’entre eux et je leur ai montrés leurs visages souriants. J’ai souri moi aussi et je leur ai parlé comme je le fais avec ma propre famille. Mais j’étais torturé. J’ai contenu mes larmes et j’ai filmé les égouts à ciel ouvert qui courent juste à côté d’eux. Je me suis dit que c’était leur terrain de jeu. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté le camp. C’est tout leur horizon. Un homme a dit aux gamins de nous laisser tranquilles.
A une fenêtre du deuxième étage, une femme battait un vieux tapis pour en enlever la poussière. Waseem, mon « guide », m’a mis en garde contre les flaques ou les obstacles des ruelles étroites (il doit y avoir un mot plus approprié pour décrire ces ouvertures en terre battue d’un mètre de large entre les maisons dans les zones pauvres, peut-être « masarib » en arabe ?). Waseem est de Nahr El-Bared, un camp qui a été complètement détruit par les bombardements lorsque l’armée libanaise a combattu un groupe d’extrémistes. Le camp n’a toujours pas été reconstruit, alors sa famille vit à la lisière du camp, dans des hébergements provisoires. Nous avons continué à nous pénétrer des bruits, des odeurs, des sensations, et de la vue de ce camp. Trop d’émotions m’ont submergé, et aucune d’entre elles n’était très gaie. Nous sommes passés près de la clinique de l’UNRWA et j’ai vu beaucoup de mères palestiniennes y entrant avec leurs enfants. Juste à côté, il y avait des ouvriers creusant la rue avec des marteaux piqueurs. Les gamins sautaient par-dessus le trou (un égout), comme s’ils se moquaient des travaux.
La première pensée qui m’est venue à l’esprit est que ce n’est pas le lieu pour essayer de réparer quoique ce soit, il faut tout changer, et ces gens doivent revenir dans les villages dont ils ont été ethniquement nettoyés. Et je me suis aussitôt senti étrangement coupable pour cette pensée que j’avais eue des millions de fois auparavant, et pour laquelle je n’avais pas travaillé avec acharnement. La culpabilité était peut-être due au fait qu’ici et maintenant, je ne peux faire que très, très peu. L’enchevêtrement de fils électriques, de canalisation, de maisons branlantes semblent n’être d’aucune aide aux milliers de personnes qui vivent ici. Il semble maintenant que l’infrastructure ait sa propre vie, que les gens ici ne sont pas ses amis mais ses espions, et que je suis maintenant piégé avec eux, même si c’est pour un court laps de temps. Je me souviens d’un film d’horreur que j’ai vu quand j’étais enfant et j’ai simplement pensé qu’avant que mon père meure, j’aurais dû lui demander si, lorsque j’avais 5 ans et que nous avons visité Beyrouth, nous avons ou non visité un camp de réfugiés et si non, pourquoi.
Le temps est un ennemi et nous avions d’autres choses à voir. Nous avons continué vers le lieu du mémorial du massacre de 1982. Il se trouve dans une cour entourée de grillage, derrière une autre rue qui a été transformée en marché ouvert. Il semble légèrement plus fréquenté que les autres marchés. En face de l’entrée, ils vendent des montres, des vêtements et des chaussures mais à l’intérieur, les seuls habitants sont un groupe de poulets. Le mémorial est négligé, vide et silencieux, à part les bruits sourds qui viennent de la rue. Les banderoles sont anciennes et fanées. Ici, l’odeur du camp que j’ai décrite plus haut est remplacée par une autre odeur, celle de mort mélangée à celle des crottes des poulets. Ou peut-être que je fantasme, parce que l’endroit est plutôt propre. Peut-être que je deviens complètement fou. Wassem semble encore plus muet ici. Il me montre enfin une autre banderole et me dit simplement : « Celle-ci commémore les autres massacres israéliens. » Je filme quelques instants et je me souviens être simplement sorti sans me retourner. Wasseem me dit de ne pas filmer dans les rues en dehors du camp à cause de la présence de militaires et de l’ambassade du Koweit (fortifiée). Mais je n’en avais pas l’intention. Nous avons marché en silence. Plus tard dans le taxi, loin de tout cela, je me suis mis à lui poser des questions sur lui-même : il vient d’être diplômé en ingénierie électrique. Pas de travail pour quelqu’un comme lui, qui vient des camps. Rien à faire. Il refuse de me laisser payer le taxi.
Je suis rentré à mon hôtel, et seulement là, je me suis mis à pleurer. J’ai pleuré pour ces réfugiés abandonnés par un monde sans pitié, j’ai pleuré pour tout ce que j’avais entendu et ressenti pendant cette visite, et j’ai pleuré pour notre humanité blessée.
Ensuite, visitant l’Université américaine de Beyrouth (où tellement de Palestiniens ont fait leurs études, dont mon oncle, qui est mort à 27 ans juste après avoir fini sa maîtrise), j’ai vu un McDonald juste en face de l’Université. Le lendemain, en Jordanie, alors que mon amie Zuhair me conduisait chez elle, nous sommes passés devant l’Université de Jordanie et j’ai vu un autre McDonald, là aussi en face de l’Université.
Je fulmine contre cette mondialisation (en particulier contre les Starbucks gérés par les sionistes et autres franchises qui aident au nettoyage ethnique et font tellement de mal à notre cause). Zuhair m’a rappelé qu’il y tant de gens qui ont collaboré au viol de la Palestine, et tant d’autres gens qui se contentent de regarder. Il y a vraiment peu de militants comme ceux que j’ai vus à Beyrouth. Mais nous nous sommes rappelé que des gens biens (jordaniens, libanais, palestiniens et internationaux) font la différence dans la société chaque jour. Ca a toujours été le cas.
L’institut Abd-ElAl qui nous a invités et les participants personnifient tous ces gens : des individus qui ne mettent pas leurs intérêts personnels au-dessus des intérêts du peuple, des individus qui se sentent concernés et qui agissent. Ce sont eux qui nous donnent l’espoir d’un avenir meilleur, où nous nous travaillerons tous ensemble contre l’apathie et contre le mal qui nous maintient séparés.
Ci-dessous une vidéo courte (moins de 5 minutes) et maladroitement filmée (je suis un amateur) de mon séjour, que j’ai mise sur YouTube. J’aurais souhaité rester plus longtemps, mais j’ai dû rentrer pour reprendre mes cours.

Mazin Qumsiyeh

14-11-2009

Source : A Bedouin in Cyberspace, a villager at home

Traduction : MR pour ISM

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12976&type=temoignage&lesujet=Réfugiés,



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



Les commentaires sont fermés.