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25/11/2009

n°6 - dossiers du 11-09 n°6 - 24-11 - Fin - Les "conspirationnistes" sont-ils anti-américains ? Ont-ils raison d’utiliser la stratégie du doute ?

n°6 - dossiers du 11-09 n°6 - 24-11 -  Fin -  Les "conspirationnistes" sont-ils anti-américains ? Ont-ils raison d’utiliser la stratégie du doute ?


dossiers du 11-09 n°6 du 24-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Erosion de nos libertés.

4-2 « les Etats-Unis n’ont jamais cessé de soutenir Ben Laden jusqu’au 11-Septembre».

5Annexe

5-1 Thomas Michael Corcoran : Al-Qaida préfère-t-il le Pakistan et l’Afghanistan à l’Amérique?

 


Analyse -  Géopolitique et stratégie 4 Analyse -  Géopolitique et stratégie Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Erosion de nos libertés.
Êtes-vous inquiet face à la "guerre au terrorisme", à l'érosion de vos libertés et aux conflits au Moyen-Orient ?

Savez-vous que de nombreux experts dans le monde entier remettent en question leur prétexte même, à savoir la version officielle du 11 Septembre 2001 donnée par le gouvernement Bush
Ne manquez pas cette opportunité d'écouter la candidate "Verte" aux élections présidentielles US, Cynthia McKinney, et l'ex-député européen Giulietto Chiesa, parler de leurs enquêtes sur ces sujets et bien d'autres encore.
Les invités seront: Cynthia McKinney, Giulietto Chiesa, Annie Machon et Franco Fracassi (voir ci-dessous pour plus d'informations sur les invités). Le film Zero sera projeté au cours de la soirée.
Vers
la Vérité, c'est l'occasion inespérée d'avoir un aperçu de ce qui se passe en coulisse au sein de nos gouvernements et de découvrir comment cela nous affecte à une échelle mondiale.
Pour une seule soirée, la députée US Cynthia McKinney et l'ex-député européen Giulietto Chiesa exposeront leurs vues sur la politique, les médias, la guerre au terrorisme, le 11-Septembre, et bien d'autres sujets. S'ensuivra la projection du film « Zéro » ainsi qu'un débat avec son réalisateur Franco Fracassi.
De plus en plus de gens se méfient de ce que leur disent les hommes politiques et les médias. Les exemples flagrants de manipulation et de mensonges ont marqué ces dernières années, comme l'usage de faux renseignements utilisés comme prétextes pour les guerres d'Irak et d'Afghanistan, les enlèvements secrets [pratiqués en Europe par
la CIA], et l'usage de la torture.
Cette perte de confiance qui gagne de nombreux citoyens accroit la demande quant aux vraies responsabilités du 11/9 et, à l'appui des familles et des survivants, l'exigence d'une nouvelle enquête réellement indépendante.
Vers
la Vérité ne prétend pas apporter de réponses. Notre ambition est de fournir une plateforme à ceux qui ont été les acteurs de ce travail de terrain, et qui ont eu le courage de se lever et de dire publiquement leurs doutes.
Que pouvons-nous faire ?
La tragédie du 11/9 et la « guerre au terrorisme » qui en a découlé sont constamment utilisées comme prétextes pour envahir illégalement des pays étrangers et pour restreindre nos droits constitutionnels de citoyens.
Pourtant, dans le monde entier, le nombre d'experts reconnus, d'hommes politiques et de personnes compétentes remettant en cause les raisons mêmes de cette « guerre au terrorisme » s'accroit chaque jour. Tous demandent une nouvelle enquête, réellement indépendante, sur les événements du 11 Septembre, qui aurait pour tâche d'établir une fois pour toutes s'il existe de réelles justifications aux guerres illégales et aux atteintes à nos libertés.
Ce n'est qu'en nous informant et en soutenant ceux qui se sont déjà informés et qui se battent aujourd'hui au nom de nous tous, que nous serons en mesure de mettre fin aux dérives du pouvoir comme celles dont nous sommes témoins depuis les attentats du 11 septembre 2001.
INTERVENANTS
Cynthia McKinney

Quelques mots sur Cynthia McKinney. Élue à 6 reprises comme représentante au Congrès américain pour la ville Atlanta (Géorgie), Cynthia fut la candidate du parti Vert aux élections présidentielles de 2008. Attachée aux valeurs de responsabilité, de citoyenneté et des droits de l'homme, elle pose inlassablement les questions qui fâchent, soulevant des problèmes comme celui de la fraude des machines à voter, l'inaction de l'administration après l'ouragan Katrina, et l'échec catastrophique de l'appareil de Défense et de renseignements US aux attaques du 11/9. En 2006, elle a soumis une demande de destitution (« impeachment ») contre George W. Bush pour son non-respect de
la Constitution et sa justification de la guerre en Irak. L'année dernière, elle a tenté de se rendre par deux fois à Gaza pour apporter de l'aide humanitaire à la communauté palestinienne. La première fois son bateau a été arraisonné par
l'armée israélienne. La deuxième fois, elle et les autres humanitaires furent arrêtés, jetés en prison pendant 7 jours et finalement expulsés.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cynthia_McKinney
Giulietto Chiesa
Giulietto Chiesa est un éminent journaliste européen, et fut jusqu'à très récemment député italien au Parlement européen. En 2006, il est l'auteur d'un des films les plus incisifs et intelligents sur le questionnement de la version officielle sur le 11/9. Le film, intitulé « Zéro », a vu la participation du Prix Nobel Dario Fo ainsi que de l'écrivain Gore Vidal, et a été projeté en avant-première au Parlement européen de Bruxelles en février 2008. Il a, depuis cette date, été projeté dans toute l'Europe. « Zéro » a aussi été programmé par la 1ère chaine TV russe en septembre 2008, qui a, pour l'occasion, atteint une audience estimée à 30 millions de personnes. En juillet 2009, G. Chiesa a quitté ses fonctions de député européen pour se concentrer sur le cinéma. Il continue activement d'exiger une nouvelle enquête sur le 11 Septembre, et est l'un des fondateurs du mouvement des « Hommes politiques pour la Vérité sur le 11/9 » (« Political leaders for 9/11 truth » ://fr.wikipedia.org/wiki/Giulietto_Chiesa
Franco Fracassi
Franco Fracassi est le réalisateur du film "ZÉRO d'Enquête sur le 11 Septembre", mais il est avant tout journaliste d'investigation après avoir été journaliste de guerre pendant plusieurs années. Il a mené différentes investigations journalistiques, notamment sur
la Russie, pays dans lequel il a vécu quelques années, mais aussi sur la mafia et ses liens avec les services secrets. Franco Fracassi travaille actuellement sur différents projets de films et de livres traitant de sujets d'actualité comme, ce qui se cache derrière le nom d'Al-Qaïda, les dessous de scandale de la répression policière au G8 de Gènes en 2001, ou le tremblement de terre à l'Aquila et ses dramatiques effondrements de maisons et d'immeubles mal construits. Il travaille aussi avec G. Chiesa au 2e volet du film Zéro.
Annie Machon
Dans les années 90, Annie Machon a travaillé comme agent de renseignements au MI5 anglais. Elle a démissionné pour pouvoir aider son ex-partenaire, David Shayler, à dénoncer publiquement ("blow the whistle") toute une série de crimes ; depuis les fichiers sur des hommes politiques, aux bombes de l'IRA qu'il était possible de stopper, en passant par les écoutes téléphoniques, les personnes innocentes emprisonnées à tort, ou encore la tentative illégale d'assassinat du leader libyen Kadaffi organisée en 1996 par le MI6 [service de renseignements extérieurs anglais Ndlr]. Avec pour conséquence de devoir partir dans d'autres pays d'Europe, s'exiler en France, être arrêtée et emprisonnée, ses amis, sa famille, des journalistes étant arrêtés eux aussi, et parfois condamnés. Elle est désormais écrivaine, experte des médias, et défenseur des libertés civiles, mais surtout, Annie Machon est l'un des fers de lance du
mouvement pour la vérité sur les événements du 11 Septembre, parcourant ainsi régulièrement l'Europe et les États-Unis.

http://www.wsws.org/francais/News/2009/sep2009/vanj-s10.shtml
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-demission-d-un-conseiller-de-la-maison-blanche-37421517.html


4-2 « les Etats-Unis n’ont jamais cessé de soutenir Ben Laden jusqu’au 11-Septembre».

Taïké Eilée : Non, la fameuse Sibel Edmonds ne vient pas nous dire que le 11-Septembre est un « inside job », car elle ne se prononce que sur ce qu’elle connaît de sa propre expérience.

Et elle fait bien.

Mais elle vient nous dire ce que certains documents classifiés qu’elle a eu entre les mains pourraient prouver : les Etats-Unis n’ont jamais cessé de soutenir Ben Laden jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations de déstabilisation en Asie Centrale.

C’est ce qu’on appelle une bombe médiatique.

L’ancienne traductrice au FBI Sibel Edmonds a fait une révélation fracassante le 24 juin 2009, au micro de Brad Friedman, dans le Mike Malloy Show. Ses propos ont été retranscrits le 31 juillet sur les blogs Let Sibel Edmonds Speak, Against All Enemies et Daily Kos. Ils ont enfin été traduits (une première fois) en français sur le site ReOpen911 le 13 août.

Des propos qui rejoignent ceux du journaliste Eric Margolis au micro de Scott Horton, d’abord le 30 novembre 2008, puis le 28 avril 2009 (les Français ont pu apercevoir cet ancien correspondant de guerre, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, dans l’émission de Frédéric Taddeï,

Ce soir ou jamais sur France 3).

Relations intimes... et pérennes

Selon Sibel Edmonds, les Etats-Unis ont entretenu des relations très étroites avec Oussama Ben Laden et les Talibans, sans discontinuer jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations en Asie Centrale, une zone aux ressources énergétiques particulièrement convoitées.

Ces relations étaient pourtant censées être rompues depuis la fin de la Guerre froide : "Dire que depuis la chute de l’Union Soviétique, nous avons mis un terme à notre relation intime avec Ben Laden et les Talibans est un mensonge, et il est possible de le prouver très facilement sur la base des informations qui ont été classifiées dans mon affaire. Nous avons entretenu des relations très étroites avec ces gens, au sujet de l’Asie Centrale, et cela jusqu’au 11-Septembre. (...) Nous avons réalisé des opérations en Asie Centrale avec ces groupes, les utilisant comme nous le faisions déjà durant le conflit soviéto-afghan, et nous les avons utilisés jusqu’au 11-Septembre"

(à écouter via le 2e lecteur MP3 sur cette page, entre la 6e et la 7e minute, ou à partir de la 6e minute sur la vidéo qui suit). 

Le rôle du tiers

 Cette "utilisation" se faisait via des intermédiaires, la Turquie (dont Sibel Edmonds est originaire), mais aussi d’autres acteurs provenant du Pakistan, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite.

Ben Laden, les Talibans et d’autres groupes servaient ainsi d’armée terroriste par procuration.

Les Etats-Unis avaient besoin de cette discrétion afin d’éviter tout risque de révolte populaire en Asie centrale (Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan), mais aussi de fâcheuses répercussions en Chine et en Russie.

Sibel Edmonds précisait, en juillet 2008 : "Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le complexe militaro-industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam." La stratégie pro-islamiste des Etats-Unis, une longue histoire...

L’Afghanistan, un repaire de terroristes ? 

De son côté, Eric Margolis, s’il affirme aussi que la CIA a supporté Ben Laden jusqu’en 2001, avance encore une idée tout à fait iconoclaste, selon laquelle l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme : "En réalité, quand les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan en 2001, ils ont prétendu qu’il y avait plus de 20 "camps d’entraînement terroristes", comme ils les appelaient, qui entraînaient tous des terroristes devant aller frapper l’Amérique, eh bien, c’était un mensonge absolu. Un parmi tant d’autres." Qu’étaient donc ces camps, s’ils n’entraînaient pas des terroristes ?

"Pour 90 % des gens dans les camps d’entraînement, il pouvait s’agir de Cachemiris, entraînés par les services de renseignement pakistanais, l’ISI, au vu et au su des Américains, pour aller se battre au Cachemire contre la loi indienne. C’était le groupe le plus important. Le deuxième plus important regroupait des gens d’Asie Centrale, principalement d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Tadjikistan, qui étaient organisés et entraînés pour aller combattre ces épouvantables régimes communistes d’Asie Centrale, encore au vu et au su des Américains. Enfin, il y avait un groupe de Ouïghours, ces Chinois musulmans de la province du Xinjiang qui étaient entraînés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang, et ce ne n’était pas seulement au vu et au su de la CIA, mais avec son soutien, car elle pensait qu’elle pourrait les utiliser au cas où une guerre éclaterait avec la Chine." Interloqué, l’animateur radio demande à Eric Margolis jusqu’à quand ces pratiques ont eu cours, et le reporter de répondre que cela se passait en 2001... 

La CIA encourage Ben Laden 

Lorsqu’il lui demande si Ben Laden "travaillait avec" la CIA, Margolis précise sa pensée : "Je n’irai pas aussi loin. Je dirais qu’ils savaient ce que Ben Laden faisait, et qu’ils l’encourageaient par l’entremise d’un tiers, probablement les Saoudiens..." Et le journaliste de poursuivre : "Vous vous souvenez que Washington versait de l’argent aux Talibans jusque 4 mois avant le 11-Septembre ; la raison était qu’ils pensaient pouvoir ainsi les enrôler pour aller renverser les régimes communistes d’Asie Centrale, et même attaquer la Chine. Mais bien sûr, le 11-Septembre est arrivé, et alors ces sales petits secrets ont été dissimulés, les dossiers ont été brûlés, et quiconque y avaient pris part fut expulsé au purgatoire. (...) Le fait est que l’Afghanistan n’était pas un foyer du terrorisme, il y avait des groupes commando, des groupes de guérilla, entraînés dans des buts précis en Asie Centrale" (à écouter sur cette page, à partir de la 7e minute).

Dans une interview plus récente, Eric Margolis précisera que les Ouïghours entraînés en Afghanistan, dont certains bénéficiaient de la "collaboration de Ben Laden", étaient "payés" et "armés" par les Etats-Unis (à écouter sur cette page, à la 13e minute). On ne sait si l’on doit faire un lien entre ces "encouragements" et la visite d’un agent de la CIA à Ben Laden, le 12 juillet 2001, alors que le milliardaire saoudien était soigné à l’hôpital américain de Dubaï...

Une certaine logique

Le Figaro ne se montrera guère étonné par cette rencontre : "Les contacts entre la CIA et Ben Laden remontent à 1979 lorsque, représentant de la société familiale à Istanbul, il commença à enrôler des volontaires du monde arabo-musulman pour la résistance afghane contre l’Armée rouge. Enquêtant sur les attentats d’août 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et de Dares-Salaam (Tanzanie), les enquêteurs du FBI ont découvert que les traces laissées par les charges proviennent d’un explosif militaire de l’armée américaine et que cet explosif a été livré trois ans auparavant à des Afghans arabes, les fameuses brigades internationales de volontaires, engagés au côté d’Oussama ben Laden durant la guerre d’Afghanistan contre l’armée soviétique. Poursuivant ses investigations, le FBI découvre des « montages » que la CIA avait développés avec ses « amis islamistes » depuis des années. La rencontre de Dubaï ne serait donc que la suite logique d’une « certaine politique américaine »."

 Les propos de Sibel Edmonds et Eric Margolis ne viennent finalement que confirmer, et approfondir, ce qu’Alexandra Richard, pour Le Figaro, et Richard Labévière, pour RFI, laissaient entrevoir dès le 31 octobre 2001 : les relations entre Ben Laden et les Américains n’avaient jamais cessé, malgré les attentats, attribués à Al-Qaïda, contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998, et contre le navire de guerre USS Cole en 2000. Elles n’ont pas même cessé après que les avertissements d’attentats à venir aux Etats-Unis ont commencé à pleuvoir... On n’en déduira rien, si ce n’est qu’amis et ennemis sont notions relatives, contrairement à ce que laisserait croire la rhétorique du combat entre le Bien et le Mal, et que l’intérêt, dans ces affaires, prime sans doute sur toute considération morale. Nul étonnement donc devant de telles relations. Seulement le constat d’une persistante obscurité.

Une femme... tenace  

L’obscurité ne se lèvera pas tant que les documents que Sibel Edmonds (ou Bob Graham...) évoque seront classifiés.

Pour avoir voulu lever un coin du voile, la jeune traductrice subit les foudres de l’administration Bush : chargée en effet de traduire, au lendemain du 11-Septembre, des documents liés aux attentats, elle fut renvoyée, dès mars 2002, pour avoir signalé à ses supérieurs certains faits graves, comme l’infiltration du FBI par des espions œuvrant pour un lobby turc...

Peu après son renvoi, elle fit l’objet d’un "gag order", une mesure exceptionnelle l’assignant au silence, lui interdisant de révéler la teneur exacte des faits qu’elle reprochait et de documenter ses propos. 

Plus tard, elle dénonça les mensonges de Condoleezza Rice, lorsque cette dernière affirma que nul, dans la communauté du renseignement, ne pouvait imaginer les attaques du 11-Septembre.

Le 11 février 2004, elle témoigna devant la Commission d’enquête. Mais le rapport final, paru le 22 juillet 2004, et gros de 567 pages, n’en tint pas compte (le nom de Sibel Edmonds n’apparaissant qu’une seule fois, dans une simple note de bas de page). Le 1er août 2004, elle décida donc d’écrire une lettre au Président de la Commission, Thomas Kean, dans laquelle on peut lire qu’en avril 2001, un informateur du FBI avait transmis à l’agence les informations suivantes :

« 1) Oussama Ben Laden planifiait une attaque terroriste majeure aux Etats-Unis visant 4 ou 5 villes importantes,

2) l’attaque allait impliquer des avions,

3) certains des individus en charge de porter l’attaque étaient déjà en place aux Etats-Unis,

4) l’attaque allait être portée dans les prochains mois. » Sibel Edmonds ne reçut aucune réponse de la part de Thomas Kean. Ce qui renforça sa hargne et sa détermination. 

"Marché noir nucléaire entre la Turquie et le Pakistan, néoconservateurs travaillant pour des intérêts turcs et israéliens, multinationales de l’armement et sociétés-écrans, en 6 mois au FBI la petite traductrice de Washington a joué dans la cour des grands" : le documentaire Une Femme à abattre nous fait entrevoir l’incroyable sac de noeuds dans lequel la jeune femme a mis les pieds.

Taïké Eilée (son site)

samedi 15 août

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/sibel-edmonds-la-cia-a-utilise-ben-60245

Hubert Héléian



5 Annexe

5-1 Thomas Michael Corcoran : Al-Qaida préfère-t-il le Pakistan et l’Afghanistan à l’Amérique?

Nb- Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le pont de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Troisième volet de l'enquête sur l'absence d'attentats aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001

jeudi 10 septembre 2009

A l'occasion du huitième anniversaire des attaques du 11 septembre 2001 contre New York et Washington, nous republions une série de neuf articles de Slate.com sur les raisons pour lesquelles il n'y a plus depuis un autre attentat d'ampleur sur le sol américain.

Pour lire l'introduction, cliquez ici et le premier volet ici 11 septembre: les fous de Dieu ne sont pas des criminels de génie.

Impossible de nier qu'al-Qaida veut du mal aux Etats-Unis. Cette association terroriste n'a cessé de le faire savoir, par le verbe et par le geste, et ce depuis bien avant le 11 septembre 2001.

En 2004, Oussama Ben Laden fanfaronnait dans un enregistrement vidéo qu'al-Qaida allait «saigner l'Amérique jusqu'à la ruine», comme lui et ses acolytes djihadistes avaient saigné l'Union soviétique dans les années 1980 en combattant les soldats russes en Afghanistan.

En vérité, Ben Laden et les combattants étrangers qu'il dirigeait en Afghanistan ont joué un rôle secondaire dans l'expulsion des Soviétiques d'Afghanistan - le mérite en revient en fait aux moudjahidine du pays (financés par la CIA) - et l'intervention soviétique ratée n'a été que l'un des facteurs qui a précipité la dissolution de l'Union soviétique.

Admettons quand même qu'al-Qaida veut beaucoup de mal aux Etats-Unis, et qu'il a réussi à leur infliger de sérieux revers. Est-ce sa seule fin?

Bien sûr que non. Al-Qaida veut saigner et pousser les Etats-Unis à la ruine non parce qu'il convoite le territoire qui s'étend entre le Canada et le Mexique, mais parce qu'il honnit l'influence américaine dans le monde musulman. Est-ce au nom du progrès (laïcité, état de droit, démocratie) ou de l'intérêt personnel (pétrole à bas prix, stabilité géopolitique, développement des marchés pour les biens et les services occidentaux) que cette influence est davantage exercée, le débat reste ouvert. Pour al-Qaida, cela importe peu. «Le progrès» tout comme l'avancement des intérêts américains sont également indésirables, car ils empêchent l'objectif sacré d'al-Qaida de ressusciter le califat de 1000 ans.

Dans l'article précédent («Les fous de dieu ne sont pas des criminels de génie»), Thomas Schelling, Marc Sageman et Max Abrahms exposent que les terroristes élaborent une stratégie très médiocre, voire n'en ont pas du tout. Si c'est le cas, alors la principale raison d'al-Qaida d'attaquer les Etats-Unis est tout simplement qu'ils se trouvent là. Mais si les terroristes sont vraiment des stratèges, alors l'objectif immédiat d'al-Qaida devrait, en toute logique, être de commencer à bâtir ce califat en encourageant la création de régimes djihadistes dans les territoires autrefois conquis par le prophète Mahomet et ses successeurs.

En suivant cette logique, la nécessité d'attaquer les Etats-Unis devrait varier en fonction de la fermeté avec laquelle les Etats-Unis contiennent les djihadistes au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique du Nord. Pour le moment, les Etats-Unis n'arrivent pas à contenir du tout ni le Pakistan, ni l'Afghanistan, deux endroits où al-Qaida est implanté de longue date.

Il serait par conséquent logique qu'al-Qaida y concentre ses ressources. Le Pakistan est particulièrement précieux, car il possède des armes nucléaires; Bruce Riedel, un ancien de la Central Intelligence Agency (CIA) et aujourd'hui membre de la Brookings Institution, le qualifie de «pays le plus dangereux du monde actuel.» Deux décisions prises récemment par les autorités pakistanaises ont tout particulièrement suscité l'inquiétude : un accord avec un important djihadiste taliban d'imposer la loi islamiste (la charia) dans la vallée de Swat, à 150 km d'Islamabad, la capitale du Pakistan ; et la libération d'A.Q Khan, le scientifique qui a vendu les secrets nucléaires à la Corée du Nord, à l'Iran et à la Lybie, et qui était jusque-là en résidence surveillée.

En Afghanistan, les talibans en nette augmentation restent étroitement liés avec al-Qaida, et depuis 2005, ils ont adopté sa tactique des attentats-suicides. Al-Qaida et les talibans sont tous impliqués dans l'assassinat, en 2007, de l'ancien Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto, et certaines preuves indiquent qu'ils ont aussi collaboré à une tentative d'assassinat avortée du président afghan Hamid Karzaï en avril 2008.

Les djihadistes évoquent un «ennemi proche» (les régimes apostats au Moyen-Orient et alentour) et un «ennemi lointain» (les Etats-Unis et l'Occident en général). L'homme à qui l'on attribue l'invention de ces expressions, Mohammed Abd al-Salam Faraj, l'a fait principalement pour souligner qu'attaquer l'ennemi proche importait bien davantage, principe qu'il a appliqué en organisant l'assassinat, en 1981, du président égyptien Anouar el-Sadate (le gouvernement égyptien a adhéré au même principe en exécutant Faraj.) En 1993, un groupe égyptien militant appelé Jamaa islamiya, qui entretenait des liens approfondis avec al-Qaida, rompit avec la stratégie de «l'ennemi proche» en commettant un attentat au World Trade Center.

En 1996, al-Qaida lui emboîta le pas et se focalisa formellement sur l'ennemi lointain. Mais à en croire Fawaz A. Gerges, professeur en relations internationales à Sarah Lawrence et auteur de The Far Enemy: Why Jihad Went Global [l'ennemi lointain : pourquoi le djihad s'est mondialisé], d'autres groupes djihadistes du monde n'ont jamais vraiment adhéré à ce changement de priorités. Même le Jamaa islamiya, fin 1999, avait décrété un cessez-le-feu, geste qui indigna son chef spirituel incarcéré, Omar Abdel-Rahman («le cheikh aveugle») et causa la scission du groupe. Avec les attaques du 11-Septembre, Ben Laden espérait rallier les djihadistes en dehors de l'orbite d'al-Qaida afin qu'ils rejoignent la lutte contre l'ennemi lointain. Au lieu de ça, il les a fait fuir. Al-Qaida est aujourd'hui le seul groupe terroriste étranger connu dont l'intérêt déclaré soit d'attaquer les Etats-Unis.

C'est pour cette raison que les discussions - y compris celle-ci -sur l'éventualité d'un nouveau 11-Septembre aux Etats-Unis ont tendance à se concentrer uniquement sur al-Qaida (j'expliquerai dans l'enquête de demain pourquoi la possibilité qu'une association nationale provoque un nouveau 11 septembre est hautement improbable.) Si al-Qaida n'est pas actuellement en train de fomenter une attaque des Etats-Unis, alors il n'y aucune raison de penser qui quiconque soit en train de le faire.

Je place la théorie de l'ennemi proche un cran au-dessus de la théorie des terroristes pas malins dans le spectre des inquiétudes, car même si al-Qaida s'attache en ce moment à étudier ses opportunités à domicile, cela ne l'empêche pas nécessairement de consacrer une partie de ses ressources à l'attaque des Etats-Unis.

Les attentats du 11-Septembre ont provoqué l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak par les Etats-Unis, et ces invasions ont monté le monde musulman contre l'Amérique.

Au Pakistan, le pourcentage de population ayant une opinion favorable des Etats-Unis (23%) a chuté de plus de la moitié (à 10%) entre 1999 et 2002, selon les chiffres du Pew Global Attitudes Project.

Depuis lors, il est remonté à 19%. Qu'une nouvelle attaque d'al-Qaida sur les Etats-Unis provoque une nouvelle action militaire dans le monde musulman, et l'opinion pakistanaise des Etats-Unis se dégradera à nouveau. Al-Qaida peut considérer que cette probabilité est un outil fort utile dans son combat de «l'ennemi proche.»

En contrepartie, al-Qaida a pu déduire l'endroit où les soldats américains se déverseraient dans ce cas : au Pakistan et en Afghanistan. Voilà qui serait un probable revers dans son combat contre son «ennemi proche».

Thomas Michael Corcoran

Reuters
Cet article, traduit par Bérengère Viennot, est paru sur slate.com le 2 mars 2009.

http://www.slate.fr/story/alqaida-prefere-pakistan-amerique-11-septembre



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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