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28/11/2009

n°302 - dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - (Fin) - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

n°302 -  dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - (Fin) - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°302 du 26-11

                       C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Brèves

2-1 De meilleurs équipements ne permettront pas de remporter la guerre, estime Nick Parker.

2-2 Les dégâts psychologiques de la guerre en Afghanistan sur les GI.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Des blessures de guerre moins visibles mais plus chères.

3-2 Cyril Da : Comment les Etats-Unis financent les résistants.

3-3 Pierre Haski : Enlisement en Afghanistan : le récit cash d'un expert français.

3-4 Romain Rosso : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

3-5 Marcel Druart : "N'attendons pas des résultats instantanés !"

3-6 Guerre d’Afghanistan : ils l’ont dans le cul !

3-7 Présence française en Afghanistan



2 Brèves

2-1 De meilleurs équipements ne estime Nick Parker.

 

Le général britannique Nick Parker estime que la clef pour vaincre les résistants en Afghanistan ne réside pas dans l'envoi de meilleurs équipements mais plutôt dans l'aptitude à gagner l'adhésion de l'opinion. Il a fait ces déclarations dans un entretien au journal "News of the World" de dimanche, dont des extraits ont été diffusés avant parution, alors qu'un nouveau sondage pour l'"Independent" publié samedi indique que 71% de Britanniques souhaitent que leurs soldats quittent l'Afghanistan dans l'année qui vient.

L'enquête a été réalisée par ComRes par téléphone mercredi et jeudi auprès d'un échantillon représentatif de 1.007 personnes âgées de 18 ans et plus. Sa marge d'erreur est de plus ou moins trois points.

Des commandants de l'armée britannique et des représentants de l'opposition ont accusé à plusieurs reprises le gouvernement de ne pas fournir aux 9.000 soldats britanniques déployés en Afghanistan les équipements nécessaires. Ils ont estimé que l'envoi d'hélicoptères supplémentaire permettrait de sauver des vies.

Le fils du général Parker, le capitaine Harry Parker, a perdu ses jambes dans l'explosion d'une bombe en bordure de route en juillet dernier. D'après le général, l'équipement dont disposait son fils "convenait pour ce qu'il faisait".

"Je crois vraiment qu'il n'est pas nécessaire d'acheter du matériel supplémentaire", dit-il dans l'entretien à "News of the World". Pour remporter la guerre, ajoute-il, "ce que nous devons faire", c'est gagner les coeurs et les esprits.

Le contingent britannique est le plus important en Afghanistan après celui des Etats-Unis du côté des forces étrangères.

http://fr.news.yahoo.com/3/20091114/twl-gb-afghanistan-fcd69a8_2.html


2-2 Les dégâts psychologiques de la guerre en Afghanistan sur les GI.

L'armée de terre américaine a publié vendredi les résultats de son étude sur les dégâts psychologiques provoqués sur ses soldats engagés dans la guerre en Afghanistan, où un combattant sur cinq de rang subalterne souffre de problèmes mentaux. Ces conclusions, rendues publiques alors que le président Barack Obama s'apprête à prendre une décision sur l'envoi de 10.000 à 40.000 soldats en renfort, illustrent les pressions de ce conflit et de la guerre en Irak, caractérisés par des combats intenses et des affectations multiples, sur le mental des GI's présents au front.

La hausse du taux de suicide et la tuerie de la semaine sur la base de Fort Hood (Texas), où un médecin-psychiatre d'origine palestinienne sur le point d'être muté en Irak a tué 13 de ses compagnons d'armes, soulèvent de nouvelles questions sur les effets du stress au combat et de l'état du système de santé mentale de l'armée.

Selon la dernière étude de l'armée sur la santé mentale des soldats, ces derniers font état d'une baisse du moral des troupes en Afghanistan alors qu'augmente la fréquence des combats. Cela reviendrait à dire que les pertes record subies au combat ont des conséquences psychologiques importantes sur les unités combattantes.

Environ 21,4% des soldats de sexe masculin de rang subalterne, le groupe généralement le plus engagé dans les combats, souffrent de problèmes mentaux tels que le définit le service de santé de l'armée comme l'anxiété, la dépression ou un stress aigu. En 2005, cette proportion était de 10,4% et de 23,4% en 2007.

Les militaires qui effectuent trois rotations ou plus en Afghanistan rencontrent proportionnellement plus de problèmes mentaux et de difficultés dans leur couple que leurs camarades n'ayant servi qu'une fois dans ce pays.

En revanche, la santé mentale des militaires américains servant en Irak semble s'améliorer, tout comme la sécurité dans ce pays que l'armée américaine s'apprête à évacuer progressivement.

En Irak, la proportion de soldats atteints de problèmes psychologiques est désormais la plus faible depuis 2004.

14/11

http://fr.news.yahoo.com/4/20091114/twl-afghanistan-usa-armee-41953f5_1.html



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Des blessures de guerre moins visibles mais plus chères.
Les progrès réalisés dans le domaine de la médecine sont le seul bon côté de la guerre moderne. On peut soigner des blessures qui, à l’époque du Vietnam, étaient mortelles. Jusqu’à 90 % des soldats blessés en Irak ont survécu, contre 76 % au Vietnam. C’est la seule victoire.
Mais, étant donné la nature différente des combats d’aujourd’hui – notamment les expositions plus fréquentes à des explosions qui ne sont pas toujours mortelles pour des soldats vêtus de protections sophistiquées –, les survivants ont beaucoup plus de risques de souffrir de lésions au cerveau. Les troubles cognitifs qui en résultent peuvent être quasi imperceptibles et de longue durée, et les symptômes – trous de mémoire, difficultés de concentration ou maux de tête – peuvent être confondus ou coexister avec ceux du stress posttraumatique et de la dépression. Lorsque les vétérans rentrent aux Etats-Unis, ils constatent que les traitements neurologiques de qualité sont rares. Et, les blessures psychologiques et cognitives ne laissant pas de cicatrice visible, leur cas ne suscite aucune compassion chez leurs concitoyens.
Le nombre de blessés ayant subi des lésions physiques ou mentales continue d’augmenter. Bien que le nombre de soldats tués en Irak ait diminué depuis l’envoi de renforts, l’été dernier, le nombre de soldats morts au combat s’est tout de même élevé à 25 en février et 36 en mars. Et le nombre de blessés est passé de 214 à 323, résultat d’une intensification des combats. Une étude menée récemment par le think tank Rand Corp. souligne les coûts cachés de l’engagement militaire américain en Irak et en Afghanistan, et montre l’importance de ces blessures de guerre invisibles. Selon cette étude, réalisée auprès de vétérans, 14 % d’entre eux souffriraient de stress posttraumatique, 14 % auraient connu une dépression sévère dans les trente derniers jours, et 19 % auraient probablement des lésions traumatiques au cerveau. Si l’on se fie à ces chiffres, sur un total de 1,64 million de soldats déployés, 320 000 souffriraient de lésions cérébrales traumatiques. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que 57 % des sondés n’ont jamais été examinés. En 2007, les coûts de traitement des lésions cérébrales allaient de 26 000 dollars [17 000 euros], pour les moins graves, à 409 000 dollars [262 000 euros], pour les plus sévères. Toujours selon l’enquête, traiter les troubles posttraumatiques et les dépressions dans les deux années suivant le déploiement des troupes coûterait 6 milliards de dollars [3,8 milliards d’euros]. En outre, il est évidemment impossible de chiffrer la douleur, le chagrin et les vies brisées de ces jeunes soldats.
La recherche sur les lésions cérébrales n’en est qu’à ses balbutiements ; il est donc crucial d’y accorder plus de financement. Scientifiquement, on sait comment traiter le stress et la dépression, mais trop souvent ces connaissances ne sont pas traduites en soins de qualité. Nous avons le devoir d’apprendre à mieux soigner l’esprit et le cerveau de nos soldats, et d’aider et de respecter ceux qui ne peuvent pas encore être pris en charge.

29.05.

http://www.courrierinternational.com/article/2008/05/29/des-blessures-de-guerre-moins-visibles-mais-plus-cheres


3-2 Cyril Da : Comment les Etats-Unis financent les résistants.

Nerf de la guerre

Le journal américain "The Nation" a enquêté sur le lucratif marché du transport militaire en Afghanistan. Et constaté que des millions de dollars atterrissent dans les poches de l’ennemi sous couvert de sécurité des camions.

"Tell the French military people how we fuck them ".

En langage diplomatique, le message de cette source étasunienne reçu à Bakchich jeudi 12 novembre signifie : "Dites aux soldats français comment ils se font avoir en Afghanistan". Avoir par qui ? Par les Américains eux-mêmes.

Les explications se trouvent dans un récent article du très fiable journal américain The Nation.

 

Dans sa dernière édition, il révèle ("The Nation" ) pourquoi et comment les Etats-Unis financent indirectement les résistants.

"Bienvenue dans le bazar des contrats en temps de guerre en Afghanistan !" écrit l’enquêteur vedette Aram Roston. "Un carnaval de personnages improbables et de connexions floues, où l’on voit d’anciens cadres de la CIA et d’ex-officiers militaires serrer la main à d’anciens résistants et moudjahidines pour récupérer des fonds du gouvernement américain au nom de l’effort de guerre".

"Les fournisseurs de l’armée américaine sont contraints de payer des résistants présumés pour protéger les voies logistiques américaines. C’est un fait acquis (…) que le gouvernement américain finance les forces mêmes que les troupes américaines combattent."

Des millions comme s’il en pleuvait

"Ironie mortelle, ces fonds représentent d’énormes sommes pour les Résistants", ajoute The Nation. "Les officiers américains à Kaboul estiment qu’au moins 10% des contrats logistiques du Pentagone –des centaines de millions de dollars- sont des versements aux résistants".

Et Aram Roston de citer deux gros bénéficiaires de cette manne insoupçonnée.

Le groupe Watan, contrôlé par les frères Popal, dont l’un est un cousin d’Hamid Karzaï.

Une des entreprises du groupe protège les convois de camions afghans qui trimballent du matériel américain de Kaboul à Kandahar.

Quant à NCL Holdings, elle est dirigée par Hamed Wardak, le jeune fils –américain- de l’actuel ministre afghan de la Défense. Début 2009, une société du groupe, Host Nation Trucking, aux maigres références, fut choisie parmi les six transporteurs de l’armée américaine. Un petit contrat de prime abord, mais qui a été multiplié par sept au cours de l’été !

Au total, le contrat avec les six transporteurs a atteint 2,2 milliards de dollars. Pour situer, le budget ainsi consenti pendant deux ans pour faire rouler des camions et des camionneurs afghans représente 10% du produit national brut annuel, explique Roston.

"Avec l’argent du Département de la Défense"

Et ensuite ? Le vrai secret du transport en Afghanistan est d’assurer la sécurité sur des routes dangereuses, contrôlées par des seigneurs de guerre, des résistants, et les commandants des Résistants. Des responsables américains interrogés par Aram Roston sont explicites : "Fondamentalement, l’armée paye les Résistants pour qu’ils ne lui tirent pas dessus. Avec l’argent du Département de la Défense".

Transport de fonds

Illustration Ray Clid

Dans un communiqué reçu par The Nation, le colonel Wayne Shanks, le communicant des forces internationales en Afghanistan, se dit "au courant" des accusations, mais conteste tout soutien direct. Toutefois, admet-il, "les relations entre les entrepreneurs sous contrat et leurs sous-traitants, ainsi qu’entre les sous-traitants et les autres dans leurs communautés opérationnelles, ne sont pas tout à fait transparentes. "

Le problème, conclut Aram Roston, c’est que les Etats-Unis ne semblent pas savoir comment y remédier.

Message transmis aux 3750 soldats français sur place.

Cyril Da

vendredi 13 novembre

http://www.bakchich.info/Comment-les-Etats-Unis-financent...


3-3 Pierre Haski : Enlisement en Afghanistan : le récit cash d'un expert français.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

Au moment où Barack Obama hésite à envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan, voici une étude française qui va doucher les espoirs placés par les dirigeants occidentaux de voir les Afghans prendre le relais dans le combat contre les résistants (l'« afghanisation“de la guerre).

Michel Goya, un expert de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), dépendant du ministère de la Defense, est allé à Kaboul en octobre pour donner des cours devant des officiers afghans, et suivre avec eux un stage de contre-insurrection organisé par les Américains.

Il publie ses ‘Impressions de Kaboul’, repérées par Jean Guisnel sur son blog ‘Defense ouverte’ et qui ‘n'engagent que leur auteur’, dans la lettre électronique de l'Irsem. Ce qu'il décrit permet de mieux comprendre pourquoi la Force internationale d'assistance à la sécurité (Fias) est en train, sinon de perdre cette guerre, en tout cas de ne pas la gagner.

‘Une machine qui tourne sur elle-même’

Les premières descriptions donnent l'ambiance : ‘La coalition apparaît comme une immense machine tournant un peu sur elle-même et souvent pour elle-même, en marge de la société afghane.

Le QG de la Fias (2000 personnes) et les différentes bases de Kaboul forment un archipel fermé sur l'immense majorité de la population.

Les membres de la Coalition se déplacent en véhicules de base en base comme de petits corps étrangers, blindés et armés. (…)

Prendre ses repas dans la base américaine Phoenix est surréaliste par l'abondance de produits offerts, presque tous importés des Etats-Unis, et ses coûteux écrans plats diffusant en boucle les émissions de la chaîne des forces armées américaines (deux tiers de sport et un tiers de slogans sur la fierté d'être soldat, l'hygiène ou la lutte contre le harcèlement sexuel), univers aseptisé dont les Afghans sont absents, sauf pour le nettoyer.

Outre son caractère égoïste, cet archipel a le défaut d'être associé, dans les esprits afghans, à une administration locale corrompue, d'être multinational, avec ce que cela suppose comme complexité organisationnelle, et d'être sous domination d'une culture militaire américaine peu adaptée à ce type de conflit.’

Plus troublant, Michel Goya évoque aussi les élèves officiers de l'armée afghane qu'il a croisés :

‘Les stagiaires sont majoritairement originaires de Kaboul et ne demandent qu'à y rester, quitte à acheter leur poste.

Le facteur ethnique est également omniprésent et intervient dans toutes les décisions ou presque (j'ai vu des stagiaires pashtounes se plaindre de recevoir des calculatrices plus petites que celles données aux Hazaras).

On se retrouve ainsi avec un décalage important entre le corps des officiers formé à Kaboul et celui qui combat sur le terrain.’ 

‘On ne permet pas aux Afghans de combattre à leur manière’

Le chercheur fait observer que les Afghans sont des guerriers nés, mais qu'en passant dans le moule d'une armée façonnée à l'occidentale, ils perdent tous leurs moyens et leur motivation :

‘On ne permet pas aux Afghans de combattre à leur manière, en petites bandes très agressives (…) tout en ayant du mal à les faire manoeuvrer à l'occidentale.’

On est donc en droit de s'interroger sur la réalisation du programme de multiplication par deux, voire trois, de l'armée afghane, demandé par le général McChrystal.”

La situation est encore plus critique dès qu'on touche aux soldes des soldats afghans, sujet sensible. Le coût de cette guerre est d'ailleurs disproportionné face à l'enjeu des soldes : une seule mission, sans tir, d'un chasseur-bombardier moderne équivaut presque en moyenne à la solde mensuelle d'un bataillon afghan, précise-t-il.

Le chercheur ajoute : “Il suffirait probablement de doubler la solde des militaires afghans (soit environ 200 à 300 millions de dollars par an, dans une guerre qui en coûte plus d'un milliard par semaine aux seuls contribuables américains) pour, d'une part, diminuer sensiblement le taux de désertion et d'autre part attirer les guerriers qui se vendent au plus offrant.” 

Réminiscences du Vietnam

Le chercheur français critique vertement les méthodes américaines qui, “guère différentes de l'époque de la guerre du Vietnam” :

“Au sein d'une culture afghane féodale, guerrière et mystique, cette puissance de feu écrasante est comme un Midas qui transforme en héros ceux qui s'opposent à elle, en martyr ceux qui en sont victimes et en vengeurs les proches de ces martyrs.

Inversement, ceux qui se protègent derrière elle et refusent le combat rapproché apparaissent comme des lâches.”

 Sa conclusion :

“Il faut être conscient que cette guerre sera longue et difficile, mais qu'elle est gagnable ne serait-ce que parce que les résistants sont largement détestés.

Au niveau stratégique, tous les officiers afghans rencontrés [considèrent] que l'action militaire comme continuation d'une politique corrompue ne peut qu'être corrompue elle-même. Tous réclament donc une action ferme de la coalition sur l'administration.

Le deuxième pilier de la victoire viendrait selon eux de l'arrêt total du soutien pakistanais aux mouvements résistants. Ces deux conditions (considérables) réunies, il serait alors, toujours selon eux, facile de soumettre ou rallier les mouvements nationaux.” 

Cette note sans caractère officiel d'un expert rattaché à un organisme du ministère de la Defense donne la mesure des défis très particuliers de cette guerre, dont Barack Obama a fait “sa” guerre.

On y voit des difficultés généralement cachées derrière le vernis des discours officiels. Des difficultés qui ne seront sans doute pas résolues par les milliers d'hommes que réclame à Barack Obama le général McChrystal.

Pierre Haski | 

16/11

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http://www.rue89.com/2009/11/16/enlisement-en-afghanistan...


3-4 Romain Rosso : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

Nb-Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

Extrait

Une armée américaine aveugle et enfermée dans sa tour d'ivoire, des soldats locaux désabusés, des Européens sans moyen: le constat de Michel Goya, chercheur et officier, sur le conflit afghan est sans illusion.

De retour de Kaboul, Michel Goya, directeur d'études sur les nouveaux conflits, livre ses "impressions" dans la première livraison de la lettre de l'Institut français de recherche stratégique de la Défense (IRSEM), nouvellement créé.

Elles sont riches d'enseignements sur le fossé culturel entre l'armée américaine et les Afghans. Et, de fait, sur le sort de la guerre.

Ecrans plats et produits made in USA.

Cet officier, historien de formation, était invité par l'opération Epidote (qui forme les officiers afghans), afin de prononcer des conférences au profit des équivalents afghans du Collège interarmées de défense (CID) et du Centre des hautes études militaires (CHEM). Il décrit la façon dont beaucoup d'Américains vivent la guerre, à l'abri dans leurs bases, véritables "oasis de prospérité", avec écrans plats et produits made in USA surabondants. Les Afghans y sont absents, "sauf pour les nettoyer", écrit-il.

Pis: leur manière d'opérer à distance s'oppose à la culture guerrière afghane, féodale et mystique. Des méthodes guère différentes de celles employées lors de la guerre du Vietnam.

Les Américains compensent la "médiocrité tactique" de leur infanterie par une puissance de feu écrasante, notamment aérienne.

Résultat: celle-ci "transforme en héros ceux qui s'opposent à elle, en martyr ceux qui en sont les victimes et en vengeurs les proches de ces martyrs."

C'est précisément cette "spirale vietnamienne" que le général Stanley McChrystal, le commandant en chef des forces de l'Otan en Afghanistan, veut enrayer, car elle est "incontestablement perdante à terme", souligne Goya. Un combat que le général américain doit mener contre la culture de sa propre armée...

L'historien s'intéresse - c'est inédit - à ce que pensent les officiers afghans. Leur vision est accablante. Tant qu'elle sera au service d'une politique corrompue, leur action militaire ne peut que l'être elle-même, estiment-ils. Quant aux contingents occidentaux, ils les voient comme des "corps étrangers" qui se barricadent dans leurs bases et se relaient sans cesse. Bref, la greffe ne prend pas.

Les généraux afghans sont notamment "sidérés" par le décalage entre les dépenses de l'Otan et la faiblesse du traitement des militaires. Exemple: une mission moyenne, sans tir, d'un chasseur-bombardier équivaut presque à la solde d'un bataillon afghan...

Selon Goya, il suffirait probablement de doubler cette somme pour diminuer l'important taux de désertion dans les rangs de l'armée afghane (12% chez les sous-officiers et 34% chez les militaires du rang) et d'attirer les mercenaires du bon côté.

Ce qui couterait 200 à 300 millions de dollars par an, alors que les Américains en dépensent près d'un milliard par semaine! "Mais il est vrai, écrit-il, que personne ne demande vraiment leur avis aux officiers afghans."
Romain Rosso

12/11/2009 09:30

http://levif.rnews.be/actualite/monde/72-58-42321/la-spir...


3-5 Marcel Druart : "N'attendons pas des résultats instantanés !"

Nb-Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le général de brigade Marcel Druart, commandant la 27e brigade d'infanterie de montagne, est arrivé en Afghanistan le 10 juillet 2009 pour prendre le commandement de la région capitale (RC-C) de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'Otan. Il relevait alors le général Michel Stollsteiner, qui occupait cette fonction depuis le 6 août 2008. La RC-C ayant été confiée au contingent turc le 1er novembre, la réorganisation des éléments français autour de la nouvelle brigade La Fayette a conduit le général à Nijrab, où est implanté son état-major tactique. C'est là qu'il a accordé une interview à l'envoyé spécial du Point.
Le Point : Vous commandez la nouvelle brigade La Fayette. Quels avantages voyez-vous à cette nouvelle organisation ?
Général de brigade Marcel Druart : Le redéploiement de notre dispositif ordonné par le CEMA (Chef d'état-major des armées) lui a donné une nouvelle cohérence opérationnelle. L'ensemble des forces sur la zone, dont les deux GTIA (Groupements tactiques interarmes), est aux ordres d'un général français, ce qui n'était pas le cas auparavant. Cette cohérence opérationnelle s'appuie sur quatre piliers : les deux GTIA d'un côté, le bataillon d'hélicoptères, qui apporte la capacité aéromobile, et le bataillon de commandement et de soutien à Kaboul, qui fournit toute la logistique de la Task Force. C'est parfaitement homogène avec l'apport d'un état-major très solide, doté de capacités nouvelles sur le théâtre ou renforcées. C'est très clairement le cas du renseignement, et de ce qu'on appelle les opérations d'influence, qui me donne, par exemple, la possibilité de communiquer directement avec la population par la mise en place d'une radio.
Estimez-vous qu'auparavant, les Français n'étaient pas suffisamment équipés en matière de renseignement ?
Il ne s'agit pas d'équipements. En revanche, le noyau de l'état-major est composé d'une équipe d'experts qui n'étaient pas présents au niveau supérieur. La vraie plus-value, c'est qu'on peut organiser le renseignement au niveau de la brigade, ce qui permet de structurer ce que nous appelons les ordres de recherche, d'approfondir le traitement des bases de données, c'est-à-dire mieux les analyser et les exploiter. Nous le faisions avant au niveau des GTIA, avec les moyens des GTIA. Les moyens d'une brigade renforcée telle que La Fayette sont autrement plus puissants.
Vous évoquiez les opérations d'aide au développement. L'amélioration viendra-t-elle de la meilleure cohérence géographique ?
La cohérence géographique sera un des éléments d'amélioration. D'autre part, nos alliés américains se sont organisés différemment. Leur PRT (Provincial Reconstruction Team) s'est scindée afin de pouvoir disposer d'une PRT Kapisa/Surobi coïncidant avec notre zone d'action, mise à la disposition de la TF La Fayette. Cette PRT américaine, et ses capacités, notamment financières, qui sont très importantes, vient consolider les fonds qui sont mis à ma disposition, notamment par la mission de M. Thierry Mariani, représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan. Ces fonds représentent deux millions d'euros pour 2009, auxquels s'ajoutent des subventions du ministère de la Defense, de l'ambassade de France et d'autres. Je dispose d'environ quatre millions d'euros pour financer des projets, essentiellement agricoles.
Comment qualifiez-vous la situation militaire actuelle dans votre zone d'action ?
J'appréhende ma mission dans la globalité des capacités dont je dispose, avec une priorité très nette donnée aux actions de développement. Il serait complètement stupide de ma part de rester dans une logique prioritaire de coercition alors que les capacités dont je dispose permettent de faire autrement. Je veux m'inscrire dans cette logique, d'abord pour entrer en concertation et en discussion avec la population, ensuite pour mettre en oeuvre les projets, et tout cela avec l'appui de mes partenaires de l'ANA (Armée nationale afghane) et de l'ANP (Police nationale afghane). Vous notez que je ne parle pas de coordination, mais bien de vrai partenariat.
Comment se déroule cette relation avec l'ANA ?
Cela passe par la colocalisation de certains moyens de commandement, et, concrètement, j'attends l'arrivée prochaine d'un officier de l'ANA qui sera intégré à mon centre opérationnel. Dans les bases avancées (FOB), les unités ANA cohabitent avec les unités françaises. On conduit nos opérations en commun : aucune opération française ne se déroule sans l'ANA. L'étape suivante, c'est la planification commune. L'étape ultime consistera pour l'ANA à prendre la responsabilité de la conduite de l'opération. Les OMLT (Operational Mentoring and Liaison Team) sont mon liant auprès de l'ANA. Nous avons dépassé la notion de "mentoring" (tutorat) pour tirer cette relation vers le haut, en donnant aux Afghans des responsabilités sur le terrain. Dans quelques jours, nos gendarmes arriveront en Kapisa et en Surobi pour faire de même avec la police afghane. Ils seront placés sous ma responsabilité. Cela renforcera la cohérence de notre dispositif.
S'agissant de l'ANA, elle ne passe pas toujours pour une troupe de qualité exceptionnelle. Qu'en pensez-vous ?
Avant de me trouver à la tête de la brigade La Fayette, je commandais la région-capitale, à Kaboul. La province de Kaboul, sauf le district de Surobi, est la seule dont la coalition a confié l'entière responsabilité à l'armée afghane. J'ai personnellement constaté que le 20 août, premier tour de l'élection présidentielle, ils ont organisé et planifié parfaitement le dispositif de sécurité, qu'ils ont intégralement conduit. Nous n'étions présents qu'en soutien de dernière extrémité. Or les incidents qui se sont produits ont été parfaitement gérés par les forces de sécurité afghanes. À tous les niveaux, ils ont bien travaillé !
Combien de temps encore, cette guerre va-t-elle durer ?
C'est la question que tout le monde pose. Comme cela a été dit au sommet de l'Otan, à Bucarest, au printemps, il faut s'inscrire dans la durée. On ne construira pas l'armée afghane en deux ans. Si on veut qu'elle soit mature et autonome, rien ne sert de brusquer les choses, ni de brûler les étapes. Nous aidons des agriculteurs à planter des amandiers, qui donneront des fruits dans cinq ans. N'attendons pas des résultats instantanés ! Nous venons de nous installer ici et nous avons encore à bien prendre conscience de la réalité humaine de notre zone d'action.
Que vous manque-t-il pour conduire au mieux votre mission ?
Franchement, je dispose des moyens nécessaires et n'ai pas de demande complémentaire à présenter. On a ici des soldats remarquablement entraînés, qui conduisent parfaitement leur mission. Si j'avais un seul message, c'est celui-ci : continuez à préparer en métropole les soldats comme vous le faites actuellement. Il faut absolument préserver la MCP (mise en condition avant projection), car les unités qui arrivent ici sont remarquablement préparées et peuvent remplir leur mission immédiatement.

Jean Guisnel (notre envoyé spécial à Nijrab)

13/11 

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-11-13/afghani...


3-6 Guerre d’Afghanistan : ils l’ont dans le cul !

Pakistan : des résistants incendient plus de 160 véhicules d’approvisionnement de l’Otan
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75708
http://fr.news.yahoo.com/3/20081207/twl-pakistan-otan-incendies-2f4e741_1.html

Pakistan : deux terminaux d’approvisionnement de l’OTAN incendiés

Des activistes ont mis le feu dimanche près de Peshawar à deux terminaux utilisés pour approvisionner les troupes de l’OTAN en Afghanistan.

Plus de 160 véhicules ont été incendiés dans cet assaut, le plus important jamais porté à cette ligne cruciale de soutien logistique.

Jusqu’à 75% des approvisionnements des troupes occidentales en Afghanistan transitent par le Pakistan.

Des hommes armés ont attaqué le terminal logistique de Portward, près de Peshawar, à la grenade autopropulsée. Ils ont abattu un garde avant de mettre le feu à 106 véhicules, dont environ 70 Humvees, selon le directeur du dépôt Kifayatullah Khan. Les véhicules étaient destinés aux soldats américains et à l’armée afghane.

Les assaillants ont pris la fuite avant l’arrivée de la police, survenue 40 minutes plus tard.

Les neuf autres gardes qui étaient postés au dépôt ont rapporté que les activistes étaient au nombre de 300 mais le policier Kashif Alam a affirmé qu’ils n’étaient qu’une trentaine.

L’entrepôt voisin, le Faisal, a lui aussi été attaqué. Son directeur Shah Iran rapporte que 60 véhicules destinés à l’Afghanistan et trois camions pakistanais sont partis en fumée.

On ignore si les deux assauts ont été commis par un seul ou deux groupes.

Des attaques similaires ont été exécutés ces dernières semaines, mais jamais de cette ampleur. Certains craignent que des résistants ne cherchent à perturber la ligne de soutien logistique qui emprunte la passe de Khyber.

AP__________

REMARQUES de do :

1°) Génial !

En fait, avant l’attaque génocidaire de la Géorgie contre l’Ossétie du sud avec l’aide d’Israël et des USA (1), le premier jour des jeux olympiques (2), soit le 8 aout 2008, l’essentiel de la logistique (3) approvisionnant l’armée impérialiste américaine en Afghanistan passait par la Russie.

Mais, depuis cette attaque, les Russes refusent que cette logistique de guerre passe par chez eux.

(1) USA représentées ici par des armes soit-disant ukrainiennes

(2) Normalement jour de trève, jour de paix.

(3) Logistique : approvisionnement d'une armée en vivre, vêtements, nourriture, boisson, armes, munitions, véhicules de guerre, carburant, etc.

Le passage par le nord (la Russie) étant maintenant bouché, la logistique pour l'armée d'invasion américaine en Afghanistan ne peut désormais passer que par le sud, depuis le Pakistan.

Mais, dans les montagnes bordant la frontière afghano-pakistanaise, il y a un seul point de passage efficace : la Kyber pass.

Seulement voilà, elle se situe en "zone tribale" qui appartient aux Pachtounes, aux mêmes Pachtounes que ceux qui résistent à l’invasion militaire occidentale de l’Afghanistan.

Aussi, la résistance anti-américaine tient plus ou moins cette passe. C’est pourquoi il fallait fournir une excuse au gouvernemant pakistanais pour attaquer et tenter de contrôler ces "zones tribales" qui ne sont pas située en Afghanistan, mais au Pakistan.

Aussi, les Américains mirent en scène l’attentat meurtrier du Marriott Hôtel au Pakistan de façon à faire croire que c’étaient des prétendus "Résistants" venus des "zones tribales" qui avaient fait le coup.

2°) Quand la télévision vous dit que la résistance (*) a jeté des bombes aveugles dans la foule, ne le croyez jamais.

Il faut toujours traduire une telle nouvelle, et la traduction est toujours : l’armée d’occupation jette des bombes aveugles dans la foule et essaie de faire croire que c’est la résistance qui a fait ça ! Le but est de faire mal voir la résistance afin qu’une partie au moins de la population occupée passe dans le camp de l’envahisseur.

(*) La télé ne dit jamais "la résistance" mais utilise généralement un autre mot, un mot péjoratif.

3°) Le lendemain, les résistants remettaient ça !

Voici un extrait du journal de TF1 du 8 décembre 2008 :

http://mai68.org/ag/1506/Kyber_Pass_TF1_20h_lundi8decembre2008.avi

ou

http://kalachnikov.org/ag/1506/Kyber_Pass_TF1_20h_lundi8decembre2008.avi

4°) Il y a un ou deux mois, dans les "zones tribales", la résistance anti-américaine avait déjà attaqué et brûlé des dixaines de camions de l'OTAN à la Kyber Pass. Mais le plus amusant, c'est que cela s'était produit au Pakistan, sous l'oeil des policiers et des militaires pakistanais qui n'étaient pas intervenus. Ce qui signifie que dans l'armée et dans la police pakistanaise, de nombreuses personnes sont favorables à la résistance  :

http://mai68.org/ag/1506.htm


3-7 Présence française en Afghanistan

Position du Parti socialiste adoptée par le Bureau National à la veille du débat au Parlement..

Le 10 novembre 2009

La situation en Afghanistan se dégrade de jour en jour, le nombre de soldats de la force internationale morts au combat ne cesse de s’accroître, ainsi que celui des victimes civiles, dans des attentats, comme du fait des bombardements de la coalition internationale. L’élection présidentielle afghane, marquée par la confusion, l’insécurité, la fraude et la corruption du régime n’a apporté aucune réponse à la crise dans laquelle est plongé le pays.
Cette situation pose la question des objectifs de l’intervention internationale, de la stratégie et des méthodes utilisées, des conditions de participation de la France et des pays de l’Union européenne, et du calendrier et du terme fixé pour cette intervention.

Des objectifs de sécurité légitimes.

Au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, l’envoi de troupes en Afghanistan, a été décidé conjointement par le Président de la République Jacques Chirac et le gouvernement de Lionel Jospin pour poursuivre des objectifs légitimes de sécurité collective, conformes aux intérêts de la France et inscrits dans le cadre d’un mandat de l’ONU. Il s’agissait de défaire l’organisation terroriste Al Qaeda, responsable des attaques du 11 septembre, le régime des Résistants à l’abri du quelle elle avait pu agir, et d’empêcher que l’Afghanistan ne puisse offrir un nouvel accueil à des organisations terroristes menaçant la sécurité internationale et celle de notre pays.

Notre présence en Afghanistan est fondée sur un mandat international, de la résolution 1386 en 2001 jusqu’à la résolution 1890 en octobre 2009. Parallèlement à l’intervention militaire, l’ONU a appuyé un processus politique, électoral et d’aide civile, reflétant la conviction qu’il n’y a pas de solution purement militaire en Afghanistan. Au delà de la lutte contre le terrorisme, l’intervention de la France au sein de la coalition visait à conforter un régime démocratique en Afghanistan, à soutenir le développement et l’amélioration des conditions de vie des habitants. Ces objectifs ont largement été délaissés, l’action concentrée derrière les Etats Unis sur la seule lutte contre les résistants, souvent au détriment des populations civiles qui perçoivent de plus en plus les forces de la coalition comme des troupes d’occupation.

La nécessité d’une redéfinition.

Après huit ans sur place, les conditions de notre présence doivent être profondément réexaminées, les objectifs clarifiés et des perspectives fixées. Depuis 2003 et le passage sous commandement de l’OTAN de la force internationale d’assistance et de sécurité, la stratégie de « guerre contre le terrorisme » et son volet politique, la « démocratisation de l’Afghanistan», préconisée par l’administration Bush, ont montré leur incohérence, leur limite et leur échec. Elles conduisent, aux Etats-Unis même, à reconnaître la nécessité d’une remise en cause et à un débat public, devant le Congrès, sur la définition d’une « nouvelle stratégie ».

Pourquoi le Parlement français ne peut-il débattre régulièrement avec l’exécutif du déroulement et des résultats de l’intervention sur la base de critères précis, ainsi que de ses finalités et de leur redéfinition, comme le fait l’administration Obama vis-à-vis du Congrès américain ?

Alors qu’en avril 2007, pendant l’élection présidentielle, le candidat Sarkozy déclarait : « Il était certainement utile qu’on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive », une fois élu, il décidait en avril 2008 d’envoyer 700 soldats supplémentaires en Afghanistan. Cette décision s’inscrivait dans une logique de rapprochement avec l’administration Bush au moment du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

En France, le Gouvernement ne propose aujourd’hui aucune vision stratégique sur le dossier afghan. Aucun objectif clair, aucune décision claire, aucun débat public. La position actuelle du Gouvernement sur l’Afghanistan consiste en un « ni-ni » dont le fondement stratégique n’est en réalité pas défini : ni augmentation nouvelle de troupes, ni retrait. Le transfert de l’ensemble du dispositif français de Kaboul vers le commandement régional Est, ne s’inscrit dans aucune stratégie claire.

C’est pourquoi, le Parti socialiste a demandé qu’un débat ait lieu au Parlement. Celui ci est inscrit à l’ordre du jour du Sénat, nous demandons qu’il le soit également à l’Assemblée nationale. Devant le Parlement, le Parti socialiste demandera la clarification des objectifs de l’intervention, un changement de méthode, et la définition, en lien avec les partenaires européens de la France dans la coalition internationale, d’une stratégie et d’un processus de sortie progressive d’Afghanistan.

Clarification des objectifs.

La France, pas plus que la communauté internationale, n’a vocation à rester en Afghanistan, mais à permettre à l’Etat Afghan d’assurer lui même, au plus tôt, la sécurité et la stabilité. Notre objectif central doit donc être l’accroissement et l’amélioration des forces de sécurité afghanes, leur formation, leur équipement, leur montée en puissance et l’établissement d’un Etat Afghan le plus légitime et stable.

Changements des méthodes.

Tout progrès dans le domaine de la sécurité sera lié au soutien de la population au processus de stabilisation du pays. Celui ci passe par une révision des modalités d’action sur le terrain, notamment la sécurisation et la protection des populations, plutôt que des bombardements qui renforcent le soutien aux Résistants, sans que leur efficacité puisse être démontrée.

La France doit sortir du tout militaire en Afghanistan. La stabilisation de la situation du pays et le soutien des populations passe par le renforcement de l’aide civile consacrée au développement, aux infrastructures publiques, à la scolarisation, à la santé, qui représente aujourd’hui moins de 10 % de la dépense militaire. C’est une priorité indispensable pour la stabilisation mais également pour tout progrès de la démocratisation de la société et des institutions afghanes.

Définition d’un processus de sortie progressive en Afghanistan, convocation d’une conférence internationale.

La France doit refuser la perspective d’une guerre interminable aux objectifs politiques non clarifiés. Elle doit prendre la tête d’un plan de paix comme le préconise le rapport rendu à l ‘Assemblée nationale par Jean Glavany et Henri Plagnol. Nous demandons, en lien avec les partenaires européens de la France dans la coalition internationale, la définition d’une « stratégie de sortie progressive et planifiée » en Afghanistan, au fur et à mesure de la montée en puissance des forces Afghanes, du renforcement de l’aide civile et de l’aide à la sécurisation régionale, en particulier au Pakistan. Les pays de l’Union européenne doivent être saisis par la France et en débattre ensemble.

Dans cette perspective, les socialistes demandent la tenue d’une Conférence internationale sur l’Afghanistan sous l’égide de l’ONU, rassemblant les cinq membres du Conseil de sécurité, les pays qui ont des soldats en Afghanistan, et impliquant les pays voisins (Pakistan, Inde, etc.) et les Afghans, dans leur diversité, dans la recherche d’une solution régionale.

http://presse.parti-socialiste.fr/2009/11/10/presence-francaise-en-afghanistan-position-du-parti-socialiste-adoptee-par-le-bureau-national-a-la-veille-du-debat-au-parlement/



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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