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02/12/2009

n°22 - Analyse - Géopolitique et stratégie - 30-11 : Suite - L'Iran, une souveraineté cher payée

n°22 -  Analyse -  Géopolitique et stratégie - 30-11 : Suite  -  L'Iran, une souveraineté cher payée


Géopolitique & stratégie d'Iran

                 n°22 du 30-11                          C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Gilles Bonafi : J’affirme que la guerre aura lieu bientôt.

1-2 Jules Dufour : Une guerre mondiale au secours de l'Empire américain.

1-3 Pourquoi l’Iran a Construit le Centre D’enrichissement De Fordo/ Qom et a Besoin D’Uranium a 20% ?

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1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Gilles Bonafi : J’affirme que la guerre aura lieu bientôt.

Voici un article paru récemment sur le site mondialisation.ca, dans lequel l’auteur Gilles Bonafi, professeur et analyste économique français, nous dresse un tableau limpide des enjeux de la guerre stratégique qui se joue au Moyen-Orient autour de l’accès aux ressources énergétiques et à l’acheminement gazier et pétrolier, et dont le déroulement s’est brusquement accéléré le 11 septembre 2001.
Notre société du spectacle est basée sur un pilier fondamental: les médias. Le net démontre de jours en jours que la soi disant information que nous recevons n’a rien à voir avec la réalité. Le moment est venu de se pencher sur un cas particulier, celui de l’Iran.

J’ai affirmé il y a quelques jours que la guerre aura lieu bientôt et il convient ici d’effectuer une analyse précise (et sourcée) des tenants et aboutissants de cette future troisième guerre mondiale.

Tout d’abord, sachez que la réalité s’apparente aux poupées russes. En effet, derrière un "secret" se cache souvent un autre, bien plus important. Ainsi, comprendre le problème de l’Iran doit s’effectuer selon 2 axes, celui que l’on perçoit: le problème du pétrole, mais aussi celui, plus secret, du planning du Nouvel Ordre Mondial.

Pour commencer, il convient de préciser que l’Iran détient 10% des réserves pétrolières mondiales prouvées (3ème mondial) mais aussi 15 % des réserves mondiales de gaz (2ème mondial). Pour mieux cerner le problème, je vous conseille de visionner la vidéo "Réfléchir sur le 11 septembre " sur mon blog. Cette vidéo est une conférence de Daniele Ganser, un historien (réputé) spécialiste des questions de terrorisme et de pétrole. [Voir aussi la vidéo de la conférence de D.Ganser à Paris en 2008 sur le site de ReOpen911 - Ndlr]

Démocratie ou pas, l’Iran est ainsi condamné à passer sous le joug de l’empire US. Pour mieux comprendre la politique américaine dans le monde je vous conseille aussi de visionner l’excellente vidéo d’Omar Aktouf (sur mon blog également). Pour visualiser le problème, il convient de regarder les cartes. J’ai en effet publié en ligne la carte du Armed forces journal de juin 2006 qui n’est pas sortie de l’imagination d’un illuminé (quoi que…), mais bien une réalité que j’entends démontrer ici.

Tout d’abord il convient de bien l’observer (sur mon blog: Iran, l’heure est arrivée! Ci-dessous ) et vous constaterez que l’Irak est divisé en 3 régions distinctes:

-Kurdistan libre
-Irak sunnite
-Irak chiite

Le plus intéressant concerne ce dernier, qui, vous pouvez le constater, occupe la partie ouest de l’Iran actuel. Or, pour comprendre, il suffit de regarder l’emplacement des réserves pétrolières de l’Iran (Carte de l’Iran : pétrole et gaz ci-dessous) qui sont presque toutes situées dans cette zone. La carte de l’Irak chiite se superpose de façon incroyable avec celle des emplacements de pétrole et de gaz Iranien. Ainsi, en amputant l’Iran de ses richesses naturelles, on réduit à néant sa volonté de puissance. Pour résumer, on le vole et on le détruit en même temps!

Mais il existe un autre secret et vous comprendrez par la même occasion ce que nous faisons en Afghanistan. Il existe en effet un projet de gazoduc (oléoduc) nommé TAP reliant le Turkménistan au Pakistan en passant par l’Afghanistan afin de faire transiter le pétrole et le gaz de la Caspienne vers l’Océan Indien. Un gazoduc (oléoduc)Iran-Pakistan passant par Gwadar est aussi en projet. Vous pouvez trouver la preuve de ceci (une carte) sur le site de l’assemblée nationale (source: http://www.debats-parlementaires.fr/12/rap-dian/dian99-2006.asp ) ou ci-dessous : Projet TAP et Baloutchistan. Pour ceux qui croient encore que je parle dans le vent, voici une petite remise à niveau. 

Or, vous pouvez le constater, ce projet passe par le Pakistan, zone très instable qui va devenir totalement explosive bientôt. Là aussi, la carte du Armed Force journal de 2006 nous aide. En effet, nous remarquons qu’un nouvel état est créé: le Baloutchistan libre (free Baluchistan). Et, comme "par hasard", de nombreux attentats ont lieu actuellement dans cette province (dans la province Iranienne du Sistan-Baloutchistan pour être plus précis).

Ces attentats provoqués par les Jundollah (groupe armé Baloutche sunnite) ont commencé il y a 5 ans avec l’assassinat d’un officier des gardiens de la révolution et surtout la tentative d’assassinat de Mahmoud Ahmadinejad le 14 décembre 2005. Le 14 février 2007 ils avaient attaqué un car des gardiens de la révolution faisant 11 morts, suivi de l’attentat suicide contre le quartier général de l’armée à Zaravan en décembre 2008. L’attaque de mosquées chiites est devenu leur spécialité, comme celle de Zahedan le 28 mai 2009. (Source: Le point, Les Jundollah, des sunnites qui combattent Téhéran depuis 2005 …)

Un article sérieux a d’ailleurs été effectué à ce niveau-là que vous pouvez retrouver ici : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=569 .

Vous avez aussi l’excellent article de Jean-Michel Vernochet, un spécialiste des relations internationales qui informe vraiment (c’est très rare!), intitulé "Attentat au Sistan-Balouchistan… un acte de guerre décisif …" que vous trouverez sur geostrategie.com – http://www.geostrategie.com/ .

En effet, les Baloutches sont des musulmans sunnites au sentiment anti-perse et anti-chiite exacerbé et qui représentent les trois quarts de la population du Sistan-Baloutchistan. La doctrine de Sun Tzu (L’art de la guerre) est donc appliquée à la lettre et la division se fait toujours selon 2 axes: l’axe religieux et ethnique. L’agence Stratfor, un think-tank américain (institution privée) spécialisée dans les études stratégiques a bien étudié le problème ainsi que la société Hicks and Associates chargée par l’armée américaine d’effectuer des recherches sur le problème ethnique de la région afin de pouvoir organiser l’indépendance du Baloutchistan. C’est ainsi que cela se passe!

Le Sistan-Balouchistan est la plus vaste province de l’Iran ( 11% du pays), mais surtout, elle est la clé de l’accès à l’océan Indien avec le port de Gwadar qui est situé au Pakistan. N’oublions pas que Gwadar possède aussi un aéroport international, un port en eau profonde et un terminal pétrolier. Cette ville deviendra donc la plus importante de ce nouvel état et sera le terminal pétrolier du projet TAP qu’il faudra rebaptiser TAB (Turkménistan-Afghanistan-Baloutchistan).

Pourtant, ces objectifs de main mise sur le pétrole du Moyen-Orient masquent un autre but : la "régionalisation du monde". En effet, et je l’ai déjà démontré dans mon article "Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)", la construction du Nouvel Ordre Mondial passe par l’étape fondamentale de la destruction des nations et donc, le glocal (voir article "régions et monnaies complémentaires" sur mon blog). Le monde arabe n’y coupera pas lui aussi et "le découpage" de l’Irak, et bientôt du Pakistan et de l’Iran relève de cette stratégie majeure.

Le hiatus entre l’information sur le net et celle des médias officiels devient flagrant. Alain Finkielkraut peut toujours traiter le net de poubelle, je propose pour ma part une autre théorie: les médias officiels ne sont-ils pas une vaste machine à formater les esprits? Tous ces hommes soi-disant libres n’étant que les laquais d’un système dont ils ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants, une lâcheté banale, ordinaire qui amusait le Général de Gaulle : "en général, les gens intelligents ne sont pas courageux et les gens courageux ne sont pas intelligents."

Zola avait tout résumé dans "son excellence Eugène Rougon" publié en 1876: "La presse est le réceptacle de tous les ferments nauséabonds. Elle fomente les révolutions, elle reste le foyer toujours ardent où s’allument les incendies. Elle deviendra seulement utile le jour où l’on aura pu la dompter et employer sa puissance comme un instrument gouvernemental!"

La presse est désormais "domptée", le net est là, mais pour combien de temps encore?

Gilles Bonafi pour mondialisation.ca

Published on novembre 19, 2009 par GeantVert


1-2 Jules Dufour : Une guerre mondiale au secours de l'Empire américain.
De nombreux analystes et observateurs avertis de la conjoncture géopolitique mondiale actuelle s’accordent pour penser que la crise financière qui secoue les économies des pays riches risque de dégénérer en violentes explosions sociales. C’est du moins le résultat des travaux d’un groupe d’experts européens du LEAP/Europe 2020. Ceux-ci pensent que «la crise entrera, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale" et prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles». Selon ces chercheurs les pays dans lesquels circulent librement de grandes quantités d’armes à feu tels que les États-Unis et les pays latino-américains se présenteraient comme étant les plus vulnérables.
D’autres estiment que la récession va affaiblir considérablement les États-Unis et les rendre encore plus dépendants des économies émergentes et en transition comme celles de la Chine, de l’Inde et du Brésil. 
Compte tenu de ce contexte difficile il est vraisemblable de penser que la seule façon pour l’Empire américain de maintenir sa puissance hégémonique planétaire est de préparer un plan de guerre propre à mobiliser toute l’économie mondiale. Les guerres «irrégulières» de l’Afghanistan et de l’Irak n’ont pas apporté tous les dividendes espérés. L’unanimité qui a entouré leur déclenchement en Occident commence à se fracturer et des dates butoirs pour la mise en opération de plans de retrait des troupes sont déjà fixées. Il faut maintenant envisager sérieusement un conflit de grande ampleur et une guerre conventionnelle opposant le monde occidental et le monde musulman semble, pour les stratèges aguerris, une option prometteuse dans la mesure où elle est bien justifiée et préparée selon les règles de l’art. C’est ce qui explique peut-être le fait que les USA n’aient pas encore décidé de lancer la guerre atomique contre l’Iran qu’ils ont soigneusement préparée au cours des dernières années.
I.
Des plans de guerre peu connus
Les plans de guerre des États-Unis contre l’Iran n’ont pas été diffusés dans le grand public. Tout au plus, des nouvelles ont été publiées,
notamment, sur les exercices navals orchestrés en 2006 par le Pentagone dans le Golfe persique avec la participation de l’Australie, de la France, de l’Italie, de la Grande-Bretagne et de Bahreïn et les manœuvres et les manoeuvres qu'a conduites Israël au-dessus de la Méditerranée orientale et de la Grèce en juin 2008.
Cependant, il est permis de penser que les préparatifs d’une attaque nucléaire contre l’Iran sont entrés dans leur phase finale depuis plusieurs mois. La table est mise. Il ne reste plus que de décider du moment de son déclenchement. 
    II.
Le scénario le plus probable
Quelques scénarios d’intervention ont été exposés allant de la destruction des installations nucléaires iraniennes jusqu’à l’éradication totale de l’Iran. Il est certain que si une attaque est enclenchée elle provoquera de la part de l’Iran une riposte qualifiée de «terrible» par les autorités religieuses iraniennes, une riposte qui pourrait provoquer une vive réaction des autres puissances nucléaires qui pourraient, à leur tour, entrer en scène..
Selon Loyd Rudmin, «les États-Unis auraient retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d'habitants.

Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d'hydrocarbures. Natanz est le principal site d'enrichissement d'uranium de l'Iran, au nord d'Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d'habitants
Selon les propos de Peter Symonds analysant les résultats d’une.étude publiée par des scientifiques britanniques les États-Unis préparent une attaque terrible contre l’Iran. Dans un article publié en août 2008 ces chercheurs «font une estimation à glacer le sang de la violence destructrice que les États-Unis emploieraient lors d’une attaque contre l’Iran. Ils concluent que « Les États-Unis ont fait des préparatifs dans le but de détruire les armes de destruction massive de l’Iran, son énergie nucléaire, son régime, ses forces armées, son appareil d’État et son infrastructure économique dans les quelques jours, sinon les quelques heures qui suivraient un ordre donné par le président George W. Bush». Poursuivant son analyse de l’étude Symonds croit que «la réelle motivation d’une nouvelle guerre irresponsable des États-Unis contre l’Iran réside dans la tentative de l’administration Bush d’établir une domination sans partage des États-Unis sur les régions riches en ressources minérales du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Tout ce qui aurait pour conséquence de permettre à des rivaux européens et asiatiques de renforcer leur influence dans ces régions clés est tout simplement intolérable pour l’élite dirigeante américaine». Il termine son examen de ces travaux en faisant le constat qui fait consensus: «L’optique plutôt limitée de l’étude ne fait que rendre sa conclusion plus troublante : les préparatifs militaires qui permettraient à l’administration Bush de faire, en peu de temps,
d'une grande partie de l'Iran un champ de ruines, sont déjà terminés
Conclusion
Depuis le début du siècle, les États-Unis, avec le concours de leurs alliés les plus fidèles, mettent en place tous les éléments et les ingrédients d’une guerre mondiale, une guerre qui soit de nature à sauvegarder les fondements de leur hégémonie planétaire. Ces principaux éléments sont le grand réarmement planétaire exacerbé par la guerre contre la terreur, des interventions permettant de maintenir les tensions entre plusieurs états, l’effondrement provoqué des économies des pays riches créant ainsi une turbulence majeure et une déstabilisation des activités économiques dans l’ensemble de tous les continents, une campagne de propagande contre les pays de l’axe du mal dont plusieurs pays du monde musulman, l’affaiblissement du pouvoir d’intervention de l’ONU et les difficultés d’application des règles du droit international et, enfin, la mise au point d’une stratégie d’intervention militaire massive contre l’Iran, le tout pouvant avoir un puissant effet d’entraînement dont les retombées peuvent s’avérer un atout de taille pour assurer le devenir de l’Empire et même une reprise des territoires stratégiques perdus au cours des dernières décennies.
Dans un tel contexte, une guerre nucléaire mondiale est possible et même probable. Ce scénario catastrophe semble de plus en plus celui que l’on prépare et la nouvelle administration à la Maison-Blanche pourrait difficilement le contrecarrer car ce sera vraisemblablement l’objet principal de son mandat au cours des prochaines années. 

Jules Dufour  

Article mondialisation.ca,

http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=1233&PID=28280


1-3 Pourquoi l’Iran a Construit le Centre D’enrichissement De Fordo/ Qom et a Besoin D’Uranium a 20% ?

Contrairement à Israël dont le programme nucléaire militaire s’épanouit avec la complicité des puissances occidentales, le programme nucléaire pacifique de l’Iran sous supervision de l’AIEA fait l’objet d’un contrôle sans précédent chez un pays signataire du TNP.

L’Agence a obligation d’aider l’Iran à s’approvisionner en UE à 20%, une obligation qu'elle n’a pas remplie depuis des années sous la pression des puissances occidentales et des sionistes.

Qu’est ce qui a réellement poussé l’Iran à construire le centre d’enrichissement de Qom ?

Le rapport de 2007 du NIE suggère que la construction était une réponse aux menaces de Bush contre les installations nucléaires de l’Iran.
L’Administration d’Obama affirme que la construction d’un deuxième centre iranien d’enrichissement d’uranium à Qom a commencé avant que Téhéran ne prenne la décision de se retirer d’un accord passé stipulant que l’Iran devait informer l’AIEA à l’avance d’une telle construction. Mais l’estimation faite en novembre 2007 par les services secrets US sur le programme nucléaire iranien raconte une autre histoire.
A l’origine de la décision iranienne de se retirer de l’accord passé avec l’AIEA, les menaces contre les installations nucléaires lancées par l’Administration Bush début 2007, comme le montre la reconstruction séquentielle des évènements.
Dans un entretien accordé à des reporters le 25 Septembre, un haut responsable de l’Administration a dit : « nous savons que la construction du centre a commencé bien avant que les Iraniens aient dit unilatéralement qu’ils n’étaient plus tenus par l’obligation de l’AIEA. »
Pourtant, selon l’estimation des services secrets US portant sur cette période, il est clair que l’Iran a construit le centre d’enrichissement de Qom bien après avoir fait connaître publiquement son changement de politique concernant l’information transmise à l’AIEA.
Les analyses clés rendues publiques de cette estimation de Novembre 2007 du NIE (National Intelligence Estimate) sur le programme nucléaire iranien contenaient une déclaration ayant peu attiré l’attention selon laquelle la communauté du renseignement estimait que la conversion «clandestine» par l’Iran d’uranium et l’activité d’enrichissement avaient « probablement été suspendues en réponse à la suspension de l’automne 2003 et n’avaient pas été redémarrées au moins avant mi 2007. «
Cela veut clairement dire que les services secrets US n’avaient trouvé aucune preuve d’un centre d’enrichissement non déclaré caché.
Une source des renseignements ayant eu accès au texte de la version entière non rendue publique du NIE a confirmé à IPS que l’estimation ne fait nullement référence à une preuve de l’existence d’un second site, bien qu’il discute l’importance centrale d’enrichissement clandestin dans tout scénario d’avancée nucléaire iranienne.
L’estimation ne mentionne pas l’existence d’une telle preuve malgré le fait largement mentionné que le site de Qom était l’un des nombreux endroits sous surveillance constante par les services secrets US à cause du système de tunnel déjà creusé dans la montagne.
Malgré l’affirmation que la construction du site de Qom avait commencé avant avril 2007, le haut responsable de l’Administration a concédé lors de sa déclaration à la presse du 25 Septembre que c’est seulement début 2009 que les services de renseignements US avaient vu une activité de construction compatible avec une installation d’enrichissement. (caractères gras dlt)
Cela corrobore la déclaration faite par le vice président iranien et chef de l’Organisation à l’Energie Atomique d’Iran, Al Akbar Salehi, que son agence avait pris possession d’une décharge militaire de munitions en 2008 et avait alors seulement ensuite commencé la construction d’un centre d’enrichissement.
La décision iranienne de se retirer de « l’accord subsidiaire » qu’il avait accepté en Février 2003 demandant que l’Iran informe l’AIEA de toute nouvelle construction d’installation nucléaire dés la prise de décision de la construction s’est passée dans le contexte de toutes une série d’actions de l’Administration Bush visant à convaincre l’Iran qu’une attaque sur ses installations nucléaires étaient une possibilité sérieuse.
En Décembre 2006, les principaux médias US ont rapporté qu’un second groupe d’intervention de porte-avions US avait été positionné dans le Golfe Persique pour envoyer un message à l’Iran.
La campagne de menaces US s’est intensifiée en Janvier, quand Bush a accusé l’Iran et la Syrie d»’autoriser des terroristes et des insurgés à utiliser leurs territoires pour entrer et sortir de l’Irak« et accusé l’Iran de « fournir du matériel de soutien pour des attaques contre des troupes américaines «. Cette formulation semblait avoir pour but d’établir une base légale pour une attaque éventuelle US sur le territoire iranien.
The Guardian a rapporté que le 31 Janvier 2007, de « haut responsables politiques européens craignaient de plus en plus que l’Administration Bush n’ait recours à des attaques aériennes contre l’Iran pour essayer de détruire son programme nucléaire suspect.»
Puis, le Washington Post a rapporte le 11 Février que le conseiller à la sécurité du vice président Dick Cheney, John Hannah, avait dit à un diplomate étranger qu’une attaque US contre l’Iran était une «réelle possibilité » en 2007.
Quelques jours plus tard, Newsweek a rapporté que c’était « probable » qu’un troisième groupe d’intervention de porte avions se joindrait pendant plusieurs mois aux deux forces d’intervention existantes. L’article rappelait que la présence de trois groupes d’intervention de porte avions dans le Golfe Persique simultanément était militairement du même niveau que la force de frappe des US mis en place par l’Administration lors de la campagne aérienne contre l’Irak en 2003.
Finalement, le 27 Mars, les Etats Unis ont commencé un exercice naval dans le Golfe impliquant à la fois les porte avions et plus de navires de guerre se trouvant déjà dans le Golfe, de même qu’environ 100 avions de combat. L’exercice, qui s’est déroulé sur plusieurs jours était le premier exercice conjoint aérien et naval mené depuis la campagne contre le régime de Saddam Hussein.
Un article sur la page de couverture dans le New York Times le qualifiait de « démonstration calculée de force » faisant partie «d’une stratégie plus large pour contenir la puissance de l’Iran dans la région ».
Tout juste deux jours plus tard, le 29 Mars, l’Iran a notifié l’AIEA qu’il suspendait l’application de l’ancienne version modifiée de « l’arrangement subsidiaire » signé en Février 2003, qui demandait que l’Iran fournisse une « information préliminaire de conception » à l’agence dés que la décision de construire un site nucléaire était prise.
Au lieu de cela, l’Iran a dit qu’il revenait à son engagement de l’ancienne version de l’arrangement subsidiaire. Ce dernier demandait à l’Iran d’informer l’agence de tout nouveau site nucléaire pas moins de 180 jours avant l’introduction de matériau nucléaire dans le site.
L’Iran était évidement déterminé à ne laisser aucune ambiguïté sur la raison de son changement de position.

Le 3 Avril, le chef d’état major des forces armées iraniennes, le maj gl Hassan Firoozabadi, a prédit publiquement que les US et Israël lanceraient une attaque massive dans la région pendant l’été.
Et le même jour, Hamidreza Taragji, le chef des affaires internationales du parti de la Coalition Islamique, qui faisait partie de la coalition des partis conservateurs pro gouvernementaux, a explicitement lié le changement de politique de l’Iran concernant son accord avec l’AIEA avec la menace croissante d’un frappe militaire US.
Les déploiements militaires US dans le Golfe Persique étaient «très similaires à ceux existant avant l’invasion de l’Irak » a dit Taraghi, et par conséquent, «nous ne devons pas fournir volontairement des informations concernant nos sites nucléaires, car elles pourraient être mal utilisées par les Américains ».
Taraghi se référait au fait que toute information fournie sur les installations nucléaires iraniennes aideraient les forces aériennes US et Israéliennes à se préparer pour une attaque sur ces cibles.
Le 13 Avril, l’Iran a envoyé une autre lettre à l’AIEA rejetant le droit de l’agence à vérifier les informations de conception fournies auparavant sur le réacteur à l’eau lourde IR-40 d’Arak.
L’enchaînement des événements entourant le changement de politique iranien et la construction qui a suivi d’un deuxième site d’enrichissement suggèrent que l’Iran tendait à croire qu’il y aurait une attaque aérienne US, tout en conservant l’obligation de fournir une information détaillée 6 mois avant l’introduction de matériau nucléaire – si la menace d’une attaque devait se maintenir.
La décision de l’Iran d’informer l’AIEA de l’existence du site de Qom en Septembre semble refléter une perception moins grande d’une menace d’attaque US comparé avec la perception du début 2007.
La couverture médiatique du site de Qom a été dominée par ce qu’a dit le haut responsable US lors de sa conférence de presse du 25 Septembre que l’Iran avait décidé d’informer l’AIEA de l’existence du site de Qom le 21 Septembre seulement parce qu’il savait que le site avait été découvert par les services de renseignements US.
Cependant, En fait, les services secrets US étaient dans le noir quant à la raison pour laquelle l’Iran avait fait cela.
Une suite de questions réponses non classée secret défense sur le site d’enrichissement de Qom publié par le gouvernement US le même jour que la conférence de presse, et plus tard publié sur le site de l’Institute for Science and International Security comprenait ce qui suit :
Q : Pourquoi les Iraniens ont-ils révélé l’existence du site à ce moment là ?
R : Nous ne savons pas.

Gareth Porter Edition du Weekend 23-25 2009 de www.counterpunch.org
Gareth Porter est un historien d’investigation et journaliste à Inter Press Service spécialisé dans la politique de sécurité nationale des US. L’édition papier de son dernier livre "Perils of Dominance: Imbalance of Power and the Road to War in Vietnam", a été publié en 2006.

Pourquoi l’Iran a besoin d’uranium enrichi à 20% ?

Pour des besoins médicaux
L’actuelle proposition faite par l’AIEA et soutenue par les US, la France et la Russie, mais à laquelle l’Iran n’a pas encore donné de réponse, vise à envoyer à l’étranger la majorité de l’uranium enrichi à 3.5% par l’Iran à sa centrale de Natanz ,afin qu’il soit enrichi à 20% et renvoyé en Iran pour être utilisé pour alimenter un site nucléaire situé à dans la banlieue de Téhéran, utilisé pour le diagnostic et le traitement de cancers et d’autres pathologies dans le pays.
A l’origine, ce petit réacteur - le TRR Tehran Research Reactor - est un réacteur d’eau légère de 5 mégawatts offert par les US au Shah d’Iran, dans le cadre du programme « Atoms for Peace ». Il a commencé à fonctionner en 1967, et selon l’avis d’experts il sera bientôt à cours d’uranium. Les US ont fourni au Shah d’Iran de l’uranium enrichi à 90% mais une fois ce stock terminé, l’Iran a acheté à l’Argentine en 1992 de l’UE enrichi à 19.75%, ce dernier ayant été utilisé à partir de l’année suivante.
Depuis, aucun pays n’a voulu approvisionner l’Iran pour le fonctionnement de ce réacteur à utilisation médicale. Les isotopes médicaux produits sont utilisés dans le diagnostic et le traitement de certaines maladies. Actuellement l’Iran dépense 1 million de dollars par an pour importer des isotopes car la production de ce site est insuffisante pour ses besoins internes médicaux. Le site tourne au ralenti à cause de ce problème d’approvisionnement alors même que les iraniens possèdent l’expertise nécessaire pour enrichir à 20% et que si ce site tournait à plein rendement il pourrait satisfaire la demande domestique médicale et permettre aux Iraniens de démarrer une industrie nucléaire médicale.
Si l’Iran envoyait, suivant la proposition de l’AIEA, environ 1200Kg d’uranium enrichi à 3.5% en Russie où il serait procédé à son enrichissement à 20%, l’Iran obtiendrait 120Kg d’UE à 20% pour son réacteur médical. Avec une telle quantité l’Iran pourrait faire tourner son site environ 13 ans à plus ou moins plein régime.
L’Iran a fait une contre proposition considérant qu’il n’y avait aucune obligation – ce qui est tout à fait exact - en tant que signataire du TNP d’exporter son uranium enrichi à 3.5% pour qu’il soit enrichi à 20% pour faire fonctionner le site nucléaire de recherche médicale. L’AIEA a obligation d’aider l’Iran à s’approvisionner en UE à 20%, une obligation que l’Agence n’a pas remplie depuis de nombreuses années sous la pression des puissances occidentales et des sionistes.
L’Iran propose donc comme geste de bonne volonté d’importer cet UE à 20%, alors qu’il n’y est pas obligé et possède les équipements et l’expertise nécessaire pour réaliser ce type d’enrichissement.
L’Iran a d’ailleurs prévenu les 3 (US, France, Russie) que si aucun accord n’était trouvé, ils procéderaient à l’enrichissement de l’Uranium à 20% afin d’alimenter son centre de recherche nucléaire médical.
Samedi, le porte parole du parlement iranien, Ari Larijani, ancien haut responsable des négociations à l’AIEA, a dit : «
la chose importante en ce qui concerne ce problème nucléaire c’est que les Occidentaux ne trichent pas. Nous avons un réacteur nucléaire à Téhéran et selon les règles de l’AIEA, ils doivent nous approvisionner en combustible pour celui-ci»

25 Octobre

Mireille Delamarre traduction synthèse

http://www.planetenonviolence.org/Pourquoi-L-Iran-A-Construit-Le-Centre-D-enrichissement-De-Fordo-Qom-Et-A-Besoin-D-Uranium-A-20_a2043.html


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