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17/12/2009

n° 305 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan - 30-11 au 10-08 - : Fin

n° 305 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire  Afghan - 30-11 au 10-08 - : Fin

 :- Le Prix Nobel de la guerre a abattu ses cartes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan 

  n° 305 - du 30-11 au 16-12                                      C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

4 Dossiers.

4-1 Barack Obama et la guerre…

4-2 Stratégie afghane d’Obama: un plan mal accueilli.

4-3 Jacques Follorou : L'Afghanistan, nouveau marché des sociétés militaires privées.

4-4 La chine inquiète de la stratégie américaine en Afghanistan.

4-5 La Russie, inquiète de la stratégie de l'Otan, veut en discuter.

4-6 L'Inde est-elle mise à l'écart dans la nouvelle stratégie US en Afghanistan?

4-7 Ajay Prakash : L’influence grandissante de l’Inde en Afghanistan inquiète les Etats Unis et le Pakistan.



4 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Barack Obama et la guerre…

Comme Président, Barack Obama est aussi Commandant en Chef de l’armée américaine. Il vient d’envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

Prix Nobel de la paix, qu’a-t-il véritablement fait jusqu’ici pour elle ?

Le grand quotidien américain "The Washington Post" l’avait déjà annoncé au mois d’octobre dernier : Barack Obama, Président des Etats-Unis, mais aussi Commandant en Chef de l’armée américaine, venait alors de décider d’envoyer, en renfort, 15 000 soldats de plus, prolongeant ainsi le très contestable effort guerrier de son prédécesseur, George W. Bush, en Afghanistan. Chapeau, et quel geste symbolique tout autant que d’apaisement en cette région particulièrement instable, pour un homme qui venait de se voir gratifié, quelques jours auparavant, de la plus prestigieuse et honorable des distinctions : le prix Nobel de la paix !

Une surprise, effectivement : mais la surprise du chef des armées.

Mais Obama a, le mardi 1er décembre dernier, fait mieux : c’est 30 000 soldats de plus qu’il envoie en fait, pour satisfaire ses généraux, en Afghanistan !

Et ce au prétexte grossièrement fallacieux qu’al Qaeda mettrait en péril, depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’intégrité de l’Amérique elle-même. Pis : c’est vraiment nous prendre pour d’incurables naïfs, sinon pour de purs et simple imbéciles, que de nous faire croire que c’est pour mieux retirer, en juillet 2011, les 100 000 soldats américains qu’il y aurait alors en Afghanistan, qu’il enverrait, un an avant à peine, ces nouvelles recrues. Et ce, au vu des millions de dollars que ce genre d’entreprise coûtera au contribuable, en pleine période de crise économique !

Je ne m’attarderai pas ici sur les motivations, d’ordre géostratégique, de pareille décision.

Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci - la première, en outre, depuis qu’Obama a été "nobélisé" - paraît à l’évidence contradictoire, sinon incongrue, avec ce que l’on est en droit d’attendre, légitimement, d’un prix Nobel de la paix.

Certes, ce prix ne lui aurait-il été décerné, aux dires de bon nombre d’observateurs, que comme une sorte de crédit anticipé, de gage moral tout autant que d’encouragement personnel, sur ses futures grandes décisions politiques, dont le désarmement, à échelle planétaire, nucléaire. Mais justement : cette volonté d’envoyer quelques dizaines de milliers de soldats de plus à la guerre, inutilement de surcroît, ne constitue-t-elle pas, aux yeux d’une opinion publique déjà partagée sur ce choix quelque peu prématuré, comme une première et amère déception ?

Et, de fait : qu’a-t-il véritablement fait jusqu’ici pour la paix, Barack Obama, sinon tenir de beaux et grands discours, certes prometteurs d’avenir radieux mais néanmoins purement théoriques, voire fictifs ? La preuve, aujourd’hui, avec cet énième envoi de troupes militaires sur un sol étranger, fût-ce pour la bonne cause, qui plus est ! Et ce alors même, pour aggraver son cas, qu’il avait promis exactement le contraire lors de sa campagne électorale : le retrait des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan

Mais, on s’en souvient : ce n’est pas la première fois que les promoteurs du prix Nobel de la paix se trompent quant à leur choix. N’avaient-ils pas en effet déjà attribué leurs lauriers, en 1994, à trois hommes - Yasser Arafat (ancien président et  connu sous le nom d’Abou Ammar lors de la résistance contre Israel), Itzhak Rabin (ex officier militaire de l’une des armées les plus performantes au monde) et Shimon Peres (promoteur d’un nouveau mur de la honte, comme à Berlin aux pires heures de son histoire, destiné à séparer, tel un apartheid qui ne dit pas son nom, Juifs et Palestiniens) qui, en matière de paix, ne firent concrètement, malgré leurs bonnes intentions, jamais rien de bien significatif puisque les armes, sur la terre de Palestine, ne se sont jamais véritablement tues ?

Et que dire du prix Nobel de la paix 2008, Martti Ahtisaari, cet ancien président finlandais, reconverti en pseudo envoyé humanitaire de l’Onu, qui ne trouva rien de mieux à faire, lors de la campagne de bombardements que l’Otan mena à l’encontre de la Serbie en 1999, que de menacer de faire "raser Belgrade" si Slobodan Milosevic ne cédait pas le Kosovo !

Aussi, si ce n’est pas vraiment sur les personnes que le comité du prix Nobel s’est trompé en ces illustres et différents cas, est-ce, du moins, sur son attribution. Car, en ces conditions, ce n’est pas le prix Nobel de la paix que Barack Obama aurait dû recevoir, mais bien plutôt, en raison de ses admirables discours, celui de la littérature ! N’est-ce pas d’ailleurs Obama lui-même qui, le premier, s’étonna, très honnêtement, d’avoir été choisi comme lauréat de ce prix, confessant même qu’il ne le méritait pas du moins, pas encore ?

Ainsi, à la lueur de ces derniers et pitoyables événements, faudrait-il le prendre, littéralement, au mot : qu’on lui retire immédiatement, séance tenante, son prix Nobel de la paix, qu’il vient ainsi, au prix d’un invraisemblable mépris, de fouler aux pieds ! Un va-t-en-guerre de son espèce, le plus hypocrite de tous, ne mérite effectivement pas pareil honneur. Ce serait là faire injure, lui ôtant de surcroît le peu de crédibilité dont il jouit encore, à ce fameux prix.

Mieux : nous ayant ainsi là tous furieusement bernés, surtout ces millions d’Américains qui ont voté pour lui, Obama devrait-il être poursuivi, en la circonstance, pour abus de confiance. Obama : mise en examen de conscience morale !

Décidément, les membres du Comité d’Oslo n’ont vraiment pas de quoi se vanter, ni être fiers. A tout le moins doivent-ils se sentir, aujourd’hui, sinon honteux, du moins floués !

07/12/2009

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/547573/bara...


4-2 Stratégie afghane d’Obama: un plan mal accueilli.

Obama prend une volée de bois vert de la part de ses alliés comme de ses ennemis.

L’opinion publique n’est pas plus supportrice.

Trop, ou trop peu.

Les avis déclenchés par la stratégie afghane de Barack Obama sont irréconciliables. Pour ses alliés démocrates, le président joue un jeu dangereux, en décidant d’augmenter la pression militaire sans garantie de succès, alors que la priorité devrait d’abord être de reconstruire l’économie domestique. Certains de ses critiques à gauche n’hésitent d’ailleurs pas à comparer la situation afghane au Vietnam Ses adversaires politiques républicains pensent eux que la décision a trop tardé, et fustigent la "faiblesse" de la stratégie, qui serre le poing d’un côté mais pour mieux le desserrer plus tard.

La vague de mécontentement monte de la base démocrate, qui avait pourtant tout fait pour faire élire Barack Obama en 2008. L’association de la gauche libérale MoveOn.org et le réalisateur Michaël Moore sonnent la charge, ce dernier dans une lettre ouverte adressée au chef d’Etat : "Voulez-vous réellement être le nouveau président qui dit oui à la guerre ? C’est la pire chose que vous pouvez faire, détruire les espoirs et les rêves que tant de millions de personnes ont placés en vous" . Au Congrès, une majorité de Démocrates désapprouve l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, une stratégie qui est à leurs yeux non productive et trop coûteuse. "Une occupation plus large offre aux résistants une base de recrutement plus importante, encourage la dépendance des forces afghanes envers nos capacités de formation et notre logistique, et nous oblige à y consacrer nos maigres ressources alors que d’autres enjeux dans la lutte contre le terrorisme sont plus urgents, notamment sur le sol américain" , a fait savoir Jane Harman, représentante démocrate de Californie.

Traditionnellement va-t-en-guerre, le parti républicain loue Barack Obama pour sa décision de suivre les conseils des généraux, mais est prompt à critiquer la méthode, notamment l’annonce d’un retrait des troupes à partir de juillet 2011. Le sénateur John McCain, qui siège à la Commission des forces armées, s’est fait l’écho de ce désaccord. "Je soutiens la décision du président de se doter d’une stratégie de contre-insurrection qui soit correctement financée" , a déclaré hier l’ancien adversaire d’Obama aux présidentielles, "mais mon avis diffère sur les dates, qui devraient être déterminées en fonction des succès sur le terrain et non par le calendrier" . Malgré ces attaques, le Congrès devrait donner rapidement son feu vert au financement des troupes supplémentaires.

Du côté de l’opinion publique américaine, la désillusion est grande. Un sondage du Pew Research Center à paraître aujourd’hui devrait montrer que l’opposition aux interventions militaires à l’étranger est à son plus haut niveau aux Etats-Unis depuis le début des études d’opinion en la matière, en 1964. La fatigue liée à deux longues guerres et les difficultés économiques y sont pour beaucoup. "Nous avons des éléments à long terme qui montrent que le public n’a pas été aussi replié sur lui-même depuis très très longtemps", souligne Andrew Kohut, président du Pew Research Center. Les Américains pourraient bien rester sourds aux arguments d’Obama pour "finir le travail" en Afghanistan.

 03/12

http://www.lalibre.be/actu/international/article/546818/s...


4-3 Jacques Follorou : L'Afghanistan, nouveau marché des sociétés militaires privées.
Le soleil frappe encore fort dans le ciel d'hiver de Kandahar, deuxième ville d'Afghanistan et fief historique des résistants au sud du pays. Pour la remise des diplômes des conducteurs de blindés, le général Pathiani, chef d'état-major du 205e corps de l'armée afghane, réunit ses troupes dans la salle de cérémonie du quartier général, le camp Hero.

Ce n'est pas l'OTAN qui a financé la formation mais les Américains, via l'opération Enduring Freedom ("Liberté immuable"), lancée en 2001 pour traquer ...Al-Qaida.

En ce mois de novembre, le général Pathiani décore cinquante diplômés avant qu'ils retournent dans leur unité avec leur blindé. Les Américains ont raccourci la formation de huit à trois semaines car ils veulent accélérer la montée en puissance de l'armée afghane, seule solution, selon eux, pour faire face aux résistants.

Sur l'estrade, aux côtés du général Pathiani, ne figure pourtant qu'un seul militaire d'Enduring Freedom. La vingtaine d'hommes portant des uniformes de l'armée américaine présents dans la salle ne sont pas des soldats mais des salariés de la société Military Professionnal Ressources Incorporated (MPRI), premier prestataire privé de Washington en matière de formation et de sécurité. Les instructeurs de MPRI, qui ont pour certains travaillé en ex-Yougoslavie et en Irak, sont chez eux en Afghanistan.

Le poids des sociétés militaires privées est l'une des facettes cachées de cette guerre.

La Commission parlementaire américaine sur la passation des marchés en temps de guerre a révélé, début novembre, qu'avec 74 000 salariés en Afghanistan, leur nombre dépasse celui des troupes régulières américaines. Un chiffre deux fois plus important que celui admis officiellement par le Pentagone.

L'OTAN et les Etats-Unis n'aiment guère parler de cette privatisation du conflit. Car les méthodes et les dérapages des compagnies privées, déjà dénoncées en Irak, se poursuivent en Afghanistan.

 Dans la province de Kandahar, où les Canadiens supervisent les opérations de l'OTAN, plus de 80 % des sociétés privées sont américaines. "Notre objectif est d'apporter un soutien aux soldats, expliquait, le 13 novembre, Peter MacKay, ministre de la Defense canadien, de passage à Kandahar. Nous n'avons pas de problème de conscience avec les compagnies (privées). Nos troupes peuvent ainsi se concentrer sur ce qu'elles savent faire : se battre."

Pourtant les incidents se multiplient. Début octobre, après un conflit avec les Britanniques et les soldats afghans dans la province du Helmand, la société Paravant s'est vu refuser le renouvellement de son contrat. Les soldats afghans s'étaient rebellés, fin août, contre leurs formateurs qui buvaient de l'alcool devant eux, en plein ramadan.

Craignant que, lors des séances de tirs à balles réelles, les soldats afghans ne retournent leurs armes contre eux, les salariés de Paravant ont exigé - en vain - la présence de militaires britanniques sur le pas de tir. L'état-major allié à Kandahar a préféré mettre fin au contrat de Paravant. 

Cette société n'est autre qu'une filiale de Xe, ex-Blackwater, dont le nom est associé à de multiples violences en Irak, parmi lesquelles une tuerie en pleine rue à Bagdad (17 civils tués) en 2007. En mai, trois employés de Paravant ont par ailleurs été impliqués dans la mort d'un automobiliste à Kaboul.

"La fin du contrat pour l'instruction du tir à Kandahar n'a pas été une perte, commente un membre de Paravant, sous couvert d'anonymat. En ce moment, avec le départ des troupes américaines, beaucoup de nos gars repartent en Irak."

MPRI et Paravant dominent leur secteur avec DynCorp, qui pilote l'instruction des policiers afghans avec un budget annuel de près de 1,5 milliard de dollars (1 milliard d'euros). MPRI et Ronco ont également raflé des contrats de formation des militaires à la lutte contre les explosifs artisanaux posés par les résistants. De son côté, ArmorGroup protège l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul.

Le gouvernement afghan et certains responsables américains, soucieux d'atténuer cette image de monopole américain, ont attribué des contrats à d'autres sociétés, mais l'expérience semble peu concluante.

Début 2009, une société indienne basée à Dubaï (Emirats arabes unis), HEB, chargée de la formation d'armuriers au sein du 205e corps de l'armée afghane à Kandahar, a dû déménager ses quartiers après avoir été chassée du camp Hero par le général Zazaï. "Il a menacé de nous tirer dessus si nous ne partions pas", raconte Nadim, un ancien soldat de l'armée indienne recruté par HEB.

"Les griefs du général sont fondés, relève-t-on à l'état-major d'Enduring Freedom à Kandahar. Nous sommes confrontés à un grave problème de compétences. Les gens de HEB se contentent de nettoyer les armes des soldats sans jamais leur apprendre à utiliser leur matériel, et les balles perdues sont courantes." HEB, qui recevrait près de 9 millions de dollars par mois pour cette prestation, devait former 300 personnes entre 2008 et 2010. Seules 26 personnes ont été brevetées à ce jour.

La société RM Asia, composée d'instructeurs d'ex-Yougoslavie, est supposée former des mécaniciens pour le 205e corps d'armée.

"Nous avons reçu un certain nombre de plaintes sur de nombreux retards", admet le major Leprêtre, chargé de superviser l'ensemble des programmes de formation dans le Sud afghan.

Le général Zazaï ne cache pas, pour sa part, qu'il rêve de se débarrasser de HEB et de RM Asia pour faire appel aux seules sociétés américaines.

Jacques Follorou

20.11.09

LE MONDE


4-4 La chine inquiète de la stratégie américaine en Afghanistan.

Pour la Chine, la présence de troupes américaines (ou étrangères) sur ses frontières est un motif constant d'inquietude

L'une des raisons pour lesquelles Pékin est soucieux de contribuer à assurer la stabilité du régime de Pyongyang s'explique en grande partie par le fait qu'un écroulement de ce dernier, et la réunification de la péninsule coréenne qui pourrait s'ensuivre, reviendrait à ce que les troupes des Etats-Unis actuellement stationnées en Corée du Sud soient au contact direct de la Chine.

La guerre menée en Afghanistan s'inscrit dans le même registre. Il n'est pas étonnant, dans un tel contexte, que la décision de Barack Obama de renforcer les effectifs du contingent américain provoque à Pékin des réactions mitigées.

Les avis des experts sont cependant partagés : certains estiment que la décision américaine pourrait contribuer indirectement à la lutte, en Chine, contre les "séparatistes" ouïgours au Xinjiang. Qi Huaiguo, professeur de relations internationales à l'université Fudan de Shanghaï estime que la décision du président américain de se donner des moyens militaires accrus pour combattre Al-Qaida et les résistants "permettra à la Chine de s'assurer d'un environnement plus sûr à sa frontière occidentale".

La Chine affirme que le Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM), un groupe armé radical de type djihadiste, continue à mener des opérations en vue de provoquer la sécession du Xinjiang, même si de nombreux experts étrangers remarquent que cette organisation semble aujourd'hui très affaiblie depuis la mort au combat, en 2003, dans le Sud Waziristan pakistanais, de son chef, Hassan Mahsum.

De mystérieux attentats qui ont eu lieu dans la région "autonome" ouïgoure en 2008 ne suffisent pas, ajoutent ces mêmes experts, à démontrer qu'il y a un regain de l'activité islamiste et indépendantiste dans la région. Le Xinjiang reste cependant un motif d'inquiétude pour Pékin, notamment depuis les violentes émeutes intercommunautaires qui ont ensanglanté la capitale, Urumqi, peuplée majoritairement de Hans, en juillet.

Plus de résistance

La réaction officielle du ministère des affaires étrangères à l'annonce de renforts américains en Afghanistan a été des plus prudentes : "Nous espérons que l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale des pays en question seront pleinement respectées", a déclaré le porte-parole Qin Gang.

Une formule consacrée en phase avec le concept chinois traditionnel de "non-ingérence" dans les affaires intérieures du voisin, et qui cache mal l'irritation de Pékin, pour qui la perspective d'un possible enlisement américain en Afghanistan n'a rien d'une bonne nouvelle.

"Le plan d'Obama pourrait bien conduire les résistants à venir se réfugier en Chine", redoute Li Qingdong, secrétaire général adjoint du Conseil chinois pour les études de politique de sécurité nationale. "En outre, nos importants projets (économiques) en Afghanistan pourraient en pâtir", ajoute-t-il.

Récemment, le ministre afghan des mines, Muhammad Ibrahim Adel, a révélé dans un entretien au quotidien britannique The Daily Telegraph que les investissements chinois dans la mine d'Aymak (3,5 milliards de dollars) pourraient tripler les revenus du gouvernement de Kaboul d'ici à cinq ans.

D'autres experts s'inquiètent également du fait que l'intensification des combats chez ce voisin afghan, avec lequel la Chine partage une frontière courte mais stratégique à très haute altitude - sur les solitudes glacées du Pamir -, ne constitue pour Pékin une pression militaire supplémentaire sur ces marches déjà instables. Le professeur Shi Yinhong, spécialiste des questions de politique américaine à l'Université du peuple de Pékin, estime que "l'implication croissante des militaires américains dans le bourbier afghan aura probablement pour conséquence, entre autres, de provoquer plus de résistance chez les combattants de la région, voire de les pousser à élargir leur champ d'activité."

5/12

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/12/04/pekin-inquiet-de-la-strategie-americaine-en-afghanistan_1276168_3216.html


4-5 La Russie, inquiète de la stratégie de l'Otan, veut en discuter.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information. 

La Russie, "inquiète" des projets de l'Otan en Afghanistan, a proposé aux pays de l'Alliance atlantique deux réunions spéciales début 2010 sur le 'terrorisme' et le 'trafic d'héroïne' dans ce pays, a indiqué mercredi l'ambassadeur russe à l'Otan.

"Nous espérons que nous tiendrons deux réunions élargies aux experts, y compris sur l'Afghanistan", a déclaré M. Dmitri Rogozine à l'issue d'un Conseil Otan-Russie avec ses collègues des 28 pays de l'Otan.

Sur la lutte contre le terrorisme, il a proposé "la réunion fin janvier d'un Conseil Otan-Russie élargi à des experts", en l'occurrence "en présence", outre les ambassadeurs, "de représentants des services de sécurité fédéraux" russes et de leurs équivalents des pays occidentaux.

Sur le trafic d'opium et d'héroïne dont l'Afghanistan est de loin le premier producteur mondial, M. Rogozine a offert de tenir une autre réunion du même type, en février. "Je peux déjà vous confirmer la participation du chef de notre service anti-stupéfiants, Viktor Ivanov", a-t-il annoncé.

"Nous sommes assez préoccupés du trafic d'héroïne, une arme de destruction massive et qui permet de financer les résistants", a-t-il ajouté, en critiquant implicitement les Occidentaux de ne pas réussir à y mettre un terme, malgré "leurs milliers de soldats" en Afghanistan.

M. Rogozine a exprimé par ailleurs "l'inquiétude" générale de son pays au sujet, selon lui, du manque de transparence pour Moscou des plans de l'Otan en Afghanistan.

"Nous devrions avoir une vue d'ensemble des activités des troupes de l'Otan en Afghanistan. Nous voulons être au courant de leur stratégie", a-t-il dit.

Les Etats-Unis examinent une révision en profondeur de leurs opérations contre-insurrectionnelles dans ce pays, assortie de l'envoi d'importants renforts, comme le leur demande le général Stanley McChrystal, le commandant en chef de la force internationale, l'Isaf.

On s'attend à ce que le président américain Barack Obama annonce le 1er décembre sa décision d'envoyer de 20.000 à 40.000 soldats en renfort des quelque 100.000 militaires étrangers, dont les deux tiers américains, déjà sur le sol afghan.

Deux jours plus tard, les ministres des Affaires étrangères de l'Otan débattront à Bruxelles de l'Afghanistan à la lumière de l'option qu'aura retenue Washington.

A cette occasion, le Conseil Otan-Russie doit tenir le 4 décembre sa première réunion ministérielle formelle depuis la crise causée par la guerre russo-géorgienne d'août 2008, avec la venue du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

"Nous savons que ces plans" de l'Otan "doivent être prêts d'ici Noël. Et nous voudrions être parmi les premiers à en être informés", a insisté M. Rogozine.

Le retrait possible de troupes de tel ou tel pays fait l'objet de spéculations, "ce qui ne correspond pas aux espoirs placées dans la présence internationale en Afghanistan. Aussi voulons nous être tenus informés", a noté l'ambassadeur russe.

"Quelle est la stratégie militaire contre les résistants? Est-il exact que l'Otan tiendra les villes, sans contrôler les zones rurales? Quel calendrier pour un retrait des troupes? Les Etats-Unis seront-il les derniers à partir" d'Afghanistan?, a demandé M. Rogozine, estimant que "la Russie a le droit d'obtenir des réponses à ces questions".

 25.11.09

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41000650@7-6...


4-6 L'Inde est-elle mise à l'écart dans la nouvelle stratégie US en Afghanistan? (Analyse)

Le président américain Barack Obama a dévoilé mardi sa nouvelle stratégie en Afghanistan et au Pakistan, sans prononcer un seul mot sur l'Inde. Au lendemain, des spéculations se faisaient entendre sur un mécontement de New Delhi, qui se sent "mis à l'écart".
Selon des analystes politiques, le sentiment de l'Inde de se trouver exclu s'explique par la non évocation du pays dans le discours du président Obama. Ce sentiment s'accentue d'autant plus que New Delhi partage également la même aspiration que Washington : interrompre, démanteler et vaincre les réseaux résistants en Afghanistan et au Pakistan.
"Bien que le ministère indien des Affaires extérieures ait officiellement nié le sentiment d'être exclu, le fait est qu'un nombre de gens sont mécontents... L'Inde est un pôle puissant en Asie du sud, et les Etats-Unis auraient dû le reconnaître de nouveau dans leurs discours sur la nouvelle politique en Afghanistan et au Pakistan", a déclaré l'analyste Ajay Singh.
"L'Inde n'a pas la moindre réserve" envers la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan, a indiqué mercredi le ministre indien des Affaires extérieures Shashi Tharoor.
"Les abréviations américaines pour leur politique sont Af-Pak, et je vois que l'Inde n'est concernée par aucune de ces deux abréviations. L'Afghanistan et le Pakistan sont au coeur de cette politique et au coeur du discours du président Obama", a fait savoir le ministre.
M. Tharoor a mis en avant les contributions faites par l'Inde en Afghanistan, allant de la construction des routes, des hôpitaux, des cliniques, à l'installation des réseaux d'alimentation en électricité.
Pour sa part, un autre analyste, S.K. Singh, a estimé que l'omission de l'Inde dans le discours d'Obama ne remettait toutefois pas en cause l'importance de l'Inde.
"L'Inde a le droit d'éprouver du mécontentement... L'Inde peut officiellement exprimer qu'elle ne se plaint pas, mais le service des affaires étrangères doit se sentir autrement. C'est tout à fait naturel", a-t-il indiqué.
"Le jour où le président Obama a annoncé l'envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, l'envoyé américain en Inde (ambassadeur américain en Inde, Timothy J. Roemer) a souligné que l'Inde et les Etats-Unis devaient s'unir sur le plan de l'engagement des ressources civiles et de fournir les outils favorables au développement économique et aux aides humanitaires, de manière à éliminer les violences extrémistes", a-t-il déclaré.
Le diplomate américain a qualifié l'Inde de '"partenaire clé et global des Etats-Unis", affirmant que "Nous tenons beaucoup au rôle positif que l'Inde continue à jouer dans la région, dont ses contributions humanitaires significatives en Afghanistan".
De son côté, l'analyste Ravi Dawa a observé que les Etats-Unis devraient sûrement encourager l'Afghanistan à jouer un rôle plus actif dans le futur.
"New Delhi n'a pas eu de place dans le discours d'Obama. Cela est surprenant, car Washington sait bien qu'il doit faire confiance à l'Inde, étant donné du fait qu'il reste une puissance majeure en Asie du sud", a fait remarquer cet analyste.
 A long terme, les Etats-Unis ne peuvent pas ses permettre d'ignorer l'Inde quant il s'agit du Pakistan et en Afghanistan", a-t-il martelé.

5/12

Source: xinhua

http://french.people.com.cn/International/6832006.html


4-7 Ajay Prakash : L’influence grandissante de l’Inde en Afghanistan inquiète les Etats Unis et le Pakistan.

Le principal chef militaire américain en Afghanistan a averti de ce que l’influence grandissante de l’Inde dans ce pays pourrait « exacerber les tensions régionales » et encourager « des contre-mesures » de la part du Pakistan, traditionnel rival de l’Inde en Asie du Sud-Est.

Dans un rapport confidentiel remis au président Barack Obama le 30 août dernier le général Stanley McChrystal écrivit : « L’influence politique et économique de l’Inde en Afghanistan va croissant, entre autres sous forme d’importants efforts sur le plan du développement et de l’investissement financier. De plus l’actuel gouvernement afghan est considéré comme pro-indien par Islamabad. Si les activités indiennes profitent en grande partie au peuple afghan, une influence croissante de l’Inde en Afghanistan exacerbera probablement les tensions régionales et encouragera le Pakistan à des contre-mesures en Afghanistan ou en Inde. » 

Les commentaires de McChrystal témoignent du dilemme stratégique de Washington. Voulant mettre l’Inde de leur côté en tant que contrepoids à l’ascension de la Chine, les Etats-Unis ont salué l’engagement croissant de l’Inde en Afghanistan et escompté que les intérêts américains et indiens coïncidaient en ce qui concerne le développement de pipe-lines acheminant le pétrole de l’Asie centrale vers l’Asie du Sud et l’océan Indien.

Ils sont aussi prêts à monter des opérations communes avec l’armée indienne. Quand on lui demanda si les Etats-Unis étaient prêts à demander l’assistance militaire de l’Inde dans des opérations anti résistants et de contre-insurrection, le lieutenant-général Benjamin R. Mixon, le chef du commandement de l’armée du Pacifique, dit : « L’armée indienne est une force professionnelle et les Etats-Unis s’en accommoderont dans n’importe quel contexte. »

Mais en même temps les Etats-Unis dépendent du soutien logistique et militaire du Pakistan pour sauver leur guerre de subjugation de l’Afghanistan ; ils se rendent bien compte que leurs exigences de plus en plus fortes sapent le soutien du gouvernement pakistanais dans la population et sa légitimité et qu’elles exacerbent les tensions au sein de la fragile fédération pakistanaise.  

L’Inde et le Pakistan se lancent depuis des années des accusations quant à leurs mutuelles activités en Afghanistan. New Delhi affirme que l’establishment des services secrets militaires pakistanais poursuit son  patronage des résistants dont l’accession au pouvoir au milieu des années 1990 eut lieu avec le soutien du Pakistan. Islamabad contre en disant que l’Inde prend une place disproportionnée en Afghanistan, dans l’espoir d’étrangler le Pakistan du point de vue stratégique et qu’elle s’est servie de son influence croissante en Afghanistan pour soutenir l’insurrection nationaliste au Baloutchistan, la province occidentale du Pakistan.  

Après l’explosion d’une bombe devant l’ambassade de l’Inde à Kaboul le 9 octobre, tuant 17 personnes sans faire de victimes parmi le personnel de l’ambassade, les fabriques d’idées indiennes et une bonne partie de la presse ont affirmé que les résistants, qui ont revendiqué l’attaque, l’avaient exécutée au nom de l’ISI, le service de renseignement pakistanais. Le gouvernement indien n’a pas, pour sa part, accusé directement Islamabad d’être responsable, probablement pour respecter ce qui se souhaite à Washington. L’administration Obama n’apprécierait pas une nouvelle crise dans les relations indo-pakistanaises au beau milieu du débat houleux sur sa stratégie dans la « guerre afpak » (Afghanistan-Pakistan, n.d.t.). En tout état de cause, le processus de paix indo-pakistanais a été pour l’essentiel gelé par New Delhi depuis l’attaque terroriste de Bombay en novembre 2008.  

L’Inde avait publiquement rendu l’ISI responsable d’une attaque semblable contre son ambassade de Kaboul en juillet 2008 et au cours de laquelle 41 personnes furent tuées parmi lesquelles se trouvaient un diplomate de haut rang et l’attaché militaire. 

Commentant les récentes attaques à la bombe visant l’ambassade de l’Inde à Kaboul, Siddharth Varadarajan, rédacteur pour les affaires stratégiques au quotidien The Hindu écrivit : « Les attaquants veulent mettre en exergue le rapport McChrystal et dire que toute tentative de s’appuyer sur l’Inde ou d’impliquer l’Inde (dans une nouvelle politique américaine) compliquerait les choses ». 

Prenant la parole peu après l’attaque du mois dernier, le ministre des Affaires étrangères de l’Inde, Nirupama Rao, dit que New Delhi prendrait « les mesures » nécessaires « à la sauvegarde de la sécurité de notre personnel et de nos intérêts en Afghanistan ».

Harsh V. Pant, actuellement professeur invité à l’IIM-Bangalore (Indian institute of managment n.d.t) dit que si l’Inde voulait être reconnue comme une puissance mondiale, sa première démarche devait être de « répondre à la récente attaque de Kaboul par un engagement plus important afin de soutenir sa présence politique et en faveur du développement en Afghanistan. »

L’Inde a soutenu l’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis, leur a fourni des renseignements et les a aidés à établir la jonction avec les anti-résistants de l’Alliance du Nord. New Delhi a considéré la guerre afghane comme une occasion en or de contrecarrer l’influence du Pakistan en Afghanistan et de faire avancer ses propres intérêts géopolitiques dans une Asie centrale riche en pétrole.

Durant l’administration de George W. Bush, il y eut à plusieurs reprises des tensions entre Washington et New Delhi à propos des relations de type mercenaire entretenues par les Etats-Unis avec le gouvernement et l’armée du Pakistan. Mais dans l’ensemble, les relations entres les Etats-Unis et l’Inde se sont développées fortement, les Etats-Unis déclarant leur volonté d’aider l’Inde à devenir une « puissance mondiale » et négociant à cette fin un statut unique pour l’Inde, qui n’a pas signé le Pacte de non-prolifération nucléaire, au sein du régime international de régulation nucléaire.

Depuis qu’Obama a pris ses fonctions, les relations entre l’Inde et les Etats-Unis sont devenues plus irritables. New Delhi a peur que ses intérêts soient ignorés du fait que Washington se concentre sur ses relations avec le Pakistan et la Chine.  

L’Inde a rejeté avec irritation la suggestion faite durant la campagne électorale de 2008 par Obama et ses conseillers qu’en retour d’une aide du Pakistan dans la guerre AfPak, les Etats-Unis pourraient assister le Pakistan dans la résolution de sa dispute, vieille de soixante ans, avec l’Inde à propos du Cachemire. New Delhi s’est aussi inquiétée du soutien donné par Obama à une résolution du Conseil de sécurité appelant toutes les nations à signer le Traité de non-prolifération nucléaire (NPT) et de ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). L’Inde  rejette les normes du NPT comme discriminatoires et elle a refusé de signer le TICE au motif qu’il pourrait mettre en danger le développement de la « dissuasion stratégique » de l’Inde, c'est-à-dire son arsenal nucléaire. 

Hier, l’Inde s’est formalisée rageusement d’un paragraphe contenu dans la déclaration commune faite par le président Obama et le président chinois Hu Jintao à la fin de leur réunion au sommet. Ce paragraphe engageait les deux pays à œuvrer à « promouvoir la paix, la stabilité et le développement » en Asie du Sud-Est. « Le gouvernement de l’Inde », dit le ministère des Affaires étrangères « a pris l’engagement de résoudre toutes les questions en suspens avec le Pakistan à travers un dialogue pacifique bilatéral conformément à l’accord de Simla. On ne peut y envisager de rôle joué par un pays tiers ».

Le gouvernement indien s’inquiète également d’informations selon lesquelles les Etats-Unis et le régime fantoche d’Hamid Karzaï ont l‘intention de persuader une partie des résistants d’entamer des négociations de paix et finalement d’intégration dans le gouvernement Afghan. Les responsables indiens et les commentateurs de la presse ont déclaré à maintes reprises qu’il n’y avait pas de « bons résistants ». Derrière ce langage, il y a la peur que l’influence d’Islamabad en Afghanistan grandisse considérablement dans le cas d’un rapprochement avec des éléments associés jusque-là aux résistants.

Lorsque les Talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en 1996 avec le soutien du Pakistan et des Etats-Unis, l’Inde avait perdu toute influence à Kaboul. New Delhi n’a jamais reconnu le gouvernement Taliban.

« D’une façon générale » déclarait récemment un éditorial du Hindustan Times, « L’élection présidentielle reflète l’échec des dirigeants afghans de trouver une formule de partage du pouvoir entre eux. Cela rend Karzaï et la structure actuelle à Kaboul d’autant plus dépendants de l’aide des Etats-Unis. Si les Etats-Unis hésitent, il est presque certain que monsieur Karzaï va continuer sa politique qui consiste à essayer de trouver un arrangement avec certains éléments parmi les résistants. Aucun de ces scénarios ne signifie quelque chose de bon pour l’Inde ou d’autres nations qui ont souffert de la politique favorable au terrorisme du premier régime des résistants. »

Anxieux de consolider sa position dans l’Afghanistan d’après 2001, le gouvernement indien a investi plus de 1,2 milliard de dollars dans la reconstruction de l’infrastructure du pays, ce qui comprend des centrales électriques, et dans la formation de fonctionnaires et de policiers afghans. L’Inde est au sixième rang de l’aide bilatérale à l’Afghanistan.

En janvier dernier, l’Inde a achevé la construction de l’autoroute de Zaranj-Delaram, long de 218 kilomètres, dans le sud-ouest de l’Afghanistan et qui rend possible le transport de marchandises de l’Iran à Kaboul et à travers l’Afghanistan. Avec la construction de cette autoroute, l’Inde a ouvert une voie terrestre vers l’Afghanistan contournant le Pakistan. Pendant des décennies, Islamabad avait effectivement saboté le commerce indo-afghan en refusant la traversée de son territoire aux poids lourds de ces deux pays

Ce lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, s’est déplacé en Inde pour une visite de deux jours, le premier contact de haut niveau entre les deux pays depuis que le président Mahmoud Ahmadinejad fut réélu en juin dernier. Ces pourparlers indo-iraniens se sont, selon la presse, concentrés sur la coopération énergétique, les routes de transit vers l’Asie centrale, l’échange d’information sur les activités de l’insurrection anti-gouvernementale au Pakistan et en Afghanistan et la possibilité de ranimer le projet de gazoduc entre l’Iran le Pakistan et l’Inde (IPI).

Selon un article de The Hindu, Mottaki et divers responsables indiens « discutèrent également de projets de dialogue trilatéral entre l’Inde, l’Iran et l’Afghanistan à propos de routes de transit vers l’Asie centrale, le port iranien de Chabar devenant le lieu de rassemblement des marchandises. « Notre intérêt à avoir un accord trilatéral fut souligné », dit à propos de la route de transit commençant au port de Chabar une source informée. « On a prévu de construire une ligne de chemin de fer de Chabar à Bam. De là, les marchandises seraient prises de la ville frontière afghane de Zaranj à Delaram sur la route construite par l’Inde vers les routes afghanes qui mènent à plusieurs républiques d’Asie centrale. »  

Il est certain que la nouvelle route menace la position commerciale du Pakistan en Afghanistan. Actuellement 37 pour cent du commerce international afghan se fait avec le Pakistan, 15,9 pour cent avec l’Union européenne et 12,5 pour cent avec les Etats-Unis.

Il y a plus de 4000 ouvriers et personnels de sécurité indiens qui travaillent sur divers projets d’aide et de reconstruction en Afghanistan. A la suite du kidnapping et du meurtre d’un ingénieur indien par les résistants en 2006, New Delhi a envoyé des gens de la force paramilitaire du pays entraînés aux opérations en montagne pour protéger les ouvriers indiens. Près de 500 policiers indiens sont actuellement déployés en Afghanistan. .

L’armée indienne a prévu depuis longtemps d’entraîner des soldats de l’Armée nationale afghane (ANA) pour le déploiement de son personnel dans le pays, mais jusqu’à ce jour la présence militaire indienne dans ce pays ravagé par la guerre s’est limitée à l’éducation en anglais et à la participation à quelques projets d’aide humanitaire.

Dans un article publié début juillet en rapport avec la visite en Inde du chef de l’Armée afghane, le général Bismillah Khan Mohammadi, le commentateur indien C. Raja Mohan argumenta que si l’Inde avait jusque-là résisté aux appels à un engagement militaire plus important de la part de Kaboul, c’était à cause de l’opposition américaine. « Le Pakistan faisant beaucoup de cas de la coopération militaire plutôt limitée de New Delhi avec Kaboul, Washington a incité, au cours des dernières années, l’Inde à la prudence et à ne pas renforcer son profil en Afghanistan au-delà de la reconstruction économique. Même l’administration Bush, qui était en si bon terme avec l’Inde n’était pas enthousiaste quant à une extension de la rivalité indo-pakistanaise à l’Afghanistan. »

Mais une partie de l’armée est mécontente de la prudence de New Delhi. Le général en retraite Shankar Roychowdhury, ancien chef d’Etat major et député au parlement a décrit la guerre afghane comme une « guerre nécessaire » pour l’Inde. Il dit que la construction de l’ANA est « le domaine évident sur lequel l’Inde devrait se concentrer dans le cadre de ses intérêts à long terme ».

En plus de son ambassade à Kaboul, l’Inde a ouvert quatre consulats en Afghanistan, Jalalabad, Kandahar, Herat et Mazar-e-Sharif. Le Pakistan affirme que ces consulats sont utilisés par le Research and Analysis Wing (RAW) des services de renseignements indiens pour créer des troubles au Baloutchistan, en territoire pakistanais. Le gouvernement pakistanais a accusé l’Inde à maintes reprises d’être impliquée dans le conflit séparatiste au Baloutchistan et a affirmé que le RAW donnait de la formation aux séparatistes.

Lors d’un voyage récent aux Etats-Unis, le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Shah Mahmood Qureshi, a dit au Los Angeles Times que le « degré de l’engagement indien [à Kaboul] devait être mesuré au fait que l’Inde ne partage pas de frontière avec l’Afghanistan, alors que nous, oui…S’il n’y a pas de reconstruction massive [en Afghanistan], s’il n’y a pas de longues files d’attente à Delhi pour des visas pour Kaboul, pourquoi avons-nous une présence [indienne] si importante en Afghanistan ? Parfois cela nous inquiète ».

Les fabriques d’idées indiennes pressent fortement le gouvernement indien de l’Alliance progressive unifiée, dirigée par le Parti du Congrès, d’intervenir de façon plus active en Afghanistan. M. K. Bhadrakumar, un ancien diplomate de l’Indian Foreign Service, remarquait que « des parties influentes de l’opinion indienne appellent à grands cris à une intervention ouverte de l’Inde en Afghanistan sans attendre la délicatesse d’une lettre d’invitation américaine ».

Des parties de la classe dirigeante indienne voient d’un œil favorable une substantielle présence militaire indienne en Afghanistan. Sushant K. Singh, rédacteur en chef du journal d’affaires stratégiques Pragati: The Indian National Interest Review écrivait récemment « Un engagement militaire indien en Afghanistan déplacerait le champ de bataille loin du Cachemire et du continent indien. Viser la base des islamistes sera une immense amélioration des opérations anti-résistants de l’Inde, en particulier au Cachemire, tant militairement que psychologiquement. »

Il insiste pour dire que l’armée indienne devrait opérer indépendamment en Afghanistan comme « les 13.000 soldats américains agissant dans le cadre de l’opération Enduring Freedom à coté de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN ». Il appela à la formation, pour la présence militaire indienne, d’une structure de commandement indépendante, qui pourrait être déployée en Afghanistan oriental « permettant aux forces américaines et indiennes de se concentrer sur les provinces adjoignantes du Pakistan. »

Les fabriques d’idées et les pontifes de la presse insistent pour dire que l’Inde ne peut pas demeurer une « puissance molle ». Dr Subhash Kapila, un ancien officier de l’armée indienne et ancien diplomate, a écrit que l’Inde a jusqu'à présent renâclé à avoir recours à un « pouvoir dur ». Cependant, écrit-il, « comme l’Inde devient plus puissante et que sa valeur stratégique figure dans les calculs stratégiques internationaux… il se peut qu’ [elle] s’arrête d’être hésitante et retenue ». Il appela à une réorientation de la politique américaine en Asie du Sud-Est, de « centrée sur le Pakistan » qu’elle était, à un ancrage « centré sur l’Inde ». 

Le gouvernement indien envisage de mettre sur un autre niveau les relations entre l’Inde et les Etats-Unis à dater de la visite du premier ministre Manmohan Singh aux Etats-Unis. L’ambassadeur indien aux Etats-Unis se vantait récemment de ce que « la relation indo-américaine a évolué vers un partenariat complet de confiance mutuelle… qui a une portée de plus en plus mondiale et [qui est fondé] sur une compréhension stratégique plus profonde ». 

Mais malgré l’amélioration de ces relations dans les deux dernières décennies, un partenariat indo-américain reste empli de tensions et d’ambiguïtés, les élites des deux pays poursuivant sans égards leurs propres intérêts.

(Article original paru le 19 novembre 2009)

Ajay Prakash
24 novembre

http://www.wsws.org/francais/News/2009/nov2009/infl-n24.shtml



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