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26/12/2009

n°25 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 23-12 : - Suite -: Les mêmes mensonges qu’à propos de l’Irak.


n°25 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 23-12 : - Suite -: Les mêmes mensonges qu’à propos de l’Irak.



Géopolitique & stratégie d'Iran

                                                           n°25 du 23-12                                   C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Suite

1-4 La politique extérieure de la France vis-à-vis de l’Iran s’aligne sur les positions d'Israël.

1-5 Analyse des derniers développements.

1-6 L’Ennemi Public N° 1 de l’Iran : Meir Dagan, Chef du Mossad .


1-4 La politique extérieure de la France vis-à-vis de l’Iran s’aligne sur les positions d'Israël.

Docteur en droit et avocat international, Ardavan Amir-Aslani, qui réside à Paris, tout en dénonçant la politique étrangère actuelle de la France vis-à-vis de l’Iran, a souligné qu’elle s’alignait sur les positions du régime sioniste.
Ardavan Amir-Aslani au cours d’un entretien exclusif avec le correspondant de l’Irna à Paris a poursuivi que les relations entre les deux pays en raison de la politique actuelle du gouvernement français à l’encontre de l’Iran, plus qu’à n’importe quelle époque alignée sur les désidératas et les intérêts du régime sioniste, se sont dégradées.
Il a souligné qu’il est regrettable que la politique de l’actuel gouvernement français s’apparente à la politique prôné par l’ex gouvernement néo-conservateur américain à l’encontre de l’Iran.
Il a souligné « nous sommes témoin des positions du ministre français des Affaires étrangères et du conseiller à la présidence française à l’encontre de l’Iran, positions plus agressives et qui s’apparentent à l’ancienne politique du gouvernement de l’ex-président américain G.W.Bush validée par le parcours des « Leo-Cons » selon une formule du New York Times, comme Paul Wolfowitz, Richard Perle et bien d’autres.
Selon Ardavan Amir-Aslani, ce qui étonne les Français aujourd’hui c’est le fait que « la politique française s’est alignée sur la politique étrangère du régime israélien ce qui ne manque pas de susciter l’étonnement des autres pays membres du Conseil de sécurité ».
«A long terme, ces positions vont à l’encontre des intérêts de la France car la France ne peut pas négliger un pays comme l’Iran qui compte une importante population, une histoire ancienne et un poids politique, mettant en garde sur le choix erroné de la France.
« Pour moi qui réside en France, voir des conflits entre la France et l’Iran est dur car ces deux pays ont partagé des relations diplomatiques vieilles de quatre siècle alors que les relations diplomatiques entre la France et les Etats-Unis ne sont pas aussi anciennes tout en ajoutant que la France à l’instar de l’Iran a connu une révolution et au cours des deux guerres mondiales a subi l’agression de pays tiers.
Dénonçant la politique du deux poids deux mesures des pays occidentaux et en particulier de la France, Ardavan Amir-Aslani a souligné que le président français n’a pas manqué de critiquer les élections présidentielles en Iran alors que jusqu’à présent il n’a pas pris de positions critiques à l’encontre des gouvernants de pays comme la Tunisie, Égypte ou le Yémen qui occupent le pouvoir depuis de nombreuses années et qui souhaitent dans le cadre d’un système avant tout héréditaire confier leur pouvoir aux membres de leur seule famille.
L’avocat international en a conclu que l’Iran est la cible d’agressions car il n’est pas prêt à se soumettre aux puissances occidentales et qu’il est l’unique pays indépendant de la région ajoutant qu’un pays comme l’Iran qui dispose d’un vaste territoire et de nombreuses richesses dans la région veut préserver son indépendance ce qui est très difficile à admettre pour l’Occident et c’est pour l’ensemble de ces raisons que la France s’en prend à un Iran démocratique et préfère ne prêter aucune attention aux Etats autocratiques.
Evoquant la popularité des responsables iraniens auprès des peuples de la région, il a précisé que les populations de ces pays contrairement à leur gouvernement respectif qui ont choisi d’aligner leurs politiques sur celle de l’Occident, soutiennent l’Iran car au sein des peuples arabes, le président Ahmadinejad remplace Nasser. Pour Ardavan Amir-Aslani, « l’Iran a conquis le cœur des pays musulmans ».
Avocat international, très actif dans le domaine du droit des affaires internationales, Ardavan Amir-Aslani conseille les entreprises françaises et étrangères dans leurs opérations de fusions-acquisitions transnationales ainsi que les grands fonds d'investissement.
Il intervient également dans le domaine du droit public international et représente plusieurs Etats à travers le monde. Expert du Moyen Orent, il vient de publier "Iran, le retour de la Perse" aux éditions Picollec.

15 Décembre

http://www2.irna.ir
http://www.alterinfo.net/La-politique-exterieure-de-la-France-vis-a-vis-de-l-Iran-s-aligne-sur-les-positions-du-regime-sioniste_a40372.html


1-5 Analyse des derniers développement.

Les derniers développements du dossier Iranien ont pris de cours de nombreux observateurs avertis.

 2 dossiers font actuellement la principale actualité internationale de l'Iran: Le nucléaire et le système de missiles S-300.
Vue de l'extérieur, nous avons tous l'impression que les contradictions se multiplient: Les Russes et les Chinois semblent tantôt pour et voila qu'ils votent contre, les Russes disent tantôt qu'ils livreront les S-300 tantôt ils disent qu'ils n'ont pas d'information sur le sujet.
Le dernier plus grand exercice militaire de defense jamais mené par l'Iran de la semaine dernière a laissé des sceptiques tant les déclarations de l'Iran semblaient en décalage quant à leurs véritables capacités .
Les analyses des "journalisteux" par ci par là sont du genre à sauter sur l'os, réagissant comme l'on s'attend à ce qu'ils réagissent.
Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que cette affaire est de haute volée et qu'ils ne s'agit pas de suivre son déroulement comme on suivrait les épisodes d'un vulgaire feuilleton Américain. Nous le public n'apprenons que ce que les services gouvernementaux de tel ou tel parti veulent communiquer.
Je pense qu'il s'agit avant tout d'une bataille de la communication, une sorte de jeu d'échec sous-terrain, les annonces des uns et des autres ne reflètent pas forcément, voire rarement la réalité des faits. La Russie et la Chine jouent peut-être un double jeu et veulent feindre de satisfaire le camp de l'Ouest par des actions comme cette dernière résolution, mais peuvent en réalité être du côté de l'Iran. En effet, il est tout à fait normal en ces temps ou les USA commencent à perdre pied, que des pays comme la Russie ou la Chine ne veuillent pas se mettre en opposition frontale avec eux, préférant attendre le dernier moment pour dévoiler leur jeu et changer de bord.
De même, l'histoire des S-300 pourrait très bien n'être qu'un leurre, en niant leur livraison, les Russes font plaisir aux USA et à Israël, mais leur intérêt stratégique leur dictent aussi de livrer ce système à l'Iran. Les Russes ont très bien pu avoir déjà livré le système à l'Iran par un moyen détourné, comme ils en ont le secret, et officiellement déclaré le contraire, de cette manière, ils font le jeu de tout le monde. N'oublions pas que la Russie et l'Iran sont très proche géographiquement et sont séparés par des pays satellites de la Russie, pouvant très bien servir d'intermédiaire pour la livraison des S-300 à l'Iran.
L'exercice de defense de l'Iran de la semaine dernière a été critiqué comme étant caduque, alors même que l'Iran jurait qu'aucun chasseur Israélien ne reverrait sa base si une attaque était mené. L'Iran exagère ou l'Iran dispose-til déjà du S-300?
Ils auraient très bien faire leur exercice en faisant comme si il avait le S300 (l'ayant peut-être déjà) mais sans sortir les S300 pour ne pas alarmer les Occidentaux.
Jouer un double jeu, voire un triple jeu, ne signifie pas forcément pour les Russes et les Chinois qu'ils ne sont pour personne, ils peuvent effectivement être parti pris pour un côté sans pour autant vouloir le montrer aux autres.
Bref, le problème est infiniment complexe et nous ne pouvons à notre niveau que spéculer, mais cela ne nous empêche pas d'avoir une réflexion complète sur le sujet, pour changer de la rengaine classique que nous servent tous les jours les journalistes, porte-voies des élites, qui ne sont que des agents de propagande.

 1 Décembre

Les derniers développements du dossier Iranien ont pris de cours de nombreux observateurs avertis. 2 dossiers font actuellement la principale actualité internationale de l'Iran: Le nucléaire et le système de missiles S-300. Vue de l'extérieur, nous …

 

En même temps que les pouvoirs Occidentaux augmentent leur pression sur l'Iran, autour de ses activités nucléaires, la Chine a indiqué qu'elle préconise toujours les pourparlers, comme étant le meilleur moyen de résoudre le problème.  
 Le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Chinois, Qin Gang, a indiqué Mardi que la Chine recommande de résoudre le problème nucléaire Iranien par le dialogue et a appelé tous les partis impliqués à redoubler leur « efforts diplomatiques » pour résoudre le problème.  
 
 L'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a passé Vendredi une nouvelle résolution contre l'Iran, concernant la construction de son site d'enrichissement de Fordo, situé à l’extérieur de Téhéran.    
 La résolution, qui a été rédigée par le P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU plus l'Allemagne, appelle l'Iran à immédiatement stopper la construction de sa deuxième centrale d'enrichissement.  
 La Malaisie, le Venezuela et Cuba ont voté contre la résolution ; mais la Russie et la Chine ont voté en sa faveur. Le mouvement était surprenant, considérant le fait que ces deux puissances, détentrices du droit de veto, ont à plusieurs reprises soutenu un règlement pacifique de l'issue du nucléaire Iranien.

La résolution a été passée après que le dernier rapport de l'AIEA ait confirmé la non-diversion du matériau nucléaire déclaré de la première centrale nucléaire de l'Iran à Natanz.

Le rapport indique également que l'Iran a autorisé l'agence à effectuer une inspection complète de son site d'enrichissement d'uranium en construction.  
 Les inspecteurs de l'AIEA ont visité par 2 fois le site d'enrichissement de Fordo et, selon le Directeur Général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, n’ont « rien trouvé qui puisse donner lieu de s’inquiéter. » (« nothing to worry about »)
 L'Iran a disqualifié la résolution comme étant « politiquement motivée », pouvant introduire plus de tension à « l’esprit de coopération. »  
 Téhéran a aussi averti que les tentatives visant à renier les droites nucléaires de l’Iran, pourraient réduire la coopération du pays « au minimum légalement exigé, » ce qui signifie qu’ils n’iront pas au delà de leurs obligations légales.    
 En réponse à la résolution, le gouvernement iranien a également annoncé Dimanche qu'il a prévu de construire dix nouveaux sites d'enrichissement.  
 L'annonce de l'Iran a suscité la critique des USA, de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël, avec le porte-parole du Premier ministre Britannique, Gordon Brown, allant jusqu’à menacer l'Iran de nouvelles sanctions si les entretiens n’apportent pas une issue au conflit concernant la construction de davantage de sites d'enrichissement d'uranium.  
 Selon le chef de l'Organisation de l'Energie Atomique de l'Iran, Ali-Akbar Salehi, Téhéran n'avait initialement aucune intention de construire davantage de sites mais la nouvelle résolution a déclenché cette réponse de la part du gouvernement Iranien.  
 « L'Ouest a adopté une attitude envers l'Iran qui a fait que le gouvernement Iranien passe la ratification sur la construction de dix sites semblables au site d'enrichissement de Natanz, » a déclaré Salehi.   
 L'Iran a cependant affirmé qu’en dépit de la pression autour de ses activités nucléaires, il ne retirera pas du TNP et restera signataire du traité.
 http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=112580&sectionid=351020104
Traduction Alter Info

http://www.alterinfo.net/Analyse-du-conflit-Iranien_a39908.html


1-6 L’Ennemi Public N° 1 de l’Iran : Meir Dagan, Chef du Mossad .

Le cerveau des services secrets israéliens est prêt à tout pour contrecarrer le programme nucléaire iranien. Même aux dépends d’autres menaces.

Même parmi les plus durs des officiers de sécurité israélienne Meir Dagan a toujours été connu pour ses nerfs d’acier. A l’époque où il servait comme formateur militaire, il se promenait sur toute la base pendant ses heures de repos jetant son couteau dans les troncs d’arbres et les poteaux téléphoniques comme un homme de cirque, selon ce qu’a raconté l’un de ses camarades d’entraînement. Il a obtenu l’une de ses premières médailles comme jeune recrue d’un commando opérant à Gaza après s’être emparé d’une grenade à main brandie par un combattant ennemi. Dagan emmenait parfois son confident aux poils longs, son animal de compagnie, un Doberman, Paco, avec lui lors des raids. Sa propension à résoudre les problèmes par la force a continué même après qu’il ait pris sa retraite de l’armée. Il a dirigé un groupe chassant les financements de groupes « terroristes » ( «… » dlt).

En 2001 quand ses hommes ont découvert une banque européenne utilisée pour faire passer de l’argent d’Iran au Hamas, «on doit s’en occuper, non ? » a demandé Dagan à ses officiers des renseignements.

Selon l’un des participants à cette réunion qui a demandé à conserver l’anonymat de peur de mettre Dagan en colère. « Réduisez-la en cendres » a-t-il dit provoquant la sortie de la pièce en signe de protestation des espions horrifiés. (Dagan a refusé de s’exprimer dans cet article).
Peu de temps après, Dagan a été propulsé à la tête du Mossad – les services secrets d’Israël opérant à l’étranger - pour lui faire faire une cure de jouvence. 8 ans plus tard, après toute une série d’opérations clandestines à succès il est devenu le chef d’espionnage le plus longtemps en poste et le plus influent. Ses hommes le révèrent (une affection qui ne s’étend pas à tous leurs chefs, selon une étude interne récente citée par des sources du Mossad) ; même les dirigeants civils israéliens recherchent ses conseils stratégiques.

Mais des critiques disent que son influence a un prix : Dagan, 64 ans, a systématiquement réorienté les activités du Mossad les concentrant presque exclusivement sur ce qu’il (et la plupart des Israéliens) considère comme la menace dominante pour le pays, l’Iran. Il voit presque tous les défis concernant la sécurité nationale d’Israël sous ce prisme.
La focalisation exclusive du gouvernement israélien sur Téhéran est la cause de frictions avec l’administration Obama, qui cherche à discuter avec l’Iran et à promouvoir un accord avec les Palestiniens. Publiquement il n’y a pas de différent : le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou a dit qu’il soutenait les efforts pour stopper le programme nucléaire iranien diplomatiquement, tant que des sanctions dures sont imposées si aucun progrès n’est constaté. Mais la menace d’une attaque unilatérale reste sur la table, et tandis que cette menace fournit un moyen de pression aux Américains dans leurs discussions avec Téhéran, en fait une attaque pourrait entraîner des représailles iraniennes contre les troupes US stationnées au Moyen Orient et en Asie du Sud.
Dagan ne préconise pas une attaque dans le court terme. En fait récemment il a estimé que ce n’est pas avant 2014 que la République islamique pourrait avoir les moyens de construire et lancer des armes nucléaires. Mais sa focalisation sans compromis sur l’Iran renforce au moins le penchant faucon de Netanyahou. Un officier des renseignements français qui a souhaité resté anonyme ne voulant pas être pris discutant de politique intérieure israélienne, décrit Degan comme un « vent d’arrière » poussant Netanyahou en direction d’une action militaire.
Alors que la menace iranienne (selon Israël ndlt) a augmenté et que les dirigeants politiques d’Israël ont vu leur carrière entachée par des scandales et par la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban, Dagan est devenu l’un des personnages le plus puissant dans le pays. Il a été nommé par le premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, à la tête du Mossad après avoir traversé une période creuse, et a fait beaucoup pour restaurer la réputation de l’agence pour son efficacité brutale. Ses hommes sont considérés comme responsables de deux succès récents de haut niveau pour l’état sioniste : l’assassinat du cerveau réputé du Hezbollah, Imad Mugniyah à Damas l’année dernière, et la découverte d’un document secret clé ayant conduit au bombardement d’un « réacteur nucléaire « (« … » dlt) syrien à l’automne de la même année. Quand des informations ont été révélées en Septembre comme quoi des agences de renseignements avaient découvert un centre d’enrichissement d’uranium prés de la ville de Qom en Iran (L’Iran a annoncé l’existence de ce site à l’AIEA avant même ces fuites dans les médias propagandistes ndlt) cette découverte a été attribuée secrètement aux hommes de Dagan, bien que ce soit les Américains qui aient révélé l’information. Netanyahou se rend parfois dans le bureau de Dagan pour des comptes rendus, plutôt que l’inverse (Un porte parole de Netanyahou a refusé de commenter).
Ce genre de favoritisme a suscité des rivalités au sein de la communauté du renseignement en Israël. Ils affirment que sa focalisation sur l’Iran a conduit à un détournement de ressources de menaces plus immédiates. « Pourquoi l’Iran est-il plus dangereux que la Syrie » a demandé un officier du renseignement militaire qui n’a pas voulu être identifié comme critiquant Dagan. « La Syrie a une énorme armée sur la frontière avec Israël, et des armes chimiques qui pourraient détruire le pays. » Certains stratèges israéliens affirment que Damas devrait être plus agressivement courtisée afin d’encourager le président Bashar al –Assad à rompre ses liens avec Téhéran. Dagan, d’un autre côté, estime que les discussions de paix avec le régime d’Assad sont une perte de temps tant que l’Iran restera le partenaire privilégié de la Syrie.
La puissante personnalité de Dagan pourrait être une compensation pour une vie antérieure marquée par le danger et le manque. Né en 1945, sur le sol d’une camionnette en route de Pologne pour la Sibérie, sa famille dont le nom à l’origine est Huberman, a fui en Israël quand il avait 5 ans, sur un bateau qui a failli couler lors d’une tempête. On raconte que Meir est resté sur le pont portant un gilet de sauvetage et s’accrochant à une orange, convaincu que sa vie n’était plus de ce monde.
Dagan a laissé tomber le lycée et essayé de rentrer dans l’unité militaire prestigieuse de commandos israéliens, Sayeret Matkal, mais n’y a pas réussi. (Au QG militaire ils se plaignent que Dagan nourrit encore à leur égard un certain ressentiment à cause de cela). Finalement Dagan s’est enrôlé dans une unité de blindés, où son sens du danger existentiel de son pays n’a fait que croître. « Nous nous sommes soudain retrouvés dans une série constante de guerres » a-t-il raconté à un journaliste en 1999.
En 1970, Sharon, alors à la tête du commandement sud dans l’armée israélienne, a recruté le jeune Dagan pour diriger une unité d’élite de forces spéciales opérant dans la Bande de Gaza. Une fois, selon la presse israélienne, Dagan et certains de ses hommes se sont déguisés en Palestiniens, ont pénétré dans Gaza sur un bateau de pêche, ont rencontré un groupe de combattants de l’OLP et les ont tous assassiné. La méthode non orthodoxe de l’unité de commandos, appelée Sayeret Rimon, a aidé à réduire significativement les attaques « terroristes » à l’intérieur d’Israël, but certains hommes de Dagan ont plus tard raconté des histoires d’atrocités : tirer dans le dos des Palestiniens en affirmant ensuite qu’ils avaient essayé de s’enfuir, selon l’une des accusations.
Cependant, Dagan n’a jamais été poursuivi et s’est défendu plus tard dans le quotidien Yedihot Aharonot en 1999, en disant que « les années du groupe Rimon ce n’était pas la Jungle. Nous n’avons jamais cru que de tuer des enfants et des femmes était autorisé » Mais il a néanmoins ajouté « les ordres d’ouvrir le feu étaient alors différents il y avait moins de restrictions »
A l’époque, le Mossad commençait son âge d’or. Les espions américains ont trouvé l’aide de l’agence indispensable pendant la Guerre Froide. (Les agents de la CIA ont été époustouflés quand les israéliens ont pu leur procurer un MiG -21 soviétique pour l’inspecter dans le milieu des années 60). Au début des années 70, quand les organisations palestiniennes sont devenues le défi majeur du Mossad, l’agence avait acquis une réputation d’efficacité mortelle ; ses agents ont éliminé des combattants de l’OLP partout dans le monde, dont plusieurs de ceux responsables du massacre des athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.
Mais l’influence de l’Agence a décliné dans les années 80 et 90 tandis que la violence éclatait dans les territoires occupés (qui sont de la responsabilité du Shin Bet, les services de sécurité intérieure d’Israël et de l’armée). Quand le chef du Mossad, Danny Yatom, a donné l’ordre de tenter d’assassiner le chef du Hamas, Khaled Mershaal, en lui injectant un poison dans l’oreille, à Amman en 1997, le complot a tourné au fiasco et Yatom a du démissionné. Son successeur, Efraim Halevy, n’a pas accepté de prendre de gros risques. Les espions américains et européens ont commencé à se plaindre que les Israéliens n’avaient plus autant à offrir sur le marché international des échanges de renseignements. Bien que le budget accordé à l’agence soit un secret d’état, une source au ministère des finances dit que les financements lors des années Halevy ont chuté de 25%.
Dagan a amené avec lui au Mossad en 2001 son approche de lance flamme, peu après le début de la deuxième intifada. Dagan avait travaillé pour la campagne de Sharon l’année précédente, mais le premier ministre ne montrait pas simplement de la gratitude : il voulait une anti dote aux directeurs timides précédents des années 90. Dagan débordait d’expérience militaire mais n’avait jamais travaillé pour le Mossad, ce qui lui facilitait la tâche pour réorganiser l’agence. Il l’a fait rapidement en interne et a commencé à se mêler des affaires des autres agences israéliennes.
Cette approche lui a valu des ennemis. Dans le monde de l’espionnage le premier et plus rude combat est celui sur les financements. Dagan est en compétition pour ses maigres ressources avec les renseignements militaires et le Shin Bet, entre autres. Dans une opération pour s’emparer du pouvoir, le chef du Mossad a commencé à ordonner à ses subordonnés de mettre des bâtons dans les roues des autres agences. Dagan a nommé pour cela un « Mr A » son nom de code, dont le travail consistait à frustrer les agences rivales et le MI. Selon des sources du Mossad et du MI restées anonymes, la tension croissante est devenue intenable de sorte que des officiers du MI ont commencé à éviter le QG du Mossad. Ils ont nargué MR A en l’appelant par son vrai nom.
Dagan s’est aussi fait des ennemis à l’intérieur du Mossad. Il a commencé à être connu pour rendre visite à l’improviste aux agences sur le terrain criant aux agents « qu’avez-vous fait pour moi récemment ?». Ses accès de colère ont provoqué des vagues de démissions. « Qu’ils partent » a-t-il un jour persiflé, selon une source qui lui a parlé. « Nous pouvons recommencer du début ». Dagan a sérieusement réduit les cibles du Mossad annonçant que l’agence consacrerait le gros de ses ressources à seulement deux menaces : l’Iran et le « terrorisme » à l’étranger voulant dire principalement les groupes soutenus par l’Iran du Hezbollah, du Hamas et du Jihad Islamique. « La liste doit être courte » a-t-il dit. « Si nous continuons à prétendre que nous pouvons tout faire finalement nous ne pourrons rien faire ».
L’unique focalisation de Dagan a commencé rapidement à donner des résultats. Des agents américains et israéliens ont découvert fin 2002 que l’Iran avait travaillé avec le scientifique pakistanais spécialiste du nucléaire, A.Q.Khan, pour construire une centrale d’enrichissement d’uranium à Natanz. L’information a été passée à un groupe d’opposition iranien le Conseil National de la Resistance (plus connu sous le nom de MEK, une secte violente ndlt), qui l’a révélée en 2003, provoquant la fureur internationale. Plus tard, des accidents inexpliqués ont commencé à toucher le projet nucléaire iranien, retardant l’enrichissement d’uranium. Des scientifiques ont commencé à disparaître, des laboratoires ont pris feu, et un avion lié à l’effort nucléaire est mystérieusement tombé du ciel. Selon des sources des renseignements qui veulent rester anonymes, le Mossad serait impliqué dans plusieurs de ces incidents. Comme les succès de Dagan se multipliaient, son budget a lui aussi augmenté. Actuellement, selon un officier supérieur du Mossad ayant récemment pris sa retraite « ce que nous voulons nous l’obtenons ».
Tandis que la base du pouvoir de Dagan s’étendait, certains Israéliens ont commencé à s’inquiéter de l’influence politique croissante du chef du Mossad. Dagan a développé des liens étroits avec les néoconservateurs aux US à l’époque de Bush-Cheney, et les critiques de Dagan accusent les estimations de l’agence d’être façonnée pour correspondre au point de vue du chef de l’agence, tout comme les conseillers de Bush ont été accusés de « fabriquer » des preuves correspondant à leur agenda.
La position dure de Dagan sur la Syrie correspond en particulier aux mises en garde des néocons de l’époque Bush, affirmant que le régime d’Assad est inconditionnellement dévoué à Téhéran. Un officier des renseignements européen stationné en Israël il y a plusieurs années rappelle que le chef du Mossad descendait les collègues qui considéraient qu’il fallait discuter avec Damas. « J’étais sous l’impression qu’il éprouvait le besoin de refléter la politique de la Maison Blanche » a dit cet officier.
Ceci dit, le point de vue sombre de Dagan sur la menace iranienne est largement partagé. Les agences de renseignements allemande, française, britannique, toutes ont pris son parti lorsqu’il a mis en doute l’Estimation de la CIA de 2007 minimisant le programme nucléaire iranien. Et en Israël, où l’influence politique a toujours été liée aux valeurs militaires, ce n’est pas surprenant que sa voix soit entendue dans les cercles du pouvoir. Il a été nommé pour faire en sorte que le Mossad soit plus agressif et il a réussi. Ce qui reste à voir c’est si à long terme son agressivité sera plus dangereuse pour Israël ou pour ses ennemis.
Ronen Bergman Newsweek

12/12/09 – Magazine du 21/12/09
Bergam est analyste politique et militaire au quotidien israélien Yedihot Aharonot et auteur de « The Secret War With Iran ».
http://www.newsweek.com/id/226492


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