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05/01/2010

n° 54- Journal des Guerres de l'Otan - 09 -12 au 04-01 - : Fin :- L’Otan termine 2009 dans le sang et la tourmente.

n° 54- Journal des Guerres de l'Otan - 09 -12 au 04-01 - : Fin :- L’Otan termine 2009 dans le sang et la tourmente.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



 Journal des Guerres de l'Otan.  n° 54- 09 -12 au 04-01 

C.De Broeder & M.Lemaire  



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

6 Brèves

6-1 Russie, Ossétie et Abkhazie : union des réseaux énergétiques

6-2 Premiers signes de détente entre la Russie et la Géorgie.

6-3 Le nouveau traité START est "pratiquement prêt".

6-4 Sortir d’Afghanistan et du Pakistan Maintenant !

6-5 Si pénétration de l’espace aérien de la Turquie par des avions israéliens, la Turquie ne restera pas neutre et ne restera pas de côté les bras croisés.

7  Dossiers

7-1 Roland Marounek : La raison d'être de l'Otan,...

7-2 Jean-Louis Tremblais : Le général Abrial aux manettes de l'Otan.

7-3 Les armes secrètes de l’Otan.

7-4 L'Otan s'intéresse aux changements climatiques?!

 1 Le secrétaire général de l'OTAN participe à Copenhague à un débat sur les menaces pour la sécurité liées au changement climatique.

2 L'OTAN à la conquête de l'Arctique


6 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6-1 Russie, Ossétie et Abkhazie : union des réseaux énergétiques

Ce qui devait arriver arriva ... ou comment Poutine avance ses pions sur l'échiquier énergétique mondial ...

Aux termes d'accords signés mercredi, la Russie et les républiques séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud vont unifier leurs réseaux énergétiques, de télécommunications et de transport.

Pendant ce temps - si j'ose dire - la Maison Blanche a appelé au respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie et au retrait des troupes russes sur leurs positions antérieures aux "évènements" du mois de Septembre.

"Notre soutien à l'intégrité territoriale de la Géorgie reste le même", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, après la signature mercredi à Moscou d'accords formalisant les relations militaires et économiques entre la Russie et les deux provinces séparatistes.

Renforçant son emprise sur les territoires séparatistes de Géorgie, la Russie vient en effet de signer des accords qui lui permettront d'intégrer leurs réseaux énergétiques au sien et d'y installer des bases militaires.

"Les parties vont s'efforcer de parvenir à un haut degré d'intégration économique et vont dans ce but développer leur coopération économique et commerciale, prendre des mesures pour l'unification de leurs systèmes énergétiques, de transports et de télécommunications", indiquent les documents signés par le président russe Dmitri Medvedev et les dirigeants d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. A peine trois semaines auparavant la Russie avait reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, au grand dam de ses clients "gaziers" européens ...

Les présidents sud-ossète Edouard Kokoïty et abkhaze Sergueï Bagapch ont été reçus comme des chefs d'Etat, les drapeaux des deux régions flottant sur le Kremlin.

La signature de ces traités formalise également la coopération militaire entre Moscou et les deux régions. La Russie défendra les frontières de ces territoires avec le reste de la Géorgie. Moscou a annoncé vouloir maintenir 3 800 hommes dans chacune de ces républiques.

La Russie, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie ont ainsi convenu mercredi de s'autoriser mutuellement à créer des bases militaires sur leurs territoires respectifs.

"Afin d'assurer la sécurité des parties contractantes ainsi que la paix et la stabilité dans la région caucasienne, chacune des parties accordera à l'autre le droit d'utiliser et de perfectionner au moyen de ses forces armées l'infrastructure et les bases militaires situées sur son territoire", lit-on dans les accords de coopération signés mercredi par le président russe Dimitri Medvedev avec les parties abkhaze et sud-ossète.

Sources : AFP, ats, Ria Novosti

http://www.leblogfinance.com/2008/09/russie-osstie-e.html


6-2 Premiers signes de détente entre la Russie et la Géorgie.
La
Russie et la Géorgie ont conclu jeudi un accord sur la réouverture d'un poste-frontière commun.

Il y a à peine quelques mois, les deux voisins étaient encore au bord d'un nouveau conflit.

C'est un premier pas.

La Géorgie et la Russie ont décidé jeudi de rouvrir leur frontière terrestre commune. Une amorce de dégel entre les frères ‘ennemis’, dont les relations sont restées très tendues depuis la guerre éclair qui les avait opposés en 2008 et qui se trouvaient encore, l'été dernier, au bord d'un nouveau conflit armé.

 Réouverture espérée en mars

 L'accord, conclu sous médiation suisse, prévoit la réouverture du poste-frontière de Verkhni Lars, a indiqué la vice-ministre des Affaires étrangères géorgienne Nino Kalandadzé, précisant qu'un protocole serait signé d'ici deux semaines. «Les délégations des deux parties ont convenu de la nécessité de renouveler les liaisons internationales entre la Russie et la Géorgie», a confirmé le service russe des gardes-frontières. La réouverture effective est espérée début mars.

Moscou avait fermé Verkhni Lars en 2006, dans un contexte de tensions avec Tbilissi qui cherchait à se rapprocher de l'Occident, et de l'Otan en particulier. Deux ans plus tard, la situation dégénérait en guerre ouverte, autour des territoires d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

La Russie s'est depuis retirée du territoire géorgien mais est restée dans ces deux provinces, dont elle a reconnu l'indépendance.

 Une route commerciale importante

 Le poste-frontière de Verkhni Lars est le seul point de passage qui ne soit pas situé dans une des deux régions séparatistes. Les autres routes entre les deux voisins traversent les régions rebelles, dont les frontières sont fermées depuis 2008, excluant de fait le trafic international.

L'accord signé jeudi permettra aux citoyens géorgiens et aux camions de marchandises de franchir la frontière. Il a été salué par l'Arménie, ex-république soviétique voisine, qui compte sur cette route pour la relier à la Russie, son principal partenaire économique.

Une deuxième étape pourrait bientôt être franchie dans ce dégel, avec la reprise des vols directs entre les deux pays, à laquelle le président russe Dmitri Medvedev avait récemment ouvert la voie. Georgian Airways a demandé cette semaine à la Russie de lever l'embargo.

Le vice-Premier ministre russe, Sergueï Ivanov, a répondu jeudi que ces vols ne reprendraient que si la Géorgie pouvait fournir des garanties de sécurité. Les dirigeants géorgiens représentent en effet «une menace pour la sécurité régionale», a-t-il déclaré à l'issue d'une rencontre avec son homologue d'Abkhazie, Sergueï Chamba. Un discours qui rappelle qu'une réconciliation totale n'est pas encore à l'ordre du jour.

24/12/

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/24/01003-20091224ARTFIG00484-premier-signe-de-detente-entre-la-russie-et-la-georgie-.php

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen-Orient+et+International/article/641881/


6-3 Le nouveau traité START est "pratiquement prêt".

Le nouveau traité sur la réduction des armes stratégiques (START) devant être signé entre Moscou et Washington est "pratiquement prêt," a affirmé samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov.

"Le (nouveau) traité START est pratiquement prêt. J'espère que les experts le finaliseront assez rapidement," a indiqué le chef de la diplomatie russe dans une interview télévisée.

La Russie et les Etats-Unis ont été ces derniers mois dans d'intenses discussions pour tenter d'obtenir un accord sur un document remplaçant le traité START-1 qui a expiré le 5 décembre.

Lavrov a aussi indiqué que le nouveau traité "est basé sur certains principes fondamentalement nouveaux," tels que "l'égalité des droits, l'équilibre, et la confiance réciproque."

"Pour la première fois dans l'histoire, les niveaux des armes offensives stratégiques seront inhabituellement bas," a indiqué le ministre selon l'agence de presse Itar-Tass.

Lavrov a indiqué que les relations russo-américaines " présentent vraiment des perspectives," en raison du "nouveau dialogue économique décent en cours."

Les deux pays travaillent entre temps sur une série de questions internationales, dont l'Afghanistan, le Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien et la question du nucléaire de la péninsule coréenne, a-t-il déclaré.

"Par conséquent, nous n'aurons pas à nous ennuyer l'année prochaine," a-t-il ajouté.

Cette année a marqué le "rétablissement" des relations russo- américaines puisque l'administration Obama a réajusté la politique de Washington à l'égard de Moscou, toutefois l'effacement de la méfiance accumulée pendant des années reste une question épineuse.

27/12http://french.cri.cn/781/2009/12/27/302s208445.htm


6-4 Sortir d’Afghanistan et du Pakistan Maintenant !

Le discours du Président Obama sur "la situation en Afghanistan et au Pakistan" est dans la ligne directe de la politique américaine depuis le premier jour de l'invasion de l'Afghanistan en 2001.

La déclaration de Rasmussen, nouveau secrétaire général de l'OTAN également.
30.000 nouveaux soldats US seront envoyés, s'ajoutant aux 34.000 engagés dans l'opération Enduring Freedom et aux 72.000 soldats rassemblés par l'ISAF et commandés par l'Otan.

Il faut ajouter à ces chiffres, les 70.000 mercenaires qui constituent les diverses milices privées et les 200.000 soldats et policiers afghans censés recevoir formation et ordres de leurs cadres otaniens. ARRETEZ L’ ESCALADE ! après l’élargissement de l’Otan, après la guerre contre la Yougoslavie et la destruction de la Serbie, après deux guerres contre l’Irak et 8 ans de guerre en Afghanistan, il est plus que temps !
L'objectif annoncé par Obama et répété par Rasmussen, est de" finir le travail" de nettoyage de l'Afghanistan  (élargi déjà au Pakistan voisin) - Al Qaida, Talibans, et tout opposant au gouvernement de Karzaï - pour juillet
2011. A cette date, on pourrait "commencer" un retrait des troupes. Où est la stratégie de SORTIE ?!
Nos ministres De Crem (Défense) et Vanackere (Affaires Etrangères) expriment déjà la « loyauté » de notre gouvernement envers l'Alliance Transatlantique et attendent les ordres.

Le gouvernement belge tout entier est engagé dans cette fuite en avant dans une nouvelle guerre non seulement injuste, mais déjà perdue.

Les forces belges sont présentes en Afghanistan avec 540 militaires et 6 avions de combat F-16.

Elles participent aux combats à Kandahar et à Kaboul. Elles collaborent à la formation des militaires et policiers afghans. Les budgets de la Défense et de la Coopération sont largement sollicités pour financer la guerre otanienne.
Au lieu d’une stratégie de sortie, nous n'aurions qu'à suivre le programme Obama: Rester au moins jusqu'à la fin 2011! et poursuivre et étendre la politique de guerre sans aucune perspective de progrès, de développement économique et social, de démocratie,  pour la population afghane.
Comité Surveillance Otan

http://www.csotan.org:80/textes/doc.php?art_id=476&type=communiqu%E9s


6-5 Si pénétration de l’espace aérien de la Turquie par des avions israéliens, la turquie ne restera pas neutre et ne restera pas de côté les bras croisés.

NbNdlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Répondant à une question du journaliste Egyptien Fahmi Huwaidi concernant les rumeurs d’une pénétration de  l’espace aérien de la Turquie d’avions israéliens le Premier ministre islamiste turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré : "Si Israël violait l’espace aérien Turc afin de conduire des opérations de reconnaissance sur l’Iran, la réaction d’Ankara ressemblerait à un tremblement de terre (...) Ankara ne restera pas neutre et ne restera pas de côté les bras croisés".

Il s'agit clairement d'une menace à l'encontre d'Israël de la part d'un membre de l'OTAN. Ce qui est totalement inadmissible. Une menace qui vient après des déclarations officielles en faveur de la nucléarisation de l'Iran.
Ce n'est pas la première fois que les hommes au pouvoir à Ankara tombent le voile quant à leurs véritables affinités idéologiques et géopolitiques. Ainsi lors de l'opération israélienne dans la bande de Gaza en janvier dernier les critiques les plus violentes étaient venues d'Ankara.

La Turquie aujourd'hui est une menace pour ses voisins (Chypre, Grèce, Arménie et Israël). Il n'est plus possible de conserver dans l'Otan un pays qui ne respecte aucune des valeurs des pays membres et qui lors du sommet de Strasbourg s'opposait à la nomination du candidat danois à la tête de l'alliance Atlantique à cause de l'affaire des caricatures.

Tout comme pour l'UE, la Turquie est de plus en plus un cheval de Troie islamiste au coeur de l'Otan. Un cheval de Troie dont il convient de se débarrasser.

Rapidement.

23 décembre

http://www.rebelles.info/article-la-turquie-doit-etre-exclue-de-l-otan-41658678.html



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1 Roland Marounek : La raison d'être de l'Otan,...

En 2007, l'historien Suisse Daniele Ganser a publié une étude fouillée sur les réseaux "Stay-Behind" de l'Otan*, détaillant avec précision la situation particulière de chaque pays européen membre de l'Alliance, et les ramifications plus ou moins fortes et/ou établies selon les cas de ces structures occultes avec le terrorisme qui a secoué certains pays dans les années 70 et 80 – et selon les sources qui sont disponibles, les documents de l'Otan restant classifiés 20 ans après la fin théorique de la guerre froide.

Ce livre est remarquable, non seulement par l'éclairage apporté sur le passé, mais surtout pour ce qu'il révèle de la raison d'être réelle de l'Otan, ainsi que pour ce qu'il permet de suggérer sur la "guerre au terrorisme", nouvelle priorité affichée de l'Otan.

C'est en 1990 que l'existence des armées secrètes anti-communistes de l'Otan fut révélée au grand jour par le premier ministre Andreotti en personne, lequel précisait que des structures identiques existaient dans chaque pays européen de l'Alliance : comme l'explique D. Genser, la mise sur pied d'une « autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » faisait partie dès sa création, des clauses secrètes de l'Otan (Directive OTAN/SACEUR sur la guerre non-conventionnelle).

La commission parlementaire d'enquête mettait en lumière l'implication de Gladio, la variante italienne, dans les attentats terroristes en Italie dans les années 70-80, culminant avec l'attentat de la gare de Bologne, le 2 août 1980 – 85 morts et 200 blessés.

La constitution d''une armée secrète se justifiait et se justifie toujours officiellement par la nécessité d'être prêt à la résistance et au sabotage le jour où surviendrait l'invasion de l'Europe par l'URSS, ce dont comme disait Spaak, le Monde Libre avait si peur. C'est ainsi que Antoine de Donnea pouvait déclarer sans complexe lorsque l'existence de l'armée secrète Stay-Behind en Belgique ne put plus être cachée : « Il était parfaitement justifié… de préparer des réseaux de résistance susceptibles d'être activés dans le cas d'une occupation de notre territoire par les Armées du Pacte de Varsovie. Nous sommes redevables à tous ceux qui ont œuvré dans ces réseaux ».

Le dit Pacte de Varsovie a été créé 6 ans après l'Otan, soit dit en passant, et il y a de lourdes présomptions que ceux qui ont œuvré dans ces réseaux soient, toujours en passant, derrière les tueries du Brabant : voir à ce sujet, le chapitre consacré à la Belgique.

Mais dans la réalité, les choses étaient en fait juste inversées : les Etats-Unis n'avaient subi aucune destruction sur leur territoire et sortaient de la guerre particulièrement renforcés; l'URSS était un pays dévasté, bien plus qu'aucun autre de l'Europe à l'Ouest de l'Allemagne, un pays qui avait tout à reconstruire. Sa plus grande préoccupation était de se protéger d'une nouvelle tentative de destruction. Il était parfaitement légitime dans cette perspective, qu'elle ait tout fait pour s'assurer que sa frontière occidentale soit désormais constituée de pays amis, et non plus de pays prêts à s'associer à une nouvelle agression, comme cela avait été le cas par deux fois en moins de 30 ans. Les USA, en lançant 'pour l'exemple' deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais aussi par la destruction gratuite de Dresde, avaient démontré à l'URSS leur puissance et leur détermination. Lancer dans ces conditions une invasion eut été à l'évidence suicidaire.

Et il est impossible que les chefs militaires de l'Alliance n'en aient pas été tout à fait conscients. Ils avaient en fait une connaissance précise de l'état des forces, que l'URSS a toujours tenté de maintenir suffisant pour empêcher une agression, jusqu'à l'épuisement. Affirmer avoir peur d'une invasion soviétique ne pouvait être qu'une mise en scène destinée à l'opinion publique occidentale.

Pourquoi dans ce cas ces armées "stay-behind" ? La réponse est donnée à de multiples reprises par les responsables et exécutants mêmes de ces réseaux, cités dans le livre : l'armée secrète devait s'activer "également" en cas de prise du pouvoir par les communistes.

Au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente » 

Nous touchons ici me semble-t-il au point central : Le mouvement communiste avait avec la guerre et la lutte contre le fascisme, acquis un prestige et une légitimité sans précédent, et la possibilité était très concrète que certains pays choisissent la voie socialiste – ou sombrent dans le communisme selon l'option que l'on adopte. Ceci était autrement plus réaliste qu'une invasion par l'Armée Rouge. L'armée secrète de l'Otan, avec son réseau de saboteurs et de terroristes, devait alors être prête pour que cette éventualité soit la plus désastreuse possible. Des caches d'armes de guerres étaient aménagées un peu partout, des systèmes de communication de pointe gracieusement offerts par les USA... Tout était en place pour saboter effectivement le pays qui aurait tenté de suivre, démocratiquement, la voie socialiste.

La possibilité d'une arrivée au pouvoir des communistes par les urnes était particulièrement forte dans l'Italie d'après guerre, et c'est également dans ce pays que le réseau stay-behind Gladio a été le plus dramatiquement actif, et certainement efficace. L'Otan et son armée secrète ont délibérément utilisé la "stratégie de la tension" au moyen d'attentats terroristes frappant aveuglément la population, attentats dont étaient ensuite accusés les communistes.

Il est intéressant d'entendre aujourd'hui l'Otan affirmer devoir protéger le Monde Libre du terrorisme, et se trouver malheureusement contrainte de pouvoir s'étendre n'importe où dans le monde pour assurer cette protection légitime. Ce devoir de protection l'a amenée à s'associer activement à l'invasion destructrice de l'Irak et au soutien sans réserve au gouvernement fantoche mis en place par les USA, à l'occupation et au bombardement de l'Afghanistan, demain sans doute sera-t-elle obligée pour nous défendre, de détruire l'Iran…. « La tâche principale de l'OTAN est la défense du territoire des pays alliés, mais nous devons réaliser que dans le monde actuel, la défense de nos propres frontières commence bien souvent très loin », Anders Fogh Rasmussen. Des attentats singuliers, qui semblent insensés, ciblant la population et non les armées d'occupation, ensanglantent le Pakistan et l'Afghanistan, attentats dont la responsabilité est automatiquement attribuée aux si abominables Taliban, souvent malgré les dénégations de ceux-ci. Il est particulièrement difficile de distinguer ce qui se passe réellement. Cependant, au vu de l'histoire très récente de l'Otan, une prudence élémentaire est indispensable, et on ne peut éluder la question de qui est, en définitive, le véritable bénéficiaire de cette terreur.

Daniele Ganser, "Les Armées Secrètes de l'Otan"
Éditions Demi-Lune, Paris, 2007
www.editionsdemilune.com

Roland Marounek

http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=36&art_id=479&Mois=d%E9cembre&Year=2009


7-2 Jean-Louis Tremblais : Le général Abrial aux manettes de l'Otan.

Depuis le 9 septembre 2009, le général Stéphane Abrial, ex-chef d’état-major de l’armée de l’air en France, est l’un des deux patrons militaires de l’Otan.

 Pour la première fois depuis la création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, un officier français dirige l'un de ses deux commandements militaires, à Norfolk (Etats-Unis). Un poste-clé qui signe le retour de la France au plus haut niveau de l'Alliance. Rencontre.

Au premier regard, c'est une famille comme les autres qui promène son chien sur la plage de Virginia Beach, banlieue aisée de Norfolk (Virginie). Les parents, leurs deux enfants - une fille et un garçon, adolescents -, et un terrier Jack Russel, qui gambade derrière eux. Scène ordinaire de l'American way of life. Sauf qu'ils s'expriment dans la langue de Molière et que le père, un quinquagénaire longiligne (1,90 mètre), raconte la bataille navale remportée au large par l'amiral de Grasse face aux vaisseaux anglais en 1781. Le prélude marin à la victoire franco-américaine de Yorktown, épisode fondateur de la Guerre d'indépendance. Cet historien improvisé mais inspiré n'est autre que le général Stéphane Abrial, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air et premier Français jamais nommé à un poste-clé du commandement intégré de l'Otan.

Depuis le 9 septembre dernier, il dirige à Norfolk le SACT (Supreme Allied Command Transformation), l'un des deux commandements stratégiques de l'Alliance atlantique, l'autre étant le SACO (Supreme Allied Command Operations), commandé en Belgique par l'amiral américain James Stavridis (voir encadré). L'Européen aux Etats-Unis ; l'Américain en Europe : un symbole ? «C'est indéniable, admet le général Abrial, mais pas seulement. Le choix correspond à un rééquilibrage entre l'Amérique et l'Europe. C'est une chance pour la France: lorsque nous étions à l'extérieur de la structure militaire (de 1966 à 2009, ndlr), nos remarques étaient systématiquement perçues comme des critiques, et donc rejetées. Maintenant que nous sommes revenus à l'intérieur, elles sont écoutées et peuvent influer.

Il dissèque, prépare, adapte, invente la guerre de demain

Avec l'amiral Stavridis, nous sommes complémentaires. Il commande les opérations en cours (notamment en Afghanistan). En fonction de ce qui se passe sur le terrain et des besoins qu'il transmet, je travaille sur les concepts (entraînement, équipement, organisation) qui permettront de mieux employer nos forces. C'est ce qu'on appelle la transformation.»

Concrètement et pour faire court, son homologue américain fait la guerre, le général français la dissèque, la prépare, l'adapte, voire l'invente. Précision de l'intéressé : «Il s'agit d'une mission à trois niveaux. Primo, préparer l'avenir. C'est-à-dire élaborer les réponses à de nouvelles menaces (comme le terrorisme), mettre à disposition des capacités mieux adaptées (de la conception du véhicule à l'entraînement du combattant), analyser le retour d'expérience (tirer les leçons des échecs et y remédier : se protéger contre les engins explosifs improvisés, par exemple). Secundo, soutenir les opérations actuelles en formant les états-majors, en identifiant dans chaque armée de l'Otan les pratiques les plus efficaces. Tertio, développer les partenariats et accélérer l'intégration des nouveaux membres.»

Ce qui est tout sauf une sinécure, n'en déplaise aux grincheux qui susurrent que l'Oncle Sam a donné un hochet au coq gaulois pour prix de sa réintégration militaire. Sis dans la base navale de Norfolk, le QG du SACT, qui est en fait un laboratoire d'idées au service de la guerre, ne s'arrête jamais de fonctionner, décalage horaire oblige. La journée-type de Stéphane Abrial commence à 7 heures : réunion avec ses proches collaborateurs, point de situation avec ses chefs d'état-major, rapports d'experts, visioconférence avec ses interlocuteurs en Europe, etc. Sans parler des réceptions protocolaires et des déjeuners officiels. Car la fonction est dotée d'une forte composante diplomatique. D'ailleurs, le Commandeur suprême (son titre exact) s'absente une dizaine de jours par mois. Des déplacements en vol commercial - car il ne dispose pas d'un appareil personnel, à la différence de son prédécesseur américain ! - qui le mènent à Washington (visites au Pentagone ou au Département d'Etat) ou sur le Vieux Continent, pour sa rencontre mensuelle avec le chef politique de l'Otan : le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen.

Des obligations auxquelles il se plie volontiers. «Sans forcer son caractère», observe Alexandre Escorcia, diplomate détaché du Quai d'Orsay en tant que conseiller politique du Commandeur suprême : «Il n'a pas le profil de l'officier arrogant. C'est un homme qui aime la culture, le débat, les échanges. D'un abord simple et ouvert, parfaitement bilingue, il est très américano-compatible.» C'est l'une des raisons qui expliquent sa nomination à ce siège fort convoité en son temps chez les gradés français. Polyglotte (il parle aussi l'allemand, langue maternelle de son épouse), amateur d'art lyrique et féru de littérature, le général Abrial a de la conversation et peut évoluer dans tous les milieux. Le contraire du galonné à nuque raide, comme l'armée sait en produire...

Mais ce n'est pas le seul argument ayant plaidé en sa faveur. Son pedigree militaire en faisait le candidat idéal. Né en 1954 d'un père officier (colonel de hussards puis de dragons), il entre à l'Ecole de l'air en 1973. Il en sort breveté pilote de chasse en 1976, après un stage à l'US Air Force Academy du Colorado. Sa carrière de pilote se déroule autant à l'étranger qu'en France : commandant d'escadrille dans la Luftwaffe en Allemagne (1981-1984), puis chef de détachement sur Mirages 2000 dans l'armée de l'air grecque (1988). Pendant la première guerre du Golfe (1990-1991), il est à la tête de la 5e escadre de chasse qui opère au Koweït. L'année suivante, il intègre l'Air War College en Alabama.

Un long séjour à l'état-major international de l'Otan (1996-1999) l'initie au fonctionnement et à la bureaucratie de cette tour de Babel dont il occupe aujourd'hui l'un des étages ultimes. Suivent les affectations en cabinet ministériel, certes moins grisantes qu'un vol en jet (mais qui vous propulsent plus vite dans les hautes sphères !) : adjoint au chef d'état-major particulier de Jacques Chirac en 2000, chef du cabinet militaire du Premier ministre en 2002. Chef d'état-major de l'armée de l'air de 2006 à 2009, ce général cinq étoiles n'hésite pas une seconde lorsqu'on lui offre Norfolk sur un plateau, à l'été 2009.

Il n'aura pas trop de son mandat (trois ans) pour relever les défis qui l'attendent. Stéphane Abrial le sait et ne chôme pas. A peine installé, il vient de rendre au secrétaire général ses premières réflexions, lesquelles orienteront le « concept stratégique 2010 » de l'Otan (le dernier avait été conçu il y a dix ans, avant les événements du 11 Septembre) : «En changeant de siècle, nous avons changé de type de guerre. L'Otan a été fondée sur le concept de guerre totale, affrontement conventionnel de deux blocs, se terminant par la victoire de l'un ou l'autre. Or, nous vivons maintenant des guerres limitées, des conflits asymétriques, où les aspects civils sont aussi importants que les aspects militaires, où les belligérants n'ont pas les mêmes motivations (les uns se battent pour leur survie, les autres pas), où les façons de se battre sont dissemblables. En outre, la conjoncture économique est difficile, d'où la nécessité de rationaliser la gestion. Cela suppose une utilisation optimale des moyens actuels et une anticipation des besoins de demain. L'un de nos programmes, Multiple Futures, étudie ainsi les scénarios de conflits possibles à l'horizon 2030, et ce en fonction de plusieurs paramètres: évolution démographique, changement climatique, accès aux ressources...»

Science-fiction ? Peut-être. Ou peut-être pas. Dans le doute, mieux vaut (ne pas) s'abstenir.

Jean-Louis Tremblais
11/12

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/12/01003-20091212ARTFIG00136--un-general-franais-aux-manettes-de-l-otan-.php


7-3 Les armes secrètes de l’Otan.

Les discours d’Obama à l’armée des Etats-Unis et à la réception de son Prix Nobel ont marqué le glas des illusions de changements de la politique américaine que de nombreux progressistes et pacifistes se faisaient encore.

Le Président US, avec son beau parler de prédicateur, a, par contre, ravi les milieux atlantistes, en faisant mine de souhaiter des décisions plus collégiales dans le futur, et en manifestant sa reconnaissance pour la contribution essentielle de l’Otan à la sécurité de la « communauté internationale ».

En réalité, le programme qu’ont applaudi les dirigeants de l’Otan offre la perspective d’une guerre sans limites, dans le temps, dans l’espace, dans ses buts.

L’Otan s’est engagé aussi bien à « finir le job » en Afghanistan en augmentant sa contribution militaire et financière et politique, qu’à participer à la poursuite de Ben Laden et autres « terroristes » sur la terre entière, et dans tous les mers du globe.

La Somalie et.. le Yemen viennent s’ajouter aux pays déjà diabolisés.

On découvre que Al Qaida pourrait s’être replié dans un de ces deux pays.

Le nouvel « attentat » sur la ligne Amsterdam-Détroit vient juste à point pour confirmer cette version. Et on comprend mieux aussi pourquoi l’Otan s’intéressait tellement à la lutte « contre la piraterie internationale » dans la Mer Rouge et le Golfe d’Aden : bonne opportunité de militariser le contrôle de ces mers et de préparer l’installation militaire terrestre au Yemen et en Somalie sous le prétexte de pourchasser Ben Laden.

Nos ministres belges ne sont pas les derniers à applaudir à ce programme.

On peut voir à la TV De Crem qui passe les troupes en revue en Afghanistan, et assiste même à la messe de Noël des militaires, salue le courage des soldats et les invite à faire encore un effort… au-delà de fin 2010.

Le gouvernement a promis à l’Otan d’envoyer des officiers et deux F-16 supplémentaires et de prolonger la présence belge sur place. Mais il refuse tout débat parlementaire, même en commission ! Les débats demandés par quelques courageux parlementaires sont superbement ignorés par les ministres concernés.

Les conclusions tirées par l’Etat-Major belge – et le Ministère de la Défense- à propos de l’ex-Yougoslavie, ne sont guère réjouissantes : le nouveau chef de l’armée belge appelle « une success story », la situation actuelle du Kosovo, la « stabilité » acquise, permettant le retrait des troupes belges de la KFOR.

Ainsi le démantèlement d’un pays, la destruction sous les bombardements Otan de l’économie de la Serbie, l’épuration ethnique des non Albanais et l’invention d’un nouveau pays appelé Kosovo, l’installation sur ce petit territoire de la plus grande base militaire US : voilà la success story ! et c’est le sort qui serait réservé à l’Afghanistan, comme à l’Irak, au Pakistan, ou au Yémen si l’Otan en avait les moyens.

C'est un autre genre de « success stories » que nous vous souhaitons pour 2010 !

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 36, octobre - novembre - décembre 2009


7-4 L'Otan s'intéresse aux changements climatiques?!

- L'Otan s'intéresse aux changements climatiques?! (1er article)

Le nouveau secrétaire général Rasmussen participait à la conférence de Copenhague sur le climat. Il présentait la capacité militaire de l'OTAN comme la meilleure des organisations humanitaires pour faire face aux catastrophes naturelles!.

 - La réalité est tout autre: (2ème article) :

Le réchauffement climatique rend accessibles d'énormes ressources en gaz et en pétrole dans la région de l'Arctique.

L'Otan s'apprête à mettre la main dessus. Sur les 5 pays qui  bordent l'Arctique, 4 sont membres de l'Otan, la Russie est le 5e.

Les conflits de frontières s'y développent. Les mots-clés de Anders Fogh Rasmussen, "consultation, adaptation, exécution"  pourraient bientôt être synonymes de préparatifs de guerre. (CP)

 

1 Le secrétaire général de l'OTAN participe à Copenhague à un débat sur les menaces pour la sécurité liées au changement climatique.
Le 15 décembre 2009, le secrétaire général de l'OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a participé à un débat consacré aux défis que le changement climatique pose pour la sécurité internationale, organisé dans le cadre de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui se déroule
à Copenhague du 7 au 18 décembre.
Dans ses observations préliminaires, M. Rasmussen a fait remarquer que les militaires étaient souvent les « premiers intervenants » après une catastrophe naturelle, en citant comme exemples le tsunami survenu en Asie en 2004 et le tremblement de terre qui a frappé le Pakistan en 2005. Il a ajouté que les conséquences de plus en plus importantes du changement climatique ne vont faire qu'accroître les besoins auxquels les forces armées  de nos pays doivent répondre.
Le secrétaire général a toutefois souligné que l'OTAN était bien placée pour contribuer à relever les défis qui se présentent.
« L'OTAN dispose d'un avantage bien réel lorsqu'il s'agit d'orchestrer des opérations militaires multinationales complexes », a-t-il déclaré. « L'OTAN a par ailleurs acquis une expérience considérable dans le cadre du déploiement de capacités avec des pays, et de l'aide fournie aux autres
organisations internationales en vue du développement de connaissances et de compétences propres pour faire face aux catastrophes. »
Selon M. Rasmussen, l'approche que l'OTAN adopte pour gérer les conséquences que le changement climatique entraîne sur le plan de la sécurité peut se résumer en trois mots : « consultation, adaptation et exécution ».
Les autres participants à ce débat sur le changement climatique et la sécurité internationale étaient M. Jean Ping, président de
la Commission de l'Union africaine, et M. Carl Bildt, ministre des Affaires étrangères de la Suède, pays qui assure actuellement la présidence de l'UE.

Site de l'OTAN - 22.12.2009 www.nato.int

 

2 L'OTAN à la conquête de l'Arctique

 L'establishment canadien a récemment haussé le ton contre la Russie.

Le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme "avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé". Pourtant aucun avion russe n'a récemment violé l'espace aérien canadien. Ces déclarations s'inscrivent dans le cadre d'un regain d'activité de l'OTAN dans la zone. La Norvège a récemment déménagé son quartier général de commandement opérationnel dans le Cercle Arctique et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique tous services, une force de réaction arctique et un renforcement militaire à la base aérienne de Thulé au Groenland, à partager avec ses alliés de l'OTAN. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède s'impliquent elles aussi de plus en plus. L'année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 "en raison de leur aptitude à des  patrouilles dans l'Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice de pratique militaire de l'Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s'est emparé des plateformes pétrolières offshore.
Les 28- 29 janvier derniers le secrétaire général de l'OTAN avait annoncé la couleur : “ Le Grand Nord va nécessiter encore plus d'attention de la part de l'Alliance dans les années à venir." Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d'extraction des richesses  en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord.
“ A notre sommet de Bucarest de l'an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l'OTAN dans la sécurité de l'énergie....", rapporte le Directeur de « Stop NATO international » Rick Rozoff. (La zne arctique recèlerait un quart des ressources pétrolières mondiales).
L'implication de l'OTAN dans le cercle polaire ne va pas sans rivalité entre ses membres, les USA s'arrogeant notamment une exclusivité d'accès à l'Arctique par le détroit de Béring au détriment d'une partie des eaux territoriales canadiennes;
Le lieutenant général Dana Atkins, commandant de l' US Air Force,  a souligné mi-juillet que "l'Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement  dans l'avenir, non seulement en raison de la valeur estimée à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions croissantes pour des expéditions maritimes dans la zone, " ce qui pourrait permettre  "à un navire de voyager  de l'Asie à l'Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama". Au même moment le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge  [[(bordure nordique ]] en Alaska, situé entre
la Russie et le Canada et à l'intérieur d'une bonne partie du Cercle Arctique, "avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre. L'Air Force, la Navy, l'Armée, le Corps des Marines et le personnel de la Garde Côtière y ont pris part avec des avions en combat aérien simulé.
La Russie, qui est la seule nation dans le monde à avoir une triade nucléaire - bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins - capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés, a répliqué en organisant des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient " le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité à … deux  sous-marins stratégiques" lançant des missiles balistiques et qui ont aidé ces derniers à  éviter d'être détectés par les défenses US. Les  Etats-Unis et leur alliés s'efforcent d'anéantir cette dernière possibilité de défense russe en déployant des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes - et chinoises - et par conséquent préparer le terrain pour le lancement d'une première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.
Comme l'explique Rick Rozoff "Le Cercle arctique est l'endroit où
la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l'OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l'Arctique, la possibilité d'un chantage nucléaire et d'attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle." Rozoff soupçonne le vice-président d'Obama, John Biden, un fervent partisan des "révolutions colorées" à l'Est, d'être un adepte des thèses de l'ancien conseiller de Carter et Clinton Zbigniew Brzezinski qui souhaitait faire éclater la Russie. Dans ce dispositif, le Canada pourrait jouer un rôle analogue à celui de la Géorgie dans le Caucase : celui de l'agent provocateur "victime" de la réaction d'autodéfense russe que l'on pourrait ainsi instrumentaliser pour évincer la Russie de l'Arctique.
F. Delorca

rappel de l'article de F. Delorca, (Atlas Alternatif) publié par Alerte Otan, 18 août 2009

 



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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