Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

06/01/2010

n° 55 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 05-01 : - Début - : L'OTAN en tant que nouvelle force dangereuse et agressive en dehors de sa région.

n° 55 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 05-01 : - Début - : L'OTAN en tant que nouvelle force dangereuse et agressive en dehors de sa région.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 55- 05-01

C.De Broeder & M.Lemaire


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Brian Palmer : Les soldats de l'Otan ont-ils tous la même valeur?

1-2 La Russie : généreux investisseur en Abkhazie .

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Pierre Barbancey  : Ils sont afghans, ils dénoncent la guerre de l’Otan.

2-2 Sophie Tournon : Géorgie – Ossétie du Sud: Des «otages» et des «marionnettes»

2-3 Le Congrès multiplie les voyages aux frais du contribuable.

2-4 Moscou se dote d'une nouvelle doctrine militaire.

2-5 La Russie, les yeux rivés vers l'Asie, met en service un oléoduc stratégique.

Suite

3 Annexe

3-1 OTAN Géorgie : Le rôle central de la Commission et du programme dans la mise en œuvre des décisions prises aux sommets de Bucarest.

3-2 L'OTAN en tant que nouvelle force dangereuse et agressive en dehors de sa région.

3-3 Le Prix Nobel de la guerre a abattu ses cartes.

3-4 Isabelle Lasserre : Russie et États-Unis butent sur le désarmement.

3-5 Le bouclier américain est un obstacle au traité Start.

Fin

3-6 La Russie doit développer ses armes offensives pour faire face aux USA.

3-7 Jean-Claude Bessez : Guerre cybernétique et militarisation de l'espace (partie 2/2)

4 Pièce jointe

4-1 John Laughland: La technique du coup d´État coloré.

 



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 Brian Palmer : Les soldats de l'Otan ont-ils tous la même valeur?

Quand il s'agit de tirer sur l'ennemi, tous les soldats de l'OTAN ne sont pas logés à la même enseigne.

Mercredi dernier, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a annoncé que l'Europe ajouterait 5.000 soldats à son contingent en Afghanistan. Mais il n'a pas encore clairement été décidé quels pays européens déploieront des soldats. L'ex-république soviétique de Géorgie pourrait être le plus grand contributeur. L'Angleterre, la Pologne et l'Italie se sont également engagés à fournir des hommes. La provenance des troupes a-t-elle une importance? Les soldats de certains pays sont-ils meilleurs que d'autres?

Oui, les troupes britanniques et canadiennes reçoivent un meilleur entraînement que celui de beaucoup de leurs collègues européens. Souvent, des plus petits pays - ou des pays disposant de budgets militaires moins importants - ne peuvent pas financer des exercices de tirs avec des vraies munitions. En outre leurs simulations de guerre sont beaucoup moins élaborées.

Les équipements et les tactiques des Britanniques et des Canadiens ressemblent à ceux des Etats-Unis. Il leur est donc plus facile de les intégrer à une opération dirigée par les Etats-Unis. Et contrairement aux autres grands pays contributeurs européens, leurs gouvernements nationaux n'ont pas posé de conditions pour les combats contre l'ennemi.

Les soldats allemands et français sont bien entraînés, mais ils doivent rester dans un certain cadre ou respecter un certain nombre de «restrictions» instituées par leur parlement. Certaines de ces restrictions limitent les zones où les troupes peuvent opérer, ce qui permet aux ennemis de se réfugier dans des secteurs sans risque quand ils sont attaqués. La restriction la plus controversée est l'interdiction de l'«utilisation offensive de la force meurtrière» (en clair, les soldats ont le droit de se défendre, mais pas d'attaquer.) L'Allemagne a notamment mis en place une règle particulière selon laquelle ses soldats doivent porter une fiche dans leur poche leur indiquant dans quelles situations ils sont autorisés à tirer. Cette règle a fait l'objet de vives critiques.

En 2008, les forces spéciales allemandes avaient un commandant taliban dans leur ligne de mire. Mais tant que leur détachement n'était pas activement attaqué par des forces talibanes, elles n'étaient pas autorisées à tirer. Alors au lieu d'éliminer leur cible, elles se sont docilement retirées. (Les conditions imposées par le gouvernement allemand s'assouplissent, mais les changements à ce niveau, effectués par à-coups, ont créé une certaine confusion.)

Au total, les pays de l'OTAN ont émis près de 80 restrictions applicables à leurs soldats.

Des pays de plus petite taille, comme la Pologne ou la Géorgie, ont fixé peu de limitations pour les opérations militaires - parfois aucune.

Mais leur budget militaire restreint signifie que leurs équipements sont moins perfectionnés et leur entraînement moindre, ce qui est susceptible de compromettre des opérations conjointes. Les combats de nuit posent particulièrement problème. Si des soldats de pays sous-financés - dont l'équipement de vision nocturne est moins bon que celui des Etats-Unis ou inexistant - participent à une attaque, les planificateurs doivent décider s'ils équipent et entraînent les nouveaux soldats ou s'ils les laissent se débrouiller. Même quand ces troupes disposent du même équipement, elles sont moins habituées à les utiliser. Les exercices militaires intensifs engendrent en effet des coûts supplémentaires pour la maintenance et l'achat de munitions.

Cependant, ces limitations ne signifient pas que les forces de l'OTAN autres que britanniques et canadiennes ne sont pas utiles. Elles le sont. En sus de leurs activités de combat (parfois partielles), beaucoup jouent un rôle de soutien essentiel. Par exemple, elles pilotent des hélicoptères d'évacuation médicale, assurent des convois de ravitaillement et s'occupent de la surveillance de nuit dans les quartiers généraux. (Les planificateurs militaires estiment qu'il faut 10 soldats affectés à des opérations de soutien pour un soldat sur le front.) Ce genre d'opérations est de toute façon plus adapté à la coopération internationale. Tandis que les textes fondateurs de l'OTAN stipulent que les membres de l'Alliance atlantique doivent «unir leurs efforts pour leur défense collective», leurs tactiques de terrain sont souvent très différentes. Commander des forces conjointes devient alors une tâche plutôt compliquée.

Il est bien plus facile d'affecter huit soldats luxembourgeois à la garde de la base aérienne de Kaboul que de les mettre au fait du protocole militaire de combat italien.

Brian Palmer

Wednesday 9 December

Traduit par Micha Cziffra

http://www.slate.fr/story/14159/soldats-otan-droits-guerre


1-2 La Russie : généreux investisseur en Abkhazie .

S'il y a une chose qu'on ne peut reprocher à Vladimir Poutine, c'est tout de même, avouons-le, son manque de générosité.

Jugez plutôt : le montant annuel des investissements russes en Abkhazie augmentera encore cette année pour dépasser le seuil des 200 millions de dollars, a indiqué le 1er août dernier le ministre des Impôts de “la république non reconnue”, Vakhtang Pipia.

L'ex (?!) Président russe ne semble pas lésiner sur les moyens "nécessaires" pour faire venir à lui les “brebis égarées” ....

"En 2006, les investissements russes en Abkhazie se sont montés à plus de 80 millions de dollars pour progresser, d'après nos estimations, de 50% en 2007. Les projets réalisés actuellement "pèsent" plus de 200 millions de dollars par an. Ce sont des fonds russes", a expliqué le ministre.

Selon lui, l'attrait de la république aux yeux d'éventuels investisseurs ne cesse d'augmenter. "Je pense que le capital russe représente à ce jour plus de 80% du portefeuille d'investissements de l'Abkhazie", a-t-il estimé.

Le tourisme et les loisirs restent les secteurs les plus attrayants dans cette république au climat agréable. De nombreux hôtels sont déjà en chantier dans la capitale Soukhoumi et à Gagry. Mais, "outre la mer qui n'est "sollicitée" que quatre à cinq mois par an, il y a aussi la montagne qui "fonctionne" toute l'année", a noté M. Pipia.

Cerise sur le gâteau abkhazien : les investisseurs russes développent des projets industriels également, dont des entreprises de matériaux de construction (granit, gravier, sable) ... en prévision des immenses chantiers pour les JO 2014 d'hiver dans la ville voisine de Sotchi.

Pour Russie, Géorgie et Abkhazie, les jeux sont donc d'un impact hautement stratégique ...

Car la République séparatiste voit d'un oeil plus qu'accueillant les investissements dans les zones de loisirs à la frontière du territoire de Krasnodar. La république séparatiste compte sur son voisin russe pour participer à l'énorme chantier de Sotchi, ville d'accueil des Jeux d'hiver de 2014, lequel représente une manne exceptionnelle pour l'économie abkhaze.

La décision prise par la Russie de lever le blocus économique le 6 mars dernier ( ....) a offert à l'Abkhazie de nouvelles perspectives.

Dmitri Kozak, le ministre russe du Développement régional, a tiré les conséquences de la levée par la Russie des interdictions de relations commerciales, économiques, financières, de transports et autres avec la république autoproclamée indépendante.

"Pour les maîtres d'œuvre, cette décision va faciliter les achats de matériaux de construction et l'embauche de personnel. Le transport de fret entre l'Abkhazie et Sotchi ne représente pas un long trajet et peut donc se faire dans un laps de temps réduit", a-t-il déclaré le vendredi 7 mars.

Si Soukhoumi, la capitale abkhaze avait déjà fait part de son désir de fournir des matériaux de construction et de la main-d'œuvre pour l'aménagement des futurs sites olympiques, la république non reconnue se déclare également prête à loger des ouvriers, a fait savoir son président, Sergueï Bagapch.

Ainsi, en plus des matériaux et de la main-d'œuvre composée de ses propres ressortissants, l'Abkhazie pourrait héberger de 15 000 à 20 000 ouvriers parmi tous ceux qui travailleront sur les chantiers des divers sites.

Car Sotchi, ville d'environ 400 000 habitants va voir affluer quelque 180 000 ouvriers, qu'elle ne peut décemment loger. L'Abkhazie toute proche pourrait alors constituer une alternative, bien appréciable ...

Par ailleurs, Sergueï Bagapch a assuré que l'Abkhazie pourrait fournir 5 millions de tonnes de gravier, à condition toutefois de commencer par rénover les infrastructures de ses ports et construire de nouveaux quais.
Soukhoumi est prêt à régler la facture. Enfin, pas complètement ...

Pour que ce gravier ait la qualité supérieure requise, il faudra remplacer les équipements industriels abkhazes chargés de le traiter, et M. Bagapch estime que ces frais devront être supportés par les investisseurs. Il faudra également remettre les chemins de fer en état "et, là, nous aurons absolument besoin que la Russie nous aide", avoue-t-il.

Mais il y a un os, de taille, que compte bien ronger Poutine : juridiquement, l'Abkhazie fait partie intégrante du territoire géorgien. De ce fait, à l'heure actuelle, tout projet économique, y compris les contrats de sous-traitance pour la construction de certaines parties des complexes de loisirs prévus pour les jeux de Sotchi, devront être en accord avec la loi géorgienne ...

Un tel défi ne pouvait que “motiver” la Russie et Vladimir Poutine...

A la lumière de ces informations, on comprendra peut-être mieux la position abkhaze ...

L'Abkhazie n'envisage pas d'organiser un référendum sur l'indépendance de la république, a annoncé mardi à RIA Novosti le ministre abkhaz des Affaires étrangères Sergueï Chamba.

"Nous avons déjà organisé un référendum et nous avons d'autres actes confirmant la volonté de notre peuple, y compris de multiples appels à la Douma (chambre basse du parlement russe) et au président. Tout cela doit suffire pour comprendre ce que notre société désire", a déclaré M. Chamba.

La question de la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud a été abordée le week-end dernier à Moscou par les chefs de la diplomatie abkhaze, sud-ossète et russe, mais aucune entente concrète n'a été obtenue.

"Nous avons mené des entretiens, mais aucune entente n'a été obtenue. Nous avons examiné la situation, les perspectives de nos relations bilatérales et nous avons pris en considération la promesse de Dmitri Medvedev de respecter le choix du peuple", a noté Sergueï Chamba.

Sources : Ria Novosti, Nezavissimaïa Gazeta, Courrier International

http://www.leblogfinance.com/2008/08/abkhazie-les-in.html



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Pierre Barbancey  : Ils sont afghans, ils dénoncent la guerre de l’Otan.
Kaboul :D’un geste brusque, Gul Khan ajuste son patou, l’indispensable couverture en laine, rempart contre le froid vif qui sévit à Kaboul. De la main, il désigne ce qui est maintenant sa maison, où il loge avec sa femme et ses neuf enfants : une bâtisse en pisé recouverte tant bien que mal de bâches en plastique, dérisoire rempart contre le vent. Alentour, ce n’est qu’une mare de boue. Les gamins jouent aux osselets avec de vrais os. La femme, vêtu d’un tchadri bleu, tente, tant bien que mal, de ranimer le poêle de fortune censée chauffer l’unique pièce dans laquelle ils dorment tous. Dans la marmite, il n’y a pas grand chose. Ici, tous se contentent de thé, vert ou noir, c’est selon. 
Paysan de 40 ans, Gul Khan est arrivé il y a près de trois mois de la province du Helmand, dans le sud, où les Taliban ont repris pied. Lui et sa famille ont fui leur village du district de Sangin en toute hâte, sans rien pouvoir emporter. Ils sont maintenant, comme des centaines d’autres familles, réfugiés dans un camp, Nawabad Charahe, à l’est de la capitale, soumis aux intempéries autant qu’à la violence. La veille de notre rencontre, alors qu’on leur avait distribué des couvertures, des hommes en uniforme – « comme ceux de la police » - sont arrivés et en ont emporté une centaine.
L’histoire de Gul Khan est d’une banalité à pleurer, tant elle est triste et commune. « Les Taliban sont venus s’installer de force dans notre village, en nous disant qu’ils nous tueraient si on les dénonçait  », raconte-t-il. « Peu de temps après, ils ont attaqué un convoi américain. Alors, notre village a été bombardé, sans discrimination  ». De sa poche, il sort des photocopies dans un sale état. Les soldats canadiens ont pris les photos originales. On distingue néanmoins des corps d’enfants et de femmes. Les troupes de l’Otan ont frappé. « Après les bombardements, les Taliban sont partis, mais l’armée est arrivée, nous a accusé de soutenir les Taliban et a arrêté plusieurs villageois », s’emporte Gul Khan. « Pourtant, on n’aime pas les Taliban. Ils empêchent nos filles d’aller à l’école ». 
La corruption s’est aggravée
S’il fallait un indicateur de l’échec de la stratégie américaine et de l’Otan en Afghanistan, il suffit de discuter avec les Afghans. Eux qui avaient rejeté la présence de troupes soviétiques n’apprécient guère plus ce défilé de troupes étrangères dans les rues de leur ville. Ils se sentent pris en tenaille entre d’un côté des Taliban qui voudraient reprendre le pouvoir et de l’autre un gouvernement éloigné d’eux mais soutenu par Washington, Paris et les autres capitales occidentales.
Pour le docteur Hojabr, l’un des animateurs du Conseil national unifié afghan, opposé au gouvernement d’Hamid Karzaï, « la raison pour laquelle les Taliban reprennent du poil de la bête, c’est d’abord l’incapacité du gouvernement à améliorer vraiment la vie des gens ». De fait, actifs depuis plusieurs années dans le sud du pays, les Taliban ont établi de nouvelles bases dans les provinces plus au nord, comme Kunduz et Bagla. « La présence de l’Otan et des Américains n’est pas non plus appréciée car ils ne respectent pas notre culture, tuent des gens et favorisent la corruption. De fait, le fossé s’agrandit entre la population et le gouvernement  », soutient le docteur Hojabr. 
Ancien conseiller du président Najibullah, torturé à mort et pendu à Kaboul par ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir en Afghanistan, Khalil Roman constate que «  la situation est plus mauvaise qu’auparavant. Karzaï est incapable de régler quoi que ce soit. Il y a plus de corruption et le commerce de drogue est florissant ». Abdullah Abdullah, le grand rival du président Karzaï, qui a longtemps participé au gouvernement, soutient lui l’augmentation des troupes étrangères mais estime que « si le gouvernement perd le peuple c’est au bénéfice des insurgés. Dans ces circonstances, les Taliban ne se sentent pas obligés de se préoccuper de la réconciliation. Ils pensent pouvoir gagner. »
 Quand on parle de corruption, il faut lire Sanjar Sohail, directeur du quotidien 8 Subh (8 heures du matin). Son journal traque les corrompus à coup de manchettes et d’enquêtes courageuses sur les biens mal acquis des dirigeants. « La corruption de l’administration en Afghanistan s’est aggravée au cours des deux dernières années », a établi un récent rapport de Transparency International. Les exemples de corruption vont des emplois publics mis en vente ou de décisions de justice mises à prix aux potsde- vin quotidiens versés en échange de services de base. Le tout couplé à une explosion du trafic d’opium qui génère des millions de dollars. À Kandahar, l’un des principaux corrompus n’est autre que Wali Karzaï, frère du président. C’est dire si, ici, personne ne croit les déclarations d’Hamid Karzaï promettant de s’attaquer à la corruption !
 Quant à la situation des femmes, présentée en 2001 comme l’une des raisons majeures de l’intervention, elle ne fait que se dégrader.

« La dépendance du président Karzaï vis à vis de la partie conservatrice, des fondamentalistes, a augmenté. Il dépend d’eux  », dénonce la députée Fawzia Koofi. « La violence contre les femmes - abus sexuels et de l’impunité dont bénéficient ceux qui les ont commis - a augmenté.

Il y a également la question du manque de participation des femmes dans la politique. »

La parlementaire fait remarquer : « La récente stratégie exposée par Obama n’est basée que sur le combat militaire. Il oublie la promotion de la démocratie, les droits de l’homme et ceux des femmes. »
Pierre Barbancey  

http://www.humanite.fr/Ils-sont-afghans-ils-denoncent-la-guerre-de-l-Otan


2-2 Sophie Tournon : Géorgie – Ossétie du Sud: Des «otages» et des «marionnettes»

Nb - Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

Les relations entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, indépendante de facto, s’enveniment chaque jour davantage.

La zone, reconnue par la Russie et une poignée d’Etats sud-américains, a placé ses frontières sous le contrôle des services russes.

Côté géorgien, des observateurs internationaux, mandatés par l’Union européenne, font des tours de garde le long du tracé contesté mais demeurent impuissants.

Leur rôle, que l’on peut qualifier d’anecdotique, se cantonne à encadrer de rares et vaines tables rondes organisées entre représentants des deux parties, rencontres qui se soldent immanquablement par des déclarations désabusées.
Des enfants en jeu
Le 4 novembre 2009, quatre adolescents géorgiens vivant dans un village proche de la frontière s’aventurent au-delà de la limite et sont immédiatement interpellés par les gardes-frontières russes. Cette arrestation ne constitue pas une première, d’autres ont fait les frais de leur imprudence, mais ont été rendus aux autorités géorgiennes peu après. Il s’agissait de Géorgiens qui, soit tentaient de voir les leurs restés en Ossétie du Sud, soit ramassaient (ou volaient, selon le point de vue sud-ossète) du bois pour l’hiver. Les quatre jeunes, âgés de 14 à 17 ans, sont, eux, accusés de port d’explosifs et rapidement transférés aux autorités sud-ossètes dans la capitale, Tskhinvali. Placés derrière les barreaux, ils attendent d’être jugés.
Les Géorgiens se sont émus de cette «prise d’otages»: quatre mineurs enlevés par les Russes et les Sud-Ossètes, sous les yeux de la communauté internationale! Cela suffit à «prouver» la nature criminelle de ce pseudo Etat…

Mais pour les Sud-Ossètes, le cas est grave et doit au contraire permettre de prouver au monde que l’Ossétie du Sud est une démocratie en devenir, où la Justice s’applique de manière juste et aveugle. Deux visions, deux discours, et des enfants en jeu.
L’arrestation des jeunes géorgiens fait l’objet d’un traitement spécial par les médias géorgiens: leurs photos, leurs biographies, le témoignage de leurs parents éplorés et la santé fragile de l’un d’eux contribuent à dramatiser une affaire qui, par ricochet, éclabousse les alliés européens de
la Géorgie. Les représentants du Conseil de l’Europe expriment leur colère impuissante contre l’Ossétie du Sud, montrant la limite de leur pouvoir: il se réduit à observer et commenter. Leurs appels à une libération rapide des jeunes prisonniers n’a aucune retombée, si ce n’est les sarcasmes des Ossètes et des Géorgiens, partageant, pour une fois, leur mépris pour cette institution – la dernière présente en Géorgie, du fait des mandats non renouvelés des observateurs de l’ONU et de l’OSCE suite au veto russe. Le président du Parlement géorgien, Davit Bakradze, croit même bon de préciser que ce cas constitue un test pour le Conseil de l’Europe, son Représentant aux droits de l’homme étant présenté comme responsable de l’issue de cette «prise d’otages».
La «diplomatie silencieuse» de l’Union européenne
Thomas Hammarberg, Commissaire européen aux droits de l’homme, est ainsi visé: ce diplomate expérimenté connaît la région, il est en charge du contrôle de l’évolution de la situation dans le domaine des droits de l’homme, des réfugiés et de l’aide humanitaire depuis le conflit d’août 2008 entre
la Russie et la Géorgie. Rendu à Tbilissi le 27 novembre, le Commissaire se défend: son silence sur la question est voulu, car stratégique. Cette «diplomatie silencieuse» lui permet d’agir sans être la cible des critiques des Ossètes et des Géorgiens. Le 29 novembre, T.Hammarberg se rend enfin en Ossétie du Sud mais est refoulé: les autorités sud-ossètes conditionnent sa présence au dossier des «otages» sud-ossètes illégalement retenus en Géorgie. Après consultation avec les autorités géorgiennes, le Commissaire est enfin autorisé à rencontrer le président sud-ossète Edouard Kokoyty, le 30 novembre. La teneure des négociations est simple: les jeunes seront jugés par un tribunal sud-ossète, et les otages sud-ossètes devront être libérés. Peu près, les autorités géorgiennes admettent qu’elles retiennent cinq Sud-Ossètes au secret à Gori, «pour leur éviter de réitérer leur crime» (à savoir une transgression de la frontière avec armes) et aussi pour les «protéger» des soupçons de collaboration que les autorités sud-ossètes ne manqueraient pas de leur opposer….
Pour le représentant européen, le bras de fer commence. Le 1er décembre, T.Hammarberg rencontre de nouveau E.Kokoyty. Le lendemain, celui-ci lui remet les cinq détenus sud-ossètes. Ces derniers avaient failli être libérés une première fois en août 2009 en échange de prisonniers géorgiens mais, l’échange ayant échoué, ils avaient été réincarcérés à Gori. Depuis,
la Géorgie s’était abstenue de révéler des informations sur leur sort. Les autorités sud-ossètes affirment au Commissaire européen qu’une quarantaine de Sud-Ossètes seraient encore détenus arbitrairement par la police géorgienne, dont certains déclarés «disparus»: leur cas devra aussi faire partie des négociations.
Le jeudi 3 décembre s’ouvre le procès des adolescents géorgiens: deux d’entre eux sont immédiatement libérés, les deux autres sont passibles d’un an d’emprisonnement en Ossétie du Sud. Ces deux inculpés n’ont reconnu que la transgression de la frontière, pas le port d’explosifs dont on les accuse. Cet échange partiel «d’otages» n’est que le premier pas vers une sorte de dialogue forcé où, selon toute vraisemblance, le rôle du Commissaire européen a été primordial.
T.Hammarberg affirme alors que, sous dix jours, les deux autres jeunes seront à leur tour libérés. La date du 13 décembre est avancée par les autorités sud-ossètes pour permettre au Tribunal de grande instance de réviser le jugement émis à l’encontre des deux enfants toujours incarcérés. Entretemps, T.Hammarberg se fait menaçant envers les Géorgiens: les disparitions d’Ossètes qui ont eu lieu en Géorgie doivent être éclaircies.
Le 9 décembre, le gouvernement sud-ossète annonce qu’il est prêt à un échange de prisonniers: 16 Géorgiens détenus seront rendus contre tous les Sud-Ossètes retenus en Géorgie. Le 15 décembre, la porte-parole du président M.Saakachvili fait savoir que l’Etat géorgien se refuse à toute transaction avec «le régime d’occupation» qu’il ne reconnaît pas.
Une libération «politique» ?
Rebondissement: les médias géorgiens apprennent alors qu’un troisième adolescent géorgien est prisonnier en Ossétie du Sud depuis juillet 2009, pour franchissement illégal de frontière. Dans le même temps, l’opposant et ancien Premier ministre géorgien Zourab Noghaïdéli, leader du parti Pour une Géorgie juste, se rend pour la troisième fois à Moscou, rencontrer des représentants hauts placés au Kremlin dans le cadre d’une politique de rapprochement entre Russes et Géorgiens qu’il appelle «diplomatie populaire» par contraste avec l’absence de diplomatie conventionnelle. Lors de cette troisième visite, Z.Noghaïdéli aborde la question des adolescents géorgiens encore sous les verrous à Tskhinvali avec des représentants du parti au pouvoir Russie unie. Le 16 décembre, c’est au tour du Commissaire européen T.Hammarberg de rencontrer le vice-ministre russe des Affaires étrangères
Grigori Karassine à Moscou.
Cette sorte de diplomatie alternative s’active aussi à Tskhinvali, où se rendent un autre opposant, Paata Zakaréichvili (du Parti républicain) ainsi qu’un journaliste et la présidente d’une ONG, pour rendre compte de la situation des jeunes prisonniers. Leur entrevue avec le président E.Kokoyty est l’occasion pour ce dernier d’exprimer son refus de céder aux pressions géorgiennes qui cherchent à le forcer à gracier les adolescents. De retour à Tbilissi, P.Zakareichvili est vertement critiqué pour son «aventureuse et vaine initiative». Le ministre géorgien à
la Réintégration de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud va jusqu’à les accuser de chercher à nouer des liens avec le régime criminel sud-ossète.
Pendant que l’opposition et le gouvernement s’accusent mutuellement d’incompétence et d’actions contre-productives, le Commissaire européen et Z.Noghaïdéli poursuivent dans les coulisses du Kremlin leurs négociations secrètes. Ils ont l’un après l’autre pu rencontrer le président E.Kokoyty, qui promet le 18 décembre de libérer un adolescent, «en signe de bonne volonté». Peu après, sur le conseil (l’ordre?) du Représentant des droits de l’homme en Russie Vladimir Loukine, lui aussi présent à Tskhinvali, E.Kokoyty gracie finalement les derniers prisonniers mineurs, rendus au Commissaire européen et à Z.Noghaïdéli, en échange de prisonniers sud-ossètes. E.Kokoyty tient à préciser qu’il s’agit là d’un acte de bonne volonté, et que «le rétablissement des relations de bon voisinage entre
la Géorgie et l’Ossétie du Sud est irréversible, comme l’est l’acte de reconnaissance de l’Ossétie du Sud par les pays du monde entier».
Les députés de la majorité se félicitent du succès de la politique intransigeante des autorités géorgiennes qui, à les croire, a permis la libération des adolescents sans compromission avec le «gouvernement de marionnettes» sud-ossète. Selon leur vision des choses, l’entremise du Commissaire européen a été utile mais celle des opposants ne relève que de la pure manipulation, Moscou tirant les fils de ces prétendus diplomates populaires. Pour certains, Z.Noghaïdéli ne serait que l’homme politique géorgien adoubé par Moscou pour sa «loyauté acquise». Ses allers-retours à Moscou, sa politique de «diplomatie populaire» dévouée à un rapprochement entre les peuples géorgien et russe, son «coup de poker gagnant» à Tskhinvali, véritable affront aux efforts ridiculisés de l’Union européenne, font dire à certains qu’il n’est qu’une marionnette de plus entre les mains du Kremlin, un cheval de Troie pro-russe lancé dans la course contre le président géorgien.
Z.Noghaïdéli est-il l’étoile montante de l’opposition ou un bluffeur talentueux? Difficile de parier sur les retombées positives de cette libération tant attendue pour le parti Pour une Géorgie juste, jusque-là insignifiant. Et ce, malgré les déclarations victorieuses de Z.Noghaïdéli, opposant discret pour ne pas dire inexistant, qui s’attribue le succès de cette «mission humanitaire». Sûr de lui, il doit maintenant s’atteler à une mission de type «impossible»: il a en effet promis aux autorités sud-ossètes de faire libérer les prisonniers sud-ossètes restant en Géorgie avant le Nouvel An. Difficile aussi d’affirmer que le rôle de médiation de l’Europe, en la personne du Commissaire européen, a été crucial, tant l’ombre du Kremlin plane derrière les décisions du président E.Kokoyty et la victoire (trop?) aisément acquise de Z.Noghaïdéli.

Sophie Tournon
Le 01/01/2010

Sources principales:
Civil Georgia, Rustavi 2, Georgia Times, Cominf.org, Osinform.ru, Novaya Gazeta, Ekho Moskvy

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1026&PHPSESSID=77db64fd9d3ed08c84cdbdae8cb9349c


2-3 Le Congrès multiplie les voyages aux frais du contribuable.

Réponse de membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN aux critiques concernant la participation de membres du Congrès des Etats-Unis à la session d’Edimbourg

Un article paru dans l’édition électronique du Wall Street Journal du 16 décembre 2009 et intitulé « Congress Travels More, Public Pays » (« Le Congrès multiplie les voyages aux frais du contribuable ») a suscité de vives réactions de la part de membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. L’auteur de l’article analyse dans le détail les frais de déplacement de la délégation du Congrès des Etats-Unis qui a assisté à la session annuelle de l’AP-OTAN à Edimbourg, en novembre dernier, et donne à entendre que l’argent du contribuable a été mal utilisé.

Il ne prête toutefois aucune attention à la substance ou aux aspects dignes d’intérêt de la session proprement dite, de sorte que le lecteur américain se voit dans l’impossibilité de juger par lui-même si la présence à Edimbourg de ses représentants justifiait ou non les dépenses encourues.

« Il est particulièrement décevant que le Wall Street Journal choisisse de se concentrer exclusivement sur les frais de déplacement de la délégation des Etats-Unis plutôt que sur la session elle-même » a observé Bruce George, chef de la délégation du Royaume-Uni auprès de l’AP-OTAN. « Que des parlementaires de toute l’Alliance – des parlementaires qui sont souvent appelés à voter sur des déploiements de troupes ou sur des budgets de la défense – se rassemblent pour discuter des problèmes de sécurité actuels, voilà qui est pourtant d’une utilité évidente. »

La session annuelle d’Edimbourg a réuni quelque 250 parlementaires des pays membres de l’OTAN et une soixantaine de leurs collègues de pays non membres.

Les rapports et les résolutions débattus et mis aux voix durant les sessions annuelles sont adressés au secrétaire général de l’OTAN.

L’ordre du jour d’Edimbourg comportait notamment les opérations alliées en Afghanistan, les relations avec la Russie et la riposte de l’OTAN à la piraterie maritime.

Parmi les orateurs d’Edimbourg figuraient le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rassmussen, le commandant suprême des forces américaines et alliées en Europe, l’amiral James Stavridis, le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, David Miliband, et des officiers supérieurs des forces armées britanniques.

Les membres de la délégation des Etats-Unis jouent un rôle majeur à l’intérieur de l’Assemblée : John Tanner, du Congrès des Etats-Unis, est le président en exercice de l’institution et de nombreux délégués américains assument d’importantes fonctions dans les commissions et sous-commissions de cette dernière.

« Nous avons pour principal objectif de rassembler des parlementaires des deux rives de l’Atlantique et nous serions bien peu efficaces si la délégation des Etats-Unis ne pouvait plus se déplacer à la suite de ce genre de publicité négative » a commenté l’un des vice-présidents de l’Assemblée, Sven Mikser. « Au vu des défis lancés à l’Alliance, ce dialogue est plus nécessaire que jamais. »

17 décembre

http://www.nato-pa.int/Default.asp?CAT2=1705&CAT1=23&CAT0=2&COM=2012&MOD=0&SMD=0&SSMD=0&STA=&ID=0&PAR=0&LNG=1


2-4 Moscou se dote d'une nouvelle doctrine militaire.
La précédente doctrine, un texte révisant la stratégie militaire russe devrait être adopté avant la fin de l'année.

La Russie, qui s'est souvent perçue comme une forteresse assiégée, a-t-elle encore des ennemis ? Cette interrogation figure au cœur de la nouvelle doctrine militaire aujourd'hui en préparation à Moscou, et censée définir la politique russe de défense dans les dix ans à venir.

Au moment où le chef du Kremlin, Dmitri Medvedev, s'apprête à conclure un accord de désarmement nucléaire avec son homologue américain, l'ancienne puissance soviétique en revient au principe de réalité.

Dans un document d'une vingtaine de pages, dont la presse s'est fait l'écho vendredi, ­Moscou reconnaît que, désormais, dans un monde multipolaire débarrassé des stigmates de la guerre froide, «la probabilité de l'irruption d'un grand conflit militaire contre la Fédération de Russie, au moyen d'armes nucléaires ou traditionnelles, se réduit». Ce texte, encore sujet à modifications, devrait être formellement adopté avant la fin de l'année.

Le nucléaire en cas de simple «menace»

Dix ans après la précédente doctrine, adoptée en 2000 par Vladimir Poutine, le document se veut un reflet de «la période » actuelle de «renaissance de la Russie».

Mais cette affirmation relève surtout de la rhétorique patriotique, toujours prisée à Moscou.

Par ailleurs, et c'est nouveau, le pays se réserve le droit d'appuyer sur le bouton nucléaire, même en cas de simple «menace» d'utilisation, contre elle ou ses alliés, d'armes de destructions massives. Cette option procède d'abord d'une volonté de dissuasion.

Le recours à l'arme nucléaire «n'est possible que lorsque l'existence même de l'État est menacé», a précisé Iouri Balouevski, chef adjoint du Conseil de la sécurité.

Selon les experts indépendants, le concept de «menace» formulé par les autorités russes reste très vague. L'arme nucléaire, dont le régime peut se targuer d'avoir la possession, ne serait qu'un cache-sexe, destiné à dissimuler le piteux état de ses forces conventionnelles. En termes budgé­taires, l'effort militaire russe est inférieur à celui consenti par la France. La durée du service obligatoire vient d'être réduite, de deux ans à un an, et la nouvelle doctrine envisage de contractualiser les postes de simple soldat et de sergent. Le déficit technologique en matière militaire est criant, comme le montre le souhait affiché par la ­Russie d'acheter ses porte-hélicop­tères en Europe.

Plus grave, ces lacunes concernent l'arme nucléaire elle-même.

La Russie vient de rater à plusieurs reprises ses essais de missile Boulava, ce qui devrait l'amener à geler son programme de construction de sous-marins nuclé­aires de nouvelle génération (Borée), justement censés déployer ce type de missiles.

Par ricochet, ces faiblesses technologiques pourraient nuire à l'efficacité même du programme de dissuasion russe, tel qu'il est affiché dans la nouvelle doctrine.

La nouvelle ­guerre vue de Moscou paraît bien ­virtuelle.

18/12

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/19/01003-20091219ARTFIG00204-moscou-se-dote-d-une-nouvelle-doctrine-militaire-.php


2-5 La Russie, les yeux rivés vers l'Asie, met en service un oléoduc stratégique.

La Russie a mis en service lundi le premier tronçon de l'oléoduc Sibérie-Pacifique, partie d'un réseau stratégique de quelque 5.000 kilomètres qui va à terme alimenter en brut russe l'Asie, région en forte croissance où la demande en énergie augmente de jour en jour.

Le Premier ministre Vladimir Poutine, qui inaugurait un terminal pétrolier près de Nakhodka, dans la baie de Kozmino (Extrême-Orient russe), a appuyé sur un bouton lançant le chargement en brut d'un tanker, qui devait ensuite faire cap vers Hong Kong, selon des images retransmises par la télévision.

"C'est un projet stratégique qui permettra à la Russie de pénétrer les nouveaux marchés sur le Pacifique et en Asie où elle n'est pas suffisamment présente", a-t-il déclaré, dans des propos mis en ligne sur son site internet.

Il a aussi salué le travail de Transneft, la compagnie publique en charge du transport du brut russe, pour "avoir réussi tout cela en dépit de la crise économique mondiale". "Je vous félicite, c'est une beau cadeau de Nouvel An pour la Russie", a-t-il dit.

Le terminal pétrolier est le point final de cet oléoduc aussi connu sous l'acronyme russe VSTO, dont seul le premier tronçon a pour l'heure été terminé.

Cette première partie, un tube de 2.694 km et d'une capacité annuelle de 30 millions de tonnes de pétrole, relie Taïchet (Sibérie orientale) à Skovorodino (région de l'Amour, Extrême-Orient russe).

Elle a coûté quelque 378 milliards de roubles (8,7 milliards d'euros), dont 60 milliards de roubles (environ 1,4 milliard d'euros) ont été consacrés à la construction du port.

Un deuxième tronçon de plus de 2.000 km doit encore être construit pour relier Skovorodino à la baie de Kozmino. En attendant que ce dernier soit achevé, des trains doivent transporter l'or noir de Skovorodino au terminal, où il doit être chargé à bord de pétroliers.

"Le premier chargement, qui a été chargé aujourd'hui (lundi), partira pour Hong Kong", a précisé le président de Transneft, Nikolaï Tokarev, lors de la cérémonie.

Ce responsable avait par ailleurs indiqué la semaine dernière qu'un appel d'offres serait lancé fin 2009 ou début 2010 pour la construction du deuxième tronçon de l'oléoduc.

Transneft et le groupe pétrolier chinois CNPC avaient par ailleurs signé en octobre 2008 un accord pour la construction d'une autre branche vers le nord de la Chine, qui aura ainsi directement accès aux immenses ressources de son voisin.

Ce tronçon de 67 km, de Skovorodino à la frontière chinoise, d'un débit initial de 15 millions de tonnes par an, devrait être mis en exploitation en 2010.

Mais déjà, la première partie du tube offre "de nouvelles options d'exportations et allège considérablement la menace planant sur leur croissance (...) du fait de la congestion du Bosphore", jusqu'à présent point de passage essentiel des pétroliers russes vers les marchés étrangers, souligne dans une note Chris Weafer, économiste de la banque d'investissement moscovite Uralsib.

L'oléoduc Sibérie-Pacifique est l'un des éléments de la toile d'araignée énergétique tissée par la Russie en direction de l'Asie et du Pacifique, zone où la croissance économique suscite une importante consommation d'énergie, attisant toutes les convoitises.

En février, le géant gazier Gazprom a ainsi inauguré une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) sur l'île de Sakhaline, à quelques encablures du Japon. Et fin juillet, il a lancé la construction du premier tronçon du gazoduc Sakhaline-Khabarovsk-Vladivostok.

28 décembre

http://www.romandie.com/infos/News2/091228110831.8eayl7v2.asp

Les commentaires sont fermés.